Category: Nicolas Sarkozy

fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, la faillite du pays semble inĂ©luctable. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

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Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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fév 03 2010

La conférence de Londres a fixé le prix de la défaite occidentale en Afghanistan

Un fond de 360 millions d’euros sera bientĂ´t disponible pour essayer de « ramener Ă  la raison » les « talibans modĂ©rĂ©s », de sorte Ă  ce qu’ils dĂ©posent les armes et cessent d’infliger des pertes aux armĂ©es d’occupation de l’Afghanistan. Un somme jugĂ©e dĂ©risoire par le Pentagone qui, selon le New-York Times, estime Ă  1 milliard de dollars l’effort nĂ©cessaire pour convaincre la rĂ©sistance afghane de rejoindre la vie civile.

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Des sommes qui seront dĂ©pensĂ©es en pure perte puisque, comme nous l’avons indiquĂ© par plusieurs articles sur Mecanopolis (1), la rĂ©sistance afghane ne compte pas nĂ©gocier quoi que ce soit. MalgrĂ© tout, l’OTAN, avec le mĂ©pris du « riche militaire » qui le caractĂ©rise, continue de croire – ou de feindre de croire – que « l’adversaire » demeure achetable et que seule sa pauvretĂ© l’aurait incitĂ© Ă  prendre les armes.

Pour le New York Times, si populations afghanes soutiennent aussi fermement les talibans, c’est surtout « en raison de l’incompĂ©tence du gouvernement KarzaĂŻ, empĂŞtrĂ© jusqu’au cou dans des affaires de corruption et de trafic de drogue ».

Face Ă  une insurrection qui ne cesse de croĂ®tre, Obama et ses « stratèges » ont dĂ©cidĂ© d’envoyer 30′000 hommes en renfort, et demandĂ© aux « alliĂ©s » un « effort supplĂ©mentaire ». L’objectif des amĂ©ricains est en effet d’obtenir que leurs subalternes europĂ©ens alignent d’avantage d’hommes sur le terrain.

Les 4 et 5 fĂ©vrier prochains, ministres de la DĂ©fense et chefs militaires parleront chiffres au QG de l’OTAN, Ă  Mons (Belgique). L’Allemagne a dĂ©jĂ  promis un renfort de 850 soldats et la Roumanie 600, pour une contribution qui devrait s’Ă©lever Ă  10′000 hommes au total. (2)

Mensonges d’État

Selon l’Ă©dition de ce mercredi du Canard enchaĂ®nĂ©, des officiers et des sous-officiers français seront bientĂ´t dĂ©pĂŞchĂ©s en Afghanistan, comme semble l’avoir dĂ©jĂ  confirmĂ© le gĂ©nĂ©ral Georgelin, chef d’Ă©tat-major, en rendant visite Ă  l’amiral amĂ©ricain James Staridis, commandant suprĂŞme des forces militaires en Europe, la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire, ils seront directement placĂ©s sous les ordres directs du gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e amĂ©ricaine William Caldwell. Une prĂ©cision que le prĂ©sident Sarkozy cache soigneusement au Parlement et Ă  l’opinion publique.

Autre joli « mensonge d’État », le prĂ©sident français affirme depuis plusieurs mois que la France n’enverrait pas de combattants supplĂ©mentaires en Afghanistan. Des propos confirmĂ©s par Kouchner dans un entretien publiĂ© par Le Figaro du 1er fĂ©vrier : « Le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ». Or, c’est faux. Tous les instructeurs français, prĂ©sents et futurs, participent aux combats. Ils sont intĂ©grĂ©s dans les unitĂ© afghanes, ils les conseillent dans leurs missions et ils les accompagnent au feu. D’ailleurs, souligne encore Le Canard : « les trois Français rĂ©cemment morts au combat en Afghanistan Ă©taient des instructeurs ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :

1. Voir notre article : Obama s’apprĂŞte Ă  demander Ă  l’OTAN 10′000 soldats supplĂ©mentaires pour l’Afghanistan

2. Voir notre article : Les Talibans nient tout contact avec l’occupant

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jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

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Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

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Notes :

jan 28 2010

Le « dĂ©but de la fin » pour Nicolas Sarkozy

Mis Ă  jour le 29.01 Ă  12h00

Nicolas Sarkozy avait prĂ©vu de se « payer » Dominique de Villepin, ce jeudi 28 janvier, jour de son 55ème anniversaire. Ce sera la douche froide pour le prĂ©sident français qui s’Ă©tait constituĂ© partie civile dans le procès Clearstream, affaire dans laquelle il se posait en victime en dĂ©signant l’ancien Premier ministre comme coupable d’avoir organisĂ© cette « machination » contre lui. Après trois heures d’audience, ce matin au tribunal de Paris, Dominique de Villepin a Ă©tĂ© relaxĂ©.

villepin

« Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique » a indiquĂ© Dominique de Villepin, dans un brève dĂ©claration accordĂ©e aux journalistes, en sortant du Palais de justice. Il doit ĂŞtre le premier surpris de sa relaxe, lui qui hier encore, dans en entretien accordĂ© au quotidien suisse Le Temps, s’attendait Ă  ĂŞtre condamnĂ©. Nul doute qu’il n’y aura pas de rĂ©conciliation entre l’ancien premier ministre et le chef de l’État, et que cette victoire judiciaire sera l’acte fondateur d’une marche vers la prĂ©sidentielle de 2012

Nous avons tous en mĂ©moire la dĂ©claration courageuse de Dominique de Villepin,  alors ministre des Affaire Ă©trangères sous la prĂ©sidence de Jacques Chirac, qui avait, devant le Conseil de sĂ©curitĂ© d l’ONU, refusĂ© l’engagement de la France dans la guerre en Irak. Un acte de rĂ©bellion gaulliste qu’il confirme dans un livre paru cette semaine, Villepin, La verticale du fou, oĂą il va mĂŞme jusqu’Ă  se comparer Ă  un « chef de rĂ©seau » de la RĂ©sistance durant l’occupation allemande.

Il ne faut nĂ©anmoins pas se tromper. Dominique de Villepin ne sera pas le candidat de l’anti-mondialisme. Mais, s’il est Ă©lu prĂ©sident, il saura redonner Ă  la France son vĂ©ritable rang dans les dĂ©cisions internationales qui lui reviennent. Un rang qui, depuis l’arrivĂ©e de Nicolas Sarkozy Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, est devenu synonyme de soumission aux diktats des intĂ©rĂŞts amĂ©ricano-sionistes.

Le Parquet fait appel

« La dĂ©cision est une dĂ©cision de nature politique (…) Elle montre qu’un homme, Nicolas Sarkozy, le prĂ©sident de la RĂ©publique prĂ©fère persĂ©vĂ©rer dans son acharnement, dans sa haine plutĂ´t que d’assumer la responsabilitĂ© de sa fonction en tant que garant de la justice française », a dĂ©clarĂ© l’ancien Premier ministre, Ă  peine annoncĂ© l’appel du parquet.

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a dĂ©cidĂ© de faire appel, est « sous l’autoritĂ© hiĂ©rarchique du Garde des Sceaux et du prĂ©sident de la RĂ©publique », a-t-il relevĂ©, ajoutant: « il savait qu’il n’y avait rien dans ce dossier Ă  me reprocher ».

Nicolas Sarkozy « s’enferme dans sa haine ce qui n’est pas, je crois, la vocation d’un prĂ©sident de la RĂ©publique », a aussi dĂ©clarĂ© M. de Villepin.

L’ancien Premier ministre a Ă©voquĂ© « un dĂ©tournement de la fonction prĂ©sidentielle, un dĂ©tournement du pouvoir ». « Je regrette que ce spectacle pitoyable soit donnĂ© aux Français, je regrette que la justice soit instrumentalisĂ©e ».

Sarkozy s’est couchĂ© Ă  Davos

Cette semaine sera dĂ©cidĂ©ment très mauvaise pour Nicolas Sarkozy qui, lors de son passage au Forum Ă©conomique de Davos (WEF) hier, s’est littĂ©ralement couchĂ© dans l’affaire de la liste des comptes de la banque HSBC.

Au sortir d’une entrevue avec la ministre française de l’Economie Christine Lagarde et celui du Budget Eric Woerth, en fin d’après-midi, le chef du DĂ©partement fĂ©dĂ©ral des finances (DFF) a pu assurer que la question Ă©tait rĂ©glĂ©e. Les autoritĂ©s de l’Hexagone ont promis qu’elles ne feraient aucun usage de la liste des 130′000 comptes de clients qu’HervĂ© Falciani avait dĂ©robĂ©e Ă  la  HSBC Ă  Genève. Cette mesure faisait suite Ă  la dĂ©cision de la Suisse, quelque jours plus tĂ´t, de suspendre la procĂ©dure de ratification de la Convention de double imposition (CDI) nĂ©gociĂ©e l’Ă©tĂ© dernier entre les deux pays. MalgrĂ© les dĂ©clarations intempestives de Sarkozy sur le secret bancaire, lors du dernier G20, tous les commentateurs admettent aujourd’hui que la Suisse Ă  gagnĂ© le bras de fer qui l’opposait Ă  la France.

Le pire reste à venir pour le président français

L’affaire de « l’attentat de Karachi » pourrait très vite se transformer en un vĂ©ritable « sarkogate ». Selon nos informations, le nom du prĂ©sident français, qui Ă©tait Ă  ministre du Budget Ă  l’époque des faits, ressortirait Ă  plusieurs reprises dans le volet suisse de l’enquĂŞte, instruite actuellement par la justice genevoise, qui porte sur des versements suspects lors de la vente de sous-marins français au Pakistan.

