Category: Guerre civile

août 23 2010

Techniques d’interrogatoire (fiche pratique #1)

Alors que la rentrĂ©e annonce un chaos social et que la rĂ©pression policière ne cesse de s’accroitre (plus de 800′000 gardes Ă  vue en France en 2009), il nous apparait utile, sinon mĂŞme urgent, de publier une sĂ©rie de fiches pratiques dĂ©diĂ©es aux mĂ©thodes policières. Celle que nous prĂ©sentons aujourd’hui concerne les principales techniques d’interrogatoire, issues d’un manuel rĂ©capitulatif liĂ© aux « cours pratiques » d’un corps de police europĂ©en, dont nous nous sommes procurĂ© un exemplaire.

Nul doute que, dans un proche avenir, tout individu qui contestera l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se dĂ©clarer dans cette catĂ©gorie sera soumis au contrĂ´le permanent des services policiers. L’objectif des fiches que nous publierons, allant des techniques de filature aux opĂ©rations d’infiltration, est de permettre de comprendre et dĂ©jouer l’arsenal rĂ©pressif mis en place par un pouvoir politique de plus en plus autoritaire, qui considère chaque citoyen comme un ennemi potentiel.

Mecanopolis

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1.) L’argumentation logique

Dans le cas oĂą la preuve de la culpabilitĂ© du suspect a Ă©tĂ© apportĂ©e, l’enquĂŞteur peut choisir de faire appel Ă  ses capacitĂ©s de rationalisation. Le but recherchĂ© en adoptant une pareille attitude est de prĂ©senter au suspect un certain nombre de raison purement logique pour lui faire comprendre qu’il est de son propre intĂ©rĂŞt de fournir d’avantage d’information, et que seule la conduite raisonnable qu’il puisse dĂ©sormais adopter consiste Ă  coopĂ©rer avec la police. L’enquĂŞteur doit lui tenir ce discours en prĂ©sentant les choses sur le ton d’une affaire qu’on traite et afficher un comportement qui exprime l’assurance et la volontĂ© de mener les choses rondement. Il doit faire de façon neutre l’exposĂ© de la situation actuelle du suspect et faire comprendre Ă  celui-ci que l’affaire va maintenant Ă©voluer de façon automatique, impersonnelle, en fonction de l’attitude qu’il va dĂ©cider d’adopter. Il s’agit bien sur de laisser entendre au suspect qu’il bĂ©nĂ©ficiera de mesures d’indulgence et qu’il pourra « s’en tirer » plus aisĂ©ment s’il se monte coopĂ©ratif.

2.) La compréhension

Si l’enquĂŞteur estime que le suspect ne se montrera pas indiffĂ©rent Ă  une tĂ©moignage de comprĂ©hension, il peut dĂ©cider de faire jouer cette corde sensible. L’interrogatoire sera alors conduit en douceur et laissera place Ă  des expressions de sympathie et de commisĂ©ration pour le sujet qui s’est placĂ© dans une situation semblable. L’enquĂŞteur fera vibrer davantage encore cette corde sensible s’il Ă©voque tout ce qui peut toucher l’affectivitĂ© du suspect : sa femme, ses parents, sa religion, sa carrière, sa santĂ©, etc. Tandis qu’il parle au suspect, l’enquĂŞteur doit de prĂ©fĂ©rence s’assoir près de lui, voir lui tĂ©moigner Ă  l’occasion des marques de compassion en posant sur lui ma main de façon amicale. Ce comportement Ă  pour objet de faire naĂ®tre chez le suspect des sentiments de culpabilitĂ© et d’apitoiement sur soi-mĂŞme, et l’amener Ă  rejeter sur les autres la responsabilitĂ© de ses ennuis. Ces tĂ©moignages de sympathies manifestĂ©s par l’enquĂŞteur incitent bien souvent un suspect Ă  se dĂ©charger de ses sentiments de culpabilitĂ© en apportant sa contribution Ă  la suite de l’enquĂŞte.

3.) L’agressivitĂ©

La manière agressive consiste essentiellement pour l’enquĂŞteur en l’adoption d’une attitude lourde de menaces, laquelle donne l’impression au suspect que celui qui l’interroge nourrit contre lui une solide animositĂ© et doit prendre sur lui-mĂŞme pour se retenir de le frapper. De nos jours, il est relativement mal aisĂ© de dĂ©crire ce mode d’interrogatoire hĂ©ritĂ© du fameux « troisième degré » sans encourir le risque de tomber sur le coup d’une infraction aux droits civiques du suspect, raison pour laquelle ce manuel rĂ©sumĂ© restera Ă©vasif sur le sujet. L’observation de cette attitude d’agressivitĂ© peut s’intĂ©grer dans une stratĂ©gie globale d’interrogatoire, quand les deux enquĂŞteurs affichent un des comportements diamĂ©tralement opposĂ©s. Dans les cas semblables, celui des deux enquĂŞteurs qui par son attitude fait ressentir de la peur au suspect peut amener ce dernier Ă  se montrer plus coopĂ©ratif avec l’autre enquĂŞteur, celui qui se montre le plus comprĂ©hensif et le plus gentil.

4.) L’indiffĂ©rence

Une variante de la conduite d’agressivitĂ© consiste pour celui qui interroge Ă  tĂ©moigner au suspect une totale indiffĂ©rence. En l’occurrence, l’attitude de l’enquĂŞteur peut laisser croire au sujet que sa coopĂ©ration ultĂ©rieure n’est nullement souhaitable, mais au fur et Ă  mesure que l’interrogatoire progresse, cette Ă©ventualitĂ© doit cependant se faire jour. L’enquĂŞteur doit donner Ă  celui qu’il questionne l’impression que, pour sa part, il prĂ©fère le voir sĂ©vèrement condamnĂ© pour le dĂ©lit qu’il a commis plutĂ´t que de tenir compte de sa collaboration que celui-ci pourrait Ă©ventuellement apporter au dĂ©roulement de l’enquĂŞte. LĂ  encore, cette tactique reposant sur l’indiffĂ©rence qu’exploite l’un des deux enquĂŞteurs peut-ĂŞtre juxtaposĂ©e Ă  l’attitude diamĂ©tralement opposĂ©e affichĂ©e par son collègue.

5.) « Sauver la face »

Cette tactique consiste pour le policier chargĂ© de l’interrogatoire Ă  fournir au suspect une « échappatoire » psychologique qui lui permettra de se justifier d’avoir pris part Ă  un dĂ©lit. Pour cela, l’enquĂŞteur doit faire comprendre, mais sans jamais le formuler explicitement, qu’une prise en compte attentive des raisons qui ont poussĂ© le suspect Ă  agir comme il l’a fait risque d’attĂ©nuer la part de responsabilitĂ© qu’il a prise dans l’activitĂ© dĂ©lictueuse. En essayant systĂ©matiquement d’expliquer les conduites qui ont Ă©tĂ© celles du suspect jusqu’au moment oĂą il a enfreint la loi, et en faisant de ces conduites les consĂ©quences naturelles de difficultĂ©s ou d’ennuis personnels, l’enquĂŞteur tente ainsi d’amener celui qu’il interroge Ă  parler de l’infraction elle-mĂŞme. Quelques remarques occasionnelles bien placĂ©es au cours de l’interrogatoire ont souvent pour effet de diminuer aux yeux du suspect la part de responsabilitĂ© qu’il aura prise dans l’affaire.

6.) Flatter la vanité

Ici l’enquĂŞteur doit jouer sur l’orgueil, l’autocomplaisance du suspect en faisant allusion Ă  l’intelligence requise pour mener Ă  bien un interrogatoire tout en faisant semblant d’ĂŞtre impressionnĂ© par le montage d’une telle opĂ©ration. Il doit feindre d’afficher un certain respect pour un individu suffisamment astucieux pour assurer la rĂ©ussite d’une entreprise aussi complexe qu’aventureuse. Cette attitude de flatterie amène parfois un suspect Ă  se glorifier de ses activitĂ©s illĂ©gales et Ă  fournir des dĂ©tails supplĂ©mentaires pour impressionner davantage encore l’enquĂŞteur.

7.) L’exagĂ©ration

A l’effet de faire parler un suspect peu enclin Ă  coopĂ©rer, l’officier enquĂŞteur peut dĂ©libĂ©rĂ©ment exagĂ©rer les prĂ©somptions de culpabilitĂ© qui peuvent ĂŞtre reconnues contre lui. Il peut par exemple laisser entendre au suspect qu’il sait parfaitement que sa part de responsabilitĂ© est beaucoup plus importante qu’elle en Ă  l’air, afin d’amener son interlocuteur Ă  faire l’aveu de ses activitĂ©s rĂ©elles dans le but de ne pas encourir une peine plus lourde.

Il existe bien sĂ»r d’autres mĂ©thodes d’interrogatoire que celles que nous venons d’Ă©numĂ©rer, qui sont Ă©galement connues sous d’autres appellations. Ce ne sont lĂ  que les principales techniques utilisĂ©es aujourd’hui par les forces de police. Nous reviendrons prochainement sur le sujet avec une fiche pratique spĂ©ciale qui sera consacrĂ©e aux mĂ©thodes de coercition, de contrainte physique et psychologique utilisĂ©e dans les interrogatoires de police.

A suivre : Techniques de filature et contre-filature (fiche pratique #2)





mai 21 2010

Et maintenant, l’euro-dollar ?

Pour se maintenir, le projet mondialiste pourrait prĂ©cipiter son calendrier et utiliser la crise actuelle pour « fusionner » l’euro et le dollar en une monnaie unique, Ă©crit en substance Clovis Casadue, collaborateur de la revue Flash, dans l’article que nous plaçons ci-après. Cette perspective est plus que plausible, et la chute incessante de la devise europĂ©enne, qui se retrouvera bientĂ´t a paritĂ© avec le dollar, l’accrĂ©dite. Comme l’indiquait le banquier Alexandre Wohlwend il y a quelques jours, la seule issue pour les pays de la zone euro passe par « un retour Ă  leur souverainetĂ© monĂ©taire et territoriale », ce qui est inenvisageable pour les tenants de l’ordre mondial, qui, n’en doutons pas, utiliseront tous les moyens pour interrompre les vellĂ©itĂ©s secessionnistes. De nouvelles informations, pour le moins surprenantes, nous parviennent ce soir sur les manipulations en cours. Nous les publierons dès que nous aurons pu effectuer les vĂ©rifications d’usage.

Julian Diesdorf, Mecanopolis

euro-dollar

La ratification du Traité de Lisbonne par les 27 États a donné le pouvoir de rompre avec les méthodes de la démocratie et d’imposer une mise sous “bonne gouvernance” des pays de la zone euro, au mépris des droits fondamentaux du Parlement européen et de la volonté des peuples.

Dans son discours du 13 mai dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso propose de placer l’ensemble des pays de la zone euro sous tutelle budgétaire. L’objectif : réduire le déficit public à 3 % du PIB en 2013, en les soumettant à des mesures d’austérité semblables à celles imposées à la Grèce. La mesure est en effet peu démocratique, puisque le Parlement européen n’entrera pas dans les décisions. Pas de problème pour la chancelière allemande, parlant d’un “pas important dans la bonne direction”. Même son de cloche du côté de la France, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche déclarant : “C’est la contrepartie du plan européen de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes.” Résultat, cette aide de 750 milliards, votée lors du sommet européen des 8 et 9 mai. Son message : “Nous vous soutenons, mais vous devez abandonner votre souveraineté économique.”

Malgré ce qui a été annoncé, cette manœuvre n’a pas pour but de soutenir l’euro. C’est même le contraire qui devrait se passer, et la monnaie unique a déjà perdu plus de 7 % depuis sa mise en place. La nouvelle politique monétaire de la BCE devrait encore contribuer à son affaiblissement, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”, de manière à émettre elle-même des Bons du Trésor sur les marchés financiers.

Plutôt que soutenir l’euro, sauver les banques…

En fait, ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque. Ce qui permet encore de suggérer aux investisseurs ayant acquis des obligations qu’ils ne risquent rien. Ce sont donc les banques que l’on sauve, une fois de plus, et avec l’argent du contribuable. Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui les offriront ensuite aux banques, tandis que les populations seront après mises à contribution…

Si l’on avait voulu aider la Grèce, et faire “la guerre aux spéculateurs”, comme l’a annoncé fièrement Nicolas Sarkozy, il aurait été préférable de restructurer sa dette. On aurait ainsi placé les investisseurs devant leurs responsabilités et leur aurait fait assumer une partie des risques liés à leurs investissements. Mais pour cela, il aurait fallu sortir la Grèce de monnaie unique. En revanche, l’affaiblissement de l’euro bénéficie à l’Allemagne, et dans une moins large mesure à la France.

Cette crise est donc utilisée, comme le laissait récemment entendre le patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker(1), afin de rendre l’Europe plus compétitive.

Les dégâts d’une construction européenne anarchique

Pour les élites européennes, le problème majeur de la zone euro tient à sa construction anarchique et à la disparité des règles économiques, politiques et sociales qui régissent les pays membres. La crise peut leur permettre de reconfigurer l’économie de l’ensemble du bloc européen et le rendre plus concurrentiel, tout en élargissant la monnaie unique aux autres pays de l’Union, ce qui a d’ailleurs été proposé à l’Estonie la semaine dernière. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle en réalité en pleine expansion.

Bien sûr, cette unification se fera par le bas, et va nécessiter partout des mesures d’austérité qu’aucune résolution démocratique n’aurait permises, et qui finiront d’enterrer la souveraineté des nations et des peuples d’Europe au profit d’un régime central lié à une oligarchie financière. Toutes choses qui ont été rendues possibles par la ratification du traité de Lisbonne.

Les spéculations sur les dettes grecque, portugaise et espagnole vont donc se poursuivre et s’étendre à d’autres pays, sans que rien ne puisse enrayer le processus en cours. Dans le même temps, l’euro va continuer sa chute, pour arriver à parité avec le dollar, sans doute d’ici le mois de septembre – décembre au plus tard. La monnaie canadienne suit le même mouvement et aura sans doute atteint le niveau du dollar US au moment où vous lirez cette chronique. Car bien sûr, le projet de ce nouvel ordre économique est, in fine, de fusionner l’ensemble des monnaies, en commençant par celles de l’Europe et l’Amérique du Nord. En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste plan conduisant à l’émergence de blocs économiques dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant éventuellement appelé à constituer une gouvernance mondiale.

Bien sûr, certains nous reprocherons d’avoir ici une vision “conspirationniste” des événements. Mais force est de constater qu’on ne conspirait autrefois que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer pour son maintien et son expansion est une activité en grand développement. Et à regarder la marche du monde, on doit reconnaître que cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.

Clovis Casadue

Publié en exclusivité sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction du bimestriel Flash

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Reproduction libre avec indication des sources

(1) Voir Flash n°34

mai 14 2010

Bruxelles instaure une dictature économique dans la zone euro

Au mĂ©pris des droits du Parlement et de la volontĂ© des peuples, la Commission europĂ©enne, l’Eurogroupe et la BCE ont proposĂ©s, mercredi soir, de placer la mise sous tutelle Ă©conomique des seize pays de la zone euro.

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Le prĂ©sident de la Commission, JosĂ© Manuel Barroso, se garde bien de parler de « gouvernement Ă©conomique ». Il a d’ailleurs raison, car le terme exact serait plutĂ´t « dictature Ă©conomique ». Le projet a le mĂ©rite d’ĂŞtre clair : Ă  brève Ă©chĂ©ance, les budgets des pays de la zone euro seront entièrement contrĂ´lĂ©s et dĂ©cidĂ©s par un « triumvirat », composĂ© de la Commission europĂ©enne, de la Banque Centrale EuropĂ©enne et de l’Eurogroupe. Le Parlement de Strasbourg sera totalement Ă©cartĂ© des dĂ©cisions, mĂŞme Ă  titre consultatif. Les pays rĂ©calcitrants se verront amender par Bruxelles, et leurs droits de vote seront suspendus.

C’est bien sĂ»r la crise grecque et les attaques en cours contre le Portugal et l’Espagne qui servent de prĂ©texte Ă  cette abolition pure et simple de la dĂ©mocratie europĂ©enne, prĂ©parĂ©e de longue date (1) et que la rĂ©cente ratification du TraitĂ© de Lisbonne (2) permet de mettre en oeuvre aujourd’hui.

Barroso tombe le masque : l’Europe aura un rĂ©gime policier

« Les États membres doivent avoir le courage de dire s’ils veulent une union Ă©conomique ou pas », a prĂ©venu mercredi JosĂ© Manuel Barroso, dans un discours d’une brutalitĂ© insensĂ©e. « S’ils ne veulent pas d’une union Ă©conomique, alors il faut oublier l’union monĂ©taire. Nous devons nous attaquer aux racines du problème : le renforcement de la coordination des politiques Ă©conomique ». Le message est limpide : qui n’est pas avec nous est contre nous. C’est donc bien un rĂ©gime policier qui est en train de se mettre en place. La crise actuelle est utilisĂ©e pour constitutionnaliser le libĂ©ralisme, ce qu’aucune rĂ©solution dĂ©mocratique n’aurait concĂ©dĂ©, et la souverainetĂ© des nations et des peuples est, de fait, morte et enterrĂ©e.

L’Allemagne, qui, comme nous l’avons indiquĂ© Ă  plusieurs reprises (3), dans un jeu de poker menteur, avait laissĂ© entendre qu’elle Ă©tait attachĂ©e aux souverainetĂ©s nationales – une stratĂ©gie qui n’avait pour seul objectif d’imposer son diktat – a finalement retrouvĂ© ses penchants impĂ©rialistes naturels. La chancelière allemande, Angela Merkel, a parlĂ© d’un « pas important dans la bonne direction », mĂŞme si « cela signifie que les droits du Parlement soient quelque peu remis en cause ». Quelque peu ? Il faut se pincer pour le croire.

La France fait presque pire, par la voix de son secrĂ©taire d’État aux Affaire europĂ©ennes, Pierre Lellouche, qui a dĂ©clarĂ© : « C’est la contrepartie du plan europĂ©en de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes ».

D’autres collabos mondialistes se sont empressĂ©s de soutenir le projet, tel Pierre Moscovici, dĂ©putĂ© socialiste et ex-ministre des Affaires europĂ©ennes, pour qui « la commission semble enfin se rĂ©veiller. C’est une idĂ©e juste ».

MĂŞme son de cloche de la part du vendu Daniel Cohn-Bendit, eurodĂ©putĂ© d’Europe-Ecologie, qui affirme, sans en avoir honte, « que l’UE dĂ©cide [des budgets] ne me choque pas ».

Que faire ?

La stabilitätkultur allemande semble donc avoir gagnĂ© la partie, au moins provisoirement. NĂ©anmoins, la bataille ne fait que commencer. La proposition du « triumvirat » ne manquera de provoquer de furieux dĂ©bats dans les États membres. En Espagne, au Portugal et en Italie, la contestation s’organise.

A l’heure oĂą nous terminons la rĂ©daction de cet article, nous apprenons qu’une bombe vient d’exploser Ă  Athènes (voir l’article et la vidĂ©o sur notre forum), devant la prison de haute sĂ©curitĂ© de Korydallos, oĂą sont notamment incarcĂ©rĂ©s des membres de l’organisation 17-Novembre.

Rarement, Ă  l’Ă©chelle d’un continent, les temps n’ont Ă©tĂ© aussi prĂ©-rĂ©volutionnaires.

Plus que jamais, nous devons garder Ă  l’esprit ce fait d’expĂ©rience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volontĂ©, avoir des consĂ©quences incalculables.

Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également L’Europe donne son feu vert aux spéculateurs

Les citations de José Manuel Barroso, Angela Merkel, Pierre Lellouche, Pierre Moscovici et Daniel Cohn-Bendit sont issues des quotidiens Libération et Le Monde du 13 mai 2010

Notes :

1. Dès la prĂ©paration du traitĂ© de Maastricht, Jacques Delors, alors prĂ©sident de la Commission, avait proposĂ©, en 1991, que Bruxelles puisse autoritairement dĂ©cider des budgets des Etats membres. L’Allemagne, alors occupĂ©e par sa rĂ©unification (avec la RDA), avait refusĂ©.

2. Le traitĂ© de Lisbonne a renforcĂ© les pouvoirs de la Commission europĂ©enne et donnĂ© une existence juridique Ă  l’Eurogroupe.

3. Lire notre article du 18 mars


mai 06 2010

L’Ă©trange incendie de la Banque Marfin Ă  Athènes (vidĂ©os)

Article mis Ă  jour Ă  16h20

L’incendie de la banque Marfin, hier, en marge des manifestations Ă  Athènes, se retrouve au cĹ“ur de toutes les manipulations politiques, avec le but de faire taire la contestation grandissante et lĂ©gitime du peuple grec. De nombreuses interrogations subistent sur la manière dont les Ă©vènement se sont dĂ©roulĂ©s, de mĂŞme que sur l’identitĂ© des auteurs de l’incendie.

Le rapport des pompiers sur l’incendie indique que c’est la porte d’entrĂ©e en bois qui aurait Ă©tĂ© touchĂ©e par un cocktail molotov. Or, les vidĂ©os amateurs dĂ©montrent que c’est l’arcade qui a littĂ©ralement explosĂ©. Reste Ă  l’enquĂŞte d’Ă©tablir si un cocktail molotov peut briser la vitre blindĂ©e d’une banque.

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Ce deuxième document pourrait heurter un public sensible

Le tĂ©moignage de plusieurs pompiers a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il n’y avait aucun extincteur dans la banque et que la sortie de secours Ă©tait fermĂ©e avec un cadenas. Un courrier Ă©manant du Ministère du SecrĂ©tariat GĂ©nĂ©ral de l’Ordre Public (Division de la lutte contre les incendies) datĂ© du 11 janvier 2010, qui demandait une mise en conformitĂ©, laisse Ă©galement penser que la banque ne rĂ©pondait pas aux critères minimum de sĂ©curitĂ©.

