Category: Moyen-Orient

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

meyssan

Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la thĂ©orie du pĂ©trole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pĂ©trole fournit aux USA, les Ă©lections prĂ©sidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



août 12 2010

Où la crise financière nous mène-t-elle ?

Selon les médias, l’épicentre de la crise financière semble passer des Etats-Unis en Europe. Chacun parle de crise grecque et de crise de l’euro. Les rapports des politiciens et journalistes reflètent une vue à terme toujours plus court. La science semble désemparée et ne donne, en aucun cas, d’orientation convaincante. Sur les marchés financiers, les opérateurs réagissent plutôt qu’ils n’agissent. Ils sont guidés par des forces et des évolutions qu’ils ne peuvent ni prévoir, ni discerner, ni comprendre. Les résultats correspondent à cette situation.

euro

1. Genèse de la crise financière

Si l’on veut évaluer une situation extraordinaire et y mettre fin, il faut définir auparavant sa cause avec précision.

Ce qui se présente à nos yeux comme crise financière est l’éclatement partiel d’une bulle financière qui s’est formée pendant des décennies et la fin d’une prospérité monétaire apparente, avec toutes les fautes qui en résultent.

Depuis que le Système de réserve fédérale (la FED) a perdu, en 1971, l’étalon de change-or, la garantie de l’Etat et tous les engagements relatifs à la masse monétaire qui leur sont liés, ses propriétaires privés ont vu la masse monétaire se multiplier par quarante en 30 ans seulement – alors que la croissance des biens n’était que de quatre fois. La FED a donc inondé les Etats-Unis et le monde de dollars de plus en plus nombreux et dépourvus de valeur, qui ont abouti au lancement de produits financiers toujours plus volumineux et charlatanesques et qui ont été achetés et traités comme des valeurs apparemment sûres par les banques du monde entier, en raison de l’attribution d’attestations supérieures de solvabilité par les mêmes institutions. Ainsi, les groupes financiers dominants ont pu, grâce à des fonds constamment renouvelés, acheter des matières premières et des capacités industrielles dans le monde entier, réaliser des bénéfices toujours plus élevés, financer les guerres onéreuses et les déficits commerciaux toujours plus grands des Etats-Unis par des dollars venant d’être imprimés, les banques centrales et les banques privées du monde entier ont pu accumuler des quantités toujours plus volumineuses de dollars dépourvus de valeur et mettre la masse monétaire ­mondiale croissante en extase et provoquer prétendument un bien-être croissant.

Dans cette prospérité apparente, tous les Etats ont majoré leurs droits et pu répartir des prestations sociales toujours plus élevées. La masse monétaire croissante a masqué l’endettement toujours plus élevé de l’Etat et du secteur privé.

La bulle financière mondiale qui en a résulté ne pouvait pas gonfler indéfiniment et devait enfin être corrigée ou éclater. Il vient un moment où tout échange d’effets sans fondement matériel arrive à sa fin.

2. Evolution de la crise financière

La bulle financière a tout d’abord éclaté sur le marché immobilier des Etats-Unis, quand les prix des maisons ont commencé à baisser et que le service de la dette de crédits hypothécaires atteignant jusqu’à 120% du prix d’achat n’a plus pu être assuré. Lorsque la grande banque américaine Lehman Brothers s’est effondrée, les lois du marché auraient dû faire se dégonfler la bulle financière. Si l’Etat n’était pas alors intervenu, elles auraient fait en sorte

• que les produits financiers pourris soient considérés comme tels et dévalorisés,

• que les établissements financiers émetteurs ou détenteurs de produits financiers pourris subissent de lourdes pertes ou doivent déposer leur bilan,

• mais que de nombreux investisseurs privés en produits financiers «toxiques» réalisent aussi de lourdes pertes

• et qu’un tel dégonflement de la bulle financière la ramenant à la réalité provoque également la résiliation de crédits et un ­manque de liquidités dans l’économie réelle.

Le krach que nous avions prévu il y a déjà huit ans et même décrit dans un livre («Was passiert, wenn der Crash kommt?» Que se passera-t-il quand le krach éclatera?) a frappé de plein fouet un secteur financier surchauffé, mais aussi les finances publiques.

Dans cette situation, le ministre des fi­nances des Etats-Unis, Paulson (auparavant un des principaux auteurs de la bulle financière en tant que président de Goldman Sachs) a voulu éviter que ses collègues banqsters ne subissent des pertes, en constituant le plus grand paquet d’aide de l’Etat que les Etats-Unis aient jamais connu. Ce faisant, il a socialisé les pertes des banques spéculatrices et des autres spéculateurs et les a fait endosser par le contribuable. Mais il y a pire: Il a fait une tâche de l’Etat et du contribuable d’une correction nécessaire d’économie privée qui incombe à l’économie de marché. Il a imposé la même action dans tous les secteurs dominés par les Etats-Unis. En Europe, les satellites ont dû aussi assumer les plus grandes responsabilités de leur histoire pour appuyer les banques internationales prédatrices aux dépens de leurs contribuables. On est ainsi passé d’une crise financière privée mondiale à une crise des finances publiques.

3. Situation de crise

La reprise sans vergogne de dettes ban­caires par l’Etat a fait vaciller la confiance dans le dollar surtout. Les plus grands créanciers en dollars – les Chinois – ont dû être amadoués par une grande délégation gouvernementale des Etats-Unis et recevoir des garanties en argent pour éviter qu’ils n’inondent le marché de dollars dépourvus de valeur. Les Etats-Unis et leur haute finance ont dû lutter surtout contre le fléchissement de la confiance dans le dollar, car ils ont besoin quotidiennement de plus d’un milliard de dollars d’afflux de fonds de l’étranger pour continuer à financer leurs paiements de guerre et d’importations. Quand la Russie et d’autres pays ont commencé à refuser les dollars pourris et que d’autres créanciers privés en dollars ont échangé ceux-ci contre des monnaies plus solides – notamment des euros –, la haute finance et l’administration des Etats-Unis ont sonné l’alarme, le pays étant menacé de problèmes en matière de paiements.

Dans cette situation, l’euro aussi s’est affaibli soudainement – était-ce une manœuvre libératrice? –, parce que les agences de notation américaines ont rétrogradé la Grèce et fait un problème de ce pays conseillé et crédité, dans ses tromperies en matière d’euro, par la banque américaine peu reluisante qu’est Goldman Sachs.

Selon les lois du marché, la Grèce aurait dû alors déposer son bilan. Ce qui aurait surtout entraîné une perte de quelque 300 milliards dans les banques du groupe dominant de la haute finance.

Il n’est donc pas étonnant que la haute finance américaine ait exigé une deuxième fois que la responsabilité soit assumée par le contribuable et que la Commission de l’UE ait saisi cette chance unique d’étendre ses prérogatives, de s’emparer, sous prétexte d’aide solidaire, du dernier et plus important droit souverain des Etats membres européens, à savoir le droit de dresser leur budget. Ces deux groupes de pression ont, de concert, fait chanter la Chancelière fédérale d’Allemagne et même le président de ce pays. De cette façon, non seulement la crise financière des banques, à l’origine privée, a été socialisée par la garantie de l’Etat, mais aussi la crise financière d’un Etat membre a été socialisée, dans le cadre d’une responsabilité solidaire européenne, devenant le problème de tous les autres Etats membres, transformés en union de transferts. La situation se caractérise par le fait que non seulement les banques internationales spéculatrices restent vacillantes, parce qu’elles n’ont pas encore pu amortir la moitié de leurs produits toxiques, et que les marchés financiers demeurent submergés de produits douteux et qu’ils n’ont donc pas encore corrigé suffisamment la bulle financière, mais que la crise financière privée n’est plus limitée à un pays et s’est étendue à tous les Etats d’Europe par la reprise de responsabilités. Par conséquent, non seulement le marché financier privé doit encore être corrigé, mais aussi les finances publiques des Etats-Unis et de toute l’Europe doivent être adaptées.

4. Conséquences de la crise

Comme incontestablement l’accroissement débridé des masses monétaires américaines a provoqué le déferlement de dollars et leur dévalorisation, ainsi qu’une augmentation malsaine des masses monétaires du monde occidental, le rapport entre la masse monétaire et la masse de biens doit être corrigé dans l’ensemble du monde occidental, le secteur financier privé tout comme le secteur financier public doivent être assainis, les crédits et produits financiers peu solides du secteur privé gelés et l’endettement excessif du secteur public doit être réduit.

5. Alternatives théoriques de solutions

Théoriquement, on discerne des alternatives d’économie de marché et d’économie d’administration:

• Solutions d’économie de marché

Si les banques sont endettées excessivement ou qu’elles détiennent des papiers peu solides ou pourris, elles devraient être dévalorisées, certains de leurs comptes débités, le cas échéant leur bilan déposé selon les lois du marché. Dans ces cas, le dommage frappe surtout les propriétaires des banques, mais aussi leurs créanciers.

C’est pourquoi, lors de la crise ban­caire, les grandes banques internationales ne peuvent pas être traitées d’après les règles de l’économie de marché: Les propriétaires (haute finance) ne voulaient pas assumer les pertes, mais ils avaient une telle force politique, grâce aux gouvernements à leur main, qu’ils étaient en mesure d’imposer une solution non à leur charge, mais aux dépens de tiers.

Cependant, l’assainissement des banques internationales spéculatrices n’est pas terminé. Nous devons encore éliminer à peu près la moitié de leurs produits toxiques ou les parquer dans ce que l’on appelle les bad banks, de sorte que celles-ci devraient encore amortir des montants considérables, donc réaliser des pertes durant la prochaine décennie, selon les lois du marché.

Lorsque les Etats sont endettés excessivement et qu’ils ne peuvent plus recevoir de crédits, les lois du marché les obligent à se déclarer en faillite. L’Etat ne remboursera plus alors ses crédits, mais les gèlera à long terme ou forcera les créanciers à renoncer à une grande partie de leurs crédits, si bien que le solde de la dette et les intérêts restreints assureront à l’Etat une certaine liquidité. Les créanciers essuient toujours une perte lors d’une faillite de l’Etat. Telle est exactement la raison pour la­quelle la Grèce ne devait pas faire faillite. En effet, les créanciers étaient les mêmes ­banques internationales spéculatrices, en particulier Goldman Sachs, qui, lors de la première crise bancaire privée, avaient déjà pu répercuter leurs pertes sur le contri­buable. Durant la crise grecque également, ces banques ont mis à contribution leurs relations politiques. Pour ne pas devoir assumer les pertes en tant que banques créancières, elles ont invité les gouvernements européens à sauver la Grèce prétendument par solidarité européenne, mais en réalité afin de sauver les banques et d’essuyer leurs pertes. Merkel s’est défendue de manière désespérée, mais a dû faire face aux pressions du Politbureau de Bruxelles et a baissé les armes après un appel du président des Etats-Unis. Le président de la République fédérale d’Allemagne a été forcé de signer l’approbation du paquet de dettes après quelques heures d’examen. Visiblement honteux, il a démissionné.

• Solutions d’économie d’administration

Si le secteur privé ne doit pas perdre son sang et que ce sacrifice incombe donc au secteur public, il faut combattre la crise par l’économie d’administration. Lors de la première crise bancaire, l’intervention des Etats a empêché un krach à court terme, la réflexion selon laquelle des garanties de l’Etat étendent à long terme les corrections nécessaires d’économie de marché, permettant de gagner du temps, s’est révélée pertinente. Ainsi, en quelque deux ans, à peu près la moitié des produits financiers pourris a été détruite par des amortissements privés et publics, la force correc­trice du marché se montrant hésitante, mais exerçant ses effets.

On peut se demander s’il est responsable et rentable à long terme de sauver avec les deniers publics des banques internationales, telle la HRE (Hypo Real ­Estate Bank) pour épargner la perte totale aux propriétaires – la haute finance américaine – et gagner du temps pour la restructuration. La réponse définitive dépend du cours ultérieur de la seconde phase de la crise.

Toutefois, si les Etats ont essuyé les ­pertes des banques privées et/ou se sont endettés trop fortement, ils ne peuvent plus éviter leur propre assainissement. S’il n’y a pas de solution correspondant aux règles de l’économie de marché (faillite de l’Etat), la solution se basera sur l’économie d’administration. Théoriquement, il n’y a, là aussi, que deux possibilités:

La réduction des dettes de l’Etat par un assainissement budgétaire qui prendra la forme d’une augmentation des recettes et/ou d’une diminution des dépenses.

Théoriquement, il ne peut y avoir beaucoup de postes supplémentaires de recettes, car la plupart des Etats imposent déjà à leurs contribuables des charges à la limite de la tolé­rance. Cependant, il y a de nombreux postes de dépenses dans lesquels on pourrait théoriquement épargner. Par exemple, on pourrait diminuer les tâches de l’Etat en congédiant les dizaines de milliers de «chargés de» et leurs autorités; on pourrait tirer profit du fait de biffer des subventions comme celles accordées aux mines. En période de crise, les Etats ont toujours réduit les salaires du secteur public. Ceci serait également une possibilité d’assainissement. En Grèce, il a fallu même réduire de moitié l’effectif des serviteurs de l’Etat, parce que le gouvernement actuel les avait engagés sans tâche, sans poste de travail et sans objectif. On pourrait restreindre surtout les prestations sociales. Pourquoi devons-nous, contrairement aux autres démocraties, attribuer immédiatement à ­chaque immigré au chômage des prestations sociales? Et pourquoi payons-nous de telles prestations pendant toute la vie de l’intér­essé, voire à plusieurs générations? Songeant à l’après-guerre, où nous nous sommes rétablis grâce à notre épargne, nous disposerions de cette possibi­lité, théorique aujourd’hui. A vrai dire, on peut se demander si elle est réalisable socialement et politiquement.

L’éventualité d’un assainissement par les économies n’est pas sans conséquences. Si, par exemple, la Grèce voulait résoudre le problème de son énorme endettement uniquement par un plan de rigueur, le pays sombrerait dans la pire crise conjoncturelle de son histoire, cette dépression affecterait en outre ses partenaires commerciaux; et avant tout, en raison de l’importance des dettes, elle durerait plus d’une décennie, perspective qui paraît irréelle. Et si même plusieurs pays voulaient sortir de leur endettement en recourant aux économies, cela entraînerait en Europe, par exemple, une récession à long terme voire une dépression qui s’étendrait aux autres pays. Cela signifierait que d’importantes couches de la population s’appauvriraient et que la misère pourrait provoquer une ­guerre ­civile à laquelle aucun gouvernement démocratique ne pourrait résister. Tout ministre d’un gouvernement démocratique qui fait des économies doit démissionner. Il en a toujours été ainsi, si bien que les gouvernements démocratiques n’essaient même plus de pratiquer cette politique. Le ministre grec des finances a déjà fait savoir qu’il ne tiendrait pas ses promesses et qu’il ne prendrait pas de nouvelles mesures de rigueur.

La dernière solution de politique financière, entre une augmentation considérable de la masse monétaire et une réduction de la production de biens, consiste dans la dévaluation, donc dans l’inflation ou la réforme monétaire.

L’inflation a le grand avantage de se pro­duire insidieusement et de venir au secours de certains groupes de décideurs, avant tout de l’Etat, en augmentant les recettes fiscales et en dépréciant les anciennes dettes. Elle profite également aux entreprises en leur permettant d’imposer une hausse des prix. Les salariés et les ­retraités ne se rendent compte qu’après coup qu’ils y perdent.

Cependant la problématique de l’inflation consiste en ce que, dans les pays excessivement endettés, elle n’est efficace qu’à moyen terme et non pas à court terme. Il faut une inflation à deux chiffres pour alléger les dettes des Etats-Unis ou des pays méditerranéens: 3, 4 ou 5% sont insuffisants. Mais cela a pour effet de perturber, voire de détruire le ­système des taux de change. Au plan international, l’inflation entraîne une modification des flux de marchandises et des monnaies. Si l’inflation aug­mente, elle devient souvent impos­sible à maîtriser et débouche toujours sur une ré­forme monétaire. Elle ne permet donc pas un assainissement durable, ce qu’elle devrait faire si l’on voulait résoudre le problème de la dette.

Seule une réforme monétaire réduirait la dette publique à brève échéance et de ­manière durable. C’est pourquoi, après des guerres ou une mauvaise gestion économique, on a dans la plupart des cas essayé de remédier à un endettement public par une réforme monétaire. L’histoire en connaît plus d’une centaine.

Une réforme monétaire présenterait l’avantage théorique d’avoir un effet immédiat, que les perdants comme les gagnants auraient prise sur elle et qu’elle éviterait la récession ou la dépression parce que l’économie repartirait tout de suite après la dévaluation. C’est avant tout le dernier moyen théorique d’assainir les finances en cas de dette publique importante quand tous les autres moyens soit ont échoué soit sont impossibles politiquement.

Autres solutions pratiques

Comme dans le monde et aussi chez nous l’économie réelle fonctionne encore assez bien, qu’elle n’est guère touchée par la crise, les solutions concrètes doivent se concentrer uniquement sur les finances publiques et privées. Ces deux domaines sont gonflés artificiellement par la création de monnaie américaine. Dans les deux domaines, la bulle monétaire doit être corrigée, la masse monétaire et le volume des marchandises doivent être équilibrés. A cet effet, les solutions pratiques sont les suivantes:

Le principal responsable de l’explosion de la masse monétaire est le système de Réserve fédérale, qui montre qu’une banque centrale privée ayant le droit d’émettre de la monnaie est trop exposée aux abus pour maintenir constante la valeur de la monnaie. La FED doit par conséquent être nationalisée, devenir un organisme neutre consacré uniquement au maintien du pouvoir d’achat de la monnaie, comme le fut pendant des décennies de manière exemplaire la Banque fédérale d’Allemagne.

A vrai dire, la Banque centrale europé­enne devrait également se consacrer à cette mission dans la stabilité et l’indépendance politique. Or actuellement, son indépendance est menacée sous la pression des Etats-Unis et de la French Connection (Trichet/Sarkozy) qui cherche à soumettre les décisions ban­caires à sa politique et a mis fin à cette indépendance à l’occasion de la crise grecque grâce à des prêts de 750 milliards d’euros et le rachat d’emprunts grecs sans valeur (40 milliards d’euros). A vrai dire, l’Europe tout entière devrait protester vivement contre cette évolution funeste.

Les Etats-Unis et l’Europe ont choisi des moyens différents pour résoudre la crise de la dette publique: les premiers continuent d’augmenter de manière effrénée la masse monétaire alors que la seconde cherche à assainir les budgets publics par des plans de rigueur. Mais le ministre américain des finances, furieux, a exigé de Wolfgang ­Schäuble que l’UE mette fin à ses mesures d’économies. Selon lui, l’UE doit augmenter la masse monétaire, c’est-à-dire recourir à l’inflation, afin que l’euro ne soit pas plus stable que le dollar. Il sera intéressant de voir si les Européens vont une nouvelle fois obéir à l’Amérique ou oser suivre leur propre voie, la meilleure.

Cependant on ne sait pas au juste jusqu’où l’on peut aller avec les plans de rigueur. Jusqu’ici tous les gouvernements démocratiques qui voulaient prendre de sérieuses mesures d’économie n’ont pas été réélus. Le ministre grec des finances lui aussi a annoncé, après les protestations de la population, la fin du programme d’économies. La seule bonne solution, qui consiste à réduire le déficit public en diminuant la masse moné­taire est donc possible uniquement en théorie, mais pratiquement impossible à imposer politiquement.

Si l’inflation se produisait maintenant déjà, les intérêts devraient augmenter fortement et étrangleraient de nombreux budgets publics. Nous devons donc nous attendre à ce que pour l’instant les banques centrales créent de l’argent bon marché prêté à bas taux pour permettre le financement des budgets publics.

Mais argent bon marché signifie d’avan­tage d’argent et davantage d’argent, c’est toujours l’inflation. Nous devons nous attendre à de l’inflation prochainement aux Etats-Unis et un peu plus tard en Europe. Les Américains (Stieglitz) recommandent cette solution depuis longtemps parce que les Etats-Unis sont sortis deux fois, après les deux guerres mondiales, de la crise de l’endettement grâce à l’inflation. En revanche, en Europe, nous redoutons l’inflation à cause de ses effets redistributifs (transformation des valeurs monétaires en biens réels) et parce qu’en s’accentuant, elle bascule trop facilement dans la réforme monétaire. Cependant, sous la pression des Etats-Unis et à la suite de la mau­vaise politique de gonflement de la masse monétaire de la Banque centrale europé­enne, nous devons nous attendre en Europe également à une inflation grandissante.

Tous les politiques sont d’accord sur le fait que nos gouvernements et Etats ont été vic­times du chantage de l’industrie financière, en particulier de celle des Etats-Unis. On se rend compte combien Brzezinski a raison quand il indique que le gouvernement américain est régenté par la haute finance et qu’il doit imposer ses instructions aux pays vassaux. Le développement de l’industrie financière a entraîné un renversement des rapports de force traditionnels: Ce n’est plus la poli­tique qui domine l’économie mais l’industrie finan­cière et les grands groupes qui dominent la politique. Cette dernière doit à nouveau fixer des règles à l’industrie financière, reprendre le contrôle et empêcher les excès de la fi­nance.

Presque tout le monde est d’accord là-dessus mais les Américains et les Européens surtout débattent des moyens à mettre en œuvre. Notre ministre des finances veut instaurer une taxe sur les transactions financières pour disposer en tout temps d’un fonds permettant de refinancer les établissements en difficultés. Le ministre de l’économie Brüderle s’oppose à juste titre au plan du ministre des fi­nances car il grèverait à nouveau le budget des consommateurs (à l’instar de la TVA) et entraînerait une délocalisation des opérations financières si tous les pays important du monde n’adoptaient pas la même mesure. Tant que le gouvernement américain piloté par l’industrie financière ne collaborera pas, cette solution restera inapplicable.

Toutefois l’Allemagne a interdit à juste titre le négoce des produits dérivés et des opérations à découvert. Mais cette mesure également est torpillée par la finance américaine parce qu’elle empêche le gouvernement de prononcer une telle interdiction.

Finalement, il a été proposé que les ­banques augmentent leurs fonds propres et cotisent à un fonds qui puisse, au lieu de l’Etat, leur venir en aide en cas de difficultés. Le gouvernement américain a introduit une mesure semblable. Mais elle ne déploiera ses effets qu’à long terme.

Les experts financiers proposent qu’à l’avenir, les problèmes de surendettement et de liquidités des banques aboutissent à des dépôts de bilan ou à des reprises par l’Etat afin que, comme lors de la première crise bancaire, les actionnaires ne s’en tirent pas sans dommages au lieu d’être les premiers à les supporter. Mais on peut douter que cette mesure judicieuse puisse s’imposer contre la suprématie mondiale de la haute finance américaine. Lors de la première crise déjà, d’anciens membres de cette haute finance (le ministre des finances Paulson) ont épargné les actionnaires en reportant les pertes sur les contribuables. On a eu recours à la même astuce avec l’aide accordée à la Grèce.

Il existe donc de nombreux moyens pra­tiques de résoudre l’actuelle crise des fi­nances publiques et privées mais malheureusement elles ne sont pas toutes applicables poli­tiquement ou contre le pouvoir de la haute finance, si bien que les solutions praticables sont peu nombreuses.

Comment la crise va-t-elle évoluer?

Jusqu’ici, les propositions de solutions visant à résoudre les problèmes n’ont pas eu de succès. Plus de la moitié des produits financiers pourris et les dettes publiques, en particulier aux Etats-Unis, doivent encore trouver une solution. Nous devons donc nous attendre à une seconde phase de la crise «(double dip)». Le dollar a besoin d’une nouvelle correction drastique. La confiance dans le billet vert a été ébranlée à la suite de la très mauvaise gestion de la crise par la FED et par les grandes banques américaines. Actuellement, le dollar n’est plus accepté que parce que les Américains ont provoqué une crise de l’euro et ont également ébranlé la confiance dans cette monnaie. Cette manœuvre de diversion ne va pas être longtemps efficace. Les Etats-Unis sont non seulement surendettés mais menacés d’insolvabilité. Toutefois, leurs guerres et les engagements qu’ils ont contractés pour leurs importations nécessitent plus de 360 milliards de dollars sous forme de devises ou d’argent de la FED pour maintenir leur solvabilité. A défaut, la faillite et une réforme monétaire seront inévitables.

Toutefois, les Etats-Unis ont pu deux fois déjà utiliser une grave crise pour faire repartir l’économie en participant à des guerres mondiales, en vendant du matériel de guerre et en tirant profit du butin de guerre (or allemand, brevets allemands et coût de l’occupation). Cela pourrait les inciter à recourir aux mêmes moyens maintenant. Après tout, les préparatifs de guerre contre l’Iran sont terminés; il ne manque plus qu’un second 11-Septembre.

L’inévitable réforme monétaire aux Etats-Unis pourrait être quelque peu retardée par la guerre, mais après, elle devrait être plus profonde.

En Europe, nous avons résisté sans trop de mal, quoique au prix fort, à la première crise bancaire et nous aurions été sur la voie du rétablissement si la crise grecque n’avait pas incité pour la seconde fois les politiques à mettre les dettes bancaires sur le dos des contribuables et à assumer une responsabilité réciproque pour les pays malades de l’UE (union de transfert). Ces mesures financières tout à fait irresponsables ont été prises ces derniers mois. Nous avons repoussé à plus tard et pris à notre compte la faillite d’un pays mais nous avons provoqué ainsi dans d’autres pays un endettement tel qu’il ne pourra probablement pas être résorbé par les économies ou l’inflation.

On se rend compte maintenant que la prétendue «solidarité européenne» est utilisée par les paresseux, ceux qui manquent de sérieux ou les criminels pour exploiter ceux qui sont assidus, sérieux et honnêtes. Cela pourrait entraîner l’éclatement partiel ou total de la zone euro, voire peut-être de l’Union européenne.

Laisser la Grèce se déclarer insolvable (faillite d’Etat), aurait été la solution la plus simple, la plus sérieuse et la moins coû­teuse. L’agitation fébrile de nos politiques n’a pas résolu le problème, il n’a fait que reporter sur les contribuables les dommages causés par les banques, en tout cas pour les Allemands. Ces deux prochaines années, nous aurons en Europe de graves problèmes financiers, peut-être en même temps que les Etats-Unis ou après eux et peut-être une réforme de l’euro.

Mais il se peut qu’une opération brève et douloureuse comme une réforme monétaire nous épargne une récession ou même une dépression.

Eberhard Hamer

Traduit par Horizons et Débats

juin 28 2010

Bruits de bottes Ă  la frontière nord de l’Iran

Depuis la traversĂ©e du Canal de Suez par une armada de navires de guerre, il semble indĂ©niable que l’on assiste Ă  un renforcement des dispositifs militaires amĂ©ricains et israĂ©liens autour de l’Iran, ce qui pourrait indiquer la prĂ©paration d’une opĂ©ration contre les infrastructures nuclĂ©aires du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran.

pasdaran

Selon l’agence officielle iranienne Fars, des hĂ©licoptères israĂ©liens auraient, les 18 et 19 juin dernier, « dĂ©chargĂ© des Ă©quipements destinĂ©s Ă  attaquer un Etat musulman l’aĂ©roport de Tabuk en Arabie Saoudite », ce qui confirme l’information du Sunday Times que nous avons mentionnĂ© dans notre article du 20 juin dernier, qui rapportait que l’Arabie Saoudite aurait acceptĂ© d’ouvrir son espace aĂ©rien aux appareils israĂ©liens en vue d’une frappe possible contre l’Iran.

Autre fait intéressant, le brigadier-général Medhi Moini, chef du corps des Pasdaran (Corps des Gardiens de la révolution islamique) dans la province iranienne d’Azerbaïdjan, a fait officiellement savoir, le 22 juin dernier, qu’il mobilisait ses troupes dans la région « en raison de la présence de forces américaines et israéliennes le long des frontières occidentales de l’Iran ».

De longs convois de chars, de matériel d’artillerie, de batteries de DCA et d’unités d’infanterie ont été aperçus sur les routes qui mènent vers la frontière de l’Iran avec l’Azerbaïdjan. Ces forces militaires auraient même été déclarées « en état de guerre »

nordiran

Le brigadier-général Medhi Moin a également ajouté « que certains pays européens compliquaient la situation en fomentant des troubles ethniques dans ces régions de la frontière nord de l’Iran afin de déstabiliser toute la région ».

D’autres sources de renseignement indiquent qu’Israël a récemment envoyé un grand nombre de chasseurs-bombardiers vers des bases en Azerbaïdjan, via la Géorgie, pour épauler des forces américaines déjà stationnées dans ce pays d’Asie centrale.

Pour le moment, les autorités azéries n’ont pas réagi à ces informations en provenance d’Iran, ni à la concentration de forces israéliennes sur son territoire.

L’État hĂ©breu entretient une collaboration Ă©conomique et militaire Ă©troite avec la GĂ©orgie, alliĂ©e stratĂ©gique et Ă©conomique de l’ArmĂ©nie, et une entente cordiale avec l’AzerbaĂŻdjan, bien que ces deux États se trouvent en situation quasi conflictuelle permanente.

Ces informations, qui doivent encore confirmĂ©es, peuvent laisser penser que l’AzerbaĂŻdjan remplacerait la Turquie voisine, qui a fermĂ© son espace aĂ©rien aux avions militaires israĂ©liens depuis le 31 mai dernier, comme l’une des bases de lancement d’une offensive militaire contre l’Iran.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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Reproduction autorisée avec indication des sources

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juin 12 2010

Le blocus de Gaza n’est pas une question de sĂ©curitĂ©

Alors qu’IsraĂ«l vient d’ordonner mercredi un lĂ©ger assouplissement du blocus de la bande de Gaza, McClatchy a obtenu un document gouvernemental israĂ©lien qui prĂ©sente le blocus non comme une mesure de sĂ©curitĂ© mais comme une « guerre Ă©conomique » contre l’organisation islamiste Hamas qui dirige ce territoire palestinien.

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IsraĂ«l a imposĂ© de sĂ©vères restrictions Ă  Gaza en juin 2007, après que la victoire Ă©lectorale du Hamas et sa prise de contrĂ´le de l’enclave cĂ´tière l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, et le gouvernement a longtemps affirmĂ© que l’objectif du blocus Ă©tait de stopper le flux d’armes et de combattants vers Gaza.

La semaine dernière, après que des commandos IsraĂ©liens ont tuĂ© neuf volontaires d’une flottille humanitaire pour Gaza organisĂ©e par des Turcs, IsraĂ«l a encore affirmĂ© que son but Ă©tait de stopper l’arrivĂ©e dans Gaza d’armes pour les terroristes.

Cependant, en rĂ©ponse Ă  une action en justice menĂ©e par Gisha, une association israĂ©lienne pour les droits de l’homme, le gouvernement israĂ©lien a expliquĂ© que le blocus Ă©tait un exercice du droit Ă  la guerre Ă©conomique.

« Un Etat a le droit de dĂ©cider de ne pas avoir de relations Ă©conomiques ou de ne pas apporter d’assistance Ă©conomique Ă  l’autre partie au conflit, ou de vouloir agir en recourant Ă  la ‘guerre Ă©conomique’ » affirme le gouvernement.

McClatchy s’est procurĂ© la dĂ©claration Ă©crite du gouvernement auprès de Gisha, le Centre Juridique pour la LibertĂ© de Circulation qui a dĂ©fĂ©rĂ© au tribunal le gouvernement pour obtenir des informations sur le blocus. La haute cour israĂ©lienne a donnĂ© suite et le gouvernement a fourni sa dĂ©claration en dĂ©but d’annĂ©e.

Sari Bashi, directrice de Gisha, considère que ces documents prouvent qu’IsraĂ«l n’impose pas son blocus pour les raisons qu’il affirme publiquement mais plutĂ´t en tant que punition collective pour la population palestinienne de Gaza. Gisha s’intĂ©resse aux droits des Palestiniens (un porte parole du DĂ©partement d’Etat, qui n’Ă©tait pas autorisĂ© Ă  s’exprimer officiellement, a dĂ©clarĂ© n’avoir pas connaissance des documents en question).

Le gouvernement israĂ©lien a franchi une nouvelle Ă©tape mercredi et affirmĂ© que la guerre Ă©conomique visait Ă  atteindre un objectif politique. Un porte parole du gouvernement, dont nous ne pouvons pas donner le nom pour des raisons politiques, a dĂ©clarĂ© Ă  McClatchy que les autoritĂ©s vont continuer Ă  allĂ©ger le blocus mais «ne lèveront pas complètement l’embargo tant que le Hamas gardera le contrĂ´le de Gaza.»

Le prĂ©sident Barack Obama, après avoir reçu Mahmoud Abbas, le chef de l’AutoritĂ© palestinienne, a dĂ©clarĂ© que la situation Ă  Gaza est « intenable. » Il a promis un complĂ©ment de 400 millions de dollars d’aides pour le logement, la construction d’Ă©coles et de routes pour amĂ©liorer la vie quotidienne des Palestiniens – dont au moins 30 millions de dollars affectĂ©s Ă  Gaza.

Le blocus de Gaza par les IsraĂ©liens comprend une liste complexe et changeant constamment des biens qui sont autorisĂ©s Ă  entrer dans Gaza. Des produits comme le ciment ou le mĂ©tal sont interdits parce qu’ils peuvent ĂŞtre utilisĂ©s Ă  des fins militaires, disent les officiels IsraĂ©liens.

Selon des chiffres publiĂ©s par Gisha en coordination avec l’ONU, IsraĂ«l permet l’entrĂ©e de 25 % des biens qu’elle autorisait Ă  entrer Ă  Gaza avant sa prise de contrĂ´le par le Hamas. Pendant les annĂ©es qui ont prĂ©cĂ©dĂ© le blocus,

Israël a autorisé en moyenne 14 000 camions de marchandises par mois à se rendre à Gaza. Israël autorise maintenant approximativement 2 500 camions par mois.

Les chiffres montrent qu’IsraĂ«l a aussi limitĂ© les marchandises Ă  entrer Ă  Gaza Ă  40 types d’articles, tandis qu’avant juin 2007, ce sont environ 4 000 types d’articles qui entraient Ă  Gaza.

Israël a légèrement allongé la liste ce mercredi pour y a ajouter les sodas, les jus de fruits, les épices, la crème à raser, les chips et les bonbons, indique Raed Fattouh, le responsable Palestinien chargé de la liaison, qui coordonne avec Israël le flux des marchandises destinées à Gaza.

«Je pense qu’IsraĂ«l veut dĂ©samorcer les pressions internationales,» dĂ©clare Fattouh. « Ils veulent montrer aux gens qu’ils autorisent des choses Ă  entrer Ă  Gaza.»

C’est la première mesure tangible prise par IsraĂ«l suite aux critiques internationales sans prĂ©cĂ©dent qu’elle a essuyĂ©es au sujet du blocus après le raid israĂ©lien en haute mer de la semaine dernière.

Alors mĂŞme que s’Ă©levaient des appels pour une enquĂŞte sur la manière par laquelle IsraĂ«l a interceptĂ© la flottille, les dirigeants mondiaux ont aussi appelĂ© IsraĂ«l Ă  lever son blocus de Gaza.

Lors de sa rencontre avec Abbas, Obama a dĂ©clarĂ© que le Conseil de SĂ©curitĂ© avait appelĂ© Ă  une « enquĂŞte crĂ©dible et transparente conforme aux normes internationales. » Il a ajoutĂ© : « Et nous pensons ce que nous avons dit. C’est ce que nous attendons.»

Il a aussi appelĂ© Ă  un allègement du blocus par IsraĂ«l. « Il nous semble qu’il devrait y avoir des moyens pour qu’il se limite strictement aux cargaisons d’armes plutĂ´t que d’interdire pratiquement tout puis d’autoriser, au coup par coup, des choses Ă  entrer Ă  Gaza, » a-t-il dĂ©clarĂ© Ă  la presse.

L’Egypte, qui contrĂ´le la plus grande partie de la frontière sud de Gaza, a rouvert le point de passage de Rafah cette semaine en rĂ©ponse aux pressions internationales pour la levĂ©e du blocus.

L’Egypte a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme le partenaire d’IsraĂ«l dans l’application du blocus, mais le ministre Egyptien des affaires Ă©trangères, Hossam Zaki, a dĂ©clarĂ© que le passage de Rafah restera ouvert indĂ©finiment pour les habitants de Gaza munis de permis spĂ©ciaux. Par le passĂ©, la frontière a Ă©tĂ© ouverte sporadiquement.

Maxwell Gaylard, le coordonnateur de l’ONU pour l’action humanitaire dans les territoires palestiniens, a dĂ©clarĂ© que la communautĂ© international veut un « changement rapide et fondamental » dans la politique israĂ©lienne concernant Gaza plutĂ´t qu’une approche au coup par coup.

« Un modeste allongement de la liste restrictive des biens autorisĂ©s Ă  Gaza est bien en deçà de ce qui est nĂ©cessaire. Nous avons besoin d’un changement fondamental et d’une ouverture des points de passage pour les marchandises, » a-t-il dit.

Les responsables du Hamas dissent avoir Ă©tĂ© déçus par l’annonce israĂ©lienne, et que la liste des marchandises est très Ă©loignĂ©e des besoins rĂ©els.

« Ce ne sera qu’une entrĂ©e. Nous attendons le plat de rĂ©sistance,» dĂ©clare Ă  Ramallah le ministre Palestinien de l’Ă©conomie Hassan Abu Libdeh qui prĂ©cise que les matĂ©riaux de construction sont ce qui fait le plus dĂ©faut aux habitants de Gaza. De nombreux Palestiniens ont Ă©tĂ© dans l’impossibilitĂ© de bâtir leurs maisons après l’opĂ©ration Plomb Durci, l’offensive punitive d’IsraĂ«l contre la bande de Gaza en dĂ©cembre 2008 et janvier 2009.

IsraĂ«l affirme que le ciment et d’autres matĂ©riaux de construction peuvent server Ă  construire des bunkers et d’autres installations militaires.

Certaines de ces marchandises entrent dĂ©jĂ  Ă  Gaza en contrebande par des tunnels qui la relient Ă  l’Egypte.

Sheera Frenkel, Mc Clatchy Newspapers

Traduit de l’anglais par Mounadil al-JazaĂŻri


juin 07 2010

Le Mossad aurait utilisé Al-Qaïda dans les attentats du 11 septembre, selon le journaliste Alan Hart (vidéo)

Plus une semaine ne passe dĂ©sormais sans qu’un tĂ©moignage ne vienne alimenter la thèse de l’implication des services israĂ©liens dans les Ă©vènements du 11 septembre.

mossad

Aujourd’hui, c’est le journaliste et Ă©crivain Alan Hart, ancien reporter de la BBC et spĂ©cialiste du Moyen-Orient pour la chaine ITN, qui nous explique comment « depuis l’instant mĂŞme oĂą IsraĂ«l est nĂ©, ses agent ont tâchĂ© d’infiltrer tous les gouvernements arabes, chaque organisation militaire arabe et chaque groupe terroriste arabe, quel qu’il soit ». Ainsi, selon Hart, les sionistes et les nĂ©oconservateurs auraient utilisĂ© Al-QaĂŻda dans le 9/11 pour leurs intĂ©rĂŞts respectifs. Une thĂ©orie qui renforce l’information publiĂ©e il y a un peu plus d’un an par le quotidien algĂ©rien Ennahar, qui affirmait que l’Etat hĂ©breu entraĂ®ne des terroristes liĂ©s Ă  l’organisation de Ben Laden sur son territoire.

Agata Kovacs, Mecanopolis


Alan Hart, 9/11 et Mossad
envoyé par Mecanopolis.

Merci Ă  « Druide » pour son travail de traduction.

Transcription de l’entretien :


Alan Hart: Je vais briser une règle Ă  prĂ©sent. Je veux dire, vous avez mentionnĂ© le 11 septembre. En principe je n’en parle pas en public parce que cela fait de vous une cible pour des attaques et de fausses accusations d’antisĂ©mitisme et tout le reste, n’est-ce pas?


Kevin Barrett: Je l’ai certainement remarquĂ©.


Hart: Donc, d’entrĂ©e de jeu, j’ai gardĂ© mes distances par rapport Ă  ça, car cela leur donne un thème sur lequel ils vont se concentrer, et ils peuvent alors dĂ©tourner l’attention de votre message principal. Mais, puisque vous l’avez mentionnĂ©, je vais vous dire ce que je crois sincèrement. Je pense que cela a probablement commencĂ© comme une opĂ©ration d’un groupe musulman, d’accord? Mais je pense que cela fut très rapidement infiltrĂ© par des agents du Mossad. Ceci n’est pas un secret – je l’explique en dĂ©tail dans mon livre : depuis l’instant mĂŞme oĂą IsraĂ«l est nĂ©, ses agent ont tâchĂ© d’infiltrer tous les gouvernements arabes, chaque organisation militaire arabe et chaque groupe terroriste arabe, quel qu’il soit. Donc, ils auraient certainement infiltrĂ© celui-lĂ  (les terroristes du 11 septembre). Et je suppose qu’Ă  un moment au dĂ©but ils ont dit aux « traĂ®tres » dans la CIA, « Ce complot est en marche, que devons-nous faire? » Et les sionistes et les nĂ©o-conservateurs ont dit : « Utilisons-le ! ».


Ce qui est sĂ»r et certain dans tout ça, je crois, c’est que les tours jumelles ont Ă©tĂ© abattues par une explosion contrĂ´lĂ©e au sol, pas par les avions. Maintenant, je vous dirai en passant que parmi les amis que j’ai certains sont consultants pour l’une des plus importantes firmes d’ingĂ©nierie civile et de construction au monde. Je ne vais pas la nommer. Mais ils ont Ă©tudiĂ© les films et ils ont conclu qu’il n’y a absolument aucun doute que les avions ont Ă©tĂ© abattus … DĂ©solĂ©, que les tours ont Ă©tĂ© abattues par une explosion contrĂ´lĂ©e au sol. Et puis nous avons le film de ce qu’on appelle souvent les « cinq IsraĂ©liens dansants ». Saviez-vous cela Kevin ?


Barrett: Je le sais certainement. Ils cĂ©lĂ©braient les attentats. Ils avaient mis en place des camĂ©ras avant les attentats et ils se claquaient dans leurs mains en l’air ["high five"] et allumaient leur briquet en Ă©tant placĂ©s juste devant les tours jumelles.


Hart: C’est exact. Mais le fait Ă  remarquer est qu’ils avaient tous des tĂ©lĂ©phones portables. N’est-ce pas?


Barrett: C’est exact.


Hart: Ils ont d’abord Ă©tĂ© signalĂ©s comme Ă©tant des musulmans. Saviez-vous cela?


Barrett: Euh … Moyen-Orientaux est le « code » pour les IsraĂ©liens …


Hart: Bon, Moyen-Orientaux. Mais ça donnait l’impression qu’ils Ă©taient musulmans – qu’ils Ă©taient les mĂ©chants.


Barrett: C’est exact.


Hart: Donc, le FBI les a pourchassĂ©, et ces cinq gars ont fui pour Ă©viter d’ĂŞtre arrĂŞtĂ©s. Mais ils ont finalement Ă©tĂ© capturĂ©s et ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s. Et devinez quoi. Ils Ă©taient tous des agents du Mossad.


Barrett: Cela a été confirmé par [la revue] The Forward.


Hart: C’est exact. C’est un fait Ă©tabli. Alors cela dĂ©bouche sur la question : que faisaient-ils lĂ ? Cela indique qu’ils savaient, ou Ă  tout le moins, qu’ils savaient que les attaques allaient se produire. Il n’est pas impossible – et c’est Alan Hart qui spĂ©cule ici – que les avions aient Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s de transpondeurs, et que ces gars-lĂ  ont dirigĂ© les avions vers leur cible avec leur portable. Ce n’est pas impossible.


Barrett: Je suppose que ça n’est pas impossible. Il y a certainement toutes sortes d’autres possibilitĂ©s, mais l’hypothèse d’avions guidĂ©s Ă  distance est très probable, considĂ©rant que, si l’on avait prĂ©vu une dĂ©molition très complexe de trois gratte-ciels – et s’agissant lĂ  des trois plus grands bâtiments au monde Ă  ĂŞtre dĂ©truits par dĂ©molition contrĂ´lĂ©e -, il fallait bien s’assurer qu’ils soient percutĂ©s [par un objet quelconque] pour justifier leur destruction.


Hart: Et n’est-ce pas le cas, Kevin, que plusieurs de vos meilleurs pilotes ont effectivement dit que cela aurait Ă©tĂ© une tâche extrĂŞmement difficile que de diriger ces avions pour qu’ils percutent ces bâtiments.


Barrett: Eh bien, c’est vrai. J’ai reçu un certain nombre de pilotes qui sont membres des Pilotes pour la vĂ©ritĂ© sur le 11 septembre Ă  mon Ă©mission, et ils ont dit que la vitesse mesurĂ©e de l’avion, qui, lorsqu’il a heurtĂ© la tour Sud, Ă©tait proche de 600 miles Ă  l’heure au niveau de la mer, est une vitesse Ă  laquelle… enfin certains d’entre eux disent que ces Boeing 767 ne pouvaient nullement atteindre cette vitesse au niveau du sol. Ils auraient Ă©té rĂ©duits en pièces Ă  une vitesse sensiblement infĂ©rieure Ă  celle-ci par la pression de l’air au niveau de la mer, qui est beaucoup plus dense. Mais, en tout cas, [ils affirmaient] que nulle personne saine d’esprit pourrait prĂ©tendre qu’il soit possible de guider un avion Ă  cette vitesse au niveau de la mer et de percuter ces objectifs de la façon dont ils l’ont fait.


Hart: Donc, la spĂ©culation qu’ils ont Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s d’une sorte de transpondeur et qu’ils ont Ă©tĂ© appelĂ©s vers leur cible par voie Ă©lectronique n’est pas totalement irrationnelle?


Barrett: Euh … Eh bien non, ça ne l’est pas, en fait, il est mĂŞme un peu douteux que des avions de passagers normaux soient capables de le faire avec une telle constance et Ă  une telle vitesse. Dans tous les cas, il semble très douteux que des pilotes qui ne pouvaient mĂŞme pas piloter en solo un Cessna aient pu accomplir ces prouesses incroyables pour atteindre leurs cibles.


Hart: Eh bien, [il y a] cela et deux autres choses Kevin. Nous savons qu’en fait au moins six, voire neuf des prĂ©sumĂ©s pirates de l’air qui sont prĂ©tendument morts sont en fait bien en vie … et habitent quelque part …


Barrett [l'interrompt]: Eh bien, c’est vrai. Et c’est confirmĂ© par l’article de Jay Kolar « What we now know about the 9/11 hijackers » ( »Ce que nous savons maintenant sur les pirates de l’air du 11  septembre »), qui a Ă©tĂ© publiĂ©, en fait, dans un volume paru chez un Ă©diteur scientifique europĂ©en de premier plan [Research in Political Economy, vol. 23, Elsevier, 2006]. Il est Ă©tonnant que toute la littĂ©rature acadĂ©mique soit tellement Ă  sens unique. Il n’y a pas de contre-littĂ©rature de niveau acadĂ©mique Ă  l’exception de …


Hart [l'interrompt]: Sauf pour dire « Comment osez-vous ĂŞtre Ă  ce point antisĂ©mite ?!? ». C’est la seule contre-littĂ©rature.


Barrett: Exact, exact. Et puis il y a aussi la contre-littĂ©rature de Cass Sunstein publiĂ©e dans la [revue] Harvard Law Review. C’est un diplomĂ© de Harvard qui est maintenant conseiller d’Obama, qui a Ă©crit un article sur la façon de traiter avec ces terribles thĂ©ories du complot et il a dĂ©fendu l’idĂ©e que le gouvernement devrait infiltrer ces groupes et rĂ©pandre toutes sortes d’informations variĂ©es afin de  »diffuser de la diversitĂ© cognitive » dans ces groupes et, qu’Ă  terme, il pourrait ĂŞtre nĂ©cessaire de rendre illĂ©gales les thĂ©ories du complot.


Hart: Oui, bien sĂ»r, mais un autre indicateur assez effrayant, est que nous savons que Wolfowitz et Perle ont Ă©crit ce document, dont le nom m’Ă©chappe pour le moment…


Barrett: « Rebuilding America’s Defense » [PNAC]? [Reconstruire la dĂ©fense de l'AmĂ©rique, document du Projet pour le nouveau siècle amĂ©ricain]?


Hart: Oui… mais quand ils Ă©taient conseillers de Netanyahu ….


Barrett: C’est le document « Clean Break ».


Hart: C’est celui-lĂ , le document « Clean Break ». Et la stratĂ©gie Ă©tait de se dĂ©barrasser de Saddam Hussein, de faire reculer la Syrie et d’attaquer l’Iran. Tout cela est du domaine public. Mais nous savons aussi que M. Wolfowitz, Ă  un moment parlait de la nĂ©cessitĂ© d’un incident Ă  la Pearl Harbor.


Barrett: Eh bien c’est vrai, Wolfowitz Ă©tait obsĂ©dĂ© par la valeur stratĂ©gique de Pearl Harbor. Il avait parlĂ© de la façon dont les nazis croyaient qu’ils auraient gagnĂ© la Seconde Guerre mondiale s’ils avaient eu un tel incident Ă  la Pearl Harbor pour rallier la population.


Hart: Oui, tu vois, je crois que la guerre en Irak — j’ai Ă©crit cela dans mon livre –, je crois que les deux principaux moteurs de la guerre ont Ă©tĂ© Wolfowitz et Perle. Je crois qu’ils ont ensuite Ă©tĂ© supportĂ©s et approuvĂ©s par celui que j’ai appelĂ© « Dr Strangelove » (Dr Folamour) — vous pouvez deviner de qui il s’agit, c’est le vice-prĂ©sident Dick Cheney –, et [par] l’ensemble des nĂ©o-conservateurs. Vous voyez, ce n’Ă©tait pas une guerre pour le pĂ©trole. Les gens disent que c’Ă©tait une guerre pour le pĂ©trole. J’ai parlĂ© avec les dirigeants des pĂ©trolières — puisque je connais bien certains d’entre eux — et ils m’ont dit: « Alan, ne soyez pas insensĂ© : l’industrie pĂ©trolière a besoin de stabilitĂ©! Elle n’a pas besoin de ce genre de bouleversements ». Et je pense que c’est exact.


Barrett: Ça l’est. James Petras a fait valoir cet argument de façon tout Ă  fait convaincante. Je pense que le seul contre-argument valide est que ce n’est pas tant le pĂ©trole mais la gĂ©ostratĂ©gie Ă  long terme basĂ©e sur le pĂ©trole qui rendait cela important d’occuper ces rĂ©gions du monde.


Hart: IsraĂ«l avait un autre objectif stratĂ©gique Ă  plus long terme. Il fallait se dĂ©barrasser de Saddam Hussein parce qu’il reprĂ©sentait la seule menace potentielle — je rĂ©pète, menace potentielle — ou dĂ©fi pour la domination complète de la rĂ©gion par IsraĂ«l.


Barrett: C’est un très bon point. Et maintenant, il a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©, l’Irak a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e et empoisonnĂ©e et les intellectuels, scientifiques et techniciens ont Ă©tĂ© pourchassĂ©s et tuĂ©s par le Mossad…


Hart [l'interrompt]: Et se dirige sans doute vers la guerre civile.


Barrett: L’Irak a Ă©tĂ© supprimĂ©e en tant qu’antagoniste potentiel d’IsraĂ«l il y a très longtemps. Et maintenant, ils veulent utiliser les militaires amĂ©ricains pour aller contre l’Iran.


Hart: Vous voyez, c’est fascinant, Kevin. Je crois vraiment — et je crois vraiment — que l’Iran n’est pas le moindrement intĂ©ressĂ© Ă  se procurer des bombes nuclĂ©aires. Mais imaginons qu’ils en ont 4, 5 ou 6 ou peu importe, pensez-vous qu’il soit possible qu’ils lancent une première attaque contre IsraĂ«l? Bien sĂ»r qu’ils ne le feraient pas! Parce que s’ils le faisaient, la totalité de l’Iran serait dĂ©vastĂ© et anĂ©anti, et ils ne sont pas stupides. Et la raison pour laquelle les IsraĂ©liens font tout un cinĂ©ma en Iran c’est afin de dĂ©tourner l’attention – publique et politique – de la colonisation sioniste et du gĂ©nocide en cours en Palestine.


Barrett: C’est exactement ce que certains de mes invitĂ©s rĂ©cents ont dit. Gordon Duff qui Ă©tait Ă  mon Ă©mission il y a une semaine ou deux, fait partie d’un groupe de militaires amĂ©ricains Ă  la retraite qui avertissent que les IsraĂ©liens veulent fuir en avant en provoquant une guerre au Moyen-Orient plus Ă©tendue en vue justement de masquer leurs traces non seulement en ce qui concerne le nettoyage ethnique de la Palestine mais aussi en ce qui concerne le 11 septembre. Alan Sabrosky, qui est un ami de Gordon Duff, est très respectĂ© et accompli…


Hart [l'interrompt]: Ouais je connais Alan, je le respecte, oui.


Barrett: Il a dĂ©clarĂ© carrĂ©ment que c’est juste une simple Ă©vidence, comme vous le savez, qui saute aux yeux, que le Mossad est derrière le 11 septembre. Et donc ces gens nous avertissent qu’IsraĂ«l est susceptible de lancer une nouvelle attaque contre les États-Unis, encore une fois pour provoquer une autre guerre plus Ă©tendue au Moyen-Orient …


Hart [l'interrompt]: une attaque sous faux pavillon …


Barrett: Exact, pour être absous de leur responsabilité dans le 11 septembre et avoir des troupes là-bas cette année.


Hart: La thĂ©orie des conspirateurs est: IsraĂ«l ne peut attaquer l’Iran tout seul. Donc, il serait nĂ©cessaire d’orchestrer une opĂ©ration sous fausse bannière de manière Ă  forcer et entraĂ®ner les États-Unis dans cette guerre.


Barrett: Exactement.

(…)

juin 05 2010

Les victimes de la « Flottille de la liberté » on Ă©tĂ© criblĂ©es de balles, selon un rapport d’autopsie

Les neuf victimes turques de l’assaut israĂ©lien contre la flottille en route vers Gaza lundi ont Ă©tĂ© criblĂ©es de balles, selon un rapport d’autopsie des autoritĂ©s turques.

dogan

Le rapport des autorités turque est accablant. Certaines des victimes ont même été abattues à bout portant. Elles ont essuyé 30 balles au total. Un sexagénaire a été atteint à la tempe, la poitrine, la hanche et au dos. Les médecins légistes turcs qui ont procédé à l’autopsie des cadavres ont été formels : tous ont été tués par balles, dont un par des tirs à bout portant.

Le plus jeune d’entre-eux, Dogan Forkan, 19 ans, qui avait la double nationalitĂ© turque et Ă©tats-unienne a lui Ă©tĂ© touchĂ© par cinq balles tirĂ©es Ă  bout portant contre le visage, rapporte le « Guardian » (citĂ© par la dĂ©pĂŞche de l’Agence tĂ©lĂ©graphique suisse que nous reproduisons ci dessous).

ats

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Le Cargo Rachel Corrie arraisonné par Israël

Les militaires israĂ©liens ont abordĂ© le cargo humanitaire irlandais Rachel Corrie qui faisait route vers Gaza sans rencontrer de rĂ©sistance. Les militaires ont pris le contrĂ´le du navire, qui est escortĂ© vers le port d’Ashdod. Les forces israĂ©liennes sont montĂ©es Ă  bord du navire après avoir tentĂ© en vain de le dĂ©router. Elles avaient prĂ©venu qu’elles aborderaient le Rachel Corrie s’il refusait de rebrousser chemin. L’armĂ©e prĂ©cise avoir abordĂ© le bateau irlandais par la mer, et non depuis des hĂ©licoptères comme ce fut le cas lundi lors de l’assaut mortel.

A Gaza, le Hamas a dĂ©noncĂ© « un nouveau crime grave d’IsraĂ«l qui vise les Palestiniens mais aussi l’ensemble de la communautĂ© internationale ». De son cĂ´tĂ©, la haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay a de nouveau rĂ©clamĂ© la levĂ©e du blocus de la bande de Gaza, une mesure imposĂ©e par IsraĂ«l et qualifiĂ©e « d’illĂ©gale ».

Julian Diesdorf, pour Mecanopolis

Lire l’article du Guardian

Sur le même sujet, lire également Les militaires israéliens auraient « jeté plusieurs cadavres à la mer »

juin 04 2010

Les militaires israĂ©liens auraient « jetĂ© plusieurs cadavres Ă  la mer » (vidĂ©o)

Article mis Ă  jour le 5.6.2010 Ă  02h30

FREE

Les militaires israĂ©liens Ă  bord du Mavi Marmara auraient  « jetĂ© plusieurs cadavres Ă  la mer », a indiquĂ© jeudi, Ă  son retour Ă  Rome, l’ex-otage italien Manolo Luppichini.


Tsahal a jeté plusieurs cadavres à la mer
envoyé par Mecanopolis.

Cette estimation d’un minimum de 19 tués est cohérente avec les premiers chiffres donnés, dès lundi, par une chaîne de télévision israélienne, citant des « sources militaires anonymes ». Quelques heures après, au cours de cette même journée de lundi, les autorités israéliennes imposaient à la chaîne la publication d’un démenti et à évoquer une « erreur » de sa rédaction.

« Non, il y a eu au moins 19 tués, et plusieurs cadavres ont été jetés à la mer. Je dispose des témoignages des infirmières à bord du Marmara, qui ont compté jusqu’à 170 blessés, dont plusieurs dans un état très grave », a indiqué Manolo Luppichini, avant de donner quelques détails sur les coups et mauvais traitements infligés, à terre, jusque sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, aux otages internationaux.

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Les neuf victimes reconnues actuellement par les autorités israéliennes sont toutes de nationalité turque. Le plus jeune, Dogan Forkan, 19 ans, avait la doublé nationalité turque et états-unienne. Les médecins légistes turcs qui ont procédé à l’autopsie des cadavres ont été formels : tous ont été tués par balles, dont un par des tirs à bout portant.

Israël a aussi évoqué, jeudi soir, le cas de 7 blessés « intransportables » à l’étranger, en raison de leur état de santé.

Le Cargo Rachel Corrie fait route sur Gaza

Le « Rachel Corrie », dont le contact avait été perdu dans la journée par les organisateurs de la flottille d’aide, se trouvait à 150 milles nautiques de Gaza dans les eaux internationales vendredi soir. Il devrait arriver samedi matin. Le cargo de 1 200 tonnes est le dernier bateau de la Flottille de la Liberté. Il est chargé de matériaux de construction, de 20 tonnes de papier et de beaucoup d’autres approvisionnements dont Israël refuse l’accès pour les Palestiniens assiégés de Gaza.

La Maison blanche a estimĂ©, vendredi soir Ă©galement, que le blocus israĂ©lien de la bande de Gaza n’Ă©tait pas tenable et qu’il devait ĂŞtre changĂ©.

La prĂ©sidence amĂ©ricaine a dans le mĂŞme temps demandĂ© Ă  l’Ă©quipage du « Rachel-Corrie », de se dĂ©tourner du territoire palestinien et de faire route vers le port israĂ©lien d’Ashdod pour Ă©viter toute nouvelle confrontation avec les forces israĂ©liennnes.

« Nous travaillons dans l’urgence avec IsraĂ«l, l’AutoritĂ© palestinienne et d’autres partenaires internationaux pour concevoir de nouveaux modes d’acheminement de marchandises et d’assistance Ă  Gaza », a dit Mike Hammer, porte-parole du conseil de sĂ©curitĂ© nationale de la Maison blanche.

« Les dispositions actuelles sont intenables et doivent ĂŞtre changĂ©es. Pour l’heure, nous appelons toutes les parties Ă  se joindre Ă  nous pour encourager des dĂ©cisions responsables de toutes parts afin d’Ă©viter toute confrontation inutile », a-t-il encore ajoutĂ© dans dans le communiquĂ©.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Avec les informations d’Europalestine et du site d’information italien IGN

juin 01 2010

Nouvel acte de piraterie sioniste

L’armĂ©e sioniste vient de commettre un nouvel acte de piraterie dans les eaux internationales en s’attaquant Ă  la flottille « Marmara » chargĂ©e de nourritures et de mĂ©dicaments pour les populations de la bande de Gaza soumise Ă  un blocus israĂ©lien depuis quatre ans. L’assaut du commando sioniste s’est soldĂ© par la mort d’au moins vingt personnes en majoritĂ© de nationalitĂ© turque (le nombre exact des victimes reste imprĂ©cis Ă  l’heure ou nous publions ce texte, Ndlr). La machine de propagande sioniste a aussitĂ´t Ă©tĂ© mise en branle pour accuser les vilains militants intĂ©gristes d’Al QaĂŻda.

freegaza

Pour ceux qui ont encore quelques doutes, ce nouvel acte de piraterie sioniste illustre si besoin est la vraie nature de l’entité sioniste créée de toutes pièces par les puissances colonialistes et impérialistes du début du XXème siècle pour jouer le rôle de gendarme dans une région du monde hautement stratégique tant pour ses sous-sols qui regorgent de pétrole que pour sa position géographique en temps de guerre et de conflits armés. Les membres du commando sioniste qui a massacré de sang froid des civils désarmés savaient parfaitement que leur crime restera impuni comme les autres crimes commis dans le passé et que la violation des eaux internationales n’entraînera qu’une tempête dans un verre d’eau. La preuve en est le mutisme des gouvernements américains et anglais et les pleurnicheries de l’Europe et de la France en particulier confirmant l’adage qui dit qu’un serpent ne mord jamais sa queue.

Hazard de calendrier, au moment même où l’armée sioniste massacrait des civils en Méditerranée, se tenait un forum organisé conjointement à Tel-Aviv par l’ambassade de France le quotidien Haertz sur le thème de « la démocratie et ses nouveaux défis ». C’est le propagandiste sioniste et le philosophe du supermarché, Bernard-Henri Lévy qui a ouvert le forum en évoquant le rôle des juifs dans l’avènement de la démocratie et en louant surtout la vigueur de la « démocratie » en Israël. Ce forum prévu pour durer trois jours (de dimanche à mardi) abordera les questions de la liberté de la presse, du rôle de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté dans la vie politique. L’organisation de ce forum sur la démocratie tombe à point, car la flottille attaquée par le commando sioniste se dirigeait vers la bande de Gaza pour protester contre le blocus imposé à un million et demi de gazaouis qui ont eu le tort et le malheur de voter majoritairement en 2006 pour le Hamas. Connaissant parfaitement les faiblesses notoires de BHL pour la démocratie américaine et pour les thèses des néoconservateurs américains qui avaient planifié la guerre de l’Irak, nous avons du mal à comprendre la position d’un homme qui prétend être un philosophe et qui s’ingénie à prouver le même et son contraire.

BHL et ses compères sionistes considèrent qu’un État est une dĂ©mocratie quand ses habitants Ă©lisent « librement » leurs reprĂ©sentants et leurs gouvernants au suffrage universel. Pour BHL, l’État sioniste est donc une dĂ©mocratie qu’il convient d’opposer Ă  ses voisins arabes qui sont par dĂ©finition des dictatures. Nous sommes d’accord avec BHL pour dire qu’en effet tous les rĂ©gimes arabes sont des dictatures et lĂ  il n’y a pas l’ombre d’un doute. Mais lĂ  oĂą le bat blesse, c’est que le Hamas est arrivĂ© au pouvoir par la voie dĂ©mocratique suite Ă  des Ă©lections et par l’intermĂ©diaire des urnes comme n’importe Ă©lu dans n’importe quelle dĂ©mocratie occidentale. Imaginons un seul instant que les vingt-six pays de l’union EuropĂ©enne aient dĂ©cidĂ© de boycotter et d’exclure la France en 2007 suite Ă  l’ élection Ă  la prĂ©sidence française d’un sioniste notoire, Sarkozy. La rĂ©plique, on la connaĂ®t Ă  l’avance: ce serait un tollĂ© gĂ©nĂ©ral et une atteinte Ă  la lĂ©gitimitĂ© politique d’un prĂ©sident Ă©lu dĂ©mocratiquement par le peuple français. Comme n’importe quel prĂ©sident Ă©lu en Europe et aux Etats-Unis, le mouvement islamiste le Hamas a lui aussi gagnĂ© sa lĂ©gitimitĂ© politique par les urnes et dans des Ă©lections reconnues par des observateurs internationaux prĂ©sents sur place lors du vote comme libres et honnĂŞtes.

Si le philosophe du supermarché BHL et ses compères sionistes n’avaient pas un esprit tordu, ils auraient reconnu la légitimité politique du Hamas et ils auraient traité avec le mouvement palestinien comme partenaire à part entière. Or, non seulement les dirigeants de l’État sioniste n’ont pas reconnu le triomphe électoral du Hamas, ils ont œuvré bien au contraire à son élimination et à sa liquidation en lui collant l’étiquette d’organisation terroriste avant de lui faire la guerre de décembre 2008-janvier 2009. Le fait de liquider physiquement ses adversaires politiques, ce sont plutôt des méthodes dignes des dictatures comme ce fut le cas de Pinochet au Chili qui n’a pas hésité à faire bombarder le palais de la Moneda et à éliminer physiquement le président démocratiquement élu, Salvador Allende.

En cherchant désespérément à éliminer physiquement le Hamas et à affamer les gazaouis qui ont voté massivement pour le mouvement palestinien, l’État sioniste révèle sa vraie nature, non pas celle d’une démocratie comme le prétendent BHL et ses compères sionistes mais celle d’une dictature qui n’hésite pas à recourir à la violence et à la guerre pour liquider physiquement ses adversaires. L’accusation contre le Hamas d’être une organisation terroriste relève du domaine de la propagande sioniste internationale dont l’Europe a malheureusement été victime, elle qui a pourtant connu le nazisme et le fascisme et que les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale étaient considérés par les occupants nazis comme des terroristes.

La démocratie à géométrie variable de BHL et de ses compères sionistes a eu pour principale conséquence la punition collective d’un million et demi de palestiniens dont la seule faute est d’avoir voté pour le mouvement palestinien, le Hamas. Après une guerre particulièrement meurtrière en décembre 2008 et janvier 20O9 qui a fait plus de mille victimes en majorité des enfants, des femmes et des vieillards, des dizaines de milliers de blessés, de la destruction quasi complète de l’infrastructure de la bande de Gaza, c’est le blocus qui frappe aujourd’hui les habitants de la bande de Gaza parqués dans un compound et dans une bande de terre grande comme un département français.

Qui dit blocus, dit précarité, inanition, privation, famine et misère sociale et économique. Imaginons un scénario familier à BHL et à tous ceux qui ont pourfendu en leur temps les crimes et le génocide commis jadis en Union soviétique. Si le million et demi de gazaouis était soumis à un blocus par l’ex-URSS, la Chine, Cuba, Corée du Nord, BHL et ses compères sionistes et non sionistes auraient aussitôt hurlé au génocide et à la famine. et par « la mort d’inanition ». Les auteurs du Livre noir du communisme ont consacré un chapitre entier traitant de la famine en Ukraine durant les années 1932-1933 et ils ont même inventé des termes tels que « famine provoquée », «mort d’inanition » etc.

On l’aura compris, le génocide et la famine provoquée par le blocus de la bande de Gaza, BHL et ses compères sionistes s’en soucient comme d’une guigne et pour cause, la bande de Gaza de 2010 n’est pas un enjeu dans la lutte anticommuniste et que les affameurs et les tyrans génocides ne s’appellent plus Staline et Molotov mais Ariel Sharon, Ehud Olmert et Benjamin Netannyahou et Cie. Les habitants de la bande de Gaza apprécieront !

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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mai 31 2010

Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ?

Par Thierry Meyssan

Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ?

meyssan

L’attaque conduite par trois patrouilleurs lance-missiles israéliens de classe Saar, le 31 mai 20101, contre la flottille de la liberté, dans les eaux internationales de Méditerranée illustre la fuite en avant de Tel-Aviv.

La flottille de la liberté est une initiative de militants des droits de l’homme [1] [2], soutenue par le gouvernement turc. Son objectif est à la fois de véhiculer de l’aide humanitaire jusqu’à Gaza et, ce faisant, de briser le blocus mis en place illégalement par l’armée israélienne à l’encontre d’1,5 million de Gazaouites.

La décision d’aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international. Juridiquement parlant, il y a eu vol des navires et de leurs cargaison, enlèvement et séquestration de leurs passagers, meurtres ; voire assassinats, si l’on admet les informations de la télévision turque selon laquelle les commandos avaient une liste des personnalités à liquider au cours de l’assaut.

Cet acte de guerre, à l’encontre des pavillons grecs et turcs de ces navires, a été perpétré afin de consolider le blocus, lequel constitue en lui-même une violation du droit international.

En choisissant l’argument de la « légitime défense », les autorités israéliennes ont explicitement revendiqué leur souveraineté sur les eaux internationales à 69 miles nautiques au large de la Palestine ; cette annexion —temporaire ou durable— étant nécessaire à la poursuite du blocus, lequel serait nécessaire à la sécurité de l’Etat d’Israël.

En abordant un navire turc et en en tuant des passagers, Tel-Aviv a d’abord choisi de répondre militairement à la crise diplomatique qui l’oppose depuis janvier 2009 à Ankara. Cette initiative est censée provoquer une crise au sein de l’état-major turc et entre celui-ci et le gouvernement turc. Cependant, elle pourrait aboutir à une rupture complète des relations militaires entre les deux pays, alors même que la Turquie aura été pendant un demi-siècle le meilleur allié d’Israël dans la région. D’ores et déjà, les manœuvres conjointes turco-israéliennes ont été annulées sine die. En outre, cette crise pourrait aussi avoir des conséquences sur les relations commerciales entre les deux pays, alors même que la Turquie est un partenaire vital pour l’économie israélienne.

Cependant, Tel-Aviv se devait de casser la crédibilité de la Turquie au moment où elle se rapproche de la Syrie et de l’Iran, et ambitionne d’exercer avec ses nouveaux partenaires une autorité régionale [3]. Dans l’immédiat, Israël devait sanctionner le rôle d’Ankara dans la négociation du Protocole de Téhéran sur l’industrie nucléaire iranienne.

Côté turc, où l’on s’attendait à une intervention israélienne musclée mais pas létale, le moment est venu de se poser en protecteur des populations palestiniennes, selon la doctrine néo-ottomane théorisée par le ministre des Affaires étrangères, le professeur Ahmet Davutoğlu. Sans attendre le retour du Premier ministre Recep Erdoğan, en voyage en Amérique latine, l’ambassadeur Turc à Tel-Aviv a été rappelé à Ankara et une cellule de crise a été mise en place autour du vice-Premier ministre, Bülent Arınç. Elle est immédiatement entrée en contact avec les 32 gouvernements des Etats dont les passagers du convoi sont ressortissants. Tout le personnel diplomatique turc a été mobilisé pour saisir du problème le maximum d’Etats et d’organisations internationales. Dans une conférence de presse, M. Arınç a exigé la restitution immédiate des trois bateaux turcs volés et de leur cargaison, ainsi et surtout que la libération des centaines de citoyens turcs enlevés et séquestrés. Il a choisi de qualifier l’attaque d’acte de « piraterie » (et non de guerre), de manière à offrir au gouvernement Netanyahu la possibilité de présenter l’affaire comme une « bavure » et non comme une politique. Dans cette logique, le président Abdullah Gül, quant à lui, a exigé que les tribunaux israéliens jugent les responsables de cette tuerie.

Depuis le Chili, M. Erdoğan a déclaré : « Cette action est totalement contraire aux principes du droit international, c’est le terrorisme d’un Etat inhumain. Je m’adresse à ceux qui ont appuyé cette opération, vous appuyez le sang, nous soutenons le droit humanitaire et la paix ».

Dans l’après-midi, Ankara a saisi la Conseil atlantique. La Turquie est membre de l’OTAN. Si elle ne trouve pas la réponse qu’elle attend du gouvernement israélien, elle pourrait qualifier l’attaque d’acte de guerre et requérir l’aide militaire des Etats membres de l’Alliance en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord.

Le gouvernement Netanyahu a invité ses ressortissants à quitter la Turquie, tandis que des manifestations spontanées se multiplient devant les consulats israéliens où la foule réclame vengeance.

emanuelbig

Le 26 mai 2010, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, reçoit à Tel-Aviv le secrétaire général de la Maison-Blanche, Rahm Emanuel. Celui-ci lui remet une invitation de Barack Obama, que la partie israélienne annulera cinq jours plus tard.

Côté états-unien, cette affaire rappelle celle de l’USS Liberty (8 juin 1967). Durant la guerre des Six jours, les Israéliens attaquèrent un bâtiment de surveillance électronique de l’US Navy, faisant 34 morts et 171 blessés. Tel-Aviv présenta ses excuses pour cette méprise sur le champ de bataille tandis que, tout en les acceptant officiellement, Washington y vu un outrage délibéré. Les Israéliens auraient voulu à l’époque sanctionner les critiques états-uniennes.

Cette fois, l’attaque de la flottille de la liberté pourrait être une sanction après le vote par Washington d’une résolution des Etats signataires du Traité de non-prolifération enjoignant Israël à déclarer ses armes nucléaires et à accepter les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

La décision israélienne d’attaquer des navires civils dans les eaux internationales intervient après l’assassinat aux Emirats d’un dirigeant palestinien par une unité du Mossad ; la découverte d’un vaste système de copie falsifiées de passeports au détriment d’Etats occidentaux ; et le refus d’assister à la conférence internationale de suivi du Traité de non-prolifération. Cet ensemble de faits peut être interprété comme une succession de coups perpétrés par un Etat sûr de son impunité —et dans ce cas, il pourrait s’agir cette fois d’un coup de plus ou de trop—, ou comme une escalade après une courte friction publique avec l’administration US —il s’agirait alors de revendiquer le leadership du mouvement sioniste en montrant que Tel-Aviv décide et Washington entérine—.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en voyage en Amérique du Nord, a décidé de terminer sa visite canadienne et d’annuler son rendez-vous à la Maison-Blanche. Il a été joint par téléphone par le président Obama qui lui a demandé des explications.

La Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré que l’opération israélienne ne pouvait avoir aucune justification juridique. Le Rapporteur spécial sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a tenu à souligner qu’au delà de l’atteinte à la liberté de circulation sur les mers, le problème central reste le blocus. « À moins que des actions promptes et décisives soient prises pour mettre au défi l’approche israélienne sur Gaza, nous serons tous complices d’une politique criminelle qui menace la survie d’une communauté assiégée », a t-il affirmé. Le Conseil de sécurité a été convoqué en urgence, ce jour, à 18h TU. Le ministre turc des Affaires étrangères est parti à New York.

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire