Category: Barack Obama

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



mai 13 2010

La rĂ©sistance afghane lance l’opĂ©ration Al-Faath

« La guerre en Afghanistan va empirer avant que la situation ne s’amĂ©liore », a estimĂ© hier le prĂ©sident Barack Obama, qui semblait prendre la mesure des importantes pertes des forces amĂ©ricaines et de l’OTAN dans la rĂ©gion, quelques jours après que les rĂ©sistants afghans aient lancĂ© une vaste offensive de printemps, baptisĂ©e « OpĂ©ration Al-Faath ».

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« On ne peut nier qu’il y ait des progrès, mais nous ne pouvons pas nier non plus que de très difficiles dĂ©fis nous attendent en Afghanistan », a jugĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain, manifestement embarrassĂ©, lors d’une rencontre Ă  la maison blanche avec son homologue afghan, Hamid KarzaĂŻ.

Barack Obama a reconnu qu’il y avait eu des « revers » important ces dix derniers jours. « Les Afghans et AmĂ©ricains sur le terrain vont devoir faire d’Ă©normes sacrifices », a-t-il ajoutĂ©.

Le pessimisme du président Obama est assurément lié à la récente offensive de la résistance afghane, baptisée « opération Al-Faath » (la victoire), qui a débuté le 10 mai dernier. Selon un communiqué du porte-parole Qari Muhammed Yousuf, publié cette nuit sur les sites et forums liés aux forces de la résistance, « 57 terroristes américains ont été tués, 37 blessés et trois hélicoptères abattus » le 11 mai dernier, dans des combats qui se sont déroulés dans le district de Nowzad (province de Helmand).

Un deuxième communiqué, publié par le commandement de la résistance, donne le détail des cibles à venir :

« L’opĂ©ration Al-Faath ciblera les terroristes amĂ©ricains et leurs complices de l’OTAN, les conseillers Ă©trangers, les espions qui se prĂ©sentent comme des diplomates ou qui se cachent derrière leur statut de journalistes ou humanitaires, les traitres Ă  la nation afghane qui ont rejoint l’administration du pantin KarzaĂŻ, les membres du Parlement tous aussi corrompus les uns que les autres, les sociĂ©tĂ©s de sĂ©curitĂ© privĂ©es qui organisent le trafic de la drogue et tous les alliĂ©s de l’occupant qui collaborent pour le renforcement de la domination Ă©trangère. »

Lors de sa campagne Ă©lectorale, il y a deux ans, le prĂ©sident Obama avait promis un retour rapide des soldats amĂ©ricains au pays. Il avait toutefois nĂ©gligĂ© de prĂ©ciser que c’est dans un cercueil qu’ils regagneraient les Etats-Unis.

Mecanopolis

Soldats de l’OTAN morts en Afghanistan, avril 2010 :

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mar 06 2010

Entretien exclusif avec le porte parole du Conseil national de la résistance afghane

Qari Muhammad Yusuf Ahmadi est le porte parole du Conseil national de la rĂ©sistance afghane pour les rĂ©gions Sud-Ouest et Nord-Ouest de l’Afghanistan. Les difficultĂ©s techniques incessantes rencontrĂ©es lors de nos communications*, ajoutĂ©es Ă  de complexes procĂ©dures d’identification, nous ont demandĂ© de reporter Ă  plusieurs reprises la publication de cet entretien. Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser pour ce retard.

Notre objectif n’est Ă©videmment pas d’adhĂ©rer ou de relayer une quelconque idĂ©ologie de violence, mais de donner un contre-poids aux mensonges de la propagande des armĂ©es d’occupation en Afghanistan, cela dans le but d’offrir le plus large Ă©ventail d’information possible, afin que chacun puisse se forger sa propre opinion.

Mecanopolis

QARI YUSSUF

Qari Muhammad Yusuf Ahmadi, que pouvez-vous nous dire sur la situation dans la province de Helmand et plus particulièrement sur les rĂ©centes attaques des armĂ©es d’occupation dans cette rĂ©gion ?

Depuis le le premier jour de ce qu’ils appellent « une opĂ©ration d’envergure », le 13 FĂ©vrier 2010, les troupes ennemies n’ont pas Ă©tĂ© en mesure de gagner une seule bataille dans le district de Nad Ali (voir la carte). A Marjah, l’ennemi n’a jamais pu pĂ©nĂ©trer au-delĂ  des quartiers pĂ©riphĂ©riques que nous avions Ă©vacuĂ©s afin de lui tendre ensuite un piège. Depuis samedi, l’ennemi voudrait faire diversion en lançant d’autres attaques sur les provinces de Farâh et Kandahar principalement, mais aussi Uruzgan et Zabul. L’objectif est de couvrir par de nouveaux mensonges les pertes que les moujahidin leur ont infligĂ©es dans le Helmand.

Helmand_Province_mainCliquer sur la carte pour l’agrandir

C’est dĂ©sormais un fait acquis que les AmĂ©ricains et leurs complices ne sont pas en mesure de poursuivre l’occupation de l’Afghanistan par des moyens militaires. Ce serait mieux pour eux de retirer leurs forces de notre pays et de laisser les Afghans vivre comme ils l’entendent.

(…) Voici les chiffres des dernières opĂ©rations de la rĂ©sistance :

Marjah :

Troupes étrangères tuées 382

Troupes afghanes tuées 4

Kandahar :

Troupes étrangères tuées : 28

Troupes afghanes tuées : 33

Farah:

Troupes étrangères tuées : 29

Troupes afghanes tuées 17

Zabul:

Troupes étrangères tuées : 3

Troupes afghanes tuée 26.

Uruzgan:

Troupes étrangères tuées : 5

Troupes afghanes tuée 19

Comment expliquez-vous que les informations que vous prĂ©sentez par vos communiquĂ©s soient diamĂ©tralement opposĂ©es aux rapports des armĂ©es d’occupation ? Nous ne voulons pas mettre votre parole en doute, mais n’y a-t-il pas nĂ©anmoins une tentation chez vous aussi d’user de propagande en exagĂ©rant la portĂ©e des victoires et en minimisant les pertes ?

Nous publions des communiquĂ©s en premier lieu pour le peuple afghan qui, dans sa très grande majoritĂ©, soutien l’action des moujahidin. Que ces communiquĂ©s soient repris et traduits nous rĂ©jouis mais notre objectif principal est d’informer les afghans. Si nous avions menti, ne serais-ce qu’une seule fois, nous aurions perdu toute crĂ©dibilitĂ© auprès de la population qui nous soutient. MalgrĂ© la guerre, les informations circulent très vite ici. Si, par exemple, Ă  Marjah, nous avions annoncĂ© une victoire alors qu’il s’agissait d’une dĂ©faite, cela aurait Ă©tĂ© très vite connu. En rĂ©alitĂ©, toutes les informations que nous communiquons sont scrupuleusement vĂ©rifiĂ©es.

Tous ces efforts (de mensonges rapportĂ©s) par l’ennemi ont pour but de distraire l’attention du public du monde Ă  partir Marjah. Cette entreprise moribonde va aussi Ă©chouer parce  que les moudjahidin ne sont pas Ă  court de main-d’Ĺ“uvre et d’hommes armĂ©s.

