Category: ONG

nov 13 2009

Comment expliquer la chute du mur de Berlin ?

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Depuis des mois, la propagande politique dans le monde capitaliste tourne à plein régime à l’occasion du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. À cette occasion, des cérémonies et des festivités ont été organisées un peu partout en Europe notamment dans la ville de Berlin qui a accueilli, entre autres, les deux caniches de l’impérialisme, Lech Walesa, l’ancien électricien des chantiers de Gdansk et Mikhaïl Gorbatchev. Si l’on tente une psychanalyse de l’événement, nous dirons que derrière l’hystérie médiatico-politique, se cache une angoisse névrotique provoquée par un capitalisme sénile et comateux et par un système impérialiste en état de décomposition avancé. À en croire les sirènes de la propagande capitaliste, notre monde est devenu, depuis la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est, plus libre et plus démocratique.

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

Dire que le monde est devenu plus libre et plus démocratique après la chute du mur de Berlin, c’est une bonne blague à 1 euro. Allez demander aux millions de chômeurs de l’ex-RDA, aux ouvriers roumains de DACIA, aux millions de chômeurs américains et européens, aux millions de spoliés, d’exploités et de bénéficiaires de la soupe populaire et des banques alimentaires,(on croirait au XIXè siècle), s’ils sont devenus plus libres depuis la chute du mur de Berlin. Quant à ceux qui claironnent à longueur de journée et qui croient dur comme fer à la fin du socialisme, ils vont un peu vite en besogne et prennent leurs désirs pour des réalités, car ils sont tout simplement victimes de la propagande capitaliste dont le travail a consisté plus précisément depuis la chute du mur de Berlin à enfoncer à coup de marteau dans la tête des masses l’idée de la fin du socialisme et du communisme. La fin de l’histoire de Francis Fukuyama avec le triomphe définitif du capitalisme sur le socialisme, c’est plutôt une pure affabulation et une histoire drôle que l’on raconte aux enfants pour les endormir. Dans cet article, nous allons proposer notre propre lecture de la chute du mur de Berlin, une version, à n’en pas douter, différente de celle véhiculée par la machine de propagande capitaliste.

LA CHUTE DU MUR DE BERLIN, SÉQUENCE DE LA POLITIQUE DE CONTAINMENT

En faisant de la chute du mur de Berlin tout un symbole, la propagande officielle vise à exploiter l’événement à son profit pour atteindre deux buts psychologiques inavoués : (1) renforcer davantage les dispositifs répressifs et policiers dans les pays capitalistes tout en dissertant sur la soi-disant liberté retrouvée après la chute du mur de Berlin ; (2) cacher l’incapacité des dirigeants des États capitalistes à faire face à la cirse chronique et endémique de leur système. Aux dernières nouvelles en provenance d’outre-Atlantique, les Etats-Unis ont perdu en un an 7 millions d’emplois et le groupe d’investissement CIT a fait faillite avec une perte de 71 milliards de dollars et une dette estimée à 65 milliards de dollars. Ils n’arrêtent pas de nous dire que tout va bien Madame la Marquise.

Franchement, nous avons du mal à croire qu’un mur en béton fasse l’objet de tant de tapages et de tintamarres médiatiques. Nous l’avons tous compris, on n’a pas besoin de devins attitrés comme à l’époque des Babyloniens, pour déchiffrer le sens de l’événement célébré en grande pompe à Berlin, le monde capitaliste nargue les esprits en cherchant à faire croire que la loi de la jungle est la seule voie qui est qui est ouverte au genre humain. En examinant les choses de plus près, on découvre que la chute du mur de Berlin est en elle-même un événement insignifiant voire même un non-événement au regard d’autres événements qui ont bouleversé la donne et précipité la dislocation du bloc de l’Est. D’abord, la construction du mur de Berlin le 13 août 1961 n’a jamais entravé ni la circulation des hommes ni celle des marchandises entre d’une part, les deux Allemagne et d’autre part entre l’ex-RDA et les Etats capitalistes de l’Ouest. Ce qui a fait de la chute du mur de Berlin un événement et un symbole, c’est la propagande politique capitaliste dont le travail consiste à déformer et à interpréter les faits et les événements d’une façon tendancieuse et erronée. Ainsi la chute du mur de Berlin n’est-elle en réalité qu’une surperproduction hollywoodienne dont la mise en scène et la réalisation ont été assurées par la machine de propagande américaine et européenne.

Deux événements majeurs peuvent être considérés comme annonciateurs de la fin imminente du socialisme est-européen. Le premier événement a eu lieu le 10 septembre 1989 quand la Hongrie avait laissé franchir les frontières autrichiennes aux 12 000 « réfugiés politiques » en majorité originaire de l’ex-RDA. Le deuxième événement majeur est intervenu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 12 septembre 1989, avec l’arrivée de Solidarnosc au pouvoir en Pologne qui revient ainsi à la loi de la jungle capitalisme qui régnait dans ce pays avant la Seconde Guerre mondiale. D’autres événements de moindre importance ont marqué la fin du socialisme existant comme l’assassinat de l’ancien président roumain Nicolae Ceausescu et de sa femme Helena dans une cour d’école près de Bucarest le 24 décembre 1989 ou la réunion à Malte le même mois, entre George Bush Senior et Mikhaïl Gorbatchev, une réunion qui rappelle curieusement la conférence de Yalta (4-11 février 1945) tenue entre Roosevelt, Staline et Churchill. La fissuration du « rideau de fer » a réellement commencé le 10 septembre 1989 et non pas le 9 novembre 1989 et le monde capitaliste aurait dû fêter sa victoire à la Pyrrhus non pas un 9 novembre mais un 10 septembre.

Pour bien apprécier la portée réelle de la chute du mur de Berlin, il faudra replacer cet événement dans le cadre de la politique de l’endiguement ou de containment dont les principes avaient été énoncés et définis par les deux discours de Harry Truman le 12 mars 1947 et de Winston Churchill à Fulton. La politique de containment a pour but de contenir l’expansion communiste soviétique en Europe et dans le reste du monde par une série d’alliances militaires et économiques. Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, les dirigeants Américains ne sont pas allés par quatre chemins pour affirmer haut et fort leur credo, celui d’en finit avec le pouvoir soviétique et du communisme non seulement sur le continent européen mais dans les autres régions du monde. D’abord, les Etats-Unis n’ont jamais reconnu le statu quo en Europe orientale et centrale et leur objectif avoué a toujours été la « libération » par n’importe quel moyen des peuples est-européens du « joug » et de « l’oppression » soviétique. Mais sur les manières et les moyens de contenir la puissance soviétique, les dirigeants américains n’étaient pas tous sur la même longueur d’onde, car il y avait les « durs » et les « réalistes ». En effet, au camp des réalistes partisans des négociations avec l’Union soviétique pour l’évacuation de l’Armée Rouge d’Europe centrale et orientale, s’opposèrent les partisans de l’option militaire voire l’option nucléaire pour en découdre avec le pouvoir soviétique. Parmi les durs, figurait, entre autres, Foster Dulles qui, lors de la campagne présidentielle de 1952 et après une longue conférence avec Eisenhower en août, dénonça le containement comme dépendant de l’espoir que « les dictatures communistes seraient tellement assouvis avec 800 millions de personnes qu’ils resteraient là ils étaient ». Pour Dulles, tabler sur cette hypothèse irréaliste était suicidaire pour les Etats-Unis qui devaient tout faire pour détacher la Russie de ses satellites en brisant l’Union soviétique de l’intérieur. Pour George Kennan, la diplomatie (au sens de négociation) était inutile avec les Soviétiques et il pensait qu’il valait mieux avoir « une confrontation avec eux maintenant que plus tard ». Cette politique de containment visant à encercler l’Union soviétique par des bastions militaires et économiques installés sur le pourtour des frontières soviétiques a été traduite notamment par la création de l’Alliance Atlantique Nord en avril-juin 1949 et par la résurrection de la puissance économique et militaire de l’Allemagne de l’Ouest devenue en mai 1955, lors de la Conférence de Paris, membre à part entière de l’OTAN. Huit jours plus tard, en riposte à l’OTAN et à l’entrée de l’Allemagne dans l’Alliance Atlantique, le Pacte de Varsovie était signé groupant la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Albanie, la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie. La politique de containment s’est illustrée également par la lutte contre l’influence de l’Union soviétique en Méditerranée avec la formation du pacte de Bagdad dirigée contre l’Egypte nassérienne qui s’était alignée sur la position soviétique après la conclusion d’un contrat egypto-tchécoslovaque de fourniture d’armement.

Le mur de Berlin n’est donc pas tombé tout seul dans une nuit étoilée sous la pression de peuples opprimés assoiffés de liberté et de démocratie comme le prétend la propagande capitaliste; il a tout simplement cédé sous la pression de saboteurs et de comploteurs extérieurs et intérieurs, soutenus et financés par le gouvernement américain, la CIA, les services secrets occidentaux et par une myriade de groupements et d’institutions agissant souterrainement dont le seul but était de combattre le communisme tant à l’intérieur du continent européen que dans d’autres zones de la planète notamment en Amérique latine considérée jadis et même aujourd’hui comme la chasse gardée et l’arrière cour(backyard) de l’impérialisme américain. Mais si les saboteurs et les comploteurs ont réussi leur coup en faisant tomber mur de Berlin, c’est parce que les conditions s’y prêtaient cette fois-ci et pas les autres fois, c’est-à-dire les effets de la guerre psychologique menée contre l’Union soviétique et le bloc de l’Est dans le cadre de la politique de containment commençaient à se faire sentir. Sans une longue et intense guerre psychologique, il serait impossible d’expliquer le phénomène de dissidence, le revirement idéologique et la reconversion à l’anticommunisme et à l’archéo-libéralisme d’une partie de l’ancienne nomenklatura communiste. C’est la guerre psychologique menée par l’Occident contre l’Union soviétique et les pays de l’Est qui a entraîné l’émergence d’une nouvelle force centrifuge viscéralement anticommuniste et foncièrement hostile aux régimes socialistes en place. Ce phénomène de reconversion d’intellectuels, on le trouve également dans les pays capitalistes où une bonne partie de l’intelligentsia occidentale a elle aussi viré de bord et elle été contaminé par le virus anticommuniste et archéo-libéral. Aux Etats-Unis, par exemple, les principaux théoriciens de la révolution conservatrice étaient des anciens marxistes et des militants communistes durant les années 1950 et 1960.

mur2Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

LE FAUX CONCEPT DE LA GUERRE FROIDE

Aujourd’hui le concept de la guerre froide est employé à tort et à travers sans se demander s’il recouvre ou exprime une réalité politique avérée. Disons le tout de suite, le concept de la guerre froide est un faux concept, car il a été inventé de toutes pièces pour maquiller les visées belliqueuses de l’Occident et la croisade capitaliste contre le communisme et l’Union soviétique. D’abord, qui dit guerre dit budget militaire et la soi-disant guerre froide a servi de prétexte aux Etats-Unis pour augmenter vertigineusement leurs dépenses militaires. Par exemple, dans les deux années qui suivirent le début de la soi-disant guerre froide, le budget américain de la défense a explosé atteignant la somme de 50 milliards de dollars au lieu de 13 milliards de dollars à la sortie de la guerre, soit une augmentation de 325%. L’expression de guerre froide a été employée pour la première fois par un journaliste américain, Walter Lippmann qui, dans une série d’articles publiés en septembre 1947, proposait aux dirigeants anglo-saxons sa propre vision des relations Est-Ouest et ainsi que des solutions pour en finir avec la présence soviétique en Europe centrale et orientale. Face aux partisans de la ligne dure avec l’Union soviétique, Lippmann était plutôt partisan des thèses réalistes en partant de l’idée que l’Union soviétique était affaiblie par la guerre et qu’elle était plus encline à négocier le départ de son armée d’Europe de l’Est qu’à chercher la confrontation avec ses anciens alliés, notamment les Etats-Unis. Alors que Lippmann préconisait la voie de la négociation comme seul moyen pour faire partir l’Armée rouge de l’Europe centrale et orientale, les dirigeants occidentaux attendaient impatiemment et travaillaient dur pour l’effondrement de l’Union soviétique grâce au renforcement de la politique de containment qui étouffera l’Union soviétique de l’extérieur plutôt qu’à encourager des forces saines de l’intérieur. Pour eux, la politique de containment promettait d’être doublement avantageuse, car elle renforcerait l’Ouest tout en encourageant le pouvoir soviétique, déjà dangereusement tendu, à s’étendre encore un peu plus et peut-être à aller encore un peu plus loin, précipitant par là son effondrement final.

Si nous disons que le concept de la guerre froide est un faux concept, c’est tout simplement pour faute de belligérants, car, pour qu’il y ait guerre, il faut au moins deux parties belligérantes, ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis et de l’Union soviétique du fait qu’il n’y avait qu’une seule partie qui cherchait désespérément la guerre, les Etats-Unis d’Amérique. D’ailleurs, l’Union soviétique n’avait strictement aucun intérêt, ni stratégique, ni politique ni militaire à provoquer des tensions et à entrer en conflits ouverts avec qui que ce soit et surtout pas avec les Etats-Unis et cela pour trois raisons principales. Primo, à la sortie de la Seconde Guerre, l’Union soviétique était un pays exsangue économiquement et humainement avec ses 20 millions de morts. Secondo, l’Union soviétique n’était pas assez puissante militairement pour affronter les Etats-Unis qui étaient déjà une puissance nucléaire. Tercio, l’Union soviétique cherchait absolument une période de répit pour consolider ses positions tant à l’intérieur de ses frontières et sa zone d’influence que sur la scène internationale. L’histoire des relations politiques et diplomatiques d’après-guerre montre que l’Union soviétique avait adopté un profil bas en multipliant les gestes conciliants envers les Occidentaux. Même Staline, quelques mois avant sa mort, disait que la victoire finale du communisme n’impliquait pas nécessairement un conflit armée entre l’Est et l’Ouest. Alors qu’en même temps les partisans de la guerre totale contre le communisme et l’Union soviétique faisait rage aux Etats-Unis avec le maccarthysme. Quelques jours après la mort de Staline, Malenkov déclarait qu’il n’existait pas de différend qui ne pût être réglé d’une manière pacifique. Le 1er juin 1952, Moscou renonçait officiellement à ses revendications territoriales sur deux districts anatoliens ; le 8 juin le contrôle interzones de l’Autriche prenait également fin. Le 26 janvier 1955, Moscou mit fin à l’état de guerre avec l’Allemagne, couronné par une visite du chancelier Adenauer le 13 juin. Le 19 septembre, l’Union soviétique restitua à la Finlande l’enclave de Porkkala. Nouvelle concession soviétique, la signature à Vienne le 15 mai 1955, du « traité d’État » par lequel prenait fin l’occupation de l’Autriche, laquelle s’engageant à son tour à rester neutre et à refuser toute union politique ou économique avec l’Allemagne. Toutes ces initiatives positives de l’Union soviétique plaidaient en faveur d’une politique d’apaisement et de normalisation avec l’Occident et non pas de tensions et de confrontation. Où sont-elles les velléités guerrières de l’Union soviétique dans tous ces gestes que l’on vient d’énumérer ? En fait, ce sont les Etats capitalistes dirigés par les Etats-Unis qui étaient emmurés dans leurs certitudes et dans ce qu’ils considéraient comme leur chasse gardée, l’Europe orientale et centrale. A cet égard, il faudra dissiper un malentendu, concernant l’avènement des démocraties populaires en Europe centrale et orientale. La propagande politique capitaliste affirme que les démocraties populaires et les régimes socialistes nés en Europe centrale et orientale après la Seconde Guerre mondiale ont été imposées par la torture, la terreur, l’arbitraire et les jugements sommaires. À cette affirmation, on peut opposer deux objections : la première objection, c’est que tout pouvoir, quelque que soit sa nature, soit-elle la plus démocratique, est fondé d’abord et avant tout sur la violence et celui qui prétend le contraire qu’il montre un seul exemple où un pouvoir a été fondé d’une manière pacifique et contractuelle. La deuxième objection, que l’Union soviétique aidât les communistes est-européens à prendre le pouvoir, c’est un fait mais cette prise de pouvoir n’a pas été faite avec l’ aide d’une force étrangère envahissante ayant des visées impérialistes. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique ne visait pas à l’annexion de territoires en Europe centrale et orientale et Staline n’avait pas programmé l’invasion des pays de l’Est pour y imposer des gouvernements communistes en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Roumanie, en Albanie « ex-satellite d’Hitler », en Hongrie, en Bulgarie et en République démocratique allemande. Alors que Ronald Reagan et George Bush junior avaient envoyé les troupes américaines pour envahir la Grenade en 1983, l’Afghanistan en 2001 et l’Irak en 2003. L’Armée Rouge s’est retrouvée devant le fait accompli dans les pays de l’Est dont les territoires avaient servi de lieu de passage à l’armée nazie du Troisième Reich pour détruire l’Union soviétique et le pouvoir communiste. Ce sont donc les impératifs de la guerre qui ont poussé les Soviétiques à entrer en Europe de l’Est. D’ailleurs, les États capitalistes n’étaient pas du tout mécontents et ils voyaient bien au contraire d’un bon œil l’invasion des pays d’Europe de l’Est par l’armée du troisième Reich, car il comptait sur Hitler pour faire le sale travail, pour conjurer la menace du communisme soviétique et pour débarrasser finalement le continent européen du communisme. Ce que ne disent pas la propagande politique capitaliste et les manuels d’histoire, c’est grâce à l’Armée Rouge que les démocraties populaires d’Europe orientale et centrale ont été libérées de l’occupation nazie et il était donc normal que l’Union soviétique cherchât à aider les partis communistes des zones occupées par l’Armée Rouge à conquérir le pouvoir et à y établir sa propre zone d’influence. Les Etats-Unis et les Occidentaux ont bien leurs zones d’influence en Afrique, en Amérique latine et ua Moyen Orient, pourquoi refuseraient-ils ce droit à l’Union soviétique?

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Célébration à Paris du 20° anniversaire de la chute du Mur de Berlin sur la place de la Concorde, le lundi 9 novembre 2009.

CHUTE DU MUR DE BERLIN :

AVATAR D’UNE GUERRE PSYCHOLOGIQUE

La propagande capitaliste répète à qui veut l’entendre que la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc de l’Est sont l’expression d’un rejet du socialisme et du communisme par les peuples est-européens. C’est ce que disent les journalistes des mass medias, les propagandistes attitrés et les intellectuels des supermarchés mais la réalité est tout autre chose. Les peuples est-européens ont-ils réellement rejeté le socialisme ? On ne peut qu’en douter, car les peuples est-européens sont là pour faire uniquement de la figuration et ils sont incapables de discerner entre leurs propres intérêts et ceux de leurs oppresseurs. Toutefois, il convient d’apporter une légère nuance à cette affirmation concernant les peuples est-européens du fait que ces derniers ont vécu sous deux systèmes sociaux différents et ils ont eu le loisir de comparer entre les avantages et les inconvénients de l’un et de l’autre. Ce qui n’est pas le cas des peuples dans les pays capitalistes qui n’ont jamais eu cette occasion historique pour comparer par eux-mêmes entre deux sociaux et idéologiques différents puisqu’ils vivent depuis deux siècles sous le règne et la domination de la bourgeoise. Ceux qui ont vécu sous un régime socialiste avant de basculer dans le capitalisme sauvage ont pu voir la différence entre un système socialiste qui leur assurait la sécurité de l’emploi de la naissance à la mort et un capitalisme sauvage synonyme de chômage de masse et d’insécurité psychologique permanente due plus précisément à l’insécurité d’emploi. Les personnes interrogées dans les sondages d’opinion rarement publiés ou divulgués en Occident avouent avoir été leurrées par la propagande politique de Free Europe et de Voice of America qui leur présentaient l’Occident comme un havre de paix et de liberté. A titre d’exemple, le quotidien américain USA Today a publié le 11 octobre 1999 un sondage dans lequel 51% des Allemands de l’est disent regretter le temps d’avant la chute du mur de Berlin et affirment que l’Occident qu’ils ont découvert n’est pas celui décrit par la Radio Free Europe et la voix de l’Amérique.

Ceux qui ont contribué à la chute du mur de Berlin et à la dislocation du bloc de l’Est, ce ne sont pas les peuples est-européens eux-mêmes qui, comme tous les peuples de la terre, n’ont fait que suivre le mouvement mais une minorité de privilégiés appartenant à l’ancienne nomenklatura communiste. À force de matraquage et de viol psychique, cette minorité ex-communiste finit par céder aux sirènes de la propagande capitaliste diffusée par radio Free Europe et par la Voix d l’Amérique. Ce phénomène de reconversion d’anciens communistes à l’anticommunisme et à l’archéo libéralisme a commencé d’abord par le mouvement de dissidence avant de toucher une grande partie des cadres des partis communistes et de la nomenklatura communiste. Ce qui explique le revirement idéologique de cette minorité, c’est sa position privilégiée par rapport aux autres couches sociales notamment par son niveau de vie moyen, son degré d’instruction et sa culture moyenne. Car il faut bien savoir, une propagande n’agit pas sur des individus incultes et sur des pauvres démunis matériellement, socialement et intellectuellement. Ceux qui sont les plus sensibles à la propagande, ce sont généralement ceux qui ont fait des études secondaires ou universitaires, ceux qui possèdent un minimum vital et qui n’ont pas beaucoup de soucis concernant leurs moyens d’existence. Autrement dit, pour que la propagande soit efficace, il faut que ceux à qui elle s’adresse aient une certaine aisance matérielle, un certain niveau d’instruction et une culture moyenne. Dans les pays occidentaux, c’est donc à cette catégorie sociale médiane, souvent appelée classe moyenne, que s’adresse la propagande et c’est parce qu’elle est la masse la plus réceptive aux thèmes et aux symboles véhiculés par les propagandistes. C’est d’ailleurs cette expérience dans la manipulation des foules et des masses en Occident qui a servi de laboratoire aux concepteurs et aux planificateurs de la guerre psychologique contre les pays socialistes en ciblant en particulier cette masse moyenne que formait la nomenklatura communiste. Les révolutions des velours qui ont eu lieu républiques soviétiques recrutaient parmi des jeunes, des étudiants et des intellectuels.

La guerre psychologique menée contre les l’Union soviétique et les pays socialistes a démarré dès 1945 lorsque les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower décidèrent de transformer les agences de propagande créées durant la Seconde Guerre mondiale en leur assignant une nouvelle mission, combattre l’Union soviétique et les démocraties populaires de l’Est et les mouvements d’émancipation dans les pays du Tiers-monde. Ainsi, des hommes et des réseaux travaillant jadis pour l’Allemagne nazie ont-ils été recrutés et enrôlés dans les nouveaux services de propagande états uniens pour fournir des études et des renseignements sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. On peut citer à titre d’exemple, l’organisation Gehlen, constituée et dirigée par Reinhold Gehlen et financée par la CIA. Gehlen qui appartenait à la Reichwehr depuis 1920, avait été nommé chef de la section d’espionnage de l’Armée allemande sur le front russe en 1942 où il obtint à quarante-trois ans le grade de général de division. Après la guerre, le général Gehlen fut fait prisonnier par les Américains et on lui confia le commandement autonome d’une armée d’espions avec un état-major choisi personnellement pour organiser l’espionnage dans la zone soviétique d’Allemagne pour le compte des Etats-Unis. Gehlen recevait 6 millions de dollars par pour financer ses opérations. Son organisation comprenait l’élite de l’ancien corps de contre-espionnage de l’armée allemande et des agents de diverses nationalités éparpillées en Europe Orientale et dans les Balkans.

Pour pouvoir retourner une partie de la nomenklatura communiste, la propagande capitaliste a mené un long travail de sape psychologique s’étalant sur une quarantaine d’années. Cette guerre psychologique a employé des techniques extrêmement sophistiquées combinant subversion, sabotage, opérations spéciales, guérilla, espionnage, pressions politiques, culturelles, économiques. Ces différentes techniques de guerre psychologique étaient adaptées et modifiées en fonction de chaque situation mais elles avaient au début des ratés. Par exemple, c’est la technique de propagande blanche ou ouverte qui a fait échouer les tentatives des réformes de Wladdyslaw Gomulka en Pologne et d’Imre Nagy en Hongrie en 1956 quand Radio free Europe et Voice of America appelaient ouvertement les populations polonaises et hongroises aux soulèvements contre les gouvernements communistes en place. C’est cette propagande ouverte qui a donné des alibis a l’Union soviétique pour envoyer ses chars à Budapest et pour écraser le soulèvement hongrois. Là où la propagande de Radio free Europe s’est démasquée comme une propagande blanche ou propagande ouverte, c’est quand Imre Nagy avait appelé le 24 octobre 1956 les populations hongroises au calme, à l’ordre et à la discipline alors que quelques jours plus tard, le 31 octobre 1956, l’expert militaire de radio free Europe proclamait « le ministère de la Défense et le ministère de l’intérieur sont encore aux mains des communistes. Ne laissez pas durer cette situation. Combattants de la Liberté. N’accrochez pas vos armes au mur. Pas un morceau de charbon, pas une goutte d’essence pour le gouvernement de Budapest tant que l’Intérieur et la Défense ne sont pas entre vos mains ».

Deuxième exemple de technique de propagande blanche. En été 1980, lors des grèves des chantiers polonais de Gdansk, alors que le gouvernement polonais cédait à toutes les revendications des ouvriers, Radio Free Europe, en langue polonaise, la BBC et Radio France internationale, devenues les porte-voix de Solidarnosc, du MKS de Gdansk du KOR de Jacek Kuron incitaient les grévistes à continuer leur mouvement de protestation en leur disant en substance « Tenez bon, continuez la grève, le monde entier est à vous ». Dès les premiers jours de grève d’août 1980, la propagande blanche capitaliste a tout fait pour pousser à un affrontement sanglant entre le pouvoir et les grévistes. Cette propagande blanche s’est révélée comme en Hongrie et en Pologne en 1956 contreproductive puisqu’elle a conduit finalement au pouvoir à l’état d’urgence décrété par le général Jarusalski en décembre 1980.

Au fil du temps, la propagande blanche trop visible et contreproductive se transforme progressivement en propagande noire ou grise plus discrètes et plus insidieuses consistant à mener des actions de sabotage à l’intérieur des frontières de l’adversaire communiste. Aujourd’hui, il est de notoriété publique que la ville de Berlin grouillait d’espions américains, français, anglais qui renseignaient leurs directions opérationnelles sur des actions subversives et de sabotage à mener à l’intérieur de l’ex-RDA et dans d’autres pays du bloc de l’ancien bloc communiste. La ville de Berlin a été souvent le théâtre d’actions de sabotage et de subversion comme par exemple, le plastiquage de transformateurs d’électricité, le sabotage d’usines, la dégradation de bâtiments publics, le sabotage de ponts et de voies de communications, l’empoisonnement de 7000 vaches dans une coopérative de production de lait et de fromage est-allemande, la tentative d’empoisonnement des cigarettes, le sabotage d’une rencontre internationale pour la jeunesse à Berlin-est par l’envoi de faux billets et de fausses invitations etc. D’ailleurs les actions subversives menées contre l’ex-RDA et à Berlin-est remontent au tout début de la création de la RDA quand les Occidentaux avaient poussé en juin 1952 des émeutiers armés de pierres à ravager les bureaux du gouvernement en appelant la population berlinoise à descendre dans les rues et à réclamer la démission du gouvernement communiste. Cette action subversive des émeutiers fut sévèrement réprimée par les chars russes stationnés alors à Berlin.

Pour augmenter l’efficacité de ses actions, la guerre psychologique était amenée à connaître le terrain psychologique des groupes qu’elle cherche à influencer psychiquement. Lorsque le propagandiste ignore le terrain psychologique de l’adversaire, il obtient l’effet inverse et sa propagande maque ses buts. Pour ce faire, il a fallu étudier à fond les mythes, les symboles, les stéréotypes, les schèmes généraux de la culture des sociétés est-européennes. Ce sont les disciplines académiques qui ont été mises à contribution pour fournir des études et des travaux sur l’Union soviétique et les pays de l’Est. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs institutions et fondations américaines ont créé des centres de recherches spécialisés dans l’étude de l’Union soviétique et des États socialistes. Par exemple, 1947, la Fondation Carnegie finança la création du Russian Research center, suivie de la fondation Ford et de la Fondation Rockefeller qui fournirent des fonds aux universités aux Etats-Unis et à l’étranger pour aider des chercheurs et pour financer des centres de recherches sur les pays de l’Est. La Fondation Rockefeller a même subventionné la création en France de la VI section de l’école pratique des hautes études devenue plus tard l’Ecole pratique des hautes études en sciences sociales(EHESS) produisant des travaux sur la Chine, la Russie et les pays de l’Est. Les innombrables travaux et études produits par ces institutions et centres de recherche ont permis aux stratèges de la propagande occidentale de connaître et de cerner de plus près la psychologie de l’individu ainsi que les mythes courants, les opinions et les stéréotypes des groupes à mobiliser. Aujourd’hui, des questions se posent pour savoir si le pape Jean Paul I n’a pas été empoisonné pour élire à sa place un pape polonais dont la mission était de réveiller et de réactiver le catholicisme en Pologne pour en faire un moyen de lutte contre le communisme. En tout cas, le pape Jean Paul II et l’Eglise polonaise ont joué un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement communiste en Pologne et dans d’autres pays du bloc de l’Est.

Par ailleurs, les stratèges de la guerre psychologique ont eu recours à la sociologie des conflits et des crises politiques, à l’interaction stratégique, à la dynamique de l’action collective et aux logiques de mobilisation multisectorielles. La sociologie des conflits et des crises politique a fourni aux stratèges de la guerre psychologique les armes et les technologies de mobilisation et de désectorisation de l’espace social. Les principes de la désectorisation de l’espace social et des mobilisations multisectorielles ont été mis en oeuvre lors des grèves de l’été polonais en 1980 quand les dirigeants du MKS et du KOR, aidés et conseillés par experts occidentaux de la guerre psychologique, cherchaient par des rumeurs répandues, à étendre la grève des chantiers de Gdansk à d’autres secteurs d’activités et à d’autres villes polonaises pour provoquer un soulèvement général contre le gouvernement communiste. Cette même tactique de désectorisation et de mobilisations multisectorielles a également été appliquée et mise en œuvre dans d’autres pays de l’Est après la chute du mur de Berlin et lors des révolutions des velours dans les ex-républiques soviétiques.

CONCLUSION

Pour savoir pourquoi le monde capitaliste fête aujourd’hui en grande pompe les 20 ans de la chute du mur de Berlin, il faudra revenir à la période ayant précédé la dislocation du bloc de l’Est. Dire que le monde capitaliste était en crise avant la chute du mur de Berlin est tout simplement une tautologie, car le capitalisme est inséparable de ses crises permanentes et chroniques. Personne n’est capable de dire quand le capitalisme est en crise et quand il ne l’est pas, car quand le capitalisme n’est pas en crise, des millions de chômeurs sont jetés dans les pavés. Dire, par ailleurs que la chute du mur de Berlin symbolise le triomphe définitif de la liberté sur la tyrannie communiste, c’est plutôt une bonne blague à un euro. La chute du mur de Berlin a redonné au Capital américain et européen une bouffée d’air frais en récupérant une zone de 650 000 km2, c’est-à-dire une zone correspondant aux superficies de la France, de la Suisse, de la Belgique et du Danemark. En récupérant ainsi cette zone de 650 000 km2 qui étaient jadis sous l’influence de l’union soviétique, les capitalistes ont épargné à l’Europe et au monde une guerre meurtrière et destructrice. Car il faut savoir, quand le Capital n’a plus son oxygène pour respirer, c’est-à-dire, ses marchés et ses matières premières, il devient, comme un lion affamé, un fou furieux et dangereux pour l’humanité toute entière.

En faisant main basse sur les 650 000 km2 récupérés après la chute du mur de Berlin, le capital a ouvert sur le continent européen, une zone franche de réglementation libre du travail. Grâce à ces 650 000 km2 conquis sur l’union soviétique, le Capital respire provisoirement grâce à la délocalisation de certains segments de la ligne de production et à la modification des conditions de travail. La délocalisation-segmentation peut ainsi se caractériser par une substitution de techniques favorisant l’utilisation abondante de main d’œuvre et conduisant surtout à son usure précoce. Deux avantages sont retirés de cette délocalisation: l’un se traduit en terme de coût(bas salaires), l’autre en terme de productivité(détérioration des conditions de travail). Cette stratégie de segmentation-délocalisation a pour but de compenser une baisse de la rentabilité moyenne du capital et pour surmonter cette baisse tendancielle que rencontre l’accumulation du capital, il était nécessaire de procéder à une redéfinition des conditions d’exploitation de la force de travail. La possibilité de trouver ailleurs des conditions meilleures pour exploiter la main-d’oeuvre permet d’alléger les difficultés que l’accumulation du capital rencontre. La possibilité de segmenter les lignes de production en adaptant les technologies aux conditions moyennes de production tend à homogénéiser les conditions de travail vers le bas. La possibilité d’obtenir des conditions de travail plus favorables au capital en délocalisant des segments de production constitue une menace réelle sur des salariés des pays capitalistes du centre, car la menace de délocaliser peut conduire à une détérioration des conditions de travail, à une stagnation et à une baisse des salaires réels. La chute du mur de Berlin a été un cadeau du ciel offert aux multinationales capitalistes qui sont à la recherche de zones franches où règne seulement la loi de la jungle avec des conditions de travail moyenâgeuses et une main-d’oeuvre abondante, corvéable et exploitable à volonté. Allez demander aux ouvriers roumains de chez DACIA qui gagnent un salaire mensuel de 240 s’ils croient toujours au paradis terrestre promis par la radio free Europe et la Voix de l’Amérique et s’ils vivent sous le régime de la liberté depuis la chute du mur de Berlin.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

nov 03 2009

Fall of the Republic, d’Alex Jones (vostfr)

Le rĂ©alisateur Alex Jones affirme, dans son nouveau film « The Fall of The Republic » (la chute de la rĂ©publique) que les patriotes doivent s’unir et se battre contre les ennemis de la RĂ©publique, car ils risquent sinon de se retrouver tenu en esclavage par une Ă©lite dirigeante Ă  travers un contrĂ´le social tyrannique.

Fall of the Republic cover

Du plan de sauvetage Ă  la taxe sur le carbone, ainsi que la mort annoncĂ©e du dollar, il semble Ă©vident, selon Alex Jones, que Barack Obama et ses maĂ®tres sont en train de mettre en place les conditions nĂ©cessaire Ă  la crĂ©ation d’un gouvernement mondial, fusse-t-il pour cela nĂ©cessaire de sacrifier des millions de vies.

Nos remerciement Ă  Hussardelamort pour son travail de traduction.


7ème partie (mise en ligne le 5 novembre 2009)

8ème partie (mise en ligne le 7 novembre 2009)

9ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)

10ème partie (mise en ligne le 8 novembre 2009)


11ème partie (mise en ligne le 9 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

13ème partie (mise en ligne le 14 novembre 2009)

12ème partie (mise en ligne le 15 novembre 2009)

Nous placerons la suite du document dès la traduction réalisée

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oct 09 2009

Révolution Verte Eugénique ou Génocidaire?

Par Dominique Guillet

Genocide

Cette question va sans doute susciter des réactions indignées, mais qu’importe. Faites-vous confiance à l’OMS? Pas moi. Et encore moins depuis que je sais que, depuis 2005, le directeur du SAGE (Comité consultatif mondial sur la sécurité vaccinale à l’OMS [145]) est le Docteur David Salisbury, responsable du groupe de vaccination et des maladies infectieuses au Ministère de la santé du gouvernement britannique. Le Docteur David Salisbury est très sérieusement impliqué dans le scandale d’une campagne massive de vaccination des enfants avec le vaccin ROR (rougeole-oreillon-rubéole) fabriqué par le prédécesseur de GlaxoSmithKline et qui a généré de multiples pathologies chez les enfants. [146]

L’acharnement vaccinal de l’OMS à l’encontre de la gripette bénigne H1N1 est plus que suspect tout autant que le sont les réunions secrètes entre l’OMS et les multinationales de Big Pharma. Et bien sûr tout autant que la totale immunité accordée aux fabricants de vaccins contre la grippe H1N1, en cas de poursuite judiciaire.N’ayons pas la mémoire courte. Souvenons nous de ces campagnes de vaccination au Mexique, au Nicaragua et dans les Philippines. Voici ce qu’en dit William Engdahl dans son ouvrage “Semences de destruction” [207]:«La Fondation Rockefeller est l’un des soutiens financiers d’un programme de l’OMS en “santé de la reproduction” qui a développé un vaccin contre le tétanos qui contiendrait des hormones cachées de contrôle de naissance. Selon un rapport du Global Vaccine Institute, l’OMS a mis en place des campagnes de vaccination massives au Nicaragua, au Mexique et aux Philippines depuis le début des années 1990. Le Comité Pro Vida de Mexico, une organisation catholique, a testé de nombreuses fioles du vaccin et a découvert qu’elles contenaient une Gonadotrophine chorionique humaine (hCG), une hormone naturelle nécessaire au maintien d’une grossesse. Lorsque cette hormone est associée avec un vecteur de toxoïde tétanique, elle stimule une formation d’anticorps contre la hCG, ce qui interrompt la grossesse humaine. Des rapports similaires de vaccins truffés d’hormones hCG ont été reçus des Philippines et du Nicaragua.

Cette organisation a mis en valeur plusieurs autres phénomènes troublants concernant les programmes de vaccination de l’OMS. Le vaccin anti-tétanique n’était donné qu’à des femmes âgées de 15 à 45 ans, mais ni à des hommes ni à des enfants. La présence de hCG est la preuve irréfutable d’une contamination du vaccin. Elle ne fait sinon aucun sens. Avec le soutien financier de la Fondation Rockefeller, de la Banque Mondiale, du Population Council, de la Fondation Ford, parmi d’autres, l’OMS a oeuvré durant 20 ans pour développer un vaccin anti-fertilité en utilisant la hCG avec le tétanos, et d’autres vaccins, selon des articles scientifiques publiés sur ces campagnes de l’OMS. Tout cela a été certifié par l’OMS et par d’autres, dont la revue médicale Britannique respectée , le Lancet, le 11 juin 1988: “Essais cliniques d’un vaccin de contrôle des naissances de l’OMS”.

Jusqu’en 1993, l’OMS a dépensé un total de 365 millions de dollars sur de telles recherches en “santé de la reproduction” dont la recherche sur l’intégration de hCG au vaccin anti-tétanique. L’OMS n’a pas pu répondre aux questions concernant la présence d’éléments anti-hCG chez les femmes vaccinées. Leur réponse discrète a été que cette présence était “non significative”. Le vaccin était fabriqué par les Laboratoires Connaught (Rhone-Poulenc) au Canada et les Laboratoires Intervex et CSL en Australie.

Depuis les années 1920, la Fondation Rockefeller est l’un des principaux sponsors des programmes mondiaux de réduction de la population. Si les rapports concernant les vaccins de contrôle des naissances sont véridiques, il n’est pas difficile de soupçonner que la Fondation Rockefeller fait partie de ceux qui ont programmé d’utiliser la technologie des semences génétiquement modifiées comme un moyen potentiel de contrôler la population mondiale par l’entremise du contrôle futur des ressources alimentaires».

Il n’est donc pas anodin, rappelons-le, de trouver dans les soutiens financiers de la grosse ONG “Millenium Promise”, créée par Jeffrey Sachs pour dĂ©velopper la “seconde rĂ©volution verte” en Afrique, la clique des multinationales de la pharmacie (et donc des vaccins): Procter et Gamble, GlaxoSmithKline, Merck, Novartis, Pfizer, Sanofi-Aventis et dont quatre d’entre elles sont justement les pourvoyeurs actuels du vaccin contre la “pandĂ©mie” H1N1, dite “maladie du cochon volant”: Sanofi-Aventis, Novartis, Merck et GlaxoSmithKline.Sanofi Pasteur, le N°1 mondial, vient d’ouvrir une nouvelle usine de production de vaccin contre la grippe saisonnière aux USA, une nouvelle unitĂ© de remplissage en France et une nouvelle usine en Chine pour 2012. La tambouille des grippes en tous genres – “de saison”, “poulet laqué”, “cochon caramel” – est en pleine prospĂ©ritĂ©. Selon l’OMS, pour la grippe de saison, la production de vaccins Ă©tait de 350 millions de doses en 2006, 565 millions de doses en 2007 [94], et sera d’1 milliard de doses l’an prochain. [95] Quant Ă  la grippe H1N1, l’OMS vient de revoir quelque peu Ă  la baisse son chiffre de 5 milliards de doses pour 2009. Les multinationales de Big Pharma n’avaient pas prĂ©vu un tel engouement pour ce nouveau “cocktail pandĂ©mique” dont la recette est Ă  ce point hĂ©tĂ©roclite qu’on la croirait tout droit issue de la cuisine d’un savant fou… [102] [103] Mais elles seront rĂ©compensĂ©es de leurs diligents efforts puisqu’elles vont toucher la coquette somme de 40 milliards de dollars.

Le 16 juin 2008, Sanofi Pasteur a publié un communiqué annonçant qu’elle allait «donner 60 millions de doses de vaccin H5N1 à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur trois ans pour la constitution d’un stock de réserve international.» Le président directeur général de Sanofi Pasteur, Wayne Pisano, a déclaré dans le communiqué que «le virus H5N1 circule actuellement dans certaines régions parmi les plus pauvres du monde et l’irruption d’une grippe pandémique pourrait frapper des populations ayant un accès limité aux vaccins. Cette donation de vaccin H5N1 a pour but de répondre aux besoins des populations les plus vulnérables. En plus de soutenir les efforts des gouvernements, il est essentiel que l’industrie collabore avec les organisations internationales telles que l’OMS, la Fondation Bill et Melinda Gates et d’autres organismes de santé mondiale. Ainsi, il sera possible de constituer un stock de réserve de vaccins pour les pays en voie de développement, prêt à être déployé sur le terrain dans le cas où une pandémie de grippe viendrait à être déclarée.» [90]

Sur le mĂŞme communiquĂ©, nous avons relevĂ© cet aveu de la multinationale: «… Dans cette Ă©ventualitĂ©, toutes les usines de production de vaccin contre la grippe de sanofi pasteur basculeraient de la production de vaccin contre la grippe saisonnière Ă  celle de vaccin contre la grippe pandĂ©mique.» Allons-y, appelons-la, donc, la “grippe de sanofi pasteur”!!

La collaboration, appelée par Sanofi-Pasteur, entre “l’industrie”, l’OMS et le Fondation Gates fait frémir, surtout lorsqu’elle est se met en place chez les pauvres “vulnérables” et beaucoup trop nombreux selon les néo-Malthusiens. Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates, en partenariat avec la Fondation Rockefeller, est très activement engagée dans des programmes de “contrôle de la population”. [91] Surtout lorsque l’on sait que la Fondation Gates est l’un des plus gros financeurs de l’OMS [93] et que ses plus grandes largesses financières vont vers des organisations spécialisées dans les vaccins: “PATH” et “GAVI” (Global Alliance for Vaccines and Immunisation). Et cette année, le H8 s’est retrouvé à Seattle, qui est le siège de la Fondation Gates. Le H8, c’est: la Fondation Gates, l’OMS, la Banque Mondiale, l’UNICEF, le GAVI, le Fonds des Nations unies pour la population, ONU-Sida, le Fond Global de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose. [92]

Sincèrement, pourquoi les programmes de génocides, ou “campagnes de vaccination stérilisante”, que nous avons évoqués ci-dessus, seraient-ils plus choquants que l’outil géopolitique de la faim utilisé, tous les jours de l’année, pour dépeupler la planète de plus de 30 000 êtres humains?

L’avenir proche nous dira si la vaccination H1N1 n’était seulement qu’un cocktail de “virus vivants atténués” et d’adjuvants archi-toxiques, le but n’ayant été, bien sûr, que de générer encore un peu plus de panique et, en effet collatéral, de remplir généreusement les caisses des multinationales de Big Pharma. Car en cette fin d’année 2009, avec le très médiatisé Sommet de Copenhague, ce sont, sur le ring médiatique de la déroute programmée, deux fièvres qui luttent pour la première place de l’hystérie et de la panique collectives: d’une part le virus de la fièvre climatique, dénommé “syndrome d’Al Gore”, et d’autre part le virus H1N1, dénommé “grippe du Goret”. Que la plus chaude gagne!

Fièvre climatique ou “Syndrome d’Al Gore”: des vérités qui dérangent

Ce n’est pas mon propos d’analyser le film de science-fiction de Mr Gore “Une vérité qui dérange” et de décliner les quelque trente erreurs climatiques grotesques, et grosses comme des icebergs, qui en ruinent toute la crédibilité si tant est qu’on espère déceler une once de crédibilité dans un film de réalité virtuelle. [160] D’ailleurs, dans un interview de mai 2006, Al Gore n’hésite pas à affirmer qu’il ne faut pas hésiter à “amplifier” certains faits pour faire passer le message (“amplifier” étant un euphémisme pour “mentir”, nous l’aurons tous compris). [167] A l’arrachée, tout comme le directeur de Greenpeace Angleterre qui avoue, à la télévision, les mensonges de son organisation: c’était pour la bonne cause, pour faire peur. [168]

Ce n’est pas non plus mon propos d’évoquer, en longueur, les aléas de la mine de zinc de Mr Gore [169] qui détruisait tout l’environnement local, dans le Tennessee, et ni même ses amitiés pétrolières:- ses actions (ou celles de ses parents) qui ont pu atteindre près d’1 million de dollars dans Occidental Petroleum. [170]

- ses relations très intimes avec Occidental Petroleum qui ont permis à l’une des compagnies les plus polluantes au monde (scandale, par exemple, du déversement de milliers de tonnes de déchets chimiques toxiques à Love Canal) de tripler ses réserves de pétrole lorsqu’Al Gore “facilita” l’acquisition, par cette société pétrolière, de droits de forage en Californie près de Bakersfield dans la réserve naturelle “Elk Hills National Petroleum Reserve” [36] [204] (c’est même sur wikipedia!). Bush père et Nixon n’avaient jamais réussi un tel prodige. En l’espace de cinq années, plus de cent sites archéologiques Amérindiens furent éradiqués. [35] Toujours dans le dossier Occidental Petroleum, il faudrait également mentionner le scandale des puits de pétrole en Colombie sur les terres du peuple U’was et les relations intimes, qui sont de notoriété publique [55], entre l’administration Clinton-Gore de l’époque et Occidental Petroleum. [201] Pour la petite histoire, cela demanda 5 années de lobbying pour que l’administration Clinton/Al Gore arrive à ses fins, à savoir permettre les forages pétroliers d’Occidental Petroleum dans la réserve naturelle de Elk Hills: le jour même où la vente des terres de la réserve naturelle fut scellée, Al Gore délivra un discours à la Maison Blanche sur les perspectives terrifiantes du réchauffement climatique anthropique en raison de l’usage inconsidéré des combustibles fossiles. [203] Quels sont les qualificatifs les plus adéquats pour décrire ce type de fourberies?

- le fait que son directeur de campagne présidentielle, un juriste, Mr Tony Coelho, était un lobbyiste très impliqué dans l’ouverture de ces nouveaux forages pétroliers en Californie.

- son partenariat actif depuis 2008 [53] avec la société Kleiner Perkins Caulfield & Byers [54]. Sont également actionnaires dans Kleiner Perkins, John Doerr, le fondateur de Google, et Colin Powell, l’ancien secrétaire d’état sous Bush. Dans le port-folio de la société Kleiner Perkins [58] se trouvent trois compagnies intrinsèquement impliquées dans le business des “combustibles fossiles”:

1. Terralliance Technologies [56], dont l’autre investisseur principal est Goldman Sach, est spécialisée dans les forages pétroliers. Selon le rapport Forbes, [59] Terralliance Technologies aurait déjà foré plus d’une centaine de puits sur la planète entière. Ce sont 65 millions de dollars qui ont été investis dans cette compagnie par Kleiner Perkins. Mais Kleiner Perkins ne s’en vante pas publiquement. [60]

2. GreatPoint Energy (Cambridge, Massachussetts) qui est dans la conversion de charbon en gaz naturel.

3. GloriOil, qui selon la rapport Forbes [57] “élabore des microbes qui, lorsqu’ils sont injectés dans les puits pétroliers, accroissent la production de pétrole”.

J’invite donc très cordialement tous les écologistes et autres “réchauffistes” amnésiques, qui ont considéré mes deux articles précédents sur l’arnaque climatique comme des soutiens aux pétroliers, d’aller faire le ménage devant la porte de leur idole, et de ne pas oublier l’aspirateur (et la calculette pour compenser l’empreinte carbone de l’aspirateur car le processus risque d’être laborieux).

Je ne vais pas m’appesantir Ă©galement sur le fait que Mr Al Gore, considĂ©rĂ© par certains medias US comme un prophète, le Prophète de l’Apocalypse Climatique, le RĂ©dempteur PlanĂ©taire – Ă  l’image des monothĂ©istes, proclamant la religion de l’Amour IncarnĂ©, qui ont tout dĂ©truit dans leur sillage pendant 2000 ans – promeut le retour Ă  la corde Ă  sĂ©cher le linge pendant qu’il circule en jet, roule en limousine, possède “quelques” maisons, consomme autant d’électricitĂ© que 20 familles moyennes US, demande des cachets de 150 000/170 000 dollars pour venir donner une confĂ©rence, etc. Le principal n’est-il pas qu’il compense ses Ă©missions de carbone? Et peut-ĂŞtre, comme le dirait un prĂ©sident, est-il gĂ©nĂ©tiquement programmĂ© pour ĂŞtre très riche pendant que d’autres sont gĂ©nĂ©tiquement programmĂ©s pour crever de faim. Ainsi va la Roue de la Vie. (La fortune personnelle de Mr Gore Ă©tait de 2 millions de dollars en 2001, elle Ă©tait “officiellement” de 100 millions en 2007.) Il y en a qui prĂŞchent pendant que d’autres trinquent. Certains compensent leurs Ă©missions de carbone pendant que d’autres font le sacrifice de leurs corps et de leur vie pour mettre fin, radicalement, Ă  leurs Ă©missions de carbone. C’est la division des tâches, en toute “fraternitĂ© climatique”.

Dans le cadre de cet article sur la “révolution verte génocidaire”, il est beaucoup plus instructif de se pencher sur les amitiés particulières de Mr Al Gore avec “le monde selon Monsanto”:

- Mr Al Gore, lorsqu’il était au Congrès US, fut le président de la commission chargée d’enquêter sur les relations “très intimes” entre Monsanto et les grandes universités US. Il va sans dire que la commission d’enquête lava Monsanto de tout soupçon de corruption de scientifiques et de tentative de mise sous séquestre de grandes universités US…

- Mr Charles W. Burson, procureur général du Tennessee pendant 10 ans, fut le conseiller spécial de Mr Al Gore et puis le chef de cabinet de Mr Al Gore et puis, ensuite, vice-président de Monsanto, jusqu’en 2006. [75]

- Mr Mickey Kantor, directeur de campagne présidentielle pour Clinton, ministre du commerce sous Clinton/Al Gore, partit comme directeur chez Monsanto en 1997. Ce fut lui qui, en 1998, activa la chaudière pour que Clinton/Al Gore fassent céder l’Europe sur les OGMs. [179]

- Last but not least: Mr Michael Taylor. [32] [76] Il est, par excellence, le symbole aux USA des “revolving doors”, des portes tournantes entre Monsanto et l’administration US. [78]. (Pour plus d’informations, voir l’ouvrage de Marie-Monique Robin “Le Monde selon Monsanto” [185]). Michael Taylor entra à la FDA (Food and Drug Administration) en 1976, puis travailla dans le cabinet de juristes King and Spaulding comme représentant de Monsanto (pour faire passer l’hormone bovine transgénique); il retourna à la FDA en 1991, jusqu’en 1994, pour y rédiger les lois permettant à l’hormone bovine de Monsanto d’être imposée à l’agriculture US. Durant l’administration Clinton/Al Gore, c’est lui qui “oublia” où avaient été rangés 40 000 pages de dossiers archivés “confidentiels OGMs” de la FDA! De 1994 à 1996, il fut au Ministère de l’Agriculture US. Il repartit ensuite chez Monsanto comme vice-président de 1998 à 2001. Et le président Obama vient de le rappeler à la FDA dont il est l’un des conseillers suprêmes! [184]

Nous allons ainsi le retrouver dans une autre partie de cet exposé car Michel Taylor résume, en sa personne, toute la problématique de la corruption des hauts fonctionnaires et de la collusion entre les multinationales, les fondations, les ONGs d’assistance aux pays pauvres et les agences gouvernementales.

Et cerise sur le gâteau, Michael Taylor est le cousin de l’épouse d’Al Gore! Une simple coïncidence, bien évidemment, car on ne choisit pas ses cousins.

Durant la présidence Clinton-Al Gore, de 1993 à 2000, et Mr Al Gore fut l’un des vice-présidents les plus influents du siècle passé:

- L’hormone de croissance bovine transgénique de Monsanto fut imposée à l’agriculture US en 1993 par la FDA. [77]

- Les OGMs furent imposés de force au peuple des Etats-Unis, sans étiquetage, à la fin de l’année 1992 par la FDA. Mr Al Gore n’a pas remis en question cet état de fait et il fallut l’action en justice d’un juriste pour que la FDA (Food and Drug Administration) “libère”, en 1999, sur demande expresse du tribunal, plus de 40 000 pages de dossiers archivés confidentiels prouvant que les techniciens et scientifiques de la FDA avaient émis d’innombrables réserves quant à la sécurité sanitaire des OGMs. Le responsable de ce dossier, le célèbre Michael Taylor, les avait bien soigneusement rangés à l’ombre.

- En 1998, le quartet Clinton – Al Gore – Dan Glickman (ministre de l’agriculture) – William Daley (ministre du commerce) lança une campagne forcenĂ©e pour obliger l’Europe Ă  accepter les chimères gĂ©nĂ©tiques. On voudra bien se rappeler que Mr Jospin (premier ministre), Mr Glavany (ministre de l’agriculture) et Mme Voynet (ministre de l’environnement) signèrent, Ă  cette Ă©poque, l’introduction en France des premier maĂŻs transgĂ©niques.

Mr Al Gore, avec Madeleine Albright, secrétaire d’état, forcèrent la main à Mr Jospin pour que les OGMs de Monsanto soient accueillis en Europe. [33] C’est ce dont se vanta Toby Moffett au St Louis Post Dispatch. [34] Toby Moffett, ex-vice-président de Monsanto, qui, lors de la campagne présidentielle de 2000, était chargé de drainer les voix “vertes” de Ralph Nader vers Al Gore [44] (alors même que Ralph Nader dénonçait avec véhémence l’inféodation d’Al Gore-Clinton à l’empire Monsanto [40] [202]). Et ce n’est pas vraiment de la vantardise parce que l’Agence Reuters publia un communiqué le mardi 21 juillet 1998 stipulant que Mr Al Gore venait de téléphoner personnellement à Mr Jospin. «On peut dire sans problèmes que le premier ministre [Mr Lionel Jospin] a très bien compris l’importance de cette problématique pour les agriculteurs US» après sa conversation téléphonique avec Gore, dit Kay Casstevens, une assistante juridique du vice-président. Jospin a précisé à Gore qu’il n’avait pas fini d’évaluer la situation «mais qu’il prendrait une décision sous peu.» [37]

Mr Mendelson résume ainsi la situation dans son long article sur le Roundup paru en 1999 dans la revue l’Ecologiste: «L’UE n’a pas donné son accord complet pour l’importation de maïs rR. Devant les réticences de l’opinion publique, Al Gore, vice-président des Etats-Unis, ainsi que des représentants du ministère de l’Agriculture, ont aussitôt fourni une béquille à Monsanto, déplorant que l’Europe, si elle n’autorisait pas l’importation de maïs transgénique, mette en péril 250 millions de dollars d’exportations . La France a répondu qu’elle ouvrirait la voie à l’entrée du maïs transgénique en Europe, plutôt que d’engager une guerre commerciale à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).[par arrêté du 3 août 98, la France a inscrit ce maïs au catalogue des variétés végétales lui permettant d’être commercialisé en UE.] »

Mr Al Gore considérait les chimères génétiques comme “équivalentes en substance” selon la formule consacrée. Cela m’a été confirmé, par courrier, par Jeffrey Smith, l’auteur des ouvrages “Semences de tromperie” et “Roulette génétique”. Mr Al Gore considérait le glyphosate de Monsanto, le Roundup, comme le moins dangereux des herbicides. [45] [166] C’est en fait l’un des pesticides les plus toxiques [38] et une grande partie des variétés génétiquement modifiées de Monsanto sont “résistantes” à cet herbicide, à savoir elles le digèrent fort bien. C’est également l’administration Clinton/Al Gore qui supprima l’un des derniers remparts de la protection alimentaire US: la “Delaney Clause” de 1958 qui interdisait la présence de pesticides dans les aliments. [205]

Mr Al Gore a soutenu les biotechnologies lorsqu’il était sénateur. [46] Il rédigea en 1991 “Planning a New Biotechnology Policy”, (Harvard Journal of Law and Technology, Vol. 5, Fall 1991, pp. 19-30). Pour la petite histoire [42], le 9 avril 1998, Al Gore embaucha comme son conseiller spécial aux affaires intérieures David W. Beier, le lobbyiste de Genentech Inc / Hoffman La Roche, le même La Roche [178] qui fabrique, contre la grippe, le célèbre Tamiflu [83] (complètement inefficace, archi-toxique [147] et que l’on retrouve dans les eaux de rivière [104] [105]) pour le compte d’une entreprise de biotechnologie basée aux États-Unis, Gilead Sciences Inc. dont Mr Rumsfeld (Ministre de la Défense de George W. Bush) était le principal actionnaire. Et nous trouvons également, au capital de La Roche, la multinationale Novartis/Syngenta, le fabricant du vaccin contre H1N1. La grande famille que voilà.

On ne peut omettre, bien sûr, de mentionner l’ouvrage “écologique” d’Al Gore “Urgence planète Terre” en 1992. De deux choses l’une, ou les deux, cet ouvrage a été écrit partiellement par quelqu’un d’autre [197] ou Mr Al Gore souffre peut-être de schizophrénie, ce qui est un syndrome courant dans le monde politique. Il est difficile, en effet, de vivre à la fois dans un monde de promesses débridées au peuple, et dans un autre monde d’allégeances serviles à la dictature des cartels.

En opposition totale avec les grands principes de son ouvrage, Al Gore, durant ses 8 ans de vice-présidence, conduisit une politique environnementale désastreuse au point qu’en juillet 2000, 61 leaders d’associations de protection environnementale, de 18 états, créèrent une coalition “Environmentalists Against Gore”. [41]

C’est également en 1999 que Pusztai (un des scientifiques les plus réputés au monde, auteur de trois ouvrages et de 270 études scientifiques) publia ses recherches sur les rats nourris avec des pommes de terres génétiquement modifiées de Monsanto. Une simple chaîne d’appels téléphoniques Monsanto/Clinton/Tony Blair vira l’éminent professeur en l’espace de quelques heures. A cette époque, l’un des membres seniors de l’administration Bill Clinton/Al Gore déclara que la décade des années 90 serait «la décade de la commercialisation triomphante des produits biotechnologiques». L’administration Bill Clinton/Al Gore dépensa des milliards de dollars pour la promotion des chimères génétiques.

C’est durant la période-clé de 1993 à 2000 que les chimères génétiques se répandirent sur toute la planète et que les humains et les animaux en furent gavés. Les trois personnes responsables de cet état de fait, politiquement et stratégiquement, sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor (FDA/USDA/Monsanto). Ce sont Bill Clinton, Al Gore et Michael Taylor qui ont ouvert la route de la “seconde révolution verte transgénique” qui gangrène présentement tous les écosystèmes planétaires. Et Al Gore et Michael Taylor continuent présentement de paver cette route: Michael Taylor de par le fait qu’il est de nouveau le maillon entre Monsanto et le gouvernement US (pour l’Afrique) et Al Gore de par sa croisade climatique pour refroidir la planète. De brûler des cierges “carbone-zéro”, pour exorciser le mal et pour générer un magnifique écran de fumée, ne changera rien à cette situation.

Je mets au défi n’importe quel zélote hystérique, de la secte des Al Gorites, de me prouver le contraire.

Après le pétrole, le roundup et les chimères génétiques, abordons maintenant la problématique des “crédits carbone”.

Mr Al Gore, en 2006, créa sa Fondation “The Alliance for Climate Protection”, l’Alliance pour la Protection du Climat [49], avec le directeur de la banque Lehman Brothers. Après avoir créé sa fondation et son cabinet Londonien “Generation Investment Management” [50], il lança son film best-seller “Une vérité qui dérange”. Précisons que “Generation Investment Management”, spécialisé dans la gestion des “crédits carbone”, a été créé en partenariat avec David Blood, ancien directeur de “Goldman Sachs”, Mark Ferguson, ancien président de “Goldman Sachs Assets Management pan-European Research” et Peter Harris, ancien directeur de “Goldman Sachs Assets Management”.

Le 2 février 1988, Al Gore, dans un débat présidentiel déclara: «Mon premier engagement sera de restaurer l’intégrité de la Maison Blanche. Et je vais virer toute personne ayant menti au peuple Américain et au Congrès». J’invite les lecteurs à juger par eux-mêmes de l’accomplissement de cet engagement solennel et j’invite ceux qui parlent anglais à visionner les vidéos, sur la toile, des auditions “climatiques” d’Al Gore au Congrès, au printemps 2009 (et sous serment, bien sûr!). [156] [157] [158] [159] Déconseillé à toute personne ne souhaitant pas remettre en question ses croyances dans le rédempteur atmosphérique.

En conclusion, je pose la question à tous les écologistes qui luttent contre les chimères génétiques et contre les pesticides depuis de très nombreuses années: pouvons-nous faire confiance à l’homme de Monsanto, celui-là même qui, avec Bill Clinton et Michael Taylor, a piégé la totalité de l’humanité dans le cercle infernal des chimères génétiques? De quel droit son film de science-fiction a-t-il été imposé à des dizaines de milliers d’écoles?

Ecologistes de tous les pays, réveillez-vous! Le réchauffement climatique anthropique est une farce, c’est une arnaque monumentale permettant d’ouvrir de nouveaux et gigantesques marchés: crédits carbone, taxes carbone, nécro-carburants “refroidissants”, chimères génétiques, fertilisants de synthèse et pesticides! D’ailleurs, aux USA, la législation “cap and trade” est surnommée “Al Gore enrichment act”!

Crédits de Carbone:

Un marchĂ© climatique qui gĂ©nère des revenus Ă  partir de l’air du temps!

Le marché du carbone, ce n’est pas une bagatelle puisqu’il se chiffre à 135 milliards de dollars pour 2008. Ce qui fait quasiment s’étrangler le très placide Jacques Diouf, directeur de la FAO, qui se demande bien pourquoi on peut générer un tel marché de carbone planétaire et ne pas être capable de lui confier 30 petits milliards de dollars pour régler le problème de la faim dans le monde. Mais Mr Diouf a sûrement compris, depuis belle lurette, que ce ne sont pas les mêmes caisses. Il posa également la même question pour le “coût de la crise financière” qui vient, d’ailleurs, d’être revu à la baisse, le 30 septembre 2009, par le FMI, le Fonds Monétaire International: il ne serait que de 3400 milliards de dollars. [39] Il avait été estimé auparavant à 4000 milliards de dollars. Mr Strauss-Kahn, un grand ami de Condoleezza Rice, qui a été placé par les Autorités à la tête de cette institution, en récompense de ses loyaux services [136], sait jouer de la calculette virtuelle. Les communiqués officiels cajoleurs omettent de préciser qui “finance” le coût! C’est bien évidemment de l’argent public: des sommes astronomiques qui partent à fond perdu pour renflouer les banques et le système financier. D’où la nécessité de lever de nouveaux impôts aux USA, dits “taxes carbone” ou “U.S. cap-and-trade bill”.

Et en attendant que le petit peuple soit une nouvelle fois carbo-taxĂ©, pour la bonne cause climatique, les multinationales se gavent sur le marchĂ© du carbone gĂ©rĂ© par le Chicago Climate Exchange et le European Climate Exchange: Barclays, le pĂ©trolier BP, Fortis, Goldman Sachs, Morgan Stanley, le pĂ©trolier Shell, etc. Parmi les fondateurs du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons American Electric Power (AEP), DuPont, Baxter International (vaccins H1N1), etc. Et dans le comitĂ© de conseillers « Ă  la stratĂ©gie » du Chicago Climate Exchange, nous retrouvons Ă©galement Mr Rajendra K. Pachauri, le prĂ©sident du GIEC. [209]Aux USA, Goldman Sachs est le plus gros actionnaire (avec 10 %) du Chicago Climate Exchange. Je convie de nouveau les lecteurs intĂ©ressĂ©s Ă  consulter le courageux article de Matt Taibbi, paru dans Rolling Stones, “Goldman Sachs – La grande machine Ă  bulles” [51] dont le dernier volet s’intitule “Bulle 6: le rĂ©chauffement global”. [52]

Lehman Brothers, qui a aidé Al Gore à capitaliser son business “vert”, s’était fait l’apôtre de la croisade du réchauffement climatique pour que ses actionnaires continuent de toucher de généreuses plus-values sur le marché du carbone. Ils avaient publié un “rapport Lehman”, la bible de jeunes activistes, sur le réchauffement climatique et le chaos qu’il allait générer. Manifestement, Lehman Brothers fut capable de prédire le climat un siècle à l’avance mais ne fut pas capable de prédire sa faillite spectaculaire, une année à l’avance. La véritable raison de la faillite de Lehman Brothers, néanmoins, n’est sans doute pas celle que l’on croit! [79]

Ainsi, d’un coup de baguette virtuelle, le capitalisme décadent vient de sortir un nouveau lapin de son chapeau feutré: un marché climatique qui génère des revenus à partir de l’air du temps!

Et Maurice Strong fut l’un des principaux prestidigitateurs qui a présidé à la création du Chicago Climate Exchange et il y siège. Il faudrait des pages entières pour énumérer les “fonctions” de Maurice Strong, le très bon ami d’Al Gore. Membre éminent des Bilderberg, de la Commission Trilatérale, du Council on Foreign Relations (CFR) et du Club de Rome; directeur de la Fondation Rockefeller; Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU sous Kofi Annan; Conseiller senior du Président de la Banque Mondiale; Premier directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE); A la tête du Sommet de la Terre qui a eu lieu à Rio en 1992 et dont est issue la Convention sur la diversité biologique, etc, etc. [66]

La “Convention sur la diversité biologique” n’est qu’une déclaration pathétique, (que les multinationales de la semence ont joyeusement interprétée comme un pillage légalisé des ressources génétiques), à l’image du Protocole de Carthagène, dit “Protocole de Cartes à Gènes”, un jeu de poker génétique dont la nation gagnante est celle qui fait entrer le plus de chimères génétiques tout en prétendant s’en préserver!

Maurice Strong se définit comme socialiste en idéologie et capitaliste dans la vie quotidienne. Ce qui est clair, c’est que, à l’image d’Al Gore, c’est un grand donneur de leçons d’ascétisme mais impliqué jusqu’au cou depuis des dizaines d’années dans une pléthore d’aventures capitalistes dont nous ne préférons pas mentionner certaines des liaisons très sulfureuses ni des faillites financières suspectes.

Maurice Strong est considéré par certains comme le père du mouvement environnemental et on se demande bien de quel mouvement environnemental il s’agit car il est depuis fort longtemps l’apôtre du Nouvel Ordre Mondial. Il est vrai qu’il était déjà présent au premier “Jour de la Terre” en 1970 lorsque le professeur d’études environnementales Kenneth Watt déclara: “si la tendance présente se poursuit, le monde sera environ 4 degrés plus froid en 1990 et 11 degrés plus froid d’ici l’année 2000”. Espérons au moins, pour sa réputation, qu’il parlait en degrés Fahrenheit, mais cela fait encore beaucoup. On lui pardonnera d’autant plus qu’à l’époque tous les medias se faisaient l’écho de l’extrême danger du “refroidissement global” qui allait ruiner l’agriculture mondiale: Newsweek, 28 avril 1975 [67]; Peter Gwynne, Newsweek 1976 [68], etc. Tout comme Nicolas Hulot et Kofi Annan évoquent des centaines de milliers de morts tous les ans en raison du réchauffement climatique anthropique, Lowell Ponte “The Cooling”, 1976, annonçait lui aussi le même nombre de décès annuels en raison du “refroidissement global”: «Le refroidissement actuel a déjà tué des centaines de milliers de personnes. S’il continue, et si personne ne prend des mesures énergiques, il provoquera une famine mondiale, un chaos généralisé et même une nouvelle guerre mondiale. Tout cela pourrait survenir avant l’an 2000».

En fait, Maurice Strong aurait déjà pu créer en 1970 son Chicago Climate Exchange pour les crédits de carbone car Kenneth Watt (University of California à Davis) déclarait à l’époque que c’est l’excès de CO2 qui allait provoquer un refroidissement global catastrophique!

Mais tout cela ne nous éloigne-t-il pas un peu de la révolution verte eugénique? Pas du tout car les multinationales de l’agrochimie et de la semence font bien évidemment partie de ce marché de dupes. Même Monsanto a rejoint le Chicago Climate Exchange en décembre 2007. (Ce qui est dans la bonne logique capitaliste: si le réchauffement climatique anthropique génère des fortunes, Monsanto veut avoir sa part du gâteau). Richard Sandor, le président du Chicago Climate Exchange en a profité pour saluer le rôle de “leadership climatique” de Monsanto. [138] (Car, en effet, en 2006, 20 scientifiques de Monsanto se sont penchés sur le problème climatique et en ont déduit que la température montait, ce qui n’est pas un scoop, vu que nous sommes dans une période de réchauffement naturel léger, et non-linéaire, depuis 1860!). [173] (Monsanto en 2009 a régulièrement placé des pages entières de publicité dans les grands journeaux US avec le titre: “9 Milliards de personnes à nourrir. Un changement climatique. Et maintenant?” et comme texte: «Les semences améliorées de Monsanto non seulement augmentent la productivité de façon conséquente mais elles utilisent moins de ressources essentielles telles que le sol et le combustible: tout le monde y gagne y compris la Terre»). Saint Monsanto, le sauveur de la planète!

Mais Monsanto n’en reste pas là. Un de ses vice-présidents, Will Ferretti, affirma que les agriculteurs US pourraient revendiquer annuellement de 4 à 6 milliards de dollars en crédits carbone à cause de leur bonnes pratiques agricoles [139]. Et par “bonnes pratiques agricoles”, Monsanto entend les techniques de non-labour (car le non-labour libère moins de CO2 que le labour) avec des variétés OGMs résistantes au Roundup de Monsanto. Un autre de ses vice-présidents, Jerry Steiner, affirma qu’en utilisant les techniques de non-labour, les agriculteurs peuvent augmenter leurs ressources financières en vendant des crédits carbones à d’autres entreprises au travers du Chicago Climate Exchange.

En 2007, les techniques de non-labour chimique aux herbicides (Roundup principalement) couvraient 30 millions d’hectares aux USA et 26 millions d’hectares pour le seul Brésil. David Miller, le responsable scientifique du AgraGate Climate Credits Corporation, une filiale du Iowa Farm Bureau Federation (une coalition d’agriculteurs dans l’Iowa, l’état-empire du maïs et du soja transgéniques aux USA) espère que bientôt ce soient 85 millions d’hectares agricoles aux USA en non-labour chimique à la sauce Monsanto.

Pour une analyse détaillée de cette arnaque agricole, je renvoie les lecteurs vers mon article de mars 2007 “Le non-labour dans les sillons de l’agro-chimie” [137]. Pour résumer brièvement, les agriculteurs en non-labour chimique sèment des variétés de Monsanto qui sont résistantes au glyphosate. Les sols sont archi-brûlés par la chimie et les pesticides, et sont tellement biologiquement morts qu’ils ne peuvent plus digérer la bio-masse restante après la récolte! Ce n’est pas grave, c’est une nouvelle manne financière pour les agriculteurs qui vendent leur biomasse, refusant de se composter, aux centrales d’éthanol. En Amérique latine, les sols sont tellement brûlés par le Roundup, de par les techniques de non-labour, que les agriculteurs doivent appliquer un engrais azoté pour la culture du soja, qui étant une légumineuse, n’en a normalement pas besoin puisqu’il fixe l’azote tout seul.

Donc, si l’on suit le raisonnement de Monsanto, tous les agriculteurs cultivant des nécro-carburants ou des aliments pour bétail ou poulets, par la technique du non-labour, vont pouvoir revendiquer des crédits carbones à hauteur de dizaines de milliards de dollars.

Si l’on résume brièvement la situation en Amérique latine: on déforeste l’Amazonie (ce qui libère de gigantesques quantités de CO2) pour cultiver des nécro-carburants (dont le bilan CO2 est pire que les combustibles fossiles) pour en fin de compte revendiquer des crédits carbones (pour raison de bonne pratique de non-labour). Ce raisonnement est tout autant spécieux que celui de Kofi Annan qui veut financer la modulation climatique de l’Afrique grâce aux apports du marché des crédits carbone.

La réalité, c’est que la petite paysannerie est ruinée, spoliée, cancérisée, mutagénée. La réalité, c’est que des dizaines de millions d’hectares de forêt Amazonienne ont été déforestés (chiffres de 2007: 21 millions d’hectares au Brésil, 14 millions d’hectares en Argentine, 2 millions hectares au Paraguay et 600 000 hectares en Bolivie) pour les nécro-carburants (et le soja aliment bétail pour l’Europe et la Chine) et qu’il est envisagé d’en déforester encore 60 millions. La réalité, c’est que plus 300 espèces d’adventices, sur la planète, sont entrées en “guérilla génétique” et sont devenues “résistantes” au Roundup et autres herbicides, ce qui veut dire qu’elle le “digèrent” très bien. La réalité, c’est qu’il existe une nouvelle classe d’esclaves, de serfs, dans les plantations des nécro-carburants. [144] L’essence verte est rougie par le sang.

Les marchés de crédits-carbone sont-ils réellement la solution à notre “empreinte écologique plus noire que le péché”, pour emprunter une formule favorite de James Lovelock?

Une arme de dépopulation massive: l’eugénisme

L’autrefois gĂ©nial concepteur de la thĂ©orie GaĂŻa, James Lovelock, monta au crĂ©neau, fin aoĂ»t 2009, pour traiter les environnementalistes qui font campagne contre le rĂ©chauffement climatique anthropique, sans prendre en compte la croissance de population, “d’irrationnels et d’ignorants”. James Lovelock, qui venait d’être nommĂ© parrain de l’ONG “Optimum Population Trust”, en appela aux Verts pour qu’ils «disent la vĂ©ritĂ© et qu’ils s’expriment en public»: «Ceux qui ne veulent pas voir que la croissance de la population et le changement climatique sont les deux faces d’une mĂŞme pièce soit sont ignorants, soit se voilent la face. Ces deux gigantesques problèmes environnementaux sont insĂ©parables et Ă©voquer l’un tout en ignorant l’autre est irrationnel. (…) Comment pouvons-nous rĂ©ellement dĂ©croĂ®tre les Ă©missions de carbone, et l’utilisation des terres, alors que le nombre d’émetteurs, et l’espace qu’ils occupent, s’accroissent sans remords. Quand les environnementalistes qui prĂ©tendent ĂŞtre Verts vont-ils reconnaĂ®tre la vĂ©ritĂ© et se prononcer publiquement?» [150] L’Apocalypse selon James Lovelock stipule que le dĂ©chaĂ®nement climatique Ă  venir va rĂ©duire la population de la Terre Ă  seulement un demi-milliard d’habitants.

Rappelons que James Lovelock participait Ă  la confĂ©rence de 1975, en Caroline du Nord, organisĂ©e par l’anthropologue Margaret Mead. La confĂ©rence s’intitulait “The atmosphere: endangered and endangering”. Intervenaient Ă  cette confĂ©rence Paul Ehrlich, ultra-malthusien et auteur de la “Bombe P.” (qui avait prophĂ©tisĂ© la disparition de l’Angleterre d’ici l’an 2000) et Stephen Schneider qui faisait la promotion du scĂ©nario du “Refroidissement Global”, vers 1970. Stephen Schneider est connu pour avoir dĂ©clarĂ© en 1996, Ă  un journaliste: «Afin de capturer l’imagination du public, nous devons promouvoir des scĂ©narios de panique, profĂ©rer des dĂ©clarations dramatiques, et très simplifiĂ©es, et faire abstraction de tout doute que nous puissions avoir… »Roger Martin, le prĂ©sident de Optimum Population Trust dĂ©clara: «Il est tragique que le mouvement Vert ait choisi d’occulter ce phĂ©nomène. Avec l’aide de personnes Ă©minentes, telles que James Lovelock, nous allons faire de notre mieux pour leur rafraĂ®chir la mĂ©moire». Cette ONG vient de demander publiquement aux nĂ©gociateurs qui vont se rĂ©unir Ă  Copenhague, en dĂ©cembre 2009, d’inscrire dans les politiques de chaque nation des programmes de contrĂ´le de la population pour lutter contre le changement climatique. Elle prĂ©cise que les programmes de contrĂ´le de la population dans les pays pauvres devraient ĂŞtre “subventionnĂ©s au titre de la modulation climatique”.

Le raisonnement de Roger Martin et du fondateur de cette ONG, Jonathon Porritt (un ancien directeur des Amis de la Terre et ancien administrateur du WWF, au Royaume-Uni) [192], est d’autant plus frauduleux que si on raisonne en terme d’empreinte carbone, celle d’un citoyen US ou Britannique est de 75 à 300 fois plus grande que celle d’un paysan de la zone Sahélienne ou un paysan de l’Inde, qui ne “gagnent” qu’un dollar par jour, quand ils le gagnent.

Mon premier conseil à tous ceux qui préconisent des contrôles de la population draconiens, en raison du réchauffement climatique anthropique, serait qu’ils donnent l’exemple! Qu’ils dégagent avant l’orage!

Rappelons encore une fois, pour donner “bonne mesure” que les 300 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3 milliards de personnes les plus pauvres.

Ce débat démographique n’est pas sans évoquer le conflit entre René Dumont, qui dénonçait la surpopulation en Afrique et préconisait l’usage de l’agriculture chimique, et Pierre Rabhi [206], le promoteur des techniques agro-écologiques en Afrique qui a toujours affirmé que ce continent n’était pas surpeuplé. Pierre Rabhi et le président Sankara auraient fait du Burkina le premier pays Africain “bio” si Sankara n’avait pas été assassiné, en 1987, par les Autorités, afin que tout rentre dans leur Ordre. Cela aurait peut-être changé le visage de l’Afrique qui ne serait pas en train de succomber aux nécro-carburants et aux chimères génétiques de Kofi Annan, de Monsanto et de toute la clique mafieuse des multinationales.

Deux chercheurs de l’Université de l’Oregon viennent de publier une étude “scientifique” démontrant que si une femme recycle, conduit une voiture à faible consommation, utilise les bonnes ampoules, etc, elle va économiser 456 tonnes des CO2 dans sa vie entière. Cependant, si elle a deux enfants (et en prenant en compte les générations subséquentes avec un taux de reproduction de 1,85 par femme d’ici 2050) elle va rajouter à son héritage d’empreinte carbone 18 882 tonnes de CO2, ruinant ainsi tous les efforts qu’elle aura déployés pour vivre économe en carbone.

A quand donc la taxe carbone sur les bébés? S’il est clair que le consumérisme effréné de la société occidentale est une pathologie terminale en raison des ressources limitées de notre planète Terre, le fait d’assimiler une future maman à l’empreinte carbone de ses descendants jusqu’à 2050 manque pour le moins de poésie et il y a fort à penser que ce type de démarche soit complètement contre-productive, eu égard à la remise en cause des fondements de notre société occidentale mortifère. Et ce d’autant plus, si le climat tarde encore un quart de siècle avant de faire mine de commencer à s’échauffer pour de bon!

Tout cela nous rappelle les rapports annuels de la Fondation Rockefeller datant de plus de 40 années! Jurriaan Maessen, dans son article “Le programme à long terme de la Fondation Rockefeller: au-delà du riz doré et des aliments chimériques” [148] fait une référence aux “politiques démographiques et aux programmes de contrôle de la population” évoqués à la page 54 de ce rapport annuel 1968 de la Fondation Rockefeller.

«Comme nous le savons, l’appel à une intensification du planning familial au nom de l’environnement a été promu de façon croissante par l’élite Malthusienne. Il est évident que l’une des autres modalités mentionnées par le rapport [annuel 1968 de la Fondation Rockefeller] a été découverte et exploitée, de fond en comble: le grand mythe du Réchauffement Global Anthropique fut créé et recouvert d’une sauce subtile de science afin de donner à tout le ragoût un air de crédibilité. Et le programme eugénique suit son chemin. »

Cela fait près d’un siècle que la Fondation Rockefeller est archi-impliquée dans les programmes de contrôle de la population: c’est elle qui a créé aux USA, et de par le monde, des ONGs de contrôle démographique. Et nous ne souhaitons pas, dans le cadre restreint de cet article, évoquer son soutien considérable aux pratiques eugénistes Nazis et l’organisation de congrès eugénistes auxquels participèrent le père de John Kennedy, Winston Churchill, les Nazis, et toute une palette de “personnalités”. N’oublions pas que les Etats-Unis et la Suède, en début de siècle passé, n’ont pas attendu les Nazis pour mettre en place des législations de stérilisation des citoyens “non conformes”.

Tout ce dossier pue la mort et nous convions les lecteurs intéressés à enquêter sur la toile. Ils trouveront sur le site de Liberterre quelques articles dans la rubrique “eugénisme” qui offrent déjà un certain nombre de pistes de recherche. [152]Néanmoins, dans les années qui viennent, nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un débat fondamental sur l’eugénisme et le contrôle de la démographie alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent, soit pour dénoncer l’usage qui est fait du réchauffement climatique anthropique pour invoquer la nécessité de contrôles drastiques de la population planétaire, soit, tout au contraire, pour brandir le spectre de l’apocalypse climatique si l’on n’impose pas des contrôles de la population. [151]

Ce qui est clair, c’est que les révolutions vertes, la première et la seconde, sont déjà à l’oeuvre pour mettre en place des dynamiques de délestage démographique:

- suicides des paysans qui utilisent les “bienfaits” de la révolution verte pour mettre fin à leurs jours, à savoir ils boivent du pesticide. On estime à 200 000 le nombre de paysans suicidés en Inde, durant ces dix dernières années, et plus particulièrement en raison des échec répétés du coton transgénique de Monsanto. En Inde, deux paysans se suicident toutes les heures. Et ailleurs sur la planète? [153]

- processus de stérilité inexorable en raison de l’agriculture chimique et des pesticides. En Inde, présentement, ce sont 20 % des jeunes couples qui sont stériles. A cet égard, les constats du Professeur Dominique Belpomme sont également très alarmants pour l’Occident et devraient réjouir tous les néo-Malthusiens.

- cancérisation de la population en raison de l’alimentation toxique et bien sûr en raison de l’agriculture chimique et pesticidée. En Inde, ce sont encore 75 % des gens qui vivent de la terre et qui en meurent lorsque la terre se transforme en poison. Précisons que les paysans pauvres du Tiers-monde ne bénéficient pas de l’arsenal thérapeutique moderne occidental si tant est que l’on puisse qualifier de “thérapeutique” la machine infernale de la médecine allopathique (Il meurt aux USA, tous les ans, 800 000 personnes victimes des effets directs ou collatéraux de cette forme de médecine. Et en Europe?).

- campagnes de vaccination. Sur ce dossier toutes les supputations sont possibles. Ainsi que Jean-Pierre Berlan le décrit très souvent, lorsqu’il analyse les corrélations entre les deux guerres mondiales et l’agriculture moderne de guerre: l’objectif de la guerre, ce n’est pas de tuer, c’est de produire des handicapés qui coûtent très cher à l’Etat. Il en est de même avec les vaccinations. L’abomination de cette technologie, c’est qu’elle détruit le système immunitaire et qu’elle produit beaucoup de maladifs et d’handicapés qui font la fortune des multinationales de la pharmacie qui vendent d’autant plus de “remèdes” pour pallier aux pathologies qu’ils ont eux-mêmes créées. Car si ce n’est pas cela, pourquoi sont-elles toutes en train de se précipiter vers l’Afrique alors que jusqu’à ces dernières années, les trois-quarts des thérapies utilisées par les paysans de ce continent étaient encore à base de plantes médicinales?

Dans cet article, j’ai approfondi un peu plus la situation de l’Afrique. J’aurais pu, bien sûr, exposer le fait que le responsable à l’IRRI, dans l’Asie du sud-est, du riz transgénique à la vitamine A “de jonquille” (financé par la Fondation Rockefeller) est sous la responsabilité d’un ancien directeur de chez Monsanto, Gerard Barry [174]. J’aurais pu évoquer la visite de trois représentants de Monsanto, il y a quelques années, chez l’un des inspirateurs du mouvement paysan bio dans le sud de l’Inde, Nadayan Reddy: ils lui proposèrent 35 000 dollars, cash sur la table, pour qu’il fasse un tout petit discours afin de vanter le coton transgénique de Monsanto. Nadayan Reddy, un paysan d’inspiration Gandhienne, les reconduisit poliment à la porte.

J’ai tenté de jeter un peu plus de lumière sur l’Afrique car c’est le laboratoire, par excellence, de la seconde révolution verte génétique, eugénique et génocidaire.

«[148]

L’Afrique est le jouet des multinationales qui vont oeuvrer pour éliminer du continent jusqu’à la dernière semence libre, la dernière semence paysanne traditionnelle.

Monsanto vient d’annoncer, en août 2009, que l’augmentation du prix de vente de ses semences génétiquement modifiées atteindrait 42% en 2010! [43]

Le même Monsanto qui avec Syngenta, DuPont/Pioneer Hi-Bred, la Fondation Bill Gates, la Fondation Rockefeller, et le CGIAR, sont en train d’investir dans une banque de semences à l’intérieur d’une montagne sur l’île de Spitsberg, (Svalbard) en Norvège, pour le “futur de l’humanité”. Quelle humanité et quel futur? C’est là-même que le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-moon a donné son discours larmoyant en septembre 2009 sur la “fonte catastrophique de la banquise”. [155] En fait, ce que les journalistes ne disent pas, c’est que son bateau ne pouvait pas aller plus loin car la mer était bloquée par les glaces!

«Le projet du Svalbard sera géré par un organisme appelé “Trust Mondial pour la Diversité Végétale” (GCDT). Qui sont-ils pour détenir une responsabilité aussi considérable sur la diversité des semences de la planète entière ? Le GCDT a été fondé par la FAO et par Bioversity International (anciennement International Plant Genetic Research Institute), une ramification du CGIAR.

Le GCDT est basé à Rome. Son conseil est présidé par Margaret Catley-Carlson, une Canadienne également présente au comité consultatif du groupe Suez Lyonnaise des Eaux, l’une des plus grandes sociétés privées de l’eau. Jusqu’en 1998, Catley-Carlson était aussi présidente du Comité sur la Population (Population Council) établi à New York, l’organisation de réduction des populations de John D. Rockefeller, créé en 1952 pour accélérer le programme d’eugénisme de la famille Rockefeller, sous couvert de promouvoir le planning familial, le système de contrôle des naissances, la stérilisation et le “contrôle de la population” des pays en voie de développement.

Les autres membres du conseil de GCDT comptent l’ancien cadre de Bank of America, actuellement chef de Hollywood DreamWorks Animation, Lewis Coleman. Coleman est aussi administrateur de Northrup Grumman Corporation, l’un des plus grands entrepreneurs de l’industrie militaire du Pentagone.» [153]

Il faut encore préciser que l’objectif des centres du CGIAR (créé par la Fondation Rockefeller) était de conserver, dans diverses “banques de semences”, les ressources génétiques de l’humanité. Mais, il y a quelques années, les centres du CGIAR ont “confié” toutes ces ressources aux multinationales de la semence. Ce qui n’est pas sans rappeler les manifestations paysannes en Inde, en décembre 2002, pour empêcher l’université de Raipur de “vendre” la collection du Professeur Richcharia de 22 972 variétés de riz à la multinationale Syngenta. [181]

L’alerte n’est pas climatique, elle est humanitaire

Il n’y pas d’injustice climatique mais il y a, par contre, une injustice alimentaire criante. Il n’y a pas de Titanic climatique, le Titanic est strictement agricole. Il n’y pas d’alerte climatique, l’alerte est humanitaire.

Les pleurnicheries de Mr Kofi Annan sont une insulte Ă  la misère rĂ©elle, et non virtuelle, d’une grande partie de l’humanitĂ©. Lorsque Mr Kofi Annan affirme que «le changement climatique est une crise humaine silencieuse… et que cela constitue le dĂ©fi humanitaire Ă©mergent le plus grand de notre Ă©poque», de qui se moque-t-il? Son chiffre de 325 000 personnes mourant du “changement climatique” tous les ans, c’est de l’esbroufe.Un milliard d’affamĂ©s sur la planète et plus de 30 000 personnes dĂ©cĂ©dant tous les jours de faim, voilĂ  LA crise humaine silencieuse dont jamais personne ne parle (ou bien alors une fois tous les 10 ans Ă  Rome lorsque toute la clique se rĂ©unit pour faire de grandes dĂ©clarations pompeuses et hypocrites qui ne seront suivies d’aucun effet. N’en dĂ©plaise Ă  Mr Kofi Annan, il n’existe pas de “rĂ©fugiĂ©s climatiques”, il existe, par contre, des rĂ©fugiĂ©s de la faim et c’est dans la mort que se rĂ©fugient plus de 30 000 ĂŞtres humains tous les jours.

Ce sont 2,6 milliards d’humains qui sont sans assainissement, et ce sont 1,3 milliards d’humains qui sont sans accès à l’eau potable. Tous les ans, 2 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent de maladies diarrhéiques liées au manque d’eau potable. Il faudrait seulement investir 1,5 milliard de dollars chaque année pendant 10 ans pour que les 300 millions d’Africains, qui n’ont pas d’eau potable, puissent y accéder et pour que 80% d’entre eux puissent accéder à l’assainissement. Une bagatelle.

Le réchauffement climatique anthropique n’a rien à voir avec la destruction de l’Afrique, ou des autres continents d’ailleurs. Les responsabilités incombent au colonialisme, à la monoculture, à la déforestation et à la désertification qui s’ensuivirent. La seconde révolution verte génétique, c’est un nouveau colonialisme transgénique de monocultures de nécro-carburants ou d’aliments pour les animaux esclaves de l’homme occidental.

Il faut également souligner que la course aux gènes climatiques résistants à la sécheresse est concomitante avec un reverdissement spectaculaire des zones Sahéliennes, ce qui constitue un sujet de débats acharnés entre les climatologistes. [134] [135] Et alors même que les “scientifiques” du GIEC ont prédit une réduction des récoltes de 50 % d’ici 2020 en Afrique!

Les solutions pour l’agriculture de l’Afrique, et pour tous les pays dits du Tiers-Monde, sont simples, trop simples: reforestation, pratiques agro-écologiques et semences de vie. Elles ne pourront, cependant, être mises en oeuvre que le jour où tous les colonialistes seront expulsés: les multinationales, les pétroliers, les extracteurs de diamant, de zinc, d’uranium, et toutes les ONGs dont une bonne partie constitue l’avant-garde de l’empire, et bien sûr tous les roitelets et dictateurs, marionnettes contrôlées, en bonne et due forme, par les Autorités.

Distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.

Michael Crichton, qui dans les dernières années de sa vie dénonça avec virulence l’imposture climatique, avait dit: «Le plus grand défi auquel l’humanité soit confronté est celui de distinguer le réel de l’imaginaire et la vérité de la propagande.» L’erreur fondamentale qui semble avoir été implantée dans la psyché humaine, depuis fort longtemps, ne serait-ce pas l’illusion que l’homme puisse dominer la Nature et y compris même en contrôler le Climat?

La “science” à façon du GIEC est basée sur d’énormes fraudes dont l’une vient d’éclater au grand jour en fin de septembre 2009. La crosse de hockey, l’emblème, le logo du réchauffement climatique anthropique, est basée sur une fraude scientifique qui vient d’être dévoilée. [140] [141] [142] [143] [149] Une déferlante, mais pas celle prédite par le GIEC, va bientôt laminer le château de sable de cette pseudo-science. Elle est tout autant crédible, cette science, que les déclarations de Mr Sarkozy qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre [161] [162] [200]; les déclarations de Mr Rocard, l’ambassadeur des pôles, qui confond encore la couche d’ozone avec l’effet de serre et le dioxyde de carbone avec le monoxyde de carbone [163]; les déclarations de Mr Al Gore, qui confond encore la banquise et la calotte polaire. [164] [165] Ce qui lui a fait dire récemment que la calotte de glace polaire aurait intégralement fondu dans quelques années! [180] Peut-être devrait-il postuler au GIEC? Car il y a de la défection dans l’air!J’en profite pour tirer ma révérence à Vaclav Klaus, le président Tchèque, qui dans le débat sur le climat a su garder son intégrité et ne pas succomber aux sirènes des caniculs-bénis. Il est pathétique que certains mouvements “écologiques” se ridiculisent à promouvoir de telles berludondaines et se rendent, par là-même, complices de la destruction des communautés humaines des pays les plus pauvres par les nécro-carburants et les chimères génétiques. Quant aux organisations “non-gouvernementales” qui en ont fait leur fonds de commerce, on sait de quel côté elles se situent, du côté de l’argent et parfois même, si on soulève le paillasson, du côté de l’eugénisme ou de la dépopulation.

En attendant (que les calottes de glace se désintègrent), aux quelques intégristes qui m’ont accusé de complicité avec les pétroliers, à la suite de mes deux premiers articles, je dirai que nous sommes tous complices des pétroliers, dès que nous ouvrons le robinet à la pompe à essence, dès que nous consommons des aliments issus de la pétro-agriculture, dès que nous consommons des aliments “bios” qui arrivent d’Inde ou d’Afrique (et qui ont été cultivés par des travailleurs à 1 dollar par jour!), dès que nous achetons des “choses” qui ont été produites à l’autre bout de la planète par des enfants ou par des paysans chassés de leur terre par les multinationales.

La taxe “carbonette-mignonette” n’a rien de révolutionnaire. Ce qui serait véritablement révolutionnaire, c’est de confisquer les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total, pour l’année 2008, pour les attribuer à la reforestation de l’Afrique ou à la recherche sur les énergies alternatives (au lieu que Total les investissent dans les centrales nucléaires). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels pétroliers qui volent les ressources collectives planétaires, car le pétrole ne leur appartient pas. Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de démanteler les cartels financiers qui ont confisqué un bien public, à savoir le privilège de créer de la monnaie [195] (et bien sûr de démanteler ces deux structures mafieuses que sont le FMI et la Banque Mondiale). Ce qui serait encore plus révolutionnaire, c’est de mettre fin à la dictature de tous les cartels sur la planète.

Et ce qui serait encore très révolutionnaire, ce serait d’éclaircir tous les mystères qui planent au-dessus des fins de vie de Nikola Tesla, de Wilhelm Reich et de Victor Schauberger car il semblerait que ces trois découvreurs géniaux aient suscité beaucoup de tracas aux Autorités en ce qui concerne les “énergies alternatives”. L’un mourut dans la misère, après que ses découvertes aient été torpillées par Edison, Marconi et les trusts de l’énergie; l’autre mourut assassiné dans les prisons des USA; et le dernier mourut 5 jours après qu’il eut été ramené en Autriche des USA après y avoir abandonné les droits de tous ses brevets qui n’ont jamais réapparu depuis.

C’est tout un programme et il faut y aller sans doute par étapes afin de ne pas choquer les Autorités. Première phase: lancer un boycott de la taxe carbone et seconde phase: requérir du président de la France qu’il confisque les 14 milliards d’euros de bénéfice de Total pour abus et vol de ressources communautaires. On peut encore rêver.

Pour éviter de choquer les âmes sensibles, je me suis gardé, dans cet article, de prononcer le mot “conspiration”. Et pourtant, pour parler de climat, de carbone et d’atmosphère, ce terme est le bienvenu car il signifie en latin “respirer avec”. L’humanité partage son atmosphère avec tous les êtres vivants de la biosphère et tous les éléments non vivants à la surface de la planète. Nous partageons tous du même oxygène et du même dioxyde de carbone. Nous sommes tous en “conspiration”.

Donc je ne parlerai pas de conspiration mais je parlerai d’un système mafieux, et mĂŞme “panmafieux”, qui a pris toute l’humanitĂ© en otage. Ce qui serait rĂ©volutionnaire, c’est de faire juger par les tribunaux la poignĂ©e de quelques centaines de terroristes pĂ©troliers, de terroristes alimentaires, de terroristes financiers, de terroristes vaccinalistes… tous membres de ce rĂ©seau “panmafieux”.

Mais il est vrai qu’ils contrĂ´lent les tribunaux… et que parfois mĂŞme ils possèdent les prisons. Il faudra donc s’en remettre aux Insurrections qui ne manqueront pas de venir… ou bien Ă  GaĂŻa.

Car ce serait vraiment un non-sens cosmique que Gaïa, la Terre-Mère, nous ait fait émerger de son berceau, nous l’espèce humaine, pour qu’une poignée de criminels, déments et inhumains, dévaste sa biosphère.

Dominique Guillet

Sur le même sujet, lire également Réduire la population pour lutter contre le réchauffement climatique

sept 11 2009

Frappez là où ça fait mal !

Par Theodore Kaczynski

Le but de cet article est de souligner un principe très simple du conflit humain, un principe que les opposants au système techno-industriel semblent oublier. Le principe est que dans toute forme de conflit, si vous voulez gagner, vous devez frapper votre adversaire là où ça fait mal.

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Je dois expliquer que quand je parle de « frapper là où ça fait mal », je ne fais pas nécessairement allusion à des coups physiques ou à une forme de violence physique. Par exemple, dans un débat oral, « frapper là où ça fait mal » signifierait présenter les arguments auxquels la position de votre adversaire est la plus vulnérable. Dans une élection présidentielle, « frapper là où ça fait mal » signifierait remporter les Etats qui ont le plus de grands électeurs. Cependant, en discutant de ce principe, j’utiliserai l’analogie du combat physique, parce que c’est vivant et clair.

Si un homme vous donne un coup de poing, vous ne pouvez pas vous défendre en frappant son poing en retour, parce que vous ne pouvez pas toucher l’homme de cette manière. Pour gagner le combat, vous devez le frapper là où ça fait mal. Cela signifie que vous devez aller derrière le poing et frapper les parties sensibles et vulnérables du corps de l’homme. Supposez qu’un bulldozer appartenant à une société d’abattage commence à éventrer les bois près de chez vous et que vous vouliez le stopper. C’est la pelle du bulldozer qui éventre la terre et qui renverse les arbres, mais ce serait une perte de temps d’attaquer la pelle avec un marteau. Si vous passez une longue et dure journée à frapper la pelle avec le marteau, vous pouvez réussir à l’endommager suffisamment pour qu’elle soit hors d’usage. Mais en comparaison avec le reste du bulldozer, la pelle est relativement bon marché et facile à remplacer. La pelle est seulement le « poing » avec lequel le bulldozer attaque la terre. Pour vaincre la machine, vous devez aller derrière le « poing » et attaquer les parties vitales du bulldozer. Le moteur, par exemple, peut être abîmé avec une très faible dépense de temps et d’efforts, par des moyens bien connus de beaucoup de radicaux.

A ce point je dois dire clairement que je ne recommande pas à quiconque d’endommager un bulldozer (à moins qu’il ne lui appartienne en propre). Rien dans cet article ne doit non plus être interprété comme recommandant une activité illégale d’un genre quelconque. Je suis un prisonnier, et si j’encourageais l’activité illégale cet article ne pourrait même pas sortir de la prison. J’utilise l’analogie du bulldozer seulement parce qu’elle est claire et vivante et qu’elle sera appréciée par les radicaux.

2. LA TECHNOLOGIE EST LA CIBLE

Il est largement reconnu que « la variable de base qui détermine le processus historique contemporain est fourni par le développement technologique » (Celso Furtado). La technologie, plus que tout le reste, est responsable de l’état actuel du monde et contrôlera son développement futur. Ainsi, le « bulldozer » que nous devons détruire est la technologie moderne elle-même. Beaucoup de radicaux sont conscients de cela, et comprennent donc que leur tâche est d’éliminer tout le système techno-industriel. Mais malheureusement ils ont prêté peu d’attention à la nécessité de frapper le système là où ça fait mal.

Démolir des MacDonald’s ou des Starbuck’s est sans intérêt. Non pas que je me préoccupe de MacDonald’s ou de Starbuck’s. Je me fiche que quelqu’un les démolisse ou pas. Mais ce n’est pas une activité révolutionnaire. Même si toutes les chaînes de fast-food dans le monde étaient détruites, le système techno-industriel ne subirait qu’un dommage minimal en conséquence, puisqu’il pourrait facilement survivre sans les chaînes de fast-food. Quand vous attaquez MacDonald’s ou Starbuck’s, vous ne frappez pas là où ça fait mal

Il y a quelques mois, j’ai reçu une lettre d’un jeune homme du Danemark qui pensait que le système techno-industriel devait être éliminé parce que, comme il le disait, « Que se passera-t-il si nous continuons de cette manière ? ». Mais apparemment, sa forme d’activité « révolutionnaire » était de faire des raids contre des exploitations de fourrure. Comme moyen pour affaiblir le système techno-industriel, cette activité est totalement inutile. Même si les partisans de la libération animale réussissaient à éliminer complètement l’industrie de la fourrure, ils ne feraient pas du tout de tort au système, parce que le système peut continuer parfaitement bien sans fourrures.

Je suis d’accord que garder des animaux sauvages dans des cages est intolérable, et que mettre fin à de telles pratiques est une noble cause. Mais il y a beaucoup d’autres nobles causes, comme empêcher les accidents de la circulation, fournir des refuges aux sans-abri, faire du recyclage, ou aider les personnes âgées à traverser la rue. Pourtant personne n’est assez stupide pour prendre celles-ci pour des activités révolutionnaires, ou pour imaginer qu’elles font quelque chose pour affaiblir le système.

3. L’INDUSTRIE DU BOIS EST UNE QUESTION SECONDAIRE

Pour prendre un autre exemple, personne ne pense raisonnablement qu’une chose comme la vraie nature sauvage puisse survivre très longtemps si le système techno-industriel continue à exister. Beaucoup de radicaux environnementaux reconnaissent que c’est le cas et espèrent l’effondrement du système. Mais tout ce qu’ils font en pratique, c’est d’attaquer l’industrie du bois.

Je n’ai certainement pas d’objection à leur attaque contre l’industrie du bois. En fait, c’est une question qui me tient à cœur et je me réjouis de tout succès que les radicaux peuvent obtenir contre l’industrie du bois. De plus, pour des raisons que je dois expliquer ici, je pense que l’opposition à l’industrie du bois devrait être une composante des efforts pour renverser le système.

Mais en soi, attaquer l’industrie du bois n’est pas un moyen efficace de travailler contre le système, car même au cas improbable où les radicaux réussissaient à stopper tout l’abattage du bois partout dans le monde, cela n’abattrait pas le système. Et cela ne sauverait pas la nature sauvage pour toujours. Tôt ou tard le climat politique changerait et l’abattage reprendrait. Même si l’abattage ne reprenait jamais, il y aurait d’autres actions par lesquelles la nature sauvage serait détruite, ou bien domptée et domestiquée sinon détruite. L’exploitation minière et minérale, les pluies acides, les changements de climat, et l’extinction des espèces détruisent la nature sauvage ; la nature sauvage est domptée et domestiquée à travers les loisirs, les études scientifiques et la gestion des ressources, incluant entre autres choses le marquage électronique des animaux, le remplissage des rivières avec du poisson d’élevage artificiel, et la plantation d’arbres génétiquement modifiés.

La nature sauvage ne peut être sauvée pour toujours qu’en éliminant le système techno-industriel, et vous ne pouvez pas éliminer le système en attaquant l’industrie du bois. Le système survivrait aisément à la mort de l’industrie du bois parce que les produits en bois, bien que très utiles au système, peuvent si nécessaire être remplacés par d’autres matériaux. Par conséquent, quand vous attaquez l’industrie du bois, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal. L’industrie du bois est seulement le « poing » (ou l’un des poings) avec lequel le système détruit la vie sauvage, et, comme dans un combat de boxe, vous ne pouvez pas gagner en frappant le poing. Vous devez aller derrière le poing et frapper les organes les plus sensibles et les plus vitaux du système. Par des moyens légaux, bien sûr, comme les protestations pacifiques.

4. POURQUOI LE SYSTEME EST SOLIDE

Le système techno-industriel est exceptionnellement solide du fait de sa soi-disant structure « démocratique » et de sa flexibilité résultante. Parce que les systèmes dictatoriaux tendent à être rigides, les tensions et les résistances sociales peuvent être accrues jusqu’au point où elles endommagent et affaiblissent le système et peuvent conduire à la révolution. Mais dans un système « démocratique », quand la tension et la résistance sociales s’accroissent dangereusement, le système recule suffisamment et fait suffisamment de compromis pour ramener les tensions à un niveau acceptable.

Pendant les années 60, les gens devinrent pour la première fois conscients que la pollution environnementale était un problème grave, notamment parce que la saleté visible et nauséabonde dans l’air de nos grandes villes commençait à déranger physiquement les gens. Il y eut suffisamment de protestations pour qu’une Agence de Protection de l’Environnement soit créée et que d’autres mesures soient prises pour alléger le problème. Bien sûr, nous savons tous que nos problèmes de pollution sont très, très loin d’être résolus. Mais suffisamment de choses ont été faites pour que les plaintes du public diminuent et que la pression sur le système soit réduite pour un certain nombre d’années.

Ainsi, attaquer le système revient à frapper un morceau de caoutchouc. Un coup de marteau peut briser de la fonte, parce que la fonte est rigide et cassante. Mais vous pouvez taper sur un morceau de caoutchouc sans l’endommager parce qu’il est flexible : il cède devant la protestation, juste assez pour que la protestation perde sa force et son élan. Ensuite le système rebondit. Donc, pour frapper le système là où ça fait mal, vous devez sélectionner les questions sur lesquelles le système ne cédera pas, pour lesquelles il combattra jusqu’au bout. Car ce qu’il vous faut, ce n’est pas un compromis avec le système, mais une lutte à mort.

5. IL EST INUTILE D’ATTAQUER LE SYSTEME DU POINT DE VUE DE SES PROPRES VALEURS

Il est absolument essentiel d’attaquer le système non pas du point de vue de ses propres valeurs orientées vers la technologie, mais du point de vue de valeurs qui soient incompatibles avec les valeurs du système. Tant que vous attaquez le système du point de vue de ses propres valeurs, vous ne frappez pas le système là où ça fait mal, et vous permettez au système de dégonfler les protestations en cédant, en reculant.

Par exemple, si vous attaquez l’industrie du bois essentiellement pour la raison que les forêts sont nécessaires pour préserver les ressources en eau et les opportunités de loisirs, alors le système peut céder du terrain pour désamorcer les protestations sans compromettre ses propres valeurs : les ressources en eau et les loisirs sont pleinement cohérentes avec les valeurs du système, et si le système recule, s’il restreint l’abattage du bois au nom des ressources en eau et des loisirs, alors il fait seulement une retraite tactique et ne subit pas une défaite stratégique pour son code de valeurs.

Si vous faites campagne sur les questions de persécution (comme le racisme, le sexisme, l’homophobie ou la pauvreté), vous ne contestez pas les valeurs du système et vous n’obligez même pas le système à reculer ou à faire des compromis. Vous aidez directement le système. Les défenseurs les plus sages du système reconnaissent tous que le racisme, le sexisme, l’homophobie et la pauvreté sont néfastes pour le système, et c’est pourquoi le système lui-même travaille à combattre ces formes de persécution et les formes similaires.

Les « ateliers clandestins », avec leurs bas salaires et leurs conditions de travail misérables, peuvent apporter des profits à certaines sociétés, mais les défenseurs avisés du système savent très bien que le système dans son ensemble fonctionne mieux quand les travailleurs sont traités décemment. En soulevant la question des ateliers clandestins, vous aidez le système, vous ne l’affaiblissez pas.

De nombreux radicaux cèdent à la tentation de se concentrer sur des questions non-essentielles comme le racisme, le sexisme et les ateliers clandestins parce que c’est facile. Ils choisissent une question sur laquelle le système peut se permettre de faire un compromis et pour laquelle ils obtiendront le soutien de gens comme Ralph Nader, Winona LaDuke, les syndicats, et tous les autres réformateurs roses. Peut-être que le système, sous la pression, reculera un peu, les activistes verront quelque résultat visible après leurs efforts, et ils auront l’illusion satisfaisante d’avoir accompli quelque chose. Mais en réalité ils n’ont rien accompli du tout pour l’élimination du système techno-industriel.

La question de la mondialisation n’est pas complètement sans rapport avec le problème de la technologie. L’ensemble des mesures économiques et politiques appelé « mondialisation » promeut la croissance économique et, par conséquent, le progrès technologique. Cependant, la mondialisation est une question d’importance marginale et une cible plutôt mal choisie de la part des révolutionnaires. Le système peut se permettre de céder du terrain sur la question de la mondialisation. Sans abandonner la mondialisation en tant que telle, le système peut prendre des mesures pour atténuer les conséquences environnementales et économiques de la mondialisation, de manière à désamorcer les protestations. Au besoin, le système pourrait même se permettre d’abandonner complètement la mondialisation. La croissance et le progrès continueraient tout de même, seulement à un rythme un peu moins rapide.

Et quand vous combattez la mondialisation, vous n’attaquez pas les valeurs fondamentales du système. L’opposition à la mondialisation est motivée par le désir d’assurer des salaires décents aux travailleurs et de protéger l’environnement, ce qui est complètement cohérent avec les valeurs du système (le système, pour sa propre survie, ne peut pas se permettre de laisser la dégradation environnementale aller trop loin). Par conséquent, en combattant la mondialisation vous ne frappez pas le système là où ça fait vraiment mal. Vos efforts peuvent promouvoir des réformes, mais ils sont inutiles pour le but de renverser le système techno-industriel.

6. LES RADICAUX DOIVENT ATTAQUER LE SYSTEME SUR LES POINTS DECISIFS

Pour travailler efficacement à l’élimination du système techno-industriel, les révolutionnaires doivent attaquer le système sur les points où il ne peut pas se permettre de céder du terrain. Ils doivent attaquer les organes vitaux du système. Bien sûr, quand j’utilise le mot « attaquer », je ne fais pas référence à une attaque physique mais seulement aux formes légales de protestation et de résistance.

Voici quelques exemples d’organes vitaux du système :

A. L’industrie électrique. Le système est totalement dépendant de son réseau électrique.

B. L’industrie des communications. Sans communications rapides, comme le téléphone, la radio, la télévision, les E-mails, et ainsi de suite, le système ne pourrait pas survivre.

C. L’industrie électronique. Nous savons tous que sans les ordinateurs le système s’effondrerait immédiatement.

D. L’industrie de la propagande. L’industrie de la propagande inclut l’industrie des divertissements, le système éducatif, le journalisme, la publicité, les relations publiques, et la plus grande partie de la politique et de l’industrie psychiatrique. Le système ne peut pas fonctionner si les gens ne sont pas suffisamment dociles et conformistes et s’ils n’ont pas les attitudes que le système a besoin qu’ils aient. C’est la fonction de l’industrie de la propagande d’enseigner aux gens ce genre de pensée et de comportement.

E. L’industrie de la biotechnologie. Le système n’est pas encore (autant que je sache) physiquement dépendant de la biotechnologie avancée. Néanmoins, le système ne peut pas se permettre de céder sur la question de la biotechnologie, qui est une question d’une importance critique pour le système, comme je l’exposerai dans un moment.

Encore une fois : quand vous attaquez ces organes vitaux du système, il est essentiel de ne pas les attaquer du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système. Par exemple, si vous attaquez l’industrie électrique pour la raison qu’elle pollue l’environnement, le système peut désamorcer les protestations en développant des méthodes plus propres pour générer l’électricité. Si la situation se détériorait, le système pourrait même passer entièrement à la puissance éolienne et solaire. Cela pourrait faire beaucoup pour réduire les dommages environnementaux, mais cela ne mettrait pas fin au système techno-industriel. Cela ne représenterait pas non plus une défaite pour les valeurs fondamentales du système.

Pour accomplir quelque chose contre le système, vous devez attaquer toute génération de puissance électrique par question de principe, pour la raison que la dépendance vis-à-vis de l’électricité rend les gens dépendants du système. C’est un motif incompatible avec les valeurs du système.

7. LA BIOTECHNOLOGIE EST PEUT-ETRE LA MEILLEURE CIBLE POUR L’ATTAQUE POLITIQUE

La cible la plus prometteuse pour l’attaque politique est probablement l’industrie de la biotechnologie. Bien que les révolutions soient généralement réalisées par des minorités, il est très utile d’avoir un certain degré de soutien, de sympathie, ou du moins d’acquiescement de la part de la population générale.

Obtenir ce genre de soutien ou d’acquiescement est l’un des buts de l’action politique. Si vous concentriez votre attaque politique, par exemple, sur l’industrie électrique, il serait extrêmement difficile d’obtenir un soutien en dehors d’une minorité radicale, parce que la plupart des gens résistent au changement de leur mode de vie, spécialement à un changement qui les dérange.

Pour cette raison, peu de gens seraient prêts à abandonner l’électricité. Mais les gens ne se sentent pas encore dépendants de la biotechnologie avancée comme ils le sont de l’électricité. Eliminer la biotechnologie ne changera pas radicalement leurs vies. Au contraire, il serait possible de montrer aux gens que le développement continu de la biotechnologie transformera leur mode de vie et anéantira des valeurs humaines séculaires. Ainsi, pour contester la biotechnologie, les radicaux doivent être capables de mobiliser en leur faveur la résistance humaine naturelle au changement.

Et la biotechnologie est une question sur laquelle le système ne peut pas se permettre de perdre. C’est une question sur laquelle le système devra combattre jusqu’au bout, ce qui est exactement ce dont nous avons besoin. Mais – pour le répéter une fois de plus – il est essentiel d’attaquer la biotechnologie non pas du point de vue des valeurs du système mais du point de vue de valeurs incompatibles avec celles du système.

Par exemple, si vous attaquez la biotechnologie essentiellement pour la raison qu’elle peut nuire à l’environnement, ou que les aliments génétiquement modifiés peuvent être nuisibles à la santé, alors le système peut amortir et amortira votre attaque en cédant du terrain ou en faisant un compromis – par exemple, en introduisant une surveillance accrue de la recherche génétique, ou bien des tests et des règlements plus rigoureux pour les organismes génétiquement modifiés. L’anxiété des gens diminuera alors et les protestations s’affaibliront.

8. TOUTE LA BIOTECHNOLOGIE DOIT ETRE ATTAQUEE PAR PRINCIPE

Ainsi, au lieu de protester contre les conséquences négatives de la biotechnologie, vous devez attaquer toute la biotechnologie moderne par principe, pour des motifs tels que : (a) qu’elle est une insulte à toutes les choses vivantes ; (b) qu’elle place trop de pouvoir dans les mains du système ; (c) qu’elle transformera radicalement les valeurs humaines fondamentales qui ont existé pendant des milliers d’années ; et des motifs similaires qui sont incompatibles avec les valeurs du système.

En réponse à ce genre d’attaque, le système devra résister et combattre. Il ne peut pas se permettre d’amortir votre attaque en reculant d’une manière importante, parce que la biotechnologie est trop centrale pour toute l’entreprise du progrès technologique, et parce qu’en reculant le système ne ferait pas seulement une retraite tactique, mais subirait une défaite stratégique majeure pour son code de valeurs. Ces valeurs seraient minées et la porte serait ouverte à d’autres attaques politiques qui saperaient les fondations du système.

Maintenant il est vrai que la Chambre des Représentants des USA a récemment voté pour interdire le clonage des êtres humains, et au moins quelques membres du Congrès ont même donné de bonnes raisons pour agir ainsi. Les raisons que j’ai lues étaient exprimées en termes religieux, mais quoi que vous puissiez penser des termes religieux impliqués, ces raisons n’étaient pas des raisons technologiquement acceptables. Et c’est ce qui compte.

Ainsi, le vote du Congrès sur le clonage humain fut une véritable défaite pour le système. Mais ce fut seulement une très, très petite défaite, à cause de la faible portée de l’interdiction – seule une partie infime de la biotechnologie fut affectée – et parce que dans le futur proche le clonage des êtres humains serait de peu d’usage pratique pour le système de toute façon. Mais l’action de la Chambre des Représentants suggère que cela pourrait être un point vulnérable du système, et qu’une plus large attaque contre toute la biotechnologie pourrait infliger des dommages sévères au système et à ses valeurs.

9. LES RADICAUX N’ATTAQUENT PAS ENCORE EFFICACEMENT LA BIOTECHNOLOGIE

Certains radicaux attaquent la biotechnologie, politiquement ou physiquement, mais autant que je sache ils expliquent leur opposition à la biotechnologie du point de vue des valeurs du système. C’est-à-dire que leurs principales plaintes concernent les risques de dommages environnementaux et de dommages pour la santé. Et ils ne frappent pas l’industrie de la biotechnologie là où ça fait mal.

Pour utiliser une fois de plus l’analogie du combat physique, supposez que vous deviez vous défendre contre une pieuvre géante. Vous ne pourriez pas la combattre efficacement en coupant le bout de ses tentacules. Vous devez la frapper à la tête. D’après ce que j’ai lu sur leurs activités, les radicaux qui travaillent contre la biotechnologie ne font pour l’instant rien de plus que de couper le bout des tentacules de la pieuvre. Ils tentent de persuader les fermiers ordinaires, individuellement, de s’abstenir de planter des semences génétiquement modifiées.

Mais il y a des milliers de fermes en Amérique, donc ce travail de persuasion individuelle des fermiers est un moyen extrêmement inefficace pour combattre les manipulations génétiques. Il serait beaucoup plus efficace de persuader les chercheurs impliqués dans un travail de biotechnologie, ou les cadres de sociétés comme Monsanto, de quitter l’industrie de la biotechnologie. Les chercheurs de haut niveau sont des gens qui ont des talents particuliers et une formation poussée, donc ils sont difficiles à remplacer. La même chose est vraie des cadres supérieurs des sociétés. Persuader seulement quelques-uns de ces gens de quitter la biotechnologie causerait plus de tort à l’industrie de la biotechnologie que de persuader un millier de fermiers de ne pas planter des semences génétiquement modifiées.

10. FRAPPEZ LA OU ÇA FAIT MAL

La discussion est ouverte quant à savoir si j’ai raison de penser que la biotechnologie est la meilleure question sur laquelle attaquer le système politiquement. Mais il est hors de doute que les radicaux gaspillent aujourd’hui la plus grande partie de leur énergie sur des questions qui ont peu ou pas d’importance pour la survie du système technologique. Et même lorsqu’ils s’attaquent aux vraies questions, les radicaux ne frappent pas là où ça fait mal. Donc au lieu de se précipiter au prochain sommet du commerce mondial pour exprimer leur colère contre la mondialisation, les radicaux devraient passer un peu de temps à réfléchir sur la manière de frapper le système là où ça fait vraiment mal. Par des moyens légaux, bien sûr.

Theodore Kaczynski

Les oeuvres complètes de Theodore Kaczynski sont disponibles aux Editions Xénia

août 31 2009

« La véritable histoire du Groupe Bilderberg », par Daniel Estulin

Pour mener à bien leur politique, les oligarques mondialistes tiennent généralement bien gardés leurs secrets, ceux de l’establishment. Establishment avec un grand « e ». Le même « e » que pour Estulin Daniel. Un journaliste-écrivain russe vivant à Madrid. Un nom marqué à l’encre rouge sur les tablettes atlantistes et qui parle peu à l’opinion publique (son site : danielestulin.com). Plutôt logique pour un dissident au Nouvel Ordre Mondial. Il faut dire que le bonhomme a de sacrés bons tuyaux, des réseaux, ses infiltrations. Infiltrations qui riment avec investigation. Et ce au service de la vérité de ce monde, à défaut de sa propre sécurité !

bilderberg

Petite piqûre de rappel : dans les grands médias, il y a ce qu’on nous montre et ce qu’on nous cache. Pour comprendre ce qui se passe dans le monde à l’heure de la gouvernance mondiale, ce qu’on nous montre doit être décrypté pour mieux tendre vers ce qui se trame en coulisse, ce qui reste maintenu en off.

Une chose devrait interpeller l’opinion publique. Elle réside dans la surmédiatisation d’informations futiles ; et à contrario, la totale omerta sur des sujets bien plus sensibles. Notamment sur les sociétés secrètes, les think tank euro-atlantistes du style CFR et Bilderberg ; lobbies surpuissants à la sauce Rockefeller-Brzezinski qui déterminent l’actualité à venir, et par extension la gouvernance mondiale dans ses grandes lignes sur le plan économique, commercial, politique et médiatique. Lobbys investissant les marionnettes politiciennes qu’ils veulent pour qu’elles mettent en place ce qu’ils veulent.

Estulin Daniel

A maintes reprises, l’investigateur russe a démasqué les plans des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial. Centralisation des pouvoirs, banque mondiale, monnaie unique, mise en place d’un impôt mondial, mise en scène de guerres au Moyen-Orient, financement du sionisme, renforcement des ONG, du FMI, du rôle de l’OTAN et de l’ONU, suppression de la démocratie, augmentation de la taxe carbone… tout ceci avait été initialement révélé par Estulin avec, au-delà de l’information brute, une vision inquiétante du projet mondialiste : réduction de la population mondiale aux deux tiers, asservissement des peuples, destruction des nations, des cultures, de l’économie mondiale, uniformisation de l’individu. L’esclavage moderne à grande échelle en somme.

Grâce à ses réseaux, Daniel Estulin -à l’instar des Jim Tucker, Jordan Maxwell, Thierry Meyssan et autre Webster Tarpley- nous dévoile les grandes lignes du projet mondialiste. Point par point, avec un temps d’avance et une précision sans faille. Dans ces propos, il y a le contenu du projet et les hommes qui y prennent part. Rien d’étonnant par conséquent de retrouver parmi les « heureux élus » diverses personnalités très influentes des milieux financiers, industriels, politiques et médiatiques. Des habitués de ce genre de think tank où rien ne doit filtrer, mais où ce qui est planifié devra s’appliquer. Le problème pour ces conspirateurs avides de pouvoir, adeptes de la lutte des places et non des classes, c’est que les révélations d’Estulin ou Tucker s’avèrent exactes à chaque fois. Lorsqu’on fait mouche à tous les coups, il ne s’agit plus de chance ou de coïncidence, mais plutôt de véracité d’information. Une raison de plus pour les écouter avec autant d’attention que nos médias institutionnels.

Le système a évidemment tenté de l’éliminer à plusieurs reprises. Trois fois selon lui. Les trois fois par la CIA. Pour le décrédibiliser, les médias le qualifient de fou. Dénigrement révélateur d’un manque d’arguments. Mais il est comme Kasparov, Daniel Estulin, il a toujours un coup d’avance, voire plusieurs sous sa manche ! L’élément rassurant provient de certains individus dignes, de bonne conscience, ne résistant pas à l’appel de la vérité salvatrice. Alors ces derniers coopèrent dans l’intérêt informatif général et le risque de représailles.

Il fait penser à un moustique, Daniel Estulin, malgré sa queue de cheval flanquée derrière son crâne dégarni. Il pique, perturbe, dérange, contrarie les décideurs mondialistes, démasque leurs mensonges à la loupe… mais tant que son nom résonnera uniquement dans les tympans d’initiés dissidents, il ne parviendra pas à entraver la marche aussi venimeuse qu’irrésistible du Nouvel Ordre Mondial. Ce qu’il faudrait, c’est une horde de moustiques « estuliniens » -une armée même- infiltrant ces manigances plus que douteuses afin de crever l’abcès.

Enquête sur enquête, témoignage après témoignage, Daniel Estulin propose une grille de lecture des plus pertinentes en nous détaillant les différentes facettes de la politique mondiale à venir ; de justes -bien qu’inquiétantes- révélations débouchant sur une double conclusion implacable : la lutte contre l’ignorance est un combat de tous les instants, car la vérité de ce monde est d’abord celle qu’on nous cache.

 

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août 15 2009

Les conséquences dramatiques des délocalisations

La mondialisation libĂ©rale consiste principalement en la suppression de toute entrave Ă  la circulation des marchandises et des capitaux, rendant possible les dĂ©localisations, les chantages Ă  l’emploi, et les profits sans prĂ©cĂ©dent des multinationales. Au risque de causer la dĂ©sindustrialisation et le dĂ©clin gĂ©opolitique des pays occidentaux…

 

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Faire baisser le « coĂ»t du travail »

Pour maximiser le profit des entreprises, la solution la plus facile et la plus efficace est de faire baisser le « coĂ»t du travail ». Il existe d’autres moyens pour accroĂ®tre les profits (l’innovation, la recherche et dĂ©veloppement…), mais leurs rĂ©sultats sont incertains et ne peuvent ĂŞtre obtenus qu’Ă  long-terme, alors que la rĂ©duction du « coĂ»t du travail » permet de gĂ©nĂ©rer une augmentation des profits de façon certaine et immĂ©diate.

La baisse du « coĂ»t du travail » est obtenue en rĂ©duisant les salaires et les charges sociales, et en augmentant le temps de travail.

Et pour que les salariĂ©s acceptent des conditions moins avantageuses, il est nĂ©cessaire d’augmenter la concurrence sur le marchĂ© du travail.

 

Le but central de la mondialisation: augmenter la concurrence sur le marché du travail

Les dĂ©localisations et les chantages Ă  l’emploi ont rĂ©vĂ©lĂ© l’objectif principal de la « mondialisation »: instituer un nouvel esclavage en mettant en concurrence directe les salariĂ©s de tous les pays, grâce Ă  la suppression des barrières douanières et des restrictions Ă  la circulation des capitaux.

A travers une sĂ©rie d’accords internationaux (Ă©tablis depuis 1995 dans le cadre de l’OMC), cette dĂ©rĂ©glementation a permis aux multinationales de dissocier totalement le lieu de production du lieu de vente, en dĂ©localisant les usines en Chine pour vendre les produits en AmĂ©rique du Nord ou en Europe, lĂ  oĂą se trouvaient les consommateurs et le pouvoir d’achat.

Au dĂ©but, les dĂ©localisations ne concernaient que les emplois industriels. Aujourd’hui, elles touchent tous les secteurs, y compris le tertiaire (comptabilitĂ©, services informatiques, call-centers…) la haute technologie, ou la recherche et dĂ©veloppement.

Les dĂ©localisations continueront tant que les entreprises auront le moindre profit Ă  y gagner, c’est Ă  dire tant que le salariĂ© europĂ©en ou nord-amĂ©ricain n’aura pas acceptĂ© les mĂŞmes conditions que le salariĂ© chinois, en travaillant 70 heures par semaine, 6 jours sur 7, avec une semaine de vacances par an, sans protection sociale, le tout pour un salaire de moins de 150 euros par mois.

Certains espèrent qu’avec le temps, les salaires des pays Ă©mergents rejoindront ceux des pays occidentaux. Mais cet espoir est illusoire tant que l’absence de dĂ©mocratie dans les pays Ă©mergents empĂŞche toute revendication sociale pour l’amĂ©lioration des salaires et des conditions de travail. De mĂŞme, tant que la surpopulation assure une surabondance de main d’oeuvre disponible, l’Ă©galisation des conditions de travail et des salaires ne peut se faire que par le bas.

Cette baisse massive et durable du coĂ»t du travail pour les entreprises rend moins utiles les investissements dans la robotisation des moyens de production, les esclaves coĂ»tant encore moins cher que les robots. Ainsi, les usines dĂ©localisĂ©es en Europe de l’Est ou en Chine ressemblent aux usines des annĂ©es 70, avec un retour au travail Ă  la chaine des ouvriers.

 

Paupérisation et enrichissement

La paupĂ©risation des consommateurs occidentaux pourrait sembler ĂŞtre un mauvais calcul de la part des multinationales, car au bout du compte, la baisse des revenus entraĂ®nera l’effondrement de la consommation. Mais en rĂ©alitĂ©, dans les prĂ©visions des multinationales, la consommation globale ne sera pas affectĂ©e. Tout d’abord parce que l’appauvrissement des classes moyennes est compensĂ©e par un enrichissement sans prĂ©cĂ©dent des « classes supĂ©rieures » qui profitent Ă  plein du libĂ©ralisme. Ces 10 dernières annĂ©es, pendant que les classes moyennes s’appauvrissaient, le revenu des 1% les plus riches n’a jamais autant augmentĂ©. Ce que les uns ont perdu, les autres l’ont gagnĂ©, selon le principe bien connu des vases communicants.

Par ailleurs, la baisse de la consommation des classes moyennes en Occident est Ă©quilibrĂ©e par l’accroissement massif du nombre de consommateurs dans les pays Ă©mergents. MĂŞme si les revenus y sont faibles, cette faiblesse est compensĂ©e par le nombre (la population additionnĂ©e de l’Inde et la Chine est de 2,2 milliards d’habitants).

 

Le prix écologique de la mondialisation

L’intensification de la circulation des marchandises d’un continent Ă  l’autre entre les lieux de fabrication, d’assemblage et de vente se fait au prix d’un accroissement considĂ©rable des transports (par avions, bateaux, ou camions) et donc de la pollution au CO2. Une pollution Ă©galement accrue par l’entrĂ©e des pays Ă©mergents dans l’âge industriel et la « sociĂ©tĂ© de consommation », avec la gĂ©nĂ©ralisation de la voiture et du mode de vie occidental polluant.

Outre la pollution globale au CO2, les pays Ă©mergents payent au prix fort les consĂ©quences Ă©cologiques de leur croissance Ă©conomique effrĂ©nĂ©e. Les pollutions causĂ©es par les accidents industriels se multiplient en Chine, oĂą les habitants des villes portent souvent des masques, protection dĂ©risoire contre une pollution de l’air qui tue 400.000 chinois chaque annĂ©e.

 

Epuisement et dépression collective des citoyens occidentaux

Pendant que la Chine ou l’Inde faisaient des efforts massifs et continus pour l’Ă©ducation de sa population et utilisait l’argent public de façon optimale pour dĂ©velopper ses infrastructures et son industrie, les dirigeants des pays occidentaux comme les Etats-Unis et la France se sont ingĂ©niĂ©s Ă  abrutir leur population (pour la rendre plus facilement manipulable), Ă  affaiblir les Ă©nergies individuelles, Ă  saboter l’Ă©ducation et les services publics (pour justifier ensuite leur privatisation), et Ă  dilapider et dĂ©tourner l’argent public.

Au moment oĂą les citoyens devraient redoubler d’imagination et de crĂ©ativitĂ© pour relever le « dĂ©fi de la mondialisation », ils sont Ă©puisĂ©s, dĂ©primĂ©s, vidĂ©s de leur Ă©nergie par leurs dirigeants qui n’ont cessĂ© de les vampiriser et de les brimer (au nom de la « tolĂ©rance zĂ©ro »).

L’avantage majeur dont disposait l’Occident jusqu’Ă  prĂ©sent Ă©tait son avance dans les industries technologiques et culturelles. L’Ă©puisement des Ă©nergies, l’abĂŞtisation, et une sociĂ©tĂ© de plus en plus Ă©touffante et rĂ©pressive ont affaibli les capacitĂ©s d’innovation et rĂ©duit les atouts des pays occidentaux, en voie d’ĂŞtre rattrapĂ©s puis dĂ©passĂ©s par la Chine, l’Inde, et d’autres pays Ă©mergents.

 

DĂ©sindustrialisation et dĂ©clin de l’Occident

Les dĂ©localisations reprĂ©sentent un danger stratĂ©gique pour les pays occidentaux, en particulier pour les pays europĂ©ens. L’affaiblissement des secteurs industriels entraĂ®ne Ă  sa pĂ©riphĂ©rie celui des « services Ă  l’industrie », de la recherche et dĂ©veloppement, et finalement des sièges sociaux qui tendront Ă  se rapprocher des nouveaux centres de production et de consommation. BientĂ´t le savoir-faire ainsi que la capacitĂ© d’initiative seront perdus dans un ensemble de secteurs dont certains sont essentiels pour le rang que ces pays souhaitent occuper dans le monde. La puissance gĂ©opolitique et militaire repose sur la puissance Ă©conomique et technologique. Une fois appauvris et dĂ©sindustrialisĂ©s, les pays occidentaux devront renoncer Ă  leur leadership mondial, au bĂ©nĂ©fice des actuels « pays Ă©mergents », au premier rang desquels se trouvent la Chine et l’Inde.

Les Etats-Unis et surtout l’Europe de l’Ouest sont en voie de dĂ©sindustrialisation (d’oĂą la stagnation du PNB europĂ©en, avec une croissance infĂ©rieure Ă  2% par an contre 12 Ă  14% pour la Chine). Depuis 10 ans, les capitaux occidentaux se sont investis massivement en Chine, avec pour consĂ©quence des infrastructures et un appareil productif vieillissant dans les pays occidentaux oĂą les investissements ont manquĂ©. Les villes et les usines des pays Ă©mergents sont souvent plus modernes que dans les pays europĂ©ens dĂ©sormais en voie de sous-dĂ©veloppement, tandis que les anciens « pays en voie de dĂ©veloppement » sont en train de devenir les pays riches des prochaines dĂ©cennies. BientĂ´t, les rĂ´les seront inversĂ©s, et les citoyens europĂ©ens rĂ©duits Ă  la misère deviendront les esclaves qui fabriqueront Ă  bas coĂ»t les produits consommĂ©s en Chine.

L’ironie du sort, c’est que ce sont les « forces vives » du capitalisme (les entreprises) qui sont en train de transformer la Chine en superpuissance, alors que c’est la dernière grande dictature communiste de la planète.

Car la Chine est toujours dirigĂ©e par un parti unique, sans Ă©lections libres, et ses dirigeants ont toujours affirmĂ© que la phase actuelle n’Ă©tait qu’un moyen transitoire pour parvenir Ă  la victoire du « socialisme ».

Les dirigeants chinois ont parfaitement mis en pratique la stratĂ©gie des arts martiaux et de la sagesse orientale: utiliser la force de l’adversaire contre lui-mĂŞme.

La Chine a analysĂ© mĂ©thodiquement les faiblesses de l’Occident, en identifiant parfaitement le point faible principal, Ă  savoir l’incroyable cupiditĂ© des multinationales et le dĂ©voiement du pouvoir politique par les Ă©lites Ă©conomiques. La Chine a peut-ĂŞtre aussi Ă©tĂ© inspirĂ©e par cette citation de LĂ©nine: « Les capitalistes Ă©trangers font tout pour l’argent. Ils essaient mĂŞme de nous vendre la corde avec laquelle nous les pendrons. »

Le 21è siècle sera donc asiatique, et les deux premières puissances Ă©conomiques mondiales seront la Chine et l’Inde. Après avoir dillapidĂ© leurs ressources dans les guerres, dĂ©testĂ©s du monde entier, les Etats-Unis seront sur la voie du dĂ©clin, sauf si ils dĂ©cident une guerre nuclĂ©aire contre la Chine pour sauvegarder leur position dominante. Quant Ă  l’Europe, elle est durablement affaiblie par un Ă©largissement sans fin, par les dĂ©localisations, et par l’impuissance Ă©conomique volontaire des Ă©tats.

 

Consommateurs irresponsables

Les dĂ©localisations n’auraient pas Ă©tĂ© possibles sans l’inconscience et l’irresponsabilitĂ© des consommateurs qui achètent des produits sans se soucier des conditions de production et de leurs consĂ©quences.

Les citoyens ont encore le moyen de mettre en Ă©chec les dĂ©localisations en boycottant totalement les productions dĂ©localisĂ©es, ce qui implique une grève quasi totale de la consommation de produits manufacturĂ©s (produits Ă©lectroniques et informatiques, vètements, chaussures, articles de sport, de jouets, etc). Le lieu de fabrication est indiquĂ© sur les produits. La mention « made in PRC » (signifiant « Popular Republic of China ») est souvent utilisĂ©e pour dissimuler l’origine chinoise au consommateur non-averti.

Pour ĂŞtre efficace, cette grève doit avoir lieu tant que les consommateurs occidentaux reprĂ©sentent encore la part majoritaire du chiffre d’affaire des multinationales.

 

Restaurer les barrières douanières

Chaque pays est dans une situation diffĂ©rente, avec une culture et une histoire diffĂ©rentes. Il est donc normal que les systèmes sociaux soient diffĂ©rents. De mĂŞme qu’une cellule est pourvue d’une membrane pour maintenir les conditions nĂ©cessaires Ă  son milieu intĂ©rieur, la seule manière pour un pays de sauvegarder son système social est d’Ă©tablir des barrières douanières, pour Ă©quilibrer les conditions Ă©conomiques diffĂ©rentes des pays d’oĂą proviennent les produits importĂ©s.

Il n’existe donc que deux solutions pour mettre fin aux dĂ©localisations et au dĂ©clin industriel des pays occidentaux: l’alignement des conditions sociales sur celles en vigueur dans les pays Ă©mergents, ou bien, le rĂ©tablissement des barrières douanières proportionnellement aux diffĂ©rences de salaires, de droits sociaux, et de lĂ©gislation environnementale.

 

Dernier moment pour agir

La pĂ©riode actuelle est le dernier moment pour agir. Il n’y aura en effet plus de retour en arrière possible lorsque les machines, les capitaux, et le savoir-faire seront partis ailleurs. Il sera Ă©galement trop tard lorsque la capacitĂ© d’action des Ă©tats (et donc des citoyens) aura Ă©tĂ© totalement neutralisĂ©e par les accords multilatĂ©raux, les traitĂ©s europĂ©ens, et surtout, par l’effet conjuguĂ© de l’endettement (dont le remboursement reprĂ©sente dĂ©jĂ  le quart des dĂ©penses de l’Ă©tat en France) et de la rĂ©duction des recettes de l’Ă©tat, du fait de la dĂ©sindustrialisation et de l’appauvrissement des salariĂ©s.

 

CoĂ»t de la main d’oeuvre dans l’industrie manufacturière en dollar par heure, charges sociales incluses:

 

1990      1995      2000      2001
Etats-Unis
14,9        17,2      19,7         20,3
Japon
12,8       23,8       22,0        19,6
Europe des 15
17,2       21,8       18,5         18,4
Allemagne
    -           30,3      23,0         22,9
Royaume-Uni
12,7       13,8       16,4          16,1
France
15,5       19,4       15,7          15,9
Italie
17,5       16,2         14,0        13,8
Espagne
11,4        12,8        10,8         10,9
Pologne
  -            2,8        4,1             -
Hongrie
  -            2,6       3,4             -
République tchèque
 -            2,2          3,0              -
Corée
3,7         7,3            8,5             8,1
Hong Kong
3,2         4,9            5,6             6,0

Taiwan
3,9         5,9            5,9             5,7
 

Chine
  -           -           0,5            0,4

Inde
  -            -            0,3            0,3

Brésil
  -          -            3,6           3,0

Mexique
1,6        1,7          2,1               2,3

 

Source des chiffres: Ministère américain du Travail

 

L’entreprise vampire

Ă€ cause de leur inefficience croissante, les grandes entreprises ne sont plus capables de crĂ©er de la valeur, mais seulement « d’aspirer » la richesse des autres acteurs Ă©conomiques, du corps social, et des Ă©tats…

Pour satisfaire les exigences des marchĂ©s financiers, les entreprises doivent afficher une croissance annuelle des bĂ©nĂ©fices d’au moins 20%. Pour la plupart des entreprises, une telle performance est impossible avec une croissance Ă©conomique globale qui n’est que de 2 Ă  4%.

De plus, Ă  cause leurs mĂ©thodes de gestion (downsizing, pression constante sur les salariĂ©s, recherche de la rentabilitĂ© immĂ©diate, encouragement du conformisme et refus du risque…) les entreprises sont devenues incapables de crĂ©er la vraie valeur Ă©conomique, qui naĂ®t de l’innovation, dont les matières premières sont l’intelligence, l’imagination, l’anticonformisme, et le temps.

Faute de crĂ©er des richesses sur un rythme de 20%, les entreprises doivent donc augmenter leurs profits en « aspirant » de la richesse supplĂ©mentaire qui est prĂ©levĂ©e sur la nature et sur les autres acteurs Ă©conomiques, c’est Ă  dire au dĂ©triment du reste de la sociĂ©tĂ© et de la vĂ©ritable richesse du monde.

Les entreprises prĂ©lèvent de la richesse sur les salariĂ©s par une rĂ©duction des salaires et des avantages sociaux, ou en exigeant une plus grande quantitĂ© de travail pour le mĂŞme salaire, ou encore par les « restructurations » et les « dĂ©localisations », c’est Ă  dire en remplaçant les salariĂ©s occidentaux par des esclaves du Tiers-Monde. La misère dans laquelle sont plongĂ©s les chĂ´meurs et les sans-abris est le rĂ©sultat d’un transfert de richesse, selon le principe des vases communicants.

Les entreprises prélèvent aussi de la richesse sur leurs clients en augmentant les prix et en abaissant la qualité des produits et des services, ou bien sur leurs fournisseurs en exigeant des prix toujours plus bas, et en organisant la baisse des cours des matières premières minières ou agricoles.

Les entreprises prĂ©lèvent Ă©galement de la richesse sur la nature et sur les populations qui ont Ă©tĂ© spoliĂ©es de leurs terres ou de leurs ressources, condamnĂ©s Ă  rejoindre les bidonvilles et Ă  devenir esclaves dans les « ateliers de la sueur » des multinationales.

Enfin, les entreprises prĂ©lèvent de la richesse sur les Ă©tats, c’est Ă  dire sur les contribuables, en obtenant toujours davantage de subventions injustifiĂ©es et d’exonĂ©rations de cotisations sociales ou d’impĂ´ts, tout cela grâce au « lobbying » et au contrĂ´le des partis politiques par des organisations et rĂ©seaux occultes qui transforment les gouvernements en serviteurs d’intĂ©rĂŞts particuliers au lieu de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral.

Les entreprises prĂ©tendent « crĂ©er des richesses ». En rĂ©alitĂ©, leurs profits ne sont qu’un tour de passe-passe, rĂ©alisĂ© en oubliant de comptabiliser le coĂ»t des destructions, de la pollution et du malheur humain qui auront Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour permettre les « profits ». Pour les entreprises, tous ces coĂ»ts ont une valeur nulle. Une autre erreur dĂ©libĂ©rĂ©e est la sous-estimation du coĂ»t rĂ©el des ressources naturelles utilisĂ©es. Si tous ces coĂ»ts Ă©taient pris en compte, il y aurait un chiffre astronomiquement nĂ©gatif dans la colonne « profit » des entreprises. En vĂ©ritĂ©, les entreprises devraient ĂŞtre rebaptisĂ©es « centre d’esclavage et de nuisance »…

Mais Ă  long-terme, un capitalisme qui ne respecte pas l’homme et l’environnement se condamne lui-mĂŞme. Comme un virus ou un cancer, le capitalisme-vampire est en train de tuer son support, la Terre, son Ă©cosystème, et ses habitants.

 

Citation

« Je dĂ©finirais la mondialisation comme la libertĂ© pour mon groupe de s’implanter oĂą il veut, le temps qu’il veut, pour produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant oĂą il veut, et en ayant Ă  supporter le moins de contraintes possibles en matière de droit du travail et de conventions sociales. »

Percy Barnevick, PDG d’ABB, 1995

 

Les salaires des patrons

Alors que l’on demande au citoyen ordinaire de travailler plus pour un salaire de misère, dans une prĂ©caritĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, et sous la menace permanente d’une « restructuration » ou d’une dĂ©localisation », les entreprises engrangent des bĂ©nĂ©fices record. Le bĂ©nĂ©fice net totalisĂ© par les 40 plus grandes entreprises françaises a Ă©tĂ© de 57 milliards d’euros en 2004. Mais le coĂ»t humain de ces profits n’a pas Ă©tĂ© chiffrĂ©.

Pendant que les salariĂ©s s’appauvrissent, les dirigeants de ces entreprises s’octroient des augmentations souvent Ă  deux chiffres, alors mĂŞme que leur salaire est dĂ©jĂ  500 fois supĂ©rieur au salaire moyen de leurs employĂ©s…

Pour exemple, voici le salaire des patrons des 40 entreprises françaises du CAC 40, le principal indice de la Bourse de Paris. (chiffres 2003)

 

Nom du PDG

Entreprise

Salaire annuel

Variation annuelle

 

Lindsay Owen-Jones

L’OrĂ©al

6.570.000 euros

+ 4,9 %

 

Edouard Michelin

Michelin

4.260.000 euros

+ 146 %

 

Antoine Zacharias

Vinci

3,020.000 euros

 

Daniel Bernard

Carrefour

2.960.000 euros

+ 11 %

 

Daniel Bouton

Société générale

2.950.000 euros

+ 63 %

 

Igor Landau

Aventis

2.770.000 euros

+ 38 %

 

Patrick Le Lay

TF1

2.590.000 euros

+ 66 %

 

Thierry Desmarest

Total

2.520.000 euros

+ 5 %

 

Frank Riboud

Danone

2.490.000 euros

+ 3,9 %

 

Martin Bouygues

Bouygues

2.420.000 euros

+ 25 %

 

Jean-René Fourtou

Vivendi Universal

2.250.000 euros

 

Jean-François Dehecq

Sanofi-Synthélabo

2.100.000 euros

+ 10,5 %

 

Henri de Castries

Axa

2.090.000 euros

+ 57 %

 

Philippe Camus

EADS

2.060.000 euros

+ 13 %

 

Louis Schweitzer

Renault

1.970.000 euros

+ 19 %

 

Bernard Arnault

LVMH

1.930.000 euros

+ 35 %

 

Patrick Ricard

Pernod Ricard

1.880.000 euros

- 20 %

 

Serge Weinberg

PPR

1.860.000 euros

+ 7,2 %

 

Bertrand Collomb

Lafarge

1.780.000 euros

+ 26 %

 

Gérard Mestrallet

Suez

1.770.000 euros

- 22 %

 

Christian Couvreux

Casino Guichard

1.750.000 euros

+ 4 %

 

Michel Pébereau

BNP Paribas

1.720.000 euros

- 13 %

 

Jean-Louis Beffa

Saint-Gobain

1.660.000 euros

+ 3,7 %

 

Benoît Potier

Air liquide

1.640.000 euros

+ 27 %

 

Jean-Martin Folz

Peugeot

1.620.000 euros

- 15 %

 

Henri Proglio

Veolia Environnement

1.610.000 euros

+ 23 %

 

Jean-Marc Espalioux

Accor

1.530.000 euros

- 5 %

 

Serge Tchuruk

Alcatel

1.530.000 euros

+ 0,4 %

 

Arnaud Lagardère

Lagardère

1.430.000 euros

 

Pierre Richard

Dexia

1.410.000 euros

+ 6,4 %

 

Thierry Breton

France Télécom

1.340.000 euros

 

Henri Lachmann

Schneider Electric

1.320.000 euros

+ 50 %

 

Paul Hermelin

Cap Gemini

1.210.000 euros

+ 32 %

 

Denis Ranque

Thales

1.170.000 euros

+ 26 %

 

Pasquale Pistorio

STMicroelectronics

1.090.000 euros

- 9 %

 

Charles Dehelly

Thomson

960.000 euros

 

Jean-Philippe Thierry

AGF

890.000 euros

- 10 %

 

Guy Dollé

Arcelor

780.000 euros

 

Pierre Bellon

Sodexho Alliance

640.000 euros

+ 17 %

 

René Carron

Crédit agricole

250.000 euros

 

Source: Syti.net

août 14 2009

Le fondateur d’internet craint l’effet « Big Brother »

Par 7sur7

Le Britannique Tim Berners-Lee, l’un des fondateurs du web, a mis en garde, le 22 avril, contre le risque qu’internet ne devienne une immense machine de surveillance de ses usagers.

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Instrumentalisation

« Je veux ĂŞtre sĂ»r que lorsque je clique sur un lien, cela restera entre moi et le site et que le fournisseur d’accès ne va pas immĂ©diatement me cataloguer pour un usage publicitaire ou gouvernemental », a expliquĂ© M. Berners-Lee lors d’un congrès international sur le web Ă  Madrid.

« Le facteur n’ouvre pas mes lettres et la compagnie de tĂ©lĂ©phone n’Ă©coute pas mes conversations. Et pourtant l’usage qui est fait d’internet va souvent plus profondĂ©ment que cela dans l’intimitĂ© », a expliquĂ© celui qui a Ă©tĂ© il y a 20 ans le co-inventeur du système du World Wide Web (www).

Un nouveau logiciel permet dĂ©sormais aux fournisseurs d’accès Ă  internet de diffuser des publicitĂ©s Ă  leurs clients en fonction de l’historique de leurs navigations sur le net.

La fin de la vie privée rentable pour certains

Plusieurs fournisseurs d’accès britanniques, dont BT et Virgin Media, ont indiquĂ© qu’ils envisageaient d’utiliser ce logiciel destinĂ© Ă  rendre le web financièrement plus rentable grâce Ă  l’argent de la publicitĂ©.

M. Berners-Lee s’exprimait dans un dĂ©bat organisĂ© dans le cadre du 18e Congrès international World Wide Web, auquel a Ă©galement participĂ© l’AmĂ©ricain Vinton Cerf, autre père fondateur d’internet.

Avec d’autres scientifiques du Centre europĂ©en de recherche nuclĂ©aire (Cern) près de Genève, Berners-Lee a mis au point en 1989 le World Wide Web pour permettre Ă  des milliers scientifiques dans le monde de communiquer.

Débat

Ce système qui permet de simplifier le processus de recherche d’information sur internet, a ensuite connu un succès fulgurant Ă  partir du moment oĂą le Cern a dĂ©cidĂ©, au dĂ©but des annĂ©es 90, de ne pas en percevoir de royalties.

Le Congrès international World Wide Web qui rĂ©unit jusqu’Ă  vendredi Ă  Madrid plus de 1.000 scientifiques, professionnels et experts de l’internet, est une manifestation annuelle, se dĂ©roulant Ă  chaque fois dans une ville diffĂ©rente, pour favoriser la recherche et le dĂ©bat sur le web.

Tous vos e-mails conservés pendant deux ans [12/08/2009]

Le ministre de la Justice flamand Stefaan De Clerck (CD&V) veut faire conserver toute communication Ă©lectronique durant deux ans, peut-on lire mercredi dans De Tijd. Il s’agit notamment de l’enregistrement de la circulation de courriers Ă©lectroniques et du moment auquel une personne se connecte au rĂ©seau internet. La Justice pourra rechercher les donnĂ©es dans les banques de donnĂ©es des opĂ©rateurs.

Stefaan De Clerck a dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© Ă  cet effet un avant-projet de loi, ainsi qu’un arrĂŞtĂ© royal. Mais l’association belge des fournisseurs de services internet (ISPA) ne veut conserver les durĂ©es que sur une pĂ©riode de six mois. « Si la Justice veut des dĂ©lais de conservation plus Ă©tendus, elle n’a qu’Ă  en assumer les frais. Si la Justice veut rouler en ‘Rolls Royce’, il faut payer le prix. Sinon, ce sera Ă  l’usager internet de payer plus. »

« Le dĂ©lai de deux ans correspond aux besoins rĂ©els de la police et de la Justice », indique-t-on au cabinet du ministre De Clerck. Le procureur ou juge d’instruction devra justifier par Ă©crit chaque recherche et les abus seront sanctionnĂ©s.

La commission de protection de la vie privĂ©e estime trop longue la pĂ©riode de deux ans. « Après un an, les donnĂ©es doivent ĂŞtre dĂ©truites et la police et la Justice ne pourront plus les consulter », souligne la commission dans un nouvel avis Ă  l’attention de Stefaan De Clerck.

Source: 7sur7.be

août 12 2009

La fabrique d’esclaves des dĂ©mocraties vertueuses

Par Stephen Lendman

Le bouclage des frontières, les lois sur l’immigration de plus en plus drastiques, les « accords » commerciaux scĂ©lĂ©rats avec les pays pauvres, le « libre Ă©change », la demande constante pour une main-d’Ĺ“uvre pas chère et docile, et d’autres facteurs favorisent automatiquement les trafics de toutes sortes. C’est ce qui se passe aujourd’hui dans le monde occidental oĂą l’appât du gain et le pillage de la planète ont fini par primer sur toute autre considĂ©ration, devrait-elle ĂŞtre teintĂ©e d’humanisme.

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Dans cet article « Modern Slavery in America », paru dans Dissident Voice le 7 mars 2009, Stephen Lendman passe en revue les diffĂ©rents secteurs oĂą hommes, femmes et enfants sont rĂ©duits Ă  la servitude par des patrons sans scrupules.

L’esclavage moderne en AmĂ©rique

Qu’on l’appelle traite des ĂŞtres humains ou travail forcĂ©, l’esclavage moderne est en plein essor en AmĂ©rique, oĂą il Ă©chappe Ă  tout contrĂ´le. Une Ă©tude de l’universitĂ© de Berkeley en 2004 situe ce phĂ©nomène principalement dans 5 secteurs d’activitĂ©:

- La prostitution et l’industrie du sexe: 46%

- le travail domestique: 27%

– l’agriculture: 10%

– les ateliers clandestins ( »sweatshops ») ou les usines: 5%

- la restauration / l’hĂ´tellerie: 4%

Le reste concerne l’exploitation sexuelle des enfants, les divertissements, et la vente d’Ă©pouses par correspondance.

Tout cela persiste Ă  cause du manque de rĂ©glementation, de l’insuffisance de contrĂ´les par l’inspection du travail, et d’une demande croissante pour une main d’oeuvre bon marchĂ© qui permet aux employeurs sans scrupules et aux rĂ©seaux criminels d’exploiter des travailleurs sans dĂ©fense Ă  des fins lucratives.

L’Organisation Internationale du travail (OIT) dĂ©finit le travail forcĂ© par: « tout travail ou service extorquĂ© Ă  quiconque sous la menace d’une sanction quelle qu’elle soit, et pour lequel ladite personne ne s’est pas portĂ©e volontaire ».

Le travail forcĂ© des enfants, c’est:

1. Toute forme d’esclavage ou de pratiques similaires assimilables Ă  de l’esclavage tels que la vente et la traite d’enfants, la servitude pour dettes et le servage, et le travail forcĂ© ou obligatoire, comprenant, entre autres, le recrutement forcĂ© ou obligatoire d’enfants dans les conflits armĂ©s.

2. Utiliser, se procurer un enfant ou lui proposer de l’embaucher avec pour objectif la prostitution, la production de pornographie ou de spectacles pornographiques.

3. Utiliser, se procurer un enfant ou lui proposer des activités illégales, en particulier le trafic de drogue tel que défini dans les traités internationaux appropriés.

4. Tout travail qui, par sa nature ou les circonstances dans lesquelles il est rĂ©alisĂ©, susceptible de porter atteinte Ă  la santĂ©, la sĂ©curitĂ© ou l’intĂ©gritĂ© des enfants.

La dĂ©finition de « Free the Slaves.net » (site « libĂ©rez les esclaves ») est : « ĂŞtre forcĂ© de travailler sans rĂ©munĂ©ration sous la menace de reprĂ©sailles et sans possibilitĂ© de s’en aller ».

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Selon le site:

- On estime Ă  27 millions le nombre de personnes rĂ©duites Ă  l’esclavage dans le monde, plus qu’Ă  toute autre pĂ©riode de l’histoire;

- Des milliers de personnes sont victimes de trafic tous les ans dans 90 villes diffĂ©rentes; environ 17.000 selon certaines estimations et jusqu’Ă  50.000 selon la CIA; sont victimes de travail forcĂ© ou de servitude sexuelle: des Ă©trangers, des citoyens amĂ©ricains ou des rĂ©sidents permanents;

- Ces activitĂ©s gĂ©nèrent plus de 9,5 milliards de dollars de profits par an; – Les victimes sont souvent des femmes et des enfants;

- La majoritĂ© d’entre elles rĂ©sident en Inde et dans les pays africains;

- L’esclavage est illĂ©gal mais a lieu « partout »;

- Les esclaves sont employés dans les travaux agricoles ou domestiques, les mines, la restauration, les bordels, et partout où les trafiquants peuvent les utiliser: ils ne coûtent presque rien, ils sont nombreux, ils sont jetables et remplaçables;

- 90 dollars, c’est le coĂ»t de revient moyen d’un esclave dans le monde par rapport aux 40.000 dollars en 1850 traduits en monnaie actuelle.

- La croissance dĂ©mographique, essentiellement dans les centres urbains oĂą il n’y a ni protection sociale ni lĂ©gislation du travail facilite ces pratiques;

- La corruption des gouvernements, le manque de contrĂ´le et l’indiffĂ©rence sont responsables de cet Ă©tat de fait.

Les différentes mesures prises aux Etats-Unis pour lutter contre les trafics

La lĂ©gislation interdit toute forme de trafic humain grâce Ă  des lois existantes ou renforcĂ©es par la loi de 2000, « Victims of Trafficking and Violence Protection Act (VTVPA), qui prĂ©voit des peines allant jusqu’Ă  20 ans et plus d’emprisonnement ainsi que d’autres sanctions.

En avril 2003, Ă©tait adoptĂ©e la loi Protect Act (contre l’exploitation des enfants, NDT). Cette loi qui protège les enfants punit sĂ©vèrement les contrevenants quand elle est appliquĂ©e. Elle est destinĂ©e Ă  poursuivre les citoyens amĂ©ricains et les rĂ©sidents permanents qui voyagent Ă  l’Ă©tranger dans le but d’exploiter sexuellement des enfants sans mĂŞme qu’il aient Ă  prouver leur intention de commettre l’acte.

La loi de 2000 (reconduite en 2005) offre des outils pour lutter contre les trafics qui ont lieu dans le monde entier. Ont Ă©tĂ© créés des services pour contrĂ´ler et combattre le trafic d’ĂŞtres humains (Office to Monitor and Combat Trafficking in Persons – TIP Office) ainsi que « the President’s Interagency Task Force » qui permet de coordonner les luttes contre les trafics. Il y a Ă©galement un service pour protĂ©ger les victimes « State Department’s Bureau of Population, Refugees, and Migration (PRM »). En outre, diffĂ©rentes autres agences sont engagĂ©es, comme, entre autres, le Ministère de la SantĂ© et le Ministère de la Justice, qui se charge d’engager les poursuites.

MalgrĂ© cela, il y a peu ou pas de poursuites, Ă  la fois au niveau fĂ©dĂ©ral et Ă  celui des Ă©tats, car les criminels sont puissants et que ceux qui en sont victimes sont les « damnĂ©s de la terre », pour la plupart des Noirs pauvres, des Latinos et des Asiatiques. En consĂ©quence, ces pratiques sont largement rĂ©pandues et en augmentation.

En voici des exemples:

Esclavage dans l’agriculture

Oxfam America s’inquiĂ©tait de ce problème croissant dans un rapport intitulĂ© « Comme des machines dans les champs; les travailleurs sans droits de l’agriculture en AmĂ©rique » et publiĂ© en mars 2004.

Ce compte-rendu rĂ©voltant montre que « derrière les images heureuses et lustrĂ©es des sempiternelles publicitĂ©s du secteur de la restauration rapide, se dissimule une autre rĂ©alitĂ© »:

- Près de 2 millions d’ouvriers agricoles surmenĂ©s vivent « bien en dessous du seuil de pauvretĂ©, sans aides sociales, sans avoir droit aux heures supplĂ©mentaires », sans un salaire dĂ©cent, sans aucune protection, y compris pour les enfants;

- En Floride, il n’est pas inhabituel de retrouver des travailleurs enchaĂ®nĂ©s Ă  des poteaux, enfermĂ©s dans des camions, battus et qu’on a privĂ©s de salaire; c’est tellement courant qu’un procureur fĂ©dĂ©ral a dĂ©crit dans un article du New Yorker cet Ă©tat comme Ă©tant la base de l’esclavage moderne;

- John Bowe, auteur de “Nobodies: Modern American Slave Labor and the Dark Side of the New Global Economy” ( »Les moins que rien, le travail d’esclave dans l’AmĂ©rique actuelle et la face cachĂ©e de la nouvelle Ă©conomie mondialisĂ©e »), qualifie l’agriculture en Floride de « monde rĂ©pugnant » oĂą des travailleurs comme Adan Ortiz ont peur de parler de leurs patrons parce qu’ils pourraient, comme dans les cauchemars d’Ortiz, « les poursuivre avec des machettes ou autres objets … ».

La lĂ©gislation du travail aux US ne concerne pas les travailleurs agricoles, comme, par exemple, le simple droit de se syndiquer; des lois comme la National Labor Relations Act (NLRB) de 1935 et la « Fair Labor Standards Act (FLSA) » de 1938 ou les protections dans le domaine du travail garanties par l’OSHA ( »Occupational Safety and Health Administration » – organisation gouvernementale des États-Unis dont la mission est la sĂ©curitĂ© et la santĂ© des travailleurs, NDT) ne les concernent pas;

la loi de 1983 sur la protection des travailleurs saisonniers (Migrant and Seasonal Agricultural Worker Protection Act – AWPA or MSPA) apporte une aide modeste mais inappropriĂ©e, voire aucune quand elle n’est pas appliquĂ©e;

Oxfam explique que, sauf, modestement, en Californie, « les lois des Ă©tats pĂ©rennisent les inĂ©galitĂ©s », en particulier et surtout en Floride et en Caroline du Nord; Un dans l’autre, les contrĂ´les sont très insuffisants, au niveau fĂ©dĂ©ral et Ă  celui des Ă©tats, et sont encore plus laxistes ces dernières annĂ©es Ă  cause surtout du manque d’inspections, de poursuites et de subventions pour les mener Ă  bien; dans le cas des travailleurs sans papiers, aucune loi ne les protège vĂ©ritablement; – Beaucoup effectuent du travail forcĂ© contre leur grĂ© dans cette version moderne de l’esclavage: terrorisĂ©s par des employeurs violents , surveillĂ©s par des hommes armĂ©s, vivant dans des conditions proches de l’incarcĂ©ration, entassĂ©s dans des baraques ou des caravanes sordides, souvent rongĂ©es par la rouille ou la moisissure et Ă©quipĂ©es de matĂ©riel inutilisable, avec des toits qui s’affaissent ou qui fuient, des douches qui ne fonctionnent pas, et occupĂ©es par une multitude de personnes qui paient aux employeurs sans scrupules le prix exorbitant de 200 dollars par semaine;

Mais les travailleurs sont bien obligĂ©s de s’accommoder de ces conditions parce que, disent-ils: « Si nous ne travaillons pas, nous ne mangeons pas »;

Le pouvoir marchand de clients importants comme Wal-Mart (19% de parts de marchés dans la grande distribution aux Etats-Unis) et Yum Brands (leader mondial de la restauration rapide) forcent les producteurs et les grossistes à réduire leurs prix au plus bas;

La concurrence croissante avec les produits importĂ©s a eu le mĂŞme effet, surtout pendant les mois d’hiver;

Et alors que les prix et les salaires des producteurs sont calculés au plus serré, les bénéfices grimpent la chaîne de distribution pour arriver directement au sommet remplir les poches des géants de la distribution;

Ce sont les saisonniers qui en ont donc pâti en premier et ce sont probablement les travailleurs les plus pauvres et les plus mal traitĂ©s aux Etats-Unis. Environ la moitiĂ© d’entre eux gagne moins de 7500 dollars par an. Les plus chanceux atteignent les 10 000 dollars, mais dans les deux cas, c’est bien en deçà du seuil de pauvretĂ© aux Etats-Unis, et leurs salaires stagnent depuis les annĂ©es 1970. Alors qu’ils effectuent les tâches les plus difficiles et les plus dangereuses (car ils sont en contact avec des produits toxiques et exposĂ©s aux accidents du travail), ils sont forcĂ©s de vivre dans des taudis, d’accepter des emplois Ă  court terme, de se dĂ©placer de plus en plus et de subir la sĂ©paration familiale.

En plus d’avoir des salaires de misère, environ 95% d’entre eux n’ont droit ni aux aides sociales, ni Ă  l’assurance maladie (a fortiori aux congĂ©s payĂ©s et Ă  la retraite) pour eux-mĂŞmes et pour leurs familles. Les femmes qui travaillent dans l’agriculture sont confrontĂ©es Ă  d’autres violences comme le sexisme, le harcèlement sexuel, voire pire, tout en devant Ă©galement s’occuper des tâches au sein de leur famille.

Il y a du travail dans l’agriculture et l’Ă©levage partout aux US, mais plus de la moitiĂ© des emplois sont concentrĂ©s en Californie, en Floride, au Texas, en Caroline du Nord et dans l’Ă©tat de Washington. La plupart des ouvriers agricoles sont jeunes (entre 18 et 44 ans, voire plus jeunes), de sexe masculin (80%), et originaires d’AmĂ©rique Latine. Ils sont peu instruits, et beaucoup sont des immigrĂ©s sans papiers (majoritairement en provenance du Mexique) forcĂ©s d’Ă©migrer vers le nord Ă  cause de lois criminelles sur les Ă©changes commerciaux comme l’ALENA.

Les luttes pour s’organiser ont remportĂ© des victoires importantes mais pas suffisantes pour permettre aux travailleurs de peser davantage dans les nĂ©gociations dans un système fondamentalement injuste. Et donc, alors que les succès de syndicats comme la « Coalition of Immokalee Workers » (*CIW) en Floride (qui comprend plus de 2000 adhĂ©rents) sont impressionnants, ils ne reprĂ©sentent rien Ă  cĂ´tĂ© des puissants gĂ©ants de l’agrobusiness ou de Wal-Mart.

Pas plus qu’ils ne peuvent amĂ©liorer les conditions de travail dans un des secteurs d’activitĂ© du pays les plus dangereux. Les taux d’invaliditĂ© sont trois fois plus Ă©levĂ©s que pour l’ensemble de la population active. Il y a chaque annĂ©e environ 300.000 travailleurs qui souffrent d’empoisonnement aux pesticides et beaucoup d’autres sont victimes d’accidents, souffrent de lĂ©sions de l’appareil locomoteur ou d’autres (dont certaines sont chroniques).

Une Ă©tude effectuĂ©e en 1990 en Caroline du Nord indique que 4% seulement de ces travailleurs ont accès Ă  de l’eau potable, Ă  des lavabos ou Ă  des toilettes, une situation particulièrement critique pour les enfants et les femmes enceintes. Oxfam dĂ©crit les conditions de travail dans les champs actuellement comme Ă©tant l’Ă©quivalent de ce qui se passait dans les plantations au XIX°s, avec des ouvriers agricoles, un matĂ©riel rudimentaire, de longues heures de travail, peu de rĂ©munĂ©ration, pas d’aides sociales, dans un système fondamentalement inhumain et anachronique qui nĂ©cessite des rĂ©formes urgentes. Mais comment faire quand, Ă  tous les niveaux de responsabilitĂ©, on ferme les yeux sur les pires abus, et que quand il s’agit de sans papiers, on les rend responsables de leurs propres malheurs?

Esclavage domestique en Amérique

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Chaque annĂ©e des milliers de personnes, essentiellement des femmes, arrivent en AmĂ©rique avec des visas temporaires pour travailler comme domestiques (pour des riches diplomates Ă©trangers, ou d’autres hauts responsables, Ă©trangers ou amĂ©ricains). Elles (et ils) viennent pour fuir la misère et pour gagner de l’argent pour l’envoyer Ă  leur famille. Elles sont souvent exploitĂ©es ou persĂ©cutĂ©es par des trafiquants sans scrupules qui les rĂ©duisent Ă  l’esclavage, les font travailler jusqu’Ă  19 heures par jour, les gardent pratiquement prisonnières, les payent moins de 100 dollars par jour, et leur font souvent subir des sĂ©vices sexuels.

Les immigrĂ©s sans-papiers ne sont pas protĂ©gĂ©s par la loi, mais mĂŞme les immigrĂ©s qui sont entrĂ©s lĂ©galement ne le sont pas beaucoup. Parce que les visas ne sont accordĂ©s que si on a un contrat d’embauche, les employĂ©es sont les obligĂ©s de leur employeur, aussi brutal soit-il, et si elles le quittent, elles perdent leur statut d’immigrĂ©es et sont expulsĂ©es.

En consĂ©quence, peu d’entre elles portent plainte. Et celles qui le font sont rarement protĂ©gĂ©es parce que les agences gouvernementales sont peu empressĂ©es en matière de contrĂ´les ou d’application de la loi.

Les domestiques qui vivent chez leur employeur sont également exclues de la législation du travail en ce qui concerne la rémunération des heures supplémentaires, le droit de se syndiquer, de faire grève, et de négocier collectivement.

En outre, elles ne sont pas protĂ©gĂ©es par l’OSHA et, donc, contre le harcèlement sexuel, car l’article sur la protection des employĂ©s sur leur lieu de travail ne s’applique que pour les employeurs de 15 personnes ou plus. Pour ce qui est des employeurs Ă©trangers, ils jouissent de l’immunitĂ© diplomatique, quelle que soit la gravitĂ© des faits qui leur sont reprochĂ©s.

Et c’est ainsi que les domestiques qui ont un visa spĂ©cial pour sĂ©journer aux Etats-Unis, subissent des violations de leurs droits d’ĂŞtres humains. Les employeurs sont protĂ©gĂ©s tandis que leurs employĂ©s sont sans dĂ©fense face Ă  des abus tels que:

- Les coups et blessures. Les violences physiques ou les menaces de violences;

- La libertĂ© de mouvement limitĂ©e, dont la perte de libertĂ© arbitraire et forcĂ©e avec l’utilisation de serrures, de barreaux, la confiscation du passeport et de papiers officiels, l’emploi de chaĂ®nes et les menaces de reprĂ©sailles Ă  l’encontre de membres de leur famille;

- Les problèmes de santĂ© et de sĂ©curitĂ© qui peuvent dĂ©couler des conditions imposĂ©es par l’employeur, comme, par exemple: devoir dormir dans des sous-sols, des buanderies ou d’autres endroits inappropriĂ©s; avoir des conditions de travail dangereuses; ĂŞtre privĂ© de nourriture ou ne pas recevoir une alimentation saine; se voir refuser des soins mĂ©dicaux ou ĂŞtre contraint de travailler mĂŞme quand on est malade;

- Problèmes de salaires et d’horaires de travail: le code du travail aux Etats-Unis ne les protĂ©geant pas, il est donc courant que les employĂ©es de maison effectuent de longues heures de travail, aient droit Ă  peu de repos et reçoivent un salaire dĂ©risoire;

- Immixtions dans la vie privĂ©e: le Pacte international relatif aux droits civils et politiques adoptĂ© le 16 dĂ©cembre 1966 par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies qui spĂ©cifie que « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires ou illĂ©gales dans sa vie privĂ©e, sa famille, son domicile ou sa correspondance » concerne tout ĂŞtre humain, mĂŞme les domestiques logĂ©s nourris avec un visa spĂ©cial; nĂ©anmoins, les violations de leurs droits sont courantes et les migrants n’ont, lĂ  encore, aucune chance d’obtenir rĂ©paration;

- Les pressions psychologiques – caractĂ©ristiques de la relation dominant-dominĂ© entre l’employeur et leurs employĂ©s qui font craindre Ă  ces derniers d’aller porter plainte; Parmi les autres abus, il y a: les insultes, la privation de nourriture, le refus de leur fournir des vĂŞtements adaptĂ©s, et diverses autres pratiques avilissantes.

- La servitude, le travail forcĂ© et les trafics: ils sont interdits par le Pacte de l’ONU et d’autres lois et règlements internationaux, qui ne font pas clairement la distinction entre « servitude » et esclavage.

Et donc, les sĂ©vices que font subir les employeurs sont inĂ©vitables; le trafic d’ĂŞtres humains, en particulier, est interdit par le Protocole des Nations Unies, adoptĂ© en 2000, visant Ă  prĂ©venir, rĂ©primer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, ainsi que par le protocole plus rĂ©cent (Convention des Nations Unies contre la criminalitĂ© transnationale organisĂ©e) qui cible les trafiquants et les proxĂ©nètes. MalgrĂ© cela, ces pratiques sont très rĂ©pandues et en expansion; et en ce qui concerne les employĂ©es domestiques Ă©trangères, les mauvais traitements sont courants et très peu mĂ©diatisĂ©s.

L’esclavage sexuel en AmĂ©rique

C’est la catĂ©gorie la plus nombreuse de travail forcĂ© aux Etats–Unis et pour des raisons simples:

- Il est liĂ© au crime organisĂ© et rapporte Ă©normĂ©ment d’argent;

- La demande pour les services sexuels, y compris avec des enfants, est importante et en augmentation;

- Les lois strictes restreignant l’immigration facilitent le trafic.

Le Département de la Justice des Etats-Unis indique que la moyenne d’âge d’entrée en prostitution se situe entre 12 et 14 ans.

« Shared Hope International » (une ONG qui s’occupe des femmes et des enfants victimes de la traite, NDT) fournit des informations sur le trafic sexuel actuel et examine les conditions dans lesquelles il existe.

L’organisation confirme que la plupart des victimes de la traite sont des filles mineures.

Une enquĂŞte du Congrès indique qu’entre 100.000 et 300.000 enfants peuvent y ĂŞtre exposĂ©s Ă  tout moment. Le DĂ©partement de la Justice estime que les proxĂ©nètes contrĂ´lent au moins 75% de mineurs exploitĂ©s, prenant pour cible les enfants vulnĂ©rables et utilisant la violence et l’intimidation psychologique pour les retenir.

L’Internet est un outil de recrutement frĂ©quent. Les autres cibles privilĂ©giĂ©es sont les enfants qui vivent dans des centres d’hĂ©bergement ou dans la rue, parmi lesquels des enfants qui ont fuguĂ©. On estime Ă  2,8 millions le nombre d’enfants qui vivent dans la rue, dont un tiers d’entre eux sont approchĂ©s dans les 48 heures qui suivent leur fugue. La prostitution familiale est Ă©galement courante, oĂą on vend un membre de la famille pour acheter de la drogue, pour payer un hĂ©bergement, ou tout simplement pour se procurer de l’argent.

Le marchĂ© du sexe comprend la prostitution, y compris enfantine, la pornographie, le striptease, les danses Ă©rotiques et les peep-shows, et est souvent entre les mains de la mafia. L’ensemble des activitĂ©s sexuelles, lĂ©gales ou non, font partie d’une gamme de produits et de services plus large, dont la drogue et le trafic de drogue.

Les trafiquants du sexe recrutent en gĂ©nĂ©ral des personnes de leur propre pays ou de leur ethnie, et le passage en fraude de migrants facilite le trafic. En outre, les lois fĂ©dĂ©rales et celles des Ă©tats sont trop souvent contradictoires, et permettent, ainsi, de refuser le statut de victimes Ă  ceux et celles qui ont subi des sĂ©vices, ralentissent les poursuites et se traduisent in fine par des sanctions peu sĂ©vères, quand il y en a. Egalement, il est rare que les clients des prostituĂ©-es (mĂŞme s’il s’agit de mineurs) soient arrĂŞtĂ©s et poursuivis, et globalement, les agences du maintien de l’ordre se retrouvent confrontĂ©es Ă  des questions systĂ©miques lĂ©gales qui font obstacle Ă  leur aptitude ou Ă  leur penchant Ă  poursuivre les clients. La sociĂ©tĂ© offre peu de protection aux victimes, comme, par exemple, des foyers d’accueil pour les jeunes enfants en difficultĂ©, et, c’est ainsi que les services sexuels sont en plein essor aux Etats-Unis.

Les ateliers clandestins et les usines.

D’après le syndicat des travailleurs du textile et des travaux d’aiguille (Union of Needle Trades and Industrial Textile Employees), 75% des fabriques de vĂŞtements sont des ateliers clandestins ( »sweatshops’ »). Le ministère du travail indique que plus de 50% de tous les ateliers sur le territoire amĂ©ricain sont clandestins, la majoritĂ© Ă©tant situĂ©s dans les centres textiles de New York, Californie, Dallas, Miami, et Atlanta, d’autres Ă©tant Ă©galement installĂ©s dans les territoires amĂ©ricains comme l’Ă®le de Saipan, Guam ou les Samoa amĂ©ricaines, oĂą la production porte la mention: ‘“Made in the USA.”

La concurrence avec les producteurs Ă©trangers Ă  faibles coĂ»ts incite Ă  faire pression sur les producteurs US pour qu’ils rĂ©duisent leurs coĂ»ts le plus possible, quitte Ă  violer la rĂ©glementation du travail, et parfois manifestement grâce au travail forcĂ©.

Comme l’agriculture et l’Ă©conomie domestique, ce secteur est particulièrement vulnĂ©rable car il s’organise au sein d’une Ă©conomie informelle oĂą les contrĂ´les sont peu nombreux, voire inexistants. En consĂ©quence, l’exploitation des travailleurs perdure. Les salaires sont en deçà du seuil de pauvretĂ©. La rĂ©munĂ©ration des heures supplĂ©mentaires est exceptionnelle, et les conditions de travail oscillent entre mauvaises et dangereuses. Les travailleurs qui se plaignent et tentent de s’organiser sont gĂ©nĂ©ralement licenciĂ©s et remplacĂ©s par de plus mallĂ©ables.

Des salaires de misère, des horaires à rallonge, des conditions de travail dangereuses et pas de protection sociale sont des pratiques courantes dans un secteur où les violations de la législation du travail sont notoires.

En 1995, deux Ă©normes scandales ont fait la une des journaux, un a eu lieu ici, aux US, l’autre Ă  l’Ă©tranger.

Le 2 aoĂ»t, la police faisait irruption dans un immeuble d’El Monte, Californie, oĂą 72 immigrĂ©s thaĂŻs sans papiers Ă©taient retenus prisonniers derrière des barbelĂ©s et des chaĂ®nes.

Cela faisait plus de 17 ans qu’ils Ă©taient enfermĂ©s lĂ , travaillant Ă  la confection de vĂŞtements pour les plus grands manufacturiers et distributeurs du pays.

Ils Ă©taient entassĂ©s les uns sur les autres dans des logements sordides. Des gardes armĂ©s imposaient la discipline, faisant pression sur eux et les intimidant pour les obliger Ă  travailler tous les jours, Ă  raison de 84 heures par semaine pour 70 cts l’heure. Les ouvriers Ă©taient forcĂ©s de travailler, de manger, de dormir et de vivre en captivitĂ©. Les coups de fil Ă©taient obligatoirement surveillĂ©s, le courrier censurĂ©, et tout ce qui venait de l’extĂ©rieur Ă©tait achetĂ© par leurs geĂ´liers qui faisaient payer la marchandise Ă  des prix exorbitants.

Sept responsables étaient alors arrêtés et, plus tard, condamnés pour travail souterrain, kidnapping, servitude involontaire, trafic et hébergement de clandestins.

Egalement, en 1995, les inspecteurs du « ComitĂ© national du travail » (National Labor Committee) ont surpris des adolescentes, dont certaines Ă©taient âgĂ©es de 13 ans Ă  peine, en train de confectionner des vĂŞtements pour la ligne de vĂŞtements de Kathy Lee Gifford au Honduras.

Elles gagnaient entre 6 et 9 cents de l’heure dans des conditions de travail Ă©pouvantables. Les heures supplĂ©mentaires obligatoires Ă©taient imposĂ©es pour respecter les dĂ©lais. Elle n’avaient droit Ă  se rendre aux toilettes que deux fois par jour. Les surveillants et les gardes en armes faisaient pression sur elles et les intimidaient pour les inciter Ă  travailler plus vite sur des machines rongĂ©es par la rouille et susceptibles de provoquer des accidents. Les tentatives des ouvrières de faire valoir leurs droits avaient Ă©tĂ© contrecarrĂ©es. La production Ă©tait destinĂ©e Ă  des grands distributeurs comme Wal-Mart.

Les employĂ©s dans la restauration et l’hĂ´tellerie aux Etats-Unis connaissent Ă©galement des conditions de travail pĂ©nibles et des salaires infĂ©rieurs Ă  la normale.

Dans les hĂ´tels, presque tous les agents de service sont des femmes Ă  qui on demande de nettoyer un minimum de 15 chambres par jour. Souvent, elles doivent sauter un repas, renoncer Ă  leur temps de pause, travailler en dehors de leurs heures pour remplir leur quota, et ont, en consĂ©quence, un taux d’accidents de 40% plus Ă©levĂ© que les autres employĂ©s dans le secteur des services. Selon les statistiques du Ministère du travail US, elles gagnent en moyenne 8,67 dollars de l’heure, c’est-Ă -dire 17.340 dollars par an si elles travaillent Ă  temps plein.

Les immigrĂ©s, essentiellement des femmes, sont particulièrement vulnĂ©rables dans les hĂ´tels et restaurants. Un communiquĂ© de presse de l’Union amĂ©ricaine pour les libertĂ©s civiles (American Civil Liberties Union – ACLU) citait en juin 2005 une action en justice parmi beaucoup d’autres engagĂ©e par deux serveuses immigrĂ©es contre un restaurant chinois du New Jersey pour discrimination sexuelle et exploitation.

Ayant portĂ© plainte en juin 2003, Mei Ying Liu et Shu Fang Chen accusaient leurs employeurs d’avoir, entre mai 2000 et novembre 2001, exercĂ© une surveillance totale sur les employĂ©s, de les avoir contraints Ă  travailler en moyenne 80 heures par semaine sans salaire, ni rĂ©munĂ©ration pour les heures supplĂ©mentaires, d’avoir prĂ©levĂ© un pourcentage sur leurs pourboires, d’avoir pratiquĂ© la discrimination raciale et sexuelle, de les avoir logĂ©es dans un appartement insalubre oĂą elles Ă©taient entassĂ©es et d’avoir profĂ©rĂ© des menaces de mort quand elles ont cessĂ© de travailler au restaurant.

Le trafic des *travailleurs « invitĂ©s » sur les bases militaires

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En plus de l’armĂ©e de dizaines de milliers d’immigrĂ©s US exploitĂ©s qui ont Ă©tĂ© engagĂ©s par Halliburton en Irak, en Afghanistan et ailleurs, le National Labor Committee –le NLC – (une ONG amĂ©ricaine de dĂ©fense des droits des travailleurs, NDT) a publiĂ© en juillet dernier un rapport qui indique que « des centaines de milliers de travailleurs « invitĂ©s » – parmi lesquels 240.000 originaires du Bangladesh – ont Ă©tĂ© passĂ©s clandestinement au KoweĂŻt (en leur faisant miroiter la perspective d’emplois bien rĂ©munĂ©rĂ©s) et forcĂ©s de travailler sur une base amĂ©ricaine 7 jours par semaine, 11 heures par jour sans des conditions Ă©pouvantables.

On leur confisque leurs passeports dès leur arrivĂ©e, ils sont entassĂ©s dans des dortoirs sordides, oĂą 7 personnes partagent une pièce de 10 m sur 10, sont payĂ©s entre 14 et 36 cents de l’heure, rouĂ©s de coups et menacĂ©s d’ĂŞtre mis aux arrĂŞts s’ils protestent, et contraints de dĂ©penser la majeure partie de leur salaire pour payer leurs repas Ă  des prix exorbitants.

Le cas de “M. Sabur” est significatif. EmbauchĂ© par la « Compagnie Koweitienne de Ramassage et de Recyclage des dĂ©chets » pour travailler dans le camp Arifjan du Pentagone, il devait effectuer le nettoyage de la base – toute la base, depuis les bureaux et les lieux de vie jusqu’aux tanks, aux lance-roquettes et aux missiles. Il travaillait 11 heures par jour, sept jours sur sept, et avait droit Ă  une heure de pause Ă  minuit pour le souper. Pour cela, il gagnait 34,72 dollars par semaine, bien moins que ce qu’on lui avait annoncĂ©, et devait rembourser 185.000 taka (monnaie du Bengladesh), l’Ă©quivalent de 2697 dollars, Ă  une agence d’intĂ©rim du Bengladesh pour son contrat de travail de trois ans. Sa famille a vendu tout ce qu’elle a pu pour rassembler l’argent, mais comme ce n’Ă©tait pas suffisant, elle a dĂ» Ă©galement emprunter Ă  un voisin.

Quand il a commencĂ© Ă  travailler, la compagnie koweĂŻtienne a refusĂ© illĂ©galement de lui verser son salaire les trois premiers mois, l’obligeant Ă  emprunter pour survivre. Quand il a demandĂ© Ă  ĂŞtre payĂ©, il a Ă©tĂ© battu et après une grève oĂą 80.000 travailleurs ont cessĂ© le travail, il a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©, incarcĂ©rĂ© pendant 5 jours, battu quand il Ă©tait en prison, puis expulsĂ© au Bangladesh dans ses vĂŞtements dĂ©chirĂ©s encore tachĂ©s de sang.

Il n’a jamais touchĂ© les milliers de dollars de rappel de salaire qui lui avaient Ă©tĂ© promis.

Ce qui s’est passĂ© pour lui est loin d’ĂŞtre exceptionnel. Le NLC estime Ă  1,2 milliards de dollars les sommes extorquĂ©es aux 240.000 ressortissants du Bangladesh, et le Pentagone est complice de ces exactions. Ce genre d’abus a Ă©galement lieu sur les bases US en Irak, en Afghanistan et probablement dans d’autres sites Ă  l’Ă©tranger.

Selon les termes d’un travailleur sri lankais qui travaille pour un sous-traitant d’Halliburton en Irak:  » Ils nous ont promis monts et merveilles, mais nous avons, au lieu de cela, les sales boulots, les horaires Ă  rallonge, les bas salaires, la nourriture malsaine, et pendant les trois premiers mois, nous sommes retenus en captivitĂ© dans des hangars sans fenĂŞtres près de l’aĂ©roport de Bagdad, sans argent, et parmi eux, certains seront, par la suite, logĂ©s dans des tentes dans des conditions encore pires que les hangars. »

 

Conclusion

VoilĂ  les Ă©preuves des personnes vulnĂ©rables en AmĂ©rique et de ceux que nous exploitons Ă  l’Ă©tranger, que ce soit dans les restaurants, les hĂ´tels, l’agriculture, le travail domestique, le commerce du sexe, ou sur les bases amĂ©ricaines Ă  l’Ă©tranger, et il est rare que les tribunaux leur rendent justice. C’est la face cachĂ©e de l’AmĂ©rique qui accumule les crimes et les abus, parmi lesquelles les guerres impĂ©riales, la torture, et le pillage des richesses nationales pour les donner Ă  des banquiers criminels et aux riches aux dĂ©pens de millions de citoyens dans le besoin qui sont laissĂ©s pour compte dans la pĂ©riode la plus horrible de notre histoire. Une tradition ancienne dĂ©rangeante, dont on n’a pas du tout de quoi ĂŞtre fiers.

Stephen Lendman rĂ©side Ă  Chicago. Il anime une Ă©mission de radio « The Global Research News Hour » sur RepublicBroadcasting.org le lundi de 11H Ă  13h.

Source: Des bassines et du zèle

août 05 2009

Vers une nouvelle crise de la dette

Par Éric Toussaint

La crise financière nord-américaine produit une onde de choc dans l’économie globale. Les ressources des pays en développement s’assèchent tandis que le loyer de l’argent s’élève. Une nouvelle crise de la dette est imminente. Des économies émergentes peuvent être englouties par cette vague. Ici l’enjeu n’est pas de savoir si les banquiers des pays riches toucheront leurs bonus, mais comment les populations des pays pauvres pourront survivre.

Bien qu’il représente une ponction très importante sur les recettes des pouvoirs publics, le remboursement de la dette publique, entre 2004 et 2008, n’a pas constitué un grand problème pour la plupart des pays à moyens revenus et pour les pays exportateurs de matières premières en général. En effet, la plupart des gouvernements de ces pays trouvaient facilement des prêts à des taux historiquement bas leur permettant de trouver les fonds nécessaires. Néanmoins, la crise de la dette privée qui a éclaté dans les pays les plus industrialisés en 2007 a modifié radicalement les conditions d’endettement des « Pays en développement » (PED), qui se dirigent vers une nouvelle crise de la dette.

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Un peu d’histoire

Au cours des deux siècles précédents de l’histoire du capitalisme, plusieurs crises internationales de la dette ont éclaté (on en compte trois au 19e siècle et deux au 20e siècle). Elles ont affecté directement le destin des pays émergents. Les origines des crises et les moments où elles éclatent sont intimement liés au rythme de l’économie mondiale, et principalement de celle des pays les plus industrialisés. Chaque crise de la dette a été précédée d’une phase de surchauffe de l’économie des pays du Centre au cours de laquelle il y a eu surabondance de capitaux dont une partie a été recyclée vers les économies de la Périphérie. La crise est généralement provoquée par une récession ou un krach frappant certaines des principales économies industrialisées. La crise qui a éclaté à partir de 2007-2008 dans la Triade confirme cette « règle ».

Entre 2004 et 2008, une grande partie des PED ont vu leurs recettes d’exportation fortement augmenter en raison de la hausse des prix des marchandises qu’ils vendent sur le marché mondial : hydrocarbures (pétrole et gaz), minéraux et produits agricoles. Cela leur a permis à la fois de puiser dans ces recettes en devises pour rembourser la dette et d’avoir la crédibilité suffisante pour contracter de nouveaux prêts.

De plus, les banques commerciales du Nord, qui avaient fortement réduit leurs prêts à partir de la fin des années 1990 suite aux crises financières dans les PED, ont progressivement rouvert toutes grandes les vannes des prêts de 2004 à 2008. D’autres groupes financiers privés (fonds de pensions, sociétés d’assurance, hedge funds) ont fourni du crédit aux PED en achetant les bons qu’ils émettaient sur les principales places financières. Des États ont également augmenté l’offre de crédits aux PED, de la Chine qui prête tous azimuts au Venezuela qui finance l’Argentine et des pays de la Caraïbe. En général, les taux demandés étaient nettement plus avantageux que ceux qui ont prévalu jusqu’au début des années 2000. Il faut ajouter à cela l’abondant crédit octroyé à l’intérieur des PED par les banques locales ou étrangères qui opèrent au Sud.

Le basculement de 2007

Un changement est intervenu avec la crise de la dette privée dans les pays les plus industrialisés en 2007. Le déclencheur en a été l’éclatement de la bulle spéculative dans le marché de l’immobilier aux États-Unis qui a entraîné l’effondrement de plusieurs marchés de la dette privée (marché des subprimes, des ABCP, des CDO, des LBO, des CDS, des ARS…). Cette crise est loin d’être terminée et le monde est seulement en train de découvrir ses multiples répercussions.

Alors que l’argent du crédit coulait à flot jusqu’en juillet 2007, les différentes sources privées se sont taries subitement au Nord. Les banques privées complètement engluées dans des montages chancelants de dettes ont commencé à se méfier les unes des autres et ont rechigné à se prêter de l’argent. Il a fallu que les pouvoirs publics des États-Unis, d’Europe occidentale et du Japon injectent massivement et à plusieurs reprises des liquidités (plus de 2 000 milliards de dollars et d’euros en 2007-2009) pour éviter la paralysie du système financier au Nord. Pendant ce temps, les banques privées qui se finançaient en vendant des titres non garantis n’ont plus trouvé acquéreur sur les marchés financiers du Nord. Elles ont dû commencer à assainir leurs comptes en amortissant les énormes pertes dues à leurs opérations aventureuses des dernières années. Pour s’en sortir, elles ont dû faire appel à des apports d’argent frais. Cet argent a été fourni au début par les fonds souverains des pays asiatiques et par ceux du Golfe persique. Ensuite, les États du Nord sont venus massivement à la rescousse. Les banques qui n’ont pas trouvé à temps de l’argent frais ont été rachetées par d’autres (Bear Stearns et WAMU ont été rachetées par JPMorgan) ou par l’État (en Grande Bretagne, Northern Rock Bank, Royal Bank of Scotland et l’établissement de crédit hypothécaire Bradford & Bingley ; le gouvernement des Pays-Bas a acheté ABN Amro ; le gouvernement belge a acheté de manière temporaire Fortis Bank pour la revendre ensuite à BNP Paribas ; le gouvernement états-unien a « nationalisé » Freddie Mac et Fannie Mae ainsi que AIG, etc.). La nationalisation de Freddie Mac et de Fannie Mae est un exemple parfait de la privatisation des bénéfices en temps de prospérité économique et de socialisation des pertes en temps de dépression. Ces deux institutions ont été privatisées au moment où elles produisaient de gros bénéfices. Avec la crise dans l’immobilier qui a éclaté en 2007, la situation de Freddie Mac et de Fannie Mae s’est dramatiquement dégradée. Alors qu’elles avaient distribué des dividendes à leurs actionnaires privés en 2007, les deux institutions subitement aux abois ont appelé l’État à la rescousse afin qu’il prenne en charge leurs pertes. Leur portefeuille de crédits hypothécaires s’élève à 5 300 milliards de dollars (c’est-à-dire l’équivalent de quatre fois la dette publique externe de l’ensemble des PED). L’éditorial du très néolibéral The Economist du 30 août 2008 déclara lui-même : « C’est le pire aspect du capitalisme : il signifie que les actionnaires et les dirigeants jouissent des profits tandis que les contribuables paient l’ardoise quand il y a des pertes ».

Dans un premier temps, la plupart des PED n’a pas souffert

En 2007, les Bourses de valeurs d’une série de PED ont vu affluer de l’argent spéculatif qui fuyait l’épicentre du séisme financier, c’est-à-dire l’Amérique du Nord. Les capitaux libérés par l’explosion de la bulle immobilière qui a traversé l’Atlantique d’Ouest en Est (l’Irlande, la Grande-Bretagne, l’Espagne ont été particulièrement touchées et la liste s’est allongée au fil du temps) se sont jetés sur d’autres marchés : les Bourses de matières premières et de produits alimentaires qui sont situées au Nord (renforçant par là même l’augmentation des prix) et certaines Bourses de valeurs du Sud. Mais cela n’a pas duré longtemps : en 2008, toutes les Bourses de valeurs du Sud étaient les grandes perdantes. Certaines d’entre elles sont reparties à la hausse en 2009 (Chine, Taïwan, Brésil, Russie…), mais pour combien de temps ?

Par ailleurs, la décision de la Réserve fédérale des États-Unis de baisser à plusieurs reprises son taux d’intérêt directeur a aussi allégé provisoirement le fardeau de la dette du Sud. Mais la situation changea radicalement mi-2008 quand les primes de risque-pays augmentèrent fortement et quand les banques du Nord restreignirent l’offre de nouveaux crédits destinés à refinancer le paiement de la dette. De la même manière, les investisseurs institutionnels (fonds de pension, assurances, banques…) réduisirent l’achat de titres de la dette du Sud pour acheter en priorité les bons du Trésor des États-Unis. Les prix des matières premières, qui s’étaient maintenus à la hausse jusqu’en juillet 2008, entamèrent une chute brutale. De plus, en 2008-2009, les monnaies des pays latino-américains se dévaluèrent face au dollar. Cela augmenta à nouveau le coût de la dette externe qui se paie majoritairement en dollars.

La Banque des Règlements Internationaux (BRI) confirme : « La crise économique et financière a frappé de plein fouet les « Économies émergentes » (ÉcÉm) au dernier trimestre 2008. La faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, a été suivie par un recul sans précédent de la demande d’exportations, qui a coïncidé avec un important reflux des prêts bancaires internationaux et de l’investissement de portefeuille étranger. Le cours de change de nombreux pays s’est déprécié, la valorisation des actions a baissé et le coût du financement extérieur a fortement progressé. Avec l’atonie de la consommation et des dépenses d’investissement dans les économies avancées, la demande d’exportations des Économies émergentes s’est effondrée, ce qui a accentué l’inversion des flux de capitaux et mis fin à une longue période de croissance tirée par les exportations et soutenue par les entrées de fonds. »

Baisse des réserves en devises des PED en 2008-2009

Toujours selon la BRI, les réserves en devises des PED se sont mises à baisser : « Le stock d’avoirs de change, après avoir culminé en 2008, a fortement diminué dans plusieurs Économies émergentes, s’établissant à plus de 4 300 milliards [de dollars] pour l’ensemble du groupe en janvier 2009. […] Ainsi, au premier trimestre 2009, le niveau des réserves de change était tombé à 80 % de celui de juin 2008 en Corée et en Inde, à environ 75 % en Pologne et à 65 % en Russie. En cas de persistance des chocs extérieurs, ces ponctions soulèvent des interrogations, même si les stocks demeurent abondants, d’après les indicateurs classiques. »

Le ralentissement de la croissance économique, clairement perceptible en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, a entraîné une réduction des exportations de produits manufacturés, principalement par la Chine, le Mexique et d’autres pays asiatiques. La demande interne chinoise ne sera pas en mesure de pallier à la réduction de la demande externe.

Le reflux de l’activité économique dans les pays industrialisés, en Chine et dans d’autres pays asiatiques gros consommateurs de matières premières (Malaisie, Thaïlande, Corée du Sud…), ainsi que la réduction des capitaux financiers disponibles pour spéculer à la hausse sur les marchés du futur, ont entraîné une réduction des prix des hydrocarbures et de quasiment toutes les autres matières premières (y compris les produits agricoles) : « La baisse des dépenses en biens de consommation durable dans les pays avancés pendant le second semestre 2008 a lourdement pesé sur les exportations dans les secteurs de l’automobile et des technologies de l’information (TI). Pour l’automobile, qui représente une part notable du PIB dans plusieurs Économies émergentes (3 % en Turquie, 6 % au Mexique, 8 % en Corée et en Thaïlande et plus de 10 % en Europe centrale), les exportations ont chuté, par exemple de 45 % au Mexique en février 2009 et de 54 % en Turquie au premier trimestre 2009. […] De plus, le ralentissement de la croissance mondiale a précipité un fléchissement des cours des produits de base. Entre juillet 2008 et mars 2009, les cours du pétrole ont cédé 65 %, et ceux des autres produits de base, 34 %. […] Or, les produits de base comptent pour plus de 40 % des exportations en Amérique latine (au-delà de 20 % au Mexique). »

Il faut y ajouter une forte réduction des transferts des migrants vers leur pays d’origine. Les travailleurs mexicains, équatoriens, boliviens qui travaillent dans le secteur de la construction aux États-Unis et en Espagne sont directement touchés par la crise de l’immobilier et perdent en masse leur emploi.

Durcissement des conditions de prĂŞt

Pendant que les recettes des États baissent, les dépenses pour le remboursement de la dette augmentent. Les banques réduisent leur offre de crédits et exigent une augmentation des primes de risque. Les pertes que les banques doivent éponger se sont constamment élevées depuis 2007. Le nombre de défauts de paiements a augmenté dans le Nord. Le marché des Credit default swaps, ces produits dérivés non régulés qui étaient censés protéger les détenteurs de créances contre le risque de non paiement, est plongé dans l’incertitude tant les sommes en jeu sont énormes.

Et nous sommes seulement au début de ce durcissement des conditions. En juin 2008, la BRI écrivait : « Même si les primes souveraines (c’est-à-dire les primes de risque que paient les pouvoirs publics aux prêteurs) demeurent bien inférieures aux niveaux observés durant les précédents épisodes de turbulences financières, elles sont beaucoup plus élevées qu’au premier semestre 2007, de sorte que les tensions sur les financements risquent de devenir contraignantes ». La BRI ajoutait un peu plus loin : « En ce qui concerne les entreprises, la hausse récente des primes de risque sur leurs obligations a souvent été plus forte que celle des primes souveraines, ce qui laisse penser que certains emprunteurs commencent à ressentir les effets d’un durcissement des conditions de crédit, après de nombreuses années d’endettement facile. » Puis : « Dans le contexte de turbulences qui frappe les banques des économies avancées, la seconde grande source de vulnérabilité pour certaines économies émergentes est le risque de tarissement des entrées de capitaux bancaires. Par le passé, ces flux se sont inversés brutalement à plusieurs reprises, comme au début des années 1980 pour l’Amérique latine et en 1997-1997, pour l’Asie émergente. »

Dans la version suivante de son rapport, en 2009, la BRI affirme : « En Amérique latine, par exemple, au premier trimestre 2009, plusieurs grandes banques internationales n’ont reconduit que 50–60 % des lignes de crédit commercial octroyées en 2008. […] De plus, les rapatriements de bénéfices se sont fortement accrus dans certains cas, car, à l’instar des banques internationales, nombre de multinationales ont eu besoin de liquidité sur leur marché d’origine. D’après le Centre de développement de l’OCDE, les rapatriements de ressources financières vers les sociétés mères expliquent la chute du réinvestissement des bénéfices et des prêts intragroupes. Puisque la crise actuelle s’accompagne d’une contraction sans précédent de l’activité économique mondiale, il est extrêmement difficile de prévoir quand et dans quelle mesure les capitaux privés reviendront vers les Économies émergentes. »

Conclusions

En conséquence de la crise qui a éclaté dans les pays les plus industrialisés, les conditions de prêts se sont déjà considérablement durcies pour les PED. Les importantes réserves de change qu’ils avaient engrangées ces dernières années ont constitué un amortisseur des effets de ce durcissement, mais elles ne suffiront sans doute pas à les protéger totalement. Certains maillons faibles de la chaîne de l’endettement au Sud sont directement touchés par la chute des matières premières. C’est par exemple le cas de l’Équateur (chute du prix du pétrole) et de l’Argentine (chute du prix du soja exporté). La situation n’est absolument pas sous contrôle et il faut agir résolument pour que ce ne soit pas les peuples qui paient une fois de plus le prix fort.

Source: Réseau Voltaire

juin 18 2009

« Limiter la population pour sauver la planète » (troisième partie, infos en continu)

Par Régis Mex

Poursuivons nos interrogations : pourquoi, alors que nos pays europĂ©ens doivent remĂ©dier Ă  leur crise de relance dĂ©mographique par l’ouverture Ă  l’immigration massive (ce que les États-Unis font Ă©galement sans toutefois ĂŞtre dĂ©jĂ  victime d’un vieillissement trop important de la population), les dĂ©cideurs de la politique de nos sociĂ©tĂ©s occidentales pourraient-ils dĂ©sirer liquider une certaine partie des citoyens des États pour lesquels ils travaillent ?

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Certes, si la pandĂ©mie de grippe A a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment projetĂ©e et provoquĂ©e par quelques membres de « l’Ă©lite », nous pourrions nous dire que leur but est avant tout d’affaiblir certains pays ennemis ou rivaux peu aptes Ă  contrer efficacement le mal viral qui s’abat sur eux. Un foyer de virus apparaissant dans un vaste pays oĂą la densitĂ© de population est forte et oĂą la sociĂ©tĂ© est encore majoritairement constituĂ©e de paysans comme la Chine pourrait faire des ravages. En outre, les entreprises qui fabriqueraient un remède (plus ou moins digne de ce nom) au flĂ©au mondial feraient de gigantesques profits, puisque tout le monde achèterait leurs produits, et ce quel que soit leur efficacitĂ©, parce qu’il n’y aura pas de meilleur antidote que ce que l’on voudra bien leur proposer. En prime, cette pandĂ©mie constitue un Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur important d’un Ă©tat d’urgence national (puis mondial, si le virus s’Ă©tend Ă  ce point) probable, couplĂ© Ă  la crise financière qui, elle, est dĂ©jĂ  mondiale. Elle constituera donc un nouvel ennemi Ă  combattre, aidera Ă  renforcer la peur qui règnera de plus en plus dans l’opinion publique, et contribuera ainsi Ă  l’avènement de nouvelles mesures politiques, sociales et Ă©conomiques qui n’auraient jamais pu ĂŞtre prises dans des conditions normales. Tous ces Ă©lĂ©ments sont autant de raisons non nĂ©gligeables pour « l’Ă©lite » d’avoir provoquĂ© cette pandĂ©mie. Mais il y a probablement Ă©galement un facteur plus directement Ă©conomique au niveau national qui a jouĂ© un rĂ´le significatif dans le dĂ©clenchement de cette pandĂ©mie, en persistant toujours dans l’hypothèse qu’elle ait Ă©tĂ© provoquĂ©e.

Le vieillissement de la population accentue effectivement de façon croissante l’inutilitĂ© de la classe moyenne (que l’on dĂ©finit gĂ©nĂ©ralement comme les citoyens qui gagnent entre 1200 et 3000€ par mois en France) pour le capitalisme, car on estime qu’après 65 ans, une personne de la classe moyenne coĂ»te une somme plus importante en retraite et en frais de santĂ© que la totalitĂ© de ce qu’elle a rapportĂ© Ă  l’État et aux entreprises par ses impĂ´ts et sa consommation pendant toute la durĂ©e de sa vie active. C’est en tout cas la constatation que Jacques Attali fait dans son livre « L’homme nomade », dans lequel il a la sympathie de recommander l’euthanasie Ă  toute personne de plus de 65 ans.

De part et d’autre de cette classe moyenne, il y a la classe aisĂ©e (celle qui possède suffisamment d’argent pour faire tourner l’Ă©conomie grâce Ă  la consommation importante qu’elle peut se permettre et aux rentrĂ©es non nĂ©gligeables que cela induit pour les entreprises, ainsi que pour l’État par l’intermĂ©diaire des impĂ´ts), et la classe populaire (celle qui se contente de produire et de fournir les matières premières pendant qu’elle retire juste assez d’argent de son travail pour survivre). Ce sont les deux moteurs du capitalisme : l’une fournit les ressources, et les autres s’enrichissent de leur exploitation et alimentent l’Ă©conomie en faisant circuler leurs capitaux.

Mais la classe moyenne ne remplit ni l’un ni l’autre des critères de façon satisfaisante pour que son existence soit apprĂ©ciable au capitalisme ; au contraire, elle vit aux frais de ce dernier. C’est pourquoi tout est fait pour Ă©largir le fossĂ© entre classe aisĂ©e et classe pauvre, selon le principe « les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres ». Ces deux graphiques montrent de façon Ă©loquente Ă  quel point on tente d’effacer une classe moyenne obsolète :

De 1955 Ă  1975:

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De 1975 Ă  aujourd’hui:

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Ajoutons Ă  cela que les moyens toujours Ă©largis de mĂ©canisation du travail aboutissent Ă  un remplacement toujours plus important du travail humain par des machines, permettant aux entreprises de payer moins de salaires (ce qui ne se rĂ©percute pas forcĂ©ment dans les prix de leurs produits, sauf pour des raisons de concurrence). Humainement, on imaginerait qu’il serait logique que ceux dont les machines ont remplacĂ© l’emploi se voient garantis du mĂŞme salaire qu’auparavant tout en n’ayant plus Ă  effectuer le mĂŞme travail, puisque c’est avant tout du ressort de la technologie d’accroĂ®tre le bien-ĂŞtre des hommes en les soulageant d’une part relative d’effort. Mais dans notre dure rĂ©alitĂ©, cela se traduit plutĂ´t par la mise au chĂ´mage de ces personnes et par la prise du profit par les employeurs. Tout cela mène Ă  la sociĂ©tĂ© 20/80.

La Loi de Pareto, aussi appelĂ©e loi des 80/20, est une loi empirique inspirĂ©e par les observations de Vilfredo Pareto (1848-1923), Ă©conomiste et sociologue italien : environ 80 % des effets est le produit de 20 % des causes. Cette « loi », bien qu’empirique, a Ă©tĂ© formalisĂ©e en mathĂ©matiques par la distribution de Pareto.

Pareto avait remarqué que 20% de la population italienne détenait 80% des richesses du pays.
Quelques exemples pour mieux illustrer l’idĂ©e :
• 20% des moyens permettent d’atteindre 80% des objectifs.
• 20% des produits ou des clients reprĂ©sentent 80% du chiffre d’affaires.
• 20% des ventes représentent environ 80% de la marge bénéficiaire.
• 20% de votre activité fournit 80% du résultat de votre activité.
• 20% de vos résultats proviennent de 80% de votre temps.

Le mot tittytainment fut utilisĂ© en 1995 par Zbigniew Brzezinski, idĂ©ologue nĂ©olibĂ©ral, membre de la commission trilatĂ©rale et ex-conseiller du PrĂ©sident des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier « State Of The World Forum », qui eut lieu Ă  l’HĂ´tel Fairmont, dans la ville de San Francisco. L’objectif de la rencontre Ă©tait d’analyser l’Ă©tat du monde, de fixer des objectifs souhaitables et les moyens de les atteindre, et de dĂ©finir la politique globale utile Ă  leur mise en Ĺ“uvre [Cf. la technique managĂ©riale des entreprises]. Les dirigeants rĂ©unis Ă  San Francisco (Mikael Gorbachov, George H W Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc.) sont arrivĂ©s Ă  la conclusion que l’arrivĂ©e de la dĂ©nommĂ©e SociĂ©tĂ© 20/80 (basĂ©e sur le principe de la Loi de Pareto) est inĂ©vitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalitĂ© de l’appareil Ă©conomique de la planète. La population restante (80 %) s’avèrera superflue, et, ne disposant pas de travail ni d’aucune forme d’occupation, nourrira une frustration croissante.
C’est ici qu’entre en jeu le tittytainment, concept de Brzezinski. Brzezinski a proposĂ© le tittytainment, un mĂ©lange d’aliment physique et psychologique, pour endormir les masses et contrĂ´ler leurs frustrations et protestations prĂ©visibles. Brzezinski dĂ©finit le tittytainment, comme une combinaison des mots anglais « tits » ( »seins » en jargon amĂ©ricain) et « entertainment ». Ce mot fait allusion Ă  l’effet calmant, anesthĂ©siant de l’allaitement maternel sur le bĂ©bĂ©.
Puisque nos « Ă©lites » projettent de longue date d’Ă©tablir cette loi de Pareto en vĂ©ritable modèle de sociĂ©tĂ©, nous pouvons penser en toute logique qu’ils ne se gĂŞneront pas d’utiliser des moyens peu scrupuleux pour atteindre une mĂ©thode qui multipliera leurs profits et leur pouvoir. Il est probable que ce soit lĂ  aussi un rĂ´le important de la pandĂ©mie de grippe A.

Entre autre, la dĂ©tĂ©rioration des conditions de vie globales des citoyens peut y contribuer. En effet, les États ont privatisĂ© tant de secteurs rentables, et nationalisĂ© tellement de secteurs coĂ»teux, que les budgets de la SĂ©curitĂ© sociale, de l’enseignement et de ce que l’État possède encore dans le domaine de la mĂ©decine ne cessent de diminuer, tout simplement parce que l’État n’est plus capable de tenir le rythme des financements. Il n’est pas nouveau que la mĂ©decine soit majoritairement une affaire privĂ©e et qui doit donc prioritairement se montrer rentable, mais l’enseignement est lui aussi en dĂ©but de privatisation, et qui sait ce qui sera enseignĂ© dans les Ă©coles lorsque ce processus aura abouti…

Pour ce qui est des aides de l’État telles que la pension, on nous suggère de cotiser jusqu’Ă  65 voire 70 ans pour que l’on puisse continuer Ă  l’offrir aux citoyens en âge d’y accĂ©der, qui se font de plus en plus nombreux. On conseille aussi Ă  certains de commencer Ă  travailler le dimanche. En plus du chĂ´mage et du RMI, nous voyons aussi depuis deux ans l’expĂ©rimentation du RSA (Revenu de SolidaritĂ© Active), qui permet Ă  une personne recevant le RMI (450€ par mois pour une personne seule) de gagner une moyenne de 110€ supplĂ©mentaire par mois en travaillant… Soit de gagner environ 560€ par mois en faisant un travail qui rapporterait plus de 1000€ Ă  quelqu’un dont ce serait l’emploi. Cela dans le but louable d’aider les personnes Ă  se « rĂ©insĂ©rer dans la vie active ». Bref, ce RSA peut ouvrir la voie Ă  une banalisation de « vol » d’emploi par des personnes qualifiĂ©es ou non pour des salaires bien moindres que le prix normal. Ă€ coup sĂ»r, s’il y a diminution significative de la classe moyenne par quelque procĂ©dĂ© que ce soit dans les prochaines annĂ©es, la majoritĂ© sera relĂ©guĂ©e dans la classe populaire comme lors de la transition de 1955-75 Ă  nos jours, voire d’une façon plus flagrante.

Rappelons cependant que dans aucun cas nous ne pouvons ĂŞtre dans le secret des dieux, et que ce qui a Ă©tĂ© publiĂ© dans les trois parties d’article portant sur ce sujet relève majoritairement de l’hypothèse qui s’appuie sur un raisonnement logique en chaĂ®ne, mais n’est en aucun cas une certitude, puisque tout cela n’a pas encore Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© de façon concrète. NĂ©anmoins, l’intĂ©rĂŞt d’Ă©tablir des modèles d’apprĂ©hension de l’avenir permet de dresser une liste de scĂ©narios plus ou moins probables que l’on verrait se rĂ©aliser Ă  une certaine Ă©chĂ©ance, et donc de se prĂ©parer Ă  ce que certains Ă©lĂ©ments dĂ©duits de la rĂ©flexion se concrĂ©tisent. Le temps nous dira si ce que nous avons raisonnĂ© sur ce sujet est juste ou non, et il serait prĂ©fĂ©rable que nous nous trompions. Mais une chose est sĂ»re : faire accepter aux gens que la population doit ĂŞtre limitĂ©e, c’est les prĂ©parer Ă  accepter ensuite l’idĂ©e de la rĂ©duire, ce qui ne pourrait que servir, pour des raisons flagrantes, les Ă©ventuels desseins que nous avons dĂ©veloppĂ©s ci-dessus.

Troisième extrait de Sicko (les deux premiers sont sur la deuxième partie de l’article):

Quatrième extrait de Sicko:

PS: Je vous invite à lire (ou relire)  cet excellent article, qui redouble de pertinence dans la conjoncture actuelle.

Vous pourrez retrouver la première partie de cet article ici et la seconde là.

Régis Mex, pour Mecanopolis.


A la suite de cet article, nous placerons les Informations en Continu de la rédaction de Mecanopolis

23:00 > Enquête sur un désastre annoncé

par Karel Vereycken

Fin avril, un virus inconnu de grippe apparaît « par surprise » au Mexique. En moins d’un mois il se répand sur plusieurs continents. La maladie, qui affecte 36 000 personnes, dont la majorité a moins de 25 ans, provoque la mort de 163 malades. Devant l’extension de l’épidémie et après de longues hésitations, l’OMS officialise le 11 juin la phase 6 de son plan d’alerte et déclare que le monde est en présence de la « première pandémie grippale du XXIe siècle ». Désormais, une course contre la montre est engagée pour produire au plus vite, et autant que possible, antiviraux et vaccins pour tous. Mais cela suffit-il ? Lire la suite.

19 juin > 7,7 milliards pour le H1N1

Le Sénat américain a approuvé jeudi, deux jours après la Chambre, un projet de budget 2009 supplémentaire de 106 milliards de dollars destiné au financement des guerres en Afghanistan et en Irak, mais aussi à la grippe porcine, et à la participation américaine au FMI.

Les sénateurs ont approuvé le projet de budget par 91 voix contre 5.

Le texte adoptĂ© est une version commune, entre le SĂ©nat et la Chambre, du projet de budget 2009 pour financer les troupes amĂ©ricaines en Irak et en Afghanistan jusqu’au 30 septembre 2009.

Ce vote intervient après celui de la Chambre mardi par 226 voix contre 202. Les deux chambres ayant voté, le texte sera donc envoyé au président américain Barack Obama pour signature, deux mois après que celui-ci ait réclamé les fonds.

Au total, le projet de budget prĂ©voit une dĂ©pense d’environ 106 milliards de dollars, soit quelque 15 milliards de plus que ce qu’avait demandĂ© M. Obama en avril dernier.

Parmi les dépenses prévues figurent 79,9 milliards pour les troupes, mais également 7,7 milliards pour la lutte contre le virus A(H1N1) de la grippe porcine, et environ 8 milliards pour le FMI.

00:15 > A (H1N1) et Etat d’exception

Le totalitarisme moderne peut ĂŞtre dĂ©fini, comme l’instauration par l’Ă©tat d’exception, d’une guerre civile lĂ©gale [...] Dès lors la crĂ©ation volontaire d’un Ă©tat d’urgence permanent (mĂŞme s’il n’a pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© au sens technique) est devenue l’une des pratiques essentielles des Etats contemporains, y compris de ceux que l’on appelle dĂ©mocratique.

Giorgio Agamben, Etat d’exception

Lire le document

00:20 > 77 nouveaux cas ce jeudi au Québec

La grippe A (H1N1) poursuit sa progression au Canada et au QuĂ©bec, malgrĂ© l’arrivĂ©e de l’étĂ©, alors qu’on recense habituellement très peu de cas d’influenza Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e. Lire l’article.

00:40 > 189 cas de grippe porcine confirmés au Nunavut; quatre aux TNO.

Les petites collectivités isolées semblent plus vulnérables à la propagation du virus de la grippe A (H1NI)que les grands centres.

C’est, en tout cas, l’observation que fait le Docteur Kami Kandola, hygiéniste en chef par intérim des Territoires du Nord-Ouest.

Depuis le 28 mai, les cas de grippe A s’accumulent au Nunavut. En date du 16 juin, les autorités sanitaires du plus récent territoire canadien dénombraient 189 cas d’infections, dont la grande majorité dans les régions du Kitimeot (ouest) et du Kivalliq (centre). Moins de cinq cas étaient recensés dans la région de Baffin. Aux TNO, quatre cas ont été recensés.

« Il faut être très vigilant, affirme le Dr Kandola. Il faut s’assurer que les traitements sont prodigués le plus tôt possible, car il semble que les petites collectivités où il n’y a pas d’accès routier sont plus vulnérables, que la propagation se fait plus rapidement. » Elle note qu’un scénario de propagation rapide, similaire à la situation du Nunavut, a aussi été recensé dans une petite collectivité du nord du Manitoba. Lire la suite.

05:30 > La Nouvelle-Zélande a confirmé 63 nouveaux cas de grippe A/H1N1 vendredi, ce qui porte à 216 le total des malades diagnostiqués dans le pays. A Singapour, les autorités ont rapporté 11 nouveaux cas, soit un total de 77.

06:10 > Le Mexique a dépisté 500 nouveaux cas de grippe porcine, ce qui porte le bilan à 7.624 malades, a annoncé jeudi le ministère de la Santé dans un communiqué.

17:30 > Le virus A(H1N1) de la grippe porcine continue de progresser, notamment dans l’hĂ©misphère sud, et a contaminĂ© 44.287 personnes dans 95 pays et territoires, faisant 180 morts, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) publiĂ© vendredi.

Depuis le prĂ©cĂ©dent bilan de l’OMS, Ă©tabli mercredi et publiĂ© jeudi, 4.667 nouveaux cas de grippe porcine, dont treize morts supplĂ©mentaires, ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s officiellement.

19 juin > Mutations du virus A H1N1
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

L’acquisition de E627K [dans la grippe porcine] soulève la prĂ©occupation que le virus puisse Ă©voluer en un agent plus mortel, ce qui sera associĂ© avec un taux de mortalitĂ© accru chez de jeunes adultes auparavant en santĂ©, tel que cela fut observĂ© lors de la pandĂ©mie de 1918. Lire l’article.

13:00 > « Des recherches sur les infections de la grippe par voie aĂ©rienne ont Ă©tĂ© publiĂ©es dès 1974 par le service de santĂ© de l’armĂ©e française »

Très peu d’informations sont disponibles sur les expĂ©riences de gĂ©nie gĂ©nĂ©tique dans le programme français de biodĂ©fense. Certains indices suggèrent qu’au moins deux agents d’armes biologiques ont Ă©tĂ© produits par les moyens du gĂ©nie gĂ©nĂ©tique par des chercheurs du Centre d’études du Bouchet (CEB) au dĂ©but des annĂ©es 90. En 1991, des chercheurs du CEB ont prĂ©sentĂ© une production de toxine de serpent Ă  l’échelle pilote lors d’une confĂ©rence aux États-Unis sur la biodĂ©fense. Selon cet exposĂ©, le gène de l’Erabutoxine A., provenant d’un serpent marin asiatique, a Ă©tĂ© introduit dans des bactĂ©ries E. coli afin de produire cette toxine Ă  l’échelle pilote (8). Cette Ă©tude a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme un exemple de travail “d’évaluation de la menace”. Selon les titres de deux prĂ©sentations faites par des chercheurs du CEB, cet organisme s’est engagĂ© Ă  la fin des annĂ©es 90 dans la production et la purification de “toxine epsilon” (9) vraisemblablement la toxine lĂ©tale de Clostridium perfringens. Le rapport annuel 1998 de l’UnitĂ© bactĂ©ries anaĂ©robies et toxines de l’Institut Pasteur, qui a collaborĂ© avec le CEB dans la production de toxines clostridiales, dĂ©clare : “la toxine epsilon pourrait ĂŞtre utilisĂ©e comme une arme biologique et le Service de SantĂ© de l’ArmĂ©e s’intĂ©resse Ă  cette toxine. Des Ă©tudes de pharmacologie de cette toxine ont Ă©tĂ© entreprises au CEB. En collaboration avec le CEB, nous Ă©tudions l’expression et la rĂ©gulation de la toxine epsilon (…) Nous avons transfĂ©rĂ© ce gène [pour la toxine epsilon] dans diffĂ©rents vecteurs navettes E. coli-C. perfringens (…) et nous avons transformĂ© des souches de E. coli et de C. perfringens non toxiques (…). Nous avons obtenu ainsi une souche produisant environ 10 fois plus de toxine epsilon que la souche sauvage…” (10). Donc, en coopĂ©ration avec le CEB, le gène d’un agent au potentiel d’arme biologique a Ă©tĂ© insĂ©rĂ© dans des souches non pathogènes afin de produire 10 fois plus de cet agent que les souches naturelles. Dans une autre Ă©tude mentionnĂ©e dans le mĂŞme rapport annuel, une toxine produite par C. perfringens a Ă©tĂ© insĂ©rĂ©e gĂ©nĂ©tiquement dans une autre souche et a Ă©tĂ© produite avec une concentration de 40 Ă  80 fois supĂ©rieure Ă  celle de la souche sauvage. Dans le mĂŞme laboratoire, des Ă©tudes sur (et des transferts de gènes avec) des gènes de la toxine botulique ont Ă©galement Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par un chercheur invitĂ© venu du centre des forces armĂ©es US pour la biodĂ©fense mĂ©dicale, l’USAMRIID.

L’objectif gĂ©nĂ©ral de ces recherches sur les venins reste peu clair. La plupart des toxines Ă©tudiĂ©es sont des neurotoxines, et de nombreuses Ă©tudes neurologiques ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es, incluant l’analyse des effets neurotoxiques de venins bruts, des recherches fondamentales sur les mĂ©canismes de la toxicitĂ©, sur les effets d’une toxine de poisson sur l’activitĂ© du cerveau (11), et sur les effets comportementaux de mycotoxines (12). Une vaste gamme de toxines de serpents a Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©e au CRSSA, dont la dendrotoxine, la paradoxine, la crotoxine, et l’ammodytoxine (13). Il est notable qu’un Ă©lĂ©ment constant des travaux français de biodĂ©fense a Ă©tĂ© et reste les recherches sur la grippe. La grippe est le seul virus sur lequel travaille le CEB. Des recherches sur les infections de la grippe par voie aĂ©rienne ont Ă©tĂ© publiĂ©es dès 1974 par des chercheurs du service de santĂ© de l’armĂ©e française (14). Plus rĂ©cemment, le CEB et l’hĂ´pital militaire HIA BĂ©gin, en collaboration avec des chercheurs universitaires, Ă©taient impliquĂ©s dans plusieurs projets se concentrant sur le dĂ©veloppement de traitements possibles contre les infections de la grippe propagĂ©es par voie aĂ©rienne (15). Un des volets de ce travail est la surinfection par d’autres pathogènes d’animaux infectĂ©s par la grippe (16). Selon une publication rĂ©cente, une “souris modèle d’infection par le virus lĂ©tal de la grippe A” a Ă©tĂ© créée pour ces expĂ©riences. Ce type de recherches n’est pas exceptionnel, et les personnels militaires sont autant sujets aux infections par la grippe que le public en gĂ©nĂ©ral.Unprogramme militaire de recherches sur le traitement de la grippe ou sur sa prophylaxie peut aisĂ©ment ĂŞtre justifiĂ©. Il faut noter, cependant, que le CEB est un complexe dĂ©diĂ© Ă  la biodĂ©fense et que l’hĂ´pital militaire BĂ©gin est l’une des trois principales institutions militaires de recherches en biodĂ©fense Il est donc prudent de prĂ©sumer que ces recherches sur la grippe se consacrent spĂ©cialement Ă  la dĂ©fense biologique. Bien que le virus de la grippe puisse rĂ©ellement ĂŞtre une arme biologique efficace – en particulier si l’on considère des souches modifiĂ©es gĂ©nĂ©tiquement portant des gènes de la souche mortelle de 1918 (17) – il n’est pas, d’un point de vue militaire, le principal agent viral d’armes biologiques. La plupart des experts considèrent d’autres virus tels qu’Ebola, Lassa ou la variole comme des menaces biologiques majeures (18). La question reste ouverte de savoir pourquoi la communautĂ© militaire française de biodĂ©fense a maintenu une attention spĂ©ciale sur la grippe, au moins de 1974 jusqu’à aujourd’hui.

Lire aussi > infogm.org

8, “Expression of erabutoxin-a gene in Escherichia coli cultivated in pilot fermenter”, P. Silvestre et al., US Army CRDEC Scientific Conference on Chemical Defense Research, 19-22 novembre 1991, livre d’extraits, p 27. 9, Conférences données par Didier Hilaire, MRC françaises 1998, page 230, et Valérie Morineaux, MRC 1999, page 49. 10, www.pasteur.fr/recherche/RAR/RAR1998/Anaer.html 11, “Anomalies électroencéphalographiques chez le rat après administration de venin de poisson-pierre (Synanceia verrucosa)”, Breton P. et al., (1999), Extrait d’une affiche au Colloque SFET 1999. www.sfet.asso.fr/resumbreton.htm 12, “Effects of penitrem A on rat’s performances in passive avoidance and Morris water maze test”. Mycopathologia 138:99-104. Breton P. et al., (1998) Brain neurotoxicity of penitrem A : electrophysiological, behavioural and histopathological study”, Deschaux O. et al., (1997) , Toxicon 36:645-655. 13, “Secreted phospholipase A2-induced neurotoxicity and epileptic seizures after intracerebral administration : an unexplained heterogeneity as emphasized with paradoxin and crotoxin”, Dorandeu F. et al., (1998), J Neursc Res 54:848-862. 14, “Local immune response in experimental airborne influenza of Balb/c mice infected with myxovirus influenza A/Hong-Kong/1/68 (H3N2)”, Lemercier G. et al., (1974), Arch Gesamt Virusforsch. 45:113-121. Bottex C. et al. (1977) “Affinity chromatography purification of surface antigens from Myxovirus influenzas”, C R Hebd. Seances Acad Sci Ser D 284:2059-2062. 15, “Effective prophylaxis of influenza A virus pneumonia in mice by topical passive immunotherapy with polyvalent human immunoglobulins or F(ab’)2 fragments”, Ramisse F. et al., (1998), Clin Exp Immunol 111:583-587. Dreffier C., Ramisse F., Dubernet C. (2003) “Pulmonary administration of IgG loaded liposomes for passive immunoprophylaxy”, Int J Pharm 254:43-47. 16, “Super-infection by Bacillus thuringiensis H34 or 3a3b can lead to death in mice infected with the influenza A virus”, Hernandez E. et al., (2000), FEMS Immunol Med Microbiol 29:177-181. Alonso J.M., Guiyole A.., Zarantonelli M.L., Ramisse F., Pires R., Antignac A., Deghmane A.E., Huerre M., VanderWerf S., Taha M.K. (2003) “A model of meningococcal bacteremia after respiratory superinfection in influenza A virus-infected mice”, FEMS Microbiol Let 222:99-106. 17, Pour une discussion de la résurrection génétique du virus de la grippe espagnole de 1918, voir la page d’accueil du site www.sunshine-project.org. 18, Cf., par exemple, les listes d’agents de bioterrorisme du CDC, qui inscrivent en catégorie A uniquement les filovirus (Ebola, Marburg) et les arenavirus (tels que Lassa). 19, www.smallpoxbiosafety.org

18:00 > Cent soixante-deux cas de grippe A(H1N1) ont Ă©tĂ© confirmĂ©s en France, dont celui d’une fillette parisienne du XVe arrondissement, de retour d’un voyage scolaire en Grande-Bretagne, a indiquĂ© samedi l’Institut national de veille sanitaire (INVS).

Le dernier bilan de l’INVS, jeudi soir, faisait Ă©tat de 150 cas de grippe porcine dans l’hexagone.

Dans l’intervalle –outre celui de la fillette– onze des 104 cas « probables » et en cours d’investigation ont Ă©tĂ© confirmĂ©s, a expliquĂ© l’INVS Ă  l’AFP.

19:00 > Le nombre de personnes contaminĂ©es par la grippe porcine A(H1N1) au Royaume-Uni a dĂ©passĂ© la barre des 2.000, a annoncĂ© samedi l’Agence de protection sanitaire (HPA).

Des analyses ont confirmé la contamination de 247 personnes supplémentaires, ce qui porte le nombre total de cas avérés à 2.244, a précisé la HPA dans un communiqué.

20:00 > 2012, l’OdyssĂ©e (bande annonce)

Nous placerons dans la journée de demain ce documentaire dans son intégralité.

19:30 >Trois mois de programmes Ă©ducatifs pour les primaires, collĂ©giens et lycĂ©ens sont prĂŞts pour une diffusion sur France 5, uniquement en cas de pandĂ©mie grave de la grippe A (H1N1). C’est Ă  dire si le gouvernement dĂ©crĂ©tait la fermeture des Ă©coles, comme ce fut le cas Ă  Mexico.

En phase 6, et en cas de pandĂ©mie grave, France tĂ©lĂ©visions fonctionnerait ainsi : info en continu sur France 2, infos de proximitĂ© sur France 3, substitution Ă  l’Education Nationale pour France 5.

Selon Agnès Zerwetz, responsable éditoriale au Centre national de documentation pédagogique, trois mois de programmes sont stockés à France 5 et France Culture, et quatre jours de cours par semaine sont prévus. Exemple : cours des lycéens de 14h30 à 17h50.

25 juin > Les entreprises négligentes pourraient être poursuivies

Les entreprises qui omettent de prendre les moyens nĂ©cessaires pour faire face Ă  la pandĂ©mie de grippe A (H1N1) pourraient ĂŞtre tenues juridiquement responsables envers leurs employĂ©s, leurs clients ou leurs actionnaires. ThĂ©oriquement, cela pourrait se traduire par des poursuites lĂ©gales envers l’entreprise et ses administrateurs.

Dans un rapport publiĂ© en dĂ©but de semaine sur la prĂ©paration des entreprises canadiennes face au H1N1, le professeur Amin Mawani, Ă©conomiste et professeur Ă  la Schulich School of Business de l’UniversitĂ© York (Toronto), souligne que les risques de pandĂ©mie deviennent de plus en plus Ă©vidents. Dans ces circonstances, les entreprises non prĂ©parĂ©es pourraient ĂŞtre tenues responsables.

Ce que confirment deux avocats consultĂ©s par La Presse Affaires, mĂŞme s’ils conviennent tous deux que des poursuites pourraient ĂŞtre difficiles Ă  mener Ă  terme.

La responsabilitĂ© la plus Ă©vidente concerne les employĂ©s. «Tant dans le code civil que dans la Loi sur la santĂ© et sĂ©curitĂ© du travail, comme dans certaines conventions collectives, l’employeur a l’obligation d’assurer la santĂ© et la sĂ©curitĂ© de ses employĂ©s», explique Simon-Pierre HĂ©bert, associĂ© chez McCarthy TĂ©trault et spĂ©cialiste en droit du travail.

Au QuĂ©bec, la CSST pourrait potentiellement porter plainte contre une entreprise nĂ©gligente. Le Code criminel prĂ©voit aussi qu’un superviseur doit prendre «les mesures voulues pour Ă©viter qu’il n’en rĂ©sulte de blessure corporelle pour autrui».

Un client qui entre en contact avec un employĂ© infectĂ© pourrait aussi, tout dĂ©pendant des consĂ©quences de la maladie (frais mĂ©dicaux, absence du travail), dĂ©poser des poursuites contre l’entreprise. Mais il devrait entre autres prouver qu’il a contractĂ© la maladie au contact de l’employĂ©.

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26 juin, 07:16 > Peace


Amis lecteurs, nous allons reprendre les infos en continu sur sur cette nouvelle page :

La stratégie du chaos (première partie)