Category: Sarkozy

fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, la faillite du pays semble inĂ©luctable. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

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Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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fév 03 2010

La conférence de Londres a fixé le prix de la défaite occidentale en Afghanistan

Un fond de 360 millions d’euros sera bientĂ´t disponible pour essayer de « ramener Ă  la raison » les « talibans modĂ©rĂ©s », de sorte Ă  ce qu’ils dĂ©posent les armes et cessent d’infliger des pertes aux armĂ©es d’occupation de l’Afghanistan. Un somme jugĂ©e dĂ©risoire par le Pentagone qui, selon le New-York Times, estime Ă  1 milliard de dollars l’effort nĂ©cessaire pour convaincre la rĂ©sistance afghane de rejoindre la vie civile.

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Des sommes qui seront dĂ©pensĂ©es en pure perte puisque, comme nous l’avons indiquĂ© par plusieurs articles sur Mecanopolis (1), la rĂ©sistance afghane ne compte pas nĂ©gocier quoi que ce soit. MalgrĂ© tout, l’OTAN, avec le mĂ©pris du « riche militaire » qui le caractĂ©rise, continue de croire – ou de feindre de croire – que « l’adversaire » demeure achetable et que seule sa pauvretĂ© l’aurait incitĂ© Ă  prendre les armes.

Pour le New York Times, si populations afghanes soutiennent aussi fermement les talibans, c’est surtout « en raison de l’incompĂ©tence du gouvernement KarzaĂŻ, empĂŞtrĂ© jusqu’au cou dans des affaires de corruption et de trafic de drogue ».

Face Ă  une insurrection qui ne cesse de croĂ®tre, Obama et ses « stratèges » ont dĂ©cidĂ© d’envoyer 30′000 hommes en renfort, et demandĂ© aux « alliĂ©s » un « effort supplĂ©mentaire ». L’objectif des amĂ©ricains est en effet d’obtenir que leurs subalternes europĂ©ens alignent d’avantage d’hommes sur le terrain.

Les 4 et 5 fĂ©vrier prochains, ministres de la DĂ©fense et chefs militaires parleront chiffres au QG de l’OTAN, Ă  Mons (Belgique). L’Allemagne a dĂ©jĂ  promis un renfort de 850 soldats et la Roumanie 600, pour une contribution qui devrait s’Ă©lever Ă  10′000 hommes au total. (2)

Mensonges d’État

Selon l’Ă©dition de ce mercredi du Canard enchaĂ®nĂ©, des officiers et des sous-officiers français seront bientĂ´t dĂ©pĂŞchĂ©s en Afghanistan, comme semble l’avoir dĂ©jĂ  confirmĂ© le gĂ©nĂ©ral Georgelin, chef d’Ă©tat-major, en rendant visite Ă  l’amiral amĂ©ricain James Staridis, commandant suprĂŞme des forces militaires en Europe, la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire, ils seront directement placĂ©s sous les ordres directs du gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e amĂ©ricaine William Caldwell. Une prĂ©cision que le prĂ©sident Sarkozy cache soigneusement au Parlement et Ă  l’opinion publique.

Autre joli « mensonge d’État », le prĂ©sident français affirme depuis plusieurs mois que la France n’enverrait pas de combattants supplĂ©mentaires en Afghanistan. Des propos confirmĂ©s par Kouchner dans un entretien publiĂ© par Le Figaro du 1er fĂ©vrier : « Le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ». Or, c’est faux. Tous les instructeurs français, prĂ©sents et futurs, participent aux combats. Ils sont intĂ©grĂ©s dans les unitĂ© afghanes, ils les conseillent dans leurs missions et ils les accompagnent au feu. D’ailleurs, souligne encore Le Canard : « les trois Français rĂ©cemment morts au combat en Afghanistan Ă©taient des instructeurs ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :

1. Voir notre article : Obama s’apprĂŞte Ă  demander Ă  l’OTAN 10′000 soldats supplĂ©mentaires pour l’Afghanistan

2. Voir notre article : Les Talibans nient tout contact avec l’occupant

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jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

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Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

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Notes :

jan 28 2010

Le « dĂ©but de la fin » pour Nicolas Sarkozy

Mis Ă  jour le 29.01 Ă  12h00

Nicolas Sarkozy avait prĂ©vu de se « payer » Dominique de Villepin, ce jeudi 28 janvier, jour de son 55ème anniversaire. Ce sera la douche froide pour le prĂ©sident français qui s’Ă©tait constituĂ© partie civile dans le procès Clearstream, affaire dans laquelle il se posait en victime en dĂ©signant l’ancien Premier ministre comme coupable d’avoir organisĂ© cette « machination » contre lui. Après trois heures d’audience, ce matin au tribunal de Paris, Dominique de Villepin a Ă©tĂ© relaxĂ©.

villepin

« Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique » a indiquĂ© Dominique de Villepin, dans un brève dĂ©claration accordĂ©e aux journalistes, en sortant du Palais de justice. Il doit ĂŞtre le premier surpris de sa relaxe, lui qui hier encore, dans en entretien accordĂ© au quotidien suisse Le Temps, s’attendait Ă  ĂŞtre condamnĂ©. Nul doute qu’il n’y aura pas de rĂ©conciliation entre l’ancien premier ministre et le chef de l’État, et que cette victoire judiciaire sera l’acte fondateur d’une marche vers la prĂ©sidentielle de 2012

Nous avons tous en mĂ©moire la dĂ©claration courageuse de Dominique de Villepin,  alors ministre des Affaire Ă©trangères sous la prĂ©sidence de Jacques Chirac, qui avait, devant le Conseil de sĂ©curitĂ© d l’ONU, refusĂ© l’engagement de la France dans la guerre en Irak. Un acte de rĂ©bellion gaulliste qu’il confirme dans un livre paru cette semaine, Villepin, La verticale du fou, oĂą il va mĂŞme jusqu’Ă  se comparer Ă  un « chef de rĂ©seau » de la RĂ©sistance durant l’occupation allemande.

Il ne faut nĂ©anmoins pas se tromper. Dominique de Villepin ne sera pas le candidat de l’anti-mondialisme. Mais, s’il est Ă©lu prĂ©sident, il saura redonner Ă  la France son vĂ©ritable rang dans les dĂ©cisions internationales qui lui reviennent. Un rang qui, depuis l’arrivĂ©e de Nicolas Sarkozy Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, est devenu synonyme de soumission aux diktats des intĂ©rĂŞts amĂ©ricano-sionistes.

Le Parquet fait appel

« La dĂ©cision est une dĂ©cision de nature politique (…) Elle montre qu’un homme, Nicolas Sarkozy, le prĂ©sident de la RĂ©publique prĂ©fère persĂ©vĂ©rer dans son acharnement, dans sa haine plutĂ´t que d’assumer la responsabilitĂ© de sa fonction en tant que garant de la justice française », a dĂ©clarĂ© l’ancien Premier ministre, Ă  peine annoncĂ© l’appel du parquet.

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a dĂ©cidĂ© de faire appel, est « sous l’autoritĂ© hiĂ©rarchique du Garde des Sceaux et du prĂ©sident de la RĂ©publique », a-t-il relevĂ©, ajoutant: « il savait qu’il n’y avait rien dans ce dossier Ă  me reprocher ».

Nicolas Sarkozy « s’enferme dans sa haine ce qui n’est pas, je crois, la vocation d’un prĂ©sident de la RĂ©publique », a aussi dĂ©clarĂ© M. de Villepin.

L’ancien Premier ministre a Ă©voquĂ© « un dĂ©tournement de la fonction prĂ©sidentielle, un dĂ©tournement du pouvoir ». « Je regrette que ce spectacle pitoyable soit donnĂ© aux Français, je regrette que la justice soit instrumentalisĂ©e ».

Sarkozy s’est couchĂ© Ă  Davos

Cette semaine sera dĂ©cidĂ©ment très mauvaise pour Nicolas Sarkozy qui, lors de son passage au Forum Ă©conomique de Davos (WEF) hier, s’est littĂ©ralement couchĂ© dans l’affaire de la liste des comptes de la banque HSBC.

Au sortir d’une entrevue avec la ministre française de l’Economie Christine Lagarde et celui du Budget Eric Woerth, en fin d’après-midi, le chef du DĂ©partement fĂ©dĂ©ral des finances (DFF) a pu assurer que la question Ă©tait rĂ©glĂ©e. Les autoritĂ©s de l’Hexagone ont promis qu’elles ne feraient aucun usage de la liste des 130′000 comptes de clients qu’HervĂ© Falciani avait dĂ©robĂ©e Ă  la  HSBC Ă  Genève. Cette mesure faisait suite Ă  la dĂ©cision de la Suisse, quelque jours plus tĂ´t, de suspendre la procĂ©dure de ratification de la Convention de double imposition (CDI) nĂ©gociĂ©e l’Ă©tĂ© dernier entre les deux pays. MalgrĂ© les dĂ©clarations intempestives de Sarkozy sur le secret bancaire, lors du dernier G20, tous les commentateurs admettent aujourd’hui que la Suisse Ă  gagnĂ© le bras de fer qui l’opposait Ă  la France.

Le pire reste à venir pour le président français

L’affaire de « l’attentat de Karachi » pourrait très vite se transformer en un vĂ©ritable « sarkogate ». Selon nos informations, le nom du prĂ©sident français, qui Ă©tait Ă  ministre du Budget Ă  l’époque des faits, ressortirait Ă  plusieurs reprises dans le volet suisse de l’enquĂŞte, instruite actuellement par la justice genevoise, qui porte sur des versements suspects lors de la vente de sous-marins français au Pakistan.

Pour Nicolas Sarkozy, l’annĂ©e de ses 55 ans s’annonce difficile.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Frédéric Courvoisier |

jan 19 2010

Lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin (vidéo)

Dans le pseudo dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale, Jean Claude Gaudin, maire de Marseille, a regrettĂ© d’avoir vu, au soir du match AlgĂ©rie-Egypte, « 15 Ă  20 000 musulmans dĂ©ferler sur Marseille avec des drapeaux algĂ©riens mais pas de drapeaux français« .

Faut il parler de dĂ©rapage ? Rien n’est moins sĂ»r quand il s’agit d’individus comme Jean Claude Gaudin, qui n’en est pas Ă  son premier propos ouvertement raciste et disant ici son mĂ©pris de l’arabe forcĂ©ment musulman.

C’est l’expression d’un racisme assumĂ© et d’un rejet des musulmans qui jette le trouble, y compris dans son camp, comme le dĂ©montre la vidĂ©o… Ă  l’exception des Ă©ternels valets prĂŞts Ă  tout justifier, hĂ©las.

BENSAADA Mohamed


Monsieur le Maire,

Tout le monde ne parle plus que de votre dernier « dérapage », celui où vous parlez de « musulmans qui ont déferlé dans les rues de Marseille… ». Je dis dernier parce que ce n’est pas le premier dans le genre et que vous avez indubitablement un mal fou a nommer une certaine catégorie de la population que vous administrez. Pour votre défense vous n’êtes pas le seul à avoir du mal à le faire et cette difficulté en dit long sur les dégâts de ce passif post colonial non soldé, qui ressurgit avec brutalité comme un non dit trop longtemps refoulé.

gaudin1-864d0Depuis que M. Besson, en bonne intelligence avec Mr Sarkozy a décidé d’instrumentaliser politiquement le débat sur l’identité nationale il ne se passe pas un jour sans que l’on entende une déclaration outrancière et stigmatisante à l’égard de la population de confession musulmane en France. Je ne souhaite pas participer à ce débat qui ressemble de plus en plus a une mise en accusation publique des musulmans de France. D’ailleurs puisque nous en sommes aux calculs nous verrons bien si cette tactique sera payante pour vous…nous verrons bien à qui profite la manœuvre et qui se délectera de la tessiture poisseuse de tout ce débat, nous verrons bien assez vite ressurgir les remugles fétides de ces années (pas si lointaines) où le FN prospérait, nous verrons bien que les mots en politique ne sont pas sans conséquences et que des déclarations comme celles que vous avez faîtes sont autant d’électrochocs salutaires appliqués au corps léthargique de l’extrême droite française.

Loin de revenir sur vos propos vous répondez au jeune homme, militant de votre parti, avec une condescendance et un paternalisme consternant, parce que évidemment il ne peut pas comprendre les subtilités de la langue française que vous maitrisez au-delà de la moyenne et qui font que lorsque vous dites une énormité, celle-ci n’en est une que dans l’oreille et dans le cœur de celles et ceux que vous blessez !