Pour Nicolas Sarkozy, l’annĂ©e de ses 55 ans s’annonce difficile.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Frédéric Courvoisier |

jan 19 2010

Lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin (vidéo)

Dans le pseudo dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale, Jean Claude Gaudin, maire de Marseille, a regrettĂ© d’avoir vu, au soir du match AlgĂ©rie-Egypte, « 15 Ă  20 000 musulmans dĂ©ferler sur Marseille avec des drapeaux algĂ©riens mais pas de drapeaux français« .

Faut il parler de dĂ©rapage ? Rien n’est moins sĂ»r quand il s’agit d’individus comme Jean Claude Gaudin, qui n’en est pas Ă  son premier propos ouvertement raciste et disant ici son mĂ©pris de l’arabe forcĂ©ment musulman.

C’est l’expression d’un racisme assumĂ© et d’un rejet des musulmans qui jette le trouble, y compris dans son camp, comme le dĂ©montre la vidĂ©o… Ă  l’exception des Ă©ternels valets prĂŞts Ă  tout justifier, hĂ©las.

BENSAADA Mohamed


Monsieur le Maire,

Tout le monde ne parle plus que de votre dernier « dérapage », celui où vous parlez de « musulmans qui ont déferlé dans les rues de Marseille… ». Je dis dernier parce que ce n’est pas le premier dans le genre et que vous avez indubitablement un mal fou a nommer une certaine catégorie de la population que vous administrez. Pour votre défense vous n’êtes pas le seul à avoir du mal à le faire et cette difficulté en dit long sur les dégâts de ce passif post colonial non soldé, qui ressurgit avec brutalité comme un non dit trop longtemps refoulé.

gaudin1-864d0Depuis que M. Besson, en bonne intelligence avec Mr Sarkozy a décidé d’instrumentaliser politiquement le débat sur l’identité nationale il ne se passe pas un jour sans que l’on entende une déclaration outrancière et stigmatisante à l’égard de la population de confession musulmane en France. Je ne souhaite pas participer à ce débat qui ressemble de plus en plus a une mise en accusation publique des musulmans de France. D’ailleurs puisque nous en sommes aux calculs nous verrons bien si cette tactique sera payante pour vous…nous verrons bien à qui profite la manœuvre et qui se délectera de la tessiture poisseuse de tout ce débat, nous verrons bien assez vite ressurgir les remugles fétides de ces années (pas si lointaines) où le FN prospérait, nous verrons bien que les mots en politique ne sont pas sans conséquences et que des déclarations comme celles que vous avez faîtes sont autant d’électrochocs salutaires appliqués au corps léthargique de l’extrême droite française.

Loin de revenir sur vos propos vous répondez au jeune homme, militant de votre parti, avec une condescendance et un paternalisme consternant, parce que évidemment il ne peut pas comprendre les subtilités de la langue française que vous maitrisez au-delà de la moyenne et qui font que lorsque vous dites une énormité, celle-ci n’en est une que dans l’oreille et dans le cœur de celles et ceux que vous blessez !

Vous dîtes, Monsieur le Maire, que Marseille a vu déferler 15000 musulmans dans ces rues, avez-vous idée de l’imagerie d’épouvante que vous projetez dans l’inconscient collectif de vos concitoyens ? Ce sont les vagues (d’un Tsunami) qui déferlent, les hordes de barbares ou les rats qui déferlent, ce ne sont pas les « braves gens » qui déferlent !!! Vous dites dans votre réponse que Marseille subit l’immigration et que vous vous efforcez « d’assimiler » les couches successives de population qui y débarquent et là encore vous persistez et vous signez votre résolution sans équivoque à utiliser un raisonnement et une sémantique propre a la tradition réactionnaire.

Vous dites, a mots couverts, que lorsqu’on est Français depuis pas très longtemps il y a des us et des coutumes à respecter et que pour « bien s’intégrer » il faut brosser l’autochtone dans le sens du poil et user de forts symboles pour « amadouer » l’hôte, et on atteint là un degré de surréalisme rarement égalé depuis les Marx Brothers ou les Monty python, parce que au-delà de la mauvaise foi qui ne vous a fait voir que des drapeaux algériens ce soir là, cet argument frôle l’indécence. Que nous demandez vous au juste ? De réaffirmer notre Francité quel que soit le contexte et de façon permanente, faut il pour vous complaire se draper dans un drapeau tricolore en toute circonstance ?

J’ajoute que nous étions partie prenante de ce « déferlement » et que je m’inscris en faux contre l’affirmation que vous avez maintenue et réitérée qu’il n’y avait que des drapeaux algériens, c’était un soir de fête à la Marseillaise, plein de joie, de gouaille populaire et cosmopolite, il y avait des drapeaux algériens , français, marocains, tunisiens, des drapeaux berbères et des drapeaux turcs et des drapeaux connus et inconnus…toutes et tous étaient là dans un esprit festif avec cette folle envie de communier dans la joie. Ce que vous interprétez comme une offense à la terre d’accueil n’est pas l’expression d’un nationalisme algérien exacerbé, ni même le signe d’une double allégeance ! Ce n’est que la volonté de faire la fête et de l’exprimer dans un cadre informel et permissif que seul le sport, et en particulier, le football est capable de produire.

M. Besson regrette que les débordements marginaux qui ont eu lieu lors de ces manifestations spontanées de joie populaire, n’ait pas subit un traitement médiatique aussi conséquent que la fameuse « main de Thierry Henry », et venant de lui peu de choses m’étonnent encore, sachant que la juxtaposition de ces deux événements est totalement incongrue et que si il lui reste une parcelle d’honnêteté intellectuelle il sera d’accord pour analyser les exactions commises lors de cette soirée comme étant le fait d’une frange de « hooligans » qui sévissent à chaque soir de grands match à Marseille, qu’il s’agisse de l’équipe de l’OM, de la France ou de l’Algérie.

Pour en finir et vous laisser vaquer à vos occupations de 1er magistrat de notre bonne ville, je vous dirais que nous nous méfions de toutes les tentatives d’instrumentalisation du nationalisme quel qu’il soit et que la devise de la République reste encore « Liberté, Egalité, Fraternité » et qu’en conséquence nous vous demandons de continuer à débattre de l’identité nationale, si vous le souhaitez, dans le cadre que lui confère le triptyque républicain et en gardant à l’esprit que l’unité ne se fait jamais dans la polémique, la stigmatisation et l’exclusion.

Comme les interventions dans la salle vous l’ont déjà signifié il n’y a pas eu de « déferlement de musulmans sur Marseille » ce soir là, il n’y a eu que des marseillaises et des marseillais, Français, pour la plupart qui ont manifesté leur joie et leur attachement a leur pays d’origine sans aucune volonté de signifier leur désamour de la France, parce qu’en Amour l’exclusive est parfois une entrave ; Oui on peut sans problème aimer l’Algérie et la France, L’Italie et la France, l’Arménie et la France, le reste du monde et la France, comme on aime son père et sa mère…

Recevez, Monsieur le Maire, l’expression de notre indignation courroucée.

BENSAADA Mohamed

Pour Quartiers Nord/Quartiers Forts

déc 17 2009

Copenhague, la gouvernance mondiale de l’écologie entre ethnocentrisme et anthropocentrisme ?

Par Julien Teil

En date du 2 dĂ©cembre 2009, le journal Le Monde a publiĂ© le point de vue de Martine Aubry sur Copenhague. (1) Celle-ci invitait Ă  un renouveau Ă©cologique sous la formule « Ă€ Copenhague, il faut inventer la solidaritĂ© Ă©cologique du XXIe siècle ». La gouvernance mondiale de l’écologie telle qu’elle s’amorce confirme les dĂ©clarations de Martine Aubry qui supposaient « l’Ă©mergence d’une gouvernance globale plus forte et mieux coordonnĂ©e, faisant place Ă  une organisation mondiale de l’environnement dotĂ©e de pouvoirs contraignants ».

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Affiche du WWF, qui milite pour la nécessité d’inscrire la question démographique, soit une réduction importante des populations, dans la liste des préoccupations écologiques

Ces « pouvoirs contraignants » ont déjà pour projet d’institutionnaliser mondialement le marché du carbone ou Emission Trading. Ce concept est en réalité issu de l’Agence de protection de l’environnement U.S sous la présidence de Jimmy Carter. Bill Drayton, qui tout comme Jacques Attali, se présente lui aussi comme un prophète du social business, revendique son rôle dans la genèse ce cette idée. (2)

La gouvernance mondiale écologique telle qu’elle se structure actuellement, comporte un déficit démocratique considérable, qui risque de permettre par la même occasion l’instauration de mesures reposant sur des thèses malthusiennes.

Longtemps mise à l’écart des sujets qui seraient abordés lors du sommet de Copenhague, la « démographie verte » pose désormais des questions jusque dans les médias. Pourtant, les travaux d’organismes engagés dans les discussions sur le climat, abordaient la question depuis des mois, voire des années. (3) C’est notamment le cas de WWF, ou de l’Optimum Trust Population et du Club de Rome, pour qui la démographie est un sujet pour lequel ils ont bien préparé leur plaidoirie. En ce qui concerne le traitement médiatique de la question: il se résumerait à la nécessité d’inscrire la question démographique dans la liste des préoccupations écologiques.

