sept 01 2010

Pour une Contrelittérature de résistance

La littĂ©rature est-elle morte ? Elle est en tout cas, Ă  l’Ă©vidence, disqualifiĂ©e Ă  dessein, marginalisĂ©e et maintenue, de force, dans l’ombre, par « l’ordre en place » et ses officines de contrĂ´le. Cette prohibition exercĂ©e par l’ennemi ne se cantonne pas exclusivement Ă  la zone du politiquement correct, ce qui serait dĂ©jĂ  inconcevable, mais va bien plus loin encore, parce que cette prohibition concerne aussi, et surtout, la qualitĂ© de la production littĂ©raire en cours : l’ordre d’interdiction en vigueur exige que l’on empĂŞche l’Ă©mergence de toute Ĺ“uvre d’un niveau non-subalterne. Ordre donnĂ© et suivi sans faille, sans la moindre dĂ©rogation.

Aussi, avec les moyens qui sont les nĂ´tres,  nous contribuerons Ă  faire Ă©clore, par la l’Ă©dition et la diffusion d’une dizaine de titres par an, une contrelittĂ©rature de rĂ©sistance. Le roman de Nicolas Deloffre, « Jihad, trois jours avec Cyril », que nous prĂ©sentons ci-après – et qui est actuellement en impression – sera le premier livre dont nous assurerons, d’ici quelques semaines, la diffusion.

Mecanopolis

mecano

« Jihad, trois jours avec Cyril »

Un roman qui prend Ă  contre-pied toute la lâchetĂ© de la presse mondaine et qui donne un grand coup Ă  la politique atlanto-sioniste de Sarkozy, est sur le point de jaillir de l’underground mĂ©diatique, Ă  dĂ©faut d’ĂŞtre encensĂ© par les rĂ©seaux de l’Ă©dition bien alignĂ©e. Les derniers rĂ©sistants du Monde libre, ce Monde sans frontière qui s’Ă©tend de jour en jour et dĂ©verse son sĂ©rum de vĂ©ritĂ© et ses cures informatives Ă  base de bon sens et de discernement, soutiennent ce projet littĂ©raire de toutes leurs forces, malgrĂ© les censures et autres boycottes des esclaves de la pensĂ©e unique.

Ces rĂ©sistants du monde numĂ©rique espèrent de tout cĹ“ur voir l’explosion de vĂ©ritĂ©s sorties tout droit des sous-sols mĂ©diatiques, Ă©clabousser la bonne presse et rendre ainsi hommage Ă  la libertĂ© d’expression, de pensĂ©e et d’agir pour l’agrĂ©gation des bonnes volontĂ©s rĂ©conciliatrices.

Ce livre, que bon nombre de ploutocrates accroupis devant l’idĂ©ologie capitaliste ultralibĂ©rale et leurs dĂ©cideurs banquiers souhaiteraient faire disparaĂ®tre Ă  jamais, s’intitule « Jihad, trois jours avec Cyril ». Un titre provocateur me direz-vous. Pas si l’on considère la vĂ©ritable dĂ©finition du Jihad Majeur, celui qui consiste pour celui qui l’applique, Ă  lutter contre soi-mĂŞme, ses dĂ©fauts et ses faiblesses, faisant que chaque jour soit un pas de plus sur le chemin de la saintetĂ© et de la soumission Ă  Dieu, Le MaĂ®tre des voies d’ascension. C’est ainsi que Cyril, le personnage principal de ce roman conçoit la vie. MalgrĂ© sa condition de chĂ´meur, de musulman victime de l’islamophobie Ă©tatique, et de jeune Ă©rudit, il avance en donnant Ă  son quotidien et Ă  sa lutte les caractères les plus nobles. Son but : dĂ©noncer les dĂ©marches et desseins obscènes des politiciens belliqueux et de leurs complices « journaleux », tout en survivant dans une jungle urbaine dont il connaĂ®t les pièges par expĂ©rience. Terrible combat, surtout pour un jeune homme qui, en dĂ©pit de la duretĂ© de l’Ă©poque, souhaite manifester tout l’amour qu’il est encore capable d’exprimer Ă  sa mère et Ă  son entourage.

Ainsi, ce roman donne-t-il une vision neuve, purifiĂ©e et Ă©clairante de l’actualitĂ©. Il traite avec Ă©normĂ©ment de clartĂ© des phĂ©nomènes d’atomisation des gens, il en explique les raisons et par l’exemple de Cyril, montre des solutions concrètes de lutte. L’idĂ©al proposĂ© n’est pas une conversion des masses Ă  l’Islam, mais au contraire, une comprĂ©hension mutuelle et une unification des gens autour de la lutte contre les vrais ennemis des libertĂ©s fondamentales. La mĂ©thode que Cyril exprime par son comportement est celle de l’Amour ; avec un grand A s’il vous plaĂ®t. A l’heure oĂą les dirigeants nous embarquent vers une guerre mondiale contre l’Iran et des affrontements interreligieux menant Ă  des Ă©ventuelles guerres civiles par la division des citoyens, il n’y a plus d’autre Ă©chappatoire possible que l’amour et la rĂ©conciliation gĂ©nĂ©rale des Français.

Évidemment, ce genre d’idĂ©es n’est pas Ă  la mode. Dire le contraire de ce que s’Ă©puisent Ă  nous faire gober les organes de propagande du pouvoir est un crime grave. Avant Nicolas Deloffre, l’auteur de « Jihad, trois jours avec Cyril », bon nombre de personne ont dĂ» endurer dans leurs chaires l’acharnement des ennemis de la libertĂ© d’expression. On pense tout de suite Ă  DieudonnĂ© ou Ă  Blanrue, mais on ne peut ignorer le cas de Vincent Reynouard, ce Français de 41 ans, enfermĂ© en ce moment mĂŞme dans les geĂ´les françaises pour ne pas avoir pensĂ© comme il le fallait.

Deloffre n’est pas le seul Ă  vouloir faire de la prise de conscience gĂ©nĂ©rale son fer-de-lance. Cependant, ce qui le diffĂ©rencie des autres auteurs, c’est le soin qu’il apporte Ă  prouver par l’exemple de Cyril, que l’Islam procure Ă  celui qui l’applique sĂ©rieusement, selon l’exemple du prophète Muhammad, une sĂ©rĂ©nitĂ© et une force d’amour transcendante Ă  toute Ă©preuve. Deloffre est convaincu que ce sont ces aspects du personnage qui grènent le plus. Comment convaincre les gens qu’il faut anĂ©antir l’Iran, humilier et rabaisser les musulmans pour les convertir au capitalisme ultralibĂ©ral si ce petit con de Cyril se mets Ă  donner une bonne image de l’Islam ? VoilĂ  en rĂ©sumĂ© la problĂ©matique que se posent les dĂ©cideurs face Ă  un livre de cette teneur. Car on le sait, Pierre Hillard, le cĂ©lèbre Docteur en science politique l’a expliquĂ© Ă  maintes reprises : l’Islam est l’ultime rempart au nouvel ordre mondial et donc le dernier espoir des peuples libres, toutes cultures et toutes religions confondues.

Alexis Esselier, pour Mecanopolis

alexis [at] mecanopolis.org

Alexis Esselier

août 31 2010

L’avenir de « l’ordre mondial » se construit sur nos vies

Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prĂ©voient les pires scĂ©narios. Après la pause estivale, il est Ă  craindre que la crise Ă©conomique ne connaisse une nouvelle phase. Mais l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ne serait-elle pas le moyen de reconfigurer notre monde, et l’Occident en premier lieu ?

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Lors d’un discours devant la Chambre de Commerce de San Antonio, le 29 juillet, Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas (une des 12 branches régionales de la Fed), a décrié l’impasse monétariste dans laquelle sont pris les Etats-Unis, et donc, par extension, le monde. Déjà, au printemps, Fisher s’était fait remarquer en soutenant le retour à la Loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et l’interdiction des produits dérivés. D’après le reporter du SanAntonio Express-News présent sur place, Fisher a déclaré qu’il n’était pas possible pour la Fed d’émettre de la monnaie pour tenter de combler le déficit américain. « On sait ce qui arrive lorsque les banques centrales accèdent à ce type de demandes : cela nous embarque sur la pente glissante de la dévaluation de notre monnaie et nous met sur les rails de l’hyperinflation et de la destruction économique. Ni mes collègues ni moi ne sommes prêts à nous risquer sur cette voie. »

Apparemment, il ne doit pas considĂ©rer le gouverneur de la Fed comme un de ses collègues puisque Ben Bernanke, comme son confrère europĂ©en Jean-Claude Trichet, argue que les injections massives de liquiditĂ©s sont nĂ©cessaires pour la « stabilité ». En rĂ©alitĂ©, les Ă©changes interbancaires sont au point mort, et si les banques fĂ©dĂ©rales venaient Ă  cesser leur soutien, c’est toute la machine financière mondiale qui se gripperait. Cela risque bien d’arriver d’ici novembre prochain, car il est dĂ©sormais impossible que l’Espagne puisse faire face Ă  ses Ă©chĂ©ances, et sa dette publique et privĂ©e cumulĂ©e pourrait Ă  elle seule engloutir le plan d’aide europĂ©en de 750 milliards d’euros.

Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement »

Le dernier rapport de la Fondation Rockefeller, publiĂ© il y a deux mois, n’y va pas par quatre chemins, et prĂ©voit des « annĂ©es de malheur ». Le document, intitulĂ© « ScĂ©narios pour l’avenir de la technologie et le dĂ©veloppement global », prĂ©dit un cataclysme Ă©conomique qui entraĂ®nera des guerres civiles puis un effondrement des civilisations.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues,mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables. Quoique les catastrophes dont nous avons connaissance actuellement, tels les incendies en Russie ou les inondations au Bouthan et au Pakistan en paraissent un avant-goût.

L’étude décrit également les nations perdant le contrôle de leurs finances publiques et une incapacité à gérer l’ordre et la stabilité provoquant toujours plus de violence, de criminalité et de troubles au sein de la société. Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement ». Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur dudit réseau (Internet). « La différence entre les nantis et les plus défavorisés sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protéger. Les quartiers privés et sécurisés fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourés de bidonvilles. (…) Il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protégée par du personnel armé provenant d’entreprises de sécurité privées » précise encore la Fondation Rockefeller.

Les technologies de vérification de l’identité deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de données d’enregistrements de rétines, volée par des pirates en 2017, sera utilisée pour créer de nombreuses fausses identités dans le milieu des années 2020.


NOTRE MONDE EST UN JEU
envoyé par Mecanopolis.

En ligne de mire, « la société 20/80 »

Tandis que la technologie Internet est diabolisée dans ce scénario d’anticipation, l’étude de la Fondation mondialiste prévoit également une explosion sur le marché noir de récoltes d’aliments produits à partir d’OGM, appelés ici et pour l’occasion « progressistes », par les masses populaires décimées et appauvries.

Mais le rapport de la Fondation Rockefeller prĂ©conise Ă©galement des solutions pour contenir les populations plongĂ©es dans la pauvretĂ© : le « fearmongering » (propagande de la peur), qui peut ĂŞtre utilisĂ© Ă  propos du changement climatique, des catastrophes naturelles ainsi et des attaques terroristes Ă  grande Ă©chelle comme « outil de contrĂ´le des populations ». « Choc des civilisations », « axe du mal », « islamo-fascisme », « sĂ©curitĂ© intĂ©rieure »… Ces slogans et scĂ©narios catastrophes ne sont pas nouveaux, et ils ne visent qu’Ă  obtenir un consentement gĂ©nĂ©ral afin de remodeler l’Ă©conomie mondiale dans le but de la rendre plus efficace et sous le contrĂ´le d’une oligarchie financière totalitaire. En 1995 eut lieu le premier State Of The World Forum,Ă  l’HĂ´tel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre Ă©tait d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de dĂ©finir la politique globale utile Ă  leur mise en Ĺ“uvre. Les dirigeants rĂ©unis Ă  San Francisco (MikhaĂŻl Gorbatchev, George H.W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates,Ted Turner, etc.) sont parvenus Ă  la conclusion que l’arrivĂ©e de la dĂ©nommĂ©e « sociĂ©tĂ© 20/80 » Ă©tait inĂ©luctable, Ă  savoir celle dans laquelle le travail de 20 % de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalitĂ© de l’appareil Ă©conomique de la planète. La population restante (80 %, donc) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

Tittytainment

C’est ici qu’entre en jeu le « tittytainment », concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais : tits (« nichons » en jargon américain) et entertainment qui, en aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles,mais au contraire comme allusif à l’effet soporifique et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il tète.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société,nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas pour utiliser des moyens peu scrupuleux afin de mettre en œuvre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Entre autres,la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti…

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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(Titre modifié par Mecanopolis)

août 31 2010

Terrorisme : le règne de la peur

Comment gouverner des populations rétives ? En leur faisant peur. Une martingale qui remonte à loin et qui se montre toujours efficace. Jusqu’à quand ?

gauthier

Naguère, le religieux se mêlait intimement au politique, la peur de l’enfer était donc un puissant levier de gouvernance, personne n’ayant envie de finir au fond d’un chaudron à se faire taquiner le fion par des diables cornus aux tisonniers fourchus. En Occident, le spirituel s’étant depuis longtemps incliné devant le temporel, le bidule fonctionne évidemment moins bien. Mais le Système étant connu pour avoir de la ressource, il aura suffi de changer les données de l’équation pour que cette dernière perdure, la peur de la mort ayant remplacé celle de la damnation.

Ainsi, chassez le religieux par la porte et il revient derechef par la fenêtre : d’où cette peur mondialisée, insufflée par les USA, entité à vocation mondiale et messianiste se confondant, pour les âmes simples, avec cet « Occident » évoqué à l’instant. Ils sont le camp du « Bien ». Ceux qui s’opposent se retrouvent donc dans celui du « Mal ». Et ce « Bien » autoproclamé ne peut « avancer » que s’il a en face un « ennemi » à sa mesure. D’où cet extravagant défilé de diables peints sur les murs et jetés à la vindicte populaire : jésuites comploteurs, bolcheviks au couteau entre les dents et…maintenant, islamo-terroristes. En guise de piqûre de rappel, on rappellera justement qu’en Inde, celle des serpents cause bien plus de morts que la nébuleuse islamiste.

Il n’empêche, le monde anglo-saxon, jadis connu pour son indubitable respect des libertés individuelles, est devenu l’un des plus liberticides au monde. Loi des suspects,arrestations arbitraires, tortures officialisées dans des goulags secrets, etc. Pis,enclenchant la surmultipliée, la Maison blanche, pourtant en guerre permanente depuis 1776, porte le fer partout dans le globe. Que ce soit en Orient, en Afghanistan, dans les Balkans, et de façon larvée en Amérique du Sud. Et avec à chaque fois ce prétexte : « Si nous menons la guerre au terrorisme,c’est pour mieux vous protéger… » Mais nous protéger de quoi ? Les structures d’Al-Qaïda ont été détruites depuis 2003, nos meilleurs analystes de la DRI et de la DGSE l’ont depuis longtemps confirmé. Ce n’est pas demain que des Talibans à mobylette parachuteront leurs troupes d’élite sur Time Square. On nous fait peur avec la « stratégie conquérante » de l’islam,mais qui dit « stratégie » dit « stratège »… Et si le Vatican peut avoir une stratégie – le Pape a une diplomatie, des moyens, une adresse, un numéro de portable – les musulmans et encore moins leurs « terroristes » n’ont rien de tout ça. Pas de stratège, donc pas de stratégie. Accuser l’adversaire de ses propres turpitudes, vieille ruse dialectique que les marxistes-léninistes ont si souvent employée, et qui ressert aujourd’hui à ceux dont les stratèges ont les moyens de leur stratégie : les tenants du Nouvel ordre mondial dont le pavillon américain n’est, en l’occurrence, que de complaisance. La ficelle est grosse ; du genre de ces histoires qu’on raconte aux enfants afin qu’ils finissent leur soupe.

Soupe mondialiste qu’on entend nous faire avaler de force pour notre bien. Sous la contrainte de la peur, celle qui est communément la mieux acceptée. Un peu comme si on demandait à une femme violée de faire semblant d’éprouver le grand frisson.

Nicolas GAUTHIER, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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août 30 2010

Entretien avec Julien Teil, ONG : L’impĂ©rialisme humanitaire Ă  l’Ĺ“uvre

Julien Teil, qui collabore rĂ©gulièrement Ă  Mecanopolis, s’entretenait avec les rĂ©dacteurs de la revue RĂ©bellion*, en mars dernier.

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Rébellion : Vous avez travaillé dans le monde des Organisations Non-Gouvernementales ? Quels enseignements avez-vous tiré de leur mode de fonctionnement parfois opaque ?

Julien Teil : Je n’ai pas travaillé au sein d’ONG mais pour une société spécialisée dans la collecte de fonds pour de grandes ONG. Suite à cela, une réflexion sur l’essence des ONG et leur instrumentalisation m’apparut plus que nécessaire. Tout d’abord, il faut prendre le soin de préciser quelques éléments : Les ONG, accréditées auprès de l’ONU exercent ce qu’on appelle un soft power, c’est-à-dire qu’elles influencent des instances décisionnaires à l’échelle mondiale. Pour certains, c’est une nouvelle forme de démocratie. Pourtant, les ONG ne sont pas élues, et leurs propres modes de gouvernance ne sont pas toujours démocratiques. A cela il faut ajouter les liens qu’ont certaines grandes ONG avec des transnationales qui animent en parallèle de puissants lobbys. Par ailleurs, elles jouent parfois un rôle géopolitique, principalement par l’intermédiaire des grands bailleurs de fonds comme ECHO pour l’union européenne et USAID pour les Etats-Unis. Enfin, parmi les ONG accréditées par l’ONU, beaucoup sont en réalité des fondations. Celles-ci sont souvent issues des grandes familles philanthropes, de multinationales et de banques. On y trouve aussi des instituts, des think-tanks, etc. ; bref, tout ce qui peut être qualifié de « société civile ». Du fait de tous ces éléments, il est difficile de cataloguer les ONG en général, et l’étude de leur fonctionnement est souvent rude et complexe.

Leur financement est souvent difficile à établir. Les grandes multinationales interviennent-elles auprès des ONG ?

Oui, elles interviennent, mais pas nécessairement sous forme de financements, bien que cela arrive ceux-ci sont en général peu importants par rapport au total des fonds levés par les ONG. Par contre, les partenariats entre ONG et multinationales sont courants. Les grandes multinationales aux pratiques contestées, notamment dans les PED, peuvent ainsi labelliser leur image. C’est une sorte de greenwashing. En règle générale, une multinationale agit souvent par intérêt, tout financement et partenariat pose donc des questions sur la légitimité d’une ONG, d’autant plus lorsque la multinationale en question a des intérêts dans les pays ou travaille l’ONG. Enfin, elles ont la possibilité d’intervenir indirectement au travers des personnes qui ont des postes importants au sein des ONG. Un bref aperçu de leurs parcours montre qu’elles ont parfois servi ces multinationales, aujourd’hui partenaires de leur ONG.

L’humanitaire est devenu un enjeu gĂ©opolitique. Pouvez-vous nous donner des exemples du dĂ©tournement de cette idĂ©e dans des buts très Ă©loignĂ©s de l’aide aux pays du Sud ?

Il y a un exemple très parlant au sujet de l’actualité. C’est avec prudence que je l’aborde, car encore une fois il s’agit de quelques ONG et fondations et qu’il est très difficile à saisir. Certaines ONG entendent proposer une « Robin Hood Tax » ; celle-ci étant la continuité des revendications associatives suite à « l’échec de Copenhague ».

Mais avant tout, quelques prĂ©cisions sont nĂ©cessaires. Beaucoup d’ONG estiment que le rĂ©chauffement climatique anthropique aura des consĂ©quences sur l’accĂ©lĂ©ration de l’assèchement des terres africaines, et donc de l’appauvrissement des cultures vivrières. C’est en tout cas ce que prĂ©tend par exemple Action Contre la Faim.

En parallèle, comme je l’ai expliquĂ© dans mon article  » Les liaisons incestueuses des ONG avec les Etats et les transnationales », ces fondations et ONG participent Ă  des programmes financĂ©s par la Howard Buffet Foundation , dont le Global Water Initiative est le pilier central. L’IIED, partenaire important du Global Water Initiative, a d’ailleurs publiĂ© les dĂ©tails de l’opĂ©ration sur son site internet.

Le site du journal Le Monde a quant à lui publié la liste des ONG impliquées dans la « Robin Hood Tax ». On y trouve Oxfam et Greenpeace, des organismes hautement impliqués dans le sommet de Copenhague, Oxfam étant aussi partenaire du Global Water Initiative. Notons que ces organismes n’ont jamais émis le moindre doute suite à l’affaire du Climatgate, suivie de la démission du président du CLU (Climat Research Unit), ni au sujet de l’inexistence d’un consensus sur la question de la théorie du réchauffement climatique anthropique.

Parmi les soutiens du projet de la « Robin Hood Tax », on retrouve aussi bien des politiques (Gordon Brown, Nicolas Sarkozy) que Warren Buffet. La famille Buffet est impliquĂ©e au travers de ses fondations dans de nombreux programmes de solidaritĂ© et a des intĂ©rĂŞts dans les solutions dites « Ă©cologiques » : voitures Ă©lectriques, bioĂ©thanol, etc. ; mais aussi dans les Organismes GĂ©nĂ©tiquement ModifiĂ©s (OGM) et leur distribution.

Bien que la taxe proposĂ©e par ces ONG et reprĂ©sentants du pouvoir politique et Ă©conomique propose de taxer les transactions financières, il faut s’interroger sur les secteurs dans lesquels les fonds seront affĂ©rĂ©s. Il est spĂ©cialement question selon Oxfam de « rĂ©duire la pauvretĂ© Ă  travers le monde et d’aider les pays pauvres Ă  s’adapter au changement climatique ». C’est donc en toute prudence que je dĂ©cide d’indiquer les instituts et organismes impliquĂ©s dans l’élaboration de cette taxe. Il est donc lĂ©gitime, au vu de l’histoire et des implications de ces organismes, de s’interroger sur leur rĂ©elle ambition.

Par ailleurs, les rĂ©seaux occultes de solidaritĂ© de la Françafrique, tels ceux de Charles Pasqua avec CoopĂ©ration 92, et ceux de Jacques Attali avec Planet Finance, ont montrĂ© que certains rĂ©seaux pouvaient interfĂ©rer dans l’ambition humanitaire affichĂ©e, et en particulier en Afrique. C’est aussi ce que l’on constate dans le cas de la loi Oudin-Santini. Parfois ces organismes sont crĂ©es Ă  des fins qui n’ont rien Ă  voir avec la solidaritĂ© internationale, ou sont utilisĂ©s par exemple dans l’affaire de l’Angolagate Ă  des fins criminelles.

Pour comprendre la situation actuelle, il convient de se rĂ©fĂ©rer au passĂ©. Celui-ci comporte de nombreuses analogies avec la situation prĂ©sente. Pour ce faire, la lecture du livre  » PĂ©trole une guerre d’un siècle, l’ordre mondial anglo-amĂ©ricain « , de William Engdahl, (en particulier les pages 168-172) est particulièrement intĂ©ressante. Celui-ci montre comment, il y a dĂ©jĂ  des dĂ©cennies, ces problĂ©matiques de ressources Ă©nergĂ©tiques et vitales donnaient lieu aux accointances les plus douteuses. Ces rĂ©alitĂ©s questionnent sur la nature du sommet de Copenhague, et invitent Ă  s’interroger sur la voie dans laquelle s’engagent ses architectes. Il se pourrait que ce sommet mondial reflète Ă©galement les combats pour la gouvernance du vivant et des futures Ă©nergies. Et, on ne peut nier que ces domaines sont en particulier importants pour les intĂ©rĂŞts amĂ©ricains, qui du fait de la crise Ă©conomique sont en perte de vitesse. D’ailleurs l’administration U.S est de longue date impliquĂ©e dans ces pratiques par l’intermĂ©diaire de fondations, de think-tanks et d’ONG. C’est donc encore une fois, une rĂ©alitĂ© gĂ©opolitique qui pourrait, en partie, expliquer la voie dans laquelle s’engagent ces ONG, fondations, et gouvernements au nom de l’Ă©cologie.

Comment les ONG servent-elles les intĂ©rĂŞts des Etats occidentaux ? L’ « impĂ©rialisme humanitaire » est-il une nouvelle forme de la domination des grandes puissances ?

Les ONG peuvent servir les intérêts des Etats occidentaux pour la simple raison qu’elles sont transnationales. Elles travaillent partout, et remontent une quantité d’information à travers leurs études et les bilans de leurs pratiques. Les Etats occidentaux, quant à eux, ont toujours cherché à faire perdurer le colonialisme, notamment par l’intermédiaire de leurs multinationales (comme Danone ou Lafarge par exemple). Il est évident que ces sources humanitaires sont pour eux du pain béni, et permettent de poursuivre les processus coloniaux en ayant nombre d’informations à disposition. En ce qui concerne le colonialisme, seules les formes changent, mais le but reste le même : privatiser les biens publics, les terres, les ressources. Les ONG assoient nécessairement l’hégémonie des pays occidentaux, tout comme le font le FMI et la Banque Mondiale.

La seule différence que l’on peut noter en comparaison avec le passé se résume par le fait que ces « grandes puissances » ont tendance à devenir privées, alors qu’auparavant elles étaient étatiques. Même si les pratiques des Etats occidentaux étaient auparavant faites au nom des peuples souverains, avec leur argent et sans leur accord, il s’agissait de renforcer l’hégémonie d’une Nation, aujourd’hui il s’agit de renforcer celle des multinationales. Ces deux pratiques doivent être condamnées mais ce constat n’est pas anodin. Ce phénomène va de pair avec la mutation des politiques nationales vers une gouvernance mondiale anti-démocratique. C’est d’ailleurs cette mutation que Francois Xavier Verschave décrivait dans son livre « de la Françafrique à la Mafiafrique » lorsqu’il expliquait que certains grands industriels n’ont plus besoin d’un Etat pour conduire leurs pratiques prédatrices en Afrique. Néanmoins, l’impérialisme humanitaire revêt aussi une forme géopolitique, lorsqu’il administre un pays pour les intérêts d’un autre pays par exemple, c’est notamment ce qu’on peut observer en Haïti. L’intervention des armées lors d’opérations humanitaires se généralise, ce mélange des genres est regrettable et en dit long sur les ambitions à long terme.

Que pensez-vous du modèle de l’aide au dĂ©veloppement ? N’y a-t-il pas une volontĂ© de rendre dĂ©pendant l’ensemble des pays de la planète, des Organisations Economiques Internationales (comme le FMI ) ?

Tout à fait. A ce sujet, je vous renvoie aux travaux du comité d’annulation de la dette du tiers monde. Il est certain que les programmes prodigués par la banque mondiale et le FMI entretiennent dans un premier temps le maintien de la pauvreté, la perte de la souveraineté alimentaire et de toute autonomie dans les PED. Dans un second temps, ces modèles de gouvernance nés sous prétexte de réajustement économique et au nom d’une soi-disant nécessaire croissance mondiale, vont être visiblement utilisés dans les pays dits développés qui souffrent actuellement de la crise économique. L’Allemagne a d’ailleurs appelé à la création d’un FME (Fonds Monétaire Européen). Que va-t-il se passer ? La Grèce va-t-elle être vendue aux multinationales comme ce fut le cas pour l’Argentine ?

L’aide au développement est, de plus, un concept hiérarchisant, qui mériterait quelques critiques. Les DSRP (documents stratégiques de réduction de la pauvreté) qui ont suivi les programmes d’ajustements structurels, prétendent intégrer les peuples dans les décisions. Mais ils ne font que permettre la pérennité d’un néocolonialisme en perpétuelle mutation, là est la dite stratégie. Cette stratégie ne pourrait exister sans le très contestable rayonnement de la culture occidentale, qui lui même est impérial et profondément ethnocentriste.

La mondialisation capitaliste se dirige vers la mise en place d’une gouvernance mondiale. Quelles furent les Ă©tapes de sa mise en place et quels objectifs vise-t-elle ?

Il est difficile de répondre à cette question. Le mondialisme n’est pas seulement une conséquence de la mondialisation mais aussi une idéologie. Pierre Hillard a récemment publié un article intitulé « histoire du nouvel ordre mondial » qui décrit l’ensemble des processus mis en place par les grands princes du mondialisme. Il y a de plus, une mystique mondialiste assumée par ses acteurs. Elle est difficile à interpréter, mais ses objectifs sont clairement énoncés. Les processus sont longs et peuvent prendre différentes formes.

Jacques Attali décrit dans « Une brève histoire de l’avenir » la perspective de cette gouvernance mondiale. Je ne pense pas qu’il se trompe, les ambitions qu’il révèle sont d’ailleurs en synchronicité avec ce à quoi nous assistons de nos jours.

Il serait donc question d’une gouvernance mondiale, au sein de laquelle chaque être humain consommerait, penserait et agirait de la même manière et uniformément sur le globe. Cela passe évidemment par l’abolition des souverainetés, pas seulement étatiques, mais aussi alimentaires, ce qui à mon sens représente un énorme danger. L’intervention des assurances semble également inéluctable pour aboutir à un tel système : chaque homme ayant droit selon des critères socio-économiques, à une alimentation de telle catégorie, une santé de telle catégorie, une éducation de telle catégorie, etc. ; le tout régi par des assurances mondiales sous le contrôle de divers ministères et organismes mondiaux. Nous vivons déjà dans un tel système mais il n’est pas encore totalement verrouillé. Le but est naturellement d’aboutir à un système profondément antidémocratique puisque calqué sur la gouvernance européenne, qui n’est autre que la gouvernance des lobbys. À ce propos, seul 40% des agences de lobbyistes sont inscrites sur le registre bruxellois.

L’opacité de la gouvernance européenne, pourrait certainement se retrouver dans une gouvernance mondiale institutionnalisée, et ses institutions ne seraient plus seulement interventionnistes mais exerceraient une primauté sur les droits nationaux et les constitutions. Cela s’accompagnera bien entendu, comme l’a montré Medvedev en présentant un prototype de pièce mondiale lors du sommet du G20 à l’Aquila, d’une monnaie mondiale. La crise actuelle sert en outre indiscutablement l’accélération de l’abolition des monnaies nationales au profit de l’émergence de nouvelles monnaies continentales qui convergeront vers la monnaie mondiale. C’est du moins ce qu’indiquent les écrits des laboratoires de pensée élitistes, notamment Foreign Affairs, la revue du CFR. Il faut noter que l’émission de cette monnaie se fera sans aucun doute par les banques privées, ce qui pourrait détruire le principe même de souveraineté, et de facto annoncer la fin de la démocratie. C’est d’ailleurs ce qu’a permis l’article 104 du traité de Maastricht en Europe: mettre une fin définitive à l’indépendance des peuples face aux banques privées, entretenir la dette des pays européens, pendant que le FMI et la Banque Mondiale construisaient celle des PED. Notons que ces dettes coloniales et antidémocratiques n’ont aucun sens et aucune légitimité au regard de nombreuses constitutions.

La question de la « FrançAfrique » est toujours d’actualitĂ© pour vous. OĂą en sont les rapports entre les gouvernements français et les Etats africains ? Les « rĂ©seaux africains » des partis politiques français de Gauche comme Droite existent-ils encore ?

Dresser un tableau d’actualité des relations franco-africaines serait un travail long et pénible. Je vous renvoie donc aux travaux de l’association Survie. Samuel Foutoyet a publié fin 2008 un parfait résumé de la situation dans son ouvrage « Nicolas Sarkozy ou la Françafrique décomplexée ». Il faut bien comprendre que sous Sarkozy nous avons affaire à la branche affairiste de la Françafrique, des réseaux Pasqua et donc de ceux de la Corse. Les réseaux africains des partis politiques français subsistent, mais il est certain que des réseaux chinois, israéliens, américains, iraniens et libanais, etc., sont engagés dans la « conquête de l’Afrique ». De plus, comme l’a expliqué Verschave, les multinationales sont elles aussi de plus en plus présentes et n’agissent pas au nom d’un pays, mais simplement au nom du profit. Cela est à mettre en rapport avec la mutation des relations internationales vers une gouvernance mondiale dirigée par des multinationales et des banques privées.

La rĂ©sistance Ă  la mondialisation a pris diverses formes en Europe. Comment jugez-vous le bilan de l’altermondialisme ? La crise de ce mouvement, longtemps reprĂ©sentĂ© par ATTAC, est-elle rĂ©vĂ©latrice de ses faiblesses initiales (mĂ©lange de rĂ©formisme et d’analyses dĂ©passĂ©es) ?

Ce n’est que mon avis mais je vais rester général : ces organisations proposent de traiter les conséquences du système en place. Elles ne proposent aucunement de le démanteler en s’attaquant à sa base. Elles ne font finalement que rationaliser l’expression des maux de la société, lui ôtant toute sa charge vindicative. Elles se présentent pour la plupart en tant que société civile, mais elles ne sont pas élues. En somme, elles veulent sauver le système, l’économie, la démocratie ; en bref sauver des choses qui ont depuis longtemps fait l’aveu de leur propre inconsistance.

*Rébellion n°41 (mars/avril 2010)

Consulter le blog de la revue Rébellion

août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

Ă€ brève Ă©chĂ©ance, il faudra Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies se fera par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la “compĂ©titivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.”

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Télécharger l’article de la revue au format pdf

Reproduction libre avec indication des sources


août 26 2010

DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique exige un rĂ©fĂ©rendum sur l’Union europĂ©enne (vidĂ©o)

Hier soir, cinq de nos camarades du mouvement DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique (DĂ©cibel) ont pris d’assaut une grue se situant rue Henri Maus, près de la Bourse de Bruxelles (voir la vidĂ©o ci-dessous). Leur action a Ă©tĂ© relatĂ©e par les mĂ©dias Belges aujourd’hui. Les membres de DĂ©cibel ont ainsi rĂ©ussi Ă  se faire entendre sur la nĂ©cessitĂ© d’exiger une consultation par rĂ©fĂ©rendum sur l’Union europĂ©enne.

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Le site de la Radio et TĂ©lĂ©vision Belge (RTBF) consacre un article sur l’action de nos camarades de DĂ©cibel, qui sont restĂ©s « perchĂ©s Ă  une dizaine de mètres de hauteur depuis 19 heures mardi soir », promettant Ă  la police, immĂ©diatement dĂ©pĂŞchĂ©e sur les lieux, « de redescendre vers 22 heures. »

« Le but des activistes Ă©tait de dĂ©ployer une banderole visant Ă  dĂ©noncer la dĂ©marche « antidĂ©mocratique » de l’Union EuropĂ©enne », indique Ă©galement une dĂ©pĂŞche de l’agence de presse Belga.

« Par cette action, le groupe DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique entend notamment dĂ©noncer « la soumission des Etats europĂ©ens Ă  l’Union EuropĂ©enne, via le TraitĂ© de Lisbonne, adoptĂ© sans consultation prĂ©alable des citoyens », prĂ©cise encore le site d’information belge 7sur7

Les membres de DĂ©cibel dĂ©noncent Ă©galement l’absence de rĂ©fĂ©rendum lors de l’adoption de l’euro au dĂ©but des annĂ©es 2000, ainsi que « la mise en place par le groupe Bilderberg d’un prĂ©sident Ă  la tĂŞte de l’UE, Herman Van Rompuy, sans Ă©lections », indique quant Ă  lui le quotidien belge en langue nĂ©erlandaise HLN.BE

Dans leur DĂ©claration d’indĂ©pendance des Peuples et Nations d’Europe, que nous reproduisons ci-dessous, nos camarades belges exigent qu’un referendum soit organisĂ© pour tous les pays membres de l’UE.

Mecanopolis



Déclaration d’Indépendance des Peuples et Nations d’Europe

Par Désobéissance Civile Belgique

Nous ne sommes pas européens, ou plutôt, oui nous le sommes, mais nous ne sommes pas « union européens ».

Nous n’avons pas été consultés, ou nos choix n’ont pas été pris en considération, concernant le « Traité De Lisbonne ». Par conséquent, nous ne reconnaissons pas la validité de ce traité.

Nous n’avons pas été consultés concernant la « Charte des droits fondamentaux » et les « Explications relatives à la Charte des droits fondamentaux » avec son article 2, (« droit à la vie ») « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté » qui autorise les exécutions sommaires :

« La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire :

a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;

b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;

c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

Nous ne reconnaissons par conséquent pas cette « Charte des droits fondamentaux » et ses « Explications ».

Nous n’avons pas été consultés concernant l’ « Eurogendfor », Force de Gendarmerie Européenne, qui est une armée privée au service des dirigeants de l’Europe, qui a carte blanche et bénéficie de l’immunité pour rétablir l’ordre partout dans les pays de l’Union Européenne. Nous ne reconnaissons par conséquent pas l’autorité de l’Eurogendfor, ni son droit d’exercer des interventions dans nos nations.

Nous ne reconnaissons l’Union Européenne, proclamée déjà, en même temps que le mondialisme, dans la « Déclaration de Montreux » en 1947, et affirmant « Nous, fédéralistes mondiaux, affirmons … Une telle confédération devrait reposer sur les principes suivants : … Limitation des souverainetés nationales et transfert à la Confédération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, nécessaires à la gestion des affaires mondiales… ».

Enfin, nous ne reconnaissons l’Union Européenne bâtie grâce à l’argent que la CIA versait dans les années 50-60, argent provenant des fondations Rockefeller et Ford, à des personnes telles que Robert Schuman et Paul-Henri Spaak ou à des institutions pro-européennes, afin d’aider à accélérer le processus d’unification de l’Europe et d’empêcher tout débat quant à la création de la monnaie unique européenne.

Etant donné que

a) nos gouvernement et chefs d’Etats ont choisi seuls, sans nous consulter, de se soumettre à une Union Européenne non démocratique

b) l’Union Européenne n’est qu’une étape d’un plan visant à soumettre les nations du monde entier à un gouvernement mondial

c) tout homme a le droit inaliénable de choisir son avenir et sa destinée, dans les limites que la vie veut bien lui accorder

Nous, peuples et nations d’Europe, déclarons notre indépendance. Nous ne sommes pas « union européens », nous sommes européens, nous sommes allemands, autrichiens, belges, bulgares, chypriotes, danois, espagnols, estoniens, finlandais, français, grecs, hongrois, irlandais, italiens, lettons, lituaniens, luxembourgeois, maltais, hollandais, polonais, portugais, tchèques, roumains, anglais, écossais, irlandais, gallois, slovaques, slovènes, suédois, tous de nationalités différentes, mais liés par un passé commun et tournés vers un avenir commun où, nous en sommes convaincus, les mots démocraties et libertés pourrons prendre tout leur sens.

Désobeissance Civile Belgique

août 18 2010

Comment la Fondation Bertelsmann endoctrine et manipule les citoyens d’Europe

Des « ateliers du futur », des « forums prévisionnels » ou des « ateliers de démographie » en vue du soi-disant « développement de la commune » – cela n’existe pas en Suisse seulement. C’est à travers l’Europe entière que les communes ont affaire à de telles organisations douteuses et anti-démocratiques. Et partout elles se déroulent selon le même schéma, guidées par des animateurs externes.

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En Allemagne, c’est la Fondation Bertelsmann qui en fournit le modèle. Sur ses sites internet on trouve des directives stratégiques, des conseils, des manuels en vue de créer des «ateliers dans les communes» ainsi que des «visions sur le développement communal».1

Quant aux «visions» de la Fondation Bertelsmann, elles sont évidentes. Il s’agit du détournement vers le privé des institutions communales («out-sourcing»), de l’usurpation de tâches réservées à la souveraineté de la commune, de privatisation de piscines commu­nales et des régies communales de l’eau, des maisons de retraite, des associations et unions d’intérêt public etc.; les communes et leurs institutions devront, selon ces plans, devenir des entreprises fonctionnant selon le principe de gain et profit, quitte à participer à la course aux avantages locaux. Il est évident que cela n’a plus rien à voir avec la démocratie.

En Angleterre, l’entreprise Arvato, filiale à 100% de la Fondation Bertelsmann, a ainsi pris possession de la commune de East Riding, Yorkshire, gérant maintenant des tâches auparavant réservées à la souveraineté communale dans une circonscription qui compte pas moins que 325 000 habitants (cf. en­cadré) – s’étendant du prélèvement des impôts communaux, en passant par la distribution des allocations d’aide sociale, jusqu’à la gestion des finances.2

En Allemagne, c’est la ville de Wurzburg (Basse-Franconie) où Arvato gère «la totalité des prestations administratives».3 D’autres communes devraient suivre ce modèle.

Or, en Allemagne, il s’agit de 105 milliards d’euros, provenant des fonds fiscaux qui, selon estimation, circulent dans les communes et leurs institutions par an. Ce sont ces milliards-là qui provoquent l’avidité de la multinationale Bertelsmann. Pour le moment, Arvato «se contente» d’un cinquième de cette somme, comme dit son chef, Rolf Buch: «Il s’agit d’un marché de plus de 20 milliards d’euros, soit autant que le chiffre d’affaires actuel de Bertelsmann.»4

Non, décidément, avec Bertelsmann, on n’a plus affaire à un cercle à connivence chrétienne distribuant des livres et des périodiques dont les magazines illustrés peuplaient, du temps de l’après-guerre, les mé­nages, les cabinets médicaux et les pharmacies allemands. Aujourd’hui, il s’agit d’un empire des médias connecté dans le monde entier, disposant d’un chiffre d’affaires en milliards et qui, dans de nombreux pays, entretient des relations les plus privilégiées avec des hommes politiques de haut rang, des présidents de partis et des chefs d’Etat, ainsi qu’avec des fonctionnaires de syndicats etc. Les gens de Bertelsmann siègent dans des institutions et commissions de l’UE et influencent tous les domaines de la politique – qu’il s’agisse de la Constitution europé­enne, de la formation d’une armée européenne ou de la privatisation des domaines de la formation et de la santé et, dernièrement aussi des communes.5

La «vision» de la Fondation Bertelsmann est une «Europe des régions» dans laquelle les nations souveraines ont disparu6 et dont les unités administratives sont des «espaces métropolitains» ou des communes fusionnées, unités sous l’administration centrale de Bruxelles7 et exploitées sur le marché par Bertelsmann. C’est dans cette direction-là qu’est dirigé ce «changement», changement où les décisions démocratiques des citoyens ne font que déranger.

Pour démarrer le «changement» on convoque – après concertation avec les conseillers externes – un groupe, complètement arbi­traire, mais pourtant soigneusement choisi – de membres d’exécutifs, d’associations, d’Eglises, de corps de métier et corporations, d’entreprises etc. dans les «ateliers du futur» susnommés qui n’ont aucune légitimation ni représentation démocratiques. Ainsi, avec le recours à des méthodes de manipulation psychologique employées dans des groupes d’envergure (mise en place, «open space» etc.) qui n’ont rien à faire dans un processus de décision libre et démocratique, on se met à dis­soudre «les forces récalcitrantes» de la société.8 Il s’agit de créer une «ambiance positive de renouveau» qui vise «l’enthousiasme des acteurs locaux».9 Ceux qui mettent en doute les «visions» sont traités de «passéistes» et de «traditionalistes arriérés». De telles images nuisibles ne font que semer la discorde dans les communes et déranger la paix politique.

Nous n’avons pas besoin d’«ateliers du futur» qui, comme des «cabinets de l’ombre», se mettent à saper l’autonomie communale. Il ne nous faut pas du «strip-tease» psycholo­gique dans des salles polyvalentes pour procréer des «visions communales», qui ne créent, en fait, que des coûts. Le vrai débat sur les thèmes d’avenir se situe dans les conseils municipaux et les réunions communales où chaque citoyen est censé contribuer, proposer des motions et solliciter un vote, dénué de tout endoctrinement et de toute manipulation.

Mais détrompons-nous: en Suisse aussi, une 5e colonne de traîtres au pays se bâtit sous forme d’«acteurs» en vue du développement européen régional misant sur les méthodes Bertelsmann. Ainsi «régiosuisse», un réseau central national en faveur du développement régional suisse, recommande-t-il chaudement «la fondation allemande de Bertelsmann». «Sur son site internet», poursuit-il, «elle fournit toute une gamme d’idées à l’usage des gestionnaires régionaux et instances constructrices de réseaux» (sic!); on y trouve, ajoute-t-il, «diverses publications et une banque de données intitulée ‹Best Practices des communes pour les com­munes› etc. qui offrent, également aux instances ac­trices suisses pour le développement communal d’intéressants intrants.»10

Voilà pourquoi, dans nos communes, les «ateliers du futur» surgissent du sol comme des champignons. Il ne faut pourtant pas oublier que ce sont toujours les citoyennes et citoyens qui décideront, en dernière in­stance, s’ils veulent effectivement l’«Anschluss» à une «Europe des régions», gérée de manière centraliste par Bruxelles, où il n’y aurait plus de nations souveraines, ni par conséquent, de citoyens jouissant de leurs pleins droits de démocratie directe.

Horizons et Débats

Sur le même sujet, lire également Les « ateliers du futur », nouvelle cinquième colonne des stratèges de l’UE

Notes :

1 Bertelsmann-Stiftung: Workshops fĂĽr Kommunen. URL: www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xchg/SID-0FEC8238-A85109F4/bst/hs.xsl/93630.htm
2 Privat statt Staat: Das englische Modell. Bertels mann-Tochter Arvato übernimmt Verwaltung. «Neue Westfälische», Bielefeld, 1/9/06
3 Arvato Services Bertelsmann: Arvato startet Dienstleistungen für die öffentliche Verwaltung in Deutschland. URL: www.arvato-services.de/de/news-20070427.html
4 Siebenhaar, Hans-Peter: «Ein riesiger Markt vor der Haustür». «Handelsblatt», 4/4/08
5 cf. Hillard, Pierre: La Fondation Bertelsmann et
la gouvernance mondiale, Paris 2009
6 cf. Hillard, Pierre: La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, Paris 2009
7 cf. Wüthrich, Marianne: Bruxelles tente de court-circuiter la structure politique de la Suisse. Horizons et débats no 31 du 10/8/09
8 Willener, Alex: Zukunftswerkstatt. Hochschule Luzern o.J. URL: www.hslu.ch/s-zukunftswerk-statt.pdf
9 Bertelsmann-Stiftung (Hrsg.): Demographie konkret – Handlungsansätze für die kommunale Praxis. Gütersloh o.J., S. 35
10 regiosuisse: Organisationen/Institutionen/Netz werke (CH/EU). www.regiosuisse.ch/adressen/links/links/#organisationen-institutionen-ch

août 18 2010

Les « ateliers du futur », nouvelle cinquième colonne des stratèges de l’UE

Alors que l’UE balance entre l’éclatement et un pouvoir de plus en plus dictatorial, les attaques contre la Suisse se pour­suivent. Après les brutales attaques verbales de Steinbrück et consorts qui ont amené les Suisses à se serrer résolument les coudes, un groupe obscure d’adversaire bruxellois sous influence anglo-américaine a manifestement recours à une stratégie secrète: Puisque le modèle suisse de démocratie directe ne peut pas être attaqué par la cavalerie, on essaie de le faire à l’aide d’une cinquième colonne, de louches «cabinets de conseil en matière de changement social» pilotés discrètement dans l’ombre par la Fondation Bertelsmann. La recette est ancienne et peu appétissante: comme les Suisses répugnent à se soumettre au joug de l’UE, on tente de créer insidieusement de nouvelles structures et de les placer à côté des anciennes qui ont fait leurs preuves.

Depuis quelque temps, dans de nom­breuses communes, sous le label «atelier du futur» et par l’intermédiaire de cabinets de conseil privés, on instrumentalise les citoyens à l’aide de méthodes perfides de manipulation psychologique des grands groupes, les incitant à procéder à des fusions de communes et à propager la stratégie des régions métropolitaines. L’objectif est le suivant: en semant la discorde entre les citoyens des communes, on cherche à dissoudre les structures effi­caces et à créer de grandes régions euro-compatibles soumises directement à Bruxelles au lieu de l’être aux Etats nations. Mais cela ne se fera pas si les citoyens vigilants sont au courant de ce qui se trame.

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Le « Social Engineering » n’a rien à faire dans une démocratie

Par Horizons et Débats

Avec toutes ses facettes et ses structures équilibrées comme l’autonomie communale, le principe de subsidiarité, le fédéralisme, le principe de milice, la péréquation financière, la solidarité entre les communes et les cantons et surtout la participation directe des citoyens aux processus politiques qui permettent d’opposer la raison et la pondération du peuple à la soif de pouvoir de quelques-uns, la démocratie directe a apporté à notre pays la stabilité politique et économique, l’indépendance et la prospé­rité, et cela grâce à une culture politique qui se nourrit du dialogue de citoyens égaux en droits.

Le pays a besoin de citoyens responsables et à la pensée indépendante

Comme les citoyens suisses ne sont pas prêts à abandonner ce modèle pacifique qui pourrait se révéler salutaire dans d’autres régions du monde (à condition de les adapter), et bien qu’ils subissent depuis des années le feu des critiques des médias étrangers, ceux qui tirent les ficelles ont chargé leurs spin-doctors d’imaginer une nouvelle ruse de guerre: les «ateliers du futur» der­rière lesquels se dissimule un projet de l’UE qui vise à dissoudre les structures commu­nales et à les remplacer par de nou­velles régions sans racines historiques ni con­trôle démocra­tique. Sous ce label d’«ateliers du futur», on cherche à vendre aux Suisses quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec leur pays, son histoire et ses règles du jeu démocratique. Des organismes privés, la plupart du temps des cabinets de conseil animés par des individus médiocres passés maîtres dans l’art de la manipulation, de l’endoctrinement et des relations pu­bliques mais qui n’ont aucune idée des réalités politiques et des problèmes concrets invitent les citoyens à participer à des «ateliers du futur», et cela à la de­mande de quelques membres d’une administration communale (autorités scolaires, conseil communal, etc.) mal connus des autres citoyens, souvent nouveaux dans la commune et disposant d’une obscure formation complémentaire. Il s’agit d’attirer des citoyens triés sur le volet selon des critères opaques, avant tout des membres d’autorités, d’institutions, de corporations et d’associations, à procéder, dans la salle polyvalente de la commune, à un strip-tease psychologique et à développer des «visions d’avenir» sur ce que la com­mune devrait être dans 20 ans, sur les choses et les personnes qui les dé­rangent depuis longtemps et ce qui devrait être modifié pour que leur bien-être s’améliore. Les thèmes favoris sont l’énergie et les transports ainsi que de grands projets de construction aux contrats lucratifs à l’aide desquels on tente d’appâter certains membres de la commune. On notera que ces «élus» ne sont aucunement représentatifs de leur organisme ou corporation et qu’ils n’en sont surtout pas les délégués. On ne tolère pas les critiques envers ces manipulations collectives et ceux qui ne hurlent pas avec les loups sont stigmatisés, traités de «passéistes» devant toutes les personnes pré­sentes et marginalisés.

