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Pourquoi l’Union Européenne ne convient pas à la Suisse

Article placé le 15 nov 2009, par Frédéric Courvoisier

Il existe une quasi infinité de raisons pour lesquelles l’UE ne convient pas à la Suisse et la Suisse à l’UE. A vrai dire, aucun Etat ne convient à ce colosse antidémocratique éloigné des citoyens, bureaucratique et corrompu, et surtout pas la Suisse, petit pays aux structures très différenciées et proches des citoyens. On n’entre pas dans une entreprise pourrie.

suisse

Rade de Genève, photo de Aldo Mariano

Nous allons évoquer quelques aspects qui expliquent pourquoi une nette majorité du peuple suisse ne souhaite pas l’adhésion. Nous nous limiterons aux deux piliers que sont la neutralité et la démocratie directe. D’autres caractéristiques de notre Etat sont le fédéralisme et l’autonomie des communes, liés au principe de subsidiarité, ainsi que le système de milice dans l’armée, les com­munes et les parlements (cantons et Confédération). Tous ces atouts du système politique suisse sont incompatibles avec une affiliation à l’UE: Cette dernière a besoin, dit-on, d’unités administratives centralisées et professionnelles et non pas de petites collectivités autonomes où s’investissent de nombreux citoyens à titre bénévole.

La neutralité armée perpétuelle

Depuis 200 ans, la Suisse se tient avec succès à l’écart des guerres et des alliances militaires et offre aux peuples victimes des guerres et des crises une aide non militaire tels que les bons offices, la Croix-Rouge internationale et toutes sortes d’engagements humanitaires. Il est évident que le principe de neutralité armée perpétuelle est totalement étranger à l’esprit de la puissance militaire qu’est l’UE. Le Conseil national (Chambre basse du Parlement) a le grand mérite de s’être opposé récemment à la participation de la Suisse à la mission de lutte contre le piratage Atalanta. Comme on l’a appris récemment par la presse, la frégate allemande Karlsruhe a arrêté, au large de la Somalie, sept pirates qui venaient d’attaquer un chalut. Il y aurait eu sûrement des soldats suisses sur ce navire de guerre allemand si le Parlement ne s’était pas opposé à la participation de notre pays à la politique de guerre de l’UE. Rappelons qu’il y a un mois, les partisans d’une participation ont essayé de faire croire aux parlementaires qu’il était «extrêmement peu probable» que les soldats ­suisses soient impliqués dans une opération militaire au large de la Somalie. Or ce n’était pas si improbable.

Si la Suisse était membre de l’UE, ses parlementaires ne pourraient plus prendre de décisions autonomes sur des opérations militaires comme celle d’Atalanta; ils de­vraient se plier aux ordres de Bruxelles. Et le peuple ne pourrait bien entendu pas faire savoir qu’il ne veut plus de tels engagements à l’étranger. Actuellement, le peuple peut en tout temps déposer une initiative populaire signée par 100 000 citoyens pour demander que l’armée suisse se limite à la défense du pays et aux interventions en cas de catastrophe. Lors de la votation, la majorité du peuple et des cantons emporterait la décision. Il est évident que cela serait inimaginable en cas d’adhésion. L’UE ne connaît pas le droit d’initiative.

En démocratie directe, c’est le peuple qui décide et non l’exécutif

Aux trois niveaux politiques (Confédération/cantons/communes), l’exécutif a relativement peu de pouvoir. Aussi la base assume-t-elle la responsabilité des décisions et en supporte les conséquences. En Suisse, il n’y a pas, comme en France ou en Allemagne, un chef de l’Etat qui peut prendre des décisions. Les sept conseillers fédéraux constituent un gouvernement collégial, ils sont sur le même plan et doivent trouver ensemble des solutions et des compromis. Aucun n’a davantage de pouvoir que les autres. Le Président de la Confédération est le primus inter pares et ses missions supplémentaires sont uniquement d’ordre organisationnel et représentatif. Son mandat n’est que d’une année, cela afin qu’il ne puisse pas asseoir son pouvoir. C’est pourquoi même les Suisses qui s’intéressent à la politique connaissent certainement le nom du président des Etats-Unis ou de la Chancelière allemande mais pas forcément celui du Président de la Confédération. Quand le Président Merz signe un accord fiscal avec un autre Etat, rien n’est encore acquis: le Conseil national et le Conseil des Etats peuvent encore s’y opposer et s’ils l’acceptent, 50 000 citoyens ont le droit de recourir au référendum facultatif, c’est-à-dire d’exiger une consultation populaire à ce sujet.

