Category: Attentats en Inde

fév 15 2009

Qui veut la peau du Président Chavez ?

Comme nous l’avions indiquĂ© dans un article publiĂ© vendredi dernier, la rĂ©cente profanation d’une synagogue de Caracas, prĂ©sentĂ©e comme un acte antisĂ©mite, a Ă©tĂ© en rĂ©alitĂ© perpĂ©trĂ©e par des juifs, dont l’ancien garde du corps du rabbin qui officie dans ces lieux.

synagogue

Images de la « profanation » sur CNN

Cet incident s’inscrit dans une sĂ©rie de manipulations qui ne visent qu’Ă  dĂ©stabiliser le prĂ©sident Chavez, cela alors que des votations cruciales ont lieu ce dimanche au VĂ©nĂ©zuela.

En effet, ce référendum porte sur un amendement à la Constitution qui pourrait permettre au président de la République de se présenter à des élections sans limitation de nombre de mandats.

Si personne ne doute du rĂ©sultat, tant la popularitĂ© d’Hugo Chavez semble inĂ©branlable, on imagine bien que les professionnels de la dĂ©stabilisation Ă©tasuniens et leurs alliĂ©s israĂ©liens (Ă  moins que ça ne soit l’inverse) ont tout mis en Ĺ“uvre pour tenter d’influer sur le choix des Ă©lecteurs.

Ainsi, un faux grossier, prĂ©sentĂ© comme un discours de Chavez, et qui n’a rien Ă  envier aux Protocoles des Sages de Sion, circule dans toute l’AmĂ©rique latine. Il commence ainsi : « Nous, les chavistes, nous mĂ©prisons les juifs, et nous ne reconnaissons pas l’État d’IsraĂ«l, pas plus que quelque organisation nationale et internationale juive que ce soit ». Si les ficelles sont un peu grosses pour les vĂ©nĂ©zuĂ©liens, les mĂ©dias Ă©tasuniens et leurs relais sionistes s’en sont donnĂ©s Ă  cĹ“ur joie pour prĂ©senter Chavez comme Ă©tant Ă  l’avant-garde de l’antisĂ©mitisme.

Dans le mĂŞme genre de manipulation, de sorte Ă  brandir continuellement le fantasme de la judĂ©ophobie comme arme politique, on se souvient en France du rabbin Fari qui s’Ă©tait auto-poignardĂ© tout en essayant de faire croire aux gendarmes (et par extension Ă  l’ensemble des mĂ©dias qui n’hĂ©sitent jamais Ă  victimiser les juifs avant que la moindre enquĂŞte de police n’aie pu confondre les coupables) qu’un Arabe l’avait poignardĂ© en hurlant « Allahou-Akbar ». Quelques temps avant, c’Ă©tait Alex-MoĂŻse, le responsable du parti sioniste de France, qui avait Ă©tĂ© condamnĂ© pour s’ĂŞtre envoyĂ© Ă  lui-mĂŞme des lettres antisĂ©mites. On le voit bien, les sionistes ne reculent devant aucun mensonge pour  faire aboutir leurs objectifs, et pourquoi pas mĂŞme sacrifier des synagogues ou des membres de leur communautĂ©, comme nous l’indiquions dĂ©jĂ  Ă  propos des très Ă©tranges attentats de MumbaĂŻ en novembre dernier.

Mais le VĂ©nĂ©zuela n’est pas la France, et ce qui est possible tous les jours Ă  Paris ne l’a pas Ă©tĂ© une seule fois Ă  Caracas. Toutes ces basses manoeuvres se sont retournĂ©e contre leur commenditaires, au point mĂŞme que le prĂ©sident de l’Association israĂ©lite du Venezuela, Elias Farache Srequi, a adressĂ© au ministre des affaires Ă©trangères, Nicolas Maduro, une lettre de remerciements, que nous reproduisons ci-dessous :

M. Nicolas Maduro
Ministre des affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela

En ma qualitĂ© de prĂ©sident de l’Association israĂ©lite du Venezuela, je veux vous exprimer notre reconnaissance pour votre intervention positive en relation avec les faits intervenus contre l’institution que je reprĂ©sente.

Les paroles que vous avez prononcĂ©es et celles de Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique condamnant totalement et absolument la profanation de la synagogue Tiferet Israel, situĂ©e Ă  Mariperez, ont Ă©tĂ© des messages de courage et de tranquillitĂ© pour notre communautĂ©. Nous approuvons l’engagement de maintenir des canaux de dialogue nous permettant de rĂ©soudre tout problème d’intĂ©rĂŞt mutuel.

Par votre intermĂ©diaire, nous souhaitons faire parvenir Ă  la police de recherche scientifique, pĂ©nale et criminelle l’expression de notre reconnaissance pour le travail professionnel qu’elle a effectuĂ©. Dans des dĂ©lais record, elle a pu identifier clairement les auteurs matĂ©riels du dĂ©lit qui a Ă©tĂ© commis.

Je vous rĂ©itère l’expression de notre estime. Veuillez agrĂ©er l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Elias Farache Srequi, Président

Article rédigé par Chevalier Jedi et Mecanopolis

jan 27 2009

Obama, le « changement dans la continuité »

L’expression de « changement dans la continuitĂ© » est une spĂ©cialitĂ© bien politique (et bien française, d’ailleurs: Giscard l’avait employĂ©e en 1974, Sarkozy au dĂ©but 2007). Elle indique qu’on voudrait ou devrait changer complètement une politique sans trop le paraitre; ou bien qu’on devrait montrer Ă  la fois le visage du changement et le visage de la continuitĂ© et qu’on ne le peut pas complètement pour aucun des deux; qu’on espère changer tout de mĂŞme et que cela se voit; qu’on espère Ă©galement ĂŞtre perçu comme maintenant une politique et ainsi de suite… Comme on s’en doute, cette situation contradictoire et potentiellement très dĂ©stabilisante de politique gĂ©nĂ©rale concerne aujourd’hui le cas Obama.

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Ces derniers jours, c’est-Ă -dire encore les premiers jours de l’administration, plusieurs actes et dĂ©cisions, diverses rumeurs ont montrĂ© qu’Obama a placĂ© l’Afghanistan comme une prioritĂ© importante de son gouvernement. Il s’agit bien entendu de l’intensification de la guerre.

• Une attaque de drone US contre un objectif au Pakistan a eu l’approbation explicite du prĂ©sident. Le Times annonce la chose, le 23 janvier 2009, avec une plume satisfaite: «Missiles fired from suspected US drones killed at least 15 people inside Pakistan today, the first such strikes since Barack Obama became president and a clear sign that the controversial military policy begun by George W Bush has not changed.»

• Le mĂŞme jour (voir le 23 janvier dans le Times) est annoncĂ©e la nomination de Richard Holbrooke comme « envoyĂ© spĂ©cial » du prĂ©sident pour l’Afghanistan et le Pakistan. Holbrooke devient l’homme fort des USA pour le conflit, une sorte de « pro-consul » comme les USA en affectionne. Sa nomination va marginaliser les autres directions, notamment internationales, et essentiellement le rĂ´le de l’OTAN dans la part qu’elle exerce dans le contrĂ´le du conflit. Holbrooke est connu depuis les annĂ©es comme un adepte de la manière forte dans la « diplomatie » (selon la dĂ©finition du Times: «Mr Holbrooke, America’s former UN ambassador and the architect of the 1995 Dayton peace accords in Bosnia, is a hard-charging, big beast in US diplomacy.»). L’arrivĂ©e de Holbrook Ă©claire d’une Ă©trange lumière la conception que l’Ă©quipe Obama peut avoir d’un « retour Ă  la diplomatie » (avec moins d’utilisation des moyens militaires), en mettant en piste un diplomate particulièrement adepte des pressions les plus diverses, Ă©ventuellement militaires, pour faire cĂ©der les autres. Sa nomination implique des affrontements sĂ©vères avec la direction afghane, jusqu’Ă  un dĂ©part Ă©ventuel de KarzaĂŻ, et avec le Pakistan. Fidèle Ă  lui-mĂŞme et encouragĂ© par les commentaires musclĂ©s qui ont saluĂ© son arrivĂ©e, Holbrooke devrait suivre sa mĂ©thode habituelle, faite de brutalitĂ© et de pression. L’on aura avec lui, pour l’Ă©tat d’esprit, une sorte de nouvelle « Ă©poque Rumsfeld » en Afghanistan. Le prĂ©cĂ©dent et ses rĂ©sultats ne sont pas encourageants.

• Hier 25 janvier, The Independent publie une analyse de Kim Sengupta et de Raymond Whitaker, qui observent que les USA pourraient se retrouver isolés, dans la mesure où leurs alliés semblent bien peu intéressés par une implication plus grande dans le conflit. Les deux journalistes nous donnent une appréciation de la situation dans ce conflit, du côté des puissances alliés. (1)

• Aujourd’hui, le Guardian nous confirme cet engagement US, en rapportant les dĂ©clarations du vice-prĂ©sident Biden Ă  ce propos. L’article est assorti du rapport des craintes grandissantes des « alliĂ©s » locaux des USA, notamment les Pakistanais, qui jugent qu’ils vont devoir subir dans cette occurrence encore plus d’attaques et d’incursions US, avec les « dĂ©gâts collatĂ©raux » qu’on imagine.

C’est un Ă©trange pĂ©riple. Selon tout ce qu’on sait et tout ce qu’on peut envisager Ă  la lumière de l’expĂ©rience, l’Afghanistan est le piège idĂ©al pour Obama. Il semble que la mĂ©thode adoptĂ©e, qui est sans originalitĂ© l’accentuation de la guerre selon les mĂ©thodes US et sous un contrĂ´le US de plus en plus exclusif, avec des renforts dans ce sens, devrait accroĂ®tre les incidents, les tensions et les querelles avec les alliĂ©s locaux, sans garantie aucune de rĂ©sultats dĂ©cisifs et avec la possibilitĂ© sĂ©rieuse d’une aggravation. L’analogie avec l’Irak de Bush et, surtout, le Vietnam, vient Ă©videmment sous la plume («Obama’s Vietnam, – Hey hey, BHO, how many years until we go?», titre de l’article de Justion Raimondo aujourd’hui.) Tout cela n’est pas très original et renvoie aux automatismes du systèmes, dans tous les domaines. («Why do people continue doing stupid things?», interroge sur un ton dĂ©senchantĂ© le site Defense & the National Interest Ă  propos de la rĂ©forme du Pentagone; mĂŞme question pour l’Afghanistan. Le problème mĂ©thodologique et l’attitude psychologique sont similaires.)

Le vĂ©ritable problème concret, avec des effets importants possibles, concerne la politique gĂ©nĂ©rale de l’administration Obama. Par rapport aux autres lignes politiques mises en place (exploration d’un processus de paix au Moyen-Orient, tentative de retrait d’Irak, tentative d’Ă©tablissement d’un dialogue avec l’Iran), la voie choisie pour l’Afghanistan constitue une contradiction flagrante qui va peser sur la perception qu’on a de l’administration Obama et considĂ©rablement interfĂ©rer sur l’Ă©quilibre des affaires traitĂ©es par cette administration. Plus encore, cette ligne se place en contradiction mĂŞme avec la politique intĂ©rieure de lutte contre la crise d’Obama. Pour rĂ©sumer, elle constitue une continuation et une accentuation de la politique suivie depuis 9/11 alors que tout le reste qui a Ă©tĂ© Ă©numĂ©rĂ© tente de prendre une orientation inverse; elle renvoie Ă  la rĂ©fĂ©rence idĂ©ologique de la « guerre contre la terreur » tandis que les autres orientations se rĂ©fèrent plutĂ´t Ă  l’Ă©pisode ouvert par la crise systĂ©mique du 15 septembre 2008 (y compris les questions de politique extĂ©rieure: chercher Ă  dialoguer avec l’Iran revient Ă  chercher Ă  pacifier le théâtre extĂ©rieur pour mieux affronter les troubles systĂ©miques intĂ©rieurs). L’Afghanistan prĂ©sente un cas extrĂŞme qui rejoint l’analyse plus gĂ©nĂ©rale des nĂ©cessitĂ©s auxquelles est confrontĂ© Obama, et un cas qui a le potentiel d’aggraver fortement le dĂ©sĂ©quilibre entre politique intĂ©rieure et politique extĂ©rieure, et Ă  l’intĂ©rieur de la politique extĂ©rieure gĂ©nĂ©rale. L’orientation prise par Obama dans l’affaire afghane ne va pas lui faciliter la tâche en gĂ©nĂ©ral, et elle recèle des risques graves de tension interne dans la politique gĂ©nĂ©rale du nouveau prĂ©sident.

Philippe Grasset, pour Dedefensa

(1) «Having received a briefing on his first day in office from General David Petraeus, the top US commander in the region, Mr Obama is preparing to meet his military chiefs to decide on the size and shape of the Afghanistan reinforcements he promised during his election campaign. The chairman of the joint chiefs of staff, Admiral Michael Mullen, said just before Christmas that up to 30,000 more troops could be sent by summer, nearly doubling the size of the US force in the country. Britain, the next largest contributor in the 41-nation international force, has fewer than 9,000 troops in Afghanistan, which means American dominance of the campaign against the Taliban is set to increase.

»« There are fears that this could become a US war rather than a Nato one, » said Christopher Langton, senior fellow for conflict at the International Institute of Strategic Studies (IISS) in London. « With other Nato members already planning to scale back, the US could find itself isolated. Rather than being an international operation, it would become another ‘coalition of the willing’, as in Iraq – though with the crucial difference that the Afghan mission has had a United Nations mandate throughout. »

»Paul Smyth, head of the operational studies programme at London’s Royal United Services Institute (Rusi), pointed out that several Nato countries, including Canada, Germany and France, had significantly increased their troop commitments in percentage terms during 2008. But in the past week the French Defence Minister, HervĂ© Morin, said considering further reinforcements was « out of the question for now ». And Jan Peter Balkenende, Prime Minister of the Netherlands, another important contributor of troops, indicated that it would reduce its force by the end of next year.»

déc 14 2008

Un témoignage de première main sur les récentes attaques de Mumbai

Curieux que ce texte n’ait pas Ă©tĂ© relayĂ© par la presse francophone car il s’agit d’un tĂ©moignage de première main sur les rĂ©centes attaques Ă  Mumbai en Inde.

L’auteur de l’article est un professeur Juif d’origine indienne que Chabad Loubavitch avait sollicitĂ© en raison de sa connaissance de diverses langues de l’Inde.

Cet homme a ainsi pu communiquer par tĂ©lĂ©phone avec un des assaillants qui s’Ă©taient emparĂ©s de Nariman House, le siège de Chabad Ă  Mumbai.

C’est d’abord un texte Ă©mouvant qui relate les efforts d’un nĂ©ophyte pour contribuer Ă  l’issue positive de ce qui s’est finalement soldĂ© par une tragĂ©die.

C’est Ă©galement une source essentielle d’informations sur deux points importants.

Tout d’abord, d’après ce tĂ©moignage, les assaillants Ă©taient prĂŞts sous conditions Ă  libĂ©rer leurs otages et qu’ils n’avaient pas l’intention de les tuer pour le simple plaisir de tuer des Juifs comme certains ont pu le croire ou voulu le faire croire.

Ensuite, et c’est le moins que l’on puisse dire, les dirigeants de Chabad Loubavitch n’ont guère Ă©tĂ© aidĂ©s dans leur tâche par les autoritĂ©s responsables en matière de sĂ©curitĂ©, tant du cĂ´tĂ© Ă©tatsunien que du cĂ´tĂ© indien.

Un texte qui contribuera donc Ă  alimenter le questionnement sur ce qui s’est rĂ©ellement passĂ© en Inde.


Parler avec un terroriste : interminable appel en Inde

par P.V. Viswanath
Forward (USA) mardi 4 dĂ©cembre 2008,traduit de l’anglais par DjazaĂŻri

Le mercredi soir d’avant Thanksgiving, j’Ă©tais dans mon bureau Ă  New York Ă  prĂ©parer des notes pour un cours de finances que je devais assurer la semaine suivante. J’ai grandi Ă  Mumbai en Inde, et mon frère m’avait parlĂ© plus tĂ´t dans la journĂ©e des attaques terroristes dans ma ville natale, mais j’avais pensĂ© que c’en serait vite terminĂ©. Puis mon neveu m’a appelĂ©. Il me disait que le mouvement Chabad-Loubavitch cherchait des personnes parlant des langues de l’Inde pour les aider Ă  suivre l’Ă©volution de la situation après la prise par des terroristes de la Chabad House de Mumbai. Ce fut le dĂ©but d’une Ă©preuve de près de 17 heures oĂą je fus prĂ©cipitĂ© dans des nĂ©gociations prolongĂ©es avec les terroristes retranchĂ©s dans le centre juif, jusqu’au dĂ©nouement tragique.

J’avais des qualifications uniques pour apporter une aide, Ă©tant Ă  la fois Juif orthodoxe et Indien ; en Inde on m’appelle P.V. et dans les milieux juifs Meylekh. Je connais plusieurs langues de l’Inde, dont le Hindi et l’Ourdou, grâce aux vingt premières annĂ©es de ma vie passĂ©es Ă  Mumbai, appelĂ©e Ă  l’Ă©poque Bombay. Au cours de rĂ©cents voyages professionnels Ă  travers le monde, les missionnaires de Chabad m’ont apportĂ© un soutien sans faille et je voulais le leur rendre. Mais l’attaque contre la Nariman House Ă  Mumbai a frappĂ© encore plus près de chez moi – j’avais rendu visite au rabbin Gavriel Holtzberg, l’envoyĂ© de Chabad Ă  Mumbai, juste l’Ă©tĂ© dernier alors que j’Ă©tais lĂ  bas avec mon fils. Holtzberg et son Ă©pouse nous avaient accueillis alors ainsi qu’Ă  la Pâque prĂ©cĂ©dente. Aussi, Ă©tais-je heureux d’avoir la possibilitĂ© d’apporter une aide mĂŞme si les circonstances n’Ă©taient pas agrĂ©ables.

Le rabbin Levi Shemtov, missionnaire de Chabad Ă  Washington figurait parmi les nombreux responsables de Chabad qui essayaient de joindre les Holtzberg Ă  travers leurs divers postes tĂ©lĂ©phoniques dès l’irruption des terroristes dans Nariman House. Un peu avant 22 heures, heure de New York, quelqu’un Ă  l’autre bout de la ligne avait pris le tĂ©lĂ©phone et s’Ă©tait identifiĂ© comme parlant l’ourdou. Quand Shemtov s’est rendu compte que j’Ă©tais disponible et que je savais parler l’Ourdou, il a rappelĂ© pour une confĂ©rence Ă  trois.

C’Ă©tait vers minuit, et quand j’ai Ă©tĂ© en ligne j’ai entendu une voix grave d’homme. ConformĂ©ment aux instructions de Shemtov, j’ai demandĂ© Ă  la personne qui elle Ă©tait. « Vous savez d’oĂą je parle, » a-t-il dit. (je n’ai pas pris de notes pendant ces Ă©vĂ©nements, mon compte rendu de la discussion vient de notes que j’ai rĂ©digĂ©es après coup). C’Ă©tait le genre de rĂ©ponse vide d’informations qui caractĂ©risera les heures qui suivirent.

A certains moments, en raison de l’Ă©loignement, du bruit des deux cĂ´tĂ©s de la ligne, je n’Ă©tais pas absolument sĂ»r de ce que mon interlocuteur essayait de me dire. Le son de sa voix Ă©tait si faible que je supposais que la liaison devait ĂŞtre mauvaise, mais Shemtov affirma bien et me demanda de parler moins fort afin de ne pas Ă©nerver l’homme Ă  l’autre bout. Repensant plus tard Ă  tout ça, j’ai rĂ©alisĂ© Ă  quel point la tension Ă©tait pratiquement absente dans la voix Ă  l’autre bout de la ligne – il Ă©tait calme et concentrĂ©.

Jamais auparavant je ne m’Ă©tais trouvĂ© dans ce genre de situation, et quand on m’a demandĂ© de parler au tĂ©lĂ©phone, je n’avais aucune idĂ©e de ce qui m’attendait. Tout se bousculait dans ma tĂŞte – comprendrai-je son dialecte ourdou, est-ce que je dirai ce qu’il faut dire au bon moment, je risquais peut ĂŞtre de le contrarier et de prĂ©cipiter certains Ă©vĂ©nements non dĂ©sirables.

J’ai d’abord eu quelques difficultĂ©s avec l’Ourdou de mon interlocuteur. L’Ourdou est la langue nationale du Pakistan mais aussi de Musulmans en Inde et j’Ă©tais incapable de cerner l’origine du locuteur. Au fil de la conversation cependant, j’Ă©tais plus Ă  l’aise avec ce dialecte et ce style d’ourdou, ma confiance se raffermit.

Si au dĂ©but nous ne connaissions pas le nom de notre interlocuteur, il nous dit plus tard que c’Ă©tait Imran : c’Ă©tait sans doute le mĂŞme Imran Babar dont on a rapportĂ© qu’il avait appelĂ© une chaĂ®ne TV de New Delhi. Au tout commencement, nous avons demandĂ© Ă  Imran si tout le monde allait bien. Nous le lui demandâmes plusieurs fois et chaque fois il disait que tout le monde allait bien. A un moment, nous lui avons demandĂ© si toutes les personnes prĂ©sentes lĂ  bas Ă©taient conscientes, parce que nous avions entendu des infirmations selon lesquelles certaines d’entre elles Ă©taient inconscientes. Imran nous dit que tout le monde allait bien, que personne n’avait Ă©tĂ© blessĂ© et qu’ils n’avaient touchĂ© personne. «Nous ne les avons mĂŞme pas giflĂ©s, » disait-il.

La mission la plus importante pour nous Ă©tait d’essayer de dĂ©couvrir ce qu’Imran voulait. Son exigence Ă©tait de parler avec quelqu’un du gouvernement indien.

« Mettez nous en contact avec le gouvernement indien et nous laisserons partir les otages, » affirmait-il.

Trouver quelqu’un pour nous aider n’Ă©tait pas facile. Quand nous avons essayĂ© d’appeler les autoritĂ©s indiennes, nous avons Ă©tĂ© renvoyĂ©s d’in service Ă  un autre. Pendant ce temps, Imran fit rĂ©fĂ©rence aux informations annonçant que plusieurs des autres assaillants de Mumbai avaient Ă©tĂ© capturĂ©s. Il dĂ©clara vouloir que ses amis capturĂ©s soient amenĂ©s Ă  lui. Il ajouta, encore une fois, « faites ça et nous laisserons vos amis partir.»

Au cours d’une conversation ultĂ©rieure, nous lui avons demandĂ© combien ils Ă©taient. Il avait manifestĂ© de l’irritation devant cette question et avait dit, « Il semble que vous ne soyez pas intĂ©ressĂ© par la vie sauve pour vos amis pour poser toutes ces questions hors de propos. Occupez vous de ce qui nous concerne et pensez Ă  faire ce que nous vous demandons de faire. »

MĂŞme dans les quelques moments oĂą Imran exprimait de l’irritation et profĂ©rait des menaces voilĂ©es, il ne donnait pas la sensation de ressentir une quelconque pression. La police avait coupĂ© l’Ă©lectricitĂ© de Nariman House et avait cernĂ© l’immeuble de tous les cĂ´tĂ©s, espace aĂ©rien compris avec des hĂ©licoptères en surveillance, mais Imran ne semblait absolument pas sous pression.

Nous n’avons pas eu Imran au tĂ©lĂ©phone tout le temps cette nuit, mais je suis restĂ© constamment au tĂ©lĂ©phone avec Shemtov dans l’attente de l’Ă©tablissement des liaisons. Si nĂ©cessaire, j’allais vite Ă  la salle de bains pour revenir immĂ©diatement. Dans le mĂŞme temps, nous recevions rĂ©gulièrement des informations d’autres rabbins du Chabad qui Ă©taient en relation avec des sources en Inde et avec des services dĂ© sĂ©curitĂ© aux Etats-Unis et en Inde.

Enfin nous trouvâmes un responsable de la police indienne prĂŞt Ă  se joindre Ă  notre conversation mais quand il le fit, nous avions perdu notre liaison tĂ©lĂ©phonique. Au cours de la dernière communication avec Imran Ă  5h30 mardi matin, nous lui avions dit que nous tenterions de trouver quelqu’un de la police indienne pour nĂ©gocier avec lui. Malheureusement, nous ne parvĂ®nmes pas Ă  trouver quelqu’un d’autre Ă  Bombay et nous n’avons plus jamais Ă©tĂ© en capacitĂ© de recontacter Imran.

Au cours de la nuit nous avions Ă©galement essayĂ© de contacter quelqu’un au DĂ©partement d’Etat ou au FBI pour nous assister dans notre Ă©preuve. Finalement une Ă©quipe du FBI s’est manifestĂ© pour nous conseiller sur la façon de gĂ©rer une prise d’otages, mais je n’ai jamais eu la chance de mettre leurs conseils en pratique.

Je suis rentrĂ© Ă  la maison vers 15 h, après avoir attendu encore sept heures et demie dans l’espoir d’un nouveau contact avec Imran. J’avais discutĂ© avec un de mes amis Ă  Mumbai qui avait hĂ©bergĂ© la nourrice des Holtzberg – la nourrice qui a pu s’Ă©chapper de Nariman House avec le fils des Holtzberg. Selon elle, les Holtzberg Ă©taient inconscients au moment oĂą elle est partie et je n’avais donc plus guère d’espoir. C’est seulement le jour suivant que j’ai eu la nouvelle dĂ©finitive de leur mort.

Une fois Ă  la maison, j’ai rĂ©alisĂ© que j’Ă©tais restĂ© Ă©veillĂ© environ 32 heures et que j’aurais du ĂŞtre Ă©puisĂ© pour le dĂ®ner de Thankskiving. Mais j’ai dĂ©couvert en moi quelque chose de nouveau – une force spirituelle. J’avais Ă©tĂ© en relation avec tant de personnes Ă  Chabad cette nuit, des gens entièrement concentrĂ©s pour faire tout ce qui pouvait ĂŞtre nĂ©cessaire pour aider les otages, des gens avec le certitude absolue que Dieu apporterait une issue favorable. Au dĂ©part, j’avais rĂ©pondu Ă  Chabad avec l’intention de leur apporter une aide, mais en rĂ©alitĂ© je suis parti avec le sentiment que Chabad m’avait offert quelque chose.

Source : Forward

Traduction : Mounadil el-DjazaĂŻri

déc 09 2008

L’inéluctable riposte indienne

Le colonel Jean-Louis Dufour est officier de carrière dans l’Armée française, ex-attaché militaire au Liban, chef de corps du 1er Régiment d’infanterie de marine. Il a aussi poursuivi des activités de recherche: études de crises internationales, rédacteur en chef de la revue Défense… et auteur de livres de référence sur le sujet, dont «La guerre au XXe siècle» (Hachette 2003), «Les crises internationales, de Pékin à Bagdad» (Editions Complexe, 2004)

La crise internationale amorcée par l’attaque de Bombay, le 26 novembre, est singulière. Tout évènement de ce genre suit d’ordinaire un schéma précis dont les phases, de durées variables, suivent un ordre quasi immuable et logique: précrise, rupture, escalade, détente ou… guerre(1). Entre l’Inde et le Pakistan, la phase d’escalade semble escamotée. La réaction de New Delhi paraît très modérée, le Pakistan ayant reconnu très vite la participation de cadres subalternes de ses Services (Inter Services Intelligence ou ISI) à l’action menée par les militants de l’organisation cachemirie Lakhdar-e-Taiba. Dans chacun des deux pays, rien de spectaculaire n’intervient, guère de bruit de bottes, pas de mouvement de troupes, aucune mobilisation. Tout juste les Indiens ont-ils renforcé la surveillance de leurs aéroports et mis leur armée de l’air en alerte après avoir intercepté le 5 décembre divers signaux indiquant de possibles détournements d’avions liés à des attaques suicide.
Normalement, tout pays agressé par des terroristes venus de l’étranger réagit sans tarder. La riposte ne doit pas intervenir des semaines, voire des mois, après l’offense. On ne gronde pas un enfant des heures après la faute commise. C’est un peu la même chose s’agissant de représailles antiterroristes.
Pourtant l’Inde ne saurait se dispenser de frapper. Pour deux raisons: la situation électorale du gouvernement Singh est catastrophique, le Pakistan semble politiquement hors d’état de mettre hors d’état de nuire ses Islamistes et plus encore les membres de l’ISI, coupables pourtant d’une forfaiture.
La question n’est donc pas de savoir si l’Inde va employer la force mais comment elle va le faire. Les options militaires ne sont pas légion. L’Inde doit imaginer une frappe puissante, spectaculaire et à peu près instantanée. La confrontation pourrait être terrestre, aérienne, voire navale, sous la forme d’un blocus.
New Delhi ne veut certainement pas d’une guerre de grande envergure contre le Pakistan. L’Inde ne souhaite ni la décomposition de son voisin, ni l’effondrement d’un gouvernement pakistanais plutôt modéré et avec lequel les mesures de confiance étaient en train de prendre leur essor. Les Indiens doivent veiller à ne pas entraîner une réaction trop massive du Pakistan. Celui-ci laisse les Américains viser quelques objectifs situés dans les zones tribales à l’ouest du Pakistan sans trop se formaliser. L’état-major indien peut être tenté d’en faire autant à l’est, au Cachemire, surtout s’il reçoit du Pentagone les informations précises nécessaires. Bien connaître son adversaire est évidemment essentiel. Or l’Inde ne dispose pas d’outils évolués d’acquisition du renseignement. Les images satellites lui font grandement défaut pour assurer un suivi quotidien de la situation prévalant au Cachemire. Les militaires indiens ne possèdent ni drones, ni Predator, ces engins sans pilote télécommandés capables d’attaquer et de détruire un objectif. L’hiver, enfin, est imminent, et ce n’est surement pas un hasard si les auteurs des tueries de Bombay ont œuvré à la fin de l’automne. La saison se prête fort mal à des opérations offensives menée sur un terrain caractérisé par des altitudes souvent supérieures à 5.000 mètres. Lors de la guerre dite du Kargil, les Pakistanais avaient profité des grands froids pour occuper des positions évacuées chaque hiver par les troupes indiennes. Celles-ci, au printemps 1999, s’étaient lancées à la reconquête du terrain perdu. Rudes, les combats étaient néanmoins demeurés limités.
Aujourd’hui, trois possibilités s’offrent aux stratèges indiens. La première est à dominante terrestre. Des actions d’infanterie appuyée par l’artillerie, et par l’aviation si le temps le permet, sont envisageables pour aller au contact des groupes islamistes pakistanais. L’armée indienne est entraînée pour ce type de combat en terrain montagneux contre des irréguliers. Des troupes à pied constituent le moyen le mieux adapté au milieu considéré. Un tel mode d’action risque pourtant d’être laborieux et les affrontements durer longtemps. Le succès n’est pas garanti compte tenu des fortifications installées de longue date par les Pakistanais, dans un terrain très propice à la défensive. Des opérations de forces spéciales mieux adaptées à une infiltration entre des positions pakistanaises trop fortes pour être attaquées de front pourraient aussi faire l’affaire. Le but serait la destruction d’installations et de cantonnements utilisés par les paramilitaires cachemiris. Il y faut des informations très précises, une logistique appropriée et des délais suffisants pour bien préparer l’entreprise. Toutefois, l’armée indienne a peu de forces spéciales et n’a pas l’habitude des coups de commandos, un mode d’action jamais encore employé pendant soixante ans de confrontation, directe ou non, entre les deux pays. New Delhi peut aussi vouloir privilégier l’artillerie, aux tirs si souvent déclenchés de part et d’autre de la ligne de contrôle, la LOC définie en 1972. Les derniers échanges d’artillerie sérieux ont eu lieu en 2003. Ils permettent de bombarder l’autre camp sans y mettre le pied. La portée maximum est de 40 kilomètres en utilisant les LRM, ces lance-roquettes multiples russes BM 30 dont est dotée l’armée indienne. Mais il lui faudrait soigneusement choisir ses objectifs et disposer d’observateurs bien placés pour régler les tirs.
La deuxième possibilité est l’emploi de la troisième dimension, autant dire l’armée de l’air et les missiles balistiques. Ainsi New Delhi pourrait-il frapper dans toute la profondeur du territoire adverse. Certains de ses engins bénéficient d’une précision très convenable tout en étant dotés de charges à explosifs conventionnels hautement performants. Pareille stratégie ne serait pas sans risque si elle devait être mal interprétée par les Pakistanais, tentés de voir là une attaque nucléaire. Pour s’éviter pareille méprise, l’Inde dispose de missiles de croisière supersoniques sol-sol, très récents, de type BrahMos. Ces engins n’ayant jamais encore été pratiquement utilisés, des questions se posent quant à leur efficacité opérationnelle. Et il y a les avions de combat, surtout les derniers Su-30MKI russes (Flanker selon la terminologie Otan), considérés comme les meilleurs chasseurs bombardiers du monde et qui ont fait la preuve de leurs capacités lors de récents exercices Red Flag, menés sur les champs de tir américains du Nevada. Ces appareils pénétreraient sans doute sans trop de dommage l’espace aérien pakistanais. Ils pourraient donc détruire des objectifs gouvernementaux symboliques, comme par exemple le siège de l’ISI, à l’aide de bombes guidées par laser (BGL), d’origine russe et israélienne, dont l’Inde disposerait. Cette façon d’agir entraînerait sans doute une réplique pakistanaise de même nature, avec cet avantage que l’aviation d’Islamabad est probablement moins performante que celle de son adversaire. La dernière option consiste en un blocus naval des côtes pakistanaises. L’Inde avait choisi de procéder ainsi en 1971 et y avait songé après l’attaque du Parlement de New Delhi, le 13 décembre 2001. Sa marine en est capable. La disposition d’une aviation embarquée lui permet d’appuyer au plus près ses bâtiments. L’inconvénient est qu’un blocus nuirait évidemment à l’économie pakistanaise sans spécialement atteindre les coupables cachemiris, même si les auteurs de l’attaque du 26 novembre sont venus du Pakistan par voie de mer. Toutefois, la présence à Karachi de bâtiments américains ou battant pavillon des pays membres de l’Otan serait de nature à compliquer l’opération. C’est en effet via le grand port pakistanais que le commandement US assure une grande partie du soutien logistique des unités engagées en Afghanistan.
Il va falloir encore attendre pour connaître le choix de New Delhi. Seul, semble-t-il, un bombardement précis d’un objectif majeur et symbolique pourrait ressembler à cette riposte rapidement mise en œuvre, spectaculaire et puissante qu’attend l’opinion indienne. A condition d’être économe en vies humaines et de ne pas multiplier les dommages collatéraux, la réplique de New Delhi pourrait également présenter le grand avantage de ne pas entraîner une quatrième guerre, peut-être dévastatrice celle-là, entre l’Inde et le Pakistan.

Colonel Jean-Louis Dufour

Reçu par mail

déc 03 2008

Antoine Sfeïr fait le lien entre les derniers attentats de Bombay, la crise financière et le 11 septembre

La présence d’Antoine Sfeïr au Forum du journal arabophone « El-Chorouk », à Alger, le 28 novembre dernier a coïncidé avec les attentats de Bombay, en Inde. Ses interlocuteurs l’ont interrogé sur sa lecture des événements.

Une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde

Dans sa réponse, Antoine Sfeïr n’exclut pas un lien entre les attentats de Bombay et la crise financière et économique mondiale.  Il souligne en effet que « le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau. L’Europe l’a connu dans le 19ème et 20ème siècle. Ce fut un terrorisme nationaliste ou idéologique, puis un terrorisme identitaire et culturel. Aujourd’hui, des Puissances occidentales ont inventé ce qu’elles appellent terrorisme islamique, dont les objectifs sont sournois. Car jusque-là, personne ne parlait de terrorisme catholique ou terrorisme religieux. Pourquoi lie-t-on aujourd’hui le terrorisme à l’islam ? Moi je refuse catégoriquement l’utilisation de ce terme, et personne n’a le droit de tuer des innocents au nom de Dieu ou de la religion. A-t-on identifié les terroristes ? Sait-on d’où viennent-ils ? Quelles sont leurs revendications ? L’Inde est devenue un pays puissant, avec une population qui dépasse le milliard d’individus, et a réalisé des bonds économiques importants. Cette puissance peut désormais rivaliser avec les Puissances économiques mondiales ».

Antoine Sfeïr  affirme que « la crise a débuté dans le secteur bancaire américain en septembre 2007. Pendant un an, les Américains n’ont rien fait pour la résoudre. Courant l’été 2008, la crise a éclaté. Les grandes banques américaines, avaient beaucoup d’intérêts en Inde, en Chine et dans les pays du Golfe depuis 2001. Avec la crise, ces banques risquent l’effondrement, et ont été rachetées par les banques de second rang. Ce qui menace les fonds indiens, chinois et arabes investis ».

« l’Inde est sur le point de signer un accord nucléaire avec les Etats-Unis. Ce facteur doit être pris en compte pour comprendre les attentats de Bombay. A ces nombreuses questions, je n’ai pas de réponse , mais je pense qu’il y a une volonté délibérée de déstabiliser l’Inde, pour l’empêcher de devenir une Puissance régionale économique, humaine, et nucléaire, qui menace l’Empire américain, lequel cherche à mettre la main sur l’ensemble du monde, économiquement, stratégiquement et militairement ».

L’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive

A propos de l’Iran, Antoine Sfeïr indique que « la première chose que ferait le président américain Barack Obama, après sa prise de fonction en janvier prochain, serait de négocier avec Téhéran. Les deux pays ont des intérêts communs. L’Iran est entouré de pays sunnites et est contraint de trouver une protection contre ce danger grâce à un accord avec Washington ». Il ajoute également, que « l’Iran ne veut pas d’une bombe nucléaire ou des armes de destruction massive. Les Iraniens sont conscients que l’accès à ces armes conduit inévitablement à une course nucléaire avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, soutenus par leur allié américain. Pendant la guerre Iran-Irak, le monde entier a soutenu Saddam Hussein, à l’exception d’Israël. Les Arabes sont victimes, depuis 50 ans, d’alliances stratégiques qui se sont nouées dans leur dos ».

Quant au conflit israélo-arabe, il est clos selon Antoine Sfeïr. Les Palestiniens ont été forcés d’accepter une solution à minima. Le conférencier est convaincu que « la stratégie des Etats-Unis vise à détourner l’attention vers l’Asie du Sud-est. Le conflit israélo-palestinien, malgré son importance, est sur le point d’être fermé. Ce qui explique que les médias occidentaux tendent à minimiser délibérément ce qui se passe dans l’arène palestinienne. Les massacres commis contre les palestiniens sont devenus des faits divers. »

Un complot contre le monde arabe

« Barack Obama ne sera pas un allié des Arabes, car il travaillera exclusivement dans l’intérêt des Etats-Unis, dans la continuité de l’administration Bush. Ce qui se passe au Liban fait partie d’un plan de démantèlement et de fragmentation qui sont appliquées dans la région arabe. Le Liban souffre de divergences culturelles et de divisions sectaires entre chiites, druzes, sunnites, maronites… et depuis les années 1970, tout est fait pour alimenter la guerre au Liban, même celle-ci était une guerre des autres. Aujourd’hui, il y a deux visions du Liban : un projet libanais, nationaliste et arabe, un autre pro-iranien mené par le Hezbollah, qui est un mouvement de résistance, mais dont le chef, Hassan Nasrallah, reconnaît être un soldat dans l’armée de Wilayat Al-Faguih (Iran) ». Toujours au sujet du Liban, il a accusé «Israël d’être responsables de l’assassinat de Rafic Hariri, avec la Syrie et l’Iran. Les trois pays ont des points d’intérêt dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre »

Al-Qaïda n’existe que dans l’imaginaire

Plus surprenant encore, de la part d’un analyste qu’on avait connu plutôt tiède sur ces sujets : « Al-Qaïda sert les intérêts des Américains. Washington joue une partie de poker-menteur avec les Arabes, car Al-Qaïda n’existe que dans l’imaginaire et est uniquement destinée à détruire le monde arabe et à l’empêcher de se moderniser. Ainsi, l’émiettement des pays arabes sur la base ethnique et confessionnelle permettra à Israël de progresser et de diriger la région ».

Mecanopolis

Source : El-Chorouk

Article en Arabe au format pdf > El-Chorouk pdf

Traduction Mediarabe.info

déc 03 2008

Antoine Sfeïr fait le lien entre les derniers attentats de Bombay, la crise financière et le 11 septembre

La prĂ©sence d’Antoine SfeĂŻr au Forum du journal arabophone « El-Chorouk », Ă  Alger, le 28 novembre dernier a coĂŻncidĂ© avec les attentats de Bombay, en Inde. Ses interlocuteurs l’ont interrogĂ© sur sa lecture des Ă©vĂ©nements.

Une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de dĂ©stabiliser l’Inde

Dans sa rĂ©ponse, Antoine SfeĂŻr n’exclut pas un lien entre les attentats de Bombay et la crise financière et Ă©conomique mondiale.  Il souligne en effet que « le terrorisme n’est pas un phĂ©nomène nouveau. L’Europe l’a connu dans le 19ème et 20ème siècle. Ce fut un terrorisme nationaliste ou idĂ©ologique, puis un terrorisme identitaire et culturel. Aujourd’hui, des Puissances occidentales ont inventĂ© ce qu’elles appellent terrorisme islamique, dont les objectifs sont sournois. Car jusque-lĂ , personne ne parlait de terrorisme catholique ou terrorisme religieux. Pourquoi lie-t-on aujourd’hui le terrorisme Ă  l’islam ? Moi je refuse catĂ©goriquement l’utilisation de ce terme, et personne n’a le droit de tuer des innocents au nom de Dieu ou de la religion. A-t-on identifiĂ© les terroristes ? Sait-on d’oĂą viennent-ils ? Quelles sont leurs revendications ? L’Inde est devenue un pays puissant, avec une population qui dĂ©passe le milliard d’individus, et a rĂ©alisĂ© des bonds Ă©conomiques importants. Cette puissance peut dĂ©sormais rivaliser avec les Puissances Ă©conomiques mondiales ».

Antoine SfeĂŻr  affirme que « la crise a dĂ©butĂ© dans le secteur bancaire amĂ©ricain en septembre 2007. Pendant un an, les AmĂ©ricains n’ont rien fait pour la rĂ©soudre. Courant l’Ă©tĂ© 2008, la crise a Ă©clatĂ©. Les grandes banques amĂ©ricaines, avaient beaucoup d’intĂ©rĂŞts en Inde, en Chine et dans les pays du Golfe depuis 2001. Avec la crise, ces banques risquent l’effondrement, et ont Ă©tĂ© rachetĂ©es par les banques de second rang. Ce qui menace les fonds indiens, chinois et arabes investis ».

« l’Inde est sur le point de signer un accord nuclĂ©aire avec les Etats-Unis. Ce facteur doit ĂŞtre pris en compte pour comprendre les attentats de Bombay. A ces nombreuses questions, je n’ai pas de rĂ©ponse , mais je pense qu’il y a une volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e de dĂ©stabiliser l’Inde, pour l’empĂŞcher de devenir une Puissance rĂ©gionale Ă©conomique, humaine, et nuclĂ©aire, qui menace l’Empire amĂ©ricain, lequel cherche Ă  mettre la main sur l’ensemble du monde, Ă©conomiquement, stratĂ©giquement et militairement ».

L’Iran ne veut pas d’une bombe nuclĂ©aire ou des armes de destruction massive

A propos de l’Iran, Antoine SfeĂŻr indique que « la première chose que ferait le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama, après sa prise de fonction en janvier prochain, serait de nĂ©gocier avec TĂ©hĂ©ran. Les deux pays ont des intĂ©rĂŞts communs. L’Iran est entourĂ© de pays sunnites et est contraint de trouver une protection contre ce danger grâce Ă  un accord avec Washington ». Il ajoute Ă©galement, que « l’Iran ne veut pas d’une bombe nuclĂ©aire ou des armes de destruction massive. Les Iraniens sont conscients que l’accès Ă  ces armes conduit inĂ©vitablement Ă  une course nuclĂ©aire avec l’Arabie saoudite et l’Egypte, soutenus par leur alliĂ© amĂ©ricain. Pendant la guerre Iran-Irak, le monde entier a soutenu Saddam Hussein, Ă  l’exception d’IsraĂ«l.  Les Arabes sont victimes, depuis 50 ans, d’alliances stratĂ©giques qui se sont nouĂ©es dans leur dos ».

Quant au conflit israĂ©lo-arabe, il est clos selon Antoine SfeĂŻr. Les Palestiniens ont Ă©tĂ© forcĂ©s d’accepter une solution Ă  minima. Le confĂ©rencier est convaincu que « la stratĂ©gie des Etats-Unis vise Ă  dĂ©tourner l’attention vers l’Asie du Sud-est. Le conflit israĂ©lo-palestinien, malgrĂ© son importance, est sur le point d’ĂŞtre fermĂ©. Ce qui explique que les mĂ©dias occidentaux tendent Ă  minimiser dĂ©libĂ©rĂ©ment ce qui se passe dans l’arène palestinienne. Les massacres commis contre les palestiniens sont devenus des faits divers. »

Un complot contre le monde arabe

« Barack Obama ne sera pas un alliĂ© des Arabes, car il travaillera exclusivement dans l’intĂ©rĂŞt des Etats-Unis, dans la continuitĂ© de l’administration Bush. Ce qui se passe au Liban fait partie d’un plan de dĂ©mantèlement et de fragmentation qui sont appliquĂ©es dans la rĂ©gion arabe. Le Liban souffre de divergences culturelles et de divisions sectaires entre chiites, druzes, sunnites, maronites… et depuis les annĂ©es 1970, tout est fait pour alimenter la guerre au Liban, mĂŞme celle-ci Ă©tait une guerre des autres. Aujourd’hui, il y a deux visions du Liban : un projet libanais, nationaliste et arabe, un autre pro-iranien menĂ© par le Hezbollah, qui est un mouvement de rĂ©sistance, mais dont le chef, Hassan Nasrallah, reconnaĂ®t ĂŞtre un soldat dans l’armĂ©e de Wilayat Al-Faguih (Iran) ». Toujours au sujet du Liban, il a accusĂ© «IsraĂ«l d’ĂŞtre responsables de l’assassinat de Rafic Hariri, avec la Syrie et l’Iran. Les trois pays ont des points d’intĂ©rĂŞt dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre »

Al-QaĂŻda n’existe que dans l’imaginaire

Plus surprenant encore, de la part d’un analyste qu’on avait connu plutĂ´t tiède sur ces sujets : « Al-QaĂŻda sert les intĂ©rĂŞts des AmĂ©ricains. Washington joue une partie de poker-menteur avec les Arabes, car Al-QaĂŻda n’existe que dans l’imaginaire et est uniquement destinĂ©e Ă  dĂ©truire le monde arabe et Ă  l’empĂŞcher de se moderniser. Ainsi, l’Ă©miettement des pays arabes sur la base ethnique et confessionnelle permettra Ă  IsraĂ«l de progresser et de diriger la rĂ©gion ».

Mecanopolis

Source : El-Chorouk

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Traduction Mediarabe.info

déc 03 2008

Confirmation du rôle du centre juif hassidique dans les récentes attaques perpétrées à Mumbai en Inde

Assaut de la rĂ©sidence Nariman House par l’armĂ©e indienne

Le rabbin Gabriel Holtzberg et son Ă©pouse, dĂ©cĂ©dĂ©s dans l’attaque

Dans une interview tĂ©lĂ©phonique accordĂ©e Ă  CBC News (Canadian Broadcasting Corporation) depuis les abords du centre [Nariman House, l'immeuble des Juifs hassidiques], le journaliste indĂ©pendant Arun Ashhana a indiquĂ© que des informations faisaient Ă©tat que certains des militants y avaient sĂ©journĂ© en chambre d’hĂ´tes pendant une quinzaine de jours avant les attaques.

« Ils avaient de grandes quantitĂ©s de munitions, d’armes et de vivres Ă  l’intĂ©rieur, » a dĂ©clarĂ© Ashhana.

Question : Est-il possible de sĂ©journer dans la rĂ©sidence des Juifs hassidiques Nariman House si l’on n’est pas juif ?

Source : Mounadil el-DjazaĂŻri

Article de CBC News