Category: Irak

jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

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Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

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Notes :

déc 29 2009

De l’utilisation d’al-Qaeda au YĂ©men afin de promouvoir les intĂ©rĂŞts stratĂ©giques amĂ©ricains

Comme nous l’expliquions hier soir dans un article et cette nuit sur notre forum, la revendication d’Al-Qaeda  de l’attentat manquĂ© du vol Amsterdam-Detroit de vendredi dernier n’est pas un instant crĂ©dible. Tout indique que son vĂ©ritable objectif consiste Ă  lĂ©gitimer une plus large implication des États-Unis dans un conflit qui, depuis cinq ans, oppose des tribus chi’ites du Nord du YĂ©men, qui n’ont aucun lien avec al-Qaeda, au gouvernement de Saana, soutenu par l’Arabie Saoudite et la CIA. MalgrĂ© cette diversion crypto-terroriste, il n’est pas difficile de comprendre que c’est une fois de plus l’Iran qui est dans le collimateur des Etats-Unis et de leurs alliĂ©s.

La dernière phase paroxystique de la guerre qui dure depuis 5 années, au Yémen, contre les rebelles Houthis, a fait plus de 2000 morts en moins d’un mois et plus de 150 000 sans-abri. Les troupes du gouvernement yéménite se battent contre environ 15 000 rebelles Houthis, armés et entraînés par l’Iran et retranchés dans les montagnes du Nord, autour de Saada, sur la frontière de l’Arabie Saoudite. Les bombardiers de l’armée de l’air saoudienne tapissent les zones rebelles et civiles, et l’armée de l’air et la marine égyptienne transportent des munitions pour l’armée du Yémen avec les encouragements et le financement des Etats-Unis.

Ce pays pauvre de la Mer Rouge, mais stratégique par sa position, scène critique, depuis des années, de la guerre contre de soi-disant extrémistes islamistes, est désormais devenu un théâtre-clé où les Etats-Unis et l’Iran luttent pour la prédominance régionale. Eu égard à cela, le conflit au Yémen peut être comparé en importance avec la guerre du Liban de 2006 et le conflit de Gaza. Ses résultats pèseront lourdement sur les positions stratégiques respectives dans les régions du Golfe Persique et de la Mer Rouge, pour les Etats-Unis, aussi bien que pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte et, indirectement Israël aussi, vis-à-vis de l’Iran.

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Les militaires saoudiens utilisent des bombes au phosphore américaines pendant des raids nocturnes (source : Forum Mecanopolis)

Plusieurs sources confirment huit traits saillants du conflit en cours au Yémen :

1. Au début septembre, l’armée du Président Ali Abdallah Saleh a lancé le 6è round de sa guerre depuis l’an 2000 contre les Houthis, en déployant environ 20 000 hommes dans une offensive majeure afin de déloger les 15 000 Houthis de leurs nids d’aigles dans les montagnes (entre 3 à 6000 m d’altitude) dans la province de Saada au nord.

2. Les Houthis sont des Zaydis qui revendiquent leur adhĂ©sion Ă  la forme la plus pure de l’Islam chi’ite. Ils se battent pour apporter « la vraie voie » au YĂ©men, et restaurer l’autoritĂ© de l’Imam Zaydi renversĂ© en 1962. Leur nom dĂ©coule de celui du fondateur du mouvement, Badreddin al-Houti, qui fut tuĂ© par l’armĂ©e yĂ©mĂ©nite en 2004. Les Chi’ites Houthis et le Chi’isme iranien n’ont rien d’autre en commun, sauf  l’aide logistique de TĂ©hĂ©ran apportĂ©e aux rebelles yĂ©mĂ©nites.

3. Les quantités de matériel lourd que les Iraniens sont parvenus à transférer aux Houthis en quelques semaines ont stupéfié Washington, Saana, Riyad et Le Caire. L’armée yéménite semble mise en difficulté de réprimer ces rebelles et même d’empêcher les combats de s’étendre au-delà de la région de Saada, vers d’autres parties du pays, y compris la capitale.

4. Craignant que le conflit et l’influence Zaydi puisse déborder par-delà la frontière du nord- Yémen vers les régions sud, saoudiennes de Najran et Asir, l’Arabie Saoudite a envoyé son armée de l’air aider l’armée yéménite en tapissant de bombes les bastions houthis dans les villages de montagne de Saada.

5. La petite armée yéménite de 66 000 hommes, manquant de stocks de matériel militaire organisés, a bientôt commencé à se trouver à court de munitions et d’équipement militaire. L’armée égyptienne s’est empressée de fournir cet approvisionnement nécessaire, en mettant en œuvre un corridor naval et aérien.

6. L’Administration Obama s’est lancée dans la mêlée, grâce à son assistance financière alimentant les efforts saoudiens et égyptiens pour venir en aide au Yémen. Elle a été tout dernièrement accordée lors de la rencontre entre les Présidents américain et égyptien à la Maison blanche, le mardi 18 août 2009. Selon cette modalité, le Président américain Barack Obama prend position contre l’Iran aux côtés d’Hosni Moubarak et du Roi Abdallah.

7. Autant que les Etats-Unis et Israël avaient été pris par surprise par les capacités militaires du Hezbollah, lors de la guerre du Liban en 2006, les Américains et ses alliés ont été stupéfaits par la maîtrise du champ de bataille des rebelles Houthi. La 1ère Division d’infanterie mécanisée de l’armée yéménite, renforcée par chacune de ses 6 brigades de commandos- parachutistes et le soutien aérien saoudien, s’est avérée incapable, depuis septembre, de briser la résistance des bastions de montagne des rebelles.

8. Sans la rĂ©alisation d’un accord global, le conflit menace de s’étendre et de conduire Ă  une escalade vers la plus importante et la plus dangereuse guerre ayant Ă©clatĂ© dans n’importe quelle partie du monde arabe depuis longtemps. Les Etats-Unis ont manifestement choisi la surenchère en manipulant la revendication par al-QaĂŻda de cet attentat manquĂ© du vol Amsterdam-Detroit du 25 septembre dernier.

Sur la guerre au Yémen, lire également notre article du 10 novembre dernier.

nov 02 2009

La fin de la propagande sioniste internationale

drapeau Isaélien

Il faut d’abord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menée à l’intérieur de l’État d’Israël. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des Etats-Unis et de l’Union européenne, etc. Par leur défaitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons qu’une propagande vise des objectifs et nécessite une organisation sophistiquée. L’objectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de l’action ou de prise de position par rapport à un problème donné. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociétés capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les États qui les servent, c’est-à-dire ceux qui détiennent les moyens financiers pour acheter et contrôler les mass medias. Contrairement aux apparences trompeuses, il n’y a pas plusieurs propagandes dans les sociétés capitalistes, il ne saurait y avoir qu’une seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gérer les intérêts du Capital aux Etats-Unis et en Europe sont élus avec l’aide des mass medias détenues et contrôlées par ce même Capital. Pour dissiper un dernier malentendu lourd de conséquences, il n’y a aucune différence entre la propagande politique des capitalistes privés et la propagande d’État, car l’une et l’autre concourent à une même fin, créer des individus aliénés et abrutir les masses pour mieux les dominer.

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Cela dit, s’il est impossible de mener une contre-propagande à l’intérieur des États, il n’en est pas de même à l’échelle internationale où une propagande politique peut être combattue et neutralisée par une propagande adverse du fait de l’existence de clivages idéologiques entre les Etats. Par exemple, à l’époque de l’Union soviétique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face d’elle une propagande capable de la contrecarrer. Pour annihiler les effets d’une propagande adverse, il faut d’abord se doter de moyens humains et matériels équivalents. Il faut ensuite repérer les thèmes centraux de la propagande adverse et les réfuter systématiquement en faisant apparaître leurs visées idéologiques et politiques. Aujourd’hui, grâce à l’internet et aux satellites, la propagande capitaliste et impérialiste mondiale a du plomb dans l’aile et elle commence à être combattue, neutralisée et démasquée comme propagande. Mais dès lors qu’une propagande a été démasquée comme propagande, elle perd ses effets escomptés. Nous nous trouvons aujourd’hui dans le même cas de figure qu’à l’époque de l’union soviétique et du bloc de l’Est, avec l’émergence d’une contre-propagande menée sur la scène internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président vénézuélien Hugo Chavez qui n’hésitent pas à se servir des conférences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et l’impérialisme. Sans parler d’autres supports d’information indépendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de l’information occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprétations des faits et des événements. Nous voilà donc à un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impérialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.

LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immédiatement et machinalement au lobby israélien aux Etats-Unis et en Europe. C’est notamment la thèse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt qui considèrent que la politique étrangère américaine au Moyen Orient est sous influence d’un puissant lobby israélien qui lui imprime ses actions et ses orientations. Sans nier aucunement l’influence de ce lobby surtout au congrès et à la Chambre des Représentants, sa puissance a été exagérée volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-même pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotés d’un QI supérieur aux autres et d’un pouvoir manipulateur hors du commun. On parle trop souvent du lobby israélien aux Etats-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrètement et sournoisement une influence considérable sur les orientations de la politique étrangère américaine et européenne au Moyen Orient. Les villes américaines sont peuplées de groupes de pression, de think tanks de tous genres, d’institutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratégiques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Etats-Unis en faveur du soutien inconditionnel à l’entité sioniste en Palestine. Le lobby israélien aux USA et en Europe ne représente en fait qu’un petit groupe très minoritaire par rapport à une myriade d’autres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans l’ombre et qui apportent un soutien indéfectible à Israël. Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes n’est pas franchement l’amour du juif et l’Etat d’Israël mais la planification et la préparation des prochaines guerres impérialistes au Moyen Orient. Plus précisément, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste à semer des troubles et à fomenter des conflits au sein des sociétés arabo-musulmanes quand bien même ces dernières représentent un terrain fertile et réceptif à toutes les sollicitations extérieures du fait de leur composition ethnique et religieuse. Ceux qui mettent en avant ou exagèrent la puissance du lobby israélien cherchent en réalité à détourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient qui est moins l’entité sioniste que la soldatesque des Etats-Unis. En se focalisant sur le lobby israélien aux Etats-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique étrangère américaine au Moyen Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni éthiques mais la protection des intérêts du capital et des multinationales. Israël représente certes une menace permanente au Moyen Orient mais ce qui menace le plus cette région, c’est l’impérialisme américain. Le soutien américain inconditionnel n’est pas spécifique au seul Etat d’Israël, c’est une constance de la politique étrangère américaine que l’on relève dans bien d’autres régions du monde, en Afrique, en Europe ou en Amérique latine. L’aide apportée par les États unis à leurs alliés est conditionnée comme toujours par leur degré de fidélité et leur coopération directe ou indirecte pour la protection des intérêts des multinationales américaines. Par conséquent, le soutien des Etats-Unis à l’État d’Israël dépend de la position hautement stratégique qu’occupe l’entité sioniste dans la mise en œuvre de l’hégémonie américaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevêtrement et cette collusion entre les intérêts stratégiques et tactiques des Etats-Unis et d’Israël qui empêchent de bien discerner les objectifs visés par la propagande impérialiste américaine et ceux de la propagande sioniste internationale.