Les mêmes règles sont valables pour les gouvernements cantonaux et communaux: ce sont toujours des gouvernements collégiaux sans chef possédant des compétences supplémentaires. Le peuple est souverain aux trois niveaux (Confédération, cantons et com­munes) et a toujours le dernier mot. C’est pourquoi les tentatives des autorités fédérales de renforcer le pouvoir central rencontrent des obstacles: Chaque transfert de compétence des cantons à la Confédération doit être approuvé par une consultation populaire: la base doit vouloir le changement.

Cette limitation du pouvoir des exécutifs ne doit pas être interprétée comme une «faiblesse». Des affirmations comme «Nous avons besoin d’un gouvernement fort» sont contraires aux principes de la démocratie directe. Le Conseil fédéral sera d’autant plus fort que la population s’y sentira liée et qu’il sera conscient que c’est le peuple qui décide en dernière analyse. Il ne fera plus de promesses qu’il ne peut pas tenir à des gouvernements étrangers mais conclura une alliance avec les citoyens selon la devise «Tous ensemble, nous réussirons.»

Cette limitation des pouvoirs du Conseil fédéral gêne énormément Bruxelles. Elle souhaite un exécutif puissant avec un chef d’Etat, un interlocuteur unique qui prend les décisions importantes et non pas un collège de 7 conseillers qui doivent se mettre d’accord et dont les décisions doivent être approuvées par le Parlement et le peuple. Mais c’est ça, la démocratie.
Pour se rapprocher des vues de l’UE, le Conseil fédéral s’efforce, depuis des années, d’imposer une réforme de la tête de l’Etat: un gouvernement avec un Président de la ­Confédération dont le mandat serait de quatre ans et qui aurait plus de compétences en matière décisionnelle. Jusqu’ici, les Chambres s’y sont opposées, et cela à juste titre. Evidemment, toute modification de la structure politique est soumise au référendum obligatoire. Plus le temps passe, moins le peuple et les cantons seront disposés à approuver une telle réforme.

La participation aux affaires de la collectivité correspond à la nature de l’homme

Nous autres citoyens politiquement actifs savons ce que signifie la démocratie directe. Ceux qui participent aux affaires communales, cantonales ou fédérales sont plus heureux, se sentent plus responsables devant la collectivité et ont moins un sentiment d’impuissance face aux grands problèmes du monde. Nous, le peuple, sommes souverains; nous avons le droit et le devoir de gérer notre pays et le monde et de veiller à ce que la vie des générations futures vaille encore la peine d’être vécue. A ce sujet, il vaut la peine de relire l’étude de l’Université de Saint-Gall publiée par Gebhard Kirchgässner sous le titre «Die direkte Demokratie: modern, erfolgreich, entwicklungs- und exportfähig» (ISBN 978-3-8006-2517-8). Pour donner une idée de l’extraordinaire vitalité de la démocratie suisse, nous mentionnerons ici quelques exemples.

Depuis la fondation de l’Etat fédéral en 1848, le peuple a pu se prononcer sur 559 projets fédéraux dont la moitié environ ont été acceptés et les autres refusés.
8 amendements de la Constitution ont échoué à cause du principe de la majorité des cantons, c’est-à-dire qu’une majorité de petits cantons l’ont emporté sur les cantons très peuplés comme ceux de Zurich, Berne et Vaud.
Actuellement, on récolte des signatures pour 7 initiatives populaires fédérales, par exemple «Oui à la médecine de famille» et «Défendons la Suisse, inscrivons le secret bancaire dans la Constitution fédérale». 9 initiatives ayant abouti sont pendantes auprès du Conseil fédéral, par exemple «Accords internationaux: la parole au peuple!» et l’«Initiative pour le paysage». 9 sont aux mains du Parlement, notamment «Eaux vivantes (initiative pour la renaturation)» et «Accéder à la propriété grâce à l’épargne logement». 4, finalement, sont prêtes à être votées et sur 2 d’entre elles, le peuple et les cantons se prononceront le 29 novembre: «Contre la construction de minarets» et «Pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre».