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Ces accusations sont Ă©galement Ă©tayĂ©es par le tĂ©moignage d’un employĂ© de la banque, dont nous plaçons ci-après la traduction :

« Je me sens dans une obligation envers mes collègues qui sont décédé si injustement aujourd’hui à parler et à dire quelques vérités objectives. J’envoie ce message à tous les médias. Toute personne qui possède encore une certaine conscience devra le publier. Les autres peuvent continuer à jouer le jeu du gouvernement. »

Dans cette lettre, l’employé déclare que « les pompiers n’ont jamais délivré la licence d’exploitation de l’immeuble », que « le bâtiment en question n’a pas de mécanismes de sécurité incendie » correspondant à sa taille (gicleurs au plafond, issues de secours, tuyaux d’incendie). « Il y a seulement quelques extincteurs portatifs qui, bien entendu, ne peuvent en rien aider à combattre un feu important dans un bâtiment construit avec des normes de sécurité depuis longtemps dépassées. La direction utilise également le coût élevé de ces exercices comme prétexte et n’a même pas pris les mesures les plus élémentaires pour protéger son personnel. »

Il souligne aussi qu’aucun membre du personnel n’a Ă©tĂ© formĂ© au risque d’incendie, qu’il n’y a jamais eu d’exercice d’évacuation. « Les seules sessions de formation qui ont eu lieu Ă  la Marfin Bank ont Ă©tĂ© sur des scĂ©narios concernant l’action terroriste et en particulier la planification de l’évacuation des « grosses tĂŞtes » de leurs bureaux dans une telle situation. »

Absence de local incendie, matériaux inflammables (papiers, plastiques, fils, mobilier…). « Aucun membre de la sécurité n’avait la moindre connaissance sur les premiers secours à donner ou comment éteindre un feu. »

Par ailleurs, « la direction de la banque a formellement interdit aux salariĂ©s de s’absenter aujourd’hui, bien qu’ils l’aient demandĂ© constamment eux-mĂŞmes très tĂ´t ce matin – tandis qu’elle a aussi forcĂ© les salariĂ©s Ă  verrouiller les portes et a confirmĂ© Ă  plusieurs reprises par tĂ©lĂ©phone que l’établissement restait fermĂ© pendant la journĂ©e. “Ceux qui partent aujourd’hui, ne viennent pas au travail demain”, a Ă©tĂ© une menace constante. La direction leur a mĂŞme fermĂ© leur accès Ă  Internet afin d’empĂŞcher les salariĂ©s de communiquer avec le monde extĂ©rieur. »

La lettre dit aussi qu’ au cours des derniers jours qui ont précédé la grève générale, la direction n’a cessé de terroriser les employés en utilisant oralement l’“offre” suivante : ou vous venez travailler, ou vous êtes virés.

« Enfin, messieurs, faites votre autocritique et cessez de faire semblant d’être choqués. Vous êtes responsables de ce qui s’est passé aujourd’hui, et dans n’importe quel Etat de droit (comme ceux que vous souhaitez utiliser de temps en temps comme les meilleurs exemples dans vos émissions de télévision) vous auriez déjà été arrêtés pour les actions ci-dessus. Mes collègues ont perdu la vie aujourd’hui par préméditation : la préméditation de la Marfin Bank et de M. Vgenopoulos en personne qui a explicitement déclaré que quiconque ne venait travailler aujourd’hui [le 5 mai, journée de grève générale !], n’avait pas à se déranger le lendemain [où ils seraient renvoyés]. »

La police, qui prĂ©tend dĂ©tenir des bandes vidĂ©os qui prouveraient que les auteurs de l’incendie sont liĂ©s Ă  une organisation anarchiste, n’ont pas Ă©tĂ© en mesure, pour l’instant, de procĂ©der Ă  la moindre arrestation. Plusieurs tĂ©moins de l’incendie ont dĂ©clarĂ© avoir vu des hommes en uniforme encagoulĂ© dĂ©verser des litres d’essence dans l’entrĂ©e de la banque plusieurs minutes après l’explosion du cocktail molotov (tĂ©moignages que nous tentons d’authentifier actuellement, et pour lesquels nous publierons un nouvel article dans la soirĂ©e s’ils s’avèrent fiables).

L’identitĂ© des 3 personnes dĂ©cĂ©dĂ©es reste encore inconnu : on sait seulement qu’il s’agit de deux femmes et d’un homme, employĂ©s de la banque Marfin Egnatia Bank. Cette banque est propriĂ©tĂ© du magnat grec Andreas Vgenopulos, surnommĂ© le « nouvel Onassis », est considĂ©rĂ© comme un des hommes les plus riches du pays : propriĂ©taire de Olympic Air et d’autres entreprises (Marfin Investment Group). Un homme qui a largement sucitĂ© la colère des Grecs en dĂ©clarant, il y a peu, alors qu’un journaliste lui demandait si il pensait vendre un des ses bateaux pour contribuer Ă  la crise . « Je grade mes trois yacht et je vous emmerde ! », avait sèchement rĂ©pondu le milliardaire.

Hier la foule massĂ©e devant la  banque Marfin a failli lyncher Andreas Vgenopoulos, venu constater les dĂ©gats. La police a dĂ» l’Ă©vacuer d’urgence (voir les deux vidĂ©os ci-dessous).

Mecanopolis et JVT

Reproduction autorisée avec indication des sources

Information en continu sur notre forum


mai 05 2010

Et si la Grèce montrait la voie ? (photos+vidéo)

A la mi-journĂ©e, la grève nationale paralysait l’ensemble du pays.

A Athènes, 60′000 manifestants (20′000 selon la police) avait rejoint les abords du Parlement. A l’heure oĂą nous publions cette page (12h50) la foule en colère tentait de forcer les cordons de policiers de l’entrĂ©e du Parlement.

A Salonique, deuxième ville du pays, où plusieurs agences de banques ont été littéralement détruites, on observait de violentes confrontations entre les manifestants et la police.

Nous actualiserons cette page au fur et Ă  mesure des informations qui nous parviennent.

Nota bene : Une fois n’est pas coutume : cet article d’Agoravox, publiĂ© Ă  11h ce matin, reprend mot pour mot les informations et vidĂ©os publiĂ©es dans notre article d’hier Ă  propos de l’intervention des enseignants sur la chaĂ®ne grecque ERT. Cela sans nous citer bien sĂ»r. Amusant, non ?

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La solution passe-t-elle par la violence ?

Il n’y a assurĂ©ment pas d’autre issue pour les Grecs, s’ils veulent sortir du chantage exercĂ© par Bruxelles et le FMI. A ce stade, seule la rue est en mesure pousser le gouvernement grec Ă  la dĂ©mission, et entrainer ainsi l’annulation des mesures dites « d’aides », puis, par extension, de permettre au pays de sortir de la zone euro. La Grèce pourrait alors se mettre en dĂ©faut de paiement en reconnaissant son impossibilitĂ© Ă  rembourser et entrer dans une nĂ©gociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme cela a Ă©tĂ© fait jadis pour l’Argentine. Ainsi, ce sont les crĂ©anciers qui se retrouveraient la corde au cou, et non plus le peuple grec. En rĂ©introduisant sa monnaie nationale, la Grèce pourrait ensuite redevenir rapidement compĂ©titive et redresser son Ă©conomie. DĂ©barrassĂ©e de la tutelle de Bruxelles, elle retrouverait sa souverainetĂ© politique et Ă©conomique.

