Print This Post

Pas de traitement disponible en Ukraine pour la souche parainfluenza / A (H1N1)

Article placé le 15 nov 2009, par Mecanopolis

L’article de zavrtra.com, « Souche 100% mortelle en Bucovine », que nous avons placé jeudi dernier sur Mecanopolis n’en fini pas de faire des vagues dans les médias russophones. Le professeur Bachinsky a donné hier un entretien au journal unian.com, dont nous présentons ici la traduction.

H1N1--469x239

Sur la base des autopsies réalisées, nous sommes arrivés à la conclusion que les décès n’ont pas été causés par une pneumonie, mais par une insuffisance cardio-respiratoire et un choc cardiogénique. Le virus pénètre directement dans les poumons, et crée des lésions irréversibles qui entrainent une hémorragie, et la mort. En aucun cas des antibiotiques ne devraient être utilisés.
Professeur Victor Bachinsky, médecin légiste

Le responsable du département régional des médecins légistes de Tchernivtsi, le professeur Victor Bachinsky, vient de faire une déclaration explosive: toutes les victimes du virus en Bucovine (22 personnes âgées de 20 à 40 ans), province ukrainienne, ne sont pas mortes d’une pneumonie provoquée par une détresse virale, mais par une destruction totale des poumons. Nous avons rencontré le professeur Bachinsky, afin de savoir comment il en est arrivé à cette conclusion, et pour connaitre la façon de se protéger contre cette maladie.


Unian : Monsieur le professeur, vous avez précédemment indiqué que ce virus, par lequel beaucoup de gens sont morts, est un mélange du parainfluenza et de la grippe A/H1N1. Comment expliquez-vous cette progression de l’épidémie et comment est-il possible de soigner cette maladie?

Professeur Victor Bachinsky : La question de savoir comment traiter ce virus ne me concerne pas directement. Je suis pathologiste. Mon travail consiste à découvrir comment évolue un virus et de réaliser un diagnostic exact sur la maladie qu’il provoque. Dix-huit personne sont mortes dans la région de Tchernivtsi. Nous avons fait l’historique complet de l’évolution du virus et recherché tous les indices liés à cette maladie. Lorsque nous avons effectué les autopsies, les organes et tissus que nous avons prélevés ont démontré qu’il ne s’agissait pas de pneumonies. Ces résultats sont une base scientifique qui peut maintenant permettre aux médecins qui traitent cette maladie dans tout le pays de changer leur stratégie de soins.

Comment cette nouvelle maladie peut-elle être soignée ?

Pour l’instant, cela dépend du système immunitaire du malade, car il n’y a pas de traitement. Si son système immunitaire est résistant il devrait pouvoir guérir. Ce qui est urgent de pendre en comte, c’est que les antibiotiques ne devraient pas être utilisés pour traiter ces patients. Les antibiotiques sont même la raison pour laquelle nous avons un tel taux de mortalité élevé en Ukraine. Ici, les gens peuvent aller décrire leurs symptômes dans une pharmacie et se faire remettre des antibiotiques sans consulter un médecin. Les antibiotiques altèrent les défenses naturelles de l’organisme et augmentent le risque d’une plus grande infection. C’est la possibilité d’obtenir des médicaments sans ordonnances qui en ce moment permet au virus de s’étendre en Ukraine.

Est-i vrai que les poumons des victimes étaient noirs, ce qui a permis de rependre la rumeur d’une « peste noire » ?

Non, les poumons n’étaient pas noirs. Il ne s’agit pas d’une peste pulmonaire. Il s’agit d’une attaque virale qui détruit les poumons.

Vous pensez donc que, non seulement a Bucovine, mais aussi dans tout le pays, les victimes ne sont pas morte de pneumonies, mais à cause de cette nouvelle souche ?

En effet, ce n’est pas une pneumonie, mais une destruction totale des poumons qui est à l’origine des décès. Cette souche est très toxique, et, si le système immunitaire du malade est faible, elle crée une hémorragie dans les poumons. Ainsi, une fois que le virus pénètre dans les poumons, l’hémorragie commence immédiatement. L’oxygène ne circule plus normalement dans les alvéoles pulmonaires, ce qui crée une insuffisance cardio-pulmonaire et entraine une choc cardiogénique, puis la mort.

Le Tamiflu peut-il aider dans le traitement de ce virus ?

Le Tamiflu n’est pas un antibiotique, c’est un antiviral. Il devrait être appliqué à partir du deuxième ou troisième jour de la maladie, dès que des signes inquiétants apparaissent. Mais il n’est toutefois pas possible de l’utiliser à titre préventif, car ses effets secondaires sont trop toxiques.

Comment peut-on se préparer pour résister à la maladie?

Il est nécessaire d’améliorer le système immunitaire humain. Pas seulement aujourd’hui, à cause de ce virus, mais en général. Celui qui aura un système immunitaire robuste s’en sortira. Celui dont le système immunitaire est affaibli risque de succomber à la maladie.

Vous avez contacté le ministère de la Santé et leur avez conseillé de revoir les types de traitement pour lutter contre cette épidémie qui survient actuellement. Vous ont-ils suivi ?

Nous leur avons envoyé toutes nos informations, les protocoles et normes de traitement ainsi que notre diagnostic final. Mais il est évident que leurs décisions ne peuvent être instantanées.

Et pourquoi, jusqu’à présent, personne d’autre n’a diagnostiqué cette maladie? Que font les spécialistes du ministère de la Santé ?

C’est peut-être du au fait que la plupart des chercheurs travaillent sur une base purement théorique.  Des scientifiques ont déjà pu apprécier les résultats de nos autopsies. En ce qui me concerne, j’exerce en tant que chef du bureau de la police scientifique et en tant que professeur. Il ne s’agit donc pas de mon opinion personnelle, mais du résultat d’un ensemble de chercheurs, spécialistes et médecins de Bucovine. Il y a cinq professeurs dans l’équipe que je dirige.

Propos rapportés par Anna Yashchenko, pour Unian.net

Source : Forum Mecanopolis

Traduction : Spencer Delane, Mecanopolis

Pas de commentaire