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Essayons de voir par ailleurs de quelle manière la propagande sioniste internationale sert les intérêts du grand capital américain et accessoirement le grand capital européen au Moyen Orient. L’existence de l’État sioniste au cœur du Moyen-Orient est d’abord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette région du monde. C’est déjà une affaire juteuse pour les Etats-Unis et pour l’Europe, ou plus précisément pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel. À intervalles réguliers, pour pouvoir survivre et maintenir l’unité de ses populations que tout sépare, l’histoire et la géographie, Israël est condamné à faire des guerres et à entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient. Dans les années1950, Moshé Dayan a affirmé qu’Israël n’avait pas besoin d’une alliance militaire, car il n’est menacé ni par ses voisins arabes ni par les palestiniens qui n’ont pas d’armes. La grande menace qui pèse sur Israël, dit-il, est le maintien de son unité intérieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux Israéliens en leur racontant des histoires comme par exemple les Américains et les Anglais sont en train de débarquer dans le désert du Néguev. Cet aveu de Moshé Dayan confirme le fait que l’État d’Israël n’est pas un État créé pour des juifs européens persécutés et victimes de l’antisémitisme et de l’holocauste mais comme une simple base militaire occidentale, appelée à jouer le rôle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres à répétition sont donc du pain béni pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel américain et européen. D’ailleurs, si l’État sioniste n’avait pas existé, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel l’aurait inventé. Autrement dit, Israël n’est autre chose qu’un marchepied et un pion au service des marchands d’armes et du complexe militaro-industriel.

Après chaque conflit armé, les marchands d’armes et les représentants du complexe militaro-industriel américain et européen accourent en Israël pour faire le point avec les militaires sionistes sur l’efficacité des armes utilisées contre les populations civiles palestiniennes et libanaises et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. Après chaque guerre, les think tanks états -uniens, européens et sionistes se mettent aussitôt au travail pour préparer les prochaines guerres moyen orientales avec à la clé le futur plan de campagne et le prochain ennemi à abattre. Avec les guerres et les conflits armés au Moyen-Orient, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux Israéliens et les armes défensives ou presque obsolètes aux États arabes voisins. Naturellement avant chaque guerre, il faut préparer psychologiquement les opinions publiques occidentales grâce à une intense propagande. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la collusion entre la propagande impérialiste américaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillé ensemble, main dans la main et elles ont conjugué leurs efforts pour en finir avec tous les régimes qui faisaient obstacle à l’hégémonie des Etats-Unis au Moyen-Orient. La première guerre du Golfe avait déjà été planifiée une dizaine d’années avant, c’est-à-dire après la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impérialiste et la propagande sioniste avaient déjà désigné les futurs ennemis à abattre, les États de l’Axe du mal ou les États voyous (Rogue States) l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. Pour mener leur propagande guerrière et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux Etats-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrôlés par des marchands d’armes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mère de la chaîne américaine NBC. Le cas de la France est assez éloquent à cet égard puisque les mass medias sont aujourd’hui contrôlées par deux marchands d’armes, Lagardère et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intérêts du complexe militaro-industriel américano européen, la propagande sioniste internationale et la propagande impérialiste américaine.

CONTRE PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

La propagande sioniste internationale est fondée sur la suggestion émotionnelle qui a si bien réussi à Hitler pour accéder au pouvoir en Allemagne. La propagande de type émotionnel n’est pas à vrai dire une prorogative des dictatures, car on trouve aux Etats-Unis et en Europe des techniques similaires visant à exciter l’émotivité et l’impulsivité des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une série de fables et de légendes fabriquées pour le besoin de la cause comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et l’holocauste devenu une industrie. L’holocauste qui est une autre manière pour exciter l’émotivité a été mis à contribution pour légitimer l’occupation israélienne et pour couvrir les exactions et les atrocités commises à l’égard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de René Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir l’article documenté de Frédéric Courvoisier sur le site mecanopolis, « L’exil du peuple juif remis en cause » )

620Palestinien de JĂ©rusalem rĂ©sistant Ă  l’invasion des forces d’occupation Ă  Al-Aqsa
Photographie issue du Forum Mecanopolis

Aujourd’hui, le thème de l’éternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes à répétition commis par les forces d’occupation sioniste en Palestine et l’extension de la colonisation de la terre palestinienne démasquent jour après jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrètement qu’une propagande adverse, en l’occurrence une propagande anti-sioniste, fera appel à des données factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale n’est qu’un tissu de mensonges. La propagande anti-sioniste se doit d’évoquer des faits et des événements réels en évitant la propagande émotionnelle. Pour convaincre, la propagande anti-sioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprétations des faits et des événements. Les multinationales de l’information occidentales n’ont plus aujourd’hui le monopole de la production des images et de l’information et elles ont perdu du coup l’exclusivité dans l’interprétation des faits. Les sources d’information se diversifient et se multiplient en permettant à tout un chacun de confronter des points de vue différents sur la même question. Aujourd’hui, chacun des protagonistes au Moyen Orient possède ses propres moyens de propagande par lesquels il s’exprime et combat la propagande adverse. Pendant la première guerre du Golfe, CNN était le seul organe de propagande américano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande à cause de l’émergence d’une chaîne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de l’été 2006, l’aviation israélienne a bombardé en premier Al-Manar, l’organe de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa télévision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaîne Al Manar.

Durant la guerre sur Gaza, malgré le bouclage et l’interdiction faite aux journalistes étrangers de filmer le massacre et des exactions commis à l’égard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de même pu découvrir à travers les images diffusées par la chaîne Al-Jazira, les corps d’enfants palestiniens, déchiquetés et brûlés par les bombes à phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. Grâce aux images d’Al-Jazira et d’observateurs étrangers, européens, américains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes d’hier de l’holocauste juif deviennent aujourd’hui à leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre après massacre à l’égard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvaint rien contre les images diffusées par satellite, car ces images parlent d’elles-mêmes et elles n’ont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de défense des droits de l’homme présentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée sioniste dans les territoires occupés. D’ailleurs, pour établir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a été empêchée d’enquêter sur place, a puisé l’essentiel de ses informations dans les reportages et les rapports réalisés par des ONG et des organisations humanitaires indépendantes.

N’ayant plus la maîtrise absolue de la production de l’image et de l’information, la propagande sioniste internationale s’est trouvée désarmée et elle a du coup manqué son objectif, celui de berner et de manipuler comme par le passé, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans précédent de celles-ci en faveur des palestiniennes et contre Israël durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements européens, montrent à quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de l’image et de l’information et elle s’est démasquée comme propagande.

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Palestinienne agressée par un extrémiste juif à Jérusalem
Photographie issue du Forum Mecanopolis

Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande anti-sioniste. Au mois de septembre, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations-unies, le colonel Kadhafi qui, après avoir déchiré la Charte des nations unies, a accusé l’organisation onusienne d’avoir fomenté et cautionné 67 guerres depuis sa création et il a réclamé, entre autres, l’ouverture d’une enquête internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et l’invasion de la bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du président vénézuelien Hugo Chavez contre l’impérialisme américain et l’expulsion de l’ambassadeur israélien pendant la guerre de Gaza s’apparentent à une forme de propagande anti-sioniste. La colère et le départ précipité de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan de Davos en Suisse suite à des propos prononcés par le président israélien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une manière personnelle de s’opposer à la propagande sioniste internationale.

Par ailleurs, certains chefs d’États arabes osent aborder la question du nucléaire israélien en brisant un tabou sur la question de l’arme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a déclaré lors d’une interview diffusée lundi 26 octobre par la chaîne britannique Sky News, que les Egyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de posséder l’arme atomique au même titre qu’Israël. Dans une interview au Sunday Times le premier ministre turc, Erdogan, a reproché à l’Occident son acharnement à l’égard du nucléaire iranien alors que les mêmes membres du conseil de sécurité qui veulent empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, possèdent chacun son propre arsenal nucléaire. Depuis deux décennies, les délégations des États arabes demandent à l’AIEA d’enquêter sur le nucléaire israélien mais en vain. Dernièrement, une résolution présentée par les pays arabes a été votée par 49 voix contre 45 demande au président de l’AIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nucléaire israélien à des inspections au même titre que le nucléaire iranien. Mais Israël a refusé toute inspection de ses installations nucléaires ainsi que toutes formes de coopération avec l’agence onusienne sous prétexte qu’il n’est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire. Quelle serait l’attitude de la soi-disant communauté internationale si c’est un État arabe qui refusait l’inspection de ses installations nucléaires? Bush et Blair ne sont-ils pas allés en Irak sous prétexte que le régime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive. Comprenne qui pourra.

Indéniablement, c’est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se révèle sur la scène internationale comme un redoutable propagandiste anti-sioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thèmes que personne n’ose aborder en Occident tels l’holocauste et de l’antisémitisme, sous peine d’être poursuivi et condamné pour négationnisme. Il faut bien reconnaître qu’avant Ahmadinejad, aucun chef d’État n’a eu le courage et n’a osé poser la question de l’holocauste, de l’antisémitisme et les conditions qui ont été à l’origine de la création de l’État d’Israël. Quand le président iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de l’holocauste et de l’origine de l’Etat d’Israël en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et même critiquables mais d’autres sont pertinents. Je reproduits ici un extrait d’une interview donnée par la président iranien à l’hebdomadaire Neesweek, où il aborde entre autres la question de l’holocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.

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Newsweek : Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ? Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.

Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ?

Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.

Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.

De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ?

Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.

La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.

En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

L’intĂ©gralitĂ© de cet interview est disponible sur Mecanopolis

the world

À Genève, le 20 avril 2009, lors de la conférence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad évoque les conditions dans lesquelles a été fondé l’État d’Israël provoquant ainsi le retrait précipité des délégations occidentales présentes dans la salle. Voila ce que dit le président iranien à propos de l’Etat d’Israël « « A la fin de la deuxième guerre mondiale, prenant prétexte des souffrances juives ils (les Européens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour créer une nation de sans abris. Ils ont envoyé des migrants d’Europe et des États unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée » (sur l’analyse du discours d’Ahmadinejad à la conférence de Durban sur le racisme à Genève, lire l’article de Frederic Courvoisier Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence de « Durban II » : Une vérité qui dérange. La conférence sur l’holocauste organisée à Téhéran en 2006 en présence du négationniste français Faurisson est une forme de propagande anti-sioniste.

En guise de conclusion, il convient d’évoquer la géographie politique du vote du rapport Goldstone. L’analyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-à-vis d’un État, l’État sioniste, qui, jusqu’ici, a violé toutes les lois internationales et qui a bénéficié, grâce à la complicité occidentale, d’une impunité parfaite. Mais n’allons pas vite en besogne, car ce n’est pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaînées, en train de répondre de leurs crimes devant un tribunal pénal international, devant la Cour pénale internationale ou devant une instance pénale nationale. Après la guerre de Gaza, l’inquiétude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israéliens menacés de poursuites judiciaires ou d’arrestations lors de leurs déplacements à l’étranger. Pour les informer sur les pays à risque notamment l’Espagne, une cellule spéciale a été mise en place au ministère des affaires étrangères. Cela étant dit, revenons à présent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a été adopté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU par 25 voix contre 6 voix. Les États qui ont voté pour le rapport Goldstone sont : Bahreïn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, Indonésie, Bangladesh, Sénégal, les Etats d’Amérique centrale et du sud (Brésil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie. Les États qui ont voté contre, ce sont les Etats-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, Norvège, Slovaquie, Ukraine et Hongrie. 11 Pays se sont abstenus comme l’Allemagne, la France, la Slovénie, le Japon, la Corée du sud, le Mexique. Mais ce qui attire l’attention lors de ce vote est l’attitude de la Bosnie-Herzégovine qui a voté contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vécu une situation dramatique similaire à celle que vit aujourd’hui les palestiniens sous l’occupation israélienne. Bien que voué, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de l’histoire, le rapport Goldstone a tout de même révélé un phénomène inédit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de l’horreur et de la barbarie israélienne en Palestine et qui n’a plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que s’en féliciter.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

avr 19 2009

De l’abolition de l’esclavage jusqu’Ă  nos jours : oĂą mènera la nouvelle servitude ?

Par Régis Mex, Mecanopolis

La question de la rentabilitĂ© de l’esclavage Ă©merge au XVIIIe siècle avec la pensĂ©e Ă©conomique prĂ©classique et classique. Arguant de la supĂ©rioritĂ© du travail libre, les physiocrates et Adam Smith ont Ă  cette Ă©poque contestĂ© la valeur Ă©conomique de l’esclavage. On trouve aussi trace de cet argumentaire chez certains penseurs des Lumières et, plus tard, au sein des anti-esclavagistes. Le physiocrate Dupont de Nemours rĂ©sume l’ensemble des arguments avancĂ©s Ă  l’appui de cette thèse quand il dĂ©clare que « l’arithmĂ©tique politique commence Ă  prouver que des ouvriers libres ne coĂ»teraient pas plus, seraient plus heureux, n’exposeraient point aux mĂŞmes dangers et feraient le double de l’ouvrage ». Suivant ce point de vue, la productivitĂ© est induite par l’intĂ©rĂŞt du travailleur libre pour son travail, et par l’absence de coĂ»t d’achat et de surveillance. Pour reprendre le raisonnement de Smith, le salaire remplace avantageusement les frais d’entretien et d’achat qui incombent aux propriĂ©taires.

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Un des arguments les plus couramment avancĂ©s pointe ainsi le coĂ»t de surveillance et d’entretien des esclaves : les abolitionnistes, tels Victor Schoelcher, font Ă©tat de l’insĂ©curitĂ© qui règne dans les colonies esclavagistes et de la charge financière qui en rĂ©sulte pour les Ă©tats mĂ©tropolitains sous forme d’envoi et d’entretien de troupes nombreuses, ainsi que d’indemnitĂ©s Ă  verser aux propriĂ©taires dont les biens sont dĂ©truits Ă  l’occasion de rĂ©voltes d’esclaves.

S’ajoutent aussi des arguments que l’on qualifierait aujourd’hui de macroĂ©conomiques. Pour les physiocrates français, le dĂ©veloppement d’un marchĂ© intĂ©rieur est indissociable du dĂ©veloppement du travail salariĂ©. C’est ce qui pousse les plus audacieux d’entre eux Ă  rĂ©clamer la suppression des avantages des planteurs coloniaux qui pĂ©nalisent les cultivateurs mĂ©tropolitains de betterave sur le marchĂ© du sucre.

Enfin, l’esclavage a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© comme un frein Ă  l’innovation technique, le dynamisme industrieux des États du Nord des États-Unis Ă©tant pointĂ© face Ă  l’apparente stagnation de l’industrie des États du Sud.

Ces faits sont les principales raisons de l’abolition officielle de l’esclavage, mais ne s’en est-il pas suivi la naissance d’une autre forme de servitude, officieuse, plus subtile et plus perverse encore ?

En effet, tout au long de l’histoire, bien rares furent les chefs d’États qui ont eu l’intelligence et la force de caractère de voir au-delĂ  de la simple extension de leur pouvoir personnel pour se soucier de leur peuple, et cette vĂ©ritĂ© est particulièrement accentuĂ©e en notre Ă©poque. Il suffirait de constater la vive ardeur qu’ont nos chers dirigeants pour nous plonger dans un avilissement toujours plus profond pour s’en rendre compte. Malheureusement, la « masse » a aussi une grande part de responsabilitĂ© dans le rĂ©sultat de sa misère morale et intellectuelle actuelle; le mot vulgaire ne dĂ©rive effectivement pas du mot latin « vulgus », dĂ©signant le peuple, pour rien. Il est triste de constater que tout ce qui vise Ă  aider l’ĂŞtre humain Ă  assouvir ses plus bas instincts prenne comme du feu sur de la poudre, alors que les dĂ©marches qui visent Ă  l’Ă©lever connaissent bien des difficultĂ©s. Les annĂ©es « hippies » et mai 68 en sont des preuves marquantes. En 68, un peuple manipulĂ© s’est rebellĂ© pour obtenir plus de « libertĂ©s », mais n’a rĂ©coltĂ© que plus d’asservissement encore. Cette date indique, en effet, l’avènement de la sociĂ©tĂ© de consommation, ce flĂ©au qui a complètement rongĂ© les valeurs de notre sociĂ©tĂ© et a achevĂ© de la plonger dans un nouvel obscurantisme, celui du matĂ©rialisme. D’oĂą vient donc cette calamiteuse confusion que fait un si grand nombre de personnes entre la libertĂ© et le chaos ? La libertĂ©, ce n’est pas obĂ©ir immĂ©diatement Ă  ses moindres pulsions, ce n’est pas faire tout ce que l’on veut faire au moment oĂą on veut le faire; un tel comportement n’obĂ©it Ă  aucune règle ni Ă  aucune limite et consiste Ă  suivre ses instincts animaux, ce qui rĂ©pondrait justement, au contraire, Ă  une dĂ©finition possible du chaos. Non, la libertĂ© consiste Ă  pouvoir agir d’une façon qui suive rĂ©ellement les règles nĂ©cessaires Ă  la solidification de la stabilitĂ© de notre personne, en tenant compte des limites que cela implique, et permet ainsi de se rapprocher du bonheur, alors que le chaos plonge au contraire dans le malheur. Certes, les conditions requises pour trouver ce bonheur varient selon les personnes, certaines d’entre elles se complaisant très bien dans la vulgaritĂ© de leurs aspirations, tout comme un porc est heureux de se rouler dans la boue. Si la satisfaction des pulsions et la recherche des plaisirs est une condition essentielle pour crĂ©er le bonheur d’un individu, on pourrait alors dire que la limite entre plaisir et bonheur est mince, voire qu’elle n’existe pas, mais cela rend par la mĂŞme occasion ce dernier inexistant, puisqu’il n’est alors plus qu’un Ă©tat d’une Ă©phĂ©mĂ©ritĂ© et d’une bassesse extrĂŞmes que la personne ne peut atteindre qu’en Ă©tant continuellement esclave d’elle-mĂŞme, le reste de ses humeurs se passant donc dans un Ă©tat d’inconscience grave qui se caractĂ©rise par une bĂ©atitude qui lui donne l’illusion d’ĂŞtre heureuse, pour la simple et bonne raison qu’elle ignore ce que cela signifie rĂ©ellement.

Revenons Ă  notre pauvre sociĂ©tĂ©; les annĂ©es 60-70 ont donc Ă©tĂ© marquĂ©es d’importants Ă©vĂ©nements dĂ©stabilisateurs des esprits. Les quelques bonnes moeurs qui Ă©taient encore d’usage furent facilement balayĂ©es. Regardons oĂą nous en sommes… MĂŞme si les religions ont commis bien des atrocitĂ©s dans nos pays aux instants oĂą elles possĂ©daient un pouvoir significatif, et ont eu un rĂ´le très majoritairement politique et nĂ©gatif, elles n’en imposaient pas moins un minimum d’Ă©thique, bien que le peuple de l’Ă©poque fut sans doute tout aussi sauvage et inculte qu’aujourd’hui (paradoxalement par rapport aux très nombreuses connaissances qui ont Ă©mergĂ© entre-temps et Ă  la facilitĂ© considĂ©rable de se les procurer aujourd’hui…). La laĂŻcitĂ© Ă©tait la meilleure chose Ă  appliquer, car elle avait le potentiel de permettre une rĂ©flexion libre. Malheureusement, ce qui Ă©tait autrefois une pensĂ©e imposĂ©e par les courants religieux est aujourd’hui une pensĂ©e imposĂ©e par les effluves abrutissantes d’une sociĂ©tĂ© de consommation de masse; elle n’en demeure pas moins une pensĂ©e unique tout aussi esclavagiste. La religion n’est cependant pas seule Ă  pouvoir ĂŞtre garante d’une morale, et l’État a conservĂ© une certaine tenue des moeurs pendant un certain temps après la sĂ©paration de l’Église et de l’État de 1905. C’est Ă©videmment par la suite qu’il a Ă©tĂ© particulièrement intĂ©ressant d’avilir le peuple encore plus qu’il ne l’est par nature en dispersant ces mĂŞmes moeurs aux quatre vents…

J’ajouterai notamment, puisque toute rĂ©volution « idĂ©ologique » puise ses raisons d’ĂŞtre dans des bases bien plus concrètes et intĂ©ressĂ©es que la simple volontĂ© de suivre des principes, que la cassure du lien familial de la part de l’enfant Ă©tait une des choses que l’Ă©mancipation des femmes Ă©tait censĂ©e accomplir. Les bienfaits que cet Ă©vĂ©nement a engendrĂ©s ne sont cependant pas les seules consĂ©quences de cette Ă©mancipation, et des motifs plus obscurs ont poussĂ© les gouvernements Ă  lancer ce processus. Si l’on se fie Ă  une interview d’Aaron Russo, cinĂ©aste amĂ©ricain (mort six mois après cette mĂŞme interview, tiens tiens…), qui relate sa rencontre avec Nicholas Rockefeller (dont la famille est milliardaire), celui-ci disait notamment que cette Ă©mancipation avait Ă©tĂ© souhaitĂ©e au sein du CFR (le Council on Foreign Relations) non seulement pour que la deuxième moitiĂ© de la population puisse travailler davantage et mieux, et donc fournir plus de revenus aux gouvernements, mais aussi parce qu’ainsi, les enfants des couples ont du ĂŞtre scolarisĂ©s plus tĂ´t et que le lien familial est ainsi devenu plus facilement cassable, parce qu’ils avaient tendance Ă  voir l’Ă©cole, et d’une certaine façon l’État, comme leur famille. Au vu de la diffĂ©rence entre l’importance que l’on accordait Ă  la famille dans le passĂ© et celle que l’on lui accorde maintenant, je pense que tout le monde conviendra qu’il y a effectivement une certaine rupture Ă  ce niveau lĂ …

Tout ce qui a Ă©tĂ© fait par les riches classes a quasiment toujours Ă©tĂ© fait pour leur intĂ©rĂŞt sectaire. De mĂŞme, la mondialisation s’orchestre dans le but d’Ă©tablir un marchĂ© mondial, oĂą, dans un gouvernement unique ultralibĂ©ralisĂ©, toute barrière Ă  la libre circulation des Ă©changes disparaisse. Dans les pays du tiers-monde qui acceptent (ou plutĂ´t, sont forcĂ©s d’accepter) de s’ouvrir Ă  la mondialisation, nous pouvons voir clairement les effets infâmes de cette dernière. En effet, ces pays doivent s’ouvrir Ă  toutes sortes de multinationales quand, notamment, un organisme comme le Fonds MonĂ©taire International ou la Banque Mondiale leur propose un programme d’ajustement structurel. Ces programmes visent rarement Ă  amĂ©liorer la condition de vie du peuple d’un pays pauvre, mais bien plus souvent Ă  permettre l’exploitation de telles ou telles ressources par des entreprises Ă©trangères. De plus, ces pays se trouvent frĂ©quemment dans la nĂ©cessitĂ© d’avoir recours Ă  des prĂŞts de la Banque Mondiale et du FMI. Comme l’importance de ces emprunts est grande, ils ne parviennent jamais Ă  la rembourser tout Ă  fait. Et, puisqu’ils continuent Ă  avoir besoin d’autres aides, leur dette, si elle ne stagne pas dans le meilleur des cas, augmente en permanence la majoritĂ© du temps. Beaucoup ne parviennent pas mĂŞme Ă  rembourser le montant convenu Ă  l’Ă©chĂ©ance donnĂ©e; ce qui fait qu’ils doivent s’endetter davantage pour le simple usage de parvenir Ă  honorer cette somme. Puisque les meilleures ressources du pays sont pillĂ©es et expĂ©diĂ©es Ă  l’Ă©tranger et que celui-ci est tenu dans la domination du crĂ©ancier par une dette qui ne pourra que s’accroĂ®tre sans jamais disparaĂ®tre, il ne pourra que connaĂ®tre des famines, des dĂ©valuations monĂ©taires, une nette arriĂ©ration industrielle et technologique, etc., sans jamais bĂ©nĂ©ficier de la possibilitĂ© de s’affranchir, car il est pris dans un système d’esclavage moderne.