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Un soldat amĂ©ricain brandissant son casque en signe de rĂ©dition. Marjah, fĂ©vrier 2010 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

En tant que porte parole pour la région de Helmand, avez-vous des contacts réguliers avec des journalistes occidentaux sur place ?

Depuis l’arrestation de deux journalistes de la chaine Al-Jazeera (Qais Azim et Hamidullah Mohammad Shah) par la direction nationale de la sĂ©curitĂ© (DNS service de renseignement afghan) en juin 2009 et la confiscation de tout leur matĂ©riel, il est devenu difficile pour des journalistes de venir nous rencontrer. Le prĂ©sident fantoche (KarzaĂŻ), avait prĂ©tendu que, dans cette affaire, il n’Ă©tait pas question de libertĂ© de la presse, mais d’interdire un sujet favorable aux moujahidin. Les reportages ne peuvent en effet que nous ĂŞtre favorables si les mĂ©dias font leur travail, et c’est ce qui pose un problème au gouvernement mis en place par l’ennemi amĂ©ricain. La vĂ©ritĂ© leur est insupportable.

C’est pour cette raison que le prĂ©sident fantoche (KarzaĂŻ) impose un « black out » total des mĂ©dias sur cette guerre. MĂŞme Ă  Kaboul, les journalistes ont besoin de l’autorisation de la DNS pour se dĂ©placer, et ils sont en permanence accompagnĂ©s et surveillĂ©s. Quel journaliste pourrait prĂ©tendre faire son travail dans de pareilles conditions ? Tous ceux qui ne suivent pas ces recommandations sont arrĂŞtĂ©s et interrogĂ©s, quand ils ne disparaissent pas plus simplement de la circulation ou sont enlevĂ©s par de mystĂ©rieux ravisseurs qui les Ă©changent ensuite contre des rançons. Toutes ces actions n’ont pour but que de dĂ©courager les journalistes Ă  venir en Afghanistan afin d’Ă©tablir la rĂ©alitĂ© des faits.

Les gĂ©nĂ©raux amĂ©ricains indiquent que l’opĂ©ration Ă  Marjah Ă©tait importante en raison du trafic d’opium qu’ils attribuent Ă  la rĂ©sistance. Que pouvez-vous dire Ă  propos de cela ?

Nous avions quasiment Ă©radiquĂ© la production d’opium dans notre pays en 2001. La flambĂ©e de la culture du pavot correspond a l’arrivĂ©e de l’ennemi sur nos terres. Le frère du prĂ©sident fantoche (KarzaĂŻ) est lui mĂŞme inculpĂ© dans une affaire de trafic international. La prĂ©sence mĂŞme de l’envahisseur amĂ©ricain se lĂ©gitime par le trafic de la drogue. Notre pays est occupĂ© par plusieurs dizaine de milliers de soldats Ă©trangers. Ce sont eux qui contrĂ´lent nos frontières. Qui d’autres qu’eux pourraient sortir la drogue du pays et l’acheminer en Occident ? Pour toutes nos actions, nous nous rĂ©fĂ©rons Ă  la loi de Dieu. Cela nous interdit de faire le commerce de la drogue.

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Un autre prĂ©texte rĂ©gulièrement utilisĂ© pour justifier cette guerre est que l’Afghanistan est le centre nĂ©vralgique du terrorisme international.

Nous ne songeons qu’Ă  terroriser l’ennemi. Nous n’avons jamais commis une action de guerre en dehors de notre pays. Nous voulons la libertĂ© d’organiser un système de gouvernement fondĂ© sur les besoins du peuple afghan, Ă  partir de la tradition islamique. Pourquoi les États-Unis ne nous concèdent-ils pas ce droit ? Pourquoi tentent-ils d’Ă©touffer nos voix sous le prĂ©texte du terrorisme ?

Nous savons pertinemment que l’envahisseur amĂ©ricain et ses alliĂ©s vont toujours trouver des prĂ©textes pour poursuivre leur occupation de l’Afghanistan. Le terrorisme, la dĂ©mocratie, les droits de l’homme, droits des femmes ne sont que de simples slogans utilisĂ©s par l’ennemi amĂ©ricain afin d’atteindre leurs objectifs impĂ©rialistes dans cette partie du monde et en Afghanistan en particulier. De nombreux cas de tortures de dĂ©tenus Ă  Guantanamo, Bagram, la prison d’Abou Gharib, Camp Nama en Irak et les prisons secrètes PRT dans des bases militaires en Afghanistan, montrent des violations flagrantes et brutales des droits de l’homme par des enquĂŞteurs amĂ©ricains par leurs troupes en Afghanistan et en Irak.

(…) Vous m’avez expliquĂ© hier qu’en France une femme est violĂ©e toute les 10 minutes. C’est quelque chose que nous ne permettrions jamais dans notre pays. Pourquoi les dirigeants français eux aussi veulent-ils nous dire comment nous devons vivre alors qu’ils ne sont pas mĂŞme capable de faire rĂ©gner la justice dans leur pays ?

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(…) Nous demandons aux envahisseurs amĂ©ricains et Ă  leurs subalternes : pourquoi tuez-vous de jeunes innocents. Pourquoi tuez vous des hommes et des vieillards sous les yeux mĂŞmes des membres de leur famille au cours de raids nocturnes ? Vous avez mĂŞme tuĂ© un bĂ©bĂ© de quatre jours devant sa mère Ă  Garbez, dans la province de Khost, Ă  la fin de l’annĂ©e dernière. Était-il un terroriste ou Ă©tais-ce juste lĂ  une « opĂ©ration de terreur » destinĂ©e Ă  effrayer les populations qui nous soutiennent, perpĂ©trĂ©e par vos soldats ? Est-ce comme cela que les dĂ©fenseurs de la dĂ©mocratie agissent ? En n’Ă©pargnant pas mĂŞme un enfant de quatre jours?

Les opĂ©rations que mène l’ennemi sous le prĂ©texte de la « lutte contre le terrorisme » est une guerre tyrannique et colonialiste, menĂ©e contre les combattants de la libertĂ©. Car en effet, les moujahindin se battent pour la libertĂ©, pour leur dignitĂ© humaine, pour leur pays et pour les valeurs de l’Islam. Nul envahisseur, aussi puissant soit-il, ne saura jamais Ă©touffer la voix de la vĂ©ritĂ© dans la gorge du peuple afghan. Peu importe les quelques batailles que l’ennemi pourra remporter. A terme, grâce Ă  la volontĂ© de Dieu, le peuple opprimĂ© d’Afghanistan remportera cette guerre entre la vĂ©ritĂ© et le mal.

(…) Les États-Unis sont une nouvelle forme de pouvoir colonialiste. Ils veulent maintenir leur domination sur le monde et utilisent pour cela le prĂ©texte de la dĂ©mocratie et des droit de l’homme. Mais dans leur bouche ce ne sont plus que des slogans vides de sens. En rĂ©alitĂ©, les États-Unis sont les ennemis de la dignitĂ© des valeurs humaines.

© 2010 Mecanopolis et ses ayant droit

Reproduction autorisée avec indication des sources

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Les photographies sont issues du magazine de la rĂ©sistance afghane en langue anglaise « In Fight » : InFight_14_BattlesInMarjah_pdf

Nos remerciements vont aux administrateurs du site internet as-ansar.com, qui nous ont permis d’entrer en contact avec le Conseil national de la rĂ©sistance afghane (Émirat islamique d’Afghanistan).

*Entretien rĂ©alisĂ© entre le 1er et le 6 mars 2010 par tĂ©lĂ©phone, aux numĂ©ros 008821621346341, 0093700886853 et 0093707163424. Nous publions ces numĂ©ros avec la permission de leurs dĂ©tenteurs. Mecanopolis et ses ayant droit dĂ©clinent toute responsabilitĂ© de l’usage qui pourrait ĂŞtre fait par des tiers de ces numĂ©ros.

La rĂ©alisation de cet entretien, sa publication et sa diffusion ne contreviennent nullement Ă  la lĂ©gislation suisse en vigueur, ni Ă  aucune des dispositions de « l’ordonnance fĂ©dĂ©rale instituant des mesures Ă  l’encontre des Taliban » du 2 octobre 2000, ainsi que ses modifications ultĂ©rieures.

fév 11 2010

Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy (The Independant)

Comme nous l’indiquions dans notre article publiĂ© hier matin, l’idĂ©e centrale, pour Bruxelles, est d’utiliser cette « crise des Etats » afin contraindre au fĂ©dĂ©ralisme Ă©conomique la majoritĂ© des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici. Cela par la mise en place d’un « gouvernement Ă©conomique » qui aura pour but d’unifier les budgets des Etats membres de l’UE, afin de pouvoir disposer de leurs ressources, oĂą plus exactement de mettre fin Ă  leur souverainetĂ© Ă©conomique.

Le quotidien britannique The Independant confirme nos craintes les plus sombres en publiant une note secrète du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, dont nous vous proposons la traduction.

Mecanopolis

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TheIndependentMasthead

Le nouveau prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman Van Rompuy, s’appuie sur la crise financière dans l’euro-zone pour pointer audacieusement la question du pouvoir sur les budgets nationaux. Des fuites sont rĂ©vĂ©lĂ©es.

The IndĂ©pendant a pris connaissance d’ une annexe secrète Ă  la lettre envoyĂ©e par M. Van Rompuy aux chefs de l’Union EuropĂ©enne de gouvernement les invitant au sommet tenu demain Ă  Bruxelles.

Dans une assertion majeure et musclĂ©e sur les gouvernements nationaux et sur la Commission d’UE, Van Rompuy note : « les membres du Conseil europĂ©en sont responsables de la stratĂ©gie Ă©conomique dans leur gouvernement. Ils devraient l’assumer Ă  l’échelle de l’UE. Si on appelle Ă  la coordination des politiques et des gouvernances Ă©conomiques, seul le Conseil europĂ©en est capable de fournir une stratĂ©gie europĂ©enne commune pour plus de croissance et plus d’efficacitĂ©. »

M. Van Rompuy dĂ©clare que « la crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses« , en ajoutant : « les plans budgĂ©taires, les programmes de rĂ©forme structurels et les rapports concernant le changement climatique devraient ĂŞtre prĂ©sentĂ©s simultanĂ©ment Ă  la Commission. Cela fournirait une vue d’ensemble complète.« 

Une source d’UE dĂ©voile : « Il est devenu clair Ă  chacun que cette crise Ă©conomique ne peut pas ĂŞtre rĂ©solue par diffĂ©rents Ă©tats membres, tels que l’Allemagne dĂ©pannant la Grèce. Ce dont nous avons besoin est le mĂŞme genre de mĂ©canisme que nous avons maintenant imposĂ© Ă  la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro. Donc l’idĂ©e est de mettre toutes les Ă©conomies europĂ©ennes sous surveillance. Vous pouvez vous attendre Ă  ce qu’Ă  quelques dĂ©cisions importantes soient prises très bientĂ´t. »

Très inhabituellement, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a interrompu une réunion de gouverneurs de banques centrales à Sydney pour revenir en Europe.

La pression sur l’euro s’est attĂ©nuĂ©e dans l’attente supposĂ©e que l’autoritĂ© du responsable politique et Ă©conomique de U.E apaise les marchĂ©s.

Le gouvernement de centre-gauche de M. Papandreou a annoncĂ© qu’une austĂ©ritĂ© de quatre annĂ©es jugulerait un dĂ©ficit budgĂ©taire abyssal. Cependant, des doutes persistent. Après une situation tragico-comique, les percepteurs d’impĂ´ts de Grèce se sont mis en grève la semaine dernière. Aujourd’hui tous les vols en partance et vers la Grèce seront gelĂ©s par les contrĂ´leurs de trafic aĂ©rien et des grèves interviendront aussi dans les hĂ´pitaux et les Ă©coles.

Bien que pas directement affectĂ©, compte tenu que la livre sterling est hors de la zone Euro, Gordon Brown s’est Ă©mu que n’importe quelle faille dans l’Ă©conomie europĂ©enne pouvait mettre aussi le Royaume-Uni en danger.

L’inquiĂ©tude affichĂ©e aux plus hauts niveaux de l’UE quant Ă  une contagion passant par la Grèce, l’Espagne et le Portugal est aussi clairement confirmĂ©e par la note confidentielle de M. Van Rompuy : « La crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses. Notre taux de croissance structurel est trop bas pour crĂ©er de nouveaux emplois et soutenir nos systèmes sociaux. »

Se rapportant au fait que l’UE n’a aucune solution pour rĂ©soudre une crise budgĂ©taire qui affecte d’autres Etats membres, M. Van Rompuy continue : « les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement Ă©conomique. Dans nos Ă©conomies imbriquĂ©es, nos rĂ©formes doivent ĂŞtre coordonnĂ©es pour optimiser leur effet. »

Le Pacte de Croissance et de StabilitĂ© europĂ©en et le TraitĂ© Maastricht ont Ă©tĂ© conçus pour prĂ©venir le type de crise budgĂ©taire que l’euro-zone connaĂ®t actuellement.

Les règles de Maastricht – le fait de limiter des Etats membres Ă  un dĂ©ficit budgĂ©taire annuel de 3 pour cent par an et Ă  une dette nationale totale Ă  un rapport de PIB de 60 pour cent – ont Ă©tĂ© balayĂ©es pendant la crise financière. MĂŞme pendant les annĂ©es d’avertissement, les pays les ont le plus souvent nĂ©gligĂ©es.

Pour l’avenir, M. Van Rompuy explicite , « nous allons nous concentrer sur l’impact de politiques nationales sur l’ensemble de l’U.E , tout particulièrement quant aux dĂ©sĂ©quilibres macroĂ©conomiques et aux divergences de compĂ©titivitĂ©. »

La crise financière met en compĂ©tition les trois prĂ©sidents de l’UE qui luttent pour la première place. M. Van Rompuy , prĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en (Une fonction pensĂ©e pour Tony Blair), le premier ministre espagnol, JosĂ© Zapatero, prĂ©sident du Conseil de l’Union EuropĂ©enne et JosĂ© Manuel Barroso , prĂ©sident de la Commission europĂ©enne.

