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mai 30 2009

Historique des événements importants de manipulation monétaire

Régis Mex

La création monétaire par le crédit commercial est la forme la plus importante de création monétaire et l’escompte est le mécanisme qui accompagne automatiquement l’essentiel de la création de biens réels. Ainsi, l’équation fondamentale monnaie = richesses réelles est assurée. La création monétaire opérée lors des opérations d’escompte est bel et bien parallèle à la création de richesses réelles. Car derrière toute traite émise et escomptée, il ne peut y avoir que production de biens. Par ce biais, d’un côté on met donc en circulation les produits pendant que de l’autre côté on crée l’argent nécessaire pour les faire circuler.

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Mais cette égalité, qui a toujours été au coeur de l’équilibre économique, et qui l’est chaque jour davantage, est bien fragile. Si elle est rompue, les pires catastrophes peuvent se produire, notamment l’inflation ou la déflation. On parle d’inflation (du latin inflare, gonfler) lorsque la masse monétaire augmente plus vite que la production. Il y a trop de monnaie par rapport aux biens: les prix augmentent (ou, ce qui revient au même, la monnaie se déprécie). La déflation est au contraire une contraction, un « dégonflement » de la masse monétaire. Dans ce cas, les prix baissent.

La brouette et les poireaux: l’hyperinflation allemande

L’exemple le plus spectaculaire d’inflation eut lieu dans l’Allemagne de Weimar, dans les années 1920. Tout au long de l’après-guerre, les prix augmentent en Allemagne plus qu’ailleurs. Au cours de l’été et de l’automne 1923, la hausse des prix connaît une envolée hyperbolique. Les prix flambent de jours en jours, puis d’heure en heure. La Banque centrale allemande n’a même pas le temps d’imprimer de nouveaux billets: on les surcharge avec des zéros supplémentaires à coups de tampon. Les ménagères vont faire les courses avec des brouettes remplies de billets et reviennent avec quelques poireaux. Les ouvriers sont payés deux fois par jour: ainsi, à midi, ils peuvent faire quelques courses et éviter l’inflation de l’après-midi.

On raconte l’histoire d’un journaliste américain arrivant en Allemagne: il n’a qu’un dollar en poche et désire dîner. Il entre dans un restaurant et demande si on peut lui servir quelque chose pour un dollar. On lui sert un repas gargantuesque. Après le dessert, alors qu’il est en train de fumer un cigare, il est surpris de voir le garçon lui apporter une entrée. Étonné, il demande la raison de cette prolongation curieuse de son repas. « Le dollar vient encore d’augmenter », répondit simplement le garçon. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 1919, 1 dollar valait 14 marks. Fin novembre 1923, ce même dollar valait la bagatelle de 4 200 000 000 000 marks. Oui, vous avez bien lu: quatre mille deux cent milliards de marks !

Étalon monétaire ou talon d’Achille ? (Les problèmes monétaires internationaux)

Admettons que, grâce à la puissance de l’État et à sa crédibilité, une monnaie soit acceptée et utilisée dans un pays. Mais que se passe-t-il dès qu’on sort des frontières et qu’on achète ou vend des produits à l’étranger ? Il est évident qu’un vendeur ne voudra accepter un paiement que s’il est effectuée dans sa monnaie, la seule qu’il connaisse. L’acheteur, lui, n’aura pour payer que la monnaie utilisée dans son pays. Un problème épineux se pose donc: celui du change.

Écartons pour le moment l’existence d’un moyen de paiement commun à l’acheteur et au vendeur, ou reconnu par les deux. Cela a existé et cela existe: le pétrole se paie aujourd’hui en dollars, mais c’est une exception. La règle veut plutôt que les contrats soient signés dans la monnaie du vendeur et que l’acheteur paie dans cette même monnaie. Il doit donc s’adresser à sa banque pour une opération de change.

On voit immédiatement la question délicate qui doit être réglée: quelle est la valeur de l’autre monnaie ? Dans l’histoire, on a connu trois systèmes réglant le problème du change ou de la parité entre monnaies: l’étalon-or, l’étalon change or et les changes flottants.

L’étalon-or

Le Royaume-Uni promulgue en 1817 le Gold Standard Act. La loi stipule que chaque livre vaut quelque 8 grammes d’or. Ce système, appuyé par la domination incontestée de l’Angleterre dans les domaines économique, monétaire et financier s’étend au monde entier comme référence. Dès lors, le problème du change et de la parité entre monnaies trouve une solution simple. Chaque pays possède une masse monétaire et un stock d’or. Le rapport masse monétaire/stock d’or donne la parité or de la monnaie. Le taux de change entre monnaies est fixé par une simple règle de trois: si la livre vaut 8 grammes d’or et que le franc en vaut 4, alors la livre vaut 2 francs. Enfantin.

Parité or et échanges commerciaux

Dans ces conditions, les échanges se déroulent sans encombre. Imaginons que France et Angleterre aient des échanges équilibrés: dans ce cas, l’entreprise anglaise qui importe demande à sa banque mettons 200 francs, qui vont lui coûter 100 livres. De l’autre côté de la Manche, l’entreprise française qui importe demande 100 livres qui lui coûtent 200 francs. Si les échanges sont équilibrés, deux autres entrepriss expriment une demande contraire de même montant. Dans ce cas, les banques à qui les entreprises s’adressent ont exactement de quoi satisfaire les demandes en devises de leurs clients.

Imaginons qu’il n’y ait qu’une banque. Lorsque le client anglais, importateur de produits français, vient lui demander 200 francs, elle lui donne les 200 francs que le client français, acheteur de produits anglais, lui a donné pour acheter les 100 livres dont elle a besoin.

Ainsi, offre et demande de devises dans les deux pays sont identiques. Les francs restent en France et les livres en Angleterre. Les masses monétaires des deux pays ne varient pas, ni leurs réserves en or. Masses monétaires stables, stock d’or stables: la parité entre les deux monnaies reste la même. Tirons-en cette conclusion: si les échanges extérieurs d’un pays sont équilibrés, la parité de sa monnaie ne varie pas.

Que se passe-t-il si ce n’est pas le cas ? Simplifions: si un pays achète plus qu’il ne vend, la mécanique ci-dessus ne joue qu’à hauteur de la partie des importations couverte par des exportations. Et le reste ? Et le déficit ? Là, il n’y a qu’une possibilité: sortir de l’or. Soit pour payer le vendeur directement, soit pour acheter sa devise et le payer avec celle-ci. Mais la sanction est immédiate: le pays déficitaire a moins d’or et sa monnaie est dépréciée, dévaluée. Pourquoi ? Parce ce que dans le pays il y a autant de monnaie en circulation, mais cette monnaie est désormais garantie par moins d’or: sa parité or baisse. Et si le pays a un excédent commercial, c’est le contraire. Tirons-en cette conclusion: lorsqu’un pays a un déficit commercial, sa monnaie se dévalue; lorsqu’il a un excédent, elle se réévalue.

Gardons en tête ce principe, car il est valable pour tous les systèmes monétaires.

Punition et rééquilibrage

Ces mécanismes ont un sens économique précis. Un pays qui a un déficit commercial est sanctionné par la baisse de sa monnaie. Concrètement, cela signifie qu’il est « puni ». Punition immédiate, impitoyable. Avec la baisse de sa monnaie, tous les produits étrangers lui coûtent plus cher. Parallèlement, ses produits deviennent moins chers pour les étrangers. En clair, le pays s’appauvrit. Pour avoir la même quantité de produits étrangers, il doit céder une plus grande quantité de ses produits. Son travail, ses terres, son patrimoine, toutes ses richesses sont dépréciées. Mais quelle faute est la sienne ? Une faute impardonnable: il a moins donné qu’il n’a pris aux autres: il a eu plus besoin des autres que les autres n’ont eu besoin de lui. En clair, il a vécu au-dessus de ses moyens.

C’est la dure loi du marché. Mais si le marché est dur il sait se monter magnanime. La punition de ce pays frivole est aussi le moyen de sa rédemption. S’il comprend la leçon et sait en tenir compte, tout devrait rentrer dans la normalité. Les produits étrangers sont devenus plus chers ? Qu’à cela ne tienne: le pays devra en consommer moins. Ses produits sont devenus moins chers ? Tant mieux: il pourra en vendre plus. Ainsi, si la logique est respectée, la balance commerciale devrait se rééquilibrer.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le système de l’étalon-or, qui s’était bâti au XIXe siècle autour de la puissance britannique, vole en éclats et un autre système se met en place.

Des monnaies pivots

Les pays européens ont connu au cours de la guerre, en sus des autres, un double malheur monétaire: leurs masses monétaires, exagérément gonflées par le recours massif des États au crédit, ont littéralement explosé. Parallèlement, leurs stocks d’or ont fondu. Les Américains avaient beau être les alliés de la France et de l’Angleterre, ils n’acceptaient en paiement de leurs armes, de leur nourriture et de leurs marchandises que de l’or en barres. Au début des années 1920, la vérité apparaît dans toute sa cruauté: les deux tiers de l’or mondial qui, avant la guerre, se trouvait en Europe sont désormais aux États-Unis. En Europe, il ne reste que la moitié de l’or de 1914, mais les masses monétaires sont multipliées par sept ! Dans ces conditions, plus question d’étalon-or (sauf pour les États-Unis, bien sûr).

Une drôle de conférence monétaire se tient à Gênes en 1922, qui va donner naissance à un drôle de système. Á Gênes, les Américains sont absents. Depuis la victoire des républicains aux élections, le mot d’ordre est à l’isolationnisme: les affaires du monde ne les intéressent plus. Á l’inverse, la Russie soviétique est là, on se demande pourquoi. Dans le désarroi ambiant, on imagine un système palliant l’impossibilité de bon nombre de pays de revenir à la parité or et à la convertibilité de leur monnaie: ils n’ont qu’à utiliser les devises convertibles en or comme garantie et étalon de valeur de leur monnaie. Ainsi, toutes les monnaies se trouvent rattachées à l’or; certaines directement, d’autres indirectement, en passant par des monnaies pivots.

C’est ce système qu’on appelle alors l’étalon change or (Gold Exchange Standard). Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce système bâtard ne satisfait personne. Surtout pas la France et l’Angleterre qui, ayant gagné la guerre et étant à la tête de deux empires coloniaux s’étendant sur la planète entière, se voyaient mal ravalées au rang de puissances monétaires de banlieue. Lénine n’avait-il pas d’ailleurs dit: « La dévaluation est l’arrêt de mort du capitalisme ? ». Et la dévaluation était bien là. La livre et le franc n’étaient que l’ombre de ce qu’elles étaient en 1914.

« La décision la plus catastrophique »

Dans le système de Gênes, tout pays en ayant les moyens pouvait revenir à la convertibilité de sa monnaie. L’égoïsme et la prétention des vainqueurs fit le reste. En 1925, Churchill décréta le retour de la livre à la parité or et, qui plus est, avec la même valeur qu’en 1914. J.K. Galbraith devait dire que ce fut « la décision la plus radicalement désastreuse des temps modernes en matière monétaire ».

Un tel jugement mérite quelques explications. Pour revenir à la parité or de 1914, le gouvernement britannique a dû pratiquer une politique durement déflationniste. Compte tenu de la situation anglaise de l’après-guerre, cela signifiait « dégonfler » la masse monétaire, la réduire. Comment s’y est-il pris ? En augmentant les taux d’intérêt d’abord, en pratiquant un strict équilibre budgétaire ensuite, c’est-à-dire en limitant les dépenses de l’État et en augmentant les recettes, ce qui veut dire alourdir impôts et taxes. Socialement, cette politique s’est traduite par des conflits sociaux très durs, notamment la célèbre grève des mineurs de 1926, le conflit le plus ravageur de l’histoire britannique. Mais le jugement sévère de Galbraith sous-entend que la décision de Churchill eut un impact bien plus dévastateur encore que cela.

Probablement faut-il chercher là une des causes essentielles d’une des crises les plus dramatiques de l’histoire: la crise de 1929. L’attachement à la parité or des monnaies fut en effet le dogme le mieux partagé des années 1920. Les États-Unis s’y sont tenus avec rigueur, les Anglais y ont sacrifié leur croissance dès 1925 et la France n’a pas été en reste publique dès 1926 elle s’est lancée dans la même politique aboutissant au retour de la parité or avec le franc Poincaré en 1928. Or, la crise de 1929 a été une crise déflationniste, caractérisée par la contraction de la masse monétaire, la baisse des prix, des salaires, de la production et de l’emploi. Les politiques de rigueur monétaire des années 1920 ont probablement fait le lit de la catastrophe de 1929. Milton Friedman lui-même qualifie la politique monétaire des États-Unis à la veille de la crise d’ »ineptie ». C’est dire…

Bretton Woods et l’étalon dollar

Après la Deuxième Guerre mondiale, les vainqueurs absolus, les États-Unis, ont visiblement retenu la leçon. Le système qu’ils mettent en place en 1944 à la conférence de Bretton Woods sous entend la volonté, totalement exclue en 1919, d’assumer pleinement leur rôle de puissance dominante. Le projet du représentant britannique, un certain J.M. Keynes, est rapidement écarté. Ce projet était fondé sur la création d’une monnaie internationale: le bancor. Fi de la monnaie internationale spécifique, cette monnaie existe déjà: c’est le dollar.

Le système mis en place est encore un étalon change or, mais cette fois-ci, la seule monnaie convertible en or est le dollar. La devise américaine devient ainsi le pilier d’un système solide, tenu par des règles strictes, enfin en accord avec la situation réelle.

Les parités fixes

Le dollar est convertible en or sur la base d’une parité de 35 dollars l’once et les autres monnaies sont théoriquement rattachées à l’or par l’intermédiaire du dollar. Le système de change entre monnaies est un système de parités fixes. La valeur du change est définie une bonne fois pour toutes: seule une variation de + ou -1% est autorisée. Au-delà, les pays doivent entamer une procédure complexe de dévaluation ou de réévaluation. Les banques centrales des différents pays sont tenues d’intervenir sur le marché des changes pour éviter des variations excessives, c’est-à-dire supérieures à 1%. Comment font-elles ? C’est simple: si leur monnaie a tendance à monter, elles doivent en vendre. Si elle a tendance à baisser, elles doivent en acheter.

Concrètement, si le mark monte au-delà de 1%, la Bundesbank doit vendre des marks; si le franc baisse au-delà de 1%, la Banque de France doit acheter des francs. Ainsi l’équilibre entre l’offre et la demande sera rétabli et la parité de la monnaie préservée. Mais un problème se pose ici: où les banques centrales vont-elles chercher les devises nécessaires pour ces interventions ? Si tout va bien, elles peuvent puiser dans leurs réserves de change constituées par l’accumulation des devises issues d’un commerce extérieur excédentaire. Sinon, elles doivent demander des prêts à un organisme ad hoc: le Fonds monétaire international (FMI).

Le roi dollar

Dans ce système, le dollar a un rôle privilégié. Seule monnaie convertible en or, il devient as good as gold (aussi bon que l’or). Le système des parités fixes fait par ailleurs de la monnaie américaine l’outil privilégié des interventions sur le marché des changes. Deux bonnes raisons pour faire du dollar la monnaie de réserve privilégiée.

Ce n’est pas tout. Étant la monnaie pivot, le dollar jouit de deux prérogatives princières: la première est que le risque de change si on utilise le dollar pour les paiements internationaux est moindre. Voyons comment. Le risque de change est la possibilité de payer plus cher que prévu un produit acheté à l’étranger. Dans le commerce international, comme dans toute forme de commerce entre entreprises, les paiements se font par traite. On signe un contrat aujourd’hui, on paie dans un mois, deux mois, plus éventuellement. Le contrat étant stipulé dans la monnaie du vendeur, l’acheteur peut, au moment où il va à la banque acheter des devises, payer ces devises plus cher si leur cours a augmenté.

Dans le système de Bretton Woods, chaque monnaie peut, sur une période donnée, varier de + ou -1% par rapport au dollar. Si on compte bien, en tout, on a une possibilité de variation de 2%. Si, pour les besoins du commerce, on doit passer, par exemple, du franc au mark, le risque de change est de 4% (2% de baisse totale du franc +2% de hausse totale du mark). Si on utilise le dollar, le risque est limité à 2%, c’est-à-dire la variation maximale autorisée entre une monnaie quelconque et le dollar. Cette raison, avec d’autres, a fait du dollar la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux.

L’autre privilège du dollar est également lié à sa nature de pivot du système. Les États-Unis, en effet, font l’économie d’interventions dispendieuses sur le marché des changes pour garantir la parité du dollar. Comment est-ce possible ? Si le franc baisse, par exemple, la Banque de France achète des francs. Avec quoi ? Des dollars entre autre. La Banque de France évite ainsi que le dollar ne s’apprécie exagérément. Si le mark monte, la Bundesbank va en vendre. Contre quoi ? Des dollars probablement. La Banque centrale allemande empêche donc que le dollar baisse. Ce sont ainsi les banques centrales du monde entier qui s’occupent de la sale besogne. C’est tout bénéfice pour la FED, la Banque centrale américaine !

Eurodollars et capitaux fébriles

La conséquence de ce système ne s’est pas fait attendre. Le dollar est devenu, et reste, la monnaie la plus utilisée dans les échanges internationaux, bien au-delà des échanges américains. Le pétrole, c’est bien connu, se paie en dollars. il est devenu également une monnaie de réserve pour bon nombre d’États et, in fine, s’est en quelque sorte émancipé de son créateur pour devenir eurodollar. Les eurodollars sont des dollars qui circulent en dehors des États-Unis. On doit leur nom au code d’une banque soviétique ( »eurobank ») qui la première a détenu des comptes en dollars (le rouble n’ayant jamais été accepté pour les échanges avec l’Occident).

Ainsi, une masse colossale de billets verts s’est mise à circuler à travers le monde, se déplaçant d’un pays à l’autre au grès d’opérations légales ou illégales (la drogue et les armes se paient en dollars) dans un but qui s’est affirmé comme définitivement prioritaire: la spéculation. Le système a parfaitement fonctionné pendant une vingtaine d’années. Il a notamment permis une extraordinaire croissance des échanges mais, à partir de la fin des années 1960, Bretton Woods s’est transformé en un monstre ingérable. Pour les États-Unis et pour le monde.

Fluctuat et agitatur: les changes flottants

Ce qui était arrivé aux monnaies européennes à cause de la guerre arrive également aux États-Unis, en pleine paix. la masse de dollars, gonflée par l’essor des échanges et par une demande toujours inassouvie, finit par dépasser allégrement sa couverture en or. Dans le deuxième moitié des années 1960, des esprits malins ou clairvoyants, dont la France du général de Gaulle, comprennent que la parité or du dollar ne va pas pouvoir être maintenue éternellement. Ils se sont mettent donc à demander la conversion de leurs dollars en or. Les États-Unis doivent faire face à une véritable hémorragie. Et une ultime et calamiteuse tentative de retour à la parité or de la livre (décidément…) fait basculer le monde dans le cauchemar.

En 1971, pour la première fois, la balance commerciale américaine devient déficitaire. Le dollar ne peut que baisser. Sa parité or devient intenable. Le 15 août, Nixon proclame l’inconvertibilité du dollar. Tous ceux qui s’étaient accrochés à une monnaie as good as gold sont servis.

Le désordre monétaire international

Les années 1970 commencent par la longue agonie du système monétaire qui avait scellé la domination américaine. Elles s’achèvent par la réaffirmation de cette même domination, mais de manière bien plus perverse.

Le système de Bretton Woods est attaqué de toutes parts. Son pilier, le dollar, s’effrite: détaché de l’or, il plonge au fur et à mesure que les États-Unis sombrent dans une des périodes les plus noires de leur histoire. Chocs pétroliers, défaite au Vietnam, Watergate et, pour finir, la révolution iranienne. Les parités fixes ne tiennent pas face aux mouvements spéculatifs puissants. Le FMI n’a plus de devises à prêter, on essaie de lui inventer une nouvelle monnaie de référence: les droits de tirages spéciaux (DTS): c’est l’échec.

En 1973, on effectue un replâtrage du système: les marges de variations sont élargies (+ ou – 2,25%), mais ça ne fait qu’exciter la spéculation. Les monnaies faibles (livre, franc, livre) sont dévaluées à répétition. Les monnaies fortes (mark, yen, franc suisse) s’envolent. En 1976, à la conférence de la Jamaïque, on prend le taureau par les cornes: les parités fixes sont abandonnées, l’or est définitivement démonitisé. Il faut dire que sur le marché, il ne se négocie plus à 35 mais à 500 dollars l’once !

