Category: Crise fincancière

août 12 2010

Le temps est venu de préparer l’action

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Sur la terre ravagée par mille catastrophes savamment provoquées, une guerre est déclarée contre chaque être humain. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui instrumentalise partout la peur dans l’unique but de reconfigurer l’économie mondialisée. Ce qui est récemment arrivé à la Grèce nous arrivera bientôt à tous : c’est la tiers-mondialisation de l’Europe qui est en marche.

Désormais, seul l’inconcevable commande. Mais l’inconcevable, c’est aussi la révolte du petit nombre de ceux qui, ayant réussi à franchir eux-mêmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’être et le non-être, se trouvent déjà en état d’assumer la tâche de veiller sur le nouveau recommencement de la révolution.

Nos camarades du mouvement Désobéissance Civile ont compris cela mieux que quiconque. De toutes nos forces, avec nos moyens pourtant dérisoires, nous soutiendrons leur action. Rien n’est plus important, car le temps est maintenant venu, sans plus tarder, de préparer l’action.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis



Le temps de l’action
envoyé par Mecanopolis.

Ne soyez plus spectateurs !

Par Désobéissance Civile

La situation économique, politique, écologique, humaine en ce début du XXIème siècle est une catastrophe pour qui a le courage de regarder la réalité en face: inégalités à tout niveau entre le Nord et le Sud, société basée sur le profit et la surconsommation, hommes réduits à l’état d’esclaves et de consommateurs (servitude moderne), guerres factices visant à favoriser le commerce des armes et la domination de l’Occident, domination des lobbies, manipulation des médias, politiciens et organismes internationaux (OMC, FMI, OTAN…) au service des multinationales, mise en œuvre des gouvernement par tous les moyens pour imposer la gouvernance mondiale (NWO), soumission des ex pays souverains d’Europe à l’Union Européenne …

« Désobéissance Civile Belgique » (DCB) est un groupe indépendant, refusant toute étiquette politique, qui vous propose de lutter pacifiquement, mais fermement, contre tout ce que le système a de négatif par la non soumission aux lois allant l’encontre de l’intérêt général et par des actions concrètes. Quand un infime pourcentage de la population mondiale détient le monopole sur la quasi totalité des richesses de la planète, quand les dirigeants n’ont aucun respect pour la vie, quand la société ne soucie plus de l’avenir de ses enfants, de l’avenir des générations futures, la désobéissance civile n’est plus un droit, elle est un devoir.

Parce que nous pensons que chaque être sur terre a droit à un minimum de respect, que tout homme, femme, enfant a droit à l’enseignement, à un logement décent, à un emploi correct, à une pension, à des soins de santé gratuits, parce que nous avons l’orgueil de penser que notre société peut être basée, non pas sur la compétition, la domination et le profit, mais sur la collaboration, le soutien mutuel et le partage, parce que nous pensons que nous somme tous égaux, que chaque homme a droit à la liberté, à la démocratie (participative), à choisir son destin, parce que nous pensons que la vie n’est pas à vendre, nous sommes entré en “résistance” contre cette société égoïste où tout est basé sur l’individualisme et le profit, quelles qu’en soient les conséquences pour les plus faibles.

Pour ce faire, nous employons et emploierons tous les moyens qui sont à notre disposition: interventions intempestives lors de meetings officiels, manifestations, distribution de tracts, support de diverses ONG (Amnesty, HRW…), collaboration avec des groupes partageant nos idéaux, actions de protestation (bâchages de panneaux publicitaires, déversement de stocks de journaux publicitaires, blocage de transports nucléaires…), boycott d’élections…

Si vous aussi vous désirez prendre part à ce combat, envoyez votre prénom et votre adresse email à desobeissance-civile-belgique [at] hotmail.com ou rejoignez-nous sur facebook. Vous serez averti automatiquement de nos futures actions publiques, réunions… et pourrez prendre part au changement de la société avec nous. Ne soyez plus spectateur, devenez acteur !

Thierry Duriau, pour Désobéissance Civile



La révolte qui vient
envoyé par Mecanopolis. – L’actualité du moment en vidéo.

fév 10 2010

Fin de partie pour les pays de l’Union européenne

Addendum ajouté le 11 février

Les manipulations générales en faveur de l’établissement d’un nouvel ordre économique sont devenues si denses qu’elles s’étalent presque au grand jour. Pourtant, les véritables influences restent cachées, et les intentions ultimes ne peuvent qu’être assez difficilement soupçonnées, presque jamais comprises.

La crise financière aura permis de recapitaliser les banques avec l’argent public. Aujourd’hui ce sont ces mêmes institutions qui menacent de détruire les États qui les ont sauvées. Qui peut un instant croire encore que ces opérations de déstabilisation seraient dues à la seule irrationalité des marchés, et qu’elles n’obéissent pas, en premier lieu, à un agenda caché ?

euro

Chronologie de la crise en cours

C’est l’agence de notation Flitch Ratings, contrôlée par le holding français Fimalac, qui a été la première à dégrader la Grèce, en décembre dernier. Ce sont ensuite les dirigeants de la la Banque centrale européenne (BCE) qui ont mi le feu aux poudres, en annonçant « Si avant la fin de l’année la Grèce n’a pas retrouvé son niveau de notation qu’elle avait avant la crise, nous ne garantissons pas que la dette grecque puisse être refinancée par la BCE. Ce n’est d’ailleurs pas notre problème, mais celui de la Grèce seulement ».

Ensuite, comme plusieurs sources le confirment, c’est une grande banque américaine d’investissements et deux hedge funds (fonds de gestion spéculatifs) qui ont décidé de faire courir la panique sur les marchés. Ces « investisseurs » ont tout d’abord parié sur la baisse du prix des obligations émises par le trésor grec, portugais ou espagnol, puis, se sont précipités sur les produits dérivés qui permettent de s’assurer contre le risque de défaut de paiement d’un Etat ou d’une entreprise, appelés Credit Default Swap (lire notre article du 6 février).

Avant la réunion du G7, en fin de semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, a créé un nouvel effet panique en annonçant que « son institution était disponible pour voler au secours de la Grèce ».

Mensonges

Mais en réalité la faillite de la Grèce est impossible. Cela pour une raison simple, c’est qu’elle ne peut, du fait de son appartenance à la zone euro, se retrouver en manque de liquidités (en comparaison, quand l’Argentine à été en « faillite » en 2001 c’était parce qu’elle n’avait plus de devises en dollars pour financer ses importations). De plus, les traités européens prévoient que l’UE doit assister les États en cas de « menace sérieuse de graves difficultés ». Il est donc mensonger de prétendre que l’UE pourrait sacrifier la Grèce. La plupart des analystes admettent d’ailleurs qu’il s’agit d’une opération planifiée . En fait, la déstabilisation de la Grèce n’a pour but que de donner l’illusion que l’UE est engagée dans un bras de fer avec les spéculateurs, alors qu’il s’agit en réalité d’une « action concertée », comme l’indiquait le premier ministre grec la semaine dernière.

Les statuts de la BCE ne permettant pas d’émettre une dette publique, mais seulement de racheter ces dettes à travers les institutions bancaires privées, il ne sera donc pas possible pour l’UE de refinancer directement la Grèce et les autres pays en difficultés, dont l’état de délabrement demandera également un « plan de sauvetage » dans les semaines ou mois à venir. Dans l’immédiat, pour « couvrir » la Grèce, il va être nécessaire de créer un nouvel « organe » afin de mettre en commun une grande partie de la politique budgétaire européenne. La Grèce sera donc contrainte de faire d’autres concessions que celles des derniers jours, de sorte à ouvrir la voie des réformes sociales qui seront ensuite promulguées en Espagne, en Italie et au Portugal, pour commencer. L’idée centrale est d’utiliser cette crise des Etats afin contraindre au fédéralisme économique la majorité des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici.

L’homme de l’ombre

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy avait évoqué, en novembre dernier, la création d’un « gouvernement économique » des 27 pays membres, de même que l’établissement d’un impôt européen. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso lui avait emboité le pas quelques jours plus tard, devant le parlement européen : « Je ne suis pas contre l’idée d’un impôt européen pour permettre à l’UE de bénéficier de ressources propres par rapport aux contributions des États. J’ai l’intention d’examiner toutes les questions de fiscalité dans l’Union européenne, nous devons passer en revue toutes les ressources (financières) de l’UE (…) Le programme sur lequel j’ai été élu dit qu’il faut examiner de possibles ressources propres ».

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, membre italien du parlement européen, avait évoqué la possibilité que les candidats aux postes de président et ministre des Affaires étrangères de l’UE, comme Jan Peter Balkenende, David Miliband, Herman Van Rompuy parmi d’autres, pourraient être ceux des « groupes occultes » Bilderberg et Trilatérale et non simplement ceux des forces politiques des pays (voir cette vidéo du Parlement). Le lendemain, Herman Van Rompuy se rendait au Château de Val Duchesse pour une réunion du Groupe Bilderberg où il donna, dans un discours, sa vision quant à la gouvernance de l’Europe et la nécessité de centraliser les flux financier des États membres (faits rapportés par cet article du Times).

La mise en place de ce « gouvernement » n’aura pas pour but de sauver la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, mais d’unifier les budgets des pays membre de l’UE afin de pouvoir disposer de leurs ressources, c’est à dire, pour être plus précis, de mettre fin à leur souveraineté économique. Les dispositions du Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre dernier, donne toute la marge de manœuvre nécessaire pour cela.

C’est dans une ambiance de crise qu’Herman Van Rompuy pourra donc se présenter en sauveur de la zone euro au sommet qui réunira les chefs d’État européens ce jeudi 11 février, à Bruxelles. Pourtant, les solutions qu’il préconisera n’auront en rien été décidées dans l’urgence, parce que des pays européens pourraient se retrouver en faillite. Il est en réalité préparé depuis plus de vingt ans par le président européen, ses complices et l’oligarchie financière qui l’a mis en place (voir le document pdf en fin d’article).

Bien entendu, ce gouvernement ne sera pas effectif au matin du 12 février. Pour faire plier les États et que les populations européennes acceptent d’être entièrement dominées par Bruxelles, ainsi que toutes les réformes nécessaires qui leurs seront imposées sous prétexte de relancer la zone euro (lire notre article du 2 février), il faut que la situation se dégrade encore. Mais le piège est d’ors et déjà en train de se refermer.

La démocratie européenne, qui était née en Grèce en 507 avant J.C., sera morte, en Grèce également, dans les premiers mois de l’année 2010.

Addendum, 11 février 2010

Joli numéro de passe-passe dans les coulisses de Bruxelles aujourd’hui. On pourrait presque penser que Sarkozy et Merkel veulent voler la vedette au président du Conseil von Rompuy. Ce serait oublier que cette crise des États trouve, d’une part, son origine dans le déclassement de la Grèce par l’agence de notation Flitch, propriété du groupe français Fimalac et que, d’autre part c’est la Deutsche Bank, en concertation avec la banque américaine Goldman Sachs, qui est à l’origine des spéculations sur l’euro, comme l’indique cette dépêche de l’AFP.(1) Il est donc difficile de ne pas admettre que ce sont toujours les mêmes qui sont aux commandes – où qu’il y a pour le moins collusion d’intérêts – et que l’on voudrait nous faire voir des divergences là où il n’y a que des complicités.

Reste que Sarkozy et Merkel ne vont en aucune manière venir réellement et directement en aide à la Grèce. Ils se limiteront à des déclarations d’intention, de sorte à calmer un peu les marchés et évacuer tout soupçons, en indiquant qu’ils se porteront garant de la Grèce si elle en venait à se trouver véritablement en faillite – ce qui est impossible, pour les raisons que nous avons déjà évoquées plus haut.

Ce n’est bien sur pas le genre d’élucubrations hystériques dont Sarkozy s’est fait le spécialiste qui doit retenir notre attention – il n’est que l’idiot utile d’un jeu qui n’est pas le sien – mais le plan que présentera Hermann von Rompuy ce soir, puis les premiers actes de validation lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale), lundi prochain.

1. Ce qui n’a pas empêché le patron de la Deutsche Bank, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbéciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroît. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro ». (source)

Mecanopolis

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jan 21 2010

Les marchés financiers joueront la carte de la faillite des Etats en 2010

Le 10 septembre 2009 la revue économique allemande « Handelsblatt » fit bondir ses lecteurs en titrant: « Endettement de l’Etat : l’explosion ». Suivant une étude non publiée de la Commission européenne, dans certains Etats de l’UE, la crise économique conduira à une énorme croissance de leur endettement d’ici à 2020. On prédit à la Grande-Bretagne une dette qui atteindra 180% du Produit intérieur brut (PIB). A la fin de 2008 cet endettement n’était encore «que» de 50% environ du PIB.

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Selon l’article, l’endettement de l’Etat augmentera de façon exponentielle dans d’autres pays de l’UE: en France par exemple jusqu’à 125% du PIB, en Allemagne un peu plus de 100%. Parallèlement l’étude douchait les espoirs euphoriques de croissance: «Le taux de croissance dans l’UE ne devrait pas dépasser 1% dans un avenir prévisible.» Si la conjoncture virait à la hausse, les Etats devraient alors compter avec des taux d’intérêt nettement plus haut et donc avec des intérêts plus élevés.

De fait nombre des sources actuelles parlent en faveur d’une augmentation de la dette publique dans les pays de l’UE (ainsi qu’aux USA et au Japon) bien au-delà du soutenable. Pour l’ensemble de l’UE, la Chambre d’économie autrichienne prédisait en novembre 2009 sur la base des chiffres de la Commission européenne, de l’Eurostat ( Institut européen de la statistique) et de l’OCDE que la dette publique globale des 27 Etats de l’Union, qui s’élevait en 2008 à 61,5% du PIB, atteindrait en 2011 83,8% du PIB et même, dans la zone euro des 12, 88,2%. Or la limite supérieure prévue par le Pacte de stabilité européen est de 60% du PIB, et elle s’élève d’ores et déjà à 78,7% en moyenne des Etats de l’UE (estimation pour 2009). 8 des pays de la zone euro des 12 sont déjà endettés au-delà de 60% de leur PIB. Seuls la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Espagne satisfont encore aux exigences du Pacte de stabilité.

D’ici à 2011 l’endettement public devrait atteindre 88,2% du PIB en Grande-Bretagne, 87,6% en France et 79,7% en Allemagne.

Pour les trois quarts seulement de l’année 2009 le déficit des budgets publics, selon une communication de l’Office fédéral allemand des statistiques en date du 29/12/09, s’élevait à 96,9 milliards d’euros, contre 79,6 l’année précédente pour la même durée. Et pour les années 2010 et 2011, le DIW (Institut allemand de recherche économique) prédit un accroissement de la dette d’environ 240 milliards d’euros (Communiqué de presse du 7 janvier).

Et pourtant ce n’est pas en accroissant vertigineusement la dette de l’Etat que l’on contribue au bien public. Bien au contraire: il n’y a rien de bon à en attendre. Le 24 décembre, par exemple, le «Neue Zürcher Zeitung» écrivait au sujet de la France: «Le marché de l’emploi alourdit l’atmosphère et la lutte pour la répartition des richesses se fait plus âpre» et le 30 décembre à propos de la Grande-Bretagne: «La livre sterling risque de poursuivre sa chute». Les citoyennes et citoyens allemands doivent s’attendre en 2010 à une forte hausse du chômage et sans doute à des salaires stagnants pour ceux qui ont encore un emploi.

De toute évidence la théorie selon laquelle l’augmentation des dépenses publiques favorise le bien-être général ne fonctionne plus. Il est très douteux qu’elle ait jamais fonctionné sur la durée. Dans les années 30 du siècle dernier, le «New Deal» tant encensé du président américain Franklin D. Roosevelt, après une apparence de succès immédiats, n’avait en cinq ans ramené le taux de chômage qu’à 26,4%.1 Et le «miracle économique» de Hitler – tout comme celui qui eut lieu aux USA quelques années plus tard – n’a été dû qu’au pillage d’autres peuples, au détriment de la paix et sur le dos de millions de victimes.

Mais à qui profite le crime ?

Anthony C. Sutton a fait une remarque intéressante dans le tome 3 de sa série «Wall Street and the rise of Hitler»: «Si nous observons le vaste éventail des faits présentés dans les trois tomes de la série sur Wall Street, nous constatons le retour régulier des mêmes noms: Owen Young, Gerard Swope, Hjalmar Schacht, Bernard Baruch, etc.; des mêmes banques internationales: J. P. Morgan, Guaranty Trust, Chase Bank et de la même adresse new-yorkaise: en général Broadway 120. Ce groupe de banquiers internationaux a soutenu la révolution bolchevique et a tiré ensuite profit de la fondation de la Russie soviétique. Ce groupe a financé Roosevelt et a tiré profit du socialisme du New Deal. Ce groupe a également financé Hitler et a, c’est sûr, tiré profit du réarmement allemand dans les années 30. Alors que le grand capital aurait dû normalement faire des affaires avec des firmes telles que Ford Motor, Standard Oil of New Jersey, etc., nous constatons que ses activités se déployaient dans les bouleversements politiques, la guerre et les révolutions survenues dans trois pays de première importance.»2

Dieter Meyer, un ancien Ministerialrat allemand, a créé un site Internet sur l’endettement public en Allemagne et en UE. Il y écrit qu’en 2008 «presque un huitième des rentrées fiscales» a été absorbé par les intérêts de la dette. «De 1965 à 2008 la part to­tale des nouveaux endettements et des déficits dans le budget total s’élevait à environ 1339,9 milliards d’euros et les intérêts de la dette à 1514,5 milliards d’euros environ. […] Le financement des crédits destinés aux budgets publics a dégénéré jusqu’à n’être plus qu’une fin en soi inutile au plan fiscal. Elle ne sert plus au financement du budget proprement dit, mais à celui des dépenses d’amortissement et d’intérêts de ses propres emprunts.»

Et de fait: Selon les données fournie par le Bund der Steuerzahler e.V. (Union des contribuables) allemand, les budgets publics ont versé en 2005 64,2 milliards d’euros d’intérêts, 64,9 en 2006, 66,1 en 2007, 67,9 en 2008, et en 2009 on dépassera sans doute les 70 milliards (état des calculs au 19/1/09); des sommes transférées en grande partie sur les comptes de banques nationales et étrangères. La Bundesrepublik Deutschland Finanzagentur GmbH (Agence financière de la République fédérale d’Allemagne SA), compétente pour la recherche des financements, a publié dans un communiqué de presse du 16 décembre 2008 les noms des dix premiers créanciers au titre de divers emprunts d’Etat: Barclays Bank, Deutsche Bank, Merill Lynch, UBS, Morgan Stanley, The Royal Bank of Scotland, Société Générale, J.P. Morgan, Goldman Sachs et Citigroup.

Comment vont réagir les Etats ?

Que se passera-t-il donc si les pronostics donnés au début de ce texte au sujet des endettements publics se réalisent? Comment réagiront les responsables au niveau national et européen? Un nombre toujours plus élevé d’Etats de l’UE va-t-il se déclarer en fail­lite? De plus en plus d’Etats européens vont-ils voir leur solvabilité dégringoler dans les agences de notation en raison de leur endettement élevé – ce qui est déjà en partie le cas – et devoir payer aux bailleurs de fond des intérêts de plus en plus élevés? Les Etats les plus puissants de l’UE exerceront-ils sur les Etats moins influents une pression de plus en plus forte pour qu’ils se plient aux intérêts des grands, transformant peu à peu l’UE en un «directoire des grands et de quelques-uns de leurs valets» (Jean Asselborn)? L’UE deviendra-t-elle un instrument de plus en plus évident de la répartition des richesses en direction de la haute finance? Le paiement des intérêts, qui alimenteront de plus en plus grassement ces créanciers prendra-t-il de plus en plus la place des dépenses normales des Etats? Privatisera-t-on encore plus les services publics, le profit devenant de plus en plus la norme, au détriment du bien public? Ou bien les Etats de l’UE, pressés par la dette, chercheront-ils bientôt leur salut dans une politique inflationniste qui anéantira les valeurs?

La «Neue Zürcher Zeitung» a joint à sa livraison du 5 janvier un supplément «L’année financière 2009». On peut y lire: «L’année financière 2009 a fait le bonheur de beaucoup d’investisseurs. Après les pertes dramatiques de l’année 2008 les cours n’ont pratiquement pas cessé de monter à partir de mars 2009. Même ceux de nombreuses matières premières, par exemple l’or et le pétrole, se sont vigoureusement repris, et les obligations d’entreprises se sont avérés aussi rentables que les actions.» Dès le 22 décembre le Spiegel Online titrait: «Capitulation face au monstre du Monopoly. C’est le scandale de l’année: les banques d’investissement, après avoir failli entraîner le monde dans un abîme financier, se sont remises à jouer à leur Monopoly des milliards. […] C’est l’absurdité même: ceux qui ont provoqué la crise en sont maintenant les grands gagnants. Ils profitent de l’argent des banques nationales qu’ils obtiennent pratiquement pour rien.» Et vers la fin de l’article on nous présente les tenants et aboutissants: «Durant la dernière décennie les gouvernements de Londres et de Washington ont rendu leur économie dépendante de la finance. Il y a longtemps que Wall Street est partie prenante de l’administration états-unienne. Londres est après New York la deuxième place financière mondiale et tient à le rester; il ne faut donc pas indisposer le monstre en lui imposant des obligations trop pénibles.»

Le «Handelsblatt» du 5 janvier a publié une interview de Joachim Fels, économiste chez Morgan-Stanley. Fels y explique: «La Grèce se fait qu’offrir un avant-goût de ce qui attend d’autres pays. Somme toute les gouvernements ont repris une quantité astronomique d’emprunts et de créances à un secteur privé surendetté. […] Les marchés financiers joueront en 2010 la carte de la faillite des Etats et donc de l’inflation. […] Les investisseurs exigeront des primes de risque et des intérêts à long terme plus élevés. Ce qui, à partir de 2011, fera augmenter le coût des nou­velles dettes publiques.» Un coût qu’en définitive supportera, avec ou sans inflation, le contribuable. •

Karl Müller

Traduction : Horizons et Débats

Notes :

1 Selon Hans-Ulrich Thamer, Verführung und Gewalt, Deutschland 1933-1945 [Séduction et violence, l’Allemagne de 1933 à 1945], 1994, p. 470
2 D’autres auteurs vont plus loin encore que Sutton. F. William Engdahl écrit par exemple dans son livre paru en 2009, «Der Untergang des Dollar-Imperiums. Die verborgene Geschichte des Geldes und die geheime Macht des Money Trusts» (ISBN 978-3-938516-89-8) [Le déclin de l’empire du dollar. L’histoire cachée de l’argent et la puissance occulte du «Money Trust»]: «Longtemps avant la victoire des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale les Rockefeller et les dirigeants des principales entre­prises et banques américaines avaient bien compris que le marché américain était beaucoup trop restreint pour leurs ambitieux projets. Selon eux, la démarche de l’Amérique devait être globale, pour qu’elle puisse accomplir sa ‹destinée manifeste›, l’accroissement illimité de la puissance américaine. […]
A y regarder de plus près, si les familles Rocke­feller, Harriman et Bush ont largement et très discrètement participé aux préparatifs de ­guerre du Troisième Reich et leur ont apporté un soutien d’importance capitale, ce n’était pas seulement en raison de leur sympathie pour la philosophie de Hitler et ses méthodes: bâillonner la classe ouvri­ère et pratiquer une économie sous commandement politique. Ils nourrissaient des vues beaucoup plus ambitieuses: il ne s’agissait pas de soutenir une Allemagne victorieuse, mais d’avoir une guerre mondiale d’où naîtrait ensuite après 1945 un «siècle américain», ou plus exactement un «siècle Rockefeller». Bush, Rockefeller, Harriman, DuPont et Dillon ont notablement contribué au soutien apporté au Troisième Reich à ses débuts, car une partie de leur grand plan géopolitique consistait à mener les grandes puissances politiques européennes, en particulier l’Allemagne et la Russie à s’entre-détruire. Comme mentionné, un stratège britannique parlait de laisser ces deux puissances ‹se saigner à blanc› ce qui devait ouvrir la voie à l’hégémonie du ‹Siècle américain›.» (pages 165 et 192 de la version allemande, trad. Horizons et débats)
Engdahl expose qu’avec l’argent de la Fondation Rockefeller, sous l’égide du Council of Foreign Relation (CFR) et en étroite collaboration avec l’administration Roosevelt fut créé durant la guerre un War&Peace Study Group, tenu caché à l’époque, et qui produisit de nombreuses études dont l’idéologie rappelle celle de l’Allemagne nationale-socialiste: «Les géants américains de la banque et de l’industrie devaient conquérir de nouveaux marchés, plus d’espace, ce que le War&Peace Study Group nommait la ‹Grand Area›. […] Isaiah Bowman, membre fondateur du CFR et directeur du War&Peace Study Group au CFR, également connu comme ‹expert américain en géopolitique› pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisa encore un autre terme pour désigner la ‹Grand Area› projetée: en référence à la notion géographique hitlérienne qui devait justifier au plan économique l’expansion­nisme allemand, Bowman parla ‹d’espace vital économique américain›.» (pages 171 et suivantes, trad. Horizons et débats)

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du Traité de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejeté le traité de Lisbonne (1), les Irlandais votaient à nouveau aujourd’hui sur ce texte réformant le fonctionnement de l’Union européenne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un récent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traité. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer définitivement le traité.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dû se prononcer sur un traité européen mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelés à s’exprimer sur la ratification d’un traité européen après avoir rejeté le texte lors d’un 1er référendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvé la ratification du traité de Nice après avoir majoritairement voté contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple à répétition jusqu’à ce que, à coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est désormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « démocratie » au 21ème siècle.

Protégez l’indépendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons à faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites. Les plus grandes décisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont été depuis annulées par la Cour de Justice européenne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet à l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles régions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traité qui n’est pas mis dans la pierre, à la différence de notre propre constitution.

C’est un traité flexible est prévu pour être amendé par l’élite européenne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrêmement vulnérables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit être condamné à mort, tout le monde a droit à la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un état peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. Là vous avez  » une porte dérobée « ‘ par quoi l’article principal peut être dilué ou nié entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’étude du traité et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier à Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non élu, pour être le président de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas été bonne pour l’Irlande ? Nous avons donné à l’UE notre stock de pêche. L’industrie de pêche a été décimée par conséquent. Maintenant, nos fermiers sont forcés de vendre du lait moins cher que le prix coûtant, étant handicapés par le poids de la bureaucratie européenne.

Le totalitarisme de l’UE avance à pas feutrés : avez-vous remarqué comment, avec chaque traité européen successif, comment nous nous sommes déplacé de l’intégration économique vers l’intégration politique ? Est cela la démocratie qui consiste à proposer aux gens le même traité sur lequel nous avons déjà voté ? Est cela la démocratie, refuser dans les États membres un référendum aux citoyens ? Était cela la démocratie pour d’autres états de ratifier le traité contre les vœux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon côté de l’Histoire … Votons NON à Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

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août 07 2009

À qui profite la cocaïne ?

Par Régis Mex

Depuis la chute du Mur de Berlin, la cocaïne a remplacé le communisme. C’est au nom de la santé du monde que les États-Unis interviennent désormais en Amérique latine pour y protéger leurs intérêts économiques et stratégiques. La militarisation de la guerre à la drogue n’a eu aucun effet sur le trafic ; elle permet essentiellement de recycler le matériel du Pentagone et de rentabiliser 40 ans d’investissements en agences, services secrets et haute technologie militaire dans le cadre de la Guerre Froide.

L’ouverture des frontières est à l’Europe ce que la Chute du Mur est aux États-Unis : la lutte contre la drogue permettra d’assigner de nouvelles fonctions à des services devenus inutiles. Là encore, la lutte contre le trafic est bien secondaire face aux intérêts bureaucratiques.

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À qui profite la cocaïne ? [Partie 1/2]

 

À qui profite la cocaïne ? [Partie 2/2]

mai 13 2009

Pandémie A/H1N1 : un milliard de victimes d’ici juillet, selon le magazine New Scientist

Mecanopolis

Les mensonges répétés du président mexicain Felipe Calderon n’y font rien : le virus A/H1N1 continue de se répandre sur la planète, à une vitesse tellement exponentielle que le magazine New Scientist estimait hier soir que la grippe porcine pourrait avoir contaminé un milliard d’individus d’ici le mois de juillet (1). De toute évidence, la phase 6 du niveau d’alerte de pandémie n’est retardée que dans le but de laisser suffisamment de temps aux chancelleries pour organiser leurs plans de « distanciation sociale ».

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Mais ce n’est pas la seule mise en garde du magazine New Scientist, pour qui le virus n’est manifestement pas sensible aux températures estivales.

Les données mexicaines montrent que les cas de pneumonies – une conséquence du A/H1N1 quand il n’est pas soigné rapidement – ont bondi en avril, où la température de Mexico-City oscille entre 15° et 26° Celsius, ce qui est également la température moyenne à Londres en été.

Information complétée par une étude de l’Université de Berkeley (2) qui indique que le A/H1N1 serait mortel dans tous les cas lorsqu’il n’est pas traité par un anti-viral dans les trois premiers jours. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mexique s’est fait livrer plus d’un million de doses de Tamiflu cette semaine, en même temps qu’un retour à la « normale », qui sera assurément temporaire.

En outre, la grippe saisonnière tue généralement les populations très jeunes et très âgées. Les premières données concernant le AH1N1 montrent qu’un nombre disproportionné de personnes entre 15 et 54 ans ont été hospitalisées pour une pneumonie sévère en avril 2009 par rapport aux mêmes périodes sur les trois dernières années au Mexique. Le même groupe d’âge avait été touchés de manière disproportionnée, en 1918, et lors d’autres pandémies.

De fait, les malades traités dans les hôpitaux reçoivent des doses massives d’oseltamivir (3), sous sa forme injectable, de sorte a ce que l’on soit certain qu’ils puissent figurer du bon côté des statistiques.

Malgré ces efforts de propagande, les « cas » ont doublé aux États-Unis ces dernières vingt-quatre heures, et aucun pays ne peut maintenant prétendre ne pas être touché.

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Pandémie et Business

En réponse aux bonnes âmes qui s’étaient offusquées quand Condoleezza Rice avait très vite défini le tsunami de décembre 2004 comme une « merveilleuse opportunité » (« qui nous a été d’un grand profit », avait-elle ajouté), il a été justement remarqué qu’elle ne faisait qu’exprimer là, de façon certes un peu cavalière, une réalité du capitalisme (cf. Naomi Klein, « The rise of disaster Capitalism »). Il y avait cependant quelque naïveté à faire remonter la mise en place de ce « capitalisme du désastre » – formule qui est en elle-même un pléonasme – à la dévastation de l’Amérique centrale par le cyclone Mitch en octobre 1998, et à principalement ranger sous cette rubrique les opérations extérieures de l’administration américaine et de la Banque mondiale, désormais planifiées pour préparer en même temps les interventions militaires à venir et la reconstruction des pays qui n’ont pas été encore détruits, car c’est universellement que le déchaînement de calamités sans nombre, avec leur combinaison imprévues et leurs accélérations brutales, ouvre un prodigieux chantier aux trusts planétaires du capitalisme. En cela, le A/H1N1 est sans doute le produit le plus avancé de la technologie marchande du XXIème siècle.

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Ce sont les masses qui demandent à être dominées

N’en déplaise aux amateurs de critique fiction mélodramatique et conspirative, cette pandémie ne permettra pas des décrets de « lois martiales » ou autres bruits de bottes. Nos sociétés sont depuis trop longtemps abatardisées et la manipulation démocratique trop raffinée pour qu’ils soit encore nécessaire de faire régner l’ordre par les armes, et nous aurions tort de penser selon le vieux schéma : si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vérité, elles se révolteraient. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même – depuis les camps d’extermination jusqu’à Tchernobyl – à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en dépit de tout comme si elles ne savaient pas.

Les masses ont été trop longuement entraînées aux sophismes de la résignation et aux consolations de l’impuissance pour ne pas rester impavide devant la destruction du monde qui se déroule devant eux. Tout démontre que l’identification avec le mouvement et le conformisme absolu semblent avoir détruit jusqu’à la faculté d’être atteint par l’expérience la plus directe.

L’artifice de la propagande consiste à affirmer à la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient, que l’humanité pourrait faire collectivement, comme un seul homme, en toute connaissance de cause une fois instruite par les experts est régi par un implacable déterministe qui ramène le choix à celui de vivre ou de périr ; c’est-à dire de vivre selon les directives des gouvernements ou de périr parce que l’on sera resté sourd à leurs mises en garde. Un tel choix se ramène donc à une contrainte qui règle le vieux problème de savoir si les hommes aiment la servitude, puisque désormais ils sont contraint de l’aimer. Selon Arendt, le problème de la domination totale était de fabriquer quelque chose qui n’existe pas : à savoir une sorte d’espèce humaine qui ressemble aux autres espèces animales et dont la seule « liberté » consisterait à « conserver l’espèce » (Le Totalitarisme). Sur la terre ravagée par une pandémie, ce programme cessera d’être une théorie de la domination pour devenir une revendication des dominés.

Il n’y aura d’ailleurs bientôt plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme. Ceux qui refuseront de se «responsabiliser» (porter un masque, se faire vacciner, accepter une puce RFID pour permettre un meilleur dépistage, plus rapide, etc), de participer avec zèle à la « gestion citoyenne » de la crise et à l’embrigadement dans l’Union sacrée pour « sauver le monde », peuvent s’attendre à être bientôt traités comme le sont en temps de guerre les déserteur et le saboteurs. Car l’état de nécessité et les pénuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord à réclamer de nouvelles formes d’asservissement, pour sauver ce qui peut l’être encore de la survie garantie là où elle l’est encore quelque peu.

