Category: Nouvel Ordre Economique

août 31 2010

L’avenir de « l’ordre mondial » se construit sur nos vies

Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prĂ©voient les pires scĂ©narios. Après la pause estivale, il est Ă  craindre que la crise Ă©conomique ne connaisse une nouvelle phase. Mais l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ne serait-elle pas le moyen de reconfigurer notre monde, et l’Occident en premier lieu ?

globalist1

Lors d’un discours devant la Chambre de Commerce de San Antonio, le 29 juillet, Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas (une des 12 branches régionales de la Fed), a décrié l’impasse monétariste dans laquelle sont pris les Etats-Unis, et donc, par extension, le monde. Déjà, au printemps, Fisher s’était fait remarquer en soutenant le retour à la Loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et l’interdiction des produits dérivés. D’après le reporter du SanAntonio Express-News présent sur place, Fisher a déclaré qu’il n’était pas possible pour la Fed d’émettre de la monnaie pour tenter de combler le déficit américain. « On sait ce qui arrive lorsque les banques centrales accèdent à ce type de demandes : cela nous embarque sur la pente glissante de la dévaluation de notre monnaie et nous met sur les rails de l’hyperinflation et de la destruction économique. Ni mes collègues ni moi ne sommes prêts à nous risquer sur cette voie. »

Apparemment, il ne doit pas considĂ©rer le gouverneur de la Fed comme un de ses collègues puisque Ben Bernanke, comme son confrère europĂ©en Jean-Claude Trichet, argue que les injections massives de liquiditĂ©s sont nĂ©cessaires pour la « stabilité ». En rĂ©alitĂ©, les Ă©changes interbancaires sont au point mort, et si les banques fĂ©dĂ©rales venaient Ă  cesser leur soutien, c’est toute la machine financière mondiale qui se gripperait. Cela risque bien d’arriver d’ici novembre prochain, car il est dĂ©sormais impossible que l’Espagne puisse faire face Ă  ses Ă©chĂ©ances, et sa dette publique et privĂ©e cumulĂ©e pourrait Ă  elle seule engloutir le plan d’aide europĂ©en de 750 milliards d’euros.

Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement »

Le dernier rapport de la Fondation Rockefeller, publiĂ© il y a deux mois, n’y va pas par quatre chemins, et prĂ©voit des « annĂ©es de malheur ». Le document, intitulĂ© « ScĂ©narios pour l’avenir de la technologie et le dĂ©veloppement global », prĂ©dit un cataclysme Ă©conomique qui entraĂ®nera des guerres civiles puis un effondrement des civilisations.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues,mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables. Quoique les catastrophes dont nous avons connaissance actuellement, tels les incendies en Russie ou les inondations au Bouthan et au Pakistan en paraissent un avant-goût.

L’étude décrit également les nations perdant le contrôle de leurs finances publiques et une incapacité à gérer l’ordre et la stabilité provoquant toujours plus de violence, de criminalité et de troubles au sein de la société. Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement ». Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur dudit réseau (Internet). « La différence entre les nantis et les plus défavorisés sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protéger. Les quartiers privés et sécurisés fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourés de bidonvilles. (…) Il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protégée par du personnel armé provenant d’entreprises de sécurité privées » précise encore la Fondation Rockefeller.

Les technologies de vérification de l’identité deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de données d’enregistrements de rétines, volée par des pirates en 2017, sera utilisée pour créer de nombreuses fausses identités dans le milieu des années 2020.


NOTRE MONDE EST UN JEU
envoyé par Mecanopolis.

En ligne de mire, « la société 20/80 »

Tandis que la technologie Internet est diabolisée dans ce scénario d’anticipation, l’étude de la Fondation mondialiste prévoit également une explosion sur le marché noir de récoltes d’aliments produits à partir d’OGM, appelés ici et pour l’occasion « progressistes », par les masses populaires décimées et appauvries.

Mais le rapport de la Fondation Rockefeller prĂ©conise Ă©galement des solutions pour contenir les populations plongĂ©es dans la pauvretĂ© : le « fearmongering » (propagande de la peur), qui peut ĂŞtre utilisĂ© Ă  propos du changement climatique, des catastrophes naturelles ainsi et des attaques terroristes Ă  grande Ă©chelle comme « outil de contrĂ´le des populations ». « Choc des civilisations », « axe du mal », « islamo-fascisme », « sĂ©curitĂ© intĂ©rieure »… Ces slogans et scĂ©narios catastrophes ne sont pas nouveaux, et ils ne visent qu’Ă  obtenir un consentement gĂ©nĂ©ral afin de remodeler l’Ă©conomie mondiale dans le but de la rendre plus efficace et sous le contrĂ´le d’une oligarchie financière totalitaire. En 1995 eut lieu le premier State Of The World Forum,Ă  l’HĂ´tel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre Ă©tait d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de dĂ©finir la politique globale utile Ă  leur mise en Ĺ“uvre. Les dirigeants rĂ©unis Ă  San Francisco (MikhaĂŻl Gorbatchev, George H.W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates,Ted Turner, etc.) sont parvenus Ă  la conclusion que l’arrivĂ©e de la dĂ©nommĂ©e « sociĂ©tĂ© 20/80 » Ă©tait inĂ©luctable, Ă  savoir celle dans laquelle le travail de 20 % de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalitĂ© de l’appareil Ă©conomique de la planète. La population restante (80 %, donc) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

Tittytainment

C’est ici qu’entre en jeu le « tittytainment », concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais : tits (« nichons » en jargon américain) et entertainment qui, en aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles,mais au contraire comme allusif à l’effet soporifique et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il tète.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société,nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas pour utiliser des moyens peu scrupuleux afin de mettre en œuvre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Entre autres,la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti…

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Télécharger l’article de la revue au format PDF

Reproduction libre avec indication des sources

(Titre modifié par Mecanopolis)

août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

hvr

Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

Ă€ brève Ă©chĂ©ance, il faudra Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies se fera par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la “compĂ©titivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.”

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

Télécharger l’article de la revue au format pdf

Reproduction libre avec indication des sources


août 26 2010

DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique exige un rĂ©fĂ©rendum sur l’Union europĂ©enne (vidĂ©o)

Hier soir, cinq de nos camarades du mouvement DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique (DĂ©cibel) ont pris d’assaut une grue se situant rue Henri Maus, près de la Bourse de Bruxelles (voir la vidĂ©o ci-dessous). Leur action a Ă©tĂ© relatĂ©e par les mĂ©dias Belges aujourd’hui. Les membres de DĂ©cibel ont ainsi rĂ©ussi Ă  se faire entendre sur la nĂ©cessitĂ© d’exiger une consultation par rĂ©fĂ©rendum sur l’Union europĂ©enne.

decibel

Le site de la Radio et TĂ©lĂ©vision Belge (RTBF) consacre un article sur l’action de nos camarades de DĂ©cibel, qui sont restĂ©s « perchĂ©s Ă  une dizaine de mètres de hauteur depuis 19 heures mardi soir », promettant Ă  la police, immĂ©diatement dĂ©pĂŞchĂ©e sur les lieux, « de redescendre vers 22 heures. »

« Le but des activistes Ă©tait de dĂ©ployer une banderole visant Ă  dĂ©noncer la dĂ©marche « antidĂ©mocratique » de l’Union EuropĂ©enne », indique Ă©galement une dĂ©pĂŞche de l’agence de presse Belga.

« Par cette action, le groupe DĂ©sobĂ©issance Civile Belgique entend notamment dĂ©noncer « la soumission des Etats europĂ©ens Ă  l’Union EuropĂ©enne, via le TraitĂ© de Lisbonne, adoptĂ© sans consultation prĂ©alable des citoyens », prĂ©cise encore le site d’information belge 7sur7

Les membres de DĂ©cibel dĂ©noncent Ă©galement l’absence de rĂ©fĂ©rendum lors de l’adoption de l’euro au dĂ©but des annĂ©es 2000, ainsi que « la mise en place par le groupe Bilderberg d’un prĂ©sident Ă  la tĂŞte de l’UE, Herman Van Rompuy, sans Ă©lections », indique quant Ă  lui le quotidien belge en langue nĂ©erlandaise HLN.BE

Dans leur DĂ©claration d’indĂ©pendance des Peuples et Nations d’Europe, que nous reproduisons ci-dessous, nos camarades belges exigent qu’un referendum soit organisĂ© pour tous les pays membres de l’UE.

Mecanopolis



Déclaration d’Indépendance des Peuples et Nations d’Europe

Par Désobéissance Civile Belgique

Nous ne sommes pas européens, ou plutôt, oui nous le sommes, mais nous ne sommes pas « union européens ».

Nous n’avons pas été consultés, ou nos choix n’ont pas été pris en considération, concernant le « Traité De Lisbonne ». Par conséquent, nous ne reconnaissons pas la validité de ce traité.

Nous n’avons pas été consultés concernant la « Charte des droits fondamentaux » et les « Explications relatives à la Charte des droits fondamentaux » avec son article 2, (« droit à la vie ») « Nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté » qui autorise les exécutions sommaires :

« La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire :

a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;

b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;

c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. »

Nous ne reconnaissons par conséquent pas cette « Charte des droits fondamentaux » et ses « Explications ».

Nous n’avons pas été consultés concernant l’ « Eurogendfor », Force de Gendarmerie Européenne, qui est une armée privée au service des dirigeants de l’Europe, qui a carte blanche et bénéficie de l’immunité pour rétablir l’ordre partout dans les pays de l’Union Européenne. Nous ne reconnaissons par conséquent pas l’autorité de l’Eurogendfor, ni son droit d’exercer des interventions dans nos nations.

Nous ne reconnaissons l’Union Européenne, proclamée déjà, en même temps que le mondialisme, dans la « Déclaration de Montreux » en 1947, et affirmant « Nous, fédéralistes mondiaux, affirmons … Une telle confédération devrait reposer sur les principes suivants : … Limitation des souverainetés nationales et transfert à la Confédération des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, nécessaires à la gestion des affaires mondiales… ».

Enfin, nous ne reconnaissons l’Union Européenne bâtie grâce à l’argent que la CIA versait dans les années 50-60, argent provenant des fondations Rockefeller et Ford, à des personnes telles que Robert Schuman et Paul-Henri Spaak ou à des institutions pro-européennes, afin d’aider à accélérer le processus d’unification de l’Europe et d’empêcher tout débat quant à la création de la monnaie unique européenne.

Etant donné que

a) nos gouvernement et chefs d’Etats ont choisi seuls, sans nous consulter, de se soumettre à une Union Européenne non démocratique

b) l’Union Européenne n’est qu’une étape d’un plan visant à soumettre les nations du monde entier à un gouvernement mondial

c) tout homme a le droit inaliénable de choisir son avenir et sa destinée, dans les limites que la vie veut bien lui accorder

Nous, peuples et nations d’Europe, déclarons notre indépendance. Nous ne sommes pas « union européens », nous sommes européens, nous sommes allemands, autrichiens, belges, bulgares, chypriotes, danois, espagnols, estoniens, finlandais, français, grecs, hongrois, irlandais, italiens, lettons, lituaniens, luxembourgeois, maltais, hollandais, polonais, portugais, tchèques, roumains, anglais, écossais, irlandais, gallois, slovaques, slovènes, suédois, tous de nationalités différentes, mais liés par un passé commun et tournés vers un avenir commun où, nous en sommes convaincus, les mots démocraties et libertés pourrons prendre tout leur sens.

