Category: Nouvel ordre politique

fév 09 2010

Et si la Grèce montrait la voie de la rĂ©volte contre l’UE et le FMI ?

La ruine financière totale, autrefois un problème réservé aux pays en développement, frappe maintenant l’Europe. Le FMI impose ses «mesures d’austérité» aux pays périphériques de l’UE, la Grèce, l’Islande et la Lettonie étant les plus touchées. Mais ce ne sont pas nos habituels solliciteurs du tiers monde. Historiquement, l’Islande a été colonisée par les Vikings qui envahirent avec succès la Grande-Bretagne. Les tribus lettones repoussèrent même les Vikings. Les Grecs, quant à eux, conquirent tout l’Empire perse.

grece

Des dizaines de pays ont été dans l’incapacité de payer leurs dettes au cours des récentes décennies, le dernier étant Dubai, qui a de­mandé le 26 novembre un moratoire sur sa dette. Si l’émirat arabe naguère hyper-riche peut le faire, des pays dont la situation est plus désespérée le peuvent également. Et quand l’alternative est de détruire l’économie indi­gène, il est difficile de prétendre qu’ils devraient s’en abstenir. C’est particulièrement vrai lorsque les créanciers sont largement responsables et qu’on a de bonnes raisons de penser que les dettes n’ont pas lieu d’être. Les problèmes de la Grèce ont commencé quand de faibles taux d’intérêts inadaptés à la Grèce ont été maintenus pour sauver l’Allemagne de l’effondrement économique. Et l’Islande comme la Lettonie se sont retrouvées responsables de dettes privées qui ne les concernaient pas. L’économiste Michael Hudson écrit:

«L’Union européenne et le Fonds monétaire international leur ont dit de remplacer les dettes privées par des obligations publiques et de les financer en augmentant les impôts, en réduisant les dépenses publiques et en obligeant les citoyens à dépenser leurs économies. Les gens en veulent de plus en plus non seulement à ceux qui ont fait ces dettes mais également aux conseillers néolibéraux et au créanciers étrangers qui ont fait pression sur leurs gouvernements pour qu’ils vendent les banques et leurs infrastructures publiques à des initiés.»1

Mauvais fonctionnement de l’UE: échec de la monnaie commune

La Grèce pourrait être le premier des pays périphérique à se révolter. Ambrose Evans-Pritchard écrit dans le «Daily Telegraph» du 13 décembre dernier que «la Grèce est le premier pays en crise aux marges de l’union monétaire européenne à défier Bruxelles et à rejeter ce remède moyenâgeux qu’est la baisse des salaires. Le Premier ministre Papandhréou a déclaré le 11 décembre:

«Les salariés ne feront pas les frais de la situation: nous n’allons pas procéder à un gel ou à une baisse des salaires. Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour démanteler l’Etat social.»

Evans-Pritchard note que «M. Papan­dhréou a de bonnes raisons de défier l’UE. On a dit à la Grèce d’adopter des mesures d’austérité sans la dévaluation qui est au centre des plans du FMI. Cette demande est ruineuse et manifestement contraire au but recherché.»

La monnaie ne peut pas être dévaluée parce que le même euro a cours partout. Cela sig­nifie que, comme la capacité du pays à rembourser sa dette est paralysée par les mesures d’austérité, il n’y a pas moyen de réduire le coût de la dette. Evans-Pritchard conclut:

«La vérité que peu de personnes dans la zone euro sont prêtes à considérer est que l’Union monétaire européenne pose de graves problèmes … à la Grèce, à l’Allemagne, à tous les pays membres.»2

C’est pourquoi l’Islande, qui n’est pas encore membre de l’UE, a de bonnes raisons de reconsidérer sa position. On met comme condition à son adhésion qu’elle rembourse les investisseurs hollandais et britanniques qui ont perdu de l’argent dans la faillite d’IceSave, filiale en ligne de la plus grande banque privée islandaise. Eva Joly, juge norvégo-française engagée pour enquêter sur la faillite de la banque islandaise, parle de chantage. Pour elle, céder aux demandes de l’UE, ce serait ponctionner les ressources du pays et de ses habitants qui sont contraints d’émigrer pour trouver du travail.3

La Lettonie est membre de l’UE et devrait adopter l’euro, mais elle n’en est pas encore à ce stade. L’UE et le FMI ont demandé au gouvernement d’emprunter des monnaies étrangères pour stabiliser le taux de change de sa monnaie afin d’aider les emprunteurs à payer les hypothèques souscrites en monnaies étrangères dans des banques étrangères. On exige que le gouvernement, pour obtenir de l’argent du FMI, procède aux économies habituelles. Selon Nils Muiznieks, directeur de l’Advanced Social and Political Institute de Riga, « le reste du monde applique des plans de relance allant de 1 à 10% du PIB mais en même temps, on demande à la Lettonie de faire d’importantes coupes budgétaires qui se montent cette année à 38% dans le secteur public et à augmenter les impôts afin de réduire le déficit. »4

En novembre, le gouvernement letton a adopté le budget le plus rigoureux de ces dernières années, avec des coupes de près de 11%. Il a déjà augmenté les impôts, taillé dans les dépenses publiques, diminué les salaires des fonctionnaires et fermé des di­zaines d’écoles et d’hôpitaux. Il en résulte que la Banque nationale prévoit un recul de l’économie de 17,5% cette année5 alors que le pays aurait besoin d’une économie productive pour se remettre d’aplomb. En Islande, l’économie a subi un recul de 7,2% au cours du troisième trimestre,6 taux le plus important jamais enregistré. Comme dans les autres pays saignés à blanc par les restrictions néolibérales de productivité, l’emploi et la production sont paralysés, ce qui met l’économie à genoux.

Si l’on est cynique, on dira que c’était bien là l’intention. Au lieu d’aider les pays post-soviétiques à développer des économies indépendantes, écrit Marshall Auerback, « l’Occident les a considérés comme des huîtres économiques à briser et à endetter afin d’en tirer profit, laissant des coquilles vides .»7

Mais les gens ne se soumettent pas sans mot dire. En Lettonie, au début décembre 2009, alors que le Parlement débattait de la dette publique, des milliers d’étudiants et d’enseignants défilaient dans les rues pour protester contre la fermeture de centaines d’écoles et des baisses de salaires allant jusqu’à 60%. Les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: «Ils ont vendu leur âme au diable» et « Nous sommes contre la pauvreté ». Au Parlement islandais, le débat sur IceSave a duré, aux der­nières nouvelles, plus de 140 heures, un nouveau record. Et une proportion croissante de la population refuse d’assumer une dette qui, à son avis, n’est pas celle de l’Etat.

Le 3 décembre, dans un article du «Daily Mail» intitulé «Ce que l’Islande peut ap­prendre aux Tories», Mary Ellen Synon écrivait que depuis que l’économie islandaise s’était effondrée, l’année dernière, « les bâtisseurs d’empire de Bruxelles espéraient que les Islandais ruinés et effrayés seraient finalement prêts à échanger leur indépendance contre la stabilité que leur offrait l’adhésion à l’UE ». Mais le mois dernier, un sondage d’opinion montrait que 54% des Islandais étaient opposés à l’adhésion alors que seuls 29% y étaient favorables. Synon écrivait:

« Bien que les Islandais aient pu avoir une peur bleue l’année dernière, ils se dégagent maintenant des ruines de leur prospérité et ont décidé que la chose la plus précieuse qui leur reste est leur indépendance. Ils ne sont pas disposés à l’échanger, même dans la perspective d’un sauvetage de la Banque centrale européenne. »8

L’Islande, la Lettonie et la Grèce sont toutes en situation de mettre le FMI et l’UE au pied du mur. Dans un article paru le 1er octobre et intitulé «Lettonie, la folie continue», Marshall Auerback affirmait que le problème de la dette de la Lettonie pouvait être réglé au cours d’un week-end au moyen d’une série de mesures: 1) ne pas répondre au téléphone lorsque des créanciers étrangers appellent le gouvernement; 2) déclarer les banques insol­vables, convertir leur dette extérieure en capital propre, les rouvrir et leur permettre de garantir les dépôts en monnaie locale; 3) accorder à toutes les personnes disposées et capables de travailler un emploi payé à un sa­laire minimum en monnaie locale avec sécurité sociale, comme l’a fait l’Argentine après que le régime Kirchner eut repoussé le plan toxique de remboursement de sa dette imposé par le FMI.»9

Evans-Pritchard suggère un remède similaire pour la Grèce qui pourrait lui per­mettre de faire sauter le carcan mortel où elle se trouve en suivant l’exemple de l’Argentine. Elle pourrait «rétablir sa monnaie, la dévaluer, adopter une loi transformant les dettes en euro en monnaie locale et en « restructurant les contrats avec l’étranger ».

Un moyen peu utilisé: dire non au FMI

Résister au FMI n’est pas un moyen très uti­lisé, mais l’Argentine a montré la voie. En 2001, au vu des pronostics désastreux selon lesquels l’économie pourrait s’effondrer en l’absence de crédits étrangers, elle a défié ses créanciers et s’est détournée de ses dettes. A l’automne 2004, trois ans après un défaut de payement record de plus de 100 milliards de dollars, le pays était sur la voie du redressement et il avait réussi cette prouesse sans aide étran­gère. La croissance économique fut de 8% pendant deux années consécutives. Le volume des exportations augmenta, la monnaie était stable, les investisseurs revenaient et le chômage diminua. Selon l’économiste Mark Weisbrot interrogé en 2004 par le New York Times, « c’est un événement historique remarquable qui remet en cause 25 ans de mauvaise politique. Alors que d’autres pays avancent cahin-caha, l’Argentine vit une croissance très saine dont rien ne permet de penser qu’elle ne durera pas, et elle l’a réussie sans faire aucune concession pour attirer des capitaux étrangers. »

Weisbrot est le co-directeur du laboratoire d’idées Center for Economic and Policy Research basé à Washington qui a publié en octobre 2009 une étude sur les 41 pays débiteurs du FMI. Selon cette étude, les politiques d’austérité imposées par le FMI, notamment la réduction des dépenses et le resserrement de la politique monétaire, risquaient de faire plus de mal que de bien aux économies de ces pays.

C’est également la conclusion d’une étude publiée en février 2009 et due à Yonka Özemir de la Middle East Technical University d’Ankara, qui compare l’assistance du FMI à l’Argentine et à la Turquie.10 Ces deux marchés émergents ont subi en 2001 de graves crises économiques précédées de déficits budgétaires chroniques, d’une croissance insuffisante des exportations, d’un important endettement, d’une instabilité politique et d’une inégalité dans la répartition des richesses.

Tandis que l’Argentine faisait bande à part, la Turquie suivait les conseils du FMI. Le résultat final a été que l’Argentine a rebondi alors que la Turquie connaît encore la crise financière. La confiance de la Turquie dans les investissements étrangers l’a rendue très vulnérable à la récession mondiale. L’Argentine, elle, a choisi d’investir dans le pays, de développer l’économie indigène.

Pour trouver l’argent nécessaire, elle n’a pas eu besoin d’investisseurs étrangers. Sa banque centrale a émis sa propre monnaie et accordé ses crédits. Lorsque la monnaie nationale s’est totalement effondrée en 1995, puis une nouvelle fois en 2000, les gouvernements locaux ont émis des obligations locales qui ont été négociées comme de la monnaie. Les provinces ont payé leurs fonctionnaires avec des « obligations d’annulation de dette » équivalentes au peso. Ces obligations annulaient les dettes des provinces envers leurs fonctionnaires et pouvaient être dépensées comme de l’argent. Les provinces avaient «monétisé» leurs dettes en transformant leurs obligations en monnaie légale.

L’Argentine est un vaste pays dont les ressources sont plus importantes que celles de l’Islande, de la Lettonie ou de la Grèce, mais les nouvelles technologies permettent également à des petits pays de devenir autosuffisants. (cf. David Blume: alcoholcanbeagas)11

Des monnaies locales pour un développement local

Les gouvernements ont le droit souverain d’émettre et de prêter de la monnaie et l’Islande le perdra si elle rejoint l’UE qui interdit aux Etats membres d’emprunter de l’argent à leurs propres banques centrales. Pourtant les habitants de ces pays frappés par la crise pourraient continuer de développer leurs res­sources s’ils disposaient des crédits néces­saires. Un contrôle souverain sur leur monnaie locale leur permettrait d’obtenir des crédits simplement en les créant dans la comptabilité de leurs banques d’Etat.

En réalité, cette proposition n’a rien d’extraordinaire. Toutes les banques privées obtiennent les crédits qu’elles accordent à leurs clients en les créant dans leur comptabilité. Contrairement aux idées reçues, les banques ne prêtent pas leur propre argent ou celui de leurs déposants. Comme le confirme la Réserve fédérale américaine,12 les banques prêtent de l’argent neuf créé par une comptabilité en partie double sous la forme de dépôts des emprunteurs d’un côté et d’actifs de la banque de l’autre.

Outre le fait qu’ils permettent de lutter contre le gel des crédits, les crédits accordés par les gouvernements ont l’avantage de pouvoir être sans intérêt. En éliminant les intérêts, on réduit considérablement les coûts de production.13

L’argent émis par les gouvernements pour financer des projets publics a une longue histoire couronnée de succès qui remonte au moins au début du XVIIIe siècle, lorsque la colonie américaine de Pennsylvanie émit une monnaie qui était à la fois prêtée et dépensée par le gouvernement local dans l’économie locale. Il en résulta une période de prospérité sans précédent obtenue sans inflation ni impôts.14

L’Etat insulaire de Guernesey, situé dans la Manche, a financé ses infrastructures avec de l’argent émis par le gouvernement il y a plus de 200 ans sans inflation des prix ni dette publique.

Durant la Première Guerre mondiale, lorsque les banques demandaient des intérêts de 6%, la Commonwealth Bank, établissement de l’Etat australien, a financé l’effort de guerre du pays à un taux d’intérêt inférieur à 1%, économisant aux Australiens 12 millions de dollars de frais bancaires. Après la guerre, le gouverneur de la banque a épargné aux Australiens la dépression qui régnait dans d’autres pays en finançant la production, la construction de logements et en accordant des crédits à des gouvernements locaux pour la construction de routes, de lignes de trams, de ports, d’usines à gaz et de centrales électriques. Les profits de la banque étaient reversés à l’Etat.

Après avoir élu son premier gouvernement travailliste dans les années 1930, la Nou­velle-Zélande mit en place avec succès un programme d’infrastructures financé grâce à un crédit national sans intérêt. Le crédit accordé par la banque centrale nationalisée permit à la Nouvelle-Zélande de prospérer à une époque où le reste du monde était en proie à la pauvreté et au manque de productivité.

L’argument contre l’émission et le prêt d’argent par les gouvernements pour les infrastructures est que cela provoque l’inflation, mais ce n’est pas nécessairement le cas. L’inflation des prix se produit lorsque la «de­mande» (l’argent) augmente plus rapidement que l’«offre» (biens et services). Quand on augmente la masse monétaire nationale pour financer des projets productifs, l’offre augmente avec la demande, sans affecter les prix.

De toute façon, comme nous l’avons dit plus haut, les banques privées créent elles-mêmes l’argent qu’elles prêtent. Le processus par lequel elles créent de la monnaie est inflationniste parce qu’elles ne prêtent que le capital, pas les intérêts nécessaires à rembourser leurs emprunts. Pour payer les intérêts, il faut faire de nouveaux emprunts.

L’important, c’est d’utiliser la monnaie nouvellement créée ou le crédit pour des projets productifs qui augmentent les biens et les services plutôt que pour la spéculation et pour payer les dettes publiques en monnaies étrangères (le piège dans lequel est tombé le Zimbabwe). On peut protéger la monnaie nationale contre les spéculateurs15 en imposant des contrôles des changes, comme l’a fait la Malaisie en 1998, en imposant des con­trôles des capitaux, comme le font actuellement le Brésil et Taiwan, en interdisant les instruments financiers à terme ou en imposant une «taxe Tobin» sur les transactions monétaires internationales.

Guérir les créanciers

Si les créanciers souhaitent vraiment récupérer leurs prêts, ils comprendront qu’il est sage de laisser le pays débiteur développer son économie pour lui permettre de rembourser ses dettes. Si les créanciers ne tiennent pas vraiment à être remboursés mais utilisent la dette comme un moyen d’exploiter le pays débiteur et de le priver de ses actifs, il faut dénoncer le bluff des créanciers.

Lorsque le pays débiteur refuse de payer, le fardeau pousse les créanciers à se guérir eux-mêmes. L’économiste britannique Michael Rowbotham suggère que dans le monde de la monnaie électronique, cela peut être effectué par des régulateurs bancaires créatifs simplement en modifiant les règles comptables. Aujourd’hui, on peut créer des dettes à l’aide d’écritures comptables et les annuler de la même manière. Rowbotham esquisse deux moyens permettant de changer les règles afin d’annuler des dettes impossibles à rembourser:

«La première option consiste à libérer les banques de l’obligation de maintenir la parité entre l’actif et le passif. Ainsi, si une banque commerciale détient pour 10 millions de dollars de créances d’un pays en développement, elle pourrait être autorisée à avoir à perpétuité, après annulation, 10 millions de dollars de déficit dans son bilan. C’est une simple question d’écritures.

La seconde option consiste à annuler les créances tout en permettant aux banques de les conserver pour des raisons comptables. Les dettes seraient annulées pour les pays en développement mais conservées à des fins de comptabilité bancaire. Ces créances seraient conservées à leur valeur nominale en tant qu’actifs permanents, non négociables.»16

Si les banques étaient autorisées soit à porter en compte les crédits non remboursables ou à se faire rembourser en monnaies locales, leurs actifs et leur solvabilité seraient préservés.

Source : Web Of Debt

Traduction : Horizons et Débats

Notes :

1 Recovering from Neoliberal Disaster. Why Iceland and Latvia Won’t (and Can’t) Pay the EU for the Kleptocrats’ Ripoffs. Prof. Michael Hudson. www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=14800
2 Ambrose Evans-Pritchard. Greece defies Europe as EMU crisis turns deadly serious. www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/
3 Eva Joly: Iceland is being blackmailed. icelandweatherreport.com/2009/08/eva-joly-iceland-is-being-blackmailed.html
4 Zit. In: Pavol Stracansky. G20: IMF Finds a New Unpopularity. ipsnews.net/news.asp?idnews=48594
5 Ilmars Rimševics, Governor, Bank of Latvia. Recent Economic Developments and Banking in Latvia. www.bank.lv/eng/main/all/sapinfo/presrunas/receco/
6 Kay Murchie. Iceland’s economy shrinks at record pace. www.financemarkets.co.uk/2009/12/07/icelands-economy-shrinks-at-record-pace/
7 Marshall Auerback. Latvia: The Insanity continues. www.creditwritedowns.com/2009/10/latvia-the-insanity-continues.html
8 Mary Ellen Synon. What Iceland can teach the Tories. synonblog.dailymail.co.uk/2009/12/what-iceland-can-teach-the-tories.html
9 Marshall Auerback, a.a.O.
10 More a Curse than a Cure? The Role of the IMF after the Argentine and Turkish Financial Crises. Von Yonca Özdemir. Political Science & International Relations Program. Middle East Technical University, Northern Cyprus Campus. Paper prepared for delivery at the 2009 Annual Convention of the International Studies Association (ISA), February 15–18, 2009, New York.
11 alcoholcanbeagas.com/node/587
12 ModernMoneyMechanics. Federal Bank of Chicago. www.rayservers.com/images/.pdf
13 The McKleever Institute of Economic Policy
Analysis. There are Alternatives. (T.A.A.)
Project winning Essay. Margrit Kennedy
inspires New Zealand Groups to Establish
Regional Money Systems. By Deidre Kent.
www.mkeever.com/kent.html
14 Ellen Brown. Sustainable Energy Development: How Costs Can Be Cut in Half.
www..com/articles/energy-costs.php
15 A Debt Moratorium for Iceland.
www.actindependent.org/icelandprogram.pdf
16 How to Cancel Third World Debt. by Michael Rowbotham. www.prosperityuk.com/prosperity/articles/cantwd.html

fév 08 2010

Pierre Hillard et Julien Teil interdits de conférence (audio)

C’est par une mode nouvelle, mais dĂ©jĂ  largement rependue, que toutes sortes d’individus, ou groupe d’individus, prĂ©tendument antifascistes voudraient disqualifier les auteurs des analyses les plus percutantes sur le mondialisme en les accusant d’ĂŞtre liĂ©s Ă  des groupuscules d’extrĂŞme droite*. Pierre Hillard et Julien Teil en ont fait les frais Ă  la fin du mois dernier en se voyant interdire une confĂ©rence Ă  Toulouse. Les deux auteurs nous ont fait parvenir le texte que nous publions sur cette page.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

PierreHillard1

Quel est l’idéal de la chapelle ?

La chapelle est un lieu autogĂ©rĂ© et indĂ©pendant de Toulouse. Ce dernier accueille rĂ©gulièrement des Ă©vènements culturels, artistiques et associatifs. Depuis Septembre 2009, une confĂ©rence de Pierre Hillard et Julien Teil Ă©tait prĂ©vue fin Janvier dans ce lieu. Mais il faut croire que la libertĂ© d’expression, principe que l’association prĂ©tend dĂ©fendre, admet des limites subjectives que l’association s’est donnĂ© le droit de dĂ©finir. Ce texte a pour but d’exposer les faits aux yeux de tous, et d’informer les personnes qui souhaitaient venir des raisons de l’annulation de cette soirĂ©e.

Le nationalisme, un éternel instrument.

L’atelier idĂ©al m’a fait savoir quelques jours avant la date prĂ©vue, qu’ils ne souhaitaient plus organiser la soirĂ©e en date du 30 Janvier. Ils m’ont prĂ©cisĂ©ment indiquĂ© les raisons qui les ont poussĂ© Ă  prendre cette dĂ©cision, et j’en prends note. Je reconnais que je n’ai peut ĂŞtre pas Ă©tĂ© assez prudent dans mon entreprise, et qu’il aurait Ă©tĂ© plus bĂ©nĂ©fique d’anticiper la rĂ©action des mouvements antifascistes d’extrĂŞme gauche. Je regrette leur rĂ©action, qui est sans doute animĂ©e de bonnes intentions, mais dont l’analyse rĂ©vèle une profonde mĂ©connaissance de Pierre Hillard. Le plus dĂ©courageant dans ce genre de situation symptomatique est d’avoir Ă  se justifier, Ă  « montrer patte blanche ». C’est malheureusement le cas pour beaucoup de personnes dont DieudonnĂ©, Thierry Meyssan ou encore Jean Bricmont, et mĂŞme Ronny Brauman. Je ne pensais pas que Pierre Hillard faisait partie de cette liste..

Pourtant, cette association m’a fait savoir que ce dernier Ă©tait trop « connotĂ© », et il est Ă©vident que cette connotation Ă©tait celle de l’extrĂŞme droite. Pourtant, rien dans les propos de Mr Hillard n’indique que ce dernier serait d’extrĂŞme droite sinon l’interprĂ©tation d’une phrase qu’ils auraient relevĂ©e dans une de ses confĂ©rences, et qui pose problème:

Je reconnais que la formule « je suis catholique et nationaliste » peut poser des questions, mais je pense que ces rĂ©ponses appartiennent Ă  l’intĂ©ressĂ©, en l’occurrence Ă  Pierre Hillard qui a rĂ©pondu de nombreuses fois quant aux amalgames dont il Ă©tait la victime. Je lui ai moi-mĂŞme posĂ© la question, Ă  laquelle il a rĂ©pondu « Je rejette catĂ©goriquement les idĂ©es de racisme et d’antisĂ©mitisme. Comme on dit, ce n’est pas ma tasse de thĂ©. » Par ailleurs, cette assertion Ă  propos de Pierre Hillard est peu glorieuse: l’origine en Ă©tant Nicolas Dupont Aignan, qui n’ayant pas trouvĂ© mieux pour rĂ©pondre Ă  une question d’un journaliste quant Ă  sa prĂ©sence au sein de la fondation franco amĂ©ricaine, accusa l’auteur de l’information (Hillard) d’ĂŞtre un « extrĂ©miste de droite ». Mais le problème serait selon eux que Pierre soit nationaliste et que la chapelle, qui ne l’Ă©tait pas il y a quelques jours, est dĂ©sormais anti-nationaliste. J’ai le sentiment qu’ils utilisent des mots dont ils ne maĂ®trisent pas rĂ©ellement le sens, et qu’il s’agit surtout de se protĂ©ger d’une manière malhabile. Je regrette cette fâcheuse tendance avec laquelle ils remanient leurs propos suite Ă  une rumeur. Mais je les prends au mot, en leur proposant d’ajouter Ă  leur charte qu’ils sont antinationalistes. (Puisque c’est ainsi qu’ils se dĂ©finissent) .Il serait peut-ĂŞtre bon de leur rappeler que le nationalisme Ă©tait l’apanage de la gauche au XIXè siècle pour ensuite passer Ă  droite suite Ă  l’affaire Dreyfus. Le contraire du nationalisme, est l’internationalisme que l’on trouve dans certains milieux altermondialistes mais aussi chez les libĂ©raux Ă  la sauce Rockefeller. David Rockefeller Ă  publiĂ© ses MĂ©moires (Editions de Fallois). Au chapitre 27, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre comme titre « Internationaliste et fier de l’ĂŞtre ».

A l’inverse, pour le GMF (German Marshall Fund, une officine des services secrets amĂ©ricains travaillant en liaison avec des sociĂ©tĂ©s puissantes et des banques), et qui utilise un langage très aiguisĂ©, les mouvements contestataires de la mondialisation en France (ATTAC, AITEC, etc.) sont nationalistes. Cela pose Ă©videmment un problème au GMF qui lui, fait la promotion de la mondialisation, mais ce dernier sait parfaitement comment en tirer profit. Il faut donc croire, d’après les propos du GMF, que ces associations pourraient ĂŞtre attaquĂ© sur ce plan. Pourtant, ces organisations avaient elles-mĂŞmes participĂ© Ă  cette veille de l’opinion anti-mondialisation en France, de par leur prĂ©sence au dĂ©bat financĂ© par le GMF et organisĂ© par l’IFRI. Je pense que ces organisations contestataires ne sont pas dupes, et que leur prĂ©sence au sein d’un tel Ă©vènement ne constitue pas une marque de soutien aux services secrets amĂ©ricains. De la mĂŞme manière, ce n’est pas parce que ces organisations peuvent, au regard de certains critères, ĂŞtre qualifiĂ©es de nationalistes, qu’elles sont pour autant d’extrĂŞme droite. Mais, contester la privatisation et exiger la nationalisation des services et des biens publics, ce que prĂ´nent Ă©videmment beaucoup d’organisations altermondialistes, est une revendication qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de nationaliste.

Seulement, certaines organisations contestataires d’extrĂŞme gauche n’ont plus le courage (car c’Ă©tait le cas Ă  une Ă©poque), de parler de nationalisme et de souverainetĂ©. Ils font de ces thèmes les instruments de l’extrĂŞme droite, et jouent ainsi le jeu de l’oligarchie qui consiste Ă  entretenir de sempiternels combats au sein du peuple. De ce fait, le mot « nationalisme » est devenu synonyme d’extrĂŞme droite alors qu’il Ă©tait auparavant l’adage de nombreux mouvements contestataires.

Il est Ă©vident que le nationalisme est aujourd’hui dĂ©tournĂ© par l’extrĂŞme droite, et que certaines de leurs idĂ©es n’ont donc rien Ă  voir avec le nationalisme mais plutĂ´t avec le fascisme (et vous remarquerez que c’est le cas de tous les partis). Il est aussi Ă©vident, qu’une fois ce thème entre les mains des idĂ©es les plus perverses, il est instantanĂ©ment Ă©cartĂ© de tout dĂ©bat. Les oligarques peuvent ainsi plus facilement imposer les dĂ©rives dont nous sommes tĂ©moins, le tout au nom d’un marchĂ© mondialisĂ© aux consĂ©quences abominables. Nous ne sommes donc pas d’avis que ces combats du peuple contre le peuple sont lĂ©gitimes, ni qu’ils mĂ©ritent de l’attention. Par contre, nous sommes convaincus que nous serons tous amenĂ©s Ă  vivre tous ensemble. De ce fait, la dĂ©nonciation d’un système oppressant et, usant continuellement de procĂ©dĂ©s peu scrupuleux pour nous amener Ă  nous entre-tuer, est nĂ©cessaire. C’est Ă  ce travail que Pierre Hillard et moi-mĂŞme prĂ©tendons.

Entretien avec Julien Teil

LibertĂ© d’expression et amalgames

ĂŠtre nationaliste ne signifie donc pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite, et cet amalgame est le responsable de nombreux malentendus. Ceux-ci servent assurĂ©ment des intĂ©rĂŞts, tout comme ceux qui sont profĂ©rĂ©s sur l’antisĂ©mitisme et la critique de la politique coloniale d’IsraĂ«l.  Pourtant, la libertĂ© de pensĂ©e et d’expression, est un de nos droits fondamentaux, et n’est pas nĂ©cessairement un prĂ©texte pour soutenir X ou Y. Je suis sincèrement déçu d’avoir Ă  dire cela Ă  l’association l’atelier idĂ©al, car il me semble qu’en lisant leur charte on comprend que cette libertĂ© est un de leurs combats. Je constate que cela est parfaitement faux et qu’ils utilisent exactement les mĂŞmes techniques que leurs bourreaux (c’est Ă  dire la pratique de l’amalgame) pour parvenir Ă  combattre un soi-disant ennemi (le nationalisme, sous entendu et par amalgame l’extrĂŞme droite) dont ils ne connaissent mĂŞme pas la rĂ©alitĂ©. Et il est d’ailleurs surprenant qu’ils ignorent, compte tenu de leur charte, que la censure est incompatible avec la libertĂ© d’expression. La censure existe pour maintenir le pouvoir de ceux qui le dĂ©tiennent. Il est donc Ă©tonnant que l’atelier idĂ©al la pratique, mĂŞme s’ils prĂ©tendent le faire au nom d’un combat contre une idĂ©ologie. Et nous avons bien compris leur jeu qui consiste Ă  dire qu’ils ne censurent pas mais qu’ils proposent Ă  Pierre Hillard de venir possiblement s’exprimer dans le cadre d’un dĂ©bat. Il est, lĂ  encore Ă©trange que celui-ci ne puisse pas s’exprimer sans un cadre, ou quelqu’un pour dĂ©terminer la vĂ©ritĂ© scientifique ou historique de ses propos. S’embourber dans une telle dialectique pour justifier leur dĂ©cision tout en maintenant l’idĂ©e qu’ils sont profondĂ©ment dĂ©mocrates est ridicule.

Je suis moi mĂŞme opposĂ© Ă  l’extrĂŞme droite en tant que parti (comme le FN ou le MNR) et en tant que volontĂ© politique. Par contre, je ne suis pas d’avis que ces gens n’ont pas le droit de citer, prĂ©cisĂ©ment pour le principe que la charte de l’atelier idĂ©al prĂ©tend dĂ©fendre. Je ne suis pas non plus convaincu que la malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle et le prĂ©jugĂ© nous conduisent Ă  vivre en harmonie dans nos sociĂ©tĂ©s. Et, je ne crois pas que laisser les thèmes de la souverainetĂ© et du nationalisme entre les mains de l’extrĂŞme droite soit efficace mais plutĂ´t malhonnĂŞte.

A contrario, exiger tous ensemble de nos Ă©lus qu’ils prennent leurs responsabilitĂ©s en prĂ©textant au respect de nos constitutions, est un acte profondĂ©ment dĂ©mocrate et nationaliste. Cela signifie t-il pour autant qu’inviter Ă  cette pratique servirait incontestablement l’extrĂŞme droite ? Évidemment que non..

La nation et l’État sont censĂ©s reprĂ©senter le peuple et nos Ă©lus doivent, conformĂ©ment Ă  nos constitutions, nous servir et non nous asservir. Incorporer le nationalisme et la souverainetĂ© dans nos problĂ©matiques ne signifie dĂ©finitivement pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite mais penser avant tout au bien commun qui lui, n’a pas de couleur. Exiger des entreprises qu’elles ne puissent plus intervenir dans des processus de dĂ©cisions politiques c’est exiger un État souverain. Et rappelons, que ces entreprises sont en gĂ©nĂ©ral les mĂŞmes que celles qui administrent les pays en voie de dĂ©veloppement, entretenant inĂ©vitablement la hiĂ©rarchie raciale de nos sociĂ©tĂ©s. PrĂ´ner des États souverains, c’est donc exiger le respect du droit international et combattre l’impĂ©rialisme sous toutes ses formes. De nos jours c’est donc nĂ©cessairement combattre le nouvel ordre mondial ou plutĂ´t l’hĂ©gĂ©monie de l’ordre anglo-amĂ©ricain sur le monde.

Dominique Guillet, prĂ©sident de l’association kokopelli, combat lui aussi ce nouvel ordre mondial, sur un tout autre plan certes, puisqu’il s’agit de la dĂ©fense de la biodiversitĂ©. Mais il n’a plus peur des rumeurs sur son compte mĂŞme lorsque celles-ci proviennent du milieu associatif, qui Ă  court d’arguments l’accuse de jouer le jeu des industries pĂ©trolières. Le plus Ă©difiant dans cette histoire Ă©tant que ces mĂŞmes associations soient financĂ© par des industries nuclĂ©aires. Dans ce cas prĂ©cis, ces associations, pourtant largement reconnues par l’opinion publique et les mouvements contestataires, estiment que Dominique Guillet est un suppĂ´t des intĂ©rĂŞts pĂ©troliers. Alors qu’en rĂ©alitĂ©, ces « intĂ©rĂŞts pĂ©troliers » organisent en parallèle la privatisation du vivant par l’intermĂ©diaire de l’uniformisation des semences, et au travers des sessions de l’OMS et du codex alimentarius. Et bien que Dominique Guillet soit le seul français Ă  vendre des graines traditionnelles et qui sortent du circuit gĂ©nocidaire des semences brevetĂ©es, il est prĂ©sentĂ© par ces associations comme une personne malhonnĂŞte et infrĂ©quentable. Pourtant ces mĂŞmes associations, ne semblent pas avoir de leçon Ă  donner, puisqu’elles participent parfois directement Ă  la privatisation du vivant, en faisant la promotion des OGM ou en participant Ă  la distribution incontrĂ´lĂ©e et illĂ©gale d’OGM dans les pays en voie de dĂ©veloppement, le tout au nom de la lutte contre la faim, ou de la lutte pour une Ă©nergie propre (le bioĂ©thanol, voir ce qu’en pense Jean Ziegler). Cet exemple est lui aussi reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© que nous souhaitions exposer notamment Ă  travers les travaux de Julien Teil sur le rĂ´le parfois ambiguĂ« des ONG.

Gouverner ou détenir le pouvoir de pointer du doigt

A dĂ©faut de prĂ©tendre combattre ce nouvel ordre mondial, et au risque d’ĂŞtre les victimes de ce type d’assertions, nous proposons des analyses pertinentes et rigoureuses sur le sujet. Il ne s’agit pas de proposer des solutions, ni de s’engager dans une voie idĂ©ologique. Nous considĂ©rons que ces solutions appartiennent Ă  tous, et que l’information permet Ă  chacun de connaĂ®tre ses ennemis. Et de ce point de vue, chacun a le droit de disposer de ces informations: qu’il soit musulman ou nationaliste (et parfois les deux Ă  la fois). Car dans notre vision de la sociĂ©tĂ©, ces gens seront amenĂ©s Ă  vivre ensemble. Malheureusement ce qui se passe aujourd’hui est reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© inquiĂ©tante: la privation de l’accès Ă  l’information au nom du politiquement correct. C’est ce concept intellectuellement creux mais Ă©rigĂ© en tant que morale, dont l’atelier idĂ©al fait la promotion.

Je trouve en outre malhonnĂŞte leur assertion selon laquelle j’aurai par ailleurs « omis » de prĂ©ciser que Pierre Hillard Ă©tait connotĂ©. Ils ont acceptĂ© d’organiser l’évènement depuis fin Septembre, et ils disposent des noms des confĂ©renciers ainsi que de liens vers leurs travaux depuis cette Ă©poque. Pourquoi attendre une intervention d’une personne extĂ©rieure et membre d’une organisation antifasciste pour se renseigner sur le personnage ? Je n’ai en effet pas propagĂ© la rumeur nausĂ©abonde sur le compte de Pierre Hillard.

Je n’ai, a aucun moment, voulu porter prĂ©judice ni Ă  l’atelier idĂ©al ni Ă  son image, et je ne pensais pas que cela pourrait prendre une telle mesure. Mais je dĂ©plore leur argument selon lequel j’aurai Ă©tĂ© incorrect en ne prĂ©cisant pas la rumeur nausĂ©abonde. Je ne m’excuserai pas de ne pas avoir jouer ce jeu. C’est prĂ©cisĂ©ment ce type de rumeurs qui a coĂ»tĂ©, Ă  une certaine librairie parisienne, un vĂ©ritable saccage avec blessĂ©s: avoir accueilli le plus grand « antisĂ©mite » de tous les temps: DieudonnĂ©. Et, c’est aussi cet exemple qui m’a poussĂ© Ă  ne pas maintenir cette soirĂ©e. Un tel contexte n’est pas du tout en accord avec mes convictions, et je rejette catĂ©goriquement ces violences puĂ©riles et infondĂ©es. Leur première proposition alternative qui consistait donc Ă  me proposer, dans l’hypothèse du maintien de la soirĂ©e, d’engager un service d’ordre, est totalement en dehors de mes idĂ©aux, sans doute utopistes, et me rappellent inĂ©vitablement l’omniprĂ©sence du « tout sĂ©curitaire ».

Alors peut ĂŞtre n’avons-nous pas suffisamment tenu compte des idĂ©aux de l’association qui accueille: l’atelier idĂ©al. Mais dans ce cas il faudrait nous prĂ©ciser ce qui est en contradiction avec leurs idĂ©aux. Car j’ai beau lire et relire leur charte, je trouve plutĂ´t que c’est leur argumentaire qui est profondĂ©ment en contradiction avec les idĂ©aux qu’ils revendiquent.

Et surtout, il aurait Ă©tĂ© plus judicieux de le faire savoir auparavant, et non maintenant en laissant entendre que je n’aurais pas prĂ©cisĂ© une chose fondamentale sur les idĂ©es vĂ©hiculĂ©es par un des confĂ©renciers, ce qui de plus est parfaitement faux. Il Ă©tait par contre possible de poser la question Ă  Pierre Hillard, ce qu’ils ont manifestement refusĂ© de faire en ne prenant pas soin de lui demander son avis. Et la cerise sur le gâteau est de prĂ©tendre qu’ils n’ont « pas pu connaĂ®tre ou comprendre son point de vue », et que dans le doute ils prĂ©fĂ©reraient annuler. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit bien entendu d’autre chose puisque rien, jusqu’Ă  la dernière seconde ne les a empĂŞchĂ© de joindre Pierre Hillard et de lui demander son avis.

Nous regrettons que l’ingĂ©rence d’une personne, de plus politisĂ©e, ait Ă©tĂ© le vecteur de ces malentendus, mais nous ne la tenons pas pour responsable. Les mots Ă©pouvantails sont très utiles aux Ă©lites qui jouent ouvertement sur tous les tableaux. Ainsi Al Qaeda serait une nĂ©buleuse terroriste responsable de tous les maux de l’humanitĂ© pour les personnes de droite. L’extrĂŞme droite est elle aussi instrumentalisĂ©e afin de contrĂ´ler les pulsions des mouvements d’extrĂŞme gauche. Ce procĂ©dĂ© certes habile a le mĂ©rite de dĂ©tourner l’attention du peuple de son vĂ©ritable bourreau: l’Ă©lite autocratique, celle qui gouverne sans les peuples. Il est clair qu’ici, Ă  Toulouse, l’extrĂŞme droite radicale groupusculaire est visiblement prĂ©sente et particulièrement violente. De ce point de vue, nous ne pouvons pas dire des mouvements antifascistes qu’ils n’ont pas raison d’ĂŞtre. Mais il est incontestable que cette soirĂ©e n’a aucun lien et n’a rien Ă  voir avec ce genre de choses, et que cette pratique de l’amalgame ne fera que renforcer le pouvoir des mĂŞmes oligarques: museler un peu plus l’opinion, tout en jouant le jeu de l’extrĂŞme droite.

Cependant, nous ne remettons aucunement la responsabilitĂ© de ce malentendu sur le dos de ces associations, mais plutĂ´t sur celui de certains grands thĂ©oriciens de l’anticapitalisme qui vĂ©hiculent sans arrĂŞt ces amalgames, allant mĂŞme jusqu’Ă  publier des numĂ©ros de leurs revues entièrement consacrĂ©s au sujet. Ce constat est alarmant du point de vue du dĂ©clin certain de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression. Mais c’est aussi l’aveu d’une sociĂ©tĂ© dont la qualitĂ© intellectuelle est en perdition et dont les mouvements contestataires sont parfois les rouages des manipulations les plus malsaines. Il serait donc intĂ©ressant que l’atelier idĂ©al expose quelle libertĂ© d’expression ils dĂ©fendent car nous avons peur qu’il s’agisse tout simplement de sa mutation la plus perverse: celle qui consiste Ă  jouer le jeu de l’oligarchie.

Ils sont finalement dans la mĂŞme dialectique que ceux auxquels ils prĂ©tendent s’opposer: gouverner les gens, la population, imposer leurs règles de vie aux autres, en dĂ©corant le tout d’un discours qui promet de satisfaire tous les espoirs. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit toujours de la mĂŞme chose: prendre le pouvoir et, surtout, ne pas le laisser aux autres (qui sont dĂ©finis comme inaptes, ou incompĂ©tents). Et quand ils ne l’ont pas, ils prĂ©fèrent se soumettre jusqu’aux idĂ©es des chefs, espoir et peur : en faire partie ou en ĂŞtre exclu. Oui, mais de quoi ? -Nous leurs posons la question -

Julien Teil et Pierre Hillard

* Nous connaissons depuis peu, sur Mecanopolis, le mĂŞme genre d’attaques nausĂ©abondes, lancĂ©es par des individus qui voudraient ainsi discrĂ©diter l’ensemble de notre travail. FatiguĂ©s d’avoir Ă  nous justifier sans cesse, nous avons mandatĂ© deux avocats, Me Philippe Vibert pour la CE et Me Razi Abderrahim pour la Suisse, afin de poursuivre civilement et pĂ©nalement les auteurs de ces accusations diffamatoires ainsi que les sites qui les hĂ©bergent.

