Category: Focus

fév 08 2010

Pierre Hillard et Julien Teil interdits de conférence (audio)

C’est par une mode nouvelle, mais dĂ©jĂ  largement rependue, que toutes sortes d’individus, ou groupe d’individus, prĂ©tendument antifascistes voudraient disqualifier les auteurs des analyses les plus percutantes sur le mondialisme en les accusant d’ĂŞtre liĂ©s Ă  des groupuscules d’extrĂŞme droite*. Pierre Hillard et Julien Teil en ont fait les frais Ă  la fin du mois dernier en se voyant interdire une confĂ©rence Ă  Toulouse. Les deux auteurs nous ont fait parvenir le texte que nous publions sur cette page.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

PierreHillard1

Quel est l’idéal de la chapelle ?

La chapelle est un lieu autogĂ©rĂ© et indĂ©pendant de Toulouse. Ce dernier accueille rĂ©gulièrement des Ă©vènements culturels, artistiques et associatifs. Depuis Septembre 2009, une confĂ©rence de Pierre Hillard et Julien Teil Ă©tait prĂ©vue fin Janvier dans ce lieu. Mais il faut croire que la libertĂ© d’expression, principe que l’association prĂ©tend dĂ©fendre, admet des limites subjectives que l’association s’est donnĂ© le droit de dĂ©finir. Ce texte a pour but d’exposer les faits aux yeux de tous, et d’informer les personnes qui souhaitaient venir des raisons de l’annulation de cette soirĂ©e.

Le nationalisme, un éternel instrument.

L’atelier idĂ©al m’a fait savoir quelques jours avant la date prĂ©vue, qu’ils ne souhaitaient plus organiser la soirĂ©e en date du 30 Janvier. Ils m’ont prĂ©cisĂ©ment indiquĂ© les raisons qui les ont poussĂ© Ă  prendre cette dĂ©cision, et j’en prends note. Je reconnais que je n’ai peut ĂŞtre pas Ă©tĂ© assez prudent dans mon entreprise, et qu’il aurait Ă©tĂ© plus bĂ©nĂ©fique d’anticiper la rĂ©action des mouvements antifascistes d’extrĂŞme gauche. Je regrette leur rĂ©action, qui est sans doute animĂ©e de bonnes intentions, mais dont l’analyse rĂ©vèle une profonde mĂ©connaissance de Pierre Hillard. Le plus dĂ©courageant dans ce genre de situation symptomatique est d’avoir Ă  se justifier, Ă  « montrer patte blanche ». C’est malheureusement le cas pour beaucoup de personnes dont DieudonnĂ©, Thierry Meyssan ou encore Jean Bricmont, et mĂŞme Ronny Brauman. Je ne pensais pas que Pierre Hillard faisait partie de cette liste..

Pourtant, cette association m’a fait savoir que ce dernier Ă©tait trop « connotĂ© », et il est Ă©vident que cette connotation Ă©tait celle de l’extrĂŞme droite. Pourtant, rien dans les propos de Mr Hillard n’indique que ce dernier serait d’extrĂŞme droite sinon l’interprĂ©tation d’une phrase qu’ils auraient relevĂ©e dans une de ses confĂ©rences, et qui pose problème:

Je reconnais que la formule « je suis catholique et nationaliste » peut poser des questions, mais je pense que ces rĂ©ponses appartiennent Ă  l’intĂ©ressĂ©, en l’occurrence Ă  Pierre Hillard qui a rĂ©pondu de nombreuses fois quant aux amalgames dont il Ă©tait la victime. Je lui ai moi-mĂŞme posĂ© la question, Ă  laquelle il a rĂ©pondu « Je rejette catĂ©goriquement les idĂ©es de racisme et d’antisĂ©mitisme. Comme on dit, ce n’est pas ma tasse de thĂ©. » Par ailleurs, cette assertion Ă  propos de Pierre Hillard est peu glorieuse: l’origine en Ă©tant Nicolas Dupont Aignan, qui n’ayant pas trouvĂ© mieux pour rĂ©pondre Ă  une question d’un journaliste quant Ă  sa prĂ©sence au sein de la fondation franco amĂ©ricaine, accusa l’auteur de l’information (Hillard) d’ĂŞtre un « extrĂ©miste de droite ». Mais le problème serait selon eux que Pierre soit nationaliste et que la chapelle, qui ne l’Ă©tait pas il y a quelques jours, est dĂ©sormais anti-nationaliste. J’ai le sentiment qu’ils utilisent des mots dont ils ne maĂ®trisent pas rĂ©ellement le sens, et qu’il s’agit surtout de se protĂ©ger d’une manière malhabile. Je regrette cette fâcheuse tendance avec laquelle ils remanient leurs propos suite Ă  une rumeur. Mais je les prends au mot, en leur proposant d’ajouter Ă  leur charte qu’ils sont antinationalistes. (Puisque c’est ainsi qu’ils se dĂ©finissent) .Il serait peut-ĂŞtre bon de leur rappeler que le nationalisme Ă©tait l’apanage de la gauche au XIXè siècle pour ensuite passer Ă  droite suite Ă  l’affaire Dreyfus. Le contraire du nationalisme, est l’internationalisme que l’on trouve dans certains milieux altermondialistes mais aussi chez les libĂ©raux Ă  la sauce Rockefeller. David Rockefeller Ă  publiĂ© ses MĂ©moires (Editions de Fallois). Au chapitre 27, il n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  mettre comme titre « Internationaliste et fier de l’ĂŞtre ».

A l’inverse, pour le GMF (German Marshall Fund, une officine des services secrets amĂ©ricains travaillant en liaison avec des sociĂ©tĂ©s puissantes et des banques), et qui utilise un langage très aiguisĂ©, les mouvements contestataires de la mondialisation en France (ATTAC, AITEC, etc.) sont nationalistes. Cela pose Ă©videmment un problème au GMF qui lui, fait la promotion de la mondialisation, mais ce dernier sait parfaitement comment en tirer profit. Il faut donc croire, d’après les propos du GMF, que ces associations pourraient ĂŞtre attaquĂ© sur ce plan. Pourtant, ces organisations avaient elles-mĂŞmes participĂ© Ă  cette veille de l’opinion anti-mondialisation en France, de par leur prĂ©sence au dĂ©bat financĂ© par le GMF et organisĂ© par l’IFRI. Je pense que ces organisations contestataires ne sont pas dupes, et que leur prĂ©sence au sein d’un tel Ă©vènement ne constitue pas une marque de soutien aux services secrets amĂ©ricains. De la mĂŞme manière, ce n’est pas parce que ces organisations peuvent, au regard de certains critères, ĂŞtre qualifiĂ©es de nationalistes, qu’elles sont pour autant d’extrĂŞme droite. Mais, contester la privatisation et exiger la nationalisation des services et des biens publics, ce que prĂ´nent Ă©videmment beaucoup d’organisations altermondialistes, est une revendication qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de nationaliste.

Seulement, certaines organisations contestataires d’extrĂŞme gauche n’ont plus le courage (car c’Ă©tait le cas Ă  une Ă©poque), de parler de nationalisme et de souverainetĂ©. Ils font de ces thèmes les instruments de l’extrĂŞme droite, et jouent ainsi le jeu de l’oligarchie qui consiste Ă  entretenir de sempiternels combats au sein du peuple. De ce fait, le mot « nationalisme » est devenu synonyme d’extrĂŞme droite alors qu’il Ă©tait auparavant l’adage de nombreux mouvements contestataires.

Il est Ă©vident que le nationalisme est aujourd’hui dĂ©tournĂ© par l’extrĂŞme droite, et que certaines de leurs idĂ©es n’ont donc rien Ă  voir avec le nationalisme mais plutĂ´t avec le fascisme (et vous remarquerez que c’est le cas de tous les partis). Il est aussi Ă©vident, qu’une fois ce thème entre les mains des idĂ©es les plus perverses, il est instantanĂ©ment Ă©cartĂ© de tout dĂ©bat. Les oligarques peuvent ainsi plus facilement imposer les dĂ©rives dont nous sommes tĂ©moins, le tout au nom d’un marchĂ© mondialisĂ© aux consĂ©quences abominables. Nous ne sommes donc pas d’avis que ces combats du peuple contre le peuple sont lĂ©gitimes, ni qu’ils mĂ©ritent de l’attention. Par contre, nous sommes convaincus que nous serons tous amenĂ©s Ă  vivre tous ensemble. De ce fait, la dĂ©nonciation d’un système oppressant et, usant continuellement de procĂ©dĂ©s peu scrupuleux pour nous amener Ă  nous entre-tuer, est nĂ©cessaire. C’est Ă  ce travail que Pierre Hillard et moi-mĂŞme prĂ©tendons.

Entretien avec Julien Teil

LibertĂ© d’expression et amalgames

ĂŠtre nationaliste ne signifie donc pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite, et cet amalgame est le responsable de nombreux malentendus. Ceux-ci servent assurĂ©ment des intĂ©rĂŞts, tout comme ceux qui sont profĂ©rĂ©s sur l’antisĂ©mitisme et la critique de la politique coloniale d’IsraĂ«l.  Pourtant, la libertĂ© de pensĂ©e et d’expression, est un de nos droits fondamentaux, et n’est pas nĂ©cessairement un prĂ©texte pour soutenir X ou Y. Je suis sincèrement déçu d’avoir Ă  dire cela Ă  l’association l’atelier idĂ©al, car il me semble qu’en lisant leur charte on comprend que cette libertĂ© est un de leurs combats. Je constate que cela est parfaitement faux et qu’ils utilisent exactement les mĂŞmes techniques que leurs bourreaux (c’est Ă  dire la pratique de l’amalgame) pour parvenir Ă  combattre un soi-disant ennemi (le nationalisme, sous entendu et par amalgame l’extrĂŞme droite) dont ils ne connaissent mĂŞme pas la rĂ©alitĂ©. Et il est d’ailleurs surprenant qu’ils ignorent, compte tenu de leur charte, que la censure est incompatible avec la libertĂ© d’expression. La censure existe pour maintenir le pouvoir de ceux qui le dĂ©tiennent. Il est donc Ă©tonnant que l’atelier idĂ©al la pratique, mĂŞme s’ils prĂ©tendent le faire au nom d’un combat contre une idĂ©ologie. Et nous avons bien compris leur jeu qui consiste Ă  dire qu’ils ne censurent pas mais qu’ils proposent Ă  Pierre Hillard de venir possiblement s’exprimer dans le cadre d’un dĂ©bat. Il est, lĂ  encore Ă©trange que celui-ci ne puisse pas s’exprimer sans un cadre, ou quelqu’un pour dĂ©terminer la vĂ©ritĂ© scientifique ou historique de ses propos. S’embourber dans une telle dialectique pour justifier leur dĂ©cision tout en maintenant l’idĂ©e qu’ils sont profondĂ©ment dĂ©mocrates est ridicule.

Je suis moi mĂŞme opposĂ© Ă  l’extrĂŞme droite en tant que parti (comme le FN ou le MNR) et en tant que volontĂ© politique. Par contre, je ne suis pas d’avis que ces gens n’ont pas le droit de citer, prĂ©cisĂ©ment pour le principe que la charte de l’atelier idĂ©al prĂ©tend dĂ©fendre. Je ne suis pas non plus convaincu que la malhonnĂŞtetĂ© intellectuelle et le prĂ©jugĂ© nous conduisent Ă  vivre en harmonie dans nos sociĂ©tĂ©s. Et, je ne crois pas que laisser les thèmes de la souverainetĂ© et du nationalisme entre les mains de l’extrĂŞme droite soit efficace mais plutĂ´t malhonnĂŞte.

A contrario, exiger tous ensemble de nos Ă©lus qu’ils prennent leurs responsabilitĂ©s en prĂ©textant au respect de nos constitutions, est un acte profondĂ©ment dĂ©mocrate et nationaliste. Cela signifie t-il pour autant qu’inviter Ă  cette pratique servirait incontestablement l’extrĂŞme droite ? Évidemment que non..

La nation et l’État sont censĂ©s reprĂ©senter le peuple et nos Ă©lus doivent, conformĂ©ment Ă  nos constitutions, nous servir et non nous asservir. Incorporer le nationalisme et la souverainetĂ© dans nos problĂ©matiques ne signifie dĂ©finitivement pas ĂŞtre d’extrĂŞme droite mais penser avant tout au bien commun qui lui, n’a pas de couleur. Exiger des entreprises qu’elles ne puissent plus intervenir dans des processus de dĂ©cisions politiques c’est exiger un État souverain. Et rappelons, que ces entreprises sont en gĂ©nĂ©ral les mĂŞmes que celles qui administrent les pays en voie de dĂ©veloppement, entretenant inĂ©vitablement la hiĂ©rarchie raciale de nos sociĂ©tĂ©s. PrĂ´ner des États souverains, c’est donc exiger le respect du droit international et combattre l’impĂ©rialisme sous toutes ses formes. De nos jours c’est donc nĂ©cessairement combattre le nouvel ordre mondial ou plutĂ´t l’hĂ©gĂ©monie de l’ordre anglo-amĂ©ricain sur le monde.

Dominique Guillet, prĂ©sident de l’association kokopelli, combat lui aussi ce nouvel ordre mondial, sur un tout autre plan certes, puisqu’il s’agit de la dĂ©fense de la biodiversitĂ©. Mais il n’a plus peur des rumeurs sur son compte mĂŞme lorsque celles-ci proviennent du milieu associatif, qui Ă  court d’arguments l’accuse de jouer le jeu des industries pĂ©trolières. Le plus Ă©difiant dans cette histoire Ă©tant que ces mĂŞmes associations soient financĂ© par des industries nuclĂ©aires. Dans ce cas prĂ©cis, ces associations, pourtant largement reconnues par l’opinion publique et les mouvements contestataires, estiment que Dominique Guillet est un suppĂ´t des intĂ©rĂŞts pĂ©troliers. Alors qu’en rĂ©alitĂ©, ces « intĂ©rĂŞts pĂ©troliers » organisent en parallèle la privatisation du vivant par l’intermĂ©diaire de l’uniformisation des semences, et au travers des sessions de l’OMS et du codex alimentarius. Et bien que Dominique Guillet soit le seul français Ă  vendre des graines traditionnelles et qui sortent du circuit gĂ©nocidaire des semences brevetĂ©es, il est prĂ©sentĂ© par ces associations comme une personne malhonnĂŞte et infrĂ©quentable. Pourtant ces mĂŞmes associations, ne semblent pas avoir de leçon Ă  donner, puisqu’elles participent parfois directement Ă  la privatisation du vivant, en faisant la promotion des OGM ou en participant Ă  la distribution incontrĂ´lĂ©e et illĂ©gale d’OGM dans les pays en voie de dĂ©veloppement, le tout au nom de la lutte contre la faim, ou de la lutte pour une Ă©nergie propre (le bioĂ©thanol, voir ce qu’en pense Jean Ziegler). Cet exemple est lui aussi reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© que nous souhaitions exposer notamment Ă  travers les travaux de Julien Teil sur le rĂ´le parfois ambiguĂ« des ONG.

Gouverner ou détenir le pouvoir de pointer du doigt

A dĂ©faut de prĂ©tendre combattre ce nouvel ordre mondial, et au risque d’ĂŞtre les victimes de ce type d’assertions, nous proposons des analyses pertinentes et rigoureuses sur le sujet. Il ne s’agit pas de proposer des solutions, ni de s’engager dans une voie idĂ©ologique. Nous considĂ©rons que ces solutions appartiennent Ă  tous, et que l’information permet Ă  chacun de connaĂ®tre ses ennemis. Et de ce point de vue, chacun a le droit de disposer de ces informations: qu’il soit musulman ou nationaliste (et parfois les deux Ă  la fois). Car dans notre vision de la sociĂ©tĂ©, ces gens seront amenĂ©s Ă  vivre ensemble. Malheureusement ce qui se passe aujourd’hui est reprĂ©sentatif d’une rĂ©alitĂ© inquiĂ©tante: la privation de l’accès Ă  l’information au nom du politiquement correct. C’est ce concept intellectuellement creux mais Ă©rigĂ© en tant que morale, dont l’atelier idĂ©al fait la promotion.

Je trouve en outre malhonnĂŞte leur assertion selon laquelle j’aurai par ailleurs « omis » de prĂ©ciser que Pierre Hillard Ă©tait connotĂ©. Ils ont acceptĂ© d’organiser l’évènement depuis fin Septembre, et ils disposent des noms des confĂ©renciers ainsi que de liens vers leurs travaux depuis cette Ă©poque. Pourquoi attendre une intervention d’une personne extĂ©rieure et membre d’une organisation antifasciste pour se renseigner sur le personnage ? Je n’ai en effet pas propagĂ© la rumeur nausĂ©abonde sur le compte de Pierre Hillard.

Je n’ai, a aucun moment, voulu porter prĂ©judice ni Ă  l’atelier idĂ©al ni Ă  son image, et je ne pensais pas que cela pourrait prendre une telle mesure. Mais je dĂ©plore leur argument selon lequel j’aurai Ă©tĂ© incorrect en ne prĂ©cisant pas la rumeur nausĂ©abonde. Je ne m’excuserai pas de ne pas avoir jouer ce jeu. C’est prĂ©cisĂ©ment ce type de rumeurs qui a coĂ»tĂ©, Ă  une certaine librairie parisienne, un vĂ©ritable saccage avec blessĂ©s: avoir accueilli le plus grand « antisĂ©mite » de tous les temps: DieudonnĂ©. Et, c’est aussi cet exemple qui m’a poussĂ© Ă  ne pas maintenir cette soirĂ©e. Un tel contexte n’est pas du tout en accord avec mes convictions, et je rejette catĂ©goriquement ces violences puĂ©riles et infondĂ©es. Leur première proposition alternative qui consistait donc Ă  me proposer, dans l’hypothèse du maintien de la soirĂ©e, d’engager un service d’ordre, est totalement en dehors de mes idĂ©aux, sans doute utopistes, et me rappellent inĂ©vitablement l’omniprĂ©sence du « tout sĂ©curitaire ».

Alors peut ĂŞtre n’avons-nous pas suffisamment tenu compte des idĂ©aux de l’association qui accueille: l’atelier idĂ©al. Mais dans ce cas il faudrait nous prĂ©ciser ce qui est en contradiction avec leurs idĂ©aux. Car j’ai beau lire et relire leur charte, je trouve plutĂ´t que c’est leur argumentaire qui est profondĂ©ment en contradiction avec les idĂ©aux qu’ils revendiquent.

Et surtout, il aurait Ă©tĂ© plus judicieux de le faire savoir auparavant, et non maintenant en laissant entendre que je n’aurais pas prĂ©cisĂ© une chose fondamentale sur les idĂ©es vĂ©hiculĂ©es par un des confĂ©renciers, ce qui de plus est parfaitement faux. Il Ă©tait par contre possible de poser la question Ă  Pierre Hillard, ce qu’ils ont manifestement refusĂ© de faire en ne prenant pas soin de lui demander son avis. Et la cerise sur le gâteau est de prĂ©tendre qu’ils n’ont « pas pu connaĂ®tre ou comprendre son point de vue », et que dans le doute ils prĂ©fĂ©reraient annuler. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit bien entendu d’autre chose puisque rien, jusqu’Ă  la dernière seconde ne les a empĂŞchĂ© de joindre Pierre Hillard et de lui demander son avis.

Nous regrettons que l’ingĂ©rence d’une personne, de plus politisĂ©e, ait Ă©tĂ© le vecteur de ces malentendus, mais nous ne la tenons pas pour responsable. Les mots Ă©pouvantails sont très utiles aux Ă©lites qui jouent ouvertement sur tous les tableaux. Ainsi Al Qaeda serait une nĂ©buleuse terroriste responsable de tous les maux de l’humanitĂ© pour les personnes de droite. L’extrĂŞme droite est elle aussi instrumentalisĂ©e afin de contrĂ´ler les pulsions des mouvements d’extrĂŞme gauche. Ce procĂ©dĂ© certes habile a le mĂ©rite de dĂ©tourner l’attention du peuple de son vĂ©ritable bourreau: l’Ă©lite autocratique, celle qui gouverne sans les peuples. Il est clair qu’ici, Ă  Toulouse, l’extrĂŞme droite radicale groupusculaire est visiblement prĂ©sente et particulièrement violente. De ce point de vue, nous ne pouvons pas dire des mouvements antifascistes qu’ils n’ont pas raison d’ĂŞtre. Mais il est incontestable que cette soirĂ©e n’a aucun lien et n’a rien Ă  voir avec ce genre de choses, et que cette pratique de l’amalgame ne fera que renforcer le pouvoir des mĂŞmes oligarques: museler un peu plus l’opinion, tout en jouant le jeu de l’extrĂŞme droite.

Cependant, nous ne remettons aucunement la responsabilitĂ© de ce malentendu sur le dos de ces associations, mais plutĂ´t sur celui de certains grands thĂ©oriciens de l’anticapitalisme qui vĂ©hiculent sans arrĂŞt ces amalgames, allant mĂŞme jusqu’Ă  publier des numĂ©ros de leurs revues entièrement consacrĂ©s au sujet. Ce constat est alarmant du point de vue du dĂ©clin certain de la dĂ©mocratie et de la libertĂ© d’expression. Mais c’est aussi l’aveu d’une sociĂ©tĂ© dont la qualitĂ© intellectuelle est en perdition et dont les mouvements contestataires sont parfois les rouages des manipulations les plus malsaines. Il serait donc intĂ©ressant que l’atelier idĂ©al expose quelle libertĂ© d’expression ils dĂ©fendent car nous avons peur qu’il s’agisse tout simplement de sa mutation la plus perverse: celle qui consiste Ă  jouer le jeu de l’oligarchie.

Ils sont finalement dans la mĂŞme dialectique que ceux auxquels ils prĂ©tendent s’opposer: gouverner les gens, la population, imposer leurs règles de vie aux autres, en dĂ©corant le tout d’un discours qui promet de satisfaire tous les espoirs. Alors qu’en rĂ©alitĂ© il s’agit toujours de la mĂŞme chose: prendre le pouvoir et, surtout, ne pas le laisser aux autres (qui sont dĂ©finis comme inaptes, ou incompĂ©tents). Et quand ils ne l’ont pas, ils prĂ©fèrent se soumettre jusqu’aux idĂ©es des chefs, espoir et peur : en faire partie ou en ĂŞtre exclu. Oui, mais de quoi ? -Nous leurs posons la question -

Julien Teil et Pierre Hillard

* Nous connaissons depuis peu, sur Mecanopolis, le mĂŞme genre d’attaques nausĂ©abondes, lancĂ©es par des individus qui voudraient ainsi discrĂ©diter l’ensemble de notre travail. FatiguĂ©s d’avoir Ă  nous justifier sans cesse, nous avons mandatĂ© deux avocats, Me Philippe Vibert pour la CE et Me Razi Abderrahim pour la Suisse, afin de poursuivre civilement et pĂ©nalement les auteurs de ces accusations diffamatoires ainsi que les sites qui les hĂ©bergent.

Pour nous contacter : fred [at] mecanopolis.org / +4176 252 35 57

jan 09 2010

Le président Obama a-t-il échappé à un attentat orchestré par la CIA ?

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Le PrĂ©sident Barack Obama pensait sans doute passer un paisible sĂ©jour Ă  HawaĂŻ lorsque, le 28 dĂ©cembre dernier, Ă  15h10, il entamait une partie de golf sur le green du Luana Hills Country Club. Trois minutes plus tard, les agents des services secrets en charge de sa sĂ©curitĂ© intervenaient dans l’urgence, engouffrant le prĂ©sident et sa suite dans deux vĂ©hicules blindĂ©s.

obama hawaii

Barack Obama, sur le green du Luana Hills Country Club, quelques instants avant l’intervention des agents des services-secrets en charge de sa sĂ©curitĂ©

La « version officielle » de « l’incident », relayĂ©e un peu plus tard par un communiquĂ© du service de presse de la Maison Blanche, indique que c’est Ă  la suite de la blessure accidentelle du fils d’un couple d’amis, Eric et Cheryl Whitaker, qui accompagnaient Obama, que le plan d’Ă©vacuation du prĂ©sident des États-Unis a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©. Le communiqué prĂ©cise nĂ©anmoins que l’enfant n’a pas eu besoin d’assistance mĂ©dicale.

Qui peut vraiment croire que les services-secrets auraient expĂ©diĂ© Barack Obama dans un bunker parce qu’un garçonnet se serait blessĂ© Ă  la plage ? Ici comme ailleurs, la « version officielle », et ses cent retouches successives, n’a pas pour but d’ĂŞtre crĂ©dible, mais d’ĂŞtre la seule en vitrine, de sorte Ă  occuper l’ensemble des mĂ©dias et de couvrir la rĂ©alitĂ© des faits.

Le quotidien russe Zvatara, qui indique prendre ses sources auprès d’un agent du FSB (service de renseignement russe) prĂ©sente une toute autre version des Ă©vènements. Selon le journal, l’alerte aurait Ă©tĂ© donnĂ©e quand Ă  15h 03 prĂ©cise, un avion « non identifié » a pĂ©nĂ©trĂ© dans l’espace aĂ©rien du pĂ©rimètre restreint de la « zone de vacances » du prĂ©sident amĂ©ricain.

La rĂ©action des services de protection d’Obama aurait encore Ă©tĂ© d’avantage prĂ©cipitĂ©e quand, quelques minutes plus tard, l’identitĂ© de cet avion, un bi-rĂ©acteur portant le numĂ©ro d’enregistrement N46F, a Ă©tĂ© Ă©tablie comme appartenant Ă  la Hunt Oil Company, et qu’il avait Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment liĂ© Ă  l’Agence centrale de renseignement (CIA), comme le confirme ce document.

Il n’est pas inutile de rappeler que le PDG de Hunt Oil, Ray L. Hunt, est un proche de George Bush senior, et membre du President’s Foreign Intelligence Advisory Board.

A noter aussi que, en avril 2009, George Bush junior a effectuĂ© un voyage au YĂ©men, dont les rĂ©serves de pĂ©trole sont estimĂ©es 10 milliards de barils, afin d’inaugurer une raffinerie de la… Hunt Oil Company. Cela alors que, depuis peu, le pĂ©trole yĂ©mĂ©nite reprĂ©sente 7% des sources d’approvisionnement de la Chine, et que les projets de Petrochina sont nombreux dans ce pays.

A la lumière de ces informations, ont serait tentĂ© de relier « l’attentat manqué » du vol Detroit-Amsterdam du 25 dĂ©cembre dernier avec ce qui ressemble a une mise en garde de la CIA et de ses commanditaires Ă  l’encontre du prĂ©sident Barack Obama, afin de le contraindre Ă  accĂ©lĂ©rer un processus d’ingĂ©rence militaire au YĂ©men, de sorte Ă  en accaparer les ressources en hydrocarbures.

Au soir du 28 dĂ©cembre, Barack Obama, a « rompu le silence qu’il observait depuis l’attentat manquĂ© sur le vol 253 le jour de NoĂ«l » pour s’adresser aux amĂ©ricains : «Nous allons continuer Ă  utiliser tous les Ă©lĂ©ments en notre pouvoir pour intercepter, dĂ©truire et vaincre les extrĂ©mistes violents qui nous menacent, qu’ils soient d’Afghanistan, du Pakistan, du YĂ©men ou de Somalie. »

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Spencer Delane

déc 21 2009

Qu’en est-il de la libertĂ© de la presse en France ?

Par Régis Mex, pour Mecanopolis

La libertĂ© de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes dĂ©mocratiques, qui reposent sur la libertĂ© d’opinion, la libertĂ© mentale et d’expression. En France, elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e pour la première fois dans la DĂ©claration française des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Il y est stipulĂ© que « La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre Ă  l’abus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la Loi ». S’il est habituellement consensuel de dire que la libertĂ© de la presse est fortement bridĂ©e dans la plupart des pays du monde, nous pourrions lĂ©gitimement Ă©mettre de sĂ©rieuses interrogations quant au respect de cette dernière dans nos pays dits dĂ©mocratiques que nous considĂ©rons habituellement comme un havre de civilisation qui se doit de dispenser ses inĂ©galables lumières au reste du globe. Pour disposer d’une vue d’ensemble sur la question, nous allons aborder trois points essentiels, qui sont les censures de la libertĂ© d’expression en France, le fonctionnement gĂ©nĂ©ral des mĂ©dias et leur financement, pour terminer par une vue globale de la nature de ces derniers.

Libertédelapresse

La notion même de liberté est passablement floue dans la langue française. Si le plus grand nombre de gens s’accorderait à dire que la liberté consiste à faire ce que l’on veut quand on le veut sans être entravé par quelque contrainte que ce soit, le bon sens dirait plutôt qu’être libre, c’est savoir agir de la meilleure manière possible dans l’observance des règles auxquelles notre marge d’action est soumise. En somme, c’est dans l’accroissement de ses responsabilités que l’on trouve plus de liberté. Dans le cas de la presse, donc, il s’agit de repérer les responsabilités et les règles que l’on impose aux journalistes pour pouvoir se faire une idée un tant soit peu pertinente de sa marge de manœuvre.

Pour ce qui est de la presse écrite, il est essentiel de savoir que la matière première des quotidiens est fournie par la majeure agence de presse, l’Agence France-Presse (AFP). Elle a donc une influence considérable, car beaucoup de journaux se contentent souvent de récupérer ses nouvelles pour toucher leur public. L’AFP était un établissement d’État jusqu’en 1957. Elle dispose aujourd’hui d’un nouveau statut censé garantir son indépendance rédactionnelle, mais ses recettes proviennent pour moitié de ses clients, pour moitié de l’État. Les batailles homériques qui entourent la nomination très politique de son président ont tendance à montrer que l’AFP n’est pas réellement neutre.

D’autre part, le travail des journalistes de tous bords est soumis au contrôle de leur rédacteur en chef, qui veille au respect de la ligne éditoriale d’une publication ou d’un journal audiovisuel. S’il juge qu’une partie de la production qui lui est présentée est indécente, il peut la supprimer, ce qui est une forme de censure indirecte. Le contrôle des rédactions passe par la réduction de leur nombre. On a assisté à une concentration sans précédent de la presse quotidienne depuis la Libération. Les journalistes, s’ils sont enregistrés par la Commission de la carte où siègent des représentants du Premier ministre, ou si l’administration le décide discrétionnairement, font bénéficier leurs employeurs de cotisations sociales réduites et en bénéficient eux-mêmes, ainsi que d’une déduction fiscale supplémentaire. Les journaux doivent, eux, être enregistrés par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP, instance dont le travail est peu médiatique mais qui a pourtant un rôle capital) où siègent d’autres représentants du Premier ministre pour bénéficier du taux réduit de TVA à 2,1% au lieu de 19,6%. Ils bénéficient alors aussi de tarifs ultra-préférentiels à La Poste. À ce subventionnement indirect s’ajoute un subventionnement direct par les services du Premier ministre des quotidiens nationaux. Le refus ou le retrait d’un de ces agréments vaut toutes les censures : il condamne généralement le journal concerné à la faillite immédiate. Et s’il survit, il est réduit à la marginalité sur un marché assisté où ne s’appliquent pas les règles de la libre concurrence.

Dans le cas de la publication de livres, il ne suffit pas de trouver un éditeur : encore faut-il qu’il soit mis à la disposition des libraires, ce qui est le travail des diffuseurs. Les sociétés assurant ce service peuvent très bien refuser d’afficher l’éventuel livre dans leur catalogue, condamnant ledit ouvrage à être distribué quasiment sous le manteau par des réseaux improbables.

La liberté de la presse ne peut s’apprécier qu’au regard de l’appareil judiciaire qui en garantit l’harmonieux fonctionnement. Au XIXe siècle, Georges Clémenceau se battit pour que les journaux ne soient pas jugés en correctionnelle par des magistrats nommés par l’État, mais par des jurys populaires. Cette procédure indispensable a été supprimée par le Gouvernement provisoire et jamais rétablie. Là encore, si les chambres spécialisées sont tenues par de fins juristes, il suffit d’observer les batailles qui entourent la nomination de ces magistrats pour mesurer le caractère politique de leur fonction.

Les journaux et Ă©missions tĂ©lĂ©visĂ©es, de leur cĂ´tĂ©, sont contrĂ´lĂ©s par le CSA, Conseil SupĂ©rieur de l’Audiovisuel, qui est un organisme de l’État français. Jouissant d’un statut d’autoritĂ© indĂ©pendante, il dĂ©livre des autorisations d’Ă©mettre aux radios privĂ©es et aux chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision privĂ©es, nationales, rĂ©gionales ou locales selon le bon vouloir de ses neuf conseillers nommĂ©s par l’État. En guise d’aperçu de ce que le CSA est capable de faire, il faut savoir qu’en avril 2002, le CSA a Ă©crit Ă  France TĂ©lĂ©visions après le passage du journaliste Thierry Meyssan dans une Ă©mission de Thierry Ardisson et lui a ordonnĂ© de ne plus lui donner la parole Ă  propos des attentats du 11 septembre, dont il infĂ©rait la responsabilitĂ© au gouvernement des États-Unis. Une copie de cette lettre a Ă©tĂ© adressĂ©e Ă  tous les mĂ©dias audio-visuels sous convention. Depuis, Meyssan n’a plus Ă©tĂ© invitĂ© sur une chaĂ®ne française, y compris lorsque Arte a consacrĂ© une soirĂ©e complète Ă  le mettre en cause.

Bien que les médias privés soient importants aujourd’hui, il n’en a pas toujours été ainsi en France. Charles De Gaulle entrant dans Paris promulgue, le 26 août 1944, une ordonnance rédigée à Alger qui nationalise toute la presse écrite et audiovisuelle. La France est le seul État non communiste à avoir jamais procédé de la sorte. L’idée de l’époque est que pour être objective, la presse doit être un service public. L’État devient le garant de la Vérité à défaut d’être celui de l’esprit critique. Ce n’est qu’en 1954 que Pierre Mendès-France privatisera la presse écrite. Il faudra attendre 1982 pour que François Mitterrand, devenu président de la République, privatise partiellement la radio, et 1986 pour que Jacques Chirac privatise partiellement la télévision.

Au niveau du fonctionnement et du financement des agences de presse, nous allons à nouveau opérer une distinction entre presse écrite et audiovisuelle en prenant des exemples éloquents de médias privés.

Prenons l’exemple du Figaro pour la presse Ă©crite : Le Figaro est une filiale de la Socpresse dont le prĂ©sident est l’industriel et sĂ©nateur Serge Dassault. En 2009, selon le magazine Forbes, il est le 90e homme le plus riche du monde avec une fortune estimĂ©e Ă  plus de cinq milliards de dollars. Serge Dassault a expliquĂ©, en 2004, que les journaux doivent diffuser des « idĂ©es saines », car « nous sommes en train de crever Ă  cause des idĂ©es de gauche ». « J’espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait-il ainsi lancĂ© Ă  des responsables du Centre de formation des journalistes. Il refuse que son journal publie, en aoĂ»t 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l’Affaire des frĂ©gates de TaĂŻwan (l’entretien est finalement publiĂ© dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). Ă€ la suite de ses propos sur la subordination du journal Ă  son propriĂ©taire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rĂ©daction. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte des tĂ©moignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercĂ©e par Serge Dassault sur la rĂ©daction. En fĂ©vrier 2008, Pascale Pascariello, journaliste de France Inter, est prise Ă  partie par le service d’ordre, après avoir posĂ© des questions lors d’une rĂ©union publique organisĂ©e par Serge Dassault. Le 19 juin 2008, Serge Dassault dĂ©clenche une nouvelle polĂ©mique en dĂ©clarant qu’il juge « anormal » d’aider les chĂ´meurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ». Sur iTĂ©lĂ©, en juillet 2008, il avait Ă©galement fait part de son admiration pour l’organisation chinoise du travail, a vantĂ© les mĂ©rites des ouvriers chinois « qui travaillent 45 heures par semaine et dorment dans leurs usines », s’est dĂ©solĂ© de l’existence des grèves et des syndicats et a dit soutenir une plus grande flexibilitĂ© pour les entreprises. Nous sommes en droit de nous demander quelle part de libertĂ© et d’objectivitĂ© existe dans un mĂ©dia qui est sous la coupe de quelqu’un comme Serge Dassault…

Même un journal à la réputation plus neutre comme Le Monde ne fait pas figure d’exception dans les critères de rentabilité. Dans l’essai « La face cachée du Monde », Pierre Péan affirmait, entre autres, que l’équipe dirigeante du journal avait pris le parti de s’orienter vers une logique commerciale, faisant fi des règles déontologiques et usant des techniques de désinformation. Les critiques pointaient également du doigt certains partis-pris éditoriaux. D’autre part, un employé du Monde avait été licencié peu de temps après cette publication pour « cause réelle et sérieuse » portant « atteinte à l’entreprise » dans laquelle il travaillait, pour avoir critiqué l’absence de réaction du Monde aux critiques de l’essai de Pierre Péan.

Le 9 novembre 2005, selon Le Canard enchaĂ®nĂ© du 16 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministère de l’IntĂ©rieur le prĂ©sident-directeur gĂ©nĂ©ral des Éditions First, Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variĂ©es ». Cette maison d’Ă©dition s’apprĂŞtait Ă  publier le 24 novembre l’ouvrage signĂ© de ValĂ©rie Domain, journaliste Ă  Gala, et intitulĂ© CĂ©cilia Sarkozy, entre le cĹ“ur et la raison. Dans une interview du Parisien publiĂ©e le 18 novembre 2005, CĂ©cila Sarkozy indique que c’est elle qui a alertĂ© son mari sur la sortie du livre. « Je ne souhaite pas que ma vie privĂ©e soit mĂ©diatisĂ©e », a-t-elle affirmĂ©. L’auteur affirme quant Ă  elle que CĂ©cilia Sarkozy Ă©tait parfaitement au courant de la teneur du livre. ValĂ©rie Domain souhaite que son ouvrage soit publiĂ© et est entrĂ©e en contact avec l’Ă©diteur Fayard. MalgrĂ© des pressions d’Arnaud Lagardère, directeur du groupe Hachette, sur Claude Durand, directeur de Fayard, la biographie de CĂ©cilia Sarkozy par ValĂ©rie Domain a Ă©tĂ© publiĂ©e le 8 fĂ©vrier 2006 et tirĂ©e Ă  100 000 exemplaires sous le titre Entre le cĹ“ur et la raison sous forme de roman aux Ă©ditions Fayard. CĂ©cilia avait donnĂ© son accord pour cette biographie avant de se raviser après de multiples entretiens avec l’auteur. Du fait des menaces de poursuites judiciaires par le couple Sarkozy, CĂ©cilia y apparaĂ®t sous le nom de « CĂ©lia Michaut-Cordier, Ă©pouse d’un homme politique influent ». « Une femme quitte un homme pour un autre. Homme de pouvoir, cet autre la voit Ă  son tour lui Ă©chapper pour un troisième. Dès lors, il n’a de cesse de la reconquĂ©rir » rĂ©sume l’auteur.

Reprise d’un article de Yann Chollet, journaliste indĂ©pendant et auteur du livre « 7 jours sur 7 Ă  votre service »Â : « La censure existe sous couvert d’une relation allĂ©chante du genre « j’achète une campagne de pub dans ton journal et tu me protèges sur cette affaire ». Et je comprends mieux pourquoi des journalistes de journaux dits de gauche (Canard EnchaĂ®nĂ©, libĂ©ration…) prĂ©fèrent dĂ©molir la SNCF ou critiquer les mĂ©chantes multinationales US plutĂ´t que de s’attaquer Ă  nos gentilles multinationales françaises, toutes socialement responsables et Ă©thiques. Fin 2002, une journaliste dite  » d’investigation  » du magazine Capital, m’explique vouloir parler de mon livre et rĂ©vĂ©ler l’affaire des 60 procès dont la chaĂ®ne Formule 1 est la mire. Au final, cette journaliste passera par la Tour Montparnasse, siège du PDG ACCOR et Ă©crira un article exposant une image très positive du groupe. Mon livre n’est mĂŞme pas citĂ©, les arguments contradictoires invisibles. Je prĂ©viens la rĂ©daction du magazine que la mĂ©thode utilisĂ©e par leur journaliste ne respecte pas la dĂ©ontologie de la profession. Je menace de rĂ©vĂ©ler cette erreur et rapidement le rĂ©dacteur en chef m’offre un droit de rĂ©ponse. D’autres exemples identiques suivront concernant mon ouvrage, dans la presse française. Nicolas Beau du Canard EnchaĂ®nĂ©, me dira de façon dĂ©daigneuse au tĂ©lĂ©phone :  » On ne se paye pas ACCOR comme ça « . Surprenant ! Le rĂ©dacteur en chef de  » Nouvel Ouest  » m’expliquera clairement, sans dĂ©tour, ĂŞtre en tractation  » partenariat publicitaire  » avec le groupe ACCOR et qu’il ne pourra pas parler de mon livre. Par Yann Chollet. Journaliste indĂ©pendant et auteur du livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service « . A travers un exemple simple et concret, exposons la subtilitĂ© de cette dĂ©rive. En 2002, j’Ă©cris un livre  » 7 jours sur 7 Ă  votre service  » aux Ă©ditions du Vent, qui dĂ©voile l’exploitation des humains dans l’hĂ´tellerie Ă©conomique. A travers mon tĂ©moignage, mes propres souffrances vĂ©cues, j’expose en 287 pages une rĂ©alitĂ© dĂ©nonçant l’esclavage des temps modernes. A plus de 80 heures par semaine pour un SMIC, le mot n’est peut-ĂŞtre pas assez fort. Comme contre-attaque,  » le groupe ACCOR, impliquĂ© dans l’ouvrage sous l’anagramme du groupe ROCCA  » comme l’expose Philippe Cohen dans un article publiĂ© dans Marianne, ne tente rien contre le livre directement, en connaissance de cause. Par contre, c’est Ă  travers une vĂ©ritable campagne de dĂ©sinformation que ce groupe impose le silence autour de mon ouvrage, qui par ailleurs se vend hors rĂ©seau traditionnel, Ă  plus de 1.800 exemplaires. Des dizaines de gĂ©rants me tĂ©moignent leur reconnaissance après lecture. »

FondĂ© sous l’Ă©gide de Jean-Paul Sartre, le premier numĂ©ro paraĂ®t le 18 avril 1973. PositionnĂ© Ă  l’extrĂŞme gauche Ă  ses dĂ©buts, LibĂ©ration Ă©volue vers la gauche sociale-dĂ©mocrate au dĂ©but des annĂ©es 1980, suite au dĂ©part de Jean-Paul Sartre. En 1978, le journal n’a dĂ©jĂ  plus rien de maoĂŻste : Serge July le dĂ©crit alors comme « libĂ©ral-libertaire ». Le journal reprend le titre d’un journal de la RĂ©sistance, LibĂ©ration qui Ă©tait dirigĂ© par Emmanuel d’Astier de la Vigerie. En proie Ă  de graves difficultĂ©s financières et Ă  une baisse de sa diffusion depuis le dĂ©but du XXIe siècle, LibĂ©ration a aujourd’hui pour actionnaire de rĂ©fĂ©rence Édouard de Rothschild (38,87%), ancien membre de la commission exĂ©cutive du CNPF et grande fortune française. Son siège social est au 11 rue BĂ©ranger Ă  Paris, dans le 3e arrondissement.

Au niveau de la presse télévisée, parlons de TF1, dont l’actionnaire principal est le groupe Bouygues, qui situe ses services dans les télécoms/médias et la construction (routes, immobilier…). L’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay, expliquait la mission de sa chaîne ainsi : « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. » Au vu du programme nettement commercial de TF1, on ne peut douter que c’est effectivement cette stratégie-là que la première chaîne de France met en application. Or, on peut se demander quelle est la crédibilité d’un journal télévisé paraissant sur une chaîne qui affirme un tel état d’esprit, d’autant plus qu’une personne qui a été divertie avant de regarder un journal parlé sera sans doute plus susceptible d’en avaler tout le contenu sans faire appel à la réflexion.

Toutes les autres chaĂ®nes privĂ©es connues et une multitude d’autres de moindre importance sont, comme TF1, possĂ©dĂ©es par des entreprises puissantes qui ont diversifiĂ© leurs actions dans plusieurs secteurs rentables, comme Bouygues. Par exemple, les chaĂ®nes de radio et de tĂ©lĂ©vision RTL font partie de RTL Group, le plus grand groupe de tĂ©lĂ©vision et radiodiffusion europĂ©en et premier producteur d’Ă©mission du monde, avec 45 chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision et 33 rĂ©seaux de radio dans onze pays europĂ©ens. Ce groupe est lui-mĂŞme dĂ©tenu par le gĂ©ant des mĂ©dias allemand Bertelsmann. Cette mĂŞme multinationale est spĂ©cialisĂ©e dans la presse Ă©crite, et possède notamment Random House, la première maison d’édition au monde. Barack Obama a notamment choisi Random House comme Ă©diteur pour ses mĂ©moires intitulĂ©es « Les rĂŞves de mon père ». Il est aussi bon de savoir que le n°2 mondial de l’édition, Hachette, est dĂ©tenu par le groupe Lagardère, dont les deux principales sociĂ©tĂ©s sont Lagardère MĂ©dia (Europe 1, Virgin Radio, Virgin 17, Hachette Filipacchi MĂ©dias, MCM, RFM, …) et EADS, qui occupe la deuxième place mondiale dans l’industrie spatiale, aĂ©ronautique et de dĂ©fense). Bertelsmann possède aussi une cinquantaine de magazines dont Stern, Capital, Geo, Gala.

dormez-citoyens

À la lumière de toutes ces informations, nous pouvons nous faire une idée pertinente de la nature de la presse, et si je devais la résumer en deux principes, je les nommerais rentabilité et justification du pouvoir en place. Pour ce qui est de la première assertion, suivons une réflexion élémentaire qui nous fait effectivement savoir que personne ne se lance dans une activité qui ne lui rapporte rien ou qui le fait travailler à perte, et que les grands vecteurs de la presse doivent assurément bénéficier de bases financières solides pour bénéficier des moyens qu’ils possèdent. Et il se trouve qu’en effet, comme nous l’avons dit, les plus grands médias, ceux qui touchent le plus grand nombre de personnes et qui jouissent de la plus grande estime, sont soit détenus par des entreprises qui recherchent bel et bien le profit, soit par l’État, et lorsqu’il s’agit de chaînes de télévision, cela implique le contrôle du type d’informations qui apparaît dans leurs journaux parlés et du recrutement de ses journalistes. En plus de cela, nous avons vu que de multiples processus de censure plus ou moins directs existent tant dans la presse écrite que dans le domaine de l’audiovisuel. Il faut donc que l’information diffusée ait, d’une part, une teneur commerciale, ce qui implique qu’elle fasse part à son public de messages destinés à le toucher, comme de la vulgarisation de l’information fortement axée sur l’émotivité, des faits divers de toutes sortes, ainsi que des nouvelles sur les sports ou même sur des célébrités. Cette stratégie commune à tous les médias importants sert leur deuxième but essentiel : la justification du pouvoir en place. On aurait effectivement tort de penser que le secteur privé permet plus de liberté d’expression que l’État : si l’État a intérêt à dissimuler les informations qui sont susceptibles de remettre en cause la politique qu’il mène, il n’en va pas différemment avec les entreprises qui possèdent des pans de l’information. Ce qu’elles font est tout à fait similaire, à la seule différence que le résultat est pire encore. L’orientation clairement pro-capitaliste de leur ligne éditoriale a également pour but de défendre l’élite des ultra-libéraux et de ne pas permettre de critiques significatives du système en place. La presse d’État et la presse privée partagent donc le même intérêt existentiel, qui est la préservation des politiques économiques et sociétales sur lesquelles les secteurs public et privé s’entendent parfaitement. Elles détournent alors majoritairement l’attention de leurs lecteurs et de leur auditoire sur des faits et des problèmes futiles, vulgarisés ou déformés à coups de propagande, ce dont ces derniers raffolent par ailleurs le plus.

De ce système discrètement verrouillé, il résulte une presse fade et révérencieuse dont le public se désintéresse, préférant souvent s’informer par d’autres moyens. On estime que 57% de la population lit les journaux. Ces mêmes journaux en sont réduits à combler leurs colonnes par des faits divers des plus courants aux plus sordides, choisis arbitrairement parmi tant d’autres, ou encore par des rubriques entières consacrées aux sports, pour compenser toute la rétention d’informations et le manque cruel d’analyse qui concernent les sujets politique et économique qui devraient être l’une des préoccupations majeures des citoyens dignes de ce nom. Malheureusement, l’écrasante majorité de la population n’a cure de ce qui se fait d’important : elle se moque éperdument des idéaux de justice et d’équité, et réagit très peu aux injustices qui la frappent de plein fouet, même lorsqu’elle voit nettement les droits pour lesquels ses ancêtres se sont battus si longtemps et si ardemment leur échapper. Les gens préfèrent se laisser aller au cortège d’émotions et de niaiseries par lesquelles on les dirige aisément dans le sens que l’on désire, et qui est l’instrument principal sur lequel se sont toujours appuyées les propagandes de tous bords.

Ils ont besoin que l’on pense pour eux, de se rassurer de la logique manichéenne internationale qui leur est si abondamment diffusée et qui leur dit qu’il y a, dans le monde, un axe du bien, dans lequel ils ont la chance inestimable de vivre, et de l’autre un axe du mal, peuplé de méchants qui ne rêvent que de détruire leur joli paradis. Ils ont besoin de voir un homme providentiel faire son apparition soudaine pour résoudre miraculeusement tous les problèmes, qu’ils acclament avec véhémence pour le mettre au pouvoir mais pour se désintéresser ensuite de ce que leur messie y fait, et ne se rendent alors pas compte que, comme tous ses prédécesseurs, il trompe les serments qu’il leur avait tenus. Cette bêtise permet à la censure de la presse de se radicaliser. Depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la France est devenue le premier pays européen en termes de perquisitions dans les rédactions et de journalistes mis en examen ou placés en garde-à-vue. Mais évidemment, la population accorde trop peu d’importance à ses acquis et à sa liberté pour daigner les défendre. Ce n’est pas que la liberté d’expression ne soit pas absolue qui est choquant, car il serait normal de laisser, en toutes circonstances, des règles de base qui empêcheraient la diffusion d’idées haineuses, diffamatoires ou extrémistes. Mais au vu de tout ce dont nous avons parlé, il est clair que la liberté de la presse se trouve aujourd’hui si limitée qu’elle est devenue un vecteur de propagande où seules les idées utiles à l’appui d’idéologies sélectionnées sont autorisées. Pourtant, la subtilité de notre système est de faire croire que le fait que des scandales liés à la corruption de politiciens puissent faire la une des journaux, ou encore que chacun soit en mesure de critiquer la personne du président sont autant de preuves de liberté d’expression. Cela rassurera alors les gens, et les esprits petits bourgeois diront alors : « Vous voyez que nous sommes libres, puisque nous pouvons nous exprimer ainsi. » On trouvera nos dirigeants bien bons de tolérer de telles excentricités, qui sont en réalité aussi futiles que vaines. Nous ne manquerons pas non plus de voir moult personnages réputés proposer des solutions humanistes et miraculeuses aux problèmes qui surviennent en temps de crises (qui, rappelons-le, ne sont dues qu’aux aléas incontrôlables d’un système et non pas aux élites dirigeants qui n’ont soi-disant plus été maîtres de la situation). Mais cela n’en restera jamais qu’au stade de proposition hypothétique, car aucune information ou idée qui pourrait réellement changer le système, et donc menacer les privilèges auxquels ceux qui en bénéficient s’agrippent, ne pourra filtrer ou être appliquée sans leur consentement. On ne peut donc plus parler de liberté, et ceux qui sont encore séduits par l’argument d’autorité et la preuve sociale qui sont associées aux médias puissants et à leurs éminents journalistes sont soit mal informés, soit très naïfs.

Régis Mex, pour Mecanopolis

déc 11 2009

Climategate, le monde Ă  l’envers

Dans cet article du Nouvel Observateur, la presse officielle passe Ă  l’offensive pour continuer Ă  nous faire croire au caractère scientifique des conclusions du GIEC sur le rĂ©chauffement climatique.

climatology_dees

Il s’agit maintenant de jouer la « transparence » et d’expliquer ce que les mails de spĂ©cialistes du climat, rĂ©vĂ©lĂ©s Ă  l’occasion du Climategate, ont de profondĂ©ment choquant sur les mĂ©thodes qu’emploient ces « scientifiques ».

Aujourd’hui, tout est renversĂ©. MĂ©thode bien connue. Les malheureux climatologues pris la main dans le sac Ă  Ă©carter les scientifiques qui ne sont pas de leur bord par tous les moyens, fussent-ils dĂ©loyaux, sont maintenant considĂ©rĂ©s comme des victimes.

Pour jouer,Ă  notre façon, la transparence et complĂ©ter les informations de Joke, prĂ©cisons que le concept de rĂ©chauffement planĂ©taire d’origine humaine a Ă©tĂ© introduit pour la première fois en politique par Margaret Thatcher en 1988, incitĂ©e en cela par un conseiller du nom de Sir Crispin Tickell dont l’autoritĂ© en matière de climatologie me laisse dubitatif. Selon Wikipedia :

« His worldwide status as an authority on climate change is all the more surprising because he has no formal academic training in this area and has formed his opinion by self-teaching. » (Son statut mondial en tant qu’autoritĂ© sur le changement climatique est pour le moins surprenante puisqu’il n’a pas de formation universitaire dans ce domaine et a constituĂ© son opinion de façon autodidacte.)

Le premier livre de Tickell sur le sujet date de 1977. En fait, il prend la suite d’un mouvement qui lui est antĂ©rieur et sur lequel je reviendrai quand l’occasion se prĂ©sentera.

Tickell est aussi directeur honoraire de IBM Royaume-Uni et membre de la Baring Foundation.

Il est aussi un dirigeant de la Optimum Population Trust qui est une officine destinĂ©e Ă  limiter la population dans le monde. Les questions liĂ©es Ă  la rĂ©duction de la population, c’est Ă  dire Ă  l’Ă©cologie malthusienne, sont historiquement issues du discours scientifique eugĂ©niste propagĂ© par la Royal Society (l’Ă©quivalent anglais de notre AcadĂ©mie des Sciences en France) Ă  travers la Royal Eugenics Society et des personnalitĂ©s reconnues comme d’Ă©minents Ă©cologistes comme Teilhard de Chardin ou Julian Huxley.

En 1990, Tickell est nommĂ© prĂ©sident de l’Institut du Climat de Washington et met en place une sorte de sĂ©minaire pour chefs d’Ă©tat et dirigeants pour organiser le protocole de Rio de Janeiro.

Al Gore est aussi un activiste de la cause malthusienne comme en témoigne son livre de 1992 Sauver la planète Terre.

Pour tous ces gens, l’humanitĂ© reste le principal flĂ©au dont souffre la nature.

C’est pourquoi je retourne avec ironie cet argument contre ses dĂ©fenseurs, les Ă©cologistes malthusiens. Qu’ils donnent l’exemple en disparaissant de cette planète. L’humanitĂ© ne s’en trouvera pas diminuĂ©e. Merci pour elle.

Ecologie Idéologie

déc 03 2009

Les véritables objectifs de l’accord militaire entre les Etats-unis et la Colombie

L’accord militaire entre les USA et la Colombie est la base et le dĂ©but d’un large programme d’opĂ©rations en tout genre en AmĂ©rique du Sud. Un document officiel du ministère de la dĂ©fense aĂ©rienne de la Force AĂ©rienne U.S. rĂ©vèle que la base militaire amĂ©ricaine de Palanquero en Colombie est « la garantie de pouvoir mener un large Ă©ventail d’opĂ©rations en AmĂ©rique du Sud. » Cette affirmation contredit l’explication donnĂ©e par le prĂ©sident Ălvaro Uribe et le DĂ©partement d’État U.S. sur l’accord signĂ© le 30 Octobre entre ces deux pays.

Armée+colombienne
L’ArmĂ©e colombienne, bras armĂ© des intĂ©rĂŞts US en AmĂ©rique du Sud

Le gouvernement Colombien et les Etats-Unis ont soutenu publiquement que cet accord de coopĂ©ration militaire et les futures opĂ©rations menĂ©es en Colombie Ă©taient exclusivement destinĂ©s Ă  la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme intĂ©rieur (FARC). Le prĂ©sident Uribe a rĂ©itĂ©rĂ© de nombreuses fois (mĂŞme lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine) que l’accord militaire avec Washington n’affectera pas ses voisins. Toutefois, le prĂ©sent document de l’U.S. Air Force affirme le contraire et indique que les vĂ©ritables intentions et les objectifs derrière ce traitĂ© bilatĂ©ral, sont de mener des opĂ©rations militaires sur tout le sous-continent amĂ©ricain afin de lutter contre «… la menace constante des gouvernements anti-amĂ©ricains dans cette RĂ©gion».

Cet accord autorise l’accès et l’utilisation des sept installations militaires dans les villes de Palanquero, Malambo, PtolĂ©maĂŻs, Larandia, Apiay, Cartagena et Malaga. En outre, il permet « l’accès et l’utilisation d’autres installations et emplacements » sur tout le territoire colombien, sans restrictions. Il donne aussi l’immunitĂ© total aux ressortissants civils et militaires ainsi qu’aux entrepreneurs Ă©tasuniens qui entreront sur le territoire colombien et permet aux Etats-Unis d’utiliser tout type d’installation dans le pays, y compris les aĂ©roports commerciaux, ce qui signifie donc l’abandon total de la souverainetĂ© colombienne.

Le document de la Force aĂ©rienne souligne l’importance de la base militaire de Palanquero et parle de la nĂ©cessitĂ© d’investir 46 millions USD pour l’amĂ©lioration de la piste d’atterrissage, ainsi que l’achat de divers autres Ă©quipements afin de transformer cette base et en faire un centre de coopĂ©ration pour la sĂ©curitĂ© (CSL). «L’Ă©tablissement d’un CSL est nĂ©cessaire pour soutenir notre stratĂ©gie comme centre de commandement militaire local et dĂ©montrer ainsi notre rattachement et la relation (partenariat) avec la Colombie. Le dĂ©veloppement de ce CSL nous donne une occasion unique pour dĂ©velopper toute une gamme d’opĂ©rations dans cette rĂ©gion cruciale pour nos intĂ©rĂŞts ; rĂ©gion oĂą la sĂ©curitĂ© et la stabilitĂ© sont sous la menace constante des rebelles terroristes financĂ©s par le trafic de drogue, de la prĂ©sence de gouvernements anti-amĂ©ricains, de la pauvretĂ© endĂ©mique et de catastrophes naturelles frĂ©quentes …»

Il n’est pas difficile d’imaginer quels sont les gouvernements en AmĂ©rique du Sud qui sont considĂ©rĂ©s par Washington comme « anti-amĂ©ricain ». Les dĂ©clarations agressives rĂ©pĂ©tĂ©es, contre le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, en fait les pays intĂ©grants l’ALBA dĂ©montrent bien que ces nations sont perçues par Washington comme une menace « constante ».

Par dĂ©finition, dĂ©nommer un pays « anti-amĂ©ricain » c’est le considĂ©rer comme un ennemi de l’AmĂ©rique. Dans ce contexte, il est logique de penser que les Etats-Unis pourraient rĂ©agir militairement face Ă  tant d’« ennemis » en prĂ©sence.

LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE EST SECONDAIRE

Selon le document, « L’accès Ă  la Colombie permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques avec les États-Unis. La forte relation de coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© est aussi l’opportunitĂ© de procĂ©der Ă  toute une gamme d’OpĂ©rations en AmĂ©rique du Sud, notamment en soutenant les capacitĂ©s de lutte contre le trafic de drogue.»

LĂ , il est clair que la lutte contre ce trafic est une question secondaire. Ce fait contredit l’explication donnĂ©e par les deux gouvernements qui ont essayĂ© de prĂ©tendre que l’objectif principal Ă©tait de lutter contre les FARC et le trafic de drogue. Le document de la Force aĂ©rienne continentale priorise les opĂ©rations militaires nĂ©cessaires pour lutter contre la « menace constante » des gouvernements anti-amĂ©ricains de la rĂ©gion.

PALENQUERO EST LE MEILLEUR SITE POUR UNE PORTÉE CONTINENTALE

Le document de la Force aĂ©rienne explique que « Palanquero est sans doute le meilleur endroit pour investir dans le dĂ©veloppement des infrastructures au sein de la Colombie. Son emplacement central se trouve Ă  portĂ©e des zones opĂ©rationnelles dans la rĂ©gion … … et sa position isolĂ©e … aide Ă  minimiser la visibilitĂ© de la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine. L’intention est d’utiliser l’infrastructure existante … pour amĂ©liorer la capacitĂ© des USA Ă  rĂ©pondre rapidement en cas de crise et assurer un accès rĂ©gional aux troupes militaires Ă©tasuniennes… Palanquero garantie la mobilitĂ© et l’accès Ă  l’ensemble du continent sud-amĂ©ricain Ă  l’exception du Cap Horn … »

commandos-venezuela

Exercice des commandos vénézuéliens

ESPIONNAGE ET GUERRE

D’autre part, le document de la Force aĂ©rienne confirme que la prĂ©sence militaire amĂ©ricaine en Colombie a Ă©galement comme but de renforcer ses capacitĂ©s d’espionnage et de renseignement afin de permettre aux forces armĂ©es amĂ©ricaines d’augmenter leurs capacitĂ©s pour exĂ©cuter correctement une guerre en AmĂ©rique du Sud. « Le dĂ©veloppement de la base de Palanquero permettra d’approfondir les relations stratĂ©giques et les intĂ©rĂŞts entre les États-Unis et la Colombie… La base opĂ©rative permettra Ă©galement d’augmenter notre capacitĂ© Ă  mener des opĂ©rations de renseignement, d’espionnage et de reconnaissance (ISR), elle permettra d’amĂ©liorer notre couverture globale, les besoins en logistique, d’amĂ©liorer les relations avec nos partenaires, d’amĂ©liorer la coopĂ©ration sur la sĂ©curitĂ© et d’accroĂ®tre notre capacitĂ© de rĂ©action en cas d’une guerre Ă©clair.»

Ce document dĂ©voile donc les vĂ©ritables intentions derrière l’accord militaire entre Washington et la Colombie: se prĂ©parer pour une Ă©ventuelle guerre en AmĂ©rique latine. L’actualitĂ© de ces derniers mois illustre les tensions croissantes entre la Colombie et le Venezuela. Il y a peu, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a interceptĂ© trois espions du DĂ©partement administratif de SĂ©curitĂ© Colombien, (DAS : Agence d’espionnage et de renseignement)  aujourd’hui en passe d’être remplacĂ© par une nouvelle entitĂ©, et qui rĂ©vĂ©la plusieurs opĂ©rations en cours visant Ă  dĂ©stabiliser Cuba, l’Equateur et le Venezuela. Les fonctionnaires du DAS capturĂ©s avaient en leur possession des documents sur les OpĂ©rations Phoenix, Salomon et Falcon, respectivement. Il y a quelques semaines, 10 corps ont Ă©tĂ© Ă©galement trouvĂ©s morts dans l’Etat de Tachira près de la frontière avec la Colombie. Après avoir menĂ© des recherches, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien a dĂ©couvert qu’ils appartenaient Ă  des hommes intĂ©grants un groupe paramilitaire colombien qui s’était infiltrĂ© en territoire vĂ©nĂ©zuĂ©lien. Cette infiltration de paramilitaires colombiens fait visiblement partie d’un plan de dĂ©stabilisation contre le VĂ©nĂ©zuela. Encore plus rĂ©cemment, il y a quelques jours le Venezuela a dĂ©truit trois postes frontières qui n’avaient pour but que de faciliter le passage du narcotrafic selon les autoritĂ©s de Caracas.

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, novembre 2009

Seal_of_the_US_Air_Force

NB : Ce document du DĂ©partement de la Force aĂ©rienne amĂ©ricaine, traduit et adaptĂ© par Chevalier Jedi dans cet article, a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© en Mai 2009 dans le cadre de la justification du budget pour 2010 et envoyĂ© par le Pentagone au Congrès. Il s’agit d’un document officiel de l’ArmĂ©e de l’Air et rĂ©affirme la vĂ©racitĂ© du Livre blanc: La stratĂ©gie de Global Air Mobility Command de U. S. Air Force, qui a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© par le prĂ©sident Chavez lors de la rĂ©union UNASUR Ă  Bariloche en Argentine le 28 aoĂ»t 2009. Il peut ĂŞtre tĂ©lĂ©charger ici : Fiscal Year (FY) 2010 Budget US Air Force



déc 03 2009

Obama, prix Nobel de la guerre

Le discours d’Obama prĂ©sentant le dĂ©ploiement de 30 000 soldats supplĂ©mentaires en Afghanistan comme un prĂ©lude au retrait, n’a Ă©tĂ© qu’un exercice cynique de faux-semblants, de double langage et de tromperie. L’élection d’Obama Ă  la prĂ©sidence a servi de poudre aux yeux, selon le vieux principe de « tout changer pour ne rien changer ». Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la Maison Blanche, Obama est tout simplement aux ordres de l’oligarchie politico-militaro-financière qui prĂ©tend rĂ©gir la planète.

obamawar
L’élection d’Obama Ă  la prĂ©sidence a servi de poudre aux yeux, selon le vieux principe de « tout changer pour ne rien changer ». Comme ses prĂ©dĂ©cesseurs Ă  la Maison Blanche, Obama est tout simplement aux ordres de l’oligarchie politico-militaro-financière qui prĂ©tend rĂ©gir la planète.
Le nouveau déploiement est en fait une escalade majeure dans une guerre impopulaire qui mènera à la mort de milliers et milliers d’Afghans et de Pakistanais et à une augmentation significative du nombre de victimes américaines. En effet, bon nombre des cadets de West Point qui étaient réunis pour écouter le discours du Président seront expédiés en Afghanistan pour faire une guerre à laquelle la majorité des Américains sont opposés.

L’évocation par Obama des attentats du 11 Septembre 2001 pour vendre la guerre comme une défense contre le terrorisme est frauduleux. La véritable raison de l’occupation de l’Afghanistan et largement débattue au sein de l’establishment de la politique étrangère est de maintenir une position dominante dans cette zone de l’Asie centrale riche en hydrocarbures, dans l’intérêt de la stratégie globale de l’impérialisme américain.

Ce mois marque le 30ème anniversaire de l’invasion soviétique de l’Afghanistan, que le président Jimmy Carter avait à l’époque dénoncée comme un acte illégal d’agression internationale. Ce qui n’était pas connu à l’époque c’est que les États-Unis avaient délibérément poussé Moscou à entreprendre son aventure militaire en finançant et en armant des combattants Moudjahidine opposés au régime pro-soviétique de Kaboul. Parmi les individus à la solde de la CIA se trouvaient Osama Ben Laden et les dirigeants actuels du mouvement des Talibans.

Le résultat de cette politique impérialiste, alors mise au point par celui qui était conseiller à la sécurité nationale et qui est aujourd’hui conseiller en politique étrangère d’Obama, Zbigniew Brzezinski, a consisté en trois décennies d’affrontements, de guerre civile et de dévastation sociale. L’administration Obama intensifie aujourd’hui cette entreprise colonialiste.

Aucune crédibilité ne peut être accordée à l’affirmation d’Obama d’entamer le retrait des troupes en juillet 2011. Ce prétendu calendrier est dépendant des « conditions sur le terrain. » De plus, cette affirmation a été suivie d’autres selon lesquelles la guerre en Afghanistan n’est qu’une des nombreuses interventions militaires à venir.

« La lutte contre l’extrémisme violent ne sera pas rapidement terminée », a déclaré Obama, « et elle va bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan. » Qualifiant ce combat de « test d’endurance », Obama en arriva ensuite à parler de « régions de désordre et d’ennemis diffus », citant nommément la Somalie et le Yémen.

En réalité l’entreprise coloniale américaine en Asie centrale est sans limite dans le temps. Le « Washington Post » paru ce lundi citait un responsable américain comme disant : « Notre rôle est de les convaincre [les militaires pakistanais] que notre engagement envers l’Afghanistan et la région est à long terme. Nous n’allons pas emballer nos sacs et les laissez dès que nous en aurons terminé. »

Loin de hâter la fin de la guerre, l’escalade Obama crée les conditions pour de nouvelles et plus importantes conflagrations militaires. L’injection de troupes supplémentaires ne fera qu’attiser les tensions dans la région et au-delà, entre le Pakistan et l’Inde, l’Inde et la Chine, l’Iran et les Etats-Unis, la Russie et la Chine et les Etats-Unis.

Peut-être le plus gros mensonge est l’affirmation que la guerre est menée pour protéger le peuple afghan. En réalité les Afghans s’opposent à une écrasante majorité à l’occupation étrangère.

La décision prise par Obama signifie que 2010 sera une année qui verra augmenter les meurtres et les destructions en Afghanistan et au Pakistan. Un point central du nouveau déploiement des États-Unis est « le verrouillage » de Kandahar, un centre d’insurgés opposés à l’occupation US/OTAN. Cela ne peut qu’avoir comme implication de terroriser la population locale et de tuer le maximum d’insurgés et d’Afghans soupçonnées de sympathie avec la résistance.

Dans le mĂŞme temps, les Etats-Unis menacent de lancer des opĂ©rations terrestres sur le sol pakistanais, en plus des attaques de missiles drone qui tuent des centaines de civils pakistanais. Le « Washington Post » – rapportant lundi la rĂ©cente visite Ă  Islamabad du conseiller de sĂ©curitĂ© nationale d’Obama, le gĂ©nĂ©ral, retraitĂ© de la Marine, James L. Jones – citait un responsable amĂ©ricain comme disant : « Si le Pakistan ne s’en sort pas, Jones a averti que les États-Unis pouvaient ĂŞtre poussĂ©s Ă  utiliser tous les moyens Ă  leur disposition pour mettre les insurgĂ©s en dĂ©route le long des frontières ouest et sud du Pakistan avec l’Afghanistan. »

Le prix à payer pour les peuples d’Asie centrale est incalculable. Quant au peuple américain, il doit supporter la politique de guerre de l’élite dirigeante des Etats-Unis par la perte de milliers de vies, la dilapidation de milliards de dollars, des attaques sans précédent contre les services sociaux et une nouvelle érosion des droits démocratiques.

La contradiction la plus flagrante dans un discours lui-mĂŞme traversĂ© de contradictions a Ă©tĂ© la tentative d’Obama de sĂ©parer la guerre en Afghanistan de la guerre en Irak. « Je me suis opposĂ© Ă  la guerre en Irak », dit-il, « prĂ©cisĂ©ment parce que je crois que nous devons faire preuve de retenue dans l’usage de la force militaire … » [Obama n’était pas membre du Congrès lors d’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Il n’a donc pas eu Ă  se prononcer sur le sujet ... Ce qui valait sans doute mieux... N.d.T]. Mais il n’a pas pu dĂ©montrer de diffĂ©rence essentielle entre cette entreprise criminelle et sa guerre en Afghanistan.

L’escalade d’Obama est encore une autre violation flagrante de la volonté du peuple américain. D’une élection à l’autre, les Américains sont allés aux urnes en exprimant leur hostilité à la guerre en Irak et en Afghanistan. Chaque fois leur demande a été ignorée et les guerres ont été renforcées.

Obama a gagné la présidence en se présentant comme un opposant à la guerre en Irak et en appelant à une opposition populaire face au militarisme. Une fois en poste, il s’est empressé d’augmenter le déploiement américain en Afghanistan de 21 000 hommes de troupes, tandis qu’il revenait sur sa promesse de procéder à un retrait rapide d’Irak. Maintenant, il fait monter le total des troupes américaines en Afghanistan à 100 000, soit plus du double de l’époque de Bush.

Comme dans sa politique économique pro-Wall Street et ses attaques sur les droits démocratiques, Obama approfondit dans sa politique militaire et étrangère le programme réactionnaire de Bush. La décision d’étendre la guerre en Asie centrale revient à exposer de façon dévastatrice le système politique américain dans son entier. Les deux partis [Démocrate et Républicain] et le Congrès sont les instruments de l’aristocratie financière au pouvoir dont ils défendent les intérêts en opposition avec les besoins et les opinions des salariés et de la grande majorité de la population.

L’alignement des puissances impérialistes derrière les Etats-Unis qui conduisent la guerre est d’une immense signification. La participation de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, de la France et d’autres puissances représente une attaque au niveau international visant à subordonner la région tout entière à des intérêts impérialistes. Chacun de ces gouvernements agit au complet mépris des sentiments anti-guerre de sa population.

Cela met en évidence le fait que la lutte anti-guerre exige une lutte internationale de la classe ouvrière contre l’impérialisme mondial et le système capitaliste qui est à l’origine de cette guerre.

Source : World Socialist Web Site

Traduction : Nazem, pour Info-Palestine

nov 17 2009

Le débat tant attendu entre Tariq Ramadan et Caroline Fourest (vidéo)

MecanoBlog vous propose de voir ou de revoir le dĂ©bat tant attendu entre la journaliste Ă  Charlie Hebdo, fĂ©ministe, partisane de la cause laĂŻque et hostile aux intĂ©grismes religieux, Caroline Fourest, face au thĂ©ologien d’Oxford, professeur universitaire et dĂ©fenseur du dialogue interculturel et interreligieux, Tariq Ramadan, diffusĂ© sur France 3 lors de l’Ă©mission Ce soir ou jamais de FrĂ©dĂ©ric TaddeĂŻ le lundi 16 novembre. RĂ©glement de compte intellectuel, un Ă©pisode du choc des civilisations ou une querelle intĂ©ressante entre deux individus retranchĂ©s derrière leurs lignes, Caroline Fourest et Tariq Ramadan reprĂ©sentent brillamment un grand absent de la sociĂ©tĂ© contemporaine partagĂ©e Ă  la fois entre le sionisme et la diabolisation de l’Islam, le grave manque de dialogue entre les communautĂ©s.

SaĂŻd, pour MecanoBlog

Première partie :

Deuxième partie :

Troisième partie :

Quatrième partie :

nov 13 2009

Comment expliquer la chute du mur de Berlin ?

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Depuis des mois, la propagande politique dans le monde capitaliste tourne à plein régime à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À cette occasion, des cérémonies et des festivités ont été organisées un peu partout en Europe notamment dans la ville de Berlin qui a accueilli, entre autres, les deux caniches de l’impérialisme, Lech Walesa, l’ancien électricien des chantiers de Gdansk et Mikhaïl Gorbatchev. Si l’on tente une psychanalyse de l’événement, nous dirons que derrière l’hystérie médiatico-politique, se cache une angoisse névrotique provoquée par un capitalisme sénile et comateux et par un système impérialiste en état de décomposition avancé. À en croire les sirènes de la propagande capitaliste, notre monde est devenu, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, plus libre et plus démocratique.

mur3
Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

Dire que le monde est devenu plus libre et plus démocratique après la chute du mur de Berlin, c’est une bonne blague à 1 euro. Allez demander aux millions de chômeurs de l’ex-RDA, aux ouvriers roumains de DACIA, aux millions de chômeurs américains et européens, aux millions de spoliés, d’exploités et de bénéficiaires de la soupe populaire et des banques alimentaires,(on croirait au XIXè siècle), s’ils sont devenus plus libres depuis la chute du mur de Berlin. Quant à ceux qui claironnent à longueur de journée et qui croient dur comme fer à la fin du socialisme, ils vont un peu vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités, car ils sont tout simplement victimes de la propagande capitaliste dont le travail a consisté plus précisément depuis la chute du mur de Berlin à enfoncer à coup de marteau dans la tête des masses l’idée de la fin du socialisme et du communisme. La fin de l’histoire de Francis Fukuyama avec le triomphe définitif du capitalisme sur le socialisme, c’est plutôt une pure affabulation et une histoire drôle que l’on raconte aux enfants pour les endormir. Dans cet article, nous allons proposer notre propre lecture de la chute du mur de Berlin, une version, à n’en pas douter, différente de celle véhiculée par la machine de propagande capitaliste.

LA CHUTE DU MUR DE BERLIN, SÉQUENCE DE LA POLITIQUE DE CONTAINMENT

En faisant de la chute du mur de Berlin tout un symbole, la propagande officielle vise à exploiter l’événement à son profit pour atteindre deux buts psychologiques inavoués : (1) renforcer davantage les dispositifs répressifs et policiers dans les pays capitalistes tout en dissertant sur la soi-disant liberté retrouvée après la chute du mur de Berlin ; (2) cacher l’incapacité des dirigeants des États capitalistes à faire face à la cirse chronique et endémique de leur système. Aux dernières nouvelles en provenance d’outre-Atlantique, les Etats-Unis ont perdu en un an 7 millions d’emplois et le groupe d’investissement CIT a fait faillite avec une perte de 71 milliards de dollars et une dette estimée à 65 milliards de dollars. Ils n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien Madame la Marquise.

Franchement, nous avons du mal à croire qu’un mur en béton fasse l’objet de tant de tapages et de tintamarres médiatiques. Nous l’avons tous compris, on n’a pas besoin de devins attitrés comme à l’époque des Babyloniens, pour déchiffrer le sens de l’événement célébré en grande pompe à Berlin, le monde capitaliste nargue les esprits en cherchant à faire croire que la loi de la jungle est la seule voie qui est qui est ouverte au genre humain. En examinant les choses de plus près, on découvre que la chute du mur de Berlin est en elle-même un événement insignifiant voire même un non-événement au regard d’autres événements qui ont bouleversé la donne et précipité la dislocation du bloc de l’Est. D’abord, la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 n’a jamais entravé ni la circulation des hommes ni celle des marchandises entre d’une part, les deux Allemagne et d’autre part entre l’ex-RDA et les Etats capitalistes de l’Ouest. Ce qui a fait de la chute du mur de Berlin un événement et un symbole, c’est la propagande politique capitaliste dont le travail consiste à déformer et à interpréter les faits et les événements d’une façon tendancieuse et erronée. Ainsi la chute du mur de Berlin n’est-elle en réalité qu’une surperproduction hollywoodienne dont la mise en scène et la réalisation ont été assurées par la machine de propagande américaine et européenne.

Deux événements majeurs peuvent être considérés comme annonciateurs de la fin imminente du socialisme est-européen. Le premier événement a eu lieu le 10 septembre 1989 quand la Hongrie avait laissé franchir les frontières autrichiennes aux 12 000 « réfugiés politiques » en majorité originaire de l’ex-RDA. Le deuxième événement majeur est intervenu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 12 septembre 1989, avec l’arrivée de Solidarnosc au pouvoir en Pologne qui revient ainsi à la loi de la jungle capitalisme qui régnait dans ce pays avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres événements de moindre importance ont marqué la fin du socialisme existant comme l’assassinat de l’ancien président roumain Nicolae Ceausescu et de sa femme Helena dans une cour d’école près de Bucarest le 24 décembre 1989 ou la réunion à Malte le même mois, entre George Bush Senior et Mikhaïl Gorbatchev, une réunion qui rappelle curieusement la conférence de Yalta (4-11 février 1945) tenue entre Roosevelt, Staline et Churchill. La fissuration du « rideau de fer » a réellement commencé le 10 septembre 1989 et non pas le 9 novembre 1989 et le monde capitaliste aurait dû fêter sa victoire à la Pyrrhus non pas un 9 novembre mais un 10 septembre.

Pour bien apprécier la portée réelle de la chute du mur de Berlin, il faudra replacer cet événement dans le cadre de la politique de l’endiguement ou de containment dont les principes avaient été énoncés et définis par les deux discours de Harry Truman le 12 mars 1947 et de Winston Churchill à Fulton. La politique de containment a pour but de contenir l’expansion communiste soviétique en Europe et dans le reste du monde par une série d’alliances militaires et économiques. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les dirigeants Américains ne sont pas allés par quatre chemins pour affirmer haut et fort leur credo, celui d’en finit avec le pouvoir soviétique et du communisme non seulement sur le continent européen mais dans les autres régions du monde. D’abord, les Etats-Unis n’ont jamais reconnu le statu quo en Europe orientale et centrale et leur objectif avoué a toujours été la « libération » par n’importe quel moyen des peuples est-européens du « joug » et de « l’oppression » soviétique. Mais sur les manières et les moyens de contenir la puissance soviétique, les dirigeants américains n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde, car il y avait les « durs » et les « réalistes ». En effet, au camp des réalistes partisans des négociations avec l’Union soviétique pour l’évacuation de l’Armée Rouge d’Europe centrale et orientale, s’opposèrent les partisans de l’option militaire voire l’option nucléaire pour en découdre avec le pouvoir soviétique. Parmi les durs, figurait, entre autres, Foster Dulles qui, lors de la campagne présidentielle de 1952 et après une longue conférence avec Eisenhower en août, dénonça le containement comme dépendant de l’espoir que « les dictatures communistes seraient tellement assouvis avec 800 millions de personnes qu’ils resteraient là ils étaient ». Pour Dulles, tabler sur cette hypothèse irréaliste était suicidaire pour les Etats-Unis qui devaient tout faire pour détacher la Russie de ses satellites en brisant l’Union soviétique de l’intérieur. Pour George Kennan, la diplomatie (au sens de négociation) était inutile avec les Soviétiques et il pensait qu’il valait mieux avoir « une confrontation avec eux maintenant que plus tard ». Cette politique de containment visant à encercler l’Union soviétique par des bastions militaires et économiques installés sur le pourtour des frontières soviétiques a été traduite notamment par la création de l’Alliance Atlantique Nord en avril-juin 1949 et par la résurrection de la puissance économique et militaire de l’Allemagne de l’Ouest devenue en mai 1955, lors de la Conférence de Paris, membre à part entière de l’OTAN. Huit jours plus tard, en riposte à l’OTAN et à l’entrée de l’Allemagne dans l’Alliance Atlantique, le Pacte de Varsovie était signé groupant la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie. La politique de containment s’est illustrée également par la lutte contre l’influence de l’Union soviétique en Méditerranée avec la formation du pacte de Bagdad dirigée contre l’Egypte nassérienne qui s’était alignée sur la position soviétique après la conclusion d’un contrat egypto-tchécoslovaque de fourniture d’armement.

Le mur de Berlin n’est donc pas tombé tout seul dans une nuit étoilée sous la pression de peuples opprimés assoiffés de liberté et de démocratie comme le prétend la propagande capitaliste; il a tout simplement cédé sous la pression de saboteurs et de comploteurs extérieurs et intérieurs, soutenus et financés par le gouvernement américain, la CIA, les services secrets occidentaux et par une myriade de groupements et d’institutions agissant souterrainement dont le seul but était de combattre le communisme tant à l’intérieur du continent européen que dans d’autres zones de la planète notamment en Amérique latine considérée jadis et même aujourd’hui comme la chasse gardée et l’arrière cour(backyard) de l’impérialisme américain. Mais si les saboteurs et les comploteurs ont réussi leur coup en faisant tomber mur de Berlin, c’est parce que les conditions s’y prêtaient cette fois-ci et pas les autres fois, c’est-à-dire les effets de la guerre psychologique menée contre l’Union soviétique et le bloc de l’Est dans le cadre de la politique de containment commençaient à se faire sentir. Sans une longue et intense guerre psychologique, il serait impossible d’expliquer le phénomène de dissidence, le revirement idéologique et la reconversion à l’anticommunisme et à l’archéo-libéralisme d’une partie de l’ancienne nomenklatura communiste. C’est la guerre psychologique menée par l’Occident contre l’Union soviétique et les pays de l’Est qui a entraîné l’émergence d’une nouvelle force centrifuge viscéralement anticommuniste et foncièrement hostile aux régimes socialistes en place. Ce phénomène de reconversion d’intellectuels, on le trouve également dans les pays capitalistes où une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a elle aussi viré de bord et elle été contaminé par le virus anticommuniste et archéo-libéral. Aux Etats-Unis, par exemple, les principaux théoriciens de la révolution conservatrice étaient des anciens marxistes et des militants communistes durant les années 1950 et 1960.

mur2Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

LE FAUX CONCEPT DE LA GUERRE FROIDE

Aujourd’hui le concept de la guerre froide est employé à tort et à travers sans se demander s’il recouvre ou exprime une réalité politique avérée. Disons le tout de suite, le concept de la guerre froide est un faux concept, car il a été inventé de toutes pièces pour maquiller les visées belliqueuses de l’Occident et la croisade capitaliste contre le communisme et l’Union soviétique. D’abord, qui dit guerre dit budget militaire et la soi-disant guerre froide a servi de prétexte aux Etats-Unis pour augmenter vertigineusement leurs dépenses militaires. Par exemple, dans les deux années qui suivirent le début de la soi-disant guerre froide, le budget américain de la défense a explosé atteignant la somme de 50 milliards de dollars au lieu de 13 milliards de dollars à la sortie de la guerre, soit une augmentation de 325%. L’expression de guerre froide a été employée pour la première fois par un journaliste américain, Walter Lippmann qui, dans une série d’articles publiés en septembre 1947, proposait aux dirigeants anglo-saxons sa propre vision des relations Est-Ouest et ainsi que des solutions pour en finir avec la présence soviétique en Europe centrale et orientale. Face aux partisans de la ligne dure avec l’Union soviétique, Lippmann était plutôt partisan des thèses réalistes en partant de l’idée que l’Union soviétique était affaiblie par la guerre et qu’elle était plus encline à négocier le départ de son armée d’Europe de l’Est qu’à chercher la confrontation avec ses anciens alliés, notamment les Etats-Unis. Alors que Lippmann préconisait la voie de la négociation comme seul moyen pour faire partir l’Armée rouge de l’Europe centrale et orientale, les dirigeants occidentaux attendaient impatiemment et travaillaient dur pour l’effondrement de l’Union soviétique grâce au renforcement de la politique de containment qui étouffera l’Union soviétique de l’extérieur plutôt qu’à encourager des forces saines de l’intérieur. Pour eux, la politique de containment promettait d’être doublement avantageuse, car elle renforcerait l’Ouest tout en encourageant le pouvoir soviétique, déjà dangereusement tendu, à s’étendre encore un peu plus et peut-être à aller encore un peu plus loin, précipitant par là son effondrement final.

Si nous disons que le concept de la guerre froide est un faux concept, c’est tout simplement pour faute de belligérants, car, pour qu’il y ait guerre, il faut au moins deux parties belligérantes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis et de l’Union soviétique du fait qu’il n’y avait qu’une seule partie qui cherchait désespérément la guerre, les Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, l’Union soviétique n’avait strictement aucun intérêt, ni stratégique, ni politique ni militaire à provoquer des tensions et à entrer en conflits ouverts avec qui que ce soit et surtout pas avec les Etats-Unis et cela pour trois raisons principales. Primo, à la sortie de la Seconde Guerre, l’Union soviétique était un pays exsangue économiquement et humainement avec ses 20 millions de morts. Secondo, l’Union soviétique n’était pas assez puissante militairement pour affronter les Etats-Unis qui étaient déjà une puissance nucléaire. Tercio, l’Union soviétique cherchait absolument une période de répit pour consolider ses positions tant à l’intérieur de ses frontières et sa zone d’influence que sur la scène internationale. L’histoire des relations politiques et diplomatiques d’après-guerre montre que l’Union soviétique avait adopté un profil bas en multipliant les gestes conciliants envers les Occidentaux. Même Staline, quelques mois avant sa mort, disait que la victoire finale du communisme n’impliquait pas nécessairement un conflit armée entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en même temps les partisans de la guerre totale contre le communisme et l’Union soviétique faisait rage aux Etats-Unis avec le maccarthysme. Quelques jours après la mort de Staline, Malenkov déclarait qu’il n’existait pas de différend qui ne pût être réglé d’une manière pacifique. Le 1er juin 1952, Moscou renonçait officiellement à ses revendications territoriales sur deux districts anatoliens ; le 8 juin le contrôle interzones de l’Autriche prenait également fin. Le 26 janvier 1955, Moscou mit fin à l’état de guerre avec l’Allemagne, couronné par une visite du chancelier Adenauer le 13 juin. Le 19 septembre, l’Union soviétique restitua à la Finlande l’enclave de Porkkala. Nouvelle concession soviétique, la signature à Vienne le 15 mai 1955, du « traité d’État » par lequel prenait fin l’occupation de l’Autriche, laquelle s’engageant à son tour à rester neutre et à refuser toute union politique ou économique avec l’Allemagne. Toutes ces initiatives positives de l’Union soviétique plaidaient en faveur d’une politique d’apaisement et de normalisation avec l’Occident et non pas de tensions et de confrontation. Où sont-elles les velléités guerrières de l’Union soviétique dans tous ces gestes que l’on vient d’énumérer ? En fait, ce sont les Etats capitalistes dirigés par les Etats-Unis qui étaient emmurés dans leurs certitudes et dans ce qu’ils considéraient comme leur chasse gardée, l’Europe orientale et centrale. A cet égard, il faudra dissiper un malentendu, concernant l’avènement des démocraties populaires en Europe centrale et orientale. La propagande politique capitaliste affirme que les démocraties populaires et les régimes socialistes nés en Europe centrale et orientale après la Seconde Guerre mondiale ont été imposées par la torture, la terreur, l’arbitraire et les jugements sommaires. À cette affirmation, on peut opposer deux objections : la première objection, c’est que tout pouvoir, quelque que soit sa nature, soit-elle la plus démocratique, est fondé d’abord et avant tout sur la violence et celui qui prétend le contraire qu’il montre un seul exemple où un pouvoir a été fondé d’une manière pacifique et contractuelle. La deuxième objection, que l’Union soviétique aidât les communistes est-européens à prendre le pouvoir, c’est un fait mais cette prise de pouvoir n’a pas été faite avec l’ aide d’une force étrangère envahissante ayant des visées impérialistes. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique ne visait pas à l’annexion de territoires en Europe centrale et orientale et Staline n’avait pas programmé l’invasion des pays de l’Est pour y imposer des gouvernements communistes en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie « ex-satellite d’Hitler », en Hongrie, en Bulgarie et en République démocratique allemande. Alors que Ronald Reagan et George Bush junior avaient envoyé les troupes américaines pour envahir la Grenade en 1983, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. L’Armée Rouge s’est retrouvée devant le fait accompli dans les pays de l’Est dont les territoires avaient servi de lieu de passage à l’armée nazie du Troisième Reich pour détruire l’Union soviétique et le pouvoir communiste. Ce sont donc les impératifs de la guerre qui ont poussé les Soviétiques à entrer en Europe de l’Est. D’ailleurs, les États capitalistes n’étaient pas du tout mécontents et ils voyaient bien au contraire d’un bon œil l’invasion des pays d’Europe de l’Est par l’armée du troisième Reich, car il comptait sur Hitler pour faire le sale travail, pour conjurer la menace du communisme soviétique et pour débarrasser finalement le continent européen du communisme. Ce que ne disent pas la propagande politique capitaliste et les manuels d’histoire, c’est grâce à l’Armée Rouge que les démocraties populaires d’Europe orientale et centrale ont été libérées de l’occupation nazie et il était donc normal que l’Union soviétique cherchât à aider les partis communistes des zones occupées par l’Armée Rouge à conquérir le pouvoir et à y établir sa propre zone d’influence. Les Etats-Unis et les Occidentaux ont bien leurs zones d’influence en Afrique, en Amérique latine et ua Moyen Orient, pourquoi refuseraient-ils ce droit à l’Union soviétique?

mur1

Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

CHUTE DU MUR DE BERLIN :

AVATAR D’UNE GUERRE PSYCHOLOGIQUE

La propagande capitaliste répète à qui veut l’entendre que la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est sont l’expression d’un rejet du socialisme et du communisme par les peuples est-européens. C’est ce que disent les journalistes des mass medias, les propagandistes attitrés et les intellectuels des supermarchés mais la réalité est tout autre chose. Les peuples est-européens ont-ils réellement rejeté le socialisme ? On ne peut qu’en douter, car les peuples est-européens sont là pour faire uniquement de la figuration et ils sont incapables de discerner entre leurs propres intérêts et ceux de leurs oppresseurs. Toutefois, il convient d’apporter une légère nuance à cette affirmation concernant les peuples est-européens du fait que ces derniers ont vécu sous deux systèmes sociaux différents et ils ont eu le loisir de comparer entre les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Ce qui n’est pas le cas des peuples dans les pays capitalistes qui n’ont jamais eu cette occasion historique pour comparer par eux-mêmes entre deux sociaux et idéologiques différents puisqu’ils vivent depuis deux siècles sous le règne et la domination de la bourgeoise. Ceux qui ont vécu sous un régime socialiste avant de basculer dans le capitalisme sauvage ont pu voir la différence entre un système socialiste qui leur assurait la sécurité de l’emploi de la naissance à la mort et un capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse et d’insécurité psychologique permanente due plus précisément à l’insécurité d’emploi. Les personnes interrogées dans les sondages d’opinion rarement publiés ou divulgués en Occident avouent avoir été leurrées par la propagande politique de Free Europe et de Voice of America qui leur présentaient l’Occident comme un havre de paix et de liberté. A titre d’exemple, le quotidien américain USA Today a publié le 11 octobre 1999 un sondage dans lequel 51% des Allemands de l’est disent regretter le temps d’avant la chute du mur de Berlin et affirment que l’Occident qu’ils ont découvert n’est pas celui décrit par la Radio Free Europe et la voix de l’Amérique.

Ceux qui ont contribué à la chute du mur de Berlin et à la dislocation du bloc de l’Est, ce ne sont pas les peuples est-européens eux-mêmes qui, comme tous les peuples de la terre, n’ont fait que suivre le mouvement mais une minorité de privilégiés appartenant à l’ancienne nomenklatura communiste. À force de matraquage et de viol psychique, cette minorité ex-communiste finit par céder aux sirènes de la propagande capitaliste diffusée par radio Free Europe et par la Voix d l’Amérique. Ce phénomène de reconversion d’anciens communistes à l’anticommunisme et à l’archéo libéralisme a commencé d’abord par le mouvement de dissidence avant de toucher une grande partie des cadres des partis communistes et de la nomenklatura communiste. Ce qui explique le revirement idéologique de cette minorité, c’est sa position privilégiée par rapport aux autres couches sociales notamment par son niveau de vie moyen, son degré d’instruction et sa culture moyenne. Car il faut bien savoir, une propagande n’agit pas sur des individus incultes et sur des pauvres démunis matériellement, socialement et intellectuellement. Ceux qui sont les plus sensibles à la propagande, ce sont généralement ceux qui ont fait des études secondaires ou universitaires, ceux qui possèdent un minimum vital et qui n’ont pas beaucoup de soucis concernant leurs moyens d’existence. Autrement dit, pour que la propagande soit efficace, il faut que ceux à qui elle s’adresse aient une certaine aisance matérielle, un certain niveau d’instruction et une culture moyenne. Dans les pays occidentaux, c’est donc à cette catégorie sociale médiane, souvent appelée classe moyenne, que s’adresse la propagande et c’est parce qu’elle est la masse la plus réceptive aux thèmes et aux symboles véhiculés par les propagandistes. C’est d’ailleurs cette expérience dans la manipulation des foules et des masses en Occident qui a servi de laboratoire aux concepteurs et aux planificateurs de la guerre psychologique contre les pays socialistes en ciblant en particulier cette masse moyenne que formait la nomenklatura communiste. Les révolutions des velours qui ont eu lieu républiques soviétiques recrutaient parmi des jeunes, des étudiants et des intellectuels.

La guerre psychologique menée contre les l’Union soviétique et les pays socialistes a démarré dès 1945 lorsque les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower décidèrent de transformer les agences de propagande créées durant la Seconde Guerre mondiale en leur assignant une nouvelle mission, combattre l’Union soviétique et les démocraties populaires de l’Est et les mouvements d’émancipation dans les pays du Tiers-monde. Ainsi, des hommes et des réseaux travaillant jadis pour l’Allemagne nazie ont-ils été recrutés et enrôlés dans les nouveaux services de propagande états uniens pour fournir des études et des renseignements sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. On peut citer à titre d’exemple, l’organisation Gehlen, constituée et dirigée par Reinhold Gehlen et financée par la CIA. Gehlen qui appartenait à la Reichwehr depuis 1920, avait été nommé chef de la section d’espionnage de l’Armée allemande sur le front russe en 1942 où il obtint à quarante-trois ans le grade de général de division. Après la guerre, le général Gehlen fut fait prisonnier par les Américains et on lui confia le commandement autonome d’une armée d’espions avec un état-major choisi personnellement pour organiser l’espionnage dans la zone soviétique d’Allemagne pour le compte des Etats-Unis. Gehlen recevait 6 millions de dollars par pour financer ses opérations. Son organisation comprenait l’élite de l’ancien corps de contre-espionnage de l’armée allemande et des agents de diverses nationalités éparpillées en Europe Orientale et dans les Balkans.

Pour pouvoir retourner une partie de la nomenklatura communiste, la propagande capitaliste a mené un long travail de sape psychologique s’étalant sur une quarantaine d’années. Cette guerre psychologique a employé des techniques extrêmement sophistiquées combinant subversion, sabotage, opérations spéciales, guérilla, espionnage, pressions politiques, culturelles, économiques. Ces différentes techniques de guerre psychologique étaient adaptées et modifiées en fonction de chaque situation mais elles avaient au début des ratés. Par exemple, c’est la technique de propagande blanche ou ouverte qui a fait échouer les tentatives des réformes de Wladdyslaw Gomulka en Pologne et d’Imre Nagy en Hongrie en 1956 quand Radio free Europe et Voice of America appelaient ouvertement les populations polonaises et hongroises aux soulèvements contre les gouvernements communistes en place. C’est cette propagande ouverte qui a donné des alibis a l’Union soviétique pour envoyer ses chars à Budapest et pour écraser le soulèvement hongrois. Là où la propagande de Radio free Europe s’est démasquée comme une propagande blanche ou propagande ouverte, c’est quand Imre Nagy avait appelé le 24 octobre 1956 les populations hongroises au calme, à l’ordre et à la discipline alors que quelques jours plus tard, le 31 octobre 1956, l’expert militaire de radio free Europe proclamait « le ministère de la Défense et le ministère de l’intérieur sont encore aux mains des communistes. Ne laissez pas durer cette situation. Combattants de la Liberté. N’accrochez pas vos armes au mur. Pas un morceau de charbon, pas une goutte d’essence pour le gouvernement de Budapest tant que l’Intérieur et la Défense ne sont pas entre vos mains ».

Deuxième exemple de technique de propagande blanche. En été 1980, lors des grèves des chantiers polonais de Gdansk, alors que le gouvernement polonais cédait à toutes les revendications des ouvriers, Radio Free Europe, en langue polonaise, la BBC et Radio France internationale, devenues les porte-voix de Solidarnosc, du MKS de Gdansk du KOR de Jacek Kuron incitaient les grévistes à continuer leur mouvement de protestation en leur disant en substance « Tenez bon, continuez la grève, le monde entier est à vous ». Dès les premiers jours de grève d’août 1980, la propagande blanche capitaliste a tout fait pour pousser à un affrontement sanglant entre le pouvoir et les grévistes. Cette propagande blanche s’est révélée comme en Hongrie et en Pologne en 1956 contreproductive puisqu’elle a conduit finalement au pouvoir à l’état d’urgence décrété par le général Jarusalski en décembre 1980.

Au fil du temps, la propagande blanche trop visible et contreproductive se transforme progressivement en propagande noire ou grise plus discrètes et plus insidieuses consistant à mener des actions de sabotage à l’intérieur des frontières de l’adversaire communiste. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que la ville de Berlin grouillait d’espions américains, français, anglais qui renseignaient leurs directions opérationnelles sur des actions subversives et de sabotage à mener à l’intérieur de l’ex-RDA et dans d’autres pays du bloc de l’ancien bloc communiste. La ville de Berlin a été souvent le théâtre d’actions de sabotage et de subversion comme par exemple, le plastiquage de transformateurs d’électricité, le sabotage d’usines, la dégradation de bâtiments publics, le sabotage de ponts et de voies de communications, l’empoisonnement de 7000 vaches dans une coopérative de production de lait et de fromage est-allemande, la tentative d’empoisonnement des cigarettes, le sabotage d’une rencontre internationale pour la jeunesse à Berlin-est par l’envoi de faux billets et de fausses invitations etc. D’ailleurs les actions subversives menées contre l’ex-RDA et à Berlin-est remontent au tout début de la création de la RDA quand les Occidentaux avaient poussé en juin 1952 des émeutiers armés de pierres à ravager les bureaux du gouvernement en appelant la population berlinoise à descendre dans les rues et à réclamer la démission du gouvernement communiste. Cette action subversive des émeutiers fut sévèrement réprimée par les chars russes stationnés alors à Berlin.

Pour augmenter l’efficacité de ses actions, la guerre psychologique était amenée à connaître le terrain psychologique des groupes qu’elle cherche à influencer psychiquement. Lorsque le propagandiste ignore le terrain psychologique de l’adversaire, il obtient l’effet inverse et sa propagande maque ses buts. Pour ce faire, il a fallu étudier à fond les mythes, les symboles, les stéréotypes, les schèmes généraux de la culture des sociétés est-européennes. Ce sont les disciplines académiques qui ont été mises à contribution pour fournir des études et des travaux sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs institutions et fondations américaines ont créé des centres de recherches spécialisés dans l’étude de l’Union soviétique et des États socialistes. Par exemple, 1947, la Fondation Carnegie finança la création du Russian Research center, suivie de la fondation Ford et de la Fondation Rockefeller qui fournirent des fonds aux universités aux Etats-Unis et à l’étranger pour aider des chercheurs et pour financer des centres de recherches sur les pays de l’Est. La Fondation Rockefeller a même subventionné la création en France de la VI section de l’école pratique des hautes études devenue plus tard l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales(EHESS) produisant des travaux sur la Chine, la Russie et les pays de l’Est. Les innombrables travaux et études produits par ces institutions et centres de recherche ont permis aux stratèges de la propagande occidentale de connaître et de cerner de plus près la psychologie de l’individu ainsi que les mythes courants, les opinions et les stéréotypes des groupes à mobiliser. Aujourd’hui, des questions se posent pour savoir si le pape Jean Paul I n’a pas été empoisonné pour élire à sa place un pape polonais dont la mission était de réveiller et de réactiver le catholicisme en Pologne pour en faire un moyen de lutte contre le communisme. En tout cas, le pape Jean Paul II et l’Eglise polonaise ont joué un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement communiste en Pologne et dans d’autres pays du bloc de l’Est.

Par ailleurs, les stratèges de la guerre psychologique ont eu recours à la sociologie des conflits et des crises politiques, à l’interaction stratégique, à la dynamique de l’action collective et aux logiques de mobilisation multisectorielles. La sociologie des conflits et des crises politique a fourni aux stratèges de la guerre psychologique les armes et les technologies de mobilisation et de désectorisation de l’espace social. Les principes de la désectorisation de l’espace social et des mobilisations multisectorielles ont été mis en oeuvre lors des grèves de l’été polonais en 1980 quand les dirigeants du MKS et du KOR, aidés et conseillés par experts occidentaux de la guerre psychologique, cherchaient par des rumeurs répandues, à étendre la grève des chantiers de Gdansk à d’autres secteurs d’activités et à d’autres villes polonaises pour provoquer un soulèvement général contre le gouvernement communiste. Cette même tactique de désectorisation et de mobilisations multisectorielles a également été appliquée et mise en œuvre dans d’autres pays de l’Est après la chute du mur de Berlin et lors des révolutions des velours dans les ex-républiques soviétiques.

CONCLUSION

Pour savoir pourquoi le monde capitaliste fête aujourd’hui en grande pompe les 20 ans de la chute du mur de Berlin, il faudra revenir à la période ayant précédé la dislocation du bloc de l’Est. Dire que le monde capitaliste était en crise avant la chute du mur de Berlin est tout simplement une tautologie, car le capitalisme est inséparable de ses crises permanentes et chroniques. Personne n’est capable de dire quand le capitalisme est en crise et quand il ne l’est pas, car quand le capitalisme n’est pas en crise, des millions de chômeurs sont jetés dans les pavés. Dire, par ailleurs que la chute du mur de Berlin symbolise le triomphe définitif de la liberté sur la tyrannie communiste, c’est plutôt une bonne blague à un euro. La chute du mur de Berlin a redonné au Capital américain et européen une bouffée d’air frais en récupérant une zone de 650 000 km2, c’est-à-dire une zone correspondant aux superficies de la France, de la Suisse, de la Belgique et du Danemark. En récupérant ainsi cette zone de 650 000 km2 qui étaient jadis sous l’influence de l’union soviétique, les capitalistes ont épargné à l’Europe et au monde une guerre meurtrière et destructrice. Car il faut savoir, quand le Capital n’a plus son oxygène pour respirer, c’est-à-dire, ses marchés et ses matières premières, il devient, comme un lion affamé, un fou furieux et dangereux pour l’humanité toute entière.

En faisant main basse sur les 650 000 km2 récupérés après la chute du mur de Berlin, le capital a ouvert sur le continent européen, une zone franche de réglementation libre du travail. Grâce à ces 650 000 km2 conquis sur l’union soviétique, le Capital respire provisoirement grâce à la délocalisation de certains segments de la ligne de production et à la modification des conditions de travail. La délocalisation-segmentation peut ainsi se caractériser par une substitution de techniques favorisant l’utilisation abondante de main d’œuvre et conduisant surtout à son usure précoce. Deux avantages sont retirés de cette délocalisation: l’un se traduit en terme de coût(bas salaires), l’autre en terme de productivité(détérioration des conditions de travail). Cette stratégie de segmentation-délocalisation a pour but de compenser une baisse de la rentabilité moyenne du capital et pour surmonter cette baisse tendancielle que rencontre l’accumulation du capital, il était nécessaire de procéder à une redéfinition des conditions d’exploitation de la force de travail. La possibilité de trouver ailleurs des conditions meilleures pour exploiter la main-d’oeuvre permet d’alléger les difficultés que l’accumulation du capital rencontre. La possibilité de segmenter les lignes de production en adaptant les technologies aux conditions moyennes de production tend à homogénéiser les conditions de travail vers le bas. La possibilité d’obtenir des conditions de travail plus favorables au capital en délocalisant des segments de production constitue une menace réelle sur des salariés des pays capitalistes du centre, car la menace de délocaliser peut conduire à une détérioration des conditions de travail, à une stagnation et à une baisse des salaires réels. La chute du mur de Berlin a été un cadeau du ciel offert aux multinationales capitalistes qui sont à la recherche de zones franches où règne seulement la loi de la jungle avec des conditions de travail moyenâgeuses et une main-d’oeuvre abondante, corvéable et exploitable à volonté. Allez demander aux ouvriers roumains de chez DACIA qui gagnent un salaire mensuel de 240 s’ils croient toujours au paradis terrestre promis par la radio free Europe et la Voix de l’Amérique et s’ils vivent sous le régime de la liberté depuis la chute du mur de Berlin.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Nous vous recommandons de visiter le blog de Faouzi Elmir :

Le Bulletin de l’International

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

Read more »

oct 05 2009

Les démocratoïdies occidentales

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

manip2

Le peuple Irlandais vient d’approuver par référendum la ratification du traité de Lisbonne après l’avoir rejeté une première fois au mois de juin 2008. Le 19 octobre 2002, ces mêmes Irlandais ont voté pour la ratification du traité de Nice après l’avoir rejeté majoritairement la première fois le 7 juin 2001. Idem pour les Français qui ont rejeté le 29 mai 2005 à plus de 54% le projet de Constitution européenne avant que le traité européen de Lisbonne ne soit ratifié par le Parlement réuni en congrès dans la nuit du 7 au 8 février 2008. Idem pour le « non » hollandais qui, lui aussi, intervenu quelques jours après le « non » français », a été détourné et foulé aux pieds par le gouvernement hollandais. Embourbée en Irak, la Grande Bretagne de Tony Blair et de son successeur a préféré ne pas prendre le risque d’un échec cuisant dans un référendum sur le traité européen. Quant aux autres États de l’Union Européenne, le traité européen a été ratifié par voie parlementaire pour éviter tout risque de rejet par le vote populaire.

LA FICTION DE LA « DÉMOCRATIE DIRECTE »

La rĂ©forme des traitĂ©s et des institutions europĂ©ennes a rĂ©vĂ©lĂ© au grand jour la vraie nature et le vrai visage du dĂ©mocratisme officiel. La dĂ©mocratie est dĂ©finie comme le gouvernement du peuple par le peuple. Mais ce principe d’un gouvernement du peuple par le peuple a Ă©tĂ© mis en cause par d’Ă©minents thĂ©oriciens politiques modernes tels que Roberts Michels ou Robert Dahl. Pour Michels, si le principe d’un self gouvernement est impossible, c’est parce que « la masse se laisse facilement suggestionner par l’éloquence de puissants orateurs populaires et d’un autre cĂ´tĂ© le gouvernement direct du peuple, avec son système qui n’admet ni discussions sĂ©rieuses ni dĂ©libĂ©rations rĂ©flĂ©chies, facilitĂ© singulièrement les coups de main que pourraient tenter des hommes exceptionnellement audacieux, Ă©nergiques et habiles » (les partis politiques, Flammarion, 1971, chapitre II. p.27). Une multitude rĂ©unie en un petit espace est plus facilement dominable qu’un petit auditoire, car la masse cède plus facilement Ă  la panique aveugle et Ă  l’enthousiasme irrĂ©flĂ©chi. Outre l’ignorance et l’aveuglement de la multitude et de la masse, il y a, selon Michels, une impossibilitĂ© mĂ©canique et technique de la dĂ©mocratie directe. Pour y remĂ©dier, la dĂ©mocratie a besoin d’une organisation qui est le seul moyen susceptible de dĂ©gager une volontĂ© collective, la reprĂ©sentation et la dĂ©lĂ©gation des fonctions. L’élection de dĂ©lĂ©guĂ©s et de reprĂ©sentants aux enceintes reprĂ©sentatives signe ainsi l’acte de naissance d’un pouvoir lĂ©gislatif « pouvoir suprĂŞme » inaltĂ©rable et sacrĂ© entre les mains de ceux Ă  qui le peuple l’a confiĂ©. FondĂ© sur le consentement de la majoritĂ©, le pouvoir lĂ©gislatif s’oblige Ă  exprimer la volontĂ© populaire en votant des lois et un gouvernement sans lois serait un mystère politique inconcevable conduisant tout droit Ă  l’anarchie ou Ă  la tyrannie.

Marqué par la tradition américaine du fédéralisme, Robert Dahl plaidait pour la multiplicité des centres de décisions et d’actions. Ce modèle poly-archique fondé sur des relations de concurrence et de marchandage entre groupes aboutit à une démocratie souple et efficace. Le système poly-archique repose sur l’existence de nombreux leaders spécialisés qui constituent une élite politico- administrative dont l’efficacité est sanctionnée régulièrement par une élection considérée comme une machine à légitimer la domination d’une minorité sur la population. Le vote populaire est garantit à chaque leader une marge de manœuvre et une liberté dans les marchandages et les tractations. Robert Dahl n’a pas de peine à dévoiler derrière la façade démocratique et les élections, les agissements d’une archi minorité qui décide de tout. Dans une excellente analyse, Dahl compare les kermesses électorales et les cérémonies démocratiques aux Etats-Unis et en Europe aux rites tribaux pratiqués par les guerriers avant de s’engager dans les batailles. Les conventions, les réunions publiques, tout le cérémonial auquel nous assistons aujourd’hui avant chaque élection n’ont finalement d’autre but que de cacher l’influence des véritables leaders sur la sélection des candidats des partis. Ainsi la base participe-t-elle au rite avec un certain scepticisme mais la cérémonie est un acte nécessaire pour faire croire à l’investiture démocratique des futurs chefs et des futurs leaders.

PEUPLE, GOUVERNANTS, POUVOIR

George Burdeau établit une distinction entre démocratie gouvernée, celle des meilleurs et démocratie gouvernante, celle des plus nombreux et des plus forts(La démocratie, chapitre III). Dans une démocratie gouvernante, le peuple est tenu pour capable et majeur en assumant lui-même directement la responsabilité de son destin. Dans la démocratie gouvernante, le peuple est censé être conscient de ses propres intérêts et il est considéré comme le seul juge de la politique qu’il estime conforme à ses aspirations. Mais comme l’ont rappelé Michels et Dahl, la démocratie directe est impossible et la volonté populaire doit s’exprimer par l’intermédiaire de représentants et de délégués, c’est-à-dire la démocratie représentative. C’est donc l’assemblée des représentants qui donnera forme, consistance et autorité à la volonté populaire dont elle est issue. Mais une fois élus, les représentants du peuple ne doivent plus rien au peuple qui les a élus et ils ne peuvent plus être révoqués. C’est le principe de l’interdiction du mandat impératif.

La thèse selon laquelle la démocratie est l’émanation d’un peuple éclairé et conscient de ses intérêts et de ses aspirations ne résiste pas un seul instant à l’examen. D’abord, le peuple n’est nullement un peuple conscient de ses intérêts mais une masse d’individus conditionnée mentalement et psychiquement. Ce conditionnement psychique et mental est le résultat d’un dressage et d’un lavage de cerveau effectués par le truchement d’institutions spécialisés notamment l’institution scolaire dont la mission est de dresser, comme les écoles du cirque, les futurs troupeaux humains. Après l’école, ce sont les mass media qui se chargent d’abrutir le peuple et de rendre ignorant et aveugle le peuple. Mais un peuple ignorant et aveugle est par définition incompatible avec le principe démocratique fondé sur le sens critique des citoyens et la libre discussion dans les débats publics. On a tendance à identifier peuple et démocratie alors que ces deux termes sont fondamentalement antinomiques, car une vraie démocratie est incompatible avec un peuple ignorant, conditionné et manipulé mentalement et psychiquement et exige un peuple doté d’un sens critique pour mieux distinguer entre ses intérêts et ceux des autres.

Incompatible avec un peuple ignorant et aveugle, la démocratie l’est aussi avec les régimes des partis politiques qui confèrent aux leaders un pouvoir qui n’a rien à voir avec le principe démocratique. Les partis politiques qui gouvernent actuellement en Europe et aux Etats-Unis sont des partis politiques, bien que se référant au peuple, sont des partis liés organiquement aux intérêts du Capital et aux détenteurs de la propriété économique. Une fois au pouvoir, les représentants des partis majoritaires représentés dans les enceintes parlementaires votent des lois non pas pour exprimer la volonté du peuple et celles de ses aspirations propres mais pour mieux protéger, comme un bon père de famille, les intérêts bien compris de leurs maîtres, les grands groupes capitalistes. Ceux-ci qui contrôlent les mass media et qui détiennent tous les moyens d’intoxication font de la propagande politique pour les partis politiques chargés de défendre leurs intérêts une fois au pouvoir. Ceux qui gouvernent les démocraties occidentales, ce ne sont pas, contrairement aux idées reçues, les meilleurs, les surdoués et les plus méritants mais les plus opportunistes et les plus voraces. D’ailleurs, avez-vous rencontré un jour dans votre vie de représentants de peuple et d’hommes d’État intelligents, surdoués et créateurs? La question de la gouvernance dans les démocraties n’est pas affaire de dons innés ou de sélection naturelle des meilleurs selon le principe d’un darwinisme social. Concernant la classe politique, il n’est nullement question d’individus doués, surdoués, superdoués ou de sous-doués. Un bon quotient de voracité et un simple talent pour la navigation à vue suffisent pour siéger dans les enceintes parlementaires et pour devenir ministres et chefs d’Etat. Nous avons aujourd’hui un exemple de voracité avec le duel à distance Sarkozy-de Villepin

Comme pour voiler l’origine du Pouvoir dans les démocraties occidentales, on a souvent glosé sur les pouvoirs partagés, les pouvoirs autonomes, les pouvoirs éclatés, les pouvoirs libérés, et les pouvoirs des technocrates et des managers. Que les pouvoirs puissent être partagés, cela ne fait aucun doute, car les capitalistes et les détenteurs de la propriété économique ne peuvent pas être partout et il sont incapables de gérer eux-mêmes directement leurs intérêts. Une bonne et saine gestion du capital consiste à déléguer une partie de fonctions à des groupes, les fameuses « classes moyennes », PDG etc. et à une structure politico-juridico- administrative, maire, préfet, ministre, premier ministre, chef d’Etat. Ceux qui détiennent le pouvoir politique dans en Occident, ce sont des individus qui participent à la gestion des affaires des capitalistes. Il s’agit seulement de participation et non pas de gestion directe des affaires capitalistes. Un syndicat ouvrier n’a aucune chance de cogérer la stratégie de l’entreprise en matière de production, il peut donner son avis sur la meilleure manière de faire fructifier le capital. Un maire ne cogère pas les services municipaux avec son associé, le préfet, le ministre de l’Intérieur,il exécute simplement la part de gestion prévue et codifiée dans le droit public. La circulation latérale et horizontale des pouvoirs constitue un réseau, chaque nœud de relations intra et inter institutionnelles, à chaque niveau, a son support de responsabilité, et le titulaire, si haut placé soit-il, s’il peut exciper de sa compétence, jouer de son influence, invoquer sa légitimité, ne fait en réalité que gérer spécifiquement un sous-système codé et surcodé par le Pouvoir. Celui-ci n’est pas une pure abstraction ou une entité transcendante, il se manifeste comme effet et support et organe d’une stratégie inspirée par des impératifs financiers, miliaires et policiers. Les soi-disant pouvoirs des technocrates et des managers sont purement formels, car les technocrates et les managers sont seulement, quoi qu’ils croient ou espèrent, des techniciens de surface et des employés du service d’entretien du Capital. La techno-structure dérive du couple « productivité-emploi » exigeant une armée de techniciens, d’employés, de cadres, de fonctionnaires, appliquée à des tâches complexes, hiérarchisées, de production et de gestion. Mais, ce couple dérive à son tour de la puissante logique des forces productives vouées à l’accumulation du capital et à ses contradictions.

Notre conclusion des faits énoncés nous mène à l’idée que les termes démocratie et peuple que l’on associe souvent l’un à l’autre, sont en réalité des termes antinomiques, car il ne saurait y avoir une démocratie avec un peuple, ignorant, aveugle et manipulé psychiquement par la propagande politique. Le « oui » irlandais illustre une fois de plus la vraie nature des régimes politiques qui dominent actuellement le continent européen. S’il y avait une vraie démocratie en Europe, le projet de Constitution européenne aurait dû envoyer aux oubliettes de l’histoire avec les trois « non » français, hollandais et irlandais. Si les peuples étaient réellement le maître du jeu et la source de la démocratie, les gouvernements français, hollandais et irlandais se seraient inclinés devant la volonté populaire. Or, c’est le contraire qui s’est produit après l’élection de Sarkozy qui avait déjà prévu dès 2006, encore candidat et avec l’aide des Allemands, de passer outre le refus populaire français du traité constitutionnel en « cuisinant » un nouveau traité soit disant simplifié, le traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007. Cette usurpation de la volonté populaire exprimée lors des référendums français, hollandais et irlandais (premier vote de juin 2008) montre le caractère illusoire et fantomatique des démocraties occidentales qui prétendent donner de leçon aux autres peuples et qui essaient d’exporter leur modèle dans le monde entier, très souvent à coup de chars et de canon alors qu’elles sont elles-mêmes antidémocratiques et qu’elles n’hésitent pas à fouler aux pieds et à passer outre la volonté populaire quand le peuple a « mal » voté ou n’a voté pas dans le sens que la propagande politique lui a indiqué. Les démocraties occidentales sont donc loin d’être des vraies démocraties et c’est pourquoi nous avons employé à dessein le terme démocratoïdie pour marquer la différence avec une varie démocratie qui, elle, présuppose l’existence préalable d’un peuple non manipulé par la propagande politique. Point de démocratie sans peuple averti et doté d’un sens critique lui permettant de discerner entre ses propres intérêts et aspirations et ceux de ses oppresseurs.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Nous vous recommandons de visiter le blog de notre ami Faouzi :

Le Bulletin de l’International