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Nadine Morano, le Verlan et la haine de l’Islam (vidéo)

Article placé le 18 déc 2009, par Mecanopolis

La sous-ministre française Nadine Morano a dit une grosse bêtise. Une de plus. C’est une spécialiste. En fait, elle est secrétaire d’Etat déléguée aux gaffes. Dès qu’il faut occuper le terrain pour faire oublier les faits qui fâchent – le chômage, les grèves du RER A, les salaires toutirikikis des uns et maoussecostauds des autres – l’HyperOmni envoie la blonde à la pêche aux balourdises. C’est immanquable. Ses bévues en mettent plein la vue. Un beuze du feu de Dieu.

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Nadime Morano serait-elle la secrétaire d’Etat déléguée aux gaffes ?

La dernière en date continue à crépiter sur les ondes. Lors d’un débat sur l’identité nationale, elle explique aux jeunes musulmans français qu’il ne faut pas mettre sa casquette à l’envers et ne pas parler verlan. Alors, tu es chrétien ou juif, tu peux mettre ta dauffe à l’envers. Tu restes Français. Mais si, musulman, tu places ta gapette à l’envers, alors là, tu perds ta nationalité. Tu la remets à l’endroit – hop ! – tu es de nouveau Français, c’est magique.

Quant au verlan, la sous-ministre patauge dans l’erreur. Contrairement à ce qu’elle prétend, cette inversion des syllabes fait partie intégrante de l’identité française depuis le Moyen-Age. Les savants appellent ce genre de jeux dans les mots, « métathèse ». Donc, Momo de La Courneuve, en causant verlan, devient une usine à « métathèses ». Sera-t-il ébahi comme Monsieur Jourdain découvrant qu’il a toujours fait de la prose sans le savoir ?

Dans son « Petit Testament » le poète François Villon (XVème siècle) appelait un manteau, un tabar ou tabart qui est l’inversion du terme rabat :

Item au Loup et à Chollet

Je laisse à la foys un canard

Prins sous les murs, comme on souloit

Envers les fossez, sur le tard

Et à chacuns un grand tabart.

Le mot « verlan » a été introduit en littérature par Auguste Le Breton dans son fameux « Le Rififi chez les Hommes » paru en 1954. Mais l’inversion des syllabes a été pratiquée à la Cour des Miracles, au XVIIIème siècle, dans certains corps de métier au XIXème et utilisée par les ouvriers parisiens au XXème siècle, tout particulièrement sous l’Occupation nazie pour des raisons évidentes de codage.

Donc le verlan, ne vous en déplaise Madame Nomora, fait partie intégrante de l’identité française. Et si vous désirez la défendre, donnez plutôt la chasse au franglais.

Jean-Noël Cuénod

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