Vous dîtes, Monsieur le Maire, que Marseille a vu déferler 15000 musulmans dans ces rues, avez-vous idée de l’imagerie d’épouvante que vous projetez dans l’inconscient collectif de vos concitoyens ? Ce sont les vagues (d’un Tsunami) qui déferlent, les hordes de barbares ou les rats qui déferlent, ce ne sont pas les « braves gens » qui déferlent !!! Vous dites dans votre réponse que Marseille subit l’immigration et que vous vous efforcez « d’assimiler » les couches successives de population qui y débarquent et là encore vous persistez et vous signez votre résolution sans équivoque à utiliser un raisonnement et une sémantique propre a la tradition réactionnaire.

Vous dites, a mots couverts, que lorsqu’on est Français depuis pas très longtemps il y a des us et des coutumes à respecter et que pour « bien s’intégrer » il faut brosser l’autochtone dans le sens du poil et user de forts symboles pour « amadouer » l’hôte, et on atteint là un degré de surréalisme rarement égalé depuis les Marx Brothers ou les Monty python, parce que au-delà de la mauvaise foi qui ne vous a fait voir que des drapeaux algériens ce soir là, cet argument frôle l’indécence. Que nous demandez vous au juste ? De réaffirmer notre Francité quel que soit le contexte et de façon permanente, faut il pour vous complaire se draper dans un drapeau tricolore en toute circonstance ?

J’ajoute que nous étions partie prenante de ce « déferlement » et que je m’inscris en faux contre l’affirmation que vous avez maintenue et réitérée qu’il n’y avait que des drapeaux algériens, c’était un soir de fête à la Marseillaise, plein de joie, de gouaille populaire et cosmopolite, il y avait des drapeaux algériens , français, marocains, tunisiens, des drapeaux berbères et des drapeaux turcs et des drapeaux connus et inconnus…toutes et tous étaient là dans un esprit festif avec cette folle envie de communier dans la joie. Ce que vous interprétez comme une offense à la terre d’accueil n’est pas l’expression d’un nationalisme algérien exacerbé, ni même le signe d’une double allégeance ! Ce n’est que la volonté de faire la fête et de l’exprimer dans un cadre informel et permissif que seul le sport, et en particulier, le football est capable de produire.

M. Besson regrette que les débordements marginaux qui ont eu lieu lors de ces manifestations spontanées de joie populaire, n’ait pas subit un traitement médiatique aussi conséquent que la fameuse « main de Thierry Henry », et venant de lui peu de choses m’étonnent encore, sachant que la juxtaposition de ces deux événements est totalement incongrue et que si il lui reste une parcelle d’honnêteté intellectuelle il sera d’accord pour analyser les exactions commises lors de cette soirée comme étant le fait d’une frange de « hooligans » qui sévissent à chaque soir de grands match à Marseille, qu’il s’agisse de l’équipe de l’OM, de la France ou de l’Algérie.

Pour en finir et vous laisser vaquer à vos occupations de 1er magistrat de notre bonne ville, je vous dirais que nous nous méfions de toutes les tentatives d’instrumentalisation du nationalisme quel qu’il soit et que la devise de la République reste encore « Liberté, Egalité, Fraternité » et qu’en conséquence nous vous demandons de continuer à débattre de l’identité nationale, si vous le souhaitez, dans le cadre que lui confère le triptyque républicain et en gardant à l’esprit que l’unité ne se fait jamais dans la polémique, la stigmatisation et l’exclusion.

Comme les interventions dans la salle vous l’ont déjà signifié il n’y a pas eu de « déferlement de musulmans sur Marseille » ce soir là, il n’y a eu que des marseillaises et des marseillais, Français, pour la plupart qui ont manifesté leur joie et leur attachement a leur pays d’origine sans aucune volonté de signifier leur désamour de la France, parce qu’en Amour l’exclusive est parfois une entrave ; Oui on peut sans problème aimer l’Algérie et la France, L’Italie et la France, l’Arménie et la France, le reste du monde et la France, comme on aime son père et sa mère…

Recevez, Monsieur le Maire, l’expression de notre indignation courroucée.

BENSAADA Mohamed

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

déc 21 2009

Qu’en est-il de la libertĂ© de la presse en France ?

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

La libertĂ© de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes dĂ©mocratiques, qui reposent sur la libertĂ© d’opinion, la libertĂ© mentale et d’expression. En France, elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e pour la première fois dans la DĂ©claration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il y est stipulĂ© que « La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre Ă  l’abus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi ». S’il est habituellement consensuel de dire que la libertĂ© de la presse est fortement bridĂ©e dans la plupart des pays du monde, nous pourrions lĂ©gitimement Ă©mettre de sĂ©rieuses interrogations quant au respect de cette dernière dans nos pays dits dĂ©mocratiques que nous considĂ©rons habituellement comme un havre de civilisation qui se doit de dispenser ses inĂ©galables lumières au reste du globe. Pour disposer d’une vue d’ensemble sur la question, nous allons aborder trois points essentiels, qui sont les censures de la libertĂ© d’expression en France, le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias et leur financement, pour terminer par une vue globale de la nature de ces derniers.

Libertédelapresse

La notion même de liberté est passablement floue dans la langue française. Si le plus grand nombre de gens s’accorderait à dire que la liberté consiste à faire ce que l’on veut quand on le veut sans être entravé par quelque contrainte que ce soit, le bon sens dirait plutôt qu’être libre, c’est savoir agir de la meilleure manière possible dans l’observance des règles auxquelles notre marge d’action est soumise. En somme, c’est dans l’accroissement de ses responsabilités que l’on trouve plus de liberté. Dans le cas de la presse, donc, il s’agit de repérer les responsabilités et les règles que l’on impose aux journalistes pour pouvoir se faire une idée un tant soit peu pertinente de sa marge de manœuvre.

Pour ce qui est de la presse écrite, il est essentiel de savoir que la matière première des quotidiens est fournie par la majeure agence de presse, l’Agence France-Presse (AFP). Elle a donc une influence considérable, car beaucoup de journaux se contentent souvent de récupérer ses nouvelles pour toucher leur public. L’AFP était un établissement d’État jusqu’en 1957. Elle dispose aujourd’hui d’un nouveau statut censé garantir son indépendance rédactionnelle, mais ses recettes proviennent pour moitié de ses clients, pour moitié de l’État. Les batailles homériques qui entourent la nomination très politique de son président ont tendance à montrer que l’AFP n’est pas réellement neutre.

D’autre part, le travail des journalistes de tous bords est soumis au contrôle de leur rédacteur en chef, qui veille au respect de la ligne éditoriale d’une publication ou d’un journal audiovisuel. S’il juge qu’une partie de la production qui lui est présentée est indécente, il peut la supprimer, ce qui est une forme de censure indirecte. Le contrôle des rédactions passe par la réduction de leur nombre. On a assisté à une concentration sans précédent de la presse quotidienne depuis la Libération. Les journalistes, s’ils sont enregistrés par la Commission de la carte où siègent des représentants du Premier ministre, ou si l’administration le décide discrétionnairement, font bénéficier leurs employeurs de cotisations sociales réduites et en bénéficient eux-mêmes, ainsi que d’une déduction fiscale supplémentaire. Les journaux doivent, eux, être enregistrés par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP, instance dont le travail est peu médiatique mais qui a pourtant un rôle capital) où siègent d’autres représentants du Premier ministre pour bénéficier du taux réduit de TVA à 2,1% au lieu de 19,6%. Ils bénéficient alors aussi de tarifs ultra-préférentiels à La Poste. À ce subventionnement indirect s’ajoute un subventionnement direct par les services du Premier ministre des quotidiens nationaux. Le refus ou le retrait d’un de ces agréments vaut toutes les censures : il condamne généralement le journal concerné à la faillite immédiate. Et s’il survit, il est réduit à la marginalité sur un marché assisté où ne s’appliquent pas les règles de la libre concurrence.

Dans le cas de la publication de livres, il ne suffit pas de trouver un éditeur : encore faut-il qu’il soit mis à la disposition des libraires, ce qui est le travail des diffuseurs. Les sociétés assurant ce service peuvent très bien refuser d’afficher l’éventuel livre dans leur catalogue, condamnant ledit ouvrage à être distribué quasiment sous le manteau par des réseaux improbables.

La liberté de la presse ne peut s’apprécier qu’au regard de l’appareil judiciaire qui en garantit l’harmonieux fonctionnement. Au XIXe siècle, Georges Clémenceau se battit pour que les journaux ne soient pas jugés en correctionnelle par des magistrats nommés par l’État, mais par des jurys populaires. Cette procédure indispensable a été supprimée par le Gouvernement provisoire et jamais rétablie. Là encore, si les chambres spécialisées sont tenues par de fins juristes, il suffit d’observer les batailles qui entourent la nomination de ces magistrats pour mesurer le caractère politique de leur fonction.

Les journaux et Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es, de leur cĂ´tĂ©, sont contrĂ´lĂ©s par le CSA, Conseil SupĂ©rieur de l’Audiovisuel, qui est un organisme de l’État français. Jouissant d’un statut d’autoritĂ© indĂ©pendante, il dĂ©livre des autorisations d’Ă©mettre aux radios privĂ©es et aux chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es, nationales, rĂ©gionales ou locales selon le bon vouloir de ses neuf conseillers nommĂ©s par l’État. En guise d’aperçu de ce que le CSA est capable de faire, il faut savoir qu’en avril 2002, le CSA a Ă©crit Ă  France TĂ©lĂ©visions après le passage du journaliste Thierry Meyssan dans une Ă©mission de Thierry Ardisson et lui a ordonnĂ© de ne plus lui donner la parole Ă  propos des attentats du 11 septembre, dont il infĂ©rait la responsabilitĂ© au gouvernement des États-Unis. Une copie de cette lettre a Ă©tĂ© adressĂ©e Ă  tous les mĂ©dias audio-visuels sous convention. Depuis, Meyssan n’a plus Ă©tĂ© invitĂ© sur une chaĂ®ne française, y compris lorsque Arte a consacrĂ© une soirĂ©e complète Ă  le mettre en cause.

Bien que les médias privés soient importants aujourd’hui, il n’en a pas toujours été ainsi en France. Charles De Gaulle entrant dans Paris promulgue, le 26 août 1944, une ordonnance rédigée à Alger qui nationalise toute la presse écrite et audiovisuelle. La France est le seul État non communiste à avoir jamais procédé de la sorte. L’idée de l’époque est que pour être objective, la presse doit être un service public. L’État devient le garant de la Vérité à défaut d’être celui de l’esprit critique. Ce n’est qu’en 1954 que Pierre Mendès-France privatisera la presse écrite. Il faudra attendre 1982 pour que François Mitterrand, devenu président de la République, privatise partiellement la radio, et 1986 pour que Jacques Chirac privatise partiellement la télévision.

Au niveau du fonctionnement et du financement des agences de presse, nous allons à nouveau opérer une distinction entre presse écrite et audiovisuelle en prenant des exemples éloquents de médias privés.

Prenons l’exemple du Figaro pour la presse Ă©crite : Le Figaro est une filiale de la Socpresse dont le prĂ©sident est l’industriel et sĂ©nateur Serge Dassault. En 2009, selon le magazine Forbes, il est le 90e homme le plus riche du monde avec une fortune estimĂ©e Ă  plus de cinq milliards de dollars. Serge Dassault a expliquĂ©, en 2004, que les journaux doivent diffuser des « idĂ©es saines », car « nous sommes en train de crever Ă  cause des idĂ©es de gauche ». « J’espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait-il ainsi lancĂ© Ă  des responsables du Centre de formation des journalistes. Il refuse que son journal publie, en aoĂ»t 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l’Affaire des frĂ©gates de TaĂŻwan (l’entretien est finalement publiĂ© dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). Ă€ la suite de ses propos sur la subordination du journal Ă  son propriĂ©taire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rĂ©daction. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte des tĂ©moignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercĂ©e par Serge Dassault sur la rĂ©daction. En fĂ©vrier 2008, Pascale Pascariello, journaliste de France Inter, est prise Ă  partie par le service d’ordre, après avoir posĂ© des questions lors d’une rĂ©union publique organisĂ©e par Serge Dassault. Le 19 juin 2008, Serge Dassault dĂ©clenche une nouvelle polĂ©mique en dĂ©clarant qu’il juge « anormal » d’aider les chĂ´meurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ». Sur iTĂ©lĂ©, en juillet 2008, il avait Ă©galement fait part de son admiration pour l’organisation chinoise du travail, a vantĂ© les mĂ©rites des ouvriers chinois « qui travaillent 45 heures par semaine et dorment dans leurs usines », s’est dĂ©solĂ© de l’existence des grèves et des syndicats et a dit soutenir une plus grande flexibilitĂ© pour les entreprises. Nous sommes en droit de nous demander quelle part de libertĂ© et d’objectivitĂ© existe dans un mĂ©dia qui est sous la coupe de quelqu’un comme Serge Dassault…

Même un journal à la réputation plus neutre comme Le Monde ne fait pas figure d’exception dans les critères de rentabilité. Dans l’essai « La face cachée du Monde », Pierre Péan affirmait, entre autres, que l’équipe dirigeante du journal avait pris le parti de s’orienter vers une logique commerciale, faisant fi des règles déontologiques et usant des techniques de désinformation. Les critiques pointaient également du doigt certains partis-pris éditoriaux. D’autre part, un employé du Monde avait été licencié peu de temps après cette publication pour « cause réelle et sérieuse » portant « atteinte à l’entreprise » dans laquelle il travaillait, pour avoir critiqué l’absence de réaction du Monde aux critiques de l’essai de Pierre Péan.

Le 9 novembre 2005, selon Le Canard enchaĂ®nĂ© du 16 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministère de l’IntĂ©rieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral des Éditions First, Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variĂ©es ». Cette maison d’Ă©dition s’apprĂŞtait Ă  publier le 24 novembre l’ouvrage signĂ© de ValĂ©rie Domain, journaliste Ă  Gala, et intitulĂ© CĂ©cilia Sarkozy, entre le cĹ“ur et la raison. Dans une interview du Parisien publiĂ©e le 18 novembre 2005, CĂ©cila Sarkozy indique que c’est elle qui a alertĂ© son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privĂ©e soit mĂ©diatisĂ©e », a-t-elle affirmĂ©. L’auteur affirme quant Ă  elle que CĂ©cilia Sarkozy Ă©tait parfaitement au courant de la teneur du livre. ValĂ©rie Domain souhaite que son ouvrage soit publiĂ© et est entrĂ©e en contact avec l’Ă©diteur Fayard. MalgrĂ© des pressions d’Arnaud Lagardère, directeur du groupe Hachette, sur Claude Durand, directeur de Fayard, la biographie de CĂ©cilia Sarkozy par ValĂ©rie Domain a Ă©tĂ© publiĂ©e le 8 fĂ©vrier 2006 et tirĂ©e Ă  100 000 exemplaires sous le titre Entre le cĹ“ur et la raison sous forme de roman aux Ă©ditions Fayard. CĂ©cilia avait donnĂ© son accord pour cette biographie avant de se raviser après de multiples entretiens avec l’auteur. Du fait des menaces de poursuites judiciaires par le couple Sarkozy, CĂ©cilia y apparaĂ®t sous le nom de « CĂ©lia Michaut-Cordier, Ă©pouse d’un homme politique influent ». « Une femme quitte un homme pour un autre. Homme de pouvoir, cet autre la voit Ă  son tour lui Ă©chapper pour un troisième. Dès lors, il n’a de cesse de la reconquĂ©rir » rĂ©sume l’auteur.

Reprise d’un article de Yann Chollet, journaliste indĂ©pendant et auteur du livre « 7 jours sur 7 Ă  votre service »Â : « La censure existe sous couvert d’une relation allĂ©chante du genre « j’achète une campagne de pub dans ton journal et tu me protèges sur cette affaire ». Et je comprends mieux pourquoi des journalistes de journaux dits de gauche (Canard EnchaĂ®nĂ©, libĂ©ration…) prĂ©fèrent dĂ©molir la SNCF ou critiquer les mĂ©chantes multinationales US plutĂ´t que de s’attaquer Ă  nos gentilles multinationales françaises, toutes socialement responsables et Ă©thiques. Fin 2002, une journaliste dite  » d’investigation  » du magazine Capital, m’explique vouloir parler de mon livre et rĂ©vĂ©ler l’affaire des 60 procès dont la chaĂ®ne Formule 1 est la mire. Au final, cette journaliste passera par la Tour Montparnasse, siège du PDG ACCOR et Ă©crira un article exposant une image très positive du groupe. Mon livre n’est mĂŞme pas citĂ©, les arguments contradictoires invisibles. Je prĂ©viens la rĂ©daction du magazine que la mĂ©thode utilisĂ©e par leur journaliste ne respecte pas la dĂ©ontologie de la profession. Je menace de rĂ©vĂ©ler cette erreur et rapidement le rĂ©dacteur en chef m’offre un droit de rĂ©ponse. D’autres exemples identiques suivront concernant mon ouvrage, dans la presse française. Nicolas Beau du Canard EnchaĂ®nĂ©, me dira de façon dĂ©daigneuse au tĂ©lĂ©phone :  » On ne se paye pas ACCOR comme ça « . Surprenant ! Le rĂ©dacteur en chef de  » Nouvel Ouest  » m’expliquera clairement, sans dĂ©tour, ĂŞtre en tractation  » partenariat publicitaire  » avec le groupe ACCOR et qu’il ne pourra pas parler de mon livre. Par Yann Chollet. Journaliste indĂ©pendant et auteur du livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service « . A travers un exemple simple et concret, exposons la subtilitĂ© de cette dĂ©rive. En 2002, j’Ă©cris un livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service  » aux Ă©ditions du Vent, qui dĂ©voile l’exploitation des humains dans l’hĂ´tellerie Ă©conomique. A travers mon tĂ©moignage, mes propres souffrances vĂ©cues, j’expose en 287 pages une rĂ©alitĂ© dĂ©nonçant l’esclavage des temps modernes. A plus de 80 heures par semaine pour un SMIC, le mot n’est peut-ĂŞtre pas assez fort. Comme contre-attaque,  » le groupe ACCOR, impliquĂ© dans l’ouvrage sous l’anagramme du groupe ROCCA  » comme l’expose Philippe Cohen dans un article publiĂ© dans Marianne, ne tente rien contre le livre directement, en connaissance de cause. Par contre, c’est Ă  travers une vĂ©ritable campagne de dĂ©sinformation que ce groupe impose le silence autour de mon ouvrage, qui par ailleurs se vend hors rĂ©seau traditionnel, Ă  plus de 1.800 exemplaires. Des dizaines de gĂ©rants me tĂ©moignent leur reconnaissance après lecture. »

FondĂ© sous l’Ă©gide de Jean-Paul Sartre, le premier numĂ©ro paraĂ®t le 18 avril 1973. PositionnĂ© Ă  l’extrĂŞme gauche Ă  ses dĂ©buts, LibĂ©ration Ă©volue vers la gauche sociale-dĂ©mocrate au dĂ©but des annĂ©es 1980, suite au dĂ©part de Jean-Paul Sartre. En 1978, le journal n’a dĂ©jĂ  plus rien de maoĂŻste : Serge July le dĂ©crit alors comme « libĂ©ral-libertaire ». Le journal reprend le titre d’un journal de la RĂ©sistance, LibĂ©ration qui Ă©tait dirigĂ© par Emmanuel d’Astier de la Vigerie. En proie Ă  de graves difficultĂ©s financières et Ă  une baisse de sa diffusion depuis le dĂ©but du XXIe siècle, LibĂ©ration a aujourd’hui pour actionnaire de rĂ©fĂ©rence Édouard de Rothschild (38,87%), ancien membre de la commission exĂ©cutive du CNPF et grande fortune française. Son siège social est au 11 rue BĂ©ranger Ă  Paris, dans le 3e arrondissement.

Au niveau de la presse télévisée, parlons de TF1, dont l’actionnaire principal est le groupe Bouygues, qui situe ses services dans les télécoms/médias et la construction (routes, immobilier…). L’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, expliquait la mission de sa chaîne ainsi : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Au vu du programme nettement commercial de TF1, on ne peut douter que c’est effectivement cette stratégie-là que la première chaîne de France met en application. Or, on peut se demander quelle est la crédibilité d’un journal télévisé paraissant sur une chaîne qui affirme un tel état d’esprit, d’autant plus qu’une personne qui a été divertie avant de regarder un journal parlé sera sans doute plus susceptible d’en avaler tout le contenu sans faire appel à la réflexion.

Toutes les autres chaĂ®nes privĂ©es connues et une multitude d’autres de moindre importance sont, comme TF1, possĂ©dĂ©es par des entreprises puissantes qui ont diversifiĂ© leurs actions dans plusieurs secteurs rentables, comme Bouygues. Par exemple, les chaĂ®nes de radio et de tĂ©lĂ©vision RTL font partie de RTL Group, le plus grand groupe de tĂ©lĂ©vision et radiodiffusion europĂ©en et premier producteur d’Ă©mission du monde, avec 45 chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision et 33 rĂ©seaux de radio dans onze pays europĂ©ens. Ce groupe est lui-mĂŞme dĂ©tenu par le gĂ©ant des mĂ©dias allemand Bertelsmann. Cette mĂŞme multinationale est spĂ©cialisĂ©e dans la presse Ă©crite, et possède notamment Random House, la première maison d’édition au monde. Barack Obama a notamment choisi Random House comme Ă©diteur pour ses mĂ©moires intitulĂ©es « Les rĂŞves de mon père ». Il est aussi bon de savoir que le n°2 mondial de l’édition, Hachette, est dĂ©tenu par le groupe Lagardère, dont les deux principales sociĂ©tĂ©s sont Lagardère MĂ©dia (Europe 1, Virgin Radio, Virgin 17, Hachette Filipacchi MĂ©dias, MCM, RFM, …) et EADS, qui occupe la deuxième place mondiale dans l’industrie spatiale, aĂ©ronautique et de dĂ©fense). Bertelsmann possède aussi une cinquantaine de magazines dont Stern, Capital, Geo, Gala.

dormez-citoyens

À la lumière de toutes ces informations, nous pouvons nous faire une idée pertinente de la nature de la presse, et si je devais la résumer en deux principes, je les nommerais rentabilité et justification du pouvoir en place. Pour ce qui est de la première assertion, suivons une réflexion élémentaire qui nous fait effectivement savoir que personne ne se lance dans une activité qui ne lui rapporte rien ou qui le fait travailler à perte, et que les grands vecteurs de la presse doivent assurément bénéficier de bases financières solides pour bénéficier des moyens qu’ils possèdent. Et il se trouve qu’en effet, comme nous l’avons dit, les plus grands médias, ceux qui touchent le plus grand nombre de personnes et qui jouissent de la plus grande estime, sont soit détenus par des entreprises qui recherchent bel et bien le profit, soit par l’État, et lorsqu’il s’agit de chaînes de télévision, cela implique le contrôle du type d’informations qui apparaît dans leurs journaux parlés et du recrutement de ses journalistes. En plus de cela, nous avons vu que de multiples processus de censure plus ou moins directs existent tant dans la presse écrite que dans le domaine de l’audiovisuel. Il faut donc que l’information diffusée ait, d’une part, une teneur commerciale, ce qui implique qu’elle fasse part à son public de messages destinés à le toucher, comme de la vulgarisation de l’information fortement axée sur l’émotivité, des faits divers de toutes sortes, ainsi que des nouvelles sur les sports ou même sur des célébrités. Cette stratégie commune à tous les médias importants sert leur deuxième but essentiel : la justification du pouvoir en place. On aurait effectivement tort de penser que le secteur privé permet plus de liberté d’expression que l’État : si l’État a intérêt à dissimuler les informations qui sont susceptibles de remettre en cause la politique qu’il mène, il n’en va pas différemment avec les entreprises qui possèdent des pans de l’information. Ce qu’elles font est tout à fait similaire, à la seule différence que le résultat est pire encore. L’orientation clairement pro-capitaliste de leur ligne éditoriale a également pour but de défendre l’élite des ultra-libéraux et de ne pas permettre de critiques significatives du système en place. La presse d’État et la presse privée partagent donc le même intérêt existentiel, qui est la préservation des politiques économiques et sociétales sur lesquelles les secteurs public et privé s’entendent parfaitement. Elles détournent alors majoritairement l’attention de leurs lecteurs et de leur auditoire sur des faits et des problèmes futiles, vulgarisés ou déformés à coups de propagande, ce dont ces derniers raffolent par ailleurs le plus.

De ce système discrètement verrouillé, il résulte une presse fade et révérencieuse dont le public se désintéresse, préférant souvent s’informer par d’autres moyens. On estime que 57% de la population lit les journaux. Ces mêmes journaux en sont réduits à combler leurs colonnes par des faits divers des plus courants aux plus sordides, choisis arbitrairement parmi tant d’autres, ou encore par des rubriques entières consacrées aux sports, pour compenser toute la rétention d’informations et le manque cruel d’analyse qui concernent les sujets politique et économique qui devraient être l’une des préoccupations majeures des citoyens dignes de ce nom. Malheureusement, l’écrasante majorité de la population n’a cure de ce qui se fait d’important : elle se moque éperdument des idéaux de justice et d’équité, et réagit très peu aux injustices qui la frappent de plein fouet, même lorsqu’elle voit nettement les droits pour lesquels ses ancêtres se sont battus si longtemps et si ardemment leur échapper. Les gens préfèrent se laisser aller au cortège d’émotions et de niaiseries par lesquelles on les dirige aisément dans le sens que l’on désire, et qui est l’instrument principal sur lequel se sont toujours appuyées les propagandes de tous bords.

