Category: Conférence de Bilderberg

août 15 2010

Entretien avec Thierry Meyssan (vidéos)

Entretien avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.

meyssan

Partie 1 : Le mossad et le 11 septembre, la politique russe et l’affrontement Medvedev/Poutine, l’Iran, la situation libanaise, l’évolution du Moyen-Orient.


Partie 2 : La France et le Moyen-Orient, le patriotisme, la théorie du pétrole abiotique et le cas BP aux USA, la campagne d’E&R « Pour un Chavez français ! », Chavez et le pétrole fournit aux USA, les élections présidentielles françaises de 2012.


Partie 3 : Les armes climatiques et sismiques, Israël et le projet de reconstruire le temple de Salomon à la place de la Mosquée Al-Aqsa, l’Afrique du Sud, Medvedev contre Poutine.



juin 15 2010

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin, par Jean Parvulesco

La parution du dernier livre de Jean Parvulesco, La confirmation boréale, est un évènement littéraire majeur qui a bien sur été totalement occulté par les « médias autorisés ». Pour tous ceux qui veulent comprendre le monde – celui dans lequel nous sommes et celui vers lequel nous nous dirigeons – cet ouvrage, pour lequel Michel Mourlet écrivait il y a peu qu’il « est comme un obus de la Grosse Bertha par rapport aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre », sera incontournable.

C’est avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque que nous vous présentons, en exclusivité, un chapitre complet de La confirmation boréale.

Mecanopolis

oeil

Vladimir Poutine et l’Empire eurasiatique de la Fin

Par Jean Parvulesco

Que l’on en soit réellement conscients ou pas, nous nous trouvons à présent sur la ligne du partage des eaux de la « grande histoire », soudain proche de son terme : quelque chose y prend fin définitivement, et quelque chose d’autre va bientôt s’y passer, abyssalement, quelque chose d’absolument nouveau.

La terreur sournoise et dégradante exercée, à l’échelle planétaire, par la subversion suractivée de la conspiration mondialiste qu’arme, justifie et n’en finit plus d’imposer sa doctrine du « politiquement correct » soi-disant démocratique, atteint, à l’heure présente, les ultimes limites dé l’insupportable, du cauchemar permanent et total. Arrivant, ainsi, en ces extrémités, à ce paroxysme final de l’affirmation active, des impositions subversives et totalitaires de la conspiration mondialiste en place et de sa terreur démocratique incapacitante, l’histoire mondiale semble s’être momentanément arrêtée dans sa marche, comme auto-immobilisée dans l’attente de l’instant fatal où il lui faudra basculer, inéluctablement, dans un état absolument contraire à celui de son actuel blocage négatif total, changer entièrement de sens.

Car une nouvelle forme spécifique de changement est à présent apparue dans le devenir visible de l’histoire mondiale, une nouvelle forme ontologique d’action directe dans le cours immédiat de l’histoire, qui implique et décide, à terme, quand l’heure en vient, l’auto-destitution aussi totale qu’instantanée, sans la moindre intervention extérieure, de toute situation de pouvoir fondamentalement constituée, s’affirmant politiquement et fût-elle apparemment inexpugnable en ses assises du moment : ce qui semblait ainsi devoir durer indéfiniment, disparaîtra alors d’une mystérieuse manière soudaine, sans laisser de trace, effacé à jamais du courant de l’histoire ; comme si rien il n’y avait eu.

Comprendre ce qui fait avancer l’histoire par en-dessous…

C’est que, lors de ses grands changements, lors de ses grands tournants décisifs, imprévisibles, soudains, l’histoire se trouve forcée de muer, de se transformer de par le mystère même de ses propres profondeurs irrationnelles, mystère en action que seules mènent, depuis l’invisible, les décisions révolutionnaires occultes de la Divine Providence toujours là, toujours dissimulée derrière les événements immédiatement visibles. Comprendre l’histoire dans sa marche, ce n’est pas en pénétrer les raisons objectives, qui ne sont jamais que des apparences arrangées, mais ne pas méconnaître l’identité abyssale de ce qui la mène et fait avancer vraiment, par en-dessous, suivant un dessein providentiellement conçu et conduit d’en dehors des temps.

Ainsi en avait-il été de la fin abrupte du communisme soviétique et de l’ensemble de ses conspirations subversives de dimensions planétaires : sans la moindre intervention visible venant de l’extérieur de ce qui était en train de se passer au moment décisif, sans absolument aucune raison objective, à l’heure prévue – et que personne n’attendait, parce qu’il s’agissait d’une heure occulte, supra-historique – il s’en était produit comme un brusque effondrement total, de l’intérieur de celui-ci, comme un soudain éclair noir, annulant tout, et la plus grande puissance politico-militaire du monde a cessé d’exister, s’est trouvée comme aspirée par le néant qu’elle portait secrètement en elle, instantanément. Et tout à fait définitivement, sans trêve ni recours.

L’histoire démocratique de l’Europe est morte

Or cette même nouvelle structure ontologique d’auto-destitution instantanée, mystérieuse dans ses apparences, vient également de frapper l’ensemble de l’actuelle situation politique européenne. Disparues, dans le néant de leur propre auto-destitution, les toutes-puissantes démocraties chrétiennes italienne et allemande, tout comme semble s’être évanoui le grand rêve impérial européen du « gaullisme de la fin » et, en France aussi, le vaste mouvement de mobilisation populaire qu’avait mis en place le Front National, ainsi que le Parti Communiste lui-même, éclaté, de l’intérieur, en des morceaux disparates. Alors que, sous les apparences mêmes de leur pouvoir, à l’heure présente inconditionnellement encore en place – en France, en Allemagne, en Italie – la social-démocratie, sous-traitance locale de la conspiration mondialiste, installée partout en Europe, ainsi qu’en Grande Bretagne, se trouve malgré tout, elle-même, désormais, à la merci du brusque mouvement sismique des profondeurs qui va la renvoyer, d’un moment à l’autre, à son trou noir d’origine. Ainsi, de Bucarest à Lisbonne, un immense désert vide, calciné, morne, immobile, « suintant des maléfices secrets, imprévisibles », s’étend au comble de la désolation, au comble de l’impuissance. L’histoire démocratique de l’Europe est morte, qui est en train de devenir sa propre fosse commune.

Or c’est bien au-dessus de cette fosse commune déliquescente que va devoir se lever, bientôt, et de quelle manière inattendue, l’immense tourbillon de feu de l’entreprise révolutionnaire grand-européenne de salut et de libération visant à mettre en piste, politiquement et historiquement, ce qu’il est déjà convenu d’appeler l’Empire Eurasiatique de la Fin.

Car, si, désormais, en ces temps d’interrègne, sans heure ni espérance ni plus aucune attente légitime, quand l’évidence de l’abdication politique de l’Europe fait fonction d’un champ d’épandage final, seule risque encore d’avoir cours, précisément, l’ontologie de l’auto-destitution instantanée de cet ensemble politique en situation terminale – ainsi que cela s’était déjà vu avec l’auto-destitution politique de l’Union Soviétique, ou avec le mystérieux évanouissement sur place des démocratie chrétiennes européennes – il n’est pas moins certain que le mouvement dialectiquement contraire, celui d’une ontologie de renversement total et de reconstitution abyssale, d’une soudaine remontée paroxystique de l’Être originel, d’une émergence de renversement absolu et de recommencement absolu d’une situation apparemment fermée sans recours puisse également avoir, lieu, à tout instant. Et tout faire basculer, d’un seul coup.

Un prochain basculement

Aujourd’hui, partout, dans l’espace intérieur propre de la plus Grande Europe, de l’Europe en tant qu’avant-garde révolutionnaire du Grand Continent Eurasiatique, le feu du retour à l’être, du redressement politique révolutionnaire de l’ensemble du continent couve souterrainement, se maintient envers et contre tout, clandestinement disponible dans l’attente de cette « émergence de renversement absolu et de recommencement absolu » qui doit marquer le prochain basculement de l’actuelle situation politique européenne en son propre contraire. Cela, c’est bien la dialectique agissante de la nouvelle forme d’intervention ontologique dans l’histoire qui l’exige, à travers son double commandement de l’auto-destitution du passé, des formes condamnées et déjà révolues, et de la mobilisation abyssale de ce qui, soudain, sera appelé à donner son nouveau visage à l’avenir déjà, secrètement, en marche.

Du projet océanique fondamental de l’Amiral Gorchkov

En conclusion à un travail de recherche politico-révolutionnaire que je faisais paraître, en 1976, sous le titre de La ligne géopolitique de l’URSS et le « projet océanique fondamental » de l’Amiral G. S. Gorchkov, j’avais placé, prophétiquement – à présent je m’en rends compte – les lignes suivantes, dont l’actualité me paraît tout à fait saisissante, plus que jamais immédiatement opératoire :

«  C’est sous le jour de cette conception intériorisante de l’histoire qu’il faudra savoir – savoir d’avance, tout est là – qui, en Union Soviétique, finira par l’emporter, à l’heure voulue, sur l’autre camp, implacablement, pour s’engager aussitôt à changer – dans un sens ou dans l’autre – la direction et jusqu’à la face même de l’histoire du monde. Aujourd’hui comme hier, tel est le but unique : changer la face du monde. Cependant, dans la perspective du but unique, lequel des deux camps l’emportera sur l’autre? Celui qui saura laisser apparaître, en son sein, la volonté de destin de l’homme providentiel, qui sera, aussi, l’homme de la dernière bataille. Quand viendra-t-il, celui-là ? Inéluctablement, à l’heure prévue. »

Or c’est très précisément l’apparition – l’avènement – de ce que j’appelais, alors, l’« homme providentiel » que, aujourd’hui que les temps sont prêts, va devoir provoquer le basculement final de l’actualité politique européenne immédiate dans le sens de son retour révolutionnaire à l’Être, fournir – au-delà de l’actuel désastre de celle-ci – sa forme ontologique décisive à un autre recommencement total de l’histoire et de la conscience politique européennes, de leurs structures d’affirmation et de présence agissante propres, renouvelées depuis leurs profondeurs originelles retrouvées.

Car c’est un fait : la déflagration révolutionnaire finale est à présent prête à éclater. Partout en Europe, des « groupes géopolitiques » de conscience et d’intervention politique clandestine impériale grand-européenne, agissant déjà sur des dimensions continentales eurasiatiques, se trouvent à l’affût de l’imminent changement de l’histoire proche de sa fin, changement qui est en train de s’amorcer souterrainement et dont ces « groupes géopolitiques » mobilisés sur place constituent la masse explosive, à laquelle l’apparition de l’« homme providentiel », du nouveau « concept absolu » de l’histoire arrivant à son point critique suprême, apportera le détonateur prédestiné.

La définition idéologico-doctrinale de ce changement annoncé, on peut la trouver, exhaustivement arrêtée, dans un récent document émanant d’une des centrales opérationnelles à l’œuvre, à demi-clandestinement, de ce vaste mouvement politique souterrain, dont celle-ci représente une des actuelles instances décisives d’affirmation révolutionnaire immédiate. De cette définition idéologico-doctrinale, en voici donc, ci-dessous, le document faisant état de son projet opérationnel de base, document connu plus ou moins confidentiellement sous le titre de « Pacte Impérial Eurasiatique ». Je cite, textuellement.

Un document fondationnel : « Le Pacte Impérial Eurasiatique »

« C’est de la confrontation de nos doctrines impériales et catholiques avec la réalité politico-historique actuelle, directe, à laquelle celles-ci s’adressent révolutionnairement, qu’il va en résulter, dialectiquement, l’émergence finale du Grand Empire catholique constituant notre objectif ultime, l’Imperium Ultimum, du Regnum Sanctum, qui devra comporter, en principe, trois stades opérationnels, trois étapes édificationnelles prévues.

Le premier de ces trois stades opérationnels, celui de l’acte même de la mise en piste du projet impérial final, concernera la création de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pôle européen grand-continental impérial à venir. Ne devant pas comporter d’intégration politique à proprement parler de la France, de l’Allemagne et de la Russie, l’axe Paris-Berlin-Moscou n’aura qu’une première fonction de mise en convergence définitive et totale de la communion de destin – de la prédestination – des trois pays du pôle fondationnel grand-continental mobilisés en avant par une même vision impériale irrévocable, par la décision du Pacte Fondamental.

Le deuxième des trois stades opérationnels de l’IMPERIUM ULTIMUM vers la réalisation effective de l’Empire Eurasiatique de la Fin, constitué par l’intégration politico-historique totale de l’Europe de l’Ouest et de l’Est, de la Russie et de la Grande-Sibérie, de l’Inde et du Japon.

Une deuxième Guerre de Sécession

Quant au troisième stade opérationnel de l’édification révolutionnaire impériale catholique de ce monde et de son histoire finale, il devra inclure, aussi, après la réduction définitive de la conspiration démocratique mondialiste menée par la « Superpuissance Planétaire des États-Unis » et la libération révolutionnaire de celle-ci, la double instance géopolitique intégrée des deux Amériques, l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord. Le troisième stade impérial de l’histoire finale du monde sera celui de l’apparition de l’Archipel Planétaire unifié, entité suprahistorique, transcendantale, placée sous la lumière révélatrice, parousiale, du REGNUM SANCTUM.

Aussi la conspiration mondialiste de la Superpuissance Planétaire des États-Unis devra-t-elle prendre fin en s’auto-dé-truisant elle-même, dans les termes d’une guerre civile continentale qui sera la répétition à rebours de la Guerre de Sécession américaine, de son propre acte fondationnel des origines (1861-1865).

Lors de cette seconde Guerre de Sécession, ce sera la majorité nationale oppressée de la Superpuissance Planétaire des États-Unis, sa majorité « sudiste », traditionnelle et spiritualiste, catholique, d’héritage européen en continuité, qui va devoir l’emporter, irréversiblement, sur la partie « nordiste », anti-traditionnelle, gauchiste et matérialiste du continent nord-américain.

Et ce sera la mission prédestinée de l’Amérique du Sud qui, entre temps, sous l’impulsion révolutionnaire de l’Argentine et du Chili, aura déjà su faire, accomplir sa propre intégration continentale, que de soutenir, politiquement et stratégiquement, l’effort de la majorité nationale, « sudiste », des États-Unis dans son entreprise de nettoyage révolutionnaire final du continent nord-américain lors de la deuxième Guerre de Sécession.

Et c’est ainsi qu’à la fin de l’histoire actuelle de ce monde et au-delà de celle-ci, l’Archipel Planétaire dans sa totalité géopolitiquement intégrale va se trouver identifié, d’une manière transcendantale, supra-historique, avec le concept agissant du Grand Empire Catholique de la Fin, avec le Regnum Sanctum. C’est en cela aussi que nous reconnaissons, et affirmons tout haut, la mission, la prédestination révolutionnaire transcendantale de notre propre génération choisie pour qu’elle prenne sur elle d’accomplir le changement apocalyptique de ce monde, suivant un dessein conçu dans l’invisible. »

Le « signe du départ » : l’apparition d’un nouveau « concept absolu », d’un nouvel « homme providentiel »

Ce sont donc les « groupes géopolitiques » de l’ensemble révolutionnaire grand-européen en situation souterraine qui constituent, à l’heure présente, le dispositif d’émergence, déjà en place, du futur mouvement de basculement sismique, du futur renversement ontologique du sens de l’histoire actuelle à son terme final. Renversement qui marquera le nouveau recommencement révolutionnaire de la nouvelle histoire mondiale s’apprêtant à faire sa soudaine apparition. Laquelle, pour apparaître, n’attend plus que le « signal du départ » de son nouveau destin, l’événement fondamental qui sera celui de l’avènement-là du « concept absolu », de l’« homme providentiel », dans lequel il lui est demandé de s’incarner pour qu’elle puisse agir au niveau de l’histoire visible, encristalliser brusquement, en polariser suractivement sa nouvelle identité révolutionnaire à venir, ou plutôt qui est déjà en train de nous en venir.

Or, avec l’accession de Vladimir Poutine à la magistrature politique suprême de la « Nouvelle Russie », le « concept absolu » de la nouvelle histoire mondiale déjà souterrainement en cours, l’« homme providentiel » du recommencement abyssal de celle-ci, vient assez mystérieusement d’apparaître à la lumière du jour, et faire de par cela même que tout se jette, brusquement, en avant vers cette Totale Weltrevolution dont secrètement nous attendions tous, et depuis si longtemps, la venue définitive, l’« affirmation polaire de la fin ».

Poutine : émanation des conseils secrets des Forces Armées ?

Mais qui est, en fait, Vladimir Poutine? Vladimir Poutine, c’est avant tout et très essentiellement l’émanation directe des conseils secrets révolutionnaires permanents des Forces Armées de l’Union Soviétique, qui se cherchaient, et qui guettaient l’occasion de faire surface, de franchir la ligne du passage à l’histoire visible, active, depuis déjà les années 1948-1952, quand il y avait eu les premières manifestations de taille de leur action, de leur présence combattante, de leur volonté d’affirmation politique propre, non pas contre l’État Soviétique, mais confidentiellement au sein même des structures de pouvoir propres de celui-ci. C’est depuis lors que l’on a pu parler d’une doctrine national-révolutionnaire immanente des Forces Armées de l’Union Soviétique, doctrine qui est allée en se précisant d’une manière de plus en plus décisive à partir des années soixante, et dont les thèses géopolitiques de base se sont trouvées confidentiellement soutenues par L. I. Brejnev et, par la suite, ouvertement – ou presque – par Y. V. Andropov.

Chtemenko et Ogarkov

Deux personnalités militaires de tout premier plan passent pour avoir été, et restent encore des représentants emblématiques de pointe de la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées Soviétiques, doctrine globale, à demi-clandestine, ou plutôt implicite, mais, dans son temps, de plus en plus active et suractivante là où elle parvenait à agir, et qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, effectivement, et tout à fait à découvert cette fois-ci, la doctrine géopolitique officielle de la « Nouvelle Russie ». Ces deux personnalités militaires soviétiques, sont l’ancien chef du CRU et, par la suite, de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS, ainsi que ultérieurement, commandant en chef des forces du Pacte de Varsovie, le Général-Colonel S. M. Chtemenko, et le Maréchal N. V. Ogarkov qui, lui aussi, tout comme le Général-Colonel S. M. Chtemenko, devait accéder, quelques années après, à la tête de l’État-major Général des Forces Armées soviétiques. C’est en tant que chef de l’État-major Général des Forces Armées de l’URSS que le maréchal N. V. Ogarkov avait tenté, et failli même réussir, une prise de contrôle totale de la direction politique de l’URSS par les Forces Armées, ayant finalement échoué à cause de la contre-conspiration rivale, qui allait amener au pouvoir, à travers le secrétariat général du Parti Communiste, Mikhaïl Gorbatchev, pour aboutir, en dernière instance, à l’auto-destitution politique irréversible de l’ancienne Union Soviétique.

Dans son livre capital, qui avait définitivement compté pour toute une génération de chercheurs, GRU, le plus secret des services soviétiques, 1918-1988 (Stock, Paris 1988), Pierre de Villemarest appelait le général-colonel S. M. Chtemenko « un des premiers géopoliticiens de l’URSS, peut-être même le premier de tous ». Aussi, sur le général-colonel S. M. Chtemenko, Pierre de Villemarest écrira-t-il que celui-ci « appartient à un clan d’officiers supérieurs, certainement « soviétiques », mais avant tout grand-russiens d’esprit, et parfaitement expansionnistes. » Et aussi : « Pour cette caste, l’URSS est un empire appelé à dominer le continent eurasiatique, non seulement de l’Oural à Brest, mais de l’Oural à la Mongolie, de la Centre-Asie à la Méditerranée. » Et ensuite : « Sur ce dernier point, Chtemenko est en effet l’homme qui a proprement inventé, de 1948 à 1952, non l’invasion éventuelle de l’Afghanistan, mais son absorption lente par interpénétration économique continue, avec subversion assortie. Et, parallèlement, l’irruption de l’URSS dans les capitales arabes, à Beyrouth, Damas, Le Caire, Alger. Fin 1948, il exposait déjà qu’à l’intersection de l’Orient et de l’Asie, l’Afghanistan offrait le moyen stratégique de couvrir les flottes que commençait à développer l’amiral Serge Gorchkov – un de ses amis personnels – pour déboucher de la Mer Noire vers la Méditerranée. » La puissance visionnaire de la géopolitique d’avant-garde du général-colonel S. M. Chtemenko nourrit, encore aujourd’hui, la démarche active des positions géopolitiques armant les bases idéologiques révolutionnaires de la « Nouvelle Russie » dont Vladimir Poutine incarne et assume les destinées, le projet impérial grand-continental eurasiatique et la mission eschatologique finale.

En allant donc à l’essentiel, on peut effectivement avancer que, par dessus l’état de fait du régime soviétique en place, et néanmoins de l’intérieur même de celui-ci, la doctrine politico-militaire immanente des Forces Armées de l’URSS comportait une double perspective opérationnelle intérieure, à la fois géopolitique et transcendantale. Sa doctrine géopolitique comprenait le projet fondamental d’une intégration politique finale, « totale », « impériale », du grand continent eurasiatique dans son ensemble, alors que sa doctrine transcendantale ne faisait que reprendre, renouveler les grands objectifs supra-historiques du tsarisme et d’une certaine conception visionnaire eschatologique, « polaire », de la prédestination spirituelle salvatrice finale, « apocalyptique », de la plus Grande Russie.

Militarisation intégrale et mobilisation générale permanente

Ainsi, quand, vers la fin des années soixante, le maréchal N. V. Ogarkov, alors chef de l’État-major Général de l’URSS, lançait l’appel – et tentait d’en imposer la doctrine – de la « militarisation intégrale » et de la « mobilisation générale et permanente » de l’appareil de production industrielle et de l’économie soviétique dans son ensemble, le tout petit nombre de ceux que l’on dit « au courant des choses qu’il ne faut surtout pas savoir » – « tout petit groupe » présent, et confidentiellement à l’œuvre en URSS aussi bien qu’en Europe de l’Est, ou en Europe de l’Ouest – n’avait pas manqué de comprendre que l’« Ordre Secret » s’apprêtait à passer à l’offensive finale, décisive, l’« Ordre Secret » de la grande conspiration immanente des Forces Armées soviétiques en place, agissant au cœur même du pouvoir soviétique, qu’elles comptaient changer de l’intérieur. D’où, alors, presque sur le coup même, le limogeage du maréchal N. V. Ogarkov, rentré provisoirement – mais ne faut-il pas plutôt dire subversivement – dans l’ombre, en attendant la suite. Car l’heure, il faudrait bien le croire, n’en était pas encore tout à fait venue de cette « offensive finale » ni, surtout, de ce que celle-ci eût impliqué et, du coup, rendu irréversible sur le plan encore non entamé des grandes stratégies politico-militaires soviétiques renouvelées par la reprise à découvert de la ligne grand-continentale eurasiatique.

Or, si tout cela n’avait pas pu se faire à ce moment-là, c’est très certainement à présent que cela va devoir se faire, à travers tout ce que signifie la prise du pouvoir, à Moscou, par Vladimir Poutine et le grand renversement révolutionnaire que celle-ci implique depuis les profondeurs.

Retrouver les principes suractivants de l’Empire russe

Cette évidence est fondamentale pour ce qui est là, réellement, en jeu : la thèse immédiatement opérationnelle de la mobilisation totale, de la « mobilisation révolutionnaire » des structures politico-administratives, sociales et culturelles, voire religieuses de la Russie en vue d’un « grand dessein » supra-historique, constituait le noyau central de la doctrine révolutionnaire immanente des Forces Armées russes d’hier et d’aujourd’hui, retrouvant ainsi les principes suractivants de l’Empire Russe des origines, suivant son identité missionnaire, « romaine, impériale », de ses premiers débuts en armes, suivant son « identité abyssale, occulte », « polaire ».

Or c’est bien de cette vision politico-historique visionnaire et de ses grandes thèses opérationnelles géopolitique et transcendantales que Vladimir Poutine est, lui, aujourd’hui, l’héritier, le porteur direct, l’« homme providentiel » appelé à une tâche prédestinée, qu’il lui appartiendra de mener jusqu’au bout.

Et c’est bien dans la lumière révolutionnaire de cette vision qu’il s’agit à présent de situer le véritable sens, tout le sens des récentes déclarations de Vladimir Poutine concernant la mission prédestinée des Forces Armées russes dans le travail de redressement et de salut révolutionnaire de la Russie et partant de l’ensemble du grand continent eurasiatique en tant qu’Empire Eurasiatique de la Fin que lui, Vladimir Poutine, se sait tenu d’assumer, d’une manière inspirée, et sans plus tarder. Car les portes du destin se sont refermées sur lui, et il faudra qu’il fasse ce qu’il incombe désormais de faire. Sans la moindre hésitation.

L’ombre protectrice des Forces Armées

En effet, Vladimir Poutine, le « De Gaulle russe », déclarait récemment que le redressement de la société russe, « actuellement au bord de l’abîme », passe, pour lui, par une réorganisation générale, en profondeur, du pays dans son ensemble, axée sur la priorité d’urgence accordée aux Forces Armées et à leur modèle d’agencement et de fonctionnement structurel, qui doivent devenir l’ossature organisationnelle du renouveau révolutionnaire de la « Nouvelle Russie », le noyau agissant de la naissance même des « temps nouveaux », l’expression des « temps nouveaux » étant en passe d’apparaître comme une rengaine obsessionnelle des bouleversements en cours ou à venir, le nouveau mot de passe. Et cela à telle enseigne que la future reprise industrielle de la Russie devra se trouver soutenue, dans un premier temps, sur l’exploitation suivie, intensive, du fonds des « technologies spéciales d’avant-garde » dont disposeraient actuellement les Forces Armées.

Induire une conception hautaine et « romaine » de l’État

Ainsi l’ombre protectrice de celles-ci s’étend-elle à nouveau sur l’ensemble de la société russe : les « nouveaux temps » de Vladimir Poutine viennent de ramener l’obligation formelle de la préparation militaire à l’école, et celle-ci suivie de près par les nominations en masse de militaires aux postes-clefs, aux postes stratégiques du renouvellement, de la réorganisation de la situation politico-administrative, sociale, économique et industrielle de la Russie ainsi poussée vers l’ère des changements accélérés, vers son abrupte « normalisation ». Reconstituer l’État, refaire et imposer une continuité, une volonté, une conception hautaine, « romaine » de l’État, tel semblerait être le but principal et immédiat de Vladimir Poutine, qui, par ailleurs, entretient le culte du secret, du non-dévoilement de ses plans d’action (culte du secret révélateur d’une ancienne habitude impériale russe, reprise en continuité par le pouvoir soviétique).

D’autre part, on n’ignore pas l’influence directe et profonde exercée, sur les milieux proches du groupe de commandement politico-militaire personnel de Vladimir Poutine, par le « manuel de géopolitique » impériale grand-européenne, eurasiatique et « transcendantale », « polaire », d’Alexandre Douguine, conseiller politique du Président de l’Assemblée Nationale de la Russie, chargé plus particulièrement de la direction active de la « cellule géopolitique » de celle-ci, entité responsable de la définition des grandes lignes de force géopolitiques actuelles et à venir de cette « Russie naissante » dont Vladimir Poutine entend forger les nouvelles destinées révolutionnaires.

Aussi l’importance qu’Alexandre Douguine et ses conceptions géopolitiques impériales eurasiatiques sont en train de gagner actuellement auprès du groupe de commandement politico-militaire de Vladimir Poutine apparaît-elle comme extrêmement significative, lourde de promesses d’avenir, parce que la pensée de notre camarade Alexandre Douguine est celle, précisément, de l’ensemble de nos « groupes géopolitiques » actuellement en action, les positions de combat et les thèses opérationnelles d’Alexandre Douguine sont les mêmes que celles avancées par le « Pacte Impérial Eurasiatique » cité déjà dans lé courant du présent article. Là, une boucle est bouclée, qui va profondément marquer les futures destinées politico-spirituelles du continent eurasiatique, et plus particulièrement de la plus Grande Europe.

Les anciennes républiques musulmanes d’URSS : une chaîne d’instabilité sur laquelle il ne faut pas céder

Il est d’autre part certain que si Vladimir Poutine a choisi d’axer sa propre prise de pouvoir politique sur le problème d’un règlement intégral et définitif du conflit de Tchétchénie, il avait parfaitement compris que, céder en Tchétchénie, ce serait devoir céder, ultérieurement, sur toute la ligne face au permanent complot suscité par la conspiration mondialiste, à travers la Turquie et derrière les manigances de l’islamisme fondamentaliste, sur le flanc méridional du continent eurasiatique, tout le long de la chaîne d’instabilité des républiques islamistes de l’ancienne Union Soviétique. Dans mon for intérieur, j’ai décidé que ma mission, que ma mission historique consisterait à régler le problème du Caucase-Nord, affirmait Vladimir Poutine dans un entretien avec la revue Kommersant de Moscou.

Or, si, comme il n’arrête pas de le dire, pour Vladimir Poutine, la guerre de Tchétchénie, guerre de déstabilisation et d’infiltration aux objectifs essentiellement subversifs, représente la ligne d’opposition de l’Islam et de la Chrétienté, il ne pouvait pas non plus ne pas comprendre, aussi, que, dans une guerre de religions, il s’agit de la confrontation irréductible de deux religions qui ne saurait prendre fin que par l’abdication de l’une devant l’autre de ces religions, et par conséquent d’une guerre totale.

Mais ce n’est certes pas là seulement la raison pour laquelle Vladimir Poutine ne cesse d’accentuer la nécessité de l’intégration à part entière de l’orthodoxie dans le bloc actuel du patrimoine révolutionnaire de la « Nouvelle Russie ». C’est qu’en même temps qu’il n’y a pas d’Empire sans une religion d’Empire, que l’acte fondationnel de la création – ou du renouvellement – d’un Empire ne saurait être que d’une nature exclusivement religieuse. Et que la grande mission eschatologique finale de la « Nouvelle Russie » se doit d’être, en dernière analyse, une mission religieuse.

Dans l’entretien déjà cité avec la revue Kommersant, Vladimir Poutine déclarait, aussi, que, quelques années après la mort de sa mère, qui l’avait fait baptiser clandestinement dans la religion orthodoxe, celle-ci lui avait donné sa croix de baptême, pour que, lors d’un voyage qu’il lui avait fallu faire en Israël, il la fasse bénir « sur le tombeau du Christ ». Et, ajoute-t-il, « pour ne pas la perdre, je l’ai mise autour de mon cou. Et, depuis, je l’y ai gardée. »

De toutes les façons, la « Russie Nouvelle » doit absolument se souvenir, sans cesse, qu’elle doit le miracle inconcevable de sa brusque libération du communisme, « comme par enchantement », au fait que, en communion avec tous les Évêques du monde, le Pape Jean Paul II avait consacré la Russie au Cœur Immaculé de Marie, suivant le vœu et la promesse sous condition qu’avaient prononcés la Vierge Marie lors de son apparition à Fatima, au Portugal, en 1917, l’année même où la Russie sombrait dans le cauchemar halluciné, dans le cauchemar sanglant et sombre de soixante-dix années de terreur communiste.

Mais il y a plus. Suivant la prophétie de Saint Maximilien Kolbe, le martyr de la charité d’Auschwitz, pour que la « Nouvelle Russie » puisse être vraiment au rendez-vous de ses retrouvailles prévues avec ses plus grandes destinées à venir, il faudrait que, sur la plus haute tour du Kremlin, l’Étoile Rouge soit remplacée par une statue votive de la Vierge Marie, symbole annonciateur du Regnum Mariae. Ce n’est qu’un symbole, mais c’est sans doute de ce symbole que dépend entièrement l’avenir eschatologie de la Russie et partant de l’ensemble impérial du grand-continent eurasiatique Cela, je ne sais pas si Vladimir Poutine le sait. Mais il faudra le lui faire savoir.

Pour le moment, la somme maximale des efforts à déployer par les « groupes géopolitiques », et par les formations politiques européennes que ceux-ci pourraient influencer, doit concerner la mise en piste de l’axe Paris-Berlin-Moscou. En même temps, si la plus Grande Europe est, désormais, à cause de la Russie, à la fois catholique et orthodoxe, il faudra s’empresser d’arriver à une réintégration des deux religions, catholique et orthodoxe, revenir en arrière jusqu’aux temps où leur séparation n’avait pas été consommée. Ce qui à présent paraît impossible, une volonté transcendantale le fera, soutenue par certaines centrales occultes à l’œuvre, et par la sainteté.

Jean Parvulesco

Publié sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation des Editions Alexipharmaque.

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confirmationboreale




juin 07 2010

Le Mossad aurait utilisé Al-Qaïda dans les attentats du 11 septembre, selon le journaliste Alan Hart (vidéo)

Plus une semaine ne passe désormais sans qu’un témoignage ne vienne alimenter la thèse de l’implication des services israéliens dans les évènements du 11 septembre.

mossad

Aujourd’hui, c’est le journaliste et écrivain Alan Hart, ancien reporter de la BBC et spécialiste du Moyen-Orient pour la chaine ITN, qui nous explique comment « depuis l’instant même où Israël est né, ses agent ont tâché d’infiltrer tous les gouvernements arabes, chaque organisation militaire arabe et chaque groupe terroriste arabe, quel qu’il soit ». Ainsi, selon Hart, les sionistes et les néoconservateurs auraient utilisé Al-Qaïda dans le 9/11 pour leurs intérêts respectifs. Une théorie qui renforce l’information publiée il y a un peu plus d’un an par le quotidien algérien Ennahar, qui affirmait que l’Etat hébreu entraîne des terroristes liés à l’organisation de Ben Laden sur son territoire.

Agata Kovacs, Mecanopolis


Alan Hart, 9/11 et Mossad
envoyé par Mecanopolis.

Merci à « Druide » pour son travail de traduction.

Transcription de l’entretien :


Alan Hart: Je vais briser une règle à présent. Je veux dire, vous avez mentionné le 11 septembre. En principe je n’en parle pas en public parce que cela fait de vous une cible pour des attaques et de fausses accusations d’antisémitisme et tout le reste, n’est-ce pas?


Kevin Barrett: Je l’ai certainement remarqué.


Hart: Donc, d’entrée de jeu, j’ai gardé mes distances par rapport à ça, car cela leur donne un thème sur lequel ils vont se concentrer, et ils peuvent alors détourner l’attention de votre message principal. Mais, puisque vous l’avez mentionné, je vais vous dire ce que je crois sincèrement. Je pense que cela a probablement commencé comme une opération d’un groupe musulman, d’accord? Mais je pense que cela fut très rapidement infiltré par des agents du Mossad. Ceci n’est pas un secret – je l’explique en détail dans mon livre : depuis l’instant même où Israël est né, ses agent ont tâché d’infiltrer tous les gouvernements arabes, chaque organisation militaire arabe et chaque groupe terroriste arabe, quel qu’il soit. Donc, ils auraient certainement infiltré celui-là (les terroristes du 11 septembre). Et je suppose qu’à un moment au début ils ont dit aux « traîtres » dans la CIA, « Ce complot est en marche, que devons-nous faire? » Et les sionistes et les néo-conservateurs ont dit : « Utilisons-le ! ».


Ce qui est sûr et certain dans tout ça, je crois, c’est que les tours jumelles ont été abattues par une explosion contrôlée au sol, pas par les avions. Maintenant, je vous dirai en passant que parmi les amis que j’ai certains sont consultants pour l’une des plus importantes firmes d’ingénierie civile et de construction au monde. Je ne vais pas la nommer. Mais ils ont étudié les films et ils ont conclu qu’il n’y a absolument aucun doute que les avions ont été abattus … Désolé, que les tours ont été abattues par une explosion contrôlée au sol. Et puis nous avons le film de ce qu’on appelle souvent les « cinq Israéliens dansants ». Saviez-vous cela Kevin ?


Barrett: Je le sais certainement. Ils célébraient les attentats. Ils avaient mis en place des caméras avant les attentats et ils se claquaient dans leurs mains en l’air ["high five"] et allumaient leur briquet en étant placés juste devant les tours jumelles.


Hart: C’est exact. Mais le fait à remarquer est qu’ils avaient tous des téléphones portables. N’est-ce pas?


Barrett: C’est exact.


Hart: Ils ont d’abord été signalés comme étant des musulmans. Saviez-vous cela?


Barrett: Euh … Moyen-Orientaux est le « code » pour les Israéliens …


Hart: Bon, Moyen-Orientaux. Mais ça donnait l’impression qu’ils étaient musulmans – qu’ils étaient les méchants.


Barrett: C’est exact.


Hart: Donc, le FBI les a pourchassé, et ces cinq gars ont fui pour éviter d’être arrêtés. Mais ils ont finalement été capturés et ont été arrêtés. Et devinez quoi. Ils étaient tous des agents du Mossad.


Barrett: Cela a été confirmé par [la revue] The Forward.


Hart: C’est exact. C’est un fait établi. Alors cela débouche sur la question : que faisaient-ils là? Cela indique qu’ils savaient, ou à tout le moins, qu’ils savaient que les attaques allaient se produire. Il n’est pas impossible – et c’est Alan Hart qui spécule ici – que les avions aient été équipés de transpondeurs, et que ces gars-là ont dirigé les avions vers leur cible avec leur portable. Ce n’est pas impossible.


Barrett: Je suppose que ça n’est pas impossible. Il y a certainement toutes sortes d’autres possibilités, mais l’hypothèse d’avions guidés à distance est très probable, considérant que, si l’on avait prévu une démolition très complexe de trois gratte-ciels – et s’agissant là des trois plus grands bâtiments au monde à être détruits par démolition contrôlée -, il fallait bien s’assurer qu’ils soient percutés [par un objet quelconque] pour justifier leur destruction.


Hart: Et n’est-ce pas le cas, Kevin, que plusieurs de vos meilleurs pilotes ont effectivement dit que cela aurait été une tâche extrêmement difficile que de diriger ces avions pour qu’ils percutent ces bâtiments.


Barrett: Eh bien, c’est vrai. J’ai reçu un certain nombre de pilotes qui sont membres des Pilotes pour la vérité sur le 11 septembre à mon émission, et ils ont dit que la vitesse mesurée de l’avion, qui, lorsqu’il a heurté la tour Sud, était proche de 600 miles à l’heure au niveau de la mer, est une vitesse à laquelle… enfin certains d’entre eux disent que ces Boeing 767 ne pouvaient nullement atteindre cette vitesse au niveau du sol. Ils auraient été réduits en pièces à une vitesse sensiblement inférieure à celle-ci par la pression de l’air au niveau de la mer, qui est beaucoup plus dense. Mais, en tout cas, [ils affirmaient] que nulle personne saine d’esprit pourrait prétendre qu’il soit possible de guider un avion à cette vitesse au niveau de la mer et de percuter ces objectifs de la façon dont ils l’ont fait.


Hart: Donc, la spéculation qu’ils ont été équipés d’une sorte de transpondeur et qu’ils ont été appelés vers leur cible par voie électronique n’est pas totalement irrationnelle?


Barrett: Euh … Eh bien non, ça ne l’est pas, en fait, il est même un peu douteux que des avions de passagers normaux soient capables de le faire avec une telle constance et à une telle vitesse. Dans tous les cas, il semble très douteux que des pilotes qui ne pouvaient même pas piloter en solo un Cessna aient pu accomplir ces prouesses incroyables pour atteindre leurs cibles.


Hart: Eh bien, [il y a] cela et deux autres choses Kevin. Nous savons qu’en fait au moins six, voire neuf des présumés pirates de l’air qui sont prétendument morts sont en fait bien en vie … et habitent quelque part …


Barrett [l'interrompt]: Eh bien, c’est vrai. Et c’est confirmé par l’article de Jay Kolar « What we now know about the 9/11 hijackers » ( »Ce que nous savons maintenant sur les pirates de l’air du 11  septembre »), qui a été publié, en fait, dans un volume paru chez un éditeur scientifique européen de premier plan [Research in Political Economy, vol. 23, Elsevier, 2006]. Il est étonnant que toute la littérature académique soit tellement à sens unique. Il n’y a pas de contre-littérature de niveau académique à l’exception de …


Hart [l'interrompt]: Sauf pour dire « Comment osez-vous être à ce point antisémite ?!? ». C’est la seule contre-littérature.


Barrett: Exact, exact. Et puis il y a aussi la contre-littérature de Cass Sunstein publiée dans la [revue] Harvard Law Review. C’est un diplomé de Harvard qui est maintenant conseiller d’Obama, qui a écrit un article sur la façon de traiter avec ces terribles théories du complot et il a défendu l’idée que le gouvernement devrait infiltrer ces groupes et répandre toutes sortes d’informations variées afin de  »diffuser de la diversité cognitive » dans ces groupes et, qu’à terme, il pourrait être nécessaire de rendre illégales les théories du complot.


Hart: Oui, bien sûr, mais un autre indicateur assez effrayant, est que nous savons que Wolfowitz et Perle ont écrit ce document, dont le nom m’échappe pour le moment…


Barrett: « Rebuilding America’s Defense » [PNAC]? [Reconstruire la défense de l'Amérique, document du Projet pour le nouveau siècle américain]?


Hart: Oui… mais quand ils étaient conseillers de Netanyahu ….


Barrett: C’est le document « Clean Break ».


Hart: C’est celui-là, le document « Clean Break ». Et la stratégie était de se débarrasser de Saddam Hussein, de faire reculer la Syrie et d’attaquer l’Iran. Tout cela est du domaine public. Mais nous savons aussi que M. Wolfowitz, à un moment parlait de la nécessité d’un incident à la Pearl Harbor.


Barrett: Eh bien c’est vrai, Wolfowitz était obsédé par la valeur stratégique de Pearl Harbor. Il avait parlé de la façon dont les nazis croyaient qu’ils auraient gagné la Seconde Guerre mondiale s’ils avaient eu un tel incident à la Pearl Harbor pour rallier la population.


Hart: Oui, tu vois, je crois que la guerre en Irak — j’ai écrit cela dans mon livre –, je crois que les deux principaux moteurs de la guerre ont été Wolfowitz et Perle. Je crois qu’ils ont ensuite été supportés et approuvés par celui que j’ai appelé « Dr Strangelove » (Dr Folamour) — vous pouvez deviner de qui il s’agit, c’est le vice-président Dick Cheney –, et [par] l’ensemble des néo-conservateurs. Vous voyez, ce n’était pas une guerre pour le pétrole. Les gens disent que c’était une guerre pour le pétrole. J’ai parlé avec les dirigeants des pétrolières — puisque je connais bien certains d’entre eux — et ils m’ont dit: « Alan, ne soyez pas insensé : l’industrie pétrolière a besoin de stabilité! Elle n’a pas besoin de ce genre de bouleversements ». Et je pense que c’est exact.


Barrett: Ça l’est. James Petras a fait valoir cet argument de façon tout à fait convaincante. Je pense que le seul contre-argument valide est que ce n’est pas tant le pétrole mais la géostratégie à long terme basée sur le pétrole qui rendait cela important d’occuper ces régions du monde.


Hart: Israël avait un autre objectif stratégique à plus long terme. Il fallait se débarrasser de Saddam Hussein parce qu’il représentait la seule menace potentielle — je répète, menace potentielle — ou défi pour la domination complète de la région par Israël.


Barrett: C’est un très bon point. Et maintenant, il a été éliminé, l’Irak a été décimée et empoisonnée et les intellectuels, scientifiques et techniciens ont été pourchassés et tués par le Mossad…


Hart [l'interrompt]: Et se dirige sans doute vers la guerre civile.


Barrett: L’Irak a été supprimée en tant qu’antagoniste potentiel d’Israël il y a très longtemps. Et maintenant, ils veulent utiliser les militaires américains pour aller contre l’Iran.


Hart: Vous voyez, c’est fascinant, Kevin. Je crois vraiment — et je crois vraiment — que l’Iran n’est pas le moindrement intéressé à se procurer des bombes nucléaires. Mais imaginons qu’ils en ont 4, 5 ou 6 ou peu importe, pensez-vous qu’il soit possible qu’ils lancent une première attaque contre Israël? Bien sûr qu’ils ne le feraient pas! Parce que s’ils le faisaient, la totalité de l’Iran serait dévasté et anéanti, et ils ne sont pas stupides. Et la raison pour laquelle les Israéliens font tout un cinéma en Iran c’est afin de détourner l’attention – publique et politique – de la colonisation sioniste et du génocide en cours en Palestine.


Barrett: C’est exactement ce que certains de mes invités récents ont dit. Gordon Duff qui était à mon émission il y a une semaine ou deux, fait partie d’un groupe de militaires américains à la retraite qui avertissent que les Israéliens veulent fuir en avant en provoquant une guerre au Moyen-Orient plus étendue en vue justement de masquer leurs traces non seulement en ce qui concerne le nettoyage ethnique de la Palestine mais aussi en ce qui concerne le 11 septembre. Alan Sabrosky, qui est un ami de Gordon Duff, est très respecté et accompli…


Hart [l'interrompt]: Ouais je connais Alan, je le respecte, oui.


Barrett: Il a déclaré carrément que c’est juste une simple évidence, comme vous le savez, qui saute aux yeux, que le Mossad est derrière le 11 septembre. Et donc ces gens nous avertissent qu’Israël est susceptible de lancer une nouvelle attaque contre les États-Unis, encore une fois pour provoquer une autre guerre plus étendue au Moyen-Orient …


Hart [l'interrompt]: une attaque sous faux pavillon …


Barrett: Exact, pour être absous de leur responsabilité dans le 11 septembre et avoir des troupes là-bas cette année.


Hart: La théorie des conspirateurs est: Israël ne peut attaquer l’Iran tout seul. Donc, il serait nécessaire d’orchestrer une opération sous fausse bannière de manière à forcer et entraîner les États-Unis dans cette guerre.


Barrett: Exactement.

(…)

mai 18 2010

La Grèce a-t-elle été le cheval de Troie d’un coup d’Etat sur l’Europe orchestré par la Commission Trilatérale ?

Article mis à jour à 13h40

Deux jours avant le sommet européen du 8 et 9 mai dernier, la Commission Trilatérale s’est réunie en Irlande, de sorte à élaborer le « plan d’aide » de 750 milliards destinés aux pays de la zone euro, en échange de leur capitulation.

trilatérale

L’ensemble de la zone euro est désormais sous la tutelle des élites européistes. Cette mesure entrera en vigueur au début 2011, comme l’a indiqué hier soir lors de la réunion d’urgence le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lequel il s’agit d’une « une condition sine qua non ». Quant a  Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, il a encore surenchéri en indiquant que cette mesure était « vertueuse ». Tout indique que a Grèce a été le cheval de Troie de ce coup d’Etat, orchestré par la Commission Trilatérale.

Réunion de la Commission Trilatérale à Dublin

C’est le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, qui a prononcé le discours inaugural de la réunion de la Commission Trilatérale (1), qui s’est tenue à l’hôtel « Four Season » de Dublin le 6 mai dernier, devant 200 représentants influents de la politique et de la finance mondiale, tel Paul Adolph Volcker, ancien directeur de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) et actuel conseiller du président Barack Obama en tant que directeur du « Conseil pour la reconstruction économique ».

« Les Etats doivent prendre des mesures fiscales pour satisfaire les marchés », a notamment indiqué M. Cowen, avant de reconnaitre que la mise en place d’un gouvernement économique allait demander une rapide modification des traités européens, précisant encore que l’Allemagne serait prête a jouer tout son poids pour aller dans ce sens.

De son côté, Paul Volcker a indiqué que « seule une centralisation du pouvoir économique pourrait permettre à l’Europe d’aller de l’avant. »

Aucun « média autorisé » n’a relevé cette réunion de la Commission Trilatérale, hormis quelques quotidiens irlandais, dont Independant.ie (2)

A qui profitent les 750 milliards du « plan d’aide »  ?

Ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque, en mettant de « l’huile dans les rouages », de sorte à éviter que le moteur ne ralentisse au delà du nécessaire. Il est en effet utile de faire chuter l’euro jusqu’à ce qu’il atteigne la parité avec le dollar et permette (sous prétexte de « satisfaire les marchés », comme l’a indiqué Brian Cowen) la mise en place des mesures d’austérité semblables à celles qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.). Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui en feront ensuite cadeau aux banques.

L’euro est-il vraiment en danger ?

La nouvelle politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devrait encore contribuer l’affaiblissement de l’euro, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”. Jean-Claude Trichet a beau répéter que la BCE n’a pas l’intention de le faire, le lancement hier d’une opération spéciale d’absorption de liquidités afin de neutraliser l’effet inflationniste de ses achats d’obligations d’État ne signifie rien d’autre. Une information qui nous parvient à l’instant (3) indique que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle est seulement en pleine reconfiguration, afin de devenir plus « concurentielle ».

Dans un réajustement de leur propagande, les officines de désinformation médiatique voudraient maintenant faire croire que la chute de l’euro est une chance pour les populations, cela dans le but d’apaiser les mouvements de contestation qui commencent à gronder un peu partout. Il ne s’agit en réalité que de semer la confusion dans les esprits au moment ou l’élite européiste prépare un nouveau catalogue de mesures (dont les premières seront annoncées vendredi soir après une réunion de l’Eurogroupe) afin d’assujettir une fois pour toute les nations européennes, et en premier lieu le Portugal et l’Espagne, pour lesquels les agences de notations ne devraient pas tarder à dégrader la note de la dette.

Bien sûr la chute de l’euro profite à l’Allemagne, comme nous l’avons déjà indiqué (4). Ses exportations ont progressé de 20,5 % par rapport à mars 2009 et bondi de 34,7 % vers les pays non européens. Mais concernant la France c’est un pur mensonge, mis à part pour les les producteurs de champagne, de cognac et les fabricants de sacs à main. Les  exportations françaises dépendent davantage de « gros contrats » liés aux transports, au nucléaire et aux ventes de matériel militaire, qui ne bénéficient pas directement d’une baisse de la monnaie unique.

Par contre, la hausse du billet vert par rapport à la devise européenne ne manquera pas de plomber les secteurs qui dépendent de produits importés en provenance de la zone dollar, notamment le pétrole et les matières premières. Une perspective qui risque bien de faire chuter encore la croissance des pays de la zone euro, et qui aura une conséquence directe sur les emplois et le pouvoir d’achat.

Mais peu importe car, pour nos gouvernements, chaque journée permet un nouveau mensonge. Celui du jour prétend que, sous couvert d’égalité, il est nécessaire de baisser les retraites des hommes, car leurs allocations sont plus élevées que celles des femmes. Demain, on nous dira qu’il faut abaisser celles des femmes, car elles vivent plus longtemps. Puis ensuite, pourquoi ne pas privatiser l’ensemble des écoles ? Pourquoi pas ne pas prendre exemple sur les Chinois, qui dorment sur le lieu de travail, comme le proposait il y a peu cet imbécile de Serge Dassaut ? Pourquoi ne pas payer une taxe dès la naissance, sorte de droit de vie, renouvelable tous les trimestres, un peu comme l’impôt sur les chiens tel qu’il est déjà pratiqué en Allemagne ? Pourquoi ne pas nous dire, finalement, une vérité, de temps en temps : Pour l’État, le citoyen est un mal nécessaire. A peu près supportable tant qu’il est rentable, mais tout a fait méprisable lorsque les nuages s’amoncellent.

En réalité, ce n’est pas l’euro qui est menacé, mais les peuples d’Europe.

Mecanopolis et Antoine Decaen

Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

1.Au sujet de la Trilatérale, voir cet article du 10 mai 2010

2.L’excellent blog Rénovez Maintenant 67 revient en détail sur les manipulations autour de la crise des Etats, et Science21 consacre de nombreux articles sur l’actualité du groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale.

3.Information envoyée ce soir par notre camarade Clovis Casadue, issue de sa chronique à paraitre jeudi dans la revue FLASH

4.Lire à ce sujet notre article du 23 mars 2010

mai 05 2010

Invisible Empire (vidéo vostfr)

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Jason Bermas avait précédemment travaillé sur Loose Change. Avec « Invisible Empire », il met au jour les divers mensonges, manipulations, trahisons, décisions politico-financières de l’ombre, ayant pour finalité la mise en place d’un « Nouvel Ordre Mondial ».

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avr 24 2010

A propos du groupe Bilderberg

La réunion du groupe Bilderberg 2010 se tiendra à Sitges, en Espagne, les 3 et 6 juin prochains. Au-delà du délire conspirationniste récurent, l’influence de cette organisation est bien réelle.

bilderberg

Le groupe Bilderberg est l’un des plus anciens clubs internationaux et l’un des plus fermés à patir duquel les grandes multinationales jouent un rôle majeur dans la détermination des agendas politique. Dans le but à la fois d’assouplir et de renforcer les relations transatlantiques après guerre entre les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest, la première réunion du groupe Bilderberg – qui rassemblait des politiciens, stratèges militaires, banquiers, dirigeants industriels, universitaires, représentants des médias, syndicalistes et leaders d’opinion, s’est tenue à l’hôtel Bilderberg à Oostrebeck, aux Pays-Bas, en 1954 – cette première rencontre fut présidée par le prince Bernhard, époux de Juliana, reine des Pays-Bas.

Les sujets au menu de cette rencontre inaugurale – cofinancée par la firme hollandaise Unilever et la CIA – allaient de la « menace communiste » au développement du tiers-monde en passant par l’intégration européenne et la politique économique. Selon le politologue Stephen Gill, « le but de ces rencontres était d’encourager des discussions ouvertes et confidentielles ainsi qu’une mise à plat des divergences, tout en encourageant un nombre toujours croissant de relations économiques, politiques, militaires et culturelles entre les nations de l’axe atlantique »

Cent vingt représentant environ de l’élite mondiale d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale se rencontre annuellement sous l’égide du groupe Bilderberg. On n’y compte pas des membres fixe mais de nombreuses firmes telles que British American Tobacco, BP, Exxon, Ford, Generals Motors, IBM, Rio Tinto, Shell y prennent part tous les ans.

En 2007, le comité de direction se composait de : Etienne d’Avignon, ex-vice-président de la Commission européenne et président de de l’Association pour l’union monétaire en Europe ; Peter Sutherland, président de l’European Policy Centre, de Goldman Sachs International, de BP (British Petroleum) et directeur de la Royal Bank of Scotland ; James Wolfensohn, qui fut le neuvième président de la Banque mondiale ; Henry Kissinger, qu’il n’est sans doute pas la peine de présenter ici.

L’agenda du groupe Bilderberg reste centré sur les problèmes d’actualité autour d’un discours néolibéral et de l’idée de libre-échange. Nombreux sont ceux qui pensent que le consensus élaboré au sein de ce forum sert de base à l’évolution des politiques internationales. Selon un ancien délégué « Bilderberg fait partie d’une conversation mondiale qui se déroule chaque année lors d’une série de conférences et compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place à la suite. Il y a le Forum-économique mondial à Davos en février, les rencontres de Billderberg et du G8 en mai-juin et la conférence annuellle du FMI et de la Banque mondiale en septembre. Une sorte de consensus international émerge et se retrouve d’une rencontre à l’autre. »

C’est David Rockefeller qui est l’instigateur du groupe Bilderberg. « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire », indiquait-il le 26 janvier 1999, lors d’un entretien avec Glyn Ford. Ce même personnage avait déclaré, huit ans plus tôt devant la Commission trilatérale : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable au principe d’autodétermination des peuples ».

Le groupe Bilderberg est le véritable architecte de la mondialisation néolibérale. Toute prise de décision de cette organisation met fin à la notion d’égalité entre les citoyens qui visent à réaliser la démocratie. Le projet que les « bilderberger » veulent faire émerger répond à un système qui consacre la primauté de l’économique sur le politique ; où l’exercice des pouvoirs exécutifs et législatif se limite à des préoccupations de gestion ; où l’échéance électorale répond à un besoin d’alternance jugé suffisant pour créer l’illusion démocratique ; où les partis politiques n’expriment plus aucun choix de société, évacuant tout projet alternatifs et abandonnant toute idée de rupture avec l’ordre établi.

C. Casadue, pour le magazine Flash

Publié sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de J.-E. Néaumet, directeur de la rédaction

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avr 11 2010

Bilderberg 2010, en Catalogne début juin

Le 11 avril, dernier jour des négociations de Bonn sur le climat, Global Times diffuse une dépêche Xinhua rappelant les objectifs proposés par le négociateur chinois :

1. Aboutir à une quantification, pour l’ensemble des pays développés, des diminutions de l’émission de gaz d’effet de serre conformes à l’esprit du protocole de Kyoto.

2. Que les pays « développés » apportent leur aide aux pays « en voie de développement » dans les domaines financier et de transfert de technologie.

Le 11 avril également, le site Mecanopolis commente les déclarations récentes de l’actuel président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy, à propos des « mesures impopulaires » qu’exigera inévitablement, de son point de vue, la situation économique des pays de l’Union Européenne (UE). Le rechauffement climatique deviendra-t-il un prétexte pour imposer de telles mesures au nom, notamment, d’une prétendue « urgence écologique » ? En tout état de cause, l’utilisation de la question du climat par les « élites occidentales » pour imposer une « gouvernance mondiale » sous leur contrôle paraît bien compromise, même si au moment de sa désignation Van Rompuy avait proclamé haut et fort la marche vers une « gouvernance mondiale » par le biais notamment du G20 et de la conférence de Copenhague sur le climat. Mais l’UE peut-elle donner des leçons au monde, si on pense par exemple à la situation catastrophique de la Grèce et, plus globalement, à la ruine économique des pays de l’Europe occidentale générée par trois décennies de délocalisations financières et industrielles ? C’est en Grèce, que s’était réuni le cercle de Bilderberg il y a un an. Cette année, son hôte semble être un autre Etat européen en situation critique : l’Espagne et, plus précisément, la localité de Sitges (Catalogne), du 3 au 6 juin d’après Jim Tucker.

bilderberg

Dans une dépêche d’American Free Press le journaliste James P. Tucker présenté ainsi le programme stratégique ou les attentes envisagés par le cercle de Bilderberg, qui se réunira à Sitges du 3 au 6 juin, un mois après la Commission Trilatérale dont la réunion est prévue à Dublin du 7 au 9 mai :

- La récession mondiale devrait durer, au moins, encore un an. Les « élites occidentales » devraient en profiter pour tenter d’imposer une gouvernance financière mondiale avec un véritable « Département du Trésor ». Tucker rappelle à ce sujet des propos tenus il y a deux semaines par Nicolas Sarkozy à l’Université de Columbia, réclamant notamment « un nouvel ordre monétaire mondial ». Dans la même intervention, Sarkozy a ouvertement assimilé l’ONU à un « gouvernement mondial ».

- Les Nations Unies devraient devenir un véritable gouvernement mondial, avec les Etats souverains actuels réduits au statut de simples références géographiques. L’Union Européenne devrait devenir un Etat à l’échelle continentale, et pareil pour des équivalents dans les autres continents.

Mais Tucker fait remarquer, sur ce dernier point, qu’à ce jour les tentatives des oligarchies pour imposer une « Union Américaine » se sont avérées vaines.

On pourrait ajouter à cette remarque une simple question : l’UE serait-elle une république ou une monarchie ?

Les puissances de l’Europe occidentale, qui à ce jour persistent à vouloir donner des leçons au monde, ont-elles réussi leurs propres révolutions bourgeoises ? Tel ne semble pas être le cas, à en juger par le nombre des monarchies qui règnent encore sur des pays « riches » du continent.

Et l’effondrement des économies des pays occidentaux, est-elle autre chose que le résultat de plus d’un siècle et demi d’exportation incessante de capitaux ? Des opérations au bénéfice d’intérêts privés, qui se sont soldées notamment par la guerre franco – allemande de 1870, suivie de la « grande expansion coloniale », de deux guerres mondiales et d’une politique systématique de délocalisations depuis les années 1980.

Les oligarchies « occidentales », qui ont répandu la guerre et ruiné leurs propres pays, paraissent très mal placées pour donner des leçons de « gouvernance » au monde entier. A fortiori, pour lui imposer une quelconque « gouvernance » par leurs soins.

Mais après avoir délocalisé capitaux et activités productives, que reste-t-il à vendre d’autre que la « gouvernance », la « gestion », le tant vanté « management », la « haute administration »… ? Les meubles, certes…

Pourtant, pas question d’autocritique ni de changement de politique. Le 9 avril, Le Monde faisait état de cette réponse de Van Rompuy à la question : « Quel est le plus grand danger qui menace l’Europe ? » : « C’est le populisme, qui génère le manque d’engagement européen. En tant que Belge, je suis bien placé pour en parler. Le populisme va à l’encontre du courage politique. (…) Quand je vois l’agenda, les réformes nécessaires, les défis budgétaires, on sera contraint de prendre des mesures impopulaires. On devra le faire, on n’aura pas le choix. »

Source : Collectif Indépendance des chercheurs

fév 25 2010

Herman van Rompuy tancé par le député européen Nigel Farage (vidéo)

Le chef de file des députés du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) au Parlement européen, Nigel Farage, a créé l’évènement mercredi en s’adressant sans concession au président de l’UE Herman Van Rompuy, nommé à ce poste par l’intercession du groupe Bilderberg, à l’occasion de sa première apparition devant les eurodéputés.

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Intervention de Niger Farage : « Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière humide et l’aspect d’un petit guichetier de banque! La question que je veux poser… Qui êtes-vous ? Je n’avais jamais entendu parler de vous! On n’a jamais entendu parler de vous! Personne en Europe n’avait jamais entendu parler de vous. Je veux vous poser une question Président, qui a voté pour vous ? Et quel mécanisme (vous a fait élire ?). La démocratie n’est pas populaire avec vous… Les peuples d’Europe doivent vous démettre de votre poste. Est-ce que c’est ça la démocratie européenne ? Je sens que vous êtes compétent, capable et dangereux. Je n’ai aucun doute sur le fait que votre intention est d’être l’assassin de la démocratie européenne et de toutes les nations européennes. Vous ne savez pas ce qu’est un pays uni car vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays. Mais depuis que vous êtes là, on a vu la Grèce réduite à devenir rien de plus qu’un protectorat. Monsieur, vous n’êtes pas légitime à ce poste. Je peux dire avec confiance que je parle au nom de la majorité du peuple anglais: On ne vous connaît pas, On ne vous veut pas. Plus tôt vous partirez mieux cela sera. » (Traduction : Pierre Jovanovic)



Sur le même sujet, lire également Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy

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fév 11 2010

Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy (The Independant)

Comme nous l’indiquions dans notre article publié hier matin, l’idée centrale, pour Bruxelles, est d’utiliser cette « crise des Etats » afin contraindre au fédéralisme économique la majorité des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici. Cela par la mise en place d’un « gouvernement économique » qui aura pour but d’unifier les budgets des Etats membres de l’UE, afin de pouvoir disposer de leurs ressources, où plus exactement de mettre fin à leur souveraineté économique.

Le quotidien britannique The Independant confirme nos craintes les plus sombres en publiant une note secrète du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, dont nous vous proposons la traduction.

Mecanopolis

vanrompuy

TheIndependentMasthead

Le nouveau président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, s’appuie sur la crise financière dans l’euro-zone pour pointer audacieusement la question du pouvoir sur les budgets nationaux. Des fuites sont révélées.

The Indépendant a pris connaissance d’ une annexe secrète à la lettre envoyée par M. Van Rompuy aux chefs de l’Union Européenne de gouvernement les invitant au sommet tenu demain à Bruxelles.

Dans une assertion majeure et musclée sur les gouvernements nationaux et sur la Commission d’UE, Van Rompuy note : « les membres du Conseil européen sont responsables de la stratégie économique dans leur gouvernement. Ils devraient l’assumer à l’échelle de l’UE. Si on appelle à la coordination des politiques et des gouvernances économiques, seul le Conseil européen est capable de fournir une stratégie européenne commune pour plus de croissance et plus d’efficacité. »

M. Van Rompuy déclare que « la crise a révélé nos faiblesses« , en ajoutant : « les plans budgétaires, les programmes de réforme structurels et les rapports concernant le changement climatique devraient être présentés simultanément à la Commission. Cela fournirait une vue d’ensemble complète.« 

Une source d’UE dévoile : « Il est devenu clair à chacun que cette crise économique ne peut pas être résolue par différents états membres, tels que l’Allemagne dépannant la Grèce. Ce dont nous avons besoin est le même genre de mécanisme que nous avons maintenant imposé à la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro. Donc l’idée est de mettre toutes les économies européennes sous surveillance. Vous pouvez vous attendre à ce qu’à quelques décisions importantes soient prises très bientôt. »

Très inhabituellement, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a interrompu une réunion de gouverneurs de banques centrales à Sydney pour revenir en Europe.

La pression sur l’euro s’est atténuée dans l’attente supposée que l’autorité du responsable politique et économique de U.E apaise les marchés.

Le gouvernement de centre-gauche de M. Papandreou a annoncé qu’une austérité de quatre années jugulerait un déficit budgétaire abyssal. Cependant, des doutes persistent. Après une situation tragico-comique, les percepteurs d’impôts de Grèce se sont mis en grève la semaine dernière. Aujourd’hui tous les vols en partance et vers la Grèce seront gelés par les contrôleurs de trafic aérien et des grèves interviendront aussi dans les hôpitaux et les écoles.

Bien que pas directement affecté, compte tenu que la livre sterling est hors de la zone Euro, Gordon Brown s’est ému que n’importe quelle faille dans l’économie européenne pouvait mettre aussi le Royaume-Uni en danger.

L’inquiétude affichée aux plus hauts niveaux de l’UE quant à une contagion passant par la Grèce, l’Espagne et le Portugal est aussi clairement confirmée par la note confidentielle de M. Van Rompuy : « La crise a révélé nos faiblesses. Notre taux de croissance structurel est trop bas pour créer de nouveaux emplois et soutenir nos systèmes sociaux. »

Se rapportant au fait que l’UE n’a aucune solution pour résoudre une crise budgétaire qui affecte d’autres Etats membres, M. Van Rompuy continue : « les développements récents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement économique. Dans nos économies imbriquées, nos réformes doivent être coordonnées pour optimiser leur effet. »

Le Pacte de Croissance et de Stabilité européen et le Traité Maastricht ont été conçus pour prévenir le type de crise budgétaire que l’euro-zone connaît actuellement.

Les règles de Maastricht – le fait de limiter des Etats membres à un déficit budgétaire annuel de 3 pour cent par an et à une dette nationale totale à un rapport de PIB de 60 pour cent – ont été balayées pendant la crise financière. Même pendant les années d’avertissement, les pays les ont le plus souvent négligées.

Pour l’avenir, M. Van Rompuy explicite , « nous allons nous concentrer sur l’impact de politiques nationales sur l’ensemble de l’U.E , tout particulièrement quant aux déséquilibres macroéconomiques et aux divergences de compétitivité. »

La crise financière met en compétition les trois présidents de l’UE qui luttent pour la première place. M. Van Rompuy , président permanent du Conseil européen (Une fonction pensée pour Tony Blair), le premier ministre espagnol, José Zapatero, président du Conseil de l’Union Européenne et José Manuel Barroso , président de la Commission européenne.

Le Président Barack Obama a rembarré récemment un sommet d’U.E-Etats-Unis pour le printemps prochain au titre de cette troïka ingérable.

Le sommet va être tenu loin des bureaucraties habituelles, dans la bibliothèque Solvay de Bruxelles. « Van Rompuy a voulu créer une atmosphère bien plus intime, sans une armée de conseillers, » révèle une source. « Il y a actuellement beaucoup de tensions entre les Etats membres, ce pourquoi il a été décidé de les faire se rencontrer dans un cadre ouvert, sympathique, apéros à l’appui. L’idée est d’avoir des sessions de travail convenable , conviviables. »

Lire l’article original sur le site de The Independant

Lire également notre dernier article La reconfiguration de l’Union européenne est en marche (vidéo)

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jan 17 2010

Bienvenue dans le monde d’Orwell

Dans son livre « 1984 », George Orwell décrit un super état nommé Oceania dont le langage guerrier inversait les termes pour en faire des mensonges qui « sont passés dans l’histoire comme des vérités ». « Celui qui contrôle le passé, » disait le slogan du Parti, « contrôle le futur ; celui qui contrôle le présent contrôle le passé. »

obama

Barack Obama est le dirigeant de l’Oceania contemporain. En deux discours en cette fin de décennie, le lauréat du prix Nobel de la paix a affirmé que la paix n’était plus la paix, mais plutôt une guerre permanente qui « s’étend bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan » jusqu’à des « régions agitées et des ennemis diffus » (*). Il l’a définie comme la « sécurité globale » et nous conviait à nous montrer reconnaissants. A l’intention du peuple d’Afghanistan, que les Etats-Unis ont envahi et occupé, il a déclaré avec malice : « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays ».

Dans l’état d’Oceania, vérité et mensonge ne font qu’un. Selon Obama, l’attaque américaine contre l’Afghanistan en 2001 fut autorisée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il n’y a jamais eut d’autorisation des Nations Unies. Il a dit que « le monde » soutenait l’invasion au lendemain du 11 septembre alors qu’en réalité dans 34 des 37 pays sondés par l’institut Gallup, une écrasante majorité s’y opposait. Il a dit que les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan « uniquement après que les Taliban aient refusé de livrer (Oussama) Ben Laden ». En 2001, les Taliban ont tenté à trois reprises de livrer Ben Laden, selon le régime militaire du Pakistan, mais ils furent ignorés. Et même la mythification du 11 septembre par Obama pour justifier sa guerre est fausse. Plus de deux mois avant l’attaque des tours jumelles, le ministre des affaires étrangères du Pakistan, Niaz Naik, était informé par l’administration Bush qu’une attaque militaire allait être lancée mi-octobre. Le régime taliban à Kaboul, qui avait été secrètement soutenu par l’administration Clinton, n’était plus considéré comme suffisamment « stable » pour garantir le contrôle américain sur les oléoducs et gazoducs vers la mer Caspienne. Le régime devait donc être renversé.

Le mensonge le plus éhonté d’Obama est que l’Afghanistan aujourd’hui est un « havre » pour Al-Qaeda et ses attaques contre l’Occident. Mais son propre conseiller à la sécurité nationale, le Général James Jones, a déclaré au mois d’octobre qu’il y avait « moins de 100 » membres d’Al-Qaeda en Afghanistan. Selon les services de renseignement US, 90 % des Taliban sont à peine des Taliban, mais « une insurrection tribale locale qui s’oppose aux Etats-Unis parce ces derniers constituent à leurs yeux une force d’occupation. » La guerre est une arnaque. Il faut avoir un encéphalogramme à plat pour croire encore à la « paix mondiale » qu’Obama veut nous vendre.

Cependant, en coulisses se prépare un véritable plan. Sous le commandement du troublant Général Stanley McCrystal, qui fut distingué pour ses escadrons de la mort en Irak, l’occupation d’un des pays les plus pauvres est un modèle pour les « régions agitées » du monde qui échappent encore au contrôle d’Oceania. Il est connu sous le nom de COIN, ou « counter-insurgency network » (réseau de contre insurrection), qui rassemble militaires, organisations humanitaires, psychologues, anthropologues, média et consultants en relations publiques. Noyé sous un jargon qui parle de gagner les coeurs et les esprits, son objectif est de provoquer des conflits interethniques et une guerre civile : Tadjiks et Ouzbekes contre Pashtouns.

C’est ce que les Américains ont fait en Irak où ils ont détruit une société multiethnique. Ils ont acheté des gens et construit des murs entre des communautés où auparavant on connaissait des mariages mixtes, ils ont procédé à un nettoyage ethnique des sunnites et exilé des millions à l’étranger. Les médias embarqués ont présenté tout ceci comme « la paix », et les universitaires américains à la solde de Washington et les « experts en sécurité » coachés par le Pentagone sont apparus à la télévision pour répandre la bonne nouvelle. Comme dans « 1984 », c’est le contraire qui était vrai.

Quelque chose de similaire est prévu pour l’Afghanistan. La population sera déportée dans des « zones cibles » contrôlées par des chefs de guerre financés par Washington et le trafic d’opium. Que ces chefs de guerre soient notoirement connus pour leur barbarie n’a aucune importance. « Cela ne nous dérange pas » avait déclaré un diplomate de l’administration Clinton en référence de la persécution des femmes sous le régime « stable » des Taliban. Des organisations humanitaires, des ingénieurs et des agronomes seront désignés pour gérer la « crise humanitaire » et ainsi « sécuriser » les zones tribales.

Voilà pour la théorie. Ca a bien fonctionné en Yougoslavie où une partition éthnique sectaire a balayé une société qui était jadis pacifique, mais ça a échoué au Vietnam où le programme des « hameaux stratégiques » de la CIA dont l’objectif était de regrouper la population et la diviser pour battre le Viet Cong – un terme fourre-tout que les américains employaient pour désigner les résistants, comme aujourd’hui ils emploient le terme « taliban ».

Une part de responsabilité incombe aux Israéliens, qui depuis longtemps conseillent les Américains en Irak et en Afghanistan. Les nettoyages ethniques, la construction de murs, les points de contrôle, les punitions collectives et la surveillance constante sont revendiqués comme des innovations israéliennes qui ont permis le vol de la majorité du territoire Palestinien. Et pourtant, malgré toutes les souffrances endurées, les Palestiniens n’ont pas été irrévocablement divisés et résistent en tant que nation, contre toute attente.

Les précurseurs les plus emblématiques du Plan Obama, que le lauréat du Prix Nobel de la Paix et son étrange général et ses hommes en charge des relations publiques aimeraient nous faire oublier, sont ceux qui ont échoué en Afghanistan justement. Les Britanniques au 19eme siècle et les Soviétiques au 20eme siècle ont tenté de conquérir le pays sauvage par le nettoyage ethnique mais ont du déguerpir, après avoir provoqué un bain de sang. Leurs mémoriaux sont les cimetières des empires. Le pouvoir d’un peuple, parfois déroutant, souvent héroïque, est comme des graines qui germent sous un manteau de neige, et les envahisseurs le craignent.

« C’était curieux », a écrit Orwell dans « 1984 », « de penser que le ciel était le même pour tous, en Eurasie, en Estasie ou ici. Et que les gens sous ce ciel étaient très semblables, partout dans le monde… des gens qui s’ignoraient, séparés par des murs de haine et de mensonges, et qui pourtant étaient pratiquement les mêmes qui … accumulaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs muscles l’énergie qui un jour allait renverser le monde. »

John Pilger

Titre original : Welcome to Orwell’s world 2010

Traduit de l’anglais par Le Grand Soir