Category: Bourses

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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juin 08 2010

On ne pourra pas sauver le « soldat euro »…

Il y a quinze jours, le banquier suisse Alexandre Wohlwend annonçait avec fracas la fin de l’euro dans les médias suisses, et accusait les États-Unis d’avoir “contaminé l’Europe avec leur concept de mondialisation et de profit maximum à court terme”. Pour la revue Flash, notre camarade Clovis Casadue a rencontré ce financier qui ne pratique pas la langue de bois.

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Dans un rĂ©cent entretien accordĂ© au quotidien suisse la “Tribune de Genève”, vous avez annoncĂ© la fin de l’euro, rompant ainsi avec le discours feutrĂ© auquel vos banquiers nous ont habituĂ©s.

Je dois préciser que je n’appartiens à aucun parti politique, que je n’ai pas de tendance politique et que je suis viscéralement Suisse, donc neutre en ce domaine. Je ne suis pas non plus un donneur de leçons. Mon analyse est donc fondée sur une profonde réflexion. Je pense que l’euro est réellement malade, il n’y a rien de subversif dans tout cela, mais cette monnaie, par son essence plurinationale, et en raison des déséquilibres des pays la partageant, est vouée à disparaitre.

Et la fin de la devise européenne, ce serait pour quand ?

Je ne veux pas me hasarder dans un pronostic chiffré, mais cela pourrait être assez rapide. J’estime qu’avant cinq ans, les pays européens auront largement commencé à se retirer de la zone euro pour revenir à leur monnaie nationale. La fin de l’euro s’effectuera par paliers.

Cette monnaie restera un certain temps entre 1,20 et 1,26 dollar, puis viendra une période où elle s’échangera entre 1,12 et 1,14. Enfin, si la “ligne de flottaison” historique à 1,08 dollar est rompue… Ce sera alors le plongeon final…

Les pays de la zone euro pourraient-ils récupérer leur monnaie nationale ?

Je crois que cela est inexorable. C’est d’ailleurs le seul plan de sauvetage possible. L’euro tel qu’il a Ă©tĂ© conçu n’est qu’un leurre. Nous sommes entrĂ©s dans la seconde phase d’une crise mondiale. Une crise qui est structurelle et systĂ©mique.

On a voulu fabriquer une Europe sur le modèle des États-Unis et cela n’est absolument pas viable. Ce qui se passe aujourd’hui avec la Grèce est le premier symptôme du dysfonctionnement.

Quand un État connaît une évolution sociale, financière et salariale qui le met en porte-à-faux par rapport à ses pays partenaires en matière de commerce ou vis-à-vis d’une monnaie commune, on parle alors de “choc asymétrique”. Quand un pays est souverain, il peut régler ce problème par un réajustement, par une dépréciation ou une dévaluation de sa monnaie. Dans le cas présent c’est impossible.

Mais le pouvoir européen voudrait placer les pays de la zone euro – et les Allemands l’ensemble de l’Union européenne – sous tutelle, justement pour en ajuster les économies…

Cette harmonisation fiscale et salariale est impossible. C’est-à-dire placer tout le monde au même niveau pour liquider ce choc asymétrique. La Grande-Bretagne refuse catégoriquement. Les pays de l’Est ne sont pas entrés dans l’Union pour cela, et pour tous les autres, on risque de se retrouver avec une situation de révolte semblable à celle de Mai 68.

En ce moment, l’Europe est euphorique parce qu’elle est droguée à l’endettement. Or cette “solution” ne fait qu’augmenter la dose de drogue en créant encore plus de dettes !

On peut éventuellement créer une embellie temporaire sur les marchés boursiers mais on ne pourra pas sauver “le soldat euro” de cette façon. Tout cet argent sera finalement ponctionné auprès des contribuables. On va aller vers une paupérisation grandissante des peuples européens, ce qui risque d’entraîner une crise sociale importante. On le voit déjà aujourd’hui : les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui, comme le nôtre (la Suisse, Ndlr), ont conservé leur monnaie.

Quel est votre intérêt à vous exprimer dans les médias ?

Depuis l’article de La Tribune de Genève, je n’ai pris que des coups. J’essaie simplement de faire passer, dans le débat démocratique, un autre avis que celui qui est formulé par le consensus financier.

Mon combat est celui de la vérité et de l’honneur. Beaucoup de gens partagent mon opinion.

Parfois, le progrès, c’est de savoir revenir en arrière.

Propos recueillis par Clovis Casadue pour la revue Flash

Publié en exclusivité sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction

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Sommaire de FLASH n°41 :

• Contre la mondialisation : vive le vin français ! Entretien exclusif avec l’œnologue Alexandre Rougé, part en guerre contre le pinard Mc World !

• La basilique de Saint-Denis en ruine ? Karim Ouchikh vole au secours des tombeaux des rois de France. Flash relaie la pétition des Manants du Roi en page 7

• Bhoutan : le pays où l’immigration est interdite. L’Île de Sercq, du droit féodal aux prédateurs capitalistes… Les révélations de Christian Bouchet en pages 8 et 9

• Délinquances : Alain Soral fait le tri en page 11

• Les bois sculptés de Jean de Villiers, artisan français : Marie-Claire Roy les a vus pour vous en page 14

• Contre le fléau Lady Gaga, Nicolas Gauthier a trouvé l’antidote en page 15. C’est Corinne Bailey Rae !

• Clermont-Ferrand, champion de France de rugby ? Gabriel Fouquet salue l’exploit de cette équipe pas comme les autres en page 16…

Pour vous abonner en ligne et en toute sécurité : www.flashmagazine.fr

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oct 16 2009

OdyssĂ©e de l’espèce [première partie]

Si vous ne croyez pas au futur, essayez donc le passé !

Le passĂ©isme nationaliste s’exacerbe dans les Balkans. Le passĂ©isme thĂ©ologique enflamme les intĂ©grismes dans toutes les religions (islamique, chrĂ©tienne, juive, hindouiste…). La politique et les affaires s’engluent dans des contentieux. Faute d’ĂŞtre en mesure de regarder l’avenir, les annĂ©es 90 foncent tĂŞte baissĂ©e vers leur passĂ©. C’est un mouvement comprĂ©hensible. Les psychanalystes l’appellent une rĂ©gression. Face au « choc du futur » 2, on va chercher des solutions toutes faites. On rejoue les drames d’autrefois, on boit la coupe jusqu’Ă  la lie. Alors seulement, une fois ce mouvement accompli, on peut accepter que reviennent les temps crĂ©ateurs et tourner Ă  nouveau son regard vers l’avenir. J’invite Ă  le faire le plus tĂ´t possible.

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Thierry Gaudin est un polytechnicien et ingĂ©nieur des Mines, expert auprès de l’OCDE, des Nations unies et de la Commission europĂ©enne. Il est aussi prĂ©sident de l’association Prospective 2100. Dans son livre « 2100 : l’OdyssĂ©e de l’espèce », publiĂ© en 1993, il s’appuie sur une recherche et une connaissance personnelle des mĂ©canismes de l’innovation et des interactions technique de la sociĂ©tĂ©. Il s’agit d’un travail de prospective, rĂ©sultat de dix annĂ©es d’échanges avec des centaines de personnes, qui s’appuie sur les mĂ©canismes du passĂ© pour tenter d’apprĂ©hender ceux du futur. L’auteur nous livre des scĂ©narios viables pour sortir de problèmes sociĂ©taux divers, encourageant principalement le recours Ă  l’innovation et Ă  l’esprit d’entreprendre. Cependant, imaginer qu’il puisse y avoir une remise en question des pouvoirs Ă©tablis qui dĂ©coulerait de la libre application de la crĂ©ativitĂ© de chacun ne serait sans doute pas raisonnable avant la deuxième moitiĂ© du 21ème siècle. Il n’en demeure pas moins que les pistes proposĂ©es par Thierry Gaudin pour amĂ©liorer le fonctionnement du monde ainsi que ses constats sur le passĂ© et le prĂ©sent de nos civilisations sont difficilement critiquables, Ă  l’exception d’un regard qui me paraĂ®t trop optimiste sur les bienfaits Ă©ventuels du mondialisme et sur l’attente d’une bonne et sincère volontĂ© politique en matière de progrès. Nous reprendrons en trois articles les extraits du livre qui sont les plus pertinents et les plus liĂ©s au domaine dont Mecanopolis traite.

Estimer la vitesse des changements

Si l’on compare notre travail aux prospectives « mĂ©canistes », il apparaĂ®t une diffĂ©rence majeure, que j’appelle ‘l’hypothèse de la conscience ». Elle s’Ă©nonce ainsi : un système vivant ne se laisse pas mettre en pĂ©ril sans rĂ©agir. On peut certes observer dans la Nature des comportements suicidaires. Mais ils sont rares. Que ce soit par la guerre ou la destruction de l’environnement, le scĂ©nario d’un suicide collectif de l’Espèce humaine n’est pas le plus vraisemblable : Ă  titre d’illustration -mais non de preuve-, je constate que, depuis quarante ans, l’humanitĂ© a les moyens (nuclĂ©aires) de se dĂ©truire en quelques heures, et qu’elle ne s’en est pas servi.

Une difficultĂ© de la prospective Ă  long terme est d’estimer la vitesse des changements. On trouve en effet sur ce point les positions les plus excessives et les moins Ă©tayĂ©es. Certains maintiennent qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et continuent Ă  regarder l’avenir comme une reproduction des intrigues et des luttes d’autrefois. D’autres mythifient l’accĂ©lĂ©ration de l’Histoire, et rĂ©pètent, par exemple, sans aucune justification que, d’ici dix ans, la moitiĂ© des produits que nous consommerons ne sont pas encore sur le marchĂ©.

En observant plus attentivement, on peut estimer quelques ordres de grandeur : Le dĂ©lai de renouvellement est variable d’un secteur Ă  l’autre. L’habillement suit une mode qui se dĂ©finit deux fois par an, les collections d’Ă©tĂ© et d’hiver. Mais un modèle d’automobile, tel que la Coccinelle Volkswagen ou la Renault 5, a une durĂ©e de vie qui se compte en dizaines d’annĂ©es. Comme un wagon de chemin de fer peut servir pendant trente ans, l’Ă©volution des formes est encore plus lente pour le matĂ©riel ferroviaire. Les grandes installations industrielles, telles que les cimenteries, sont renouvelĂ©es par morceaux en une trentaine d’annĂ©es. La tour Eiffel a fĂŞtĂ© son centenaire. Le canal de Panama, qui, date de la mĂŞme Ă©poque, est lĂ  pour mille ans.

En dĂ©finitive, ce sont les croyances humaines qui changent le plus lentement. L’âge de nos religions se compte en millĂ©naires, mais peut-ĂŞtre vont-elle bientĂ´t Ă©voluer.

On ne parle pas de la même chose selon les échéances :

Ă€ trois mois, ce sont les fluctuations erratiques de la conjoncture.

À trois ans, ce sont les mouvements de mode et les dérives économiques.

Ă€ trente ans, ce sont les renouvellements des gĂ©nĂ©rations, avec leurs styles de vie diffĂ©rents, et aussi les achats mĂ©nagers. Par exemple, la pĂ©riode des trente glorieuses (1950-1980) en Europe est caractĂ©risĂ©e par deux vagues d’investissements : la reconstruction de l’après guerre et le premier Ă©quipement des mĂ©nages en rĂ©frigĂ©rateurs, cuisinières, machines Ă  laver, tĂ©lĂ©viseurs et automobiles. Chacune de ces vagues, crĂ©atrice d’emplois et porteuse de prospĂ©ritĂ©, s’Ă©tend sur une gĂ©nĂ©ration. Lorsque les mĂ©nages ont Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s Ă  plus de 80%, la demande s’est ralentie, le chĂ´mage a augmentĂ© et l’Ă©conomie est devenue plus hĂ©sitante.

Ă€ cent ans, ce sont les infrastructures, tels que les ports, les autoroutes, les voies ferrĂ©es, les grands amĂ©nagements urbains. Ce sont aussi les rĂ©seaux, par exemple le rĂ©seau Ă©lectrique. Les premières Ă©lectrifications urbaines datent du siècle dernier. Mais il faut attendre vingt ans après la seconde guerre mondiale pour que l’Ă©lectricitĂ© soit partout dans les campagnes en Europe. Or, c’est Ă  partir du moment oĂą les mĂ©nages disposent chez eux de l’Ă©nergie Ă©lectrique qu’ils peuvent s’Ă©quiper en Ă©lectromĂ©nager. Ă€ l’Ă©chelle mondiale, mĂŞme si aucun pays n’est totalement dĂ©pourvu de rĂ©seau, la majoritĂ© de la population n’est pas encore connectĂ©e. Si l’on prolonge les tendances actuelles, il faut attendre la seconde moitiĂ© du 21ème siècle pour que tout le monde ait l’Ă©lectricitĂ© Ă  domicile. La vague de prospĂ©ritĂ© que nous voyons actuellement se dessiner en Chine, en Inde et en Asie du Sud Est correspond Ă  nos trente glorieuses, mais seulement pour une fraction urbaine des deux milliards et demi d’habitants de cette rĂ©gion -la moitiĂ© de l’espèce humaine-, qui s’Ă©quipe avec aviditĂ©.

Toutefois, le dĂ©lai d’accoutumance de l’usager limite la vitesse de diffusion des nouvelles technologies. Les fabricants de micro-ordinateurs croyaient, au dĂ©but des annĂ©es 80, inonder le marchĂ© en une dĂ©cennie. Il n’en a rien Ă©tĂ©. Dès 1985, ils ont dĂ» rĂ©viser en baisse leurs prĂ©visions. Ce n’est pas que les clients manquaient de ressources pour acheter leurs machines. Elles coĂ»taient dĂ©jĂ  moins cher qu’une auto. Mais les usagers n’y Ă©taient pas encore habituĂ©s, et ce nouvel instrument modifiait sensiblement leur façon de travailler. Il a donc fallu attendre une gĂ©nĂ©ration d’accoutumance, et l’apparition de logiciels plus conviviaux. On peut conjecturer que, si un nouveau produit suppose une Ă©volution des façons de faire, alors il faut au moins une gĂ©nĂ©ration pour qu’il s’impose au public, mĂŞme si ses avantages sont Ă©vidents.

Un regard mondialiste :

Certains, autrefois, ont fait Ă©voluer le regard : Les philosophes, qui travaillent avec les hommes d’action. Leurs visions ont structurĂ© la sociĂ©tĂ©. Ainsi, au dĂ©but du dix-neuvième siècle, Saint-Simon, le maĂ®tre Ă  penser des ingĂ©nieurs, disait : « L’ancien pouvoir spirituel, c’Ă©tait l’Eglise. L’ancien pouvoir temporel, c’Ă©tait la noblesse, caste de guerriers devenue inutile… Le nouveau pouvoir spirituel, c’est la Science, et le nouveau pouvoir temporel, c’est l’Industrie. » N’est-ce pas ce qui s’est rĂ©alisĂ© depuis, dans le monde entier ? La « rĂ©volution industrielle » n’est-elle pas tout entière dans cette formule, complĂ©tĂ©e Ă  l’Ă©poque par des Ă©noncĂ©s prĂ©curseurs, articulant un grand projet social : exploiter la Nature pour procurer aux hommes les bienfaits de la Science et de la Technique, sa fille.

En quoi sommes-nous dĂ©jĂ  diffĂ©rents de nos prĂ©dĂ©cesseurs ? En cela que nous quittons la vision tribale de l’Histoire pour une vision universelle. Les distinctions entre nations, ethnies, religions ne sont pas effacĂ©es, mais remises Ă  leur place : celle de modalitĂ©s culturelles, vouĂ©es, non plus Ă  entrer en conflit, mais Ă  s’enrichir mutuellement. Car, au-delĂ  des particularismes, il y a l’unitĂ© mondiale de la Science qui proclame dĂ©sormais l’unitĂ© du vivant « de l’amibe Ă  l’Ă©lĂ©phant », et l’unitĂ© des technologies, qui crĂ©ent un système de communication mondial, sorte de « cerveau planĂ©taire » dont la conscience devient chaque annĂ©e plus perceptible par la voie des mĂ©dias et des tĂ©lĂ©communications.

Le mondialisme, au vingtième siècle, paraissait rĂ©servĂ© Ă  de doux rĂŞveurs, rĂ©gulièrement dĂ©mentis par l’atrocitĂ© des guerres et des persĂ©cutions. Au tournant du troisième millĂ©naire, les conditions techniques sont rĂ©unies pour qu’il entre dans les faits, insensiblement. Mais cette mĂ©tamorphose inĂ©luctable s’accompagne de craquements et de dĂ©chirements. Les vieux particularismes et les attachements anciens sont rĂ©activĂ©s. Ils luttent avant de cĂ©der la place.

L’ingĂ©nieur Legrand, dès 1840, proposait une carte mondiale des voies ferrĂ©es.

Les EuropĂ©ens, au XIX° siècle, avaient un projet mondialiste, Ă©tayĂ© par une philosophie constructive, le positivisme. Leur doctrine se rĂ©sumait en deux idĂ©es : la libertĂ©, plus les infrastructures. Actuellement, avec le vent de libĂ©ralisme qui souffle sur le monde, il est de bon ton de faire semblant de croire que la libertĂ© Ă©conomique apporte la solution de tous nos maux. Or, une sociĂ©tĂ© Ă©conomiquement libre sans infrastructure est une sociĂ©tĂ© d’embouteillage oĂą tout le monde perd son temps. Pire, sans infrastructure Ă©ducative, c’est une sociĂ©tĂ© d’exclusion qui nourrit en son sein les germes de sa propre destruction.