Contagion

Les spĂ©culations sur l’Espagne se poursuivaient mercredi, entrainant de nouvelles baisses des Bourses europĂ©enne et une baisse de l’euro, après l’annonce d’un possible abaissement de la note de la dette de ce  pays par les agences Moody’s et Fitch. La dĂ©claration du prĂ©sident du gouvernement espagnol, JosĂ© Luis Rodriguez Zapatero – qui a rejetĂ© l’idĂ©e que son pays puisse ĂŞtre Ă  son tour contraint de faire appel Ă  l’aide internationale – n’a pas semblĂ© crĂ©dible.

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Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis Strike

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18h00 > L’Union europĂ©enne, par la voix de son prĂ©sident, Herman Van Rompuy, a prĂ©sentĂ© ses condolĂ©ances aux proches des victimes des violences. «Nos pensĂ©es vont aux victimes humaines a Athènes», a dĂ©clarĂ© l’agent du groupe Bilderberg, depuis Bruxelles.

Pour Van Rompuy, la victime ne saurait en aucune manière ĂŞtre le peuple grec, Ă©conomiquement crucifiĂ© parla maffia politico-financière qui l’a nommĂ© au poste de PrĂ©sident de l’Europe. Ses larmes vont aux employĂ©s de banque dĂ©cĂ©dĂ©s dans l’incendie de cet après-midi. Triste incident qui va bien Ă©videmment ĂŞtre exploitĂ© de sorte Ă  remettre en cause la contestation lĂ©gitime de la rue face au chantage de Bruxelles et du FMI.

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Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis

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19h10 > Les responsables politiques europĂ©ens ont tentĂ© mercredi de prĂ©venir une contagion de la crise grecque Ă  d’autres pays de la zone euro, allant jusqu’Ă  menacer de prendre des mesures contre la spĂ©culation, sans toutefois parvenir Ă  enrayer la baisse des Bourses et de l’euro. Certes, comme c’est la douzième fois, depuis le G20 de juin2009, qu’ils menacent dans le vide, alors que les spĂ©culateurs s’attaquent maintenant Ă  la souverainetĂ© des Etats, les marchĂ©s ont fini par comprendre qu’il ne s’agissait que de rĂ©pandre des Ă©crans de fumĂ©e, et que les dirigeants bruxellois, sous commandement allemand, se rĂ©jouissent de ces crises en cascade, puisque cela leur permet d’exercer une restructuration Ă©conomique Ă  l’Ă©chelle de l’Europe qu’aucune nĂ©gociation dĂ©mocratique n’aurait pu permette. RĂ©sultat : la Bourse de Paris a abandonnĂ© 1,44% après un repli de 3,64% la veille. Londres a perdu 1,28%, Francfort 0,81%, Lisbonne a reculĂ© de 1,52%, Madrid 2,27%. La Bourse d’Athènes a cĂ©dĂ© 3,91% .

L’euro, lui, est tombĂ© Ă  son plus bas niveau depuis plus d’un an face au dollar, Ă  1,2805 dollar. Ce qui bĂ©nĂ©ficie directement aux exportations allemandes, qui ont connu une hausse non prĂ©vue de 5,1% sur le seul mois de fĂ©vrier 2010, et dĂ©jĂ  permis un excĂ©dent  commercial de 12,1 milliards d’euros en janvier, selon l’Office fĂ©dĂ©ral de la statistique, relayĂ© par cet article du Point.

20h30 > Solidarité avec le peuple grec

«Ce n’est que le début d’une grande guerre» (Une manifestante, Athènes, 5 mai 2010)

Aujourd’hui, mercredi 5 mai, à l’occasion d’une grève générale, plusieurs centaines de milliers de travailleurs grecs sont descendus dans la rue, et ont massivement fait grève (80% de grévistes dans le secteur public, 60% dans le secteur privé), afin de protester contre les mesures dites d’austérité du gouvernement grec. La mort tragique de 3 employés d’une banque, qui n’ont pas été autorisés à quitter leur lieu de travail par leur employeur durant la manifestation, sert actuellement de prétexte à une répression extrêmement dure. La police grecque procède en ce moment-même à des rafles massives, à des destructions de locaux, se livrant à des représailles aveugles. Nous, militants de la CNT, déclarons notre pleine et entière solidarité avec les manifestants, grévistes et émeutiers grecs. Leur refus net de payer la crise à la place des dirigeants politiques et financiers doit faire exemple dans le monde entier. Nous appellerons, en fonction des événements en Grèce, à des actions de solidarité, qui doivent montrer notre détermination à faire respecter la volonté des travailleurs.

VIVE LA REVOLTE DU PEUPLE GREC ! A BAS LA REPRESSION ! VIVE LA LUTTE DES PEUPLES LIBRES CONTRE LES ETATS, LES POLICES ET LES CAPITALISTES, PARTOUT DANS LE MONDE !

Communiqué des syndicats CNT des lycées, de l’école d’art et de l’Université d’Avignon

21h30 > « Aide » à la Grèce : Un calcul qui profite aux banques

Les dĂ©putĂ©s UMP et PS ont votĂ© le 4 mai un prĂŞt Ă  l’État grec de 3,9 milliards d’euros Ă  un taux « d’Ă  peu près 5 % », alors que l’État français, lui aussi fortement endettĂ© auprès des banques, ne paye malgrĂ© tout pour le moment qu’autour de 1,5 % d’intĂ©rĂŞt pour ses emprunts.

VoilĂ  ce que le gouvernement français appelle une « aide Ă  la Grèce » ! « Nous ne voulons pas prĂŞter Ă  des conditions super-attractives, pour ne pas encourager le vice », se justifie la ministre des Finances Lagarde. C’est rendre la population, la grecque comme la française, responsable des dĂ©ficits du budget de leur État, comme si le « vice » n’Ă©tait pas d’avoir dilapidĂ© des milliards en les versant aux banques, qui s’en servent aujourd’hui pour spĂ©culer contre l’euro !

Le bĂ©nĂ©fice que Lagarde espère rĂ©aliser sur le dos de la Grèce constitue « une marge de sĂ©curitĂ© », explique-t-elle, en prĂ©cisant que, si la Grèce rembourse rubis sur l’ongle les 3,9 milliards d’euros prĂŞtĂ©s en 2010, « on » gagnerait 150 millions rien qu’avec les intĂ©rĂŞts. Au cas oĂą les sommes prĂŞtĂ©es ne seraient pas remboursĂ©es intĂ©gralement, le gouvernement français ajouterait une pĂ©nalitĂ© de 1 % et un complĂ©ment de 0,5 % pour se calquer sur les commissions prĂ©levĂ©es par le FMI.

Le prĂŞt Ă  la Grèce est donc fondĂ© sur un calcul d’usurier. Si Lagarde se veut rassurante, en estimant que pour 2010 l’État français n’aura pas besoin de modifier son programme d’Ă©mission d’emprunts sur le marchĂ© financier, elle ajoute qu’en « 2011, 2012 et une partie de 2013, il faudra en revanche l’augmenter pour lever sur les marchĂ©s les 12,9 milliards d’euros supplĂ©mentaires » prĂ©vus pour ĂŞtre prĂŞtĂ©s Ă  la Grèce dans le futur.

Et au final les banques seront les bĂ©nĂ©ficiaires de l’opĂ©ration. Non contentes d’avoir reçu les aides des États pour les sauver de la faillite, elles reçoivent aussi les intĂ©rĂŞts des prĂŞts qu’elles consentent.

(reçu par mail)

Prochaine mise Ă  jour Ă  23h00



avr 28 2010

« Prémonition de grands malheurs pour la Grèce »

Avec le sens commun dont je dispose, je ne peux pas expliquer et encore moins justifier la vitesse à laquelle notre pays a dégringolé à partir de 2009, au point d’en arriver au FMI, perdant ainsi sa souveraineté nationale et passant à un régime de tutelle.

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Et il est curieux que personne jusqu’à présent ne s’est occupé du plus simple, à savoir de notre parcours économique chiffré à partir de données, degré par degré, de manière à ce que nous ignorants comprenions les motifs réels de ce développement vertigineux et sans précédent, qui a abouti à la perte de notre identité nationale accompagné de l’humiliation internationale.

J’entends parler d’une dette de 360 milliards, alors qu’en même temps je vois les mêmes dettes, voire de plus grandes, dans de nombreux autres pays. Donc, celle-là ne peut pas être la cause de notre malheur. De plus, un élément s’ajoute à mon trouble, celui de l’exagération des coups internationaux, portés sur un pays à l’économie insignifiante, ce qui finit par être suspect. Ainsi suis-je conduit à la conclusion que quelques personnes nous amènent à la confusion, nous font peur, de manière à nous conduire au FMI, qui constitue un facteur clef dans la politique expansionniste des Etats-Unis et qui lance la solidarité européenne comme de la poudre aux yeux, pour cacher qu’il s’agit d’une initiative purement américaine, pour nous jeter dans une crise économique artificielle, de manière à ce que notre peuple ait peur, qu’il s’apprivoise, qu’il perde des conquêtes précieuses et enfin qu’il se mette à genoux, une fois la domination étrangère acceptée. Mais pourquoi ? Pour servir quels plans et quels objectifs ?

Bien que j’aie été et reste partisan de l’amitié gréco-turque, je dois dire que je crains et un renforcement soudain des relations, et les contacts précipités entre ministres et autres acteurs, et les déplacements récents à Chypre, et la prochaine visite d’Erdogan. Je soupçonne que la politique américaine en arrière-plan dissimule ses projets suspects, qui concerne notre espace géographique, l’existence de gisements sous-marins, le régime de Chypre, la mer Egée, nos voisins du nord et l’attitude arrogante de la Turquie, le seul obstacle étant la méfiance et l’opposition du peuple grec.

Tout autour de nous, de près ou de loin, tous sont attachés au char des USA. La seule différence, c’est que nous a été imposée la dictature et, à l’issue, la perte de 40% de Chypre, et ensuite, les visées de l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine et l’ultranationalisme des Albanais, ce que nous acceptons continuellement sans coup férir.

Il faudrait ainsi que nous soyons éliminés en tant que peuple et c’est ce qui arrive exactement aujourd’hui. J’appelle les économistes, les politiciens, las analystes, à me démentir. Je crois qu’il n’existe pas d’autre logique en dépit du complot international, auquel ont participé les européens philo-américains du type Merkel, la Banque Européenne, la presse réactionnaire internationale, tous ensemble ont participé à un « grand machin », la dévalorisation d’un peuple libre, soumis à des vassaux. Moi, je ne peux donner aucune autre explication. Je reconnais que je ne suis pas un expert mais ce que je dis, je le dis avec mon sens commun. Beaucoup d’autres pensent comme moi et nous verrons ce que les jours à venir nous réserveront.

En tout cas, je voudrais préparer l’opinion publique et souligner que si mon analyse est juste, alors la crise économique (qui, comme je le dis, nous a été imposée) n’est pas seulement la première pilule amère qui suivra un déjeuner enjoué ; viendront des questions nationales cruciales, dont je ne veux pas imaginer où elles nous conduiront.

Mikis THEODORAKIS

Athènes, le mardi 27 avril 2010

Traduit par Josette Vossot

Source : RESALTO

RESALTO est une revue d’intervention politique et culturelle, qui défend l’hellénisme.

C’est elle qui a la primeur des déclarations de Mikis THEODORAKIS. Elle l’a mise en ligne hier soir. Aujourd’hui 28 avril, cette déclaration est diffusée dans les blogs de résistance patriotique et elle est citée en partie dans le journal à grand tirage « To Vima ».

Reproduction autorisée avec indication des sources

mar 09 2010

Bruxelles veut imposer la crĂ©ation d’une gouvernance Ă©conomique avant l’Ă©tĂ©

La Commission europĂ©enne a indiquĂ© hier qu’elle s’apprĂŞtait Ă  modifier les « traitĂ©s de l’Union » afin de pouvoir mettre en place un « fond monĂ©taire europĂ©en ». Le nom change mais l’objectif reste le mĂŞme : permettre Ă  Bruxelles de s’octroyer un pouvoir antidĂ©mocratique afin de placer sous tutelle l’ensemble des pays de l’Union europĂ©enne.

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Hermann van Rompuy, le prĂ©sident (non Ă©lu) du Conseil europĂ©en, l’avait annoncĂ© Ă  demi-mots lors du sommet informel des 27 pays membres de l’UE au dĂ©but du mois de fĂ©vrier dernier : « afin d’Ă©viter une contagion grecque, nous allons devoir crĂ©er un organe qui aura pour but de mettre en commun la politique budgĂ©taire europĂ©enne ».

L’idĂ©e a fait son chemin, Ă©tonnamment vite. « La Commission est prĂŞte Ă  proposer, si possible avant la fin de la prĂ©sidence espagnole [fin juin], la crĂ©ation d’un fonds monĂ©taire europĂ©en qui aurait le soutien des pays de la zone euro, pour aider Ă  l’avenir les pays comme la Grèce confrontĂ©s Ă  de graves difficultĂ©s financières », a expliquĂ©, hier, le porte-parole d’Olli Rehn, commissaire europĂ©en chargĂ© des Affaires Ă©conomiques et monĂ©taires. Un premier dĂ©bat devrait avoir lieu dès aujourd’hui au sein du collège.

« Aider les pays comme la Grèce », dans le langage technocratique de Bruxelles, cela revient à placer un État sous tutelle complète par une cascade de mesures drastiques, et de le contraindre ainsi à abandonner sa souveraineté budgétaire.

Il serait naĂŻf de croire que les grecs paient Ă  juste titre les tricheries de leur gouvernement prĂ©cĂ©dent. D’une part, tout indique que la majoritĂ© des autres pays de l’union on fait de mĂŞme – peut-ĂŞtre moins grossièrement – et d’autre part il apparait tous les jours plus Ă©vident qu’il s’agit lĂ  d’un prĂ©texte habilement utilisĂ© pour obliger l’ensemble des pays de la zone-euro Ă  engager des « rĂ©formes » drastiques.

Sans exonĂ©rer Athènes de ses responsabilitĂ©s, il faudrait ĂŞtre aveugle pour ne pas comprendre que ce sont les mĂŞmes institutions financières qui ont Ă©tĂ© renflouĂ©es avec l’argent des contribuables qui font dĂ©sormais fortune grâce aux malheurs de la Grèce, et que ce sont une fois encore les contribuables qui vont passer Ă  la caisse. Le plus grave, c’est que, malgrĂ© ce qu’on voudrait nous faire croire, cela n’est possible que par la complicitĂ©s de certaines « élites », au plus haut niveau de nos gouvernements, qui sont les meilleurs agents du nouvel ordre Ă©conomique mondial qui est en train de se mettre en place.

Une initiative du nouveau Reich Allemand

C’est Wolfgang Schäuble, le ministre des finances Allemand, qui a Ă©tĂ© hier Ă  l’initiative hier de la crĂ©ation d’un FMI europĂ©en. Celui-ci n’a pas tardĂ© a ĂŞtre appelĂ© Fonds MonĂ©taire EuropĂ©en (FME). « Pour la stabilitĂ© de la zone euro, nous avons besoin d’une institution qui dispose des expĂ©riences du FMI et de pouvoirs d’intervention analogues », a dĂ©clarĂ© sans ambages le ministre.

A peine avait-il lancé l’idée qu’elle a été immédiatement soutenue dans les colonnes du Financial Times Deutschland par Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ainsi que par Angela Merkel, puis enfin par une source gouvernementale française prudemment réfugiée dans l’anonymat, ces deux dernières manifestant toutefois une certaine retenue (le temps de voir comment tout cela va rebondir).

En proposant ce nouvel « organe », le pouvoir europĂ©en ne cherche pas uniquement Ă  rĂ©gler l’épineuse question du financement des pays de la zone euro en difficultĂ©, mais de faire d’une pierre deux coups en se dotant d’une structure totalement antidĂ©mocratique bien commode, puisqu’elle ne sera pas soumise Ă  une quelconque sanction Ă©lectorale.

Afin de justifier une rigueur gĂ©nĂ©ralisĂ©e destinĂ©e et, sans le dire, de faire payer la crise une deuxième fois Ă  ceux qui la subissent dĂ©jĂ , ce futur « fonds monĂ©taire europĂ©en » ne manquera pas d’ĂŞtre l’ultime levier pour contraindre les populations europĂ©ennes au diktat de Bruxelles.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Comment défaire une unité anti-émeute en 9 photos :

(Athènes, le 5 mars 2010)

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mar 01 2010

George Soros, la crise de l’euro et le nouvel ordre Ă©conomique mondial

Article mis Ă  jour le 2.02.10 Ă  03h44

Selon le « Wall Street Journal » des « hedge funds » emblĂ©matiques – Soros Fund Management en tĂŞte – se sont accordĂ©s sur un net dĂ©clin de l’euro par rapport au dollar. Ils visent, Ă  terme, la paritĂ© dans le cadre d’un scĂ©nario de crise majeure de l’Union europĂ©enne. La semaine s’annonce cruciale pour la Grèce et l’Europe, qui s’enfoncent dans la crise.

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Des dirigeants de hedge funds majeurs se sont accordés lors d’un dîner discret à Manhattan pour parier gros sur la baisse de l’euro, selon le Wall Street journal de vendredi dernier. Parmi eux, le milliardaire américain George Soros.

Ce dîner a eu lieu à Manhattan en décembre dernier, et une sorte de consensus se serait dégagé : «L’euro doit revenir à la parité un pour un face au dollar» auraient-ils évoqué, selon le quotidien financier.

Leur poids énormes sur les échanges internationaux pourraient bien expliquer une bonne partie du recul de la monnaie européenne : depuis début février, le change est passé de 1,39 à 1,36 dollar, soit un recul de plus de 2%. Notons qu’en décembre 2009, l’euro valait encore 1,51 dollar. Ainsi, le billet vert s’est apprécié de 10%.

Sur le marchĂ© des changes, appelĂ© chez les professionnels le Forex (pour Foreign Exchange), il est possible de miser cent fois sa mise. C’est l’effet de levier. Autrement dit, avec 10.000 euros, n’importe quel investisseur qui travaille sur les devises peut engager 1.000.000 euros sur le marchĂ©. Ainsi, les gains – ou les pertes – peuvent ĂŞtre exponentiels. Selon le Wall Street Journal, ces gĂ©ants auraient pariĂ© avec des effets de levier 20.

Par exemple, si George Soros – cĂ©lèbre pour avoir fait «sauter» la banque d’Angleterre le mercredi noir du 16 septembre 1992 en pariant Ă  la baisse sur la livre sterling – dĂ©cide de mettre sur la table 10 millions de dollars sur une position courte sur l’euro (pari Ă  la baisse), il spĂ©cule en fait avec 200 millions de dollars. Or, si le taux de change recule de 10%, comme cela a Ă©tĂ© le cas ces trois derniers mois, George Soros aura gagnĂ© quelque 20 millions d’euros sur ce trade. En excluant les 10 millions qu’il a engagĂ© au dĂ©but, il reste dans sa poche quelques 10 millions d’euros. Taux de rendement : 100% en trois mois !

En trois mois de crise de l’euro, les « hedge funds » qui sont Ă  l’origine des spĂ©culations auraient engendrĂ©s plus de trois milliards de dollars de bĂ©nĂ©fices, ajoute encore le Wall Street journal.

Difficile de ne pas voir, dans cette action qui consiste Ă  ramener l’euro Ă  une valeur Ă©quivalente Ă  celle du dollar, les prĂ©mices de l’instauration d’un bloc euro-atlantique unifiĂ©, c’est Ă  dire une monnaie commune, pour lequel le Parlement europĂ©en a dĂ©jĂ  adoptĂ© une rĂ©solution le 26 mars 2009 traitant de « l’état des relations transatlantiques après les Ă©lections qui ont eu lieu aux États-Unis » (lire sur ce sujet l’article de Pierre Hillard sur le RĂ©seau Voltaire).

Dans l’impasse

La situation de la dette grecque ne cesse de se dĂ©grader. Vendredi dernier, les agences de notation ont mis en garde le pays sur une Ă©ventuelle dĂ©gradation de sa note, avec le risque de tomber dans la catĂ©gorie peu flatteuse « Investissement spĂ©culatif ». Standard & Poor’s fixe cette Ă©chĂ©ance d’ici deux semaines. Moody’s est plus Ă©vasif. Un ultimatum a Ă©tĂ© donnĂ© au 16 mars Ă  la Grèce pour peaufiner ses mesures et rĂ©duire son dĂ©ficit budgĂ©taire.

Compte tenu de la situation sociale explosive dans son pays, le premier ministre grec n’a aucune marge de manĹ“uvre possible. La seule solution pourrait pourrait provenir d’une aide des pays de la zone euro.

De fait, la Grèce est aujourd’hui dans une impasse financière. En quĂŞte d’argent frais pour refinancer ses 22 milliards d’euros de dette qui arrivent Ă  Ă©chĂ©ance en avril-mai, Athènes a dĂ» renoncer, la semaine dernière, Ă  lancer un emprunt obligataire de 5 milliards d’euros. Aucune institution n’a concĂ©dĂ© Ă  lui accorder ce montant.

L’Union europĂ©enne demande plus Ă  la Grèce

A l’issue d’une journĂ©e de nĂ©gociations avec les dirigeants grecs, le commissaire europĂ©en aux Affaires Ă©conomiques et monĂ©taires Olli Rehn a estimĂ© que les marchĂ©s financiers seraient convaincus que la Grèce atteindrait ses objectifs de rĂ©duction de ses dĂ©ficits une fois qu’ils auraient vu des nouvelles mesures prĂ©cises.

Quelques heures plus tard, le secrĂ©tariat du Premier ministre grec Georges PapandrĂ©ou annonçait un conseil des ministres pour mercredi « pour prendre des dĂ©cisions sur l’Ă©conomie ».

Cette annonce suggère que de nouvelles mesures d’Ă©conomies pourraient ĂŞtre annoncĂ©es dans le but d’obtenir en Ă©change le soutien financier de l’UE, sans doute via la garantie d’Ă©missions obligataires.

NĂ©anmoins, comme nous l’indiquions dans notre article du 26 fĂ©vrier dernier, demander Ă  la Grèce d’amplifier encore les rĂ©formes dans le but de rĂ©duire son dĂ©ficit ne pourra pas ĂŞtre tenable pour Athènes, dans un pays se trouve dĂ©jĂ  Ă  la limite de l’explosion sociale.

Par ailleurs, Les restrictions qui sont envisagées, qu’elles touchent les retraites, la couverture maladie, les allocations chômage ou les mesures d’aide sociale, de même qu’une augmentation des impôts, ont en commun de toutes diminuer le pouvoir d’achat global et donc de porter un coup supplémentaire à la croissance, accentuant les tendances déflationnistes. Ce mesures ne seront pas des solutions mais contribueront encore à aggraver la crise.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Article mis Ă  jour le 2.02.10 Ă  03h44

Avec les informations du Wall Street journal, du Figaro et du Temps (Suisse)

fév 26 2010

L’Europe, droit dans le mur

En thĂ©orie, il y a deux solutions pour sortir de la situation de crise de la dette des Etats : le retour aux dĂ©flations dures des annĂ©es 1930 ou bien une baisse drastique, immĂ©diate et coordonnĂ©e de tous les prix et salaires, avec une aide europĂ©enne massive de plus de 100 milliards d’euros. Dans la pratique, ce ne sont que des artifices qui, au mieux, permettront de gagner un peu de temps. L’Europe va droit dans le mur.

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Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, vient d’annoncer la couleur dans une interview accordée au quotidien italien La Repubblica : « l’assainissement (des finances publiques) sera extrêmement douloureux », prédit-il. Il détaille ensuite ses modalités : des efforts devront être accomplis pendant 10 à 20 ans, faits de sacrifices sur les salaires, de réduction des dépenses sociales et d’augmentation des impôts.

La crise grecque est le point extrĂŞme d’une crise plus large affectant Gipec (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne et Chypre, 18 % du PIB des pays de l’euro), et de moindre manière M2S (Malte, SlovĂ©nie, Slovaquie, 1,2 % des pays) . Leurs larges dĂ©ficits externes sont insoutenables (12 % du PIB pour Gipec et 6 % pour M2S en 2008) et vont devoir ĂŞtre corrigĂ©s par des remèdes de cheval, car banques et marchĂ©s vont devenir rĂ©ticents Ă  leur prĂŞter.

Sans croissance, les objectifs affichés de réduction des déficits par des réformes drastiques (baisse des salaires, augmentation des impôts, allongement de la durée de travail et abolition des acquis sociaux) ne seront pas tenables. Les épisodes de la crise grecque et l’incapacité des gouvernements à y faire résolument face après l’avoir créée en donnent un petit avant-goût peu encourageant.

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Manifestations en Grèce du 24 fĂ©vrier (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

La reprise économique est déjà morte

Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, vient d’ailleurs de dire tout haut ce que chacun murmure tout bas : « … la reprise dans notre principal marché d’exportation, la zone euro, semble avoir calé ». Il a aussi estimé que la petite flambée des prix enregistrée au Royaume-Uni allait retomber, évoquant si nécessaire la reprise du programme de rachats d’actifs pourris (subrpime), interrompu alors que l’enveloppe initiale de 200 milliards de livres a été dépensée.

Sans croissance, les objectifs affichés de réduction des déficits ne seront pas tenables et les pays endettés vont droit dans le mur. Une situation auquel le système financier ne pourra pas résister et qui va impliquer qu’une alternative apparaisse, sans laquelle la crise s’approfondira encore plus. Les épisodes de la crise grecque et l’incapacité des gouvernements à y faire résolument face après l’avoir créée en donnent un petit avant-goût peu encourageant.

En réalité, il est désormais démontré que la faible croissance enregistrée ces derniers mois s’éteint lorsque cessent les effets des plans de relance publics.

Quant aux dĂ©ficits publics, c’est encore une autre paire de manches. Les restrictions qui sont envisagĂ©es, qu’elles touchent les retraites, la couverture maladie, les allocations chĂ´mage ou les mesures d’aide sociale, de mĂŞme qu’une augmentation des impĂ´ts, ont en commun de toutes diminuer le pouvoir d’achat global et donc de porter un coup supplĂ©mentaire Ă  la croissance, accentuant les tendances dĂ©flationnistes. Ce mesures ne seront pas des solutions mais contribueront encore Ă  aggraver la crise.

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La police grecque, encerclĂ©e par les manifestants (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Guerre mondiale

L’histoire Ă©conomique est pleine d’enseignements, et il est utile de s’y rĂ©fĂ©rer. Afin de se rappeler que l’essor des dettes publiques a de tous temps correspondu Ă  la nĂ©cessitĂ© de financer les guerres, avant mĂŞme que l’État ne soit constituĂ© sous sa forme contemporaine, et que la dette puisse ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme publique. Mais, au sortir de la seconde guerre mondiale, la situation a changĂ©. La forte croissance et l’inflation ont contribuĂ© dans les annĂ©es 60 et 70 Ă  gommer le dĂ©ficit. Puis, une brusque envolĂ©e de l’endettement a Ă©tĂ© enregistrĂ©e dans les annĂ©es 80, suite Ă  la baisse gĂ©nĂ©rale du taux de croissance de l’économie occidentale et la hausse simultanĂ©e des taux d’intĂ©rĂŞt obligataires. Tout a alors pivotĂ©.

Dans tous les cas de figure, l’équation de la dette publique ne pourra pas être résolue sans que n’interviennent de profondes remises en cause, qui résulteront des rapports de force sociaux et politiques. Si l’on se replonge dans l’histoire économique, il est flagrant de constater que les États ont utilisé à de très nombreuses reprises deux leviers afin de faire face à leur dette, lorsqu’elle devenait ingérable et qu’il n’était pas possible de lever davantage d’impôts : la monétisation de la dette (via la création monétaire) et le défaut de remboursement, partiel ou total. Ces deux leviers étant frappés d’interdit et la croissance n’étant pas au rendez-vous, l’impasse est certaine.

Mecanopolis

Article réalisé avec les information des quotidiens Les Échos, Le Temps, La Republicca et du blog de Paul Jorion


Manifestations en Grèce
envoyé par Mecanopolis. 

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Manifestations en Grèce du 24 fĂ©vrier (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

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jan 20 2010

Au coeur de la guerre afghane (vidéos)

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Le journaliste Ross Kemp a suivi des soldats irlandais pendant 6 mois et nous livre ces images. Ce film n’a d’intĂ©rĂŞt que parce que les reportages sur l’Afghanistan sont trop rares. Nous ne cautionnons en aucun cas le message impĂ©rialiste auquel il renvoie.

Mecanopolis

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