Cependant le rôle de l’imagination théorique reste de discerner, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui  à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Mecanopolis

Notes :

1. Article de New Scientist

2. Article de l’Université de Berkeley

3. Documentation Tamiflu


06:00 > Un troisième mort de la grippe porcine a été enregistré aux Etats-Unis, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), a-t-on annoncé de source officielle.

10:00 > Un sondage US réalisé hier pour  Gallup, Harvard School of Public Health and Pew démontre que 25% de la population américaine s’informe en premier lieu sur internet pour suivre l’évolution du virus A/H1N1. Lire l’article.

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11:00 > Stats

Quelques uns des membres du forum jeuxvideo.com, dont nous vous parlions hier, ont réalisé toutes sortes de tableaux statistiques, comme celui que nous plaçons ci-dessous, sur leur site : Pandémie grippale – Virus H1N1

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

11:30 > Basic Reproduction Number

Le Basic Reproduction Number (R0) est en fait le nombre moyen de nouvelles infections grippales, crées par une personne nouvellement infectée, dans une population de personnes sensibles. En gros, on peut dire qu’un R0 de 2 veut dire que chaque personne touchée par le A/H1N1 contaminerait à son tout 2 autres personnes.

Question : quel est le R0 actuel du A/H1N1 aux USA ? La réponse est 1.3

Question : quel était le Ro de la grippe espagnole ? La réponse est 1,45

Toutefois, l’utilisation du R0 est souvent incorrect

11:35 > De l’efficacité des restrictions de circulation

Traduction d’un texte de Monotreme sur PFI (Pandemic Flu Information):
Empirical Evidence for the Effectiveness of Movement Restrictions

Il existe un large éventail de données empiriques qui a trait à l’efficacité des restrictions de circulation:

1. Données historiques provenant d’autres maladies.

Bien que la variole ait un R0 élevé et ait ravagé les villes d’Europe, elle était inconnue dans le nouveau monde jusqu’à ce que les Européens l’amènent aux Amériques sur les navires. Il est probable que si ces navires n’étaient jamais arrivé, les Natifs Américains n’auraient jamais été infectés par la variole.

2. Preuve historique de la pandémie de grippe de 1918.

La pandémie de grippe de 1918 est l’une des pires jamais documentée. À ce moment-là, il n’y avait pas d’antibiotiques, d’antiviraux et de vaccins. Pourtant, certaines communautés ont complètement échappé à des infections. Quelques exemples:

A. Gunnison, au Colorado.

Ni petite ni isolée, Gunnison était une ville avec un chemin de fer, un centre d’approvisionnement pour le centre-ouest de l’État, et le College des instituteurs de l’est de l’état (Western State Teachers College). Au début d’octobre – longtemps avant tout cas de grippe – Gunnison et la plupart des villes voisines ont émis une ordonnance de clôture et une interdiction des rassemblements publics. Puis Gunnison a décidé de s’isoler entièrement. Un homme de loi de Gunnison a bloqué toutes les routes. Les conducteurs de train mettaient en garde tous les passagers que s’ils levaient le pied de la plate-forme à Gunnison dans le but d’étirer les jambes, ils seraient arrêtés et mis en quarantaine durant cinq jours. Deux Nebraskans tentant simplement de passer dans le prochain comté par une ville, ont atteint le blocus et furent jetés en prison.

Gunnison n’a eu aucun mort.

B. Samoa américaines

Alors qu’elle était en vigueur, la quarantaine maritime utilisé par des Samoa américaines en date du 23 Novembre 1918, semblait exclure une pandémie de grippe (2). Une fois la grippe parvenue à cette juridiction en 1920, aucun décès n’a été attribué à la grippe (sur une population de ≈ 8000) (8).

En revanche, la grippe se propagea rapidement à travers le Samoa-Occidental (maintenant nommé Samoa). L’impact a été amplifié par un manque d’assistance médicale et par les pénuries alimentaires dans la région.Le Samoa-Occidental a le pire taux de mortalité enregistré de tous pays ou territoire pour la pandémie de 1918, perdant 19% -22% de sa population (2).

Source : PFI

11:45 > La désinfection à l’eau de Javel des aires communes, bureaux d’élèves, rampes d’escaliers et poignées de portes de la Polyvalente de Charlesbourg, dont un des élèves est atteint de la grippe A (H1N1), ne suffit pas à stopper la propagation du virus, selon la Direction nationale de santé publique. cyberpresse.ca

12:20 La grippe porcine a contaminé 4.379 personnes dans 29 pays et fait 49 morts, selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) diffusé dimanche à Genève.

L’augmentation significative du nombre de cas confirmés résulte d’une forte progression aux Etats-Unis, désormais le pays le plus touché. Le nombre de pays concernés par l’épidémie est stable à 29. En revanche, on compte désormais 4 pays où des cas mortels ont été recensés.

    Etats-Unis:      2.254 cas, deux mortels
    Mexique:         1.626 cas, 45 mortels
    Canada:            280 cas, un mortel
    Costa Rica:          8 cas, un mortel
    Espagne:            93
    Royaume-Uni:        39
    France:             12
    Allemagne:          11
    Italie:              9
    Israël:              7
    Nouvelle-Zélande     7
    Brésil:              6
    Japon:               4
    Pays-Bas             3
    Corée du Sud:        3
    Panama               3
    Salvador:            2
    Argentine:           1
    Australie:           1
    Autriche:            1
    Colombie:            1
    Danemark:            1
    Guatemala            1
    Chine (Hong Kong):   1
    Irlande:             1
    Pologne              1
    Portugal:            1
    Suède                1
    Suisse:              1

Le précédent bilan, publié samedi à Genève, faisait état de 3.440 cas dans 29 pays et 48 morts.

Les données de l’OMS sont souvent inférieures aux bilans communiqués par les pays concernés en raison des procédures de vérification effectuées par l’organisation après leurs annonces. Il ne tient par exemple pas compte d’un troisième décès annoncé aux Etats-Unis et des deux premiers cas confirmés de présence du virus en Norvège samedi. (AFP)

12:25 > Petite polémique dans les commentaires à propos de l’utilisation du terme « victime » dans le titre de cette page. Une victime, ce n’est pas forcément un mort. On peut-être victime d’un accident de la route sans finir au cimetière, par exemple. Une personne contaminée par le virus HIV est victime de ce virus potentiellement mortel, sans toutefois être morte au moment ou le test est positif, etc. De même pour le AH1N1, nous semble-t-il. Par ailleurs, l’article de News Scientist reprend plusieurs fois le terme de victimes pour désigner les « cas » ou « contaminés », terme que nous n’avons pas voulu placer dans le titre.

Définition du Larousse :

Personne qui subit les conséquences fâcheuses ou funestes de quelque chose, des événements, des agissements d’autrui. Victime d’un abus, des circonstances, du chômage, d’une calomnie, du despotisme, de la fatalité, d’une méchanceté, d’une méprise, de privations, du progrès, de sévices, du sort; (être) victime d’une attaque, d’une injustice, d’une machination, d’un malaise, d’une violation des droits de l’homme, d’un vol.

12:45 > Alors que le virus H1N1 inquiète partout à travers le Monde, l’hôpital Pasteur de Cherbourg semble parfaitement préparé à un éventuel cas de grippe A. Stocks de masques, de médicaments Tamiflu ou chambres à disposition ont été préparés dès l’alerte de l’OMS. Le personnel hospitalier, déjà rôdé par la grippe aviaire en 2007, gère avec expérience. Lire l’article.

13:00 > La sortie de Terminator 4 retardée pour cause de pandémie

La sortie de Terminator Salvation est retardée au Mexique. Synopsis du film : En 2018, John Connor, âgé de 33 ans, leader charismatique de la résistance humaine face aux machines, mène une lutte à mort contre Skynet pour sauver ce qui reste de l’Humanité. Il fait la connaissance de Marcus Wright, un étranger amnésique dont le seul souvenir est d’avoir été condamné à mort. Vient-il du futur ? Ou du passé ? Alors que Skynet prépare son ultime assaut, John et Marcus s’aventurent au sein de Skynet où ils vont découvrir un terrible secret qui menace la planète : les machines ont fabriqué un virus dans le but de détruire l’humanité.

envoyé par Mecanopolis


13:15 > Hollywood et propagande

Il faut lire l’article de Le Blavec Le terrorisme anticipé par Hollywood, pour se rendre compte comment le cinéma US a préparé les esprits aux « attaques » du 11 septembre 2001. L’auteur revient d’ailleurs sur les films évoquant des catastrophes au sein de tours ou l’urgence d’une protection militaire à Manhattan.

En voyant Terminator 4, on peut réellement se demander si le cinéma américain n’a pas pour but d’anticiper les catastrophes a venir et de préparer les foules à quelques réactions de survie…

Sur le même sujet, lire également ce document de nos amis d’Infoguerre.

Le lien de l’article de Le Blavec n’est plus disponible. Nous l’avions placé il y a un an sur Mecanopolis à propos d’un article sur le film Cloverfield. Si quelqu’un retrouve son texte « Le terrorisme anticipé par Hollywood », nous sommes prenneurs. ;)

13:40 > Le virus H1N1 pourrait circuler chez l’homme depuis l’automne dernier, selon NPR. ( »The best estimate is the middle of that range, kind of September. »)

13:45 > Excellent travail de compilation d’articles sur DiaBlogTimes ;)

13:50 > Merci à nos amis de la Voix des opprimés ;)

14:10 > TF1 impose une quarantaine

Tous les salariés ayant effectué un récent séjour au Mexique ou aux Etats-Unis sont ainsi priés de rester chez eux durant sept jours, sans passer par le siège de la chaîne à Boulogne-Billancourt (92). Ces derniers pourront revenir travailler armés d’un certificat médical assurant qu’ils ne sont pas atteints.

17:20 > 190 millions de doses de vaccin pour septembre

C’est un nouvel article de New Scientist qui rapporte l’information. Si la production de vaccin commence en juin, elle permettra de réaliser 190 millions de doses de vaccin pour septembre. Sachant qu’il faut 2 doses pour vacciner chaque personne, cela permettra de traiter 95 millions d’individus. Lire l’article. En gros, on aura la capacité de vacciner la France, la Belgique et la Suisse. Ca ne fait pas beaucoup, hein…

17:40 > Les médias continuent à parler de stabilisation, malgré les chiffres qui démontrent le contraire. Les dernières informations indiquent même un retour de l’explosion des cas dans certaines provinces mexicaines, qui ont fermé les établissements publics.

influenza-2009-cases219:50 La lutte contre la grippe porcine au Mexique rebondit dans plusieurs régions du pays qui imposent à leur tour les restrictions d’activités utilisées d’abord à Mexico, où la tension retombe avec la réouverture des écoles primaires attendue lundi.

Le bilan national de « cas confirmés » reste arrêté à 48 morts et 1.578 malades contagieux en cours de traitement.

La rentrée des classes, d’abord fixée à lundi au plan national après deux semaines d’interruption « préventive », a été reportée dans six des 32 Etats du pays.

C’est le cas de celui de Guerrero, qui a décrété en outre la fermeture de tous les bars de nuit et discothèques dans ses stations touristiques, dont Acapulco, sur la côte du Pacifique.

Les restaurants y sont ouverts normalement, mais un grand hôtel du front de mer annonçait dimanche matin un taux d’occupation de 10%, contre 40% à 50% habituellement à cette période de l’année.

L’Etat de Jalisco (ouest) avait déjà annoncé vendredi la fermeture de tous ses équipements publics, cafés, restaurants, stades et autres lieux de distractions, après la découverte de trois décès suspects.

A Mexico, l’opération de grand nettoyage et de désinfection s’est poursuivie pendant tout le week-end dans les écoles, mais aussi dans le métro, dont l’affluence va redoubler avec la rentrée des classes. (AFP)

20:20 > Sérieux doutes sur l’efficacité du Tamiflu

Ce célèbre médicament antiviral de la multinationale suisse Roche fait l’objet d’interrogations de plus en plus dérangeantes.

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C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom à une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait être amenée à prendre des dimensions planétaires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dénomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs années présenté de manière publicitaire comme une forme de panacée contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’émergence du risque hypothétique de pandémie hautement meurtrière associé au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il était inconnu ou presque du grand public. Il était aussi rarement prescrit par les médecins dans le cadre des épidémies de grippe saisonnière.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planétaire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus à l’homme, ont totalement bouleversé la donne. Dès 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé la plupart des gouvernements des pays industriels ont décidé de constituer -à prix d’or- des stocks considérables de Tamiflu. Et l’émergence du nouveau virus A(H1N1) a conduit les mêmes autorités à souligner tout l’intérêt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un fléau pandémique.

On n’a ainsi pas cessé de rappeler, par voie de presse, ces derniers jours que la France disposait de plus d’une trentaine de millions de traitement. Et on nous a aussi expliqué qu’une partie (laquelle?) de ce Tamiflu jusqu’à présent conservée en vrac sur des « sites militaires » était en cours de conditionnement et bientôt « prépositionnée » dans les services spécialisés des établissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire national.

Tout ceci ne saurait gommer le fait que, depuis plusieurs mois déjà, deux questions circulent avec une insistance grandissante dans la communauté médicale et scientifique. La première: les stocks de Tamiflu (ou du moins une partie d’entre eux) n’ont-ils pas déjà dépassé leur délai de péremption ? La seconde : comment interpréter les résultats de différents travaux démontrant que des virus grippaux A(H1N1) sont, en moins de deux ans, devenus massivement résistants à ce médicament ?

Depuis son siège de Londres l’Agence européenne du médicament (EMEA) a, dans l’après-midi du 8 mai, répondu par voie de communiqué de presse à la première de ces deux questions. Et elle l’a fait, selon moi, avec une assez grande désinvolture assez inhabituelle. En clair : vos stocks de Tamiflu sont périmés ? Qu’à cela ne tienne : nous allons augmenter la durée de vie de votre médicament. Et ne jetez surtout pas les boîtes ayant dépassé le délai de péremption ou celles qui s’en approchent !

Si la Commission européenne en est d’accord ce délai de péremption passera de cinq à sept ans. Et l’on voit mal Bruxelles s’opposer ici aux experts de l’EMEA. Mieux ces experts estiment que, le cas échéant, le Tamiflu pourra être prescrit aux enfants âgés de moins d’un an (ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes) ce qui était jusqu’à présent formellement contre-indiqué. Les experts de l’EMEA expliquent encore qu’en cas de pandémie les « bénéfices » éventuels d’une telle utilisation du Tamiflu sont de nature à dépasser les « risques » encourus jusqu’alors pris en compte pour commercialiser au mieux la molécule pharmaceutique. Lire la suite.

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20:35 > Elevage industriel et nouveaux virus : une vraie question

L’irruption de la grippe A, au-delà des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, devrait nous interroger sur les causes d’une telle situation :

Les élevages industriels hors-sol de porcs ou volailles soumis à des traitements antibiotiques quasiment continus constituent des milieux propices à l’apparition de virus nouveaux et de bactéries résistantes aux antibiotiques. La région de l’élevage de la Gloria, au Mexique, d’où provient l’apparition chez l’homme de ce virus correspond à ce modèle. Et l’élevage porcin en Bretagne est sensiblement du même type. Lire la suite.

21:10 > Merci à tous nos amis bloggeurs qui ont repris les infos de cette page depuis ce matin ;)

Changement climatique ; Citoyens du Monde ; DiablogTimes ; Rodion Raskolnikov ; Serge Adam , Blog Seniors ; Vigi-Infos ; news.stcom

21:40 > Le nombre de personnes contaminées par le virus de la grippe A (H1N1) aux Etats-Unis s’élevait dimanche à 2.532, a annoncé le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Lundi 11 mai > Le Mexique sacrifié ?

La situation au Mexique est inexplicable. Le gouvernement s’obstine à réouvrir les établissements publics alors que tout démontre que la situation dans plusieurs régions du pays connait une expansion importante des cas de A/H1N1. Tout semble être fait comme si il y avait un volonté manifeste  pour que la contagion gagne du terrain. Pour couronner le tout, le Ministère de la santé a refusé de donner sa conférence quotidienne sur la situation de l’épidémie. A la veille de la réouverture des écoles, ça tombe plutôt mal… Que cherche à faire exactement le gouvernement mexicain ?

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00:05 > Peut-être un début de réflexion : Nous avions expliqué, il y a quelques jours, comment les CDC et l’OMS ont pris le contrôle de la santé au Mexique. Or, ce pays s’est fait livré 1 million de doses de Tamiflu la semaine dernière (400′000 venant des USA, 100′000 de la France et le reste des réserves de l’OMS). Si tous pensaient que la situation était sous contrôle, et même en voie de stabilisation, ces livraisons au Mexique n’auraient pas lieu d’être. Sauf si on se livre à une expérience grandeur nature afin de voir si le virus peut-être stoppé de front plutôt qu’en paralysant toute l’économie d’un pays pendant plusieurs semaines. Le Mexique serait alors le laboratoire de ce qui sera ou ne sera pas fait aux Etats-Unis et partout ailleurs où le virus s’étend. Cela expliquerait les mensonges de Calderon, prêt a sacrifier un certain nombres de ces concitoyens sur l’autel de l’économie mondiale.

