Petit historique de l’immigration en France:
« En France, l’immigration est très ancienne. Elle a surtout concernĂ© des personnes des classes supĂ©rieures jusqu’Ă la RĂ©volution industrielle, venant notamment dans l’entourage des souverains. L’immigration de travailleurs se fait en rĂ©ponse au malthusianisme des Français, sensible dès le milieu du XVIIIe siècle et les vagues d’immigration nombreuses suivent les phases de croissance Ă©conomique : 1850-1873 (1,5 million de personnes), 1896-1930 (2,5 millions de personnes) et 1945-1975 (4 millions de personnes), soit 25 fois plus que durant les « Grandes Invasions » de la fin de l’AntiquitĂ© et du haut Moyen Ă‚ge.
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Du milieu du XIXe siècle Ă 1914, les immigrĂ©s sont originaires des pays limitrophes de la France; principalement de Belgique et d’Italie, qui constituent les deux tiers des immigrants, mais aussi d’Allemagne, de Suisse et d’Espagne, qui constituent de 7% Ă 9% des immigrants en France alors qu’on compte moins de 5% de Britanniques, Russes et Austro-Hongrois et que la part des Ă©trangers non europĂ©ens est quasiment nulle. Le recensement de 1851 est le premier Ă faire apparaĂ®tre la catĂ©gorie « Ă©tranger » qui reprĂ©sente alors 1% de la population totale, 2 % vers 1872. Les Belges reprĂ©sentent 40% de cette immigration.
Durant l’Entre-deux-guerres, les Italiens constituent le groupe le plus important, alors que l’immigration des Belges, des Suisses et des Allemands s’attĂ©nue et que celle des Espagnols (rĂ©fugiĂ©s) et des Polonais s’intensifie. Ces derniers prĂ©sentent une nouveautĂ© : ils ne viennent pas d’un pays frontalier. La Seconde Guerre mondiale provoque de nombreux dĂ©parts, environ 300 000 Ă©trangers quittent la France entre septembre 1939 et juin 1940.
Après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’Ă la fin des annĂ©es 1960, les tendances prĂ©citĂ©es se maintiennent alors que l’immigration en provenance du Portugal puis du Maghreb et de l’Afrique noire s’intensifie. En 1970, l’immigration connaĂ®t une forte croissance non europĂ©enne et maghrĂ©bine. En 1975, les AlgĂ©riens sont le second groupe d’Ă©trangers le plus important en France, avec un taux de 20% des immigrants.
Après une pĂ©riode au cours de laquelle les pouvoirs publics favorisent l’immigration afin de satisfaire aux besoins de l’Ă©conomie française dans les annĂ©es 1960, la crise Ă©conomique des annĂ©es 1970 les pousse Ă mettre en place un contrĂ´le des flux migratoires. Ainsi les circulaires Marcellin – Fontanet, en 1972, lient l’attribution d’une carte de sĂ©jour Ă la possession d’un titre de travail et limitent les rĂ©gularisations. ValĂ©ry Giscard d’Estaing, nouveau prĂ©sident de la RĂ©publique, stoppe les nouvelles immigrations, sauf les regroupements familiaux qui formeront dĂ©sormais la plus grande partie de l’immigration lĂ©gale. Il propose Ă©galement une prime au retour (le « million StolĂ©ru »). En 1980, la loi Bonnet, qui durcit les conditions d’entrĂ©e sur le territoire français et facilite l’expulsion des immigrĂ©s clandestins, dĂ©clenche des grèves de la faim et doit ĂŞtre partiellement suspendue.
En 1981, le nouveau pouvoir socialiste procède Ă une rĂ©gularisation massive d’immigrĂ©s en situation irrĂ©gulière, assouplit les conditions de sĂ©jour des immigrĂ©s en annulant la loi Bonnet et supprime la prime d’aide au retour. Trois ans plus tard, la loi 84-622 instaure un titre unique de sĂ©jour de dix ans, dissociĂ© du titre de travail. Dans le mĂŞme temps le gouvernement propose Ă nouveau une aide Ă la rĂ©insertion des travailleurs Ă©trangers dans leur pays d’origine.
Lors du changement de pouvoir en 1986, le ministre de l’IntĂ©rieur, Charles Pasqua, fait adopter par le Parlement la loi n° 86-1025 du 9 septembre 1986, relative aux conditions d’entrĂ©e et de sĂ©jour des Ă©trangers en France, qui restreint l’accès Ă la carte de rĂ©sident et facilite les expulsions d’Ă©trangers en situation illĂ©gale. Le 8 octobre, l’expulsion de 101 Maliens dĂ©clenche une vague de protestations. En 1988, l’Office national d’immigration devient l’Office des migrations internationales (en 2005 ses attributions sont reprises par l’Agence nationale d’accueil des Ă©trangers et des migrations (ANAEM).
En 1989, la loi Pasqua est en partie adoucie. Le premier ministre, Michel Rocard, dĂ©clare l’annĂ©e suivante que « la France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais il faut qu’elle y prenne sa part ». Le gouvernement crĂ©e le Haut conseil Ă l’intĂ©gration, organisme consultatif.
Pendant l’Ă©tĂ© 1996, des manifestations en faveur de la rĂ©gularisation des Ă©trangers en situation irrĂ©gulière (que leurs dĂ©fenseurs appellent « sans-papiers ») aboutissent Ă l’occupation de plusieurs bâtiments publics. En aoĂ»t, la police expulse par la force des Africains qui occupent l’Ă©glise Saint-Bernard, Ă Paris. En avril 1997, la loi DebrĂ© est abrogĂ©e après un mouvement soutenu notamment par des rĂ©alisateurs de cinĂ©ma.
Peu après, le nouveau gouvernement de Lionel Jospin lance un nouveau processus de rĂ©gularisation d’Ă©trangers en situation irrĂ©gulière.
D’après le premier rapport annuel de la Commission europĂ©enne sur la migration et l’intĂ©gration, il est difficile d’obtenir une estimation fiable de la contribution budgĂ©taire nette des immigrants, bien que les immigrants soient soumis aux mĂŞmes obligations fiscales que les Français. Dans son ouvrage le Creuset français (publiĂ© en 1988, mis Ă jour en 2006), GĂ©rard Noiriel indique, en se basant notamment sur les travaux de Georges Mauco (1977), que les immigrĂ©s ont depuis la deuxième Guerre mondiale construit 90% des autoroutes françaises, une machine sur sept, et un logement sur deux.
Yves-Marie Laulan, Ă©conomiste et prĂ©sident de l’Institut de gĂ©opolitique des populations, estime le coĂ»t annuel de l’immigration en France Ă 36 milliards d’euros (soit l’Ă©quivalent de 80% du dĂ©ficit public annuel). Son Ă©tude, qui prend en compte le diffĂ©rentiel entre les recettes et les dĂ©penses apportĂ©es par les immigrĂ©s s’appuie notamment sur les travaux des professeurs d’Ă©conomie Jacques Bichot et GĂ©rard Lafay avec comme donnĂ©es principales les dĂ©penses en maintien de l’ordre, de la justice, frais de scolaritĂ©, de santĂ©, formation professionnelle, logement, coĂ»ts supplĂ©mentaires dans les quartiers dits « sensibles », les aides sociales diverses ou le regroupement familial.
Selon une autre Ă©tude de Jacques Bichot pour l’Institut Thomas More, ce coĂ»t serait de 24 milliards d’euros pour l’annĂ©e 2005.
Ces calculs rejoignent en partie ceux plus anciens de Maurice Allais, « prix Nobel » d’Ă©conomie 1988. Celui-ci a calculĂ© que, lorsqu’un travailleur immigrĂ© entre dans un pays, il faut consacrer une Ă©pargne quatre fois supĂ©rieure Ă son salaire annuel pour construire les Ă©quipements (Ă©cole, logement, hĂ´pital…) dont il a besoin, charge relevant en France de la collectivitĂ©. »
Tiré de Wikipédia
« L’effondrement dĂ©mographique de l’Europe
La population de l’Union europĂ©enne Ă quinze membres, avant l’Ă©largissement de 2004, se caractĂ©risait dĂ©jĂ comme Ă©tant la population la plus âgĂ©e du monde. En 2004, la part des enfants et jeunes âgĂ©s de moins de vingt ans est infĂ©rieure Ă celle des personnes âgĂ©es de plus de soixante ans. Cette situation est rĂ©vĂ©lĂ©e plus encore par la comparaison du rapport dit de vieillissement dĂ©mographique par zone rĂ©gionale.
Ce rapport est Ă©gal au quotient de la « post fĂ©conditĂ© » sur la « prĂ© fĂ©conditĂ© », soit le nombre de seniors (personnes âgĂ©es de plus de cinquante ans) sur le nombre d’enfants et jeunes âgĂ©s de moins de vingt ans. Pour l’Union europĂ©enne des Quinze – avant l’Ă©largissement donc – ce rapport Ă©tait de 1,5 et, si l’on examine le dĂ©tail du vieillissement par nation, les situations les plus graves sont celles de l’Italie (1,85) et de l’Allemagne (1,7) tandis que la France affiche un rapport de 1,28, donc infĂ©rieur Ă la moyenne europĂ©enne. Autrement dit, pour les Quinze, la « vieillesse » est dĂ©jĂ Ă 50 % plus prĂ©sente que la « jeunesse » et pour certains pays, comme l’Italie et l’Allemagne, on tend vers les 2 « seniors » pour 1 jeune.
Regardons ce chiffre en AmĂ©rique du Nord, dans l’espace ALENA. Le rapport y est de 0,74 : ce qui signifie que les personnes âgĂ©es de moins de vingt ans sont plus nombreuses encore que celles de plus de cinquante. La dĂ©mographie nord-amĂ©ricaine est donc beaucoup moins dĂ©clinante que celle de l’Europe.
Quant aux zones Ă©conomiquement Ă©mergentes comme l’Inde et la Chine, leur entrĂ©e dans le vieillissement est bien plus rĂ©cente que la nĂ´tre ; la jeunesse y reste nombreuse : en Chine il y a presque deux fois plus de jeunes de moins de vingt ans que de personnes de plus de cinquante (le rapport est de 0,58); trois fois plus en Inde (rapport de 0,34). Enfin, le record de jeunesse est affichĂ© par les pays musulmans (très contrastĂ©e cependant entre les mondes arabe, turc, asiatique et africain) dont le rapport de vieillissement dĂ©mographique est de 0,22 (soit une « jeunesse » cinq fois plus reprĂ©sentĂ©e que les seniors).
L’effondrement de la fĂ©conditĂ© est un phĂ©nomène qui touche le monde entier, Ă l’exception toutefois de l’Afrique subsaharienne qui n’est pas encore entrĂ©e dans le processus d’inversion de la pyramide des âges. Mais si le monde entier (sauf l’Afrique noire donc) se trouve dans le processus d’inversion de cette pyramide, il est important de souligner que ce sont les EuropĂ©ens qui y sont entrĂ©s les premiers. Or dans l’histoire, le dĂ©calage temporel entre les diffĂ©rentes aires gĂ©ographiques est dĂ©cisif, car les flux de migrations vont depuis toujours des zones les plus jeunes vers les zones les plus âgĂ©es. C’est l’excĂ©dent dĂ©mographique europĂ©en, Ă la sortie du Moyen Age, qui a provoquĂ© le repeuplement du continent amĂ©ricain Ă partir du XVIème siècle. IntĂ©ressons-nous donc Ă ce dĂ©calage temporel entre zones gĂ©ographiques. L’inversion de la pyramide des âges signifie que la part des plus de soixante ans devient supĂ©rieure Ă celle des moins de vingt ans. Dès 1965, la Suède est entrĂ©e dans l’inversion ; l’ensemble de l’Union au dĂ©but des annĂ©es 1980, la Russie en 1995, l’ALENA et la Chine devraient y entrer autour de 2010, l’Afrique du Nord autour de 2030 et l’ensemble du monde musulman au dĂ©but des annĂ©es 2040.
L’Union europĂ©enne est donc bien confrontĂ©e Ă un dĂ©fi dĂ©mographique d’importance majeure : sa propre survie est en jeu car elle dĂ©jà « vieille » au moment oĂą tous ses autres concurrents gĂ©opolitiques sont encore « jeunes ».
L’explication de ce vieillissement accĂ©lĂ©rĂ© ne rĂ©side toutefois pas seulement dans l’allongement de la durĂ©e de la vie, consĂ©quence du dĂ©veloppement matĂ©riel de l’Occident. Pour large partie, elle rĂ©sulte d’un effondrement de la natalitĂ©. Sur les vingt-cinq pays de l’Union Ă©largie, dix-sept (dont ceux d’Europe centrale) connaissent en effet des excĂ©dents de dĂ©cès par rapport aux naissances. Il y a trente ans, sur les territoires europĂ©ens correspondant Ă l’Europe des Quinze et qui comptaient alors 330 millions d’habitants, le nombre annuel de naissances Ă©tait supĂ©rieur Ă six millions. S’agissant des mĂŞmes pays, il s’est aujourd’hui effondrĂ©, passant de 6 Ă 4 millions, alors que la population europĂ©enne considĂ©rĂ©e croissait de 50 millions. Autre chiffre frappant : avec ses quelques 380 millions d’habitants, l’Union europĂ©enne des quinze pays d’avant l’Ă©largissement de 2004 n’avait pas plus de naissances que les Etats-Unis avec leurs 295 millions de citoyens ! Or l’Ă©largissement n’apporte aucune solution au problème de la dĂ©natalitĂ©. Bien au contraire, il l’aggrave. Chaque annĂ©e, l’Europe orientale perd 200 000 habitants. Et l’Union europĂ©enne, dans son ensemble, verra sa population dĂ©croĂ®tre d’ici 25 ans : de 458 millions d’habitants aujourd’hui, elle passera Ă 469,5 en 2025 (soit + 2%), puis Ă 468, 7 millions en 20304. La situation est encore pire au-delĂ des frontières de la Grande Europe. La Russie, la BiĂ©lorussie et l’Ukraine ensemble perdent 1,2 millions d’habitants par an5.
C’est donc bien Ă un phĂ©nomène de dĂ©peuplement massif de l’Europe par ses populations autochtones auquel nous assistons, la dĂ©natalitĂ© expliquant largement le vieillissement voire la rĂ©duction des populations.
Le repeuplement de l’Union par des populations extra-europĂ©ennes
Parallèlement au recul de ses populations de souche, l’Union europĂ©enne affronte depuis le dernier tiers du XXème siècle, un autre dĂ©fi majeur : l’Ă©tablissement en masse sur les sols nationaux de populations d’origine extra-europĂ©enne. Très logiquement, les migrants viennent compenser (pour partie) le dĂ©peuplement europĂ©en. Deux aires gĂ©ographiques sont Ă distinguer de ce point de vue au sein de l’Union : d’une part, la nouvelle Europe, celle de l’Elargissement, qui se dĂ©peuple Ă grande vitesse et n’est que très peu concernĂ©e par les flux migratoires extra-europĂ©ens ; d’autre part, l’Europe occidentale – celle que l’on appelle parfois la « vieille Europe » mais qui n’a pas plus d’anciennetĂ© historique que la « nouvelle »…
Son accroissement naturel (soustraction des dĂ©cès aux naissances) n’est, pour quinze pays, que de + 400 000, tandis que son solde migratoire annuel est de l’ordre de + 1,6 millions de personnes. Autrement dit, l’immigration (lĂ©gale) est quatre fois plus importante que l’accroissement naturel des citoyens europĂ©ens (qui Ă©videmment ne sont pas uniquement des EuropĂ©ens de souche). Si l’immigration progresse 4 fois plus vite que l’accroissement naturel (lequel, faut-il encore le rĂ©pĂ©ter, comptabilise la natalitĂ© des immigrĂ©s arrivĂ©s les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes), on peut alors en conclure aisĂ©ment que la population europĂ©enne est en passe d’ĂŞtre remplacĂ©e, sur un temps historique relativement court, par des populations non europĂ©ennes.
Officiellement, selon Eurostat, l’Union des Quinze comptait 15 millions d’Ă©trangers extra europĂ©ens ne disposant pas de la citoyennetĂ© d’un pays membre. Ce qui reprĂ©sente environ 4% de la population de cet ensemble. Mais ce chiffre ne prend pas en compte les populations extra europĂ©ennes, très nombreuses, qui ont acquis la citoyennetĂ© de l’un des pays de l’Union. Nous ne disposons pas de chiffres sĂ»rs Ă l’Ă©chelle europĂ©enne parce que, dans leurs statistiques officielles, plusieurs pays ne distinguent pas, une fois la nationalitĂ© acquise, les citoyens selon leur origine ethnique. Toujours est-il que l’on estime le nombre d’immigrĂ©s arrivant en France chaque annĂ©e entre 300 000 et 400 000.
ConsidĂ©rons le cas français, l’un des pays les plus concernĂ©s par les flux migratoires extra-europĂ©ens. Nous disposons de chiffres rĂ©cents de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Officiellement, 9 % de la population de la France mĂ©tropolitaine8 est originaire du continent africain et d’Eurasie (Turquie). A eux seuls, ces 9 % assurent 16 % des naissances en France (qui donnent accès Ă la nationalitĂ© française), soit 110 000 naissances. Une projection pour 2030 ouvre sur la perspective suivante : dans 25 ans, la France compterait 10 millions de rĂ©sidants lĂ©gaux d’origine extra-europĂ©enne, ce qui reprĂ©senterait 15 % de la population (on serait donc passĂ© de 9 % Ă 15 %) et 30 % des naissances. Autrement dit, au tiers de ce siècle, un tiers de la « future France » serait dĂ©jĂ d’origine extra-europĂ©enne9. Dans ces conditions, il paraĂ®t assurĂ© qu’Ă la fin du siècle, la population de France serait très majoritairement de souche extra-europĂ©enne, les derniers « Gaulois » Ă©tant en train de mourir… Selon Michèle Tribalat, dĂ©mographe Ă l’Institut national d’Ă©tudes dĂ©mographiques (INED), près de 14 millions de Français avaient en 1999 un parent ou un grand-parent immigrĂ©, soit 23 % de la population. Dans « L’avenir du travail », paru en 2007, Jacques Attali nous dit : « Pour sauver les retraites, le 3ème choix consisterait Ă accueillir 2 millions d’Ă©trangers par an entre 2020 et 2040, ce qui se traduirait par l’entrĂ©e sur notre sol de 93 millions d’immigrĂ©s; la France compterait alors 187 millions d’habitants dont 68% d’immigrĂ©s de première ou de deuxième gĂ©nĂ©ration.
Or, jusqu’Ă prĂ©sent nous n’avons considĂ©rĂ© que l’immigration lĂ©gale, comptabilisĂ©e officiellement et soutenue par les « Etats providence » europĂ©ens.
L’immigration illĂ©gale est un phĂ©nomène qui pèse aussi Ă cĂ´tĂ© de l’immigration lĂ©gale, et ceci de manière croissante puisqu’il s’accĂ©lère dans tous les pays europĂ©ens. En France, les autoritĂ©s arrĂŞtent en moyenne 10 000 clandestins par an et estiment qu’il ne s’agit lĂ que d’un dixième environ des flux illĂ©gaux. Les optimistes penchent pour 100 000 entrĂ©es illĂ©gales par an, les pessimistes pour 300 000. Selon Maxime Tandonnet, spĂ©cialiste des flux migratoires au Ministère de l’IntĂ©rieur français, plus de 600 000 immigrĂ©s en situation irrĂ©gulière vivent en France en 2004.
Les facteurs d’amplification du phĂ©nomène
Pour quelles raisons, en effet, la pression migratoire du Sud sur l’Union europĂ©enne va-t-elle s’aggraver ? Comparons l’Ă©volution quantitative des populations de la rive Nord et de la rive Sud de la MĂ©diterranĂ©e. Sur la rive Nord nous rassemblons le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce ; sur la rive Sud, en faisant le tour du « boulevard pĂ©riphĂ©rique mĂ©diterranĂ©en », le Maroc, l’AlgĂ©rie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, la Turquie, les 4/5 de la population de Chypre, la Syrie, la Palestine, le Liban et la Jordanie. IsraĂ«l est mis Ă part car c’est un pays d’accueil d’une forte immigration juive et très peu un pays source.
La rive Nord (europĂ©enne) compte aujourd’hui environ 180 millions d’habitants tandis que la rive Sud en compte 240 millions. En 2030, dans 25 ans, la rive Nord aura perdu – si l’on ne compte pas l’afflux d’immigrĂ©s extra-europĂ©ens qu’elle connaĂ®tra certainement – 6 millions d’habitants, tandis que la rive Sud dĂ©passera les 300 millions d’habitants16. Les dĂ©mographies italienne et espagnole connaĂ®tront un recul particulièrement terrible. On aura donc « face Ă face », dans l’interface mĂ©diterranĂ©enne, deux fois plus de population au Sud qu’au Nord…
Or ce rĂ©servoir dĂ©mographique qui fait face aux rivages mĂ©diterranĂ©ens de l’Europe est caractĂ©risĂ© notamment par le plus fort taux d’Ă©migration du monde. Alors que la moyenne mondiale se situe Ă 2 % de la population (qui Ă©migre chaque annĂ©e), le taux de dĂ©part moyen en MĂ©diterranĂ©e est de 5 % de la population17. Taux supĂ©rieur Ă la zone CaraĂŻbes et Ă l’Asie. Traduisons cela en donnĂ©es quantitatives : depuis le dĂ©but des annĂ©es 1960, près de 20 millions des ressortissants des pays de la rive Sud ont Ă©migrĂ© (pas seulement vers l’Europe, mais aussi vers l’AmĂ©rique du Nord). Or cette rĂ©alitĂ© dĂ©mographique de la rive Sud doit ĂŞtre combinĂ©e avec les risques gĂ©opolitiques qui pèsent dans la rĂ©gion.
Le premier risque majeur est celui de l’Ă©volution des rĂ©gimes du monde mĂ©diterranĂ©en musulman vers l’islam politique (l’islamisme). La persistance du conflit israĂ©lo-palestinien, la prĂ©sence amĂ©ricaine en Irak, la collaboration de leurs gouvernements avec les Etats-Unis d’AmĂ©rique perçue par une très large majoritĂ© des Arabes d’Afrique du Nord comme du Levant comme une aliĂ©nation et une humiliation, l’absence de vĂ©ritable dĂ©veloppement socio-Ă©conomique au-delĂ de marques Ă©videntes de croissance, tout ceci contribue Ă faire le lit de l’islamisme. Quel est, dans ces conditions, le degrĂ© de soliditĂ© des rĂ©gimes de certains de ces pays ?
Deuxième phĂ©nomène Ă prendre en compte : les consĂ©quences de la rĂ©volution Ă©conomique mondiale causĂ©e par l’Ă©mergence de l’Asie et notamment de la Chine. Sous pression croissante et pour rester compĂ©titives, les Ă©conomies europĂ©ennes risquent de connaĂ®tre un glissement vers l’Ă©conomie souterraine. DĂ©jĂ 10 % du PNB de l’Espagne et 30 % du PNB de l’Italie ou de la Grèce sont le « fruit » de l’Ă©conomie parallèle. Plus l’Europe vieillit, plus les Etats providence sont confrontĂ©s aux coĂ»ts de la vieillesse et de la santĂ©, plus l’Ă©conomie en subit les consĂ©quences, et plus celle-ci cherche naturellement Ă se soustraire Ă la ponction fiscale, en dĂ©localisant ou en fraudant.
Or, qui dit plus d’Ă©conomie clandestine dit davantage d’emplois clandestins. Des pans entiers des Ă©conomies europĂ©ennes risquent donc de recourir Ă de l’emploi Ă©tranger et clandestin ou mĂŞme lĂ©gal dans la mesure oĂą « l’immigrĂ© » est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme moins exigeant en matière de conditions de travail et de niveau de rĂ©munĂ©ration : il n’a tout simplement pas le choix ! Il y a une pompe aspirante de l’immigration lĂ©gale et illĂ©gale qui est d’essence Ă©conomique, de nombreux acteurs de l’Ă©conomie jugeant que la « mondialisation » leur permet de rester compĂ©titif face Ă la capacitĂ© d’adaptation remarquable des Etats-Unis et surtout face au dĂ©fi chinois et plus largement asiatique. (Voir la vidĂ©o ci-dessous Ă propos de la rĂ©gularisation des immigrĂ©s clandestins embauchĂ©s)
A propos de mondialisation, parmi les multiples consĂ©quences, positives ou nĂ©gatives d’ailleurs, de celle-ci, figure l’aggravation du poids des mafias transĂ©tatiques. La globalisation financière et la libertĂ© de tous les flux favorisent en effet les structures trans-Ă©tatiques illicites. Or l’un des secteurs lucratifs
de ces mafias est justement le « marchĂ© de l’immigration clandestine ». Plus la demande migratoire augmente, plus les maffias prospèrent, et plus celles-ci prospèrent, plus elles sont en mesure de dĂ©velopper de nouvelles filières d’immigration clandestine et donc de susciter l’offre.
L’analyse des flux d’immigration clandestine rĂ©vèle le poids des rĂ©seaux albanais, yougoslaves, chinois, russes… Le trafic d’ĂŞtres humains se combine d’ailleurs souvent avec le trafic de drogue, les immigrĂ©s clandestins Ă©tant souvent obligĂ©s de payer leur passage en jouant le rĂ´le de revendeurs ou de passeurs de drogues et hypothĂ©quant ainsi fortement les chances de leur libertĂ© et de leur dignitĂ© futures. Les mafias marocaines en particulier obligent nombre de leurs candidats Ă l’Ă©migration Ă leur acheter du haschisch du Rif qu’ils devront revendre en Espagne, en France ou en Belgique pour survivre dans les premiers mois de leur arrivĂ©e ! S’agissant du Maroc, ce trafic d’humains couplĂ© Ă un trafic de stupĂ©fiants pèse de l’ordre de 10 milliards de dollars par an…
Mais les perspectives d’immigration ne sauraient se limiter au constat d’un diffĂ©rentiel dĂ©mographique bĂ©ant entre rive Nord et rive Sud, Ă la pression asiatique sur les Ă©conomies europĂ©ennes qui dĂ©terminera chez de nombreux acteurs un comportement favorable Ă l’immigration, ou encore au risque de basculement dans l’islamisme de pays du Maghreb ou du Machrek. Une question souvent ignorĂ©e, en effet, est celle des perspectives post-pĂ©trolières dans le Golfe arabo-persique. Aujourd’hui, a-t-on bien conscience que le Golfe arabo-persique, grâce Ă son Ă©conomie pĂ©trolière et gazière, absorbe une proportion importante de l’Ă©migration asiatique, Ă©gyptienne et turque qui aurait pu venir jusqu’en Europe ? Six pays du Golfe, dont la population arabe autochtone est relativement faible, absorbent Ă eux seuls plus de onze millions d’immigrĂ©s : des Pakistanais, des Hindous, des Philippins, des Egyptiens, des Turcs…
Or deux remarques sont Ă faire concernant l’Ă©volution du profil de cette immigration dans la zone « tampon » du Golfe situĂ©e entre Europe et Asie. D’une part la proportion des Arabes par rapport aux Asiatiques tend Ă diminuer. En 1990, les Egyptiens formaient encore 40 % des actifs en Irak et au KoweĂŻt. Aujourd’hui, plus de 70 % de la main d’oeuvre est asiatique. Les raisons de cette Ă©volution sont Ă©videmment multiples. Mais il faut insister sur la peur de l’islamisme dans les pays du Golfe qui risque de pousser ceux-ci Ă favoriser la venue d’immigrĂ©s asiatiques non musulmans, comme Ă©galement sur le fait que l’asiatique est souvent rĂ©putĂ© plus travailleur que le mĂ©diterranĂ©en. Songeons maintenant Ă ce qui se passera lorsque nous entrerons pleinement dans une nouvelle rĂ©volution Ă©nergĂ©tique mondiale, c’est-Ă -dire, sans doute autant pour des raisons d’Ă©puisement des ressources elles-mĂŞmes que de saturation en gaz Ă effet de serre de notre atmosphère terrestre, lorsque l’humanitĂ© aura enfin choisi de se libĂ©rer des hydrocarbures. Que se passera-t-il alors ? Le Golfe sera-t-il encore cette zone tampon placĂ©e sur le chemin de cette « marche vers l’ouest » de millions de migrants asiatiques ? N’iront-ils pas plutĂ´t alors grossir les rangs de l’Ă©migration vers
l’Europe ?
Autant la carte gĂ©opolitique de l’Europe est pacifiĂ©e, autant celle du Moyen-Orient ne l’est pas. Personne ne peut affirmer, par exemple, que les minoritĂ©s kurdes, incorporĂ©es aujourd’hui dans tel ou tel Etat-nation, le seront encore demain. Le peuple kurde, sans Etat et dans des frontières Ă©tatiques parfois fragiles, constitue encore un formidable rĂ©servoir d’Ă©migration vers l’Europe. DĂ©jĂ 2,5 millions de Kurdes vivent en Allemagne ; 200 000 en France et 200 000 en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.
L’Europe, victime d’abord d’elle-mĂŞme ?
Tous les Ă©lĂ©ments que nous avons pointĂ©s jusqu’ici tĂ©moignent d’une extraordinaire fragilitĂ©, d’un terrifiant abaissement. Et au fond, cette faiblesse de l’Europe face au dĂ©fi de l’immigration n’est-elle pas finalement la principale menace qui pèse sur elle ? L’Europe accepte le fait accompli de l’immigration illĂ©gale en rĂ©gularisant sans cesse davantage. Chaque annĂ©e, sur le territoire de l’Union des Quinze (avant l’Ă©largissement de 2004 donc), entrait environ un demi million de clandestins (c’est Ă©videmment une estimation). Chaque annĂ©e le nombre de personnes rĂ©gularisĂ©es après avoir enfreint les lois europĂ©ennes ne cesse d’augmenter sur tout le territoire de l’Union : 220 000 rĂ©gularisations en France ces trois dernières annĂ©es ; 50 000 en Belgique ; 720 000 en Grèce ; 1,5 million en Italie (dont 700 000 pour la seule annĂ©e 2002) ; 575 000 en Espagne ; 240 000 au Portugal.
On oublie souvent que la mĂ©canique du regroupement familial fait (en France notamment mais aussi dans plusieurs autres pays de l’Union) qu’une seule rĂ©gularisation signifie du mĂŞme coup trois, quatre ou cinq nouveaux immigrĂ©s lĂ©gaux. 20 000 personnes rĂ©gularisĂ©es peuvent faire d’un coup jusqu’Ă 100 000 nouveaux immigrĂ©s lĂ©gaux…
L’Union europĂ©enne est donc entrĂ©e, en profondeur, dans un processus qui, Ă l’issue de ce siècle, aura abouti au remplacement de sa population d’origine par des populations non europĂ©ennes, africaines et asiatiques. L’Europe sera-t-elle encore europĂ©enne Ă la fin du XXIème siècle ?
Mais ce que connaĂ®t notre civilisation europĂ©enne, hĂ©ritière de Rome et des cathĂ©drales du Moyen-Age, est Ă diffĂ©rencier de la situation nord-amĂ©ricaine, des Etats-Unis en particulier. Le dernier livre de l’universitaire amĂ©ricaine Samuel Huntington montre en effet que si l’AmĂ©rique tend Ă perdre sa dominante WASP25, elle reste nĂ©anmoins culturellement chrĂ©tienne. Plus que cela, les guerres dans lesquelles elle est entrĂ©e contribuent, au-delĂ des fractures communautaristes, Ă refonder la nation amĂ©ricaine autour d’une religiositĂ© commune. Les Etats-Unis continuent donc, Ă partir de plusieurs souches ethniques, Ă fabriquer des AmĂ©ricains.
Au contraire, il y a peu d’espoir que l’Union europĂ©enne, Ă partir de populations ethniquement extraeuropĂ©ennes, ne parvienne Ă fabriquer des EuropĂ©ens de culture. D’abord parce qu’Ă la diffĂ©rence des Etats-Unis – qui absorbent une majoritĂ© de ChrĂ©tiens et parvient encore Ă convertir une proportion significative de ceux qui ne l’Ă©taient pas -, la grande majoritĂ© des migrants vers l’Europe n’est pas de religion chrĂ©tienne; ensuite, parce que la volontĂ© de « convertir » ces migrants, si ce n’est Ă la religion des EuropĂ©ens, du moins aux valeurs qui en dĂ©coulent, a disparu.
Non seulement la construction europĂ©enne telle qu’elle est envisagĂ©e aujourd’hui participe Ă l’affaiblissement des identitĂ©s nationales, mais aucune identitĂ© europĂ©enne de substitution n’est proposĂ©e en lieu et place de celles-ci. En consĂ©quence, l’immigrĂ© extra-europĂ©en est accueilli par un ensemble Ă©conomique progressivement vidĂ© de ses contenus identitaires et dans lequel il n’a aucune chance de s’assimiler puisqu’il n’a plus rien Ă assimiler.
Plus les annĂ©es passeront, moins les Ă©coles europĂ©ennes seront en mesure d’assimiler les petits enfants d’origine extra-europĂ©enne. Regardons Ă ce propos les chiffres en France et notamment celui des effectifs des enfants d’immigrĂ©s d’origine extra-europĂ©ennes (âgĂ©s de moins de 15 ans) : ils constituent dĂ©jĂ 13 % des enfants dans les classes. En 2030, ce chiffre sera passĂ© Ă 25 % mais dans les grands centres urbains (Paris, Marseille, Strasbourg…) cette proportion pourra ĂŞtre de 50 voire 75 %. On voit bien que l’idĂ©e mĂŞme d’assimilation n’a dĂ©jĂ plus de sens.
Est-il encore temps d’Ă©laborer et d’appliquer des remèdes efficaces pour l’avenir ? Nous l’ignorons. Ce que nous savons en revanche, c’est que les actuelles pistes de rĂ©flexion Ă©tudiĂ©es par la Commission europĂ©enne nous apparaissent dĂ©risoires au regard de l’enjeu de civilisation dont il est question. Croit-on sĂ©rieusement que c’est en se penchant sur l’organisation du temps de travail des salariĂ©s, sur l’Ă©galitĂ© entre hommes et femmes sur les lieux de travail ou sur une politique savoureusement dite du « vieillissement actif » que l’Europe comblera son dĂ©ficit de millions de naissances ?… Cette vision, consistant en l’arasement des prioritĂ©s (et donc des urgences), en la confusion de l’essentiel et de l’accessoire, ou plus exactement, des ambitions et des moyens, nous paraĂ®t bien peu promettre pour
l’avenir.
C’est d’un vĂ©ritable « Plan Marshall » de la natalitĂ©, de la politique familiale et de la rĂ©duction de l’immigration extra-europĂ©enne dont l’Europe a besoin, dont certaines mesures peuvent ĂŞtre dĂ©jĂ avancĂ©es : politique d’immigration sĂ©lective ; abolition du regroupement familial dans les pays oĂą il existe ; obligation de mise Ă niveau culturel minimal pour les candidats Ă l’immigration ; obligation rĂ©elle de conformation aux coutumes et règles de vie des pays d’accueil ; politique d’encouragement au retour, en diminuant notamment l’accès aux prestations sociales ; politiques actives d’aide au dĂ©veloppement des pays d’Ă©migration ; …
Ajoutons, avant de conclure, que la coupable faiblesse des pays europĂ©ens en matière d’immigration, alliĂ©e Ă un sentiment d’insĂ©curitĂ© Ă©conomique en cours de gĂ©nĂ©ralisation, fait Ă l’Ă©vidence le lit d’une « nouvelle xĂ©nophobie », d’un nouveau ras le bol toujours plus perceptible du « petit blanc ». On commence Ă parler – en France notamment – d’un racisme anti-blanc : cette reconnaissance, y compris mĂ©diatique, d’un fait dĂ©jĂ ancien risque d’ĂŞtre le prĂ©lude, si rien n’est fait, Ă une rĂ©action politique vigoureuse, incontrĂ´lĂ©e et – comme toujours, lorsque le mal est compris trop tardivement – excessive des populations ?
Notre conclusion est donc radicale ou sombre : ou bien l’Union europĂ©enne lance dans les prochaines annĂ©es une sorte de « Plan Marshall » dĂ©mographique ou bien la civilisation europĂ©enne, en tant que civilisation vivante incarnĂ©e, aura disparu Ă l’issue de ce siècle… »
« L’immigration extraeuropĂ©enne, un dĂ©fi majeur pour l’Union EuropĂ©enne », par Aymeric Chauprade, directeur des Ă©tudes de gĂ©opolitique du Collège InterarmĂ©es de DĂ©fense (Paris), publiĂ© par l’Institut Thomas More
Commentaire:
La seule suggestion que je pourrais ajouter Ă ce parfait rĂ©sumĂ© de la situation europĂ©enne par rapport Ă l’immigration est que l’encouragement clair aux populations extra-europĂ©ennes de venir s’installer en Europe par l’absence de toute mesure d’une quelconque dissuasion peut sans doute ĂŞtre liĂ© Ă la volontĂ© mondialiste du cosmopolitisme et de la dislocation des nations europĂ©ennes dans le processus d’unification de l’Union EuropĂ©enne. En effet, si les États-Unis ont tout intĂ©rĂŞt Ă ne rester qu’un bloc qui ne peut se permettre de voir apparaĂ®tre des revendications sĂ©paratistes menaçant son unitĂ©, l’Union EuropĂ©enne est en pleine accĂ©lĂ©ration et radicalisation des procĂ©dures visant Ă unifier l’ensemble des nations europĂ©ennes en une seule entitĂ© europĂ©enne. De fait, tout ce qui peut accĂ©lĂ©rer l’affaiblissement des cultures et identitĂ©s nationales est sans doute jugĂ© utile par les dirigeants europĂ©istes. Si l’on approfondit encore, on s’accordera sans doute sur le fait que la mondialisation et le mondialisme galopants envoient un signal fort au cosmopolitisme, et donc Ă une politique de mĂ©tissage, qui se concrĂ©tisera de plus en plus au fur Ă mesure que le monde se rĂ©duira Ă l’Ă©tat de « village ». Cette accentuation de l’absorption europĂ©enne des populations Ă©trangères, tout comme l’Ă©lection d’un mĂ©tis noir au poste de prĂ©sident de la nation la plus puissante du monde, qui compte elle aussi Ă©normĂ©ment d’habitants de cultures extra-amĂ©ricaines bien qu’attachĂ©es Ă l’identitĂ© amĂ©ricaine, ne sont sans doute pas des signes anodins, il s’agit de toute Ă©vidence d’une prĂ©paration du terrain. En outre, l’Union EuropĂ©enne, gĂ©ographiquement plus concernĂ©e par ces mouvements de populations, pourrait, d’ici peut-ĂŞtre une vingtaine d’annĂ©es, rĂ©chauffer tant ses rapports avec l’autre rive de la mĂ©diterranĂ©e, par le biais d’institutions comme, par exemple, une Union MĂ©diterranĂ©enne, qu’une sorte d’Empire EuropĂ©en finirait par s’Ă©tendre jusqu’aux pays du Maghreb, ce que de nombreux personnages occidentaux de l’Ă©lite mondialiste espèrent dĂ©jĂ .
En somme, le facteur du cosmopolitisme me semble jouer un rĂ´le important dans l’orientation des politiques d’immigration. Cependant, au niveau culturel et identitaire, le rĂ©sultat de ce mĂ©tissage que l’on a d’ores et dĂ©jĂ pu observer est que, Ă l’inverse d’un apport Ă l’enrichissement moral et intellectuel par la cohabitation Ă©troite de deux cultures distinctes dans un mĂŞme pays, il semble y avoir une destruction claire des deux cultures Ă la fois, car le jeune mĂ©tis, pris entre deux identitĂ©s diffĂ©rentes, souvent victime de discrimination alors qu’un de ses parents est citoyen de naissance et de culture du pays qu’il habite, aura plus de mal Ă s’apparenter Ă des racines culturelles bien dĂ©finies, qui l’aideront Ă fonder sa personnalitĂ©, qu’un individu dont l’ethnie est sans Ă©quivoque. Cet aspect destructeur ferait, lui aussi, le bonheur des protagonistes des marchĂ©s occidentaux, voire mondiaux, qui trouveront lĂ une aide consĂ©quente Ă la pensĂ©e de masse consommatrice. On n’en est plus Ă une dĂ©gĂ©nĂ©rescence de plus ou de moins pour contribuer Ă transformer de jeunes gens dĂ©sorientĂ©s et aveuglĂ©s en machine organique Ă consommer.
On peut donc s’inquiĂ©ter quant aux capacitĂ©s rĂ©elles qu’ont nos gouvernements Ă jouer avec un feu si vif qu’il pourrait les brĂ»ler Ă tout instant, Ă©tant donnĂ© qu’ouvrir la porte Ă tant de dĂ©sordres internes et d’Ă©ventuelles revendications territoriales, culturelles, sociales, religieuses et j’en passe, pourrait permettre l’apparition de groupes dĂ©tachĂ©s de quelque influence europĂ©en que ce soit. On se demande Ă©galement comment un gouvernement peut applaudir Ă l’idĂ©e de constituer son pays de 70% d’habitants d’origine extra-europĂ©enne, car quel serait sa lĂ©gitimitĂ© pour contrĂ´ler une population si diffĂ©rente des moeurs du pays d’exemple, Ă moins de se conformer aux attentes de cette dernière et de lĂ©ser par consĂ©quent les 30% des citoyens restant, qui, eux, sont d’ethnie du pays natal ? Il faudra forcĂ©ment qu’une certaine politique d’assimilation apparaisse un jour ou l’autre, sans quoi les apprentis sorciers, bien que malins, auront tĂ´t fait de voir leur crĂ©ation ubuesque prendre son indĂ©pendance vis-Ă -vis d’eux.
Bref, ce commentaire n’est que ma pensĂ©e personnelle sur les faits, appuyĂ©es par des Ă©lĂ©ments concrets, et il se peut que des mesures futures rĂ©duisent le caractère catastrophique de la situation. Cependant, l’immigration me semble un domaine Ă grande importance dans la marche de l’empire amĂ©rico-europĂ©en; un empire qui, si le caractère europĂ©en se dĂ©sagrère au point que tout ce que nous avons relevĂ© le laisse entendre, pourrait ne plus ĂŞtre dominĂ© que par une seule identitĂ©: l’amĂ©ricaine.
Régis Mex, pour Mecanopolis
NB: Je vous recommande cette vidéo, qui reprend les points essentiels du sujet en une petite vingtaine de minutes: