Category: Palestinien

nov 02 2009

La fin de la propagande sioniste internationale

drapeau Isaélien

Il faut d’abord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menĂ©e Ă  l’intĂ©rieur de l’État d’IsraĂ«l. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des Etats-Unis et de l’Union europĂ©enne, etc. Par leur dĂ©faitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons qu’une propagande vise des objectifs et nĂ©cessite une organisation sophistiquĂ©e. L’objectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de l’action ou de prise de position par rapport Ă  un problĂšme donnĂ©. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociĂ©tĂ©s capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les États qui les servent, c’est-Ă -dire ceux qui dĂ©tiennent les moyens financiers pour acheter et contrĂŽler les mass medias. Contrairement aux apparences trompeuses, il n’y a pas plusieurs propagandes dans les sociĂ©tĂ©s capitalistes, il ne saurait y avoir qu’une seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gĂ©rer les intĂ©rĂȘts du Capital aux Etats-Unis et en Europe sont Ă©lus avec l’aide des mass medias dĂ©tenues et contrĂŽlĂ©es par ce mĂȘme Capital. Pour dissiper un dernier malentendu lourd de consĂ©quences, il n’y a aucune diffĂ©rence entre la propagande politique des capitalistes privĂ©s et la propagande d’État, car l’une et l’autre concourent Ă  une mĂȘme fin, crĂ©er des individus aliĂ©nĂ©s et abrutir les masses pour mieux les dominer.

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Cela dit, s’il est impossible de mener une contre-propagande Ă  l’intĂ©rieur des États, il n’en est pas de mĂȘme Ă  l’échelle internationale oĂč une propagande politique peut ĂȘtre combattue et neutralisĂ©e par une propagande adverse du fait de l’existence de clivages idĂ©ologiques entre les Etats. Par exemple, Ă  l’époque de l’Union soviĂ©tique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face d’elle une propagande capable de la contrecarrer. Pour annihiler les effets d’une propagande adverse, il faut d’abord se doter de moyens humains et matĂ©riels Ă©quivalents. Il faut ensuite repĂ©rer les thĂšmes centraux de la propagande adverse et les rĂ©futer systĂ©matiquement en faisant apparaĂźtre leurs visĂ©es idĂ©ologiques et politiques. Aujourd’hui, grĂące Ă  l’internet et aux satellites, la propagande capitaliste et impĂ©rialiste mondiale a du plomb dans l’aile et elle commence Ă  ĂȘtre combattue, neutralisĂ©e et dĂ©masquĂ©e comme propagande. Mais dĂšs lors qu’une propagande a Ă©tĂ© dĂ©masquĂ©e comme propagande, elle perd ses effets escomptĂ©s. Nous nous trouvons aujourd’hui dans le mĂȘme cas de figure qu’à l’époque de l’union soviĂ©tique et du bloc de l’Est, avec l’émergence d’une contre-propagande menĂ©e sur la scĂšne internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le prĂ©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad et le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien Hugo Chavez qui n’hĂ©sitent pas Ă  se servir des confĂ©rences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et l’impĂ©rialisme. Sans parler d’autres supports d’information indĂ©pendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de l’information occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprĂ©tations des faits et des Ă©vĂ©nements. Nous voilĂ  donc Ă  un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impĂ©rialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.

LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immĂ©diatement et machinalement au lobby israĂ©lien aux Etats-Unis et en Europe. C’est notamment la thĂšse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt qui considĂšrent que la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine au Moyen Orient est sous influence d’un puissant lobby israĂ©lien qui lui imprime ses actions et ses orientations. Sans nier aucunement l’influence de ce lobby surtout au congrĂšs et Ă  la Chambre des ReprĂ©sentants, sa puissance a Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-mĂȘme pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotĂ©s d’un QI supĂ©rieur aux autres et d’un pouvoir manipulateur hors du commun. On parle trop souvent du lobby israĂ©lien aux Etats-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrĂštement et sournoisement une influence considĂ©rable sur les orientations de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine et europĂ©enne au Moyen Orient. Les villes amĂ©ricaines sont peuplĂ©es de groupes de pression, de think tanks de tous genres, d’institutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratĂ©giques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant Ă  l’intĂ©rieur qu’à l’extĂ©rieur des Etats-Unis en faveur du soutien inconditionnel Ă  l’entitĂ© sioniste en Palestine. Le lobby israĂ©lien aux USA et en Europe ne reprĂ©sente en fait qu’un petit groupe trĂšs minoritaire par rapport Ă  une myriade d’autres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans l’ombre et qui apportent un soutien indĂ©fectible Ă  IsraĂ«l. Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes n’est pas franchement l’amour du juif et l’Etat d’IsraĂ«l mais la planification et la prĂ©paration des prochaines guerres impĂ©rialistes au Moyen Orient. Plus prĂ©cisĂ©ment, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste Ă  semer des troubles et Ă  fomenter des conflits au sein des sociĂ©tĂ©s arabo-musulmanes quand bien mĂȘme ces derniĂšres reprĂ©sentent un terrain fertile et rĂ©ceptif Ă  toutes les sollicitations extĂ©rieures du fait de leur composition ethnique et religieuse. Ceux qui mettent en avant ou exagĂšrent la puissance du lobby israĂ©lien cherchent en rĂ©alitĂ© Ă  dĂ©tourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient qui est moins l’entitĂ© sioniste que la soldatesque des Etats-Unis. En se focalisant sur le lobby israĂ©lien aux Etats-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine au Moyen Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni Ă©thiques mais la protection des intĂ©rĂȘts du capital et des multinationales. IsraĂ«l reprĂ©sente certes une menace permanente au Moyen Orient mais ce qui menace le plus cette rĂ©gion, c’est l’impĂ©rialisme amĂ©ricain. Le soutien amĂ©ricain inconditionnel n’est pas spĂ©cifique au seul Etat d’IsraĂ«l, c’est une constance de la politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine que l’on relĂšve dans bien d’autres rĂ©gions du monde, en Afrique, en Europe ou en AmĂ©rique latine. L’aide apportĂ©e par les États unis Ă  leurs alliĂ©s est conditionnĂ©e comme toujours par leur degrĂ© de fidĂ©litĂ© et leur coopĂ©ration directe ou indirecte pour la protection des intĂ©rĂȘts des multinationales amĂ©ricaines. Par consĂ©quent, le soutien des Etats-Unis Ă  l’État d’IsraĂ«l dĂ©pend de la position hautement stratĂ©gique qu’occupe l’entitĂ© sioniste dans la mise en Ɠuvre de l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevĂȘtrement et cette collusion entre les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques et tactiques des Etats-Unis et d’IsraĂ«l qui empĂȘchent de bien discerner les objectifs visĂ©s par la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine et ceux de la propagande sioniste internationale.

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Essayons de voir par ailleurs de quelle maniĂšre la propagande sioniste internationale sert les intĂ©rĂȘts du grand capital amĂ©ricain et accessoirement le grand capital europĂ©en au Moyen Orient. L’existence de l’État sioniste au cƓur du Moyen-Orient est d’abord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette rĂ©gion du monde. C’est dĂ©jĂ  une affaire juteuse pour les Etats-Unis et pour l’Europe, ou plus prĂ©cisĂ©ment pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel. À intervalles rĂ©guliers, pour pouvoir survivre et maintenir l’unitĂ© de ses populations que tout sĂ©pare, l’histoire et la gĂ©ographie, IsraĂ«l est condamnĂ© Ă  faire des guerres et Ă  entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient. Dans les annĂ©es1950, MoshĂ© Dayan a affirmĂ© qu’IsraĂ«l n’avait pas besoin d’une alliance militaire, car il n’est menacĂ© ni par ses voisins arabes ni par les palestiniens qui n’ont pas d’armes. La grande menace qui pĂšse sur IsraĂ«l, dit-il, est le maintien de son unitĂ© intĂ©rieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux IsraĂ©liens en leur racontant des histoires comme par exemple les AmĂ©ricains et les Anglais sont en train de dĂ©barquer dans le dĂ©sert du NĂ©guev. Cet aveu de MoshĂ© Dayan confirme le fait que l’État d’IsraĂ«l n’est pas un État créé pour des juifs europĂ©ens persĂ©cutĂ©s et victimes de l’antisĂ©mitisme et de l’holocauste mais comme une simple base militaire occidentale, appelĂ©e Ă  jouer le rĂŽle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres Ă  rĂ©pĂ©tition sont donc du pain bĂ©ni pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel amĂ©ricain et europĂ©en. D’ailleurs, si l’État sioniste n’avait pas existĂ©, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel l’aurait inventĂ©. Autrement dit, IsraĂ«l n’est autre chose qu’un marchepied et un pion au service des marchands d’armes et du complexe militaro-industriel.

AprĂšs chaque conflit armĂ©, les marchands d’armes et les reprĂ©sentants du complexe militaro-industriel amĂ©ricain et europĂ©en accourent en IsraĂ«l pour faire le point avec les militaires sionistes sur l’efficacitĂ© des armes utilisĂ©es contre les populations civiles palestiniennes et libanaises et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. AprĂšs chaque guerre, les think tanks Ă©tats -uniens, europĂ©ens et sionistes se mettent aussitĂŽt au travail pour prĂ©parer les prochaines guerres moyen orientales avec Ă  la clĂ© le futur plan de campagne et le prochain ennemi Ă  abattre. Avec les guerres et les conflits armĂ©s au Moyen-Orient, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux IsraĂ©liens et les armes dĂ©fensives ou presque obsolĂštes aux États arabes voisins. Naturellement avant chaque guerre, il faut prĂ©parer psychologiquement les opinions publiques occidentales grĂące Ă  une intense propagande. Depuis l’effondrement de l’Union soviĂ©tique, la collusion entre la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillĂ© ensemble, main dans la main et elles ont conjuguĂ© leurs efforts pour en finir avec tous les rĂ©gimes qui faisaient obstacle Ă  l’hĂ©gĂ©monie des Etats-Unis au Moyen-Orient. La premiĂšre guerre du Golfe avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© planifiĂ©e une dizaine d’annĂ©es avant, c’est-Ă -dire aprĂšs la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impĂ©rialiste et la propagande sioniste avaient dĂ©jĂ  dĂ©signĂ© les futurs ennemis Ă  abattre, les États de l’Axe du mal ou les États voyous (Rogue States) l’Irak, l’Iran et la CorĂ©e du Nord. Pour mener leur propagande guerriĂšre et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux Etats-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrĂŽlĂ©s par des marchands d’armes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mĂšre de la chaĂźne amĂ©ricaine NBC. Le cas de la France est assez Ă©loquent Ă  cet Ă©gard puisque les mass medias sont aujourd’hui contrĂŽlĂ©es par deux marchands d’armes, LagardĂšre et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intĂ©rĂȘts du complexe militaro-industriel amĂ©ricano europĂ©en, la propagande sioniste internationale et la propagande impĂ©rialiste amĂ©ricaine.

CONTRE PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

La propagande sioniste internationale est fondĂ©e sur la suggestion Ă©motionnelle qui a si bien rĂ©ussi Ă  Hitler pour accĂ©der au pouvoir en Allemagne. La propagande de type Ă©motionnel n’est pas Ă  vrai dire une prorogative des dictatures, car on trouve aux Etats-Unis et en Europe des techniques similaires visant Ă  exciter l’émotivitĂ© et l’impulsivitĂ© des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une sĂ©rie de fables et de lĂ©gendes fabriquĂ©es pour le besoin de la cause comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et l’holocauste devenu une industrie. L’holocauste qui est une autre maniĂšre pour exciter l’émotivitĂ© a Ă©tĂ© mis Ă  contribution pour lĂ©gitimer l’occupation israĂ©lienne et pour couvrir les exactions et les atrocitĂ©s commises Ă  l’égard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de RenĂ© Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir l’article documentĂ© de FrĂ©dĂ©ric Courvoisier sur le site mecanopolis, « L’exil du peuple juif remis en cause » )

620Palestinien de JĂ©rusalem rĂ©sistant Ă  l’invasion des forces d’occupation Ă  Al-Aqsa
Photographie issue du Forum Mecanopolis

Aujourd’hui, le thĂšme de l’éternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes Ă  rĂ©pĂ©tition commis par les forces d’occupation sioniste en Palestine et l’extension de la colonisation de la terre palestinienne dĂ©masquent jour aprĂšs jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrĂštement qu’une propagande adverse, en l’occurrence une propagande anti-sioniste, fera appel Ă  des donnĂ©es factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale n’est qu’un tissu de mensonges. La propagande anti-sioniste se doit d’évoquer des faits et des Ă©vĂ©nements rĂ©els en Ă©vitant la propagande Ă©motionnelle. Pour convaincre, la propagande anti-sioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprĂ©tations des faits et des Ă©vĂ©nements. Les multinationales de l’information occidentales n’ont plus aujourd’hui le monopole de la production des images et de l’information et elles ont perdu du coup l’exclusivitĂ© dans l’interprĂ©tation des faits. Les sources d’information se diversifient et se multiplient en permettant Ă  tout un chacun de confronter des points de vue diffĂ©rents sur la mĂȘme question. Aujourd’hui, chacun des protagonistes au Moyen Orient possĂšde ses propres moyens de propagande par lesquels il s’exprime et combat la propagande adverse. Pendant la premiĂšre guerre du Golfe, CNN Ă©tait le seul organe de propagande amĂ©ricano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande Ă  cause de l’émergence d’une chaĂźne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de l’étĂ© 2006, l’aviation israĂ©lienne a bombardĂ© en premier Al-Manar, l’organe de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa tĂ©lĂ©vision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaĂźne Al Manar.

Durant la guerre sur Gaza, malgrĂ© le bouclage et l’interdiction faite aux journalistes Ă©trangers de filmer le massacre et des exactions commis Ă  l’égard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de mĂȘme pu dĂ©couvrir Ă  travers les images diffusĂ©es par la chaĂźne Al-Jazira, les corps d’enfants palestiniens, dĂ©chiquetĂ©s et brĂ»lĂ©s par les bombes Ă  phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. GrĂące aux images d’Al-Jazira et d’observateurs Ă©trangers, europĂ©ens, amĂ©ricains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes d’hier de l’holocauste juif deviennent aujourd’hui Ă  leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre aprĂšs massacre Ă  l’égard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvaint rien contre les images diffusĂ©es par satellite, car ces images parlent d’elles-mĂȘmes et elles n’ont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de dĂ©fense des droits de l’homme prĂ©sentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmĂ© les crimes de guerre et les crimes contre l’humanitĂ© commis par l’armĂ©e sioniste dans les territoires occupĂ©s. D’ailleurs, pour Ă©tablir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a Ă©tĂ© empĂȘchĂ©e d’enquĂȘter sur place, a puisĂ© l’essentiel de ses informations dans les reportages et les rapports rĂ©alisĂ©s par des ONG et des organisations humanitaires indĂ©pendantes.

N’ayant plus la maĂźtrise absolue de la production de l’image et de l’information, la propagande sioniste internationale s’est trouvĂ©e dĂ©sarmĂ©e et elle a du coup manquĂ© son objectif, celui de berner et de manipuler comme par le passĂ©, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans prĂ©cĂ©dent de celles-ci en faveur des palestiniennes et contre IsraĂ«l durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements europĂ©ens, montrent Ă  quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de l’image et de l’information et elle s’est dĂ©masquĂ©e comme propagande.

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Palestinienne agressée par un extrémiste juif à Jérusalem
Photographie issue du Forum Mecanopolis

Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande anti-sioniste. Au mois de septembre, lors de la rĂ©union annuelle de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations-unies, le colonel Kadhafi qui, aprĂšs avoir dĂ©chirĂ© la Charte des nations unies, a accusĂ© l’organisation onusienne d’avoir fomentĂ© et cautionnĂ© 67 guerres depuis sa crĂ©ation et il a rĂ©clamĂ©, entre autres, l’ouverture d’une enquĂȘte internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et l’invasion de la bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du prĂ©sident vĂ©nĂ©zuelien Hugo Chavez contre l’impĂ©rialisme amĂ©ricain et l’expulsion de l’ambassadeur israĂ©lien pendant la guerre de Gaza s’apparentent Ă  une forme de propagande anti-sioniste. La colĂšre et le dĂ©part prĂ©cipitĂ© de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan de Davos en Suisse suite Ă  des propos prononcĂ©s par le prĂ©sident israĂ©lien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une maniĂšre personnelle de s’opposer Ă  la propagande sioniste internationale.

Par ailleurs, certains chefs d’États arabes osent aborder la question du nuclĂ©aire israĂ©lien en brisant un tabou sur la question de l’arme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a dĂ©clarĂ© lors d’une interview diffusĂ©e lundi 26 octobre par la chaĂźne britannique Sky News, que les Egyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de possĂ©der l’arme atomique au mĂȘme titre qu’IsraĂ«l. Dans une interview au Sunday Times le premier ministre turc, Erdogan, a reprochĂ© Ă  l’Occident son acharnement Ă  l’égard du nuclĂ©aire iranien alors que les mĂȘmes membres du conseil de sĂ©curitĂ© qui veulent empĂȘcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, possĂšdent chacun son propre arsenal nuclĂ©aire. Depuis deux dĂ©cennies, les dĂ©lĂ©gations des États arabes demandent Ă  l’AIEA d’enquĂȘter sur le nuclĂ©aire israĂ©lien mais en vain. DerniĂšrement, une rĂ©solution prĂ©sentĂ©e par les pays arabes a Ă©tĂ© votĂ©e par 49 voix contre 45 demande au prĂ©sident de l’AIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nuclĂ©aire israĂ©lien Ă  des inspections au mĂȘme titre que le nuclĂ©aire iranien. Mais IsraĂ«l a refusĂ© toute inspection de ses installations nuclĂ©aires ainsi que toutes formes de coopĂ©ration avec l’agence onusienne sous prĂ©texte qu’il n’est pas signataire du traitĂ© de non-prolifĂ©ration nuclĂ©aire. Quelle serait l’attitude de la soi-disant communautĂ© internationale si c’est un État arabe qui refusait l’inspection de ses installations nuclĂ©aires? Bush et Blair ne sont-ils pas allĂ©s en Irak sous prĂ©texte que le rĂ©gime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive. Comprenne qui pourra.

IndĂ©niablement, c’est le prĂ©sident iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se rĂ©vĂšle sur la scĂšne internationale comme un redoutable propagandiste anti-sioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thĂšmes que personne n’ose aborder en Occident tels l’holocauste et de l’antisĂ©mitisme, sous peine d’ĂȘtre poursuivi et condamnĂ© pour nĂ©gationnisme. Il faut bien reconnaĂźtre qu’avant Ahmadinejad, aucun chef d’État n’a eu le courage et n’a osĂ© poser la question de l’holocauste, de l’antisĂ©mitisme et les conditions qui ont Ă©tĂ© Ă  l’origine de la crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l. Quand le prĂ©sident iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de l’holocauste et de l’origine de l’Etat d’IsraĂ«l en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et mĂȘme critiquables mais d’autres sont pertinents. Je reproduits ici un extrait d’une interview donnĂ©e par la prĂ©sident iranien Ă  l’hebdomadaire Neesweek, oĂč il aborde entre autres la question de l’holocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.

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Newsweek : Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi Ă  nouveau nier la rĂ©alitĂ© de l’Holocauste, quand ces thĂšses sont si aisĂ©ment rĂ©futables ? Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siùcle.

Vous ĂȘtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualitĂ© aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ?

Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le prĂ©sident, c’est ce que vous pensez qui compte.

Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.

De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’amĂ©liorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un Ă©tat Juif ? Pas d’IsraĂ«l ?

Ce que je dis est extrĂȘmement clair. C’est une approche acadĂ©mique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde Ă©galement sur des considĂ©rations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont Ă©tĂ© commis. Plus de 60 millions de gens ont Ă©tĂ© tuĂ©s, encore plus dĂ©placĂ©s. Il se pose donc un certain nombre de questions spĂ©cifiques quant aux Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de rĂ©ponses Ă  ces questions dans la propagande que diffusent les mĂ©dias. Au bout du compte, il faut des rĂ©ponses convaincantes Ă  ces questions. La premiĂšre chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, Ă©tant donnĂ© tout ce qui s’est passĂ© au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [Ă©vĂ©nement] ?

Disons que les crimes de Staline Ă©taient de mĂȘme gravitĂ©.

La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsĂ©dĂ©s par ce problĂšme ? La troisiĂšme question est : de quelle façon cet Ă©vĂ©nement est-il reliĂ© aux problĂšmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un Ă©vĂ©nement historique isolĂ©, sans impact sur la situation prĂ©sente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet Ă©vĂ©nement s’est produit, oĂč s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rĂŽle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mĂ©riter ce qu’il a subi en consĂ©quence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il ĂȘtre brimĂ© ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s, et bĂ©nĂ©ficient du statut de rĂ©fugiĂ© ? Quel rĂŽle ont-ils jouĂ© dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prĂ©texte Ă  l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en Ă©change ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dĂ» subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.

En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel rĂ©gime d’occupation est condamnĂ© par les rĂ©solutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un Ă©vĂ©nement qui s’est dĂ©roulĂ© en Europe entraĂźne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a Ă©tĂ© commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple Ă  comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de rĂ©pondre Ă  ces questions, et prĂ©fĂšrent changer le sujet. Nous sommes opposĂ©s par principe au meurtre d’ĂȘtres humains. Soixante millions de gens ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement trĂšs regrettable. Peu importe quelles Ă©taient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des ĂȘtres humains et leurs vies auraient dĂ» ĂȘtre respectĂ©es du seul fait que c’étaient des ĂȘtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considĂ©rons l’Holocauste comme un prĂ©texte au gĂ©nocide commis sur le peuple palestinien.

L’intĂ©gralitĂ© de cet interview est disponible sur Mecanopolis

the world

À GenĂšve, le 20 avril 2009, lors de la confĂ©rence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad Ă©voque les conditions dans lesquelles a Ă©tĂ© fondĂ© l’État d’IsraĂ«l provoquant ainsi le retrait prĂ©cipitĂ© des dĂ©lĂ©gations occidentales prĂ©sentes dans la salle. Voila ce que dit le prĂ©sident iranien Ă  propos de l’Etat d’IsraĂ«l « « A la fin de la deuxiĂšme guerre mondiale, prenant prĂ©texte des souffrances juives ils (les EuropĂ©ens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour crĂ©er une nation de sans abris. Ils ont envoyĂ© des migrants d’Europe et des États unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupĂ©e » (sur l’analyse du discours d’Ahmadinejad Ă  la confĂ©rence de Durban sur le racisme Ă  GenĂšve, lire l’article de Frederic Courvoisier Mahmoud Ahmadinejad Ă  la ConfĂ©rence de « Durban II » : Une vĂ©ritĂ© qui dĂ©range. La confĂ©rence sur l’holocauste organisĂ©e Ă  TĂ©hĂ©ran en 2006 en prĂ©sence du nĂ©gationniste français Faurisson est une forme de propagande anti-sioniste.

En guise de conclusion, il convient d’évoquer la gĂ©ographie politique du vote du rapport Goldstone. L’analyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-Ă -vis d’un État, l’État sioniste, qui, jusqu’ici, a violĂ© toutes les lois internationales et qui a bĂ©nĂ©ficiĂ©, grĂące Ă  la complicitĂ© occidentale, d’une impunitĂ© parfaite. Mais n’allons pas vite en besogne, car ce n’est pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaĂźnĂ©es, en train de rĂ©pondre de leurs crimes devant un tribunal pĂ©nal international, devant la Cour pĂ©nale internationale ou devant une instance pĂ©nale nationale. AprĂšs la guerre de Gaza, l’inquiĂ©tude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israĂ©liens menacĂ©s de poursuites judiciaires ou d’arrestations lors de leurs dĂ©placements Ă  l’étranger. Pour les informer sur les pays Ă  risque notamment l’Espagne, une cellule spĂ©ciale a Ă©tĂ© mise en place au ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres. Cela Ă©tant dit, revenons Ă  prĂ©sent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a Ă©tĂ© adoptĂ© par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU par 25 voix contre 6 voix. Les États qui ont votĂ© pour le rapport Goldstone sont : BahreĂŻn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, IndonĂ©sie, Bangladesh, SĂ©nĂ©gal, les Etats d’AmĂ©rique centrale et du sud (BrĂ©sil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie. Les États qui ont votĂ© contre, ce sont les Etats-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, NorvĂšge, Slovaquie, Ukraine et Hongrie. 11 Pays se sont abstenus comme l’Allemagne, la France, la SlovĂ©nie, le Japon, la CorĂ©e du sud, le Mexique. Mais ce qui attire l’attention lors de ce vote est l’attitude de la Bosnie-HerzĂ©govine qui a votĂ© contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vĂ©cu une situation dramatique similaire Ă  celle que vit aujourd’hui les palestiniens sous l’occupation israĂ©lienne. Bien que vouĂ©, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de l’histoire, le rapport Goldstone a tout de mĂȘme rĂ©vĂ©lĂ© un phĂ©nomĂšne inĂ©dit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de l’horreur et de la barbarie israĂ©lienne en Palestine et qui n’a plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que s’en fĂ©liciter.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

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Le Bulletin de l’International

oct 06 2009

Violents affrontements Ă  Al-Aqsa (photographies)

PALESTINIANS-ISRAEL/

La police continue de  restreindre l’accĂšs de l’Esplanade des mosquĂ©es aux musulmans ĂągĂ©s de plus de 50 ans, Ă  condition qu’ils soient dĂ©tenteurs de la nationalitĂ© israĂ©lienne ou habitants de JĂ©rusalem-est, en raison de la fĂȘte juive de Sukkoth.

Les accĂšs aux mosquĂ©es, le mont du Temple pour les israĂ©liens, sont l’objet d’une surveillance rigide. MĂȘme les gardes de la mosquĂ©e Al-Aqsa ont dĂ©clarĂ© que les soldats israĂ©liens leur interdisent d’accĂ©der Ă  la mosquĂ©e pour travailler.

Les forces israĂ©liennes sont dĂ©ployĂ©es massivement dans toute la vieille ville, prĂšs du Mur des Lamentations et autour de la mosquĂ©e. Des check-points ont Ă©tĂ© installĂ©s partout dans les ruelles Ă©troites, avec une procĂ©dure de contrĂŽle particuliĂšrement lente d’aprĂšs les rĂ©sidents.

Des tensions ont éclaté mardi matin dans plusieurs régions de la vieille ville de Jérusalem et de Jérusalem-Est, y compris à Ras El-Amoud, Wadi Joz et le Mont des Oliviers. Les étudiants ont jeté des bouteilles vides et des pierres, alors que les soldats ont répondu avec des grenades du gaz lacrymogÚne.

De violents affrontements s’étaient produits aussi hier entre les fidĂšles Palestiniens et les troupes de la police israĂ©lienne, alors que les autoritĂ©s israĂ©liennes ont fermĂ© pour la deuxiĂšme journĂ©e consĂ©cutive l’entrĂ©e principale de la mosquĂ©e Al-Aqsa, la porte d’Al-Nadher.

Le Cheikh Azzam al-Khateb, directeur du Waqf islamique de JĂ©rusalem, a insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d’ouvrir les portes de la mosquĂ©e al-Aqsa et de mettre fin au siĂšge immĂ©diatement. La police israĂ©lienne ne permet pas aux fidĂšles d’amener Ă  l’intĂ©rieur de la mosquĂ©e de la nourriture et de l’eau.

Le cheikh Youssef al-Qardawi, le plus influent dignitaire religieux sunnite, a appelĂ© hier Ă  faire de ce vendredi la « JournĂ©e d’al-Aqsa », au cours de laquelle tous les musulmans devront « protester contre les tentatives juives de s’en prendre Ă  al-Aqsa et contre l’arrestation des fidĂšles ». Qardawi a tenu ces propos lors d’une rencontre avec des journalistes en Egypte.

PALESTINIANS-ISRAEL/

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MIDEAST ISRAEL PALESTINIANS

La suite de cette série de photographies se trouve  ici

mai 18 2009

La stratégie de Benoßt XVI: « Une croisade pour le Nouvel Ordre Mondial »

Régis Mex, Mecanopolis

Suite aux divers Ă©vĂ©nements en provenance du Vatican, que ce soit la polĂ©mique autour des propos de BenoĂźt XVI dĂ©courageant l’utilisation du prĂ©servatif ou son voyage auprĂšs des communautĂ©s juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intĂ©ressant de reprendre quelques informations visant Ă  cerner la stratĂ©gie du Vatican. Bien sĂ»r, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-mĂȘme, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mĂšnent ses reprĂ©sentants par son biais.

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Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dĂ©noncĂ© l’affaire des prĂȘtres pĂ©dophiles en Suisse, est le poil Ă  gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de BenoĂźt XVI:

« BenoĂźt XVI propose un idĂ©al sectaire et totalitaire si l’on met en parallĂšle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont Ă©tĂ© rĂ©unies Ă  Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du prĂ©servatif un passage obligĂ©. Il faut lire cette volontĂ© dans le sens du message de BenoĂźt XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mĂ©canisation Ă©thique du prĂ©servatif. »

3409248794_7857c359b0« Cela commence Ă  bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans Ă  Ratisbonne, sur les Nazis Ă  Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’AmĂ©rique du Sud qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©vangĂ©lisĂ©s de maniĂšre violente… Puis la levĂ©e des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le nĂ©gationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prĂ©lat brĂ©silien d’une mĂšre qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violĂ©e par son beau-pĂšre et enceinte de lui, qu’il a approuvĂ©… »

« Il y a autre chose derriĂšre l’irresponsabilitĂ© de ces dĂ©clarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratĂ©gie concertĂ©e. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que BenoĂźt XVI appelle le relativisme, une stratĂ©gie concertĂ©e contre le monde moderne et ses Ă©volutions en matiĂšre de famille, de bioĂ©thique, de santĂ© (le dĂ©bat sur l’euthanasie). Or, BenoĂźt XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrĂ©tienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs dĂ©cennies, les mĂ©decins chrĂ©tiens avaient commencĂ© Ă  faire bouger les lignes sur le prĂ©servatif. Un certain nombre d’Ă©vĂȘques avaient fait montre de pragmatisme: si le prĂ©servatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il Ă©tait prĂ©fet de la congrĂ©gation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis Ă  mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 thĂ©ologiens, dont 200 thĂ©ologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminĂ© toute la pensĂ©e thĂ©ologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptĂ©e, en prenant en compte les progrĂšs de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratĂ©gie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »

Les propos polĂ©miques sur l’usage du prĂ©servatif font donc partie, en fait, d’une stratĂ©gie de communication qui vise une certaine fortification de l’identitĂ© de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant pĂ©riodiquement accorder BenoĂźt XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement prĂ©cisĂ© : « Nous pouvons dire que ces prĂ©cieuses initiatives ont obtenu de bons rĂ©sultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en Ă©chec les prĂ©dications de ceux qui considĂšrent inĂ©vitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’Ă  l’heure oĂč les tensions entre communautĂ©s judĂ©o-chrĂ©tiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de BenoĂźt XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une rĂ©conciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derriĂšre cette volontĂ© de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effrĂ©nĂ©, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idĂ©e sur la portĂ©e de ce terme, il faut se rĂ©fĂ©rer Ă  un extrait d’un ancien discours de NoĂ«l du Pape:

Le 24 dĂ©cembre 2005, BenoĂźt XVI a dĂ©livrĂ© son message de NoĂ«l : « La force vivifiante de sa lumiĂšre (de Dieu) t’encourage Ă  t’engager dans l’Ă©dification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondĂ© sur de justes relations Ă©thiques et Ă©conomiques. Que son amour guide les peuples et Ă©claire leur conscience commune d’ĂȘtre une famille appelĂ©e Ă  construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanitĂ© unie pourra affronter les problĂšmes nombreux et prĂ©occupants du monde prĂ©sent.»

Les propos du supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral de l’Ordre des JĂ©suites, surnommĂ© le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a rĂ©affirmĂ© la nĂ©cessitĂ© de l’unitĂ© dans des termes proches de l’Être suprĂȘme : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut ĂȘtre Ă©crite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’Ă©chec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phĂ©nomĂšne pentecostal oĂč chacun, avec ses particularitĂ©s, se fait communion avec l’esprit.»

Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Le rapport aux Ă©vĂȘques de la COMECE (Commission des Episcopats de la CommunautĂ© europĂ©enne) intitulĂ© « Gouvernance mondiale: Notre responsabilitĂ© pour que la mondialisation devienne une opportunitĂ© pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:

« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particuliĂšrement, au nom de la Commission des Episcopats de la CommunautĂ© europĂ©enne (COMECE) dont la tĂąche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union europĂ©enne. Une conclusion clĂ© du texte suivant est que l’UE, Ă©tant donnĂ© sa genĂšse, son architecture, la comprĂ©hension qu’elle a d’elle-mĂȘme, ainsi que ses responsabilitĂ©s dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopĂ©ration au dĂ©veloppement, a un rĂŽle crucial Ă  jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un systĂšme de gouvernance mondiale . Nous considĂ©rons que l’Union europĂ©enne est un modĂšle pionnier d’intĂ©gration rĂ©gionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres rĂ©gions du monde, malgrĂ© son expĂ©rience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espĂ©rons que ce rapport contribuera Ă©galement Ă  ranimer la rĂ©flexion et le dĂ©bat public sur la signification profonde de l’intĂ©gration europĂ©enne.»

« Les Ă©conomies ouvertes ne tiendront pas sans la volontĂ© des Etats de s’ouvrir Ă©galement sur le plan politique. Dans un monde marquĂ© par une interdĂ©pendance croissante, l’Union europĂ©enne est un exemple unique et convaincant d’un systĂšme de gouvernance basĂ© sur la coopĂ©ration politique supranationale et multilatĂ©rale. En outre, la volontĂ© politique d’aboutir Ă  un systĂšme de gouvernance mondiale et de le maintenir doit ĂȘtre soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»

« L’ implication des Eglises et des autres communautĂ©s religieuses, des ONG et des entreprises privĂ©es, ainsi que des Etats et des blocs rĂ©gionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidĂšles sur les dĂ©fis globaux et les encourager Ă  prendre leurs responsabilitĂ©s. Les problĂšmes de la gouvernance mondiale doivent ĂȘtre inclus dans des programmes d’enseignement et de catĂ©chĂšse. Les Eglises pourraient faire du thĂšme de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecumĂ©nique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le rĂ©seau d’universitĂ©s, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient ĂȘtre une ressource Ă  utiliser fidĂšles Ă  leurs mandats initiaux pour contrĂŽler et analyser les dĂ©veloppements.»

Á la lumiĂšre de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette mĂȘme Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censĂ© ĂȘtre restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalitĂ©s du Vatican rĂšgne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les Ă©lites ecclĂ©siastiques oeuvrent de temps Ă  autres pour le rapprochement des communautĂ©s, et le reste du temps Ă  la solidification de leur identitĂ© propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, BenoĂźt XVI mĂšnerait sa propre politique, et serait influencĂ© par les pressions politiques qui sont exercĂ©es au sein du Vatican de sorte Ă  appuyer le mondialisme de temps Ă  autre, en donnant Ă  ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensĂ©es des croyants qui seront plus enclins Ă  considĂ©rer le mondialisme comme une bonne chose, voire Ă  le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-Ă -dire Ă  ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que reprĂ©sentent les dĂ©clarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.

En outre, bien que cela ne soit pas directement liĂ©, il n’est pas impossible que certains des reprĂ©sentants de notre Ă©lite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et dĂ©sireux de satisfaire les volontĂ©s de l’axe amĂ©ricano-europĂ©en, qui puissent rendre peu Ă  peu l’Islam assimilable Ă  l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribuĂ© vis-Ă -vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratĂ©gie et des relations internationales:

« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et MĂ©dine Ă©taient dirigĂ©s par un Conseil reprĂ©sentatif tournant issu des principales Ă©coles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacrĂ© islamique – une sorte de super Vatican musulman – oĂč l’avenir de la foi serait dĂ©battu au lieu d’ĂȘtre arbitrairement fixĂ©. » Soit une sorte d’Islam des LumiĂšres Ă©laborĂ© au cƓur de cet État sacrĂ© islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils Ă©pousent pleinement la philosophie mondialiste.

D’autres Ă©lĂ©ments contribuent Ă  renforcer le rĂŽle de la religion chrĂ©tienne en l’utilisant Ă  des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particuliĂšrement connues parce qu’elles sont en dĂ©saccord avec le statut laĂŻc de la France.

On ne peut effectivement s’empĂȘcher de penser que la croyance et l’espĂ©rance, dont Nicolas Sarkozy parle benoit-xvi-21avec constance, sont prĂ©cisĂ©ment les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul ValĂ©ry. L’exposition sans retenue de ses interrogations mĂ©taphysiques procĂšde aussi de cette logique-lĂ . Qu’importent la rĂ©alitĂ© et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, Ă  laquelle les AmĂ©ricains sont habituĂ©s depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

Il a dĂ©taillĂ© ses convictions dans un livre, la « RĂ©publique, les Religions, l’EspĂ©rance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insĂšre dans une bibliographie dont les titres ont un Ă©trange parfum d’encyclique ou de prĂȘche Ă©sotĂ©rique : « Ensemble », « TĂ©moignage libre », « Au bout de la passion : l’Ă©quilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique Ă©crit gĂ©nĂ©ralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrĂštement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.

DĂšs les premiĂšres pages de la RĂ©publique, tout est dit : « Je considĂšre que, toutes ces derniĂšres annĂ©es, on a surestimĂ© l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont Ă©tĂ© trĂšs largement sous-estimĂ©es.» On remarquera, en outre, que cette phrase opĂšre un Ă©tonnant rapprochement entre le fait religieux, phĂ©nomĂšne social qui ressort de la sphĂšre publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privĂ©e, elle.

Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un Ă©lĂ©ment primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrĂȘte pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laĂŻcitĂ©. Pas mĂȘme la vision d’une laĂŻcitĂ© indiffĂ©rente. Je crois au besoin religieux pour la majoritĂ© des femmes et des hommes de notre siĂšcle. La place de la religion dans la France de ce dĂ©but de troisiĂšme millĂ©naire est centrale. »

Il faut Ă©voquer la rĂ©ception, en grande pompe, au ministĂšre des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il Ă©tait le porte-parole de la scientologie.

Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « RĂ©publique, les Religions, l’EspĂ©rance », lorsqu’il reconnaĂźt « la lĂ©gitimitĂ© de certaines des nouvelles religiositĂ©s », estimant que le mot secte « est parfois utilisĂ© abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est prĂ©cisĂ©ment celui dont se rĂ©clame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires mĂȘme des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laĂŻcitĂ© une « laĂŻcitĂ© de combat ». InquiĂ©tant dĂ©voiement du sens des mots.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.