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août 12 2010

Le temps est venu de prĂ©parer l’action

db

Sur la terre ravagĂ©e par mille catastrophes savamment provoquĂ©es, une guerre est dĂ©clarĂ©e contre chaque ĂŞtre humain. Une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui instrumentalise partout la peur dans l’unique but de reconfigurer l’Ă©conomie mondialisĂ©e. Ce qui est rĂ©cemment arrivĂ© Ă  la Grèce nous arrivera bientĂ´t Ă  tous : c’est la tiers-mondialisation de l’Europe qui est en marche.

DĂ©sormais, seul l’inconcevable commande. Mais l’inconcevable, c’est aussi la rĂ©volte du petit nombre de ceux qui, ayant rĂ©ussi Ă  franchir eux-mĂŞmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’ĂŞtre et le non-ĂŞtre, se trouvent dĂ©jĂ  en Ă©tat d’assumer la tâche de veiller sur le nouveau recommencement de la rĂ©volution.

Nos camarades du mouvement DĂ©sobĂ©issance Civile ont compris cela mieux que quiconque. De toutes nos forces, avec nos moyens pourtant dĂ©risoires, nous soutiendrons leur action. Rien n’est plus important, car le temps est maintenant venu, sans plus tarder, de prĂ©parer l’action.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis



Le temps de l’action
envoyé par Mecanopolis.

Ne soyez plus spectateurs !

Par Désobéissance Civile

La situation économique, politique, écologique, humaine en ce début du XXIème siècle est une catastrophe pour qui a le courage de regarder la réalité en face: inégalités à tout niveau entre le Nord et le Sud, société basée sur le profit et la surconsommation, hommes réduits à l’état d’esclaves et de consommateurs (servitude moderne), guerres factices visant à favoriser le commerce des armes et la domination de l’Occident, domination des lobbies, manipulation des médias, politiciens et organismes internationaux (OMC, FMI, OTAN…) au service des multinationales, mise en œuvre des gouvernement par tous les moyens pour imposer la gouvernance mondiale (NWO), soumission des ex pays souverains d’Europe à l’Union Européenne …

« Désobéissance Civile Belgique » (DCB) est un groupe indépendant, refusant toute étiquette politique, qui vous propose de lutter pacifiquement, mais fermement, contre tout ce que le système a de négatif par la non soumission aux lois allant l’encontre de l’intérêt général et par des actions concrètes. Quand un infime pourcentage de la population mondiale détient le monopole sur la quasi totalité des richesses de la planète, quand les dirigeants n’ont aucun respect pour la vie, quand la société ne soucie plus de l’avenir de ses enfants, de l’avenir des générations futures, la désobéissance civile n’est plus un droit, elle est un devoir.

Parce que nous pensons que chaque être sur terre a droit à un minimum de respect, que tout homme, femme, enfant a droit à l’enseignement, à un logement décent, à un emploi correct, à une pension, à des soins de santé gratuits, parce que nous avons l’orgueil de penser que notre société peut être basée, non pas sur la compétition, la domination et le profit, mais sur la collaboration, le soutien mutuel et le partage, parce que nous pensons que nous somme tous égaux, que chaque homme a droit à la liberté, à la démocratie (participative), à choisir son destin, parce que nous pensons que la vie n’est pas à vendre, nous sommes entré en “résistance” contre cette société égoïste où tout est basé sur l’individualisme et le profit, quelles qu’en soient les conséquences pour les plus faibles.

Pour ce faire, nous employons et emploierons tous les moyens qui sont à notre disposition: interventions intempestives lors de meetings officiels, manifestations, distribution de tracts, support de diverses ONG (Amnesty, HRW…), collaboration avec des groupes partageant nos idéaux, actions de protestation (bâchages de panneaux publicitaires, déversement de stocks de journaux publicitaires, blocage de transports nucléaires…), boycott d’élections…

Si vous aussi vous désirez prendre part à ce combat, envoyez votre prénom et votre adresse email à desobeissance-civile-belgique [at] hotmail.com ou rejoignez-nous sur facebook. Vous serez averti automatiquement de nos futures actions publiques, réunions… et pourrez prendre part au changement de la société avec nous. Ne soyez plus spectateur, devenez acteur !

Thierry Duriau, pour Désobéissance Civile



La révolte qui vient
envoyĂ© par Mecanopolis. – L’actualitĂ© du moment en vidĂ©o.

juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation borĂ©ale, est un Ă©vènement littĂ©raire majeur qui a bien sur Ă©tĂ© totalement occultĂ© par les « mĂ©dias autorisĂ©s ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet Ă©crivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous prĂ©sentons, en exclusivitĂ©, un chapitre complet de La confirmation borĂ©ale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il Ă©tĂ© de la fin abrupte du communisme soviĂ©tique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planĂ©taires : sans la moindre intervention visible venant de l’extĂ©rieur de ce qui Ă©tait en train de se passer au moment dĂ©cisif, sans absolument aucune raison objective, Ă  l’heure prĂ©vue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en Ă©tait produit comme un brusque effondrement total, de l’intĂ©rieur de celui-ci, comme un soudain Ă©clair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessĂ© d’exister, s’est trouvĂ©e comme aspirĂ©e par le nĂ©ant qu’elle portait secrètement en elle, instantanĂ©ment. Et tout Ă  fait dĂ©finitivement, sans trĂŞve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette mĂŞme nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanĂ©e, mystĂ©rieuse dans ses apparences, vient Ă©galement de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique europĂ©enne. Disparues, dans le nĂ©ant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes dĂ©mocraties chrĂ©tiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être Ă©vanoui le grand rĂŞve impĂ©rial europĂ©en du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-mĂŞme, Ă©clatĂ©, de l’intĂ©rieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mĂŞmes de leur pouvoir, Ă  l’heure prĂ©sente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-dĂ©mocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installĂ©e partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgrĂ© tout, elle-mĂŞme, dĂ©sormais, Ă  la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment Ă  l’autre, Ă  son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest Ă  Lisbonne, un immense dĂ©sert vide, calcinĂ©, morne, immobile, « suintant des malĂ©fices secrets, imprĂ©visibles », s’étend au comble de la dĂ©solation, au comble de l’impuissance. L’histoire dĂ©mocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, dĂ©sormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espĂ©rance ni plus aucune attente lĂ©gitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, prĂ©cisĂ©ment, l’ontologie de l’auto-destitution instantanĂ©e de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était dĂ©jĂ  vu avec l’auto-destitution politique de l’Union SoviĂ©tique, ou avec le mystĂ©rieux Ă©vanouissement sur place des dĂ©mocratie chrĂ©tiennes europĂ©ennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontĂ©e paroxystique de l’Être originel, d’une Ă©mergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermĂ©e sans recours puisse Ă©galement avoir, lieu, Ă  tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion Ă  un travail de recherche politico-rĂ©volutionnaire que je faisais paraĂ®tre, en 1976, sous le titre de La ligne gĂ©opolitique de l’URSS et le « projet ocĂ©anique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placĂ©, prophĂ©tiquement – Ă  prĂ©sent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualitĂ© me paraĂ®t tout Ă  fait saisissante, plus que jamais immĂ©diatement opĂ©ratoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intĂ©riorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est lĂ  – qui, en Union SoviĂ©tique, finira par l’emporter, Ă  l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitĂ´t Ă  changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face mĂŞme de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaĂ®tre, en son sein, la volontĂ© de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-lĂ  ? InĂ©luctablement, Ă  l’heure prĂ©vue. »

Or c’est très prĂ©cisĂ©ment l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prĂŞts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualitĂ© politique europĂ©enne immĂ©diate dans le sens de son retour rĂ©volutionnaire Ă  l’Être, fournir – au-delĂ  de l’actuel dĂ©sastre de celle-ci – sa forme ontologique dĂ©cisive Ă  un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique europĂ©ennes, de leurs structures d’affirmation et de prĂ©sence agissante propres, renouvelĂ©es depuis leurs profondeurs originelles retrouvĂ©es.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opĂ©rationnels, celui de l’acte mĂŞme de la mise en piste du projet impĂ©rial final, concernera la crĂ©ation de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pĂ´le europĂ©en grand-continental impĂ©rial Ă  venir. Ne devant pas comporter d’intĂ©gration politique Ă  proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence dĂ©finitive et totale de la communion de destin – de la prĂ©destination – des trois pays du pĂ´le fondationnel grand-continental mobilisĂ©s en avant par une mĂŞme vision impĂ©riale irrĂ©vocable, par la dĂ©cision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opĂ©rationnel de l’édification rĂ©volutionnaire impĂ©riale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la rĂ©duction dĂ©finitive de la conspiration dĂ©mocratique mondialiste menĂ©e par la « Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis » et la libĂ©ration rĂ©volutionnaire de celle-ci, la double instance gĂ©opolitique intĂ©grĂ©e des deux AmĂ©riques, l’AmĂ©rique du Sud et l’AmĂ©rique du Nord. Le troisième stade impĂ©rial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel PlanĂ©taire unifiĂ©, entitĂ© suprahistorique, transcendantale, placĂ©e sous la lumière rĂ©vĂ©latrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de SĂ©cession, ce sera la majoritĂ© nationale oppressĂ©e de la Superpuissance PlanĂ©taire des États-Unis, sa majoritĂ© « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’hĂ©ritage europĂ©en en continuitĂ©, qui va devoir l’emporter, irrĂ©versiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matĂ©rialiste du continent nord-amĂ©ricain.

Et ce sera la mission prĂ©destinĂ©e de l’AmĂ©rique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion rĂ©volutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura dĂ©jĂ  su faire, accomplir sa propre intĂ©gration continentale, que de soutenir, politiquement et stratĂ©giquement, l’effort de la majoritĂ© nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage rĂ©volutionnaire final du continent nord-amĂ©ricain lors de la deuxième Guerre de SĂ©cession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets rĂ©volutionnaires permanents des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage Ă  l’histoire visible, active, depuis dĂ©jĂ  les annĂ©es 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur prĂ©sence combattante, de leur volontĂ© d’affirmation politique propre, non pas contre l’État SoviĂ©tique, mais confidentiellement au sein mĂŞme des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-rĂ©volutionnaire immanente des Forces ArmĂ©es de l’Union SoviĂ©tique, doctrine qui est allĂ©e en se prĂ©cisant d’une manière de plus en plus dĂ©cisive Ă  partir des annĂ©es soixante, et dont les thèses gĂ©opolitiques de base se sont trouvĂ©es confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait dĂ©finitivement comptĂ© pour toute une gĂ©nĂ©ration de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviĂ©tiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers gĂ©opoliticiens de l’URSS, peut-ĂŞtre mĂŞme le premier de tous ». Aussi, sur le gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest Ă©crira-t-il que celui-ci « appartient Ă  un clan d’officiers supĂ©rieurs, certainement « soviĂ©tiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelĂ© Ă  dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural Ă  Brest, mais de l’Oural Ă  la Mongolie, de la Centre-Asie Ă  la MĂ©diterranĂ©e. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventĂ©, de 1948 Ă  1952, non l’invasion Ă©ventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpĂ©nĂ©tration Ă©conomique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, Ă  Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait dĂ©jĂ  qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratĂ©gique de couvrir les flottes que commençait Ă  dĂ©velopper l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour dĂ©boucher de la Mer Noire vers la MĂ©diterranĂ©e. » La puissance visionnaire de la gĂ©opolitique d’avant-garde du gĂ©nĂ©ral-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la dĂ©marche active des positions gĂ©opolitiques armant les bases idĂ©ologiques rĂ©volutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinĂ©es, le projet impĂ©rial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des annĂ©es soixante, le marĂ©chal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major GĂ©nĂ©ral de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intĂ©grale » et de la « mobilisation gĂ©nĂ©rale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviĂ©tique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » prĂ©sent, et confidentiellement Ă  l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manquĂ© de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprĂŞtait Ă  passer Ă  l’offensive finale, dĂ©cisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces ArmĂ©es soviĂ©tiques en place, agissant au cĹ“ur mĂŞme du pouvoir soviĂ©tique, qu’elles comptaient changer de l’intĂ©rieur. D’oĂą, alors, presque sur le coup mĂŞme, le limogeage du marĂ©chal N. V. Ogarkov, rentrĂ© provisoirement – mais ne faut-il pas plutĂ´t dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en Ă©tait pas encore tout Ă  fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eĂ»t impliquĂ© et, du coup, rendu irrĂ©versible sur le plan encore non entamĂ© des grandes stratĂ©gies politico-militaires soviĂ©tiques renouvelĂ©es par la reprise Ă  dĂ©couvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas lĂ  seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nĂ©cessitĂ© de l’intĂ©gration Ă  part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine rĂ©volutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en mĂŞme temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la crĂ©ation – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait ĂŞtre que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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juin 10 2010

Daniel Estulin dénonce le Groupe Bilderberg au Parlement Européen

Le journaliste d’investigation Daniel Estulin a prononcé devant la classe politique à Bruxelles un discours qui révèle l’intention de l’élite financière de détruire l’économie globale et de transformer le monde en une entreprise dont elle seule serait bénéficiaire.

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Mesdames, Messieurs,

Nous sommes maintenant en mesure de changer l’Histoire. Finalement, je crois que l’humanitĂ© a un avenir. Une population un moment dĂ©moralisĂ©e et sans but est en train de sortir d’un profond sommeil. Dans ce rĂ©veil gĂ©nĂ©ral, les gens commencent Ă  poser les questions adĂ©quates. Non plus « Qu’est-ce que je gagne dans tout cela? » mais « Qu’est-ce qui est juste? ». C’est un phĂ©nomène international en rĂ©ponse et en rĂ©action Ă  une perception aiguĂ« que le monde entier va Ă  la catastrophe Ă  moins que nous autres, les gens, nous ne fassions quelque chose.

J’ai écrit un livre sur le thème du groupe Bilderberg. Ce livre, d’une certaine manière, est devenu le catalyseur d’un mouvement dans le monde entier. Maintenant, nous n’avons pas beaucoup de temps, si bien que je voudrais vous expliquer ce qu’est le Bilderberg et pour quelles raisons il doit être arrêté.

Dans le monde de la finance internationale, il y a ceux qui décident des évènements et ceux qui y réagissent. Bien que ces derniers soient plus connus, plus nombreux, et plus puissants en apparence, le véritable pouvoir appartient aux premiers. Au centre du système financier global se trouve l’oligarchie financière représentée par le groupe Bilderberg.

L’organisation du Bilderberg est dynamique, en ce sens qu’elle change avec le temps, absorbe et crée de nouvelles branches pendant qu’elle se défait de celles qui sont en déclin. Ses membres vont et viennent mais, mais le système en lui-même n’a pas changé. C’est un système autoreproducteur, une toile d’araignée virtuelle tissée des intérêts financiers, politiques, économiques et industriels.

Maintenant, le Bilderberg n’est pas une société secrète, un oeil pervers qui voit tout. Ce n’est pas une conspiration, bien que certaines personnes, de manière naïve, le voient ainsi. Ce n’est pas non plus un groupe de personnes, et peu importe qu’elles soient si puissantes, qui s’assoient autour d’une table dans l’obscurité, en se tenant par la main, regardant une boule de cristal et décidant de l’avenir du monde.

C’est une réunion de personnes qui représentent une certaine idéologie.

Ce n’est pas un Gouvernement Mondial ou un Nouvel Ordre Mondial, comme beaucoup le croient Ă  tort. En revanche, l’idĂ©ologie est celle d’une Entreprise Mondiale. En 1968, lors d’une rĂ©union du Bilderberg au Canada, George Ball, secrĂ©taire adjoint aux affaires Ă©conomiques de JFK et de Johnson a dit : « OĂą trouver un fondement lĂ©gitime au pouvoir de l’administration des entreprises de prendre des dĂ©cisions qui peuvent affecter profondĂ©ment la vie Ă©conomique des nations dont les gouvernements n’ont qu’une responsabilitĂ© limitĂ©e? »

L’dée qui est derrière chaque réunion du Bilderberg est de créer ce qu’eux-mêmes nomment L’ARISTOCRATIE DE PROJET concernant la meilleure manière de gérer la planète entre élites d’Europe et d’Amérique du Nord. En d’autres termes, c’est la création d’un réseau de cartels immenses, plus puissants que n’importe quelle nation de la terre, destinés à contrôler les nécessités vitales du reste de l’humanité, évidemment de leur point de vue privilégié, pour notre propre bien et bénéfice, à nous, les classes inférieures (“The Great Unwashed” , nous appellent-ils)

La raison qui fait que les gens ne croient pas au Bilderberg et autres organisations qui oeuvrent avec et exercent un pareil contrôle sur la scène mondiale est qu’il s’agit d’un phantasme cartésien, selon lequel ce sont les intentions isolées de quelques individus, et non pas la dynamique des processus sociaux, qui modèlent le cours de l’histoire, comme le mouvement de l’évolution des idées et de certains sujets, sur plusieurs générations, voire des siècles.

Le Bilderberg est le moyen de regrouper les institutions financières qui représentent les plus puissants et les plus prédateurs des intérêts financiers. Et, en ce moment, cette combinaison est le pire ennemi de l’humanité.

Nous pouvons nous réjouir qu’aujourd’hui le Bilderberg soit devenu un sujet abordé par les media des entreprises. Non parce que ceux-ci se sont tout à coup souvenus de leurs responsabilités envers nous, mais parce que nous les avons obligé à avoir cette position inconfortable en prenant conscience que leurs présidents et premiers ministres, leurs petits rois et reines sont les marionnettes de forces puissantes opérant en coulisse.

Quelque chose nous est arrivé au milieu de l’effondrement économique général. Les gens sont en grande partie soumis à quelque chose qu’ils ne comprennent pas toujours. Mais qui les amène à agir dans leur propre intérêt. C’est ce qu’ils sont en train de faire en Grèce. C’est ce qu’ils sont en train de faire aux Etats Unis. Cela s’appelle le principe anthropique. C’est comme si un ras de marée survenait et enlevait nos peurs. Les gens, en se rendant compte que leur existence est menacée, ont perdu leurs peurs, et les Bilderberger et les autres s’en aperçoivent.

C’est peut-ĂŞtre pourquoi, dans un rĂ©cent discours au Council of Foreign Relations (CFR) Ă  MontrĂ©al, Zbigniew Brzezinski, l’un des fondateurs de la commission TrilatĂ©rale, a averti qu’un « rĂ©veil politique mondial », combinĂ© avec des luttes internes de l’élite, menaçait de dĂ©tourner le courant vers un gouvernement global.

Vous pouvez voir que les gens qui sont ici ont des passés politiques et idéologiques différents. Ce qui nous unit, cependant, c’est que nous sommes tous des patriotes. Et ceux qui s’opposent à nous, ceux qui travaillent pour des sociétés secrètes, qui ont vendu leur pays pour un morceau de viande, sont des traîtres. Non seulement des traîtres à leur peuple et à leur pays, mais à l’humanité toute entière.

Maintenant, [venons en à] l’objet de cette conférence de Presse, qui est le Bilderberg vers une Entreprise Mondiale.

Il y a environ six siècles et demie, l’économie de l’Europe s’est effondrĂ©e lors de ce qu’il est convenu d’appeler « l’obscuritĂ© moyenâgeuse » de l’Europe, la plus grande chute Ă©conomique et dĂ©mographique de l’Europe depuis la chute de l’empire romain. Ainsi, au milieu du XIV° siècle, une grande partie du pouvoir de l’oligarchie a Ă©tĂ© rĂ©duite Ă  nĂ©ant. Cette dĂ©sintĂ©gration explosa en chaĂ®ne comme l’éclatement soudain de la pire bulle financière de spĂ©culation sur la dette dans l’histoire (jusqu’à nos jours), quand les banques Bradi et Peruzzi s’effondrèrent. L’éclatement et l’effondrement de la bulle sur la dette lombarde provoqua une chute du pouvoir des familles de l’oligarchie.

Qu’est-ce que ça a à voir avec le Bilderberg?

L’histoire contemporaine a remplacé l’histoire médiévale au moment où les institutions qui distinguent spécifiquement l’histoire contemporaine de l’histoire médiévale ont été mises en place. Ce qui eu lieu en 1439 au Conseil de Florence. Quelles furent ces nouvelles institutions?

1) La conception des républiques modernes, états-nations sous domination de la loi naturelle

2) La mission principale de la promotion du progrès scientifique et technologique comme mandat donné par la république.

Ces deux idéaux constituent un élément crucial : leur existence institutionnalisée dans chaque partie de l’Europe a tout changé dans toute l’Europe, parce que ces changements institutionnels ont accéléré le rythme de l’expansion de l’humanité sur la nature, par tête et par km2. De même qu’aucun pays ne cherchait à ne pas progresser ou ne pas se développer de peur d’être rejeté désespérément.

Le premier succès est arrivé en France, sous Louis XI, qui a doublé le revenu par tête en France et a vaincu tous les ennemis de son pays. Les succès de Louis XI ont entraîné une réaction en chaîne d’efforts pour établir des états-nations sur le modèle de l’Angleterre de Henry VII.

Une autre idée-clef, qui vient du Conseil de Florence, et qui, bien plus tard, s’est répandue aux Etats Unis, est celle du principe universel de Bien-Etre Général, sur lequel toute la société moderne est basée.

Maintenant, le bien-être ne veut pas dire avoir des bonnes choses pour rien, assis sur un canapé en mangeant de la pizza, en faisant le joli coeur, en regardant la télévision, tout en attendant que le chèque du chômage arrive.

C’est une question d’immortalité. Quel est le but de l’existence de l’homme et du gouvernement? C’est de pourvoir au bein-être des générations futures. Assurer notre survie en tant qu’espèce. Le principe du Bien-Etre Général, tel qu’il est formulé en résumé dans le préambule de la Constitution Fédérale des Etats Unis, est la loi fondamentale

Quel rapport cela a-t-il avec l’actualité? Ces gens veulent un empire. C’est ça, la globalisation. Et trop de gens croient que pour avoir un empire il faut de l’argent. J’ai entendu les mots : l’Elite de l’Argent. Mais l’argent ne détermine ni la richesse ni l’économie. L’argent ne fait autre chose que circuler dans le monde. L’argent n’a aucune valeur en soi.

L’esprit humain a une influence sur l’évolution de la planète. Ainsi cela dépend de la mesure que prend d’elle même l’humanité. Ce qui nous différencie des animaux est notre capacité à découvrir des principes physiques universels. C’est ce qui nous permet d’innover, ce qui par conséquent améliore la vie des gens en augmentant le pouvoir de l’homme sur la nature.

Vous verrez, ils sont en train de détruire exprès l’économie du monde. Et ce n’est pas la première fois. Cela s’est déjà produit au XIV° Siècle au Moyen Âge : ils sont venus à bout de 30% de la population.

L’empire : à bas les gens stupides ! Ils veulent détruire les facultés créatrices de la raison.

Zero croissance, zero progrès. Club de Rome ; limites à la croissance 1973.

Projet 1980 du CFR : promouvoir la démolition contrôlée de l’économie mondiale

Bilderberg 1995 : Exiger la destruction. Comment? En détruisant exprès l’économie mondiale.

La « Grande DĂ©pression » comme transfert de la richesse.

La « Grande DĂ©pression » n’a pas commencĂ© avec les capitalistes des Etats Unis. Ce fut un Ă©vènement que produisirent encore une fois les plus riches en faisant passer la richesse des gens dans les mains de ceux qui Ă©taient dĂ©jĂ  riches. C’est ainsi que la Bank of America a gagnĂ© des milliers de millions en exĂ©cutant des hypothèques de 1929 Ă  1937. Ne croyez pas une seconde que les plus riches parmi les riches seront atteints pas l’effondrement qui arrive. Les seuls qui seront atteints, ce seront nous autres.

Regardez la Grèce. Ce qu’ils essayent de faire c’est de faire s’effondrer le système, au lieu de permettre que la Grèce réorganise son système monétaire, ils sont en train d’imposer que la Grèce soit instrumentalisée, que la dette de la Grèce soit financée par l’Europe. Mais cette dette n’a aucune valeur. A mettre à la poubelle, de l’argent de monopoly. Du moment qu’on demande à l’Europe, qui traverse à son tour sa propre débâcle financière, d’absorber une dette impayable, que les Grecs, c’est certain, ne pourront jamais payer, cela signifie que l’Europe sera détruite à coup sûr. Et cela est en train de se faire, intentionnellement, puisque personne ne suivra Barroso, qui est, avec tout le respect que je lui dois, intellectuellement limité, ni Trichet qui est si bête.

Défaisons nous de la bureaucratie de Bruxelles. Licencions les tous. Ce sont tous des bons à rien, Ils sont inutiles. Ces gens n’ont jamais rien fait d’utile dans leur vie. Défaisons nous de Barroso. Il a condamné l’Histoire à l’école. Défaisons nous de cet hypocrite de Van Rompuy, non pas parce qu’il est inutile mais parce qu’il est malin et très dangereux. Ce n’est pas la première fois qu’un petit malin fraye son chemin dans l’ombre jusque dans les entrailles du pouvoir.

Vous voyez, c’est une question de leadership et une question d’immortalité. Tous les leaders de la société, spécialement en temps de crise, le sont parce qu’ils se mesurent à ce standard. Des gens comme Barroso, Van Rompuy, le président de l’Union Européenne, Jean-Claude Trichet, Dominique Strauss-Kahn, le directeur administratif du Fond Monétaire International, sont à peine à considérer comme des leaders. En réalité, c’est à peine si on peut les considérer comme des êtres humains si on considère ce que veut dire pour les Humains « Pour le Bien Supérieur de l’Humanité ».

Je ne suis pas en train de parler d’un problème scientifique, mais d’un problème moral. D’une question d’immortalité. Nous autres en tant qu’Etats Nations, en tant qu’habitants de la planète, nous croyons en l’avenir de l’humanité? Et quel avenir aurons nous dans 100 ans ou 200 ans? Ou qu’en sera-t-il de nous dans 10 000 ans? Avons nous le droit de rêver? Si nous pouvons avoir le sentiment d’un but en étant ici, alors les mauvais ne peuvent l’emporter.

Par exemple, ils nous ont dit qu’il fallait sauver l’euro. Que la chute de l’euro entraînerait celle de l’Union Européenne. C’est un mensonge. Au lieu d’une union monétaire européenne faible et fonctionnant mal, nous revenons aux républiques états-nations indépendants. L’Europe de nos ancêtres.

« La diversitĂ© culturelle est non seulement le sceau du progrès, mais une garantie de sĂ©curitĂ© contre l’extinction humaine » Une fois nĂ©, le concept d’état nation ne meurt pas, il attend seulement qu’apparaissent des ĂŞtres humains sages et de valeur pour le dĂ©fendre, pour perfectionner le concept. Nous devons ĂŞtre une fraternitĂ© de nations, de nations souveraines – unies par le but commun de l’humanitĂ©. Jusqu’à ce que nous puissions amener l’humanitĂ© Ă  l’Age de Raison, l’Histoire sera en rĂ©alitĂ© construite non par la volontĂ© du gros de l’humanitĂ©, mais par le petit nombre de ceux qui, avec des intentions bonnes ou mauvaises, dirigent le destin de l’homme, comme un troupeau de vaches est menĂ© aller et retour dans les prĂ©s, et, Ă  l’occasion, aussi Ă  l’abattoir.

Publié sur Mecanopolis le 10 juin 2010

Source originale : Pyjamasur.com

mai 05 2010

Et si la Grèce montrait la voie ? (photos+vidéo)

A la mi-journĂ©e, la grève nationale paralysait l’ensemble du pays.

A Athènes, 60′000 manifestants (20′000 selon la police) avait rejoint les abords du Parlement. A l’heure oĂą nous publions cette page (12h50) la foule en colère tentait de forcer les cordons de policiers de l’entrĂ©e du Parlement.

A Salonique, deuxième ville du pays, où plusieurs agences de banques ont été littéralement détruites, on observait de violentes confrontations entre les manifestants et la police.

Nous actualiserons cette page au fur et Ă  mesure des informations qui nous parviennent.

Nota bene : Une fois n’est pas coutume : cet article d’Agoravox, publiĂ© Ă  11h ce matin, reprend mot pour mot les informations et vidĂ©os publiĂ©es dans notre article d’hier Ă  propos de l’intervention des enseignants sur la chaĂ®ne grecque ERT. Cela sans nous citer bien sĂ»r. Amusant, non ?

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La solution passe-t-elle par la violence ?

Il n’y a assurĂ©ment pas d’autre issue pour les Grecs, s’ils veulent sortir du chantage exercĂ© par Bruxelles et le FMI. A ce stade, seule la rue est en mesure pousser le gouvernement grec Ă  la dĂ©mission, et entrainer ainsi l’annulation des mesures dites « d’aides », puis, par extension, de permettre au pays de sortir de la zone euro. La Grèce pourrait alors se mettre en dĂ©faut de paiement en reconnaissant son impossibilitĂ© Ă  rembourser et entrer dans une nĂ©gociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme cela a Ă©tĂ© fait jadis pour l’Argentine. Ainsi, ce sont les crĂ©anciers qui se retrouveraient la corde au cou, et non plus le peuple grec. En rĂ©introduisant sa monnaie nationale, la Grèce pourrait ensuite redevenir rapidement compĂ©titive et redresser son Ă©conomie. DĂ©barrassĂ©e de la tutelle de Bruxelles, elle retrouverait sa souverainetĂ© politique et Ă©conomique.

Contagion

Les spĂ©culations sur l’Espagne se poursuivaient mercredi, entrainant de nouvelles baisses des Bourses europĂ©enne et une baisse de l’euro, après l’annonce d’un possible abaissement de la note de la dette de ce  pays par les agences Moody’s et Fitch. La dĂ©claration du prĂ©sident du gouvernement espagnol, JosĂ© Luis Rodriguez Zapatero – qui a rejetĂ© l’idĂ©e que son pays puisse ĂŞtre Ă  son tour contraint de faire appel Ă  l’aide internationale – n’a pas semblĂ© crĂ©dible.

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Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis Strike

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Greece Financial Crisis

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18h00 > L’Union europĂ©enne, par la voix de son prĂ©sident, Herman Van Rompuy, a prĂ©sentĂ© ses condolĂ©ances aux proches des victimes des violences. «Nos pensĂ©es vont aux victimes humaines a Athènes», a dĂ©clarĂ© l’agent du groupe Bilderberg, depuis Bruxelles.

Pour Van Rompuy, la victime ne saurait en aucune manière ĂŞtre le peuple grec, Ă©conomiquement crucifiĂ© parla maffia politico-financière qui l’a nommĂ© au poste de PrĂ©sident de l’Europe. Ses larmes vont aux employĂ©s de banque dĂ©cĂ©dĂ©s dans l’incendie de cet après-midi. Triste incident qui va bien Ă©videmment ĂŞtre exploitĂ© de sorte Ă  remettre en cause la contestation lĂ©gitime de la rue face au chantage de Bruxelles et du FMI.

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Greece Financial Crisis

Greece Financial Crisis

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19h10 > Les responsables politiques europĂ©ens ont tentĂ© mercredi de prĂ©venir une contagion de la crise grecque Ă  d’autres pays de la zone euro, allant jusqu’Ă  menacer de prendre des mesures contre la spĂ©culation, sans toutefois parvenir Ă  enrayer la baisse des Bourses et de l’euro. Certes, comme c’est la douzième fois, depuis le G20 de juin2009, qu’ils menacent dans le vide, alors que les spĂ©culateurs s’attaquent maintenant Ă  la souverainetĂ© des Etats, les marchĂ©s ont fini par comprendre qu’il ne s’agissait que de rĂ©pandre des Ă©crans de fumĂ©e, et que les dirigeants bruxellois, sous commandement allemand, se rĂ©jouissent de ces crises en cascade, puisque cela leur permet d’exercer une restructuration Ă©conomique Ă  l’Ă©chelle de l’Europe qu’aucune nĂ©gociation dĂ©mocratique n’aurait pu permette. RĂ©sultat : la Bourse de Paris a abandonnĂ© 1,44% après un repli de 3,64% la veille. Londres a perdu 1,28%, Francfort 0,81%, Lisbonne a reculĂ© de 1,52%, Madrid 2,27%. La Bourse d’Athènes a cĂ©dĂ© 3,91% .

L’euro, lui, est tombĂ© Ă  son plus bas niveau depuis plus d’un an face au dollar, Ă  1,2805 dollar. Ce qui bĂ©nĂ©ficie directement aux exportations allemandes, qui ont connu une hausse non prĂ©vue de 5,1% sur le seul mois de fĂ©vrier 2010, et dĂ©jĂ  permis un excĂ©dent  commercial de 12,1 milliards d’euros en janvier, selon l’Office fĂ©dĂ©ral de la statistique, relayĂ© par cet article du Point.

20h30 > Solidarité avec le peuple grec

«Ce n’est que le début d’une grande guerre» (Une manifestante, Athènes, 5 mai 2010)

Aujourd’hui, mercredi 5 mai, à l’occasion d’une grève générale, plusieurs centaines de milliers de travailleurs grecs sont descendus dans la rue, et ont massivement fait grève (80% de grévistes dans le secteur public, 60% dans le secteur privé), afin de protester contre les mesures dites d’austérité du gouvernement grec. La mort tragique de 3 employés d’une banque, qui n’ont pas été autorisés à quitter leur lieu de travail par leur employeur durant la manifestation, sert actuellement de prétexte à une répression extrêmement dure. La police grecque procède en ce moment-même à des rafles massives, à des destructions de locaux, se livrant à des représailles aveugles. Nous, militants de la CNT, déclarons notre pleine et entière solidarité avec les manifestants, grévistes et émeutiers grecs. Leur refus net de payer la crise à la place des dirigeants politiques et financiers doit faire exemple dans le monde entier. Nous appellerons, en fonction des événements en Grèce, à des actions de solidarité, qui doivent montrer notre détermination à faire respecter la volonté des travailleurs.

VIVE LA REVOLTE DU PEUPLE GREC ! A BAS LA REPRESSION ! VIVE LA LUTTE DES PEUPLES LIBRES CONTRE LES ETATS, LES POLICES ET LES CAPITALISTES, PARTOUT DANS LE MONDE !

Communiqué des syndicats CNT des lycées, de l’école d’art et de l’Université d’Avignon

21h30 > « Aide » à la Grèce : Un calcul qui profite aux banques

Les dĂ©putĂ©s UMP et PS ont votĂ© le 4 mai un prĂŞt Ă  l’État grec de 3,9 milliards d’euros Ă  un taux « d’Ă  peu près 5 % », alors que l’État français, lui aussi fortement endettĂ© auprès des banques, ne paye malgrĂ© tout pour le moment qu’autour de 1,5 % d’intĂ©rĂŞt pour ses emprunts.

VoilĂ  ce que le gouvernement français appelle une « aide Ă  la Grèce » ! « Nous ne voulons pas prĂŞter Ă  des conditions super-attractives, pour ne pas encourager le vice », se justifie la ministre des Finances Lagarde. C’est rendre la population, la grecque comme la française, responsable des dĂ©ficits du budget de leur État, comme si le « vice » n’Ă©tait pas d’avoir dilapidĂ© des milliards en les versant aux banques, qui s’en servent aujourd’hui pour spĂ©culer contre l’euro !

Le bĂ©nĂ©fice que Lagarde espère rĂ©aliser sur le dos de la Grèce constitue « une marge de sĂ©curitĂ© », explique-t-elle, en prĂ©cisant que, si la Grèce rembourse rubis sur l’ongle les 3,9 milliards d’euros prĂŞtĂ©s en 2010, « on » gagnerait 150 millions rien qu’avec les intĂ©rĂŞts. Au cas oĂą les sommes prĂŞtĂ©es ne seraient pas remboursĂ©es intĂ©gralement, le gouvernement français ajouterait une pĂ©nalitĂ© de 1 % et un complĂ©ment de 0,5 % pour se calquer sur les commissions prĂ©levĂ©es par le FMI.

Le prĂŞt Ă  la Grèce est donc fondĂ© sur un calcul d’usurier. Si Lagarde se veut rassurante, en estimant que pour 2010 l’État français n’aura pas besoin de modifier son programme d’Ă©mission d’emprunts sur le marchĂ© financier, elle ajoute qu’en « 2011, 2012 et une partie de 2013, il faudra en revanche l’augmenter pour lever sur les marchĂ©s les 12,9 milliards d’euros supplĂ©mentaires » prĂ©vus pour ĂŞtre prĂŞtĂ©s Ă  la Grèce dans le futur.

Et au final les banques seront les bĂ©nĂ©ficiaires de l’opĂ©ration. Non contentes d’avoir reçu les aides des États pour les sauver de la faillite, elles reçoivent aussi les intĂ©rĂŞts des prĂŞts qu’elles consentent.

(reçu par mail)

Prochaine mise Ă  jour Ă  23h00



mai 04 2010

« Peuples d’Europe, soulevez-vous ! »

La tension commençait Ă  monter sĂ©rieusement en Grèce, Ă  la mi-journĂ©e. Des manifestations se prĂ©parent dans tout le pays, mais aussi des actions plus dures organisĂ©es par des partis et syndicats de gauche, ainsi que par des groupes anarchistes, cela dans le but de contester les nouvelles mesures d’austĂ©ritĂ© imposĂ©es par Bruxelles.

Nous actualiserons cette page au fur et Ă  mesure des informations qui nous parviennent.

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Une centaine de militants du parti communiste grec ont dĂ©ployĂ© mardi matin deux banderoles sur l’Acropole, le monument le plus cĂ©lèbre du pays, appelant les peuples d’Europe Ă  se soulever contre la dictature imposĂ©e par Bruxelles.

Selon nos informations, en ce moment mĂŞme, Ă  Athènes, des enseignants essaient de pĂ©nĂ©trer dans le Ministère de l’Education et des Affaires religieuses.

Hier soir, 300 enseignants sans poste ou remplaçants ont assiĂ©gĂ© le bâtiment qui abrite la tĂ©lĂ© nationale ERT vers 21h30, une cinquantaine d’entre eux a pu pĂ©nĂ©trer dans les locaux après des affrontements avec les policiers et prendre l’antenne, interrompant une Ă©mission oĂą devait intervenir la Ministre de l’Education.

Interruption de l’Ă©mission a 21h30 :

A 23h00, la parole est finalement donnée aux enseignants qui occupent le studio :

Hier Ă©galement, des soldats Ă©taient Ă  Athènes pour protester contre les politiciens corrompus. Quand l’armĂ©e descend manifester dans la rue, c’est assez mauvais signe…

Premières images qui nous parviennent des manifestations aujourd’hui Ă  Athènes :

(cliquer sur les photos pour les agrandir)

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Selon nos informations, plusieurs mairies d’Athènes et de sa banlieue sont occupĂ©es ce soir, après cette première journĂ©e qui inaugure 48 heures de grèves gĂ©nĂ©rales, qui devraient redoubler d’ampleur demain, et paralyser l’ensemble des structures du pays.

Colère Grecque !

Manifestations du mardi 4 mai 2010 à Athènes

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Mecanopolis et JVT


avr 25 2010

La semaine de tous les dangers pour les peuples d’Europe

La crise grecque est maintenant arrivĂ©e Ă  son paroxysme. L’Allemagne traine des pieds, menaçant de mettre son veto Ă  la dĂ©cision de l’Eurogroupe si Athènes ne s’engage pas sur de nouvelles mesures d’austĂ©ritĂ©, et fait planer le doute d’une hypothĂ©tique exclusion de la Grèce de la zone euro.

simera

Sortir de la zone euro serait d’ailleurs la meilleure solution pour les Grecs, plutĂ´t que de cĂ©der, une fois encore, au chantage de l’Union europĂ©enne. Le pays pourrait alors se mettre en dĂ©faut de paiement en reconnaissant son impossibilitĂ© Ă  rembourser et entrer dans une nĂ©gociation pour rééchelonner sa dette sur 15, 20, 25 ans comme cela a Ă©tĂ© fait jadis pour l’Argentine. C’est plus pour les crĂ©anciers que pour les Grecs que ce scĂ©nario serait douloureux , au premier rangs la France dont les les banques sont les plus exposĂ©es en Europe Ă  la dette grecque (56,73 milliards d’euros). Mais ce scĂ©nario n’a aucune chance d’aboutir, d’une part parce que les banques allemandes sont aussi très fortement exposĂ©es (43,23 milliards d’euros) – ce qui revient quand mĂŞme plus cher que les 8 milliards nĂ©cessaires au plan d’aide de l’UE Ă  Athènes – et d’autre part parce qu’ils faudrait ensuite Ă©galement exclure de la zone euro le Portugal, l’Espagne, l’Italie, etc. – ce qui, en on conviendra, ferait quand mĂŞme un peu dĂ©sordre.

Ces menaces ne sont donc pas sĂ©rieuses et s’inscivent, comme nous l’indiquions dĂ©jĂ  il y a un peu plus d’un mois, dans un jeu de poker-menteur ou l’Allemagne, en plus de faire profiter de la baisse de l’euro Ă  ses exportations, nĂ©gocie son leadership sur le futur gouvernement Ă©conomique qui sera, pour rĂ©gler cette crise des Etats, inexorablement mis en place.

Les pays europĂ©ens vont donc aider massivement Athènes, non pas pour 30 milliards (le montant du plan europĂ©en) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle et 90 milliards au titre des intĂ©rĂŞts. Ceci sans compter la dette supplĂ©mentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici lĂ  du fait de ses dĂ©ficits. Une aide qu’il faudra Ă©galement apporter aux autres pays de la zone euro qui ne tarderont pas Ă  se retrouver en difficultĂ©.

Pour faire face, il n’y aura pas d’autre possibilitĂ© que de mettre l’ensemble des budgets des pays de l’Eurogroupe sous tutelle, et de former d’ici quelques mois une gouvernance Ă©conomique, pour laquelle le prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, s’est dĂ©jĂ  proposĂ© de modifier le TraitĂ© de Lisbonne.

D’Athènes Ă  Madrid, en passant par Paris, la souverainetĂ© Ă©conomique des Etats n’est dĂ©jĂ  plus qu’un souvenir. A moins que les Grecs, en manifestant leur colère dans la rue, arrivent Ă  forcer le gouvernement PapandrĂ©ou Ă  la dĂ©mission, et rendent ainsi possible un renversement de la situation.

Mise Ă  jour de 12h00

Athènes se retrouve plus que jamais sous la pression des marchĂ©s. Ce matin, les taux grecs Ă  10 ans ont pour la première fois depuis 2001 dĂ©passĂ©s les 9%, alors que le ministre allemand des Affaires Ă©trangères, Guido Westerwelle, continuait Ă  entretenir la mauvaise foi allemande en rejetant tout versement avant la prĂ©sentation par le gouvernement grec d’un nouveau tour de vis sur ses finances publiques.

«Faire trop tĂ´t des promesses d’aide concrète ne va que conduire Ă  retirer la pression sur la Grèce», a estimĂ© M. Westerwelle Ă  son arrivĂ©e Ă  Luxembourg Ă  une rĂ©union avec ses homologues europĂ©ens. «Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce», a-t-il estimĂ©.

Athènes Ă  pourtant fait d’Ă©normes concessions ces dernières semaines, en rĂ©alisant une hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% Ă  21% , en ajoutant des taxes spĂ©ciales sur la consommation : alcool (+20%), tabac (+63% Ă  65%) et carburants (+8 centimes d’euro par litre d’essence et +3 centimes par litre de diesel), en rĂ©duisant de 7% des revenus et des primes des entreprises publiques et organismes financĂ©s par l’Etat et en gelant les retraites des salariĂ©s des secteurs public et privĂ©.

La patience des Grecs n’est pas infinie. Un sondage rĂ©alisĂ© au dĂ©but du mois de mars indiquait d’ailleurs que 20% de la population hĂ©llĂ©nique était en faveur d’un soulèvement gĂ©nĂ©ral afin d’obtenir l’abolition de ces mesures d’austĂ©ritĂ©. Il se pourrait bien que, sous peu, ils soient majoritaires Ă  partager cet avis.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

avr 24 2010

A propos du groupe Bilderberg

La rĂ©union du groupe Bilderberg 2010 se tiendra Ă  Sitges, en Espagne, les 3 et 6 juin prochains. Au-delĂ  du dĂ©lire conspirationniste rĂ©curent, l’influence de cette organisation est bien rĂ©elle.

bilderberg

Le groupe Bilderberg est l’un des plus anciens clubs internationaux et l’un des plus fermĂ©s Ă  patir duquel les grandes multinationales jouent un rĂ´le majeur dans la dĂ©termination des agendas politique. Dans le but Ă  la fois d’assouplir et de renforcer les relations transatlantiques après guerre entre les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest, la première rĂ©union du groupe Bilderberg – qui rassemblait des politiciens, stratèges militaires, banquiers, dirigeants industriels, universitaires, reprĂ©sentants des mĂ©dias, syndicalistes et leaders d’opinion, s’est tenue Ă  l’hĂ´tel Bilderberg Ă  Oostrebeck, aux Pays-Bas, en 1954 – cette première rencontre fut prĂ©sidĂ©e par le prince Bernhard, Ă©poux de Juliana, reine des Pays-Bas.

Les sujets au menu de cette rencontre inaugurale – cofinancĂ©e par la firme hollandaise Unilever et la CIA – allaient de la « menace communiste » au dĂ©veloppement du tiers-monde en passant par l’intĂ©gration europĂ©enne et la politique Ă©conomique. Selon le politologue Stephen Gill, « le but de ces rencontres Ă©tait d’encourager des discussions ouvertes et confidentielles ainsi qu’une mise Ă  plat des divergences, tout en encourageant un nombre toujours croissant de relations Ă©conomiques, politiques, militaires et culturelles entre les nations de l’axe atlantique »

Cent vingt reprĂ©sentant environ de l’Ă©lite mondiale d’AmĂ©rique du Nord et d’Europe occidentale se rencontre annuellement sous l’Ă©gide du groupe Bilderberg. On n’y compte pas des membres fixe mais de nombreuses firmes telles que British American Tobacco, BP, Exxon, Ford, Generals Motors, IBM, Rio Tinto, Shell y prennent part tous les ans.

En 2007, le comitĂ© de direction se composait de : Etienne d’Avignon, ex-vice-prĂ©sident de la Commission europĂ©enne et prĂ©sident de de l’Association pour l’union monĂ©taire en Europe ; Peter Sutherland, prĂ©sident de l’European Policy Centre, de Goldman Sachs International, de BP (British Petroleum) et directeur de la Royal Bank of Scotland ; James Wolfensohn, qui fut le neuvième prĂ©sident de la Banque mondiale ; Henry Kissinger, qu’il n’est sans doute pas la peine de prĂ©senter ici.

L’agenda du groupe Bilderberg reste centrĂ© sur les problèmes d’actualitĂ© autour d’un discours nĂ©olibĂ©ral et de l’idĂ©e de libre-Ă©change. Nombreux sont ceux qui pensent que le consensus Ă©laborĂ© au sein de ce forum sert de base Ă  l’Ă©volution des politiques internationales. Selon un ancien dĂ©lĂ©guĂ© « Bilderberg fait partie d’une conversation mondiale qui se dĂ©roule chaque annĂ©e lors d’une sĂ©rie de confĂ©rences et compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place Ă  la suite. Il y a le Forum-Ă©conomique mondial Ă  Davos en fĂ©vrier, les rencontres de Billderberg et du G8 en mai-juin et la confĂ©rence annuellle du FMI et de la Banque mondiale en septembre. Une sorte de consensus international Ă©merge et se retrouve d’une rencontre Ă  l’autre. »

C’est David Rockefeller qui est l’instigateur du groupe Bilderberg. « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privĂ© me semble l’entitĂ© adĂ©quate pour le faire », indiquait-il le 26 janvier 1999, lors d’un entretien avec Glyn Ford. Ce mĂŞme personnage avait dĂ©clarĂ©, huit ans plus tĂ´t devant la Commission trilatĂ©rale : « La souverainetĂ© supranationale d’une Ă©lite intellectuelle et de banquiers est sĂ»rement prĂ©fĂ©rable au principe d’autodĂ©termination des peuples ».

Le groupe Bilderberg est le vĂ©ritable architecte de la mondialisation nĂ©olibĂ©rale. Toute prise de dĂ©cision de cette organisation met fin Ă  la notion d’Ă©galitĂ© entre les citoyens qui visent Ă  rĂ©aliser la dĂ©mocratie. Le projet que les « bilderberger » veulent faire Ă©merger rĂ©pond Ă  un système qui consacre la primautĂ© de l’Ă©conomique sur le politique ; oĂą l’exercice des pouvoirs exĂ©cutifs et lĂ©gislatif se limite Ă  des prĂ©occupations de gestion ; oĂą l’Ă©chĂ©ance Ă©lectorale rĂ©pond Ă  un besoin d’alternance jugĂ© suffisant pour crĂ©er l’illusion dĂ©mocratique ; oĂą les partis politiques n’expriment plus aucun choix de sociĂ©tĂ©, Ă©vacuant tout projet alternatifs et abandonnant toute idĂ©e de rupture avec l’ordre Ă©tabli.

C. Casadue, pour le magazine Flash

PubliĂ© sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de J.-E. NĂ©aumet, directeur de la rĂ©daction

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Reproduction autorisée avec indication des sources

fév 10 2010

Fin de partie pour les pays de l’Union europĂ©enne

Addendum ajouté le 11 février

Les manipulations gĂ©nĂ©rales en faveur de l’Ă©tablissement d’un nouvel ordre Ă©conomique sont devenues si denses qu’elles s’Ă©talent presque au grand jour. Pourtant, les vĂ©ritables influences restent cachĂ©es, et les intentions ultimes ne peuvent qu’ĂŞtre assez difficilement soupçonnĂ©es, presque jamais comprises.

La crise financière aura permis de recapitaliser les banques avec l’argent public. Aujourd’hui ce sont ces mĂŞmes institutions qui menacent de dĂ©truire les États qui les ont sauvĂ©es. Qui peut un instant croire encore que ces opĂ©rations de dĂ©stabilisation seraient dues Ă  la seule irrationalitĂ© des marchĂ©s, et qu’elles n’obĂ©issent pas, en premier lieu, Ă  un agenda cachĂ© ?

euro

Chronologie de la crise en cours

C’est l’agence de notation Flitch Ratings, contrĂ´lĂ©e par le holding français Fimalac, qui a Ă©tĂ© la première Ă  dĂ©grader la Grèce, en dĂ©cembre dernier. Ce sont ensuite les dirigeants de la la Banque centrale europĂ©enne (BCE) qui ont mi le feu aux poudres, en annonçant « Si avant la fin de l’annĂ©e la Grèce n’a pas retrouvĂ© son niveau de notation qu’elle avait avant la crise, nous ne garantissons pas que la dette grecque puisse ĂŞtre refinancĂ©e par la BCE. Ce n’est d’ailleurs pas notre problème, mais celui de la Grèce seulement ».

Ensuite, comme plusieurs sources le confirment, c’est une grande banque amĂ©ricaine d’investissements et deux hedge funds (fonds de gestion spĂ©culatifs) qui ont dĂ©cidĂ© de faire courir la panique sur les marchĂ©s. Ces « investisseurs » ont tout d’abord pariĂ© sur la baisse du prix des obligations Ă©mises par le trĂ©sor grec, portugais ou espagnol, puis, se sont prĂ©cipitĂ©s sur les produits dĂ©rivĂ©s qui permettent de s’assurer contre le risque de dĂ©faut de paiement d’un Etat ou d’une entreprise, appelĂ©s Credit Default Swap (lire notre article du 6 fĂ©vrier).

Avant la réunion du G7, en fin de semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, a créé un nouvel effet panique en annonçant que « son institution était disponible pour voler au secours de la Grèce ».

Mensonges

Mais en rĂ©alitĂ© la faillite de la Grèce est impossible. Cela pour une raison simple, c’est qu’elle ne peut, du fait de son appartenance Ă  la zone euro, se retrouver en manque de liquiditĂ©s (en comparaison, quand l’Argentine Ă  Ă©tĂ© en « faillite » en 2001 c’Ă©tait parce qu’elle n’avait plus de devises en dollars pour financer ses importations). De plus, les traitĂ©s europĂ©ens prĂ©voient que l’UE doit assister les États en cas de « menace sĂ©rieuse de graves difficultĂ©s ». Il est donc mensonger de prĂ©tendre que l’UE pourrait sacrifier la Grèce. La plupart des analystes admettent d’ailleurs qu’il s’agit d’une opĂ©ration planifiĂ©e . En fait, la dĂ©stabilisation de la Grèce n’a pour but que de donner l’illusion que l’UE est engagĂ©e dans un bras de fer avec les spĂ©culateurs, alors qu’il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une « action concertĂ©e », comme l’indiquait le premier ministre grec la semaine dernière.

Les statuts de la BCE ne permettant pas d’Ă©mettre une dette publique, mais seulement de racheter ces dettes Ă  travers les institutions bancaires privĂ©es, il ne sera donc pas possible pour l’UE de refinancer directement la Grèce et les autres pays en difficultĂ©s, dont l’Ă©tat de dĂ©labrement demandera Ă©galement un « plan de sauvetage » dans les semaines ou mois Ă  venir. Dans l’immĂ©diat, pour « couvrir » la Grèce, il va ĂŞtre nĂ©cessaire de crĂ©er un nouvel « organe » afin de mettre en commun une grande partie de la politique budgĂ©taire europĂ©enne. La Grèce sera donc contrainte de faire d’autres concessions que celles des derniers jours, de sorte Ă  ouvrir la voie des rĂ©formes sociales qui seront ensuite promulguĂ©es en Espagne, en Italie et au Portugal, pour commencer. L’idĂ©e centrale est d’utiliser cette crise des Etats afin contraindre au fĂ©dĂ©ralisme Ă©conomique la majoritĂ© des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici.

L’homme de l’ombre

Le prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman Van Rompuy avait Ă©voquĂ©, en novembre dernier, la crĂ©ation d’un « gouvernement Ă©conomique » des 27 pays membres, de mĂŞme que l’Ă©tablissement d’un impĂ´t europĂ©en. Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne JosĂ© Manuel Barroso lui avait emboitĂ© le pas quelques jours plus tard, devant le parlement europĂ©en : « Je ne suis pas contre l’idĂ©e d’un impĂ´t europĂ©en pour permettre Ă  l’UE de bĂ©nĂ©ficier de ressources propres par rapport aux contributions des États. J’ai l’intention d’examiner toutes les questions de fiscalitĂ© dans l’Union europĂ©enne, nous devons passer en revue toutes les ressources (financières) de l’UE (…) Le programme sur lequel j’ai Ă©tĂ© Ă©lu dit qu’il faut examiner de possibles ressources propres ».

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, membre italien du parlement europĂ©en, avait Ă©voquĂ© la possibilitĂ© que les candidats aux postes de prĂ©sident et ministre des Affaires Ă©trangères de l’UE, comme Jan Peter Balkenende, David Miliband, Herman Van Rompuy parmi d’autres, pourraient ĂŞtre ceux des « groupes occultes » Bilderberg et TrilatĂ©rale et non simplement ceux des forces politiques des pays (voir cette vidĂ©o du Parlement). Le lendemain, Herman Van Rompuy se rendait au Château de Val Duchesse pour une rĂ©union du Groupe Bilderberg oĂą il donna, dans un discours, sa vision quant Ă  la gouvernance de l’Europe et la nĂ©cessitĂ© de centraliser les flux financier des États membres (faits rapportĂ©s par cet article du Times).

La mise en place de ce « gouvernement » n’aura pas pour but de sauver la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, mais d’unifier les budgets des pays membre de l’UE afin de pouvoir disposer de leurs ressources, c’est Ă  dire, pour ĂŞtre plus prĂ©cis, de mettre fin Ă  leur souverainetĂ© Ă©conomique. Les dispositions du TraitĂ© de Lisbonne, entrĂ© en vigueur le 1er dĂ©cembre dernier, donne toute la marge de manĹ“uvre nĂ©cessaire pour cela.

C’est dans une ambiance de crise qu’Herman Van Rompuy pourra donc se prĂ©senter en sauveur de la zone euro au sommet qui rĂ©unira les chefs d’État europĂ©ens ce jeudi 11 fĂ©vrier, Ă  Bruxelles. Pourtant, les solutions qu’il prĂ©conisera n’auront en rien Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es dans l’urgence, parce que des pays europĂ©ens pourraient se retrouver en faillite. Il est en rĂ©alitĂ© prĂ©parĂ© depuis plus de vingt ans par le prĂ©sident europĂ©en, ses complices et l’oligarchie financière qui l’a mis en place (voir le document pdf en fin d’article).

Bien entendu, ce gouvernement ne sera pas effectif au matin du 12 fĂ©vrier. Pour faire plier les États et que les populations europĂ©ennes acceptent d’ĂŞtre entièrement dominĂ©es par Bruxelles, ainsi que toutes les rĂ©formes nĂ©cessaires qui leurs seront imposĂ©es sous prĂ©texte de relancer la zone euro (lire notre article du 2 fĂ©vrier), il faut que la situation se dĂ©grade encore. Mais le piège est d’ors et dĂ©jĂ  en train de se refermer.

La dĂ©mocratie europĂ©enne, qui Ă©tait nĂ©e en Grèce en 507 avant J.C., sera morte, en Grèce Ă©galement, dans les premiers mois de l’annĂ©e 2010.

Addendum, 11 février 2010

Joli numĂ©ro de passe-passe dans les coulisses de Bruxelles aujourd’hui. On pourrait presque penser que Sarkozy et Merkel veulent voler la vedette au prĂ©sident du Conseil von Rompuy. Ce serait oublier que cette crise des États trouve, d’une part, son origine dans le dĂ©classement de la Grèce par l’agence de notation Flitch, propriĂ©tĂ© du groupe français Fimalac et que, d’autre part c’est la Deutsche Bank, en concertation avec la banque amĂ©ricaine Goldman Sachs, qui est Ă  l’origine des spĂ©culations sur l’euro, comme l’indique cette dĂ©pĂŞche de l’AFP.(1) Il est donc difficile de ne pas admettre que ce sont toujours les mĂŞmes qui sont aux commandes – oĂą qu’il y a pour le moins collusion d’intĂ©rĂŞts – et que l’on voudrait nous faire voir des divergences lĂ  oĂą il n’y a que des complicitĂ©s.

Reste que Sarkozy et Merkel ne vont en aucune manière venir rĂ©ellement et directement en aide Ă  la Grèce. Ils se limiteront Ă  des dĂ©clarations d’intention, de sorte Ă  calmer un peu les marchĂ©s et Ă©vacuer tout soupçons, en indiquant qu’ils se porteront garant de la Grèce si elle en venait Ă  se trouver vĂ©ritablement en faillite – ce qui est impossible, pour les raisons que nous avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es plus haut.

Ce n’est bien sur pas le genre d’Ă©lucubrations hystĂ©riques dont Sarkozy s’est fait le spĂ©cialiste qui doit retenir notre attention – il n’est que l’idiot utile d’un jeu qui n’est pas le sien – mais le plan que prĂ©sentera Hermann von Rompuy ce soir, puis les premiers actes de validation lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale), lundi prochain.

1. Ce qui n’a pas empĂŞchĂ© le patron de la Deutsche Bank, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbĂ©ciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroĂ®t. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro ». (source)

Mecanopolis

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fév 05 2010

Le compte à rebours est lancé

Article mis Ă  jour Ă  14h57 avec l’analyse de Paul Jorion

Le piège s’est refermĂ© sur la Grèce. MalgrĂ© les mesures drastiques prises ces derniers jours par le gouvernement PapandrĂ©ou, les difficultĂ©s du pays vont se prolonger. Elle ne manquera pas d’enclencher une rĂ©action en chaĂ®ne aux consĂ©quences pour l’heure incalculables. L’Allemagne Ă  beau dire que la pĂ©ninsule hellĂ©nique jouit « du soutien total de l’Union europĂ©enne », l’incendie gagne maintenant l’Espagne, le Portugal la Grande-Bretagne et l’Irlande qui ont laissĂ© pendant trop longtemps gonfler des bulles de crĂ©dit qui sont aujourd’hui sur le point d’exploser.

La nuit est en train de tomber sur l’Europe.

Mecanopolis

europenuit

Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Analyse de Paul Jorion



Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Car il est clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises) ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

François Leclerc

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nov 15 2009

Pourquoi l’Union EuropĂ©enne ne convient pas Ă  la Suisse

Il existe une quasi infinité de raisons pour lesquelles l’UE ne convient pas à la Suisse et la Suisse à l’UE. A vrai dire, aucun Etat ne convient à ce colosse antidémocratique éloigné des citoyens, bureaucratique et corrompu, et surtout pas la Suisse, petit pays aux structures très différenciées et proches des citoyens. On n’entre pas dans une entreprise pourrie.

suisse

Rade de Genève, photo de Aldo Mariano

Nous allons évoquer quelques aspects qui expliquent pourquoi une nette majorité du peuple suisse ne souhaite pas l’adhésion. Nous nous limiterons aux deux piliers que sont la neutralité et la démocratie directe. D’autres caractéristiques de notre Etat sont le fédéralisme et l’autonomie des communes, liés au principe de subsidiarité, ainsi que le système de milice dans l’armée, les com­munes et les parlements (cantons et Confédération). Tous ces atouts du système politique suisse sont incompatibles avec une affiliation à l’UE: Cette dernière a besoin, dit-on, d’unités administratives centralisées et professionnelles et non pas de petites collectivités autonomes où s’investissent de nombreux citoyens à titre bénévole.

La neutralité armée perpétuelle

Depuis 200 ans, la Suisse se tient avec succès à l’écart des guerres et des alliances militaires et offre aux peuples victimes des guerres et des crises une aide non militaire tels que les bons offices, la Croix-Rouge internationale et toutes sortes d’engagements humanitaires. Il est évident que le principe de neutralité armée perpétuelle est totalement étranger à l’esprit de la puissance militaire qu’est l’UE. Le Conseil national (Chambre basse du Parlement) a le grand mérite de s’être opposé récemment à la participation de la Suisse à la mission de lutte contre le piratage Atalanta. Comme on l’a appris récemment par la presse, la frégate allemande Karlsruhe a arrêté, au large de la Somalie, sept pirates qui venaient d’attaquer un chalut. Il y aurait eu sûrement des soldats suisses sur ce navire de guerre allemand si le Parlement ne s’était pas opposé à la participation de notre pays à la politique de guerre de l’UE. Rappelons qu’il y a un mois, les partisans d’une participation ont essayé de faire croire aux parlementaires qu’il était «extrêmement peu probable» que les soldats ­suisses soient impliqués dans une opération militaire au large de la Somalie. Or ce n’était pas si improbable.

Si la Suisse était membre de l’UE, ses parlementaires ne pourraient plus prendre de décisions autonomes sur des opérations militaires comme celle d’Atalanta; ils de­vraient se plier aux ordres de Bruxelles. Et le peuple ne pourrait bien entendu pas faire savoir qu’il ne veut plus de tels engagements à l’étranger. Actuellement, le peuple peut en tout temps déposer une initiative populaire signée par 100 000 citoyens pour demander que l’armée suisse se limite à la défense du pays et aux interventions en cas de catastrophe. Lors de la votation, la majorité du peuple et des cantons emporterait la décision. Il est évident que cela serait inimaginable en cas d’adhésion. L’UE ne connaît pas le droit d’initiative.

En démocratie directe, c’est le peuple qui décide et non l’exécutif

Aux trois niveaux politiques (Confédération/cantons/communes), l’exécutif a relativement peu de pouvoir. Aussi la base assume-t-elle la responsabilité des décisions et en supporte les conséquences. En Suisse, il n’y a pas, comme en France ou en Allemagne, un chef de l’Etat qui peut prendre des décisions. Les sept conseillers fédéraux constituent un gouvernement collégial, ils sont sur le même plan et doivent trouver ensemble des solutions et des compromis. Aucun n’a davantage de pouvoir que les autres. Le Président de la Confédération est le primus inter pares et ses missions supplémentaires sont uniquement d’ordre organisationnel et représentatif. Son mandat n’est que d’une année, cela afin qu’il ne puisse pas asseoir son pouvoir. C’est pourquoi même les Suisses qui s’intéressent à la politique connaissent certainement le nom du président des Etats-Unis ou de la Chancelière allemande mais pas forcément celui du Président de la Confédération. Quand le Président Merz signe un accord fiscal avec un autre Etat, rien n’est encore acquis: le Conseil national et le Conseil des Etats peuvent encore s’y opposer et s’ils l’acceptent, 50 000 citoyens ont le droit de recourir au référendum facultatif, c’est-à-dire d’exiger une consultation populaire à ce sujet.

Les mêmes règles sont valables pour les gouvernements cantonaux et communaux: ce sont toujours des gouvernements collégiaux sans chef possédant des compétences supplémentaires. Le peuple est souverain aux trois niveaux (Confédération, cantons et com­munes) et a toujours le dernier mot. C’est pourquoi les tentatives des autorités fédérales de renforcer le pouvoir central rencontrent des obstacles: Chaque transfert de compétence des cantons à la Confédération doit être approuvé par une consultation populaire: la base doit vouloir le changement.

Cette limitation du pouvoir des exécutifs ne doit pas être interprétée comme une «faiblesse». Des affirmations comme «Nous avons besoin d’un gouvernement fort» sont contraires aux principes de la démocratie directe. Le Conseil fédéral sera d’autant plus fort que la population s’y sentira liée et qu’il sera conscient que c’est le peuple qui décide en dernière analyse. Il ne fera plus de promesses qu’il ne peut pas tenir à des gouvernements étrangers mais conclura une alliance avec les citoyens selon la devise «Tous ensemble, nous réussirons.»

Cette limitation des pouvoirs du Conseil fédéral gêne énormément Bruxelles. Elle souhaite un exécutif puissant avec un chef d’Etat, un interlocuteur unique qui prend les décisions importantes et non pas un collège de 7 conseillers qui doivent se mettre d’accord et dont les décisions doivent être approuvées par le Parlement et le peuple. Mais c’est ça, la démocratie.
Pour se rapprocher des vues de l’UE, le Conseil fédéral s’efforce, depuis des années, d’imposer une réforme de la tête de l’Etat: un gouvernement avec un Président de la ­Confédération dont le mandat serait de quatre ans et qui aurait plus de compétences en matière décisionnelle. Jusqu’ici, les Chambres s’y sont opposées, et cela à juste titre. Evidemment, toute modification de la structure politique est soumise au référendum obligatoire. Plus le temps passe, moins le peuple et les cantons seront disposés à approuver une telle réforme.

La participation aux affaires de la collectivité correspond à la nature de l’homme

Nous autres citoyens politiquement actifs savons ce que signifie la démocratie directe. Ceux qui participent aux affaires communales, cantonales ou fédérales sont plus heureux, se sentent plus responsables devant la collectivité et ont moins un sentiment d’impuissance face aux grands problèmes du monde. Nous, le peuple, sommes souverains; nous avons le droit et le devoir de gérer notre pays et le monde et de veiller à ce que la vie des générations futures vaille encore la peine d’être vécue. A ce sujet, il vaut la peine de relire l’étude de l’Université de Saint-Gall publiée par Gebhard Kirchgässner sous le titre «Die direkte Demokratie: modern, erfolgreich, entwicklungs- und exportfähig» (ISBN 978-3-8006-2517-8). Pour donner une idée de l’extraordinaire vitalité de la démocratie suisse, nous mentionnerons ici quelques exemples.

Depuis la fondation de l’Etat fédéral en 1848, le peuple a pu se prononcer sur 559 projets fédéraux dont la moitié environ ont été acceptés et les autres refusés.
8 amendements de la Constitution ont échoué à cause du principe de la majorité des cantons, c’est-à-dire qu’une majorité de petits cantons l’ont emporté sur les cantons très peuplés comme ceux de Zurich, Berne et Vaud.
Actuellement, on récolte des signatures pour 7 initiatives populaires fédérales, par exemple «Oui à la médecine de famille» et «Défendons la Suisse, inscrivons le secret bancaire dans la Constitution fédérale». 9 initiatives ayant abouti sont pendantes auprès du Conseil fédéral, par exemple «Accords internationaux: la parole au peuple!» et l’«Initiative pour le paysage». 9 sont aux mains du Parlement, notamment «Eaux vivantes (initiative pour la renaturation)» et «Accéder à la propriété grâce à l’épargne logement». 4, finalement, sont prêtes à être votées et sur 2 d’entre elles, le peuple et les cantons se prononceront le 29 novembre: «Contre la construction de minarets» et «Pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre».

En ce qui concerne 7 lois fédérales adoptées par le Parlement, le délai référendaire court encore, ce qui signifie que 50 000 signataires peuvent demander une consultation populaire.

Deux référendums facultatifs sont prêts à être soumis au peuple, notamment un arrêté fédéral sur la reprise automatique du droit européen en matière d’adoption des passeports biométriques.

Bien que la collecte de 50 000 ou de 100 000 ne soit pas une partie de plaisir, des milliers de personnes appartenant à des groupes de citoyens, à des partis politiques ou à des associations ne reculent devant aucun effort et bravent le froid pour informer et motiver la population, cela à titre bénévole et pendant leurs loisirs. Pourquoi? Une ou deux heures passées à récolter des signatures donnent lieu à de nombreuses discussions très animées avec nos concitoyens. Certaines personnes qui commençaient par déclarer qu’«à Berne, ils font de toute façon ce qu’ils veulent», reprennent courage et constatent qu’ensemble, nous pouvons faire quelque chose. Et, quelques listes de signatures remplies en poche, on rentre chez soi avec le sentiment d’avoir accompli son devoir et le cœur plus léger.

Une adhésion à l’UE aurait pour conséquence de nous empêcher de lancer la plupart des initiatives populaires parce qu’elles seraient contraires à l’un ou l’autre des ­textes de Bruxelles. Comme les parlements nationaux des pays membres de l’UE se voient imposer environ 70 à 80% des lois par Bruxelles, nous ne pourrions plus recourir au référendum pour nous y opposer. Le démantèlement prévisible des droits politiques du peuple suisse est une des raisons principales pour lesquelles la plupart des Suisses tiennent absolument à ce que leur pays reste un Etat indépendant.

La démocratie référendaire est lente et économe

En Suisse, le travail législatif ne s’effectue pas à la va-vite. Il faut du temps pour qu’un projet de loi ou un traité international entre en vigueur. C’est un effet de la démocratie directe. Le système législatif suisse, très souple, ne pourrait pas subsister au sein de l’UE, qui impose rapidement ses nouveaux projets.

Dans tous les manuels d’éducation civique suisses, on apprend comment on crée une loi. Tout d’abord, des spécialistes préparent un projet, puis on procède à une consultation: le Conseil fédéral envoie le projet aux cantons, aux partis politiques et aux associations afin qu’ils se prononcent. Même les simples citoyens peuvent donner leur avis. Cette procédure est un résultat de la démocratie directe. S’il apparaît dès cette phase qu’une loi ou un traité international est refusé par une majorité, il est absurde que les autorités cherchent à imposer leur projet en l’état. En effet, le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale ont conscience qu’il pourrait faire l’objet d’un référendum. Actuellement, une douzaine de procédures de consultation sont en cours dont la dernière en date – qui doit durer quatre mois – concerne une loi sur l’aide au suicide. Toutes les personnes et organisations concernées pourront s’exprimer.

Après avoir tenu compte des résultats de la consultation, le Conseil fédéral élabore un projet définitif et rédige un message destiné au Parlement. Ensuite le projet est débattu séparément au Conseil national et au Conseil des Etats qui y apportent tous les amendements souhaités par leurs membres. Si après trois discussions, des divergences subsistent entre les Chambres, une commission de conciliation est créée dans laquelle les deux Chambres envoient des représentants. Ces derniers cherchent un compromis sur lequel les Chambres devront voter séparément. Si le projet est approuvé par les deux Conseils, il est considéré comme adopté par le Parlement. Dans le cas contraire, il est refusé. Une fois le projet adopté, commence le délai référendaire de 100 jours, ce qui signifie que les citoyens suisses peuvent recueillir 50 000 signatures pour demander un référendum.

L’ensemble de cette procédure peut durer deux à trois ans, ce que certains politiques considèrent comme un trop long délai. Mais il faut tenir compte du fait que le droit des citoyens de recourir au référendum contre une loi ou un traité international représente une procédure législative prudente et économe qui est impensable dans une démocratie représentative et à plus forte raison dans ce colosse qu’est l’UE.

Le fait qu’en ces temps de crise financière et économique la Suisse se porte (économiquement) beaucoup mieux que les autres pays et que les Suisses aient un meilleur moral ne s’explique pas uniquement par des raisons économiques. N’importe quel pays ou commune au monde se porterait mieux si sa population pouvait contrôler la politique et notamment la politique financière, avec autant de soin que les Suisses aux niveaux fédéral, cantonal et communal. Plutôt que de chercher à absorber le dernier bastion d’Europe, les politiciens de Bruxelles pourraient, particulièrement dans ce domaine, s’inspirer du modèle helvétique et laisser les Suisses vivre leur démocratie authentique comme ils l’entendent.

Marianne WĂĽthrich

Marianne WĂĽthrich est docteur en droit Ă  Zurich

Pour poursuivre sur ce sujet, consulter le site de Hans-Peter Martin