Greenpeace a opté pour une position différente, le Courrier International du 19 Novembre 2009 indiquait :

« Pour Greenpeace, aborder la question dé­mographique à Copenhague ou lors d’au­tres sommets préliminaires serait contre-productif. “Le débat entre les pays industrialisés et ceux qui le sont moins est si sensible et si gangrené par la méfiance qu’y introduire une question comme la croissance démographique ne ferait que susciter la colère”, insiste Stephanie Tunmore, la porte-parole de Greenpeace International. » (4)

NĂ©anmoins, et cela est particulièrement Ă©quivoque: pour Greenpeace ce serait l’incomprĂ©hension qu’un tel sujet provoquerait qui l’exclut du dĂ©bat. Autrement dit le problème ne semble pas relever du fait qu’il devrait engager un dĂ©bat dĂ©mocratique autour de l’historique des thèses malthusiennes, et de leur socle scientifique.

En outre, cette dĂ©claration peut ĂŞtre rĂ©vĂ©latrice sur la conception que prĂ©sente Mme Tunmore de l’histoire. On y retrouve l’ethnocentrisme qui suggère qu’une Ă©lite d’États (dĂ©nommĂ©e G20 pour l’occasion) conduit un peuple d’États (dĂ©nommĂ© G77 pour l’occasion). Cette conception donne libre cours Ă  l’idĂ©e selon laquelle les solutions apportĂ©es par les occidentaux, bien qu’elles invitent Ă  la critique, sont incontournables, comme le soutiennent les acteurs du microcrĂ©dit. (6) D’autre part, l’idĂ©e exprime que la totalitĂ© des rapports de forces entretenus autour d’une question mondiale se rĂ©sument Ă  cette Ă©quation.

Or ces rapports de forces intègrent Ă©galement les OSC (Organismes de la SociĂ©tĂ© Civile), dont font partie les ONG, parmi lesquelles Greenpeace. Puis, il faut compter parmi ces ONG, les fondations accrĂ©ditĂ©es en tant qu’ONG et qui reprĂ©sentent parfois des intĂ©rĂŞts loin de reflĂ©ter une rĂ©elle volontĂ© Ă©cologique. Les entreprises, autres reprĂ©sentants des OSC, sont elles aussi de la partie, bien qu’elles soient dĂ©jĂ  indirectement reprĂ©sentĂ©es par beaucoup d’ONG. (7)

Enfin il faut ajouter Ă  l’inexactitude de la dĂ©claration de Stephanie Tunmore, son manque soit d’honnĂŞtetĂ©, soit de connaissance des relations internationales. Que nous apprennent donc un examen des relations internationales ?

Les mĂ©canismes de la gouvernance europĂ©enne qui intègrent eux aussi les OSC dans leurs modes de rĂ©gulation sont particulièrement parlants et reprĂ©sentatifs de la rĂ©alitĂ© des relations interĂ©tatiques. En rĂ©alitĂ©, les relations interĂ©tatiques europĂ©ennes sont en grande partie Ă©laborĂ©es sous la responsabilitĂ© des think-tanks et lobbys idĂ©ologiques. (8) Parfois mandatĂ©s et consultĂ©s, ces organismes ne reprĂ©sentent aucun intĂ©rĂŞt dĂ©mocratique, pourtant ils participent Ă  la politique de l’Europe. Il en est de mĂŞme pour l’Ă©laboration des lois relatives au marchĂ©, Ă  l’Ă©conomie, aux mesures sociales, pour lesquelles ce sont les lobbys industriels qui se partagent le gâteau bruxellois. D’ailleurs Greenpeace n’est pas ignorant des pratiques des lobbys bruxellois puisque lâ€association s’est opposĂ©e, lors d’une session, Ă  la puissante Table Ronde des Industriels EuropĂ©ens. (9)

Or les mesures lentement mises en place pour aboutir Ă  une gouvernance mondiale sont non seulement calquĂ©es sur le modèle de la gouvernance europĂ©enne, mais elles sont encore plus antidĂ©mocratiques et bien plus prĂ©datrices. Cette gouvernance mondiale, telle qu’elle s’institutionnalise Ă  travers les Ă©tapes qu’elle traverse depuis au moins un siècle, portent les traits d’une gouvernance dont est exclus les peuples et la dĂ©mocratie. Les propos de Martine Aubry ne sont que ceux d’un intermĂ©diaire, mais auront au moins le mĂ©rite d’éclaircir la situation pour certains.

Un nombre incalculable de procĂ©dĂ©s et d’Ă©tapes a participĂ© Ă  la mutation des relations internationales vers une gouvernance mondiale, parmi lesquels les guerres, le marchĂ© mondialisĂ©, la crise Ă©conomique, etc. Les rapports entre l’État, en tant que reprĂ©sentant du bien public, et les entreprises ont eux aussi mutĂ©s. Et, l’ensemble des biens publics sont dĂ©sormais privatisĂ©s, concĂ©dĂ©s par ceux que, conformĂ©ment aux principes de nos constitutions, nous avions Ă©lus pour nous servir et nous reprĂ©senter.

Les ONG, quant Ă  elles, en dehors de leur notoriĂ©tĂ©, jouissent dĂ©sormais d’une reconnaissance, et d’un statut, elles sont mandatĂ©es pour reprĂ©senter le bien public Ă  travers le concept de sociĂ©tĂ© civile. Or, aucun processus dĂ©mocratique n’expose en quoi elles nous reprĂ©sentent.

De plus, beaucoup d’entre elles sont en rĂ©alitĂ© contrĂ´lĂ©es par les fondations, les think-tanks, les multinationales et les banques. (10) Greenpeace qui exclut les dons des fondations et des multinationales fait partie des quelques ONG Ă©pargnĂ©es. (11) Seulement, pour qu’elles se rĂ©vèlent assurĂ©ment intègres, il faut aussi compter sur leur non adhĂ©sion aux thèses, qui après greenwashing, deviennent soudainement des vĂ©ritĂ©s scientifiques. Il est aujourd’hui difficile de dire du rĂ©chauffement climatique anthropique qu’il est une vĂ©ritĂ© scientifique incontestable. C’est d’ailleurs ce fait qui devrait intĂ©resser en premier lieu les associations qui rĂ©clament le bien public et la dĂ©mocratie. On est ainsi en droit d’attendre d’elles qu’elles procèdent Ă  un examen des diffĂ©rents champs d’expression autour de la question du climatgate.

Il faudrait aussi que ces quelques ONG repensent leur rĂ´le de protecteur des biens publics, car cette action elle, est parfaitement concrète. Aujourd’hui, que gouverne l’État ? En fait plus grand chose, puisque les biens publics ont majoritairement Ă©tĂ© privatisĂ©s. Et la France, est une exception qui a su jusqu’Ă  prĂ©sent prĂ©server une partie de ses biens publics et de ses acquis de souverainetĂ©. Par contre, pour certains biens publics, cela fait longtemps que la privatisation ne s’opère plus au niveau de l’État mais directement Ă  travers les organes de la gouvernance mondiale, et sans que l’on en soit informĂ©: la privatisation de l’eau est dĂ©jĂ  copieusement engagĂ©e. (12) Et, c’est bientĂ´t le vivant qui le sera dans son intĂ©gralitĂ© comme l’exposent notamment les sessions de la commission du Codex Alimentarius. (13)

Ce qui s’opposera rĂ©ellement Ă  cela n’est pas une intervention de Greenpeace dans l’arène de la gouvernance mondiale, comme ce fut le cas Ă  Bruxelles. Ce genre d’interventions efficaces dans les arènes de la gouvernance europĂ©enne se compte sur les doigts d’une main. Quels pronostics pouvons nous faire de ces interventions dans l’arène de la gouvernance mondiale ?

Cette arène, nous sommes dĂ©jĂ  dedans, et Copenhague est un de ses rendez vous. Car, cette rencontre internationale est un de ces fameux processus nĂ©cessaires Ă  l’accĂ©lĂ©ration de la mise en place de la gouvernance mondiale. C’est sa première vocation. Les autres ne sont que secondaires, voir inexistantes et relèvent purement du fantasme engendrĂ© par une fabuleuse campagne mĂ©diatique et beaucoup d’argent.

Les mesures dĂ©cidĂ©es Ă  Copenhague profiteront Ă  ceux qui participent Ă  l’élaboration de la « justice climatique », car ils sont Ă  la fois tĂ©moins, juges et parties .Elles n’appartiennent ni Ă  Greenpeace, ni au peuple, mais Ă  ceux qui ont les moyens de les apporter: c’est Ă  dire ceux qui contrĂ´lent les biens publics, devenus de simples richesses privĂ©es. Ce ne sont donc dĂ©finitivement pas le G20 et le G77 qui n’ont qu’un rĂ´le d’intermĂ©diaire afin de mieux projeter l’illusion des antagonistes. On ne peut manifestement pas non plus conclure des rapports qu’ils se rĂ©sument Ă  l’interprĂ©tation subjective que pourrait gĂ©nĂ©rer un dĂ©bat autour de la question « dĂ©mographique » au sein du G20 et du G77. Par contre il est Ă©vident que Copenhague est une Ă©tape de plus, intĂ©grant « l’Ă©cologie » au menu des questions « politiques ». Or ce qu’on dĂ©finissait auparavant et Ă  juste titre, comme « la politique », par dĂ©finition inhĂ©rente Ă  la dĂ©mocratie, a mutĂ© vers ce qu’on appelle la « gouvernance ».

La véritable vocation de Copenhague semble être de s’accaparer un domaine pour le moment libéré d’une institution mondiale. Et cela afin d’aboutir à une gouvernance mondiale de l’écologie anti-démocratique. Il s’agit entres autres, de la confiscation d’un domaine d’expression au sein duquel une écologie concrète et démocratique est possible, en particulier par la dénonciation des mécanismes évoqués ci-dessus. Dans cette optique de dénonciation des parasites de la démocratie, les ONG seraient, sur le long terme, amenées à l’abandon de leur statut au profit d’une démocratie plus réaliste.

