Category: Agenda Mondialiste

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

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Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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Reproduction autorisée avec indication des sources

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jan 27 2010

Réduction des populations, un tabou qui se fissure

Le 18 novembre dernier, à la veille du Sommet de Copenhague, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) publiait un rapport sur l’impact de la croissance démographique sur le climat.

A l’époque, Le Monde avait couvert ce rapport, « selon lequel la natalité galopante des pays en développement est l’un des principaux moteurs du réchauffement et l’un de ses premiers risques ». L’article du Monde mentionnait notamment qu’« une autre étude tout aussi récente citée par le Fnuap conclut qu’un dollar investi dans la planification familiale et l’éducation des filles réduit les émissions de gaz à effet de serre au moins autant qu’un dollar dépensé dans l’énergie éolienne ». Malgré les avertissements du FNUAP, le sujet démographique semble cependant être encore tabou. C’est en tout cas ce que regrette amèrement Tom Levitt, journaliste à The Ecologist, dans un article intitulé « Climat : stabiliser la population mondiale » et paru dans le dernier numéro de L’Ecologiste. Il regrette en effet que « les politiques et même certaines grandes associations écologistes ne veulent pas soulever le problème » de la croissance démographique.

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En fait, ce n’est pas qu’elles soient en désaccord, mais c’est une question de tactique. Ainsi, pour Tom Picken, des Amis de la Terre, cité par Levitt, « aborder le problème par le biais de l’inégalité dans l’accès aux ressources est la façon la plus efficace de réduire les émissions globales ». Interrogé aussi par The Ecologist, « Greenpeace dit (…) que toute tentative de mettre le sujet de la population sur la table serait contreproductif ». Par ailleurs, Yvo de Boer, le responsable de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique « est réticent à aborder le sujet ». Même s’il admet que « la pression démographique est un facteur majeur dans l’augmentation des gaz à effet de serre », Yvo de Boer estime qu’une politique de réduction démographique « mène sur des terrains mouvants en matière morale ». Mais Tom Levitt ne désespère pas pour autant de voir ce tabou levé. Il mentionne le rapport 2008 « Planète Vivante » du WWF et les travaux de l’Optimum Population trust qui, tous deux, ne s’embarrassent pas de considérations morales sur la réduction de la population mondiale. Tom Levitt conclut en affirmant que « la prise de conscience progresse », mentionnant à titre d’exemple John Beddington, nouveau conseiller du gouvernement britannique, qui a récemment évoqué le problème de la croissance démographique.

Et en France…

Aujourd’hui, rares sont ceux qui en France s’avancent sur cette question polémique de la démographie. Dans la tradition de René Dumont, qui déclarait en 1999 que « le XXe siècle est un siècle maudit. Il n’y a jamais eu autant de conneries que durant ce siècle. La première étant l’explosion démographique. », on trouve évidemment la revue L’Ecologiste, mais aussi le député Vert Yves Cochet, l’eurodéputé Europe Ecologie Jean-Paul Besset ou encore le nouvel allié d’Europe Ecologie : Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI). En effet, dans un communiqué du 24 novembre 2009 concernant le rapport du FNUAP, le MEI « qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l’importance du facteur démographique dans la crise écologique, se réjouit de cette prise de position, qui brise le tabou démographique, au plus haut niveau des instances internationales ». Dans ce même communiqué, le MEI « rappelle la position de René Dumont qui est la sienne », en reproduisant une citation de l’agronome écologiste qui conclut : « Des mesures limitatives autoritaires vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres. » Rajoutons que le MEI avait organisé en août 2009 un séminaire sur la démographie et que, dans un texte sur cette thématique, Antoine Waechter affirmait : « Pour stabiliser au niveau de 2005 l’impact de l’Humanité sur les ressources et les écosystèmes de la Terre, tout en permettant à chacun de vivre selon les standards français, la population devrait se réduire à 1,7 ou 2 milliards d’individus. » Réduire la population mondiale de 5 milliards d’individus, en voilà un projet ambitieux !

Enfin, sur le site « planète attitude, la communauté du WWF en France », Michel Tarrier, naturaliste et chroniqueur à la revue du WWF France, a créé un groupe « démographie responsable » dans lequel les débats sur la surpopulation sont absolument décomplexés. Tarrier n’hésite pas à dire qu’« il faut réhabiliter Malthus » ou que « le WWF est une ONG éco-malthusienne parce que lucide et bienveillante ». Il faut dire que Michel Tarrier connaît bien le sujet puisqu’il est l’auteur, avec sa fille Daisy (responsable des partenariats au WWF France), du livre Faire des enfants tue…

Source : Egalité et Réconciliation

nov 24 2009

Récapitulatif des implications du Traité de Lisbonne

Étant donnĂ© que l’on a beaucoup parlĂ© du traitĂ© de Lisbonne au cours de ces deux dernières annĂ©es, mais que l’on a nettement moins souvent exposĂ© son contenu, je vous propose cette synthèse non-exhaustive de ses implications, en espĂ©rant que cela aide certains Ă  avoir un point de vue plus clair sur ce traitĂ©.

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Rappel de la nature du traité de Lisbonne et bref historique de sa ratification:

D’après ValĂ©ry Giscard d’Estaing, il ne s’agit que d’une « pâle copie » du TraitĂ© Ă©tablissant une Constitution pour l’Europe [aussi nommĂ© TraitĂ© de Rome, rejetĂ© en 2004], dans laquelle seule la forme a Ă©tĂ© changĂ©e, mais pas le contenu :

« La conclusion vient d’elle-mĂŞme Ă  l’esprit. Dans le traitĂ© de Lisbonne, rĂ©digĂ© exclusivement Ă  partir du projet de traitĂ© constitutionnel, les outils sont exactement les mĂŞmes. Seul l’ordre a Ă©tĂ© changĂ© dans la boĂ®te Ă  outils. La boĂ®te, elle-mĂŞme, a Ă©tĂ© redĂ©corĂ©e, en utilisant un modèle ancien, qui comporte trois casiers dans lesquels il faut fouiller pour trouver ce que l’on cherche. »

Il affirme toutefois : « Au lieu d’être de tonalité constitutionnelle, il modifie les anciens traités, ce qui constitue une différence fondamentale. »

Selon Bertie Ahern, Premier ministre de la RĂ©publique d’Irlande, « 90 % [de la Constitution] est toujours là… ces changements n’ont apportĂ© aucune modification spectaculaire Ă  l’accord de 2004. », signifiant que 90 % des dĂ©cisions du TraitĂ© de Rome seront toujours prĂ©sentes, notamment le transfert de certaines compĂ©tences Ă  l’Union europĂ©enne (dont une partie de la politique Ă©trangère).

L’extension de la règle de la majoritĂ© qualifiĂ©e puis de la double majoritĂ© (calculĂ©es selon le poids dĂ©mographique des États) demandant un nombre important d’États pour modifier un article ayant trait Ă  l’Union europĂ©enne, n’empĂŞchera pas l’Union d’Ă©voluer, mais bloquera toute tentative de modification d’actes dĂ©jĂ  adoptĂ©s (notamment de nombreux projets d’ordre Ă©conomiques, politiques ou sĂ©curitaires).

Genèse du traité:

En raison du rejet par référendum, en 2005, du traité de Rome de 2004 par la majorité des électeurs français et néerlandais, une période dite de réflexion s’était ouverte. En janvier 2007, alors qu’elle prenait la présidence de l’Union européenne, l’Allemagne a déclaré cette période close.

En mars 2007, lors des célébrations du 50e anniversaire des traités de Rome de 1957, une déclaration de Berlin a été signée afin de donner un nouvel élan à la construction européenne, avant les élections du Parlement européen, en juin 2009.

Ă€ la suite du rejet rĂ©fĂ©rendaire, un groupe Amato (ComitĂ© d’action pour la dĂ©mocratie europĂ©enne, prĂ©sidĂ© par Giuliano Amato, officiellement en anglais Action Committee for European Democracy, ACED), composĂ© de « sages » et soutenu par la Commission Barroso, a travaillĂ© de façon non-officielle, en réécrivant le traitĂ©. Le 4 juin 2007, le groupe arrĂŞta un texte en français, constituĂ© aux trois quarts de l’ancien TraitĂ© constitutionnel auquel quelques modifications ont Ă©tĂ© rajoutĂ©es. Il a Ă©tĂ© certes allĂ©gĂ© en Ă©paisseur, non en contenu.

Le Parlement européen a approuvé le 20 février 2008 le traité à une très forte majorité :

525 votes favorables (82 %), 115 défavorables, 29 abstentions

Processus de ratification:

Les quatre premiers États Ă  avoir ratifiĂ© le traitĂ© font partie des pays adhĂ©rents rĂ©cents Ă  l’Union europĂ©enne : la Hongrie, Malte et la SlovĂ©nie parmi les Etats entrĂ©s en 2004 dans l’Union europĂ©enne ; la Roumanie entrĂ©e en 2007.

En France : après le rejet par 55 % des français du rĂ©fĂ©rendum sur la Constitution en 2004, la France n’a pas proposĂ© de nouveau rĂ©fĂ©rendum Ă  ses citoyens au motif que ce nouveau traitĂ© n’est pas une Constitution europĂ©enne. Une rĂ©vision de la Constitution française, effectuĂ©e par la voie du Congrès le 4 fĂ©vrier 2008, a permis la ratification du traitĂ© lui-mĂŞme par la voie parlementaire le 8 fĂ©vrier.

L’Irlande:

Un premier référendum qui a lieu en Irlande le 12 juin 2008 aboutit au rejet du traité de Lisbonne par 53,4 % des voix.

Au 6 mai 2009, un seul État n’avait pas encore ratifiĂ© le traitĂ©. Il s’agissait de l’Irlande, pourtant membre de la zone euro. C’est le seul pays Ă  s’ĂŞtre prononcĂ© par la voie rĂ©fĂ©rendaire, du fait de sa constitution qui l’oblige Ă  consulter la population. Des dĂ©marches ont toutefois Ă©tĂ© entreprises pour l’amener Ă  revoter sur ce traitĂ©.

Le prĂ©sident du Parlement europĂ©en, Jerzy Buzek, s’est rendu en Irlande le 8 septembre. « Ce rĂ©fĂ©rendum n’est pas un test de popularitĂ© de votre gouvernement, il concerne notre avenir commun dans l’Union europĂ©enne »

Le 19 septembre, JosĂ© Manuel Barroso a fait « un geste » en direction de l’Irlande en proposant le vote d’une aide de 14,8 millions € pour la reconversion des 2 400 salariĂ©s de l’usine Dell de Limerick rĂ©cemment licenciĂ©s. « L’Union europĂ©enne est fondĂ©e sur la solidaritĂ©. Notre rĂ©ponse naturelle est de venir en aide Ă  ceux qui connaissent des difficultĂ©s » a-t-il dĂ©clarĂ©.

Un nouveau rĂ©fĂ©rendum a Ă©tĂ© organisĂ© le 2 octobre 2009. L’Irlande, qui connait depuis un an une grave crise Ă©conomique, notamment du fait de l’ampleur de sa crise immobilière, a Ă©tĂ© aidĂ©e par l’UE. Les Irlandais ont votĂ© en grande majoritĂ© pour le oui, avec 67,13% des voix au rĂ©fĂ©rendum.

« Il est Ă©vident qu’un 2ème vote « non » au traitĂ© de Lisbonne aurait des consĂ©quences sĂ©rieuses et dommageables pour l’Irlande, surtout maintenant que nos partenaires nous ont accordĂ© ce que nous demandions » a dĂ©clarĂ© le Premier ministre Brian Cowen.

La République Tchèque:

Le gouvernement tchèque a dĂ©jĂ  signĂ© le traitĂ© de Lisbonne et les deux chambres du Parlement l’ont ratifiĂ©. Mais cette ratification devait ĂŞtre promulguĂ©e par le PrĂ©sident Vaclav Klaus, rĂ©putĂ© eurosceptique. Des recours contre le texte approuvĂ© par le Parlement Ă©taient possibles de la part de certains sĂ©nateurs ODS, sĂ©nateurs qui ont in fine attaquĂ© le texte devant la Cour constitutionnelle tchèque en septembre 2009. Le 9 octobre, Klaus demande Ă  la prĂ©sidence suĂ©doise de tenir compte du fait que les dĂ©crets Beneš pourraient ĂŞtre remis en cause sur la base du traitĂ© de Lisbonne et notamment de la Charte des droits fondamentaux qu’il contient. Le 14 octobre 2009, M. Klaus dĂ©clare Ă  Moscou qu’il n’est pas prĂŞt Ă  revenir sur les objections qu’il a formulĂ©es Ă  l’encontre du traitĂ© de Lisbonne : « J’ai expliquĂ© que je crains et que je ne suis pas seul Ă  craindre un approfondissement de l’intĂ©gration de l’Union europĂ©enne. Pour moi c’est une chose d’importance vitale. Ă€ mon avis, les conditions que j’ai formulĂ©es pour signer l’accord sont sĂ©rieuses et l’idĂ©e que je peux oublier mes objections est mal fondĂ©e » tandis que JosĂ© Manuel Barroso l’exhorte Ă  ne pas prendre le reste de l’Europe en otage et Ă  respecter « les valeurs et principes » de l’Union europĂ©enne.

14.10.2009 Journal « HospodárskĂ© Noviny »: Courrier International:

La RĂ©publique tchèque est le dernier pays Ă  n’avoir pas ratifiĂ© le traitĂ© de Lisbonne. Le prĂ©sident Vaclav Klaus, un eurosceptique, rechigne Ă  signer le texte, dĂ©jĂ  votĂ© par le Parlement. Au sein du pays, on cherche la parade. Alena Gajduskova, la vice-prĂ©sidente du SĂ©nat, suggère de destituer Klaus pour trahison.

14.10.2009 @Novinky.cz: La sénatrice Gajdůšková veut se débarrasser des pouvoirs de Klaus.La Vice-Présidente du Sénat Alena Gajdùskovâ est prête à proposer que le Président Václav Klaus soit privé de pouvoirs. Le document de ratification pourrait alors être signé par le Premier ministre Jan Fischer, qui prendrait les pouvoirs du président.

« Si la Cour constitutionnelle dĂ©cide que le traitĂ© de Lisbonne est conforme Ă  la Charte des Droits et LibertĂ©s et si le PrĂ©sident continue de soutenir que la ratification ne peut ĂŞtre signĂ©, Vaclav Klaus ne peut donc plus exercer son mandat conformĂ©ment Ă  l’article 66 de la Constitution qui dit que si le prĂ©sident ne peut exercer son autoritĂ©, sa compĂ©tence en matière de traitĂ©s internationaux passe au Premier ministre » a-t-elle dĂ©clarĂ©.

Au début de décembre 2008, le président tchèque a pu se rendre compte de la manière dont l’UE traitait ceux qui ne veulent pas se soumettre aux diktats de Berlin, Paris, Londres et Bruxelles. Un groupe de députés du Parlement européen est allé le voir et l’a forcé à publier, après la rencontre, le procès-verbal de leurs entretiens.2 On peut y lire notamment les propos du parlementaire Daniel Cohn-Bendit: «Votre avis sur le Traité de Lisbonne ne m’intéresse pas. Vous allez devoir le ratifier. En outre, je veux que vous m’expliquiez le degré de votre amitié avec Monsieur Ganley [le chef du parti irlandais Libertas dont la campagne a considérablement contribué au succès du non lors du référendum de mai 2008]. Comment pouvez-vous rencontrer un homme dont on ne sait pas qui le finance ? Etant donné votre fonction, vous ne deviez pas le rencontrer.»

Le président tchèque a réagi d’une manière très compréhensible: «Depuis 6 ans [depuis qu’il est président], personne ne m’a jamais parlé sur ce ton. Nous ne sommes pas sur les barricades de Paris. Je croyais que ces méthodes avaient cessé pour nous il y a 19 ans. Je vois que je me suis trompé. […] Je ne me doutais pas qu’une telle chose était possible. Je n’avais pas vécu cela depuis 19 ans. Je croyais que cela appartenait au passé, que nous vivions en démocratie, mais l’UE fonctionne vraiment comme une post-démocratie. Vous avez parlé de valeurs européennes. Ce sont avant tout la liberté et la démocratie et c’est surtout à ces valeurs que sont attachés les citoyens de l’UE, mais aujourd’hui elles disparaissent de plus en plus.»

Le 17 octobre, il dĂ©clare toutefois lors d’un entretien au LidovĂ© noviny qu’il pourrait sans doute signer le traitĂ© dans le mois qui vient mĂŞme s’il demeure opposĂ© Ă  ce texte : « Au train oĂą vont les choses, c’est-Ă -dire très vite, il n’est plus possible d’arrĂŞter le traitĂ© ni de faire marche arrière, quand bien mĂŞme certains d’entre nous le voudrions » et « Je n’ai jamais dit qu’il Ă©tait nĂ©cessaire que ma note de bas de page soit ratifiĂ©e par l’ensemble des États membres, ce qui impliquerait que l’on recommence tout le processus de ratification de Lisbonne ».

Le 3 novembre, la Cour constitutionnelle tchèque donne son feu vert pour poursuivre la dernière Ă©tape de ratification malgrĂ© une plainte d’un groupe de sĂ©nateurs, proches du prĂ©sident, qui entendaient faire vĂ©rifier qu’il Ă©tait bien conforme Ă  la loi fondamentale tchèque. Quelques heures plus tard, Vaclav Klaus signe finalement le traitĂ©.


Allocution de Vaclav Klaus au Parlement européen
 
  
 
La Pologne:

De son cĂ´tĂ©, en Pologne, le PrĂ©sident Lech KaczyĹ„ski, conservateur, avait dĂ©clarĂ© le 1er juillet 2008 que le rejet du texte par les Ă©lecteurs irlandais lors d’un rĂ©fĂ©rendum le 12 juin rendait « inutile » sa ratification, pourtant acceptĂ©e Ă  une large majoritĂ© (380+77 oui, 54+17 non) par le parlement en avril. Le prĂ©sident polonais Lech KaczyĹ„ski avait finalement signĂ© le traitĂ© le 10 octobre 2009, comme il avait promis de le faire en cas de « oui » irlandais. Le traitĂ© de Lisbonne avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© ratifiĂ© par le Sejm et le SĂ©nat polonais.

1) Éléments essentiels du traité de Lisbonne:

       Que contient le traité de Lisbonne ?

  • Il permet d’accueillir de nouveaux États membres afin d’approfondir le projet de rĂ©conciliation europĂ©enne engagĂ© au dĂ©but des annĂ©es 50 ;
  • Concernant les dispositions institutionnelles (partie 1 de la « Constitution »), le traitĂ© de Lisbonne retient les dispositions suivantes :

⒠octroi de la personnalité juridique à l’Union ;

â’ fusion des trois piliers ;

⒠nouvelle règle de la double majorité

⒠affirmation du principe de codécision entre le Parlement européen et le Conseil des ministres comme procédure législative ordinaire ;

⒠présidence stable du Conseil européen (pendant 2 ans et demi) renouvelable une fois ;

⒠création du poste de « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » ;

⒠droit d’initiative citoyenne ;

⒠renforcement de la démocratie participative, etc.

- obtiention d’une personnalitĂ© juridique, qui donne la capacitĂ© de contracter, notamment d’être partie d’une convention internationale ou d’être membre d’une organisation internationale.

Piliers de l’Union européenne

Le Traité de Maastricht a organisé l’Union européenne autour de trois piliers :

  • Premier pilier : le pilier communautaire qui correspond aux trois communautĂ©s :

⒠la Communauté européenne (CE).

â’ la CommunautĂ© europĂ©enne de l’Ă©nergie atomique (EURATOM).

â’ et l’ancienne CommunautĂ© europĂ©enne du charbon et de l’acier (CECA), qui avait Ă©tĂ© créée pour 50 ans et qui n’existe plus depuis le 22 juillet 2002.

  • Deuxième pilier : le pilier consacrĂ© Ă  la politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© commune.
  •  Troisième pilier : le pilier consacrĂ© Ă  la coopĂ©ration policière et judiciaire en matière pĂ©nale.

Le système de double majorité

Les dispositions relatives Ă  l’extension de la nouvelle règle de la double majoritĂ© Ă  un nombre croissant de domaines (par exemple les visas et le contrĂ´le de la circulation des Ă©trangers, le système commun d’asile, la politique commune de l’immigration et encore la coopĂ©ration judiciaire en matière pĂ©nale, etc.) sont reprises de la partie 3 de la Constitution. Jusqu’Ă  maintenant, la majoritĂ© qualifiĂ©e est dĂ©finie selon un système complexe de pondĂ©ration des voix selon lequel les États membres bĂ©nĂ©ficient d’un certain nombre de voix, pour une large part en fonction de leur poids dĂ©mographique. Le traitĂ© de Lisbonne y substituera un système fondĂ© sur une double majoritĂ© d’États et de population, selon lequel une « loi » sera adoptĂ©e au sein du Conseil si elle obtient au moins l’accord de 55% des États de l’Union (soit 15 États membres dans une Union composĂ©e de 27 États membres) reprĂ©sentant au moins 65% de la population de l’Union.

Le traité de Lisbonne prévoit l’extension du vote à la majorité qualifiée à 33 nouveaux articles. Avec les 63 articles qui relèvent déjà de la majorité qualifiée, 96 articles sont désormais concernés par le vote à la majorité qualifiée.

Pour ce qui concerne les dispositions concernant la procédure de révision, la règle de l’unanimité est maintenue.

Néanmoins, le traité de Lisbonne prévoit des possibilités d’adaptation des traités, permettant d’éviter des procédures de révision lourdes :

  • les « clauses passerelles » (qui permettent au Conseil europĂ©en de dĂ©cider – Ă  l’unanimitĂ© et sauf en matière de dĂ©fense – le passage au vote dans tel ou tel domaine Ă  la majoritĂ© qualifiĂ©e).
  • les « clauses de flexibilitĂ© » pour Ă©tendre les compĂ©tences de l’Union.

2) Le traitĂ© de Lisbonne n’est plus la « Constitution europĂ©enne »

La « Constitution européenne » proposait d’abroger l’ensemble des traités actuels et de les remplacer par un texte unique dont la vocation constitutionnelle était affirmée. Le traité de Lisbonne se borne à modifier les traités existants, d’où le nom de « traité modificatif » ou « réformateur ».

Une commission réduite

La Commission européenne conserve un rôle central.

Après l’entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne :

  • La première Commission investie (2009-2014) comprendra, comme c’est le cas aujourd’hui, un commissaire issu de chaque État membre.
  • Ă€ partir de 2014, le nombre de commissaires correspondra aux deux tiers des États

membres (soit 18 dans une Union composée de 27 États membres). Les membres seront sélectionnés selon un système de rotation égalitaire entre les États.

L’innovation la plus importante réside dans la création d’une présidence stable. Comme le Parlement européen et comme la Commission, le Conseil européen aura un président à plein temps, qui ne pourra pas exercer de mandat national. Il sera élu à la majorité qualifiée par le Conseil européen pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois.

Le président du Conseil européen :

  • donne une voix et un visage Ă  l’Union europĂ©enne ;
  • assure la reprĂ©sentation de l’Union sur la scène internationale ;
  • prĂ©side et coordonne les travaux du Conseil europĂ©en.

Un nouveau mode de décision au conseil des ministres

Le Conseil des ministres des États membres de l’Union (qui comprend différentes formations en fonction des secteurs concernés comme l’économie et les finances, l’agriculture, etc.) a pour rôle principal de voter les actes de l’Union européenne.

La règle de vote est modifiée.

En effet, à la différence du Parlement européen, où l’on vote à la majorité simple, la règle de vote au Conseil prend en compte le poids respectif de chaque État de manière à ce que les « lois » votées reflètent à la fois la volonté de la majorité des citoyens européens mais aussi la réalité du poids des États membres de l’Union. C’est ce que l’on appelle la « double majorité » des États et des citoyens.

Un haut reprĂ©sentant de l’Union pour les affaires Ă©trangères et la politique de sĂ©curitĂ©

Le traité de Lisbonne crée un Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

  • Il fusionnera les fonctions actuelles de Haut reprĂ©sentant de l’Union europĂ©enne pour la politique Ă©trangère et de sĂ©curitĂ© commune (poste occupĂ© aujourd’hui par Javier Solana) et de Commissaire europĂ©en chargĂ© des relations extĂ©rieures (poste occupĂ© actuellement par Benita Ferrero-Waldner)
  • NommĂ© par le Conseil europĂ©en et investi par le Parlement europĂ©en, il sera Vice-PrĂ©sident de la Commission europĂ©enne et prĂ©sidera le Conseil des affaires Ă©trangères du Conseil des ministres.

Le Parlement européen: une institution encore plus influente

Les pouvoirs du Parlement européen sont étendus :

  • Les pouvoirs du Parlement sont renforcĂ©s en matière lĂ©gislative, budgĂ©taire mais aussi de contrĂ´le politique.
  • Le Parlement investit le PrĂ©sident de la Commission sur proposition du Conseil europĂ©en, « en tenant compte des Ă©lections du Parlement europĂ©en ».

En matière législative:

- Extension de la procédure de codécision législative (Conseil des ministres et Parlement) à près de 50 nouveaux domaines. Cette procédure donne au Parlement européen des pouvoirs législatifs comparables à ceux du Conseil des ministres.

- Cette procĂ©dure est principalement appliquĂ©e aux domaines de compĂ©tences actuels de l’Union europĂ©enne (marchĂ© intĂ©rieur et gouvernance Ă©conomique en particulier) et aux quelques compĂ©tences nouvelles qui lui sont attribuĂ©es. Dans ce dernier cas, on peut par exemple noter que les pouvoirs lĂ©gislatifs du Parlement europĂ©en portent dĂ©sormais sur le contrĂ´le des personnes aux frontières, aux dispositions rĂ©gissant l’accueil et le traitement des demandeurs d’asile, ainsi qu’à la lutte contre l’immigration clandestine.

En matière budgétaire:

- Le Parlement europĂ©en se voit reconnaĂ®tre un droit de dĂ©cision Ă©gal Ă  celui du Conseil des ministres, notamment pour l’adoption de l’ensemble du budget annuel (alors que le Conseil a aujourd’hui le dernier mot sur les dĂ©penses dites « obligatoires » qui reprĂ©sentent une large part du budget europĂ©en et notamment les dĂ©penses agricoles). Avec le traitĂ© de Lisbonne, le Parlement europĂ©en, qui est la seule institution de l’Union Ă  ĂŞtre Ă©lue au suffrage universel direct, voit donc ses pouvoirs et son poids politique fortement accrus au sein du « triangle institutionnel » (la Commission, le Conseil des ministres et le Parlement europĂ©en). Le traitĂ© de Lisbonne clarifie le partage des pouvoirs entre l’Union europĂ©enne et les États membres. Il apporte une rĂ©ponse Ă  la question « Qui fait quoi ? » dans l’Union europĂ©enne, ce qui renforce la responsabilitĂ© des diffĂ©rents niveaux de pouvoir.

Le Compromis de Ioannina

La nouvelle règle de vote issue du traitĂ© de Lisbonne (la double majoritĂ©) ne s’appliquera qu’en 2014, voire en 2017.

En effet, afin de rallier dĂ©finitivement la Pologne au cours de la nĂ©gociation, un dispositif transitoire (compromis de Ioannina, qui tire son nom d’une rĂ©union informelle des ministres des Affaires Ă©trangères Ă  Ioannina, en Grèce, en 1994) a Ă©tĂ© prĂ©vu, par lequel si les États membres qui s’opposent Ă  un texte franchissent un certain seuil significatif tout en Ă©tant insuffisant pour bloquer la dĂ©cision (1/3 des États membres ou 25% de la population), l’ensemble des États membres s’engagent Ă  rechercher une solution pour rallier les opposants tout en se rĂ©servant la possibilitĂ© de passer Ă  tout moment au vote.

Quels principes de partage des compétences ?

Le partage des compétences entre l’Union européenne et les États membres est établi ainsi :

  • L’Union dispose des compĂ©tences que les États lui attribuent dans le TraitĂ© de Lisbonne ;
  • Toutes les autres compĂ©tences continuent d’appartenir aux États.

Le traité de Lisbonne distingue trois grandes catégories de compétences :

  • Les compĂ©tences exclusives de l’Union dans les domaines oĂą celle-ci lĂ©gifère seule :

⒠Union douanière ;

⒠Établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur ;

⒠Politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ;

⒠Conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique  commune de la pêche ;

â’ Politique commerciale commune ;

⒠Conclusion d’un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte législatif de l’Union, ou est nécessaire pour lui permettre d’exercer sa compétence interne, ou dans la mesure où elle est susceptible d’affecter des règles communes ou d’en altérer la portée.

  • Les compĂ©tences partagĂ©es entre l’Union et les États membres, les États exerçant leur compĂ©tence dans la mesure oĂą l’Union n’a pas exercĂ© la sienne :

⒠Marché intérieur ;

⒠Politique sociale, pour les aspects définis dans le présent traité ;

⒠Cohésion économique, sociale et territoriale ;

⒠Agriculture et la pêche, à l’exclusion de la conservation des ressources biologiques de la mer ;

â’ Environnement ;

â’ Protection des consommateurs ;

â’ Transports ;

⒠Réseaux transeuropéens ;

⒠Énergie ;

⒠Espace de liberté, de sécurité et de justice ;

⒠Enjeux communs de sécurité en matière de santé publique, pour les aspects définis dans le traité de Lisbonne ;

⒠Recherche, développement technologique, espace ;

⒠Coopération au développement et aide humanitaire.

  • Enfin, les domaines oĂą les États membres demeurent totalement compĂ©tents mais oĂą l’Union peut mener des actions d’appui ou de coordination (excluant toute harmonisation) du point de vue de l’aspect europĂ©en de ces domaines :

⒠Protection et amélioration de la santé humaine ;

â’ Industrie ;

â’ Culture ;

â’ Tourisme ;

⒠Éducation, formation professionnelle, jeunesse et sport ;

â’ Protection civile ;

⒠Coopération administrative.

Notons que les États coordonnent leurs politiques économiques et celles de l’emploi au sein de l’Union et que la politique étrangère et de sécurité commune bénéficie d’un régime spécifique.

Au niveau économique

Avant le traité de Lisbonne (Avec le traité de Nice – 2001):

  • Politique monĂ©taire :

- La Banque centrale européenne (BCE) est compétente pour les États de la zone euro.

- Chacun des États non membres de la zone euro reste seul compétent de sa politique monétaire.

  • Politiques budgĂ©taire et fiscale :

- Les États membres sont seuls compétents.

- Ils sont néanmoins tenus de coordonner leurs politiques avec les autres États membres et de veiller au respect des règles du pacte de stabilité et de croissance.

Les apports du traité de Lisbonne :

  • Les modifications sont peu nombreuses mais elles consacrent l’existence officielle de l’Eurogroupe. La structuration des liens des États membres ayant adoptĂ© l’euro est clarifiĂ©e afin de coordonner plus Ă©troitement leurs politiques Ă©conomiques budgĂ©taires et fiscales.

Eurogroupe

L’Eurogroupe est une rĂ©union mensuelle informelle des ministres de l’économie et des finances des États membres de la zone euro. Ces rĂ©unions leur permettent de se concerter, notamment en matière de politique budgĂ©taire.

Il est présidé depuis le 1er janvier 2005 par Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg.

Vers une politique de défense européenne

Le traitĂ© de Lisbonne comprend des avancĂ©es importantes en matière de « politique de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense commune » et constitue un pas essentiel vers le dĂ©veloppement d’une dĂ©fense europĂ©enne.

  • Il introduit une « clause de dĂ©fense mutuelle »: si l’un des États membres de l’Union europĂ©enne fait l’objet d’une agression, les autres ont un devoir d’assistance Ă  son Ă©gard.
  • Il introduit Ă©galement une « clause de solidaritĂ© »: elle assigne Ă  l’Union et Ă  chaque État membre le devoir de porter assistance, par tous les moyens, Ă  un État membre touchĂ© par une catastrophe d’origine humaine ou naturelle ou par une attaque terroriste.
  • Il Ă©tend aussi les possibilitĂ©s d’actions de l’Union Ă  la lutte contre le terrorisme, aux missions de prĂ©vention des conflits, aux missions de stabilisation postconflit, etc.
  • Il introduit la « coopĂ©ration structurĂ©e permanente », ouverte aux États qui s’engageront Ă  participer aux principaux programmes europĂ©ens d’Ă©quipement militaire et Ă  fournir des unitĂ©s de combat immĂ©diatement disponibles pour l’Union europĂ©enne.
  • Il consacre l’existence de l’Agence europĂ©enne de dĂ©fense, dans la perspective de dĂ©velopper une rĂ©elle politique europĂ©enne de l’armement et de coordonner l’effort d’Ă©quipement des diffĂ©rentes armĂ©es nationales, ce qui constitue une innovation importante.

Le traitĂ© de Lisbonne Ă©tend son champ d’activitĂ© aux questions industrielles et commerciales dans le domaine de l’armement. Ces États seront ainsi en mesure de remplir les missions militaires les plus exigeantes pour le compte de l’Union europĂ©enne, en particulier pour rĂ©pondre Ă  des demandes des Nations Unies.

Passage controversé concernant la peine de mort

L’article 2 («droit à la vie») de la nouvelle Charte des droits fondamentaux dispose que «nul ne peut être condamné à la peine de mort ni exécuté.» Cela paraît incontestable, mais dans un passage en petits caractères on trouve les exceptions:

«La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire:

a)    pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b)    pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue;
c)    pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.
»

3) Les nominations du prĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en, du Haut reprĂ©sentant et du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Union europĂ©enne:

La prĂ©sidence suĂ©doise de l’Union europĂ©enne a ouvert, le jeudi 19 novembre au soir, le dĂ®ner de travail des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union en proposant la dĂ©signation du premier ministre belge au poste de prĂ©sident permanent du Conseil, et celle de la Britannique Catherine Ashton comme chef de la diplomatie. Cette proposition a Ă©tĂ© soumise pour approbation aux 27 dirigeants europĂ©ens Ă  l’occasion d’un tour de table. La dĂ©cision est tombĂ©e rapidement car aucune voix ne s’est Ă©levĂ©e contre cette proposition.

Herman Van Rompuy:

La presse belge le cite comme l’un des favoris sollicitĂ©s par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union europĂ©enne pour devenir le premier prĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en, et Ă©voque les problèmes de gouvernement que son dĂ©part poserait Ă  la Belgique.

Herman Van Rompuy

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, membre italien (MEP Ligue du Nord) du parlement europĂ©en Ă©voque la possibilitĂ© que les candidats aux postes de prĂ©sident et ministre des Affaires Ă©trangères, comme Jan Peter Balkenende, David Miliband, Herman Van Rompuy parmi d’autres, pourraient ĂŞtre ceux des « groupes occultes » Bilderberg et Commission TrilatĂ©rale et non simplement ceux des forces politiques des pays. Le lendemain, Herman Van Rompuy se rend au Château de Val Duchesse pour une rĂ©union du Groupe Bilderberg oĂą il donne, dans un discours, sa vision quant Ă  la gouvernance de l’Europe. Il y exprime l’idĂ©e selon laquelle l’Europe devrait ĂŞtre fĂ©dĂ©raliste Ă  l’image des États-Unis, et devrait pouvoir prĂ©lever un impĂ´t au niveau europĂ©en.

L’exercice de cette fonction commence thĂ©oriquement le 1er dĂ©cembre 2009, date d’entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne. Selon ce traitĂ©, le prĂ©sident permanent ne peut assumer de mandat national le temps de sa prĂ©sidence. Herman Van Rompuy doit donc quitter son poste de Premier ministre le 30 novembre au plus tard. Exceptionnellement, de manière Ă  permettre au Premier ministre suĂ©dois (prĂ©sident tournant du Conseil europĂ©en jusqu’au 31 dĂ©cembre 2009) de terminer son mandat, il est dĂ©cidĂ© qu’Herman Van Rompuy dĂ©butera son mandat au 1er janvier 2010.

« L’horloger des compromis impossibles » est nommĂ© le 19 novembre 2009 au poste de premier prĂ©sident permanent, en mĂŞme temps que les deux autres titulaires des nouveaux postes créés par l’Union : le Haut reprĂ©sentant (Catherine Ashton) et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Union europĂ©enne (Pierre de Boissieu).

« Il n’est encore jamais arrivĂ© que des nĂ©gociations n’aboutissent pas Ă  l’adhĂ©sion de l’État en question Ă  l’Union europĂ©enne et cela n’arrivera pas non plus cette fois-ci. » ; intĂ©grer la Turquie, « pays important pour l’Europe », pose la question de l’attitude Ă  adopter pour d’autres pays comme l’Ukraine par exemple ; « L’Ă©largissement Ă  la Turquie n’est en rien comparable aux prĂ©cĂ©dentes vagues d’Ă©largissement. La Turquie n’est pas l’Europe et ne le sera jamais. Dire que l’Europe chrĂ©tienne est opposĂ©e Ă  cet Ă©largissement, c’est travestir la vĂ©ritĂ©. L’on peut en effet dire la mĂŞme chose d’autres familles et groupes politiques dans d’autres pays. Le fait est que l’adhĂ©sion d’un grand pays islamique comme la Turquie entraĂ®nera une dilution des valeurs universelles sur lesquelles l’Europe repose et qui jouent par ailleurs un rĂ´le fondamental dans la doctrine chrĂ©tienne. »

« L’Europe est une Union de valeurs. C’est pourquoi nous avons la responsabilitĂ© de jouer un rĂ´le important dans le monde. [...] D’ailleurs, j’espère que notre Union s’élargira encore pendant les prochains 2 ans et demi Ă  des pays qui, bien sĂ»r, rempliront les conditions. »

Catherine Ashton:

Née le 20 mars 1956, elle est une personnalité politique britannique, économiste de formation.

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Elle est nommĂ©e pair Ă  vie en tant que baronne Ashton of Upholland en 1999. Membre du Parti travailliste, elle devient en juin 2001 secrĂ©taire d’État au ministère de l’Éducation, puis en septembre 2004, au dĂ©partement des Affaires constitutionelles, et enfin au ministère de la Justice en 2007. Elle devient leader de la Chambre des Lords, pour le Parti travailliste. Politicienne de l’annĂ©e 2006, elle est dĂ©signĂ©e par Gordon Brown le 27 juin 2007 comme leader de la Chambre des Lords et Lord-prĂ©sidente du Conseil. AgĂ©e de 53 ans, cette travailliste est moins connue dans son pays qu’Ă  Bruxelles, oĂą elle a succĂ©dĂ© avec succès, l’an dernier, Ă  son compatriote Peter Mandelson, comme commissaire europĂ©enne au commerce. Elle est rĂ©putĂ©e apprĂ©ciĂ©e par le prĂ©sident de la Commission, JosĂ© Manuel Barroso.

Pierre de Boissieu:

Pour le quotidien d’information spĂ©cialisĂ© Europolitique, « Bien plus qu’un acteur clĂ© de la construction europĂ©enne, Pierre de Boissieu est quasiment une lĂ©gende pour toute une gĂ©nĂ©ration de diplomates, d’eurocrates et de journalistes qui ont arpentĂ© les couloirs de l’Europe entre le milieu des annĂ©es 1970 et la fin de la dernière dĂ©cennie. »

Pierre de Boissieu

Pierre de Boissieu, diplomate de formation, a Ă©tĂ© membre du cabinet du français François-Xavier Ortoli, vice prĂ©sident de la Commission europĂ©enne. A cette fonction, « il ne sera pas Ă©tranger au succès de deux initiatives qui ont pavĂ© le chemin de l’euro : la fondation du Système monĂ©taire europĂ©en et la crĂ©ation de l’unitĂ© de compte europĂ©enne : l’Ă©cu », selon le quotidien spĂ©cialisĂ© Europolitique.

Il a alors Ă©tĂ© l’un des principaux nĂ©gociateurs et rĂ©dacteur du traitĂ© de Maastricht conclu en dĂ©cembre 1991. Il est l’inventeur de l’organisation en trois piliers (JAI, PESC, UEM), qui a fini par s’imposer. « Poids très lourd dans les enceintes du conseil », il devint « le conseiller très Ă©coutĂ© tant de François Mitterrand que de Jacques Chirac ».

Pierre de Boissieu a Ă©tĂ© ambassadeur de France auprès de l’Union europĂ©enne (ou « ReprĂ©sentant permanent », ou « RP ») de 1993 Ă  1999, battant le record de longĂ©vitĂ© dans ce poste.

Il devint secrĂ©taire adjoint du Conseil de l’Union europĂ©enne le 18 octobre 1999. Selon Europolitique, alors que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale Javier Solana se consacrait aux affaires internationales, Pierre de Boissieu « est devenu le patron absolu de l’institution. Sa connaissance des dossiers, des mĂ©canismes institutionnels, du personnel politique des Etats membres de l’UE l’ont rendu incontournable ». Pour Le Figaro en 2001, « dans les faits, Pierre de Boissieu est seul maĂ®tre Ă  bord de ce qui est devenu, depuis l’affaiblissement de la Commission, le navire-amiral de l’Union. »

Le 19 novembre 2009, Pierre de Boissieu a Ă©tĂ© choisi comme SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Conseil de l’Union europĂ©enne. Le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral joue un rĂ´le crucial pour l’organisation des travaux europĂ©ens dans il assure la coordination. « De Boissieu a Ă©tĂ© nommĂ© pour deux ans jusqu’Ă  l’Ă©tĂ© 2011 », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident français.

Note: Le texte intégral du traité de Lisbonne est disponible ici.

Sources: Fondation Robert Schuman

MecanoForums

Wikipédia

oct 31 2009

L’odyssĂ©e de l’espèce [troisième partie]

Nous vivons les premières consĂ©quences de la transition du système technique. La rĂ©volution industrielle avait chassĂ© l’homme de sa terre. La concurrence des robots le chasse de son lieu de travail. Les entreprises se prĂ©occupent partout d’Ă©laguer leur personnel excĂ©dentaire. Ă€ court terme, on ne voit que souffrance, exclusion, imprĂ©voyance, mĂŞme si, Ă  plus long terme, on peut se fĂ©liciter que les travaux rĂ©pĂ©titifs et dĂ©qualifiĂ©s soient repris en charge par des automates. L’Homme retrouvera, mais plus tard, une valorisation de son talent dans le contact humain : la vente, les loisirs, la crĂ©ation, les soins aux personnes âgĂ©es et aux enfants… Le mouvement est tellement massif qu’il faut le voir comme une grande vague historique. Les transitions antĂ©rieures ont aussi Ă©tĂ© accompagnĂ©es de dĂ©placements non volontaires. Ă€ la rĂ©volution industrielle, le peuple des campagnes a dĂ» migrer vers les villes, contre son grĂ©. L’expulsion, quelque regret qu’on en ait, est un principe moteur. D’un point de vue psychanalytique, nous commençons tous notre vie par une expulsion du ventre maternel, après quoi il nous faut reconfigurer notre univers perceptif. L’innovation commence aussi par une sorte de « seconde naissance », suivie d’une reconstruction du monde.

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Avertissement: Thierry Gaudin est un polytechnicien et ingĂ©nieur des Mines, expert auprès de l’OCDE, des Nations unies et de la Commission europĂ©enne. Il est aussi prĂ©sident de l’association Prospective 2100. Dans son livre « 2100 : l’OdyssĂ©e de l’espèce », publiĂ© en 1993, il s’appuie sur une recherche et une connaissance personnelle des mĂ©canismes de l’innovation et des interactions technique de la sociĂ©tĂ©. Il s’agit d’un travail de prospective, rĂ©sultat de dix annĂ©es d’échanges avec des centaines de personnes, qui s’appuie sur les mĂ©canismes du passĂ© pour tenter d’apprĂ©hender ceux du futur. L’auteur nous livre des scĂ©narios viables pour sortir de problèmes sociĂ©taux divers, encourageant principalement le recours Ă  l’innovation et Ă  l’esprit d’entreprendre. Cependant, imaginer qu’il puisse y avoir une remise en question des pouvoirs Ă©tablis qui dĂ©coulerait de la libre application de la crĂ©ativitĂ© de chacun ne serait sans doute pas raisonnable avant la deuxième moitiĂ© du 21ème siècle. Il n’en demeure pas moins que les pistes proposĂ©es par Thierry Gaudin pour amĂ©liorer le fonctionnement du monde ainsi que ses constats sur le passĂ© et le prĂ©sent de nos civilisations sont difficilement critiquables, Ă  l’exception d’un regard qui me paraĂ®t trop optimiste sur les bienfaits Ă©ventuels du mondialisme et sur l’attente d’une bonne et sincère volontĂ© politique en matière de progrès. Nous reprendrons en trois articles les extraits du livre qui sont les plus pertinents et les plus liĂ©s au domaine dont Mecanopolis traite.

Ainsi, l’expulsion engendre Ă  la fois des souffrances et des innovateurs. Comme il faut rĂ©inventer d’autres mĂ©tiers pour Ă©chapper Ă  la concurrence des machines, il y a bien une troisième voie : ni le socialisme, ni le capitalisme, la politique d’innovation.

Dans la sociĂ©tĂ© innovatrice, les organisations sont des ĂŞtres vivants mortels. La collectivitĂ© aide la naissance et la croissance des nouvelles institutions. Elle aide aussi les anciennes Ă  mourir, notamment en protĂ©geant les droits des individus qui pourraient en souffrir. L’innovateur est comme Ă©tranger, mĂŞme au milieu des siens. Il voit des choses que les autres ne voient pas, et il ne peut mĂŞme pas encore les leur faire comprendre. Santos Dumont, pionnier du dirigeable et de l’aviation, le dit, en tĂ©moignant de sa jeunesse : « MĂ©ditant sur l’exploration du grand ocĂ©an cĂ©leste, moi aussi je crĂ©ais des aĂ©ronefs, j’inventais des machines. Ces imaginations, je les gardais pour moi. Ă€ cette Ă©poque, au BrĂ©sil, parler d’inventer une machine volante, un ballon dirigeable, c’eĂ»t Ă©tĂ© se signaler comme un dĂ©sĂ©quilibrĂ© et un visionnaire. Des aĂ©ronautes montant des ballons sphĂ©riques Ă©taient considĂ©rĂ©s comme de hardis professionnels, pas très diffĂ©rents des acrobates ; et que le fils d’un planteur songeât Ă  devenir leur Ă©mule, c’eĂ»t Ă©tĂ© presque un pĂŞchĂ© social. »

Seule la preuve concrète peut Ă©tablir la validitĂ© de ce que l’innovateur a devinĂ©. ExpulsĂ© de son ĂŞtre social, il ressemble Ă  un amant esseulĂ© en quĂŞte d’un amour perdu. Il refait alors son unitĂ© avec le monde en reconstruisant un monde Ă  l’image de sa vision.

Celui qui veut aider l’innovation doit donc avoir le courage de tendre la main Ă  ce qu’il pressent, sans vraiment le comprendre tout Ă  fait, et de dĂ©fendre des idĂ©es hors norme, qui en plus gĂŞnent des intĂ©rĂŞts Ă©tablis. La libertĂ© de crĂ©er est Ă  ce prix.

Les forces qui s’opposent Ă  l’innovation sont si diverses et puissantes qu’on peut inverser le sens de cette question : l’Ă©tat « normal » d’une institution ne serait-il pas la stabilitĂ© et le refus du changement ? Les organisations subiraient-elles les innovations comme les individus attrapent la grippe ? Face au danger, elles dĂ©ploieraient alors des rĂ©sistances immunitaires. Elles manifesteraient pour rĂ©sister au changement une ingĂ©niositĂ© et une Ă©nergie sans commune mesure avec celles qu’elles mobilisent pour le promouvoir.

Cependant, les protections excessives dont s’entourent nos contemporains, leur quĂŞte implicite d’un bonheur vĂ©gĂ©tatif, leur avachissement dans le confort sont aussi contre nature. La Nature a besoin de nouveautĂ©. Elle joue, elle combat, elle engendre en suivant des processus amoureux. Quand il ne se passe plus rien dans une vie, ce n’est pas le bonheur que l’on trouve, mais l’ennui et la dĂ©prime. Notre sociĂ©tĂ© a fait, quelque part, un contresens : mais oĂą donc ?

Si les institutions sont des ĂŞtres vivants, il faut admettre qu’elles naissent et meurent comme tout ce qui vit. La plupart des rĂ©sistances au changement sont des rĂ©flexes de survie institutionnels, cherchant Ă  dĂ©fendre l’existant, l’acquis, le dĂ©jĂ  lĂ  contre une menace, mĂŞme lointaine et hypothĂ©tique.

Imaginez une grande compagnie. Elle a dĂ©veloppĂ© une gamme de produits, comprenant chacun des milliers de composants, et embauchĂ© des milliers de travailleurs. Un petit concurrent arrive, et propose de rendre le mĂŞme service avec un objet dix fois plus simple, et demandant vingt fois moins de travail Ă  fabriquer. Que croyez vous qu’il se passe ? La grande entreprise va essayer de faire pression sur les fournisseurs, les clients, les banquiers pour qu’ils lui refusent leurs commandes, leur soutien et leur crĂ©dit. Eventuellement, elle financera des propagandes perfides pour le discrĂ©diter. Ce faisant, elle quitte l’Ă©conomie de marchĂ© pour entrer dans l’Ă©conomie maffieuse. Par rĂ©flexe de survie, elle triche avec la règle de loyautĂ© de la concurrence, qui est pourtant l’essence mĂŞme de l’idĂ©e libĂ©rale.

Ce rĂ©flexe, il faut aussi le dĂ©cliner Ă  tous les niveaux : un service technique voyant arriver une idĂ©e Ă  laquelle il n’avait pas pensĂ©, en provenance d’un nouveau venu, n’ayant ni les diplĂ´mes ni le statut autorisant Ă  prendre la parole ; un mouvement politique ou social face Ă  des initiatives de terrain, menĂ©es par des inconnus, avec les moyens du bord ; un laboratoire de recherche ayant pignon sur rue, Ă©quipĂ© d’un puissant matĂ©riel et consommant force subventions voit arriver un jeune impertinent qui, Ă  partir de concepts nouveaux, prĂ©tend rĂ©soudre le problème sur lequel il s’escrime depuis vingt ans, avec le soutien sans faille des fonds publics…

Chaque fois, l’institution entre en lutte, et en mĂŞme temps en contradiction avec les principes qui justifient son existence mĂŞme. L’exemple vient de haut. C’est celui de l’Eglise au Moyen Age. Devant l’hĂ©rĂ©sie, elle a prĂ©fĂ©rĂ© sacrifier des vies humaines (Inquisition, croisade contre les albigeois), plutĂ´t que de tolĂ©rer d’autres approches de la spiritualitĂ©. Alors a commencĂ© son lent dĂ©clin.

Il est possible de repĂ©rer, dès les premières minutes, les attitudes conformistes. Elles sont inavouĂ©es, mais perceptibles par un regard exercĂ©. L’homme d’appareil (l’apparatchik) se conduit intĂ©rieurement comme s’il portait un uniforme (ou une soutane). Il manifeste son respect pour les pouvoirs instituĂ©s et les compĂ©tences reconnues. Les preuves logiques et les dĂ©monstrations factuelles et concrètes l’intĂ©ressent moins. Le fait que ça marche est une donnĂ©e parmi d’autres. Pour lui, l’important n’est pas la chose, mais ce que l’on pourrait en dire. Les jeux d’influence sont la rĂ©alitĂ© qui retient son attention, et dans laquelle il veut se placer. Il n’est plus tout Ă  fait un ĂŞtre humain. Il incarne l’institution. Il est comme possĂ©dĂ© par elle. Il ne peut plus entendre que ce qui vient d’autres institutions, portant de surcroĂ®t un label respectable.

Si quelque fait nouveau lui est rapportĂ© par une personne, il regarde d’abord sa carte de visite. Il n’accepte de mĂ©moriser que si elle rappelle un univers connu et respectable. Si deux personnes convenables lui parlent du mĂŞme fait, ce fait devient possible. Trois, il est vraisemblable. Quatre, il est certain. Aussi l’innovateur avisĂ© fait-il parvenir la mĂŞme information Ă  la mĂŞme personne de quatre sources assez diffĂ©rentes pour qu’elle ne puisse dĂ©tecter l’origine commune.

Cette attitude s’explique par la saturation. L’homme d’appareil, craignant sans doute de ne pas ĂŞtre assez reconnu, habitĂ© par un doute existentiel secret, s’est mis instinctivement en situation d’ĂŞtre sollicitĂ©. Ayant alors Ă  traiter plus d’informations qu’il ne peut en Ă©cluser il cherche des Ă©crans qui lui Ă©conomisent son temps mental. Et il trouve en rĂ©ponse des rĂ©fĂ©rences, des diplĂ´mes, des mĂ©dailles et des titres qui remplacent la rĂ©alitĂ© de l’ĂŞtre. Plus les dirigeants montent dans la hiĂ©rarchie, plus ils saturent, et plus ils se croient obligĂ©s de faire semblant, d’oĂą les contre performances des grandes organisations et la formidable inertie des Ă©conomies dĂ©veloppĂ©es.

La rĂ©sistance Ă  l’innovation s’exerce d’abord comme refus de la preuve, dĂ©tournement du regard devant les faits nouveaux, surprenants, gĂŞnants, contraires aux attentes officielles le rĂ©flexe de l’autruche. Potemkine faisait peindre des dĂ©cors le long des routes pour que sa souveraine, Catherine II, ne soit pas gĂŞnĂ©e par le spectacle de la misère. Le couple Ă©ternel de la majestĂ© soutenue par l’illusionniste se reproduit Ă  travers les rĂ©gimes politiques et les modes de gestion. MalgrĂ© la compĂ©tition, dur rappel Ă  la rĂ©alitĂ©, les entreprises aussi ont besoin de se raconter des histoires pour garder le moral. Or, l’innovation commence par un retour aux fondements, un doute salutaire, un refus des « allant de soi » et des lieux communs. Dès le dĂ©but, elle dĂ©range. En fait, le principal ennemi de l’innovation, c’est la peur et le silence qu’elle engendre.

Sur les ailes de la Raison

La vraie Raison n’est pas la « rĂ©quisition » de Heidegger, ni un instrument au service de la cupiditĂ©. Elle est au contraire ce qui libère, d’abord des vĂ©ritĂ©s toutes faites, telles que les prodiguent les religions, les sectes et les idĂ©ologies, ensuite des attachements maladifs, des appropriations et des possessions, au sens des sorciers. Le vingtième siècle a fait le premier pas dans cette direction, en introduisant, au moyen de la psychanalyse, la libido dans le champ de la raison discursive. Il a commencĂ© une guĂ©rison, qui est encore loin d’ĂŞtre terminĂ©e. Mais on entrevoit derrière cette mise en rationalitĂ© de l’irrationnel un grand basculement des valeurs : l’ancien concept de pouvoir, dissous par les nouvelles communications, laisserait place Ă  un comportement moins pathologique, fondĂ© sur la comprĂ©hension et la recherche de la beautĂ©.

Dans ce mouvement, la logique du « pourquoi ? » est complĂ©tĂ©e par une logique du « pourquoi pas ? ». La connaissance et la crĂ©ation progressent en imaginant des choses qui paraissaient impossibles ou inacceptables. HĂ©las, ce prĂ©cieux secret est dissimulĂ© au public. On ne lui montre que des rĂ©sultats acquis. On lui demande, non pas d’imiter l’indiscipline des crĂ©ateurs d’autrefois, mais au contraire de vĂ©nĂ©rer leurs rĂ©sultats et de se discipliner l’esprit pour mieux les assimiler, telles des osties.

