Category: Pierre Hillard

fév 08 2010

Pierre Hillard et Julien Teil interdits de conférence (audio)

C’est par une mode nouvelle, mais dĂ©jĂ  largement rependue, que toutes sortes d’individus, ou groupe d’individus, prĂ©tendument antifascistes voudraient disqualifier les auteurs des analyses les plus percutantes sur le mondialisme en les accusant d’ĂŞtre liĂ©s Ă  des groupuscules d’extrĂŞme droite*. Pierre Hillard et Julien Teil en ont fait les frais Ă  la fin du mois dernier en se voyant interdire une confĂ©rence Ă  Toulouse. Les deux auteurs nous ont fait parvenir le texte que nous publions sur cette page.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

PierreHillard1

Quel est l’idéal de la chapelle ?

La chapelle est un lieu autogĂ©rĂ© et indĂ©pendant de Toulouse. Ce dernier accueille rĂ©gulièrement des Ă©vènements culturels, artistiques et associatifs. Depuis Septembre 2009, une confĂ©rence de Pierre Hillard et Julien Teil Ă©tait prĂ©vue fin Janvier dans ce lieu. Mais il faut croire que la libertĂ© d’expression, principe que l’association prĂ©tend dĂ©fendre, admet des limites subjectives que l’association s’est donnĂ© le droit de dĂ©finir. Ce texte a pour but d’exposer les faits aux yeux de tous, et d’informer les personnes qui souhaitaient venir des raisons de l’annulation de cette soirĂ©e.

Le nationalisme, un éternel instrument.

L’atelier idĂ©al m’a fait savoir quelques jours avant la date prĂ©vue, qu’ils ne souhaitaient plus organiser la soirĂ©e en date du 30 Janvier. Ils m’ont prĂ©cisĂ©ment indiquĂ© les raisons qui les ont poussĂ© Ă  prendre cette dĂ©cision, et j’en prends note. Je reconnais que je n’ai peut ĂŞtre pas Ă©tĂ© assez prudent dans mon entreprise, et qu’il aurait Ă©tĂ© plus bĂ©nĂ©fique d’anticiper la rĂ©action des mouvements antifascistes d’extrĂŞme gauche. Je regrette leur rĂ©action, qui est sans doute animĂ©e de bonnes intentions, mais dont l’analyse rĂ©vèle une profonde mĂ©connaissance de Pierre Hillard. Le plus dĂ©courageant dans ce genre de situation symptomatique est d’avoir Ă  se justifier, Ă  « montrer patte blanche ». C’est malheureusement le cas pour beaucoup de personnes dont DieudonnĂ©, Thierry Meyssan ou encore Jean Bricmont, et mĂŞme Ronny Brauman. Je ne pensais pas que Pierre Hillard faisait partie de cette liste..

Pourtant, cette association m’a fait savoir que ce dernier Ă©tait trop « connotĂ© », et il est Ă©vident que cette connotation Ă©tait celle de l’extrĂŞme droite. Pourtant, rien dans les propos de Mr Hillard n’indique que ce dernier serait d’extrĂŞme droite sinon l’interprĂ©tation d’une phrase qu’ils auraient relevĂ©e dans une de ses confĂ©rences, et qui pose problème:

Je reconnais que la formule « je suis catholique et nationaliste » peut poser des questions, mais je pense que ces rĂ©ponses appartiennent Ă  l’intĂ©ressĂ©, en l’occurrence Ă  Pierre Hillard qui a rĂ©pondu de nombreuses fois quant aux amalgames dont il Ă©tait la victime. Je lui ai moi-mĂŞme posĂ© la question, Ă  laquelle il a rĂ©pondu « Je rejette catĂ©goriquement les idĂ©es de racisme et d’antisĂ©mitisme. Comme on dit, ce n’est pas ma tasse de thĂ©. » Par ailleurs, cette assertion Ă  propos de Pierre Hillard est peu glorieuse: l’origine en Ă©tant Nicolas Dupont Aignan, qui n’ayant pas trouvĂ© mieux pour rĂ©pondre Ă  une question d’un journaliste quant Ă  sa prĂ©sence au sein de la fondation franco amĂ©ricaine, accusa l’auteur de l’information (Hillard) d’ĂŞtre un « extrĂ©miste de droite ». Mais le problème serait selon eux que Pierre soit nationaliste et que la chapelle, qui ne l’Ă©tait pas il y a quelques jours, est dĂ©sormais anti-nationaliste. J’ai le sentiment qu’ils utilisent des mots dont ils ne maĂ®trisent pas rĂ©ellement le sens, et qu’il s’agit surtout de se protĂ©ger d’une manière malhabile. Je regrette cette fâcheuse tendance avec laquelle ils remanient leurs propos suite Ă  une rumeur. Mais je les prends au mot, en leur proposant d’ajouter Ă  leur charte qu’ils sont antinationalistes. (Puisque c’est ainsi qu’ils se dĂ©finissent) .Il serait peut-ĂŞtre bon de leur rappeler que le nationalisme Ă©tait l’apanage de la gauche au XIXè siècle pour ensuite passer Ă  droite suite Ă  l’affaire Dreyfus. Le contraire du nationalisme, est l’internationalisme que l’on trouve dans certains milieux altermondialistes mais aussi chez les libĂ©raux Ă  la sauce Rockefeller. David Rockefeller Ă  publiĂ© ses MĂ©moires (Editions de Fallois). Au chapitre 27, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre comme titre « Internationaliste et fier de l’ĂŞtre ».

A l’inverse, pour le GMF (German Marshall Fund, une officine des services secrets amĂ©ricains travaillant en liaison avec des sociĂ©tĂ©s puissantes et des banques), et qui utilise un langage très aiguisĂ©, les mouvements contestataires de la mondialisation en France (ATTAC, AITEC, etc.) sont nationalistes. Cela pose Ă©videmment un problème au GMF qui lui, fait la promotion de la mondialisation, mais ce dernier sait parfaitement comment en tirer profit. Il faut donc croire, d’après les propos du GMF, que ces associations pourraient ĂŞtre attaquĂ© sur ce plan. Pourtant, ces organisations avaient elles-mĂŞmes participĂ© Ă  cette veille de l’opinion anti-mondialisation en France, de par leur prĂ©sence au dĂ©bat financĂ© par le GMF et organisĂ© par l’IFRI. Je pense que ces organisations contestataires ne sont pas dupes, et que leur prĂ©sence au sein d’un tel Ă©vènement ne constitue pas une marque de soutien aux services secrets amĂ©ricains. De la mĂŞme manière, ce n’est pas parce que ces organisations peuvent, au regard de certains critères, ĂŞtre qualifiĂ©es de nationalistes, qu’elles sont pour autant d’extrĂŞme droite. Mais, contester la privatisation et exiger la nationalisation des services et des biens publics, ce que prĂ´nent Ă©videmment beaucoup d’organisations altermondialistes, est une revendication qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de nationaliste.

Seulement, certaines organisations contestataires d’extrĂŞme gauche n’ont plus le courage (car c’Ă©tait le cas Ă  une Ă©poque), de parler de nationalisme et de souverainetĂ©. Ils font de ces thèmes les instruments de l’extrĂŞme droite, et jouent ainsi le jeu de l’oligarchie qui consiste Ă  entretenir de sempiternels combats au sein du peuple. De ce fait, le mot « nationalisme » est devenu synonyme d’extrĂŞme droite alors qu’il Ă©tait auparavant l’adage de nombreux mouvements contestataires.

Il est Ă©vident que le nationalisme est aujourd’hui dĂ©tournĂ© par l’extrĂŞme droite, et que certaines de leurs idĂ©es n’ont donc rien Ă  voir avec le nationalisme mais plutĂ´t avec le fascisme (et vous remarquerez que c’est le cas de tous les partis). Il est aussi Ă©vident, qu’une fois ce thème entre les mains des idĂ©es les plus perverses, il est instantanĂ©ment Ă©cartĂ© de tout dĂ©bat. Les oligarques peuvent ainsi plus facilement imposer les dĂ©rives dont nous sommes tĂ©moins, le tout au nom d’un marchĂ© mondialisĂ© aux consĂ©quences abominables. Nous ne sommes donc pas d’avis que ces combats du peuple contre le peuple sont lĂ©gitimes, ni qu’ils mĂ©ritent de l’attention. Par contre, nous sommes convaincus que nous serons tous amenĂ©s Ă  vivre tous ensemble. De ce fait, la dĂ©nonciation d’un système oppressant et, usant continuellement de procĂ©dĂ©s peu scrupuleux pour nous amener Ă  nous entre-tuer, est nĂ©cessaire. C’est Ă  ce travail que Pierre Hillard et moi-mĂŞme prĂ©tendons.

Entretien avec Julien Teil

LibertĂ© d’expression et amalgames

ĂŠtre nationaliste ne signifie donc pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite, et cet amalgame est le responsable de nombreux malentendus. Ceux-ci servent assurĂ©ment des intĂ©rĂŞts, tout comme ceux qui sont profĂ©rĂ©s sur l’antisĂ©mitisme et la critique de la politique coloniale d’IsraĂ«l.  Pourtant, la libertĂ© de pensĂ©e et d’expression, est un de nos droits fondamentaux, et n’est pas nĂ©cessairement un prĂ©texte pour soutenir X ou Y. Je suis sincèrement déçu d’avoir Ă  dire cela Ă  l’association l’atelier idĂ©al, car il me semble qu’en lisant leur charte on comprend que cette libertĂ© est un de leurs combats. Je constate que cela est parfaitement faux et qu’ils utilisent exactement les mĂŞmes techniques que leurs bourreaux (c’est Ă  dire la pratique de l’amalgame) pour parvenir Ă  combattre un soi-disant ennemi (le nationalisme, sous entendu et par amalgame l’extrĂŞme droite) dont ils ne connaissent mĂŞme pas la rĂ©alitĂ©. Et il est d’ailleurs surprenant qu’ils ignorent, compte tenu de leur charte, que la censure est incompatible avec la libertĂ© d’expression. La censure existe pour maintenir le pouvoir de ceux qui le dĂ©tiennent. Il est donc Ă©tonnant que l’atelier idĂ©al la pratique, mĂŞme s’ils prĂ©tendent le faire au nom d’un combat contre une idĂ©ologie. Et nous avons bien compris leur jeu qui consiste Ă  dire qu’ils ne censurent pas mais qu’ils proposent Ă  Pierre Hillard de venir possiblement s’exprimer dans le cadre d’un dĂ©bat. Il est, lĂ  encore Ă©trange que celui-ci ne puisse pas s’exprimer sans un cadre, ou quelqu’un pour dĂ©terminer la vĂ©ritĂ© scientifique ou historique de ses propos. S’embourber dans une telle dialectique pour justifier leur dĂ©cision tout en maintenant l’idĂ©e qu’ils sont profondĂ©ment dĂ©mocrates est ridicule.

Je suis moi mĂŞme opposĂ© Ă  l’extrĂŞme droite en tant que parti (comme le FN ou le MNR) et en tant que volontĂ© politique. Par contre, je ne suis pas d’avis que ces gens n’ont pas le droit de citer, prĂ©cisĂ©ment pour le principe que la charte de l’atelier idĂ©al prĂ©tend dĂ©fendre. Je ne suis pas non plus convaincu que la malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle et le prĂ©jugĂ© nous conduisent Ă  vivre en harmonie dans nos sociĂ©tĂ©s. Et, je ne crois pas que laisser les thèmes de la souverainetĂ© et du nationalisme entre les mains de l’extrĂŞme droite soit efficace mais plutĂ´t malhonnĂŞte.

A contrario, exiger tous ensemble de nos Ă©lus qu’ils prennent leurs responsabilitĂ©s en prĂ©textant au respect de nos constitutions, est un acte profondĂ©ment dĂ©mocrate et nationaliste. Cela signifie t-il pour autant qu’inviter Ă  cette pratique servirait incontestablement l’extrĂŞme droite ? Évidemment que non..

La nation et l’État sont censĂ©s reprĂ©senter le peuple et nos Ă©lus doivent, conformĂ©ment Ă  nos constitutions, nous servir et non nous asservir. Incorporer le nationalisme et la souverainetĂ© dans nos problĂ©matiques ne signifie dĂ©finitivement pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite mais penser avant tout au bien commun qui lui, n’a pas de couleur. Exiger des entreprises qu’elles ne puissent plus intervenir dans des processus de dĂ©cisions politiques c’est exiger un État souverain. Et rappelons, que ces entreprises sont en gĂ©nĂ©ral les mĂŞmes que celles qui administrent les pays en voie de dĂ©veloppement, entretenant inĂ©vitablement la hiĂ©rarchie raciale de nos sociĂ©tĂ©s. PrĂ´ner des États souverains, c’est donc exiger le respect du droit international et combattre l’impĂ©rialisme sous toutes ses formes. De nos jours c’est donc nĂ©cessairement combattre le nouvel ordre mondial ou plutĂ´t l’hĂ©gĂ©monie de l’ordre anglo-amĂ©ricain sur le monde.

Dominique Guillet, prĂ©sident de l’association kokopelli, combat lui aussi ce nouvel ordre mondial, sur un tout autre plan certes, puisqu’il s’agit de la dĂ©fense de la biodiversitĂ©. Mais il n’a plus peur des rumeurs sur son compte mĂŞme lorsque celles-ci proviennent du milieu associatif, qui Ă  court d’arguments l’accuse de jouer le jeu des industries pĂ©trolières. Le plus Ă©difiant dans cette histoire Ă©tant que ces mĂŞmes associations soient financĂ© par des industries nuclĂ©aires. Dans ce cas prĂ©cis, ces associations, pourtant largement reconnues par l’opinion publique et les mouvements contestataires, estiment que Dominique Guillet est un suppĂ´t des intĂ©rĂŞts pĂ©troliers. Alors qu’en rĂ©alitĂ©, ces « intĂ©rĂŞts pĂ©troliers » organisent en parallèle la privatisation du vivant par l’intermĂ©diaire de l’uniformisation des semences, et au travers des sessions de l’OMS et du codex alimentarius. Et bien que Dominique Guillet soit le seul français Ă  vendre des graines traditionnelles et qui sortent du circuit gĂ©nocidaire des semences brevetĂ©es, il est prĂ©sentĂ© par ces associations comme une personne malhonnĂŞte et infrĂ©quentable. Pourtant ces mĂŞmes associations, ne semblent pas avoir de leçon Ă  donner, puisqu’elles participent parfois directement Ă  la privatisation du vivant, en faisant la promotion des OGM ou en participant Ă  la distribution incontrĂ´lĂ©e et illĂ©gale d’OGM dans les pays en voie de dĂ©veloppement, le tout au nom de la lutte contre la faim, ou de la lutte pour une Ă©nergie propre (le bioĂ©thanol, voir ce qu’en pense Jean Ziegler). Cet exemple est lui aussi reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© que nous souhaitions exposer notamment Ă  travers les travaux de Julien Teil sur le rĂ´le parfois ambiguĂ« des ONG.

Gouverner ou détenir le pouvoir de pointer du doigt

A dĂ©faut de prĂ©tendre combattre ce nouvel ordre mondial, et au risque d’ĂŞtre les victimes de ce type d’assertions, nous proposons des analyses pertinentes et rigoureuses sur le sujet. Il ne s’agit pas de proposer des solutions, ni de s’engager dans une voie idĂ©ologique. Nous considĂ©rons que ces solutions appartiennent Ă  tous, et que l’information permet Ă  chacun de connaĂ®tre ses ennemis. Et de ce point de vue, chacun a le droit de disposer de ces informations: qu’il soit musulman ou nationaliste (et parfois les deux Ă  la fois). Car dans notre vision de la sociĂ©tĂ©, ces gens seront amenĂ©s Ă  vivre ensemble. Malheureusement ce qui se passe aujourd’hui est reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© inquiĂ©tante: la privation de l’accès Ă  l’information au nom du politiquement correct. C’est ce concept intellectuellement creux mais Ă©rigĂ© en tant que morale, dont l’atelier idĂ©al fait la promotion.

Je trouve en outre malhonnĂŞte leur assertion selon laquelle j’aurai par ailleurs « omis » de prĂ©ciser que Pierre Hillard Ă©tait connotĂ©. Ils ont acceptĂ© d’organiser l’évènement depuis fin Septembre, et ils disposent des noms des confĂ©renciers ainsi que de liens vers leurs travaux depuis cette Ă©poque. Pourquoi attendre une intervention d’une personne extĂ©rieure et membre d’une organisation antifasciste pour se renseigner sur le personnage ? Je n’ai en effet pas propagĂ© la rumeur nausĂ©abonde sur le compte de Pierre Hillard.

Je n’ai, a aucun moment, voulu porter prĂ©judice ni Ă  l’atelier idĂ©al ni Ă  son image, et je ne pensais pas que cela pourrait prendre une telle mesure. Mais je dĂ©plore leur argument selon lequel j’aurai Ă©tĂ© incorrect en ne prĂ©cisant pas la rumeur nausĂ©abonde. Je ne m’excuserai pas de ne pas avoir jouer ce jeu. C’est prĂ©cisĂ©ment ce type de rumeurs qui a coĂ»tĂ©, Ă  une certaine librairie parisienne, un vĂ©ritable saccage avec blessĂ©s: avoir accueilli le plus grand « antisĂ©mite » de tous les temps: DieudonnĂ©. Et, c’est aussi cet exemple qui m’a poussĂ© Ă  ne pas maintenir cette soirĂ©e. Un tel contexte n’est pas du tout en accord avec mes convictions, et je rejette catĂ©goriquement ces violences puĂ©riles et infondĂ©es. Leur première proposition alternative qui consistait donc Ă  me proposer, dans l’hypothèse du maintien de la soirĂ©e, d’engager un service d’ordre, est totalement en dehors de mes idĂ©aux, sans doute utopistes, et me rappellent inĂ©vitablement l’omniprĂ©sence du « tout sĂ©curitaire ».

Alors peut ĂŞtre n’avons-nous pas suffisamment tenu compte des idĂ©aux de l’association qui accueille: l’atelier idĂ©al. Mais dans ce cas il faudrait nous prĂ©ciser ce qui est en contradiction avec leurs idĂ©aux. Car j’ai beau lire et relire leur charte, je trouve plutĂ´t que c’est leur argumentaire qui est profondĂ©ment en contradiction avec les idĂ©aux qu’ils revendiquent.

Et surtout, il aurait Ă©tĂ© plus judicieux de le faire savoir auparavant, et non maintenant en laissant entendre que je n’aurais pas prĂ©cisĂ© une chose fondamentale sur les idĂ©es vĂ©hiculĂ©es par un des confĂ©renciers, ce qui de plus est parfaitement faux. Il Ă©tait par contre possible de poser la question Ă  Pierre Hillard, ce qu’ils ont manifestement refusĂ© de faire en ne prenant pas soin de lui demander son avis. Et la cerise sur le gâteau est de prĂ©tendre qu’ils n’ont « pas pu connaĂ®tre ou comprendre son point de vue », et que dans le doute ils prĂ©fĂ©reraient annuler. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit bien entendu d’autre chose puisque rien, jusqu’Ă  la dernière seconde ne les a empĂŞchĂ© de joindre Pierre Hillard et de lui demander son avis.

Nous regrettons que l’ingĂ©rence d’une personne, de plus politisĂ©e, ait Ă©tĂ© le vecteur de ces malentendus, mais nous ne la tenons pas pour responsable. Les mots Ă©pouvantails sont très utiles aux Ă©lites qui jouent ouvertement sur tous les tableaux. Ainsi Al Qaeda serait une nĂ©buleuse terroriste responsable de tous les maux de l’humanitĂ© pour les personnes de droite. L’extrĂŞme droite est elle aussi instrumentalisĂ©e afin de contrĂ´ler les pulsions des mouvements d’extrĂŞme gauche. Ce procĂ©dĂ© certes habile a le mĂ©rite de dĂ©tourner l’attention du peuple de son vĂ©ritable bourreau: l’Ă©lite autocratique, celle qui gouverne sans les peuples. Il est clair qu’ici, Ă  Toulouse, l’extrĂŞme droite radicale groupusculaire est visiblement prĂ©sente et particulièrement violente. De ce point de vue, nous ne pouvons pas dire des mouvements antifascistes qu’ils n’ont pas raison d’ĂŞtre. Mais il est incontestable que cette soirĂ©e n’a aucun lien et n’a rien Ă  voir avec ce genre de choses, et que cette pratique de l’amalgame ne fera que renforcer le pouvoir des mĂŞmes oligarques: museler un peu plus l’opinion, tout en jouant le jeu de l’extrĂŞme droite.

Cependant, nous ne remettons aucunement la responsabilitĂ© de ce malentendu sur le dos de ces associations, mais plutĂ´t sur celui de certains grands thĂ©oriciens de l’anticapitalisme qui vĂ©hiculent sans arrĂŞt ces amalgames, allant mĂŞme jusqu’Ă  publier des numĂ©ros de leurs revues entièrement consacrĂ©s au sujet. Ce constat est alarmant du point de vue du dĂ©clin certain de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression. Mais c’est aussi l’aveu d’une sociĂ©tĂ© dont la qualitĂ© intellectuelle est en perdition et dont les mouvements contestataires sont parfois les rouages des manipulations les plus malsaines. Il serait donc intĂ©ressant que l’atelier idĂ©al expose quelle libertĂ© d’expression ils dĂ©fendent car nous avons peur qu’il s’agisse tout simplement de sa mutation la plus perverse: celle qui consiste Ă  jouer le jeu de l’oligarchie.

Ils sont finalement dans la mĂŞme dialectique que ceux auxquels ils prĂ©tendent s’opposer: gouverner les gens, la population, imposer leurs règles de vie aux autres, en dĂ©corant le tout d’un discours qui promet de satisfaire tous les espoirs. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit toujours de la mĂŞme chose: prendre le pouvoir et, surtout, ne pas le laisser aux autres (qui sont dĂ©finis comme inaptes, ou incompĂ©tents). Et quand ils ne l’ont pas, ils prĂ©fèrent se soumettre jusqu’aux idĂ©es des chefs, espoir et peur : en faire partie ou en ĂŞtre exclu. Oui, mais de quoi ? -Nous leurs posons la question -

Julien Teil et Pierre Hillard

* Nous connaissons depuis peu, sur Mecanopolis, le mĂŞme genre d’attaques nausĂ©abondes, lancĂ©es par des individus qui voudraient ainsi discrĂ©diter l’ensemble de notre travail. FatiguĂ©s d’avoir Ă  nous justifier sans cesse, nous avons mandatĂ© deux avocats, Me Philippe Vibert pour la CE et Me Razi Abderrahim pour la Suisse, afin de poursuivre civilement et pĂ©nalement les auteurs de ces accusations diffamatoires ainsi que les sites qui les hĂ©bergent.

Pour nous contacter : fred [at] mecanopolis.org / +4176 252 35 57

jan 10 2010

Pierre Hillard Ă  propos de l’interdiction des minarets, de la crise Ă©conomique et de Barack Obama (vidĂ©o)

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Pierre Hillard, docteur en science politique et professeur de relations internationales

A la fin de l’annĂ©e dernière, les Ă©tudiants dijonnais du « Cercle du lac Kir » recevaient Pierre Hillard pour une confĂ©rence. Ils en ont profitĂ© pour rĂ©aliser cet entretien, que nous prĂ©sentons aujourd’hui sur Mecanopolis, oĂą le gĂ©opoliticien, auteur du livre La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale, rĂ©pondait aux questions d’actualitĂ©.

Mecanopolis


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Toshi Nejimaki | Mecanopolis Medias

mai 20 2009

La Trilatérale est au service du Nouvel Ordre Mondial, par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

DĂ©sireux d’en savoir plus au sujet du dernier ouvrage de Pierre Hillard, « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale », paru le 17 avril dernier aux Éditions François-Xavier de Guibert, nous avons pris contact avec lui. Pour ceux qui ne le connaĂ®traient pas encore, Pierre Hillard est professeur de relations internationales Ă  l’école supĂ©rieure de commerce extĂ©rieur de Paris. Historien de formation, diplĂ´mĂ© de science politique et d’études stratĂ©giques, spĂ©cialiste de l’Allemagne, des affaires europĂ©ennes et de la question des minoritĂ©s, il centre son Ă©tude sur le partenariat transatlantique et la gouvernance mondiale. AccĂ©dant Ă  notre demande, il a acceptĂ© de rĂ©diger, pour Mecanopolis, un article Ă  propos de la Commission TrilatĂ©rale en guise de prĂ©sentation de son livre qui, lui, porte sur la Fondation Bertelsmann.

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La TrilatĂ©rale est une organisation mĂ©connue du public français. Croyant que le suffrage universel reprĂ©sente l’arme dĂ©cisive pour changer le cours des choses, les Français ignorent en fait que les vĂ©ritables acteurs de la vie politique et Ă©conomique se trouvent au sein de « centres de rĂ©flexion » nourris par des multinationales. Des groupes ultra puissants comme le Bilderberg, le Lucis Trust, le Council on Foreign Relations (le CFR pour les Etats-Unis concernant la politique Ă©trangère), l’European Council on Foreign Relations (l’ECFR pour l’Union europĂ©enne), la Fondation Bertelsmann pour ne citer que ces cas reprĂ©sentent les relais du pouvoir mondial en gestation. CoopĂ©rant Ă©troitement entre eux, ces groupes Ă©litistes constituent les diffĂ©rents musiciens permettant Ă  l’orchestre mondialiste de jouer une partition intitulĂ©e : « Vers une gouvernance mondiale ». Dans cette affaire, un groupe solidement implantĂ© joue aussi son rĂ´le en faveur d’une unification planĂ©taire : la TrilatĂ©rale.

Créée en 1973 par Zbigniew Brzezinski (conseiller du prĂ©sident Obama) et David Rockefeller (ancien prĂ©sident du CFR pour ne citer que ce cas), la TrilatĂ©rale est constituĂ©e de trois entitĂ©s : l’AmĂ©rique du Nord, l’Europe et le Japon. L’objectif de la TrilatĂ©rale comme l’affirme Brzezinski dans un article du Figaro est de permettre aux Etats de « faire face Ă  des problèmes de plus en plus partagĂ©s – financiers, Ă©conomiques et stratĂ©giques – et qu’ils sont de moins en moins en mesure de rĂ©gler, sans au moins se concerter plus Ă©troitement dans leur propre intĂ©rĂŞt et dans celui du reste du monde (…). D’oĂą l’idĂ©e d’un groupe non gouvernemental de rĂ©flexion et de proposition, une centaine d’hommes et de femmes – d’Etat comme d’affaires, de syndicat comme d’universitĂ© -, qui pourrait nous habituer Ă  travailler ensemble et Ă  mieux rĂ©concilier nos politiques. Un groupe qui a eu le bonheur de compter dans ses rangs des Français tels que Paul Delouvrier, Robert Marjolin, Raymond Barre, Simone Veil, François de Rose, Hubert VĂ©drine, parmi tant d’autres … (…). La TrilatĂ©rale a beaucoup fait en son temps pour nous rapprocher – nous AmĂ©ricains, EuropĂ©ens et Japonais (…). L’un de ses rejetons a Ă©tĂ© le groupe des Sept (le G-7)[1] » .

En fait, la TrilatĂ©rale Ĺ“uvre en faveur d’une gouvernance mondiale en procĂ©dant par Ă©tape. Ainsi, l’une d’entre elle consiste Ă  crĂ©er un bloc euro-atlantique unifiĂ© dans les domaines politiques, Ă©conomiques et militaires. Les personnes clefs Ă  la tĂŞte de cet institut le confirment aisĂ©ment. Le prĂ©sident de la TrilatĂ©rale Europe est l’Irlandais Peter Sutherland[2]. Outre son passage Ă  la tĂŞte de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), il est aussi le prĂ©sident europĂ©en d’un institut euro-amĂ©ricain ultra puissant oeuvrant en faveur d’une Union atlantique : le TPN (Transatlantic Policy Network, rĂ©seau politique transatlantique)[3]. Ce TPN soutenu par les grandes multinationales (Boeing, Michelin, Coca-Cola, Bertelsmann, Nestley, Microsoft, etc)[4] a affichĂ© clairement ses objectifs : la crĂ©ation d’un seul bloc atlantique Ă  l’horizon 2015[5]. Le rĂ´le de Peter Sutherland Ă  la tĂŞte de ces deux instituts est de mener Ă  bien cette ambition. Face Ă  ces objectifs, il n’est donc pas Ă©tonnant de relever le nom du vice-prĂ©sident de la TrilatĂ©rale Europe, HervĂ© de Carmoy[6]. En effet, ce dernier est l’auteur d’un ouvrage au titre explicite et rĂ©sumant la finalitĂ© du projet transatlantique, EuramĂ©rique[7].

Dans ce travail de fond, la TrilatĂ©rale ne laisse rien au hasard. En effet, lors des travaux Giscard en 2003/2004 en faveur d’une constitution europĂ©enne, le vĂ©ritable meneur fut l’Anglais Lord Kerr of Kinlochard, membre de la TrilatĂ©rale Europe. Ancien prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© pĂ©trolière Shell, ancien ambassadeur aux Etats-Unis, il fut aussi le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Ă  la Convention europĂ©enne auprès de ValĂ©ry Giscard d’Estaing[8]. Une telle fonction est logique puisqu’il s’avère nĂ©cessaire de crĂ©er un pilier politique europĂ©en associĂ© au pilier nord-amĂ©ricain dans le but de donner naissance Ă  une Union atlantique. Cet idĂ©al Ă©tait dĂ©jĂ  affichĂ© par le Fondateur de la Paneurope, Richard de Coudenhove-Kalergi qui, dans un discours de 1950, appelait Ă  la naissance d’une « Union atlantique » aboutissant Ă  une « fĂ©dĂ©ration Ă  trois », « l’Angleterre faisant le pont entre l’Europe et l’AmĂ©rique »[9].

Ces informations soulignent l’importance de la TrilatĂ©rale. Son action doit ĂŞtre dĂ©noncĂ©e car elle participe Ă  la formation d’une gouvernance mondiale destructrice des nations et des traditions.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis

Dernier ouvrage paru : La Fondation Bertelsmann et la « gouvernance mondiale »

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Notes :

[1] Le Figaro, 25 janvier 1999

[2] http://www.trilateral.org/memb.htm

[3] http://www.tpnonline.org/who.html

[4] http://www.tpnonline.org/business.html

[5] http://www.tpnonline.org/activities.html : voir “strategy to strenghten transatlantic partnership”. Ce travail a été présenté dans un ouvrage intitulé Deep Integration de Daniel Hamilton et Joseph Quinlan aux Editions Center for Transatlantic Relations.

[6] http://www.trilateral.org/membship/bios/hdc.htm

[7] Euramérique, Hervé de Carmoy, Editions PUF, 2007.

[8] http://www.trilateral.org/memb.htm La liste montre aussi que l’ancien ambassadeur français aux Etats-Unis, François Bujon de l’Estang, est membre de la Trilatérale.

[9] Voir notre livre La décomposition des nations européennes, aux Editions François-Xavier de Guibert, annexe 11.

fév 14 2009

Pierre Hillard répond aux questions de WeAreChange Paris (vidéo)

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Pierre Hillard, docteur en science politique, répond aux questions de WeAreChange Paris à propos du projet de « gouvernance mondiale ». Pierre Hillard a publié de nombreux articles sur le Réseau Voltaire, et, plus récemment, La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, aux éditions François-Xavier de Guibert.