A l’opposé, Jacques Attali considère que le rôle miraculeux des ONG invite à la création d’une Organisation Mondiale des ONG, qui défendrait « la mise en œuvre des fondements de la démocratie : la liberté d’expression, la protection des femmes et des enfants, la lutte contre la peine de mort, le droit au travail, le droit au crédit, le droit au logement. » (15)

Mais Ă  Copenhague, il est avant tout question de poursuivre les mesures engagĂ©es et qui annoncent inĂ©vitablement une gouvernance du vivant, une gouvernance de la dĂ©mographie et une gouvernance plus aiguisĂ©e de l’Ă©nergie. (16) Ces prĂ©dictions appartiennent Ă  une perception anthropocentriste, qui au nom d’une objectivitĂ© sur la nature, exclut l’homme de celle-ci. Pour les tenants de ces thèses, il serait ainsi possible d’entreprendre un parfait examen des problĂ©matiques Ă©cologiques.

Cela pose inévitablement la question du rapport qu’à l’homme à la nature, tout comme le reflètent également les idées de Mihail Roco (17) concernant le Transhumanisme et les nanotechnologies. (18)

Enfin, il est surprenant que les Ă©lĂ©ments rĂ©vĂ©lĂ©s par le Climatgate ne soient pas au sommaire des discussions de Copenhague, ni des inquiĂ©tudes du monde associatif. Pourtant, leur authenticitĂ© a Ă©tĂ© confirmĂ©e par le CRU (Climat Research Unit), qui n’est pas revenu sur cette dĂ©claration Ă  ce stade. Phil Jones, directeur du CRU, dont les travaux constituent le socle scientifique des questions abordĂ©es au sommet, a Ă©tĂ© suspendu provisoirement de ses fonctions, avec son accord, le temps de l’enquĂŞte. (19)

Que pouvons nous conclure de la future gouvernance mondiale de l’écologie étant donné que les doutes soulevés par sa consistance scientifique ne sont pas abordés ? Et, dans cette perspective, que nous apprend la volonté de mettre en place une « organisation mondiale de l’environnement avec des pouvoirs contraignants » dans le contexte d’une gouvernance mondiale antidémocratique ?

Julien Teil, pour Mecanopolis

julienliste@hotmail.com

Notes et sources :

(1)    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/02/a-copenhague-il-faut-inventer-la-solidarite-ecologique-du-xxie-siecle-par-martine-aubry_1275025_3232.html
(2)    William « Bill »Drayton, tout comme Mr Attali, estime que l’entreprenariat social permet de résoudre les problèmes de pauvreté. Ainsi, il a fondé en 1981 le fond Ashoka afin de développer cette activité. Il a été sous l’administration Carter, assistant administrateur de l’Agence de l’Environnement U.S. C’est à ce titre qu’il lança le principe de marché du Carbone. On voit aussi apparaître un membre du CFR en 1985, sous le nom de « William Drayton ».  Nous ne pouvons en conclure que c’est bien lui, mais aucun autre William Drayton ne bénéficiait d’une renommée particulière à l’époque.
(3)    Voire le site Planète-Attitude, plate-forme de la communauté WWF en France : http://www.planete-attitude.fr/
(4)    http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/19/demographie-le-grand-tabou
(5)    Ce modèle de développement est encouragé, entres autres, par Jacques Attali, fondateur de Planet Finance, qui y voit notamment une solution à la crise économique
(6)    A ce propos, lire « Organisations non ( ? ) gouvernementales , La lettre du Forum de Delphes, Novembre 2007 par Thibault Le Texier. http://tibo.lt.free.fr/article.php3?id_article=84
(7)    Voir « La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 » Par Pierre Hillard.
(8)    In « Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’Ă©conomie mondiale » Collectif, Agone, 2005. Il semble qu’un fait similaire impliquant Greenpeace face Ă  l’ERT soit relatĂ© ici : http://archive.corporateeurope.org/observer9/stockholm.html
(9)    Voir à ce propos « Les ONG, instruments des gouvernements et des transnationales ? » par Julien Teil, Réseau Voltaire, 30 juillet 2009 : http://www.voltairenet.org/article161139.html#article161139
(10)    La politique de financement de Greenpeace est indiquée ici : http://www.greenpeace.org/france/transparence-financiere/ressources-greenpeace
(11)    En France, la gestion de l’eau se fait à travers des organismes publics qui ont des contrats avec le secteur privé . C’est notamment le cas du SEDIF dirigé par André Santini. Pour de plus amples informations, consulter le site de l’association S-EAU-S : http://seaus.free.fr/
(12)    Les écrits de Dominique Guillet, fondateur de l’association Kokopelli éclairent parfaitement sur le sujet. Certains sont disponibles sur le site de l’association : http://www.kokopelli.asso.fr/
(13)     Discours de Jacques Attali au sommet mondial des ONG, 10 septembre 2004. http://www.voltairenet.org/article161364.html
(14)    Il est notamment question, au sein de l’élaboration de la politique énergétique « responsable » de développer massivement les agro carburants. Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation auprès de l’ONU, estime que la culture des agro carburants est déjà vectrice de malnutrition : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1394_biocarburants_crime_contre_humanite.php . L’association Survie quant à elle relate les actions entreprises par Daewoo au Madagascar : http://survie31.over-blog.com/article-25402693-6.html
(15)    Mihail Roco est le co-auteur du rapport « Converging Technologies for improving human performance » ( »Technologies convergentes pour amĂ©liorer les performances humaines »), publiĂ© avec William S. Bainbridge, son collègue de la NSF. Ce dernier milite avec les Transhumanistes pour le dĂ©passement de l’humanitĂ© par une post-humanitĂ© « augmentĂ©e » via implants corporels, hybridation homme-machine et autres tĂ©lĂ©chargement de la conscience sur ordinateur.
(16)    Le transhumanisme est une idéologie traitée dans les ouvrages du collectif grenoblois Pièces et
Main d’œuvre. Mais aussi sur leur site internet : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24
(17)    Voir l’article du journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/02/climategate-le-directeur-du-centre-de-recherche-demissionne-temporairement_1275245_1270066.html

nov 13 2009

Comment expliquer la chute du mur de Berlin ?

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Depuis des mois, la propagande politique dans le monde capitaliste tourne à plein régime à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À cette occasion, des cérémonies et des festivités ont été organisées un peu partout en Europe notamment dans la ville de Berlin qui a accueilli, entre autres, les deux caniches de l’impérialisme, Lech Walesa, l’ancien électricien des chantiers de Gdansk et Mikhaïl Gorbatchev. Si l’on tente une psychanalyse de l’événement, nous dirons que derrière l’hystérie médiatico-politique, se cache une angoisse névrotique provoquée par un capitalisme sénile et comateux et par un système impérialiste en état de décomposition avancé. À en croire les sirènes de la propagande capitaliste, notre monde est devenu, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, plus libre et plus démocratique.

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

Dire que le monde est devenu plus libre et plus démocratique après la chute du mur de Berlin, c’est une bonne blague à 1 euro. Allez demander aux millions de chômeurs de l’ex-RDA, aux ouvriers roumains de DACIA, aux millions de chômeurs américains et européens, aux millions de spoliés, d’exploités et de bénéficiaires de la soupe populaire et des banques alimentaires,(on croirait au XIXè siècle), s’ils sont devenus plus libres depuis la chute du mur de Berlin. Quant à ceux qui claironnent à longueur de journée et qui croient dur comme fer à la fin du socialisme, ils vont un peu vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités, car ils sont tout simplement victimes de la propagande capitaliste dont le travail a consisté plus précisément depuis la chute du mur de Berlin à enfoncer à coup de marteau dans la tête des masses l’idée de la fin du socialisme et du communisme. La fin de l’histoire de Francis Fukuyama avec le triomphe définitif du capitalisme sur le socialisme, c’est plutôt une pure affabulation et une histoire drôle que l’on raconte aux enfants pour les endormir. Dans cet article, nous allons proposer notre propre lecture de la chute du mur de Berlin, une version, à n’en pas douter, différente de celle véhiculée par la machine de propagande capitaliste.

LA CHUTE DU MUR DE BERLIN, SÉQUENCE DE LA POLITIQUE DE CONTAINMENT

En faisant de la chute du mur de Berlin tout un symbole, la propagande officielle vise à exploiter l’événement à son profit pour atteindre deux buts psychologiques inavoués : (1) renforcer davantage les dispositifs répressifs et policiers dans les pays capitalistes tout en dissertant sur la soi-disant liberté retrouvée après la chute du mur de Berlin ; (2) cacher l’incapacité des dirigeants des États capitalistes à faire face à la cirse chronique et endémique de leur système. Aux dernières nouvelles en provenance d’outre-Atlantique, les Etats-Unis ont perdu en un an 7 millions d’emplois et le groupe d’investissement CIT a fait faillite avec une perte de 71 milliards de dollars et une dette estimée à 65 milliards de dollars. Ils n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien Madame la Marquise.