En ce qui concerne 7 lois fédérales adoptées par le Parlement, le délai référendaire court encore, ce qui signifie que 50 000 signataires peuvent demander une consultation populaire.

Deux référendums facultatifs sont prêts à être soumis au peuple, notamment un arrêté fédéral sur la reprise automatique du droit européen en matière d’adoption des passeports biométriques.

Bien que la collecte de 50 000 ou de 100 000 ne soit pas une partie de plaisir, des milliers de personnes appartenant à des groupes de citoyens, à des partis politiques ou à des associations ne reculent devant aucun effort et bravent le froid pour informer et motiver la population, cela à titre bénévole et pendant leurs loisirs. Pourquoi? Une ou deux heures passées à récolter des signatures donnent lieu à de nombreuses discussions très animées avec nos concitoyens. Certaines personnes qui commençaient par déclarer qu’«à Berne, ils font de toute façon ce qu’ils veulent», reprennent courage et constatent qu’ensemble, nous pouvons faire quelque chose. Et, quelques listes de signatures remplies en poche, on rentre chez soi avec le sentiment d’avoir accompli son devoir et le cœur plus léger.

Une adhésion à l’UE aurait pour conséquence de nous empêcher de lancer la plupart des initiatives populaires parce qu’elles seraient contraires à l’un ou l’autre des ­textes de Bruxelles. Comme les parlements nationaux des pays membres de l’UE se voient imposer environ 70 à 80% des lois par Bruxelles, nous ne pourrions plus recourir au référendum pour nous y opposer. Le démantèlement prévisible des droits politiques du peuple suisse est une des raisons principales pour lesquelles la plupart des Suisses tiennent absolument à ce que leur pays reste un Etat indépendant.

La démocratie référendaire est lente et économe

En Suisse, le travail législatif ne s’effectue pas à la va-vite. Il faut du temps pour qu’un projet de loi ou un traité international entre en vigueur. C’est un effet de la démocratie directe. Le système législatif suisse, très souple, ne pourrait pas subsister au sein de l’UE, qui impose rapidement ses nouveaux projets.

Dans tous les manuels d’éducation civique suisses, on apprend comment on crée une loi. Tout d’abord, des spécialistes préparent un projet, puis on procède à une consultation: le Conseil fédéral envoie le projet aux cantons, aux partis politiques et aux associations afin qu’ils se prononcent. Même les simples citoyens peuvent donner leur avis. Cette procédure est un résultat de la démocratie directe. S’il apparaît dès cette phase qu’une loi ou un traité international est refusé par une majorité, il est absurde que les autorités cherchent à imposer leur projet en l’état. En effet, le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale ont conscience qu’il pourrait faire l’objet d’un référendum. Actuellement, une douzaine de procédures de consultation sont en cours dont la dernière en date – qui doit durer quatre mois – concerne une loi sur l’aide au suicide. Toutes les personnes et organisations concernées pourront s’exprimer.

Après avoir tenu compte des résultats de la consultation, le Conseil fédéral élabore un projet définitif et rédige un message destiné au Parlement. Ensuite le projet est débattu séparément au Conseil national et au Conseil des Etats qui y apportent tous les amendements souhaités par leurs membres. Si après trois discussions, des divergences subsistent entre les Chambres, une commission de conciliation est créée dans laquelle les deux Chambres envoient des représentants. Ces derniers cherchent un compromis sur lequel les Chambres devront voter séparément. Si le projet est approuvé par les deux Conseils, il est considéré comme adopté par le Parlement. Dans le cas contraire, il est refusé. Une fois le projet adopté, commence le délai référendaire de 100 jours, ce qui signifie que les citoyens suisses peuvent recueillir 50 000 signatures pour demander un référendum.

L’ensemble de cette procédure peut durer deux à trois ans, ce que certains politiques considèrent comme un trop long délai. Mais il faut tenir compte du fait que le droit des citoyens de recourir au référendum contre une loi ou un traité international représente une procédure législative prudente et économe qui est impensable dans une démocratie représentative et à plus forte raison dans ce colosse qu’est l’UE.

Le fait qu’en ces temps de crise financière et économique la Suisse se porte (économiquement) beaucoup mieux que les autres pays et que les Suisses aient un meilleur moral ne s’explique pas uniquement par des raisons économiques. N’importe quel pays ou commune au monde se porterait mieux si sa population pouvait contrôler la politique et notamment la politique financière, avec autant de soin que les Suisses aux niveaux fédéral, cantonal et communal. Plutôt que de chercher à absorber le dernier bastion d’Europe, les politiciens de Bruxelles pourraient, particulièrement dans ce domaine, s’inspirer du modèle helvétique et laisser les Suisses vivre leur démocratie authentique comme ils l’entendent.

Marianne Wüthrich

Marianne Wüthrich est docteur en droit à Zurich

Pour poursuivre sur ce sujet, consulter le site de Hans-Peter Martin

8 Commentaires

(Requis.)

  • 2009.11.15 19:14, par Rod:

    Et alors… la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu…
    Cet article est pathétique. La Suisse est gouvernée par les lobbies bancaires et les groupes d’assurance. Deux géants de la communication possèdent la quasi-totalité des qutidiens suisses. La Suisse est un état policier dominé par un gouvernement de droite dure. Arrétez vos contes de fées, merci.

    • 2009.11.15 23:49, par FAOUZI ELMIR:

      l’auteure de l’article est une juriste et comme tout juriste, elle a une vision un peu normative des choses. Il ne faut pas lui en vouloir. Mais cet article est très informatif et donne une foule de renseignements sur le fonctionnement des consultations populaires en Suisse. Le site est très intéressant. C’est justement cette spécificité de la démocratie suisse qui se révèle incompatible avec les fonctionnement des institutions européennes.

      il est dit dans le texte que ce sont les spécialistes qui preparent en amont les consultations populaires. Qui sont ces spécialistes? d’où viennent-ils? Ces spécialistes ne sont-ils pas liés, influencés ou poussés par des lobbies ou des partis politiques pour mettre sur la place publique tel thème ou tel autre? Il existe à mon sens derrière des consultations populaires des intérêts corporatistes, politiques ou économiques qui cherchent par dessus tout à manipuluer le psychisme des électeurs à des fins purement politiques ou bassement électoralistes.

      Cet article nous apprend beaucoup de choses sur le fonctionnement des référendums et des initiatives référendaires suisses.

      • 2009.11.16 02:07, par Nardis:

        Je tiens à m’associer au précédant commentaire de Rod que je trouve, en plus d’être amusant, tout à fait juste et percutant.

        Cet article est une intéressante analyse des incompatibilités entre le droit suisse et le droit européen mais il souffre malheureusement d’une totale absence d’esprit critique et de contact avec la réalité de la vie politique et financière en Suisse.

        Je suis citoyen suisse et je me demande où se trouve la neutralité, la non-alliance militaire, l’aide aux victimes de conflits, la bonne situation économique et le bon moral des suisses dont vous parlez dans votre article?

        Que faites vous de l’extrême durcissement du droit d’asile en suisse (un des plus dur d’Europe), de l’inhumanité des camps de rétention pour les étrangers atteints de non-entrée en matière, des peines de prison pour séjour illégal, du racisme et du populisme du premier parti de suisse, du taux de suicide effroyablement élevé, des plein pouvoir des banques et des assurances, de l’expulsion de familles étrangères avec des enfants nés et scolarisés en Suisse, de la dégringolade du pouvoir d’achat, de la vente d’armes aux gouvernements en conflits, des licenciements de masse, du quasi monopole sur la presse… Je pourrais continuer longtemps ainsi car l’angélisme de cet article est plutôt dur à avaler. Un article de plus pour remonter l’image du pays aux yeux du monde après les scandales humanitaires, financiers et diplomatiques qu’il a connu ces derniers mois.

        Afin d’éviter de telles approximations je conseil à son auteure, le Dr. Marianne Wüthrich, soit de s’en tenir à son domaine c’est à dire les aspects relevant du droit, soit de se pencher sérieusement sur l’actualité, l’économie, la politique et la géopolitique.

        • 2009.11.17 00:11, par erb:

          Salut à tous.

          Le confort acquis par la Suisse lui a laissé le loisir d’une politique policée de façade.
          Elle est jolie leur démocratie, dans l’esprit. Dans la forme, rien de nouveau, les privilèges des puissants demeurent intacts.
          En revanche, comme la majeure partie de la population est aisée et tire ce confort des paradis fiscaux, ils ne sont plus crédibles depuis longtemps.
          Rentrer dans une politique communes avec ceux qu’ils pillent serait un non sens.
          Toujours cette même angoisse chez les escrocs: « devrais-je payer le mal sur lequel j’ai construit mon bien « ??? Restez dans le secret est plus pratique.
          A ce jour, il va en falloir un peu plus pour qu’ils se fassent plaindre les petits suisses.

          Ce qui est sûr, c’est qu’avec des coffres aussi bien remplis, ils font des envieux ( qui souvent ont leurs comptes bancaire domiciliés chez eux ) qui aimerait bien être à leur place,
          ou tout au moins se partager la clientèle…

          La politique de la Suisse est celle qui a eu le pouvoir ces derniers siècles de lancer la mode de l’enrichissement sans production ni autre invention que de profiter des biens d’autrui sans risque.
          Les secrets s’éventent de nos jours et la Suisse cachée derrière son doigt nous apparaît comme un monstre revêtu d’un manteau démocratique bien trop grand pour elle.
          La duperie grossière a fait son temps. Les magouilles deviennent moins sûres et les complots requièrent de plus en plus de travail pour ne pas être dévoilés. A tel point que c’est le juste et honnête labeur qui reprendra ses droits au sein de l’humanité  » moderne « .

          Tirons, poussons à hue et à dia, courbons l’échine et sentons toute la puissance et le bonheur qui naît de la sueur qui vient au front à la faveur d’un travail sain entrepris à la poursuite de nobles idéaux.
          Et ne vous méprenez pas, j’ai peur moi aussi de tous ces paramètres inconnus, j’ai une conscience forte du malheur et de l’augmentation des erreurs humaines. Pourtant, au delà de ces craintes l’espoir palpite et fait refluer les doutes.

          L’Homme va se hisser à la mesure du potentiel permis par son génome et atteindre la capacité à tirer de la vie les plus grandes aventures cosmologiques.

          A tous bon toujours.

          • 2009.11.17 18:01, par Ardisson:

            « La politique de la Suisse est celle qui a eu le pouvoir ces derniers siècles de lancer la mode de l’enrichissement sans production ni autre invention que de profiter des biens d’autrui sans risque »

            Cher Monsieur,

            Cette remarque démontre votre ignorance la plus crasse de la Confédération helvétique. La richesse de la Suisse aujourd’hui, c’est avant tout sa quantité incommensurable de PME, actives dans des secteurs à très haute valeur ajoutée, tels les microtechniques, les nanotechnologies, la biotechnologie, la pharmacie, la chimie, les technologies médicales et l’électronique, sans compter ses multinationales industrielles d’origine suisse comme Nestlé, Novartis, Roche, Schindler, Logitech, Mettler Toledo, ABB, Syngenta,et bien d’autres encore. La Suisse est plus industrialisée que la France proportionnellement à son nombre d’habitant. La finance qui reste très importante ne représente que 11% du PIB de la Suisse. Ne vous en déplaise, la Suisse est aujourd’hui le pays le plus compétitif du monde et l’un des plus innovants.

            Tout ça pour conclure, je veux bien que vous démontriez votre mépris à l’égard de la Suisse et que vomissiez sur ce pays, qui est loin d’être parfait – il est vrai que c’est très à la mode de taper sur la Suisse par les temps qui courent – mais avant de tenter un prochain exercice de style sur ce pays, renseignez-vous sur le fond.

          • 2009.11.18 01:48, par erb:

            salut Ardisson.

            La cible de mon propos était la Suisse par hasard, et si mon raccourci cavalier concernant son économie vous a fait bondir et m’instruire, merci.
            Je ne vomis, ne méprise, ni n’adore dans ma pensée. L’individu a pour moi une trop grande valeur pour que je l’insulte et je ne permettrais à personne de me rabaisser au point de le haïr. Quant à l’ignorance, elle n’est pas « crasse » mais l’état qui précède le savoir.
            J’ai eu la chance d’être allé à l’école jusqu’à 13 ans et de mon éducation, l’économie est absente.
            En revanche, en matière de respect des vivants, il m’apparaît grossier de louanger des pays riches sur une planète où des enfants sont bouffés par les mouches.
            C’est une conception bizarre du chemin à suivre pour éprouver la véritable harmonie !
            Est-ce-que je me trompe vraiment en considérant que le levier principal de la « puissance » Suisse, depuis des siècles, est le système bancaire instauré universellement ?
            Si ce n’est le principal, je ne dois pas être loin. Et, dés que la faim est un soucis réglé, que la pérennité de la fortune est assurée, on peut penser à créer, à innover, à être à l’affût et à la pointe des industries. C’est plus aisé dans ces conditions que durant la sécheresse pour un malien.

            Bravo, chapeau bas, mais, avec toute leur intelligence, tous ces savoirs acquis, ils ne considèrent toujours pas prioritaires de ne pas laisser des humains mourir de faim ! Grave maladie !
            Et pas besoin d’être très instruit pour connaître le rapport travail/rémunération entre paysans et banquiers et en être écoeuré tant en cette matière la roue ne tourne pas !

            Le projet qui permettrait à chacun de remplir son assiette, représente une portion congrue des ressources humanitaires.

            La Lune, Mars et des tas d’autres projets devraient attendre que chacun ait mangé avant d’être entrepris…
            Pourtant le peuple riche applaudit au décollage de la fusée sans penser à l’enfant mort de faim dans le fossé…
            La soi disant grandeur de ces nations est une dégénérescence évidente qui ne nous apparaît qu’avec difficultés. Regarder les choses en face est douloureux et la souffrance des autres s’insinue en nos âmes et nous interdit le bonheur vrai.
            Le PIB et les PME ont certes de l’importance dans la communauté des hommes. Pourtant l’importance du respect du vivant la dépasse et doit s’imposer à notre analyse.
            L’Homme s’est fourvoyé dans la faim du pouvoir engendré par la peur.
            Nous sommes tous d’accord sur ses grands idéaux sans pouvoir les mettre en pratique.
            Du « savoir bien faire » identifié depuis la nuit des temps, à la mise en pratique, l’espace n’a toujours pas été comblé mais, l’accélération du processus se profile et l’on ne glorifiera plus qui surenchérira dans la démesure égoïste, mais, on le soignera pour lui donner la chance d’éprouver des moments de bonheur une fois vaincu ses peurs.

            Oui, la richesses est déplacée de nos jours et bien que la majeure partie de nos intentions soient louables, c’est notre coté sombre qui gêne le plus notre accession au bonheur véritable.
            Cher Ardisson, sachez enfin que je ne considère pas la Suisse ou tout autre pays comme étant le bon ou le mauvais modèle car c’est la vérité qui m’importe, non celui qui a raison.
            Et bien entendu s’était une erreur que de prétendre pour enfler mon propos que la Suisse ne devait sa valeur qu’à la mauvaise foi, par l’escroquerie. C’était imbécile et méritait d’être relevé.

            A plus, et bon toujours.

            • 2009.11.20 23:14, par Ardisson:

              Bonsoir Erb,

              Je ne cherche pas à glorifier la Suisse ou les pays riches en général, mais je souhaite remettre l’église au milieu du village, ou plus particulièrement évoquer des faits ayant trait à la Suisse et non des fantasmes français qui datent bientôt de la préhistoire. C’est comme si j’évoquais la France en affirmant qu’elle n’exporte que ses produits agricoles, que les Français étaient en majeure partie collabos durant la dernière guerre et qu’aujourd’hui, ils se coiffent tous d’un béret, jouent de l’accordéon en buvant du mauvais rouge. Par ailleurs, malgré sa prospérité économique,basée comme dit plus haut sur son industrie et sa finance (c’est vrai), il existe en Suisse, de nombreuses personnes vivant simplement, qui ne sont ni banquiers, ni riches et qui se sentent profondément blessés par vos propos. Ce n’est pas parce qu’un Etat est riche qu’il faut le mépriser, proférer des propos pour la plupart non fondés à son égard, à la limite de la xénophobie. Osez parler en termes aussi disgracieux d’Israël, de pays du tiers monde ou émergents et je vous parie que vous serez vite taxé d’antisémite, voire de raciste, en soulevant un tollé général. En fait, si je vous suis bien, vous vous sentez légitimé à vous défouler sur la Suisse, sous prétexte qu’elle est riche.

              Bien à vous

              A.

              • 2009.12.18 17:37, par Aldo:

                La photo de la rade de Genève qui se trouve au début de cet article m’appartient et est protegée. La prochaine vous êtes prié de demander avant de vous servir gratuitement. C’EST CLAIRE!!!