Category: Réduction des populations

jan 27 2010

Réduction des populations, un tabou qui se fissure

Le 18 novembre dernier, à la veille du Sommet de Copenhague, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) publiait un rapport sur l’impact de la croissance démographique sur le climat.

A l’époque, Le Monde avait couvert ce rapport, « selon lequel la natalité galopante des pays en développement est l’un des principaux moteurs du réchauffement et l’un de ses premiers risques ». L’article du Monde mentionnait notamment qu’« une autre étude tout aussi récente citée par le Fnuap conclut qu’un dollar investi dans la planification familiale et l’éducation des filles réduit les émissions de gaz à effet de serre au moins autant qu’un dollar dépensé dans l’énergie éolienne ». Malgré les avertissements du FNUAP, le sujet démographique semble cependant être encore tabou. C’est en tout cas ce que regrette amèrement Tom Levitt, journaliste à The Ecologist, dans un article intitulé « Climat : stabiliser la population mondiale » et paru dans le dernier numéro de L’Ecologiste. Il regrette en effet que « les politiques et même certaines grandes associations écologistes ne veulent pas soulever le problème » de la croissance démographique.

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En fait, ce n’est pas qu’elles soient en désaccord, mais c’est une question de tactique. Ainsi, pour Tom Picken, des Amis de la Terre, cité par Levitt, « aborder le problème par le biais de l’inégalité dans l’accès aux ressources est la façon la plus efficace de réduire les émissions globales ». Interrogé aussi par The Ecologist, « Greenpeace dit (…) que toute tentative de mettre le sujet de la population sur la table serait contreproductif ». Par ailleurs, Yvo de Boer, le responsable de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique « est réticent à aborder le sujet ». Même s’il admet que « la pression démographique est un facteur majeur dans l’augmentation des gaz à effet de serre », Yvo de Boer estime qu’une politique de réduction démographique « mène sur des terrains mouvants en matière morale ». Mais Tom Levitt ne désespère pas pour autant de voir ce tabou levé. Il mentionne le rapport 2008 « Planète Vivante » du WWF et les travaux de l’Optimum Population trust qui, tous deux, ne s’embarrassent pas de considérations morales sur la réduction de la population mondiale. Tom Levitt conclut en affirmant que « la prise de conscience progresse », mentionnant à titre d’exemple John Beddington, nouveau conseiller du gouvernement britannique, qui a récemment évoqué le problème de la croissance démographique.

Et en France…

Aujourd’hui, rares sont ceux qui en France s’avancent sur cette question polémique de la démographie. Dans la tradition de René Dumont, qui déclarait en 1999 que « le XXe siècle est un siècle maudit. Il n’y a jamais eu autant de conneries que durant ce siècle. La première étant l’explosion démographique. », on trouve évidemment la revue L’Ecologiste, mais aussi le député Vert Yves Cochet, l’eurodéputé Europe Ecologie Jean-Paul Besset ou encore le nouvel allié d’Europe Ecologie : Antoine Waechter, président du Mouvement écologiste indépendant (MEI). En effet, dans un communiqué du 24 novembre 2009 concernant le rapport du FNUAP, le MEI « qui se bat depuis des années pour faire reconnaître l’importance du facteur démographique dans la crise écologique, se réjouit de cette prise de position, qui brise le tabou démographique, au plus haut niveau des instances internationales ». Dans ce même communiqué, le MEI « rappelle la position de René Dumont qui est la sienne », en reproduisant une citation de l’agronome écologiste qui conclut : « Des mesures limitatives autoritaires vont donc devenir de plus en plus nécessaires, mais elles ne seront acceptables que si elles commencent par les pays riches et par l’éducation des autres. » Rajoutons que le MEI avait organisé en août 2009 un séminaire sur la démographie et que, dans un texte sur cette thématique, Antoine Waechter affirmait : « Pour stabiliser au niveau de 2005 l’impact de l’Humanité sur les ressources et les écosystèmes de la Terre, tout en permettant à chacun de vivre selon les standards français, la population devrait se réduire à 1,7 ou 2 milliards d’individus. » Réduire la population mondiale de 5 milliards d’individus, en voilà un projet ambitieux !

Enfin, sur le site « planète attitude, la communauté du WWF en France », Michel Tarrier, naturaliste et chroniqueur à la revue du WWF France, a créé un groupe « démographie responsable » dans lequel les débats sur la surpopulation sont absolument décomplexés. Tarrier n’hésite pas à dire qu’« il faut réhabiliter Malthus » ou que « le WWF est une ONG éco-malthusienne parce que lucide et bienveillante ». Il faut dire que Michel Tarrier connaît bien le sujet puisqu’il est l’auteur, avec sa fille Daisy (responsable des partenariats au WWF France), du livre Faire des enfants tue…

Source : Egalité et Réconciliation

déc 17 2009

Copenhague, la gouvernance mondiale de l’écologie entre ethnocentrisme et anthropocentrisme ?

Par Julien Teil

En date du 2 décembre 2009, le journal Le Monde a publié le point de vue de Martine Aubry sur Copenhague. (1) Celle-ci invitait à un renouveau écologique sous la formule « À Copenhague, il faut inventer la solidarité écologique du XXIe siècle ». La gouvernance mondiale de l’écologie telle qu’elle s’amorce confirme les déclarations de Martine Aubry qui supposaient « l’émergence d’une gouvernance globale plus forte et mieux coordonnée, faisant place à une organisation mondiale de l’environnement dotée de pouvoirs contraignants ».

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Affiche du WWF, qui milite pour la nécessité d’inscrire la question démographique, soit une réduction importante des populations, dans la liste des préoccupations écologiques

Ces « pouvoirs contraignants » ont déjà pour projet d’institutionnaliser mondialement le marché du carbone ou Emission Trading. Ce concept est en réalité issu de l’Agence de protection de l’environnement U.S sous la présidence de Jimmy Carter. Bill Drayton, qui tout comme Jacques Attali, se présente lui aussi comme un prophète du social business, revendique son rôle dans la genèse ce cette idée. (2)

La gouvernance mondiale écologique telle qu’elle se structure actuellement, comporte un déficit démocratique considérable, qui risque de permettre par la même occasion l’instauration de mesures reposant sur des thèses malthusiennes.

Longtemps mise à l’écart des sujets qui seraient abordés lors du sommet de Copenhague, la « démographie verte » pose désormais des questions jusque dans les médias. Pourtant, les travaux d’organismes engagés dans les discussions sur le climat, abordaient la question depuis des mois, voire des années. (3) C’est notamment le cas de WWF, ou de l’Optimum Trust Population et du Club de Rome, pour qui la démographie est un sujet pour lequel ils ont bien préparé leur plaidoirie. En ce qui concerne le traitement médiatique de la question: il se résumerait à la nécessité d’inscrire la question démographique dans la liste des préoccupations écologiques.

Greenpeace a opté pour une position différente, le Courrier International du 19 Novembre 2009 indiquait :

« Pour Greenpeace, aborder la question dé­mographique à Copenhague ou lors d’au­tres sommets préliminaires serait contre-productif. “Le débat entre les pays industrialisés et ceux qui le sont moins est si sensible et si gangrené par la méfiance qu’y introduire une question comme la croissance démographique ne ferait que susciter la colère”, insiste Stephanie Tunmore, la porte-parole de Greenpeace International. » (4)

Néanmoins, et cela est particulièrement équivoque: pour Greenpeace ce serait l’incompréhension qu’un tel sujet provoquerait qui l’exclut du débat. Autrement dit le problème ne semble pas relever du fait qu’il devrait engager un débat démocratique autour de l’historique des thèses malthusiennes, et de leur socle scientifique.

En outre, cette déclaration peut être révélatrice sur la conception que présente Mme Tunmore de l’histoire. On y retrouve l’ethnocentrisme qui suggère qu’une élite d’États (dénommée G20 pour l’occasion) conduit un peuple d’États (dénommé G77 pour l’occasion). Cette conception donne libre cours à l’idée selon laquelle les solutions apportées par les occidentaux, bien qu’elles invitent à la critique, sont incontournables, comme le soutiennent les acteurs du microcrédit. (6) D’autre part, l’idée exprime que la totalité des rapports de forces entretenus autour d’une question mondiale se résument à cette équation.

Or ces rapports de forces intègrent également les OSC (Organismes de la Société Civile), dont font partie les ONG, parmi lesquelles Greenpeace. Puis, il faut compter parmi ces ONG, les fondations accréditées en tant qu’ONG et qui représentent parfois des intérêts loin de refléter une réelle volonté écologique. Les entreprises, autres représentants des OSC, sont elles aussi de la partie, bien qu’elles soient déjà indirectement représentées par beaucoup d’ONG. (7)

Enfin il faut ajouter à l’inexactitude de la déclaration de Stephanie Tunmore, son manque soit d’honnêteté, soit de connaissance des relations internationales. Que nous apprennent donc un examen des relations internationales ?

Les mécanismes de la gouvernance européenne qui intègrent eux aussi les OSC dans leurs modes de régulation sont particulièrement parlants et représentatifs de la réalité des relations interétatiques. En réalité, les relations interétatiques européennes sont en grande partie élaborées sous la responsabilité des think-tanks et lobbys idéologiques. (8) Parfois mandatés et consultés, ces organismes ne représentent aucun intérêt démocratique, pourtant ils participent à la politique de l’Europe. Il en est de même pour l’élaboration des lois relatives au marché, à l’économie, aux mesures sociales, pour lesquelles ce sont les lobbys industriels qui se partagent le gâteau bruxellois. D’ailleurs Greenpeace n’est pas ignorant des pratiques des lobbys bruxellois puisque l‘association s’est opposée, lors d’une session, à la puissante Table Ronde des Industriels Européens. (9)

Or les mesures lentement mises en place pour aboutir à une gouvernance mondiale sont non seulement calquées sur le modèle de la gouvernance européenne, mais elles sont encore plus antidémocratiques et bien plus prédatrices. Cette gouvernance mondiale, telle qu’elle s’institutionnalise à travers les étapes qu’elle traverse depuis au moins un siècle, portent les traits d’une gouvernance dont est exclus les peuples et la démocratie. Les propos de Martine Aubry ne sont que ceux d’un intermédiaire, mais auront au moins le mérite d’éclaircir la situation pour certains.

Un nombre incalculable de procédés et d’étapes a participé à la mutation des relations internationales vers une gouvernance mondiale, parmi lesquels les guerres, le marché mondialisé, la crise économique, etc. Les rapports entre l’État, en tant que représentant du bien public, et les entreprises ont eux aussi mutés. Et, l’ensemble des biens publics sont désormais privatisés, concédés par ceux que, conformément aux principes de nos constitutions, nous avions élus pour nous servir et nous représenter.

Les ONG, quant à elles, en dehors de leur notoriété, jouissent désormais d’une reconnaissance, et d’un statut, elles sont mandatées pour représenter le bien public à travers le concept de société civile. Or, aucun processus démocratique n’expose en quoi elles nous représentent.

De plus, beaucoup d’entre elles sont en réalité contrôlées par les fondations, les think-tanks, les multinationales et les banques. (10) Greenpeace qui exclut les dons des fondations et des multinationales fait partie des quelques ONG épargnées. (11) Seulement, pour qu’elles se révèlent assurément intègres, il faut aussi compter sur leur non adhésion aux thèses, qui après greenwashing, deviennent soudainement des vérités scientifiques. Il est aujourd’hui difficile de dire du réchauffement climatique anthropique qu’il est une vérité scientifique incontestable. C’est d’ailleurs ce fait qui devrait intéresser en premier lieu les associations qui réclament le bien public et la démocratie. On est ainsi en droit d’attendre d’elles qu’elles procèdent à un examen des différents champs d’expression autour de la question du climatgate.

Il faudrait aussi que ces quelques ONG repensent leur rôle de protecteur des biens publics, car cette action elle, est parfaitement concrète. Aujourd’hui, que gouverne l’État ? En fait plus grand chose, puisque les biens publics ont majoritairement été privatisés. Et la France, est une exception qui a su jusqu’à présent préserver une partie de ses biens publics et de ses acquis de souveraineté. Par contre, pour certains biens publics, cela fait longtemps que la privatisation ne s’opère plus au niveau de l’État mais directement à travers les organes de la gouvernance mondiale, et sans que l’on en soit informé: la privatisation de l’eau est déjà copieusement engagée. (12) Et, c’est bientôt le vivant qui le sera dans son intégralité comme l’exposent notamment les sessions de la commission du Codex Alimentarius. (13)

Ce qui s’opposera réellement à cela n’est pas une intervention de Greenpeace dans l’arène de la gouvernance mondiale, comme ce fut le cas à Bruxelles. Ce genre d’interventions efficaces dans les arènes de la gouvernance européenne se compte sur les doigts d’une main. Quels pronostics pouvons nous faire de ces interventions dans l’arène de la gouvernance mondiale ?

Cette arène, nous sommes déjà dedans, et Copenhague est un de ses rendez vous. Car, cette rencontre internationale est un de ces fameux processus nécessaires à l’accélération de la mise en place de la gouvernance mondiale. C’est sa première vocation. Les autres ne sont que secondaires, voir inexistantes et relèvent purement du fantasme engendré par une fabuleuse campagne médiatique et beaucoup d’argent.

Les mesures décidées à Copenhague profiteront à ceux qui participent à l’élaboration de la « justice climatique », car ils sont à la fois témoins, juges et parties .Elles n’appartiennent ni à Greenpeace, ni au peuple, mais à ceux qui ont les moyens de les apporter: c’est à dire ceux qui contrôlent les biens publics, devenus de simples richesses privées. Ce ne sont donc définitivement pas le G20 et le G77 qui n’ont qu’un rôle d’intermédiaire afin de mieux projeter l’illusion des antagonistes. On ne peut manifestement pas non plus conclure des rapports qu’ils se résument à l’interprétation subjective que pourrait générer un débat autour de la question « démographique » au sein du G20 et du G77. Par contre il est évident que Copenhague est une étape de plus, intégrant « l’écologie » au menu des questions « politiques ». Or ce qu’on définissait auparavant et à juste titre, comme « la politique », par définition inhérente à la démocratie, a muté vers ce qu’on appelle la « gouvernance ».

La véritable vocation de Copenhague semble être de s’accaparer un domaine pour le moment libéré d’une institution mondiale. Et cela afin d’aboutir à une gouvernance mondiale de l’écologie anti-démocratique. Il s’agit entres autres, de la confiscation d’un domaine d’expression au sein duquel une écologie concrète et démocratique est possible, en particulier par la dénonciation des mécanismes évoqués ci-dessus. Dans cette optique de dénonciation des parasites de la démocratie, les ONG seraient, sur le long terme, amenées à l’abandon de leur statut au profit d’une démocratie plus réaliste.

A l’opposé, Jacques Attali considère que le rôle miraculeux des ONG invite à la création d’une Organisation Mondiale des ONG, qui défendrait « la mise en œuvre des fondements de la démocratie : la liberté d’expression, la protection des femmes et des enfants, la lutte contre la peine de mort, le droit au travail, le droit au crédit, le droit au logement. » (15)

Mais à Copenhague, il est avant tout question de poursuivre les mesures engagées et qui annoncent inévitablement une gouvernance du vivant, une gouvernance de la démographie et une gouvernance plus aiguisée de l’énergie. (16) Ces prédictions appartiennent à une perception anthropocentriste, qui au nom d’une objectivité sur la nature, exclut l’homme de celle-ci. Pour les tenants de ces thèses, il serait ainsi possible d’entreprendre un parfait examen des problématiques écologiques.

Cela pose inévitablement la question du rapport qu’à l’homme à la nature, tout comme le reflètent également les idées de Mihail Roco (17) concernant le Transhumanisme et les nanotechnologies. (18)

Enfin, il est surprenant que les éléments révélés par le Climatgate ne soient pas au sommaire des discussions de Copenhague, ni des inquiétudes du monde associatif. Pourtant, leur authenticité a été confirmée par le CRU (Climat Research Unit), qui n’est pas revenu sur cette déclaration à ce stade. Phil Jones, directeur du CRU, dont les travaux constituent le socle scientifique des questions abordées au sommet, a été suspendu provisoirement de ses fonctions, avec son accord, le temps de l’enquête. (19)

Que pouvons nous conclure de la future gouvernance mondiale de l’écologie étant donné que les doutes soulevés par sa consistance scientifique ne sont pas abordés ? Et, dans cette perspective, que nous apprend la volonté de mettre en place une « organisation mondiale de l’environnement avec des pouvoirs contraignants » dans le contexte d’une gouvernance mondiale antidémocratique ?

Julien Teil, pour Mecanopolis

julienliste@hotmail.com

Notes et sources :

(1)    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/02/a-copenhague-il-faut-inventer-la-solidarite-ecologique-du-xxie-siecle-par-martine-aubry_1275025_3232.html
(2)    William « Bill »Drayton, tout comme Mr Attali, estime que l’entreprenariat social permet de résoudre les problèmes de pauvreté. Ainsi, il a fondé en 1981 le fond Ashoka afin de développer cette activité. Il a été sous l’administration Carter, assistant administrateur de l’Agence de l’Environnement U.S. C’est à ce titre qu’il lança le principe de marché du Carbone. On voit aussi apparaître un membre du CFR en 1985, sous le nom de « William Drayton ».  Nous ne pouvons en conclure que c’est bien lui, mais aucun autre William Drayton ne bénéficiait d’une renommée particulière à l’époque.
(3)    Voire le site Planète-Attitude, plate-forme de la communauté WWF en France : http://www.planete-attitude.fr/
(4)    http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/19/demographie-le-grand-tabou
(5)    Ce modèle de développement est encouragé, entres autres, par Jacques Attali, fondateur de Planet Finance, qui y voit notamment une solution à la crise économique
(6)    A ce propos, lire « Organisations non ( ? ) gouvernementales , La lettre du Forum de Delphes, Novembre 2007 par Thibault Le Texier. http://tibo.lt.free.fr/article.php3?id_article=84
(7)    Voir « La Marche irrésistible du nouvel ordre mondial, sous-titre : Destination Babel, Éditions François-Xavier de Guibert, 2007 » Par Pierre Hillard.
(8)    In « Europe Inc – Comment les multinationales construisent l’Europe et l’économie mondiale » Collectif, Agone, 2005. Il semble qu’un fait similaire impliquant Greenpeace face à l’ERT soit relaté ici : http://archive.corporateeurope.org/observer9/stockholm.html
(9)    Voir à ce propos « Les ONG, instruments des gouvernements et des transnationales ? » par Julien Teil, Réseau Voltaire, 30 juillet 2009 : http://www.voltairenet.org/article161139.html#article161139
(10)    La politique de financement de Greenpeace est indiquée ici : http://www.greenpeace.org/france/transparence-financiere/ressources-greenpeace
(11)    En France, la gestion de l’eau se fait à travers des organismes publics qui ont des contrats avec le secteur privé . C’est notamment le cas du SEDIF dirigé par André Santini. Pour de plus amples informations, consulter le site de l’association S-EAU-S : http://seaus.free.fr/
(12)    Les écrits de Dominique Guillet, fondateur de l’association Kokopelli éclairent parfaitement sur le sujet. Certains sont disponibles sur le site de l’association : http://www.kokopelli.asso.fr/
(13)     Discours de Jacques Attali au sommet mondial des ONG, 10 septembre 2004. http://www.voltairenet.org/article161364.html
(14)    Il est notamment question, au sein de l’élaboration de la politique énergétique « responsable » de développer massivement les agro carburants. Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation auprès de l’ONU, estime que la culture des agro carburants est déjà vectrice de malnutrition : http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1394_biocarburants_crime_contre_humanite.php . L’association Survie quant à elle relate les actions entreprises par Daewoo au Madagascar : http://survie31.over-blog.com/article-25402693-6.html
(15)    Mihail Roco est le co-auteur du rapport « Converging Technologies for improving human performance » ( »Technologies convergentes pour améliorer les performances humaines »), publié avec William S. Bainbridge, son collègue de la NSF. Ce dernier milite avec les Transhumanistes pour le dépassement de l’humanité par une post-humanité « augmentée » via implants corporels, hybridation homme-machine et autres téléchargement de la conscience sur ordinateur.
(16)    Le transhumanisme est une idéologie traitée dans les ouvrages du collectif grenoblois Pièces et
Main d’œuvre. Mais aussi sur leur site internet : http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article24
(17)    Voir l’article du journal Le Monde : http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/02/climategate-le-directeur-du-centre-de-recherche-demissionne-temporairement_1275245_1270066.html

déc 11 2009

Climategate, le monde à l’envers

Dans cet article du Nouvel Observateur, la presse officielle passe à l’offensive pour continuer à nous faire croire au caractère scientifique des conclusions du GIEC sur le réchauffement climatique.

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Il s’agit maintenant de jouer la « transparence » et d’expliquer ce que les mails de spécialistes du climat, révélés à l’occasion du Climategate, ont de profondément choquant sur les méthodes qu’emploient ces « scientifiques ».

Aujourd’hui, tout est renversé. Méthode bien connue. Les malheureux climatologues pris la main dans le sac à écarter les scientifiques qui ne sont pas de leur bord par tous les moyens, fussent-ils déloyaux, sont maintenant considérés comme des victimes.

Pour jouer,à notre façon, la transparence et compléter les informations de Joke, précisons que le concept de réchauffement planétaire d’origine humaine a été introduit pour la première fois en politique par Margaret Thatcher en 1988, incitée en cela par un conseiller du nom de Sir Crispin Tickell dont l’autorité en matière de climatologie me laisse dubitatif. Selon Wikipedia :

« His worldwide status as an authority on climate change is all the more surprising because he has no formal academic training in this area and has formed his opinion by self-teaching. » (Son statut mondial en tant qu’autorité sur le changement climatique est pour le moins surprenante puisqu’il n’a pas de formation universitaire dans ce domaine et a constitué son opinion de façon autodidacte.)

Le premier livre de Tickell sur le sujet date de 1977. En fait, il prend la suite d’un mouvement qui lui est antérieur et sur lequel je reviendrai quand l’occasion se présentera.

Tickell est aussi directeur honoraire de IBM Royaume-Uni et membre de la Baring Foundation.

Il est aussi un dirigeant de la Optimum Population Trust qui est une officine destinée à limiter la population dans le monde. Les questions liées à la réduction de la population, c’est à dire à l’écologie malthusienne, sont historiquement issues du discours scientifique eugéniste propagé par la Royal Society (l’équivalent anglais de notre Académie des Sciences en France) à travers la Royal Eugenics Society et des personnalités reconnues comme d’éminents écologistes comme Teilhard de Chardin ou Julian Huxley.

En 1990, Tickell est nommé président de l’Institut du Climat de Washington et met en place une sorte de séminaire pour chefs d’état et dirigeants pour organiser le protocole de Rio de Janeiro.

Al Gore est aussi un activiste de la cause malthusienne comme en témoigne son livre de 1992 Sauver la planète Terre.

Pour tous ces gens, l’humanité reste le principal fléau dont souffre la nature.

C’est pourquoi je retourne avec ironie cet argument contre ses défenseurs, les écologistes malthusiens. Qu’ils donnent l’exemple en disparaissant de cette planète. L’humanité ne s’en trouvera pas diminuée. Merci pour elle.

Ecologie Idéologie

oct 31 2009

L’odyssée de l’espèce [troisième partie]

Nous vivons les premières conséquences de la transition du système technique. La révolution industrielle avait chassé l’homme de sa terre. La concurrence des robots le chasse de son lieu de travail. Les entreprises se préoccupent partout d’élaguer leur personnel excédentaire. À court terme, on ne voit que souffrance, exclusion, imprévoyance, même si, à plus long terme, on peut se féliciter que les travaux répétitifs et déqualifiés soient repris en charge par des automates. L’Homme retrouvera, mais plus tard, une valorisation de son talent dans le contact humain : la vente, les loisirs, la création, les soins aux personnes âgées et aux enfants… Le mouvement est tellement massif qu’il faut le voir comme une grande vague historique. Les transitions antérieures ont aussi été accompagnées de déplacements non volontaires. À la révolution industrielle, le peuple des campagnes a dû migrer vers les villes, contre son gré. L’expulsion, quelque regret qu’on en ait, est un principe moteur. D’un point de vue psychanalytique, nous commençons tous notre vie par une expulsion du ventre maternel, après quoi il nous faut reconfigurer notre univers perceptif. L’innovation commence aussi par une sorte de « seconde naissance », suivie d’une reconstruction du monde.

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Avertissement: Thierry Gaudin est un polytechnicien et ingénieur des Mines, expert auprès de l’OCDE, des Nations unies et de la Commission européenne. Il est aussi président de l’association Prospective 2100. Dans son livre « 2100 : l’Odyssée de l’espèce », publié en 1993, il s’appuie sur une recherche et une connaissance personnelle des mécanismes de l’innovation et des interactions technique de la société. Il s’agit d’un travail de prospective, résultat de dix années d’échanges avec des centaines de personnes, qui s’appuie sur les mécanismes du passé pour tenter d’appréhender ceux du futur. L’auteur nous livre des scénarios viables pour sortir de problèmes sociétaux divers, encourageant principalement le recours à l’innovation et à l’esprit d’entreprendre. Cependant, imaginer qu’il puisse y avoir une remise en question des pouvoirs établis qui découlerait de la libre application de la créativité de chacun ne serait sans doute pas raisonnable avant la deuxième moitié du 21ème siècle. Il n’en demeure pas moins que les pistes proposées par Thierry Gaudin pour améliorer le fonctionnement du monde ainsi que ses constats sur le passé et le présent de nos civilisations sont difficilement critiquables, à l’exception d’un regard qui me paraît trop optimiste sur les bienfaits éventuels du mondialisme et sur l’attente d’une bonne et sincère volonté politique en matière de progrès. Nous reprendrons en trois articles les extraits du livre qui sont les plus pertinents et les plus liés au domaine dont Mecanopolis traite.

Ainsi, l’expulsion engendre à la fois des souffrances et des innovateurs. Comme il faut réinventer d’autres métiers pour échapper à la concurrence des machines, il y a bien une troisième voie : ni le socialisme, ni le capitalisme, la politique d’innovation.

Dans la société innovatrice, les organisations sont des êtres vivants mortels. La collectivité aide la naissance et la croissance des nouvelles institutions. Elle aide aussi les anciennes à mourir, notamment en protégeant les droits des individus qui pourraient en souffrir. L’innovateur est comme étranger, même au milieu des siens. Il voit des choses que les autres ne voient pas, et il ne peut même pas encore les leur faire comprendre. Santos Dumont, pionnier du dirigeable et de l’aviation, le dit, en témoignant de sa jeunesse : « Méditant sur l’exploration du grand océan céleste, moi aussi je créais des aéronefs, j’inventais des machines. Ces imaginations, je les gardais pour moi. À cette époque, au Brésil, parler d’inventer une machine volante, un ballon dirigeable, c’eût été se signaler comme un déséquilibré et un visionnaire. Des aéronautes montant des ballons sphériques étaient considérés comme de hardis professionnels, pas très différents des acrobates ; et que le fils d’un planteur songeât à devenir leur émule, c’eût été presque un pêché social. »

Seule la preuve concrète peut établir la validité de ce que l’innovateur a deviné. Expulsé de son être social, il ressemble à un amant esseulé en quête d’un amour perdu. Il refait alors son unité avec le monde en reconstruisant un monde à l’image de sa vision.

Celui qui veut aider l’innovation doit donc avoir le courage de tendre la main à ce qu’il pressent, sans vraiment le comprendre tout à fait, et de défendre des idées hors norme, qui en plus gênent des intérêts établis. La liberté de créer est à ce prix.

Les forces qui s’opposent à l’innovation sont si diverses et puissantes qu’on peut inverser le sens de cette question : l’état « normal » d’une institution ne serait-il pas la stabilité et le refus du changement ? Les organisations subiraient-elles les innovations comme les individus attrapent la grippe ? Face au danger, elles déploieraient alors des résistances immunitaires. Elles manifesteraient pour résister au changement une ingéniosité et une énergie sans commune mesure avec celles qu’elles mobilisent pour le promouvoir.

Cependant, les protections excessives dont s’entourent nos contemporains, leur quête implicite d’un bonheur végétatif, leur avachissement dans le confort sont aussi contre nature. La Nature a besoin de nouveauté. Elle joue, elle combat, elle engendre en suivant des processus amoureux. Quand il ne se passe plus rien dans une vie, ce n’est pas le bonheur que l’on trouve, mais l’ennui et la déprime. Notre société a fait, quelque part, un contresens : mais où donc ?

Si les institutions sont des êtres vivants, il faut admettre qu’elles naissent et meurent comme tout ce qui vit. La plupart des résistances au changement sont des réflexes de survie institutionnels, cherchant à défendre l’existant, l’acquis, le déjà là contre une menace, même lointaine et hypothétique.

Imaginez une grande compagnie. Elle a développé une gamme de produits, comprenant chacun des milliers de composants, et embauché des milliers de travailleurs. Un petit concurrent arrive, et propose de rendre le même service avec un objet dix fois plus simple, et demandant vingt fois moins de travail à fabriquer. Que croyez vous qu’il se passe ? La grande entreprise va essayer de faire pression sur les fournisseurs, les clients, les banquiers pour qu’ils lui refusent leurs commandes, leur soutien et leur crédit. Eventuellement, elle financera des propagandes perfides pour le discréditer. Ce faisant, elle quitte l’économie de marché pour entrer dans l’économie maffieuse. Par réflexe de survie, elle triche avec la règle de loyauté de la concurrence, qui est pourtant l’essence même de l’idée libérale.

Ce réflexe, il faut aussi le décliner à tous les niveaux : un service technique voyant arriver une idée à laquelle il n’avait pas pensé, en provenance d’un nouveau venu, n’ayant ni les diplômes ni le statut autorisant à prendre la parole ; un mouvement politique ou social face à des initiatives de terrain, menées par des inconnus, avec les moyens du bord ; un laboratoire de recherche ayant pignon sur rue, équipé d’un puissant matériel et consommant force subventions voit arriver un jeune impertinent qui, à partir de concepts nouveaux, prétend résoudre le problème sur lequel il s’escrime depuis vingt ans, avec le soutien sans faille des fonds publics…

Chaque fois, l’institution entre en lutte, et en même temps en contradiction avec les principes qui justifient son existence même. L’exemple vient de haut. C’est celui de l’Eglise au Moyen Age. Devant l’hérésie, elle a préféré sacrifier des vies humaines (Inquisition, croisade contre les albigeois), plutôt que de tolérer d’autres approches de la spiritualité. Alors a commencé son lent déclin.

Il est possible de repérer, dès les premières minutes, les attitudes conformistes. Elles sont inavouées, mais perceptibles par un regard exercé. L’homme d’appareil (l’apparatchik) se conduit intérieurement comme s’il portait un uniforme (ou une soutane). Il manifeste son respect pour les pouvoirs institués et les compétences reconnues. Les preuves logiques et les démonstrations factuelles et concrètes l’intéressent moins. Le fait que ça marche est une donnée parmi d’autres. Pour lui, l’important n’est pas la chose, mais ce que l’on pourrait en dire. Les jeux d’influence sont la réalité qui retient son attention, et dans laquelle il veut se placer. Il n’est plus tout à fait un être humain. Il incarne l’institution. Il est comme possédé par elle. Il ne peut plus entendre que ce qui vient d’autres institutions, portant de surcroît un label respectable.

Si quelque fait nouveau lui est rapporté par une personne, il regarde d’abord sa carte de visite. Il n’accepte de mémoriser que si elle rappelle un univers connu et respectable. Si deux personnes convenables lui parlent du même fait, ce fait devient possible. Trois, il est vraisemblable. Quatre, il est certain. Aussi l’innovateur avisé fait-il parvenir la même information à la même personne de quatre sources assez différentes pour qu’elle ne puisse détecter l’origine commune.

Cette attitude s’explique par la saturation. L’homme d’appareil, craignant sans doute de ne pas être assez reconnu, habité par un doute existentiel secret, s’est mis instinctivement en situation d’être sollicité. Ayant alors à traiter plus d’informations qu’il ne peut en écluser il cherche des écrans qui lui économisent son temps mental. Et il trouve en réponse des références, des diplômes, des médailles et des titres qui remplacent la réalité de l’être. Plus les dirigeants montent dans la hiérarchie, plus ils saturent, et plus ils se croient obligés de faire semblant, d’où les contre performances des grandes organisations et la formidable inertie des économies développées.

La résistance à l’innovation s’exerce d’abord comme refus de la preuve, détournement du regard devant les faits nouveaux, surprenants, gênants, contraires aux attentes officielles le réflexe de l’autruche. Potemkine faisait peindre des décors le long des routes pour que sa souveraine, Catherine II, ne soit pas gênée par le spectacle de la misère. Le couple éternel de la majesté soutenue par l’illusionniste se reproduit à travers les régimes politiques et les modes de gestion. Malgré la compétition, dur rappel à la réalité, les entreprises aussi ont besoin de se raconter des histoires pour garder le moral. Or, l’innovation commence par un retour aux fondements, un doute salutaire, un refus des « allant de soi » et des lieux communs. Dès le début, elle dérange. En fait, le principal ennemi de l’innovation, c’est la peur et le silence qu’elle engendre.

Sur les ailes de la Raison

La vraie Raison n’est pas la « réquisition » de Heidegger, ni un instrument au service de la cupidité. Elle est au contraire ce qui libère, d’abord des vérités toutes faites, telles que les prodiguent les religions, les sectes et les idéologies, ensuite des attachements maladifs, des appropriations et des possessions, au sens des sorciers. Le vingtième siècle a fait le premier pas dans cette direction, en introduisant, au moyen de la psychanalyse, la libido dans le champ de la raison discursive. Il a commencé une guérison, qui est encore loin d’être terminée. Mais on entrevoit derrière cette mise en rationalité de l’irrationnel un grand basculement des valeurs : l’ancien concept de pouvoir, dissous par les nouvelles communications, laisserait place à un comportement moins pathologique, fondé sur la compréhension et la recherche de la beauté.

Dans ce mouvement, la logique du « pourquoi ? » est complétée par une logique du « pourquoi pas ? ». La connaissance et la création progressent en imaginant des choses qui paraissaient impossibles ou inacceptables. Hélas, ce précieux secret est dissimulé au public. On ne lui montre que des résultats acquis. On lui demande, non pas d’imiter l’indiscipline des créateurs d’autrefois, mais au contraire de vénérer leurs résultats et de se discipliner l’esprit pour mieux les assimiler, telles des osties.

Les mathématiques elles-mêmes, dont l’enseignement est si souvent rébarbatif, ont progressé en créant des êtres incroyables, dans un défi permanent à la raison raisonnante et au discours des institutions. Dans la Grèce antique, les pythagoriciens s’étaient aperçus que racine de deux ne pouvait se réduire à une fraction, bien qu’on puisse trouver des fractions qui l’approchent d’aussi près que l’on veut. Effrayés par cette découverte, ils ont qualifié ce nombre d’ »irrationnel », autrement dit échappant à la Raison, et conservé secrète cette irrationalité. Ce qui aurait pu être le point de départ d’une éclosion de nombres nouveaux est resté un secret d’initiés, recouvrant les manoeuvres souterraines d’une secte. On n’ose imaginer ce qu’aurait produit ce comportement délétère si les transfinis, les nombres imaginaires, les catégories et l’analyse hyper complexe, qui sont tous des éclosions récentes d’êtres mathématiques incroyables, comme l’étaient les irrationnels, avaient été capturés de la sorte !

La critique des vérités toutes faites était la spécialité de Descartes, dont la vie mouvementée fut émaillée de joutes de langue et d’épée. Il cherchait à pourfendre les positions d’autorité, et visait sans le dire l’Eglise, qu’il a, de mon point de vue, atteint mortellement dans ses profondeurs. Je vis en un autre siècle, où la Science règne. J’ai, pendant des années, accueilli les innovateurs, meurtris par l’incrédulité ambiante, tels des fleurs mourant de soif. Maintenant, ce n’est plus le trop plein de foi, c’est le vide qui nous mine. Et l’esprit critique, récupéré par des positions conformistes, jette, à partir des institutions et des discours de la Science, l’anathème sur les nouveautés. Il faut réapprendre à écouter les silences de l’imaginaire. Le mouvement créateur est comme une respiration.

Il comprend d’abord des phases de distinction : on classifie, on discerne et distingue avec une finesse accrue ce qui était confondu. Nul ne peut nier la nécessité de ces mises en ordre, ni l’économie de pensée qu’elles permettent. Sans distinction, il n’y a pas de méthode possible. Si elle n’est pas suffisante, l’esprit ne peut s’extraire de la confusion. Mais il y a aussi des phases de réunion : ce sont les analogies, les métaphores, les idées poétiques, les élans amoureux. Ils vont en sens inverse, mais sont tout aussi indispensables. Ils alimentent la passion, le rêve, le voyage en esprit, donc la création et la vie. L’innovation y trouve sa source.

Les ésotéristes appellent ces deux phases respectivement diaboliques (de dia : en deux et ballein : jeter) et symboliques (de sun : ensemble, et ballein). Ils représentent en effet la séparation et la réunion, au sens le plus fort de ces mots, comme un vécu intime du rapport de l’être au monde, qui se distingue et se reconnaît successivement. Ces moments sont bien comme les deux phases d’une respiration. Les anciens disaient « le souffle de l’esprit ». Dans l’inscription de la Techno Nature, il faut s’attendre aussi à ce double mouvement : des phases de mise en coupe réglée et des phases créatrices, les unes se nourrissant des autres.

Jardin planétaire

Le passage au jardinage planétaire est l’expression du nouveau système technique, celui qui suit l’industrialisation. Il se caractérise par une recherche de qualité et une limitation des dégâts dûs aux exploitations intensives. On ne manque pas de terres. Sur les treize milliards d’hectares de la planète (2,6 ha par habitant), un tiers est couvert par des forêts, 45% est inutilisable (ce sont des déserts -28%- des régions froides, montagneuses ou inondées). Reste environ un quart de cultivable (6000 mètres carrés par personne), dont nous utilisons seulement moins de la moitié (11%, soit un hectare pour trois personnes). En particulier, l’Afrique et l’Amérique du Sud n’exploitent que 6 et 7% de leur territoire, soit le cinquième de ce qui serait cultivable, même sans toucher à la forêt.

Les besoins alimentaires de l’espèce humaine ne sont pas excessifs au point de menacer l’équilibre écologique. La consommation par habitant et par an est de :

Céréales: 300 Kg

Légumes: 183 Kg

Viande: 28 Kg

Poisson: 14 Kg

Total: 525 Kg

Même en remédiant à la sous alimentation (ces chiffres équivalent à une moyenne de 1,4 Kg par jour, ce qui est peu), nous resterions très en dessous du potentiel agricole (3 tonnes par an) et surtout de la production de boiomasse par les forêts : 133 milliards de tonnes, soit 27 tonnes par habitant et par an, dont nous ne consommons que 0,6 : la moitié pour les usages industriels (papier, construction, ameublement..), l’autre moitié pour le chauffage et la cuisine (bois de feu) surtout dans les pays en développement. La plus grande partie de la biomasse n’est pas utilisée pour la nourriture. Et les besoins nutritionnels, environ une demi tonne par habitant et par an sont trois fois moins importants que la consommation d’énergie : 1,4 tonne d’équivalent pétrole.

Le grand vivier des espèces, le chaudron où fermente la soupe créatrice, c’est la forêt, plus précisément la forêt tropicale humide. Au total, il y a encore plus de trois milliards d’hectares boisés sur la planète, soit un peu plus d’un hectare pour deux personnes. La forêt contient les trois quarts de la biomasse terrestre, soit 950 miliards de tonnes au total, 190 tonnes par habitant, un cube de six mètres de coté. La réserve de biomasse est encore énorme. En gros, elle représente trois mille fois le poids de l’espèce humaine.

Après avoir été surexploitées pour fabriquer du papier, les forêts du Nord (Europe et Amérique) sont stabilisées. Des lois favorables ont même suscité un début de reboisement (au total 2 millions d’hectares par an pendant les années 80). Par contre, la déforestation tropicale est un scandale planétaire, une insulte à la vie, une irresponsabilité dangereuse. Elle met en péril le patrimoine biologique, c’est à dire la diversité des espèces, diversité que nous ne connaissons même pas encore, puisque les estimations varient entre cinq et trente millions, et que seul 1,4 million a été répertorié. Au rythme où nous allons, nous risquons de n’avoir même pas le temps de connaître celles qui sont en train de disparaître. Elles seront mortes avant que nous ayions pu les recenser.

Douze programmes pour le 21ème siècle :

Culture technique

Les systèmes éducatifs, construits initialement pour enseigner, en sont arrivés à sélectionner puis exclure. Au lieu de diffuser des connaissances utiles à tous, ils ont favorisé la constitution de savoirs ésotériques, confisqués par des élites. Or, tous les humains doivent pouvoir accéder à la maîtrise des techniques nouvelles et progresser librement dans la voie de la connaissance. À long terme, la prospérité est la fille de l’éducation de la base, et non du savoir des élites. Il faut que les médias enseignent des savoirs directement utiles. Le langage des spécialistes ne doit plus être un moyen sournois et pervers de ségrégation. Il faut aussi éliminer l’illettrisme, principal moyen d’exclusion.

Métrologie du quotidien

Chacun doit pouvoir évaluer, dans la vie quotidienne, l’état de sa santé et de son environnement. La métrologie vient aider la connaissance de soi et de la Nature, en lui fournissant des repères et des moyens de vérification. Il faut les instruments adéquats et portables pour mesurer la qualité de l’eau, de l’air, des aliments, l’état de son corps (autoanalyses), celle aussi des plantes et des animaux. De la sorte, la responsabilité de la vie sera répartie entre tous, chacun étant le gardien de son jardin et de lui-même. À plus grande échelle, il faut des réseaux mondiaux d’analyse, d’essais et de métrologie industrielle, de télésurveillance de l’environnement par satellite, dont les résultats soient accessibles à tous. Il faut aussi établir un droit de chacun à l’information sur ce qu’il mange, ce qu’il respire, et tous les produits qu’on lui vend, et aussi à l’information sur l’information.

Industrialiser l’Espace

Chaque activité dans l’Espace élargit la conscience, offrant une vision nouvelle de ce qui se passe sur terre. Vues de là haut, les frontières paraissent dérisoires, la Nature fragile et les grands équipements insuffisants. Techniquement, l’Espace est un grand miroir de la terre. Il réfléchit les communications et renvoie l’image de l’état de la Planète (météo, couverture végétale, pollutions). Demain, il s’agira aussi de rendre possible la vie dans le Cosmos, indépendamment de la présence d’une planète accueillante telle que la Terre. D’où la construction de modèles réduits, les « biosphères », écosystèmes complets en équilibre. La vie dans l’Espace sera l’aboutissement de toute une séquence technologique : l’avion spatial, l’utilisation de matériaux issus de l’Espace (Lune ou ceinture d’astéroïdes) les centrales solaires spatiales, enfin des planètes creuses artificielles avec des biosphères embarquées.

Habiter les mers

Depuis un siècle, la population s’est déplacée vers les côtes. Celles-ci sont maintenant surpeuplées et défigurées. On va sauter le pas et s’installer sur l’eau. Ce seront des cités flottantes, sur remblais ou sur pilotis de plusieurs milliers, voire millions, d’habitants. Les composants techniques sont prêts : énergies du soleil, des vents et de la houle, aquaculture, agriculture hydroponique, dessalement, télécommunications par satellites. On peut maîtriser leur développement pour éviter de polluer l’océan. Ces cités marines auront diverses vocations : loisirs nautiques, production d’aliments issus de la mer, enseignement, recherche et industries de pointe (technopoles). L’habitat maritime offrira une qualité de vie accrue. La circulation, l’approvisionnement en eau, le traitement des déchets seront simplifiés. Fabriqué en série, cet urbanisme sera plus économique près des côtes où le prix des terrains est devenu exorbitant (baie de Tokyo, côte d’azur…). Mais il faut en premier lieu réviser la législation du domaine maritime, conçue autrefois pour d’autres technologies.

Maîtriser l’énergie

La maîtrise de l’énergie est cohérente avec le nouveau système technique. Elle utilise les ressources de manière plus fine et précise. Mais il faut l’accélérer par l’intervention d’agences, alimentées par des taxes sur les consommations d’énergie, et utilisant le produit de ces taxes pour promouvoir les nouvelles technologies plus « soutenables ». Par exemple, celles de la « civilisation de l’hydrogène » : le remplacement des combustibles par l’hydrogène évite l’effet de serre. Il ne produit que quelques nuages de plus en brûlant. Il n’est pas polluant. On peut l’obtenir à partir de n’importe quelle source d’électricité (solaire, éolienne, nucléaire…). Quelques aménagements (sécurité, corrosion..) suffisent pour que les moteurs et les brûleurs actuels puissent l’accepter. Il faut donc, dans tous les pays, aménager un passage graduel au combustible hydrogène, en même temps qu’un développement massif de l’électrification et des énergies nouvelles (solaire, éolienne, biomasse..), ainsi que des économies d’énergie.

Transformer la planète en jardin

La grande richesse de la vie, la diversité du patrimoine écologique, doit être préservée. Bien plus, l’Homme doit constater qu’étant désormais maître de la Nature, il en assume aussi la responsabilité. Il est le gardien de la vie. Il a le pouvoir de la supprimer, mais aussi celui de la préserver et de l’enrichir. Il faut donc un programme mondial de parcs naturels, de protection des espèces rares, de conservation du patrimoine génétique et de déforestation. Il faut aussi mettre en place une gestion planétaire des eaux, comprenant irrigation, dessalement, épuration, recyclages. Il faut, tout en y préservant la Nature, équiper en barrages les deux plus grands massifs montagneux du monde : les Andes et surtout l’Himalaya qui se trouve au voisinage de l’Inde et de la Chine, grands consommateurs potentiels d’électricité au 21ème siècle. Il faut aussi constituer un système de lacs, de barrages et de canaux en Afrique, dans la péninsule indienne (Bangla Desh…), en Amérique du Sud, et aménager intelligemment le cours des grands fleuves sibériens dans la perspective du réchauffement planétaire. Le système agricole, autrefois exclusivement dédié à la production marchande de nourriture, évolue vers une fonction reconnue de préservation, d’entretien et d’aménagement de la Nature. L’exploitant, alors, se mue en artiste. Il accompagne la fécondité de la terre. Un des grands défis de cet aménagement est la reconquête des espaces désertifiés par l’homme, à la suite de surexploitations, de déforestations ou d’abandons. Les outils institutionnels de ces réalisations ne sont pas seulement les administrations étatiques, mais aussi une législation mondiale appropriée, s’imposant aux états, et un réseau transnational d’agences, construites sur le modèle des agences de bassin, gérées par des professionnels, qui prélèvent des taxes sur les dommages causés à la Nature, rendent des services au public, et utilisent leurs ressources au service de la Nature.

Communication : un réseau pour tous

L’infrastructure de communication est le système nerveux du monde futur. Actuellement, seuls les pays développés ont un équipement téléphonique touchant l’ensemble de la population, soit environ cinquante lignes pour cent habitants. Il en résulte que l’économie de la plupart des régions de la planète est hors jeu des échanges, et ne peut valoriser ses immenses talents. La conscience mondialiste prend du retard, et les particularismes peuvent réactiver leurs intransigeantes agitations. Il faut donner corps aux « villages planétaires ». Dans n’importe quel endroit du monde, y compris dans la forêt ou sur mer, chacun doit pouvoir appeler n’importe quel correspondant et être appelé en cas d’urgence au moyen d’un radiotéléphone miniaturisé portable. Une infrastructure puissante et fiable de télécommunications est la condition du développement des petites entreprises, donc de la prospérité économique, et du maintien de la démocratie. Ce programme comprend, en plus des « lignes » téléphoniques, un ensemble de services d’information, non seulement les services publics de première nécessité (transports, annuaires (à quand l’annuaire mondial !), secourisme), mais aussi des bases de données pour l’étudiant, le consommateur, l’artisan et les autres professionnels des villages transnationaux en cours de constitution.

Structurer les villes

Les villes modernes sont devenues des broyeurs d’hommes, dont les banlieues invivables engendrent l’exclusion et la révolte. Elles sont comme hantées par la ségrégation et les rapports de force. Ce sont des lieux d’embouteillages monstrueux, où les pertes de temps se chiffrent en milliards d’heures par jour, bien supérieures au temps de travail qu’il faudrait pour les aménager. Elles deviennent des espaces dangereux, où l’insalubrité, la délinquance et les maffias gagnent du terrain. Il faut donc restructurer les grandes villes du monde, avec une architecture adaptée aux vrais besoins de l’homme, que l’éthologie permet d’évaluer, des transports en commun puissants et fiables (métro souterrain ou aérien…), des réseaux interurbains rapides (autoroutes et TGV mondial), des réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité accessibles à tous. Il faut aussi créer de toutes pièces des villes nouvelles tout équipées, à une échelle suffisante pour absorber l’excédent mondial des migrants ruraux. Certaines de ces villes seront bâties dans les régions rendues plus habitables par le réchauffement dû à l’effet de serre (Canada, Scandinavie, Sibérie..), d’autres dans des régions où se trouvent de grandes richesses naturelles, mais actuellement peu peuplées (Australie, Afrique centrale, Amérique du sud).

Humanisme industriel

L’automation et la communication vont permettre aux entreprises de s’établir dans leur véritable rôle : elles sont la forme de socialisation de l’avenir, succédant aux formes anciennes, le village et la tribu. En conséquence, elles doivent donner du travail à tous ; permettre le meilleur déploiement des capacités créatrices de chacun ; faire place à l’innovation, au design et à la création artistique ; servir le client dans les meilleures conditions de qualité et de fiabilité ; adapter les objets aux vrais besoins de l’homme, y compris ceux des enfants, des malades, des handicapés et des personnes âgées ; maintenir partout une compétition qui incite chacun à donner le meilleur de ses possibilités ; combattre la confiscation et les comportements maffieux ; préserver la liberté de créer des entreprises nouvelles, concurrentes de celles qui existent. Le respect de chacune de ces finalités nécessite un cadre juridique international solide, qui établisse les entreprises (associations, fondations…) comme sujets de droit, limite les ententes et positions dominantes, fasse obstacle aux manoeuvres corporatistes, assure à chacun le respect des engagements de ses partenaires, maintienne un droit d’innover, définisse les conditions de la mort des entreprises et institue un cadre comptable mondialement normalisé. Dans un monde de petites entreprises artisanales, organisées en réseau, il faut des infrastructures appropriées.

Le programme « humanisme industriel » consiste d’abord à tirer les conséquences de ce que l’entreprise devient la forme dominante de socialisation. Or, elle est encore, au contraire, celui de son exclusion. Il y a là un coûteux paradoxe, comme si les employeurs voulaient à la fois « le beurre et l’argent du beurre ». Ils définissent les postes de travail à leur convenance, en théorie, sans même regarder les humains. Après quoi, ils sélectionnent les « meilleurs candidats » disponibles, compte tenu de la modestie des rémunérations qu’ils sont prêts à consentir. Il en résulte de mauvaises relations, et de médiocres résultats. Ils font semblant de croire que, si ça ne marche pas, ils pourront toujours licencier les responsables et en embaucher d’autres. Mais ce ne serait que répéter le même scénario, avec d’autres acteurs, et qui ne connaissent pas encore les rôles. Si la vocation des entreprises est d’intégrer, il leur faut quitter leur allure sinistre et prédatrice, pour se décider à adapter le travail aux hommes, et non plus seulement les hommes au travail.

Solidarité et partage

L’exercice de la solidarité, s’il est convenablement soutenu par des lois et des financements appropriés, peut devenir une expression de l’activité humaine aussi reconnue, diverse et créative que celle de l’économie de marché. Le mode d’organisation qui convient pour ces activités est celui de quasi-entreprises. Autrement dit, ce sont des personnes morales reconnues, autonomes, obligées, sous peinez de disparaître, d’équilibrées leurs recettes et leurs dépenses, mais n’ayant pas pour but principal le profit. En raison des finalités collectives qu’elles prennent en charge, elles peuvent être destinataires de ressources fiscales ou parafiscales, avec une certaine liberté de choix du contribuable donateur, introduisant une forme atténuée mais stimulante de concurrence. Par ailleurs, une grande infrastructure mondiale est à construire : celle du système de santé, ainsi qu’une chaîne mondiale d’organisations de solidarité, prenant chacune la forme la plus adaptée au lieu et aux modalités de sa mission.

Système judiciaire mondial

Le principe de territorialité du droit a vécu. Il faut y renoncer, et procéder, en même temps qu’on les internationalise, à une radicale simplification des législations et des procédures. Il est de moins en moins possible de lutter contre les maffias, la drogue, les escroqueries, les malfaçons et contrefaçons, ni d’arbitrer les litiges d’entreprises dans un cadre strictement national. Tout en respectant les droits locaux, qui reflètent l’âme des différents peuples, il faut des procédures d’appel vers des tribunaux internationalement reconnus, et une législation minimale commune (protection des droits de l’homme et de l’environnement), un droit international des entreprises. Tous les citoyens du monde doivent être effectivement en mesure d’accéder à des recours internationaux contre les excès de pouvoir, les oppressions et les spoliations qu’exercent encore ici ou là des puissants abusifs, qu’ils soient publics ou privés.

Le respect des lois et de la dignité des magistrats est l’indicateur central de qualité d’une organisation sociale. Les grands penseurs politiques, Machiavel comme Montesquieu, l’ont fait observer il y a déjà plusieurs siècles. L’internationalisation à laquelle nous assistons rend cette question plus pertinente encore. L’indépendance du pouvoir judiciaire est une mesure de l’état de la séparation des pouvoirs et de la démocratie. Après la seconde guerre mondiale et la décolonisation se sont installés des régimes politiques autoritaires, dans les pays de l’Est et dans les pays en développement. Les abus et l’impunité des dirigeants sont devenus énormes et visibles. Des situations scandaleuses se sont établies, soutenues par la complicité d’intérêts occidentaux. Au début des années 90, la notion de « devoir d’ingérence » s’est imposée. C’est une première remise en cause, encore bien timide, de ce pourrissement. Mais elle perpétue sans le dire, à l’échelle mondiale, un état de confusion des pouvoirs. Quand les Nations Unies s’établissent comme exécutif en organisant des opérations militaires, dans le Golfe, en Somalie, en Bosnie ou au Cambodge, et à la fois comme législatif par les résolutions du conseil de sécurité sur ce qui devrait être, en Palestine par exemple, et aussi comme judiciaire en décidant des sanctions à prendre contre les manquements de l’Irak, elles légitiment par leur exemple même la confusion des pouvoirs. Au lieu de se faire porteur de justice, elles entérinent la faiblesse mondiale du judiciaire.

Fiscalité incitative

La fiscalité du 21ème siècle ne peut plus se fonder sur les mêmes principes qu’autrefois. Elle est obligée de s’internationaliser, pour respecter une égalité des chances des acteurs économiques. L’harmonisation fiscale entre les états, déjà en cours, est un facteur puissant d’évolution. Elle entraîne derrière elle une harmonisation des comptabilités, des déclarations, et un travail de traduction en toutes langues menant à une simplification des impôts usuels. En plus, dès lors qu’on se trouve dans un univers de petites entreprises, avec une télématique généralisée, la technique fiscale doit aussi s’adapter dans ses modes de calcul, de prélèvement et de vérification. Mais le changement le plus important concerne les principes sur lesquels s’appuie l’impôt. Ils ne peuvent plus être, comme par le passé, exclusivement régaliens. Il leur faut entrer dans l’âge de la rationalité. Autrement dit, justifier l’existence de chaque contribution par les effets qui en sont attendus, non seulement du côté des rentrées fiscales, mais aussi par l’incitation qu’elle imprime aux acteurs économiques, et par les choix démocratiques qu’elle permet d’exprimer. Il faut donc imaginer une multiplication de financements parafiscaux d’agences (de l’environnement des économies d’énergie, de la métrologie…) correspondants aux programmes précédents, et aussi un relatif libre choix du contribuable pour l’affectation du produit de certains impôts (à des organismes de solidarité humanitaire, d’enseignement ou de recherche technique…). Beaucoup de ces organismes et agences seront transnationaux.

Le treizième programme

On fera observer qu’il faudrait préciser encore davantage comment seront financés ces douze programmes. Leur situation est très variable. Certains peuvent produire des recettes suffisantes pour qu’un « tour de table » financier y trouve son intérêt. C’est le cas des grands barrages hydroélectriques. D’autres sont des services publics sans revenus. D’autres enfin sont mixtes, et ne peuvent être que partiellement autofinancés.

En fait, tout dépend du futur système monétaire. La monnaie est désormais fiduciaire, c’est à dire fondée sur la confiance, mais le monde ne sait pas encore s’en servir. Les « autorités » monétaires vivent dans la crispation. Elles restreignent la circulation, alors que le besoin de liquidités, dû à l’ouverture du monde au commerce, est de plus en plus manifeste. L’unification de l’Allemagne a déclenché un spasme monétariste. La demande allemande pour des capitaux d’équipement a déséquilibré le marché, et obligé ce pays à maintenir des taux d’intérêts élevés, pour rester attractif. Ceci a contribué à entraîner dans la crise des autres pays capitalistes, crise portant sur l’immobilier d’abord (marché sensible aux taux), puis sur l’ensemble de l’économie.

En Europe, au début des années 90, la meilleure manière de faire de l’argent était de ne rien faire avec son argent (autrement dit, de le placer en monétaire). Ce fut une période d’anesthésie, alors que la situation demandait un regain de dynamisme. Il fallait des investisseurs, on privilégia les rentiers. Comme l’ouverture à l’économie de marché concerne maintenant non seulement l’Allemagne de l’Est, soit moins de vingt millions d’habitants, mais aussi l’ensemble de l’Europe de l’Est, la Chine et l’Inde, soit au total plus de la moitié de l’espèce humaine, il est temps de s’organiser pour satisfaire l’immense besoin de liquidités que représente cette immense chance. Il faut mettre la monnaie au service de l’Homme et non pas l’inverse. Le système de « Bretton Woods » doit être renégocié. En assouplissant la convertibilité, il avait donné un ballon d’oxygène à l’économie des pays développés, et facilité la reconstruction de l’après guerre. Mais la situation n’est maintenant plus tenable. Elle est devenue trop vulnérable aux rumeurs. Le crédit entraîne le crédit, et le discrédit accentue le discrédit.

Dans ce monde conformiste, il faut un dévouement d’apôtre, comme celui de la Grameen bank, pour que des pauvres accèdent au crédit. Un fouillis de monnaies nationales, expression de particularismes archaïques, une dette permanente du tiers monde, des vagues spéculatives planétaires : le Capital, soi disant triomphant, est comme une cargaison mal amarrée dans la soute d’un bateau. Il est en permanence sujet au mal de mer, pris de malaises et de vomissements qui jettent à la rue des millions de travailleurs, qu’ils soient qualifiés ou non. Piètre victoire ! Et comme tout cela paraît injuste et futile en regard du travail à faire : la construction du jardin planétaire.

Hélas, il semble bien que les particularismes nationaux s’accrochent. Les réformes, dans ce domaine se décident sous la pression de troubles spéculatifs, pour restaurer une confiance perdue dans un capitalisme erratique. Il est néanmoins nécessaire d’en prévoir l’aboutissement inévitable : une monnaie mondiale (qui n’exclut pas les monnaies particulières, d’Etats ou d’entreprises).

Le rôle de l’Institut d’émission planétaire et du système fiscal associé sera le réglage du fonctionnement économique. Il devra d’un côté injecter suffisamment de monnaie (dans les grands programmes) pour réduire le chômage, et de l’autre ponctionner suffisamment de liquidités pour éviter les crises inflationnistes. Alors, par ces deux moyens combinés, cet Institut financera des réalisations rapides et saines. Ce sera un treizième programme, qui rendra possibles et facilitera tous les autres : un système monétaire mondial.

Le livre entier est disponible en format PDF à cette adresse: 2100: Odyssée de l’espèce.

La première partie de ce texte est disponible ici.

