Category: ONU

fév 03 2010

La conférence de Londres a fixé le prix de la défaite occidentale en Afghanistan

Un fond de 360 millions d’euros sera bientĂ´t disponible pour essayer de « ramener Ă  la raison » les « talibans modĂ©rĂ©s », de sorte Ă  ce qu’ils dĂ©posent les armes et cessent d’infliger des pertes aux armĂ©es d’occupation de l’Afghanistan. Un somme jugĂ©e dĂ©risoire par le Pentagone qui, selon le New-York Times, estime Ă  1 milliard de dollars l’effort nĂ©cessaire pour convaincre la rĂ©sistance afghane de rejoindre la vie civile.

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Des sommes qui seront dĂ©pensĂ©es en pure perte puisque, comme nous l’avons indiquĂ© par plusieurs articles sur Mecanopolis (1), la rĂ©sistance afghane ne compte pas nĂ©gocier quoi que ce soit. MalgrĂ© tout, l’OTAN, avec le mĂ©pris du « riche militaire » qui le caractĂ©rise, continue de croire – ou de feindre de croire – que « l’adversaire » demeure achetable et que seule sa pauvretĂ© l’aurait incitĂ© Ă  prendre les armes.

Pour le New York Times, si populations afghanes soutiennent aussi fermement les talibans, c’est surtout « en raison de l’incompĂ©tence du gouvernement KarzaĂŻ, empĂŞtrĂ© jusqu’au cou dans des affaires de corruption et de trafic de drogue ».

Face Ă  une insurrection qui ne cesse de croĂ®tre, Obama et ses « stratèges » ont dĂ©cidĂ© d’envoyer 30′000 hommes en renfort, et demandĂ© aux « alliĂ©s » un « effort supplĂ©mentaire ». L’objectif des amĂ©ricains est en effet d’obtenir que leurs subalternes europĂ©ens alignent d’avantage d’hommes sur le terrain.

Les 4 et 5 fĂ©vrier prochains, ministres de la DĂ©fense et chefs militaires parleront chiffres au QG de l’OTAN, Ă  Mons (Belgique). L’Allemagne a dĂ©jĂ  promis un renfort de 850 soldats et la Roumanie 600, pour une contribution qui devrait s’Ă©lever Ă  10′000 hommes au total. (2)

Mensonges d’État

Selon l’Ă©dition de ce mercredi du Canard enchaĂ®nĂ©, des officiers et des sous-officiers français seront bientĂ´t dĂ©pĂŞchĂ©s en Afghanistan, comme semble l’avoir dĂ©jĂ  confirmĂ© le gĂ©nĂ©ral Georgelin, chef d’Ă©tat-major, en rendant visite Ă  l’amiral amĂ©ricain James Staridis, commandant suprĂŞme des forces militaires en Europe, la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire, ils seront directement placĂ©s sous les ordres directs du gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e amĂ©ricaine William Caldwell. Une prĂ©cision que le prĂ©sident Sarkozy cache soigneusement au Parlement et Ă  l’opinion publique.

Autre joli « mensonge d’État », le prĂ©sident français affirme depuis plusieurs mois que la France n’enverrait pas de combattants supplĂ©mentaires en Afghanistan. Des propos confirmĂ©s par Kouchner dans un entretien publiĂ© par Le Figaro du 1er fĂ©vrier : « Le prĂ©sident a dĂ©cidĂ© de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ». Or, c’est faux. Tous les instructeurs français, prĂ©sents et futurs, participent aux combats. Ils sont intĂ©grĂ©s dans les unitĂ© afghanes, ils les conseillent dans leurs missions et ils les accompagnent au feu. D’ailleurs, souligne encore Le Canard : « les trois Français rĂ©cemment morts au combat en Afghanistan Ă©taient des instructeurs ».

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Notes :

1. Voir notre article : Obama s’apprĂŞte Ă  demander Ă  l’OTAN 10′000 soldats supplĂ©mentaires pour l’Afghanistan

2. Voir notre article : Les Talibans nient tout contact avec l’occupant

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nov 13 2009

Comment expliquer la chute du mur de Berlin ?

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Depuis des mois, la propagande politique dans le monde capitaliste tourne à plein régime à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À cette occasion, des cérémonies et des festivités ont été organisées un peu partout en Europe notamment dans la ville de Berlin qui a accueilli, entre autres, les deux caniches de l’impérialisme, Lech Walesa, l’ancien électricien des chantiers de Gdansk et Mikhaïl Gorbatchev. Si l’on tente une psychanalyse de l’événement, nous dirons que derrière l’hystérie médiatico-politique, se cache une angoisse névrotique provoquée par un capitalisme sénile et comateux et par un système impérialiste en état de décomposition avancé. À en croire les sirènes de la propagande capitaliste, notre monde est devenu, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, plus libre et plus démocratique.

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

Dire que le monde est devenu plus libre et plus démocratique après la chute du mur de Berlin, c’est une bonne blague à 1 euro. Allez demander aux millions de chômeurs de l’ex-RDA, aux ouvriers roumains de DACIA, aux millions de chômeurs américains et européens, aux millions de spoliés, d’exploités et de bénéficiaires de la soupe populaire et des banques alimentaires,(on croirait au XIXè siècle), s’ils sont devenus plus libres depuis la chute du mur de Berlin. Quant à ceux qui claironnent à longueur de journée et qui croient dur comme fer à la fin du socialisme, ils vont un peu vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités, car ils sont tout simplement victimes de la propagande capitaliste dont le travail a consisté plus précisément depuis la chute du mur de Berlin à enfoncer à coup de marteau dans la tête des masses l’idée de la fin du socialisme et du communisme. La fin de l’histoire de Francis Fukuyama avec le triomphe définitif du capitalisme sur le socialisme, c’est plutôt une pure affabulation et une histoire drôle que l’on raconte aux enfants pour les endormir. Dans cet article, nous allons proposer notre propre lecture de la chute du mur de Berlin, une version, à n’en pas douter, différente de celle véhiculée par la machine de propagande capitaliste.

LA CHUTE DU MUR DE BERLIN, SÉQUENCE DE LA POLITIQUE DE CONTAINMENT

En faisant de la chute du mur de Berlin tout un symbole, la propagande officielle vise à exploiter l’événement à son profit pour atteindre deux buts psychologiques inavoués : (1) renforcer davantage les dispositifs répressifs et policiers dans les pays capitalistes tout en dissertant sur la soi-disant liberté retrouvée après la chute du mur de Berlin ; (2) cacher l’incapacité des dirigeants des États capitalistes à faire face à la cirse chronique et endémique de leur système. Aux dernières nouvelles en provenance d’outre-Atlantique, les Etats-Unis ont perdu en un an 7 millions d’emplois et le groupe d’investissement CIT a fait faillite avec une perte de 71 milliards de dollars et une dette estimée à 65 milliards de dollars. Ils n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien Madame la Marquise.

Franchement, nous avons du mal à croire qu’un mur en béton fasse l’objet de tant de tapages et de tintamarres médiatiques. Nous l’avons tous compris, on n’a pas besoin de devins attitrés comme à l’époque des Babyloniens, pour déchiffrer le sens de l’événement célébré en grande pompe à Berlin, le monde capitaliste nargue les esprits en cherchant à faire croire que la loi de la jungle est la seule voie qui est qui est ouverte au genre humain. En examinant les choses de plus près, on découvre que la chute du mur de Berlin est en elle-même un événement insignifiant voire même un non-événement au regard d’autres événements qui ont bouleversé la donne et précipité la dislocation du bloc de l’Est. D’abord, la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 n’a jamais entravé ni la circulation des hommes ni celle des marchandises entre d’une part, les deux Allemagne et d’autre part entre l’ex-RDA et les Etats capitalistes de l’Ouest. Ce qui a fait de la chute du mur de Berlin un événement et un symbole, c’est la propagande politique capitaliste dont le travail consiste à déformer et à interpréter les faits et les événements d’une façon tendancieuse et erronée. Ainsi la chute du mur de Berlin n’est-elle en réalité qu’une surperproduction hollywoodienne dont la mise en scène et la réalisation ont été assurées par la machine de propagande américaine et européenne.

Deux événements majeurs peuvent être considérés comme annonciateurs de la fin imminente du socialisme est-européen. Le premier événement a eu lieu le 10 septembre 1989 quand la Hongrie avait laissé franchir les frontières autrichiennes aux 12 000 « réfugiés politiques » en majorité originaire de l’ex-RDA. Le deuxième événement majeur est intervenu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 12 septembre 1989, avec l’arrivée de Solidarnosc au pouvoir en Pologne qui revient ainsi à la loi de la jungle capitalisme qui régnait dans ce pays avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres événements de moindre importance ont marqué la fin du socialisme existant comme l’assassinat de l’ancien président roumain Nicolae Ceausescu et de sa femme Helena dans une cour d’école près de Bucarest le 24 décembre 1989 ou la réunion à Malte le même mois, entre George Bush Senior et Mikhaïl Gorbatchev, une réunion qui rappelle curieusement la conférence de Yalta (4-11 février 1945) tenue entre Roosevelt, Staline et Churchill. La fissuration du « rideau de fer » a réellement commencé le 10 septembre 1989 et non pas le 9 novembre 1989 et le monde capitaliste aurait dû fêter sa victoire à la Pyrrhus non pas un 9 novembre mais un 10 septembre.

Pour bien apprécier la portée réelle de la chute du mur de Berlin, il faudra replacer cet événement dans le cadre de la politique de l’endiguement ou de containment dont les principes avaient été énoncés et définis par les deux discours de Harry Truman le 12 mars 1947 et de Winston Churchill à Fulton. La politique de containment a pour but de contenir l’expansion communiste soviétique en Europe et dans le reste du monde par une série d’alliances militaires et économiques. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les dirigeants Américains ne sont pas allés par quatre chemins pour affirmer haut et fort leur credo, celui d’en finit avec le pouvoir soviétique et du communisme non seulement sur le continent européen mais dans les autres régions du monde. D’abord, les Etats-Unis n’ont jamais reconnu le statu quo en Europe orientale et centrale et leur objectif avoué a toujours été la « libération » par n’importe quel moyen des peuples est-européens du « joug » et de « l’oppression » soviétique. Mais sur les manières et les moyens de contenir la puissance soviétique, les dirigeants américains n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde, car il y avait les « durs » et les « réalistes ». En effet, au camp des réalistes partisans des négociations avec l’Union soviétique pour l’évacuation de l’Armée Rouge d’Europe centrale et orientale, s’opposèrent les partisans de l’option militaire voire l’option nucléaire pour en découdre avec le pouvoir soviétique. Parmi les durs, figurait, entre autres, Foster Dulles qui, lors de la campagne présidentielle de 1952 et après une longue conférence avec Eisenhower en août, dénonça le containement comme dépendant de l’espoir que « les dictatures communistes seraient tellement assouvis avec 800 millions de personnes qu’ils resteraient là ils étaient ». Pour Dulles, tabler sur cette hypothèse irréaliste était suicidaire pour les Etats-Unis qui devaient tout faire pour détacher la Russie de ses satellites en brisant l’Union soviétique de l’intérieur. Pour George Kennan, la diplomatie (au sens de négociation) était inutile avec les Soviétiques et il pensait qu’il valait mieux avoir « une confrontation avec eux maintenant que plus tard ». Cette politique de containment visant à encercler l’Union soviétique par des bastions militaires et économiques installés sur le pourtour des frontières soviétiques a été traduite notamment par la création de l’Alliance Atlantique Nord en avril-juin 1949 et par la résurrection de la puissance économique et militaire de l’Allemagne de l’Ouest devenue en mai 1955, lors de la Conférence de Paris, membre à part entière de l’OTAN. Huit jours plus tard, en riposte à l’OTAN et à l’entrée de l’Allemagne dans l’Alliance Atlantique, le Pacte de Varsovie était signé groupant la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie. La politique de containment s’est illustrée également par la lutte contre l’influence de l’Union soviétique en Méditerranée avec la formation du pacte de Bagdad dirigée contre l’Egypte nassérienne qui s’était alignée sur la position soviétique après la conclusion d’un contrat egypto-tchécoslovaque de fourniture d’armement.

Le mur de Berlin n’est donc pas tombé tout seul dans une nuit étoilée sous la pression de peuples opprimés assoiffés de liberté et de démocratie comme le prétend la propagande capitaliste; il a tout simplement cédé sous la pression de saboteurs et de comploteurs extérieurs et intérieurs, soutenus et financés par le gouvernement américain, la CIA, les services secrets occidentaux et par une myriade de groupements et d’institutions agissant souterrainement dont le seul but était de combattre le communisme tant à l’intérieur du continent européen que dans d’autres zones de la planète notamment en Amérique latine considérée jadis et même aujourd’hui comme la chasse gardée et l’arrière cour(backyard) de l’impérialisme américain. Mais si les saboteurs et les comploteurs ont réussi leur coup en faisant tomber mur de Berlin, c’est parce que les conditions s’y prêtaient cette fois-ci et pas les autres fois, c’est-à-dire les effets de la guerre psychologique menée contre l’Union soviétique et le bloc de l’Est dans le cadre de la politique de containment commençaient à se faire sentir. Sans une longue et intense guerre psychologique, il serait impossible d’expliquer le phénomène de dissidence, le revirement idéologique et la reconversion à l’anticommunisme et à l’archéo-libéralisme d’une partie de l’ancienne nomenklatura communiste. C’est la guerre psychologique menée par l’Occident contre l’Union soviétique et les pays de l’Est qui a entraîné l’émergence d’une nouvelle force centrifuge viscéralement anticommuniste et foncièrement hostile aux régimes socialistes en place. Ce phénomène de reconversion d’intellectuels, on le trouve également dans les pays capitalistes où une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a elle aussi viré de bord et elle été contaminé par le virus anticommuniste et archéo-libéral. Aux Etats-Unis, par exemple, les principaux théoriciens de la révolution conservatrice étaient des anciens marxistes et des militants communistes durant les années 1950 et 1960.

mur2Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

LE FAUX CONCEPT DE LA GUERRE FROIDE

Aujourd’hui le concept de la guerre froide est employé à tort et à travers sans se demander s’il recouvre ou exprime une réalité politique avérée. Disons le tout de suite, le concept de la guerre froide est un faux concept, car il a été inventé de toutes pièces pour maquiller les visées belliqueuses de l’Occident et la croisade capitaliste contre le communisme et l’Union soviétique. D’abord, qui dit guerre dit budget militaire et la soi-disant guerre froide a servi de prétexte aux Etats-Unis pour augmenter vertigineusement leurs dépenses militaires. Par exemple, dans les deux années qui suivirent le début de la soi-disant guerre froide, le budget américain de la défense a explosé atteignant la somme de 50 milliards de dollars au lieu de 13 milliards de dollars à la sortie de la guerre, soit une augmentation de 325%. L’expression de guerre froide a été employée pour la première fois par un journaliste américain, Walter Lippmann qui, dans une série d’articles publiés en septembre 1947, proposait aux dirigeants anglo-saxons sa propre vision des relations Est-Ouest et ainsi que des solutions pour en finir avec la présence soviétique en Europe centrale et orientale. Face aux partisans de la ligne dure avec l’Union soviétique, Lippmann était plutôt partisan des thèses réalistes en partant de l’idée que l’Union soviétique était affaiblie par la guerre et qu’elle était plus encline à négocier le départ de son armée d’Europe de l’Est qu’à chercher la confrontation avec ses anciens alliés, notamment les Etats-Unis. Alors que Lippmann préconisait la voie de la négociation comme seul moyen pour faire partir l’Armée rouge de l’Europe centrale et orientale, les dirigeants occidentaux attendaient impatiemment et travaillaient dur pour l’effondrement de l’Union soviétique grâce au renforcement de la politique de containment qui étouffera l’Union soviétique de l’extérieur plutôt qu’à encourager des forces saines de l’intérieur. Pour eux, la politique de containment promettait d’être doublement avantageuse, car elle renforcerait l’Ouest tout en encourageant le pouvoir soviétique, déjà dangereusement tendu, à s’étendre encore un peu plus et peut-être à aller encore un peu plus loin, précipitant par là son effondrement final.

Si nous disons que le concept de la guerre froide est un faux concept, c’est tout simplement pour faute de belligérants, car, pour qu’il y ait guerre, il faut au moins deux parties belligérantes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis et de l’Union soviétique du fait qu’il n’y avait qu’une seule partie qui cherchait désespérément la guerre, les Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, l’Union soviétique n’avait strictement aucun intérêt, ni stratégique, ni politique ni militaire à provoquer des tensions et à entrer en conflits ouverts avec qui que ce soit et surtout pas avec les Etats-Unis et cela pour trois raisons principales. Primo, à la sortie de la Seconde Guerre, l’Union soviétique était un pays exsangue économiquement et humainement avec ses 20 millions de morts. Secondo, l’Union soviétique n’était pas assez puissante militairement pour affronter les Etats-Unis qui étaient déjà une puissance nucléaire. Tercio, l’Union soviétique cherchait absolument une période de répit pour consolider ses positions tant à l’intérieur de ses frontières et sa zone d’influence que sur la scène internationale. L’histoire des relations politiques et diplomatiques d’après-guerre montre que l’Union soviétique avait adopté un profil bas en multipliant les gestes conciliants envers les Occidentaux. Même Staline, quelques mois avant sa mort, disait que la victoire finale du communisme n’impliquait pas nécessairement un conflit armée entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en même temps les partisans de la guerre totale contre le communisme et l’Union soviétique faisait rage aux Etats-Unis avec le maccarthysme. Quelques jours après la mort de Staline, Malenkov déclarait qu’il n’existait pas de différend qui ne pût être réglé d’une manière pacifique. Le 1er juin 1952, Moscou renonçait officiellement à ses revendications territoriales sur deux districts anatoliens ; le 8 juin le contrôle interzones de l’Autriche prenait également fin. Le 26 janvier 1955, Moscou mit fin à l’état de guerre avec l’Allemagne, couronné par une visite du chancelier Adenauer le 13 juin. Le 19 septembre, l’Union soviétique restitua à la Finlande l’enclave de Porkkala. Nouvelle concession soviétique, la signature à Vienne le 15 mai 1955, du « traité d’État » par lequel prenait fin l’occupation de l’Autriche, laquelle s’engageant à son tour à rester neutre et à refuser toute union politique ou économique avec l’Allemagne. Toutes ces initiatives positives de l’Union soviétique plaidaient en faveur d’une politique d’apaisement et de normalisation avec l’Occident et non pas de tensions et de confrontation. Où sont-elles les velléités guerrières de l’Union soviétique dans tous ces gestes que l’on vient d’énumérer ? En fait, ce sont les Etats capitalistes dirigés par les Etats-Unis qui étaient emmurés dans leurs certitudes et dans ce qu’ils considéraient comme leur chasse gardée, l’Europe orientale et centrale. A cet égard, il faudra dissiper un malentendu, concernant l’avènement des démocraties populaires en Europe centrale et orientale. La propagande politique capitaliste affirme que les démocraties populaires et les régimes socialistes nés en Europe centrale et orientale après la Seconde Guerre mondiale ont été imposées par la torture, la terreur, l’arbitraire et les jugements sommaires. À cette affirmation, on peut opposer deux objections : la première objection, c’est que tout pouvoir, quelque que soit sa nature, soit-elle la plus démocratique, est fondé d’abord et avant tout sur la violence et celui qui prétend le contraire qu’il montre un seul exemple où un pouvoir a été fondé d’une manière pacifique et contractuelle. La deuxième objection, que l’Union soviétique aidât les communistes est-européens à prendre le pouvoir, c’est un fait mais cette prise de pouvoir n’a pas été faite avec l’ aide d’une force étrangère envahissante ayant des visées impérialistes. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique ne visait pas à l’annexion de territoires en Europe centrale et orientale et Staline n’avait pas programmé l’invasion des pays de l’Est pour y imposer des gouvernements communistes en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie « ex-satellite d’Hitler », en Hongrie, en Bulgarie et en République démocratique allemande. Alors que Ronald Reagan et George Bush junior avaient envoyé les troupes américaines pour envahir la Grenade en 1983, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. L’Armée Rouge s’est retrouvée devant le fait accompli dans les pays de l’Est dont les territoires avaient servi de lieu de passage à l’armée nazie du Troisième Reich pour détruire l’Union soviétique et le pouvoir communiste. Ce sont donc les impératifs de la guerre qui ont poussé les Soviétiques à entrer en Europe de l’Est. D’ailleurs, les États capitalistes n’étaient pas du tout mécontents et ils voyaient bien au contraire d’un bon œil l’invasion des pays d’Europe de l’Est par l’armée du troisième Reich, car il comptait sur Hitler pour faire le sale travail, pour conjurer la menace du communisme soviétique et pour débarrasser finalement le continent européen du communisme. Ce que ne disent pas la propagande politique capitaliste et les manuels d’histoire, c’est grâce à l’Armée Rouge que les démocraties populaires d’Europe orientale et centrale ont été libérées de l’occupation nazie et il était donc normal que l’Union soviétique cherchât à aider les partis communistes des zones occupées par l’Armée Rouge à conquérir le pouvoir et à y établir sa propre zone d’influence. Les Etats-Unis et les Occidentaux ont bien leurs zones d’influence en Afrique, en Amérique latine et ua Moyen Orient, pourquoi refuseraient-ils ce droit à l’Union soviétique?

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

CHUTE DU MUR DE BERLIN :

AVATAR D’UNE GUERRE PSYCHOLOGIQUE

La propagande capitaliste répète à qui veut l’entendre que la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est sont l’expression d’un rejet du socialisme et du communisme par les peuples est-européens. C’est ce que disent les journalistes des mass medias, les propagandistes attitrés et les intellectuels des supermarchés mais la réalité est tout autre chose. Les peuples est-européens ont-ils réellement rejeté le socialisme ? On ne peut qu’en douter, car les peuples est-européens sont là pour faire uniquement de la figuration et ils sont incapables de discerner entre leurs propres intérêts et ceux de leurs oppresseurs. Toutefois, il convient d’apporter une légère nuance à cette affirmation concernant les peuples est-européens du fait que ces derniers ont vécu sous deux systèmes sociaux différents et ils ont eu le loisir de comparer entre les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Ce qui n’est pas le cas des peuples dans les pays capitalistes qui n’ont jamais eu cette occasion historique pour comparer par eux-mêmes entre deux sociaux et idéologiques différents puisqu’ils vivent depuis deux siècles sous le règne et la domination de la bourgeoise. Ceux qui ont vécu sous un régime socialiste avant de basculer dans le capitalisme sauvage ont pu voir la différence entre un système socialiste qui leur assurait la sécurité de l’emploi de la naissance à la mort et un capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse et d’insécurité psychologique permanente due plus précisément à l’insécurité d’emploi. Les personnes interrogées dans les sondages d’opinion rarement publiés ou divulgués en Occident avouent avoir été leurrées par la propagande politique de Free Europe et de Voice of America qui leur présentaient l’Occident comme un havre de paix et de liberté. A titre d’exemple, le quotidien américain USA Today a publié le 11 octobre 1999 un sondage dans lequel 51% des Allemands de l’est disent regretter le temps d’avant la chute du mur de Berlin et affirment que l’Occident qu’ils ont découvert n’est pas celui décrit par la Radio Free Europe et la voix de l’Amérique.

Ceux qui ont contribué à la chute du mur de Berlin et à la dislocation du bloc de l’Est, ce ne sont pas les peuples est-européens eux-mêmes qui, comme tous les peuples de la terre, n’ont fait que suivre le mouvement mais une minorité de privilégiés appartenant à l’ancienne nomenklatura communiste. À force de matraquage et de viol psychique, cette minorité ex-communiste finit par céder aux sirènes de la propagande capitaliste diffusée par radio Free Europe et par la Voix d l’Amérique. Ce phénomène de reconversion d’anciens communistes à l’anticommunisme et à l’archéo libéralisme a commencé d’abord par le mouvement de dissidence avant de toucher une grande partie des cadres des partis communistes et de la nomenklatura communiste. Ce qui explique le revirement idéologique de cette minorité, c’est sa position privilégiée par rapport aux autres couches sociales notamment par son niveau de vie moyen, son degré d’instruction et sa culture moyenne. Car il faut bien savoir, une propagande n’agit pas sur des individus incultes et sur des pauvres démunis matériellement, socialement et intellectuellement. Ceux qui sont les plus sensibles à la propagande, ce sont généralement ceux qui ont fait des études secondaires ou universitaires, ceux qui possèdent un minimum vital et qui n’ont pas beaucoup de soucis concernant leurs moyens d’existence. Autrement dit, pour que la propagande soit efficace, il faut que ceux à qui elle s’adresse aient une certaine aisance matérielle, un certain niveau d’instruction et une culture moyenne. Dans les pays occidentaux, c’est donc à cette catégorie sociale médiane, souvent appelée classe moyenne, que s’adresse la propagande et c’est parce qu’elle est la masse la plus réceptive aux thèmes et aux symboles véhiculés par les propagandistes. C’est d’ailleurs cette expérience dans la manipulation des foules et des masses en Occident qui a servi de laboratoire aux concepteurs et aux planificateurs de la guerre psychologique contre les pays socialistes en ciblant en particulier cette masse moyenne que formait la nomenklatura communiste. Les révolutions des velours qui ont eu lieu républiques soviétiques recrutaient parmi des jeunes, des étudiants et des intellectuels.

La guerre psychologique menée contre les l’Union soviétique et les pays socialistes a démarré dès 1945 lorsque les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower décidèrent de transformer les agences de propagande créées durant la Seconde Guerre mondiale en leur assignant une nouvelle mission, combattre l’Union soviétique et les démocraties populaires de l’Est et les mouvements d’émancipation dans les pays du Tiers-monde. Ainsi, des hommes et des réseaux travaillant jadis pour l’Allemagne nazie ont-ils été recrutés et enrôlés dans les nouveaux services de propagande états uniens pour fournir des études et des renseignements sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. On peut citer à titre d’exemple, l’organisation Gehlen, constituée et dirigée par Reinhold Gehlen et financée par la CIA. Gehlen qui appartenait à la Reichwehr depuis 1920, avait été nommé chef de la section d’espionnage de l’Armée allemande sur le front russe en 1942 où il obtint à quarante-trois ans le grade de général de division. Après la guerre, le général Gehlen fut fait prisonnier par les Américains et on lui confia le commandement autonome d’une armée d’espions avec un état-major choisi personnellement pour organiser l’espionnage dans la zone soviétique d’Allemagne pour le compte des Etats-Unis. Gehlen recevait 6 millions de dollars par pour financer ses opérations. Son organisation comprenait l’élite de l’ancien corps de contre-espionnage de l’armée allemande et des agents de diverses nationalités éparpillées en Europe Orientale et dans les Balkans.

Pour pouvoir retourner une partie de la nomenklatura communiste, la propagande capitaliste a mené un long travail de sape psychologique s’étalant sur une quarantaine d’années. Cette guerre psychologique a employé des techniques extrêmement sophistiquées combinant subversion, sabotage, opérations spéciales, guérilla, espionnage, pressions politiques, culturelles, économiques. Ces différentes techniques de guerre psychologique étaient adaptées et modifiées en fonction de chaque situation mais elles avaient au début des ratés. Par exemple, c’est la technique de propagande blanche ou ouverte qui a fait échouer les tentatives des réformes de Wladdyslaw Gomulka en Pologne et d’Imre Nagy en Hongrie en 1956 quand Radio free Europe et Voice of America appelaient ouvertement les populations polonaises et hongroises aux soulèvements contre les gouvernements communistes en place. C’est cette propagande ouverte qui a donné des alibis a l’Union soviétique pour envoyer ses chars à Budapest et pour écraser le soulèvement hongrois. Là où la propagande de Radio free Europe s’est démasquée comme une propagande blanche ou propagande ouverte, c’est quand Imre Nagy avait appelé le 24 octobre 1956 les populations hongroises au calme, à l’ordre et à la discipline alors que quelques jours plus tard, le 31 octobre 1956, l’expert militaire de radio free Europe proclamait « le ministère de la Défense et le ministère de l’intérieur sont encore aux mains des communistes. Ne laissez pas durer cette situation. Combattants de la Liberté. N’accrochez pas vos armes au mur. Pas un morceau de charbon, pas une goutte d’essence pour le gouvernement de Budapest tant que l’Intérieur et la Défense ne sont pas entre vos mains ».

Deuxième exemple de technique de propagande blanche. En été 1980, lors des grèves des chantiers polonais de Gdansk, alors que le gouvernement polonais cédait à toutes les revendications des ouvriers, Radio Free Europe, en langue polonaise, la BBC et Radio France internationale, devenues les porte-voix de Solidarnosc, du MKS de Gdansk du KOR de Jacek Kuron incitaient les grévistes à continuer leur mouvement de protestation en leur disant en substance « Tenez bon, continuez la grève, le monde entier est à vous ». Dès les premiers jours de grève d’août 1980, la propagande blanche capitaliste a tout fait pour pousser à un affrontement sanglant entre le pouvoir et les grévistes. Cette propagande blanche s’est révélée comme en Hongrie et en Pologne en 1956 contreproductive puisqu’elle a conduit finalement au pouvoir à l’état d’urgence décrété par le général Jarusalski en décembre 1980.

Au fil du temps, la propagande blanche trop visible et contreproductive se transforme progressivement en propagande noire ou grise plus discrètes et plus insidieuses consistant à mener des actions de sabotage à l’intérieur des frontières de l’adversaire communiste. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que la ville de Berlin grouillait d’espions américains, français, anglais qui renseignaient leurs directions opérationnelles sur des actions subversives et de sabotage à mener à l’intérieur de l’ex-RDA et dans d’autres pays du bloc de l’ancien bloc communiste. La ville de Berlin a été souvent le théâtre d’actions de sabotage et de subversion comme par exemple, le plastiquage de transformateurs d’électricité, le sabotage d’usines, la dégradation de bâtiments publics, le sabotage de ponts et de voies de communications, l’empoisonnement de 7000 vaches dans une coopérative de production de lait et de fromage est-allemande, la tentative d’empoisonnement des cigarettes, le sabotage d’une rencontre internationale pour la jeunesse à Berlin-est par l’envoi de faux billets et de fausses invitations etc. D’ailleurs les actions subversives menées contre l’ex-RDA et à Berlin-est remontent au tout début de la création de la RDA quand les Occidentaux avaient poussé en juin 1952 des émeutiers armés de pierres à ravager les bureaux du gouvernement en appelant la population berlinoise à descendre dans les rues et à réclamer la démission du gouvernement communiste. Cette action subversive des émeutiers fut sévèrement réprimée par les chars russes stationnés alors à Berlin.

Pour augmenter l’efficacité de ses actions, la guerre psychologique était amenée à connaître le terrain psychologique des groupes qu’elle cherche à influencer psychiquement. Lorsque le propagandiste ignore le terrain psychologique de l’adversaire, il obtient l’effet inverse et sa propagande maque ses buts. Pour ce faire, il a fallu étudier à fond les mythes, les symboles, les stéréotypes, les schèmes généraux de la culture des sociétés est-européennes. Ce sont les disciplines académiques qui ont été mises à contribution pour fournir des études et des travaux sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs institutions et fondations américaines ont créé des centres de recherches spécialisés dans l’étude de l’Union soviétique et des États socialistes. Par exemple, 1947, la Fondation Carnegie finança la création du Russian Research center, suivie de la fondation Ford et de la Fondation Rockefeller qui fournirent des fonds aux universités aux Etats-Unis et à l’étranger pour aider des chercheurs et pour financer des centres de recherches sur les pays de l’Est. La Fondation Rockefeller a même subventionné la création en France de la VI section de l’école pratique des hautes études devenue plus tard l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales(EHESS) produisant des travaux sur la Chine, la Russie et les pays de l’Est. Les innombrables travaux et études produits par ces institutions et centres de recherche ont permis aux stratèges de la propagande occidentale de connaître et de cerner de plus près la psychologie de l’individu ainsi que les mythes courants, les opinions et les stéréotypes des groupes à mobiliser. Aujourd’hui, des questions se posent pour savoir si le pape Jean Paul I n’a pas été empoisonné pour élire à sa place un pape polonais dont la mission était de réveiller et de réactiver le catholicisme en Pologne pour en faire un moyen de lutte contre le communisme. En tout cas, le pape Jean Paul II et l’Eglise polonaise ont joué un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement communiste en Pologne et dans d’autres pays du bloc de l’Est.

Par ailleurs, les stratèges de la guerre psychologique ont eu recours à la sociologie des conflits et des crises politiques, à l’interaction stratégique, à la dynamique de l’action collective et aux logiques de mobilisation multisectorielles. La sociologie des conflits et des crises politique a fourni aux stratèges de la guerre psychologique les armes et les technologies de mobilisation et de désectorisation de l’espace social. Les principes de la désectorisation de l’espace social et des mobilisations multisectorielles ont été mis en oeuvre lors des grèves de l’été polonais en 1980 quand les dirigeants du MKS et du KOR, aidés et conseillés par experts occidentaux de la guerre psychologique, cherchaient par des rumeurs répandues, à étendre la grève des chantiers de Gdansk à d’autres secteurs d’activités et à d’autres villes polonaises pour provoquer un soulèvement général contre le gouvernement communiste. Cette même tactique de désectorisation et de mobilisations multisectorielles a également été appliquée et mise en œuvre dans d’autres pays de l’Est après la chute du mur de Berlin et lors des révolutions des velours dans les ex-républiques soviétiques.

CONCLUSION

Pour savoir pourquoi le monde capitaliste fête aujourd’hui en grande pompe les 20 ans de la chute du mur de Berlin, il faudra revenir à la période ayant précédé la dislocation du bloc de l’Est. Dire que le monde capitaliste était en crise avant la chute du mur de Berlin est tout simplement une tautologie, car le capitalisme est inséparable de ses crises permanentes et chroniques. Personne n’est capable de dire quand le capitalisme est en crise et quand il ne l’est pas, car quand le capitalisme n’est pas en crise, des millions de chômeurs sont jetés dans les pavés. Dire, par ailleurs que la chute du mur de Berlin symbolise le triomphe définitif de la liberté sur la tyrannie communiste, c’est plutôt une bonne blague à un euro. La chute du mur de Berlin a redonné au Capital américain et européen une bouffée d’air frais en récupérant une zone de 650 000 km2, c’est-à-dire une zone correspondant aux superficies de la France, de la Suisse, de la Belgique et du Danemark. En récupérant ainsi cette zone de 650 000 km2 qui étaient jadis sous l’influence de l’union soviétique, les capitalistes ont épargné à l’Europe et au monde une guerre meurtrière et destructrice. Car il faut savoir, quand le Capital n’a plus son oxygène pour respirer, c’est-à-dire, ses marchés et ses matières premières, il devient, comme un lion affamé, un fou furieux et dangereux pour l’humanité toute entière.

En faisant main basse sur les 650 000 km2 récupérés après la chute du mur de Berlin, le capital a ouvert sur le continent européen, une zone franche de réglementation libre du travail. Grâce à ces 650 000 km2 conquis sur l’union soviétique, le Capital respire provisoirement grâce à la délocalisation de certains segments de la ligne de production et à la modification des conditions de travail. La délocalisation-segmentation peut ainsi se caractériser par une substitution de techniques favorisant l’utilisation abondante de main d’œuvre et conduisant surtout à son usure précoce. Deux avantages sont retirés de cette délocalisation: l’un se traduit en terme de coût(bas salaires), l’autre en terme de productivité(détérioration des conditions de travail). Cette stratégie de segmentation-délocalisation a pour but de compenser une baisse de la rentabilité moyenne du capital et pour surmonter cette baisse tendancielle que rencontre l’accumulation du capital, il était nécessaire de procéder à une redéfinition des conditions d’exploitation de la force de travail. La possibilité de trouver ailleurs des conditions meilleures pour exploiter la main-d’oeuvre permet d’alléger les difficultés que l’accumulation du capital rencontre. La possibilité de segmenter les lignes de production en adaptant les technologies aux conditions moyennes de production tend à homogénéiser les conditions de travail vers le bas. La possibilité d’obtenir des conditions de travail plus favorables au capital en délocalisant des segments de production constitue une menace réelle sur des salariés des pays capitalistes du centre, car la menace de délocaliser peut conduire à une détérioration des conditions de travail, à une stagnation et à une baisse des salaires réels. La chute du mur de Berlin a été un cadeau du ciel offert aux multinationales capitalistes qui sont à la recherche de zones franches où règne seulement la loi de la jungle avec des conditions de travail moyenâgeuses et une main-d’oeuvre abondante, corvéable et exploitable à volonté. Allez demander aux ouvriers roumains de chez DACIA qui gagnent un salaire mensuel de 240 s’ils croient toujours au paradis terrestre promis par la radio free Europe et la Voix de l’Amérique et s’ils vivent sous le régime de la liberté depuis la chute du mur de Berlin.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

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oct 26 2009

L’heure de vérité sur l’Iran

L’Iran, la Russie, les Etats-Unis et la France examinent un projet d’accord qui verrait l’uranium iranien faiblement enrichi être traité en Russie et en France avant d’être renvoyé en Iran pour y être utilisé dans un réacteur de recherche. Cet accord a le potentiel de désamorcer de façon significative la crise sur le programme nucléaire iranien, mais Téhéran prend garde à ne pas prendre de décision hâtive.

Ahmadinejad-carricature

Mercredi dernier, c’est un chef de l’AIEA plein d’optimisme, Mohamed ElBaradei, qui a rapporté qu’après deux années et demie de négociations intenses à Vienne, couvrant de nombreuses questions techniques, un sérieux progrès avait été fait sur une proposition consistant à apporter une assistance nucléaire pour un petit réacteur de recherche à Téhéran

Il a ajouté que l’AIEA avait présenté aux parties – l’Iran, la Russie, les Etats-Unis et la France – un projet d’accord auquel une réponse devait être donnée à la fin de la semaine.

L’AFP a rapporté que les diplomates avaient dit que le projet de l’organe de surveillance atomique de l’ONU propose que la Russie traite l’uranium iranien faiblement enrichi pour l’enrichir au taux de 20%, requis par le réacteur de recherche à Téhéran, et que la France le transformerait en combustible.

Reprenant le sentiment d’ElBaradei, l’envoyé de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a dit que les pourparlers avaient été « constructifs et couronnés de succès », bien qu’il ait pris la précaution d’insister sur le fait que, contrairement aux reportages dans les médias occidentaux, aucune décision finale n’avait été prise. Au moment de la rédaction de cet article, le sentiment à Téhéran semblait de plus en plus tendre contre toute décision hâtive.

« La date limite de vendredi n’a pas été acceptée lors de la réunion et n’était que l’opinion personnelle de M. ElBaradei », a dit à l’auteur une source iranienne. Cette source a ajouté que dans son opinion, « Un peu plus de temps est absolument nécessaire, ne serait-ce que pour éviter de donner l’impression que l’Iran avait accepté à la hâte une décision fatidique lourde de conséquences et parce qu’elle doit être étudiée très minutieusement sous tous les angles. »

Ce point de vue semble partagé par un grand nombre de parlementaires iraniens, dont Mohammed Reza Bahonar, le vice-président du Majlis [le parlement iranien], qui a déclaré que les termes de cet accord, en vertu desquels l’Iran acheminerait son uranium vers l’étranger et recevrait en échange du combustible nucléaire, n’étaient pas acceptables ».

Il n’y a pas non plus de consensus à Téhéran concernant le volume relativement élevé d’Uranium Faiblement Enrichi (UFE) – 1.200 kilos ou l’équivalent de 80% des stocks d’UFE de l’Iran – visé pour un acheminement vers l’extérieur.

Vu les expĂ©riences passĂ©es avec certains contrats internationaux, il y a Ă©normĂ©ment d’inquiĂ©tudes en Iran que, peu importe la soliditĂ© sur le papier des modalitĂ©s du dernier accord, lorsqu’il sera question dâ€effectuer la livraison, il pourrait y avoir de la mauvaise volontĂ©. C’est une chose que le rĂ©acteur de TĂ©hĂ©ran, vital pour le traitement du cancer et autres maladies graves, ne peut se permettre.

« N’oublions pas que la dernière livraison de combustible nucléaire pour ce réacteur a pris cinq ans. L’AIEA avait donné son approbation en 1988 et ce n’est qu’en 1993 que celui-ci a été livré », a dit un professeur de science politique de l’Université de Téhéran.

Le réacteur thermique de 5 MW a fonctionné à environ 60% de sa capacité totale à cause du manque de combustible, lequel devrait être épuisé d’ici fin 2010 ou début 2011. Il n’y a donc pas de temps à perdre avec des négociations qui traînent en longueur, une raison pour laquelle l’Iran a prévenu que si une décision n’est pas prise rapidement, il continuera de produire son combustible [nucléaire] qui nécessite un enrichissement moyen de 19,75%. Et ceci, malgré des coûts prohibitifs et des défis techniques.

« L’Iran devrait opter pour un accord graduel, un accord étape par étape », a déclaré un analyste à Téhéran, Rahmatollah Ghahramanpour. Les Iraniens ont également émis des doutes concernant la participation de la France en tant que sous-contractant pour la fabrication des barreaux d’uranium, après le raffinage de l’UFE iranien par la Russie. Un autre analyste, Hassan Beheshtipour, considère les pourparlers de Vienne comme un « test de bonne volonté », en particulier de la part des Etats-Unis et de la France.

C’est ussi un test de volonté politique, à la lumière de la quantité de « nonistes » à cette proposition d’accord, à Téhéran, à Washington et dans diverses capitales européennes

« L’accord quantitatif, sur le niveau de masse d’uranium iranien devant être exporté [pour enrichissement supplémentaire], peut être négocié, mais la question qualitative qui est liée au tableau d’ensemble ne peut pas l’être », a développé le professeur de Téhéran cité plus haut.

« Tout accord sur le réacteur de Téhéran aura une grande signification symbolique parce qu’il modifiera le climat d’hostilité entre l’Iran et les Etats-Unis et que ceci à son tour rendra plus difficile aux opposants de l’Iran au sein du Congrès US de pousser à de nouvelles sanctions. »

Autrement dit, ceci pourrait laisser intacte la question centrale, le droit de l’Iran d’enrichir l’uranium. En même temps, cela désamorcerait la « menace iranienne » en supprimant le gros de la production nucléaire nette que l’Iran pourrait développer pour la militarisation.

De la même manière, la question quantitative pourrait s’avérer gênante. Le réacteur de Téhéran a pu être maintenu en activité depuis 1993, grâce à la livraison de 116 kilos d’uranium argentin enrichi à près de 20%, équivalant à peu près à 1.169 kilos d’UFE iranien.

Pour fonctionner au maximum de sa capacité, le besoin annuel du réacteur est d’environ 18 kilos d’uranium enrichi, soit l’équivalent de 180 kilos d’UFE. Donc, pour un approvisionnement du réacteur pendant dix ans et fonctionnant à une capacité normale de 70/80%, l’envoi de la quasi-totalité de l’UFE iranien (1.500 kg) serait nécessaire. C’est l’une des raisons pour laquelle les législateurs comme Bahonar insistent pour dire que l’assistance étrangère à ce réacteur « purement humanitaire » qui fabrique des isotopes médicaux ne devrait pas dépendre de l’utilisation de l’UFE iranien. Après tout, cela a pris plusieurs années à l’Iran pour être capable de rassembler ses 1.500 kg d’UFE actuels.

Néanmoins, étant donné que cette idée a été initialement émise par l’Iran et dont le Président Mahmoud Ahmadinejad a dit que c’était « le moyen de tester la sincérité de la communauté internationale », il est à présent relativement difficile pour Téhéran de faire machine arrière. Aussi, l’Iran ne voudrait pas manquer l’occasion d’améliorer son image en réduisant sa « capacité de militarisation nucléaire ».

C’est tout particulièrement le cas, étant donné la crise avec son voisin qui dispose de l’arme nucléaire, le Pakistan, à la suite des attaques terroristes en Iran.

Commentant la dernière proposition, le professeur de TĂ©hĂ©ran souligne le compromis dĂ©sagrĂ©able entre la sĂ©curitĂ© de l’Iran et les besoins de sa population. « Parlez d’ambiguĂŻtĂ© nuclĂ©aire ! C’est un accord qui rĂ©pond Ă  certains besoins mais, en mĂŞme temps, qui crĂ©e de nouveaux besoins, ainsi que des effets Ă  la fois positifs et nĂ©gatifs sur un certain nombre d’autres considĂ©rations. Ce n’est certainement pas un scĂ©nario parfait. »

Peut-être qu’ElBaradei était plus proche du but lorsqu’il a décri le projet d’accord comme étant un pas énorme construisant la confiance vers la « normalisation des relations de l’Iran avec la communauté internationale ». Cet « accord historique » pourrait être le baroud d’honneur d’ElBaradei, alors qu’il se retire à la fin du mois prochain, à la suite de son second mandat de quatre ans. Il a dit qu’il « croisait les doigts » à propos de ce projet, mais il se pourrait qu’il soit laissé à son successeur, le Japonais Yukiya Amano, qui verrait cet accord finalisé.

Il se trouve que le Japonais Amano a récemment signé un accord similaire avec la Russie pour de l’uranium enrichi, sans négliger le fait d’un accord similaire entre les Etats-Unis et la Russie au début de l’année. Ceci indiquerait qu’un sujet ordinaire se rapportant à un réacteur médical, complètement contrôlé par l’AIEA, ne devrait pas être sujet à un tel battage médiatique.

Pourtant, ElBaradei pourrait avoir sapé ses propres efforts en liant ce projet à une « normalisation complète » des relations de l’Iran avec le monde extérieur et même avec le « désamorçage » de la crise nucléaire iranienne. Séparer les deux serait peut-être une meilleure approche.

Kaveh L. Afrasiabi, pour Asia Times

Sur le mĂŞme sujet, lire aussi :

Téhéran résiste à la signature d’un accord qui verrait l’enrichissement de l’uranium confié à l’étranger

oct 16 2009

OdyssĂ©e de l’espèce [première partie]

Si vous ne croyez pas au futur, essayez donc le passé !

Le passĂ©isme nationaliste s’exacerbe dans les Balkans. Le passĂ©isme thĂ©ologique enflamme les intĂ©grismes dans toutes les religions (islamique, chrĂ©tienne, juive, hindouiste…). La politique et les affaires s’engluent dans des contentieux. Faute d’ĂŞtre en mesure de regarder l’avenir, les annĂ©es 90 foncent tĂŞte baissĂ©e vers leur passĂ©. C’est un mouvement comprĂ©hensible. Les psychanalystes l’appellent une rĂ©gression. Face au « choc du futur » 2, on va chercher des solutions toutes faites. On rejoue les drames d’autrefois, on boit la coupe jusqu’Ă  la lie. Alors seulement, une fois ce mouvement accompli, on peut accepter que reviennent les temps crĂ©ateurs et tourner Ă  nouveau son regard vers l’avenir. J’invite Ă  le faire le plus tĂ´t possible.

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Thierry Gaudin est un polytechnicien et ingĂ©nieur des Mines, expert auprès de l’OCDE, des Nations unies et de la Commission europĂ©enne. Il est aussi prĂ©sident de l’association Prospective 2100. Dans son livre « 2100 : l’OdyssĂ©e de l’espèce », publiĂ© en 1993, il s’appuie sur une recherche et une connaissance personnelle des mĂ©canismes de l’innovation et des interactions technique de la sociĂ©tĂ©. Il s’agit d’un travail de prospective, rĂ©sultat de dix annĂ©es d’échanges avec des centaines de personnes, qui s’appuie sur les mĂ©canismes du passĂ© pour tenter d’apprĂ©hender ceux du futur. L’auteur nous livre des scĂ©narios viables pour sortir de problèmes sociĂ©taux divers, encourageant principalement le recours Ă  l’innovation et Ă  l’esprit d’entreprendre. Cependant, imaginer qu’il puisse y avoir une remise en question des pouvoirs Ă©tablis qui dĂ©coulerait de la libre application de la crĂ©ativitĂ© de chacun ne serait sans doute pas raisonnable avant la deuxième moitiĂ© du 21ème siècle. Il n’en demeure pas moins que les pistes proposĂ©es par Thierry Gaudin pour amĂ©liorer le fonctionnement du monde ainsi que ses constats sur le passĂ© et le prĂ©sent de nos civilisations sont difficilement critiquables, Ă  l’exception d’un regard qui me paraĂ®t trop optimiste sur les bienfaits Ă©ventuels du mondialisme et sur l’attente d’une bonne et sincère volontĂ© politique en matière de progrès. Nous reprendrons en trois articles les extraits du livre qui sont les plus pertinents et les plus liĂ©s au domaine dont Mecanopolis traite.

Estimer la vitesse des changements

Si l’on compare notre travail aux prospectives « mĂ©canistes », il apparaĂ®t une diffĂ©rence majeure, que j’appelle ‘l’hypothèse de la conscience ». Elle s’Ă©nonce ainsi : un système vivant ne se laisse pas mettre en pĂ©ril sans rĂ©agir. On peut certes observer dans la Nature des comportements suicidaires. Mais ils sont rares. Que ce soit par la guerre ou la destruction de l’environnement, le scĂ©nario d’un suicide collectif de l’Espèce humaine n’est pas le plus vraisemblable : Ă  titre d’illustration -mais non de preuve-, je constate que, depuis quarante ans, l’humanitĂ© a les moyens (nuclĂ©aires) de se dĂ©truire en quelques heures, et qu’elle ne s’en est pas servi.

Une difficultĂ© de la prospective Ă  long terme est d’estimer la vitesse des changements. On trouve en effet sur ce point les positions les plus excessives et les moins Ă©tayĂ©es. Certains maintiennent qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et continuent Ă  regarder l’avenir comme une reproduction des intrigues et des luttes d’autrefois. D’autres mythifient l’accĂ©lĂ©ration de l’Histoire, et rĂ©pètent, par exemple, sans aucune justification que, d’ici dix ans, la moitiĂ© des produits que nous consommerons ne sont pas encore sur le marchĂ©.

En observant plus attentivement, on peut estimer quelques ordres de grandeur : Le dĂ©lai de renouvellement est variable d’un secteur Ă  l’autre. L’habillement suit une mode qui se dĂ©finit deux fois par an, les collections d’Ă©tĂ© et d’hiver. Mais un modèle d’automobile, tel que la Coccinelle Volkswagen ou la Renault 5, a une durĂ©e de vie qui se compte en dizaines d’annĂ©es. Comme un wagon de chemin de fer peut servir pendant trente ans, l’Ă©volution des formes est encore plus lente pour le matĂ©riel ferroviaire. Les grandes installations industrielles, telles que les cimenteries, sont renouvelĂ©es par morceaux en une trentaine d’annĂ©es. La tour Eiffel a fĂŞtĂ© son centenaire. Le canal de Panama, qui, date de la mĂŞme Ă©poque, est lĂ  pour mille ans.

En dĂ©finitive, ce sont les croyances humaines qui changent le plus lentement. L’âge de nos religions se compte en millĂ©naires, mais peut-ĂŞtre vont-elle bientĂ´t Ă©voluer.

On ne parle pas de la même chose selon les échéances :

Ă€ trois mois, ce sont les fluctuations erratiques de la conjoncture.

À trois ans, ce sont les mouvements de mode et les dérives économiques.

Ă€ trente ans, ce sont les renouvellements des gĂ©nĂ©rations, avec leurs styles de vie diffĂ©rents, et aussi les achats mĂ©nagers. Par exemple, la pĂ©riode des trente glorieuses (1950-1980) en Europe est caractĂ©risĂ©e par deux vagues d’investissements : la reconstruction de l’après guerre et le premier Ă©quipement des mĂ©nages en rĂ©frigĂ©rateurs, cuisinières, machines Ă  laver, tĂ©lĂ©viseurs et automobiles. Chacune de ces vagues, crĂ©atrice d’emplois et porteuse de prospĂ©ritĂ©, s’Ă©tend sur une gĂ©nĂ©ration. Lorsque les mĂ©nages ont Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s Ă  plus de 80%, la demande s’est ralentie, le chĂ´mage a augmentĂ© et l’Ă©conomie est devenue plus hĂ©sitante.

Ă€ cent ans, ce sont les infrastructures, tels que les ports, les autoroutes, les voies ferrĂ©es, les grands amĂ©nagements urbains. Ce sont aussi les rĂ©seaux, par exemple le rĂ©seau Ă©lectrique. Les premières Ă©lectrifications urbaines datent du siècle dernier. Mais il faut attendre vingt ans après la seconde guerre mondiale pour que l’Ă©lectricitĂ© soit partout dans les campagnes en Europe. Or, c’est Ă  partir du moment oĂą les mĂ©nages disposent chez eux de l’Ă©nergie Ă©lectrique qu’ils peuvent s’Ă©quiper en Ă©lectromĂ©nager. Ă€ l’Ă©chelle mondiale, mĂŞme si aucun pays n’est totalement dĂ©pourvu de rĂ©seau, la majoritĂ© de la population n’est pas encore connectĂ©e. Si l’on prolonge les tendances actuelles, il faut attendre la seconde moitiĂ© du 21ème siècle pour que tout le monde ait l’Ă©lectricitĂ© Ă  domicile. La vague de prospĂ©ritĂ© que nous voyons actuellement se dessiner en Chine, en Inde et en Asie du Sud Est correspond Ă  nos trente glorieuses, mais seulement pour une fraction urbaine des deux milliards et demi d’habitants de cette rĂ©gion -la moitiĂ© de l’espèce humaine-, qui s’Ă©quipe avec aviditĂ©.

Toutefois, le dĂ©lai d’accoutumance de l’usager limite la vitesse de diffusion des nouvelles technologies. Les fabricants de micro-ordinateurs croyaient, au dĂ©but des annĂ©es 80, inonder le marchĂ© en une dĂ©cennie. Il n’en a rien Ă©tĂ©. Dès 1985, ils ont dĂ» rĂ©viser en baisse leurs prĂ©visions. Ce n’est pas que les clients manquaient de ressources pour acheter leurs machines. Elles coĂ»taient dĂ©jĂ  moins cher qu’une auto. Mais les usagers n’y Ă©taient pas encore habituĂ©s, et ce nouvel instrument modifiait sensiblement leur façon de travailler. Il a donc fallu attendre une gĂ©nĂ©ration d’accoutumance, et l’apparition de logiciels plus conviviaux. On peut conjecturer que, si un nouveau produit suppose une Ă©volution des façons de faire, alors il faut au moins une gĂ©nĂ©ration pour qu’il s’impose au public, mĂŞme si ses avantages sont Ă©vidents.

Un regard mondialiste :

Certains, autrefois, ont fait Ă©voluer le regard : Les philosophes, qui travaillent avec les hommes d’action. Leurs visions ont structurĂ© la sociĂ©tĂ©. Ainsi, au dĂ©but du dix-neuvième siècle, Saint-Simon, le maĂ®tre Ă  penser des ingĂ©nieurs, disait : « L’ancien pouvoir spirituel, c’Ă©tait l’Eglise. L’ancien pouvoir temporel, c’Ă©tait la noblesse, caste de guerriers devenue inutile… Le nouveau pouvoir spirituel, c’est la Science, et le nouveau pouvoir temporel, c’est l’Industrie. » N’est-ce pas ce qui s’est rĂ©alisĂ© depuis, dans le monde entier ? La « rĂ©volution industrielle » n’est-elle pas tout entière dans cette formule, complĂ©tĂ©e Ă  l’Ă©poque par des Ă©noncĂ©s prĂ©curseurs, articulant un grand projet social : exploiter la Nature pour procurer aux hommes les bienfaits de la Science et de la Technique, sa fille.

En quoi sommes-nous dĂ©jĂ  diffĂ©rents de nos prĂ©dĂ©cesseurs ? En cela que nous quittons la vision tribale de l’Histoire pour une vision universelle. Les distinctions entre nations, ethnies, religions ne sont pas effacĂ©es, mais remises Ă  leur place : celle de modalitĂ©s culturelles, vouĂ©es, non plus Ă  entrer en conflit, mais Ă  s’enrichir mutuellement. Car, au-delĂ  des particularismes, il y a l’unitĂ© mondiale de la Science qui proclame dĂ©sormais l’unitĂ© du vivant « de l’amibe Ă  l’Ă©lĂ©phant », et l’unitĂ© des technologies, qui crĂ©ent un système de communication mondial, sorte de « cerveau planĂ©taire » dont la conscience devient chaque annĂ©e plus perceptible par la voie des mĂ©dias et des tĂ©lĂ©communications.

Le mondialisme, au vingtième siècle, paraissait rĂ©servĂ© Ă  de doux rĂŞveurs, rĂ©gulièrement dĂ©mentis par l’atrocitĂ© des guerres et des persĂ©cutions. Au tournant du troisième millĂ©naire, les conditions techniques sont rĂ©unies pour qu’il entre dans les faits, insensiblement. Mais cette mĂ©tamorphose inĂ©luctable s’accompagne de craquements et de dĂ©chirements. Les vieux particularismes et les attachements anciens sont rĂ©activĂ©s. Ils luttent avant de cĂ©der la place.

L’ingĂ©nieur Legrand, dès 1840, proposait une carte mondiale des voies ferrĂ©es.

Les EuropĂ©ens, au XIX° siècle, avaient un projet mondialiste, Ă©tayĂ© par une philosophie constructive, le positivisme. Leur doctrine se rĂ©sumait en deux idĂ©es : la libertĂ©, plus les infrastructures. Actuellement, avec le vent de libĂ©ralisme qui souffle sur le monde, il est de bon ton de faire semblant de croire que la libertĂ© Ă©conomique apporte la solution de tous nos maux. Or, une sociĂ©tĂ© Ă©conomiquement libre sans infrastructure est une sociĂ©tĂ© d’embouteillage oĂą tout le monde perd son temps. Pire, sans infrastructure Ă©ducative, c’est une sociĂ©tĂ© d’exclusion qui nourrit en son sein les germes de sa propre destruction.

Allons-nous, au 21ème siècle, retrouver des visions planĂ©taires ? Certainement, car le maillage des communications facilite la montĂ©e et l’Ă©mergence d’une conscience globale. On commence Ă  voir apparaĂ®tre de grandes idĂ©es : des idĂ©es Ă©cologiques (transformer la planète en jardin) et des idĂ©es techniques, comme, par exemple, au Japon, celle de citĂ©s marines pour plusieurs centaines de milliers d’habitants (Le projet prĂ©sentĂ© par la sociĂ©tĂ© Taisei (la citĂ© volcan) a la forme du mont Fuji. Cette citĂ© ferait 6500m de diamètre Ă  la base et 4000 mètres de haut. Elle accueillerait 700000 personnes (Futurist, Mai-Juin 93). La planète creuse artificielle proposĂ©e par physicien amĂ©ricain O’Neill, sorte de LĂ©onard de Vinci contemporain, est un cylindre d’un kilomètre de diamètre. Pour crĂ©er Ă  sa pĂ©riphĂ©rie une gravitĂ© Ă©quivalente Ă  celle de la terre, elle fait un tour sur elle-mĂŞme en une minute. Elle contient des lacs, des petites montagnes, des bois, tout un espace « naturel ». Lorsque les films de fiction26 nous montrent des vaisseaux spatiaux qui ressemblent Ă  des immeubles de bureaux, c’est un non sens. Bien qu’il domine les autres espèces, l’homme ne peut se passer de la Nature.

Il en est solidaire, il a besoin d’elle pour recycler l’oxygène, l’eau… Il appartient Ă  la biosphère. Il est solidaire des plantes et des animaux. Dans l’Espace, il faut qu’il emmène avec lui une nature organisĂ©e, une « Techno Nature » placĂ©e sous sa protection.

D’oĂą l’importance de l’expĂ©rience amĂ©ricaine « Biosphère 2″ oĂą huit personnes passent deux ans dans un Ă©cosystème fermĂ© complet sous une bulle Ă©tanche, ne communiquant avec l’extĂ©rieur que par des informations, sans apport de matière. Au-dedans, on voit non pas une forĂŞt vierge, mais un potager moderniste, dans lequel tout est recyclĂ©. Ce morceau de Nature est destinĂ©, ultĂ©rieurement, Ă  ĂŞtre placĂ© en orbite puis contrĂ´lĂ© dans son Ă©volution. Puis, dans les siècles Ă  venir, les planètes creuses artificielles iront vers d’autres systèmes solaires, de sorte que l’homme deviendra le messager de la vie Ă  travers les Ă©toiles, mĂŞme après la mort du soleil.

Une référence : le milieu du 19ème siècle

Alors, que se passera-t-il au 21ème siècle ?

Les prochaines dĂ©cennies sont très durement menacĂ©es par les consĂ©quences de l’implosion des villes, la montĂ©e de l’exclusion et des systèmes maffieux. Les premiers scĂ©narios qui viennent Ă  l’esprit sont noirs. Ils ont l’odeur du chaos. On n’arrive pas Ă  voir au-delĂ  des confrontations entre une sociĂ©tĂ© officielle affaiblie, rongĂ©e de luttes intestines, sans vĂ©ritable projet, et des exclus qui frappent Ă  la porte de plus en plus durement.

NĂ©anmoins, l’Histoire relativise nos visions catastrophistes. L’espèce humaine en a vu d’autres. Et elle s’en est tirĂ©e. Nos ancĂŞtres, au XIX° siècle, sont en Europe devant une situation comparable Ă  celle du monde Ă  la fin du vingtième siècle : En 1848, la classe dirigeante perd ses illusions. Face Ă  un prolĂ©tariat subissant des conditions de pauvretĂ© et d’insalubritĂ© lamentables, elle se divise en deux courants d’opinion : un courant humaniste et un courant conservateur.

Les humanistes disent : « Nous n’avons pas le droit de laisser des ĂŞtres humains vivre dans de pareilles conditions, c’est inadmissible ». Ils ont raison. Et les conservateurs ajoutent : « Mais, attention, ils deviennent dangereux ! ». Ils ont raison aussi. Les uns et les autres aboutissent Ă  la mĂŞme conclusion : Il faut faire quelque chose.

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Des moyens Ă©normes sont alors mobilisĂ©s. On passe d’une petite bourgeoisie frileuse, Ă  l’esprit Ă©troit, qui compte ses sous, fait du contentieux, envoie ses dĂ©biteurs en prison, Ă  une grande bourgeoisie au long cours, qui investit massivement, construit les chemins de fer, les grands magasins, les banques, l’industrie lourde, les routes, le canal de Suez et celui de Panama. Elle prend des risques immenses, manifeste une vision mondialiste et, pour mener Ă  bien ses projets, crĂ©e de la monnaie par « transformation du crĂ©dit » (cette expression dĂ©signe l’utilisation de l’argent des dĂ©pĂ´ts exigibles Ă  court terme pour des investissements Ă  long terme, en espĂ©rant que les dĂ©posants ne rĂ©clameront pas tous leur dĂ» en mĂŞme temps. Ce genre de pratique crĂ©e de la monnaie. De nos jours, elle est attentivement contrĂ´lĂ©e par les autoritĂ©s monĂ©taires (ratio Cooke…). Mais des Ă©missions en monnaies Ă©trangères (euro-dollars, euro-yens) Ă©chappent encore Ă  ces limitations).

Nos ancĂŞtres structurent les villes (Haussmann) et structurent les esprits (Jules Ferry). Dans l’Angleterre de la Reine Victoria, et dans l’Allemagne de Bismarck, c’est le mĂŞme mouvement que dans la France de NapolĂ©on III : des investissements d’urbanisme, d’Ă©ducation et de contrĂ´le social d’une ampleur formidable. Et ça rĂ©ussit ! Au lieu de la rĂ©volution prĂ©vue par Marx, et malgrĂ© deux guerres mondiales, l’Europe de l’Ouest connaĂ®t au vingtième siècle la plus grande prospĂ©ritĂ© de son histoire.

Les villes europĂ©ennes abordent les annĂ©es 1900 avec des avenues assez larges pour accueillir l’automobile, bien que tracĂ©es avant son invention, et une population assez instruite pour s’intĂ©grer dans l’Ă©conomie industrielle. L’Europe doit son dĂ©veloppement actuel Ă  la structuration urbaine du siècle dernier, qui d’ailleurs n’Ă©tait pas sans arrière-pensĂ©e de maintien de l’ordre, et aussi Ă  sa structuration Ă©ducative qui n’Ă©tait pas non plus sans intention de contrĂ´le social.

Cette rĂ©fĂ©rence nous place dans une prospective de la rupture. Si les mĂŞmes causes produisent les mĂŞmes effets, alors, quand la situation devient intolĂ©rable, la classe dirigeante prend peur et fait ce qu’il faut pour que ça cesse. La rĂ©ponse du siècle dernier prĂ©sente un caractère universel : on structure l’espace ; on structure les esprits. Elle est faite de grands programmes, menĂ©s avec les meilleures technologies de l’Ă©poque. On peut conjecturer que la rĂ©ponse du dĂ©but du 21ème siècle Ă  la montĂ©e des dangers sera de mĂŞme nature, mais avec des moyens techniques autrement puissants.

1980-2020 : La société du spectacle.

Le soulagement suivant la chute du mur de Berlin est de courte durĂ©e. L’ordre bipolaire de la guerre froide recouvrait une toute autre rĂ©alitĂ©. L’ocĂ©an des pouvoirs des blocs se retire, dĂ©litĂ© par les tĂ©lĂ©communications. Les particularismes tribaux et religieux refont surface, tels de vieux rochers qu’on avait oubliĂ©s.

Le monde de la fin du vingtième siècle est une mosaĂŻque d’ethnies irascibles, attachĂ©es Ă  des valeurs du passĂ©, comme fĂ©tichisant la possession de territoires ou de positions privilĂ©giĂ©es. Après le Liban, la Yougoslavie, l’Inde, l’Asie centrale, l’Afrique sont saisis de pulsions intĂ©gristes et de persĂ©cutions ethniques. L’Asie se rĂ©arme. Des affrontements raciaux, sporadiques et complexes, Ă©clatent ici et lĂ , comme des bulles de haine Ă  la surface du chaudron du diable.

On croyait avoir dĂ©finitivement banni de telles atrocitĂ©s. C’Ă©tait oublier trop vite le dĂ©sarroi des illettrĂ©s, le dĂ©sespoir du chĂ´mage, la rĂ©action Ă  l’exclusion. Sans avenir crĂ©dible, on se jette dans les bras des forces du passĂ©. Dans les pays de l’Est, les chefs ont Ă©tĂ© chassĂ©s, mais les sous chefs sont encore lĂ . Ils reprĂ©sentent un recours, d’esprit plus Ă©troit.

NĂ©anmoins, le nouveau système technique continue sa progression, apportant avec lui de nouvelles façons de faire. La technique est, dans ce monde troublĂ©, le lieu oĂą l’intelligence a raison de la force, et cela jusqu’au cĹ“ur du domaine d’Ă©lection de la force brute : celui des armements.

Par ailleurs, la technique moderne relie les hommes, par-dessus les croyances et les frontières. Bien qu’inventĂ©e après le tĂ©lĂ©phone, la tĂ©lĂ©vision est mise en place avant. Elle institue une sociĂ©tĂ© du spectacle, planĂ©taire, oĂą la rĂ©alitĂ© est transfigurĂ©e, conditionnĂ©e pour capter une attention fugitive. Elle injecte subrepticement des messages publicitaires dans le mental du public, entretient des confusions en mĂŞme temps qu’elle apporte de vraies informations, sollicite les pulsions en mĂŞme temps qu’elle fait place aux arts et ouvre Ă  la connaissance de la Nature.

Le monde est ivre. Il a perdu ses repères. La surinformation produit des effets hallucinogènes. Des individus s’isolent au moyen de leur baladeur ou se livrent Ă  un dialogue compulsif avec leur jeu vidĂ©o. Comme celle de la fascination, l’habitude de la manipulation des esprits s’installe insensiblement et devient comme naturelle. Avec un « reality show », un inconnu peut en quelques jours ĂŞtre adulĂ© de millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Il peut aussi vite retomber dans le purgatoire de la rĂ©probation. On joue « Dallas » Ă  tous les Ă©tages.

Les mĂ©dias enseignent sans le vouloir la passivitĂ©. Ils absorbent l’Ă©nergie du spectateur dans des intrigues Ă©trangères. Ayant vĂ©cu par procuration des Ă©vĂ©nements hors du commun, l’individu n’a plus le dĂ©sir d’entreprendre Ă  sa propre mesure. Il devient soit mĂ©galomane, soit dĂ©primĂ©. Des millions de personnes cherchent un emploi. Il y a de moins en moins d’entrepreneurs pour les embaucher. Partout, on manque d’employeurs plus que d’employĂ©s.

Les milieux financiers sont touchĂ©s. Ils interfèrent avec le mĂ©diatique. Les grands entrepreneurs rachètent des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©vision. L’argent et la crĂ©dibilitĂ© s’enchevĂŞtrent. Les fortunes se font et se dĂ©font de plus en plus vite. Un raider peut lever en trois coups de tĂ©lĂ©phone l’Ă©quivalent du salaire annuel d’un million de paysans indiens. Les places financières, interconnectĂ©es, ballottent des milliards de dollars Ă  travers la planète au grĂ© des vagues spĂ©culatives. Les rĂ©gions et les mĂ©tiers sont Ă  la merci d’ouragans imprĂ©visibles, aux causes lointaines, insaisissables et alĂ©atoires. L’exclusion s’accroĂ®t. Les troubles aussi. La crainte du danger monte. On sent comme des forces telluriques qui fermentent dans les banlieues, s’apprĂŞtant Ă  faire craquer l’ancien monde. La chrysalide se prĂ©pare Ă  accoucher, mais de quoi ?

2020-2060 : La sociĂ©tĂ© d’enseignement.

Le capitalisme avait gagnĂ©. L’Europe de l’Est, puis la Chine, puis l’Inde s’Ă©taient lancĂ©es avec un zèle de nĂ©ophyte dans la recherche effrĂ©nĂ©e du profit. Mais, dès la fin du vingtième siècle, un milliard d’ĂŞtres humains ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leurs terres par la concurrence des agricultures industrialisĂ©es. Leurs enfants sont dans l’errance. Ils ne peuvent plus retourner cultiver la terre, car le savoir-faire de leurs ancĂŞtres ne leur a pas Ă©tĂ© transmis. Ils ne peuvent pas non plus s’intĂ©grer Ă  la sociĂ©tĂ© technologique moderne, car l’Ă©cole n’Ă©tait pas prĂŞte Ă  les accueillir. Ce sont des « sauvages urbains », des femmes et des hommes Ă©levĂ©s hors de toute culture, revenus en quelque sorte Ă  l’Ă©tat de Nature, obligĂ©s de considĂ©rer la ville comme une jungle et d’y inventer de nouveaux moyens de survie. Plus de la moitiĂ© de l’espèce humaine est maintenant urbanisĂ©e. L’insĂ©curitĂ© gagne le centre des mĂ©galopoles, Ă  Los Angeles comme Ă  Mexico, Ă  Bombay comme Ă  Alger. Il n’y a plus des pays riches d’un cĂ´tĂ© et des pays pauvres de l’autre, mais des riches et des pauvres Ă  cent mètres les uns des autres, sur toute la planète.

Les Ă©vĂ©nements dramatiques et destructeurs des annĂ©es 2010 saisissent de peur la classe dirigeante. Le marchĂ© des blindages, des serrures et des camĂ©ras de protection n’a jamais Ă©tĂ© aussi florissant. Après quelques annĂ©es de rĂ©pression et de protection, il lui faut se rendre Ă  l’Ă©vidence : on ne peut pas endiguer cette marĂ©e de violence. Il faut s’attaquer Ă  sa cause et changer complètement de stratĂ©gie. On croyait Ă  l’Ă©conomie libĂ©rale. Il s’avère qu’elle sert de feuille de vigne Ă  des maffias. Les rapports de force perdurent, mais transfigurĂ©s. Ils s’appuient dĂ©sormais sur des « systèmes drogue ». Aux stupĂ©fiants anciens sont venus s’ajouter de multiples accoutumances et asservissements, imprĂ©gnant le commerce ordinaire, qui enfoncent l’individu dans des comportements auto destructeurs, sur fond de dĂ©sespoir.

Les dĂ©fenses des humains sont prises en dĂ©faut par cette attaque de leur volontĂ© mĂŞme. Aussi la rĂ©action est-elle Ă  la mesure de la menace. Le laisser-faire libĂ©ral est accusĂ© de laisser aller. Les formidables moyens de la technique, en particulier les univers virtuels, sont rĂ©quisitionnĂ©s au nom de la vertu. Les valeurs anciennes sont rejetĂ©es. En situation d’urgence, l’ambiguĂŻtĂ© n’a plus sa place. Les dĂ©licats dosages politiques et la tolĂ©rance d’autrefois sont considĂ©rĂ©s comme dĂ©cadents, plus dangereux que la force brute, qui au moins s’affiche clairement.

Structurant le mental et les comportements, la sociĂ©tĂ© d’enseignement s’Ă©tablit alors, en rĂ©action Ă  la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente, perçue comme laxiste. Elle normalise comme l’Ă©cole de Jules Ferry ou de l’empereur Meiji, mais avec des moyens autrement puissants. Les esprits sont mis au carrĂ© par des logiciels d’entraĂ®nement mental. Les tests de conditionnement sont rendus obligatoires, en prĂ©alable mĂŞme Ă  des gestes quotidiens, tels des retraits bancaires.

AidĂ© d’une technologie appropriĂ©e, le contrĂ´le social se fait beaucoup plus strict.

L’utilisation de badges magnĂ©tiques dĂ©tectĂ©s par radar est gĂ©nĂ©ralisĂ©e. L’ouverture des portes des bureaux, des commerces et mĂŞme de certains lieux publics se fait automatiquement, mais seulement devant le porteur du sĂ©same prĂ©vu.

Après la dure prise de conscience de la classe dirigeante, la sociĂ©tĂ© s’organise autour d’un projet global : la domestication de l’homme par l’homme.

Nous ne pouvons pas espĂ©rer maĂ®triser les techniques modernes avec des humains sauvages restĂ©s biologiquement au niveau d’un primate des savanes, pense-t-on. On ne sait pas non plus modifier le gĂ©nome de l’homme pour en faire un ĂŞtre adaptĂ© Ă  ce nouvel environnement. Il faut donc le domestiquer. La plasticitĂ© de son comportement s’y prĂŞte. Elle est due Ă  la « nĂ©otĂ©nie », ce retard de maturation qui lui permet de conserver jusqu’Ă  l’âge adulte l’adaptabilitĂ© des enfants. Les marchands l’avaient exploitĂ©e pour fidĂ©liser le client. Il faut maintenant le mettre au service d’un processus Ă©nergique d’adaptation : l’enseignement.

Les grands projets techniques sont lancĂ©s. D’abord des citĂ©s marines, pour dĂ©sengorger les cĂ´tes saturĂ©es, et accueillir des masses de population errantes, puis d’immenses opĂ©rations d’urbanisme. On supprime les quartiers insalubres. On construit dans des lieux isolĂ©s des citĂ©s d’enseignement, capables d’intĂ©grer les « animaux humains » dans un environnement scientifique et technique.

Les espaces ruraux dĂ©laissĂ©s par suite des migrations vers les villes sont rĂ©appropriĂ©s par des organismes d’amĂ©nagement, qui Ă©tablissent un programme planĂ©taire de reboisement et de rĂ©habilitation de la Nature. On se met d’accord sur un immense projet de vie dans l’Espace, dans un esprit de conquĂŞte, comme la plus grande dĂ©monstration des capacitĂ©s de l’espèce humaine, dĂ©sormais capable d’Ă©chapper mĂŞme Ă  la mort du soleil. On veut aussi y transporter des performances. Dans une planète creuse tournant au ralenti, oĂą règne une pesanteur dix fois plus faible que sur terre, le patinage artistique, le saut Ă  ski et le vol libre deviennent des spectacles fabuleux. Ce sont des cathĂ©drales mĂ©diatiques, Ă  la gloire du corps humain.

Mais les dirigeants conservent aussi une arrière-pensĂ©e. Le jour venu, les citĂ©s lointaines et isolĂ©es, les villes marines et mĂŞme les planètes creuses artificielles ne seraient-elles pas bien utiles pour se dĂ©barrasser des personnages indĂ©sirables sur terre ? La colonisation du nouveau monde s’Ă©tait grossie des marginaux et dĂ©linquants dont ne voulait plus la vieille Europe. Il y a des hĂ©ros chez les pionniers. Il y a aussi des desperados qui s’Ă©chappent d’un monde hostile.

2060-2100 : La société de création.

Les contradictions de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente deviennent sensibles. L’Ă©ducation de masse, dĂ©multipliĂ©e par les formidables moyens techniques de l’industrie hallucinogène, a mis au moule les cerveaux. La paix sociale se paye en baisse de crĂ©ativitĂ©. Les dangers sont Ă©loignĂ©s. Mais les nouvelles gĂ©nĂ©rations, Ă©duquĂ©es aux disciplines du corps et de l’esprit, sont beaucoup mieux armĂ©es qu’autrefois. Elles veulent exercer leur autonomie. Le conformisme de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente est accusĂ© de contrarier les pulsions, de s’opposer au mouvement de la vie mĂŞme.

On se mĂ©fie dĂ©sormais des performances intellectuelles machinales. La compĂ©tition homme/machine, avec ses jeux dĂ©lirants, Ă©tait allĂ©e jusqu’aux olympiades. Trop d’exercice mental ferme la voie du cĹ“ur. On s’affirme dĂ©sormais autrement, par des dĂ©monstrations d’indĂ©pendance et d’universalitĂ©. L’homme veut organiser le monde, dit-on, mais il n’est mĂŞme plus capable de survivre Ă  la lisière de la forĂŞt oĂą vĂ©curent nos ancĂŞtres, prĂ©cisĂ©ment lĂ  oĂą l’espèce humaine s’est biologiquement constituĂ©e.

Les nouvelles cellules de vie sont petites, portables et autonomes. Elles peuvent s’installer n’importe oĂą : dans le dĂ©sert, sur la banquise, au fond des mers, dans une planète creuse. La qualitĂ© de l’expĂ©rience vĂ©cue, la capacitĂ© de rĂ©soudre la survie avec les moyens du bord, le talent Ă  transformer des contraintes en dĂ©fis, la crĂ©ation d’environnements nouveaux, adaptĂ©s Ă  l’Ă©thologie humaine, sont perçus comme vraiment porteurs de valeurs universelles. L’homme se prĂ©pare Ă  un destin cosmique. Ainsi, la sociĂ©tĂ© de crĂ©ation se constitue en refus des contraintes des formations musclĂ©es de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente. Elle recherche la libertĂ© Ă  la fois par plaisir et par nĂ©cessitĂ© : le plaisir de crĂ©er et la thĂ©rapie de la crĂ©ativitĂ©, vĂ©cue comme un bol d’air au sortir d’une norme Ă©touffante.

La deuxième partie de ce texte est disponible ici.

La troisième partie de ce texte est disponible ici.

oct 09 2009

Révolution Verte Eugénique ou Génocidaire?

Par Dominique Guillet

Genocide

Cette question va sans doute susciter des réactions indignées, mais qu’importe. Faites-vous confiance à l’OMS? Pas moi. Et encore moins depuis que je sais que, depuis 2005, le directeur du SAGE (Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale à l’OMS [145]) est le Docteur David Salisbury, responsable du groupe de vaccination et des maladies infectieuses au Ministère de la santé du gouvernement britannique. Le Docteur David Salisbury est très sérieusement impliqué dans le scandale d’une campagne massive de vaccination des enfants avec le vaccin ROR (rougeole-oreillon-rubéole) fabriqué par le prédécesseur de GlaxoSmithKline et qui a généré de multiples pathologies chez les enfants. [146]

L’acharnement vaccinal de l’OMS à l’encontre de la gripette bénigne H1N1 est plus que suspect tout autant que le sont les réunions secrètes entre l’OMS et les multinationales de Big Pharma. Et bien sûr tout autant que la totale immunité accordée aux fabricants de vaccins contre la grippe H1N1, en cas de poursuite judiciaire.N’ayons pas la mémoire courte. Souvenons nous de ces campagnes de vaccination au Mexique, au Nicaragua et dans les Philippines. Voici ce qu’en dit William Engdahl dans son ouvrage “Semences de destruction” [207]:«La Fondation Rockefeller est l’un des soutiens financiers d’un programme de l’OMS en “santé de la reproduction” qui a développé un vaccin contre le tétanos qui contiendrait des hormones cachées de contrôle de naissance. Selon un rapport du Global Vaccine Institute, l’OMS a mis en place des campagnes de vaccination massives au Nicaragua, au Mexique et aux Philippines depuis le début des années 1990. Le Comité Pro Vida de Mexico, une organisation catholique, a testé de nombreuses fioles du vaccin et a découvert qu’elles contenaient une Gonadotrophine chorionique humaine (hCG), une hormone naturelle nécessaire au maintien d’une grossesse. Lorsque cette hormone est associée avec un vecteur de toxoïde tétanique, elle stimule une formation d’anticorps contre la hCG, ce qui interrompt la grossesse humaine. Des rapports similaires de vaccins truffés d’hormones hCG ont été reçus des Philippines et du Nicaragua.

Cette organisation a mis en valeur plusieurs autres phénomènes troublants concernant les programmes de vaccination de l’OMS. Le vaccin anti-tétanique n’était donné qu’à des femmes âgées de 15 à 45 ans, mais ni à des hommes ni à des enfants. La présence de hCG est la preuve irréfutable d’une contamination du vaccin. Elle ne fait sinon aucun sens. Avec le soutien financier de la Fondation Rockefeller, de la Banque Mondiale, du Population Council, de la Fondation Ford, parmi d’autres, l’OMS a oeuvré durant 20 ans pour développer un vaccin anti-fertilité en utilisant la hCG avec le tétanos, et d’autres vaccins, selon des articles scientifiques publiés sur ces campagnes de l’OMS. Tout cela a été certifié par l’OMS et par d’autres, dont la revue médicale Britannique respectée , le Lancet, le 11 juin 1988: “Essais cliniques d’un vaccin de contrôle des naissances de l’OMS”.

Jusqu’en 1993, l’OMS a dépensé un total de 365 millions de dollars sur de telles recherches en “santé de la reproduction” dont la recherche sur l’intégration de hCG au vaccin anti-tétanique. L’OMS n’a pas pu répondre aux questions concernant la présence d’éléments anti-hCG chez les femmes vaccinées. Leur réponse discrète a été que cette présence était “non significative”. Le vaccin était fabriqué par les Laboratoires Connaught (Rhone-Poulenc) au Canada et les Laboratoires Intervex et CSL en Australie.

Depuis les années 1920, la Fondation Rockefeller est l’un des principaux sponsors des programmes mondiaux de réduction de la population. Si les rapports concernant les vaccins de contrôle des naissances sont véridiques, il n’est pas difficile de soupçonner que la Fondation Rockefeller fait partie de ceux qui ont programmé d’utiliser la technologie des semences génétiquement modifiées comme un moyen potentiel de contrôler la population mondiale par l’entremise du contrôle futur des ressources alimentaires».

Il n’est donc pas anodin, rappelons-le, de trouver dans les soutiens financiers de la grosse ONG “Millenium Promise”, créée par Jeffrey Sachs pour dĂ©velopper la “seconde rĂ©volution verte” en Afrique, la clique des multinationales de la pharmacie (et donc des vaccins): Procter et Gamble, GlaxoSmithKline, Merck, Novartis, Pfizer, Sanofi-Aventis et dont quatre d’entre elles sont justement les pourvoyeurs actuels du vaccin contre la “pandĂ©mie” H1N1, dite “maladie du cochon volant”: Sanofi-Aventis, Novartis, Merck et GlaxoSmithKline.Sanofi Pasteur, le N°1 mondial, vient d’ouvrir une nouvelle usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière aux USA, une nouvelle unitĂ© de remplissage en France et une nouvelle usine en Chine pour 2012. La tambouille des grippes en tous genres – “de saison”, “poulet laqué”, “cochon caramel” – est en pleine prospĂ©ritĂ©. Selon l’OMS, pour la grippe de saison, la production de vaccins Ă©tait de 350 millions de doses en 2006, 565 millions de doses en 2007 [94], et sera d’1 milliard de doses l’an prochain. [95] Quant Ă  la grippe H1N1, l’OMS vient de revoir quelque peu Ă  la baisse son chiffre de 5 milliards de doses pour 2009. Les multinationales de Big Pharma n’avaient pas prĂ©vu un tel engouement pour ce nouveau “cocktail pandĂ©mique” dont la recette est Ă  ce point hĂ©tĂ©roclite qu’on la croirait tout droit issue de la cuisine d’un savant fou… [102] [103] Mais elles seront rĂ©compensĂ©es de leurs diligents efforts puisqu’elles vont toucher la coquette somme de 40 milliards de dollars.

Le 16 juin 2008, Sanofi Pasteur a publié un communiqué annonçant qu’elle allait «donner 60 millions de doses de vaccin H5N1 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur trois ans pour la constitution d’un stock de réserve international.» Le président directeur général de Sanofi Pasteur, Wayne Pisano, a déclaré dans le communiqué que «le virus H5N1 circule actuellement dans certaines régions parmi les plus pauvres du monde et l’irruption d’une grippe pandémique pourrait frapper des populations ayant un accès limité aux vaccins. Cette donation de vaccin H5N1 a pour but de répondre aux besoins des populations les plus vulnérables. En plus de soutenir les efforts des gouvernements, il est essentiel que l’industrie collabore avec les organisations internationales telles que l’OMS, la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres organismes de santé mondiale. Ainsi, il sera possible de constituer un stock de réserve de vaccins pour les pays en voie de développement, prêt à être déployé sur le terrain dans le cas où une pandémie de grippe viendrait à être déclarée.» [90]

Sur le mĂŞme communiquĂ©, nous avons relevĂ© cet aveu de la multinationale: «… Dans cette Ă©ventualitĂ©, toutes les usines de production de vaccin contre la grippe de sanofi pasteur basculeraient de la production de vaccin contre la grippe saisonnière Ă  celle de vaccin contre la grippe pandĂ©mique.» Allons-y, appelons-la, donc, la “grippe de sanofi pasteur”!!

La collaboration, appelée par Sanofi-Pasteur, entre “l’industrie”, l’OMS et le Fondation Gates fait frémir, surtout lorsqu’elle est se met en place chez les pauvres “vulnérables” et beaucoup trop nombreux selon les néo-Malthusiens. Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates, en partenariat avec la Fondation Rockefeller, est très activement engagée dans des programmes de “contrôle de la population”. [91] Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates est l’un des plus gros financeurs de l’OMS [93] et que ses plus grandes largesses financières vont vers des organisations spécialisées dans les vaccins: “PATH” et “GAVI” (Global Alliance for Vaccines and Immunisation). Et cette année, le H8 s’est retrouvé à Seattle, qui est le siège de la Fondation Gates. Le H8, c’est: la Fondation Gates, l’OMS, la Banque Mondiale, l’UNICEF, le GAVI, le Fonds des Nations unies pour la population, ONU-Sida, le Fond Global de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. [92]

Sincèrement, pourquoi les programmes de génocides, ou “campagnes de vaccination stérilisante”, que nous avons évoqués ci-dessus, seraient-ils plus choquants que l’outil géopolitique de la faim utilisé, tous les jours de l’année, pour dépeupler la planète de plus de 30 000 êtres humains?

L’avenir proche nous dira si la vaccination H1N1 n’était seulement qu’un cocktail de “virus vivants atténués” et d’adjuvants archi-toxiques, le but n’ayant été, bien sûr, que de générer encore un peu plus de panique et, en effet collatéral, de remplir généreusement les caisses des multinationales de Big Pharma. Car en cette fin d’année 2009, avec le très médiatisé Sommet de Copenhague, ce sont, sur le ring médiatique de la déroute programmée, deux fièvres qui luttent pour la première place de l’hystérie et de la panique collectives: d’une part le virus de la fièvre climatique, dénommé “syndrome d’Al Gore”, et d’autre part le virus H1N1, dénommé “grippe du Goret”. Que la plus chaude gagne!

Fièvre climatique ou “Syndrome d’Al Gore”: des vérités qui dérangent

Ce n’est pas mon propos d’analyser le film de science-fiction de Mr Gore “Une vérité qui dérange” et de décliner les quelque trente erreurs climatiques grotesques, et grosses comme des icebergs, qui en ruinent toute la crédibilité si tant est qu’on espère déceler une once de crédibilité dans un film de réalité virtuelle. [160] D’ailleurs, dans un interview de mai 2006, Al Gore n’hésite pas à affirmer qu’il ne faut pas hésiter à “amplifier” certains faits pour faire passer le message (“amplifier” étant un euphémisme pour “mentir”, nous l’aurons tous compris). [167] A l’arrachée, tout comme le directeur de Greenpeace Angleterre qui avoue, à la télévision, les mensonges de son organisation: c’était pour la bonne cause, pour faire peur. [168]

Ce n’est pas non plus mon propos d’évoquer, en longueur, les aléas de la mine de zinc de Mr Gore [169] qui détruisait tout l’environnement local, dans le Tennessee, et ni même ses amitiés pétrolières:- ses actions (ou celles de ses parents) qui ont pu atteindre près d’1 million de dollars dans Occidental Petroleum. [170]

- ses relations très intimes avec Occidental Petroleum qui ont permis à l’une des compagnies les plus polluantes au monde (scandale, par exemple, du déversement de milliers de tonnes de déchets chimiques toxiques à Love Canal) de tripler ses réserves de pétrole lorsqu’Al Gore “facilita” l’acquisition, par cette société pétrolière, de droits de forage en Californie près de Bakersfield dans la réserve naturelle “Elk Hills National Petroleum Reserve” [36] [204] (c’est même sur wikipedia!). Bush père et Nixon n’avaient jamais réussi un tel prodige. En l’espace de cinq années, plus de cent sites archéologiques Amérindiens furent éradiqués. [35] Toujours dans le dossier Occidental Petroleum, il faudrait également mentionner le scandale des puits de pétrole en Colombie sur les terres du peuple U’was et les relations intimes, qui sont de notoriété publique [55], entre l’administration Clinton-Gore de l’époque et Occidental Petroleum. [201] Pour la petite histoire, cela demanda 5 années de lobbying pour que l’administration Clinton/Al Gore arrive à ses fins, à savoir permettre les forages pétroliers d’Occidental Petroleum dans la réserve naturelle de Elk Hills: le jour même où la vente des terres de la réserve naturelle fut scellée, Al Gore délivra un discours à la Maison Blanche sur les perspectives terrifiantes du réchauffement climatique anthropique en raison de l’usage inconsidéré des combustibles fossiles. [203] Quels sont les qualificatifs les plus adéquats pour décrire ce type de fourberies?

- le fait que son directeur de campagne présidentielle, un juriste, Mr Tony Coelho, était un lobbyiste très impliqué dans l’ouverture de ces nouveaux forages pétroliers en Californie.

- son partenariat actif depuis 2008 [53] avec la société Kleiner Perkins Caulfield & Byers [54]. Sont également actionnaires dans Kleiner Perkins, John Doerr, le fondateur de Google, et Colin Powell, l’ancien secrétaire d’état sous Bush. Dans le port-folio de la société Kleiner Perkins [58] se trouvent trois compagnies intrinsèquement impliquées dans le business des “combustibles fossiles”:

1. Terralliance Technologies [56], dont l’autre investisseur principal est Goldman Sach, est spécialisée dans les forages pétroliers. Selon le rapport Forbes, [59] Terralliance Technologies aurait déjà foré plus d’une centaine de puits sur la planète entière. Ce sont 65 millions de dollars qui ont été investis dans cette compagnie par Kleiner Perkins. Mais Kleiner Perkins ne s’en vante pas publiquement. [60]

2. GreatPoint Energy (Cambridge, Massachussetts) qui est dans la conversion de charbon en gaz naturel.

3. GloriOil, qui selon la rapport Forbes [57] “élabore des microbes qui, lorsqu’ils sont injectés dans les puits pétroliers, accroissent la production de pétrole”.

J’invite donc très cordialement tous les écologistes et autres “réchauffistes” amnésiques, qui ont considéré mes deux articles précédents sur l’arnaque climatique comme des soutiens aux pétroliers, d’aller faire le ménage devant la porte de leur idole, et de ne pas oublier l’aspirateur (et la calculette pour compenser l’empreinte carbone de l’aspirateur car le processus risque d’être laborieux).

Je ne vais pas m’appesantir Ă©galement sur le fait que Mr Al Gore, considĂ©rĂ© par certains medias US comme un prophète, le Prophète de l’Apocalypse Climatique, le RĂ©dempteur PlanĂ©taire – Ă  l’image des monothĂ©istes, proclamant la religion de l’Amour IncarnĂ©, qui ont tout dĂ©truit dans leur sillage pendant 2000 ans – promeut le retour Ă  la corde Ă  sĂ©cher le linge pendant qu’il circule en jet, roule en limousine, possède “quelques” maisons, consomme autant d’électricitĂ© que 20 familles moyennes US, demande des cachets de 150 000/170 000 dollars pour venir donner une confĂ©rence, etc. Le principal n’est-il pas qu’il compense ses Ă©missions de carbone? Et peut-ĂŞtre, comme le dirait un prĂ©sident, est-il gĂ©nĂ©tiquement programmĂ© pour ĂŞtre très riche pendant que d’autres sont gĂ©nĂ©tiquement programmĂ©s pour crever de faim. Ainsi va la Roue de la Vie. (La fortune personnelle de Mr Gore Ă©tait de 2 millions de dollars en 2001, elle Ă©tait “officiellement” de 100 millions en 2007.) Il y en a qui prĂŞchent pendant que d’autres trinquent. Certains compensent leurs Ă©missions de carbone pendant que d’autres font le sacrifice de leurs corps et de leur vie pour mettre fin, radicalement, Ă  leurs Ă©missions de carbone. C’est la division des tâches, en toute “fraternitĂ© climatique”.

Dans le cadre de cet article sur la “révolution verte génocidaire”, il est beaucoup plus instructif de se pencher sur les amitiés particulières de Mr Al Gore avec “le monde selon Monsanto”:

- Mr Al Gore, lorsqu’il était au Congrès US, fut le président de la commission chargée d’enquêter sur les relations “très intimes” entre Monsanto et les grandes universités US. Il va sans dire que la commission d’enquête lava Monsanto de tout soupçon de corruption de scientifiques et de tentative de mise sous séquestre de grandes universités US…

- Mr Charles W. Burson, procureur général du Tennessee pendant 10 ans, fut le conseiller spécial de Mr Al Gore et puis le chef de cabinet de Mr Al Gore et puis, ensuite, vice-président de Monsanto, jusqu’en 2006. [75]

- Mr Mickey Kantor, directeur de campagne présidentielle pour Clinton, ministre du commerce sous Clinton/Al Gore, partit comme directeur chez Monsanto en 1997. Ce fut lui qui, en 1998, activa la chaudière pour que Clinton/Al Gore fassent céder l’Europe sur les OGMs. [179]

- Last but not least: Mr Michael Taylor. [32] [76] Il est, par excellence, le symbole aux USA des “revolving doors”, des portes tournantes entre Monsanto et l’administration US. [78]. (Pour plus d’informations, voir l’ouvrage de Marie-Monique Robin “Le Monde selon Monsanto” [185]). Michael Taylor entra à la FDA (Food and Drug Administration) en 1976, puis travailla dans le cabinet de juristes King and Spaulding comme représentant de Monsanto (pour faire passer l’hormone bovine transgénique); il retourna à la FDA en 1991, jusqu’en 1994, pour y rédiger les lois permettant à l’hormone bovine de Monsanto d’être imposée à l’agriculture US. Durant l’administration Clinton/Al Gore, c’est lui qui “oublia” où avaient été rangés 40 000 pages de dossiers archivés “confidentiels OGMs” de la FDA! De 1994 à 1996, il fut au Ministère de l’Agriculture US. Il repartit ensuite chez Monsanto comme vice-président de 1998 à 2001. Et le président Obama vient de le rappeler à la FDA dont il est l’un des conseillers suprêmes! [184]

Nous allons ainsi le retrouver dans une autre partie de cet exposé car Michel Taylor résume, en sa personne, toute la problématique de la corruption des hauts fonctionnaires et de la collusion entre les multinationales, les fondations, les ONGs d’assistance aux pays pauvres et les agences gouvernementales.

Et cerise sur le gâteau, Michael Taylor est le cousin de l’épouse d’Al Gore! Une simple coïncidence, bien évidemment, car on ne choisit pas ses cousins.

Durant la présidence Clinton-Al Gore, de 1993 à 2000, et Mr Al Gore fut l’un des vice-présidents les plus influents du siècle passé:

- L’hormone de croissance bovine transgénique de Monsanto fut imposée à l’agriculture US en 1993 par la FDA. [77]

- Les OGMs furent imposés de force au peuple des Etats-Unis, sans étiquetage, à la fin de l’année 1992 par la FDA. Mr Al Gore n’a pas remis en question cet état de fait et il fallut l’action en justice d’un juriste pour que la FDA (Food and Drug Administration) “libère”, en 1999, sur demande expresse du tribunal, plus de 40 000 pages de dossiers archivés confidentiels prouvant que les techniciens et scientifiques de la FDA avaient émis d’innombrables réserves quant à la sécurité sanitaire des OGMs. Le responsable de ce dossier, le célèbre Michael Taylor, les avait bien soigneusement rangés à l’ombre.

- En 1998, le quartet Clinton – Al Gore – Dan Glickman (ministre de l’agriculture) – William Daley (ministre du commerce) lança une campagne forcenĂ©e pour obliger l’Europe Ă  accepter les chimères gĂ©nĂ©tiques. On voudra bien se rappeler que Mr Jospin (premier ministre), Mr Glavany (ministre de l’agriculture) et Mme Voynet (ministre de l’environnement) signèrent, Ă  cette Ă©poque, l’introduction en France des premier maĂŻs transgĂ©niques.

Mr Al Gore, avec Madeleine Albright, secrétaire d’état, forcèrent la main à Mr Jospin pour que les OGMs de Monsanto soient accueillis en Europe. [33] C’est ce dont se vanta Toby Moffett au St Louis Post Dispatch. [34] Toby Moffett, ex-vice-président de Monsanto, qui, lors de la campagne présidentielle de 2000, était chargé de drainer les voix “vertes” de Ralph Nader vers Al Gore [44] (alors même que Ralph Nader dénonçait avec véhémence l’inféodation d’Al Gore-Clinton à l’empire Monsanto [40] [202]). Et ce n’est pas vraiment de la vantardise parce que l’Agence Reuters publia un communiqué le mardi 21 juillet 1998 stipulant que Mr Al Gore venait de téléphoner personnellement à Mr Jospin. «On peut dire sans problèmes que le premier ministre [Mr Lionel Jospin] a très bien compris l’importance de cette problématique pour les agriculteurs US» après sa conversation téléphonique avec Gore, dit Kay Casstevens, une assistante juridique du vice-président. Jospin a précisé à Gore qu’il n’avait pas fini d’évaluer la situation «mais qu’il prendrait une décision sous peu.» [37]

Mr Mendelson résume ainsi la situation dans son long article sur le Roundup paru en 1999 dans la revue l’Ecologiste: «L’UE n’a pas donné son accord complet pour l’importation de maïs rR. Devant les réticences de l’opinion publique, Al Gore, vice-président des Etats-Unis, ainsi que des représentants du ministère de l’Agriculture, ont aussitôt fourni une béquille à Monsanto, déplorant que l’Europe, si elle n’autorisait pas l’importation de maïs transgénique, mette en péril 250 millions de dollars d’exportations . La France a répondu qu’elle ouvrirait la voie à l’entrée du maïs transgénique en Europe, plutôt que d’engager une guerre commerciale à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).[par arrêté du 3 août 98, la France a inscrit ce maïs au catalogue des variétés végétales lui permettant d’être commercialisé en UE.] »

Mr Al Gore considérait les chimères génétiques comme “équivalentes en substance” selon la formule consacrée. Cela m’a été confirmé, par courrier, par Jeffrey Smith, l’auteur des ouvrages “Semences de tromperie” et “Roulette génétique”. Mr Al Gore considérait le glyphosate de Monsanto, le Roundup, comme le moins dangereux des herbicides. [45] [166] C’est en fait l’un des pesticides les plus toxiques [38] et une grande partie des variétés génétiquement modifiées de Monsanto sont “résistantes” à cet herbicide, à savoir elles le digèrent fort bien. C’est également l’administration Clinton/Al Gore qui supprima l’un des derniers remparts de la protection alimentaire US: la “Delaney Clause” de 1958 qui interdisait la présence de pesticides dans les aliments. [205]

Mr Al Gore a soutenu les biotechnologies lorsqu’il était sénateur. [46] Il rédigea en 1991 “Planning a New Biotechnology Policy”, (Harvard Journal of Law and Technology, Vol. 5, Fall 1991, pp. 19-30). Pour la petite histoire [42], le 9 avril 1998, Al Gore embaucha comme son conseiller spécial aux affaires intérieures David W. Beier, le lobbyiste de Genentech Inc / Hoffman La Roche, le même La Roche [178] qui fabrique, contre la grippe, le célèbre Tamiflu [83] (complètement inefficace, archi-toxique [147] et que l’on retrouve dans les eaux de rivière [104] [105]) pour le compte d’une entreprise de biotechnologie basée aux États-Unis, Gilead Sciences Inc. dont Mr Rumsfeld (Ministre de la Défense de George W. Bush) était le principal actionnaire. Et nous trouvons également, au capital de La Roche, la multinationale Novartis/Syngenta, le fabricant du vaccin contre H1N1. La grande famille que voilà.

On ne peut omettre, bien sûr, de mentionner l’ouvrage “écologique” d’Al Gore “Urgence planète Terre” en 1992. De deux choses l’une, ou les deux, cet ouvrage a été écrit partiellement par quelqu’un d’autre [197] ou Mr Al Gore souffre peut-être de schizophrénie, ce qui est un syndrome courant dans le monde politique. Il est difficile, en effet, de vivre à la fois dans un monde de promesses débridées au peuple, et dans un autre monde d’allégeances serviles à la dictature des cartels.

En opposition totale avec les grands principes de son ouvrage, Al Gore, durant ses 8 ans de vice-présidence, conduisit une politique environnementale désastreuse au point qu’en juillet 2000, 61 leaders d’associations de protection environnementale, de 18 états, créèrent une coalition “Environmentalists Against Gore”. [41]

C’est également en 1999 que Pusztai (un des scientifiques les plus réputés au monde, auteur de trois ouvrages et de 270 études scientifiques) publia ses recherches sur les rats nourris avec des pommes de terres génétiquement modifiées de Monsanto. Une simple chaîne d’appels téléphoniques Monsanto/Clinton/Tony Blair vira l’éminent professeur en l’espace de quelques heures. A cette époque, l’un des membres seniors de l’administration Bill Clinton/Al Gore déclara que la décade des années 90 serait «la décade de la commercialisation triomphante des produits biotechnologiques». L’administration Bill Clinton/Al Gore dépensa des milliards de dollars pour la promotion des chimères génétiques.

C’est durant la période-clé de 1993 à 2000 que les chimères génétiques se répandirent sur toute la planète et que les humains et les animaux en furent gavés. Les trois personnes responsables de cet état de fait, politiquement et stratégiquement, sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor (FDA/USDA/Monsanto). Ce sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor qui ont ouvert la route de la “seconde révolution verte transgénique” qui gangrène présentement tous les écosystèmes planétaires. Et Al Gore et Michael Taylor continuent présentement de paver cette route: Michael Taylor de par le fait qu’il est de nouveau le maillon entre Monsanto et le gouvernement US (pour l’Afrique) et Al Gore de par sa croisade climatique pour refroidir la planète. De brûler des cierges “carbone-zéro”, pour exorciser le mal et pour générer un magnifique écran de fumée, ne changera rien à cette situation.

Je mets au défi n’importe quel zélote hystérique, de la secte des Al Gorites, de me prouver le contraire.

Après le pétrole, le roundup et les chimères génétiques, abordons maintenant la problématique des “crédits carbone”.

Mr Al Gore, en 2006, créa sa Fondation “The Alliance for Climate Protection”, l’Alliance pour la Protection du Climat [49], avec le directeur de la banque Lehman Brothers. Après avoir créé sa fondation et son cabinet Londonien “Generation Investment Management” [50], il lança son film best-seller “Une vérité qui dérange”. Précisons que “Generation Investment Management”, spécialisé dans la gestion des “crédits carbone”, a été créé en partenariat avec David Blood, ancien directeur de “Goldman Sachs”, Mark Ferguson, ancien président de “Goldman Sachs Assets Management pan-European Research” et Peter Harris, ancien directeur de “Goldman Sachs Assets Management”.

Le 2 février 1988, Al Gore, dans un débat présidentiel déclara: «Mon premier engagement sera de restaurer l’intégrité de la Maison Blanche. Et je vais virer toute personne ayant menti au peuple Américain et au Congrès». J’invite les lecteurs à juger par eux-mêmes de l’accomplissement de cet engagement solennel et j’invite ceux qui parlent anglais à visionner les vidéos, sur la toile, des auditions “climatiques” d’Al Gore au Congrès, au printemps 2009 (et sous serment, bien sûr!). [156] [157] [158] [159] Déconseillé à toute personne ne souhaitant pas remettre en question ses croyances dans le rédempteur atmosphérique.

En conclusion, je pose la question à tous les écologistes qui luttent contre les chimères génétiques et contre les pesticides depuis de très nombreuses années: pouvons-nous faire confiance à l’homme de Monsanto, celui-là même qui, avec Bill Clinton et Michael Taylor, a piégé la totalité de l’humanité dans le cercle infernal des chimères génétiques? De quel droit son film de science-fiction a-t-il été imposé à des dizaines de milliers d’écoles?

Ecologistes de tous les pays, réveillez-vous! Le réchauffement climatique anthropique est une farce, c’est une arnaque monumentale permettant d’ouvrir de nouveaux et gigantesques marchés: crédits carbone, taxes carbone, nécro-carburants “refroidissants”, chimères génétiques, fertilisants de synthèse et pesticides! D’ailleurs, aux USA, la législation “cap and trade” est surnommée “Al Gore enrichment act”!

Crédits de Carbone:

Un marchĂ© climatique qui gĂ©nère des revenus Ă  partir de l’air du temps!

Le marché du carbone, ce n’est pas une bagatelle puisqu’il se chiffre à 135 milliards de dollars pour 2008. Ce qui fait quasiment s’étrangler le très placide Jacques Diouf, directeur de la FAO, qui se demande bien pourquoi on peut générer un tel marché de carbone planétaire et ne pas être capable de lui confier 30 petits milliards de dollars pour régler le problème de la faim dans le monde. Mais Mr Diouf a sûrement compris, depuis belle lurette, que ce ne sont pas les mêmes caisses. Il posa également la même question pour le “coût de la crise financière” qui vient, d’ailleurs, d’être revu à la baisse, le 30 septembre 2009, par le FMI, le Fonds Monétaire International: il ne serait que de 3400 milliards de dollars. [39] Il avait été estimé auparavant à 4000 milliards de dollars. Mr Strauss-Kahn, un grand ami de Condoleezza Rice, qui a été placé par les Autorités à la tête de cette institution, en récompense de ses loyaux services [136], sait jouer de la calculette virtuelle. Les communiqués officiels cajoleurs omettent de préciser qui “finance” le coût! C’est bien évidemment de l’argent public: des sommes astronomiques qui partent à fond perdu pour renflouer les banques et le système financier. D’où la nécessité de lever de nouveaux impôts aux USA, dits “taxes carbone” ou “U.S. cap-and-trade bill”.

Et en attendant que le petit peuple soit une nouvelle fois carbo-taxĂ©, pour la bonne cause climatique, les multinationales se gavent sur le marchĂ© du carbone gĂ©rĂ© par le Chicago Climate Exchange et le European Climate Exchange: Barclays, le pĂ©trolier BP, Fortis, Goldman Sachs, Morgan Stanley, le pĂ©trolier Shell, etc. Parmi les fondateurs du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons American Electric Power (AEP), DuPont, Baxter International (vaccins H1N1), etc. Et dans le comitĂ© de conseillers « Ă  la stratĂ©gie » du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons Ă©galement Mr Rajendra K. Pachauri, le prĂ©sident du GIEC. [209]Aux USA, Goldman Sachs est le plus gros actionnaire (avec 10 %) du Chicago Climate Exchange. Je convie de nouveau les lecteurs intĂ©ressĂ©s Ă  consulter le courageux article de Matt Taibbi, paru dans Rolling Stones, “Goldman Sachs – La grande machine Ă  bulles” [51] dont le dernier volet s’intitule “Bulle 6: le rĂ©chauffement global”. [52]

Lehman Brothers, qui a aidé Al Gore à capitaliser son business “vert”, s’était fait l’apôtre de la croisade du réchauffement climatique pour que ses actionnaires continuent de toucher de généreuses plus-values sur le marché du carbone. Ils avaient publié un “rapport Lehman”, la bible de jeunes activistes, sur le réchauffement climatique et le chaos qu’il allait générer. Manifestement, Lehman Brothers fut capable de prédire le climat un siècle à l’avance mais ne fut pas capable de prédire sa faillite spectaculaire, une année à l’avance. La véritable raison de la faillite de Lehman Brothers, néanmoins, n’est sans doute pas celle que l’on croit! [79]

Ainsi, d’un coup de baguette virtuelle, le capitalisme décadent vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau feutré: un marché climatique qui génère des revenus à partir de l’air du temps!

Et Maurice Strong fut l’un des principaux prestidigitateurs qui a présidé à la création du Chicago Climate Exchange et il y siège. Il faudrait des pages entières pour énumérer les “fonctions” de Maurice Strong, le très bon ami d’Al Gore. Membre éminent des Bilderberg, de la Commission Trilatérale, du Council on Foreign Relations (CFR) et du Club de Rome; directeur de la Fondation Rockefeller; Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU sous Kofi Annan; Conseiller senior du Président de la Banque Mondiale; Premier directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE); A la tête du Sommet de la Terre qui a eu lieu à Rio en 1992 et dont est issue la Convention sur la diversité biologique, etc, etc. [66]

La “Convention sur la diversité biologique” n’est qu’une déclaration pathétique, (que les multinationales de la semence ont joyeusement interprétée comme un pillage légalisé des ressources génétiques), à l’image du Protocole de Carthagène, dit “Protocole de Cartes à Gènes”, un jeu de poker génétique dont la nation gagnante est celle qui fait entrer le plus de chimères génétiques tout en prétendant s’en préserver!

Maurice Strong se définit comme socialiste en idéologie et capitaliste dans la vie quotidienne. Ce qui est clair, c’est que, à l’image d’Al Gore, c’est un grand donneur de leçons d’ascétisme mais impliqué jusqu’au cou depuis des dizaines d’années dans une pléthore d’aventures capitalistes dont nous ne préférons pas mentionner certaines des liaisons très sulfureuses ni des faillites financières suspectes.

Maurice Strong est considéré par certains comme le père du mouvement environnemental et on se demande bien de quel mouvement environnemental il s’agit car il est depuis fort longtemps l’apôtre du Nouvel Ordre Mondial. Il est vrai qu’il était déjà présent au premier “Jour de la Terre” en 1970 lorsque le professeur d’études environnementales Kenneth Watt déclara: “si la tendance présente se poursuit, le monde sera environ 4 degrés plus froid en 1990 et 11 degrés plus froid d’ici l’année 2000”. Espérons au moins, pour sa réputation, qu’il parlait en degrés Fahrenheit, mais cela fait encore beaucoup. On lui pardonnera d’autant plus qu’à l’époque tous les medias se faisaient l’écho de l’extrême danger du “refroidissement global” qui allait ruiner l’agriculture mondiale: Newsweek, 28 avril 1975 [67]; Peter Gwynne, Newsweek 1976 [68], etc. Tout comme Nicolas Hulot et Kofi Annan évoquent des centaines de milliers de morts tous les ans en raison du réchauffement climatique anthropique, Lowell Ponte “The Cooling”, 1976, annonçait lui aussi le même nombre de décès annuels en raison du “refroidissement global”: «Le refroidissement actuel a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et si personne ne prend des mesures énergiques, il provoquera une famine mondiale, un chaos généralisé et même une nouvelle guerre mondiale. Tout cela pourrait survenir avant l’an 2000».

En fait, Maurice Strong aurait déjà pu créer en 1970 son Chicago Climate Exchange pour les crédits de carbone car Kenneth Watt (University of California à Davis) déclarait à l’époque que c’est l’excès de CO2 qui allait provoquer un refroidissement global catastrophique!

Mais tout cela ne nous éloigne-t-il pas un peu de la révolution verte eugénique? Pas du tout car les multinationales de l’agrochimie et de la semence font bien évidemment partie de ce marché de dupes. Même Monsanto a rejoint le Chicago Climate Exchange en décembre 2007. (Ce qui est dans la bonne logique capitaliste: si le réchauffement climatique anthropique génère des fortunes, Monsanto veut avoir sa part du gâteau). Richard Sandor, le président du Chicago Climate Exchange en a profité pour saluer le rôle de “leadership climatique” de Monsanto. [138] (Car, en effet, en 2006, 20 scientifiques de Monsanto se sont penchés sur le problème climatique et en ont déduit que la température montait, ce qui n’est pas un scoop, vu que nous sommes dans une période de réchauffement naturel léger, et non-linéaire, depuis 1860!). [173] (Monsanto en 2009 a régulièrement placé des pages entières de publicité dans les grands journeaux US avec le titre: “9 Milliards de personnes à nourrir. Un changement climatique. Et maintenant?” et comme texte: «Les semences améliorées de Monsanto non seulement augmentent la productivité de façon conséquente mais elles utilisent moins de ressources essentielles telles que le sol et le combustible: tout le monde y gagne y compris la Terre»). Saint Monsanto, le sauveur de la planète!

Mais Monsanto n’en reste pas là. Un de ses vice-présidents, Will Ferretti, affirma que les agriculteurs US pourraient revendiquer annuellement de 4 à 6 milliards de dollars en crédits carbone à cause de leur bonnes pratiques agricoles [139]. Et par “bonnes pratiques agricoles”, Monsanto entend les techniques de non-labour (car le non-labour libère moins de CO2 que le labour) avec des variétés OGMs résistantes au Roundup de Monsanto. Un autre de ses vice-présidents, Jerry Steiner, affirma qu’en utilisant les techniques de non-labour, les agriculteurs peuvent augmenter leurs ressources financières en vendant des crédits carbones à d’autres entreprises au travers du Chicago Climate Exchange.

En 2007, les techniques de non-labour chimique aux herbicides (Roundup principalement) couvraient 30 millions d’hectares aux USA et 26 millions d’hectares pour le seul Brésil. David Miller, le responsable scientifique du AgraGate Climate Credits Corporation, une filiale du Iowa Farm Bureau Federation (une coalition d’agriculteurs dans l’Iowa, l’état-empire du maïs et du soja transgéniques aux USA) espère que bientôt ce soient 85 millions d’hectares agricoles aux USA en non-labour chimique à la sauce Monsanto.

Pour une analyse détaillée de cette arnaque agricole, je renvoie les lecteurs vers mon article de mars 2007 “Le non-labour dans les sillons de l’agro-chimie” [137]. Pour résumer brièvement, les agriculteurs en non-labour chimique sèment des variétés de Monsanto qui sont résistantes au glyphosate. Les sols sont archi-brûlés par la chimie et les pesticides, et sont tellement biologiquement morts qu’ils ne peuvent plus digérer la bio-masse restante après la récolte! Ce n’est pas grave, c’est une nouvelle manne financière pour les agriculteurs qui vendent leur biomasse, refusant de se composter, aux centrales d’éthanol. En Amérique latine, les sols sont tellement brûlés par le Roundup, de par les techniques de non-labour, que les agriculteurs doivent appliquer un engrais azoté pour la culture du soja, qui étant une légumineuse, n’en a normalement pas besoin puisqu’il fixe l’azote tout seul.

Donc, si l’on suit le raisonnement de Monsanto, tous les agriculteurs cultivant des nécro-carburants ou des aliments pour bétail ou poulets, par la technique du non-labour, vont pouvoir revendiquer des crédits carbones à hauteur de dizaines de milliards de dollars.

Si l’on résume brièvement la situation en Amérique latine: on déforeste l’Amazonie (ce qui libère de gigantesques quantités de CO2) pour cultiver des nécro-carburants (dont le bilan CO2 est pire que les combustibles fossiles) pour en fin de compte revendiquer des crédits carbones (pour raison de bonne pratique de non-labour). Ce raisonnement est tout autant spécieux que celui de Kofi Annan qui veut financer la modulation climatique de l’Afrique grâce aux apports du marché des crédits carbone.

La réalité, c’est que la petite paysannerie est ruinée, spoliée, cancérisée, mutagénée. La réalité, c’est que des dizaines de millions d’hectares de forêt Amazonienne ont été déforestés (chiffres de 2007: 21 millions d’hectares au Brésil, 14 millions d’hectares en Argentine, 2 millions hectares au Paraguay et 600 000 hectares en Bolivie) pour les nécro-carburants (et le soja aliment bétail pour l’Europe et la Chine) et qu’il est envisagé d’en déforester encore 60 millions. La réalité, c’est que plus 300 espèces d’adventices, sur la planète, sont entrées en “guérilla génétique” et sont devenues “résistantes” au Roundup et autres herbicides, ce qui veut dire qu’elle le “digèrent” très bien. La réalité, c’est qu’il existe une nouvelle classe d’esclaves, de serfs, dans les plantations des nécro-carburants. [144] L’essence verte est rougie par le sang.

Les marchés de crédits-carbone sont-ils réellement la solution à notre “empreinte écologique plus noire que le péché”, pour emprunter une formule favorite de James Lovelock?

Une arme de dépopulation massive: l’eugénisme

L’autrefois gĂ©nial concepteur de la thĂ©orie GaĂŻa, James Lovelock, monta au crĂ©neau, fin aoĂ»t 2009, pour traiter les environnementalistes qui font campagne contre le rĂ©chauffement climatique anthropique, sans prendre en compte la croissance de population, “d’irrationnels et d’ignorants”. James Lovelock, qui venait d’être nommĂ© parrain de l’ONG “Optimum Population Trust”, en appela aux Verts pour qu’ils «disent la vĂ©ritĂ© et qu’ils s’expriment en public»: «Ceux qui ne veulent pas voir que la croissance de la population et le changement climatique sont les deux faces d’une mĂŞme pièce soit sont ignorants, soit se voilent la face. Ces deux gigantesques problèmes environnementaux sont insĂ©parables et Ă©voquer l’un tout en ignorant l’autre est irrationnel. (…) Comment pouvons-nous rĂ©ellement dĂ©croĂ®tre les Ă©missions de carbone, et l’utilisation des terres, alors que le nombre d’émetteurs, et l’espace qu’ils occupent, s’accroissent sans remords. Quand les environnementalistes qui prĂ©tendent ĂŞtre Verts vont-ils reconnaĂ®tre la vĂ©ritĂ© et se prononcer publiquement?» [150] L’Apocalypse selon James Lovelock stipule que le dĂ©chaĂ®nement climatique Ă  venir va rĂ©duire la population de la Terre Ă  seulement un demi-milliard d’habitants.

Rappelons que James Lovelock participait Ă  la confĂ©rence de 1975, en Caroline du Nord, organisĂ©e par l’anthropologue Margaret Mead. La confĂ©rence s’intitulait “The atmosphere: endangered and endangering”. Intervenaient Ă  cette confĂ©rence Paul Ehrlich, ultra-malthusien et auteur de la “Bombe P.” (qui avait prophĂ©tisĂ© la disparition de l’Angleterre d’ici l’an 2000) et Stephen Schneider qui faisait la promotion du scĂ©nario du “Refroidissement Global”, vers 1970. Stephen Schneider est connu pour avoir dĂ©clarĂ© en 1996, Ă  un journaliste: «Afin de capturer l’imagination du public, nous devons promouvoir des scĂ©narios de panique, profĂ©rer des dĂ©clarations dramatiques, et très simplifiĂ©es, et faire abstraction de tout doute que nous puissions avoir… »Roger Martin, le prĂ©sident de Optimum Population Trust dĂ©clara: «Il est tragique que le mouvement Vert ait choisi d’occulter ce phĂ©nomène. Avec l’aide de personnes Ă©minentes, telles que James Lovelock, nous allons faire de notre mieux pour leur rafraĂ®chir la mĂ©moire». Cette ONG vient de demander publiquement aux nĂ©gociateurs qui vont se rĂ©unir Ă  Copenhague, en dĂ©cembre 2009, d’inscrire dans les politiques de chaque nation des programmes de contrĂ´le de la population pour lutter contre le changement climatique. Elle prĂ©cise que les programmes de contrĂ´le de la population dans les pays pauvres devraient ĂŞtre “subventionnĂ©s au titre de la modulation climatique”.

Le raisonnement de Roger Martin et du fondateur de cette ONG, Jonathon Porritt (un ancien directeur des Amis de la Terre et ancien administrateur du WWF, au Royaume-Uni) [192], est d’autant plus frauduleux que si on raisonne en terme d’empreinte carbone, celle d’un citoyen US ou Britannique est de 75 à 300 fois plus grande que celle d’un paysan de la zone Sahélienne ou un paysan de l’Inde, qui ne “gagnent” qu’un dollar par jour, quand ils le gagnent.

Mon premier conseil à tous ceux qui préconisent des contrôles de la population draconiens, en raison du réchauffement climatique anthropique, serait qu’ils donnent l’exemple! Qu’ils dégagent avant l’orage!

Rappelons encore une fois, pour donner “bonne mesure” que les 300 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3 milliards de personnes les plus pauvres.

Ce débat démographique n’est pas sans évoquer le conflit entre René Dumont, qui dénonçait la surpopulation en Afrique et préconisait l’usage de l’agriculture chimique, et Pierre Rabhi [206], le promoteur des techniques agro-écologiques en Afrique qui a toujours affirmé que ce continent n’était pas surpeuplé. Pierre Rabhi et le président Sankara auraient fait du Burkina le premier pays Africain “bio” si Sankara n’avait pas été assassiné, en 1987, par les Autorités, afin que tout rentre dans leur Ordre. Cela aurait peut-être changé le visage de l’Afrique qui ne serait pas en train de succomber aux nécro-carburants et aux chimères génétiques de Kofi Annan, de Monsanto et de toute la clique mafieuse des multinationales.

Deux chercheurs de l’Université de l’Oregon viennent de publier une étude “scientifique” démontrant que si une femme recycle, conduit une voiture à faible consommation, utilise les bonnes ampoules, etc, elle va économiser 456 tonnes des CO2 dans sa vie entière. Cependant, si elle a deux enfants (et en prenant en compte les générations subséquentes avec un taux de reproduction de 1,85 par femme d’ici 2050) elle va rajouter à son héritage d’empreinte carbone 18 882 tonnes de CO2, ruinant ainsi tous les efforts qu’elle aura déployés pour vivre économe en carbone.

A quand donc la taxe carbone sur les bébés? S’il est clair que le consumérisme effréné de la société occidentale est une pathologie terminale en raison des ressources limitées de notre planète Terre, le fait d’assimiler une future maman à l’empreinte carbone de ses descendants jusqu’à 2050 manque pour le moins de poésie et il y a fort à penser que ce type de démarche soit complètement contre-productive, eu égard à la remise en cause des fondements de notre société occidentale mortifère. Et ce d’autant plus, si le climat tarde encore un quart de siècle avant de faire mine de commencer à s’échauffer pour de bon!

Tout cela nous rappelle les rapports annuels de la Fondation Rockefeller datant de plus de 40 années! Jurriaan Maessen, dans son article “Le programme à long terme de la Fondation Rockefeller: au-delà du riz doré et des aliments chimériques” [148] fait une référence aux “politiques démographiques et aux programmes de contrôle de la population” évoqués à la page 54 de ce rapport annuel 1968 de la Fondation Rockefeller.

«Comme nous le savons, l’appel à une intensification du planning familial au nom de l’environnement a été promu de façon croissante par l’élite Malthusienne. Il est évident que l’une des autres modalités mentionnées par le rapport [annuel 1968 de la Fondation Rockefeller] a été découverte et exploitée, de fond en comble: le grand mythe du Réchauffement Global Anthropique fut créé et recouvert d’une sauce subtile de science afin de donner à tout le ragoût un air de crédibilité. Et le programme eugénique suit son chemin. »

Cela fait près d’un siècle que la Fondation Rockefeller est archi-impliquée dans les programmes de contrôle de la population: c’est elle qui a créé aux USA, et de par le monde, des ONGs de contrôle démographique. Et nous ne souhaitons pas, dans le cadre restreint de cet article, évoquer son soutien considérable aux pratiques eugénistes Nazis et l’organisation de congrès eugénistes auxquels participèrent le père de John Kennedy, Winston Churchill, les Nazis, et toute une palette de “personnalités”. N’oublions pas que les Etats-Unis et la Suède, en début de siècle passé, n’ont pas attendu les Nazis pour mettre en place des législations de stérilisation des citoyens “non conformes”.

Tout ce dossier pue la mort et nous convions les lecteurs intéressés à enquêter sur la toile. Ils trouveront sur le site de Liberterre quelques articles dans la rubrique “eugénisme” qui offrent déjà un certain nombre de pistes de recherche. [152]Néanmoins, dans les années qui viennent, nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un débat fondamental sur l’eugénisme et le contrôle de la démographie alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent, soit pour dénoncer l’usage qui est fait du réchauffement climatique anthropique pour invoquer la nécessité de contrôles drastiques de la population planétaire, soit, tout au contraire, pour brandir le spectre de l’apocalypse climatique si l’on n’impose pas des contrôles de la population. [151]

Ce qui est clair, c’est que les révolutions vertes, la première et la seconde, sont déjà à l’oeuvre pour mettre en place des dynamiques de délestage démographique:

- suicides des paysans qui utilisent les “bienfaits” de la révolution verte pour mettre fin à leurs jours, à savoir ils boivent du pesticide. On estime à 200 000 le nombre de paysans suicidés en Inde, durant ces dix dernières années, et plus particulièrement en raison des échec répétés du coton transgénique de Monsanto. En Inde, deux paysans se suicident toutes les heures. Et ailleurs sur la planète? [153]

- processus de stérilité inexorable en raison de l’agriculture chimique et des pesticides. En Inde, présentement, ce sont 20 % des jeunes couples qui sont stériles. A cet égard, les constats du Professeur Dominique Belpomme sont également très alarmants pour l’Occident et devraient réjouir tous les néo-Malthusiens.

- cancérisation de la population en raison de l’alimentation toxique et bien sûr en raison de l’agriculture chimique et pesticidée. En Inde, ce sont encore 75 % des gens qui vivent de la terre et qui en meurent lorsque la terre se transforme en poison. Précisons que les paysans pauvres du Tiers-monde ne bénéficient pas de l’arsenal thérapeutique moderne occidental si tant est que l’on puisse qualifier de “thérapeutique” la machine infernale de la médecine allopathique (Il meurt aux USA, tous les ans, 800 000 personnes victimes des effets directs ou collatéraux de cette forme de médecine. Et en Europe?).

- campagnes de vaccination. Sur ce dossier toutes les supputations sont possibles. Ainsi que Jean-Pierre Berlan le décrit très souvent, lorsqu’il analyse les corrélations entre les deux guerres mondiales et l’agriculture moderne de guerre: l’objectif de la guerre, ce n’est pas de tuer, c’est de produire des handicapés qui coûtent très cher à l’Etat. Il en est de même avec les vaccinations. L’abomination de cette technologie, c’est qu’elle détruit le système immunitaire et qu’elle produit beaucoup de maladifs et d’handicapés qui font la fortune des multinationales de la pharmacie qui vendent d’autant plus de “remèdes” pour pallier aux pathologies qu’ils ont eux-mêmes créées. Car si ce n’est pas cela, pourquoi sont-elles toutes en train de se précipiter vers l’Afrique alors que jusqu’à ces dernières années, les trois-quarts des thérapies utilisées par les paysans de ce continent étaient encore à base de plantes médicinales?

Dans cet article, j’ai approfondi un peu plus la situation de l’Afrique. J’aurais pu, bien sûr, exposer le fait que le responsable à l’IRRI, dans l’Asie du sud-est, du riz transgénique à la vitamine A “de jonquille” (financé par la Fondation Rockefeller) est sous la responsabilité d’un ancien directeur de chez Monsanto, Gerard Barry [174]. J’aurais pu évoquer la visite de trois représentants de Monsanto, il y a quelques années, chez l’un des inspirateurs du mouvement paysan bio dans le sud de l’Inde, Nadayan Reddy: ils lui proposèrent 35 000 dollars, cash sur la table, pour qu’il fasse un tout petit discours afin de vanter le coton transgénique de Monsanto. Nadayan Reddy, un paysan d’inspiration Gandhienne, les reconduisit poliment à la porte.

J’ai tenté de jeter un peu plus de lumière sur l’Afrique car c’est le laboratoire, par excellence, de la seconde révolution verte génétique, eugénique et génocidaire.

«[148]

L’Afrique est le jouet des multinationales qui vont oeuvrer pour éliminer du continent jusqu’à la dernière semence libre, la dernière semence paysanne traditionnelle.

Monsanto vient d’annoncer, en août 2009, que l’augmentation du prix de vente de ses semences génétiquement modifiées atteindrait 42% en 2010! [43]

Le même Monsanto qui avec Syngenta, DuPont/Pioneer Hi-Bred, la Fondation Bill Gates, la Fondation Rockefeller, et le CGIAR, sont en train d’investir dans une banque de semences à l’intérieur d’une montagne sur l’île de Spitsberg, (Svalbard) en Norvège, pour le “futur de l’humanité”. Quelle humanité et quel futur? C’est là-même que le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-moon a donné son discours larmoyant en septembre 2009 sur la “fonte catastrophique de la banquise”. [155] En fait, ce que les journalistes ne disent pas, c’est que son bateau ne pouvait pas aller plus loin car la mer était bloquée par les glaces!

«Le projet du Svalbard sera géré par un organisme appelé “Trust Mondial pour la Diversité Végétale” (GCDT). Qui sont-ils pour détenir une responsabilité aussi considérable sur la diversité des semences de la planète entière ? Le GCDT a été fondé par la FAO et par Bioversity International (anciennement International Plant Genetic Research Institute), une ramification du CGIAR.

Le GCDT est basé à Rome. Son conseil est présidé par Margaret Catley-Carlson, une Canadienne également présente au comité consultatif du groupe Suez Lyonnaise des Eaux, l’une des plus grandes sociétés privées de l’eau. Jusqu’en 1998, Catley-Carlson était aussi présidente du Comité sur la Population (Population Council) établi à New York, l’organisation de réduction des populations de John D. Rockefeller, créé en 1952 pour accélérer le programme d’eugénisme de la famille Rockefeller, sous couvert de promouvoir le planning familial, le système de contrôle des naissances, la stérilisation et le “contrôle de la population” des pays en voie de développement.

Les autres membres du conseil de GCDT comptent l’ancien cadre de Bank of America, actuellement chef de Hollywood DreamWorks Animation, Lewis Coleman. Coleman est aussi administrateur de Northrup Grumman Corporation, l’un des plus grands entrepreneurs de l’industrie militaire du Pentagone.» [153]

Il faut encore préciser que l’objectif des centres du CGIAR (créé par la Fondation Rockefeller) était de conserver, dans diverses “banques de semences”, les ressources génétiques de l’humanité. Mais, il y a quelques années, les centres du CGIAR ont “confié” toutes ces ressources aux multinationales de la semence. Ce qui n’est pas sans rappeler les manifestations paysannes en Inde, en décembre 2002, pour empêcher l’université de Raipur de “vendre” la collection du Professeur Richcharia de 22 972 variétés de riz à la multinationale Syngenta. [181]

L’alerte n’est pas climatique, elle est humanitaire

Il n’y pas d’injustice climatique mais il y a, par contre, une injustice alimentaire criante. Il n’y a pas de Titanic climatique, le Titanic est strictement agricole. Il n’y pas d’alerte climatique, l’alerte est humanitaire.

Les pleurnicheries de Mr Kofi Annan sont une insulte Ă  la misère rĂ©elle, et non virtuelle, d’une grande partie de l’humanitĂ©. Lorsque Mr Kofi Annan affirme que «le changement climatique est une crise humaine silencieuse… et que cela constitue le dĂ©fi humanitaire Ă©mergent le plus grand de notre Ă©poque», de qui se moque-t-il? Son chiffre de 325 000 personnes mourant du “changement climatique” tous les ans, c’est de l’esbroufe.Un milliard d’affamĂ©s sur la planète et plus de 30 000 personnes dĂ©cĂ©dant tous les jours de faim, voilĂ  LA crise humaine silencieuse dont jamais personne ne parle (ou bien alors une fois tous les 10 ans Ă  Rome lorsque toute la clique se rĂ©unit pour faire de grandes dĂ©clarations pompeuses et hypocrites qui ne seront suivies d’aucun effet. N’en dĂ©plaise Ă  Mr Kofi Annan, il n’existe pas de “rĂ©fugiĂ©s climatiques”, il existe, par contre, des rĂ©fugiĂ©s de la faim et c’est dans la mort que se rĂ©fugient plus de 30 000 ĂŞtres humains tous les jours.

Ce sont 2,6 milliards d’humains qui sont sans assainissement, et ce sont 1,3 milliards d’humains qui sont sans accès à l’eau potable. Tous les ans, 2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies diarrhéiques liées au manque d’eau potable. Il faudrait seulement investir 1,5 milliard de dollars chaque année pendant 10 ans pour que les 300 millions d’Africains, qui n’ont pas d’eau potable, puissent y accéder et pour que 80% d’entre eux puissent accéder à l’assainissement. Une bagatelle.

Le réchauffement climatique anthropique n’a rien à voir avec la destruction de l’Afrique, ou des autres continents d’ailleurs. Les responsabilités incombent au colonialisme, à la monoculture, à la déforestation et à la désertification qui s’ensuivirent. La seconde révolution verte génétique, c’est un nouveau colonialisme transgénique de monocultures de nécro-carburants ou d’aliments pour les animaux esclaves de l’homme occidental.

Il faut également souligner que la course aux gènes climatiques résistants à la sécheresse est concomitante avec un reverdissement spectaculaire des zones Sahéliennes, ce qui constitue un sujet de débats acharnés entre les climatologistes. [134] [135] Et alors même que les “scientifiques” du GIEC ont prédit une réduction des récoltes de 50 % d’ici 2020 en Afrique!

Les solutions pour l’agriculture de l’Afrique, et pour tous les pays dits du Tiers-Monde, sont simples, trop simples: reforestation, pratiques agro-écologiques et semences de vie. Elles ne pourront, cependant, être mises en oeuvre que le jour où tous les colonialistes seront expulsés: les multinationales, les pétroliers, les extracteurs de diamant, de zinc, d’uranium, et toutes les ONGs dont une bonne partie constitue l’avant-garde de l’empire, et bien sûr tous les roitelets et dictateurs, marionnettes contrôlées, en bonne et due forme, par les Autorités.

Distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.

Michael Crichton, qui dans les dernières années de sa vie dénonça avec virulence l’imposture climatique, avait dit: «Le plus grand défi auquel l’humanité soit confronté est celui de distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.» L’erreur fondamentale qui semble avoir été implantée dans la psyché humaine, depuis fort longtemps, ne serait-ce pas l’illusion que l’homme puisse dominer la Nature et y compris même en contrôler le Climat?

La “science” à façon du GIEC est basée sur d’énormes fraudes dont l’une vient d’éclater au grand jour en fin de septembre 2009. La crosse de hockey, l’emblème, le logo du réchauffement climatique anthropique, est basée sur une fraude scientifique qui vient d’être dévoilée. [140] [141] [142] [143] [149] Une déferlante, mais pas celle prédite par le GIEC, va bientôt laminer le château de sable de cette pseudo-science. Elle est tout autant crédible, cette science, que les déclarations de Mr Sarkozy qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre [161] [162] [200]; les déclarations de Mr Rocard, l’ambassadeur des pôles, qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre et le dioxyde de carbone avec le monoxyde de carbone [163]; les déclarations de Mr Al Gore, qui confond encore la banquise et la calotte polaire. [164] [165] Ce qui lui a fait dire récemment que la calotte de glace polaire aurait intégralement fondu dans quelques années! [180] Peut-être devrait-il postuler au GIEC? Car il y a de la défection dans l’air!J’en profite pour tirer ma révérence à Vaclav Klaus, le président Tchèque, qui dans le débat sur le climat a su garder son intégrité et ne pas succomber aux sirènes des caniculs-bénis. Il est pathétique que certains mouvements “écologiques” se ridiculisent à promouvoir de telles berludondaines et se rendent, par là-même, complices de la destruction des communautés humaines des pays les plus pauvres par les nécro-carburants et les chimères génétiques. Quant aux organisations “non-gouvernementales” qui en ont fait leur fonds de commerce, on sait de quel côté elles se situent, du côté de l’argent et parfois même, si on soulève le paillasson, du côté de l’eugénisme ou de la dépopulation.

En attendant (que les calottes de glace se désintègrent), aux quelques intégristes qui m’ont accusé de complicité avec les pétroliers, à la suite de mes deux premiers articles, je dirai que nous sommes tous complices des pétroliers, dès que nous ouvrons le robinet à la pompe à essence, dès que nous consommons des aliments issus de la pétro-agriculture, dès que nous consommons des aliments “bios” qui arrivent d’Inde ou d’Afrique (et qui ont été cultivés par des travailleurs à 1 dollar par jour!), dès que nous achetons des “choses” qui ont été produites à l’autre bout de la planète par des enfants ou par des paysans chassés de leur terre par les multinationales.

La taxe “carbonette-mignonette” n’a rien de révolutionnaire. Ce qui serait véritablement révolutionnaire, c’est de confisquer les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total, pour l’année 2008, pour les attribuer à la reforestation de l’Afrique ou à la recherche sur les énergies alternatives (au lieu que Total les investissent dans les centrales nucléaires). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels pétroliers qui volent les ressources collectives planétaires, car le pétrole ne leur appartient pas. Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels financiers qui ont confisqué un bien public, à savoir le privilège de créer de la monnaie [195] (et bien sûr de démanteler ces deux structures mafieuses que sont le FMI et la Banque Mondiale). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de mettre fin à la dictature de tous les cartels sur la planète.

Et ce qui serait encore très révolutionnaire, ce serait d’éclaircir tous les mystères qui planent au-dessus des fins de vie de Nikola Tesla, de Wilhelm Reich et de Victor Schauberger car il semblerait que ces trois découvreurs géniaux aient suscité beaucoup de tracas aux Autorités en ce qui concerne les “énergies alternatives”. L’un mourut dans la misère, après que ses découvertes aient été torpillées par Edison, Marconi et les trusts de l’énergie; l’autre mourut assassiné dans les prisons des USA; et le dernier mourut 5 jours après qu’il eut été ramené en Autriche des USA après y avoir abandonné les droits de tous ses brevets qui n’ont jamais réapparu depuis.

C’est tout un programme et il faut y aller sans doute par étapes afin de ne pas choquer les Autorités. Première phase: lancer un boycott de la taxe carbone et seconde phase: requérir du président de la France qu’il confisque les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total pour abus et vol de ressources communautaires. On peut encore rêver.

Pour éviter de choquer les âmes sensibles, je me suis gardé, dans cet article, de prononcer le mot “conspiration”. Et pourtant, pour parler de climat, de carbone et d’atmosphère, ce terme est le bienvenu car il signifie en latin “respirer avec”. L’humanité partage son atmosphère avec tous les êtres vivants de la biosphère et tous les éléments non vivants à la surface de la planète. Nous partageons tous du même oxygène et du même dioxyde de carbone. Nous sommes tous en “conspiration”.

Donc je ne parlerai pas de conspiration mais je parlerai d’un système mafieux, et mĂŞme “panmafieux”, qui a pris toute l’humanitĂ© en otage. Ce qui serait rĂ©volutionnaire, c’est de faire juger par les tribunaux la poignĂ©e de quelques centaines de terroristes pĂ©troliers, de terroristes alimentaires, de terroristes financiers, de terroristes vaccinalistes… tous membres de ce rĂ©seau “panmafieux”.

Mais il est vrai qu’ils contrĂ´lent les tribunaux… et que parfois mĂŞme ils possèdent les prisons. Il faudra donc s’en remettre aux Insurrections qui ne manqueront pas de venir… ou bien Ă  GaĂŻa.

Car ce serait vraiment un non-sens cosmique que Gaïa, la Terre-Mère, nous ait fait émerger de son berceau, nous l’espèce humaine, pour qu’une poignée de criminels, déments et inhumains, dévaste sa biosphère.

Dominique Guillet

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sept 17 2009

La Russie, obstacle majeur sur la route de « l’AmĂ©rique-monde »

Alors que les Etats-Unis tentent, depuis le 11 septembre 2001, d’accĂ©lĂ©rer leur projet de transformation du monde Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique et libĂ©rale rĂŞvĂ©e par leurs pères fondateurs, les civilisations non occidentales se dressent sur leur chemin et affirment leur volontĂ© de puissance.

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La Russie, en particulier constitue un obstacle gĂ©opolitique majeur pour Washington. Elle entend dĂ©fendre son espace d’influence et montrer au monde qu’elle est incontournable sur le plan Ă©nergĂ©tique.

L’un des auteurs classiques de la gĂ©opolitique, Halford J. Mackinder (1861-1947), un amiral britannique, qui professa la gĂ©ographie Ă  Oxford, dĂ©fendait comme thèse centrale que les grandes dynamiques gĂ©opolitiques de la planète s’articulaient autour d’un cĹ“ur du monde (heartland), l’Eurasie. Pivot de la politique mondiale que la puissance maritime ne parvenait pas Ă  atteindre, l’Eurasie avait pour cĹ“ur intime la Russie, un Empire qui « occupait dans l’ensemble du monde la position stratĂ©gique centrale qu’occupe l’Allemagne en Europe ».

Autour de cet Ă©picentre des secousses gĂ©opolitiques mondiales, protĂ©gĂ© par une ceinture faite d’obstacles naturels (vide sibĂ©rien, Himalaya, dĂ©sert de Gobi, Tibet) que Mackinder appelle le croissant intĂ©rieur, s’Ă©tendent les rivages du continent eurasiatique : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est.

Au-delĂ  de ces rivages, par-delĂ  les obstacles marins, deux systèmes insulaires viennent complĂ©ter l’encadrement du heartland : la Grande-Bretagne et le Japon, tĂŞtes de pont d’un croissant plus Ă©loignĂ© auquel les États-Unis appartiennent.

Selon cette vision du monde, les puissances maritimes mondiales, les thalassocraties que dĂ©fend Mackinder, doivent empĂŞcher l’unitĂ© continentale eurasiatique.

Elles doivent donc maintenir les divisions est/ouest entre les principales puissances continentales capables de nouer des alliances (France/Allemagne, Allemagne/Russie, Russie/Chine) mais aussi contrĂ´ler les rivages du continent eurasiatique.

Cette matrice anglo-saxonne, que l’on peut appliquer au cas de l’Empire britannique au XIXe siècle, comme Ă  celui de la thalassocratie amĂ©ricaine au XXe siècle, reste un outil pertinent pour comprendre la gĂ©opolitique d’aujourd’hui.

La thĂ©orie de Mackinder nous rappelle deux choses que les thalassocraties anglo-saxonnes n’ont jamais oubliĂ©es : il n’y a pas de projet europĂ©en de puissance (d’Europe puissance) sans une Allemagne forte et indĂ©pendante (or l’Allemagne reste largement sous l’emprise amĂ©ricaine depuis 1945) ; il n’y pas d’Ă©quilibre mondial face au mondialisme amĂ©ricain sans une Russie forte.

L’AmĂ©rique veut l’AmĂ©rique-monde ; le but de sa politique Ă©trangère, bien au-delĂ  de la seule optimisation des intĂ©rĂŞts stratĂ©giques et Ă©conomiques du pays, c’est la transformation du monde Ă  l’image de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. L’AmĂ©rique est messianique et lĂ  est le moteur intime de sa projection de puissance. En 1941, en signant la Charte de l’Atlantique, Roosevelt et Churchill donnaient une feuille de route au rĂŞve d’un gouvernement mondial visant Ă  organiser une mondialisation libĂ©rale et dĂ©mocratique. Jusqu’en 1947, l’AmĂ©rique aspira Ă  la convergence avec l’URSS dans l’idĂ©e de former avec celle-ci un gouvernement mondial, et ce, malgrĂ© l’irrĂ©ductibilitĂ© Ă©vidente des deux mondialismes amĂ©ricain et soviĂ©tique. Deux ans après l’effondrement europĂ©en de 1945, les AmĂ©ricains comprirent qu’ils ne parviendraient pas Ă  entraĂ®ner les SoviĂ©tiques dans leur mondialisme libĂ©ral et ils se rĂ©signèrent Ă  rĂ©trĂ©cir gĂ©ographiquement leur projet : l’atlantisme remplaça provisoirement le mondialisme.

Puis, en 1989, lorsque l’URSS vacilla, le rĂŞve mondialiste redressa la tĂŞte et poussa l’AmĂ©rique Ă  accĂ©lĂ©rer son dĂ©ploiement mondial. Un nouvel ennemi global, sur le cadavre du communisme, fournissait un nouveau prĂ©texte Ă  la projection globale : le terrorisme islamiste. Durant la Guerre froide, les AmĂ©ricains avaient fait croĂ®tre cet ennemi, pour qu’il barre la route Ă  des rĂ©volutions socialistes qui se seraient tournĂ©es vers la Russie soviĂ©tique. L’islamisme sunnite avait Ă©tĂ© l’alliĂ© des AmĂ©ricains contre la Russie soviĂ©tique en Afghanistan. Ce fut le premier creuset de formation de combattants islamistes sunnites, la matrice d’Al Qaida comme celle des islamistes algĂ©riens… Puis il y eut la rĂ©volution fondamentaliste chiite et l’abandon par les AmĂ©ricains du Shah d’Iran en 1979. Le calcul de Washington fut que l’Iran fondamentaliste chiite ne s’allierait pas Ă  l’URSS, contrairement Ă  une rĂ©volution marxiste, et qu’il offrirait un contrepoids aux fondamentalistes sunnites.

Dans le monde arabe, ce furent les Frères musulmans qui, d’Egypte Ă  la Syrie, furent encouragĂ©s. Washington poussa l’Irak contre l’Iran, et inversement, suivant le principe du « let them kill themselves (laissez-les s’entretuer) » dĂ©jĂ  appliquĂ© aux peuples russe et allemand, afin de dĂ©truire un nationalisme arabe en contradiction avec les intĂ©rĂŞts d’IsraĂ«l. L’alliance perdura après la chute de l’URSS. Elle fut Ă  l’Ĺ“uvre dans la dĂ©molition de l’Ă©difice yougoslave et la crĂ©ation de deux Etats musulmans en Europe, la Bosnie-HerzĂ©govine puis le Kosovo.

L’islamisme a toujours Ă©tĂ© utile aux AmĂ©ricains, tant dans sa situation d’alliĂ© face au communisme durant la Guerre froide, que dans sa nouvelle fonction d’ennemi officiel depuis la fin de la bipolaritĂ©. Certes, les islamistes existent rĂ©ellement ; ils ne sont pas une crĂ©ation imaginaire de l’AmĂ©rique ; ils ont une capacitĂ© de nuisance et de dĂ©stabilisation indĂ©niable. Mais s’ils peuvent prendre des vies, ils ne changeront pas la donne de la puissance dans le monde.

La guerre contre l’islamisme n’est que le paravent officiel d’une guerre beaucoup plus sĂ©rieuse : la guerre de l’AmĂ©rique contre les puissances eurasiatiques.

Après la disparition de l’URSS, il est apparu clairement aux AmĂ©ricains qu’une puissance continentale, par la combinaison de sa masse dĂ©mographique et de son potentiel industriel, pouvait briser le projet d’AmĂ©rique-monde : la Chine. La formidable ascension industrielle et commerciale de la Chine face Ă  l’AmĂ©rique fait penser Ă  la situation de l’Allemagne qui, Ă  la veille de la Première Guerre mondiale, rattrapait et dĂ©passait les thalassocraties anglo-saxonnes. Ce fut la cause première de la Première Guerre mondiale.

Si la Chine se hisse au tout premier rang des puissances, pensent les stratèges amĂ©ricains, par la combinaison de sa croissance Ă©conomique et de son indĂ©pendance gĂ©opolitique, et tout en conservant son modèle confucĂ©en Ă  l’abri du dĂ©mocratisme occidental, alors c’en est fini de l’AmĂ©rique-monde. Les AmĂ©ricains peuvent renoncer Ă  leur principe de DestinĂ©e manifeste (Principle of Manifest Destiny) de 1845 ainsi qu’au messianisme de leurs pères fondateurs, fondamentalistes biblistes ou franc-maçons.

Alors que l’URSS venait Ă  peine de s’effondrer, les stratèges amĂ©ricains orientèrent donc leurs rĂ©flexions sur la manière de contenir l’ascension de la Chine.

Sans doute comprirent-ils alors toute l’actualitĂ© du raisonnement de Mackinder. Les Anglo-Saxons avaient dĂ©truit le projet eurasiatique des Allemands, puis celui des Russes ; il leur fallait abattre celui des Chinois. Une nouvelle fois la Mer voulait faire pièce Ă  la Terre.

La guerre humanitaire et la guerre contre le terrorisme seraient les nouveaux prétextes servant à masquer les buts réels de la nouvelle grande guerre eurasiatique : la Chine comme cible, la Russie comme condition pour emporter la bataille.

La Chine comme cible parce que seule la Chine est une puissance capable de dĂ©passer l’AmĂ©rique dans le rang de la puissance matĂ©rielle Ă  un horizon de vingt ans. La Russie comme condition parce que de son orientation stratĂ©gique dĂ©coulera largement l’organisation du monde de demain : unipolaire ou multipolaire.

Face à la Chine, les Américains entreprirent de déployer une nouvelle stratégie globale articulée sur plusieurs volets :

•L’extension d’un bloc transatlantique Ă©largi jusqu’aux frontières de la Russie et Ă  l’ouest de la Chine.

•Le contrôle de la dépendance énergétique de la Chine.

•L’encerclement de la Chine par la recherche ou le renforcement d’alliances avec des adversaires sĂ©culaires de l’Empire du Milieu (les Indiens, les Vietnamiens, les CorĂ©ens, les Japonais, les TaĂŻwanais…).

•L’affaiblissement de l’Ă©quilibre entre les grandes puissances nuclĂ©aires par le dĂ©veloppement du bouclier anti-missiles.

•L’instrumentalisation des sĂ©paratismes (en Serbie, en Russie, en Chine, et jusqu’aux confins de l’IndonĂ©sie) et le remaniement de la carte des frontières (au Moyen-Orient arabe).

Washington a cru, dès 1990, pouvoir faire basculer la Russie de son cĂ´tĂ©, pour former un vaste bloc transatlantique de Washington Ă  Moscou avec au milieu la pĂ©riphĂ©rie europĂ©enne atlantisĂ©e depuis l’effondrement europĂ©en de 1945. Ce fut la phrase de George Bush père, lequel en 1989 appelait Ă  la formation d’une alliance « de Vladivostok Ă  Vancouver » ; en somme le monde blanc organisĂ© sous la tutelle de l’AmĂ©rique, une nation paradoxalement appelĂ©e, par le contenu mĂŞme de son idĂ©ologie, Ă  ne plus ĂŞtre majoritairement blanche Ă  l’horizon 2050.

L’extension du bloc transatlantique est la première dimension du grand jeu eurasiatique. Les AmĂ©ricains ont non seulement conservĂ© l’OTAN après la disparition du Pacte de Varsovie mais ils lui ont redonnĂ© de la vigueur : premièrement l’OTAN est passĂ© du droit international classique (intervention uniquement en cas d’agression d’un Etat membre de l’Alliance) au droit d’ingĂ©rence. La guerre contre la Serbie, en 1999, a marquĂ© cette transition et ce dĂ©couplage entre l’OTAN et le droit international. Deuxièmement, l’OTAN a intĂ©grĂ© les pays d’Europe centrale et d’Europe orientale. Les espaces baltique et yougoslave (Croatie, Bosnie, Kosovo) ont Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s Ă  la sphère d’influence de l’OTAN.

Pour Ă©tendre encore l’OTAN et resserrer l’Ă©tau autour de la Russie, les AmĂ©ricains ont fomentĂ© les rĂ©volutions colorĂ©es (GĂ©orgie en 2003, Ukraine en 2004, Kirghizstan en 2005), ces retournements politiques non violents, financĂ©s et soutenus par des fondations et des ONG amĂ©ricaines, lesquelles visaient Ă  installer des gouvernements anti-russes. Une fois au pouvoir, le prĂ©sident ukrainien pro-occidental demanda naturellement le dĂ©part de la flotte russe des ports de CrimĂ©e et l’entrĂ©e de son pays dans l’OTAN.

Quant au prĂ©sident gĂ©orgien il devait, dès 2003, militer pour l’adhĂ©sion de son pays dans l’OTAN et l’Ă©viction des forces de paix russes dĂ©diĂ©es depuis 1992 Ă  la protection des populations abkhazes et sud-ossètes.

Ă€ la veille du 11 septembre 2001, grâce Ă  l’OTAN, l’AmĂ©rique avait dĂ©jĂ  Ă©tendu fortement son emprise sur l’Europe. Elle avait renforcĂ© l’islam bosniaque et albanais et fait reculer la Russie de l’espace yougoslave.

Durant les dix premières annĂ©es post-Guerre froide, la Russie n’avait donc cessĂ© de subir les avancĂ©es amĂ©ricaines. Des oligarques souvent Ă©trangers Ă  l’intĂ©rĂŞt national russe s’Ă©taient partagĂ©s ses richesses pĂ©trolières et des conseillers libĂ©raux proamĂ©ricains entouraient le prĂ©sident Eltsine. La Russie Ă©tait empĂŞtrĂ©e dans le conflit tchĂ©tchène, remuĂ© largement par les AmĂ©ricains comme d’ailleurs l’ensemble des abcès islamistes. Le monde semblait s’enfoncer lentement mais sĂ»rement dans l’ordre mondial amĂ©ricain, dans l’unipolaritĂ©.

En 2000, un Ă©vĂ©nement considĂ©rable, peut-ĂŞtre le plus important depuis la fin de la Guerre froide (plus important encore que le 11 septembre 2001) se produisit pourtant : l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. L’un de ces retournements de l’histoire qui ont pour consĂ©quences de ramener celle-ci Ă  ses fondamentaux, Ă  ses constantes.

Poutine avait un programme très clair : redresser la Russie Ă  partir du levier Ă©nergĂ©tique. Il fallait reprendre le contrĂ´le des richesses du sous-sol des mains d’oligarques peu soucieux de l’intĂ©rĂŞt de l’Empire. Il fallait construire de puissants opĂ©rateurs pĂ©trolier (Rosneft) et gazier (Gazprom) russes liĂ©s Ă  l’Etat et Ă  sa vision stratĂ©gique. Mais Poutine ne dĂ©voilait pas encore ses intentions quant au bras de fer amĂ©ricano-chinois. Il laissait planer le doute.

Certains, dont je fais d’ailleurs partie puisque j’analysais Ă  l’Ă©poque la convergence russo-amĂ©ricaine comme passagère et opportune (le discours amĂ©ricain de la guerre contre le terrorisme interdisait en effet momentanĂ©ment la critique amĂ©ricaine Ă  propos de l’action russe en TchĂ©tchĂ©nie), avaient compris dès le dĂ©but que Poutine reconstruirait la politique indĂ©pendante de la Russie ; d’autres pensaient au contraire qu’il serait occidentaliste. Il lui fallait en finir avec la TchĂ©tchĂ©nie et reprendre le pĂ©trole. La tâche Ă©tait lourde. Un symptĂ´me Ă©vident pourtant montrait que Poutine allait reprendre les fondamentaux de la grande politique russe : le changement favorable Ă  l’Iran et la reprise des ventes d’armes Ă  destination de ce pays ainsi que la relance de la coopĂ©ration en matière de nuclĂ©aire civil.

Pourquoi alors l’accession de Poutine Ă©tait-elle un Ă©vĂ©nement si considĂ©rable ?

Sans apparaĂ®tre Ă  l’Ă©poque de manière Ă©clatante, cette arrivĂ©e signifiait que l’unipolaritĂ© amĂ©ricaine, sans la poursuite de l’intĂ©gration de la Russie Ă  l’espace transatlantique, Ă©tait dĂ©sormais vouĂ©e Ă  l’Ă©chec, et avec elle, par consĂ©quent, la grande stratĂ©gie visant Ă  briser la Chine et Ă  prĂ©venir l’Ă©mergence d’un monde multipolaire.

Au-delĂ  encore, nombre d’EuropĂ©ens ne perçurent pas immĂ©diatement que Poutine portait l’espoir d’une rĂ©ponse aux dĂ©fis de la compĂ©tition Ă©conomique mondiale fondĂ©e sur l’identitĂ© et la civilisation. Sans doute les AmĂ©ricains, eux, le comprirent-ils mieux que les EuropĂ©ens de l’Ouest. George Bush n’en fit-il pas l’aveu lorsqu’il avoua un jour qu’il avait vu en Poutine un homme habitĂ© profondĂ©ment par l’intĂ©rĂŞt de son pays ?

Le 11 septembre 2001 offrit pourtant l’occasion aux AmĂ©ricains d’accĂ©lĂ©rer leur programme d’unipolaritĂ©. Au nom de la lutte contre un mal qu’ils avaient eux-mĂŞmes fabriquĂ©, ils purent obtenir une solidaritĂ© sans failles des EuropĂ©ens (donc plus d’atlantisme et moins « d’Europe puissance »), un rapprochement conjoncturel avec Moscou (pour Ă©craser le sĂ©paratisme tchĂ©tchĂ©no-islamiste), un recul de la Chine d’Asie centrale face Ă  l’entente russo-amĂ©ricaine dans les rĂ©publiques musulmanes ex-soviĂ©tiques, un pied en Afghanistan, Ă  l’ouest de la Chine donc et au sud de la Russie, et un retour marquĂ© en Asie du Sud-est.

Mais l’euphorie amĂ©ricaine en Asie centrale ne dura que quatre ans. La peur d’une rĂ©volution colorĂ©e en OuzbĂ©kistan poussa le pouvoir ouzbek, un moment tentĂ© de devenir la grande puissance d’Asie centrale en faisant contrepoids au grand frère russe, Ă  Ă©vincer les AmĂ©ricains et Ă  se rapprocher de Moscou. Washington perdit alors, Ă  partir de 2005, de nombreuses positions en Asie centrale, tandis qu’en Afghanistan, malgrĂ© les contingents de supplĂ©tifs qu’elle ponctionne Ă  des Etats europĂ©ens incapables de prendre le destin de leur civilisation en main, elle continue de perdre du terrain face Ă  l’alliance talibano-pakistanaise, soutenue discrètement en sous-main par les Chinois qui veulent voir l’AmĂ©rique refoulĂ©e d’Asie centrale.

Les Chinois, de nouveau, peuvent espĂ©rer prendre des parts du pĂ©trole kazakh et du gaz turkmène et construire ainsi des routes d’acheminement vers leur Turkestan (le Xinjiang). PĂ©kin tourne ses espoirs Ă©nergĂ©tiques vers la Russie qui Ă©quilibrera Ă  l’avenir ses fournitures d’Ă©nergie vers l’Europe par l’Asie (non seulement la Chine mais aussi le Japon, la CorĂ©e du Sud, l’Inde…).

Le jeu de Poutine apparaĂ®t dĂ©sormais au grand jour. Il pouvait s’accorder avec Washington pour combattre le terrorisme qui frappait aussi durement la Russie. Il n’avait pas pour autant l’intention d’abdiquer quant aux prĂ©tentions lĂ©gitimes de la Russie : refuser l’absorption de l’Ukraine (car l’Ukraine pour la Russie c’est une nation sĹ“ur, l’ouverture sur l’Europe, l’accès Ă  la MĂ©diterranĂ©e par la mer Noire grâce au port de SĂ©bastopol en CrimĂ©e) et de la GĂ©orgie dans l’OTAN. Et si l’indĂ©pendance du Kosovo a pu ĂŞtre soutenue par les AmĂ©ricains et des pays de l’Union europĂ©enne, au nom de quoi les Russes n’auraient-ils pas le droit de soutenir celles de l’OssĂ©tie du Sud et de l’Abkhazie, d’autant que les peuples concernĂ©s eux-mĂŞmes voulaient se sĂ©parer de la GĂ©orgie ?

Mackinder avait donc raison. Dans le grand jeu eurasiatique, la Russie reste la pièce clĂ©. C’est la politique de Poutine, bien plus que la Chine (pourtant cible première de Washington car possible première puissance mondiale) qui a barrĂ© la route Ă  Washington. C’est cette politique qui lève l’axe Ă©nergĂ©tique Moscou (et Asie centrale)-TĂ©hĂ©ran-Caracas, lequel pèse Ă  lui seul ÂĽ des rĂ©serves prouvĂ©es de pĂ©trole et près de la moitiĂ© de celles de gaz (la source d’Ă©nergie montante). Cet axe est le contrepoids au pĂ©trole et au gaz arabes conquis par l’AmĂ©rique.

Washington voulait Ă©touffer la Chine en contrĂ´lant l’Ă©nergie. Mais si l’AmĂ©rique est en Arabie Saoudite et en Irak (1ère et 3e rĂ©serves prouvĂ©es de pĂ©trole), elle ne contrĂ´le ni la Russie, ni l’Iran, ni le Venezuela, ni le Kazakhstan et ces pays bien au contraire se rapprochent. Ensemble, ils sont dĂ©cidĂ©s Ă  briser la suprĂ©matie du pĂ©trodollar, socle de la centralitĂ© du dollar dans le système Ă©conomique mondial (lequel socle permet Ă  l’AmĂ©rique de faire supporter aux EuropĂ©ens un dĂ©ficit budgĂ©taire colossal et de renflouer ses banques d’affaires ruinĂ©es).

Nul doute que Washington va tenter de briser cette politique russe en continuant Ă  exercer des pressions sur la pĂ©riphĂ©rie russe. Les AmĂ©ricains vont tenter de dĂ©velopper des routes terrestres de l’Ă©nergie (olĂ©oducs et gazoducs) alternatives Ă  la toile russe qui est en train de s’Ă©tendre sur tout le continent eurasiatique, irriguant l’Europe de l’Ouest comme l’Asie. Mais que peut faire Washington contre le cĹ“ur Ă©nergĂ©tique et stratĂ©gique de l’Eurasie ? La Russie est une puissance nuclĂ©aire.

Les EuropĂ©ens raisonnables et qui ne sont pas trop aveuglĂ©s par la dĂ©sinformation des mĂ©dias amĂ©ricains, savent qu’ils ont plus besoin de la Russie qu’elle n’a besoin d’eux. Toute l’Asie en croissance appelle le pĂ©trole et le gaz russe et iranien.

Dans ces conditions et alors que la multipolaritĂ© se met en place, les EuropĂ©ens feraient bien de se rĂ©veiller. La crise Ă©conomique profonde dans laquelle ils semblent devoir s’enfoncer durablement conduira-t-elle Ă  ce rĂ©veil ? C’est la consĂ©quence positive qu’il faudrait espĂ©rer des difficultĂ©s pĂ©nibles que les peuples d’Europe vont endurer dans les dĂ©cennies Ă  venir.

Aymeric CHAUPRADE

Source du texte : Theatrum-Belli

sept 11 2009

Frappez là où ça fait mal !

Par Theodore Kaczynski

Le but de cet article est de souligner un principe très simple du conflit humain, un principe que les opposants au système techno-industriel semblent oublier. Le principe est que dans toute forme de conflit, si vous voulez gagner, vous devez frapper votre adversaire là où ça fait mal.

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Je dois expliquer que quand je parle de « frapper là où ça fait mal », je ne fais pas nécessairement allusion à des coups physiques ou à une forme de violence physique. Par exemple, dans un débat oral, « frapper là où ça fait mal » signifierait présenter les arguments auxquels la position de votre adversaire est la plus vulnérable. Dans une élection présidentielle, « frapper là où ça fait mal » signifierait remporter les Etats qui ont le plus de grands électeurs. Cependant, en discutant de ce principe, j’utiliserai l’analogie du combat physique, parce que c’est vivant et clair.

Si un homme vous donne un coup de poing, vous ne pouvez pas vous défendre en frappant son poing en retour, parce que vous ne pouvez pas toucher l’homme de cette manière. Pour gagner le combat, vous devez le frapper là où ça fait mal. Cela signifie que vous devez aller derrière le poing et frapper les parties sensibles et vulnérables du corps de l’homme. Supposez qu’un bulldozer appartenant à une société d’abattage commence à éventrer les bois près de chez vous et que vous vouliez le stopper. C’est la pelle du bulldozer qui éventre la terre et qui renverse les arbres, mais ce serait une perte de temps d’attaquer la pelle avec un marteau. Si vous passez une longue et dure journée à frapper la pelle avec le marteau, vous pouvez réussir à l’endommager suffisamment pour qu’elle soit hors d’usage. Mais en comparaison avec le reste du bulldozer, la pelle est relativement bon marché et facile à remplacer. La pelle est seulement le « poing » avec lequel le bulldozer attaque la terre. Pour vaincre la machine, vous devez aller derrière le « poing » et attaquer les parties vitales du bulldozer. Le moteur, par exemple, peut être abîmé avec une très faible dépense de temps et d’efforts, par des moyens bien connus de beaucoup de radicaux.

A ce point je dois dire clairement que je ne recommande pas à quiconque d’endommager un bulldozer (à moins qu’il ne lui appartienne en propre). Rien dans cet article ne doit non plus être interprété comme recommandant une activité illégale d’un genre quelconque. Je suis un prisonnier, et si j’encourageais l’activité illégale cet article ne pourrait même pas sortir de la prison. J’utilise l’analogie du bulldozer seulement parce qu’elle est claire et vivante et qu’elle sera appréciée par les radicaux.

2. LA TECHNOLOGIE EST LA CIBLE

Il est largement reconnu que « la variable de base qui détermine le processus historique contemporain est fourni par le développement technologique » (Celso Furtado). La technologie, plus que tout le reste, est responsable de l’état actuel du monde et contrôlera son développement futur. Ainsi, le « bulldozer » que nous devons détruire est la technologie moderne elle-même. Beaucoup de radicaux sont conscients de cela, et comprennent donc que leur tâche est d’éliminer tout le système techno-industriel. Mais malheureusement ils ont prêté peu d’attention à la nécessité de frapper le système là où ça fait mal.

Démolir des MacDonald’s ou des Starbuck’s est sans intérêt. Non pas que je me préoccupe de MacDonald’s ou de Starbuck’s. Je me fiche que quelqu’un les démolisse ou pas. Mais ce n’est pas une activité révolutionnaire. Même si toutes les chaînes de fast-food dans le monde étaient détruites, le système techno-industriel ne subirait qu’un dommage minimal en conséquence, puisqu’il pourrait facilement survivre sans les chaînes de fast-food. Quand vous attaquez MacDonald’s ou Starbuck’s, vous ne frappez pas là où ça fait mal

Il y a quelques mois, j’ai reçu une lettre d’un jeune homme du Danemark qui pensait que le système techno-industriel devait être éliminé parce que, comme il le disait, « Que se passera-t-il si nous continuons de cette manière ? ». Mais apparemment, sa forme d’activité « révolutionnaire » était de faire des raids contre des exploitations de fourrure. Comme moyen pour affaiblir le système techno-industriel, cette activité est totalement inutile. Même si les partisans de la libération animale réussissaient à éliminer complètement l’industrie de la fourrure, ils ne feraient pas du tout de tort au système, parce que le système peut continuer parfaitement bien sans fourrures.

Je suis d’accord que garder des animaux sauvages dans des cages est intolérable, et que mettre fin à de telles pratiques est une noble cause. Mais il y a beaucoup d’autres nobles causes, comme empêcher les accidents de la circulation, fournir des refuges aux sans-abri, faire du recyclage, ou aider les personnes âgées à traverser la rue. Pourtant personne n’est assez stupide pour prendre celles-ci pour des activités révolutionnaires, ou pour imaginer qu’elles font quelque chose pour affaiblir le système.

3. L’INDUSTRIE DU BOIS EST UNE QUESTION SECONDAIRE

Pour prendre un autre exemple, personne ne pense raisonnablement qu’une chose comme la vraie nature sauvage puisse survivre très longtemps si le système techno-industriel continue à exister. Beaucoup de radicaux environnementaux reconnaissent que c’est le cas et espèrent l’effondrement du système. Mais tout ce qu’ils font en pratique, c’est d’attaquer l’industrie du bois.

Je n’ai certainement pas d’objection à leur attaque contre l’industrie du bois. En fait, c’est une question qui me tient à cœur et je me réjouis de tout succès que les radicaux peuvent obtenir contre l’industrie du bois. De plus, pour des raisons que je dois expliquer ici, je pense que l’opposition à l’industrie du bois devrait être une composante des efforts pour renverser le système.

Mais en soi, attaquer l’industrie du bois n’est pas un moyen efficace de travailler contre le système, car même au cas improbable où les radicaux réussissaient à stopper tout l’abattage du bois partout dans le monde, cela n’abattrait pas le système. Et cela ne sauverait pas la nature sauvage pour toujours. Tôt ou tard le climat politique changerait et l’abattage reprendrait. Même si l’abattage ne reprenait jamais, il y aurait d’autres actions par lesquelles la nature sauvage serait détruite, ou bien domptée et domestiquée sinon détruite. L’exploitation minière et minérale, les pluies acides, les changements de climat, et l’extinction des espèces détruisent la nature sauvage ; la nature sauvage est domptée et domestiquée à travers les loisirs, les études scientifiques et la gestion des ressources, incluant entre autres choses le marquage électronique des animaux, le remplissage des rivières avec du poisson d’élevage artificiel, et la plantation d’arbres génétiquement modifiés.

La nature sauvage ne peut être sauvée pour toujours qu’en éliminant le système techno-industriel, et vous ne pouvez pas éliminer le système en attaquant l’industrie du bois. Le système survivrait aisément à la mort de l’industrie du bois parce que les produits en bois, bien que très utiles au système, peuvent si nécessaire être remplacés par d’autres matériaux. Par conséquent, quand vous attaquez l’industrie du bois, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal. L’industrie du bois est seulement le « poing » (ou l’un des poings) avec lequel le système détruit la vie sauvage, et, comme dans un combat de boxe, vous ne pouvez pas gagner en frappant le poing. Vous devez aller derrière le poing et frapper les organes les plus sensibles et les plus vitaux du système. Par des moyens légaux, bien sûr, comme les protestations pacifiques.

4. POURQUOI LE SYSTEME EST SOLIDE

Le système techno-industriel est exceptionnellement solide du fait de sa soi-disant structure « démocratique » et de sa flexibilité résultante. Parce que les systèmes dictatoriaux tendent à être rigides, les tensions et les résistances sociales peuvent être accrues jusqu’au point où elles endommagent et affaiblissent le système et peuvent conduire à la révolution. Mais dans un système « démocratique », quand la tension et la résistance sociales s’accroissent dangereusement, le système recule suffisamment et fait suffisamment de compromis pour ramener les tensions à un niveau acceptable.

Pendant les années 60, les gens devinrent pour la première fois conscients que la pollution environnementale était un problème grave, notamment parce que la saleté visible et nauséabonde dans l’air de nos grandes villes commençait à déranger physiquement les gens. Il y eut suffisamment de protestations pour qu’une Agence de Protection de l’Environnement soit créée et que d’autres mesures soient prises pour alléger le problème. Bien sûr, nous savons tous que nos problèmes de pollution sont très, très loin d’être résolus. Mais suffisamment de choses ont été faites pour que les plaintes du public diminuent et que la pression sur le système soit réduite pour un certain nombre d’années.

Ainsi, attaquer le système revient à frapper un morceau de caoutchouc. Un coup de marteau peut briser de la fonte, parce que la fonte est rigide et cassante. Mais vous pouvez taper sur un morceau de caoutchouc sans l’endommager parce qu’il est flexible : il cède devant la protestation, juste assez pour que la protestation perde sa force et son élan. Ensuite le système rebondit. Donc, pour frapper le système là où ça fait mal, vous devez sélectionner les questions sur lesquelles le système ne cédera pas, pour lesquelles il combattra jusqu’au bout. Car ce qu’il vous faut, ce n’est pas un compromis avec le système, mais une lutte à mort.

5. IL EST INUTILE D’ATTAQUER LE SYSTEME DU POINT DE VUE DE SES PROPRES VALEURS

Il est absolument essentiel d’attaquer le système non pas du point de vue de ses propres valeurs orientées vers la technologie, mais du point de vue de valeurs qui soient incompatibles avec les valeurs du système. Tant que vous attaquez le système du point de vue de ses propres valeurs, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal, et vous permettez au système de dégonfler les protestations en cédant, en reculant.

Par exemple, si vous attaquez l’industrie du bois essentiellement pour la raison que les forêts sont nécessaires pour préserver les ressources en eau et les opportunités de loisirs, alors le système peut céder du terrain pour désamorcer les protestations sans compromettre ses propres valeurs : les ressources en eau et les loisirs sont pleinement cohérentes avec les valeurs du système, et si le système recule, s’il restreint l’abattage du bois au nom des ressources en eau et des loisirs, alors il fait seulement une retraite tactique et ne subit pas une défaite stratégique pour son code de valeurs.

Si vous faites campagne sur les questions de persécution (comme le racisme, le sexisme, l’homophobie ou la pauvreté), vous ne contestez pas les valeurs du système et vous n’obligez même pas le système à reculer ou à faire des compromis. Vous aidez directement le système. Les défenseurs les plus sages du système reconnaissent tous que le racisme, le sexisme, l’homophobie et la pauvreté sont néfastes pour le système, et c’est pourquoi le système lui-même travaille à combattre ces formes de persécution et les formes similaires.

Les « ateliers clandestins », avec leurs bas salaires et leurs conditions de travail misérables, peuvent apporter des profits à certaines sociétés, mais les défenseurs avisés du système savent très bien que le système dans son ensemble fonctionne mieux quand les travailleurs sont traités décemment. En soulevant la question des ateliers clandestins, vous aidez le système, vous ne l’affaiblissez pas.

De nombreux radicaux cèdent à la tentation de se concentrer sur des questions non-essentielles comme le racisme, le sexisme et les ateliers clandestins parce que c’est facile. Ils choisissent une question sur laquelle le système peut se permettre de faire un compromis et pour laquelle ils obtiendront le soutien de gens comme Ralph Nader, Winona LaDuke, les syndicats, et tous les autres réformateurs roses. Peut-être que le système, sous la pression, reculera un peu, les activistes verront quelque résultat visible après leurs efforts, et ils auront l’illusion satisfaisante d’avoir accompli quelque chose. Mais en réalité ils n’ont rien accompli du tout pour l’élimination du système techno-industriel.

La question de la mondialisation n’est pas complètement sans rapport avec le problème de la technologie. L’ensemble des mesures économiques et politiques appelé « mondialisation » promeut la croissance économique et, par conséquent, le progrès technologique. Cependant, la mondialisation est une question d’importance marginale et une cible plutôt mal choisie de la part des révolutionnaires. Le système peut se permettre de céder du terrain sur la question de la mondialisation. Sans abandonner la mondialisation en tant que telle, le système peut prendre des mesures pour atténuer les conséquences environnementales et économiques de la mondialisation, de manière à désamorcer les protestations. Au besoin, le système pourrait même se permettre d’abandonner complètement la mondialisation. La croissance et le progrès continueraient tout de même, seulement à un rythme un peu moins rapide.

Et quand vous combattez la mondialisation, vous n’attaquez pas les valeurs fondamentales du système. L’opposition à la mondialisation est motivée par le désir d’assurer des salaires décents aux travailleurs et de protéger l’environnement, ce qui est complètement cohérent avec les valeurs du système (le système, pour sa propre survie, ne peut pas se permettre de laisser la dégradation environnementale aller trop loin). Par conséquent, en combattant la mondialisation vous ne frappez pas le système là où ça fait vraiment mal. Vos efforts peuvent promouvoir des réformes, mais ils sont inutiles pour le but de renverser le système techno-industriel.

6. LES RADICAUX DOIVENT ATTAQUER LE SYSTEME SUR LES POINTS DECISIFS

Pour travailler efficacement à l’élimination du système techno-industriel, les révolutionnaires doivent attaquer le système sur les points où il ne peut pas se permettre de céder du terrain. Ils doivent attaquer les organes vitaux du système. Bien sûr, quand j’utilise le mot « attaquer », je ne fais pas référence à une attaque physique mais seulement aux formes légales de protestation et de résistance.

Voici quelques exemples d’organes vitaux du système :

A. L’industrie électrique. Le système est totalement dépendant de son réseau électrique.

B. L’industrie des communications. Sans communications rapides, comme le téléphone, la radio, la télévision, les E-mails, et ainsi de suite, le système ne pourrait pas survivre.

C. L’industrie électronique. Nous savons tous que sans les ordinateurs le système s’effondrerait immédiatement.

D. L’industrie de la propagande. L’industrie de la propagande inclut l’industrie des divertissements, le système éducatif, le journalisme, la publicité, les relations publiques, et la plus grande partie de la politique et de l’industrie psychiatrique. Le système ne peut pas fonctionner si les gens ne sont pas suffisamment dociles et conformistes et s’ils n’ont pas les attitudes que le système a besoin qu’ils aient. C’est la fonction de l’industrie de la propagande d’enseigner aux gens ce genre de pensée et de comportement.

E. L’industrie de la biotechnologie. Le système n’est pas encore (autant que je sache) physiquement dépendant de la biotechnologie avancée. Néanmoins, le système ne peut pas se permettre de céder sur la question de la biotechnologie, qui est une question d’une importance critique pour le système, comme je l’exposerai dans un moment.

Encore une fois : quand vous attaquez ces organes vitaux du système, il est essentiel de ne pas les attaquer du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système. Par exemple, si vous attaquez l’industrie électrique pour la raison qu’elle pollue l’environnement, le système peut désamorcer les protestations en développant des méthodes plus propres pour générer l’électricité. Si la situation se détériorait, le système pourrait même passer entièrement à la puissance éolienne et solaire. Cela pourrait faire beaucoup pour réduire les dommages environnementaux, mais cela ne mettrait pas fin au système techno-industriel. Cela ne représenterait pas non plus une défaite pour les valeurs fondamentales du système.

Pour accomplir quelque chose contre le système, vous devez attaquer toute génération de puissance électrique par question de principe, pour la raison que la dépendance vis-à-vis de l’électricité rend les gens dépendants du système. C’est un motif incompatible avec les valeurs du système.

7. LA BIOTECHNOLOGIE EST PEUT-ETRE LA MEILLEURE CIBLE POUR L’ATTAQUE POLITIQUE

La cible la plus prometteuse pour l’attaque politique est probablement l’industrie de la biotechnologie. Bien que les révolutions soient généralement réalisées par des minorités, il est très utile d’avoir un certain degré de soutien, de sympathie, ou du moins d’acquiescement de la part de la population générale.

Obtenir ce genre de soutien ou d’acquiescement est l’un des buts de l’action politique. Si vous concentriez votre attaque politique, par exemple, sur l’industrie électrique, il serait extrêmement difficile d’obtenir un soutien en dehors d’une minorité radicale, parce que la plupart des gens résistent au changement de leur mode de vie, spécialement à un changement qui les dérange.

Pour cette raison, peu de gens seraient prêts à abandonner l’électricité. Mais les gens ne se sentent pas encore dépendants de la biotechnologie avancée comme ils le sont de l’électricité. Eliminer la biotechnologie ne changera pas radicalement leurs vies. Au contraire, il serait possible de montrer aux gens que le développement continu de la biotechnologie transformera leur mode de vie et anéantira des valeurs humaines séculaires. Ainsi, pour contester la biotechnologie, les radicaux doivent être capables de mobiliser en leur faveur la résistance humaine naturelle au changement.

Et la biotechnologie est une question sur laquelle le système ne peut pas se permettre de perdre. C’est une question sur laquelle le système devra combattre jusqu’au bout, ce qui est exactement ce dont nous avons besoin. Mais – pour le répéter une fois de plus – il est essentiel d’attaquer la biotechnologie non pas du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système.

Par exemple, si vous attaquez la biotechnologie essentiellement pour la raison qu’elle peut nuire à l’environnement, ou que les aliments génétiquement modifiés peuvent être nuisibles à la santé, alors le système peut amortir et amortira votre attaque en cédant du terrain ou en faisant un compromis – par exemple, en introduisant une surveillance accrue de la recherche génétique, ou bien des tests et des règlements plus rigoureux pour les organismes génétiquement modifiés. L’anxiété des gens diminuera alors et les protestations s’affaibliront.

8. TOUTE LA BIOTECHNOLOGIE DOIT ETRE ATTAQUEE PAR PRINCIPE

Ainsi, au lieu de protester contre les conséquences négatives de la biotechnologie, vous devez attaquer toute la biotechnologie moderne par principe, pour des motifs tels que : (a) qu’elle est une insulte à toutes les choses vivantes ; (b) qu’elle place trop de pouvoir dans les mains du système ; (c) qu’elle transformera radicalement les valeurs humaines fondamentales qui ont existé pendant des milliers d’années ; et des motifs similaires qui sont incompatibles avec les valeurs du système.

En réponse à ce genre d’attaque, le système devra résister et combattre. Il ne peut pas se permettre d’amortir votre attaque en reculant d’une manière importante, parce que la biotechnologie est trop centrale pour toute l’entreprise du progrès technologique, et parce qu’en reculant le système ne ferait pas seulement une retraite tactique, mais subirait une défaite stratégique majeure pour son code de valeurs. Ces valeurs seraient minées et la porte serait ouverte à d’autres attaques politiques qui saperaient les fondations du système.

Maintenant il est vrai que la Chambre des Représentants des USA a récemment voté pour interdire le clonage des êtres humains, et au moins quelques membres du Congrès ont même donné de bonnes raisons pour agir ainsi. Les raisons que j’ai lues étaient exprimées en termes religieux, mais quoi que vous puissiez penser des termes religieux impliqués, ces raisons n’étaient pas des raisons technologiquement acceptables. Et c’est ce qui compte.

Ainsi, le vote du Congrès sur le clonage humain fut une véritable défaite pour le système. Mais ce fut seulement une très, très petite défaite, à cause de la faible portée de l’interdiction – seule une partie infime de la biotechnologie fut affectée – et parce que dans le futur proche le clonage des êtres humains serait de peu d’usage pratique pour le système de toute façon. Mais l’action de la Chambre des Représentants suggère que cela pourrait être un point vulnérable du système, et qu’une plus large attaque contre toute la biotechnologie pourrait infliger des dommages sévères au système et à ses valeurs.

9. LES RADICAUX N’ATTAQUENT PAS ENCORE EFFICACEMENT LA BIOTECHNOLOGIE

Certains radicaux attaquent la biotechnologie, politiquement ou physiquement, mais autant que je sache ils expliquent leur opposition à la biotechnologie du point de vue des valeurs du système. C’est-à-dire que leurs principales plaintes concernent les risques de dommages environnementaux et de dommages pour la santé. Et ils ne frappent pas l’industrie de la biotechnologie là où ça fait mal.

Pour utiliser une fois de plus l’analogie du combat physique, supposez que vous deviez vous défendre contre une pieuvre géante. Vous ne pourriez pas la combattre efficacement en coupant le bout de ses tentacules. Vous devez la frapper à la tête. D’après ce que j’ai lu sur leurs activités, les radicaux qui travaillent contre la biotechnologie ne font pour l’instant rien de plus que de couper le bout des tentacules de la pieuvre. Ils tentent de persuader les fermiers ordinaires, individuellement, de s’abstenir de planter des semences génétiquement modifiées.

Mais il y a des milliers de fermes en Amérique, donc ce travail de persuasion individuelle des fermiers est un moyen extrêmement inefficace pour combattre les manipulations génétiques. Il serait beaucoup plus efficace de persuader les chercheurs impliqués dans un travail de biotechnologie, ou les cadres de sociétés comme Monsanto, de quitter l’industrie de la biotechnologie. Les chercheurs de haut niveau sont des gens qui ont des talents particuliers et une formation poussée, donc ils sont difficiles à remplacer. La même chose est vraie des cadres supérieurs des sociétés. Persuader seulement quelques-uns de ces gens de quitter la biotechnologie causerait plus de tort à l’industrie de la biotechnologie que de persuader un millier de fermiers de ne pas planter des semences génétiquement modifiées.

10. FRAPPEZ LA OU ÇA FAIT MAL

La discussion est ouverte quant à savoir si j’ai raison de penser que la biotechnologie est la meilleure question sur laquelle attaquer le système politiquement. Mais il est hors de doute que les radicaux gaspillent aujourd’hui la plus grande partie de leur énergie sur des questions qui ont peu ou pas d’importance pour la survie du système technologique. Et même lorsqu’ils s’attaquent aux vraies questions, les radicaux ne frappent pas là où ça fait mal. Donc au lieu de se précipiter au prochain sommet du commerce mondial pour exprimer leur colère contre la mondialisation, les radicaux devraient passer un peu de temps à réfléchir sur la manière de frapper le système là où ça fait vraiment mal. Par des moyens légaux, bien sûr.

Theodore Kaczynski

Les oeuvres complètes de Theodore Kaczynski sont disponibles aux Editions Xénia

sept 07 2009

Le capitalisme en crise a besoin d’un conflit militaire majeur

Pour Jean-Loup Izambert, journaliste indépendant et écrivain, qui publie son septième ouvrage  sous le titre de Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée, la crise du capitalisme est devenue totale. Contrairement aux déclarations de certains économistes et politiciens, il affirme qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Pour l’auteur de la seule investigation journalistique sur les origines de la crise, le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre. Quelle alternative pour les peuples ? Entretien.

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Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s’est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité ?

Jean-Loup Izambert : C’est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l’économie contrôlent l’économie et tentent de l’imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. C’est ce qu’ils ont toujours fait avec la seule préoccupation de s’enrichir et de faire main basse sur les richesses des peuples au seul profit des sociétés transnationales qu’ils dirigent. Mais parvenu au stade de l’impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d’un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu’ils cumulent. Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.

Geostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesses ?

J-L.I. : Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. L’augmentation des richesses conduit-elle à l’enrichissement des peuples ? Non. Au niveau mondial 103 200 personnes, pour la plupart propriétaires privés de l’économie, détiennent un patrimoine financier de plus de 30 millions de dollars, hors résidence principale et biens de consommation. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, que plus les richesses se concentrent entre quelques mains plus la misère s’accroît dans les sociétés mais également que ce phénomène touche aujourd’hui le cœur même de l’Occident capitaliste qui s’en croyait à l’abri. Selon les chiffres du fisc étasunien, à la veille de l’aggravation de la crise 60 millions de personnes « vivaient » aux Etats-Unis avec moins de sept dollars par jour. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires, la situation est analogue dans la petite Europe de Maastricht de 20 millions de chômeurs où 80 millions de citoyens – soit quand même 16% de ses 495 millions d’habitants – courent un risque de pauvreté, 17 millions sont répertoriées comme « très pauvres » et 70 millions d’autres n’ont pas accès à un logement décent selon les propres statistiques publiées par la Commission européenne et d’autres organismes « européens ». Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation.

Les dirigeants bourgeois organisent le déficit des nations

Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I.: De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. Les provocations répétées à coups de campagnes médiatiques contre la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, la République Islamique d’Iran ou d’autres mais aussi le soutien à des dictatures comme en Irak après avoir ravagé le pays par la guerre, dans plusieurs pays d’Afrique ou l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan sont des illustrations de la tentation totalitaire du capitalisme. L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées élues – par exemple, avec la volonté de tenter de supprimer les communes ou les départements en France ou en réduisant le rôle du Parlement -, « dépénalisation du droit des affaires » qui a pour conséquence de laisser faire le pillage de la nation par les grands propriétaires privés de l’économie, retrait du rôle de l’Etat dans ses fonctions essentielles de la santé, de l’éducation, du logement, du développement économique et de l’emploi, engagement dans des guerres et occupations de pays contre l’intérêt des peuples.

Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?

J-L.I. : Comme je l’ai dit, la crise est liée à la nature même du capitalisme. Elle prend une ampleur que n’a jamais connue le système alors que le pouvoir politique n’a cessé de border son lit. Par exemple l’actuel président français s’était engagé lors de sa campagne électorale à mettre en oeuvre une politique de plein emploi. Mais l’explosion du chômage et de la misère que nous connaissons aujourd’hui n’est pas le fait de la seule crise. Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité. Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre.

Un exemple : les sociétés transnationales qui auraient dû payer plus de 33 milliards d’euros d’impôts pour la seule année 2006 en ont réglé 6,1 milliards avec la bénédiction de l’Etat ! Dans le même temps, ces entreprises qui ne créent pratiquement pas d’emplois, organisent des plans de licenciements, exportent une partie de leurs bénéfices pour échapper à l’impôt ont reçu de l’Etat 65 milliards d’euros d’aides de toutes sortes et bénéficié de milliards d’euros d’exonérations fiscales. Pour vous donner une idée, sur deux années, cela représente environ 130 milliards d’euros soit pratiquement l’équivalent du budget annuel européen pour la période 2007-2013 ou le montant du déficit record du budget de la France fin 2009 contre 56,3 milliards en 2008. La dette publique de la France atteint aujourd’hui des sommets en se situant, selon l’INSEE, à 1413,6 milliards d’euros pour le premier trimestre 2009 soit 72,9% du Produit Intérieur Brut (montant des richesses créées dans un pays sur une année entière). De même, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale qui ont déjà été payés par les salariés aux entreprises et les consommateurs mais ne sont toujours pas reversés à l’organisation de solidarité nationale par le grand patronat.

Voilà comment le gouvernement organise les déficits. Quand le Président de la République et les ministres de l’Intérieur qui se succèdent affirment « qu’il n’y a pas de zone de non droit » en ciblant la jeunesse amputée d’avenir qui se révolte, ils se moquent ouvertement du monde. Les premières zones de non droit se situent au sein même de structures de l’Etat et elles sont le fait de leur politique qui conduit le pays à la ruine ! Ce n’est qu’un aspect qui explique aussi la violence du système vis-à-vis de toutes les résistances qu’il rencontre et de celles qui en découlent de manière plus générale dans les rapports sociaux.

Geopolitique : La violence est donc liée à la fin du système ?

J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Elle se manifeste par le rejet brutal de millions d’hommes et de femmes du système de production, leur mise à l’écart de la vie sociale, du logement, de la santé, de la culture. Elle se manifeste également par la destruction de pans entiers de l’économie, de régions et de pays comme en Yougoslavie, en Irak, en Palestine, en Amérique centrale ou en Afrique où les derniers « rois-nègres » ne doivent leur trône qu’à la corruption débridée de transnationales et, parmi d’autres, au pouvoir élyséen. Le capitalisme est un système criminel qui a fait la prospérité d’une caste de milliardaires sur la mort de centaines de millions d’êtres humains, sur les souffrances les plus atroces des peuples sur tous les continents par la famine, la surexploitation, le colonialisme, la guerre. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis. Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?!

Une exigence de destruction

Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?

J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste. Des pays comme la Fédération de Russie, la République Populaire de Chine, Cuba, le Venezuela révolutionnaire du président Hugo Chavez, le Brésil, la République démocratique du Vietnam ou d’autres comme la République Islamique d’Iran sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses – historiques, politiques, culturelles, économiques – moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société.

Quelques français comme le Président du groupe Crédit Agricole Société Anonyme, un commissaire aux comptes ou un important cabinet d’avocats d’affaires parisien ont refusé de débattre de la situation et de répondre à des questions portant sur l’évolution de l’activité de leur secteur professionnel dans le contexte actuel. La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux. C’est le cas du président Etienne Pflimlin du groupe bancaire mutualiste Crédit Mutuel-CIC, de Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, l’une des plus importantes sociétés de conseil aux actionnaires, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, l’un des plus importants instituts financiers du Canada de forme coopérative, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter au Canada qui est conseil international en organisation d’entreprise, de l’Institut Canadien des Comptables Agréés faute de trouver un européen qui daigne répondre à de simples questions de droit sur la transparence de gestion et la validité des comptes des transnationales, du réseau SWIFT spécialisé dans les transactions internationales, d’un syndicaliste de la CGT fin connaisseur du monde bancaire ou encore de magistrats comme Jean de Maillard, spécialisé dans les nouvelles formes de criminalité financière, des avocats d’affaires et bien entendu des responsables du mouvement Coopératif international.

La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -, la transmission aux lecteurs de leur expérience comme de leurs idées et de leurs propres travaux permet de dresser un tableau aussi précis que possible de la situation actuelle pour mieux comprendre les origines et mettre en exergue les responsables de la crise. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social. Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.

Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?

J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons l’exemple de la France. En 1981, lors des élections présidentielles puis des élections législatives qui ont suivi, le peuple français a eu l’occasion de choisir entre la continuité du système symbolisée par les partis conservateurs et la rupture que proposait à l’époque le Parti Communiste Français avec le Programme commun de gouvernement des forces de gauche auquel était associé le Parti Socialiste et les radicaux de gauche. Ce Programme commun de gouvernement était lui-même l’aboutissement d’années d’engagement des communistes français pour ouvrir une voie nouvelle dans la construction d’une démocratie avancée. Ce programme venait en effet après plusieurs grandes campagnes nationales du PCF et l’élaboration et la diffusion du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. Pour la préparation de celui-ci les militants communistes ont mené à l’époque de grandes campagnes d’information, de débats, collecté sur plusieurs mois avec « les cahiers de la misère » le vécu et les espoirs du peuple dans les campagnes, les quartiers, les usines, les universités. Tout cela a permis d’aider les gens dans leurs problèmes quotidiens – par exemple en s’opposant aux licenciements dans des entreprises qui réalisaient des profits ou à empêcher des saisies-expulsions – tout en débattant avec eux des changements à mettre en œuvre pour une nouvelle politique nationale.

Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand ». Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne. Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire.

Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte. Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence. Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes. Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie.

La priorité est à l’action sur des propositions révolutionnaires

Geostrategie : La responsabilité serait-elle uniquement le fait d’un peuple ignorant de la chose politique et de sa propre histoire ou plus préoccupé par ses « petits problèmes » que du devenir de la société et de la planète ?

J-L.I. : Non, bien évidemment. La crise n’incite pas à la réflexion et à l’action. Les médias qui sont la propriété privée des milliardaires par banques et sociétés de communication interposées jouent un rôle important dans la désinformation et l’abrutissement des masses. Le fait qu’un navet comme le film « Bienvenue chez les Chtis » soit élevé au rang de succès cinématographique ou que des foules honorent comme un dieu la mort d’un pantin médiatique comme Michael Jackson qui, en dehors du fait qu’il n’a rien apporté d’essentiel à la musique, se droguait, couchait avec des petits enfants et s’était fait tirer et blanchir la peau pour ne plus être noir en dit assez long sur le niveau culturel d’une frange des sociétés occidentales. Nous sommes bien loin des grands musiciens et chanteurs comme King Oliver, Sindey Bechet, Count Basie, Louis Armstrong, Ray Charles, Otis Redding ou d’autres dont les musiques populaires traversent les générations ! Ce n’est qu’un aspect des conséquences des batailles que se livrent les transnationales étasuniennes, européennes et japonaises pour le contrôle des grands moyens de communication, des groupes de presse aux satellites en passant par les majors du cinéma. Sans doute le peuple sortira-t-il de son hibernation politique lorsque nous passerons de « Qui veut gagner des millions ? » à « Qui va partir à la guerre ? »…

Depuis les années quatre-vingt, les dirigeants du PCF ont commis de lourdes erreurs stratégiques. Comme s’ils n’avaient pas compris les leçons du passé, ils continuent de rechercher des alliances électorales avec d’autres partis réformistes au lieu de privilégier des propositions pour éveiller les consciences, organiser de grands débats nationaux sur les questions essentielles et rassembler dans l’action avec audace. Lorsqu’un parti ou un mouvement posera des questions comme « Comment contrôler le système bancaire et financier ? », « Quelle organisation bancaire et financière pour l’économie ? », « Quelles mesures pour la gestion démocratique des entreprises ? » ou « Comment rendre à l’assemblée du peuple sa représentation nationale ? », questions dont les réponses sont essentielles pour s’engager dans une rupture avec le système, alors la société commencera à s’éveiller. Et dans l’immédiat, il ne faut pas compter sur les états-majors syndicaux qui sont surtout préoccupés de canaliser le mécontentement afin d’éviter les grandes colères qui commencent à gronder.

Il est particulièrement lamentable de voir des représentants syndicaux négocier la diminution du nombre de licenciés dans des entreprises en pleine santé financière quand ceux-ci devraient non seulement appeler à la lutte pour le maintien et le développement de l’emploi, exiger des licencieurs l’ouverture des comptes de l’entreprise et se battre pour des droits nouveaux afin de participer à leur gestion. Dites-moi un peu à quoi servent les comités d’entreprises quand des salariés découvrent du jour au lendemain des plans de licenciements prévus de longue date ?! Avez-vous remarqué comment le mouvement radical de séquestration de responsables de ces plans de licenciements né à la base a été enrayé ? Ce type d’action très intéressant a pratiquement disparu des journaux télévisés et autres du jour au le demain. Dans l’immédiat, entre des partis dits progressistes sans propositions révolutionnaires et des syndicats au minimum compatissants, le pouvoir des « compteurs de petits pois », pour reprendre la formule d’Hervé Sérieyx, ne pouvait pas mieux espérer.

Geostrategie : Est-ce à dire que la situation est politiquement bloquée et qu’il sera difficile de sortir de la crise ?

J-L.I. : L’idée selon laquelle il pourrait y avoir sortie de crise sans sortie du système qui l’engendre est une hérésie. Autant vouloir soigner une grippe sans tuer son virus. Cette chimère ne vise, une nouvelle fois, qu’à berner le peuple en lui faisant croire que l’avenir sera meilleur s’il accepte de nouvelles mesures antisociales comme par exemple le report de l’âge de la retraite à 65 ans. Ce n’est que la suite logique du « travailler plus pour gagner plus » développé par l’UMP. Il n’y aura pas de sortie de crise pour la simple raison que le capitalisme ne peut plus être aménagé. Vous avez pu remarquer combien les médias des puissances financières se font silencieux tant sur l’origine de la crise, ses conséquences générales et son extension dans d’autres pays. Il faut surtout éviter que les masses prennent conscience de l’ampleur des dégâts comme des responsables de la situation pour mieux les enfermer dans la fatalité et le renoncement à la lutte.

Nous ne sommes plus en démocratie

Geostrategie : Cela signifie-t-il que l’appauvrissement continu de la société va se poursuivre de manière plus brutale au détriment de l’intérêt général et au seul profit des grands propriétaires privés de l’économie ?

J-L.I. : Oui. Nous entrons dans une nouvelle période où le chômage s’accroît de manière considérable et où des millions de citoyens supplémentaires sont écartés du droit de vivre dignement de leur travail, où la collectivité humaine déjà menacée va encore s’appauvrir tandis que le clan des grands propriétaires privés de l’économie va continuer de s’enrichir. Selon le World Wealth Report publié par la banque d’affaires étasunienne Merrill Lynch et Cap Gemini « la croissance de la richesse des grands fortunes financières privées devrait être de 7,7% par an pour atteindre 59100 milliards de dollars à l’horizon 2012 ». Voilà des gens qui sont, eux, dispensés de l’allongement de la durée du travail comme de l’effort national que les gouvernements occidentaux tentent d’imposer aux peuples pour leur faire payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Deux options se présentent : la continuité du système et la guerre ou la révolution.

La première hypothèse va se traduire par un renforcement du caractère autoritaire du pouvoir politique, dernier stade de l’impérialisme avant la dictature et la guerre, la guerre économique conduisant toujours à la guerre totale. C’est ce à quoi nous assistons en France comme dans la plupart des pays capitalistes. Le pouvoir politique devient plus autoritaire, toutes les libertés sont graduellement réduites sous prétexte de prévention, de sécurité et d’ordre, les assemblées élues sont amoindries dans leur pouvoir de décision et d’intervention, qu’il s’agisse des collectivités, des comités d’entreprise et autres. A ce stade, la bourgeoisie dispose encore des moyens de diviser le peuple en favorisant des « faux-nez » d’opposition comme le Parti Socialiste en France et en introduisant dans la vie politique des courants rétrogrades dont elle sait qu’ils contribueront à jeter le trouble dans la bataille d’idées. C’est le cas du mouvement Vert ou prétendument écologiste qui a germé sur une conséquence du capitalisme – la détérioration de l’environnement humain par les transnationales – et grandit sur son fumier sans remettre en cause le système, les causes profondes de cette détérioration.

Geostrategie : Pourtant le mouvement écologiste dénonce la destruction de l’environnement ?

J-L.I. : Bien sûr et le Parti Socialiste dit vouloir s’opposer à la politique du Premier ministre de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Mais vous pouvez dénoncer tout ce que vous voulez, cela ne gêne nullement la bourgeoisie du moment que vous ne vous en prenez pas à l’essentiel, à la cause, à l’origine de cette destruction : son pouvoir politique et celui des puissances financières, son système et son mode de gestion des entreprises et des sociétés humaines. Le discours de ces écologistes opposés, par exemple, à la maîtrise et au développement de l’énergie nucléaire rappelle ces mentalités arriérées qui accusaient dans les années 1830 les premiers trains à vapeur de répandre la tuberculose dans les campagnes. Quant à la LCR-NPA, quelle que soit ses changements de nom, cette organisation a toujours contribué à diviser et affaiblir le mouvement populaire avec une phraséologie pseudo-révolutionnaire et elle doit être combattue comme telle. Elle est du reste complètement absente des mobilisations ouvrières contre la crise.

La question du Front National

Geostrategie : Et le Front National ?

J-L.I. : Il en va un peu de même pour le Front National qui dénonce les puissances financières mais dont le programme politique n’envisage aucune mesure économique radicale pour mettre un terme à leur domination et contraindre les maîtres de l’économie à rendre gorge. Contrairement aux campagnes de ce parti, ce ne sont pas les immigrés qui sont responsables du chômage. Je parle bien entendu de l’immigration qui vient travailler en France avec une qualification, s’y former dans le cadre de contrats avec des entreprises ou des universités ou y est présente depuis plusieurs génération et non de l’immigration clandestine issue de l’aggravation de la misère qui déserte son combat national pour changer l’ordre des choses. Cette dernière, la plupart du temps inculte, sans formation, analphabète, parfois trafiquante au-lieu d’être parquée dans des camps de rétention aux frais des contribuables devrait être reconduite aux frontières sans atermoiements. Essayez donc comme français de vous rendre clandestinement, « sans papiers », dans un pays d’Afrique ou même en Albanie pour juger de l’hospitalité qui vous sera réservée…

Ce qui coûte cher à la France c’est le grand patronat qui attire et utilise cette main d’ouvre bon marché et inculte pour briser le tissu social et les avancées démocratiques qui sont autant d’obstacles à son enrichissement. Et quand cela lui est insuffisant, il délocalise les entreprises, comme le groupe Michelin, pour faire du chômage en France et produire à moindre coût et bien souvent à qualité inférieure dans des pays à la main d’œuvre corvéable à merci. Je le rappelle : 350 millions d’enfants sont actuellement surexploités par les transnationales à travers le monde ! Je rappelle également, puisque personne n’en parle, que le grand patronat français a reçu près de 65 milliards d’euros de subventions de l’Etat tout en bénéficiant de 8,5 milliards d’euros d’exonérations fiscales, de 25 milliards d’euros au titre d’une ribambelle de prêts bonifiés et de la baisse du coût du travail, etc. Dans le même temps l’Etat ne budgétisait que 6 milliards d’euros pour le logement et 5 pour une justice qui se situe déjà parmi les derniers pays d’Europe par son budget !…

Ce qui coûte cher à la France, c’est le grand patronat, le chômage qu’il fabrique et son organisation corrompue, le Medef. Le Front National ne reconnaît pas la lutte des classes, condition essentielle du combat pour l’émancipation humaine, raison pour laquelle il ne pourra pas mener jusqu’au bout le combat qu’il prétend mener, ce qui ne veut pas dire qu’il n’aurait pas un rôle à jouer. Mais pour prétendre être « front » et « national » sans doute faudrait-il qu’il se réfère plus à l’avenir qu’au passé dans son discours et ses propositions et que ses militants n’hésitent pas à se trouver aux côtés des travailleurs en lutte pour la défense de leur avenir au lieu de pratiquer un discours antisyndical d’un autre âge. Quand le Front National désignera pour cible le clan des milliardaires qui pille la France au lieu des immigrés qui contribuent à l’enrichir par leur travail, quand ce parti proposera et appellera à la lutte pour nationaliser la haute finance, rendre à la nation ce qui lui appartient, développer la démocratie directe, alors celui-ci commencera à être crédible comme « front national ». Cette logique s’inscrirait d’ailleurs dans la lignée de ses propositions pour une «Europe des peuples » par opposition à « l’Europe des banques ».

Pour l’heure il reste enfermé dans un discours anticommuniste, antisyndical, anti-fonctionnaire et s’accroche aux oripeaux du système comme l’église catholique – je parle bien entendu de l’institution et non de la croyance, même si je suis athée – et s’oppose ainsi à tout grand rassemblement national sur des propositions de rupture. Imaginez la force que représenteraient le rassemblement et la mobilisation des organisations – partis politiques, syndicats, associations, etc. – agissant de concert sur des objectifs communs de rupture, chacun conservant, bien évidemment, son identité. Un Front National ouvert, démocratique, aux propositions novatrices, en prise avec la société en lutte pourrait jouer ce rôle de rassembleur. Après chacun prendra ses responsabilités de l’accompagner ou non sur les objectifs en question mais la clarté serait faite dans la société sur qui défend réellement l’intérêt général des français. Pourquoi le Front National ne soutient-il pas les travailleurs qui séquestrent les licencieurs dans des entreprises en bonne santé pour exiger des droits nouveaux dans les entreprises ? Visiblement, les propositions de changement font défaut et se limitent plutôt aux périodes électorales qu’au vécu quotidien des français. Bien entendu le rejet du Front National par la classe politique est injustifiable.

Mais pour une part, il porte la responsabilité de cette situation en ne désignant pas les vrais responsables de la crise et en restant enfermé dans un carcan droitier et populiste qui l’empêche, pour partie, de prétendre à devenir national et populaire. Des dirigeants trop souvent issus de partis bourgeois ou à « l’idéologie de reclus » s’identifient par leur propos et leur image plus aux forces du passé qu’à une force porteuse d’avenir et de changement radical. Même si aucune perspective de changement réelle n’existe à l’heure actuelle, la grande bourgeoisie est très préoccupée par la réduction de son assise populaire. Plusieurs faits en attestent comme ses tentatives répétées de faire voter plusieurs fois les peuples ou de remplacer un vote populaire sur des questions qui engagent toute la nation par celui du Parlement lorsque leurs votes ne lui conviennent pas, la tentative de se fabriquer des circonscriptions sur mesure, etc. Nous ne sommes plus en démocratie…

Les forces vives de la nation absentes du Parlement

Geostrategie : …Parlement dont les membres sont pourtant élus par le peuple ?

J-L.I. : Oui, mais les Parlements ne représentent plus vraiment les peuples dans les pays occidentaux et leurs élus nationaux sont de plus en plus coupés des citoyens. Je n’évoque même pas le cas du Sénat français qui est une assemblée inutile et coûteuse qui devra être supprimée afin de renforcer les moyens et l’efficacité de l’assemblée des représentants de la nation. Si vous vous intéressez à la composition de l’Assemblée Nationale française, vous constaterez que sur les 577 députés, ne figure qu’un seul député issu de la classe ouvrière, le député communiste Maxime Gremetz, et un seul salarié agricole, le député des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle qui est technicien agricole. Quant aux artisans, la « première entreprise de France », selon leur slogan, ne compte que deux élus ! Par contre vous trouvez vingt-deux « sans profession déclarée » parmi lesquels dix-neuf UMP, la plupart fils et filles de petits bourgeois, quinze permanents politiques, tous de l’UMP et du PS, qui faute de faire métier ont fait carrière dans la fonction d’élu et n’ont jamais participé aux forces vives de la nation, trente-huit avocats et, toutes catégories confondues, 184 fonctionnaires dont l’essentiel n’est pas représentatif de la fonction publique, exception faite des enseignants qui forme le gros de cette troupe avec les hauts fonctionnaires. Dans les faits, ce Parlement français n’est pas représentatif de la société française dans sa composition socioprofessionnelle.

Les forces vives, classe ouvrière en tête, celles qui font le pays et connaissent les problèmes du quotidien, les drames de la vie sont quasiment absentes du lieu où se décident les lois ! Où sont les ouvriers, les marins-pêcheurs, les paysans, les ingénieurs, cadres et techniciens ? Ceux qui font vivre la France dans ce qu’elle a d’essentiel, de généreux, de génie créateur délèguent en masse leur voix et leur pouvoir à de petits bourgeois et à des politiciens carriéristes qui, une fois élus, ont tôt fait de les oublier ! De plus, le mode de scrutin ne permet pas une véritable représentation du peuple. L’Assemblée Nationale française est bien moins démocratique dans sa composition et son fonctionnement que la Douma en Fédération de Russie dans laquelle tous les partis ayant obtenus un minimum de suffrages sont représentés. En France, lors du premier tour des élections législatives de juin 2007, l’UMP s’est attribué 98 députés avec 10,28 millions de suffrages alors qu’il en a fallu 6,43 millions au Parti Socialiste pour en obtenir un seul ! Quant au PCF et au Front National ils n’en obtenaient aucun avec un peu plus de 1,11 millions chacun ! Le propos n’est pas de savoir si l’on est d’accord ou pas avec la politique proposée par ces partis mais de constater que le mode de scrutin ne permet pas une représentation équitable des courants de pensée de notre société. Le second tour de scrutin avec ses alliances opportunistes et politiciennes ne fait qu’aggraver la situation en excluant des millions d’électeurs de leurs choix et de la représentation nationale. Faute de proportionnelle intégrale, un français sur trois n’est pas représenté au Parlement.

Geostrategie : S’il n’y a pas grand-chose à attendre des partis politiques et des assemblées élues, comment les citoyens peuvent-ils modifier le cours des choses ?

J-L.I. : La démocratie est d’abord ce que les citoyens en font. Ils peuvent intervenir auprès des maires des communes, généralement plus accessibles pour changer la donne sur des problèmes locaux mais également auprès des députés pour des questions qui relèvent de la politique nationale. Les citoyens peuvent très bien se grouper et agir sur des objectifs de rupture avec le système – par exemple, refuser tout licenciement dans les entreprises qui font des profits, s’opposer aux délocalisations, exiger la construction de nouveaux logements, l’embauche de professeurs pour les écoles, de personnels pour les hôpitaux, les services postaux, etc. – et obliger leurs élus à s’engager sur leurs revendications, à leur rendre des comptes sur leurs votes dans les assemblées, ce qui ne sa fait pratiquement plus. Mais les questions fondamentales du passage à une démocratie politique avancée et du contrôle des grands moyens de production, de financement et d’échange reste toujours à conquérir. D’une manière générale, de mon point de vue, les luttes sociales demeurent encore bien en retrait dans leur contenu et leur combativité pour faire front aux attaques dont le monde du travail est l’objet.

Mais l’entreprise reste le cœur des batailles à venir : c’est là que les salariés doivent agir pour obtenir de nouveaux droits leur permettant de participer à la gestion et de bénéficier des bons résultats auxquels ils contribuent. Dans les faits comme l’explique Hervé Sérieyx dans mon livre, « il s’agit de passer du « personnel-instrument » au service de l’organisation à « l’organisation-instrument » au service des personnes. » Il s’agit de cheminer d’une organisation d’entreprise destinée à gérer la docilité à une organisation qui suscite chez chacun de ses membres le désir d’y devenir un acteur engagé. La route est difficile mais les partis politiques classés habituellement comme « progressistes » ont failli à leur tâche. Il ne suffit pas que le monde capitaliste s’écroule pour qu’une nouvelle société prenne le relais. L’émancipation du peuple sera l’œuvre du peuple lui-même et à ce jour l’absence d’un courant révolutionnaire important fait défaut pour éclairer les citoyens sur des propositions de rupture avec le système finissant. C’est l’outil qui manque pour favoriser cette transformation politique et sociale. Le peuple est égaré, ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas en attente ou demandeur de solutions pour changer la vie.

Des premières mesures d’un gouvernement révolutionnaire

Geostrategie : Quelle seraient les premières mesures que devrait prendre un gouvernement révolutionnaire ?

J-L.I. : Le pouvoir devra immédiatement stopper toutes transactions financières internationales le temps de procéder immédiatement à la nationalisation de la Banque de France et du secteur bancaire et financier, exception faite des sociétés coopératives de banque qui présentent dans leurs principes de critères de gestion démocratiques. L’un des premiers objectifs du nouveau pouvoir devrait également consister à donner de nouveaux droits aux sociétés coopératives, tout particulièrement afin que leurs sociétaires disposent des moyens réels de faire respecter les principes de gestion par les dirigeants quand ce n’est pas le cas. La banque et la finance sont le cœur de l’activité économique et c’est d’abord là que des mesures nationales et radicales doivent être prises avant d’envisager par la suite une action de proposition plus importante au niveau européen et international, à l’ONU par exemple ou par d’autres organisations internationales.

De même, il devra formuler dans un second temps des propositions pour changer ces vieux outils du capitalisme (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce, etc.) Sur ces points, le gouvernement de Vladimir Poutine de la Fédération de Russie peut permettre d’avancer rapidement puisqu’il est déjà prêt à agir, à proposer et à soumettre au débat des solutions. Il ne faut pas perdre de vue que les mesures qui permettraient d’envisager un avenir meilleur sont également valables pour tous les peuples. Parler de la « réglementation de la vie économique » ou de « réguler les marchés financiers » comme le président français et ses homologues occidentaux en passant sous silence la nationalisation du secteur bancaire et financier ou la gestion démocratique des entreprises, en ne s’attaquant pas aux puissances financières c’est tromper les gens en discourant sur des promesses que l’on est décidé à l’avance à ne pas tenir. Comment peut-on prétendre contrôler et réglementer l’économie sans contrôler et réglementer les banques, le cœur de la vie économique, sans unifier la « comptabilité financière » de l’Etat ?!

Geostrategie : Mais la nationalisation démocratique des banques est une opération difficile qui prendra du temps ?

J-L.I. : C’est l’idée que distillent dans l’opinion les milliardaires avec leurs médias qui ont pardessus tout peur de perdre ainsi la maîtrise de l’économie et leurs privilèges. Dans les faits cette opération qui ne présente pas de grande difficulté sur le plan technique peut aller très vite. L’individu qui aura 1500 euros sur son livret d’épargne comme celui qui possédera 15 millions d’euros sous forme d’actions, d’obligations ou autre garderont chacun ce qu’ils possèdent après la nationalisation. Ceux qui propagent l’idée inverse sont uniquement motivés par le fait d’entretenir la confusion entre nationalisation et confiscation des biens privés pour protéger leurs privilèges. Dans un premier temps, le nouveau pouvoir devra surtout voter des lois favorisant la démocratie dans les entreprises par de nouveaux droits pour la gestion et l’élection des dirigeants sur la base de leur formation, de leur compétence et de leur expérience. Les sociétés coopératives seront des outils précieux pour insuffler la démocratie dans l’économie. Comme vous avez pu le lire, je mets en valeur dans mon livre la contribution importante des sociétés coopératives au mouvement pour la gestion démocratique des entreprises en comparant leurs principes de gestion et leur vécu avec les critères des sociétés classiques ou capitalistes si vous préférez. C’est un chantier immense, ardu et passionnant.

Geostrategie : Qu’est-ce qui changerait si une telle mesure était mise en œuvre ?

J-L.I. : Disons que nous ouvririons la porte de la rupture avec le capitalisme en donnant aux acteurs de l’économie, et en premier lieu à la classe ouvrière et à ses alliés qui font fructifier le Capital par leur travail, des ouvriers des chantiers aux analystes financiers, les moyens de définir et contrôler la marche des entreprises auxquelles ils sont associés, la possibilité de s’intéresser à leur organisation, d’intervenir pour participer à leur transformation. Ce serait le début d’un long mouvement d’émancipation, d’appel aux intelligences, d’appropriation de l’économie par tous ses acteurs au profit de l’intérêt général. Par exemple, concernant les banques, comme j’en fais la démonstration dans mon livre avec l’intervention de spécialistes de la comptabilité des grandes entreprises, aucun contrôle effectif de ces établissement n’est actuellement réellement possible tant les capitalistes jouent sur des procédés extrêmement complexes et subtils pour en établir les bilans, les faire « contrôler », fonder des structures dans des places off shore, éviter l’impôt, spéculer à hauts risques avec des produits financiers ultrasophistiqués. Pourquoi avoir tant de banques qui offrent les mêmes produits financiers quand leur réunion en une seule – exception faite des banques coopératives où se trouvent en germe les principes d’une gestion authentiquement démocratique -, laissant à chacun ce qu’il possède, permettrait le contrôle réel du mouvement des capitaux au profit de l’intérêt général ? Cette nationalisation démocratique accompagnée de la démocratisation des coopératives permettrait à l’Etat de savoir où et comment circulent les capitaux, au profit de qui et de les faire revenir à l’économie réelle sous contrôle populaire. Ce serait un véritable poumon d’oxygène pour la société toute entière quand on sait qu’un niveau mondial les pertes annuelles de recettes fiscales par les gouvernements du monde provenant du seul évitement fiscal – fraude et blanchiment non compris – sont estimées à plus de 255 milliards de dollars.

Geostrategie : Les banques ont déjà été nationalisées ainsi que des sociétés transnationales. Pourtant rien n’a vraiment beaucoup changé à l’époque ?

J-L.I. : C’est exact et c’est la raison pour laquelle j’insiste sur l’aspect démocratique que devront avoir les nationalisations. Il ne s’agit pas de remplacer des dirigeants de droite par des dirigeants de gauche à la tête de ces entreprises pour que ceux-ci les gèrent de manière identique, comme des « compteurs de petits pois », sur la base de seuls critères financiers de profit maximum immédiat avec des hiérarchies bardées de pré carré, des atteintes répétées aux libertés démocratiques, une opacité de gestion et de trucage des comptes incompatibles avec la démocratie. Les dirigeants auront à mettre en œuvre immédiatement les décrets et lois du pouvoir révolutionnaire donnant de nouveaux droits aux salariés pour qu’ils puissent intervenir complètement dans la gestion, mettre un terme au détournement d’une partie des bénéfices par les dirigeants actuels des entreprises des secteurs clés de l’économie, démocratiser toutes les fonctions jusqu’à changer l’entreprise, faire que l’entreprise soit un outil au service de ses acteurs et de son environnement et non l’inverse comme aujourd’hui. C’est une étape décisive qui implique une élévation quantitative et qualitative de la conscience de ses acteurs mais également de l’environnement des professionnels qui l’accompagnent dans sa création et son développement : commissaires aux comptes, auditeurs, experts comptables, etc. Sans cela les nationalisations resteront lettre morte et deviendront, comme nous l’avons connu, des « étatisations ». C’est la raison pour laquelle ces grandes orientations du pouvoir pour aller vers une démocratie avancée doivent s’accompagner de ce que Pierrre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, la principale société de conseil aux actionnaires, appelle « les petits pas ». Ainsi qu’il l’explique, il faudra initier des réformes plus modestes et locales qui vont dans le bon sens.

Geostrategie : Par exemple ?

J-L.I. : Par exemple d’abord décourager le grégaire et encourager la diversité d’opinion dans les marchés en mettant fin aux conflits d’intérêts des établissements financiers des groupes lors des opérations de marché. Comme le souligne Pierre-Henry Leroy, « ceci impose de recourir à des experts vraiment indépendants et non pas, comme aujourd’hui, payés et nommés par les intéressés. Une définition précise des conflits d’intérêts, des interdictions et des sanctions s’imposent. » Ou encore abolir les règlements qui alourdissent l’épanouissement de l’économie au profit de l’intérêt général, ce qui est d’autant plus facilement envisageable à partir du moment où ses acteurs disposent des moyens légaux et culturels favorisant leur intervention.

La seule issue pacifique à la crise : une révolution nationale et radicale

Geostrategie : Mais les économies étant aujourd’hui très liées d’un pays à l’autre avec la mondialisation capitaliste, pensez-vous qu’il soit possible de tenir tête aux dispositions européennes, aux règlements internationaux et aux pressions qui ne manqueraient pas de s’exercer sur une seule nation qui s’engagerait dans cette voie de rupture ?

J-L.I. : Votre question porte sur un point essentiel : le soutien du peuple à des réformes radicales. Un changement social de cette ampleur ne peut être le fait d’une seule avant-garde, aussi éclairée soit-elle. Si celle-ci est nécessaire pour formuler des propositions, porter le niveau de conscience à la hauteur des mesures indispensables, ouvrir le débat sur les questions essentielles, seul un grand soutien populaire à celles-ci peut permettre de rompre avec la situation actuelle, quelle que soit la voie de transition choisie par le peuple, électorale ou non. Le passage de la République du Venezuela d’un Etat sous domination étasunienne à un Etat démocratique, indépendant et progressiste est l’un des exemples les plus intéressants à étudier de notre époque. Toutes les attaques menées contre le gouvernement révolutionnaire du Venezuela, de l’intérieur par le grand patronat et les éléments conservateurs de l’église catholique et de l’extérieur par les Etats-Unis et d’autres pays avec certaines associations plus ou moins liées aux services étasuniens n’ont pu empêcher le processus de rupture de suivre son cours.

Aujourd’hui le pays s’engage sur la construction d’une société socialiste en faisant l’apprentissage d’une authentique démocratie directe. Les secteurs clés de l’économie ont été nationalisés, les capitaux qui s’exportaient dans la poche de gros actionnaires étasuniens sont aujourd’hui injectés dans la modernisation des entreprises et des régions, des dizaines de milliers de coopératives se sont créées dans tous les domaines de l’activité économique et le pays se modernise au profit de ses citoyens. Ce qui paraissait impensable à une grande majorité du peuple se réalise aujourd’hui avec son soutien actif. Pourquoi cela a-t-il été possible malgré les accords régionaux, les règlements internationaux et les pressions de toutes sortes, jusqu’à des tentatives de coup d’Etat orchestrées par les Etats-Unis ? Parce que le peuple a su se constituer une avant-garde révolutionnaire exemplaire en bien des domaines, se rassembler, se mobiliser et le rester sur ses objectifs principaux de transformation politique et sociale radicale. Vos comprenez face à ces succès pourquoi le Venezuela révolutionnaire n’existe pratiquement pas dans les médias occidentaux. Le gouvernement français devrait se souvenir qu’il a plus besoin du Venezuela que le Venezuela n’a besoin de la France.

Geostrategie : Est-il possible de faire une telle révolution nationale et radicale en France ?

J-L.I. : Bien évidemment et c’est même la seule issue pacifique pour sortir de la crise et rompre avec le système actuel. Il est envisageable d’organiser en France le contrôle de toute la vie économique, d’opérer sa « réglementation » en la « débureaucratisant », de faire retourner à l’économie les capitaux que les capitalistes évitent de l’impôt et du développement des entreprises sans qu’il leur soit possible de dissimuler des biens et des revenus. Il n’y a nul besoin d’un appareil spécial de l’Etat puisque les salariés et les directeurs pourraient réaliser eux-mêmes la fusion immédiate de toutes les banques capitalistes en quelques semaines, par exemple sous l’autorité du ministère des Finances avec des congrès de travail réunissant les professionnels, cadres-dirigeants, représentants des propriétaires du Capital, salariés, syndicats, associations de consommateurs, etc. par banque, par région et nationalement. Il est évident que ceux qui s’y opposeraient ou feraient traîner les choses en longueur pour se livrer à des opérations malhonnêtes de dernière minute et entraver le processus de rupture en seraient exclus. Les avantages de la nationalisation du secteur bancaire seraient décisifs pour les PME, les collectivités et le peuple entier qui pourrait ainsi s’approprier les richesses qu’il crée et lui échappent. Un gouvernement qui arriverait au pouvoir avec la volonté de rompre avec le capitalisme ne peut être que nationaliste et radical.

Être nationaliste, cela veut dire donner la priorité à l’intérêt général de la communauté de territoire, de langue et de culture à laquelle on appartient. Concernant les accords régionaux ou internationaux que vous évoquiez, la petite Europe de Maastricht n’est pas un problème puisque pour ceux qui en doutaient l’expérience montre, à moins d’être complètement aveugle, qu’elle n’est qu’une organisation au service des grandes banques et des gros propriétaires privés de l’économie. Elle ne pouvait par conséquent résoudre aucun problème, quel qu’il soit, dans les sociétés qui la composent, qu’il s’agisse d’économie, de social, de culture, de liberté, de démocratie ou de droits de l’Homme. Vous remarquerez du reste que les promesses faite sur cette construction européenne par les dirigeants bourgeois et socialistes sur la fin du chômage, l’ouverture des marchés, le développement des entreprises, la solidarité entre les peuples, les libertés n’ont jamais vu le jour et que c’est même le contraire qui s’est produit. Je dresse dans mon livre un descriptif de la situation de cette petite Europe en m’appuyant sur des documents de synthèse de ses propres organismes peu connus du public. Il apparaît que celle-ci, dont les dirigeants sont si prompts à donner des leçons à d’autres peuples, est en recul sur tous les fronts. Il faut se préparer dès maintenant à construire l’Europe des peuples de Dublin à Vladivostock qui donnera la priorité aux qualités et à l’identité de chaque peuple par la recherche de coopérations mutuellement avantageuses, mettra un terme à la bureaucratie de Bruxelles engendrée par les puissances financières. Cela veut dire rompre avec l’actuelle « construction européenne », avec le traité de Maastricht et ceux qui ont suivi. Etre radical c’est avoir conscience que la classe dominante – la grande bourgeoisie – s’accrochera au pouvoir et à ses privilèges par tous les moyens et que seules des mesures radicales bénéficiant d’un fort soutien populaire permettront de la contraindre à respecter les lois nouvelles, de la renvoyer dans ses foyers et de rompre avec son système.

Le capitalisme a besoin de la guerre pour survivre

Geostrategie : La démocratie est-elle possible dans l’entreprise et tout particulièrement dans des sociétés transnationales à l’organisation complexe ?

J-L.I. : Je montre dans mon livre comment la gestion des sociétés coopératives se distingue – du moins dans celles dont les principes de gestion sont respectés – des entreprises classiques. Les entreprises coopératives sont des exemples de gestion à partir du moment où ses acteurs font respecter leurs critères de gestion par les dirigeants qu’ils élisent. Cela fonctionne dans de grandes banques comme le Crédit Mutuel en France ou le Mouvement des caisses Desjardins au Canada et peut donc très bien se mettre en place dans des PME. Chacun doit avoir conscience de la gravité de la situation car le système a aujourd’hui besoin de la guerre pour subsister. Le général russe Leonid Ivashov a mis en garde à plusieurs reprises contre la volonté des Etats-Unis de déclencher un conflit militaire majeur…

Geostrategie : …Vous voulez dire une troisième guerre mondiale ?

J-L.I. : Je dis « conflit militaire majeur » c’est-à-dire pouvant entraîner rapidement plusieurs pays dans des conflits bien plus graves que la guerre contre l’Irak ou contre la République fédérative de Yougoslavie. C’est du reste ce qu’ont tenté les Etats-Unis en foulant le droit international et en tentant de constituer une alliance de guerre contre l’Irak en passant outre l’ONU. Les Etats-Unis sont en pleine faillite, leur dette financière n’est plus remboursable et ne peut plus qu’être remise. Comme le rappelle le général Ivashov dans mon livre, tout se qui se trouve aux Etats-Unis – industries, immeubles, technologies de pointe, etc. – a été hypothéqué plus de dix fois partout dans le monde et nous sommes au bord d’un krach du système financier international sur le dollar étasunien. Le général Ivashov, qui est vice-président de l’Académie russe des problèmes géopolitiques, estime que « les banquiers mondiaux » en faillite ont besoin d’un événement de force majeure de proportions mondiales pour s’en sortir ». Selon son analyse, « l’importance des événements à venir est réellement épique. (…) Les conflits régionaux comme ceux déclenchés contre la Yougoslavie, l’Irak et l’Afghanistan ne donnent que des effets à court terme. Ils ont besoin de quelque chose de beaucoup plus important et ce besoin est urgent ». Les Etats-Unis et leurs sujets anglo-saxons n’ont pas réussi à entraîner les pays occidentaux dans leur croisade contre l’Irak. Ils tentent aujourd’hui de renouveler leur opération contre l’Afghanistan et la République Islamique d’Iran avec l’OTAN et vont de provocation en provocation pour tenter de renverser le régime légitime du peuple Iranien.

Au nom de quoi l’Occident serait-il à l’abri des guerres qu’il provoque ?

Geostrategie : Est-ce à dire que les conflits régionaux actuels peuvent gagner en ampleur ?

J-L.I. : Malheureusement l’heure est à la guerre et les dirigeants occidentaux en portent la responsabilité. Ils font régulièrement la démonstration de leur recherche d’un conflit majeur, pour sauver leur système en faillite. Ils multiplient les provocations médiatiques, économiques et armées de manière répétée contre plusieurs Etats depuis quelques années. Par exemple, les dirigeants Français mènent des opérations militaires hors frontières contre des peuples (Comores, Afrique, Albanie, Kosovo, Bosnie, Afghanistan, etc.) avec une structure militaire, le Commandement des Opérations Spéciales dont le siège est basé à Villacoublay (Yvelines) en région parisienne, la plupart du temps sans consultation du Parlement. L’armée n’est plus au service de la défense du pays tous azimuts mais des besoins des sociétés transnationales et des guerres étasuniennes. Il semble que le président Sarközy de Nagy-Bocsa n’ait pas compris que le retour en puissance sur la scène internationale de la Fédération de Russie, de la République Populaire de Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine et centrale mette un terme aux schémas idéologiques et aux alliances des années soixante-dix. Les français peuvent du reste interpeller leurs députés sur ces opérations militaires en se servant de mon livre puisque celles-ci vont leur coûter en 2009 plus d’un milliard d’euros avec l’invasion et l’occupation de l’Afghanistan. Aujourd’hui, le mot d’ordre des militants nationalistes et révolutionnaires doit être « Troupes françaises hors d’Afrique ! », « Troupes françaises hors d’Afghanistan ! » L’action doit se développer afin d’entraver par tous les moyens le fonctionnement des troupes d’invasion et les centres nerveux des Etats qui participent à ces opérations militaires meurtrières dans lesquelles périssent de nombreux civils. Le temps de la guerre qui se déroule à plusieurs heures d’avion des capitales occidentales sans répercussions pour l’agresseur est révolu.

Geostrategie : Selon vous ces conflits sont donc susceptibles aujourd’hui d’avoir des répercussions en Occident même ?

J-L.I. : Les occidentaux doivent comprendre que les bombes qu’ils lâchent sur les autres peuples, que l’uranium appauvri que les armées étasuniennes, françaises et anglaises n’ont pas hésité à utiliser en 1991 lors de la guerre du Golfe, puis en Bosnie en 1995, puis encore contre la Serbie en 1999, puis à nouveau contre l’Irak en 2003 avec les conséquences dramatiques pour les êtres humains et l’environnement peut aussi se répandre au cœur de leurs propres villes, de leurs repaires économiques, financiers et militaires. Comme le rapporte le contre-amiral Claude Gaucherand, à l’hôpital pour enfants de Bassorah, en Irak, l’une des plus modernes maternité du monde arabo-musulman avant la guerre, où naissaient 12000 enfants par an, les femmes qui accouchent ne disent plus « fille ou garçon » mais « monstre ou être humain ? » Les cas de leucémie ont été multipliés par 13 et les cancers par 6 en douze ans et ces chiffres ne font qu’augmenter. Il faut également savoir que le plus moderne institut de production de vaccins du Proche-Orient qui fût créé dans les années 1980 par une coopération de l’Irak avec les établissements Mérieux a été détruit par l’ONU et ses envoyés de l’UNISCOM avec des conséquences dramatiques pour les populations et les animaux bien au-delà de l’Irak et de sa région. L’utilisation de telles armes comme le déclenchement des guerres sans consultation du Parlement fait des dirigeants de l’époque des criminels de guerre. Donnez-moi une seule raison qui justifierait que les populations occidentales soient à l’abri des guerres offensives qu’elles laissent financer avec leurs deniers par leurs dirigeants et leurs représentants sans sourciller ? Les bombes ne seraient-elles bonnes que pour les enfants Serbes, Palestiniens, Irakiens, Africains ou Afghans ? Ce temps là est bien fini.

Les fraudeurs ne sont pas à Téhéran mais à l’UMP

Geostrategie : Les politiciens et médias occidentaux parlent de « dictature » et de « révolution manquée » contre le régime de Téhéran, menaçant d’intervenir pour la protection des droits de l’Homme. Quel est votre avis sur l’évolution de la situation en Iran ?

J-L.I. : Premièrement, le peuple Iranien a réélu le président Ahmadinedjad avec une écrasante majorité, bien plus large que celle que le peuple français a donnée au président français lors de l’élection présidentielle de 2006. Permettez-moi de souligner au passage que l’élection du président français ne respecte même pas la loi qui prévoit qu’aucun citoyen ne peut porter de nom autre que celui exprimé dans son acte de naissance, à savoir pour ce fils d’émigrés juifs hongrois, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Visiblement, « de Nagy-Bocsa » est resté de l’autre côté de la frontière du bulletin de vote. Ensuite, je ne pense pas que le président français et son parti, l’UMP, dont une ribambelle d’élus ont vu leur élection annulée dans différents scrutins parce qu’ils avaient triché – Serge Dassault le « jeune » sénateur-maire UMP de 84 ans de Corbeil-Essonne, fabricant d’armes, a été déclaré inéligible pour un an par le Conseil d’Etat et accusé d’avoir acheté des voix ! – soient en mesure de donner des leçons de démocratie électorale à l’Iran. Ils le sont d’autant moins que d’autres élus de l’UMP ont été également déboutés de leur tentative de remettre en cause plusieurs résultats de scrutin au prétexte que ceux-ci ne leur étaient pas favorables. Le parti des fraudeurs n’est pas à Téhéran mais bien en France. L’UMP est d’ailleurs coutumier de «putsch » contre le peuple et la démocratie.

Geostrategie : « Putsch » contre la démocratie, c’est-à-dire ?

J-L.I. : Je rappelle que le 23 mars 1999, les représentants des dix-neuf pays de l’OTAN ont déclenché les frappes aériennes contre la République Fédérative de Yougoslavie sans consultation des parlements. Puis, ils ont violé une nouvelle fois la Constitution française en 2001 quand le Premier ministre « socialiste » Lionel Jospin a, d’un commun accord avec le président UMP Jacques Chirac, décidé de participer à l’invasion et à l’occupation de l’Afghanistan. Depuis les choses n’ont fait que s’aggraver et les opérations militaires extérieures pèsent de plus en plus lourdement dans le budget de l’Etat. J’ajoute que la France participe au soutien de dictatures sur le continent Africain où elle n’a rien à faire et dont elle ne conteste du reste pas les élections de dirigeants, réellement truquées celles-ci. Et voilà qu’aujourd’hui, avec leurs homologues de la petite Europe de Maastricht, ils s’entendent pour faire revoter les Irlandais qui se sont prononcés majoritairement contre le traité de Lisbonne et dont le vote ne leur convient pas ! Et ce sont ces dirigeants français qui ont la prétention de donner des leçons de démocratie à l’Iran ? Ce n’est pas sérieux. Cette réalité n’est que celle d’une classe sociale, la grande bourgeoisie, qui s’accroche au pouvoir par tous les moyens, jusqu’à la guerre, pour sauvegarder ses privilèges

Un fait dont personne ne parle

Geostrategie : Les reproches formulés au gouvernement iranien par les dirigeants occidentaux procèdent-ils de la volonté de chercher un conflit majeur ? S’agit-il d’une opération concertée ?

J-L.I. : Oui. Plusieurs éléments prouvent que nous assistons à une tentative de déstabilisation du gouvernement Iranien réparée de longue date par les services étasuniens avec la collaboration de membres de services occidentaux et sionistes. La stratégie est la même que celle employée pour la prétendue « révolution orange » en Ukraine ou dans d’autres pays comme la Géorgie avec d’autres couleurs et d’autres valets. Vous retrouvez derrière ces « candidats de la liberté » les mêmes associations financées par des annexes des services étasuniens, les mêmes bailleurs de fonds, les mêmes campagnes médiatiques spontanées avec manifestations, pancartes, mots d’ordre en anglais, provocations, etc. Malheureusement les occidentaux, tous particulièrement les étasuniens, les anglais et les français, devront se faire à l’idée que le président Ahmadinejad jouit d’un fort soutien populaire et de la confiance des forces révolutionnaires d’Iran. J’attire du reste votre attention sur un fait dont personne ne parle : ces conservateurs petits bourgeois qui se présentent comme des défenseurs de la « liberté », de la « démocratie » et des « droits de l’Homme » ont tous le même programme politique : « libérer » l’économie.

Cela signifie privatiser avec les conséquences qui s’en suivraient pour le peuple, tout particulièrement dans le domaine de l’énergie puisque l’Iran est un grand pays producteur de pétrole. Avez-vous remarqué le silence entretenu par les médias occidentaux sur le programme politique de cette opposition ? Je ferai le reproche aux dirigeants iraniens de ne pas suffisamment mettre en avant les acquis de la Révolution islamique qui a libéré le pays du joug de l’étranger et a permis de consacrer au développement économique et social des capitaux qui partaient auparavant dans la poche des gros actionnaires des sociétés occidentales. La République Islamique d’Iran se modernise, y compris par la maîtrise de l’énergie nucléaire, et contrôle son activité économique au profit de toute la société : voilà ce que ne supportent pas les occidentaux, français compris, dont les milliardaires dirigeants des sociétés transnationales convoitent les richesses et la place stratégique. Il est évident qu’un Hossein Moussavi comme tout autre dirigeant soutenu par les occidentaux permettrait à Israël de poursuivre tranquillement le génocide du peuple Palestinien sans que cette entité ait à répondre régionalement et internationalement de ses crimes. La politique de paix développée par l’Iran s’accompagne forcément d’une dénonciation de la réalité de la politique raciste et belliciste de l’entité sioniste, que cela plaise ou non. Il ne peut y avoir d’aboutissement à plus de soixante années de conflit sans que la réalité des faits soit posée sur la table.

Il est temps d’en finir avec « l’Etat » raciste israélien

Geostrategie : La communauté internationale peut-elle encore jouer un rôle dans le règlement de la question juive au Proche Orient ?

J-L.I. : La communauté internationale n’existe plus depuis longtemps Pour qu’elle existe encore faudrait-il qu’il y ait une volonté politique commune de régler les conflits dans l’intérêt des peuples, ce qui n’est plus le cas, tout particulièrement avec ce que l’on appelle « l’Etat » d’Israël. Le président Ahmadinejad a souligné avec raison, lors de son intervention à la tribune des Nations Unies à Genève le 11 avril dernier qu’ « après la deuxième guerre mondiale, sous prétexte « des souffrances des juifs », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri. Ces pays ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs pour établir un gouvernement totalement raciste en Palestine occupée. Il est tout à fait regrettable qu’un certain nombre de gouvernements occidentaux ainsi que les Etats-Unis aient entrepris de défendre ces racistes auteurs de génocide. Ils ont toujours soutenu les actes odieux du régime sioniste ou sont resté silencieux face à ces actes ». Tout cela n’est que la triste vérité et nous sommes aujourd’hui confrontés à une peste sioniste qui se répand comme un poison de manière analogue à celles des nazis : pureté de la « race » qui place le juif , « peuple élu », au-dessus de tout autre être humain – et je vous renvoie sur ce point à La question juive écrit par le juif allemand Karl Marx -, implantation de colonies qui répond au besoin d’espace vital à l’image de l’ancien Reich allemand, populations chassées à coups d’interventions militaires, villages rasés, terres spoliées, torture, etc. L’ouvrage de Serge Thion, Le terrorisme sioniste, est sur ce point révélateur de la terreur qui accompagne l’occupation de la Palestine par l’entité sioniste depuis 1947. Israël n’est pas un Etat mais une entité raciste sans frontières définies et sans constitution. C’est l’amie assassine du président Sarközy de Nagy-Bocsa dont l’historien Paul-Eric Blanrue décrit fort bien l’introduction dans l’appareil d’Etat français dans son ouvrage Sarkozy, Israël et les juifs.

Geostrategie : Vous êtes l’un des rares journalistes français à soutenir l’intervention du président Ahmadinejad. Selon vous, le président Iranien n’a fait que rapporter la réalité des faits à la tribune de l’ONU ?

J-L.I. : L’un des rares à le soutenir ? Je ne pense pas. Sans doute dans les salons dorés des capitales occidentales et de l’ONU à Genève – et encore car il y fût applaudi par la grande majorité des participants à la déception des représentants occidentaux. Je renvoie ceux qui doutent de la triste réalité de la Palestine occupée et du racisme de l’entité sioniste à se rendre dans les pays arabes. Je ne parle pas de descendre dans les hôtels cinq étoiles pour l’interview d’une personnalité et de partager le reste de son temps entre le bar et la piscine de l’hôtel comme le font certains journalistes occidentaux. Je parle de vivre avec le peuple, d’aller à sa rencontre, de l’écouter, d’essayer de le comprendre. Ils verront alors que le président iranien jouit d’une grande popularité dans le monde arabo-musulman. Par ailleurs, un rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme qui fait suite à une importante mission d’enquête en Israël rapporte, je cite, « les nombreuses discriminations raciales (…) tant légalisées qu’empiriques, sans aucun fondement de quelque nature que ce soit » qui constituent « une violation à la Déclaration universelle des droits de l’homme, au Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et à la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ».

Il est évident que si les occidentaux continuent de soutenir une telle entité raciste, ils devront finir par assumer également la responsabilité du génocide du peuple Palestinien et de la guerre qui se prépare. Depuis 62 ans cette entité viole toutes les lois internationales, procède à une véritable épuration ethnique de la Palestine, refuse d’appliquer les résolutions de l’ONU et poursuit sa guerre d’occupation et d’expansion à l’abri du discours trompeur de ses dirigeants. Vous seriez enfant Palestinien et vous auriez vu votre famille décimée sous les bombes sionistes ou chassée de sa terre, pensez-vous que vous continueriez d’applaudir aux rencontres diplomatiques sans lendemain avec un occupant qui piétine la diplomatie et les pactes internationaux jusqu’au sein de l’ONU ? Quant aux dirigeants des pays arabes au pouvoir qui ne sont, exception faite de la Syrie, que des modérés corrompus agenouillés devant les occidentaux, ils portent une lourde responsabilité dans l’extermination du peuple Palestinien et la présence coloniale dans cette région du monde.

Geopolitique : Dans de telles conditions, pensez-vous qu’après tant d’années une solution diplomatique puisse encore être trouvée ?

J-L.I. : En refusant toute véritable négociation pour que la Palestine retrouve l’intégralité de sa terre et ses droits, l’entité sioniste empoisonne la vie politique internationale et diplomatique depuis plus d’un demi-siècle. Ce racisme religieux que les occidentaux et l’ONU refusent de combattre oblige à considérer que la seule alternative qui reste désormais pour en finir avec Israël est la guerre. Que voulez-vous qu’il reste quand des dirigeants refusent de voir la réalité des choses, d’entendre la voie de la diplomatie et donc de la sagesse ? Ainsi que je le rapporte dans mon livre, une mission d’enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme conclut que « le projet politique fondateur de l’Etat d’Israël, l’instauration d’un « Etat juif » est porteur d’une discrimination à l’égard de la population non juive ». Si « l’Etat d’Israël est « l’Etat des juifs » comme le stipule l’article 7 de la loi fondamentale sur la Knesset, alors tout juif qui se trouve en dehors de cet Etat doit être considéré comme immigré. Une liste noire des Etats et sociétés qui commercent avec Israël, fournissent à cette entité du gaz, du pétrole – comme la Fédération de Russie, la Turquie, la Géorgie et quelques autres -, des armes et autres bien de consommation doit être dressée afin de dénoncer publiquement leur participation au massacre du peuple Palestinien et d’organiser un boycott progressif et massif de leur commerce. Il faut ainsi s’opposer comme le font une centaine d’organisations, de partis politiques, d’associations, y compris juives, à l’implantation de la société israélienne Agrexco à Sète et ailleurs en France. Ce n’est qu’un aspect du combat qu’il faut aujourd’hui mener contre cette entité raciste jusqu’à la contraindre à la raison car chaque jour elle vole la vie et la terre des Palestiniens.

Renforcer l’action commune des peuples contre l’impérialisme

Geostrategie : Revenons à l’Iran. Pensez-vous que la République Islamique d’Iran puisse affronter la crise provoquée par les occidentaux ?

J-L.I. : Crise est un bien grand mot. Je parlerai plutôt de nouvelle provocation occidentale et d’ingérence dans les affaires du peuple iranien. Non seulement elle le peut mais elle en sortira renforcée. Il faut savoir qu’ au-delà d’un appareil d’Etat en pleine modernisation, la République Islamique d’Iran dispose de militants révolutionnaires aguerris à la lutte contre les provocations occidentales, d’une jeunesse formée dans les écoles et Universités ouvertes à toutes les couches de la population qui soutient majoritairement le régime contrairement à ce que diffusent les médias occidentaux, de penseurs et d’intellectuels riches de la culture perse, d’une religion avec laquelle la corruption et l’enrichissement personnel contre l’intérêt général ne sont pas compatibles. Il ne faut pas oublier qu’en août 1953 les occidentaux ont eux-mêmes préparé le coup d’Etat pour renverser le régime démocratique de Mohammad Mossadegh afin d’installer au pouvoir la dictature des Pahlavi qui a plongé l’Iran dans un bain de sang. Quelques mois après son installation au pouvoir par les occidentaux, en 1954, un consortium composé de compagnies étasuniennes, anglaises, françaises et hollandaises se mettait en place pour gérer l’exploitation pétrolière de l’Iran au profit des actionnaires des grandes compagnies occidentales. Un véritable pillage de l’Iran s’est ainsi opéré pendant près de vingt-six années de dictature jusqu’à la Révolution islamique en 1978 et 1979. Il est évident que les dirigeants occidentaux entendent aujourd’hui dicter de nouveau à l’Iran sa politique économique tantôt en lui interdisant d’utiliser l’énergie nucléaire, tantôt en le menaçant, tantôt en exerçant des pressions économiques ou en essayant de déstabiliser son régime démocratiquement élu pour imposer une marionnette à leur solde afin de s’approprier ses richesses.

Geostrategie : Mais vous êtes vous-même athée et vous soutenez le pouvoir religieux de Téhéran ?

J-L.I. : Où est le problème ? Notre foi n’est pas la même mais je constate que le régime de Téhéran défend l’indépendance économique du pays, les nationalisations – même si celles-ci doivent aujourd’hui passer à un niveau qualitatif supérieur – et donc la possibilité pour le peuple Iranien d’améliorer ses conditions d’existence en participant plus fortement à la vie économique. On ne peut en dire de même du Vatican ou de l’entité sioniste qui sont deux des principales destinations du blanchiment de l’argent du crime organisé et du commerce des armes, ni des Etats-Unis avec leurs 60 millions de pauvres où la misère, contrairement à la République Islamique d’Iran, est en pleine expansion ! Quant à l’Union Européenne, donneuse de leçon de droits de l’Homme elle devrait commencer par s’occuper de ses 20 millions de chômeurs, de ses 70 millions de citoyens mal logés, de ses 80 millions d’autres qui courent un risque de pauvreté dont « la moitié d’entre eux est dans une situation de pauvreté durable » si j’en crois le Rapport conjoint 2008 sur la protection sociale et l’inclusion sociale de la Commission européenne ! Où sont les droits de l’homme pour ces habitants de la petite Europe ?

Par ailleurs, la France a fait le choix de servir de refuge à une organisation armée logée à Auvers-sur-Oise, en région parisienne, qui était, voici peu de temps, classé sur la liste noire des mouvements terroristes du Département d’Etat étasunien et de l’Union Européenne. Elle vient d’en être retirée car les dirigeants anglo-saxons ont réalisé qu’ils avaient besoin de l’instrumentaliser pour développer une grande campagne contre la République Islamique d’Iran. Tout ce qui peut leur servir contre l’Iran révolutionnaire est bon. Il serait du reste intéressant de savoir de qui cette organisation reçoit des fonds et des armes en quantité impressionnante… Le gouvernement français devrait prendre garde. Que n’entendrait-on si l’Iran abritait sur son sol une organisation dont le but avoué serait de renverser le gouvernement français ?! Sans intervenir dans les affaires intérieures iraniennes, je pense que les dirigeants iraniens devraient revoir les conditions des échanges avec les pays de l’Union Européenne, tout particulièrement la France, et choisir des partenaires commerciaux plus fiables et respectueux de l’indépendance des peuples. Cela vaut pour l’Iran comme pour tous les peuples qui se lèvent sur tous les continents et qui doivent, au-delà de leurs croyances différentes, se rapprocher pour agir en commun contre l’impérialisme.

Geostrategie : Le conflit majeur dont vous parlez pourrait prendre des formes nouvelles ?

J-L.I. : Je le pense car les occidentaux semblent oublier qu’il ne peut y avoir de second Hiroshima puisque cela signifierait la fin de l’Humanité. Le président étasunien Obama qui a pris un ton aux relents de guerre froide vis-à-vis de la Fédération de Russie devrait bien réfléchir à changer d’attitude contre le cœur de l’Eurasie. De même, son implication et celle de son administration – CIA, Institut de l’hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération et Commandement Sud des Etats-Unis (Southcom) – dans le coup d’Etat en juin dernier contre Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras, ne fait que confirmer la poursuite de la politique belliciste et agressive de ses prédécesseurs. Vous constaterez au passage la disproportion du traitement dans les médias français entre le coup d’Etat étasunien au Honduras avec des centaines de morts et des milliers d’arrestations qui n’ont eu droit qu’à quelques toutes petites minutes d’antenne et le coup d’Etat manqué des occidentaux en Iran qui a fait chaque jour l’objet de commentaires aussi faux qu’abondants. Les Etats-Unis ne sont plus en état de dicter leur volonté au monde et leur président va devoir faire front sur le plan intérieur aux déceptions qui vont naître des promesses qu’il a faites pour être élu et qu’il ne pourra tenir.

Sur le plan extérieur les guerres qu’il entretient et les nouvelles qu’il cherche à provoquer vont accroître l’endettement et contribuer au processus d’affaiblissement majeur des Etats-Unis et du capitalisme en faillite. Imaginez ce qu’il adviendrait de la société étasunienne dans un tel contexte politique, économique et social si son président noir était victime d’un odieux attentat raciste perpétré par un groupe sioniste ou des miliciens extrémistes blancs ?!… Imaginez ce qu’il adviendrait demain si les images captées par satellite et caméras sur le prétendu attentat contre le Pentagone en septembre 2001 étaient publiées ? Certains responsables du Federal Bureau of Investigation en ont une idée pour avoir fait saisir aux Etats-Unis certaines de ces bandes vidéos…Il est étrange, ne trouvez-vous pas, que cette manipulation et mise en scène hollywoodienne ait échappé aux « yeux du ciel » pour l’un des bâtiments les plus surveillés de la planète ? Sans doute faut-il encore laisser du temps au temps. Les occidentaux ne sont plus les seuls à maîtriser les nouvelles technologies et les peuples à qui ils ont pris leurs familles, leurs terres, leurs richesses, leur espoir, leur avenir n’ont plus rien à perdre. Ces « terroristes » là seront les libérateurs d’aujourd’hui comme l’étaient hier communistes et sans partis dans la Résistance contre le nazisme. A mains nues ou en costume cravate nous devons être à leurs côtés car pour eux comme pour nous, l’avenir c’est aujourd’hui la révolution ou la guerre.

Source: Géostratègie

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août 31 2009

« La véritable histoire du Groupe Bilderberg », par Daniel Estulin

Pour mener à bien leur politique, les oligarques mondialistes tiennent généralement bien gardés leurs secrets, ceux de l’establishment. Establishment avec un grand « e ». Le même « e » que pour Estulin Daniel. Un journaliste-écrivain russe vivant à Madrid. Un nom marqué à l’encre rouge sur les tablettes atlantistes et qui parle peu à l’opinion publique (son site : danielestulin.com). Plutôt logique pour un dissident au Nouvel Ordre Mondial. Il faut dire que le bonhomme a de sacrés bons tuyaux, des réseaux, ses infiltrations. Infiltrations qui riment avec investigation. Et ce au service de la vérité de ce monde, à défaut de sa propre sécurité !

bilderberg

Petite piqûre de rappel : dans les grands médias, il y a ce qu’on nous montre et ce qu’on nous cache. Pour comprendre ce qui se passe dans le monde à l’heure de la gouvernance mondiale, ce qu’on nous montre doit être décrypté pour mieux tendre vers ce qui se trame en coulisse, ce qui reste maintenu en off.

Une chose devrait interpeller l’opinion publique. Elle réside dans la surmédiatisation d’informations futiles ; et à contrario, la totale omerta sur des sujets bien plus sensibles. Notamment sur les sociétés secrètes, les think tank euro-atlantistes du style CFR et Bilderberg ; lobbies surpuissants à la sauce Rockefeller-Brzezinski qui déterminent l’actualité à venir, et par extension la gouvernance mondiale dans ses grandes lignes sur le plan économique, commercial, politique et médiatique. Lobbys investissant les marionnettes politiciennes qu’ils veulent pour qu’elles mettent en place ce qu’ils veulent.

Estulin Daniel

A maintes reprises, l’investigateur russe a démasqué les plans des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial. Centralisation des pouvoirs, banque mondiale, monnaie unique, mise en place d’un impôt mondial, mise en scène de guerres au Moyen-Orient, financement du sionisme, renforcement des ONG, du FMI, du rôle de l’OTAN et de l’ONU, suppression de la démocratie, augmentation de la taxe carbone… tout ceci avait été initialement révélé par Estulin avec, au-delà de l’information brute, une vision inquiétante du projet mondialiste : réduction de la population mondiale aux deux tiers, asservissement des peuples, destruction des nations, des cultures, de l’économie mondiale, uniformisation de l’individu. L’esclavage moderne à grande échelle en somme.

Grâce à ses réseaux, Daniel Estulin -à l’instar des Jim Tucker, Jordan Maxwell, Thierry Meyssan et autre Webster Tarpley- nous dévoile les grandes lignes du projet mondialiste. Point par point, avec un temps d’avance et une précision sans faille. Dans ces propos, il y a le contenu du projet et les hommes qui y prennent part. Rien d’étonnant par conséquent de retrouver parmi les « heureux élus » diverses personnalités très influentes des milieux financiers, industriels, politiques et médiatiques. Des habitués de ce genre de think tank où rien ne doit filtrer, mais où ce qui est planifié devra s’appliquer. Le problème pour ces conspirateurs avides de pouvoir, adeptes de la lutte des places et non des classes, c’est que les révélations d’Estulin ou Tucker s’avèrent exactes à chaque fois. Lorsqu’on fait mouche à tous les coups, il ne s’agit plus de chance ou de coïncidence, mais plutôt de véracité d’information. Une raison de plus pour les écouter avec autant d’attention que nos médias institutionnels.

Le système a évidemment tenté de l’éliminer à plusieurs reprises. Trois fois selon lui. Les trois fois par la CIA. Pour le décrédibiliser, les médias le qualifient de fou. Dénigrement révélateur d’un manque d’arguments. Mais il est comme Kasparov, Daniel Estulin, il a toujours un coup d’avance, voire plusieurs sous sa manche ! L’élément rassurant provient de certains individus dignes, de bonne conscience, ne résistant pas à l’appel de la vérité salvatrice. Alors ces derniers coopèrent dans l’intérêt informatif général et le risque de représailles.

Il fait penser à un moustique, Daniel Estulin, malgré sa queue de cheval flanquée derrière son crâne dégarni. Il pique, perturbe, dérange, contrarie les décideurs mondialistes, démasque leurs mensonges à la loupe… mais tant que son nom résonnera uniquement dans les tympans d’initiés dissidents, il ne parviendra pas à entraver la marche aussi venimeuse qu’irrésistible du Nouvel Ordre Mondial. Ce qu’il faudrait, c’est une horde de moustiques « estuliniens » -une armée même- infiltrant ces manigances plus que douteuses afin de crever l’abcès.

Enquête sur enquête, témoignage après témoignage, Daniel Estulin propose une grille de lecture des plus pertinentes en nous détaillant les différentes facettes de la politique mondiale à venir ; de justes -bien qu’inquiétantes- révélations débouchant sur une double conclusion implacable : la lutte contre l’ignorance est un combat de tous les instants, car la vérité de ce monde est d’abord celle qu’on nous cache.

 

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