Les mathĂ©matiques elles-mĂŞmes, dont l’enseignement est si souvent rĂ©barbatif, ont progressĂ© en crĂ©ant des ĂŞtres incroyables, dans un dĂ©fi permanent Ă  la raison raisonnante et au discours des institutions. Dans la Grèce antique, les pythagoriciens s’Ă©taient aperçus que racine de deux ne pouvait se rĂ©duire Ă  une fraction, bien qu’on puisse trouver des fractions qui l’approchent d’aussi près que l’on veut. EffrayĂ©s par cette dĂ©couverte, ils ont qualifiĂ© ce nombre d’ »irrationnel », autrement dit Ă©chappant Ă  la Raison, et conservĂ© secrète cette irrationalitĂ©. Ce qui aurait pu ĂŞtre le point de dĂ©part d’une Ă©closion de nombres nouveaux est restĂ© un secret d’initiĂ©s, recouvrant les manoeuvres souterraines d’une secte. On n’ose imaginer ce qu’aurait produit ce comportement dĂ©lĂ©tère si les transfinis, les nombres imaginaires, les catĂ©gories et l’analyse hyper complexe, qui sont tous des Ă©closions rĂ©centes d’ĂŞtres mathĂ©matiques incroyables, comme l’Ă©taient les irrationnels, avaient Ă©tĂ© capturĂ©s de la sorte !

La critique des vĂ©ritĂ©s toutes faites Ă©tait la spĂ©cialitĂ© de Descartes, dont la vie mouvementĂ©e fut Ă©maillĂ©e de joutes de langue et d’Ă©pĂ©e. Il cherchait Ă  pourfendre les positions d’autoritĂ©, et visait sans le dire l’Eglise, qu’il a, de mon point de vue, atteint mortellement dans ses profondeurs. Je vis en un autre siècle, oĂą la Science règne. J’ai, pendant des annĂ©es, accueilli les innovateurs, meurtris par l’incrĂ©dulitĂ© ambiante, tels des fleurs mourant de soif. Maintenant, ce n’est plus le trop plein de foi, c’est le vide qui nous mine. Et l’esprit critique, rĂ©cupĂ©rĂ© par des positions conformistes, jette, Ă  partir des institutions et des discours de la Science, l’anathème sur les nouveautĂ©s. Il faut rĂ©apprendre Ă  Ă©couter les silences de l’imaginaire. Le mouvement crĂ©ateur est comme une respiration.

Il comprend d’abord des phases de distinction : on classifie, on discerne et distingue avec une finesse accrue ce qui Ă©tait confondu. Nul ne peut nier la nĂ©cessitĂ© de ces mises en ordre, ni l’Ă©conomie de pensĂ©e qu’elles permettent. Sans distinction, il n’y a pas de mĂ©thode possible. Si elle n’est pas suffisante, l’esprit ne peut s’extraire de la confusion. Mais il y a aussi des phases de rĂ©union : ce sont les analogies, les mĂ©taphores, les idĂ©es poĂ©tiques, les Ă©lans amoureux. Ils vont en sens inverse, mais sont tout aussi indispensables. Ils alimentent la passion, le rĂŞve, le voyage en esprit, donc la crĂ©ation et la vie. L’innovation y trouve sa source.

Les Ă©sotĂ©ristes appellent ces deux phases respectivement diaboliques (de dia : en deux et ballein : jeter) et symboliques (de sun : ensemble, et ballein). Ils reprĂ©sentent en effet la sĂ©paration et la rĂ©union, au sens le plus fort de ces mots, comme un vĂ©cu intime du rapport de l’ĂŞtre au monde, qui se distingue et se reconnaĂ®t successivement. Ces moments sont bien comme les deux phases d’une respiration. Les anciens disaient « le souffle de l’esprit ». Dans l’inscription de la Techno Nature, il faut s’attendre aussi Ă  ce double mouvement : des phases de mise en coupe rĂ©glĂ©e et des phases crĂ©atrices, les unes se nourrissant des autres.

Jardin planétaire

Le passage au jardinage planĂ©taire est l’expression du nouveau système technique, celui qui suit l’industrialisation. Il se caractĂ©rise par une recherche de qualitĂ© et une limitation des dĂ©gâts dĂ»s aux exploitations intensives. On ne manque pas de terres. Sur les treize milliards d’hectares de la planète (2,6 ha par habitant), un tiers est couvert par des forĂŞts, 45% est inutilisable (ce sont des dĂ©serts -28%- des rĂ©gions froides, montagneuses ou inondĂ©es). Reste environ un quart de cultivable (6000 mètres carrĂ©s par personne), dont nous utilisons seulement moins de la moitiĂ© (11%, soit un hectare pour trois personnes). En particulier, l’Afrique et l’AmĂ©rique du Sud n’exploitent que 6 et 7% de leur territoire, soit le cinquième de ce qui serait cultivable, mĂŞme sans toucher Ă  la forĂŞt.

Les besoins alimentaires de l’espèce humaine ne sont pas excessifs au point de menacer l’Ă©quilibre Ă©cologique. La consommation par habitant et par an est de :

Céréales: 300 Kg

Légumes: 183 Kg

Viande: 28 Kg

Poisson: 14 Kg

Total: 525 Kg

MĂŞme en remĂ©diant Ă  la sous alimentation (ces chiffres Ă©quivalent Ă  une moyenne de 1,4 Kg par jour, ce qui est peu), nous resterions très en dessous du potentiel agricole (3 tonnes par an) et surtout de la production de boiomasse par les forĂŞts : 133 milliards de tonnes, soit 27 tonnes par habitant et par an, dont nous ne consommons que 0,6 : la moitiĂ© pour les usages industriels (papier, construction, ameublement..), l’autre moitiĂ© pour le chauffage et la cuisine (bois de feu) surtout dans les pays en dĂ©veloppement. La plus grande partie de la biomasse n’est pas utilisĂ©e pour la nourriture. Et les besoins nutritionnels, environ une demi tonne par habitant et par an sont trois fois moins importants que la consommation d’Ă©nergie : 1,4 tonne d’Ă©quivalent pĂ©trole.

Le grand vivier des espèces, le chaudron oĂą fermente la soupe crĂ©atrice, c’est la forĂŞt, plus prĂ©cisĂ©ment la forĂŞt tropicale humide. Au total, il y a encore plus de trois milliards d’hectares boisĂ©s sur la planète, soit un peu plus d’un hectare pour deux personnes. La forĂŞt contient les trois quarts de la biomasse terrestre, soit 950 miliards de tonnes au total, 190 tonnes par habitant, un cube de six mètres de cotĂ©. La rĂ©serve de biomasse est encore Ă©norme. En gros, elle reprĂ©sente trois mille fois le poids de l’espèce humaine.

Après avoir Ă©tĂ© surexploitĂ©es pour fabriquer du papier, les forĂŞts du Nord (Europe et AmĂ©rique) sont stabilisĂ©es. Des lois favorables ont mĂŞme suscitĂ© un dĂ©but de reboisement (au total 2 millions d’hectares par an pendant les annĂ©es 80). Par contre, la dĂ©forestation tropicale est un scandale planĂ©taire, une insulte Ă  la vie, une irresponsabilitĂ© dangereuse. Elle met en pĂ©ril le patrimoine biologique, c’est Ă  dire la diversitĂ© des espèces, diversitĂ© que nous ne connaissons mĂŞme pas encore, puisque les estimations varient entre cinq et trente millions, et que seul 1,4 million a Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©. Au rythme oĂą nous allons, nous risquons de n’avoir mĂŞme pas le temps de connaĂ®tre celles qui sont en train de disparaĂ®tre. Elles seront mortes avant que nous ayions pu les recenser.

Douze programmes pour le 21ème siècle :

Culture technique

Les systèmes Ă©ducatifs, construits initialement pour enseigner, en sont arrivĂ©s Ă  sĂ©lectionner puis exclure. Au lieu de diffuser des connaissances utiles Ă  tous, ils ont favorisĂ© la constitution de savoirs Ă©sotĂ©riques, confisquĂ©s par des Ă©lites. Or, tous les humains doivent pouvoir accĂ©der Ă  la maĂ®trise des techniques nouvelles et progresser librement dans la voie de la connaissance. Ă€ long terme, la prospĂ©ritĂ© est la fille de l’Ă©ducation de la base, et non du savoir des Ă©lites. Il faut que les mĂ©dias enseignent des savoirs directement utiles. Le langage des spĂ©cialistes ne doit plus ĂŞtre un moyen sournois et pervers de sĂ©grĂ©gation. Il faut aussi Ă©liminer l’illettrisme, principal moyen d’exclusion.

Métrologie du quotidien

Chacun doit pouvoir Ă©valuer, dans la vie quotidienne, l’Ă©tat de sa santĂ© et de son environnement. La mĂ©trologie vient aider la connaissance de soi et de la Nature, en lui fournissant des repères et des moyens de vĂ©rification. Il faut les instruments adĂ©quats et portables pour mesurer la qualitĂ© de l’eau, de l’air, des aliments, l’Ă©tat de son corps (autoanalyses), celle aussi des plantes et des animaux. De la sorte, la responsabilitĂ© de la vie sera rĂ©partie entre tous, chacun Ă©tant le gardien de son jardin et de lui-mĂŞme. Ă€ plus grande Ă©chelle, il faut des rĂ©seaux mondiaux d’analyse, d’essais et de mĂ©trologie industrielle, de tĂ©lĂ©surveillance de l’environnement par satellite, dont les rĂ©sultats soient accessibles Ă  tous. Il faut aussi Ă©tablir un droit de chacun Ă  l’information sur ce qu’il mange, ce qu’il respire, et tous les produits qu’on lui vend, et aussi Ă  l’information sur l’information.

Industrialiser l’Espace

Chaque activitĂ© dans l’Espace Ă©largit la conscience, offrant une vision nouvelle de ce qui se passe sur terre. Vues de lĂ  haut, les frontières paraissent dĂ©risoires, la Nature fragile et les grands Ă©quipements insuffisants. Techniquement, l’Espace est un grand miroir de la terre. Il rĂ©flĂ©chit les communications et renvoie l’image de l’Ă©tat de la Planète (mĂ©tĂ©o, couverture vĂ©gĂ©tale, pollutions). Demain, il s’agira aussi de rendre possible la vie dans le Cosmos, indĂ©pendamment de la prĂ©sence d’une planète accueillante telle que la Terre. D’oĂą la construction de modèles rĂ©duits, les « biosphères », Ă©cosystèmes complets en Ă©quilibre. La vie dans l’Espace sera l’aboutissement de toute une sĂ©quence technologique : l’avion spatial, l’utilisation de matĂ©riaux issus de l’Espace (Lune ou ceinture d’astĂ©roĂŻdes) les centrales solaires spatiales, enfin des planètes creuses artificielles avec des biosphères embarquĂ©es.

Habiter les mers

Depuis un siècle, la population s’est dĂ©placĂ©e vers les cĂ´tes. Celles-ci sont maintenant surpeuplĂ©es et dĂ©figurĂ©es. On va sauter le pas et s’installer sur l’eau. Ce seront des citĂ©s flottantes, sur remblais ou sur pilotis de plusieurs milliers, voire millions, d’habitants. Les composants techniques sont prĂŞts : Ă©nergies du soleil, des vents et de la houle, aquaculture, agriculture hydroponique, dessalement, tĂ©lĂ©communications par satellites. On peut maĂ®triser leur dĂ©veloppement pour Ă©viter de polluer l’ocĂ©an. Ces citĂ©s marines auront diverses vocations : loisirs nautiques, production d’aliments issus de la mer, enseignement, recherche et industries de pointe (technopoles). L’habitat maritime offrira une qualitĂ© de vie accrue. La circulation, l’approvisionnement en eau, le traitement des dĂ©chets seront simplifiĂ©s. FabriquĂ© en sĂ©rie, cet urbanisme sera plus Ă©conomique près des cĂ´tes oĂą le prix des terrains est devenu exorbitant (baie de Tokyo, cĂ´te d’azur…). Mais il faut en premier lieu rĂ©viser la lĂ©gislation du domaine maritime, conçue autrefois pour d’autres technologies.

MaĂ®triser l’Ă©nergie

La maĂ®trise de l’Ă©nergie est cohĂ©rente avec le nouveau système technique. Elle utilise les ressources de manière plus fine et prĂ©cise. Mais il faut l’accĂ©lĂ©rer par l’intervention d’agences, alimentĂ©es par des taxes sur les consommations d’Ă©nergie, et utilisant le produit de ces taxes pour promouvoir les nouvelles technologies plus « soutenables ». Par exemple, celles de la « civilisation de l’hydrogène » : le remplacement des combustibles par l’hydrogène Ă©vite l’effet de serre. Il ne produit que quelques nuages de plus en brĂ»lant. Il n’est pas polluant. On peut l’obtenir Ă  partir de n’importe quelle source d’Ă©lectricitĂ© (solaire, Ă©olienne, nuclĂ©aire…). Quelques amĂ©nagements (sĂ©curitĂ©, corrosion..) suffisent pour que les moteurs et les brĂ»leurs actuels puissent l’accepter. Il faut donc, dans tous les pays, amĂ©nager un passage graduel au combustible hydrogène, en mĂŞme temps qu’un dĂ©veloppement massif de l’Ă©lectrification et des Ă©nergies nouvelles (solaire, Ă©olienne, biomasse..), ainsi que des Ă©conomies d’Ă©nergie.

Transformer la planète en jardin

La grande richesse de la vie, la diversitĂ© du patrimoine Ă©cologique, doit ĂŞtre prĂ©servĂ©e. Bien plus, l’Homme doit constater qu’Ă©tant dĂ©sormais maĂ®tre de la Nature, il en assume aussi la responsabilitĂ©. Il est le gardien de la vie. Il a le pouvoir de la supprimer, mais aussi celui de la prĂ©server et de l’enrichir. Il faut donc un programme mondial de parcs naturels, de protection des espèces rares, de conservation du patrimoine gĂ©nĂ©tique et de dĂ©forestation. Il faut aussi mettre en place une gestion planĂ©taire des eaux, comprenant irrigation, dessalement, Ă©puration, recyclages. Il faut, tout en y prĂ©servant la Nature, Ă©quiper en barrages les deux plus grands massifs montagneux du monde : les Andes et surtout l’Himalaya qui se trouve au voisinage de l’Inde et de la Chine, grands consommateurs potentiels d’Ă©lectricitĂ© au 21ème siècle. Il faut aussi constituer un système de lacs, de barrages et de canaux en Afrique, dans la pĂ©ninsule indienne (Bangla Desh…), en AmĂ©rique du Sud, et amĂ©nager intelligemment le cours des grands fleuves sibĂ©riens dans la perspective du rĂ©chauffement planĂ©taire. Le système agricole, autrefois exclusivement dĂ©diĂ© Ă  la production marchande de nourriture, Ă©volue vers une fonction reconnue de prĂ©servation, d’entretien et d’amĂ©nagement de la Nature. L’exploitant, alors, se mue en artiste. Il accompagne la fĂ©conditĂ© de la terre. Un des grands dĂ©fis de cet amĂ©nagement est la reconquĂŞte des espaces dĂ©sertifiĂ©s par l’homme, Ă  la suite de surexploitations, de dĂ©forestations ou d’abandons. Les outils institutionnels de ces rĂ©alisations ne sont pas seulement les administrations Ă©tatiques, mais aussi une lĂ©gislation mondiale appropriĂ©e, s’imposant aux Ă©tats, et un rĂ©seau transnational d’agences, construites sur le modèle des agences de bassin, gĂ©rĂ©es par des professionnels, qui prĂ©lèvent des taxes sur les dommages causĂ©s Ă  la Nature, rendent des services au public, et utilisent leurs ressources au service de la Nature.

Communication : un réseau pour tous

L’infrastructure de communication est le système nerveux du monde futur. Actuellement, seuls les pays dĂ©veloppĂ©s ont un Ă©quipement tĂ©lĂ©phonique touchant l’ensemble de la population, soit environ cinquante lignes pour cent habitants. Il en rĂ©sulte que l’Ă©conomie de la plupart des rĂ©gions de la planète est hors jeu des Ă©changes, et ne peut valoriser ses immenses talents. La conscience mondialiste prend du retard, et les particularismes peuvent rĂ©activer leurs intransigeantes agitations. Il faut donner corps aux « villages planĂ©taires ». Dans n’importe quel endroit du monde, y compris dans la forĂŞt ou sur mer, chacun doit pouvoir appeler n’importe quel correspondant et ĂŞtre appelĂ© en cas d’urgence au moyen d’un radiotĂ©lĂ©phone miniaturisĂ© portable. Une infrastructure puissante et fiable de tĂ©lĂ©communications est la condition du dĂ©veloppement des petites entreprises, donc de la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique, et du maintien de la dĂ©mocratie. Ce programme comprend, en plus des « lignes » tĂ©lĂ©phoniques, un ensemble de services d’information, non seulement les services publics de première nĂ©cessitĂ© (transports, annuaires (Ă  quand l’annuaire mondial !), secourisme), mais aussi des bases de donnĂ©es pour l’Ă©tudiant, le consommateur, l’artisan et les autres professionnels des villages transnationaux en cours de constitution.

Structurer les villes

Les villes modernes sont devenues des broyeurs d’hommes, dont les banlieues invivables engendrent l’exclusion et la rĂ©volte. Elles sont comme hantĂ©es par la sĂ©grĂ©gation et les rapports de force. Ce sont des lieux d’embouteillages monstrueux, oĂą les pertes de temps se chiffrent en milliards d’heures par jour, bien supĂ©rieures au temps de travail qu’il faudrait pour les amĂ©nager. Elles deviennent des espaces dangereux, oĂą l’insalubritĂ©, la dĂ©linquance et les maffias gagnent du terrain. Il faut donc restructurer les grandes villes du monde, avec une architecture adaptĂ©e aux vrais besoins de l’homme, que l’Ă©thologie permet d’Ă©valuer, des transports en commun puissants et fiables (mĂ©tro souterrain ou aĂ©rien…), des rĂ©seaux interurbains rapides (autoroutes et TGV mondial), des rĂ©seaux d’eau, d’assainissement et d’Ă©lectricitĂ© accessibles Ă  tous. Il faut aussi crĂ©er de toutes pièces des villes nouvelles tout Ă©quipĂ©es, Ă  une Ă©chelle suffisante pour absorber l’excĂ©dent mondial des migrants ruraux. Certaines de ces villes seront bâties dans les rĂ©gions rendues plus habitables par le rĂ©chauffement dĂ» Ă  l’effet de serre (Canada, Scandinavie, SibĂ©rie..), d’autres dans des rĂ©gions oĂą se trouvent de grandes richesses naturelles, mais actuellement peu peuplĂ©es (Australie, Afrique centrale, AmĂ©rique du sud).

Humanisme industriel

L’automation et la communication vont permettre aux entreprises de s’Ă©tablir dans leur vĂ©ritable rĂ´le : elles sont la forme de socialisation de l’avenir, succĂ©dant aux formes anciennes, le village et la tribu. En consĂ©quence, elles doivent donner du travail Ă  tous ; permettre le meilleur dĂ©ploiement des capacitĂ©s crĂ©atrices de chacun ; faire place Ă  l’innovation, au design et Ă  la crĂ©ation artistique ; servir le client dans les meilleures conditions de qualitĂ© et de fiabilitĂ© ; adapter les objets aux vrais besoins de l’homme, y compris ceux des enfants, des malades, des handicapĂ©s et des personnes âgĂ©es ; maintenir partout une compĂ©tition qui incite chacun Ă  donner le meilleur de ses possibilitĂ©s ; combattre la confiscation et les comportements maffieux ; prĂ©server la libertĂ© de crĂ©er des entreprises nouvelles, concurrentes de celles qui existent. Le respect de chacune de ces finalitĂ©s nĂ©cessite un cadre juridique international solide, qui Ă©tablisse les entreprises (associations, fondations…) comme sujets de droit, limite les ententes et positions dominantes, fasse obstacle aux manoeuvres corporatistes, assure Ă  chacun le respect des engagements de ses partenaires, maintienne un droit d’innover, dĂ©finisse les conditions de la mort des entreprises et institue un cadre comptable mondialement normalisĂ©. Dans un monde de petites entreprises artisanales, organisĂ©es en rĂ©seau, il faut des infrastructures appropriĂ©es.

Le programme « humanisme industriel » consiste d’abord Ă  tirer les consĂ©quences de ce que l’entreprise devient la forme dominante de socialisation. Or, elle est encore, au contraire, celui de son exclusion. Il y a lĂ  un coĂ»teux paradoxe, comme si les employeurs voulaient Ă  la fois « le beurre et l’argent du beurre ». Ils dĂ©finissent les postes de travail Ă  leur convenance, en thĂ©orie, sans mĂŞme regarder les humains. Après quoi, ils sĂ©lectionnent les « meilleurs candidats » disponibles, compte tenu de la modestie des rĂ©munĂ©rations qu’ils sont prĂŞts Ă  consentir. Il en rĂ©sulte de mauvaises relations, et de mĂ©diocres rĂ©sultats. Ils font semblant de croire que, si ça ne marche pas, ils pourront toujours licencier les responsables et en embaucher d’autres. Mais ce ne serait que rĂ©pĂ©ter le mĂŞme scĂ©nario, avec d’autres acteurs, et qui ne connaissent pas encore les rĂ´les. Si la vocation des entreprises est d’intĂ©grer, il leur faut quitter leur allure sinistre et prĂ©datrice, pour se dĂ©cider Ă  adapter le travail aux hommes, et non plus seulement les hommes au travail.

Solidarité et partage

L’exercice de la solidaritĂ©, s’il est convenablement soutenu par des lois et des financements appropriĂ©s, peut devenir une expression de l’activitĂ© humaine aussi reconnue, diverse et crĂ©ative que celle de l’Ă©conomie de marchĂ©. Le mode d’organisation qui convient pour ces activitĂ©s est celui de quasi-entreprises. Autrement dit, ce sont des personnes morales reconnues, autonomes, obligĂ©es, sous peinez de disparaĂ®tre, d’Ă©quilibrĂ©es leurs recettes et leurs dĂ©penses, mais n’ayant pas pour but principal le profit. En raison des finalitĂ©s collectives qu’elles prennent en charge, elles peuvent ĂŞtre destinataires de ressources fiscales ou parafiscales, avec une certaine libertĂ© de choix du contribuable donateur, introduisant une forme attĂ©nuĂ©e mais stimulante de concurrence. Par ailleurs, une grande infrastructure mondiale est Ă  construire : celle du système de santĂ©, ainsi qu’une chaĂ®ne mondiale d’organisations de solidaritĂ©, prenant chacune la forme la plus adaptĂ©e au lieu et aux modalitĂ©s de sa mission.

Système judiciaire mondial

Le principe de territorialitĂ© du droit a vĂ©cu. Il faut y renoncer, et procĂ©der, en mĂŞme temps qu’on les internationalise, Ă  une radicale simplification des lĂ©gislations et des procĂ©dures. Il est de moins en moins possible de lutter contre les maffias, la drogue, les escroqueries, les malfaçons et contrefaçons, ni d’arbitrer les litiges d’entreprises dans un cadre strictement national. Tout en respectant les droits locaux, qui reflètent l’âme des diffĂ©rents peuples, il faut des procĂ©dures d’appel vers des tribunaux internationalement reconnus, et une lĂ©gislation minimale commune (protection des droits de l’homme et de l’environnement), un droit international des entreprises. Tous les citoyens du monde doivent ĂŞtre effectivement en mesure d’accĂ©der Ă  des recours internationaux contre les excès de pouvoir, les oppressions et les spoliations qu’exercent encore ici ou lĂ  des puissants abusifs, qu’ils soient publics ou privĂ©s.

Le respect des lois et de la dignitĂ© des magistrats est l’indicateur central de qualitĂ© d’une organisation sociale. Les grands penseurs politiques, Machiavel comme Montesquieu, l’ont fait observer il y a dĂ©jĂ  plusieurs siècles. L’internationalisation Ă  laquelle nous assistons rend cette question plus pertinente encore. L’indĂ©pendance du pouvoir judiciaire est une mesure de l’Ă©tat de la sĂ©paration des pouvoirs et de la dĂ©mocratie. Après la seconde guerre mondiale et la dĂ©colonisation se sont installĂ©s des rĂ©gimes politiques autoritaires, dans les pays de l’Est et dans les pays en dĂ©veloppement. Les abus et l’impunitĂ© des dirigeants sont devenus Ă©normes et visibles. Des situations scandaleuses se sont Ă©tablies, soutenues par la complicitĂ© d’intĂ©rĂŞts occidentaux. Au dĂ©but des annĂ©es 90, la notion de « devoir d’ingĂ©rence » s’est imposĂ©e. C’est une première remise en cause, encore bien timide, de ce pourrissement. Mais elle perpĂ©tue sans le dire, Ă  l’Ă©chelle mondiale, un Ă©tat de confusion des pouvoirs. Quand les Nations Unies s’Ă©tablissent comme exĂ©cutif en organisant des opĂ©rations militaires, dans le Golfe, en Somalie, en Bosnie ou au Cambodge, et Ă  la fois comme lĂ©gislatif par les rĂ©solutions du conseil de sĂ©curitĂ© sur ce qui devrait ĂŞtre, en Palestine par exemple, et aussi comme judiciaire en dĂ©cidant des sanctions Ă  prendre contre les manquements de l’Irak, elles lĂ©gitiment par leur exemple mĂŞme la confusion des pouvoirs. Au lieu de se faire porteur de justice, elles entĂ©rinent la faiblesse mondiale du judiciaire.

Fiscalité incitative

La fiscalitĂ© du 21ème siècle ne peut plus se fonder sur les mĂŞmes principes qu’autrefois. Elle est obligĂ©e de s’internationaliser, pour respecter une Ă©galitĂ© des chances des acteurs Ă©conomiques. L’harmonisation fiscale entre les Ă©tats, dĂ©jĂ  en cours, est un facteur puissant d’Ă©volution. Elle entraĂ®ne derrière elle une harmonisation des comptabilitĂ©s, des dĂ©clarations, et un travail de traduction en toutes langues menant Ă  une simplification des impĂ´ts usuels. En plus, dès lors qu’on se trouve dans un univers de petites entreprises, avec une tĂ©lĂ©matique gĂ©nĂ©ralisĂ©e, la technique fiscale doit aussi s’adapter dans ses modes de calcul, de prĂ©lèvement et de vĂ©rification. Mais le changement le plus important concerne les principes sur lesquels s’appuie l’impĂ´t. Ils ne peuvent plus ĂŞtre, comme par le passĂ©, exclusivement rĂ©galiens. Il leur faut entrer dans l’âge de la rationalitĂ©. Autrement dit, justifier l’existence de chaque contribution par les effets qui en sont attendus, non seulement du cĂ´tĂ© des rentrĂ©es fiscales, mais aussi par l’incitation qu’elle imprime aux acteurs Ă©conomiques, et par les choix dĂ©mocratiques qu’elle permet d’exprimer. Il faut donc imaginer une multiplication de financements parafiscaux d’agences (de l’environnement des Ă©conomies d’Ă©nergie, de la mĂ©trologie…) correspondants aux programmes prĂ©cĂ©dents, et aussi un relatif libre choix du contribuable pour l’affectation du produit de certains impĂ´ts (Ă  des organismes de solidaritĂ© humanitaire, d’enseignement ou de recherche technique…). Beaucoup de ces organismes et agences seront transnationaux.

Le treizième programme

On fera observer qu’il faudrait prĂ©ciser encore davantage comment seront financĂ©s ces douze programmes. Leur situation est très variable. Certains peuvent produire des recettes suffisantes pour qu’un « tour de table » financier y trouve son intĂ©rĂŞt. C’est le cas des grands barrages hydroĂ©lectriques. D’autres sont des services publics sans revenus. D’autres enfin sont mixtes, et ne peuvent ĂŞtre que partiellement autofinancĂ©s.

En fait, tout dĂ©pend du futur système monĂ©taire. La monnaie est dĂ©sormais fiduciaire, c’est Ă  dire fondĂ©e sur la confiance, mais le monde ne sait pas encore s’en servir. Les « autoritĂ©s » monĂ©taires vivent dans la crispation. Elles restreignent la circulation, alors que le besoin de liquiditĂ©s, dĂ» Ă  l’ouverture du monde au commerce, est de plus en plus manifeste. L’unification de l’Allemagne a dĂ©clenchĂ© un spasme monĂ©tariste. La demande allemande pour des capitaux d’Ă©quipement a dĂ©sĂ©quilibrĂ© le marchĂ©, et obligĂ© ce pays Ă  maintenir des taux d’intĂ©rĂŞts Ă©levĂ©s, pour rester attractif. Ceci a contribuĂ© Ă  entraĂ®ner dans la crise des autres pays capitalistes, crise portant sur l’immobilier d’abord (marchĂ© sensible aux taux), puis sur l’ensemble de l’Ă©conomie.

En Europe, au dĂ©but des annĂ©es 90, la meilleure manière de faire de l’argent Ă©tait de ne rien faire avec son argent (autrement dit, de le placer en monĂ©taire). Ce fut une pĂ©riode d’anesthĂ©sie, alors que la situation demandait un regain de dynamisme. Il fallait des investisseurs, on privilĂ©gia les rentiers. Comme l’ouverture Ă  l’Ă©conomie de marchĂ© concerne maintenant non seulement l’Allemagne de l’Est, soit moins de vingt millions d’habitants, mais aussi l’ensemble de l’Europe de l’Est, la Chine et l’Inde, soit au total plus de la moitiĂ© de l’espèce humaine, il est temps de s’organiser pour satisfaire l’immense besoin de liquiditĂ©s que reprĂ©sente cette immense chance. Il faut mettre la monnaie au service de l’Homme et non pas l’inverse. Le système de « Bretton Woods » doit ĂŞtre renĂ©gociĂ©. En assouplissant la convertibilitĂ©, il avait donnĂ© un ballon d’oxygène Ă  l’Ă©conomie des pays dĂ©veloppĂ©s, et facilitĂ© la reconstruction de l’après guerre. Mais la situation n’est maintenant plus tenable. Elle est devenue trop vulnĂ©rable aux rumeurs. Le crĂ©dit entraĂ®ne le crĂ©dit, et le discrĂ©dit accentue le discrĂ©dit.

Dans ce monde conformiste, il faut un dĂ©vouement d’apĂ´tre, comme celui de la Grameen bank, pour que des pauvres accèdent au crĂ©dit. Un fouillis de monnaies nationales, expression de particularismes archaĂŻques, une dette permanente du tiers monde, des vagues spĂ©culatives planĂ©taires : le Capital, soi disant triomphant, est comme une cargaison mal amarrĂ©e dans la soute d’un bateau. Il est en permanence sujet au mal de mer, pris de malaises et de vomissements qui jettent Ă  la rue des millions de travailleurs, qu’ils soient qualifiĂ©s ou non. Piètre victoire ! Et comme tout cela paraĂ®t injuste et futile en regard du travail Ă  faire : la construction du jardin planĂ©taire.

HĂ©las, il semble bien que les particularismes nationaux s’accrochent. Les rĂ©formes, dans ce domaine se dĂ©cident sous la pression de troubles spĂ©culatifs, pour restaurer une confiance perdue dans un capitalisme erratique. Il est nĂ©anmoins nĂ©cessaire d’en prĂ©voir l’aboutissement inĂ©vitable : une monnaie mondiale (qui n’exclut pas les monnaies particulières, d’Etats ou d’entreprises).

Le rĂ´le de l’Institut d’Ă©mission planĂ©taire et du système fiscal associĂ© sera le rĂ©glage du fonctionnement Ă©conomique. Il devra d’un cĂ´tĂ© injecter suffisamment de monnaie (dans les grands programmes) pour rĂ©duire le chĂ´mage, et de l’autre ponctionner suffisamment de liquiditĂ©s pour Ă©viter les crises inflationnistes. Alors, par ces deux moyens combinĂ©s, cet Institut financera des rĂ©alisations rapides et saines. Ce sera un treizième programme, qui rendra possibles et facilitera tous les autres : un système monĂ©taire mondial.

Le livre entier est disponible en format PDF Ă  cette adresse: 2100: OdyssĂ©e de l’espèce.

La première partie de ce texte est disponible ici.

La deuxième partie de ce texte est disponible ici.

mai 13 2009

PandĂ©mie A/H1N1 : un milliard de victimes d’ici juillet, selon le magazine New Scientist

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Les mensonges rĂ©pĂ©tĂ©s du prĂ©sident mexicain Felipe Calderon n’y font rien : le virus A/H1N1 continue de se rĂ©pandre sur la planète, Ă  une vitesse tellement exponentielle que le magazine New Scientist estimait hier soir que la grippe porcine pourrait avoir contaminĂ© un milliard d’individus d’ici le mois de juillet (1). De toute Ă©vidence, la phase 6 du niveau d’alerte de pandĂ©mie n’est retardĂ©e que dans le but de laisser suffisamment de temps aux chancelleries pour organiser leurs plans de « distanciation sociale ».

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Mais ce n’est pas la seule mise en garde du magazine New Scientist, pour qui le virus n’est manifestement pas sensible aux tempĂ©ratures estivales.

Les donnĂ©es mexicaines montrent que les cas de pneumonies – une consĂ©quence du A/H1N1 quand il n’est pas soignĂ© rapidement – ont bondi en avril, oĂą la tempĂ©rature de Mexico-City oscille entre 15° et 26° Celsius, ce qui est Ă©galement la tempĂ©rature moyenne Ă  Londres en Ă©tĂ©.

Information complĂ©tĂ©e par une Ă©tude de l’UniversitĂ© de Berkeley (2) qui indique que le A/H1N1 serait mortel dans tous les cas lorsqu’il n’est pas traitĂ© par un anti-viral dans les trois premiers jours. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mexique s’est fait livrer plus d’un million de doses de Tamiflu cette semaine, en mĂŞme temps qu’un retour Ă  la « normale », qui sera assurĂ©ment temporaire.

En outre, la grippe saisonnière tue gĂ©nĂ©ralement les populations très jeunes et très âgĂ©es. Les premières donnĂ©es concernant le AH1N1 montrent qu’un nombre disproportionnĂ© de personnes entre 15 et 54 ans ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es pour une pneumonie sĂ©vère en avril 2009 par rapport aux mĂŞmes pĂ©riodes sur les trois dernières annĂ©es au Mexique. Le mĂŞme groupe d’âge avait Ă©tĂ© touchĂ©s de manière disproportionnĂ©e, en 1918, et lors d’autres pandĂ©mies.

De fait, les malades traitĂ©s dans les hĂ´pitaux reçoivent des doses massives d’oseltamivir (3), sous sa forme injectable, de sorte a ce que l’on soit certain qu’ils puissent figurer du bon cĂ´tĂ© des statistiques.

Malgré ces efforts de propagande, les « cas » ont doublé aux États-Unis ces dernières vingt-quatre heures, et aucun pays ne peut maintenant prétendre ne pas être touché.

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Pandémie et Business

En rĂ©ponse aux bonnes âmes qui s’Ă©taient offusquĂ©es quand Condoleezza Rice avait très vite dĂ©fini le tsunami de dĂ©cembre 2004 comme une « merveilleuse opportunitĂ© » (« qui nous a Ă©tĂ© d’un grand profit », avait-elle ajoutĂ©), il a Ă©tĂ© justement remarquĂ© qu’elle ne faisait qu’exprimer lĂ , de façon certes un peu cavalière, une rĂ©alitĂ© du capitalisme (cf. Naomi Klein, « The rise of disaster Capitalism »). Il y avait cependant quelque naĂŻvetĂ© Ă  faire remonter la mise en place de ce « capitalisme du dĂ©sastre » – formule qui est en elle-mĂŞme un plĂ©onasme – Ă  la dĂ©vastation de l’AmĂ©rique centrale par le cyclone Mitch en octobre 1998, et Ă  principalement ranger sous cette rubrique les opĂ©rations extĂ©rieures de l’administration amĂ©ricaine et de la Banque mondiale, dĂ©sormais planifiĂ©es pour prĂ©parer en mĂŞme temps les interventions militaires Ă  venir et la reconstruction des pays qui n’ont pas Ă©tĂ© encore dĂ©truits, car c’est universellement que le dĂ©chaĂ®nement de calamitĂ©s sans nombre, avec leur combinaison imprĂ©vues et leurs accĂ©lĂ©rations brutales, ouvre un prodigieux chantier aux trusts planĂ©taires du capitalisme. En cela, le A/H1N1 est sans doute le produit le plus avancĂ© de la technologie marchande du XXIème siècle.

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Ce sont les masses qui demandent à être dominées

N’en dĂ©plaise aux amateurs de critique fiction mĂ©lodramatique et conspirative, cette pandĂ©mie ne permettra pas des dĂ©crets de « lois martiales » ou autres bruits de bottes. Nos sociĂ©tĂ©s sont depuis trop longtemps abatardisĂ©es et la manipulation dĂ©mocratique trop raffinĂ©e pour qu’ils soit encore nĂ©cessaire de faire rĂ©gner l’ordre par les armes, et nous aurions tort de penser selon le vieux schĂ©ma : si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vĂ©ritĂ©, elles se rĂ©volteraient. L’histoire moderne n’a pas Ă©tĂ© avare d’exemples contraires, illustrant plutĂ´t, chez les dites masses, une assez constante dĂ©termination Ă  ne pas se rĂ©volter en dĂ©pit de ce qu’elles savaient, et mĂŞme – depuis les camps d’extermination jusqu’Ă  Tchernobyl – Ă  ne pas savoir en dĂ©pit de l’Ă©vidence, ou du moins Ă  se comporter en dĂ©pit de tout comme si elles ne savaient pas.

Les masses ont Ă©tĂ© trop longuement entraĂ®nĂ©es aux sophismes de la rĂ©signation et aux consolations de l’impuissance pour ne pas rester impavide devant la destruction du monde qui se dĂ©roule devant eux. Tout dĂ©montre que l’identification avec le mouvement et le conformisme absolu semblent avoir dĂ©truit jusqu’Ă  la facultĂ© d’ĂŞtre atteint par l’expĂ©rience la plus directe.

L’artifice de la propagande consiste Ă  affirmer Ă  la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient, que l’humanitĂ© pourrait faire collectivement, comme un seul homme, en toute connaissance de cause une fois instruite par les experts est rĂ©gi par un implacable dĂ©terministe qui ramène le choix Ă  celui de vivre ou de pĂ©rir ; c’est-Ă  dire de vivre selon les directives des gouvernements ou de pĂ©rir parce que l’on sera restĂ© sourd Ă  leurs mises en garde. Un tel choix se ramène donc Ă  une contrainte qui règle le vieux problème de savoir si les hommes aiment la servitude, puisque dĂ©sormais ils sont contraint de l’aimer. Selon Arendt, le problème de la domination totale Ă©tait de fabriquer quelque chose qui n’existe pas : Ă  savoir une sorte d’espèce humaine qui ressemble aux autres espèces animales et dont la seule « libertĂ© » consisterait Ă  « conserver l’espèce » (Le Totalitarisme). Sur la terre ravagĂ©e par une pandĂ©mie, ce programme cessera d’ĂŞtre une thĂ©orie de la domination pour devenir une revendication des dominĂ©s.

Il n’y aura d’ailleurs bientĂ´t plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme. Ceux qui refuseront de se «responsabiliser» (porter un masque, se faire vacciner, accepter une puce RFID pour permettre un meilleur dĂ©pistage, plus rapide, etc), de participer avec zèle Ă  la « gestion citoyenne » de la crise et Ă  l’embrigadement dans l’Union sacrĂ©e pour « sauver le monde », peuvent s’attendre Ă  ĂŞtre bientĂ´t traitĂ©s comme le sont en temps de guerre les dĂ©serteur et le saboteurs. Car l’Ă©tat de nĂ©cessitĂ© et les pĂ©nuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord Ă  rĂ©clamer de nouvelles formes d’asservissement, pour sauver ce qui peut l’ĂŞtre encore de la survie garantie lĂ  oĂą elle l’est encore quelque peu.

Cependant le rĂ´le de l’imagination thĂ©orique reste de discerner, dans un prĂ©sent Ă©crasĂ© par la probabilitĂ© du pire, les diverses possibilitĂ©s qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui  Ă  l’intĂ©rieur d’une rĂ©alitĂ© aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expĂ©rience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volontĂ©, avoir des consĂ©quences incalculables.

Mecanopolis

Notes :

1. Article de New Scientist

2. Article de l’UniversitĂ© de Berkeley

3. Documentation Tamiflu


06:00 > Un troisième mort de la grippe porcine a Ă©tĂ© enregistrĂ© aux Etats-Unis, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), a-t-on annoncĂ© de source officielle.

10:00 > Un sondage US rĂ©alisĂ© hier pour  Gallup, Harvard School of Public Health and Pew dĂ©montre que 25% de la population amĂ©ricaine s’informe en premier lieu sur internet pour suivre l’Ă©volution du virus A/H1N1. Lire l’article.

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11:00 > Stats

Quelques uns des membres du forum jeuxvideo.com, dont nous vous parlions hier, ont rĂ©alisĂ© toutes sortes de tableaux statistiques, comme celui que nous plaçons ci-dessous, sur leur site : PandĂ©mie grippale – Virus H1N1

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

11:30 > Basic Reproduction Number

Le Basic Reproduction Number (R0) est en fait le nombre moyen de nouvelles infections grippales, crĂ©es par une personne nouvellement infectĂ©e, dans une population de personnes sensibles. En gros, on peut dire qu’un R0 de 2 veut dire que chaque personne touchĂ©e par le A/H1N1 contaminerait Ă  son tout 2 autres personnes.

Question : quel est le R0 actuel du A/H1N1 aux USA ? La réponse est 1.3

Question : quel était le Ro de la grippe espagnole ? La réponse est 1,45

Toutefois, l’utilisation du R0 est souvent incorrect

11:35 > De l’efficacitĂ© des restrictions de circulation

Traduction d’un texte de Monotreme sur PFI (Pandemic Flu Information):
Empirical Evidence for the Effectiveness of Movement Restrictions

Il existe un large Ă©ventail de donnĂ©es empiriques qui a trait Ă  l’efficacitĂ© des restrictions de circulation:

1. DonnĂ©es historiques provenant d’autres maladies.

Bien que la variole ait un R0 Ă©levĂ© et ait ravagĂ© les villes d’Europe, elle Ă©tait inconnue dans le nouveau monde jusqu’Ă  ce que les EuropĂ©ens l’amènent aux AmĂ©riques sur les navires. Il est probable que si ces navires n’Ă©taient jamais arrivĂ©, les Natifs AmĂ©ricains n’auraient jamais Ă©tĂ© infectĂ©s par la variole.

2. Preuve historique de la pandémie de grippe de 1918.

La pandĂ©mie de grippe de 1918 est l’une des pires jamais documentĂ©e. Ă€ ce moment-lĂ , il n’y avait pas d’antibiotiques, d’antiviraux et de vaccins. Pourtant, certaines communautĂ©s ont complètement Ă©chappĂ© Ă  des infections. Quelques exemples:

A. Gunnison, au Colorado.

Ni petite ni isolĂ©e, Gunnison Ă©tait une ville avec un chemin de fer, un centre d’approvisionnement pour le centre-ouest de l’État, et le College des instituteurs de l’est de l’Ă©tat (Western State Teachers College). Au dĂ©but d’octobre – longtemps avant tout cas de grippe – Gunnison et la plupart des villes voisines ont Ă©mis une ordonnance de clĂ´ture et une interdiction des rassemblements publics. Puis Gunnison a dĂ©cidĂ© de s’isoler entièrement. Un homme de loi de Gunnison a bloquĂ© toutes les routes. Les conducteurs de train mettaient en garde tous les passagers que s’ils levaient le pied de la plate-forme Ă  Gunnison dans le but d’Ă©tirer les jambes, ils seraient arrĂŞtĂ©s et mis en quarantaine durant cinq jours. Deux Nebraskans tentant simplement de passer dans le prochain comtĂ© par une ville, ont atteint le blocus et furent jetĂ©s en prison.

Gunnison n’a eu aucun mort.

B. Samoa américaines

Alors qu’elle Ă©tait en vigueur, la quarantaine maritime utilisĂ© par des Samoa amĂ©ricaines en date du 23 Novembre 1918, semblait exclure une pandĂ©mie de grippe (2). Une fois la grippe parvenue Ă  cette juridiction en 1920, aucun dĂ©cès n’a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la grippe (sur une population de ≠8000) (8).

En revanche, la grippe se propagea rapidement Ă  travers le Samoa-Occidental (maintenant nommĂ© Samoa). L’impact a Ă©tĂ© amplifiĂ© par un manque d’assistance mĂ©dicale et par les pĂ©nuries alimentaires dans la rĂ©gion.Le Samoa-Occidental a le pire taux de mortalitĂ© enregistrĂ© de tous pays ou territoire pour la pandĂ©mie de 1918, perdant 19% -22% de sa population (2).

Source : PFI

11:45 > La dĂ©sinfection Ă  l’eau de Javel des aires communes, bureaux d’Ă©lèves, rampes d’escaliers et poignĂ©es de portes de la Polyvalente de Charlesbourg, dont un des Ă©lèves est atteint de la grippe A (H1N1), ne suffit pas Ă  stopper la propagation du virus, selon la Direction nationale de santĂ© publique. cyberpresse.ca

12:20 La grippe porcine a contaminĂ© 4.379 personnes dans 29 pays et fait 49 morts, selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) diffusĂ© dimanche Ă  Genève.

L’augmentation significative du nombre de cas confirmĂ©s rĂ©sulte d’une forte progression aux Etats-Unis, dĂ©sormais le pays le plus touchĂ©. Le nombre de pays concernĂ©s par l’Ă©pidĂ©mie est stable Ă  29. En revanche, on compte dĂ©sormais 4 pays oĂą des cas mortels ont Ă©tĂ© recensĂ©s.

    Etats-Unis:      2.254 cas, deux mortels
    Mexique:         1.626 cas, 45 mortels
    Canada:            280 cas, un mortel
    Costa Rica:          8 cas, un mortel
    Espagne:            93
    Royaume-Uni:        39
    France:             12
    Allemagne:          11
    Italie:              9
    Israël:              7
    Nouvelle-Zélande     7
    Brésil:              6
    Japon:               4
    Pays-Bas             3
    Corée du Sud:        3
    Panama               3
    Salvador:            2
    Argentine:           1
    Australie:           1
    Autriche:            1
    Colombie:            1
    Danemark:            1
    Guatemala            1
    Chine (Hong Kong):   1
    Irlande:             1
    Pologne              1
    Portugal:            1
    Suède                1
    Suisse:              1

Le précédent bilan, publié samedi à Genève, faisait état de 3.440 cas dans 29 pays et 48 morts.

Les donnĂ©es de l’OMS sont souvent infĂ©rieures aux bilans communiquĂ©s par les pays concernĂ©s en raison des procĂ©dures de vĂ©rification effectuĂ©es par l’organisation après leurs annonces. Il ne tient par exemple pas compte d’un troisième dĂ©cès annoncĂ© aux Etats-Unis et des deux premiers cas confirmĂ©s de prĂ©sence du virus en Norvège samedi. (AFP)

12:25 > Petite polĂ©mique dans les commentaires Ă  propos de l’utilisation du terme « victime » dans le titre de cette page. Une victime, ce n’est pas forcĂ©ment un mort. On peut-ĂŞtre victime d’un accident de la route sans finir au cimetière, par exemple. Une personne contaminĂ©e par le virus HIV est victime de ce virus potentiellement mortel, sans toutefois ĂŞtre morte au moment ou le test est positif, etc. De mĂŞme pour le AH1N1, nous semble-t-il. Par ailleurs, l’article de News Scientist reprend plusieurs fois le terme de victimes pour dĂ©signer les « cas » ou « contaminĂ©s », terme que nous n’avons pas voulu placer dans le titre.

Définition du Larousse :

Personne qui subit les consĂ©quences fâcheuses ou funestes de quelque chose, des Ă©vĂ©nements, des agissements d’autrui. Victime d’un abus, des circonstances, du chĂ´mage, d’une calomnie, du despotisme, de la fatalitĂ©, d’une mĂ©chancetĂ©, d’une mĂ©prise, de privations, du progrès, de sĂ©vices, du sort; (ĂŞtre) victime d’une attaque, d’une injustice, d’une machination, d’un malaise, d’une violation des droits de l’homme, d’un vol.

12:45 > Alors que le virus H1N1 inquiète partout Ă  travers le Monde, l’hĂ´pital Pasteur de Cherbourg semble parfaitement prĂ©parĂ© Ă  un Ă©ventuel cas de grippe A. Stocks de masques, de mĂ©dicaments Tamiflu ou chambres Ă  disposition ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s dès l’alerte de l’OMS. Le personnel hospitalier, dĂ©jĂ  rĂ´dĂ© par la grippe aviaire en 2007, gère avec expĂ©rience. Lire l’article.

13:00 > La sortie de Terminator 4 retardée pour cause de pandémie

La sortie de Terminator Salvation est retardĂ©e au Mexique. Synopsis du film : En 2018, John Connor, âgĂ© de 33 ans, leader charismatique de la rĂ©sistance humaine face aux machines, mène une lutte Ă  mort contre Skynet pour sauver ce qui reste de l’HumanitĂ©. Il fait la connaissance de Marcus Wright, un Ă©tranger amnĂ©sique dont le seul souvenir est d’avoir Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort. Vient-il du futur ? Ou du passé ? Alors que Skynet prĂ©pare son ultime assaut, John et Marcus s’aventurent au sein de Skynet oĂą ils vont dĂ©couvrir un terrible secret qui menace la planète : les machines ont fabriquĂ© un virus dans le but de dĂ©truire l’humanitĂ©.

envoyé par Mecanopolis


13:15 > Hollywood et propagande

Il faut lire l’article de Le Blavec Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood, pour se rendre compte comment le cinĂ©ma US a prĂ©parĂ© les esprits aux « attaques » du 11 septembre 2001. L’auteur revient d’ailleurs sur les films Ă©voquant des catastrophes au sein de tours ou l’urgence d’une protection militaire Ă  Manhattan.

En voyant Terminator 4, on peut rĂ©ellement se demander si le cinĂ©ma amĂ©ricain n’a pas pour but d’anticiper les catastrophes a venir et de prĂ©parer les foules Ă  quelques rĂ©actions de survie…

Sur le mĂŞme sujet, lire Ă©galement ce document de nos amis d’Infoguerre.

Le lien de l’article de Le Blavec n’est plus disponible. Nous l’avions placĂ© il y a un an sur Mecanopolis Ă  propos d’un article sur le film Cloverfield. Si quelqu’un retrouve son texte « Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood », nous sommes prenneurs. ;)

13:40 > Le virus H1N1 pourrait circuler chez l’homme depuis l’automne dernier, selon NPR. ( »The best estimate is the middle of that range, kind of September. »)

13:45 > Excellent travail de compilation d’articles sur DiaBlogTimes ;)

13:50 > Merci à nos amis de la Voix des opprimés ;)

14:10 > TF1 impose une quarantaine

Tous les salariĂ©s ayant effectuĂ© un rĂ©cent sĂ©jour au Mexique ou aux Etats-Unis sont ainsi priĂ©s de rester chez eux durant sept jours, sans passer par le siège de la chaĂ®ne Ă  Boulogne-Billancourt (92). Ces derniers pourront revenir travailler armĂ©s d’un certificat mĂ©dical assurant qu’ils ne sont pas atteints.

17:20 > 190 millions de doses de vaccin pour septembre

C’est un nouvel article de New Scientist qui rapporte l’information. Si la production de vaccin commence en juin, elle permettra de rĂ©aliser 190 millions de doses de vaccin pour septembre. Sachant qu’il faut 2 doses pour vacciner chaque personne, cela permettra de traiter 95 millions d’individus. Lire l’article. En gros, on aura la capacitĂ© de vacciner la France, la Belgique et la Suisse. Ca ne fait pas beaucoup, hein…

17:40 > Les mĂ©dias continuent Ă  parler de stabilisation, malgrĂ© les chiffres qui dĂ©montrent le contraire. Les dernières informations indiquent mĂŞme un retour de l’explosion des cas dans certaines provinces mexicaines, qui ont fermĂ© les Ă©tablissements publics.

influenza-2009-cases219:50 La lutte contre la grippe porcine au Mexique rebondit dans plusieurs rĂ©gions du pays qui imposent Ă  leur tour les restrictions d’activitĂ©s utilisĂ©es d’abord Ă  Mexico, oĂą la tension retombe avec la rĂ©ouverture des Ă©coles primaires attendue lundi.

Le bilan national de « cas confirmĂ©s » reste arrĂŞtĂ© Ă  48 morts et 1.578 malades contagieux en cours de traitement.

La rentrĂ©e des classes, d’abord fixĂ©e Ă  lundi au plan national après deux semaines d’interruption « prĂ©ventive », a Ă©tĂ© reportĂ©e dans six des 32 Etats du pays.

C’est le cas de celui de Guerrero, qui a dĂ©crĂ©tĂ© en outre la fermeture de tous les bars de nuit et discothèques dans ses stations touristiques, dont Acapulco, sur la cĂ´te du Pacifique.

Les restaurants y sont ouverts normalement, mais un grand hĂ´tel du front de mer annonçait dimanche matin un taux d’occupation de 10%, contre 40% Ă  50% habituellement Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e.

L’Etat de Jalisco (ouest) avait dĂ©jĂ  annoncĂ© vendredi la fermeture de tous ses Ă©quipements publics, cafĂ©s, restaurants, stades et autres lieux de distractions, après la dĂ©couverte de trois dĂ©cès suspects.

A Mexico, l’opĂ©ration de grand nettoyage et de dĂ©sinfection s’est poursuivie pendant tout le week-end dans les Ă©coles, mais aussi dans le mĂ©tro, dont l’affluence va redoubler avec la rentrĂ©e des classes. (AFP)

20:20 > SĂ©rieux doutes sur l’efficacitĂ© du Tamiflu

Ce cĂ©lèbre mĂ©dicament antiviral de la multinationale suisse Roche fait l’objet d’interrogations de plus en plus dĂ©rangeantes.

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C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom Ă  une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait ĂŞtre amenĂ©e Ă  prendre des dimensions planĂ©taires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dĂ©nomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs annĂ©es prĂ©sentĂ© de manière publicitaire comme une forme de panacĂ©e contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’Ă©mergence du risque hypothĂ©tique de pandĂ©mie hautement meurtrière associĂ© au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il Ă©tait inconnu ou presque du grand public. Il Ă©tait aussi rarement prescrit par les mĂ©decins dans le cadre des Ă©pidĂ©mies de grippe saisonnière.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planĂ©taire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus Ă  l’homme, ont totalement bouleversĂ© la donne. Dès 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santĂ© la plupart des gouvernements des pays industriels ont dĂ©cidĂ© de constituer -Ă  prix d’or- des stocks considĂ©rables de Tamiflu. Et l’Ă©mergence du nouveau virus A(H1N1) a conduit les mĂŞmes autoritĂ©s Ă  souligner tout l’intĂ©rĂŞt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un flĂ©au pandĂ©mique.

On n’a ainsi pas cessĂ© de rappeler, par voie de presse, ces derniers jours que la France disposait de plus d’une trentaine de millions de traitement. Et on nous a aussi expliquĂ© qu’une partie (laquelle?) de ce Tamiflu jusqu’Ă  prĂ©sent conservĂ©e en vrac sur des « sites militaires » Ă©tait en cours de conditionnement et bientĂ´t « prĂ©positionnĂ©e » dans les services spĂ©cialisĂ©s des Ă©tablissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire national.

Tout ceci ne saurait gommer le fait que, depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , deux questions circulent avec une insistance grandissante dans la communautĂ© mĂ©dicale et scientifique. La première: les stocks de Tamiflu (ou du moins une partie d’entre eux) n’ont-ils pas dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© leur dĂ©lai de pĂ©remption ? La seconde : comment interprĂ©ter les rĂ©sultats de diffĂ©rents travaux dĂ©montrant que des virus grippaux A(H1N1) sont, en moins de deux ans, devenus massivement rĂ©sistants Ă  ce mĂ©dicament ?

Depuis son siège de Londres l’Agence europĂ©enne du mĂ©dicament (EMEA) a, dans l’après-midi du 8 mai, rĂ©pondu par voie de communiquĂ© de presse Ă  la première de ces deux questions. Et elle l’a fait, selon moi, avec une assez grande dĂ©sinvolture assez inhabituelle. En clair : vos stocks de Tamiflu sont pĂ©rimĂ©s ? Qu’Ă  cela ne tienne : nous allons augmenter la durĂ©e de vie de votre mĂ©dicament. Et ne jetez surtout pas les boĂ®tes ayant dĂ©passĂ© le dĂ©lai de pĂ©remption ou celles qui s’en approchent !

Si la Commission europĂ©enne en est d’accord ce dĂ©lai de pĂ©remption passera de cinq Ă  sept ans. Et l’on voit mal Bruxelles s’opposer ici aux experts de l’EMEA. Mieux ces experts estiment que, le cas Ă©chĂ©ant, le Tamiflu pourra ĂŞtre prescrit aux enfants âgĂ©s de moins d’un an (ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes) ce qui Ă©tait jusqu’Ă  prĂ©sent formellement contre-indiquĂ©. Les experts de l’EMEA expliquent encore qu’en cas de pandĂ©mie les « bĂ©nĂ©fices » Ă©ventuels d’une telle utilisation du Tamiflu sont de nature Ă  dĂ©passer les « risques » encourus jusqu’alors pris en compte pour commercialiser au mieux la molĂ©cule pharmaceutique. Lire la suite.

stopp

20:35 > Elevage industriel et nouveaux virus : une vraie question

L’irruption de la grippe A, au-delà des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, devrait nous interroger sur les causes d’une telle situation :

Les élevages industriels hors-sol de porcs ou volailles soumis à des traitements antibiotiques quasiment continus constituent des milieux propices à l’apparition de virus nouveaux et de bactéries résistantes aux antibiotiques. La région de l’élevage de la Gloria, au Mexique, d’où provient l’apparition chez l’homme de ce virus correspond à ce modèle. Et l’élevage porcin en Bretagne est sensiblement du même type. Lire la suite.

21:10 > Merci Ă  tous nos amis bloggeurs qui ont repris les infos de cette page depuis ce matin ;)

Changement climatique ; Citoyens du Monde ; DiablogTimes ; Rodion Raskolnikov ; Serge Adam , Blog Seniors ; Vigi-Infos ; news.stcom

21:40 > Le nombre de personnes contaminĂ©es par le virus de la grippe A (H1N1) aux Etats-Unis s’Ă©levait dimanche Ă  2.532, a annoncĂ© le Centre de contrĂ´le et de prĂ©vention des maladies (CDC).

Lundi 11 mai > Le Mexique sacrifié ?

La situation au Mexique est inexplicable. Le gouvernement s’obstine Ă  rĂ©ouvrir les Ă©tablissements publics alors que tout dĂ©montre que la situation dans plusieurs rĂ©gions du pays connait une expansion importante des cas de A/H1N1. Tout semble ĂŞtre fait comme si il y avait un volontĂ© manifeste  pour que la contagion gagne du terrain. Pour couronner le tout, le Ministère de la santĂ© a refusĂ© de donner sa confĂ©rence quotidienne sur la situation de l’Ă©pidĂ©mie. A la veille de la rĂ©ouverture des Ă©coles, ça tombe plutĂ´t mal… Que cherche Ă  faire exactement le gouvernement mexicain ?

fema-camp

00:05 > Peut-ĂŞtre un dĂ©but de rĂ©flexion : Nous avions expliquĂ©, il y a quelques jours, comment les CDC et l’OMS ont pris le contrĂ´le de la santĂ© au Mexique. Or, ce pays s’est fait livrĂ© 1 million de doses de Tamiflu la semaine dernière (400′000 venant des USA, 100′000 de la France et le reste des rĂ©serves de l’OMS). Si tous pensaient que la situation Ă©tait sous contrĂ´le, et mĂŞme en voie de stabilisation, ces livraisons au Mexique n’auraient pas lieu d’ĂŞtre. Sauf si on se livre Ă  une expĂ©rience grandeur nature afin de voir si le virus peut-ĂŞtre stoppĂ© de front plutĂ´t qu’en paralysant toute l’Ă©conomie d’un pays pendant plusieurs semaines. Le Mexique serait alors le laboratoire de ce qui sera ou ne sera pas fait aux Etats-Unis et partout ailleurs oĂą le virus s’Ă©tend. Cela expliquerait les mensonges de Calderon, prĂŞt a sacrifier un certain nombres de ces concitoyens sur l’autel de l’Ă©conomie mondiale.

Vous en doutez ? Pas nous ! (Mecanopolis + Redamex)

Poursuivre avec cet article. (Merci Ă  Redamex)

00:15 > NAOMI KLEIN ET LA CRISE FINANCIĂRE – 1 -
envoyé par Mecanopolis

Partie 2 et partie 3


06:30> Mexique : Le SecrĂ©taire fĂ©dĂ©ral de la SantĂ©, JosĂ© Angel Cordova Villalobos, a reconnu que « l’Ă©ventualitĂ© qu’apparaisse de nouveaux cas d’infection du virus de la grippe reste possible mais la phase de stabilisation se poursuit« . Comment on dit dĂ©jĂ … ? Hijo de la Chingada !!!

Source : elmanana.com.mx

18:30 > Une mégaporcherie états-unienne installée au Mexique et l’apparition de la grippe porcine

Le 20 mars dernier, alors que l’existence du virus de la grippe porcine n’était pas encore connue, Bertha Crisostomo, agente municipale de La Gloria, un quartier de la municipalité de Perote (État de Veracruz), sollicita l’appui du ministère de la Santé de Mexico concernant une explosion d’infections respiratoires qui affectaient 60% des 3000 habitants de l’arrondissement, soit 1600 personnes.

Également, un reportage publié par la revue Milenio, avant que soit connu l’origine de cette explosion, décrivait comment plusieurs familles avaient été victimes d’infections gastro-intestinales et respiratoires, symptômes typiques de la grippe.

José Luis Martinez, un résidant de La Gloria, de 34 ans, dit qu’il a appris de quoi il s’agissait par les médias qui décrivaient la grippe porcine et ses symptômes : fièvre, toux, douleurs dans les articulations, migraines et dans certains cas, vomissements et diarrées. « Quand on a vu ça à la télévision, dit-il, on s’est dit : c’est ça que nous avons. »

A ces doutes populaires, s’est ajouté la confirmation d’une firme de consultants états-unienne spécialisée dans la biosurveillance, Veretech Corporation, qui a identifié une communauté de Perote comme étant le lieu de l’apparition du nouveau virus de l’influenza. Lire la suite.

18:45 > SymptĂ´mes respiratoires chez 555 voyageurs entrĂ©s en Chine. Lire l’article.

19:00 > Publicités informatives des CDC diffusées depuis ce matin aux USA :

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Mardi 12 mai > Le A/H1N1 pourrait faire 30′000 morts en France

Près de 35% de la population française pourrait ĂŞtre touchĂ©e par la grippe porcine, ce qui pourrait entraĂ®ner 30.000 morts, a affirmĂ© lundi Antoine Flahaut, Ă©pidĂ©miologiste et directeur de l’Ecole des hautes Ă©tudes en santĂ© publique (EHESP) Ă  Rennes lors d’une confĂ©rence.

« Il pourrait y avoir 30.000 dĂ©cès en France », a affirmĂ© M. Flahaut au cours d’une confĂ©rence donnĂ©e Ă  l’EHESP, en Ă©voquant le scĂ©nario qu’il estime le plus probable de l’Ă©volution de la pandĂ©mie de la grippe A (H1N1).

Selon ce scĂ©nario, le pic se fera sentir « après l’Ă©tĂ© » et pourrait toucher « 35% de la population ». En comparaison, la grippe saisonnière fait selon lui en moyenne 6.000 morts par an.

InterrogĂ©e lundi soir sur France 3 sur ces dĂ©clarations, la ministre de la santĂ© Roselyne Bachelot a indiquĂ© que M. Flahaut avait « dĂ©crit un des scĂ©narios tout Ă  fait possibles », mais que « l’ensemble de la communautĂ© des experts mĂ©dicaux est encore en recherche sur ce qui va se passer ».

« Nous sommes très attentifs Ă  ce qui se passe dans l’hĂ©misphère sud, oĂą on va ĂŞtre en hiver », a dit encore Mme Bachelot. « Cela va prĂ©sager sans doute de ce qui va passer dans l’hĂ©misphère nord Ă  l’automne », a-t-elle ajoutĂ©.

M. Flahaut ne croit pas à un scénario de type SRAS, avec des symptômes apparaissant chez toutes les victimes et des hospitalisations systématiques. Selon lui, en moyenne, la moitié des personnes infectées par le H1N1 ne ressentent pas les symptômes de la maladie.

Il ne croit pas non plus au scĂ©nario de type grippe espagnole de 1918/1919 qui aurait fait selon l’OMS au moins 40 millions de dĂ©cès dans le monde en raison d’un taux très Ă©levĂ© « de 1 Ă  3% de cas de mortalitĂ© par rapport aux cas infectĂ©s ».

En revanche, il rapproche plutĂ´t la pandĂ©mie actuelle de la grippe de Kong-Kong de 1968. « En 1968, il y a eu 30.000 morts, on ne l’avait pas vu, lĂ  on le verra », a-t-il dit devant des Ă©tudiants.

« Pour le moment en France, nous n’avons que des cas d’importation, mais je ne serais pas Ă©tonnĂ© que des gens qui n’ont pas eu les symptĂ´mes aient transmis » la maladie, a-t-il ajoutĂ©.

« Il s’agit d’un virus qui se transmet comme les autres, il n’est pas exceptionnel, il fait sa besogne », a-t-il expliquĂ©. En moyenne, a-t-il ajoutĂ©, une personne contagieuse transmet la grippe Ă  deux autres personnes.

« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », a-t-il expliquĂ©. « 35% de la population malade, cela peut gripper le système, notamment le système de santĂ© », a-t-il poursuivi.

« La pandĂ©mie, nos pays s’en sortiront sans grands dĂ©gâts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent dĂ©jĂ , par exemple ceux qui ont des emplois prĂ©caires », a-t-il encore dit.

Concernant le vaccin, l’OMS doit se prononcer le 14 mai, a affirmĂ© M. Flahaut. Elle devra choisir entre faire entrer le H1N1 souche nord-amĂ©ricaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou faire un vaccin dirigĂ© contre la pandĂ©mie, a-t-il rappelĂ©.

« Mon sentiment est qu’ils vont faire un vaccin pandĂ©mique », a-t-il ajoutĂ© sachant que « le nouveau virus est ultra-compĂ©titif et chassera tous les autres ». « En janvier, il n’y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura Ă©tĂ© dĂ©gommĂ© », a-t-il ajoutĂ©.

« Chaque nation va dĂ©cider de sa politique et cela ne va pas ĂŞtre triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore dĂ©clarĂ© M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgĂ©es et les plus fragiles, soit on veut faire barrière au virus et on vaccine les personnes stratĂ©giques, mais c’est qui les personnes stratĂ©giques ? », s’est-il interrogĂ©. Source : France24

02:30 > A/H1N1 : 23′000 personnes seraient contaminĂ©es au Mexique

Quelque 23.000 personnes ont Ă©tĂ© contaminĂ©es au Mexique par le virus de la grippe A(H1N1), estime un rapport publiĂ© lundi en ligne par la revue « Science ». Ce nombre est beaucoup plus important que celui des cas confirmĂ©s officiellement dans le pays.

Le rapport, Ă©tabli par la cellule sur les pandĂ©mies de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), qui comprend notamment les Centres de contrĂ´le et de prĂ©vention des maladies amĂ©ricains (CDC), estime Ă  23.000 les personnes contaminĂ©es au Mexique par le virus. C’est dans ce pays que l’OMS avait repĂ©rĂ© l’Ă©ruption d’une Ă©pidĂ©mie de grippe porcine en avril.

Selon un dernier bilan, le nombre officiel de cas confirmĂ©s au Mexique s’Ă©lève Ă  2003 et celui des morts Ă  56. Au Mexique, comme dans le reste du monde, « les cas confirmĂ©s de A(H1N1) ne reprĂ©sentent que la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », a relevĂ© lundi Anne Schuchat, directrice adjointe par intĂ©rim de la santĂ© publique aux CDC, lors d’une confĂ©rence de presse.

Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test, souligne Mme Schuchat. (ATS) Source : swissinfo.ch

Merci a Redamex de nous avoir fait parvenir cette info qui confirme, comme nous l’affirmons sur Mecanopolis depuis 10 jours, que les chiffres avancĂ©s par le gouvernement mexicain ne correspondent en rien Ă  la rĂ©alitĂ©.

20:20 > Sanofi Pasteur se prépare à affronter une pandémie

Sanofi Pasteur, leader mondial des vaccins, a assuré mardi qu’il se “préparait à affronter une pandémie” de grippe A et attendait l’envoi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la souche du virus pour fabriquer le vaccin.

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”Nous n’avons pas encore reçu de souche de l’OMS, mais c’est une question de jours et on va se préparer pour produire un vaccin en masse”, a déclaré à l’AFP Albert Garcia, épidémiologiste et porte-parole de Sanofi-Pasteur.

M. Garcia s’exprimait en marge de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine destinée à produire le futur vaccin contre la dengue, à Neuville-sur-Saône (Rhône).

”Nous ne sommes pas en phase pandémique, même si le virus H1N1 de la grippe A a tous les profils d’un virus pandémique, mais on se prépare à affronter une pandémie”, a souligné l’épidémiologiste.

”Aujourd’hui on se prépare à l’éventualité d’une résurgence” de la grippe A, mais on n’a aucun moyen fiable de mesurer sa virulence”, a observé le Dr Elias Zerhouani, conseiller Science et Technologie de Sanofi.

”La capacité mondiale de production (d’un vaccin) est encore limité et tous les investissements dans ce domaine sont nécessaires”, a-t-il dit.

De son côté, le directeur-général de Sanofi-Aventis, Christopher Viehbacher, a souligné que le groupe disposait de trois usines dans le monde –deux aux Etats-Unis et une en France– pour la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière, qui fait 30.000 morts chaque année.

Seuls les deux sites américains sont capables de produire en même temps un vaccin contre la grippe A, a-t-il souligné.

Arrêter en France la fabrication du vaccin contre la saisonnière pour celui contre la grippe A constitue “une vraie question de santé publique”. “Ce n’est pas à nous de la prendre, mais à l’OMS”, a-t-il dit.

Treize cas de grippe d’origine porcine A (H1N1) étaient confirmés en France mardi en fin de matinée, sept étant considérés comme probables et 32 autres possibles étaient en cours d’investigation, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans le monde, l’épidémie de grippe A a franchi le seuil des 5.000 cas confirmés mardi, dont 61 morts, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), et 3 nouveaux pays, la Finlande, la Thaïlande et Cuba, ont annoncé avoir détecté la présence du virus.

Merci Ă  « Je Tousse » pour cette info.

20:20 > L’OMS craint une rĂ©sistance aux antiviraux

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) craint une rĂ©sistance du virus de la grippe porcine aux antiviraux se fondant sur « les signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonnière constatĂ©s l’annĂ©e dernière, a annoncĂ© mardi l’un de ses experts en pandĂ©mie.

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« Nous sommes confrontĂ©s au risque de rĂ©sistance des virus » (aux antiviraux), a expliquĂ© Nikki Shindo au cours d’une confĂ©rence de presse tĂ©lĂ©phonique.

Le Dr Shindo a fait valoir que l’annĂ©e dernière la grippe saisonnière avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral produit par le laboratoire suisse Roche et recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper après son passage dans l’hĂ©misphère Sud oĂą l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’ONU.

Le dĂ©veloppement d’un vaccin contre cette grippe atypique, qui a contaminĂ© plus de 5.200 personnes dans le monde, dont 61 sont mortes, a Ă©tĂ© motivĂ© par cette crainte, a encore expliquĂ© le Dr Shindo.

L’OMS a convoquĂ© jeudi un comitĂ© d’experts qui sera chargĂ© d’Ă©tudier les modalitĂ©s de production de ce vaccin.

En attendant et en dĂ©pit du risque de rĂ©sistance, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine dernière quelque 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays dont le Mexique.

Roche a Ă©galement annoncĂ© mardi qu’il offrait 5,65 millions de doses supplĂ©mentaires de son mĂ©dicament phare. Le laboratoire bâlois prĂ©voit Ă©galement d’augmenter ses capacitĂ©s de production de l’antiviral, dont il va produire 110 millions de traitements pendant les cinq prochains mois.

« Nous ne sommes qu’au commencement de l’Ă©pidĂ©mie », a par ailleurs estimĂ© l’expert de l’OMS, prĂ©cisant que l’organisation ne s’expliquait toujours pas pourquoi les cas les plus graves avaient Ă©tĂ© enregistrĂ©s au Mexique.

« Pour l’instant, les donnĂ©es des Etats-Unis et du Mexique suggèrent que 9 Ă  10% des cas confirmĂ©s ont nĂ©cessitĂ© une hospitalisation (…) ce qui est clairement diffĂ©rent de ce que nous voyons avec une grippe saisonnière, a encore soulignĂ© le Dr Shindo.

Alors que le nombre de cas de grippe porcine a franchi mardi le seuil des 5.000 malades avec 5.251 cas confirmĂ©s, dont 61 morts, dans 30 pays, selon le dernier bilan de l’OMS, le Dr Shindo a indiquĂ© que l’organisation prĂ©parait un guide de conseils pour les personnels mĂ©dicaux des pays touchĂ©s par la maladie.

21:00 > Le A/H1N1 est un virus pandémique

Les caractéristiques de l’épidémie provoquée par la nouvelle souche de grippe A(H1N1), dite grippe porcine ou mexicaine, correspondent à ce qui est connu des premiers stades d’une pandémie de grippe, selon une analyse publiée aujourd’hui par une équipe internationale dans la revue Science.

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Neil Ferguson (de l’Imperial College London, GB) et ses collègues Ă©pidĂ©miologistes et virologues Ă©valuent que l’épidĂ©mie de grippe A(H1N1) a commencĂ© au Mexique Ă  la mi-fĂ©vrier et qu’Ă  la fin du mois d’avril près de 23.000 personnes avaient Ă©tĂ© infectĂ©es par ce virus au Mexique et 91 en Ă©taient mortes. Un grand nombre de cas modĂ©rĂ©s de grippe ayant certainement Ă©chappĂ© au recensement, le nombre rĂ©el pourrait aller jusqu’à 32.000 cas.

Les chercheurs estiment que le taux de mortalité est compris entre 0,3% et 1,5% au Mexique et qu’il est vraisemblablement de 0,4% en moyenne (4 morts pour 1.000 cas).

Pour ce qui est de la vitesse de transmission du virus, ils estiment qu’il y a eu 1,2 Ă  1,6 cas secondaire en moyenne pour une personne infectĂ©e. Ce qui est plus Ă©levĂ© que dans le cas d’une grippe saisonnière, au cours de laquelle 10 Ă  15% de la population est infectĂ©e, mais est plus faible que dans le cas d’une pandĂ©mie qui touche 20 Ă  30% de la population.

«Le virus se répand à un rythme attendu pour les premiers stages d’une grippe pandémique», commente Neil Fergusson. «Jusqu’à présent, il a suivi un schéma très semblable à celui de la pandémie de 1957, en termes de nombre de personnes infectées et de pourcentage de cas mortels». Moins dangereux que le virus de la grippe espagnole, ce nouveau virus doit cependant rester sous surveillance, dit-il. L’épidémie de 1957 a fait 2 millions de morts dans le monde, selon les estimations de l’OMS, alors que la grippe saisonnière cause 250.000 à 500.000 décès annuellement.

Nous devons ĂŞtre prĂ©parĂ©s, particulièrement pour l’automne. Actuellement, le virus ne se rĂ©pand pas facilement dans l’hĂ©misphère nord parce que nous sommes Ă  l’extĂ©rieur de la saison normale de grippe, explique-t-il. La grippe pourrait atteindre son « plein potentiel pandĂ©mique » dans les six Ă  neuf prochains mois.

Mercredi 13 mai > La partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg

Le nombre de cas confirmĂ©s dans le monde pourrait n’ĂŞtre que « la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », et le nombre de cas rĂ©els bien plus Ă©levĂ© que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandĂ©mies de l’OMS.

Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.224.

L’OMS a mis en garde contre une rĂ©sistance du virus de la grippe A (H1N1) aux antiviraux se fondant sur les « signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonnière constatĂ©s l’an dernier.

Le Dr Nikki Shindo, expert en pandĂ©mies, a fait valoir que l’annĂ©e dernière la grippe saisonnière avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper après son passage dans l’hĂ©misphère Sud oĂą l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’OMS.

En attendant le dĂ©veloppement d’un vaccin et en dĂ©pit de ces craintes, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine dernière 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays, dont le Mexique.

01:00 > «Un tiers de l’humanité pourrait être infectée»

Si le virus de la grippe A (H1N1) maintient sa vitesse de propagation actuelle, un tiers de l’humanité pourrait être infectée. Un rapport d’experts rendu public par Science lundi soir estime ainsi pour la première fois le potentiel pandémique du nouveau virus de la grippe. Il donne raison à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, le 29 avril, a relevé son niveau d’alerte, le plaçant au stade de «pandémie imminente». Mais il faudra sans doute attendre l’automne pour que l’épidémie atteigne l’hémisphère Nord.

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Le virus va «vraisemblablement se propager autour du monde dans les six à neuf mois à venir», a déclaré un des auteurs de l’étude, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres. «Quand il le fera, il affectera environ un tiers de la population mondiale.» Mais «cen’est pas le scénario catastrophique que craignait le monde avec la grippe aviaire», a-t-il précisé.

Quel vaccin produire?

Bien qu’il perdure une bonne dose d’incertitudes, le nouveau virus semble être moins sévère que son cousin de 1918, mais comparable à celui de 1957, estime le rapport. A cette époque, l’épidémie avait fait trois à quatre millions de morts.

L’expert se refuse toutefois à donner une estimation du nombre de morts possible. «Je ne prédis pas 3 à 4 millions de morts, a précisé Neil Ferguson au quotidien The Gua rdian.

Le monde est différent aujour­d’hui. Il est plus peuplé, mais le système de soins est aussi meilleur.» Et de rappeler que l’OMS doit décider cette semaine de faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou de faire un vaccin dirigé contre la pandémie.

Une chose est sûre, le virus est plus contagieux que la grippe saisonnière, a rappelé l’OMS. Lorsque cette dernière sévit, une personne en contact avec un malade a entre 5 et 15% de risque d’être infectée. Avec le nouveau virus, cette proportion grimpe entre 22 et 33%.

Les experts, travaillant en collaboration avec l’OMS, se sont concentrés essentiellement sur les données mexicaines, le virus étant parti du Mexique. En analysant les mouvements de voyageurs, le nombre de cas confirmés dans le monde, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que, fin avril, entre 6000 et 32 000 personnes ont été contaminées.

Données incomplètes

Selon les travaux publiés, la grippe dite mexicaine tue entre 0,4% et 1,4% de ses victimes. Le professeur Neil Ferguson reconnaît toutefois que les données sont encore incomplètes.

Enfin, les chercheurs ont confirmé que le virus est apparu pour la première fois mi-février dans le village de La Gloria, Veracruz, où 61% de la population de plus 15 ans a souffert de maladie respiratoire sévère.

Source : Tribune de Genève, 13 mai, 00:13

19:10 > Le H1N1 porcin dépasse la grippe saisonnière aux États-Unis
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

Le rapport de la semaine 17 du CDC Ă  propos de la grippe saisonnière aux États-Unis est frappant. La courbe normale en forme de cloche de cas dĂ©tectĂ©s par les laboratoires sentinelles du CDC a soudainement Ă©tĂ© interrompue par une forte augmentation. Quoique la hauteur de la montĂ©e [de la coube] ait Ă©tĂ© poussĂ©e en quelque sorte par une surveillance accrue, attribuable Ă  la dĂ©tection du H1N1 porcin, la composition de la barre reprĂ©sentant la semaine 17 s’est avĂ©rĂ© un signal Ă©vident que la grippe porcine H1N1 a pris l’assault des cas de grippe aux États-Unis. Les donnĂ©es initiales pour l’influenza comportaient respectivement 334 et 300 positifs au H1 et H3, mais il y a eu 326 et 304 isolats de H1N1 porcin ou de l’influenza A intypable (ce qui consiste en du H1N1 porcin n’ayant pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©). La mise Ă  jour des donnĂ©es publiĂ©e cette semaine fut encore plus frappante, avec 370 et 342 isolats respectivement de H1 et H3, alors que le H1N1 porcin et l’influenza A intypable s’Ă©levaient Ă  542 et 259. Ainsi, il est survenu davantage de H1N1 porcin que la combinaison de H1 et H3 de grippe saisonnière.

La montĂ©e des cas de H1N1 porcin a créé un retard de donnĂ©es [backlog] au CDC, ce qui peut ĂŞtre observĂ© dans la carte des cas confirmĂ©s et cas probables (voir la carte des États-Unis). Les tests de confirmation ont Ă©tĂ© confiĂ©s aux laboratoires d’États afin d’Ă©liminer le retard, mais peu de temps après, les laboratoires d’État ont admis que les Ă©chantillons testĂ©s n’Ă©taient que la pointe d’un très grand iceberg, et que les futurs tests se concentreraient uniquement sur les cas les plus graves.

Ce dĂ©placement du H1N1 porcin dans la population humaine demeure une cause de prĂ©occupations. L’augmentation dĂ©passant la grippe saisonnière pourrait ĂŞtre poussĂ©e par le gène PB2 aviaire de l’isolat porcin. La position 627 consiste en un E, qui favorise la croissance Ă  des tempĂ©ratures corporelles supĂ©rieures des oiseaux. La grippe saisonnière possède un K Ă  la position 627, ce qui facilite une reproduction rapide Ă  une tempĂ©rature infĂ©rieure, Ă©tant compatible avec la tempĂ©rature interne d’un nez humain en hiver.

La prĂ©sence d’un PB2 aviaire pourrait offrir un avantage sĂ©lectif au cours de l’Ă©tĂ©, lorsque la grippe saisonnière chutera Ă  des niveaux Ă  peine dĂ©tectables. Toutefois, le H1N1 porcin se dĂ©placera vers le sud au cours des prochains mois, et se dĂ©veloppera dans des conditions plus froides, ce qui pourrait favoriser l’acquisition du [changement] E627K via rĂ©assortiment ou recombinaison. Ce changement pourrait gĂ©nĂ©rer un H1N1 plus virulent Ă  l’automne dans l’hĂ©misphère nord.

Ainsi, le H1N1 porcin pourrait dĂ©ployer deux stratĂ©gies de virus. Le H1N1 avec un PB2 aviaire dominerait l’hĂ©misphère nord au cours de l’Ă©tĂ©, alors que le H1N1 de l’hĂ©misphère sud ferait l’acquisition du [changement] E627K, et Ă©tablirait la dominance au cours des mois d’hiver.

Ainsi, la propagation du H1N1 porcin s’effectue en vitesse supĂ©rieure, alors que l’OMS est encore Ă  dĂ©battre si le H1N1 porcin est un H1N1 porcin, et si une pandĂ©mie de phase 6 est rĂ©ellement Ă  la phase 6.

Le H1N1 porcin ne lit pas les communiquĂ©s de presse de l’OMS.

Il ne fait qu’acquĂ©rir de l’efficacitĂ© de transmission via recombinaison homologue.

23:00 > Comme nous l’indiquions hier, plusieurs centres de recherches indiquent que le virus A/H1N1 aurait dĂ©jĂ  mutĂ©.

Lire : Swine Flu: It’s a Mutation, But What Does it Mean? et Estudian nuevo virus que serĂ­a peor que el H1N1

Jeudi 14 mai > La grippe A (H1N1): une erreur humaine?

Adrian Gibbs, 75 ans, soutient qu’il prĂ©voyait publier un rapport montrant que cette pandĂ©mie de grippe aurait possiblement Ă©voluĂ© dans des oeufs utilisĂ©s pour crĂ©er des virus pour des recherches scientifiques et pour le dĂ©veloppement de vaccins.

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Le spécialiste a dit que sa découverte permettrait de mieux comprendre la capacité du virus à se propager.

Si les recherches d’Adrian Gibbs s’avèrent vĂ©ridiques, l’OMS estime que cela posera nombre de questions sur le virus de la grippe A (H1N1).

Par exemple, est-ce que ce virus a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© pour un vaccin ou dans le cadre d’une recherche? Est-ce qu’il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© par accident ou par exprès? Quelles en sont les circonstances? s’est demandĂ© un spĂ©cialiste de l’OMS citĂ© par l’agence de presse Bloomberg.

Tout de mĂŞme, un centre pour le contrĂ´le et la prĂ©vention des maladies Ă  Atlanta, aux États-Unis, a analysĂ© le rapport et conclut qu’aucune preuve ne peut confirmer les conclusions du chercheur australien.

Source : Bloomberg

Merci Ă  notre ami Antoine de nous avoir fait parvenir cette info.

21:00 > Qui a laissé échapper le virus A/H1N1 ?

Bien qu’il n’y ait aucune preuve formelle permettant d’affirmer qu’il s’agit d’un virus créé de toutes pièces et qui aurait été répandu volontairement pour réduire la population mondiale, a expliqué LaRouche, cette hypothèse n’est pas à exclure au vu des intentions criminelles de certains courants au sein de l’oligarchie financière britannique. Lire la suite > solidariteetprogres.org

21:00 > INFORMATION A CONFIRMER : Selon une de nos  sources 636,000 étudiants et prof mexicains retournés à la maison pour symptômes apparentés à grippe A(H1N1).

Notre source semble ĂŞtre fiable, mais nous cherchons a recouper l’information.

21:25 > Selon le rapport du SecrĂ©tariat de l’éducation publique (SEP), 636′000 Ă©tudiants et 406 enseignants ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s dans leurs foyers, tout en prĂ©sentant des symptĂ´mes de maladies respiratoires ou Ă©taient absents de leurs Ă©coles, qui a plus que doublĂ© le nombre de les membres de la communautĂ© scolaire de maladie, l’a enregistrĂ©, mardi dernier, leur nombre Ă©tait de 259 mille 592. 91′000 Ă©lèves  seraient atteint des symptĂ´mes de la grippe : forts et intenses maux de tĂŞte, forte fièvre et douleurs musculaires. Lire l’article.

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22:25 > Le leader cubain Fidel Castro a accusĂ© jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d’ĂŞtre responsables de l’ »expansion fulgurante » de la grippe porcine alors que ces pays Ă©taient, selon lui, au courant de l’apparition du virus A(H1N1) bien avant que l’alerte ne soit donnĂ©e.

« L’expansion fulgurante (de la grippe porcine) aurait pu ĂŞtre Ă©vitĂ©e », Ă©crit l’ancien prĂ©sident cubain Fidel Castro, 82 ans, dans un commentaire qui a Ă©tĂ© lu Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale et publiĂ© sur le site internet cubadebate.cu.

« Serait-il possible qu’au Mexique, les 16 et 17 avril », lors de la visite du prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama, « personne ne savait un mot du cadeau qui serait fait au monde six jours plus tard? », se demande Fidel Castro, qui a cĂ©dĂ© le pouvoir en 2006 Ă  son frère Raul pour des raisons de santĂ©.

« Pas mĂŞme les services de renseignement des Etats-Unis, experts en information, ne savaient ce qui Ă©tait sur le point d’arriver? », ajoute-t-il en relevant qu’Obama avait retrouvĂ© le dirigeant mexicain Felipe Calderon ainsi que le Canadien Stephen Harper au Sommet des AmĂ©riques de TrinitĂ©-et-Tobago, les 18 et 19 avril.

Le gouvernement mexicain a donnĂ© l’alerte le 23 avril après qu’un laboratoire canadien eut diagnostiquĂ© officiellement le premier le virus A (H1N1) sur la base d’Ă©chantillons en provenance du Mexique.

« Ce n’est pas une faveur du gouvernement du Mexique au monde comme certains le prĂ©tendent. Il faudrait maintenant remercier les trois pays associĂ©s au traitĂ© de libre-Ă©change », le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, poursuit Castro.

Le journal mexicain La Jornada a rapporté, selon Fidel Castro, que dès le 5 avril des mesures sanitaires avaient été prises dans le village mexicain de la Gloria en raison de la grippe porcine.

Fidel Castro avait dĂ©jĂ  accusĂ© lundi les Mexicains d’avoir cachĂ© l’apparition de l’Ă©pidĂ©mie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans leur pays. Ce qui a suscitĂ© des dĂ©nĂ©gations outrĂ©es de la part des autoritĂ©s mexicaines.

Samedi 16 mai > Chers Amis,

Encore une page saturée sur le sujet du A/H1N1. Nous en placerons une nouvelle durant le week-end, le temps de compiler les nombreuses informations qui nous sont parvenues ces dernières 24h

12:00 > L’OMS lance un avertissement : la liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’alourdit dans le monde

La liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’est alourdi le 15 mai dans le monde. Jusqu’au 17h du 16 mai (heure de Beijing), en total, 8461 cas sont confirmĂ©s dans 38 pays du monde. Le jour mĂŞme, Margaret Chan, directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, a averti en disant que le virus de la grippe AH1N1 continerait Ă  se propager sur le globe, dont les consĂ©quences varieraient selon les cas inconnus. Source > french.cri.cn

12:30 > Plus de 100′000 cas aux USA, selon les CDC

Le nombre rĂ©el de cas de grippe porcine aux États-Unis pourrait ĂŞtre « de plus de 100.000″, a  indiquĂ© un haut fonctionnaire de la santĂ© publique, ce qui est de loin plus Ă©levĂ© que les chiffres officiels de 7′415 cas confirmĂ©s par les laboratoires.

Le Dr Daniel Jernigan, chef de l’Ă©pidĂ©miologie de la grippe pour les Centers for Disease Control and Prevention, a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que le nombre officiel donne une image inexacte de l’Ă©pidĂ©mie. Lire la suite.

Chers amis, avec un peu de retard, nous déménageons cette page sur le nouvel éditorial de Mecanopolis :

Le monde serait-il devenu une vaste porcherie ?


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avr 23 2009

Hugo Chavez offre une île au président Obama

Chevalier Jedi & Mecanopolis

La semaine dernière avait lieu le « Ve Sommet des AmĂ©riques » Ă  Puerto España, sur l’Ă®le de Trinidad & Tobago. Ce fut aussi la prĂ©sentation officielle du nouveau dirigeant des États-Unis face aux autres pays de l’AmĂ©rique du sud. Jusqu’au dernier moment, aucun pays n’a voulu prendre l’initiative de recevoir ce sommet, cela en raison des antagonismes et les vellĂ©itĂ©s en prĂ©sence.

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Chacun s’Ă©tait prĂ©parĂ©, Ă  sa façon, pour ce rendez-vous capital, dont le but Ă©tait d’entamer des relations entre le nouveau reprĂ©sentant de « l’Empire du Nord » et les autoritĂ©s du Sud, dont une bonne partie reprĂ©sente toujours une ferme opposition Ă  l’hĂ©gĂ©monie Ă©tasunienne.

Hugo Chavez avait prĂ©venu, lors de la rĂ©union prĂ©alable avec les membres de l’Alternative bolivarienne pour les AmĂ©riques (ALBA : Venezuela, Cuba, Dominique, Honduras, Bolivie, Nicaragua, Saint-Vincent et les Grenadines) , qu’il sortirait « l’artillerie  lourde » pour recevoir Obama.

 

La principale « arme » de Chavez n’est autre que la crĂ©ation d’une nouvelle monnaie : « le Sucre » auquel les membres de l’ALBA devraient consentir pour tous leurs Ă©changes commerciaux d’ici 2010. La guerre annoncĂ©e n’a pas eu lieu et l’annonce du prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien Ă  fait un flop retentissant. Au contraire, mĂŞme, c’est un prĂ©sident amĂ©ricain glorieux qui fut reçu par un Chavez redoublant d’une courtoisie auquel il ne nous avait pas habituĂ©, offrant mĂŞme Ă  Obama, devant un parterre de mĂ©dias, le livre « Les veines ouvertes de l’AmĂ©rique latine » d’Eduardo Galeano.

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Mais ce geste symbolique n’avait pour but que d’en couvrir un autre, largement moins mĂ©diatisĂ© celui-lĂ . En effet, le Venezuela s’est enorgueilli d’un autre cadeau en offrant Petty Island Ă  l’État du New Jersey (USA).

Le don a été fait par la compagnie pétrolière Citgo, filiale de la compagnie publique vénézuélienne Petroleos de Venezuela (PDVSA), dont le siège se trouve a Houston (Texas) et est propriétaire de 14.000 stations de service de la marque « 7 Eleven » aux USA ainsi que plusieurs raffineries

Citgo « a officiellement transfĂ©rĂ© le contrĂ´le de Petty Island Ă  l’Etat du New Jersey pour la crĂ©ation d’une rĂ©serve Ă©cologique », a indiquĂ© l’ambassade de Caracas dans un communiquĂ©, ajoutant que « l’avenir » de cette Ă®le faisait l’objet d’un grand intĂ©rĂŞt au niveau local.

Ce don souligne « l’engagement du peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien pour la protection de l’environnement et les liens d’amitiĂ© forts entre les peuples du Venezuela et des États-Unis », a ajoutĂ© l’ambassade.

A n’en pas douter, ce « Ve Sommet des AmĂ©riques » aura marquĂ© un tournant dans les relations entre le VĂ©nĂ©zuela et les États-Unis, et un ultime retournement de veste pour Hugo Chavez. Mais comme dit le proverbe « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est seulement le vent qui change de direction. »

Grâce au VĂ©nĂ©zuela et au prĂ©sident Chavez, l’Union des Nations sud-amĂ©ricaines (UNASUR) est maintenant lancĂ©e Ă  toute vapeur sur les rails de l’agenda mondialiste de l’administration Obama.

Chevalier Jedi & Mecanopolis

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