Vous en doutez ? Pas nous ! (Mecanopolis + Redamex)

Poursuivre avec cet article. (Merci à Redamex)

00:15 > NAOMI KLEIN ET LA CRISE FINANCIÈRE – 1 -
envoyé par Mecanopolis

Partie 2 et partie 3


06:30> Mexique : Le Secrétaire fédéral de la Santé, José Angel Cordova Villalobos, a reconnu que « l’éventualité qu’apparaisse de nouveaux cas d’infection du virus de la grippe reste possible mais la phase de stabilisation se poursuit« . Comment on dit déjà… ? Hijo de la Chingada !!!

Source : elmanana.com.mx

18:30 > Une mégaporcherie états-unienne installée au Mexique et l’apparition de la grippe porcine

Le 20 mars dernier, alors que l’existence du virus de la grippe porcine n’était pas encore connue, Bertha Crisostomo, agente municipale de La Gloria, un quartier de la municipalité de Perote (État de Veracruz), sollicita l’appui du ministère de la Santé de Mexico concernant une explosion d’infections respiratoires qui affectaient 60% des 3000 habitants de l’arrondissement, soit 1600 personnes.

Également, un reportage publié par la revue Milenio, avant que soit connu l’origine de cette explosion, décrivait comment plusieurs familles avaient été victimes d’infections gastro-intestinales et respiratoires, symptômes typiques de la grippe.

José Luis Martinez, un résidant de La Gloria, de 34 ans, dit qu’il a appris de quoi il s’agissait par les médias qui décrivaient la grippe porcine et ses symptômes : fièvre, toux, douleurs dans les articulations, migraines et dans certains cas, vomissements et diarrées. « Quand on a vu ça à la télévision, dit-il, on s’est dit : c’est ça que nous avons. »

A ces doutes populaires, s’est ajouté la confirmation d’une firme de consultants états-unienne spécialisée dans la biosurveillance, Veretech Corporation, qui a identifié une communauté de Perote comme étant le lieu de l’apparition du nouveau virus de l’influenza. Lire la suite.

18:45 > Symptômes respiratoires chez 555 voyageurs entrés en Chine. Lire l’article.

19:00 > Publicités informatives des CDC diffusées depuis ce matin aux USA :

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Mardi 12 mai > Le A/H1N1 pourrait faire 30′000 morts en France

Près de 35% de la population française pourrait être touchée par la grippe porcine, ce qui pourrait entraîner 30.000 morts, a affirmé lundi Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes lors d’une conférence.

« Il pourrait y avoir 30.000 décès en France », a affirmé M. Flahaut au cours d’une conférence donnée à l’EHESP, en évoquant le scénario qu’il estime le plus probable de l’évolution de la pandémie de la grippe A (H1N1).

Selon ce scénario, le pic se fera sentir « après l’été » et pourrait toucher « 35% de la population ». En comparaison, la grippe saisonnière fait selon lui en moyenne 6.000 morts par an.

Interrogée lundi soir sur France 3 sur ces déclarations, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a indiqué que M. Flahaut avait « décrit un des scénarios tout à fait possibles », mais que « l’ensemble de la communauté des experts médicaux est encore en recherche sur ce qui va se passer ».

« Nous sommes très attentifs à ce qui se passe dans l’hémisphère sud, où on va être en hiver », a dit encore Mme Bachelot. « Cela va présager sans doute de ce qui va passer dans l’hémisphère nord à l’automne », a-t-elle ajouté.

M. Flahaut ne croit pas à un scénario de type SRAS, avec des symptômes apparaissant chez toutes les victimes et des hospitalisations systématiques. Selon lui, en moyenne, la moitié des personnes infectées par le H1N1 ne ressentent pas les symptômes de la maladie.

Il ne croit pas non plus au scénario de type grippe espagnole de 1918/1919 qui aurait fait selon l’OMS au moins 40 millions de décès dans le monde en raison d’un taux très élevé « de 1 à 3% de cas de mortalité par rapport aux cas infectés ».

En revanche, il rapproche plutôt la pandémie actuelle de la grippe de Kong-Kong de 1968. « En 1968, il y a eu 30.000 morts, on ne l’avait pas vu, là on le verra », a-t-il dit devant des étudiants.

« Pour le moment en France, nous n’avons que des cas d’importation, mais je ne serais pas étonné que des gens qui n’ont pas eu les symptômes aient transmis » la maladie, a-t-il ajouté.

« Il s’agit d’un virus qui se transmet comme les autres, il n’est pas exceptionnel, il fait sa besogne », a-t-il expliqué. En moyenne, a-t-il ajouté, une personne contagieuse transmet la grippe à deux autres personnes.

« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », a-t-il expliqué. « 35% de la population malade, cela peut gripper le système, notamment le système de santé », a-t-il poursuivi.

« La pandémie, nos pays s’en sortiront sans grands dégâts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent déjà, par exemple ceux qui ont des emplois précaires », a-t-il encore dit.

Concernant le vaccin, l’OMS doit se prononcer le 14 mai, a affirmé M. Flahaut. Elle devra choisir entre faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou faire un vaccin dirigé contre la pandémie, a-t-il rappelé.

« Mon sentiment est qu’ils vont faire un vaccin pandémique », a-t-il ajouté sachant que « le nouveau virus est ultra-compétitif et chassera tous les autres ». « En janvier, il n’y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura été dégommé », a-t-il ajouté.

« Chaque nation va décider de sa politique et cela ne va pas être triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore déclaré M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgées et les plus fragiles, soit on veut faire barrière au virus et on vaccine les personnes stratégiques, mais c’est qui les personnes stratégiques ? », s’est-il interrogé. Source : France24

02:30 > A/H1N1 : 23′000 personnes seraient contaminées au Mexique

Quelque 23.000 personnes ont été contaminées au Mexique par le virus de la grippe A(H1N1), estime un rapport publié lundi en ligne par la revue « Science ». Ce nombre est beaucoup plus important que celui des cas confirmés officiellement dans le pays.

Le rapport, établi par la cellule sur les pandémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui comprend notamment les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC), estime à 23.000 les personnes contaminées au Mexique par le virus. C’est dans ce pays que l’OMS avait repéré l’éruption d’une épidémie de grippe porcine en avril.

Selon un dernier bilan, le nombre officiel de cas confirmés au Mexique s’élève à 2003 et celui des morts à 56. Au Mexique, comme dans le reste du monde, « les cas confirmés de A(H1N1) ne représentent que la partie émergée de l’iceberg », a relevé lundi Anne Schuchat, directrice adjointe par intérim de la santé publique aux CDC, lors d’une conférence de presse.

Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test, souligne Mme Schuchat. (ATS) Source : swissinfo.ch

Merci a Redamex de nous avoir fait parvenir cette info qui confirme, comme nous l’affirmons sur Mecanopolis depuis 10 jours, que les chiffres avancés par le gouvernement mexicain ne correspondent en rien à la réalité.

20:20 > Sanofi Pasteur se prépare à affronter une pandémie

Sanofi Pasteur, leader mondial des vaccins, a assuré mardi qu’il se “préparait à affronter une pandémie” de grippe A et attendait l’envoi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la souche du virus pour fabriquer le vaccin.

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”Nous n’avons pas encore reçu de souche de l’OMS, mais c’est une question de jours et on va se préparer pour produire un vaccin en masse”, a déclaré à l’AFP Albert Garcia, épidémiologiste et porte-parole de Sanofi-Pasteur.

M. Garcia s’exprimait en marge de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine destinée à produire le futur vaccin contre la dengue, à Neuville-sur-Saône (Rhône).

”Nous ne sommes pas en phase pandémique, même si le virus H1N1 de la grippe A a tous les profils d’un virus pandémique, mais on se prépare à affronter une pandémie”, a souligné l’épidémiologiste.

”Aujourd’hui on se prépare à l’éventualité d’une résurgence” de la grippe A, mais on n’a aucun moyen fiable de mesurer sa virulence”, a observé le Dr Elias Zerhouani, conseiller Science et Technologie de Sanofi.

”La capacité mondiale de production (d’un vaccin) est encore limité et tous les investissements dans ce domaine sont nécessaires”, a-t-il dit.

De son côté, le directeur-général de Sanofi-Aventis, Christopher Viehbacher, a souligné que le groupe disposait de trois usines dans le monde –deux aux Etats-Unis et une en France– pour la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière, qui fait 30.000 morts chaque année.

Seuls les deux sites américains sont capables de produire en même temps un vaccin contre la grippe A, a-t-il souligné.

Arrêter en France la fabrication du vaccin contre la saisonnière pour celui contre la grippe A constitue “une vraie question de santé publique”. “Ce n’est pas à nous de la prendre, mais à l’OMS”, a-t-il dit.

Treize cas de grippe d’origine porcine A (H1N1) étaient confirmés en France mardi en fin de matinée, sept étant considérés comme probables et 32 autres possibles étaient en cours d’investigation, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans le monde, l’épidémie de grippe A a franchi le seuil des 5.000 cas confirmés mardi, dont 61 morts, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), et 3 nouveaux pays, la Finlande, la Thaïlande et Cuba, ont annoncé avoir détecté la présence du virus.

Merci à « Je Tousse » pour cette info.

20:20 > L’OMS craint une résistance aux antiviraux

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint une résistance du virus de la grippe porcine aux antiviraux se fondant sur « les signes de résistance » de la grippe saisonnière constatés l’année dernière, a annoncé mardi l’un de ses experts en pandémie.

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« Nous sommes confrontés au risque de résistance des virus » (aux antiviraux), a expliqué Nikki Shindo au cours d’une conférence de presse téléphonique.

Le Dr Shindo a fait valoir que l’année dernière la grippe saisonnière avait montré « des signes de résistance à l’oseltamivir », la molécule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral produit par le laboratoire suisse Roche et recommandé jusqu’à présent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette résistance pourrait se développer après son passage dans l’hémisphère Sud où l’hiver, propice à la propagation de la grippe, débute, a laissé entendre l’expert de l’ONU.

Le développement d’un vaccin contre cette grippe atypique, qui a contaminé plus de 5.200 personnes dans le monde, dont 61 sont mortes, a été motivé par cette crainte, a encore expliqué le Dr Shindo.

L’OMS a convoqué jeudi un comité d’experts qui sera chargé d’étudier les modalités de production de ce vaccin.

En attendant et en dépit du risque de résistance, l’organisation a commencé à envoyer la semaine dernière quelque 2,4 millions de doses de Tamiflu à 72 pays dont le Mexique.

Roche a également annoncé mardi qu’il offrait 5,65 millions de doses supplémentaires de son médicament phare. Le laboratoire bâlois prévoit également d’augmenter ses capacités de production de l’antiviral, dont il va produire 110 millions de traitements pendant les cinq prochains mois.

« Nous ne sommes qu’au commencement de l’épidémie », a par ailleurs estimé l’expert de l’OMS, précisant que l’organisation ne s’expliquait toujours pas pourquoi les cas les plus graves avaient été enregistrés au Mexique.

« Pour l’instant, les données des Etats-Unis et du Mexique suggèrent que 9 à 10% des cas confirmés ont nécessité une hospitalisation (…) ce qui est clairement différent de ce que nous voyons avec une grippe saisonnière, a encore souligné le Dr Shindo.

Alors que le nombre de cas de grippe porcine a franchi mardi le seuil des 5.000 malades avec 5.251 cas confirmés, dont 61 morts, dans 30 pays, selon le dernier bilan de l’OMS, le Dr Shindo a indiqué que l’organisation préparait un guide de conseils pour les personnels médicaux des pays touchés par la maladie.

21:00 > Le A/H1N1 est un virus pandémique

Les caractéristiques de l’épidémie provoquée par la nouvelle souche de grippe A(H1N1), dite grippe porcine ou mexicaine, correspondent à ce qui est connu des premiers stades d’une pandémie de grippe, selon une analyse publiée aujourd’hui par une équipe internationale dans la revue Science.

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Neil Ferguson (de l’Imperial College London, GB) et ses collègues épidémiologistes et virologues évaluent que l’épidémie de grippe A(H1N1) a commencé au Mexique à la mi-février et qu’à la fin du mois d’avril près de 23.000 personnes avaient été infectées par ce virus au Mexique et 91 en étaient mortes. Un grand nombre de cas modérés de grippe ayant certainement échappé au recensement, le nombre réel pourrait aller jusqu’à 32.000 cas.

Les chercheurs estiment que le taux de mortalité est compris entre 0,3% et 1,5% au Mexique et qu’il est vraisemblablement de 0,4% en moyenne (4 morts pour 1.000 cas).

Pour ce qui est de la vitesse de transmission du virus, ils estiment qu’il y a eu 1,2 à 1,6 cas secondaire en moyenne pour une personne infectée. Ce qui est plus élevé que dans le cas d’une grippe saisonnière, au cours de laquelle 10 à 15% de la population est infectée, mais est plus faible que dans le cas d’une pandémie qui touche 20 à 30% de la population.

«Le virus se répand à un rythme attendu pour les premiers stages d’une grippe pandémique», commente Neil Fergusson. «Jusqu’à présent, il a suivi un schéma très semblable à celui de la pandémie de 1957, en termes de nombre de personnes infectées et de pourcentage de cas mortels». Moins dangereux que le virus de la grippe espagnole, ce nouveau virus doit cependant rester sous surveillance, dit-il. L’épidémie de 1957 a fait 2 millions de morts dans le monde, selon les estimations de l’OMS, alors que la grippe saisonnière cause 250.000 à 500.000 décès annuellement.

Nous devons être préparés, particulièrement pour l’automne. Actuellement, le virus ne se répand pas facilement dans l’hémisphère nord parce que nous sommes à l’extérieur de la saison normale de grippe, explique-t-il. La grippe pourrait atteindre son « plein potentiel pandémique » dans les six à neuf prochains mois.

Mercredi 13 mai > La partie émergée de l’iceberg

Le nombre de cas confirmés dans le monde pourrait n’être que « la partie émergée de l’iceberg », et le nombre de cas réels bien plus élevé que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandémies de l’OMS.

Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.224.

L’OMS a mis en garde contre une résistance du virus de la grippe A (H1N1) aux antiviraux se fondant sur les « signes de résistance » de la grippe saisonnière constatés l’an dernier.

Le Dr Nikki Shindo, expert en pandémies, a fait valoir que l’année dernière la grippe saisonnière avait montré « des signes de résistance à l’oseltamivir », la molécule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral recommandé jusqu’à présent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette résistance pourrait se développer après son passage dans l’hémisphère Sud où l’hiver, propice à la propagation de la grippe, débute, a laissé entendre l’expert de l’OMS.

En attendant le développement d’un vaccin et en dépit de ces craintes, l’organisation a commencé à envoyer la semaine dernière 2,4 millions de doses de Tamiflu à 72 pays, dont le Mexique.

01:00 > «Un tiers de l’humanité pourrait être infectée»

Si le virus de la grippe A (H1N1) maintient sa vitesse de propagation actuelle, un tiers de l’humanité pourrait être infectée. Un rapport d’experts rendu public par Science lundi soir estime ainsi pour la première fois le potentiel pandémique du nouveau virus de la grippe. Il donne raison à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, le 29 avril, a relevé son niveau d’alerte, le plaçant au stade de «pandémie imminente». Mais il faudra sans doute attendre l’automne pour que l’épidémie atteigne l’hémisphère Nord.

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Le virus va «vraisemblablement se propager autour du monde dans les six à neuf mois à venir», a déclaré un des auteurs de l’étude, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres. «Quand il le fera, il affectera environ un tiers de la population mondiale.» Mais «cen’est pas le scénario catastrophique que craignait le monde avec la grippe aviaire», a-t-il précisé.

Quel vaccin produire?

Bien qu’il perdure une bonne dose d’incertitudes, le nouveau virus semble être moins sévère que son cousin de 1918, mais comparable à celui de 1957, estime le rapport. A cette époque, l’épidémie avait fait trois à quatre millions de morts.

L’expert se refuse toutefois à donner une estimation du nombre de morts possible. «Je ne prédis pas 3 à 4 millions de morts, a précisé Neil Ferguson au quotidien The Gua rdian.

Le monde est différent aujour­d’hui. Il est plus peuplé, mais le système de soins est aussi meilleur.» Et de rappeler que l’OMS doit décider cette semaine de faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou de faire un vaccin dirigé contre la pandémie.

Une chose est sûre, le virus est plus contagieux que la grippe saisonnière, a rappelé l’OMS. Lorsque cette dernière sévit, une personne en contact avec un malade a entre 5 et 15% de risque d’être infectée. Avec le nouveau virus, cette proportion grimpe entre 22 et 33%.

Les experts, travaillant en collaboration avec l’OMS, se sont concentrés essentiellement sur les données mexicaines, le virus étant parti du Mexique. En analysant les mouvements de voyageurs, le nombre de cas confirmés dans le monde, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que, fin avril, entre 6000 et 32 000 personnes ont été contaminées.