Or les citoyens lucides doivent révéler avec clarté les agissements minables des individus médiocres et louches à qui l’on confie le rôle d’animateurs.

C’est une chose absolument nouvelle en Suisse que les critiques objectives suscitent des attaques personnelles et où les contradicteurs se voient marginalisés. L’exemple de l’atelier du futur de Malters le montre clairement (cf. encadré).

Ces ateliers sont non seulement dépourvus de toute légitimité démocratique; ce sont des mascarades à l’aide desquelles les adversaires de la Suisse cherchent, par le biais de conseillers extérieurs, à amener la Suisse à se soumettre à Bruxelles. On ne veut pas ici de citoyens responsables et à la pensée indépendante qui ont l’habitude d’exprimer leurs opinions à l’abri des interprétations psychologiques. La plupart du temps, on lance sans réfléchir dans le débat des platitudes telles qu’«évolution démographique», «manque d’attrait économique du site», ou «société qui évolue rapidement» pour faire croire aux «élus», grâce à une habile manipulation, qu’il est urgent de changer quelque chose dans leur commune. On veut ainsi empêcher que quelqu’un s’oppose à ces thèmes et au procédé manipulateur. On crée ainsi un état d’esprit dans lequel le débat objectif est impossible et d’ailleurs non souhaité.

Intrusion inadmissible dans la vie privée

C’est une pure dérision de traiter de cette manière des gens responsables et à la pensée indépendante. Tout citoyen suisse responsable a la possibilité, aux niveaux communal, cantonal et surtout fédéral, par le biais des procédures de consultation, de l’initiative et du référendum, d’avoir une influence directe sur la politique, avantage que nous envient fortement les citoyens étrangers qui cherchent maintenant peu à peu à obtenir ces droits mais rencontrent une grande résis­tance, surtout de la part des politiques. Nous pouvons (à vrai dire depuis des siècles) débattre de questions politiques relevant du niveau communal lors de chaque assemblée communale, nous pouvons lancer une initiative et amener un large public à en dé­battre. Nous disposons de tous les moyens poli­tiques de discuter de questions spécifiques avec tous les membres d’une commune et de chercher des solutions praticables, satisfaisantes pour toutes les parties. Nulle part ailleurs que dans les com­munes, l’échange d’idées sur des questions spécifiques entre les citoyens n’est aussi vivant.

Mais dès que l’on a besoin de «visions» pour augmenter le bien-être des individus, on assiste à une intrusion inadmissible dans la vie privée qui n’a rien à voir avec la maîtrise de questions spécifiques. La commune a pour mission de trouver des solutions aux problèmes quotidiens pour le bien de l’ensemble des habitants là où la loi le prévoit, avec eux, sans parler des activités bénévoles importantes accomplies de toute façon par les citoyens.

Les citoyens responsables n’ont pas ­besoin d’animateurs qui, à l’aide d’as­tuces psychologiques et de mises en scène étudiées, cherchent à les mener dans la direction voulue avant tout par les initiateurs de l’«atelier du futur». L’échange d’idées ouvert et honnête entre les citoyens constitue la base du bon fonctionnement des communes suisses et par conséquent d’une démocratie saine.

L’Etat de droit en lieu et place de la dictature des opinions

Les «ateliers du futur» n’ont rien à faire dans notre démocratie: ils relèvent des techniques psychologiques manipulatrices. Les spécialistes appellent cela «Social Engineering» ce que l’on pourrait traduire par «manipulation de l’opinion publique». La formation de l’opinion, qui naît des débats objectifs, et parfois également émotionnels, entre citoyens responsables est un processus ouvert et transparent qui a toujours pour objectif la solution de questions concrètes. Les attaques person­nelles et les interprétations n’ont pas leur place ici et sont catégoriquement bannies des assemblées communales. Le débat concerne la recherche de solutions. Or les «ateliers du futur» procèdent tout différemment: les participants sont entraînés sur le plan affectif, lequel n’a rien à voir avec l’indépendance et les libres décisions. On installe une «dictature des opinions» très éloignée de la démocratie et qui n’a absolument rien à voir avec l’Etat de droit.

La Suisse n’a absolument pas besoin de cela. Depuis des siècles, les citoyens sont habitués à défendre leur liberté et leur indépendance. Ce fut un long et dur combat, mais il a conduit au plus démocratique de tous les Etats, qui a acquis un rôle de pionnier. Allons-nous perdre ce précieux héritage à cause d’un groupe d’arrivistes uniquement parce qu’ils ne peuvent pas résister aux tentations du pouvoir et se laissent embrigader comme des idiots dociles par ceux qui veulent avoir encore plus de pouvoir sur le pays et ses citoyens afin de mettre à exécution leur obscurs projets?

Non, nous sommes redevables à nos descendants et à nos ancêtres de sauvegarder de toutes nos forces ce que ces derniers ont obtenu et défendu de haute lutte: la liberté, l’indépendance et un Etat de droit qui accorde à ses citoyens un haut degré de participation politique.

Horizons et Débats

« Ateliers du futur » : l’exemple de Malters

Parmi les exemples significatifs d’«ateliers du futur» se trouve celui de la commune de Malters. Les 22 et 23 août 2008 a eu lieu, sous la devise «Organiser ensemble l’avenir», un «atelier du futur pour le développement communal». Il a été animé par trois personnes étrangères à la commune qui s’intitulent «spécialistes du développement communal, urbain et régional»2 et dirigent le cabinet de conseil kon-sens.

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Dans une démocratie, le peuple est souverain et cela signifie que ce ne sont pas des spécialistes qui décident de l’avenir de la commune mais le peuple. One man one vote. A Malters, selon la documentation, les participants à l’«atelier du futur» sensés organiser l’avenir de toute la commune ont été triés sur le volet par un «groupe de pilotage» en fonction de critères opaques: il s’agissait de membres de partis, de l’Eglise, d’associations, de l’économie privée, de la commission scolaire, de l’administration communale, aucune de ces personnes n’ayant de légitimité démocratique. Le groupe de pilotage, composé de membres du cabinet de conseil et de membres de l’exécutif agissant de leur propre autorité, opérait en coulisse et sans mandat légitime. Officiellement, on a prétendu que les participants avaient été invités «à la demande du conseil communal». Le président de commune avait manifestement un rôle de figurant dans cet atelier dont l’objet avait été fixé à l’avance par le groupe de pilotage et puis sagement «élaboré» par les participants de l’atelier du futur.

Le premier jour, le président de commune a présenté une brève introduction et a confié la direction au cabinet de conseil. Bel exemple d’expertocratie! kon-sens a expliqué les «règles du jeu», c’est-à-dire les méthodes de manipulation psychologique, les procédures et la répartition en groupes. Un processus de grand groupe était ainsi mis en marche. A la fin, le résultat était conforme à ce que voulait le groupe de pilotage.

Les méthodes psychologiques mises en œuvre proviennent des officines de la programmation neuro-linguistique, de la théorie systémique, de l’écologie des profondeurs, Peter Singer inclus, et de la théorie des «systèmes autorégulés», telles qu’elles ont été importées des Etats-Unis par le groupe autrichien metalogikon, par exemple, méthodes qui remplacent l’action réfléchie par l’imagination, les visions et le strip-tease psychologique. Il s’agit là d’une ingérence anticonstitutionnelle de psychologues à la manque, de sociologues et de représentants d’autres sciences sociales dans des processus démocratiques où ils n’ont rien à faire. Dans ces séances, les citoyens qui assument des responsabilités dans la gestion de leur commune n’ont plus d’opinion personnelle (pour autant qu’on leur de­mande leur avis): le groupe de pilotage les mène là où il veut. Les participants à ces bavardages infantiles de salle polyvalente affublés de termes anglo-américains tels qu’«open space technology», «world cafe» ou «atelier du futur», comme à Malters, ne savent pas qui a mandaté les animateurs.

L’exemple de Malters doit nous mettre en garde contre la manière dont on cherche, à l’aide de techniques manipulatrices pratiquées dans des grands groupes à démanteler, des structures et des procédures démocratiques qui se sont développées au cours des siècles. Etant donné l’ignorance politique et la superficialité intellectuelle des «conseillers» et de leurs «théories», il est facile de mettre fin à leur sinistre manipulation psychologique.

Horizons et Débats

Instaurer la stratégie européenne des espaces métropolitains en Suisse – sans prendre en compte le peuple

Le programme des agglomérations ou la création d’espaces métropolitains sont des projets néo-libéraux. Il est promu par l’Union européenne avec le but de dissoudre progressivement les frontières des Etats-nations. On veut créer des régions transnationales qui agiront en tant qu’unités administratives sans traditions pour contrôler les gens qui y vivent, tout en les privant de leur identité. La démocratie doit être déconstruite pour pouvoir gérer le budget «plus efficacement» et avoir un meilleur contrôle, bref, pour mieux pouvoir exploiter la population au profit d’une petite oligarchie.

Le Schéma de développement de l’espace communautaire (SDEC), la conception de la stratégie des espaces métropolitains de l’UE, divise l’Europe en 16 espaces métropolitains dans lesquels la Suisse – bien sûr sans avoir eu voix au chapitre – est entièrement impliquée comme si l’UE avait quoi que ce soit à décider concernant notre pays. L’espace métropolitain zurichois est désigné comme moteur économique et élevé au niveau d’espace métropolitain européen. Que cela ait été accepté favorablement par quelques stratèges de l’UE en Suisse s’est avéré lors de la fondation de l’Association métropolitaine de Zurich, juste avant les vacances d’été de l’année passée. Les initiateurs étaient Markus Notter, conseiller d’Etat, Elmar Ledergerber, maire de Zurich à l’époque et Ernst Wohlwend, maire de Winterthur. En fait, tous les trois sont sociaux-démocrates. Ils ont créé une association, dirigée par des membres exécutifs élus et gérée par une entreprise de communication privée, qui s’ingère activement dans les affaires communales et cantonales (économie, trafic, société, habitat). Aucune trace de contrôle démocratique. Même les députés des cantons concernés n’étaient pas au courant de ce processus. Un scandale!

A ce jour, cette association existe toujours et tente, avec son caractère de société secrète, de préparer le terrain pour une adhésion à l’UE, à laquelle aspirent notamment les trois politiciens mentionnés ci-dessus. C’est scandaleux. C’est totalement antidémocratique, immoral et profondément contre les coutumes suisses que des hommes politiques se ré­unissent dans une association privée pour traiter de questions politiques qui concernent directement leur propre fonction mais qui sont du ressort des autorités cantonales ou communales concernées, et qui sont ainsi complètement sous­traites à tout contrôle démocratique.

Mais en Suisse, on ne prépare pas le terrain seulement au niveau cantonal. Le Projet de territoire suisse a été manigancé dans le département Leuenberger (PS) et coordonné avec l’UE. Le nouveau programme du parti socialiste en dit long. Les militants se retrouvent.

Les espaces métropolitains ont pour but de dissoudre les structures démocratiques, de les remplacer par des entités régionales nouvellement créées afin de mieux pouvoir réduire la participation de la population. Le citoyen actif devient un sujet qui est privé de sa participation démocratique. – Cela, nous ne pouvons le tolérer!

«Metalogikon»: manipulation «minimalement structurée» de grands groupes et programmation neuro-linguistique

A la recherche des dessous du monde suisse des «ateliers du futur», on ren­contre des entreprises comme flow, kon-sens ou Metalogikon – Association pour le développement et la recherche d’innovations entrepreneuriales et sociales. Elle a collaboré étroitement avec le cabinet de conseil fischli&würmli fondé en 2000 et établi à Glaris. Des agents de Metalogikon organisent avec des membres de fischli&würmli des programmes d’enseignement des cadres de Migros. Christoph Mandl de Metalogikon, remplit en outre des missions à l’EPF de Zurich, à l’Université de Saint-Gall, à la Commission européenne ainsi qu’à la Cour des comptes européenne.

Metalogikon a été fondé en 1997 tout d’abord en tant que groupe de travail de 6 «conseillères en organisation» autrichiennes. Devenue aujourd’hui une association, la société couvre les pays germanophones d’Europe ainsi que l’Italie. Depuis 1997, Metalogikon prend en charge des «interventions sur les grands groupes» – développées aux Etats-Unis dans les années 1980 – dans lesquels on provoque, à l’aide de techniques psychologiques, des «processus minimalement structurés». Ces groupes (pouvant compter plusieurs milliers de participants!) sont par exemple des communes (cf. Malters), des cantons, des Etats. Une combinaison de l’open space technology et du dialogue, deux de ces méthodes appli­cables à de grands groupes et venant des Etats-Unis, ont ensuite été développées pour être appliquées en Europe: il s’agit des conférences métalogues, qui ont lieu depuis 1998.

Ces méthodes sont, selon leurs inventeurs, un perfectionnement des groupes-T (petits groupes) inventés par Kurt Lewin et destinées particulièrement aux «activités créatrices» des grands groupes, parce que les groupes-T s’étaient avérés «trop rigides».1 Dans leur article programma­tique paru en 2000 et intitulé «Les conférences métalogues – innovation venant d’Autriche», Mandl et Weber écrivent que les fondements des conférences métalogues (et par conséquent également des «ateliers du futur» ) sont dérivés de la «théorie de l’auto-organisation» de Stuart Kauffman et le concept de métalogue remonte à Gregory Bateson, qui se vante d’être l’auteur de la programmation neuro-linguistique.

Horizons et Débats

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

meyssan

Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 15 2010

Jaime Semprun est mort

Jaime Semprun, né le 26 juillet 1947, est mort le 3 août 2010. Il avait soixante-trois ans.

jaime semprun

Ses premiers ouvrages — La Guerre sociale au Portugal (1975), Précis de récupération (1976), La Nucléarisation du monde (L’Assommoir, 1980, rééd. 1986) — parurent aux éditions Champ Libre. Il collabora épisodiquement à la revue L’Assommoir (1977-1985).

En 1984, il prend l’initiative de fonder l’Encyclopédie des Nuisances, qui paraît en quinze fascicules jusqu’en 1992. En 1993, il lance les Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances (EdN), où il publie notamment des ouvrages de Baudouin de Bodinat, Theodore Kaczynski, Jean-Marc Mandosio et René Riesel, ainsi que des textes d’auteurs plus anciens, allant de Tchouang Tseu à George Orwell et Günther Anders (en coédition avec les éditions Ivrea pour ces deux derniers). Il y fait également paraître ses propres ouvrages : Dialogues sur l’achèvement des Temps modernes (1993), L’Abîme se repeuple (1997), Apologie pour l’insurrection algérienne (2001), Défense et illustration de la novlangue française (2005), Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (2008, en collaboration avec René Riesel).

«Nous n’attendons rien d’une prétendue “volonté générale” […], ni d’une “conscience collective des intérêts universels de l’humanité” qui n’a à l’heure actuelle aucun moyen de se former, sans parler de se mettre en pratique. Nous nous adressons donc à des individus d’ores et déjà réfractaires au collectivisme croissant de la société de masse, et qui n’excluraient pas par principe de s’associer pour lutter contre cette sursocialisation. Beaucoup mieux selon nous que si nous en perpétuions ostensiblement la rhétorique ou la mécanique conceptuelle, nous pensons par là être fidèles à ce qu’il y eut de plus véridique dans la critique sociale qui nous a pour notre part formés, il y a déjà quarante ans.» (Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, p. 11.)

«Ainsi ne s’est-il jamais cru meilleur que les combats de son temps, et a-t-il su y participer pour les rendre meilleurs : il est donc forcément très mal vu des impuissants, des moralistes et des esthètes.» (L’Abîme se repeuple, p. 17.)

Jaime Semprun avait, entre autre, largement inspirĂ© notre prĂ©sentation de Mecanopolis. Nous placerons, d’ici quelques jours, en guise d’hommage, plusieurs textes de l’auteur.

Communiqué reçu par mail