Le PrĂ©sident Barack Obama a rembarrĂ© rĂ©cemment un sommet d’U.E-Etats-Unis pour le printemps prochain au titre de cette troĂŻka ingĂ©rable.

Le sommet va ĂŞtre tenu loin des bureaucraties habituelles, dans la bibliothèque Solvay de Bruxelles. « Van Rompuy a voulu crĂ©er une atmosphère bien plus intime, sans une armĂ©e de conseillers, » rĂ©vèle une source. « Il y a actuellement beaucoup de tensions entre les Etats membres, ce pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de les faire se rencontrer dans un cadre ouvert, sympathique, apĂ©ros Ă  l’appui. L’idĂ©e est d’avoir des sessions de travail convenable , conviviables. »

Lire l’article original sur le site de The Independant

Lire également notre dernier article La reconfiguration de l’Union européenne est en marche (vidéo)

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fév 03 2010

La conférence de Londres a fixé le prix de la défaite occidentale en Afghanistan

Un fond de 360 millions d’euros sera bientĂ´t disponible pour essayer de « ramener Ă  la raison » les « talibans modĂ©rĂ©s », de sorte Ă  ce qu’ils dĂ©posent les armes et cessent d’infliger des pertes aux armĂ©es d’occupation de l’Afghanistan. Un somme jugĂ©e dĂ©risoire par le Pentagone qui, selon le New-York Times, estime Ă  1 milliard de dollars l’effort nĂ©cessaire pour convaincre la rĂ©sistance afghane de rejoindre la vie civile.

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Des sommes qui seront dĂ©pensĂ©es en pure perte puisque, comme nous l’avons indiquĂ© par plusieurs articles sur Mecanopolis (1), la rĂ©sistance afghane ne compte pas nĂ©gocier quoi que ce soit. MalgrĂ© tout, l’OTAN, avec le mĂ©pris du « riche militaire » qui le caractĂ©rise, continue de croire – ou de feindre de croire – que « l’adversaire » demeure achetable et que seule sa pauvretĂ© l’aurait incitĂ© Ă  prendre les armes.

Pour le New York Times, si populations afghanes soutiennent aussi fermement les talibans, c’est surtout « en raison de l’incompĂ©tence du gouvernement KarzaĂŻ, empĂŞtrĂ© jusqu’au cou dans des affaires de corruption et de trafic de drogue ».

Face Ă  une insurrection qui ne cesse de croĂ®tre, Obama et ses « stratèges » ont dĂ©cidĂ© d’envoyer 30′000 hommes en renfort, et demandĂ© aux « alliĂ©s » un « effort supplĂ©mentaire ». L’objectif des amĂ©ricains est en effet d’obtenir que leurs subalternes europĂ©ens alignent d’avantage d’hommes sur le terrain.

Les 4 et 5 fĂ©vrier prochains, ministres de la DĂ©fense et chefs militaires parleront chiffres au QG de l’OTAN, Ă  Mons (Belgique). L’Allemagne a dĂ©jĂ  promis un renfort de 850 soldats et la Roumanie 600, pour une contribution qui devrait s’Ă©lever Ă  10′000 hommes au total. (2)

Mensonges d’État

Selon l’Ă©dition de ce mercredi du Canard enchaĂ®nĂ©, des officiers et des sous-officiers français seront bientĂ´t dĂ©pĂŞchĂ©s en Afghanistan, comme semble l’avoir dĂ©jĂ  confirmĂ© le gĂ©nĂ©ral Georgelin, chef d’Ă©tat-major, en rendant visite Ă  l’amiral amĂ©ricain James Staridis, commandant suprĂŞme des forces militaires en Europe, la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire, ils seront directement placĂ©s sous les ordres directs du gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e amĂ©ricaine William Caldwell. Une prĂ©cision que le prĂ©sident Sarkozy cache soigneusement au Parlement et Ă  l’opinion publique.

Autre joli « mensonge d’État », le prĂ©sident français affirme depuis plusieurs mois que la France n’enverrait pas de combattants supplĂ©mentaires en Afghanistan. Des propos confirmĂ©s par Kouchner dans un entretien publiĂ© par Le Figaro du 1er fĂ©vrier : « Le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ». Or, c’est faux. Tous les instructeurs français, prĂ©sents et futurs, participent aux combats. Ils sont intĂ©grĂ©s dans les unitĂ© afghanes, ils les conseillent dans leurs missions et ils les accompagnent au feu. D’ailleurs, souligne encore Le Canard : « les trois Français rĂ©cemment morts au combat en Afghanistan Ă©taient des instructeurs ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :

1. Voir notre article : Obama s’apprĂŞte Ă  demander Ă  l’OTAN 10′000 soldats supplĂ©mentaires pour l’Afghanistan

2. Voir notre article : Les Talibans nient tout contact avec l’occupant

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jan 23 2010

L’amiral Mike Mullen reconnaĂ®t la dĂ©faite des États-Unis en Afghanistan

Des officiers français du Renseignement militaire ont pu prendre connaissance, au dĂ©but de l’annĂ©e, d’un rapport pour le moins surprenant qui retranscrit les propos tenus par l’amiral Michael Glenn « Mike » Mullen, chef d’Ă©tat-major des armĂ©es des États-Unis, lors d’une confĂ©rence donnĂ©e  le 10 dĂ©cembre 2009 sur les derniers dĂ©veloppements de la guerre en Afghanistan.

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Selon ce document, Mullen dĂ©clare que « 2009 aura Ă©tĂ© la troisième annĂ©e d’une dĂ©tĂ©rioration continue et significative de la sĂ©curitĂ© en Afghanistan (…) et d’un niveau de violence supĂ©rieur de 60% par rapport Ă  2008. » L’avenir, selon Mike Mullen, ne semble guère plus rĂ©jouissant : « Au point oĂą en sont les choses, nous ne sommes certainement pas en train de gagner. Et, face Ă  l’insurrection, il n’y a pas le choix : ou vous ĂŞtes en train de l’emporter, ou vous ĂŞtes en train de perdre. (…) Il est urgent de renverser la situation aussi rapidement que possible ». Et d’insister sur la nĂ©cessitĂ© de conduire d’avantage d’opĂ©rations clandestine de contre-terrorisme : « Nous l’avons fait en Irak, il est important de le faire en Afghanistan. »

La prochaine arrivĂ©e, Ă  Kaboul, de 30′000 soldats, en « renfort », ne saurait donc suffire Ă  « renverser la situation », selon l’amiral en chef.

Les talibans font partie du paysage politique

Cette dĂ©faite des États-Unis et de leurs subalternes europĂ©ens de l’OTAN en Afghanistan a Ă©tĂ© confirmĂ©e aujourd’hui par le secrĂ©taire amĂ©ricain Ă  la DĂ©fense Robert Gate, en visite au Pakistan voisin , qui a indiquĂ© que « les talibans font partie du paysage politique en Afghanistan ». « La question est de savoir s’ils sont prĂŞts Ă  jouer un rĂ´le lĂ©gitime dans le processus politique en cours, Ă  savoir participer aux Ă©lections » a ajoutĂ© le chef du Pentagone.

Cette dĂ©claration devant la presse intervient au moment oĂą le prĂ©sident afghan Hamid KarzaĂŻ dĂ©voile un pan de son nouveau « programme de rĂ©conciliation » avec talibans, qu’il prĂ©sentera lors d’une confĂ©rence internationale sur l’Afghanistan prĂ©vue Ă  Londres le 28 janvier.

KarzaĂŻ a indiquĂ©, dans une interview Ă  la BBC, qu’il allait proposer un travail et un salaire aux insurgĂ©s pour qu’ils abandonnent la lutte armĂ©e, et qu’il allait utiliser les fonds de la communautĂ© internationale pour cela. « Les talibans doivent accepter la dĂ©mocratie » a encore indiquĂ©, sans rire, le chef de l’État afghan, en omettant de prĂ©ciser le genre de dĂ©mocratie qu’il entend imposer, et pour laquelle il a dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© le plus grand mĂ©pris en se faisant réélire par des fraudes massives lors du scrutin prĂ©sidentiel de novembre dernier.

En guise de rĂ©ponse, Qari Muhammad Yussuf, porte-parole des Talibans, a indiquĂ© en fin de journĂ©e que pour la rĂ©sistance « seule une victoire totale est envisageable : soit les armĂ©es d’occupation quittent l’Afghanistan, soit leurs soldats seront tuĂ©s jusqu’au dernier. »

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Agáta Kovacs

Avec les informations des agences de presse, du Canard enchaîné du 6 janvier et du site de la résistance afghane : www.shahamat.org (traduit par Mecanopolis)


jan 17 2010

Bienvenue dans le monde d’Orwell

Dans son livre « 1984 », George Orwell décrit un super état nommé Oceania dont le langage guerrier inversait les termes pour en faire des mensonges qui « sont passés dans l’histoire comme des vérités ». « Celui qui contrôle le passé, » disait le slogan du Parti, « contrôle le futur ; celui qui contrôle le présent contrôle le passé. »

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Barack Obama est le dirigeant de l’Oceania contemporain. En deux discours en cette fin de décennie, le lauréat du prix Nobel de la paix a affirmé que la paix n’était plus la paix, mais plutôt une guerre permanente qui « s’étend bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan » jusqu’à des « régions agitées et des ennemis diffus » (*). Il l’a définie comme la « sécurité globale » et nous conviait à nous montrer reconnaissants. A l’intention du peuple d’Afghanistan, que les Etats-Unis ont envahi et occupé, il a déclaré avec malice : « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays ».

Dans l’état d’Oceania, vérité et mensonge ne font qu’un. Selon Obama, l’attaque américaine contre l’Afghanistan en 2001 fut autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il n’y a jamais eut d’autorisation des Nations Unies. Il a dit que « le monde » soutenait l’invasion au lendemain du 11 septembre alors qu’en réalité dans 34 des 37 pays sondés par l’institut Gallup, une écrasante majorité s’y opposait. Il a dit que les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan « uniquement après que les Taliban aient refusé de livrer (Oussama) Ben Laden ». En 2001, les Taliban ont tenté à trois reprises de livrer Ben Laden, selon le régime militaire du Pakistan, mais ils furent ignorés. Et même la mythification du 11 septembre par Obama pour justifier sa guerre est fausse. Plus de deux mois avant l’attaque des tours jumelles, le ministre des affaires étrangères du Pakistan, Niaz Naik, était informé par l’administration Bush qu’une attaque militaire allait être lancée mi-octobre. Le régime taliban à Kaboul, qui avait été secrètement soutenu par l’administration Clinton, n’était plus considéré comme suffisamment « stable » pour garantir le contrôle américain sur les oléoducs et gazoducs vers la mer Caspienne. Le régime devait donc être renversé.

Le mensonge le plus éhonté d’Obama est que l’Afghanistan aujourd’hui est un « havre » pour Al-Qaeda et ses attaques contre l’Occident. Mais son propre conseiller à la sécurité nationale, le Général James Jones, a déclaré au mois d’octobre qu’il y avait « moins de 100 » membres d’Al-Qaeda en Afghanistan. Selon les services de renseignement US, 90 % des Taliban sont à peine des Taliban, mais « une insurrection tribale locale qui s’oppose aux Etats-Unis parce ces derniers constituent à leurs yeux une force d’occupation. » La guerre est une arnaque. Il faut avoir un encéphalogramme à plat pour croire encore à la « paix mondiale » qu’Obama veut nous vendre.

Cependant, en coulisses se prépare un véritable plan. Sous le commandement du troublant Général Stanley McCrystal, qui fut distingué pour ses escadrons de la mort en Irak, l’occupation d’un des pays les plus pauvres est un modèle pour les « régions agitées » du monde qui échappent encore au contrôle d’Oceania. Il est connu sous le nom de COIN, ou « counter-insurgency network » (réseau de contre insurrection), qui rassemble militaires, organisations humanitaires, psychologues, anthropologues, média et consultants en relations publiques. Noyé sous un jargon qui parle de gagner les coeurs et les esprits, son objectif est de provoquer des conflits interethniques et une guerre civile : Tadjiks et Ouzbekes contre Pashtouns.

C’est ce que les Américains ont fait en Irak où ils ont détruit une société multiethnique. Ils ont acheté des gens et construit des murs entre des communautés où auparavant on connaissait des mariages mixtes, ils ont procédé à un nettoyage ethnique des sunnites et exilé des millions à l’étranger. Les médias embarqués ont présenté tout ceci comme « la paix », et les universitaires américains à la solde de Washington et les « experts en sécurité » coachés par le Pentagone sont apparus à la télévision pour répandre la bonne nouvelle. Comme dans « 1984 », c’est le contraire qui était vrai.

Quelque chose de similaire est prévu pour l’Afghanistan. La population sera déportée dans des « zones cibles » contrôlées par des chefs de guerre financés par Washington et le trafic d’opium. Que ces chefs de guerre soient notoirement connus pour leur barbarie n’a aucune importance. « Cela ne nous dérange pas » avait déclaré un diplomate de l’administration Clinton en référence de la persécution des femmes sous le régime « stable » des Taliban. Des organisations humanitaires, des ingénieurs et des agronomes seront désignés pour gérer la « crise humanitaire » et ainsi « sécuriser » les zones tribales.

Voilà pour la théorie. Ca a bien fonctionné en Yougoslavie où une partition éthnique sectaire a balayé une société qui était jadis pacifique, mais ça a échoué au Vietnam où le programme des « hameaux stratégiques » de la CIA dont l’objectif était de regrouper la population et la diviser pour battre le Viet Cong – un terme fourre-tout que les américains employaient pour désigner les résistants, comme aujourd’hui ils emploient le terme « taliban ».

Une part de responsabilité incombe aux Israéliens, qui depuis longtemps conseillent les Américains en Irak et en Afghanistan. Les nettoyages ethniques, la construction de murs, les points de contrôle, les punitions collectives et la surveillance constante sont revendiqués comme des innovations israéliennes qui ont permis le vol de la majorité du territoire Palestinien. Et pourtant, malgré toutes les souffrances endurées, les Palestiniens n’ont pas été irrévocablement divisés et résistent en tant que nation, contre toute attente.

Les précurseurs les plus emblématiques du Plan Obama, que le lauréat du Prix Nobel de la Paix et son étrange général et ses hommes en charge des relations publiques aimeraient nous faire oublier, sont ceux qui ont échoué en Afghanistan justement. Les Britanniques au 19eme siècle et les Soviétiques au 20eme siècle ont tenté de conquérir le pays sauvage par le nettoyage ethnique mais ont du déguerpir, après avoir provoqué un bain de sang. Leurs mémoriaux sont les cimetières des empires. Le pouvoir d’un peuple, parfois déroutant, souvent héroïque, est comme des graines qui germent sous un manteau de neige, et les envahisseurs le craignent.

« C’était curieux », a Ă©crit Orwell dans « 1984 », « de penser que le ciel Ă©tait le mĂŞme pour tous, en Eurasie, en Estasie ou ici. Et que les gens sous ce ciel Ă©taient très semblables, partout dans le monde… des gens qui s’ignoraient, sĂ©parĂ©s par des murs de haine et de mensonges, et qui pourtant Ă©taient pratiquement les mĂŞmes qui … accumulaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs muscles l’énergie qui un jour allait renverser le monde. »

John Pilger

Titre original : Welcome to Orwell’s world 2010

Traduit de l’anglais par Le Grand Soir

jan 15 2010

Ce qu’on ne vous dit pas sur HaĂŻti (mais que vous devriez savoir)

Dans les heures qui ont suivi le sĂ©isme qui dĂ©vastateur en HaĂŻti, CNN, le New York Times et d’autres grands organes d’information ont adoptĂ© la mĂŞme interprĂ©tation de l’ampleur des destructions: le sĂ©isme d’une magnitude de 7,0 a Ă©tĂ© si dĂ©vastateur parce qu’il a frappĂ© des zones urbaines surpeuplĂ©es et très pauvres. Les maisons « construites les unes sur les autres » et bâties par les pauvres eux-mĂŞmes ont rĂ©sultĂ© en une ville fragile. Et de longues annĂ©es de sous-dĂ©veloppement ainsi que les troubles politiques ont fait que le gouvernement haĂŻtien Ă©tait mal prĂ©parĂ© Ă  faire face Ă  un tel dĂ©sastre.

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C’est assez vrai. Mais ce n’est pas toute l’explication, car il y manque l’explication de la raison pour laquelle tant d’HaĂŻtiens rĂ©sident dans Port-au-Prince et ses environs et pourquoi tant d’entre eux sont obligĂ©s de survivre avec si peu. En fait, mĂŞme quand on ose une explication, elle est souvent scandaleusement fausse Ă  l’image du tĂ©moignage d’un ancien diplomate US sur CNN selon qui la surpopulation de Port-au-Prince Ă©tait dĂ»e au fait que les HaĂŻtiens, comme la plupart des autres peuples du Tiers-Monde, ne savaient rien du contrĂ´le des naissances.

Les AmĂ©ricains affamĂ©s d’informations seront peut-ĂŞtre surpris d’apprendre que ces conditions de vie auxquelles les media attribuent, Ă  raison, l’amplification de l’impact de cette immense catastrophe, rĂ©sulte largement de politiques amĂ©ricaines et d’un modèle de dĂ©veloppement orientĂ© par les Etats Unis.

De 1957 Ă  1971, les HaĂŻtiens ont vĂ©cu dans l’ombre sinistre de « Papa Doc » Duvalier, un dictateur brutal qui jouissait de l’appui des Etats Unis qui le voyaient comme un anti-communiste fiable. Après sa mort, Jean-Claude « BĂ©bĂ© Doc », son fils, est devenu prĂ©sident Ă  vie Ă  l’âge de 19 ans et il a dirigĂ© HaĂŻti jusqu’Ă  son renversement en 1986. C’est dans les annĂ©es 1970 et 1980 que BĂ©bĂ© Doc et le gouvernement et les milieux d’affaires des Etats Unis ont collaborĂ© pour engager HaĂŻti et sa capitale sur la voie qui devait aboutir Ă  la situation du pays au 12 janvier 2010.

Après l’intronisation de BĂ©bĂ© Doc, des planificateurs AmĂ©ricains, membres ou non du gouvernement des Etats Unis, ont lancĂ© leur programme pour transformer HaĂŻti en « Taiwan de la CaraĂŻbe ». Ce pays, petit et pauvre, idĂ©alement situĂ© non loin des Etats Unis, se vit enjoindre d’abandonner son passĂ© agricole et de dĂ©velopper un secteur manufacturier fort et orientĂ© vers l’exportation. C’Ă©tait, avait-on dit Ă  Duvalier et ses alliĂ©s, la manière d’aller vers la modernisation etle dĂ©veloppement Ă©conomique.

Du point de vue de la banque Mondiale et de l’United States Agency for International Development (USAID), HaĂŻti Ă©tait un parfait candidat pour ce lifting nĂ©olibĂ©ral. La pauvretĂ© endĂ©mique des masses haĂŻtiennes les forcerait Ă  exercer des emplois faiblement rĂ©munĂ©rĂ©s dans la confection d’articles de baseball et l’assemblage d’autres produits.

Mais l’USAID avait des plans aussi pour la campagne. Non seulement les villes d’HaĂŻti devaient-elles devenir des centres d’exportation, mais les zones rurales Ă©galement, par un remodelage de l’agriculture haĂŻtienne vers des productions orientĂ©es vers l’exportation et la logique des marchĂ©s. Dans ce but, l’USAID, avec des industriels citadins et de fros propriĂ©taires terriens, a travaillĂ© Ă  la crĂ©ation d’Ă©quipements de traitement ds produits agro-alimentaires, alors mĂŞme qu’ils renforçaient les pratiques de dumping sur le prix des surplus agricoles des Etats Unis vendus Ă  la population haĂŻtienne.

Cette « aide » amĂ©ricaine et les changements structurels dans le monde rural ont contraint, comme on pouvait le prĂ©voir, des paysans HaĂŻtiens qui ne pouvaient plus survivre Ă  migrer vers les villes, particulièrement Port-au-Prince oĂą les nouveaux emplois du secteur manufacturier Ă©raient supposĂ©s se trouver.Mais une fois sur place, ils se rendirent compte que les emplois manufacturiers Ă©taient loin d’ĂŞtre en nombre suffisants. La ville est devenue de plus en plus densĂ©ment peuplĂ©e. Les bidonvilles se sont Ă©tendus. Et pour satisfaire les besoins en logement des paysans dĂ©placĂ©s, un programme de maisons bon marchĂ© et construites Ă  la va vite a Ă©tĂ© mis en plce, parfois en posant des maisons « sur le toit des autres. »

Assez rapidement, cependant, les planificateurs AmĂ©ricains et les Ă©lites haĂŻtiennes dĂ©cidèrent que leur modèle de dĂ©veloppement ne fonctionnait peut-ĂŞtre pas si bien en HaĂŻti et ils l’abandonnèrent. Les consĂ©quences des changement effectuĂ©s sous la direction des Etats Unis ont par contre subsistĂ©.

Quand dans l’après-midi et la soirĂ©e du 12 janvier 2010 HaĂŻti a subi cet horrible tremblement de terre et ses rĂ©pliques, les destructions ont Ă©tĂ© indubitablement aggravĂ©es par l’extrĂŞme surpeuplement et la pauvreta de Port-au-Prince et de ses environs. Mais les AmĂ©ricains en Ă©tat de choc peuvent faire plus que de secouer la tĂŞte et de faire un don par pitiĂ©. Ils peuvent s’intĂ©resser aus responsabilitĂ©s de leur propre pays dans les conditions de vie Ă  Port-au-Prince qui ont amplifiĂ© l’impact du sĂ©isme, et ils peuvent reconnaĂ®tre le rĂ´le de l’AmĂ©rique pour empĂŞcher HaĂŻti de parvenit Ă  un dĂ©veloppement significatif. Accepter l’approche incomplète d’haĂŻti proposĂ©e par CNN et le New York Times revient Ă  blâmer les HaĂŻtiens d’ĂŞtre les victimes d’un processus qui n’est pas de leur fait. Comme l’Ă©crivait John Milton, « ils ont Ă´tĂ© les yeux des gens, et leur reprochent d’ĂŞtre aveugles. »

Carl Lindskoog, pour Commondreams.org

Traduit de l’anglais par Mounadil al-DjazaĂŻri

Carl Lindskoog est un militant qui réside à Nex York. Historien, il termine son doctorat à la City University of New York

jan 09 2010

Le président Obama a-t-il échappé à un attentat orchestré par la CIA ?

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Le PrĂ©sident Barack Obama pensait sans doute passer un paisible sĂ©jour Ă  HawaĂŻ lorsque, le 28 dĂ©cembre dernier, Ă  15h10, il entamait une partie de golf sur le green du Luana Hills Country Club. Trois minutes plus tard, les agents des services secrets en charge de sa sĂ©curitĂ© intervenaient dans l’urgence, engouffrant le prĂ©sident et sa suite dans deux vĂ©hicules blindĂ©s.

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Barack Obama, sur le green du Luana Hills Country Club, quelques instants avant l’intervention des agents des services-secrets en charge de sa sĂ©curitĂ©

La « version officielle » de « l’incident », relayĂ©e un peu plus tard par un communiquĂ© du service de presse de la Maison Blanche, indique que c’est Ă  la suite de la blessure accidentelle du fils d’un couple d’amis, Eric et Cheryl Whitaker, qui accompagnaient Obama, que le plan d’Ă©vacuation du prĂ©sident des États-Unis a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©. Le communiqué prĂ©cise nĂ©anmoins que l’enfant n’a pas eu besoin d’assistance mĂ©dicale.

Qui peut vraiment croire que les services-secrets auraient expĂ©diĂ© Barack Obama dans un bunker parce qu’un garçonnet se serait blessĂ© Ă  la plage ? Ici comme ailleurs, la « version officielle », et ses cent retouches successives, n’a pas pour but d’ĂŞtre crĂ©dible, mais d’ĂŞtre la seule en vitrine, de sorte Ă  occuper l’ensemble des mĂ©dias et de couvrir la rĂ©alitĂ© des faits.

Le quotidien russe Zvatara, qui indique prendre ses sources auprès d’un agent du FSB (service de renseignement russe) prĂ©sente une toute autre version des Ă©vènements. Selon le journal, l’alerte aurait Ă©tĂ© donnĂ©e quand Ă  15h 03 prĂ©cise, un avion « non identifié » a pĂ©nĂ©trĂ© dans l’espace aĂ©rien du pĂ©rimètre restreint de la « zone de vacances » du prĂ©sident amĂ©ricain.

La rĂ©action des services de protection d’Obama aurait encore Ă©tĂ© d’avantage prĂ©cipitĂ©e quand, quelques minutes plus tard, l’identitĂ© de cet avion, un bi-rĂ©acteur portant le numĂ©ro d’enregistrement N46F, a Ă©tĂ© Ă©tablie comme appartenant Ă  la Hunt Oil Company, et qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment liĂ© Ă  l’Agence centrale de renseignement (CIA), comme le confirme ce document.

Il n’est pas inutile de rappeler que le PDG de Hunt Oil, Ray L. Hunt, est un proche de George Bush senior, et membre du President’s Foreign Intelligence Advisory Board.

A noter aussi que, en avril 2009, George Bush junior a effectuĂ© un voyage au YĂ©men, dont les rĂ©serves de pĂ©trole sont estimĂ©es 10 milliards de barils, afin d’inaugurer une raffinerie de la… Hunt Oil Company. Cela alors que, depuis peu, le pĂ©trole yĂ©mĂ©nite reprĂ©sente 7% des sources d’approvisionnement de la Chine, et que les projets de Petrochina sont nombreux dans ce pays.

A la lumière de ces informations, ont serait tentĂ© de relier « l’attentat manqué » du vol Detroit-Amsterdam du 25 dĂ©cembre dernier avec ce qui ressemble a une mise en garde de la CIA et de ses commanditaires Ă  l’encontre du prĂ©sident Barack Obama, afin de le contraindre Ă  accĂ©lĂ©rer un processus d’ingĂ©rence militaire au YĂ©men, de sorte Ă  en accaparer les ressources en hydrocarbures.

Au soir du 28 dĂ©cembre, Barack Obama, a « rompu le silence qu’il observait depuis l’attentat manquĂ© sur le vol 253 le jour de NoĂ«l » pour s’adresser aux amĂ©ricains : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. »

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Spencer Delane

jan 07 2010

Le terroriste était un agent double

New-York Times

La bombe humaine qui a tué 7 agents de la CIA et un espion jordanien, la semaine passée (le 31 décembre, NdT), était, en fait, un agent double, retourné par al-Qaeda, qui avait été introduit dans la base Chapman, dans la province de Khost, au Sud de l’Afghanistan, parce que les Américains espéraient qu’il serait capable de livrer des membres de haut niveau du réseau al-Qaeda.

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Humam Khalid Muhammed, alias Dujana Khorasani (photographie diffusĂ©e par l’organe mĂ©diatique al-Fajr, liĂ© Ă  al-Qaeda)

Le terroriste avait été recruté par les services de renseignement jordaniens et envoyé en Afghanistan pour infiltrer al-Qaeda en se faisant passer pour un jihadiste étranger.

L’attentat contre la base de la CIA constitue un revers dévastateur pour les opérations de l’agence d’espionnage contre les groupes armés jihadistes dans les montagnes escarpées d’Afghanistan. Une équipe d’élite a été éliminée en utilisant une informateur disposant de sérieuses références jihadistes.  L’attentat balaie les espoirs de pénétrer les rangs supérieurs d’al-Qaeda, et apparaît également comme la mise en évidence de la facilité des recrutés à se retourner contre leurs commanditaires américains.

Elle peut virtuellement miner les relations entre la CIA et les services d’espionnage jordaniens, dont on dit que les responsables se sont portés garants pour le soit-disant informateur.

Le service jordanien, appelé le Directoire du Renseignement Général, est, depuis des années, l’un des plus proches et des plus utiles alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Dans une interview téléphonique, un porte-parole des Taliban pakistanais, a identifié le terroriste comme étant Humam Khalid Mohammed, un médecin jordanien. Des responsables occidentaux précisent qu’ils se trouvait en prison en Jordanie lorsqu’il a été recruté par les services jordaniens d’espionnage.

Le terroriste n’a pas été étroitement fouillé du fait de sa valeur perçue en tant que quelqu’un capable de guider les forces américaines contre de hauts dirigeants d’al-Qaeda, et parce que l’officier traitant du renseignement jordanien l’avait identifié comme un informateur potentiellement fiable.

Des responsables passés et actuels (de la CIA) ont raconté que, du fait de son expérience de médecin, il aurait été recruté pour s’approcher d’Ayman al Zawahiri, lui-même médecin égyptien et commandant en second d’al-Qaeda.

Les agents de la CIA se sont rendus de Kaboul à Khost pour une rencontre avec cet informateur, ce qui signifie que l’Agence en était arrivée à faire confiance à l’informateur et qu’il était devenu urgent d’apprendre ce qu’il était parvenu à glaner sur le terrain, selon un responsable de la CIA ayant une grande expérience en Afghanistan.

Un ancien responsable explique que le fait que les jihadistes soient capables de perpétrer un attentat avec un succès de cette ampleur démontre leur puissance subsistante, même après les nombreux tirs de missiles tirés par les drones de la CIA.

« Les opĂ©rations montĂ©es grâce Ă  un agent double sont vĂ©ritablement complexes. Le fait qu’ils aient pu rĂ©alisĂ© un tel coup montre qu’ils ne sont pas rĂ©ellement sur la dĂ©fensive. Ils conservent la possibilitĂ© de rĂ©pliquer et de programmer de telles opĂ©rations ».

La mort de l’officier traitant du renseignement jordanien, le Capitaine Sharif Ali Ben Zeid a été rapportée, durant les derniers jours par les responsables jordaniens, mais ils n’ont pas précisément confirmé où il avait été tué ni ce qu’il faisait en Afghanistan.

Les responsables du renseignement jordanien sont profondément embarrassés par l’attentat, parce qu’ils ont transféré l’informateur aux Américains.

D’après les responsables américains, les Jordaniens ont telle excellente reputation au sein de la communauté américaine du renseignement que l’informateur n’a pas été sondé avant d’entrer dans le camp retranché.

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CommuniquĂ© d’al-Qaeda revendiquant l’attentat (cliquer sur l’image pour l’agrandir)  traduction

Jarret Brachmann, auteur de “Jihadisme global : théorie et pratique” et consultant pour le gouvernement américain au sujet du terrorisme, a expliqué que Mohammed a utilisé le pseudo Abu Dujana al-Khorasani sur des forum internet et qu’il était une voix influente du Jihad sur la toile.

“Il est l’un des auteurs les plus revérés sur les forum jihadistes”, explique Brachman.

Dans beaucoup de posts publiés sous la signature de son pseudo, Mohammed employait un langage allusif nourri de références à la littérature et au Coran pour exprimer son soutien à tout emploi de la violence contre le rôle de meneur des Etats-Unis dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak.

M. Brachman raconte qu’al Fajr Media, qui est le réseau médiatique officiel d’al-Qaeda, a conduit une interview avec Abu Dujana al-Khorasani publié dans le magazine internet d’al-Qaeda, appelé l’avantgarde de Khorasan.

Le nom du terroriste a d’abord été rapporté par al Jazeera qui l’a identifié sous le nom de Humam Khalil abu-Mulalal-Balawi. Le réseau audiovisuel a exposé que Balawi avait été envoyé en Afghanistan pour aider à traquer al-Zawahiri.

L’attentat embarrasse aussi le gouvernement jordanien parce qu’il ne souhaite pas que la profondeur de sa coopĂ©ration avec la CIA soit rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  ses propres citoyens ni Ă  d’autres Arabes de la rĂ©gion.

Une déclaration officielle de l’agence de presse officielle jordanienne a mentionné que le Capitaine Zeid avait été tué en Afghanistan, mercredi”, alors qu’il remplissait « son devoir humanitaire avec le contingent jordanien des forces de paix des Nations-Unies”.

Les Etats-Unis et la CIA plus particulièrement, sont profondément impopulaires en Jordanie, où au moins la moitié de la population est d’origine palestinienne et où le soutien de Washington à Israël est vertement condamné.

Le Roi Abdallah II et son gouvernement, tout en travaillant étroitement avec Washington en matière d’opérations antiterroristes et en apportant un soutien stratégique pour les opérations en Irak, tente de garder secret la réalisation de ce travail.

Le Directoire du renseignement général a perçu des millions de $ de la CIA depuis l’invasion américaine en Irak, où l’agence d’espionnage jordanienne a joué un rôle central dans la campagne contre les insurgés irakiens.

Par le passĂ©, les responsables jordaniens ont frĂ©quemment critiquĂ© en privĂ© les services de renseignement amĂ©ricains, en disant qu’ils Ă©taient trop lourdement dĂ©pendants de la technologie et pas assez solides en matière d’agents capables d’opĂ©rations d’infiltration. En 2006, on a crĂ©ditĂ© les Jordaniens d’avoiir grandement contribuĂ© Ă  localiser et Ă  Ă©liminer Abu Mussab al-Zarqawi, dirigeant d’al-Qaeda en MĂ©sopotamie.

Des responsables actuels et passés du renseignement américain ont déclaré que la base de Khost était utilisée pour récolter des informations sur les réseaux terroristes de la région frontalière.

Les agents de la CIA de la base employaient ces informations pour programmer des frappes contre les dirigeants d’al-Qaeda et des Taliban, aux côtés des agents opérationnels de haut niveau du réseau Haqqani.

Les responsables américains ont fait pression sur le Gouvernement du Pakistan pour en finir avec le réseau Haqqani, dont les combattants ont une large influence sur différentes régions d’Afghanistan, incluant les provinces de Paktika, de Paktia et de Khost, et qui représentent une menace sérieuse pour les forces américaines.

Un autre ancien responsable de la CIA a déclaré que la présence de Zeid au sein de la base de Khost était un signe selon lequel l’agence de renseignement jordanienne employait un espion pour infiltrer les réseaux terroristes dans la région, et très certainement pour pénétrer les cellules de terroristes arabes d’al-Qaeda.

D’après lui, “Si l’officier traitant des renseignements jordaniens s’est porté garant pour ce type, la CIA a dû vouloir l’obtenir à tout prix au sein de sa base ».

Les dépouilles de 7 agents de la CIA sont arrivés par avion militaire, lundi à la base aérienne de Dover, où une cérémonie privée s’est déroulée, avec la présence de Léon E. Panetta, le directeur de la CIA, ainsi que par les membres des familles des agents tués.

Richard A. Oppel Jr, Mark Mazetti et Souad Mekhennet pour le New York Times (1)

Article traduit par Spencer Delane, pour Mecanopolis

1. Richard A. Oppel Jr. et Souad Mekhennet ont mené l’enquête depuis Islamabad, et Mark Mazzetti depuis Washington. Eric Schmitt a contribute au reportage depuis Washington, et Michael Slackman depuis Dubai, aux Emirats Arabes Unis. Nadia Taha a contribute aux recherché depuis New York.)