Les changes flottants

Bretton Woods est mort et enterré. Les gouvernements abandonnent une partie perdue d’avance: on ne peut plus contrôler le cours des monnaies. Le professeur Friedman et les économistes libéraux tiennent là leur première victoire: désormais, c’est le marché, et lui seul, qui va fixer la valeur des monnaies. Leur cours va varier quotidiennement selon les variations de l’offre et de la demande. La marché des changes brasse désormais quotidiennement plus de capitaux que la Bourse elle-même. Le dollar touche le fond: en 1979, il vaut moins de 4 francs.

Avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan, les choses vont prendre une toute autre tournure. De stricte obédience libérale, le nouveau Président s’en prend violemment à l’inflation et à l’État. Pour terrasser l’inflation, la FED augmente les taux d’intérêt de manière plus que conséquente: on n’est pas loin de 20%. Par ailleurs, libérés de toute contrainte, les salaires s’effondrent, ainsi que les dépenses sociales de l’État. L’inflation est vite jugulée par cette cure violente. Sur le marché des changes, le dollar s’envole. Attirés par les taux américains, les capitaux fébriles se ruent sur le billet vert, d’autant plus que la politique étrangère de Reagan restaure très vite la crédibilité américaine mise à mal par ses prédecesseurs. Le dollar se hisse à plus de 10 francs.

Un droit de cuissage planétaire

Tout va bien donc. La politique de Reagan est efficace: l’économie américaine repart, l’inflation baisse, le chômage également. Le dollar est fort. Le président américain se permet même de narguer ses collègues. Á François Mitterrand (1916-1996) qui lui fait remarquer que le dollar est trop haut, Reagan répond: « Ce n’est pas le dollar qui est trop fort, ce sont les autres monnaies qui sont trop faibles. »

Reste un détail. La libération du marché des changes aurait dû rendre les devises à la vérité des prix, si chère aux libéraux. On l’a vu, ce qui devrait établir la valeur d’une monnaie, c’est la situation du commerce extérieur d’un pays: à déficit commercial, monnaie faible, et à excédent commercial, monnaie forte, avec les rééquilibrages automatiques que l’on sait. Une monnaie faible devait permettre de vendre plus et obliger à acheter moins et le contraire pour une monnaie forte.

Qu’en est-il des États-Unis ? Depuis 1971, ce pays a un commerce extérieur chroniquement déficitaire. Bon an mal an, les Américains achètent au minimum 100 milliards de dollars de plus qu’ils ne vendent. Cela fait trente ans que ça dure. Dans une telle situation, n’importe quel autre pays aurait été réduit à la faillite. Sa monnaie ne devrait même pas valoir le prix du papier sur lequel elle est imprimée. Rien de tel ne s’est produit pour les États-Unis. Comment est-ce possible ? Même détaché de l’or, le dollar reste le moyen de paiement et de réserve le plus utilisé au monde. Les dollars avec lesquels les Américains paient leurs déficits ne reviennent pas aux États-Unis. Cela veut dire qu’ils ne paient pas leur déficit. C’est exactement comme si vous payiez vos achats avec des chèques que personne n’aurait l’idée d’encaisser.

Tant que la confiance règne, tout cela ne pose guère de problèmes. Lorsque les États-Unis n’ont plus d’argent pour payer leurs importations ou le déficit de leur budget, ils émettent des bons du trésor. Le monde souscrit avec empressement. On leur prête leurs dollars. Depuis 1971, les États-Unis vivent des crédits que leur fournissent les autres pays. Un gigantesque plan Marshall à l’envers, dont le colossal endettement américain donne la mesure: quelques 10 000 milliards de dollars si on additionne la dette publique et la dette externe, 30 000 milliards de dette total, soit 31% du produit mondial brut. Une paille.

Du serpent à l’euro: la construction d’une alternative monétaire

Le désordre monétaire international qui s’est généralisé dans les années 1970 ne pouvait laisser l’Europe indifférente. Sur le Vieux Continent, l’abolition des frontières au sein de la Communauté économique européenne (CEE) n’était pas un vain mot: les pays européens sont les pays les plus ouverts au commerce international; l’instabilité monétaire est pour eux particulièrement insupportable. On comprend donc que l’Europe se soit lancée très vite dans la mise en place d’un système monétaire rompant avec les mouvements erratiques des monnaies. Dès 1969, au sommet de La Haye, les Six s’étaient donné comme objectif la réalisation globale d’une union monétaire.

En 1972 d’abord, avec le « serpent monétaire » puis en mars 1979, avec le Système monétaire européen (SME), on réinstaure en Europe ce qui avait progressivement disparu au niveau mondial: un système de parités fixes avec des marges de variation limitées. Mais les problèmes s’accumulent: choc pétrolier, entrée de nouveaux pays dans le CEE… Pratiquement tous les ans, telle monnaie est dévaluée, telle autre réévaluée. Certaines monnaies ne rentrent pas dans le système. D’autres y rentrent pour en sortir aussitôt. Les marges de flottement flottent-elles mêmes allègrement: selon le moment et la monnaie, elles sont élargies à 6% ou ramenées à 1%.

Mais au-delà de ces difficultés, la véritable nouveauté du SME est que, désormais, les taux pivots sont fixés en une unité de compte européenne: l’ECU (Européen Currency Unit), une sorte de synthèse des monnaies européennes, où chaque devvise compte pour un pourcentage tenant compte du poids économique et monétaire de chaque pays.

L’idée d’une Europe monétaire progresse. En 1986, l’Acte unique réaffirme l’objectif de l’union monétaire. Le traité de Maastricht, en 1992, fixe les critères de convergence et les conditions à remplir pour accéder à la monnaie unique. Il s’agit de mesures strictes visant à limiter l’inflation, les déficits budgétaires et l’endettement. La même année, une tempête s’abat sur les monnaies européennes les plus faibles: franc, peseta, lire, livre sterling. Le processus continue malgré tout. En 1995, on choisit le nom de la future monnaie européenne: le nom ECU est abandonné (notamment à cause d’une assonance désagréable en allemand avec die kuh, la vache) au profit de « euro », plus digeste dans les différentes langues.

Le lancement de la nouvelle monnaie a lieu officiellement le 1er janvier 1999. Á cette date, onze pays sont « éligibles ». Les Britanniques ne sont pas de l’aventure, ni les Danois et les Suédois qui refusent par référendum de l’adopter. Les Grecs, qui ne remplissaient pas alors les conditions d’adhésion, rejoignent les onze élus en 2000. Le 1er janvier 2002, l’euro entre physiquement en circulation dans douze pays.

Euro qui comme Ulysse…

La monnaie européenne n’en est qu’au début d’un long voyage, mais déjà on ne peut que constater sa réussite. Elle est d’abord la manifestation la plus tangible de la construction européenne. L’Europe passe dans nos mains quand nous payons une baguette avec une pièce allemande ou espagnole. Nous nous sentons moins à l’étranger quand nous payons un café au Portugal (0,50 euro…) avec la monnaie qu’on nous a rendu à Paris.

Mais le plus important n’est pas là. C’est avec l’euro que l’Europe est devenu réellement un grand marché unique. Les entreprises y ont réalisé des économies colossales et le marché est devenu réellement transparent (voir le prix du café portugais). C’est avec l’euro que nos pays se sont soustraits au désordre monétaire international et à l’emprise du dollar; C’est grâce à l’euro que le dernier choc pétrolier, pourtant violent, a pu être encaissé sans trop de dégats. Ose-t-on imaginer ce que seraient devenus le franc ou la lire dans les grandes tempêtes de ce début de millénaire ? C’est par (et pour) l’euro que nous profitons de faibles taux d’inflation et de faibles taux d’intérêt.

Déjà deuxième monnaie mondiale après le dollar pour les échanges, la monnaie européenne est utilisée par des pays tiers pour libeller contrats et emprunts. Des accords spécifiques la lient aux monnaies d’Europe de l’Est et de la Méditerranée. Une alternative vitale pour les temps qui courent.

Le coût de l’euro

Pourtant, des voix s’élèvent régulièrement pour protester contre la monnaie unique et ses sous-entendus. Le sous-entendu le plus évident, c’est que l’Europe, qui a tant de difficultés à s’accorder sur une quelconque politique commune, s’est livrée pieds et poings liés à une politique de rigueur pour atteindre l’objectif de la monnaie unique. Le choix fait par François Mitterrand en 1983 d’abandonner la politique de relance de Pierre Mauroy (né en 1928) vaut désormais pour tout le monde. Contrôle sévère des dépenses publiques, limitation des déficits, privatisations: le pacte de stabilité n’est pas fait pour plaire à tout le monde.

La philosophie de base de l’euro est toute allemande et la localisation de la Banque centrale européenne à Francfort n’est pas fortuite. On a voulu une monnaie forte, on a voulu terrasser l’inflation, cette vieille phobie allemande: tout cela passe par de la rigueur, encore et toujours. C’est pour cela qu’on reproche à l’euro la croissance molle et éventuellement le chômage, qui sévit sur le Vieux Continent. Un pays semble particulièrement touché: l’Italie.

Le cas de ce pays est instructif: longtemps habitué aux délices d’une monnaie faible qui favorisait ses exportations, l’Italie est confrontée, avec l’arrivée de l’euro, à une perte catastrophique de compétitivité. Ses produits sont de plus en plus concurrencés par ceux des pays asiatiques, Chine en tête. Dès lors, le populisme des hommes politiques (dont certains ministres de Berlusconi) n’hésite pas à mettre sur le dos de l’euro tous les malheurs du pays, y compris la violente hausse du coût de la vie qui s’est manifestée lors de l’abandon de la lire. Le vrai problème de l’Italie, ce n’est pas l’euro, mais l’euro confronte l’Italie a ses vrais problèmes: énergie trop chère par refus du nucléaire, innovation insuffisante, système d’enseignement dépassé. Le vrai problème de l’Italie est de trouver d’autres arguments de vente que le prix de ses marchandises.

L’euro, quant à lui, a un seul vrai défaut: il condamne l’Europe à l’innovation, à la qualité et à l’excellence.

Grandeur et décadence du franc

C’est en 1360 que Jean le Bon fit frapper une pièce d’une livre tournois portant l’inscription « rex francorum ». Cette pièce devint, dans le langage courant, un franc. Le franc devint officiellement la monnaie de la France par la loi du 10 avril 1795. La loi du 17 germinal an XI (7 avril 1803) en fixe la parité or (0,2903225 gramme) et argent (4,50 grammes). C’est ce franc germinal qui assure la stabilité monétaire du pays jusqu’en 1914. L’inflation née de la guerre et la spéculation, notamment pendant le gouvernement du Cartel des gauches (1924-1926), mettent à mal la monnaie française, qui devient inconvertible en or. Poincaré, au prix d’une longue politique de rigueur, réussit à rétablir la valeur du franc et sa convertibilité, mais à un niveau bien plus faible qu’avant guerre (65,5 mg). Pendant le Front Populaire, le franc est de nouveau victime de la spéculation et du « mur de l’argent » (les milieux d’affaires, qui se méfient du gouvernement de gauche, exportent massivement des capitaux). Entre 1936 et 1938, le franc est de nouveau dévalué et devient encore une fois inconvertible. Dans l’après-guerre, après de sérieux efforts, le franc redevient une monnaie forte: en 1958, le passage au « nouveau franc » (valant 100 anciens francs) symbolise une nouvelle solidité monétaire, confortée par des excédents commerciaux qui provoquent des entrées de devises (notamment de dollars), dont de Gaulle demande habilement la conversion en or. Les événements de 1968 provoquent une crise passagère et une dévaluation (en 1969) qui en annonce bien d’autres, tout au long du dernier quart du siècle. Dans cette période, secoué par les chocs pétroliers, la crise ou l’arrivée de la gauche au pouvoir, le franc se démène entre dévaluations, flottement et ancrage dans les systèmes de stabilisation européens. Une dernière attaque spéculative contre le franc, fin 1992, est vaillamment repoussée par la Banque de France. Á partir de ce moment là, le sort du franc se joue dans le cadre du traité de Maastricht. La France en respecte d’emblée les critères et le franc se dissout dans la nouvelle monnaie européenne, l’euro, en 1999. En 2002, les francs sont rapidement retirés de la circulation.

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

mai 23 2009

La dégradation de l’environnement restera-t-elle un problème majeur du XXIème siècle ?

Par Régis Mex

De nos jours, le respect de l’environnement est l’un des sujets que nos postes de télévision et de radio nous rabâchent le plus. Or, je doute que beaucoup de citoyens pensent réellement qu’il leur incombe de remédier à la plus grande partie du problème écologique en préférant se rendre en bus plutôt qu’en voiture sur leur lieu de travail ou en ne laissant pas couler le robinet pendant qu’ils se brossent les dents. Nous devrions plutôt attendre de nos hommes politiques qu’ils prennent des décisions significatives à l’échelle nationale, voire mondiale, pour lutter contre la pollution. Comme le débat que l’écologie suscite part souvent dans divers sens confus et simplistes, dont la finalité culpabilisera souvent le petit citoyen, je vous propose ma propre réflexion sur le sujet.

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La pollution est effectivement quelque chose qui est intrinsèque à notre monde, mais qui s’est manifestée sous des formes multiples à travers le temps. À la pollution animale, naturelle, a succédé la pollution humaine, irrespectueuse de l’équilibre. Celle-ci peut constituer un véritable danger du fait de son pouvoir de casser la fragile stabilité environnementale, mais ses conséquences peuvent-elles menacer la survie de l’humanité pendant tout le reste de son existence ?

Il convient tout d’abord de s’entendre sur ce que nous qualifions de pollution en fixant une définition bien précise à ce terme. Nous pourrions lui donner le sens communément admis qui décrit la pollution comme la « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous-produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects altérant les critères de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel et de l’abondance des espèces vivantes » ; c’est sous cet angle de vue que nous allons aborder les choses. Nous exclurons ainsi la pollution animale, terme qui sonne plutôt faux, car, bien que la vie des animaux comporte parfois des comportements nocifs à l’environnement ainsi que la nécessité de toujours consommer des produits issus des créations terrestres et d’en rejeter les déchets, cette façon de faire s’harmonise toujours totalement avec les lois naturelles, et elle ne crée donc en aucun cas de déséquilibre ni de souillure qui puisse avoir un quelconque impact contre-nature sur l’environnement. Les animaux font effectivement partie intégrante de la nature, et c’est pourquoi parler de pollution animale ne peut être dénué d’une consonance paradoxale, puisqu’elle ne modifie en rien le milieu naturel d’une façon défavorable qui n’aurait pas été prévue par les lois de la nature, contrairement à l’homme, et c’est de son cas que nous débattrons, puisqu’il est le seul qui cause une pollution qui soit significative. L’être humain est effectivement plus qu’un animal intelligent ; il a la capacité d’imaginer, de créer et de se mettre en phase avec des idées et principes qui dépassent les lois naturelles fondamentales desquelles les animaux peuvent s’écarter. De ce fait, il a réellement le pouvoir de faire deux choix extrêmes : vivre en osmose avec la nature ou la dominer. Il ne faut pas pour autant confondre être en symbiose avec son environnement et être soumis par lui, car pour parler de choix, encore faut-il avoir conscience de sa situation et de ses éventuelles alternatives ; ainsi les premiers hommes étaient-ils maîtrisés par les lois naturelles avant le début de la civilisation, moment auquel ils ont finalement pu s’extirper de cet état de simple animal intelligent, et être en mesure de faire ce fameux choix entre l’attitude harmonieuse ou l’exploitation irrationnelle de leur environnement.

Nous pouvons opposer deux types de sociétés sur base de ce modèle : les civilisations de type occidental, que ce soient les égyptiennes, mésopotamiennes, grecques, romaines, scandinaves et autres de l’antiquité, qui, bien que nettement plus spirituelles et respectueuses de la nature que notre société actuelle (qualité qui a paradoxalement diminué au cours du temps proportionnellement à l’amélioration des richesses matérielles et des moyens techniques), ne faisaient pas pour autant de leur environnement une réelle préoccupation, ayant plutôt tendance à se rapporter à des dieux échappant à toute tangibilité. En revanche, les civilisations vivant en Amérique (essentiellement du Nord) à la même époque et jusqu’à leur colonisation, de même que quelques peuples chinois, asiatiques plus généralement et plusieurs tribus africaines ont longtemps été, et continuent de l’être pour certains, animistes. Donc, ces peuples étaient baignés dans une civilisation, brillante au demeurant en ce qui concerne particulièrement les Indiens d’Amérique, mais bénéficiaient d’une conscience plus large de l’importance de leur milieu naturel et y vivaient avec plus de précautions. L’interprétation des forces naturelles majoritairement sous formes d’esprits plutôt que de dieux contribuait à les maintenir plus attentionnés aux réalités de leur monde ; en somme, les esprits qu’ils vénéraient, de façon semblable à ce que les autres civilisations faisaient avec leurs dieux, étant parties intégrantes de la nature, on ne peut que comprendre facilement la propension qui est née à entourer cette dernière de tous leurs soins. L’histoire nous a cependant montré que ce n’est pas cette vision du monde qui a primé et a été en mesure de survivre au cours du temps, car il semblerait que le point auquel ces peuples animistes se sont fondus et complais dans la nature a retardé les nécessités plus matérielles mais tout aussi vitales qui auraient contribué à l’avancement de leur civilisation, ce qui les a rendus de faciles proies pour les peuples moins pacifiques, le meilleur exemple étant l’extermination des Indiens d’Amérique du Nord à 95% par les colons britanniques/américains. Le modèle qui a survécu a donc été celui de notre société actuelle, celui qui suit la loi de la raison du plus fort ; effectivement, au fur et à mesure que les civilisations qui nous ont précédés et sur lesquelles reposent les fondations de notre société occidentale ont progressé, cela s’est fait sur le plan matériel, des techniques et des inventions, et bien moins du point de vue de la sagesse, une certaine lassitude étant éprouvée pour les anciens dieux farfelus, tout comme le dieu unique qui leur a succédé se retrouvera progressivement délaissé à cause des abus et des égarements du clergé qui lui était dédié. En vérité, il est nécessaire de se référer à ces éléments qui font partie des causes de la mentalité collective actuelle, puisqu’en effet, tout ceci nous permet de voir que plus une civilisation a évolué sur le plan matériel, plus elle a régressé sur le plan philosophico-spirituel. Ainsi les innovations techniques ont toujours contribué à détruire l’environnement, à cette « modification défavorable du milieu naturel qui apparaît comme un sous-produit de l’action humaine », en permettant une contrepartie d’amélioration du confort pour ceux qui en bénéficiaient, et de profit pour ceux qui en étaient à l’origine et les mettaient en oeuvre. Lorsque l’on trouvait de nouvelles ressources permettant d’améliorer à la fois la puissance, l’utilité et les rendements que permettaient la technologie, ces mêmes ressources étaient presque toujours plus polluantes que leurs prédécesseurs. Le point d’orgue de l’égarement dans le pur matérialisme est maintenant atteint avec la situation catastrophique dans laquelle nous sommes, que ce soit au niveau du réchauffement climatique, de la disparition des espèces, ou de la surconsommation… Mais si l’on se projette dans le futur, il semblerait que les choses soient destinées à changer.

En effet, les réserves de pétrole et de gaz mondiales n’ont plus qu’une durée de vie estimée à 33 et 56 ans, et il se fait de plus en plus difficile d’en trouver étant donné que, par exemple, la moyenne de l’importance des gisements de pétrole que l’on découvre devient de plus en plus petite. Le processus de disparition a donc déjà commencé, et ses effets se feront progressivement sentir pendant cette trentaine d’années qu’il reste à vivre au pétrole. La demande de pétrole, qui augmente de plus en plus, ne pourra donc pas être honorée, tout comme cela sera le cas avec le gaz plus tard. Il va donc devenir impératif de trouver des méthodes alternatives, et ces dernières ne pourront sans doute qu’être non polluantes.