Autrefois, les colonies, que ce soient de l’Empire Britannique ou de maints autres, avaient pour seule utilitĂ© de fournir des matières premières Ă  celui dont ils subissaient le joug. En effet, les fournitures venues des Indes, par exemple, Ă©taient acheminĂ©es jusqu’en Angleterre par le seul biais des navires marchands anglais, au nom du libre-Ă©change; les colons n’avaient donc aucun pouvoir sur la fixation du prix de leurs marchandises et, leurs produits Ă©tant achetĂ©s Ă  bas prix, ils Ă©taient contraints de faire stagner leur industrie au niveau que leur Ă©conomie misĂ©rable pouvait respecter, c’est Ă  dire un bien humble niveau… Le pays ne prospĂ©rait donc pas et Ă©tait simplement vouĂ© Ă  faire travailler une main-d’oeuvre esclave pour sa propre perte, Ă  savoir, l’exportation de leurs matières premières. Il se passe exactement la mĂŞme chose aujourd’hui, principalement en Afrique, mais de la façon quelque peu plus subtile que nous avons abordĂ©e au prĂ©cĂ©dent paragraphe.

Ce n’est pas tout; le système dans lequel nous vivons suit la mĂŞme logique esclavagiste. En effet, les dettes de nos pays (quels qu’ils soient sur le globe, d’ailleurs) ne font que s’accroĂ®tre exponentiellement. Le fait que la politique monĂ©taire des pays concernĂ©s soit rĂ©gie par une banque centrale privĂ©e en est la cause. Il est clair que, puisqu’elle est privĂ©e, son but premier sera de servir les intĂ©rĂŞts des secteurs privĂ©s. En outre, elle n’a aucun compte Ă  rendre Ă  l’État. Il est crucial de comprendre que le pouvoir aux mains de l’État sera responsable devant ses citoyens, et aura plus de chances de satisfaire leurs attentes que le secteur privĂ©, qui, lui, n’est pas responsable devant la nation; il ne cherche que son propre profit.

La nature de la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale AmĂ©ricaine, la FED, est particulièrement vicieuse. En effet, lorsque l’État nĂ©cessite d’imprimer de l’argent, il lui envoie des Bons du TrĂ©sor, qui en eux-mĂŞmes ne valent rien, mais permettent d’Ă©mettre des billets et une monnaie qui ont une valeur calculĂ©e par rapport Ă  celle de l’argent qui existait dĂ©jĂ  jusqu’Ă  son impression. Plus la demande pour les produits est forte, plus l’Ă©conomie sera forte. Mais comme la finance ne suit pas l’Ă©conomie physique, la valeur de la monnaie est calculĂ©e par rapport Ă  la quantitĂ© de celle qui est dĂ©jĂ  en circulation. Ainsi, plus il y a de monnaie fabriquĂ©e, plus il y a d’inflation, puisqu’il y a plus de monnaie sur le marchĂ© sans que cela ne suive nĂ©cessairement les lois de l’offre et de la demande, ce qui fait que la valeur de l’argent est par consĂ©quent moindre. S’il y a par contre un trou dans la finance ou dans les moyens de production, il y aura dĂ©flation. Ceci est donc un système « flottant », puisque l’Ă©conomie d’un pays tient Ă  la valeur d’une monnaie qui n’est reliĂ©e Ă  rien de tangible, ni Ă  l’Ă©conomie physique, ni Ă  un bien tel que l’or. En effet, les accords de Bretton Woods firent que le dollar soit la monnaie de rĂ©fĂ©rence sur la scène mondiale, ce qui Ă©tait un avantage considĂ©rable pour les États-Unis dont l’Ă©conomie Ă©tait fortement renforcĂ©e par une demande du dollar permanente de tous les pays devant convertir leur monnaie avant d’effectuer un achat. Mais ces dollars pouvaient encore ĂŞtre convertis en une valeur plus stable, l’or, jusqu’en 1971, oĂą le prĂ©sident Nixon rendit le dollar inconvertible en or directement, exceptĂ© sur les marchĂ©s ouverts. Depuis, le pouvoir de contrĂ´ler le taux d’Ă©mission d’une monnaie est Ă©quivalent au pouvoir d’en rĂ©guler la valeur, ce qui permet une main-mise sur l’Ă©conomie. Et tout ça dans un secteur privĂ©.

Bref, pour en revenir Ă  la dette, l’État doit passer par la banque centrale pour Ă©mettre sa monnaie, mais il doit ensuite rembourser son emprunt avec intĂ©rĂŞts, ce qui fait qu’il ne pourra jamais s’en dĂ©barrasser, puisqu’il doit constamment avoir recours aux prĂŞts et qu’en plus, il doit payer un certain pourcentage supplĂ©mentaire sur la somme. L’argent qui serait nĂ©cessaire Ă  rembourser la dette d’un pays comme les États-Unis, par exemple (10 000 milliards de dollars de dette interne, 30 000 d’externe), n’existe pas. Et c’est le contribuable, le citoyen, qui doit s’Ă©vertuer Ă  tenter de rembourser une dette qui ne disparaĂ®tra jamais. Ă cause de ce fameux taux d’intĂ©rĂŞt, les citoyens d’une nation eux-mĂŞmes sont retenus esclaves du secteur privĂ©, et, vu qu’aucun d’entre nous ne peut Ă©chapper Ă  une dette, et que beaucoup sont Ă©crasĂ©s par un trop grand nombre d’entre elles, nous n’aurons de cesse d’engraisser les banques quand ce n’est l’État, pour leur plus grand bonheur. Ce qui est appliquĂ© au niveau mondial par la Banque Mondiale et le FMI puise donc bien ses origines dans un système national Ă©tabli de longue date. L’esclavage d’autrefois devait assurer les moyens minimums nĂ©cessaires Ă  la subsistance physique des esclaves, en leur fournissant de la nourriture et un logis; l’esclavage d’aujourd’hui force le citoyen moyen Ă  se fournir lui-mĂŞme les moyens nĂ©cessaires Ă  sa subsistance.

Une autre caractĂ©ristique des banques centrales est de piller le peuple par un processus continu d’inflation et de dĂ©flation. En effet, le fait que la monnaie ne soit pas reliĂ©e Ă  l’Ă©conomie physique ouvre la porte aux spĂ©culations boursières les plus avides et insensĂ©es, ce qui permet de faire avancer la prospĂ©ritĂ© de l’Ă©conomie sur une vague d’inflation, gĂ©nĂ©rant une bulle spĂ©culative qui doit tĂ´t ou tard Ă©clater lorsqu’un trou dans la finance engendrera un enchaĂ®nement d’Ă©vĂ©nements qui causera alors une dĂ©flation, soit un certain retour au rĂ©el, un retour vers l’Ă©conomie physique. C’est ce qui a engendrĂ© la crise financière que nous connaissons actuellement, en 2008-2009. Cependant, le fait que cette crise ait pu ĂŞtre engendrĂ©e volontairement n’est pas Ă  exclure.

En effet, lors de la crise de 1929, il y eut, entre autre, la hausse du taux d’intĂ©rĂŞt des crĂ©dits d’achat d’action, qui permettaient de dĂ©tenir une action en ne devant avancer que 10% de sa valeur. Ceci combinĂ© Ă  l’appel massif aux remboursements de certaines banques a conduit Ă  ce que beaucoup d’acteurs boursiers durent vendre une partie de leurs titres pour rembourser les emprunts. Ce phĂ©nomène se gĂ©nĂ©ralisant, les cours de Wall Street ont chutĂ©, et le trou causĂ© par ces pertes de liquiditĂ©s causant l’insolvabilitĂ© de beaucoup de banques et une rĂ©action en chaĂ®ne, qui aboutit Ă  la dĂ©flation. Le fait est que, mĂŞme si les pertes furent catastrophiques pour tous, mĂŞme pour les plus riches, ces mĂŞmes riches figuraient parmi les rares Ă  avoir survĂ©cu Ă  cette crise (Goldman Sachs, General Motors, les Rockefeller,…). Ils Ă©taient ainsi dĂ©barrassĂ©s de milliers de concurrents, rachetant l’entièretĂ© de beaucoup d’entre eux pour une bouchĂ©e de pain. Le pouvoir Ă©tait alors plus que jamais concentrĂ© entre les mains d’une poignĂ©e de personnes, pour leur plus grand bonheur Ă  long terme. De plus, cette crise permis d’instaurer une saisie de l’or chez tout citoyen amĂ©ricain, en 1933, sous prĂ©texte d’aider Ă  mettre fin Ă  la crise. C’est seulement après ce moment lĂ  que la FED put contrĂ´ler la valeur de la monnaie en contrĂ´lant son Ă©mission. Au vu de tout ceci, nous pouvons conclure que la FED a causĂ© la crise de 1929 en encourageant dans un premier temps les spĂ©culateurs, et en Ă©touffant la Bourse et les banques par de trop hauts taux d’intĂ©rĂŞts sur les emprunts dans un second temps. Nous avons Ă©galement vu que tout ceci a profitĂ© au secteur privĂ©, dont fait partie la FED. HĂ© bien, ce qui se passe actuellement est fort semblable.

La FED a augmentĂ© son taux d’intĂ©rĂŞt de 1 Ă  5% de 2004 Ă  2007. Les familles endettĂ©es par les « subprimes » Ă  taux variable ont alors eu encore plus de difficultĂ©s qu’elles n’en avaient dĂ©jĂ  pour rembourser leurs emprunts. Beaucoup n’ont pas pu les honorer et ont Ă©tĂ© expulsĂ©s, mais, comme ce phĂ©nomène fut massif, les prix du secteur immobiliers descendirent rapidement, et les banques ne purent espĂ©rer recouvrer les pertes occasionnĂ©es par l’absence du remboursement des crĂ©ances en revendant ces maisons. Ceci combinĂ© Ă  la titrisation d’un bon nombre de crĂ©ances a engendrĂ© un trou dans les budgets des Ă©changes et, comme tout se tient, a engendrĂ© une rĂ©action en chaĂ®ne, des banques Ă  la Bourse. Les plus riches sont maintenus Ă  flots par des dons de l’État, ce qui, d’une part est normal, sans quoi l’Ă©conomie s’effondrerait s’ils coulaient, mais cela leur permet Ă©galement, d’autre part, de se prĂ©munir contre les effets d’une crise qui dĂ©vaste pourtant un bon nombre de leurs concurrents rĂ©els ou potentiels, Ă©tant donnĂ© que les plans de sauvetages de 650 et 700 milliards de dollars « pour relancer l’Ă©conomie » leur sont principalement adressĂ©s. Pas un sou n’est cependant versĂ© pour aider directement les citoyens, dont un nombre croissant subi un licenciement. Cette crise permet aussi de rendre bien des services Ă  l’avancĂ©e du Nouvel Ordre Mondial, en exploitant la panique des gens et en usant du prĂ©texte de la gravitĂ© de la situation pour appeler Ă  « se serrer les coudes », en lançant toute une sĂ©rie de programmes auxquels rĂ©sister ferait que l’on se verrait rapidement qualifier d’irresponsable, qui, s’ils amĂ©liorent la coopĂ©ration entre États, les rend Ă©galement plus interdĂ©pendants, et favorise ainsi grandement la gĂ©nĂ©ralisation d’Ă©tablissement de politiques communes, de suppressions de monnaies nationales, etc. Toutes choses qui, en somme, favorise l’Ă©tablissement d’un gouvernement mondial. Bref, il serait vraiment Ă©tonnant que la crise actuelle n’ait pas elle aussi Ă©tĂ© engendrĂ©e volontairement… Les possibilitĂ©s sont de toute façon restreintes, puisqu’on ne peut mĂŞme pas dire que personne n’a vu venir cette crise, Ă©tant donnĂ© que des experts s’inquiĂ©taient de la tournure que prenaient les choses depuis 2006.

Qui plus est, lorsque l’on sait que des documents tels que le « Nation Security Directives » ont Ă©tĂ© signĂ©s depuis 2007 aux États-Unis, et permettent au prĂ©sident (et Ă  lui seul) du pays de recevoir l’octroi de tous les pouvoirs (fusion des pouvoirs lĂ©gislatif, exĂ©cutif et judiciaire), en cas d’attentat sur le sol national, de catastrophe, cataclysme naturel, ou de crise majeure (crise financière notamment…). Il est donc on ne peut plus inquiĂ©tant de voir Ă  quel point la crise actuelle sert des intĂ©rĂŞts mondialistes et dictatoriaux, et avec quelle rapiditĂ© elle est survenue après l’admission des documents citĂ©s prĂ©cĂ©demment.

Il semblerait donc que l’esclavage moderne ne puisse que s’affirmer en prenant des formes de plus en plus abjectes, choses que des encouragements nouveaux Ă  travailler le dimanche ou Ă  cotiser jusqu’Ă  un âge de plus en plus tardif (65-70 ans dans certains cas) semblent soutenir. Les dĂ©tĂ©rioriations du mode de vie occidental qui sont en cours arriveront sans doute Ă  faire accepter aux personnes en difficultĂ©s financière et professionnelle des conditions de travail de plus en plus dĂ©licates, parce qu’elles n’auront pas d’autres choix pour se tirer d’affaire. N’est-il pas communĂ©ment admis, qui plus est, qu’une population pauvre ne se rĂ©volte pas parce qu’elle est fataliste et a peu d’espoir de sortir de son malheur, de mĂŞme qu’une classe riche ressent gĂ©nĂ©ralement peu les effets qui affligent les autres et que, gardant des possessions largement suffisantes, ils n’ont aucun intĂ©rĂŞt Ă  vouloir changer l’ordre des choses ? La classe qui est très majoritairement la plus encline Ă  se soulever et qui en a les moyens est la classe moyenne. De fait, en creusant l’Ă©cart entre riches et pauvres, n’allons-nous pas vers un grand affaiblissement de cette classe moyenne, qui n’aura dès lors plus les moyens de se soulever ? N’oublions pas que le traitĂ© de Versailles couplĂ© Ă  la Grande DĂ©pression ont Ă©tĂ© les facteurs majeurs qui ont conduit Ă  l’accession au pouvoir du parti nazi en Allemagne, tout comme la grande crise a renforcĂ© la propension au fascisme dans d’autres pays, comme l’Italie. Lorsque la situation est grave, on peut effectivement manipuler très facilement un peuple paniquĂ© qui a besoin que l’on trouve des solutions Ă  ces grands problèmes; les gens soutiennent alors les plus radicaux, qui promettent une sortie des dĂ©sastres. L’histoire risque de se rĂ©pĂ©ter, d’autant plus que les tensions au niveau mondial qui pourraient se voir rĂ©glĂ©es d’une façon radicale ne manquent pas…

Cependant, ce qui passe gĂ©nĂ©ralement par la force et la rĂ©pression pourrait bien se dĂ©rouler sans rĂ©elle rĂ©sistance de la part du peuple, cette fois. Tout comme nous l’avons dĂ©jĂ  dit, l’abrutissement des populations est très efficace Ă©tant donnĂ© que la stupiditĂ© humaine est infinie, comme le disait si bien Albert Einstein: « Deux choses seulement sont infinies: l’espace et la bĂŞtise humaine. Pour l’espace, je n’en ai pas encore acquis l’entière certitude ». Toute la propagande matĂ©rialiste et Ă  connotation consommatrice que vĂ©hiculent les entreprises privĂ©es comme les gouvernements est parvenue Ă  abaisser l’humain moyen Ă  l’Ă©tat d’un programme gĂ©nĂ©tique qui suit instinctivement ses moindres pulsions animales et ne vit que pour les satisfaire. De fait, puisqu’un ĂŞtre affectĂ© par de telles conditions est plongĂ© dans un obscurantisme parfait, il est aisĂ© de le dĂ©sintĂ©resser complĂ©tement de toute question qui relève d’un tant soit peu de responsabilitĂ© individuelle et collective. Certes, les ĂŞtres humains n’ont jamais changĂ© au fond d’eux-mĂŞmes depuis leur apparition, mais un certain esprit collectif de sociĂ©tĂ© fait en sorte qu’ils se sentent plus ou moins bien ou mal et choisissent ainsi un mode de vie qui a de bonnes chances de correspondre Ă  ce vers quoi leur environnement les encourage. Il se trouve que ce vers quoi pousse le nĂ´tre est, de plus en plus, une tendance Ă  la criminalitĂ©, Ă  la dĂ©prime et Ă  la maladie, du fait de ce dĂ©racinement dĂ©chirant de rĂ©fĂ©rences culturelles, intellectuelles et spirituelles, et de l’environnement naturel. Peu dĂ©licat, Ă  partir de ce moment-lĂ , de modifier drastiquement le caractère de la nation en manipulant des ĂŞtres qui sont commandĂ©s par la loi du plus fort, le sens du courant, qui se rangent du cĂ´tĂ© oĂą se trouve l’avis de la majoritĂ© sans avoir de jugement propre, par peur d’ĂŞtre exclus de la sociĂ©tĂ©, et de porter sur leurs Ă©paules le poids d’une dĂ©cision juste qui les isolerait de la norme. Puisque ces gens-lĂ  craignent plus que tout la diffĂ©rence, qu’ils tentent de dĂ©crĂ©dibiliser par tous les moyens pour s’assurer qu’il n’y a pas de mode de vie plus rationnel que le leur, il suffit de modeler les caractĂ©ristiques de l’esprit collectif auquel ils adhèrent pour rester plongĂ© dans une innocence bĂ©ate et avoir une vie insipide, sans douleurs, sans heurts, si ce ne sont les futilitĂ©s qu’ils se crĂ©ent eux-mĂŞmes pour se donner l’impression d’exister et attirer l’attention des autres. Donc, faites en sorte que le citoyen moyen ait fortement tendance Ă  nier systĂ©matiquement toute force divine, supĂ©rieure Ă  l’homme, qui puisse lui permettre de transcender la perception des aspects vulgaires de la vie, et vous contribuerez largement Ă  le cloisonner dans une vie de la mĂŞme vulgaritĂ© que ces derniers aspects; ses prĂ©occupations ne seront alors plus que dĂ©sirs futiles et vaniteux de montrer qu’il existe, de sorte Ă  se convaincre Ă  tout prix de quelque chose qui est faux et dont la rĂ©vĂ©lation serait douloureuse. Bref, le problème de nos « dĂ©mocraties » est que l’on permet Ă  tous de faire n’importe quoi, mais bien moins de faire des choses sĂ©rieuses qui pourraient inverser ces valeurs perverses. De fait, en faisant de cette libertĂ© (qui n’en est pas une, mais une forme de chaos) un modèle de sociĂ©tĂ©, on ne peut qu’engendrer le chaos Ă  l’intĂ©rieur de cette mĂŞme sociĂ©tĂ©, et il est d’usage pour nos dirigeants de diviser pour rĂ©gner, de sorte Ă  faire sortir les manifestations de leurs volontĂ©s hors du chaos.

Le fait est que tant que l’homme restera aussi stupide qu’il l’est actuellement, les natures des gouvernement ne pourront qu’ĂŞtre autoritaires pour prĂ©venir l’anarchie qui apparaĂ®trait immĂ©diatement sinon. Mais il existe toutefois de grandes diffĂ©rences dans le degrĂ© sous lequel l’autoritĂ© s’exprime entre, par exemple, les États-Unis et la France comparĂ©s Ă  la Russie et Ă  la Chine; autant pour des pays rĂ©ellement moins Ă©voluĂ©s que ceux de l’Occident, on pourrait user de l’argument disant que le système dĂ©mocratique n’a pas encore de possibilitĂ© de s’y mettre en place tant que ces pays n’auront pas acquis une stabilitĂ© politique, Ă©conomique et sociale suffisante, mais il se trouve que la Russie n’est plus la pauvre nation de la fin de l’URSS, mais est bien redevenue une certaine puissance mondiale, de mĂŞme que la Chine est la deuxième puissance mondiale actuelle, avec un taux de croissance annuel toujours faramineux. Autant la Russie pourrait trouver quelques excuses dans sa façon d’agir du fait qu’elle est une fĂ©dĂ©ration de centaines de rĂ©gions, autant la Chine est composĂ©e d’une ethnie majoritaire Ă  94%… Cela ne l’empĂŞche pas d’employer des mĂ©thodes exagĂ©rĂ©es de rĂ©pression et de censure. On ne peut savoir exactement quels seront tous les changements auxquels il faut s’attendre dans nos sociĂ©tĂ©s occidentales, mais je doute que celles-ci puissent devenir un jour aussi infâmes que les dictatures d’Asie, tout comme je ne pense pas que l’on puisse salir l’esprit collectif jusqu’au point oĂą les pires dirigeants occidentaux le dĂ©sirent, du moins pas pour l’Ă©ternitĂ©; le mal peut effectivement triompher pendant un certain temps, mais il finit toujours par disparaĂ®tre au profit d’un système meilleur, car le bien restera toujours supĂ©rieur au mal en tous points, et est le seul qui soit viable Ă  long terme, car il est aussi le plus sophistiquĂ©. Il y a une diffĂ©rence assez inexplicable cependant entre le climat de nos sociĂ©tĂ©s occidentales et celui des peuples d’Asie, particulièrement chinois: alors qu’il y a souvent eu dans notre histoire des rĂ©gimes despotiques, il y eut aussi de nombreuses rĂ©volutions qui permirent de les remplacer ou d’en adoucir les manifestations, alors qu’Ă  l’autre bout du monde, on semble peu disposĂ© Ă  accorder plus de libertĂ©s Ă  ses citoyens, qui supportent apparemment tranquillement la tyrannie depuis des siècles, voire des millĂ©naires. Face Ă  de tels rĂ©gimes, le nĂ´tre pourrait presqu’ĂŞtre rĂ©ellement considĂ©rĂ© comme dĂ©mocratique, car, mĂŞme si nous avons bien peu de pouvoir rĂ©el sur les mesures que prennent nos pays, la vie y reste, en dĂ©pit de l’atmosphère dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e de plus en plus appuyĂ©e qui en attĂ©nue la qualitĂ©, toujours plus agrĂ©able que dans une dictature mi-communiste mi-capitaliste. On ne peut d’ailleurs que critiquer ceux qui voient dans l’axe Russie-Iran-Chine, et autres pays considĂ©rĂ©s comme « rebelles », une alternative viable Ă  nos pays amĂ©ricain et europĂ©ens, car leur parti-pris est soit un gage d’inconscience, soit de malhonnĂŞtetĂ© et d’hypocrisie, leurs promoteurs, sans doute dĂ©sireux de voir s’Ă©tablir chez nous un pouvoir plus despotique encore, espĂ©rant se voir attirer les faveurs de certaines personnes qui pourraient leur donner un peu de pouvoir. Quitte Ă  voir Ă©merger un gouvernement mondial, ce qui ne pourra sans doute qu’arriver un jour, autant qu’il soit sous hĂ©gĂ©monie amĂ©ricano-europĂ©enne que russo-chinoise; le choix entre la peste et le cholĂ©ra semble assez doux.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

mar 24 2009

Cartographie du Nouvel Ordre Mondial

Régis Mex, pour Mecanopolis

Cette carte, réalisée par nos propres soins, a pour but de faire comprendre au lecteur les fondements de la politique mondiale de la façon la plus synthétisée et agréable qui soit. Nous avons effectivement conscience qu’il est bien plus aisé de s’informer par le biais de documents structurés à la présentation claire et simple, et qu’il est donc plus habile de concocter cette sorte de plan, de carte graphique que l’on explore à sa guise grâce au navigateur intégré, plutôt que de faire subir au lecteur la laborieuse lecture de ce que représenterait les informations placées sur ce schéma si elles étaient retranscrites en un texte formel, c’est-à-dire une soixantaine de pages. En outre, nous avons tenté de placer et de relier les choses de sorte qu’il n’y ait pas réellement de point par où commencer ni par où finir le parcours de ce plan ; il est conçu pour que le lecteur puisse facilement repérer les sujets dont le schéma traite et s’attarder sur ceux qui éveillent son intérêt.

C’est donc bien de cela qu’il s’agit : un schéma de causes à effets, qui a pour but de rendre accessible au plus large public possible les grands événements passés qui ont littéralement façonné la situation mondiale actuelle, leurs conséquences sur les temps présents, et l’anticipation de certaines mesures futures. La connaissance de ces éléments est nécessaire pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

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Régis Mex, pour Mecanopolis

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Pour nos lecteurs qui utiliseraient un navigateur archaïque, il est possible de télécharger directement la carte a cette adresse.

mar 19 2009

Du 11 septembre à la crise économique : une stratégie pour imposer une « Gouvernance Mondiale »

Par Tobias Salander

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En l’an 19 de la guerre, les Etats membres de l’alliance de guerre USA-UK-Allemagne se retrouvent au bord de la faillite d’Etat. Mais au lieu de transformer maintenant le complexe militaro-industriel en une Ă©conomie de la paix et de mettre les forces Ă©conomiques au service de la population, ils poursuivent et Ă©largissent mĂŞme les guerres – et attaquent des Etats comme la Suisse pour recouvrer de l’argent pour leurs caisses de guerre vides. Au lieu de vivre les principes du droit international et du droit international humanitaire, les Etats guerriers suivent toujours le mĂŞme modèle: Le stratège chinois Sun Tzu dĂ©jĂ  l’a recommandĂ© au Ve siècle av. J.-C. Ă  son souverain dans son Ĺ“uvre «l’Art de la guerre», les empereurs romains l’ont traitĂ© comme maxime d’Etat, au temps de la Renaissance, Machiavel l’a recommandĂ© dans son «Il principe», au XXe siècle cette stratĂ©gie archi-vieille a couru sous le couvert de «Gladio» et «StratĂ©gie de la tension», au XXIe siècle sous le titre «Guerre contre le terrorisme», ou depuis Obama ce sont des actions du «smart» ou du «soft power». Les temps ou les modes changent, mais le principe reste toujours le mĂŞme: Il s’appelle «divide et impera», diviser pour rĂ©gner.

Diviser pour mieux régner

Si tu veux soumettre les autres, par simple soif du pouvoir et de l’argent, travaille avec des tromperies, des mensonges et dĂ©forme les faits, donc agis de sang-froid. Exerce de la pression de l’extĂ©rieur. Etudie Ă©galement de façon approfondie l’objet de ta cupiditĂ©, dé­finis les divers groupes de population qui y vivent, leurs points communs et les points sur lesquels ils diffèrent. Essaie de les monter les uns contre les autres, si nĂ©cessaire avec des agents provocateurs infiltrĂ©s. Une infamie par ci, un assassinat par lĂ , si nĂ©cessaire commis par toi-mĂŞme ou bien par des agents payĂ©s, renforcĂ©s par les mĂ©dias, et le tour est jouĂ©.

RĂ©pandons de la propagande d’atrocitĂ©s, amenons un des groupes Ă  appeler Ă  l’aide et offrons-nous comme sauveteur de la misère causĂ©e de l’extĂ©rieur. Puis, il s’agit d’accompagner l’intervention par les mĂ©dias, de la camoufler en la prĂ©sentant comme intervention humanitaire et de chercher la reconnaissance du grand public mondial bien manipulĂ©. Si l’intervention cause un chaos, la population indigène sera sous le choc, ce qui est souhaitable, car ainsi des changements bien plus profonds se rĂ©alisent beaucoup plus vite – et en plus sans rĂ©sistance. Finalement, on offre de l’aide pour la reconstruction des destructions faites soi-mĂŞme par ses propres entreprises. Avec un accompagnement mĂ©diatique habile, l’industrie cinĂ©matographique et des spin-doctors, formĂ©s pour la guerre psychologique, on reconstruit le pays, retombĂ© Ă  l’âge de pierre et on Ă©dite le tout comme jeu vidĂ©o dans l’industrie du divertissement pour que les enfants sachent dĂ©jĂ  tĂ´t comment de nos jours on peut «aider le monde» afin que sa propre bourse se remplisse sans aucune scrupule.

L’Otan et la stratĂ©gie de la tension

Après la Seconde guerre mondiale l’alliance de l’Ouest, l’Otan, dominĂ©e par les Etats-Unis, a agi d’après la mĂ©thode dĂ©crite ci-dessus: Giulio Andreotti Ă©tait le premier Ă  l’avouer devant le tribunal: Oui, nous avons essayĂ© de semer la panique parmi la population. Oui, nous avons tuĂ© nous-mĂŞmes et accusĂ© l’adversaire. Oui, nous avons appelĂ© cela la stratĂ©gie de la tension, nous voulions que la population fasse appel Ă  un Etat fort, nous avons voulu les bombarder dans la soumission, oui, nous avons effectuĂ© des «false flag operations» – mais nous nous trouvions en la meilleure compagnie: tous les Etats de l’Otan avaient leurs armĂ©es secrètes, tous Ă©taient guidĂ©s par l’Otan, en partie par la CIA amĂ©ricaine, en partie par le MI6 anglais. Oui, mĂŞme le gouvernement socialiste français avait son armĂ©e secrète guidĂ©e par les USA, oui, mĂŞme l’Allemagne, etc. Dans l’Espagne de Franco, c’Ă©tait l’armĂ©e secrète qui Ă©tait le gouvernement.

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Les mensonges de la guerre du Golfe

Et pendant la guerre du Golfe, en 1991/92? Tout a commencĂ© par un mensonge, avec des combines et des escroqueries. Après que Saddam Hussein ait reçu le soutien de l’Occident dans la guerre contre l’Iran qui a durĂ© huit ans, qu’il ait Ă©tĂ© littĂ©ralement invitĂ© par la diplomatie des USA Ă  opĂ©rer contre les forages koweĂŻtiens dans leurs gisements, le dĂ©nigrement contre le pays-modèle Irak a Ă©tĂ© initiĂ© par cette histoire d’infirmière mensongère – une infirmière qui avait Ă©tĂ© engagĂ©e sous une fausse identitĂ© par la sociĂ©tĂ© de relations publiques Hill&Knowlton, pour convaincre le public que c’Ă©tait uniquement la guerre qui pouvait aider contre des assassins de prĂ©maturĂ©s.

Bombes et révolutions des couleurs

Ou bien le dĂ©mantèlement du modèle de la Yougoslavie: La très estimĂ©e troisième voie entre capitalisme et Ă©conomie socialiste planifiĂ©e devait ĂŞtre dĂ©truite par les bombes, une tĂŞte de pont sur la route stratĂ©giquement importante du pĂ©trole et du gaz vers le Caucase devait ĂŞtre Ă©tablie. LĂ  aussi: mensonge après mensonge: le massacre de pauvres gens faisant la queue devant une boulangerie de Sarajevo («Brotschlangenmassaker»), le soi-disant Plan Fer-Ă -cheval («Hufeisenplan») du Kosovo, la dĂ©nonciation calomnieuse des Serbes ,qui avaient aidĂ© d’innombrables juifs pendant la Seconde guerre mondiale, comme de nouveaux nazis, Ă  nouveau mise en scène par une agence des relations publiques, cette fois-ci Ruder&Finn, dont le chef juif, James Harff s’est vantĂ© publiquement de ce mauvais coup.

Et puis la sale comĂ©die de Rambouillet. Avec un protocole additionnel secret, l’annexe B, on avait posĂ© des conditions aux Serbes qu’aucun Etat souverain n’aurait pu accepter. La Serbie fut obligĂ©e de refuser et l’Otan eut enfin son prĂ©texte pour l’attaque – cependant toujours contre le droit international.

Et si l’on n’a pas vraiment pu atteindre l’objectif voulu avec ces guerres d’agression Ă  l’encontre du droit international, comme celle contre la Serbie, on a eu recours Ă  l’organisation de groupes internes payĂ©s qui se sont habillĂ©s de couleurs appropriĂ©es et qu’on envoyait ainsi contre les sièges des gouvernements. Vendus comme mouvements dĂ©mocratiques sous les camĂ©ras du public mondial, ces rĂ©volutions des couleurs tĂ©lĂ©guidĂ©es ont renversĂ© le gouvernement Ă  Belgrade, ensuite Ă  Kiev, en GĂ©orgie et se sont cependant cassĂ© les dents en BiĂ©lorussie et en Russie – ce qui a valu Ă  ces pays-lĂ  le re­proche d’ĂŞtre des «passĂ©istes» – tout simplement parce qu’ils ne voulaient pas se plier au diktat des Chicago Boys avec leur idĂ©ologie de privatisation.

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«Patriot Act» – «Loi des pleins pouvoirs» moderne

Après la «false flag operation» du 11 septembre, les Etats dĂ©mocratiques de l’Ouest ont Ă©tĂ© transformĂ©s de façon sournoise par des lois de mise au pas, d’espionnage, de surveillance au «Patriot act», en des espèces d’Etats prĂ©-totalitaires, pour pouvoir ainsi soumettre d’autres pays sans ĂŞtre dĂ©rangĂ©s par une opposition interne. L’Afghanistan et l’Irak ont Ă©tĂ© bombardĂ©s ouvertement et livrĂ©s au pillage par les multinationales, la guerre a Ă©tĂ© plus couverte contre l’Iran, la Syrie, le Liban. En mĂŞme temps, par contre, plusieurs Etats latino-amĂ©ricains ont rĂ©ussi Ă  se libĂ©rer de la coupe du FMI et de la Banque mondiale et Ă  s’opposer en commun Ă  cette hĂ©gĂ©monie. Que le rĂ©sultat en ait Ă©tĂ© la rĂ©activation de la quatrième flotte montre que l’autonomie et la souverainetĂ© ne sont pas tolĂ©rĂ©es par les cercles du pouvoir de Washington.

Avec la Suisse, l’alliance de guerre se cassera les dents

Et maintenant, en l’an 19 de la guerre, l’alliance germano-anglo-amĂ©ricaine se trouve au bord de la banqueroute. Quoi de plus na­turel que de se procurer cet argent par le chantage auprès d’Ă©conomies nationales saines qui jusqu’Ă  prĂ©sent n’ont pas voulu se plier au diktat ?

