La fin de la propagande sioniste internationale
Il faut dâabord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menĂ©e Ă lâintĂ©rieur de lâĂtat dâIsraĂ«l. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des Etats-Unis et de lâUnion europĂ©enne, etc. Par leur dĂ©faitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons quâune propagande vise des objectifs et nĂ©cessite une organisation sophistiquĂ©e. Lâobjectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de lâaction ou de prise de position par rapport Ă un problĂšme donnĂ©. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociĂ©tĂ©s capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les Ătats qui les servent, câest-Ă -dire ceux qui dĂ©tiennent les moyens financiers pour acheter et contrĂŽler les mass medias. Contrairement aux apparences trompeuses, il nây a pas plusieurs propagandes dans les sociĂ©tĂ©s capitalistes, il ne saurait y avoir quâune seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gĂ©rer les intĂ©rĂȘts du Capital aux Etats-Unis et en Europe sont Ă©lus avec lâaide des mass medias dĂ©tenues et contrĂŽlĂ©es par ce mĂȘme Capital. Pour dissiper un dernier malentendu lourd de consĂ©quences, il nây a aucune diffĂ©rence entre la propagande politique des capitalistes privĂ©s et la propagande dâĂtat, car lâune et lâautre concourent Ă une mĂȘme fin, crĂ©er des individus aliĂ©nĂ©s et abrutir les masses pour mieux les dominer.
Cela dit, sâil est impossible de mener une contre-propagande Ă lâintĂ©rieur des Ătats, il nâen est pas de mĂȘme Ă lâĂ©chelle internationale oĂč une propagande politique peut ĂȘtre combattue et neutralisĂ©e par une propagande adverse du fait de lâexistence de clivages idĂ©ologiques entre les Etats. Par exemple, Ă lâĂ©poque de lâUnion soviĂ©tique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face dâelle une propagande capable de la contrecarrer. Pour annihiler les effets dâune propagande adverse, il faut dâabord se doter de moyens humains et matĂ©riels Ă©quivalents. Il faut ensuite repĂ©rer les thĂšmes centraux de la propagande adverse et les rĂ©futer systĂ©matiquement en faisant apparaĂźtre leurs visĂ©es idĂ©ologiques et politiques. Aujourdâhui, grĂące Ă lâinternet et aux satellites, la propagande capitaliste et impĂ©rialiste mondiale a du plomb dans lâaile et elle commence Ă ĂȘtre combattue, neutralisĂ©e et dĂ©masquĂ©e comme propagande. Mais dĂšs lors quâune propagande a Ă©tĂ© dĂ©masquĂ©e comme propagande, elle perd ses effets escomptĂ©s. Nous nous trouvons aujourdâhui dans le mĂȘme cas de figure quâĂ lâĂ©poque de lâunion soviĂ©tique et du bloc de lâEst, avec lâĂ©mergence dâune contre-propagande menĂ©e sur la scĂšne internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le prĂ©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad et le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien Hugo Chavez qui nâhĂ©sitent pas Ă se servir des confĂ©rences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et lâimpĂ©rialisme. Sans parler dâautres supports dâinformation indĂ©pendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de lâinformation occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprĂ©tations des faits et des Ă©vĂ©nements. Nous voilĂ donc Ă un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impĂ©rialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.
LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE
Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immĂ©diatement et machinalement au lobby israĂ©lien aux Etats-Unis et en Europe. Câest notamment la thĂšse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt qui considĂšrent que la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine au Moyen Orient est sous influence dâun puissant lobby israĂ©lien qui lui imprime ses actions et ses orientations. Sans nier aucunement lâinfluence de ce lobby surtout au congrĂšs et Ă la Chambre des ReprĂ©sentants, sa puissance a Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-mĂȘme pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotĂ©s dâun QI supĂ©rieur aux autres et dâun pouvoir manipulateur hors du commun. On parle trop souvent du lobby israĂ©lien aux Etats-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrĂštement et sournoisement une influence considĂ©rable sur les orientations de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine et europĂ©enne au Moyen Orient. Les villes amĂ©ricaines sont peuplĂ©es de groupes de pression, de think tanks de tous genres, dâinstitutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratĂ©giques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant Ă lâintĂ©rieur quâĂ lâextĂ©rieur des Etats-Unis en faveur du soutien inconditionnel Ă lâentitĂ© sioniste en Palestine. Le lobby israĂ©lien aux USA et en Europe ne reprĂ©sente en fait quâun petit groupe trĂšs minoritaire par rapport Ă une myriade dâautres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans lâombre et qui apportent un soutien indĂ©fectible Ă IsraĂ«l. Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes nâest pas franchement lâamour du juif et lâEtat dâIsraĂ«l mais la planification et la prĂ©paration des prochaines guerres impĂ©rialistes au Moyen Orient. Plus prĂ©cisĂ©ment, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste Ă semer des troubles et Ă fomenter des conflits au sein des sociĂ©tĂ©s arabo-musulmanes quand bien mĂȘme ces derniĂšres reprĂ©sentent un terrain fertile et rĂ©ceptif Ă toutes les sollicitations extĂ©rieures du fait de leur composition ethnique et religieuse. Ceux qui mettent en avant ou exagĂšrent la puissance du lobby israĂ©lien cherchent en rĂ©alitĂ© Ă dĂ©tourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient qui est moins lâentitĂ© sioniste que la soldatesque des Etats-Unis. En se focalisant sur le lobby israĂ©lien aux Etats-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine au Moyen Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni Ă©thiques mais la protection des intĂ©rĂȘts du capital et des multinationales. IsraĂ«l reprĂ©sente certes une menace permanente au Moyen Orient mais ce qui menace le plus cette rĂ©gion, câest lâimpĂ©rialisme amĂ©ricain. Le soutien amĂ©ricain inconditionnel nâest pas spĂ©cifique au seul Etat dâIsraĂ«l, câest une constance de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine que lâon relĂšve dans bien dâautres rĂ©gions du monde, en Afrique, en Europe ou en AmĂ©rique latine. Lâaide apportĂ©e par les Ătats unis Ă leurs alliĂ©s est conditionnĂ©e comme toujours par leur degrĂ© de fidĂ©litĂ© et leur coopĂ©ration directe ou indirecte pour la protection des intĂ©rĂȘts des multinationales amĂ©ricaines. Par consĂ©quent, le soutien des Etats-Unis Ă lâĂtat dâIsraĂ«l dĂ©pend de la position hautement stratĂ©gique quâoccupe lâentitĂ© sioniste dans la mise en Ćuvre de lâhĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevĂȘtrement et cette collusion entre les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques et tactiques des Etats-Unis et dâIsraĂ«l qui empĂȘchent de bien discerner les objectifs visĂ©s par la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine et ceux de la propagande sioniste internationale.
Essayons de voir par ailleurs de quelle maniĂšre la propagande sioniste internationale sert les intĂ©rĂȘts du grand capital amĂ©ricain et accessoirement le grand capital europĂ©en au Moyen Orient. Lâexistence de lâĂtat sioniste au cĆur du Moyen-Orient est dâabord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette rĂ©gion du monde. Câest dĂ©jĂ une affaire juteuse pour les Etats-Unis et pour lâEurope, ou plus prĂ©cisĂ©ment pour les marchands dâarmes et le complexe militaro-industriel. Ă intervalles rĂ©guliers, pour pouvoir survivre et maintenir lâunitĂ© de ses populations que tout sĂ©pare, lâhistoire et la gĂ©ographie, IsraĂ«l est condamnĂ© Ă faire des guerres et Ă entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient. Dans les annĂ©es1950, MoshĂ© Dayan a affirmĂ© quâIsraĂ«l nâavait pas besoin dâune alliance militaire, car il nâest menacĂ© ni par ses voisins arabes ni par les palestiniens qui nâont pas dâarmes. La grande menace qui pĂšse sur IsraĂ«l, dit-il, est le maintien de son unitĂ© intĂ©rieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux IsraĂ©liens en leur racontant des histoires comme par exemple les AmĂ©ricains et les Anglais sont en train de dĂ©barquer dans le dĂ©sert du NĂ©guev. Cet aveu de MoshĂ© Dayan confirme le fait que lâĂtat dâIsraĂ«l nâest pas un Ătat créé pour des juifs europĂ©ens persĂ©cutĂ©s et victimes de lâantisĂ©mitisme et de lâholocauste mais comme une simple base militaire occidentale, appelĂ©e Ă jouer le rĂŽle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres Ă rĂ©pĂ©tition sont donc du pain bĂ©ni pour les marchands dâarmes et le complexe militaro-industriel amĂ©ricain et europĂ©en. Dâailleurs, si lâĂtat sioniste nâavait pas existĂ©, les marchands dâarmes et le complexe militaro-industriel lâaurait inventĂ©. Autrement dit, IsraĂ«l nâest autre chose quâun marchepied et un pion au service des marchands dâarmes et du complexe militaro-industriel.
AprĂšs chaque conflit armĂ©, les marchands dâarmes et les reprĂ©sentants du complexe militaro-industriel amĂ©ricain et europĂ©en accourent en IsraĂ«l pour faire le point avec les militaires sionistes sur lâefficacitĂ© des armes utilisĂ©es contre les populations civiles palestiniennes et libanaises et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. AprĂšs chaque guerre, les think tanks Ă©tats -uniens, europĂ©ens et sionistes se mettent aussitĂŽt au travail pour prĂ©parer les prochaines guerres moyen orientales avec Ă la clĂ© le futur plan de campagne et le prochain ennemi Ă abattre. Avec les guerres et les conflits armĂ©s au Moyen-Orient, les marchands dâarmes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux IsraĂ©liens et les armes dĂ©fensives ou presque obsolĂštes aux Ătats arabes voisins. Naturellement avant chaque guerre, il faut prĂ©parer psychologiquement les opinions publiques occidentales grĂące Ă une intense propagande. Depuis lâeffondrement de lâUnion soviĂ©tique, la collusion entre la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillĂ© ensemble, main dans la main et elles ont conjuguĂ© leurs efforts pour en finir avec tous les rĂ©gimes qui faisaient obstacle Ă lâhĂ©gĂ©monie des Etats-Unis au Moyen-Orient. La premiĂšre guerre du Golfe avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© planifiĂ©e une dizaine dâannĂ©es avant, câest-Ă -dire aprĂšs la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impĂ©rialiste et la propagande sioniste avaient dĂ©jĂ dĂ©signĂ© les futurs ennemis Ă abattre, les Ătats de lâAxe du mal ou les Ătats voyous (Rogue States) lâIrak, lâIran et la CorĂ©e du Nord. Pour mener leur propagande guerriĂšre et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands dâarmes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux Etats-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrĂŽlĂ©s par des marchands dâarmes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mĂšre de la chaĂźne amĂ©ricaine NBC. Le cas de la France est assez Ă©loquent Ă cet Ă©gard puisque les mass medias sont aujourdâhui contrĂŽlĂ©es par deux marchands dâarmes, LagardĂšre et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intĂ©rĂȘts du complexe militaro-industriel amĂ©ricano europĂ©en, la propagande sioniste internationale et la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine.
CONTRE PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE
La propagande sioniste internationale est fondĂ©e sur la suggestion Ă©motionnelle qui a si bien rĂ©ussi Ă Hitler pour accĂ©der au pouvoir en Allemagne. La propagande de type Ă©motionnel nâest pas Ă vrai dire une prorogative des dictatures, car on trouve aux Etats-Unis et en Europe des techniques similaires visant Ă exciter lâĂ©motivitĂ© et lâimpulsivitĂ© des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une sĂ©rie de fables et de lĂ©gendes fabriquĂ©es pour le besoin de la cause comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et lâholocauste devenu une industrie. Lâholocauste qui est une autre maniĂšre pour exciter lâĂ©motivitĂ© a Ă©tĂ© mis Ă contribution pour lĂ©gitimer lâoccupation israĂ©lienne et pour couvrir les exactions et les atrocitĂ©s commises Ă lâĂ©gard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de RenĂ© Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir lâarticle documentĂ© de FrĂ©dĂ©ric Courvoisier sur le site mecanopolis, « Lâexil du peuple juif remis en cause » )
Palestinien de JĂ©rusalem rĂ©sistant Ă l’invasion des forces d’occupation Ă Al-Aqsa
Photographie issue du Forum Mecanopolis
Aujourdâhui, le thĂšme de lâĂ©ternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes Ă rĂ©pĂ©tition commis par les forces dâoccupation sioniste en Palestine et lâextension de la colonisation de la terre palestinienne dĂ©masquent jour aprĂšs jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrĂštement quâune propagande adverse, en lâoccurrence une propagande anti-sioniste, fera appel Ă des donnĂ©es factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale nâest quâun tissu de mensonges. La propagande anti-sioniste se doit dâĂ©voquer des faits et des Ă©vĂ©nements rĂ©els en Ă©vitant la propagande Ă©motionnelle. Pour convaincre, la propagande anti-sioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprĂ©tations des faits et des Ă©vĂ©nements. Les multinationales de lâinformation occidentales nâont plus aujourdâhui le monopole de la production des images et de lâinformation et elles ont perdu du coup lâexclusivitĂ© dans lâinterprĂ©tation des faits. Les sources dâinformation se diversifient et se multiplient en permettant Ă tout un chacun de confronter des points de vue diffĂ©rents sur la mĂȘme question. Aujourdâhui, chacun des protagonistes au Moyen Orient possĂšde ses propres moyens de propagande par lesquels il sâexprime et combat la propagande adverse. Pendant la premiĂšre guerre du Golfe, CNN Ă©tait le seul organe de propagande amĂ©ricano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande Ă cause de lâĂ©mergence dâune chaĂźne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de lâĂ©tĂ© 2006, lâaviation israĂ©lienne a bombardĂ© en premier Al-Manar, lâorgane de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa tĂ©lĂ©vision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaĂźne Al Manar.
Durant la guerre sur Gaza, malgrĂ© le bouclage et lâinterdiction faite aux journalistes Ă©trangers de filmer le massacre et des exactions commis Ă lâĂ©gard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de mĂȘme pu dĂ©couvrir Ă travers les images diffusĂ©es par la chaĂźne Al-Jazira, les corps dâenfants palestiniens, dĂ©chiquetĂ©s et brĂ»lĂ©s par les bombes Ă phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. GrĂące aux images dâAl-Jazira et dâobservateurs Ă©trangers, europĂ©ens, amĂ©ricains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes dâhier de lâholocauste juif deviennent aujourdâhui Ă leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre aprĂšs massacre Ă lâĂ©gard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvaint rien contre les images diffusĂ©es par satellite, car ces images parlent dâelles-mĂȘmes et elles nâont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de dĂ©fense des droits de lâhomme prĂ©sentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmĂ© les crimes de guerre et les crimes contre lâhumanitĂ© commis par lâarmĂ©e sioniste dans les territoires occupĂ©s. Dâailleurs, pour Ă©tablir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e dâenquĂȘter sur place, a puisĂ© lâessentiel de ses informations dans les reportages et les rapports rĂ©alisĂ©s par des ONG et des organisations humanitaires indĂ©pendantes.
Nâayant plus la maĂźtrise absolue de la production de lâimage et de lâinformation, la propagande sioniste internationale sâest trouvĂ©e dĂ©sarmĂ©e et elle a du coup manquĂ© son objectif, celui de berner et de manipuler comme par le passĂ©, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans prĂ©cĂ©dent de celles-ci en faveur des palestiniennes et contre IsraĂ«l durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements europĂ©ens, montrent Ă quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de lâimage et de lâinformation et elle sâest dĂ©masquĂ©e comme propagande.
Palestinienne agressée par un extrémiste juif à Jérusalem
Photographie issue du Forum Mecanopolis
Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande anti-sioniste. Au mois de septembre, lors de la rĂ©union annuelle de lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations-unies, le colonel Kadhafi qui, aprĂšs avoir dĂ©chirĂ© la Charte des nations unies, a accusĂ© lâorganisation onusienne dâavoir fomentĂ© et cautionnĂ© 67 guerres depuis sa crĂ©ation et il a rĂ©clamĂ©, entre autres, lâouverture dâune enquĂȘte internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et lâinvasion de la bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du prĂ©sident vĂ©nĂ©zuelien Hugo Chavez contre lâimpĂ©rialisme amĂ©ricain et lâexpulsion de lâambassadeur israĂ©lien pendant la guerre de Gaza sâapparentent Ă une forme de propagande anti-sioniste. La colĂšre et le dĂ©part prĂ©cipitĂ© de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan de Davos en Suisse suite Ă des propos prononcĂ©s par le prĂ©sident israĂ©lien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une maniĂšre personnelle de sâopposer Ă la propagande sioniste internationale.
Par ailleurs, certains chefs dâĂtats arabes osent aborder la question du nuclĂ©aire israĂ©lien en brisant un tabou sur la question de lâarme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a dĂ©clarĂ© lors dâune interview diffusĂ©e lundi 26 octobre par la chaĂźne britannique Sky News, que les Egyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de possĂ©der lâarme atomique au mĂȘme titre quâIsraĂ«l. Dans une interview au Sunday Times le premier ministre turc, Erdogan, a reprochĂ© Ă lâOccident son acharnement Ă lâĂ©gard du nuclĂ©aire iranien alors que les mĂȘmes membres du conseil de sĂ©curitĂ© qui veulent empĂȘcher lâIran de se doter de lâarme atomique, possĂšdent chacun son propre arsenal nuclĂ©aire. Depuis deux dĂ©cennies, les dĂ©lĂ©gations des Ătats arabes demandent Ă lâAIEA dâenquĂȘter sur le nuclĂ©aire israĂ©lien mais en vain. DerniĂšrement, une rĂ©solution prĂ©sentĂ©e par les pays arabes a Ă©tĂ© votĂ©e par 49 voix contre 45 demande au prĂ©sident de lâAIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nuclĂ©aire israĂ©lien Ă des inspections au mĂȘme titre que le nuclĂ©aire iranien. Mais IsraĂ«l a refusĂ© toute inspection de ses installations nuclĂ©aires ainsi que toutes formes de coopĂ©ration avec lâagence onusienne sous prĂ©texte quâil nâest pas signataire du traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire. Quelle serait lâattitude de la soi-disant communautĂ© internationale si câest un Ătat arabe qui refusait lâinspection de ses installations nuclĂ©aires? Bush et Blair ne sont-ils pas allĂ©s en Irak sous prĂ©texte que le rĂ©gime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive. Comprenne qui pourra.
IndĂ©niablement, câest le prĂ©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se rĂ©vĂšle sur la scĂšne internationale comme un redoutable propagandiste anti-sioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thĂšmes que personne nâose aborder en Occident tels lâholocauste et de lâantisĂ©mitisme, sous peine dâĂȘtre poursuivi et condamnĂ© pour nĂ©gationnisme. Il faut bien reconnaĂźtre quâavant Ahmadinejad, aucun chef dâĂtat nâa eu le courage et nâa osĂ© poser la question de lâholocauste, de lâantisĂ©mitisme et les conditions qui ont Ă©tĂ© Ă lâorigine de la crĂ©ation de lâĂtat dâIsraĂ«l. Quand le prĂ©sident iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de lâholocauste et de lâorigine de lâEtat dâIsraĂ«l en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et mĂȘme critiquables mais dâautres sont pertinents. Je reproduits ici un extrait dâune interview donnĂ©e par la prĂ©sident iranien Ă lâhebdomadaire Neesweek, oĂč il aborde entre autres la question de lâholocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.
Newsweek : Alors que lâIran tente de renouer des liens avec lâOccident, pourquoi Ă nouveau nier la rĂ©alitĂ© de lâHolocauste, quand ces thĂšses sont si aisĂ©ment rĂ©futables ? Ne pensez-vous pas que lâHolocauste est un sujet important ?
Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que câest le plus grand crime du XXe siĂšcle.
Vous ĂȘtes donc dâaccord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que lâHolocauste est encore dâactualitĂ© aujourdâhui, quâil nous concerne encore aujourdâhui par ses effets ?
Pouvez-vous mâexpliquer en quoi il influe sur les questions de lâheure ?
Ce que je pense importe peu, M. le prĂ©sident, câest ce que vous pensez qui compte.
Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.
Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.
De quel monde parle-t-on ici ?
LâIran tente dâamĂ©liorer ses relations avec lâOccident, câest du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que lâHolocauste a eu lieu. Pourquoi dire quâil nâa pas eu lieu ? Pensez-vous quâil ne devrait pas y avoir un Ă©tat Juif ? Pas dâIsraĂ«l ?
Ce que je dis est extrĂȘmement clair. Câest une approche acadĂ©mique dâun sujet dâimportance capitale, qui se fonde Ă©galement sur des considĂ©rations humanitaires. Ce que je dis, câest que bien des choses sont survenues tout au long de lâhistoire, et quâau cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont Ă©tĂ© commis. Plus de 60 millions de gens ont Ă©tĂ© tuĂ©s, encore plus dĂ©placĂ©s. Il se pose donc un certain nombre de questions spĂ©cifiques quant aux Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale, et je pense quâon ne pourra trouver de rĂ©ponses Ă ces questions dans la propagande que diffusent les mĂ©dias. Au bout du compte, il faut des rĂ©ponses convaincantes Ă ces questions. La premiĂšre chose que je voudrais comprendre, câest la raison pour laquelle, Ă©tant donnĂ© tout ce qui sâest passĂ© au cours de la seconde guerre mondiale, on met lâaccent sur lâHolocauste plus que sur tout autre [Ă©vĂ©nement] ?
Disons que les crimes de Staline Ă©taient de mĂȘme gravitĂ©.
La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsĂ©dĂ©s par ce problĂšme ? La troisiĂšme question est : de quelle façon cet Ă©vĂ©nement est-il reliĂ© aux problĂšmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde dâaujourdâhui ? Fut-il un Ă©vĂ©nement historique isolĂ©, sans impact sur la situation prĂ©sente ? La question quâon doit se poser ensuite est : si cet Ă©vĂ©nement sâest produit, oĂč sâest-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rĂŽle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mĂ©riter ce quâil a subi en consĂ©quence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il ĂȘtre brimĂ© ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s, et bĂ©nĂ©ficient du statut de rĂ©fugiĂ© ? Quel rĂŽle ont-ils jouĂ© dans lâHolocauste ? Pourquoi exploite-t-on lâHolocauste comme prĂ©texte Ă lâoccupation de la terre dâun autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en Ă©change ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dĂ» subir plusieurs embargos.
Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.
En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, câest leur vie, et câest leur terre. Qui est lâoccupant ici ? Quel rĂ©gime dâoccupation est condamnĂ© par les rĂ©solutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter quâun Ă©vĂ©nement qui sâest dĂ©roulĂ© en Europe entraĂźne lâoccupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a Ă©tĂ© commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple Ă comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de rĂ©pondre Ă ces questions, et prĂ©fĂšrent changer le sujet. Nous sommes opposĂ©s par principe au meurtre dâĂȘtres humains. Soixante millions de gens ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă lâĂ©poque [de la seconde guerre mondiale] et câest effectivement trĂšs regrettable. Peu importe quelles Ă©taient leur foi ou leurs opinions â câĂ©taient des ĂȘtres humains et leurs vies auraient dĂ» ĂȘtre respectĂ©es du seul fait que câĂ©taient des ĂȘtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde dâil y a soixante ans. Nous vivons aujourdâhui. Nous considĂ©rons lâHolocauste comme un prĂ©texte au gĂ©nocide commis sur le peuple palestinien.
L’intĂ©gralitĂ© de cet interview est disponible sur Mecanopolis
Ă GenĂšve, le 20 avril 2009, lors de la confĂ©rence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad Ă©voque les conditions dans lesquelles a Ă©tĂ© fondĂ© lâĂtat dâIsraĂ«l provoquant ainsi le retrait prĂ©cipitĂ© des dĂ©lĂ©gations occidentales prĂ©sentes dans la salle. Voila ce que dit le prĂ©sident iranien Ă propos de lâEtat dâIsraĂ«l « « A la fin de la deuxiĂšme guerre mondiale, prenant prĂ©texte des souffrances juives ils (les EuropĂ©ens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour crĂ©er une nation de sans abris. Ils ont envoyĂ© des migrants dâEurope et des Ătats unis et dâautres parties du monde afin dâĂ©tablir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupĂ©e » (sur lâanalyse du discours dâAhmadinejad Ă la confĂ©rence de Durban sur le racisme Ă GenĂšve, lire lâarticle de Frederic Courvoisier Mahmoud Ahmadinejad Ă la ConfĂ©rence de « Durban II » : Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range. La confĂ©rence sur lâholocauste organisĂ©e Ă TĂ©hĂ©ran en 2006 en prĂ©sence du nĂ©gationniste français Faurisson est une forme de propagande anti-sioniste.
En guise de conclusion, il convient dâĂ©voquer la gĂ©ographie politique du vote du rapport Goldstone. Lâanalyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-Ă -vis dâun Ătat, lâĂtat sioniste, qui, jusquâici, a violĂ© toutes les lois internationales et qui a bĂ©nĂ©ficiĂ©, grĂące Ă la complicitĂ© occidentale, dâune impunitĂ© parfaite. Mais nâallons pas vite en besogne, car ce nâest pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaĂźnĂ©es, en train de rĂ©pondre de leurs crimes devant un tribunal pĂ©nal international, devant la Cour pĂ©nale internationale ou devant une instance pĂ©nale nationale. AprĂšs la guerre de Gaza, lâinquiĂ©tude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israĂ©liens menacĂ©s de poursuites judiciaires ou dâarrestations lors de leurs dĂ©placements Ă lâĂ©tranger. Pour les informer sur les pays Ă risque notamment lâEspagne, une cellule spĂ©ciale a Ă©tĂ© mise en place au ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres. Cela Ă©tant dit, revenons Ă prĂ©sent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Conseil des droits de lâHomme de lâONU par 25 voix contre 6 voix. Les Ătats qui ont votĂ© pour le rapport Goldstone sont : BahreĂŻn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, IndonĂ©sie, Bangladesh, SĂ©nĂ©gal, les Etats dâAmĂ©rique centrale et du sud (BrĂ©sil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie. Les Ătats qui ont votĂ© contre, ce sont les Etats-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, NorvĂšge, Slovaquie, Ukraine et Hongrie. 11 Pays se sont abstenus comme lâAllemagne, la France, la SlovĂ©nie, le Japon, la CorĂ©e du sud, le Mexique. Mais ce qui attire lâattention lors de ce vote est lâattitude de la Bosnie-HerzĂ©govine qui a votĂ© contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vĂ©cu une situation dramatique similaire Ă celle que vit aujourdâhui les palestiniens sous lâoccupation israĂ©lienne. Bien que vouĂ©, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de lâhistoire, le rapport Goldstone a tout de mĂȘme rĂ©vĂ©lĂ© un phĂ©nomĂšne inĂ©dit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de lâhorreur et de la barbarie israĂ©lienne en Palestine et qui nâa plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que sâen fĂ©liciter.
Faouzi Elmir, pour Mecanopolis
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« Cela commence Ă bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans Ă Ratisbonne, sur les Nazis Ă Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’AmĂ©rique du Sud qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©vangĂ©lisĂ©s de maniĂšre violente… Puis la levĂ©e des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le nĂ©gationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prĂ©lat brĂ©silien d’une mĂšre qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violĂ©e par son beau-pĂšre et enceinte de lui, qu’il a approuvĂ©… »
avec constance, sont prĂ©cisĂ©ment les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul ValĂ©ry. L’exposition sans retenue de ses interrogations mĂ©taphysiques procĂšde aussi de cette logique-lĂ . Qu’importent la rĂ©alitĂ© et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, Ă laquelle les AmĂ©ricains sont habituĂ©s depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

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