Données incomplètes

Selon les travaux publiés, la grippe dite mexicaine tue entre 0,4% et 1,4% de ses victimes. Le professeur Neil Ferguson reconnaît toutefois que les données sont encore incomplètes.

Enfin, les chercheurs ont confirmé que le virus est apparu pour la première fois mi-février dans le village de La Gloria, Veracruz, où 61% de la population de plus 15 ans a souffert de maladie respiratoire sévère.

Source : Tribune de Genève, 13 mai, 00:13

19:10 > Le H1N1 porcin dépasse la grippe saisonnière aux États-Unis
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

Le rapport de la semaine 17 du CDC à propos de la grippe saisonnière aux États-Unis est frappant. La courbe normale en forme de cloche de cas détectés par les laboratoires sentinelles du CDC a soudainement été interrompue par une forte augmentation. Quoique la hauteur de la montée [de la coube] ait été poussée en quelque sorte par une surveillance accrue, attribuable à la détection du H1N1 porcin, la composition de la barre représentant la semaine 17 s’est avéré un signal évident que la grippe porcine H1N1 a pris l’assault des cas de grippe aux États-Unis. Les données initiales pour l’influenza comportaient respectivement 334 et 300 positifs au H1 et H3, mais il y a eu 326 et 304 isolats de H1N1 porcin ou de l’influenza A intypable (ce qui consiste en du H1N1 porcin n’ayant pas encore été confirmé). La mise à jour des données publiée cette semaine fut encore plus frappante, avec 370 et 342 isolats respectivement de H1 et H3, alors que le H1N1 porcin et l’influenza A intypable s’élevaient à 542 et 259. Ainsi, il est survenu davantage de H1N1 porcin que la combinaison de H1 et H3 de grippe saisonnière.

La montée des cas de H1N1 porcin a créé un retard de données [backlog] au CDC, ce qui peut être observé dans la carte des cas confirmés et cas probables (voir la carte des États-Unis). Les tests de confirmation ont été confiés aux laboratoires d’États afin d’éliminer le retard, mais peu de temps après, les laboratoires d’État ont admis que les échantillons testés n’étaient que la pointe d’un très grand iceberg, et que les futurs tests se concentreraient uniquement sur les cas les plus graves.

Ce déplacement du H1N1 porcin dans la population humaine demeure une cause de préoccupations. L’augmentation dépassant la grippe saisonnière pourrait être poussée par le gène PB2 aviaire de l’isolat porcin. La position 627 consiste en un E, qui favorise la croissance à des températures corporelles supérieures des oiseaux. La grippe saisonnière possède un K à la position 627, ce qui facilite une reproduction rapide à une température inférieure, étant compatible avec la température interne d’un nez humain en hiver.

La présence d’un PB2 aviaire pourrait offrir un avantage sélectif au cours de l’été, lorsque la grippe saisonnière chutera à des niveaux à peine détectables. Toutefois, le H1N1 porcin se déplacera vers le sud au cours des prochains mois, et se développera dans des conditions plus froides, ce qui pourrait favoriser l’acquisition du [changement] E627K via réassortiment ou recombinaison. Ce changement pourrait générer un H1N1 plus virulent à l’automne dans l’hémisphère nord.

Ainsi, le H1N1 porcin pourrait déployer deux stratégies de virus. Le H1N1 avec un PB2 aviaire dominerait l’hémisphère nord au cours de l’été, alors que le H1N1 de l’hémisphère sud ferait l’acquisition du [changement] E627K, et établirait la dominance au cours des mois d’hiver.

Ainsi, la propagation du H1N1 porcin s’effectue en vitesse supérieure, alors que l’OMS est encore à débattre si le H1N1 porcin est un H1N1 porcin, et si une pandémie de phase 6 est réellement à la phase 6.

Le H1N1 porcin ne lit pas les communiqués de presse de l’OMS.

Il ne fait qu’acquérir de l’efficacité de transmission via recombinaison homologue.

23:00 > Comme nous l’indiquions hier, plusieurs centres de recherches indiquent que le virus A/H1N1 aurait déjà muté.

Lire : Swine Flu: It’s a Mutation, But What Does it Mean? et Estudian nuevo virus que sería peor que el H1N1

Jeudi 14 mai > La grippe A (H1N1): une erreur humaine?

Adrian Gibbs, 75 ans, soutient qu’il prévoyait publier un rapport montrant que cette pandémie de grippe aurait possiblement évolué dans des oeufs utilisés pour créer des virus pour des recherches scientifiques et pour le développement de vaccins.

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Le spécialiste a dit que sa découverte permettrait de mieux comprendre la capacité du virus à se propager.

Si les recherches d’Adrian Gibbs s’avèrent véridiques, l’OMS estime que cela posera nombre de questions sur le virus de la grippe A (H1N1).

Par exemple, est-ce que ce virus a été développé pour un vaccin ou dans le cadre d’une recherche? Est-ce qu’il a été libéré par accident ou par exprès? Quelles en sont les circonstances? s’est demandé un spécialiste de l’OMS cité par l’agence de presse Bloomberg.

Tout de même, un centre pour le contrôle et la prévention des maladies à Atlanta, aux États-Unis, a analysé le rapport et conclut qu’aucune preuve ne peut confirmer les conclusions du chercheur australien.

Source : Bloomberg

Merci à notre ami Antoine de nous avoir fait parvenir cette info.

21:00 > Qui a laissé échapper le virus A/H1N1 ?

Bien qu’il n’y ait aucune preuve formelle permettant d’affirmer qu’il s’agit d’un virus créé de toutes pièces et qui aurait été répandu volontairement pour réduire la population mondiale, a expliqué LaRouche, cette hypothèse n’est pas à exclure au vu des intentions criminelles de certains courants au sein de l’oligarchie financière britannique. Lire la suite > solidariteetprogres.org

21:00 > INFORMATION A CONFIRMER : Selon une de nos  sources 636,000 étudiants et prof mexicains retournés à la maison pour symptômes apparentés à grippe A(H1N1).

Notre source semble être fiable, mais nous cherchons a recouper l’information.

21:25 > Selon le rapport du Secrétariat de l’éducation publique (SEP), 636′000 étudiants et 406 enseignants ont été renvoyés dans leurs foyers, tout en présentant des symptômes de maladies respiratoires ou étaient absents de leurs écoles, qui a plus que doublé le nombre de les membres de la communauté scolaire de maladie, l’a enregistré, mardi dernier, leur nombre était de 259 mille 592. 91′000 élèves  seraient atteint des symptômes de la grippe : forts et intenses maux de tête, forte fièvre et douleurs musculaires. Lire l’article.

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22:25 > Le leader cubain Fidel Castro a accusé jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d’être responsables de l’ »expansion fulgurante » de la grippe porcine alors que ces pays étaient, selon lui, au courant de l’apparition du virus A(H1N1) bien avant que l’alerte ne soit donnée.

« L’expansion fulgurante (de la grippe porcine) aurait pu être évitée », écrit l’ancien président cubain Fidel Castro, 82 ans, dans un commentaire qui a été lu à la télévision nationale et publié sur le site internet cubadebate.cu.

« Serait-il possible qu’au Mexique, les 16 et 17 avril », lors de la visite du président américain Barack Obama, « personne ne savait un mot du cadeau qui serait fait au monde six jours plus tard? », se demande Fidel Castro, qui a cédé le pouvoir en 2006 à son frère Raul pour des raisons de santé.

« Pas même les services de renseignement des Etats-Unis, experts en information, ne savaient ce qui était sur le point d’arriver? », ajoute-t-il en relevant qu’Obama avait retrouvé le dirigeant mexicain Felipe Calderon ainsi que le Canadien Stephen Harper au Sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, les 18 et 19 avril.

Le gouvernement mexicain a donné l’alerte le 23 avril après qu’un laboratoire canadien eut diagnostiqué officiellement le premier le virus A (H1N1) sur la base d’échantillons en provenance du Mexique.

« Ce n’est pas une faveur du gouvernement du Mexique au monde comme certains le prétendent. Il faudrait maintenant remercier les trois pays associés au traité de libre-échange », le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, poursuit Castro.

Le journal mexicain La Jornada a rapporté, selon Fidel Castro, que dès le 5 avril des mesures sanitaires avaient été prises dans le village mexicain de la Gloria en raison de la grippe porcine.

Fidel Castro avait déjà accusé lundi les Mexicains d’avoir caché l’apparition de l’épidémie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans leur pays. Ce qui a suscité des dénégations outrées de la part des autorités mexicaines.

Samedi 16 mai > Chers Amis,

Encore une page saturée sur le sujet du A/H1N1. Nous en placerons une nouvelle durant le week-end, le temps de compiler les nombreuses informations qui nous sont parvenues ces dernières 24h

12:00 > L’OMS lance un avertissement : la liste des cas confirmés infectés du virus de la grippe AH1N1 s’alourdit dans le monde

La liste des cas confirmés infectés du virus de la grippe AH1N1 s’est alourdi le 15 mai dans le monde. Jusqu’au 17h du 16 mai (heure de Beijing), en total, 8461 cas sont confirmés dans 38 pays du monde. Le jour même, Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, a averti en disant que le virus de la grippe AH1N1 continerait à se propager sur le globe, dont les conséquences varieraient selon les cas inconnus. Source > french.cri.cn

12:30 > Plus de 100′000 cas aux USA, selon les CDC

Le nombre réel de cas de grippe porcine aux États-Unis pourrait être « de plus de 100.000″, a  indiqué un haut fonctionnaire de la santé publique, ce qui est de loin plus élevé que les chiffres officiels de 7′415 cas confirmés par les laboratoires.

Le Dr Daniel Jernigan, chef de l’épidémiologie de la grippe pour les Centers for Disease Control and Prevention, a déclaré lors d’une conférence de presse que le nombre officiel donne une image inexacte de l’épidémie. Lire la suite.

Chers amis, avec un peu de retard, nous déménageons cette page sur le nouvel éditorial de Mecanopolis :

Le monde serait-il devenu une vaste porcherie ?


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mar 07 2009

La Suisse, un obstacle à la dictature financière de l’Union européenne

Par Kärl Müller

« Une fois les rouages de la stratégie du choc compris à fond par le plus grand nombre, les collectivités deviennent plus difficiles à prendre par surprise et à désorienter.»
Naomi Klein, in La stratégie du choc. p. 556.

Comment sortir de la crise financière ? En luttant contre les « paradis fiscaux » qui en seraient responsables, affirment la chancelière Angela Merkel et le président Barack Obama. Mais ne s’agit-il pas plutôt de rabattre les capitaux disponibles vers l’Union européenne et les États-Unis pour éponger aux frais des particuliers la faillite de ces États dominés par la finance internationale ?

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Le 22 février à Berlin, lors de la conférence de presse tenue après la préparation au som­met de l’UE du G20, le Premier ministre bri­tannique Gordon Brown a fait une remarque qui laisse songeur : « Nous avons besoin d’un ‹New Deal› mondial [...] ». Et concrètement : « Nous sommes conscients que, dans les do­maines où passent des flux financiers mon­diaux, nous ne nous tirerons pas d’affaire avec des autorités purement nationales, mais que nous avons besoin d’autorités et d’instances de surveillance mondiales, veillant à ce que les institutions financières opérant sur le mar­ché nous révèlent complètement ce qu’elles font. »

Gordon Brown n’a pas dit ce qu’il pen­sait exactement. Mais l’économiste Wilhelm Henkel, l’un des demandeurs du recours con­tre l’instauration de l’euro en Allemagne, a exprimé dès le 11 février, dans une interview accordée à la Frankfurter Rundschau, ce que l’on en pensait au niveau de l’UE : « Ce serait la fin de la démocratie des États euro­péens. Un gouvernement économique doté de pouvoirs dictatoriaux remplacerait la consti­tution et les parlements. »

À la conférence de presse du 22 février, l’organisatrice de la réunion, la chancelière d’Allemagne Angela Merkel, s’est vue demander ce qu’elle considérait comme le résultat le plus tangible de la réunion. Sa réponse : « Comparant ce résultat au plan d’action de Washington, on constate une plus grande clarté dans la poursuite des paradis fiscaux, des ‹taches blanches›, en ce qui concerne les institutions, les produits, mais surtout les diverses places financières. » Après avoir déjà menacé auparavant : « Nous devons dévelop­per un mécanisme de sanctions contre ceux qui ne font pas preuve de coopération, qu’il s’agisse de paradis fiscaux ou de domaines à opérations opaques. L’action doit être très concrète. Nous estimons qu’il faut établir des listes d’ici au 2 avril, mais peut-être aussi d’ici la rencontre des ministres des Finances, montrant bien qui a refusé jusqu’alors de par­ticiper à cette coopération internationale. » Et l’homme des basses œuvres, le président Sarkozy, de faire écho : « Nous n’accepterons pas que quoi ou qui que ce soit empêche les ambitions du sommet du 2 avril (G20 de Londres consacré à la crise financière) de se réaliser, car elles sont d’une portée historique. Si nous parvenons à couronner ce sommet de succès, nous ouvrirons un nouveau chapitre. » Steg, porte-parole du gouvernement alle­mand, a communiqué le même jour comme résultat du sommet de Berlin que « tous les marchés financiers devaient être soumis à une surveillance ou réglementation adéquates » et que « nous élaborerons des mécanismes de sanction pour mieux prévenir les dangers qui partent des pays non disposés à coopérer, pa­radis fiscaux compris. »

Sans que la Suisse fût mentionnée dans aucun des communiqués officiels, il était clair que le sommet se dirigeait contre elle. Ce n’était donc pas un hasard que la Frank­furter Rundschau ait titré le 23 février « Härtere Strafen für Steuersünder » (aug­mentation des peines appliquées aux contri­buables en délicatesse avec le fisc) et qu’elle y ait ajouté l’image d’une ville et d’un dra­peau suisses. Ce n’est pas non plus un ha­sard si Deutschlandfunk, émetteur radio pro­che du gouvernement allemand, a organisé une discussion, juste le 23 février, à propos d’un livre qui porte le titre abject de « Schur­kenstaat Schweiz ? » (La Suisse, État voyou ?) et qui insinue que la Suisse – et non les mes­sieurs et dames de la haute finance de New York et de Londres – aurait provoqué la crise financière mondiale.

En fait : la Suisse dérange ; les grands pa­trimoines qui y sont déposés suscitent l’envie. Envie surtout d’établissements de la haute finance hors de Suisse, qui ont décidé d’accroître encore leur propre patrimoine au moyen de prélèvements fiscaux et de nouvel­les répartitions.

Il faut abandonner l’idée selon laquelle seul le néo-libéralisme sert les intérêts mo­nétaires et les intérêts de puissance de la haute finance en imposant toujours davan­tage de déréglementations et de privatisations tout en restreignant l’action de l’État. Si cela s’avère opportun, on change d’instrument. Il semble que cet instant soit arrivé, qui mar­que le passage de la politique de Bush à celle d’Obama.

Les membres de la haute finance n’ont pas de préférence de principe à l’égard d’un ré­gime économique ou social déterminé. Pour eux, il s’agit d’accroître leur profit. Ils l’ont fait dans le capitalisme des États-Unis, le communisme de l’Union soviétique, ainsi que dans le fascisme et le national-socia­lisme européens. La situation est la même aujourd’hui. On peut le lire notamment dans le livre de C. Edward Griffin : La créature de Jekyll Island. La Réserve fédérale, insti­tut d’émission des États-Unis. Le monstre le plus effroyable que la haute finance interna­tionale ait jamais créé [Titre traduit de la version allemande, cet ouvrage n'a pas été publié en français, ndt.]

Elle a aussi bénéficié de l’action de Fran­klin D. Roosevelt, président des États-Unis, qui « a opéré dans l’intérêt de la haute finance par son New Deal et par d’autres lois pro­mulguées à partir de 1933 ». On peut le lire dans le livre d’Anthony S. Sutton : Wall Street et Roosevelt [Ouvrage épuisé, version numérique téléchargeable en bas de page].

Ce qui dérange la haute finance, ce sont des États et peuples souverains, dont les ci­toyens déterminent l’évolution politique ainsi que l’évolution économique et sociale.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’un instru­ment de domination centraliste et dirigiste, violent, empiétant sur les droits individu­els et autoritaire ait vu le jour, qui accapare les structures de l’État et en abuse pour faire croire aux peuples que l’on s’occupe de leurs intérêts, alors qu’il s’agit en fait des intérêts de quelques rares personnes. C’est le con­traire d’un État de droit et d’un État social libéral et démocratique.

En Europe, ce rôle est attribué à l’UE, sous la férule d’Angela Merkel. Aux États-Unis, le nouveau président, Obama, assu­mera ce rôle. Ses propositions visant à ré­soudre la crise financière sont analogues à celles de l’UE. Mais les citoyens ne sont pas livrés à ce moloch. Tout Allemand, par exemple, qui proteste maintenant sans hésitation contre les attaques arbitraires que subissent ses voi­sins suisses sous la conduite de l’Allemagne et contre le rôle de bouc émissaire que l’on veut faire jouer à ces voisins agit en faveur de la liberté de tous les hommes.

Tout Allemand peut aussi se demander qui est responsable du fait que son pays a une quote-part des dépenses publiques et une charge fiscale nettement plus élevées que celles de la Suisse, un taux de chômage trois fois plus haut, de moins bonnes pre­stations sociales et des citoyens moins satis­faits. Il se peut que cela découle en une cer­taine mesure d’une politique allemande qui continue de traiter les habitants du pays non comme les citoyens d’une république, mais comme des sujets tenus en laisse. Politique qui fait encore tout pour distraire des man­quements considérables qu’elle a commis par le passé.

Karl Müller, pour le Réseau Voltaire

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fév 21 2009

L’Impérialisme aujourd’hui

L’usage aujourd’hui du mot impérialisme peut sembler désuet, il rappelle la phraséologie utilisée par les partis gauchistes des années 60 ou il était immanquablement accolé à américain. Les « idéologies » fustigées en leur temps devaient semble-t il disparaître, l’histoire s’arrêter pour mille ans et le monde couler des jours heureux sous le regard bienveillant de l’oncle Sam. Pourtant, les horreurs de la guerre n’ont jamais été si prégnantes et les risques d’un conflit généralisé avec utilisation de l’arme nucléaire jamais si actuels.

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La cause de cette menace en est justement l’impérialisme tel qu’il s’expose lui-même dans un texte : «Project  For a New American Century »  le titre parle de lui-même, sorte de « Mein Kampf » moderne ou comme dans l’ouvrage d’Hitler, l’impérialisme expose dans les termes les plus crus ses intentions. L’impérialisme n’était pas que de la langue de bois, il se décrit, on peut le remarquer, comment fonctionne t-il ?

Lénine, inventeur du terme, définissait l’impérialisme comme le stade suprême du capitalisme. Il ne pouvait décrire en son temps qu’une réalité devenue maintenant partielle. En effet il ne convient pas de confondre l’impérialisme et l’empire qui en est le stade ultime. Il ne faut confondre non plus, ni impérialisme et capitalisme, ni impérialisme et libéralisme qui en sont les contraires. L’impérialisme est la tendance à vouloir devenir un empire, que possède tout système économique marchand capitaliste ou non, l’empire en est l’état achevé. Si l’impérialisme est dynamique en déséquilibre et anthalpique, l’empire est stabilisé et entropique. L’impérialisme peut former un empire en devenant totalitaire. Le seul exemple d’empire moderne a été  l’URSS précisément de Lénine, bien que l’URSS ne fut pas capitaliste.

Aujourd’hui le seul impérialisme agissant globalement, possédant une stratégie planétaire est l’impérialisme anglo-saxon, c’est-à-dire la coalition des pays de langue anglaise dont la population est d’origine européenne. Cette coalition forme une nation cohérente de fait, possédant une langue commune, une histoire et une culture commune. Ces pays sont le Royaume Uni, les USA, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande, ils ont mis en commun un certain nombre de moyens permettant d’imposer leur pouvoir dont notamment le système d’espionnage Echelon.

Cette coalition agit comme la continuité de l’empire britannique, le Royaume Uni étant l’élément pensant, traditionnel et d’expérience, les USA étant essentiellement son bras armé.

Par le passé d’autres nations furent impérialistes ; l’Espagne le Portugal, la France, la Russie, le Japon, d’autre cherchèrent à le devenir sans succès, comme l’Allemagne ou l’Italie, tous ces impérialismes ont disparu, seule la France possède en Afrique quelques éléments de son pouvoir passé, en voie actuellement de disparition sous la poussée de l’impérialisme anglo-saxon.

Comment définir plus précisément l’impérialismes quelles en sont les fonctions.

L’impérialisme peut être décrit comme la tendance de tout système marchand national à vouloir se ménager hors de ses frontières, une situation monopolistique.

Si les entreprises  capitalistes fonctionnent généralement dans la concurrence entre elles, il est notable qu’elles haïssent  ce fait et cherchent toujours à éliminer cette concurrence afin de s’établir en situation de monopole, cette tendance est naturelle. Eliminer le concurrent est le rêve de tout entrepreneur.

Certain confondent capitalisme et libéralisme, rien n’est plus faux, le capitalisme n’est en rien libérale. Le libéralisme a été seulement l’idéologie politique, permettant la régulation du capitalisme en édictant des règles concernant la liberté d’entreprendre pour chacun, ceci en s’opposant évidemment à la tendance monopolistique du capitalisme. Le capitalisme et ses tendances monopolistiques et surtout impérialistes sont parfaitement antithétiques du libéralisme cherchant lui à ménager les libertés individuelles et la libre concurrence et combattre tout despotisme.

Comment établir le plus simplement possible des situations monopolistiques ? En éliminant par la force les concurrents et en s’ouvrant par la coercition des marchés protégés. Le premier instrument de l’impérialisme est donc la force armée. Et pour obtenir l’usage de la force armée les grands groupes capitalistes se doivent de conquérir l’usage de l’Etat.

Conquérir l’usage de l’Etat est une préoccupation essentielle de ces grands groupes capitalistes à tendance monopolistique.

Ce phénomène peut être appeler : «capitalisme monopoliste d’Etat», nous voyons que nous sommes très éloigné du libéralisme. L’imbrication de l’Etat d’avec des intérêts privés est donc une tendance générale intéressant tous les pays, petits ou grands, cette imbrication se réalise d’abord et plus facilement sur des marchés ou l’Etat est le client principal, par exemple les fournitures pour la force armée, formant ainsi un « complexe militaro industriel » possédant le plus souvent des ramifications dans d’autres secteurs clef de l’économie comme l’approvisionnement pétrolier. Nous avons là l’élément moteur de l’impérialisme d’aujourd’hui, ou se trouvent mêlées, les fonctions régaliennes des Etats, le « capitalisme monopoliste d’Etat »et le « complexe militaro industriel »  tous ces éléments liés par des politiciens passant leur carrière de la tête de l’Etat à celle des grands groupes capitalistes et vice versa. Ceci pouvant paraître légitimement insupportable par les populations ne pourrait exister sans l’appui des médias chargés de faire passer les scandales permanents pour le fabuleux exercice de la liberté et de la démocratie. Capitalisme monopoliste d’Etat, complexe militaro industriel, forces régalienne de l’Etat, politiciens et média concourent à cimenter un despotisme toujours en équilibre entre le supportable et l’inadmissible pour les peuples.

Tous les Etats nationaux parvenus au stade impérialiste étaient actifs à fin du 19ème siècle. La concurrence entre eux fut terrible allant jusqu’aux grands holocaustes guerriers ou des millions d’individus furent sacrifiés sur l’autel de leur  pouvoir. Le 20ème siècle fut donc l’époque des grands affrontements entre les « puissances » impérialistes, pour qu’une seule ne subsiste, celui-ci ayant réussi à éliminer les autres ou les intégrer. C’est le cas en ce début de siècle avec la jonction entre l’impérialisme états-unien et l’impérialisme britannique vieillissant, ces deux derniers ayant embarqué le petit impérialisme sioniste formant une main d’œuvre à bon marché pour leur aventure commune.

1- Les forces militaires et régaliennes.

Le fonctionnement de l’impérialisme est assis sur des forces militaires et régaliennes imposantes. Même si l’impérialisme fait œuvre de toutes ses possibilités politiques et idéologiques, il est adossé évidemment à la crainte suscitée par la puissance coercitive, celle-ci doit donc être crédible. Les anglo-saxon ont inventé le concept de guerre asymétrique, dans ce concept, les adversaires éventuels de l’impérialisme doivent prendre conscience qu’ils ne peuvent avoir aucune chance. La force militaire doit toujours avoir une puissance considérablement supérieure à celle de tout contestataire. Les crédits militaires des puissances anglo-saxonnes dépassent ces crédits militaires de l’ensemble des autres pays réunis. Le complexe militaro-industriel est plus florissant que partout ailleurs, gavé de commandes de l’Etat. L’imposante force armée des pays anglo-saxon, additionnée de services de renseignement pléthoriques forment un corps de fonctionnaires nombreux et un Etat puissant. Les citoyens de ces pays, ou les libertés individuelles rétrécissent continuellement sont de plus en plus soumis à leur Etat   s’immisçant dans leur vie privée comme le montre aux USA , l’  US patriot act , on est loin du libéralisme et bien plus proche d’un étatisme avancé. Cependant cette force militaire basée sur les technologies ne peut se passer des hommes car aucune victoire militaire ne peut exister sans occuper le terrain. A cet effet le recrutement et le conditionnement des soldats  se réalisent à coup d’attentats imputés à l’ennemi désigné mais habilement concoctés par des services spécialisés. Apparemment ce dispositif possède quelques failles car malgré des crimes sans nom perpétrés et avoir tiré 1,9 milliards de cartouches, l’impérialisme n’a toujours pas réussi à soumettre le peuple irakien.

2- L’action économique

L’action de l’impérialisme n’est pas toujours ouvertement guerrière, car ceci n’est pas toujours nécessaire. L’impérialisme privilégie momentanément  l’action économique et politique.

L’action économique  est fondamentalement basée sur l’utilisation générale et obligatoire de la monnaie de l’impérialisme, le dollar USD, dans l’achat des matières premières et principalement du pétrole, ce qui permet de contrôler cette matière première. Cette action économique s’appuie également sur l’exploitation des travailleurs de pays tiers ou ceux-ci bénéficient de bas salaires et de peux d’avantages. Elle s’appuie aussi sur l’achat du capital des entreprises mondiales les plus rentables et enfin sur le contrôle de la financiarisation de l’économie mondiale par la prise en charge du système bancaire international.

2-1- Le dollar et le pétrole.

Depuis les accords de Bretton Wood le dollar est utilisé comme seule monnaie pour les transactions pétrolières.  Or le dollar n’est plus fondé comme par le passé sur la puissance de l’économie industrielle états-unienne, celle-ci n’existant pratiquement plus. La valeur du dollar est fondée sur la valeur du pétrole. En effet plus de la moitié de la valeur des transactions bancaires sont des transactions pétrolières, et 80% de la valeur des transactions bancaires sont réalisées en dollar. De ce fait la banque fédérale US donc l’Etat US contrôle toutes les transactions pétrolières et la quasi-totalité des transactions marchandes dans le monde et surtout la totalité du système bancaire mondial.

Toute augmentation du prix du brut génère automatiquement une augmentation de la demande en USD et soutient donc la valeur de cette monnaie sur les marchés.  Cette utilisation généralisée donne la valeur à cette monnaie qui s’effondrerait totalement si les états choisissaient pour leurs transactions d’autres monnaies. Il est évident que la puissance impérialiste anglo-saxonne a tout intérêt à faire monter les cours du pétrole.

Le pétrole coûte à l’extraction entre 0,5 USD et au grand maximum 5 USD le baril, s’il est pris une marge commerciale du triple sur la valeur la plus importante à l’extraction le prix du  baril ne devrait pas excéder 15 à 20 USD le baril, le reste n’est que de la spéculation artificielle.

L’impérialisme prétend qu’il y a pénurie pour justifier l’augmentation des cours, ceci est bien évidemment faux pour l’heure actuelle. Il y a sur le marché beaucoup plus d’offre que de demande. La Chine, accusée d’être gourmande en produits pétroliers n’achète que 5% des offres qui lui sont faites ! Selon les mécanismes des marchés la Chine devrait donc faire baisser les cours certainement pas les faire monter.

D’ailleurs aujourd’hui le marché du pétrole se régule avec les discounts accordés par les producteurs qui doivent être au moins de 3 USD le baril, le montant des discounts ou prix « Net » devant être accordés aux raffineries est en perpétuelle augmentation.

Le prix vendu par le producteur appelé prix « Gross » peut être lui de moins 5, 7, voir 10 USD, par rapport au cour, la différence entre le prix Net et le prix Gross  étant le montant des commissions ou des royalties accordé ça et la au chefs d’Etat et aux méritants.

Les mécanismes spéculatifs contribuant à cette hausse sont complexes, alors que l’offre excède la demande. Ils sont basés sur la spéculation d’un baril fictif appelé «baril papier » vendu et revendu mainte fois aux bourses de New York et Londres mais surtout sur le marché « spot » d’Amsterdam. Ce trafic haussier vient également d’une pénurie organisée de produits raffinés du à une sous capacité volontaire des raffineries états-uniennes. La hausse des produits raffinés due à une réelle pénurie entraîne mécaniquement la hausse du brut.

Chacun contribue donc à payer un lourd tribut à l’impérialisme par la facture pétrolière qui soutient le Dollar USD.

Ainsi chacun contribue à payer l’armement qui le menace sous peine de subir cet armement, c’est le cercle vicieux de l’impérialisme.

2-2- L’exploitation industrielle des pays tiers.

Cette action est un classique de tout impérialisme, chercher une main d’œuvre à bas prix. Les pays impérialistes du 19ème et 20ème siècle ont du subir sur leur propre sol l’action de leur classe ouvrière. En effet celles-ci très organisées après de la révolution industrielle du 19ème siècle ont su efficacement s’opposer à une exploitation éhontée et à tirer également profit des richesses produites. Ses niveaux de vie ont constamment augmenté dynamisant ainsi les marchés intérieurs de ces pays, donc la production de richesses supplémentaires en même temps que l’accumulation de capitaux.  Face à la concurrence, données essentielle du capitalisme en phase ascendante, chacun a cherché à minimiser ses coûts de production en cherchant ailleurs une main d’œuvre plus docile et moins cher. Aujourd’hui cette recherche du plus faible coût possible de main d’œuvre est une action importante voir principale de l’impérialisme. L’impérialisme cherche surtout à implanter ses unités de production là ou la classe ouvrière n’a pas pu ou pas su historiquement s’organiser pour se défendre.  Ce qui peut sembler un paradoxe est que ces lieux miraculeux pour l’impérialisme sont ceux ou a existé un « socialisme » de façade, ou la liberté d’association syndicale était sévèrement réprimée ne permettant pas aux classes ouvrières de se défendre, comme par exemple en Europe de l’Est ou en Chine continentale.

Se rendre maître de ces pays atelier est un objectif aussi important pour l’impérialisme que celui de se rendre maître des pays producteurs de pétrole.

3- L’action politique

3-1- Les traités avec leurs clauses secrètes issus de la deuxième guerre mondiale.

A l’issue de la seconde guerre mondiale ont subsistés seulement deux grandes puissances, les anglo-saxon d’un côté et l’URSS de l’autre, ces deux camps se sont partagés le monde à Yalta. Les pays inclus dans le camp dit occidental on été soumis par traité à des clauses secrètes limitant leur indépendance comme ce fut le cas avec le « Pacte Atlantique », ainsi dans ces pays toutes les forces régaliennes habituelles d’un Etat on été doublées  par un réseau ne répondant qu’a Washington ou à Londres ces deux pays se partageant le camp « occidental » Grèce, Espagne, Portugal pour l’Angleterre, USA pour le reste. Les Britanniques ont appelé ces réseaux « Stay behind ».

Nous connaissons aujourd’hui le nom du réseau militaire « stay behind » appelé « Gladio » en Italie ou il a été dévoilé et dénoncé dans les années 70, « Le Glaive » en France et  certainement le même nom dans les différentes langues Européenne. Ces réseaux ont émergés dans l’actualité plusieurs fois, notamment à propos de l’attentat à la gare de Bologne. En France ils ont été « dissous officiellement » plusieurs fois ! Bien évidemment leur existence est toujours aussi présente et prégnante. De par ces réseaux, auxquels appartiennent surtout les cadres des organisations régaliennes, toute activité militaire que ce soit de renseignement ou d’action est soumis à la connaissance des anglo-saxon et à leur approbation. En particulier, les organisations telles que l’OTAN, la CEE et toutes organisation dite « européenne » sont soumis au pouvoir des anglo-saxon et ne peuvent en aucun cas refléter la volonté des peuples d’Europe. Tout ceci ne veut pas dire que quelques conflits locaux ne puisse intervenir entre pays «otanisés» et anglo-saxon mais ces conflits sont toujours de courte durée et se résolvent toujours dans l’intérêt de ces derniers.

Ainsi en Afrique il y aurait un conflit récurant entre la France et les anglo-saxon. C’est un conflit certainement de très faible intensité ou la France ne présente aucune volonté d’une quelconque résistance et plie baguage quand on lui demande de plier bagage. Elle semble d’ailleurs elle-même organiser l’expulsion des français établis de longue date en Afrique comme le prouve les évènements récents de Côte d’Ivoire.

3-2- Susciter la peur pour mieux « protéger », l’organisation du « terrorisme ».

L’Impérialisme agit comme un gang rackettant d’honnêtes commerçants. Il répand la terreur et propose ensuite sa protection. Susciter la peur de l’autre est de tous temps un moyen classique d’asseoir un despotisme. En Europe les Juifs ont souvent fait l’affaire. Nous savons également que l’organisation des croisades par l’église lui a permis, au 12ème siècle en Europe d’établir son contrôle sur une noblesse turbulente. Le nazisme a abondamment utilisé la peur de l’autre pour se répandre dans les esprits. L’impérialisme anglo-saxon s’est fait une spécialité dans l’orchestration et l’exploitation de la crainte. Les USA sont en guerre contre quelqu’un depuis leur création. Contre les natifs amérindiens présentés comme cruel, contre les mexicains, contre les espagnols contre les anarchistes, contre les noirs, contre les communistes, contre les russes etc… il y a toujours eu chez eux une terreur à exploiter.