Les attaques actuelles contre la Suisse neutre, avec sa dĂ©mocratie directe, gardienne des Conventions de Genève et patrie du CICR, havre d’un modèle Ă  succès de l’Ă©conomie du marchĂ© social, suivent le modèle bien connu citĂ© ci-dessus – bien que pour le moment encore dans une version non sanglante et dans les premières phases de sa rĂ©alisation.

Avec des mensonges, des dĂ©formations, des menaces ouvertes, la Suisse doit ĂŞtre mise au pas. On peut s’attendre Ă  des tentatives de monter des groupes de population les uns contre les autres, de crĂ©er et de financer des groupes radicaux pour pouvoir ensuite lancer des cris mĂ©diatiques. Il y a dĂ©jĂ  eu plusieurs tentatives, jusqu’Ă  prĂ©sent sans succès. Mais la population suisse est trop bien formĂ©e et trop fortement ancrĂ©e dans les traditions de la dĂ©mocratie directe, de la citoyennetĂ© honnĂŞte pour ne pas ĂŞtre capable de dĂ©masquer les actions couvertes, les manipulations et les menaces, et dire de quoi il s’agit vraiment, soit: des machinations criminelles d’Ă©lites criminelles qui veulent se procurer de l’argent pour continuer de soumettre le monde afin de crĂ©er un «Nouvel ordre mondial».

PropagĂ© par George Bush en 1990, ce «Nouvel ordre mondial» se heurtera Ă  la rĂ©sistance musclĂ©e de la population suisse, tout comme la tentative de crĂ©er un nouvel ordre mondial des national-socialistes dans les annĂ©es 1930 a rencontrĂ© la rĂ©sistance ferme de la Suisse neutre et en Ă©tat de se dĂ©fendre. «Contre les poings rouges et bruns» c’Ă©tait jadis la devise de la dĂ©mocratie apte Ă  se dĂ©fendre. «Tous pour un, un pour tous contre le smart-power des USA, le toupet de la City londonienne et l’arrogance allemande Ă  la Merkel», c’est le commandement de l’heure en l’an 2009.

Tobias Salander


fév 14 2009

Pierre Hillard répond aux questions de WeAreChange Paris (vidéo)

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Pierre Hillard, docteur en science politique, répond aux questions de WeAreChange Paris à propos du projet de « gouvernance mondiale ». Pierre Hillard a publié de nombreux articles sur le Réseau Voltaire, et, plus récemment, La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, aux éditions François-Xavier de Guibert.

fév 13 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy veut que la France rĂ©intègre le commandement de l’OTAN

Le GĂ©nĂ©ral de Gaulle se retourne dans sa tombe. 43 ans après sa dĂ©cision de retirer Paris du commandement militaire intĂ©grĂ© de l’Organisation du TraitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN, créée en 1949, 22.000 employĂ©s et 60.000 militaires permanents), son dangereux successeur Ă  l’ElysĂ©e multiplie les dĂ©clarations (1) pour que la France y reprenne dĂ©sormais « toute sa place ».

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« Toute sa place » est une formule qui, dans l’approche de Nicolas Sarkozy, signifie clairement un engagement sans rĂ©serve aux cĂ´tĂ©s des Etats-Unis. Fidèle Ă  sa mĂ©thode autocratique du « J’Ă©coute mais je ne tiens pas compte », il fait fi des voix de plus en plus nombreuses qui s’opposent Ă  sa dĂ©cision (2) et fait dire qu’il n’y aura ni rĂ©fĂ©rendum ni mĂŞme de vote au Parlement sur la question. Il entend bien concrĂ©tiser seul son choix stratĂ©gique et balayer d’un coup d’un seul un demi-siècle de politique Ă©trangère et d’indĂ©pendance française dès les 3 et 4 avril prochain, lors des cĂ©rĂ©monies du 60e anniversaire de l’OTAN Ă  Strasbourg et Kehl.

Histoire de confirmer sa volontĂ© d’intĂ©grer la France dans les hautes sphères politico-militaires de l’OTAN, Nicolas Sarkozy a d’ores et dĂ©jĂ  pris l’annĂ©e dernière deux initiatives très applaudies par son ami George W. Bush. Un, il a doublĂ© la prĂ©sence militaire française en Afghanistan en envoyant un millier de soldats combattre avec les amĂ©ricains contre les Taliban, alors que chacun sait que cette guerre est dĂ©jĂ  perdue et que l’enlisement des troupes y est assurĂ© (le nombre de soldats français morts sur le terrain depuis est dĂ©jĂ  suffisamment Ă©loquent). Deux, il a soutenu activement le projet de dĂ©ployer un bouclier antimissile amĂ©ricain en Europe centrale, quitte Ă  braquer sĂ©rieusement la Russie (Heureusement Barack Obama semble ĂŞtre en train de dĂ©miner cette Ă©nième provocation bushiste aux relents de Guerre froide). La rĂ©cente volontĂ© affichĂ©e de rapprocher Paris et Londres, principal alliĂ© des Etats-Unis dans ses guerres en Irak et en Afghanistan, est Ă©galement un signe plus discret, mais tout aussi fort, d’allĂ©geance Ă  Washington. Seule contrariĂ©tĂ© pour le nĂ©o-conservateur de l’ElysĂ©e, ce n’est plus son ami fauteur de guerres George W. Bush qui est au pouvoir, mais Barack Obama, Ă  l’Ă©vidence moins enclin Ă  semer la terreur partout dans le monde au nom de la lutte anti-terroriste.

Cette rupture dans la politique d’indĂ©pendance de la France se drape bien entendu d’arguments Ă  usage mĂ©diatique du type « Amis, alliĂ©s, mais non inconditionnels », ou « nĂ©cessaire rĂ©novation car nous ne sommes plus en 1966″, ou encore « La France ne perdra rien de sa souverainetĂ© » (3). Nicolas Sarkozy dit vouloir dĂ©velopper avec l’OTAN une « Europe de la DĂ©fense efficace ». Depuis son Ă©lection, il ne cesse de rĂ©pĂ©ter qu’une Europe de la DĂ©fense indĂ©pendante et l’ancrage atlantique sont les deux volets d’une mĂŞme politique de sĂ©curitĂ©. Mais quelle OTAN, pour quelle mission de dĂ©fense europĂ©enne ? et la France a-t-elle quelque chose Ă  gagner Ă  rĂ©intĂ©grer le commandement militaire de l’organisation, avec lequel elle coopère dĂ©jĂ  très bien ? Elle fournit dĂ©jĂ  2.800 soldats pour l’occupation de l’Afghanistan, et maintient actuellement 36.000 soldats dans divers autres pays (Kosovo, CĂ´te d’Ivoire, etc.).

Il est bien illusoire d’imaginer que les Etats-Unis donneront plus de place aux EuropĂ©ens et aux Français dans la nouvelle Alliance. Jaap De Hoop Scheffer a d’ailleurs bien prĂ©cisĂ© le 12 fĂ©vrier 2009 Ă  Paris que, si la France rĂ©intĂ©grait le Commandement militaire intĂ©grĂ© de l’Alliance atlantique, ce serait de toutes façons toujours Ă  lui qu’il revenait « de gĂ©rer les choses au sein de l’OTAN, comme la position française au sein des structures de commandement, les gĂ©nĂ©raux, etc ». Tout au plus les Etats-Unis accorderont-ils quelques commandements militaires sans importance Ă  un ou deux gĂ©nĂ©raux français — on parle vaguement d’un poste Ă  Norfolk (Virginie, USA) ou Ă  Lisbonne (Portugal) — sans que cela puisse rĂ©ellement permettre Ă  la politique europĂ©enne de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense (PESD) de s’affirmer et de de peser significativement sur les dĂ©cisions de l’OTAN. Dans tous les conflits (Afghanistan, Serbie, Kosovo, etc) oĂą la France s’est retrouvĂ©e engagĂ©e aux cĂ´tĂ©s des militaires amĂ©ricains, ce sont systĂ©matiquement ces derniers qui dĂ©cident et contrĂ´lent de façon unilatĂ©rale toutes les opĂ©rations, en particulier les frappes, relĂ©guant la France et les autres pays alliĂ©s au rang de simples exĂ©cutants. On ne les imagine guère se plier aux dĂ©cisions des français dans l’avenir. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que si de Gaulle est sorti de l’OTAN, c’est notamment parce qu’il demandait un directoire partagĂ© de l’Organisation, ce que les AmĂ©ricains lui ont refusĂ©. Et la suite a montrĂ© que la France, puissance moyenne disposant de l’arme nuclĂ©aire et d’un siège au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, existait finalement plus Ă  l’Ă©chelle mondiale en s’affirmant de façon autonome qu’en s’effaçant dans ce qu’il appelait le « machin » atlantiste.

Autre risque, la rĂ©intĂ©gration de Paris dans une OTAN qui sert de plus en plus de caution et de bras armĂ© Ă  l’impĂ©rialisme amĂ©ricain, sera sans nul doute perçu dans les grandes capitales du monde non-occidental comme un affaiblissement et un alignement sur les Etats-Unis, ce qui lui fera perdre le peu d’influence qui lui reste encore.

Quant Ă  la « Voix de la France », qui selon Nicolas Sarkozy deviendrait plus forte dans le concert des Nations si elle rĂ©intègre l’OTAN, elle semble jusqu’Ă  prĂ©sent avoir moins souffert des discours et des choix du GĂ©nĂ©ral de Gaulle — ou mĂŞme de ceux de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, par exemple en 2003 Ă  l’ONU lors du refus de la France de suivre les Etats-Unis dans l’invasion de l’Irak — que ceux des « caniches » europĂ©ens de George W. Bush (Tony Blair, JosĂ© Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy, JosĂ©-Maria Aznar,…).
Mais l’essentiel n’est pas lĂ . Le projet de Nicolas Sarkozy, cet anti de Gaulle, ne consiste pas en un renforcement de la dĂ©fense europĂ©enne, ou du moins pas pour lui donner plus de pouvoir et d’indĂ©pendance comme il le prĂ©tend. A travers ses choix diplomatiques et stratĂ©giques il est Ă  l’Ă©vidence tout Ă  sa « vision » purement occidentaliste de la France et de l’Europe. Pour lui, la France doit s’affirmer « dans sa famille occidentale » et dans « les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles » (Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français). Il partage avec son mentor George W. Bush une idĂ©ologie qui se fonde avant tout sur la dĂ©fense d’une civilisation occidentale qui serait aujourd’hui attaquĂ©e par le monde islamiste. Lorsqu’il dĂ©clare faire en sorte que « Paris et l’ensemble des capitales occidentales parlent dĂ©sormais toutes d’une seule voix », c’est surtout pour dĂ©fendre les causes occidentales que les discours et les aventures guerrières de Bush « contre l’Axe du Mal et la Barbarie » ont totalement galvaudĂ©es: la DĂ©mocratie, la LibertĂ©, l’universalisme des Droits de l’Homme, la lutte contre le terrorisme. Comme George W. Bush et comme tous les nĂ©o-conservateurs islamophobes, Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre contre tout ce qui ne relève pas des « valeurs occidentales » judĂ©o-chrĂ©tiennes, tant en matière d’Ă©conomie que de politique et de religion. Il exècre et ne cesse de diaboliser les partis islamistes qualifiĂ©s de terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, n’imaginant pas que son propre occidentalisme est Ă  l’Occident ce que le fondamentalisme islamiste est Ă  l’Islam. Il est au plus près des cercles israĂ©lo-amĂ©ricains d’extrĂŞme-droite qui, afin de « garantir la paix et la sĂ©curitĂ© », prĂ´nent une domination occidentale du monde, quitte pour cela Ă  passer Ă  l’offensive et Ă  se lancer dans une guerre de civilisation « globale ». Pour Nicolas Sarkozy il s’agit de dĂ©fendre mais aussi dĂ©sormais d’imposer par tous les moyens, et notamment par la guerre, un nouvel ordre occidental soi-disant « moral » (comprendre surtout « nĂ©o-libĂ©ral ») qui doit rĂ©gner sur l’ensemble de la planète.

Cette idĂ©ologie d’autodĂ©fense agressive se nourrissant du conflit avec l’islamisme autorise ainsi l’OTAN — qui Ă  l’origine n’a qu’une mission de dĂ©fense limitĂ©e aus territoires occidentaux — Ă  aller porter la guerre aux confins de la planète pour dĂ©fendre des intĂ©rĂŞts gĂ©ostratĂ©giques essentiellement amĂ©ricains, quand ce n’est pas parfois purement israĂ©liens, Ă  titre d’une soi-disant « lĂ©gitime dĂ©fense » contre le terrorisme islamiste. De hauts stratèges et chefs d’Ă©tat-major de l’OTAN planchent mĂŞme actuellement sur de rĂ©jouissantes nouvelles options militaires. Ces docteurs Folamour rĂ©clament en effet le droit d’effectuer des frappes prĂ©ventives, y compris avec l’arme nuclĂ©aire, sans autorisation du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU. Lorsque l’on connaĂ®t le dĂ©sir insensĂ© des IsraĂ©liens et de leurs amis amĂ©ricains — MĂŞme avec Barack Obama, il y a peu de chances que les Etats-Unis modifient leur politique de soutien inconditionnel Ă  l’Etat d’IsraĂ«l — d’aller bombarder l’Iran, on imagine aisĂ©ment Ă  quoi la sainte alliance transatlantique risque bientĂ´t de servir.

C’est avec cette « vision » guerrière et occidentaliste du monde, ruineuse et extrĂŞmement dangereuse pour la France, que Nicolas Sarkozy entend jouer un rĂ´le international. En inflĂ©chissant la doctrine militaire française pour mieux s’aligner sur la politique Ă©trangère amĂ©ricaine, dont on connaĂ®t pourtant les errements et l’agressivitĂ© aussi inefficace que dĂ©sastreuse, il commet une erreur diplomatique et stratĂ©gique majeure.

Noël Blandin, pour la République des Lettres

Notes
1) AnnoncĂ© dès la campagne Ă©lectorale de 2007, ce projet sarkozyste n’a cessĂ© d’ĂŞtre remis sur la table, tant par Nicolas Sarkozy que par Bernard Kouchner (Ministre des Addaires Ă©trangères) et HervĂ© Morin (Ministre de la DĂ©fense) afin d’y « prĂ©parer l’opinion », notamment pour le PrĂ©sident de la RĂ©publique Ă  travers le Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français, lors du Sommet de l’OTAN Ă  Bucarest en avril 2008 et la semaine dernière encore lors d’une confĂ©rence sur la sĂ©curitĂ© Ă  Munich.
2) Parmi les responsables politiques qui s’opposent Ă  la dĂ©cision autocratique de Nicolas Sarkozy, on note celles de François Bayrou pour qui la rĂ©intĂ©gration dans le commandement militaire de l’OTAN serait « une dĂ©faite pour la France » et un « un aller sans retour » [...] « En nous alignant, nous abandonnons un Ă©lĂ©ment de notre identitĂ©, une part de notre hĂ©ritage, et nous l’abandonnons pour rien ». Il demande que le choix fait par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle en 1966 « ne soit pas bradĂ© et jetĂ© aux orties », ajoutant qu’un tel choix ne peut aujourd’hui ĂŞtre modifiĂ© « que par un rĂ©fĂ©rendum du peuple français ». Dans un entretien au Nouvel Observateur, François Bayrou prĂ©cise sa pensĂ©e. Pour lui, en rĂ©intĂ©grant l’OTAN, la France se range « aux yeux du monde » dans un « bloc occidental » [...] « euro-amĂ©ricain d’un cĂ´tĂ©, le reste du monde de l’autre. Ceci, pour la France et son histoire, son universalitĂ©, est un renoncement ». Il affirme que « ce que nous sommes en train de brader, ce n’est pas seulement notre passĂ© mais aussi notre avenir, une partie du destin de la France et de l’Europe ». Pour le Parti Socialiste, qui demande un dĂ©bat et un vote parlementaire sur la question, « Aucune explication recevable n’est apportĂ©e sur l’intĂ©rĂŞt pour la France de ce retour » et les « conditions et contreparties de cette rĂ©intĂ©gration ne sont pas connues ». Jean-Marc Ayrault, chef de file des dĂ©putĂ©s PS, estime que « La France doit garder son autonomie de dĂ©cision » et que celle-ci « ne peut pas ĂŞtre prise par le prĂ©sident seul ». Les anciens ministres socialistes de la DĂ©fense Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement ont Ă©galement publiĂ© des tribunes dans la presse pour exprimer leur rejet de cette dĂ©cision « très dangereuse pour la sĂ©curitĂ© de la France ». [...] « Nous ne devons pas nous laisser entraĂ®ner dans des guerres qui ne sont pas les nĂ´tres », affirment-ils. « Si la France entre dans l’OTAN, il n’y a plus d’espoir de politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© commune, plus d’Europe de la dĂ©fense », affirme Ă©galement le socialiste Jean-Michel Boucheron. La rĂ©intĂ©gration « limiterait notre souverainetĂ© et serait le signe d’un alignement sur l’administration amĂ©ricaine qui banaliserait la singularitĂ© de la France », estiment pour sa part le Parti Communiste. Du cĂ´tĂ© de l’UMP, une partie des dĂ©putĂ©s exprime aussi son opposition: Jacques Myard proteste contre ce « retour qui va lier les mains de la France et l’arrimer Ă  un bloc monolithique occidental dirigĂ© par les Etats-Unis » tandis que Lionnel Luca explique que « Pour un grand nombre de pays arabes, le fait que la France soit dans l’OTAN est un mauvais signal ». Jean-Pierre Grand regrette cet « arrimage plein et entier aux Etats-Unis ». « Il y a dans le monde entier des pays qui attendent de la France qu’elle demeure une transition, une passerelle, et qu’elle ne s’aligne pas sur les Etats-Unis », renchĂ©rit Georges Tron. Le gaulliste ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan s’engage lui dans une quasi campagne contre le projet et exige un dĂ©bat parlementaire. Daniel Garrigue, dĂ©putĂ© ex-UMP de la Dordogne, s’est de son cĂ´tĂ© fendu d’une tribune intitulĂ© « Bonjour, messieurs les traĂ®tres ! ». Pour lui, « Rien ne justifie le retour de la France dans l’Organisation du traitĂ© de l’Atlantique Nord et la remise en cause de l’un des rares consensus forts de notre pays — voulu en l’occurrence par le gĂ©nĂ©ral de Gaulle avec la sortie de l’Otan en 1966 et confirmĂ© par ses successeurs, y compris par le socialiste François Mitterrand. Nous y perdrons la considĂ©ration que nous avions sur la scène internationale et particulièrement notre capacitĂ© Ă  ĂŞtre entendus dans un certain nombre de conflits, notamment au Proche et au Moyen-Orient. [...] « Pour tous ceux qui croient en la France et en la construction de l’Europe, cette dĂ©cision de rejoindre l’Otan qui n’a Ă©tĂ© ni concertĂ©e, ni discutĂ©e, ni approuvĂ©e par les Français ou par le Parlement, constitue bien une vĂ©ritable trahison ». Alain JuppĂ©, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, renouvelle lui aussi ses critiques en demandant si la France n’Ă©tait pas en train de « faire un marchĂ© de dupes en rentrant sans conditions » dans le commandement de l’OTAN. Mais le plus farouche opposant Ă  Droite est l’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin. Pour lui, la France « va se trouver rĂ©trĂ©cie sur le plan diplomatique » et sera plus vulnĂ©rable au terrorisme. « Alors que le Sud est en train de s’affirmer, dans un monde qui est en train de basculer, faut-il donner le sentiment de se crisper sur une famille occidentale ? », s’interroge-t-il. Comme François Bayrou, il estime que si la France avait Ă©tĂ© intĂ©grĂ©e aux structures de commandement de l’OTAN en 2003, elle aurait Ă©tĂ© obligĂ© de suivre les Etats-Unis de Geoorge W. Bush dans la guerre contre l’Irak.
3) Discours de Jaap De Hoop Scheffer, SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, devant les parlementaires français le 12 fĂ©vrier 2009.

jan 10 2009

« L’objectif de cette guerre à Gaza est de fonder le Grand Israël », entretien avec Gérard Khoury (audio)

Gérard Khoury, historien du Moyen-Orient, explique les objectifs de cette guerre à Gaza, dont les raisons avancées par l’Etat hébreu ne sont en fait que des prétextes pour éliminer les Palestiniens et créer le « Grand Israël » auquel les sionistes, comme les néoconservateurs étasuniens, aspirent depuis longtemps.

Entretien réalisé le vendredi 9 janvier 2009, sur les ondes de Radio-Orient.

GĂ©rard Khoury est Libanais maronite. Il vit en France depuis 1972. Il a publiĂ© de nombreux ouvrages, dont « MĂ©moire de l’aube » (1987), « la Maison absente « (1992), et « la France et l’Orient arabe » (1993).

L’Ĺ“uvre de GĂ©rard Khoury est le lieu d’une rĂ©flexion poussĂ©e et engagĂ©e sur la genèse du Moyen-Orient moderne, en mĂŞme temps qu’une tentative de comprĂ©hension des causes qui ont prĂ©cipitĂ© le Liban dans la guerre civile.

Mecanopolis

Source : Radio-Orient

jan 09 2009

Pour Roland Dumas, Nicolas Sarkozy est complice du « nettoyage ethnique » organisé par Israël (audio)

Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien Président du Conseil constitutionnel de la République Française (1), était interrogé par « Radio-Orient », ce jeudi 8 janvier 2009.

Au micro de Marie-Jo Sader, il a dĂ©noncĂ© la politique française au Proche-Orient, affirmant que « Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak ont manĹ“uvrĂ© avec leurs va-et-vient pour laisser le temps Ă  l’armĂ©e israĂ©lienne de commettre le nettoyage humain Ă  Gaza. C’est une terrible catastrophe quand on voit les rĂ©sultats des massacres intervenus (…) sans qu’il y a une rĂ©volte autre que verbale (…). Des gens qui ne voulaient absolument pas arrĂŞter le conflit immĂ©diatement et qui laissaient le temps Ă  IsraĂ«l de faire son massacre (…). L’attitude de Monsieur Moubarak avec son complice, le prĂ©sident de la RĂ©publique française consiste Ă  laisser le temps de la discussion, par des allers-retours, Ă  l’armĂ©e israĂ©lienne de faire son travail, comme elle a l’habitude de le faire tous les deux ou trois ans, c’est-Ă -dire le nettoyage ethnique et inadmissible, je trouve que c’est amuser la galerie pour rien (…). La diplomatie est complice de l’administration amĂ©ricaine et de l’administration Ă©gyptienne… ».

Mecanopolis

Sources : Radio-Orient et Médiarabe.info

(1) Son père, Georges Dumas, a Ă©tĂ© une des grandes figures de la RĂ©sistance française. Membre du Parti socialiste clandestin et de l’ArmĂ©e secrète, il sera dĂ©noncĂ© Ă  la Gestapo, puis fusillĂ© fin mars 1944.