Franchement, nous avons du mal à croire qu’un mur en béton fasse l’objet de tant de tapages et de tintamarres médiatiques. Nous l’avons tous compris, on n’a pas besoin de devins attitrés comme à l’époque des Babyloniens, pour déchiffrer le sens de l’événement célébré en grande pompe à Berlin, le monde capitaliste nargue les esprits en cherchant à faire croire que la loi de la jungle est la seule voie qui est qui est ouverte au genre humain. En examinant les choses de plus près, on découvre que la chute du mur de Berlin est en elle-même un événement insignifiant voire même un non-événement au regard d’autres événements qui ont bouleversé la donne et précipité la dislocation du bloc de l’Est. D’abord, la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 n’a jamais entravé ni la circulation des hommes ni celle des marchandises entre d’une part, les deux Allemagne et d’autre part entre l’ex-RDA et les Etats capitalistes de l’Ouest. Ce qui a fait de la chute du mur de Berlin un événement et un symbole, c’est la propagande politique capitaliste dont le travail consiste à déformer et à interpréter les faits et les événements d’une façon tendancieuse et erronée. Ainsi la chute du mur de Berlin n’est-elle en réalité qu’une surperproduction hollywoodienne dont la mise en scène et la réalisation ont été assurées par la machine de propagande américaine et européenne.

Deux événements majeurs peuvent être considérés comme annonciateurs de la fin imminente du socialisme est-européen. Le premier événement a eu lieu le 10 septembre 1989 quand la Hongrie avait laissé franchir les frontières autrichiennes aux 12 000 « réfugiés politiques » en majorité originaire de l’ex-RDA. Le deuxième événement majeur est intervenu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 12 septembre 1989, avec l’arrivée de Solidarnosc au pouvoir en Pologne qui revient ainsi à la loi de la jungle capitalisme qui régnait dans ce pays avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres événements de moindre importance ont marqué la fin du socialisme existant comme l’assassinat de l’ancien président roumain Nicolae Ceausescu et de sa femme Helena dans une cour d’école près de Bucarest le 24 décembre 1989 ou la réunion à Malte le même mois, entre George Bush Senior et Mikhaïl Gorbatchev, une réunion qui rappelle curieusement la conférence de Yalta (4-11 février 1945) tenue entre Roosevelt, Staline et Churchill. La fissuration du « rideau de fer » a réellement commencé le 10 septembre 1989 et non pas le 9 novembre 1989 et le monde capitaliste aurait dû fêter sa victoire à la Pyrrhus non pas un 9 novembre mais un 10 septembre.

Pour bien apprécier la portée réelle de la chute du mur de Berlin, il faudra replacer cet événement dans le cadre de la politique de l’endiguement ou de containment dont les principes avaient été énoncés et définis par les deux discours de Harry Truman le 12 mars 1947 et de Winston Churchill à Fulton. La politique de containment a pour but de contenir l’expansion communiste soviétique en Europe et dans le reste du monde par une série d’alliances militaires et économiques. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les dirigeants Américains ne sont pas allés par quatre chemins pour affirmer haut et fort leur credo, celui d’en finit avec le pouvoir soviétique et du communisme non seulement sur le continent européen mais dans les autres régions du monde. D’abord, les Etats-Unis n’ont jamais reconnu le statu quo en Europe orientale et centrale et leur objectif avoué a toujours été la « libération » par n’importe quel moyen des peuples est-européens du « joug » et de « l’oppression » soviétique. Mais sur les manières et les moyens de contenir la puissance soviétique, les dirigeants américains n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde, car il y avait les « durs » et les « réalistes ». En effet, au camp des réalistes partisans des négociations avec l’Union soviétique pour l’évacuation de l’Armée Rouge d’Europe centrale et orientale, s’opposèrent les partisans de l’option militaire voire l’option nucléaire pour en découdre avec le pouvoir soviétique. Parmi les durs, figurait, entre autres, Foster Dulles qui, lors de la campagne présidentielle de 1952 et après une longue conférence avec Eisenhower en août, dénonça le containement comme dépendant de l’espoir que « les dictatures communistes seraient tellement assouvis avec 800 millions de personnes qu’ils resteraient là ils étaient ». Pour Dulles, tabler sur cette hypothèse irréaliste était suicidaire pour les Etats-Unis qui devaient tout faire pour détacher la Russie de ses satellites en brisant l’Union soviétique de l’intérieur. Pour George Kennan, la diplomatie (au sens de négociation) était inutile avec les Soviétiques et il pensait qu’il valait mieux avoir « une confrontation avec eux maintenant que plus tard ». Cette politique de containment visant à encercler l’Union soviétique par des bastions militaires et économiques installés sur le pourtour des frontières soviétiques a été traduite notamment par la création de l’Alliance Atlantique Nord en avril-juin 1949 et par la résurrection de la puissance économique et militaire de l’Allemagne de l’Ouest devenue en mai 1955, lors de la Conférence de Paris, membre à part entière de l’OTAN. Huit jours plus tard, en riposte à l’OTAN et à l’entrée de l’Allemagne dans l’Alliance Atlantique, le Pacte de Varsovie était signé groupant la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie. La politique de containment s’est illustrée également par la lutte contre l’influence de l’Union soviétique en Méditerranée avec la formation du pacte de Bagdad dirigée contre l’Egypte nassérienne qui s’était alignée sur la position soviétique après la conclusion d’un contrat egypto-tchécoslovaque de fourniture d’armement.

Le mur de Berlin n’est donc pas tombé tout seul dans une nuit étoilée sous la pression de peuples opprimés assoiffés de liberté et de démocratie comme le prétend la propagande capitaliste; il a tout simplement cédé sous la pression de saboteurs et de comploteurs extérieurs et intérieurs, soutenus et financés par le gouvernement américain, la CIA, les services secrets occidentaux et par une myriade de groupements et d’institutions agissant souterrainement dont le seul but était de combattre le communisme tant à l’intérieur du continent européen que dans d’autres zones de la planète notamment en Amérique latine considérée jadis et même aujourd’hui comme la chasse gardée et l’arrière cour(backyard) de l’impérialisme américain. Mais si les saboteurs et les comploteurs ont réussi leur coup en faisant tomber mur de Berlin, c’est parce que les conditions s’y prêtaient cette fois-ci et pas les autres fois, c’est-à-dire les effets de la guerre psychologique menée contre l’Union soviétique et le bloc de l’Est dans le cadre de la politique de containment commençaient à se faire sentir. Sans une longue et intense guerre psychologique, il serait impossible d’expliquer le phénomène de dissidence, le revirement idéologique et la reconversion à l’anticommunisme et à l’archéo-libéralisme d’une partie de l’ancienne nomenklatura communiste. C’est la guerre psychologique menée par l’Occident contre l’Union soviétique et les pays de l’Est qui a entraîné l’émergence d’une nouvelle force centrifuge viscéralement anticommuniste et foncièrement hostile aux régimes socialistes en place. Ce phénomène de reconversion d’intellectuels, on le trouve également dans les pays capitalistes où une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a elle aussi viré de bord et elle été contaminé par le virus anticommuniste et archéo-libéral. Aux Etats-Unis, par exemple, les principaux théoriciens de la révolution conservatrice étaient des anciens marxistes et des militants communistes durant les années 1950 et 1960.

mur2Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

LE FAUX CONCEPT DE LA GUERRE FROIDE

Aujourd’hui le concept de la guerre froide est employé à tort et à travers sans se demander s’il recouvre ou exprime une réalité politique avérée. Disons le tout de suite, le concept de la guerre froide est un faux concept, car il a été inventé de toutes pièces pour maquiller les visées belliqueuses de l’Occident et la croisade capitaliste contre le communisme et l’Union soviétique. D’abord, qui dit guerre dit budget militaire et la soi-disant guerre froide a servi de prétexte aux Etats-Unis pour augmenter vertigineusement leurs dépenses militaires. Par exemple, dans les deux années qui suivirent le début de la soi-disant guerre froide, le budget américain de la défense a explosé atteignant la somme de 50 milliards de dollars au lieu de 13 milliards de dollars à la sortie de la guerre, soit une augmentation de 325%. L’expression de guerre froide a été employée pour la première fois par un journaliste américain, Walter Lippmann qui, dans une série d’articles publiés en septembre 1947, proposait aux dirigeants anglo-saxons sa propre vision des relations Est-Ouest et ainsi que des solutions pour en finir avec la présence soviétique en Europe centrale et orientale. Face aux partisans de la ligne dure avec l’Union soviétique, Lippmann était plutôt partisan des thèses réalistes en partant de l’idée que l’Union soviétique était affaiblie par la guerre et qu’elle était plus encline à négocier le départ de son armée d’Europe de l’Est qu’à chercher la confrontation avec ses anciens alliés, notamment les Etats-Unis. Alors que Lippmann préconisait la voie de la négociation comme seul moyen pour faire partir l’Armée rouge de l’Europe centrale et orientale, les dirigeants occidentaux attendaient impatiemment et travaillaient dur pour l’effondrement de l’Union soviétique grâce au renforcement de la politique de containment qui étouffera l’Union soviétique de l’extérieur plutôt qu’à encourager des forces saines de l’intérieur. Pour eux, la politique de containment promettait d’être doublement avantageuse, car elle renforcerait l’Ouest tout en encourageant le pouvoir soviétique, déjà dangereusement tendu, à s’étendre encore un peu plus et peut-être à aller encore un peu plus loin, précipitant par là son effondrement final.

Si nous disons que le concept de la guerre froide est un faux concept, c’est tout simplement pour faute de belligérants, car, pour qu’il y ait guerre, il faut au moins deux parties belligérantes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis et de l’Union soviétique du fait qu’il n’y avait qu’une seule partie qui cherchait désespérément la guerre, les Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, l’Union soviétique n’avait strictement aucun intérêt, ni stratégique, ni politique ni militaire à provoquer des tensions et à entrer en conflits ouverts avec qui que ce soit et surtout pas avec les Etats-Unis et cela pour trois raisons principales. Primo, à la sortie de la Seconde Guerre, l’Union soviétique était un pays exsangue économiquement et humainement avec ses 20 millions de morts. Secondo, l’Union soviétique n’était pas assez puissante militairement pour affronter les Etats-Unis qui étaient déjà une puissance nucléaire. Tercio, l’Union soviétique cherchait absolument une période de répit pour consolider ses positions tant à l’intérieur de ses frontières et sa zone d’influence que sur la scène internationale. L’histoire des relations politiques et diplomatiques d’après-guerre montre que l’Union soviétique avait adopté un profil bas en multipliant les gestes conciliants envers les Occidentaux. Même Staline, quelques mois avant sa mort, disait que la victoire finale du communisme n’impliquait pas nécessairement un conflit armée entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en même temps les partisans de la guerre totale contre le communisme et l’Union soviétique faisait rage aux Etats-Unis avec le maccarthysme. Quelques jours après la mort de Staline, Malenkov déclarait qu’il n’existait pas de différend qui ne pût être réglé d’une manière pacifique. Le 1er juin 1952, Moscou renonçait officiellement à ses revendications territoriales sur deux districts anatoliens ; le 8 juin le contrôle interzones de l’Autriche prenait également fin. Le 26 janvier 1955, Moscou mit fin à l’état de guerre avec l’Allemagne, couronné par une visite du chancelier Adenauer le 13 juin. Le 19 septembre, l’Union soviétique restitua à la Finlande l’enclave de Porkkala. Nouvelle concession soviétique, la signature à Vienne le 15 mai 1955, du « traité d’État » par lequel prenait fin l’occupation de l’Autriche, laquelle s’engageant à son tour à rester neutre et à refuser toute union politique ou économique avec l’Allemagne. Toutes ces initiatives positives de l’Union soviétique plaidaient en faveur d’une politique d’apaisement et de normalisation avec l’Occident et non pas de tensions et de confrontation. Où sont-elles les velléités guerrières de l’Union soviétique dans tous ces gestes que l’on vient d’énumérer ? En fait, ce sont les Etats capitalistes dirigés par les Etats-Unis qui étaient emmurés dans leurs certitudes et dans ce qu’ils considéraient comme leur chasse gardée, l’Europe orientale et centrale. A cet égard, il faudra dissiper un malentendu, concernant l’avènement des démocraties populaires en Europe centrale et orientale. La propagande politique capitaliste affirme que les démocraties populaires et les régimes socialistes nés en Europe centrale et orientale après la Seconde Guerre mondiale ont été imposées par la torture, la terreur, l’arbitraire et les jugements sommaires. À cette affirmation, on peut opposer deux objections : la première objection, c’est que tout pouvoir, quelque que soit sa nature, soit-elle la plus démocratique, est fondé d’abord et avant tout sur la violence et celui qui prétend le contraire qu’il montre un seul exemple où un pouvoir a été fondé d’une manière pacifique et contractuelle. La deuxième objection, que l’Union soviétique aidât les communistes est-européens à prendre le pouvoir, c’est un fait mais cette prise de pouvoir n’a pas été faite avec l’ aide d’une force étrangère envahissante ayant des visées impérialistes. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique ne visait pas à l’annexion de territoires en Europe centrale et orientale et Staline n’avait pas programmé l’invasion des pays de l’Est pour y imposer des gouvernements communistes en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie « ex-satellite d’Hitler », en Hongrie, en Bulgarie et en République démocratique allemande. Alors que Ronald Reagan et George Bush junior avaient envoyé les troupes américaines pour envahir la Grenade en 1983, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. L’Armée Rouge s’est retrouvée devant le fait accompli dans les pays de l’Est dont les territoires avaient servi de lieu de passage à l’armée nazie du Troisième Reich pour détruire l’Union soviétique et le pouvoir communiste. Ce sont donc les impératifs de la guerre qui ont poussé les Soviétiques à entrer en Europe de l’Est. D’ailleurs, les États capitalistes n’étaient pas du tout mécontents et ils voyaient bien au contraire d’un bon œil l’invasion des pays d’Europe de l’Est par l’armée du troisième Reich, car il comptait sur Hitler pour faire le sale travail, pour conjurer la menace du communisme soviétique et pour débarrasser finalement le continent européen du communisme. Ce que ne disent pas la propagande politique capitaliste et les manuels d’histoire, c’est grâce à l’Armée Rouge que les démocraties populaires d’Europe orientale et centrale ont été libérées de l’occupation nazie et il était donc normal que l’Union soviétique cherchât à aider les partis communistes des zones occupées par l’Armée Rouge à conquérir le pouvoir et à y établir sa propre zone d’influence. Les Etats-Unis et les Occidentaux ont bien leurs zones d’influence en Afrique, en Amérique latine et ua Moyen Orient, pourquoi refuseraient-ils ce droit à l’Union soviétique?

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

CHUTE DU MUR DE BERLIN :

AVATAR D’UNE GUERRE PSYCHOLOGIQUE

La propagande capitaliste répète à qui veut l’entendre que la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est sont l’expression d’un rejet du socialisme et du communisme par les peuples est-européens. C’est ce que disent les journalistes des mass medias, les propagandistes attitrés et les intellectuels des supermarchés mais la réalité est tout autre chose. Les peuples est-européens ont-ils réellement rejeté le socialisme ? On ne peut qu’en douter, car les peuples est-européens sont là pour faire uniquement de la figuration et ils sont incapables de discerner entre leurs propres intérêts et ceux de leurs oppresseurs. Toutefois, il convient d’apporter une légère nuance à cette affirmation concernant les peuples est-européens du fait que ces derniers ont vécu sous deux systèmes sociaux différents et ils ont eu le loisir de comparer entre les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Ce qui n’est pas le cas des peuples dans les pays capitalistes qui n’ont jamais eu cette occasion historique pour comparer par eux-mêmes entre deux sociaux et idéologiques différents puisqu’ils vivent depuis deux siècles sous le règne et la domination de la bourgeoise. Ceux qui ont vécu sous un régime socialiste avant de basculer dans le capitalisme sauvage ont pu voir la différence entre un système socialiste qui leur assurait la sécurité de l’emploi de la naissance à la mort et un capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse et d’insécurité psychologique permanente due plus précisément à l’insécurité d’emploi. Les personnes interrogées dans les sondages d’opinion rarement publiés ou divulgués en Occident avouent avoir été leurrées par la propagande politique de Free Europe et de Voice of America qui leur présentaient l’Occident comme un havre de paix et de liberté. A titre d’exemple, le quotidien américain USA Today a publié le 11 octobre 1999 un sondage dans lequel 51% des Allemands de l’est disent regretter le temps d’avant la chute du mur de Berlin et affirment que l’Occident qu’ils ont découvert n’est pas celui décrit par la Radio Free Europe et la voix de l’Amérique.

Ceux qui ont contribué à la chute du mur de Berlin et à la dislocation du bloc de l’Est, ce ne sont pas les peuples est-européens eux-mêmes qui, comme tous les peuples de la terre, n’ont fait que suivre le mouvement mais une minorité de privilégiés appartenant à l’ancienne nomenklatura communiste. À force de matraquage et de viol psychique, cette minorité ex-communiste finit par céder aux sirènes de la propagande capitaliste diffusée par radio Free Europe et par la Voix d l’Amérique. Ce phénomène de reconversion d’anciens communistes à l’anticommunisme et à l’archéo libéralisme a commencé d’abord par le mouvement de dissidence avant de toucher une grande partie des cadres des partis communistes et de la nomenklatura communiste. Ce qui explique le revirement idéologique de cette minorité, c’est sa position privilégiée par rapport aux autres couches sociales notamment par son niveau de vie moyen, son degré d’instruction et sa culture moyenne. Car il faut bien savoir, une propagande n’agit pas sur des individus incultes et sur des pauvres démunis matériellement, socialement et intellectuellement. Ceux qui sont les plus sensibles à la propagande, ce sont généralement ceux qui ont fait des études secondaires ou universitaires, ceux qui possèdent un minimum vital et qui n’ont pas beaucoup de soucis concernant leurs moyens d’existence. Autrement dit, pour que la propagande soit efficace, il faut que ceux à qui elle s’adresse aient une certaine aisance matérielle, un certain niveau d’instruction et une culture moyenne. Dans les pays occidentaux, c’est donc à cette catégorie sociale médiane, souvent appelée classe moyenne, que s’adresse la propagande et c’est parce qu’elle est la masse la plus réceptive aux thèmes et aux symboles véhiculés par les propagandistes. C’est d’ailleurs cette expérience dans la manipulation des foules et des masses en Occident qui a servi de laboratoire aux concepteurs et aux planificateurs de la guerre psychologique contre les pays socialistes en ciblant en particulier cette masse moyenne que formait la nomenklatura communiste. Les révolutions des velours qui ont eu lieu républiques soviétiques recrutaient parmi des jeunes, des étudiants et des intellectuels.

La guerre psychologique menée contre les l’Union soviétique et les pays socialistes a démarré dès 1945 lorsque les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower décidèrent de transformer les agences de propagande créées durant la Seconde Guerre mondiale en leur assignant une nouvelle mission, combattre l’Union soviétique et les démocraties populaires de l’Est et les mouvements d’émancipation dans les pays du Tiers-monde. Ainsi, des hommes et des réseaux travaillant jadis pour l’Allemagne nazie ont-ils été recrutés et enrôlés dans les nouveaux services de propagande états uniens pour fournir des études et des renseignements sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. On peut citer à titre d’exemple, l’organisation Gehlen, constituée et dirigée par Reinhold Gehlen et financée par la CIA. Gehlen qui appartenait à la Reichwehr depuis 1920, avait été nommé chef de la section d’espionnage de l’Armée allemande sur le front russe en 1942 où il obtint à quarante-trois ans le grade de général de division. Après la guerre, le général Gehlen fut fait prisonnier par les Américains et on lui confia le commandement autonome d’une armée d’espions avec un état-major choisi personnellement pour organiser l’espionnage dans la zone soviétique d’Allemagne pour le compte des Etats-Unis. Gehlen recevait 6 millions de dollars par pour financer ses opérations. Son organisation comprenait l’élite de l’ancien corps de contre-espionnage de l’armée allemande et des agents de diverses nationalités éparpillées en Europe Orientale et dans les Balkans.

Pour pouvoir retourner une partie de la nomenklatura communiste, la propagande capitaliste a mené un long travail de sape psychologique s’étalant sur une quarantaine d’années. Cette guerre psychologique a employé des techniques extrêmement sophistiquées combinant subversion, sabotage, opérations spéciales, guérilla, espionnage, pressions politiques, culturelles, économiques. Ces différentes techniques de guerre psychologique étaient adaptées et modifiées en fonction de chaque situation mais elles avaient au début des ratés. Par exemple, c’est la technique de propagande blanche ou ouverte qui a fait échouer les tentatives des réformes de Wladdyslaw Gomulka en Pologne et d’Imre Nagy en Hongrie en 1956 quand Radio free Europe et Voice of America appelaient ouvertement les populations polonaises et hongroises aux soulèvements contre les gouvernements communistes en place. C’est cette propagande ouverte qui a donné des alibis a l’Union soviétique pour envoyer ses chars à Budapest et pour écraser le soulèvement hongrois. Là où la propagande de Radio free Europe s’est démasquée comme une propagande blanche ou propagande ouverte, c’est quand Imre Nagy avait appelé le 24 octobre 1956 les populations hongroises au calme, à l’ordre et à la discipline alors que quelques jours plus tard, le 31 octobre 1956, l’expert militaire de radio free Europe proclamait « le ministère de la Défense et le ministère de l’intérieur sont encore aux mains des communistes. Ne laissez pas durer cette situation. Combattants de la Liberté. N’accrochez pas vos armes au mur. Pas un morceau de charbon, pas une goutte d’essence pour le gouvernement de Budapest tant que l’Intérieur et la Défense ne sont pas entre vos mains ».

Deuxième exemple de technique de propagande blanche. En été 1980, lors des grèves des chantiers polonais de Gdansk, alors que le gouvernement polonais cédait à toutes les revendications des ouvriers, Radio Free Europe, en langue polonaise, la BBC et Radio France internationale, devenues les porte-voix de Solidarnosc, du MKS de Gdansk du KOR de Jacek Kuron incitaient les grévistes à continuer leur mouvement de protestation en leur disant en substance « Tenez bon, continuez la grève, le monde entier est à vous ». Dès les premiers jours de grève d’août 1980, la propagande blanche capitaliste a tout fait pour pousser à un affrontement sanglant entre le pouvoir et les grévistes. Cette propagande blanche s’est révélée comme en Hongrie et en Pologne en 1956 contreproductive puisqu’elle a conduit finalement au pouvoir à l’état d’urgence décrété par le général Jarusalski en décembre 1980.

Au fil du temps, la propagande blanche trop visible et contreproductive se transforme progressivement en propagande noire ou grise plus discrètes et plus insidieuses consistant à mener des actions de sabotage à l’intérieur des frontières de l’adversaire communiste. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que la ville de Berlin grouillait d’espions américains, français, anglais qui renseignaient leurs directions opérationnelles sur des actions subversives et de sabotage à mener à l’intérieur de l’ex-RDA et dans d’autres pays du bloc de l’ancien bloc communiste. La ville de Berlin a été souvent le théâtre d’actions de sabotage et de subversion comme par exemple, le plastiquage de transformateurs d’électricité, le sabotage d’usines, la dégradation de bâtiments publics, le sabotage de ponts et de voies de communications, l’empoisonnement de 7000 vaches dans une coopérative de production de lait et de fromage est-allemande, la tentative d’empoisonnement des cigarettes, le sabotage d’une rencontre internationale pour la jeunesse à Berlin-est par l’envoi de faux billets et de fausses invitations etc. D’ailleurs les actions subversives menées contre l’ex-RDA et à Berlin-est remontent au tout début de la création de la RDA quand les Occidentaux avaient poussé en juin 1952 des émeutiers armés de pierres à ravager les bureaux du gouvernement en appelant la population berlinoise à descendre dans les rues et à réclamer la démission du gouvernement communiste. Cette action subversive des émeutiers fut sévèrement réprimée par les chars russes stationnés alors à Berlin.

Pour augmenter l’efficacité de ses actions, la guerre psychologique était amenée à connaître le terrain psychologique des groupes qu’elle cherche à influencer psychiquement. Lorsque le propagandiste ignore le terrain psychologique de l’adversaire, il obtient l’effet inverse et sa propagande maque ses buts. Pour ce faire, il a fallu étudier à fond les mythes, les symboles, les stéréotypes, les schèmes généraux de la culture des sociétés est-européennes. Ce sont les disciplines académiques qui ont été mises à contribution pour fournir des études et des travaux sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs institutions et fondations américaines ont créé des centres de recherches spécialisés dans l’étude de l’Union soviétique et des États socialistes. Par exemple, 1947, la Fondation Carnegie finança la création du Russian Research center, suivie de la fondation Ford et de la Fondation Rockefeller qui fournirent des fonds aux universités aux Etats-Unis et à l’étranger pour aider des chercheurs et pour financer des centres de recherches sur les pays de l’Est. La Fondation Rockefeller a même subventionné la création en France de la VI section de l’école pratique des hautes études devenue plus tard l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales(EHESS) produisant des travaux sur la Chine, la Russie et les pays de l’Est. Les innombrables travaux et études produits par ces institutions et centres de recherche ont permis aux stratèges de la propagande occidentale de connaître et de cerner de plus près la psychologie de l’individu ainsi que les mythes courants, les opinions et les stéréotypes des groupes à mobiliser. Aujourd’hui, des questions se posent pour savoir si le pape Jean Paul I n’a pas été empoisonné pour élire à sa place un pape polonais dont la mission était de réveiller et de réactiver le catholicisme en Pologne pour en faire un moyen de lutte contre le communisme. En tout cas, le pape Jean Paul II et l’Eglise polonaise ont joué un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement communiste en Pologne et dans d’autres pays du bloc de l’Est.

Par ailleurs, les stratèges de la guerre psychologique ont eu recours à la sociologie des conflits et des crises politiques, à l’interaction stratégique, à la dynamique de l’action collective et aux logiques de mobilisation multisectorielles. La sociologie des conflits et des crises politique a fourni aux stratèges de la guerre psychologique les armes et les technologies de mobilisation et de désectorisation de l’espace social. Les principes de la désectorisation de l’espace social et des mobilisations multisectorielles ont été mis en oeuvre lors des grèves de l’été polonais en 1980 quand les dirigeants du MKS et du KOR, aidés et conseillés par experts occidentaux de la guerre psychologique, cherchaient par des rumeurs répandues, à étendre la grève des chantiers de Gdansk à d’autres secteurs d’activités et à d’autres villes polonaises pour provoquer un soulèvement général contre le gouvernement communiste. Cette même tactique de désectorisation et de mobilisations multisectorielles a également été appliquée et mise en œuvre dans d’autres pays de l’Est après la chute du mur de Berlin et lors des révolutions des velours dans les ex-républiques soviétiques.

CONCLUSION

Pour savoir pourquoi le monde capitaliste fête aujourd’hui en grande pompe les 20 ans de la chute du mur de Berlin, il faudra revenir à la période ayant précédé la dislocation du bloc de l’Est. Dire que le monde capitaliste était en crise avant la chute du mur de Berlin est tout simplement une tautologie, car le capitalisme est inséparable de ses crises permanentes et chroniques. Personne n’est capable de dire quand le capitalisme est en crise et quand il ne l’est pas, car quand le capitalisme n’est pas en crise, des millions de chômeurs sont jetés dans les pavés. Dire, par ailleurs que la chute du mur de Berlin symbolise le triomphe définitif de la liberté sur la tyrannie communiste, c’est plutôt une bonne blague à un euro. La chute du mur de Berlin a redonné au Capital américain et européen une bouffée d’air frais en récupérant une zone de 650 000 km2, c’est-à-dire une zone correspondant aux superficies de la France, de la Suisse, de la Belgique et du Danemark. En récupérant ainsi cette zone de 650 000 km2 qui étaient jadis sous l’influence de l’union soviétique, les capitalistes ont épargné à l’Europe et au monde une guerre meurtrière et destructrice. Car il faut savoir, quand le Capital n’a plus son oxygène pour respirer, c’est-à-dire, ses marchés et ses matières premières, il devient, comme un lion affamé, un fou furieux et dangereux pour l’humanité toute entière.

En faisant main basse sur les 650 000 km2 récupérés après la chute du mur de Berlin, le capital a ouvert sur le continent européen, une zone franche de réglementation libre du travail. Grâce à ces 650 000 km2 conquis sur l’union soviétique, le Capital respire provisoirement grâce à la délocalisation de certains segments de la ligne de production et à la modification des conditions de travail. La délocalisation-segmentation peut ainsi se caractériser par une substitution de techniques favorisant l’utilisation abondante de main d’œuvre et conduisant surtout à son usure précoce. Deux avantages sont retirés de cette délocalisation: l’un se traduit en terme de coût(bas salaires), l’autre en terme de productivité(détérioration des conditions de travail). Cette stratégie de segmentation-délocalisation a pour but de compenser une baisse de la rentabilité moyenne du capital et pour surmonter cette baisse tendancielle que rencontre l’accumulation du capital, il était nécessaire de procéder à une redéfinition des conditions d’exploitation de la force de travail. La possibilité de trouver ailleurs des conditions meilleures pour exploiter la main-d’oeuvre permet d’alléger les difficultés que l’accumulation du capital rencontre. La possibilité de segmenter les lignes de production en adaptant les technologies aux conditions moyennes de production tend à homogénéiser les conditions de travail vers le bas. La possibilité d’obtenir des conditions de travail plus favorables au capital en délocalisant des segments de production constitue une menace réelle sur des salariés des pays capitalistes du centre, car la menace de délocaliser peut conduire à une détérioration des conditions de travail, à une stagnation et à une baisse des salaires réels. La chute du mur de Berlin a été un cadeau du ciel offert aux multinationales capitalistes qui sont à la recherche de zones franches où règne seulement la loi de la jungle avec des conditions de travail moyenâgeuses et une main-d’oeuvre abondante, corvéable et exploitable à volonté. Allez demander aux ouvriers roumains de chez DACIA qui gagnent un salaire mensuel de 240 s’ils croient toujours au paradis terrestre promis par la radio free Europe et la Voix de l’Amérique et s’ils vivent sous le régime de la liberté depuis la chute du mur de Berlin.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

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nov 01 2009

L’affaire de l’attentat de Karachi pourrait devenir un Sarkogate

Alors que nous avons publiĂ© il y a quelques jours sur Mecanopolis un article qui explique comment le « volet suisse » de l’enquĂŞte sur des pots-de-vins liĂ©s Ă  livraison de sous-marins français au Pakistan compromettrait, par de nombreux documents explosifs, Nicolas Sarkozy, nous apprenons aujourd’hui que Mohammad Sohail Habib, condamnĂ© Ă  mort pour avoir participĂ©, en 2002, Ă  l’attentat qui a tuĂ© 11 ingĂ©nieurs français de la DCN et 3 Pakistanais, a Ă©tĂ© acquittĂ©  « faute de preuves suffisantes» (lire cet article du Parisien). Atzif Zeheer, un autre « prĂ©sumĂ© terroriste » avait lui aussi Ă©tĂ© relaxĂ© en mai dernier. Le prĂ©sident français avait alors indiquĂ© qu’il allait dĂ©classifier l’intĂ©gralitĂ© des documents, relatifs Ă  cet attentat, mais les promesses n’engagent manifestement que ceux qui les reçoivent.

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Seulement 40 documents déclassifiés pour un attentat visant des français travaillant au titre d’un contrat d’armement signé il y a plus de 15 ans, cela semblait déjà peu.

Nous savons aujourd’hui qu’en plus ces documents n’ont pas été déclassifiés dans leur intégralité puisqu’un grand nombre de paragraphes ont été cancellés et de nombreux passages floutés.

Aucun document antérieur à l’attentat de Karachi n’a été déclassifié, il n’y a donc absolument aucune note concernant la négociation et signature du contrat agosta, aucune mention des bénéficiaires de commissions ou allusion aux rétros commissions, aucune allusion aux écoutes téléphoniques sur le cabinet de François Léotard.

On peut cependant noter quelques éléments venant confirmer le fait que l’Etat Français était au courant depuis 2002 que Azif Zaheer d’abord condamné puis relaxé en mai 2009 pour avoir participé à cet attentat n’était qu’un bouc émissaire : en décembre 2002 il a été écrit que : « le seul indice matériel porté à l’appui de l’accusation de la police était le livret d’immatriculation de la Toyota corrolla ayant servi à l’attentat mais que ce livret était en fait en possession de la police depuis de nombreux mois », il est ajouté que les détonateurs trouvés ont été dissimulés par la police elle-même .

En mai 2002, Concernant DCN il est indiqué que « Une négligence de sécurité se confirme dans l’itinéraire de déplacement entre les hôtels et le site militaire. Une piste au sein du pouvoir politique est la plus souvent évoquée ».

En 2009 : « La spéciale branche de la police pakistanaise de Karachi avait rédigé un rapport 18 jours avant l’attentat confirmant la thèse d’une attaque planifiée contre un objectif occidental ».

Une fois de plus le comportement des autorités françaises quant à ce dossier est inadmissible, une fois de plus il ne s’agit que de laisser croire que la transparence règne alors que tout démontre le contraire.

En juin dernier, après avoir qualifié la thèse de la corruption de « grotesque » Sarkozy a dit « nous sommes dans un pays où tout se sait, où le secret d’état n’existe pas »… Si cette thèse est aussi grotesque que ce gouvernement est transparent, alors nous sommes sur la bonne voie….

Les fausses promesses d’un Sarkozy visiblement embarrassĂ© (juin 2009)

Le gouvernement ne pouvait pas se permettre de refuser la levée du secret défense vis-à-vis de l’opinion publique, la solution a donc été d’accorder la déclassification de documents qui n’apportent pas grand-chose au dossier, il ne s’agit là que d’une énième opération de communication de l’exécutif.

Loin d’apporter les réponses à nos questions, cette déclassification nous permet seulement de confirmer ce que nous savions déjà à savoir que :

- L’attentat était prévisible

- DCN n’a pas pris les mesures nécessaires à la protection de son personnel et a donc une part non négligeable de responsabilité dans ce qui est arrivé.

- L’Etat Français savait depuis 2002 que Azif Zaheer et n’était qu’un bouc émissaire dont la culpabilité a été montée de toute pièce, mais a tout de même continué à nous faire croire en cette thèse. Nous sommes donc en droit de nous poser une question : pourquoi ?

Sur le mĂŞme sujet, lire l’article Une enquĂŞte sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy

oct 27 2009

Une enquĂŞte sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy

Par Sylvain Besson

La livraison de sous-marins français au Pakistan a donné lieu à des versements suspects, orchestrés depuis Genève. Les protagonistes de l’affaire gardent le silence. « Ce qui se dit, c’est que Sarkozy a toutes les chances d’être réélu en 2012, sauf si ce dossier explose. »

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Sarkozy, au centre de l’affaire de « l’attentat de Karachi »

Cette petite phrase d’un connaisseur de l’affaire donne une idée de l’intérêt que suscite, en France, un volet oublié de l’enquête genevoise sur les pots-de-vin destinés aux dirigeants du Pakistan. Cette procédure a été classée l’an dernier à la demande du principal mis en cause, Asif Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, devenu président pakistanais. Mais elle a permis de découvrir un ensemble de versements suspects, partant de comptes suisses et de sociétés liechtensteinoises vers des bénéficiaires finaux en France et en Espagne. L’ordre de grandeur de ces flux serait d’une douzaine de millions de francs.

Contrats d’armement

A qui était destiné cet argent ? Selon un enquêteur, les fonds ont été « vraisemblablement » versés en liaison avec des contrats d’armement, notamment la livraison de sous-marins français au Pakistan au début des années 1990. Cet aspect a fait l’objet d’une « analyse assez poussée » et de perquisitions bancaires en Suisse, mais la France n’aurait « pas montré beaucoup d’enthousiasme » pour clarifier, à l’époque, cette partie du dossier.

A Genève, un homme devrait en savoir plus : l’avocat Hans-Ulrich Ming qui, selon un connaisseur de l’affaire, est « apparu comme signataire de comptes ». L’avocat dit tout ignorer du versement de commissions vers la France et, arguant du secret professionnel, se refuse à d’autres commentaires.

Autre nom, apparu sur un contrat de « consultant » publié par le site bakchich.info, celui de Ziad Takieddine, un Libanais parfois présenté comme très riche et bien introduit dans les milieux politiques français. « Je ne suis ni important ni riche, rétorque-t-il. Me Ming, je le connais un peu, je l’ai rencontré une fois. Mais je n’ai fait l’objet d’aucune investigation en Suisse, je n’ai rien à faire dans cette affaire. »

Il dénonce les « affabulations » et les « fabrications » des médias qui l’ont présenté comme l’intermédiaire décisif dans la vente des sous-marins. Avant de préciser – curieusement pour quelqu’un qui dit tout en ignorer – que cette transaction a dû se faire « dans l’intérêt des Etats ».

Une enquĂŞte sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy

Il est vrai que les rumeurs qui entourent le dossier incitent à la prudence. Il est notamment question d’un coffre renfermant des documents explosifs, au Luxembourg ou en Suisse, où figurerait le nom de Nicolas Sarkozy. Il était ministre du Budget à l’époque du contrat et chargé, à ce titre, d’approuver les commissions versées en marge des contrats d’armement.

Après sa victoire à la présidentielle de 1995, Jacques Chirac avait interrompu les versements liés aux sous-marins, qu’il soupçonnait d’alimenter les réseaux de son rival Edouard Balladur, mentor de Nicolas Sarkozy.

Attentat de Karachi

Cette dimension politique – qui reste mal documentée – explique l’excitation des médias français pour le sujet. Deux livres et une émission de Canal + sont en préparation, pour explorer d’hypothétiques connexions entre la vente des sous-marins et l’attentat qui a coûté la vie à 11 ingénieurs venus les assembler, en 2002 à Karachi. Mercredi, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé que les documents confidentiels réclamés par les juges chargés du dossier avaient été déclassifiés, une promesse faite par Nicolas Sarkozy l’été dernier.

L’enquête ouverte en France s’intéresse aussi à l’aspect financier du contrat. Et sur ce point, les enquêteurs suisses sont formels : « Il y a, dans notre dossier, beaucoup de réponses aux questions que se posent les Français. »

Sylvain Besson, Le Temps (Suisse)