Category: Afghanistan

août 26 2010

Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN (vidĂ©o)

Deux gardes civils espagnols et leur interprète ont Ă©tĂ© abattus, mercredi, par un policier afghan. Pris de panique, les militaires de l’OTAN ont ensuite tirĂ© sur la foule.

qari

Un policier afghan Ă  tuĂ© mercredi deux gardes civils et un interprète espagnols avec un Kalachnikov avant d’ĂŞtre abattu par des militaires de l’OTAN.

Cette attaque s’est produite alors que les deux officiers espagnols de la garde civile donnaient une formation Ă  des policiers afghans sur la base espagnole de Qualay-e-Naw dans la province de Badghis (nord-ouest du pays). Le policier afghan a ensuite Ă©tĂ© abattu par les militaires de l’OTAN qui, dans la panique, ont tirĂ©s sur la population Ă  l’aveugle, blessant ainsi plus de 18 personnes, selon les dĂ©clarations de Mohammad Sadiq, chirurgien Ă  l’hĂ´pital de Qualay-e Naw, dans la presse locale.

Après avoir entendu les coups de feu, une foule nombreuse s’est rassemblĂ©e devant l’entrĂ©e de la base espagnole. Selon l’agence de presse Reuters, qui cite des rĂ©sidents du quartier, les manifestants en colère auraient mis le feu Ă  une partie de la base. Les sources militaires espagnoles estiment que 200 personnes ont manifestĂ© leur colère contre les envahisseurs Ă©trangers. Le gouverneur de la province parle lui de 2000 personnes.

Qari Mohammad Yousuf, porte parole de la rĂ©sistance afghane, Ă  revendiquĂ© la liquidation des trois espagnols dans un communiquĂ©, qui prĂ©cise que le policier avait « une connexion spĂ©ciale » avec leur mouvement. « Le policier avait toujours dit qu’il se vengerait des soldats occupants après avoir vu de ses propres yeux les injustices et la conduite des occupants envers des habitants innocents », indique encore le document de la rĂ©sistance afghane.

Ce genre d’incident, oĂą des policiers et militaires afghans se retournent contre des instructeurs Ă©trangers, n’est pas isolĂ©. En juillet dernier, une nouvelle recrue de l’armĂ©e afghane avait, elle aussi, liquidĂ© trois militaires britanniques lors d’un cours de tir.

Spencer Delane, pour Mecanopolis


Des civils afghans attaquent une base militaire de l’OTAN
envoyé par Mecanopolis.

août 07 2010

Ce que ne dit pas Wikileaks

La retraite d’Afghanistan ressemblera Ă  un sauve-qui-peut gĂ©nĂ©ral oĂą les militaires, après avoir dĂ©pensĂ© des milliards de dollars pour massacrer hommes, femmes et enfants, apparaitront pour ce qui sont : d’absurdes criminels que seules l’ignorance et la bĂŞtise de nos semblables sauvent de la prison.

himslovr00

«La guerre est faite de tout sauf de transparence»

Fuite orchestrĂ©e, construite par des officiers du renseignement, les 105 000 documents livrĂ©s au public, par le site islandais WikiLeaks, offrent peu d’intĂ©rĂŞt pour les amoureux de la vĂ©ritĂ©.

Les amateurs de scoop, de scandale, de petites histoires, resteront sur leur faim.

La faussetĂ© du prĂ©texte qui a motivĂ©, en dĂ©cembre 2001, l’invasion puis l’occupation de l’Afghanistan, est savamment dissimulĂ©e, dans les plis du drapeau.

Pas un instant, les traitres « qui menacent la sĂ©curitĂ© nationale », selon l’expression de Washington, ne dĂ©noncent les marchands de canons, les multinationales du crime, la CIA ou les compagnies militaires privĂ©es.

La coĂŻncidence entre le boum de la production d’opium, dans la rĂ©gion du Helmand, au sud-est de l’Afghanistan, et l’occupation anglo-saxonne, n’est mĂŞme pas Ă©voquĂ©e.

On ne retrouve pas, dans cette poubelle renversĂ©e sur la Toile, les ordres de mission relatifs aux crimes de guerre, perpĂ©trĂ©s par l’US Air Force ou les Marines, Ă  Nawabad, le 21 aoĂ»t 2008 et Ă  Bala Batuk, le 5 mai 2009.

Hormis les prisonniers et les transfuges, parlant sous la torture ou pour de l’argent, aucun rapport ne donne la parole Ă  la RĂ©sistance ni aux milliers de villageois qui vivent dignement, sous les bombes, et qui auront contribuĂ©, Ă  leurs manières, au dĂ©part de l’Ă©tranger.

La reprĂ©sentation des choses ici demeure fermement aux mains de l’occupant.

Seuls des « journalistes embarquĂ©s », des photographes de l’armĂ©e ou de soit-disant experts, le M16 en bandoulière, sont autorisĂ©s Ă  dire la rĂ©alitĂ©.

Et malheur au reporter qui essaierait de donner à voir autre chose que la propagande : il serait tué ou pris en otage par un groupe armé.

Les journalistes français de Fr3, captifs depuis 218 jours, quelque part dans la vallĂ©e de la Kapisa, payent, aujourd’hui, le prix de ces paroles et images confisquĂ©es.

L’Histoire de cette seconde guerre d’Afghanistan doit ĂŞtre Ă©crite par l’AmĂ©rique – dans la victoire comme dans la dĂ©bâcle.

Tel est peut-ĂŞtre l’unique message qui Ă©mane de cette montagne de papiers, flottant dans l’arbre stĂ©rile d’Internet.

LE GRAND MÉNAGE AVANT UNE RETRAITE PITOYABLE

Comme dans les films Ă©voquant la chute de SaĂŻgon, en 1975, ou la prise d’assaut de l’ambassade des États-Unis, Ă  TĂ©hĂ©ran, les petits fonctionnaires amĂ©ricains brĂ»lent tous les documents compromettants et ne sauvegardent que l’essentiel : leur propagande.

Les informateurs de Julian ASSANGE, responsable de WikiLeaks, ambitionnent, avec une avalanche de dĂ©tails, de conforter les fables qu’on nous sert depuis les attaques de New-York.

Entre autres : la collusion de l’armĂ©e pakistanaise avec les talibans et l’aide militaire, apportĂ©e par l’Iran, au groupe chiite de Guldbudin HEKMATYAR, le Hezb-i-Islami.

Mais le nombre de preuves assĂ©nĂ©es par des militaires dont la première mission n’est pas exactement l’information n’en font pas des certitudes recevables par un tribunal.

Les accusations portĂ©es contre le gĂ©nĂ©ral pakistanais Ă  la retraite, Hamid GUL, prĂ©sentĂ© comme une sorte de roi des talibans, frisent le ridicule et ne rĂ©sisteraient pas, cinq minutes, Ă  l’analyse d’un juge d’instruction.

Les charges contre ce vieillard de 74 ans, dĂ©corĂ© Ă  la chute du Mur de Berlin, par le gouvernement allemand, « pour services rendus », rappellent les injonctions de Condoleeza RICE qui demandait, en dĂ©cembre 2008, l’arrestation immĂ©diate de l’ancien directeur de l’Inter Service Intelligence (ISI).

« Le vainqueur de l’armĂ©e Rouge », fort en gueule, qui connaĂ®t très bien les mĂ©thodes de la CIA – il a travaillĂ© pour eux pendant vingt ans – avait eu l’outrecuidance de dĂ©noncer les auteurs des attaques de Mumbay, le 26, 28 novembre 2008, comme de probables mercenaires Ă  la solde de Langley, soutenus par l’Intelligence Bureau, le M16 et le MOSSAD.

Le but des attaques de Mumbay, attribuĂ©es officiellement au groupe Cachemiri, le Laskar-e-Toyba, Ă©tant de crĂ©er un casus belli et de forcer le gouvernement indien Ă  entrer en guerre comme ce fut le cas, après l’attaque du parlement indien, le 13 dĂ©cembre 2001…

Peu de nos concitoyens savent qu’il y a un lien intime entre l’Ă©volution de la situation politique, militaire, en Afghanistan et la question disputĂ©e du Cachemire, occupĂ© par l’armĂ©e indienne.

Chose que Wikileaks et « nos balances du Pentagone » laissent volontairement dans l’ombre…

LES MACHOIRES INDIENNES DU PIEGE AFGHAN

Lors de l’invasion de l’Afghanistan par les soviĂ©tiques, en dĂ©cembre 1979, Indira GANDHI fut l’une des rares dirigeantes des pays non-alignĂ©s Ă  saluer l’arrivĂ©e des Soviets Ă  Kaboul ; et le gouvernement de son successeur, le premier Ă  dĂ©plorer leur retrait lorsque l’URSS dĂ©cida de retirer leurs troupes en 1989.

Car la chute du rĂ©gime pro-soviĂ©tique de Najibullah et le triomphe des talibans, Ă  Kaboul, provoquèrent et aidèrent une insurrection pro-pakistanaise, Ă  Srinagar, dans la partie est du Cachemire, occupĂ©, depuis 1947, par l’armĂ©e indienne.

Une insurrection qui dure et retient l’attention de 400 000 militaires et para-militaires indiens.

Dans la seconde guerre d’Afghanistan, une configuration, plus dramatique, se met en place et inquiète le commandement de l’ISAF.

Le plan de « sortie honorable » qui mise sur la capacitĂ© de l’armĂ©e afghane Ă  assurer seule la sĂ©curitĂ© du pays ne tient pas.

La nature profondĂ©ment fĂ©odale et « anti-nation » des montagnards pachtouns interdit toute forme d’espĂ©rance aux occupants.

Les structures Ă©tatiques et le voile de modernitĂ© qu’avaient laissĂ© les soviĂ©tiques Ă  leur dĂ©part, en fĂ©vrier 1989, avaient tenu Ă  peine deux ans…

Mais ce qui rend plus pĂ©rilleux la transition, c’est le grand jeu auquel se livrent la puissance indienne qui a repris, semble-t-il, les ambitions du Raj britannique, et le Pakistan au bord d’une rĂ©volution islamique.

Le risque permanent de clash entre l’Inde et le Pakistan, deux puissances Ă  couteaux tirĂ©s, qui possèdent l’arme nuclĂ©aire, obère toute sortie maĂ®trisĂ©e du corps expĂ©ditionnaire, le forçant Ă  dĂ©pendre de l’une ou l’autre des nations rivales.

La Russie, la Chine, la rĂ©publique iranienne, les rĂ©publiques d’Asie centrale, pour diffĂ©rentes raisons, quant Ă  elles, malgrĂ© leurs rivalitĂ©s avec les États-Unis, ne souhaitent pas le dĂ©part du corps expĂ©ditionnaire et regardent perplexes le drame se jouer.

Cette impossibilitĂ© des coalisĂ©s Ă  fixer clairement les conditions de leur retrait et d’empĂŞcher les consĂ©quences ( l’entrĂ©e victorieuse de talibans Ă  Kaboul, une guerre entre le Pakistan et l’Inde, suivie d’une rĂ©volution islamique en Afpak) pourrait conduire l’OTAN Ă  l’implosion.

Un soldat du contingent hollandais qui dĂ©sertait rĂ©cemment le piège afghan rĂ©sumait ainsi le dĂ©sastre : « Ce fut une erreur d’y mettre le pied et une plus grande encore de le lever. »

himalove01

UN « CAPITALISME DU DÉSASTRE » QUI NE RÉUSSIT PAS A L’OTAN

Le Pakistan, ex-membre de l’OTASE, est le plus grand dommage collatĂ©ral de l’aventure.

Au lieu de stabiliser la région, la présence américaine, « dans la montagne rebelle », a provoqué une guerre civile, au Pakistan, qui a fait des millions de réfugiés et coûté la vie, selon Zaïd Hamid Zaman (journaliste pakistanais, consultant à Brasstrack) « au moins à vingt milles personnes ».

Les bombardements des populations par les drones de la CIA, les attaques kamikazes dont beaucoup se demandent, eu Ă©gard aux cibles choisies (cinĂ©mas, marchĂ©s, mosquĂ©es), s’ils ne sont pas l’Ĺ“uvre de groupes terroristes payĂ©s par l’Ă©tranger, ont créé les conditions propices Ă  une rĂ©volution islamique anti-impĂ©rialiste, au sein mĂŞme de l’armĂ©e.

Si les documents militaires, divulguĂ©s par WikiLeaks, montrent bien le trou bĂ©ant dans lequel s’abĂ®me chaque jour davantage l’aventure coloniale, les sources militaires se refusent Ă  montrer l’ampleur des dĂ©gâts que la CIA et leurs compagnies privĂ©es comme Black Water, ont commis au Pakistan.

Pire, elles trahissent l’intĂ©rĂŞt de leurs propre pays en Ă©pousant les vues de la puissance rĂ©gionale dont le gĂ©nĂ©ral MacChrystal, lui-mĂŞme, dĂ©nonçait, avant d’ĂŞtre remerciĂ©, « la prĂ©sence de plus en plus nĂ©faste en Af-Pak».

Cependant cette analyse considĂ©rant l’influence indienne comme nĂ©faste n’est pas partagĂ©e par la majoritĂ© des officiers composant le commandement des forces d’occupation.

Notamment des Français qui ont fait dĂ©filer, le 14 juillet 2009, un contingent de la marine indienne sur leur propres Champs-ElysĂ©es…

Leurs analyses correspondent, en effet, à celles des diplomates de New Dehli, qui envisagent, dans la revue « Indian Foreign Affairs Journal », de janvier-février 2010, la périlleuse période de transition.

A savoir : l’envoi d’un corps expĂ©ditionnaire indien, sous mandat onusien, d’abord dans la vallĂ©e du Panshir, puis dĂ©ployĂ© sur l’ensemble des zones pachtounes tenues par les coalisĂ©s.

Une telle hypothèse déboucherait inévitablement sur une guerre avec le Pakistan et une intervention, peut-être, de la Chine qui a signé des accords de défense avec Islamabad.

Pour les Pakistanais, « le pire reste toujours possible » car l’Inde, ex-pays non alignĂ©, a signĂ©, en 2005, un formidable accord stratĂ©gique avec les États-Unis.

Pour appuyer ce dispositif, l’Indian Air Force (IAF) occupe dĂ©jĂ  une base militaire louĂ©e prĂ©cĂ©demment aux Français, Ă  DouchambĂ©, au Tadjikistan.

De plus, le Border Road Organization (BRO), protĂ©gĂ© par quelques dix milles paramilitaires de l’Indian Tibetan Border Police Force (ITBPF), prĂ©sents en Afghanistan, a construit une route stratĂ©gique de la frontière iranienne Ă  Kandahar.

Après nĂ©gociation avec un Iran, soumis Ă  un embargo sĂ©vère et dĂ©pendant pour son raffinage de la compagnie indienne, ONGC, l’Indian Navy qui disposera bientĂ´t d’un nouveau porte-aĂ©ronefs, escortĂ©s de sous-marins de type Scorpène, pourrait dĂ©barquer un corps expĂ©ditionnaire de plusieurs centaines de milliers d’hommes Ă  l’horizon 2014.

Les marqueurs prĂ©sageant un tel exercice, dans l’OcĂ©an indien, sont nombreux.

De 2001 Ă  2009, les manĹ“uvres avec les forces de l’OTAN se sont multipliĂ©es, les commandes de matĂ©riels militaires, notamment en navires de guerre, Ă  l’Ă©tranger, ont quadruplĂ© de volume.

Signe que l’intention amĂ©ricaine n’est pas nouvelle : en dĂ©cembre 2001, l’US Navy confiait Ă  la flotte indienne l’escorte des pĂ©troliers qui ravitaillent le corps expĂ©ditionnaire du dĂ©troit d’Ormuz aux eaux sombres du littoral (opĂ©ration Sagittarius).

Or depuis 1947, le Pakistan, ex-membre de l’OTASE, est historiquement le porte-avions de l’impĂ©rialisme US, dans la rĂ©gion.

Encore, aujourd’hui, l’armĂ©e pakistanaise, sur ordre de Washington, se bat, avec acharnement et beaucoup de brutalitĂ© contre ses propres populations insurgĂ©es du FATA et du Waziristan, lesquelles sont bombardĂ©es rĂ©gulièrement, depuis 2006, par les drones de la CIA.

Cette guerre civile, provoquĂ©e, en grande partie, par l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan, a fait, depuis le dĂ©but de l’opĂ©ration Enduring Freedom, en deçà de la ligne Mortimer-Durand, plus de morts que les quatre conflits avec l’Union indienne.

Une majoritĂ© de pakistanais pensent sĂ©rieusement que les États-Unis, malgrĂ© leurs aides financières, avec la complicitĂ© active de l’Inde et d’IsraĂ«l, sont Ă  l’origine de leurs malheurs.

Des intellectuels américains comme Michel CHOSSUDOVSKI confirment leur point de vue, dans un article où le dissident explique la déstabilisation planifiée de la république islamique.

Pas une note des 105 000 documents secrets, publiĂ©s par WikiLeaks, n’Ă©voque cette dimension !

L’armĂ©e pakistanaise fait pourtant partie du CENTCOM et nombre de bases importantes comme Jacobadad d’oĂą partent les drones qui massacrent les Pachtouns, au Wasziristan, sont consacrĂ©es au dĂ©ploiement de l’US Air Force.

On estime à 25 000 hommes la présence américaine sur le sol pakistanais : soldats, pilotes, diplomates, agents de différents départements (FBI, DEA, etc.), mercenaires de compagnies privée comme Xe ou Vinel.

L’ambassade US Ă  Islamabad dirige quasiment le gouvernement ZARDARI-GILANI dont le soutien, dans la guerre contre le terrorisme, est crucial.

Mais ce soutien Ă  l’impĂ©rialisme est Ă  double tranchant, s’il satisfait les Ă©trangers, il Ă©loigne de plus en plus les populations locales de leur propre gouvernement.

A bien des égards, « le double jeu» évoqué par WikiLeaks serait plus le fait des américains que des officiers pakistanais.

Le chef d’Ă©tat-major, le gĂ©nĂ©ral KAYANI comme le gĂ©nĂ©ral MUSHARRAF, actuellement en exil Ă  Londres, ont fait leurs classes dans les acadĂ©mies US et sont des amis intimes de l’amiral Mike MULLEN qui commande la flotte de la zone Asie-Pacifique.

Pourquoi ces simples informations dont on pourrait vĂ©rifier l’exactitude, dans n’importe quelle encyclopĂ©die en ligne, ne figurent-elles pas dans les papiers de WikiLeaks ?

La guerre racontĂ©e par le site « pacifiste » tĂ©moigne, semble-t-il, de l’âpre combat que se livrent, par informations divulguĂ©es, des Ă©lĂ©ments proches de l’ancien gouvernement BUSH, pro-indiens, et une administration OBAMA, en plein dĂ©sarroi, qui tient l’armĂ©e pakistanaise comme la clef de voĂ»te pour sortir, dans l’honneur, du bourbier afghan.

CONCLUSION PROVISOIRE

La guerre en Afghanistan n’est pareille Ă  nulle autre : une fois commencĂ©e, elle ne s’achève jamais avant la disparition complète de l’envahisseur et ceux et celles qui les ont aidĂ©s.

Dans les massifs himalayens de l’Hindou Kouch, les âmes des hommes, tuĂ©s par les armes, poursuivent les vivants d’une haine sans fin.

Le complexe militaro-industriel va connaĂ®tre, pour la première fois de son histoire, un Ă©chec retentissant face Ă  une sociĂ©tĂ© archaĂŻque, profondĂ©ment religieuse, dont le moteur n’est pas l’argent mais la Vengeance.

HIMALOVE

Publié sur Mecanopolis le 7 août 2010

août 05 2010

L’armĂ©e US veut mettre en place une stratĂ©gie de « terreur et d’extermination » en Afghanistan

Alors que le mois de juillet dernier fut pour les troupes militaires d’occupation, avec 66 morts et plus de 200 blessĂ©s, le plus meurtrier depuis le dĂ©but de la guerre, l’Ă©tat major US s’apprĂŞte a mettre en place une nouvelle stratĂ©gie, dite de « terreur et d’extermination ».

heil obama

C’est Le Canard EnchainĂ© qui, dans son Ă©dition d’hier, rĂ©vèle l’information. Après avoir tentĂ© sans succès de nĂ©gocier avec les forces de rĂ©sistance afghanes – pour lesquelles la condition prĂ©alable Ă  toute discussion est le retrait inconditionnel des troupes Ă©trangères (1) – le gĂ©nĂ©ral James Mattis vient d’ĂŞtre reçu par la Commission de DĂ©fense au SĂ©nat. « La nouvelle approche en Afghanistan, a-t-il expliquĂ© Ă  ses interlocuteurs, implique le passage de la stratĂ©gie de contre-insurrection Ă  une stratĂ©gie d’extermination ».

Selon un document confidentiel, une unitĂ© spĂ©ciale, la Task Force 373, composĂ©e de commandos de l’armĂ©e de terre et de la marine US, et qui aurait prĂ©cĂ©demment Ĺ“uvrĂ© en Irak, serait dĂ©jĂ  active sur le terrain de l’Afghanistan dans le but de liquider les « terroristes potentiels », c’est-Ă -dire Ă  peu près chaque individu qui conteste l’occupation Ă©trangère, et de terroriser les populations locales afin de les dissuader de rejoindre les forces de rĂ©sistance.

La mĂ©thode n’est pas nouvelle. Elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© expĂ©rimentĂ©e, jadis au Vietnam, sous le nom d’OpĂ©ration PhĹ“nix, et avec le succès que l’on sait : crĂ©ation de camps de la mort, destruction au napalm de centaine de villages, liquidation de plus de 30′000 hommes, femmes et enfants… et au final une guerre perdue.

Mais, comme l’indique Le Canard, l’ordre de cette nouvelle stratĂ©gie vient du plus haut sommet de l’État. Le 30 juillet dernier, sur la chaine de tĂ©lĂ© NBC, le vice prĂ©sident Joseph Biden a proclamĂ©, sans rire : « Nous sommes en Afghanistan pour un seul motif : Al-QaĂŻda », avant d’ajouter, dans une prose confusionniste dont il a le secret : « Nous devons capturer et Ă©liminer les insurgĂ©s ». Il est pourtant de notoriĂ©tĂ© publique que la CIA, de son aveu mĂŞme, a depuis longtemps cessĂ© de rechercher Oussama Ben Laden et ses lieutenants, et que la rĂ©sistance afghane s’oppose militairement aux combattant d’Al-QaĂŻda (2). Pour l’administration Obama, l’heure n’est manifestement plus Ă  tendre la mains aux musulmans, comme il en avait Ă©tĂ© question lors du discours du Caire. (3)

Cette nouvelle stratĂ©gie ne semble pas perturber les rĂ©sistants, et l’opĂ©ration Al-Fath (la victoire), lancĂ©e en mai dernier, continue de causer des pertes toujours plus importantes aux armĂ©es d’occupation. Dans un communiquĂ© publiĂ© hier, Qari Yusuf Ahmadi, porte parole de la rĂ©sistance, indiquait que l’attaque l’attaque du 3 aoĂ»t dernier contre une base militaire de l’OTAN Ă  Kandahar avait occasionnĂ© la mort de plus de 160 soldats ennemis, permis la destruction de 3 hĂ©licoptères ainsi que de la quasi totalitĂ© des infrastructures du site. (4)

Dans un autre document publié plut tôt dans la journée, le porte-parole avait salué les Pays-Bas pour le retrait de leurs troupes d’Afghanistan. « Les Pays-Bas ont rejeté l’insistance des États-Unis à prolonger le mandat de leurs troupes » indique le communiqué, avant de conclure que  « les troupes américaines devront rester seules en Afghanistan et payer les conséquences de leur invasion ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

1. Lire le communiqué du 22 avril dernier publié sur notre forum

2. Lire « Al-QaĂŻda contre les talibans » sur le site du Monde Diplomatique

3. Discours de Barack Obama au Caire

4. Lire le communiqué publié sur notre forum

juil 18 2010

L’Afghanistan, une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

Dans ses discours à Westpoint et à Oslo, le président Obama avait annoncé que les effectifs des troupes américaines en Afghanistan seraient augmentés. C’en est fait maintenant. En août 2010 seront engagés dans ce pays 98 000 officiers et soldats américains. De plus, il y avait le 31 mars dernier 46 000 militaires de différents Etats faisant partie de l’OTAN ou non. Ainsi le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) pourra disposer en septembre 2010 en Afghanistan de 150 000 militaires. Ce contingent est plus important que le fut celui de la 40e Armée de l’URSS en 1988 et, en ce qui concerne sa force de frappe, bien supérieur.

flight1

La FIAS a mené tant en 2009 qu’en 2010 dans les zones Est et Sud du commandement différentes opérations contre les re­belles. Le commandement Sud (Regional Command South) a mené en 2009 l’Operation Mosh­tarak Phase 1. Des troupes américaines et roumaines nettoyèrent la route princi­pale menant à Kandahar. En février 2010, des troupes des Ma­rines américaines attaquèrent lors de l’Opération Moshtarak Phase 2 des points d’appuis des Talibans dans la pro­vince de Helmand (arrondissement de Nad Ali). Alors qu’en mars 2010 on avait annoncé que cette phase avait été terminée avec succès, on remarque de plus en plus clairement que les Talibans sont toujours présents dans la population des Pach­tounes. Il est maintenant question de nettoyer la ville pachtoune de Kandahar lors d’une troisième phase de l’Opération Moshtarak.

Stratégie: renforcement ou retrait

En parallèle de l’annonce du renforcement des troupes américaines en Afghanistan et de l’intensification des combats contre les Talibans, le président Obama a fait entrevoir le retrait progressif des troupes américaines dès mi-2011. Certains alliés des Etats-Unis retirent déjà leurs troupes. Les Néerlandais auront retiré toutes leurs troupes d’Afghanistan d’ici à fin décembre 2010. Les Canadiens suivront en 2011. Il est prévu d’installer des troupes afghanes (ANA, Afghan National Army) en lieu et place des armées étrangères, la police afghane (ANP, Afghan National Police) devant prendre en main la responsabi­lité de la lutte contre les rebelles. Pour ce faire, on intensifie le recrutement et la formation de personnel. L’ANA qui dispose de 134 000 militaires jusqu’en octobre 2010, devra en compter 171 000 un an plus tard, équipés avec des armes de l’OTAN. De son côté, la police afghane (ANP) passera de 109 000 policiers actuellement à 134 000 en octobre 2011. Le but de cet accroissement considérable d’effectifs est de permettre un retrait en douceur des troupes américaines et de la FIAS. On se souvient en effet de la retraite des troupes soviétiques de l’Afghanistan en 1989. Toutefois, l’ANA ne jouira pas de la force de frappe qui fut celle du président afghan d’alors, Naji-bullah, fin des années quatre-vingt. L’ANA devra se passer d’armes lourdes, telle l’aviation. On ne veut pas inquiéter le Pakistan en mettant en place une armée afghane trop forte.

fligh2

Quels sont les adversaires de la FIAS, de l’ANA et de l’ANP? Dans les deux rapports intitulés Report on Progress Toward Security and Stability in Afghanistan et United States Plan for Sustaining the Afghanistan National Security Forces d’avril 2010, il est question de trois groupes rebelles: Quetta Shura Taliban du Mullah Omar, Hezb-e Islami Gulbuddin (HIG) et Haqqani Network (HQN). Le premier groupe opère dans le sud de l’Afghanistan (Helmand, Kandahar, Oruzgan), le deuxième dans le nord-est (Nangarhar, Laghman, Konar) et le troisième groupe dans l’est du pays (Khost, Paktia, Paktika). Suivant les rapports que l’on obtient, on estime la force de frappe de ces trois groupes entre 20 000 et 24 000 combattants bien formés. Il faut y ajouter des combattants qui viennent sporadiquement, étant peu payés. Ces contingents sont nettement inférieurs en effectifs à ceux des Mujaheddin, qui comptaient 150 000 hommes du temps de l’occupation soviétique.

Gisements de matières premières et de minéraux

On parle tout à coup, au milieu de ces plans stratégiques et de cette guerre, menée avec des avions de combat, des bombardiers et des drones – dont l’utilisation a été augmentée par Obama –, d’énormes gisements de ma­tières premières et de minéraux qui se trouveraient en Afghanistan. On en estime la valeur de 1000 à 3000 milliards de dollars. Il semble que l’office américain U.S. Geological Survey ait actualisé les prospections d’alors des Soviétiques, et les ont publiées. En fait, il n’aurait pas été indispensable pour le Pentagone de s’étendre dans les médias sur ces données,2 connues depuis longtemps. Alors on se demande ce que recherchent les Américains avec cette campagne médiatique. Veulent-ils calmer leur conscience, en évoquant cette richesse, au vu de leur retraite pro­chaine – les Afghans étant laissés à eux-mêmes – ou bien veulent-ils se garder la possibilité de rester avec leurs troupes dans le pays pour exploiter sans retenue cette richesse?

flight3

L’Afghanistan – une part du Grand Jeu dominateur des grandes puissances

On ne peut s’empêcher de penser que la guerre en Afghanistan n’est qu’une part du grand jeu dominateur des grandes puissances. Ce n’est pas par hasard que Rudyard Kipling a forgé le terme de Great Game (Grand Jeu) au début du XXe siècle, décrivant par là la lutte ou­verte entre la Russie tsariste et l’Empire britannique pour la domination en Asie centrale. Cette même lutte pour les matières premières d’Asie centrale et d’Afghanistan est menée aujourd’hui entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine. La guerre en Afghanistan n’est-elle qu’une manœuvre pour cacher ce Grand Jeu? Acteurs de ce jeu, les grandes puissances négligent totalement les victimes de cette tragédie, les Afghans.

Source : Institut fĂĽr Strategische Studien
Traduction : Horizons et Débats

Télécharger le magazine de résistance afghane In_FIGHT_18

juil 18 2010

La résistance afghane libère 270 prisonniers

Selon un communiquĂ© de Qari Muhammad Yussuf, porte parole de la rĂ©sistance afghane, publiĂ© Ă  l’instant sur le site alsomod-iea, les moujahidins ont attaquĂ© tĂ´t ce matin  la prison de Farâh, dans l’ouest de l’Afghanistan, libĂ©rant 270 prisonniers dont 70 reprĂ©sentants politiques liĂ©s aux moujahidins.

mujahidin1

Développement suit

juil 01 2010

Les aveux du gĂ©nĂ©ral McChrystal sur l’Ă©chec des opĂ©rations de l’OTAN en Afghanistan

Alors que le prĂ©sident Obama vient de renoncer publiquement Ă  sa promesse de retirer les troupes amĂ©ricaines de l’Afghanistan, il semble Ă©vident, comme nous l’indiquions il y a quelques jours, que le limogeage du gĂ©nĂ©ral McChrystal soit liĂ© Ă  l’Ă©chec des opĂ©rations menĂ©es par l’OTAN dans le Helmand en fĂ©vrier et mars dernier.

mccrystal

L’ElysĂ©e et l’Ă©tat major des armĂ©es françaises se sont bien gardĂ©s de rendre public le moindre commentaire sur le limogeage par Obama de son chef de guerre en Afghanistan. Pourtant, on n’ignorait pas, Ă  Paris que les propos du gĂ©nĂ©ral McChrystal dans le magazine Rolling Stone, ne sont qu’un prĂ©texte pour l’envoyer Ă  la retraite.

Les 10 et 11 juin dernier, au quartier gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Ă  Mons, en Belgique, Mc Chrytsal ne s’Ă©tait pas montrĂ© très optimiste sur les rĂ©sultats de cette guerre en Afghanistan. Comme le rĂ©vèle la dernière livraison du Canard EnchainĂ©, le patron de la coalition n’y Ă©tait pas allĂ© de main morte

Selon le gĂ©nĂ©ral, la campagne menĂ©e en Afghanistan « va dangereusement Ă  la dĂ©rive ». Et il a qualifiĂ© « d’ulcère sanguinolent » et d’Ă©chec les opĂ©rations conduite par 15′000 soldats de l’OTAN dans le Hemland, au sud du pays, en fĂ©vrier et mars dernier. « Une faible partie du territoire peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme sĂ»re », a poursuivi le chef de guerre. A l’entendre, seuls cinq des districts sont contrĂ´lĂ©s par le gouvernement afghan, sur une petite centaine qu’il considère Ă  l’abandon, ou presque.

S’ajoutaient Ă  cet Ă©tat des lieux les critiques du gĂ©nĂ©ral sur « le manque de volontĂ© du gouvernement », sur la corruption qui règne dans l’administration, la police et l’armĂ©e.

McChrystal est le troisième militaire de haut rang limogĂ© en treize mois. En mai 2009, le gĂ©nĂ©ral David McKiernan avait Ă©tĂ© virĂ©. « Trop conventionnel » et pas assez offensif selon Obama. En mai dernier, c’Ă©tait au tour de l’amiral Dennis Blair, directeur national du renseignement, de se faire renvoyer. A la tĂŞte de seize services et de 100′000 barbouzes, ce marin n’avait pas su les « faire travailler ensemble », paraĂ®t-il.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Avec les informations du Canard Enchaîné du 30 juin 2010

juin 29 2010

Obama dĂ©nonce « l’obsession de ceux qui veulent arrĂŞter la guerre en Afghanistan »

Le 10 dĂ©cembre 2009, alors qu’il venait rĂ©cupĂ©rer son « prix Nobel de la paix » à Oslo, Barack Obama avait annoncĂ© un retrait des troupes amĂ©ricaines en Afghanistan pour le dĂ©but juillet 2011. Prenant la parole dans le sillage du sommet du G20, le week-end dernier, le prĂ©sident des États-Unis a renoncĂ© Ă  sa promesse, dĂ©nonçant mĂŞme ce qu’il appelle « l’obsession de ceux qui veulent arrĂŞter la guerre en Afghanistan ».

obama

Non seulement il n’est plus question de retraits des troupes, mais il semblerait que cette guerre doivent durer Ă©ternellement, cela malgrĂ© les difficultĂ©s croissantes des armĂ©es d’occupation sur place.

Dimanche, le directeur de la CIA, Leon Panetta, prĂ©tendait sur la chaine ABC que les États-Unis sont incapables de rĂ©colter « des informations solides depuis des annĂ©es sur l’endroit oĂą se trouve Oussama ben Laden », et que « la victoire sera plus difficile et plus lente que ce que tout le monde avait anticipĂ© ». C’est sans doute la raison pour laquelle le patron de la CIA vient de signer un contrat de 120 millions de dollars avec la sociĂ©tĂ© militaire privĂ©e (SMP) Blackwater ( rebaptisĂ©e «Xe» ), qui va donc engager ses mercenaires en Afghanistan.

Si Blackwater a pris le soin de changer de nom, c’est parce qu’il Ă©tait de triste renommĂ©e après avoir Ă©tĂ© impliquĂ© dans plusieurs scandales en Irak, en particulier la mort d’au moins 14 civils Ă  Bagdad en septembre 2007. Le ministre irakien de l’IntĂ©rieur avait ordonnĂ© en fĂ©vrier 2010 l’expulsion de 250 anciens employĂ©s de Blackwater. Pas plus tard qu’en mai dernier, Washington a Ă©galement retirĂ© Ă  la compagnie le service de protection de ses diplomates Ă  Bagdad.

Le « prix Nobel de la paix » du président Obama a décidément un goût amer.

La résistance afghane dénonce une « mafia internationale »

Dans un communiquĂ© publiĂ© le 26 juin dernier*, le porte parole de l’Emirat Islamique d’Afghanistan, Qari Youssouf Ahmadi, a indiquĂ©, Ă  propos du limogeage du gĂ©nĂ©ral McCrystal, commandant des forces amĂ©ricaines en Afghanistan, qu’il Ă©tait « la consĂ©quence logique et naturelle de l’Ă©chec de l’occupant Ă©tranger en Afghanistan. Toute personne nommĂ©e Ă  ce poste devra s’attendre aux mĂŞmes consĂ©quences car le peuple afghan ne laissera jamais triompher les forces Ă©trangères. »

Selon le porte parole de la rĂ©sistance – et comme nous l’indiquions dĂ©jĂ  dans notre article du 23 juin dernier, « les raisons du renvoi de MacCrystal ne sont pas dues Ă  ses propos dans la presse, mais Ă  une victoire de nos moudjahidines, qui ont permis de repousser l’ennemi et, au final, de dĂ©jouer la nouvelle stratĂ©gie d’Obama. Le prĂ©sident amĂ©ricain voudrait s’exonĂ©rer de ses choix, en faisant porter le poids de l’échec de cette stratĂ©gie sur l’armĂ©e et plus particulièrement sur le gĂ©nĂ©ral McCrystal, cela afin de sauver la face et celle de la mafia internationale qui le soutien.

Obama et McCrystal ont rĂ©alisĂ© des opĂ©rations d’une force et d’une brutalitĂ© sans prĂ©cĂ©dent, n’hĂ©sitant pas a perpĂ©trer des attentats sanglants au sein des populations civiles pour les attribuer ensuite aux moujahidines, dans le but de dicrĂ©diter les forces de rĂ©sistance qui se battent contre l’occupant Ă©tanger.

Peu importe les stratĂ©gies misent en place par les amĂ©ricains, nous le rĂ©pĂ©tons Ă  nouveau : l’Afghanistan sera leur tombeau. Au gĂ©nĂ©ral Petraeus, qui va remplacer McCrystal, et Ă  ses armĂ©es, nous promettons, avec l’aide de Dieu, une dĂ©faite sanglante » Ă  conclu Qari Youssouf Ahmadi dans son communiquĂ©.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

*Le communiqué de la résistance afghane nous a été transmis par Ansar al-Jihad Network (as-ansar.com)

juin 23 2010

Les vĂ©ritables raisons de l’Ă©viction du gĂ©nĂ©ral McChrystal par le prĂ©sident Obama

Le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama a annoncĂ© aujourd’hui avoir rĂ©voquĂ© le gĂ©nĂ©ral Stanley McChrystal, en invoquant ses propos dĂ©sobligeants sur l’exĂ©cutif.

En rĂ©alitĂ©, l’Ă©viction du chef militaire en Afghanistan serait due a son incapacitĂ© Ă  reconquĂ©rir le district Marjah, lors de « l’opĂ©ration moshtarak » il y a quelques semaine, et plus encore suite Ă  l’annulation de l’offensive dans la province de Kandahar, fief de la rĂ©sistance afghane.

chrystal

Le gĂ©nĂ©ral McChrystal ne manque pas d’humour. Dans entretien accordĂ© au bimensuel Rolling Stone datĂ© du 22 juin, il a rĂ©pondu au journaliste, qui l’interrogeait sur le vice-prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, « Qui est-ce ? ». « Biden », reprend un de ses conseillers. Le gĂ©nĂ©ral s’appuie alors sur le nom du vice-prĂ©sident amĂ©ricain pour se fendre d’un jeu de mot, demandant: « vous avez dit : Bite Me ? » (va te faire voir). Il faudrait nĂ©anmoins ĂŞtre naĂŻf pour voir lĂ  la vrai raison de l’Ă©viction du chef militaire de l’OTAN en Afghanistan.

La France pas dupe

Les responsable militaires français ne se montrent guère surpris par la franchise de leur collègue amĂ©ricain, qui dĂ©cide seul, comme c’est la tradition Ă  l’OTAN, des stratĂ©gies Ă  employer sur le terrain.

D’ailleurs, selon le Canard EnchainĂ© (1), la direction du renseignement militaire, on affirme d’ailleurs que l’Ă©tat-majors a reçu de Sarkozy de ne pas revendiquer un quelconque partage des responsabilitĂ©s. Motifs : il vaut mieux Ă©vite que Washington ne demande encore Ă  la France d’engager plus de troupes dans cette guerre interminable.

MĂŞme rĂ©action au centre de planification et de conduite des opĂ©rations, dont celle du continent français en Afghanistan, Certains officiers rappellent que Jean-Louis Georgelin, l’ancien patron des armĂ©es, avait conseillĂ© au PrĂ©sident de ne pas s’impliquer davantage dans ce « merdier ».

Le moral des troupes au plus bas

Le patron du Pentagone, Roberts Gates, admet implicitement l’existence d’un tel « merdier ». Dimanche 20 avril, interrogĂ© par la chaĂ®ne Fox N, il a dĂ©clarĂ© : « Il est beaucoup trop tĂ´t pour Ă©valuer si la mission en Afghanistan est en train de rĂ©ussir ou non. » Puis il a laissĂ© entendre que l’objectif fixĂ© par Obama – un retrait partiel de l’Afghanistan en juillet 2011 – ne pourra ĂŞtre obtenu. Confirmation quelques heures après l’Ă©mission de Fox News : 10 soldats (amĂ©ricains, britanniques et australiens) trouvaient la mort sous les coups de la rĂ©sistance afghane. Soit un quarantaine de tuĂ©s pour l’OTAN en seulement deux semaines, sans compter les blessĂ©s et amputĂ©s.

Un guerre perdue pour les États-Unis et l’OTAN

L’opĂ©ration de la reconquĂŞte du district de Marjah, menĂ©e rĂ©cemment au sud de l’Afghanistan a Ă©tĂ©, de l’aveu mĂŞme du gĂ©nĂ©ral MacChrystal, un Ă©chec. La rĂ©sistance afghane a regagnĂ© la rĂ©gion et n’a pas hĂ©sitĂ© a exĂ©cuter les traitres qui avaient collaborĂ© avec l’ennemi amĂ©ricain.

Échec Ă©galement de l’installation d’une autoritĂ© gouvernementale et de ses policiers affiliĂ©s Ă  la marionnette KarzaĂŻ, et aucun ralliement de la rĂ©sistance, malgrĂ© les tentatives de corruption faite par l’occupant Ă©tranger.

Ce constat a conduit McChrytal Ă  annuler l’offensive qu’il envisageait de mener dans la province de Kandahar, ce qui a contrariĂ© les plans de l’administration amĂ©ricaine, et a finalement dĂ©cidĂ©, aujourd’hui, le prĂ©sident Obama Ă  limoger McChrystal au bĂ©nĂ©fice du gĂ©nĂ©ral Petareus.

Comme le relève un article de l’hebdomadaire amĂ©ricain « Times » du 14 juin dernier (2), les États-Unis ont dĂ©jĂ  dĂ©pensĂ© 26 milliards de dollars uniquement pour former l’armĂ©e afghane du traitre KarazaĂŻ. Une « farce » aux frais des contribuables amĂ©ricains, selon l’hebdomadaire.

La nomination de Petraeus ne changera rien Ă  la donne, pour les États-Unis et l’OTAN, cette guerre est dĂ©finitivement perdue.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :
1. Livraison du 23 juin 2010
2. Egalement cité dans le Canard du 23 juin 2010

juin 18 2010

L’Afghanistan vaut « mille milliards de dollars »

On considérait l’Afghanistan comme l’un des pays les plus pauvres de la planète, on découvre qu’il est richissime.

lithium

C’est un mémo du Pentagone opportunément rendu public par le New York Times lundi qui l’affirme: ses montagnes regorgent de fer, de cuivre, de cobalt, d’or et de bien d’autres métaux rares. Le pays de l’opium pourrait se transformer en «Arabie saoudite du lithium» et sa fortune s’élever à «mille milliards de dollars».

En quelques heures, l’information a fait le tour de la planète. Une opération de communication rondement menée. Seul problème: il n’y a rien de nouveau. Les Soviétiques avaient cartographié ces richesses dès les années 1980, et leurs études avaient été publiées dans les revues géologiques occidentales en 2007. Il y a six mois, le président Hamid Karzaï évoquait déjà ce chiffre de «mille milliards».

08_mineralRessources minĂ©rales de l’Afghanistan (Cliquer pour agrandir)

D’où cette question: pourquoi cet effet d’annonce? Deux hypothèses se dégagent. Alors que l’OTAN piétine et que les talibans ne cessent de gagner du terrain, les Américains, à la suite des Européens, s’interrogent sur leur présence dans l’Hindu Kuch. Il faut redonner du sens à cette «guerre choisie», comme la qualifie Barack Obama, dont l’objectif initial affiché était de punir Al-Qaida et chasser ses protecteurs de Kaboul. Au risque de brouiller le message comme ce fut le cas avec le pétrole en Irak.

U.S. DoD Map (NATO-Afghanistan Occupation)Carte de l’occupation militaire de l’Afghanistan (cliquer pour agrandir)

Seconde piste: la course au trésor a déjà commencé et les Chinois ont pris une longueur d’avance. Ils ont aligné 4 milliards de dollars pour une mine de cuivre, le plus gros investissement jamais vu à Kaboul, mais ne déboursent pas un sou pour sécuriser le pays, une tâche qui commence à coûter cher aux Américains. Il s’agirait donc pour le Pentagone de faire monter les enchères et de contrer cette influence. Et nous voilà replongés dans le «Grand Jeu», comme au XIXe siècle, lorsque la Grande-Bretagne et la Russie se disputaient la domination de l’Afghanistan. Les joueurs ont changé, mais leur convoitise est immuable. Tant pis pour la paix afghane, car ce pauvre pays riche, dont la valeur marchande est désormais connue, semble condamné à rester un terrain d’affrontement pour les grandes puissances du moment.

Frédéric Koller

juin 14 2010

DĂ©menti de la rĂ©sistance afghane concernant l’attentat survenu lors d’un mariage

Theunjustmedia a contactĂ© le porte-parole officiel de l’Emirat islamique d’Afghanistan, Zabihullah Mujahid, afin de clarifier deux informations qui circulent dans les mĂ©dias actuellement.

La première concerne une explosion lors d’une cĂ©rĂ©monie de mariage, mercredi dernier, dans le district d’Arghandab de la province de Kandahar, et la seconde porte sur l’exĂ©cution d’un garçon de 7 ans Ă  Sangin dans la province du Helmand.

mariage

Theunjustmedia: Mercredi, une puissante explosion a eu lieu lors d’une cĂ©rĂ©monie de mariage dans zone de Nangahaan dans le district d’Arghandab dans la province de Kandahar, dans laquelle 45 personnes y compris des femmes et des enfants ont Ă©tĂ© tuĂ©s et 78 ont Ă©tĂ© blessĂ©s, pouvez-vous nous donner quelques informations sur ce qui s’est rĂ©ellement passĂ© et qui est derrière tout cela ?

Zabihullah Mujahid: Nous avons menĂ© une enquĂŞte qui a rĂ©vĂ©lĂ© que ce crime a Ă©tĂ© commis par les envahisseurs. Nous avons parlĂ© Ă  quelques-uns des survivants qui assistaient Ă  la cĂ©rĂ©monie de mariage au moment oĂą ils ont Ă©tĂ© attaquĂ©s par les envahisseurs. Les survivants ont indiquĂ© que, juste avant que l’attentat ait eu lieu, ils ont entendu des avions espions (drones) survolant la zone, et peu après ils ont entendu une forte explosion et puis il y a eu la panique, il y avait des morts et de blessĂ©s partout. Cet acte lâche des envahisseurs ne dissuadera pas les Ă©pris de libertĂ© afghans dans leur lutte pour libĂ©rer leur pays des forces d’invasion.

Theunjustmedia: le porte-parole de Dawoud Ahmadi la marionnette du gouverneur de la province impute aux moudjahidins d’avoir exĂ©cutĂ© un garçon de 7 ans dans le sud de l’Afghanistan après l’avoir accusĂ© d’espionnage pour le compte des envahisseurs et des forces gouvernementales marionnettes de la rĂ©gion.

Zabihullah Mujahid: Ces nouvelles propagandes illustrent le dĂ©sespoir des envahisseurs et de leurs marionnettes. L’affirmation selon laquelle des rĂ©sistants ont exĂ©cutĂ© un garçon de 7 ans est ridicule. Nous avons trop d’honneur pour commettre un tel acte de lâchetĂ©. Le but de la multiplication de ce type de nouvelle propagande est de diffamer la rĂ©sistance et crĂ©er de l’animositĂ© envers elle au sein de l’opinion publique.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Source : The Unjust Media