La deuxième partie de ce texte est disponible ici.

oct 19 2009

A propos de « La ferme des animaux » et de la domination actuelle

En 1995, l’éditeur anglais de la La ferme des animaux exhuma à l’occasion du cinquantenaire de l’ouvrage une préface qu’il avait à l’époque écartée. Orwell y décrivait les difficultés rencontrées pour publier son texte, le refus de quatre éditeurs successifs, les pressions du « ministère de l’Information » et plus généralement le climat de censure stalinophile qui régnait dans l’intelligentsia anglaise de l’époque.

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Mais il disait aussi que « l’orthodoxie » régnante pouvait changer, et devenir, pourquoi pas, « antistalinienne », sans être moins étouffante pour une pensée libre. Le fait que tout le monde répète la même chanson n’étant pas plus réjouissant quand on est d’accord avec la chanson ; les esprits n’en sont pas moins réduits à l’état de gramophone. Voilà qui s’applique on ne peut mieux à « l’unanimité démocratiste » des « intellectuels » de notre époque, à leurs indignation téléguidées, à leur façon d’exprimer, tous ensemble et à la commande, leur exécration pour ceux que l’on dénonce comme des totalitaires, des fanatiques, ou encore des racistes, des terroristes, bref, tous les fous dangereux hostiles à tout progrès.

L’avalanche de falsification-révélation qui organise aujourd’hui la confusion sur tous les sujets emporte vite la volonté de rétablir les faits sur un point quelconque, car il faudrait pour y parvenir qu’aient encore cours certaines vérités historiques générales qui forment le contexte des faits en question. Or on s’aperçoit qu’a été balayé, avec le sens historique lui-même, l’intérêt pour la vérité qui en était le moteur.

L’abolition de l’histoire est une sorte d’affreuse liberté pour ceux qu’elle délivre effectivement de tout devoir vis-à-vis du passé comme de toute charge envers l’avenir : cette liberté, faite d’irresponsabilité et de disponibilité (à tout ce que la domination voudra faire d’eux), les intellectuels de notre époque y tiennent plus qu’à la prunelle de leurs yeux, dont ils ont docilement confié l’extinction des écrans.

Ces « intellectuels » se distinguent des autres en ceci que cette abolition de l’histoire, qui pour la grande masse des gens constitue seulement un plaisant repos, est aussi pour eux un « travail » : celui d’effacer les traces des conflits réels et des choix possibles qu’y s’y sont succédé, d’y substituer les faux antagonismes rétroactivement exigés par la propagande du moment. Ce que ces agents du pouvoir en place détestent donc chez Orwell, et cela tout aussi bien quand ils le statufient en moraliste, comme il a été de mode à une époque, que lorsqu’il le calomnient à la façon récente, c’est qu’il a chaque fois pris lucidement parti dans le conflit alors décisif, celui dont l’issue allait déterminer toutes les chances ultérieures de la liberté, sans pour autant sacrifier à une cause, à une propagande, sa propre liberté de juger les illusions et les faiblesses dont les meilleurs combats ne sont pas exempts, et a-t-il su y participer pour les rendre meilleurs ; il est donc forcément très mal vu des impuissants, des moralistes et des esthètes. Ce qui fait beaucoup de monde, surtout parmi les « intellectuels ».


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Préface inédite à Animal Farm

L’idée de ce livre, ou plutôt de son thème central, m’est venue pour la première fois en 1937, mais c’est seulement vers la fin de l’année 1943 que j’ai entrepris de l’écrire. Lorsqu’il fut terminé, il était évident que sa publication n’irait pas sans difficultés (malgré l’actuelle pénurie de livres, qui fait « vendre » à peu près tout ce qui en présente l’apparence) et, de fait, il fut refusé par quatre éditeurs. Seul l’un d’entre eux avait à cela des motifs idéologiques. Deux autres publiaient depuis des années des ouvrages hostiles à la Russie, et le quatrième n’avait aucune orientation politique particulière. L’un de ces éditeurs avait d’ailleurs commencé par accepter le livre, mais il préféra, avant de s’engager formellement, consulter le ministère de l’Information ; lequel s’avère l’avoir mis en garde contre une telle publication ou, du moins, la lui avoir fortement déconseillée. Voici un extrait de la lettre de cet éditeur :

J’ai mentionné la réaction dont m’a fait part un fonctionnaire haut placé du ministère de l’Information quant à la publication d’Animal Farm. Je dois avouer que cet avis m’a fait sérieusement réfléchir. [...] Je m’aperçois que la publication de ce livre serait à l’heure actuelle susceptible d’être tenue pour particulièrement mal avisée. Si cette fable avait pour cible les dictateurs en général et les dictatures dans leur ensemble, sa publication ne poserait aucun problème, mais, à ce que je vois, elle s’inspire si étroitement de l’histoire de la Russie soviétique et de ses deux dictateurs qu’elle ne peut s’appliquer à aucune autre dictature. Autre chose : la fable perdrait de son caractère offensant si la caste dominante n’était pas représentée par les cochons. Je pense que ce choix des cochons pour incarner la caste dirigeante offensera inévitablement beaucoup de gens et, en particulier, ceux qui sont quelque peu susceptibles, comme le sont manifestement les Russes.

Ce genre d’intervention constitue un symptôme inquiétant. Il n’est certes pas souhaitable qu’un service gouvernemental exerce une quelconque censure (sauf pour des motifs relevant de la sécurité nationale, comme tout le monde l’admet en temps de guerre) sur des livres dont la publication n’est pas financée par l’État. Mais le principal danger qui menace aujourd’hui la liberté de pensée et d’expression n’est pas l’intervention directe du ministère de l’Information ou de tout autre organisme officiel.

Si les éditeurs et les directeurs de journaux s’arrangent pour que certains sujets ne soient pas abordés, ce n’est pas par crainte des poursuites judiciaires, mais par crainte de l’opinion publique. La lâcheté intellectuelle est dans notre pays le pire ennemi qu’ait à affronter un écrivain ou un journaliste, et ce fait ne semble pas avoir reçu toute l’attention qu’il mérite.

Tout individu de bonne foi, ayant une expérience du journalisme, sera d’accord pour reconnaître qu’au cours de cette guerre la censure officielle ne s’est pas montrée particulièrement tatillonne. On ne nous a pas imposé le genre de « coordination » totalitaire à laquelle nous pouvions raisonnablement nous attendre. La presse a certains griefs légitimes, mais dans l’ensemble le gouvernement a fait preuve d’une tolérance étonnante envers les opinions minoritaires. Ce qu’il y a de plus inquiétant dans la censure des écrits en Angleterre, c’est qu’elle est pour une bonne part volontaire. Les idées impopulaires peuvent être étouffées et les faits gênants passés sous silence, sans qu’il soit besoin pour cela d’une interdiction officielle.

Quiconque a vécu quelque temps dans un pays étranger a pu constater comment certaines informations, qui normalement auraient dû faire les gros titres, étaient ignorées par la presse anglaise, non à la suite d’une intervention du gouvernement, mais parce qu’il y avait eu un accord tacite pour considérer qu’il « ne fallait pas » publier de tels faits. En ce qui concerne la presse quotidienne, cela n’a rien d’étonnant. La presse anglaise est très centralisée et appartient dans sa quasi-totalité à quelques hommes très fortunés qui ont toutes les raisons de se montrer malhonnêtes sur certains sujets importants. Mais le même genre de censure voilée est également à l’œuvre quand il s’agit de livres et de périodiques, ou encore de pièces de théâtre, de films ou d’émissions de radio. Il y a en permanence une orthodoxie, un ensemble d’idées que les bien-pensants sont supposes partager et ne jamais remettre en questIon. Dire telle ou telle chose n’est pas strictement interdit, mais cela « ne se fait pas », exactement comme à l’époque victorienne cela « ne se faisait pas » de prononcer le mot « pantalon » en présence d’une dame. Quiconque défie l’orthodoxie en place se voit réduit au silence avec une surprenante efficacité. Une opinion qui va à l’encontre de la mode du moment aura le plus grand mal à se faire entendre, que ce soit dans la presse populaire ou dans les périodiques destinés aux intellectuels.

Ce qu’exige à l’heure actuelle l’orthodoxie en place, c’est une admiration sans réserve pour la Russie. Tout le monde le sait, et presque tout le monde s’y plie. Il est pratiquement impossible de faire imprimer aucune critique sérieuse du régime soviétique, ni aucune information que le gouvernement soviétique préférerait occulter. Et cette conspiration à l’échelle de tout le pays pour flatter l’allié russe se déroule dans le climat général de réelle tolérance intellectuelle. Car si nous n’avons pas le droit de critiquer le gouvernement soviétique, nous sommes du moins à peu près libres de critiquer le nôtre. Il n’y aura presque personne pour publier un texte contre Staline, mais on peut s’en prendre à Churchill en toute sécurité, du moins dans un livre ou un périodique. Et tout au long de ces cinq années de guerre, dont deux ou trois où nous avons combattu pour la survie de notre pays, d’innombrables livres, brochures et articles favorables à une paix de compromis ont été publiés sans que la censure officielle n’intervienne et sans même que cela suscite tellement d’hostilité.

Tant que le prestige de l’U.R.S.S. n’est pas en cause, le principe de la liberté d’expression reste à peu près respecté. Il y a d’autres sujets tabous — j’en mentionnerai certains plus loin —, mais l’attitude dominante envers l’U.R.S.S. est de loin le symptôme le plus inquiétant. Elle est en effet spontanée et étrangère à l’action d’un quelconque groupe de pression.

La servilité avec laquelle la plupart des intellectuels anglais ont gobé et répété la propagande russe depuis 1941 serait proprement ahurissante s’ils n’en avaient pas donné auparavant d’autres exemples, en diverses occasions. Sur tous les sujets épineux, les uns après les autres, la version des Russes a été acceptée sans examen pour être ensuite propagée avec un parfait mépris pour la vérité historique ou l’honnêteté intellectuelle.

Pour ne donner qu’un seul exemple, la B.B.C. a célébré le 25e anniversaire de l’Armée rouge sans même mentionner le nom de Trotski. Cela revenait à peu près à célébrer la bataille de Trafalgar sans parler de Nelson, mais aucun intellectuel anglais ne jugea bon de protester.

Au cours des luttes intestines qui se sont déroulées dans divers pays occupés, la presse anglaise a presque chaque fois pris fait et cause pour la faction soutenue par les Russes et calomnié la faction rivale, n’hésitant pas à occulter certains faits quand ille fallait. Cela fut particulièrement flagrant dans le cas du colonel Mihajlovic, le chef des tchetniks yougoslaves. Les Russes, dont le protégé en Yougoslavie était le maréchal Tito, accusèrent Mihajlovic de collaboration avec les Allemands. Cette accusation fut aussitôt reprise par la presse anglaise: on refusa aux partisans de Mihajlovic la possibilité d’y répondre, et les faits qui la démentaient furent tout simplement passés sous silence.

En juillet 1943, les Allemands offrirent une récompense de cent mille couronnes-or pour la capture de Tito, et la même somme pour celle de Mihajlovic. La presse anglaise fit ses gros titres avec la nouvelle que la tête de Tito était ainsi mise à prix, mais il n’y eut qu’un seul journal pour mentionner, très discrètement, que celle de Mihajlovic l’était également ; et les accusations de collaboration avec les Allemands continuèrent comme avant.

Lors de la guerre d’Espagne, il se produisit des épisodes très semblables : les journaux de gauche anglais n’hésitèrent pas à calomnier les organisations du camp républicain que les Russes étaient décidés à écraser, et refusèrent de publier toute mise au point, même dans leur courrier des lecteurs. Et aujourd’hui, non seulement les critiques de l’U.R.S.S. les plus fondées sont tenues pour blâmables, mais leur existence même est dans certains cas occultée. Il en a été ainsi, par exemple, d’une biographie de Staline que Trotski avait rédigée peu de temps avant sa mort. On peut supposer qu’il ne s’agissait pas là d’un ouvrage parfaitement objectif, mais du moins son succès en librairie était-il assuré.

Le livre, publié par un éditeur américain, était déjà imprimé — je crois que les exemplaires de presse avaient même été envoyés — quand l’U.R.S.S. entra dans la guerre. La sortie du livre fut aussitôt annulée. Et quoique l’existence d’un tel ouvrage et son retrait de la vente fussent à coup sûr des informations méritant qu’on leur consacrât quelques lignes, l’affaire n’eut pas droit à la moindre mention dans la presse anglaise.

Il importe de faire la distinction entre la censure que les intellectuels anglais s’imposent volontairement à eux-mêmes et celle qui leur est parfois imposée par des groupes de pression. On sait que certains sujets ne peuvent être abordés en raison des intérêts économiques en jeu — le cas le plus connu étant celui de l’évident racket pharmaceutique. Par ailleurs, l’Église catholique exerce dans la presse une influence considérable et parvient dans une certaine mesure à faire taire la critique. Un scandale auquel est mêlé un prêtre catholique n’est presque jamais livré à la publicité, mais si c’est un prêtre anglican qui est en cause (par exemple le recteur de Stiffkey), la nouvelle fait la une des journaux. Il est fort rare qu’on voie sur scène ou dans un film quoi que ce soit qui s’en prenne au catholicisme. N’importe quel acteur vous dira qu’une pièce ou un film qui attaque l’Église catholique ou la tourne en dérision se verra boycotté par la presse et sera très probablement un échec.

Mais ce genre de choses est sans gravité, ou du moins compréhensible. Toute organisation puissante veillera du mieux qu’elle peut à ses intérêts, et il n’y a rien à dire contre la propagande, tant qu’elle se donne pour telle. On ne saurait pas plus attendre du Daily Worker qu’il publie des informations nuisibles au prestige de l’U.R.S.S. qu’on ne saurait attendre du Catholic Herald qu’il s’en prenne au pape. Mais en tout cas aucun individu conscient ne peut se méprendre sur ce que sont le Daily Worker et le Catholic Herald. Ce qui est beaucoup plus inquiétant c’est que, dès qu’il s’agit de l’U.R.S.S. et de sa politique, on ne saurait attendre des journalistes et des écrivains libéraux — qui ne sont pourtant l’objet d’aucune pression directe pour les amener à se taire — qu’ils expriment une critique intelligente. Ou même qu’ils fassent simplement preuve d’une honnêteté élémentaire. Staline est intouchable, et il est hors de question de discuter sérieusement certains aspects de sa politique. Cette règle a été presque universellement respectée depuis 1941, mais elle était entrée en vigueur dix ans auparavant, et avait été suivie beaucoup plus largement qu’on ne le croit parfois. Tout au long de ces années, il était difficile de se faire entendre quand on soumettait le régime soviétique à une critique de gauche. Il y avait bien une quantité considérable d’écrits hostiles à la Russie, mais presque tous, rédigés du point de vue conservateur, étaient manifestement malhonnêtes, périmés et inspirés par les motifs les plus sordides.

On trouvait en face une masse tout aussi considérable, et presque aussi malhonnête, de propagande prorusse, et quiconque essayait d’aborder des questions cruciales de façon adulte se retrouvait victime d’un boycott de fait. Certes vous pouviez toujours publier un livre antirusse, mais c’était avec l’assurance de voir vos positions ignorées ou travesties par la quasi-totalité des magazines intellectuels. On vous avertissait, tant publiquement qu’en privé, que cela « ne se faisait pas ». Ce que vous disiez était peut-être vrai, mais c’était « inopportun » et cela « faisait le jeu » de tel ou tel intérêt réactionnaire.

Pour défendre une telle attitude, on invoquait en général la situation internationale et le besoin urgent d’une alliance anglo-russe ; mais il était manifeste qu’il s’agissait là d’une justification pseudo-rationnelle. Pour les intellectuels anglais, ou pour nombre d’entre eux, l’U.R.S.S. était devenue l’objet d’une allégeance de type nationaliste, et la moindre mise en doute de la sagesse de Staline les atteignait au plus profond d’eux-mêmes comme un blasphème. Ce qui se passait en Russie était jugé selon d’autres critères que ce qui se passait ailleurs. Des gens qui s’étaient battus toute leur vie contre la peine de mort pouvaient applaudir la tuerie sans fin des purges de 1936-1938, et ceux qui se faisaient un devoir de parler de la famine en Inde s’en faisaient également un de ne pas parler de celle d’Ukraine. Tout cela existait déjà avant la guerre, et le climat intellectuel n’est certainement pas meilleur à l’heure actuelle.

Mais revenons-en maintenant au livre que j’ai écrit. La réaction qu’il provoquera chez la plupart des intellectuels anglais sera fort simple : « Il n’aurait pas dû être publié. » Les critiques littéraires rompus à l’art de dénigrer ne l’attaqueront évidemment pas d’un point de vue politique, mais littéraire : ils diront que c’est un livre ennuyeux, stupide, pour lequel il est malheureux d’avoir gâché du papier. Cela est bien possible, mais il ne s’agit manifestement pas là du fond de l’affaire. On ne dit pas d’un livre qu’il « n’aurait pas dû être publié » pour cette seule raison qu’il est mauvais. Après tout, des tonnes d’immondices paraissent chaque jour sans que personne ne s’en soucie.

Les intellectuels anglais, ou la plupart d’entre eux, seront hostiles à ce livre sous prétexte qu’il diffame leur Chef et nuit, selon eux, à la cause du progrès. Dans le cas contraire, ils ne trouveraient rien à y redire, même si ses défauts littéraires étaient dix fois plus flagrants qu’ils ne le sont. Comme le montre, par exemple, le succès qu’a eu le Left Book Club pendant quatre ou cinq années, ils sont tout à fait prêts à faire bon accueil à des livres à la fois grossièrement injurieux et littérairement bâclés, pourvu que ces livres leur disent ce qu’ils ont envie d’entendre.

Le problème que cela soulève est des plus simple : toute opinion, aussi impopulaire et même aussi insensée soit-elle, est-elle en droit de se faire entendre ? Si vous posez ainsi la question, il n’est guère d’intellectuel anglais qui ne se sente tenu de répondre : « Oui. » Mais si vous la posez de façon plus concrète et demandez : « Qu’en est-il d’une attaque contre Staline ? Est-elle également en droit de se faire entendre ? », la réponse sera le plus souvent: « Non. » Car dans ce cas l’orthodoxie en vigueur se trouve mise en cause, et le principe de la liberté d’expression n’a plus cours.

Évidemment, réclamer la liberté d’expression n’est pas réclamer une liberté absolue. Il faudra toujours, ou du moins il y aura toujours, tant qu’existeront des sociétés organisées, une certaine forme de censure. Mais la liberté, comme disait Rosa Luxemburg, c’est « la liberté pour celui qui pense différemment ». Voltaire exprimait le même principe avec sa fameuse formule : « Je déteste ce que vous dites ; je défendrai jusqu’à la mort votre droit de le dire. » Si la liberté de pensée, qui est sans aucun doute l’un des traits distinctifs de la civilisation occidentale, a la moindre signification, elle implique que chacun a le droit de dire et d’imprimer ce qu’il pense être la vérité, à la seule condition que cela ne nuise pas au reste de la communauté de quelque façon évidente. Aussi bien la démocratie capitaliste que les variantes occidentales du socialisme ont jusqu’à récemment considéré ce principe comme hors de discussion. Notre gouvernement, comme je l’ai déjà signalé, affecte encore dans une certaine mesure de le respecter. Les gens ordinaires — en partie, sans doute, parce qu’ils n’accordent pas assez d’importance aux idées pour se montrer intolérants à leur sujet — soutiennent encore plus ou moins que « chacun est libre d’avoir ses idées ». C’est seulement, ou du moins c’est principalement, dans l’intelligentsia littéraire et scientifique, c’est-à-dire parmi les gens mêmes qui devraient être les gardiens de la liberté, que l’on commence à mépriser ce principe, en théorie aussi bien qu’en pratique.

L’un des phénomènes propres à notre époque est le reniement des libéraux. Au-delà et en dehors de l’affirmation marxiste bien connue selon laquelle la « liberté bourgeoise » est une illusion, il existe un penchant très répandu à prétendre que la démocratie ne peut être défendue que par des moyens totalitaires. Si on aime la démocratie, ainsi raisonne-t-on, on doit être prêt à écraser ses ennemis par n’importe quel moyen. Mais qui sont ses ennemis ? On s’aperçoit régulièrement que ce ne sont pas seulement ceux qui l’attaquent ouvertement et consciemment, mais aussi ceux qui la mettent « objectivement » en danger en diffusant des théories erronées.

En d’autres termes, la défense de la démocratie passe par la destruction de toute liberté de pensée. Cet argument a par exemple servi à justifier les purges russes. Aussi fanatique fût-il, aucun russophile ne croyait vraiment que toutes les victimes étaient réellement coupables de tout ce dont on les accusait ; mais en défendant des idées hérétiques, elles avaient « objectivement » nui au régime, et il était donc parfaitement légitime non seulement de les mettre à mort, mais aussi de les discréditer par des accusations mensongères. Le même argument a servi, pendant la guerre d’Espagne, à justifier les mensonges consciemment débités par la presse de gauche sur les trotskistes et d’autres groupes minoritaires du camp républicain. Et il a encore servi de prétexte à glapir contre l’habeas corpus quand Mosley fut relâché en 1943.

Ces gens ne comprennent pas que ceux qui prônent des méthodes totalitaires s’exposent à les voir un jour utilisées contre eux : si emprisonner des fascistes sans procès devient une pratique courante, il n’y a aucune raison pour que par la suite ce traitement leur reste réservé. Peu après que le Daily Worker eut été autorisé à reparaître, je faisais une conférence dans un collège d’ouvriers du sud de Londres. Le public était composé de gens appartenant à la classe ouvrière et à la classe moyenne la plus pauvre — des gens ayant une certaine formation intellectuelle, comme ceux que l’on pouvait rencontrer dans les réunions du Left Book Club. Ma conférence avait porté sur la liberté de la presse et, quand elle fut finie, à ma grande surprise, plusieurs auditeurs se levèrent pour me demander si je ne pensais pas que c’était une grave erreur d’avoir permis la reparution du Daily Worker. Quand je leur eus demandé en quoi, ils me répondirent que c’était un journal à la loyauté duquel on ne pouvait se fier, et qui ne devait donc pas être toléré en temps de guerre. Je me suis ainsi retrouvé en train de défendre le Daily Worker, journal qui s’est plus d’une fois employé à me calomnier.

Mais comment ces gens avaient-ils acquis cette tournure d’esprit totalitaire ? C’étaient très certainement les communistes eux-mêmes qui la leur avaient inculquée ! La tolérance et l’honnêteté sont profondément enracinées en Angleterre, mais elles ne sont pas pour autant indestructibles, et leur survie demande entre autres qu’on y consacre un effort conscient. En prêchant des doctrines totalitaires, on affaiblit l’instinct grâce auquel les peuples libres savent ce qui est dangereux et ce qui ne l’est pas.

Le cas de Mosley le montre bien. En 1940, il était parfaitement justifié d’interner Mosley, qu’il ait ou non commis un crime quelconque du point de vue strictement juridique. Nous luttions pour notre survie et nous ne pouvions nous permettre de laisser libre de ses mouvements un homme tout disposé à jouer les Quisling. En 1943, le garder sous les verrous sans procès était un déni de justice. L’aveuglement général à ce sujet fut un symptôme inquiétant, même s’il est vrai que l’agitation contre la libération de Mosley fut en partie factice et en partie l’expression, sous ce prétexte, de mécontentements d’une autre nature. Mais l’actuelle généralisation de modes de pensée fascistes ne doit-elle pas être attribuée dans une certaine mesure à« l’antifascisme » de ces dix dernières années et à l’absence de scrupules qui l’a caractérisé ? Il importe de bien comprendre que la présente russomanie n’est qu’un symptôme de l’affaiblissement général de la tradition libérale occidentale. Si le ministère de l’Information était intervenu pour interdire effectivement la parution de ce livre, la plupart des intellectuels anglais n’auraient rien vu là d’inquiétant. L’allégeance inconditionnelle envers l’U.R.S.S. étant l’orthodoxie en vigueur, dès lors que les intérêts supposés de l’U.R.S.S. sont en cause, ces intellectuels sont prêts à tolérer non seulement la censure mais la falsification délibérée de l’histoire.

En voici un exemple. À la mort de John Reed, l’auteur de Ten Days that Shook the World — témoignage de première main sur les tout débuts de la révolution russe — le copyright de son livre devint la propriété du parti communiste anglais, auquel, je suppose, il l’avait légué. Quelques années plus tard, après avoir détruit tous les exemplaires de la première édition sur lesquels ils avaient pu mettre la main, les communistes anglais publièrent une version falsifiée d’où avait disparu toute mention de Trotski, ainsi d’ailleurs que l’introduction rédigée par Lénine.

S’il avait encore existé en Angleterre des intellectuels radicaux, cette falsification aurait été exposée et dénoncée dans tous les magazines littéraires du pays. Les choses étant ce qu’elles sont, il n’y eut pas de protestations ou pratiquement pas. Aux yeux de nombreux intellectuels anglais, cette façon d’agir n’avait rien que de très normal. Et cette acceptation de la pure et simple malhonnêteté a une signification bien plus profonde que la vénération de la Russie qui se trouve être en ce moment à la mode. Il est fort possible que cette mode-là ne dure guère. D’après tout ce que je sais, il se peut que, lorsque ce livre sera publié, mon jugement sur le régime soviétique soit devenu l’opinion généralement admise. Mais à quoi cela servira-t-il ? Le remplacement d’une orthodoxie par une autre n’est pas nécessairement un progrès. Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone, et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain moment.

Je connais par cœur les divers arguments contre la liberté de pensée et d’expression — ceux selon lesquels elle ne peut exister, et ceux selon lesquels elle ne doit pas exister. Je me contenterai de dire que je ne les trouve pas convaincants, et que c’est une conception tout opposée qui a inspiré notre civilisation pendant une période de quatre siècles. Depuis une bonne dizaine d’années, je suis convaincu que le régime instauré en Russie est une chose essentiellement funeste, et je revendique le droit de le dire alors même que nous sommes alliés à l’U.R.S.S. dans une guerre que je souhaite victorieuse. S’il me fallait me justifier à l’aide d’une citation, je choisirais ce vers de Milton: « By the known rules of ancient liberty[2] ».

Le mot « antique » met en évidence le fait que la liberté de pensée est une tradition profondément enracinée, sans doute indissociable de ce qui fait la spécificité de la civilisation occidentale. Nombre de nos intellectuels sont en train de renier cette tradition. Ils ont adopté la théorie selon laquelle ce n’est pas d’après ses mérites propres mais en fonction de l’opportunité politique qu’un livre doit être publié ou non, loué ou blâmé. Et d’autres, qui en réalité ne partagent pas cette manière de voir, l’acceptent par simple lâcheté. C’est ainsi, par exemple, qu’on n’a guère entendu les pacifistes anglais, pourtant nombreux et bruyants, s’en prendre au culte actuellement voué au militarisme russe. Selon eux, toute violence est condamnable et, à chaque étape de la guerre, ils nous ont pressés de baisser les bras ou du moins de conclure une paix de compromis. Mais combien s’en est-il trouvé pour émettre l’idée que la guerre est tout aussi condamnable quand c’est l’Armée rouge qui la fait ? Apparemment les Russes sont en droit de se défendre, mais nous commettons un péché mortel quand nous en faisons autant.

Une telle contradiction ne peut s’expliquer que par la crainte de couper les ponts avec la grande masse de l’intelligentsia anglaise, dont le patriotisme a pour objet l’U.R.S.S. plutôt que l’Angleterre. Je sais que les intellectuels anglais ont toutes sortes de motifs à leur lâcheté et à leur malhonnêteté, et je n’ignore aucun des arguments à l’aide desquels ils se justifient. Mais qu’ils nous épargnent du moins leurs ineptes couplets sur la défense de la liberté contre le fascisme.

Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. Les gens ordinaires partagent encore vaguement cette idée, et agissent en conséquence. Dans notre pays — il n’en va pas de même partout : ce n’était pas le cas dans la France républicaine, et ce n’est pas le cas aujourd’hui aux États-Unis —, ce sont les libéraux qui ont peur de la liberté et les intellectuels qui sont prêts à toutes les vilenies contre la pensée. C’est pour attirer l’attention sur ce fait que j’ai écrit cette préface.

George Orwell

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oct 09 2009

Révolution Verte Eugénique ou Génocidaire?

Par Dominique Guillet

Genocide

Cette question va sans doute susciter des réactions indignées, mais qu’importe. Faites-vous confiance à l’OMS? Pas moi. Et encore moins depuis que je sais que, depuis 2005, le directeur du SAGE (Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale à l’OMS [145]) est le Docteur David Salisbury, responsable du groupe de vaccination et des maladies infectieuses au Ministère de la santé du gouvernement britannique. Le Docteur David Salisbury est très sérieusement impliqué dans le scandale d’une campagne massive de vaccination des enfants avec le vaccin ROR (rougeole-oreillon-rubéole) fabriqué par le prédécesseur de GlaxoSmithKline et qui a généré de multiples pathologies chez les enfants. [146]

L’acharnement vaccinal de l’OMS à l’encontre de la gripette bénigne H1N1 est plus que suspect tout autant que le sont les réunions secrètes entre l’OMS et les multinationales de Big Pharma. Et bien sûr tout autant que la totale immunité accordée aux fabricants de vaccins contre la grippe H1N1, en cas de poursuite judiciaire.N’ayons pas la mémoire courte. Souvenons nous de ces campagnes de vaccination au Mexique, au Nicaragua et dans les Philippines. Voici ce qu’en dit William Engdahl dans son ouvrage “Semences de destruction” [207]:«La Fondation Rockefeller est l’un des soutiens financiers d’un programme de l’OMS en “santé de la reproduction” qui a développé un vaccin contre le tétanos qui contiendrait des hormones cachées de contrôle de naissance. Selon un rapport du Global Vaccine Institute, l’OMS a mis en place des campagnes de vaccination massives au Nicaragua, au Mexique et aux Philippines depuis le début des années 1990. Le Comité Pro Vida de Mexico, une organisation catholique, a testé de nombreuses fioles du vaccin et a découvert qu’elles contenaient une Gonadotrophine chorionique humaine (hCG), une hormone naturelle nécessaire au maintien d’une grossesse. Lorsque cette hormone est associée avec un vecteur de toxoïde tétanique, elle stimule une formation d’anticorps contre la hCG, ce qui interrompt la grossesse humaine. Des rapports similaires de vaccins truffés d’hormones hCG ont été reçus des Philippines et du Nicaragua.

Cette organisation a mis en valeur plusieurs autres phénomènes troublants concernant les programmes de vaccination de l’OMS. Le vaccin anti-tétanique n’était donné qu’à des femmes âgées de 15 à 45 ans, mais ni à des hommes ni à des enfants. La présence de hCG est la preuve irréfutable d’une contamination du vaccin. Elle ne fait sinon aucun sens. Avec le soutien financier de la Fondation Rockefeller, de la Banque Mondiale, du Population Council, de la Fondation Ford, parmi d’autres, l’OMS a oeuvré durant 20 ans pour développer un vaccin anti-fertilité en utilisant la hCG avec le tétanos, et d’autres vaccins, selon des articles scientifiques publiés sur ces campagnes de l’OMS. Tout cela a été certifié par l’OMS et par d’autres, dont la revue médicale Britannique respectée , le Lancet, le 11 juin 1988: “Essais cliniques d’un vaccin de contrôle des naissances de l’OMS”.

Jusqu’en 1993, l’OMS a dépensé un total de 365 millions de dollars sur de telles recherches en “santé de la reproduction” dont la recherche sur l’intégration de hCG au vaccin anti-tétanique. L’OMS n’a pas pu répondre aux questions concernant la présence d’éléments anti-hCG chez les femmes vaccinées. Leur réponse discrète a été que cette présence était “non significative”. Le vaccin était fabriqué par les Laboratoires Connaught (Rhone-Poulenc) au Canada et les Laboratoires Intervex et CSL en Australie.

Depuis les années 1920, la Fondation Rockefeller est l’un des principaux sponsors des programmes mondiaux de réduction de la population. Si les rapports concernant les vaccins de contrôle des naissances sont véridiques, il n’est pas difficile de soupçonner que la Fondation Rockefeller fait partie de ceux qui ont programmé d’utiliser la technologie des semences génétiquement modifiées comme un moyen potentiel de contrôler la population mondiale par l’entremise du contrôle futur des ressources alimentaires».

Il n’est donc pas anodin, rappelons-le, de trouver dans les soutiens financiers de la grosse ONG “Millenium Promise”, créée par Jeffrey Sachs pour développer la “seconde révolution verte” en Afrique, la clique des multinationales de la pharmacie (et donc des vaccins): Procter et Gamble, GlaxoSmithKline, Merck, Novartis, Pfizer, Sanofi-Aventis et dont quatre d’entre elles sont justement les pourvoyeurs actuels du vaccin contre la “pandémie” H1N1, dite “maladie du cochon volant”: Sanofi-Aventis, Novartis, Merck et GlaxoSmithKline.Sanofi Pasteur, le N°1 mondial, vient d’ouvrir une nouvelle usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière aux USA, une nouvelle unité de remplissage en France et une nouvelle usine en Chine pour 2012. La tambouille des grippes en tous genres – “de saison”, “poulet laqué”, “cochon caramel” – est en pleine prospérité. Selon l’OMS, pour la grippe de saison, la production de vaccins était de 350 millions de doses en 2006, 565 millions de doses en 2007 [94], et sera d’1 milliard de doses l’an prochain. [95] Quant à la grippe H1N1, l’OMS vient de revoir quelque peu à la baisse son chiffre de 5 milliards de doses pour 2009. Les multinationales de Big Pharma n’avaient pas prévu un tel engouement pour ce nouveau “cocktail pandémique” dont la recette est à ce point hétéroclite qu’on la croirait tout droit issue de la cuisine d’un savant fou… [102] [103] Mais elles seront récompensées de leurs diligents efforts puisqu’elles vont toucher la coquette somme de 40 milliards de dollars.

Le 16 juin 2008, Sanofi Pasteur a publié un communiqué annonçant qu’elle allait «donner 60 millions de doses de vaccin H5N1 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur trois ans pour la constitution d’un stock de réserve international.» Le président directeur général de Sanofi Pasteur, Wayne Pisano, a déclaré dans le communiqué que «le virus H5N1 circule actuellement dans certaines régions parmi les plus pauvres du monde et l’irruption d’une grippe pandémique pourrait frapper des populations ayant un accès limité aux vaccins. Cette donation de vaccin H5N1 a pour but de répondre aux besoins des populations les plus vulnérables. En plus de soutenir les efforts des gouvernements, il est essentiel que l’industrie collabore avec les organisations internationales telles que l’OMS, la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres organismes de santé mondiale. Ainsi, il sera possible de constituer un stock de réserve de vaccins pour les pays en voie de développement, prêt à être déployé sur le terrain dans le cas où une pandémie de grippe viendrait à être déclarée.» [90]

Sur le même communiqué, nous avons relevé cet aveu de la multinationale: «… Dans cette éventualité, toutes les usines de production de vaccin contre la grippe de sanofi pasteur basculeraient de la production de vaccin contre la grippe saisonnière à celle de vaccin contre la grippe pandémique.» Allons-y, appelons-la, donc, la “grippe de sanofi pasteur”!!

La collaboration, appelée par Sanofi-Pasteur, entre “l’industrie”, l’OMS et le Fondation Gates fait frémir, surtout lorsqu’elle est se met en place chez les pauvres “vulnérables” et beaucoup trop nombreux selon les néo-Malthusiens. Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates, en partenariat avec la Fondation Rockefeller, est très activement engagée dans des programmes de “contrôle de la population”. [91] Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates est l’un des plus gros financeurs de l’OMS [93] et que ses plus grandes largesses financières vont vers des organisations spécialisées dans les vaccins: “PATH” et “GAVI” (Global Alliance for Vaccines and Immunisation). Et cette année, le H8 s’est retrouvé à Seattle, qui est le siège de la Fondation Gates. Le H8, c’est: la Fondation Gates, l’OMS, la Banque Mondiale, l’UNICEF, le GAVI, le Fonds des Nations unies pour la population, ONU-Sida, le Fond Global de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. [92]

Sincèrement, pourquoi les programmes de génocides, ou “campagnes de vaccination stérilisante”, que nous avons évoqués ci-dessus, seraient-ils plus choquants que l’outil géopolitique de la faim utilisé, tous les jours de l’année, pour dépeupler la planète de plus de 30 000 êtres humains?

L’avenir proche nous dira si la vaccination H1N1 n’était seulement qu’un cocktail de “virus vivants atténués” et d’adjuvants archi-toxiques, le but n’ayant été, bien sûr, que de générer encore un peu plus de panique et, en effet collatéral, de remplir généreusement les caisses des multinationales de Big Pharma. Car en cette fin d’année 2009, avec le très médiatisé Sommet de Copenhague, ce sont, sur le ring médiatique de la déroute programmée, deux fièvres qui luttent pour la première place de l’hystérie et de la panique collectives: d’une part le virus de la fièvre climatique, dénommé “syndrome d’Al Gore”, et d’autre part le virus H1N1, dénommé “grippe du Goret”. Que la plus chaude gagne!

Fièvre climatique ou “Syndrome d’Al Gore”: des vérités qui dérangent

Ce n’est pas mon propos d’analyser le film de science-fiction de Mr Gore “Une vérité qui dérange” et de décliner les quelque trente erreurs climatiques grotesques, et grosses comme des icebergs, qui en ruinent toute la crédibilité si tant est qu’on espère déceler une once de crédibilité dans un film de réalité virtuelle. [160] D’ailleurs, dans un interview de mai 2006, Al Gore n’hésite pas à affirmer qu’il ne faut pas hésiter à “amplifier” certains faits pour faire passer le message (“amplifier” étant un euphémisme pour “mentir”, nous l’aurons tous compris). [167] A l’arrachée, tout comme le directeur de Greenpeace Angleterre qui avoue, à la télévision, les mensonges de son organisation: c’était pour la bonne cause, pour faire peur. [168]

Ce n’est pas non plus mon propos d’évoquer, en longueur, les aléas de la mine de zinc de Mr Gore [169] qui détruisait tout l’environnement local, dans le Tennessee, et ni même ses amitiés pétrolières:- ses actions (ou celles de ses parents) qui ont pu atteindre près d’1 million de dollars dans Occidental Petroleum. [170]

- ses relations très intimes avec Occidental Petroleum qui ont permis à l’une des compagnies les plus polluantes au monde (scandale, par exemple, du déversement de milliers de tonnes de déchets chimiques toxiques à Love Canal) de tripler ses réserves de pétrole lorsqu’Al Gore “facilita” l’acquisition, par cette société pétrolière, de droits de forage en Californie près de Bakersfield dans la réserve naturelle “Elk Hills National Petroleum Reserve” [36] [204] (c’est même sur wikipedia!). Bush père et Nixon n’avaient jamais réussi un tel prodige. En l’espace de cinq années, plus de cent sites archéologiques Amérindiens furent éradiqués. [35] Toujours dans le dossier Occidental Petroleum, il faudrait également mentionner le scandale des puits de pétrole en Colombie sur les terres du peuple U’was et les relations intimes, qui sont de notoriété publique [55], entre l’administration Clinton-Gore de l’époque et Occidental Petroleum. [201] Pour la petite histoire, cela demanda 5 années de lobbying pour que l’administration Clinton/Al Gore arrive à ses fins, à savoir permettre les forages pétroliers d’Occidental Petroleum dans la réserve naturelle de Elk Hills: le jour même où la vente des terres de la réserve naturelle fut scellée, Al Gore délivra un discours à la Maison Blanche sur les perspectives terrifiantes du réchauffement climatique anthropique en raison de l’usage inconsidéré des combustibles fossiles. [203] Quels sont les qualificatifs les plus adéquats pour décrire ce type de fourberies?

- le fait que son directeur de campagne présidentielle, un juriste, Mr Tony Coelho, était un lobbyiste très impliqué dans l’ouverture de ces nouveaux forages pétroliers en Californie.

- son partenariat actif depuis 2008 [53] avec la société Kleiner Perkins Caulfield & Byers [54]. Sont également actionnaires dans Kleiner Perkins, John Doerr, le fondateur de Google, et Colin Powell, l’ancien secrétaire d’état sous Bush. Dans le port-folio de la société Kleiner Perkins [58] se trouvent trois compagnies intrinsèquement impliquées dans le business des “combustibles fossiles”:

1. Terralliance Technologies [56], dont l’autre investisseur principal est Goldman Sach, est spécialisée dans les forages pétroliers. Selon le rapport Forbes, [59] Terralliance Technologies aurait déjà foré plus d’une centaine de puits sur la planète entière. Ce sont 65 millions de dollars qui ont été investis dans cette compagnie par Kleiner Perkins. Mais Kleiner Perkins ne s’en vante pas publiquement. [60]

2. GreatPoint Energy (Cambridge, Massachussetts) qui est dans la conversion de charbon en gaz naturel.

3. GloriOil, qui selon la rapport Forbes [57] “élabore des microbes qui, lorsqu’ils sont injectés dans les puits pétroliers, accroissent la production de pétrole”.

J’invite donc très cordialement tous les écologistes et autres “réchauffistes” amnésiques, qui ont considéré mes deux articles précédents sur l’arnaque climatique comme des soutiens aux pétroliers, d’aller faire le ménage devant la porte de leur idole, et de ne pas oublier l’aspirateur (et la calculette pour compenser l’empreinte carbone de l’aspirateur car le processus risque d’être laborieux).

Je ne vais pas m’appesantir également sur le fait que Mr Al Gore, considéré par certains medias US comme un prophète, le Prophète de l’Apocalypse Climatique, le Rédempteur Planétaire – à l’image des monothéistes, proclamant la religion de l’Amour Incarné, qui ont tout détruit dans leur sillage pendant 2000 ans – promeut le retour à la corde à sécher le linge pendant qu’il circule en jet, roule en limousine, possède “quelques” maisons, consomme autant d’électricité que 20 familles moyennes US, demande des cachets de 150 000/170 000 dollars pour venir donner une conférence, etc. Le principal n’est-il pas qu’il compense ses émissions de carbone? Et peut-être, comme le dirait un président, est-il génétiquement programmé pour être très riche pendant que d’autres sont génétiquement programmés pour crever de faim. Ainsi va la Roue de la Vie. (La fortune personnelle de Mr Gore était de 2 millions de dollars en 2001, elle était “officiellement” de 100 millions en 2007.) Il y en a qui prêchent pendant que d’autres trinquent. Certains compensent leurs émissions de carbone pendant que d’autres font le sacrifice de leurs corps et de leur vie pour mettre fin, radicalement, à leurs émissions de carbone. C’est la division des tâches, en toute “fraternité climatique”.

Dans le cadre de cet article sur la “révolution verte génocidaire”, il est beaucoup plus instructif de se pencher sur les amitiés particulières de Mr Al Gore avec “le monde selon Monsanto”:

- Mr Al Gore, lorsqu’il était au Congrès US, fut le président de la commission chargée d’enquêter sur les relations “très intimes” entre Monsanto et les grandes universités US. Il va sans dire que la commission d’enquête lava Monsanto de tout soupçon de corruption de scientifiques et de tentative de mise sous séquestre de grandes universités US…

- Mr Charles W. Burson, procureur général du Tennessee pendant 10 ans, fut le conseiller spécial de Mr Al Gore et puis le chef de cabinet de Mr Al Gore et puis, ensuite, vice-président de Monsanto, jusqu’en 2006. [75]

- Mr Mickey Kantor, directeur de campagne présidentielle pour Clinton, ministre du commerce sous Clinton/Al Gore, partit comme directeur chez Monsanto en 1997. Ce fut lui qui, en 1998, activa la chaudière pour que Clinton/Al Gore fassent céder l’Europe sur les OGMs. [179]

- Last but not least: Mr Michael Taylor. [32] [76] Il est, par excellence, le symbole aux USA des “revolving doors”, des portes tournantes entre Monsanto et l’administration US. [78]. (Pour plus d’informations, voir l’ouvrage de Marie-Monique Robin “Le Monde selon Monsanto” [185]). Michael Taylor entra à la FDA (Food and Drug Administration) en 1976, puis travailla dans le cabinet de juristes King and Spaulding comme représentant de Monsanto (pour faire passer l’hormone bovine transgénique); il retourna à la FDA en 1991, jusqu’en 1994, pour y rédiger les lois permettant à l’hormone bovine de Monsanto d’être imposée à l’agriculture US. Durant l’administration Clinton/Al Gore, c’est lui qui “oublia” où avaient été rangés 40 000 pages de dossiers archivés “confidentiels OGMs” de la FDA! De 1994 à 1996, il fut au Ministère de l’Agriculture US. Il repartit ensuite chez Monsanto comme vice-président de 1998 à 2001. Et le président Obama vient de le rappeler à la FDA dont il est l’un des conseillers suprêmes! [184]

Nous allons ainsi le retrouver dans une autre partie de cet exposé car Michel Taylor résume, en sa personne, toute la problématique de la corruption des hauts fonctionnaires et de la collusion entre les multinationales, les fondations, les ONGs d’assistance aux pays pauvres et les agences gouvernementales.

Et cerise sur le gâteau, Michael Taylor est le cousin de l’épouse d’Al Gore! Une simple coïncidence, bien évidemment, car on ne choisit pas ses cousins.

Durant la présidence Clinton-Al Gore, de 1993 à 2000, et Mr Al Gore fut l’un des vice-présidents les plus influents du siècle passé:

- L’hormone de croissance bovine transgénique de Monsanto fut imposée à l’agriculture US en 1993 par la FDA. [77]

- Les OGMs furent imposés de force au peuple des Etats-Unis, sans étiquetage, à la fin de l’année 1992 par la FDA. Mr Al Gore n’a pas remis en question cet état de fait et il fallut l’action en justice d’un juriste pour que la FDA (Food and Drug Administration) “libère”, en 1999, sur demande expresse du tribunal, plus de 40 000 pages de dossiers archivés confidentiels prouvant que les techniciens et scientifiques de la FDA avaient émis d’innombrables réserves quant à la sécurité sanitaire des OGMs. Le responsable de ce dossier, le célèbre Michael Taylor, les avait bien soigneusement rangés à l’ombre.

- En 1998, le quartet Clinton – Al Gore – Dan Glickman (ministre de l’agriculture) – William Daley (ministre du commerce) lança une campagne forcenée pour obliger l’Europe à accepter les chimères génétiques. On voudra bien se rappeler que Mr Jospin (premier ministre), Mr Glavany (ministre de l’agriculture) et Mme Voynet (ministre de l’environnement) signèrent, à cette époque, l’introduction en France des premier maïs transgéniques.

Mr Al Gore, avec Madeleine Albright, secrétaire d’état, forcèrent la main à Mr Jospin pour que les OGMs de Monsanto soient accueillis en Europe. [33] C’est ce dont se vanta Toby Moffett au St Louis Post Dispatch. [34] Toby Moffett, ex-vice-président de Monsanto, qui, lors de la campagne présidentielle de 2000, était chargé de drainer les voix “vertes” de Ralph Nader vers Al Gore [44] (alors même que Ralph Nader dénonçait avec véhémence l’inféodation d’Al Gore-Clinton à l’empire Monsanto [40] [202]). Et ce n’est pas vraiment de la vantardise parce que l’Agence Reuters publia un communiqué le mardi 21 juillet 1998 stipulant que Mr Al Gore venait de téléphoner personnellement à Mr Jospin. «On peut dire sans problèmes que le premier ministre [Mr Lionel Jospin] a très bien compris l’importance de cette problématique pour les agriculteurs US» après sa conversation téléphonique avec Gore, dit Kay Casstevens, une assistante juridique du vice-président. Jospin a précisé à Gore qu’il n’avait pas fini d’évaluer la situation «mais qu’il prendrait une décision sous peu.» [37]

Mr Mendelson résume ainsi la situation dans son long article sur le Roundup paru en 1999 dans la revue l’Ecologiste: «L’UE n’a pas donné son accord complet pour l’importation de maïs rR. Devant les réticences de l’opinion publique, Al Gore, vice-président des Etats-Unis, ainsi que des représentants du ministère de l’Agriculture, ont aussitôt fourni une béquille à Monsanto, déplorant que l’Europe, si elle n’autorisait pas l’importation de maïs transgénique, mette en péril 250 millions de dollars d’exportations . La France a répondu qu’elle ouvrirait la voie à l’entrée du maïs transgénique en Europe, plutôt que d’engager une guerre commerciale à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).[par arrêté du 3 août 98, la France a inscrit ce maïs au catalogue des variétés végétales lui permettant d’être commercialisé en UE.] »

Mr Al Gore considérait les chimères génétiques comme “équivalentes en substance” selon la formule consacrée. Cela m’a été confirmé, par courrier, par Jeffrey Smith, l’auteur des ouvrages “Semences de tromperie” et “Roulette génétique”. Mr Al Gore considérait le glyphosate de Monsanto, le Roundup, comme le moins dangereux des herbicides. [45] [166] C’est en fait l’un des pesticides les plus toxiques [38] et une grande partie des variétés génétiquement modifiées de Monsanto sont “résistantes” à cet herbicide, à savoir elles le digèrent fort bien. C’est également l’administration Clinton/Al Gore qui supprima l’un des derniers remparts de la protection alimentaire US: la “Delaney Clause” de 1958 qui interdisait la présence de pesticides dans les aliments. [205]

Mr Al Gore a soutenu les biotechnologies lorsqu’il était sénateur. [46] Il rédigea en 1991 “Planning a New Biotechnology Policy”, (Harvard Journal of Law and Technology, Vol. 5, Fall 1991, pp. 19-30). Pour la petite histoire [42], le 9 avril 1998, Al Gore embaucha comme son conseiller spécial aux affaires intérieures David W. Beier, le lobbyiste de Genentech Inc / Hoffman La Roche, le même La Roche [178] qui fabrique, contre la grippe, le célèbre Tamiflu [83] (complètement inefficace, archi-toxique [147] et que l’on retrouve dans les eaux de rivière [104] [105]) pour le compte d’une entreprise de biotechnologie basée aux États-Unis, Gilead Sciences Inc. dont Mr Rumsfeld (Ministre de la Défense de George W. Bush) était le principal actionnaire. Et nous trouvons également, au capital de La Roche, la multinationale Novartis/Syngenta, le fabricant du vaccin contre H1N1. La grande famille que voilà.

On ne peut omettre, bien sûr, de mentionner l’ouvrage “écologique” d’Al Gore “Urgence planète Terre” en 1992. De deux choses l’une, ou les deux, cet ouvrage a été écrit partiellement par quelqu’un d’autre [197] ou Mr Al Gore souffre peut-être de schizophrénie, ce qui est un syndrome courant dans le monde politique. Il est difficile, en effet, de vivre à la fois dans un monde de promesses débridées au peuple, et dans un autre monde d’allégeances serviles à la dictature des cartels.

En opposition totale avec les grands principes de son ouvrage, Al Gore, durant ses 8 ans de vice-présidence, conduisit une politique environnementale désastreuse au point qu’en juillet 2000, 61 leaders d’associations de protection environnementale, de 18 états, créèrent une coalition “Environmentalists Against Gore”. [41]

C’est également en 1999 que Pusztai (un des scientifiques les plus réputés au monde, auteur de trois ouvrages et de 270 études scientifiques) publia ses recherches sur les rats nourris avec des pommes de terres génétiquement modifiées de Monsanto. Une simple chaîne d’appels téléphoniques Monsanto/Clinton/Tony Blair vira l’éminent professeur en l’espace de quelques heures. A cette époque, l’un des membres seniors de l’administration Bill Clinton/Al Gore déclara que la décade des années 90 serait «la décade de la commercialisation triomphante des produits biotechnologiques». L’administration Bill Clinton/Al Gore dépensa des milliards de dollars pour la promotion des chimères génétiques.

C’est durant la période-clé de 1993 à 2000 que les chimères génétiques se répandirent sur toute la planète et que les humains et les animaux en furent gavés. Les trois personnes responsables de cet état de fait, politiquement et stratégiquement, sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor (FDA/USDA/Monsanto). Ce sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor qui ont ouvert la route de la “seconde révolution verte transgénique” qui gangrène présentement tous les écosystèmes planétaires. Et Al Gore et Michael Taylor continuent présentement de paver cette route: Michael Taylor de par le fait qu’il est de nouveau le maillon entre Monsanto et le gouvernement US (pour l’Afrique) et Al Gore de par sa croisade climatique pour refroidir la planète. De brûler des cierges “carbone-zéro”, pour exorciser le mal et pour générer un magnifique écran de fumée, ne changera rien à cette situation.

Je mets au défi n’importe quel zélote hystérique, de la secte des Al Gorites, de me prouver le contraire.

Après le pétrole, le roundup et les chimères génétiques, abordons maintenant la problématique des “crédits carbone”.

Mr Al Gore, en 2006, créa sa Fondation “The Alliance for Climate Protection”, l’Alliance pour la Protection du Climat [49], avec le directeur de la banque Lehman Brothers. Après avoir créé sa fondation et son cabinet Londonien “Generation Investment Management” [50], il lança son film best-seller “Une vérité qui dérange”. Précisons que “Generation Investment Management”, spécialisé dans la gestion des “crédits carbone”, a été créé en partenariat avec David Blood, ancien directeur de “Goldman Sachs”, Mark Ferguson, ancien président de “Goldman Sachs Assets Management pan-European Research” et Peter Harris, ancien directeur de “Goldman Sachs Assets Management”.

Le 2 février 1988, Al Gore, dans un débat présidentiel déclara: «Mon premier engagement sera de restaurer l’intégrité de la Maison Blanche. Et je vais virer toute personne ayant menti au peuple Américain et au Congrès». J’invite les lecteurs à juger par eux-mêmes de l’accomplissement de cet engagement solennel et j’invite ceux qui parlent anglais à visionner les vidéos, sur la toile, des auditions “climatiques” d’Al Gore au Congrès, au printemps 2009 (et sous serment, bien sûr!). [156] [157] [158] [159] Déconseillé à toute personne ne souhaitant pas remettre en question ses croyances dans le rédempteur atmosphérique.

En conclusion, je pose la question à tous les écologistes qui luttent contre les chimères génétiques et contre les pesticides depuis de très nombreuses années: pouvons-nous faire confiance à l’homme de Monsanto, celui-là même qui, avec Bill Clinton et Michael Taylor, a piégé la totalité de l’humanité dans le cercle infernal des chimères génétiques? De quel droit son film de science-fiction a-t-il été imposé à des dizaines de milliers d’écoles?

Ecologistes de tous les pays, réveillez-vous! Le réchauffement climatique anthropique est une farce, c’est une arnaque monumentale permettant d’ouvrir de nouveaux et gigantesques marchés: crédits carbone, taxes carbone, nécro-carburants “refroidissants”, chimères génétiques, fertilisants de synthèse et pesticides! D’ailleurs, aux USA, la législation “cap and trade” est surnommée “Al Gore enrichment act”!

Crédits de Carbone:

Un marché climatique qui génère des revenus à partir de l’air du temps!

Le marché du carbone, ce n’est pas une bagatelle puisqu’il se chiffre à 135 milliards de dollars pour 2008. Ce qui fait quasiment s’étrangler le très placide Jacques Diouf, directeur de la FAO, qui se demande bien pourquoi on peut générer un tel marché de carbone planétaire et ne pas être capable de lui confier 30 petits milliards de dollars pour régler le problème de la faim dans le monde. Mais Mr Diouf a sûrement compris, depuis belle lurette, que ce ne sont pas les mêmes caisses. Il posa également la même question pour le “coût de la crise financière” qui vient, d’ailleurs, d’être revu à la baisse, le 30 septembre 2009, par le FMI, le Fonds Monétaire International: il ne serait que de 3400 milliards de dollars. [39] Il avait été estimé auparavant à 4000 milliards de dollars. Mr Strauss-Kahn, un grand ami de Condoleezza Rice, qui a été placé par les Autorités à la tête de cette institution, en récompense de ses loyaux services [136], sait jouer de la calculette virtuelle. Les communiqués officiels cajoleurs omettent de préciser qui “finance” le coût! C’est bien évidemment de l’argent public: des sommes astronomiques qui partent à fond perdu pour renflouer les banques et le système financier. D’où la nécessité de lever de nouveaux impôts aux USA, dits “taxes carbone” ou “U.S. cap-and-trade bill”.

Et en attendant que le petit peuple soit une nouvelle fois carbo-taxé, pour la bonne cause climatique, les multinationales se gavent sur le marché du carbone géré par le Chicago Climate Exchange et le European Climate Exchange: Barclays, le pétrolier BP, Fortis, Goldman Sachs, Morgan Stanley, le pétrolier Shell, etc. Parmi les fondateurs du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons American Electric Power (AEP), DuPont, Baxter International (vaccins H1N1), etc. Et dans le comité de conseillers « à la stratégie » du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons également Mr Rajendra K. Pachauri, le président du GIEC. [209]Aux USA, Goldman Sachs est le plus gros actionnaire (avec 10 %) du Chicago Climate Exchange. Je convie de nouveau les lecteurs intéressés à consulter le courageux article de Matt Taibbi, paru dans Rolling Stones, “Goldman Sachs – La grande machine à bulles” [51] dont le dernier volet s’intitule “Bulle 6: le réchauffement global”. [52]

Lehman Brothers, qui a aidé Al Gore à capitaliser son business “vert”, s’était fait l’apôtre de la croisade du réchauffement climatique pour que ses actionnaires continuent de toucher de généreuses plus-values sur le marché du carbone. Ils avaient publié un “rapport Lehman”, la bible de jeunes activistes, sur le réchauffement climatique et le chaos qu’il allait générer. Manifestement, Lehman Brothers fut capable de prédire le climat un siècle à l’avance mais ne fut pas capable de prédire sa faillite spectaculaire, une année à l’avance. La véritable raison de la faillite de Lehman Brothers, néanmoins, n’est sans doute pas celle que l’on croit! [79]

Ainsi, d’un coup de baguette virtuelle, le capitalisme décadent vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau feutré: un marché climatique qui génère des revenus à partir de l’air du temps!

Et Maurice Strong fut l’un des principaux prestidigitateurs qui a présidé à la création du Chicago Climate Exchange et il y siège. Il faudrait des pages entières pour énumérer les “fonctions” de Maurice Strong, le très bon ami d’Al Gore. Membre éminent des Bilderberg, de la Commission Trilatérale, du Council on Foreign Relations (CFR) et du Club de Rome; directeur de la Fondation Rockefeller; Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU sous Kofi Annan; Conseiller senior du Président de la Banque Mondiale; Premier directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE); A la tête du Sommet de la Terre qui a eu lieu à Rio en 1992 et dont est issue la Convention sur la diversité biologique, etc, etc. [66]

La “Convention sur la diversité biologique” n’est qu’une déclaration pathétique, (que les multinationales de la semence ont joyeusement interprétée comme un pillage légalisé des ressources génétiques), à l’image du Protocole de Carthagène, dit “Protocole de Cartes à Gènes”, un jeu de poker génétique dont la nation gagnante est celle qui fait entrer le plus de chimères génétiques tout en prétendant s’en préserver!

Maurice Strong se définit comme socialiste en idéologie et capitaliste dans la vie quotidienne. Ce qui est clair, c’est que, à l’image d’Al Gore, c’est un grand donneur de leçons d’ascétisme mais impliqué jusqu’au cou depuis des dizaines d’années dans une pléthore d’aventures capitalistes dont nous ne préférons pas mentionner certaines des liaisons très sulfureuses ni des faillites financières suspectes.

Maurice Strong est considéré par certains comme le père du mouvement environnemental et on se demande bien de quel mouvement environnemental il s’agit car il est depuis fort longtemps l’apôtre du Nouvel Ordre Mondial. Il est vrai qu’il était déjà présent au premier “Jour de la Terre” en 1970 lorsque le professeur d’études environnementales Kenneth Watt déclara: “si la tendance présente se poursuit, le monde sera environ 4 degrés plus froid en 1990 et 11 degrés plus froid d’ici l’année 2000”. Espérons au moins, pour sa réputation, qu’il parlait en degrés Fahrenheit, mais cela fait encore beaucoup. On lui pardonnera d’autant plus qu’à l’époque tous les medias se faisaient l’écho de l’extrême danger du “refroidissement global” qui allait ruiner l’agriculture mondiale: Newsweek, 28 avril 1975 [67]; Peter Gwynne, Newsweek 1976 [68], etc. Tout comme Nicolas Hulot et Kofi Annan évoquent des centaines de milliers de morts tous les ans en raison du réchauffement climatique anthropique, Lowell Ponte “The Cooling”, 1976, annonçait lui aussi le même nombre de décès annuels en raison du “refroidissement global”: «Le refroidissement actuel a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et si personne ne prend des mesures énergiques, il provoquera une famine mondiale, un chaos généralisé et même une nouvelle guerre mondiale. Tout cela pourrait survenir avant l’an 2000».

En fait, Maurice Strong aurait déjà pu créer en 1970 son Chicago Climate Exchange pour les crédits de carbone car Kenneth Watt (University of California à Davis) déclarait à l’époque que c’est l’excès de CO2 qui allait provoquer un refroidissement global catastrophique!

Mais tout cela ne nous éloigne-t-il pas un peu de la révolution verte eugénique? Pas du tout car les multinationales de l’agrochimie et de la semence font bien évidemment partie de ce marché de dupes. Même Monsanto a rejoint le Chicago Climate Exchange en décembre 2007. (Ce qui est dans la bonne logique capitaliste: si le réchauffement climatique anthropique génère des fortunes, Monsanto veut avoir sa part du gâteau). Richard Sandor, le président du Chicago Climate Exchange en a profité pour saluer le rôle de “leadership climatique” de Monsanto. [138] (Car, en effet, en 2006, 20 scientifiques de Monsanto se sont penchés sur le problème climatique et en ont déduit que la température montait, ce qui n’est pas un scoop, vu que nous sommes dans une période de réchauffement naturel léger, et non-linéaire, depuis 1860!). [173] (Monsanto en 2009 a régulièrement placé des pages entières de publicité dans les grands journeaux US avec le titre: “9 Milliards de personnes à nourrir. Un changement climatique. Et maintenant?” et comme texte: «Les semences améliorées de Monsanto non seulement augmentent la productivité de façon conséquente mais elles utilisent moins de ressources essentielles telles que le sol et le combustible: tout le monde y gagne y compris la Terre»). Saint Monsanto, le sauveur de la planète!

Mais Monsanto n’en reste pas là. Un de ses vice-présidents, Will Ferretti, affirma que les agriculteurs US pourraient revendiquer annuellement de 4 à 6 milliards de dollars en crédits carbone à cause de leur bonnes pratiques agricoles [139]. Et par “bonnes pratiques agricoles”, Monsanto entend les techniques de non-labour (car le non-labour libère moins de CO2 que le labour) avec des variétés OGMs résistantes au Roundup de Monsanto. Un autre de ses vice-présidents, Jerry Steiner, affirma qu’en utilisant les techniques de non-labour, les agriculteurs peuvent augmenter leurs ressources financières en vendant des crédits carbones à d’autres entreprises au travers du Chicago Climate Exchange.

En 2007, les techniques de non-labour chimique aux herbicides (Roundup principalement) couvraient 30 millions d’hectares aux USA et 26 millions d’hectares pour le seul Brésil. David Miller, le responsable scientifique du AgraGate Climate Credits Corporation, une filiale du Iowa Farm Bureau Federation (une coalition d’agriculteurs dans l’Iowa, l’état-empire du maïs et du soja transgéniques aux USA) espère que bientôt ce soient 85 millions d’hectares agricoles aux USA en non-labour chimique à la sauce Monsanto.

Pour une analyse détaillée de cette arnaque agricole, je renvoie les lecteurs vers mon article de mars 2007 “Le non-labour dans les sillons de l’agro-chimie” [137]. Pour résumer brièvement, les agriculteurs en non-labour chimique sèment des variétés de Monsanto qui sont résistantes au glyphosate. Les sols sont archi-brûlés par la chimie et les pesticides, et sont tellement biologiquement morts qu’ils ne peuvent plus digérer la bio-masse restante après la récolte! Ce n’est pas grave, c’est une nouvelle manne financière pour les agriculteurs qui vendent leur biomasse, refusant de se composter, aux centrales d’éthanol. En Amérique latine, les sols sont tellement brûlés par le Roundup, de par les techniques de non-labour, que les agriculteurs doivent appliquer un engrais azoté pour la culture du soja, qui étant une légumineuse, n’en a normalement pas besoin puisqu’il fixe l’azote tout seul.

Donc, si l’on suit le raisonnement de Monsanto, tous les agriculteurs cultivant des nécro-carburants ou des aliments pour bétail ou poulets, par la technique du non-labour, vont pouvoir revendiquer des crédits carbones à hauteur de dizaines de milliards de dollars.

Si l’on résume brièvement la situation en Amérique latine: on déforeste l’Amazonie (ce qui libère de gigantesques quantités de CO2) pour cultiver des nécro-carburants (dont le bilan CO2 est pire que les combustibles fossiles) pour en fin de compte revendiquer des crédits carbones (pour raison de bonne pratique de non-labour). Ce raisonnement est tout autant spécieux que celui de Kofi Annan qui veut financer la modulation climatique de l’Afrique grâce aux apports du marché des crédits carbone.

La réalité, c’est que la petite paysannerie est ruinée, spoliée, cancérisée, mutagénée. La réalité, c’est que des dizaines de millions d’hectares de forêt Amazonienne ont été déforestés (chiffres de 2007: 21 millions d’hectares au Brésil, 14 millions d’hectares en Argentine, 2 millions hectares au Paraguay et 600 000 hectares en Bolivie) pour les nécro-carburants (et le soja aliment bétail pour l’Europe et la Chine) et qu’il est envisagé d’en déforester encore 60 millions. La réalité, c’est que plus 300 espèces d’adventices, sur la planète, sont entrées en “guérilla génétique” et sont devenues “résistantes” au Roundup et autres herbicides, ce qui veut dire qu’elle le “digèrent” très bien. La réalité, c’est qu’il existe une nouvelle classe d’esclaves, de serfs, dans les plantations des nécro-carburants. [144] L’essence verte est rougie par le sang.

Les marchés de crédits-carbone sont-ils réellement la solution à notre “empreinte écologique plus noire que le péché”, pour emprunter une formule favorite de James Lovelock?

Une arme de dépopulation massive: l’eugénisme

L’autrefois génial concepteur de la théorie Gaïa, James Lovelock, monta au créneau, fin août 2009, pour traiter les environnementalistes qui font campagne contre le réchauffement climatique anthropique, sans prendre en compte la croissance de population, “d’irrationnels et d’ignorants”. James Lovelock, qui venait d’être nommé parrain de l’ONG “Optimum Population Trust”, en appela aux Verts pour qu’ils «disent la vérité et qu’ils s’expriment en public»: «Ceux qui ne veulent pas voir que la croissance de la population et le changement climatique sont les deux faces d’une même pièce soit sont ignorants, soit se voilent la face. Ces deux gigantesques problèmes environnementaux sont inséparables et évoquer l’un tout en ignorant l’autre est irrationnel. (…) Comment pouvons-nous réellement décroître les émissions de carbone, et l’utilisation des terres, alors que le nombre d’émetteurs, et l’espace qu’ils occupent, s’accroissent sans remords. Quand les environnementalistes qui prétendent être Verts vont-ils reconnaître la vérité et se prononcer publiquement?» [150] L’Apocalypse selon James Lovelock stipule que le déchaînement climatique à venir va réduire la population de la Terre à seulement un demi-milliard d’habitants.

Rappelons que James Lovelock participait à la conférence de 1975, en Caroline du Nord, organisée par l’anthropologue Margaret Mead. La conférence s’intitulait “The atmosphere: endangered and endangering”. Intervenaient à cette conférence Paul Ehrlich, ultra-malthusien et auteur de la “Bombe P.” (qui avait prophétisé la disparition de l’Angleterre d’ici l’an 2000) et Stephen Schneider qui faisait la promotion du scénario du “Refroidissement Global”, vers 1970. Stephen Schneider est connu pour avoir déclaré en 1996, à un journaliste: «Afin de capturer l’imagination du public, nous devons promouvoir des scénarios de panique, proférer des déclarations dramatiques, et très simplifiées, et faire abstraction de tout doute que nous puissions avoir… »Roger Martin, le président de Optimum Population Trust déclara: «Il est tragique que le mouvement Vert ait choisi d’occulter ce phénomène. Avec l’aide de personnes éminentes, telles que James Lovelock, nous allons faire de notre mieux pour leur rafraîchir la mémoire». Cette ONG vient de demander publiquement aux négociateurs qui vont se réunir à Copenhague, en décembre 2009, d’inscrire dans les politiques de chaque nation des programmes de contrôle de la population pour lutter contre le changement climatique. Elle précise que les programmes de contrôle de la population dans les pays pauvres devraient être “subventionnés au titre de la modulation climatique”.

Le raisonnement de Roger Martin et du fondateur de cette ONG, Jonathon Porritt (un ancien directeur des Amis de la Terre et ancien administrateur du WWF, au Royaume-Uni) [192], est d’autant plus frauduleux que si on raisonne en terme d’empreinte carbone, celle d’un citoyen US ou Britannique est de 75 à 300 fois plus grande que celle d’un paysan de la zone Sahélienne ou un paysan de l’Inde, qui ne “gagnent” qu’un dollar par jour, quand ils le gagnent.

Mon premier conseil à tous ceux qui préconisent des contrôles de la population draconiens, en raison du réchauffement climatique anthropique, serait qu’ils donnent l’exemple! Qu’ils dégagent avant l’orage!

Rappelons encore une fois, pour donner “bonne mesure” que les 300 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3 milliards de personnes les plus pauvres.

Ce débat démographique n’est pas sans évoquer le conflit entre René Dumont, qui dénonçait la surpopulation en Afrique et préconisait l’usage de l’agriculture chimique, et Pierre Rabhi [206], le promoteur des techniques agro-écologiques en Afrique qui a toujours affirmé que ce continent n’était pas surpeuplé. Pierre Rabhi et le président Sankara auraient fait du Burkina le premier pays Africain “bio” si Sankara n’avait pas été assassiné, en 1987, par les Autorités, afin que tout rentre dans leur Ordre. Cela aurait peut-être changé le visage de l’Afrique qui ne serait pas en train de succomber aux nécro-carburants et aux chimères génétiques de Kofi Annan, de Monsanto et de toute la clique mafieuse des multinationales.

Deux chercheurs de l’Université de l’Oregon viennent de publier une étude “scientifique” démontrant que si une femme recycle, conduit une voiture à faible consommation, utilise les bonnes ampoules, etc, elle va économiser 456 tonnes des CO2 dans sa vie entière. Cependant, si elle a deux enfants (et en prenant en compte les générations subséquentes avec un taux de reproduction de 1,85 par femme d’ici 2050) elle va rajouter à son héritage d’empreinte carbone 18 882 tonnes de CO2, ruinant ainsi tous les efforts qu’elle aura déployés pour vivre économe en carbone.

A quand donc la taxe carbone sur les bébés? S’il est clair que le consumérisme effréné de la société occidentale est une pathologie terminale en raison des ressources limitées de notre planète Terre, le fait d’assimiler une future maman à l’empreinte carbone de ses descendants jusqu’à 2050 manque pour le moins de poésie et il y a fort à penser que ce type de démarche soit complètement contre-productive, eu égard à la remise en cause des fondements de notre société occidentale mortifère. Et ce d’autant plus, si le climat tarde encore un quart de siècle avant de faire mine de commencer à s’échauffer pour de bon!

Tout cela nous rappelle les rapports annuels de la Fondation Rockefeller datant de plus de 40 années! Jurriaan Maessen, dans son article “Le programme à long terme de la Fondation Rockefeller: au-delà du riz doré et des aliments chimériques” [148] fait une référence aux “politiques démographiques et aux programmes de contrôle de la population” évoqués à la page 54 de ce rapport annuel 1968 de la Fondation Rockefeller.

«Comme nous le savons, l’appel à une intensification du planning familial au nom de l’environnement a été promu de façon croissante par l’élite Malthusienne. Il est évident que l’une des autres modalités mentionnées par le rapport [annuel 1968 de la Fondation Rockefeller] a été découverte et exploitée, de fond en comble: le grand mythe du Réchauffement Global Anthropique fut créé et recouvert d’une sauce subtile de science afin de donner à tout le ragoût un air de crédibilité. Et le programme eugénique suit son chemin. »

Cela fait près d’un siècle que la Fondation Rockefeller est archi-impliquée dans les programmes de contrôle de la population: c’est elle qui a créé aux USA, et de par le monde, des ONGs de contrôle démographique. Et nous ne souhaitons pas, dans le cadre restreint de cet article, évoquer son soutien considérable aux pratiques eugénistes Nazis et l’organisation de congrès eugénistes auxquels participèrent le père de John Kennedy, Winston Churchill, les Nazis, et toute une palette de “personnalités”. N’oublions pas que les Etats-Unis et la Suède, en début de siècle passé, n’ont pas attendu les Nazis pour mettre en place des législations de stérilisation des citoyens “non conformes”.

Tout ce dossier pue la mort et nous convions les lecteurs intéressés à enquêter sur la toile. Ils trouveront sur le site de Liberterre quelques articles dans la rubrique “eugénisme” qui offrent déjà un certain nombre de pistes de recherche. [152]Néanmoins, dans les années qui viennent, nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un débat fondamental sur l’eugénisme et le contrôle de la démographie alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent, soit pour dénoncer l’usage qui est fait du réchauffement climatique anthropique pour invoquer la nécessité de contrôles drastiques de la population planétaire, soit, tout au contraire, pour brandir le spectre de l’apocalypse climatique si l’on n’impose pas des contrôles de la population. [151]

Ce qui est clair, c’est que les révolutions vertes, la première et la seconde, sont déjà à l’oeuvre pour mettre en place des dynamiques de délestage démographique:

- suicides des paysans qui utilisent les “bienfaits” de la révolution verte pour mettre fin à leurs jours, à savoir ils boivent du pesticide. On estime à 200 000 le nombre de paysans suicidés en Inde, durant ces dix dernières années, et plus particulièrement en raison des échec répétés du coton transgénique de Monsanto. En Inde, deux paysans se suicident toutes les heures. Et ailleurs sur la planète? [153]

- processus de stérilité inexorable en raison de l’agriculture chimique et des pesticides. En Inde, présentement, ce sont 20 % des jeunes couples qui sont stériles. A cet égard, les constats du Professeur Dominique Belpomme sont également très alarmants pour l’Occident et devraient réjouir tous les néo-Malthusiens.

- cancérisation de la population en raison de l’alimentation toxique et bien sûr en raison de l’agriculture chimique et pesticidée. En Inde, ce sont encore 75 % des gens qui vivent de la terre et qui en meurent lorsque la terre se transforme en poison. Précisons que les paysans pauvres du Tiers-monde ne bénéficient pas de l’arsenal thérapeutique moderne occidental si tant est que l’on puisse qualifier de “thérapeutique” la machine infernale de la médecine allopathique (Il meurt aux USA, tous les ans, 800 000 personnes victimes des effets directs ou collatéraux de cette forme de médecine. Et en Europe?).

- campagnes de vaccination. Sur ce dossier toutes les supputations sont possibles. Ainsi que Jean-Pierre Berlan le décrit très souvent, lorsqu’il analyse les corrélations entre les deux guerres mondiales et l’agriculture moderne de guerre: l’objectif de la guerre, ce n’est pas de tuer, c’est de produire des handicapés qui coûtent très cher à l’Etat. Il en est de même avec les vaccinations. L’abomination de cette technologie, c’est qu’elle détruit le système immunitaire et qu’elle produit beaucoup de maladifs et d’handicapés qui font la fortune des multinationales de la pharmacie qui vendent d’autant plus de “remèdes” pour pallier aux pathologies qu’ils ont eux-mêmes créées. Car si ce n’est pas cela, pourquoi sont-elles toutes en train de se précipiter vers l’Afrique alors que jusqu’à ces dernières années, les trois-quarts des thérapies utilisées par les paysans de ce continent étaient encore à base de plantes médicinales?

Dans cet article, j’ai approfondi un peu plus la situation de l’Afrique. J’aurais pu, bien sûr, exposer le fait que le responsable à l’IRRI, dans l’Asie du sud-est, du riz transgénique à la vitamine A “de jonquille” (financé par la Fondation Rockefeller) est sous la responsabilité d’un ancien directeur de chez Monsanto, Gerard Barry [174]. J’aurais pu évoquer la visite de trois représentants de Monsanto, il y a quelques années, chez l’un des inspirateurs du mouvement paysan bio dans le sud de l’Inde, Nadayan Reddy: ils lui proposèrent 35 000 dollars, cash sur la table, pour qu’il fasse un tout petit discours afin de vanter le coton transgénique de Monsanto. Nadayan Reddy, un paysan d’inspiration Gandhienne, les reconduisit poliment à la porte.

J’ai tenté de jeter un peu plus de lumière sur l’Afrique car c’est le laboratoire, par excellence, de la seconde révolution verte génétique, eugénique et génocidaire.

«[148]

L’Afrique est le jouet des multinationales qui vont oeuvrer pour éliminer du continent jusqu’à la dernière semence libre, la dernière semence paysanne traditionnelle.

Monsanto vient d’annoncer, en août 2009, que l’augmentation du prix de vente de ses semences génétiquement modifiées atteindrait 42% en 2010! [43]

Le même Monsanto qui avec Syngenta, DuPont/Pioneer Hi-Bred, la Fondation Bill Gates, la Fondation Rockefeller, et le CGIAR, sont en train d’investir dans une banque de semences à l’intérieur d’une montagne sur l’île de Spitsberg, (Svalbard) en Norvège, pour le “futur de l’humanité”. Quelle humanité et quel futur? C’est là-même que le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-moon a donné son discours larmoyant en septembre 2009 sur la “fonte catastrophique de la banquise”. [155] En fait, ce que les journalistes ne disent pas, c’est que son bateau ne pouvait pas aller plus loin car la mer était bloquée par les glaces!

«Le projet du Svalbard sera géré par un organisme appelé “Trust Mondial pour la Diversité Végétale” (GCDT). Qui sont-ils pour détenir une responsabilité aussi considérable sur la diversité des semences de la planète entière ? Le GCDT a été fondé par la FAO et par Bioversity International (anciennement International Plant Genetic Research Institute), une ramification du CGIAR.

Le GCDT est basé à Rome. Son conseil est présidé par Margaret Catley-Carlson, une Canadienne également présente au comité consultatif du groupe Suez Lyonnaise des Eaux, l’une des plus grandes sociétés privées de l’eau. Jusqu’en 1998, Catley-Carlson était aussi présidente du Comité sur la Population (Population Council) établi à New York, l’organisation de réduction des populations de John D. Rockefeller, créé en 1952 pour accélérer le programme d’eugénisme de la famille Rockefeller, sous couvert de promouvoir le planning familial, le système de contrôle des naissances, la stérilisation et le “contrôle de la population” des pays en voie de développement.

Les autres membres du conseil de GCDT comptent l’ancien cadre de Bank of America, actuellement chef de Hollywood DreamWorks Animation, Lewis Coleman. Coleman est aussi administrateur de Northrup Grumman Corporation, l’un des plus grands entrepreneurs de l’industrie militaire du Pentagone.» [153]

Il faut encore préciser que l’objectif des centres du CGIAR (créé par la Fondation Rockefeller) était de conserver, dans diverses “banques de semences”, les ressources génétiques de l’humanité. Mais, il y a quelques années, les centres du CGIAR ont “confié” toutes ces ressources aux multinationales de la semence. Ce qui n’est pas sans rappeler les manifestations paysannes en Inde, en décembre 2002, pour empêcher l’université de Raipur de “vendre” la collection du Professeur Richcharia de 22 972 variétés de riz à la multinationale Syngenta. [181]

L’alerte n’est pas climatique, elle est humanitaire

Il n’y pas d’injustice climatique mais il y a, par contre, une injustice alimentaire criante. Il n’y a pas de Titanic climatique, le Titanic est strictement agricole. Il n’y pas d’alerte climatique, l’alerte est humanitaire.

Les pleurnicheries de Mr Kofi Annan sont une insulte à la misère réelle, et non virtuelle, d’une grande partie de l’humanité. Lorsque Mr Kofi Annan affirme que «le changement climatique est une crise humaine silencieuse… et que cela constitue le défi humanitaire émergent le plus grand de notre époque», de qui se moque-t-il? Son chiffre de 325 000 personnes mourant du “changement climatique” tous les ans, c’est de l’esbroufe.Un milliard d’affamés sur la planète et plus de 30 000 personnes décédant tous les jours de faim, voilà LA crise humaine silencieuse dont jamais personne ne parle (ou bien alors une fois tous les 10 ans à Rome lorsque toute la clique se réunit pour faire de grandes déclarations pompeuses et hypocrites qui ne seront suivies d’aucun effet. N’en déplaise à Mr Kofi Annan, il n’existe pas de “réfugiés climatiques”, il existe, par contre, des réfugiés de la faim et c’est dans la mort que se réfugient plus de 30 000 êtres humains tous les jours.

Ce sont 2,6 milliards d’humains qui sont sans assainissement, et ce sont 1,3 milliards d’humains qui sont sans accès à l’eau potable. Tous les ans, 2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies diarrhéiques liées au manque d’eau potable. Il faudrait seulement investir 1,5 milliard de dollars chaque année pendant 10 ans pour que les 300 millions d’Africains, qui n’ont pas d’eau potable, puissent y accéder et pour que 80% d’entre eux puissent accéder à l’assainissement. Une bagatelle.

Le réchauffement climatique anthropique n’a rien à voir avec la destruction de l’Afrique, ou des autres continents d’ailleurs. Les responsabilités incombent au colonialisme, à la monoculture, à la déforestation et à la désertification qui s’ensuivirent. La seconde révolution verte génétique, c’est un nouveau colonialisme transgénique de monocultures de nécro-carburants ou d’aliments pour les animaux esclaves de l’homme occidental.

Il faut également souligner que la course aux gènes climatiques résistants à la sécheresse est concomitante avec un reverdissement spectaculaire des zones Sahéliennes, ce qui constitue un sujet de débats acharnés entre les climatologistes. [134] [135] Et alors même que les “scientifiques” du GIEC ont prédit une réduction des récoltes de 50 % d’ici 2020 en Afrique!

Les solutions pour l’agriculture de l’Afrique, et pour tous les pays dits du Tiers-Monde, sont simples, trop simples: reforestation, pratiques agro-écologiques et semences de vie. Elles ne pourront, cependant, être mises en oeuvre que le jour où tous les colonialistes seront expulsés: les multinationales, les pétroliers, les extracteurs de diamant, de zinc, d’uranium, et toutes les ONGs dont une bonne partie constitue l’avant-garde de l’empire, et bien sûr tous les roitelets et dictateurs, marionnettes contrôlées, en bonne et due forme, par les Autorités.

Distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.

Michael Crichton, qui dans les dernières années de sa vie dénonça avec virulence l’imposture climatique, avait dit: «Le plus grand défi auquel l’humanité soit confronté est celui de distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.» L’erreur fondamentale qui semble avoir été implantée dans la psyché humaine, depuis fort longtemps, ne serait-ce pas l’illusion que l’homme puisse dominer la Nature et y compris même en contrôler le Climat?

La “science” à façon du GIEC est basée sur d’énormes fraudes dont l’une vient d’éclater au grand jour en fin de septembre 2009. La crosse de hockey, l’emblème, le logo du réchauffement climatique anthropique, est basée sur une fraude scientifique qui vient d’être dévoilée. [140] [141] [142] [143] [149] Une déferlante, mais pas celle prédite par le GIEC, va bientôt laminer le château de sable de cette pseudo-science. Elle est tout autant crédible, cette science, que les déclarations de Mr Sarkozy qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre [161] [162] [200]; les déclarations de Mr Rocard, l’ambassadeur des pôles, qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre et le dioxyde de carbone avec le monoxyde de carbone [163]; les déclarations de Mr Al Gore, qui confond encore la banquise et la calotte polaire. [164] [165] Ce qui lui a fait dire récemment que la calotte de glace polaire aurait intégralement fondu dans quelques années! [180] Peut-être devrait-il postuler au GIEC? Car il y a de la défection dans l’air!J’en profite pour tirer ma révérence à Vaclav Klaus, le président Tchèque, qui dans le débat sur le climat a su garder son intégrité et ne pas succomber aux sirènes des caniculs-bénis. Il est pathétique que certains mouvements “écologiques” se ridiculisent à promouvoir de telles berludondaines et se rendent, par là-même, complices de la destruction des communautés humaines des pays les plus pauvres par les nécro-carburants et les chimères génétiques. Quant aux organisations “non-gouvernementales” qui en ont fait leur fonds de commerce, on sait de quel côté elles se situent, du côté de l’argent et parfois même, si on soulève le paillasson, du côté de l’eugénisme ou de la dépopulation.

En attendant (que les calottes de glace se désintègrent), aux quelques intégristes qui m’ont accusé de complicité avec les pétroliers, à la suite de mes deux premiers articles, je dirai que nous sommes tous complices des pétroliers, dès que nous ouvrons le robinet à la pompe à essence, dès que nous consommons des aliments issus de la pétro-agriculture, dès que nous consommons des aliments “bios” qui arrivent d’Inde ou d’Afrique (et qui ont été cultivés par des travailleurs à 1 dollar par jour!), dès que nous achetons des “choses” qui ont été produites à l’autre bout de la planète par des enfants ou par des paysans chassés de leur terre par les multinationales.

La taxe “carbonette-mignonette” n’a rien de révolutionnaire. Ce qui serait véritablement révolutionnaire, c’est de confisquer les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total, pour l’année 2008, pour les attribuer à la reforestation de l’Afrique ou à la recherche sur les énergies alternatives (au lieu que Total les investissent dans les centrales nucléaires). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels pétroliers qui volent les ressources collectives planétaires, car le pétrole ne leur appartient pas. Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels financiers qui ont confisqué un bien public, à savoir le privilège de créer de la monnaie [195] (et bien sûr de démanteler ces deux structures mafieuses que sont le FMI et la Banque Mondiale). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de mettre fin à la dictature de tous les cartels sur la planète.

Et ce qui serait encore très révolutionnaire, ce serait d’éclaircir tous les mystères qui planent au-dessus des fins de vie de Nikola Tesla, de Wilhelm Reich et de Victor Schauberger car il semblerait que ces trois découvreurs géniaux aient suscité beaucoup de tracas aux Autorités en ce qui concerne les “énergies alternatives”. L’un mourut dans la misère, après que ses découvertes aient été torpillées par Edison, Marconi et les trusts de l’énergie; l’autre mourut assassiné dans les prisons des USA; et le dernier mourut 5 jours après qu’il eut été ramené en Autriche des USA après y avoir abandonné les droits de tous ses brevets qui n’ont jamais réapparu depuis.

C’est tout un programme et il faut y aller sans doute par étapes afin de ne pas choquer les Autorités. Première phase: lancer un boycott de la taxe carbone et seconde phase: requérir du président de la France qu’il confisque les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total pour abus et vol de ressources communautaires. On peut encore rêver.

Pour éviter de choquer les âmes sensibles, je me suis gardé, dans cet article, de prononcer le mot “conspiration”. Et pourtant, pour parler de climat, de carbone et d’atmosphère, ce terme est le bienvenu car il signifie en latin “respirer avec”. L’humanité partage son atmosphère avec tous les êtres vivants de la biosphère et tous les éléments non vivants à la surface de la planète. Nous partageons tous du même oxygène et du même dioxyde de carbone. Nous sommes tous en “conspiration”.

Donc je ne parlerai pas de conspiration mais je parlerai d’un système mafieux, et même “panmafieux”, qui a pris toute l’humanité en otage. Ce qui serait révolutionnaire, c’est de faire juger par les tribunaux la poignée de quelques centaines de terroristes pétroliers, de terroristes alimentaires, de terroristes financiers, de terroristes vaccinalistes… tous membres de ce réseau “panmafieux”.

Mais il est vrai qu’ils contrôlent les tribunaux… et que parfois même ils possèdent les prisons. Il faudra donc s’en remettre aux Insurrections qui ne manqueront pas de venir… ou bien à Gaïa.

Car ce serait vraiment un non-sens cosmique que Gaïa, la Terre-Mère, nous ait fait émerger de son berceau, nous l’espèce humaine, pour qu’une poignée de criminels, déments et inhumains, dévaste sa biosphère.

Dominique Guillet

Sur le même sujet, lire également Réduire la population pour lutter contre le réchauffement climatique

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du Traité de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejeté le traité de Lisbonne (1), les Irlandais votaient à nouveau aujourd’hui sur ce texte réformant le fonctionnement de l’Union européenne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un récent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traité. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer définitivement le traité.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dû se prononcer sur un traité européen mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelés à s’exprimer sur la ratification d’un traité européen après avoir rejeté le texte lors d’un 1er référendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvé la ratification du traité de Nice après avoir majoritairement voté contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple à répétition jusqu’à ce que, à coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est désormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « démocratie » au 21ème siècle.

Protégez l’indépendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons à faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites. Les plus grandes décisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont été depuis annulées par la Cour de Justice européenne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet à l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles régions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traité qui n’est pas mis dans la pierre, à la différence de notre propre constitution.

C’est un traité flexible est prévu pour être amendé par l’élite européenne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrêmement vulnérables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit être condamné à mort, tout le monde a droit à la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un état peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. Là vous avez  » une porte dérobée « ‘ par quoi l’article principal peut être dilué ou nié entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’étude du traité et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier à Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non élu, pour être le président de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas été bonne pour l’Irlande ? Nous avons donné à l’UE notre stock de pêche. L’industrie de pêche a été décimée par conséquent. Maintenant, nos fermiers sont forcés de vendre du lait moins cher que le prix coûtant, étant handicapés par le poids de la bureaucratie européenne.

Le totalitarisme de l’UE avance à pas feutrés : avez-vous remarqué comment, avec chaque traité européen successif, comment nous nous sommes déplacé de l’intégration économique vers l’intégration politique ? Est cela la démocratie qui consiste à proposer aux gens le même traité sur lequel nous avons déjà voté ? Est cela la démocratie, refuser dans les États membres un référendum aux citoyens ? Était cela la démocratie pour d’autres états de ratifier le traité contre les vœux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon côté de l’Histoire … Votons NON à Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

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sept 16 2009

Qui veut réduire la population mondiale ?

Il est rare que les autorités ou des responsables souhaitent aborder cette question de manière décisive. The Sunday Times publiait le 24 mai dernier un article de John Harlow, leur correspondant à Los Angeles : « Le Club des Milliardaires s’attaque au problème de la surpopulation ».

wwf-belgique-2Campagne du WWF pour le climat et… la réduction de la population mondiale

“Les plus grosses fortunes américaines ont participé à une réunion secrète pour chercher des solutions face à des menaces jugées très alarmantes pour l’environnement, le climat social et l’industrie.

Ces personnages se sont demandé comment utiliser leur richesse pour ralentir la croissance de la population mondiale et accélérer des améliorations dans les domaines de la santé et l’éducation.

Les philanthropes étaient rassemblés à l’initiative de Bill Gates, le co-fondateur de Microsoft. Ils se sont proposé d’unir leurs forces pour surmonter des obstacles politiques et religieux qui entravent la voie des réformes.

Un participant qui surnomme cette entité le « Club des Gens biens » a cité parmi ses membres David Rockefeller Jr, le patriarche de la plus riche dynastie d’Amérique, les financiers Warren Buffett et George Soros, l’actuel maire de New-York Michael Bloomberg, ou les grandes fortunes des medias, comme Ted Turner et Oprah Winfrey.

L’ensemble des membres, avec Gates, ont offert 45 milliards de dollars depuis 1996 pour soutenir des causes telles que des programmes de santé dans les pays émergents ou des écoles de proximité dans les ghettos.

La réunion a eu lieu à Manhattan le 5 mai dernier, au domicile du britannique Sir Paul Nurse, Prix Nobel de biochimie, et président de l’Université privée Rockefeller.

La réunion était si discrète que certains milliardaires avaient préféré faire croire à leur entourage qu’ils participaient à des “formations sur la sécurité“.

Stacy Palmer, éditeur du site web The Chronicle of Philanthropy, a déclaré que ce sommet était à son avis sans précédent : “Nous ne l’avons su qu’après coup, un peu par hasard. Habituellement ces personnes se réunissent pour soutenir de grandes causes, mais il s’agit ici d’autre chose – peut-être ont-elles craint d’être perçues comme une bande de comploteurs.“

Quelques détails ont cependant transpiré le week-end dernier. Les milliardaires ont chacun disposé de 15 minutes pour exposer leur cause favorite. Pendant le dîner, la conversation a porté sur les moyens de mettre en place “une cause parapluie” pour protéger leurs intérêts.

Ils se sont demandé comment mieux superviser l’emploi des sommes versées, pour construire des écoles rurales et favoriser l’accès à l’eau potable dans les pays émergents. Ils ont suivi les arguments de Gates pour considérer que la surpopulation était une priorité.

Les participants ont remarqué que des mesures prises dans ce sens pourraient contrecarrer les plans de divers politiciens du Tiers-Monde, pour lesquels la contraception et l’éducation des femmes contribuent à affaiblir les valeurs traditionnelles.

Gates, âgé de 53 ans, qui consacre une large part de sa fortune en donations, a fait valoir que des familles plus aisées, qui ne seraient plus sous la menace de la malaria et seraient sorties de la pauvreté, pourraient changer leurs habitudes en moins d’une demie-génération et faire moins d’enfants.

Lors d’une conférence à Long Beach, Californie, en février dernier, Gates avait déjà exposé sa préoccupation majeure : “Les projections officielles montrent que la population mondiale cumulera à 9.3 milliards [6.6 milliards aujourd'hui], mais grâce à des initiatives charitables, visant à une meilleure maîtrise sanitaire des facteurs de reproduction, nous pensons pouvoir plafonner à 8.3 milliards.“

Patricia Stonesifer, ancienne responsable de la Fondation Bill et Melinda Gates, qui consacre plus de 2 milliards de Livres par an à des causes de son choix, participait également au sommet Rockefeller. Elle a déclaré que les milliardaires s’étaient réunis pour envisager “comment ils pourraient donner davantage“, et que leur intention était de “poursuivre le dialogue” au cours des mois suivants.

Un autre invité à fait savoir que les débats n’avaient pas donné lieu à un vote “qui aurait pu paraître choquant“, mais qu’un consensus avait émergé selon lequel les personnes présentes s’étaient engagées à soutenir une stratégie face à ce phénomène de surpopulation qui représente une menace potentiellement désastreuse pour l’environnement, le climat social et l’industrie.

Il a ajouté : “Chacun dans le groupe s’est accordé à reconnaître que la situation étant si catastrophique, il fallait élaborer des solutions de haut niveau. Ils ne veulent pas dépendre des agences gouvernementales, qui sont impuissantes à faire face au désastre que nous voyons approcher.”

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sept 10 2009

Le conseiller de Gordon Brown veut réduire la population britannique à 30 millions d’habitants

D’après le conseiller Porritt, la population de la Grande-Bretagne doit tomber à 30 millions d’habitants.

genocide

Jonathan Leake et Brendan Montague Jonathan Porritt, les principaux conseillers écologistes de Gordon Brown, soulignent que la Grande-Bretagne doit considérablement réduire sa population pour former une société durable.

Porritt a lancé cet appel lors de la conférence annuelle de l’Optimum Population Trust (OPT) qu’il présidait.

Le Trust publiera des résultats de recherche afin de démontrer la nécessité de réduire la population britannique à 30 millions d’habitants si le pays veut garder son autosuffisance sur le long terme.
Cela fait partie de l’idéologie qui est à la base de cet appel à une réduction de la population à 30 millions d’habitants – ce qui correspond à peu près au nombre d’habitants à l’époque victorienne.

Source: The Sunday Times du 22/3/09
(Traduction Horizons et débats)

Note du traducteur:
Optimum Population Trust est l’un des principaux groupes de réflexion du Royaume-Uni, qui, selon sa propre description, s’intéresse à l’impact de la population croissante sur l’environnement. (Source: google: Windows live).

Sur le même sujet, lire également « Les oligarques prévoient le génocide de deux tiers de l’humanité  »

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sept 10 2009

« Les oligarques prévoient le génocide de deux tiers de l’humanité  » (Kevin Trudeau)

L’entrepreneur milliardaire Kevin Trudeau, constamment chicané pour avoir promu des traitements de santé alternatifs et accusé par la Federal Trade Commission (FTC), a rapporté dans le cadre du show d’Alex Jones que des membres élitistes de Bilderberg à qui il avait parlé en personne souhaiteraient et aimeraient que les deux tiers des «humains stupides» soient balayés de la surface de la planète.

bilderberg

Trudeau a concédé qu’il avait dernièrement été en Grèce et a insinué qu’il avait participé à la réunion du groupe Bilderberg. Il a déclaré qu’il connaissait personnellement un grand nombre de membres et qu’il «s’entretenait avec eux à des intervalles réguliers.»

La surpopulation est un défi principal de l’élite et a fait le sujet d’une rencontre clandestine qui a eu lieu récemment à New York, et où ont participé des «philanthropes» milliardaires. L’élite décore son programme d’une rhétorique humanitaire; ils disent que c’est nécessaire de réduire de manière naturelle la population mondiale par le biais de la contraception et de l’instruction. Par contre, son programme provient en réalité de la pseudoscience inhumaine de l’eugénisme comme nous l’avons largement documenté. L’eugénisme a prospéré d’abord en Grande-Bretagne, et ensuite dans l’idéologie préconisant la supériorité de la race et des gènes, adoptée par les nazis avec l’aide financière de David Rockefeller.

«Un certain nombre de ces entretiens ont lieu sur le yacht long de 200 pieds au large de Monaco. Vous ne pouvez pas croire ce qui s’y trame réellement à huis clos», a déclaré Trudeau, en soulignant le fait qu’Alex Jones avait démasqué de tels états de choses dans ses films documentaires, notamment dans le film «Fin de partie». Le milliardaire a dit qu’il avait récemment passé quelque temps avec le prince Albert II de Monaco.

Trudeau a déclaré que les élites auxquelles il avait parlé pensaient que leurs projets étaient pour le bien majeur de l’humanité, mais qu’ils croyaient qu’il y a deux catégories d’hommes sur terre, l’élite et les «abeilles ouvrières» et que l’élite ne se définissait pas forcément par l’argent ou la puissance, mais par ses ori­gines génétiques.

Trudeau a révélé des détails forts choquants sur les entretiens qu’il a eus avec les élites et où celles-ci ont avoué sans vergogne leur désir de voir la population globalement et massivement réduite.

«Sur des bateaux au large de la côte de Barbados, j’ai été avec les types qui di­saient qu’il fallait débarrasser le monde de deux tiers de ces humains stupides – j’ai assisté à leurs meetings», a dit Trudeau en ajoutant que ces paroles n’avaient pas été prononcées méchamment, mais tout à fait concrètement, sous le prétexte qu’il s’agissait du bien-être de la planète Terre.

Trudeau a révélé que les élites considèrent Alex Jones comme objet de scandale, mais qu’ils le tolèrent parce qu’ils pensent que Jones tout aussi bien que Trudeau lui-même «désensibilisent» les hommes face à de telles réalités, ce qui serait en faveur des élites. «On m’a dit que par conséquent on continuerait à m’inviter sur les yachts», a ajouté Trudeau.

Trudeau pense que les élites sont partagées en deux camps, une fraction plus importante qui se «croit, grâce à ses gènes, supérieure au reste de la population» et l’autre fraction réduite, constituée de personnes plus jeunes qui fournissent des informations à Trudeau et qui «sont parvenus à la conclusion que quelques hommes sont plus intelligents, plus doués, principalement plus motivés à travailler que d’autres, […] mais que tout un chacun devrait pouvoir réussir ou échouer selon ses propres choix et initiatives. Trudeau a ajouté qu’à ce point-là une scission au plus haut niveau était en train de se faire.»

Nous invitons instamment tout le monde à écouter l’interview de Kevin Trudeau sur You Tube, car elle est bourrée d’informations les plus incroyables sur l’état d’esprit et les idées d’avenir propres à l’élite, surtout en ce qui concerne l’économie.

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