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La désinformation organisée

Article placé le 25 nov 2009, par Mecanopolis

Plusieurs d’entre nous sont conscients qu’il existe dans notre société un certain système de désinformation. Toutefois, il n’est pas toujours facile de montrer noir sur blanc comment cela se produit. La désinformation se fait subtile.

désinformation

Dans son livre, This Is Not a Conspiracy, How Business Propaganda Hijacks Democracy, Donald Gutstein, un Canadien, trace un portrait détaillé de la façon dont se produit cette désinformation.

Au centre du système, un réseau de think tanks de droite et de riches bailleurs de fonds. L’auteur met le doigt sur la collusion qui existe entre les donateurs, les think tank bénéficiaires, leurs soi-disant scientifiques, les médias corporatifs et même les leaders politiques, notamment le parti Conservateur du Canada.    Il décortique aussi les dossiers traités par ces think tanks et leur complices, qui visent à tromper les citoyens sur le réchauffement climatique, à préparer les mentalités pour la privatisation de nos biens publics, comme notre système de santé, l’éducation, Hydro-Québec, etc. M. Gutstein nous démontre concrètement la manipulation qu’utilisent ces vampires pour induire en erreur les citoyens afin de mieux les dépouiller au bout du compte.

Même si au départ on est conscient de cette désinformation, on reste estomaqué devant son ampleur et la sophistication du système mis en place. En lisant ce livre, les cheveux nous dressent sur la tête. Il y a également de quoi dresser, crayon en main, un grand tableau où on verrait plusieurs noms qui se recoupent un peu partout. On y apprend comment des éditorialistes de journaux importants, considérés comme trop à gauche, ont perdu leur emploi pour être remplacés par des gens venant directement des think tanks de droite.

C’est en prenant conscience de ce qui est tu dans les médias qu’une personne réalise l’importance de la désinformation. Mais cette lucidité implique le temps, l’énergie et les connaissances nécessaires pour s’informer auprès de médias alternatifs, faire diverses lectures, ce qui n’est pas souvent possible pour une grande partie de la population. L’auteur parle des « missing news » et des « blind spots » dans la presse canadienne. Il énumère quelques sujets dont on ne parle jamais dans nos médias. En voici un exemple : dans nos médias corporatifs, on vante à tour de bras les bienfaits du libre-échange, que sans cela notre pays serait voué à la catastrophe, mais quand parle-t-on des sondages qui montrent que la population ne partage pas cet avis ?

L’émission Tout le monde en parle est bien populaire. Une émission intitulée : Personne n’en parle où on aurait l’audace d’aborder les vrais sujets, ceux dont on ne parle jamais, ceux qui sont galvaudés, serait tout aussi populaire, sinon davantage tellement il y aurait plein de choses « croustillantes » à se mettre sous la dent. Pensons à l’intérêt suscité par la Commission Gomery.

Donald Gutstein estime qu’il est extrêmement difficile, pour une grande partie de la population de prendre conscience de cette désinformation tellement elle est subtile, tellement elle est incrustée dans les médias, tellement elle est propagée par tous les moyens et sur diverses plate-forme ; tellement elle est répétée de diverses façons, par diverses personnes, sur toutes les tribunes. A force de se faire répéter que le privé est plus efficace, que notre système de santé coûte trop cher, que le recours au privé va faire diminuer les listes d’attente, que privatiser l’Hydro serait une bonne façon de payer la dette, que l’on doit encore et toujours baisser plus les impôts, (sans dire que ce sont les nantis qui vont en bénéficier), qu’on doit augmenter les tarifs, (sans dire que ce sont les plus démunis qui vont écoper), que le gouvernement est plus un problème qu’une solution, les gens finissent par y croire, sans se rendre compte qu’ils sont dupés.

Pas étonnant donc, que les gens qui doivent prendre une grande partie de leur temps et énergie à joindre les deux bouts, ne puissent être conscients qu’ils sont manipulés à ce point et votent pour les gouvernements qui, tant au fédéral qu’au provincial sont de connivence avec ces vampires, et continuent de privatiser en douce nos richesses collectives et nous appauvrissent davantage en rendant notre système fiscal de plus en plus inéquitable.    Et le pire de tout, c’est qu’étant reconnu comme des organismes de charité, ces centaines de millions de dollars qui financent ces think tank sont déductibles d’impôt ! C’est donc avec notre argent, l’argent de nos impôts que ces boîtes de désinformation se moquent de nous et viennent miner notre système démocratique.

C’est le comble de la mesquinerie, de l’affront et de l’arrogance.

On dit que les citoyens sont de plus en plus cyniques face à la politique. C’est qu’ils devinent confusément qu’on les trompe. Toutefois s’ils savaient clairement par qui et comment ils sont manipulés, leur supposé cynisme se transformerait rapidement en révolte et en action concrète et c’est en grand nombre qu’ils iraient voter, car ils auraient alors l’information nécessaire pour discerner le parti qui a vraiment à coeur le mieux-être des citoyenNEs, la réappropriation de nos biens collectifs et la sauvegarde de notre habitat terrestre.

Médias- Mensonges-Désinformations

N.B. Puisse ce livre être traduit et publié en français le plus rapidement possible.

2 Commentaires

(Requis.)

  • 2009.11.26 14:41, par erb:

    Salut à Mecanopolis.

    Merci pour les références du livre de Gutstein.

    La manipulation est un art ancestral et la pensée des peuples actuels est forgée depuis des siècles.

    Et, comme vous le soulignez, nous en sommes à un point ou la subtilité de ceux qui concoctent les infos grand public font que l’on en arrive à douter de son propre jugement.

    Ainsi embrouillés, nous saturons. C’est un de leurs but.

    Mais l’alternative internet permet de mieux comprendre et nous engage dans un nouvel élan car instruits, nous n’aurons plus d’autre choix que l’action !!!

    Merci de participer à cet élan.

    A tous bon toujours.

    • 2009.11.30 08:55, par les amis du negatif:

      Les chemins de la communication comme finalité de l’atomisation sociale.

      La critique qui va au delà du « spectaculaire »
      doit-elle encore savoir attendre?
      ______________________________ ____

      Les temps durant lesquels les armes anciennes du refus se bornaient à la critique des seuls rapports de classes tels qu’ils étaient conçus en y opposant des alternatives de gestion des rapports de production, de l’information, des moyens d’affirmation d’une « contre-culture » semblent en passe de devenir maintenant et nécessairement le moment de la critique des armes elles-mêmes.

      Des armes modernes y compris; lesquelles (telles celles dites « des autoroutes de la communications » qu’il aurait été possible dans quelques cas rares de se rapproprier en les détournant de leur fonctionnalités mais dont le terme même aurait pu alerter bon nombre de dialecticiens même amateurs au nombre desquels nous figurons sans doute au regard de spécialistes issus de Sciences-Po ou de l’ENA ou même d’une section philosophique de la Sorbonne , du Collège de France ou de la fac de Vincennes devenue ParisVIII-Nanterre, lesquels bonnets carrés peuvent bien nous toiser, nous les issus de la rage des faubourgs,de « la france d’en bas »: on s’en tape!) , sous couvert de favoriser la résistance à l’ordre établi n’étaient possiblement mises en place qu’aux seules fins de contrecarrer toutes les formes d’expression de la critique,de circonscrire et même de confiner celles-ci dans le seul domaine des représentations; à savoir donc: par les gestionnaires avisés de cette société rompus à l’exploration et à la conjuration méthodique contre toutes les formes de résistance et de critique de cette organisation sociale, lesquels secrètement préconisèrent alors les techniques dites du « filet dérivant » consistant à élargir seulement le champ des captures sur le fond et la forme, indistinctement, au moyen de la multiplication pourtant grossière des sirènes et peut-être même des grosses vaches patentées.
      C’est à ce moment que les think-tanks prennent dans tous les sens l’importance stratégique que nous leur connaissons, qu’il s’agisse de la vieille Trilatérale(dont les membres très discrets sont maintenant très visiblement en place dans le nouvel exécutif Européen, le Bilderberg…and son on….

      Ce qui est tout à fait passionnant, n’est-il pas?! Mais nous n’en avons rien à cirer!!!Encore que….

      Dans une époque pas si ancienne, les Situationnistes dénonçaient déjà les pièges sous tendus de la cybertnétique dans la foulée ouverte par des gens tels Georges Orwell, Philippe. K.Dick, Huxkley et de quelques autres.

      Cela n’aura pas suffit. Chacun maintenant de l’intérieur du « système » du fond de sa nouvelle cellule de crier contre « Big-brother » après l’avoir appelé en définitive de ses vÅ“ux…
      Les rares mais néanmoins remarquables séries TV « (N°6) », tout comme celle des « shaddocks », elles-mêmes n’auront en définitive troublé ou ébranlé que bien peu de certitudes.

      Au reste, les certitudes ne constituent-elles pas des formes de branlettes laborieuses ridicules, gesticulées, obstinées et parfaitement ineptes dont personne en vérité n’a rien à foutre?

      (Soit dit en passant il y a des branlettes tout à fait salutaires!)

      La question qui nous est posée au centre d’un contre-sens global par les détracteurs de la critique serait de savoir si les thèses remarquées de Guy Debord dans « La société du spectacle » ont été publiées trop tard ou trop tôt ou même encore à temps après celles du jeune Marx des manuscrits de 1844, de Feuerbach, de Adorno qui leur ouvrirent la voie comme elles les ouvrirent aussi à la science de « la domestication sociale avancée », à nos ennemis, hélas ou nécessairement, afin que nous nous en affranchissions mieux et définitivement en les dépassant toutes enfin et pour solde de tout compte.
      .
      Ce sera sans doute que celles-ci étaient à un tel point ancrées dans l’imaginaire collectif que d’aucuns devisèrent sur la question alors non tranchée de la critique des fondements même du spectacle comme processus et nous soutinrent des propos du genre: - » La critique qui va au delà du spectaculaire doit savoir attendre… », ce qui n’était pas tout à fait faux comme nous l’indiqua depuis Jean-Pierre Voyer dans « Introduction à la Science de la publicité ».(publié aux éditions de l’Institut de Préhistoire Contemporaine.1979)

      C’est là le nouveau mensonge d’Ulysse associé au principe de gouvernance proposé par Machiavel dans « Le Prince »..(Rien à voir donc avec Rassinier!).

      « Tout principe poussé à l’extrême de sa logique est admirable, il ne stoppe que lorsqu’il a atteint le mur de l’absurdité. » nous rappellent les « inoxydables philosophes de l’Ocséna »

      (A Suivre….)–
      http://nosotros.incontrolados.over-blog.com/« les amis du négatif à l’oeuvre ».
      http://les-batisseurs-d-abimes.over-blog.com