Print This Post

Norvège et Ukraine : la même mutation H1N1 virulente qui rappelle 1918

Article placé le 23 nov 2009, par John Lloyds

C’est le New York Times qui a ouvert la brèche du terrain miné : « La mutation [du virus en Norvège] identifiée comme D222G au domaine de liaison récepteur, permet au virus de se développer bien plus en profondeur dans les poumons […] Le Dr Henry Niman a averti pendant une semaine que la même mutation a été trouvée de manière répétée en Ukraine, où il y a eu un nombre surprenant de décès par hémorragies pulmonaires ».

mutation

Le journal calme toutefois les esprits en indiquant que Geir Stene-Larsen, directeur de l’institut public de santé norvégien, a annoncé que le virus ne circulerait pas et aurait pu apparaître spontanément (chez 3 malades sur 70). Le Dr Schuchat, une directrice du CDC, se veut également rassurante : il n’y aurait pas de résistance développée par cette mutation, trouvée également dans plusieurs pays, au vaccin ou au Tamiflu. Pour l’OMS, tout va pour le mieux : « L’organisation précise également que malgré cette mutation, le virus « reste sensible aux médicaments antiviraux », et que les études démontrent que les vaccins actuellement disponibles contre la grippe pandémique « confèrent une protection » […] Pour l’instant, il n’y a pas de preuve indiquant que cette mutation se soit traduite par une augmentation inhabituelle du nombre de malades ou par un plus grand nombre de malades graves ou de cas mortels ».
Un pistage de la pensée du Dr Niman chez les Flutrackers montre pourtant qu’en lieu du calme officiel, il y a plutôt lieu de s’orienter vers une hypothèse moins réjouissante. Dès le 17 novembre, Niman indique qu’en Ukraine on peut spéculer sur les changements de domaine de liaison récepteur, car une position, la 225, a changé au moins 3 fois en « D225G, D225N et D225E » (La position 225 en H3 étant la position 222 en H1 évoquée par le NYT). Le 19 novembre, des prélèvements (10 échantillons) confiés à Hill Mill, le centre londonien de l’OMS, indiquent que les décès ukrainiens analysés sont dus à la position D225G, alors que déjà la veille des craintes sur la capacité du virus à se diffuser en raison de sa facile association avec des supports génétique multiples sont nées.
Le commentaire de cette analyse reste sans appel pour Niman, il s’agit bien d’une mutation H1N1 en Ukraine, et elle est bien la cause des décés : « Sequences from 10 samples were released. Three were from lung and one was from the throat. All four were postive for D225G. This is evolution in action and it is the H1N1 that is evolving ».
Problème : la position D225G est présente dans le H1N1 de 1918, ce qui fait dire à Niman que l’OMS et le CDC cherchent à conserver leur distance avec le D225G, en raison de cette funeste date, et parce que, « le changement étant suffisamment significatif, la dernière chose dont veulent parler l’OMS et le CDC est la non-vaccination » (WHO and CDC want to spin as far away from D225G as possible because I predicted D225G, and D225G is in 1918. It is also known that D225G changes the receptor specifity, and the less the public knows about that the better, because it shows that the change is QUITE significant and the LAST thing WHO and CDC want to talk about sans vaccine). En clair, Niman nous informe que le vaccin actuel risque d’être inopérant contre le virus mutant.
Outre la Norvège et l’Ukraine, le virus mutant serait déjà en Russie, selon Niman. Des pathologies similaires viennent d’être détectées aux Etats-Unis, dans l’IOWA. Plus de 50 cas de mutation résistante aux antiviraux dont le Tamiflu viennent d’être signalés autour du globe. Dans une interview accordée au Dr Ott par Alexander S. Jones, celui-ci affirme que la nouvelle mutation « semble être 10 fois plus létale » que le virus H1N1 original. Un second Tchernobyl, plus vaste et plus destructeur ?
John Lloyds
Information en continu sur le Forum Mecanopolis

4 Commentaires