Category: Démocratie

août 31 2010

L’avenir de « l’ordre mondial » se construit sur nos vies

Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prévoient les pires scénarios. Après la pause estivale, il est à craindre que la crise économique ne connaisse une nouvelle phase. Mais l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ne serait-elle pas le moyen de reconfigurer notre monde, et l’Occident en premier lieu ?

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Lors d’un discours devant la Chambre de Commerce de San Antonio, le 29 juillet, Richard Fisher, président de la Réserve fédérale de Dallas (une des 12 branches régionales de la Fed), a décrié l’impasse monétariste dans laquelle sont pris les Etats-Unis, et donc, par extension, le monde. Déjà, au printemps, Fisher s’était fait remarquer en soutenant le retour à la Loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt et l’interdiction des produits dérivés. D’après le reporter du SanAntonio Express-News présent sur place, Fisher a déclaré qu’il n’était pas possible pour la Fed d’émettre de la monnaie pour tenter de combler le déficit américain. « On sait ce qui arrive lorsque les banques centrales accèdent à ce type de demandes : cela nous embarque sur la pente glissante de la dévaluation de notre monnaie et nous met sur les rails de l’hyperinflation et de la destruction économique. Ni mes collègues ni moi ne sommes prêts à nous risquer sur cette voie. »

Apparemment, il ne doit pas considérer le gouverneur de la Fed comme un de ses collègues puisque Ben Bernanke, comme son confrère européen Jean-Claude Trichet, argue que les injections massives de liquidités sont nécessaires pour la « stabilité ». En réalité, les échanges interbancaires sont au point mort, et si les banques fédérales venaient à cesser leur soutien, c’est toute la machine financière mondiale qui se gripperait. Cela risque bien d’arriver d’ici novembre prochain, car il est désormais impossible que l’Espagne puisse faire face à ses échéances, et sa dette publique et privée cumulée pourrait à elle seule engloutir le plan d’aide européen de 750 milliards d’euros.

Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement »

Le dernier rapport de la Fondation Rockefeller, publié il y a deux mois, n’y va pas par quatre chemins, et prévoit des « années de malheur ». Le document, intitulé « Scénarios pour l’avenir de la technologie et le développement global », prédit un cataclysme économique qui entraînera des guerres civiles puis un effondrement des civilisations.

Des événements dévastateurs comme le 11 septembre, le tsunami en Asie du Sud en 2004, ou le tremblement de terre en Haïti en 2010, ont préparé les mentalités à des catastrophes inattendues,mais certainement pas à une succession sans relâche de catastrophes encore plus considérables. Quoique les catastrophes dont nous avons connaissance actuellement, tels les incendies en Russie ou les inondations au Bouthan et au Pakistan en paraissent un avant-goût.

L’étude décrit également les nations perdant le contrôle de leurs finances publiques et une incapacité à gérer l’ordre et la stabilité provoquant toujours plus de violence, de criminalité et de troubles au sein de la société. Vers 2020, il n’y aura plus de distinction entre « pays développés » et « pays en voie de développement ». Les gouvernements ne pourront plus surveiller, identifier ou restreindre ces activités illégales, indique le rapport, d’où la nécessité de mettre en œuvre un système de sécurité hautement sophistiqué afin de contrôler les intégrants du réseau ainsi que leurs activités à l’extérieur dudit réseau (Internet). « La différence entre les nantis et les plus défavorisés sera de plus en plus grande. Les plus riches auront encore les moyens financiers de se protéger. Les quartiers privés et sécurisés fleuriront partout dans le monde. Ce seront des sortes d’îlots entourés de bidonvilles. (…) Il sera de rigueur non pas de construire une maison, mais bien une forteresse avec de hauts murs et protégée par du personnel armé provenant d’entreprises de sécurité privées » précise encore la Fondation Rockefeller.

Les technologies de vérification de l’identité deviendront une routine de la vie quotidienne. Une base de données d’enregistrements de rétines, volée par des pirates en 2017, sera utilisée pour créer de nombreuses fausses identités dans le milieu des années 2020.


NOTRE MONDE EST UN JEU
envoyé par Mecanopolis.

En ligne de mire, « la société 20/80 »

Tandis que la technologie Internet est diabolisée dans ce scénario d’anticipation, l’étude de la Fondation mondialiste prévoit également une explosion sur le marché noir de récoltes d’aliments produits à partir d’OGM, appelés ici et pour l’occasion « progressistes », par les masses populaires décimées et appauvries.

Mais le rapport de la Fondation Rockefeller préconise également des solutions pour contenir les populations plongées dans la pauvreté : le « fearmongering » (propagande de la peur), qui peut être utilisé à propos du changement climatique, des catastrophes naturelles ainsi et des attaques terroristes à grande échelle comme « outil de contrôle des populations ». « Choc des civilisations », « axe du mal », « islamo-fascisme », « sécurité intérieure »… Ces slogans et scénarios catastrophes ne sont pas nouveaux, et ils ne visent qu’à obtenir un consentement général afin de remodeler l’économie mondiale dans le but de la rendre plus efficace et sous le contrôle d’une oligarchie financière totalitaire. En 1995 eut lieu le premier State Of The World Forum,à l’Hôtel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre était d’analyser l’état du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de définir la politique globale utile à leur mise en œuvre. Les dirigeants réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George H.W. Bush, Margaret Thatcher, Zbigniew Brzezinski, Vaclav Havel, Bill Gates,Ted Turner, etc.) sont parvenus à la conclusion que l’arrivée de la dénommée « société 20/80 » était inéluctable, à savoir celle dans laquelle le travail de 20 % de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l’appareil économique de la planète. La population restante (80 %, donc) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.

Tittytainment

C’est ici qu’entre en jeu le « tittytainment », concept de Zbigniew Brzezinski, présenté lors de la réunion à l’Hôtel Fairmont. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrôler leurs frustrations et protestations prévisibles. Brzezinski définit le « tittytainment », comme une combinaison des mots anglais : tits (« nichons » en jargon américain) et entertainment qui, en aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles,mais au contraire comme allusif à l’effet soporifique et léthargique que l’allaitement maternel produit chez le bébé quand il tète.

Puisque nos « élites » projettent de longue date d’établir cette loi de Pareto en véritable modèle de société,nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gêneront pas pour utiliser des moyens peu scrupuleux afin de mettre en œuvre une méthode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Entre autres,la détérioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisé tant de secteurs rentables et nationalisé tellement de secteurs coûteux, que les budgets de la Sécurité sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la médecine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la médecine soit majoritairement une affaire privée et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en début de privatisation, et qui sait ce qui sera enseigné dans les écoles lorsque ce processus aura abouti…

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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(Titre modifié par Mecanopolis)

août 26 2010

Les pays européens pauvres privés de droit de vote à Bruxelles ?

La récente menace de l’agence de notation Moody’s de dégrader la note de la dette souveraine des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, moyen de redonner un coup d’accélérateur à la reconfiguration mondiale de l’économie ? Explications.

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Dans son rapport, publié le 18 août dernier, Moody’s ne se fonde pas uniquement sur l’ampleur de l’endettement accumulé, mais sur la capacité des États à payer la charge de la dette en cas de chocs : panne de croissance, moindres rentrées fiscales ou remontée spectaculaire des taux d’intérêts. C’est donc la marge de manœuvre des États-Unis et de l’Europe pour assumer le seul paiement des intérêts sur leurs emprunts qui se retrouve dans le collimateur. Le remède préconisé par l’agence passe par la mise en place de programmes crédibles de redressement des finances publiques à moyen terme.

Par un hasard pour le moins surprenant, ce même 18 août, Nicolas Sarkozy convoquait au Fort de Brégançon François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin pour une réunion consacrée à la croissance et aux déficits publics. La menace de la dégradation de la note de la dette de la France ne manquera pas de constituer un argument majeur pour la mise en place du plan de bataille de la réforme des retraites. Mais ce n’est là que le premier volet de toute une série de mesures d’austérité qui vont devoir – et c’est le sens de la mise en garde de Moody’s – être simultanément appliquées à l’ensemble des pays européens.

Un “gouvernement économique” des plus flous…

C’est ce que prépare Hermann van Rompuy, le président du Conseil européen, avec son groupe de travail (“task force”) sur le “renforcement de la gouvernance économique et de la discipline budgétaire au sein de l’Union”, qui rendra son rapport pour la fin du mois d’octobre prochain. Même si le flou demeure actuellement sur la notion de “gouvernement économique”, et des modifications nécessaire qui seront faites aux traités actuels pour lui donner une existence juridique, on peut déjà entrevoir les mesures qui seront imposées, non plus aux seuls pays de la zone euro, mais à l’ensemble des pays membres de l’Union.

À brève échéance, il faudra éliminer toute disparité entre pays membres. Par exemple, la sécurité sociale à la française n’est pas compatible avec le régime des assurances maladies privées de l’Allemagne. Bien sûr, cette intégration des économies se fera par le bas, puisqu’il convient d’améliorer la “compétitivité” et non la justice sociale. Comme l’indiquait Christine Lagarde il y a quelques semaines, alors qu’elle rencontrait son homologue allemand : « La cure passe par des procédures budgétaires croisées, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgétaire ».

C’est en fait l’ensemble des mesures qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.) qui doivent maintenant être élargies à l’ensemble des pays de l’Union. Les pays qui n’arriveront pas, à moyen terme, à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

En guise de conclusion – tout à fait provisoire – nous vous livrons ici quelques mots que nous adressait Pierre Hillard, essayiste et docteur en sciences politiques, dans un récent courrier. L’occasion d’exprimer assez précisément un sentiment qui pourrait bien devenir notre triste réalité d’ici quelques semaines :“Humainement, nos ennemis ont gagné la partie. Nous allons être fixés sur notre sort très rapidement. En fait, déjà d’ici la fin de l’année.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources


août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

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Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la théorie du pétrole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pétrole fournit aux USA, les élections présidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 12 2010

Le temps est venu de préparer l’action

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Sur la terre ravagée par mille catastrophes savamment provoquées, une guerre est déclarée contre chaque être humain. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui instrumentalise partout la peur dans l’unique but de reconfigurer l’économie mondialisée. Ce qui est récemment arrivé à la Grèce nous arrivera bientôt à tous : c’est la tiers-mondialisation de l’Europe qui est en marche.

Désormais, seul l’inconcevable commande. Mais l’inconcevable, c’est aussi la révolte du petit nombre de ceux qui, ayant réussi à franchir eux-mêmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’être et le non-être, se trouvent déjà en état d’assumer la tâche de veiller sur le nouveau recommencement de la révolution.

Nos camarades du mouvement Désobéissance Civile ont compris cela mieux que quiconque. De toutes nos forces, avec nos moyens pourtant dérisoires, nous soutiendrons leur action. Rien n’est plus important, car le temps est maintenant venu, sans plus tarder, de préparer l’action.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis



Le temps de l’action
envoyé par Mecanopolis.

Ne soyez plus spectateurs !

Par Désobéissance Civile

La situation économique, politique, écologique, humaine en ce début du XXIème siècle est une catastrophe pour qui a le courage de regarder la réalité en face: inégalités à tout niveau entre le Nord et le Sud, société basée sur le profit et la surconsommation, hommes réduits à l’état d’esclaves et de consommateurs (servitude moderne), guerres factices visant à favoriser le commerce des armes et la domination de l’Occident, domination des lobbies, manipulation des médias, politiciens et organismes internationaux (OMC, FMI, OTAN…) au service des multinationales, mise en œuvre des gouvernement par tous les moyens pour imposer la gouvernance mondiale (NWO), soumission des ex pays souverains d’Europe à l’Union Européenne …

« Désobéissance Civile Belgique » (DCB) est un groupe indépendant, refusant toute étiquette politique, qui vous propose de lutter pacifiquement, mais fermement, contre tout ce que le système a de négatif par la non soumission aux lois allant l’encontre de l’intérêt général et par des actions concrètes. Quand un infime pourcentage de la population mondiale détient le monopole sur la quasi totalité des richesses de la planète, quand les dirigeants n’ont aucun respect pour la vie, quand la société ne soucie plus de l’avenir de ses enfants, de l’avenir des générations futures, la désobéissance civile n’est plus un droit, elle est un devoir.

Parce que nous pensons que chaque être sur terre a droit à un minimum de respect, que tout homme, femme, enfant a droit à l’enseignement, à un logement décent, à un emploi correct, à une pension, à des soins de santé gratuits, parce que nous avons l’orgueil de penser que notre société peut être basée, non pas sur la compétition, la domination et le profit, mais sur la collaboration, le soutien mutuel et le partage, parce que nous pensons que nous somme tous égaux, que chaque homme a droit à la liberté, à la démocratie (participative), à choisir son destin, parce que nous pensons que la vie n’est pas à vendre, nous sommes entré en “résistance” contre cette société égoïste où tout est basé sur l’individualisme et le profit, quelles qu’en soient les conséquences pour les plus faibles.

Pour ce faire, nous employons et emploierons tous les moyens qui sont à notre disposition: interventions intempestives lors de meetings officiels, manifestations, distribution de tracts, support de diverses ONG (Amnesty, HRW…), collaboration avec des groupes partageant nos idéaux, actions de protestation (bâchages de panneaux publicitaires, déversement de stocks de journaux publicitaires, blocage de transports nucléaires…), boycott d’élections…

Si vous aussi vous désirez prendre part à ce combat, envoyez votre prénom et votre adresse email à desobeissance-civile-belgique [at] hotmail.com ou rejoignez-nous sur facebook. Vous serez averti automatiquement de nos futures actions publiques, réunions… et pourrez prendre part au changement de la société avec nous. Ne soyez plus spectateur, devenez acteur !

Thierry Duriau, pour Désobéissance Civile



La révolte qui vient
envoyé par Mecanopolis. – L’actualité du moment en vidéo.

août 12 2010

Où la crise financière nous mène-t-elle ?

Selon les médias, l’épicentre de la crise financière semble passer des Etats-Unis en Europe. Chacun parle de crise grecque et de crise de l’euro. Les rapports des politiciens et journalistes reflètent une vue à terme toujours plus court. La science semble désemparée et ne donne, en aucun cas, d’orientation convaincante. Sur les marchés financiers, les opérateurs réagissent plutôt qu’ils n’agissent. Ils sont guidés par des forces et des évolutions qu’ils ne peuvent ni prévoir, ni discerner, ni comprendre. Les résultats correspondent à cette situation.

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1. Genèse de la crise financière

Si l’on veut évaluer une situation extraordinaire et y mettre fin, il faut définir auparavant sa cause avec précision.

Ce qui se présente à nos yeux comme crise financière est l’éclatement partiel d’une bulle financière qui s’est formée pendant des décennies et la fin d’une prospérité monétaire apparente, avec toutes les fautes qui en résultent.

Depuis que le Système de réserve fédérale (la FED) a perdu, en 1971, l’étalon de change-or, la garantie de l’Etat et tous les engagements relatifs à la masse monétaire qui leur sont liés, ses propriétaires privés ont vu la masse monétaire se multiplier par quarante en 30 ans seulement – alors que la croissance des biens n’était que de quatre fois. La FED a donc inondé les Etats-Unis et le monde de dollars de plus en plus nombreux et dépourvus de valeur, qui ont abouti au lancement de produits financiers toujours plus volumineux et charlatanesques et qui ont été achetés et traités comme des valeurs apparemment sûres par les banques du monde entier, en raison de l’attribution d’attestations supérieures de solvabilité par les mêmes institutions. Ainsi, les groupes financiers dominants ont pu, grâce à des fonds constamment renouvelés, acheter des matières premières et des capacités industrielles dans le monde entier, réaliser des bénéfices toujours plus élevés, financer les guerres onéreuses et les déficits commerciaux toujours plus grands des Etats-Unis par des dollars venant d’être imprimés, les banques centrales et les banques privées du monde entier ont pu accumuler des quantités toujours plus volumineuses de dollars dépourvus de valeur et mettre la masse monétaire ­mondiale croissante en extase et provoquer prétendument un bien-être croissant.

Dans cette prospérité apparente, tous les Etats ont majoré leurs droits et pu répartir des prestations sociales toujours plus élevées. La masse monétaire croissante a masqué l’endettement toujours plus élevé de l’Etat et du secteur privé.

La bulle financière mondiale qui en a résulté ne pouvait pas gonfler indéfiniment et devait enfin être corrigée ou éclater. Il vient un moment où tout échange d’effets sans fondement matériel arrive à sa fin.

2. Evolution de la crise financière

La bulle financière a tout d’abord éclaté sur le marché immobilier des Etats-Unis, quand les prix des maisons ont commencé à baisser et que le service de la dette de crédits hypothécaires atteignant jusqu’à 120% du prix d’achat n’a plus pu être assuré. Lorsque la grande banque américaine Lehman Brothers s’est effondrée, les lois du marché auraient dû faire se dégonfler la bulle financière. Si l’Etat n’était pas alors intervenu, elles auraient fait en sorte

• que les produits financiers pourris soient considérés comme tels et dévalorisés,

• que les établissements financiers émetteurs ou détenteurs de produits financiers pourris subissent de lourdes pertes ou doivent déposer leur bilan,

• mais que de nombreux investisseurs privés en produits financiers «toxiques» réalisent aussi de lourdes pertes

• et qu’un tel dégonflement de la bulle financière la ramenant à la réalité provoque également la résiliation de crédits et un ­manque de liquidités dans l’économie réelle.

Le krach que nous avions prévu il y a déjà huit ans et même décrit dans un livre («Was passiert, wenn der Crash kommt?» Que se passera-t-il quand le krach éclatera?) a frappé de plein fouet un secteur financier surchauffé, mais aussi les finances publiques.

Dans cette situation, le ministre des fi­nances des Etats-Unis, Paulson (auparavant un des principaux auteurs de la bulle financière en tant que président de Goldman Sachs) a voulu éviter que ses collègues banqsters ne subissent des pertes, en constituant le plus grand paquet d’aide de l’Etat que les Etats-Unis aient jamais connu. Ce faisant, il a socialisé les pertes des banques spéculatrices et des autres spéculateurs et les a fait endosser par le contribuable. Mais il y a pire: Il a fait une tâche de l’Etat et du contribuable d’une correction nécessaire d’économie privée qui incombe à l’économie de marché. Il a imposé la même action dans tous les secteurs dominés par les Etats-Unis. En Europe, les satellites ont dû aussi assumer les plus grandes responsabilités de leur histoire pour appuyer les banques internationales prédatrices aux dépens de leurs contribuables. On est ainsi passé d’une crise financière privée mondiale à une crise des finances publiques.

3. Situation de crise

La reprise sans vergogne de dettes ban­caires par l’Etat a fait vaciller la confiance dans le dollar surtout. Les plus grands créanciers en dollars – les Chinois – ont dû être amadoués par une grande délégation gouvernementale des Etats-Unis et recevoir des garanties en argent pour éviter qu’ils n’inondent le marché de dollars dépourvus de valeur. Les Etats-Unis et leur haute finance ont dû lutter surtout contre le fléchissement de la confiance dans le dollar, car ils ont besoin quotidiennement de plus d’un milliard de dollars d’afflux de fonds de l’étranger pour continuer à financer leurs paiements de guerre et d’importations. Quand la Russie et d’autres pays ont commencé à refuser les dollars pourris et que d’autres créanciers privés en dollars ont échangé ceux-ci contre des monnaies plus solides – notamment des euros –, la haute finance et l’administration des Etats-Unis ont sonné l’alarme, le pays étant menacé de problèmes en matière de paiements.

Dans cette situation, l’euro aussi s’est affaibli soudainement – était-ce une manœuvre libératrice? –, parce que les agences de notation américaines ont rétrogradé la Grèce et fait un problème de ce pays conseillé et crédité, dans ses tromperies en matière d’euro, par la banque américaine peu reluisante qu’est Goldman Sachs.

Selon les lois du marché, la Grèce aurait dû alors déposer son bilan. Ce qui aurait surtout entraîné une perte de quelque 300 milliards dans les banques du groupe dominant de la haute finance.

Il n’est donc pas étonnant que la haute finance américaine ait exigé une deuxième fois que la responsabilité soit assumée par le contribuable et que la Commission de l’UE ait saisi cette chance unique d’étendre ses prérogatives, de s’emparer, sous prétexte d’aide solidaire, du dernier et plus important droit souverain des Etats membres européens, à savoir le droit de dresser leur budget. Ces deux groupes de pression ont, de concert, fait chanter la Chancelière fédérale d’Allemagne et même le président de ce pays. De cette façon, non seulement la crise financière des banques, à l’origine privée, a été socialisée par la garantie de l’Etat, mais aussi la crise financière d’un Etat membre a été socialisée, dans le cadre d’une responsabilité solidaire européenne, devenant le problème de tous les autres Etats membres, transformés en union de transferts. La situation se caractérise par le fait que non seulement les banques internationales spéculatrices restent vacillantes, parce qu’elles n’ont pas encore pu amortir la moitié de leurs produits toxiques, et que les marchés financiers demeurent submergés de produits douteux et qu’ils n’ont donc pas encore corrigé suffisamment la bulle financière, mais que la crise financière privée n’est plus limitée à un pays et s’est étendue à tous les Etats d’Europe par la reprise de responsabilités. Par conséquent, non seulement le marché financier privé doit encore être corrigé, mais aussi les finances publiques des Etats-Unis et de toute l’Europe doivent être adaptées.

4. Conséquences de la crise

Comme incontestablement l’accroissement débridé des masses monétaires américaines a provoqué le déferlement de dollars et leur dévalorisation, ainsi qu’une augmentation malsaine des masses monétaires du monde occidental, le rapport entre la masse monétaire et la masse de biens doit être corrigé dans l’ensemble du monde occidental, le secteur financier privé tout comme le secteur financier public doivent être assainis, les crédits et produits financiers peu solides du secteur privé gelés et l’endettement excessif du secteur public doit être réduit.

5. Alternatives théoriques de solutions

Théoriquement, on discerne des alternatives d’économie de marché et d’économie d’administration:

• Solutions d’économie de marché

Si les banques sont endettées excessivement ou qu’elles détiennent des papiers peu solides ou pourris, elles devraient être dévalorisées, certains de leurs comptes débités, le cas échéant leur bilan déposé selon les lois du marché. Dans ces cas, le dommage frappe surtout les propriétaires des banques, mais aussi leurs créanciers.

C’est pourquoi, lors de la crise ban­caire, les grandes banques internationales ne peuvent pas être traitées d’après les règles de l’économie de marché: Les propriétaires (haute finance) ne voulaient pas assumer les pertes, mais ils avaient une telle force politique, grâce aux gouvernements à leur main, qu’ils étaient en mesure d’imposer une solution non à leur charge, mais aux dépens de tiers.

Cependant, l’assainissement des banques internationales spéculatrices n’est pas terminé. Nous devons encore éliminer à peu près la moitié de leurs produits toxiques ou les parquer dans ce que l’on appelle les bad banks, de sorte que celles-ci devraient encore amortir des montants considérables, donc réaliser des pertes durant la prochaine décennie, selon les lois du marché.

Lorsque les Etats sont endettés excessivement et qu’ils ne peuvent plus recevoir de crédits, les lois du marché les obligent à se déclarer en faillite. L’Etat ne remboursera plus alors ses crédits, mais les gèlera à long terme ou forcera les créanciers à renoncer à une grande partie de leurs crédits, si bien que le solde de la dette et les intérêts restreints assureront à l’Etat une certaine liquidité. Les créanciers essuient toujours une perte lors d’une faillite de l’Etat. Telle est exactement la raison pour la­quelle la Grèce ne devait pas faire faillite. En effet, les créanciers étaient les mêmes ­banques internationales spéculatrices, en particulier Goldman Sachs, qui, lors de la première crise bancaire privée, avaient déjà pu répercuter leurs pertes sur le contri­buable. Durant la crise grecque également, ces banques ont mis à contribution leurs relations politiques. Pour ne pas devoir assumer les pertes en tant que banques créancières, elles ont invité les gouvernements européens à sauver la Grèce prétendument par solidarité européenne, mais en réalité afin de sauver les banques et d’essuyer leurs pertes. Merkel s’est défendue de manière désespérée, mais a dû faire face aux pressions du Politbureau de Bruxelles et a baissé les armes après un appel du président des Etats-Unis. Le président de la République fédérale d’Allemagne a été forcé de signer l’approbation du paquet de dettes après quelques heures d’examen. Visiblement honteux, il a démissionné.