Désobeissance Civile Belgique

août 24 2010

L’agence de notation Dagong abaisse l’ensemble de la note des pays occidentaux

L’agence de notation chinoise Dagong Global Credit Rating vient de revoir Ă  la baisse la note de la dette souveraine des pays occidentaux. Il n’y a que la Suisse, la Norvège et l’Australie qui conservent la note maximale AAA. Selon Andreas Höfert, chef Ă©conomiste d’United Bank of Switzerland (UBS), l’ensemble des agences de notation devrait rapidement emboiter le pas de Dagong et confirmer la dĂ©gradation de la note des pays concernĂ©s.

dagong

Un coup Dagong que les Etats ne peuvent ignorer

Par Andreas Höfert

Les Européens en rêvaient, les Chinois l’ont fait: une agence de notation non anglo-saxonne que les marchés devront prendre au sérieux. Alors que les Standard & Poors, Moody’s et autre Fitch s’évertuent à tirer sur les ambulances que sont les pays du sud de l’Europe – justifiant ainsi leur réputation d’être à la fois pompiers pyromanes et de ne prévoir qu’a posteriori un défaut de crédit – l’agence chinoise Dagong Global Credit Rating s’est penchée sur la dette souveraine des pays occidentaux.

Et là, plus de tabou. Les Etats-Unis se retrouvent avec une note de AA, le Royaume-Uni et la France avec AA –, l’Italie, l’Espagne et la Belgique avec A–. L’Allemagne, le Canada et les Pays-Bas s’en sortent un peu mieux avec la même note que la Chine: AA +. Le maximum, AAA, n’est accordé qu’à la Suisse, à la Norvège et à l’Australie ainsi qu’à quelques petits pays.

On pourra ironiser quant au bagage idéologique d’une telle démarche réalisée par une agence que nous Occidentaux soupçonnerons – probablement à juste titre – d’être dépendante du pouvoir chinois. Mais force est de constater qu’il s’agit bien d’un miroir très peu flatteur que nous tend l’Empire du Milieu. Avec des dettes d’Etat qui devraient atteindre les 100% du produit intérieur brut d’ici deux ou trois ans, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France vont probablement voir leurs notations réduites dans un avenir proche. En effet, il n’y a jusqu’à présent jamais eu d’Etat présentant des dettes supérieures à 100% de leur PIB et bénéficiant d’une notation AAA de leurs emprunts.

Dagong ne fait donc qu’anticiper. Et c’est bien la moindre des choses que l’on demandera à une agence de notation. Sur ce point, les Chinois se révèlent autrement plus crédibles que les agences anglo-saxonnes. Lorsqu’on sait en plus que la Chine est détentrice d’environ mille milliards de dollars de dette publique américaine, on pourra même s’étonner de la témérité de Dagong, tant sa notation pourrait avoir un impact négatif sur la valeur des avoirs publics chinois.

Enfin, ceux qui sourient à l’idée d’une agence chinoise susceptible un jour de peser sur les marchés ne devraient pas oublier que Dagong représente un pays créancier. Au contraire, S & P, Moody’s et Fitch viennent de pays débiteurs. Si vous prêtez de l’argent, préférez-vous vous-même juger de la qualité de l’emprunteur? Ou faites-vous confiance aux dires de celui-ci?

Les notations de Dagong sont un nouveau signe du glissement progressif et inexorable du pouvoir économique mondial vers l’Orient et les marchés émergents. En fin de compte, celui qui paye est toujours celui qui décide.

Andreas Höfert

Source : Le Temps, quotidien suisse


août 23 2010

Techniques d’interrogatoire (fiche pratique #1)

Alors que la rentrĂ©e annonce un chaos social et que la rĂ©pression policière ne cesse de s’accroitre (plus de 800′000 gardes Ă  vue en France en 2009), il nous apparait utile, sinon mĂŞme urgent, de publier une sĂ©rie de fiches pratiques dĂ©diĂ©es aux mĂ©thodes policières. Celle que nous prĂ©sentons aujourd’hui concerne les principales techniques d’interrogatoire, issues d’un manuel rĂ©capitulatif liĂ© aux « cours pratiques » d’un corps de police europĂ©en, dont nous nous sommes procurĂ© un exemplaire.

Nul doute que, dans un proche avenir, tout individu qui contestera l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se dĂ©clarer dans cette catĂ©gorie sera soumis au contrĂ´le permanent des services policiers. L’objectif des fiches que nous publierons, allant des techniques de filature aux opĂ©rations d’infiltration, est de permettre de comprendre et dĂ©jouer l’arsenal rĂ©pressif mis en place par un pouvoir politique de plus en plus autoritaire, qui considère chaque citoyen comme un ennemi potentiel.

Mecanopolis

pol1

1.) L’argumentation logique

Dans le cas oĂą la preuve de la culpabilitĂ© du suspect a Ă©tĂ© apportĂ©e, l’enquĂŞteur peut choisir de faire appel Ă  ses capacitĂ©s de rationalisation. Le but recherchĂ© en adoptant une pareille attitude est de prĂ©senter au suspect un certain nombre de raison purement logique pour lui faire comprendre qu’il est de son propre intĂ©rĂŞt de fournir d’avantage d’information, et que seule la conduite raisonnable qu’il puisse dĂ©sormais adopter consiste Ă  coopĂ©rer avec la police. L’enquĂŞteur doit lui tenir ce discours en prĂ©sentant les choses sur le ton d’une affaire qu’on traite et afficher un comportement qui exprime l’assurance et la volontĂ© de mener les choses rondement. Il doit faire de façon neutre l’exposĂ© de la situation actuelle du suspect et faire comprendre Ă  celui-ci que l’affaire va maintenant Ă©voluer de façon automatique, impersonnelle, en fonction de l’attitude qu’il va dĂ©cider d’adopter. Il s’agit bien sur de laisser entendre au suspect qu’il bĂ©nĂ©ficiera de mesures d’indulgence et qu’il pourra « s’en tirer » plus aisĂ©ment s’il se monte coopĂ©ratif.

2.) La compréhension

Si l’enquĂŞteur estime que le suspect ne se montrera pas indiffĂ©rent Ă  une tĂ©moignage de comprĂ©hension, il peut dĂ©cider de faire jouer cette corde sensible. L’interrogatoire sera alors conduit en douceur et laissera place Ă  des expressions de sympathie et de commisĂ©ration pour le sujet qui s’est placĂ© dans une situation semblable. L’enquĂŞteur fera vibrer davantage encore cette corde sensible s’il Ă©voque tout ce qui peut toucher l’affectivitĂ© du suspect : sa femme, ses parents, sa religion, sa carrière, sa santĂ©, etc. Tandis qu’il parle au suspect, l’enquĂŞteur doit de prĂ©fĂ©rence s’assoir près de lui, voir lui tĂ©moigner Ă  l’occasion des marques de compassion en posant sur lui ma main de façon amicale. Ce comportement Ă  pour objet de faire naĂ®tre chez le suspect des sentiments de culpabilitĂ© et d’apitoiement sur soi-mĂŞme, et l’amener Ă  rejeter sur les autres la responsabilitĂ© de ses ennuis. Ces tĂ©moignages de sympathies manifestĂ©s par l’enquĂŞteur incitent bien souvent un suspect Ă  se dĂ©charger de ses sentiments de culpabilitĂ© en apportant sa contribution Ă  la suite de l’enquĂŞte.

3.) L’agressivitĂ©

La manière agressive consiste essentiellement pour l’enquĂŞteur en l’adoption d’une attitude lourde de menaces, laquelle donne l’impression au suspect que celui qui l’interroge nourrit contre lui une solide animositĂ© et doit prendre sur lui-mĂŞme pour se retenir de le frapper. De nos jours, il est relativement mal aisĂ© de dĂ©crire ce mode d’interrogatoire hĂ©ritĂ© du fameux « troisième degré » sans encourir le risque de tomber sur le coup d’une infraction aux droits civiques du suspect, raison pour laquelle ce manuel rĂ©sumĂ© restera Ă©vasif sur le sujet. L’observation de cette attitude d’agressivitĂ© peut s’intĂ©grer dans une stratĂ©gie globale d’interrogatoire, quand les deux enquĂŞteurs affichent un des comportements diamĂ©tralement opposĂ©s. Dans les cas semblables, celui des deux enquĂŞteurs qui par son attitude fait ressentir de la peur au suspect peut amener ce dernier Ă  se montrer plus coopĂ©ratif avec l’autre enquĂŞteur, celui qui se montre le plus comprĂ©hensif et le plus gentil.

4.) L’indiffĂ©rence

Une variante de la conduite d’agressivitĂ© consiste pour celui qui interroge Ă  tĂ©moigner au suspect une totale indiffĂ©rence. En l’occurrence, l’attitude de l’enquĂŞteur peut laisser croire au sujet que sa coopĂ©ration ultĂ©rieure n’est nullement souhaitable, mais au fur et Ă  mesure que l’interrogatoire progresse, cette Ă©ventualitĂ© doit cependant se faire jour. L’enquĂŞteur doit donner Ă  celui qu’il questionne l’impression que, pour sa part, il prĂ©fère le voir sĂ©vèrement condamnĂ© pour le dĂ©lit qu’il a commis plutĂ´t que de tenir compte de sa collaboration que celui-ci pourrait Ă©ventuellement apporter au dĂ©roulement de l’enquĂŞte. LĂ  encore, cette tactique reposant sur l’indiffĂ©rence qu’exploite l’un des deux enquĂŞteurs peut-ĂŞtre juxtaposĂ©e Ă  l’attitude diamĂ©tralement opposĂ©e affichĂ©e par son collègue.

5.) « Sauver la face »

Cette tactique consiste pour le policier chargĂ© de l’interrogatoire Ă  fournir au suspect une « échappatoire » psychologique qui lui permettra de se justifier d’avoir pris part Ă  un dĂ©lit. Pour cela, l’enquĂŞteur doit faire comprendre, mais sans jamais le formuler explicitement, qu’une prise en compte attentive des raisons qui ont poussĂ© le suspect Ă  agir comme il l’a fait risque d’attĂ©nuer la part de responsabilitĂ© qu’il a prise dans l’activitĂ© dĂ©lictueuse. En essayant systĂ©matiquement d’expliquer les conduites qui ont Ă©tĂ© celles du suspect jusqu’au moment oĂą il a enfreint la loi, et en faisant de ces conduites les consĂ©quences naturelles de difficultĂ©s ou d’ennuis personnels, l’enquĂŞteur tente ainsi d’amener celui qu’il interroge Ă  parler de l’infraction elle-mĂŞme. Quelques remarques occasionnelles bien placĂ©es au cours de l’interrogatoire ont souvent pour effet de diminuer aux yeux du suspect la part de responsabilitĂ© qu’il aura prise dans l’affaire.

6.) Flatter la vanité

Ici l’enquĂŞteur doit jouer sur l’orgueil, l’autocomplaisance du suspect en faisant allusion Ă  l’intelligence requise pour mener Ă  bien un interrogatoire tout en faisant semblant d’ĂŞtre impressionnĂ© par le montage d’une telle opĂ©ration. Il doit feindre d’afficher un certain respect pour un individu suffisamment astucieux pour assurer la rĂ©ussite d’une entreprise aussi complexe qu’aventureuse. Cette attitude de flatterie amène parfois un suspect Ă  se glorifier de ses activitĂ©s illĂ©gales et Ă  fournir des dĂ©tails supplĂ©mentaires pour impressionner davantage encore l’enquĂŞteur.

7.) L’exagĂ©ration

A l’effet de faire parler un suspect peu enclin Ă  coopĂ©rer, l’officier enquĂŞteur peut dĂ©libĂ©rĂ©ment exagĂ©rer les prĂ©somptions de culpabilitĂ© qui peuvent ĂŞtre reconnues contre lui. Il peut par exemple laisser entendre au suspect qu’il sait parfaitement que sa part de responsabilitĂ© est beaucoup plus importante qu’elle en Ă  l’air, afin d’amener son interlocuteur Ă  faire l’aveu de ses activitĂ©s rĂ©elles dans le but de ne pas encourir une peine plus lourde.

Il existe bien sĂ»r d’autres mĂ©thodes d’interrogatoire que celles que nous venons d’Ă©numĂ©rer, qui sont Ă©galement connues sous d’autres appellations. Ce ne sont lĂ  que les principales techniques utilisĂ©es aujourd’hui par les forces de police. Nous reviendrons prochainement sur le sujet avec une fiche pratique spĂ©ciale qui sera consacrĂ©e aux mĂ©thodes de coercition, de contrainte physique et psychologique utilisĂ©e dans les interrogatoires de police.