Allons-nous, au 21ème siècle, retrouver des visions planĂ©taires ? Certainement, car le maillage des communications facilite la montĂ©e et l’Ă©mergence d’une conscience globale. On commence Ă  voir apparaĂ®tre de grandes idĂ©es : des idĂ©es Ă©cologiques (transformer la planète en jardin) et des idĂ©es techniques, comme, par exemple, au Japon, celle de citĂ©s marines pour plusieurs centaines de milliers d’habitants (Le projet prĂ©sentĂ© par la sociĂ©tĂ© Taisei (la citĂ© volcan) a la forme du mont Fuji. Cette citĂ© ferait 6500m de diamètre Ă  la base et 4000 mètres de haut. Elle accueillerait 700000 personnes (Futurist, Mai-Juin 93). La planète creuse artificielle proposĂ©e par physicien amĂ©ricain O’Neill, sorte de LĂ©onard de Vinci contemporain, est un cylindre d’un kilomètre de diamètre. Pour crĂ©er Ă  sa pĂ©riphĂ©rie une gravitĂ© Ă©quivalente Ă  celle de la terre, elle fait un tour sur elle-mĂŞme en une minute. Elle contient des lacs, des petites montagnes, des bois, tout un espace « naturel ». Lorsque les films de fiction26 nous montrent des vaisseaux spatiaux qui ressemblent Ă  des immeubles de bureaux, c’est un non sens. Bien qu’il domine les autres espèces, l’homme ne peut se passer de la Nature.

Il en est solidaire, il a besoin d’elle pour recycler l’oxygène, l’eau… Il appartient Ă  la biosphère. Il est solidaire des plantes et des animaux. Dans l’Espace, il faut qu’il emmène avec lui une nature organisĂ©e, une « Techno Nature » placĂ©e sous sa protection.

D’oĂą l’importance de l’expĂ©rience amĂ©ricaine « Biosphère 2″ oĂą huit personnes passent deux ans dans un Ă©cosystème fermĂ© complet sous une bulle Ă©tanche, ne communiquant avec l’extĂ©rieur que par des informations, sans apport de matière. Au-dedans, on voit non pas une forĂŞt vierge, mais un potager moderniste, dans lequel tout est recyclĂ©. Ce morceau de Nature est destinĂ©, ultĂ©rieurement, Ă  ĂŞtre placĂ© en orbite puis contrĂ´lĂ© dans son Ă©volution. Puis, dans les siècles Ă  venir, les planètes creuses artificielles iront vers d’autres systèmes solaires, de sorte que l’homme deviendra le messager de la vie Ă  travers les Ă©toiles, mĂŞme après la mort du soleil.

Une référence : le milieu du 19ème siècle

Alors, que se passera-t-il au 21ème siècle ?

Les prochaines dĂ©cennies sont très durement menacĂ©es par les consĂ©quences de l’implosion des villes, la montĂ©e de l’exclusion et des systèmes maffieux. Les premiers scĂ©narios qui viennent Ă  l’esprit sont noirs. Ils ont l’odeur du chaos. On n’arrive pas Ă  voir au-delĂ  des confrontations entre une sociĂ©tĂ© officielle affaiblie, rongĂ©e de luttes intestines, sans vĂ©ritable projet, et des exclus qui frappent Ă  la porte de plus en plus durement.

NĂ©anmoins, l’Histoire relativise nos visions catastrophistes. L’espèce humaine en a vu d’autres. Et elle s’en est tirĂ©e. Nos ancĂŞtres, au XIX° siècle, sont en Europe devant une situation comparable Ă  celle du monde Ă  la fin du vingtième siècle : En 1848, la classe dirigeante perd ses illusions. Face Ă  un prolĂ©tariat subissant des conditions de pauvretĂ© et d’insalubritĂ© lamentables, elle se divise en deux courants d’opinion : un courant humaniste et un courant conservateur.

Les humanistes disent : « Nous n’avons pas le droit de laisser des ĂŞtres humains vivre dans de pareilles conditions, c’est inadmissible ». Ils ont raison. Et les conservateurs ajoutent : « Mais, attention, ils deviennent dangereux ! ». Ils ont raison aussi. Les uns et les autres aboutissent Ă  la mĂŞme conclusion : Il faut faire quelque chose.

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Des moyens Ă©normes sont alors mobilisĂ©s. On passe d’une petite bourgeoisie frileuse, Ă  l’esprit Ă©troit, qui compte ses sous, fait du contentieux, envoie ses dĂ©biteurs en prison, Ă  une grande bourgeoisie au long cours, qui investit massivement, construit les chemins de fer, les grands magasins, les banques, l’industrie lourde, les routes, le canal de Suez et celui de Panama. Elle prend des risques immenses, manifeste une vision mondialiste et, pour mener Ă  bien ses projets, crĂ©e de la monnaie par « transformation du crĂ©dit » (cette expression dĂ©signe l’utilisation de l’argent des dĂ©pĂ´ts exigibles Ă  court terme pour des investissements Ă  long terme, en espĂ©rant que les dĂ©posants ne rĂ©clameront pas tous leur dĂ» en mĂŞme temps. Ce genre de pratique crĂ©e de la monnaie. De nos jours, elle est attentivement contrĂ´lĂ©e par les autoritĂ©s monĂ©taires (ratio Cooke…). Mais des Ă©missions en monnaies Ă©trangères (euro-dollars, euro-yens) Ă©chappent encore Ă  ces limitations).

Nos ancĂŞtres structurent les villes (Haussmann) et structurent les esprits (Jules Ferry). Dans l’Angleterre de la Reine Victoria, et dans l’Allemagne de Bismarck, c’est le mĂŞme mouvement que dans la France de NapolĂ©on III : des investissements d’urbanisme, d’Ă©ducation et de contrĂ´le social d’une ampleur formidable. Et ça rĂ©ussit ! Au lieu de la rĂ©volution prĂ©vue par Marx, et malgrĂ© deux guerres mondiales, l’Europe de l’Ouest connaĂ®t au vingtième siècle la plus grande prospĂ©ritĂ© de son histoire.

Les villes europĂ©ennes abordent les annĂ©es 1900 avec des avenues assez larges pour accueillir l’automobile, bien que tracĂ©es avant son invention, et une population assez instruite pour s’intĂ©grer dans l’Ă©conomie industrielle. L’Europe doit son dĂ©veloppement actuel Ă  la structuration urbaine du siècle dernier, qui d’ailleurs n’Ă©tait pas sans arrière-pensĂ©e de maintien de l’ordre, et aussi Ă  sa structuration Ă©ducative qui n’Ă©tait pas non plus sans intention de contrĂ´le social.

Cette rĂ©fĂ©rence nous place dans une prospective de la rupture. Si les mĂŞmes causes produisent les mĂŞmes effets, alors, quand la situation devient intolĂ©rable, la classe dirigeante prend peur et fait ce qu’il faut pour que ça cesse. La rĂ©ponse du siècle dernier prĂ©sente un caractère universel : on structure l’espace ; on structure les esprits. Elle est faite de grands programmes, menĂ©s avec les meilleures technologies de l’Ă©poque. On peut conjecturer que la rĂ©ponse du dĂ©but du 21ème siècle Ă  la montĂ©e des dangers sera de mĂŞme nature, mais avec des moyens techniques autrement puissants.

1980-2020 : La société du spectacle.

Le soulagement suivant la chute du mur de Berlin est de courte durĂ©e. L’ordre bipolaire de la guerre froide recouvrait une toute autre rĂ©alitĂ©. L’ocĂ©an des pouvoirs des blocs se retire, dĂ©litĂ© par les tĂ©lĂ©communications. Les particularismes tribaux et religieux refont surface, tels de vieux rochers qu’on avait oubliĂ©s.

Le monde de la fin du vingtième siècle est une mosaĂŻque d’ethnies irascibles, attachĂ©es Ă  des valeurs du passĂ©, comme fĂ©tichisant la possession de territoires ou de positions privilĂ©giĂ©es. Après le Liban, la Yougoslavie, l’Inde, l’Asie centrale, l’Afrique sont saisis de pulsions intĂ©gristes et de persĂ©cutions ethniques. L’Asie se rĂ©arme. Des affrontements raciaux, sporadiques et complexes, Ă©clatent ici et lĂ , comme des bulles de haine Ă  la surface du chaudron du diable.

On croyait avoir dĂ©finitivement banni de telles atrocitĂ©s. C’Ă©tait oublier trop vite le dĂ©sarroi des illettrĂ©s, le dĂ©sespoir du chĂ´mage, la rĂ©action Ă  l’exclusion. Sans avenir crĂ©dible, on se jette dans les bras des forces du passĂ©. Dans les pays de l’Est, les chefs ont Ă©tĂ© chassĂ©s, mais les sous chefs sont encore lĂ . Ils reprĂ©sentent un recours, d’esprit plus Ă©troit.

NĂ©anmoins, le nouveau système technique continue sa progression, apportant avec lui de nouvelles façons de faire. La technique est, dans ce monde troublĂ©, le lieu oĂą l’intelligence a raison de la force, et cela jusqu’au cĹ“ur du domaine d’Ă©lection de la force brute : celui des armements.

Par ailleurs, la technique moderne relie les hommes, par-dessus les croyances et les frontières. Bien qu’inventĂ©e après le tĂ©lĂ©phone, la tĂ©lĂ©vision est mise en place avant. Elle institue une sociĂ©tĂ© du spectacle, planĂ©taire, oĂą la rĂ©alitĂ© est transfigurĂ©e, conditionnĂ©e pour capter une attention fugitive. Elle injecte subrepticement des messages publicitaires dans le mental du public, entretient des confusions en mĂŞme temps qu’elle apporte de vraies informations, sollicite les pulsions en mĂŞme temps qu’elle fait place aux arts et ouvre Ă  la connaissance de la Nature.

Le monde est ivre. Il a perdu ses repères. La surinformation produit des effets hallucinogènes. Des individus s’isolent au moyen de leur baladeur ou se livrent Ă  un dialogue compulsif avec leur jeu vidĂ©o. Comme celle de la fascination, l’habitude de la manipulation des esprits s’installe insensiblement et devient comme naturelle. Avec un « reality show », un inconnu peut en quelques jours ĂŞtre adulĂ© de millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Il peut aussi vite retomber dans le purgatoire de la rĂ©probation. On joue « Dallas » Ă  tous les Ă©tages.

Les mĂ©dias enseignent sans le vouloir la passivitĂ©. Ils absorbent l’Ă©nergie du spectateur dans des intrigues Ă©trangères. Ayant vĂ©cu par procuration des Ă©vĂ©nements hors du commun, l’individu n’a plus le dĂ©sir d’entreprendre Ă  sa propre mesure. Il devient soit mĂ©galomane, soit dĂ©primĂ©. Des millions de personnes cherchent un emploi. Il y a de moins en moins d’entrepreneurs pour les embaucher. Partout, on manque d’employeurs plus que d’employĂ©s.

Les milieux financiers sont touchĂ©s. Ils interfèrent avec le mĂ©diatique. Les grands entrepreneurs rachètent des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision. L’argent et la crĂ©dibilitĂ© s’enchevĂŞtrent. Les fortunes se font et se dĂ©font de plus en plus vite. Un raider peut lever en trois coups de tĂ©lĂ©phone l’Ă©quivalent du salaire annuel d’un million de paysans indiens. Les places financières, interconnectĂ©es, ballottent des milliards de dollars Ă  travers la planète au grĂ© des vagues spĂ©culatives. Les rĂ©gions et les mĂ©tiers sont Ă  la merci d’ouragans imprĂ©visibles, aux causes lointaines, insaisissables et alĂ©atoires. L’exclusion s’accroĂ®t. Les troubles aussi. La crainte du danger monte. On sent comme des forces telluriques qui fermentent dans les banlieues, s’apprĂŞtant Ă  faire craquer l’ancien monde. La chrysalide se prĂ©pare Ă  accoucher, mais de quoi ?

2020-2060 : La sociĂ©tĂ© d’enseignement.

Le capitalisme avait gagnĂ©. L’Europe de l’Est, puis la Chine, puis l’Inde s’Ă©taient lancĂ©es avec un zèle de nĂ©ophyte dans la recherche effrĂ©nĂ©e du profit. Mais, dès la fin du vingtième siècle, un milliard d’ĂŞtres humains ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leurs terres par la concurrence des agricultures industrialisĂ©es. Leurs enfants sont dans l’errance. Ils ne peuvent plus retourner cultiver la terre, car le savoir-faire de leurs ancĂŞtres ne leur a pas Ă©tĂ© transmis. Ils ne peuvent pas non plus s’intĂ©grer Ă  la sociĂ©tĂ© technologique moderne, car l’Ă©cole n’Ă©tait pas prĂŞte Ă  les accueillir. Ce sont des « sauvages urbains », des femmes et des hommes Ă©levĂ©s hors de toute culture, revenus en quelque sorte Ă  l’Ă©tat de Nature, obligĂ©s de considĂ©rer la ville comme une jungle et d’y inventer de nouveaux moyens de survie. Plus de la moitiĂ© de l’espèce humaine est maintenant urbanisĂ©e. L’insĂ©curitĂ© gagne le centre des mĂ©galopoles, Ă  Los Angeles comme Ă  Mexico, Ă  Bombay comme Ă  Alger. Il n’y a plus des pays riches d’un cĂ´tĂ© et des pays pauvres de l’autre, mais des riches et des pauvres Ă  cent mètres les uns des autres, sur toute la planète.

Les Ă©vĂ©nements dramatiques et destructeurs des annĂ©es 2010 saisissent de peur la classe dirigeante. Le marchĂ© des blindages, des serrures et des camĂ©ras de protection n’a jamais Ă©tĂ© aussi florissant. Après quelques annĂ©es de rĂ©pression et de protection, il lui faut se rendre Ă  l’Ă©vidence : on ne peut pas endiguer cette marĂ©e de violence. Il faut s’attaquer Ă  sa cause et changer complètement de stratĂ©gie. On croyait Ă  l’Ă©conomie libĂ©rale. Il s’avère qu’elle sert de feuille de vigne Ă  des maffias. Les rapports de force perdurent, mais transfigurĂ©s. Ils s’appuient dĂ©sormais sur des « systèmes drogue ». Aux stupĂ©fiants anciens sont venus s’ajouter de multiples accoutumances et asservissements, imprĂ©gnant le commerce ordinaire, qui enfoncent l’individu dans des comportements auto destructeurs, sur fond de dĂ©sespoir.

Les dĂ©fenses des humains sont prises en dĂ©faut par cette attaque de leur volontĂ© mĂŞme. Aussi la rĂ©action est-elle Ă  la mesure de la menace. Le laisser-faire libĂ©ral est accusĂ© de laisser aller. Les formidables moyens de la technique, en particulier les univers virtuels, sont rĂ©quisitionnĂ©s au nom de la vertu. Les valeurs anciennes sont rejetĂ©es. En situation d’urgence, l’ambiguĂŻtĂ© n’a plus sa place. Les dĂ©licats dosages politiques et la tolĂ©rance d’autrefois sont considĂ©rĂ©s comme dĂ©cadents, plus dangereux que la force brute, qui au moins s’affiche clairement.

Structurant le mental et les comportements, la sociĂ©tĂ© d’enseignement s’Ă©tablit alors, en rĂ©action Ă  la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente, perçue comme laxiste. Elle normalise comme l’Ă©cole de Jules Ferry ou de l’empereur Meiji, mais avec des moyens autrement puissants. Les esprits sont mis au carrĂ© par des logiciels d’entraĂ®nement mental. Les tests de conditionnement sont rendus obligatoires, en prĂ©alable mĂŞme Ă  des gestes quotidiens, tels des retraits bancaires.

AidĂ© d’une technologie appropriĂ©e, le contrĂ´le social se fait beaucoup plus strict.

L’utilisation de badges magnĂ©tiques dĂ©tectĂ©s par radar est gĂ©nĂ©ralisĂ©e. L’ouverture des portes des bureaux, des commerces et mĂŞme de certains lieux publics se fait automatiquement, mais seulement devant le porteur du sĂ©same prĂ©vu.

Après la dure prise de conscience de la classe dirigeante, la sociĂ©tĂ© s’organise autour d’un projet global : la domestication de l’homme par l’homme.

Nous ne pouvons pas espĂ©rer maĂ®triser les techniques modernes avec des humains sauvages restĂ©s biologiquement au niveau d’un primate des savanes, pense-t-on. On ne sait pas non plus modifier le gĂ©nome de l’homme pour en faire un ĂŞtre adaptĂ© Ă  ce nouvel environnement. Il faut donc le domestiquer. La plasticitĂ© de son comportement s’y prĂŞte. Elle est due Ă  la « nĂ©otĂ©nie », ce retard de maturation qui lui permet de conserver jusqu’Ă  l’âge adulte l’adaptabilitĂ© des enfants. Les marchands l’avaient exploitĂ©e pour fidĂ©liser le client. Il faut maintenant le mettre au service d’un processus Ă©nergique d’adaptation : l’enseignement.

Les grands projets techniques sont lancĂ©s. D’abord des citĂ©s marines, pour dĂ©sengorger les cĂ´tes saturĂ©es, et accueillir des masses de population errantes, puis d’immenses opĂ©rations d’urbanisme. On supprime les quartiers insalubres. On construit dans des lieux isolĂ©s des citĂ©s d’enseignement, capables d’intĂ©grer les « animaux humains » dans un environnement scientifique et technique.

Les espaces ruraux dĂ©laissĂ©s par suite des migrations vers les villes sont rĂ©appropriĂ©s par des organismes d’amĂ©nagement, qui Ă©tablissent un programme planĂ©taire de reboisement et de rĂ©habilitation de la Nature. On se met d’accord sur un immense projet de vie dans l’Espace, dans un esprit de conquĂŞte, comme la plus grande dĂ©monstration des capacitĂ©s de l’espèce humaine, dĂ©sormais capable d’Ă©chapper mĂŞme Ă  la mort du soleil. On veut aussi y transporter des performances. Dans une planète creuse tournant au ralenti, oĂą règne une pesanteur dix fois plus faible que sur terre, le patinage artistique, le saut Ă  ski et le vol libre deviennent des spectacles fabuleux. Ce sont des cathĂ©drales mĂ©diatiques, Ă  la gloire du corps humain.

Mais les dirigeants conservent aussi une arrière-pensĂ©e. Le jour venu, les citĂ©s lointaines et isolĂ©es, les villes marines et mĂŞme les planètes creuses artificielles ne seraient-elles pas bien utiles pour se dĂ©barrasser des personnages indĂ©sirables sur terre ? La colonisation du nouveau monde s’Ă©tait grossie des marginaux et dĂ©linquants dont ne voulait plus la vieille Europe. Il y a des hĂ©ros chez les pionniers. Il y a aussi des desperados qui s’Ă©chappent d’un monde hostile.

2060-2100 : La société de création.

Les contradictions de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente deviennent sensibles. L’Ă©ducation de masse, dĂ©multipliĂ©e par les formidables moyens techniques de l’industrie hallucinogène, a mis au moule les cerveaux. La paix sociale se paye en baisse de crĂ©ativitĂ©. Les dangers sont Ă©loignĂ©s. Mais les nouvelles gĂ©nĂ©rations, Ă©duquĂ©es aux disciplines du corps et de l’esprit, sont beaucoup mieux armĂ©es qu’autrefois. Elles veulent exercer leur autonomie. Le conformisme de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente est accusĂ© de contrarier les pulsions, de s’opposer au mouvement de la vie mĂŞme.

On se mĂ©fie dĂ©sormais des performances intellectuelles machinales. La compĂ©tition homme/machine, avec ses jeux dĂ©lirants, Ă©tait allĂ©e jusqu’aux olympiades. Trop d’exercice mental ferme la voie du cĹ“ur. On s’affirme dĂ©sormais autrement, par des dĂ©monstrations d’indĂ©pendance et d’universalitĂ©. L’homme veut organiser le monde, dit-on, mais il n’est mĂŞme plus capable de survivre Ă  la lisière de la forĂŞt oĂą vĂ©curent nos ancĂŞtres, prĂ©cisĂ©ment lĂ  oĂą l’espèce humaine s’est biologiquement constituĂ©e.

Les nouvelles cellules de vie sont petites, portables et autonomes. Elles peuvent s’installer n’importe oĂą : dans le dĂ©sert, sur la banquise, au fond des mers, dans une planète creuse. La qualitĂ© de l’expĂ©rience vĂ©cue, la capacitĂ© de rĂ©soudre la survie avec les moyens du bord, le talent Ă  transformer des contraintes en dĂ©fis, la crĂ©ation d’environnements nouveaux, adaptĂ©s Ă  l’Ă©thologie humaine, sont perçus comme vraiment porteurs de valeurs universelles. L’homme se prĂ©pare Ă  un destin cosmique. Ainsi, la sociĂ©tĂ© de crĂ©ation se constitue en refus des contraintes des formations musclĂ©es de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente. Elle recherche la libertĂ© Ă  la fois par plaisir et par nĂ©cessitĂ© : le plaisir de crĂ©er et la thĂ©rapie de la crĂ©ativitĂ©, vĂ©cue comme un bol d’air au sortir d’une norme Ă©touffante.

La deuxième partie de ce texte est disponible ici.

La troisième partie de ce texte est disponible ici.

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du TraitĂ© de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejetĂ© le traitĂ© de Lisbonne (1), les Irlandais votaient Ă  nouveau aujourd’hui sur ce texte rĂ©formant le fonctionnement de l’Union europĂ©enne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un rĂ©cent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traitĂ©. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer dĂ©finitivement le traitĂ©.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dĂ» se prononcer sur un traitĂ© europĂ©en mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelĂ©s Ă  s’exprimer sur la ratification d’un traitĂ© europĂ©en après avoir rejetĂ© le texte lors d’un 1er rĂ©fĂ©rendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvĂ© la ratification du traitĂ© de Nice après avoir majoritairement votĂ© contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple Ă  rĂ©pĂ©tition jusqu’Ă  ce que, Ă  coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est dĂ©sormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « dĂ©mocratie » au 21ème siècle.

ProtĂ©gez l’indĂ©pendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons Ă  faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont Ă©crites. Les plus grandes dĂ©cisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont Ă©tĂ© depuis annulĂ©es par la Cour de Justice europĂ©enne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet Ă  l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles rĂ©gions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traitĂ© qui n’est pas mis dans la pierre, Ă  la diffĂ©rence de notre propre constitution.

C’est un traitĂ© flexible est prĂ©vu pour ĂŞtre amendĂ© par l’Ă©lite europĂ©enne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrĂŞmement vulnĂ©rables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit ĂŞtre condamnĂ© Ă  mort, tout le monde a droit Ă  la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un Ă©tat peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. LĂ  vous avez  » une porte dĂ©robĂ©e « ‘ par quoi l’article principal peut ĂŞtre diluĂ© ou niĂ© entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’Ă©tude du traitĂ© et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier Ă  Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non Ă©lu, pour ĂŞtre le prĂ©sident de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas Ă©tĂ© bonne pour l’Irlande ? Nous avons donnĂ© Ă  l’UE notre stock de pĂŞche. L’industrie de pĂŞche a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par consĂ©quent. Maintenant, nos fermiers sont forcĂ©s de vendre du lait moins cher que le prix coĂ»tant, Ă©tant handicapĂ©s par le poids de la bureaucratie europĂ©enne.

Le totalitarisme de l’UE avance Ă  pas feutrĂ©s : avez-vous remarquĂ© comment, avec chaque traitĂ© europĂ©en successif, comment nous nous sommes dĂ©placĂ© de l’intĂ©gration Ă©conomique vers l’intĂ©gration politique ? Est cela la dĂ©mocratie qui consiste Ă  proposer aux gens le mĂŞme traitĂ© sur lequel nous avons dĂ©jĂ  votĂ© ? Est cela la dĂ©mocratie, refuser dans les États membres un rĂ©fĂ©rendum aux citoyens ? Était cela la dĂ©mocratie pour d’autres Ă©tats de ratifier le traitĂ© contre les vĹ“ux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon cĂ´tĂ© de l’Histoire … Votons NON Ă  Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

Suivre l’information en continu sur le Forum Mecanopolis

août 18 2009

Pourquoi Obama doit faire des concessions sur sa réforme de la santé

Obama est dĂ©terminĂ© Ă  ĂŞtre le prĂ©sident qui rĂ©ussit Ă  rĂ©former un système de santĂ© coĂ»teux et inefficace. Mais les RĂ©publicains ont jurĂ© d’en faire le Waterloo du gouvernement. Des concessions importantes aux lobbies ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© consenties.

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L’assurance-santĂ© amĂ©ricaine, un système cher et inĂ©gal

Le système de santĂ© amĂ©ricain a deux problèmes : il est cher, le plus cher du monde, et 15% des AmĂ©ricains ne sont pas couverts. 46 millions de personnes vivent en effet sans aucune assurance. Les raisons sont multiples : leur entreprise n’en propose pas, l’assurance privĂ©e coĂ»te trop chère ou ne veut pas d’eux, ils ne sont pas Ă©ligibles aux programmes publics, ou tout simplement, ils ne pensent Ă  prendre une assurance que le jour oĂą il tombent malade. Au problème des non assurĂ©s s’ajoute celui des mal assurĂ©s : ceux qui cotisent tous les mois depuis dix ans mais qui, le jour oĂą ils ont besoin d’un traitement cher, se retrouvent le bec dans l’eau parce que l’assureur trouve le moyen d’Ă©chapper au remboursement du soin, voire mĂŞme d’annuler le contrat.

Deuxième problème : des dĂ©penses de santĂ© faramineuses qui s’Ă©lèvent Ă  plus de 2000 milliards de dollars par an. Soit 16% du PIB du pays contre 11% en France. Au rythme actuel, ces dĂ©penses absorberont dans dix ans un cinquième de la richesse nationale. Beaucoup d’argent pour financer un système qui ne figure qu’en 37ème position du classement mondial de l’OMS.

Les pistes de réforme

Obama veut rendre l’assurance obligatoire pour tous les AmĂ©ricains. La majoritĂ© d’entre eux sont bien couverts par leur employeur et apprĂ©hendent « l’intrusion » du gouvernement. Mais pour Obama, il ne s’agit pas d’imposer une nationalisation totale de l’assurance mais de donner le choix entre une option privĂ©e, davantage rĂ©glementĂ©e, et une option publique.

Dans le secteur privĂ©, d’abord, la rĂ©forme prĂ©voit que les assureurs n’aient plus le droit de refuser un client, ou de lui faire payer plus cher pour des questions d’ âge ou de santĂ©. Ils seraient Ă©galement obligĂ©s de fournir une couverture minimale. Par ailleurs, tous les employeurs (sauf les plus petites entreprises) seraient obligĂ©s de proposer une assurance, sous peine de payer une taxe supplĂ©mentaire.

Pour ce qui est de l’option publique, destinĂ©e Ă  ceux qui ne peuvent se payer de couverture privĂ©e, Obama veut Ă©tendre le programme qui existe dĂ©jĂ  pour les plus de 65 ans, le Medicare. CrĂ©er une assurance publique qui ferait concurrence au privĂ© est en effet selon lui « le meilleur moyen d’obliger les compagnies privĂ©es Ă  baisser leur prix et Ă  ĂŞtre honnĂŞtes ». Le coĂ»t de l’extension de la couverture est Ă©valuĂ© Ă  1 000 milliards de dollars sur dix ans.

Les opposants : les professionnels de santé et les assurances

Sans surprise, ceux qui s’opposent bec et ongle Ă  la rĂ©forme sont ceux qui risquent d’y perdre gros. A commencer par les mĂ©decins, laboratoires et hĂ´pitaux qui constituent « l’offre mĂ©dicale ». Toutes les dĂ©penses de santĂ© vont dans leur poche. Or Obama a jurĂ© qu’il maĂ®triserait les dĂ©penses, notamment en renĂ©gociant Ă  la baisse les prix de certains mĂ©dicaments… L’industrie pharmaceutique amĂ©ricaine met en avant le fait que ce sont justement ses profits juteux qui lui permettent d’ĂŞtre leader en recherche clinique, une recherche dont les rĂ©sultats bĂ©nĂ©ficient ensuite au reste du monde. Toutefois, le milieu mĂ©dical n’est pas foncièrement opposĂ© Ă  la rĂ©forme dans son ensemble : si tous les AmĂ©ricains sont assurĂ©s, cela signifie des millions de clients gagnĂ©s.

Ceux qui craignent vraiment la mise en place de la rĂ©forme, ce sont les assurances privĂ©es. Si le gouvernement impose aux services mĂ©dicaux et laboratoires pharmaceutiques des prix bas, et se prĂ©sente ainsi sur le marchĂ© avec une assurance moins chère, les AmĂ©ricains pourraient dĂ©serter les compagnies privĂ©es. Les assureurs crient au risque de faillite. Selon une Ă©tude du groupe de consultants Lewin, mandatĂ© par une compagnie d’assurance, 88 millions d’AmĂ©ricains quitteraient ainsi leur assurance pour prendre l’option publique.

Enfin, les RĂ©publicains et les quelques DĂ©mocrates conservateurs de la « Blue Dog Coalition », s’opposent Ă  la rĂ©forme pour des raisons budgĂ©taires. Les 1000 milliards de dollars que coĂ»te la rĂ©forme risquent indĂ©niablement d’accroĂ®tre le dĂ©ficit qui a atteint les 1300 milliards de dollars en juillet. Le SĂ©nateur RĂ©publicain Jim DeMint a pour sa part jurĂ© de faire de la rĂ©forme le Waterloo d’Obama.

Les concessions d’Obama

Le texte final de la rĂ©forme ne sera votĂ© qu’Ă  la rentrĂ©e parlementaire. C’est pourquoi les lobbies n’ont pas chĂ´mĂ© cet Ă©tĂ© pour limiter la portĂ©e de la loi. 1,4 million de dollars par jour sont dĂ©pensĂ©s pour prĂ©server le statu quo. 350 anciens membres du Congrès ont Ă©tĂ© embauchĂ©s pour faire du lobbying auprès de leurs anciens collègues.

Source: L’expansion

PS: Ce n’est pas la première fois que l’idĂ©e de rĂ©former le système de santĂ© amĂ©ricain Ă©merge et se fait violemment rabrouer par des rĂ©fĂ©rences pleines de dĂ©magogie, telles que l’allusion Ă  une « voie vers le communiste totalitaire ». À ceux qui n’auraient pas vu l’excellent « Sicko » de Michael Moore, je conseille de jeter un oeil aux vidĂ©os des meilleurs extraits de ce film que nous avions publiĂ©es en fin des articles « Limiter la population pour sauver la planète », deuxième et troisième partie.

juil 31 2009

Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain

Par Michael Hudson

Les membres de l’Organisation de CoopĂ©ration de Shanghai, rĂ©unis Ă  Iekaterinbourg avec l’Inde et le BrĂ©sil, n’ont guère d’autre choix que de rechercher une alternative au dollar, juge l’économiste Michael Hudson. Continuer Ă  financer Ă  crĂ©dit la consommation amĂ©ricaine, les dĂ©penses du Pentagone et de ses 750 bases Ă  l’étranger, en accumulant des dollars et des bons du TrĂ©sor Ă©quivaudrait pour eux Ă  accumuler en parallèle les risques tant financiers que militaires. Ils sont dĂ©sormais contraints, estime-t-il, d’inventer une voie de sortie du dollar. « L’heure est venue pour un monde multipolaire » a affirmĂ© le PrĂ©sident russe Medvedev, et le prĂ©sident de la Banque centrale chinoise lui fait Ă©cho en dĂ©clarant que l’objectif est dĂ©sormais de crĂ©er une monnaie de rĂ©serve internationale qui ne serve pas les intĂ©rĂŞts exclusifs des USA. Hudson indique que les autoritĂ©s amĂ©ricaines se sont vues infliger une fin de non recevoir Ă  leur demande d’assister au sommet de l’OCS. Ce non, dit-il, c’est un mot que les amĂ©ricains vont entendre beaucoup plus souvent Ă  l’avenir.

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La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.

La remise en cause de l’Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentants des six pays de l’ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Cette alliance regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi, le Brésil s’y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Les participants ont assuré à des diplomates américains que leur objectif n’était pas le démantèlement de l’ empire financier et militaire des États-Unis. Ils veulent simplement discuter de l’aide mutuelle, indépendamment du rôle des États-Unis, de l’OTAN ou du dollar américain en tant que support du commerce international. Les diplomates américains se demandent ce que cela signifie vraiment, si ce n’est une étape visant à rendre l’hégémonie américaine obsolète. C’est ce que signifie « monde multipolaire », après tout. Pour commencer, en 2005, l’OCS avait demandé à Washington d’établir un calendrier de retrait de ses bases militaires en Asie centrale. Deux ans plus tard, les pays de l’OCS se sont ralliés officiellement à la position des ex-républiques de la CEI appartenant à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), qui avait été fondée en 2002 en tant que contrepoids à l’OTAN.

Pourtant, la réunion n’a suscité que le désintérêt collectif de la presse aux États-Unis et même en Europe, bien que l’ ordre du jour y soit de remplacer le standard mondial du dollar par un nouveau système financier, ainsi qu’un nouveau système de coopération pour la défense. Un porte-parole du Conseil des Relations Extérieures (Un institut d’études géopolitiques américain, ndt) a déclaré qu’il pouvait difficilement imaginer que la Russie et la Chine puissent surmonter leurs rivalités géopolitiques, suggérant que l’Amérique peut pratiquer le « diviser pour régner » que la Grande-Bretagne a si habilement utilisé durant de nombreux siècles pour fragmenter les oppositions dans son propre empire. Mais George W. Bush ( qui déclarait « Je suis un rassembleur, non un diviseur ») s’est placé dans la continuité de l’administration Clinton pour pousser la Russie, la Chine et leurs voisins à trouver un terrain d’entente, lorsqu’il s’agit de trouver une alternative au dollar, et du même coup à la possibilité pour les Etats-Unis de prolonger indéfiniment leur déficit de la balance des paiements.

Cette séquence, qui pourrait représenter les dernières manifestations de l’hégémonie américaine, a débuté dès le mois d’avril lors de la conférence du G-20, et est devenue encore plus explicite à Saint-Pétersbourg au Forum économique international du 5 Juin, lorsque M. Medvedev a demandé à la Chine, la Russie et l’Inde de « construire un ordre mondial de plus en plus multipolaire. » Ce qui signifie en clair : nous avons atteint nos limites en ce qui concerne les subventions à l’encerclement militaire de l’Eurasie par les Etats-Unis, tout en les laissant s’approprier nos exportations, nos entreprises, les actifs et les biens immobiliers en échange d’une monnaie de papier de valeur douteuse.

« Le système unipolaire maintenu artificiellement » dont a parlé M. Medvedev, est fondé sur « un seul grand centre de consommation, financé par un déficit croissant, et donc de plus en plus de dettes, une monnaie de réserve jadis forte et une domination dans le système de l’évaluation des actifs et des risques. » A la racine de la crise financière mondiale, a t-il conclu, il y a le fait que les États-Unis produisent trop peu et dépensent trop. Leurs dépenses militaires sont particulièrement choquantes, comme par exemple le renforcement de l’aide militaire américaine à la Géorgie annoncé la semaine dernière, le bouclier de l’OTAN en Europe de l’Est, et la mainmise des États-Unis dans les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

Le point de friction avec tous ces pays est celui de la capacitĂ© qu’ont les États-Unis de faire fonctionner indĂ©finiment la planche Ă  billets. Le surplus de dĂ©penses d’importations des consommateurs amĂ©ricains par rapport aux exportations, les rachats par les USA de quantitĂ©s de sociĂ©tĂ©s Ă©trangères et de biens immobiliers, les dĂ©penses que le Pentagone effectue Ă  l’étranger : tous ces dollars aboutissent dans les banques centrales Ă©trangères. Elles sont ensuite confrontĂ©es Ă  un choix difficile : soit recycler ces dollars aux États-Unis en achetant des bons du trĂ©sor amĂ©ricains, soit laisser le « marchĂ© libre » dĂ©terminer le cours de leur monnaie par rapport au dollar – et par lĂ  mĂŞme Ă  dĂ©terminer le prix de leurs exportations sur les marchĂ©s mondiaux, crĂ©ant ainsi du chĂ´mage et provoquant la faillite d’entreprises.

Lorsque la Chine et d’autres pays recyclent leurs flux de dollar US en achetant des bons du Trésor pour « investir » aux États-Unis, cette accumulation n’est pas vraiment volontaire. Cela ne reflète pas une foi en l’économie américaine qui rémunèrerait l’épargne des banques centrales, ni une quelconque préférence d’investissement, mais tout simplement un manque d’alternatives. Les « marchés libres » à la mode des USA piègent les pays dans un système qui les obligent à accepter indéfiniment des dollars. Mais désormais, ils veulent en sortir.

Cela implique la création d’une nouvelle alternative. Plutôt que de faire simplement « des changements cosmétiques comme certains pays et peut-être les organisations financières internationales pourraient le vouloir », comme l’a dit M. Medvedev à Saint-Pétersbourg : « ce dont nous avons besoin, ce sont des institutions financières d’un type tout à fait nouveau, où ne domineraient ni les problèmes politiques et les motivations [sous-jacentes], ni aucun pays en particulier. »

Lorsque les dĂ©penses militaires Ă  l’étranger ont provoquĂ© le dĂ©ficit, la balance des paiements US et ont conduit les Etats-Unis Ă  abandonner l’étalon or en 1971, les banques centrales se sont trouvĂ©es dĂ©munies de cet actif traditionnellement utilisĂ© pour solder les dĂ©sĂ©quilibres des paiements. La solution par dĂ©faut a consistĂ© Ă  investir les flux issus des paiements ultĂ©rieurs en obligations du TrĂ©sor amĂ©ricain, comme si celles-ci Ă©taient « aussi fiables que l’or ». Les banques centrales dĂ©tiennent maintenant pour 4 000 milliards de dollars de ces obligations dans leurs rĂ©serves internationales. Ces prĂŞts ont Ă©galement financĂ© la plupart des dĂ©ficits budgĂ©taires du gouvernement amĂ©ricain depuis maintenant plus de trois dĂ©cennies ! Etant donnĂ© que la moitiĂ© environ des dĂ©penses discrĂ©tionnaires du gouvernement amĂ©ricain est consacrĂ©e aux opĂ©rations militaires – dont plus de 750 bases militaires Ă  l’étranger et dans des opĂ©rations de plus en plus coĂ»teuses dans les pays producteurs de pĂ©trole et ceux qui permettent son transit – le système financier international est organisĂ© de manière Ă  financer le Pentagone, ainsi que les rachats par les États-Unis d’actifs Ă©trangers censĂ©s rapporter beaucoup plus que les bons du TrĂ©sor que les banques centrales Ă©trangères dĂ©tiennent.

La principale question Ă  laquelle sont confrontĂ©es les banques centrales mondiales est donc de savoir comment Ă©viter d’ajouter encore plus de dollars US Ă  leurs rĂ©serves et, par consĂ©quent, de financer encore plus les dĂ©penses qui creusent le dĂ©ficit des États-Unis – y compris les dĂ©penses militaires Ă  leurs propres frontières ?

Pour commencer, les six pays de SCO et les pays du BRIC ont l’intention de commercer dans leurs propres monnaies afin de bénéficier mutuellement du crédit que les États-Unis avait monopolisé jusqu’à présent à son profit. À cette fin, la Chine a passé des accords bilatéraux avec l’Argentine et le Brésil pour effectuer leur échanges commerciaux en renminbi, la monnaie chinoise, plutôt qu’en dollar, en livre sterling ou en euros. Il y a deux semaines, la Chine a également conclu un accord avec la Malaisie pour que les deux pays commercent en renminbi. L’ancien Premier ministre, le Dr. Tun Mahathir Mohamad, m’a expliqué en janvier qu’en tant que pays musulman la Malaisie voulait éviter de faire tout ce qui pourrait faciliter l’action militaire américaine contre les pays islamiques, y compris la Palestine. La nation a trop d’actifs en dollars, ont expliqué ses collègues. Le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a écrit officiellement sur son site Internet que l’objectif est maintenant de créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière ». C’est l’objet des discussions à Iekaterinbourg.

En plus d’éviter de financer la prise de contrĂ´le par les États-Unis de leur propre industrie et l’encerclement militaire amĂ©ricain de la planète, la Chine, la Russie et d’autres pays voudraient certainement se dĂ©velopper comme l’AmĂ©rique l’a fait. En fait, ils considèrent les États-Unis comme une nation hors-la-loi, financièrement et militairement. Comment caractĂ©riser autrement une nation qui promulgue un ensemble de lois pour les autres – sur la guerre, le remboursement de la dette et le traitement des dĂ©tenus – mais n’en tient pas compte elle-mĂŞme ? Les États-Unis sont maintenant le plus grand dĂ©biteur mais ont Ă©vitĂ© la punition des « ajustements structurels » imposĂ©s Ă  d’autres pays endettĂ©s. Les taux d’intĂ©rĂŞt US et les rĂ©ductions d’impĂ´t, alors que les dĂ©ficits commerciaux et budgĂ©taires explosent, sont considĂ©rĂ©s comme le comble de l’hypocrisie, lorsqu’ils sont comparĂ©s Ă  l’austĂ©ritĂ© que les programmes de Washington imposent aux autres pays par le biais du FMI et des officines de Washington.

Les États-Unis demandent aux pays endettés de vendre leurs services publics et leurs ressources naturelles, d’augmenter leurs taux d’intérêts et d’augmenter les impôts au détriment de la paix sociale pour dégager un maximum d’argent et payer les créanciers.

Et aux USA, le Congrès a empêché la société Chinoise CNOOK d’acheter Unocal pour des raisons de sécurité nationale, tout comme il a empêché Dubaï d’acquérir des exploitations portuaires américaines et empêché des fonds souverains d’acheter des infrastructures clés. Les étrangers sont invités à imiter les japonais qui avaient investi dans des « éléphants blancs » comme le Rockfeller Center, sur lequel les investisseurs ont rapidement perdu un milliard de dollars puis ont fini par se retirer.

À cet égard, les États-Unis n’ont pas vraiment laissé à la Chine et aux autres pays en situation d’excédent de la balance des paiements d’autres choix que de devoir trouver un moyen d’éviter de nouvelles accumulations de dollars. À ce jour, la Chine tente de diversifier ses avoirs en dollars ailleurs qu’en bons du Trésor US, qui ne se sont pas révélés très fructueux. Hank Paulson, qui venait de la banque Goldman Sachs, avait conseillé à la banque centrale chinoise d’investir dans les titres à haut rendement émis par Fannie Mae et Freddie Mac, en expliquant que ceux-ci étaient de facto des obligations publiques. Ces titres se sont effondrés en 2008, mais au moins, le gouvernement américain a repris ces deux organismes de prêt hypothécaire, augmentant de facto de 5 200 milliards de dollars la dette nationale. En fait, ce renflouement a été rendu nécessaire en grande partie à cause des investissements effectués par les Etats étrangers.

Infliger des pertes aux investisseurs gouvernementaux étrangers aurait quelque peu atteint la réputation des bons du Trésor, non seulement en détruisant la crédibilité des États-Unis, mais aussi parce que les émissions d’obligations par le gouvernement étaient insuffisantes pour absorber les dollars qui coulaient à flot dans l’économie mondiale avec la montée en flèche du solde déficitaire de la balance des paiements des États-Unis.

En recherchant de nouveaux actifs pour protéger la valeur de leurs avoirs en dollars alors que la bulle de crédit de la Réserve fédérale se traduisait par une baisse des taux d’intérêt, les fonds souverains chinois ont cherché à se diversifier à la fin de 2007. La Chine a pris des participations dans les fonds d’investissement Blackstone et Morgan Stanley à Wall Street, Barclays en Grande-Bretagne, dans la Standard Bank d’Afrique du Sud (qui fut affiliée à la Chase Manhattan du temps de l’apartheid dans les années 1960) et dans le conglomérat financier belge Fortis proche de l’effondrement. Mais le secteur financier américain s’écroulait sous le poids de sa dette phénoménale, et la valeur des actions des banques et des firmes d’investissement a plongé dans le monde entier.

Les étrangers voient le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce comme les représentants de Washington dans un système financier soutenu par les bases militaires américaines et les porte-avions qui entourent la planète. Mais cette domination militaire est un vestige d’un empire américain qui n’est plus en mesure de régner par sa force économique. La puissance militaire américaine est basée davantage sur des armes atomiques et les frappes aériennes à longue distance que sur les opérations au sol, qu’il est devenu politiquement trop impopulaire de monter sur une grande échelle.

Sur le front économique, on ne voit pas comment les États-Unis pourraient trouver les 4 000 milliards de dollars qu’ils doivent aux gouvernements étrangers, à leurs banques centrales et aux fonds souverains mis en place pour écluser la surabondance de dollars. L’Amérique est devenue un mauvais payeur et de fait, un mauvais payeur agressif sur le plan militaire, car elle cherche à conserver le pouvoir sans pareil jadis gagné sur le plan économique. La question qui se pose est de savoir comment peser sur son comportement. Yu Yongding, un ancien conseiller de la banque centrale de Chine désormais membre de l’Académie des Sciences chinoise, a proposé de faire remarquer au secrétaire américain au Trésor Tim Geithner que les États-Unis devraient « épargner » d’abord et avant tout en pratiquant une réduction de leur budget militaire. « Les recettes fiscales des Etats-Unis ne sont pas susceptibles d’augmenter à court terme en raison de la faible croissance économique, de la rigidité des dépenses et du coût de mener deux guerres. »

Ă€ l’heure actuelle, c’est l’épargne Ă©trangère, et non pas celle des amĂ©ricains, qui finance le dĂ©ficit budgĂ©taire amĂ©ricain en achetant la plupart des bons du TrĂ©sor. Cela se traduit par un impĂ´t levĂ© sans la contrepartie d’une reprĂ©sentation des Ă©lecteurs Ă©trangers sur la manière dont le gouvernement des États-Unis utilise leur Ă©pargne forcĂ©e. Pour les « diplomates » du système financier, il est donc nĂ©cessaire d’élargir le champ d’application de leurs politiques, au-delĂ  du seul marchĂ© de secteur privĂ©. Les taux de change sont dĂ©terminĂ©s par de nombreux facteurs, en plus de celui des « consommateurs brandissant des cartes de crĂ©dit » , pour reprendre l’euphĂ©misme habituel qu’utilisent les mĂ©dias amĂ©ricains Ă  propos du dĂ©ficit de la balance des paiements. Depuis le 13ème siècle, la guerre a Ă©tĂ© un facteur dominant dans la balance des paiements des grandes nations – et de leurs dettes. Les obligations d’Etat financent essentiellement des dettes de guerre, dans la mesure ou en temps de paix les budgets ont tendance Ă  ĂŞtre Ă©quilibrĂ©s. Ceci relie directement le budget de la guerre Ă  la balance des paiements et aux taux de change.

Les pays Ă©trangers se voient encombrĂ©s de reconnaissances de dette qui ne seront pas honorĂ©es – dans des conditions telles que s’ils agissent afin de mettre fin au festin amĂ©ricain, le dollar va plonger et leurs avoirs en dollars vont chuter par rapport Ă  leur monnaie nationale et aux autres devises. Si la monnaie chinoise s’apprĂ©cie de 10% par rapport au dollar, sa banque centrale enregistrera l’équivalent de 200 milliards de dollars de pertes sur ses 2 000 milliards de dollars.

Cela explique pourquoi, quand les agences de notation envisagent que les titres du Trésor des États-Unis puissent perdre leur notation AAA, elles ne veulent pas signifier que le gouvernement ne serait pas en mesure d’imprimer des dollars papier pour honorer ses dettes. Elles indiquent plutôt que la valeur du dollar va se déprécier internationalement. Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Lorsque M. Geithner prit un visage grave pour déclarer devant un auditoire à l’Université de Pékin au début du mois de Juin qu’il croyait en un « dollar fort » et que les investissements de la Chine aux États-Unis étaient sûrs, il a été accueilli par des rires sarcastiques.

L’anticipation d’une hausse des taux de change de la Chine incite les spéculateurs à chercher à emprunter des dollars pour acheter du renminbi et bénéficier de la hausse. Pour la Chine, le problème est que ce flux spéculatif deviendrait une prophétie auto-réalisatrice en faisant grimper sa monnaie. De ce fait, le problème des réserves est intrinsèquement lié à celui des contrôles de capitaux. Pourquoi la Chine devrait-elle voir ses compagnies rentables vendues pour des dollars fraîchement créés, que la banque centrale doit utiliser pour acheter à faible taux des bons du trésor américain ou perdre encore plus d’argent à Wall Street ? Pour éviter ce dilemme, il est nécessaire d’inverser la philosophie de l’ouverture des marchés de capitaux que le monde a adopté depuis Bretton Woods en 1944.

A l’occasion de la visite de M. Geithner en Chine, « Zhou Xiaochuan, directeur de la Banque populaire de Chine, la banque centrale du pays, a déclaré que c’était la première fois depuis que les pourparlers semestriels ont commencé en 2006, que la Chine avait besoin d’apprendre des erreurs de l’Amérique tout comme de ses succès » lorsqu’il fut question de la déréglementation des marchés de capitaux et du démantèlement des contrôles.

Une ère est donc arrivée à son terme. Face à des dépenses démesurées des Etats-Unis, la dé-dollarisation menace de forcer les pays à revenir aux doubles taux de change, qui furent fréquents entre les deux guerres mondiales : un taux de change pour le commerce des produits, un autre pour les mouvements de capitaux et les investissements, tout au moins pour les économies de la zone dollar.

Même sans contrôle des capitaux, les pays réunis à Iekaterinbourg prennent des mesures pour éviter de recevoir involontairement de plus en plus de dollars. Voyant que l’hégémonie globale des États-Unis ne peut pas se poursuivre en l’absence du pouvoir d’achat qu’ils leur procurent eux-mêmes, ces gouvernements cherchent à hâter ce que Chalmers Johnson a nommé dans son ouvrage « les douleurs de l’empire » : la faillite de l’ordre mondial financier et militaire américain. Si la Chine, la Russie et leurs alliés non-alignés suivent leur propre chemin, les États-Unis ne pourront plus vivre grâce à l’épargne des autres (sous la forme de leurs propres dollars recyclés), ni disposer de cet argent pour financer des dépenses militaires illimitées.

Des responsables américains voulaient assister à la réunion de Iekaterinbourg en tant qu’observateurs. On leur a répondu : non. C’est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l’avenir.

Michael Hudson est un économiste spécialisé dans le domaine de la balance des paiements. Il a été le conseiller économique en chef du candidat Démocrate à la présidentielle Dennis Kucinich. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire »

Source: Contre-Info

juin 28 2009

« Bertelsmann, une Fondation au service de la gouvernance mondiale », par Pierre Hillard

Par Pierre Hillard, pour Mecanopolis

La Fondation Bertelsmann Ă©voque peu de choses auprès des Français. Nous serions mĂŞme tentĂ©s de dire que cela n’Ă©voque rien du tout. Pourtant, le lecteur doit prendre conscience que les grandes dĂ©cisions sont toujours conçues par une minoritĂ©. Le peuple prĂ©tendu souverain n’a aucune prise sur l’Ă©volution interne et externe du pays. Le choix qu’il porte sur tel ou tel candidat du système ne change rien Ă  la donne parce que ce dernier est, en fin de compte, le produit de l’oligarchie. Parvenu au pouvoir, le « poulain » issu de la matrice financière se voit servi tout frais une sĂ©rie de rapports et de documents qui conditionnent sa politique dans tous les domaines. Ceci est patent dans le cas de la Fondation Bertelsmann.

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En fait, il faut distinguer l’entreprise de la Fondation. A l’origine, l’entreprise a vu le jour en 1835 grâce aux efforts de son fondateur Carl Bertelsmann. Ce dernier et ses successeurs ont su dĂ©velopper leurs affaires au point que la petite imprimerie de la première moitiĂ© du XIXè siècle Ă©tait devenue le premier fournisseur du IIIè Reich Ă  la veille de la Seconde guerre mondiale. A partir de 1945, son jeune prĂ©sident, Reinhard Mohn (descendant de la famille Bertelsmann, mais par les femmes), reprend en main l’affaire familiale et donne Ă  son entreprise la taille d’un empire. En effet, c’est un vĂ©ritable empire des mĂ©dias et de l’Ă©dition qui a vu le jour. Fort d’un chiffre d’affaires de plus de 18 milliards d’euros, Bertelsmann est Ă  la tĂŞte de filiales comme RTL (radio), M6 (tĂ©lĂ©vision) et d’une variĂ©tĂ© de journaux et de revues comme GEO, Femmes Actuelles, VSD, Stern, Gala etc. A cela, il faut ajouter que la plus grande maison d’Ă©dition amĂ©ricaine, Random House, est sous la coupe de cette entreprise germanique. Ainsi, lorsque Barack Obama a publiĂ© son livre en 2006 L’audace de l’espoir chez Random House ; en fait, c’Ă©tait sous l’Ă©gide de Bertelsmann. Enfin, prĂ©cisons que le groupe de distributeurs de livres, France Loisirs, est coiffĂ© par Bertelsmann mĂŞme si ce dernier, selon certaines indiscrĂ©tions, tente de se sĂ©parer de sa filiale française. Cette simple Ă©numĂ©ration suffit Ă  souligner le poids incontournable de ce grand mĂ©dia allemand en Europe mais aussi dans le monde. Cependant, ce poids est d’autant plus renforcĂ© que les dirigeants de Bertelsmann ont su profiter des succès de l’entreprise pour financer la crĂ©ation d’un « laboratoire Ă  idĂ©es » : la Fondation Bertelsmann.

Celle-ci a vu le jour en 1977. Ses objectifs sont clairs. Il s’agit d’Ĺ“uvrer dans trois domaines : la construction europĂ©enne, le renforcement du partenariat transatlantique et Ă©laborer une politique au Proche-Orient subdivisĂ©e en deux parties ; IsraĂ«l et le monde musulman.

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Bertelsmann et ses ramifications (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Dans le cas europĂ©en, les efforts de la Fondation Bertelsmann sont probants puisqu’elle a jouĂ© un rĂ´le dĂ©cisif dans la relance du projet de constitution europĂ©enne après les non français et hollandais en 2005. En effet, un rapport a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Parlement europĂ©en en janvier 2006 appelant Ă  remettre sur les rails l’idĂ©e d’une constitution dotĂ©e de la personnalitĂ© juridique (droit accordĂ© Ă  l’Union europĂ©enne d’ĂŞtre un acteur reconnu sur la scène internationale). MalgrĂ© le non irlandais en juin 2008, le projet de constitution est maintenu. Or, les deux rapporteurs, les dĂ©putĂ©s anglais et autrichien au Parlement europĂ©en, Andrew Duff et Johannes Voggenhuber, ont travaillĂ© en liaison Ă©troite avec la Fondation Bertelsmann. Celle-ci a bĂ©nĂ©ficiĂ© de relais au sein du Parlement europĂ©en comme les prĂ©sidents des commissions des Affaires Ă©trangères et constitutionnelles (Elmar Brok et Jo leinen) pour remettre en vigueur l’idĂ©al politique de ValĂ©ry Giscard d’Estaing. Ce texte doit thĂ©oriquement voir le jour en 2010. Parallèlement Ă  l’Ă©volution de la politique europĂ©enne, la Fondation Bertelsmann s’active dans le renforcement des liens transatlantiques. En fait, cette Fondation se dĂ©mène pour rĂ©ussir Ă  crĂ©er un bloc transatlantique unifiĂ© pour 2015. Ces ambitions vont très loin puisqu’il est spĂ©cifiĂ© qu’une « arène monĂ©taire » doit voit le jour de part et d’autre des rives de l’Atlantique. C’est l’annonce en filigrane d’une monnaie transatlantique. Dans ce cas bien prĂ©cis, l’Europe contre puissance est un vain mot.

Enfin, les activitĂ©s de la Fondation Bertelsmann s’exercent en direction du Proche-Orient : IsraĂ«l et le monde musulman. Dans le cadre du « Dialogue germano-juif » (Deutsch-jĂĽdischer Dialog), Bertelsmann souhaite associer un « troisième pilier » du judaĂŻsme (IsraĂ«l) Ă  ceux des piliers Nord-amĂ©ricain et europĂ©en. Pour ses promoteurs, il s’agit de favoriser l’Ă©mergence d’un immense bloc euro-atlantique prolongĂ© jusqu’Ă  l’État d’IsraĂ«l. Il va de soi qu’une mĂŞme organisation politique, Ă©conomique, militaire et philosophique doit structurer cette immense architecture au sein de laquelle le monde musulman doit s’adapter. C’est tout l’enjeu des « Discussions de Kronberg » (Kronberger Gespräche) qui animent les travaux de la Fondation Bertelsmann. Cette dernière cherche Ă  « moderniser » l’esprit des musulmans afin de les rendre aptes, selon elle, aux exigences de la modernitĂ©. Cela se traduit par une sĂ©rie de mesures allant dans la voie de l’occidentalisation des structures politiques, sociales et morales des sociĂ©tĂ©s musulmanes. D’une certaine manière, c’est une forme de « Vatican II » que Bertelsmann veut imposer aux esprits arabo-musulmans en liaison avec les think tanks anglo-saxons. Une telle politique court le risque d’aviver les tensions avec ces populations rĂ©tives aux prĂ©ceptes occidentaux.

Finalement, les travaux de la Fondation Bertelsmann accompagnent et renforcent les ambitions d’une gouvernance mondiale politique, financière et monĂ©taire dont le coup d’envoi officiel fut lancĂ© lors du Sommet du G-20 Ă  Londres en avril 2009.

Pierre Hillard, pour Mecanopolis


Pierre Hillard est l’auteur du livre « La Fondation Bertelsmann et la gouvernance mondiale »

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Editions François-Xavier de Guibert, 2009

mai 13 2009

PandĂ©mie A/H1N1 : un milliard de victimes d’ici juillet, selon le magazine New Scientist

Mecanopolis

Les mensonges rĂ©pĂ©tĂ©s du prĂ©sident mexicain Felipe Calderon n’y font rien : le virus A/H1N1 continue de se rĂ©pandre sur la planète, Ă  une vitesse tellement exponentielle que le magazine New Scientist estimait hier soir que la grippe porcine pourrait avoir contaminĂ© un milliard d’individus d’ici le mois de juillet (1). De toute Ă©vidence, la phase 6 du niveau d’alerte de pandĂ©mie n’est retardĂ©e que dans le but de laisser suffisamment de temps aux chancelleries pour organiser leurs plans de « distanciation sociale ».

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Mais ce n’est pas la seule mise en garde du magazine New Scientist, pour qui le virus n’est manifestement pas sensible aux tempĂ©ratures estivales.

Les donnĂ©es mexicaines montrent que les cas de pneumonies – une consĂ©quence du A/H1N1 quand il n’est pas soignĂ© rapidement – ont bondi en avril, oĂą la tempĂ©rature de Mexico-City oscille entre 15° et 26° Celsius, ce qui est Ă©galement la tempĂ©rature moyenne Ă  Londres en Ă©tĂ©.

Information complĂ©tĂ©e par une Ă©tude de l’UniversitĂ© de Berkeley (2) qui indique que le A/H1N1 serait mortel dans tous les cas lorsqu’il n’est pas traitĂ© par un anti-viral dans les trois premiers jours. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mexique s’est fait livrer plus d’un million de doses de Tamiflu cette semaine, en mĂŞme temps qu’un retour Ă  la « normale », qui sera assurĂ©ment temporaire.

En outre, la grippe saisonnière tue gĂ©nĂ©ralement les populations très jeunes et très âgĂ©es. Les premières donnĂ©es concernant le AH1N1 montrent qu’un nombre disproportionnĂ© de personnes entre 15 et 54 ans ont Ă©tĂ© hospitalisĂ©es pour une pneumonie sĂ©vère en avril 2009 par rapport aux mĂŞmes pĂ©riodes sur les trois dernières annĂ©es au Mexique. Le mĂŞme groupe d’âge avait Ă©tĂ© touchĂ©s de manière disproportionnĂ©e, en 1918, et lors d’autres pandĂ©mies.

De fait, les malades traitĂ©s dans les hĂ´pitaux reçoivent des doses massives d’oseltamivir (3), sous sa forme injectable, de sorte a ce que l’on soit certain qu’ils puissent figurer du bon cĂ´tĂ© des statistiques.

Malgré ces efforts de propagande, les « cas » ont doublé aux États-Unis ces dernières vingt-quatre heures, et aucun pays ne peut maintenant prétendre ne pas être touché.

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Pandémie et Business

En rĂ©ponse aux bonnes âmes qui s’Ă©taient offusquĂ©es quand Condoleezza Rice avait très vite dĂ©fini le tsunami de dĂ©cembre 2004 comme une « merveilleuse opportunitĂ© » (« qui nous a Ă©tĂ© d’un grand profit », avait-elle ajoutĂ©), il a Ă©tĂ© justement remarquĂ© qu’elle ne faisait qu’exprimer lĂ , de façon certes un peu cavalière, une rĂ©alitĂ© du capitalisme (cf. Naomi Klein, « The rise of disaster Capitalism »). Il y avait cependant quelque naĂŻvetĂ© Ă  faire remonter la mise en place de ce « capitalisme du dĂ©sastre » – formule qui est en elle-mĂŞme un plĂ©onasme – Ă  la dĂ©vastation de l’AmĂ©rique centrale par le cyclone Mitch en octobre 1998, et Ă  principalement ranger sous cette rubrique les opĂ©rations extĂ©rieures de l’administration amĂ©ricaine et de la Banque mondiale, dĂ©sormais planifiĂ©es pour prĂ©parer en mĂŞme temps les interventions militaires Ă  venir et la reconstruction des pays qui n’ont pas Ă©tĂ© encore dĂ©truits, car c’est universellement que le dĂ©chaĂ®nement de calamitĂ©s sans nombre, avec leur combinaison imprĂ©vues et leurs accĂ©lĂ©rations brutales, ouvre un prodigieux chantier aux trusts planĂ©taires du capitalisme. En cela, le A/H1N1 est sans doute le produit le plus avancĂ© de la technologie marchande du XXIème siècle.

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Ce sont les masses qui demandent à être dominées

N’en dĂ©plaise aux amateurs de critique fiction mĂ©lodramatique et conspirative, cette pandĂ©mie ne permettra pas des dĂ©crets de « lois martiales » ou autres bruits de bottes. Nos sociĂ©tĂ©s sont depuis trop longtemps abatardisĂ©es et la manipulation dĂ©mocratique trop raffinĂ©e pour qu’ils soit encore nĂ©cessaire de faire rĂ©gner l’ordre par les armes, et nous aurions tort de penser selon le vieux schĂ©ma : si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vĂ©ritĂ©, elles se rĂ©volteraient. L’histoire moderne n’a pas Ă©tĂ© avare d’exemples contraires, illustrant plutĂ´t, chez les dites masses, une assez constante dĂ©termination Ă  ne pas se rĂ©volter en dĂ©pit de ce qu’elles savaient, et mĂŞme – depuis les camps d’extermination jusqu’Ă  Tchernobyl – Ă  ne pas savoir en dĂ©pit de l’Ă©vidence, ou du moins Ă  se comporter en dĂ©pit de tout comme si elles ne savaient pas.

Les masses ont Ă©tĂ© trop longuement entraĂ®nĂ©es aux sophismes de la rĂ©signation et aux consolations de l’impuissance pour ne pas rester impavide devant la destruction du monde qui se dĂ©roule devant eux. Tout dĂ©montre que l’identification avec le mouvement et le conformisme absolu semblent avoir dĂ©truit jusqu’Ă  la facultĂ© d’ĂŞtre atteint par l’expĂ©rience la plus directe.

L’artifice de la propagande consiste Ă  affirmer Ă  la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient, que l’humanitĂ© pourrait faire collectivement, comme un seul homme, en toute connaissance de cause une fois instruite par les experts est rĂ©gi par un implacable dĂ©terministe qui ramène le choix Ă  celui de vivre ou de pĂ©rir ; c’est-Ă  dire de vivre selon les directives des gouvernements ou de pĂ©rir parce que l’on sera restĂ© sourd Ă  leurs mises en garde. Un tel choix se ramène donc Ă  une contrainte qui règle le vieux problème de savoir si les hommes aiment la servitude, puisque dĂ©sormais ils sont contraint de l’aimer. Selon Arendt, le problème de la domination totale Ă©tait de fabriquer quelque chose qui n’existe pas : Ă  savoir une sorte d’espèce humaine qui ressemble aux autres espèces animales et dont la seule « libertĂ© » consisterait Ă  « conserver l’espèce » (Le Totalitarisme). Sur la terre ravagĂ©e par une pandĂ©mie, ce programme cessera d’ĂŞtre une thĂ©orie de la domination pour devenir une revendication des dominĂ©s.

Il n’y aura d’ailleurs bientĂ´t plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme. Ceux qui refuseront de se «responsabiliser» (porter un masque, se faire vacciner, accepter une puce RFID pour permettre un meilleur dĂ©pistage, plus rapide, etc), de participer avec zèle Ă  la « gestion citoyenne » de la crise et Ă  l’embrigadement dans l’Union sacrĂ©e pour « sauver le monde », peuvent s’attendre Ă  ĂŞtre bientĂ´t traitĂ©s comme le sont en temps de guerre les dĂ©serteur et le saboteurs. Car l’Ă©tat de nĂ©cessitĂ© et les pĂ©nuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord Ă  rĂ©clamer de nouvelles formes d’asservissement, pour sauver ce qui peut l’ĂŞtre encore de la survie garantie lĂ  oĂą elle l’est encore quelque peu.

Cependant le rĂ´le de l’imagination thĂ©orique reste de discerner, dans un prĂ©sent Ă©crasĂ© par la probabilitĂ© du pire, les diverses possibilitĂ©s qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui  Ă  l’intĂ©rieur d’une rĂ©alitĂ© aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expĂ©rience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volontĂ©, avoir des consĂ©quences incalculables.

Mecanopolis

Notes :

1. Article de New Scientist

2. Article de l’UniversitĂ© de Berkeley

3. Documentation Tamiflu


06:00 > Un troisième mort de la grippe porcine a Ă©tĂ© enregistrĂ© aux Etats-Unis, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), a-t-on annoncĂ© de source officielle.

10:00 > Un sondage US rĂ©alisĂ© hier pour  Gallup, Harvard School of Public Health and Pew dĂ©montre que 25% de la population amĂ©ricaine s’informe en premier lieu sur internet pour suivre l’Ă©volution du virus A/H1N1. Lire l’article.

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11:00 > Stats

Quelques uns des membres du forum jeuxvideo.com, dont nous vous parlions hier, ont rĂ©alisĂ© toutes sortes de tableaux statistiques, comme celui que nous plaçons ci-dessous, sur leur site : PandĂ©mie grippale – Virus H1N1

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

11:30 > Basic Reproduction Number

Le Basic Reproduction Number (R0) est en fait le nombre moyen de nouvelles infections grippales, crĂ©es par une personne nouvellement infectĂ©e, dans une population de personnes sensibles. En gros, on peut dire qu’un R0 de 2 veut dire que chaque personne touchĂ©e par le A/H1N1 contaminerait Ă  son tout 2 autres personnes.

Question : quel est le R0 actuel du A/H1N1 aux USA ? La réponse est 1.3

Question : quel était le Ro de la grippe espagnole ? La réponse est 1,45

Toutefois, l’utilisation du R0 est souvent incorrect

11:35 > De l’efficacitĂ© des restrictions de circulation

Traduction d’un texte de Monotreme sur PFI (Pandemic Flu Information):
Empirical Evidence for the Effectiveness of Movement Restrictions

Il existe un large Ă©ventail de donnĂ©es empiriques qui a trait Ă  l’efficacitĂ© des restrictions de circulation:

1. DonnĂ©es historiques provenant d’autres maladies.

Bien que la variole ait un R0 Ă©levĂ© et ait ravagĂ© les villes d’Europe, elle Ă©tait inconnue dans le nouveau monde jusqu’Ă  ce que les EuropĂ©ens l’amènent aux AmĂ©riques sur les navires. Il est probable que si ces navires n’Ă©taient jamais arrivĂ©, les Natifs AmĂ©ricains n’auraient jamais Ă©tĂ© infectĂ©s par la variole.

2. Preuve historique de la pandémie de grippe de 1918.

La pandĂ©mie de grippe de 1918 est l’une des pires jamais documentĂ©e. Ă€ ce moment-lĂ , il n’y avait pas d’antibiotiques, d’antiviraux et de vaccins. Pourtant, certaines communautĂ©s ont complètement Ă©chappĂ© Ă  des infections. Quelques exemples:

A. Gunnison, au Colorado.

Ni petite ni isolĂ©e, Gunnison Ă©tait une ville avec un chemin de fer, un centre d’approvisionnement pour le centre-ouest de l’État, et le College des instituteurs de l’est de l’Ă©tat (Western State Teachers College). Au dĂ©but d’octobre – longtemps avant tout cas de grippe – Gunnison et la plupart des villes voisines ont Ă©mis une ordonnance de clĂ´ture et une interdiction des rassemblements publics. Puis Gunnison a dĂ©cidĂ© de s’isoler entièrement. Un homme de loi de Gunnison a bloquĂ© toutes les routes. Les conducteurs de train mettaient en garde tous les passagers que s’ils levaient le pied de la plate-forme Ă  Gunnison dans le but d’Ă©tirer les jambes, ils seraient arrĂŞtĂ©s et mis en quarantaine durant cinq jours. Deux Nebraskans tentant simplement de passer dans le prochain comtĂ© par une ville, ont atteint le blocus et furent jetĂ©s en prison.

Gunnison n’a eu aucun mort.

B. Samoa américaines

Alors qu’elle Ă©tait en vigueur, la quarantaine maritime utilisĂ© par des Samoa amĂ©ricaines en date du 23 Novembre 1918, semblait exclure une pandĂ©mie de grippe (2). Une fois la grippe parvenue Ă  cette juridiction en 1920, aucun dĂ©cès n’a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă  la grippe (sur une population de ≠8000) (8).

En revanche, la grippe se propagea rapidement Ă  travers le Samoa-Occidental (maintenant nommĂ© Samoa). L’impact a Ă©tĂ© amplifiĂ© par un manque d’assistance mĂ©dicale et par les pĂ©nuries alimentaires dans la rĂ©gion.Le Samoa-Occidental a le pire taux de mortalitĂ© enregistrĂ© de tous pays ou territoire pour la pandĂ©mie de 1918, perdant 19% -22% de sa population (2).

Source : PFI

11:45 > La dĂ©sinfection Ă  l’eau de Javel des aires communes, bureaux d’Ă©lèves, rampes d’escaliers et poignĂ©es de portes de la Polyvalente de Charlesbourg, dont un des Ă©lèves est atteint de la grippe A (H1N1), ne suffit pas Ă  stopper la propagation du virus, selon la Direction nationale de santĂ© publique. cyberpresse.ca

12:20 La grippe porcine a contaminĂ© 4.379 personnes dans 29 pays et fait 49 morts, selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) diffusĂ© dimanche Ă  Genève.

L’augmentation significative du nombre de cas confirmĂ©s rĂ©sulte d’une forte progression aux Etats-Unis, dĂ©sormais le pays le plus touchĂ©. Le nombre de pays concernĂ©s par l’Ă©pidĂ©mie est stable Ă  29. En revanche, on compte dĂ©sormais 4 pays oĂą des cas mortels ont Ă©tĂ© recensĂ©s.

    Etats-Unis:      2.254 cas, deux mortels
    Mexique:         1.626 cas, 45 mortels
    Canada:            280 cas, un mortel
    Costa Rica:          8 cas, un mortel
    Espagne:            93
    Royaume-Uni:        39
    France:             12
    Allemagne:          11
    Italie:              9
    Israël:              7
    Nouvelle-Zélande     7
    Brésil:              6
    Japon:               4
    Pays-Bas             3
    Corée du Sud:        3
    Panama               3
    Salvador:            2
    Argentine:           1
    Australie:           1
    Autriche:            1
    Colombie:            1
    Danemark:            1
    Guatemala            1
    Chine (Hong Kong):   1
    Irlande:             1
    Pologne              1
    Portugal:            1
    Suède                1
    Suisse:              1

Le précédent bilan, publié samedi à Genève, faisait état de 3.440 cas dans 29 pays et 48 morts.

Les donnĂ©es de l’OMS sont souvent infĂ©rieures aux bilans communiquĂ©s par les pays concernĂ©s en raison des procĂ©dures de vĂ©rification effectuĂ©es par l’organisation après leurs annonces. Il ne tient par exemple pas compte d’un troisième dĂ©cès annoncĂ© aux Etats-Unis et des deux premiers cas confirmĂ©s de prĂ©sence du virus en Norvège samedi. (AFP)

12:25 > Petite polĂ©mique dans les commentaires Ă  propos de l’utilisation du terme « victime » dans le titre de cette page. Une victime, ce n’est pas forcĂ©ment un mort. On peut-ĂŞtre victime d’un accident de la route sans finir au cimetière, par exemple. Une personne contaminĂ©e par le virus HIV est victime de ce virus potentiellement mortel, sans toutefois ĂŞtre morte au moment ou le test est positif, etc. De mĂŞme pour le AH1N1, nous semble-t-il. Par ailleurs, l’article de News Scientist reprend plusieurs fois le terme de victimes pour dĂ©signer les « cas » ou « contaminĂ©s », terme que nous n’avons pas voulu placer dans le titre.

Définition du Larousse :

Personne qui subit les consĂ©quences fâcheuses ou funestes de quelque chose, des Ă©vĂ©nements, des agissements d’autrui. Victime d’un abus, des circonstances, du chĂ´mage, d’une calomnie, du despotisme, de la fatalitĂ©, d’une mĂ©chancetĂ©, d’une mĂ©prise, de privations, du progrès, de sĂ©vices, du sort; (ĂŞtre) victime d’une attaque, d’une injustice, d’une machination, d’un malaise, d’une violation des droits de l’homme, d’un vol.

12:45 > Alors que le virus H1N1 inquiète partout Ă  travers le Monde, l’hĂ´pital Pasteur de Cherbourg semble parfaitement prĂ©parĂ© Ă  un Ă©ventuel cas de grippe A. Stocks de masques, de mĂ©dicaments Tamiflu ou chambres Ă  disposition ont Ă©tĂ© prĂ©parĂ©s dès l’alerte de l’OMS. Le personnel hospitalier, dĂ©jĂ  rĂ´dĂ© par la grippe aviaire en 2007, gère avec expĂ©rience. Lire l’article.

13:00 > La sortie de Terminator 4 retardée pour cause de pandémie

La sortie de Terminator Salvation est retardĂ©e au Mexique. Synopsis du film : En 2018, John Connor, âgĂ© de 33 ans, leader charismatique de la rĂ©sistance humaine face aux machines, mène une lutte Ă  mort contre Skynet pour sauver ce qui reste de l’HumanitĂ©. Il fait la connaissance de Marcus Wright, un Ă©tranger amnĂ©sique dont le seul souvenir est d’avoir Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  mort. Vient-il du futur ? Ou du passé ? Alors que Skynet prĂ©pare son ultime assaut, John et Marcus s’aventurent au sein de Skynet oĂą ils vont dĂ©couvrir un terrible secret qui menace la planète : les machines ont fabriquĂ© un virus dans le but de dĂ©truire l’humanitĂ©.

envoyé par Mecanopolis


13:15 > Hollywood et propagande

Il faut lire l’article de Le Blavec Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood, pour se rendre compte comment le cinĂ©ma US a prĂ©parĂ© les esprits aux « attaques » du 11 septembre 2001. L’auteur revient d’ailleurs sur les films Ă©voquant des catastrophes au sein de tours ou l’urgence d’une protection militaire Ă  Manhattan.

En voyant Terminator 4, on peut rĂ©ellement se demander si le cinĂ©ma amĂ©ricain n’a pas pour but d’anticiper les catastrophes a venir et de prĂ©parer les foules Ă  quelques rĂ©actions de survie…

Sur le mĂŞme sujet, lire Ă©galement ce document de nos amis d’Infoguerre.

Le lien de l’article de Le Blavec n’est plus disponible. Nous l’avions placĂ© il y a un an sur Mecanopolis Ă  propos d’un article sur le film Cloverfield. Si quelqu’un retrouve son texte « Le terrorisme anticipĂ© par Hollywood », nous sommes prenneurs. ;)

13:40 > Le virus H1N1 pourrait circuler chez l’homme depuis l’automne dernier, selon NPR. ( »The best estimate is the middle of that range, kind of September. »)

13:45 > Excellent travail de compilation d’articles sur DiaBlogTimes ;)

13:50 > Merci à nos amis de la Voix des opprimés ;)

14:10 > TF1 impose une quarantaine

Tous les salariĂ©s ayant effectuĂ© un rĂ©cent sĂ©jour au Mexique ou aux Etats-Unis sont ainsi priĂ©s de rester chez eux durant sept jours, sans passer par le siège de la chaĂ®ne Ă  Boulogne-Billancourt (92). Ces derniers pourront revenir travailler armĂ©s d’un certificat mĂ©dical assurant qu’ils ne sont pas atteints.

17:20 > 190 millions de doses de vaccin pour septembre

C’est un nouvel article de New Scientist qui rapporte l’information. Si la production de vaccin commence en juin, elle permettra de rĂ©aliser 190 millions de doses de vaccin pour septembre. Sachant qu’il faut 2 doses pour vacciner chaque personne, cela permettra de traiter 95 millions d’individus. Lire l’article. En gros, on aura la capacitĂ© de vacciner la France, la Belgique et la Suisse. Ca ne fait pas beaucoup, hein…

17:40 > Les mĂ©dias continuent Ă  parler de stabilisation, malgrĂ© les chiffres qui dĂ©montrent le contraire. Les dernières informations indiquent mĂŞme un retour de l’explosion des cas dans certaines provinces mexicaines, qui ont fermĂ© les Ă©tablissements publics.

influenza-2009-cases219:50 La lutte contre la grippe porcine au Mexique rebondit dans plusieurs rĂ©gions du pays qui imposent Ă  leur tour les restrictions d’activitĂ©s utilisĂ©es d’abord Ă  Mexico, oĂą la tension retombe avec la rĂ©ouverture des Ă©coles primaires attendue lundi.

Le bilan national de « cas confirmĂ©s » reste arrĂŞtĂ© Ă  48 morts et 1.578 malades contagieux en cours de traitement.

La rentrĂ©e des classes, d’abord fixĂ©e Ă  lundi au plan national après deux semaines d’interruption « prĂ©ventive », a Ă©tĂ© reportĂ©e dans six des 32 Etats du pays.

C’est le cas de celui de Guerrero, qui a dĂ©crĂ©tĂ© en outre la fermeture de tous les bars de nuit et discothèques dans ses stations touristiques, dont Acapulco, sur la cĂ´te du Pacifique.

Les restaurants y sont ouverts normalement, mais un grand hĂ´tel du front de mer annonçait dimanche matin un taux d’occupation de 10%, contre 40% Ă  50% habituellement Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e.

L’Etat de Jalisco (ouest) avait dĂ©jĂ  annoncĂ© vendredi la fermeture de tous ses Ă©quipements publics, cafĂ©s, restaurants, stades et autres lieux de distractions, après la dĂ©couverte de trois dĂ©cès suspects.

A Mexico, l’opĂ©ration de grand nettoyage et de dĂ©sinfection s’est poursuivie pendant tout le week-end dans les Ă©coles, mais aussi dans le mĂ©tro, dont l’affluence va redoubler avec la rentrĂ©e des classes. (AFP)

20:20 > SĂ©rieux doutes sur l’efficacitĂ© du Tamiflu

Ce cĂ©lèbre mĂ©dicament antiviral de la multinationale suisse Roche fait l’objet d’interrogations de plus en plus dĂ©rangeantes.

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C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom Ă  une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait ĂŞtre amenĂ©e Ă  prendre des dimensions planĂ©taires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dĂ©nomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs annĂ©es prĂ©sentĂ© de manière publicitaire comme une forme de panacĂ©e contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’Ă©mergence du risque hypothĂ©tique de pandĂ©mie hautement meurtrière associĂ© au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il Ă©tait inconnu ou presque du grand public. Il Ă©tait aussi rarement prescrit par les mĂ©decins dans le cadre des Ă©pidĂ©mies de grippe saisonnière.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planĂ©taire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus Ă  l’homme, ont totalement bouleversĂ© la donne. Dès 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santĂ© la plupart des gouvernements des pays industriels ont dĂ©cidĂ© de constituer -Ă  prix d’or- des stocks considĂ©rables de Tamiflu. Et l’Ă©mergence du nouveau virus A(H1N1) a conduit les mĂŞmes autoritĂ©s Ă  souligner tout l’intĂ©rĂŞt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un flĂ©au pandĂ©mique.

On n’a ainsi pas cessĂ© de rappeler, par voie de presse, ces derniers jours que la France disposait de plus d’une trentaine de millions de traitement. Et on nous a aussi expliquĂ© qu’une partie (laquelle?) de ce Tamiflu jusqu’Ă  prĂ©sent conservĂ©e en vrac sur des « sites militaires » Ă©tait en cours de conditionnement et bientĂ´t « prĂ©positionnĂ©e » dans les services spĂ©cialisĂ©s des Ă©tablissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire national.

Tout ceci ne saurait gommer le fait que, depuis plusieurs mois dĂ©jĂ , deux questions circulent avec une insistance grandissante dans la communautĂ© mĂ©dicale et scientifique. La première: les stocks de Tamiflu (ou du moins une partie d’entre eux) n’ont-ils pas dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© leur dĂ©lai de pĂ©remption ? La seconde : comment interprĂ©ter les rĂ©sultats de diffĂ©rents travaux dĂ©montrant que des virus grippaux A(H1N1) sont, en moins de deux ans, devenus massivement rĂ©sistants Ă  ce mĂ©dicament ?

Depuis son siège de Londres l’Agence europĂ©enne du mĂ©dicament (EMEA) a, dans l’après-midi du 8 mai, rĂ©pondu par voie de communiquĂ© de presse Ă  la première de ces deux questions. Et elle l’a fait, selon moi, avec une assez grande dĂ©sinvolture assez inhabituelle. En clair : vos stocks de Tamiflu sont pĂ©rimĂ©s ? Qu’Ă  cela ne tienne : nous allons augmenter la durĂ©e de vie de votre mĂ©dicament. Et ne jetez surtout pas les boĂ®tes ayant dĂ©passĂ© le dĂ©lai de pĂ©remption ou celles qui s’en approchent !

Si la Commission europĂ©enne en est d’accord ce dĂ©lai de pĂ©remption passera de cinq Ă  sept ans. Et l’on voit mal Bruxelles s’opposer ici aux experts de l’EMEA. Mieux ces experts estiment que, le cas Ă©chĂ©ant, le Tamiflu pourra ĂŞtre prescrit aux enfants âgĂ©s de moins d’un an (ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes) ce qui Ă©tait jusqu’Ă  prĂ©sent formellement contre-indiquĂ©. Les experts de l’EMEA expliquent encore qu’en cas de pandĂ©mie les « bĂ©nĂ©fices » Ă©ventuels d’une telle utilisation du Tamiflu sont de nature Ă  dĂ©passer les « risques » encourus jusqu’alors pris en compte pour commercialiser au mieux la molĂ©cule pharmaceutique. Lire la suite.

stopp

20:35 > Elevage industriel et nouveaux virus : une vraie question

L’irruption de la grippe A, au-delà des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, devrait nous interroger sur les causes d’une telle situation :

Les élevages industriels hors-sol de porcs ou volailles soumis à des traitements antibiotiques quasiment continus constituent des milieux propices à l’apparition de virus nouveaux et de bactéries résistantes aux antibiotiques. La région de l’élevage de la Gloria, au Mexique, d’où provient l’apparition chez l’homme de ce virus correspond à ce modèle. Et l’élevage porcin en Bretagne est sensiblement du même type. Lire la suite.

21:10 > Merci Ă  tous nos amis bloggeurs qui ont repris les infos de cette page depuis ce matin ;)

Changement climatique ; Citoyens du Monde ; DiablogTimes ; Rodion Raskolnikov ; Serge Adam , Blog Seniors ; Vigi-Infos ; news.stcom

21:40 > Le nombre de personnes contaminĂ©es par le virus de la grippe A (H1N1) aux Etats-Unis s’Ă©levait dimanche Ă  2.532, a annoncĂ© le Centre de contrĂ´le et de prĂ©vention des maladies (CDC).

Lundi 11 mai > Le Mexique sacrifié ?

La situation au Mexique est inexplicable. Le gouvernement s’obstine Ă  rĂ©ouvrir les Ă©tablissements publics alors que tout dĂ©montre que la situation dans plusieurs rĂ©gions du pays connait une expansion importante des cas de A/H1N1. Tout semble ĂŞtre fait comme si il y avait un volontĂ© manifeste  pour que la contagion gagne du terrain. Pour couronner le tout, le Ministère de la santĂ© a refusĂ© de donner sa confĂ©rence quotidienne sur la situation de l’Ă©pidĂ©mie. A la veille de la rĂ©ouverture des Ă©coles, ça tombe plutĂ´t mal… Que cherche Ă  faire exactement le gouvernement mexicain ?

fema-camp

00:05 > Peut-ĂŞtre un dĂ©but de rĂ©flexion : Nous avions expliquĂ©, il y a quelques jours, comment les CDC et l’OMS ont pris le contrĂ´le de la santĂ© au Mexique. Or, ce pays s’est fait livrĂ© 1 million de doses de Tamiflu la semaine dernière (400′000 venant des USA, 100′000 de la France et le reste des rĂ©serves de l’OMS). Si tous pensaient que la situation Ă©tait sous contrĂ´le, et mĂŞme en voie de stabilisation, ces livraisons au Mexique n’auraient pas lieu d’ĂŞtre. Sauf si on se livre Ă  une expĂ©rience grandeur nature afin de voir si le virus peut-ĂŞtre stoppĂ© de front plutĂ´t qu’en paralysant toute l’Ă©conomie d’un pays pendant plusieurs semaines. Le Mexique serait alors le laboratoire de ce qui sera ou ne sera pas fait aux Etats-Unis et partout ailleurs oĂą le virus s’Ă©tend. Cela expliquerait les mensonges de Calderon, prĂŞt a sacrifier un certain nombres de ces concitoyens sur l’autel de l’Ă©conomie mondiale.

Vous en doutez ? Pas nous ! (Mecanopolis + Redamex)

Poursuivre avec cet article. (Merci Ă  Redamex)

00:15 > NAOMI KLEIN ET LA CRISE FINANCIĂRE – 1 -
envoyé par Mecanopolis

Partie 2 et partie 3


06:30> Mexique : Le SecrĂ©taire fĂ©dĂ©ral de la SantĂ©, JosĂ© Angel Cordova Villalobos, a reconnu que « l’Ă©ventualitĂ© qu’apparaisse de nouveaux cas d’infection du virus de la grippe reste possible mais la phase de stabilisation se poursuit« . Comment on dit dĂ©jĂ … ? Hijo de la Chingada !!!

Source : elmanana.com.mx

18:30 > Une mégaporcherie états-unienne installée au Mexique et l’apparition de la grippe porcine

Le 20 mars dernier, alors que l’existence du virus de la grippe porcine n’était pas encore connue, Bertha Crisostomo, agente municipale de La Gloria, un quartier de la municipalité de Perote (État de Veracruz), sollicita l’appui du ministère de la Santé de Mexico concernant une explosion d’infections respiratoires qui affectaient 60% des 3000 habitants de l’arrondissement, soit 1600 personnes.

Également, un reportage publié par la revue Milenio, avant que soit connu l’origine de cette explosion, décrivait comment plusieurs familles avaient été victimes d’infections gastro-intestinales et respiratoires, symptômes typiques de la grippe.

José Luis Martinez, un résidant de La Gloria, de 34 ans, dit qu’il a appris de quoi il s’agissait par les médias qui décrivaient la grippe porcine et ses symptômes : fièvre, toux, douleurs dans les articulations, migraines et dans certains cas, vomissements et diarrées. « Quand on a vu ça à la télévision, dit-il, on s’est dit : c’est ça que nous avons. »

A ces doutes populaires, s’est ajouté la confirmation d’une firme de consultants états-unienne spécialisée dans la biosurveillance, Veretech Corporation, qui a identifié une communauté de Perote comme étant le lieu de l’apparition du nouveau virus de l’influenza. Lire la suite.

18:45 > SymptĂ´mes respiratoires chez 555 voyageurs entrĂ©s en Chine. Lire l’article.

19:00 > Publicités informatives des CDC diffusées depuis ce matin aux USA :

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Mardi 12 mai > Le A/H1N1 pourrait faire 30′000 morts en France

Près de 35% de la population française pourrait ĂŞtre touchĂ©e par la grippe porcine, ce qui pourrait entraĂ®ner 30.000 morts, a affirmĂ© lundi Antoine Flahaut, Ă©pidĂ©miologiste et directeur de l’Ecole des hautes Ă©tudes en santĂ© publique (EHESP) Ă  Rennes lors d’une confĂ©rence.

« Il pourrait y avoir 30.000 dĂ©cès en France », a affirmĂ© M. Flahaut au cours d’une confĂ©rence donnĂ©e Ă  l’EHESP, en Ă©voquant le scĂ©nario qu’il estime le plus probable de l’Ă©volution de la pandĂ©mie de la grippe A (H1N1).

Selon ce scĂ©nario, le pic se fera sentir « après l’Ă©tĂ© » et pourrait toucher « 35% de la population ». En comparaison, la grippe saisonnière fait selon lui en moyenne 6.000 morts par an.

InterrogĂ©e lundi soir sur France 3 sur ces dĂ©clarations, la ministre de la santĂ© Roselyne Bachelot a indiquĂ© que M. Flahaut avait « dĂ©crit un des scĂ©narios tout Ă  fait possibles », mais que « l’ensemble de la communautĂ© des experts mĂ©dicaux est encore en recherche sur ce qui va se passer ».

« Nous sommes très attentifs Ă  ce qui se passe dans l’hĂ©misphère sud, oĂą on va ĂŞtre en hiver », a dit encore Mme Bachelot. « Cela va prĂ©sager sans doute de ce qui va passer dans l’hĂ©misphère nord Ă  l’automne », a-t-elle ajoutĂ©.

M. Flahaut ne croit pas à un scénario de type SRAS, avec des symptômes apparaissant chez toutes les victimes et des hospitalisations systématiques. Selon lui, en moyenne, la moitié des personnes infectées par le H1N1 ne ressentent pas les symptômes de la maladie.

Il ne croit pas non plus au scĂ©nario de type grippe espagnole de 1918/1919 qui aurait fait selon l’OMS au moins 40 millions de dĂ©cès dans le monde en raison d’un taux très Ă©levĂ© « de 1 Ă  3% de cas de mortalitĂ© par rapport aux cas infectĂ©s ».

En revanche, il rapproche plutĂ´t la pandĂ©mie actuelle de la grippe de Kong-Kong de 1968. « En 1968, il y a eu 30.000 morts, on ne l’avait pas vu, lĂ  on le verra », a-t-il dit devant des Ă©tudiants.

« Pour le moment en France, nous n’avons que des cas d’importation, mais je ne serais pas Ă©tonnĂ© que des gens qui n’ont pas eu les symptĂ´mes aient transmis » la maladie, a-t-il ajoutĂ©.

« Il s’agit d’un virus qui se transmet comme les autres, il n’est pas exceptionnel, il fait sa besogne », a-t-il expliquĂ©. En moyenne, a-t-il ajoutĂ©, une personne contagieuse transmet la grippe Ă  deux autres personnes.

« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », a-t-il expliquĂ©. « 35% de la population malade, cela peut gripper le système, notamment le système de santĂ© », a-t-il poursuivi.

« La pandĂ©mie, nos pays s’en sortiront sans grands dĂ©gâts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent dĂ©jĂ , par exemple ceux qui ont des emplois prĂ©caires », a-t-il encore dit.

Concernant le vaccin, l’OMS doit se prononcer le 14 mai, a affirmĂ© M. Flahaut. Elle devra choisir entre faire entrer le H1N1 souche nord-amĂ©ricaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou faire un vaccin dirigĂ© contre la pandĂ©mie, a-t-il rappelĂ©.

« Mon sentiment est qu’ils vont faire un vaccin pandĂ©mique », a-t-il ajoutĂ© sachant que « le nouveau virus est ultra-compĂ©titif et chassera tous les autres ». « En janvier, il n’y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura Ă©tĂ© dĂ©gommĂ© », a-t-il ajoutĂ©.

« Chaque nation va dĂ©cider de sa politique et cela ne va pas ĂŞtre triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore dĂ©clarĂ© M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgĂ©es et les plus fragiles, soit on veut faire barrière au virus et on vaccine les personnes stratĂ©giques, mais c’est qui les personnes stratĂ©giques ? », s’est-il interrogĂ©. Source : France24

02:30 > A/H1N1 : 23′000 personnes seraient contaminĂ©es au Mexique

Quelque 23.000 personnes ont Ă©tĂ© contaminĂ©es au Mexique par le virus de la grippe A(H1N1), estime un rapport publiĂ© lundi en ligne par la revue « Science ». Ce nombre est beaucoup plus important que celui des cas confirmĂ©s officiellement dans le pays.

Le rapport, Ă©tabli par la cellule sur les pandĂ©mies de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), qui comprend notamment les Centres de contrĂ´le et de prĂ©vention des maladies amĂ©ricains (CDC), estime Ă  23.000 les personnes contaminĂ©es au Mexique par le virus. C’est dans ce pays que l’OMS avait repĂ©rĂ© l’Ă©ruption d’une Ă©pidĂ©mie de grippe porcine en avril.

Selon un dernier bilan, le nombre officiel de cas confirmĂ©s au Mexique s’Ă©lève Ă  2003 et celui des morts Ă  56. Au Mexique, comme dans le reste du monde, « les cas confirmĂ©s de A(H1N1) ne reprĂ©sentent que la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », a relevĂ© lundi Anne Schuchat, directrice adjointe par intĂ©rim de la santĂ© publique aux CDC, lors d’une confĂ©rence de presse.

Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test, souligne Mme Schuchat. (ATS) Source : swissinfo.ch

Merci a Redamex de nous avoir fait parvenir cette info qui confirme, comme nous l’affirmons sur Mecanopolis depuis 10 jours, que les chiffres avancĂ©s par le gouvernement mexicain ne correspondent en rien Ă  la rĂ©alitĂ©.

20:20 > Sanofi Pasteur se prépare à affronter une pandémie

Sanofi Pasteur, leader mondial des vaccins, a assuré mardi qu’il se “préparait à affronter une pandémie” de grippe A et attendait l’envoi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la souche du virus pour fabriquer le vaccin.

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”Nous n’avons pas encore reçu de souche de l’OMS, mais c’est une question de jours et on va se préparer pour produire un vaccin en masse”, a déclaré à l’AFP Albert Garcia, épidémiologiste et porte-parole de Sanofi-Pasteur.

M. Garcia s’exprimait en marge de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine destinée à produire le futur vaccin contre la dengue, à Neuville-sur-Saône (Rhône).

”Nous ne sommes pas en phase pandémique, même si le virus H1N1 de la grippe A a tous les profils d’un virus pandémique, mais on se prépare à affronter une pandémie”, a souligné l’épidémiologiste.

”Aujourd’hui on se prépare à l’éventualité d’une résurgence” de la grippe A, mais on n’a aucun moyen fiable de mesurer sa virulence”, a observé le Dr Elias Zerhouani, conseiller Science et Technologie de Sanofi.

”La capacité mondiale de production (d’un vaccin) est encore limité et tous les investissements dans ce domaine sont nécessaires”, a-t-il dit.

De son côté, le directeur-général de Sanofi-Aventis, Christopher Viehbacher, a souligné que le groupe disposait de trois usines dans le monde –deux aux Etats-Unis et une en France– pour la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière, qui fait 30.000 morts chaque année.

Seuls les deux sites américains sont capables de produire en même temps un vaccin contre la grippe A, a-t-il souligné.

Arrêter en France la fabrication du vaccin contre la saisonnière pour celui contre la grippe A constitue “une vraie question de santé publique”. “Ce n’est pas à nous de la prendre, mais à l’OMS”, a-t-il dit.

Treize cas de grippe d’origine porcine A (H1N1) étaient confirmés en France mardi en fin de matinée, sept étant considérés comme probables et 32 autres possibles étaient en cours d’investigation, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans le monde, l’épidémie de grippe A a franchi le seuil des 5.000 cas confirmés mardi, dont 61 morts, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), et 3 nouveaux pays, la Finlande, la Thaïlande et Cuba, ont annoncé avoir détecté la présence du virus.

Merci Ă  « Je Tousse » pour cette info.

20:20 > L’OMS craint une rĂ©sistance aux antiviraux

L’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) craint une rĂ©sistance du virus de la grippe porcine aux antiviraux se fondant sur « les signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonnière constatĂ©s l’annĂ©e dernière, a annoncĂ© mardi l’un de ses experts en pandĂ©mie.

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« Nous sommes confrontĂ©s au risque de rĂ©sistance des virus » (aux antiviraux), a expliquĂ© Nikki Shindo au cours d’une confĂ©rence de presse tĂ©lĂ©phonique.

Le Dr Shindo a fait valoir que l’annĂ©e dernière la grippe saisonnière avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral produit par le laboratoire suisse Roche et recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper après son passage dans l’hĂ©misphère Sud oĂą l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’ONU.

Le dĂ©veloppement d’un vaccin contre cette grippe atypique, qui a contaminĂ© plus de 5.200 personnes dans le monde, dont 61 sont mortes, a Ă©tĂ© motivĂ© par cette crainte, a encore expliquĂ© le Dr Shindo.

L’OMS a convoquĂ© jeudi un comitĂ© d’experts qui sera chargĂ© d’Ă©tudier les modalitĂ©s de production de ce vaccin.

En attendant et en dĂ©pit du risque de rĂ©sistance, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine dernière quelque 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays dont le Mexique.

Roche a Ă©galement annoncĂ© mardi qu’il offrait 5,65 millions de doses supplĂ©mentaires de son mĂ©dicament phare. Le laboratoire bâlois prĂ©voit Ă©galement d’augmenter ses capacitĂ©s de production de l’antiviral, dont il va produire 110 millions de traitements pendant les cinq prochains mois.

« Nous ne sommes qu’au commencement de l’Ă©pidĂ©mie », a par ailleurs estimĂ© l’expert de l’OMS, prĂ©cisant que l’organisation ne s’expliquait toujours pas pourquoi les cas les plus graves avaient Ă©tĂ© enregistrĂ©s au Mexique.

« Pour l’instant, les donnĂ©es des Etats-Unis et du Mexique suggèrent que 9 Ă  10% des cas confirmĂ©s ont nĂ©cessitĂ© une hospitalisation (…) ce qui est clairement diffĂ©rent de ce que nous voyons avec une grippe saisonnière, a encore soulignĂ© le Dr Shindo.

Alors que le nombre de cas de grippe porcine a franchi mardi le seuil des 5.000 malades avec 5.251 cas confirmĂ©s, dont 61 morts, dans 30 pays, selon le dernier bilan de l’OMS, le Dr Shindo a indiquĂ© que l’organisation prĂ©parait un guide de conseils pour les personnels mĂ©dicaux des pays touchĂ©s par la maladie.

21:00 > Le A/H1N1 est un virus pandémique

Les caractéristiques de l’épidémie provoquée par la nouvelle souche de grippe A(H1N1), dite grippe porcine ou mexicaine, correspondent à ce qui est connu des premiers stades d’une pandémie de grippe, selon une analyse publiée aujourd’hui par une équipe internationale dans la revue Science.

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Neil Ferguson (de l’Imperial College London, GB) et ses collègues Ă©pidĂ©miologistes et virologues Ă©valuent que l’épidĂ©mie de grippe A(H1N1) a commencĂ© au Mexique Ă  la mi-fĂ©vrier et qu’Ă  la fin du mois d’avril près de 23.000 personnes avaient Ă©tĂ© infectĂ©es par ce virus au Mexique et 91 en Ă©taient mortes. Un grand nombre de cas modĂ©rĂ©s de grippe ayant certainement Ă©chappĂ© au recensement, le nombre rĂ©el pourrait aller jusqu’à 32.000 cas.

Les chercheurs estiment que le taux de mortalité est compris entre 0,3% et 1,5% au Mexique et qu’il est vraisemblablement de 0,4% en moyenne (4 morts pour 1.000 cas).

Pour ce qui est de la vitesse de transmission du virus, ils estiment qu’il y a eu 1,2 Ă  1,6 cas secondaire en moyenne pour une personne infectĂ©e. Ce qui est plus Ă©levĂ© que dans le cas d’une grippe saisonnière, au cours de laquelle 10 Ă  15% de la population est infectĂ©e, mais est plus faible que dans le cas d’une pandĂ©mie qui touche 20 Ă  30% de la population.

«Le virus se répand à un rythme attendu pour les premiers stages d’une grippe pandémique», commente Neil Fergusson. «Jusqu’à présent, il a suivi un schéma très semblable à celui de la pandémie de 1957, en termes de nombre de personnes infectées et de pourcentage de cas mortels». Moins dangereux que le virus de la grippe espagnole, ce nouveau virus doit cependant rester sous surveillance, dit-il. L’épidémie de 1957 a fait 2 millions de morts dans le monde, selon les estimations de l’OMS, alors que la grippe saisonnière cause 250.000 à 500.000 décès annuellement.

Nous devons ĂŞtre prĂ©parĂ©s, particulièrement pour l’automne. Actuellement, le virus ne se rĂ©pand pas facilement dans l’hĂ©misphère nord parce que nous sommes Ă  l’extĂ©rieur de la saison normale de grippe, explique-t-il. La grippe pourrait atteindre son « plein potentiel pandĂ©mique » dans les six Ă  neuf prochains mois.

Mercredi 13 mai > La partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg

Le nombre de cas confirmĂ©s dans le monde pourrait n’ĂŞtre que « la partie Ă©mergĂ©e de l’iceberg », et le nombre de cas rĂ©els bien plus Ă©levĂ© que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandĂ©mies de l’OMS.

Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.224.

L’OMS a mis en garde contre une rĂ©sistance du virus de la grippe A (H1N1) aux antiviraux se fondant sur les « signes de rĂ©sistance » de la grippe saisonnière constatĂ©s l’an dernier.

Le Dr Nikki Shindo, expert en pandĂ©mies, a fait valoir que l’annĂ©e dernière la grippe saisonnière avait montrĂ© « des signes de rĂ©sistance Ă  l’oseltamivir », la molĂ©cule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral recommandĂ© jusqu’Ă  prĂ©sent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette rĂ©sistance pourrait se dĂ©velopper après son passage dans l’hĂ©misphère Sud oĂą l’hiver, propice Ă  la propagation de la grippe, dĂ©bute, a laissĂ© entendre l’expert de l’OMS.

En attendant le dĂ©veloppement d’un vaccin et en dĂ©pit de ces craintes, l’organisation a commencĂ© Ă  envoyer la semaine dernière 2,4 millions de doses de Tamiflu Ă  72 pays, dont le Mexique.

01:00 > «Un tiers de l’humanité pourrait être infectée»

Si le virus de la grippe A (H1N1) maintient sa vitesse de propagation actuelle, un tiers de l’humanité pourrait être infectée. Un rapport d’experts rendu public par Science lundi soir estime ainsi pour la première fois le potentiel pandémique du nouveau virus de la grippe. Il donne raison à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, le 29 avril, a relevé son niveau d’alerte, le plaçant au stade de «pandémie imminente». Mais il faudra sans doute attendre l’automne pour que l’épidémie atteigne l’hémisphère Nord.

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Le virus va «vraisemblablement se propager autour du monde dans les six à neuf mois à venir», a déclaré un des auteurs de l’étude, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres. «Quand il le fera, il affectera environ un tiers de la population mondiale.» Mais «cen’est pas le scénario catastrophique que craignait le monde avec la grippe aviaire», a-t-il précisé.

Quel vaccin produire?

Bien qu’il perdure une bonne dose d’incertitudes, le nouveau virus semble être moins sévère que son cousin de 1918, mais comparable à celui de 1957, estime le rapport. A cette époque, l’épidémie avait fait trois à quatre millions de morts.

L’expert se refuse toutefois à donner une estimation du nombre de morts possible. «Je ne prédis pas 3 à 4 millions de morts, a précisé Neil Ferguson au quotidien The Gua rdian.

Le monde est différent aujour­d’hui. Il est plus peuplé, mais le système de soins est aussi meilleur.» Et de rappeler que l’OMS doit décider cette semaine de faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou de faire un vaccin dirigé contre la pandémie.

Une chose est sûre, le virus est plus contagieux que la grippe saisonnière, a rappelé l’OMS. Lorsque cette dernière sévit, une personne en contact avec un malade a entre 5 et 15% de risque d’être infectée. Avec le nouveau virus, cette proportion grimpe entre 22 et 33%.

Les experts, travaillant en collaboration avec l’OMS, se sont concentrés essentiellement sur les données mexicaines, le virus étant parti du Mexique. En analysant les mouvements de voyageurs, le nombre de cas confirmés dans le monde, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que, fin avril, entre 6000 et 32 000 personnes ont été contaminées.

Données incomplètes

Selon les travaux publiés, la grippe dite mexicaine tue entre 0,4% et 1,4% de ses victimes. Le professeur Neil Ferguson reconnaît toutefois que les données sont encore incomplètes.

Enfin, les chercheurs ont confirmé que le virus est apparu pour la première fois mi-février dans le village de La Gloria, Veracruz, où 61% de la population de plus 15 ans a souffert de maladie respiratoire sévère.

Source : Tribune de Genève, 13 mai, 00:13

19:10 > Le H1N1 porcin dépasse la grippe saisonnière aux États-Unis
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

Le rapport de la semaine 17 du CDC Ă  propos de la grippe saisonnière aux États-Unis est frappant. La courbe normale en forme de cloche de cas dĂ©tectĂ©s par les laboratoires sentinelles du CDC a soudainement Ă©tĂ© interrompue par une forte augmentation. Quoique la hauteur de la montĂ©e [de la coube] ait Ă©tĂ© poussĂ©e en quelque sorte par une surveillance accrue, attribuable Ă  la dĂ©tection du H1N1 porcin, la composition de la barre reprĂ©sentant la semaine 17 s’est avĂ©rĂ© un signal Ă©vident que la grippe porcine H1N1 a pris l’assault des cas de grippe aux États-Unis. Les donnĂ©es initiales pour l’influenza comportaient respectivement 334 et 300 positifs au H1 et H3, mais il y a eu 326 et 304 isolats de H1N1 porcin ou de l’influenza A intypable (ce qui consiste en du H1N1 porcin n’ayant pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©). La mise Ă  jour des donnĂ©es publiĂ©e cette semaine fut encore plus frappante, avec 370 et 342 isolats respectivement de H1 et H3, alors que le H1N1 porcin et l’influenza A intypable s’Ă©levaient Ă  542 et 259. Ainsi, il est survenu davantage de H1N1 porcin que la combinaison de H1 et H3 de grippe saisonnière.

La montĂ©e des cas de H1N1 porcin a créé un retard de donnĂ©es [backlog] au CDC, ce qui peut ĂŞtre observĂ© dans la carte des cas confirmĂ©s et cas probables (voir la carte des États-Unis). Les tests de confirmation ont Ă©tĂ© confiĂ©s aux laboratoires d’États afin d’Ă©liminer le retard, mais peu de temps après, les laboratoires d’État ont admis que les Ă©chantillons testĂ©s n’Ă©taient que la pointe d’un très grand iceberg, et que les futurs tests se concentreraient uniquement sur les cas les plus graves.

Ce dĂ©placement du H1N1 porcin dans la population humaine demeure une cause de prĂ©occupations. L’augmentation dĂ©passant la grippe saisonnière pourrait ĂŞtre poussĂ©e par le gène PB2 aviaire de l’isolat porcin. La position 627 consiste en un E, qui favorise la croissance Ă  des tempĂ©ratures corporelles supĂ©rieures des oiseaux. La grippe saisonnière possède un K Ă  la position 627, ce qui facilite une reproduction rapide Ă  une tempĂ©rature infĂ©rieure, Ă©tant compatible avec la tempĂ©rature interne d’un nez humain en hiver.

La prĂ©sence d’un PB2 aviaire pourrait offrir un avantage sĂ©lectif au cours de l’Ă©tĂ©, lorsque la grippe saisonnière chutera Ă  des niveaux Ă  peine dĂ©tectables. Toutefois, le H1N1 porcin se dĂ©placera vers le sud au cours des prochains mois, et se dĂ©veloppera dans des conditions plus froides, ce qui pourrait favoriser l’acquisition du [changement] E627K via rĂ©assortiment ou recombinaison. Ce changement pourrait gĂ©nĂ©rer un H1N1 plus virulent Ă  l’automne dans l’hĂ©misphère nord.

Ainsi, le H1N1 porcin pourrait dĂ©ployer deux stratĂ©gies de virus. Le H1N1 avec un PB2 aviaire dominerait l’hĂ©misphère nord au cours de l’Ă©tĂ©, alors que le H1N1 de l’hĂ©misphère sud ferait l’acquisition du [changement] E627K, et Ă©tablirait la dominance au cours des mois d’hiver.

Ainsi, la propagation du H1N1 porcin s’effectue en vitesse supĂ©rieure, alors que l’OMS est encore Ă  dĂ©battre si le H1N1 porcin est un H1N1 porcin, et si une pandĂ©mie de phase 6 est rĂ©ellement Ă  la phase 6.

Le H1N1 porcin ne lit pas les communiquĂ©s de presse de l’OMS.

Il ne fait qu’acquĂ©rir de l’efficacitĂ© de transmission via recombinaison homologue.

23:00 > Comme nous l’indiquions hier, plusieurs centres de recherches indiquent que le virus A/H1N1 aurait dĂ©jĂ  mutĂ©.

Lire : Swine Flu: It’s a Mutation, But What Does it Mean? et Estudian nuevo virus que serĂ­a peor que el H1N1

Jeudi 14 mai > La grippe A (H1N1): une erreur humaine?

Adrian Gibbs, 75 ans, soutient qu’il prĂ©voyait publier un rapport montrant que cette pandĂ©mie de grippe aurait possiblement Ă©voluĂ© dans des oeufs utilisĂ©s pour crĂ©er des virus pour des recherches scientifiques et pour le dĂ©veloppement de vaccins.

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Le spécialiste a dit que sa découverte permettrait de mieux comprendre la capacité du virus à se propager.

Si les recherches d’Adrian Gibbs s’avèrent vĂ©ridiques, l’OMS estime que cela posera nombre de questions sur le virus de la grippe A (H1N1).

Par exemple, est-ce que ce virus a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© pour un vaccin ou dans le cadre d’une recherche? Est-ce qu’il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© par accident ou par exprès? Quelles en sont les circonstances? s’est demandĂ© un spĂ©cialiste de l’OMS citĂ© par l’agence de presse Bloomberg.

Tout de mĂŞme, un centre pour le contrĂ´le et la prĂ©vention des maladies Ă  Atlanta, aux États-Unis, a analysĂ© le rapport et conclut qu’aucune preuve ne peut confirmer les conclusions du chercheur australien.

Source : Bloomberg

Merci Ă  notre ami Antoine de nous avoir fait parvenir cette info.

21:00 > Qui a laissé échapper le virus A/H1N1 ?

Bien qu’il n’y ait aucune preuve formelle permettant d’affirmer qu’il s’agit d’un virus créé de toutes pièces et qui aurait été répandu volontairement pour réduire la population mondiale, a expliqué LaRouche, cette hypothèse n’est pas à exclure au vu des intentions criminelles de certains courants au sein de l’oligarchie financière britannique. Lire la suite > solidariteetprogres.org

21:00 > INFORMATION A CONFIRMER : Selon une de nos  sources 636,000 étudiants et prof mexicains retournés à la maison pour symptômes apparentés à grippe A(H1N1).

Notre source semble ĂŞtre fiable, mais nous cherchons a recouper l’information.

21:25 > Selon le rapport du SecrĂ©tariat de l’éducation publique (SEP), 636′000 Ă©tudiants et 406 enseignants ont Ă©tĂ© renvoyĂ©s dans leurs foyers, tout en prĂ©sentant des symptĂ´mes de maladies respiratoires ou Ă©taient absents de leurs Ă©coles, qui a plus que doublĂ© le nombre de les membres de la communautĂ© scolaire de maladie, l’a enregistrĂ©, mardi dernier, leur nombre Ă©tait de 259 mille 592. 91′000 Ă©lèves  seraient atteint des symptĂ´mes de la grippe : forts et intenses maux de tĂŞte, forte fièvre et douleurs musculaires. Lire l’article.

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22:25 > Le leader cubain Fidel Castro a accusĂ© jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d’ĂŞtre responsables de l’ »expansion fulgurante » de la grippe porcine alors que ces pays Ă©taient, selon lui, au courant de l’apparition du virus A(H1N1) bien avant que l’alerte ne soit donnĂ©e.

« L’expansion fulgurante (de la grippe porcine) aurait pu ĂŞtre Ă©vitĂ©e », Ă©crit l’ancien prĂ©sident cubain Fidel Castro, 82 ans, dans un commentaire qui a Ă©tĂ© lu Ă  la tĂ©lĂ©vision nationale et publiĂ© sur le site internet cubadebate.cu.

« Serait-il possible qu’au Mexique, les 16 et 17 avril », lors de la visite du prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama, « personne ne savait un mot du cadeau qui serait fait au monde six jours plus tard? », se demande Fidel Castro, qui a cĂ©dĂ© le pouvoir en 2006 Ă  son frère Raul pour des raisons de santĂ©.

« Pas mĂŞme les services de renseignement des Etats-Unis, experts en information, ne savaient ce qui Ă©tait sur le point d’arriver? », ajoute-t-il en relevant qu’Obama avait retrouvĂ© le dirigeant mexicain Felipe Calderon ainsi que le Canadien Stephen Harper au Sommet des AmĂ©riques de TrinitĂ©-et-Tobago, les 18 et 19 avril.

Le gouvernement mexicain a donnĂ© l’alerte le 23 avril après qu’un laboratoire canadien eut diagnostiquĂ© officiellement le premier le virus A (H1N1) sur la base d’Ă©chantillons en provenance du Mexique.

« Ce n’est pas une faveur du gouvernement du Mexique au monde comme certains le prĂ©tendent. Il faudrait maintenant remercier les trois pays associĂ©s au traitĂ© de libre-Ă©change », le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, poursuit Castro.

Le journal mexicain La Jornada a rapporté, selon Fidel Castro, que dès le 5 avril des mesures sanitaires avaient été prises dans le village mexicain de la Gloria en raison de la grippe porcine.

Fidel Castro avait dĂ©jĂ  accusĂ© lundi les Mexicains d’avoir cachĂ© l’apparition de l’Ă©pidĂ©mie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans leur pays. Ce qui a suscitĂ© des dĂ©nĂ©gations outrĂ©es de la part des autoritĂ©s mexicaines.

Samedi 16 mai > Chers Amis,

Encore une page saturée sur le sujet du A/H1N1. Nous en placerons une nouvelle durant le week-end, le temps de compiler les nombreuses informations qui nous sont parvenues ces dernières 24h

12:00 > L’OMS lance un avertissement : la liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’alourdit dans le monde

La liste des cas confirmĂ©s infectĂ©s du virus de la grippe AH1N1 s’est alourdi le 15 mai dans le monde. Jusqu’au 17h du 16 mai (heure de Beijing), en total, 8461 cas sont confirmĂ©s dans 38 pays du monde. Le jour mĂŞme, Margaret Chan, directrice gĂ©nĂ©rale de l’OMS, a averti en disant que le virus de la grippe AH1N1 continerait Ă  se propager sur le globe, dont les consĂ©quences varieraient selon les cas inconnus. Source > french.cri.cn

12:30 > Plus de 100′000 cas aux USA, selon les CDC

Le nombre rĂ©el de cas de grippe porcine aux États-Unis pourrait ĂŞtre « de plus de 100.000″, a  indiquĂ© un haut fonctionnaire de la santĂ© publique, ce qui est de loin plus Ă©levĂ© que les chiffres officiels de 7′415 cas confirmĂ©s par les laboratoires.

Le Dr Daniel Jernigan, chef de l’Ă©pidĂ©miologie de la grippe pour les Centers for Disease Control and Prevention, a dĂ©clarĂ© lors d’une confĂ©rence de presse que le nombre officiel donne une image inexacte de l’Ă©pidĂ©mie. Lire la suite.

Chers amis, avec un peu de retard, nous déménageons cette page sur le nouvel éditorial de Mecanopolis :

Le monde serait-il devenu une vaste porcherie ?


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avr 30 2009

Grippe A/H1N1 : un « prétexte pour éviter de parler de la crise économique »

Le prĂ©sident de la compagnie aĂ©rienne Ă  bas coĂ»ts Ryanair, Michael O’Leary, affirme que la grippe porcine est « un tas d’absurditĂ©s » utilisĂ© par les responsables politiques pour dĂ©tourner l’attention de la crise Ă©conomique.

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« Toute cette histoire de grippe porcine est un Ă©norme tas d’absurditĂ©s que les politiciens adorent pour dĂ©tourner l’attention des gens de la rĂ©cession Ă©conomique« , a dĂ©clarĂ© M. O’Leary lors d’une confĂ©rence de presse Ă  Madrid, oĂą il prĂ©sentait les nouvelles liaisons de la compagnie.

« Cela donne aux politiciens une excuse pour dĂ©battre d’autre chose que des Ă©conomies mal gĂ©rĂ©es et de la crise », a-t-il rĂ©pondu Ă  une question sur la proposition faite mercredi par la France de suspendre les liaisons aĂ©riennes entre l’Union europĂ©enne et le Mexique, foyer initial de l’Ă©pidĂ©mie.
« Beaucoup plus de gens en Europe vont mourir aujourd’hui dans des accidents de la route que de la grippe porcine et je ne vois pas les autoritĂ©s françaises ou europĂ©ennes prendre des mesures pour interdire les routes aux gens« , a ajoutĂ© M. O’Leary.

Mecanopolis

Lire également Le A/H1N1 de la grippe porcine : un bien mystérieux virus


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mar 24 2009

Cartographie du Nouvel Ordre Mondial

Régis Mex, pour Mecanopolis

Cette carte, réalisée par nos propres soins, a pour but de faire comprendre au lecteur les fondements de la politique mondiale de la façon la plus synthétisée et agréable qui soit. Nous avons effectivement conscience qu’il est bien plus aisé de s’informer par le biais de documents structurés à la présentation claire et simple, et qu’il est donc plus habile de concocter cette sorte de plan, de carte graphique que l’on explore à sa guise grâce au navigateur intégré, plutôt que de faire subir au lecteur la laborieuse lecture de ce que représenterait les informations placées sur ce schéma si elles étaient retranscrites en un texte formel, c’est-à-dire une soixantaine de pages. En outre, nous avons tenté de placer et de relier les choses de sorte qu’il n’y ait pas réellement de point par où commencer ni par où finir le parcours de ce plan ; il est conçu pour que le lecteur puisse facilement repérer les sujets dont le schéma traite et s’attarder sur ceux qui éveillent son intérêt.

C’est donc bien de cela qu’il s’agit : un schéma de causes à effets, qui a pour but de rendre accessible au plus large public possible les grands événements passés qui ont littéralement façonné la situation mondiale actuelle, leurs conséquences sur les temps présents, et l’anticipation de certaines mesures futures. La connaissance de ces éléments est nécessaire pour mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

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Régis Mex, pour Mecanopolis

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Pour nos lecteurs qui utiliseraient un navigateur archaïque, il est possible de télécharger directement la carte a cette adresse.