Category: Complices du Mondialisme

mai 18 2010

La GrĂšce a-t-elle Ă©tĂ© le cheval de Troie d’un coup d’Etat sur l’Europe orchestrĂ© par la Commission TrilatĂ©rale ?

Article mis Ă  jour Ă  13h40

Deux jours avant le sommet europĂ©en du 8 et 9 mai dernier, la Commission TrilatĂ©rale s’est rĂ©unie en Irlande, de sorte Ă  Ă©laborer le « plan d’aide » de 750 milliards destinĂ©s aux pays de la zone euro, en Ă©change de leur capitulation.

trilatérale

L’ensemble de la zone euro est dĂ©sormais sous la tutelle des Ă©lites europĂ©istes. Cette mesure entrera en vigueur au dĂ©but 2011, comme l’a indiquĂ© hier soir lors de la rĂ©union d’urgence le PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne, JosĂ© Manuel Barroso, pour lequel il s’agit d’une « une condition sine qua non ». Quant a  Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, il a encore surenchĂ©ri en indiquant que cette mesure Ă©tait « vertueuse ». Tout indique que a GrĂšce a Ă©tĂ© le cheval de Troie de ce coup d’Etat, orchestrĂ© par la Commission TrilatĂ©rale.

Réunion de la Commission Trilatérale à Dublin

C’est le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, qui a prononcĂ© le discours inaugural de la rĂ©union de la Commission TrilatĂ©rale (1), qui s’est tenue Ă  l’hĂŽtel « Four Season » de Dublin le 6 mai dernier, devant 200 reprĂ©sentants influents de la politique et de la finance mondiale, tel Paul Adolph Volcker, ancien directeur de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale des États-Unis (Fed) et actuel conseiller du prĂ©sident Barack Obama en tant que directeur du « Conseil pour la reconstruction Ă©conomique ».

« Les Etats doivent prendre des mesures fiscales pour satisfaire les marchĂ©s », a notamment indiquĂ© M. Cowen, avant de reconnaitre que la mise en place d’un gouvernement Ă©conomique allait demander une rapide modification des traitĂ©s europĂ©ens, prĂ©cisant encore que l’Allemagne serait prĂȘte a jouer tout son poids pour aller dans ce sens.

De son cĂŽtĂ©, Paul Volcker a indiquĂ© que « seule une centralisation du pouvoir Ă©conomique pourrait permettre Ă  l’Europe d’aller de l’avant. »

Aucun « mĂ©dia autorisĂ© » n’a relevĂ© cette rĂ©union de la Commission TrilatĂ©rale, hormis quelques quotidiens irlandais, dont Independant.ie (2)

A qui profitent les 750 milliards du « plan d’aide »  ?

Ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques europĂ©ennes impliquĂ©es dans la dette grecque, en mettant de « l’huile dans les rouages », de sorte Ă  Ă©viter que le moteur ne ralentisse au delĂ  du nĂ©cessaire. Il est en effet utile de faire chuter l’euro jusqu’Ă  ce qu’il atteigne la paritĂ© avec le dollar et permette (sous prĂ©texte de « satisfaire les marchĂ©s », comme l’a indiquĂ© Brian Cowen) la mise en place des mesures d’austĂ©ritĂ© semblables Ă  celles qui ont Ă©tĂ© imposĂ©es Ă  la GrĂšce ces derniĂšres semaines (abandon des rĂ©gimes sociaux, augmentations des taxes et impĂŽts, rĂ©duction des salaires, allongement de la durĂ©e du travail, etc.). Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses europĂ©ennes, il faudra donc les emprunter sur les marchĂ©s financiers pour les offrir aux États qui en feront ensuite cadeau aux banques.

L’euro est-il vraiment en danger ?

La nouvelle politique monĂ©taire de la Banque centrale europĂ©enne (BCE) devrait encore contribuer l’affaiblissement de l’euro, puisqu’elle est maintenant autorisĂ©e Ă  recourir Ă  la “planche Ă  billets”. Jean-Claude Trichet a beau rĂ©pĂ©ter que la BCE n’a pas l’intention de le faire, le lancement hier d’une opĂ©ration spĂ©ciale d’absorption de liquiditĂ©s afin de neutraliser l’effet inflationniste de ses achats d’obligations d’État ne signifie rien d’autre. Une information qui nous parvient Ă  l’instant (3) indique que la Banque europĂ©enne pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (Berd) conseille d’avancer l’adhĂ©sion Ă  la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc Ă  nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacĂ©e. Elle est seulement en pleine reconfiguration, afin de devenir plus « concurentielle ».

Dans un rĂ©ajustement de leur propagande, les officines de dĂ©sinformation mĂ©diatique voudraient maintenant faire croire que la chute de l’euro est une chance pour les populations, cela dans le but d’apaiser les mouvements de contestation qui commencent Ă  gronder un peu partout. Il ne s’agit en rĂ©alitĂ© que de semer la confusion dans les esprits au moment ou l’Ă©lite europĂ©iste prĂ©pare un nouveau catalogue de mesures (dont les premiĂšres seront annoncĂ©es vendredi soir aprĂšs une rĂ©union de l’Eurogroupe) afin d’assujettir une fois pour toute les nations europĂ©ennes, et en premier lieu le Portugal et l’Espagne, pour lesquels les agences de notations ne devraient pas tarder Ă  dĂ©grader la note de la dette.

Bien sĂ»r la chute de l’euro profite Ă  l’Allemagne, comme nous l’avons dĂ©jĂ  indiquĂ© (4). Ses exportations ont progressĂ© de 20,5 % par rapport Ă  mars 2009 et bondi de 34,7 % vers les pays non europĂ©ens. Mais concernant la France c’est un pur mensonge, mis Ă  part pour les les producteurs de champagne, de cognac et les fabricants de sacs Ă  main. Les  exportations françaises dĂ©pendent davantage de « gros contrats » liĂ©s aux transports, au nuclĂ©aire et aux ventes de matĂ©riel militaire, qui ne bĂ©nĂ©ficient pas directement d’une baisse de la monnaie unique.

Par contre, la hausse du billet vert par rapport Ă  la devise europĂ©enne ne manquera pas de plomber les secteurs qui dĂ©pendent de produits importĂ©s en provenance de la zone dollar, notamment le pĂ©trole et les matiĂšres premiĂšres. Une perspective qui risque bien de faire chuter encore la croissance des pays de la zone euro, et qui aura une consĂ©quence directe sur les emplois et le pouvoir d’achat.

Mais peu importe car, pour nos gouvernements, chaque journĂ©e permet un nouveau mensonge. Celui du jour prĂ©tend que, sous couvert d’Ă©galitĂ©, il est nĂ©cessaire de baisser les retraites des hommes, car leurs allocations sont plus Ă©levĂ©es que celles des femmes. Demain, on nous dira qu’il faut abaisser celles des femmes, car elles vivent plus longtemps. Puis ensuite, pourquoi ne pas privatiser l’ensemble des Ă©coles ? Pourquoi pas ne pas prendre exemple sur les Chinois, qui dorment sur le lieu de travail, comme le proposait il y a peu cet imbĂ©cile de Serge Dassaut ? Pourquoi ne pas payer une taxe dĂšs la naissance, sorte de droit de vie, renouvelable tous les trimestres, un peu comme l’impĂŽt sur les chiens tel qu’il est dĂ©jĂ  pratiquĂ© en Allemagne ? Pourquoi ne pas nous dire, finalement, une vĂ©ritĂ©, de temps en temps : Pour l’État, le citoyen est un mal nĂ©cessaire. A peu prĂšs supportable tant qu’il est rentable, mais tout a fait mĂ©prisable lorsque les nuages s’amoncellent.

En rĂ©alitĂ©, ce n’est pas l’euro qui est menacĂ©, mais les peuples d’Europe.

Mecanopolis et Antoine Decaen

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

1.Au sujet de la Trilatérale, voir cet article du 10 mai 2010

2.L’excellent blog RĂ©novez Maintenant 67 revient en dĂ©tail sur les manipulations autour de la crise des Etats, et Science21 consacre de nombreux articles sur l’actualitĂ© du groupe Bilderberg et la Commission TrilatĂ©rale.

3.Information envoyée ce soir par notre camarade Clovis Casadue, issue de sa chronique à paraitre jeudi dans la revue FLASH

4.Lire Ă  ce sujet notre article du 23 mars 2010

nov 29 2009

La privatisation de l’Etat

Un oxymore, une contradiction dans les termes ? Et pourtant c’est bien Ă  ce phĂ©nomĂšne politique que nous assistons aujourd’hui.

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La dĂ©rive libĂ©rale du systĂšme marchand, caractĂ©risĂ©e par le dĂ©sengagement Ă©conomique et social de l’Etat, la liquidation des services publics et son accaparement par un clan, 
 aboutit Ă  une vĂ©ritable mutation de la nature de l’Etat en parfaite contradiction avec les principes rĂ©publicains.

ETAT ET CLASSES SOCIALES

Ce n’est pas nouveau d’affirmer que dans une sociĂ©tĂ© divisĂ©e en classes sociales, aux intĂ©rĂȘts antagonistes et contradictoires, l’Etat reprĂ©sente la force coercitive qui garanti les intĂ©rĂȘts de la classe des possĂ©dants

Ce n’est pas nouveau, mais il est urgent et indispensable de le rappeler aujourd’hui.

Ce n’est certes pas l’apanage du systĂšme marchand. En effet, tous les systĂšmes d’organisation sociale de l’Histoire ont fonctionnĂ© sur cette logique
 sauf peut-ĂȘtre les sociĂ©tĂ©s dites « primitives ».

L’Etat garanti les intĂ©rĂȘts des possĂ©dants en tenant compte des rapports de forces, des Ă©vĂšnements historiques, des Ă©volutions de la sociĂ©tĂ© qu’il domine. Il peut apparaĂźtre Ă  certains moments conciliant, voire donner l’apparence de la mĂ©diation, comme il peut apparaĂźtre parfaitement autoritaire, voire dictatorial – le 20e siĂšcle est une parfaite illustration de ces facultĂ©s d’adaptation de l’institution « Etat ».

LE MYTHE REPUBLICAIN

L’effondrement de l’Ancien RĂ©gime, en Europe au 18e et 19e siĂšcle a laissĂ© la place au systĂšme marchand, capitalisme, salariat, qui s’est fondĂ© sur une ambiguĂŻtĂ© dont nous payons encore aujourd’hui les consĂ©quences politiques.

Les discours philosophico-humanistes des penseurs des LumiÚres, et de certains des philosophes de la Révolution Française ont vite laissé la place au discours « réaliste » des affairistes et des marchands.

Les intĂ©rĂȘts des nouveaux possĂ©dants se sont bien vite heurtĂ©s aux valeurs que ceux-ci avaient prĂ©cipitamment mais imprudemment gravĂ©es dans la pierre des frontons des Ă©difices publics. L’écrasement des rĂ©voltes ouvriĂšres dĂšs le dĂ©but du 19e siĂšcle, la Commune de Paris, n’ont Ă©tĂ© que le prĂ©lude des grandes rĂ©pressions du 20e siĂšcle.

Le mythe de la RĂ©publique pour tous, pour le peuple, d’une RĂ©publique garante et dĂ©fenseuse des opprimĂ©s s’est trĂšs vite avĂ©rĂ© ĂȘtre une remarquable et efficace escroquerie.

Le systĂšme Ă©lectoral, c’est-Ă -dire le moyen de tenir compte des dĂ©sirs et de la volontĂ© du peuple, en nommant des reprĂ©sentant a Ă©tĂ© depuis longtemps parfaitement dĂ©tournĂ© ce qui a permis l’émergence d’une nouvelle « aristocratie » qui a pris possession du Pouvoir et l’a gardĂ©,
 quels que soient les modifications apportĂ©es aux modes de scrutins.

Il suffisait, pour entretenir l’illusion d’assĂ©ner rĂ©guliĂšrement et systĂ©matiquement le « bon peuple » de slogans bien conçus pour lui faire croire que « les promesses seront bien tenues », « les Ă©lus sont responsables devant leurs Ă©lecteurs » et,
 cerise sur le gĂąteau « le vote est non seulement un droit mais aussi un devoir ». Ainsi l’Etat, « bien commun » du Peuple (ce qu’il n’a jamais Ă©tĂ©), s’est donnĂ© le beau rĂŽle :

- donner l’illusion de la dĂ©mocratie,

- demeurer le garant d’un systĂšme fondamentalement inĂ©galitaire et exploiteur.

La force, mais aussi les faiblesses et les ambiguĂŻtĂ©s politiques du mouvement ouvrier vont, au 19e siĂšcle, et surtout au 20e, entretenir le mythe de l‘ « Etat dĂ©mocratique » avant un dĂ©but de renversement de la tendance au dĂ©but du 21e siĂšcle.

L’ETAT ET LE MOUVEMENT OUVRIER

TrĂšs tĂŽt, les ouvriers, les salariĂ©s ont eu Ă  pĂątir de la politique de l’Etat dans le systĂšme marchand,
 mais ils ont su aussi l’utiliser.

Les multiples et sanglantes rĂ©voltes ouvriĂšres montrent, s’il en Ă©tait besoin, que tous les discours « dĂ©mocratiques » s’arrĂȘtent oĂč commencent les intĂ©rĂȘts du systĂšme marchand. Pourtant, n’en dĂ©plaisent aux « rĂ©volutionnaires professionnels », jamais, dans aucun pays dĂ©veloppĂ©, la classe ouvriĂšre n’a voulu et n’a pris le pouvoir. Au contraire elle a luttĂ©, et efficacement, pour amĂ©liorer ses conditions de travail et de vie, rencontrant en cela un Etat, prĂȘt Ă  faire des concessions pour s’acheter la « paix sociale ».

Ainsi l’illusion d’un Etat dĂ©fendant l’ « intĂ©rĂȘt public » s’est peu Ă  peu fait jour, au point que les organisations politiques ouvriĂšres sont allĂ©es elles mĂȘmes gĂ©rer le capitalisme dans « l’intĂ©rĂȘt des travailleurs ». Le mythe du « systĂšme dĂ©mocratique », de l’ « Etat dĂ©fenseur de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral » Ă©tait nĂ©, y compris et surtout parmi ses plus dĂ©terminĂ©s dĂ©tracteurs, les salariĂ©s.

Les rapports de forces, les Ă©vĂšnements historiques (les guerres), les cultures nationales ont permis aux salariĂ©s d’acquĂ©rir des avantages consĂ©quents qui existent encore – pas pour longtemps – aujourd’hui, les acquis sociaux. Cette situation a renforcĂ© la vision « dĂ©mocratique » de l’Etat, la soumission des salariĂ©s Ă  un systĂšme qui savait leur accorder des miettes substantielles, bref, la croyance aujourd’hui encore profondĂ©ment ancrĂ©e en un Etat neutre, mĂ©diateur et dĂ©fenseur de l’intĂ©rĂȘt public.

Cette croyance a produit et continue de produire, le rĂ©formisme des organisations « rĂ©volutionnaires » et « contestataires » – qui ne jurent que par les Ă©lections, mĂȘme si elles ont un discours opportunĂ©ment radical, de mĂȘme que des syndicats partenaires de l’Etat dans la gestion du capitalisme.

VERS LA PRIVATISATION DE L’ETAT

Tout ce bel agencement Ă©conomico-politique a Ă©tĂ© bouleversĂ© par la mondialisation marchande. Les petites affaires, les nĂ©gociations, les compromis, entre classes antagonistes dans le cadre d’un « Etat-nation »,
 c’est terminĂ©. Le Capital, dĂ©sormais intĂ©gralement mondialisĂ©, aussi bien dans sa valorisation, que dans sa gestion, n’est plus Ă  mĂȘme d’accorder des miettes aux classes salariĂ©es des « anciens pays industriels », il peut mĂȘme s’en passer ayant de multiples ressources, et moins chĂšres, ailleurs.

L’Etat, sans changer de nature – toujours garant des intĂ©rĂȘts du systĂšme -, a Ă©videmment changĂ© de tactique et de politique.

La notion de « bien public », d’ « intĂ©rĂȘt public », bref de « service public », perd de son sens. On garde ces termes pour les discours Ă©lectoraux afin de tromper l’électeur naĂŻf. Dans les faits on livre toutes ces activitĂ©s juteuses aux appĂ©tits du Capital. OpĂ©ration d’autant plus facile que le « bon peuple », consciencieusement endormi par les mĂ©dias et la classe politique ne sait absolument pas comment rĂ©agir sinon par des manifestations, pĂ©titions et autres « votations » ridicules et inefficaces.

L’Etat se rĂ©duit de plus en plus Ă  ses fonctions rĂ©galiennes qui n’ont qu’un seul et unique but : maintenir contre « vents et marĂ©es » le systĂšme en place. La classe politique devient une « aristocratie » au renouvellement limitĂ©, via les partis qu’elle contrĂŽle, Ă  partir d’élections complĂštement sous contrĂŽle. Quand le « bon peuple » « vote mal », on recommence ou on contourne le scrutin (voit le rĂ©fĂ©rendum sur l’Europe). Cette « aristocratie », divisĂ©e en clans se partage le Pouvoir oĂč rĂšgne la voyoucratie (des noms ?), l’incompĂ©tence (des noms ?), le nĂ©potisme (des noms ?), l’impunitĂ© (des noms ?),
 Le tout protĂ©gĂ© par une milice armĂ©e de plus en plus efficace, bĂ©nĂ©ficiant d’une quasi impunitĂ©, abusivement baptisĂ©e « police rĂ©publicaine »( ?).

L’Etat n’a plus ainsi Ă  « dĂ©fendre l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral » dĂ©sormais soumis aux lois du marchĂ©, mais Ă  dĂ©fendre les privilĂšges de la classe politique qui sait intĂ©grer et corrompre tout ce qui peut apparaĂźtre comme une opposition dangereuse
 Ainsi, les uns aprĂšs les autres, les « contestataires » accĂšdent Ă  des postes grassement rĂ©munĂ©rĂ©s donnant accĂšs Ă  privilĂšges exorbitants.

L’Etat n’est plus qu’une affaire de clans et un instrument coercitif destinĂ© Ă  faire respecter l’ordre marchand.

Toutes les « grandes dĂ©mocraties » glissent sur cette pente qui ne peut conduire qu’au dĂ©clin et Ă  la dĂ©cadence. Les cas les plus significatifs, parmi celles –ci, et caricaturaux sont aujourd’hui la France et l’Italie.

Le citoyen, si tant est que ce terme ait encore un sens, n’a plus rien Ă  attendre des institutions Ă©tatiques qui ne sont lĂ  que pour l’asservir Ă  des contraintes qui correspondent non pas Ă  ses intĂ©rĂȘts mais Ă  ceux de la classe politique dĂ©fenseuse des intĂ©rĂȘt du Capital – le sens et la teneur des mesures prises lors de la crise que nous traversons en est la plus parfaite illustration.

En l’absence d’une alternative crĂ©dible, ce qui est actuellement le cas, la situation ne peut qu’empirer ouvrant la voie Ă  toutes les aventures


Octobre 2009 Patrick MIGNARD

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piĂšge du TraitĂ© de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an aprĂšs avoir rejetĂ© le traitĂ© de Lisbonne (1), les Irlandais votaient Ă  nouveau aujourd’hui sur ce texte rĂ©formant le fonctionnement de l’Union europĂ©enne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un rĂ©cent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traitĂ©. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisiĂšme vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer dĂ©finitivement le traitĂ©.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dĂ» se prononcer sur un traitĂ© europĂ©en mais 4 fois. C’est la 2Ăšme fois que les Irlandais sont appelĂ©s Ă  s’exprimer sur la ratification d’un traitĂ© europĂ©en aprĂšs avoir rejetĂ© le texte lors d’un 1er rĂ©fĂ©rendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvĂ© la ratification du traitĂ© de Nice aprĂšs avoir majoritairement votĂ© contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple Ă  rĂ©pĂ©tition jusqu’Ă  ce que, Ă  coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est dĂ©sormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « dĂ©mocratie » au 21Ăšme siĂšcle.

ProtĂ©gez l’indĂ©pendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons Ă  faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont Ă©crites. Les plus grandes dĂ©cisions du Danemark aprĂšs leur vote du  » Non » sur Maastricht ont Ă©tĂ© depuis annulĂ©es par la Cour de Justice europĂ©enne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet Ă  l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles rĂ©gions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traitĂ© qui n’est pas mis dans la pierre, Ă  la diffĂ©rence de notre propre constitution.

C’est un traitĂ© flexible est prĂ©vu pour ĂȘtre amendĂ© par l’Ă©lite europĂ©enne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrĂȘmement vulnĂ©rables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — aprĂšs sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit ĂȘtre condamnĂ© Ă  mort, tout le monde a droit Ă  la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un Ă©tat peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. LĂ  vous avez  » une porte dĂ©robĂ©e « ‘ par quoi l’article principal peut ĂȘtre diluĂ© ou niĂ© entiĂšrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’Ă©tude du traitĂ© et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier Ă  Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non Ă©lu, pour ĂȘtre le prĂ©sident de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas Ă©tĂ© bonne pour l’Irlande ? Nous avons donnĂ© Ă  l’UE notre stock de pĂȘche. L’industrie de pĂȘche a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par consĂ©quent. Maintenant, nos fermiers sont forcĂ©s de vendre du lait moins cher que le prix coĂ»tant, Ă©tant handicapĂ©s par le poids de la bureaucratie europĂ©enne.

Le totalitarisme de l’UE avance Ă  pas feutrĂ©s : avez-vous remarquĂ© comment, avec chaque traitĂ© europĂ©en successif, comment nous nous sommes dĂ©placĂ© de l’intĂ©gration Ă©conomique vers l’intĂ©gration politique ? Est cela la dĂ©mocratie qui consiste Ă  proposer aux gens le mĂȘme traitĂ© sur lequel nous avons dĂ©jĂ  votĂ© ? Est cela la dĂ©mocratie, refuser dans les États membres un rĂ©fĂ©rendum aux citoyens ? Était cela la dĂ©mocratie pour d’autres Ă©tats de ratifier le traitĂ© contre les vƓux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon cĂŽtĂ© de l’Histoire 
 Votons NON Ă  Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

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sept 17 2009

La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’AmĂ©rique-monde »

Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d’accĂ©lĂ©rer leur projet de transformation du monde Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique et libĂ©rale rĂȘvĂ©e par leurs pĂšres fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volontĂ© de puissance.

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La Russie, en particulier constitue un obstacle gĂ©opolitique majeur pour Washington. Elle entend dĂ©fendre son espace d’influence et montrer au monde qu’elle est incontournable sur le plan Ă©nergĂ©tique.

L’un des auteurs classiques de la gĂ©opolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la gĂ©ographie Ă  Oxford, dĂ©fendait comme thĂšse centrale que les grandes dynamiques gĂ©opolitiques de la planĂšte s’articulaient autour d’un cƓur du monde (heartland), l’Eurasie. Pivot de la politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas Ă  atteindre, l’Eurasie avait pour cƓur intime la Russie, un Empire qui « occupait dans l’ensemble du monde la position stratĂ©gique centrale qu’occupe l’Allemagne en Europe ».

Autour de cet Ă©picentre des secousses gĂ©opolitiques mondiales, protĂ©gĂ© par une ceinture faite d’obstacles naturels (vide sibĂ©rien, Himalaya, dĂ©sert de Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intĂ©rieur, s’Ă©tendent les rivages du continent eurasiatique : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est.

Au-delĂ  de ces rivages, par-delĂ  les obstacles marins, deux systĂšmes insulaires viennent complĂ©ter l’encadrement du heartland : la Grande-Bretagne et le Japon, tĂȘtes de pont d’un croissant plus Ă©loignĂ© auquel les États-Unis appartiennent.

Selon cette vision du monde, les puissances maritimes mondiales, les thalassocraties que dĂ©fend Mackinder, doivent empĂȘcher l’unitĂ© continentale eurasiatique.

Elles doivent donc maintenir les divisions est/ouest entre les principales puissances continentales capables de nouer des alliances (France/Allemagne, Allemagne/Russie, Russie/Chine) mais aussi contrĂŽler les rivages du continent eurasiatique.

Cette matrice anglo-saxonne, que l’on peut appliquer au cas de l’Empire britannique au XIXe siĂšcle, comme Ă  celui de la thalassocratie amĂ©ricaine au XXe siĂšcle, reste un outil pertinent pour comprendre la gĂ©opolitique d’aujourd’hui.

La thĂ©orie de Mackinder nous rappelle deux choses que les thalassocraties anglo-saxonnes n’ont jamais oubliĂ©es : il n’y a pas de projet europĂ©en de puissance (d’Europe puissance) sans une Allemagne forte et indĂ©pendante (or l’Allemagne reste largement sous l’emprise amĂ©ricaine depuis 1945) ; il n’y pas d’Ă©quilibre mondial face au mondialisme amĂ©ricain sans une Russie forte.

L’AmĂ©rique veut l’AmĂ©rique-monde ; le but de sa politique Ă©trangĂšre, bien au-delĂ  de la seule optimisation des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques et Ă©conomiques du pays, c’est la transformation du monde Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. L’AmĂ©rique est messianique et lĂ  est le moteur intime de sa projection de puissance. En 1941, en signant la Charte de l’Atlantique, Roosevelt et Churchill donnaient une feuille de route au rĂȘve d’un gouvernement mondial visant Ă  organiser une mondialisation libĂ©rale et dĂ©mocratique. Jusqu’en 1947, l’AmĂ©rique aspira Ă  la convergence avec l’URSS dans l’idĂ©e de former avec celle-ci un gouvernement mondial, et ce, malgrĂ© l’irrĂ©ductibilitĂ© Ă©vidente des deux mondialismes amĂ©ricain et soviĂ©tique. Deux ans aprĂšs l’effondrement europĂ©en de 1945, les AmĂ©ricains comprirent qu’ils ne parviendraient pas Ă  entraĂźner les SoviĂ©tiques dans leur mondialisme libĂ©ral et ils se rĂ©signĂšrent Ă  rĂ©trĂ©cir gĂ©ographiquement leur projet : l’atlantisme remplaça provisoirement le mondialisme.

Puis, en 1989, lorsque l’URSS vacilla, le rĂȘve mondialiste redressa la tĂȘte et poussa l’AmĂ©rique Ă  accĂ©lĂ©rer son dĂ©ploiement mondial. Un nouvel ennemi global, sur le cadavre du communisme, fournissait un nouveau prĂ©texte Ă  la projection globale : le terrorisme islamiste. Durant la Guerre froide, les AmĂ©ricains avaient fait croĂźtre cet ennemi, pour qu’il barre la route Ă  des rĂ©volutions socialistes qui se seraient tournĂ©es vers la Russie soviĂ©tique. L’islamisme sunnite avait Ă©tĂ© l’alliĂ© des AmĂ©ricains contre la Russie soviĂ©tique en Afghanistan. Ce fut le premier creuset de formation de combattants islamistes sunnites, la matrice d’Al Qaida comme celle des islamistes algĂ©riens… Puis il y eut la rĂ©volution fondamentaliste chiite et l’abandon par les AmĂ©ricains du Shah d’Iran en 1979. Le calcul de Washington fut que l’Iran fondamentaliste chiite ne s’allierait pas Ă  l’URSS, contrairement Ă  une rĂ©volution marxiste, et qu’il offrirait un contrepoids aux fondamentalistes sunnites.

Dans le monde arabe, ce furent les FrĂšres musulmans qui, d’Egypte Ă  la Syrie, furent encouragĂ©s. Washington poussa l’Irak contre l’Iran, et inversement, suivant le principe du « let them kill themselves (laissez-les s’entretuer) » dĂ©jĂ  appliquĂ© aux peuples russe et allemand, afin de dĂ©truire un nationalisme arabe en contradiction avec les intĂ©rĂȘts d’IsraĂ«l. L’alliance perdura aprĂšs la chute de l’URSS. Elle fut Ă  l’Ɠuvre dans la dĂ©molition de l’Ă©difice yougoslave et la crĂ©ation de deux Etats musulmans en Europe, la Bosnie-HerzĂ©govine puis le Kosovo.

L’islamisme a toujours Ă©tĂ© utile aux AmĂ©ricains, tant dans sa situation d’alliĂ© face au communisme durant la Guerre froide, que dans sa nouvelle fonction d’ennemi officiel depuis la fin de la bipolaritĂ©. Certes, les islamistes existent rĂ©ellement ; ils ne sont pas une crĂ©ation imaginaire de l’AmĂ©rique ; ils ont une capacitĂ© de nuisance et de dĂ©stabilisation indĂ©niable. Mais s’ils peuvent prendre des vies, ils ne changeront pas la donne de la puissance dans le monde.

La guerre contre l’islamisme n’est que le paravent officiel d’une guerre beaucoup plus sĂ©rieuse : la guerre de l’AmĂ©rique contre les puissances eurasiatiques.

AprĂšs la disparition de l’URSS, il est apparu clairement aux AmĂ©ricains qu’une puissance continentale, par la combinaison de sa masse dĂ©mographique et de son potentiel industriel, pouvait briser le projet d’AmĂ©rique-monde : la Chine. La formidable ascension industrielle et commerciale de la Chine face Ă  l’AmĂ©rique fait penser Ă  la situation de l’Allemagne qui, Ă  la veille de la PremiĂšre Guerre mondiale, rattrapait et dĂ©passait les thalassocraties anglo-saxonnes. Ce fut la cause premiĂšre de la PremiĂšre Guerre mondiale.

Si la Chine se hisse au tout premier rang des puissances, pensent les stratĂšges amĂ©ricains, par la combinaison de sa croissance Ă©conomique et de son indĂ©pendance gĂ©opolitique, et tout en conservant son modĂšle confucĂ©en Ă  l’abri du dĂ©mocratisme occidental, alors c’en est fini de l’AmĂ©rique-monde. Les AmĂ©ricains peuvent renoncer Ă  leur principe de DestinĂ©e manifeste (Principle of Manifest Destiny) de 1845 ainsi qu’au messianisme de leurs pĂšres fondateurs, fondamentalistes biblistes ou franc-maçons.

Alors que l’URSS venait Ă  peine de s’effondrer, les stratĂšges amĂ©ricains orientĂšrent donc leurs rĂ©flexions sur la maniĂšre de contenir l’ascension de la Chine.

Sans doute comprirent-ils alors toute l’actualitĂ© du raisonnement de Mackinder. Les Anglo-Saxons avaient dĂ©truit le projet eurasiatique des Allemands, puis celui des Russes ; il leur fallait abattre celui des Chinois. Une nouvelle fois la Mer voulait faire piĂšce Ă  la Terre.

La guerre humanitaire et la guerre contre le terrorisme seraient les nouveaux prétextes servant à masquer les buts réels de la nouvelle grande guerre eurasiatique : la Chine comme cible, la Russie comme condition pour emporter la bataille.

La Chine comme cible parce que seule la Chine est une puissance capable de dĂ©passer l’AmĂ©rique dans le rang de la puissance matĂ©rielle Ă  un horizon de vingt ans. La Russie comme condition parce que de son orientation stratĂ©gique dĂ©coulera largement l’organisation du monde de demain : unipolaire ou multipolaire.

Face à la Chine, les Américains entreprirent de déployer une nouvelle stratégie globale articulée sur plusieurs volets :

‱L’extension d’un bloc transatlantique Ă©largi jusqu’aux frontiĂšres de la Russie et Ă  l’ouest de la Chine.

‱Le contrĂŽle de la dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique de la Chine.

‱L’encerclement de la Chine par la recherche ou le renforcement d’alliances avec des adversaires sĂ©culaires de l’Empire du Milieu (les Indiens, les Vietnamiens, les CorĂ©ens, les Japonais, les TaĂŻwanais…).

‱L’affaiblissement de l’Ă©quilibre entre les grandes puissances nuclĂ©aires par le dĂ©veloppement du bouclier anti-missiles.

‱L’instrumentalisation des sĂ©paratismes (en Serbie, en Russie, en Chine, et jusqu’aux confins de l’IndonĂ©sie) et le remaniement de la carte des frontiĂšres (au Moyen-Orient arabe).

Washington a cru, dĂšs 1990, pouvoir faire basculer la Russie de son cĂŽtĂ©, pour former un vaste bloc transatlantique de Washington Ă  Moscou avec au milieu la pĂ©riphĂ©rie europĂ©enne atlantisĂ©e depuis l’effondrement europĂ©en de 1945. Ce fut la phrase de George Bush pĂšre, lequel en 1989 appelait Ă  la formation d’une alliance « de Vladivostok Ă  Vancouver » ; en somme le monde blanc organisĂ© sous la tutelle de l’AmĂ©rique, une nation paradoxalement appelĂ©e, par le contenu mĂȘme de son idĂ©ologie, Ă  ne plus ĂȘtre majoritairement blanche Ă  l’horizon 2050.

L’extension du bloc transatlantique est la premiĂšre dimension du grand jeu eurasiatique. Les AmĂ©ricains ont non seulement conservĂ© l’OTAN aprĂšs la disparition du Pacte de Varsovie mais ils lui ont redonnĂ© de la vigueur : premiĂšrement l’OTAN est passĂ© du droit international classique (intervention uniquement en cas d’agression d’un Etat membre de l’Alliance) au droit d’ingĂ©rence. La guerre contre la Serbie, en 1999, a marquĂ© cette transition et ce dĂ©couplage entre l’OTAN et le droit international. DeuxiĂšmement, l’OTAN a intĂ©grĂ© les pays d’Europe centrale et d’Europe orientale. Les espaces baltique et yougoslave (Croatie, Bosnie, Kosovo) ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s Ă  la sphĂšre d’influence de l’OTAN.

Pour Ă©tendre encore l’OTAN et resserrer l’Ă©tau autour de la Russie, les AmĂ©ricains ont fomentĂ© les rĂ©volutions colorĂ©es (GĂ©orgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005), ces retournements politiques non violents, financĂ©s et soutenus par des fondations et des ONG amĂ©ricaines, lesquelles visaient Ă  installer des gouvernements anti-russes. Une fois au pouvoir, le prĂ©sident ukrainien pro-occidental demanda naturellement le dĂ©part de la flotte russe des ports de CrimĂ©e et l’entrĂ©e de son pays dans l’OTAN.

Quant au prĂ©sident gĂ©orgien il devait, dĂšs 2003, militer pour l’adhĂ©sion de son pays dans l’OTAN et l’Ă©viction des forces de paix russes dĂ©diĂ©es depuis 1992 Ă  la protection des populations abkhazes et sud-ossĂštes.

À la veille du 11 septembre 2001, grĂące Ă  l’OTAN, l’AmĂ©rique avait dĂ©jĂ  Ă©tendu fortement son emprise sur l’Europe. Elle avait renforcĂ© l’islam bosniaque et albanais et fait reculer la Russie de l’espace yougoslave.

Durant les dix premiĂšres annĂ©es post-Guerre froide, la Russie n’avait donc cessĂ© de subir les avancĂ©es amĂ©ricaines. Des oligarques souvent Ă©trangers Ă  l’intĂ©rĂȘt national russe s’Ă©taient partagĂ©s ses richesses pĂ©troliĂšres et des conseillers libĂ©raux proamĂ©ricains entouraient le prĂ©sident Eltsine. La Russie Ă©tait empĂȘtrĂ©e dans le conflit tchĂ©tchĂšne, remuĂ© largement par les AmĂ©ricains comme d’ailleurs l’ensemble des abcĂšs islamistes. Le monde semblait s’enfoncer lentement mais sĂ»rement dans l’ordre mondial amĂ©ricain, dans l’unipolaritĂ©.

En 2000, un Ă©vĂ©nement considĂ©rable, peut-ĂȘtre le plus important depuis la fin de la Guerre froide (plus important encore que le 11 septembre 2001) se produisit pourtant : l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. L’un de ces retournements de l’histoire qui ont pour consĂ©quences de ramener celle-ci Ă  ses fondamentaux, Ă  ses constantes.

Poutine avait un programme trĂšs clair : redresser la Russie Ă  partir du levier Ă©nergĂ©tique. Il fallait reprendre le contrĂŽle des richesses du sous-sol des mains d’oligarques peu soucieux de l’intĂ©rĂȘt de l’Empire. Il fallait construire de puissants opĂ©rateurs pĂ©trolier (Rosneft) et gazier (Gazprom) russes liĂ©s Ă  l’Etat et Ă  sa vision stratĂ©gique. Mais Poutine ne dĂ©voilait pas encore ses intentions quant au bras de fer amĂ©ricano-chinois. Il laissait planer le doute.

Certains, dont je fais d’ailleurs partie puisque j’analysais Ă  l’Ă©poque la convergence russo-amĂ©ricaine comme passagĂšre et opportune (le discours amĂ©ricain de la guerre contre le terrorisme interdisait en effet momentanĂ©ment la critique amĂ©ricaine Ă  propos de l’action russe en TchĂ©tchĂ©nie), avaient compris dĂšs le dĂ©but que Poutine reconstruirait la politique indĂ©pendante de la Russie ; d’autres pensaient au contraire qu’il serait occidentaliste. Il lui fallait en finir avec la TchĂ©tchĂ©nie et reprendre le pĂ©trole. La tĂąche Ă©tait lourde. Un symptĂŽme Ă©vident pourtant montrait que Poutine allait reprendre les fondamentaux de la grande politique russe : le changement favorable Ă  l’Iran et la reprise des ventes d’armes Ă  destination de ce pays ainsi que la relance de la coopĂ©ration en matiĂšre de nuclĂ©aire civil.

Pourquoi alors l’accession de Poutine Ă©tait-elle un Ă©vĂ©nement si considĂ©rable ?

Sans apparaĂźtre Ă  l’Ă©poque de maniĂšre Ă©clatante, cette arrivĂ©e signifiait que l’unipolaritĂ© amĂ©ricaine, sans la poursuite de l’intĂ©gration de la Russie Ă  l’espace transatlantique, Ă©tait dĂ©sormais vouĂ©e Ă  l’Ă©chec, et avec elle, par consĂ©quent, la grande stratĂ©gie visant Ă  briser la Chine et Ă  prĂ©venir l’Ă©mergence d’un monde multipolaire.

Au-delĂ  encore, nombre d’EuropĂ©ens ne perçurent pas immĂ©diatement que Poutine portait l’espoir d’une rĂ©ponse aux dĂ©fis de la compĂ©tition Ă©conomique mondiale fondĂ©e sur l’identitĂ© et la civilisation. Sans doute les AmĂ©ricains, eux, le comprirent-ils mieux que les EuropĂ©ens de l’Ouest. George Bush n’en fit-il pas l’aveu lorsqu’il avoua un jour qu’il avait vu en Poutine un homme habitĂ© profondĂ©ment par l’intĂ©rĂȘt de son pays ?

Le 11 septembre 2001 offrit pourtant l’occasion aux AmĂ©ricains d’accĂ©lĂ©rer leur programme d’unipolaritĂ©. Au nom de la lutte contre un mal qu’ils avaient eux-mĂȘmes fabriquĂ©, ils purent obtenir une solidaritĂ© sans failles des EuropĂ©ens (donc plus d’atlantisme et moins « d’Europe puissance »), un rapprochement conjoncturel avec Moscou (pour Ă©craser le sĂ©paratisme tchĂ©tchĂ©no-islamiste), un recul de la Chine d’Asie centrale face Ă  l’entente russo-amĂ©ricaine dans les rĂ©publiques musulmanes ex-soviĂ©tiques, un pied en Afghanistan, Ă  l’ouest de la Chine donc et au sud de la Russie, et un retour marquĂ© en Asie du Sud-est.

Mais l’euphorie amĂ©ricaine en Asie centrale ne dura que quatre ans. La peur d’une rĂ©volution colorĂ©e en OuzbĂ©kistan poussa le pouvoir ouzbek, un moment tentĂ© de devenir la grande puissance d’Asie centrale en faisant contrepoids au grand frĂšre russe, Ă  Ă©vincer les AmĂ©ricains et Ă  se rapprocher de Moscou. Washington perdit alors, Ă  partir de 2005, de nombreuses positions en Asie centrale, tandis qu’en Afghanistan, malgrĂ© les contingents de supplĂ©tifs qu’elle ponctionne Ă  des Etats europĂ©ens incapables de prendre le destin de leur civilisation en main, elle continue de perdre du terrain face Ă  l’alliance talibano-pakistanaise, soutenue discrĂštement en sous-main par les Chinois qui veulent voir l’AmĂ©rique refoulĂ©e d’Asie centrale.

Les Chinois, de nouveau, peuvent espĂ©rer prendre des parts du pĂ©trole kazakh et du gaz turkmĂšne et construire ainsi des routes d’acheminement vers leur Turkestan (le Xinjiang). PĂ©kin tourne ses espoirs Ă©nergĂ©tiques vers la Russie qui Ă©quilibrera Ă  l’avenir ses fournitures d’Ă©nergie vers l’Europe par l’Asie (non seulement la Chine mais aussi le Japon, la CorĂ©e du Sud, l’Inde…).

