Category: Europe

août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

Ă€ brève Ă©chĂ©ance, il faudra Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies se fera par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la “compĂ©titivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.”

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources


août 24 2010

L’agence de notation Dagong abaisse l’ensemble de la note des pays occidentaux

L’agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating vient de revoir Ă  la baisse la note de la dette souveraine des pays occidentaux. Il n’y a que la Suisse, la Norvège et l’Australie qui conservent la note maximale AAA. Selon Andreas Höfert, chef Ă©conomiste d’United Bank of Switzerland (UBS), l’ensemble des agences de notation devrait rapidement emboiter le pas de Dagong et confirmer la dĂ©gradation de la note des pays concernĂ©s.

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Un coup Dagong que les Etats ne peuvent ignorer

Par Andreas Höfert

Les Européens en rêvaient, les Chinois l’ont fait: une agence de notation non anglo-saxonne que les marchés devront prendre au sérieux. Alors que les Standard & Poors, Moody’s et autre Fitch s’évertuent à tirer sur les ambulances que sont les pays du sud de l’Europe – justifiant ainsi leur réputation d’être à la fois pompiers pyromanes et de ne prévoir qu’a posteriori un défaut de crédit – l’agence chinoise Dagong Global Credit Rating s’est penchée sur la dette souveraine des pays occidentaux.

Et là, plus de tabou. Les Etats-Unis se retrouvent avec une note de AA, le Royaume-Uni et la France avec AA –, l’Italie, l’Espagne et la Belgique avec A–. L’Allemagne, le Canada et les Pays-Bas s’en sortent un peu mieux avec la même note que la Chine: AA +. Le maximum, AAA, n’est accordé qu’à la Suisse, à la Norvège et à l’Australie ainsi qu’à quelques petits pays.

On pourra ironiser quant au bagage idéologique d’une telle démarche réalisée par une agence que nous Occidentaux soupçonnerons – probablement à juste titre – d’être dépendante du pouvoir chinois. Mais force est de constater qu’il s’agit bien d’un miroir très peu flatteur que nous tend l’Empire du Milieu. Avec des dettes d’Etat qui devraient atteindre les 100% du produit intérieur brut d’ici deux ou trois ans, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France vont probablement voir leurs notations réduites dans un avenir proche. En effet, il n’y a jusqu’à présent jamais eu d’Etat présentant des dettes supérieures à 100% de leur PIB et bénéficiant d’une notation AAA de leurs emprunts.

Dagong ne fait donc qu’anticiper. Et c’est bien la moindre des choses que l’on demandera à une agence de notation. Sur ce point, les Chinois se révèlent autrement plus crédibles que les agences anglo-saxonnes. Lorsqu’on sait en plus que la Chine est détentrice d’environ mille milliards de dollars de dette publique américaine, on pourra même s’étonner de la témérité de Dagong, tant sa notation pourrait avoir un impact négatif sur la valeur des avoirs publics chinois.

Enfin, ceux qui sourient à l’idée d’une agence chinoise susceptible un jour de peser sur les marchés ne devraient pas oublier que Dagong représente un pays créancier. Au contraire, S & P, Moody’s et Fitch viennent de pays débiteurs. Si vous prêtez de l’argent, préférez-vous vous-même juger de la qualité de l’emprunteur? Ou faites-vous confiance aux dires de celui-ci?

Les notations de Dagong sont un nouveau signe du glissement progressif et inexorable du pouvoir économique mondial vers l’Orient et les marchés émergents. En fin de compte, celui qui paye est toujours celui qui décide.

Andreas Höfert

Source : Le Temps, quotidien suisse


août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



juin 30 2010

Comment la France se dissout dans l’ordre mondialiste

Pour la majoritĂ© des Français, la suppression de la « garden party » du 14 juillet Ă  l’ÉlysĂ©e et dans les prĂ©fectures des dĂ©partements est accueillie comme une mesure d’Ă©conomie d’un État subitement devenu exemplaire. En rĂ©alitĂ©, alors que le prĂ©sident Sarkozy s’apprĂŞte Ă  modifier la Constitution pour que le budget de l’Etat soit subordonnĂ© au « triumvirat » (1) – BCE, Eurogroupe et Commission europĂ©enne -  elle est en fait un pas de plus, hautement symbolique, vers l’abandon de la souverainetĂ© de la France au bĂ©nĂ©fice d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste promulguĂ© par Washington.

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MalgrĂ© les dĂ©saccords de façade, Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, Ă  l’avant garde du « PĂ´le Carolingien » d’une union fĂ©dĂ©rale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intĂ©rieure d’une Europe infĂ©odĂ©e Ă  l’ordre mondialiste.

Ainsi, la troisième phase de la crise Ă©conomique qui va frapper dans les semaines a venir (2) n’aura d’autre but que de mettre Ă  genoux les pays de l’Union europĂ©enne sous la dictature d’un gouvernement Ă©conomique, non plus des 16 pays de la zone euro comme il Ă©tait annoncĂ© ces derniers mois, mais des 27 pays membres.

Pire encore, nous verrons très prochainement comment le pouvoir totalitaire de Bruxelles projette d’utiliser la chute sans fin de l’euro et la crise des États pour faire adhĂ©rer Ă  l’Union europĂ©enne la Turquie et IsraĂ«l, de sorte Ă  Ă©loigner encore un peu plus l’Europe de la Russie, afin que la constitution d’une Grande Europe continentale indĂ©pendante et forte, susceptible de concurrencer les États-Unis – mais ainsi rendue impossible – ne voie jamais le jour.

Car c’est bien de cela dont il s’agit pour les États-Unis, depuis qu’ils ont pris conscience qu’une Europe forte et indĂ©pendante serait en mesure de les dĂ©passer dans tous les domaines de la puissance, notamment Ă©conomique, et dont les stratèges ont tout fait pour prĂ©venir le moindre rĂ©veil, tuer dans l’Ĺ“uf la moindre vellĂ©itĂ© d’autonomie, au cas oĂą quelques dirigeants lucides auraient dĂ©cidĂ© de mettre sur pied une Grande Europe continentale, rĂ©conciliant ses « deux poumons », orthodoxe et occidental.

Sarkozy supprime la « garden party »

Mais nous ne pouvons, sur ce sujet comme tant d’autres, jouer maintenant les innocents, puisque, depuis au moins une dĂ©cennie, les tenants de l’ordre mondial ont publiquement affichĂ©s leurs plans. Ici comme ailleurs, nous ne somme victimes que de notre inertie.

Le ministre des Affaires Ă©trangères Joshka Fischer avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours Ă  l’UniversitĂ© de Humboldt, le 12 mai 2000, relayĂ© quelques jours après par son prĂ©dĂ©cesseur dans le quotidien collaborationniste Le Figaro : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union europĂ©enne dans la perspective de son Ă©largissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du nouvel ordre mondial » (3). Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la mĂŞme annĂ©e : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substituĂ© un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, Ă  quelques distances, le Japon, y ont dĂ©jĂ  pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. A ses dĂ©buts, le nouveau gouvernement allemand avait laissĂ© un peu en friche le terrain de la politique Ă©trangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage europĂ©en sur l’arrière plan de la mondialisation. ».

La doctrine stratĂ©gique « globale » des États-Unis a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e une vingtaine d’annĂ©es auparavant. Il est clairement Ă©noncĂ© dans le nouveau concept Ă©tasunien de « stratĂ©gie nationale de sĂ©curité », dont le contenu fut rĂ©vĂ©lĂ© dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, Ă©laborĂ© en liaison avec le Conseil national de la sĂ©curitĂ© (NSA), plus haute instance amĂ©ricaine de sĂ©curitĂ© et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’Ă©ventuels rivaux, parmi les pays avancĂ©s et industrialisĂ©s, de dĂ©fier notre domination, ne serais-ce d’aspirer Ă  un rĂ´le plus grand Ă  l’Ă©chelle mondiale ou rĂ©gionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’Ă©merger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI ». En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empĂŞcher par n’importe quels moyens l’Europe et le Japon, « alliĂ©s » relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tĂŞte et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et Ă©conomique imposĂ© par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, car il Ă©claire par lui mĂŞme les intentions Ă©tasuniennes, et nous renseigne en mĂŞme temps sur la tâche que nous devons absolument accomplir si nous avons un tant soit peu l’intention de mettre en Ă©chec le plan mondialiste, et mĂŞme, pendant qu’il en est encore temps, de l’abattre comme un chien galeux.

La catastrophe qui frappera le monde dans les toutes prochaines semaines sera Ă©galement, pour le front clandestin qui ne cesse de s’Ă©tendre, l’ultime occasion de renverser l’actuel espace politique europĂ©en.

Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

LoĂŻc Devaussac, pour Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également Nicolas Sarkozy accélère l’affaiblissement programmé de l’Etat français

Notes :

1. Lire notre article Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

2. Notre camarade C. Casadue revient précisément sur ce sujet dans sa dernière chronique du magazine Flash, que nous publierons vendredi sur Mecanopolis.

3. Le Figaro du 20 mai 2000

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

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Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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juin 10 2010

Daniel Estulin dénonce le Groupe Bilderberg au Parlement Européen

Le journaliste d’investigation Daniel Estulin a prononcé devant la classe politique à Bruxelles un discours qui révèle l’intention de l’élite financière de détruire l’économie globale et de transformer le monde en une entreprise dont elle seule serait bénéficiaire.

estulin

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes maintenant en mesure de changer l’Histoire. Finalement, je crois que l’humanitĂ© a un avenir. Une population un moment dĂ©moralisĂ©e et sans but est en train de sortir d’un profond sommeil. Dans ce rĂ©veil gĂ©nĂ©ral, les gens commencent Ă  poser les questions adĂ©quates. Non plus « Qu’est-ce que je gagne dans tout cela? » mais « Qu’est-ce qui est juste? ». C’est un phĂ©nomène international en rĂ©ponse et en rĂ©action Ă  une perception aiguĂ« que le monde entier va Ă  la catastrophe Ă  moins que nous autres, les gens, nous ne fassions quelque chose.

J’ai écrit un livre sur le thème du groupe Bilderberg. Ce livre, d’une certaine manière, est devenu le catalyseur d’un mouvement dans le monde entier. Maintenant, nous n’avons pas beaucoup de temps, si bien que je voudrais vous expliquer ce qu’est le Bilderberg et pour quelles raisons il doit être arrêté.

Dans le monde de la finance internationale, il y a ceux qui décident des évènements et ceux qui y réagissent. Bien que ces derniers soient plus connus, plus nombreux, et plus puissants en apparence, le véritable pouvoir appartient aux premiers. Au centre du système financier global se trouve l’oligarchie financière représentée par le groupe Bilderberg.

L’organisation du Bilderberg est dynamique, en ce sens qu’elle change avec le temps, absorbe et crée de nouvelles branches pendant qu’elle se défait de celles qui sont en déclin. Ses membres vont et viennent mais, mais le système en lui-même n’a pas changé. C’est un système autoreproducteur, une toile d’araignée virtuelle tissée des intérêts financiers, politiques, économiques et industriels.

Maintenant, le Bilderberg n’est pas une société secrète, un oeil pervers qui voit tout. Ce n’est pas une conspiration, bien que certaines personnes, de manière naïve, le voient ainsi. Ce n’est pas non plus un groupe de personnes, et peu importe qu’elles soient si puissantes, qui s’assoient autour d’une table dans l’obscurité, en se tenant par la main, regardant une boule de cristal et décidant de l’avenir du monde.

C’est une réunion de personnes qui représentent une certaine idéologie.

