Category: Focus

sept 02 2010

L’Autriche va-t-elle sortir de l’Union europĂ©enne ?

En rĂ©ponse Ă  l’imposition brutale du TraitĂ© de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancĂ© une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union europĂ©enne. Il s’agit en premier lieu de garantir la libertĂ© politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)dĂ©veloppement d’un marchĂ© intĂ©rieur Ă  l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intĂ©rieur d’Etats indĂ©pendants, de remettre la neutralitĂ© au centre de la politique extĂ©rieure, de la libertĂ© d’accepter ou refuser les OGM, de la rĂ©introduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une dĂ©mocratie directe selon le modĂšle helvĂ©tique.

autriche

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

Puisque plus de 80% des lois sont imposĂ©es par l’UE Ă  l’aide de prescriptions, directives, dĂ©cisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilitĂ© pour ces lois. Ni les dĂ©putĂ©s «reprĂ©sentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent Ă  cet politique europĂ©enne antidĂ©mocratique.

La majoritĂ© du peuple autrichien s’oppose Ă  l’UE. Ainsi en tĂ©moigne le sondage effectuĂ© par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, rĂ©vĂ©lant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de dĂ©savantages que d’avantages au pays .

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

Economie

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un systĂšme supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance Ă  l’UE; le commerce international est entiĂšrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dĂ» fermer leurs portes depuis l’adhĂ©sion du pays Ă  l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant Ă  la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement Ă  l’économie nationale. Sans souverainetĂ© Ă©conomique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilitĂ© Ă©conomique; il ne peut ni la conserver ni la dĂ©velopper.

C’est l’AELE qui se prĂ©sente comme la vĂ©ritable alternative Ă  l’UE.

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mĂšne pas de libre Ă©change illimitĂ©. Les accords de l’AELE prĂ©voient notamment une rĂ©duction des taxes douani­Úres pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces derniĂšres aux pays tiers et conserve sa propre politique Ă©conomique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marchĂ© du travail sont exclus du libre Ă©change!

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orientĂ© vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (Ă  nouveau) l’Autriche.

Etat social

Le principe suprĂȘme de l’UE, soit les «libertĂ©s du marché», autrement dit la libertĂ© illimitĂ©e de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette derniĂšre est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientĂ©e vers le profit maximum, source de difficultĂ©s majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des dĂ©cennies par la Cour de justice des CommunautĂ©s europĂ©ennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorĂ©e. La preuve en est apportĂ©e par l’augmentation constante du chĂŽmage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

Neutralité

Est neutre un pays menant sa propre politique Ă©trangĂšre (comme la Suisse), se tenant strictement Ă  l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armĂ©e, Ă  laquelle participe l’Autriche, l’UE reprĂ©sente elle-mĂȘme un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son Ă©troite relation Ă  l’OTAN, dont la majoritĂ© des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sĂ©curitĂ© du gouvernement fĂ©dĂ©ral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sĂ©curitĂ© internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation Ă  des expĂ©ditions militaires est renforcĂ©. Le TraitĂ© de Lisbonne nous contraint Ă  amĂ©liorer constamment nos capacitĂ©s militaires (exigence de rĂ©armement) et Ă  participer, le cas Ă©chĂ©ant, Ă  des interventions bellicistes, souvent dĂ©nommĂ©es «mission de combat contre le terrorisme». Cette derniĂšre mission finit parfois dans des guerres d’agression menĂ©es de par le monde.

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralitĂ© en tant que base pour la politique Ă©trangĂšre autrichienne.

LibertĂ© d’accepter ou de refuser les OMG

Du fait des «libertĂ©s illimitĂ©es du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empĂȘcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivĂ©es industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrĂ©dients OMG. Il est absolument nĂ©cessaire de respecter la volontĂ© des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de gĂ©nie gĂ©nĂ©tique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 Ă  ce sujet sont toujours d’actualitĂ©:

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

2. pas d’autorisation pour la mise en libertĂ© d’ĂȘtres vivants gĂ©nĂ©tiquement manipulĂ©s;

3. pas de brevets sur la vie.

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

Monnaie nationale

La monnaie nationale est une caractĂ©ristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son Ă©conomie par une politique monĂ©taire et de crĂ©dits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilitĂ© Ă©conomique. Encore rĂ©cemment, l’Autriche a dĂ» verser 2,3 milliards d’euros pour la prĂ©tendue «aide Ă  la GrĂšce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procĂ©dure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le rĂ©sultat de cette politique erronĂ©e est une inflation galopante et le risque d’une conversion monĂ©taire sur le dos des contribuables.

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribuĂ© aux difficultĂ©s financiĂšres et Ă©conomiques actuelles. La reprise des dĂ©ficits de pays instables par des pays stables, ces derniers reprĂ©sentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultĂ©s. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchĂ©rissement.

Agriculture

L’agriculture doit ĂȘtre protĂ©gĂ©e par la rĂ©introduction de taxes douaniĂšres et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la prĂ©servation des surfaces arables ainsi que leur exploitation Ă©cologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes Ă  leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, soit par le paysan lui-mĂȘme soit par des coopĂ©ratives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sĂ©curitĂ© alimentaire.

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et dĂ©truit ainsi les structures familiales rĂ©duites qui sont capables de s’adapter aux besoins rĂ©gionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marchĂ© mondialisĂ© et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

La libertĂ© et la dĂ©mocratie sont le fruit d’une lutte sĂ©culaire, les puissants n’ayant jamais lĂąchĂ© volontairement leur pouvoir.

Comment soutenir cette initiative populaire

Tous les citoyens autrichiens, ĂągĂ©s de 16 ans rĂ©volus, sont habilitĂ©s Ă  signer les initiatives populaires. DĂšs que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signĂ© la dĂ©claration de soutien, le ministĂšre de l’IntĂ©rieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront rĂ©coltĂ©es les signatures.

Vous trouverez les dĂ©clarations de soutien sur Internet Ă  l’adresse webinformation.at.

Vous pouvez aussi vous procurer ce document par tĂ©lĂ©phone: +43 650 736 22 00 ou par courriel: helmutschramm@gmx.at.

Source : Horizons et Débats

juin 05 2010

Les victimes de la « Flottille de la liberté » on Ă©tĂ© criblĂ©es de balles, selon un rapport d’autopsie

Les neuf victimes turques de l’assaut israĂ©lien contre la flottille en route vers Gaza lundi ont Ă©tĂ© criblĂ©es de balles, selon un rapport d’autopsie des autoritĂ©s turques.

dogan

Le rapport des autoritĂ©s turque est accablant. Certaines des victimes ont mĂȘme Ă©tĂ© abattues Ă  bout portant. Elles ont essuyĂ© 30 balles au total. Un sexagĂ©naire a Ă©tĂ© atteint Ă  la tempe, la poitrine, la hanche et au dos. Les mĂ©decins lĂ©gistes turcs qui ont procĂ©dĂ© Ă  l’autopsie des cadavres ont Ă©tĂ© formels : tous ont Ă©tĂ© tuĂ©s par balles, dont un par des tirs Ă  bout portant.

Le plus jeune d’entre-eux, Dogan Forkan, 19 ans, qui avait la double nationalitĂ© turque et Ă©tats-unienne a lui Ă©tĂ© touchĂ© par cinq balles tirĂ©es Ă  bout portant contre le visage, rapporte le « Guardian » (citĂ© par la dĂ©pĂȘche de l’Agence tĂ©lĂ©graphique suisse que nous reproduisons ci dessous).

ats

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Le Cargo Rachel Corrie arraisonné par Israël

Les militaires israĂ©liens ont abordĂ© le cargo humanitaire irlandais Rachel Corrie qui faisait route vers Gaza sans rencontrer de rĂ©sistance. Les militaires ont pris le contrĂŽle du navire, qui est escortĂ© vers le port d’Ashdod. Les forces israĂ©liennes sont montĂ©es Ă  bord du navire aprĂšs avoir tentĂ© en vain de le dĂ©router. Elles avaient prĂ©venu qu’elles aborderaient le Rachel Corrie s’il refusait de rebrousser chemin. L’armĂ©e prĂ©cise avoir abordĂ© le bateau irlandais par la mer, et non depuis des hĂ©licoptĂšres comme ce fut le cas lundi lors de l’assaut mortel.

A Gaza, le Hamas a dĂ©noncĂ© « un nouveau crime grave d’IsraĂ«l qui vise les Palestiniens mais aussi l’ensemble de la communautĂ© internationale ». De son cĂŽtĂ©, la haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay a de nouveau rĂ©clamĂ© la levĂ©e du blocus de la bande de Gaza, une mesure imposĂ©e par IsraĂ«l et qualifiĂ©e « d’illĂ©gale ».

Julian Diesdorf, pour Mecanopolis

Lire l’article du Guardian

Sur le mĂȘme sujet, lire Ă©galement Les militaires israĂ©liens auraient « jetĂ© plusieurs cadavres Ă  la mer »

avr 26 2010

ProtĂ©gĂ© : EXLIMES est-il « antisĂ©mite » ?

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mar 29 2010

Au moins 40 personnes tuées dans deux explosions dans le métro de Moscou (vidéos)

Article mis Ă  jour Ă  23h00

Au moins 40 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es lundi matin dans le mĂ©tro de Moscou, selon un premier bilan provisoire, oĂč des engins explosifs ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©s Ă  bord de deux trains bondĂ©s Ă  l’heure de pointe. La responsabilitĂ© de ces attaques, les plus meurtriĂšres depuis six ans dans la capitale russe, n’a pas Ă©tĂ© revendiquĂ©e pour l’heure. Les moujahidin du Nord-Caucase dĂ©mentent toute implication.

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Image issue d’une camĂ©ra de vidĂ©o surveillance, peu aprĂšs l’explosion de la station Loubianka (cliquer pour agrandir)

Les deux explosions survenues Ă  bord de trains Ă  l’arrĂȘt dans des stations du mĂ©tro de Moscou ont fait au moins 40 morts et 50 blessĂ©s selon un bilan officiel provisoire.

La premiĂšre explosion s’est produite peu avant 08h00 (04h00 GMT) et a dĂ©truit le deuxiĂšme wagon d’une rame de mĂ©tro arrĂȘtĂ©e Ă  la station de Loubianka, dans le centre-ville, prĂšs du quartier gĂ©nĂ©ral du FSB, le service du renseignement intĂ©rieur. Elle aurait fait au moins 23 morts, les autoritĂ©s Ă©voquant des victimes tant Ă  l’intĂ©rieur du train que sur le quai.

Une seconde explosion est survenue une quarantaine de minutes plus tard Ă  la station Park Koultouri. Elle a Ă©galement frappĂ© le deuxiĂšme wagon d’une rame et fait au moins 14 victimes.

« Deux femmes terroristes kamikazes ont commis ces attentats Ă  la bombe », a dĂ©clarĂ© Ă  la presse le maire de Moscou, Iouri Loujkov, Ă  la station Park Koultouri, sans indiquer toutefois la source de ses informations.

metromap

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Des images des camĂ©ras de surveillance, diffusĂ©es sur internet, montrent des corps inanimĂ©s allongĂ©s dans l’entrĂ©e de la station Loubianka, oĂč les victimes sont prises en charge par des Ă©quipes d’urgentistes.

Le procureur de Moscou a employĂ© le terme d’attentats suicide et le parquet a ouvert une enquĂȘte pour « terrorisme ».

Avec ce bilan provisoire, ces attentats sont les plus meurtriers Ă  Moscou depuis fĂ©vrier 2004, lorsque 39 personnes avaient pĂ©ri et une centaine d’autres avaient Ă©tĂ© blessĂ©es dans une attaque suicide dans un train du mĂ©tro.

Cette attaque avait Ă©tĂ© imputĂ©e aux sĂ©paratistes tchĂ©tchĂšnes, sans qu’elle n’ai toutefois Ă©tĂ© revendiquĂ©e par les moujahidin.

Pour l’heure, le site Kavkaz Center, qui a l’habitude de publier les communiquĂ©s des rebelles  du Nord-Caucase, dĂ©ment toute implication des sĂ©paratistes.

Mise Ă  jour de 17h00 :

Ces deux attentats surviennent au moment prĂ©cis oĂč s’ouvre la Semaine sainte, un temps fort pour des millions de chrĂ©tiens orthodoxes. Ils ne manqueront pas de raviver le spectre de l’annĂ©e 1999 quand une sĂ©rie d’attentats perpĂ©trĂ©e contre des immeubles d’habitation Ă  Moscou et en Russie centrale avait causĂ© la mort de 300 personnes.

Les explosions des immeubles d’habitations, jamais vraiment Ă©lucidĂ©es et, selon plusieurs sources, exĂ©cutĂ©es grĂące Ă  des complicitĂ©s du Service FĂ©dĂ©ral de la SĂ©curitĂ© (FSB) avaient d’emblĂ©e Ă©tĂ© attribuĂ©es Ă  des « terroristes tchĂ©tchĂšnes », suscitant un vent de panique et une montĂ©e de la xĂ©nophobie contre tous les ressortissants d’origine caucasienne. Ces attentats avaient permis Ă  Vladimir Poutine, alors prĂ©sident, de prĂ©cipiter le dĂ©but de la deuxiĂšme guerre de TchĂ©tchĂ©nie (2000-2005). Dans les semaines qui suivirent, l’armĂ©e russe fut envoyĂ©e au nord du Caucase pour mater les sĂ©paratistes.

Au moment des guerres russo-tchĂ©tchĂšnes (1994-1996 et 2000-2005), le mĂ©tro moscovite a Ă©tĂ© le théùtre de plusieurs attentats. Le plus meurtrier a eu lieu le 6 fĂ©vrier 2004 entre les stations AvtozavodskaĂŻa et PaveletskaĂŻa, au centre-ville, lorsqu’une bombe explosa pendant que le train roulait, faisant 41 morts et 250 blessĂ©s. Depuis, hormis un attentat perpĂ©trĂ© dans le mĂ©tro par de jeunes ultranationalistes en 2006, la situation s’Ă©tait normalisĂ©e.

A 17h00 aucun canal habituel ne faisait Ă©tat d’une revendication des attentats commis ce jour.

Mise Ă  jour de 23h00 :

Ces attentats sont le résultat de la politique de Poutine

Ces explosions dans le mĂ©tro de Moscou sont le rĂ©sultat du traitement de la Russie envers le Caucase en gĂ©nĂ©ral et en particulier contre la TchĂ©tchĂ©nie, a dĂ©clarĂ© Yuli Rybakov, un cĂ©lĂšbre militant des droits de l’homme et ancien dĂ©putĂ© de la Douma.

« La mĂ©thode utilisĂ©e par Vladimir Poutine et l’administration Russe ont abouti Ă  des rĂ©sultats catastrophiques dans le Caucase » a dĂ©noncĂ© Yuli Rybakov

« Nous avons aujourd’hui Ă  Moscou un rĂ©gime qui est dix fois pire que celui que nous avions au dĂ©but des annĂ©es 90. Il n’est surprenant que les agressions en provenance du Caucase augmentent. Elles sont la rĂ©ponse de nos actions » a encore indiquĂ© l’ancien dĂ©putĂ©.

«
Au dĂ©but de cette campagne de terreur, les musulmans n’Ă©taient pas agressif. C’est la guerre que la Russie leur Ă  faite qui les a rendu violents. Un TchĂ©tchĂšnes sur quatre a Ă©tĂ© assassinĂ© par l’armĂ©e russe. Il n’est pas surprenant qu’ils se vengent aujourd’hui. Ceci est le rĂ©sultat de notre politique dans le Caucase », a-t-il conclu.

Source : Kavkaz Center

A 23h00 aucun canal habituel ne faisait Ă©tat d’une revendication des attentats commis ce jour.

Mecanopolis

Lire également Entretien avec le commandant des séparatistes du Caucase (vidéo)

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jan 09 2010

Le président Obama a-t-il échappé à un attentat orchestré par la CIA ?

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Le PrĂ©sident Barack Obama pensait sans doute passer un paisible sĂ©jour Ă  HawaĂŻ lorsque, le 28 dĂ©cembre dernier, Ă  15h10, il entamait une partie de golf sur le green du Luana Hills Country Club. Trois minutes plus tard, les agents des services secrets en charge de sa sĂ©curitĂ© intervenaient dans l’urgence, engouffrant le prĂ©sident et sa suite dans deux vĂ©hicules blindĂ©s.

obama hawaii

Barack Obama, sur le green du Luana Hills Country Club, quelques instants avant l’intervention des agents des services-secrets en charge de sa sĂ©curitĂ©

La « version officielle » de « l’incident », relayĂ©e un peu plus tard par un communiquĂ© du service de presse de la Maison Blanche, indique que c’est Ă  la suite de la blessure accidentelle du fils d’un couple d’amis, Eric et Cheryl Whitaker, qui accompagnaient Obama, que le plan d’Ă©vacuation du prĂ©sident des États-Unis a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©. Le communiqué prĂ©cise nĂ©anmoins que l’enfant n’a pas eu besoin d’assistance mĂ©dicale.

Qui peut vraiment croire que les services-secrets auraient expĂ©diĂ© Barack Obama dans un bunker parce qu’un garçonnet se serait blessĂ© Ă  la plage ? Ici comme ailleurs, la « version officielle », et ses cent retouches successives, n’a pas pour but d’ĂȘtre crĂ©dible, mais d’ĂȘtre la seule en vitrine, de sorte Ă  occuper l’ensemble des mĂ©dias et de couvrir la rĂ©alitĂ© des faits.

Le quotidien russe Zvatara, qui indique prendre ses sources auprĂšs d’un agent du FSB (service de renseignement russe) prĂ©sente une toute autre version des Ă©vĂšnements. Selon le journal, l’alerte aurait Ă©tĂ© donnĂ©e quand Ă  15h 03 prĂ©cise, un avion « non identifié » a pĂ©nĂ©trĂ© dans l’espace aĂ©rien du pĂ©rimĂštre restreint de la « zone de vacances » du prĂ©sident amĂ©ricain.

La rĂ©action des services de protection d’Obama aurait encore Ă©tĂ© d’avantage prĂ©cipitĂ©e quand, quelques minutes plus tard, l’identitĂ© de cet avion, un bi-rĂ©acteur portant le numĂ©ro d’enregistrement N46F, a Ă©tĂ© Ă©tablie comme appartenant Ă  la Hunt Oil Company, et qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment liĂ© Ă  l’Agence centrale de renseignement (CIA), comme le confirme ce document.

Il n’est pas inutile de rappeler que le PDG de Hunt Oil, Ray L. Hunt, est un proche de George Bush senior, et membre du President’s Foreign Intelligence Advisory Board.

A noter aussi que, en avril 2009, George Bush junior a effectuĂ© un voyage au YĂ©men, dont les rĂ©serves de pĂ©trole sont estimĂ©es 10 milliards de barils, afin d’inaugurer une raffinerie de la… Hunt Oil Company. Cela alors que, depuis peu, le pĂ©trole yĂ©mĂ©nite reprĂ©sente 7% des sources d’approvisionnement de la Chine, et que les projets de Petrochina sont nombreux dans ce pays.

A la lumiĂšre de ces informations, ont serait tentĂ© de relier « l’attentat manqué » du vol Detroit-Amsterdam du 25 dĂ©cembre dernier avec ce qui ressemble a une mise en garde de la CIA et de ses commanditaires Ă  l’encontre du prĂ©sident Barack Obama, afin de le contraindre Ă  accĂ©lĂ©rer un processus d’ingĂ©rence militaire au YĂ©men, de sorte Ă  en accaparer les ressources en hydrocarbures.

Au soir du 28 dĂ©cembre, Barack Obama, a « rompu le silence qu’il observait depuis l’attentat manquĂ© sur le vol 253 le jour de NoĂ«l » pour s’adresser aux amĂ©ricains : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. »

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Spencer Delane

déc 21 2009

Qu’en est-il de la libertĂ© de la presse en France ?

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

La libertĂ© de la presse est l’un des principes fondamentaux des systĂšmes dĂ©mocratiques, qui reposent sur la libertĂ© d’opinion, la libertĂ© mentale et d’expression. En France, elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e pour la premiĂšre fois dans la DĂ©claration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il y est stipulĂ© que « La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre Ă  l’abus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi ». S’il est habituellement consensuel de dire que la libertĂ© de la presse est fortement bridĂ©e dans la plupart des pays du monde, nous pourrions lĂ©gitimement Ă©mettre de sĂ©rieuses interrogations quant au respect de cette derniĂšre dans nos pays dits dĂ©mocratiques que nous considĂ©rons habituellement comme un havre de civilisation qui se doit de dispenser ses inĂ©galables lumiĂšres au reste du globe. Pour disposer d’une vue d’ensemble sur la question, nous allons aborder trois points essentiels, qui sont les censures de la libertĂ© d’expression en France, le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias et leur financement, pour terminer par une vue globale de la nature de ces derniers.

Libertédelapresse

La notion mĂȘme de libertĂ© est passablement floue dans la langue française. Si le plus grand nombre de gens s’accorderait Ă  dire que la libertĂ© consiste Ă  faire ce que l’on veut quand on le veut sans ĂȘtre entravĂ© par quelque contrainte que ce soit, le bon sens dirait plutĂŽt qu’ĂȘtre libre, c’est savoir agir de la meilleure maniĂšre possible dans l’observance des rĂšgles auxquelles notre marge d’action est soumise. En somme, c’est dans l’accroissement de ses responsabilitĂ©s que l’on trouve plus de libertĂ©. Dans le cas de la presse, donc, il s’agit de repĂ©rer les responsabilitĂ©s et les rĂšgles que l’on impose aux journalistes pour pouvoir se faire une idĂ©e un tant soit peu pertinente de sa marge de manƓuvre.

Pour ce qui est de la presse Ă©crite, il est essentiel de savoir que la matiĂšre premiĂšre des quotidiens est fournie par la majeure agence de presse, l’Agence France-Presse (AFP). Elle a donc une influence considĂ©rable, car beaucoup de journaux se contentent souvent de rĂ©cupĂ©rer ses nouvelles pour toucher leur public. L’AFP Ă©tait un Ă©tablissement d’État jusqu’en 1957. Elle dispose aujourd’hui d’un nouveau statut censĂ© garantir son indĂ©pendance rĂ©dactionnelle, mais ses recettes proviennent pour moitiĂ© de ses clients, pour moitiĂ© de l’État. Les batailles homĂ©riques qui entourent la nomination trĂšs politique de son prĂ©sident ont tendance Ă  montrer que l’AFP n’est pas rĂ©ellement neutre.

D’autre part, le travail des journalistes de tous bords est soumis au contrĂŽle de leur rĂ©dacteur en chef, qui veille au respect de la ligne Ă©ditoriale d’une publication ou d’un journal audiovisuel. S’il juge qu’une partie de la production qui lui est prĂ©sentĂ©e est indĂ©cente, il peut la supprimer, ce qui est une forme de censure indirecte. Le contrĂŽle des rĂ©dactions passe par la rĂ©duction de leur nombre. On a assistĂ© Ă  une concentration sans prĂ©cĂ©dent de la presse quotidienne depuis la LibĂ©ration. Les journalistes, s’ils sont enregistrĂ©s par la Commission de la carte oĂč siĂšgent des reprĂ©sentants du Premier ministre, ou si l’administration le dĂ©cide discrĂ©tionnairement, font bĂ©nĂ©ficier leurs employeurs de cotisations sociales rĂ©duites et en bĂ©nĂ©ficient eux-mĂȘmes, ainsi que d’une dĂ©duction fiscale supplĂ©mentaire. Les journaux doivent, eux, ĂȘtre enregistrĂ©s par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP, instance dont le travail est peu mĂ©diatique mais qui a pourtant un rĂŽle capital) oĂč siĂšgent d’autres reprĂ©sentants du Premier ministre pour bĂ©nĂ©ficier du taux rĂ©duit de TVA Ă  2,1% au lieu de 19,6%. Ils bĂ©nĂ©ficient alors aussi de tarifs ultra-prĂ©fĂ©rentiels Ă  La Poste. À ce subventionnement indirect s’ajoute un subventionnement direct par les services du Premier ministre des quotidiens nationaux. Le refus ou le retrait d’un de ces agrĂ©ments vaut toutes les censures : il condamne gĂ©nĂ©ralement le journal concernĂ© Ă  la faillite immĂ©diate. Et s’il survit, il est rĂ©duit Ă  la marginalitĂ© sur un marchĂ© assistĂ© oĂč ne s’appliquent pas les rĂšgles de la libre concurrence.

Dans le cas de la publication de livres, il ne suffit pas de trouver un Ă©diteur : encore faut-il qu’il soit mis Ă  la disposition des libraires, ce qui est le travail des diffuseurs. Les sociĂ©tĂ©s assurant ce service peuvent trĂšs bien refuser d’afficher l’éventuel livre dans leur catalogue, condamnant ledit ouvrage Ă  ĂȘtre distribuĂ© quasiment sous le manteau par des rĂ©seaux improbables.

La libertĂ© de la presse ne peut s’apprĂ©cier qu’au regard de l’appareil judiciaire qui en garantit l’harmonieux fonctionnement. Au XIXe siĂšcle, Georges ClĂ©menceau se battit pour que les journaux ne soient pas jugĂ©s en correctionnelle par des magistrats nommĂ©s par l’État, mais par des jurys populaires. Cette procĂ©dure indispensable a Ă©tĂ© supprimĂ©e par le Gouvernement provisoire et jamais rĂ©tablie. LĂ  encore, si les chambres spĂ©cialisĂ©es sont tenues par de fins juristes, il suffit d’observer les batailles qui entourent la nomination de ces magistrats pour mesurer le caractĂšre politique de leur fonction.

Les journaux et Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es, de leur cĂŽtĂ©, sont contrĂŽlĂ©s par le CSA, Conseil SupĂ©rieur de l’Audiovisuel, qui est un organisme de l’État français. Jouissant d’un statut d’autoritĂ© indĂ©pendante, il dĂ©livre des autorisations d’Ă©mettre aux radios privĂ©es et aux chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es, nationales, rĂ©gionales ou locales selon le bon vouloir de ses neuf conseillers nommĂ©s par l’État. En guise d’aperçu de ce que le CSA est capable de faire, il faut savoir qu’en avril 2002, le CSA a Ă©crit Ă  France TĂ©lĂ©visions aprĂšs le passage du journaliste Thierry Meyssan dans une Ă©mission de Thierry Ardisson et lui a ordonnĂ© de ne plus lui donner la parole Ă  propos des attentats du 11 septembre, dont il infĂ©rait la responsabilitĂ© au gouvernement des États-Unis. Une copie de cette lettre a Ă©tĂ© adressĂ©e Ă  tous les mĂ©dias audio-visuels sous convention. Depuis, Meyssan n’a plus Ă©tĂ© invitĂ© sur une chaĂźne française, y compris lorsque Arte a consacrĂ© une soirĂ©e complĂšte Ă  le mettre en cause.

Bien que les mĂ©dias privĂ©s soient importants aujourd’hui, il n’en a pas toujours Ă©tĂ© ainsi en France. Charles De Gaulle entrant dans Paris promulgue, le 26 aoĂ»t 1944, une ordonnance rĂ©digĂ©e Ă  Alger qui nationalise toute la presse Ă©crite et audiovisuelle. La France est le seul État non communiste Ă  avoir jamais procĂ©dĂ© de la sorte. L’idĂ©e de l’époque est que pour ĂȘtre objective, la presse doit ĂȘtre un service public. L’État devient le garant de la VĂ©ritĂ© Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre celui de l’esprit critique. Ce n’est qu’en 1954 que Pierre MendĂšs-France privatisera la presse Ă©crite. Il faudra attendre 1982 pour que François Mitterrand, devenu prĂ©sident de la RĂ©publique, privatise partiellement la radio, et 1986 pour que Jacques Chirac privatise partiellement la tĂ©lĂ©vision.

Au niveau du fonctionnement et du financement des agences de presse, nous allons à nouveau opérer une distinction entre presse écrite et audiovisuelle en prenant des exemples éloquents de médias privés.

Prenons l’exemple du Figaro pour la presse Ă©crite : Le Figaro est une filiale de la Socpresse dont le prĂ©sident est l’industriel et sĂ©nateur Serge Dassault. En 2009, selon le magazine Forbes, il est le 90e homme le plus riche du monde avec une fortune estimĂ©e Ă  plus de cinq milliards de dollars. Serge Dassault a expliquĂ©, en 2004, que les journaux doivent diffuser des « idĂ©es saines », car « nous sommes en train de crever Ă  cause des idĂ©es de gauche ». « J’espĂšre que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait-il ainsi lancĂ© Ă  des responsables du Centre de formation des journalistes. Il refuse que son journal publie, en aoĂ»t 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l’Affaire des frĂ©gates de TaĂŻwan (l’entretien est finalement publiĂ© dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). À la suite de ses propos sur la subordination du journal Ă  son propriĂ©taire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rĂ©daction. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte des tĂ©moignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercĂ©e par Serge Dassault sur la rĂ©daction. En fĂ©vrier 2008, Pascale Pascariello, journaliste de France Inter, est prise Ă  partie par le service d’ordre, aprĂšs avoir posĂ© des questions lors d’une rĂ©union publique organisĂ©e par Serge Dassault. Le 19 juin 2008, Serge Dassault dĂ©clenche une nouvelle polĂ©mique en dĂ©clarant qu’il juge « anormal » d’aider les chĂŽmeurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ». Sur iTĂ©lĂ©, en juillet 2008, il avait Ă©galement fait part de son admiration pour l’organisation chinoise du travail, a vantĂ© les mĂ©rites des ouvriers chinois « qui travaillent 45 heures par semaine et dorment dans leurs usines », s’est dĂ©solĂ© de l’existence des grĂšves et des syndicats et a dit soutenir une plus grande flexibilitĂ© pour les entreprises. Nous sommes en droit de nous demander quelle part de libertĂ© et d’objectivitĂ© existe dans un mĂ©dia qui est sous la coupe de quelqu’un comme Serge Dassault


MĂȘme un journal Ă  la rĂ©putation plus neutre comme Le Monde ne fait pas figure d’exception dans les critĂšres de rentabilitĂ©. Dans l’essai « La face cachĂ©e du Monde », Pierre PĂ©an affirmait, entre autres, que l’équipe dirigeante du journal avait pris le parti de s’orienter vers une logique commerciale, faisant fi des rĂšgles dĂ©ontologiques et usant des techniques de dĂ©sinformation. Les critiques pointaient Ă©galement du doigt certains partis-pris Ă©ditoriaux. D’autre part, un employĂ© du Monde avait Ă©tĂ© licenciĂ© peu de temps aprĂšs cette publication pour « cause rĂ©elle et sĂ©rieuse » portant « atteinte Ă  l’entreprise » dans laquelle il travaillait, pour avoir critiquĂ© l’absence de rĂ©action du Monde aux critiques de l’essai de Pierre PĂ©an.

Le 9 novembre 2005, selon Le Canard enchaĂźnĂ© du 16 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministĂšre de l’IntĂ©rieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral des Éditions First, Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variĂ©es ». Cette maison d’Ă©dition s’apprĂȘtait Ă  publier le 24 novembre l’ouvrage signĂ© de ValĂ©rie Domain, journaliste Ă  Gala, et intitulĂ© CĂ©cilia Sarkozy, entre le cƓur et la raison. Dans une interview du Parisien publiĂ©e le 18 novembre 2005, CĂ©cila Sarkozy indique que c’est elle qui a alertĂ© son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privĂ©e soit mĂ©diatisĂ©e », a-t-elle affirmĂ©. L’auteur affirme quant Ă  elle que CĂ©cilia Sarkozy Ă©tait parfaitement au courant de la teneur du livre. ValĂ©rie Domain souhaite que son ouvrage soit publiĂ© et est entrĂ©e en contact avec l’Ă©diteur Fayard. MalgrĂ© des pressions d’Arnaud LagardĂšre, directeur du groupe Hachette, sur Claude Durand, directeur de Fayard, la biographie de CĂ©cilia Sarkozy par ValĂ©rie Domain a Ă©tĂ© publiĂ©e le 8 fĂ©vrier 2006 et tirĂ©e Ă  100 000 exemplaires sous le titre Entre le cƓur et la raison sous forme de roman aux Ă©ditions Fayard. CĂ©cilia avait donnĂ© son accord pour cette biographie avant de se raviser aprĂšs de multiples entretiens avec l’auteur. Du fait des menaces de poursuites judiciaires par le couple Sarkozy, CĂ©cilia y apparaĂźt sous le nom de « CĂ©lia Michaut-Cordier, Ă©pouse d’un homme politique influent ». « Une femme quitte un homme pour un autre. Homme de pouvoir, cet autre la voit Ă  son tour lui Ă©chapper pour un troisiĂšme. DĂšs lors, il n’a de cesse de la reconquĂ©rir » rĂ©sume l’auteur.

Reprise d’un article de Yann Chollet, journaliste indĂ©pendant et auteur du livre « 7 jours sur 7 Ă  votre service »Â : « La censure existe sous couvert d’une relation allĂ©chante du genre « j’achĂšte une campagne de pub dans ton journal et tu me protĂšges sur cette affaire ». Et je comprends mieux pourquoi des journalistes de journaux dits de gauche (Canard EnchaĂźnĂ©, libĂ©ration…) prĂ©fĂšrent dĂ©molir la SNCF ou critiquer les mĂ©chantes multinationales US plutĂŽt que de s’attaquer Ă  nos gentilles multinationales françaises, toutes socialement responsables et Ă©thiques. Fin 2002, une journaliste dite  » d’investigation  » du magazine Capital, m’explique vouloir parler de mon livre et rĂ©vĂ©ler l’affaire des 60 procĂšs dont la chaĂźne Formule 1 est la mire. Au final, cette journaliste passera par la Tour Montparnasse, siĂšge du PDG ACCOR et Ă©crira un article exposant une image trĂšs positive du groupe. Mon livre n’est mĂȘme pas citĂ©, les arguments contradictoires invisibles. Je prĂ©viens la rĂ©daction du magazine que la mĂ©thode utilisĂ©e par leur journaliste ne respecte pas la dĂ©ontologie de la profession. Je menace de rĂ©vĂ©ler cette erreur et rapidement le rĂ©dacteur en chef m’offre un droit de rĂ©ponse. D’autres exemples identiques suivront concernant mon ouvrage, dans la presse française. Nicolas Beau du Canard EnchaĂźnĂ©, me dira de façon dĂ©daigneuse au tĂ©lĂ©phone :  » On ne se paye pas ACCOR comme ça « . Surprenant ! Le rĂ©dacteur en chef de  » Nouvel Ouest  » m’expliquera clairement, sans dĂ©tour, ĂȘtre en tractation  » partenariat publicitaire  » avec le groupe ACCOR et qu’il ne pourra pas parler de mon livre. Par Yann Chollet. Journaliste indĂ©pendant et auteur du livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service « . A travers un exemple simple et concret, exposons la subtilitĂ© de cette dĂ©rive. En 2002, j’Ă©cris un livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service  » aux Ă©ditions du Vent, qui dĂ©voile l’exploitation des humains dans l’hĂŽtellerie Ă©conomique. A travers mon tĂ©moignage, mes propres souffrances vĂ©cues, j’expose en 287 pages une rĂ©alitĂ© dĂ©nonçant l’esclavage des temps modernes. A plus de 80 heures par semaine pour un SMIC, le mot n’est peut-ĂȘtre pas assez fort. Comme contre-attaque,  » le groupe ACCOR, impliquĂ© dans l’ouvrage sous l’anagramme du groupe ROCCA  » comme l’expose Philippe Cohen dans un article publiĂ© dans Marianne, ne tente rien contre le livre directement, en connaissance de cause. Par contre, c’est Ă  travers une vĂ©ritable campagne de dĂ©sinformation que ce groupe impose le silence autour de mon ouvrage, qui par ailleurs se vend hors rĂ©seau traditionnel, Ă  plus de 1.800 exemplaires. Des dizaines de gĂ©rants me tĂ©moignent leur reconnaissance aprĂšs lecture. »

FondĂ© sous l’Ă©gide de Jean-Paul Sartre, le premier numĂ©ro paraĂźt le 18 avril 1973. PositionnĂ© Ă  l’extrĂȘme gauche Ă  ses dĂ©buts, LibĂ©ration Ă©volue vers la gauche sociale-dĂ©mocrate au dĂ©but des annĂ©es 1980, suite au dĂ©part de Jean-Paul Sartre. En 1978, le journal n’a dĂ©jĂ  plus rien de maoĂŻste : Serge July le dĂ©crit alors comme « libĂ©ral-libertaire ». Le journal reprend le titre d’un journal de la RĂ©sistance, LibĂ©ration qui Ă©tait dirigĂ© par Emmanuel d’Astier de la Vigerie. En proie Ă  de graves difficultĂ©s financiĂšres et Ă  une baisse de sa diffusion depuis le dĂ©but du XXIe siĂšcle, LibĂ©ration a aujourd’hui pour actionnaire de rĂ©fĂ©rence Édouard de Rothschild (38,87%), ancien membre de la commission exĂ©cutive du CNPF et grande fortune française. Son siĂšge social est au 11 rue BĂ©ranger Ă  Paris, dans le 3e arrondissement.

Au niveau de la presse tĂ©lĂ©visĂ©e, parlons de TF1, dont l’actionnaire principal est le groupe Bouygues, qui situe ses services dans les tĂ©lĂ©coms/mĂ©dias et la construction (routes, immobilier
). L’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, expliquait la mission de sa chaĂźne ainsi : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du tĂ©lĂ©spectateur soit disponible. Nos Ă©missions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-Ă -dire de le divertir, de le dĂ©tendre pour le prĂ©parer entre deux messages. Ce que nous vendons Ă  Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Au vu du programme nettement commercial de TF1, on ne peut douter que c’est effectivement cette stratĂ©gie-lĂ  que la premiĂšre chaĂźne de France met en application. Or, on peut se demander quelle est la crĂ©dibilitĂ© d’un journal tĂ©lĂ©visĂ© paraissant sur une chaĂźne qui affirme un tel Ă©tat d’esprit, d’autant plus qu’une personne qui a Ă©tĂ© divertie avant de regarder un journal parlĂ© sera sans doute plus susceptible d’en avaler tout le contenu sans faire appel Ă  la rĂ©flexion.

Toutes les autres chaĂźnes privĂ©es connues et une multitude d’autres de moindre importance sont, comme TF1, possĂ©dĂ©es par des entreprises puissantes qui ont diversifiĂ© leurs actions dans plusieurs secteurs rentables, comme Bouygues. Par exemple, les chaĂźnes de radio et de tĂ©lĂ©vision RTL font partie de RTL Group, le plus grand groupe de tĂ©lĂ©vision et radiodiffusion europĂ©en et premier producteur d’Ă©mission du monde, avec 45 chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision et 33 rĂ©seaux de radio dans onze pays europĂ©ens. Ce groupe est lui-mĂȘme dĂ©tenu par le gĂ©ant des mĂ©dias allemand Bertelsmann. Cette mĂȘme multinationale est spĂ©cialisĂ©e dans la presse Ă©crite, et possĂšde notamment Random House, la premiĂšre maison d’édition au monde. Barack Obama a notamment choisi Random House comme Ă©diteur pour ses mĂ©moires intitulĂ©es « Les rĂȘves de mon pĂšre ». Il est aussi bon de savoir que le n°2 mondial de l’édition, Hachette, est dĂ©tenu par le groupe LagardĂšre, dont les deux principales sociĂ©tĂ©s sont LagardĂšre MĂ©dia (Europe 1, Virgin Radio, Virgin 17, Hachette Filipacchi MĂ©dias, MCM, RFM, …) et EADS, qui occupe la deuxiĂšme place mondiale dans l’industrie spatiale, aĂ©ronautique et de dĂ©fense). Bertelsmann possĂšde aussi une cinquantaine de magazines dont Stern, Capital, Geo, Gala.

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À la lumiĂšre de toutes ces informations, nous pouvons nous faire une idĂ©e pertinente de la nature de la presse, et si je devais la rĂ©sumer en deux principes, je les nommerais rentabilitĂ© et justification du pouvoir en place. Pour ce qui est de la premiĂšre assertion, suivons une rĂ©flexion Ă©lĂ©mentaire qui nous fait effectivement savoir que personne ne se lance dans une activitĂ© qui ne lui rapporte rien ou qui le fait travailler Ă  perte, et que les grands vecteurs de la presse doivent assurĂ©ment bĂ©nĂ©ficier de bases financiĂšres solides pour bĂ©nĂ©ficier des moyens qu’ils possĂšdent. Et il se trouve qu’en effet, comme nous l’avons dit, les plus grands mĂ©dias, ceux qui touchent le plus grand nombre de personnes et qui jouissent de la plus grande estime, sont soit dĂ©tenus par des entreprises qui recherchent bel et bien le profit, soit par l’État, et lorsqu’il s’agit de chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision, cela implique le contrĂŽle du type d’informations qui apparaĂźt dans leurs journaux parlĂ©s et du recrutement de ses journalistes. En plus de cela, nous avons vu que de multiples processus de censure plus ou moins directs existent tant dans la presse Ă©crite que dans le domaine de l’audiovisuel. Il faut donc que l’information diffusĂ©e ait, d’une part, une teneur commerciale, ce qui implique qu’elle fasse part Ă  son public de messages destinĂ©s Ă  le toucher, comme de la vulgarisation de l’information fortement axĂ©e sur l’émotivitĂ©, des faits divers de toutes sortes, ainsi que des nouvelles sur les sports ou mĂȘme sur des cĂ©lĂ©britĂ©s. Cette stratĂ©gie commune Ă  tous les mĂ©dias importants sert leur deuxiĂšme but essentiel : la justification du pouvoir en place. On aurait effectivement tort de penser que le secteur privĂ© permet plus de libertĂ© d’expression que l’État : si l’État a intĂ©rĂȘt Ă  dissimuler les informations qui sont susceptibles de remettre en cause la politique qu’il mĂšne, il n’en va pas diffĂ©remment avec les entreprises qui possĂšdent des pans de l’information. Ce qu’elles font est tout Ă  fait similaire, Ă  la seule diffĂ©rence que le rĂ©sultat est pire encore. L’orientation clairement pro-capitaliste de leur ligne Ă©ditoriale a Ă©galement pour but de dĂ©fendre l’élite des ultra-libĂ©raux et de ne pas permettre de critiques significatives du systĂšme en place. La presse d’État et la presse privĂ©e partagent donc le mĂȘme intĂ©rĂȘt existentiel, qui est la prĂ©servation des politiques Ă©conomiques et sociĂ©tales sur lesquelles les secteurs public et privĂ© s’entendent parfaitement. Elles dĂ©tournent alors majoritairement l’attention de leurs lecteurs et de leur auditoire sur des faits et des problĂšmes futiles, vulgarisĂ©s ou dĂ©formĂ©s Ă  coups de propagande, ce dont ces derniers raffolent par ailleurs le plus.

De ce systĂšme discrĂštement verrouillĂ©, il rĂ©sulte une presse fade et rĂ©vĂ©rencieuse dont le public se dĂ©sintĂ©resse, prĂ©fĂ©rant souvent s’informer par d’autres moyens. On estime que 57% de la population lit les journaux. Ces mĂȘmes journaux en sont rĂ©duits Ă  combler leurs colonnes par des faits divers des plus courants aux plus sordides, choisis arbitrairement parmi tant d’autres, ou encore par des rubriques entiĂšres consacrĂ©es aux sports, pour compenser toute la rĂ©tention d’informations et le manque cruel d’analyse qui concernent les sujets politique et Ă©conomique qui devraient ĂȘtre l’une des prĂ©occupations majeures des citoyens dignes de ce nom. Malheureusement, l’écrasante majoritĂ© de la population n’a cure de ce qui se fait d’important : elle se moque Ă©perdument des idĂ©aux de justice et d’équitĂ©, et rĂ©agit trĂšs peu aux injustices qui la frappent de plein fouet, mĂȘme lorsqu’elle voit nettement les droits pour lesquels ses ancĂȘtres se sont battus si longtemps et si ardemment leur Ă©chapper. Les gens prĂ©fĂšrent se laisser aller au cortĂšge d’émotions et de niaiseries par lesquelles on les dirige aisĂ©ment dans le sens que l’on dĂ©sire, et qui est l’instrument principal sur lequel se sont toujours appuyĂ©es les propagandes de tous bords.

Ils ont besoin que l’on pense pour eux, de se rassurer de la logique manichĂ©enne internationale qui leur est si abondamment diffusĂ©e et qui leur dit qu’il y a, dans le monde, un axe du bien, dans lequel ils ont la chance inestimable de vivre, et de l’autre un axe du mal, peuplĂ© de mĂ©chants qui ne rĂȘvent que de dĂ©truire leur joli paradis. Ils ont besoin de voir un homme providentiel faire son apparition soudaine pour rĂ©soudre miraculeusement tous les problĂšmes, qu’ils acclament avec vĂ©hĂ©mence pour le mettre au pouvoir mais pour se dĂ©sintĂ©resser ensuite de ce que leur messie y fait, et ne se rendent alors pas compte que, comme tous ses prĂ©dĂ©cesseurs, il trompe les serments qu’il leur avait tenus. Cette bĂȘtise permet Ă  la censure de la presse de se radicaliser. Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, la France est devenue le premier pays europĂ©en en termes de perquisitions dans les rĂ©dactions et de journalistes mis en examen ou placĂ©s en garde-Ă -vue. Mais Ă©videmment, la population accorde trop peu d’importance Ă  ses acquis et Ă  sa libertĂ© pour daigner les dĂ©fendre. Ce n’est pas que la libertĂ© d’expression ne soit pas absolue qui est choquant, car il serait normal de laisser, en toutes circonstances, des rĂšgles de base qui empĂȘcheraient la diffusion d’idĂ©es haineuses, diffamatoires ou extrĂ©mistes. Mais au vu de tout ce dont nous avons parlĂ©, il est clair que la libertĂ© de la presse se trouve aujourd’hui si limitĂ©e qu’elle est devenue un vecteur de propagande oĂč seules les idĂ©es utiles Ă  l’appui d’idĂ©ologies sĂ©lectionnĂ©es sont autorisĂ©es. Pourtant, la subtilitĂ© de notre systĂšme est de faire croire que le fait que des scandales liĂ©s Ă  la corruption de politiciens puissent faire la une des journaux, ou encore que chacun soit en mesure de critiquer la personne du prĂ©sident sont autant de preuves de libertĂ© d’expression. Cela rassurera alors les gens, et les esprits petits bourgeois diront alors : « Vous voyez que nous sommes libres, puisque nous pouvons nous exprimer ainsi. » On trouvera nos dirigeants bien bons de tolĂ©rer de telles excentricitĂ©s, qui sont en rĂ©alitĂ© aussi futiles que vaines. Nous ne manquerons pas non plus de voir moult personnages rĂ©putĂ©s proposer des solutions humanistes et miraculeuses aux problĂšmes qui surviennent en temps de crises (qui, rappelons-le, ne sont dues qu’aux alĂ©as incontrĂŽlables d’un systĂšme et non pas aux Ă©lites dirigeants qui n’ont soi-disant plus Ă©tĂ© maĂźtres de la situation). Mais cela n’en restera jamais qu’au stade de proposition hypothĂ©tique, car aucune information ou idĂ©e qui pourrait rĂ©ellement changer le systĂšme, et donc menacer les privilĂšges auxquels ceux qui en bĂ©nĂ©ficient s’agrippent, ne pourra filtrer ou ĂȘtre appliquĂ©e sans leur consentement. On ne peut donc plus parler de libertĂ©, et ceux qui sont encore sĂ©duits par l’argument d’autoritĂ© et la preuve sociale qui sont associĂ©es aux mĂ©dias puissants et Ă  leurs Ă©minents journalistes sont soit mal informĂ©s, soit trĂšs naĂŻfs.

Régis Mex, pour Mecanopolis

déc 11 2009

Climategate, le monde Ă  l’envers

Dans cet article du Nouvel Observateur, la presse officielle passe Ă  l’offensive pour continuer Ă  nous faire croire au caractĂšre scientifique des conclusions du GIEC sur le rĂ©chauffement climatique.

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Il s’agit maintenant de jouer la « transparence » et d’expliquer ce que les mails de spĂ©cialistes du climat, rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  l’occasion du Climategate, ont de profondĂ©ment choquant sur les mĂ©thodes qu’emploient ces « scientifiques ».

Aujourd’hui, tout est renversĂ©. MĂ©thode bien connue. Les malheureux climatologues pris la main dans le sac Ă  Ă©carter les scientifiques qui ne sont pas de leur bord par tous les moyens, fussent-ils dĂ©loyaux, sont maintenant considĂ©rĂ©s comme des victimes.

Pour jouer,Ă  notre façon, la transparence et complĂ©ter les informations de Joke, prĂ©cisons que le concept de rĂ©chauffement planĂ©taire d’origine humaine a Ă©tĂ© introduit pour la premiĂšre fois en politique par Margaret Thatcher en 1988, incitĂ©e en cela par un conseiller du nom de Sir Crispin Tickell dont l’autoritĂ© en matiĂšre de climatologie me laisse dubitatif. Selon Wikipedia :

« His worldwide status as an authority on climate change is all the more surprising because he has no formal academic training in this area and has formed his opinion by self-teaching. » (Son statut mondial en tant qu’autoritĂ© sur le changement climatique est pour le moins surprenante puisqu’il n’a pas de formation universitaire dans ce domaine et a constituĂ© son opinion de façon autodidacte.)

Le premier livre de Tickell sur le sujet date de 1977. En fait, il prend la suite d’un mouvement qui lui est antĂ©rieur et sur lequel je reviendrai quand l’occasion se prĂ©sentera.

Tickell est aussi directeur honoraire de IBM Royaume-Uni et membre de la Baring Foundation.

Il est aussi un dirigeant de la Optimum Population Trust qui est une officine destinĂ©e Ă  limiter la population dans le monde. Les questions liĂ©es Ă  la rĂ©duction de la population, c’est Ă  dire Ă  l’Ă©cologie malthusienne, sont historiquement issues du discours scientifique eugĂ©niste propagĂ© par la Royal Society (l’Ă©quivalent anglais de notre AcadĂ©mie des Sciences en France) Ă  travers la Royal Eugenics Society et des personnalitĂ©s reconnues comme d’Ă©minents Ă©cologistes comme Teilhard de Chardin ou Julian Huxley.

En 1990, Tickell est nommĂ© prĂ©sident de l’Institut du Climat de Washington et met en place une sorte de sĂ©minaire pour chefs d’Ă©tat et dirigeants pour organiser le protocole de Rio de Janeiro.

Al Gore est aussi un activiste de la cause malthusienne comme en témoigne son livre de 1992 Sauver la planÚte Terre.

Pour tous ces gens, l’humanitĂ© reste le principal flĂ©au dont souffre la nature.

C’est pourquoi je retourne avec ironie cet argument contre ses dĂ©fenseurs, les Ă©cologistes malthusiens. Qu’ils donnent l’exemple en disparaissant de cette planĂšte. L’humanitĂ© ne s’en trouvera pas diminuĂ©e. Merci pour elle.

Ecologie Idéologie

déc 03 2009

Les vĂ©ritables objectifs de l’accord militaire entre les Etats-unis et la Colombie

L’accord militaire entre les USA et la Colombie est la base et le dĂ©but d’un large programme d’opĂ©rations en tout genre en AmĂ©rique du Sud. Un document officiel du ministĂšre de la dĂ©fense aĂ©rienne de la Force AĂ©rienne U.S. rĂ©vĂšle que la base militaire amĂ©ricaine de Palanquero en Colombie est « la garantie de pouvoir mener un large Ă©ventail d’opĂ©rations en AmĂ©rique du Sud. » Cette affirmation contredit l’explication donnĂ©e par le prĂ©sident Álvaro Uribe et le DĂ©partement d’État U.S. sur l’accord signĂ© le 30 Octobre entre ces deux pays.

Armée+colombienne
L’ArmĂ©e colombienne, bras armĂ© des intĂ©rĂȘts US en AmĂ©rique du Sud

Le gouvernement Colombien et les Etats-Unis ont soutenu publiquement que cet accord de coopĂ©ration militaire et les futures opĂ©rations menĂ©es en Colombie Ă©taient exclusivement destinĂ©s Ă  la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme intĂ©rieur (FARC). Le prĂ©sident Uribe a rĂ©itĂ©rĂ© de nombreuses fois (mĂȘme lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine) que l’accord militaire avec Washington n’affectera pas ses voisins. Toutefois, le prĂ©sent document de l’U.S. Air Force affirme le contraire et indique que les vĂ©ritables intentions et les objectifs derriĂšre ce traitĂ© bilatĂ©ral, sont de mener des opĂ©rations militaires sur tout le sous-continent amĂ©ricain afin de lutter contre «… la menace constante des gouvernements anti-amĂ©ricains dans cette RĂ©gion».

Cet accord autorise l’accĂšs et l’utilisation des sept installations militaires dans les villes de Palanquero, Malambo, PtolĂ©maĂŻs, Larandia, Apiay, Cartagena et Malaga. En outre, il permet « l’accĂšs et l’utilisation d’autres installations et emplacements » sur tout le territoire colombien, sans restrictions. Il donne aussi l’immunitĂ© total aux ressortissants civils et militaires ainsi qu’aux entrepreneurs Ă©tasuniens qui entreront sur le territoire colombien et permet aux Etats-Unis d’utiliser tout type d’installation dans le pays, y compris les aĂ©roports commerciaux, ce qui signifie donc l’abandon total de la souverainetĂ© colombienne.

Le document de la Force aĂ©rienne souligne l’importance de la base militaire de Palanquero et parle de la nĂ©cessitĂ© d’investir 46 millions USD pour l’amĂ©lioration de la piste d’atterrissage, ainsi que l’achat de divers autres Ă©quipements afin de transformer cette base et en faire un centre de coopĂ©ration pour la sĂ©curitĂ© (CSL). «L’Ă©tablissement d’un CSL est nĂ©cessaire pour soutenir notre stratĂ©gie comme centre de commandement militaire local et dĂ©montrer ainsi notre rattachement et la relation (partenariat) avec la Colombie. Le dĂ©veloppement de ce CSL nous donne une occasion unique pour dĂ©velopper toute une gamme d’opĂ©rations dans cette rĂ©gion cruciale pour nos intĂ©rĂȘts ; rĂ©gion oĂč la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© sont sous la menace constante des rebelles terroristes financĂ©s par le trafic de drogue, de la prĂ©sence de gouvernements anti-amĂ©ricains, de la pauvretĂ© endĂ©mique et de catastrophes naturelles frĂ©quentes …»

Il n’est pas difficile d’imaginer quels sont les gouvernements en AmĂ©rique du Sud qui sont considĂ©rĂ©s par Washington comme « anti-amĂ©ricain ». Les dĂ©clarations agressives rĂ©pĂ©tĂ©es, contre le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, en fait les pays intĂ©grants l’ALBA dĂ©montrent bien que ces nations sont perçues par Washington comme une menace « constante ».

Par dĂ©finition, dĂ©nommer un pays « anti-amĂ©ricain » c’est le considĂ©rer comme un ennemi de l’AmĂ©rique. Dans ce contexte, il est logique de penser que les Etats-Unis pourraient rĂ©agir militairement face Ă  tant d’« ennemis » en prĂ©sence.

LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE EST SECONDAIRE

Selon le document, « L’accĂšs Ă  la Colombie permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques avec les États-Unis. La forte relation de coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© est aussi l’opportunitĂ© de procĂ©der Ă  toute une gamme d’OpĂ©rations en AmĂ©rique du Sud, notamment en soutenant les capacitĂ©s de lutte contre le trafic de drogue.»

LĂ , il est clair que la lutte contre ce trafic est une question secondaire. Ce fait contredit l’explication donnĂ©e par les deux gouvernements qui ont essayĂ© de prĂ©tendre que l’objectif principal Ă©tait de lutter contre les FARC et le trafic de drogue. Le document de la Force aĂ©rienne continentale priorise les opĂ©rations militaires nĂ©cessaires pour lutter contre la « menace constante » des gouvernements anti-amĂ©ricains de la rĂ©gion.

PALENQUERO EST LE MEILLEUR SITE POUR UNE PORTÉE CONTINENTALE

Le document de la Force aĂ©rienne explique que « Palanquero est sans doute le meilleur endroit pour investir dans le dĂ©veloppement des infrastructures au sein de la Colombie. Son emplacement central se trouve Ă  portĂ©e des zones opĂ©rationnelles dans la rĂ©gion … … et sa position isolĂ©e … aide Ă  minimiser la visibilitĂ© de la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine. L’intention est d’utiliser l’infrastructure existante … pour amĂ©liorer la capacitĂ© des USA Ă  rĂ©pondre rapidement en cas de crise et assurer un accĂšs rĂ©gional aux troupes militaires Ă©tasuniennes… Palanquero garantie la mobilitĂ© et l’accĂšs Ă  l’ensemble du continent sud-amĂ©ricain Ă  l’exception du Cap Horn … »

commandos-venezuela

Exercice des commandos vénézuéliens

ESPIONNAGE ET GUERRE

D’autre part, le document de la Force aĂ©rienne confirme que la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine en Colombie a Ă©galement comme but de renforcer ses capacitĂ©s d’espionnage et de renseignement afin de permettre aux forces armĂ©es amĂ©ricaines d’augmenter leurs capacitĂ©s pour exĂ©cuter correctement une guerre en AmĂ©rique du Sud. « Le dĂ©veloppement de la base de Palanquero permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques et les intĂ©rĂȘts entre les États-Unis et la Colombie… La base opĂ©rative permettra Ă©galement d’augmenter notre capacitĂ© Ă  mener des opĂ©rations de renseignement, d’espionnage et de reconnaissance (ISR), elle permettra d’amĂ©liorer notre couverture globale, les besoins en logistique, d’amĂ©liorer les relations avec nos partenaires, d’amĂ©liorer la coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© et d’accroĂźtre notre capacitĂ© de rĂ©action en cas d’une guerre Ă©clair.»

Ce document dĂ©voile donc les vĂ©ritables intentions derriĂšre l’accord militaire entre Washington et la Colombie: se prĂ©parer pour une Ă©ventuelle guerre en AmĂ©rique latine. L’actualitĂ© de ces derniers mois illustre les tensions croissantes entre la Colombie et le Venezuela. Il y a peu, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a interceptĂ© trois espions du DĂ©partement administratif de SĂ©curitĂ© Colombien, (DAS : Agence d’espionnage et de renseignement)  aujourd’hui en passe d’ĂȘtre remplacĂ© par une nouvelle entitĂ©, et qui rĂ©vĂ©la plusieurs opĂ©rations en cours visant Ă  dĂ©stabiliser Cuba, l’Equateur et le Venezuela. Les fonctionnaires du DAS capturĂ©s avaient en leur possession des documents sur les OpĂ©rations Phoenix, Salomon et Falcon, respectivement. Il y a quelques semaines, 10 corps ont Ă©tĂ© Ă©galement trouvĂ©s morts dans l’Etat de Tachira prĂšs de la frontiĂšre avec la Colombie. AprĂšs avoir menĂ© des recherches, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a dĂ©couvert qu’ils appartenaient Ă  des hommes intĂ©grants un groupe paramilitaire colombien qui s’était infiltrĂ© en territoire vĂ©nĂ©zuĂ©lien. Cette infiltration de paramilitaires colombiens fait visiblement partie d’un plan de dĂ©stabilisation contre le VĂ©nĂ©zuela. Encore plus rĂ©cemment, il y a quelques jours le Venezuela a dĂ©truit trois postes frontiĂšres qui n’avaient pour but que de faciliter le passage du narcotrafic selon les autoritĂ©s de Caracas.

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, novembre 2009

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NB : Ce document du DĂ©partement de la Force aĂ©rienne amĂ©ricaine, traduit et adaptĂ© par Chevalier Jedi dans cet article, a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© en Mai 2009 dans le cadre de la justification du budget pour 2010 et envoyĂ© par le Pentagone au CongrĂšs. Il s’agit d’un document officiel de l’ArmĂ©e de l’Air et rĂ©affirme la vĂ©racitĂ© du Livre blanc: La stratĂ©gie de Global Air Mobility Command de U. S. Air Force, qui a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par le prĂ©sident Chavez lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine le 28 aoĂ»t 2009. Il peut ĂȘtre tĂ©lĂ©charger ici : Fiscal Year (FY) 2010 Budget US Air Force



déc 03 2009

Obama, prix Nobel de la guerre

Le discours d’Obama prĂ©sentant le dĂ©ploiement de 30 000 soldats supplĂ©mentaires en Afghanistan comme un prĂ©lude au retrait, n’a Ă©tĂ© qu’un exercice cynique de faux-semblants, de double langage et de tromperie. L’élection d’Obama Ă  la prĂ©sidence a servi de poudre aux yeux, selon le vieux principe de « tout changer pour ne rien changer ». Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la Maison Blanche, Obama est tout simplement aux ordres de l’oligarchie politico-militaro-financiĂšre qui prĂ©tend rĂ©gir la planĂšte.

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L’élection d’Obama Ă  la prĂ©sidence a servi de poudre aux yeux, selon le vieux principe de « tout changer pour ne rien changer ». Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la Maison Blanche, Obama est tout simplement aux ordres de l’oligarchie politico-militaro-financiĂšre qui prĂ©tend rĂ©gir la planĂšte.
Le nouveau dĂ©ploiement est en fait une escalade majeure dans une guerre impopulaire qui mĂšnera Ă  la mort de milliers et milliers d’Afghans et de Pakistanais et Ă  une augmentation significative du nombre de victimes amĂ©ricaines. En effet, bon nombre des cadets de West Point qui Ă©taient rĂ©unis pour Ă©couter le discours du PrĂ©sident seront expĂ©diĂ©s en Afghanistan pour faire une guerre Ă  laquelle la majoritĂ© des AmĂ©ricains sont opposĂ©s.

L’évocation par Obama des attentats du 11 Septembre 2001 pour vendre la guerre comme une dĂ©fense contre le terrorisme est frauduleux. La vĂ©ritable raison de l’occupation de l’Afghanistan et largement dĂ©battue au sein de l’establishment de la politique Ă©trangĂšre est de maintenir une position dominante dans cette zone de l’Asie centrale riche en hydrocarbures, dans l’intĂ©rĂȘt de la stratĂ©gie globale de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain.

Ce mois marque le 30Ăšme anniversaire de l’invasion soviĂ©tique de l’Afghanistan, que le prĂ©sident Jimmy Carter avait Ă  l’époque dĂ©noncĂ©e comme un acte illĂ©gal d’agression internationale. Ce qui n’était pas connu Ă  l’époque c’est que les États-Unis avaient dĂ©libĂ©rĂ©ment poussĂ© Moscou Ă  entreprendre son aventure militaire en finançant et en armant des combattants Moudjahidine opposĂ©s au rĂ©gime pro-soviĂ©tique de Kaboul. Parmi les individus Ă  la solde de la CIA se trouvaient Osama Ben Laden et les dirigeants actuels du mouvement des Talibans.

Le rĂ©sultat de cette politique impĂ©rialiste, alors mise au point par celui qui Ă©tait conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale et qui est aujourd’hui conseiller en politique Ă©trangĂšre d’Obama, Zbigniew Brzezinski, a consistĂ© en trois dĂ©cennies d’affrontements, de guerre civile et de dĂ©vastation sociale. L’administration Obama intensifie aujourd’hui cette entreprise colonialiste.

Aucune crĂ©dibilitĂ© ne peut ĂȘtre accordĂ©e Ă  l’affirmation d’Obama d’entamer le retrait des troupes en juillet 2011. Ce prĂ©tendu calendrier est dĂ©pendant des « conditions sur le terrain. » De plus, cette affirmation a Ă©tĂ© suivie d’autres selon lesquelles la guerre en Afghanistan n’est qu’une des nombreuses interventions militaires Ă  venir.

« La lutte contre l’extrĂ©misme violent ne sera pas rapidement terminĂ©e », a dĂ©clarĂ© Obama, « et elle va bien au-delĂ  de l’Afghanistan et du Pakistan. » Qualifiant ce combat de « test d’endurance », Obama en arriva ensuite Ă  parler de « rĂ©gions de dĂ©sordre et d’ennemis diffus », citant nommĂ©ment la Somalie et le YĂ©men.

En rĂ©alitĂ© l’entreprise coloniale amĂ©ricaine en Asie centrale est sans limite dans le temps. Le « Washington Post » paru ce lundi citait un responsable amĂ©ricain comme disant : « Notre rĂŽle est de les convaincre [les militaires pakistanais] que notre engagement envers l’Afghanistan et la rĂ©gion est Ă  long terme. Nous n’allons pas emballer nos sacs et les laissez dĂšs que nous en aurons terminĂ©. »

Loin de hĂąter la fin de la guerre, l’escalade Obama crĂ©e les conditions pour de nouvelles et plus importantes conflagrations militaires. L’injection de troupes supplĂ©mentaires ne fera qu’attiser les tensions dans la rĂ©gion et au-delĂ , entre le Pakistan et l’Inde, l’Inde et la Chine, l’Iran et les Etats-Unis, la Russie et la Chine et les Etats-Unis.

Peut-ĂȘtre le plus gros mensonge est l’affirmation que la guerre est menĂ©e pour protĂ©ger le peuple afghan. En rĂ©alitĂ© les Afghans s’opposent Ă  une Ă©crasante majoritĂ© Ă  l’occupation Ă©trangĂšre.

La dĂ©cision prise par Obama signifie que 2010 sera une annĂ©e qui verra augmenter les meurtres et les destructions en Afghanistan et au Pakistan. Un point central du nouveau dĂ©ploiement des États-Unis est « le verrouillage » de Kandahar, un centre d’insurgĂ©s opposĂ©s Ă  l’occupation US/OTAN. Cela ne peut qu’avoir comme implication de terroriser la population locale et de tuer le maximum d’insurgĂ©s et d’Afghans soupçonnĂ©es de sympathie avec la rĂ©sistance.

Dans le mĂȘme temps, les Etats-Unis menacent de lancer des opĂ©rations terrestres sur le sol pakistanais, en plus des attaques de missiles drone qui tuent des centaines de civils pakistanais. Le « Washington Post » – rapportant lundi la rĂ©cente visite Ă  Islamabad du conseiller de sĂ©curitĂ© nationale d’Obama, le gĂ©nĂ©ral, retraitĂ© de la Marine, James L. Jones – citait un responsable amĂ©ricain comme disant : « Si le Pakistan ne s’en sort pas, Jones a averti que les États-Unis pouvaient ĂȘtre poussĂ©s Ă  utiliser tous les moyens Ă  leur disposition pour mettre les insurgĂ©s en dĂ©route le long des frontiĂšres ouest et sud du Pakistan avec l’Afghanistan. »

Le prix Ă  payer pour les peuples d’Asie centrale est incalculable. Quant au peuple amĂ©ricain, il doit supporter la politique de guerre de l’élite dirigeante des Etats-Unis par la perte de milliers de vies, la dilapidation de milliards de dollars, des attaques sans prĂ©cĂ©dent contre les services sociaux et une nouvelle Ă©rosion des droits dĂ©mocratiques.

La contradiction la plus flagrante dans un discours lui-mĂȘme traversĂ© de contradictions a Ă©tĂ© la tentative d’Obama de sĂ©parer la guerre en Afghanistan de la guerre en Irak. « Je me suis opposĂ© Ă  la guerre en Irak », dit-il, « prĂ©cisĂ©ment parce que je crois que nous devons faire preuve de retenue dans l’usage de la force militaire … » [Obama n’était pas membre du CongrĂšs lors d’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Il n’a donc pas eu Ă  se prononcer sur le sujet ... Ce qui valait sans doute mieux... N.d.T]. Mais il n’a pas pu dĂ©montrer de diffĂ©rence essentielle entre cette entreprise criminelle et sa guerre en Afghanistan.

L’escalade d’Obama est encore une autre violation flagrante de la volontĂ© du peuple amĂ©ricain. D’une Ă©lection Ă  l’autre, les AmĂ©ricains sont allĂ©s aux urnes en exprimant leur hostilitĂ© Ă  la guerre en Irak et en Afghanistan. Chaque fois leur demande a Ă©tĂ© ignorĂ©e et les guerres ont Ă©tĂ© renforcĂ©es.

Obama a gagnĂ© la prĂ©sidence en se prĂ©sentant comme un opposant Ă  la guerre en Irak et en appelant Ă  une opposition populaire face au militarisme. Une fois en poste, il s’est empressĂ© d’augmenter le dĂ©ploiement amĂ©ricain en Afghanistan de 21 000 hommes de troupes, tandis qu’il revenait sur sa promesse de procĂ©der Ă  un retrait rapide d’Irak. Maintenant, il fait monter le total des troupes amĂ©ricaines en Afghanistan Ă  100 000, soit plus du double de l’époque de Bush.

Comme dans sa politique Ă©conomique pro-Wall Street et ses attaques sur les droits dĂ©mocratiques, Obama approfondit dans sa politique militaire et Ă©trangĂšre le programme rĂ©actionnaire de Bush. La dĂ©cision d’étendre la guerre en Asie centrale revient Ă  exposer de façon dĂ©vastatrice le systĂšme politique amĂ©ricain dans son entier. Les deux partis [DĂ©mocrate et RĂ©publicain] et le CongrĂšs sont les instruments de l’aristocratie financiĂšre au pouvoir dont ils dĂ©fendent les intĂ©rĂȘts en opposition avec les besoins et les opinions des salariĂ©s et de la grande majoritĂ© de la population.

L’alignement des puissances impĂ©rialistes derriĂšre les Etats-Unis qui conduisent la guerre est d’une immense signification. La participation de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France et d’autres puissances reprĂ©sente une attaque au niveau international visant Ă  subordonner la rĂ©gion tout entiĂšre Ă  des intĂ©rĂȘts impĂ©rialistes. Chacun de ces gouvernements agit au complet mĂ©pris des sentiments anti-guerre de sa population.

Cela met en Ă©vidence le fait que la lutte anti-guerre exige une lutte internationale de la classe ouvriĂšre contre l’impĂ©rialisme mondial et le systĂšme capitaliste qui est Ă  l’origine de cette guerre.

Source : World Socialist Web Site

Traduction : Nazem, pour Info-Palestine

nov 17 2009

Le débat tant attendu entre Tariq Ramadan et Caroline Fourest (vidéo)

MecanoBlog vous propose de voir ou de revoir le dĂ©bat tant attendu entre la journaliste Ă  Charlie Hebdo, fĂ©ministe, partisane de la cause laĂŻque et hostile aux intĂ©grismes religieux, Caroline Fourest, face au thĂ©ologien d’Oxford, professeur universitaire et dĂ©fenseur du dialogue interculturel et interreligieux, Tariq Ramadan, diffusĂ© sur France 3 lors de l’Ă©mission Ce soir ou jamais de FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ le lundi 16 novembre. RĂ©glement de compte intellectuel, un Ă©pisode du choc des civilisations ou une querelle intĂ©ressante entre deux individus retranchĂ©s derriĂšre leurs lignes, Caroline Fourest et Tariq Ramadan reprĂ©sentent brillamment un grand absent de la sociĂ©tĂ© contemporaine partagĂ©e Ă  la fois entre le sionisme et la diabolisation de l’Islam, le grave manque de dialogue entre les communautĂ©s.

SaĂŻd, pour MecanoBlog

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