Le jeu de Poutine apparaĂźt dĂ©sormais au grand jour. Il pouvait s’accorder avec Washington pour combattre le terrorisme qui frappait aussi durement la Russie. Il n’avait pas pour autant l’intention d’abdiquer quant aux prĂ©tentions lĂ©gitimes de la Russie : refuser l’absorption de l’Ukraine (car l’Ukraine pour la Russie c’est une nation sƓur, l’ouverture sur l’Europe, l’accĂšs Ă  la MĂ©diterranĂ©e par la mer Noire grĂące au port de SĂ©bastopol en CrimĂ©e) et de la GĂ©orgie dans l’OTAN. Et si l’indĂ©pendance du Kosovo a pu ĂȘtre soutenue par les AmĂ©ricains et des pays de l’Union europĂ©enne, au nom de quoi les Russes n’auraient-ils pas le droit de soutenir celles de l’OssĂ©tie du Sud et de l’Abkhazie, d’autant que les peuples concernĂ©s eux-mĂȘmes voulaient se sĂ©parer de la GĂ©orgie ?

Mackinder avait donc raison. Dans le grand jeu eurasiatique, la Russie reste la piĂšce clĂ©. C’est la politique de Poutine, bien plus que la Chine (pourtant cible premiĂšre de Washington car possible premiĂšre puissance mondiale) qui a barrĂ© la route Ă  Washington. C’est cette politique qui lĂšve l’axe Ă©nergĂ©tique Moscou (et Asie centrale)-TĂ©hĂ©ran-Caracas, lequel pĂšse Ă  lui seul ÂŒ des rĂ©serves prouvĂ©es de pĂ©trole et prĂšs de la moitiĂ© de celles de gaz (la source d’Ă©nergie montante). Cet axe est le contrepoids au pĂ©trole et au gaz arabes conquis par l’AmĂ©rique.

Washington voulait Ă©touffer la Chine en contrĂŽlant l’Ă©nergie. Mais si l’AmĂ©rique est en Arabie Saoudite et en Irak (1Ăšre et 3e rĂ©serves prouvĂ©es de pĂ©trole), elle ne contrĂŽle ni la Russie, ni l’Iran, ni le Venezuela, ni le Kazakhstan et ces pays bien au contraire se rapprochent. Ensemble, ils sont dĂ©cidĂ©s Ă  briser la suprĂ©matie du pĂ©trodollar, socle de la centralitĂ© du dollar dans le systĂšme Ă©conomique mondial (lequel socle permet Ă  l’AmĂ©rique de faire supporter aux EuropĂ©ens un dĂ©ficit budgĂ©taire colossal et de renflouer ses banques d’affaires ruinĂ©es).

Nul doute que Washington va tenter de briser cette politique russe en continuant Ă  exercer des pressions sur la pĂ©riphĂ©rie russe. Les AmĂ©ricains vont tenter de dĂ©velopper des routes terrestres de l’Ă©nergie (olĂ©oducs et gazoducs) alternatives Ă  la toile russe qui est en train de s’Ă©tendre sur tout le continent eurasiatique, irriguant l’Europe de l’Ouest comme l’Asie. Mais que peut faire Washington contre le cƓur Ă©nergĂ©tique et stratĂ©gique de l’Eurasie ? La Russie est une puissance nuclĂ©aire.

Les EuropĂ©ens raisonnables et qui ne sont pas trop aveuglĂ©s par la dĂ©sinformation des mĂ©dias amĂ©ricains, savent qu’ils ont plus besoin de la Russie qu’elle n’a besoin d’eux. Toute l’Asie en croissance appelle le pĂ©trole et le gaz russe et iranien.

Dans ces conditions et alors que la multipolaritĂ© se met en place, les EuropĂ©ens feraient bien de se rĂ©veiller. La crise Ă©conomique profonde dans laquelle ils semblent devoir s’enfoncer durablement conduira-t-elle Ă  ce rĂ©veil ? C’est la consĂ©quence positive qu’il faudrait espĂ©rer des difficultĂ©s pĂ©nibles que les peuples d’Europe vont endurer dans les dĂ©cennies Ă  venir.

Aymeric CHAUPRADE

Source du texte : Theatrum-Belli

mai 13 2009

PandĂ©mie A/H1N1 : un milliard de victimes d’ici juillet, selon le magazine New Scientist

Mecanopolis

Les mensonges rĂ©pĂ©tĂ©s du prĂ©sident mexicain Felipe Calderon n’y font rien : le virus A/H1N1 continue de se rĂ©pandre sur la planĂšte, Ă  une vitesse tellement exponentielle que le magazine New Scientist estimait hier soir que la grippe porcine pourrait avoir contaminĂ© un milliard d’individus d’ici le mois de juillet (1). De toute Ă©vidence, la phase 6 du niveau d’alerte de pandĂ©mie n’est retardĂ©e que dans le but de laisser suffisamment de temps aux chancelleries pour organiser leurs plans de « distanciation sociale ».

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Mais ce n’est pas la seule mise en garde du magazine New Scientist, pour qui le virus n’est manifestement pas sensible aux tempĂ©ratures estivales.

Les donnĂ©es mexicaines montrent que les cas de pneumonies – une consĂ©quence du A/H1N1 quand il n’est pas soignĂ© rapidement – ont bondi en avril, oĂč la tempĂ©rature de Mexico-City oscille entre 15° et 26° Celsius, ce qui est Ă©galement la tempĂ©rature moyenne Ă  Londres en Ă©tĂ©.

Information complĂ©tĂ©e par une Ă©tude de l’UniversitĂ© de Berkeley (2) qui indique que le A/H1N1 serait mortel dans tous les cas lorsqu’il n’est pas traitĂ© par un anti-viral dans les trois premiers jours. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mexique s’est fait livrer plus d’un million de doses de Tamiflu cette semaine, en mĂȘme temps qu’un retour Ă  la « normale », qui sera assurĂ©ment temporaire.

En outre, la grippe saisonniĂšre tue gĂ©nĂ©ralement les populations trĂšs jeunes et trĂšs ĂągĂ©es. Les premiĂšres donnĂ©es concernant le AH1N1 montrent qu’un nombre disproportionnĂ© de personnes entre 15 et 54 ans ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es pour une pneumonie sĂ©vĂšre en avril 2009 par rapport aux mĂȘmes pĂ©riodes sur les trois derniĂšres annĂ©es au Mexique. Le mĂȘme groupe d’Ăąge avait Ă©tĂ© touchĂ©s de maniĂšre disproportionnĂ©e, en 1918, et lors d’autres pandĂ©mies.

De fait, les malades traitĂ©s dans les hĂŽpitaux reçoivent des doses massives d’oseltamivir (3), sous sa forme injectable, de sorte a ce que l’on soit certain qu’ils puissent figurer du bon cĂŽtĂ© des statistiques.

MalgrĂ© ces efforts de propagande, les « cas » ont doublĂ© aux États-Unis ces derniĂšres vingt-quatre heures, et aucun pays ne peut maintenant prĂ©tendre ne pas ĂȘtre touchĂ©.

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Pandémie et Business

En rĂ©ponse aux bonnes Ăąmes qui s’Ă©taient offusquĂ©es quand Condoleezza Rice avait trĂšs vite dĂ©fini le tsunami de dĂ©cembre 2004 comme une « merveilleuse opportunitĂ© » (« qui nous a Ă©tĂ© d’un grand profit », avait-elle ajoutĂ©), il a Ă©tĂ© justement remarquĂ© qu’elle ne faisait qu’exprimer lĂ , de façon certes un peu cavaliĂšre, une rĂ©alitĂ© du capitalisme (cf. Naomi Klein, « The rise of disaster Capitalism »). Il y avait cependant quelque naĂŻvetĂ© Ă  faire remonter la mise en place de ce « capitalisme du dĂ©sastre » – formule qui est en elle-mĂȘme un plĂ©onasme – Ă  la dĂ©vastation de l’AmĂ©rique centrale par le cyclone Mitch en octobre 1998, et Ă  principalement ranger sous cette rubrique les opĂ©rations extĂ©rieures de l’administration amĂ©ricaine et de la Banque mondiale, dĂ©sormais planifiĂ©es pour prĂ©parer en mĂȘme temps les interventions militaires Ă  venir et la reconstruction des pays qui n’ont pas Ă©tĂ© encore dĂ©truits, car c’est universellement que le dĂ©chaĂźnement de calamitĂ©s sans nombre, avec leur combinaison imprĂ©vues et leurs accĂ©lĂ©rations brutales, ouvre un prodigieux chantier aux trusts planĂ©taires du capitalisme. En cela, le A/H1N1 est sans doute le produit le plus avancĂ© de la technologie marchande du XXIĂšme siĂšcle.

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Ce sont les masses qui demandent Ă  ĂȘtre dominĂ©es

N’en dĂ©plaise aux amateurs de critique fiction mĂ©lodramatique et conspirative, cette pandĂ©mie ne permettra pas des dĂ©crets de « lois martiales » ou autres bruits de bottes. Nos sociĂ©tĂ©s sont depuis trop longtemps abatardisĂ©es et la manipulation dĂ©mocratique trop raffinĂ©e pour qu’ils soit encore nĂ©cessaire de faire rĂ©gner l’ordre par les armes, et nous aurions tort de penser selon le vieux schĂ©ma : si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vĂ©ritĂ©, elles se rĂ©volteraient. L’histoire moderne n’a pas Ă©tĂ© avare d’exemples contraires, illustrant plutĂŽt, chez les dites masses, une assez constante dĂ©termination Ă  ne pas se rĂ©volter en dĂ©pit de ce qu’elles savaient, et mĂȘme – depuis les camps d’extermination jusqu’Ă  Tchernobyl – Ă  ne pas savoir en dĂ©pit de l’Ă©vidence, ou du moins Ă  se comporter en dĂ©pit de tout comme si elles ne savaient pas.

Les masses ont Ă©tĂ© trop longuement entraĂźnĂ©es aux sophismes de la rĂ©signation et aux consolations de l’impuissance pour ne pas rester impavide devant la destruction du monde qui se dĂ©roule devant eux. Tout dĂ©montre que l’identification avec le mouvement et le conformisme absolu semblent avoir dĂ©truit jusqu’Ă  la facultĂ© d’ĂȘtre atteint par l’expĂ©rience la plus directe.

L’artifice de la propagande consiste Ă  affirmer Ă  la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient, que l’humanitĂ© pourrait faire collectivement, comme un seul homme, en toute connaissance de cause une fois instruite par les experts est rĂ©gi par un implacable dĂ©terministe qui ramĂšne le choix Ă  celui de vivre ou de pĂ©rir ; c’est-Ă  dire de vivre selon les directives des gouvernements ou de pĂ©rir parce que l’on sera restĂ© sourd Ă  leurs mises en garde. Un tel choix se ramĂšne donc Ă  une contrainte qui rĂšgle le vieux problĂšme de savoir si les hommes aiment la servitude, puisque dĂ©sormais ils sont contraint de l’aimer. Selon Arendt, le problĂšme de la domination totale Ă©tait de fabriquer quelque chose qui n’existe pas : Ă  savoir une sorte d’espĂšce humaine qui ressemble aux autres espĂšces animales et dont la seule « libertĂ© » consisterait Ă  « conserver l’espĂšce » (Le Totalitarisme). Sur la terre ravagĂ©e par une pandĂ©mie, ce programme cessera d’ĂȘtre une thĂ©orie de la domination pour devenir une revendication des dominĂ©s.

Il n’y aura d’ailleurs bientĂŽt plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme. Ceux qui refuseront de se «responsabiliser» (porter un masque, se faire vacciner, accepter une puce RFID pour permettre un meilleur dĂ©pistage, plus rapide, etc), de participer avec zĂšle Ă  la « gestion citoyenne » de la crise et Ă  l’embrigadement dans l’Union sacrĂ©e pour « sauver le monde », peuvent s’attendre Ă  ĂȘtre bientĂŽt traitĂ©s comme le sont en temps de guerre les dĂ©serteur et le saboteurs. Car l’Ă©tat de nĂ©cessitĂ© et les pĂ©nuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord Ă  rĂ©clamer de nouvelles formes d’asservissement, pour sauver ce qui peut l’ĂȘtre encore de la survie garantie lĂ  oĂč elle l’est encore quelque peu.

Cependant le rĂŽle de l’imagination thĂ©orique reste de discerner, dans un prĂ©sent Ă©crasĂ© par la probabilitĂ© du pire, les diverses possibilitĂ©s qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui  Ă  l’intĂ©rieur d’une rĂ©alitĂ© aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expĂ©rience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains trĂšs restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volontĂ©, avoir des consĂ©quences incalculables.

Mecanopolis

Notes :

1. Article de New Scientist

2. Article de l’UniversitĂ© de Berkeley

3. Documentation Tamiflu


06:00 > Un troisiĂšme mort de la grippe porcine a Ă©tĂ© enregistrĂ© aux Etats-Unis, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), a-t-on annoncĂ© de source officielle.

10:00 > Un sondage US rĂ©alisĂ© hier pour  Gallup, Harvard School of Public Health and Pew dĂ©montre que 25% de la population amĂ©ricaine s’informe en premier lieu sur internet pour suivre l’Ă©volution du virus A/H1N1. Lire l’article.

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11:00 > Stats

Quelques uns des membres du forum jeuxvideo.com, dont nous vous parlions hier, ont rĂ©alisĂ© toutes sortes de tableaux statistiques, comme celui que nous plaçons ci-dessous, sur leur site : PandĂ©mie grippale – Virus H1N1

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

11:30 > Basic Reproduction Number

Le Basic Reproduction Number (R0) est en fait le nombre moyen de nouvelles infections grippales, crĂ©es par une personne nouvellement infectĂ©e, dans une population de personnes sensibles. En gros, on peut dire qu’un R0 de 2 veut dire que chaque personne touchĂ©e par le A/H1N1 contaminerait Ă  son tout 2 autres personnes.

Question : quel est le R0 actuel du A/H1N1 aux USA ? La réponse est 1.3

Question : quel était le Ro de la grippe espagnole ? La réponse est 1,45

Toutefois, l’utilisation du R0 est souvent incorrect

11:35 > De l’efficacitĂ© des restrictions de circulation

Traduction d’un texte de Monotreme sur PFI (Pandemic Flu Information):
Empirical Evidence for the Effectiveness of Movement Restrictions

Il existe un large Ă©ventail de donnĂ©es empiriques qui a trait Ă  l’efficacitĂ© des restrictions de circulation:

1. DonnĂ©es historiques provenant d’autres maladies.

Bien que la variole ait un R0 Ă©levĂ© et ait ravagĂ© les villes d’Europe, elle Ă©tait inconnue dans le nouveau monde jusqu’Ă  ce que les EuropĂ©ens l’amĂšnent aux AmĂ©riques sur les navires. Il est probable que si ces navires n’Ă©taient jamais arrivĂ©, les Natifs AmĂ©ricains n’auraient jamais Ă©tĂ© infectĂ©s par la variole.

2. Preuve historique de la pandémie de grippe de 1918.

La pandĂ©mie de grippe de 1918 est l’une des pires jamais documentĂ©e. À ce moment-lĂ , il n’y avait pas d’antibiotiques, d’antiviraux et de vaccins. Pourtant, certaines communautĂ©s ont complĂštement Ă©chappĂ© Ă  des infections. Quelques exemples:

A. Gunnison, au Colorado.

Ni petite ni isolĂ©e, Gunnison Ă©tait une ville avec un chemin de fer, un centre d’approvisionnement pour le centre-ouest de l’État, et le College des instituteurs de l’est de l’Ă©tat (Western State Teachers College). Au dĂ©but d’octobre – longtemps avant tout cas de grippe – Gunnison et la plupart des villes voisines ont Ă©mis une ordonnance de clĂŽture et une interdiction des rassemblements publics. Puis Gunnison a dĂ©cidĂ© de s’isoler entiĂšrement. Un homme de loi de Gunnison a bloquĂ© toutes les routes. Les conducteurs de train mettaient en garde tous les passagers que s’ils levaient le pied de la plate-forme Ă  Gunnison dans le but d’Ă©tirer les jambes, ils seraient arrĂȘtĂ©s et mis en quarantaine durant cinq jours. Deux Nebraskans tentant simplement de passer dans le prochain comtĂ© par une ville, ont atteint le blocus et furent jetĂ©s en prison.

Gunnison n’a eu aucun mort.

B. Samoa américaines

Alors qu’elle Ă©tait en vigueur, la quarantaine maritime utilisĂ© par des Samoa amĂ©ricaines en date du 23 Novembre 1918, semblait exclure une pandĂ©mie de grippe (2). Une fois la grippe parvenue Ă  cette juridiction en 1920, aucun dĂ©cĂšs n’a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la grippe (sur une population de ≈ 8000) (8).

En revanche, la grippe se propagea rapidement Ă  travers le Samoa-Occidental (maintenant nommĂ© Samoa). L’impact a Ă©tĂ© amplifiĂ© par un manque d’assistance mĂ©dicale et par les pĂ©nuries alimentaires dans la rĂ©gion.Le Samoa-Occidental a le pire taux de mortalitĂ© enregistrĂ© de tous pays ou territoire pour la pandĂ©mie de 1918, perdant 19% -22% de sa population (2).

Source : PFI

11:45 > La dĂ©sinfection Ă  l’eau de Javel des aires communes, bureaux d’Ă©lĂšves, rampes d’escaliers et poignĂ©es de portes de la Polyvalente de Charlesbourg, dont un des Ă©lĂšves est atteint de la grippe A (H1N1), ne suffit pas Ă  stopper la propagation du virus, selon la Direction nationale de santĂ© publique. cyberpresse.ca

12:20 La grippe porcine a contaminĂ© 4.379 personnes dans 29 pays et fait 49 morts, selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) diffusĂ© dimanche Ă  GenĂšve.

L’augmentation significative du nombre de cas confirmĂ©s rĂ©sulte d’une forte progression aux Etats-Unis, dĂ©sormais le pays le plus touchĂ©. Le nombre de pays concernĂ©s par l’Ă©pidĂ©mie est stable Ă  29. En revanche, on compte dĂ©sormais 4 pays oĂč des cas mortels ont Ă©tĂ© recensĂ©s.

    Etats-Unis:      2.254 cas, deux mortels
    Mexique:         1.626 cas, 45 mortels
    Canada:            280 cas, un mortel
    Costa Rica:          8 cas, un mortel
    Espagne:            93
    Royaume-Uni:        39
    France:             12
    Allemagne:          11
    Italie:              9
    Israël:              7
    Nouvelle-Zélande     7
    Brésil:              6
    Japon:               4
    Pays-Bas             3
    Corée du Sud:        3
    Panama               3
    Salvador:            2
    Argentine:           1
    Australie:           1
    Autriche:            1
    Colombie:            1
    Danemark:            1
    Guatemala            1
    Chine (Hong Kong):   1
    Irlande:             1
    Pologne              1
    Portugal:            1
    SuĂšde                1
    Suisse:              1

Le précédent bilan, publié samedi à GenÚve, faisait état de 3.440 cas dans 29 pays et 48 morts.

Les donnĂ©es de l’OMS sont souvent infĂ©rieures aux bilans communiquĂ©s par les pays concernĂ©s en raison des procĂ©dures de vĂ©rification effectuĂ©es par l’organisation aprĂšs leurs annonces. Il ne tient par exemple pas compte d’un troisiĂšme dĂ©cĂšs annoncĂ© aux Etats-Unis et des deux premiers cas confirmĂ©s de prĂ©sence du virus en NorvĂšge samedi. (AFP)

12:25 > Petite polĂ©mique dans les commentaires Ă  propos de l’utilisation du terme « victime » dans le titre de cette page. Une victime, ce n’est pas forcĂ©ment un mort. On peut-ĂȘtre victime d’un accident de la route sans finir au cimetiĂšre, par exemple. Une personne contaminĂ©e par le virus HIV est victime de ce virus potentiellement mortel, sans toutefois ĂȘtre morte au moment ou le test est positif, etc. De mĂȘme pour le AH1N1, nous semble-t-il. Par ailleurs, l’article de News Scientist reprend plusieurs fois le terme de victimes pour dĂ©signer les « cas » ou « contaminĂ©s », terme que nous n’avons pas voulu placer dans le titre.

Définition du Larousse :

Personne qui subit les consĂ©quences fĂącheuses ou funestes de quelque chose, des Ă©vĂ©nements, des agissements d’autrui. Victime d’un abus, des circonstances, du chĂŽmage, d’une calomnie, du despotisme, de la fatalitĂ©, d’une mĂ©chancetĂ©, d’une mĂ©prise, de privations, du progrĂšs, de sĂ©vices, du sort; (ĂȘtre) victime d’une attaque, d’une injustice, d’une machination, d’un malaise, d’une violation des droits de l’homme, d’un vol.

12:45 > Alors que le virus H1N1 inquiĂšte partout Ă  travers le Monde, l’hĂŽpital Pasteur de Cherbourg semble parfaitement prĂ©parĂ© Ă  un Ă©ventuel cas de grippe A. Stocks de masques, de mĂ©dicaments Tamiflu ou chambres Ă  disposition ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s dĂšs l’alerte de l’OMS. Le personnel hospitalier, dĂ©jĂ  rĂŽdĂ© par la grippe aviaire en 2007, gĂšre avec expĂ©rience. Lire l’article.

13:00 > La sortie de Terminator 4 retardée pour cause de pandémie

La sortie de Terminator Salvation est retardĂ©e au Mexique. Synopsis du film : En 2018, John Connor, ĂągĂ© de 33 ans, leader charismatique de la rĂ©sistance humaine face aux machines, mĂšne une lutte Ă  mort contre Skynet pour sauver ce qui reste de l’HumanitĂ©. Il fait la connaissance de Marcus Wright, un Ă©tranger amnĂ©sique dont le seul souvenir est d’avoir Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort. Vient-il du futur ? Ou du passé ? Alors que Skynet prĂ©pare son ultime assaut, John et Marcus s’aventurent au sein de Skynet oĂč ils vont dĂ©couvrir un terrible secret qui menace la planĂšte : les machines ont fabriquĂ© un virus dans le but de dĂ©truire l’humanitĂ©.

envoyé par Mecanopolis


13:15 > Hollywood et propagande

Il faut lire l’article de Le Blavec Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood, pour se rendre compte comment le cinĂ©ma US a prĂ©parĂ© les esprits aux « attaques » du 11 septembre 2001. L’auteur revient d’ailleurs sur les films Ă©voquant des catastrophes au sein de tours ou l’urgence d’une protection militaire Ă  Manhattan.

En voyant Terminator 4, on peut rĂ©ellement se demander si le cinĂ©ma amĂ©ricain n’a pas pour but d’anticiper les catastrophes a venir et de prĂ©parer les foules Ă  quelques rĂ©actions de survie…

Sur le mĂȘme sujet, lire Ă©galement ce document de nos amis d’Infoguerre.

Le lien de l’article de Le Blavec n’est plus disponible. Nous l’avions placĂ© il y a un an sur Mecanopolis Ă  propos d’un article sur le film Cloverfield. Si quelqu’un retrouve son texte « Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood », nous sommes prenneurs. ;)

13:40 > Le virus H1N1 pourrait circuler chez l’homme depuis l’automne dernier, selon NPR. ( »The best estimate is the middle of that range, kind of September. »)

13:45 > Excellent travail de compilation d’articles sur DiaBlogTimes ;)

13:50 > Merci à nos amis de la Voix des opprimés ;)

14:10 > TF1 impose une quarantaine

Tous les salariĂ©s ayant effectuĂ© un rĂ©cent sĂ©jour au Mexique ou aux Etats-Unis sont ainsi priĂ©s de rester chez eux durant sept jours, sans passer par le siĂšge de la chaĂźne Ă  Boulogne-Billancourt (92). Ces derniers pourront revenir travailler armĂ©s d’un certificat mĂ©dical assurant qu’ils ne sont pas atteints.

17:20 > 190 millions de doses de vaccin pour septembre

C’est un nouvel article de New Scientist qui rapporte l’information. Si la production de vaccin commence en juin, elle permettra de rĂ©aliser 190 millions de doses de vaccin pour septembre. Sachant qu’il faut 2 doses pour vacciner chaque personne, cela permettra de traiter 95 millions d’individus. Lire l’article. En gros, on aura la capacitĂ© de vacciner la France, la Belgique et la Suisse. Ca ne fait pas beaucoup, hein…

17:40 > Les mĂ©dias continuent Ă  parler de stabilisation, malgrĂ© les chiffres qui dĂ©montrent le contraire. Les derniĂšres informations indiquent mĂȘme un retour de l’explosion des cas dans certaines provinces mexicaines, qui ont fermĂ© les Ă©tablissements publics.

influenza-2009-cases219:50 La lutte contre la grippe porcine au Mexique rebondit dans plusieurs rĂ©gions du pays qui imposent Ă  leur tour les restrictions d’activitĂ©s utilisĂ©es d’abord Ă  Mexico, oĂč la tension retombe avec la rĂ©ouverture des Ă©coles primaires attendue lundi.

Le bilan national de « cas confirmĂ©s » reste arrĂȘtĂ© Ă  48 morts et 1.578 malades contagieux en cours de traitement.

La rentrĂ©e des classes, d’abord fixĂ©e Ă  lundi au plan national aprĂšs deux semaines d’interruption « prĂ©ventive », a Ă©tĂ© reportĂ©e dans six des 32 Etats du pays.

C’est le cas de celui de Guerrero, qui a dĂ©crĂ©tĂ© en outre la fermeture de tous les bars de nuit et discothĂšques dans ses stations touristiques, dont Acapulco, sur la cĂŽte du Pacifique.

Les restaurants y sont ouverts normalement, mais un grand hĂŽtel du front de mer annonçait dimanche matin un taux d’occupation de 10%, contre 40% Ă  50% habituellement Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e.

L’Etat de Jalisco (ouest) avait dĂ©jĂ  annoncĂ© vendredi la fermeture de tous ses Ă©quipements publics, cafĂ©s, restaurants, stades et autres lieux de distractions, aprĂšs la dĂ©couverte de trois dĂ©cĂšs suspects.

A Mexico, l’opĂ©ration de grand nettoyage et de dĂ©sinfection s’est poursuivie pendant tout le week-end dans les Ă©coles, mais aussi dans le mĂ©tro, dont l’affluence va redoubler avec la rentrĂ©e des classes. (AFP)

20:20 > SĂ©rieux doutes sur l’efficacitĂ© du Tamiflu

Ce cĂ©lĂšbre mĂ©dicament antiviral de la multinationale suisse Roche fait l’objet d’interrogations de plus en plus dĂ©rangeantes.

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C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom Ă  une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait ĂȘtre amenĂ©e Ă  prendre des dimensions planĂ©taires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dĂ©nomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs annĂ©es prĂ©sentĂ© de maniĂšre publicitaire comme une forme de panacĂ©e contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’Ă©mergence du risque hypothĂ©tique de pandĂ©mie hautement meurtriĂšre associĂ© au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il Ă©tait inconnu ou presque du grand public. Il Ă©tait aussi rarement prescrit par les mĂ©decins dans le cadre des Ă©pidĂ©mies de grippe saisonniĂšre.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planĂ©taire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus Ă  l’homme, ont totalement bouleversĂ© la donne. DĂšs 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santĂ© la plupart des gouvernements des pays industriels ont dĂ©cidĂ© de constituer -Ă  prix d’or- des stocks considĂ©rables de Tamiflu. Et l’Ă©mergence du nouveau virus A(H1N1) a conduit les mĂȘmes autoritĂ©s Ă  souligner tout l’intĂ©rĂȘt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un flĂ©au pandĂ©mique.

On n’a ainsi pas cessĂ© de rappeler, par voie de presse, ces derniers jours que la France disposait de plus d’une trentaine de millions de traitement. Et on nous a aussi expliquĂ© qu’une partie (laquelle?) de ce Tamiflu jusqu’Ă  prĂ©sent conservĂ©e en vrac sur des « sites militaires » Ă©tait en cours de conditionnement et bientĂŽt « prĂ©positionnĂ©e » dans les services spĂ©cialisĂ©s des Ă©tablissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire national.

Tout ceci ne saurait gommer le fait que, depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , deux questions circulent avec une insistance grandissante dans la communautĂ© mĂ©dicale et scientifique. La premiĂšre: les stocks de Tamiflu (ou du moins une partie d’entre eux) n’ont-ils pas dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© leur dĂ©lai de pĂ©remption ? La seconde : comment interprĂ©ter les rĂ©sultats de diffĂ©rents travaux dĂ©montrant que des virus grippaux A(H1N1) sont, en moins de deux ans, devenus massivement rĂ©sistants Ă  ce mĂ©dicament ?

Depuis son siĂšge de Londres l’Agence europĂ©enne du mĂ©dicament (EMEA) a, dans l’aprĂšs-midi du 8 mai, rĂ©pondu par voie de communiquĂ© de presse Ă  la premiĂšre de ces deux questions. Et elle l’a fait, selon moi, avec une assez grande dĂ©sinvolture assez inhabituelle. En clair : vos stocks de Tamiflu sont pĂ©rimĂ©s ? Qu’Ă  cela ne tienne : nous allons augmenter la durĂ©e de vie de votre mĂ©dicament. Et ne jetez surtout pas les boĂźtes ayant dĂ©passĂ© le dĂ©lai de pĂ©remption ou celles qui s’en approchent !

Si la Commission europĂ©enne en est d’accord ce dĂ©lai de pĂ©remption passera de cinq Ă  sept ans. Et l’on voit mal Bruxelles s’opposer ici aux experts de l’EMEA. Mieux ces experts estiment que, le cas Ă©chĂ©ant, le Tamiflu pourra ĂȘtre prescrit aux enfants ĂągĂ©s de moins d’un an (ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes) ce qui Ă©tait jusqu’Ă  prĂ©sent formellement contre-indiquĂ©. Les experts de l’EMEA expliquent encore qu’en cas de pandĂ©mie les « bĂ©nĂ©fices » Ă©ventuels d’une telle utilisation du Tamiflu sont de nature Ă  dĂ©passer les « risques » encourus jusqu’alors pris en compte pour commercialiser au mieux la molĂ©cule pharmaceutique. Lire la suite.

stopp

20:35 > Elevage industriel et nouveaux virus : une vraie question

L’irruption de la grippe A, au-delà des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, devrait nous interroger sur les causes d’une telle situation :

Les Ă©levages industriels hors-sol de porcs ou volailles soumis Ă  des traitements antibiotiques quasiment continus constituent des milieux propices Ă  l’apparition de virus nouveaux et de bactĂ©ries rĂ©sistantes aux antibiotiques. La rĂ©gion de l’élevage de la Gloria, au Mexique, d’oĂč provient l’apparition chez l’homme de ce virus correspond Ă  ce modĂšle. Et l’élevage porcin en Bretagne est sensiblement du mĂȘme type. Lire la suite.

21:10 > Merci Ă  tous nos amis bloggeurs qui ont repris les infos de cette page depuis ce matin ;)

Changement climatique ; Citoyens du Monde ; DiablogTimes ; Rodion Raskolnikov ; Serge Adam , Blog Seniors ; Vigi-Infos ; news.stcom

21:40 > Le nombre de personnes contaminĂ©es par le virus de la grippe A (H1N1) aux Etats-Unis s’Ă©levait dimanche Ă  2.532, a annoncĂ© le Centre de contrĂŽle et de prĂ©vention des maladies (CDC).

Lundi 11 mai > Le Mexique sacrifié ?

La situation au Mexique est inexplicable. Le gouvernement s’obstine Ă  rĂ©ouvrir les Ă©tablissements publics alors que tout dĂ©montre que la situation dans plusieurs rĂ©gions du pays connait une expansion importante des cas de A/H1N1. Tout semble ĂȘtre fait comme si il y avait un volontĂ© manifeste  pour que la contagion gagne du terrain. Pour couronner le tout, le MinistĂšre de la santĂ© a refusĂ© de donner sa confĂ©rence quotidienne sur la situation de l’Ă©pidĂ©mie. A la veille de la rĂ©ouverture des Ă©coles, ça tombe plutĂŽt mal… Que cherche Ă  faire exactement le gouvernement mexicain ?

fema-camp

00:05 > Peut-ĂȘtre un dĂ©but de rĂ©flexion : Nous avions expliquĂ©, il y a quelques jours, comment les CDC et l’OMS ont pris le contrĂŽle de la santĂ© au Mexique. Or, ce pays s’est fait livrĂ© 1 million de doses de Tamiflu la semaine derniĂšre (400′000 venant des USA, 100′000 de la France et le reste des rĂ©serves de l’OMS). Si tous pensaient que la situation Ă©tait sous contrĂŽle, et mĂȘme en voie de stabilisation, ces livraisons au Mexique n’auraient pas lieu d’ĂȘtre. Sauf si on se livre Ă  une expĂ©rience grandeur nature afin de voir si le virus peut-ĂȘtre stoppĂ© de front plutĂŽt qu’en paralysant toute l’Ă©conomie d’un pays pendant plusieurs semaines. Le Mexique serait alors le laboratoire de ce qui sera ou ne sera pas fait aux Etats-Unis et partout ailleurs oĂč le virus s’Ă©tend. Cela expliquerait les mensonges de Calderon, prĂȘt a sacrifier un certain nombres de ces concitoyens sur l’autel de l’Ă©conomie mondiale.

Vous en doutez ? Pas nous ! (Mecanopolis + Redamex)

Poursuivre avec cet article. (Merci Ă  Redamex)

00:15 > NAOMI KLEIN ET LA CRISE FINANCIÈRE – 1 -
envoyé par Mecanopolis

Partie 2 et partie 3


06:30> Mexique : Le SecrĂ©taire fĂ©dĂ©ral de la SantĂ©, JosĂ© Angel Cordova Villalobos, a reconnu que « l’Ă©ventualitĂ© qu’apparaisse de nouveaux cas d’infection du virus de la grippe reste possible mais la phase de stabilisation se poursuit« . Comment on dit dĂ©jĂ … ? Hijo de la Chingada !!!

Source : elmanana.com.mx

18:30 > Une mĂ©gaporcherie Ă©tats-unienne installĂ©e au Mexique et l’apparition de la grippe porcine

Le 20 mars dernier, alors que l’existence du virus de la grippe porcine n’était pas encore connue, Bertha Crisostomo, agente municipale de La Gloria, un quartier de la municipalitĂ© de Perote (État de Veracruz), sollicita l’appui du ministĂšre de la SantĂ© de Mexico concernant une explosion d’infections respiratoires qui affectaient 60% des 3000 habitants de l’arrondissement, soit 1600 personnes.

Également, un reportage publiĂ© par la revue Milenio, avant que soit connu l’origine de cette explosion, dĂ©crivait comment plusieurs familles avaient Ă©tĂ© victimes d’infections gastro-intestinales et respiratoires, symptĂŽmes typiques de la grippe.

JosĂ© Luis Martinez, un rĂ©sidant de La Gloria, de 34 ans, dit qu’il a appris de quoi il s’agissait par les mĂ©dias qui dĂ©crivaient la grippe porcine et ses symptĂŽmes : fiĂšvre, toux, douleurs dans les articulations, migraines et dans certains cas, vomissements et diarrĂ©es. « Quand on a vu ça Ă  la tĂ©lĂ©vision, dit-il, on s’est dit : c’est ça que nous avons. »

A ces doutes populaires, s’est ajoutĂ© la confirmation d’une firme de consultants Ă©tats-unienne spĂ©cialisĂ©e dans la biosurveillance, Veretech Corporation, qui a identifiĂ© une communautĂ© de Perote comme Ă©tant le lieu de l’apparition du nouveau virus de l’influenza. Lire la suite.

18:45 > SymptĂŽmes respiratoires chez 555 voyageurs entrĂ©s en Chine. Lire l’article.

19:00 > Publicités informatives des CDC diffusées depuis ce matin aux USA :

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Mardi 12 mai > Le A/H1N1 pourrait faire 30′000 morts en France

PrĂšs de 35% de la population française pourrait ĂȘtre touchĂ©e par la grippe porcine, ce qui pourrait entraĂźner 30.000 morts, a affirmĂ© lundi Antoine Flahaut, Ă©pidĂ©miologiste et directeur de l’Ecole des hautes Ă©tudes en santĂ© publique (EHESP) Ă  Rennes lors d’une confĂ©rence.

« Il pourrait y avoir 30.000 dĂ©cĂšs en France », a affirmĂ© M. Flahaut au cours d’une confĂ©rence donnĂ©e Ă  l’EHESP, en Ă©voquant le scĂ©nario qu’il estime le plus probable de l’Ă©volution de la pandĂ©mie de la grippe A (H1N1).

Selon ce scĂ©nario, le pic se fera sentir « aprĂšs l’Ă©tĂ© » et pourrait toucher « 35% de la population ». En comparaison, la grippe saisonniĂšre fait selon lui en moyenne 6.000 morts par an.

InterrogĂ©e lundi soir sur France 3 sur ces dĂ©clarations, la ministre de la santĂ© Roselyne Bachelot a indiquĂ© que M. Flahaut avait « dĂ©crit un des scĂ©narios tout Ă  fait possibles », mais que « l’ensemble de la communautĂ© des experts mĂ©dicaux est encore en recherche sur ce qui va se passer ».

« Nous sommes trĂšs attentifs Ă  ce qui se passe dans l’hĂ©misphĂšre sud, oĂč on va ĂȘtre en hiver », a dit encore Mme Bachelot. « Cela va prĂ©sager sans doute de ce qui va passer dans l’hĂ©misphĂšre nord Ă  l’automne », a-t-elle ajoutĂ©.

M. Flahaut ne croit pas à un scénario de type SRAS, avec des symptÎmes apparaissant chez toutes les victimes et des hospitalisations systématiques. Selon lui, en moyenne, la moitié des personnes infectées par le H1N1 ne ressentent pas les symptÎmes de la maladie.

Il ne croit pas non plus au scĂ©nario de type grippe espagnole de 1918/1919 qui aurait fait selon l’OMS au moins 40 millions de dĂ©cĂšs dans le monde en raison d’un taux trĂšs Ă©levĂ© « de 1 Ă  3% de cas de mortalitĂ© par rapport aux cas infectĂ©s ».

En revanche, il rapproche plutĂŽt la pandĂ©mie actuelle de la grippe de Kong-Kong de 1968. « En 1968, il y a eu 30.000 morts, on ne l’avait pas vu, lĂ  on le verra », a-t-il dit devant des Ă©tudiants.

« Pour le moment en France, nous n’avons que des cas d’importation, mais je ne serais pas Ă©tonnĂ© que des gens qui n’ont pas eu les symptĂŽmes aient transmis » la maladie, a-t-il ajoutĂ©.

« Il s’agit d’un virus qui se transmet comme les autres, il n’est pas exceptionnel, il fait sa besogne », a-t-il expliquĂ©. En moyenne, a-t-il ajoutĂ©, une personne contagieuse transmet la grippe Ă  deux autres personnes.

« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », a-t-il expliquĂ©. « 35% de la population malade, cela peut gripper le systĂšme, notamment le systĂšme de santĂ© », a-t-il poursuivi.

« La pandĂ©mie, nos pays s’en sortiront sans grands dĂ©gĂąts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent dĂ©jĂ , par exemple ceux qui ont des emplois prĂ©caires », a-t-il encore dit.

Concernant le vaccin, l’OMS doit se prononcer le 14 mai, a affirmĂ© M. Flahaut. Elle devra choisir entre faire entrer le H1N1 souche nord-amĂ©ricaine dans le vaccin de la grippe saisonniĂšre ou faire un vaccin dirigĂ© contre la pandĂ©mie, a-t-il rappelĂ©.

« Mon sentiment est qu’ils vont faire un vaccin pandĂ©mique », a-t-il ajoutĂ© sachant que « le nouveau virus est ultra-compĂ©titif et chassera tous les autres ». « En janvier, il n’y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura Ă©tĂ© dĂ©gommĂ© », a-t-il ajoutĂ©.

« Chaque nation va dĂ©cider de sa politique et cela ne va pas ĂȘtre triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore dĂ©clarĂ© M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonniĂšre, les personnes ĂągĂ©es et les plus fragiles, soit on veut faire barriĂšre au virus et on vaccine les personnes stratĂ©giques, mais c’est qui les personnes stratĂ©giques ? », s’est-il interrogĂ©. Source : France24

02:30 > A/H1N1 : 23′000 personnes seraient contaminĂ©es au Mexique

Quelque 23.000 personnes ont Ă©tĂ© contaminĂ©es au Mexique par le virus de la grippe A(H1N1), estime un rapport publiĂ© lundi en ligne par la revue « Science ». Ce nombre est beaucoup plus important que celui des cas confirmĂ©s officiellement dans le pays.

Le rapport, Ă©tabli par la cellule sur les pandĂ©mies de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), qui comprend notamment les Centres de contrĂŽle et de prĂ©vention des maladies amĂ©ricains (CDC), estime Ă  23.000 les personnes contaminĂ©es au Mexique par le virus. C’est dans ce pays que l’OMS avait repĂ©rĂ© l’Ă©ruption d’une Ă©pidĂ©mie de grippe porcine en avril.

Selon un dernier bilan, le nombre officiel de cas confirmĂ©s au Mexique s’Ă©lĂšve Ă  2003 et celui des morts Ă  56. Au Mexique, comme dans le reste du monde, « les cas confirmĂ©s de A(H1N1) ne reprĂ©sentent que la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », a relevĂ© lundi Anne Schuchat, directrice adjointe par intĂ©rim de la santĂ© publique aux CDC, lors d’une confĂ©rence de presse.

Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test, souligne Mme Schuchat. (ATS) Source : swissinfo.ch

Merci a Redamex de nous avoir fait parvenir cette info qui confirme, comme nous l’affirmons sur Mecanopolis depuis 10 jours, que les chiffres avancĂ©s par le gouvernement mexicain ne correspondent en rien Ă  la rĂ©alitĂ©.

20:20 > Sanofi Pasteur se prépare à affronter une pandémie

Sanofi Pasteur, leader mondial des vaccins, a assurĂ© mardi qu’il se “prĂ©parait Ă  affronter une pandĂ©mie” de grippe A et attendait l’envoi par l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) de la souche du virus pour fabriquer le vaccin.

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”Nous n’avons pas encore reçu de souche de l’OMS, mais c’est une question de jours et on va se prĂ©parer pour produire un vaccin en masse”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Albert Garcia, Ă©pidĂ©miologiste et porte-parole de Sanofi-Pasteur.

M. Garcia s’exprimait en marge de la cĂ©rĂ©monie de pose de la premiĂšre pierre de l’usine destinĂ©e Ă  produire le futur vaccin contre la dengue, Ă  Neuville-sur-SaĂŽne (RhĂŽne).

”Nous ne sommes pas en phase pandĂ©mique, mĂȘme si le virus H1N1 de la grippe A a tous les profils d’un virus pandĂ©mique, mais on se prĂ©pare Ă  affronter une pandĂ©mie”, a soulignĂ© l’épidĂ©miologiste.

”Aujourd’hui on se prĂ©pare Ă  l’éventualitĂ© d’une rĂ©surgence” de la grippe A, mais on n’a aucun moyen fiable de mesurer sa virulence”, a observĂ© le Dr Elias Zerhouani, conseiller Science et Technologie de Sanofi.

”La capacitĂ© mondiale de production (d’un vaccin) est encore limitĂ© et tous les investissements dans ce domaine sont nĂ©cessaires”, a-t-il dit.

De son cĂŽtĂ©, le directeur-gĂ©nĂ©ral de Sanofi-Aventis, Christopher Viehbacher, a soulignĂ© que le groupe disposait de trois usines dans le monde –deux aux Etats-Unis et une en France– pour la fabrication de vaccins contre la grippe saisonniĂšre, qui fait 30.000 morts chaque annĂ©e.

Seuls les deux sites amĂ©ricains sont capables de produire en mĂȘme temps un vaccin contre la grippe A, a-t-il soulignĂ©.

ArrĂȘter en France la fabrication du vaccin contre la saisonniĂšre pour celui contre la grippe A constitue “une vraie question de santĂ© publique”. “Ce n’est pas Ă  nous de la prendre, mais Ă  l’OMS”, a-t-il dit.

Treize cas de grippe d’origine porcine A (H1N1) Ă©taient confirmĂ©s en France mardi en fin de matinĂ©e, sept Ă©tant considĂ©rĂ©s comme probables et 32 autres possibles Ă©taient en cours d’investigation, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans le monde, l’épidĂ©mie de grippe A a franchi le seuil des 5.000 cas confirmĂ©s mardi, dont 61 morts, selon l’organisation mondiale de la santĂ© (OMS), et 3 nouveaux pays, la Finlande, la ThaĂŻlande et Cuba, ont annoncĂ© avoir dĂ©tectĂ© la prĂ©sence du virus.

Merci Ă  « Je Tousse » pour cette info.

20:20 > L’OMS craint une rĂ©sistance aux antiviraux

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) craint une rĂ©sistance du virus de la grippe porcine aux antiviraux se fondant sur « les signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonniĂšre constatĂ©s l’annĂ©e derniĂšre, a annoncĂ© mardi l’un de ses experts en pandĂ©mie.

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« Nous sommes confrontĂ©s au risque de rĂ©sistance des virus » (aux antiviraux), a expliquĂ© Nikki Shindo au cours d’une confĂ©rence de presse tĂ©lĂ©phonique.

Le Dr Shindo a fait valoir que l’annĂ©e derniĂšre la grippe saisonniĂšre avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral produit par le laboratoire suisse Roche et recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper aprĂšs son passage dans l’hĂ©misphĂšre Sud oĂč l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’ONU.

Le dĂ©veloppement d’un vaccin contre cette grippe atypique, qui a contaminĂ© plus de 5.200 personnes dans le monde, dont 61 sont mortes, a Ă©tĂ© motivĂ© par cette crainte, a encore expliquĂ© le Dr Shindo.

L’OMS a convoquĂ© jeudi un comitĂ© d’experts qui sera chargĂ© d’Ă©tudier les modalitĂ©s de production de ce vaccin.

En attendant et en dĂ©pit du risque de rĂ©sistance, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine derniĂšre quelque 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays dont le Mexique.

Roche a Ă©galement annoncĂ© mardi qu’il offrait 5,65 millions de doses supplĂ©mentaires de son mĂ©dicament phare. Le laboratoire bĂąlois prĂ©voit Ă©galement d’augmenter ses capacitĂ©s de production de l’antiviral, dont il va produire 110 millions de traitements pendant les cinq prochains mois.

« Nous ne sommes qu’au commencement de l’Ă©pidĂ©mie », a par ailleurs estimĂ© l’expert de l’OMS, prĂ©cisant que l’organisation ne s’expliquait toujours pas pourquoi les cas les plus graves avaient Ă©tĂ© enregistrĂ©s au Mexique.

« Pour l’instant, les donnĂ©es des Etats-Unis et du Mexique suggĂšrent que 9 Ă  10% des cas confirmĂ©s ont nĂ©cessitĂ© une hospitalisation (…) ce qui est clairement diffĂ©rent de ce que nous voyons avec une grippe saisonniĂšre, a encore soulignĂ© le Dr Shindo.

Alors que le nombre de cas de grippe porcine a franchi mardi le seuil des 5.000 malades avec 5.251 cas confirmĂ©s, dont 61 morts, dans 30 pays, selon le dernier bilan de l’OMS, le Dr Shindo a indiquĂ© que l’organisation prĂ©parait un guide de conseils pour les personnels mĂ©dicaux des pays touchĂ©s par la maladie.

21:00 > Le A/H1N1 est un virus pandémique

Les caractĂ©ristiques de l’épidĂ©mie provoquĂ©e par la nouvelle souche de grippe A(H1N1), dite grippe porcine ou mexicaine, correspondent Ă  ce qui est connu des premiers stades d’une pandĂ©mie de grippe, selon une analyse publiĂ©e aujourd’hui par une Ă©quipe internationale dans la revue Science.

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Neil Ferguson (de l’Imperial College London, GB) et ses collĂšgues Ă©pidĂ©miologistes et virologues Ă©valuent que l’épidĂ©mie de grippe A(H1N1) a commencĂ© au Mexique Ă  la mi-fĂ©vrier et qu’Ă  la fin du mois d’avril prĂšs de 23.000 personnes avaient Ă©tĂ© infectĂ©es par ce virus au Mexique et 91 en Ă©taient mortes. Un grand nombre de cas modĂ©rĂ©s de grippe ayant certainement Ă©chappĂ© au recensement, le nombre rĂ©el pourrait aller jusqu’à 32.000 cas.

Les chercheurs estiment que le taux de mortalitĂ© est compris entre 0,3% et 1,5% au Mexique et qu’il est vraisemblablement de 0,4% en moyenne (4 morts pour 1.000 cas).

Pour ce qui est de la vitesse de transmission du virus, ils estiment qu’il y a eu 1,2 Ă  1,6 cas secondaire en moyenne pour une personne infectĂ©e. Ce qui est plus Ă©levĂ© que dans le cas d’une grippe saisonniĂšre, au cours de laquelle 10 Ă  15% de la population est infectĂ©e, mais est plus faible que dans le cas d’une pandĂ©mie qui touche 20 Ă  30% de la population.

«Le virus se rĂ©pand Ă  un rythme attendu pour les premiers stages d’une grippe pandĂ©mique», commente Neil Fergusson. «Jusqu’à prĂ©sent, il a suivi un schĂ©ma trĂšs semblable Ă  celui de la pandĂ©mie de 1957, en termes de nombre de personnes infectĂ©es et de pourcentage de cas mortels». Moins dangereux que le virus de la grippe espagnole, ce nouveau virus doit cependant rester sous surveillance, dit-il. L’épidĂ©mie de 1957 a fait 2 millions de morts dans le monde, selon les estimations de l’OMS, alors que la grippe saisonniĂšre cause 250.000 Ă  500.000 dĂ©cĂšs annuellement.

Nous devons ĂȘtre prĂ©parĂ©s, particuliĂšrement pour l’automne. Actuellement, le virus ne se rĂ©pand pas facilement dans l’hĂ©misphĂšre nord parce que nous sommes Ă  l’extĂ©rieur de la saison normale de grippe, explique-t-il. La grippe pourrait atteindre son « plein potentiel pandĂ©mique » dans les six Ă  neuf prochains mois.

Mercredi 13 mai > La partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg

Le nombre de cas confirmĂ©s dans le monde pourrait n’ĂȘtre que « la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », et le nombre de cas rĂ©els bien plus Ă©levĂ© que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandĂ©mies de l’OMS.

Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.224.

L’OMS a mis en garde contre une rĂ©sistance du virus de la grippe A (H1N1) aux antiviraux se fondant sur les « signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonniĂšre constatĂ©s l’an dernier.

Le Dr Nikki Shindo, expert en pandĂ©mies, a fait valoir que l’annĂ©e derniĂšre la grippe saisonniĂšre avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper aprĂšs son passage dans l’hĂ©misphĂšre Sud oĂč l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’OMS.

En attendant le dĂ©veloppement d’un vaccin et en dĂ©pit de ces craintes, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine derniĂšre 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays, dont le Mexique.

01:00 > «Un tiers de l’humanitĂ© pourrait ĂȘtre infectĂ©e»

Si le virus de la grippe A (H1N1) maintient sa vitesse de propagation actuelle, un tiers de l’humanitĂ© pourrait ĂȘtre infectĂ©e. Un rapport d’experts rendu public par Science lundi soir estime ainsi pour la premiĂšre fois le potentiel pandĂ©mique du nouveau virus de la grippe. Il donne raison Ă  l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) qui, le 29 avril, a relevĂ© son niveau d’alerte, le plaçant au stade de «pandĂ©mie imminente». Mais il faudra sans doute attendre l’automne pour que l’épidĂ©mie atteigne l’hĂ©misphĂšre Nord.

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Le virus va «vraisemblablement se propager autour du monde dans les six Ă  neuf mois Ă  venir», a dĂ©clarĂ© un des auteurs de l’étude, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres. «Quand il le fera, il affectera environ un tiers de la population mondiale.» Mais «cen’est pas le scĂ©nario catastrophique que craignait le monde avec la grippe aviaire», a-t-il prĂ©cisĂ©.

Quel vaccin produire?

Bien qu’il perdure une bonne dose d’incertitudes, le nouveau virus semble ĂȘtre moins sĂ©vĂšre que son cousin de 1918, mais comparable Ă  celui de 1957, estime le rapport. A cette Ă©poque, l’épidĂ©mie avait fait trois Ă  quatre millions de morts.

L’expert se refuse toutefois Ă  donner une estimation du nombre de morts possible. «Je ne prĂ©dis pas 3 Ă  4 millions de morts, a prĂ©cisĂ© Neil Ferguson au quotidien The Gua rdian.

Le monde est diffĂ©rent aujour­d’hui. Il est plus peuplĂ©, mais le systĂšme de soins est aussi meilleur.» Et de rappeler que l’OMS doit dĂ©cider cette semaine de faire entrer le H1N1 souche nord-amĂ©ricaine dans le vaccin de la grippe saisonniĂšre ou de faire un vaccin dirigĂ© contre la pandĂ©mie.

Une chose est sĂ»re, le virus est plus contagieux que la grippe saisonniĂšre, a rappelĂ© l’OMS. Lorsque cette derniĂšre sĂ©vit, une personne en contact avec un malade a entre 5 et 15% de risque d’ĂȘtre infectĂ©e. Avec le nouveau virus, cette proportion grimpe entre 22 et 33%.

Les experts, travaillant en collaboration avec l’OMS, se sont concentrĂ©s essentiellement sur les donnĂ©es mexicaines, le virus Ă©tant parti du Mexique. En analysant les mouvements de voyageurs, le nombre de cas confirmĂ©s dans le monde, les chercheurs sont arrivĂ©s Ă  la conclusion que, fin avril, entre 6000 et 32 000 personnes ont Ă©tĂ© contaminĂ©es.

Données incomplÚtes

Selon les travaux publiés, la grippe dite mexicaine tue entre 0,4% et 1,4% de ses victimes. Le professeur Neil Ferguson reconnaßt toutefois que les données sont encore incomplÚtes.

Enfin, les chercheurs ont confirmĂ© que le virus est apparu pour la premiĂšre fois mi-fĂ©vrier dans le village de La Gloria, Veracruz, oĂč 61% de la population de plus 15 ans a souffert de maladie respiratoire sĂ©vĂšre.

Source : Tribune de GenĂšve, 13 mai, 00:13

19:10 > Le H1N1 porcin dĂ©passe la grippe saisonniĂšre aux États-Unis
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

Le rapport de la semaine 17 du CDC Ă  propos de la grippe saisonniĂšre aux États-Unis est frappant. La courbe normale en forme de cloche de cas dĂ©tectĂ©s par les laboratoires sentinelles du CDC a soudainement Ă©tĂ© interrompue par une forte augmentation. Quoique la hauteur de la montĂ©e [de la coube] ait Ă©tĂ© poussĂ©e en quelque sorte par une surveillance accrue, attribuable Ă  la dĂ©tection du H1N1 porcin, la composition de la barre reprĂ©sentant la semaine 17 s’est avĂ©rĂ© un signal Ă©vident que la grippe porcine H1N1 a pris l’assault des cas de grippe aux États-Unis. Les donnĂ©es initiales pour l’influenza comportaient respectivement 334 et 300 positifs au H1 et H3, mais il y a eu 326 et 304 isolats de H1N1 porcin ou de l’influenza A intypable (ce qui consiste en du H1N1 porcin n’ayant pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©). La mise Ă  jour des donnĂ©es publiĂ©e cette semaine fut encore plus frappante, avec 370 et 342 isolats respectivement de H1 et H3, alors que le H1N1 porcin et l’influenza A intypable s’Ă©levaient Ă  542 et 259. Ainsi, il est survenu davantage de H1N1 porcin que la combinaison de H1 et H3 de grippe saisonniĂšre.

La montĂ©e des cas de H1N1 porcin a créé un retard de donnĂ©es [backlog] au CDC, ce qui peut ĂȘtre observĂ© dans la carte des cas confirmĂ©s et cas probables (voir la carte des États-Unis). Les tests de confirmation ont Ă©tĂ© confiĂ©s aux laboratoires d’États afin d’Ă©liminer le retard, mais peu de temps aprĂšs, les laboratoires d’État ont admis que les Ă©chantillons testĂ©s n’Ă©taient que la pointe d’un trĂšs grand iceberg, et que les futurs tests se concentreraient uniquement sur les cas les plus graves.

Ce dĂ©placement du H1N1 porcin dans la population humaine demeure une cause de prĂ©occupations. L’augmentation dĂ©passant la grippe saisonniĂšre pourrait ĂȘtre poussĂ©e par le gĂšne PB2 aviaire de l’isolat porcin. La position 627 consiste en un E, qui favorise la croissance Ă  des tempĂ©ratures corporelles supĂ©rieures des oiseaux. La grippe saisonniĂšre possĂšde un K Ă  la position 627, ce qui facilite une reproduction rapide Ă  une tempĂ©rature infĂ©rieure, Ă©tant compatible avec la tempĂ©rature interne d’un nez humain en hiver.

La prĂ©sence d’un PB2 aviaire pourrait offrir un avantage sĂ©lectif au cours de l’Ă©tĂ©, lorsque la grippe saisonniĂšre chutera Ă  des niveaux Ă  peine dĂ©tectables. Toutefois, le H1N1 porcin se dĂ©placera vers le sud au cours des prochains mois, et se dĂ©veloppera dans des conditions plus froides, ce qui pourrait favoriser l’acquisition du [changement] E627K via rĂ©assortiment ou recombinaison. Ce changement pourrait gĂ©nĂ©rer un H1N1 plus virulent Ă  l’automne dans l’hĂ©misphĂšre nord.

Ainsi, le H1N1 porcin pourrait dĂ©ployer deux stratĂ©gies de virus. Le H1N1 avec un PB2 aviaire dominerait l’hĂ©misphĂšre nord au cours de l’Ă©tĂ©, alors que le H1N1 de l’hĂ©misphĂšre sud ferait l’acquisition du [changement] E627K, et Ă©tablirait la dominance au cours des mois d’hiver.

Ainsi, la propagation du H1N1 porcin s’effectue en vitesse supĂ©rieure, alors que l’OMS est encore Ă  dĂ©battre si le H1N1 porcin est un H1N1 porcin, et si une pandĂ©mie de phase 6 est rĂ©ellement Ă  la phase 6.

Le H1N1 porcin ne lit pas les communiquĂ©s de presse de l’OMS.

Il ne fait qu’acquĂ©rir de l’efficacitĂ© de transmission via recombinaison homologue.

23:00 > Comme nous l’indiquions hier, plusieurs centres de recherches indiquent que le virus A/H1N1 aurait dĂ©jĂ  mutĂ©.

Lire : Swine Flu: It’s a Mutation, But What Does it Mean? et Estudian nuevo virus que serĂ­a peor que el H1N1

Jeudi 14 mai > La grippe A (H1N1): une erreur humaine?

Adrian Gibbs, 75 ans, soutient qu’il prĂ©voyait publier un rapport montrant que cette pandĂ©mie de grippe aurait possiblement Ă©voluĂ© dans des oeufs utilisĂ©s pour crĂ©er des virus pour des recherches scientifiques et pour le dĂ©veloppement de vaccins.

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Le spécialiste a dit que sa découverte permettrait de mieux comprendre la capacité du virus à se propager.

Si les recherches d’Adrian Gibbs s’avĂšrent vĂ©ridiques, l’OMS estime que cela posera nombre de questions sur le virus de la grippe A (H1N1).

Par exemple, est-ce que ce virus a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© pour un vaccin ou dans le cadre d’une recherche? Est-ce qu’il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© par accident ou par exprĂšs? Quelles en sont les circonstances? s’est demandĂ© un spĂ©cialiste de l’OMS citĂ© par l’agence de presse Bloomberg.

Tout de mĂȘme, un centre pour le contrĂŽle et la prĂ©vention des maladies Ă  Atlanta, aux États-Unis, a analysĂ© le rapport et conclut qu’aucune preuve ne peut confirmer les conclusions du chercheur australien.

Source : Bloomberg

Merci Ă  notre ami Antoine de nous avoir fait parvenir cette info.

21:00 > Qui a laissé échapper le virus A/H1N1 ?

Bien qu’il n’y ait aucune preuve formelle permettant d’affirmer qu’il s’agit d’un virus créé de toutes piĂšces et qui aurait Ă©tĂ© rĂ©pandu volontairement pour rĂ©duire la population mondiale, a expliquĂ© LaRouche, cette hypothĂšse n’est pas Ă  exclure au vu des intentions criminelles de certains courants au sein de l’oligarchie financiĂšre britannique. Lire la suite > solidariteetprogres.org

21:00 > INFORMATION A CONFIRMER : Selon une de nos  sources 636,000 étudiants et prof mexicains retournés à la maison pour symptÎmes apparentés à grippe A(H1N1).

Notre source semble ĂȘtre fiable, mais nous cherchons a recouper l’information.

21:25 > Selon le rapport du SecrĂ©tariat de l’éducation publique (SEP), 636′000 Ă©tudiants et 406 enseignants ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s dans leurs foyers, tout en prĂ©sentant des symptĂŽmes de maladies respiratoires ou Ă©taient absents de leurs Ă©coles, qui a plus que doublĂ© le nombre de les membres de la communautĂ© scolaire de maladie, l’a enregistrĂ©, mardi dernier, leur nombre Ă©tait de 259 mille 592. 91′000 Ă©lĂšves  seraient atteint des symptĂŽmes de la grippe : forts et intenses maux de tĂȘte, forte fiĂšvre et douleurs musculaires. Lire l’article.

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22:25 > Le leader cubain Fidel Castro a accusĂ© jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d’ĂȘtre responsables de l’ »expansion fulgurante » de la grippe porcine alors que ces pays Ă©taient, selon lui, au courant de l’apparition du virus A(H1N1) bien avant que l’alerte ne soit donnĂ©e.

« L’expansion fulgurante (de la grippe porcine) aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e », Ă©crit l’ancien prĂ©sident cubain Fidel Castro, 82 ans, dans un commentaire qui a Ă©tĂ© lu Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale et publiĂ© sur le site internet cubadebate.cu.

« Serait-il possible qu’au Mexique, les 16 et 17 avril », lors de la visite du prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama, « personne ne savait un mot du cadeau qui serait fait au monde six jours plus tard? », se demande Fidel Castro, qui a cĂ©dĂ© le pouvoir en 2006 Ă  son frĂšre Raul pour des raisons de santĂ©.

« Pas mĂȘme les services de renseignement des Etats-Unis, experts en information, ne savaient ce qui Ă©tait sur le point d’arriver? », ajoute-t-il en relevant qu’Obama avait retrouvĂ© le dirigeant mexicain Felipe Calderon ainsi que le Canadien Stephen Harper au Sommet des AmĂ©riques de TrinitĂ©-et-Tobago, les 18 et 19 avril.

Le gouvernement mexicain a donnĂ© l’alerte le 23 avril aprĂšs qu’un laboratoire canadien eut diagnostiquĂ© officiellement le premier le virus A (H1N1) sur la base d’Ă©chantillons en provenance du Mexique.

« Ce n’est pas une faveur du gouvernement du Mexique au monde comme certains le prĂ©tendent. Il faudrait maintenant remercier les trois pays associĂ©s au traitĂ© de libre-Ă©change », le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, poursuit Castro.

Le journal mexicain La Jornada a rapporté, selon Fidel Castro, que dÚs le 5 avril des mesures sanitaires avaient été prises dans le village mexicain de la Gloria en raison de la grippe porcine.

Fidel Castro avait dĂ©jĂ  accusĂ© lundi les Mexicains d’avoir cachĂ© l’apparition de l’Ă©pidĂ©mie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans leur pays. Ce qui a suscitĂ© des dĂ©nĂ©gations outrĂ©es de la part des autoritĂ©s mexicaines.

Samedi 16 mai > Chers Amis,

Encore une page saturée sur le sujet du A/H1N1. Nous en placerons une nouvelle durant le week-end, le temps de compiler les nombreuses informations qui nous sont parvenues ces derniÚres 24h

12:00 > L’OMS lance un avertissement : la liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’alourdit dans le monde

La liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’est alourdi le 15 mai dans le monde. Jusqu’au 17h du 16 mai (heure de Beijing), en total, 8461 cas sont confirmĂ©s dans 38 pays du monde. Le jour mĂȘme, Margaret Chan, directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, a averti en disant que le virus de la grippe AH1N1 continerait Ă  se propager sur le globe, dont les consĂ©quences varieraient selon les cas inconnus. Source > french.cri.cn

12:30 > Plus de 100′000 cas aux USA, selon les CDC

Le nombre rĂ©el de cas de grippe porcine aux États-Unis pourrait ĂȘtre « de plus de 100.000″, a  indiquĂ© un haut fonctionnaire de la santĂ© publique, ce qui est de loin plus Ă©levĂ© que les chiffres officiels de 7′415 cas confirmĂ©s par les laboratoires.

Le Dr Daniel Jernigan, chef de l’Ă©pidĂ©miologie de la grippe pour les Centers for Disease Control and Prevention, a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que le nombre officiel donne une image inexacte de l’Ă©pidĂ©mie. Lire la suite.

Chers amis, avec un peu de retard, nous déménageons cette page sur le nouvel éditorial de Mecanopolis :

Le monde serait-il devenu une vaste porcherie ?


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mai 02 2009

Virus H1N1, une mine d’or sur les marchĂ©s boursiers pour les sociĂ©tĂ©s de biotechnologie

Par Michel Chossudovsky

Soutenu par la dĂ©sinformation des mĂ©dias, une atmosphĂšre de peur et d’intimidation s’est propagĂ©e. Des situations « d’urgence » sanitaires ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©es dans diffĂ©rentes rĂ©gions du monde. Les mĂ©dicaments les plus recherchĂ©s contre la grippe sont le Tamiflu et le Relenza. La course aux traitements a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e par le gouvernement des États-Unis en rendant disponible ses rĂ©serves nationales « pour s’assurer que les fournisseurs de soins de santĂ© soient prĂȘts Ă  toute Ă©ventuelle intensification. »

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Le Tamiflu est fabriquĂ© par la gĂ©ante sociĂ©tĂ© pharmaceutique suisse Hoffman-La Roche pour le compte d’une entreprise de biotechnologie basĂ©e aux États-Unis, Gilead Sciences Inc. Alors que le mĂ©dicament est fabriquĂ© par Roche, il a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par Gilead Sciences Inc qui en dĂ©tient les droits de propriĂ©tĂ© intellectuelle.

L’ancien secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense, Donald Rumsfeld, Ă©tait l’un des principaux actionnaires de Gilead Sciences Inc. En 1997, Rumsfeld a Ă©tĂ© nommĂ© prĂ©sident de Gilead Sciences Inc, un poste qu’il a occupĂ© jusqu’Ă  ce qu’il devienne secrĂ©taire de la DĂ©fense dans l’administration Bush en 2001. Rumsfeld Ă©tait membre du conseil d’administration de Gilead en 1987.

Dans un reportage publiĂ© au plus fort de la crise de la grippe aviaire en 2005, Fortune Magazine a dĂ©crit Gilead comme l’une des entreprises les plus politiquement connectĂ©es dans le secteur de l’industrie biotechnologique. Les intĂ©rĂȘts et/ou les avoirs de Rumsfeld dans Gilead Ă  la suite de sa dĂ©mission en 2006, ne sont pas connus.

Les valeurs boursiĂšres

Le prix de l’action de Gilead sur le New York Stock Exchange (NYSE) a augmentĂ© considĂ©rablement depuis l’annonce de l’Ă©pidĂ©mie de grippe porcine au Mexique.

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« Le gouvernement Ă©tasunien a dĂ©gagĂ© un quart de ses stocks de mĂ©dicaments aprĂšs avoir dĂ©clarĂ© une situation d’urgence sanitaire nationale avec 40 cas confirmĂ©s en laboratoire de grippe porcine. Sept de ces cas sont en Californie, 28 dans la ville de New York, deux au Texas et deux au Kansas, et un dans l’Ohio.

Le Mexique a augmentĂ© le nombre soupçonnĂ© de victimes depuis l’apparition de la grippe Ă  149 personnes – il est confirmĂ© que 20 cas sont dus Ă  la grippe porcine – et ils ont fermĂ© toutes les Ă©coles jusqu’au 6 mai. PrĂšs de 2,000 personnes y ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es avec de graves cas de pneumonie.

Les antiviraux sont des mĂ©dicaments actifs d’ordonnance contre le virus de la grippe, y compris les virus de grippe porcine, selon les Centres de contrĂŽle de la maladie (Centers for Disease Control). Les virus de grippe porcine de type A dĂ©tectĂ©s aux États-Unis et au Mexique semblent ĂȘtre rĂ©sistants Ă  deux antiviraux, soit l’amantadine et la rimantadine, mais les tests de laboratoire indiquent que le virus est sensible au Tamiflu, Ă©galement connu sous le nom de l’oseltamivir, et au Relenza, qui est connu sous le nom de zanamivir.
Le Tamiflu, un antiviral oral approuvĂ© aux États-Unis pour traiter et prĂ©venir les infection au virus de la grippe de type A et B chez des personnes ĂągĂ©es d’un an et plus, est vendu par F. Hoffmann-La Roche Ltd, qui verse des redevances liĂ©es Ă  la vente de ce produit Ă  Gilead. Roche a dĂ©clarĂ© qu’il a 3 millions de boĂźtes de Tamiflu en rĂ©serve – une partie des 5 millions de traitements donnĂ©s Ă  l’organisme de santĂ© des Nations Unies en 2006 – et qu’il peut fournir le mĂ©dicament partout dans les 24 heures. » (San Francisco Business Times, le 27 avril 2009)

Michel Chossudovsky, pour Mondialisation.ca

avr 29 2009

À quoi joue-t-on avec l’immigration ?

Petit historique de l’immigration en France:

« En France, l’immigration est trĂšs ancienne. Elle a surtout concernĂ© des personnes des classes supĂ©rieures jusqu’Ă  la RĂ©volution industrielle, venant notamment dans l’entourage des souverains. L’immigration de travailleurs se fait en rĂ©ponse au malthusianisme des Français, sensible dĂšs le milieu du XVIIIe siĂšcle et les vagues d’immigration nombreuses suivent les phases de croissance Ă©conomique : 1850-1873 (1,5 million de personnes), 1896-1930 (2,5 millions de personnes) et 1945-1975 (4 millions de personnes), soit 25 fois plus que durant les « Grandes Invasions » de la fin de l’AntiquitĂ© et du haut Moyen Âge.

 

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Du milieu du XIXe siĂšcle Ă  1914, les immigrĂ©s sont originaires des pays limitrophes de la France; principalement de Belgique et d’Italie, qui constituent les deux tiers des immigrants, mais aussi d’Allemagne, de Suisse et d’Espagne, qui constituent de 7% Ă  9% des immigrants en France alors qu’on compte moins de 5% de Britanniques, Russes et Austro-Hongrois et que la part des Ă©trangers non europĂ©ens est quasiment nulle. Le recensement de 1851 est le premier Ă  faire apparaĂźtre la catĂ©gorie « Ă©tranger » qui reprĂ©sente alors 1% de la population totale, 2 % vers 1872. Les Belges reprĂ©sentent 40% de cette immigration.

Durant l’Entre-deux-guerres, les Italiens constituent le groupe le plus important, alors que l’immigration des Belges, des Suisses et des Allemands s’attĂ©nue et que celle des Espagnols (rĂ©fugiĂ©s) et des Polonais s’intensifie. Ces derniers prĂ©sentent une nouveautĂ© : ils ne viennent pas d’un pays frontalier. La Seconde Guerre mondiale provoque de nombreux dĂ©parts, environ 300 000 Ă©trangers quittent la France entre septembre 1939 et juin 1940.

AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, jusqu’Ă  la fin des annĂ©es 1960, les tendances prĂ©citĂ©es se maintiennent alors que l’immigration en provenance du Portugal puis du Maghreb et de l’Afrique noire s’intensifie. En 1970, l’immigration connaĂźt une forte croissance non europĂ©enne et maghrĂ©bine. En 1975, les AlgĂ©riens sont le second groupe d’Ă©trangers le plus important en France, avec un taux de 20% des immigrants.

AprĂšs une pĂ©riode au cours de laquelle les pouvoirs publics favorisent l’immigration afin de satisfaire aux besoins de l’Ă©conomie française dans les annĂ©es 1960, la crise Ă©conomique des annĂ©es 1970 les pousse Ă  mettre en place un contrĂŽle des flux migratoires. Ainsi les circulaires Marcellin – Fontanet, en 1972, lient l’attribution d’une carte de sĂ©jour Ă  la possession d’un titre de travail et limitent les rĂ©gularisations. ValĂ©ry Giscard d’Estaing, nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique, stoppe les nouvelles immigrations, sauf les regroupements familiaux qui formeront dĂ©sormais la plus grande partie de l’immigration lĂ©gale. Il propose Ă©galement une prime au retour (le « million StolĂ©ru »). En 1980, la loi Bonnet, qui durcit les conditions d’entrĂ©e sur le territoire français et facilite l’expulsion des immigrĂ©s clandestins, dĂ©clenche des grĂšves de la faim et doit ĂȘtre partiellement suspendue.

En 1981, le nouveau pouvoir socialiste procĂšde Ă  une rĂ©gularisation massive d’immigrĂ©s en situation irrĂ©guliĂšre, assouplit les conditions de sĂ©jour des immigrĂ©s en annulant la loi Bonnet et supprime la prime d’aide au retour. Trois ans plus tard, la loi 84-622 instaure un titre unique de sĂ©jour de dix ans, dissociĂ© du titre de travail. Dans le mĂȘme temps le gouvernement propose Ă  nouveau une aide Ă  la rĂ©insertion des travailleurs Ă©trangers dans leur pays d’origine.

Lors du changement de pouvoir en 1986, le ministre de l’IntĂ©rieur, Charles Pasqua, fait adopter par le Parlement la loi n° 86-1025 du 9 septembre 1986, relative aux conditions d’entrĂ©e et de sĂ©jour des Ă©trangers en France, qui restreint l’accĂšs Ă  la carte de rĂ©sident et facilite les expulsions d’Ă©trangers en situation illĂ©gale. Le 8 octobre, l’expulsion de 101 Maliens dĂ©clenche une vague de protestations. En 1988, l’Office national d’immigration devient l’Office des migrations internationales (en 2005 ses attributions sont reprises par l’Agence nationale d’accueil des Ă©trangers et des migrations (ANAEM).

En 1989, la loi Pasqua est en partie adoucie. Le premier ministre, Michel Rocard, dĂ©clare l’annĂ©e suivante que « la France ne peut accueillir toute la misĂšre du monde, mais il faut qu’elle y prenne sa part ». Le gouvernement crĂ©e le Haut conseil Ă  l’intĂ©gration, organisme consultatif.

Pendant l’Ă©tĂ© 1996, des manifestations en faveur de la rĂ©gularisation des Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre (que leurs dĂ©fenseurs appellent « sans-papiers ») aboutissent Ă  l’occupation de plusieurs bĂątiments publics. En aoĂ»t, la police expulse par la force des Africains qui occupent l’Ă©glise Saint-Bernard, Ă  Paris. En avril 1997, la loi DebrĂ© est abrogĂ©e aprĂšs un mouvement soutenu notamment par des rĂ©alisateurs de cinĂ©ma.

Peu aprĂšs, le nouveau gouvernement de Lionel Jospin lance un nouveau processus de rĂ©gularisation d’Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre.
D’aprĂšs le premier rapport annuel de la Commission europĂ©enne sur la migration et l’intĂ©gration, il est difficile d’obtenir une estimation fiable de la contribution budgĂ©taire nette des immigrants, bien que les immigrants soient soumis aux mĂȘmes obligations fiscales que les Français. Dans son ouvrage le Creuset français (publiĂ© en 1988, mis Ă  jour en 2006), GĂ©rard Noiriel indique, en se basant notamment sur les travaux de Georges Mauco (1977), que les immigrĂ©s ont depuis la deuxiĂšme Guerre mondiale construit 90% des autoroutes françaises, une machine sur sept, et un logement sur deux.

Yves-Marie Laulan, Ă©conomiste et prĂ©sident de l’Institut de gĂ©opolitique des populations, estime le coĂ»t annuel de l’immigration en France Ă  36 milliards d’euros (soit l’Ă©quivalent de 80% du dĂ©ficit public annuel). Son Ă©tude, qui prend en compte le diffĂ©rentiel entre les recettes et les dĂ©penses apportĂ©es par les immigrĂ©s s’appuie notamment sur les travaux des professeurs d’Ă©conomie Jacques Bichot et GĂ©rard Lafay avec comme donnĂ©es principales les dĂ©penses en maintien de l’ordre, de la justice, frais de scolaritĂ©, de santĂ©, formation professionnelle, logement, coĂ»ts supplĂ©mentaires dans les quartiers dits « sensibles », les aides sociales diverses ou le regroupement familial.

Selon une autre Ă©tude de Jacques Bichot pour l’Institut Thomas More, ce coĂ»t serait de 24 milliards d’euros pour l’annĂ©e 2005.
Ces calculs rejoignent en partie ceux plus anciens de Maurice Allais, « prix Nobel » d’Ă©conomie 1988. Celui-ci a calculĂ© que, lorsqu’un travailleur immigrĂ© entre dans un pays, il faut consacrer une Ă©pargne quatre fois supĂ©rieure Ă  son salaire annuel pour construire les Ă©quipements (Ă©cole, logement, hĂŽpital…) dont il a besoin, charge relevant en France de la collectivitĂ©. »

Tiré de Wikipédia

« L’effondrement dĂ©mographique de l’Europe

La population de l’Union europĂ©enne Ă  quinze membres, avant l’Ă©largissement de 2004, se caractĂ©risait dĂ©jĂ  comme Ă©tant la population la plus ĂągĂ©e du monde. En 2004, la part des enfants et jeunes ĂągĂ©s de moins de vingt ans est infĂ©rieure Ă  celle des personnes ĂągĂ©es de plus de soixante ans. Cette situation est rĂ©vĂ©lĂ©e plus encore par la comparaison du rapport dit de vieillissement dĂ©mographique par zone rĂ©gionale.

Ce rapport est Ă©gal au quotient de la « post fĂ©conditĂ© » sur la « prĂ© fĂ©conditĂ© », soit le nombre de seniors (personnes ĂągĂ©es de plus de cinquante ans) sur le nombre d’enfants et jeunes ĂągĂ©s de moins de vingt ans. Pour l’Union europĂ©enne des Quinze – avant l’Ă©largissement donc – ce rapport Ă©tait de 1,5 et, si l’on examine le dĂ©tail du vieillissement par nation, les situations les plus graves sont celles de l’Italie (1,85) et de l’Allemagne (1,7) tandis que la France affiche un rapport de 1,28, donc infĂ©rieur Ă  la moyenne europĂ©enne. Autrement dit, pour les Quinze, la « vieillesse » est dĂ©jĂ  Ă  50 % plus prĂ©sente que la « jeunesse » et pour certains pays, comme l’Italie et l’Allemagne, on tend vers les 2 « seniors » pour 1 jeune.

Regardons ce chiffre en AmĂ©rique du Nord, dans l’espace ALENA. Le rapport y est de 0,74 : ce qui signifie que les personnes ĂągĂ©es de moins de vingt ans sont plus nombreuses encore que celles de plus de cinquante. La dĂ©mographie nord-amĂ©ricaine est donc beaucoup moins dĂ©clinante que celle de l’Europe.

Quant aux zones Ă©conomiquement Ă©mergentes comme l’Inde et la Chine, leur entrĂ©e dans le vieillissement est bien plus rĂ©cente que la nĂŽtre ; la jeunesse y reste nombreuse : en Chine il y a presque deux fois plus de jeunes de moins de vingt ans que de personnes de plus de cinquante (le rapport est de 0,58); trois fois plus en Inde (rapport de 0,34). Enfin, le record de jeunesse est affichĂ© par les pays musulmans (trĂšs contrastĂ©e cependant entre les mondes arabe, turc, asiatique et africain) dont le rapport de vieillissement dĂ©mographique est de 0,22 (soit une « jeunesse » cinq fois plus reprĂ©sentĂ©e que les seniors).

L’effondrement de la fĂ©conditĂ© est un phĂ©nomĂšne qui touche le monde entier, Ă  l’exception toutefois de l’Afrique subsaharienne qui n’est pas encore entrĂ©e dans le processus d’inversion de la pyramide des Ăąges. Mais si le monde entier (sauf l’Afrique noire donc) se trouve dans le processus d’inversion de cette pyramide, il est important de souligner que ce sont les EuropĂ©ens qui y sont entrĂ©s les premiers. Or dans l’histoire, le dĂ©calage temporel entre les diffĂ©rentes aires gĂ©ographiques est dĂ©cisif, car les flux de migrations vont depuis toujours des zones les plus jeunes vers les zones les plus ĂągĂ©es. C’est l’excĂ©dent dĂ©mographique europĂ©en, Ă  la sortie du Moyen Age, qui a provoquĂ© le repeuplement du continent amĂ©ricain Ă  partir du XVIĂšme siĂšcle. IntĂ©ressons-nous donc Ă  ce dĂ©calage temporel entre zones gĂ©ographiques. L’inversion de la pyramide des Ăąges signifie que la part des plus de soixante ans devient supĂ©rieure Ă  celle des moins de vingt ans. DĂšs 1965, la SuĂšde est entrĂ©e dans l’inversion ; l’ensemble de l’Union au dĂ©but des annĂ©es 1980, la Russie en 1995, l’ALENA et la Chine devraient y entrer autour de 2010, l’Afrique du Nord autour de 2030 et l’ensemble du monde musulman au dĂ©but des annĂ©es 2040.

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L’Union europĂ©enne est donc bien confrontĂ©e Ă  un dĂ©fi dĂ©mographique d’importance majeure : sa propre survie est en jeu car elle dĂ©jĂ  « vieille » au moment oĂč tous ses autres concurrents gĂ©opolitiques sont encore « jeunes ».

L’explication de ce vieillissement accĂ©lĂ©rĂ© ne rĂ©side toutefois pas seulement dans l’allongement de la durĂ©e de la vie, consĂ©quence du dĂ©veloppement matĂ©riel de l’Occident. Pour large partie, elle rĂ©sulte d’un effondrement de la natalitĂ©. Sur les vingt-cinq pays de l’Union Ă©largie, dix-sept (dont ceux d’Europe centrale) connaissent en effet des excĂ©dents de dĂ©cĂšs par rapport aux naissances. Il y a trente ans, sur les territoires europĂ©ens correspondant Ă  l’Europe des Quinze et qui comptaient alors 330 millions d’habitants, le nombre annuel de naissances Ă©tait supĂ©rieur Ă  six millions. S’agissant des mĂȘmes pays, il s’est aujourd’hui effondrĂ©, passant de 6 Ă  4 millions, alors que la population europĂ©enne considĂ©rĂ©e croissait de 50 millions. Autre chiffre frappant : avec ses quelques 380 millions d’habitants, l’Union europĂ©enne des quinze pays d’avant l’Ă©largissement de 2004 n’avait pas plus de naissances que les Etats-Unis avec leurs 295 millions de citoyens ! Or l’Ă©largissement n’apporte aucune solution au problĂšme de la dĂ©natalitĂ©. Bien au contraire, il l’aggrave. Chaque annĂ©e, l’Europe orientale perd 200 000 habitants. Et l’Union europĂ©enne, dans son ensemble, verra sa population dĂ©croĂźtre d’ici 25 ans : de 458 millions d’habitants aujourd’hui, elle passera Ă  469,5 en 2025 (soit + 2%), puis Ă  468, 7 millions en 20304. La situation est encore pire au-delĂ  des frontiĂšres de la Grande Europe. La Russie, la BiĂ©lorussie et l’Ukraine ensemble perdent 1,2 millions d’habitants par an5.

C’est donc bien Ă  un phĂ©nomĂšne de dĂ©peuplement massif de l’Europe par ses populations autochtones auquel nous assistons, la dĂ©natalitĂ© expliquant largement le vieillissement voire la rĂ©duction des populations.

Le repeuplement de l’Union par des populations extra-europĂ©ennes

ParallĂšlement au recul de ses populations de souche, l’Union europĂ©enne affronte depuis le dernier tiers du XXĂšme siĂšcle, un autre dĂ©fi majeur : l’Ă©tablissement en masse sur les sols nationaux de populations d’origine extra-europĂ©enne. TrĂšs logiquement, les migrants viennent compenser (pour partie) le dĂ©peuplement europĂ©en. Deux aires gĂ©ographiques sont Ă  distinguer de ce point de vue au sein de l’Union : d’une part, la nouvelle Europe, celle de l’Elargissement, qui se dĂ©peuple Ă  grande vitesse et n’est que trĂšs peu concernĂ©e par les flux migratoires extra-europĂ©ens ; d’autre part, l’Europe occidentale – celle que l’on appelle parfois la « vieille Europe » mais qui n’a pas plus d’anciennetĂ© historique que la « nouvelle »…

Son accroissement naturel (soustraction des dĂ©cĂšs aux naissances) n’est, pour quinze pays, que de + 400 000, tandis que son solde migratoire annuel est de l’ordre de + 1,6 millions de personnes. Autrement dit, l’immigration (lĂ©gale) est quatre fois plus importante que l’accroissement naturel des citoyens europĂ©ens (qui Ă©videmment ne sont pas uniquement des EuropĂ©ens de souche). Si l’immigration progresse 4 fois plus vite que l’accroissement naturel (lequel, faut-il encore le rĂ©pĂ©ter, comptabilise la natalitĂ© des immigrĂ©s arrivĂ©s les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes), on peut alors en conclure aisĂ©ment que la population europĂ©enne est en passe d’ĂȘtre remplacĂ©e, sur un temps historique relativement court, par des populations non europĂ©ennes.

Officiellement, selon Eurostat, l’Union des Quinze comptait 15 millions d’Ă©trangers extra europĂ©ens ne disposant pas de la citoyennetĂ© d’un pays membre. Ce qui reprĂ©sente environ 4% de la population de cet ensemble. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les populations extra europĂ©ennes, trĂšs nombreuses, qui ont acquis la citoyennetĂ© de l’un des pays de l’Union. Nous ne disposons pas de chiffres sĂ»rs Ă  l’Ă©chelle europĂ©enne parce que, dans leurs statistiques officielles, plusieurs pays ne distinguent pas, une fois la nationalitĂ© acquise, les citoyens selon leur origine ethnique. Toujours est-il que l’on estime le nombre d’immigrĂ©s arrivant en France chaque annĂ©e entre 300 000 et 400 000.

ConsidĂ©rons le cas français, l’un des pays les plus concernĂ©s par les flux migratoires extra-europĂ©ens.  Nous disposons de chiffres rĂ©cents de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Officiellement, 9 % de la population de la France mĂ©tropolitaine8 est originaire du continent africain et d’Eurasie (Turquie). A eux seuls, ces 9 % assurent 16 % des naissances en France (qui donnent accĂšs Ă  la nationalitĂ© française), soit 110 000 naissances. Une projection pour 2030 ouvre sur la perspective suivante : dans 25 ans, la France compterait 10 millions de rĂ©sidants lĂ©gaux d’origine extra-europĂ©enne, ce qui reprĂ©senterait 15 % de la population (on serait donc passĂ© de 9 % Ă  15 %) et 30 % des naissances. Autrement dit, au tiers de ce siĂšcle, un tiers de la « future France » serait dĂ©jĂ  d’origine extra-europĂ©enne9. Dans ces conditions, il paraĂźt assurĂ© qu’Ă  la fin du siĂšcle, la population de France serait trĂšs majoritairement de souche extra-europĂ©enne, les derniers « Gaulois » Ă©tant en train de mourir… Selon MichĂšle Tribalat, dĂ©mographe Ă  l’Institut national d’Ă©tudes dĂ©mographiques (INED), prĂšs de 14 millions de Français avaient en 1999 un parent ou un grand-parent immigrĂ©, soit 23 % de la population. Dans « L’avenir du travail », paru en 2007, Jacques Attali nous dit : « Pour sauver les retraites, le 3Ăšme choix consisterait Ă  accueillir 2 millions d’Ă©trangers par an entre 2020 et 2040, ce qui se traduirait par l’entrĂ©e sur notre sol de 93 millions d’immigrĂ©s; la France compterait alors 187 millions d’habitants dont 68% d’immigrĂ©s de premiĂšre ou de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration.

Or, jusqu’Ă  prĂ©sent nous n’avons considĂ©rĂ© que l’immigration lĂ©gale, comptabilisĂ©e officiellement et soutenue par les « Etats providence » europĂ©ens.
L’immigration illĂ©gale est un phĂ©nomĂšne qui pĂšse aussi Ă  cĂŽtĂ© de l’immigration lĂ©gale, et ceci de maniĂšre croissante puisqu’il s’accĂ©lĂšre dans tous les pays europĂ©ens. En France, les autoritĂ©s arrĂȘtent en moyenne 10 000 clandestins par an et estiment qu’il ne s’agit lĂ  que d’un dixiĂšme environ des flux illĂ©gaux. Les optimistes penchent pour 100 000 entrĂ©es illĂ©gales par an, les pessimistes pour 300 000. Selon Maxime Tandonnet, spĂ©cialiste des flux migratoires au MinistĂšre de l’IntĂ©rieur français, plus de 600 000 immigrĂ©s en situation irrĂ©guliĂšre vivent en France en 2004.

Les facteurs d’amplification du phĂ©nomĂšne

Pour quelles raisons, en effet, la pression migratoire du Sud sur l’Union europĂ©enne va-t-elle s’aggraver ? Comparons l’Ă©volution quantitative des populations de la rive Nord et de la rive Sud de la MĂ©diterranĂ©e. Sur la rive Nord nous rassemblons le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la GrĂšce ; sur la rive Sud, en faisant le tour du « boulevard pĂ©riphĂ©rique mĂ©diterranĂ©en », le Maroc, l’AlgĂ©rie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, la Turquie, les 4/5 de la population de Chypre, la Syrie, la Palestine, le Liban et la Jordanie. IsraĂ«l est mis Ă  part car c’est un pays d’accueil d’une forte immigration juive et trĂšs peu un pays source.

La rive Nord (europĂ©enne) compte aujourd’hui environ 180 millions d’habitants tandis que la rive Sud en compte 240 millions. En 2030, dans 25 ans, la rive Nord aura perdu – si l’on ne compte pas l’afflux d’immigrĂ©s extra-europĂ©ens qu’elle connaĂźtra certainement – 6 millions d’habitants, tandis que la rive Sud dĂ©passera les 300 millions d’habitants16. Les dĂ©mographies italienne et espagnole connaĂźtront un recul particuliĂšrement terrible. On aura donc « face Ă  face », dans l’interface mĂ©diterranĂ©enne, deux fois plus de population au Sud qu’au Nord…

Or ce rĂ©servoir dĂ©mographique qui fait face aux rivages mĂ©diterranĂ©ens de l’Europe est caractĂ©risĂ© notamment par le plus fort taux d’Ă©migration du monde. Alors que la moyenne mondiale se situe Ă  2 % de la population (qui Ă©migre chaque annĂ©e), le taux de dĂ©part moyen en MĂ©diterranĂ©e est de 5 % de la population17. Taux supĂ©rieur Ă  la zone CaraĂŻbes et Ă  l’Asie. Traduisons cela en donnĂ©es quantitatives : depuis le dĂ©but des annĂ©es 1960, prĂšs de 20 millions des ressortissants des pays de la rive Sud ont Ă©migrĂ© (pas seulement vers l’Europe, mais aussi vers l’AmĂ©rique du Nord). Or cette rĂ©alitĂ© dĂ©mographique de la rive Sud doit ĂȘtre combinĂ©e avec les risques gĂ©opolitiques qui pĂšsent dans la rĂ©gion.

Le premier risque majeur est celui de l’Ă©volution des rĂ©gimes du monde mĂ©diterranĂ©en musulman vers l’islam politique (l’islamisme). La persistance du conflit israĂ©lo-palestinien, la prĂ©sence amĂ©ricaine en Irak, la collaboration de leurs gouvernements avec les Etats-Unis d’AmĂ©rique perçue par une trĂšs large majoritĂ© des Arabes d’Afrique du Nord comme du Levant comme une aliĂ©nation et une humiliation, l’absence de vĂ©ritable dĂ©veloppement socio-Ă©conomique au-delĂ  de marques Ă©videntes de croissance, tout ceci contribue Ă  faire le lit de l’islamisme. Quel est, dans ces conditions, le degrĂ© de soliditĂ© des rĂ©gimes de certains de ces pays ?

DeuxiĂšme phĂ©nomĂšne Ă  prendre en compte : les consĂ©quences de la rĂ©volution Ă©conomique mondiale causĂ©e par l’Ă©mergence de l’Asie et notamment de la Chine. Sous pression croissante et pour rester compĂ©titives, les Ă©conomies europĂ©ennes risquent de connaĂźtre un glissement vers l’Ă©conomie souterraine. DĂ©jĂ  10 % du PNB de l’Espagne et 30 % du PNB de l’Italie ou de la GrĂšce sont le « fruit » de l’Ă©conomie parallĂšle. Plus l’Europe vieillit, plus les Etats providence sont confrontĂ©s aux coĂ»ts de la vieillesse et de la santĂ©, plus l’Ă©conomie en subit les consĂ©quences, et plus celle-ci cherche naturellement Ă  se soustraire Ă  la ponction fiscale, en dĂ©localisant ou en fraudant.

Or, qui dit plus d’Ă©conomie clandestine dit davantage d’emplois clandestins. Des pans entiers des Ă©conomies europĂ©ennes risquent donc de recourir Ă  de l’emploi Ă©tranger et clandestin ou mĂȘme lĂ©gal dans la mesure oĂč « l’immigrĂ© » est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme moins exigeant en matiĂšre de conditions de travail et de niveau de rĂ©munĂ©ration : il n’a tout simplement pas le choix ! Il y a une pompe aspirante de l’immigration lĂ©gale et illĂ©gale qui est d’essence Ă©conomique, de nombreux acteurs de l’Ă©conomie jugeant que la « mondialisation » leur permet de rester compĂ©titif face Ă  la capacitĂ© d’adaptation remarquable des Etats-Unis et surtout face au dĂ©fi chinois et plus largement asiatique. (Voir la vidĂ©o ci-dessous Ă  propos de la rĂ©gularisation des immigrĂ©s clandestins embauchĂ©s)

A propos de mondialisation, parmi les multiples consĂ©quences, positives ou nĂ©gatives d’ailleurs, de celle-ci, figure l’aggravation du poids des mafias transĂ©tatiques. La globalisation financiĂšre et la libertĂ© de tous les flux favorisent en effet les structures trans-Ă©tatiques illicites. Or l’un des secteurs lucratifs
de ces mafias est justement le « marchĂ© de l’immigration clandestine ». Plus la demande migratoire augmente, plus les maffias prospĂšrent, et plus celles-ci prospĂšrent, plus elles sont en mesure de dĂ©velopper de nouvelles filiĂšres d’immigration clandestine et donc de susciter l’offre.

L’analyse des flux d’immigration clandestine rĂ©vĂšle le poids des rĂ©seaux albanais, yougoslaves, chinois, russes… Le trafic d’ĂȘtres humains se combine d’ailleurs souvent avec le trafic de drogue, les immigrĂ©s clandestins Ă©tant souvent obligĂ©s de payer leur passage en jouant le rĂŽle de revendeurs ou de passeurs de drogues et hypothĂ©quant ainsi fortement les chances de leur libertĂ© et de leur dignitĂ© futures. Les mafias marocaines en particulier obligent nombre de leurs candidats Ă  l’Ă©migration Ă  leur acheter du haschisch du Rif qu’ils devront revendre en Espagne, en France ou en Belgique pour survivre dans les premiers mois de leur arrivĂ©e ! S’agissant du Maroc, ce trafic d’humains couplĂ© Ă  un trafic de stupĂ©fiants pĂšse de l’ordre de 10 milliards de dollars par an…

Mais les perspectives d’immigration ne sauraient se limiter au constat d’un diffĂ©rentiel dĂ©mographique bĂ©ant entre rive Nord et rive Sud, Ă  la pression asiatique sur les Ă©conomies europĂ©ennes qui dĂ©terminera chez de nombreux acteurs un comportement favorable Ă  l’immigration, ou encore au risque de basculement dans l’islamisme de pays du Maghreb ou du Machrek. Une question souvent ignorĂ©e, en effet, est celle des perspectives post-pĂ©troliĂšres dans le Golfe arabo-persique. Aujourd’hui, a-t-on bien conscience que le Golfe arabo-persique, grĂące Ă  son Ă©conomie pĂ©troliĂšre et gaziĂšre, absorbe une proportion importante de l’Ă©migration asiatique, Ă©gyptienne et turque qui aurait pu venir jusqu’en Europe ? Six pays du Golfe, dont la population arabe autochtone est relativement faible, absorbent Ă  eux seuls plus de onze millions d’immigrĂ©s : des Pakistanais, des Hindous, des Philippins, des Egyptiens, des Turcs…

Or deux remarques sont Ă  faire concernant l’Ă©volution du profil de cette immigration dans la zone « tampon » du Golfe situĂ©e entre Europe et Asie. D’une part la proportion des Arabes par rapport aux Asiatiques tend Ă  diminuer. En 1990, les Egyptiens formaient encore 40 % des actifs en Irak et au KoweĂŻt. Aujourd’hui, plus de 70 % de la main d’oeuvre est asiatique. Les raisons de cette Ă©volution sont Ă©videmment multiples. Mais il faut insister sur la peur de l’islamisme dans les pays du Golfe qui risque de pousser ceux-ci Ă  favoriser la venue d’immigrĂ©s asiatiques non musulmans, comme Ă©galement sur le fait que l’asiatique est souvent rĂ©putĂ© plus travailleur que le mĂ©diterranĂ©en. Songeons maintenant Ă  ce qui se passera lorsque nous entrerons pleinement dans une nouvelle rĂ©volution Ă©nergĂ©tique mondiale, c’est-Ă -dire, sans doute autant pour des raisons d’Ă©puisement des ressources elles-mĂȘmes que de saturation en gaz Ă  effet de serre de notre atmosphĂšre terrestre, lorsque l’humanitĂ© aura enfin choisi de se libĂ©rer des hydrocarbures. Que se passera-t-il alors ? Le Golfe sera-t-il encore cette zone tampon placĂ©e sur le chemin de cette « marche vers l’ouest » de millions de migrants asiatiques ? N’iront-ils pas plutĂŽt alors grossir les rangs de l’Ă©migration vers
l’Europe ?

Autant la carte gĂ©opolitique de l’Europe est pacifiĂ©e, autant celle du Moyen-Orient ne l’est pas. Personne ne peut affirmer, par exemple, que les minoritĂ©s kurdes, incorporĂ©es aujourd’hui dans tel ou tel Etat-nation, le seront encore demain. Le peuple kurde, sans Etat et dans des frontiĂšres Ă©tatiques parfois fragiles, constitue encore un formidable rĂ©servoir d’Ă©migration vers l’Europe. DĂ©jĂ  2,5 millions de Kurdes vivent en Allemagne ; 200 000 en France et 200 000 en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

L’Europe, victime d’abord d’elle-mĂȘme ?

Tous les Ă©lĂ©ments que nous avons pointĂ©s jusqu’ici tĂ©moignent d’une extraordinaire fragilitĂ©, d’un terrifiant abaissement. Et au fond, cette faiblesse de l’Europe face au dĂ©fi de l’immigration n’est-elle pas finalement la principale menace qui pĂšse sur elle ? L’Europe accepte le fait accompli de l’immigration illĂ©gale en rĂ©gularisant sans cesse davantage. Chaque annĂ©e, sur le territoire de l’Union des Quinze (avant l’Ă©largissement de 2004 donc), entrait environ un demi million de clandestins (c’est Ă©videmment une estimation). Chaque annĂ©e le nombre de personnes rĂ©gularisĂ©es aprĂšs avoir enfreint les lois europĂ©ennes ne cesse d’augmenter sur tout le territoire de l’Union : 220 000 rĂ©gularisations en France ces trois derniĂšres annĂ©es ; 50 000 en Belgique ; 720 000 en GrĂšce ; 1,5 million en Italie (dont 700 000 pour la seule annĂ©e 2002) ; 575 000 en Espagne ; 240 000 au Portugal.

On oublie souvent que la mĂ©canique du regroupement familial fait (en France notamment mais aussi dans plusieurs autres pays de l’Union) qu’une seule rĂ©gularisation signifie du mĂȘme coup trois, quatre ou cinq nouveaux immigrĂ©s lĂ©gaux. 20 000 personnes rĂ©gularisĂ©es peuvent faire d’un coup jusqu’Ă  100 000 nouveaux immigrĂ©s lĂ©gaux…

L’Union europĂ©enne est donc entrĂ©e, en profondeur, dans un processus qui, Ă  l’issue de ce siĂšcle, aura abouti au remplacement de sa population d’origine par des populations non europĂ©ennes, africaines et asiatiques. L’Europe sera-t-elle encore europĂ©enne Ă  la fin du XXIĂšme siĂšcle ?

Mais ce que connaĂźt notre civilisation europĂ©enne, hĂ©ritiĂšre de Rome et des cathĂ©drales du Moyen-Age, est Ă  diffĂ©rencier de la situation nord-amĂ©ricaine, des Etats-Unis en particulier. Le dernier livre de l’universitaire amĂ©ricaine Samuel Huntington montre en effet que si l’AmĂ©rique tend Ă  perdre sa dominante WASP25, elle reste nĂ©anmoins culturellement chrĂ©tienne. Plus que cela, les guerres dans lesquelles elle est entrĂ©e contribuent, au-delĂ  des fractures communautaristes, Ă  refonder la nation amĂ©ricaine autour d’une religiositĂ© commune. Les Etats-Unis continuent donc, Ă  partir de plusieurs souches ethniques, Ă  fabriquer des AmĂ©ricains.

Au contraire, il y a peu d’espoir que l’Union europĂ©enne, Ă  partir de populations ethniquement extraeuropĂ©ennes, ne parvienne Ă  fabriquer des EuropĂ©ens de culture. D’abord parce qu’Ă  la diffĂ©rence des Etats-Unis – qui absorbent une majoritĂ© de ChrĂ©tiens et parvient encore Ă  convertir une proportion significative de ceux qui ne l’Ă©taient pas -, la grande majoritĂ© des migrants vers l’Europe n’est pas de religion chrĂ©tienne; ensuite, parce que la volontĂ© de « convertir » ces migrants, si ce n’est Ă  la religion des EuropĂ©ens, du moins aux valeurs qui en dĂ©coulent, a disparu.

Non seulement la construction europĂ©enne telle qu’elle est envisagĂ©e aujourd’hui participe Ă  l’affaiblissement des identitĂ©s nationales, mais aucune identitĂ© europĂ©enne de substitution n’est proposĂ©e en lieu et place de celles-ci. En consĂ©quence, l’immigrĂ© extra-europĂ©en est accueilli par un ensemble Ă©conomique progressivement vidĂ© de ses contenus identitaires et dans lequel il n’a aucune chance de s’assimiler puisqu’il n’a plus rien Ă  assimiler.

Plus les annĂ©es passeront, moins les Ă©coles europĂ©ennes seront en mesure d’assimiler les petits enfants d’origine extra-europĂ©enne. Regardons Ă  ce propos les chiffres en France et notamment celui des effectifs des enfants d’immigrĂ©s d’origine extra-europĂ©ennes (ĂągĂ©s de moins de 15 ans) : ils constituent dĂ©jĂ  13 % des enfants dans les classes. En 2030, ce chiffre sera passĂ© Ă  25 % mais dans les grands centres urbains (Paris, Marseille, Strasbourg…) cette proportion pourra ĂȘtre de 50 voire 75  %. On voit bien que l’idĂ©e mĂȘme d’assimilation n’a dĂ©jĂ  plus de sens.

Est-il encore temps d’Ă©laborer et d’appliquer des remĂšdes efficaces pour l’avenir ? Nous l’ignorons. Ce que nous savons en revanche, c’est que les actuelles pistes de rĂ©flexion Ă©tudiĂ©es par la Commission europĂ©enne nous apparaissent dĂ©risoires au regard de l’enjeu de civilisation dont il est question. Croit-on sĂ©rieusement que c’est en se penchant sur l’organisation du temps de travail des salariĂ©s, sur l’Ă©galitĂ© entre hommes et femmes sur les lieux de travail ou sur une politique savoureusement dite du  « vieillissement actif » que l’Europe comblera son dĂ©ficit de millions de naissances ?… Cette vision, consistant  en l’arasement des prioritĂ©s (et donc des urgences), en la confusion de l’essentiel et de l’accessoire, ou plus  exactement, des ambitions et des moyens, nous paraĂźt bien peu promettre pour
l’avenir.

C’est d’un vĂ©ritable « Plan Marshall » de la natalitĂ©, de la politique familiale et de la rĂ©duction de l’immigration extra-europĂ©enne dont l’Europe a besoin, dont certaines mesures peuvent ĂȘtre dĂ©jĂ  avancĂ©es : politique d’immigration sĂ©lective ; abolition du regroupement familial dans les pays oĂč il existe ; obligation de mise Ă  niveau culturel minimal pour les candidats Ă  l’immigration ; obligation rĂ©elle de conformation aux coutumes et rĂšgles de vie des pays d’accueil ; politique d’encouragement au retour, en diminuant notamment l’accĂšs aux prestations sociales ; politiques actives d’aide au dĂ©veloppement des pays d’Ă©migration ; …

Ajoutons, avant de conclure, que la coupable faiblesse des pays europĂ©ens en matiĂšre d’immigration, alliĂ©e Ă  un sentiment d’insĂ©curitĂ© Ă©conomique en cours de gĂ©nĂ©ralisation, fait Ă  l’Ă©vidence le lit d’une « nouvelle xĂ©nophobie », d’un nouveau ras le bol toujours plus perceptible du « petit blanc ». On commence Ă  parler – en France notamment – d’un racisme anti-blanc : cette reconnaissance, y compris mĂ©diatique, d’un fait dĂ©jĂ  ancien risque d’ĂȘtre le prĂ©lude, si rien n’est fait, Ă  une rĂ©action politique vigoureuse, incontrĂŽlĂ©e et – comme toujours, lorsque le mal est compris trop tardivement – excessive des populations ?

Notre conclusion est donc radicale ou sombre : ou bien l’Union europĂ©enne lance dans les prochaines annĂ©es une sorte de « Plan Marshall » dĂ©mographique ou bien la civilisation europĂ©enne, en tant que civilisation vivante incarnĂ©e, aura disparu Ă  l’issue de ce siĂšcle… »

« L’immigration extraeuropĂ©enne, un dĂ©fi majeur pour l’Union EuropĂ©enne », par Aymeric Chauprade, directeur des Ă©tudes de gĂ©opolitique du CollĂšge InterarmĂ©es de DĂ©fense (Paris), publiĂ© par l’Institut Thomas More

Commentaire:

La seule suggestion que je pourrais ajouter Ă  ce parfait rĂ©sumĂ© de la situation europĂ©enne par rapport Ă  l’immigration est que l’encouragement clair aux populations extra-europĂ©ennes de venir s’installer en Europe par l’absence de toute mesure d’une quelconque dissuasion peut sans doute ĂȘtre liĂ© Ă  la volontĂ© mondialiste du cosmopolitisme et de la dislocation des nations europĂ©ennes dans le processus d’unification de l’Union EuropĂ©enne. En effet, si les États-Unis ont tout intĂ©rĂȘt Ă  ne rester qu’un bloc qui ne peut se permettre de voir apparaĂźtre des revendications sĂ©paratistes menaçant son unitĂ©, l’Union EuropĂ©enne est en pleine accĂ©lĂ©ration et radicalisation des procĂ©dures visant Ă  unifier l’ensemble des nations europĂ©ennes en une seule entitĂ© europĂ©enne. De fait, tout ce qui peut accĂ©lĂ©rer l’affaiblissement des cultures et identitĂ©s nationales est sans doute jugĂ© utile par les dirigeants europĂ©istes. Si l’on approfondit encore, on s’accordera sans doute sur le fait que la mondialisation et le mondialisme galopants envoient un signal fort au cosmopolitisme, et donc Ă  une politique de mĂ©tissage, qui se concrĂ©tisera de plus en plus au fur Ă  mesure que le monde se rĂ©duira Ă  l’Ă©tat de « village ». Cette accentuation de l’absorption europĂ©enne des populations Ă©trangĂšres, tout comme l’Ă©lection d’un mĂ©tis noir au poste de prĂ©sident de la nation la plus puissante du monde, qui compte elle aussi Ă©normĂ©ment d’habitants de cultures extra-amĂ©ricaines bien qu’attachĂ©es Ă  l’identitĂ© amĂ©ricaine, ne sont sans doute pas des signes anodins, il s’agit de toute Ă©vidence d’une prĂ©paration du terrain. En outre, l’Union EuropĂ©enne, gĂ©ographiquement plus concernĂ©e par ces mouvements de populations, pourrait, d’ici peut-ĂȘtre une vingtaine d’annĂ©es, rĂ©chauffer tant ses rapports avec l’autre rive de la mĂ©diterranĂ©e, par le biais d’institutions comme, par exemple, une Union MĂ©diterranĂ©enne, qu’une sorte d’Empire EuropĂ©en finirait par s’Ă©tendre jusqu’aux pays du Maghreb, ce que de nombreux personnages occidentaux de l’Ă©lite mondialiste espĂšrent dĂ©jĂ .

En somme, le facteur du cosmopolitisme me semble jouer un rĂŽle important dans l’orientation des politiques d’immigration. Cependant, au niveau culturel et identitaire, le rĂ©sultat de ce mĂ©tissage que l’on a d’ores et dĂ©jĂ  pu observer est que, Ă  l’inverse d’un apport Ă  l’enrichissement moral et intellectuel par la cohabitation Ă©troite de deux cultures distinctes dans un mĂȘme pays, il semble y avoir une destruction claire des deux cultures Ă  la fois, car le jeune mĂ©tis, pris entre deux identitĂ©s diffĂ©rentes, souvent victime de discrimination alors qu’un de ses parents est citoyen de naissance et de culture du pays qu’il habite, aura plus de mal Ă  s’apparenter Ă  des racines culturelles bien dĂ©finies, qui l’aideront Ă  fonder sa personnalitĂ©, qu’un individu dont l’ethnie est sans Ă©quivoque. Cet aspect destructeur ferait, lui aussi, le bonheur des protagonistes des marchĂ©s occidentaux, voire mondiaux, qui trouveront lĂ  une aide consĂ©quente Ă  la pensĂ©e de masse consommatrice. On n’en est plus Ă  une dĂ©gĂ©nĂ©rescence de plus ou de moins pour contribuer Ă  transformer de jeunes gens dĂ©sorientĂ©s et aveuglĂ©s en machine organique Ă  consommer.

On peut donc s’inquiĂ©ter quant aux capacitĂ©s rĂ©elles qu’ont nos gouvernements Ă  jouer avec un feu si vif qu’il pourrait les brĂ»ler Ă  tout instant, Ă©tant donnĂ© qu’ouvrir la porte Ă  tant de dĂ©sordres internes et d’Ă©ventuelles revendications territoriales, culturelles, sociales, religieuses et j’en passe, pourrait permettre l’apparition de groupes dĂ©tachĂ©s de quelque influence europĂ©en que ce soit. On se demande Ă©galement comment un gouvernement peut applaudir Ă  l’idĂ©e de constituer son pays de 70% d’habitants d’origine extra-europĂ©enne, car quel serait sa lĂ©gitimitĂ© pour contrĂŽler une population si diffĂ©rente des moeurs du pays d’exemple, Ă  moins de se conformer aux attentes de cette derniĂšre et de lĂ©ser par consĂ©quent les 30% des citoyens restant, qui, eux, sont d’ethnie du pays natal ? Il faudra forcĂ©ment qu’une certaine politique d’assimilation apparaisse un jour ou l’autre, sans quoi les apprentis sorciers, bien que malins, auront tĂŽt fait de voir leur crĂ©ation ubuesque prendre son indĂ©pendance vis-Ă -vis d’eux.

Bref, ce commentaire n’est que ma pensĂ©e personnelle sur les faits, appuyĂ©es par des Ă©lĂ©ments concrets, et il se peut que des mesures futures rĂ©duisent le caractĂšre catastrophique de la situation. Cependant, l’immigration me semble un domaine Ă  grande importance dans la marche de l’empire amĂ©rico-europĂ©en; un empire qui, si le caractĂšre europĂ©en se dĂ©sagrĂšre au point que tout ce que nous avons relevĂ© le laisse entendre, pourrait ne plus ĂȘtre dominĂ© que par une seule identitĂ©: l’amĂ©ricaine.

Régis Mex, pour Mecanopolis

NB: Je vous recommande cette vidéo, qui reprend les points essentiels du sujet en une petite vingtaine de minutes:

fév 22 2009

Erdogan, un show au service du nouvel « ordre » mondial

Par Farid

Les opposants Ă  l’axe amĂ©ricano-sioniste mal informĂ©s sur le mondialisme ont trouvĂ© une nouvelle idole en la personne du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, aprĂšs son « show » lors du World Economic Forum, qui s’est tenu Ă  Davos le 29 janvier 2009, face Ă  Shimon Peres, le prĂ©sident d’IsraĂ«l. Avec l’hystĂ©rie collective pour le « mondialiste rouge » Chavez, la folie bat son plein en faveur du premier ministre turc, faisant oublier que ce dernier est fortement liĂ© aux projets sionistes et Ă  l’oligarchie mondialiste, qui construisent ensembles ce qu’ils appellent eux-mĂȘme sans s’en cacher le nouvel « ordre » mondial.

APTOPIX Switzerland World Economic Forum

Tout d’abord,examinons la relation de Erdoğan avec les sionistes.

Le show d’Erdoğan, qui voudrait faire croire Ă  un dĂ©saccord profond entre son pays et IsraĂ«l, contredit pourtant les liens trĂšs fort qui unissent les deux pays, comme par exemple le passage du pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) sur le territoire turc. En effet, ce pipeline est dĂ©tenu Ă  20% par IsraĂ«l(1). Le BTC est le pipeline qui achemine du pĂ©trole de la mer Caspienne d’AzerbaĂŻdjan jusqu’en Turquie par la GĂ©orgie, plus prĂ©cisĂ©ment de Bakou ( AzerbaĂŻdjan) Ă  Ceyhan ( Turquie), en passant par Tbilissi, capitale de la GĂ©orgie. La nĂ©gociation de ce pipeline s’est faite dans les annĂ©es 90 sous l’administration Clinton, et par l’intermĂ©diaire de l’amĂ©ricain Richard Morningstar (qui Ă©tait Ă  l’Ă©poque le principal responsable de ces nĂ©gociations).

ccp

En aout 2008, Erdoğan a dit que « cette initiative s’inscrivait dans la volontĂ© plus large d’Ankara de contribuer Ă  la paix au Proche-Orient. » La « paix » est en effet un slogan bien pratique quand il s’agit en rĂ©alitĂ© d’Ă©tablir des accords Ă©conomique avec un Etat dont on prĂ©tend ensuite dĂ©noncer la politique gĂ©nocidaire du peuple palestinien.

MĂȘme une analyse superficielle des intĂ©rĂȘt Ă©conomique turc contredit les dĂ©clarations spectaculaire d’Erdoğan : IsraĂ«l est l’un des pays non europĂ©ens avec qui la Turquie a le plus intensifiĂ© ses Ă©changes commerciaux depuis les annĂ©es 1980. Preuve en est : le volume de ces Ă©changes est passĂ© de cinquante millions de dollars en 1985 Ă  1,3 milliards de dollars en 2002(2)

Mais Recep Tayyip Erdoğan ne se limite pas Ă  ĂȘtre un fidĂšle alliĂ© et promoteurs des projets sionistes, il est Ă©galement un des acteurs prééminent des plans mondialistes.

La Turquie fait partie des pays membres de l’Union pour la mĂ©diterranĂ©e(3) et tape des pieds et des mains pour intĂ©grer l’Union EuropĂ©enne, avec toutes les consĂ©quences que cela entrainerait pour son territoire : perte officielle de la souverainetĂ© nationale et monĂ©taire au profit de l’instance supra-nationale, avec en prime la politique rĂ©gionaliste des instances mondialistes qui touchera de plein fouet le pays avec l’indĂ©pendance kurde qui ne manquera pas d’ĂȘtre proclamĂ©e(4).

Le ministre des affaires Ă©trangĂšres d’Erdoğan, Ali Babacan est le nĂ©gociateur en chef dans le cadre du processus d’accession Ă  l’Union europĂ©enne depuis 2005 et a reprĂ©sentĂ© la Turquie durant le sommet de l’Union Pour la MĂ©diterranĂ©e.(5)

Tous ces blocs continentaux (europĂ©ens,mĂ©diterranĂ©en,nord-amĂ©ricain,sud amĂ©ricain, africain…), standardisĂ©s et partageant tous les mĂȘmes rĂšgles et statuts, n’ont d’autre finalitĂ© que l’Ă©tablissent d’un gouvernement mondial.

Certains disent que les mondialistes occidentaux ne voudront jamais de la Turquie au sein de l’Europe. Cependant, Sarkozy a supprimĂ© le rĂ©fĂ©rendum sur l’adhĂ©sion de la Turquie le 8 juillet 2008 (6), 5 mois aprĂšs la ratification du traitĂ© de Lisbonne pourtant refusĂ© par les français en 2005 Ă  hauteur de 55% malgrĂ© tout le consensus politique et mĂ©diatique pour le « OUI ». On le comprend bien, cela laisse la porte grande ouverte Ă  une adhĂ©sion de la Turquie.

Mais tout cela n’est que l’application de projets dĂ©cidĂ©s il y a plus d’un demi-siĂšcle, notamment par le pĂšre de la construction europĂ©enne et fondateur de la PanEurope, Richard de Coudenhove Kalergi, qui, durant son discours de 1950 lors de la remise du prix Charlemagne insistait sur « Europe unie de l’Islande Ă  la Turquie comme de la Finlande au Portugal »(7)

Au delĂ  de ce que les apparences veulent faire croire, Erdoğan est doublement liĂ© aux groupes de rĂ©flexion mondialistes occultes, via la prĂ©sence de Ali Babacan Ă  la rĂ©union du Groupe Bilderberg en 2008(8), en 2007, en 2004 et en 2004.(9)

Tous ces fait dĂ©montrent qu’Erdoğan est incontesablement liĂ© au plan mondialiste, au delĂ  mĂȘme de sa relation privilĂ©giĂ©e avec IsraĂ«l Ă  travers le pipeline BTC.

Quel est donc la logique de ce show Ă  Davos, qui voudrait faire croire aux spectateurs crĂ©dules que le « courageux » Erdoğan tient tĂȘte Ă  Shimon Peres, alors que la rĂ©alitĂ© ne cesse de dĂ©monter qu’ il se trouve ĂȘtre tout en Ă  fait en phase avec les sionistes les plus puissants et influents, tel David Rockefeller, qui est entre autres l’un des fondateurs du Groupe Bilderberg, et qui construit avec d’autres banquiers mondialistes le Nouvel « Ordre » Mondial ?

Mais la relation mondialiste du gouvernement Erdoğan s’inscrit dans la continuitĂ© d’un processus entamĂ© au dĂ©but du 20e siĂšcle avec la destruction du Califat Islamique par les mĂȘmes forces occultes mondialistes. A la tĂȘte de ce que l’on a appelĂ© mensongĂšrement « l’indĂ©pendance turque », il y avait le franc-maçon Mustapha Kemal dit Ataturk (le « pĂšre » de tous les Turcs), qui Ă©tait aussi le Chef des « Jeunes Turcs », et surtout le membre de la loge maçonnique italienne « Macedonia Resortae Veritas ».(10)

Tout ceux qui pensent que le Premier ministre Erdoğan et que son parti l’AKP oeuvrent pour les intĂ©rĂȘts de l’Islam, des musulmans et du monde libre font fausse route. Sur le fond, les mondialistes son en plein accord, et seulement sur la forme que l’on assiste Ă  des conflits Ă©gotiques pour le partage du grand gĂąteau que reprĂ©sente l’avĂšnement du Nouvel « Ordre » Mondial : d’un cotĂ© la branche nĂ©o-libĂ©rale unipolaire avec toute son arrogance (Sarkozy, Berlusconi et Rockefeller notamment) et, de l’autre, la branche multipolaire (Erdogan, Chavez, Chirac et Poutine notamment).

Cela Ă  Ă©tĂ© parfaitement rĂ©sumĂ© par le prĂ©sident turc Abdullah GĂŒl au journal britannique « The Guardian » le 16 aoĂ»t 2008 avec cette affirmation « les amĂ©ricains doivent partager le pouvoir dans le nouvel ordre mondial »(11)

Par Farid, pour Mecanopolis

Sources :

  1. http://www.alterinfo.net/Georgie-Un-Pipeline-BTC-Tres-Protege-par-les-USA-Et-Israel_a22799.html
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_entre_Isra%C3%ABl_et_la_Turquie
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_pour_la_M%C3%A9diterran%C3%A9e
  4. http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1194
  5. http://turquieeuropeenne.eu/article884.html
  6. http://www.nationspresse.info/?p=1173
  7. http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article13741
  8. http://www.prisonplanet.com/articles/june2008/060608_b_list.htm
  9. http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Bilderberg_attendees
  10. http://www.franc-maconnerie.org/menu-gauche/histoire-fm/celebrites-fm.htm
  11. http://www.guardian.co.uk/world/2008/aug/16/turkey.usforeignpolicy