Ce n’est pas un Gouvernement Mondial ou un Nouvel Ordre Mondial, comme beaucoup le croient Ă  tort. En revanche, l’idĂ©ologie est celle d’une Entreprise Mondiale. En 1968, lors d’une rĂ©union du Bilderberg au Canada, George Ball, secrĂ©taire adjoint aux affaires Ă©conomiques de JFK et de Johnson a dit : « OĂą trouver un fondement lĂ©gitime au pouvoir de l’administration des entreprises de prendre des dĂ©cisions qui peuvent affecter profondĂ©ment la vie Ă©conomique des nations dont les gouvernements n’ont qu’une responsabilitĂ© limitĂ©e? »

L’dée qui est derrière chaque réunion du Bilderberg est de créer ce qu’eux-mêmes nomment L’ARISTOCRATIE DE PROJET concernant la meilleure manière de gérer la planète entre élites d’Europe et d’Amérique du Nord. En d’autres termes, c’est la création d’un réseau de cartels immenses, plus puissants que n’importe quelle nation de la terre, destinés à contrôler les nécessités vitales du reste de l’humanité, évidemment de leur point de vue privilégié, pour notre propre bien et bénéfice, à nous, les classes inférieures (“The Great Unwashed” , nous appellent-ils)

La raison qui fait que les gens ne croient pas au Bilderberg et autres organisations qui oeuvrent avec et exercent un pareil contrôle sur la scène mondiale est qu’il s’agit d’un phantasme cartésien, selon lequel ce sont les intentions isolées de quelques individus, et non pas la dynamique des processus sociaux, qui modèlent le cours de l’histoire, comme le mouvement de l’évolution des idées et de certains sujets, sur plusieurs générations, voire des siècles.

Le Bilderberg est le moyen de regrouper les institutions financières qui représentent les plus puissants et les plus prédateurs des intérêts financiers. Et, en ce moment, cette combinaison est le pire ennemi de l’humanité.

Nous pouvons nous réjouir qu’aujourd’hui le Bilderberg soit devenu un sujet abordé par les media des entreprises. Non parce que ceux-ci se sont tout à coup souvenus de leurs responsabilités envers nous, mais parce que nous les avons obligé à avoir cette position inconfortable en prenant conscience que leurs présidents et premiers ministres, leurs petits rois et reines sont les marionnettes de forces puissantes opérant en coulisse.

Quelque chose nous est arrivé au milieu de l’effondrement économique général. Les gens sont en grande partie soumis à quelque chose qu’ils ne comprennent pas toujours. Mais qui les amène à agir dans leur propre intérêt. C’est ce qu’ils sont en train de faire en Grèce. C’est ce qu’ils sont en train de faire aux Etats Unis. Cela s’appelle le principe anthropique. C’est comme si un ras de marée survenait et enlevait nos peurs. Les gens, en se rendant compte que leur existence est menacée, ont perdu leurs peurs, et les Bilderberger et les autres s’en aperçoivent.

C’est peut-ĂŞtre pourquoi, dans un rĂ©cent discours au Council of Foreign Relations (CFR) Ă  MontrĂ©al, Zbigniew Brzezinski, l’un des fondateurs de la commission TrilatĂ©rale, a averti qu’un « rĂ©veil politique mondial », combinĂ© avec des luttes internes de l’élite, menaçait de dĂ©tourner le courant vers un gouvernement global.

Vous pouvez voir que les gens qui sont ici ont des passés politiques et idéologiques différents. Ce qui nous unit, cependant, c’est que nous sommes tous des patriotes. Et ceux qui s’opposent à nous, ceux qui travaillent pour des sociétés secrètes, qui ont vendu leur pays pour un morceau de viande, sont des traîtres. Non seulement des traîtres à leur peuple et à leur pays, mais à l’humanité toute entière.

Maintenant, [venons en à] l’objet de cette conférence de Presse, qui est le Bilderberg vers une Entreprise Mondiale.

Il y a environ six siècles et demie, l’économie de l’Europe s’est effondrĂ©e lors de ce qu’il est convenu d’appeler « l’obscuritĂ© moyenâgeuse » de l’Europe, la plus grande chute Ă©conomique et dĂ©mographique de l’Europe depuis la chute de l’empire romain. Ainsi, au milieu du XIV° siècle, une grande partie du pouvoir de l’oligarchie a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă  nĂ©ant. Cette dĂ©sintĂ©gration explosa en chaĂ®ne comme l’éclatement soudain de la pire bulle financière de spĂ©culation sur la dette dans l’histoire (jusqu’à nos jours), quand les banques Bradi et Peruzzi s’effondrèrent. L’éclatement et l’effondrement de la bulle sur la dette lombarde provoqua une chute du pouvoir des familles de l’oligarchie.

Qu’est-ce que ça a à voir avec le Bilderberg?

L’histoire contemporaine a remplacé l’histoire médiévale au moment où les institutions qui distinguent spécifiquement l’histoire contemporaine de l’histoire médiévale ont été mises en place. Ce qui eu lieu en 1439 au Conseil de Florence. Quelles furent ces nouvelles institutions?

1) La conception des républiques modernes, états-nations sous domination de la loi naturelle

2) La mission principale de la promotion du progrès scientifique et technologique comme mandat donné par la république.

Ces deux idéaux constituent un élément crucial : leur existence institutionnalisée dans chaque partie de l’Europe a tout changé dans toute l’Europe, parce que ces changements institutionnels ont accéléré le rythme de l’expansion de l’humanité sur la nature, par tête et par km2. De même qu’aucun pays ne cherchait à ne pas progresser ou ne pas se développer de peur d’être rejeté désespérément.

Le premier succès est arrivé en France, sous Louis XI, qui a doublé le revenu par tête en France et a vaincu tous les ennemis de son pays. Les succès de Louis XI ont entraîné une réaction en chaîne d’efforts pour établir des états-nations sur le modèle de l’Angleterre de Henry VII.

Une autre idée-clef, qui vient du Conseil de Florence, et qui, bien plus tard, s’est répandue aux Etats Unis, est celle du principe universel de Bien-Etre Général, sur lequel toute la société moderne est basée.

Maintenant, le bien-être ne veut pas dire avoir des bonnes choses pour rien, assis sur un canapé en mangeant de la pizza, en faisant le joli coeur, en regardant la télévision, tout en attendant que le chèque du chômage arrive.

C’est une question d’immortalité. Quel est le but de l’existence de l’homme et du gouvernement? C’est de pourvoir au bein-être des générations futures. Assurer notre survie en tant qu’espèce. Le principe du Bien-Etre Général, tel qu’il est formulé en résumé dans le préambule de la Constitution Fédérale des Etats Unis, est la loi fondamentale

Quel rapport cela a-t-il avec l’actualité? Ces gens veulent un empire. C’est ça, la globalisation. Et trop de gens croient que pour avoir un empire il faut de l’argent. J’ai entendu les mots : l’Elite de l’Argent. Mais l’argent ne détermine ni la richesse ni l’économie. L’argent ne fait autre chose que circuler dans le monde. L’argent n’a aucune valeur en soi.

L’esprit humain a une influence sur l’évolution de la planète. Ainsi cela dépend de la mesure que prend d’elle même l’humanité. Ce qui nous différencie des animaux est notre capacité à découvrir des principes physiques universels. C’est ce qui nous permet d’innover, ce qui par conséquent améliore la vie des gens en augmentant le pouvoir de l’homme sur la nature.

Vous verrez, ils sont en train de détruire exprès l’économie du monde. Et ce n’est pas la première fois. Cela s’est déjà produit au XIV° Siècle au Moyen Âge : ils sont venus à bout de 30% de la population.

L’empire : à bas les gens stupides ! Ils veulent détruire les facultés créatrices de la raison.

Zero croissance, zero progrès. Club de Rome ; limites à la croissance 1973.

Projet 1980 du CFR : promouvoir la démolition contrôlée de l’économie mondiale

Bilderberg 1995 : Exiger la destruction. Comment? En détruisant exprès l’économie mondiale.

La « Grande DĂ©pression » comme transfert de la richesse.

La « Grande DĂ©pression » n’a pas commencĂ© avec les capitalistes des Etats Unis. Ce fut un Ă©vènement que produisirent encore une fois les plus riches en faisant passer la richesse des gens dans les mains de ceux qui Ă©taient dĂ©jĂ  riches. C’est ainsi que la Bank of America a gagnĂ© des milliers de millions en exĂ©cutant des hypothèques de 1929 Ă  1937. Ne croyez pas une seconde que les plus riches parmi les riches seront atteints pas l’effondrement qui arrive. Les seuls qui seront atteints, ce seront nous autres.

Regardez la Grèce. Ce qu’ils essayent de faire c’est de faire s’effondrer le système, au lieu de permettre que la Grèce réorganise son système monétaire, ils sont en train d’imposer que la Grèce soit instrumentalisée, que la dette de la Grèce soit financée par l’Europe. Mais cette dette n’a aucune valeur. A mettre à la poubelle, de l’argent de monopoly. Du moment qu’on demande à l’Europe, qui traverse à son tour sa propre débâcle financière, d’absorber une dette impayable, que les Grecs, c’est certain, ne pourront jamais payer, cela signifie que l’Europe sera détruite à coup sûr. Et cela est en train de se faire, intentionnellement, puisque personne ne suivra Barroso, qui est, avec tout le respect que je lui dois, intellectuellement limité, ni Trichet qui est si bête.

Défaisons nous de la bureaucratie de Bruxelles. Licencions les tous. Ce sont tous des bons à rien, Ils sont inutiles. Ces gens n’ont jamais rien fait d’utile dans leur vie. Défaisons nous de Barroso. Il a condamné l’Histoire à l’école. Défaisons nous de cet hypocrite de Van Rompuy, non pas parce qu’il est inutile mais parce qu’il est malin et très dangereux. Ce n’est pas la première fois qu’un petit malin fraye son chemin dans l’ombre jusque dans les entrailles du pouvoir.

Vous voyez, c’est une question de leadership et une question d’immortalité. Tous les leaders de la société, spécialement en temps de crise, le sont parce qu’ils se mesurent à ce standard. Des gens comme Barroso, Van Rompuy, le président de l’Union Européenne, Jean-Claude Trichet, Dominique Strauss-Kahn, le directeur administratif du Fond Monétaire International, sont à peine à considérer comme des leaders. En réalité, c’est à peine si on peut les considérer comme des êtres humains si on considère ce que veut dire pour les Humains « Pour le Bien Supérieur de l’Humanité ».

Je ne suis pas en train de parler d’un problème scientifique, mais d’un problème moral. D’une question d’immortalité. Nous autres en tant qu’Etats Nations, en tant qu’habitants de la planète, nous croyons en l’avenir de l’humanité? Et quel avenir aurons nous dans 100 ans ou 200 ans? Ou qu’en sera-t-il de nous dans 10 000 ans? Avons nous le droit de rêver? Si nous pouvons avoir le sentiment d’un but en étant ici, alors les mauvais ne peuvent l’emporter.

Par exemple, ils nous ont dit qu’il fallait sauver l’euro. Que la chute de l’euro entraînerait celle de l’Union Européenne. C’est un mensonge. Au lieu d’une union monétaire européenne faible et fonctionnant mal, nous revenons aux républiques états-nations indépendants. L’Europe de nos ancêtres.

« La diversitĂ© culturelle est non seulement le sceau du progrès, mais une garantie de sĂ©curitĂ© contre l’extinction humaine » Une fois nĂ©, le concept d’état nation ne meurt pas, il attend seulement qu’apparaissent des ĂŞtres humains sages et de valeur pour le dĂ©fendre, pour perfectionner le concept. Nous devons ĂŞtre une fraternitĂ© de nations, de nations souveraines – unies par le but commun de l’humanitĂ©. Jusqu’à ce que nous puissions amener l’humanitĂ© Ă  l’Age de Raison, l’Histoire sera en rĂ©alitĂ© construite non par la volontĂ© du gros de l’humanitĂ©, mais par le petit nombre de ceux qui, avec des intentions bonnes ou mauvaises, dirigent le destin de l’homme, comme un troupeau de vaches est menĂ© aller et retour dans les prĂ©s, et, Ă  l’occasion, aussi Ă  l’abattoir.

Publié sur Mecanopolis le 10 juin 2010

Source originale : Pyjamasur.com

juin 08 2010

On ne pourra pas sauver le « soldat euro »…

Il y a quinze jours, le banquier suisse Alexandre Wohlwend annonçait avec fracas la fin de l’euro dans les médias suisses, et accusait les États-Unis d’avoir “contaminé l’Europe avec leur concept de mondialisation et de profit maximum à court terme”. Pour la revue Flash, notre camarade Clovis Casadue a rencontré ce financier qui ne pratique pas la langue de bois.

arabesque

Dans un rĂ©cent entretien accordĂ© au quotidien suisse la “Tribune de Genève”, vous avez annoncĂ© la fin de l’euro, rompant ainsi avec le discours feutrĂ© auquel vos banquiers nous ont habituĂ©s.

Je dois préciser que je n’appartiens à aucun parti politique, que je n’ai pas de tendance politique et que je suis viscéralement Suisse, donc neutre en ce domaine. Je ne suis pas non plus un donneur de leçons. Mon analyse est donc fondée sur une profonde réflexion. Je pense que l’euro est réellement malade, il n’y a rien de subversif dans tout cela, mais cette monnaie, par son essence plurinationale, et en raison des déséquilibres des pays la partageant, est vouée à disparaitre.

Et la fin de la devise européenne, ce serait pour quand ?

Je ne veux pas me hasarder dans un pronostic chiffré, mais cela pourrait être assez rapide. J’estime qu’avant cinq ans, les pays européens auront largement commencé à se retirer de la zone euro pour revenir à leur monnaie nationale. La fin de l’euro s’effectuera par paliers.

Cette monnaie restera un certain temps entre 1,20 et 1,26 dollar, puis viendra une période où elle s’échangera entre 1,12 et 1,14. Enfin, si la “ligne de flottaison” historique à 1,08 dollar est rompue… Ce sera alors le plongeon final…

Les pays de la zone euro pourraient-ils récupérer leur monnaie nationale ?

Je crois que cela est inexorable. C’est d’ailleurs le seul plan de sauvetage possible. L’euro tel qu’il a Ă©tĂ© conçu n’est qu’un leurre. Nous sommes entrĂ©s dans la seconde phase d’une crise mondiale. Une crise qui est structurelle et systĂ©mique.

On a voulu fabriquer une Europe sur le modèle des États-Unis et cela n’est absolument pas viable. Ce qui se passe aujourd’hui avec la Grèce est le premier symptôme du dysfonctionnement.

Quand un État connaît une évolution sociale, financière et salariale qui le met en porte-à-faux par rapport à ses pays partenaires en matière de commerce ou vis-à-vis d’une monnaie commune, on parle alors de “choc asymétrique”. Quand un pays est souverain, il peut régler ce problème par un réajustement, par une dépréciation ou une dévaluation de sa monnaie. Dans le cas présent c’est impossible.

Mais le pouvoir européen voudrait placer les pays de la zone euro – et les Allemands l’ensemble de l’Union européenne – sous tutelle, justement pour en ajuster les économies…

Cette harmonisation fiscale et salariale est impossible. C’est-à-dire placer tout le monde au même niveau pour liquider ce choc asymétrique. La Grande-Bretagne refuse catégoriquement. Les pays de l’Est ne sont pas entrés dans l’Union pour cela, et pour tous les autres, on risque de se retrouver avec une situation de révolte semblable à celle de Mai 68.

En ce moment, l’Europe est euphorique parce qu’elle est droguée à l’endettement. Or cette “solution” ne fait qu’augmenter la dose de drogue en créant encore plus de dettes !

On peut éventuellement créer une embellie temporaire sur les marchés boursiers mais on ne pourra pas sauver “le soldat euro” de cette façon. Tout cet argent sera finalement ponctionné auprès des contribuables. On va aller vers une paupérisation grandissante des peuples européens, ce qui risque d’entraîner une crise sociale importante. On le voit déjà aujourd’hui : les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui, comme le nôtre (la Suisse, Ndlr), ont conservé leur monnaie.

Quel est votre intérêt à vous exprimer dans les médias ?

Depuis l’article de La Tribune de Genève, je n’ai pris que des coups. J’essaie simplement de faire passer, dans le débat démocratique, un autre avis que celui qui est formulé par le consensus financier.

Mon combat est celui de la vérité et de l’honneur. Beaucoup de gens partagent mon opinion.

Parfois, le progrès, c’est de savoir revenir en arrière.

Propos recueillis par Clovis Casadue pour la revue Flash

Publié en exclusivité sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction

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Reproduction libre avec indication des sources


Sommaire de FLASH n°41 :

• Contre la mondialisation : vive le vin français ! Entretien exclusif avec l’œnologue Alexandre Rougé, part en guerre contre le pinard Mc World !

• La basilique de Saint-Denis en ruine ? Karim Ouchikh vole au secours des tombeaux des rois de France. Flash relaie la pétition des Manants du Roi en page 7

• Bhoutan : le pays où l’immigration est interdite. L’Île de Sercq, du droit féodal aux prédateurs capitalistes… Les révélations de Christian Bouchet en pages 8 et 9

• Délinquances : Alain Soral fait le tri en page 11

• Les bois sculptés de Jean de Villiers, artisan français : Marie-Claire Roy les a vus pour vous en page 14

• Contre le fléau Lady Gaga, Nicolas Gauthier a trouvé l’antidote en page 15. C’est Corinne Bailey Rae !

• Clermont-Ferrand, champion de France de rugby ? Gabriel Fouquet salue l’exploit de cette équipe pas comme les autres en page 16…

Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr

flash41

mai 23 2010

Herman van Rompuy expose les plans du Triumvirat

Les sophistes grecs enseignaient que le maniement du langage peut faire de la parole un moyen d’action. La plasticitĂ© de celle du prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, mĂŞme si elle ne laisse rien au hasard, dĂ©montre le contraire. Sa parole ne vaut que par l’oligarchie mondialiste qui l’a mis en place, et son discours, aussi falsifiĂ© que notre sinistre Ă©poque, ne peut sĂ©duire que les complices et ne tromper que les imbĂ©ciles.

rompuy

Vendredi, l’Eurogroupe, la Banque centrale et la Commission europĂ©enne – le Triumvirat que nous Ă©voquions dans notre article du 14 mai dernier - Ă©taient rĂ©unis Ă  Bruxelles pour mettre au point le protocole de la mise sous tutelle des pays de la zone euro, sous le pilotage de l’agent du groupe Bilderberg Herman van Rompuy. DĂ©cryptage.


« Nous avons discutĂ© des sanctions. L’une des conclusions est qu’il est apparu très clairement qu’il existe un large consensus sur des sanctions financières et non financières ».

« Nous avons », c’est Ă  dire le Triumvirat. Le Parlement europĂ©en est donc Ă©cartĂ© de toute consultation. De fait, la dĂ©mocratie n’existe plus en Europe.

Les pays qui n’arriveront pas Ă  ramener leur dette a moins de 60% du PIB seront amendĂ©s par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

« Nous devons aller vers davantage de discipline budgĂ©taire. En d’autres mots nous devons renforcer le pacte de croissance et de stabilitĂ© et aller vers plus de croissance et de stabilitĂ© et le rendre plus efficace ».

L’ensemble des mesures, telles que celles imposĂ©es Ă  la Grèce ces dernières semaines (abandon des rĂ©gimes sociaux, augmentations des taxes et impĂ´ts, rĂ©duction des salaires, allongement de la durĂ©e du travail, etc.) doivent ĂŞtre Ă©largies Ă  l’ensemble des pays de la zone euro.

« Nous devons trouver les moyens de réduire les divergences de compétitivité entre les États membres, du moins, quand ces divergences sont trop importantes. »

Il faut Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies va se faire par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la « compĂ©titivitĂ© » et non la justice sociale. La cure passe par « des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire », a indiquĂ© Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, lors de la rĂ©union.

La date d’entrĂ©e dans la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie devrait ĂŞtre avancĂ©e au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. Il convient donc d’accĂ©lĂ©rer le processus actuel. La crise et, si nĂ©cessaire, quelques autres catastrophes, vont pouvoir autoriser ce qu’aucune rĂ©solution dĂ©mocratique n’aurait pu permettre.

« Nous devons avoir un mĂ©canisme de crise efficace pour ĂŞtre capables de gĂ©rer les problèmes comme ceux que connait la zone euro aujourd’hui. »

Les attaques contre l’euro et les pays en difficultĂ©s ne vont pas s’arrĂŞter, bien au contraire. Le plan de 750 milliards, dĂ©cidĂ© il y a trois semaines, va ĂŞtre augmentĂ©, de sorte Ă  soutenir davantage encore les banques europĂ©ennes impliquĂ©es dans la dette des Etats. Une demande expresse des États-Unis qui se doivent de soutenir les banques europĂ©enne qui ont des intĂ©rĂŞts croisĂ©s avec les banques amĂ©ricaines, et pour lesquelles la Fed a mis Ă  disposition de la BCE 583 milliards de dollars, sous forme d’un accord swap de devises.

« Nous avons besoin de renforcer la gouvernance économique au niveau institutionnel pour agir vite de manière plus coordonnée et plus efficace. »

« Peut-ĂŞtre que nous aurons besoin de changer les traitĂ©s, mais nous ne devons pas attendre trois ans pour prendre des dĂ©cisions », a dit le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, lors de cette rĂ©union. En rĂ©alitĂ©, leur modification est planifiĂ©e pour septembre, octobre au plus tard. D’ici lĂ , il est nĂ©cessaire que les États membres modifient leurs propres constitutions afin d’abandonner leur souverainetĂ© Ă©conomique au Triumvirat.  Christine Lagarde a d’ailleurs immĂ©diatement confirmĂ© en indiquant qu’il fallait passer par « l’intĂ©gration du pacte de stabilitĂ© dans la lĂ©gislation nationale (…) Ce que l’on peut faire maintenant, il faut le faire » a-t-elle conclut, laissant ainsi entendre que la France allait vraisemblablement profiter de la pĂ©riode estivale pour capituler.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

Les citations de Christine Lagarde et de Wolfgang Schäuble sont issues d’un article de La Tribune.fr

Article mis Ă  jour Ă  04h00


mai 21 2010

Et maintenant, l’euro-dollar ?

Pour se maintenir, le projet mondialiste pourrait prĂ©cipiter son calendrier et utiliser la crise actuelle pour « fusionner » l’euro et le dollar en une monnaie unique, Ă©crit en substance Clovis Casadue, collaborateur de la revue Flash, dans l’article que nous plaçons ci-après. Cette perspective est plus que plausible, et la chute incessante de la devise europĂ©enne, qui se retrouvera bientĂ´t a paritĂ© avec le dollar, l’accrĂ©dite. Comme l’indiquait le banquier Alexandre Wohlwend il y a quelques jours, la seule issue pour les pays de la zone euro passe par « un retour Ă  leur souverainetĂ© monĂ©taire et territoriale », ce qui est inenvisageable pour les tenants de l’ordre mondial, qui, n’en doutons pas, utiliseront tous les moyens pour interrompre les vellĂ©itĂ©s secessionnistes. De nouvelles informations, pour le moins surprenantes, nous parviennent ce soir sur les manipulations en cours. Nous les publierons dès que nous aurons pu effectuer les vĂ©rifications d’usage.

Julian Diesdorf, Mecanopolis

euro-dollar

La ratification du Traité de Lisbonne par les 27 États a donné le pouvoir de rompre avec les méthodes de la démocratie et d’imposer une mise sous “bonne gouvernance” des pays de la zone euro, au mépris des droits fondamentaux du Parlement européen et de la volonté des peuples.

Dans son discours du 13 mai dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso propose de placer l’ensemble des pays de la zone euro sous tutelle budgétaire. L’objectif : réduire le déficit public à 3 % du PIB en 2013, en les soumettant à des mesures d’austérité semblables à celles imposées à la Grèce. La mesure est en effet peu démocratique, puisque le Parlement européen n’entrera pas dans les décisions. Pas de problème pour la chancelière allemande, parlant d’un “pas important dans la bonne direction”. Même son de cloche du côté de la France, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche déclarant : “C’est la contrepartie du plan européen de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes.” Résultat, cette aide de 750 milliards, votée lors du sommet européen des 8 et 9 mai. Son message : “Nous vous soutenons, mais vous devez abandonner votre souveraineté économique.”

Malgré ce qui a été annoncé, cette manœuvre n’a pas pour but de soutenir l’euro. C’est même le contraire qui devrait se passer, et la monnaie unique a déjà perdu plus de 7 % depuis sa mise en place. La nouvelle politique monétaire de la BCE devrait encore contribuer à son affaiblissement, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”, de manière à émettre elle-même des Bons du Trésor sur les marchés financiers.

Plutôt que soutenir l’euro, sauver les banques…

En fait, ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque. Ce qui permet encore de suggérer aux investisseurs ayant acquis des obligations qu’ils ne risquent rien. Ce sont donc les banques que l’on sauve, une fois de plus, et avec l’argent du contribuable. Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui les offriront ensuite aux banques, tandis que les populations seront après mises à contribution…

Si l’on avait voulu aider la Grèce, et faire “la guerre aux spéculateurs”, comme l’a annoncé fièrement Nicolas Sarkozy, il aurait été préférable de restructurer sa dette. On aurait ainsi placé les investisseurs devant leurs responsabilités et leur aurait fait assumer une partie des risques liés à leurs investissements. Mais pour cela, il aurait fallu sortir la Grèce de monnaie unique. En revanche, l’affaiblissement de l’euro bénéficie à l’Allemagne, et dans une moins large mesure à la France.

Cette crise est donc utilisée, comme le laissait récemment entendre le patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker(1), afin de rendre l’Europe plus compétitive.

Les dégâts d’une construction européenne anarchique

Pour les élites européennes, le problème majeur de la zone euro tient à sa construction anarchique et à la disparité des règles économiques, politiques et sociales qui régissent les pays membres. La crise peut leur permettre de reconfigurer l’économie de l’ensemble du bloc européen et le rendre plus concurrentiel, tout en élargissant la monnaie unique aux autres pays de l’Union, ce qui a d’ailleurs été proposé à l’Estonie la semaine dernière. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle en réalité en pleine expansion.

Bien sûr, cette unification se fera par le bas, et va nécessiter partout des mesures d’austérité qu’aucune résolution démocratique n’aurait permises, et qui finiront d’enterrer la souveraineté des nations et des peuples d’Europe au profit d’un régime central lié à une oligarchie financière. Toutes choses qui ont été rendues possibles par la ratification du traité de Lisbonne.

Les spéculations sur les dettes grecque, portugaise et espagnole vont donc se poursuivre et s’étendre à d’autres pays, sans que rien ne puisse enrayer le processus en cours. Dans le même temps, l’euro va continuer sa chute, pour arriver à parité avec le dollar, sans doute d’ici le mois de septembre – décembre au plus tard. La monnaie canadienne suit le même mouvement et aura sans doute atteint le niveau du dollar US au moment où vous lirez cette chronique. Car bien sûr, le projet de ce nouvel ordre économique est, in fine, de fusionner l’ensemble des monnaies, en commençant par celles de l’Europe et l’Amérique du Nord. En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste plan conduisant à l’émergence de blocs économiques dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant éventuellement appelé à constituer une gouvernance mondiale.

Bien sûr, certains nous reprocherons d’avoir ici une vision “conspirationniste” des événements. Mais force est de constater qu’on ne conspirait autrefois que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer pour son maintien et son expansion est une activité en grand développement. Et à regarder la marche du monde, on doit reconnaître que cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.

Clovis Casadue

Publié en exclusivité sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction du bimestriel Flash

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(1) Voir Flash n°34

mai 18 2010

La Grèce a-t-elle Ă©tĂ© le cheval de Troie d’un coup d’Etat sur l’Europe orchestrĂ© par la Commission TrilatĂ©rale ?

Article mis Ă  jour Ă  13h40

Deux jours avant le sommet europĂ©en du 8 et 9 mai dernier, la Commission TrilatĂ©rale s’est rĂ©unie en Irlande, de sorte Ă  Ă©laborer le « plan d’aide » de 750 milliards destinĂ©s aux pays de la zone euro, en Ă©change de leur capitulation.

trilatérale

L’ensemble de la zone euro est dĂ©sormais sous la tutelle des Ă©lites europĂ©istes. Cette mesure entrera en vigueur au dĂ©but 2011, comme l’a indiquĂ© hier soir lors de la rĂ©union d’urgence le PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne, JosĂ© Manuel Barroso, pour lequel il s’agit d’une « une condition sine qua non ». Quant a  Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, il a encore surenchĂ©ri en indiquant que cette mesure Ă©tait « vertueuse ». Tout indique que a Grèce a Ă©tĂ© le cheval de Troie de ce coup d’Etat, orchestrĂ© par la Commission TrilatĂ©rale.

Réunion de la Commission Trilatérale à Dublin

C’est le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, qui a prononcĂ© le discours inaugural de la rĂ©union de la Commission TrilatĂ©rale (1), qui s’est tenue Ă  l’hĂ´tel « Four Season » de Dublin le 6 mai dernier, devant 200 reprĂ©sentants influents de la politique et de la finance mondiale, tel Paul Adolph Volcker, ancien directeur de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale des États-Unis (Fed) et actuel conseiller du prĂ©sident Barack Obama en tant que directeur du « Conseil pour la reconstruction Ă©conomique ».

« Les Etats doivent prendre des mesures fiscales pour satisfaire les marchĂ©s », a notamment indiquĂ© M. Cowen, avant de reconnaitre que la mise en place d’un gouvernement Ă©conomique allait demander une rapide modification des traitĂ©s europĂ©ens, prĂ©cisant encore que l’Allemagne serait prĂŞte a jouer tout son poids pour aller dans ce sens.

De son cĂ´tĂ©, Paul Volcker a indiquĂ© que « seule une centralisation du pouvoir Ă©conomique pourrait permettre Ă  l’Europe d’aller de l’avant. »

Aucun « mĂ©dia autorisĂ© » n’a relevĂ© cette rĂ©union de la Commission TrilatĂ©rale, hormis quelques quotidiens irlandais, dont Independant.ie (2)

A qui profitent les 750 milliards du « plan d’aide »  ?

Ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques europĂ©ennes impliquĂ©es dans la dette grecque, en mettant de « l’huile dans les rouages », de sorte Ă  Ă©viter que le moteur ne ralentisse au delĂ  du nĂ©cessaire. Il est en effet utile de faire chuter l’euro jusqu’Ă  ce qu’il atteigne la paritĂ© avec le dollar et permette (sous prĂ©texte de « satisfaire les marchĂ©s », comme l’a indiquĂ© Brian Cowen) la mise en place des mesures d’austĂ©ritĂ© semblables Ă  celles qui ont Ă©tĂ© imposĂ©es Ă  la Grèce ces dernières semaines (abandon des rĂ©gimes sociaux, augmentations des taxes et impĂ´ts, rĂ©duction des salaires, allongement de la durĂ©e du travail, etc.). Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses europĂ©ennes, il faudra donc les emprunter sur les marchĂ©s financiers pour les offrir aux États qui en feront ensuite cadeau aux banques.

L’euro est-il vraiment en danger ?

La nouvelle politique monĂ©taire de la Banque centrale europĂ©enne (BCE) devrait encore contribuer l’affaiblissement de l’euro, puisqu’elle est maintenant autorisĂ©e Ă  recourir Ă  la “planche Ă  billets”. Jean-Claude Trichet a beau rĂ©pĂ©ter que la BCE n’a pas l’intention de le faire, le lancement hier d’une opĂ©ration spĂ©ciale d’absorption de liquiditĂ©s afin de neutraliser l’effet inflationniste de ses achats d’obligations d’État ne signifie rien d’autre. Une information qui nous parvient Ă  l’instant (3) indique que la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (Berd) conseille d’avancer l’adhĂ©sion Ă  la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc Ă  nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacĂ©e. Elle est seulement en pleine reconfiguration, afin de devenir plus « concurentielle ».

Dans un rĂ©ajustement de leur propagande, les officines de dĂ©sinformation mĂ©diatique voudraient maintenant faire croire que la chute de l’euro est une chance pour les populations, cela dans le but d’apaiser les mouvements de contestation qui commencent Ă  gronder un peu partout. Il ne s’agit en rĂ©alitĂ© que de semer la confusion dans les esprits au moment ou l’Ă©lite europĂ©iste prĂ©pare un nouveau catalogue de mesures (dont les premières seront annoncĂ©es vendredi soir après une rĂ©union de l’Eurogroupe) afin d’assujettir une fois pour toute les nations europĂ©ennes, et en premier lieu le Portugal et l’Espagne, pour lesquels les agences de notations ne devraient pas tarder Ă  dĂ©grader la note de la dette.

Bien sĂ»r la chute de l’euro profite Ă  l’Allemagne, comme nous l’avons dĂ©jĂ  indiquĂ© (4). Ses exportations ont progressĂ© de 20,5 % par rapport Ă  mars 2009 et bondi de 34,7 % vers les pays non europĂ©ens. Mais concernant la France c’est un pur mensonge, mis Ă  part pour les les producteurs de champagne, de cognac et les fabricants de sacs Ă  main. Les  exportations françaises dĂ©pendent davantage de « gros contrats » liĂ©s aux transports, au nuclĂ©aire et aux ventes de matĂ©riel militaire, qui ne bĂ©nĂ©ficient pas directement d’une baisse de la monnaie unique.

Par contre, la hausse du billet vert par rapport Ă  la devise europĂ©enne ne manquera pas de plomber les secteurs qui dĂ©pendent de produits importĂ©s en provenance de la zone dollar, notamment le pĂ©trole et les matières premières. Une perspective qui risque bien de faire chuter encore la croissance des pays de la zone euro, et qui aura une consĂ©quence directe sur les emplois et le pouvoir d’achat.

Mais peu importe car, pour nos gouvernements, chaque journĂ©e permet un nouveau mensonge. Celui du jour prĂ©tend que, sous couvert d’Ă©galitĂ©, il est nĂ©cessaire de baisser les retraites des hommes, car leurs allocations sont plus Ă©levĂ©es que celles des femmes. Demain, on nous dira qu’il faut abaisser celles des femmes, car elles vivent plus longtemps. Puis ensuite, pourquoi ne pas privatiser l’ensemble des Ă©coles ? Pourquoi pas ne pas prendre exemple sur les Chinois, qui dorment sur le lieu de travail, comme le proposait il y a peu cet imbĂ©cile de Serge Dassaut ? Pourquoi ne pas payer une taxe dès la naissance, sorte de droit de vie, renouvelable tous les trimestres, un peu comme l’impĂ´t sur les chiens tel qu’il est dĂ©jĂ  pratiquĂ© en Allemagne ? Pourquoi ne pas nous dire, finalement, une vĂ©ritĂ©, de temps en temps : Pour l’État, le citoyen est un mal nĂ©cessaire. A peu près supportable tant qu’il est rentable, mais tout a fait mĂ©prisable lorsque les nuages s’amoncellent.

En rĂ©alitĂ©, ce n’est pas l’euro qui est menacĂ©, mais les peuples d’Europe.

Mecanopolis et Antoine Decaen

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

1.Au sujet de la Trilatérale, voir cet article du 10 mai 2010

2.L’excellent blog RĂ©novez Maintenant 67 revient en dĂ©tail sur les manipulations autour de la crise des Etats, et Science21 consacre de nombreux articles sur l’actualitĂ© du groupe Bilderberg et la Commission TrilatĂ©rale.

3.Information envoyée ce soir par notre camarade Clovis Casadue, issue de sa chronique à paraitre jeudi dans la revue FLASH

4.Lire Ă  ce sujet notre article du 23 mars 2010