A suivre : Techniques de filature et contre-filature (fiche pratique #2)





août 12 2010

Le temps est venu de prĂ©parer l’action

db

Sur la terre ravagĂ©e par mille catastrophes savamment provoquĂ©es, une guerre est dĂ©clarĂ©e contre chaque ĂŞtre humain. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui instrumentalise partout la peur dans l’unique but de reconfigurer l’Ă©conomie mondialisĂ©e. Ce qui est rĂ©cemment arrivĂ© Ă  la Grèce nous arrivera bientĂ´t Ă  tous : c’est la tiers-mondialisation de l’Europe qui est en marche.

DĂ©sormais, seul l’inconcevable commande. Mais l’inconcevable, c’est aussi la rĂ©volte du petit nombre de ceux qui, ayant rĂ©ussi Ă  franchir eux-mĂŞmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’ĂŞtre et le non-ĂŞtre, se trouvent dĂ©jĂ  en Ă©tat d’assumer la tâche de veiller sur le nouveau recommencement de la rĂ©volution.

Nos camarades du mouvement DĂ©sobĂ©issance Civile ont compris cela mieux que quiconque. De toutes nos forces, avec nos moyens pourtant dĂ©risoires, nous soutiendrons leur action. Rien n’est plus important, car le temps est maintenant venu, sans plus tarder, de prĂ©parer l’action.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis



Le temps de l’action
envoyé par Mecanopolis.

Ne soyez plus spectateurs !

Par Désobéissance Civile

La situation économique, politique, écologique, humaine en ce début du XXIème siècle est une catastrophe pour qui a le courage de regarder la réalité en face: inégalités à tout niveau entre le Nord et le Sud, société basée sur le profit et la surconsommation, hommes réduits à l’état d’esclaves et de consommateurs (servitude moderne), guerres factices visant à favoriser le commerce des armes et la domination de l’Occident, domination des lobbies, manipulation des médias, politiciens et organismes internationaux (OMC, FMI, OTAN…) au service des multinationales, mise en œuvre des gouvernement par tous les moyens pour imposer la gouvernance mondiale (NWO), soumission des ex pays souverains d’Europe à l’Union Européenne …

« Désobéissance Civile Belgique » (DCB) est un groupe indépendant, refusant toute étiquette politique, qui vous propose de lutter pacifiquement, mais fermement, contre tout ce que le système a de négatif par la non soumission aux lois allant l’encontre de l’intérêt général et par des actions concrètes. Quand un infime pourcentage de la population mondiale détient le monopole sur la quasi totalité des richesses de la planète, quand les dirigeants n’ont aucun respect pour la vie, quand la société ne soucie plus de l’avenir de ses enfants, de l’avenir des générations futures, la désobéissance civile n’est plus un droit, elle est un devoir.

Parce que nous pensons que chaque être sur terre a droit à un minimum de respect, que tout homme, femme, enfant a droit à l’enseignement, à un logement décent, à un emploi correct, à une pension, à des soins de santé gratuits, parce que nous avons l’orgueil de penser que notre société peut être basée, non pas sur la compétition, la domination et le profit, mais sur la collaboration, le soutien mutuel et le partage, parce que nous pensons que nous somme tous égaux, que chaque homme a droit à la liberté, à la démocratie (participative), à choisir son destin, parce que nous pensons que la vie n’est pas à vendre, nous sommes entré en “résistance” contre cette société égoïste où tout est basé sur l’individualisme et le profit, quelles qu’en soient les conséquences pour les plus faibles.

Pour ce faire, nous employons et emploierons tous les moyens qui sont à notre disposition: interventions intempestives lors de meetings officiels, manifestations, distribution de tracts, support de diverses ONG (Amnesty, HRW…), collaboration avec des groupes partageant nos idéaux, actions de protestation (bâchages de panneaux publicitaires, déversement de stocks de journaux publicitaires, blocage de transports nucléaires…), boycott d’élections…

Si vous aussi vous désirez prendre part à ce combat, envoyez votre prénom et votre adresse email à desobeissance-civile-belgique [at] hotmail.com ou rejoignez-nous sur facebook. Vous serez averti automatiquement de nos futures actions publiques, réunions… et pourrez prendre part au changement de la société avec nous. Ne soyez plus spectateur, devenez acteur !

Thierry Duriau, pour Désobéissance Civile



La révolte qui vient
envoyĂ© par Mecanopolis. – L’actualitĂ© du moment en vidĂ©o.

juin 27 2010

Encore un G20 pour rien, sur fond d’aggravation des conditions de survie (vidĂ©o)

Du G20 de Toronto, on ne retiendra que les images de violence (voir notre vidĂ©o ci-dessous), pour lesquelles ont voudrait nous faire croire qu’elles sont le fait de quelques provocateurs encagoulĂ©s – comme si l’ensemble des populations n’avait pas de quoi manifester sa lĂ©gitime colère. Aucune dĂ©cision capable d’enrayer le cours de la crise – ou plutĂ´t des crises successives – n’a Ă©tĂ© prise. Cela alors que les conditions de survie des plus pauvres ne cessent de s’aggraver.

g20

Les tenants de la rigueur, Angela Merkel en tĂŞte, ont fait valoir aux pays participants le principe d’une nĂ©cessaire cure d’austĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale, ce qui fait dire Ă  la chancelière allemande, ce soir, que ce G20 est un « succès » total. Un succès pour l’impĂ©rialisme germanique peut-ĂŞtre, qui impose, plus seulement Ă  l’Europe cette fois-ci mais Ă  l’ensemble des pays industrialisĂ©s et Ă©mergents, sa vision du monde.

Les mesures d’austĂ©ritĂ©, appelĂ©es pudiquement « mesures de consolidation » dans le communiquĂ© final du sommet de Toronto, vont donc continuer Ă  dĂ©ferler et, donc, les populations de payer ces crises, en travaillant plus longtemps pour gagner moins.

L’instauration d’une taxe bancaire est de fait enterrĂ©e, puisqu’elle est laissĂ©e au « libre arbitre des États » qui voudront bien s’en accommoder. Au mieux, elle sera un prĂ©texte Ă  nos gouvernants pour dire qu’ils ont fait quelque chose, comme le clown Sarkozy, qui ne perd dĂ©cidĂ©ment jamais une occasion de se ridiculiser, en annonçant ce soir  : « quelle que soit la dĂ©cision de nos partenaires, nous mettrons en Ĺ“uvre cette taxe ! ». Encore des promesses qui, comme celles de l’annĂ©e dernière, ne seront pas tenues.

Dans les faits, cette taxe, mĂŞme si elle se concrĂ©tise, au cas par cas, ne s’apparentera qu’Ă  des miettes. Et d’ailleurs, comme pour le confirmer, les États-Unis ont dĂ©jĂ  annoncĂ© la couleur, dans le cadre de leur nouvelle rĂ©forme financière : la taxe sur les banques rapportera… 19 milliards de dollars. En regard de ce que les banques ont coĂ»tĂ© aux contribuables depuis 2008, ce ne sont effectivement que quelques miettes.

Mais Sarkozy a grandement besoin de faire diversion, car la France va mal. Si mal que la situation sociale pourrait se révéler explosive a très brève échéance.


G20 de Toronto (3)
envoyé par Mecanopolis.

ExtrĂŞme aggravation des conditions de survie

La diminution annoncĂ©e des «dĂ©penses d’intervention de l’État» (dont le RSA) pour cause de plan d’austĂ©ritĂ© intervient sur un fond d’extrĂŞme aggravation des conditions de survie : un nombre de coupures d’Ă©lectricitĂ© multipliĂ© par 30 en deux ans et des tarifs sociaux inaccessibles.

Le nombre de bénéficiaires du tarif de première nécessité (TPN) en électricité a baissé de 30% sur les quatre premiers mois de l’année 2010, a indiqué EDF vendredi, en imputant notamment ce phénomène à la montée de la précarité.

Le nombre de bĂ©nĂ©ficiaires de ce tarif social est passĂ© de 940′000 Ă  la fin dĂ©cembre 2009 Ă  653′000 Ă  la fin du mois d’avril 2010, soit une chute de 30%, selon EDF.

«Cette diminution s’explique par la baisse, de 450′000, du nombre de bĂ©nĂ©ficiaires de la CMU», la couverture maladie universelle qui ouvre droit au TPN, a expliquĂ© une porte-parole du groupe public d’électricitĂ©.

Quelques 300′000 consommateurs pourraient ĂŞtre privĂ©s de gaz cette annĂ©e pour cause d’impayĂ©s, soit 30 fois plus qu’en 2008.

Les départements menacent de ne plus payer le RSA

Les bénéficiaires du RSA pourraient être privés d’allocations, cet automne. La menace a été lancée, cette semaine, par les cinquante-huit présidents des conseils généraux de gauche. Dans une lettre ouverte au président de la République, ils préviennent que certains d’entre eux (une trentaine) ne seront bientôt «plus en situation d’honorer le paiement des aides sociales».

Les Ă©lus veulent ainsi «alerter l’opinion publique sur la situation dramatique des dĂ©partements», selon Claudy Lebreton, prĂ©sident PS des CĂ´tes-d’Armor. Le patron de l’Association des dĂ©partements de France n’en est pas Ă  sa première alerte. Son diagnostic a Ă©tĂ© confirmĂ©, il y a quelques jours, par le très sĂ©rieux Observatoire national de l’action sociale dĂ©centralisĂ©e (Odas) : les dĂ©partements, dit-il, seront confrontĂ©s «à plus ou moins long terme Ă  une vĂ©ritable impasse financière».

En cause : l’explosion du montant des aides sociales. En 2009, indique l’Odas, les départements ont dépensé 21,5 milliards d’euros pour financer les trois allocations décidées par l’État : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), le revenu de solidarité active (RSA), la prestation de compensation du handicap (PCH). En hausse de 6,5% en un an.

En face, les recettes fondent. Crise immobilière oblige : les droits de mutation ont baissĂ© de 2,5 milliards en deux ans. DĂ©penses en hausse, recettes en baisse : c’est «l’effet de ciseaux» qui plombe les budgets dĂ©partementaux. La loi prĂ©voit bien que l’État doit compenser le financement des aides sociales. Or, selon Claudy Lebreton, le compte n’y est pas. L’État a pris un retard de… deux milliards d’euros en deux ans.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Lire également « Contre-le-Sommet » du G20 à Toronto (photos et vidéos)


juin 23 2010

Le capitalisme ne se satisfait d’aucune victoire

Par Alexandre Lentz (Bruxelles)

La certitude de dĂ©tenir absolument tout ce qu’il y a Ă  saisir en termes de vĂ©ritĂ© sur un sujet dĂ©terminĂ© est aussi illusoire qu’arrogante, et l’orgueil qui en rĂ©sulte forge une mentalitĂ© dont les raccourcis intellectuels simplistes qui la caractĂ©risent ne peuvent sĂ©duire que les niais. Par leur propension excessive Ă  estimer que ce qu’ils sont capables d’apprĂ©hender constitue une comprĂ©hension pertinente et suffisante de la rĂ©alitĂ©, ne peut-on lĂ©gitimement craindre que le peu de rĂ©flexion auquel laisse place cette logique n’enferme ses victimes dans une prison dorĂ©e, une doctrine qui ne tolère aucune hĂ©sitation et au-delĂ  de laquelle il n’y a, prĂ©tendument, qu’errances et mensonges ?

lentz

L’indiffĂ©rence populaire s’explique par le fait que l’écrasante majoritĂ© des gens sont bien trop occupĂ©s par les vanitĂ©s et les petites tracasseries de leur existence pour pouvoir ne serait-ce que tĂ©moigner de l’attention envers les problĂ©matiques les plus flagrantes de notre temps, qui sautent pourtant aux yeux de quiconque daigne les garder ouverts. Ces rĂ©alitĂ©s suffisent Ă  rendre profonde et permanente leur passivitĂ© Ă  l’égard de toute activitĂ© dont les effets ne se font pas sentir directement sur leur seule personne. Comme le disait si justement Adam Smith (1723-1790), père de la science Ă©conomique moderne, dans son livre « La thĂ©orie des sentiments moraux », « nous n’espĂ©rons d’autres avantages que d’ĂŞtre remarquĂ©s et considĂ©rĂ©s, rien que d’ĂŞtre regardĂ©s et considĂ©rĂ©s, rien que d’ĂŞtre regardĂ©s avec attention, avec sympathie et approbation. Il y va de notre vanitĂ©, non de nos aises ou de notre plaisir ». Une telle apathie envers toute problĂ©matique collective fait que, quand bien mĂŞme la population dans sa plus vaste part aurait-elle connaissance de plusieurs faits rĂ©voltants, elle ne trouverait gĂ©nĂ©ralement aucune raison de s’en indigner. Aussi la propagande de notre sociĂ©tĂ© s’attache-t-elle Ă  accentuer la propension innĂ©e du commun des mortels Ă  obĂ©ir et Ă  observer le conformisme, fut-ce-t-il aux dĂ©pens du bon sens ou de leurs propres intĂ©rĂŞts. Il n’est ainsi pas rare de rĂ©colter des opinions soumises parmi les petites gens, qui auront tendance Ă  s’indigner lĂ©gitimement devant tel ou tel scandale de corruption d’homme politique, lequel, en plus d’être moralement rĂ©primandable, constitue un dĂ©tournement des revenus issus de leurs impĂ´ts, mais vous expliqueront souvent, paradoxalement, que ce n’est qu’une exception, un dĂ©rapage alĂ©atoire et improbable d’un individu qui sera dĂ©sormais Ă©cartĂ© comme il se doit de tout poste d’influence. Il ne s’agirait que d’un fait isolĂ©, si dĂ©risoire qu’il ne ternirait en rien la rĂ©putation de leur sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique idĂ©ale, celle-ci ne souffrant, toujours selon eux, d’aucune problĂ©matique de plus grande envergure que ce genre d’évĂ©nements malheureux mais peu frĂ©quents. Comment une tache aussi insignifiante pourrait-elle salir une si belle façade ?

Selon la mĂŞme optique contradictoire, ils seront assez prompts Ă  admonester les dĂ©localisations ou d’autres pratiques discutables d’une quelconque multinationale, mais vous diront qu’il est tout Ă  fait normal qu’un certain PDG gagne bien plus d’argent par mois qu’ils n’en percevront au cours de l’entièretĂ© de leur existence [1], car « ces personnes travaillent beaucoup et sont d’une intelligence comme d’un niveau d’instruction largement supĂ©rieurs Ă  la moyenne », presque des demi-dieux sur Terre qu’il faut adorer sous peine d’être damnĂ© en somme. Nous avons donc lĂ  un exemple non exhaustif de rĂ©signation dangereuse ; au final, peu importera aux foules que des actes fortement rĂ©prĂ©hensibles soient commis pourvu que ceux qui en sont Ă  l’origine incarnent une autoritĂ© qui se donne des apparences respectables. D’après les conclusions que Stanley Migram a tirĂ© de sa fameuse expĂ©rience observant le rĂ´le de la figure d’autoritĂ© sur les comportements de tout un chacun, lorsque l’individu obĂ©it, il dĂ©lègue sa responsabilitĂ© Ă  la personne qui symbolise l’autoritĂ© et passe dans une sorte d’état second qualifiĂ© d’« agentique » ; l’individu en question ne bĂ©nĂ©ficie plus de sa propre autonomie, et n’est plus que l’« agent exĂ©cutif d’une volontĂ© Ă©trangère » aussi longtemps que les reprĂ©sentants de l’autoritĂ© n’affichent pas de divergences de point de vue entre eux ou n’entrent pas en conflit avec le comportement de groupe, le conformisme, et continuent donc d’exercer un pouvoir cohĂ©rent [2].

VoilĂ  qui soustrait aux attributs du peuple toute capacitĂ© de rĂ©flexion organisĂ©e et de responsabilité ; cela implique Ă©galement que l’on ait tenu l’éminence grise du nazisme pour seule fautive des maux qu’elle a causĂ©s, plutĂ´t que d’accuser les millions d’Allemands qui ont participĂ© aux meurtres et aux exactions de la Seconde Guerre Mondiale de s’être rendus complices de ces atrocitĂ©s en leur âme et conscience. Ce serait un non sens, car la foule, les phĂ©nomènes de masse, sont effectivement dans l’impossibilitĂ© de faire preuve d’une quelconque lueur de conscience. Edward Bernays [3] (1891-1995), neveu de Sigmund Freud Ă©migrĂ© aux Etats-Unis, en sait quelque chose puisqu’il Ă©crit dans son livre « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en dĂ©mocratie » ce que tout bon adepte des « relations publiques » doit savoir. « Les relations publiques » consistent Ă  manipuler les nouvelles, les mĂ©dias, l’opinion, et Ă  pratiquer Ă  large Ă©chelle l’interprĂ©tation partisane des faits.

Ces quelques phrases donneront un aperçu de ce dont Bernays se fait l’adepte complaisant : « De nos jours, la propagande intervient nĂ©cessairement dans tout ce qui a un peu d’importance sur le plan social, que ce soit dans le domaine de la politique ou de la finance, de l’industrie, de l’agriculture, de la charitĂ© ou de l’enseignement. […] La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisĂ©es des masses joue un rĂ´le important dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique. Ceux qui manipulent ce mĂ©canisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige vĂ©ritablement le pays. […] D’oĂą, naturellement, la question suivante : si l’on parvenait Ă  comprendre le mĂ©canisme et les ressorts de la mentalitĂ© collective, ne pourrait-on pas contrĂ´ler les masses et les mobiliser Ă  volontĂ© sans qu’elles s’en rendent compte ? » Il adhère Ă  la vision d’une part importante des thĂ©oriciens des sciences sociales naissantes comme quoi la masse est incapable de juger correctement les problĂ©matiques collectives et que les individus qui la composent sont inaptes Ă  exercer le rĂ´le de citoyen en puissance qu’une dĂ©mocratie exige de chacun d’eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la sociĂ©tĂ© un obstacle Ă  contourner et une menace Ă  Ă©carter. La propagande produit ses rĂ©sultats en abusant des apparences, des clichĂ©s, des slogans [4]. La vie et l’œuvre de Bernays constituent un très prĂ©cieux tĂ©moignage des immenses efforts accomplis par l’Ă©lite pour limiter le dĂ©veloppement de la conscience sociale et des raisons pour lesquelles ces efforts ont Ă©tĂ© – et restent toujours – indispensables aux yeux de cette Ă©lite [5].

Cette machination perverse travaille Ă  crĂ©er le consentement populaire : de fait, les conclusions auxquelles parviendront les gens ne seront pas souvent les leurs, car les Ă©lĂ©ments qui bâtissent leurs schĂ©mas de pensĂ©e auront Ă©tĂ© insufflĂ©s subtilement dans leur inconscient par les propagandes de masse [6]. Comme il n’est pas dans les habitudes de ceux qui constituent les foules de se construire une pensĂ©e et une conscience solides, les stĂ©rĂ©otypes ingĂ©rĂ©s de manière subliminale s’exprimeront au travers des paroles et actions chaotiques de leurs personnes sans rĂ©elle rĂ©sistance. Certes, si tout le monde devait se contenter de ce qui suffit au plus grand nombre, l’humanitĂ© serait toujours rĂ©duite Ă  manger de la bouillasse de limaces Ă©crasĂ©es dans des cavernes humides et obscures. Les progrès de notre espèce ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s dans les domaines les plus divers par des petits groupes de personnes hors du commun ; scientifiques aux Ă©clairs de gĂ©nie fulgurants, philosophes d’une luciditĂ© incomparable, entrepreneurs ingĂ©nieux et innovateurs, et tant d’autres encore.

Le gros du troupeau n’a fait que suivre les chemins que traçaient des bergers qui leur promettaient, avec ou sans honnĂŞtetĂ©, de plus gras pâturages. Au cours de leurs pĂ©rĂ©grinations, ces moutons aveugles, gangrĂ©nĂ©s par l’Ă©goĂŻsme, l’inconstance et l’arrogance sont tombĂ©s dans bien des pièges. Les maĂ®tres du IIIe Reich comme les rĂ©sidents du Kremlin soviĂ©tique prĂ©tendaient faire preuve d’un ascĂ©tisme dĂ©vouĂ© au bien le plus exaltĂ© de leur peuple ; nous avons eu connaissance des rĂ©sultats. Ce qui est moins Ă©vident est de comprendre que nos sociĂ©tĂ©s dites dĂ©mocratiques n’échappent pas aux mĂ©canismes du mensonge et de la domination universels et intemporels : pourquoi ne subiraient-elles pas les mĂŞmes pressions cruciales que n’importe quel autre rĂ©gime et s’inscriraient-elles au-delĂ  du cycle infernal de la barbarie historique ? Pour la seule raison caricaturale qu’un jour, quelques braves gens ont dĂ©clarĂ© que dĂ©sormais, tout serait beau dans le monde de la dĂ©mocratie ? Absurde. Notre système n’a de dĂ©mocratique que l’apparence et cela suffit Ă  convaincre les masses de son bien fondĂ©, car leur absence de facultĂ© de penser ne les fait jamais hĂ©siter [7 et 8]. Qu’en est-il des stĂ©rĂ©otypes de l’élite ? Ils ne sont ni très diffĂ©rents, ni moins dangereux.

Les Ă©lites tant politiques qu’Ă©conomiques dĂ©tenant une influence significative seraient frustrĂ©es par un système rĂ©ellement dĂ©mocratique Ă  cause de la lente marche des processus de dĂ©cisions Ă  laquelle il contraindrait d’un cĂ´tĂ©, et par le fait que les attentes du peuple coĂŻncident rarement avec les leurs de l’autre. Ils voudront donc exercer leur pouvoir de manière plus arbitraire, opaque et expĂ©ditive. Cette situation rĂ©sulte en une application de stratĂ©gie des chaĂ®nes : lĂ  oĂą l’autoritĂ© officielle est trop entravĂ©e par des formalitĂ©s contraignantes, le vĂ©ritable centre de dĂ©cision migre vers une autre autoritĂ©, officieuse et plus dynamique. Ce ne sont alors plus ceux qui ont le plus de droits qui dĂ©tiennent le pouvoir, mais ceux qui ont le plus de moyens, financiers entre autres. La dĂ©mocratie telle que notre système le conçoit fragmente le pouvoir politique, mais laisse intact le pouvoir Ă©conomique. Elle permet donc tout Ă  fait cette dĂ©rive, car elle n’empĂŞche pas l’apparition d’une dictature financière, une ploutocratie, qui rĂ©sulte de la concentration massive de richesses par une poignĂ©e de personnes. Qu’on le veuille ou non, une seule autoritĂ© dominante finira toujours par surpasser en influence toutes les autres formes de gouvernance qui sont instituĂ©es par les lois, car les règles de la jungle qu’est notre monde veulent que la force prime sur le droit. Comme l’écrasante majoritĂ© des hommes politiques et autres parlementaires sont issus de la haute classe moyenne ou de la classe aisĂ©e, ils n’auront pas trop Ă  se plaindre de la collusion d’intĂ©rĂŞts entre le politique et l’Ă©conomique qui rĂ©sulte de cette situation [9].

L’argent n’est-il pas la principale valeur sur laquelle reposent tous les mĂ©canismes vitaux de notre système ? Que valent les plus grandes valeurs dĂ©clarĂ©es par nos pays dĂ©mocratiques en comparaison, et qui s’acharnera Ă  les dĂ©fendre plutĂ´t que de s’enrichir personnellement ? Aussi nos hommes politiques dĂ©pendent-ils des exigences de la ploutocratie, car ce serait non seulement leur propre ruine, mais surtout celle du pays qu’ils gouvernent s’ils venaient Ă  fâcher l’une ou l’autre grosse fortune prĂ©cĂ©demment amicale et que celle-ci leur retirait son soutien financier ou le bĂ©nĂ©fice de ses capitaux. Une telle interdĂ©pendance n’est Ă©videmment pas l’exclusivitĂ© de nos pays occidentaux ; elle affecte par le mĂŞme rapport de collusion tout endroit du globe et toute Ă©poque oĂą le pouvoir politique a cĂ©dĂ© aux pressions des groupes d’intĂ©rĂŞts hautement Ă©conomiques et financiers et s’est alors fait devancer par ces derniers. Il en va ainsi dans nos sociĂ©tĂ©s : une allĂ©geance certaine est dĂ©clarĂ©e avec solennitĂ© aux institutions bancaires, aux fonds spĂ©culatifs, aux entreprises, aux assurances, aux industries, et Ă  tant d’autres reprĂ©sentants des principes capitalistes et libĂ©raux dont se targue notre système avec tant de fiertĂ©. Il serait donc irrĂ©aliste de penser qu’un seul homme, en sa qualitĂ© de dirigeant, pourra jamais mener une politique entièrement indĂ©pendante de toute influence interne ou extĂ©rieure Ă  sa nation [10].

Le capitalisme effréné ne se satisfait cependant d’aucune victoire, et n’a de cesse d’abattre d’autres barrières gênant son expansion. Sa soif d’hégémonie oblige les États qui lui ont ouvert ses portes à faire de plus en plus de concessions ; au final, ils se retrouvent réduits à tenir davantage le rôle d’État policier que celui d’État providence car leur marge d’action est de plus en plus restreinte. Cette transformation progressive et déjà bien entamée trouve ses causes dans la réduction du budget des services sociaux qui est effectuée pour soulager une partie du poids de la dette et dans le fait que les ploutocrates, qui s’avèrent de plus en plus capables de dicter leur parole, considèrent l’État comme un simple gardien de l’ordre social et de la sécurité des transactions financières sans qu’il n’ait à intervenir dans celles-ci. Si le principe du « tout pour l’État » est typiquement fasciste, le « rien pour l’État » n’est pas moins caractéristique du fascisme financier.

Cette certitude de n’avoir d’autre devoir que de canaliser les appétits destructeurs de foules instables pour pouvoir ensuite s’élancer vers une recherche frénétique et permanente du profit plutôt que d’utiliser les richesses du pays pour guider la population vers de meilleures conditions de vie, tant sur le plan matériel que psychologique, est la principale errance de l’élite occidentale. Par quoi la justifie-t-elle ? Par sa prétendue supériorité naturelle.

James Madison (1752-1836), quatrième prĂ©sident des États-Unis d’AmĂ©rique de 1809 Ă  1817, assurait que « le vĂ©ritable pouvoir, celui que procure la richesse de la nation », doit demeurer entre les mains des « êtres les plus capables » et que la première et principale responsabilitĂ© du gouvernement est de « maintenir la minoritĂ© fortunĂ©e Ă  l’abri de la majorité ». De fait, il s’agit, selon Walter Lippmann (1889 – 1974), influent journaliste amĂ©ricain ayant popularisĂ© le terme de « guerre froide », qu’il employa pour la première fois en 1947, et l’expression « fabrique du consentement », de faire en sorte que la masse se contente de choisir, parmi les membres des « classes spĂ©cialisĂ©es », les « hommes responsables » auxquels il reviendra de protĂ©ger la richesse de la nation. Pour la limiter Ă  ce rĂ´le, il sera nĂ©cessaire d’opĂ©rer ce que Lippmann dĂ©crit comme « une rĂ©volution dans la pratique de la dĂ©mocratie », Ă  savoir la manipulation de l’opinion et la « fabrication des consentements », indispensables moyens de gouvernement du peuple. « Le public doit ĂŞtre mis Ă  sa place, Ă©crit Lippmann, afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d’être piĂ©tinĂ©s ou encornĂ©s par le troupeau de bĂŞtes sauvages. » [11]

Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour remarquer que l’accroissement des richesses d’un pays par sa croissance profite rarement Ă  l’ensemble de sa sociĂ©tĂ© par un quelconque mĂ©canisme de redistribution. Les grandes rĂ©volutions de l’Histoire, mĂŞme celle de 1689 en Angleterre et de 1789 en France, ont Ă©tĂ© font faites par le haut et pour le haut de la sociĂ©tĂ©. Si les revendications des vainqueurs concernèrent essentiellement la promotion du libĂ©ralisme, le respect des droits individuels, et l’extension de l’autoritĂ© d’un Parlement dont les membres Ă©taient naturellement acquis Ă  leur idĂ©ologie, c’est parce que, derrière leurs apparences philanthropes, ces valeurs servaient avant tout Ă  assurer les intĂ©rĂŞts des plus aisĂ©s, Ă  abattre des barrières Ă  l’accroissement de leur patrimoine et Ă  fortifier, de fait, un capitalisme dont les maĂ®tres Ă  penser commençaient Ă  en Ă©tablir une doctrine officielle. En effet, dans des rĂ©gimes oĂą les lois jugulaient encore moins les rapports de force que maintenant, on comprend que de telles prĂ©rogatives ne pouvaient profiter qu’Ă  ceux qui avaient Ă  la fois l’utilitĂ© et la possibilitĂ© de dĂ©fendre ces droits. C’est l’apparition de la mouvance socialiste, et elle seule, nĂ©e de l’indignation qu’inspirait la misère ouvrière du XIXe siècle, qui a travaillĂ© Ă  faire valoir les droits du peuple et a forcĂ©, tant elle avait pris de l’ampleur, les dirigeants de l’Ă©poque Ă  concĂ©der, Ă  contrecĹ“ur, les premiers services sociaux.

Ce n’est certainement pas l’idĂ©ologie nĂ©olibĂ©rale que nous connaissons qui va Ĺ“uvrer Ă  fortifier la dĂ©mocratie et Ă  solidifier les programmes sociaux, au contraire ; cela fait plus de trente ans dĂ©jĂ  qu’elle s’attache Ă  dĂ©truire l’une et l’autre. Dans leur quĂŞte impĂ©rialiste, les vĂ©ritables bâtisseurs de la politique amĂ©ricaine n’auront de cesse d’excĂ©der les limites du raisonnable pour atteindre l’absolu [12], le ralliement de tous les pays aux dogmes amĂ©ricains par l’hĂ©gĂ©monie mondiale de cooptation que les plus influents politologues du monde dĂ©sirent tant, et qui est, d’ores et dĂ©jĂ , presque une rĂ©alitĂ© [13, 14 et 15]. Ce qui n’est pas immĂ©diatement flagrant lorsque l’on observe les rouages de notre système est que ses principaux acteurs poursuivent les mĂŞmes intĂ©rĂŞts ; les multinationales, qui dĂ©tiennent dĂ©sormais une puissance tout Ă  fait dĂ©mesurĂ©e [16 et 17] financent, pour certaines d’entre elles, des groupes de rĂ©flexion comme le « Council on Foreign Relations » [18] qui rassemblent la crème de l’élite du pays ; les meilleurs membres issus du milieu des affaires, du journalisme, de l’Ă©conomie et de la politique, tous partis confondus, pour un total de 5 000 personnes. Face Ă  cette concentration arbitraire du pouvoir, on comprend que la dĂ©mocratie n’existe qu’à condition que l’on vote comme le dĂ©sirent ceux qui se situent au sommet de la hiĂ©rarchie ; cela consiste en un système de libertĂ© soigneusement dirigĂ©e.

Il résulte de tout cela que, si nous sortons de la bulle de béatitude qu’entretient tant la médiocrité de nos penchants primitifs que la propagande sciemment exercée par l’élite, nous serons confrontés aux affres insoupçonnées d’un monde dont la réalité briserait nos illusions les plus candides [19, 20 et 21]. Il n’est effectivement pas nécessaire de porter une attention extraordinaire à ce qui se passe actuellement dans notre communauté euro-américaine pour se rendre compte que les droits y régressent bien plus qu’ils ne progressent. Non seulement les possibilités de maintenir les actuels niveaux européens de services sociaux deviennent de plus en plus incertaines pour des États criblés de dettes et de déficits, mais de surcroît, la propension politique du moment est d’ôter jusqu’aux rares référendums qui permettaient encore à la population de faire valoir significativement sa voix à la vigilance de tout un chacun. Le pire et le plus inquiétant, à la rigueur, est que tout cela suscite bien peu de réactions. Sans doute le peuple comme l’élite s’obstinent-ils trop à agir sans daigner remettre en question leurs schémas de pensée limités, et pêchent par manque d’hésitation.

Une constante demeure en notre monde, quels que soient l’époque et le système : une minoritĂ© peu scrupuleuse exploite sans vergogne les masses qui se situent Ă  un niveau social infĂ©rieur au leur. Une autoritĂ© s’impose et aspire Ă  l’orientation arbitraire du labeur de ceux qu’elle considère dĂ©sormais comme ses sujets. Plus les inĂ©galitĂ©s entre les diverses factions de la hiĂ©rarchie seront profondes, plus la fonction prĂ©dĂ©terminĂ©e de chaque classe sociale sera justifiĂ©e. Les dirigeants ne manqueront pas de rappeler Ă” combien leurs actions sont Ă©clairĂ©es et Ă  quel point ils mĂ©ritent par consĂ©quent les privilèges qu’ils dĂ©tiennent ; aussi ne manqueront-ils jamais une occasion, fondĂ©e ou non, de le dĂ©montrer. Ils prĂ©tendront Ă©galement que chacune de leurs pensĂ©es, que la moindre de leurs dĂ©cisions a pour seul objectif d’atteindre une plus vaste rĂ©alisation de la dĂ©mocratie ou d’obtenir un respect magnifiĂ© des droits de l’homme, et que les pouvoirs qu’ils utilisent ne sont qu’un moyen visant cet unique but plutĂ´t qu’une façon de servir leurs intĂ©rĂŞts personnels.

Les Ă©vĂ©nements montreront Ă  tout observateur capable de voir la rĂ©alitĂ© telle qu’elle l’est que cette affirmation est non seulement mensongère, mais que la situation qu’ils engendreront se situera, qui plus est, aux antipodes de ce qu’ils Ă©taient censĂ©s accomplir, donnant ainsi raison Ă  cet axiome d’Aldous Huxley (1894 – 1963), Ă©crivain britannique : « L’idĂ©alisme est la noble toge dont les hommes politiques drapent leur volontĂ© de puissance ». Comme l’exprimait Noam Chomsky, philosophe et linguiste amĂ©ricain, lorsqu’il a dit : « La propagande est Ă  la dĂ©mocratie ce que la violence est Ă  l’État totalitaire », lĂ  oĂą l’on contraignait autrefois les foules Ă  agir de la façon choisie par le pouvoir en place en usant de la coercition, la dictature subtile dans laquelle nous vivons sait que seule une minoritĂ© d’individus inoffensifs est capable de voir au-delĂ  des apparences parmi la population. Ceux qui afficheront trop de dĂ©saccords avec leur système seront automatiquement condamnĂ©s Ă  l’exclusion sociale, ce qui fera taire leur voix, et ira peut-ĂŞtre jusqu’Ă  les mener Ă  la dĂ©prime ou au suicide. Est-ce lĂ  la preuve de l’incommensurable sagesse que nos Ă©lites prĂ©tendent dĂ©tenir ? Tant de guerres et de sacrifices au cours de l’histoire europĂ©enne pour en arriver là ?

Alexandre Lentz (Bruxelles), pour Mecanopolis

Reproduction autorisée avec reproduction des sources et notes

Notes :

[1] : Alors que l’on demande au citoyen ordinaire de travailler plus pour un salaire qui s’amoindrit mais qu’il doit accepter sous la menace permanente d’une « restructuration » ou d’une « délocalisation », les entreprises engrangent des bénéfices record. Le bénéfice net totalisé par les 40 plus grandes entreprises françaises a été de 57 milliards d’euros en 2004. Les dirigeants de ces entreprises s’octroient même des augmentations ; la moyenne de leurs salaires est pourtant déjà 500 fois supérieure au salaire moyen de leurs employés. De fait, ils gagnent par mois ce que le salaire moyen mettrait des siècles à récolter. En 2003, le PDG de L’Oréal, Lindsay Owen-Jones, gagnait 6 570 000 euros par an, tandis qu’Edouard Michelin percevait 4 260 000 euros annuellement. Source : « La fin programmée de la démocratie », http://www.syti.net/Topics2.html

[2] : Le bilan de l’expérience de Milgram est le suivant : sur les 40 sujets qui ont participé à l’étude, dont le propos était soi-disant de constater l’impact bénéfique de la douleur sur les facultés d’apprentissage d’un élève, 62,5% d’entre eux menèrent l’expérience à terme en faisant subir à trois reprises les décharges électriques maximales et théoriquement mortelles de 450 volts à leur victime, qui était en fait un acteur simulant la douleur, sans savoir pour autant que les chocs infligés étaient fictifs et n’occasionnaient donc aucune souffrance. Globalement, la moyenne de l’intensité à laquelle s’arrêtent les volontaires est de 360 volts et tous les participants atteignirent le pallier des 135 volts. Le rapport ingrat de maître au presque esclave n’est cependant pas une exclusivité de notre époque, mais a toujours prévalu au cours du temps.

[3] : Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA. Un des premiers gestes de Jacobo Arbenz pour moderniser l’économie de son pays fut la réappropriation, avec compensation, de terres appartenant à la United Fruit Company mais qu’elle n’utilisait pas. La compagnie entreprend alors une vaste campagne de relations publiques pour les besoins de laquelle elle embauche Bernays. De ce mensonge et cette manipulation résultera une vaste opération de la CIA qui mettra au pouvoir l’homme qu’elle a choisi, le général Castillo Armas. Ce coup d’État marque le début d’un bain de sang qui fit plus de 100 000 morts dans ce pays au cours des cinq décennies qui suivirent. Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

[4] : Par exemple, les noms des organismes créés pour servir d’intermĂ©diaire entre une cause et le public occultent voire contredisent la vĂ©ritable nature. C’est le cas de l’ « Oregonians for Food and Shelter » : qui pourrait objecter Ă  la dĂ©fense des sans-abri et Ă  ce que soit satisfait le besoin primaire de manger Ă  sa faim ? En rĂ©alitĂ©, pourtant, cet organisme est surtout prĂ©occupĂ© par les limitations que l’on veut apporter Ă  l’utilisation de produits chimiques en agriculture. Ce sont d’ailleurs des entreprises fabriquant de tels produits qui financent ce groupe (Chevron Chemical, DuPont, Western Agricultural Chemicals Association, etc.). Cette stratĂ©gie, qui consiste Ă  dissimuler la rĂ©alitĂ© derrière des apparences, peut s’appliquer Ă  n’importe quelle chose : justification d’une guerre pour « prĂ©server la dĂ©mocratie et la sĂ©curitĂ© nationale », prĂ©tendues « aides au Tiers-Monde » qui ne sont, en fait, que des prĂŞts auxquels sont associĂ©s de lourds intĂ©rĂŞts, voire des conditions nĂ©fastes Ă  l’Ă©conomie du pays receveur, etc. Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en dĂ©mocratie ».

[5] : En 1990, Stuart Ewen rencontre Bernays. Celui-ci lui fait notamment part d’une anecdote concernant son ancien chauffeur de taxi, Dumb Jack. Levé à cinq heures, Dumb Jack véhiculait toute la journée et jusqu’au soir Bernays, son épouse et leurs enfants. Il s’endormait souvent la tête entre les mains à la table du repas du soir, avant de manger et d’aller se coucher. Dumb Jack touchait 25 dollars par semaine et avait droit à un demi-jeudi toutes les deux semaines. « Pas une mauvaise affaire du tout », dit Bernays, avant de conclure, un brin de nostalgie dans la voix : « Mais c’était avant que les gens n’acquièrent une conscience sociale. » Source : « Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

[6] : Une analyse par ordinateur des commentaires du PrĂ©sident Bush, après le 11 septembre, montre qu’Ă  la mi-fĂ©vrier 2003 – soit sur une pĂ©riode de quinze mois – il avait utilisĂ© dans ses interventions publiques une variante ou une autre de la phrase manichĂ©enne « qui n’est pas avec nous est contre nous » (une formule d’ailleurs popularisĂ©e par LĂ©nine) pas moins de 99 fois. Les AmĂ©ricains Ă©taient dĂ©sormais exhortĂ©s Ă  dĂ©fendre rien de moins que la civilisation elle-mĂŞme contre la menace apocalyptique posĂ©e par le terrorisme mondial. Dans les quinze mois suivant le 11 septembre, Bush a fait rĂ©fĂ©rence 224 fois aux « tueurs », 53 fois aux « meurtriers », etc., sans jamais spĂ©cifier leur identitĂ©. Il a aussi dĂ©clarĂ©: « Ils haĂŻssent les choses, nous aimons les choses » (le 29 aoĂ»t 2002). Le ministre de la Justice a, de son cĂ´tĂ©, renchĂ©ri, dĂ©clarant, par exemple: « Un mal calculĂ©, malfaisant et dĂ©vastateur s’est levĂ© dans notre monde » (Robert F. Worth, « Truth, right and the american way », New York Times, 24 fĂ©vrier 2002), sans identifier non plus de source Ă  la menace.

[7] Le cas du passage en force du traitĂ© de Lisbonne est un exemple parmi d’autres de violence psychologique tout Ă  fait antidĂ©mocratique : les responsables politiques des pays membres de l’Union europĂ©enne comme ceux qui Ă©taient Ă  la tĂŞte des institutions de celle-ci ont tout simplement fait abstraction de l’opinion qu’avaient les peuples europĂ©ens du traitĂ©, Ă  l’exception des Irlandais qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un referendum. Le vote nĂ©gatif des Français et des Hollandais Ă  l’Ă©gard du traitĂ© de Rome, qui entretenait de fortes ressemblances avec celui de Lisbonne, n’a pas eu d’influence. On n’a eu cure de sonder Ă  nouveau leur opinion lorsqu’il a Ă©tĂ© question de faire entrer ce dernier en vigueur. Seuls les Irlandais ont Ă©tĂ© sondĂ©s, et ont eux aussi rejetĂ© la requĂŞte une première fois. Cela n’a pas plu Ă  l’intelligentsia europĂ©iste, ni aux lourds intĂ©rĂŞts financiers qui encourageaient ce projet. Les dĂ©gâts d’une crise Ă©conomique et quelques coups de propagande plus tard, la rĂ©ponse Ă  un second vote qui n’avait normalement pas lieu d’être fut positive. Sans doute les Irlandais Ă©taient-ils enthousiasmĂ©s par les aides financières de l’Union europĂ©enne, apeurĂ©s par les consĂ©quences probables qu’aurait eu un second « non » en ces circonstances, et distraits autant qu’épuisĂ©s par les Ă©vĂ©nements.

[8] : L’USA PATRIOT Act : Sous le prĂ©texte de participation Ă  la lutte anti-terroriste, le FBI se voit attribuer le pouvoir d’espionner les associations politiques et religieuses sans que celles-ci soient suspectĂ©es d’activitĂ©s criminelles. Il peut faire procĂ©der Ă  des perquisitions et saisir les documents et effets possĂ©dĂ©s par des citoyens. Sans devoir se justifier, il peut faire emprisonner quiconque, y compris des citoyens, ce indĂ©finiment et sans procès, sans que ces personnes soient accusĂ©es, ni qu’elles puissent ĂŞtre confrontĂ©es Ă  celles qui auraient dĂ©posĂ© contre elles, de mĂŞme qu’elles pourraient ĂŞtre torturĂ©es physiquement et psychologiquement impunĂ©ment. Le FBI ni la CIA ne sont pas contraints de rĂ©pondre de leurs actions devant les Ă©lus. Il met en avant une dĂ©finition du « terrorisme interne » tellement vague qu’elle permettrait d’y inclure toute personne manifestant une opposition envers le gouvernement.

[9] : « Le Congrès serait bien en peine de poser les fondations de la politique Ă©trangère des États-Unis, d’autant plus qu’il est le champ d’affrontement d’intĂ©rĂŞts divergents, portĂ©s par des groupes de pression industriels ou ethniques les plus variĂ©s. Seul l’exĂ©cutif, avec son organisation hiĂ©rarchique soumise, en dernier recours, au prĂ©sident, est adaptĂ© Ă  la tâche, et dans l’intĂ©rĂŞt de la sĂ©curitĂ© nationale il se doit de l’assumer. Le risque existe que la reprĂ©sentation nationale joue le rĂ´le d’une simple chambre d’enregistrement des dĂ©cisions stratĂ©giques qui lui sont soumises sans dĂ©bat. » « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue amĂ©ricain nĂ© en 1928.

[10] : À l’exception d’une réforme de la santé réussie, qui n’est cependant pas sans intérêts économiques du fait des millions de nouveaux clients dont l’industrie de la santé va profiter aux dépens des compagnies d’assurance, les espoirs que beaucoup ont placé en Obama se sont révélés désespérément illusoires. Le président a signé une extension du liberticide Patriot Act le 27 février 2010, et défend désormais le néolibéral Accord de Libre Échange Nord Américain (ALENA) qui fait l’objet de vives critiques sur le continent Nord-américain et qu’il avait promis d’abolir. Il poursuite les « signing statements », qui permettent d’introduire une loi de facto sans demander l’avis du Congrès, le Parlement américain, et qui avaient largement été utilisés par Bush. Il avait promis de laisser un délai de 5 jours au public pour qu’il puisse lire les lois soumises au Congrès ; en réalité, les membres du Congrès eux-mêmes n’ont pas souvent eu l’occasion de lire les moindres petites clauses de plusieurs textes importants de plus de 1 000 pages qui ont été soumis à leur attention à la dernière minute. Bref, Obama ne crée et ne créera aucune rupture avec l’empire financier. Source : http://www.washingtontimes.com/news/2010/feb/27/obama-signs-one-year-extension-patriot-act/

[11] : Influence idéologique : Dans la pensée de Léo Strauss (1899-1973), Dieu n’existe pas et l’homme n’est rien. Les concepts de moralité, de bien et de mal, ne sont que des billevesées. Seuls quelques hommes rares et supérieurs sont en mesure de s’affranchir de ces contraintes. En revanche, la masse que Nietzsche appelait « le troupeau » ou encore « les esclaves » n’est pas assez forte pour se passer de tous ces codes. Ce que Strauss appelle « le philosophe » doit fournir du foin à la multitude. Malgré ce décalage entre l’élite et la masse, ces croyances diverses insufflées aux populations sont des « mensonges nobles » selon le modèle straussien, sans aucune référence à la charité ou à la bonté permettant de mener les hommes vers des buts définis par « le philosophe ». Une morale est donc affichée, mais la réalité est une agapè inversée sur le plan des valeurs. L’influence déterminante de Léo Strauss a marqué les esprits des néo-conservateurs américains. En effet, il a formé des esprits et fait des émules. Aux États-Unis, des esprits, qui se trouvent désormais à la tête du pays dans les domaines politiques, militaires et juridiques, ont été façonnés par la pensée straussienne. L’administration Bush en était elle-même une création.

[12] : Le rapport très officiel paru en septembre 2000, publiĂ© par le PNAC, portant sur la stratĂ©gie militaire du pays Ă  promouvoir, nommĂ© « Rebuilding America’s Defenses », nous fait part de cette phrase parmi d’autres qui sont d’une portĂ©e tout aussi inquiĂ©tante : « De plus, le processus de transformation (les objectifs gĂ©opolitiques amĂ©ricains assurant sa suprĂ©matie), mĂŞme s’il apportera un changement rĂ©volutionnaire, sera probablement long en l’absence d’un Ă©vĂ©nement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ». Un an plus tard ont eu lieu les attentats du 11 septembre 2001, ce qui mène Ă  se poser de sĂ©rieuses questions sur les rĂ©els instigateurs de cette attaque. Le « Project for a New American Century » (PNAC) est un groupe de rĂ©flexion créé en 1997 dont un nombre imposant de membres sont devenus plus tard le noyau de l’administration de George W. Bush. Parmi beaucoup d’autres puissants, mais dont les noms sont moins connus, la liste comprend : Jeb Bush, Dick Cheney, I. Lewis Libby, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz. Leur objectif dĂ©clarĂ© est d’utiliser une Ă©norme expansion militaire Ă©tasunienne dans le plan de « domination mondiale des États-Unis. »

[13] : « La prĂ©pondĂ©rance amĂ©ricaine mondiale est vouĂ©e Ă  disparaĂ®tre. Ce qui pose une question cruciale: par quoi sera-t-elle remplacĂ©e ? Une fin brutale ouvrirait Ă  l’Ă©vidence une pĂ©riode de chaos et d’anarchie internationale, ponctuĂ©e d’Ă©ruptions dĂ©vastatrices. Un dĂ©clin progressif incontrĂ´lĂ© aurait des effets similaires sur une pĂ©riode prolongĂ©e. Une dĂ©volution de pouvoir maĂ®trisĂ©e et graduelle pourrait, en revanche, favoriser l’Ă©mergence d’une communautĂ© internationale d’intĂ©rĂŞts partagĂ©s, obĂ©issant Ă  des règles plus formalisĂ©es, et dans laquelle des accords supranationaux tendraient Ă  assumer certaines des fonctions spĂ©ciales de sĂ©curitĂ© assumĂ©es, de tradition, par les États-nations. Quoi qu’il en soit, la fin Ă©ventuelle de l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine ne conduira pas Ă  la redistribution d’un pouvoir multipolaire entre les grandes puissances qui ont dominĂ© les affaires internationales au cours des deux derniers siècles. [...] Il manquerait encore Ă  celle-ci la cohĂ©sion, la vigueur et l’Ă©nergie nĂ©cessaires pour renverser l’AmĂ©rique de son piĂ©destal et garantir la stabilitĂ© internationale. Il va d’ailleurs de soi que plusieurs de ces pays choisiraient l’alignement sur les États-Unis en cas de crise. De fait, aux premiers signes d’un dĂ©clin, les efforts se multiplieraient pour rĂ©tablir le leadership amĂ©ricain. Plus important, le ressentiment partagĂ© Ă  l’Ă©gard de l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine ne saurait annihiler les conflits d’intĂ©rĂŞt entre États. [...] Une communautĂ© mondiale d’intĂ©rĂŞts partagĂ©s ne doit pas ĂŞtre confondue avec l’idĂ©e d’un gouvernement mondial. Ă€ ce stade de l’histoire, rien ne permet de mettre sur pied ce dernier. L’AmĂ©rique – Ă  juste titre – n’est pas prĂŞte Ă  cĂ©der sa souverainetĂ© Ă  une autoritĂ© supranationale, dans un monde dĂ©nuĂ© du consensus minimal nĂ©cessaire Ă  la naissance d’un tel gouvernement. La seule forme de « gouvernement mondial » envisageable Ă  ce jour serait une dictature mondiale amĂ©ricaine – construction par essence instable et vouĂ©e Ă  l’Ă©croulement. On peut voir dans la notion de gouvernement mondial un doux rĂŞve ou un cauchemar, mais sĂ»rement pas une perspective crĂ©dible pour encore quelques gĂ©nĂ©rations. »  « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue amĂ©ricain nĂ© en 1928.

[14] : « Sans l’Europe, l’AmĂ©rique conserve sa prĂ©pondĂ©rance mais ne jouit pas de l’omnipotence mondiale; sans l’AmĂ©rique, l’Europe conserve sa richesse mais souffre d’impuissance. [...] Seule la collaboration des deux rives de l’Atlantique peut permettre de dĂ©finir une orientation vĂ©ritablement mondiale, susceptible d’amĂ©liorer la situation internationale actuelle. [...] En outre, l’unification progressive de l’Europe ne menace en rien l’AmĂ©rique; elle ne peut qu’en tirer avantage en renforçant le poids de la communautĂ© atlantique. [...] » « Le vrai choix : Domination globale ou gestion globale », 2004, Zbigniew Brzezinski, politologue amĂ©ricain nĂ© en 1928.

[15] : « Quelques-uns croient même que nous (la famille Rockefeller) faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis, caractérisant ma famille et moi en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre pour construire une politique globale plus intégrée ainsi qu’une structure économique – un seul monde si vous voulez. Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être. » David Rockefeller, né en 1915, milliardaire dirigeant l’empire de sa famille et ancien président de la Chase Manhattan Bank, dans ses « Mémoires », page 405

[16] : Au dĂ©but des annĂ©es 1980, selon la ConfĂ©rence des Nations unies sur le commerce et le dĂ©veloppement (CNUCED), on comptait 7 000 multinationales. En 2002, elles Ă©taient 64 000, contrĂ´laient 870 000 filiales, employaient 54 millions de personnes et reprĂ©sentaient 70 % des flux commerciaux mondiaux. De mĂŞme, investissements directs Ă  l’Ă©tranger sont passĂ©s de 1 600 milliards de dollars en 1990 Ă  6 600 milliards en 2001. Certaines firmes sont dĂ©sormais considĂ©rĂ©es comme Ă©tant comparable Ă  des États. Selon le Programme des Nations unies pour le dĂ©veloppement (PNUD), en 1999, le chiffre d’affaires de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Ford Ă©quivalait au PIB de la Norvège, et celui des sociĂ©tĂ©s japonaises Mitsui et Mitsubishi Ă©quivalaient respectivement au PIB de l’Arabie saoudite et de la Pologne. Ă€ cette Ă©poque, sur les 100 premiers acteurs Ă©conomiques mondiaux, 55 Ă©taient des multinationales.

[17] : Aux États-Unis, 1% de la population a retrouvĂ© leur poids du dĂ©but du XXe siècle: ils gagnent plus de 16% du revenu national, contre 7% après-guerre. Le Financial Times cite une Ă©tude: les grands Ă©tablissements financiers ont accumulĂ© presque 100 milliards de revenus pour 4000 milliards de pertes laissĂ©s Ă  la communautĂ©. Dans les annĂ©es 50, Renaut fabriquait 80% de la voiture qui Ă©tait livrĂ©e au concessionnaire. Aujourd’hui, elle n’en fabrique plus que 20% : le reste est issu des dĂ©localisations. John Pierpont Morgan disait en son temps qu’une entreprise oĂą le PDG gagne plus de vingt fois le salaire de ses employĂ©s ne peut pas bien fonctionner. Source : « La prospĂ©ritĂ© du vice », Daniel Cohen

[18] : http://www.cfr.org/

[19] : Henry Kissinger (nĂ© le 27 mai 1923 en Allemagne) est un diplomate amĂ©ricain. D’abord conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale amĂ©ricaine, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1973 alors qu’il est secrĂ©taire d’État du gouvernement rĂ©publicain de Richard Nixon, poste qu’il occupe ensuite sous Gerald Ford. La justice de nombreux pays souhaite aujourd’hui l’interroger et il limite pour ces raisons ses voyages Ă  l’étranger. Citations : « Le pouvoir est le plus puissant des aphrodisiaques. » (The Guardian – 28 Novembre 1976), « Nous procĂ©dons Ă  l’illĂ©gal sur le champ, l’anticonstitutionnel prend un petit peu plus de temps. » (New York Times – Octobre 28 1973), « Les États-Unis n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intĂ©rĂŞts. ». « S’il est une chose que tous les hommes ont en commun, c’est la peur de l’inconnu. Lorsque, considĂ©rĂ©s Ă  l’intĂ©rieur d’un tel scĂ©nario, les droits individuels sont volontairement abandonnĂ©s pour la garantie de bien-ĂŞtre qui sera apportĂ© sur un plateau par leur gouvernement mondial. » Evian, France, 21 mai 1992. « C’est peut-ĂŞtre un fils de pute, mais c’est notre fils de pute », Ă  propos du prĂ©sident indonĂ©sien Suharto, responsable de 200 000 morts causĂ©s par l’annexion du Timor Oriental. (Yemen Times)

[20] : Selon des chiffres de l’Organisation Internationale du Travail, près de 3 milliards de personnes dans le monde vivent avec moins de 2 dollars par jour. « L’Ă©cart de revenus » entre les 20 pour cent les plus riches et les 20 pour cent les plus pauvres de la population mondiale ne cesse de se creuser. En 1960, l’Ă©cart Ă©tait de 1 Ă  30. En 1999, il avait atteint 1 Ă  74. MĂŞme dans les 20 pays les plus industrialisĂ©s, plus de 10 pour cent de la population vivent au-dessous d’un seuil de pauvretĂ© Ă©tabli Ă  moins de 50 pour cent du revenu mĂ©dian. Source : Organisation Internationale du Travail, http://www.ilo.org/wow/Articles/lang–fr/WCMS_081474/index.htm). Les États-Unis reprĂ©sentent 6% de la population mondiale mais consomment 25% des richesses de la planète. Les AmĂ©ricains consomment, par tĂŞte, cinq fois plus d’énergie que les autres habitants de la planète ; ce sont les plus gros producteurs de produits alimentaires, les principaux fournisseurs de haute technologie. Source : L’organisation de l’espace mondial. Ragnard LycĂ©es Paris, 1994. Selon des statistiques des Nations unies, alors que le PNB mondial augmentait de 40% entre 1970 et 1985, la pauvretĂ© progressait de 17% : de mĂŞme, le PIB des dix pays les plus riches du monde a doublĂ© entre 1985 et 1995, tandis que le PIB des dix pays les plus pauvres est tombĂ© de 30%. Dans la mĂŞme pĂ©riode, la distance entre le pays le plus riche du monde et le plus pauvre a Ă©tĂ© augmentĂ©e de 70 fois Ă  430 fois alors que 34.000 enfants meurent chaque jour de faim ou de maladies Ă©vitables.

[21] : Bruce de Palma, comme bien d’autres inventeurs, a conçu une machine Ă  Ă©nergie libre qu’il s’est vu confisquer par les autoritĂ©s officielles parce qu’il s’en servait pour alimenter en Ă©nergie Ă©lectrique toute sa maison gratuitement. Interdiction lui a Ă©tĂ© faite d’en reconstruire une. La dĂ©couverte du physicien vient d’une simple expĂ©rience : il fit tourner un roulement Ă  billes Ă  très grande vitesse, les lança en l’air et prit toute une sĂ©rie de photos en accĂ©lĂ©rĂ©. Il dĂ©couvrit qu’elles Ă©taient montĂ©es plus haut et retombĂ©es plus vite que des roulements Ă  billes qu’on n’avait pas fait tourner avant de lancer. De Palma finit par s’apercevoir qu’un objet puisait de l’énergie dans l’espace en tournant. Après de nombreuses recherches, il conçut une machine appelĂ©e N-Machine, utilisant des aimants super-puissants pour obtenir de l’électricitĂ©. Des tests en 1980 ont montrĂ© que le gĂ©nĂ©rateur produisait plus d’énergie qu’il n’en consommait. Source : www.infomysteres.com/fichiers/energies_alternatives.pdf

juin 18 2010

Mondial de football 2010 : Dégénérés de tous les pays, réveillez-vous !

Ça y est, c’est parti pour tous les dégénérés de la terre qui vont se régaler pendant un mois à l’occasion du mondial de football 2010 qui se déroule en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet. Cet événement sportif international mérite une attention particulière, car la coupe du monde du football n’est pas une simple manifestation sportive, médiatique, financière, économique voire politique, elle est aussi une pathologie sociale secrétée par un type de société et un mode de production, le mode de production capitaliste.

foot

Les jeux et la compétition ont certes existé rappelons-nous (rappelons nous la fameuse boutade de Néron, le pain et les jeux pour le peuple) mais ils n’ont jamais pris une telle dimension planétaire au point d’envahir la vie quotidienne des hommes. D’abord, les jeux étaient confinés dans une zone géographique, une ville ou un village, et leur but était seulement le plaisir du spectacle et l’émotion intense qu’ils produisaient. Le sport et le loisir étaient l’apanage des gens riches disposant du temps libre et des loisirs. Avec l’avènement du capitalisme, le sport et les loisirs deviennent un rouage du pouvoir politique et l’un des innombrables mécanismes qui composent la machinerie mise en place progressivement, consciemment ou inconsciemment, par les classes dominantes pour orienter utilement et pour canaliser l’énergie psychique et physique des masses.

Ceux qui se focalisent un peu vite sur le sport en général et sur le football en particulier qualifié de peste et de nouvel opium des peuples se trompent lourdement, car ils ignorent l’action analgésiante et abrutissante d’autres relais et d’autres institutions tels que l’école, l’université, la radio, la télévision, le divertissement, la musique, le loto, le PMU, les casinos, la science, la technique, la médecine etc qui concourent chacun dans son domaine propre à la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses. À ceux qui s’alarment du danger du sport et du football, nous leur disons, n’exagérons rien, le sport et le football ne sont pas plus dangereux pour notre santé mentale et intellectuelle que les émissions de Philippe Bouvard et d’Arthur à la radio et à la télévision, qu’un concert de Johnny Halliday, à Bercy, les séries télévisées, Star Académie, la ferme célébrité ou n’importe quelle émission de télé reality.

Ceux qui s’en prennent uniquement au sport et au football rendus responsables de l’abrutissement des masses, inversent l’ordre des priorités, car ils oublient ou feignent d’oublier que le processus du décervelage des hommes dans nos sociétés actuelles commence non pas dans les stades mais à l’école au sein de laquelle prend source la dégénérescence mentale et intellectuelle des futurs générations.

En réalité, les rois des stades n’y sont pour rien dans le décervelage des masses, ils sont là seulement pour entretenir la débilité ambiante. Le sport en général et le foot en particulier sont une parmi d’autres institutions jouant chacune le rôle d’agent d’entretien de l’abrutissement et de la dégénération mentale et intellectuelle des masses. Une fois la mission de l’école est terminée, c’est à d’autres institutions de prendre le relais pour entretenir continuellement l’état d’abrutissement et de dégénération des masses sans lequel le système capitaliste ne pourra ni fonctionner ni perdurer. Au-delà de ces considérations générales, toute la question est de savoir pourquoi le football a pris l’importance que l’on sait dans nos sociétés actuelles.

LE FOOTBALL, ARME POLITIQUE ET IDÉOLOGIQUE CONTRE LES CLASSES EXPLOITÉES

Si le football a envahi notre vie quotidienne et il est devenu si populaire, c’est parce qu’il s’est révélé historiquement comme une arme de combat des classes dominantes contre les classes exploitées. Il faut savoir qu’une classe dominante ne peut jamais asseoir sa domination qu’en dégénérant mentalement et intellectuellement les classes dominées. Cela veut dire concrètement que les classes exploiteuses doivent tout faire pour empêcher les classes dominées de prendre conscience des mécanismes qui sous-tendent leur domination. À cet égard, le football, pour ne pas parler d’autres sports, fut une arme politique et idéologique d’une redoutable efficacité dont s’étaient servis la bourgeoisie et les capitalistes au XIXème siècle pour briser l’unité et la conscience de classe des dominées et des exploités. C’est seulement cette perspective qui explique pourquoi le football est devenu si populaire et pourquoi il a pris une telle importance planétaire. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater l’émergence simultanée, durant les trois dernières décennies du XIXème, du football comme sport de masse et comme institution et l’école publique, gratuite et obligatoire, car l’un et l’autre sont de nature à empêcher la naissance d’une conscience de classe entre toutes les victimes de l’exploitation capitaliste.

Pour mieux comprendre pourquoi le football, jadis sport élitiste, est devenu aujourd’hui un sport de masse et même le sport le plus populaire de tous les temps, il faudra le replacer dans le contexte de l’époque qui lui a donné naissance. À l’origine, le football, comme le rugby, était un sport pratiqué par la riche aristocratie anglaise et par ses enfants qui fréquentaient les prestigieux collèges des publics Schools. Dans l’esprit de ses promoteurs, le football visait à empêcher les garçons des publics Schools d’aller rôder dans les rues et sur les terrains du voisinage. Jusqu’aux années 1870, le football faisait partie de l’éducation militaire des gentlemen et de l’Upper middle class et il participait à l’éthique sportive de la classe aristocratique fondée sur la maîtrise de soi, le contrôle des pulsions, le respect des codes et l’exaltation de la virilité(manliness) physique et morale. Géographiquement, le football était localisé au sud de l’Angleterre. Mais à partir des années 1870, le football, jusqu’ici sport élitiste et aristocratique par excellence, commence à intéresser la classe politique et les capitalistes anglais pour son triple rôle d’intégration politique et sociale, de défoulement physique et de décharge psychique pour les ouvriers. Ce faisant, le football était perçu comme un moyen efficace pour créer des masses aliénées en empêchant la coalition des ouvriers et en étouffant dans l’œuf toute velléité de prise conscience politique de classe.

La soi-disant démocratisation du football était commandée en réalité par des impératifs politiques et idéologiques visant à lutter contre la force montante et menaçante du trade unionisme et à soustraire les ouvriers anglais de l’influence grandissante des idées socialistes et communistes. Le football, comme d’ailleurs l’école à la même époque, était considéré par les bourgeoisies et les classes politiques de l’époque comme l’antidote des projets éducatifs mis en place par la Première Internationale pour contrecarrer l’emprise de l’idéologie dominante sur les ouvriers et dotant derniers d’un rudiment d’éducation politique nécessaire à leurs futurs combats de classe. Car, pour la Première Internationale, l’éducation et l’instruction faisaient partie intégrante de tout projet et de tout mouvement d’émancipation politique et idéologique de la classe ouvrièrei C’est justement pour combattre les projets éducatifs de la Première Internationale et pour empêcher les ouvriers de s’instruire et de s’éduquer en suivant les conférences et les cours d’éducation politique institués par les sections de la Première Internationale en Angleterre d’abord et ensuite sur le continent et aux Etats-Unis, que le patronat et les capitalistes avaient créé dans les centres industriels, dans les quartiers, dans les usines, des clubs de football. Le club de football était considéré comme le meilleur rempart contre l’instruction et l’éducation des ouvriers. Ce n’est pas un pur hasard si les premiers clubs de football s’étaient implantés dans les centres industriels, c’est-à-dire les lieux où étaient massivement présents les syndicats anglais, les Trade union. C’est pourquoi les premiers lieux privilégiés d’implantation des clubs de football ont été les entreprises et les centres industriels, dans les ports dont certains entrepôts appartenaient aux compagnies maritimes anglaises. Ce sont par la suite les cadres et les techniciens travaillant pour les chantiers navals anglais à l’étranger qui furent les principaux artisans de l’exportation du football sur le continent et en Amérique latine. Cela montre que les clubs de football étaient une arme politique et idéologique entre les mains des bourgeoisies et des classes dominantes pour contrer les projets éducatifs des dirigeants du mouvement ouvrier et pour empêcher la naissance d’une conscience de classe et d’une solidarité entre les ouvriers de tous les pays.

Outre cette mission de soustraire les ouvriers à l’influence des Trade uions et des courants socialistes et communistes, le football était appelé à remplir une deuxième mission, celle faire naître et de propager dans les masses l’esprit du chauvinisme et de la guerre. Le football, comme d’ailleurs tous les jeux de combat organisés, boxes, tennis, escrime, vélo etc a partie liée avec l’état de guerre permanent, la compétition et la lutte pour l’existence qui caractérise la société capitaliste. En effet, le gros problème pour les classes dominantes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, était de mobiliser leurs peuples qui devaient servir de chair à canon pour leurs futures guerres impérialistes et colonialistes. Le football était conçu comme un moyen assez commode pour stimuler l’instinct combatif et l’esprit d’agressivité et de chauvinisme des masses et des peuples qui ont tendance à plutôt à être pacifistes. Le football avait donc pour mission de préparer les masses et les peuples aux futures guerres et aux futurs conflits militaires. C’est pourquoi, avant toute guerre, étaient organisés un peu partout dans les pays capitalistes des matchs de foot, et même dans les coins les plus reclus des territoires, pour créer et préparer une ambiance belliqueuse en excitant et en exacerbant le chauvinisme et la nationalisme des classes populaires. Cette relation entre le football et l’instinct combatif a d’ailleurs été révélée par des statistiques effectuées durant la première guerre mondiale montrant la présence d’une forte proportion de joueurs de football dans les armées anglaises, françaises, allemandes etc. Ce phénomène devient compréhensible quand on sait que le football prépare psychologiquement au combat et à la guerre et son public est animé par la même exaltation des vertus guerrières que le soldat. Le football, comme tous les sports de combat, stimule la force musculaire, affermit la force de résistance surtout nerveuse et crée de la discipline. Le football endurcit, aguerrit et immunise contre la tendance à éviter et à fuir la douleur. Dans le football comme dans l’éducation militaire, on cherche à canaliser la pulsion combative en la stimulant et en la plaçant sous la dépendance étroite d’un donneur d’ordre. On peut dire sans se tromper que l’émergence du football comme sport de masse n’est nullement étrangère aux grandes boucheries du XXème qui ont laissé sur les champs de bataille une centaine de millions de morts.

CONCLUSION

La coupe du monde de football montre que la dégénérescence mentale et intellectuelle n’est plus l’apanage d’une seule zone géographique mais qu’elle est devenue un phénomène planétaire. L’internationalisation du capital et la mondialisation de l’économie, loin d’être des bienfaits pour l’humanité, ont contribué, bien au contraire, à l’abrutissement généralisé et à affligeante dégénérescence mentale et intellectuelle des êtres humains. IL va sans dire que la coupe du monde du football est une véritable aubaine et pour les multinationales capitalistes qui vont pouvoir s’engraisser encore un peu plus, pour les mass médias privées et publiques qui vont se sucrer royalement tout en participant comme à l’accoutumée à l’abrutissement des masses, pour la classe politique en France qui va saisir une occasion en or pour infliger deux ans ferme au monde du travail en augmentant l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, et enfin pour les masses dégénérées du monde entier dont le degré de dégénérescence mentale et intellectuelle va monter encore d’un cran.

Sur la question de la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses, il convient d’écarter deux malentendus lourds de conséquences. Le premier est que le phénomène de dégénérescence mentale et intellectuelle des hommes n’est pas une fatalité et il n’est nullement dû à une prétendue nature humaine immuable ou à un programme génétique qui prédestine les individus à devenir dégénérés mentalement et intellectuellement. La dégénérescence mentale et intellectuelle des sociétés capitalistes s’inscrit dans un projet et elle est le produit d’une volonté politique affirmée et imposée par les classes dominantes qui misent sur l’ignorance des êtres humains pour mieux les dominer. Le deuxième malentendu est que la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses ne saurait être attribuée à une quelconque carence ou à une quelconque pénurie de savoirs existants, mais à une stratégie délibérée des classes dominantes visant à refouler les savoirs contestataires et la culture émancipatrice en ne laissant émerger dans l’espace social que les manifestations et les pseudo savoirs conformistes destinés à reproduire les rapports de domination et de soumission. Le sport en général et le football en particulier font partie d’une vaste machinerie politique qui englobe l’école, la famille, l’armée, la police, la rue, le livre, les bibliothèques, les mass medias, la science, la technique, la médecine, l’industrie culturelle de divertissement, l’université etc et qui n’a qu’un seul but: abrutir, dégénérer et décerveler.

À l’occasion du Mondial du football qui est suivi et regardé par des milliards d’êtres humains, à raison de 500 à 600 millions de téléspectateurs pour chaque match, il est urgent de lancer un SOS à l’ensemble de l’humanité, en faisant écho à la fameuse et dernière phrase du Manifeste du parti communiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », « Dégénérés de tous les pays, Réveillez-vous ! »

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

Télécharger le texte au format pdf

Reproduction autorisée avec indication des sources

confirmationboreale