La fin de l’URSS et de ce qu’ils appellent le « communisme » les a laissé subitement sans ennemi fourbe et méchant, sans « empire du mal ». Il est d’ailleurs légitime de se demander à quel point ils n’ont pas été déçus par la fin de l’URSS, car leur industrie d’armement a risqué là un coup fatal. Il fallait reprendre l’initiative.

Ils ont cette fois-ci décidé de se créer eux même l’ennemi terrifiant que leur pouvoir nécessite. Cet ennemi terrifiant fut créé de toute pièce par le complot du 11 septembre 2001 attribuant à un hypothétique Ben Laden satanique islamiste, l’organisation d’attentats aux USA. Ces attentats auraient mobilisé pour réussir un bon millier d’individus et surtout auraient bénéficié de complicités à l’intérieur du pays. Ceci devait montrer aux citoyens états-uniens à quel point leur pays était sous l’emprise d’un ennemi redoutable et qu’il était absolument nécessaire de réduire les libertés individuelles et que chacun se prépare a se sacrifier dans les guerres impérialistes  à venir.

La fable de l’Islamisme fomentant des attentats terroristes partout dans le monde s’est répandue avec la complicité et la participation des Etats et des média corrompus. L’organisation « d’attentat terroristes » accréditant la thèse du méchant musulman est une activité permanente de services spécialisés aux USA comme en Grande Bretagne. Le faciès du musulman fanatique de base, tel qu’il est présenté dans ces média, rappelle furieusement celui du Juif, tel qu’il était représenté par la propagande Nazie. Aujourd’hui le même antisémitisme, celui qui a engendré l’holocauste employant les même méthodes, seulement un peu plus radicales, s’exprime dans tous les média.

Le même homme au nez crochu, au teint basané et aux cheveux frisés doit servir de cible à la vindicte populaire et permettre l’instauration du même fascisme que celui des années 1930.

3-3- Diviser pour mieux régner.

En accompagnement à la terreur répandue pour préparer le futur soldat de l’impérialisme au sacrifice suprême, vient la division, l’atomisation du monde non anglo-saxon. Le projet impérialiste global est de fractionner en communautés, les plus petites possibles, les états- nations historiques. A cet effet l’impérialisme propose au monde son propre modèle d’organisation social, le modèle communautaire. Dans le monde anglo-saxon, les pseudo citoyens, vivent en communautés religieuses, nationales d’origines ou « raciales » (d’après les critères Anglo-Saxon) dans ces communautés la religion commune est le ciment principale. En suivant ce modèle ils proposent au monde une « balkanisation » qui leur permettrait un meilleur contrôle en suscitant des oppositions voir des guerres civiles entre ces groupes atomisés. C’est ainsi qu’ils ont procédé en Yougoslavie et qu’ils tentent cette atomisation dans l’Irak qu’ils occupent en fomentant des attentats sanglants contre la communauté Chiite « revendiquées » bien sure par l’une de leurs nombreuses marionnettes Sunnite. Mais la grande division globale organisée en guerre des civilisations est celle fomentée entre judéo chrétiens et musulmans. Cette grande rupture doit permettre la mise en place d’un état de guerre permanent et rendre disponible et déterminés  un grand nombre de soldats prêts à mourir pour sauver le « monde libre ». Cette guerre des civilisations est le thème principal et permanent diffusé par les média corrompus et aux ordres.

3-4- La  corruption des élites.

Il n’y a aucune raison pour que tous les chefs d’Etat du monde ne soient pas corrompus, ceux qui ne le sont pas sont morts ou en tentative d’élimination physique. Bien sure il peut y avoir ça et la quelques velléités de résistance, Jacques Chirac n’a-t-il pas refusé une fois ce qui lui était demandé, une fois seulement. La preuve de cette assertion réside dans l’unanimité avec laquelle tous les Etats du monde ont validé la thèse officielle US du complot du 11 septembre 2001 maquillé en attentat islamiste. Des Etats puissants comme la Chine et la Russie n’avaient aucun intérêt à valider cette thèse incroyable, ils l’ont pourtant fait en prenant le risque de se déconsidérer !

Le premier mécanisme de la corruption fonctionne avec le marché du pétrole. Une transaction pétrolière donne toujours lieu à commissions, ces commissions oscillant en moyenne entre 0,5 et 2 USD par baril, la consommation mondiale étant de 25 millions de barils par jour, si on prends une moyenne de 1 USD par baril de commission cela fait 25 millions de USD par jour disponible à la corruption. Quel en est le mécanisme subtil.

Tous les chefs d’Etats du monde et leur proche « nomenklatura » on le pouvoir d’attribuer ou non à telle ou telle sociétés privées des marchés pétroliers, ce pouvoir est normalement rétribué par une commission. Cette commission est perçue par l’intermédiaire de sociétés écrans ou ces chefs d’Etat et leur nomenklatura ont leurs intérêts. Bien entendu l’impérialisme connaît et répertorie ces transactions, cependant il laisse faire et même suscite ces commissionnements, se réservant la possibilité de dévoiler les lourds comptes bancaires dans les paradis fiscaux. Gare aux désobéissants, au mieux pour eux, il en serait fini de la richesse facile et du pouvoir. Dans le pire des cas l’Impérialisme possèdes ses tueurs MOSSAD, composés de Libanais Chiite, MI5 ou le SSA de Dick Cheney, cancer, crises cardiaques, suicide sont aisément maîtrisés par ces spécialistes.

On peu ainsi distinguer une corruption active ou explicite, d’une corruption passive ou implicite. Dans la première, un avantage politique est demandé derechef contre un avantage économique. Dans la seconde, on permet à la cible de s’enrichir seule notamment par la perception de commissions pétrolières. Au besoin cette cible est incitée par des officines spécialisées, l’avantage politique serait réclamé seulement si besoin, contre une éventuelle dénonciation des comptes bancaires.

La corruption atteint bien évidemment les médias dont il importe qu’ils diffusent les légendes soigneusement concoctées par les services spécialisés de l’impérialisme. Comme pour les chefs d’Etat cette corruption doit pouvoir atteindre tous les médias sans exception, aucune discorde ne doit apparaître. Dans l’affaire du 11 septembre 2001 tous les médias du monde ont, à l’encontre de l’évidence relayée la propagande de l’Impérialisme. En Chine prétendument « communiste », les média en langue anglaise sont l’exacte recopie des médias anglo-saxon ! La corruption atteint les intellectuels pris en charge par les fondations adéquates.  Les livres justifiant l’Impérialisme foisonnent et sont écrits par les intellectuels les plus renommés. Après la publication des livres de Thierry Meyssan sur le complot du 11 septembre 2001, en France, 8 livres ont été suscité pour justifier la thèse incroyable US et contrer son propos, une centaine d’articles de presse pour l’insulter et une émission de télévision de 3 heures pour dire qu’il était tout à la fois malade mental, gauchiste et fasciste. Le moindre écart par rapport à la ligne officielle édictée par les autorités US engendre une vague ininterrompue d’insultes comme le lynchage médiatique de l’humoriste français Dieudonné, gare aux déviants ! Quels sont les montants des primes venant des USA perçus par ces différents « auteurs », il se dit qu’avec 1500 € il est aisé d’obtenir tout article d’un « journaliste ».

Aujourd’hui la liberté de la presse est réduite à néant et ce principalement dans les pays dits occidentaux.

4- L’action  idéologique.

C’est évidemment aujourd’hui le moyen privilégié du pouvoir de l’impérialisme, ne gardant la force armée asymétrique, que pour la menace.

L’action idéologique de l’impérialisme est fort complexe et nécessiterait un livre pour sa description, nous allons ici n’en tracer que les grandes lignes.

D’abord l’impérialisme anglo-saxon cherche toujours une justification pour ses actions, même les plus terribles.

4-1- Un fond idéologique nazi

Le fond idéologique de l’impérialisme puise largement dans le nazisme. Le premier fondement est évidemment le racisme c’est-à-dire une supposée supériorité raciale du blanc anglo-saxon sur le reste du monde. Evidemment il n’y a rien de scientifique dans cette démarche la supériorité du WASP (White Anglo-Saxon People) ne se démontre pas elle s’affirme. Ce racisme courant anglo-saxon ne s’exprime pas seulement à l’encontre de « race » différentes possédant une couleur de peau différente, mais il s’exprime d’une manière égale à l’encontre de tout le monde non anglo-saxon, ne dit-on pas couramment en Angleterre que l’Afrique commence à Calais.

Il y a une filiation politique entre « idéologie » raciste anglo-saxonne et nazisme, elle trouve ses racines dans le sud des Etats-Unis ou le Ku Klux Klan  s’est fondu avec le Parti Nazi Américain dans les années 30. A ces organisations se sont attachées bon nombre d’élites du capitalisme US, par exemple Prescot Bush le grand père du Président US actuel, mais également Henri Ford et Rockfeller ceux-ci ont largement contribués à financer l’accession au pouvoir d’Adolphe Hitler en Allemagne. A ce racisme s’ajoute la religion Chrétienne Réformée perçue comme un ciment idéologique des anglo-saxon avec la bible comme credo. Les anglo-saxon auraient été désignés par Dieu pour gouverner le monde. Un salmigondis idéologique à base biblique et élitiste ou l’eschatologie rencontre l’Armagedon alimente les sociétés secrètes fascisantes des élites anglo-saxonnes. Aujourd’hui, comme une divine surprise, le Sionisme s’allie avec aisance a ce fascisme de base  pour une participation a un concept d’une race élite et supérieure élue de Dieu pour justifier idéologiquement l’impérialisme sur le reste du monde, la Bible (ancien testament) devenant le credo du pouvoir d’une race sur une autre d’une croyance sur les autres et devenant le drapeau d’une «guerre des civilisations» habilement préparée.

Aujourd’hui, une société très secrète de 9 membres gouverne le monde, elle est présidée par Dick Cheney elle professe en son sein la pire des idéologies nazie, d’anciens SS en ont été récemment les membres, elle dispose d’un groupe de tueur, le SSA !

4-2- L’influence idéologique des Instituts et des Fondations.

Pour les anglo-saxon il s’agit tout d’abord d’influencer toutes les décision politiques prises par tous les dirigeants du monde pour que ces décisions soient toujours prisent en leur faveur.

L’influence idéologique est le domaine des Fondations et autres Instituts. Les fondations ont pour mission de présenter l’Impérialisme sous un jour agréable en mettant en avant l’exercice de la « démocratie ». Comme nous l’avons vu précédemment, cette « démocratie » à l’Anglo-Saxonne consiste à placer au pouvoir des différents Etats des politiciens corrompus. Il s’agit donc de baptiser « démocratie » et « liberté » le fait de laisser le choix aux peuples entre deux tendances politiques également corrompues, pas plus de deux, après c’est compliqué à gérer, ils appelles cela bipolarisation. L’une baptisée « droite », l’autre baptisée « gauche », chacune de ces tendances politiques étant bien évidemment parfaitement contrôlée par la Fondation ou l’Institut adéquat sensé être de droite ou de gauche. Par exemple la NED (National Endowment for Democratie) représenterait la gauche, la fondation Heritage la droite. Il existe également des fondations moins « politique » mais tout aussi efficace comme la fondation Carnegie qui agit dans le domaine de l’éducation et de la gestion des entreprises.  En Chine la fondation Carnegie dont le siège est à Shanghai dispense même des « cours » à l’école centrale du Parti Communiste Chinois.

L’idéologie de base de l’impérialisme carrément raciste et nazi ne peut pas se répandre comme telle, le nazisme impérialiste est réservé à une petite élite et ses sociétés secrètes. Pour frapper les esprits et les retourner à son profit l’impérialisme à coutume d’utiliser des thèmes humanistes pour les vider de leur sens et les rendre inopérants. Les thèmes manipulés favoris pouvant amener l’adhésion de la masse sont : la démocratie, la liberté, la lutte contre l’antisémitisme.

Ce que l’impérialisme appelle démocratie, c’est la possibilité offerte aux peuples de choisir parmi deux candidats corrompus par l’impérialisme et devant lui pratiquer la même soumission ou si l’un est plus en faveurs que l’autre, c’est le noyer en moyens de propagande et en fortune personnelle, c’est la aussi la guerre asymétrique mais froide. Tout candidat n’étant pas adoubé par l’impérialisme est aussitôt taxé de populisme et de vouloir établir une dictature ou de truquer les élections. La manipulation des élections étant réservée à l’impérialisme.

La liberté chère à l’impérialisme est bien entendue celle des prédateurs de l’économie. Quand un pays met à la raison des prédateurs dépassant les bornes comme la Russie récupérant son pouvoir sur ses ressources énergétiques alors que les oligarques les bradaient à l’impérialisme ce dernier crie à l’atteinte aux liberté individuelles.

La « lutte » contre l’antisémitisme  est devenu paradoxalement le thème favori de l’impérialisme, le paradoxe vient de l’origine naziede l’idéologie impérialiste, mais celui-ci réussit maintenant à instrumentaliser à son profit les tourments supportés par les juifs d’Europe par le passé. Quoi de plus terrible que l’holocauste ! Associer tout adversaire en partisan de l’holocauste juif doit donc présenter un intérêt politique considérable. Cette instrumentalisation paradoxale vient de la confusion qu’il induit entre antisémitisme et antisionisme. La fabuleuse rhétorique de l’impérialisme est la suivante. Critiquer le colonialisme Israélien c’est critiquer l’impérialisme anglo-saxon et vice versa, c’est donc être antisémite et donc un monstre partisan de l’holocauste. Contester les versions officielles attribuant à de pseudo terroristes islamistes les crimes commis par l’impérialisme comme les attentats du 11 septembre 2001 ou ceux de Londres de juillet 2005 c’est être révisionniste et négationniste de la même manière que ceux qui nient justement la réalité de l’holocauste. Les média corrompus sont priés de se plier à cette rhétorique. Tout contestataire des crimes inouïs de l’impérialisme est derechef submergé par un flot ininterrompu d’insultes venant de toute part avec les mêmes phrases comme dupliquées de celles d’un maître.

Avec l’influence politique et idéologiques des fondations, l’impérialisme a mis au points une nouvelle méthode de prise du pouvoir dite « révolution colorée » par allusion à la « révolution orange » fomentée en Ukraine. Ce type de « révolution » suit un cheminement précis. D’abord contester des élections accusées d’avoir été truquées, puis mobiliser une quantité d’individus significatif en utilisant de gros moyens financiers et en s’assurant de la logistique, permettre l’annulation des premières élections et s’assurer de l’organisation des secondes en truquant là habilement, enfin placer le politicien corrompu voulu dont on est assuré qu’il obéira aux ordres.

4-3- L’action culturelle.

La dernière action de l’impérialisme et certainement la plus efficace est l’influence culturelle.

Possédant tous les media, l’Impérialisme s’est taillé une image sur mesure ou le cinéma et les feuilletons télévisés inondant le monde, montrent une réalité virtuelle des USA totalement différentes de la vraie et appâtes ainsi les jeunesses. Au cinéma de l’impérialisme, les filles son belles, alors qu’en réalité la nourriture abondante et grasse produit chez eux les plus affreux boudins, au cinéma les voitures sont rapides et sures alors que les limitations de vitesses sont rigoureuses car ces automobiles d’une technologie archaïques ne tiennent pas les routes au revêtement obsolètes. Il en va de même dans tous les domaines de la vie courante ou il est recherché une admiration sans borne de l’ « American Way of Life » alors qu’aux USA la bêtise et la tristesse se disputent avec l’archaïsme le plus total, comme par exemple l’utilisation d’unités de mesure moyenâgeuses, comme le « pied » qui serait la longueur du pied d’Henri II Plantagenêt, unité de mesures risibles depuis longtemps disparues dans le reste du monde. Le monde admire les méthodes de gestion dispensées par nombre d’Instituts et autres Fondation alors que celle-ci on largement démontrées leur inefficacité et sont largement inférieures aux méthodes asiatiques. Le comble se trouve dans la généralisation des « fast food » états-uniens fort mauvais autant pour le goût que pour la santé dans des pays comme la France ou la Chine de grande tradition culinaire. Puis dernier outil de la colonisation des esprits est l’usage immodéré et généralisé d’un mauvais anglais mélangé sans borne et sans utilité aux langues locales.

Alain Benajam

fév 16 2009

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni en cessation de payement au quatrième trimestre 2009, selon le GEAB

Global Europe Anticipation Bulletin, 15 février 2009

Barack Obama comme Nicolas Sarkozy ou Gordon Brown passent leur temps à invoquer la dimension historique de la crise pour mieux cacher leur incompréhension de sa nature et tenter de se dédouaner à l’avance de l’échec de leurs politiques. Quant aux autres, ils préfèrent se persuader que tout cela se règlera comme un problème technique un peu plus grave que d’habitude. Et tout ce petit monde continue à jouer selon les règles qu’ils connaissent depuis des décennies, sans se rendre compte que le jeu est en train de disparaître sous leurs yeux.

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Nous avions espéré que la phase de décantation permettrait aux dirigeants du monde entier de tirer les conséquences de l’effondrement du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière. Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite,…) pour faire repartir la machine. Or, le système global est désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne peut plus l’être.

L’Histoire n’étant pas particulièrement patiente, la prochaines phase de la crise va donc entamer ce processus de reconstruction mais de manière brutale, par la dislocation complète du système préexistant. Et les évènements à venir promettent d’être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux.

Il ne reste plus qu’une toute petite fenêtre de tir pour tenter d’éviter le pire, à savoir les quatre mois à venir, d’ici l’été 2009. Très concrètement, le Sommet du G20 d’Avril 2009 constitue la dernière chance pour réorienter de manière constructive les forces en action, c’est-à-dire avant que la séquence cessation de paiement du Royaume-uni, puis des Etats-Unis ne se mette en branle. Faute de quoi, ils perdront tout contrôle sur les évènements, y compris, pour nombre d’entre eux, dans leurs propres pays, tandis que la planète entrera dans cette phase de dislocation géopolitique à la manière d’un « bateau ivre ». A l’issue de cette phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l’Europe de 1913 plus qu’à la planète de 2007.

Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se sont pas rendu compte qu’ils étaient en train d’organiser leur propre écrasement sous le poids de l’Histoire, oubliant qu’ils n’étaient que des constructions humaines, ne survivant que parce que l’intérêt du plus grand nombre s’y retrouvait.

Il est donc temps pour les personnes comme pour les acteurs socio-économiques de se préparer à affronter une période très difficile qui va voir des pans entiers de nos sociétés telles qu’on les connaît être fortement affectés, voire tout simplement disparaître provisoirement ou même dans certains cas durablement. Ainsi, la rupture du système monétaire mondial au cours de l’été 2009 va non seulement entraîner un effondrement du Dollar US (et de la valeur de tous les actifs libellés en USD), mais il va aussi induire par contagion psychologique une perte de confiance généralisée dans les monnaies fiduciaires.

On peut maintenant considérer que ce sont les entités politiques les plus monolithiques, les plus « impériales », qui vont être les plus gravement bouleversées au cours de cette cinquième phase de la crise. La dislocation géopolitique va ainsi s’appliquer à des états qui vont connaître une véritable dislocation stratégique remettant en cause leur intégrité territoriale et l’ensemble de leurs zones d’influences dans le monde. D’autres états, en conséquence, seront projetés brutalement hors de situations protégées pour plonger dans des chaos régionaux.

Sources : Global Europe Anticipation Bulletin du 15 février 2009

New-York-Times du 14 février 2009

fév 13 2009

Pourquoi Nicolas Sarkozy veut que la France réintègre le commandement de l’OTAN

Le Général de Gaulle se retourne dans sa tombe. 43 ans après sa décision de retirer Paris du commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN, créée en 1949, 22.000 employés et 60.000 militaires permanents), son dangereux successeur à l’Elysée multiplie les déclarations (1) pour que la France y reprenne désormais « toute sa place ».

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« Toute sa place » est une formule qui, dans l’approche de Nicolas Sarkozy, signifie clairement un engagement sans réserve aux côtés des Etats-Unis. Fidèle à sa méthode autocratique du « J’écoute mais je ne tiens pas compte », il fait fi des voix de plus en plus nombreuses qui s’opposent à sa décision (2) et fait dire qu’il n’y aura ni référendum ni même de vote au Parlement sur la question. Il entend bien concrétiser seul son choix stratégique et balayer d’un coup d’un seul un demi-siècle de politique étrangère et d’indépendance française dès les 3 et 4 avril prochain, lors des cérémonies du 60e anniversaire de l’OTAN à Strasbourg et Kehl.

Histoire de confirmer sa volonté d’intégrer la France dans les hautes sphères politico-militaires de l’OTAN, Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà pris l’année dernière deux initiatives très applaudies par son ami George W. Bush. Un, il a doublé la présence militaire française en Afghanistan en envoyant un millier de soldats combattre avec les américains contre les Taliban, alors que chacun sait que cette guerre est déjà perdue et que l’enlisement des troupes y est assuré (le nombre de soldats français morts sur le terrain depuis est déjà suffisamment éloquent). Deux, il a soutenu activement le projet de déployer un bouclier antimissile américain en Europe centrale, quitte à braquer sérieusement la Russie (Heureusement Barack Obama semble être en train de déminer cette énième provocation bushiste aux relents de Guerre froide). La récente volonté affichée de rapprocher Paris et Londres, principal allié des Etats-Unis dans ses guerres en Irak et en Afghanistan, est également un signe plus discret, mais tout aussi fort, d’allégeance à Washington. Seule contrariété pour le néo-conservateur de l’Elysée, ce n’est plus son ami fauteur de guerres George W. Bush qui est au pouvoir, mais Barack Obama, à l’évidence moins enclin à semer la terreur partout dans le monde au nom de la lutte anti-terroriste.

Cette rupture dans la politique d’indépendance de la France se drape bien entendu d’arguments à usage médiatique du type « Amis, alliés, mais non inconditionnels », ou « nécessaire rénovation car nous ne sommes plus en 1966″, ou encore « La France ne perdra rien de sa souveraineté » (3). Nicolas Sarkozy dit vouloir développer avec l’OTAN une « Europe de la Défense efficace ». Depuis son élection, il ne cesse de répéter qu’une Europe de la Défense indépendante et l’ancrage atlantique sont les deux volets d’une même politique de sécurité. Mais quelle OTAN, pour quelle mission de défense européenne ? et la France a-t-elle quelque chose à gagner à réintégrer le commandement militaire de l’organisation, avec lequel elle coopère déjà très bien ? Elle fournit déjà 2.800 soldats pour l’occupation de l’Afghanistan, et maintient actuellement 36.000 soldats dans divers autres pays (Kosovo, Côte d’Ivoire, etc.).

Il est bien illusoire d’imaginer que les Etats-Unis donneront plus de place aux Européens et aux Français dans la nouvelle Alliance. Jaap De Hoop Scheffer a d’ailleurs bien précisé le 12 février 2009 à Paris que, si la France réintégrait le Commandement militaire intégré de l’Alliance atlantique, ce serait de toutes façons toujours à lui qu’il revenait « de gérer les choses au sein de l’OTAN, comme la position française au sein des structures de commandement, les généraux, etc ». Tout au plus les Etats-Unis accorderont-ils quelques commandements militaires sans importance à un ou deux généraux français — on parle vaguement d’un poste à Norfolk (Virginie, USA) ou à Lisbonne (Portugal) — sans que cela puisse réellement permettre à la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de s’affirmer et de de peser significativement sur les décisions de l’OTAN. Dans tous les conflits (Afghanistan, Serbie, Kosovo, etc) où la France s’est retrouvée engagée aux côtés des militaires américains, ce sont systématiquement ces derniers qui décident et contrôlent de façon unilatérale toutes les opérations, en particulier les frappes, reléguant la France et les autres pays alliés au rang de simples exécutants. On ne les imagine guère se plier aux décisions des français dans l’avenir. Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que si de Gaulle est sorti de l’OTAN, c’est notamment parce qu’il demandait un directoire partagé de l’Organisation, ce que les Américains lui ont refusé. Et la suite a montré que la France, puissance moyenne disposant de l’arme nucléaire et d’un siège au Conseil de sécurité de l’ONU, existait finalement plus à l’échelle mondiale en s’affirmant de façon autonome qu’en s’effaçant dans ce qu’il appelait le « machin » atlantiste.

Autre risque, la réintégration de Paris dans une OTAN qui sert de plus en plus de caution et de bras armé à l’impérialisme américain, sera sans nul doute perçu dans les grandes capitales du monde non-occidental comme un affaiblissement et un alignement sur les Etats-Unis, ce qui lui fera perdre le peu d’influence qui lui reste encore.

Quant à la « Voix de la France », qui selon Nicolas Sarkozy deviendrait plus forte dans le concert des Nations si elle réintègre l’OTAN, elle semble jusqu’à présent avoir moins souffert des discours et des choix du Général de Gaulle — ou même de ceux de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, par exemple en 2003 à l’ONU lors du refus de la France de suivre les Etats-Unis dans l’invasion de l’Irak — que ceux des « caniches » européens de George W. Bush (Tony Blair, José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy, José-Maria Aznar,…).
Mais l’essentiel n’est pas là. Le projet de Nicolas Sarkozy, cet anti de Gaulle, ne consiste pas en un renforcement de la défense européenne, ou du moins pas pour lui donner plus de pouvoir et d’indépendance comme il le prétend. A travers ses choix diplomatiques et stratégiques il est à l’évidence tout à sa « vision » purement occidentaliste de la France et de l’Europe. Pour lui, la France doit s’affirmer « dans sa famille occidentale » et dans « les valeurs occidentales qui sont pour elle essentielles » (Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français). Il partage avec son mentor George W. Bush une idéologie qui se fonde avant tout sur la défense d’une civilisation occidentale qui serait aujourd’hui attaquée par le monde islamiste. Lorsqu’il déclare faire en sorte que « Paris et l’ensemble des capitales occidentales parlent désormais toutes d’une seule voix », c’est surtout pour défendre les causes occidentales que les discours et les aventures guerrières de Bush « contre l’Axe du Mal et la Barbarie » ont totalement galvaudées: la Démocratie, la Liberté, l’universalisme des Droits de l’Homme, la lutte contre le terrorisme. Comme George W. Bush et comme tous les néo-conservateurs islamophobes, Nicolas Sarkozy est dans une logique de guerre contre tout ce qui ne relève pas des « valeurs occidentales » judéo-chrétiennes, tant en matière d’économie que de politique et de religion. Il exècre et ne cesse de diaboliser les partis islamistes qualifiés de terroristes comme le Hezbollah ou le Hamas, n’imaginant pas que son propre occidentalisme est à l’Occident ce que le fondamentalisme islamiste est à l’Islam. Il est au plus près des cercles israélo-américains d’extrême-droite qui, afin de « garantir la paix et la sécurité », prônent une domination occidentale du monde, quitte pour cela à passer à l’offensive et à se lancer dans une guerre de civilisation « globale ». Pour Nicolas Sarkozy il s’agit de défendre mais aussi désormais d’imposer par tous les moyens, et notamment par la guerre, un nouvel ordre occidental soi-disant « moral » (comprendre surtout « néo-libéral ») qui doit régner sur l’ensemble de la planète.

Cette idéologie d’autodéfense agressive se nourrissant du conflit avec l’islamisme autorise ainsi l’OTAN — qui à l’origine n’a qu’une mission de défense limitée aus territoires occidentaux — à aller porter la guerre aux confins de la planète pour défendre des intérêts géostratégiques essentiellement américains, quand ce n’est pas parfois purement israéliens, à titre d’une soi-disant « légitime défense » contre le terrorisme islamiste. De hauts stratèges et chefs d’état-major de l’OTAN planchent même actuellement sur de réjouissantes nouvelles options militaires. Ces docteurs Folamour réclament en effet le droit d’effectuer des frappes préventives, y compris avec l’arme nucléaire, sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU. Lorsque l’on connaît le désir insensé des Israéliens et de leurs amis américains — Même avec Barack Obama, il y a peu de chances que les Etats-Unis modifient leur politique de soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël — d’aller bombarder l’Iran, on imagine aisément à quoi la sainte alliance transatlantique risque bientôt de servir.

C’est avec cette « vision » guerrière et occidentaliste du monde, ruineuse et extrêmement dangereuse pour la France, que Nicolas Sarkozy entend jouer un rôle international. En infléchissant la doctrine militaire française pour mieux s’aligner sur la politique étrangère américaine, dont on connaît pourtant les errements et l’agressivité aussi inefficace que désastreuse, il commet une erreur diplomatique et stratégique majeure.

Noël Blandin, pour la République des Lettres

Notes
1) Annoncé dès la campagne électorale de 2007, ce projet sarkozyste n’a cessé d’être remis sur la table, tant par Nicolas Sarkozy que par Bernard Kouchner (Ministre des Addaires étrangères) et Hervé Morin (Ministre de la Défense) afin d’y « préparer l’opinion », notamment pour le Président de la République à travers le Discours de janvier 2008 devant le corps diplomatique français, lors du Sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008 et la semaine dernière encore lors d’une conférence sur la sécurité à Munich.
2) Parmi les responsables politiques qui s’opposent à la décision autocratique de Nicolas Sarkozy, on note celles de François Bayrou pour qui la réintégration dans le commandement militaire de l’OTAN serait « une défaite pour la France » et un « un aller sans retour » [...] « En nous alignant, nous abandonnons un élément de notre identité, une part de notre héritage, et nous l’abandonnons pour rien ». Il demande que le choix fait par le Général de Gaulle en 1966 « ne soit pas bradé et jeté aux orties », ajoutant qu’un tel choix ne peut aujourd’hui être modifié « que par un référendum du peuple français ». Dans un entretien au Nouvel Observateur, François Bayrou précise sa pensée. Pour lui, en réintégrant l’OTAN, la France se range « aux yeux du monde » dans un « bloc occidental » [...] « euro-américain d’un côté, le reste du monde de l’autre. Ceci, pour la France et son histoire, son universalité, est un renoncement ». Il affirme que « ce que nous sommes en train de brader, ce n’est pas seulement notre passé mais aussi notre avenir, une partie du destin de la France et de l’Europe ». Pour le Parti Socialiste, qui demande un débat et un vote parlementaire sur la question, « Aucune explication recevable n’est apportée sur l’intérêt pour la France de ce retour » et les « conditions et contreparties de cette réintégration ne sont pas connues ». Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, estime que « La France doit garder son autonomie de décision » et que celle-ci « ne peut pas être prise par le président seul ». Les anciens ministres socialistes de la Défense Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement ont également publié des tribunes dans la presse pour exprimer leur rejet de cette décision « très dangereuse pour la sécurité de la France ». [...] « Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les nôtres », affirment-ils. « Si la France entre dans l’OTAN, il n’y a plus d’espoir de politique étrangère et de sécurité commune, plus d’Europe de la défense », affirme également le socialiste Jean-Michel Boucheron. La réintégration « limiterait notre souveraineté et serait le signe d’un alignement sur l’administration américaine qui banaliserait la singularité de la France », estiment pour sa part le Parti Communiste. Du côté de l’UMP, une partie des députés exprime aussi son opposition: Jacques Myard proteste contre ce « retour qui va lier les mains de la France et l’arrimer à un bloc monolithique occidental dirigé par les Etats-Unis » tandis que Lionnel Luca explique que « Pour un grand nombre de pays arabes, le fait que la France soit dans l’OTAN est un mauvais signal ». Jean-Pierre Grand regrette cet « arrimage plein et entier aux Etats-Unis ». « Il y a dans le monde entier des pays qui attendent de la France qu’elle demeure une transition, une passerelle, et qu’elle ne s’aligne pas sur les Etats-Unis », renchérit Georges Tron. Le gaulliste ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan s’engage lui dans une quasi campagne contre le projet et exige un débat parlementaire. Daniel Garrigue, député ex-UMP de la Dordogne, s’est de son côté fendu d’une tribune intitulé « Bonjour, messieurs les traîtres ! ». Pour lui, « Rien ne justifie le retour de la France dans l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord et la remise en cause de l’un des rares consensus forts de notre pays — voulu en l’occurrence par le général de Gaulle avec la sortie de l’Otan en 1966 et confirmé par ses successeurs, y compris par le socialiste François Mitterrand. Nous y perdrons la considération que nous avions sur la scène internationale et particulièrement notre capacité à être entendus dans un certain nombre de conflits, notamment au Proche et au Moyen-Orient. [...] « Pour tous ceux qui croient en la France et en la construction de l’Europe, cette décision de rejoindre l’Otan qui n’a été ni concertée, ni discutée, ni approuvée par les Français ou par le Parlement, constitue bien une véritable trahison ». Alain Juppé, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, renouvelle lui aussi ses critiques en demandant si la France n’était pas en train de « faire un marché de dupes en rentrant sans conditions » dans le commandement de l’OTAN. Mais le plus farouche opposant à Droite est l’ancien Premier Ministre Dominique de Villepin. Pour lui, la France « va se trouver rétrécie sur le plan diplomatique » et sera plus vulnérable au terrorisme. « Alors que le Sud est en train de s’affirmer, dans un monde qui est en train de basculer, faut-il donner le sentiment de se crisper sur une famille occidentale ? », s’interroge-t-il. Comme François Bayrou, il estime que si la France avait été intégrée aux structures de commandement de l’OTAN en 2003, elle aurait été obligé de suivre les Etats-Unis de Geoorge W. Bush dans la guerre contre l’Irak.
3) Discours de Jaap De Hoop Scheffer, Secrétaire général de l’OTAN, devant les parlementaires français le 12 février 2009.