• Solutions d’économie d’administration

Si le secteur privé ne doit pas perdre son sang et que ce sacrifice incombe donc au secteur public, il faut combattre la crise par l’économie d’administration. Lors de la première crise bancaire, l’intervention des Etats a empêché un krach à court terme, la réflexion selon laquelle des garanties de l’Etat étendent à long terme les corrections nécessaires d’économie de marché, permettant de gagner du temps, s’est révélée pertinente. Ainsi, en quelque deux ans, à peu près la moitié des produits financiers pourris a été détruite par des amortissements privés et publics, la force correc­trice du marché se montrant hésitante, mais exerçant ses effets.

On peut se demander s’il est responsable et rentable à long terme de sauver avec les deniers publics des banques internationales, telle la HRE (Hypo Real ­Estate Bank) pour épargner la perte totale aux propriétaires – la haute finance américaine – et gagner du temps pour la restructuration. La réponse définitive dépend du cours ultérieur de la seconde phase de la crise.

Toutefois, si les Etats ont essuyé les ­pertes des banques privées et/ou se sont endettés trop fortement, ils ne peuvent plus éviter leur propre assainissement. S’il n’y a pas de solution correspondant aux règles de l’économie de marché (faillite de l’Etat), la solution se basera sur l’économie d’administration. Théoriquement, il n’y a, là aussi, que deux possibilités:

La réduction des dettes de l’Etat par un assainissement budgétaire qui prendra la forme d’une augmentation des recettes et/ou d’une diminution des dépenses.

Théoriquement, il ne peut y avoir beaucoup de postes supplémentaires de recettes, car la plupart des Etats imposent déjà à leurs contribuables des charges à la limite de la tolé­rance. Cependant, il y a de nombreux postes de dépenses dans lesquels on pourrait théoriquement épargner. Par exemple, on pourrait diminuer les tâches de l’Etat en congédiant les dizaines de milliers de «chargés de» et leurs autorités; on pourrait tirer profit du fait de biffer des subventions comme celles accordées aux mines. En période de crise, les Etats ont toujours réduit les salaires du secteur public. Ceci serait également une possibilité d’assainissement. En Grèce, il a fallu même réduire de moitié l’effectif des serviteurs de l’Etat, parce que le gouvernement actuel les avait engagés sans tâche, sans poste de travail et sans objectif. On pourrait restreindre surtout les prestations sociales. Pourquoi devons-nous, contrairement aux autres démocraties, attribuer immédiatement à ­chaque immigré au chômage des prestations sociales? Et pourquoi payons-nous de telles prestations pendant toute la vie de l’intér­essé, voire à plusieurs générations? Songeant à l’après-guerre, où nous nous sommes rétablis grâce à notre épargne, nous disposerions de cette possibi­lité, théorique aujourd’hui. A vrai dire, on peut se demander si elle est réalisable socialement et politiquement.

L’éventualité d’un assainissement par les économies n’est pas sans conséquences. Si, par exemple, la Grèce voulait résoudre le problème de son énorme endettement uniquement par un plan de rigueur, le pays sombrerait dans la pire crise conjoncturelle de son histoire, cette dépression affecterait en outre ses partenaires commerciaux; et avant tout, en raison de l’importance des dettes, elle durerait plus d’une décennie, perspective qui paraît irréelle. Et si même plusieurs pays voulaient sortir de leur endettement en recourant aux économies, cela entraînerait en Europe, par exemple, une récession à long terme voire une dépression qui s’étendrait aux autres pays. Cela signifierait que d’importantes couches de la population s’appauvriraient et que la misère pourrait provoquer une ­guerre ­civile à laquelle aucun gouvernement démocratique ne pourrait résister. Tout ministre d’un gouvernement démocratique qui fait des économies doit démissionner. Il en a toujours été ainsi, si bien que les gouvernements démocratiques n’essaient même plus de pratiquer cette politique. Le ministre grec des finances a déjà fait savoir qu’il ne tiendrait pas ses promesses et qu’il ne prendrait pas de nouvelles mesures de rigueur.

La dernière solution de politique financière, entre une augmentation considérable de la masse monétaire et une réduction de la production de biens, consiste dans la dévaluation, donc dans l’inflation ou la réforme monétaire.

L’inflation a le grand avantage de se pro­duire insidieusement et de venir au secours de certains groupes de décideurs, avant tout de l’Etat, en augmentant les recettes fiscales et en dépréciant les anciennes dettes. Elle profite également aux entreprises en leur permettant d’imposer une hausse des prix. Les salariés et les ­retraités ne se rendent compte qu’après coup qu’ils y perdent.

Cependant la problématique de l’inflation consiste en ce que, dans les pays excessivement endettés, elle n’est efficace qu’à moyen terme et non pas à court terme. Il faut une inflation à deux chiffres pour alléger les dettes des Etats-Unis ou des pays méditerranéens: 3, 4 ou 5% sont insuffisants. Mais cela a pour effet de perturber, voire de détruire le ­système des taux de change. Au plan international, l’inflation entraîne une modification des flux de marchandises et des monnaies. Si l’inflation aug­mente, elle devient souvent impos­sible à maîtriser et débouche toujours sur une ré­forme monétaire. Elle ne permet donc pas un assainissement durable, ce qu’elle devrait faire si l’on voulait résoudre le problème de la dette.

Seule une réforme monétaire réduirait la dette publique à brève échéance et de ­manière durable. C’est pourquoi, après des guerres ou une mauvaise gestion économique, on a dans la plupart des cas essayé de remédier à un endettement public par une réforme monétaire. L’histoire en connaît plus d’une centaine.

Une réforme monétaire présenterait l’avantage théorique d’avoir un effet immédiat, que les perdants comme les gagnants auraient prise sur elle et qu’elle éviterait la récession ou la dépression parce que l’économie repartirait tout de suite après la dévaluation. C’est avant tout le dernier moyen théorique d’assainir les finances en cas de dette publique importante quand tous les autres moyens soit ont échoué soit sont impossibles politiquement.

Autres solutions pratiques

Comme dans le monde et aussi chez nous l’économie réelle fonctionne encore assez bien, qu’elle n’est guère touchée par la crise, les solutions concrètes doivent se concentrer uniquement sur les finances publiques et privées. Ces deux domaines sont gonflés artificiellement par la création de monnaie américaine. Dans les deux domaines, la bulle monétaire doit être corrigée, la masse monétaire et le volume des marchandises doivent être équilibrés. A cet effet, les solutions pratiques sont les suivantes:

Le principal responsable de l’explosion de la masse monétaire est le système de Réserve fédérale, qui montre qu’une banque centrale privée ayant le droit d’émettre de la monnaie est trop exposée aux abus pour maintenir constante la valeur de la monnaie. La FED doit par conséquent être nationalisée, devenir un organisme neutre consacré uniquement au maintien du pouvoir d’achat de la monnaie, comme le fut pendant des décennies de manière exemplaire la Banque fédérale d’Allemagne.

A vrai dire, la Banque centrale europé­enne devrait également se consacrer à cette mission dans la stabilité et l’indépendance politique. Or actuellement, son indépendance est menacée sous la pression des Etats-Unis et de la French Connection (Trichet/Sarkozy) qui cherche à soumettre les décisions ban­caires à sa politique et a mis fin à cette indépendance à l’occasion de la crise grecque grâce à des prêts de 750 milliards d’euros et le rachat d’emprunts grecs sans valeur (40 milliards d’euros). A vrai dire, l’Europe tout entière devrait protester vivement contre cette évolution funeste.

Les Etats-Unis et l’Europe ont choisi des moyens différents pour résoudre la crise de la dette publique: les premiers continuent d’augmenter de manière effrénée la masse monétaire alors que la seconde cherche à assainir les budgets publics par des plans de rigueur. Mais le ministre américain des finances, furieux, a exigé de Wolfgang ­Schäuble que l’UE mette fin à ses mesures d’économies. Selon lui, l’UE doit augmenter la masse monétaire, c’est-à-dire recourir à l’inflation, afin que l’euro ne soit pas plus stable que le dollar. Il sera intéressant de voir si les Européens vont une nouvelle fois obéir à l’Amérique ou oser suivre leur propre voie, la meilleure.

Cependant on ne sait pas au juste jusqu’où l’on peut aller avec les plans de rigueur. Jusqu’ici tous les gouvernements démocratiques qui voulaient prendre de sérieuses mesures d’économie n’ont pas été réélus. Le ministre grec des finances lui aussi a annoncé, après les protestations de la population, la fin du programme d’économies. La seule bonne solution, qui consiste à réduire le déficit public en diminuant la masse moné­taire est donc possible uniquement en théorie, mais pratiquement impossible à imposer politiquement.

Si l’inflation se produisait maintenant déjà, les intérêts devraient augmenter fortement et étrangleraient de nombreux budgets publics. Nous devons donc nous attendre à ce que pour l’instant les banques centrales créent de l’argent bon marché prêté à bas taux pour permettre le financement des budgets publics.

Mais argent bon marché signifie d’avan­tage d’argent et davantage d’argent, c’est toujours l’inflation. Nous devons nous attendre à de l’inflation prochainement aux Etats-Unis et un peu plus tard en Europe. Les Américains (Stieglitz) recommandent cette solution depuis longtemps parce que les Etats-Unis sont sortis deux fois, après les deux guerres mondiales, de la crise de l’endettement grâce à l’inflation. En revanche, en Europe, nous redoutons l’inflation à cause de ses effets redistributifs (transformation des valeurs monétaires en biens réels) et parce qu’en s’accentuant, elle bascule trop facilement dans la réforme monétaire. Cependant, sous la pression des Etats-Unis et à la suite de la mau­vaise politique de gonflement de la masse monétaire de la Banque centrale europé­enne, nous devons nous attendre en Europe également à une inflation grandissante.

Tous les politiques sont d’accord sur le fait que nos gouvernements et Etats ont été vic­times du chantage de l’industrie financière, en particulier de celle des Etats-Unis. On se rend compte combien Brzezinski a raison quand il indique que le gouvernement américain est régenté par la haute finance et qu’il doit imposer ses instructions aux pays vassaux. Le développement de l’industrie financière a entraîné un renversement des rapports de force traditionnels: Ce n’est plus la poli­tique qui domine l’économie mais l’industrie finan­cière et les grands groupes qui dominent la politique. Cette dernière doit à nouveau fixer des règles à l’industrie financière, reprendre le contrôle et empêcher les excès de la fi­nance.

Presque tout le monde est d’accord là-dessus mais les Américains et les Européens surtout débattent des moyens à mettre en œuvre. Notre ministre des finances veut instaurer une taxe sur les transactions financières pour disposer en tout temps d’un fonds permettant de refinancer les établissements en difficultés. Le ministre de l’économie Brüderle s’oppose à juste titre au plan du ministre des fi­nances car il grèverait à nouveau le budget des consommateurs (à l’instar de la TVA) et entraînerait une délocalisation des opérations financières si tous les pays important du monde n’adoptaient pas la même mesure. Tant que le gouvernement américain piloté par l’industrie financière ne collaborera pas, cette solution restera inapplicable.

Toutefois l’Allemagne a interdit à juste titre le négoce des produits dérivés et des opérations à découvert. Mais cette mesure également est torpillée par la finance américaine parce qu’elle empêche le gouvernement de prononcer une telle interdiction.

Finalement, il a été proposé que les ­banques augmentent leurs fonds propres et cotisent à un fonds qui puisse, au lieu de l’Etat, leur venir en aide en cas de difficultés. Le gouvernement américain a introduit une mesure semblable. Mais elle ne déploiera ses effets qu’à long terme.

Les experts financiers proposent qu’à l’avenir, les problèmes de surendettement et de liquidités des banques aboutissent à des dépôts de bilan ou à des reprises par l’Etat afin que, comme lors de la première crise bancaire, les actionnaires ne s’en tirent pas sans dommages au lieu d’être les premiers à les supporter. Mais on peut douter que cette mesure judicieuse puisse s’imposer contre la suprématie mondiale de la haute finance américaine. Lors de la première crise déjà, d’anciens membres de cette haute finance (le ministre des finances Paulson) ont épargné les actionnaires en reportant les pertes sur les contribuables. On a eu recours à la même astuce avec l’aide accordée à la Grèce.

Il existe donc de nombreux moyens pra­tiques de résoudre l’actuelle crise des fi­nances publiques et privées mais malheureusement elles ne sont pas toutes applicables poli­tiquement ou contre le pouvoir de la haute finance, si bien que les solutions praticables sont peu nombreuses.

Comment la crise va-t-elle évoluer?

Jusqu’ici, les propositions de solutions visant à résoudre les problèmes n’ont pas eu de succès. Plus de la moitié des produits financiers pourris et les dettes publiques, en particulier aux Etats-Unis, doivent encore trouver une solution. Nous devons donc nous attendre à une seconde phase de la crise «(double dip)». Le dollar a besoin d’une nouvelle correction drastique. La confiance dans le billet vert a été ébranlée à la suite de la très mauvaise gestion de la crise par la FED et par les grandes banques américaines. Actuellement, le dollar n’est plus accepté que parce que les Américains ont provoqué une crise de l’euro et ont également ébranlé la confiance dans cette monnaie. Cette manœuvre de diversion ne va pas être longtemps efficace. Les Etats-Unis sont non seulement surendettés mais menacés d’insolvabilité. Toutefois, leurs guerres et les engagements qu’ils ont contractés pour leurs importations nécessitent plus de 360 milliards de dollars sous forme de devises ou d’argent de la FED pour maintenir leur solvabilité. A défaut, la faillite et une réforme monétaire seront inévitables.

Toutefois, les Etats-Unis ont pu deux fois déjà utiliser une grave crise pour faire repartir l’économie en participant à des guerres mondiales, en vendant du matériel de guerre et en tirant profit du butin de guerre (or allemand, brevets allemands et coût de l’occupation). Cela pourrait les inciter à recourir aux mêmes moyens maintenant. Après tout, les préparatifs de guerre contre l’Iran sont terminés; il ne manque plus qu’un second 11-Septembre.

L’inévitable réforme monétaire aux Etats-Unis pourrait être quelque peu retardée par la guerre, mais après, elle devrait être plus profonde.

En Europe, nous avons résisté sans trop de mal, quoique au prix fort, à la première crise bancaire et nous aurions été sur la voie du rétablissement si la crise grecque n’avait pas incité pour la seconde fois les politiques à mettre les dettes bancaires sur le dos des contribuables et à assumer une responsabilité réciproque pour les pays malades de l’UE (union de transfert). Ces mesures financières tout à fait irresponsables ont été prises ces derniers mois. Nous avons repoussé à plus tard et pris à notre compte la faillite d’un pays mais nous avons provoqué ainsi dans d’autres pays un endettement tel qu’il ne pourra probablement pas être résorbé par les économies ou l’inflation.

On se rend compte maintenant que la prétendue «solidarité européenne» est utilisée par les paresseux, ceux qui manquent de sérieux ou les criminels pour exploiter ceux qui sont assidus, sérieux et honnêtes. Cela pourrait entraîner l’éclatement partiel ou total de la zone euro, voire peut-être de l’Union européenne.

Laisser la Grèce se déclarer insolvable (faillite d’Etat), aurait été la solution la plus simple, la plus sérieuse et la moins coû­teuse. L’agitation fébrile de nos politiques n’a pas résolu le problème, il n’a fait que reporter sur les contribuables les dommages causés par les banques, en tout cas pour les Allemands. Ces deux prochaines années, nous aurons en Europe de graves problèmes financiers, peut-être en même temps que les Etats-Unis ou après eux et peut-être une réforme de l’euro.

Mais il se peut qu’une opération brève et douloureuse comme une réforme monétaire nous épargne une récession ou même une dépression.

Eberhard Hamer

Traduit par Horizons et Débats

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation boréale, est un évènement littéraire majeur qui a bien sur été totalement occulté par les « médias autorisés ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet écrivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous présentons, en exclusivité, un chapitre complet de La confirmation boréale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il été de la fin abrupte du communisme soviétique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planétaires : sans la moindre intervention visible venant de l’extérieur de ce qui était en train de se passer au moment décisif, sans absolument aucune raison objective, à l’heure prévue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en était produit comme un brusque effondrement total, de l’intérieur de celui-ci, comme un soudain éclair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessé d’exister, s’est trouvée comme aspirée par le néant qu’elle portait secrètement en elle, instantanément. Et tout à fait définitivement, sans trêve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette même nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanée, mystérieuse dans ses apparences, vient également de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique européenne. Disparues, dans le néant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes démocraties chrétiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être évanoui le grand rêve impérial européen du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-même, éclaté, de l’intérieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mêmes de leur pouvoir, à l’heure présente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-démocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installée partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgré tout, elle-même, désormais, à la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment à l’autre, à son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest à Lisbonne, un immense désert vide, calciné, morne, immobile, « suintant des maléfices secrets, imprévisibles », s’étend au comble de la désolation, au comble de l’impuissance. L’histoire démocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, désormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espérance ni plus aucune attente légitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, précisément, l’ontologie de l’auto-destitution instantanée de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était déjà vu avec l’auto-destitution politique de l’Union Soviétique, ou avec le mystérieux évanouissement sur place des démocratie chrétiennes européennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontée paroxystique de l’Être originel, d’une émergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermée sans recours puisse également avoir, lieu, à tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion à un travail de recherche politico-révolutionnaire que je faisais paraître, en 1976, sous le titre de La ligne géopolitique de l’URSS et le « projet océanique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placé, prophétiquement – à présent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualité me paraît tout à fait saisissante, plus que jamais immédiatement opératoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intériorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est là – qui, en Union Soviétique, finira par l’emporter, à l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitôt à changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face même de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaître, en son sein, la volonté de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-là ? Inéluctablement, à l’heure prévue. »

Or c’est très précisément l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prêts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualité politique européenne immédiate dans le sens de son retour révolutionnaire à l’Être, fournir – au-delà de l’actuel désastre de celle-ci – sa forme ontologique décisive à un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique européennes, de leurs structures d’affirmation et de présence agissante propres, renouvelées depuis leurs profondeurs originelles retrouvées.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opérationnels, celui de l’acte même de la mise en piste du projet impérial final, concernera la création de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pôle européen grand-continental impérial à venir. Ne devant pas comporter d’intégration politique à proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence définitive et totale de la communion de destin – de la prédestination – des trois pays du pôle fondationnel grand-continental mobilisés en avant par une même vision impériale irrévocable, par la décision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opérationnel de l’édification révolutionnaire impériale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la réduction définitive de la conspiration démocratique mondialiste menée par la « Superpuissance Planétaire des États-Unis » et la libération révolutionnaire de celle-ci, la double instance géopolitique intégrée des deux Amériques, l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord. Le troisième stade impérial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel Planétaire unifié, entité suprahistorique, transcendantale, placée sous la lumière révélatrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de Sécession, ce sera la majorité nationale oppressée de la Superpuissance Planétaire des États-Unis, sa majorité « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’héritage européen en continuité, qui va devoir l’emporter, irréversiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matérialiste du continent nord-américain.

Et ce sera la mission prédestinée de l’Amérique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion révolutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura déjà su faire, accomplir sa propre intégration continentale, que de soutenir, politiquement et stratégiquement, l’effort de la majorité nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage révolutionnaire final du continent nord-américain lors de la deuxième Guerre de Sécession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets révolutionnaires permanents des Forces Armées de l’Union Soviétique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage à l’histoire visible, active, depuis déjà les années 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur présence combattante, de leur volonté d’affirmation politique propre, non pas contre l’État Soviétique, mais confidentiellement au sein même des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-révolutionnaire immanente des Forces Armées de l’Union Soviétique, doctrine qui est allée en se précisant d’une manière de plus en plus décisive à partir des années soixante, et dont les thèses géopolitiques de base se sont trouvées confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait définitivement compté pour toute une génération de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviétiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le général-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers géopoliticiens de l’URSS, peut-être même le premier de tous ». Aussi, sur le général-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest écrira-t-il que celui-ci « appartient à un clan d’officiers supérieurs, certainement « soviétiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelé à dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural à Brest, mais de l’Oural à la Mongolie, de la Centre-Asie à la Méditerranée. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventé, de 1948 à 1952, non l’invasion éventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpénétration économique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, à Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait déjà qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratégique de couvrir les flottes que commençait à développer l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour déboucher de la Mer Noire vers la Méditerranée. » La puissance visionnaire de la géopolitique d’avant-garde du général-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la démarche active des positions géopolitiques armant les bases idéologiques révolutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinées, le projet impérial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des années soixante, le maréchal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major Général de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intégrale » et de la « mobilisation générale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviétique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » présent, et confidentiellement à l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manqué de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprêtait à passer à l’offensive finale, décisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces Armées soviétiques en place, agissant au cœur même du pouvoir soviétique, qu’elles comptaient changer de l’intérieur. D’où, alors, presque sur le coup même, le limogeage du maréchal N. V. Ogarkov, rentré provisoirement – mais ne faut-il pas plutôt dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en était pas encore tout à fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eût impliqué et, du coup, rendu irréversible sur le plan encore non entamé des grandes stratégies politico-militaires soviétiques renouvelées par la reprise à découvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas là seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nécessité de l’intégration à part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine révolutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en même temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la création – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait être que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

Publié sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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juin 15 2010

Grèce : après les mesures d’austérité, la privatisation des services publics

Alors que l’agence de notation Moody’s a fortement dégradé lundi la note de la dette souveraine de la Grèce en l’abaissant de quatre rangs, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) et de l’Union européenne s’est rendue à Athènes pour étudier les efforts déployés par les autorités afin de sortir le pays de la crise financière.

Après avoir promulgué une série de mesures d’austérité douloureuses, en procédant à des coupes dans les retraites et les salaires et augmentant les taxes indirectes, le Premier ministre socialiste Papandréou s’apprête a privatiser des pans entiers des services publics grecs.

Mecanopolis

athenes

Dans le cadre du Mémorandum conclu avec le FMI, le gouvernement grec prépare un vaste programme de privatisation des entreprises de service public. Les privatisations annoncées concernent, jusqu’à aujourd’ hui:

1. L ‘entreprise publique ferroviaire OSE.

2. Les compagnies d’eau d’ Athenes et de Thessalonique (EYDAP et EYATH).

3. L’entreprise d’électricité PPC (DEI), le secteur du gaz naturel (DEPA) et du raffinage (ELPE).

4. Probablement les parts restantes dans le capital de l’ex-entreprise publique de télécommunication OTE.

5. Les ports, aéroports et autres infrastructures publiques.

Dans le but de promouvoir la concurrence dans le secteur de l’énergie, des augmentations de 30% sont déjà annoncées sur les tarifs des petits consommateurs (ménages) afin de supprimer les « distorsions » du marché (les subventions croisées) qui empêchent PPC de concurrencer les nouveaux entrants sur le segment des entreprises industrielles et commerciales (parmi lesquelles figurent des multinationales de l’énergie et des entreprises privées grecques).

Dans le secteur de l’eau, il est envisagé de procéder par délégation de service public ( « concession » ) impliquant aussi très probablement des multinationales de l’eau (Suez est déjà présente dans le capital de EYATH).

Dans le secteur ferroviaire, des suppressions massives d’itinéraires sont prévues en parallèle avec le développement de la concurrence sur les segments rentables.

Les partenariats publics-privés sont aussi privilégiés par le Mémorandum du FMI. Dans tous les secteurs, la dissociation réseau-services est en voie ou déjà réalisée.

Ces mesures viennent achever les programmes de privatisation et libéralisation engagés depuis la fin des années 1990. Il est important de souligner le fait que malgré l’ampleur des changements déjà réalisés, aucune véritable mesure de compensation (obligation de service public, service universel, etc) n’a été encore prise ni même envisagée…

Par conséquent, la commercialisation des services publics est créatrice de déséquilibres sociaux, économiques et territoriaux grandissants en ce qui concerne les conditions d’accès et d’usage des ces services fondamentaux.

Ces politiques viennent s’ajouter aux mesures de réduction drastique des salaires et des retraites, à la réforme radicale du système de protection sociale, à la baisse des dépenses publiques, à l’augmentation des taxes indirectes, à la flexibilisation du marché du travail (hausse des licenciements, baisse des indemnisations) qui plongent l’économie dans la récession et le chômage (prévisions de + 15%) qui réduisent le pouvoir d’achat des salariés (malgré le recul de l’activité l’inflation est rampante en raison de la concurrence oligopolistique) et qui annoncent la paupérisation d’une partie de la société grecque (les prestations sociales étant particulièrement insuffisantes en Grèce).

Yannis Eustathopoulos
Économiste-Chercheur
Athènes / Grèce

Merci à Julien Teil de nous avoir fait parvenir ce document

juin 03 2010

La « BioDynamic Signature » détrône la puce RFID

Les puces RFID appartiennent déjà à la préhistoire de la biométrie. Une nouvelle technologie, appelée « BioDynamic Signature », mise au point par une société israélienne, permet d’ores et déjà de relever l’emprunte magnétique d’un individu. Plus besoin de puce électronique, car ce sont les signaux électro-physiologiques que votre corps émet qui permettent de vous identifier.

BDS

C’est une dépêche anodine de l’AFP, dont nous reproduisons le fac simile ci-dessous, qui annonce la mise au point d’une nouvelle technologie, appelée « BioDynamic Signature (BDS) », par l’entreprise israélienne IDesia, dévoilée ce jeudi à Taipei lors du Computex, l’un des plus grands salon informatiques du monde.

L’article de l’agence de presse présente la BDS comme une avancée médicale qui devrait permettre à chacun «  d’évaluer stress et humeur ». Il suffira pour cela de « saisir deux capteurs à la forme similaire à une souris pour mesurer précisément son activité cardiaque. » Des relevés qui devront être « combinés aux données personnelles du patient », comme l’âge par exemple, et qui permettront de calculer son niveau de stress.

Dépêche de l’AFP. Cliquer sur l’image pour l’agrandir :

idesia

C’est pourtant à un tout autre usage qu’est en réalité destinée la technologie « BioDynamic Signature ». IDesia travaille à ce projet d’identification biométrique depuis 2006. Il s’agit de pouvoir relever l’emprunte magnétique d’un individu au moyen des signaux électro-physiologique qu’il émet. « Personne n’avait encore jamais réussi à créer un système biométrique qui permettent d’authentifier passivement un individu, par un simple toucher sur du métal ou un matériau conducteur », déclare le Dr Daniel Lange, inventeur du BDS, dans la plaquette technique d’IDesia que nous nous sommes procuré (1).

Le procédé est simple, mais redoutable : on prélève d’un individu une sorte de code génétique magnétique et il est ensuite possible de l’identifier à chaque fois qu’il est en contact avec un capteur BDS. Le directeur d’IDesia, Baruch Levanon, précise que si l’identification nécessite un contact (comme poser sa main sur une poignée de porte, un téléphone, etc) l’authentification peut en revanche se faire depuis plusieurs mètres, et « même depuis une carte à puce de type bancaire ».

« La caractéristique la plus importante pour une utilisation quotidienne de la biométrie est la commodité, ajoute M. Baruch, on peut donc sans peine équiper chaque ordinateur d’un capteur BDS, de sorte à identifier les consommateurs lors de leurs achats en ligne sur Internet. » On est loin de l’évaluation du stress présentée par l’AFP.

En vue de sa commercialisation, prévue au quatrième trimestre 2010, une première série de tests de la technologie BDS ont été effectués par le National Physical Laboratory à Londres. Les premiers kits d’IDesia ont été distribués aujourd’hui au salon de Computex. La brochure qui l’accompagne annonce fièrement : « Vous le verrez, l’application de notre technologie est sans fin. »

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Note :

1 Plaquette technique d’IDesia (pdf)

mai 21 2010

Et maintenant, l’euro-dollar ?

Pour se maintenir, le projet mondialiste pourrait précipiter son calendrier et utiliser la crise actuelle pour « fusionner » l’euro et le dollar en une monnaie unique, écrit en substance Clovis Casadue, collaborateur de la revue Flash, dans l’article que nous plaçons ci-après. Cette perspective est plus que plausible, et la chute incessante de la devise européenne, qui se retrouvera bientôt a parité avec le dollar, l’accrédite. Comme l’indiquait le banquier Alexandre Wohlwend il y a quelques jours, la seule issue pour les pays de la zone euro passe par « un retour à leur souveraineté monétaire et territoriale », ce qui est inenvisageable pour les tenants de l’ordre mondial, qui, n’en doutons pas, utiliseront tous les moyens pour interrompre les velléités secessionnistes. De nouvelles informations, pour le moins surprenantes, nous parviennent ce soir sur les manipulations en cours. Nous les publierons dès que nous aurons pu effectuer les vérifications d’usage.

Julian Diesdorf, Mecanopolis

euro-dollar

La ratification du Traité de Lisbonne par les 27 États a donné le pouvoir de rompre avec les méthodes de la démocratie et d’imposer une mise sous “bonne gouvernance” des pays de la zone euro, au mépris des droits fondamentaux du Parlement européen et de la volonté des peuples.

Dans son discours du 13 mai dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso propose de placer l’ensemble des pays de la zone euro sous tutelle budgétaire. L’objectif : réduire le déficit public à 3 % du PIB en 2013, en les soumettant à des mesures d’austérité semblables à celles imposées à la Grèce. La mesure est en effet peu démocratique, puisque le Parlement européen n’entrera pas dans les décisions. Pas de problème pour la chancelière allemande, parlant d’un “pas important dans la bonne direction”. Même son de cloche du côté de la France, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Pierre Lellouche déclarant : “C’est la contrepartie du plan européen de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes.” Résultat, cette aide de 750 milliards, votée lors du sommet européen des 8 et 9 mai. Son message : “Nous vous soutenons, mais vous devez abandonner votre souveraineté économique.”

Malgré ce qui a été annoncé, cette manœuvre n’a pas pour but de soutenir l’euro. C’est même le contraire qui devrait se passer, et la monnaie unique a déjà perdu plus de 7 % depuis sa mise en place. La nouvelle politique monétaire de la BCE devrait encore contribuer à son affaiblissement, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”, de manière à émettre elle-même des Bons du Trésor sur les marchés financiers.

Plutôt que soutenir l’euro, sauver les banques…

En fait, ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque. Ce qui permet encore de suggérer aux investisseurs ayant acquis des obligations qu’ils ne risquent rien. Ce sont donc les banques que l’on sauve, une fois de plus, et avec l’argent du contribuable. Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui les offriront ensuite aux banques, tandis que les populations seront après mises à contribution…

Si l’on avait voulu aider la Grèce, et faire “la guerre aux spéculateurs”, comme l’a annoncé fièrement Nicolas Sarkozy, il aurait été préférable de restructurer sa dette. On aurait ainsi placé les investisseurs devant leurs responsabilités et leur aurait fait assumer une partie des risques liés à leurs investissements. Mais pour cela, il aurait fallu sortir la Grèce de monnaie unique. En revanche, l’affaiblissement de l’euro bénéficie à l’Allemagne, et dans une moins large mesure à la France.

Cette crise est donc utilisée, comme le laissait récemment entendre le patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker(1), afin de rendre l’Europe plus compétitive.

Les dégâts d’une construction européenne anarchique

Pour les élites européennes, le problème majeur de la zone euro tient à sa construction anarchique et à la disparité des règles économiques, politiques et sociales qui régissent les pays membres. La crise peut leur permettre de reconfigurer l’économie de l’ensemble du bloc européen et le rendre plus concurrentiel, tout en élargissant la monnaie unique aux autres pays de l’Union, ce qui a d’ailleurs été proposé à l’Estonie la semaine dernière. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle en réalité en pleine expansion.

Bien sûr, cette unification se fera par le bas, et va nécessiter partout des mesures d’austérité qu’aucune résolution démocratique n’aurait permises, et qui finiront d’enterrer la souveraineté des nations et des peuples d’Europe au profit d’un régime central lié à une oligarchie financière. Toutes choses qui ont été rendues possibles par la ratification du traité de Lisbonne.

Les spéculations sur les dettes grecque, portugaise et espagnole vont donc se poursuivre et s’étendre à d’autres pays, sans que rien ne puisse enrayer le processus en cours. Dans le même temps, l’euro va continuer sa chute, pour arriver à parité avec le dollar, sans doute d’ici le mois de septembre – décembre au plus tard. La monnaie canadienne suit le même mouvement et aura sans doute atteint le niveau du dollar US au moment où vous lirez cette chronique. Car bien sûr, le projet de ce nouvel ordre économique est, in fine, de fusionner l’ensemble des monnaies, en commençant par celles de l’Europe et l’Amérique du Nord. En effet, l’Union européenne n’est qu’une composante d’un vaste plan conduisant à l’émergence de blocs économiques dotés chacun d’une monnaie, d’une citoyenneté, d’un parlement unique, etc ; l’ensemble de ces blocs étant éventuellement appelé à constituer une gouvernance mondiale.

Bien sûr, certains nous reprocherons d’avoir ici une vision “conspirationniste” des événements. Mais force est de constater qu’on ne conspirait autrefois que contre un ordre établi. Aujourd’hui, conspirer pour son maintien et son expansion est une activité en grand développement. Et à regarder la marche du monde, on doit reconnaître que cette conspiration fait partie de son fonctionnement même.

Clovis Casadue

Publié en exclusivité sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction du bimestriel Flash

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(1) Voir Flash n°34

mai 18 2010

La Grèce a-t-elle été le cheval de Troie d’un coup d’Etat sur l’Europe orchestré par la Commission Trilatérale ?

Article mis à jour à 13h40

Deux jours avant le sommet européen du 8 et 9 mai dernier, la Commission Trilatérale s’est réunie en Irlande, de sorte à élaborer le « plan d’aide » de 750 milliards destinés aux pays de la zone euro, en échange de leur capitulation.

trilatérale

L’ensemble de la zone euro est désormais sous la tutelle des élites européistes. Cette mesure entrera en vigueur au début 2011, comme l’a indiqué hier soir lors de la réunion d’urgence le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lequel il s’agit d’une « une condition sine qua non ». Quant a  Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, il a encore surenchéri en indiquant que cette mesure était « vertueuse ». Tout indique que a Grèce a été le cheval de Troie de ce coup d’Etat, orchestré par la Commission Trilatérale.

Réunion de la Commission Trilatérale à Dublin

C’est le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, qui a prononcé le discours inaugural de la réunion de la Commission Trilatérale (1), qui s’est tenue à l’hôtel « Four Season » de Dublin le 6 mai dernier, devant 200 représentants influents de la politique et de la finance mondiale, tel Paul Adolph Volcker, ancien directeur de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) et actuel conseiller du président Barack Obama en tant que directeur du « Conseil pour la reconstruction économique ».

« Les Etats doivent prendre des mesures fiscales pour satisfaire les marchés », a notamment indiqué M. Cowen, avant de reconnaitre que la mise en place d’un gouvernement économique allait demander une rapide modification des traités européens, précisant encore que l’Allemagne serait prête a jouer tout son poids pour aller dans ce sens.

De son côté, Paul Volcker a indiqué que « seule une centralisation du pouvoir économique pourrait permettre à l’Europe d’aller de l’avant. »

Aucun « média autorisé » n’a relevé cette réunion de la Commission Trilatérale, hormis quelques quotidiens irlandais, dont Independant.ie (2)

A qui profitent les 750 milliards du « plan d’aide »  ?

Ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque, en mettant de « l’huile dans les rouages », de sorte à éviter que le moteur ne ralentisse au delà du nécessaire. Il est en effet utile de faire chuter l’euro jusqu’à ce qu’il atteigne la parité avec le dollar et permette (sous prétexte de « satisfaire les marchés », comme l’a indiqué Brian Cowen) la mise en place des mesures d’austérité semblables à celles qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.). Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui en feront ensuite cadeau aux banques.

L’euro est-il vraiment en danger ?

La nouvelle politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devrait encore contribuer l’affaiblissement de l’euro, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”. Jean-Claude Trichet a beau répéter que la BCE n’a pas l’intention de le faire, le lancement hier d’une opération spéciale d’absorption de liquidités afin de neutraliser l’effet inflationniste de ses achats d’obligations d’État ne signifie rien d’autre. Une information qui nous parvient à l’instant (3) indique que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle est seulement en pleine reconfiguration, afin de devenir plus « concurentielle ».

Dans un réajustement de leur propagande, les officines de désinformation médiatique voudraient maintenant faire croire que la chute de l’euro est une chance pour les populations, cela dans le but d’apaiser les mouvements de contestation qui commencent à gronder un peu partout. Il ne s’agit en réalité que de semer la confusion dans les esprits au moment ou l’élite européiste prépare un nouveau catalogue de mesures (dont les premières seront annoncées vendredi soir après une réunion de l’Eurogroupe) afin d’assujettir une fois pour toute les nations européennes, et en premier lieu le Portugal et l’Espagne, pour lesquels les agences de notations ne devraient pas tarder à dégrader la note de la dette.

Bien sûr la chute de l’euro profite à l’Allemagne, comme nous l’avons déjà indiqué (4). Ses exportations ont progressé de 20,5 % par rapport à mars 2009 et bondi de 34,7 % vers les pays non européens. Mais concernant la France c’est un pur mensonge, mis à part pour les les producteurs de champagne, de cognac et les fabricants de sacs à main. Les  exportations françaises dépendent davantage de « gros contrats » liés aux transports, au nucléaire et aux ventes de matériel militaire, qui ne bénéficient pas directement d’une baisse de la monnaie unique.

Par contre, la hausse du billet vert par rapport à la devise européenne ne manquera pas de plomber les secteurs qui dépendent de produits importés en provenance de la zone dollar, notamment le pétrole et les matières premières. Une perspective qui risque bien de faire chuter encore la croissance des pays de la zone euro, et qui aura une conséquence directe sur les emplois et le pouvoir d’achat.

Mais peu importe car, pour nos gouvernements, chaque journée permet un nouveau mensonge. Celui du jour prétend que, sous couvert d’égalité, il est nécessaire de baisser les retraites des hommes, car leurs allocations sont plus élevées que celles des femmes. Demain, on nous dira qu’il faut abaisser celles des femmes, car elles vivent plus longtemps. Puis ensuite, pourquoi ne pas privatiser l’ensemble des écoles ? Pourquoi pas ne pas prendre exemple sur les Chinois, qui dorment sur le lieu de travail, comme le proposait il y a peu cet imbécile de Serge Dassaut ? Pourquoi ne pas payer une taxe dès la naissance, sorte de droit de vie, renouvelable tous les trimestres, un peu comme l’impôt sur les chiens tel qu’il est déjà pratiqué en Allemagne ? Pourquoi ne pas nous dire, finalement, une vérité, de temps en temps : Pour l’État, le citoyen est un mal nécessaire. A peu près supportable tant qu’il est rentable, mais tout a fait méprisable lorsque les nuages s’amoncellent.

En réalité, ce n’est pas l’euro qui est menacé, mais les peuples d’Europe.

Mecanopolis et Antoine Decaen

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

1.Au sujet de la Trilatérale, voir cet article du 10 mai 2010

2.L’excellent blog Rénovez Maintenant 67 revient en détail sur les manipulations autour de la crise des Etats, et Science21 consacre de nombreux articles sur l’actualité du groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale.

3.Information envoyée ce soir par notre camarade Clovis Casadue, issue de sa chronique à paraitre jeudi dans la revue FLASH

4.Lire à ce sujet notre article du 23 mars 2010