Ils ont besoin que l’on pense pour eux, de se rassurer de la logique manichéenne internationale qui leur est si abondamment diffusée et qui leur dit qu’il y a, dans le monde, un axe du bien, dans lequel ils ont la chance inestimable de vivre, et de l’autre un axe du mal, peuplé de méchants qui ne rêvent que de détruire leur joli paradis. Ils ont besoin de voir un homme providentiel faire son apparition soudaine pour résoudre miraculeusement tous les problèmes, qu’ils acclament avec véhémence pour le mettre au pouvoir mais pour se désintéresser ensuite de ce que leur messie y fait, et ne se rendent alors pas compte que, comme tous ses prédécesseurs, il trompe les serments qu’il leur avait tenus. Cette bêtise permet à la censure de la presse de se radicaliser. Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France est devenue le premier pays européen en termes de perquisitions dans les rédactions et de journalistes mis en examen ou placés en garde-à-vue. Mais évidemment, la population accorde trop peu d’importance à ses acquis et à sa liberté pour daigner les défendre. Ce n’est pas que la liberté d’expression ne soit pas absolue qui est choquant, car il serait normal de laisser, en toutes circonstances, des règles de base qui empêcheraient la diffusion d’idées haineuses, diffamatoires ou extrémistes. Mais au vu de tout ce dont nous avons parlé, il est clair que la liberté de la presse se trouve aujourd’hui si limitée qu’elle est devenue un vecteur de propagande où seules les idées utiles à l’appui d’idéologies sélectionnées sont autorisées. Pourtant, la subtilité de notre système est de faire croire que le fait que des scandales liés à la corruption de politiciens puissent faire la une des journaux, ou encore que chacun soit en mesure de critiquer la personne du président sont autant de preuves de liberté d’expression. Cela rassurera alors les gens, et les esprits petits bourgeois diront alors : « Vous voyez que nous sommes libres, puisque nous pouvons nous exprimer ainsi. » On trouvera nos dirigeants bien bons de tolérer de telles excentricités, qui sont en réalité aussi futiles que vaines. Nous ne manquerons pas non plus de voir moult personnages réputés proposer des solutions humanistes et miraculeuses aux problèmes qui surviennent en temps de crises (qui, rappelons-le, ne sont dues qu’aux aléas incontrôlables d’un système et non pas aux élites dirigeants qui n’ont soi-disant plus été maîtres de la situation). Mais cela n’en restera jamais qu’au stade de proposition hypothétique, car aucune information ou idée qui pourrait réellement changer le système, et donc menacer les privilèges auxquels ceux qui en bénéficient s’agrippent, ne pourra filtrer ou être appliquée sans leur consentement. On ne peut donc plus parler de liberté, et ceux qui sont encore séduits par l’argument d’autorité et la preuve sociale qui sont associées aux médias puissants et à leurs éminents journalistes sont soit mal informés, soit très naïfs.

Régis Mex, pour Mecanopolis

nov 13 2009

Comment expliquer la chute du mur de Berlin ?

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Depuis des mois, la propagande politique dans le monde capitaliste tourne à plein régime à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À cette occasion, des cérémonies et des festivités ont été organisées un peu partout en Europe notamment dans la ville de Berlin qui a accueilli, entre autres, les deux caniches de l’impérialisme, Lech Walesa, l’ancien électricien des chantiers de Gdansk et Mikhaïl Gorbatchev. Si l’on tente une psychanalyse de l’événement, nous dirons que derrière l’hystérie médiatico-politique, se cache une angoisse névrotique provoquée par un capitalisme sénile et comateux et par un système impérialiste en état de décomposition avancé. À en croire les sirènes de la propagande capitaliste, notre monde est devenu, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, plus libre et plus démocratique.

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

Dire que le monde est devenu plus libre et plus démocratique après la chute du mur de Berlin, c’est une bonne blague à 1 euro. Allez demander aux millions de chômeurs de l’ex-RDA, aux ouvriers roumains de DACIA, aux millions de chômeurs américains et européens, aux millions de spoliés, d’exploités et de bénéficiaires de la soupe populaire et des banques alimentaires,(on croirait au XIXè siècle), s’ils sont devenus plus libres depuis la chute du mur de Berlin. Quant à ceux qui claironnent à longueur de journée et qui croient dur comme fer à la fin du socialisme, ils vont un peu vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités, car ils sont tout simplement victimes de la propagande capitaliste dont le travail a consisté plus précisément depuis la chute du mur de Berlin à enfoncer à coup de marteau dans la tête des masses l’idée de la fin du socialisme et du communisme. La fin de l’histoire de Francis Fukuyama avec le triomphe définitif du capitalisme sur le socialisme, c’est plutôt une pure affabulation et une histoire drôle que l’on raconte aux enfants pour les endormir. Dans cet article, nous allons proposer notre propre lecture de la chute du mur de Berlin, une version, à n’en pas douter, différente de celle véhiculée par la machine de propagande capitaliste.

LA CHUTE DU MUR DE BERLIN, SÉQUENCE DE LA POLITIQUE DE CONTAINMENT

En faisant de la chute du mur de Berlin tout un symbole, la propagande officielle vise à exploiter l’événement à son profit pour atteindre deux buts psychologiques inavoués : (1) renforcer davantage les dispositifs répressifs et policiers dans les pays capitalistes tout en dissertant sur la soi-disant liberté retrouvée après la chute du mur de Berlin ; (2) cacher l’incapacité des dirigeants des États capitalistes à faire face à la cirse chronique et endémique de leur système. Aux dernières nouvelles en provenance d’outre-Atlantique, les Etats-Unis ont perdu en un an 7 millions d’emplois et le groupe d’investissement CIT a fait faillite avec une perte de 71 milliards de dollars et une dette estimée à 65 milliards de dollars. Ils n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien Madame la Marquise.

Franchement, nous avons du mal à croire qu’un mur en béton fasse l’objet de tant de tapages et de tintamarres médiatiques. Nous l’avons tous compris, on n’a pas besoin de devins attitrés comme à l’époque des Babyloniens, pour déchiffrer le sens de l’événement célébré en grande pompe à Berlin, le monde capitaliste nargue les esprits en cherchant à faire croire que la loi de la jungle est la seule voie qui est qui est ouverte au genre humain. En examinant les choses de plus près, on découvre que la chute du mur de Berlin est en elle-même un événement insignifiant voire même un non-événement au regard d’autres événements qui ont bouleversé la donne et précipité la dislocation du bloc de l’Est. D’abord, la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 n’a jamais entravé ni la circulation des hommes ni celle des marchandises entre d’une part, les deux Allemagne et d’autre part entre l’ex-RDA et les Etats capitalistes de l’Ouest. Ce qui a fait de la chute du mur de Berlin un événement et un symbole, c’est la propagande politique capitaliste dont le travail consiste à déformer et à interpréter les faits et les événements d’une façon tendancieuse et erronée. Ainsi la chute du mur de Berlin n’est-elle en réalité qu’une surperproduction hollywoodienne dont la mise en scène et la réalisation ont été assurées par la machine de propagande américaine et européenne.

Deux événements majeurs peuvent être considérés comme annonciateurs de la fin imminente du socialisme est-européen. Le premier événement a eu lieu le 10 septembre 1989 quand la Hongrie avait laissé franchir les frontières autrichiennes aux 12 000 « réfugiés politiques » en majorité originaire de l’ex-RDA. Le deuxième événement majeur est intervenu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 12 septembre 1989, avec l’arrivée de Solidarnosc au pouvoir en Pologne qui revient ainsi à la loi de la jungle capitalisme qui régnait dans ce pays avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres événements de moindre importance ont marqué la fin du socialisme existant comme l’assassinat de l’ancien président roumain Nicolae Ceausescu et de sa femme Helena dans une cour d’école près de Bucarest le 24 décembre 1989 ou la réunion à Malte le même mois, entre George Bush Senior et Mikhaïl Gorbatchev, une réunion qui rappelle curieusement la conférence de Yalta (4-11 février 1945) tenue entre Roosevelt, Staline et Churchill. La fissuration du « rideau de fer » a réellement commencé le 10 septembre 1989 et non pas le 9 novembre 1989 et le monde capitaliste aurait dû fêter sa victoire à la Pyrrhus non pas un 9 novembre mais un 10 septembre.

Pour bien apprécier la portée réelle de la chute du mur de Berlin, il faudra replacer cet événement dans le cadre de la politique de l’endiguement ou de containment dont les principes avaient été énoncés et définis par les deux discours de Harry Truman le 12 mars 1947 et de Winston Churchill à Fulton. La politique de containment a pour but de contenir l’expansion communiste soviétique en Europe et dans le reste du monde par une série d’alliances militaires et économiques. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les dirigeants Américains ne sont pas allés par quatre chemins pour affirmer haut et fort leur credo, celui d’en finit avec le pouvoir soviétique et du communisme non seulement sur le continent européen mais dans les autres régions du monde. D’abord, les Etats-Unis n’ont jamais reconnu le statu quo en Europe orientale et centrale et leur objectif avoué a toujours été la « libération » par n’importe quel moyen des peuples est-européens du « joug » et de « l’oppression » soviétique. Mais sur les manières et les moyens de contenir la puissance soviétique, les dirigeants américains n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde, car il y avait les « durs » et les « réalistes ». En effet, au camp des réalistes partisans des négociations avec l’Union soviétique pour l’évacuation de l’Armée Rouge d’Europe centrale et orientale, s’opposèrent les partisans de l’option militaire voire l’option nucléaire pour en découdre avec le pouvoir soviétique. Parmi les durs, figurait, entre autres, Foster Dulles qui, lors de la campagne présidentielle de 1952 et après une longue conférence avec Eisenhower en août, dénonça le containement comme dépendant de l’espoir que « les dictatures communistes seraient tellement assouvis avec 800 millions de personnes qu’ils resteraient là ils étaient ». Pour Dulles, tabler sur cette hypothèse irréaliste était suicidaire pour les Etats-Unis qui devaient tout faire pour détacher la Russie de ses satellites en brisant l’Union soviétique de l’intérieur. Pour George Kennan, la diplomatie (au sens de négociation) était inutile avec les Soviétiques et il pensait qu’il valait mieux avoir « une confrontation avec eux maintenant que plus tard ». Cette politique de containment visant à encercler l’Union soviétique par des bastions militaires et économiques installés sur le pourtour des frontières soviétiques a été traduite notamment par la création de l’Alliance Atlantique Nord en avril-juin 1949 et par la résurrection de la puissance économique et militaire de l’Allemagne de l’Ouest devenue en mai 1955, lors de la Conférence de Paris, membre à part entière de l’OTAN. Huit jours plus tard, en riposte à l’OTAN et à l’entrée de l’Allemagne dans l’Alliance Atlantique, le Pacte de Varsovie était signé groupant la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie. La politique de containment s’est illustrée également par la lutte contre l’influence de l’Union soviétique en Méditerranée avec la formation du pacte de Bagdad dirigée contre l’Egypte nassérienne qui s’était alignée sur la position soviétique après la conclusion d’un contrat egypto-tchécoslovaque de fourniture d’armement.

Le mur de Berlin n’est donc pas tombé tout seul dans une nuit étoilée sous la pression de peuples opprimés assoiffés de liberté et de démocratie comme le prétend la propagande capitaliste; il a tout simplement cédé sous la pression de saboteurs et de comploteurs extérieurs et intérieurs, soutenus et financés par le gouvernement américain, la CIA, les services secrets occidentaux et par une myriade de groupements et d’institutions agissant souterrainement dont le seul but était de combattre le communisme tant à l’intérieur du continent européen que dans d’autres zones de la planète notamment en Amérique latine considérée jadis et même aujourd’hui comme la chasse gardée et l’arrière cour(backyard) de l’impérialisme américain. Mais si les saboteurs et les comploteurs ont réussi leur coup en faisant tomber mur de Berlin, c’est parce que les conditions s’y prêtaient cette fois-ci et pas les autres fois, c’est-à-dire les effets de la guerre psychologique menée contre l’Union soviétique et le bloc de l’Est dans le cadre de la politique de containment commençaient à se faire sentir. Sans une longue et intense guerre psychologique, il serait impossible d’expliquer le phénomène de dissidence, le revirement idéologique et la reconversion à l’anticommunisme et à l’archéo-libéralisme d’une partie de l’ancienne nomenklatura communiste. C’est la guerre psychologique menée par l’Occident contre l’Union soviétique et les pays de l’Est qui a entraîné l’émergence d’une nouvelle force centrifuge viscéralement anticommuniste et foncièrement hostile aux régimes socialistes en place. Ce phénomène de reconversion d’intellectuels, on le trouve également dans les pays capitalistes où une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a elle aussi viré de bord et elle été contaminé par le virus anticommuniste et archéo-libéral. Aux Etats-Unis, par exemple, les principaux théoriciens de la révolution conservatrice étaient des anciens marxistes et des militants communistes durant les années 1950 et 1960.

mur2Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

LE FAUX CONCEPT DE LA GUERRE FROIDE

Aujourd’hui le concept de la guerre froide est employé à tort et à travers sans se demander s’il recouvre ou exprime une réalité politique avérée. Disons le tout de suite, le concept de la guerre froide est un faux concept, car il a été inventé de toutes pièces pour maquiller les visées belliqueuses de l’Occident et la croisade capitaliste contre le communisme et l’Union soviétique. D’abord, qui dit guerre dit budget militaire et la soi-disant guerre froide a servi de prétexte aux Etats-Unis pour augmenter vertigineusement leurs dépenses militaires. Par exemple, dans les deux années qui suivirent le début de la soi-disant guerre froide, le budget américain de la défense a explosé atteignant la somme de 50 milliards de dollars au lieu de 13 milliards de dollars à la sortie de la guerre, soit une augmentation de 325%. L’expression de guerre froide a été employée pour la première fois par un journaliste américain, Walter Lippmann qui, dans une série d’articles publiés en septembre 1947, proposait aux dirigeants anglo-saxons sa propre vision des relations Est-Ouest et ainsi que des solutions pour en finir avec la présence soviétique en Europe centrale et orientale. Face aux partisans de la ligne dure avec l’Union soviétique, Lippmann était plutôt partisan des thèses réalistes en partant de l’idée que l’Union soviétique était affaiblie par la guerre et qu’elle était plus encline à négocier le départ de son armée d’Europe de l’Est qu’à chercher la confrontation avec ses anciens alliés, notamment les Etats-Unis. Alors que Lippmann préconisait la voie de la négociation comme seul moyen pour faire partir l’Armée rouge de l’Europe centrale et orientale, les dirigeants occidentaux attendaient impatiemment et travaillaient dur pour l’effondrement de l’Union soviétique grâce au renforcement de la politique de containment qui étouffera l’Union soviétique de l’extérieur plutôt qu’à encourager des forces saines de l’intérieur. Pour eux, la politique de containment promettait d’être doublement avantageuse, car elle renforcerait l’Ouest tout en encourageant le pouvoir soviétique, déjà dangereusement tendu, à s’étendre encore un peu plus et peut-être à aller encore un peu plus loin, précipitant par là son effondrement final.

Si nous disons que le concept de la guerre froide est un faux concept, c’est tout simplement pour faute de belligérants, car, pour qu’il y ait guerre, il faut au moins deux parties belligérantes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis et de l’Union soviétique du fait qu’il n’y avait qu’une seule partie qui cherchait désespérément la guerre, les Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, l’Union soviétique n’avait strictement aucun intérêt, ni stratégique, ni politique ni militaire à provoquer des tensions et à entrer en conflits ouverts avec qui que ce soit et surtout pas avec les Etats-Unis et cela pour trois raisons principales. Primo, à la sortie de la Seconde Guerre, l’Union soviétique était un pays exsangue économiquement et humainement avec ses 20 millions de morts. Secondo, l’Union soviétique n’était pas assez puissante militairement pour affronter les Etats-Unis qui étaient déjà une puissance nucléaire. Tercio, l’Union soviétique cherchait absolument une période de répit pour consolider ses positions tant à l’intérieur de ses frontières et sa zone d’influence que sur la scène internationale. L’histoire des relations politiques et diplomatiques d’après-guerre montre que l’Union soviétique avait adopté un profil bas en multipliant les gestes conciliants envers les Occidentaux. Même Staline, quelques mois avant sa mort, disait que la victoire finale du communisme n’impliquait pas nécessairement un conflit armée entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en même temps les partisans de la guerre totale contre le communisme et l’Union soviétique faisait rage aux Etats-Unis avec le maccarthysme. Quelques jours après la mort de Staline, Malenkov déclarait qu’il n’existait pas de différend qui ne pût être réglé d’une manière pacifique. Le 1er juin 1952, Moscou renonçait officiellement à ses revendications territoriales sur deux districts anatoliens ; le 8 juin le contrôle interzones de l’Autriche prenait également fin. Le 26 janvier 1955, Moscou mit fin à l’état de guerre avec l’Allemagne, couronné par une visite du chancelier Adenauer le 13 juin. Le 19 septembre, l’Union soviétique restitua à la Finlande l’enclave de Porkkala. Nouvelle concession soviétique, la signature à Vienne le 15 mai 1955, du « traité d’État » par lequel prenait fin l’occupation de l’Autriche, laquelle s’engageant à son tour à rester neutre et à refuser toute union politique ou économique avec l’Allemagne. Toutes ces initiatives positives de l’Union soviétique plaidaient en faveur d’une politique d’apaisement et de normalisation avec l’Occident et non pas de tensions et de confrontation. Où sont-elles les velléités guerrières de l’Union soviétique dans tous ces gestes que l’on vient d’énumérer ? En fait, ce sont les Etats capitalistes dirigés par les Etats-Unis qui étaient emmurés dans leurs certitudes et dans ce qu’ils considéraient comme leur chasse gardée, l’Europe orientale et centrale. A cet égard, il faudra dissiper un malentendu, concernant l’avènement des démocraties populaires en Europe centrale et orientale. La propagande politique capitaliste affirme que les démocraties populaires et les régimes socialistes nés en Europe centrale et orientale après la Seconde Guerre mondiale ont été imposées par la torture, la terreur, l’arbitraire et les jugements sommaires. À cette affirmation, on peut opposer deux objections : la première objection, c’est que tout pouvoir, quelque que soit sa nature, soit-elle la plus démocratique, est fondé d’abord et avant tout sur la violence et celui qui prétend le contraire qu’il montre un seul exemple où un pouvoir a été fondé d’une manière pacifique et contractuelle. La deuxième objection, que l’Union soviétique aidât les communistes est-européens à prendre le pouvoir, c’est un fait mais cette prise de pouvoir n’a pas été faite avec l’ aide d’une force étrangère envahissante ayant des visées impérialistes. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique ne visait pas à l’annexion de territoires en Europe centrale et orientale et Staline n’avait pas programmé l’invasion des pays de l’Est pour y imposer des gouvernements communistes en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie « ex-satellite d’Hitler », en Hongrie, en Bulgarie et en République démocratique allemande. Alors que Ronald Reagan et George Bush junior avaient envoyé les troupes américaines pour envahir la Grenade en 1983, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. L’Armée Rouge s’est retrouvée devant le fait accompli dans les pays de l’Est dont les territoires avaient servi de lieu de passage à l’armée nazie du Troisième Reich pour détruire l’Union soviétique et le pouvoir communiste. Ce sont donc les impératifs de la guerre qui ont poussé les Soviétiques à entrer en Europe de l’Est. D’ailleurs, les États capitalistes n’étaient pas du tout mécontents et ils voyaient bien au contraire d’un bon œil l’invasion des pays d’Europe de l’Est par l’armée du troisième Reich, car il comptait sur Hitler pour faire le sale travail, pour conjurer la menace du communisme soviétique et pour débarrasser finalement le continent européen du communisme. Ce que ne disent pas la propagande politique capitaliste et les manuels d’histoire, c’est grâce à l’Armée Rouge que les démocraties populaires d’Europe orientale et centrale ont été libérées de l’occupation nazie et il était donc normal que l’Union soviétique cherchât à aider les partis communistes des zones occupées par l’Armée Rouge à conquérir le pouvoir et à y établir sa propre zone d’influence. Les Etats-Unis et les Occidentaux ont bien leurs zones d’influence en Afrique, en Amérique latine et ua Moyen Orient, pourquoi refuseraient-ils ce droit à l’Union soviétique?

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

CHUTE DU MUR DE BERLIN :

AVATAR D’UNE GUERRE PSYCHOLOGIQUE

La propagande capitaliste répète à qui veut l’entendre que la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est sont l’expression d’un rejet du socialisme et du communisme par les peuples est-européens. C’est ce que disent les journalistes des mass medias, les propagandistes attitrés et les intellectuels des supermarchés mais la réalité est tout autre chose. Les peuples est-européens ont-ils réellement rejeté le socialisme ? On ne peut qu’en douter, car les peuples est-européens sont là pour faire uniquement de la figuration et ils sont incapables de discerner entre leurs propres intérêts et ceux de leurs oppresseurs. Toutefois, il convient d’apporter une légère nuance à cette affirmation concernant les peuples est-européens du fait que ces derniers ont vécu sous deux systèmes sociaux différents et ils ont eu le loisir de comparer entre les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Ce qui n’est pas le cas des peuples dans les pays capitalistes qui n’ont jamais eu cette occasion historique pour comparer par eux-mêmes entre deux sociaux et idéologiques différents puisqu’ils vivent depuis deux siècles sous le règne et la domination de la bourgeoise. Ceux qui ont vécu sous un régime socialiste avant de basculer dans le capitalisme sauvage ont pu voir la différence entre un système socialiste qui leur assurait la sécurité de l’emploi de la naissance à la mort et un capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse et d’insécurité psychologique permanente due plus précisément à l’insécurité d’emploi. Les personnes interrogées dans les sondages d’opinion rarement publiés ou divulgués en Occident avouent avoir été leurrées par la propagande politique de Free Europe et de Voice of America qui leur présentaient l’Occident comme un havre de paix et de liberté. A titre d’exemple, le quotidien américain USA Today a publié le 11 octobre 1999 un sondage dans lequel 51% des Allemands de l’est disent regretter le temps d’avant la chute du mur de Berlin et affirment que l’Occident qu’ils ont découvert n’est pas celui décrit par la Radio Free Europe et la voix de l’Amérique.

Ceux qui ont contribué à la chute du mur de Berlin et à la dislocation du bloc de l’Est, ce ne sont pas les peuples est-européens eux-mêmes qui, comme tous les peuples de la terre, n’ont fait que suivre le mouvement mais une minorité de privilégiés appartenant à l’ancienne nomenklatura communiste. À force de matraquage et de viol psychique, cette minorité ex-communiste finit par céder aux sirènes de la propagande capitaliste diffusée par radio Free Europe et par la Voix d l’Amérique. Ce phénomène de reconversion d’anciens communistes à l’anticommunisme et à l’archéo libéralisme a commencé d’abord par le mouvement de dissidence avant de toucher une grande partie des cadres des partis communistes et de la nomenklatura communiste. Ce qui explique le revirement idéologique de cette minorité, c’est sa position privilégiée par rapport aux autres couches sociales notamment par son niveau de vie moyen, son degré d’instruction et sa culture moyenne. Car il faut bien savoir, une propagande n’agit pas sur des individus incultes et sur des pauvres démunis matériellement, socialement et intellectuellement. Ceux qui sont les plus sensibles à la propagande, ce sont généralement ceux qui ont fait des études secondaires ou universitaires, ceux qui possèdent un minimum vital et qui n’ont pas beaucoup de soucis concernant leurs moyens d’existence. Autrement dit, pour que la propagande soit efficace, il faut que ceux à qui elle s’adresse aient une certaine aisance matérielle, un certain niveau d’instruction et une culture moyenne. Dans les pays occidentaux, c’est donc à cette catégorie sociale médiane, souvent appelée classe moyenne, que s’adresse la propagande et c’est parce qu’elle est la masse la plus réceptive aux thèmes et aux symboles véhiculés par les propagandistes. C’est d’ailleurs cette expérience dans la manipulation des foules et des masses en Occident qui a servi de laboratoire aux concepteurs et aux planificateurs de la guerre psychologique contre les pays socialistes en ciblant en particulier cette masse moyenne que formait la nomenklatura communiste. Les révolutions des velours qui ont eu lieu républiques soviétiques recrutaient parmi des jeunes, des étudiants et des intellectuels.

La guerre psychologique menée contre les l’Union soviétique et les pays socialistes a démarré dès 1945 lorsque les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower décidèrent de transformer les agences de propagande créées durant la Seconde Guerre mondiale en leur assignant une nouvelle mission, combattre l’Union soviétique et les démocraties populaires de l’Est et les mouvements d’émancipation dans les pays du Tiers-monde. Ainsi, des hommes et des réseaux travaillant jadis pour l’Allemagne nazie ont-ils été recrutés et enrôlés dans les nouveaux services de propagande états uniens pour fournir des études et des renseignements sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. On peut citer à titre d’exemple, l’organisation Gehlen, constituée et dirigée par Reinhold Gehlen et financée par la CIA. Gehlen qui appartenait à la Reichwehr depuis 1920, avait été nommé chef de la section d’espionnage de l’Armée allemande sur le front russe en 1942 où il obtint à quarante-trois ans le grade de général de division. Après la guerre, le général Gehlen fut fait prisonnier par les Américains et on lui confia le commandement autonome d’une armée d’espions avec un état-major choisi personnellement pour organiser l’espionnage dans la zone soviétique d’Allemagne pour le compte des Etats-Unis. Gehlen recevait 6 millions de dollars par pour financer ses opérations. Son organisation comprenait l’élite de l’ancien corps de contre-espionnage de l’armée allemande et des agents de diverses nationalités éparpillées en Europe Orientale et dans les Balkans.

Pour pouvoir retourner une partie de la nomenklatura communiste, la propagande capitaliste a mené un long travail de sape psychologique s’étalant sur une quarantaine d’années. Cette guerre psychologique a employé des techniques extrêmement sophistiquées combinant subversion, sabotage, opérations spéciales, guérilla, espionnage, pressions politiques, culturelles, économiques. Ces différentes techniques de guerre psychologique étaient adaptées et modifiées en fonction de chaque situation mais elles avaient au début des ratés. Par exemple, c’est la technique de propagande blanche ou ouverte qui a fait échouer les tentatives des réformes de Wladdyslaw Gomulka en Pologne et d’Imre Nagy en Hongrie en 1956 quand Radio free Europe et Voice of America appelaient ouvertement les populations polonaises et hongroises aux soulèvements contre les gouvernements communistes en place. C’est cette propagande ouverte qui a donné des alibis a l’Union soviétique pour envoyer ses chars à Budapest et pour écraser le soulèvement hongrois. Là où la propagande de Radio free Europe s’est démasquée comme une propagande blanche ou propagande ouverte, c’est quand Imre Nagy avait appelé le 24 octobre 1956 les populations hongroises au calme, à l’ordre et à la discipline alors que quelques jours plus tard, le 31 octobre 1956, l’expert militaire de radio free Europe proclamait « le ministère de la Défense et le ministère de l’intérieur sont encore aux mains des communistes. Ne laissez pas durer cette situation. Combattants de la Liberté. N’accrochez pas vos armes au mur. Pas un morceau de charbon, pas une goutte d’essence pour le gouvernement de Budapest tant que l’Intérieur et la Défense ne sont pas entre vos mains ».

Deuxième exemple de technique de propagande blanche. En été 1980, lors des grèves des chantiers polonais de Gdansk, alors que le gouvernement polonais cédait à toutes les revendications des ouvriers, Radio Free Europe, en langue polonaise, la BBC et Radio France internationale, devenues les porte-voix de Solidarnosc, du MKS de Gdansk du KOR de Jacek Kuron incitaient les grévistes à continuer leur mouvement de protestation en leur disant en substance « Tenez bon, continuez la grève, le monde entier est à vous ». Dès les premiers jours de grève d’août 1980, la propagande blanche capitaliste a tout fait pour pousser à un affrontement sanglant entre le pouvoir et les grévistes. Cette propagande blanche s’est révélée comme en Hongrie et en Pologne en 1956 contreproductive puisqu’elle a conduit finalement au pouvoir à l’état d’urgence décrété par le général Jarusalski en décembre 1980.

Au fil du temps, la propagande blanche trop visible et contreproductive se transforme progressivement en propagande noire ou grise plus discrètes et plus insidieuses consistant à mener des actions de sabotage à l’intérieur des frontières de l’adversaire communiste. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que la ville de Berlin grouillait d’espions américains, français, anglais qui renseignaient leurs directions opérationnelles sur des actions subversives et de sabotage à mener à l’intérieur de l’ex-RDA et dans d’autres pays du bloc de l’ancien bloc communiste. La ville de Berlin a été souvent le théâtre d’actions de sabotage et de subversion comme par exemple, le plastiquage de transformateurs d’électricité, le sabotage d’usines, la dégradation de bâtiments publics, le sabotage de ponts et de voies de communications, l’empoisonnement de 7000 vaches dans une coopérative de production de lait et de fromage est-allemande, la tentative d’empoisonnement des cigarettes, le sabotage d’une rencontre internationale pour la jeunesse à Berlin-est par l’envoi de faux billets et de fausses invitations etc. D’ailleurs les actions subversives menées contre l’ex-RDA et à Berlin-est remontent au tout début de la création de la RDA quand les Occidentaux avaient poussé en juin 1952 des émeutiers armés de pierres à ravager les bureaux du gouvernement en appelant la population berlinoise à descendre dans les rues et à réclamer la démission du gouvernement communiste. Cette action subversive des émeutiers fut sévèrement réprimée par les chars russes stationnés alors à Berlin.

Pour augmenter l’efficacité de ses actions, la guerre psychologique était amenée à connaître le terrain psychologique des groupes qu’elle cherche à influencer psychiquement. Lorsque le propagandiste ignore le terrain psychologique de l’adversaire, il obtient l’effet inverse et sa propagande maque ses buts. Pour ce faire, il a fallu étudier à fond les mythes, les symboles, les stéréotypes, les schèmes généraux de la culture des sociétés est-européennes. Ce sont les disciplines académiques qui ont été mises à contribution pour fournir des études et des travaux sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs institutions et fondations américaines ont créé des centres de recherches spécialisés dans l’étude de l’Union soviétique et des États socialistes. Par exemple, 1947, la Fondation Carnegie finança la création du Russian Research center, suivie de la fondation Ford et de la Fondation Rockefeller qui fournirent des fonds aux universités aux Etats-Unis et à l’étranger pour aider des chercheurs et pour financer des centres de recherches sur les pays de l’Est. La Fondation Rockefeller a même subventionné la création en France de la VI section de l’école pratique des hautes études devenue plus tard l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales(EHESS) produisant des travaux sur la Chine, la Russie et les pays de l’Est. Les innombrables travaux et études produits par ces institutions et centres de recherche ont permis aux stratèges de la propagande occidentale de connaître et de cerner de plus près la psychologie de l’individu ainsi que les mythes courants, les opinions et les stéréotypes des groupes à mobiliser. Aujourd’hui, des questions se posent pour savoir si le pape Jean Paul I n’a pas été empoisonné pour élire à sa place un pape polonais dont la mission était de réveiller et de réactiver le catholicisme en Pologne pour en faire un moyen de lutte contre le communisme. En tout cas, le pape Jean Paul II et l’Eglise polonaise ont joué un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement communiste en Pologne et dans d’autres pays du bloc de l’Est.

Par ailleurs, les stratèges de la guerre psychologique ont eu recours à la sociologie des conflits et des crises politiques, à l’interaction stratégique, à la dynamique de l’action collective et aux logiques de mobilisation multisectorielles. La sociologie des conflits et des crises politique a fourni aux stratèges de la guerre psychologique les armes et les technologies de mobilisation et de désectorisation de l’espace social. Les principes de la désectorisation de l’espace social et des mobilisations multisectorielles ont été mis en oeuvre lors des grèves de l’été polonais en 1980 quand les dirigeants du MKS et du KOR, aidés et conseillés par experts occidentaux de la guerre psychologique, cherchaient par des rumeurs répandues, à étendre la grève des chantiers de Gdansk à d’autres secteurs d’activités et à d’autres villes polonaises pour provoquer un soulèvement général contre le gouvernement communiste. Cette même tactique de désectorisation et de mobilisations multisectorielles a également été appliquée et mise en œuvre dans d’autres pays de l’Est après la chute du mur de Berlin et lors des révolutions des velours dans les ex-républiques soviétiques.

CONCLUSION

Pour savoir pourquoi le monde capitaliste fête aujourd’hui en grande pompe les 20 ans de la chute du mur de Berlin, il faudra revenir à la période ayant précédé la dislocation du bloc de l’Est. Dire que le monde capitaliste était en crise avant la chute du mur de Berlin est tout simplement une tautologie, car le capitalisme est inséparable de ses crises permanentes et chroniques. Personne n’est capable de dire quand le capitalisme est en crise et quand il ne l’est pas, car quand le capitalisme n’est pas en crise, des millions de chômeurs sont jetés dans les pavés. Dire, par ailleurs que la chute du mur de Berlin symbolise le triomphe définitif de la liberté sur la tyrannie communiste, c’est plutôt une bonne blague à un euro. La chute du mur de Berlin a redonné au Capital américain et européen une bouffée d’air frais en récupérant une zone de 650 000 km2, c’est-à-dire une zone correspondant aux superficies de la France, de la Suisse, de la Belgique et du Danemark. En récupérant ainsi cette zone de 650 000 km2 qui étaient jadis sous l’influence de l’union soviétique, les capitalistes ont épargné à l’Europe et au monde une guerre meurtrière et destructrice. Car il faut savoir, quand le Capital n’a plus son oxygène pour respirer, c’est-à-dire, ses marchés et ses matières premières, il devient, comme un lion affamé, un fou furieux et dangereux pour l’humanité toute entière.

En faisant main basse sur les 650 000 km2 récupérés après la chute du mur de Berlin, le capital a ouvert sur le continent européen, une zone franche de réglementation libre du travail. Grâce à ces 650 000 km2 conquis sur l’union soviétique, le Capital respire provisoirement grâce à la délocalisation de certains segments de la ligne de production et à la modification des conditions de travail. La délocalisation-segmentation peut ainsi se caractériser par une substitution de techniques favorisant l’utilisation abondante de main d’œuvre et conduisant surtout à son usure précoce. Deux avantages sont retirés de cette délocalisation: l’un se traduit en terme de coût(bas salaires), l’autre en terme de productivité(détérioration des conditions de travail). Cette stratégie de segmentation-délocalisation a pour but de compenser une baisse de la rentabilité moyenne du capital et pour surmonter cette baisse tendancielle que rencontre l’accumulation du capital, il était nécessaire de procéder à une redéfinition des conditions d’exploitation de la force de travail. La possibilité de trouver ailleurs des conditions meilleures pour exploiter la main-d’oeuvre permet d’alléger les difficultés que l’accumulation du capital rencontre. La possibilité de segmenter les lignes de production en adaptant les technologies aux conditions moyennes de production tend à homogénéiser les conditions de travail vers le bas. La possibilité d’obtenir des conditions de travail plus favorables au capital en délocalisant des segments de production constitue une menace réelle sur des salariés des pays capitalistes du centre, car la menace de délocaliser peut conduire à une détérioration des conditions de travail, à une stagnation et à une baisse des salaires réels. La chute du mur de Berlin a été un cadeau du ciel offert aux multinationales capitalistes qui sont à la recherche de zones franches où règne seulement la loi de la jungle avec des conditions de travail moyenâgeuses et une main-d’oeuvre abondante, corvéable et exploitable à volonté. Allez demander aux ouvriers roumains de chez DACIA qui gagnent un salaire mensuel de 240 s’ils croient toujours au paradis terrestre promis par la radio free Europe et la Voix de l’Amérique et s’ils vivent sous le régime de la liberté depuis la chute du mur de Berlin.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

nov 09 2009

Les conséquences de politiques antéchristiques

C’est que tu ne sais pas, mon fils, avec quel peu de sagesse le monde est gouverné
Pape Jules III

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Les politiques économiques de mondialisation et de libéralisme effréné que nous connaissons ont beau remporter de multiples victoires à court terme pour le plus grand plaisir de leurs instigateurs, fort est de constater que la situation mondiale actuelle nous donne toujours plus d’éléments démontrant que les conséquences à long terme de ces mêmes politiques renforcent les effets contraires que le capitalisme mondialiste est censé avoir. En effet, partout où les populations sont lésées par la perte forcée de leur patrimoine due aux ponctions violentes qui résultent d’une stratégie irrationnelle de libéralisme sauvage, le mécontentement contre, entre autres, les mesures d’ouverture des frontières et de libre-échange qui sont propres à la mondialisation croît, et avec lui, les nationalismes. Plus les peuples, quels qu’ils soient, se sentent menacés par l’influence de ce qui est étranger, et plus le dégoût des caractéristiques du système en place grandit, au point qu’un nombre exponentiel d’individus rejettent ce même système dans son intégralité et se précipitent dans les bras de « l’opposition », anti-libéraliste, raciste, voire parfois même anti-moderniste et anti-démocratique. Des groupuscules à l’idéologie musclée voient alors leur importance s’élargir considérablement. L’extrait suivant de l’introduction du livre Soleil Noir, dédié à l’explication des causes de la montée des mouvements néonazis, résume précisément cette problématique :

« En 1900, les races européennes blanches constituaient quelque 35% de la population mondiale. En raison du déclin de la natalité parmi la population blanche des pays industrialisés, couplé avec l’explosion démographique du tiers-monde due aux progrès de la médecine, ce chiffre est aujourd’hui juste sous les 10% au niveau mondial. Les travailleurs immigrés, les immigrants, les migrants économiques, les réfugiés et les demandeurs d’asile constituent un flux de population important, amenant la population excédentaire des pays en voie de développement vers des territoires traditionnellement habités par des Européens blancs. Ces économies industrielles avancées absorbent des taux d’immigrants plus élevés que jamais, et leur engagement politique envers la mixité raciale est maintenant une profession de foi. Aujourd’hui, les Etats-Unis et la plupart des pays européens font face à un changement démographique qui fait perdre à leurs habitants de souche leur position majoritaire. La question qui en découle pour l’identité blanche est identique au dilemme des Austro-Allemands qui craignaient une perte de l’influence du vieil Empire des Habsbourg.

La réaction à ce phénomène résulte dans une résurgence des idéologies radicales, qui se nourrissent des menaces de la globalisation économique, des mesures de discrimination positive et de l’immigration en provenance du tiers-monde. Cela se manifeste essentiellement parmi les jeunes Blancs aliénés et la population à faibles revenus, de plus en plus marginalisés par les nouvelles industries high-tech et l’intégration croissante de minorités ethniques dans leur communauté. Aux Etats-Unis, l’augmentation rapide de l’immigration hispanique et des pays du tiers-monde, tout comme en Europe l’immigration en provenance des pays en voie de développement vers l’Europe de l’Ouest, ont ravivé de nouvelles peurs d’inondation raciale. La chute de l’Union soviétique et de la Yougoslavie a poussé plus loin les migrations vers l’Europe de l’Ouest, notamment parmi les populations de l’Europe de l’Est et les gitans. Les accords de libre-échange, le déclin des industries manufacturières traditionnelles et l’exportation de métiers de service à l’étranger, comme dans le domaine des communications et de l’informatique, stimulent le racisme et l’hostilité envers le libéralisme. »

De fait, le racisme latent habitant chaque représentant du commun des mortels étroit d’esprit, craignant de regarder au-delà de l’horizon que lui offre son patelin et effrayé à l’idée qu’une cohabitation avec des personnes de culture différente pourrait modifier un tantinet la vie placide et béate qu’il a l’habitude de mener, se voit significativement excité. Pour cet archétype du citoyen moyen qui est tout aussi incapable de chercher des causes par lui-même, au-delà des faits qu’il constate de façon simpliste, que de concevoir des valeurs telles que la tolérance, la faute de son éventuel licenciement échoit moins à la politique que mène l’entreprise ou l’État pour lequel il travaille qu’à l’immigré polonais qui est prétendument arrivé sur son sol pour lui dérober son emploi. Ainsi, la haine que les Nords-Américains et les Européens peuvent éprouver à l’encontre des injustices du système se focalise sur les étrangers à leur territoire, ces mêmes étrangers qui volent soi-disant l’emploi de ceux qui en cherchent, sont prêts à travailler à plus bas salaire et dans des conditions moins confortables, et qui accentuent plus ou moins indirectement la montée du taux de chômage du fait des délocalisations des industries dans leurs pays d’origine où les prix de travail sont diaboliquement peu élevés. Le terrain est alors tout préparé pour que certains plongent dans des délires racistes dualistes où un peuple, qui représente le bien, est supérieur à tous les autres, sources de tous ses maux, qu’il combat, ou qu’il doit carrément éliminer. Cette idéologie raciste peut aussi être relayée, plus ou moins inconsciemment, par des « spiritualités » creuses de types New Age, dans lesquels les mythes qu’inventent des ésotéristes dégénérés racontent souvent des histoires de surhommes ou de peuple supérieur.

Il y a deux manières de combattre : l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bĂŞtes
Nicolas Machiavel

Si les conséquences sociales de cette « invasion » sont déjà considérables, elles grandissent encore en ampleur si les immigrés en question importent une religion qui n’est pas celle du sol national. Effectivement, rien ne terrifie plus les héritiers du christianisme qu’une « islamisation rampante » de leur contrée, christianisme que la plupart d’entre eux ont pourtant abandonné depuis longtemps, ainsi que ses valeurs. Il ne se passe donc pas un mois sans que le gros de la plèbe ne vomisse ses médiocres préjugés à la vision de faits où leur culture, si ce n’est leur « race », est confrontée à une autre, étrangère, par le relais de médias complaisants. Ils se gardent généralement bien d’exposer leurs vues trop publiquement, cependant, car ce n’est pas politiquement correct. En effet, il faut respecter son conditionnement et rester « politiquement correct », et donc conforme à la forme en laquelle cette société nous a modelés, car en quoi cela pourrait-il bien être logique de tenir la ploutocratie mondialiste comme responsable des échecs de sa politique cosmopolite ?

Il paraît évident que l’enrichissement d’une élite et la paupérisation des classes moyennes et populaires sont dus à la façon dont les politiques libérales sont actuellement appliquées, et non aux immigrés, qui ne sont pas responsables de la mauvaise gestion du système d’immigration et sont victimes des fautes que l’on rejette sur eux. En outre, on peut difficilement les blâmer de chercher de meilleures conditions dans des pays qui les accueillent pour combler une manque de main-d’œuvre dans certains secteurs et un déficit démographique. Le taux de chômage français actuel, supérieur à 10%, trouve son origine dans le fait que la population marginalisée par les attentes présentes du capitalisme n’ont pas suffisamment de secteurs nouveaux dans lesquels se réinsérer, étant donné que l’innovation est réprimée et non encouragée. Évidemment, nos dirigeants préféreront toujours renvoyer la faute sur quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes, et ne pas mettre en question les points discutables du système.

En plus du fait que l’antagonisme entre les prétendues « races » trompe la population d’adversaire, et lui permet de trouver un bouc-émissaire sur lequel reporter son attention et sa haine, il contribue aussi largement à amenuiser la cohésion nationale des États d’Europe et à appauvrir toutes les cultures coexistant dans les pays par l’incompatibilité qui est entretenue entre elles, plutôt que de faire en sorte qu’elles s’enrichissent réciproquement. Ainsi, à nouveau, les réactions nationalistes des peuples d’Europe dues à la perte « d’identité blanche » servent les stratégies mondialistes dont ces mêmes peuples craignent pourtant les effets dont ils méconnaissent l’origine. Les populations étant trop occupées par les rivalités ethniques et les gouvernements devant s’échiner à gérer ces problèmes, le pouvoir étatique est d’autant plus affaibli et laisse cours plus docilement aux desseins des acteurs économiques.

Les penchants racistes exacerbés d’une majorité de Nords-Américains et d’Européens font aussi en sorte que l’opinion publique n’éprouve pas trop de scrupules lorsque leurs pays sont en guerre au Moyen-Orient, étant donné que beaucoup d’entre eux se rassurent par l’intime conviction que ce ne sont là que des « bougnoules » et des « sauvages » qui meurent, pour l’hypothétique bien de leur petite sécurité. Au contraire, plutôt que d’être offusqués par les effets de guerres faciles et injustes, leur haine ne se trouve que renforcée par le fait qu’ils sont convaincus que leur pays a dû intervenir pour effacer une « menace » qui émanait d’eux, et va jusqu’à les tenir responsables des conséquences de cette guerre. Le problème palestinien suscite pourtant plus de réactions généralement, mais la raison est sans doute moins liée au fait que le conflit en question dure depuis une soixantaine d’années qu’à l’antisémitisme qui est lui aussi présent, comme les autres formes de racismes, chez une part croissante et non négligeable de la population. D’autre part, beaucoup de personnes parmi les peuples arabes, exaspérés par près deux siècles d’occupations et d’influences subversives venant des Européens, depuis les colonisations jusqu’à la situation actuelle de l’Irak en passant par la tromperie des accords de Sykes-Picot qui ont suivi la dissection de l’Empire Ottoman, ont nourri un fort ressentiment anti-européen et anti-chrétien, sentiments désormais fortement imprégnés dans leur conscience nationale. Il en résulte que la cohabitation entre Européens de souches et immigrés arabes n’en est que plus compliquée encore.

Celui qui ne sait pas et qui n’agit pas est un ignorant, mais celui qui sait et qui n’agit pas est un criminel
Bertolt Brecht

Nos gouvernements ne semblent donc pas réellement dérangés par la radicalisation ambiante des comportements, n’ayant eux-mêmes qu’assez peu de conviction quant à l’importance du respect des principes démocratiques. Il n’en est pas moins que la multiplication des messages simplistes émanant d’une pléthore de mouvements et de sites internet qui sont, ou non, liés entre eux est problématique pour la bonne santé de ce qui reste des valeurs de notre société. En effet, au-delà du racisme, les explications caricaturales de conspirations juives ou maçonniques pour expliquer l’état d’un monde sous le joug du « Nouvel Ordre Mondial » contentent un nombre croissant de personnes au fur et à mesure que le mécontentement envers le système s’accroît. Ces derniers croient avoir compris le fonctionnement du monde et bénéficier du savoir que le reste de la population n’a pas, alors qu’ils ne font que plonger tête la première dans la bêtise et font souvent le jeu de mouvements de contestation douteux, qui sont soit composés d’illuminés, de fascistes ou de personnes désireuses de servir des intérêts extérieurs au pays dans lequel elles opèrent.

Pour prendre l’exemple de l’expression « Nouvel Ordre Mondial », qui a été reprise par plusieurs personnalités de la scène politique française récemment, beaucoup ignorent qu’elle fut également utilisée au début de la Guerre Froide pour désigner la séparation du monde en trois parties : les Etats-Unis et l’Europe, l’Union soviétique, et le Tiers-Monde. Elle fut à nouveau utilisée à la fin de la Guerre Froide avec la chute du communisme, et réapparaît aujourd’hui, sans doute pour signifier la victoire définitive du capitalisme sur le globe avec la gouvernance mondiale qui s’ensuivra. Or, lorsque quelqu’un qui prétend s’opposer au système entend « Nouvel Ordre Mondial », il a tendance à ne penser qu’à un vaste projet mondialiste, stigmatise ceux qui en font la promotion et rejoint ceux qui sont censés le dénoncer. Mais quand les présidents Chavez et Ahmadinejad parlent de Nouvel Ordre Mondial, par exemple, on se doute qu’il s’agit, pour eux, d’espérer un monde multipolaire où l’union de plusieurs pays permettraient de contrer la seule hégémonie des Etats-Unis, plutôt, justement, qu’un monde unifié aux critères libéraux. D’autre part, il est facile, pour les pseudo-mouvements de contestation, de jouer sur le terrain des points auxquels le public auquel ils s’adressent est sensible. Ainsi, en usant de critiques répandues et consensuelles du système, ils s’attireront l’attention de ceux qui penseront que les personnes qui tiennent un discours qui leur convient doivent être des gens biens. Or, il est facile de dénoncer, mais ceux qui prétendent le faire disent rarement pourquoi ils le font, et ont rarement de meilleures solutions aux problèmes dont ils traitent, exagérés ou réels, que les mesures qui sont déjà en place pour les gérer. Cette propagande dont l’ampleur grandit n’atteindra probablement pas une influence suffisante pour être un tant soit peu dangereuse pour le bien public, mais elle abrutit ceux qui y prêtent oreille et discrédite le travail de ceux qui tentent de faire de l’information réelle.

Ce n’est pas rejeter en bloc le système qui pourra être d’une quelconque utilité pour nous-mêmes comme pour le bien commun, ce qui ne peut être fait que par des gens qui se laissent dominer par leurs sentiments de frustration et de mécontentement sans tenter de discerner précisément ce qui les gêne dans le système et ce qu’il est bon de conserver. Plutôt que cela, il faudrait justement trouver un consensus sur ce qui tourne mal dans nos sociétés, et proposer des solutions. Bien sûr, ce n’est pas en faisant de longs discours que quiconque parmi ceux qui ont le pouvoir de changer quoi que ce soit au système sera convaincu qu’il doit revoir la politique qu’il mène depuis des années, mais je suis personnellement convaincu que les travers d’un système sont comme des chaînes pesantes que quelqu’un devrait traîner au prix de son énergie et du ralentissement qu’ils lui causent, jusqu’au moment où la gêne deviendra trop lourde pour être supportable, et où il faudra se démener pour se débarrasser de ses parasites. En clair, les imperfections ne peuvent que miner le système le plus obstiné jusqu’au jour où elles créeront des événements d’une ampleur suffisante pour l’amener à revoir impérativement les zones d’ombre de sa structure, le tout échappant aux hommes qui tenaient jusque là les rennes. Mais lorsque cela arrivera, si cela arrive, encore faudra-t-il que des programmes ambitieux aient été pensés et que ce soient des alternatives justes qui prévalent.

J’ai aimé la justice et j’ai haï l’iniquité : c’est pour cela que je meurs en exil.
Pape Jean XIV

En l’occurrence, présentement, le problème principal de notre système me semble être le musellement de l’innovation. En effet, la ploutocratie établie préfère s’assurer la conservation des privilèges qu’elle a acquis sur les critères de réussite actuellement appliqués plutôt que d’aider, au moyen de ses immenses possessions financières, des projets qui pourraient bénéficier grandement aux citoyens de leur pays et aider ses scientifiques, ses philosophes et autres intellectuels dans leur quête de connaissance. Ce facteur me paraît être le principal responsable du taux de chômage élevé, ainsi que du grand nombre de personnes déprimées et de suicides. En effet, cela ne convient pas à tout le monde de mener une existence terne, partagée entre plaisirs du divertissement et travail, nécessitant le plus souvent l’utilisation de personnes conditionnées comme des machines, du fait qu’elles ont été formées pour accomplir un travail bien spécifique et que la plus grande partie de leur vie se résume à cela. Si personne ne trouve la paix dans une société guerrière, privilégiant les valeurs masculines de force et d’expansion, l’autre extrême, une société qui se complait dans la passivité et la stagnation, croyant qu’il ne reste plus rien à accomplir dans ce monde, pourrit assurément. L’idéal serait d’associer l’harmonie féminine à la propension plus masculine à l’expansion, mais dans le domaine de la connaissance, soit profiter de la paix pour parfaire la société humaine grâce à l’acquisition d’encore plus de savoirs.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

nov 02 2009

Premiers décès liés au vaccin de la grippe A en Europe

Alors que les gouvernements européens vont de l’avant avec leurs programmes de vaccination de masse contre la grippe porcine, en Hongrie et en Suède des personnes sont décédées peu de temps après avoir été vaccinées contre le H1N1.

biohazard

Le Budapest Times rapporte qu’une femme de 64 ans est décédée juste deux jours après avoir reçu l’injection de H1N1.

Une autopsie a été prévue pour déterminer s’il y a un lien entre le vaccin et la mort de la patiente, qui souffrait d’une maladie de cœur chronique mais légère, selon l’article.

Jusqu’à présent 4 personnes sont mortes de la grippe porcine en Hongrie.

Le vaccin utilisé dans le pays est fourni par un fabricant local Omnivest. Le gouvernement hongrois a commandé 6 millions de doses pour couvrir environ 60% de la population de Hongrie (10 millions).
Le vaccin d’ Omnivest est produit à partir d’œuf et contient un adjuvant au phosphate d’aluminium. L’entreprise dit qu’il suffit d’une dose de leur vaccin H1N1. Leur vaccin, qui a été testé de manière limitée, se base sur des tests de la souche de grippe aviaire.

Selon l’article du Budapest Times, Omnivest a menacé de poursuivre en justice quiconque accuserait son vaccin contre la grippe porcine d’être dangereux. Pourtant, le principal conseiller du ministère de la santé hongrois, a suggéré la semaine dernière que le vaccin n’était pas adapté pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes malgré le fait que l’injection soit offerte gratuitement pour ces groupes « à risques ».

D’autres articles font également état de plus de décès survenus en Suède.

Selon le quotidien suédois, Aftonbladet, des experts médicaux ont dit qu’un homme d’une cinquantaine d’année est mort de ce que l’on suspecte être une crise cardiaque 12 heures après avoir reçu une injection de Pandemix, qui est fabriqué par GlaxoSmithKline.

Le journal a également rapporté qu’une femme âgée de 65 ans est morte deux jours après avoir reçu l’injection, on rapporte qu’elle souffrait de « problème musculaire »

Ci-dessous traduction de l’article

Le vaccin contre la grippe porcine pourrait ĂŞtre trop fort

Les personnes d’un certain âge sérieusement malades peuvent être dissuadées de se faire vaccinés.
Jusqu’à présent, deux personnes sérieusement malades sont mortes après avoir été vaccinées contre la grippe porcine.

MPA enquête actuellement pour savoir s’il sera nécessaire de faire de nouvelles recommandations contre la vaccination des personnes âgées et malades.

Deux personnes sérieusement malades sont décédées jusqu’à présent après avoir reçu une injection de vaccin. L’une d’entre elles est un homme de Västernorrland qui a fait une crise cardiaque. MPA ne peut dire si le décès est une réaction au vaccin. Une autopsie sera menée pour clarifier la cause de l’attaque cardiaque.

« C’est très difficile de faire une évaluation. Certains pourraient considérer qu’il y a un lien. L’évaluation est une chose personnelle » a dit Lennart Walden Lind, docteur au MPA.

Une femme âgée de 65 ans de la région de Stockholm, atteinte d’une tuberculose sévère a été retrouvée morte deux jours après avoir été vaccinée. Une enquête sera menée sur son cas par le MPA.

Les personnes sérieusement malades devraient-elles éviter de se faire vacciner ?

« C’est une bonne question et nous y travaillons pour trouver matière à enquête. Dans les expériences cliniques menées avant la vaccination, peu de ces cas rares sont représentés. Actuellement nous travaillons en recommandant la prudence » a dit Lennart Walden Lind.

Le vaccin contre la grippe porcine est différent du vaccin contre la grippe ordinaire du fait que les taux d’adjuvants sont plus élevés. C’est le composant qui déclenche la réaction du système immunitaire de la personne vaccinée.

« Cela peut expliquer qu’on puisse voir des réactions plus fortes que lors d’une vaccination ordinaire. Si vous avez de nombreux facteurs de risques pouvant se manifester par une mauvaise fièvre croissante, alors il vaut mieux s’abstenir de se faire vacciner. Il semble que les personnes âgées tombent souvent malades lors de la vaccination contre la grippe. Nous enquêtons là-dessus et il n’y a pas de date fixée pour connaître la réponse » a dit Lennart Walden Lind.

D’autres informations en provenance de Suède font état de 190 personnes, dont un grand nombre d’infirmières, ayant souffert d’effets secondaires liés au vaccin selon ce qui a été rapporté aux autorités médicales suédoises (MPA).

« Jusqu’à présent les autorités ont reçu plus de 190 rapports à la fois venant du personnel médical et d’individus. Les effets secondaires les plus rapportés sont une douleur dans le bras, de légers symptômes de grippe tels de la fièvre, douleur musculaire, douleur de l’estomac, maux de tête, vertige et fatigue » selon ce qua fait été le site internet suédois DN.se.

L’article précise que GlaxoSmithKline attribue ce taux d’effets secondaires plus haut que la normale aux adjuvants contenus dan le vaccin.

« Selon le fabricant de vaccin GlaxoSmithKline on peut avoir 1 personne vaccinée sur 10 présentant ces effets, ce qui est légèrement plus élevé que ce que l’on a pour la vaccination contre la grippe saisonnière. C’est parce qu’une substance dans le vaccin provoque une réponse immunitaire à ce moment là ».

Le vaccin de GlaxoSmithKline, Pandemrix contient comme adjuvant du squalene.

La vaccination a commencé partout en Europe il y a un peu plus d’une semaine. La Suède a été l’un des premiers pays à commencer la vaccination le 12 Octobre.

Selon le Centre Européen pour la Prévention et le Contrôle des Maladies basé à Stockholm, il y a eu jusqu’à présent au total 230 décès liés au H1N1 en Europe depuis Avril, dont 50% en Grande Bretagne.

Steve Watson – 23/10/09 – www.infowars.net

Information complémentaire

E n Suède, premier pays a commencé la vaccination de masse contre la grippe porcine, on rapporte de nouveaux décès liés aux injections de vaccin contre le H1N1.

Deux nouveaux décès ont été rapportés au Swedish Medical Products Agency . Une femme de 74 ans de Sollefte dans le nord de la Suède est morte deux jours après avoir été vaccinée contre la grippe porcine. Elle souffrait de problèmes cardiaque et pulmonaire et était classée comme patiente à haut risque. Une autre femme de 90 ans est aussi décédée après avoir reçu une injection du vaccin selon le journal Expressen.

Au total en Suède, depuis le 12 Octobre, c’est maintenant 4 personnes qui sont décédées, alors que les cas de grippes porcines sont passés de 93 à 198 en une semaine.

Selon une dépêche AFP du 23/10/09 repris par le quotidien Le Monde en ligne, dans l’Isère à Grenoble, 9 personnes ont porté plainte contre X pour tentative d’empoisonnement et tentative d’administration de substances…. De nature à entraîner la mort, avec constitution de partie civile, dénonçant la campagne de vaccination contre la grippe porcine H1N1, une première en France. Elle sera suivie d’autres plaintes selon l’avocat de ces personnes, Maître Jean Pierre Joseph.

« Le but est d’arrĂŞter ce que nous considĂ©rons comme un empoisonnement. L’intĂ©rĂŞt de cette action est que des gens en France aient une attitude citoyenne et disent publiquement : nous avons compris que la campagne de vaccination est une arnaque », a ajoutĂ© l’avocat.

Traduction et mise en forme de Mireille Delamarre

Information en continu sur le Forum Mecanopolis

nov 01 2009

L’affaire de l’attentat de Karachi pourrait devenir un Sarkogate

Alors que nous avons publiĂ© il y a quelques jours sur Mecanopolis un article qui explique comment le « volet suisse » de l’enquĂŞte sur des pots-de-vins liĂ©s Ă  livraison de sous-marins français au Pakistan compromettrait, par de nombreux documents explosifs, Nicolas Sarkozy, nous apprenons aujourd’hui que Mohammad Sohail Habib, condamnĂ© Ă  mort pour avoir participĂ©, en 2002, Ă  l’attentat qui a tuĂ© 11 ingĂ©nieurs français de la DCN et 3 Pakistanais, a Ă©tĂ© acquittĂ©  « faute de preuves suffisantes» (lire cet article du Parisien). Atzif Zeheer, un autre « prĂ©sumĂ© terroriste » avait lui aussi Ă©tĂ© relaxĂ© en mai dernier. Le prĂ©sident français avait alors indiquĂ© qu’il allait dĂ©classifier l’intĂ©gralitĂ© des documents, relatifs Ă  cet attentat, mais les promesses n’engagent manifestement que ceux qui les reçoivent.

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Seulement 40 documents déclassifiés pour un attentat visant des français travaillant au titre d’un contrat d’armement signé il y a plus de 15 ans, cela semblait déjà peu.

Nous savons aujourd’hui qu’en plus ces documents n’ont pas été déclassifiés dans leur intégralité puisqu’un grand nombre de paragraphes ont été cancellés et de nombreux passages floutés.

Aucun document antérieur à l’attentat de Karachi n’a été déclassifié, il n’y a donc absolument aucune note concernant la négociation et signature du contrat agosta, aucune mention des bénéficiaires de commissions ou allusion aux rétros commissions, aucune allusion aux écoutes téléphoniques sur le cabinet de François Léotard.

On peut cependant noter quelques éléments venant confirmer le fait que l’Etat Français était au courant depuis 2002 que Azif Zaheer d’abord condamné puis relaxé en mai 2009 pour avoir participé à cet attentat n’était qu’un bouc émissaire : en décembre 2002 il a été écrit que : « le seul indice matériel porté à l’appui de l’accusation de la police était le livret d’immatriculation de la Toyota corrolla ayant servi à l’attentat mais que ce livret était en fait en possession de la police depuis de nombreux mois », il est ajouté que les détonateurs trouvés ont été dissimulés par la police elle-même .

En mai 2002, Concernant DCN il est indiqué que « Une négligence de sécurité se confirme dans l’itinéraire de déplacement entre les hôtels et le site militaire. Une piste au sein du pouvoir politique est la plus souvent évoquée ».

En 2009 : « La spéciale branche de la police pakistanaise de Karachi avait rédigé un rapport 18 jours avant l’attentat confirmant la thèse d’une attaque planifiée contre un objectif occidental ».

Une fois de plus le comportement des autorités françaises quant à ce dossier est inadmissible, une fois de plus il ne s’agit que de laisser croire que la transparence règne alors que tout démontre le contraire.

En juin dernier, après avoir qualifié la thèse de la corruption de « grotesque » Sarkozy a dit « nous sommes dans un pays où tout se sait, où le secret d’état n’existe pas »… Si cette thèse est aussi grotesque que ce gouvernement est transparent, alors nous sommes sur la bonne voie….

Les fausses promesses d’un Sarkozy visiblement embarrassĂ© (juin 2009)

Le gouvernement ne pouvait pas se permettre de refuser la levée du secret défense vis-à-vis de l’opinion publique, la solution a donc été d’accorder la déclassification de documents qui n’apportent pas grand-chose au dossier, il ne s’agit là que d’une énième opération de communication de l’exécutif.

Loin d’apporter les réponses à nos questions, cette déclassification nous permet seulement de confirmer ce que nous savions déjà à savoir que :

- L’attentat était prévisible

- DCN n’a pas pris les mesures nécessaires à la protection de son personnel et a donc une part non négligeable de responsabilité dans ce qui est arrivé.

- L’Etat Français savait depuis 2002 que Azif Zaheer et n’était qu’un bouc émissaire dont la culpabilité a été montée de toute pièce, mais a tout de même continué à nous faire croire en cette thèse. Nous sommes donc en droit de nous poser une question : pourquoi ?

Sur le mĂŞme sujet, lire l’article Une enquĂŞte sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy