Category: Politique française

fév 01 2010

Guerre ouverte entre Villepin et Sarkozy (vidéo)

C’est la guerre ouverte. Vendredi soir sur Canal+, Dominique de Villepin a porté des accusations d’une violence inouïe contre Nicolas Sarkozy, l’accusant de «duplicité». Selon lui, le procureur de la République Jean-Claude Marin aurait décidé de faire appel sur ordre du chef de l’Etat, à l’issue d’une réunion qui se serait tenue jeudi à l’Elysée, alors même que Sarkozy semblait vouloir passer à autre chose. Aux journalistes stupéfaits par cette affirmation péremptoire, il a assuré n’avoir «pas l’ombre d’un doute» sur cette «information» qu’il tient de «fonctionnaires de la présidence de la République».

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C’est peu dire, donc, que le nouveau procès imposé par le procureur Marin a provoqué la colère des amis de l’ex-Premier ministre. Déchaînés, ils évoquaient ouvertement la possibilité d’une prochaine scission de l’UMP, avec, à la clé, la création d’un nouveau parti politique. Ceux qui jugeaient «probable» une candidature Villepin à la présidentielle de 2012 la disent désormais «certaine». Ils assumeront sans états d’âme une défaite de la droite dans deux ans.

Qu’un procureur choisisse d’annoncer sa décision au micro d’une radio constitue, pour Villepin et ses amis une illustration supplémentaire de la grossièreté du sarkozysme. Un régime qui salit la République et ses institutions. Sarkozy? Ce n’est, pour son rival, qu’un bloc d’ambition pure et de haine, sans conviction, sans idées, sans cette «passion de servir» dans laquelle se drape l’ancien Premier ministre.

Ses amis et admirateurs le décrivaient vendredi comme une sorte de fauve dont les blessures ne font qu’accroître «la détermination». «Plus on l’attaque plus son énergie est forte», assurait Brigitte Girardin, animatrice du Club Villepin. Au porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui ironisait jeudi sur un Villepin remis en selle «mais sans cheval», un proche de l’ex-chef de gouvernement réplique, triomphant : «Ce n’est pas un cheval, c’est une cavalerie qu’ils nous ont donné !» Villepin lui-même aurait reçu de très nombreux messages de soutien. Y compris de «deux anciens Premier ministres». Les députés villepinistes assurent que dans leurs circonscriptions, les élus et militants UMP faisaient part jeudi leur satisfaction de voir enfin «tournée» la page de la division. Vendredi, les mêmes manifestaient leur consternation face à «l’acharnement» du chef de l’Etat. Selon ses animateurs, le Club Villepin aurait reçu sur Internet, près de 300 adhésions par heure depuis la relaxe. «Quand j’annonçais qu’on serait 100 000 à la fin de l’année, on disait que j’étais dingue. Mais ce pari, je vais le gagner»,s’emporte Jean-Pierre Grand, député (UMP) de l’Hérault.

Dans une vidéo (voir ci-dessous) à l’attention de ses supporteurs, Villepin revient sur son «ambition de servir»ceux qui ont en partage «l’amour de la France». Vendredi, sur Canal+, il a ajouté «qu’on ne peut à la fois multiplier les coups bas et servir les Français». Il jure qu’il ne tombera pas dans «le piège». Et pour le prouver, il annonce son intention «d’aller à la rencontre des Français», pour «rassembler tous ceux qui ont un idéal à défendre». A l’invitation du député Jacques Le Guen, il fait savoir qu’il sera le 15 février, dans le Finistère, auprès de producteurs de lait et d’éleveurs de cochons.

jan 30 2010

L’Islam, une Foi inadaptée et inadaptable au puzzle du mondialisme (vidéo)

Par HISNOULMUSLIM

Le 21 janvier 2009 à la salle Colbert de l’Assemblée Nationale, le groupe de réflexion Génération France créé par Jean-François Copé recevait la présidence du think tank américain l’Hudson Institut1.

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Il est fort étonnant qu’un cercle comme celui de Génération France qui se targuait lors de sa création d’inspirer un nouvel élan à l’identité française, reçoive en la personne de Kenneth Weinstein, un groupe de réflexion impérialiste américain dont le but avoué est de consolider l’atlantisme au sein de l’Union européenne et de faire reculer l’Islam « isme »2.

C’est précisément dans le recoupement de ces informations que l’on prend conscience de la tromperie des mots.

Jean-François Copé :

« Au cœur de cette démarche de réflexion commune, j’ai souhaité placer le mot «France ». Parce que je suis convaincu que la question essentielle, c’est celle de notre identité. »3.

Nul doute que la première partie de la citation est correcte mais concernant la seconde il s’agit au minimum d’un double sens et reste à chacun la sensibilité de déterminer de quelle identité il s’agit quand on déballe le tapis rouge à des groupes dont les seules intérêts sont d’imposer leur hégémonie et leurs influences à travers le monde.

Moins d’un an après cette rencontre, à n’en pas douter « pour les intérêts de la France », le président du groupe UMP à l’Assemblée prenait tout le monde de vitesse en annonçant le dépôt dès janvier 2010 d’une proposition de loi visant à interdire le voile intégral dans l’espace public4.

Le 09 janvier 2010 le grand imam de l’UMP, « Shaykh Copé » nous expliquait dans l’émission de Thierry Ardisson, Salut Les Terriens – Copé-Burqa Le Face à Face, que le voile intégral ne faisait pas partie de l’Islam selon lui.

Affirmation nécessaire pour passer à l’étape supérieure consistante à statuer prochainement sur la légalité de la liberté de penser de ces fameux « talibans de quartier  » qui contrôleraient le phénomène du niqab en France5.

Le 5 septembre 2006 le président américain de l’époque, George W. Bush, mettait en garde le monde contre un Khalifat Islamique aux portes de l’Europe6.

Le 27 aout 2007 c’était au tour du Président de la République Française Nicolas Sarkozy, à l’occasion de la conférence des Ambassadeurs, de mettre en garde contre le Khalifat7.

Il devient alors évident dans le temps, que la volonté de faire peur avec l’Islam est nourrie et voulue dans le but de se doter d’un droit universel de modeler cette religion selon les convenances d’un « Grand Occident Coalisé » contre un monde Musulman qui, refusant obstinément de délaisser une partie de son Coran et de son mode d’emploi qu’est la Tradition du Prophète Muahmmad, n’est toujours pas incorporable en l’état dans leur projet tant couvé d’une gouvernance mondiale et qui commence depuis quelques années à éclore de sa coquille.

Qu’avons-nous là ? Une Foi inadaptée et inadaptable au puzzle du mondialisme.

Sans même évoquer le facteur eschatologique de la situation, c’est précisément à ce moment de la réflexion que peut se justifier la stigmatisation, l’hypocrisie et la calomnie à l’encontre de l’Islam ainsi que la présence d’une coalition forte de plusieurs centaines de milliers d’Hommes en terre musulmane8 ; débarquée là bas pour expliquer à l’autochtone local à coup de bombe, la supériorité de l’élaboration de lois humaines sur leur conception de lois divines exemptes de toutes imperfections.

Le fait est que la plupart des volontés politiques du monde coalisé sur la question de l’Islam converge vers l’objectif évident de le modeler comme toutes les autres religions l’ont été, quitte à s’autoproclamer les droits et devoirs d’ingérences sur les populations que l’on aurait décidé au préalable d’affubler du titre de « Méchant ».

HISNOULMUSLIM, pour Mecanopolis

Télécharger ce film au format DVIX

Notes :

jan 28 2010

Le « début de la fin » pour Nicolas Sarkozy

Mis à jour le 29.01 à 12h00

Nicolas Sarkozy avait prévu de se « payer » Dominique de Villepin, ce jeudi 28 janvier, jour de son 55ème anniversaire. Ce sera la douche froide pour le président français qui s’était constitué partie civile dans le procès Clearstream, affaire dans laquelle il se posait en victime en désignant l’ancien Premier ministre comme coupable d’avoir organisé cette « machination » contre lui. Après trois heures d’audience, ce matin au tribunal de Paris, Dominique de Villepin a été relaxé.

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« Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique » a indiqué Dominique de Villepin, dans un brève déclaration accordée aux journalistes, en sortant du Palais de justice. Il doit être le premier surpris de sa relaxe, lui qui hier encore, dans en entretien accordé au quotidien suisse Le Temps, s’attendait à être condamné. Nul doute qu’il n’y aura pas de réconciliation entre l’ancien premier ministre et le chef de l’État, et que cette victoire judiciaire sera l’acte fondateur d’une marche vers la présidentielle de 2012

Nous avons tous en mémoire la déclaration courageuse de Dominique de Villepin,  alors ministre des Affaire étrangères sous la présidence de Jacques Chirac, qui avait, devant le Conseil de sécurité d l’ONU, refusé l’engagement de la France dans la guerre en Irak. Un acte de rébellion gaulliste qu’il confirme dans un livre paru cette semaine, Villepin, La verticale du fou, où il va même jusqu’à se comparer à un « chef de réseau » de la Résistance durant l’occupation allemande.

Il ne faut néanmoins pas se tromper. Dominique de Villepin ne sera pas le candidat de l’anti-mondialisme. Mais, s’il est élu président, il saura redonner à la France son véritable rang dans les décisions internationales qui lui reviennent. Un rang qui, depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, est devenu synonyme de soumission aux diktats des intérêts américano-sionistes.

Le Parquet fait appel

« La décision est une décision de nature politique (…) Elle montre qu’un homme, Nicolas Sarkozy, le président de la République préfère persévérer dans son acharnement, dans sa haine plutôt que d’assumer la responsabilité de sa fonction en tant que garant de la justice française », a déclaré l’ancien Premier ministre, à peine annoncé l’appel du parquet.

Le procureur de Paris Jean-Claude Marin, qui a décidé de faire appel, est « sous l’autorité hiérarchique du Garde des Sceaux et du président de la République », a-t-il relevé, ajoutant: « il savait qu’il n’y avait rien dans ce dossier à me reprocher ».

Nicolas Sarkozy « s’enferme dans sa haine ce qui n’est pas, je crois, la vocation d’un président de la République », a aussi déclaré M. de Villepin.

L’ancien Premier ministre a évoqué « un détournement de la fonction présidentielle, un détournement du pouvoir ». « Je regrette que ce spectacle pitoyable soit donné aux Français, je regrette que la justice soit instrumentalisée ».

Sarkozy s’est couché à Davos

Cette semaine sera décidément très mauvaise pour Nicolas Sarkozy qui, lors de son passage au Forum économique de Davos (WEF) hier, s’est littéralement couché dans l’affaire de la liste des comptes de la banque HSBC.

Au sortir d’une entrevue avec la ministre française de l’Economie Christine Lagarde et celui du Budget Eric Woerth, en fin d’après-midi, le chef du Département fédéral des finances (DFF) a pu assurer que la question était réglée. Les autorités de l’Hexagone ont promis qu’elles ne feraient aucun usage de la liste des 130′000 comptes de clients qu’Hervé Falciani avait dérobée à la  HSBC à Genève. Cette mesure faisait suite à la décision de la Suisse, quelque jours plus tôt, de suspendre la procédure de ratification de la Convention de double imposition (CDI) négociée l’été dernier entre les deux pays. Malgré les déclarations intempestives de Sarkozy sur le secret bancaire, lors du dernier G20, tous les commentateurs admettent aujourd’hui que la Suisse à gagné le bras de fer qui l’opposait à la France.

Le pire reste à venir pour le président français

L’affaire de « l’attentat de Karachi » pourrait très vite se transformer en un véritable « sarkogate ». Selon nos informations, le nom du président français, qui était à ministre du Budget à l’époque des faits, ressortirait à plusieurs reprises dans le volet suisse de l’enquête, instruite actuellement par la justice genevoise, qui porte sur des versements suspects lors de la vente de sous-marins français au Pakistan.

Pour Nicolas Sarkozy, l’année de ses 55 ans s’annonce difficile.

Frédéric Courvoisier, pour Mecanopolis

Frédéric Courvoisier |

sept 12 2009

La taxe carbone et l’imposture écologique

Par Charles Hoareau

Avec sa taxe carbone le gouvernement et ceux qui soutiennent la mesure donnent un nouvel exemple de mauvaise réponse à une vraie question.

Qui a envie de vivre dans un monde pollué ? Ni vous ni moi ! Alors qui sont-ils ces gens que l’on va taxer ?

taxe carbone

TOTAL ? qui en vendant du pétrole a fait des profits d’un montant supérieur au déficit de la France ?
ARCELOR MITTAL qui dispose pour ses 6 usines françaises d’un droit annuel à émettre gratuitement 8 millions de tonnes de carbone ?
Celles et ceux qui vendent sur le marché (et oui !!) le droit à polluer au prix de 14€ la tonne ? [1]

Vous n’y êtes pas du tout ! Tous ceux là seront exemptés de cette fameuse taxe et on peut observer au passage qu’une telle exonération – à 32€ la tonne le prix prévu [2] – représente pour ARCELOR déjà cité une économie de …250 millions d’euros dès la 1ère année !

Non ceux qui devront payer la taxe c’est vous et moi ! Et pourquoi ? Parce qu’il y a des experts mandatés par des politiques qui ont conclu que plus nous paierons, moins nous gaspillerons d’essence, car vous ne le saviez pas, mais c’est démontré par des spécialistes : nous gaspillons l’essence et le chauffage par plaisir d’émettre du carbone…Et sans respect pour la planète bien sûr : foi de Yann Arthus Bertrand qui ne se déplace qu’en hélicoptère !

Pour ou contre les taxes ?

Personne ne conteste qu’il faut réduire les émissions de gaz la question qui reste c’est comment s’y prendre dans l’intérêt des peuples ?
Faut-il le redire ici ? C’est d’abord le principe même d’une taxe qui est à remettre en cause. Dans un pays où les impôts indirects – les plus injustes car frappant indistinctement les riches et les pauvres – représentent plus de 60% des recettes de l’Etat comment accepter une nouvelle taxe quelle qu’elle soit ? En plus concernant cette taxe-ci le gouvernement a clairement annoncé la couleur : « Plus nous taxerons la pollution et plus nous pourrons alléger les charges qui pèsent sur le travail » [3]. Autrement dit, au nom de l’écologie on voudrait une fois de plus baisser les cotisations nécessaires à une vraie sécurité sociale déjà bien mal en point. Comme si cette question de la protection sociale était une question secondaire, en tous cas seconde par rapport à la compétitivité des entreprises qui seraient contraintes de délocaliser à cause des charges énormes qu’elles supporterait. Mais comme le dit Yves Dimicoli dans l’Humanité : « On ne sait pas assez l’inanité d’une telle argumentation : entre 1991 et 2008, le total cumulé des exonérations de cotisations sociales patronales a atteint 260,6 milliards d’euros, dont 221 milliards compensés par l’État. Or le déficit commercial de la France ne cesse de se creuser (il a atteint 55,65 milliards d’euros en 2008) tandis que les exportations de capitaux s’emballent : en 2008, il sera sorti en net quelque 160 milliards d’euros au titre des investissements directs à l’étranger qui ont généré des délocalisations et, donc, des transports accrus et des pollutions au Sud hors normes environnementales du Nord. »

Tant qu’il y aura des riches

De plus qui peut nous faire croire que cette mesure peut être efficace ? Les produits de luxe, bateaux, parfums et autres automobiles de fortes cylindrées sont déjà taxées : cela empêche-t-il les riches de les acquérir ? Dans un pays et un monde où la part des salaires dans la richesse créée est au plus bas [4] ce qui est posé c’est la répartition des richesses et non la mise en œuvre de mesures qui ne sont que des peccadilles pour les plus fortunés et de lourdes charges pour les autres.

Sans rire le journal Challenges parle des français qui « changeront leur 4X4 pour une citadine, prendront le train au lieu de l’avion, éviteront de faire tourner le sèche linge » Mais de quels français parle-t-il ? Des 5% plus riches qui détiennent 80% des richesses de ce pays…ou des 30% plus pauvres qui en ont à peine 1% ?

Il y avait déjà, pour les plus riches – et en particulier les grandes entreprises – la possibilité d’acheter et même de spéculer sur le droit à polluer, mais, avec la taxe carbone, il y a pire.
Il y a la pénalisation de celles et ceux qui n’ont pas le choix. Passons sur les exemples justement cités par les adversaires de ce nouvel impôt à la consommation (les ruraux [5], les mal desservis en transports urbains…) [6] et prenons un exemple. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), en région parisienne, les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre sont liés aux logements. Or un bâtiment neuf consomme quatre fois moins d’énergie qu’un immeuble construit avant 1975. Dans leur logique on va donc taxer 4 fois plus celui qui a déjà la malchance d’habiter un logement où il est obligé de dépenser 4 fois plus pour se chauffer !!! Et remarquez bien on ne taxe pas le bailleur (et encore moins on ne l’oblige) alors qu’il est le seul à pouvoir faire les travaux d’isolation et donc baisser les émissions, mais le locataire qui sera ainsi deux fois victime ! Quand on connait toutes les batailles que sont obligés de mener les locataires pour obtenir des améliorations dans ce domaine on se demande dans quel monde vit M. Rocard quand il déclare : « il est largement prévu de compenser la taxe, mais en terme de pouvoir d’achat, de manière à garder intact le signal prix, l’incitation aux gens à se déplacer moins, à avoir petit à petit des voitures électriques, à mettre des doubles vitres ou à faire des économies sur le chauffage ».

Faire passer la pilule

En l’état du projet, plus de la moitié des ménages aurait à supporter un surcoût de 300 euros, les autres ayant droit à une compensation « forfaitaire et partielle ». En réalité la facture sera bien plus lourde. En effet si le prix de l’énergie augmente, les prix des biens et des services augmenteront proportionnellement…et cela ne sera jamais compensé par le fameux chèque vert.

Car pour faire passer la pilule le gouvernement parle d’une redistribution qui pourrait atteindre 130€ par famille. Le même gouvernement qui vient de supprimer la taxe professionnelle reverserait la totalité de ce qu’il va percevoir ? Qui va le croire ? En tous cas pas l’UFC-que choisir qui déclare qu’elle : « combattra ces propositions qui, si elles étaient adoptées par le gouvernement, constitueraient le pire des scénarios pour le pouvoir d’achat des consommateurs…l’Etat va prélever plusieurs milliards d’euros sur les consommateurs, leur restituera une partie et gardera une part substantielle pour son budget général ou pour baisser les taxes sur les entreprises ».
Et puis ils croient qu’on a oublié le coup de la vignette des vieux ? Ou celui de la taxe sur les alcools sensée renflouer la sécu ? (taxe qui en elle-même n’a d’ailleurs pas fait reculer la consommation). Le fait que Michel Rocard, l’inventeur de la CSG, – une autre fameuse taxe – essaie de défendre le projet n’est pas fait pour nous rassurer.

L’imposture écologique

Pourtant cette taxe a ses défenseurs et pas seulement au gouvernement. Le PS après avoir soutenu le projet du bout des lèvres vient de dire qu’il était contre… tout en disant qu’il était pour une fiscalité écologique ce qui ne veut pas dire grand-chose à part que ça marque mieux qu’une fiscalité polluante ! Le gouvernement lui a fait mieux encore en parlant « d’impôt intelligent » (sic !) : à croire que les autres impôts sont stupides… La palme revient aux verts qui sont les meilleurs supporters de cet impôt dont le caractère injuste leur échappe totalement. Et pour cette formation ce n’est malheureusement pas une première.

Je me rappelle quand ils avaient soutenu le projet de fermeture de la mine de Gardanne au prétexte que celle-ci polluait. Il faut croire qu’il n’y avait chez eux pas beaucoup de mineurs ou d’enfants de mineurs…
Depuis la mine a fermé et le chômage pollue la ville bien plus surement que les vapeurs de souffre que les mineurs, premières victimes, demandèrent pendant des années à Charbonnage de France d’éliminer… ce qui était possible et qu’il ne fit pas au nom de la rentabilité…

Je me rappelle aussi quand Gaudin a voulu installer dans la ville des milliers d’horodateurs.
Les verts étaient POUR car la voiture ça pollue et ça encombre le centre ville. 4 ans plus tard quel résultat ? Les plus fortunés ont toujours leur garage, on n’a jamais circulé aussi mal dans Marseille, des marseillais par milliers (celles et ceux qui n’ont pu empêcher la mise en place des mange pièces) ont vu leur pouvoir d’achat amputé et nombre de gens et même d’élus (dont certains riaient alors de nous) reprennent aujourd’hui la proposition de Rouges Vifs 13 de la gratuité des transports et du stationnement.

Dans le conflit de Legré Mante où les ouvriers se battent pour leur emploi et contre le bétonnage du littoral les verts sont aussi absents : une marina polluerait moins qu’une usine que l’on ne pourrait contraindre – on se demande bien pourquoi – à produire propre ?

Dans leur logique les verts en redemandent et déplorent que la France ne soit qu’au « 21ème rang de la fiscalité environnementale » comme si la politique d’un gouvernement était déterminée avant tout par les taxes et non par les choix qu’il fait.

Par leurs prises de position, les verts démontrent, s’il en était besoin, que l’écologie n’est ni un programme de gouvernement ni une fin en soi. Contrairement à ce qui est dit sur leur site où ils paraphrasent une citation célèbre, l’avenir ce n’est pas l’écologie ou la barbarie.

Répondre à l’urgence environnementale

L’écologie est un élément d’un programme mais non un système économique. Le capitalisme est forcément pollueur parce que toute autre attitude est une atteinte à son profit qui est le moteur du système. Si on veut limiter les émissions de gaz et les diviser par 4 (objectif annoncé) il faut que la nation, salariés et population, s’approprie les productions afin qu’elles soient gérées selon d’autres critères que ceux d’aujourd’hui.
A ceux qui nous parlent de compétitivité (dans le pays champion du monde de la productivité) nous répondons nationalisations et protection des productions et services, service public et choix d’avenir en réponse aux besoins.
En matière de logement une vraie révolution [7] serait non pas de taxer ceux qui déjà se chauffent mal par manque de budget mais d’utiliser un dispositif législatif du style aide à la pierre et instaurer une obligation légale, pour que les appartements soient rénovés en ce sens.
Et en plus cela créerait des emplois.

Croire ou tenter de faire croire que, dans cette affaire de pollution du monde, tout repose sur la masse des individus à qui nos pseudo démocraties donnent de moins en moins la parole et ignorer ou feindre d’ignorer le rôle et le pouvoir y compris financier des multinationales et des Etats serviles, c’est soit faire preuve d’une grande naïveté, soit se tromper de cible, mais dans tous les cas ce n’est pas mettre en danger ce système qui est la cause. Par là même au fond, c’est démontrer sa perméabilité à l’idéologie dominante : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute !

Il y a urgences pour la planète, urgence sociale, humanitaire, écologique, le capitalisme ne pourra par nature jamais répondre à ces urgences là. Prôner la défense de l’environnement sans vouloir combattre de front ce système, c’est être aussi crédible que Sarkozy quand il parle de moraliser le capitalisme.
L’avenir du monde sera communiste ou ne sera pas.

Charles Hoareau

Merci de placer vos commentaires sur le Forum Mecanopolis

Post Scriptum :

Merci à Linsay pour les documents qu’elle m’a fait parvenir et qui m’ont aidé dans la rédaction de cet article

[1] Les quotas obtenus par les entreprises sont si importants qu’en fin d’année elles ont un surplus…qu’elles peuvent revendre. Pour Arcelor cela représentait en 2008 plus d’un million de tonnes soit 15 millions d’euros

[2] prix préconisé par la commission Rocard pour la 1ère année et destiné à être augmenté de 5% par an pour atteindre 200€ en 2050

[3] Sarkozy devant le parlement en juin dernier

[4] aux Etats Unis on a atteint en 2006 le niveau le plus bas depuis 1929 et le FMI indique que dans le G7 la part des salaires dans le PIB a baissé de près de 10% en 20 ans

[5] Selon l’INSEE « Un habitant de Paris qui dispose d’un réseau de transports en commun très dense et qui vit dans une habitation collective a une facture énergétique inférieure de 44% à celle d’un habitant d’une commune rurale »

[6] Rocard a dit à un vieux monsieur qui l’interrogeait sur France Inter : « Vous n’avez qu’à prendre un vélo ! ». On appréciera l’élégance du propos venant de quelqu’un qui, malgré ses 16 000€ mensuels (sans compter les conférences qu’il facture 10 000€ pour 2h) n’hésite pas à se faire payer des voyages…polluants. « Michel Rocard a « bien embarqué le 29 juillet comme conférencier invité pour une deuxième croisière de rêve cette année à bord du paquebot de luxe le « Diamant ». A la découverte, cette fois-ci des « Magies du Groenland » jusqu’au 9 août. Un voyage qui coûte entre 4000 et 7500 euros selon la cabine ou la suite mise à disposition. (…) Du 22 janvier au 2 février dernier, Rocard avait déjà embarqué à bord du « Diamant » (120 membres d’équipage pour 220 passagers) pour une croisière en Antarctique . » Source : « Rocard polaire de rien », Le Canard enchaîné n°4632, 5 août 2009, page 8

[7] terme employé par l’inénarrable Cohn Bendit au sujet de la taxe !

juil 27 2009

Petite mise au point sur la nature non-démocratique des institutions françaises

Par AspExplorer

L’idée que la France est une démocratie est généralement acceptée par la plupart des observateurs, en particulier à l’étranger, sans que la question fasse débat. Il est cependant permis d’examiner cette assertion en détail, et les choses nous apparaissent alors moins nettes. La démocratie consiste en un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. « Par le peuple », la chose paraît difficile lorsque l’on parle de nations comptant des millions de citoyens – bien qu’à la vérité, l’expérience n’ai jamais été tentée – voici pourquoi la France a fait, comme tous les autres pays, une entorse à ce principe en y substituant le gouvernement « par les représentants du peuple ». C’est ce que l’on appelle la démocratie indirecte. Les citoyens élisent donc librement ceux qui vont porter leur parole au sein d’une assemblée où ils débattront. Ce système est en soi imparfait, car bien sûr, celui que j’élis, par exemple, parce que ses opinions sont proches des miennes en matière économique n’aura pas nécessairement les mêmes idées que moi en matière de défense, de moeurs, de diplomatie, etc… Se rajoutent à ce défaut de ontologique trois biais spécifiques au cas Français.

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- En premier lieu, l’assemblée dont nous parlons n’a de compétence qu’en matière de pouvoir législatif. Le pouvoir exécutif rend des comptes au Parlement, mais les ministres ne sont pas élus par le peuple. De fait, ce n’est le cas nulle part dans le monde, la situation Française se caractérisant du reste par un degré de démocratie légèrement supérieur à la moyenne en ceci que le Président de la République, qui exerce de fait les fonctions de chef de gouvernement, est directement élu par les citoyens. Notez enfin que le pouvoir judiciaire, entre les mains de fonctionnaires de carrière, est largement hors de portée du suffrage populaire, et que la souveraineté du peuple ne s’y exerce que par le rare et folklorique truchement des jurys d’assises.

- En second lieu, le pouvoir législatif du Parlement est strictement encadré par l’exécutif, qui décide de l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale. Les députés n’ont donc aucun moyen de débattre d’un sujet qui n’aurait pas l’agrément du Président de la République, une spécificité Française qui réduit considérablement la souveraineté et la crédibilité du Parlement.

- Enfin, le parlement se compose de deux chambres, l’Assemblée Nationale et le Sénat. Ce dernier n’est pas élu au suffrage universel, mais par le vote des « grands électeurs », principalement les maires. Ce système avait, à l’origine, pour unique objet d’empêcher la gauche d’arriver au pouvoir, en donnant autant de voix à quelque obscure bourgade agraire du bocage Normand qu’à Paris et ses hordes d’ouvriers bolcheviques. Ce système à l’antidémocratisme patent est toujours en place de nos jours, car il est impossible de réformer la constitution sur ce point sans avoir l’aval du Sénat…

Dans la pratique, le Parlement n’a que le pouvoir de voter servilement les lois qui lui sont proposées par le gouvernement ou, de plus en plus souvent, directement par les groupes de pression économiques ou moraux qui font le siège du Palais Bourbon. Lorsque le parlement vote mal, on le fait revoter, comme on l’a vu récemment.

Il n’existe que peu de reliquats de véritable démocratie dans la pratique du pouvoir. Les citoyens ont rarement voix au chapitre. Souvenons-nous que le dernier référendum national date de quatre ans – la pratique du référendum local étant très marginale – et que l’actuel Président de la République s’était fait fort, durant sa campagne, de n’en organiser aucun durant son mandat, sous prétexte que le peuple est bête et qu’il ne comprend pas les questions qu’on lui pose. On ne saurait mieux faire l’éloge de l’oligarchie. En somme, tout se passe comme si la démocratie « à la Française » consistait à se déplacer au bureau de vote une fois tous les cinq ans, et à obéir servilement le reste du temps.

Cela pourrait effectivement passer pour une sorte de démocratie, dévoyée, mais enfin, qui aurait sauvegardé l’essentiel : le choix du peuple. Mais là encore, dans la pratique, tout s’est mis en place depuis des années pour réduire la pertinence de ces choix, toujours en raison du fait que le peuple est bête et mal éduqué et qu’il ne connaît pas son intérêt, la preuve, c’est qu’il ne vote pas comme on veut. Qui se souvient du référendum sur le quinquennat ? Sous le premier mandat de Jacques Chirac, celui-ci avait eu l’idée brillante – qui traînait en fait dans l’air depuis un bon moment – de ramener le mandat du Président de la République de 7 à 5 ans. Voilà qui va dans le bon sens, bêla-t-on alors de conserve, car cela signifiait que l’on aurait le droit de choisir plus souvent ceux qui nous gouvernent. Mais il n’en a rien été, et voici pourquoi. Jadis, le mandat du Président étant de sept ans et celui des députés de cinq seulement, ils se retrouvaient décalés. Au cours d’un septennat, on pouvait donc changer deux fois ceux qui nous gouvernaient, la première fois à la Présidentielle, la seconde cinq ans plus tard aux Législatives. En moyenne, l’élection décisive se déroulait donc tous les 3,5 ans. Avec le quinquennat, les deux élections étant synchronisées, on ne vote qu’une fois tous les 5 ans. Le voyez-vous mieux, le progrès démocratique ? De fait, si on examine les évolutions constitutionnelles intervenues ces vingt dernières années, on s’aperçoit qu’il n’y a jamais eu la moindre avancée ayant permis de redistribuer un peu de pouvoir au peuple. Ou plutôt si, il y en eut un : en 2005, on avait inclus un – dérisoire – alinéa pour obliger à passer par voie référendaire lorsqu’il s’agirait de ratifier toute nouvelle adhésion d’un pays à l’Union Européenne. C’était pour rassurer les Français au sujet de la Turquie. L’alinéa en question a depuis mystérieusement disparu à l’occasion du dernier chambardement constitutionnel voulu par le Président Sarkozy (c’était officiellement pour moderniser les institutions, on ne voit pas bien le rapport).

Du point de vue institutionnel, tout est fait pour protéger de plus en plus les élus contre les méfaits du suffrage universel. Mais les institutions ne sont pas tout, il y a aussi, et surtout, les usages, le contexte social dans lequel s’opère le choix du peuple. Ainsi, la liberté d’expression est-elle généralement considérée comme nécessaire à la pratique démocratique, car seul un citoyen bien informé peut voter en connaissance de cause. Cette liberté est garantie par la Constitution. Sauf dans certains cas prévus par la loi afin d’éviter des « abus ». Quels sont ces cas ?

- Injure
- Diffamation
- Divulgation d’éléments relatifs à la vie privée
- Divulgation de données fiscales
- Entorse à la propriété intellectuelle
- Négation de génocide
- Citation de marque commerciale dans un medium grand public
- Dénigrement de marque commerciale
- Pédopornographie
- Incitation à la haine raciale
- Non-respect de la présomption d’innocence
- Non-respect du secret de l’instruction
- Non-respect du « droit à l’image »
- Apologie du suicide, de la torture, de délits divers…
- Infraction au secret défense
- etc…

Il n’aura échappé à personne que si vous désirez empêcher quelqu’un de s’exprimer et que vous avez de l’argent à y consacrer, vous trouverez toujours dans cette liste non-exaustive au moins un moyen de faire taire le gêneur. Néanmoins, la Constitution garantit votre droit à la liberté d’expression. Il suffit juste que ce que vous avez à dire ne cause de chagrin à personne.

Cet arsenal juridique est d’autant plus ubuesque que dans les faits, les principaux organes de presse ont, depuis quelques années, tous basculé dans le giron de grands groupes industriels et financiers, amis et associés de l’actuel pouvoir, ce qui permet de s’interroger sur leur indépendance. L’enquête de fond n’ayant jamais été la spécialité de la presse Française, on comprend que l’Etat n’a, en somme, rien à craindre de ce côté là. C’est donc uniquement à destination des particuliers que l’on a, année après année, organisé cet étouffant système du « vous êtes libres de dire que vous êtes d’accord avec nous » qui conduit invariablement à nous donner le choix, à chaque élection, entre l’énarque de droite et l’énarque de gauche, qui sont d’accord sur tout et mèneront, avec des nuances de pure sémantique, des politiques indiscernables.

Plus on s’interroge sur la pratique démocratique dans notre pays, plus on est contraint de constater que le gouvernement « par le peuple » n’est pas à l’ordre du jour, et historiquement, il est vrai qu’il l’a rarement été. Qu’en est-il alors du gouvernement « pour le peuple » ? Car si la France de de Gaulle et Pompidou ne valait guère mieux en matière de censure et de respect des formes démocratiques, au moins peut-on créditer les hommes d’état de ce temps d’une certaine efficacité dans leur gouvernement. N’ont-ils pas relevé la France de ses ruines, et bâti un des pays les plus prospères du monde sur le socle d’une solide indépendance nationale ? Les années 50 et 60 n’ont pas manqué de scandales et d’affairistes, pourtant, on construisait, on entreprenait, on bâtissait l’avenir en investissant dans l’innovation et la jeunesse. En somme, si les institutions étaient déjà imparfaites, les politiciens de cette génération, issus de la guerre et de la résistance, étaient dotés d’une qualité morale et intellectuelle suffisante pour n’en point trop tirer profit à leur avantage personnel.

On ne peut certes pas en dire autant de la génération actuellement au pouvoir.

Source: AspExplorer

mai 18 2009

La stratégie de Benoît XVI: « Une croisade pour le Nouvel Ordre Mondial »

Régis Mex, Mecanopolis

Suite aux divers événements en provenance du Vatican, que ce soit la polémique autour des propos de Benoît XVI décourageant l’utilisation du préservatif ou son voyage auprès des communautés juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intéressant de reprendre quelques informations visant à cerner la stratégie du Vatican. Bien sûr, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-même, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mènent ses représentants par son biais.

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Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dénoncé l’affaire des prêtres pédophiles en Suisse, est le poil à gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de Benoît XVI:

« Benoît XVI propose un idéal sectaire et totalitaire si l’on met en parallèle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont été réunies à Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du préservatif un passage obligé. Il faut lire cette volonté dans le sens du message de Benoît XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mécanisation éthique du préservatif. »

3409248794_7857c359b0« Cela commence à bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans à Ratisbonne, sur les Nazis à Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’Amérique du Sud qui n’auraient pas été évangélisés de manière violente… Puis la levée des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le négationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prélat brésilien d’une mère qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violée par son beau-père et enceinte de lui, qu’il a approuvé… »

« Il y a autre chose derrière l’irresponsabilité de ces déclarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratégie concertée. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que Benoît XVI appelle le relativisme, une stratégie concertée contre le monde moderne et ses évolutions en matière de famille, de bioéthique, de santé (le débat sur l’euthanasie). Or, Benoît XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrétienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs décennies, les médecins chrétiens avaient commencé à faire bouger les lignes sur le préservatif. Un certain nombre d’évêques avaient fait montre de pragmatisme: si le préservatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il était préfet de la congrégation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis à mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 théologiens, dont 200 théologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminé toute la pensée théologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptée, en prenant en compte les progrès de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratégie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »

Les propos polémiques sur l’usage du préservatif font donc partie, en fait, d’une stratégie de communication qui vise une certaine fortification de l’identité de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant périodiquement accorder Benoît XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement précisé : « Nous pouvons dire que ces précieuses initiatives ont obtenu de bons résultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en échec les prédications de ceux qui considèrent inévitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’à l’heure où les tensions entre communautés judéo-chrétiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de Benoît XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une réconciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derrière cette volonté de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effréné, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idée sur la portée de ce terme, il faut se référer à un extrait d’un ancien discours de Noël du Pape:

Le 24 décembre 2005, Benoît XVI a délivré son message de Noël : « La force vivifiante de sa lumière (de Dieu) t’encourage à t’engager dans l’édification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une famille appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du monde présent.»

Les propos du supérieur général de l’Ordre des Jésuites, surnommé le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a réaffirmé la nécessité de l’unité dans des termes proches de l’Être suprême : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut être écrite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’échec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phénomène pentecostal où chacun, avec ses particularités, se fait communion avec l’esprit.»

Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrêtent pas là. Le rapport aux évêques de la COMECE (Commission des Episcopats de la Communauté européenne) intitulé « Gouvernance mondiale: Notre responsabilité pour que la mondialisation devienne une opportunité pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:

« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particulièrement, au nom de la Commission des Episcopats de la Communauté européenne (COMECE) dont la tâche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union européenne. Une conclusion clé du texte suivant est que l’UE, étant donné sa genèse, son architecture, la compréhension qu’elle a d’elle-même, ainsi que ses responsabilités dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopération au développement, a un rôle crucial à jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un système de gouvernance mondiale . Nous considérons que l’Union européenne est un modèle pionnier d’intégration régionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres régions du monde, malgré son expérience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espérons que ce rapport contribuera également à ranimer la réflexion et le débat public sur la signification profonde de l’intégration européenne.»

« Les économies ouvertes ne tiendront pas sans la volonté des Etats de s’ouvrir également sur le plan politique. Dans un monde marqué par une interdépendance croissante, l’Union européenne est un exemple unique et convaincant d’un système de gouvernance basé sur la coopération politique supranationale et multilatérale. En outre, la volonté politique d’aboutir à un système de gouvernance mondiale et de le maintenir doit être soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»

« L’ implication des Eglises et des autres communautés religieuses, des ONG et des entreprises privées, ainsi que des Etats et des blocs régionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidèles sur les défis globaux et les encourager à prendre leurs responsabilités. Les problèmes de la gouvernance mondiale doivent être inclus dans des programmes d’enseignement et de catéchèse. Les Eglises pourraient faire du thème de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecuménique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le réseau d’universités, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient être une ressource à utiliser fidèles à leurs mandats initiaux pour contrôler et analyser les développements.»

Á la lumière de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette même Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censé être restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalités du Vatican règne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les élites ecclésiastiques oeuvrent de temps à autres pour le rapprochement des communautés, et le reste du temps à la solidification de leur identité propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, Benoît XVI mènerait sa propre politique, et serait influencé par les pressions politiques qui sont exercées au sein du Vatican de sorte à appuyer le mondialisme de temps à autre, en donnant à ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensées des croyants qui seront plus enclins à considérer le mondialisme comme une bonne chose, voire à le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-à-dire à ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que représentent les déclarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.

En outre, bien que cela ne soit pas directement lié, il n’est pas impossible que certains des représentants de notre élite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et désireux de satisfaire les volontés de l’axe américano-européen, qui puissent rendre peu à peu l’Islam assimilable à l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribué vis-à-vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales:

« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacré islamique – une sorte de super Vatican musulman – où l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé. » Soit une sorte d’Islam des Lumières élaboré au cœur de cet État sacré islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste.

D’autres éléments contribuent à renforcer le rôle de la religion chrétienne en l’utilisant à des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particulièrement connues parce qu’elles sont en désaccord avec le statut laïc de la France.

On ne peut effectivement s’empêcher de penser que la croyance et l’espérance, dont Nicolas Sarkozy parle benoit-xvi-21avec constance, sont précisément les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul Valéry. L’exposition sans retenue de ses interrogations métaphysiques procède aussi de cette logique-là. Qu’importent la réalité et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, à laquelle les Américains sont habitués depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

Il a détaillé ses convictions dans un livre, la « République, les Religions, l’Espérance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insère dans une bibliographie dont les titres ont un étrange parfum d’encyclique ou de prêche ésotérique : « Ensemble », « Témoignage libre », « Au bout de la passion : l’équilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique écrit généralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrètement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.

Dès les premières pages de la République, tout est dit : « Je considère que, toutes ces dernières années, on a surestimé l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont été très largement sous-estimées.» On remarquera, en outre, que cette phrase opère un étonnant rapprochement entre le fait religieux, phénomène social qui ressort de la sphère publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privée, elle.

Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale. »

Il faut évoquer la réception, en grande pompe, au ministère des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il était le porte-parole de la scientologie.

Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « République, les Religions, l’Espérance », lorsqu’il reconnaît « la légitimité de certaines des nouvelles religiosités », estimant que le mot secte « est parfois utilisé abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est précisément celui dont se réclame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires même des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laïcité une « laïcité de combat ». Inquiétant dévoiement du sens des mots.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

mai 13 2009

Pandémie A/H1N1 : un milliard de victimes d’ici juillet, selon le magazine New Scientist

Mecanopolis

Les mensonges répétés du président mexicain Felipe Calderon n’y font rien : le virus A/H1N1 continue de se répandre sur la planète, à une vitesse tellement exponentielle que le magazine New Scientist estimait hier soir que la grippe porcine pourrait avoir contaminé un milliard d’individus d’ici le mois de juillet (1). De toute évidence, la phase 6 du niveau d’alerte de pandémie n’est retardée que dans le but de laisser suffisamment de temps aux chancelleries pour organiser leurs plans de « distanciation sociale ».

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Mais ce n’est pas la seule mise en garde du magazine New Scientist, pour qui le virus n’est manifestement pas sensible aux températures estivales.

Les données mexicaines montrent que les cas de pneumonies – une conséquence du A/H1N1 quand il n’est pas soigné rapidement – ont bondi en avril, où la température de Mexico-City oscille entre 15° et 26° Celsius, ce qui est également la température moyenne à Londres en été.

Information complétée par une étude de l’Université de Berkeley (2) qui indique que le A/H1N1 serait mortel dans tous les cas lorsqu’il n’est pas traité par un anti-viral dans les trois premiers jours. C’est sans doute la raison pour laquelle le Mexique s’est fait livrer plus d’un million de doses de Tamiflu cette semaine, en même temps qu’un retour à la « normale », qui sera assurément temporaire.

En outre, la grippe saisonnière tue généralement les populations très jeunes et très âgées. Les premières données concernant le AH1N1 montrent qu’un nombre disproportionné de personnes entre 15 et 54 ans ont été hospitalisées pour une pneumonie sévère en avril 2009 par rapport aux mêmes périodes sur les trois dernières années au Mexique. Le même groupe d’âge avait été touchés de manière disproportionnée, en 1918, et lors d’autres pandémies.

De fait, les malades traités dans les hôpitaux reçoivent des doses massives d’oseltamivir (3), sous sa forme injectable, de sorte a ce que l’on soit certain qu’ils puissent figurer du bon côté des statistiques.

Malgré ces efforts de propagande, les « cas » ont doublé aux États-Unis ces dernières vingt-quatre heures, et aucun pays ne peut maintenant prétendre ne pas être touché.

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Pandémie et Business

En réponse aux bonnes âmes qui s’étaient offusquées quand Condoleezza Rice avait très vite défini le tsunami de décembre 2004 comme une « merveilleuse opportunité » (« qui nous a été d’un grand profit », avait-elle ajouté), il a été justement remarqué qu’elle ne faisait qu’exprimer là, de façon certes un peu cavalière, une réalité du capitalisme (cf. Naomi Klein, « The rise of disaster Capitalism »). Il y avait cependant quelque naïveté à faire remonter la mise en place de ce « capitalisme du désastre » – formule qui est en elle-même un pléonasme – à la dévastation de l’Amérique centrale par le cyclone Mitch en octobre 1998, et à principalement ranger sous cette rubrique les opérations extérieures de l’administration américaine et de la Banque mondiale, désormais planifiées pour préparer en même temps les interventions militaires à venir et la reconstruction des pays qui n’ont pas été encore détruits, car c’est universellement que le déchaînement de calamités sans nombre, avec leur combinaison imprévues et leurs accélérations brutales, ouvre un prodigieux chantier aux trusts planétaires du capitalisme. En cela, le A/H1N1 est sans doute le produit le plus avancé de la technologie marchande du XXIème siècle.

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Ce sont les masses qui demandent à être dominées

N’en déplaise aux amateurs de critique fiction mélodramatique et conspirative, cette pandémie ne permettra pas des décrets de « lois martiales » ou autres bruits de bottes. Nos sociétés sont depuis trop longtemps abatardisées et la manipulation démocratique trop raffinée pour qu’ils soit encore nécessaire de faire régner l’ordre par les armes, et nous aurions tort de penser selon le vieux schéma : si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vérité, elles se révolteraient. L’histoire moderne n’a pas été avare d’exemples contraires, illustrant plutôt, chez les dites masses, une assez constante détermination à ne pas se révolter en dépit de ce qu’elles savaient, et même – depuis les camps d’extermination jusqu’à Tchernobyl – à ne pas savoir en dépit de l’évidence, ou du moins à se comporter en dépit de tout comme si elles ne savaient pas.

Les masses ont été trop longuement entraînées aux sophismes de la résignation et aux consolations de l’impuissance pour ne pas rester impavide devant la destruction du monde qui se déroule devant eux. Tout démontre que l’identification avec le mouvement et le conformisme absolu semblent avoir détruit jusqu’à la faculté d’être atteint par l’expérience la plus directe.

L’artifice de la propagande consiste à affirmer à la fois que l’avenir est l’objet d’un choix conscient, que l’humanité pourrait faire collectivement, comme un seul homme, en toute connaissance de cause une fois instruite par les experts est régi par un implacable déterministe qui ramène le choix à celui de vivre ou de périr ; c’est-à dire de vivre selon les directives des gouvernements ou de périr parce que l’on sera resté sourd à leurs mises en garde. Un tel choix se ramène donc à une contrainte qui règle le vieux problème de savoir si les hommes aiment la servitude, puisque désormais ils sont contraint de l’aimer. Selon Arendt, le problème de la domination totale était de fabriquer quelque chose qui n’existe pas : à savoir une sorte d’espèce humaine qui ressemble aux autres espèces animales et dont la seule « liberté » consisterait à « conserver l’espèce » (Le Totalitarisme). Sur la terre ravagée par une pandémie, ce programme cessera d’être une théorie de la domination pour devenir une revendication des dominés.

Il n’y aura d’ailleurs bientôt plus d’alternatives qu’entre la soumission et le pur nihilisme. Ceux qui refuseront de se «responsabiliser» (porter un masque, se faire vacciner, accepter une puce RFID pour permettre un meilleur dépistage, plus rapide, etc), de participer avec zèle à la « gestion citoyenne » de la crise et à l’embrigadement dans l’Union sacrée pour « sauver le monde », peuvent s’attendre à être bientôt traités comme le sont en temps de guerre les déserteur et le saboteurs. Car l’état de nécessité et les pénuries qui vont s’accumuler pousseront d’abord à réclamer de nouvelles formes d’asservissement, pour sauver ce qui peut l’être encore de la survie garantie là où elle l’est encore quelque peu.

Cependant le rôle de l’imagination théorique reste de discerner, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui  à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Mecanopolis

Notes :

1. Article de New Scientist

2. Article de l’Université de Berkeley

3. Documentation Tamiflu


06:00 > Un troisième mort de la grippe porcine a été enregistré aux Etats-Unis, dans l’Etat de Washington (nord-ouest), a-t-on annoncé de source officielle.

10:00 > Un sondage US réalisé hier pour  Gallup, Harvard School of Public Health and Pew démontre que 25% de la population américaine s’informe en premier lieu sur internet pour suivre l’évolution du virus A/H1N1. Lire l’article.

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11:00 > Stats

Quelques uns des membres du forum jeuxvideo.com, dont nous vous parlions hier, ont réalisé toutes sortes de tableaux statistiques, comme celui que nous plaçons ci-dessous, sur leur site : Pandémie grippale – Virus H1N1

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(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

11:30 > Basic Reproduction Number

Le Basic Reproduction Number (R0) est en fait le nombre moyen de nouvelles infections grippales, crées par une personne nouvellement infectée, dans une population de personnes sensibles. En gros, on peut dire qu’un R0 de 2 veut dire que chaque personne touchée par le A/H1N1 contaminerait à son tout 2 autres personnes.

Question : quel est le R0 actuel du A/H1N1 aux USA ? La réponse est 1.3

Question : quel était le Ro de la grippe espagnole ? La réponse est 1,45

Toutefois, l’utilisation du R0 est souvent incorrect

11:35 > De l’efficacité des restrictions de circulation

Traduction d’un texte de Monotreme sur PFI (Pandemic Flu Information):
Empirical Evidence for the Effectiveness of Movement Restrictions

Il existe un large éventail de données empiriques qui a trait à l’efficacité des restrictions de circulation:

1. Données historiques provenant d’autres maladies.

Bien que la variole ait un R0 élevé et ait ravagé les villes d’Europe, elle était inconnue dans le nouveau monde jusqu’à ce que les Européens l’amènent aux Amériques sur les navires. Il est probable que si ces navires n’étaient jamais arrivé, les Natifs Américains n’auraient jamais été infectés par la variole.

2. Preuve historique de la pandémie de grippe de 1918.

La pandémie de grippe de 1918 est l’une des pires jamais documentée. À ce moment-là, il n’y avait pas d’antibiotiques, d’antiviraux et de vaccins. Pourtant, certaines communautés ont complètement échappé à des infections. Quelques exemples:

A. Gunnison, au Colorado.

Ni petite ni isolée, Gunnison était une ville avec un chemin de fer, un centre d’approvisionnement pour le centre-ouest de l’État, et le College des instituteurs de l’est de l’état (Western State Teachers College). Au début d’octobre – longtemps avant tout cas de grippe – Gunnison et la plupart des villes voisines ont émis une ordonnance de clôture et une interdiction des rassemblements publics. Puis Gunnison a décidé de s’isoler entièrement. Un homme de loi de Gunnison a bloqué toutes les routes. Les conducteurs de train mettaient en garde tous les passagers que s’ils levaient le pied de la plate-forme à Gunnison dans le but d’étirer les jambes, ils seraient arrêtés et mis en quarantaine durant cinq jours. Deux Nebraskans tentant simplement de passer dans le prochain comté par une ville, ont atteint le blocus et furent jetés en prison.

Gunnison n’a eu aucun mort.

B. Samoa américaines

Alors qu’elle était en vigueur, la quarantaine maritime utilisé par des Samoa américaines en date du 23 Novembre 1918, semblait exclure une pandémie de grippe (2). Une fois la grippe parvenue à cette juridiction en 1920, aucun décès n’a été attribué à la grippe (sur une population de ≈ 8000) (8).

En revanche, la grippe se propagea rapidement à travers le Samoa-Occidental (maintenant nommé Samoa). L’impact a été amplifié par un manque d’assistance médicale et par les pénuries alimentaires dans la région.Le Samoa-Occidental a le pire taux de mortalité enregistré de tous pays ou territoire pour la pandémie de 1918, perdant 19% -22% de sa population (2).

Source : PFI

11:45 > La désinfection à l’eau de Javel des aires communes, bureaux d’élèves, rampes d’escaliers et poignées de portes de la Polyvalente de Charlesbourg, dont un des élèves est atteint de la grippe A (H1N1), ne suffit pas à stopper la propagation du virus, selon la Direction nationale de santé publique. cyberpresse.ca

12:20 La grippe porcine a contaminé 4.379 personnes dans 29 pays et fait 49 morts, selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) diffusé dimanche à Genève.

L’augmentation significative du nombre de cas confirmés résulte d’une forte progression aux Etats-Unis, désormais le pays le plus touché. Le nombre de pays concernés par l’épidémie est stable à 29. En revanche, on compte désormais 4 pays où des cas mortels ont été recensés.

    Etats-Unis:      2.254 cas, deux mortels
    Mexique:         1.626 cas, 45 mortels
    Canada:            280 cas, un mortel
    Costa Rica:          8 cas, un mortel
    Espagne:            93
    Royaume-Uni:        39
    France:             12
    Allemagne:          11
    Italie:              9
    Israël:              7
    Nouvelle-Zélande     7
    Brésil:              6
    Japon:               4
    Pays-Bas             3
    Corée du Sud:        3
    Panama               3
    Salvador:            2
    Argentine:           1
    Australie:           1
    Autriche:            1
    Colombie:            1
    Danemark:            1
    Guatemala            1
    Chine (Hong Kong):   1
    Irlande:             1
    Pologne              1
    Portugal:            1
    Suède                1
    Suisse:              1

Le précédent bilan, publié samedi à Genève, faisait état de 3.440 cas dans 29 pays et 48 morts.

Les données de l’OMS sont souvent inférieures aux bilans communiqués par les pays concernés en raison des procédures de vérification effectuées par l’organisation après leurs annonces. Il ne tient par exemple pas compte d’un troisième décès annoncé aux Etats-Unis et des deux premiers cas confirmés de présence du virus en Norvège samedi. (AFP)

12:25 > Petite polémique dans les commentaires à propos de l’utilisation du terme « victime » dans le titre de cette page. Une victime, ce n’est pas forcément un mort. On peut-être victime d’un accident de la route sans finir au cimetière, par exemple. Une personne contaminée par le virus HIV est victime de ce virus potentiellement mortel, sans toutefois être morte au moment ou le test est positif, etc. De même pour le AH1N1, nous semble-t-il. Par ailleurs, l’article de News Scientist reprend plusieurs fois le terme de victimes pour désigner les « cas » ou « contaminés », terme que nous n’avons pas voulu placer dans le titre.

Définition du Larousse :

Personne qui subit les conséquences fâcheuses ou funestes de quelque chose, des événements, des agissements d’autrui. Victime d’un abus, des circonstances, du chômage, d’une calomnie, du despotisme, de la fatalité, d’une méchanceté, d’une méprise, de privations, du progrès, de sévices, du sort; (être) victime d’une attaque, d’une injustice, d’une machination, d’un malaise, d’une violation des droits de l’homme, d’un vol.

12:45 > Alors que le virus H1N1 inquiète partout à travers le Monde, l’hôpital Pasteur de Cherbourg semble parfaitement préparé à un éventuel cas de grippe A. Stocks de masques, de médicaments Tamiflu ou chambres à disposition ont été préparés dès l’alerte de l’OMS. Le personnel hospitalier, déjà rôdé par la grippe aviaire en 2007, gère avec expérience. Lire l’article.

13:00 > La sortie de Terminator 4 retardée pour cause de pandémie

La sortie de Terminator Salvation est retardée au Mexique. Synopsis du film : En 2018, John Connor, âgé de 33 ans, leader charismatique de la résistance humaine face aux machines, mène une lutte à mort contre Skynet pour sauver ce qui reste de l’Humanité. Il fait la connaissance de Marcus Wright, un étranger amnésique dont le seul souvenir est d’avoir été condamné à mort. Vient-il du futur ? Ou du passé ? Alors que Skynet prépare son ultime assaut, John et Marcus s’aventurent au sein de Skynet où ils vont découvrir un terrible secret qui menace la planète : les machines ont fabriqué un virus dans le but de détruire l’humanité.

envoyé par Mecanopolis


13:15 > Hollywood et propagande

Il faut lire l’article de Le Blavec Le terrorisme anticipé par Hollywood, pour se rendre compte comment le cinéma US a préparé les esprits aux « attaques » du 11 septembre 2001. L’auteur revient d’ailleurs sur les films évoquant des catastrophes au sein de tours ou l’urgence d’une protection militaire à Manhattan.

En voyant Terminator 4, on peut réellement se demander si le cinéma américain n’a pas pour but d’anticiper les catastrophes a venir et de préparer les foules à quelques réactions de survie…

Sur le même sujet, lire également ce document de nos amis d’Infoguerre.

Le lien de l’article de Le Blavec n’est plus disponible. Nous l’avions placé il y a un an sur Mecanopolis à propos d’un article sur le film Cloverfield. Si quelqu’un retrouve son texte « Le terrorisme anticipé par Hollywood », nous sommes prenneurs. ;)

13:40 > Le virus H1N1 pourrait circuler chez l’homme depuis l’automne dernier, selon NPR. ( »The best estimate is the middle of that range, kind of September. »)

13:45 > Excellent travail de compilation d’articles sur DiaBlogTimes ;)

13:50 > Merci à nos amis de la Voix des opprimés ;)

14:10 > TF1 impose une quarantaine

Tous les salariés ayant effectué un récent séjour au Mexique ou aux Etats-Unis sont ainsi priés de rester chez eux durant sept jours, sans passer par le siège de la chaîne à Boulogne-Billancourt (92). Ces derniers pourront revenir travailler armés d’un certificat médical assurant qu’ils ne sont pas atteints.

17:20 > 190 millions de doses de vaccin pour septembre

C’est un nouvel article de New Scientist qui rapporte l’information. Si la production de vaccin commence en juin, elle permettra de réaliser 190 millions de doses de vaccin pour septembre. Sachant qu’il faut 2 doses pour vacciner chaque personne, cela permettra de traiter 95 millions d’individus. Lire l’article. En gros, on aura la capacité de vacciner la France, la Belgique et la Suisse. Ca ne fait pas beaucoup, hein…

17:40 > Les médias continuent à parler de stabilisation, malgré les chiffres qui démontrent le contraire. Les dernières informations indiquent même un retour de l’explosion des cas dans certaines provinces mexicaines, qui ont fermé les établissements publics.

influenza-2009-cases219:50 La lutte contre la grippe porcine au Mexique rebondit dans plusieurs régions du pays qui imposent à leur tour les restrictions d’activités utilisées d’abord à Mexico, où la tension retombe avec la réouverture des écoles primaires attendue lundi.

Le bilan national de « cas confirmés » reste arrêté à 48 morts et 1.578 malades contagieux en cours de traitement.

La rentrée des classes, d’abord fixée à lundi au plan national après deux semaines d’interruption « préventive », a été reportée dans six des 32 Etats du pays.

C’est le cas de celui de Guerrero, qui a décrété en outre la fermeture de tous les bars de nuit et discothèques dans ses stations touristiques, dont Acapulco, sur la côte du Pacifique.

Les restaurants y sont ouverts normalement, mais un grand hôtel du front de mer annonçait dimanche matin un taux d’occupation de 10%, contre 40% à 50% habituellement à cette période de l’année.

L’Etat de Jalisco (ouest) avait déjà annoncé vendredi la fermeture de tous ses équipements publics, cafés, restaurants, stades et autres lieux de distractions, après la découverte de trois décès suspects.

A Mexico, l’opération de grand nettoyage et de désinfection s’est poursuivie pendant tout le week-end dans les écoles, mais aussi dans le métro, dont l’affluence va redoubler avec la rentrée des classes. (AFP)

20:20 > Sérieux doutes sur l’efficacité du Tamiflu

Ce célèbre médicament antiviral de la multinationale suisse Roche fait l’objet d’interrogations de plus en plus dérangeantes.

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C’est fait, ou presque: le Tamiflu est en passe de donner son nom à une affaire dont il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait être amenée à prendre des dimensions planétaires. Cet antiviral de la multinationale pharmaceutique suisse Roche (moins connu sous sa dénomination chimique d’oseltamivir) est depuis plusieurs années présenté de manière publicitaire comme une forme de panacée contre l’infection par les virus de la grippe. Avant l’émergence du risque hypothétique de pandémie hautement meurtrière associé au nouveau virus A(H5N1) de la grippe aviaire il était inconnu ou presque du grand public. Il était aussi rarement prescrit par les médecins dans le cadre des épidémies de grippe saisonnière.

Tel n’est plus le cas. La diffusiion planétaire du A(H5N1) dans les populations d’oiseaux sauvages et domestiques et, corollaire, l’augmentation du risque de passage du virus à l’homme, ont totalement bouleversé la donne. Dès 2006 et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé la plupart des gouvernements des pays industriels ont décidé de constituer -à prix d’or- des stocks considérables de Tamiflu. Et l’émergence du nouveau virus A(H1N1) a conduit les mêmes autorités à souligner tout l’intérêt de ces initiatives anticipant l’apparition d’un fléau pandémique.

On n’a ainsi pas cessé de rappeler, par voie de presse, ces derniers jours que la France disposait de plus d’une trentaine de millions de traitement. Et on nous a aussi expliqué qu’une partie (laquelle?) de ce Tamiflu jusqu’à présent conservée en vrac sur des « sites militaires » était en cours de conditionnement et bientôt « prépositionnée » dans les services spécialisés des établissements hospitaliers sur l’ensemble du territoire national.

Tout ceci ne saurait gommer le fait que, depuis plusieurs mois déjà, deux questions circulent avec une insistance grandissante dans la communauté médicale et scientifique. La première: les stocks de Tamiflu (ou du moins une partie d’entre eux) n’ont-ils pas déjà dépassé leur délai de péremption ? La seconde : comment interpréter les résultats de différents travaux démontrant que des virus grippaux A(H1N1) sont, en moins de deux ans, devenus massivement résistants à ce médicament ?

Depuis son siège de Londres l’Agence européenne du médicament (EMEA) a, dans l’après-midi du 8 mai, répondu par voie de communiqué de presse à la première de ces deux questions. Et elle l’a fait, selon moi, avec une assez grande désinvolture assez inhabituelle. En clair : vos stocks de Tamiflu sont périmés ? Qu’à cela ne tienne : nous allons augmenter la durée de vie de votre médicament. Et ne jetez surtout pas les boîtes ayant dépassé le délai de péremption ou celles qui s’en approchent !

Si la Commission européenne en est d’accord ce délai de péremption passera de cinq à sept ans. Et l’on voit mal Bruxelles s’opposer ici aux experts de l’EMEA. Mieux ces experts estiment que, le cas échéant, le Tamiflu pourra être prescrit aux enfants âgés de moins d’un an (ainsi qu’aux femmes enceintes ou allaitantes) ce qui était jusqu’à présent formellement contre-indiqué. Les experts de l’EMEA expliquent encore qu’en cas de pandémie les « bénéfices » éventuels d’une telle utilisation du Tamiflu sont de nature à dépasser les « risques » encourus jusqu’alors pris en compte pour commercialiser au mieux la molécule pharmaceutique. Lire la suite.

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20:35 > Elevage industriel et nouveaux virus : une vraie question

L’irruption de la grippe A, au-delà des mesures prises pour lutter contre la propagation de la maladie, devrait nous interroger sur les causes d’une telle situation :

Les élevages industriels hors-sol de porcs ou volailles soumis à des traitements antibiotiques quasiment continus constituent des milieux propices à l’apparition de virus nouveaux et de bactéries résistantes aux antibiotiques. La région de l’élevage de la Gloria, au Mexique, d’où provient l’apparition chez l’homme de ce virus correspond à ce modèle. Et l’élevage porcin en Bretagne est sensiblement du même type. Lire la suite.

21:10 > Merci à tous nos amis bloggeurs qui ont repris les infos de cette page depuis ce matin ;)

Changement climatique ; Citoyens du Monde ; DiablogTimes ; Rodion Raskolnikov ; Serge Adam , Blog Seniors ; Vigi-Infos ; news.stcom

21:40 > Le nombre de personnes contaminées par le virus de la grippe A (H1N1) aux Etats-Unis s’élevait dimanche à 2.532, a annoncé le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Lundi 11 mai > Le Mexique sacrifié ?

La situation au Mexique est inexplicable. Le gouvernement s’obstine à réouvrir les établissements publics alors que tout démontre que la situation dans plusieurs régions du pays connait une expansion importante des cas de A/H1N1. Tout semble être fait comme si il y avait un volonté manifeste  pour que la contagion gagne du terrain. Pour couronner le tout, le Ministère de la santé a refusé de donner sa conférence quotidienne sur la situation de l’épidémie. A la veille de la réouverture des écoles, ça tombe plutôt mal… Que cherche à faire exactement le gouvernement mexicain ?

fema-camp

00:05 > Peut-être un début de réflexion : Nous avions expliqué, il y a quelques jours, comment les CDC et l’OMS ont pris le contrôle de la santé au Mexique. Or, ce pays s’est fait livré 1 million de doses de Tamiflu la semaine dernière (400′000 venant des USA, 100′000 de la France et le reste des réserves de l’OMS). Si tous pensaient que la situation était sous contrôle, et même en voie de stabilisation, ces livraisons au Mexique n’auraient pas lieu d’être. Sauf si on se livre à une expérience grandeur nature afin de voir si le virus peut-être stoppé de front plutôt qu’en paralysant toute l’économie d’un pays pendant plusieurs semaines. Le Mexique serait alors le laboratoire de ce qui sera ou ne sera pas fait aux Etats-Unis et partout ailleurs où le virus s’étend. Cela expliquerait les mensonges de Calderon, prêt a sacrifier un certain nombres de ces concitoyens sur l’autel de l’économie mondiale.

Vous en doutez ? Pas nous ! (Mecanopolis + Redamex)

Poursuivre avec cet article. (Merci à Redamex)

00:15 > NAOMI KLEIN ET LA CRISE FINANCIÈRE – 1 -
envoyé par Mecanopolis

Partie 2 et partie 3


06:30> Mexique : Le Secrétaire fédéral de la Santé, José Angel Cordova Villalobos, a reconnu que « l’éventualité qu’apparaisse de nouveaux cas d’infection du virus de la grippe reste possible mais la phase de stabilisation se poursuit« . Comment on dit déjà… ? Hijo de la Chingada !!!

Source : elmanana.com.mx

18:30 > Une mégaporcherie états-unienne installée au Mexique et l’apparition de la grippe porcine

Le 20 mars dernier, alors que l’existence du virus de la grippe porcine n’était pas encore connue, Bertha Crisostomo, agente municipale de La Gloria, un quartier de la municipalité de Perote (État de Veracruz), sollicita l’appui du ministère de la Santé de Mexico concernant une explosion d’infections respiratoires qui affectaient 60% des 3000 habitants de l’arrondissement, soit 1600 personnes.

Également, un reportage publié par la revue Milenio, avant que soit connu l’origine de cette explosion, décrivait comment plusieurs familles avaient été victimes d’infections gastro-intestinales et respiratoires, symptômes typiques de la grippe.

José Luis Martinez, un résidant de La Gloria, de 34 ans, dit qu’il a appris de quoi il s’agissait par les médias qui décrivaient la grippe porcine et ses symptômes : fièvre, toux, douleurs dans les articulations, migraines et dans certains cas, vomissements et diarrées. « Quand on a vu ça à la télévision, dit-il, on s’est dit : c’est ça que nous avons. »

A ces doutes populaires, s’est ajouté la confirmation d’une firme de consultants états-unienne spécialisée dans la biosurveillance, Veretech Corporation, qui a identifié une communauté de Perote comme étant le lieu de l’apparition du nouveau virus de l’influenza. Lire la suite.

18:45 > Symptômes respiratoires chez 555 voyageurs entrés en Chine. Lire l’article.

19:00 > Publicités informatives des CDC diffusées depuis ce matin aux USA :

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Mardi 12 mai > Le A/H1N1 pourrait faire 30′000 morts en France

Près de 35% de la population française pourrait être touchée par la grippe porcine, ce qui pourrait entraîner 30.000 morts, a affirmé lundi Antoine Flahaut, épidémiologiste et directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes lors d’une conférence.

« Il pourrait y avoir 30.000 décès en France », a affirmé M. Flahaut au cours d’une conférence donnée à l’EHESP, en évoquant le scénario qu’il estime le plus probable de l’évolution de la pandémie de la grippe A (H1N1).

Selon ce scénario, le pic se fera sentir « après l’été » et pourrait toucher « 35% de la population ». En comparaison, la grippe saisonnière fait selon lui en moyenne 6.000 morts par an.

Interrogée lundi soir sur France 3 sur ces déclarations, la ministre de la santé Roselyne Bachelot a indiqué que M. Flahaut avait « décrit un des scénarios tout à fait possibles », mais que « l’ensemble de la communauté des experts médicaux est encore en recherche sur ce qui va se passer ».

« Nous sommes très attentifs à ce qui se passe dans l’hémisphère sud, où on va être en hiver », a dit encore Mme Bachelot. « Cela va présager sans doute de ce qui va passer dans l’hémisphère nord à l’automne », a-t-elle ajouté.

M. Flahaut ne croit pas à un scénario de type SRAS, avec des symptômes apparaissant chez toutes les victimes et des hospitalisations systématiques. Selon lui, en moyenne, la moitié des personnes infectées par le H1N1 ne ressentent pas les symptômes de la maladie.

Il ne croit pas non plus au scénario de type grippe espagnole de 1918/1919 qui aurait fait selon l’OMS au moins 40 millions de décès dans le monde en raison d’un taux très élevé « de 1 à 3% de cas de mortalité par rapport aux cas infectés ».

En revanche, il rapproche plutôt la pandémie actuelle de la grippe de Kong-Kong de 1968. « En 1968, il y a eu 30.000 morts, on ne l’avait pas vu, là on le verra », a-t-il dit devant des étudiants.

« Pour le moment en France, nous n’avons que des cas d’importation, mais je ne serais pas étonné que des gens qui n’ont pas eu les symptômes aient transmis » la maladie, a-t-il ajouté.

« Il s’agit d’un virus qui se transmet comme les autres, il n’est pas exceptionnel, il fait sa besogne », a-t-il expliqué. En moyenne, a-t-il ajouté, une personne contagieuse transmet la grippe à deux autres personnes.

« Si au niveau collectif c’est une grande menace, au niveau individuel ce n’est qu’une grippe », a-t-il expliqué. « 35% de la population malade, cela peut gripper le système, notamment le système de santé », a-t-il poursuivi.

« La pandémie, nos pays s’en sortiront sans grands dégâts, ceux qui vont en souffrir sont ceux qui souffrent déjà, par exemple ceux qui ont des emplois précaires », a-t-il encore dit.

Concernant le vaccin, l’OMS doit se prononcer le 14 mai, a affirmé M. Flahaut. Elle devra choisir entre faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou faire un vaccin dirigé contre la pandémie, a-t-il rappelé.

« Mon sentiment est qu’ils vont faire un vaccin pandémique », a-t-il ajouté sachant que « le nouveau virus est ultra-compétitif et chassera tous les autres ». « En janvier, il n’y aura plus que du H1N1 sur la terre, le reste aura été dégommé », a-t-il ajouté.

« Chaque nation va décider de sa politique et cela ne va pas être triste, car il n’y aura pas de vaccins pour tout le monde », a encore déclaré M. Flahaut. « Soit on vaccine, comme pour la grippe saisonnière, les personnes âgées et les plus fragiles, soit on veut faire barrière au virus et on vaccine les personnes stratégiques, mais c’est qui les personnes stratégiques ? », s’est-il interrogé. Source : France24

02:30 > A/H1N1 : 23′000 personnes seraient contaminées au Mexique

Quelque 23.000 personnes ont été contaminées au Mexique par le virus de la grippe A(H1N1), estime un rapport publié lundi en ligne par la revue « Science ». Ce nombre est beaucoup plus important que celui des cas confirmés officiellement dans le pays.

Le rapport, établi par la cellule sur les pandémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui comprend notamment les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC), estime à 23.000 les personnes contaminées au Mexique par le virus. C’est dans ce pays que l’OMS avait repéré l’éruption d’une épidémie de grippe porcine en avril.

Selon un dernier bilan, le nombre officiel de cas confirmés au Mexique s’élève à 2003 et celui des morts à 56. Au Mexique, comme dans le reste du monde, « les cas confirmés de A(H1N1) ne représentent que la partie émergée de l’iceberg », a relevé lundi Anne Schuchat, directrice adjointe par intérim de la santé publique aux CDC, lors d’une conférence de presse.

Aux Etats-Unis, par exemple, les statistiques fournies par les différents Etats concernent seulement les gens qui se sont rendus dans un laboratoire pour faire un test, souligne Mme Schuchat. (ATS) Source : swissinfo.ch

Merci a Redamex de nous avoir fait parvenir cette info qui confirme, comme nous l’affirmons sur Mecanopolis depuis 10 jours, que les chiffres avancés par le gouvernement mexicain ne correspondent en rien à la réalité.

20:20 > Sanofi Pasteur se prépare à affronter une pandémie

Sanofi Pasteur, leader mondial des vaccins, a assuré mardi qu’il se “préparait à affronter une pandémie” de grippe A et attendait l’envoi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de la souche du virus pour fabriquer le vaccin.

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”Nous n’avons pas encore reçu de souche de l’OMS, mais c’est une question de jours et on va se préparer pour produire un vaccin en masse”, a déclaré à l’AFP Albert Garcia, épidémiologiste et porte-parole de Sanofi-Pasteur.

M. Garcia s’exprimait en marge de la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine destinée à produire le futur vaccin contre la dengue, à Neuville-sur-Saône (Rhône).

”Nous ne sommes pas en phase pandémique, même si le virus H1N1 de la grippe A a tous les profils d’un virus pandémique, mais on se prépare à affronter une pandémie”, a souligné l’épidémiologiste.

”Aujourd’hui on se prépare à l’éventualité d’une résurgence” de la grippe A, mais on n’a aucun moyen fiable de mesurer sa virulence”, a observé le Dr Elias Zerhouani, conseiller Science et Technologie de Sanofi.

”La capacité mondiale de production (d’un vaccin) est encore limité et tous les investissements dans ce domaine sont nécessaires”, a-t-il dit.

De son côté, le directeur-général de Sanofi-Aventis, Christopher Viehbacher, a souligné que le groupe disposait de trois usines dans le monde –deux aux Etats-Unis et une en France– pour la fabrication de vaccins contre la grippe saisonnière, qui fait 30.000 morts chaque année.

Seuls les deux sites américains sont capables de produire en même temps un vaccin contre la grippe A, a-t-il souligné.

Arrêter en France la fabrication du vaccin contre la saisonnière pour celui contre la grippe A constitue “une vraie question de santé publique”. “Ce n’est pas à nous de la prendre, mais à l’OMS”, a-t-il dit.

Treize cas de grippe d’origine porcine A (H1N1) étaient confirmés en France mardi en fin de matinée, sept étant considérés comme probables et 32 autres possibles étaient en cours d’investigation, selon le dernier bilan de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Dans le monde, l’épidémie de grippe A a franchi le seuil des 5.000 cas confirmés mardi, dont 61 morts, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), et 3 nouveaux pays, la Finlande, la Thaïlande et Cuba, ont annoncé avoir détecté la présence du virus.

Merci à « Je Tousse » pour cette info.

20:20 > L’OMS craint une résistance aux antiviraux

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint une résistance du virus de la grippe porcine aux antiviraux se fondant sur « les signes de résistance » de la grippe saisonnière constatés l’année dernière, a annoncé mardi l’un de ses experts en pandémie.

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« Nous sommes confrontés au risque de résistance des virus » (aux antiviraux), a expliqué Nikki Shindo au cours d’une conférence de presse téléphonique.

Le Dr Shindo a fait valoir que l’année dernière la grippe saisonnière avait montré « des signes de résistance à l’oseltamivir », la molécule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral produit par le laboratoire suisse Roche et recommandé jusqu’à présent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette résistance pourrait se développer après son passage dans l’hémisphère Sud où l’hiver, propice à la propagation de la grippe, débute, a laissé entendre l’expert de l’ONU.

Le développement d’un vaccin contre cette grippe atypique, qui a contaminé plus de 5.200 personnes dans le monde, dont 61 sont mortes, a été motivé par cette crainte, a encore expliqué le Dr Shindo.

L’OMS a convoqué jeudi un comité d’experts qui sera chargé d’étudier les modalités de production de ce vaccin.

En attendant et en dépit du risque de résistance, l’organisation a commencé à envoyer la semaine dernière quelque 2,4 millions de doses de Tamiflu à 72 pays dont le Mexique.

Roche a également annoncé mardi qu’il offrait 5,65 millions de doses supplémentaires de son médicament phare. Le laboratoire bâlois prévoit également d’augmenter ses capacités de production de l’antiviral, dont il va produire 110 millions de traitements pendant les cinq prochains mois.

« Nous ne sommes qu’au commencement de l’épidémie », a par ailleurs estimé l’expert de l’OMS, précisant que l’organisation ne s’expliquait toujours pas pourquoi les cas les plus graves avaient été enregistrés au Mexique.

« Pour l’instant, les données des Etats-Unis et du Mexique suggèrent que 9 à 10% des cas confirmés ont nécessité une hospitalisation (…) ce qui est clairement différent de ce que nous voyons avec une grippe saisonnière, a encore souligné le Dr Shindo.

Alors que le nombre de cas de grippe porcine a franchi mardi le seuil des 5.000 malades avec 5.251 cas confirmés, dont 61 morts, dans 30 pays, selon le dernier bilan de l’OMS, le Dr Shindo a indiqué que l’organisation préparait un guide de conseils pour les personnels médicaux des pays touchés par la maladie.

21:00 > Le A/H1N1 est un virus pandémique

Les caractéristiques de l’épidémie provoquée par la nouvelle souche de grippe A(H1N1), dite grippe porcine ou mexicaine, correspondent à ce qui est connu des premiers stades d’une pandémie de grippe, selon une analyse publiée aujourd’hui par une équipe internationale dans la revue Science.

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Neil Ferguson (de l’Imperial College London, GB) et ses collègues épidémiologistes et virologues évaluent que l’épidémie de grippe A(H1N1) a commencé au Mexique à la mi-février et qu’à la fin du mois d’avril près de 23.000 personnes avaient été infectées par ce virus au Mexique et 91 en étaient mortes. Un grand nombre de cas modérés de grippe ayant certainement échappé au recensement, le nombre réel pourrait aller jusqu’à 32.000 cas.

Les chercheurs estiment que le taux de mortalité est compris entre 0,3% et 1,5% au Mexique et qu’il est vraisemblablement de 0,4% en moyenne (4 morts pour 1.000 cas).

Pour ce qui est de la vitesse de transmission du virus, ils estiment qu’il y a eu 1,2 à 1,6 cas secondaire en moyenne pour une personne infectée. Ce qui est plus élevé que dans le cas d’une grippe saisonnière, au cours de laquelle 10 à 15% de la population est infectée, mais est plus faible que dans le cas d’une pandémie qui touche 20 à 30% de la population.

«Le virus se répand à un rythme attendu pour les premiers stages d’une grippe pandémique», commente Neil Fergusson. «Jusqu’à présent, il a suivi un schéma très semblable à celui de la pandémie de 1957, en termes de nombre de personnes infectées et de pourcentage de cas mortels». Moins dangereux que le virus de la grippe espagnole, ce nouveau virus doit cependant rester sous surveillance, dit-il. L’épidémie de 1957 a fait 2 millions de morts dans le monde, selon les estimations de l’OMS, alors que la grippe saisonnière cause 250.000 à 500.000 décès annuellement.

Nous devons être préparés, particulièrement pour l’automne. Actuellement, le virus ne se répand pas facilement dans l’hémisphère nord parce que nous sommes à l’extérieur de la saison normale de grippe, explique-t-il. La grippe pourrait atteindre son « plein potentiel pandémique » dans les six à neuf prochains mois.

Mercredi 13 mai > La partie émergée de l’iceberg

Le nombre de cas confirmés dans le monde pourrait n’être que « la partie émergée de l’iceberg », et le nombre de cas réels bien plus élevé que les bilans officiels, a averti la cellule sur les pandémies de l’OMS.

Ainsi cette cellule évalue à 23.000 le nombre de personnes contaminées au Mexique par le virus, alors que le bilan officiel des autorités mexicaines est de 2.224.

L’OMS a mis en garde contre une résistance du virus de la grippe A (H1N1) aux antiviraux se fondant sur les « signes de résistance » de la grippe saisonnière constatés l’an dernier.

Le Dr Nikki Shindo, expert en pandémies, a fait valoir que l’année dernière la grippe saisonnière avait montré « des signes de résistance à l’oseltamivir », la molécule contenue dans le Tamiflu, l’antiviral recommandé jusqu’à présent par l’OMS contre le nouveau virus de type A (H1N1).

Cette résistance pourrait se développer après son passage dans l’hémisphère Sud où l’hiver, propice à la propagation de la grippe, débute, a laissé entendre l’expert de l’OMS.

En attendant le développement d’un vaccin et en dépit de ces craintes, l’organisation a commencé à envoyer la semaine dernière 2,4 millions de doses de Tamiflu à 72 pays, dont le Mexique.

01:00 > «Un tiers de l’humanité pourrait être infectée»

Si le virus de la grippe A (H1N1) maintient sa vitesse de propagation actuelle, un tiers de l’humanité pourrait être infectée. Un rapport d’experts rendu public par Science lundi soir estime ainsi pour la première fois le potentiel pandémique du nouveau virus de la grippe. Il donne raison à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, le 29 avril, a relevé son niveau d’alerte, le plaçant au stade de «pandémie imminente». Mais il faudra sans doute attendre l’automne pour que l’épidémie atteigne l’hémisphère Nord.

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Le virus va «vraisemblablement se propager autour du monde dans les six à neuf mois à venir», a déclaré un des auteurs de l’étude, Neil Ferguson, de l’Imperial College de Londres. «Quand il le fera, il affectera environ un tiers de la population mondiale.» Mais «cen’est pas le scénario catastrophique que craignait le monde avec la grippe aviaire», a-t-il précisé.

Quel vaccin produire?

Bien qu’il perdure une bonne dose d’incertitudes, le nouveau virus semble être moins sévère que son cousin de 1918, mais comparable à celui de 1957, estime le rapport. A cette époque, l’épidémie avait fait trois à quatre millions de morts.

L’expert se refuse toutefois à donner une estimation du nombre de morts possible. «Je ne prédis pas 3 à 4 millions de morts, a précisé Neil Ferguson au quotidien The Gua rdian.

Le monde est différent aujour­d’hui. Il est plus peuplé, mais le système de soins est aussi meilleur.» Et de rappeler que l’OMS doit décider cette semaine de faire entrer le H1N1 souche nord-américaine dans le vaccin de la grippe saisonnière ou de faire un vaccin dirigé contre la pandémie.

Une chose est sûre, le virus est plus contagieux que la grippe saisonnière, a rappelé l’OMS. Lorsque cette dernière sévit, une personne en contact avec un malade a entre 5 et 15% de risque d’être infectée. Avec le nouveau virus, cette proportion grimpe entre 22 et 33%.

Les experts, travaillant en collaboration avec l’OMS, se sont concentrés essentiellement sur les données mexicaines, le virus étant parti du Mexique. En analysant les mouvements de voyageurs, le nombre de cas confirmés dans le monde, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que, fin avril, entre 6000 et 32 000 personnes ont été contaminées.

Données incomplètes

Selon les travaux publiés, la grippe dite mexicaine tue entre 0,4% et 1,4% de ses victimes. Le professeur Neil Ferguson reconnaît toutefois que les données sont encore incomplètes.

Enfin, les chercheurs ont confirmé que le virus est apparu pour la première fois mi-février dans le village de La Gloria, Veracruz, où 61% de la population de plus 15 ans a souffert de maladie respiratoire sévère.

Source : Tribune de Genève, 13 mai, 00:13

19:10 > Le H1N1 porcin dépasse la grippe saisonnière aux États-Unis
Traduction en français par Lyro, Zonegrippeaviaire

Le rapport de la semaine 17 du CDC à propos de la grippe saisonnière aux États-Unis est frappant. La courbe normale en forme de cloche de cas détectés par les laboratoires sentinelles du CDC a soudainement été interrompue par une forte augmentation. Quoique la hauteur de la montée [de la coube] ait été poussée en quelque sorte par une surveillance accrue, attribuable à la détection du H1N1 porcin, la composition de la barre représentant la semaine 17 s’est avéré un signal évident que la grippe porcine H1N1 a pris l’assault des cas de grippe aux États-Unis. Les données initiales pour l’influenza comportaient respectivement 334 et 300 positifs au H1 et H3, mais il y a eu 326 et 304 isolats de H1N1 porcin ou de l’influenza A intypable (ce qui consiste en du H1N1 porcin n’ayant pas encore été confirmé). La mise à jour des données publiée cette semaine fut encore plus frappante, avec 370 et 342 isolats respectivement de H1 et H3, alors que le H1N1 porcin et l’influenza A intypable s’élevaient à 542 et 259. Ainsi, il est survenu davantage de H1N1 porcin que la combinaison de H1 et H3 de grippe saisonnière.

La montée des cas de H1N1 porcin a créé un retard de données [backlog] au CDC, ce qui peut être observé dans la carte des cas confirmés et cas probables (voir la carte des États-Unis). Les tests de confirmation ont été confiés aux laboratoires d’États afin d’éliminer le retard, mais peu de temps après, les laboratoires d’État ont admis que les échantillons testés n’étaient que la pointe d’un très grand iceberg, et que les futurs tests se concentreraient uniquement sur les cas les plus graves.

Ce déplacement du H1N1 porcin dans la population humaine demeure une cause de préoccupations. L’augmentation dépassant la grippe saisonnière pourrait être poussée par le gène PB2 aviaire de l’isolat porcin. La position 627 consiste en un E, qui favorise la croissance à des températures corporelles supérieures des oiseaux. La grippe saisonnière possède un K à la position 627, ce qui facilite une reproduction rapide à une température inférieure, étant compatible avec la température interne d’un nez humain en hiver.

La présence d’un PB2 aviaire pourrait offrir un avantage sélectif au cours de l’été, lorsque la grippe saisonnière chutera à des niveaux à peine détectables. Toutefois, le H1N1 porcin se déplacera vers le sud au cours des prochains mois, et se développera dans des conditions plus froides, ce qui pourrait favoriser l’acquisition du [changement] E627K via réassortiment ou recombinaison. Ce changement pourrait générer un H1N1 plus virulent à l’automne dans l’hémisphère nord.

Ainsi, le H1N1 porcin pourrait déployer deux stratégies de virus. Le H1N1 avec un PB2 aviaire dominerait l’hémisphère nord au cours de l’été, alors que le H1N1 de l’hémisphère sud ferait l’acquisition du [changement] E627K, et établirait la dominance au cours des mois d’hiver.

Ainsi, la propagation du H1N1 porcin s’effectue en vitesse supérieure, alors que l’OMS est encore à débattre si le H1N1 porcin est un H1N1 porcin, et si une pandémie de phase 6 est réellement à la phase 6.

Le H1N1 porcin ne lit pas les communiqués de presse de l’OMS.

Il ne fait qu’acquérir de l’efficacité de transmission via recombinaison homologue.

23:00 > Comme nous l’indiquions hier, plusieurs centres de recherches indiquent que le virus A/H1N1 aurait déjà muté.

Lire : Swine Flu: It’s a Mutation, But What Does it Mean? et Estudian nuevo virus que sería peor que el H1N1

Jeudi 14 mai > La grippe A (H1N1): une erreur humaine?

Adrian Gibbs, 75 ans, soutient qu’il prévoyait publier un rapport montrant que cette pandémie de grippe aurait possiblement évolué dans des oeufs utilisés pour créer des virus pour des recherches scientifiques et pour le développement de vaccins.

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Le spécialiste a dit que sa découverte permettrait de mieux comprendre la capacité du virus à se propager.

Si les recherches d’Adrian Gibbs s’avèrent véridiques, l’OMS estime que cela posera nombre de questions sur le virus de la grippe A (H1N1).

Par exemple, est-ce que ce virus a été développé pour un vaccin ou dans le cadre d’une recherche? Est-ce qu’il a été libéré par accident ou par exprès? Quelles en sont les circonstances? s’est demandé un spécialiste de l’OMS cité par l’agence de presse Bloomberg.

Tout de même, un centre pour le contrôle et la prévention des maladies à Atlanta, aux États-Unis, a analysé le rapport et conclut qu’aucune preuve ne peut confirmer les conclusions du chercheur australien.

Source : Bloomberg

Merci à notre ami Antoine de nous avoir fait parvenir cette info.

21:00 > Qui a laissé échapper le virus A/H1N1 ?

Bien qu’il n’y ait aucune preuve formelle permettant d’affirmer qu’il s’agit d’un virus créé de toutes pièces et qui aurait été répandu volontairement pour réduire la population mondiale, a expliqué LaRouche, cette hypothèse n’est pas à exclure au vu des intentions criminelles de certains courants au sein de l’oligarchie financière britannique. Lire la suite > solidariteetprogres.org

21:00 > INFORMATION A CONFIRMER : Selon une de nos  sources 636,000 étudiants et prof mexicains retournés à la maison pour symptômes apparentés à grippe A(H1N1).

Notre source semble être fiable, mais nous cherchons a recouper l’information.

21:25 > Selon le rapport du Secrétariat de l’éducation publique (SEP), 636′000 étudiants et 406 enseignants ont été renvoyés dans leurs foyers, tout en présentant des symptômes de maladies respiratoires ou étaient absents de leurs écoles, qui a plus que doublé le nombre de les membres de la communauté scolaire de maladie, l’a enregistré, mardi dernier, leur nombre était de 259 mille 592. 91′000 élèves  seraient atteint des symptômes de la grippe : forts et intenses maux de tête, forte fièvre et douleurs musculaires. Lire l’article.

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22:25 > Le leader cubain Fidel Castro a accusé jeudi le Mexique, les Etats-Unis et le Canada d’être responsables de l’ »expansion fulgurante » de la grippe porcine alors que ces pays étaient, selon lui, au courant de l’apparition du virus A(H1N1) bien avant que l’alerte ne soit donnée.

« L’expansion fulgurante (de la grippe porcine) aurait pu être évitée », écrit l’ancien président cubain Fidel Castro, 82 ans, dans un commentaire qui a été lu à la télévision nationale et publié sur le site internet cubadebate.cu.

« Serait-il possible qu’au Mexique, les 16 et 17 avril », lors de la visite du président américain Barack Obama, « personne ne savait un mot du cadeau qui serait fait au monde six jours plus tard? », se demande Fidel Castro, qui a cédé le pouvoir en 2006 à son frère Raul pour des raisons de santé.

« Pas même les services de renseignement des Etats-Unis, experts en information, ne savaient ce qui était sur le point d’arriver? », ajoute-t-il en relevant qu’Obama avait retrouvé le dirigeant mexicain Felipe Calderon ainsi que le Canadien Stephen Harper au Sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, les 18 et 19 avril.

Le gouvernement mexicain a donné l’alerte le 23 avril après qu’un laboratoire canadien eut diagnostiqué officiellement le premier le virus A (H1N1) sur la base d’échantillons en provenance du Mexique.

« Ce n’est pas une faveur du gouvernement du Mexique au monde comme certains le prétendent. Il faudrait maintenant remercier les trois pays associés au traité de libre-échange », le Mexique, le Canada et les Etats-Unis, poursuit Castro.

Le journal mexicain La Jornada a rapporté, selon Fidel Castro, que dès le 5 avril des mesures sanitaires avaient été prises dans le village mexicain de la Gloria en raison de la grippe porcine.

Fidel Castro avait déjà accusé lundi les Mexicains d’avoir caché l’apparition de l’épidémie pour ne pas perturber la visite de Barack Obama dans leur pays. Ce qui a suscité des dénégations outrées de la part des autorités mexicaines.

Samedi 16 mai > Chers Amis,

Encore une page saturée sur le sujet du A/H1N1. Nous en placerons une nouvelle durant le week-end, le temps de compiler les nombreuses informations qui nous sont parvenues ces dernières 24h

12:00 > L’OMS lance un avertissement : la liste des cas confirmés infectés du virus de la grippe AH1N1 s’alourdit dans le monde

La liste des cas confirmés infectés du virus de la grippe AH1N1 s’est alourdi le 15 mai dans le monde. Jusqu’au 17h du 16 mai (heure de Beijing), en total, 8461 cas sont confirmés dans 38 pays du monde. Le jour même, Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, a averti en disant que le virus de la grippe AH1N1 continerait à se propager sur le globe, dont les conséquences varieraient selon les cas inconnus. Source > french.cri.cn

12:30 > Plus de 100′000 cas aux USA, selon les CDC

Le nombre réel de cas de grippe porcine aux États-Unis pourrait être « de plus de 100.000″, a  indiqué un haut fonctionnaire de la santé publique, ce qui est de loin plus élevé que les chiffres officiels de 7′415 cas confirmés par les laboratoires.

Le Dr Daniel Jernigan, chef de l’épidémiologie de la grippe pour les Centers for Disease Control and Prevention, a déclaré lors d’une conférence de presse que le nombre officiel donne une image inexacte de l’épidémie. Lire la suite.

Chers amis, avec un peu de retard, nous déménageons cette page sur le nouvel éditorial de Mecanopolis :

Le monde serait-il devenu une vaste porcherie ?


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mai 07 2009

L’appel de Cochin, ou l’Union Européenne vue par Jacques Chirac en 1978

Que chaque lecteur se fasse son avis sur l’ampleur du changement de position pris par Jacques Chirac entre le moment où il publia ceci et ce qu’il accomplit pendant ses deux mandats par la suite, sans parler des opinions du président actuel sur le même sujet.

L’Appel de Cochin est le nom donné à un texte communiqué, le 6 décembre 1978, par Jacques Chirac, à l’époque ancien Premier ministre de la France, président du Rassemblement pour la République et maire de Paris.

Cet appel est officiellement signé de Jacques Chirac, mais on en attribue habituellement la paternité réelle aux deux plus proches conseillers de celui-ci à l’époque, Pierre Juillet et Marie-France Garaud.

Sa publication entrait dans le cadre de la « pré-campagne » du RPR pour les premières élections au suffrage universel du Parlement européen, jusque-là désigné par les Parlements nationaux des pays membres de la Communauté économique européenne, élection qui eut lieu, en France, le 10 juin 1979.

Ce texte dénonçait notamment un « parti de l’étranger », soit, dans l’esprit du signataire, l’Union pour la démocratie française, parti de centre-droit créé le 1er février 1978 à l’initiative de Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la République.

Ce surnom d’« appel de Cochin » a été donné à ce communiqué aussitôt après sa publication, en raison des circonstances dans lesquelles il a été élaboré. Jacques Chirac avait en effet été victime, le 26 novembre précédent, d’un accident de la route en Corrèze, département dont il était l’un des députés et président du Conseil général, et avait aussitôt été transporté à Paris, à l’hôpital Cochin, pour y recevoir les soins nécessités par ses blessures.

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L’Appel de Cochin, Jacques Chirac, 1978:

Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache.

L’Europe que nous attendions et désirions, dans laquelle pourrait s’épanouir une France digne et forte, cette Europe, nous savons depuis hier qu’on ne veut pas la faire.

Tout nous conduit à penser que, derrière le masque des mots et le jargon des technocrates, on prépare l’inféodation de la France, on consent à l’idée de son abaissement.

En ce qui nous concerne nous devons dire NON.

En clair, de quoi s’agit-il ? Les faits sont simples, même si certains ont cru gagner à les obscurcir.

L’élection prochaine de l’Assemblée européenne au suffrage universel direct ne saurait intervenir sans que le peuple français soit directement éclairé sur la portée de son vote. Elle constituera un piège si les électeurs sont induits à croire qu’ils vont simplement entériner quelques principes généraux, d’ailleurs à peu près incontestés quant à la nécessité de l’organisation européenne, alors que les suffrages ainsi captés vont servir à légitimer tout ensemble les débordements futurs et les carences actuelles, au préjudice des intérêts nationaux.

1. Le gouvernement français soutient que les attributions de l’Assemblée resteront fixées par le traité de Rome et ne seront pas modifiées en conséquence du nouveau mode d’élection. Mais la plupart de nos partenaires énoncent l’opinion opposée presque comme allant de soi et aucune assurance n’a été obtenue à l’encontre de l’offensive ainsi annoncée, tranquillement, à l’avance. Or le président de la République reconnaissait, à juste raison, dans une conférence de presse récente, qu’une Europe fédérale ne manquerait pas d’être dominée par les intérêts américains. C’est dire que les votes de majorité, au sein des institutions européennes, en paralysant la volonté de la France, ne serviront ni les intérêts français, bien entendu, ni les intérêts européens. En d’autres termes, les votes des 81 représentants français pèseront bien peu à l’encontre des 329 représentants de pays eux-mêmes excessivement sensibles aux influences d’outre-Atlantique.

Telle est bien la menace dont l’opinion publique doit être consciente. Cette menace n’est pas lointaine et théorique : elle est ouverte, certaine et proche. Comment nos gouvernants pourront-ils y résister demain s’ils n’ont pas été capables de la faire écarter dans les déclarations d’intention ?

2. L’approbation de la politique européenne du gouvernement supposerait que celle-ci fût clairement affirmée à l’égard des errements actuels de la Communauté économique européenne. Il est de fait que cette Communauté – en dehors d’une politique agricole commune, d’ailleurs menacée – tend à n’être, aujourd’hui, guère plus qu’une zone de libre-échange favorable peut-être aux intérêts étrangers les plus puissants, mais qui voue au démantèlement des pans entiers de notre industrie laissée sans protection contre des concurrences inégales, sauvages ou qui se gardent de nous accorder la réciprocité. On ne saurait demander aux Français de souscrire ainsi à leur asservissement économique, au marasme et au chômage. Dans la mesure où la politique économique propre au gouvernement français contribue pour sa part aux mêmes résultats, on ne saurait davantage lui obtenir l’approbation sous le couvert d’un vote relatif à l’Europe.

3. L’admission de l’Espagne et du Portugal dans la Communauté soulève, tant pour nos intérêts agricoles que pour le fonctionnement des institutions communes, de très sérieuses difficultés qui doivent être préalablement résolues, sous peine d’aggraver une situation déjà fort peu satisfaisante. Jusque-là, il serait d’une grande légèreté, pour en tirer quelque avantage politique plus ou moins illusoire, d’annoncer cette admission comme virtuellement acquise.

4. La politique européenne du gouvernement ne peut, en aucun cas, dispenser la France d’une politique étrangère qui lui soit propre. L’Europe ne peut servir à camoufler l’effacement d’une France qui n’aurait plus, sur le plan mondial, ni autorité, ni idée, ni message, ni visage. Nous récusons une politique étrangère qui cesse de répondre à la vocation d’une grande puissance, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et investie de ce fait de responsabilités particulières dans l’ordre international.

C’est pourquoi nous disons NON.
NON à la politique de la supranationalité.
NON à l’asservissement économique.
NON à l’effacement international de la France.

Favorables à l’organisation européenne, oui, nous le sommes pleinement. Nous voulons, autant que d’autres, que se fasse l’Europe. Mais une Europe européenne, où la France conduise son destin de grande nation. Nous disons non à une France vassale dans un empire de marchands, non à une France qui démissionne aujourd’hui pour s’effacer demain.

Puisqu’il s’agit de la France, de son indépendance et de l’avenir, puis qu’il s’agit de l’Europe, de sa cohésion et de sa volonté, nous ne transigerons pas. Nous lutterons de toutes nos forces pour qu’après tant de sacrifices, tant d’épreuves et tant d’exemples, notre génération ne signe pas, dans l’ignorance, le déclin de la patrie.

Comme toujours quand il s’agit de l’abaissement de la France, le parti de l’étranger est à l’œuvre avec sa voix paisible et rassurante. Français, ne l’écoutez pas. C’est l’engourdissement qui précède la paix de la mort.

Mais comme toujours quand il s’agit de l’honneur de la France, partout des hommes vont se lever pour combattre les partisans du renoncement et les auxiliaires de la décadence.

Avec gravité et résolution, je vous appelle dans un grand rassemblement de l’espérance, à un nouveau combat, celui pour la France de toujours et l’Europe de demain.

Par Régis Mex

avr 14 2009

Affaire de Tarnac : Devoir de haine face à la violence sociale

Par Faouzi ELMIR, Mecanopolis

Le 11 novembre 2008, dix jeunes gens résidant à Tarnac, petit village de Corrèze, ont été interpellés suite à des actes de sabotage de lignes de chemin de fer ayant causé la rupture de plusieurs caténaires et entraîné le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. L’opération baptisée « opération Taïga » a été menée d’une manière musclée et à grands renforts médiatiques, par 150 policiers cagoulés, hélicoptères dans le ciel, fusils d’assaut et portes défoncées. Au même moment, des perquisitions ont eu lieu simultanément à Rouen, Paris, Limoges, et Metz. Pour accréditer la thèse du terrorisme et ses prétendues ramifications internationales, des perquisitions, des saisies et une arrestation ont eu lieu le 27 décembre 2008 chez les membres belges du comité de soutien aux jeunes de Tarnac.

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Manifestation pour libération de Julien Coupat, le 31 janvier dernier à Paris

Pour la police et la Justice, les jeunes gens arrêtés à Tarnac font partie du « noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée ». L’accusation prétend avoir découvert les « armes du terrorisme» à Tarnac : l’ouvrage devenu célèbre, l’Insurrection qui vient, un horaire de la SNCF, une échelle et la présence de cinq suspects près des lignes sabotées. Ces indices matériels semblent concourir à la qualification d’actes de terrorisme nécessitant le recours à des procédures spéciales destinées à la « lutte contre le terrorisme ». Aussitôt après l’interpellation des jeunes gens de Tarnac, la ministre de la police et de la répression, Madame Alliot-Marie, a pointé du doigt « l’ultra-gauche » et la « mouvance anarcho-autonome », et « anarcho-libertaire ». Les autorités policières et judiciaires présentent les jeunes gens de Tarnac comme des « activistes politiques » qui « tiennent des discours très radicaux », qui entretiennent « des liens avec des groupes étrangers » et qui « participaient de façon régulière à des manifestations politiques » notamment « aux cortèges contre le fichier Edwige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration ». Leur habitat est décrit comme un « lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes (voir l’article de Jean-Claude Paye, l’Arnaque sécuritaire de Tarnac du 18 janvier 2009).

D’abord une première remarque concernant la mouvance anacho-autonome. Soyons indulgent et moins regardant sur la précision sémantique du langage des policiers et des politiciens qui utilisent des mots et des concepts à l’emporte-pièce. Le terme ultra gauche est utilisé habituellement pour désigner des groupes situés à la gauche de l’extrême gauche représentée en France par la Lutte ouvrière dirigée aujourd’hui par Nathalie Arthaud qui vient de succéder à Arlette Laguiller et la LCR d’Olivier Besancenot qui vient de fonder le NPA, Nouveau parti anticapitaliste (sur l’histoire du terme ultra gauche, lire l’article de Claude Guillon, Généalogie d’une invention, 7 décembre 2008.). Cette ultra-gauche rassemble tous ceux qui ne refusent le jeu des élections et des institutions existantes. Parmi ces groupes, il y a effectivement les anarchistes et les autonomes. Mais les anarchistes ne sont pas des autonomes bien qu’ils se rejoignent sur certains. Les anarchistes ont une longue histoire qui remonte au XIXe siècle et dont les pères fondateurs s’appelaient Max Stirner, Joseph Proudhon et Michel Bakounine. Quant aux autonomes, ils appartiennent à un mouvement politique apparu en Italie au début des années 1970 portant le nom d’  »Autonomia opereria »  (autonomie ouvrière)  avec pour but de lutter en faveur de l’autonomie du prolétariat par rapport à l’Etat, au capitalisme, aux syndicats et aux partis politiques traditionnels. Bien que l’anarchisme et le mouvement autonome soient deux courants de pensée distincts, ils partagent cependant des points communs comme le refus des normes politiques existantes, l’État, les partis politiques et l’autonomie dans la façon de penser et de faire. Le mouvement autonome a eu des disciples en France en la personne de Yann Moulier Boutang qui a fondé la revue « Camarades ». La Cause du peuple, journal dirigé par Jean Paul Sartre, exprimait les idées de la Gauche prolétarienne, un courant politique se réclamant du mouvement autonome. À la différence des anarchistes, certains courants du mouvement autonome français, bien qu’hostiles aux partis et aux syndicats, n’étaient pas opposés à l’idée d’un État fort pourvu qu’il défende les acquis de l’autonomie. C’est la question de l’État qui différencie les courants anarchistes et libertaires aussi bien des militants du mouvement autonome que des courants marxistes et des communistes. Cette confusion opérée par les services des renseignements entre anarchistes et autonomes témoigne soit d  »une totale ignorance des caractères spécifiques de ces deux courants de pensée soit d’une stratégie policière délibérée visant à accréditer l’idée de l’existence d’un large mouvement de conspiration, la « mouvance anarcho-autonome » intégrant des réseaux terroristes structurés et bien organisés.

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COMMENTAIRE D’ARRÊT

Allant à l’encontre d’une décision rendue par le Juge des libertés, ordonnant la mise en liberté de Julien Coupat, la Cour d’Appel de Paris en a décidé autrement donnant suite favorable au référé détention du Parquet. D’ailleurs, le juge qui a ordonné la remise en liberté de Julien Coupat a complètement disparu de la procédure (voir l’entretien de l’avocate de Julien Coupat, Maître Irène Terrel) . L’ordonnance de maintien en détention de Julien Coupat a été publié par le site Bakchich.info le 30 janvier 2009. Je voudrais procéder comme un sage étudiant en droit à ce redoutable exercice qu’est le commentaire d’arrêt.

Voici ce que dit l’ordonnance du 23 décembre 2008 rendue par la Cour d’Appel de Paris pour justifier le maintien en détention à la prison de la Santé de Julien Coupat depuis le 15 novembre 2008. Les motifs avancés par la Cour pour justifier le maintien de Coupat en détention ont pour but de :

« mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public provoqué par la gravité des infractions, les circonstances de leur commission et le préjudice qu’elles ont causé, s’agissant d’une idéologie de destruction cherchant à ébranler les structures de la société par des attaques massives et violentes contre les moyens de communication, suscitant une très vive inquiétude dans l’ensemble de la population »

Rappelons par ailleurs que Julien Coupat est incarcéré pour :

« des chefs de : direction et organisation de malfaiteurs en vue de préparer des actes de TERRORISME (le mot est écrit en lettres majuscules), destruction ou dégradation en réunion en relation avec une entreprise TERRORISTE(le mot est écrit en lettres majuscules), refus de se soumettre à un prélèvement biologique en relation connexe avec une entreprise TERRORISTE(le mot est écrit en lettres majuscules).

A- TROUBLE EXCEPTIONNEL ET PERSISTANT A L’ORDRE PUBLIC

Si l’on tente un examen attentif des motifs contenus dans l’ordonnance de la Cour d’Appel de Paris, on découvre que Julien Coupat et ses camarades ont été mis en prison non pas spécialement pour avoir causé un « trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public » mais plutôt pour leurs idées et leur mode de vie. La justice reproche aux ados de Tarnac leurs »mauvaises lectures » et leur « idéologie de destruction ». L’idée que Julien Coupat et ses camarades ont provoqué un « trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public » ne résiste pas un seul instant à l’examen, car, ce qui a troublé à l’ordre, ce ne sont pas les jeunes de Tarnac mais plutôt le tapage médiatique, radios, télévision et mass medias contrôlées par les amis de Sarkozy(Lagardère, Dassault et Bouygues) qui a entouré leur arrestation un matin du 11 novembre. Sans ce tapage médiatique et policier, personne en France n’aurait jamais entendu parler des jeunes gens de Tarnac ni de « sabotage » de lignes de la SNCF. D’ailleurs, le terme de sabotage a été soigneusement choisi par la police, la justice et la ministre pour faire croire à la population que l’on vit dans une ambiance de guerre qui rappelle celle de la Deuxième guerre mondiale où les voies de communication allemandes étaient fréquemment sabotées par les résistants français pour empêcher l’arrivée de renforts nazis en France. Quelques trains étaient partis avec du retard après la rupture de caténaires, peut-on appeler cela de sabotage de lignes de chemins de fer. En tout cas, les jeunes gens de Tarnac sont plutôt des piètres amateurs à côté des saboteurs français de la Seconde Guerre mondiale. Le terme sabotage a été sciemment choisi par les policiers et l’autorité judiciaire et relayé par les medias, pour s’intégrer dans casting du film des dangereux et redoutables « terroristes » de Tarnac.

Par ailleurs, si sabotage il y a eu, en quoi a-t-il provoqué un trouble à l’ordre public ? D’abord, la notion de trouble à l’ordre public est une notion fourre-tout. Elle est trop générale pour nous dire ce qu’est réellement un trouble à l’ordre public. À mon sens, pour mieux comprendre ce que signifie dans un système comme le mode de production capitaliste, il faut garder à l’esprit le principe qui est l’origine de son fonctionnement, c’est la libre circulation des hommes et des marchandises. Pour qu’il y ait un véritable trouble à l’ordre public dans un système capitaliste, deux conditions doivent être réunies : 1) l’empêchement des producteurs de la plus-value de se rendre sur le lieu de l’extorsion du profit ; 2) empêchement de la circulation des marchandises produites qui achève le processus de l’extorsion de la plus-value par la conversion de la valeur d’usage en valeur marchande et par la transformation des marchandise en leur équivalent monétaire. A part ces deux conditions, l’ordre capitaliste marche comme sur des roulettes et rien ne le perturbe malgré quelques faits divers et quelques gestes qui sont plutôt du vandalisme, de l’incivilité et du défoulement de casseurs et d’incendiaires de voitures en mal de vivre et qui s’ennuient à mort dans leur vie quotidienne mais qui n’ont jamais fait peur à personne et surtout pas à ceux qui veillent au bon grain, la police et l’armée.

B- GRAVITÉ DES INFRACTIONS, LES CIRCONSTANCES DE LEUR COMMISSION ET LE PRÉJUDICE QU’ELLES ONT CAUSÉ

À ce jour, soit 5 mois après les faits, ni la police ni la justice n’ont pu avancer un seul élément probant susceptible de démontrer une quelconque implication des jeunes gens de Tarnac dans une entreprise terroriste. Il ne suffit pas de disposer d’indices matériels, encore faut-il démontrer un lien de causalité entre les éléments ainsi rassemblés et l’intention délictuelle ou criminelle des mis en examen de Tarnac. Admettons par ailleurs que le groupe de Tarnac ait provoqué l’arrêt ou le retard des trains TGV, pourquoi l’arrêt ou le retard des trains mériterait-il la mobilisation de 150 policiers, des perquisitions en France et en Belgique et des hélicoptères dans le ciel? En quoi mettre un morceau de ferraille sur des caténaires de la SNCF s’avère–t-il un acte plus grave que le blocage des trains par des éleveurs en colère, la destruction du parlement de Bretagne par les marins ou l’incendie d’un immeuble de la Sécurité sociale par des agriculteurs dans le Midi? Comme dit l’auteur d’un article drôle, ces épouvantables jeunes gens de Tarnac, ces Baader de la Corrèze ont commis peut-être commis un acte d’incivilité et ils mériteront certes une fessé mais sûrement pas les journaux de télé, des hélicoptères dans le ciel, 150 policiers cagoulés et une Cour spéciale de « justice » (lire cet article drôle sur le site Bakchich.info) « Quand l’anarchie a le dos large, 12 novembre 2008 ». En utilisant les gros moyens, la Justice et la police ont utilisé un gourdin pour assommer une mouche (Lire l’article de Nicolas Beau, L’ultra gauche plus proche du vandalisme que du terrorisme, dans Bakchich.info du 23 décembre 2008).

Pour mesurer la gravité des faits allégués à l’encontre des jeunes de Tarnac, il faut comparer différentes situations de violence. En quoi un morceau de ferraille jeté sur une caténaire est-il un acte plus grave que de fermer une usine en mettant à carreaux des milliers de salariés ? Jeter un morceau sur une voie ferrée retardera le train mais le licenciement et le chômage sont des actes beaucoup plus graves et ils constituent une forme de violence certes discrète et muette mais beaucoup plus destructrice pour les hommes. Quand des plans sociaux annoncés avec à la clé des centaines voire des milliers de chômeurs jetés dans la rue, cette décision trouble beaucoup plus l’ordre public que de jeter un morceau de ferraille qui retardera quelques trains mais qui n’entraînera pas des conséquences psychiques et matérielles aussi dramatiques que le chômage. Car il faut savoir que dans nos sociétés actuelles, tout est payant et tout est conditionné par l’argent. C’est l’emploi qui apporte le salaire et la sécurité de l’emploi est une nécessité sans laquelle il n’est pas possible de survivre et, de vivre réellement, de progresser et de se réaliser en utilisant les mains et le cerveau. Mais l’emploi n’est pas seulement synonyme de salaire qui permet au salarié de vivre dignement de son salaire, il est aussi un puissant vecteur de sociabilité liant les hommes les uns aux autres dans des relations de camaraderie et de convivialité. L’ambiance dans l’entreprise montre que les salariés attendent autre chose que le seul gain financier. La vie sociale commence dans le travail et tant que nos sociétés n’auront pas réussi à créer les conditions de travail qui permettent à chaque individu de gagner sa vie et de dépasser les seuls travaux de nécessité, le système actuel est voué à son autodestruction et il chancellera sur ses bases. Malgré la gravité de l’acte de licenciement, nous n’avons jamais vu débarquer 150 policiers cagoulés appuyés par des hélicoptères dans le ciel dans une entreprise qui ferme ou qui licencie pour arrêter le PDG et les actionnaires pour trouble à l’ordre public alors que par leurs actes, ils ont brisé des vies entières et ils ont troublé l’ordre social beaucoup plus des trains partis en retard.

On peut extrapoler et dire la même chose des infractions commises par les hommes politiques. En quoi les actes commis par les jeunes de Tarnac sont-ils plus graves que le détournement par des hommes politiques, des chefs d’entreprise et des PDG, des millions d’euros sans être inquiétés ni poursuivis par la Justice pour escroquerie ou pour détournement de fonds publics ? Comme chacun le sait, si par miracle, ils sont condamnés, ils vont soit prendre l’air ailleurs pour se faire une virginité politique avant de retrouver leur ancien siège d’élu ou leur ancien poste, soit, s’agissant d’hommes d’affaire, ils sortiront de prison au bout de quelques mois grâce au paiement d’une caution avancée par des généreux donateurs. Qui trouble le plus l’ordre public, ceux qui jettent un morceau de ferraille sur une caténaire ou ceux qui partent avec la caisse pour aller s’installer dans des paradis fiscaux, comme les Iles caïman, les Bahamas, Monaco, Lichtenstein etc ?

C- IDÉOLOGIE DE DESTRUCTION CHERCHANT À ÉBRANLER LES STRUCTURES DE LA SOCIÉTÉ PAR DES ATTAQUES MASSIVES ET VIOLENTES CONTRE LES MOYENS DE COMMUNICATION

Le reproche fait par la Cour d’appel de Paris à Julien Coupat, c’est d’avoir des idées et une « idéologie de destruction ». Ce faisant, la Cour d’appel criminalise la liberté de pensée et de conviction des citoyens, une liberté affirmée jusqu’à preuve du contraire par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et par la constitution. En accusant Julien Coupat d’être adepte d’une idéologie de destruction, ses juges pensent être en dehors de toute idéologie en pensent appliquer des règles juridiques en dehors de toute contamination idéologique. En refusant à Julien Coupat d’avoir sa propre idéologie, soit-elle la plus destructrice, on viole une liberté publique que l’on appelle encore la liberté d’expression. Julien Coupat comme tout citoyen français a le droit d’avoir des idées et une idéologie autant que ses juges et les hommes politiques. Les juges de la Cour d’appel de Paris jugent donc Julien Coupat non pas sur des actes commis mais sur une idéologie. Dans la typologie des régimes politiques, parmi les critères qui différencient les démocraties libérales des régimes totalitaires, entendons les systèmes communistes, se trouvent la liberté d’expression et l’existence de plusieurs idéologies dans les premières alors que les communistes ne tolèrent ni liberté d’expression ni d’idéologies autres que l’idéologie officielle. Dans les démocraties occidentales, la liberté d’expression est certes affirmée et proclamée constitutionnellement mais il existe par ailleurs des restrictions qui lui ôtent toute portée. On peut citer deux facteurs qui limitent la liberté d’expression dans les démocraties occidentales: le monopole de la propagande politique par la classe capitaliste qui contrôle les mass medias et l’existence des dispositions juridiques et législatives qui entravent la liberté d’expression. Prenons par exemple la loi du 29 juillet 1881, une loi périodiquement modifiée et modernisée par le législateur et la jurisprudence. Cette loi de 1881 comporte en ses articles 23 et suivants, la longue liste des infractions commises par voie de presse ou par tout autre »support de l’écrit, de la parole et de l’image » : provocation à commettre un fait qualifié crime ou délit, apologie de tel ou tel, diffusion de fausses nouvelles, injure ou diffamation envers les particuliers, les agents publics, les parlementaires, les tribunaux, les corps constitués, les armées, les officiers, le Président de la République,, les gouvernements et représentants d’États étrangers. Il faut y ajouter les outrages envers les dépositaires de l’autorité et de la force publique ainsi que le droit de rectification gratuite dont jouit, envers une publication, tout dépositaire de l’autorité publique au sujet d’actes de sa fonction qu’elle aurait inexactement rapportés. Une jurisprudence judiciaire, si elle n’oblige pas l’auteur d’écrits historiques ou journalistiques au conformisme total, elle lui interdit de passer sous silence des éléments ou analyses dès qu’ils sont suffisamment notoires. Un fonctionnaire ne peut dire et écrire ce qu’il veut puisqu’une jurisprudence administrative lui interdit d’émettre des opinions de nature à faire douter de son loyalisme envers les institutions et ceux qui les incarnent. Même hors service, s’applique aussi un devoir de réserve. Nous avons un exemple récent en la personne de Bruno Guigue, sous préfet en Gironde qui a été révoqué par Allliot Marie pour violation de droit de réserve suite à ses prises de position pro palestiniennes (sur la révocation de Bruno Guigue sous-préfet de la Gironde pour des articles critiquant le lobby juif en France, voir notre article sur Bruno Guigue) . Vous pouvez dire et écrire tout ce que vous voudrez pourvu que vos idées ne viennent pas heurter frontalement l’idéologie capitaliste dominante. Si vos idées contestataires trouvent par miracle un éditeur pour les publier, il y a de fortes chances qu’elles soient noyées dans la masse des idées conformistes que véhiculent et propagent les canaux de production et de diffusion contrôlés par des grands groupes capitalistes. À ce monopole de la propagande politique par la classe capitaliste s’ajoutent de nombreuses interdictions prévues par la loi de 1881 sur la presse. Que reste-t-il alors de la liberté d’expression ? Rien, sinon on peut parler de tout et de rien. Sauf évidemment de l’essentiel.

L’affaire de Julien Coupat est l’exemple type d’une liberté d’expression en trompe-l’oeil. Au fond, Julien Coupat est embastillé actuellement à la Santé non pas parce qu’il a commis des actes répréhensibles mais parce qu’il est porteur selon les termes de l’ordonnance d’une « idéologie de destruction cherchant à ébranler les structures de la société par des attaques massives et violentes contre les moyens de communication ». Même l’éditeur de l’ouvrage « l’Insurrection qui vient », Eric Hazan a été entendu le jeudi 9 avril par la Police judiciaire dans une affaire de terrorisme(voir l’article de Erich Inciyan et de Jade Lindgaard). Alors qu’un éditeur devrait normalement répondre d’infractions commises dans le cadre de la loi du 24 juillet 1881 sur la presse.

D- Julien Coupat est accusé « des chefs de : direction et organisation de malfaiteurs en vue de préparer des actes de TERRORISME (le mot est écrit en lettres majuscules), destruction ou dégradation en réunion en relation avec une entreprise TERRORISTE (le mot est écrit en lettres majuscules), refus de se soumettre à un prélèvement biologique en relation connexe avec une entreprise TERRORISTE (le mot est écrit en lettres majuscules).

Si l’on cherche à méditer ces chefs d’accusation, on découvre que Julien Coupât ainsi que ses amis sont coupables non pas d’avoir commis des actes terroristes mais parce qu’ils sont porteurs d’une « idéologie de destruction ». L’affaire coupa et des jeunes de Tarmac ont d’être une affaire policière et judiciaire mais elle n’a rien à voir au fond ni avec le droit ni avec le Justice; c’est une simple affaire de règlement de compte d’un système qui cherche à se défendre contre ses ennemis. L’affaire Coupat et les jeunes de Tarnac, c’est une affaire d’État et d’une classe qui instrumentalisent la justice et la police pour punir tous ceux qui sont tentés tant soit peu par une quelconque volonté d’ « ébranler les structures de la société ». D’ailleurs, cette lutte implacable d’un Etat et d’une classe contre leurs ennemis ne date pas d’aujourd’hui avec l’affaire Coupat et du groupe de Tarnac. Ella est une constante et elle remonte loin dans l’histoire. Le reproche fait à Coupat et à ses amis sur leur « idéologie de destruction », on le trouve dans les rapports de police et dans les procès politiques contre les militants socialistes, communistes et anarchistes depuis les Enragés et Gracchus Babeuf sous la révolution française et tout au long du XIXe siècle. Cette constante dans la lutte du système capitaliste contre ses ennemis a été parfaitement résumée par Proudhon qui écrit « il est de l’essence d’une réaction de manifester, à mesure que la révolution la presse, ses mauvais penchants…Ainsi un gouvernement se trouvait gêné par les institutions ! le droit ne suffisait pas à le défendre ; il lui fallait de l’arbitraire »(Proudhon, Idée générale de la révolution au 19e siècle, pp 14-15). Les détracteurs du système capitaliste s’appellent aujourd’hui l’ultra-gauche et la « mouvance  anarcho- autonome », ceux des années 1960-1980, « années de plomb » s’appelaient Action Directe en France, Fraction Armé Rouge(Rote Armee Fraktion) en Allemagne, les Brigades Rouges(Brigade rosse) en Italie, Cellules Combattantes communistes en Belgique, 17 novembre en Grèce, Grapo en Espagne, Fractions Armées révolutionnaires Libanaises dont des militants sont encore emprisonnés en France. Sous la Révolution française, il y avait les Enragés de 1793, Gracchus Babeuf, puis dans la première moitié du XIXe siècle, les sociétés secrètes de tradition babouviste popularisées par Buonarroti à travers ses loges(Haute vente, Monde, Sfera. En 1839, les sociétés secrètes ont été démantelées après le coup de force de Blanqui et de Barbès. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les États capitalistes européens avaient accusé l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), d’être une conjuration secrète et le commanditaire d’attentats et des explosions dans différents pays. Alors que l’AIT était une instance de coordination de l’action des travailleurs des différents pays. Pendant la Commue de Paris, Thiers l’a dénoncée comme le tyran du capital et Picard donnait l’ordre de couper tous les moyens de communication entre les membres français de l’AIT et leurs collègues à l’étranger.

Ce qui a changé entre le XIXe siècle et aujourd’hui, c’est que le terroriste a remplacé le subversif de jadis. Alors que Babeuf, Blanqui et Barbès étaient qualifiés de subversifs, Coupat et les jeunes gens de Tarmac sont devenus des terroristes. Mais le commun dénominateur entre Babeuf, Blanqui, Barbès, Coupat et les jeunes de Tarnac est la dénonciation de la violence structurelle inhérente aux rapports sociaux capitalistes. La violence dont le terrorisme est la forme extrême est une donnée intrinsèque à toute société fondée sur l’exploitation du travail. À croire le discours dominant, le terrorisme se réduit à un meurtre de civils innocents. Durant la guerre d’Algérie, les combattants du FLN étaient des terroristes et aujourd’hui, les combattants palestiniens sont des terroristes pour l’État sioniste. Mais les « terroristes » algériens et palestiniens tuent-ils des civils innocents, pour le plaisir de tuer des civils innocents ou pour se défendre face à une agression colonialiste ? Tuent-ils parce qu’ils sont assoiffés de sang ou parce qu’ils sont des résistants cherchant à défendre leur cause nationale et leur dignité d’hommes ? Un Palestinien qui se fait exploser au milieu d’une foule et qui tue des civils innocents est tout de suite présenté dans les médias du monde entier comme un terroriste. Son acte doit être condamné sans appel. Mais ceux qui le qualifient de terroriste et l’accusent de terrorisme oublient une chose que s’il se fait exploser, c’est parce qu’il n’a pas comme arme pour se défendre que son corps. Pour que le Palestinien cesse d’être terroriste, donnez-lui des avions et des chars et vous verrez qu’il cessera d’être un terroriste qui se fait exploser en tuant des civils innocents pour devenir un vrai combattant luttant à armes égales contre les occupants et les usurpateurs de la terre. Pourquoi les militants du Hezbollah libanais ne se font-ils pas exploser comme les combattants du Hamas ? Pourtant le Liban, comme la Palestine, avait été occupé pendant dix-huit ans par l’armée sioniste. Si les militants du Hezbollah libanais n’avaient pas utilisé la technique des kamikazes palestiniens, c’est parce qu’ils se sont dotés des moyens militaires leur permettant de résister et de combattre la machine de guerre sioniste, comme lors de la guerre de juillet-août 2006.

On voit bien que la frontière entre terrorisme, violence et résistance est indistincte et bien mouvante pour que l’on puisse donner une définition bien tranchée de ces termes. C’est une vision manichéenne des choses qui identifie terrorisme et meurtre de civils innocents. Le matraquage systématique pratiqué dans les mass medias capitalistes finit par persuader les opinions publiques qu’il ne saurait y avoir de terrorisme que le terrorisme et la violence terroriste islamique. C’est cette vision réductrice qui empêche d’examiner les différentes facettes du terrorisme et de la violence terroriste. Ceux qui résistent à l’exploitation de l’homme par l’homme sont-ils des terroristes ou des résistants? Si l’on suit aveuglement tous les clichés fabriqués par les États impérialistes (Etats-Unis et Europe), pourquoi ne pas décerner le « prix Nobel de la lutte contre le terrorisme » à George Bush et à Tony Blair pour avoir provoqué la mort de 1,2 million d’irakiens morts depuis l’invasion de l’Irak il y a six ans jour pour jour ? Il faudra aussi décerner le « prix Nobel de la lutte contre le terrorisme » à tous les Chefs d’État dont les armées tuent tous les jours des civils et des enfants en Afghanistan.

FRANCE-JUSTICE-DEMO-COUPAT

« Le train-train quotidien va bientôt dérailler », manif du 31 janvier 2009

GROUPE DE TARNAC, UN CAS DE PATHOLOGIE SOCIALE

L’accusation de terrorisme des jeunes gens de Tarnac est tout simplement une accusation farfelue dénuée de tout fondement. Ce que l’on reproche aux jeunes gens de Tarnac, c’est leur refus d’un mode de vie et leur sortie du circuit de la production et de la consommation. La ministre de la police et de la répression dévoile le fonds de sa pensée quand elle parlent des jeunes gens de Tarnac en ces termes « Ils ont adopté la méthode de la clandestinité. Ils n’utilisent jamais de téléphone portable et résident dans des endroits où ils se sont arrangés pour avoir dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d’ étrangers» (cité par Jean-Claude Paye, dans l’Arnaque sécuritaire de Tarnac, article déjà cité). Aller dans un village de 350 âmes en Corrèze devient un acte suspect et ceux qui s’y aventurent sont soupçonnés d’être des terroristes. Ne pas avoir de téléphone portable devient un acte suspect, car les jeunes gens de Tarnac ont opté pour le téléphone arabe de Ben Laden pour ne pas se faire prendre. Entretenir des relations amicales avec les gens du village est un geste condamnable, car il est interdit d’aller à l’encontre de l’égoïsme ambiant et de l’individualisme possessif, c’est-à-dire, le principe du chacun pour soi et Dieu pour tous.

Ceux qui reprochent aux jeunes gens de Tarnac leur choix d’un mode de vie un peu « louche », oublient de s’interroger sur les raisons profondes qui sont à l’origine de cette rupture avec les normes sociales dominantes. La décision de ces jeunes gens de quitter les villes et d’aller vivre à la campagne doit être analysée comme une réaction endémique et un cas de pathologie sociale face à une société qui n’a plus rien à offrir à sa jeunesse, sinon le chômage, la précarité et un environnement anxiogène. En allant s’installer dans un petit village de Corrèze, le groupe de Tarnac a voulu envoyer un message clair: le refus d’un mode de production, en l’occurrence le mode de production capitaliste, MDC et d’une idéologie qui érige la concurrence et la lutte pour l’existence comme normes de la vie sociale. Ces jeunes gens de Tarnac ont observé la montée du chômage de masse qui réduit les hommes o ne plus comme horizon que la précarité, le salaire de misère, les restaurants du Cœur et les associations de charité, publiques et privées.

L’épicerie de Tarnac n’est pas un choix arbitraire. Sa création en dit long sur le parti pris et les motivations des jeunes gens qui ont sans doute observé et analysé la logique de fonctionnement d’un système où la dominance oriente les rapports sociaux et où les besoins des classes dominées sont définis par les groupes dominants, économiques et politiques, en fonction de leurs propres intérêts. Il est bien évident que les rapports de classes, la recherche du profit, la reproduction du système social, les luttes pour le pouvoir ont des incidences sur la détermination des besoins sociaux. La notion de besoin est souvent confondue avec celles de désir, de pulsions et d’instinct et d’intérêt. La forme la plus radicale de réhabilitation du besoin consiste à l’inscrire dans la logique même de la vie, la logique biologique. Bichat disait « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ». Si la production était orientée d’après une consommation fondée sur la seule valeur d’usage, les objets produits iront à la satisfaction des désirs et des besoins des individus et des groupes sociaux. Mais nous vivons dans un système capitaliste où la consommation est déterminée par la production des biens et des services à des fins de profit et c’est la valeur marchande qui l’emporte sur la valeur d’usage. Cette valeur d’échange se réfère non aux besoins des groupes et des individus et aux désirs de tous les hommes mais aux intérêts des groupes dominants qui manipulent les désirs et les besoins à des fins purement mercantiles. Dans le mode de production capitaliste, ce ne sont pas les besoins qui déterminent l’offre de biens, c’est l’offre de biens qui, par cibles et créneaux (explorés par le marketing, exploités par la publicité), induit une demande « solvable » maximisée. L’idée d’un « client-roi » est un mythe fabriqué. Le besoin solvable qui est le seul que connaît le marché peut ne pas correspondre à un besoin réel et peut ne pas satisfaire du tout ou du moins une infime partie du vrai besoin. Avec le perfectionnement des moyens de manipulation mentale des hommes, les vrais besoins sociaux et individuels ont dû céder la place à des faux besoins et des faux désirs. Pour quelqu’un qui s’ennuie dans son HLM, acheter de l’alcool et des films d’évasion prime sur l’achat d’une nourriture saine(bio par exemple) ou la lecture d’un livre susceptible d’enrichir l’esprit. L’inconscient n’est plus seulement ce qui nous détermine- en partie, à notre insu, c’est aussi ce qui nous détermine de l’extérieur juste au moment où nous croyons nous déterminer nous-mêmes (librement). Cet extérieur n’est autre que le Pouvoir politique qui réprime le vrai besoin pour ne laisser aux individus et aux groupes que les faux besoins et les faux désirs. Le régime psychologique des besoins, leur vocation culturelle, dépendent intrinsèquement du régime politique qui aménage et contrôle leur mode de satisfaction et le sort du désir s’y joue du même coup. Le biologisme qui dérive les besoins d’une nature humaine immuable ignore le caractère  « évolutif » « historique » des normes de satisfaction imposées par une organisation sociale des pouvoirs qui explique comment les besoins sont soumis à des normes contraignantes. Il en va du Pouvoir comme du droit, qui n’est oppressif qu’en tant qu’instrument de contrainte au service d’une caste ou d’une classe dominante. En mode de production capitaliste, précisément, la multiplication et la massification des besoins sont là pour accompagner l’accumulation du capital et la marchandisation générale des rapports sociaux qui ne limite pas à une seule société ou une zone géographique mais elle s’étend à la planète entière. Dans le contexte de la marchandisation, le besoin réel est structurellement et institutionnellement converti en besoin solvable. Donc, une double falsification des besoins en résulte : d’abord ne sont reconnus que les besoins proprement économiques, d’où une mutilation de l’expérience psychologique et ensuite les besoins économiques eux-mêmes ne sont admis sur le marché qu’en fonction de la solvabilité des acheteurs. La réduction du besoin à la demande solvable aliène l’individu à la logique marchande et un besoin aliéné engendre fatalement un désir mystifié. La captation du besoin qui est aussi détournement du désir provoque des tensions et une violence symbolique. Les pratiques et les aspirations engendrées par l’expérience des faux besoins et des désirs détournés marquent l’irrationalité sociale et culturelle du mode de production capitaliste.

L’irrationalité sociale est induite par l’aliénation et la violence économique. À côté de la violence économique, il y a la violence symbolique créée et entretenue par l’incorporation d’un habitus et l’inculcation d’un arbitraire culturel par le truchement de l’appareil scolaire. L’aliénation économique produit la mystification, laquelle s’alimente entre autres à l’imaginaire qui conforte à son tour la mystification. L’irrationalité économique induit le phantasme qui est la réalité niée et dont la répression conduit à la névrose voire à la folie. Mais la répression a sa source dans le Capital puisque c’est lui qui produit les besoins qui assujettissent. C’est le Capital qui suscite chez l’homme « un besoin nouveau pour le contraindre à un nouveau sacrifice, pour le placer dans une nouvelle dépendance et le pousser à un nouveau mode de jouissance, donc de ruine économique. Ainsi avec la masse des objets, s’agrandit l’empire des êtres étrangers auxquels l’homme est soumis. Tout produit nouveau renforce encore la tromperie réciproque et le pillage mutuel ; l’homme devient de plus en pauvre en tant qu’homme ; il a de plus en plus besoin d’argent pour s’emparer de l’être hostile et la puissance de son argent diminue en raison inverse de l’accroissement du volume de la production. Autrement dit, son indigence augmente à mesure que croît la puissance d’argent. Le besoin d’argent est donc le vrai besoin produit par l’économie politique et l’unique besoin qu’elle produit »(Karl Marx, la première critique de l’économie politique, Ecrits de 1843-1844, UGE, 1972. pp 168-169.)

Ce qui vient d’être dit montre l’ampleur de la violence qu’exerce un pouvoir qui ne détient pas seulement le monopole de la violence physique (policière et judiciaire) mais aussi celui du couple manipulation-répression des besoins. Car le « pouvoir » pour autant qu’un régime social du désir le permet, est voué, non seulement à satisfaire des besoins, mais aussi à maintenir la satisfaction insatisfaite, à ménager au besoin un avenir, de façon que la satisfaction du besoin préserve pour ainsi dire la flamme du désir qui en est, en termes psychanalytiques, le foyer. La norme, c’est le mode d’action du pouvoir qui naît avec la satisfaction du besoin pour en produire d’autres. Mais lesquels ? Il y a des besoins dont on n’a pas besoin ou ils sont des désirs négatifs et aliénants, c’est-à-dire des pures fantasmes. La limite de la jouissance procurée par la satisfaction des besoins, en mode de production capitaliste, c’est la saturation des marchandises. Le désir, comme d’ailleurs le besoin, est enrôlé au service de la production. En définitive, nous sommes immanquablement conduits à une certaine pratique productive qui convertit à l’instar de la thermodynamique, le besoin dépendance en besoin puissance, d’où l’accumulation indéfinie des marchandises. La stratégie du Pouvoir traite le besoin à la fois comme base de sa puissance(économique) et comme menace pour sa cohérence(sociale). Il est donc d’un intérêt capital, après avoir capté le besoin, de captiver le désir en lui fournissant le vaste royaume des compensations fictives, représentations et symboles en lesquels se projettent et se gratifient les frustrations foisonnantes d’une quotidienneté que travaille l’absurde.

Parmi les finalités de la lutte politique, il y a la lutte pour imposer de nouvelles normes de production de besoins, c’est-à-dire de biens et de services. À cet égard, l’épicerie de Tarnac apparaît comme une forme de lutte politique contre une norme de production et un régime politique qui la produit et qui l’oriente.

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CONCLUSION

En guise de conclusion sur l’affaire Coupat et le groupe de Tarnac, nous allons reprendre l’une des règles de la méthode sociologique d’Emile Durkheim, celle relative à la distinction du normal et du pathologique. La première phrase du chapitre III qui traite des « Règles relatives à la distinction du normal et du pathologique » dit ceci : « L’observation, conduite d’après les règles qui précèdent, confond deux ordres de faits, très dissemblables par certains côtés : ceux qui sont tout ce qu’ils doivent être et ceux qui devraient être autrement qu’ils ne sont, les phénomènes normaux et les phénomènes pathologiques »(Emile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Paris, Quadrige/PUF, 1997, 9ème édition, p.47.) Pour Durkheim, l’intérêt de la distinction consiste à éclairer la pratique. Parmi les phonémiques pathologiques, Durkheim cite le crime qui, au-delà des réactions qu’il suscite dans le corps social, est un phénomène de sociologie normale. La criminalité est un phénomène normal et nécessaire pour l’équilibre de la société et le crime est « un facteur de la santé publique »(p.66).

Cette distinction de Durkheim entre le normal et le pathologique peut s’avérer opérante dans le cas de Julien Coupat et le groupe de Tarnac. Comme le crime pour Durkheim, le groupe de Tranac est un phénomène pathologique induit par nos sociétés actuelles dont les fondements et le mode de fonctionnement sont basés sur la violence sous sa double forme physique et symbolique. Les réactions et les comportements des jeunes gens de Tarnac comme tous ceux qui sont armés « d’une idéologie de destruction » sont des constantes pathologiques qui réagissent à une violence chronique et structurelle induite par un système social délictogène et criminogène. Tout en étant l’expression d’une société et d’un Etat qui fonctionne grâce et à cause de la violence, le groupe de Tarnac, comme le crime chez Durkeim, est une facteur de la santé publique. Le groupe de Tarnac est la médecine chargée de nous soigner et de nous guérir, car la guérison est la reconquête d’un état de stabilité et guérir, ce n’est pas autre chose que de se donner de nouvelles normes de vie supérieures aux anciennes. C’est en ce sens que l’on peut considérer Julien Coupat et ses camarades de Tarnac comme de la médecine, car s’il y a médecine c’est parce qu’il y a maladie à guérir et cette maladie c’est la violence sociale.

S’il y avait une vraie justice inspirée par l’esprit du juste et de l’équité, ce ne sont pas les jeunes gens de Tarnac que l’on poursuivrait et que l’on inculperait pour terrorisme et sabotage mais ceux qui détiennent le monopole et l’usage de la violence, à savoir les États et les classes dominantes. Ceux qui exercent la violence terroriste, ce sont ceux qui disposent de gigantesques moyens(les vrais) sophistiqués, scientifiques, techniques et humains pour exercer et perpétuer la violence sous sa double forme physique et symbolique. À vrai dire, la violence et le terrorisme ne peuvent être le fait des classes dominées qui n’ont ni armes, ni munitions, ni services de renseignements, ni services d’espionnage, ni Compagnies républicaines de sécurité(CRS), ni police judiciaire, ni hélicoptères de surveillance, ni mouchards, ni informateurs etc. Il est illogique de parler de la violence des classes dominées, car comment peuvent-elles pratiquer la violence et le terrorisme sans en avoir les moyens nécessaires ? La violence terroriste dans nos sociétés actuelles est à sens unique et elle ne peut être que le fait d’un Etat et d’une classe dominante. Face à la violence dominante, les classes dominées sont condamnées soit à subir soit à résister.

Un tribunal pénal international aurait dû être créé spécialement pour juger les dirigeants du G 8, du G 20 et ceux de l’OTAN des chefs d’« association de malfaiteurs, direction et organisation du terrorisme international en bande organisée en vue de préparer des guerres impérialistes et de mener des actions terroristes partout où il y a des matières premières et des marchés à contrôler et à conquérir ». Le secrétaire général de l’ONU et dles directeurs du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC, scientifiques et humains auraient dû être jugés et condamnés pour « : direction et organisation de la violence internationale utilisée comme méthodes et techniques de gouvernement et de domination des nations et des peuples»

et « organisation et direction de malfaiteurs ayant entraîné la mort et la famine des millions d’hommes dans le monde »

En définitive, tous les hommes libres se reconnaîtront immanquablement dans Julien Coupat et le groupe de Tarnac qui ont accompli une véritable œuvre d’hygiène mentale en rappelant à tout un chacun, son DEVOIR DE HAINE FACE A LA VIOLENCE SOCIALE.

Faouzi ELMIR, pour Mecanopolis

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avr 05 2009

La Chine est-elle en route pour la première place du peleton néo-colonialiste ?

Par Régis Mex

La Chine est-elle en route pour la première place du peleton néo-colonialiste ?

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La République Populaire de Chine, entrée récemment à l’OMC, trouve avec les pays africains de nouveaux partenaires avec qui elle peut discuter, et qu’elle peut aider sur le plan international. En 2004, des entreprises chinoises et africaines ont signé à Addis-Adeba une vingtaine de contrats pour une valeur totale de près de 460 millions de dollars US en marge de la première conférence des hommes d’affaires sino-africains. Ainsi, en 2004, 17 entreprises chinoises ont procédé à la signature de contrats avec des entreprises, des institutions commerciales ou des gouvernements africains, notamment avec l’Éthiopie, le Nigéria, le Cap-Vert, le Rwanda, l’Ouganda, le Soudan et la Tanzanie. Les accords passés avec les pays africains portent notamment sur la construction d’usines, les secteurs de la cimenterie, du sucre, du textile, d’une station hydroélectrique, de la production et de la commercialisation de médicaments. Ces projets de coopération économique sont de plus en plus fréquents entre la Chine et l’Afrique avec des projets importants et concrets pour les pays africains. Toujours en 2004, sur un plan qui marque bien la volonté chinoise du rapprochement stratégique de la Chine avec l’Afrique, le géant chinois a décidé d’accroître le statut de pays de destination touristique (ADS) aux huit pays appartenant à l’aire africaine suivante: l’île Maurice, le Zimbabwé, la Tanzanie, le Kenya, l’Ethiopie, les Seychelles, la Tunisie et la Zambie. Cette décision du gouvernement chinois porte à onze le nombre de pays africains pour les touristes chinois. Jusqu’à présent, la Chine avait attribué l’ADS à 28 pays et régions dont seulement trois pays africains: l’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc. Il s’agit de l’une des mesures parmi d’autres que le gouvernement chinois met en oeuvre pour stimuler la coopération sino-africaine.

Dans l’espoir de promouvoir la coopération avec l’Afrique, la Chine va également s’ouvrir au marché africain en pratiquant un tarif douanier « zéro » pour une partie des marchandises des pays africains les moins développés et augmenter le capital du Fonds de développement des ressources humaines africaines, mis en place par la Chine, afin de former « 10 000 personnes pour l’Afrique » dans les trois ans à venir. Par ailleurs, la Chine va organiser en 2004 le « Festival des jeunesses chinoises et africaines », le festival international « Rendez-vous à Beijin », qui sera consacré à l’Afrique et le « Voyage de la culture chinoise en Afrique » pour élargir la connaissance entre les peuples chinois et africains.

china-africaLe Forum de coopération Chine-Afrique est un mécanisme de consultation et de dialogue lancé en 2000 à Pékin par la Chine et 49 pays africains, avec comme objectif la promotion des relations sino-africaines pour le nouveau siècle. Environ 400 hommes d’affaires africains et chinois étaient présents le 16 décembre 2003 dans la capitale éthiopienne pour participer à une conférence en marge de la réunion ministérielle. Dans les affaires internationales, la Chine et l’Afrique souhaitent intensifier leur consultation et leur coopération au sein des Nations Unies, de l’OMC et des autres organisations internationales. La RPC s’engage ainsi à soutenir les efforts des pays d’Afrique qui ne sont pas encore membres de l’OMC pour leur future adhésion. Sur le plan économique, la RPC et les pays membres du forum s’engagent à promouvoir leur coopération dans l’agriculture, la santé, les infrastructures, le commerce, l’investissement, le tourisme, l’exploitation des ressources naturelles…

Depuis la fin de l’accord multifibres, en janvier 2005, qui limitait les exportations de textile des pays en développement vers l’Europe et les Etats-Unis, les ventes chinoises ont explosé. De ce fait, la Commission de Bruxelles a annoncé, le 14 avril, l’ouverture d’une procédure de surveillance. Parfois agressive, mais jouant la carte tiers-mondiste, la stratégie de l’empire du Milieu suscite espoir et controverse sur le continent noir. Quant aux échanges commerciaux, le plan d’action indique que la Chine et les pays africains s’engagent à promouvoir le commerce équilibré dans les deux sens entre les deux parties. La RPC décide aussi de faire bénéficier du « tarif zéro » une partie des produits en provenance des pays d’Afrique les moins avancés pour leur accès au marché chinois, et de lancer en 2004 des négociations bilatérales avec les pays concernés sur la liste de produits qui seront exemptés de droits de douane. Vu le potentiel et la coopération entre les deux parties, la Chine et l’Afrique ne sont qu’au début de leur collaboration.

Toutes ces mesures illustrent bien l’importance que la Chine attache au continent africain par les temps actuels, importance croissante s’il en est. Cependant, sommes-nous en position légitime de croire que la Chine respectera ses engagements et accordera du respect aux africains dans le cadre des affaires qu’elle mène avec eux ? Tout semble démontrer le contraire dans les instants présents, et c’est en contradiction avec ceux, naïfs ou hypocrites, qui affirment que les liens sino-africains se font avec plus d’harmonie et d’humanité que les rapports occidentaux que nous allons nous positionner.

Historique résumé des relations sino-africaines:


Alors que 120 millions de chinois ruraux ont rejoint les villes et s’entassent autour des grandes villes pour chercher du travail, encouragés par le slogan de Deng Xiaoping lancé en 1978 ( »Enrichissez-vous ! »), des tensions se créent. La Chine bouillonne et pourrait bien se rebeller. Il est alors préférable pour le gouvernement chinois d’encourager un bon nombre de ses citoyens à aller trouver le travail recherché à l’extérieur du pays. En outre, le gouvernement essaie de mener une politique d’amitié avec l’Afrique, à cause du fait qu’il souhaite obtenir les voix du continent noir aux Nations-Unies pour sortir de son isolement sur la scène internationale, surtout après la condamnation internationale de la répression après les évènements de Tienanmen. Le mot d’ordre lancé par le président Jiang Zemin, « Sortez ! » (des frontières), est évocateur à ce sujet.

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Les temps changent et, à Pékin, le pragmatisme a pris le pas sur la rhétorique idéologique. Commerce extérieur et coopération économique sont d’ailleurs gérés par le même ministère. De 1955 à 1977, la Chine a vendu pour 142 millions de dollars de matériel militaire à l’Afrique. Elle entrouvrait aussi ses universités : quinze mille étudiants africains y ont eu accès depuis les indépendances. En 1977, la valeur totale des échanges commerciaux entre l’Empire du Milieu et le continent noir atteint le record de 817 millions de dollars. Dans les années 1980, alors que le Nord et l’URSS se retirent de l’Afrique et que l’aide occidentale au développement chute de moitié, Pékin maintient ses liens. Mais, abandonnant l’exportation de sa boîte à outils révolutionnaire, la Chine se consacre désormais à l’essor de son commerce extérieur et de ses investissements à l’étranger. Lorsque la géopolitique de l’après-guerre froide et l’évolution incertaine du Proche-Orient ramènent les pays du Nord en Afrique, notamment pour diversifier leurs approvisionnements pétroliers, elle est déjà devenue l’« usine du monde » et convoite les matières premières du continent.

Deuxième consommateur de brut de la planète, plus de 25 % de ses importations de pétrole proviennent du golfe de Guinée et de l’hinterland soudanais. La soif d’un pays qui sera contraint d’importer 60 % de son énergie d’ici 2020 ne connaît aucune frontière, pas même celles des États qui, tel le Tchad, maintiennent leurs relations diplomatiques avec Taïwan. Si l’Afrique ne représentait que 2 % des échanges commerciaux chinois en 2004, le continent bénéficie particulièrement de sa « politique d’ouverture » : au cours des années 1990, le volume des échanges commerciaux entre Pékin et le continent a crû de 700 % et, depuis l’organisation, en l’an 2000 à Pékin, du premier forum sino-africain, plus d’une quarantaine d’accords ont été signés, doublant la valeur totale des échanges en quatre ans (plus de 20 milliards de dollars fin 2004). Fin 2005, la Chine est devenue le troisième partenaire (après les États-Unis, la France et devant le Royaume-Uni) commercial de l’Afrique. Passée maîtresse dans le montage de projets avec la Banque mondiale, elle chercherait même à élaborer, en Afrique, un « paradigme de la globalisation qui la favorise ».

Les 674 sociétés publiques chinoises implantées sur le continent placent autant leurs fonds dans les secteurs porteurs – des mines à la pêche en passant par l’exploitation du bois précieux ou la téléphonie – que dans ceux jugés moins rentables, et parfois abandonnés par les Occidentaux. C’est ainsi qu’ont été relancées l’exploitation des mines de cuivre zambiennes de Chambezi et les recherches pétrolières dans un Gabon où les réserves sont supposées se tarir. En 2004, les investissements chinois s’élevaient à plus de 900 millions de dollars sur les 15 milliards de dollars d’investissements directs étrangers (IDE) en Afrique. Des milliers de projets sont en cours ; 500 sont exclusivement menés par la firme de travaux publics China Road And Bridge Corporation, contribuant à placer 43 sociétés chinoises parmi les 225 premières entreprises mondiales du secteur. Pékin s’est emparé du marché éthiopien des télécommunications, a repris certaines activités de la Gécamine (industrie minière) congolaise, a rénové la route Monbasa-Nairobi (Kenya) et lancé le premier satellite nigérian. Huit pays africains ont reçu le statut officiel de destination touristique, incitant les ressortissants chinois à s’y rendre.

Cette offensive économique et commerciale s’accompagne d’une intense activité diplomatique. Arrivé au pouvoir en mars 2003, le président Hu Jintao a déjà effectué une visite remarquée au Gabon. En outre, une centaine de rencontres officielles ont été organisées sous l’égide des ministères du commerce et des affaires étrangères, qui se sont dotés de « départements Afrique ». Dans de nombreux pays en crise ou en délicatesse avec la diplomatie occidentale, Pékin engrange les fruits de sa doctrine de non ingérence dans les affaires intérieures. Les relations avec le Soudan – au ban des Nations unies en raison, notamment, de la situation au Darfour – sont exemplaires d’une stratégie sans états d’âme. Pour la Chine, nous explique Mme He Wenping, directrice adjointe du département relations internationales de l’Institut des études africaines de la faculté des sciences sociales de Pékin, « la protection des droits de la personne ne saurait contraindre l’exercice de la souveraineté nationale. Il ne fait aucun doute que les succès rencontrés par Pékin en Afrique ont bénéficié de cette vision, même si ce n’est pas l’unique point commun [que la Chine partage avec ses] partenaires africains ».

2008052220sa20tDix ans après s’être installée sur les champs pétroliers alors inexploités de Muglad (au Sud Soudan), elle importe 50 % du brut local. De la Compagnie nationale de pétrole de Chine (CNPC) à la Zonggyuan Petroleum Corporation, treize des quinze premières sociétés étrangères implantées au Soudan sont chinoises. Le cynisme de Pékin est apparu au grand jour lors du vote, en septembre 2004, de la résolution 1564 du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) décrétant un embargo sur les armes à destination de ce pays. Sur fond de massacres au Darfour, l’ambassadeur chinois auprès de l’organisation, M. Wang Guangya, menaça d’y mettre son veto avant de s’abstenir. La résolution, proposée par les Etats-Unis, était pourtant déjà bien édulcorée. Cet incident a permis de mesurer la solidité des liens tissés entre Pékin et Khartoum.

« Une autre manière de faire du business »:

De nombreux autocrates africains louent l’esprit de « respect mutuel » et l’« attention pour la diversité » culturelle qui caractérisent le commerce et la coopération chinoises – pour reprendre les mots du vieil ami de la Chine qu’est le président gabonais Omar Bongo Ondimba. Mais ce « safari » dans « l’eldorado » africain inquiète les transnationales qui gravitent traditionnellement autour du continent « utile ». De même, une diplomatie américaine officiellement soucieuse de « bonne gouvernance » commence à s’irriter des pratiques économiques chinoises. M. Gal Luft, spécialiste en sécurité énergétique et directeur exécutif de l’Institut pour l’analyse de la sécurité globale (IAGS), un think-tank néoconservateur, estime ainsi que « les Chinois sont enclins à mener leurs affaires d’une manière que les Américains et les Européens commencent à rejeter : payer des pots-de-vin et autres dessous de table. D’où l’intérêt de certains pays africains à travailler avec des entreprises chinoises plutôt qu’avec des compagnies occidentales dont les marges d’action se sont resserrées depuis le lancement de campagnes telle que Publish what you pay (Publiez ce que vous payez) visant à plus de transparence financière ».

« Cette autre manière de faire du business » – selon les termes du ministre rwandais des finances, M. Donald Kaberuka – est encore plus préoccupante pour les organisations non gouvernementales qui dénonçaient déjà les cyniques pratiques occidentales en Afrique. En effet, si les prêts conditionnés des grandes organisations internationales demeurent critiquables car ils soumettent sans discussion le pays bénéficiaire aux diktats des bailleurs, la coopération chinoise – qui accorde des crédits sans condition et prône le « clef en main » – favoriserait les « éléphants blancs » (projets morts nés) et s’écarterait des exigences minimales de transparence financière.

De leur côté, les associations de défense de l’environnement surveillent l’avancée commerciale de la nation la plus polluante du monde – qui refuse de signer le protocole de Kyoto – ; 60 % des 4 millions de mètres cubes de grumes (troncs d’arbres) qu’exportent les pays africains est destiné à l’Asie, en quasi totalité (96 %) pour la Chine.

Les ventes d’armes chinoises constituent un autre sujet de préoccupation. Après avoir entretenu le meurtrier conflit érythréo-éthiopien de la fin du XXe siècle (plus d’un milliard de dollars de contrats), la Chine est soupçonnée d’avoir utilisé le Soudan, début 2000, comme débouché pour sa technologie militaire. En outre, elle continue d’assister militairement le Zimbabwé, autre nation au ban de l’Occident. Plus globalement, on observe une impressionnante concentration d’attachés militaires chinois dans les pays membres de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe – SADC. Ici aussi, « les considérations financières semblent plus importantes que les ambitions idéologiques et géopolitiques qui primaient sous la guerre froide ».

Le modèle chinois du « win-win » (gagnant-gagnant) – ce nouveau jeu économique où, selon Pékin, il n’y aurait a priori aucun partenaire perdant – ne serait-il, finalement, qu’une nouvelle forme de néocolonialisme drapé des illusions d’un développement Sud-Sud ? Certains observateurs africains n’ont pas manqué de s’interroger sur les limites de la politique commerciale chinoise et sur la concurrence directe que font peser certains produits asiatiques – du textile à l’acier – sur le tissu économique africain. Premier partenaire africain de la Chine, l’Afrique du Sud, qui rompit en 1997 ses relations avec Taïwan pour se rapprocher de Pékin, est confrontée tout à la fois « à une appétissante collaboration et une terrifiante menace », note M. Moeletsi Mbeki, vice-président de l’Institut sud-africain des affaires étrangères de l’université de Witwatersrand, à Johannesburg : « En échange des matières premières que nous leur vendons, nous achetons leurs produits manufacturés. Et cela ne peut qu’avoir un résultat prévisible : une balance commerciale négative. N’assiste-t-on pas à la répétition d’une vieille histoire ? ».

Le fait est que, de 24 millions de dollars en 1992, le déficit commercial de Pretoria à l’égard de Pékin a passé la barre des plus de 400 millions de dollars. En septembre 2004, l’une des principales organisations membre de la puissante fédération syndicale Cosatu a ainsi menacé de boycotter les vendeurs de produits chinois, accusés de contribuer à la montée du chômage. Même perplexité sur l’avenue Charles-de-Gaulle à Dakar, où les produits chinois à bas prix – des chaussures aux médicaments – envahissent désormais les trottoirs et les étals, tandis que les ateliers textiles du Lesotho sont menacés par la fin de l’accord multifibre en janvier 2005.

Face à ces interrogations, le partenaire chinois multiplie promesses, cadeaux, références historiques à l’esprit de Bandung et mesures symboliques à l’égard d’un continent dont il a annulé 10 milliards de dollars de dette bilatérale depuis l’an 2000.. Tout en reconnaissant que la décision finale se trouve entre les mains de l’Union africaine, le pays soutient par ailleurs publiquement les trois candidats africains (Nigeria, Afrique du Sud et Égypte) – mais officieusement surtout le Nigeria – à un siège de permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Un nouveau grand bond en avant commercial a eu lieu en 2006, avec le lancement du Nouveau Partenariat stratégique Asie-Afrique, qui concerne le secteur privé et dont Pékin devrait être le premier bénéficiaire. Et, lors de son voyage au Gabon en 2004, le président Hu Jintao a promis « une coopération économique qui se préoccupera davantage des infrastructures, de l’agriculture et du développement des ressources humaines ». Un vœu pieux ? Une chose est sûre : Pékin « se comporte désormais comme n’importe quelle autre puissance soucieuse de ses intérêts bien compris. Elle cible sa coopération sur des pays à fort potentiel, qu’il s’agisse de matières premières, de pouvoir d’achat et d’influence diplomatique ».

Jusqu’où et comment les partenaires traditionnels du continent s’accommoderont-ils de cette présence ? En 2005, selon le Fonds monétaire international, l’Afrique devrait connaître son meilleur taux de croissance en trente ans : 5,8 %. Ce sera en partie grâce à l’investissement de la Chine.

A ce titre, le Livre Blanc sur la politique africaine de la Chine publié en 2006 met en exergue « le maintien, en l’augmentant, d’une assistance économique chinoise à l’Afrique sans condition politique». Allant plus loin, le journaliste sénégalais écrit: « C’est un projet ambitieux qui n’exclut pas l’instauration d’une Zone de libre échange sino-africaine. »

arton1003Avant même la promulgation de ce Livre Blanc, les entreprises chinoises sont devenues les principaux bâtisseurs en Afrique. Ponts, barrages, routes, stades, bâtiments publics, portent l’empreinte chinoise partout à travers le continent. En une dizaine d’années, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont décuplé. Entre 2007 et 2008, ils ont progressé de 45 %. Quoiqu’il en soit, la présence chinoise est aujourd’hui plus contestée… par les Africains eux-mêmes. Le sentiment anti-chinois s’exprime très clairement, notamment en Zambie où le président Hu Jintao avait dû annuler une visite officielle en 2007.

Camouflet diplomatique qui n’a pas, pour autant, diminué notablement les investissements chinois dans ce pays. C’est que les gisements miniers continuent d’intéresser Pékin qui sait mettre de côté ces velléités et agit avec beaucoup plus de pragmatisme économique qu’elle ne l’avoue. Pour Adama Gaye, c’est surtout un « unilatéralisme qui sous-tend la démarche des Chinois qui sont prioritairement mus par la préservation de leurs intérêts ».

Cependant, la crise financière internationale qui a éclaté au dernier trimestre de 2008 a quelque peu calmé les ardeurs anti-chinoises en Afrique. A nouveau, la coopération sino-africaine est qualifiée « d’exemplaire » par les chefs d’États africains. Ayant entamé son actuel périple africain par le Mali, le président Hu Jintao y a déclaré que « la Chine maintiendra la densité de ses échanges avec le continent » et que les investissements devraient même augmenter. Le discours a de quoi plaire aux gouvernements africains qui craignent une contraction de l’aide au développement à cause de la conjoncture internationale.

« La Chinafrique », le livre:

Les auteurs de « La Chinafrique » sont: Serge Michel, 39 ans, correspondant en Afrique de l’Ouest pour Le Monde, prix Albert Londres en 2001 pour ses reportages en Iran. Il est l’auteur de Bondy Blog (Le Seuil, 2006); Michel Beuret, 38 ans, chef du service étranger du magazine suisse L’Hebdo; Paolo Woods, 37 ans, photographe ayant reçu un World Presse Photo Award en 2004 pour ses reportages en Irak. Ils ont publié ensemble Un monde brut (Le Seuil, 2003) et American Chaos (Le Seuil 2004).

Leur ouvrage a pour but de répondre aux questions suivantes: Qui sont ces aventuriers Chinois ? Dans quels pays vont-ils ? Pour y faire quoi ? Quel est le secret de leur succès ? Comment se passe la rencontre de ces deux mondes si différents ? Et avec quelles conséquences sur les droits de l’homme et l’environnement ? Et quelle place pour les Européens, les Français en particuliers ?

Pour répondre à ces questions, les auteurs ont parcouru quinze pays, sillonnant tout le continent à la rencontre de cette « Chinafrique », des forêts ratiboisées du Congo aux rivages venimeux du Nigeria, des sables militairement mouvants du Niger aux pipelines du Soudan, des souvenirs d’Egypte made in China aux restaurants gastronomiques de Douala, des campagnes misérables de la Chine à ce continent mystérieux qu’est l’Afrique pour les nouveaux aventuriers.

Voici quelques extraits:

« Jamais l’occident ne s’est autant intéressée à l’Afrique que depuis la Chine est partie à sa conquête », notent les deux auteurs de La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir. La Chine ne peut se détourner de l’Afrique tant qu’elle aura besoin de ses matières premières abondantes pour soutenir sa croissance, même si elle accuse un ralentissement. Paradoxalement, l’attrait salvateur, sur le court terme, des ressources naturelles africaines provoquent le dévoiement de son développement. La dissymétrie est toujours à l’honneur, qu’il s’agisse des relations sino-africaines ou autres.

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Quelques chiffres:
750 000 Chinois sur le continent
106,84 milliards de dollars: montant en 2008 du commerce bilatéral.
51 % des exportations chinoises vers l’Afrique sont constituées de machines et produits
finis.
20 pays africains totalisent des échanges supérieurs à 1 milliard de dollars annuels avec la Chine.
40 % : la part consentie à l’Afrique pour la totalité de l’aide chinoise pour le développement.
La Chine est devenue le 2e partenaire commercial de l’Afrique, juste après l’Union européenne.
Les Chinois quittent la Chine avec un contrat de travail. « Comment justifier que l’Afrique a besoin d’eux ? », se demandent les auteurs du livre, alors qu’elle a un taux de chômage qui atteint parfois 50 % (en comptant les chômeurs non déclarés). La réponse, disent-ils, est que les entreprises chinoises sont avant tout soucieuses d’exploiter les richesses du continent.

Les pays d’Afrique où la Chine investit le plus sont en effet des pays producteurs de pétrole. Les nouveaux dictateurs arrivés à la tête de ces pays par des coups d’État à répétition annulent les projets des précédents et lancent de nouveaux chantiers, qui s’orientent essentiellement dans l’intérêt des Chinois. Remarquablement organisés, ils sont capables de « redresser » une entreprise là où les bailleurs occidentaux ont abandonné : par exemple, le barrage d’Imboulou au Congo (l’endettement et instabilité politique du pays en avaient arrêté la construction).

Même si les transactions entre Chine et pays africains peuvent enrichir ces derniers, ce sont les gouvernements qui en profitent et non les peuples. Le peuple, désespéré, se révolte ou se tourne vers des mouvements extrémistes, islamistes par exemple. Le problème est résumé admirablement à la page 260 : « Des Chinois pour extraire le pétrole, puis l’engouffrer dans un pipeline chinois surveillé par des miliciens chinois, à destination d’un port construit aussi par des Chinois… Des Chinois, qui importent leur nourriture, qui font pousser leurs légumes avec des maraîchers chinois , des chinois enfin pour ARMER un pays qui commet des crimes contre l’humanité ».

La Chine qui n’a de communiste que le nom, utilise les mêmes méthodes que les pays capitalistes: elle se sert de son immigration, avec la complicité des pays « demandeurs » pour profiter de la croissance des pays d’Afrique.

Racisme chinois:


racisteLes Chinois sont globalement très racistes. Le peuple chinois est à 91% constitué des Han, peuple descendant de la dynastie des Han, et malgré toute l’hypocrisie du gouvernement chinois à dire que la Chine est pluriethnique, les autres minorités se font écraser. Le racisme y est discret, pas de grand tapage médiatique, pas d’affiches placardées sous les ponts comme en Europe, il se fait en douce, en méprisant les autres couleurs de peau, en empêchant certains peuples d’accéder aux fonctions plus importantes ou en les ignorant dans la rue. Les musulmans, par exemple, sont parmi les plus pauvres de Chine, cantonnés officieusement aux métiers misérables. Les africains sont aussi systématiquement dévisagés. Les enfants imitent parfois les singes dans la rue en les voyant, sous l’oeil amusé de leurs mères approbatrices, de même que nombre d’adultes ne se gênent habituellement pas pour les comparer eux aussi à des singes, verbalement. C’est encore pire pour les Philippins, ou plus précisément les Philippines, constamment perçues comme prostituées (et le plus souvent effectivement cantonnées à ces métiers). Quasiment impossible pour ces minorités, en effet, de trouver du travail, même à Shanghai. Les Indiens, qui y sont appelés les « gris », sont assez mal vus ; le racisme à leur égard ne s’exprime pas forcément par de la violence ou de l’agressivité mais plutôt par du mépris ou un certain sentiment de supériorité. Les Chinois sont le plus souvent méprisants pour ceux qui ne sont pas Chinois.

Angola:

Ce sont des responsables chinois plutôt embarrassés qui rendirent visite, début décembre 2004, au président angolais José Eduardo Dos Santos. Quelques jours auparavant, l’association britannique Global Witness avait publiquement laissé entendre que les 2 milliards de dollars de crédit accordés à Luanda par la banque publique chinoise Eximbank risquaient d’être détournés. Officiellement, cette somme avait été allouée pour rebâtir les infrastructures angolaises détruites par trente ans de guerre civile (électricité, chemins de fer et bâtiments administratifs). En échange, la Chine recevrait 10 000 barils de pétrole par jour. Or une partie de ces 2 milliards a été effectivement détournée au profit de la propagande gouvernementale en vue des élections générales de 2006. Et, sous pression chinoise, le 9 décembre 2004, M. Antonio Pereira Mendes De Campos Van Dunem, intermédiaire connu des milieux d’affaires étrangers, était prié de quitter son poste de secrétaire du conseil des ministres.

Le temps d’un émoi, Pékin avait ainsi dérogé au principe fondateur de sa longue marche commerciale vers l’Afrique : ne pas se mêler des affaires intérieures des pays concernés. Un peu de morale – sans doute justifiée par la pression exercée par les bailleurs de fonds internationaux sur un pays notoirement corrompu – n’empêcherait pas les affaires sino-africaines de tourner à plein rendement.

Trente ans après avoir rompu avec un Angola devenu indépendant, mais jugé trop proche de l’Union soviétique, l’Empire du Milieu a largement réparé son erreur initiale. L’ancienne colonie portugaise – dont il importe désormais 25 % de la production de pétrole – est devenue son deuxième partenaire commercial sur le continent. Luanda envisage même de créer des vols directs avec Pékin, et il serait question d’encourager la construction d’un quartier chinois dans la capitale en vue d’accueillir les cadres asiatiques.

Octroyé avec un taux d’intérêt de 1,5 % sur dix-sept ans, le crédit contesté aurait pu se révéler, à court terme, désavantageux pour Pékin. Il n’en permettait pas moins aux entreprises chinoises de s’attribuer la majeure partie du juteux marché de la reconstruction nationale. De quoi soulever l’inquiétude de la population. « Selon les termes du contrat, 30 % du crédit alloué doivent être attribués à des entreprises locales, explique notamment l’économiste indépendant Jose Cerqueira. Mais cela signifie que 70 % ne le sont pas. Or le secteur de la construction est l’un des seuls où les Angolais peuvent trouver du travail ».

Selon le responsable sortant du programme angolais de Care, M. Douglas Steinberg, « les conditions d’octroi des crédits chinois donnent beaucoup plus de possibilités à l’Angola, comparées aux exigences fixées par d’autres accords, en premier lieu ceux passés avec le Fonds monétaire international. En fait, cela permet aux autorités gouvernementales de ne pas pratiquer la transparence ».

Congo:

Le ministre congolais de la Construction ne tarit pas d’éloges sur les Chinois : « Ils sont fantastiques, ils ont construit le stade, le ministère des Affaires étrangères, l’autoroute, le barrage d’Imboulou, les logements. Ces logements, le ministre y tient parce que ce chantier joue un rôle central dans sa campagne électorale (il veut être élu député). C’est du gagnant-gagnant » dit-il. « Dommage pour vous, les Français » ajoute-t-il, faussement compatissant. « La Chine suscite évidemment des réflexes racistes tant de la part de l’immigré que de l’autochtone. C’est que, en construisant les logements, les Chinois construisent également leur palais, plus luxueux que l’ambassade américaine. Le ministre congolais a aussi deux discours, il se lâche parfois : « Les Chinois sont en mission. Pour eux, l’entreprise est un instrument de conquête. Je pense que l’objectif de la Chine est de devenir la première puissance du monde ».

Les ouvriers congolais, engagés par les Chinois, paient fort cher leur repas, travaillent dur, et sont surveillés par des contremaîtres chinois : « Ils n’arrêtent jamais, dit l’un d’eux. Ce sont des robots diaboliques, ils nous traitent comme des esclaves, ils nous frappent avec des planches ».

Maroc:

La concurrence chinoise bouleverse le secteur du textile marocain. Auparavant, les concurrents du Maroc étaient les Tunisiens, les Turcs, les pays de l’Europe de l’Est… Aujourd’hui, c’est le géant: la Chine. Le prix chinois défiant toute concurrence, les commerçants marocains craignent pour les produits proposés par leurs entreprises et déclarent ne plus pouvoir s’aligner sur des prix aussi compétitifs. Pour ces autorités et les entrepreneurs marocains, le principal problème reste la sous-facturation et les circuits parallèles, des deux côtés.

En 2002, les échanges commerciaux entre l’Égypte et la Chine se sont élevés à 945 millions de dollars, soit le double du Maroc. Les secteurs où les Chinois ont investi le plus sont la construction aéronautique, le textile, les marbreries, l’industrie légère…

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Nous pouvons donc conclure de tout cela que voir une alternative bienfaisante au néo-colonialisme dans la Chine et penser qu’elle puisse faire positivement contrepoids aux pays occidentaux serait sot autant qu’aveugle. La Chine est effectivement un des pays au monde qui a le plus négligé les droits de l’homme dans son pays et considéré ses citoyens comme des esclaves, souvent traités d’une façon bien inférieure à ce qu’une personne normale ferait avec un animal. sans-titreCette triste réalité est plus vraie que jamais aujourd’hui, et il n’y a aucune raison pour qu’un pays soumis à une implacable dictature, communiste au niveau politique et capitaliste sur le plan économique, ait de quelconques égards pour des citoyens étrangers, Noirs qui plus est. Rappelons que l’Empire du Milieu condamne plus de 10 000 personnes à la peine capitale par an et octroie un charmant salaire de 23 cent par jour à ses ouvriers, contre 20$ pour un américain et 14€ pour un français (toutes prestations sociales comprises), pour un travail bien plus pénible, tant au niveau des conditions que de l’effort fourni et du temps de travail (45 heures par semaine). On peut donc bien se demander pourquoi les Chinois, racistes de surcroît, traiteraient des travailleurs étrangers placés sous leurs directives d’une meilleure façon que leurs compatriotes. L’Occident, et surtout la France, ont certes causé plusieurs torts durant leurs colonisations, mais ont au moins contribué à l’alphabétisation des habitants de leurs colonies, bati un certain nombre d’hôpitaux, et les conditions de travail auraient difficilement pu être pires que celles que promettent la Chine.

Pour compléter la vision des auteurs du bien bel ouvrage qu’est « La Chinafrique », sur lequel je ne saurais que trop vous recommander de vous pencher, je vous suggère de parcourir deux de nos propres articles: Un fléau nommé Chinafrique  et Marcel Zandi, le « Gandhi Africain ».

 Par Régis Mex