Pour nous contacter : fred [at] mecanopolis.org / +4176 252 35 57

fév 06 2010

« Une attaque concertée par des groupes financiers est en cours contre l’euro » (vidéos)

« Le pays se trouve au centre de spĂ©culations qui ont pour cible finale l’euro et l’utilisation de la Grèce en tant que maillon faible. Il est du devoir national de repousser ces tentatives qui veulent conduire le pays Ă  l’abĂ®me.» C’est en ces termes que le premier ministre grec s’est attaquĂ© mercredi aux marchĂ©s financiers. Et, lors d’un discours prononcĂ© hier Ă  New Dehli, le chef d’État grec a encore surenchĂ©ri : « Une attaque concertĂ©e par des groupes financiers est en cours contre l’euro, en passant par l’Espagne et le Portugal, comme cela a Ă©tĂ© le cas avec la Grèce ».

euro-dollars

Vendredi, les principaux marchĂ©s europĂ©ens (actions, obligation et devise) ont continuĂ© leur dĂ©gringolade. La Bourse de paris Ă  perdu 3.40%. Et celle d’Athènes 3.715. L’euro, lui, est passĂ© sous la barre des 1.36 dollar pour la première fois depuis huit mois. En ligne de mire : les 30′000 milliards de dette publique cumulĂ©s par les pays du G7 et la situation de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal.

Qui attaque la Grèce et l’Espagne ?

Pourtant, la situation des finances publiques de la zone euro, y compris celle de la Grèce, ne justifie une telle panique des marchĂ©s financiers qui dĂ©sormais jouent clairement l’Ă©clatement de la zone euro. Selon l’Ă©dition de ce samedi du quotidien suisse Le Temps, citant des informations Ă©manant Ă  la fois d’autoritĂ©s de marchĂ© et d’Ă©tablissements financiers, une grande banque amĂ©ricaine et deux très importants hedge funds (dont l’un basĂ© Ă  Londres) seraient principalement derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur objectif : rĂ©aliser un gigantesque hold-up en crĂ©ant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intĂ©rĂŞt de plus en plus Ă©levĂ© tout en spĂ©culant.

Pour les marchĂ©s, la dette est un « produit financier » comme un autre. Elle a un prix dĂ©fini par une offre et une demande. Comme pour le baril de pĂ©trole ou une action en Bourse. Ainsi, selon Le Temps, les deux hedge funds qui tiennent le marchĂ© grec, en concertation avec une banque amĂ©ricaine, se sont dĂ©cidĂ© Ă  faire courir la panique sur le marchĂ© des crĂ©dit default swap (CDS). Que recouvre cette appellation ? Un titre d’assurances que l’on contracte pour se prĂ©munir contre un potentiel dĂ©faut d’un État Ă  qui l’on a prĂŞtĂ© de l’argent. Un CDS a un prix et s’Ă©change sur un marchĂ© non rĂ©gulĂ© et totalement opaque.

Vendredi, le CDS grec Ă©tait Ă  428 points de base, un niveau sans prĂ©cĂ©dent, alors que celui du Liban plafonnait Ă  255, ou celui du Maroc Ă  113… En clair, pour le marchĂ©, le risque de faillite de la Grèce serait quatre fois supĂ©rieur Ă  celui du Maroc, ce qui est irrĂ©aliste.

Complicité des agences de notation

Trois agences de notation, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, distribuent des notes Ă  la terre entière. Leur rĂ´le est d’Ă©valuer la capacitĂ© des emprunteurs Ă  rembourser leurs dettes. Aucun produit financier ne leur Ă©chappe : aussi bien les obligation Ă©mises par NestlĂ© que les produits structurĂ©s montĂ©s par les banques, de mĂŞme que que les fonds levĂ©s par les États.

Leurs alertes sur les dettes publiques sont en train de faire tomber la Grèce et vaciller le Portugal et l’Espagne. Il est donc lĂ©gitime de s’interroger sur leur rĂ´le de dĂ©clencheur de panique ou d’amplificateur de la crise, sinon mĂŞme de complice. Cela d’autant plus que ce sont ces mĂŞmes agences qui ont construit la bombe des subprimes Ă  l’origine de la crise financière en 2008.

Mecanopolis

logo forum

Avec les informations du quotidien Le Temps (Suisse)

Lire également notre article Le compte à rebours est lancé

VidĂ©os : Paul Jorion dans l’Ă©mission « Ce soir ou jamais » du jeudi 4 fĂ©vrier dernier

Faillite des Etats – Paul Jorion (1)


Faillite des Etats – Paul Jorion (2)



fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, la faillite du pays semble inĂ©luctable. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

europenuit

Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

Télécharger le document pdf Zone Euro

logo forum




fév 02 2010

Après la crise, la faillite des Etats ?

L’endettement massif devient un problème crucial dans plusieurs Etats europĂ©ens, comme la Grèce ou l’Espagne, contraints d’adopter des plans d’austĂ©ritĂ©s. Pour Marc Faber, le gourou de la finance, surnommĂ© Dr Doom, la faillite du système ne fait plus aucun doute.

faber

Les mesures de réduction des déficits publics s’orientent autour de quatre axes principaux: la baisse des dépenses budgétaires générales, la révision des statuts de la fonction publique et donc de ses coûts, la hausse de l’âge de la retraite et la hausse de la charge fiscale.

Baisse des dépenses générales

L’Espagne se montre la plus déterminée dans sa volonté d’abaisser le montant des dépenses publiques. Sa planification budgétaire prévoit de réduire d’ici à 2013 les dépenses du gouvernement central de 40 milliards d’euros et de 10 milliards celles des collectivités locales, afin de ramener le déficit de 11,3% du PIB actuellement à 3% en 2012.

L’Irlande taillera dans plusieurs de ses programmes sociaux afin de ramener son déficit, actuellement à 11,6% du PIB, à 2,9% en 2014, Ainsi, les allocations familiales seront réduites de 16 euros par enfant et par mois pour s’échelonner entre 150 et 187 euros selon les situations. Elle coupera aussi dans ses programmes généraux et dans les investissements.

Bien que ses intentions ne soient pas encore détaillées, la France prévoit de réduire de 1% ses dépenses publiques dès 2011. Le Royaume-Uni et le Portugal prennent la même direction, quoique leurs efforts ne soient pas chiffrés. Pour réduire leurs dettes, les deux pays s’engagent dans de nouvelles privatisations. Le gouvernement Brown veut céder les participations massives dans trois grandes banques prises au pic de la crise pour les sauver de la faillite. Il veut aussi vendre d’autres actifs, comme des participations dans des sociétés publiques internationales. Il envisage aussi l’introduction d’une forme de frein à l’endettement nommée «Fiscal Responsibility Act».

Les Etats-Unis programment un gel de leurs dépenses dans tous les domaines à l’exception de la défense, de l’éducation et de la recherche, pendant une année, avant de les aligner sur le niveau d’inflation jusqu’à la fin de la décennie, selon le programme budgétaire présenté lundi par la Maison-Blanche. Le déficit devrait ainsi être ramené de 1600 milliards de dollars à une moyenne située entre 700 milliards et 1000 milliards de dollars à la fin de la décennie.

Au Japon, le gouvernement Hatoyama va couper dans ses investissements dans les travaux publics afin d’allouer davantage de moyens aux dépenses sociales, ceci afin de stimuler la consommation intérieure.

Révision des statuts des fonctionnaires

Plusieurs gouvernements veulent réduire le nombre de leurs fonctionnaires. Le plus déterminé est l’Espagne. Seul un départ sur dix sera remplacé. La France et le Portugal n’en remplaceront qu’un sur deux, la Grèce réduira l’effectif de 10%. La république hellénique gèlera aussi les salaires supérieurs à 2000 euros mensuels. L’Irlande ira plus loin: tous les employés de l’Etat subiront une coupe, allant de 5% pour les personnes gagnant moins de 30 000 euros par an à 15% pour ceux qui en touchent plus de 200 000. Symboliquement, le premier ministre Brian Cowen abaisse sa rémunération de 20%.

Marc Faber : « Je suis convaincu de la faillite du système »
logo_gbd_main_ex1
« L’excès de crĂ©dits qui a provoquĂ© la crise a Ă©tĂ© plus ou moins nettoyĂ© et cachĂ© sous le tapis. A entendre les discours rĂ©cents de Bernanke (ndlr: prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine et de Krugman (ndlr: Prix Nobel d’Economie en 2008), aucune mention n’est faite par rapport Ă  la croissance dĂ©mesurĂ©e de l’endettement. (…) Aujourd’hui comme lors de la faillite du fonds LTCM, le message qui est envoyĂ© par les Etats est: continuez de spĂ©culer, nous sommes lĂ  pour vous sauver.

(…) On n’a pas rĂ©solu une crise, on l’a simplement repoussĂ©e pour en crĂ©er une autre. Dans cinq Ă  dix ans, la prochaine crise sera la faillite de certains Etats. Les emprunteurs auront de la peine Ă  rembourser leurs dettes. Cela vaut autant pour les gouvernements que pour les entreprises. Dans mon scĂ©nario le plus pessimiste, on assistera Ă  un Ă©clatement de la bulle de l’endettement des Etats. Je reste totalement convaincu de la faillite du système dans cinq Ă  dix ans. Elle commencera par les Etats-Unis. Ils sont dĂ©jĂ  thĂ©oriquement en faillite. Leurs caisses de pension ont massivement investi dans les obligations d’Etat, Fanny Mae et Freddie Mac. Les institutions de prĂ©voyance amĂ©ricaines sont les pires investisseurs du monde: elles achètent au plus haut et revendent au plus bas.

(…) Dès le dĂ©but, je me suis opposĂ© au sauvetage des banques. Il fallait protĂ©ger l’argent des Ă©pargnants et le sĂ©parer des activitĂ©s de trading, sur les dĂ©rivĂ©s. Ainsi, les banques auraient Ă©tĂ© saines. Aujourd’hui, la transparence est pire qu’avant. La RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine ne veut pas se faire contrĂ´ler. Elle a certainement des choses Ă  cacher.

Le Temps (Genève)

Elévation de l’âge de la retraite

Recommandée par l’OCDE afin d’aligner les charges futures sur l’allongement de l’espérance de vie, l’élévation de l’âge de la retraite est ouvertement évoquée dans deux pays: l’Espagne et la France. Tous deux cherchent à le porter à 67 ans.

Hausse des impĂ´ts

De nombreux gouvernements veulent élever leurs revenus fiscaux, à commencer par ceux qui sont payés par les personnes physiques. La mesure la plus spectaculaire est l’imposition des bonus prévue par le Royaume-Uni (50% des rémunérations variables ­supérieures à 27 500 livres) et par la France (au même taux) notamment.

Aux Etats-Unis, les baisses ­d’impôts accordées aux contribuables jouissant d’un revenu ­annuel supérieur à 250 000 dollars par l’administration Bush ne seront pas renouvelées. Les rabais d’impôts de 400 dollars accordés aux particuliers sont néanmoins maintenus dans le projet de ­budget 2011. La France veut ­mettre fin à certains régimes ­fiscaux spéciaux. L’Irlande va ­simplifier la déclaration de revenu.

La Grèce se joint au groupe des Etats qui classent désormais la lutte contre l’évasion fiscale parmi leurs priorités, comme les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne.

Les banques devront assumer une part du fardeau, du moins aux Etats-Unis. Celles qui ont recouru aux fonds gouvernementaux au plus fort de la crise devront honorer une «taxe de recouvrement» établie sur leurs engagements. L’introduction de taxes carbone pèsera aussi sur les industries gazières, carbonifères et pétrolières aux Etats-Unis et sur les consommateurs d’énergies fossiles en Irlande.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Spencer Delane


Marc Faber : « Je suis convaincu de la faillite du système »

« L’excès de crĂ©dits qui a provoquĂ© la crise a Ă©tĂ© plus ou moins nettoyĂ© et cachĂ© sous le tapis. A entendre les discours rĂ©cents de Bernanke (ndlr: prĂ©sident de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine et de Krugman (ndlr: Prix Nobel d’Economie en 2008), aucune mention n’est faite par rapport Ă  la croissance dĂ©mesurĂ©e de l’endettement. (…) Aujourd’hui comme lors de la faillite du fonds LTCM, le message qui est envoyĂ© par les Etats est: continuez de spĂ©culer, nous sommes lĂ  pour vous sauver.

(…) On n’a pas rĂ©solu une crise, on l’a simplement repoussĂ©e pour en crĂ©er une autre. Dans cinq Ă  dix ans, la prochaine crise sera la faillite de certains Etats. Les emprunteurs auront de la peine Ă  rembourser leurs dettes. Cela vaut autant pour les gouvernements que pour les entreprises. Dans mon scĂ©nario le plus pessimiste, on assistera Ă  un Ă©clatement de la bulle de l’endettement des Etats. Je reste totalement convaincu de la faillite du système dans cinq Ă  dix ans. Elle commencera par les Etats-Unis. Ils sont dĂ©jĂ  thĂ©oriquement en faillite. Leurs caisses de pension ont massivement investi dans les obligations d’Etat, Fanny Mae et Freddie Mac. Les institutions de prĂ©voyance amĂ©ricaines sont les pires investisseurs du monde: elles achètent au plus haut et revendent au plus bas.

(…) Dès le dĂ©but, je me suis opposĂ© au sauvetage des banques. Il fallait protĂ©ger l’argent des Ă©pargnants et le sĂ©parer des activitĂ©s de trading, sur les dĂ©rivĂ©s. Ainsi, les banques auraient Ă©tĂ© saines. Aujourd’hui, la transparence est pire qu’avant. La RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine ne veut pas se faire contrĂ´ler. Elle a certainement des choses Ă  cacher.

Le Temps (Genève)

E

fév 01 2010

La crise a renforcé le glissement du pouvoir mondial

Jamais, dans l’histoire du World Economic Forum (WEF), l’Ă©conomie n’a aussi clairement dĂ©terminĂ© l’agenda politique et les rapports de pouvoir. La perception brutale de l’affaiblissement intĂ©rieur de Barack Obama, après la perte de sa super-majoritĂ© au SĂ©nat et son discours sur l’Ă©tat de l’Union, ajoute Ă  la sensation d’un leadership fragmentĂ©, en voie de recomposition durable.

wef2

Davos, cette annĂ©e, compte les absents. Les États-Unis n’ont envoyĂ© aucune personnalitĂ© de premier plan- Pour l’Europe, Nicolas Sarkozy Ă  fait le spectacle, mais les autres grands de l’Union. Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, sont restĂ©s Ă  la maison. Le Vieux Monde, en convalescence fragile de la crise qui l’a particulièrement touchĂ©, est Ă  ses affaire intĂ©rieures.

La Chine a envoyĂ© Ă  Davos la plus grosse dĂ©lĂ©gation de son histoire. Le vice-premier ministre, Li Keqiang, a fait sa première apparition publique dans une enceint d’un tel niveau. Il a Ă©tĂ© Ă©coutĂ© comme un oracle, Ă©voquant le large Ă©ventail de thèmes sur lesquels la position chinoise dĂ©sormais compte: climat, changes, commerce, propriĂ©tĂ© intellectuelle, croissance, rĂ©gulation financière. L’assurance de son discours, vantant les performances Ă©conomiques du pays, aura finalement constituĂ© le point fort du Forum. Parce qu’il illustre ce «power shift», ce glissement du pouvoir mondial que la crise a renforcĂ©, et qui est la formule du moment.

Alors que la Chine, l’Inde ou le Brésil, presque épargnés par le tsunami financier, expliquent comment ils vont investir leurs nouveaux millions, les États-Unis et les pays européens se demandent à quel rythme ils devront économiser ceux qu’ils ont versés dans leurs plans de relance. Et à quel prix cette dette monstrueuse sera résorbée: inflation, augmentation des impôts, coupes dans les budgets publics?

Plan de déstabilisation de la Grèce

La situation de la Grèce a dominĂ© les discussions au WEF vendredi, sur fond de rumeurs persistantes d’un plan de sauvetage europĂ©en.

Konstantine Gatsios, professeur d’Ă©conomie Ă  l’Athens University of economics and business, reconnait que la situation est critique. Athènes doit emprunter cette annĂ©e entre 50 et 60 milliards d’euros pour financer sa dette. Mais il s’Ă©tonne qu’on fasse de son pays un exemple alors que l’Ă©conomie grecque est moins puissante que les Ă©conomies espagnole et italienne, qui sont toute deux en grande difficultĂ© et dont l’impact sur l’euro est beaucoup plus important. Le feu continu d’attaques rĂ©vèle, a-t-on l’impression, un agenda cachĂ©. Les Allemands auraient un intĂ©rĂŞt dans la crise qui secoue la zone euro. Car celle-ci est susceptible d’affaiblir la monnaie unique et de favoriser les exportations allemandes.

Directeur des archives historiques de la Banque de Grèce, Gerassimos Notaras pense mĂŞme qu’en cherchant Ă  affaiblir la Grèce, les Britanniques et les AmĂ©ricains cherchent Ă  faire plier Athènes Ă  leur vision de de la politique Ă©trangère par rapport Ă  Chypre, l’Afghanistan ou l’Irak.

Face aux pressions extĂ©rieurs, Savas Robolis, directeur de l’institut du travail met en garde : « En Grèce, 14% des salariĂ©s sont des working poor (7% dans l’UE). 64% des 2,4 millions de retraitĂ©s touchent moins de 600 euros par mois. Baisser les salaires et les pensions serait le chemin direct vers une grave crise sociale ».

Projet d’« Union asiatique »

Le premier ministre japonnais, Yukio Hatoyama, a proposĂ© de partager la prospĂ©ritĂ© avec l’Asie, la nouvelle « frontière » que le japon doit « explorer ».

Lors d’un long discours de politique gĂ©nĂ©rale, M. Hatoyama a Ă©voquĂ© son projet de communautĂ© asiatique, sur le modèle de l’Union europĂ©enne. « L‘Asie est la frontière que le Japon doit explorer en tant qu’arène pour nos actions au sein de l’Ă©conomie mondiale« , a-t-il dit.

« Nous devons partager la prospĂ©ritĂ©. Cela devrait crĂ©er une nouvelle demande dans la rĂ©gion et contribuer Ă  soutenir la croissance Ă©conomique« , a-t-il ajoutĂ©.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Avec les informations des quotidiens Le Temps (Genève), Neuer ZĂĽrcher Zeitung (Zurich) et l’hebdomadaire Sonntags Zeitung (Zurich)


jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidĂ©o)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 Ă  la salle Colbert de l’AssemblĂ©e Nationale, le groupe de rĂ©flexion GĂ©nĂ©ration France créé par Jean-François CopĂ© recevait la prĂ©sidence du think tank amĂ©ricain l’Hudson Institut1.

image_sorties_id.php

Il est fort Ă©tonnant qu’un cercle comme celui de GĂ©nĂ©ration France qui se targuait lors de sa crĂ©ation d’inspirer un nouvel Ă©lan Ă  l’identitĂ© française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de rĂ©flexion impĂ©rialiste amĂ©ricain dont le but avouĂ© est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union europĂ©enne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est prĂ©cisĂ©ment dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cĹ“ur de cette dĂ©marche de rĂ©flexion commune, j’ai souhaitĂ© placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identitĂ©. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste Ă  chacun la sensibilitĂ© de dĂ©terminer de quelle identitĂ© il s’agit quand on dĂ©balle le tapis rouge Ă  des groupes dont les seules intĂ©rĂŞts sont d’imposer leur hĂ©gĂ©monie et leurs influences Ă  travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, Ă  n’en pas douter « pour les intĂ©rĂŞts de la France », le prĂ©sident du groupe UMP Ă  l’AssemblĂ©e prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dĂ©pĂ´t dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant Ă  interdire le voile intĂ©gral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh CopĂ© » nous expliquait dans l’Ă©mission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – CopĂ©-Burqa Le Face Ă  Face, que le voile intĂ©gral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nĂ©cessaire pour passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure consistante Ă  statuer prochainement sur la lĂ©galitĂ© de la libertĂ© de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrĂ´leraient le phĂ©nomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le prĂ©sident amĂ©ricain de l’Ă©poque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’Ă©tait au tour du PrĂ©sident de la RĂ©publique Française Nicolas Sarkozy, Ă  l’occasion de la confĂ©rence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors Ă©vident dans le temps, que la volontĂ© de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident CoalisĂ© » contre un monde Musulman qui, refusant obstinĂ©ment de dĂ©laisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’Ă©tat dans leur projet tant couvĂ© d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques annĂ©es Ă  Ă©clore de sa coquille.

Qu’avons-nous lĂ  ? Une Foi inadaptĂ©e et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans mĂŞme Ă©voquer le facteur eschatologique de la situation, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment de la rĂ©flexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie Ă  l’encontre de l’Islam ainsi que la prĂ©sence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; dĂ©barquĂ©e lĂ  bas pour expliquer Ă  l’autochtone local Ă  coup de bombe, la supĂ©rioritĂ© de l’Ă©laboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontĂ©s politiques du monde coalisĂ© sur la question de l’Islam converge vers l’objectif Ă©vident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont Ă©tĂ©, quitte Ă  s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingĂ©rences sur les populations que l’on aurait dĂ©cidĂ© au prĂ©alable d’affubler du titre de « MĂ©chant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

Télécharger ce film au format DVIX

Notes :

jan 27 2010

Réduction des populations, un tabou qui se fissure

Le 18 novembre dernier, à la veille du Sommet de Copenhague, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) publiait un rapport sur l’impact de la croissance démographique sur le climat.

A l’époque, Le Monde avait couvert ce rapport, « selon lequel la natalité galopante des pays en développement est l’un des principaux moteurs du réchauffement et l’un de ses premiers risques ». L’article du Monde mentionnait notamment qu’« une autre étude tout aussi récente citée par le Fnuap conclut qu’un dollar investi dans la planification familiale et l’éducation des filles réduit les émissions de gaz à effet de serre au moins autant qu’un dollar dépensé dans l’énergie éolienne ». Malgré les avertissements du FNUAP, le sujet démographique semble cependant être encore tabou. C’est en tout cas ce que regrette amèrement Tom Levitt, journaliste à The Ecologist, dans un article intitulé « Climat : stabiliser la population mondiale » et paru dans le dernier numéro de L’Ecologiste. Il regrette en effet que « les politiques et même certaines grandes associations écologistes ne veulent pas soulever le problème » de la croissance démographique.

Post_Apocalypse_Wallpaper_by_Lorax06

En fait, ce n’est pas qu’elles soient en désaccord, mais c’est une question de tactique. Ainsi, pour Tom Picken, des Amis de la Terre, cité par Levitt, « aborder le problème par le biais de l’inégalité dans l’accès aux ressources est la façon la plus efficace de réduire les émissions globales ». Interrogé aussi par The Ecologist, « Greenpeace dit (…) que toute tentative de mettre le sujet de la population sur la table serait contreproductif ». Par ailleurs, Yvo de Boer, le responsable de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique « est réticent à aborder le sujet ». Même s’il admet que « la pression démographique est un facteur majeur dans l’augmentation des gaz à effet de serre », Yvo de Boer estime qu’une politique de réduction démographique « mène sur des terrains mouvants en matière morale ». Mais Tom Levitt ne désespère pas pour autant de voir ce tabou levé. Il mentionne le rapport 2008 « Planète Vivante » du WWF et les travaux de l’Optimum Population trust qui, tous deux, ne s’embarrassent pas de considérations morales sur la réduction de la population mondiale. Tom Levitt conclut en affirmant que « la prise de conscience progresse », mentionnant à titre d’exemple John Beddington, nouveau conseiller du gouvernement britannique, qui a récemment évoqué le problème de la croissance démographique.

Et en France…

Aujourd’hui, rares sont ceux qui en France s’avancent sur cette question polémique de la démographie. Dans la tradition de René Dumont, qui déclarait en 1999 que « le XXe siècle est un siècle maudit. Il n’y a jamais eu autant de conneries que durant ce siècle. La première étant l’explosion démographique. », on trouve évidemment la revue L’Ecologiste, mais aussi le député Vert Yves Cochet, l’eurodéputé Europe Ecologie Jean-Paul Besset ou encore le nouvel allié d’Europe Ecologie : Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI). En effet, dans un communiqué du 24 novembre 2009 concernant le rapport du FNUAP, le MEI « qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l’importance du facteur démographique dans la crise écologique, se réjouit de cette prise de position, qui brise le tabou démographique, au plus haut niveau des instances internationales ». Dans ce même communiqué, le MEI « rappelle la position de René Dumont qui est la sienne », en reproduisant une citation de l’agronome écologiste qui conclut : « Des mesures limitatives autoritaires vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres. » Rajoutons que le MEI avait organisé en août 2009 un séminaire sur la démographie et que, dans un texte sur cette thématique, Antoine Waechter affirmait : « Pour stabiliser au niveau de 2005 l’impact de l’Humanité sur les ressources et les écosystèmes de la Terre, tout en permettant à chacun de vivre selon les standards français, la population devrait se réduire à 1,7 ou 2 milliards d’individus. » Réduire la population mondiale de 5 milliards d’individus, en voilà un projet ambitieux !

Enfin, sur le site « planète attitude, la communauté du WWF en France », Michel Tarrier, naturaliste et chroniqueur à la revue du WWF France, a créé un groupe « démographie responsable » dans lequel les débats sur la surpopulation sont absolument décomplexés. Tarrier n’hésite pas à dire qu’« il faut réhabiliter Malthus » ou que « le WWF est une ONG éco-malthusienne parce que lucide et bienveillante ». Il faut dire que Michel Tarrier connaît bien le sujet puisqu’il est l’auteur, avec sa fille Daisy (responsable des partenariats au WWF France), du livre Faire des enfants tue…

Source : Egalité et Réconciliation

jan 26 2010

Blackwater/Xe Ă  l’assaut de Mogadiscio et du pĂ©trole somalien

Cela faisait plus de six mois que les mercenaires de la sociĂ©tĂ© militaire privĂ©e « Xe », le nouveau nom de Blackwater, entrainaient dans le sud de la Somalie les miliciens d’Ahlu Sunna Waljamaca, un groupe armĂ© et financĂ© par Washington, afin de les opposer aux Tribunaux islamiques qui ne cessent de regagner du terrain dans tout le pays. Le 12 janvier dernier ils sont passĂ©s Ă  l’action Ă  Wabho et Warhole, situĂ©s au nord de la capitale Mogadiscio.

al-shabab12

Les combats auraient fait 18 morts dans les rangs des miliciens et plusieurs dizaines de prisonniers qui, face aux Shabab, la fraction armĂ©e des Tribunaux islamiques, ont du battre en retraite. Le porte-parole des Shabab, Ali Mohamed Rage, a indiquĂ© aux journalistes que, dans cette opĂ©ration, les mercenaires de Xe avaient directement participĂ© aux combats, qui ont durĂ© trois jours. Il a Ă©galement prĂ©cisĂ© que « les mercenaires amĂ©ricains sont en train de prĂ©parer des attentats Ă  Mogadiscio, comme ils le font en Afghanistan, au Pakistan et en Irak, pour ensuite nous les attribuer et prĂ©tendre que nous sommes liĂ© Ă  Al-Qaeda ». « Nous savons que des agents de Xe sont entrĂ©s dans la capitale et qu’ils prĂ©parent des actions de ce type dans des mosquĂ©es et au marchĂ© de Bakara » a encore ajoutĂ© A.M. Rage, en menaçant les amĂ©ricains de reprĂ©sailles s’ils mettent leurs projets Ă  exĂ©cution.

Les États-Unis pourraient en effet ĂŞtre tentĂ© de prendre leur revanche en Somalie, oĂą leur prĂ©cĂ©dente intervention, en 1992, s’Ă©tait soldĂ©e par fiasco mĂ©morable. A l’Ă©poque, Bill Clinton avait envoyĂ© les marines dans le pays afin de « rĂ©tablir l’ordre ». L’intervention « humanitaire » s’Ă©tait terminĂ©e, lors d’une opĂ©ration pour le moins hasardeuse, par la mort de 19 soldats et le retrait des troupes US.

al-shabab32

Mais, au-delĂ  des raisons invoquĂ©es par Washington, c’est surtout le pĂ©trole qui motivait l’intervention des États-Unis, comme l’indique le site SomaliaWatch.com : « Sous la surface du drame tragique de la Somalie, quatre grandes compagnies pĂ©trolières amĂ©ricaines sont tranquillement assises sur une fortune prospective et des concessions exclusives pour explorer et exploiter des dizaines de millions d’hectares de la campagne somalienne. Ces terres, de l’avis de gĂ©ologues et d’analyste pĂ©troliers, pourrait fournir d’importantes quantitĂ©s de pĂ©trole et de gaz naturel ».

Selon des documents rĂ©vĂ©lĂ©s par The Times, c’est plus des deux tiers du territoire de la Somalie qui a Ă©tĂ© allouĂ©e aux gĂ©ants du pĂ©trole amĂ©ricain Conoco, Amoco, Chevron et Phillips par l’ancien prĂ©sident somalien Mohamed Siad Barre avant sa destitution lors des Ă©meutes de 1991. A la lumière de ces informations, on comprend mieux l’intĂ©rĂŞt de l’administration amĂ©ricaine Ă  vouloir rĂ©cupĂ©rer l’investissement des compagnies pĂ©trolières US, de mĂŞme que la rĂ©cente dĂ©claration de Barack Obama, après l’attentat manquĂ© du 25 dĂ©cembre dernier : « : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. » Quelle aubaine pour le prix Nobel de la « paix » : les extrĂ©mistes violents n’agissent que dans des pays oĂą les terres regorgent d’hydrocarbures.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Avec les informations de Onlinejournal, et SomaliaWatch

Spencer Delane



jan 21 2010

Les marchés financiers joueront la carte de la faillite des Etats en 2010

Le 10 septembre 2009 la revue économique allemande « Handelsblatt » fit bondir ses lecteurs en titrant: « Endettement de l’Etat : l’explosion ». Suivant une étude non publiée de la Commission européenne, dans certains Etats de l’UE, la crise économique conduira à une énorme croissance de leur endettement d’ici à 2020. On prédit à la Grande-Bretagne une dette qui atteindra 180% du Produit intérieur brut (PIB). A la fin de 2008 cet endettement n’était encore «que» de 50% environ du PIB.

babel2

Selon l’article, l’endettement de l’Etat augmentera de façon exponentielle dans d’autres pays de l’UE: en France par exemple jusqu’à 125% du PIB, en Allemagne un peu plus de 100%. Parallèlement l’étude douchait les espoirs euphoriques de croissance: «Le taux de croissance dans l’UE ne devrait pas dépasser 1% dans un avenir prévisible.» Si la conjoncture virait à la hausse, les Etats devraient alors compter avec des taux d’intérêt nettement plus haut et donc avec des intérêts plus élevés.

De fait nombre des sources actuelles parlent en faveur d’une augmentation de la dette publique dans les pays de l’UE (ainsi qu’aux USA et au Japon) bien au-delà du soutenable. Pour l’ensemble de l’UE, la Chambre d’économie autrichienne prédisait en novembre 2009 sur la base des chiffres de la Commission européenne, de l’Eurostat ( Institut européen de la statistique) et de l’OCDE que la dette publique globale des 27 Etats de l’Union, qui s’élevait en 2008 à 61,5% du PIB, atteindrait en 2011 83,8% du PIB et même, dans la zone euro des 12, 88,2%. Or la limite supérieure prévue par le Pacte de stabilité européen est de 60% du PIB, et elle s’élève d’ores et déjà à 78,7% en moyenne des Etats de l’UE (estimation pour 2009). 8 des pays de la zone euro des 12 sont déjà endettés au-delà de 60% de leur PIB. Seuls la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne satisfont encore aux exigences du Pacte de stabilité.

D’ici à 2011 l’endettement public devrait atteindre 88,2% du PIB en Grande-Bretagne, 87,6% en France et 79,7% en Allemagne.

Pour les trois quarts seulement de l’année 2009 le déficit des budgets publics, selon une communication de l’Office fédéral allemand des statistiques en date du 29/12/09, s’élevait à 96,9 milliards d’euros, contre 79,6 l’année précédente pour la même durée. Et pour les années 2010 et 2011, le DIW (Institut allemand de recherche économique) prédit un accroissement de la dette d’environ 240 milliards d’euros (Communiqué de presse du 7 janvier).

Et pourtant ce n’est pas en accroissant vertigineusement la dette de l’Etat que l’on contribue au bien public. Bien au contraire: il n’y a rien de bon à en attendre. Le 24 décembre, par exemple, le «Neue Zürcher Zeitung» écrivait au sujet de la France: «Le marché de l’emploi alourdit l’atmosphère et la lutte pour la répartition des richesses se fait plus âpre» et le 30 décembre à propos de la Grande-Bretagne: «La livre sterling risque de poursuivre sa chute». Les citoyennes et citoyens allemands doivent s’attendre en 2010 à une forte hausse du chômage et sans doute à des salaires stagnants pour ceux qui ont encore un emploi.

De toute évidence la théorie selon laquelle l’augmentation des dépenses publiques favorise le bien-être général ne fonctionne plus. Il est très douteux qu’elle ait jamais fonctionné sur la durée. Dans les années 30 du siècle dernier, le «New Deal» tant encensé du président américain Franklin D. Roosevelt, après une apparence de succès immédiats, n’avait en cinq ans ramené le taux de chômage qu’à 26,4%.1 Et le «miracle économique» de Hitler – tout comme celui qui eut lieu aux USA quelques années plus tard – n’a été dû qu’au pillage d’autres peuples, au détriment de la paix et sur le dos de millions de victimes.

Mais Ă  qui profite le crime ?

Anthony C. Sutton a fait une remarque intéressante dans le tome 3 de sa série «Wall Street and the rise of Hitler»: «Si nous observons le vaste éventail des faits présentés dans les trois tomes de la série sur Wall Street, nous constatons le retour régulier des mêmes noms: Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch, etc.; des mêmes banques internationales: J. P. Morgan, Guaranty Trust, Chase Bank et de la même adresse new-yorkaise: en général Broadway 120. Ce groupe de banquiers internationaux a soutenu la révolution bolchevique et a tiré ensuite profit de la fondation de la Russie soviétique. Ce groupe a financé Roosevelt et a tiré profit du socialisme du New Deal. Ce groupe a également financé Hitler et a, c’est sûr, tiré profit du réarmement allemand dans les années 30. Alors que le grand capital aurait dû normalement faire des affaires avec des firmes telles que Ford Motor, Standard Oil of New Jersey, etc., nous constatons que ses activités se déployaient dans les bouleversements politiques, la guerre et les révolutions survenues dans trois pays de première importance.»2

Dieter Meyer, un ancien Ministerialrat allemand, a créé un site Internet sur l’endettement public en Allemagne et en UE. Il y écrit qu’en 2008 «presque un huitième des rentrées fiscales» a été absorbé par les intérêts de la dette. «De 1965 à 2008 la part to­tale des nouveaux endettements et des déficits dans le budget total s’élevait à environ 1339,9 milliards d’euros et les intérêts de la dette à 1514,5 milliards d’euros environ. […] Le financement des crédits destinés aux budgets publics a dégénéré jusqu’à n’être plus qu’une fin en soi inutile au plan fiscal. Elle ne sert plus au financement du budget proprement dit, mais à celui des dépenses d’amortissement et d’intérêts de ses propres emprunts.»

Et de fait: Selon les données fournie par le Bund der Steuerzahler e.V. (Union des contribuables) allemand, les budgets publics ont versé en 2005 64,2 milliards d’euros d’intérêts, 64,9 en 2006, 66,1 en 2007, 67,9 en 2008, et en 2009 on dépassera sans doute les 70 milliards (état des calculs au 19/1/09); des sommes transférées en grande partie sur les comptes de banques nationales et étrangères. La Bundesrepublik Deutschland Finanzagentur GmbH (Agence financière de la République fédérale d’Allemagne SA), compétente pour la recherche des financements, a publié dans un communiqué de presse du 16 décembre 2008 les noms des dix premiers créanciers au titre de divers emprunts d’Etat: Barclays Bank, Deutsche Bank, Merill Lynch, UBS, Morgan Stanley, The Royal Bank of Scotland, Société Générale, J.P. Morgan, Goldman Sachs et Citigroup.

Comment vont réagir les Etats ?

Que se passera-t-il donc si les pronostics donnés au début de ce texte au sujet des endettements publics se réalisent? Comment réagiront les responsables au niveau national et européen? Un nombre toujours plus élevé d’Etats de l’UE va-t-il se déclarer en fail­lite? De plus en plus d’Etats européens vont-ils voir leur solvabilité dégringoler dans les agences de notation en raison de leur endettement élevé – ce qui est déjà en partie le cas – et devoir payer aux bailleurs de fond des intérêts de plus en plus élevés? Les Etats les plus puissants de l’UE exerceront-ils sur les Etats moins influents une pression de plus en plus forte pour qu’ils se plient aux intérêts des grands, transformant peu à peu l’UE en un «directoire des grands et de quelques-uns de leurs valets» (Jean Asselborn)? L’UE deviendra-t-elle un instrument de plus en plus évident de la répartition des richesses en direction de la haute finance? Le paiement des intérêts, qui alimenteront de plus en plus grassement ces créanciers prendra-t-il de plus en plus la place des dépenses normales des Etats? Privatisera-t-on encore plus les services publics, le profit devenant de plus en plus la norme, au détriment du bien public? Ou bien les Etats de l’UE, pressés par la dette, chercheront-ils bientôt leur salut dans une politique inflationniste qui anéantira les valeurs?

La «Neue Zürcher Zeitung» a joint à sa livraison du 5 janvier un supplément «L’année financière 2009». On peut y lire: «L’année financière 2009 a fait le bonheur de beaucoup d’investisseurs. Après les pertes dramatiques de l’année 2008 les cours n’ont pratiquement pas cessé de monter à partir de mars 2009. Même ceux de nombreuses matières premières, par exemple l’or et le pétrole, se sont vigoureusement repris, et les obligations d’entreprises se sont avérés aussi rentables que les actions.» Dès le 22 décembre le Spiegel Online titrait: «Capitulation face au monstre du Monopoly. C’est le scandale de l’année: les banques d’investissement, après avoir failli entraîner le monde dans un abîme financier, se sont remises à jouer à leur Monopoly des milliards. […] C’est l’absurdité même: ceux qui ont provoqué la crise en sont maintenant les grands gagnants. Ils profitent de l’argent des banques nationales qu’ils obtiennent pratiquement pour rien.» Et vers la fin de l’article on nous présente les tenants et aboutissants: «Durant la dernière décennie les gouvernements de Londres et de Washington ont rendu leur économie dépendante de la finance. Il y a longtemps que Wall Street est partie prenante de l’administration états-unienne. Londres est après New York la deuxième place financière mondiale et tient à le rester; il ne faut donc pas indisposer le monstre en lui imposant des obligations trop pénibles.»

Le «Handelsblatt» du 5 janvier a publié une interview de Joachim Fels, économiste chez Morgan-Stanley. Fels y explique: «La Grèce se fait qu’offrir un avant-goût de ce qui attend d’autres pays. Somme toute les gouvernements ont repris une quantité astronomique d’emprunts et de créances à un secteur privé surendetté. […] Les marchés financiers joueront en 2010 la carte de la faillite des Etats et donc de l’inflation. […] Les investisseurs exigeront des primes de risque et des intérêts à long terme plus élevés. Ce qui, à partir de 2011, fera augmenter le coût des nou­velles dettes publiques.» Un coût qu’en définitive supportera, avec ou sans inflation, le contribuable. •

Karl MĂĽller

Traduction : Horizons et Débats

Notes :

1 Selon Hans-Ulrich Thamer, Verführung und Gewalt, Deutschland 1933-1945 [Séduction et violence, l’Allemagne de 1933 à 1945], 1994, p. 470
2 D’autres auteurs vont plus loin encore que Sutton. F. William Engdahl écrit par exemple dans son livre paru en 2009, «Der Untergang des Dollar-Imperiums. Die verborgene Geschichte des Geldes und die geheime Macht des Money Trusts» (ISBN 978-3-938516-89-8) [Le déclin de l’empire du dollar. L’histoire cachée de l’argent et la puissance occulte du «Money Trust»]: «Longtemps avant la victoire des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale les Rockefeller et les dirigeants des principales entre­prises et banques américaines avaient bien compris que le marché américain était beaucoup trop restreint pour leurs ambitieux projets. Selon eux, la démarche de l’Amérique devait être globale, pour qu’elle puisse accomplir sa ‹destinée manifeste›, l’accroissement illimité de la puissance américaine. […]
A y regarder de plus près, si les familles Rocke­feller, Harriman et Bush ont largement et très discrètement participé aux préparatifs de ­guerre du Troisième Reich et leur ont apporté un soutien d’importance capitale, ce n’était pas seulement en raison de leur sympathie pour la philosophie de Hitler et ses méthodes: bâillonner la classe ouvri­ère et pratiquer une économie sous commandement politique. Ils nourrissaient des vues beaucoup plus ambitieuses: il ne s’agissait pas de soutenir une Allemagne victorieuse, mais d’avoir une guerre mondiale d’où naîtrait ensuite après 1945 un «siècle américain», ou plus exactement un «siècle Rockefeller». Bush, Rockefeller, Harriman, DuPont et Dillon ont notablement contribué au soutien apporté au Troisième Reich à ses débuts, car une partie de leur grand plan géopolitique consistait à mener les grandes puissances politiques européennes, en particulier l’Allemagne et la Russie à s’entre-détruire. Comme mentionné, un stratège britannique parlait de laisser ces deux puissances ‹se saigner à blanc› ce qui devait ouvrir la voie à l’hégémonie du ‹Siècle américain›.» (pages 165 et 192 de la version allemande, trad. Horizons et débats)
Engdahl expose qu’avec l’argent de la Fondation Rockefeller, sous l’égide du Council of Foreign Relation (CFR) et en étroite collaboration avec l’administration Roosevelt fut créé durant la guerre un War&Peace Study Group, tenu caché à l’époque, et qui produisit de nombreuses études dont l’idéologie rappelle celle de l’Allemagne nationale-socialiste: «Les géants américains de la banque et de l’industrie devaient conquérir de nouveaux marchés, plus d’espace, ce que le War&Peace Study Group nommait la ‹Grand Area›. […] Isaiah Bowman, membre fondateur du CFR et directeur du War&Peace Study Group au CFR, également connu comme ‹expert américain en géopolitique› pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisa encore un autre terme pour désigner la ‹Grand Area› projetée: en référence à la notion géographique hitlérienne qui devait justifier au plan économique l’expansion­nisme allemand, Bowman parla ‹d’espace vital économique américain›.» (pages 171 et suivantes, trad. Horizons et débats)