Il est effectivement incontestable que l’on se penche de plus en plus sur des moyens « verts » de produire de l’énergie, que ce soit en utilisant l’énergie solaire, de l’eau, du vent… Autant de possibilités exploitant des ressources naturelles renouvelables et infinies. Il est cependant inquiétant de voir que certains voient dans les biocarburants une source viable d’énergie, alors qu’ils ne peuvent être confectionnés qu’en utilisant de manière massive des produits le plus souvent végétaux et qui peuvent servir d’aliments, ce qui contribue à détruire l’environnement encore plus qu’il ne l’est déjà, et à aggraver une famine qui existe déjà généralement dans les pays où a lieu cette exploitation. Nous pouvons illustrer ces catastrophes par l’exemple qui est probablement le plus connu à ce propos ; les fameuses cultures de soja brésiliennes, qui demandent une vaste déforestation de la forêt amazonienne pour créer des hectares d’espaces libres permettant la culture du soja. De surcroît, comme ces terrains appartiennent à de grosses entreprises, les petits cultivateurs indépendants subissent des pressions de leur part pour qu’ils quittent leur habitation et aillent s’installer ailleurs, dans des endroits où ils ne pourront souvent plus générer des revenus décents. Ajoutons à cette destruction de l’environnement et à cet appauvrissement de la population locale que tout ce qui est produit de la sorte pour créer des biocarburants est ce qui n’aura aucune chance d’arriver dans les assiettes des brésiliens souffrant de famine. Il s’agit donc d’une énergie qui, je l’espère, ne devrait pas réussir à s’imposer dans le futur.

La voie la plus crédible est donc bien celle des énergies vertes renouvelables, qui font de plus en plus l’objet d’études de viabilité et d’investissements.
Le soleil, la force de l’eau et du vent, l’hydrogène et la fusion nucléaire sont théoriquement capables d’engendrer toute l’énergie dont l’homme a besoin. L’homme dispose de ressources potentielles illimitées: le problème de leur utilisation est simplement technique. Dans les années 1970, le futurologue Herman Kahn (1922-1983) considérait que la Terre pourrait nourrir 20 milliards d’hommes avec un revenu moyen nettement supérieur à celui des pays développés de l’époque, sans sous-estimer aucunement les problèmes d’environnement et de pollution, avec en perspective l’idée que le volume de la population se stabiliserait vers le milieu du XXIème siècle. Les problèmes sont plus qualitatifs que quantitatifs.

Il demeure cependant un problème : alors que le chemin devrait être tout ouvert devant ces alternatives, de nombreux lobbys dont les intérêts se trouvent dans le commerce des hydrocarbures rachètent les brevets des inventions qui pourraient causer du tort à leur entreprise, et freinent donc la recherche. Ils ne permettent pas que les événements les dépassent et qu’ils puissent perdre leur mainmise sur l’énergie à cause de l’une ou l’autre invention permise par le progrès, mais ils seront forcés, un jour ou l’autre, de se convertir à d’autres types d’énergie que ceux dans lesquels ils font actuellement fortune, car la disparition du pétrole et du gaz est bel et bien inéluctable. C’est pourquoi il est permis de chercher mais pas de trouver ni de mettre en place des projets vraiment significatifs trop tôt : il faudra attendre que ces magnats du monde financier soient prêts à faire migrer leurs intérêts vers les nouvelles énergies, de sorte à ne pas disparaître ni faire trop de pertes, pour que des nouvelles techniques puissent émerger sur le marché. Mais, étant donné qu’ils iront sans doute jusqu’au bout de leurs moyens, c’est-à-dire attendre aussi longtemps que ces 30-50 ans de longévité des ressources le leur accordent, beaucoup de mal qui aurait pu être évité sera fait à la planète. Malgré tout, l’hypocrisie et le manque de scrupules sont poussés jusqu’à ce que certains fonds d’investissement tentent de faire de l’écologie un business lucratif ; ces fonds se spécialisent dans l’achat et la vente de droits à polluer dans l’objectif de faire du profit avec ce type de produits, exactement comme ils le font avec le pétrole, avec les produits alimentaires, avec les crédits immobiliers, etc. Ces droits de polluer induits par les Protocoles de Kyoto semblent donc faire des heureux. Protocoles qui sont un retentissant échec, puisque outre le fait qu’ils n’ont même pas été ratifiés par la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis, l’émission des gaz à effet de serre a augmenté de 35% au niveau mondial entre 1997 et 2007, et on conçoit mal ce que les États ont le pouvoir de faire pour contraindre des entreprises qui les dominent complètement à baisser leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces derniers ont d’ailleurs été si généreux avec les entreprises que le prix de la tonne de carbone est quasiment d’un niveau 0, leur permettant ainsi de polluer autant que cela leur chante.

Il est donc clair que la pollution en tant que modification du milieu naturel par l’action humaine existera toujours, mais ce n’en est pas pour autant une « fatalité » dans le sens où cela serait défavorable ; en effet, bien que cela blessera toujours la nature, il n’en est pas pour autant vrai que l’homme, pour vivre différemment d’un animal, doit obligatoirement sortir du cycle naturel avec les conséquences que cela engendre sur son environnement. Le problème avec l’être humain, c’est qu’il a toujours manqué de sagesse ; il a été conçu de sorte à être une force de la nature à part entière, ce qu’il est plus que jamais à l’heure actuelle, pouvant influencer le cours de bien des cycles naturels, mais il ne s’est pas encore montré capable d’assumer réellement cette responsabilité. En effet, les peuples animistes étaient trop proches de la nature et pas assez des préoccupations de leur civilisation, alors que faire progresser cette dernière est tout de même la raison d’être de l’homme ; en conséquence, ils ont quasiment disparu et ceux qu’il reste à l’heure actuelle ne vivent plus que dans un état primitif, de même que tous les autres modes de vie qui étaient certes porteurs des meilleures intentions, mais trop éloignés des nécessités du monde réel pour que leur existence ne soit pas éphémère. Actuellement, dans nos sociétés de consommation dégénérées qui ont perdu les meilleurs repères qui puissent guider l’être humain, comme Dieu, et qui ne jurent plus que par de futiles jouissances matérielles, nous sommes dans une optique extrême, dont le défaut est d’être si profondément ancré sur ce que l’on pense être les réalités du monde que l’on en oublie les choses autrement plus subtiles et utiles que ce qui est purement matériel, tangible, mais n’en est pas pourtant tout aussi nécessaire, réel et vital. Nul doute que cette stupide logique de court terme ne cause notre perte tout comme les égarements d’autres peuples, sociétés ou civilisations ont causé la leur. Mais il est encore possible de rectifier le tir. Il ne faut en aucun cas s’attendre à ce qu’un changement providentiel vienne de nos gouvernements irresponsables, mais cela n’empêche pas que l’on puisse avoir une certaine foi dans le destin, puisque comme nous l’avons vu, il semble que l’humanité soit obligée d’adopter des techniques d’énergie verte dans un avenir relativement proche. Cependant, bien que cela réglera peut-être le problème des gaz à effets de serre, qui seraient, bien que beaucoup de scientifiques en doutent encore, à l’origine du réchauffement climatique, et que cela contribuera à assainir l’environnement, il n’en reste pas moins que les problèmes de surconsommation qu’engendre la surpopulation, et qui causent une disparition affolante des espèces, persisteront. Cette surconsommation me semble d’ailleurs plus dramatique que le réchauffement climatique, et peut être également considéré comme une sorte de pollution. Reste à savoir si ce type de pollution sera, lui, non seulement une fatalité, mais également fatal au genre humain. Ce point relève donc plus de la spéculation que le premier, mais au vu du dérèglement climatique qui engendre des cataclysmes de plus en plus nombreux et violents, nous pouvons déduire que, si l’humanité ne règle pas bientôt ce problème d’elle-même, en trouvant une parade, la Terre s’en chargera d’elle-même. Cela ne causerait certainement pas une extinction du genre humain, mais un retour à l’équilibre qui ferait des centaines de millions, si ce n’est des milliards, de victimes. Cependant, si l’humanité veut échapper à cette tragédie, elle doit se débarrasser de son modèle de vie déséquilibré, voué à une mort certaine comme ceux qui l’ont précédé, et adopter enfin la sagesse du juste milieu, qui permette au genre humain de faire progresser ses particularités d’humain en utilisant ce qui lui est nécessaire dans la nature pour faire avancer sa civilisation, mais en veillant aux lois qui permettent l’équilibre de son environnement. Une sorte d’intermédiaire entre les caractéristiques des sociétés animistes et de celles de notre époque : une harmonie sans fusion, une exploitation sans domination. Tant que notre société n’aura pas atteint cet idéal, les pires types de pollution ne pourront qu’être des fatalités.

Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 20 2009

La Trilatérale est au service du Nouvel Ordre Mondial, par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Désireux d’en savoir plus au sujet du dernier ouvrage de Pierre Hillard, « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », paru le 17 avril dernier aux Éditions François-Xavier de Guibert, nous avons pris contact avec lui. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Hillard est professeur de relations internationales à l’école supérieure de commerce extérieur de Paris. Historien de formation, diplômé de science politique et d’études stratégiques, spécialiste de l’Allemagne, des affaires européennes et de la question des minorités, il centre son étude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. Accédant à notre demande, il a accepté de rédiger, pour Mecanopolis, un article à propos de la Commission Trilatérale en guise de présentation de son livre qui, lui, porte sur la Fondation Bertelsmann.

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La Trilatérale est une organisation méconnue du public français. Croyant que le suffrage universel représente l’arme décisive pour changer le cours des choses, les Français ignorent en fait que les véritables acteurs de la vie politique et économique se trouvent au sein de « centres de réflexion » nourris par des multinationales. Des groupes ultra puissants comme le Bilderberg, le Lucis Trust, le Council on Foreign Relations (le CFR pour les Etats-Unis concernant la politique étrangère), l’European Council on Foreign Relations (l’ECFR pour l’Union européenne), la Fondation Bertelsmann pour ne citer que ces cas représentent les relais du pouvoir mondial en gestation. Coopérant étroitement entre eux, ces groupes élitistes constituent les différents musiciens permettant à l’orchestre mondialiste de jouer une partition intitulée : « Vers une gouvernance mondiale ». Dans cette affaire, un groupe solidement implanté joue aussi son rôle en faveur d’une unification planétaire : la Trilatérale.

Créée en 1973 par Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Obama) et David Rockefeller (ancien président du CFR pour ne citer que ce cas), la Trilatérale est constituée de trois entités : l’Amérique du Nord, l’Europe et le Japon. L’objectif de la Trilatérale comme l’affirme Brzezinski dans un article du Figaro est de permettre aux Etats de « faire face à des problèmes de plus en plus partagés – financiers, économiques et stratégiques – et qu’ils sont de moins en moins en mesure de régler, sans au moins se concerter plus étroitement dans leur propre intérêt et dans celui du reste du monde (…). D’où l’idée d’un groupe non gouvernemental de réflexion et de proposition, une centaine d’hommes et de femmes – d’Etat comme d’affaires, de syndicat comme d’université -, qui pourrait nous habituer à travailler ensemble et à mieux réconcilier nos politiques. Un groupe qui a eu le bonheur de compter dans ses rangs des Français tels que Paul Delouvrier, Robert Marjolin, Raymond Barre, Simone Veil, François de Rose, Hubert Védrine, parmi tant d’autres … (…). La Trilatérale a beaucoup fait en son temps pour nous rapprocher – nous Américains, Européens et Japonais (…). L’un de ses rejetons a été le groupe des Sept (le G-7)[1] » .

En fait, la Trilatérale œuvre en faveur d’une gouvernance mondiale en procédant par étape. Ainsi, l’une d’entre elle consiste à créer un bloc euro-atlantique unifié dans les domaines politiques, économiques et militaires. Les personnes clefs à la tête de cet institut le confirment aisément. Le président de la Trilatérale Europe est l’Irlandais Peter Sutherland[2]. Outre son passage à la tête de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), il est aussi le président européen d’un institut euro-américain ultra puissant oeuvrant en faveur d’une Union atlantique : le TPN (Transatlantic Policy Network, réseau politique transatlantique)[3]. Ce TPN soutenu par les grandes multinationales (Boeing, Michelin, Coca-Cola, Bertelsmann, Nestley, Microsoft, etc)[4] a affiché clairement ses objectifs : la création d’un seul bloc atlantique à l’horizon 2015[5]. Le rôle de Peter Sutherland à la tête de ces deux instituts est de mener à bien cette ambition. Face à ces objectifs, il n’est donc pas étonnant de relever le nom du vice-président de la Trilatérale Europe, Hervé de Carmoy[6]. En effet, ce dernier est l’auteur d’un ouvrage au titre explicite et résumant la finalité du projet transatlantique, Euramérique[7].

Dans ce travail de fond, la Trilatérale ne laisse rien au hasard. En effet, lors des travaux Giscard en 2003/2004 en faveur d’une constitution européenne, le véritable meneur fut l’Anglais Lord Kerr of Kinlochard, membre de la Trilatérale Europe. Ancien président de la société pétrolière Shell, ancien ambassadeur aux Etats-Unis, il fut aussi le secrétaire général à la Convention européenne auprès de Valéry Giscard d’Estaing[8]. Une telle fonction est logique puisqu’il s’avère nécessaire de créer un pilier politique européen associé au pilier nord-américain dans le but de donner naissance à une Union atlantique. Cet idéal était déjà affiché par le Fondateur de la Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi qui, dans un discours de 1950, appelait à la naissance d’une « Union atlantique » aboutissant à une « fédération à trois », « l’Angleterre faisant le pont entre l’Europe et l’Amérique »[9].

Ces informations soulignent l’importance de la Trilatérale. Son action doit être dénoncée car elle participe à la formation d’une gouvernance mondiale destructrice des nations et des traditions.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Dernier ouvrage paru : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance mondiale »

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Notes :

[1] Le Figaro, 25 janvier 1999

[2] http://www.trilateral.org/memb.htm

[3] http://www.tpnonline.org/who.html

[4] http://www.tpnonline.org/business.html

[5] http://www.tpnonline.org/activities.html : voir “strategy to strenghten transatlantic partnership”. Ce travail a été présenté dans un ouvrage intitulé Deep Integration de Daniel Hamilton et Joseph Quinlan aux Editions Center for Transatlantic Relations.

[6] http://www.trilateral.org/membship/bios/hdc.htm

[7] Euramérique, Hervé de Carmoy, Editions PUF, 2007.

[8] http://www.trilateral.org/memb.htm La liste montre aussi que l’ancien ambassadeur français aux Etats-Unis, François Bujon de l’Estang, est membre de la Trilatérale.

[9] Voir notre livre La décomposition des nations européennes, aux Editions François-Xavier de Guibert, annexe 11.

mai 07 2009

Pandémie A/H1N1, de la phase 5 à la phase 6 (suivi de l’évolution)

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

La phase 6 est le niveau de gravité le plus élevé dans la classification des épidémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le passage à cette étape signifierait qu’il existe de nombreux foyers de contamination répartis dans plusieurs zones géographiques de la planète. A partir de ce niveau, la situation devient pratiquement incontrôlable, car, selon l’OMS, l’infection connaît « une forte transmission interhumaine dans la population avec une extension géographique rapide ».

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Il est amusant de constater à quel point nos amis « alternatifs » sont inconstants et influençables dans leurs opinions. Ce sont en effet les mêmes sites qui, il y a dix jours, annonçaient que la moitié de la population mondiale allait être décimée par le A/H1N1 qui aujourd’hui retournent leur veste pour nous expliquer que tout cela n’était qu’une « PsyOp », terme dont ils semblent ignorer jusqu’à la définition. Ils ont beau dénoncer en permanence les médias « mainstream », ils ne sont en fait que leur meilleur relais. Mais comme dit le proverbe : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est seulement le vent qui change de direction. »

Il aura suffi  quelques déclarations du président Calderon, reproduites à l’infini par les agences de presses, pour que la grande majorité du monde se rallie à son avis : Le A/H1N1 ne serait qu’une vaste farce.

Après avoir confiné tous les habitants chez eux pendant 5 jours, distribué des centaines de milliers de masques, fermés tous les restaurants, bars, églises, etc, il ne pouvait y avoir qu’une diminution de la transmission du virus. Encore heureux d’ailleurs…

De fait, perdant 100 millions de dollars par jour, le gouvernement mexicain n’avait pas trop le choix. Il suffit pourtant d’une simple calculette pour se rendre compte que les statistiques du Mexique sont bidons. Comment expliquer que les 727 cas mexicains confirmés ce soir (des chiffres qui viennent de doubler en 24h alors que le président Calderon parle de stabilisation) puissent-être responsables des 1025 cas recensés à travers le monde – puisqu’on nous affirme que, mis à part une vingtaine, tous sont liés à un voyage au Mexique. Est-ce que les touristes seraient plus vulnérables que les autochtones, ou alors peut-être que ce sont les calculettes mexicaines qui manquent de piles ?

Comme nous l’avons indiqué il y a plusieurs jours déjà, le gouvernement mexicain à tout intérêt, pour des raisons économiques et politiques évidentes, à « nuancer » ses statistiques, de sorte à laisser la « place » du premier foyer de l’épidémie aux États-Unis, qui redoublent eux-même d’efforts pour nous envoyer des signaux positifs. Sûr que, après avoir été à l’origine de la crise économique, ils se passeraient bien d’être à la source d’une pandémie mondiale.

Nous aurions tort de croire que la propagation du virus a été stoppée. Et si, l’été venu, l’hémisphère nord sera momentanément épargné, nous ne pouvons malheureusement pas douter des effets catastrophiques que cette pandémie aura sur les populations du sud. Mais qui se préoccupe de leur sort ? Certainement pas l’OMS, qui tarde à passer le niveau d’alerte en phase 6, alors que tout indique que la situation n’est vraiment pas sous contrôle.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis


21:30 > La France envoie un virologue et 100′000 doses de Tamiflu au Mexique.

21:35 > Pour l’évolution du A/H1N1 au Québec, nous recommandons Lyne Robichaud sur twitter.

21:40 > L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé mardi les Etats à ne pas baisser la garde face à la grippe porcine qui a contaminé, selon elle, 1.085 personnes dans 21 pays.

« Dans cette situation, il est essentiel que nous continuions à maintenir et à renforcer notre alerte et notre surveillance », a déclaré le numéro deux de l’OMS, le Dr Keiji Fukuda, lors d’une conférence de presse.

« La situation ne cesse d’évoluer » et « reste très préoccupante », a souligné M. Fukuda, revoyant à la hausse le dernier bilan diffusé lundi matin par l’OMS à Genève. Il a fait état de désormais 1.085 cas avérés dans le monde, sans donner plus de détail. (AFP)

22:20 > «Nous ne savons pas de combien de temps nous disposons avant de passer à la phase 6, qui indique que nous sommes dans une pandémie » déclare Margaret Chang, directrice générale de l’OMS, dans une dépêche de Reuters rapportée par  20Minutes.

22:40 > La dépêche de Reuters précédemment citée est publiés dans son intégralité sur cet article que nous a fait parvenir Redamex.

22:45 > Vous avez dit 100′000 ?

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Comme nous l’indiquions à 21:30, la France envoie 100′000 doses de Tamiflu au Mexique. Sachant qu’une dose* représente 150mg d’oseltamivir et qu’il faut en moyenne 10 jours de traitement pour soigner un patient, cela permettra de soigner 10′000 malades. On se demande bien pourquoi la France envoie ce soir ces comprimés puisque que le président Calderon nous dit que la situation est stable, et même qu’elle régresse… Cela alors que les Etats-Unis avaient déjà envoyés 400′000 doses le 1er mai, comme l’indique l’Express.

Soit ils se les font en salades, soit Calderon nous fait des cachoteries…

*Si on parle de doses, c’est parce que les stocks comportent un peu toute la gamme existante du Tamiflu : il existe des boites de 30mg, 45mg, 75mg et aussi d’autres formules en injection. Une dose est donc la quantité journalière de Tamiflu pour soigner un patient, et non pas une boite entière, comme nous le lisons ici et là. Pour de plus amples renseignements, télécharger la brochure Tamiflu.pdf

22:30 > Grippe A (H1N1): ce qu’il est bon de savoir

Que faire…

  • Surveiller l’apparition de symptômes de grippe. Il faut être attentif aux symptômes suivants :
    -fièvre
    -fatigue
    -perte d’appétit
    -toux
    -maux de gorge
    -éternuements et sécrétions nasales
    -vomissements ou diarrhées.
  • Adopter les mesures d’hygiène et de prévention prescrites contre tout type de grippe, soit se laver les mains régulièrement, se couvrir la bouche et le nez lorsqu’on tousse ou éternue et rester à la maison si on se sent malade.
  • Éviter tout déplacement non essentiel au Mexique, comme le recommande le ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international.

Trousse d’urgence

  • Santé Canada conseille, en cas de pandémie de grippe, d’avoir « une trousse d’urgence suffisamment garnie pour être en mesure de prendre soin de votre famille pendant au moins 72 heures sans aide extérieure ». Cette trousse doit entre autres contenir : des aliments non périssables, un ouvre-boîte, de l’eau, des médicaments, un nécessaire de premiers soins, de l’argent comptant, etc. Pour en savoir plus : www.hc-sc.gc.ca.

Lignes d’information téléphonique sur la grippe porcine

  • Au Québec : 1 877 644-4545
  • Au Canada : 1 800 454-8302
  • En France : 0.825.302.302, ou + 33.1.53.56.73.23 depuis l’étranger

et ne pas faire

  • Ne pas tenter de se faire prescrire un antiviral préventif. Les antiviraux Tamiflu et Relenza sont efficaces contre le nouveau virus, mais ils sont réservés aux malades et au personnel de santé. Ils n’immunisent pas contre le virus, mais peuvent atténuer les symptômes de la grippe et en réduire la durée. Leur utilisation massive pourrait par contre rendre le virus résistant aux antiviraux.
  • À moins de présenter des symptômes, ne pas utiliser de masque. Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les gens portent le masque souvent de manière inadéquate ou ils le contaminent en le manipulant. Il n’y aurait donc pas d’avantage à en porter un et cela augmenterait même parfois le risque de contagion.
  • Ne pas tenter de se faire vacciner si on n’a pas l’intention de voyager. Selon les instances de santé publique du Québec et du Canada, il est peu probable que le vaccin contre la grippe saisonnière offre une protection contre la grippe A (H1N1). Par contre si vous prévoyez aller en voyage, il est recommandé de se faire vacciner contre la grippe puisque le virus saisonnier de l’influenza circule encore.
  • Ne pas craindre de manger du porc. La grippe se transmet par des sécrétions qui contiennent des virus (par la toux, les éternuements ou des objets contaminés) et non pas par la viande de porc. On peut donc en consommer.

Un virus qui peut muter

C’est la première fois que l’humain doit affronter la souche du virus de la grippe A (H1N1). Ainsi, notre système immunitaire est probablement sans défenses contre lui. C’est ce qui fait craindre une pandémie. En faisant passer l’alerte à la phase 5 la semaine dernière, l’OMS avançait qu’une pandémie de grippe était imminente. Un virus n’a toutefois pas besoin d’être virulent pour être qualifié de pandémique : il suffit qu’il touche des gens dans plusieurs pays.

Même si le virus de la grippe A (H1N1) ne se révélait pas très dangereux, il faut être vigilant, disent les experts. Les virus mutent fréquemment et facilement. Le nouveau virus, par exemple, contient actuellement du matériel génétique de deux virus porcins, d’un virus aviaire et d’un virus humain. En mutant, il pourrait devenir plus inquiétant. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé avec la grippe espagnole de 1918 qui est revenue en force après une période d’accalmie. Dans l’histoire des pandémies de grippe, celle de 1918 constitue toutefois un événement exceptionnel avec ses 40 millions à 50 millions de morts. Source : passeportsante.net

23:50 > Le Canada a annoncé lundi son premier cas « grave » de grippe porcine humaine, alors que le nombre de personnes touchées par la maladie grimpait à 140 dans l’ensemble du pays.

« Aujourd’hui (la province d’Alberta) rapporte le premier cas grave de grippe H1N1 au Canada », a déclaré la ministre de la Santé Leona Aglukkaq.

Il s’agit d’une fillette qui se trouve aux soins intensifs dans un hôpital d’Edmonton (ouest), a-t-elle précisé. Son hospitalisation avait été annoncée plus tôt dans la journée par les autorités locales. (AFP)

Mardi 5 mai 2009

00:20 > Bonsoir les insomniaques ;)

L’expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience vise à estimer à quel niveau d’obéissance peut aller un individu dirigé par une autorité qu’il juge légitime et à voir le processus qui mène à un maintien de cette obéissance ; notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. L’expérience de  Milgram à été reproduite dans le film « I comme Icare », dont nous vous proposons un extrait.

00:30 > Le bilan de la grippe porcine au Mexique s’élève à 776 malades, soit 75 de plus, alors que le nombre de victimes reste inchangé avec 26 morts, a annoncé lundi le ministre de la Santé José Angel Cordova. (AFP)

05:00 > La Chine a envoyé un vol charter lundi soir pour rapatrier les 200 citoyens chinois qui sont restés au Mexique, qui est le centre de l’épidémie de la grippe du type A/H1N1, a annoncé l’opérateur des vols.

L’avion a quitté Guangzhou pour Mexico et Tijuana à 22h, et il devrait revenir à Shanghai à 9 heures le mercredi matin, a annoncé China Southern Airlines.

06:00 > Grippe A : comment Paris se prépare

Hier matin, alors que deux nouveaux cas de grippes H1N1 ont été diagnostiqués (une femme et un homme, hospitalisés à Bichat), portant à quatre le nombre de cas avérés en France, Bertrand Delanoë a organisé une réunion de travail à l’hôtel de ville afin de présenter le dispositif mis en place par la mairie.

Objectif : informer les vingt maires d’arrondissement du rôle qu’ils auront à jouer en cas de passage au niveau 6 (le maximum) de l’alerte sanitaire. « Paris est prêt », rappelait-on hier au cabinet du maire de la capitale.

Cinq millions de masques en stock. Paris applique à la lettre le Plan national de prévention et de lutte contre la pandémie grippale qui vise à coordonner l’action de l’Etat et des collectivités locales. Elaboré en 2004 (avant l’alerte à la grippe aviaire) et plusieurs fois remis à jour depuis, ce document prévoit notamment que les mairies doivent s’équiper de masques de protection à titre préventif. « Nous en achetons depuis plusieurs années et nous les renouvelons régulièrement car ils ont une durée de vie limitée, explique-t-on en mairie. Nous en avons cinq millions en stock, prêts à être distribués. »

Les services municipaux ne s’arrêteront pas. Inutile toutefois de se précipiter en mairie pour obtenir son masque si le niveau d’alerte est relevé. Dans ce cas, les cinq millions de masques stockés par la ville seraient réservés aux agents municipaux… réquisitionnés pour assurer la continuité du service public. Les services du ramassage des ordures, de la production d’eau, de l’assainissement… doivent continuer à fonctionner quel que soit le niveau d’alerte. Ils nécessiteraient l’emploi de 15 000 agents municipaux. Les masques étant efficaces quatre à cinq heures d’affilée, le stock parisien leur assurera une « autonomie » de plusieurs semaines.

La préfecture de police pilote le dispositif.
« Plusieurs centaines de milliers de masques de protection ont déjà été distribués dans les commissariats et les casernes de pompiers », précisait-on aussi hier du côté à la préfecture de police. Le préfet de police, à la tête de la zone de défense de Paris (chargée de gérer les situations de crise pour l’Ile-de-France), peut, en cas de relèvement du niveau d’alerte, procéder à des réquisitions pour les transports publics, l’acheminement de nourriture…. « Nous faisons un point quotidien avec l’AP-HP et les opérateurs concernés », précisent ses services.

Une cellule de crise est prête en mairie.
La ville reste en liaison permanente avec la préfecture de police et les services sanitaires « afin d’évaluer la réalité des risques ». Elle pourra, si besoin, activer la cellule de crise dont elle s’est dotée depuis 2004 et qui est chargée de faciliter la communication entre les services. « Pour l’instant, ces mesures ne sont pas nécessaires », indiquait-on hier dans l’entourage du maire.

Le Parisien, 05.05.2009 > leparisien.fr

humour

Humour, hier, le 4 mai, à Mexico-City

06:15 > En Chine, une quarantaine d’étudiants québécois ont été mis en quarantaine simplement parce qu’ils arrivaient du Canada. Les autorités canadiennes sont en contact avec eux pour s’assurer qu’ils sont bien traités.Les autorités sanitaires canadiennes précisent qu’il ne faut pas s’inquiéter si l’OMS en vient à hausser son niveau d’alerte de la phase 5 à la phase 6, la plus élevée.

«Le niveau d’alerte à la phase 6 ne signifie pas que le virus est plus virulent. La phase 6 signifie qu’on aurait constaté une propagation du virus dans d’autres pays de l’OMS», dit le Dr David Butler-Jones.

12:00 > La conférence de presse commune des ministres de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la Santé Roselyne Bachelot-Narquin sur l’évolution de la situation de la grippe A aura lieu mardi à 17H30 au ministère de l’Intérieur, Place Beauvau.

Les journalistes désireux d’y assister doivent s’accréditer auprès des services de presse de l’un des ministères : 01 49 27 38 53 pour l’Intérieur et 01 40 56 40 14 pour la Santé. (AFP)

12:20 > Le Canada a prévenu lundi qu’il engagerait des poursuites contre la Chine devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) si elle maintenait son embargo sur l’exportation des porcs en raison de l’épidémie de grippe A-H1N1. Lire l’article.

12:45 > L’OMS veut éviter une panique en élevant le niveau d’alerte en phase 6

oms

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) semble changer de tactique dans sa communication, de sorte à ne pas affoler les populations.

Alors que le virus s’est maintenant installé dans 19 pays, la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, a indiqué vouloir éviter une panique inutile lorsque l’alerte sera élevée au niveau six : « Le niveau six ne signifie pas que nous nous approchons de la fin du monde,mais signal aux autorités sanitaires du monde entier pour qu’ils se mettent en action et prennent les mesures pour protéger leur population » , a-t-elle déclaré. Lire l’article.

19:30 > Le nombre de cas avérés de grippe porcine en Espagne, pays d’Europe le plus touché par l’épidémie, a atteint 73 ce soir contre 57 hier, a annoncé le ministère de la Santé sur son site.

19:40 > La grippe porcine va coûter 2,3 milliards de dollars au Mexique, a annoncé aujourd’hui le ministre des Finances, Agustin Carstens. Lire l’article. On comprend mieux pourquoi la situation s’est brutalement stabilisée

Mercredi 6 mai 2009 > Chers amis lecteurs,

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour cette interruption d’infos sur notre site ces dernières 24h. Quelques failles dans la sécurité de notre plateforme, maintenant résolues, nous a contraint d’en bloquer temporairement l’accès à nos rédacteurs.

Mecanopolis

19:25 > Les affaires reprennent au Mexique, malgré une hausse des décès

Après plus d’une semaine de psychose, les affaires ont repris mercredi au Mexique, où les restaurants ont rouvert leurs portes, malgré un bilan de la grippe porcine en hausse avec 42 morts et un millier de malades.

La journée, qui s’ouvrait dans un climat optimiste, a débuté par un constat macabre. Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a annoncé à la télévision treize nouveaux décès, dont plusieurs survenus récemment. Lire la suite

19:40 > Les cas confirmés de malades dans le monde: 2.055 dont

-1.112 au Mexique

-653 aux Etats-Unis

-165 au Canada

-57 en Espagne

-32 en Grande-Bretagne

-9 en Allemagne

-7 en France

-5 en Nouvelle-Zélande

-5 en Italie

-4 en Israël

-2 au Salvador et en Corée du Sud

-1 en Autriche, au Costa Rica, en Colombie, au Danemark, au Guatemala, à Hong Kong, en Irlande, aux Pays-Bas, au Portugal et en Suisse.

-Selon les Centres américains de contrôle des maladies (CDC), un tiers des cas confirmés aux Etats-Unis sont des malades qui se sont rendus au Mexique et y ont probablement contracté la maladie.

-L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonce qu’elle a commencé la livraison de 2,4 millions de doses de traitement antigrippaux aux 72 pays « qui en ont le plus besoin ».

-Au Mexique, les autorités ont annulé les festivités prévues pour le Cinco de Mayo -qui célèbre la victoire contre les troupes françaises en 1862-mais ont autorisé la réouverture de la plupart des commerces dès ce mercredi et des universités à partir de jeudi. Les cafés, musées et bibliothèques de la capitale, Mexico, doivent rouvrir cette semaine; les écoles dans tout le pays doivent rouvrir la semaine prochaine.

-Le Mexique a annoncé un plan de relance de 1,3 milliard de dollars (980 millions d’euros) essentiellement destiné aux petites et moyennes entreprises et au tourisme alors que l’épidémie a coûté au moins 2,2 milliards de dollars (1,66 milliard d’euros) à l’économie mexicaine.

-Aux Etats-Unis, les autorités sanitaires déclarent ne plus recommmander la fermeture des écoles dans la mesure où le virus A(H1N1) s’est avéré moins agressif que ce qui a été initialement craint.

-Alors que le Mexique a rapatrié des dizaines de ses ressortissants mis en quarantaine par les autorités chinoises et que la Chine a fait de même en sens inverse, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin a annoncé que quatre Américains ont été placés en quarantaine en Chine.

-L’Organisation mondiale de la Santé a souligné qu’il était inutile d’abattre les porcs dans la mesure où la souche A/H1N1 se propage par transmission humaine et précisé qu’un cheptel de porcs au Canada a probablement été infecté par un ouvrier agricole qui rentrait du Mexique.

-La Fédération américaine des exportateurs de viande estime que les exportations de porc américains ont chuté de près de 10% depuis le début de l’épidémie.

19:50 > Selon nos informations, Michèle Alliot-Marie prépare une communication pour les collectivités

L’objectif de cette communication :rappeler les principaux textes et obligations, de la  circulaire du 10 avril 2008. Les ministres de l’Intérieur et de la Santé, Michèle Alliot-Marie et Roselyne Bachelot-Narquin, ont réuni les préfets de zone, mardi, pour examiner avec eux la mise en œuvre du plan pandémie. Ellles leur ont demandé que soient mis à jour dans chaque département les plans de continuité d’activité, en ce qui concerne l’Etat comme les grands opérateurs et les plans de distribution des masques et des dispositifs de protection pour les primo-intervenants. En attendant, le recensement des stocks de masques et traitements antiviraux réalisé au niveau de l’Etat va se poursuivre dans les collectivités.

Mecanopolis

20:05 > La Pologne a enregistré son premier cas de grippe porcine, les tests ayant confirmé la présence du virus A(H1N1) chez une femme rentrée récemment des Etats-Unis, a annoncé mercredi la ministre de la Santé, Ewa Kopacz.

20:15 > L’Etat de Illinois (USA) confirme 225 cas de A(H1N1) principalement concentrés dans la région de Cook/Chicago. Merci à Lyne, de Montréal, pour cette info.

20:15 > Les banques auraient provoqué la crise financière, selon l’AFP

Les banques américaines et européennes n’ont pas été des victimes de la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis en 2008, mais sont coupables de l’avoir délibérément provoquée, estime mercredi une organisation américaine de journalisme d’investigation.

Le Center for Public Integrity estime à 25 le nombre d’organismes de crédits immobiliers dont les prêt à risques consentis sont à l’origine de la crise du marché immobilier qui a éclaté en 2007 et qui a provoqué la crise économique.

Lire la suite


Exclusif > Rapport alarmant des autorités suisses sur le A/H1N1

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La grippe A(H1N1) a été confirmée pour la première fois en Suisse le 29.04.2009. Le risque d’importer en Suisse de nouveaux cas d’infection augmente avec le nombre de cas confirmés dans le monde entier et le nombre de zones affectées. Par conséquent, le nombre de personnes pouvant être en contact avecle virus de la grippe A(H1N1) pourrait aussi augmenter.

Télécharger rapport_complet pdf

22:05 > Le secrétaire mexicain à la santé secrétaire, José Angel Cordova, a déclaré que le Mexique applique les restrictions qui correspondent la phase 6 de l’alerte de pandémie. Lire l’article. Merci a Redamex pour cette info

22:20 > 2′055 cas confirmés dans le monde, dont 1′112 au Mexique, l’épicentre de l’épidémie, 653 aux États-Unis, 165 au Canada et 57 en Espagne pour les pays les plus atteint.

22:30 > Après plus d’une semaine de psychose, les affaires ont repris mercredi au Mexique, où les restaurants et les sites archéologiques ont rouvert, malgré un bilan de la grippe porcine en hausse avec 42 morts.

Le ministre de la Santé, José Angel Cordova, a tempéré l’optimisme ambiant en annonçant treize nouveaux décès, dont plusieurs survenus récemment, et un millier de malades. (AFP)

Notons que monsieur le président Calderon a rayé le mot « stabilisation » de son vocabulaire…

22:40 > Quelques membres de notre groupe facebook nous demandent pourquoi nous avons intitulé cette page « de la phase 5 à la phase 6″, puisque cela ne semble pas être d’actualité. Bonne question ! Il se trouve que nous connaissons les affaires de ce monde depuis suffisamment longtemps pour ne pas douter un instant que ce virus est, pour nos gouvernements, une opportunité, sinon pire, de faire taire les contestations sociales qui ne tarderont plus à être incontrôlables. Ce A/H1N1 n’est qu’un outil de contrôle supplémentaire des populations. Pour qu’il soit efficace, il est nécessaire qu’il se propage. Et il faut être un débile profond pour ne pas constater ce que les chiffres indiquent : le virus se propage. Ainsi, la phase 6 semble inéluctable, même si, politiquement, tout est fait pour la retarder.

22:55 > Le prochain vaccin contre la grippe saisonnière protégera-t-il contre le virus H1N1 qui vient d’émerger au Mexique ? Lire l’article.

23:00 > Le Canada passe la barre des 200 cas

Le nombre de cas confirmés de grippe porcine A(H1N1) a passé la barre des 200 mercredi au Canada, tous les malades présentant des symptômes bénins de la maladie, à l’exception d’une fillette hospitalisée.Une trentaine de nouveaux cas ont été signalés par les autorités des différentes provinces, portant le total canadien à 201. (AFP)

Notez qu’aux dernières estimations, il y a 3 heures, ils n’en n’étaient qu’à 165 cas…


23:10 > Une vidéo que nous avions placée le 16 août 2008 sur notre compte Dailymotion :
envoyé par Mecanopolis

Ce que vous voyez sur ces images, ce sont des cercueils en plastique (500′000 pièces), hermétiques, stockés en Géorgie (USA), un Etat où réside notamment l’US Army Environmental Command (USAEC) et le Borden Institute, de l’armée américaine, qui dirige le programme Biological Warfare.

23:30 > Faits et chiffres dans le monde

judJudy Trunnell, 33 ans… 2ème victime du A/H1N1 aux USA
source : smh.com

-Les morts: 42 décès au Mexique et deux dans l’Etat américain du Texas (un bébé mexicain de 23 mois et une femme vivant à proximité de la frontière mexicaine).

-Les cas confirmés de malades dans le monde: 2.055 dont

-1.112 au Mexique

-653 aux Etats-Unis

-165 au Canada

-57 en Espagne

-32 en Grande-Bretagne

-9 en Allemagne

-7 en France

-5 en Nouvelle-Zélande

-5 en Italie

-4 en Israël

-2 au Salvador et en Corée du Sud

-1 en Autriche, au Costa Rica, en Colombie, au Danemark, au Guatemala, à Hong Kong, en Irlande, aux Pays-Bas, au Portugal et en Suisse.

Suisse > Après avoir explosé dans un train, un paquet contenant le virus A/H1n1 s’égare…

Cette fois, le paquet n’a pas explosé. Il s’est égaré. Incroyable histoire qui est arrivée à un colis contenant des échantillons à analyser. Le colis était adressé par l’Institut d’infectiologie de l’Hôpital cantonal de Saint-Gall au Centre national influenza à Genève.

Seulement voilà, au lieu de prendre le chemin le plus court, le paquet a tourné en rond dans toute la Suisse. Envoyé en milieu de semaine dernière, il a mis pratiquement sept jours pour arriver à destination puisque Genève l’a reçu mardi. «Nous espérons connaître les résultats du laboratoire aujourd’hui (ndlr: hier)», souhaitait Angelika Heuberger, porte-parole de l’Hôpital de Saint-Gall. L’enjeu est de savoir si l’unique cas suspecté à Saint-Gall de grippe A (H1N1) est avéré ou non. Lire l’article.

23:55 > 81 cas confirmés en Espagne, selon Reuters. C’est donc 24 cas de plus que la dernière estimation, il y a quelques heures… Qui va bien pouvoir nous parler encore de stabilisation ?

Jeudi 7 mai 2009 > Graphique :  Canada/USA

evolutionusacanada

(Cliquez pour agrandir)

Notez que les chiffres ne sont pas à jour sur ce graphique. Le Canada compte 201 cas et les USA 653. Néanmoins, ce document démontre bien la forte progression du virus dans ces pays.

06:00 > Selon les derniers bilans de chaque pays, ce sont 2303 personnes qui ont été affectées par la grippe A/H1N1.

06:15 > Le gouvernement espagnol confirme 81 cas. Voir le tableau.

06:20 > Un seul vaccin possible

Des experts en grippe se réuniront la semaine prochaine pour discuter de l’éventualité d’une production de vaccins adaptés à la pandémie par les sociétés pharmaceutiques au lieu de vaccins contre la grippe régulière. C’est ce qu’a déclaré mercredi l’Organisation mondiale de la Santé.

La directrice de l’Initiative pour la Recherche des vaccins de l’OMS, le Docteur Marie-Paule Kieny, a affirmé que le groupe d’experts tiendra une téléconférence le 14 mai pour évaluer la nécessité du changement de production. Les fabricants de vaccins ne peuvent produire qu’un type de vaccin à la fois, un vaccin contre la grippe saisonnière, ou un vaccin contre la pandémie. Les experts sont toujours incertains du caractère mortel de la grippe A/H1N1, mais il faut prendre une décision le plus tôt possible, puisque la production exige des mois. L’OMS doit décider d’une priorité entre le vaccin contre la pandémie et le vaccin régulier. L’OMS doit sur cette question prendre en considération le fait que la grippe saisonnière fait 500 mille morts chaque année. Source : cctv.com

06:20 > La grippe A (H1N1) continue de se propager en Europe, où les laboratoires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont confirmé de nouveaux cas en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie et en Allemagne.

Si la flambée épidémique se matérialise dans une autre région du globe que la zone Mexique/Etats-Unis, qui recensent le plus de cas, l’OMS pourrait passer en phase 6, son niveau maximal d’alerte pandémique. Source : euroinvestor.fr

06:30 > Hans Troedsson, représentant de l’OMS en Chine, a indiqué que ce pays avait renforcé les mesures de contrôle stricts chez l’homme et sur les produits entrant en Chine et mis en quarantaine les personnes venant des régions qui connaissent des cas de grippe A. M.Troedsson a annoncé que certaines mesures de la prévention semblaient simples mais nécessaires. D’après lui, le virus se propage très facilement entre êtres humains. Il est donc probable que le virus A/H1N1 se déclare en Chine. Source : cctv.com

06:40> La viande provenant de porcs infectés par la grippe A/H1N1 ne devrait pas être consommée par l’homme, déclare un responsable de l’OMS. Source : crofsblogs

Sans blague ?

19:00 > Le 7 mai 2009 à 6 heures GMT, 23 pays avaient notifié officiellement 2.099 cas d’infection par le virus grippal A(H1N1), indique un communiqué de l’agence Mondiale de la Santé (OMS).

Le Mexique a notifié 1.112 cas d’infection humaine confirmés en laboratoire, dont 42 décès.

Les Etats-Unis ont notifié 642 cas d’infection humaine confirmés en laboratoire, dont deux décès.

Les pays qui suivent ont notifié des cas d’infection confirmés en laboratoire mais pas de décès : Allemagne (9), Autriche (1), Canada (201), Chine, Région administrative spéciale de Hong Kong (1), Colombie (1), Costa Rica (1), Danemark (1), El Salvador (2), Espagne (73), France (5), Guatemala (1), Irlande (1), Israël (4), Italie (5), Nouvelle-Zélande (5), Pays-Bas (1), Portugal (1), République de Corée (2), Royaume-Uni (28), Suède (1) et Suisse (1).

L’OMS ne recommande pas de restrictions concernant les voyages ordinaires, ni la fermeture des frontières.

Les personnes malades doivent différer leur voyage à l’étranger et les voyageurs qui tombent malades à leur retour doivent consulter les services médicaux. Ces recommandations sont des mesures de prudence qui peuvent limiter la propagation de nombreuses maladies transmissibles, dont la grippe.

De nouvelles informations sur la situation seront publiées régulièrement sur le site Web de l’OMS. Lire le communiqué de l’OMS.

19:05 > L‘Organisation mondiale de la santé (OMS) n’écarte pas un éventuel passage à la phase 6 (niveau maximum) de son niveau d’alerte concernant l’épidémie de grippe A(H1N1), alors que le nombre de cas confirmés en laboratoire a atteint à 2.099 à travers le monde. Lire le communiqué de l’ONU.

19:10 > 12 cas suspects de grippe porcine en Afrique

La propagation du virus aura un impact « sérieux » sur le continent. Selon M. Sanbo, l’OMS va procéder à la distribution de milliers de doses du médicament Tamiflu et de masques sur les pays africains pour lutter contre cette pandémie, ajoutant que la propagation du virus dans le continent aura un impact «sérieux» du fait que les pays africains ne disposent « ni des moyens suffisants ni de ressources financières nécessaires pour détecter cette nouvelle maladie », ajoute l’AFP. Lire l’article

19:15 > 2009 swine flu outbreak indique 2390 cas

Lire le document.

22:00 > France Télévisions se prépare au pire

On se croirait dans la série 24 heures. Le rôle de Jack Bauer serait alors tenu par Patrick de Carolis. Et pourtant, l’affaire est très sérieuse : mercredi matin, en comité exécutif, le patron de France Télévisions a dévoilé le plan d’urgence du groupe si le seuil d’alerte face à la grippe A devait entrer en phase 5B ( actuellement le virus est à la phase 5A ). C’est donc le prochain cran. France Télévisions, comme Radio France sont considérés comme des établissements « d’importance vitale » et, à ce titre, doivent remplir des spécifications très strictes. Les voici en exclusivité.

1. Grippe A, phase 5B

Si la ministre de la Santé Roselyne Bachelot déclenche la phase 5B, l’état de pandémie est déclaré. Les écoles ferment et les transports s’arrêtent. À France Télévisions, l’antenne doit être maintenue « en mode dégradé ». Pour faire tourner la boutique, seuls 1.000 salariés – sur les 11.000 – sont tenus de venir travailler. Le port du masque sur le lieu de travail devient obligatoire. Ces 1.000 collaborateurs seront sélectionnés selon deux critères : leur rôle indispensable et la proximité géographique de leur domicile avec le siège.

Le « mode dégradé » implique qu’aucune émission ne soit tournée en public. Le journal télévisé est maintenu. Les journalistes et techniciens envoyés sur le terrain sont équipés de combinaisons protectrices. Tous ces équipements de protection, dont 200.000 masques, sont d’ores et déjà achetés et stockés en banlieue parisienne dans un endroit tenu secret. Les équipements seront neufs de 7 jours. Les stocks permettent de tenir 90 jours, sachant que l’état de pandémie dure 120 jours d’après l’OMS.

2. Grippe A, phase 6

Si le gouvernement déclenche l’étape suivante, à savoir la phase 6, la circulation devient interdite en France. Les collaborateurs indispensables de France Télévisions échappent à cette mesure et seront munis de laissez-passer. Les mouvements au sein de l’entreprise doivent être réduits au minimum. Chacun sera doté dans son bureau de solutions hydro-alcoolisées de manière à pouvoir se laver les mains sans avoir à se déplacer aux toilettes.

À l’antenne, France 5 se substitue à l’Éducation nationale une semaine après le déclenchement de la phase 6. Tout est prévu depuis qu’un accord, datant du 4 mai 2007, signé entre France Télévisions et le ministère de l’Éducation nationale a réglé les détails de cette transformation de la chaîne en salle de classe audiovisuelle. Les cours primaires sont administrés via la télévision de 8 h 10 à 9 heures, les cours des collégiens de 10 h 30 à 12 heures, et les lycéens de 14 h 40 à 17 h 50. Les universitaires se débrouillent… Les cours se présenteront sous la forme de « 330 modules audiovisuels ». À l’heure actuelle, 100 modules sont déjà produits par le CNDP et stockés à France 5. Il en reste donc 230 à produire durant les 120 jours de la pandémie.

Source : lepoint.fr

Merci à Métal de nous avoir communiqué cet article.

06:00 > Au total 541 cas possibles de grippe A/H1N1 ont été détectés au Costa Rica jusqu’à présent, a annoncé jeudi le ministère costaricien de la Santé. Lire l’article.

06:20 > Les responsables sanitaires de l’Association des Nations du Sud-Est Asiatique, ainsi que leurs homologues de Chine, du Japon, et de Corée du Sud, participent à une conférence de 2 jours dans la capitale thaïlandaise, Bangkok. Ils y discutent des moyens pour faire face à la menace que représente la grippe A/H1N1 dans la région.

« Nous souhaitons générer un consensus et un engagement politique se concentrant sur les politiques nécessaires pour faire face à cette situation grave. Le temps est venu de montrer notre solidarité et notre détermination pour répondre à la pandémie imminente à laquelle nous faisons face aujourd’hui. »

« Tous les pays dans cette région ont des plans en cas d’alerte et les mettent à l’essai. Il est donc maintenant temps de les activer, de les harmoniser le plus possible, et de coopérer dans cette région pour assurer la sécurité de la population.  » Source : cctv.com

06:30 > Alors que la grippe A (H1N1) continue à se répandre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a récemment indiqué qu’il est possible de relever enfin le niveau d’alerte pandémique mondiale à la phase 6, ce qui signifie qu’une pandémie de grippe est en cours dans le monde entier. Lire l’article.

OFRWR-GRIPPE-OMS-20090508

19:30 > L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) reste au niveau 5 d’alerte pandémique face à l’épidémie de grippe A(H1N1), qui n’a pas montré de signe de propagation soutenue en dehors du continent nord-américain.

Sylvie Briand, directrice par intérim du programme de grippe à l’OMS, a expliqué vendredi que la plupart des personnes infectées à travers le monde par le nouveau virus avaient importé la souche dans leur pays en ayant séjourné au Mexique ou ayant été en contact étroit avec des personnes y ayant séjourné.

L’OMS voudrait donc nous faire croire que les 1319 « cas » du Mexique auraient contaminé à eux seuls les 2127 « cas » dans le monde. C’est presque drôle…


20:00 > Chers amis lecteurs,

Les dernières informations qui nous parviennent ne font que confirmer ce que nous pressentons depuis le début de l’apparition de ce virus, et nous placerons demain une nouvelle page sur Mecanopolis, dans la continuité de toutes les autres. Nous remercions pour vos commentaires, les liens et les mails que vous nous faites parvenir.

Mecanopolis


20:10 > L’OMS indique que le virus aurait fait 8′600 morts au Mexique si le gouvernement n’avait pas pris les mesures du niveau 6, sans toutefois préciser ce qu’il allait se passer maintenant que qu’un retour à la « normale » était envisagé…

20:15 > Une femme atteinte par le virus de la grippe A(H1N1) est morte, a-t-on appris vendredi auprès d’un responsable de la santé publique de la province d’Alberta.

La femme décédée avait une trentaine d’années et n’avait pas voyagé récemment. Elle vivait dans le nord de l’Etat d’Alberta, et souffrait d’autres problèmes médicaux, selon le Dr André Corriveau.

Il s’agirait du premier décès provoqué par le virus de la grippe A(H1N1) au Canada. Le Mexique a confirmé 45 morts et les Etats-Unis deux, dans l’Etat du Texas. (AP)

20:20 > Sérieux doutes sur l’efficacité du Tamiflu

C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom à une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait être amenée à prendre des dimensions  planétaires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dénomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs années présenté de manière publicitaire comme une forme de panacée contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’émergence du risque hypothétique de pandémie hautement meurtrière associé au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il était inconnu ou presque du grand public. Il était aussi rarement prescrit par les médecins dans le cadre des épidémies de grippe saisonnière.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planétaire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus à l’homme, ont totalement bouleversé la donne. Dès 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé la plupart des gouvernements des pays industriels ont décidé de constituer -à prix d’or-  des stocks considérables de Tamiflu. Et l’émergence du nouveau virus A(H1N1) a  conduit les mêmes autorités à souligner tout l’intérêt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un fléau pandémique. Lire la suite.

20:30 > Comme depuis maintenant plusieurs jours, l’épidémie de grippe A (H1N1) apporte son lot de contradictions. Alors que les autorités continuent d’affirmer que l’épidémie tend à diminuer, de nouveaux cas ont été annoncés jeudi, dont trois en France. Des pays jusqu’ici épargnés sont également touchés, comme l’Argentine ou le Brésil.

Et pendant que les uns lèvent leurs mesures de précautions, les autres les renforcent. Ainsi au Mexique, après les restaurants, les écoles et les sites archéologiques, ce sont les cinémas, théâtres, bars et discothèques de Mexico, fermés depuis plus d’une semaine, qui ont rouvert jeudi.

Mais dans le même temps, en Angleterre, les écoles continuent de fermer et on envisage de donner les diplômes du GCSE et du A-Level aux lycéens des établissements concernés sur contrôle continu à défaut de pouvoir leur faire passer les examens. Il se murmure par ailleurs que le grand festival de Glastonbury, où sont attendus Blur, Bruce Springsteen, Franz Ferdinand ou Lily Allen, pourrait être annulé à cause du virus.

En France le voyage scolaire en Espagne d’une classe de 3e a été annulé jeudi par un lycée parisien. Prévu ce week-end, il devait conduire les adolescents à Olot, situé dans une région particulièrement atteinte, l’Espagne étant le pays le plus touché en Europe. Lire la suite.

20:35 > Comme nous vous l’indiquions sur Mecanopolis depuis le début de la semaine, la stratégie du président Mexicain Felipe Calderon ne visait qu’un but : laisser la première place aux Etats-Unis en ce qui concerne la propagation du virux. C’est maintenant chose faite > Liberation.fr

21:00 > Contamination interhumaine en Italie

Un huitième cas de grippe A-H1N1 a été recensé en Italie, le premier où le virus a été transmis à une personne qui n’a pas séjourné au Mexique, a annoncé vendredi le ministère de la Santé. Le malade est un Romain de 70 ans contaminé par son petit-fils de 11 ans qui rentrait de vacances du Mexique. Tous les cas en Italie concernaient jusqu’ici des personnes qui ont séjourné dans ce pays. Source : lejdd.fr

21:05 > L’OMS n’exclut pas d’enclencher rapidement la phase 6 du plan pandémie, selon El Païs

21:10 > Transcription de la vidéoconférence de Margaret Chan, secrétaire générale de l’OMS, de ce venredi 8 mai 2009 :

« La décision de déclarer une pandémie de grippe est sur mes épaules. Je peux vous assurer, je vais prendre cette décision avec la plus grande responsabilité. »

Source : who.int

21:20 > Explosion des cas aux Etats-Unis

Le nombre de cas d’infection au virus de la grippe A (H1N1) a pratiquement doublé depuis 24 heures aux États-Unis, mais les autorités sanitaires réfutent la thèse de l’accélération de l’épidémie. Lire la suite.

Bien sûr, c’est encore trop tôt pour cela. Encore 4 ou 5 jours de propagande et…

21:30 > 800 cas de problèmes respiratoires se sont présentés à l’hôpital au Honduras en 4 jours. Depuis le 6 mai, on recense 1255 cas qui présentent des symptômes du virus A/H1N1. Source : laprensa.hn Merci a Redamex pour l’info.

23:30 > 3′585 cas dans le monde, selon wikipedia.

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23:55 > Autre tableau, trouvé sur ce forum, dont nous saluons les membres au passage.

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(cliquez pour agrandir)

Samedi 9 mai 2009

L’Organisation mondiale de la santé a fait état de deux nouveaux cas humains de grippe aviaire aujourd’hui dont un décès au Vietnam, signe que le H5N1 est loin d’avoir disparu et qu’il est nécessaire de ne pas relâcher la surveillance. « Nous n’avons aucune idée de la façon dont le H5N1 se comportera sous la pression d’une pandémie », a déclaré vendredi la directrice générale de l’OMS Margaret Chan lors d’une réunion à Bangkok de hauts responsables de la Santé en Asie par liaison vidéo.

Des experts craignent depuis longtemps la mutation de la grippe aviaire en une forme qui se propagerait facilement. Les trois pandémies grippales passées – la grippe espagnole de 1918, la grippe asiatique de 1957-58 et la grippe de Hong Kong de 1968-69 – étaient liées à des oiseaux, bien que certains scientifiques estiment que le porc a également joué un rôle en 1918.

Pour Robert Webster, la grippe aviaire devrait aujourd’hui inquiéter. Le virus H5N1 est endémique dans des régions asiatiques et africaines et des cas de grippe A(H1N1) sont déjà confirmés en Corée du Sud et à Hong Kong. « Ma grande inquiétude, c’est que nous puissions rencontrer de véritables problèmes quand le virus H1N1 atteindra les épicentres du H5N1 en Indonésie, en Egypte et en Chine », a-t-il expliqué à l’Associated Press.

Malik Peiris, spécialiste de la grippe à l’université de Hong Kong, juge lui que le souci le plus immédiat réside dans la combinaison de la grippe A(H1N1) et de virus grippaux habituels, à l’heure où commence la « saison de la grippe » dans l’hémisphère sud.

Si l’on ne sait rien des conséquences d’un tel mélange, le spécialiste avance qu’un scénario de ce type est possible. Il note ainsi que le virus de la grippe A(H1N1) est passé d’un exploitant agricole au Canada pour infecter environ 220 porcs. Si l’homme et les animaux s’en sont sortis, l’incident a montré combien que le virus pouvait facilement se transmettre d’une espèce à l’autre. Pour l’heure, souligne-t-il, la grippe aviaire n’a pas infecté des porcs, mais la situation pourrait changer et donner lieu à un « scénario inquiétant ».

12:00 > 4′040 cas selon Wikipédia

12:30 > Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Australie, le Japon, le Panama ont annoncé avoir découvert leurs premiers cas tandis que le Brésil et l’Italie ont fait état de leur première contamination intérieure (ne touchant pas une personne ayant voyagé dans un pays contaminé)

L’épidémie de grippe A (H1N1) s’étend à 3 autres pays. Dans la nuit de vendredi à samedi, l’Australie, le Japon, le Panama ont annoncé avoir découvert leurs premiers cas tandis que le Brésil et l’Italie ont fait état de leur première contamination intérieure (ne touchant pas une personne ayant voyagé dans un pays contaminé).

La propagation du virus est également très rapide aux Etats-Unis où 1.639 cas ont été confirmés vendredi soir, soit 743 cas de plus que la veille. Les Etats-Unis comptent ainsi davantage de cas confirmés que le Mexique, considéré jusqu’à présent comme le pays le plus touché.

12:45 L’épidémie s’étend

L’épidémie de grippe A continue de se propager à travers le monde. Au total, 30 pays sont touchés. Lire la suite.

18:00 > Mexico a déjà retrouvé une activité quasi-normale, où ne manque que la réouverture des écoles primaires, prévue lundi, mais la grippe porcine reste présente, et de nouveaux cas suspects apparaissent à travers le pays, ont reconnu les autorités samedi.

Le bilan s’établit désormais à 48 morts « confirmés », trois de plus seulement, le dernier datant de mercredi. On soigne 1.578 malades.

« Nous confirmons la présence de nouveaux cas, progressivement, dans pratiquement tout le pays, ce qui nous conduit à prendre des décisions à l’échelon des Etats et au niveau local », a déclaré samedi le porte-parole du ministère de la Santé.

Vendredi, un Etat de l’ouest du pays, Jalisco, avait annoncé la fermeture de tous ses équipements publics, cafés, restaurants, stades et autres lieux de distractions, à contre-courant du mouvement national, après la découverte de trois décès suspects, le dernier le jour même. La décision a été prise par précaution, a précisé le gouverneur de l’Etat, et ces morts ne sont que « probables » et non « confirmés », a souligné le ministère. (AFP)

20:20 > Un homme de 53 ans est mort samedi de la grippe porcine au Costa Rica, ce qui constitue le premier décès enregistré en Amérique centrale, a annoncé la ministre de la Santé, Maria Luisa Avila.

21:45 > Deux cas de grippe A (H1N1) ont été confirmés en Norvège, rapporte samedi la chaîne NRK citant des responsables des services de santé.

23:00 > La grippe porcine continue de se propager, en particulier aux Etats-Unis, où le nombre de cas avérés a plus que doublé depuis deux jours. Au Mexique, trois nouveaux décès ont été attribués au virus, portant le total des cas mortels à 48.

Les Etats-Unis comptent à présent davantage de cas confirmés de grippe porcine que le Mexique, jusqu’alors considéré comme le plus touché par la maladie.

00:25 > Les informations qui nous parviennent ce soir sont plutôt alarmantes. Le temps d’en vérifier les sources, nous  placerons la synthèse dans la nuit dans un article qui fera également office de nouvelle page. Tout démontre que nous sommes maintenant a deux doigts de passer en phase 6, ce que les CDC viennent de confirmer.

01:15 > Le ministère de la Santé du Costa Rica a annoncé samedi qu’un homme de 53 ans était décédé après avoir contracté le virus de la grippe A (H1N1).

Nous déménageons sur la page

Un milliard de victimes, selon New Scientist




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avr 29 2009

À quoi joue-t-on avec l’immigration ?

Petit historique de l’immigration en France:

« En France, l’immigration est très ancienne. Elle a surtout concerné des personnes des classes supérieures jusqu’à la Révolution industrielle, venant notamment dans l’entourage des souverains. L’immigration de travailleurs se fait en réponse au malthusianisme des Français, sensible dès le milieu du XVIIIe siècle et les vagues d’immigration nombreuses suivent les phases de croissance économique : 1850-1873 (1,5 million de personnes), 1896-1930 (2,5 millions de personnes) et 1945-1975 (4 millions de personnes), soit 25 fois plus que durant les « Grandes Invasions » de la fin de l’Antiquité et du haut Moyen Âge.

 

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Du milieu du XIXe siècle à 1914, les immigrés sont originaires des pays limitrophes de la France; principalement de Belgique et d’Italie, qui constituent les deux tiers des immigrants, mais aussi d’Allemagne, de Suisse et d’Espagne, qui constituent de 7% à 9% des immigrants en France alors qu’on compte moins de 5% de Britanniques, Russes et Austro-Hongrois et que la part des étrangers non européens est quasiment nulle. Le recensement de 1851 est le premier à faire apparaître la catégorie « étranger » qui représente alors 1% de la population totale, 2 % vers 1872. Les Belges représentent 40% de cette immigration.

Durant l’Entre-deux-guerres, les Italiens constituent le groupe le plus important, alors que l’immigration des Belges, des Suisses et des Allemands s’atténue et que celle des Espagnols (réfugiés) et des Polonais s’intensifie. Ces derniers présentent une nouveauté : ils ne viennent pas d’un pays frontalier. La Seconde Guerre mondiale provoque de nombreux départs, environ 300 000 étrangers quittent la France entre septembre 1939 et juin 1940.

Après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à la fin des années 1960, les tendances précitées se maintiennent alors que l’immigration en provenance du Portugal puis du Maghreb et de l’Afrique noire s’intensifie. En 1970, l’immigration connaît une forte croissance non européenne et maghrébine. En 1975, les Algériens sont le second groupe d’étrangers le plus important en France, avec un taux de 20% des immigrants.

Après une période au cours de laquelle les pouvoirs publics favorisent l’immigration afin de satisfaire aux besoins de l’économie française dans les années 1960, la crise économique des années 1970 les pousse à mettre en place un contrôle des flux migratoires. Ainsi les circulaires Marcellin – Fontanet, en 1972, lient l’attribution d’une carte de séjour à la possession d’un titre de travail et limitent les régularisations. Valéry Giscard d’Estaing, nouveau président de la République, stoppe les nouvelles immigrations, sauf les regroupements familiaux qui formeront désormais la plus grande partie de l’immigration légale. Il propose également une prime au retour (le « million Stoléru »). En 1980, la loi Bonnet, qui durcit les conditions d’entrée sur le territoire français et facilite l’expulsion des immigrés clandestins, déclenche des grèves de la faim et doit être partiellement suspendue.

En 1981, le nouveau pouvoir socialiste procède à une régularisation massive d’immigrés en situation irrégulière, assouplit les conditions de séjour des immigrés en annulant la loi Bonnet et supprime la prime d’aide au retour. Trois ans plus tard, la loi 84-622 instaure un titre unique de séjour de dix ans, dissocié du titre de travail. Dans le même temps le gouvernement propose à nouveau une aide à la réinsertion des travailleurs étrangers dans leur pays d’origine.

Lors du changement de pouvoir en 1986, le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, fait adopter par le Parlement la loi n° 86-1025 du 9 septembre 1986, relative aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France, qui restreint l’accès à la carte de résident et facilite les expulsions d’étrangers en situation illégale. Le 8 octobre, l’expulsion de 101 Maliens déclenche une vague de protestations. En 1988, l’Office national d’immigration devient l’Office des migrations internationales (en 2005 ses attributions sont reprises par l’Agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM).

En 1989, la loi Pasqua est en partie adoucie. Le premier ministre, Michel Rocard, déclare l’année suivante que « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais il faut qu’elle y prenne sa part ». Le gouvernement crée le Haut conseil à l’intégration, organisme consultatif.

Pendant l’été 1996, des manifestations en faveur de la régularisation des étrangers en situation irrégulière (que leurs défenseurs appellent « sans-papiers ») aboutissent à l’occupation de plusieurs bâtiments publics. En août, la police expulse par la force des Africains qui occupent l’église Saint-Bernard, à Paris. En avril 1997, la loi Debré est abrogée après un mouvement soutenu notamment par des réalisateurs de cinéma.

Peu après, le nouveau gouvernement de Lionel Jospin lance un nouveau processus de régularisation d’étrangers en situation irrégulière.
D’après le premier rapport annuel de la Commission européenne sur la migration et l’intégration, il est difficile d’obtenir une estimation fiable de la contribution budgétaire nette des immigrants, bien que les immigrants soient soumis aux mêmes obligations fiscales que les Français. Dans son ouvrage le Creuset français (publié en 1988, mis à jour en 2006), Gérard Noiriel indique, en se basant notamment sur les travaux de Georges Mauco (1977), que les immigrés ont depuis la deuxième Guerre mondiale construit 90% des autoroutes françaises, une machine sur sept, et un logement sur deux.

Yves-Marie Laulan, économiste et président de l’Institut de géopolitique des populations, estime le coût annuel de l’immigration en France à 36 milliards d’euros (soit l’équivalent de 80% du déficit public annuel). Son étude, qui prend en compte le différentiel entre les recettes et les dépenses apportées par les immigrés s’appuie notamment sur les travaux des professeurs d’économie Jacques Bichot et Gérard Lafay avec comme données principales les dépenses en maintien de l’ordre, de la justice, frais de scolarité, de santé, formation professionnelle, logement, coûts supplémentaires dans les quartiers dits « sensibles », les aides sociales diverses ou le regroupement familial.

Selon une autre étude de Jacques Bichot pour l’Institut Thomas More, ce coût serait de 24 milliards d’euros pour l’année 2005.
Ces calculs rejoignent en partie ceux plus anciens de Maurice Allais, « prix Nobel » d’économie 1988. Celui-ci a calculé que, lorsqu’un travailleur immigré entre dans un pays, il faut consacrer une épargne quatre fois supérieure à son salaire annuel pour construire les équipements (école, logement, hôpital…) dont il a besoin, charge relevant en France de la collectivité. »

Tiré de Wikipédia

« L’effondrement démographique de l’Europe

La population de l’Union européenne à quinze membres, avant l’élargissement de 2004, se caractérisait déjà comme étant la population la plus âgée du monde. En 2004, la part des enfants et jeunes âgés de moins de vingt ans est inférieure à celle des personnes âgées de plus de soixante ans. Cette situation est révélée plus encore par la comparaison du rapport dit de vieillissement démographique par zone régionale.

Ce rapport est égal au quotient de la « post fécondité » sur la « pré fécondité », soit le nombre de seniors (personnes âgées de plus de cinquante ans) sur le nombre d’enfants et jeunes âgés de moins de vingt ans. Pour l’Union européenne des Quinze – avant l’élargissement donc – ce rapport était de 1,5 et, si l’on examine le détail du vieillissement par nation, les situations les plus graves sont celles de l’Italie (1,85) et de l’Allemagne (1,7) tandis que la France affiche un rapport de 1,28, donc inférieur à la moyenne européenne. Autrement dit, pour les Quinze, la « vieillesse » est déjà à 50 % plus présente que la « jeunesse » et pour certains pays, comme l’Italie et l’Allemagne, on tend vers les 2 « seniors » pour 1 jeune.

Regardons ce chiffre en Amérique du Nord, dans l’espace ALENA. Le rapport y est de 0,74 : ce qui signifie que les personnes âgées de moins de vingt ans sont plus nombreuses encore que celles de plus de cinquante. La démographie nord-américaine est donc beaucoup moins déclinante que celle de l’Europe.

Quant aux zones économiquement émergentes comme l’Inde et la Chine, leur entrée dans le vieillissement est bien plus récente que la nôtre ; la jeunesse y reste nombreuse : en Chine il y a presque deux fois plus de jeunes de moins de vingt ans que de personnes de plus de cinquante (le rapport est de 0,58); trois fois plus en Inde (rapport de 0,34). Enfin, le record de jeunesse est affiché par les pays musulmans (très contrastée cependant entre les mondes arabe, turc, asiatique et africain) dont le rapport de vieillissement démographique est de 0,22 (soit une « jeunesse » cinq fois plus représentée que les seniors).

L’effondrement de la fécondité est un phénomène qui touche le monde entier, à l’exception toutefois de l’Afrique subsaharienne qui n’est pas encore entrée dans le processus d’inversion de la pyramide des âges. Mais si le monde entier (sauf l’Afrique noire donc) se trouve dans le processus d’inversion de cette pyramide, il est important de souligner que ce sont les Européens qui y sont entrés les premiers. Or dans l’histoire, le décalage temporel entre les différentes aires géographiques est décisif, car les flux de migrations vont depuis toujours des zones les plus jeunes vers les zones les plus âgées. C’est l’excédent démographique européen, à la sortie du Moyen Age, qui a provoqué le repeuplement du continent américain à partir du XVIème siècle. Intéressons-nous donc à ce décalage temporel entre zones géographiques. L’inversion de la pyramide des âges signifie que la part des plus de soixante ans devient supérieure à celle des moins de vingt ans. Dès 1965, la Suède est entrée dans l’inversion ; l’ensemble de l’Union au début des années 1980, la Russie en 1995, l’ALENA et la Chine devraient y entrer autour de 2010, l’Afrique du Nord autour de 2030 et l’ensemble du monde musulman au début des années 2040.

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L’Union européenne est donc bien confrontée à un défi démographique d’importance majeure : sa propre survie est en jeu car elle déjà « vieille » au moment où tous ses autres concurrents géopolitiques sont encore « jeunes ».

L’explication de ce vieillissement accéléré ne réside toutefois pas seulement dans l’allongement de la durée de la vie, conséquence du développement matériel de l’Occident. Pour large partie, elle résulte d’un effondrement de la natalité. Sur les vingt-cinq pays de l’Union élargie, dix-sept (dont ceux d’Europe centrale) connaissent en effet des excédents de décès par rapport aux naissances. Il y a trente ans, sur les territoires européens correspondant à l’Europe des Quinze et qui comptaient alors 330 millions d’habitants, le nombre annuel de naissances était supérieur à six millions. S’agissant des mêmes pays, il s’est aujourd’hui effondré, passant de 6 à 4 millions, alors que la population européenne considérée croissait de 50 millions. Autre chiffre frappant : avec ses quelques 380 millions d’habitants, l’Union européenne des quinze pays d’avant l’élargissement de 2004 n’avait pas plus de naissances que les Etats-Unis avec leurs 295 millions de citoyens ! Or l’élargissement n’apporte aucune solution au problème de la dénatalité. Bien au contraire, il l’aggrave. Chaque année, l’Europe orientale perd 200 000 habitants. Et l’Union européenne, dans son ensemble, verra sa population décroître d’ici 25 ans : de 458 millions d’habitants aujourd’hui, elle passera à 469,5 en 2025 (soit + 2%), puis à 468, 7 millions en 20304. La situation est encore pire au-delà des frontières de la Grande Europe. La Russie, la Biélorussie et l’Ukraine ensemble perdent 1,2 millions d’habitants par an5.

C’est donc bien à un phénomène de dépeuplement massif de l’Europe par ses populations autochtones auquel nous assistons, la dénatalité expliquant largement le vieillissement voire la réduction des populations.

Le repeuplement de l’Union par des populations extra-européennes

Parallèlement au recul de ses populations de souche, l’Union européenne affronte depuis le dernier tiers du XXème siècle, un autre défi majeur : l’établissement en masse sur les sols nationaux de populations d’origine extra-européenne. Très logiquement, les migrants viennent compenser (pour partie) le dépeuplement européen. Deux aires géographiques sont à distinguer de ce point de vue au sein de l’Union : d’une part, la nouvelle Europe, celle de l’Elargissement, qui se dépeuple à grande vitesse et n’est que très peu concernée par les flux migratoires extra-européens ; d’autre part, l’Europe occidentale – celle que l’on appelle parfois la « vieille Europe » mais qui n’a pas plus d’ancienneté historique que la « nouvelle »…

Son accroissement naturel (soustraction des décès aux naissances) n’est, pour quinze pays, que de + 400 000, tandis que son solde migratoire annuel est de l’ordre de + 1,6 millions de personnes. Autrement dit, l’immigration (légale) est quatre fois plus importante que l’accroissement naturel des citoyens européens (qui évidemment ne sont pas uniquement des Européens de souche). Si l’immigration progresse 4 fois plus vite que l’accroissement naturel (lequel, faut-il encore le répéter, comptabilise la natalité des immigrés arrivés les années précédentes), on peut alors en conclure aisément que la population européenne est en passe d’être remplacée, sur un temps historique relativement court, par des populations non européennes.

Officiellement, selon Eurostat, l’Union des Quinze comptait 15 millions d’étrangers extra européens ne disposant pas de la citoyenneté d’un pays membre. Ce qui représente environ 4% de la population de cet ensemble. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les populations extra européennes, très nombreuses, qui ont acquis la citoyenneté de l’un des pays de l’Union. Nous ne disposons pas de chiffres sûrs à l’échelle européenne parce que, dans leurs statistiques officielles, plusieurs pays ne distinguent pas, une fois la nationalité acquise, les citoyens selon leur origine ethnique. Toujours est-il que l’on estime le nombre d’immigrés arrivant en France chaque année entre 300 000 et 400 000.

Considérons le cas français, l’un des pays les plus concernés par les flux migratoires extra-européens.  Nous disposons de chiffres récents de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Officiellement, 9 % de la population de la France métropolitaine8 est originaire du continent africain et d’Eurasie (Turquie). A eux seuls, ces 9 % assurent 16 % des naissances en France (qui donnent accès à la nationalité française), soit 110 000 naissances. Une projection pour 2030 ouvre sur la perspective suivante : dans 25 ans, la France compterait 10 millions de résidants légaux d’origine extra-européenne, ce qui représenterait 15 % de la population (on serait donc passé de 9 % à 15 %) et 30 % des naissances. Autrement dit, au tiers de ce siècle, un tiers de la « future France » serait déjà d’origine extra-européenne9. Dans ces conditions, il paraît assuré qu’à la fin du siècle, la population de France serait très majoritairement de souche extra-européenne, les derniers « Gaulois » étant en train de mourir… Selon Michèle Tribalat, démographe à l’Institut national d’études démographiques (INED), près de 14 millions de Français avaient en 1999 un parent ou un grand-parent immigré, soit 23 % de la population. Dans « L’avenir du travail », paru en 2007, Jacques Attali nous dit : « Pour sauver les retraites, le 3ème choix consisterait à accueillir 2 millions d’étrangers par an entre 2020 et 2040, ce qui se traduirait par l’entrée sur notre sol de 93 millions d’immigrés; la France compterait alors 187 millions d’habitants dont 68% d’immigrés de première ou de deuxième génération.

Or, jusqu’à présent nous n’avons considéré que l’immigration légale, comptabilisée officiellement et soutenue par les « Etats providence » européens.
L’immigration illégale est un phénomène qui pèse aussi à côté de l’immigration légale, et ceci de manière croissante puisqu’il s’accélère dans tous les pays européens. En France, les autorités arrêtent en moyenne 10 000 clandestins par an et estiment qu’il ne s’agit là que d’un dixième environ des flux illégaux. Les optimistes penchent pour 100 000 entrées illégales par an, les pessimistes pour 300 000. Selon Maxime Tandonnet, spécialiste des flux migratoires au Ministère de l’Intérieur français, plus de 600 000 immigrés en situation irrégulière vivent en France en 2004.

Les facteurs d’amplification du phénomène

Pour quelles raisons, en effet, la pression migratoire du Sud sur l’Union européenne va-t-elle s’aggraver ? Comparons l’évolution quantitative des populations de la rive Nord et de la rive Sud de la Méditerranée. Sur la rive Nord nous rassemblons le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce ; sur la rive Sud, en faisant le tour du « boulevard périphérique méditerranéen », le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, la Turquie, les 4/5 de la population de Chypre, la Syrie, la Palestine, le Liban et la Jordanie. Israël est mis à part car c’est un pays d’accueil d’une forte immigration juive et très peu un pays source.

La rive Nord (européenne) compte aujourd’hui environ 180 millions d’habitants tandis que la rive Sud en compte 240 millions. En 2030, dans 25 ans, la rive Nord aura perdu – si l’on ne compte pas l’afflux d’immigrés extra-européens qu’elle connaîtra certainement – 6 millions d’habitants, tandis que la rive Sud dépassera les 300 millions d’habitants16. Les démographies italienne et espagnole connaîtront un recul particulièrement terrible. On aura donc « face à face », dans l’interface méditerranéenne, deux fois plus de population au Sud qu’au Nord…

Or ce réservoir démographique qui fait face aux rivages méditerranéens de l’Europe est caractérisé notamment par le plus fort taux d’émigration du monde. Alors que la moyenne mondiale se situe à 2 % de la population (qui émigre chaque année), le taux de départ moyen en Méditerranée est de 5 % de la population17. Taux supérieur à la zone Caraïbes et à l’Asie. Traduisons cela en données quantitatives : depuis le début des années 1960, près de 20 millions des ressortissants des pays de la rive Sud ont émigré (pas seulement vers l’Europe, mais aussi vers l’Amérique du Nord). Or cette réalité démographique de la rive Sud doit être combinée avec les risques géopolitiques qui pèsent dans la région.

Le premier risque majeur est celui de l’évolution des régimes du monde méditerranéen musulman vers l’islam politique (l’islamisme). La persistance du conflit israélo-palestinien, la présence américaine en Irak, la collaboration de leurs gouvernements avec les Etats-Unis d’Amérique perçue par une très large majorité des Arabes d’Afrique du Nord comme du Levant comme une aliénation et une humiliation, l’absence de véritable développement socio-économique au-delà de marques évidentes de croissance, tout ceci contribue à faire le lit de l’islamisme. Quel est, dans ces conditions, le degré de solidité des régimes de certains de ces pays ?

Deuxième phénomène à prendre en compte : les conséquences de la révolution économique mondiale causée par l’émergence de l’Asie et notamment de la Chine. Sous pression croissante et pour rester compétitives, les économies européennes risquent de connaître un glissement vers l’économie souterraine. Déjà 10 % du PNB de l’Espagne et 30 % du PNB de l’Italie ou de la Grèce sont le « fruit » de l’économie parallèle. Plus l’Europe vieillit, plus les Etats providence sont confrontés aux coûts de la vieillesse et de la santé, plus l’économie en subit les conséquences, et plus celle-ci cherche naturellement à se soustraire à la ponction fiscale, en délocalisant ou en fraudant.

Or, qui dit plus d’économie clandestine dit davantage d’emplois clandestins. Des pans entiers des économies européennes risquent donc de recourir à de l’emploi étranger et clandestin ou même légal dans la mesure où « l’immigré » est généralement considéré comme moins exigeant en matière de conditions de travail et de niveau de rémunération : il n’a tout simplement pas le choix ! Il y a une pompe aspirante de l’immigration légale et illégale qui est d’essence économique, de nombreux acteurs de l’économie jugeant que la « mondialisation » leur permet de rester compétitif face à la capacité d’adaptation remarquable des Etats-Unis et surtout face au défi chinois et plus largement asiatique. (Voir la vidéo ci-dessous à propos de la régularisation des immigrés clandestins embauchés)

A propos de mondialisation, parmi les multiples conséquences, positives ou négatives d’ailleurs, de celle-ci, figure l’aggravation du poids des mafias transétatiques. La globalisation financière et la liberté de tous les flux favorisent en effet les structures trans-étatiques illicites. Or l’un des secteurs lucratifs
de ces mafias est justement le « marché de l’immigration clandestine ». Plus la demande migratoire augmente, plus les maffias prospèrent, et plus celles-ci prospèrent, plus elles sont en mesure de développer de nouvelles filières d’immigration clandestine et donc de susciter l’offre.

L’analyse des flux d’immigration clandestine révèle le poids des réseaux albanais, yougoslaves, chinois, russes… Le trafic d’êtres humains se combine d’ailleurs souvent avec le trafic de drogue, les immigrés clandestins étant souvent obligés de payer leur passage en jouant le rôle de revendeurs ou de passeurs de drogues et hypothéquant ainsi fortement les chances de leur liberté et de leur dignité futures. Les mafias marocaines en particulier obligent nombre de leurs candidats à l’émigration à leur acheter du haschisch du Rif qu’ils devront revendre en Espagne, en France ou en Belgique pour survivre dans les premiers mois de leur arrivée ! S’agissant du Maroc, ce trafic d’humains couplé à un trafic de stupéfiants pèse de l’ordre de 10 milliards de dollars par an…

Mais les perspectives d’immigration ne sauraient se limiter au constat d’un différentiel démographique béant entre rive Nord et rive Sud, à la pression asiatique sur les économies européennes qui déterminera chez de nombreux acteurs un comportement favorable à l’immigration, ou encore au risque de basculement dans l’islamisme de pays du Maghreb ou du Machrek. Une question souvent ignorée, en effet, est celle des perspectives post-pétrolières dans le Golfe arabo-persique. Aujourd’hui, a-t-on bien conscience que le Golfe arabo-persique, grâce à son économie pétrolière et gazière, absorbe une proportion importante de l’émigration asiatique, égyptienne et turque qui aurait pu venir jusqu’en Europe ? Six pays du Golfe, dont la population arabe autochtone est relativement faible, absorbent à eux seuls plus de onze millions d’immigrés : des Pakistanais, des Hindous, des Philippins, des Egyptiens, des Turcs…

Or deux remarques sont à faire concernant l’évolution du profil de cette immigration dans la zone « tampon » du Golfe située entre Europe et Asie. D’une part la proportion des Arabes par rapport aux Asiatiques tend à diminuer. En 1990, les Egyptiens formaient encore 40 % des actifs en Irak et au Koweït. Aujourd’hui, plus de 70 % de la main d’oeuvre est asiatique. Les raisons de cette évolution sont évidemment multiples. Mais il faut insister sur la peur de l’islamisme dans les pays du Golfe qui risque de pousser ceux-ci à favoriser la venue d’immigrés asiatiques non musulmans, comme également sur le fait que l’asiatique est souvent réputé plus travailleur que le méditerranéen. Songeons maintenant à ce qui se passera lorsque nous entrerons pleinement dans une nouvelle révolution énergétique mondiale, c’est-à-dire, sans doute autant pour des raisons d’épuisement des ressources elles-mêmes que de saturation en gaz à effet de serre de notre atmosphère terrestre, lorsque l’humanité aura enfin choisi de se libérer des hydrocarbures. Que se passera-t-il alors ? Le Golfe sera-t-il encore cette zone tampon placée sur le chemin de cette « marche vers l’ouest » de millions de migrants asiatiques ? N’iront-ils pas plutôt alors grossir les rangs de l’émigration vers
l’Europe ?

Autant la carte géopolitique de l’Europe est pacifiée, autant celle du Moyen-Orient ne l’est pas. Personne ne peut affirmer, par exemple, que les minorités kurdes, incorporées aujourd’hui dans tel ou tel Etat-nation, le seront encore demain. Le peuple kurde, sans Etat et dans des frontières étatiques parfois fragiles, constitue encore un formidable réservoir d’émigration vers l’Europe. Déjà 2,5 millions de Kurdes vivent en Allemagne ; 200 000 en France et 200 000 en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

L’Europe, victime d’abord d’elle-même ?

Tous les éléments que nous avons pointés jusqu’ici témoignent d’une extraordinaire fragilité, d’un terrifiant abaissement. Et au fond, cette faiblesse de l’Europe face au défi de l’immigration n’est-elle pas finalement la principale menace qui pèse sur elle ? L’Europe accepte le fait accompli de l’immigration illégale en régularisant sans cesse davantage. Chaque année, sur le territoire de l’Union des Quinze (avant l’élargissement de 2004 donc), entrait environ un demi million de clandestins (c’est évidemment une estimation). Chaque année le nombre de personnes régularisées après avoir enfreint les lois européennes ne cesse d’augmenter sur tout le territoire de l’Union : 220 000 régularisations en France ces trois dernières années ; 50 000 en Belgique ; 720 000 en Grèce ; 1,5 million en Italie (dont 700 000 pour la seule année 2002) ; 575 000 en Espagne ; 240 000 au Portugal.

On oublie souvent que la mécanique du regroupement familial fait (en France notamment mais aussi dans plusieurs autres pays de l’Union) qu’une seule régularisation signifie du même coup trois, quatre ou cinq nouveaux immigrés légaux. 20 000 personnes régularisées peuvent faire d’un coup jusqu’à 100 000 nouveaux immigrés légaux…

L’Union européenne est donc entrée, en profondeur, dans un processus qui, à l’issue de ce siècle, aura abouti au remplacement de sa population d’origine par des populations non européennes, africaines et asiatiques. L’Europe sera-t-elle encore européenne à la fin du XXIème siècle ?

Mais ce que connaît notre civilisation européenne, héritière de Rome et des cathédrales du Moyen-Age, est à différencier de la situation nord-américaine, des Etats-Unis en particulier. Le dernier livre de l’universitaire américaine Samuel Huntington montre en effet que si l’Amérique tend à perdre sa dominante WASP25, elle reste néanmoins culturellement chrétienne. Plus que cela, les guerres dans lesquelles elle est entrée contribuent, au-delà des fractures communautaristes, à refonder la nation américaine autour d’une religiosité commune. Les Etats-Unis continuent donc, à partir de plusieurs souches ethniques, à fabriquer des Américains.

Au contraire, il y a peu d’espoir que l’Union européenne, à partir de populations ethniquement extraeuropéennes, ne parvienne à fabriquer des Européens de culture. D’abord parce qu’à la différence des Etats-Unis – qui absorbent une majorité de Chrétiens et parvient encore à convertir une proportion significative de ceux qui ne l’étaient pas -, la grande majorité des migrants vers l’Europe n’est pas de religion chrétienne; ensuite, parce que la volonté de « convertir » ces migrants, si ce n’est à la religion des Européens, du moins aux valeurs qui en découlent, a disparu.

Non seulement la construction européenne telle qu’elle est envisagée aujourd’hui participe à l’affaiblissement des identités nationales, mais aucune identité européenne de substitution n’est proposée en lieu et place de celles-ci. En conséquence, l’immigré extra-européen est accueilli par un ensemble économique progressivement vidé de ses contenus identitaires et dans lequel il n’a aucune chance de s’assimiler puisqu’il n’a plus rien à assimiler.

Plus les années passeront, moins les écoles européennes seront en mesure d’assimiler les petits enfants d’origine extra-européenne. Regardons à ce propos les chiffres en France et notamment celui des effectifs des enfants d’immigrés d’origine extra-européennes (âgés de moins de 15 ans) : ils constituent déjà 13 % des enfants dans les classes. En 2030, ce chiffre sera passé à 25 % mais dans les grands centres urbains (Paris, Marseille, Strasbourg…) cette proportion pourra être de 50 voire 75  %. On voit bien que l’idée même d’assimilation n’a déjà plus de sens.

Est-il encore temps d’élaborer et d’appliquer des remèdes efficaces pour l’avenir ? Nous l’ignorons. Ce que nous savons en revanche, c’est que les actuelles pistes de réflexion étudiées par la Commission européenne nous apparaissent dérisoires au regard de l’enjeu de civilisation dont il est question. Croit-on sérieusement que c’est en se penchant sur l’organisation du temps de travail des salariés, sur l’égalité entre hommes et femmes sur les lieux de travail ou sur une politique savoureusement dite du  « vieillissement actif » que l’Europe comblera son déficit de millions de naissances ?… Cette vision, consistant  en l’arasement des priorités (et donc des urgences), en la confusion de l’essentiel et de l’accessoire, ou plus  exactement, des ambitions et des moyens, nous paraît bien peu promettre pour
l’avenir.

C’est d’un véritable « Plan Marshall » de la natalité, de la politique familiale et de la réduction de l’immigration extra-européenne dont l’Europe a besoin, dont certaines mesures peuvent être déjà avancées : politique d’immigration sélective ; abolition du regroupement familial dans les pays où il existe ; obligation de mise à niveau culturel minimal pour les candidats à l’immigration ; obligation réelle de conformation aux coutumes et règles de vie des pays d’accueil ; politique d’encouragement au retour, en diminuant notamment l’accès aux prestations sociales ; politiques actives d’aide au développement des pays d’émigration ; …

Ajoutons, avant de conclure, que la coupable faiblesse des pays européens en matière d’immigration, alliée à un sentiment d’insécurité économique en cours de généralisation, fait à l’évidence le lit d’une « nouvelle xénophobie », d’un nouveau ras le bol toujours plus perceptible du « petit blanc ». On commence à parler – en France notamment – d’un racisme anti-blanc : cette reconnaissance, y compris médiatique, d’un fait déjà ancien risque d’être le prélude, si rien n’est fait, à une réaction politique vigoureuse, incontrôlée et – comme toujours, lorsque le mal est compris trop tardivement – excessive des populations ?

Notre conclusion est donc radicale ou sombre : ou bien l’Union européenne lance dans les prochaines années une sorte de « Plan Marshall » démographique ou bien la civilisation européenne, en tant que civilisation vivante incarnée, aura disparu à l’issue de ce siècle… »

« L’immigration extraeuropéenne, un défi majeur pour l’Union Européenne », par Aymeric Chauprade, directeur des études de géopolitique du Collège Interarmées de Défense (Paris), publié par l’Institut Thomas More

Commentaire:

La seule suggestion que je pourrais ajouter à ce parfait résumé de la situation européenne par rapport à l’immigration est que l’encouragement clair aux populations extra-européennes de venir s’installer en Europe par l’absence de toute mesure d’une quelconque dissuasion peut sans doute être lié à la volonté mondialiste du cosmopolitisme et de la dislocation des nations européennes dans le processus d’unification de l’Union Européenne. En effet, si les États-Unis ont tout intérêt à ne rester qu’un bloc qui ne peut se permettre de voir apparaître des revendications séparatistes menaçant son unité, l’Union Européenne est en pleine accélération et radicalisation des procédures visant à unifier l’ensemble des nations européennes en une seule entité européenne. De fait, tout ce qui peut accélérer l’affaiblissement des cultures et identités nationales est sans doute jugé utile par les dirigeants européistes. Si l’on approfondit encore, on s’accordera sans doute sur le fait que la mondialisation et le mondialisme galopants envoient un signal fort au cosmopolitisme, et donc à une politique de métissage, qui se concrétisera de plus en plus au fur à mesure que le monde se réduira à l’état de « village ». Cette accentuation de l’absorption européenne des populations étrangères, tout comme l’élection d’un métis noir au poste de président de la nation la plus puissante du monde, qui compte elle aussi énormément d’habitants de cultures extra-américaines bien qu’attachées à l’identité américaine, ne sont sans doute pas des signes anodins, il s’agit de toute évidence d’une préparation du terrain. En outre, l’Union Européenne, géographiquement plus concernée par ces mouvements de populations, pourrait, d’ici peut-être une vingtaine d’années, réchauffer tant ses rapports avec l’autre rive de la méditerranée, par le biais d’institutions comme, par exemple, une Union Méditerranéenne, qu’une sorte d’Empire Européen finirait par s’étendre jusqu’aux pays du Maghreb, ce que de nombreux personnages occidentaux de l’élite mondialiste espèrent déjà.

En somme, le facteur du cosmopolitisme me semble jouer un rôle important dans l’orientation des politiques d’immigration. Cependant, au niveau culturel et identitaire, le résultat de ce métissage que l’on a d’ores et déjà pu observer est que, à l’inverse d’un apport à l’enrichissement moral et intellectuel par la cohabitation étroite de deux cultures distinctes dans un même pays, il semble y avoir une destruction claire des deux cultures à la fois, car le jeune métis, pris entre deux identités différentes, souvent victime de discrimination alors qu’un de ses parents est citoyen de naissance et de culture du pays qu’il habite, aura plus de mal à s’apparenter à des racines culturelles bien définies, qui l’aideront à fonder sa personnalité, qu’un individu dont l’ethnie est sans équivoque. Cet aspect destructeur ferait, lui aussi, le bonheur des protagonistes des marchés occidentaux, voire mondiaux, qui trouveront là une aide conséquente à la pensée de masse consommatrice. On n’en est plus à une dégénérescence de plus ou de moins pour contribuer à transformer de jeunes gens désorientés et aveuglés en machine organique à consommer.

On peut donc s’inquiéter quant aux capacités réelles qu’ont nos gouvernements à jouer avec un feu si vif qu’il pourrait les brûler à tout instant, étant donné qu’ouvrir la porte à tant de désordres internes et d’éventuelles revendications territoriales, culturelles, sociales, religieuses et j’en passe, pourrait permettre l’apparition de groupes détachés de quelque influence européen que ce soit. On se demande également comment un gouvernement peut applaudir à l’idée de constituer son pays de 70% d’habitants d’origine extra-européenne, car quel serait sa légitimité pour contrôler une population si différente des moeurs du pays d’exemple, à moins de se conformer aux attentes de cette dernière et de léser par conséquent les 30% des citoyens restant, qui, eux, sont d’ethnie du pays natal ? Il faudra forcément qu’une certaine politique d’assimilation apparaisse un jour ou l’autre, sans quoi les apprentis sorciers, bien que malins, auront tôt fait de voir leur création ubuesque prendre son indépendance vis-à-vis d’eux.

Bref, ce commentaire n’est que ma pensée personnelle sur les faits, appuyées par des éléments concrets, et il se peut que des mesures futures réduisent le caractère catastrophique de la situation. Cependant, l’immigration me semble un domaine à grande importance dans la marche de l’empire américo-européen; un empire qui, si le caractère européen se désagrère au point que tout ce que nous avons relevé le laisse entendre, pourrait ne plus être dominé que par une seule identité: l’américaine.

Régis Mex, pour Mecanopolis

NB: Je vous recommande cette vidéo, qui reprend les points essentiels du sujet en une petite vingtaine de minutes:

avr 24 2009

Mieux comprendre les crises économiques

Par Régis Mex

Ah ! La crise… On a l’impression qu’« économie » et « crise » sont deux mots ne pouvant vivre qu’en symbiose, l’un parasitant inévitablement l’autre. Pourquoi aurions-nous tellement de difficultés à nous extraire d’une période commencée lors d’un lointain octobre 1973 ? La crise serait-elle devenue l’état permanent de l’économie ?

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Si on cherche une définition de « crise », on tombe inévitablement sur des éléments de la crise : chômage, vie chère, problème du logement, problème des banlieues ou plus communément problèmes de comptes qu’on n’arrive pas à équilibrer : budget de l’État, Sécurité sociale, balance commerciale. Si on suit cette logique, la crise serait un ensemble de dysfonctionnements ; elle serait le lien maléfique, mais pas défini, courant entre ces malheurs. Retenons cependant les éléments de réflexion suivants. La crise est liée à des accidents conjoncturels, mais est de nature structurelle. Le krach de Wall Street en 1929 et le choc pétrolier en 1973 ne suffisent en aucun cas à expliquer la crise. Une dame âgée glisse sur une peau de banane et se casse le col du fémur. La peau de banane est l’accident conjoncturel, l’ostéoporose la vraie cause structurelle de la fracture. En économie, c’est pareil : un accident conjoncturel ne débouche sur une crise que si les structures de l’économie sont malades. Ni le krach boursier de 1987, ni les baisses plus récentes du prix du pétrole n’ont déclenché de crise.

La crise est surtout un révélateur de tensions. L’économie et la société sont sans arrêt parcourues par des tensions de nature. Ces tensions opposent généralement les forces de changement et les forces de conservation. L’ancien et le nouveau. Ce qui est établi et ce qui pourrait être. Ces tensions peuvent apparaître au sein même du système productif : c’est le signe que la « destruction créatrice » est en train d’accomplir son œuvre.

Elles peuvent aussi intervenir entre les différentes sphères de la vie sociale : entre l’économique et le social, entre le social et le politique, entre l’économique et le culturel… La crise des banlieues, par exemple, est le produit de l’inévitable tension qui existe entre une population et un processus productif dans lequel cette population n’a plus sa place. Mai 68 est issu des tensions entre une société profondément modifiée par l’essor démographique et la société de consommation et des structures universitaires, familiales, politiques datant d’un autre temps.

La crise, aussi curieux que ça puisse paraître, est en définitive un moment positif. Douloureux mais positif. La crise est le moment où les problèmes deviennent manifestes. C’est justement parce qu’ils deviennent manifestes qu’on peut les régler. Cela prend du temps, car ce sont les structures qu’il faut modifier. La crise, c’est le temps de la mutation.

Les cycles : vaches maigres et vaches grasses :

L’idée, présente déjà dans l’Ancien Testament, d’une succession d’années de « vaches maigres » et de « vaches grasses » est un sujet chéri des économistes. Il faut dire que l’activité économique se présente comme étant naturellement ponctuée par des cycles. Des cycles, on peut en effet en voir partout : dans le flux quotidien ou hebdomadaire de la circulation, dans les phénomènes saisonniers, dans les rythmes de la consommation. Dès lors, penser la crise comme le moment d’inversion d’un cycle est une idée fascinante. Les économistes ont cru déceler dans l’activité économique trois cycles, qui portent chacun le nom de l’économiste qui les a découverts.

Le cycle Kitchin :

C’est en étudiant la fluctuation des prix de gros aux Etats-Unis entre 1880 et 1922 que Joseph Kitchin a établi un cycle d’une durée de trois à quatre ans, lié à des phénomènes de stockage-déstockage. Il est considéré aux Etats-Unis comme le phénomène conjoncturel fondamental.

Le cycle Juglar :

En 1860, le Français Clément Juglar (1819-1905) écrit les « Crises commerciales et leur retour périodique en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis », où il dresse le constat de crises revenant à intervalles réguliers, entre huit et onze ans, et marquant un renversement de tendance de plusieurs indicateurs économiques dont le plus important est le prix.

Pendant la période d’expansion, prix, emploi, salaires et production augmentent. La crise, souvent d’origine boursière, marque le début d’une période de dépression pendant laquelle tous les indicateurs baissent. Le schéma semble coller à l’expérience du XIXe siècle pendant lequel on connut les périodes de crise suivantes : 1816, 1825, 1836, 1847, 1857, 1866, 1873, 1882, 1890, 1900, 1907. Une régularité de métronome !

Le cycle Kondratieff :

De tous les cycles, c’est sans doute le plus passionnant et le plus controversé. Son auteur, le Russe Nicolai Kondratieff (1891-1938), fut sans doute le seul économiste à avoir payé ses idées de sa vie. Déporté en Sibérie et fusillé pour avoir été un des théoriciens de la NEP (la nouvelle politique économique de Lénine) et probablement parce que sa théorie des cycles n’était pas compatible avec la « vérité marxiste » (version stalinienne) de l’inévitable effondrement du capitalisme.

C’est Schumpeter qui a donné au cycle Kondratieff son nom et sa pertinence. En l’expliquant en termes d’innovation, Schumpeter et ses disciples ont fait du cycle Kondratieff un outil d’analyse qui ne manque pas d’atouts. Ce cycle, d’une durée globale de cinquante à soixante ans, est composé de deux phases : une phase A d’expansion, pendant laquelle les prix augmentent en même temps que l’emploi et la production, et une phase B de récession pendant laquelle tout baisse, surtout les prix. C’est grâce au cycle Kondratieff que Schumpeter pu prédire, dans les années 1930, la période d’expansion de l’après-guerre. C’est toujours grâce à lui que ses disciples ont pu envisager la fin de la grande crise des années 1970-1990 et en donner une explication en termes d’innovation.

Bien entendu, ces cycles sont très loin de susciter l’unanimité parmi les économistes. Les problèmes, c’est vrai, ne manquent pas. Au premier abord, ces cycles ces cycles ne sont pas clairement visibles : il faut mettre en œuvre un attirail statistique et mathématique inouï pour en avoir une perception qui reste, malgré tout, bien brumeuse. Et la superposition des cycles ne facilite pas leur visibilité. Enfin, d’autres problèmes se posent : la période de crise des années 1970-1990 n’est marquée ni par une baisse des prix, ni par une véritable récession. Il y a eu par contre baisse de la hausse des prix (mais à partir des années 1980…) et baisse du taux de croissance.

Les économies ont les crises de leurs structures :

Brillant historien de l’économie, Ernest Labrousse (1895-1988) est l’auteur de « La Crise de l’économie française à la fin de l’Ancien Régime et au début de la Révolution ». On doit à Labrousse une formule qui peut constituer le fil conducteur d’une réflexion sur l’histoire et la nature des crises : « Les économies ont les crises de leurs structures. » Cela signifie deux choses : d’une part, que les crises (les vraies, les lourdes) sont toujours des crises qui touchent les structures des économies et des sociétés, d’autre part que chaque type d’économie a sa crise propre. Au fur et à mesure que nos économies se développaient, elles ont connu des crises typiques de chacun des âges qu’elles traversaient.

Les crises de l’Ancien Régime :

Ces crises touchent des économies essentiellement agricoles, dans lesquelles les activités industrielles (ou artisanales) existent mais sont encore faiblement développées. Les échanges sont limités et il n’est pas possible de compenser les pénuries par des mouvements de marchandises.

Ces crises, particulièrement étudiées par Labrousse, suivent la mécanique suivante :

1. Un accident climatique ou naturel fait baisser la production agricole.
2. Les prix agricoles augmentent d’autant plus que l’autoconsommation paysanne absorbe un pourcentage plus important de la production.
3. La hausse des prix (agricoles surtout) se généralise, soit parce que la demande insatisfaite se porte sur d’autres produits, soit parce que les produits agricoles rentrent dans la production d’autres biens : le blé, le pain.
4. Les revenus des agriculteurs baissent puisque la hausse des prix ne compense pas la baisse des quantités vendues.
5. La demande de produits industriels s’effondre puisque les agriculteurs sont le principal débouché de l’industrie.
6. Les entreprises urbaines (industrie, artisanat, bâtiment) licencient : le chômage augmentant, les salaires ouvriers s’effondrent.
7. Les classes pauvres urbaines sont laminées par la combinaison de la baisse des salaires et de la hausse des prix. La misère s’installe parfois, aggravée par l’arrivée en ville d’ouvriers agricoles sans travail ou de paysans ruinés.

Cela peut aboutir à une crise sociale et politique grave. Ce fut le cas de la crise de 1787, qui aboutit à la Révolution, en raison notamment de la bêtise des dirigeants de l’époque, symbolisée par la fameuse réplique de Marie-Antoinette : « Ils n’ont pas de pain ? Ils n’ont qu’à manger de la brioche ! »

Les crises capitalistes :

Avec la révolution industrielle, la nature des crises change. Leur périodicité aussi. Elles interviennent au XIXe siècle avec une régularité de métronome, tous les huit à dix ans, au rythme des cycles Juglar.

Les économies voient leur centre de gravité se déplacer vers l’industrie et le commerce. La monnaie et la finance se sont développées, ainsi que le salariat.

Le déroulement de la crise est le suivant :

1. Une période d’expansion se produit, souvent tirée par le développement d’un secteur interne. Le chemin de fer joua souvent ce rôle.
2. Une spéculation intense se produit sur les entreprises des secteurs dynamiques, qui entraîne le reste des valeurs. La bulle financière gonfle déraisonnablement.
3. Un accident quelconque déclenche une panique et un krach boursier se produit.
4. Le krach se répercute sur les banques et le crédit. Les banques les plus engagées dans la spéculation font faillite (le Baring’s déjà en 1890). Le crédit se raréfie d’autant plus que l’expansion précédente avait épongé l’épargne.
5. L’industrie est asphyxiée par la rareté des capitaux et du crédit commercial. Les prix baissent, les profits également, les entreprises les plus exposées font faillite, entraînant d’autres activités dans le marasme (fournisseurs, activités du bâtiment).
6. Le chômage augmente, les salaires baissent au-delà de la baisse des prix, la misère s’installe, provoquant des troubles sociaux souvent d’une extrême violence (à la suite d’une manifestation à Chicago, le 1er mai 1886, les meneurs d’un conflit sont pendus. On se souviendra de ce 1er mai qui deviendra la fête des travailleurs (et non du travail)).

La crise de 1929 est parfaitement conforme à ce schéma : ce qui la distingue des autres, c’est son extrême violence et sa gravité sans pareilles, à cause de ses conséquences catastrophiques : la montée du nazisme et la guerre.

Une crise paradoxale :

La crise qui commence en 1973 est paradoxale à plus d’un titre. Elle ne présente aucune des caractéristiques des crises qu’on avait connues jusque-là. Dans le passé, les crises étaient déflationnistes ; celle-ci est inflationniste. Dans une crise classique, la production baisse ; depuis 1973, on n’a eu que quelques années de récession : le reste du temps, la croissance a été présente, même quand elle était ralentie. D’ailleurs, il n’y a ralentissement que par rapport aux Trente Glorieuses. Le taux de croissance depuis 1973 est identique à ce qu’on a connu en moyenne depuis la révolution industrielle.

Un paradoxe central est celui de la cohabitation de l’inflation et du chômage : phénomène inconnu jusque-là, puisqu’on croyait que ces deux maux étaient incompatibles. Dernier paradoxe, la crise de 1973 n’a pas été aussi douloureuse que celles du passé, grâce notamment à la protection sociale (assurance chômage). Elle est devenue douloureuse lorsque ces systèmes, jugés responsables de la crise, ont été remis en cause et que l’économie est repartie.

Un problème de répartition des richesses :

La théorie classique et néoclassique est fondée sur l’équilibre fondamental entre l’offre et la demande, énoncée par la loi des débouches de J-B Say. La réalité des crises au XIXe siècle a poussé certains économistes à attaquer ce pilier théorique. L’aspect le plus frappant des crises au XIXe siècle, c’est la juxtaposition de la misère ouvrière, provoquée par le chômage et la baisse des salaires, et de l’abondance de la production qui ne trouve pas d’acheteurs.

Le premier à analyser les crises en termes de sous-consommation fut, curieusement, Malthus, dans un opuscule de 1796, « The Crisis ». Keynes le reconnaît comme un précurseur. L’idée de Malthus est que la répartition du revenu, si elle favorise l’épargne, peut provoquer un excès de celle-ci aux dépens de la consommation, jetant les masses ouvrières dans l’impossibilité de consommer ce qu’elles-mêmes produisent : « Si la transformation du revenu en capital, poussée au-delà d’un certain point doit, en diminuant la demande effective de produits, laisser les classes ouvrières sans ouvrage, il est évident que les habitudes de parcimonie poussées trop loin peuvent être suivies tout d’abord des effets les plus désastreux, et causer ensuite un déclin sensible et permanent dans la richesse et la population. » (« Principes d’économie politique », 1820)

La même approche est approfondie par Jean-Charles Sismondi, qui met plus directement en cause les inégalités comme source de crise. Le capitalisme voulant produire « toujours plus et toujours à plus bas prix », il ne laisse à l’ouvrier que « ce qu’il lui faut pour se maintenir en vie ». Ainsi, le système produit de plus en plus mais, les riches étant incapables d’absorber la totalité de la production, ne trouve pas de débouchés. « Le marché s’encombre, et alors une production nouvelle devient une cause de ruine, non de jouissance. » (« Nouveaux Principes d’économie politique, 1827). « Étrange pays, où les moutons mangent les hommes », disait Thomas More (1478-1535), choqué par les progrès de l’agriculture commerciale qui mettait au chômage et chassait des campagnes les paysans pauvres.

L’analyse marxiste aboutit à des considérations similaires, ainsi que l’analyse keynésienne de la crise de 1929.

La monnaie et ses errements :

La monnaie a été très tôt soupçonnée de jouer un rôle essentiel dans les dysfonctionnements économiques, ne serait-ce que par le caractère le plus frappant des crises jusqu’en 1929 : la baisse des prix. Les premiers à s’aventurer sur cette piste furent Werner Sombart et Ralph Hawtrey (1879-1974). Selon Stombart, les crises sont liées aux variations du stock métallique. L’augmentation du stock d’or (à la suite de découvertes de gisements) fait mécaniquement augmenter les prix. La production en est évidemment puissamment stimulée. Elle augmente donc, mais, à partir d’un certain niveau, le rapport marchandises/or se renverse. Avant, il y avait plus d’or que de marchandises : les prix augmentaient. Maintenant, il y a trop de marchandises par rapport à l’or : les prix baissent, entraînant le cycle infernal de la crise.

Hawtrey suit la même logique en introduisant le crédit. Une période d’expansion s’ouvre par la possibilité pour les banques d’offrir du crédit à des taux bas. Ces taux bas provoquent une augmentation de la demande de la part des grossistes et intermédiaires (qui achètent à crédit), qui enclenche une période de croissance. La croissance est entretenue par la hausse des prix et les taux qui restent bas, ce qui stimule l’investissement. La limite de l’expansion intervient lorsque l’augmentation de la masse monétaire, alimentée par le crédit, vient buter sur la limite physique du stock d’or. Á ce moment-là, la Banque centrale, craignant que la parité or de la monnaie ne soit compromise, resserre le crédit. Les taux d’intérêt augmentent, les grossistes baissent leur demande, les prix baissent. C’est la combinaison de forts taux avec des prix en baisse qui enclenche la dépression.

Après la crise de 1929 (qui semble privilégier les analyses keynésiennes en termes de sous-consommation), la famille libérale est obligée de fourbir ses armes théoriques. Fisher et von Hayek essayent d’analyser la grande crise en termes monétaires.

Père de la théorie quantitative de la monnaie, Irving Fisher (1867-1947) est l’auteur d’une intéressante théorie dite de la « debt deflation », qui semble bien coller à la crise de 1929, par laquelle d’ailleurs Fisher lui-même fut ruiné… Toute période d’expansion provoque une expansion du crédit et une augmentation de l’endettement. Les agents peuvent être entraînés par l’expansion et s’engager au-delà de leurs capacités d’endettement. Ce surendettement est la cause première de la panique qui intervient lorsque la Bourse donne des signes d’essoufflement. La panique provoque une volonté de liquidation de la dette qui, à son tour, entraîne mécaniquement un dégonflement de la masse monétaire, puisqu’on a ici beaucoup plus de remboursements de crédits (phénomène appelé destruction monétaire) que d’émission de crédits (création monétaire). La masse monétaire se contractant, les prix baissent. Et c’est là qu’intervient le drame.

Être endetté en période d’inflation est une position somme toute confortable, puisque l’inflation ronge l’endettement et l’allège. En période de déflation, c’est une autre paire de manches. L’endettement est aggravé par la baisse des prix et « chaque dollar de dette encore impayé devient plus lourd ; plus les débiteurs remboursent, plus ils doivent. » Selon Fisher, aux Etats-Unis, de 1929 à 1933, si la dette nominale avait été liquidée à 20%, en termes réels, elle avait augmenté de 40%.

Les remèdes et les causes :

Une étrange dialectique relie les deux grandes crises du XXe siècle, celle de 1929 et celle de 1973. À première vue, la crise de 1929 est avant tout une crise de l’économie de marché et de l’absence d’État. Les remèdes apportés à la crise, dans une optique keynésienne, ont donné à l’État une place centrale dans l’économie et ont mis le marché sous tutelle. Les explications libérales de la crise de 1973 sont axées sur la critique d’une économie trop dirigiste, trop administrée, sclérosée par une solidarité excessive. En clair, les causes de la crise de 1973, les solutions apportées à celle de 1929.

Dans la domaine monétaire, que les libéraux privilégient, l’accusé principal est l’inflation. Friedman considère que l’inflation est la cause première de la crise de 1973. Une inflation nourrie par les déficits publics, les hauts salaires et le mauvais fonctionnement des marchés. Dans ce domaine aussi, la dialectique joue. La crise de 1929 a été une crise profondément déflationniste. Dans le deuxième après-guerre, on a tout fait pour éviter une possible rechute déflationniste et on a tout fait pour que l’inflation s’installe. On essaie, depuis un quart de siècle, de s’en débarrasser.

Inflation et alcoolisme :

Peu de thèmes, ont autant mobilisé les économistes que celui de l’inflation. Notamment depuis qu’elle est devenue un des fléaux de notre économie.

L’inflation est un mal du XXe siècle. Le mot est apparu au sortir de la Première Guerre mondiale. Ce qui ne veut pas dire qu’auparavant il n’y avait pas de hausses des prix, mais jamais elles n’avaient assumé cette forme généralisée et continue qui distingue l’inflation. Le premier impact a été tellement traumatisant que les responsables du monde entier se sont jetés dans des politiques déflationnistes désespérées qui ont fait le lit de la crise de 1929, déflationniste par définition. Il a fallu les catastrophes des années 1930 et 1940 pour que la vision de l’inflation change, sur le sillage du triomphe du keynésianisme.

Des années 1950 aux années 1970, on a vécu en compagnie de l’inflation et on a découvert en elle une compagnie bien agréable. Pourtant… « L’inflation est exactement comme l’alcoolisme. Lorsqu’un homme se livre à une beuverie, le soir même, cela lui fait du bien. Ce n’est que le lendemain qu’il se sent mal. Lorsqu’un pays s’engage dans un processus inflationniste, au début les gens sont euphoriques. Il se produit un boom et l’économie repart. Cela se paie plus tard. Les choses sont tout à fait différentes lorsqu’un alcoolique essaie de s’arrêter de boire et subit une cure de désintoxication… » (Milton Friedman, Inflation et systèmes monétaires, 1969)

La comparaison avec l’alcool ou la drogue est significative à plusieurs niveaux :

1. Ivresse et euphorie : C’est le moment de l’effet bénéfique. L’inflation est un stimulant puissant pour l’activité économique. Tout le monde y trouve son compte : les salaires, les profits des entreprises et les recettes de l’État augmentent, la consommation est stimulée (les consommateurs anticipent les hausses de prix à venir et préfèrent acheter plus aujourd’hui), l’épargne est découragée, l’endettement est stimulé par la baisse des taux d’intérêt réels et l’investissement augmente.

2. Accoutumance : Pour que la perception de l’effet bénéfique continue, il faut augmenter les doses. L’inflation devient galopante et s’autoalimente. La spirale inflationniste se met en place : salaires et prix entament leur course-poursuite. L’inflation devient une sorte de « solution miracle » à bon nombre de problèmes… Et la base d’une hallucination collective : l’inflation permet d’augmenter les salaires sans les payer, d’avoir des déficits qui s’évanouissent, de s’endetter sans payer, de faire des bénéfices sans gains de productivité.

3. Overdose et cirrhose : À force d’augmenter les doses, on ne peut que s’attirer des ennuis. Les dégâts ne tardent pas à se manifester : la consommation se bloque, les profits des entreprises fondent comme neige au soleil, le chômage augmente et des déficits publics deviennent abyssaux.

4. Diagnostic : De savants docteurs sont convoqués au chevet du malade. Chacun y va de son diagnostic, des plus simples (le choc pétrolier, les salaires) aux plus sophistiqués (baisse de la productivité, tertiarisation). On n’a pas une théorie de l’inflation mais une inflation de théories. Puis survient le sage qui dit : « L’inflation est partout et toujours un phénomène monétaire. » (Friedman)

5. Désintoxication : La thérapie proposée par le vieux sage est simple : « Le seul remède est de réduire l’accroissement de la quantité de monnaie. Il n’y a pas d’autre solution ». Or, réduire l’accroissement de la quantité de monnaie, cela signifie diminuer les dépenses de l’État, réduire les revenus de redistribution, faire baisse les salaires : un sevrage douloureux.

Michel Musolino

Michel Musolino, professeur d’économie en classes préparatoires à HEC

avr 22 2009

Le progrès, moteur principal du capitalisme ?

Par Michel Musolino

Une des approches les plus fertiles du capitalisme et de sa dynamique est sans doute celle de Joseph Schumpeter. Cet Autrichien, éphémère ministre de l’économie et directeur de banque (avec des résultats mitigés) puis professeur à Harvard, entame sa réflexion par le constat de l’impossibilité d’avoir une quelconque analyse dynamique sur la base des schémas néoclassiques. L’essentiel de son œuvre (« La Théorie de l’évolution économique » (1912) et « Capitalisme, socialisme et démocratie » (1942), est consacré à l’étude de la dynamique du capitalisme.

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Selon Schumpeter, la dynamique du capitalisme qui rompt avec des économies à « flux stationnaire » est due à trois éléments :

  1. La propriété privée
  2. L’innovation
  3. Le crédit

La propriété privée rompt avec un des caractères saillants des économies stationnaires : la solidarité. Or la solidarité inhibe la prise de risque, puisqu’elle a comme but de le limiter (comme les corporations au Moyen Âge). Le capitalisme est au contraire fondé sur l’acceptation du risque. L’innovation et le crédit sont deux formes de prise de risque. Dans les deux cas, il s’agit d’un pari sur l’avenir. On sait qu’il a fallu une triple révolution culturelle (la Renaissance, la Réforme, les Lumières) pour en arriver là. Les individus capables d’assumer ces risques sont, d’après une définition de Keynes, « des hommes au tempérament sanguin et d’esprit constructif, jouant un jeu mixte d’adresse et de hasard ».

Dans ce jeu, l’entrepreneur et le banquier font la paire : l’un imagine et innove, l’autre calcule et pondère. L’innovation est mise en œuvre par l’entrepreneur, véritable héros du capitalisme selon Schumpeter. L’innovation ne doit pas être confondue ni avec la découverte ni avec l’invention. Elle ne peut être que l’introduction de celles-ci dans le processus productif ou marchand. Elle prend cinq formes :

  1. Introduction d’un bien nouveau
  2. Mise en œuvre d’une nouvelle méthode de production
  3. Mise en œuvre de nouvelles formes d’organisation
  4. Découverte de nouvelles sources de matières premières
  5. Conquête de nouveaux débouchés

La mise en œuvre d’une innovation entraîne d’autres innovations : une diffusion en tâche d’huile s’opère dans l’économie. C’est le phénomène des « grappes d’innovations ». On peut imaginer les innovations comme des cerises dans un panier, encore faut-il saisir ce qui les relie l’une à l’autre. Si on prend le cas des innovations dans le textile au cours de la révolution industrielle, on a une bonne explication du phénomène.

Dans le textile, il existe deux activités liées : la filature et le tissage. L’une travaille pour l’autre et ensemble elles doivent satisfaire une demande croissante. C’est cette pression de la demande qui pousse les entrepreneurs à innover. Les tisserands savent que, s’ils réussissent à produire plus rapidement des tissus, ils vont les vendre sans problème. Ils cherchent, donc ils trouvent. La production de tissus s’accélère, mais un goulet d’étranglement se présente : la filature ne suit pas. C’est maintenant au tour du fileur de ressentir les affres de son incapacité à satisfaire la demande. Cette pression va le pousser à innover à son tour. À ce moment-là, c’est de nouveau le tissage qui ne se fait pas assez vite… On assiste ainsi à une sorte d’impératif de l’innovation, qui fonctionne en cascade tant que la pression de la demande se maintient.

À la fin du XVIIIe siècle, les machines à tisser les plus modernes avaient huit broches ; cinquante ans plus tard, elles en comptaient 1620 ! Le même genre de synergie, avec une vitesse accrue, a touché les deux secteurs de l’informatique (hardware et software, matériel et logiciel), à la fin du XXe siècle, Aujourd’hui, une voiture de gamme moyenne-supérieure a une capacité de traitement l’information d’un Airbus des années 1980.

La mise en œuvre des innovations a comme conséquence l’apparition d’une période d’expansion. L’expansion, par la pression qu’elle exerce sur les matières premières, les salaires et, éventuellement, les taux d’intérêt, entraîne la hausse des prix. Cette hausse des prix n’est supportée que par les entreprises ayant innové, puisque l’innovation leur assure de forts profits, notamment dans la phase d’exploitation exclusive de l’innovation, qui leur donne une situation de monopole. Les autres entreprises sont laminées par la hausse des prix : elles font faillite et disparaissent. Ce processus, où les entreprises innovantes remplacent les entreprises routinières, est ce que Schumpeter appelle la « destruction créatrice » : « Ce processus de destruction créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme ; c’est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s’y adapter. »

Rejetant la vision classique, inévitablement engluée dans un univers statique, Schumpeter critique le problème généralement posé « d’établir comment le capitalisme gère les structures existantes alors que le problème qui importe est celui de découvrir comment il crée, puis détruit ces structures… » (J.Schumpeter, « Capitalisme, socialisme et démocratie »)

Michel Musolino

Michel Musolino est professeur d’économie en classes préparatoires à HEC et auteur de L’imposture économique