La police continue de restreindre l’accès de l’Esplanade des mosquées aux musulmans âgés de plus de 50 ans, à condition qu’ils soient détenteurs de la nationalité israélienne ou habitants de Jérusalem-est, en raison de la fête juive de Sukkoth.
Les accès aux mosquées, le mont du Temple pour les israéliens, sont l’objet d’une surveillance rigide. Même les gardes de la mosquée Al-Aqsa ont déclaré que les soldats israéliens leur interdisent d’accéder à la mosquée pour travailler.
Les forces israéliennes sont déployées massivement dans toute la vieille ville, près du Mur des Lamentations et autour de la mosquée. Des check-points ont été installés partout dans les ruelles étroites, avec une procédure de contrôle particulièrement lente d’après les résidents.
Des tensions ont éclaté mardi matin dans plusieurs régions de la vieille ville de Jérusalem et de Jérusalem-Est, y compris à Ras El-Amoud, Wadi Joz et le Mont des Oliviers. Les étudiants ont jeté des bouteilles vides et des pierres, alors que les soldats ont répondu avec des grenades du gaz lacrymogène.
De violents affrontements s’étaient produits aussi hier entre les fidèles Palestiniens et les troupes de la police israélienne, alors que les autorités israéliennes ont fermé pour la deuxième journée consécutive l’entrée principale de la mosquée Al-Aqsa, la porte d’Al-Nadher.
Le Cheikh Azzam al-Khateb, directeur du Waqf islamique de Jérusalem, a insisté sur la nécessité d’ouvrir les portes de la mosquée al-Aqsa et de mettre fin au siège immédiatement. La police israélienne ne permet pas aux fidèles d’amener à l’intérieur de la mosquée de la nourriture et de l’eau.
Le cheikh Youssef al-Qardawi, le plus influent dignitaire religieux sunnite, a appelé hier à faire de ce vendredi la « Journée d’al-Aqsa », au cours de laquelle tous les musulmans devront « protester contre les tentatives juives de s’en prendre à al-Aqsa et contre l’arrestation des fidèles ». Qardawi a tenu ces propos lors d’une rencontre avec des journalistes en Egypte.
La suite de cette série de photographies se trouve ici
Suite aux divers événements en provenance du Vatican, que ce soit la polémique autour des propos de Benoît XVI décourageant l’utilisation du préservatif ou son voyage auprès des communautés juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intéressant de reprendre quelques informations visant à cerner la stratégie du Vatican. Bien sûr, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-même, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mènent ses représentants par son biais.
Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dénoncé l’affaire des prêtres pédophiles en Suisse, est le poil à gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de Benoît XVI:
« Benoît XVI propose un idéal sectaire et totalitaire si l’on met en parallèle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont été réunies à Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du préservatif un passage obligé. Il faut lire cette volonté dans le sens du message de Benoît XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mécanisation éthique du préservatif. »
« Cela commence à bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans à Ratisbonne, sur les Nazis à Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’Amérique du Sud qui n’auraient pas été évangélisés de manière violente… Puis la levée des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le négationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prélat brésilien d’une mère qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violée par son beau-père et enceinte de lui, qu’il a approuvé… »
« Il y a autre chose derrière l’irresponsabilité de ces déclarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratégie concertée. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que Benoît XVI appelle le relativisme, une stratégie concertée contre le monde moderne et ses évolutions en matière de famille, de bioéthique, de santé (le débat sur l’euthanasie). Or, Benoît XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrétienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs décennies, les médecins chrétiens avaient commencé à faire bouger les lignes sur le préservatif. Un certain nombre d’évêques avaient fait montre de pragmatisme: si le préservatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il était préfet de la congrégation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis à mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 théologiens, dont 200 théologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminé toute la pensée théologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptée, en prenant en compte les progrès de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratégie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »
Les propos polémiques sur l’usage du préservatif font donc partie, en fait, d’une stratégie de communication qui vise une certaine fortification de l’identité de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant périodiquement accorder Benoît XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement précisé : « Nous pouvons dire que ces précieuses initiatives ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en échec les prédications de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’à l’heure où les tensions entre communautés judéo-chrétiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de Benoît XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une réconciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derrière cette volonté de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effréné, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idée sur la portée de ce terme, il faut se référer à un extrait d’un ancien discours de Noël du Pape:
Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.»
Les propos du supérieur général de l’Ordre des Jésuites, surnommé le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.»
Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrêtent pas là. Le rapport aux évêques de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) intitulé « Gouvernance mondiale: Notre responsabilité pour que la mondialisation devienne une opportunité pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:
« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particulièrement, au nom de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) dont la tâche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union européenne. Une conclusion clé du texte suivant est que l’UE, étant donné sa genèse, son architecture, la compréhension qu’elle a d’elle-même, ainsi que ses responsabilités dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopération au développement, a un rôle crucial à jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un système de gouvernance mondiale . Nous considérons que l’Union européenne est un modèle pionnier d’intégration régionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres régions du monde, malgré son expérience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espérons que ce rapport contribuera également à ranimer la réflexion et le débat public sur la signification profonde de l’intégration européenne.»
« Les économies ouvertes ne tiendront pas sans la volonté des Etats de s’ouvrir également sur le plan politique. Dans un monde marqué par une interdépendance croissante, l’Union européenne est un exemple unique et convaincant d’un système de gouvernance basé sur la coopération politique supranationale et multilatérale. En outre, la volonté politique d’aboutir à un système de gouvernance mondiale et de le maintenir doit être soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»
« L’ implication des Eglises et des autres communautés religieuses, des ONG et des entreprises privées, ainsi que des Etats et des blocs régionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidèles sur les défis globaux et les encourager à prendre leurs responsabilités. Les problèmes de la gouvernance mondiale doivent être inclus dans des programmes d’enseignement et de catéchèse. Les Eglises pourraient faire du thème de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecuménique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le réseau d’universités, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient être une ressource à utiliser fidèles à leurs mandats initiaux pour contrôler et analyser les développements.»
Á la lumière de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette même Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censé être restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalités du Vatican règne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les élites ecclésiastiques oeuvrent de temps à autres pour le rapprochement des communautés, et le reste du temps à la solidification de leur identité propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, Benoît XVI mènerait sa propre politique, et serait influencé par les pressions politiques qui sont exercées au sein du Vatican de sorte à appuyer le mondialisme de temps à autre, en donnant à ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensées des croyants qui seront plus enclins à considérer le mondialisme comme une bonne chose, voire à le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-à-dire à ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que représentent les déclarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.
En outre, bien que cela ne soit pas directement lié, il n’est pas impossible que certains des représentants de notre élite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et désireux de satisfaire les volontés de l’axe américano-européen, qui puissent rendre peu à peu l’Islam assimilable à l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribué vis-à-vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales:
« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. » Soit une sorte d’Islam des Lumières élaboré au cœur de cet État sacré islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste.
D’autres éléments contribuent à renforcer le rôle de la religion chrétienne en l’utilisant à des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particulièrement connues parce qu’elles sont en désaccord avec le statut laïc de la France.
On ne peut effectivement s’empêcher de penser que la croyance et l’espérance, dont Nicolas Sarkozy parle avec constance, sont précisément les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul Valéry. L’exposition sans retenue de ses interrogations métaphysiques procède aussi de cette logique-là. Qu’importent la réalité et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, à laquelle les Américains sont habitués depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.
Il a détaillé ses convictions dans un livre, la « République, les Religions, l’Espérance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insère dans une bibliographie dont les titres ont un étrange parfum d’encyclique ou de prêche ésotérique : « Ensemble », « Témoignage libre », « Au bout de la passion : l’équilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique écrit généralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrètement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.
Dès les premières pages de la République, tout est dit : « Je considère que, toutes ces dernières années, on a surestimé l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont été très largement sous-estimées.» On remarquera, en outre, que cette phrase opère un étonnant rapprochement entre le fait religieux, phénomène social qui ressort de la sphère publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privée, elle.
Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale. »
Il faut évoquer la réception, en grande pompe, au ministère des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il était le porte-parole de la scientologie.
Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « République, les Religions, l’Espérance », lorsqu’il reconnaît « la légitimité de certaines des nouvelles religiosités », estimant que le mot secte « est parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est précisément celui dont se réclame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires même des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laïcité une « laïcité de combat ». Inquiétant dévoiement du sens des mots.
On est souvent déconcertés par l’ironie des relations internationales et les alliances qu’elles favorisent. Prenez par exemple l’implantation coloniale israélienne qui, dès le début, a déclaré la guerre au peuple palestinien et à plusieurs pays arabes alors qu’en même temps, Israël formait des alliances avec de nombreux régimes arabes et des dirigeants palestiniens.
Si nous avons toujours connu et été informés sur les relations hashémites/sionistes et Eglise maronite/sionistes, ce fut moins le cas sur les services qu’Israël a apporté, et continue d’apporter, aux régimes arabes durant toutes ces décennies. Il est maintenant reconnu que l’invasion de l’Egypte par Israël en 1967 visait, et a réussi, à abattre Gamal Abdul-Nasser, l’ennemi de tous les dictateurs alliés des Etats-Unis parmi les régimes arabes ; Nasser que les Etats-Unis et avant eux, la Grande-Bretagne et la France, essayaient en vain de renverser depuis les années 50. Israël rendait ainsi un grand service aux monarchies arabes (et à quelques républiques), de « l’océan au Golfe », dont la survie était menacée par Nasser et le nassérisme. L’intervention d’Israël suivante, en Jordanie en 1970, pour aider l’armée jordanienne à éliminer les guérilleros de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et ses invasions massives au Liban en 1978 et 1982 pour écraser définitivement cette organisation, ont été elles aussi d’importants services rendus à ces mêmes régimes menacés par le potentiel « révolutionnaire » de l’OLP et ses prises de positions parfois récalcitrantes. Les Renseignements israéliens ont aussi fourni durant ces décennies des informations cruciales à plusieurs régimes arabes pour leur permettre d’éliminer leurs opposants politiques et de renforcer leur pouvoir dictatorial. Comme exemples éloquents de ces bénéficiaires des largesses des Renseignements israéliens, on trouve les dictatures du Maroc et d’Oman.
Les services qu’Israël rend aux régimes arabes se poursuivent à un rythme accéléré. Son invasion du Liban en 2006, conçue pour anéantir le Hezbollah, fut acclamée par les régimes arabes et les intellectuels arabes néolibéraux hostiles au Hezbollah, et utilisée exclusivement par les médias saoudiens. Bien que la destruction massive du sud du Liban et du sud de Beyrouth par Israël et le massacre de plus d’un millier de Libanais aient renforcé le Hezbollah et entaché la réputation de l’armée d’Israël, l’invasion a été très appréciée par les alliés arabes d’Israël. Effectivement, depuis 2006, ces alliés d’Israël, autant que les intellectuels arabes néolibéraux, ont été ouvertement sollicités par Israël pour neutraliser la prétendue « menace » iranienne, dans son propre intérêt et sur son ordre. Les Etats-Unis ont vu que c’était là le bon moment pour intégrer Israël dans la région, ils ont donc fait signe à leurs alliés du Golfe de faire des propositions pour une nouvelle alliance régionale comprenant Israël. Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn a suggéré il y a quelques semaines qu’Israël rejoigne la Ligue arabe. Nombre de telles propositions ont déjà été formulées depuis quelques mois pour accueillir l’implantation coloniale au sein d’une alliance régionale contre l’Iran.
Depuis 2006, les régimes arabes, les intellectuels arabes néolibéraux et l’Autorité collaborationniste palestinienne (ACP) de Ramallah, sont parvenus à s’entendre du fait que seul Israël pourra les sauver du Hezbollah et du Hamas, deux organisations qui constituent une menace pour l’alliance ouverte des régimes arabes avec les Etats-Unis et Israël contre l’Iran et toutes les forces progressistes de la région. Il ne s’agit pas d’un secret qu’ils espéraient garder jalousement mais de stratégies ouvertement débattues en réunions privées et qui souvent transparaissent dans la sphère publique. Les interventions des médias arabes et les déclarations des officiels israéliens dans le contexte des massacres israéliens continus contre le million et demi de Palestiniens de Gaza ces dix derniers jours, n’ont guère fait preuve d’imagination. Une véritable alliance ouverte existe aujourd’hui entre l’Autorité collaborationniste palestinienne, les régimes arabes et Israël avec le soutien des intellectuels arabes néolibéraux, alliance dans laquelle Israël sous-traite pour les autres l’anéantissement du gouvernement Hamas – le seul gouvernement démocratiquement élu de tout le monde arabe.
Rappelons ici que le Hamas a été démocratiquement élu par des élections libres et que des responsables et membres du parlement élu ont été enlevés par l’occupant israélien et croupissent toujours dans les prisons israéliennes et que l’Autorité collaborationniste palestinienne a incendié leurs bureaux, monté des grèves contre eux et demandé à la bureaucratie de l’ACP de ne pas obéir à leurs ordres. C’est après toutes ces tentatives pour déloger le Hamas du pouvoir que les Etats-Unis, Israël et l’APC ont organisé un coup d’Etat [en juin 2007] pour éliminer les dirigeants du Hamas de Gaza mais qui s’est retourné contre eux. Le carnage déclanché par Israël ces dix derniers jours représente la dernière tentative israélienne pour s’assurer que tous les Arabes et tous les Palestiniens seront dirigés par des dictateurs et jamais par des responsables démocratiquement élus.
Beaucoup se demandent comment les régimes arabes et l’ACP peuvent être dénués à ce point de toute honte dans leur « trahison » des Palestiniens. « Ne craignez-vous pas que le peuple vous renverse ? » est la question maintes fois répétée. La réponse, évidemment, est « non ». Il est vrai que la collaboration d’Israël avec les régimes arabes n’est pas nouvelle, ce qui est nouveau c’est simplement que ce soit devenu public, mais il y a de bonnes raisons à cela. Dans les années 40 et 50, ces mêmes régimes ne pouvaient afficher ouvertement leur alliance avec Israël alors qu’il existait des forces populaires et internationales qui les auraient destitués s’ils s’y étaient hasardés. En effet, certains à l’époque flirtaient avec les alliances auxquelles participaient Israël mais pas officiellement, tel le Pacte de Bagdad, quoique ils ont payé cher une telle collaboration. La Guerre froide, le révolutionnarisme du tiers-monde, le nationalisme arabe, l’Union soviétique, la Chine, Nasser, sont tous des facteurs à prendre en compte. Bien que certains existaient encore quand Sadate d’Egypte a déclaré publiquement son alliance avec les USA et Israël à la fin des années 70, plus aucun n’existe aujourd’hui. Les Etats-Unis, Israël et leurs alliés arabes ont neutralisé ces forces, une par une, depuis 1967, ouvrant la voie à une alliance éhontée entre Israël et les dictatures arabes et tous servent les intérêts américains dans la région. Ces régimes arabes règnent par la terreur et la peur et ont à leur disposition la meilleure police secrète et le meilleur appareil sécuritaire répressif que les USA peuvent former et équiper, et que l’argent du pétrole et l’aide américaine peuvent financer.
Quand le présentateur d’Al-Jazeera a demandé à brûle-pourpoint à la ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Livni, si Israël avait un accord avec les régimes arabes pour se livrer aux massacres à Gaza, elle a refusé de répondre pour, finalement, nier qu’un tel arrangement existait, sans pouvoir préciser, mais elle a affirmé qu’il y en avait dans le monde arabe qui « pensaient » comme Israël et que le Hamas était leur ennemi comme il est l’ennemi d’Israël.
C’est d’ailleurs la même Tzipi Livi qui, il y a seulement quelques semaines, informait les citoyens palestiniens d’Israël qu’elle envisageait leur dénationalisation et leur déportation vers les bantoustans palestiniens, une fois qu’Israël et la communauté internationale auront reconnu à ces prisons de Cisjordanie le statut d’Etat palestinien indépendant, enfermé derrière le mur d’apartheid. Après le déclanchement de sa guerre contre les Palestiniens, la semaine dernière, Livni a déclaré que sa guerre contre le peuple palestinien n’était pas seulement une question de sécurité mais qu’elle touchait aussi aux « valeurs » d’Israël que les Palestiniens non collaborateurs (contrairement à l’ACP) ne partageaient pas. Livni est d’accord bien entendu. Contrairement à elle et aux dirigeants israéliens dont les idéaux et les projets de nettoyage ethnique visent à faire d’Israël un Etat purement juif vidé des Palestiniens (Palästinenser-rein), la plupart des Palestiniens croient qu’ils resteront sur leurs terres, même et surtout si cela souille la pureté d’un Israël juif.
Livni a également affirmé que les valeurs d’Israël étaient partagées par le « monde libre » et par les régimes arabes libérés qui sont les alliés du « monde libre ». Ajoutons que ces valeurs sont également partagées par les intellectuels arabes néolibéraux subventionnés par les Saoudiens, et par la direction de l’Autorité collaborationniste palestinienne casée dans la zone verte de Ramallah. Les valeurs civilisées d’Israël ne sont pas différentes de celles défendues par les Etats-Unis dans leur guerre constante contre les Arabes et les musulmans, et elles sont très proches des valeurs coloniales européennes de la grande époque du colonialisme et au-delà. Livni et les dirigeants israéliens parlent de droits de l’homme, de démocratie, de paix et de justice comme valeurs universelles, mais ils ne les appliquent qu’aux juifs et les refusent surtout aux Palestiniens. Cela n’est guère qu’une ruse israélienne. Souvenons-nous des propos impérissables de Frantz Fanon à cet égard : « Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. » (1)
Sur le front palestinien, le mandat et le coup d’Etat de Mahmoud Abbas, chef collaborateur palestinien, prennent fin le 9 janvier. Israël espère prolonger son règne collaborationniste en tant que chef de l’ACP mise en place par les accords d’Oslo en 1993. Alors que des Palestiniens se font tuer et blesser par milliers, les puissances mondiales néanmoins l’y encouragent. Ce n’est guère nouveau. Cela s’est souvent produit dans d’autres cas de massacres de populations par des alliés des Etats-Unis et de l’Europe, cela s’est même produit durant la Deuxième Guerre mondiale pendant le génocide nazi. Le 19 avril 1943, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis se rencontraient aux Bermudes, vraisemblablement pour discuter de la situation des juifs dans l’Europe occupée par les nazis. Ce fut aussi le jour où les nazis lançaient leur attaque contre les juifs qui restaient dans le Ghetto de Varsovie, y rencontrant une résistance inattendue, pleine de courage. Bien peu est ressorti de la conférence des Bermudes et la guerre a continué contre le Ghetto de Varsovie, sans interruption. La résistance juive dans le Ghetto de Varsovie a exécuté des juifs qui collaboraient avec les nazis et s’est bravement affrontée à l’armée nazie avec le peu d’armement qu’elle possédait, avant d’être exterminée. Son soulèvement a toujours été une source d’inspiration pour les Palestiniens. A l’âge d’or de l’OLP, symbole de la libération palestinienne, l’organisation déposait une couronne mortuaire sur le monument au Ghetto de Varsovie, en l’honneur de ces héros juifs qui étaient tombés.
