Category: Nouvel ordre économique mondial

août 31 2010

L’avenir de « l’ordre mondial » se construit sur nos vies

Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prévoient les pires scénarios. Après la pause estivale, il est à craindre que la crise économique ne connaisse une nouvelle phase. Mais l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ne serait-elle pas le moyen de reconfigurer notre monde, et l’Occident en premier lieu ?

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Lors d’un discours devant la Chambre de Commerce de San Antonio, le 29 juillet, Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas (une des 12 branches régionales de la Fed), a décrié l’impasse monétariste dans laquelle sont pris les Etats-Unis, et donc, par extension, le monde. Déjà, au printemps, Fisher s’était fait remarquer en soutenant le retour à la Loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et l’interdiction des produits dérivés. D’après le reporter du SanAntonio Express-News présent sur place, Fisher a déclaré qu’il n’était pas possible pour la Fed d’émettre de la monnaie pour tenter de combler le déficit américain. « On sait ce qui arrive lorsque les banques centrales accèdent à ce type de demandes : cela nous embarque sur la pente glissante de la dévaluation de notre monnaie et nous met sur les rails de l’hyperinflation et de la destruction économique. Ni mes collègues ni moi ne sommes prêts à nous risquer sur cette voie. »

Apparemment, il ne doit pas considérer le gouverneur de la Fed comme un de ses collègues puisque Ben Bernanke, comme son confrère européen Jean-Claude Trichet, argue que les injections massives de liquidités sont nécessaires pour la « stabilité ». En réalité, les échanges interbancaires sont au point mort, et si les banques fédérales venaient à cesser leur soutien, c’est toute la machine financière mondiale qui se gripperait. Cela risque bien d’arriver d’ici novembre prochain, car il est désormais impossible que l’Espagne puisse faire face à ses échéances, et sa dette publique et privée cumulée pourrait à elle seule engloutir le plan d’aide européen de 750 milliards d’euros.

Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement »

Le dernier rapport de la Fondation Rockefeller, publié il y a deux mois, n’y va pas par quatre chemins, et prévoit des « années de malheur ». Le document, intitulé « Scénarios pour l’avenir de la technologie et le développement global », prédit un cataclysme économique qui entraînera des guerres civiles puis un effondrement des civilisations.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues,mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables. Quoique les catastrophes dont nous avons connaissance actuellement, tels les incendies en Russie ou les inondations au Bouthan et au Pakistan en paraissent un avant-goût.

L’étude décrit également les nations perdant le contrôle de leurs finances publiques et une incapacité à gérer l’ordre et la stabilité provoquant toujours plus de violence, de criminalité et de troubles au sein de la société. Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement ». Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur dudit réseau (Internet). « La différence entre les nantis et les plus défavorisés sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protéger. Les quartiers privés et sécurisés fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourés de bidonvilles. (…) Il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protégée par du personnel armé provenant d’entreprises de sécurité privées » précise encore la Fondation Rockefeller.

Les technologies de vérification de l’identité deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de données d’enregistrements de rétines, volée par des pirates en 2017, sera utilisée pour créer de nombreuses fausses identités dans le milieu des années 2020.


NOTRE MONDE EST UN JEU
envoyé par Mecanopolis.

En ligne de mire, « la société 20/80 »

Tandis que la technologie Internet est diabolisée dans ce scénario d’anticipation, l’étude de la Fondation mondialiste prévoit également une explosion sur le marché noir de récoltes d’aliments produits à partir d’OGM, appelés ici et pour l’occasion « progressistes », par les masses populaires décimées et appauvries.

Mais le rapport de la Fondation Rockefeller préconise également des solutions pour contenir les populations plongées dans la pauvreté : le « fearmongering » (propagande de la peur), qui peut être utilisé à propos du changement climatique, des catastrophes naturelles ainsi et des attaques terroristes à grande échelle comme « outil de contrôle des populations ». « Choc des civilisations », « axe du mal », « islamo-fascisme », « sécurité intérieure »… Ces slogans et scénarios catastrophes ne sont pas nouveaux, et ils ne visent qu’à obtenir un consentement général afin de remodeler l’économie mondiale dans le but de la rendre plus efficace et sous le contrôle d’une oligarchie financière totalitaire. En 1995 eut lieu le premier State Of The World Forum,à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George H.W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates,Ted Turner, etc.) sont parvenus à la conclusion que l’arrivée de la dénommée « société 20/80 » était inéluctable, à savoir celle dans laquelle le travail de 20 % de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80 %, donc) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

Tittytainment

C’est ici qu’entre en jeu le « tittytainment », concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais : tits (« nichons » en jargon américain) et entertainment qui, en aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles,mais au contraire comme allusif à l’effet soporifique et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il tète.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société,nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas pour utiliser des moyens peu scrupuleux afin de mettre en œuvre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Entre autres,la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti…

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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(Titre modifié par Mecanopolis)

août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

À brève échéance, il faudra éliminer toute disparité entre pays membres. Par exemple, la sécurité sociale à la française n’est pas compatible avec le régime des assurances maladies privées de l’Allemagne. Bien sûr, cette intégration des économies se fera par le bas, puisqu’il convient d’améliorer la “compétitivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procédures budgétaires croisées, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgétaire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources


août 26 2010

Désobéissance Civile Belgique exige un référendum sur l’Union européenne (vidéo)

Hier soir, cinq de nos camarades du mouvement Désobéissance Civile Belgique (Décibel) ont pris d’assaut une grue se situant rue Henri Maus, près de la Bourse de Bruxelles (voir la vidéo ci-dessous). Leur action a été relatée par les médias Belges aujourd’hui. Les membres de Décibel ont ainsi réussi à se faire entendre sur la nécessité d’exiger une consultation par référendum sur l’Union européenne.

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Le site de la Radio et Télévision Belge (RTBF) consacre un article sur l’action de nos camarades de Décibel, qui sont restés « perchés à une dizaine de mètres de hauteur depuis 19 heures mardi soir », promettant à la police, immédiatement dépêchée sur les lieux, « de redescendre vers 22 heures. »

« Le but des activistes était de déployer une banderole visant à dénoncer la démarche « antidémocratique » de l’Union Européenne », indique également une dépêche de l’agence de presse Belga.

« Par cette action, le groupe Désobéissance Civile Belgique entend notamment dénoncer « la soumission des Etats européens à l’Union Européenne, via le Traité de Lisbonne, adopté sans consultation préalable des citoyens », précise encore le site d’information belge 7sur7

Les membres de Décibel dénoncent également l’absence de référendum lors de l’adoption de l’euro au début des années 2000, ainsi que « la mise en place par le groupe Bilderberg d’un président à la tête de l’UE, Herman Van Rompuy, sans élections », indique quant à lui le quotidien belge en langue néerlandaise HLN.BE

Dans leur Déclaration d’indépendance des Peuples et Nations d’Europe, que nous reproduisons ci-dessous, nos camarades belges exigent qu’un referendum soit organisé pour tous les pays membres de l’UE.

Mecanopolis



Déclaration d’Indépendance des Peuples et Nations d’Europe

Par Désobéissance Civile Belgique

Nous ne sommes pas européens, ou plutôt, oui nous le sommes, mais nous ne sommes pas « union européens ».

Nous n’avons pas été consultés, ou nos choix n’ont pas été pris en considération, concernant le « Traité De Lisbonne ». Par conséquent, nous ne reconnaissons pas la validité de ce traité.

Nous n’avons pas été consultés concernant la « Charte des droits fondamentaux » et les « Explications relatives à la Charte des droits fondamentaux » avec son article 2, (« droit à la vie ») « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté » qui autorise les exécutions sommaires :

« La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire :

a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;

b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;

c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

Nous ne reconnaissons par conséquent pas cette « Charte des droits fondamentaux » et ses « Explications ».

Nous n’avons pas été consultés concernant l’ « Eurogendfor », Force de Gendarmerie Européenne, qui est une armée privée au service des dirigeants de l’Europe, qui a carte blanche et bénéficie de l’immunité pour rétablir l’ordre partout dans les pays de l’Union Européenne. Nous ne reconnaissons par conséquent pas l’autorité de l’Eurogendfor, ni son droit d’exercer des interventions dans nos nations.

Nous ne reconnaissons l’Union Européenne, proclamée déjà, en même temps que le mondialisme, dans la « Déclaration de Montreux » en 1947, et affirmant « Nous, fédéralistes mondiaux, affirmons … Une telle confédération devrait reposer sur les principes suivants : … Limitation des souverainetés nationales et transfert à la Confédération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, nécessaires à la gestion des affaires mondiales… ».

Enfin, nous ne reconnaissons l’Union Européenne bâtie grâce à l’argent que la CIA versait dans les années 50-60, argent provenant des fondations Rockefeller et Ford, à des personnes telles que Robert Schuman et Paul-Henri Spaak ou à des institutions pro-européennes, afin d’aider à accélérer le processus d’unification de l’Europe et d’empêcher tout débat quant à la création de la monnaie unique européenne.

Etant donné que

a) nos gouvernement et chefs d’Etats ont choisi seuls, sans nous consulter, de se soumettre à une Union Européenne non démocratique

b) l’Union Européenne n’est qu’une étape d’un plan visant à soumettre les nations du monde entier à un gouvernement mondial

c) tout homme a le droit inaliénable de choisir son avenir et sa destinée, dans les limites que la vie veut bien lui accorder

Nous, peuples et nations d’Europe, déclarons notre indépendance. Nous ne sommes pas « union européens », nous sommes européens, nous sommes allemands, autrichiens, belges, bulgares, chypriotes, danois, espagnols, estoniens, finlandais, français, grecs, hongrois, irlandais, italiens, lettons, lituaniens, luxembourgeois, maltais, hollandais, polonais, portugais, tchèques, roumains, anglais, écossais, irlandais, gallois, slovaques, slovènes, suédois, tous de nationalités différentes, mais liés par un passé commun et tournés vers un avenir commun où, nous en sommes convaincus, les mots démocraties et libertés pourrons prendre tout leur sens.

Désobeissance Civile Belgique

août 24 2010

L’agence de notation Dagong abaisse l’ensemble de la note des pays occidentaux

L’agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating vient de revoir à la baisse la note de la dette souveraine des pays occidentaux. Il n’y a que la Suisse, la Norvège et l’Australie qui conservent la note maximale AAA. Selon Andreas Höfert, chef économiste d’United Bank of Switzerland (UBS), l’ensemble des agences de notation devrait rapidement emboiter le pas de Dagong et confirmer la dégradation de la note des pays concernés.

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Un coup Dagong que les Etats ne peuvent ignorer

Par Andreas Höfert

Les Européens en rêvaient, les Chinois l’ont fait: une agence de notation non anglo-saxonne que les marchés devront prendre au sérieux. Alors que les Standard & Poors, Moody’s et autre Fitch s’évertuent à tirer sur les ambulances que sont les pays du sud de l’Europe – justifiant ainsi leur réputation d’être à la fois pompiers pyromanes et de ne prévoir qu’a posteriori un défaut de crédit – l’agence chinoise Dagong Global Credit Rating s’est penchée sur la dette souveraine des pays occidentaux.

Et là, plus de tabou. Les Etats-Unis se retrouvent avec une note de AA, le Royaume-Uni et la France avec AA –, l’Italie, l’Espagne et la Belgique avec A–. L’Allemagne, le Canada et les Pays-Bas s’en sortent un peu mieux avec la même note que la Chine: AA +. Le maximum, AAA, n’est accordé qu’à la Suisse, à la Norvège et à l’Australie ainsi qu’à quelques petits pays.

On pourra ironiser quant au bagage idéologique d’une telle démarche réalisée par une agence que nous Occidentaux soupçonnerons – probablement à juste titre – d’être dépendante du pouvoir chinois. Mais force est de constater qu’il s’agit bien d’un miroir très peu flatteur que nous tend l’Empire du Milieu. Avec des dettes d’Etat qui devraient atteindre les 100% du produit intérieur brut d’ici deux ou trois ans, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France vont probablement voir leurs notations réduites dans un avenir proche. En effet, il n’y a jusqu’à présent jamais eu d’Etat présentant des dettes supérieures à 100% de leur PIB et bénéficiant d’une notation AAA de leurs emprunts.

Dagong ne fait donc qu’anticiper. Et c’est bien la moindre des choses que l’on demandera à une agence de notation. Sur ce point, les Chinois se révèlent autrement plus crédibles que les agences anglo-saxonnes. Lorsqu’on sait en plus que la Chine est détentrice d’environ mille milliards de dollars de dette publique américaine, on pourra même s’étonner de la témérité de Dagong, tant sa notation pourrait avoir un impact négatif sur la valeur des avoirs publics chinois.

Enfin, ceux qui sourient à l’idée d’une agence chinoise susceptible un jour de peser sur les marchés ne devraient pas oublier que Dagong représente un pays créancier. Au contraire, S & P, Moody’s et Fitch viennent de pays débiteurs. Si vous prêtez de l’argent, préférez-vous vous-même juger de la qualité de l’emprunteur? Ou faites-vous confiance aux dires de celui-ci?

Les notations de Dagong sont un nouveau signe du glissement progressif et inexorable du pouvoir économique mondial vers l’Orient et les marchés émergents. En fin de compte, celui qui paye est toujours celui qui décide.

Andreas Höfert

Source : Le Temps, quotidien suisse


août 23 2010

Techniques d’interrogatoire (fiche pratique #1)

Alors que la rentrée annonce un chaos social et que la répression policière ne cesse de s’accroitre (plus de 800′000 gardes à vue en France en 2009), il nous apparait utile, sinon même urgent, de publier une série de fiches pratiques dédiées aux méthodes policières. Celle que nous présentons aujourd’hui concerne les principales techniques d’interrogatoire, issues d’un manuel récapitulatif lié aux « cours pratiques » d’un corps de police européen, dont nous nous sommes procuré un exemplaire.

Nul doute que, dans un proche avenir, tout individu qui contestera l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie sera soumis au contrôle permanent des services policiers. L’objectif des fiches que nous publierons, allant des techniques de filature aux opérations d’infiltration, est de permettre de comprendre et déjouer l’arsenal répressif mis en place par un pouvoir politique de plus en plus autoritaire, qui considère chaque citoyen comme un ennemi potentiel.

Mecanopolis

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1.) L’argumentation logique

Dans le cas où la preuve de la culpabilité du suspect a été apportée, l’enquêteur peut choisir de faire appel à ses capacités de rationalisation. Le but recherché en adoptant une pareille attitude est de présenter au suspect un certain nombre de raison purement logique pour lui faire comprendre qu’il est de son propre intérêt de fournir d’avantage d’information, et que seule la conduite raisonnable qu’il puisse désormais adopter consiste à coopérer avec la police. L’enquêteur doit lui tenir ce discours en présentant les choses sur le ton d’une affaire qu’on traite et afficher un comportement qui exprime l’assurance et la volonté de mener les choses rondement. Il doit faire de façon neutre l’exposé de la situation actuelle du suspect et faire comprendre à celui-ci que l’affaire va maintenant évoluer de façon automatique, impersonnelle, en fonction de l’attitude qu’il va décider d’adopter. Il s’agit bien sur de laisser entendre au suspect qu’il bénéficiera de mesures d’indulgence et qu’il pourra « s’en tirer » plus aisément s’il se monte coopératif.

2.) La compréhension

Si l’enquêteur estime que le suspect ne se montrera pas indifférent à une témoignage de compréhension, il peut décider de faire jouer cette corde sensible. L’interrogatoire sera alors conduit en douceur et laissera place à des expressions de sympathie et de commisération pour le sujet qui s’est placé dans une situation semblable. L’enquêteur fera vibrer davantage encore cette corde sensible s’il évoque tout ce qui peut toucher l’affectivité du suspect : sa femme, ses parents, sa religion, sa carrière, sa santé, etc. Tandis qu’il parle au suspect, l’enquêteur doit de préférence s’assoir près de lui, voir lui témoigner à l’occasion des marques de compassion en posant sur lui ma main de façon amicale. Ce comportement à pour objet de faire naître chez le suspect des sentiments de culpabilité et d’apitoiement sur soi-même, et l’amener à rejeter sur les autres la responsabilité de ses ennuis. Ces témoignages de sympathies manifestés par l’enquêteur incitent bien souvent un suspect à se décharger de ses sentiments de culpabilité en apportant sa contribution à la suite de l’enquête.

3.) L’agressivité

La manière agressive consiste essentiellement pour l’enquêteur en l’adoption d’une attitude lourde de menaces, laquelle donne l’impression au suspect que celui qui l’interroge nourrit contre lui une solide animosité et doit prendre sur lui-même pour se retenir de le frapper. De nos jours, il est relativement mal aisé de décrire ce mode d’interrogatoire hérité du fameux « troisième degré » sans encourir le risque de tomber sur le coup d’une infraction aux droits civiques du suspect, raison pour laquelle ce manuel résumé restera évasif sur le sujet. L’observation de cette attitude d’agressivité peut s’intégrer dans une stratégie globale d’interrogatoire, quand les deux enquêteurs affichent un des comportements diamétralement opposés. Dans les cas semblables, celui des deux enquêteurs qui par son attitude fait ressentir de la peur au suspect peut amener ce dernier à se montrer plus coopératif avec l’autre enquêteur, celui qui se montre le plus compréhensif et le plus gentil.

4.) L’indifférence

Une variante de la conduite d’agressivité consiste pour celui qui interroge à témoigner au suspect une totale indifférence. En l’occurrence, l’attitude de l’enquêteur peut laisser croire au sujet que sa coopération ultérieure n’est nullement souhaitable, mais au fur et à mesure que l’interrogatoire progresse, cette éventualité doit cependant se faire jour. L’enquêteur doit donner à celui qu’il questionne l’impression que, pour sa part, il préfère le voir sévèrement condamné pour le délit qu’il a commis plutôt que de tenir compte de sa collaboration que celui-ci pourrait éventuellement apporter au déroulement de l’enquête. Là encore, cette tactique reposant sur l’indifférence qu’exploite l’un des deux enquêteurs peut-être juxtaposée à l’attitude diamétralement opposée affichée par son collègue.

5.) « Sauver la face »

Cette tactique consiste pour le policier chargé de l’interrogatoire à fournir au suspect une « échappatoire » psychologique qui lui permettra de se justifier d’avoir pris part à un délit. Pour cela, l’enquêteur doit faire comprendre, mais sans jamais le formuler explicitement, qu’une prise en compte attentive des raisons qui ont poussé le suspect à agir comme il l’a fait risque d’atténuer la part de responsabilité qu’il a prise dans l’activité délictueuse. En essayant systématiquement d’expliquer les conduites qui ont été celles du suspect jusqu’au moment où il a enfreint la loi, et en faisant de ces conduites les conséquences naturelles de difficultés ou d’ennuis personnels, l’enquêteur tente ainsi d’amener celui qu’il interroge à parler de l’infraction elle-même. Quelques remarques occasionnelles bien placées au cours de l’interrogatoire ont souvent pour effet de diminuer aux yeux du suspect la part de responsabilité qu’il aura prise dans l’affaire.

6.) Flatter la vanité

Ici l’enquêteur doit jouer sur l’orgueil, l’autocomplaisance du suspect en faisant allusion à l’intelligence requise pour mener à bien un interrogatoire tout en faisant semblant d’être impressionné par le montage d’une telle opération. Il doit feindre d’afficher un certain respect pour un individu suffisamment astucieux pour assurer la réussite d’une entreprise aussi complexe qu’aventureuse. Cette attitude de flatterie amène parfois un suspect à se glorifier de ses activités illégales et à fournir des détails supplémentaires pour impressionner davantage encore l’enquêteur.

7.) L’exagération

A l’effet de faire parler un suspect peu enclin à coopérer, l’officier enquêteur peut délibérément exagérer les présomptions de culpabilité qui peuvent être reconnues contre lui. Il peut par exemple laisser entendre au suspect qu’il sait parfaitement que sa part de responsabilité est beaucoup plus importante qu’elle en à l’air, afin d’amener son interlocuteur à faire l’aveu de ses activités réelles dans le but de ne pas encourir une peine plus lourde.

Il existe bien sûr d’autres méthodes d’interrogatoire que celles que nous venons d’énumérer, qui sont également connues sous d’autres appellations. Ce ne sont là que les principales techniques utilisées aujourd’hui par les forces de police. Nous reviendrons prochainement sur le sujet avec une fiche pratique spéciale qui sera consacrée aux méthodes de coercition, de contrainte physique et psychologique utilisée dans les interrogatoires de police.

A suivre : Techniques de filature et contre-filature (fiche pratique #2)





août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la théorie du pétrole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pétrole fournit aux USA, les élections présidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 12 2010

Le temps est venu de préparer l’action

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Sur la terre ravagée par mille catastrophes savamment provoquées, une guerre est déclarée contre chaque être humain. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui instrumentalise partout la peur dans l’unique but de reconfigurer l’économie mondialisée. Ce qui est récemment arrivé à la Grèce nous arrivera bientôt à tous : c’est la tiers-mondialisation de l’Europe qui est en marche.

Désormais, seul l’inconcevable commande. Mais l’inconcevable, c’est aussi la révolte du petit nombre de ceux qui, ayant réussi à franchir eux-mêmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’être et le non-être, se trouvent déjà en état d’assumer la tâche de veiller sur le nouveau recommencement de la révolution.

Nos camarades du mouvement Désobéissance Civile ont compris cela mieux que quiconque. De toutes nos forces, avec nos moyens pourtant dérisoires, nous soutiendrons leur action. Rien n’est plus important, car le temps est maintenant venu, sans plus tarder, de préparer l’action.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis



Le temps de l’action
envoyé par Mecanopolis.

Ne soyez plus spectateurs !

Par Désobéissance Civile

La situation économique, politique, écologique, humaine en ce début du XXIème siècle est une catastrophe pour qui a le courage de regarder la réalité en face: inégalités à tout niveau entre le Nord et le Sud, société basée sur le profit et la surconsommation, hommes réduits à l’état d’esclaves et de consommateurs (servitude moderne), guerres factices visant à favoriser le commerce des armes et la domination de l’Occident, domination des lobbies, manipulation des médias, politiciens et organismes internationaux (OMC, FMI, OTAN…) au service des multinationales, mise en œuvre des gouvernement par tous les moyens pour imposer la gouvernance mondiale (NWO), soumission des ex pays souverains d’Europe à l’Union Européenne …

« Désobéissance Civile Belgique » (DCB) est un groupe indépendant, refusant toute étiquette politique, qui vous propose de lutter pacifiquement, mais fermement, contre tout ce que le système a de négatif par la non soumission aux lois allant l’encontre de l’intérêt général et par des actions concrètes. Quand un infime pourcentage de la population mondiale détient le monopole sur la quasi totalité des richesses de la planète, quand les dirigeants n’ont aucun respect pour la vie, quand la société ne soucie plus de l’avenir de ses enfants, de l’avenir des générations futures, la désobéissance civile n’est plus un droit, elle est un devoir.

Parce que nous pensons que chaque être sur terre a droit à un minimum de respect, que tout homme, femme, enfant a droit à l’enseignement, à un logement décent, à un emploi correct, à une pension, à des soins de santé gratuits, parce que nous avons l’orgueil de penser que notre société peut être basée, non pas sur la compétition, la domination et le profit, mais sur la collaboration, le soutien mutuel et le partage, parce que nous pensons que nous somme tous égaux, que chaque homme a droit à la liberté, à la démocratie (participative), à choisir son destin, parce que nous pensons que la vie n’est pas à vendre, nous sommes entré en “résistance” contre cette société égoïste où tout est basé sur l’individualisme et le profit, quelles qu’en soient les conséquences pour les plus faibles.

Pour ce faire, nous employons et emploierons tous les moyens qui sont à notre disposition: interventions intempestives lors de meetings officiels, manifestations, distribution de tracts, support de diverses ONG (Amnesty, HRW…), collaboration avec des groupes partageant nos idéaux, actions de protestation (bâchages de panneaux publicitaires, déversement de stocks de journaux publicitaires, blocage de transports nucléaires…), boycott d’élections…

Si vous aussi vous désirez prendre part à ce combat, envoyez votre prénom et votre adresse email à desobeissance-civile-belgique [at] hotmail.com ou rejoignez-nous sur facebook. Vous serez averti automatiquement de nos futures actions publiques, réunions… et pourrez prendre part au changement de la société avec nous. Ne soyez plus spectateur, devenez acteur !

Thierry Duriau, pour Désobéissance Civile



La révolte qui vient
envoyé par Mecanopolis. – L’actualité du moment en vidéo.

juin 27 2010

Encore un G20 pour rien, sur fond d’aggravation des conditions de survie (vidéo)

Du G20 de Toronto, on ne retiendra que les images de violence (voir notre vidéo ci-dessous), pour lesquelles ont voudrait nous faire croire qu’elles sont le fait de quelques provocateurs encagoulés – comme si l’ensemble des populations n’avait pas de quoi manifester sa légitime colère. Aucune décision capable d’enrayer le cours de la crise – ou plutôt des crises successives – n’a été prise. Cela alors que les conditions de survie des plus pauvres ne cessent de s’aggraver.

g20

Les tenants de la rigueur, Angela Merkel en tête, ont fait valoir aux pays participants le principe d’une nécessaire cure d’austérité générale, ce qui fait dire à la chancelière allemande, ce soir, que ce G20 est un « succès » total. Un succès pour l’impérialisme germanique peut-être, qui impose, plus seulement à l’Europe cette fois-ci mais à l’ensemble des pays industrialisés et émergents, sa vision du monde.

Les mesures d’austérité, appelées pudiquement « mesures de consolidation » dans le communiqué final du sommet de Toronto, vont donc continuer à déferler et, donc, les populations de payer ces crises, en travaillant plus longtemps pour gagner moins.

L’instauration d’une taxe bancaire est de fait enterrée, puisqu’elle est laissée au « libre arbitre des États » qui voudront bien s’en accommoder. Au mieux, elle sera un prétexte à nos gouvernants pour dire qu’ils ont fait quelque chose, comme le clown Sarkozy, qui ne perd décidément jamais une occasion de se ridiculiser, en annonçant ce soir  : « quelle que soit la décision de nos partenaires, nous mettrons en œuvre cette taxe ! ». Encore des promesses qui, comme celles de l’année dernière, ne seront pas tenues.

Dans les faits, cette taxe, même si elle se concrétise, au cas par cas, ne s’apparentera qu’à des miettes. Et d’ailleurs, comme pour le confirmer, les États-Unis ont déjà annoncé la couleur, dans le cadre de leur nouvelle réforme financière : la taxe sur les banques rapportera… 19 milliards de dollars. En regard de ce que les banques ont coûté aux contribuables depuis 2008, ce ne sont effectivement que quelques miettes.

Mais Sarkozy a grandement besoin de faire diversion, car la France va mal. Si mal que la situation sociale pourrait se révéler explosive a très brève échéance.


G20 de Toronto (3)
envoyé par Mecanopolis.

Extrême aggravation des conditions de survie

La diminution annoncée des «dépenses d’intervention de l’État» (dont le RSA) pour cause de plan d’austérité intervient sur un fond d’extrême aggravation des conditions de survie : un nombre de coupures d’électricité multiplié par 30 en deux ans et des tarifs sociaux inaccessibles.

Le nombre de bénéficiaires du tarif de première nécessité (TPN) en électricité a baissé de 30% sur les quatre premiers mois de l’année 2010, a indiqué EDF vendredi, en imputant notamment ce phénomène à la montée de la précarité.

Le nombre de bénéficiaires de ce tarif social est passé de 940′000 à la fin décembre 2009 à 653′000 à la fin du mois d’avril 2010, soit une chute de 30%, selon EDF.

«Cette diminution s’explique par la baisse, de 450′000, du nombre de bénéficiaires de la CMU», la couverture maladie universelle qui ouvre droit au TPN, a expliqué une porte-parole du groupe public d’électricité.

Quelques 300′000 consommateurs pourraient être privés de gaz cette année pour cause d’impayés, soit 30 fois plus qu’en 2008.

Les départements menacent de ne plus payer le RSA

Les bénéficiaires du RSA pourraient être privés d’allocations, cet automne. La menace a été lancée, cette semaine, par les cinquante-huit présidents des conseils généraux de gauche. Dans une lettre ouverte au président de la République, ils préviennent que certains d’entre eux (une trentaine) ne seront bientôt «plus en situation d’honorer le paiement des aides sociales».

Les élus veulent ainsi «alerter l’opinion publique sur la situation dramatique des départements», selon Claudy Lebreton, président PS des Côtes-d’Armor. Le patron de l’Association des départements de France n’en est pas à sa première alerte. Son diagnostic a été confirmé, il y a quelques jours, par le très sérieux Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas) : les départements, dit-il, seront confrontés «à plus ou moins long terme à une véritable impasse financière».

En cause : l’explosion du montant des aides sociales. En 2009, indique l’Odas, les départements ont dépensé 21,5 milliards d’euros pour financer les trois allocations décidées par l’État : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), le revenu de solidarité active (RSA), la prestation de compensation du handicap (PCH). En hausse de 6,5% en un an.

En face, les recettes fondent. Crise immobilière oblige : les droits de mutation ont baissé de 2,5 milliards en deux ans. Dépenses en hausse, recettes en baisse : c’est «l’effet de ciseaux» qui plombe les budgets départementaux. La loi prévoit bien que l’État doit compenser le financement des aides sociales. Or, selon Claudy Lebreton, le compte n’y est pas. L’État a pris un retard de… deux milliards d’euros en deux ans.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Lire également « Contre-le-Sommet » du G20 à Toronto (photos et vidéos)


juin 23 2010

Le capitalisme ne se satisfait d’aucune victoire

Par Alexandre Lentz (Bruxelles)

La certitude de détenir absolument tout ce qu’il y a à saisir en termes de vérité sur un sujet déterminé est aussi illusoire qu’arrogante, et l’orgueil qui en résulte forge une mentalité dont les raccourcis intellectuels simplistes qui la caractérisent ne peuvent séduire que les niais. Par leur propension excessive à estimer que ce qu’ils sont capables d’appréhender constitue une compréhension pertinente et suffisante de la réalité, ne peut-on légitimement craindre que le peu de réflexion auquel laisse place cette logique n’enferme ses victimes dans une prison dorée, une doctrine qui ne tolère aucune hésitation et au-delà de laquelle il n’y a, prétendument, qu’errances et mensonges ?

lentz

L’indifférence populaire s’explique par le fait que l’écrasante majorité des gens sont bien trop occupés par les vanités et les petites tracasseries de leur existence pour pouvoir ne serait-ce que témoigner de l’attention envers les problématiques les plus flagrantes de notre temps, qui sautent pourtant aux yeux de quiconque daigne les garder ouverts. Ces réalités suffisent à rendre profonde et permanente leur passivité à l’égard de toute activité dont les effets ne se font pas sentir directement sur leur seule personne. Comme le disait si justement Adam Smith (1723-1790), père de la science économique moderne, dans son livre « La théorie des sentiments moraux », « nous n’espérons d’autres avantages que d’être remarqués et considérés, rien que d’être regardés et considérés, rien que d’être regardés avec attention, avec sympathie et approbation. Il y va de notre vanité, non de nos aises ou de notre plaisir ». Une telle apathie envers toute problématique collective fait que, quand bien même la population dans sa plus vaste part aurait-elle connaissance de plusieurs faits révoltants, elle ne trouverait généralement aucune raison de s’en indigner. Aussi la propagande de notre société s’attache-t-elle à accentuer la propension innée du commun des mortels à obéir et à observer le conformisme, fut-ce-t-il aux dépens du bon sens ou de leurs propres intérêts. Il n’est ainsi pas rare de récolter des opinions soumises parmi les petites gens, qui auront tendance à s’indigner légitimement devant tel ou tel scandale de corruption d’homme politique, lequel, en plus d’être moralement réprimandable, constitue un détournement des revenus issus de leurs impôts, mais vous expliqueront souvent, paradoxalement, que ce n’est qu’une exception, un dérapage aléatoire et improbable d’un individu qui sera désormais écarté comme il se doit de tout poste d’influence. Il ne s’agirait que d’un fait isolé, si dérisoire qu’il ne ternirait en rien la réputation de leur société démocratique idéale, celle-ci ne souffrant, toujours selon eux, d’aucune problématique de plus grande envergure que ce genre d’événements malheureux mais peu fréquents. Comment une tache aussi insignifiante pourrait-elle salir une si belle façade ?

Selon la même optique contradictoire, ils seront assez prompts à admonester les délocalisations ou d’autres pratiques discutables d’une quelconque multinationale, mais vous diront qu’il est tout à fait normal qu’un certain PDG gagne bien plus d’argent par mois qu’ils n’en percevront au cours de l’entièreté de leur existence [1], car « ces personnes travaillent beaucoup et sont d’une intelligence comme d’un niveau d’instruction largement supérieurs à la moyenne », presque des demi-dieux sur Terre qu’il faut adorer sous peine d’être damné en somme. Nous avons donc là un exemple non exhaustif de résignation dangereuse ; au final, peu importera aux foules que des actes fortement répréhensibles soient commis pourvu que ceux qui en sont à l’origine incarnent une autorité qui se donne des apparences respectables. D’après les conclusions que Stanley Migram a tiré de sa fameuse expérience observant le rôle de la figure d’autorité sur les comportements de tout un chacun, lorsque l’individu obéit, il délègue sa responsabilité à la personne qui symbolise l’autorité et passe dans une sorte d’état second qualifié d’« agentique » ; l’individu en question ne bénéficie plus de sa propre autonomie, et n’est plus que l’« agent exécutif d’une volonté étrangère » aussi longtemps que les représentants de l’autorité n’affichent pas de divergences de point de vue entre eux ou n’entrent pas en conflit avec le comportement de groupe, le conformisme, et continuent donc d’exercer un pouvoir cohérent [2].

Voilà qui soustrait aux attributs du peuple toute capacité de réflexion organisée et de responsabilité ; cela implique également que l’on ait tenu l’éminence grise du nazisme pour seule fautive des maux qu’elle a causés, plutôt que d’accuser les millions d’Allemands qui ont participé aux meurtres et aux exactions de la Seconde Guerre Mondiale de s’être rendus complices de ces atrocités en leur âme et conscience. Ce serait un non sens, car la foule, les phénomènes de masse, sont effectivement dans l’impossibilité de faire preuve d’une quelconque lueur de conscience. Edward Bernays [3] (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, en sait quelque chose puisqu’il écrit dans son livre « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie » ce que tout bon adepte des « relations publiques » doit savoir. « Les relations publiques » consistent à manipuler les nouvelles, les médias, l’opinion, et à pratiquer à large échelle l’interprétation partisane des faits.

Ces quelques phrases donneront un aperçu de ce dont Bernays se fait l’adepte complaisant : « De nos jours, la propagande intervient nécessairement dans tout ce qui a un peu d’importance sur le plan social, que ce soit dans le domaine de la politique ou de la finance, de l’industrie, de l’agriculture, de la charité ou de l’enseignement. […] La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. […] D’où, naturellement, la question suivante : si l’on parvenait à comprendre le mécanisme et les ressorts de la mentalité collective, ne pourrait-on pas contrôler les masses et les mobiliser à volonté sans qu’elles s’en rendent compte ? » Il adhère à la vision d’une part importante des théoriciens des sciences sociales naissantes comme quoi la masse est incapable de juger correctement les problématiques collectives et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu’une démocratie exige de chacun d’eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la société un obstacle à contourner et une menace à écarter. La propagande produit ses résultats en abusant des apparences, des clichés, des slogans [4]. La vie et l’œuvre de Bernays constituent un très précieux témoignage des immenses efforts accomplis par l’élite pour limiter le développement de la conscience sociale et des raisons pour lesquelles ces efforts ont été – et restent toujours – indispensables aux yeux de cette élite [5].

Cette machination perverse travaille à créer le consentement populaire : de fait, les conclusions auxquelles parviendront les gens ne seront pas souvent les leurs, car les éléments qui bâtissent leurs schémas de pensée auront été insufflés subtilement dans leur inconscient par les propagandes de masse [6]. Comme il n’est pas dans les habitudes de ceux qui constituent les foules de se construire une pensée et une conscience solides, les stéréotypes ingérés de manière subliminale s’exprimeront au travers des paroles et actions chaotiques de leurs personnes sans réelle résistance. Certes, si tout le monde devait se contenter de ce qui suffit au plus grand nombre, l’humanité serait toujours réduite à manger de la bouillasse de limaces écrasées dans des cavernes humides et obscures. Les progrès de notre espèce ont été réalisés dans les domaines les plus divers par des petits groupes de personnes hors du commun ; scientifiques aux éclairs de génie fulgurants, philosophes d’une lucidité incomparable, entrepreneurs ingénieux et innovateurs, et tant d’autres encore.

Le gros du troupeau n’a fait que suivre les chemins que traçaient des bergers qui leur promettaient, avec ou sans honnêteté, de plus gras pâturages. Au cours de leurs pérégrinations, ces moutons aveugles, gangrénés par l’égoïsme, l’inconstance et l’arrogance sont tombés dans bien des pièges. Les maîtres du IIIe Reich comme les résidents du Kremlin soviétique prétendaient faire preuve d’un ascétisme dévoué au bien le plus exalté de leur peuple ; nous avons eu connaissance des résultats. Ce qui est moins évident est de comprendre que nos sociétés dites démocratiques n’échappent pas aux mécanismes du mensonge et de la domination universels et intemporels : pourquoi ne subiraient-elles pas les mêmes pressions cruciales que n’importe quel autre régime et s’inscriraient-elles au-delà du cycle infernal de la barbarie historique ? Pour la seule raison caricaturale qu’un jour, quelques braves gens ont déclaré que désormais, tout serait beau dans le monde de la démocratie ? Absurde. Notre système n’a de démocratique que l’apparence et cela suffit à convaincre les masses de son bien fondé, car leur absence de faculté de penser ne les fait jamais hésiter [7 et 8]. Qu’en est-il des stéréotypes de l’élite ? Ils ne sont ni très différents, ni moins dangereux.

Les élites tant politiques qu’économiques détenant une influence significative seraient frustrées par un système réellement démocratique à cause de la lente marche des processus de décisions à laquelle il contraindrait d’un côté, et par le fait que les attentes du peuple coïncident rarement avec les leurs de l’autre. Ils voudront donc exercer leur pouvoir de manière plus arbitraire, opaque et expéditive. Cette situation résulte en une application de stratégie des chaînes : là où l’autorité officielle est trop entravée par des formalités contraignantes, le véritable centre de décision migre vers une autre autorité, officieuse et plus dynamique. Ce ne sont alors plus ceux qui ont le plus de droits qui détiennent le pouvoir, mais ceux qui ont le plus de moyens, financiers entre autres. La démocratie telle que notre système le conçoit fragmente le pouvoir politique, mais laisse intact le pouvoir économique. Elle permet donc tout à fait cette dérive, car elle n’empêche pas l’apparition d’une dictature financière, une ploutocratie, qui résulte de la concentration massive de richesses par une poignée de personnes. Qu’on le veuille ou non, une seule autorité dominante finira toujours par surpasser en influence toutes les autres formes de gouvernance qui sont instituées par les lois, car les règles de la jungle qu’est notre monde veulent que la force prime sur le droit. Comme l’écrasante majorité des hommes politiques et autres parlementaires sont issus de la haute classe moyenne ou de la classe aisée, ils n’auront pas trop à se plaindre de la collusion d’intérêts entre le politique et l’économique qui résulte de cette situation [9].

L’argent n’est-il pas la principale valeur sur laquelle reposent tous les mécanismes vitaux de notre système ? Que valent les plus grandes valeurs déclarées par nos pays démocratiques en comparaison, et qui s’acharnera à les défendre plutôt que de s’enrichir personnellement ? Aussi nos hommes politiques dépendent-ils des exigences de la ploutocratie, car ce serait non seulement leur propre ruine, mais surtout celle du pays qu’ils gouvernent s’ils venaient à fâcher l’une ou l’autre grosse fortune précédemment amicale et que celle-ci leur retirait son soutien financier ou le bénéfice de ses capitaux. Une telle interdépendance n’est évidemment pas l’exclusivité de nos pays occidentaux ; elle affecte par le même rapport de collusion tout endroit du globe et toute époque où le pouvoir politique a cédé aux pressions des groupes d’intérêts hautement économiques et financiers et s’est alors fait devancer par ces derniers. Il en va ainsi dans nos sociétés : une allégeance certaine est déclarée avec solennité aux institutions bancaires, aux fonds spéculatifs, aux entreprises, aux assurances, aux industries, et à tant d’autres représentants des principes capitalistes et libéraux dont se targue notre système avec tant de fierté. Il serait donc irréaliste de penser qu’un seul homme, en sa qualité de dirigeant, pourra jamais mener une politique entièrement indépendante de toute influence interne ou extérieure à sa nation [10].

Le capitalisme effréné ne se satisfait cependant d’aucune victoire, et n’a de cesse d’abattre d’autres barrières gênant son expansion. Sa soif d’hégémonie oblige les États qui lui ont ouvert ses portes à faire de plus en plus de concessions ; au final, ils se retrouvent réduits à tenir davantage le rôle d’État policier que celui d’État providence car leur marge d’action est de plus en plus restreinte. Cette transformation progressive et déjà bien entamée trouve ses causes dans la réduction du budget des services sociaux qui est effectuée pour soulager une partie du poids de la dette et dans le fait que les ploutocrates, qui s’avèrent de plus en plus capables de dicter leur parole, considèrent l’État comme un simple gardien de l’ordre social et de la sécurité des transactions financières sans qu’il n’ait à intervenir dans celles-ci. Si le principe du « tout pour l’État » est typiquement fasciste, le « rien pour l’État » n’est pas moins caractéristique du fascisme financier.

Cette certitude de n’avoir d’autre devoir que de canaliser les appétits destructeurs de foules instables pour pouvoir ensuite s’élancer vers une recherche frénétique et permanente du profit plutôt que d’utiliser les richesses du pays pour guider la population vers de meilleures conditions de vie, tant sur le plan matériel que psychologique, est la principale errance de l’élite occidentale. Par quoi la justifie-t-elle ? Par sa prétendue supériorité naturelle.

James Madison (1752-1836), quatrième président des États-Unis d’Amérique de 1809 à 1817, assurait que « le véritable pouvoir, celui que procure la richesse de la nation », doit demeurer entre les mains des « êtres les plus capables » et que la première et principale responsabilité du gouvernement est de « maintenir la minorité fortunée à l’abri de la majorité ». De fait, il s’agit, selon Walter Lippmann (1889 – 1974), influent journaliste américain ayant popularisé le terme de « guerre froide », qu’il employa pour la première fois en 1947, et l’expression « fabrique du consentement », de faire en sorte que la masse se contente de choisir, parmi les membres des « classes spécialisées », les « hommes responsables » auxquels il reviendra de protéger la richesse de la nation. Pour la limiter à ce rôle, il sera nécessaire d’opérer ce que Lippmann décrit comme « une révolution dans la pratique de la démocratie », à savoir la manipulation de l’opinion et la « fabrication des consentements », indispensables moyens de gouvernement du peuple. « Le public doit être mis à sa place, écrit Lippmann, afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d’être piétinés ou encornés par le troupeau de bêtes sauvages. » [11]

Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour remarquer que l’accroissement des richesses d’un pays par sa croissance profite rarement à l’ensemble de sa société par un quelconque mécanisme de redistribution. Les grandes révolutions de l’Histoire, même celle de 1689 en Angleterre et de 1789 en France, ont été font faites par le haut et pour le haut de la société. Si les revendications des vainqueurs concernèrent essentiellement la promotion du libéralisme, le respect des droits individuels, et l’extension de l’autorité d’un Parlement dont les membres étaient naturellement acquis à leur idéologie, c’est parce que, derrière leurs apparences philanthropes, ces valeurs servaient avant tout à assurer les intérêts des plus aisés, à abattre des barrières à l’accroissement de leur patrimoine et à fortifier, de fait, un capitalisme dont les maîtres à penser commençaient à en établir une doctrine officielle. En effet, dans des régimes où les lois jugulaient encore moins les rapports de force que maintenant, on comprend que de telles prérogatives ne pouvaient profiter qu’à ceux qui avaient à la fois l’utilité et la possibilité de défendre ces droits. C’est l’apparition de la mouvance socialiste, et elle seule, née de l’indignation qu’inspirait la misère ouvrière du XIXe siècle, qui a travaillé à faire valoir les droits du peuple et a forcé, tant elle avait pris de l’ampleur, les dirigeants de l’époque à concéder, à contrecœur, les premiers services sociaux.

Ce n’est certainement pas l’idéologie néolibérale que nous connaissons qui va œuvrer à fortifier la démocratie et à solidifier les programmes sociaux, au contraire ; cela fait plus de trente ans déjà qu’elle s’attache à détruire l’une et l’autre. Dans leur quête impérialiste, les véritables bâtisseurs de la politique américaine n’auront de cesse d’excéder les limites du raisonnable pour atteindre l’absolu [12], le ralliement de tous les pays aux dogmes américains par l’hégémonie mondiale de cooptation que les plus influents politologues du monde désirent tant, et qui est, d’ores et déjà, presque une réalité [13, 14 et 15]. Ce qui n’est pas immédiatement flagrant lorsque l’on observe les rouages de notre système est que ses principaux acteurs poursuivent les mêmes intérêts ; les multinationales, qui détiennent désormais une puissance tout à fait démesurée [16 et 17] financent, pour certaines d’entre elles, des groupes de réflexion comme le « Council on Foreign Relations » [18] qui rassemblent la crème de l’élite du pays ; les meilleurs membres issus du milieu des affaires, du journalisme, de l’économie et de la politique, tous partis confondus, pour un total de 5 000 personnes. Face à cette concentration arbitraire du pouvoir, on comprend que la démocratie n’existe qu’à condition que l’on vote comme le désirent ceux qui se situent au sommet de la hiérarchie ; cela consiste en un système de liberté soigneusement dirigée.

Il résulte de tout cela que, si nous sortons de la bulle de béatitude qu’entretient tant la médiocrité de nos penchants primitifs que la propagande sciemment exercée par l’élite, nous serons confrontés aux affres insoupçonnées d’un monde dont la réalité briserait nos illusions les plus candides [19, 20 et 21]. Il n’est effectivement pas nécessaire de porter une attention extraordinaire à ce qui se passe actuellement dans notre communauté euro-américaine pour se rendre compte que les droits y régressent bien plus qu’ils ne progressent. Non seulement les possibilités de maintenir les actuels niveaux européens de services sociaux deviennent de plus en plus incertaines pour des États criblés de dettes et de déficits, mais de surcroît, la propension politique du moment est d’ôter jusqu’aux rares référendums qui permettaient encore à la population de faire valoir significativement sa voix à la vigilance de tout un chacun. Le pire et le plus inquiétant, à la rigueur, est que tout cela suscite bien peu de réactions. Sans doute le peuple comme l’élite s’obstinent-ils trop à agir sans daigner remettre en question leurs schémas de pensée limités, et pêchent par manque d’hésitation.

Une constante demeure en notre monde, quels que soient l’époque et le système : une minorité peu scrupuleuse exploite sans vergogne les masses qui se situent à un niveau social inférieur au leur. Une autorité s’impose et aspire à l’orientation arbitraire du labeur de ceux qu’elle considère désormais comme ses sujets. Plus les inégalités entre les diverses factions de la hiérarchie seront profondes, plus la fonction prédéterminée de chaque classe sociale sera justifiée. Les dirigeants ne manqueront pas de rappeler Ô combien leurs actions sont éclairées et à quel point ils méritent par conséquent les privilèges qu’ils détiennent ; aussi ne manqueront-ils jamais une occasion, fondée ou non, de le démontrer. Ils prétendront également que chacune de leurs pensées, que la moindre de leurs décisions a pour seul objectif d’atteindre une plus vaste réalisation de la démocratie ou d’obtenir un respect magnifié des droits de l’homme, et que les pouvoirs qu’ils utilisent ne sont qu’un moyen visant cet unique but plutôt qu’une façon de servir leurs intérêts personnels.

Les événements montreront à tout observateur capable de voir la réalité telle qu’elle l’est que cette affirmation est non seulement mensongère, mais que la situation qu’ils engendreront se situera, qui plus est, aux antipodes de ce qu’ils étaient censés accomplir, donnant ainsi raison à cet axiome d’Aldous Huxley (1894 – 1963), écrivain britannique : « L’idéalisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volonté de puissance ». Comme l’exprimait Noam Chomsky, philosophe et linguiste américain, lorsqu’il a dit : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à l’État totalitaire », là où l’on contraignait autrefois les foules à agir de la façon choisie par le pouvoir en place en usant de la coercition, la dictature subtile dans laquelle nous vivons sait que seule une minorité d’individus inoffensifs est capable de voir au-delà des apparences parmi la population. Ceux qui afficheront trop de désaccords avec leur système seront automatiquement condamnés à l’exclusion sociale, ce qui fera taire leur voix, et ira peut-être jusqu’à les mener à la déprime ou au suicide. Est-ce là la preuve de l’incommensurable sagesse que nos élites prétendent détenir ? Tant de guerres et de sacrifices au cours de l’histoire européenne pour en arriver là ?

Alexandre Lentz (Bruxelles), pour Mecanopolis

Reproduction autorisée avec reproduction des sources et notes

Notes :

[1] : Alors que l’on demande au citoyen ordinaire de travailler plus pour un salaire qui s’amoindrit mais qu’il doit accepter sous la menace permanente d’une « restructuration » ou d’une « délocalisation », les entreprises engrangent des bénéfices record. Le bénéfice net totalisé par les 40 plus grandes entreprises françaises a été de 57 milliards d’euros en 2004. Les dirigeants de ces entreprises s’octroient même des augmentations ; la moyenne de leurs salaires est pourtant déjà 500 fois supérieure au salaire moyen de leurs employés. De fait, ils gagnent par mois ce que le salaire moyen mettrait des siècles à récolter. En 2003, le PDG de L’Oréal, Lindsay Owen-Jones, gagnait 6 570 000 euros par an, tandis qu’Edouard Michelin percevait 4 260 000 euros annuellement. Source : « La fin programmée de la démocratie », http://www.syti.net/Topics2.html

[2] : Le bilan de l’expérience de Milgram est le suivant : sur les 40 sujets qui ont participé à l’étude, dont le propos était soi-disant de constater l’impact bénéfique de la douleur sur les facultés d’apprentissage d’un élève, 62,5% d’entre eux menèrent l’expérience à terme en faisant subir à trois reprises les décharges électriques maximales et théoriquement mortelles de 450 volts à leur victime, qui était en fait un acteur simulant la douleur, sans savoir pour autant que les chocs infligés étaient fictifs et n’occasionnaient donc aucune souffrance. Globalement, la moyenne de l’intensité à laquelle s’arrêtent les volontaires est de 360 volts et tous les participants atteignirent le pallier des 135 volts. Le rapport ingrat de maître au presque esclave n’est cependant pas une exclusivité de notre époque, mais a toujours prévalu au cours du temps.

[3] : Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA. Un des premiers gestes de Jacobo Arbenz pour moderniser l’économie de son pays fut la réappropriation, avec compensation, de terres appartenant à la United Fruit Company mais qu’elle n’utilisait pas. La compagnie entreprend alors une vaste campagne de relations publiques pour les besoins de laquelle elle embauche Bernays. De ce mensonge et cette manipulation résultera une vaste opération de la CIA qui mettra au pouvoir l’homme qu’elle a choisi, le général Castillo Armas. Ce coup d’État marque le début d’un bain de sang qui fit plus de 100 000 morts dans ce pays au cours des cinq décennies qui suivirent. Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

[4] : Par exemple, les noms des organismes créés pour servir d’intermédiaire entre une cause et le public occultent voire contredisent la véritable nature. C’est le cas de l’ « Oregonians for Food and Shelter » : qui pourrait objecter à la défense des sans-abri et à ce que soit satisfait le besoin primaire de manger à sa faim ? En réalité, pourtant, cet organisme est surtout préoccupé par les limitations que l’on veut apporter à l’utilisation de produits chimiques en agriculture. Ce sont d’ailleurs des entreprises fabriquant de tels produits qui financent ce groupe (Chevron Chemical, DuPont, Western Agricultural Chemicals Association, etc.). Cette stratégie, qui consiste à dissimuler la réalité derrière des apparences, peut s’appliquer à n’importe quelle chose : justification d’une guerre pour « préserver la démocratie et la sécurité nationale », prétendues « aides au Tiers-Monde » qui ne sont, en fait, que des prêts auxquels sont associés de lourds intérêts, voire des conditions néfastes à l’économie du pays receveur, etc. Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

[5] : En 1990, Stuart Ewen rencontre Bernays. Celui-ci lui fait notamment part d’une anecdote concernant son ancien chauffeur de taxi, Dumb Jack. Levé à cinq heures, Dumb Jack véhiculait toute la journée et jusqu’au soir Bernays, son épouse et leurs enfants. Il s’endormait souvent la tête entre les mains à la table du repas du soir, avant de manger et d’aller se coucher. Dumb Jack touchait 25 dollars par semaine et avait droit à un demi-jeudi toutes les deux semaines. « Pas une mauvaise affaire du tout », dit Bernays, avant de conclure, un brin de nostalgie dans la voix : « Mais c’était avant que les gens n’acquièrent une conscience sociale. » Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

[6] : Une analyse par ordinateur des commentaires du Président Bush, après le 11 septembre, montre qu’à la mi-février 2003 – soit sur une période de quinze mois – il avait utilisé dans ses interventions publiques une variante ou une autre de la phrase manichéenne « qui n’est pas avec nous est contre nous » (une formule d’ailleurs popularisée par Lénine) pas moins de 99 fois. Les Américains étaient désormais exhortés à défendre rien de moins que la civilisation elle-même contre la menace apocalyptique posée par le terrorisme mondial. Dans les quinze mois suivant le 11 septembre, Bush a fait référence 224 fois aux « tueurs », 53 fois aux « meurtriers », etc., sans jamais spécifier leur identité. Il a aussi déclaré: « Ils haïssent les choses, nous aimons les choses » (le 29 août 2002). Le ministre de la Justice a, de son côté, renchéri, déclarant, par exemple: « Un mal calculé, malfaisant et dévastateur s’est levé dans notre monde » (Robert F. Worth, « Truth, right and the american way », New York Times, 24 février 2002), sans identifier non plus de source à la menace.

[7] Le cas du passage en force du traité de Lisbonne est un exemple parmi d’autres de violence psychologique tout à fait antidémocratique : les responsables politiques des pays membres de l’Union européenne comme ceux qui étaient à la tête des institutions de celle-ci ont tout simplement fait abstraction de l’opinion qu’avaient les peuples européens du traité, à l’exception des Irlandais qui ont bénéficié d’un referendum. Le vote négatif des Français et des Hollandais à l’égard du traité de Rome, qui entretenait de fortes ressemblances avec celui de Lisbonne, n’a pas eu d’influence. On n’a eu cure de sonder à nouveau leur opinion lorsqu’il a été question de faire entrer ce dernier en vigueur. Seuls les Irlandais ont été sondés, et ont eux aussi rejeté la requête une première fois. Cela n’a pas plu à l’intelligentsia européiste, ni aux lourds intérêts financiers qui encourageaient ce projet. Les dégâts d’une crise économique et quelques coups de propagande plus tard, la réponse à un second vote qui n’avait normalement pas lieu d’être fut positive. Sans doute les Irlandais étaient-ils enthousiasmés par les aides financières de l’Union européenne, apeurés par les conséquences probables qu’aurait eu un second « non » en ces circonstances, et distraits autant qu’épuisés par les événements.

[8] : L’USA PATRIOT Act : Sous le prétexte de participation à la lutte anti-terroriste, le FBI se voit attribuer le pouvoir d’espionner les associations politiques et religieuses sans que celles-ci soient suspectées d’activités criminelles. Il peut faire procéder à des perquisitions et saisir les documents et effets possédés par des citoyens. Sans devoir se justifier, il peut faire emprisonner quiconque, y compris des citoyens, ce indéfiniment et sans procès, sans que ces personnes soient accusées, ni qu’elles puissent être confrontées à celles qui auraient déposé contre elles, de même qu’elles pourraient être torturées physiquement et psychologiquement impunément. Le FBI ni la CIA ne sont pas contraints de répondre de leurs actions devant les élus. Il met en avant une définition du « terrorisme interne » tellement vague qu’elle permettrait d’y inclure toute personne manifestant une opposition envers le gouvernement.

[9] : « Le Congrès serait bien en peine de poser les fondations de la politique étrangère des États-Unis, d’autant plus qu’il est le champ d’affrontement d’intérêts divergents, portés par des groupes de pression industriels ou ethniques les plus variés. Seul l’exécutif, avec son organisation hiérarchique soumise, en dernier recours, au président, est adapté à la tâche, et dans l’intérêt de la sécurité nationale il se doit de l’assumer. Le risque existe que la représentation nationale joue le rôle d’une simple chambre d’enregistrement des décisions stratégiques qui lui sont soumises sans débat. » « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue américain né en 1928.

[10] : À l’exception d’une réforme de la santé réussie, qui n’est cependant pas sans intérêts économiques du fait des millions de nouveaux clients dont l’industrie de la santé va profiter aux dépens des compagnies d’assurance, les espoirs que beaucoup ont placé en Obama se sont révélés désespérément illusoires. Le président a signé une extension du liberticide Patriot Act le 27 février 2010, et défend désormais le néolibéral Accord de Libre Échange Nord Américain (ALENA) qui fait l’objet de vives critiques sur le continent Nord-américain et qu’il avait promis d’abolir. Il poursuite les « signing statements », qui permettent d’introduire une loi de facto sans demander l’avis du Congrès, le Parlement américain, et qui avaient largement été utilisés par Bush. Il avait promis de laisser un délai de 5 jours au public pour qu’il puisse lire les lois soumises au Congrès ; en réalité, les membres du Congrès eux-mêmes n’ont pas souvent eu l’occasion de lire les moindres petites clauses de plusieurs textes importants de plus de 1 000 pages qui ont été soumis à leur attention à la dernière minute. Bref, Obama ne crée et ne créera aucune rupture avec l’empire financier. Source : http://www.washingtontimes.com/news/2010/feb/27/obama-signs-one-year-extension-patriot-act/

[11] : Influence idéologique : Dans la pensée de Léo Strauss (1899-1973), Dieu n’existe pas et l’homme n’est rien. Les concepts de moralité, de bien et de mal, ne sont que des billevesées. Seuls quelques hommes rares et supérieurs sont en mesure de s’affranchir de ces contraintes. En revanche, la masse que Nietzsche appelait « le troupeau » ou encore « les esclaves » n’est pas assez forte pour se passer de tous ces codes. Ce que Strauss appelle « le philosophe » doit fournir du foin à la multitude. Malgré ce décalage entre l’élite et la masse, ces croyances diverses insufflées aux populations sont des « mensonges nobles » selon le modèle straussien, sans aucune référence à la charité ou à la bonté permettant de mener les hommes vers des buts définis par « le philosophe ». Une morale est donc affichée, mais la réalité est une agapè inversée sur le plan des valeurs. L’influence déterminante de Léo Strauss a marqué les esprits des néo-conservateurs américains. En effet, il a formé des esprits et fait des émules. Aux États-Unis, des esprits, qui se trouvent désormais à la tête du pays dans les domaines politiques, militaires et juridiques, ont été façonnés par la pensée straussienne. L’administration Bush en était elle-même une création.

[12] : Le rapport très officiel paru en septembre 2000, publié par le PNAC, portant sur la stratégie militaire du pays à promouvoir, nommé « Rebuilding America’s Defenses », nous fait part de cette phrase parmi d’autres qui sont d’une portée tout aussi inquiétante : « De plus, le processus de transformation (les objectifs géopolitiques américains assurant sa suprématie), même s’il apportera un changement révolutionnaire, sera probablement long en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ». Un an plus tard ont eu lieu les attentats du 11 septembre 2001, ce qui mène à se poser de sérieuses questions sur les réels instigateurs de cette attaque. Le « Project for a New American Century » (PNAC) est un groupe de réflexion créé en 1997 dont un nombre imposant de membres sont devenus plus tard le noyau de l’administration de George W. Bush. Parmi beaucoup d’autres puissants, mais dont les noms sont moins connus, la liste comprend : Jeb Bush, Dick Cheney, I. Lewis Libby, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Leur objectif déclaré est d’utiliser une énorme expansion militaire étasunienne dans le plan de « domination mondiale des États-Unis. »

[13] : « La prépondérance américaine mondiale est vouée à disparaître. Ce qui pose une question cruciale: par quoi sera-t-elle remplacée ? Une fin brutale ouvrirait à l’évidence une période de chaos et d’anarchie internationale, ponctuée d’éruptions dévastatrices. Un déclin progressif incontrôlé aurait des effets similaires sur une période prolongée. Une dévolution de pouvoir maîtrisée et graduelle pourrait, en revanche, favoriser l’émergence d’une communauté internationale d’intérêts partagés, obéissant à des règles plus formalisées, et dans laquelle des accords supranationaux tendraient à assumer certaines des fonctions spéciales de sécurité assumées, de tradition, par les États-nations. Quoi qu’il en soit, la fin éventuelle de l’hégémonie américaine ne conduira pas à la redistribution d’un pouvoir multipolaire entre les grandes puissances qui ont dominé les affaires internationales au cours des deux derniers siècles. [...] Il manquerait encore à celle-ci la cohésion, la vigueur et l’énergie nécessaires pour renverser l’Amérique de son piédestal et garantir la stabilité internationale. Il va d’ailleurs de soi que plusieurs de ces pays choisiraient l’alignement sur les États-Unis en cas de crise. De fait, aux premiers signes d’un déclin, les efforts se multiplieraient pour rétablir le leadership américain. Plus important, le ressentiment partagé à l’égard de l’hégémonie américaine ne saurait annihiler les conflits d’intérêt entre États. [...] Une communauté mondiale d’intérêts partagés ne doit pas être confondue avec l’idée d’un gouvernement mondial. À ce stade de l’histoire, rien ne permet de mettre sur pied ce dernier. L’Amérique – à juste titre – n’est pas prête à céder sa souveraineté à une autorité supranationale, dans un monde dénué du consensus minimal nécessaire à la naissance d’un tel gouvernement. La seule forme de « gouvernement mondial » envisageable à ce jour serait une dictature mondiale américaine – construction par essence instable et vouée à l’écroulement. On peut voir dans la notion de gouvernement mondial un doux rêve ou un cauchemar, mais sûrement pas une perspective crédible pour encore quelques générations. »  « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue américain né en 1928.

[14] : « Sans l’Europe, l’Amérique conserve sa prépondérance mais ne jouit pas de l’omnipotence mondiale; sans l’Amérique, l’Europe conserve sa richesse mais souffre d’impuissance. [...] Seule la collaboration des deux rives de l’Atlantique peut permettre de définir une orientation véritablement mondiale, susceptible d’améliorer la situation internationale actuelle. [...] En outre, l’unification progressive de l’Europe ne menace en rien l’Amérique; elle ne peut qu’en tirer avantage en renforçant le poids de la communauté atlantique. [...] » « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue américain né en 1928.

[15] : « Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être. » David Rockefeller, né en 1915, milliardaire dirigeant l’empire de sa famille et ancien président de la Chase Manhattan Bank, dans ses « Mémoires », page 405

[16] : Au début des années 1980, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), on comptait 7 000 multinationales. En 2002, elles étaient 64 000, contrôlaient 870 000 filiales, employaient 54 millions de personnes et représentaient 70 % des flux commerciaux mondiaux. De même, investissements directs à l’étranger sont passés de 1 600 milliards de dollars en 1990 à 6 600 milliards en 2001. Certaines firmes sont désormais considérées comme étant comparable à des États. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en 1999, le chiffre d’affaires de la société américaine Ford équivalait au PIB de la Norvège, et celui des sociétés japonaises Mitsui et Mitsubishi équivalaient respectivement au PIB de l’Arabie saoudite et de la Pologne. À cette époque, sur les 100 premiers acteurs économiques mondiaux, 55 étaient des multinationales.

[17] : Aux États-Unis, 1% de la population a retrouvé leur poids du début du XXe siècle: ils gagnent plus de 16% du revenu national, contre 7% après-guerre. Le Financial Times cite une étude: les grands établissements financiers ont accumulé presque 100 milliards de revenus pour 4000 milliards de pertes laissés à la communauté. Dans les années 50, Renaut fabriquait 80% de la voiture qui était livrée au concessionnaire. Aujourd’hui, elle n’en fabrique plus que 20% : le reste est issu des délocalisations. John Pierpont Morgan disait en son temps qu’une entreprise où le PDG gagne plus de vingt fois le salaire de ses employés ne peut pas bien fonctionner. Source : « La prospérité du vice », Daniel Cohen

[18] : http://www.cfr.org/

[19] : Henry Kissinger (né le 27 mai 1923 en Allemagne) est un diplomate américain. D’abord conseiller à la sécurité nationale américaine, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1973 alors qu’il est secrétaire d’État du gouvernement républicain de Richard Nixon, poste qu’il occupe ensuite sous Gerald Ford. La justice de nombreux pays souhaite aujourd’hui l’interroger et il limite pour ces raisons ses voyages à l’étranger. Citations : « Le pouvoir est le plus puissant des aphrodisiaques. » (The Guardian – 28 Novembre 1976), « Nous procédons à l’illégal sur le champ, l’anticonstitutionnel prend un petit peu plus de temps. » (New York Times – Octobre 28 1973), « Les États-Unis n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. ». « S’il est une chose que tous les hommes ont en commun, c’est la peur de l’inconnu. Lorsque, considérés à l’intérieur d’un tel scénario, les droits individuels sont volontairement abandonnés pour la garantie de bien-être qui sera apporté sur un plateau par leur gouvernement mondial. » Evian, France, 21 mai 1992. « C’est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute », à propos du président indonésien Suharto, responsable de 200 000 morts causés par l’annexion du Timor Oriental. (Yemen Times)

[20] : Selon des chiffres de l’Organisation Internationale du Travail, près de 3 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 2 dollars par jour. « L’écart de revenus » entre les 20 pour cent les plus riches et les 20 pour cent les plus pauvres de la population mondiale ne cesse de se creuser. En 1960, l’écart était de 1 à 30. En 1999, il avait atteint 1 à 74. Même dans les 20 pays les plus industrialisés, plus de 10 pour cent de la population vivent au-dessous d’un seuil de pauvreté établi à moins de 50 pour cent du revenu médian. Source : Organisation Internationale du Travail, http://www.ilo.org/wow/Articles/lang–fr/WCMS_081474/index.htm). Les États-Unis représentent 6% de la population mondiale mais consomment 25% des richesses de la planète. Les Américains consomment, par tête, cinq fois plus d’énergie que les autres habitants de la planète ; ce sont les plus gros producteurs de produits alimentaires, les principaux fournisseurs de haute technologie. Source : L’organisation de l’espace mondial. Ragnard Lycées Paris, 1994. Selon des statistiques des Nations unies, alors que le PNB mondial augmentait de 40% entre 1970 et 1985, la pauvreté progressait de 17% : de même, le PIB des dix pays les plus riches du monde a doublé entre 1985 et 1995, tandis que le PIB des dix pays les plus pauvres est tombé de 30%. Dans la même période, la distance entre le pays le plus riche du monde et le plus pauvre a été augmentée de 70 fois à 430 fois alors que 34.000 enfants meurent chaque jour de faim ou de maladies évitables.

[21] : Bruce de Palma, comme bien d’autres inventeurs, a conçu une machine à énergie libre qu’il s’est vu confisquer par les autorités officielles parce qu’il s’en servait pour alimenter en énergie électrique toute sa maison gratuitement. Interdiction lui a été faite d’en reconstruire une. La découverte du physicien vient d’une simple expérience : il fit tourner un roulement à billes à très grande vitesse, les lança en l’air et prit toute une série de photos en accéléré. Il découvrit qu’elles étaient montées plus haut et retombées plus vite que des roulements à billes qu’on n’avait pas fait tourner avant de lancer. De Palma finit par s’apercevoir qu’un objet puisait de l’énergie dans l’espace en tournant. Après de nombreuses recherches, il conçut une machine appelée N-Machine, utilisant des aimants super-puissants pour obtenir de l’électricité. Des tests en 1980 ont montré que le générateur produisait plus d’énergie qu’il n’en consommait. Source : www.infomysteres.com/fichiers/energies_alternatives.pdf

juin 18 2010

Mondial de football 2010 : Dégénérés de tous les pays, réveillez-vous !

Ça y est, c’est parti pour tous les dégénérés de la terre qui vont se régaler pendant un mois à l’occasion du mondial de football 2010 qui se déroule en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet. Cet événement sportif international mérite une attention particulière, car la coupe du monde du football n’est pas une simple manifestation sportive, médiatique, financière, économique voire politique, elle est aussi une pathologie sociale secrétée par un type de société et un mode de production, le mode de production capitaliste.

foot

Les jeux et la compétition ont certes existé rappelons-nous (rappelons nous la fameuse boutade de Néron, le pain et les jeux pour le peuple) mais ils n’ont jamais pris une telle dimension planétaire au point d’envahir la vie quotidienne des hommes. D’abord, les jeux étaient confinés dans une zone géographique, une ville ou un village, et leur but était seulement le plaisir du spectacle et l’émotion intense qu’ils produisaient. Le sport et le loisir étaient l’apanage des gens riches disposant du temps libre et des loisirs. Avec l’avènement du capitalisme, le sport et les loisirs deviennent un rouage du pouvoir politique et l’un des innombrables mécanismes qui composent la machinerie mise en place progressivement, consciemment ou inconsciemment, par les classes dominantes pour orienter utilement et pour canaliser l’énergie psychique et physique des masses.

Ceux qui se focalisent un peu vite sur le sport en général et sur le football en particulier qualifié de peste et de nouvel opium des peuples se trompent lourdement, car ils ignorent l’action analgésiante et abrutissante d’autres relais et d’autres institutions tels que l’école, l’université, la radio, la télévision, le divertissement, la musique, le loto, le PMU, les casinos, la science, la technique, la médecine etc qui concourent chacun dans son domaine propre à la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses. À ceux qui s’alarment du danger du sport et du football, nous leur disons, n’exagérons rien, le sport et le football ne sont pas plus dangereux pour notre santé mentale et intellectuelle que les émissions de Philippe Bouvard et d’Arthur à la radio et à la télévision, qu’un concert de Johnny Halliday, à Bercy, les séries télévisées, Star Académie, la ferme célébrité ou n’importe quelle émission de télé reality.

Ceux qui s’en prennent uniquement au sport et au football rendus responsables de l’abrutissement des masses, inversent l’ordre des priorités, car ils oublient ou feignent d’oublier que le processus du décervelage des hommes dans nos sociétés actuelles commence non pas dans les stades mais à l’école au sein de laquelle prend source la dégénérescence mentale et intellectuelle des futurs générations.

En réalité, les rois des stades n’y sont pour rien dans le décervelage des masses, ils sont là seulement pour entretenir la débilité ambiante. Le sport en général et le foot en particulier sont une parmi d’autres institutions jouant chacune le rôle d’agent d’entretien de l’abrutissement et de la dégénération mentale et intellectuelle des masses. Une fois la mission de l’école est terminée, c’est à d’autres institutions de prendre le relais pour entretenir continuellement l’état d’abrutissement et de dégénération des masses sans lequel le système capitaliste ne pourra ni fonctionner ni perdurer. Au-delà de ces considérations générales, toute la question est de savoir pourquoi le football a pris l’importance que l’on sait dans nos sociétés actuelles.

LE FOOTBALL, ARME POLITIQUE ET IDÉOLOGIQUE CONTRE LES CLASSES EXPLOITÉES

Si le football a envahi notre vie quotidienne et il est devenu si populaire, c’est parce qu’il s’est révélé historiquement comme une arme de combat des classes dominantes contre les classes exploitées. Il faut savoir qu’une classe dominante ne peut jamais asseoir sa domination qu’en dégénérant mentalement et intellectuellement les classes dominées. Cela veut dire concrètement que les classes exploiteuses doivent tout faire pour empêcher les classes dominées de prendre conscience des mécanismes qui sous-tendent leur domination. À cet égard, le football, pour ne pas parler d’autres sports, fut une arme politique et idéologique d’une redoutable efficacité dont s’étaient servis la bourgeoisie et les capitalistes au XIXème siècle pour briser l’unité et la conscience de classe des dominées et des exploités. C’est seulement cette perspective qui explique pourquoi le football est devenu si populaire et pourquoi il a pris une telle importance planétaire. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater l’émergence simultanée, durant les trois dernières décennies du XIXème, du football comme sport de masse et comme institution et l’école publique, gratuite et obligatoire, car l’un et l’autre sont de nature à empêcher la naissance d’une conscience de classe entre toutes les victimes de l’exploitation capitaliste.

Pour mieux comprendre pourquoi le football, jadis sport élitiste, est devenu aujourd’hui un sport de masse et même le sport le plus populaire de tous les temps, il faudra le replacer dans le contexte de l’époque qui lui a donné naissance. À l’origine, le football, comme le rugby, était un sport pratiqué par la riche aristocratie anglaise et par ses enfants qui fréquentaient les prestigieux collèges des publics Schools. Dans l’esprit de ses promoteurs, le football visait à empêcher les garçons des publics Schools d’aller rôder dans les rues et sur les terrains du voisinage. Jusqu’aux années 1870, le football faisait partie de l’éducation militaire des gentlemen et de l’Upper middle class et il participait à l’éthique sportive de la classe aristocratique fondée sur la maîtrise de soi, le contrôle des pulsions, le respect des codes et l’exaltation de la virilité(manliness) physique et morale. Géographiquement, le football était localisé au sud de l’Angleterre. Mais à partir des années 1870, le football, jusqu’ici sport élitiste et aristocratique par excellence, commence à intéresser la classe politique et les capitalistes anglais pour son triple rôle d’intégration politique et sociale, de défoulement physique et de décharge psychique pour les ouvriers. Ce faisant, le football était perçu comme un moyen efficace pour créer des masses aliénées en empêchant la coalition des ouvriers et en étouffant dans l’œuf toute velléité de prise conscience politique de classe.

La soi-disant démocratisation du football était commandée en réalité par des impératifs politiques et idéologiques visant à lutter contre la force montante et menaçante du trade unionisme et à soustraire les ouvriers anglais de l’influence grandissante des idées socialistes et communistes. Le football, comme d’ailleurs l’école à la même époque, était considéré par les bourgeoisies et les classes politiques de l’époque comme l’antidote des projets éducatifs mis en place par la Première Internationale pour contrecarrer l’emprise de l’idéologie dominante sur les ouvriers et dotant derniers d’un rudiment d’éducation politique nécessaire à leurs futurs combats de classe. Car, pour la Première Internationale, l’éducation et l’instruction faisaient partie intégrante de tout projet et de tout mouvement d’émancipation politique et idéologique de la classe ouvrièrei C’est justement pour combattre les projets éducatifs de la Première Internationale et pour empêcher les ouvriers de s’instruire et de s’éduquer en suivant les conférences et les cours d’éducation politique institués par les sections de la Première Internationale en Angleterre d’abord et ensuite sur le continent et aux Etats-Unis, que le patronat et les capitalistes avaient créé dans les centres industriels, dans les quartiers, dans les usines, des clubs de football. Le club de football était considéré comme le meilleur rempart contre l’instruction et l’éducation des ouvriers. Ce n’est pas un pur hasard si les premiers clubs de football s’étaient implantés dans les centres industriels, c’est-à-dire les lieux où étaient massivement présents les syndicats anglais, les Trade union. C’est pourquoi les premiers lieux privilégiés d’implantation des clubs de football ont été les entreprises et les centres industriels, dans les ports dont certains entrepôts appartenaient aux compagnies maritimes anglaises. Ce sont par la suite les cadres et les techniciens travaillant pour les chantiers navals anglais à l’étranger qui furent les principaux artisans de l’exportation du football sur le continent et en Amérique latine. Cela montre que les clubs de football étaient une arme politique et idéologique entre les mains des bourgeoisies et des classes dominantes pour contrer les projets éducatifs des dirigeants du mouvement ouvrier et pour empêcher la naissance d’une conscience de classe et d’une solidarité entre les ouvriers de tous les pays.

Outre cette mission de soustraire les ouvriers à l’influence des Trade uions et des courants socialistes et communistes, le football était appelé à remplir une deuxième mission, celle faire naître et de propager dans les masses l’esprit du chauvinisme et de la guerre. Le football, comme d’ailleurs tous les jeux de combat organisés, boxes, tennis, escrime, vélo etc a partie liée avec l’état de guerre permanent, la compétition et la lutte pour l’existence qui caractérise la société capitaliste. En effet, le gros problème pour les classes dominantes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, était de mobiliser leurs peuples qui devaient servir de chair à canon pour leurs futures guerres impérialistes et colonialistes. Le football était conçu comme un moyen assez commode pour stimuler l’instinct combatif et l’esprit d’agressivité et de chauvinisme des masses et des peuples qui ont tendance à plutôt à être pacifistes. Le football avait donc pour mission de préparer les masses et les peuples aux futures guerres et aux futurs conflits militaires. C’est pourquoi, avant toute guerre, étaient organisés un peu partout dans les pays capitalistes des matchs de foot, et même dans les coins les plus reclus des territoires, pour créer et préparer une ambiance belliqueuse en excitant et en exacerbant le chauvinisme et la nationalisme des classes populaires. Cette relation entre le football et l’instinct combatif a d’ailleurs été révélée par des statistiques effectuées durant la première guerre mondiale montrant la présence d’une forte proportion de joueurs de football dans les armées anglaises, françaises, allemandes etc. Ce phénomène devient compréhensible quand on sait que le football prépare psychologiquement au combat et à la guerre et son public est animé par la même exaltation des vertus guerrières que le soldat. Le football, comme tous les sports de combat, stimule la force musculaire, affermit la force de résistance surtout nerveuse et crée de la discipline. Le football endurcit, aguerrit et immunise contre la tendance à éviter et à fuir la douleur. Dans le football comme dans l’éducation militaire, on cherche à canaliser la pulsion combative en la stimulant et en la plaçant sous la dépendance étroite d’un donneur d’ordre. On peut dire sans se tromper que l’émergence du football comme sport de masse n’est nullement étrangère aux grandes boucheries du XXème qui ont laissé sur les champs de bataille une centaine de millions de morts.

CONCLUSION

La coupe du monde de football montre que la dégénérescence mentale et intellectuelle n’est plus l’apanage d’une seule zone géographique mais qu’elle est devenue un phénomène planétaire. L’internationalisation du capital et la mondialisation de l’économie, loin d’être des bienfaits pour l’humanité, ont contribué, bien au contraire, à l’abrutissement généralisé et à affligeante dégénérescence mentale et intellectuelle des êtres humains. IL va sans dire que la coupe du monde du football est une véritable aubaine et pour les multinationales capitalistes qui vont pouvoir s’engraisser encore un peu plus, pour les mass médias privées et publiques qui vont se sucrer royalement tout en participant comme à l’accoutumée à l’abrutissement des masses, pour la classe politique en France qui va saisir une occasion en or pour infliger deux ans ferme au monde du travail en augmentant l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, et enfin pour les masses dégénérées du monde entier dont le degré de dégénérescence mentale et intellectuelle va monter encore d’un cran.

Sur la question de la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses, il convient d’écarter deux malentendus lourds de conséquences. Le premier est que le phénomène de dégénérescence mentale et intellectuelle des hommes n’est pas une fatalité et il n’est nullement dû à une prétendue nature humaine immuable ou à un programme génétique qui prédestine les individus à devenir dégénérés mentalement et intellectuellement. La dégénérescence mentale et intellectuelle des sociétés capitalistes s’inscrit dans un projet et elle est le produit d’une volonté politique affirmée et imposée par les classes dominantes qui misent sur l’ignorance des êtres humains pour mieux les dominer. Le deuxième malentendu est que la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses ne saurait être attribuée à une quelconque carence ou à une quelconque pénurie de savoirs existants, mais à une stratégie délibérée des classes dominantes visant à refouler les savoirs contestataires et la culture émancipatrice en ne laissant émerger dans l’espace social que les manifestations et les pseudo savoirs conformistes destinés à reproduire les rapports de domination et de soumission. Le sport en général et le football en particulier font partie d’une vaste machinerie politique qui englobe l’école, la famille, l’armée, la police, la rue, le livre, les bibliothèques, les mass medias, la science, la technique, la médecine, l’industrie culturelle de divertissement, l’université etc et qui n’a qu’un seul but: abrutir, dégénérer et décerveler.

À l’occasion du Mondial du football qui est suivi et regardé par des milliards d’êtres humains, à raison de 500 à 600 millions de téléspectateurs pour chaque match, il est urgent de lancer un SOS à l’ensemble de l’humanité, en faisant écho à la fameuse et dernière phrase du Manifeste du parti communiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », « Dégénérés de tous les pays, Réveillez-vous ! »

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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