La résistance des juifs du Ghetto de Varsovie contre l’occupant
Szmul Zygielbojm était le dirigeant du parti socialiste juif, le Bund (2), en Pologne et avait participé à la résistance contre l’invasion nazie en 1939. Il sera plus tard otage des nazis puis libéré et deviendra membre du Conseil juif, ou Judenrat (3) – l’équivalent pour les nazis de l’ACP créée par les Israéliens -, qui fut chargé de la construction du ghetto juif à Varsovie. Zygielbojm s’est opposé à l’ordre nazi et a fui en Belgique, en France, aux Etats-Unis, et en 1942 il a fini à Londres où il a rejoint le gouvernement polonais en exil. Le 12 mai 1943, après avoir été informé que la résistance dans le Ghetto de Varsovie avait finalement été écrasée et que beaucoup de ses combattants avaient été tués, Zygielbojm a ouvert le gaz dans son appartement à Londres et il s’est suicidé pour protester contre l’indifférence et l’inaction des Alliés devant la situation désespérée des juifs dans l’Europe occupée par les nazis. Ce qu’il a ressenti, c’est qu’il n’avait pas le droit de vivre après que ses camarades aient été tués en résistant aux nazis. Dans sa lettre de suicide, Zygielbojm insiste sur le fait que pendant que les nazis se rendaient responsables de l’assassinat des juifs polonais, les Alliés, par leur inaction, s’en rendaient aussi coupables :
« D’après les dernières nouvelles qui nous viennent de Pologne, il est clair, au-delà de tout doute, que les Allemands assassinent actuellement les derniers survivants juifs de Pologne avec une cruauté sans borne. Derrière les murs du Ghetto, le dernier acte de cette tragédie se joue.
La responsabilité de cet assassinat de toute la nationalité juive de Pologne repose d’abord sur tous ceux qui y ont participé, mais indirectement elle retombe aussi sur l’ensemble de l’humanité, sur les peuples des nations alliées et leurs gouvernements qui, jusqu’à ce jour, n’ont pris aucune véritable mesure pour mettre fin à ce crime. En regardant passivement cet assassinat de millions d’enfants, de femmes et d’hommes sans défense, ils ont pris une part de la responsabilité…
Je ne peux continuer à vivre et à rester silencieux pendant que les survivants de la communauté juive de Pologne, dont je suis un représentant, se font assassinés. Mes camarades dans le Ghetto de Varsovie tombent les armes à la main dans une ultime bataille héroïque. On ne m’a pas permis de tomber comme eux, avec eux, mais je les rejoins après leur mort à tous.
Par ma mort, je tiens à exprimer ma plus profonde protestation contre l’inaction dans laquelle le monde s’est contenté de regarder et qui a permis la destruction du peuple juif… »
L’Autorité collaborationniste palestinienne qui dirige le Judenrat mis en place par Oslo n’a jamais tenté de résister aux ordres israéliens. Pas un seul des membres de sa haute direction n’a décidé de démissionner et de ne pas servir. Mahmoud Abbas, qui a rendu tant de services déshonorants à Israël, n’a pas l’intégrité d’un Zygielbojm, ni ses nobles principes et n’en suivra jamais la trace.
Pendant ce temps, le peuple palestinien va résister à l’envahisseur israélien de toutes ses forces avec un handicap astronomique. Le peuple palestinien, comme Zygielbojm avant lui, a très bien compris qu’Abbas, sa clique, les régimes arabes, les Etats-Unis et l’Europe étaient tous responsables de leur massacre tout autant qu’Israël. Zygielbojm a, dans son cas, condamné les puissances du monde pour leur indifférence et leur inaction, dans le cas des Palestiniens, les puissances mondiales et régionales sont des co-conspiratrices et des partenaires actifs dans le crime.
L’écrasement du soulèvement du Ghetto de Gaza et le massacre de sa population sans défense seront une tâche relativement aisée pour la machine de guerre militaire superpuissante israélienne et la direction politique sadique d’Israël. C’est en rapport avec une détermination palestinienne renforcée à continuer de résister à Israël, une détermination qui va se révèler beaucoup plus difficile à affronter pour Israël et ses alliés arabes. Si des milliers de Palestiniens tués et blessés sont les principales victimes de cette dernière guerre terroriste israélienne, le principal perdant de tout cela sur le plan politique sera Abbas et sa clique de collaborateurs. Le défi pour la résistance palestinienne maintenant est de continuer à refuser à Israël le droit de dominer sa population, de voler sa terre, de détruire ses moyens de subsistance, de l’emprisonner dans des ghettos et de l’affamer sans résister.
La seule constante dans la vie des Palestiniens de ce dernier siècle d’atrocités sionistes a été de résister contre le projet sioniste de les rayer de la surface de la terre. Tandis que le sionisme, depuis son implantation, recherche et recrute des collaborateurs arabes et palestiniens dans l’espoir d’écraser la résistance palestinienne, ni Israël ni aucun de ses collaborateurs n’ont été capables de l’arrêter. La leçon que le sionisme a refusé d’apprendre, et refuse toujours d’apprendre, c’est que le désir ardent des Palestiniens de se libérer du joug sioniste ne pourra pas s’éteindre, quelle que soit la barbarie à laquelle peut arriver Israël dans ses crimes. Le soulèvement du Ghetto de Gaza marquera à la fois un nouveau chapitre de la résistance palestinienne au colonialisme, et la dernière brutalité coloniale israélienne dans une région où les peuples n’accepteront jamais la légitimité d’une implantation coloniale européenne raciste parmi eux.
1) Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 301
2) Fondé en 1897, c’était le plus puissant parti ouvrier juif et le parti le plus important dans la communauté juive en Pologne – Mémoires du ghetto de Varsovie – Marek Edelman – Témoignage – p. 29)
3) Conseil juif qui avait, sur ordre des Allemands, remplacé le Conseil de la communauté juive. (idem – p. 37)
par Rosa Brooks Los Angeles Times (USA) 1er janvier 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri
C’est une année nouvelle pour un monde ancien et sanglant. En Israël, les politiciens en course pour le pouvoir ont lancé l’attaque militaire la plus létale sur le territoire palestinien depuis des dizaines d’années. Israël a justifié son bombardement de Gaza sur la base de la rupture par le Hamas d’un cessez-le-feu fragile et temporaire. Le gouvernement israélien a raison de considérer les attaques à la roquette du Hamas contre des civils Israéliens comme inexcusables, mais le moment de l’offensive israélienne a plus à voir avec des raisons politiciennes qu’avec n’importe quoi d’autre.
Ehud Barak, le ministre de la défense travailliste et Tzipi Livni, la ministre des affaires étrangères du parti centriste Kadima sont tous deux candidats au poste de premier ministre israélien à l’issue du scrutin du 6 février prochain. Une démonstration de « fermeté » contre le Hamas pourrait aider le parti travailliste et/ou Kadima à l’emporter contre le Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu qui est en tête dans les sondages. Dans le même temps, le ministre sortant Ehud Olmert, confronté à des accusations de corruption, n’a plus que quelques semaines pour redorer un blason en piteux état.
A ce facteur temps, s’en ajoute un autre qui est celui de la prise de fonctions prochaine du président élu Barack Obama. Tant que le président Bush était à la Maison Blanche, Israël pouvait compter sur une administration qui n’apportait pas un simple « soutien » à Israël mais le faisait aveuglément et de manière irréfléchie. Obama sera peut-être moins disposé à offrir des chèques en blanc à Israël. C’est pourquoi cette offensive militaire du Nouvel An a été prévue dans une fenêtre temporelle décisive avant les élections israéliennes et avant la prestation de serment d’Obama.
En termes strictement militaires, Israël « gagnera » cette bataille contre le Hamas. En dépit de toutes ses menaces et bravades, le Hamas est faible et ses armes – -le terrorisme, des missiles artisanaux – sont les armes des faibles. Depuis 2001, le Hamas a tiré des milliers de roquettes Qassam, dépourvues de guidage, sur Israël, mais ces roquettes n’ont tué qu’une poigne d’Israéliens.
Ce qui contraste avec l’armée israélienne qui est une des plus modernes et des plus efficaces au monde (grâce en partie aux 3 milliards de dollars annuels d’aide étatsunienne). Israël peut facilement contenir l’étroite bande de Gaza et ses 1,5 millions d’habitants. Ce samedi, premier jour de l’offensive, les bombes israéliennes ont tué au moins 180 Palestiniens. Mercredi, le bilan des palestiniens tués dépassait 390.
Mais s’il n’y a aucune raison de douter de la capacité d’Israël à pulvériser Gaza, il n’y a aucune raison non plus de penser que cette offensive améliorera la sécurité d’Israël. La destruction des infrastructures du Hamas peut temporairement faire cesser les tirs de missiles du Hamas, mais tôt ou tard ils reprendront.
L’attaque israélienne peut même renforcer le Hamas sur le long terme et affaiblir plus encore son rival non religieux, le Fatah. Comme Israël devrait déjà le savoir (comme nous devrions tous le savoir), larguer des bombes sur des zones densément peuplées est une excellente méthode pour radicaliser les civils et les amener à se rassembler derrière leurs dirigeants, quelles que soient leurs erreurs.
L’ironie veut que ce soit précisément sur un processus psychologique de ce genre chez les Israéliens que comptent Olmert, Barak et Livni mais dont ils ne semblent pas supposer l’existence chez les Palestiniens. (Ou, pire, ils sont trop cyniques pour s’en préoccuper du moment qu’ils retirent un profit politique).
Israël n’a pas d’issue politique viable ici : Il n’y a tout simplement pas d’itinéraire clair entre les bombardements et une paix durable. Mais les dégâts causés par cette nouvelle conflagration ne se limiteront pas aux Palestiniens et aux Israéliens. L’offensive israélienne a déjà provoqué indignation et manifestations dans tout le monde arabe. La crise actuelle risque aussi de déstabiliser certains des gouvernements les plus modérés de la région – l’Egypte par exemple – dont les dirigeants sont dès maintenant confrontés à des réactions violentes s’ils ne coupent pas les ponts avec Israël.
Et si vous croyez que rien de tout ça ne nous concerne vraiment ici aux USA, vous vous leurrez vous-même. La colère arabe et musulmane au sujet de la Palestine continue à alimenter le terrorisme anti USA et anti Occident dans le monde entier.
Il est temps pour les Etats-Unis de se réveiller de leur longue torpeur et de se réengager avec force dans le processus de paix au Moyen-Orient. Seuls les Etats-Unis – premier soutien d’Israël et principal soutien financier – peuvent exercer une pression à même d’amener à faire les difficiles choix nécessaires pour leur propre sécurité à long terme, de même que pour celle de la région. En janvier 2001, les négociations de Taba entre Israël et l’Autorité Palestinienne sont passées tout près d’un règlement définitif mais les discussions furent rompues après l’élection d’Ariel Sharon comme premier ministre le 6 février 2001. Sharon refusa de rencontrer Yasser Arafat et George W. Bush, le président nouvellement élu, ne voyait pas de raison à pousser Israël à faire la paix.
Huit ans plus tard, Israël est devant une nouvelle élection et nous sommes tout proches de la prestation de serment d’un nouveau président. Quand il prendra ses fonctions, Obama devra faire pression sur les deux parties, israélienne et palestinienne pour qu’elles reviennent à la négociation avec les accords abandonnés de Taba comme point de départ. Et ce, pour une année 2009 moins sanglante.
Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a comparé la guerre menée contre la bande de Gaza, à celle qui a été menée contre le Liban en 2006. Se prononçant dans la complexe du Maître des martyrs, (Sayed ash-Shouhada), par le biais s’un grand écran, il a évoqué la présence d’un projet américano israélien qui vise à imposer aux arabes un compromis, selon les conditions israéliennes, sans les territoires de 1967, sans Jérusalem, sans le retour des réfugiés. Et à enrayer tous ceux qui veulent le contre carrer, notamment, le Liban, la Syrie, la Bande de Gaza et l’Iran.
Sayed Nasrallah a accusé certains pays arabes d’être complices dans ce projet, voire d’en être des partenaires à part entière, révélant que le soutien de ces états aux frappes israéliennes est plus fort aujourd’hui contre la Bande de Gaza, qu’il ne l’était il y a deux ans contre le Liban. Le commandant de la résistance islamique au Liban s’est adressé directement à l’Egypte, lui demandant de changer sa politique, d’ouvrir le passage de Rafah, de soutenir la résistance du peuple palestinien. Il s’est également adressé au peuple égyptien, lui demandant de descendre « par millions » dans la rue pour forcer l’ouverture du terminal de Rafah.: « Que le peuple (égyptien) sorte par millions dans la rue. La police égyptienne peut-elle tuer des millions d’Egyptiens? Peuple d’Egypte, vous devez ouvrir le terminal de Rafah avec la force de vos corps », a-t-il scandé.
Le discours intégral de Sayed Hassan Nasrallah :
Il est certes regrettable que l’on quitte une année et d’en commencer une nouvelle alors que nous sommes face à un grand désastre qui s’est abattu sur nos chers frères, coûtant la vie à plus 300 d’entre eux, et blessant plus de 1000 dans la bande de Gaza opprimé, abandonnée, mais qui résiste en même temps patiente et supporte toutes les difficultés.
Aujourd’hui nous n’avons pas besoin d’évoquer le modèle, celui de l’Imam Hussein (s), car nous sommes face à une nouveau modèle vivant de Karbala, devant une nouvelle scène de Karbala.
Quand nous nous remémorons l’histoire, nous comprenons de quoi il s’agit. Il s’agit d’une catégorie qui refuse l’oppression et qui décide de résister. Cette catégorie se trouve devant deux choix: celui de capituler et celui de résister. Or ce groupe là, il opte pour le deuxième choix, pourtant ce groupe là a été affamé, menacé, martyrisé, mais il ne rebrousse jamais.
Là-bas, Hussein a créé l’exemple et a fondé cette école islamique du refus de l’injustice et de la lutte contre l’injustice.
Du temps de l’Imam Husssein, ils lui ont proposé de deux une: L’humiliation ou le martyre. Mais il a refusé l’humiliation. Car Dieu à ses adorateurs l’humiliation. Le messager aussi, et les croyants aussi doivent refuser l’humiliation. Pourquoi le refus de l’humiliation. Parce que nous ne pouvons obéir aux tyrans, aux oppresseurs, aux despotes et admettre une vie sans dignité et sans droits. Ceci est en harmonie avec le coté humain de l’homme.
Ceci fut le cas durant la guerre 20006. La résistance, les résistants, le public de la résistance ont du choisir entre ces deux options. Vous avez refusé la vie de traîtres et avez opté pour la dignité. Malgré les destructions dévastatrices des milliers de vos maisons et malgré les milliers de tués et de blessés, et malgré tous ceux qui vous ont fermé leurs portes et vous ont critiqué.
Le résultat en est la victoire du sang contre l’épée.
Ce qui se passe à Gaza ressemble à ce qui s’est passé au Liban et le résultat inchallah sera le même. Gaza assiégé par la faim, la terreur, et qui a subi hier les frappes terroristes et des martyrs aura le même résultat que le Liban.
Hier, Ismail Haniyeh est sorti des décombres et annoncé malgré les frappes israéliennes meurtrières: « Nous s’allons pas abdiquer, quoiqu’ils fassent nous n’allons pas accepter l’humiliation »
Ca c’est la véritable Karbala
Permettez-moi de dire des choses franchement. Durant la guerre de juillet je n’ai pas parlé franchement
La situation à gaza est certes plus difficile
Nous avons aujourd’hui besoin de parler franchement sur tout ce qui se passe
Il y a un projet américano-israélien dans la région qui veut imposer un compromis aux arabes, appelé le processus de paix avec Israël. Il y a encore le Liban, la Syrie et la Liban et la Bande de Gaza. Ils veulent imposer leurs conditions aux Arabes, par la force, par la pression, par l’exclusion , par le blocus , en suscitant les troubles internes, en menant les guerre de nerfs et les perpétrant les attentas.
Certains régimes arabes sont des partenaires et font partie de ce projet; certain parlent de silence arabe, ce n’est pas vrai, il y a un partenariat totale de la part de certains régimes arabes et plus particulièrement, de la part de ceux qui ont conclu un accord avec Israël.
Ces régimes agissent sur tous les fronts pout imposer la capitulation devant les sionistes et les américains. Il y a eu une complicité arabe à la guerre menée contre nous en 2006, c’était bien plus qu’un feu vert, c’était une exigence arabe.
Certains ont même contacté les Israéliens pour leur demander décapiter le Hezbollah le frapper l’anéantir. C’est la même chose qui se passe dans la Bande de Gaza
Nous avons entendu des responsables israéliens dire que le soutien arabe dans la guerre contre la Bande de Gaza est plus fort que ce soutien lors de la guerre 2006.
C’est vrai, mais encore, ces régimes arabes qui soutiennent la guerre contre la bande de gaza, ils œuvrent en faveur du blocus, en faveur de la pénurie.
Tel est le paysage réel de la situation, même la zizanie interne sa véritable raison d’être ce sont ces régimes arabes qui ont financé cette guerre, c’est le même scénario qui a eu lieu avec l’ancien gouvernement libanais ;
Ceux là ne sont pas neutres, ils sont convaincus de ce qu’ils font dans le cadre de leur engagement au projet américain ; et quand il y a des conflits internes, ils se désistent, y compris au niveau politique et médiatique. Personne n’a demandé à ces régimes de combattre à la place des palestiniens ou de la résistance.
Aujourd’hui, de nouveau on accuse la victime : qu’un responsable israélien incombe au Hamas la responsabilité de cette offensive peut être compréhensible.
En revanche, je vous interroge, peut-on croire qu’un tel discours puisse sortir de la bouche d’un Arabe. Ce même homme qui a promis de casser les pieds de celui qui ose entrer en Egypte.
Dans une telle situation, je comprends quand l’imam Hussein a dit : » je jure par Dieu de préférer le martyre à une vie humiliante avec les oppresseurs ».
Le Hamas est accusé d’être responsable de ce qui se passe à Gaza parce qu’il a refusé de reconduire la trêve, une trêve destinée à prolonger le blocus qui affame des milliers d’hommes de femmes et d’enfants.
Aujourd’hui, nous écoutons le même discours que celui de la guerre de juillet; c’est le même au niveau des médias; certains d’entre eux décrivent la situation à Gaza comme si les palestiniens sont morts d’un accident de voitures, et utilisent le terme de morts, au lieu de martyrs, pour désigner les Palestiniens tués par les bombardements israéliens.
Les gens de Gaza ont choisi le martyre, la résistance, la dignité comme vous (les Libanais) l’avez fait en 2006; rien ne les empêchera de poursuivre la voie de la résistance et de la lutte contre l’oppression.
Nous avons une responsabilité, notre mission, notre devoir est de faire cesser cette offensive, de l’empêcher de se poursuivre, de se prolonger, la responsabilité des gouvernements arabes est de pousser les peuples à bouger, et celle des peuples c’est de défier l’oppression de leurs dirigeants et de descendre dans les rues par millier. Celui qui se fait tuer dans cette action sera promu au rang de martyr sur la voie de Jérusalem.
Pendant la guerre de juillet, je n’ai rien demandé, ni de l’extérieur ni de l’intérieur, mais là, dans la guerre de Gaza je vous demande de descendre par milliers dans les rues pour manifester contre cette agression.
Mais aussi, je demande à tous les peuples arabes de demander au régime égyptien de bouger, car il est la pierre angulaire dans ce conflit. On ne lui demande pas de lutter à la place du Hamas ou des Palestiniens, mais de soutenir le peuple palestinien pour pouvoir résister.
Car l’Egypte c’est la mère du monde; ce n’est pas la Croix rouge ni le croissant rouge, elle doit trancher sa position, tout ce qu’on lui demande c’est de rouvrir le passage de Rafah.
Telle est la responsabilité de l’Egypte.
Avant je m’adressais avec réserve aux régimes arabes, aujourd’hui je vais être franc, je dis aux Egyptiens si vous n’ouvrez pas le passage de Rafah, vous êtes complices dans le crime commis contre les gens de Gaza, vous êtes complices dans le blocus contre les enfants de Gaza, vous êtes partenaires dans le massacre de centaines d’innocents.
Ce discours, les responsables égyptiens doivent l’entendre; le monde arabe doit entendre ce discours, ils doivent savoir qu’ils sont accusés par la nation arabe et musulmane, par les prophètes de cette nation, du meurtre de Gaza.
Je m’adresse au peuple égyptien, le résistant, le noble, nous savons comment il pense, ce qu’il a dans le cœur.
Je vous interroge: est-ce que la police égyptienne peut s’opposer à des millions d’Egyptiens, o Egyptiens vous pouvez rouvrir le passage de Rafah à l’aide de vos bras et vos poitrines.
Nous savons qu’il existe dans l’armée égyptienne un nombre de généraux et de responsables militaires qui sont toujours arabes dans le cœur et dans le sang, et qui se préoccupent de la nation arabe.
Celui qui a le pouvoir de changer l’équation, c’est l’Egypte; si le passage de Rafah s’ouvre de nouveau, c’est l’épopée de 2006 qui se répétera, car la résistance palestinienne aura la force pour lutter, pour tenir et il vaincra l’ennemi, car cet ennemi ne peut pas tenir longtemps il ne peut pas mener une guerre de long souffle.
Certains nous demandent, comme ils le font déjà au Liban, d’aller vers une paix juste et globale. Vous qui courez vers cette paix, vous n’avez rien récolté sinon des guerres sanglantes, des massacres sans précédent.
Depuis les accords de Camp David, les palestiniens n’ont rien gagné. Cette paix, ce n’est rien d’autre que d’accepter les conditions israéliennes, pendant que nous nous faisons massacrer.
Et malgré ces massacres, vous persistez à demander une paix juste et globale. Avez-vous recouvert vos droits? Qu’avez-vous récolté ? Votre dignité ?
Certains nous parlent de la protection de la Communauté internationale. Où est donc cette protection aujourd’hui? Où sont les résolutions internationales pour protéger un peuple démuni.
Mes frères et sœurs, au regard de ce qui se passe à Gaza vous devez être convaincus que ce qui protège nos peuples c’est la résistance, toutes les autres options ne sont que mirage et illusion.
A-t-on besoin, nous les Arabes, pour atteindre cet état de conscience, de milliers de massacres, de milliers d’exterminations ?
Il est regrettable que cet ennemi à qui vous implorez une paix juste et globale, celui-là même qui vous massacre chaque année, qui vous viole vos droits. A-t-on besoin de plus de massacres pour comprendre que nous sommes face à un ennemi criminel et raciste qui refuse même de négocier sous nos conditions ?
Au Liban, depuis le début de l’offensive israélienne contre Gaza, Olmert, Livni, Barak et des responsables israéliens ont adressé des menaces contre le Liban et ils ont mis en état d’alerte les colonies sionistes dans le nord. Là, deux possibilités se présentent, soit tout ce que font les Israéliens au nord sont des mesures préventives, soit il faut se méfier. Car le timing israélien semble parfait, vide politique israélien et américain, crise économique mondiale, l’ennemi israélien prépare quelque chose contre le Liban et il a besoin d’une opération pour redorer le blason de son armée, il faut donc être prudent et ne pas sous-estimer la situation. Même la question des huit roquettes (retrouvées en état de lancement au Liban-sud la semaine passée) est douteuse, car c’est juste avant le déclenchement de la guerre contre Gaza qu’elles ont été trouvées.
Quand ces roquettes ont été découvertes ils nous ont directement accusé disant que seulement le Hezbollah peut agir dans cette région. Je leur dis nous au Hezbollah nous avons le courage de dire ce que faisons et nous ne sommes pas sur les bancs des accusés.
Ce qui s’est passé est certes suspicieux. Israël ne peut-il pas le faire? Envoyer quelqu’un pour placer ces roquettes. Ou alors à travers ses collaborateurs. Pour justifier une action contre le Liban.
Certains politiciens ont déjà commencé à véhiculer cette logique. Est- il possible que des roquettes trouvées peuvent justifier une agression contre le Liban??
Je veux inviter le Liban qui a vaincu Israël deux fois, en 200 et en 2006, d’être prudent. Franchement, j’ai même averti les résistants au sud d’être particulièrement prudents, parce que notre ennemi est hypocrite, insidieux et traitre.
Nous ne savons pas quels sont les plans conçus contre nous.
Mais je déclare que nous, au Liban, dans la résistance, n’avons peur d’aucune agression. Je déclare que nous sommes prêts à faire face à toute attaque parce que nous appartenons à l’école qui refuse l’humiliation.
Nous au Liban et dans le monde arabo islamique sommes appelés assumer notre responsabilité historique et religieuse, par rapport à ce qui se passe à Gaza. Parce que les résultats vont se répercuter sur toute la nation islamique.
Demain qui a été annoncé un jour de deuil par le guide de la révolution islamique Sayed Ali Khamenei, nous devons y exprimer notre solidarité avec le peuple palestinien et les martyrs qui sont tombés.
Je vous invite à une grand rassemblement, femmes, hommes jeunes et enfants, à proximité du stade d’ar-Raya, et je demande la suspension de cérémonies de commémoration de Achoura prévus pour demain pour participer à ce rassemblement.
Il faut que le monde entier entende notre voix, et voit nos poings, pour qu’il sache que nous n’avons peur de rien
J’avais l’habitude de vous faire cette invitation pour la commémoration du 10ème jour d’Achoura. Je nous demande cette fois-ci de la faire demain lundi comme si c’était le dixième de Achoura, car chaque jour est Karbala, et chaque lieu est Achoura.
Sayed Hassan Nasrallah
Allocution sur Al-Manar, dimanche 28 décembre 2008
Dans un bilan qui risque encore de s’alourdir, pas moins de 206 Palestiniens ont été tués et plus de 400 ont été blessés ( dont 120 dans un état grave), ce samedi le plus noir de l’occupation de la Palestine en 1948.
Dans une opération de massacres en série, baptisée « plomb durci », une soixantaine d’avions de combats israélien, de hélicoptères de combat et de drones se sont relayés, pendant toute la journée, pour bombarder de plein fouet une centaine de positions. Mais les frappes les plus violentes ont été perpétrées en début de matinée, et ont pris pour cible les postes de police , dont le quartier général à Gaza, al-Mashtal, où se déroulait au moment du bombardement les festivités de remises des diplômes d’une nouvelle promotion d’officiers palestiniens. Le chef de la police, le général Tawfik Jaber a été tué en plus d’une centaine de policiers, selon des sources hospitalières et policières palestiniennes. Des dizaines de civils figurent parmi les victimes, vu que ce siège est situé dans un quartier résidentiel.
D’autres centres de sécurité ont également fait l’objet d’attaques aériennes, à Rafah, tuant plusieurs officiers palestiniens, entre autre le colonel de la police Imad al-Omsi. Le siège des détenus palestiniens libérés, Wa’ed, un immeuble de 10 étages a aussi été complètement abattu.
Selon le Hamas, des centres d’entrainements militaires du Hamas ont aussi été bombardés, et la plupart des positions de sécurité dans la Bande de Gaza sont désormais à plat.
Dans l’hôpital ash-Shifa de Gaza, c’est le pêle-mêle. Des corps déchiquetés sont entassés. Les blessés hurlent. Les médecins et infirmiers sont débordés.
Selon le porte-parole Sami Abou Zehri, interrogé par al-Manar, l’ennemi israélien va regretter cette escalade et les massacres perpétrés, assurant qu’il ne pourra pas réaliser ses objectifs. Abou Zehri a également estimé que parmi ces objectifs est de briser la volonté du peuple palestinien pour le pousser à abandonnerses droits et à faire avorter le choix de la résistance.
Selon le porte-parole militaire israélien Avi Benyahou a averti que l’opération « ne faisait que commencer ». Il a par ailleurs précisé que « l’aviation israélienne a visé samedi des camps d’entraînement militaire, des bureaux gouvernementaux, des arsenaux, et des centres de commandement relevant tous du Hamas terroriste ».
Selon lui, « le secret sur cette opération a été soigneusement maintenu et la surprise a été totale (…) La plupart des victimes sont des gens en uniformes du Hamas ».
Le bilatéralisme va semble-t-il atteindre ses limites mais la Suisse officielle redoute un débat sans préjugés sur l’avenir de notre politique européenne. Il faut que cela cha (...)
Les Etats-unis ont confirmé que le nombre de soldats présents en Irak aujourd’hui est inférieur à celui au moment de l’invasion du pays, en 2003. Ce fait va être utilisé dans (...)
La littérature est-elle morte ? Elle est en tout cas, à l'évidence, disqualifiée à dessein, marginalisée et maintenue, de force, dans l'ombre, par « l'ordre en place » et ses o (...)
Tous les curseurs sont maintenant au rouge et les agences mondialistes prévoient les pires scénarios. Après la pause estivale, il est à craindre que la crise économique ne connaiss (...)
Comment gouverner des populations rétives ? En leur faisant peur. Une martingale qui remonte à loin et qui se montre toujours efficace. Jusqu’à quand ?
Naguère, le religieux (...)