La conférence de Londres a fixé le prix de la défaite occidentale en Afghanistan
Un fond de 360 millions d’euros sera bientôt disponible pour essayer de « ramener à la raison » les « talibans modérés », de sorte à ce qu’ils déposent les armes et cessent d’infliger des pertes aux armées d’occupation de l’Afghanistan. Un somme jugée dérisoire par le Pentagone qui, selon le New-York Times, estime à 1 milliard de dollars l’effort nécessaire pour convaincre la résistance afghane de rejoindre la vie civile.
Des sommes qui seront dépensées en pure perte puisque, comme nous l’avons indiqué par plusieurs articles sur Mecanopolis (1), la résistance afghane ne compte pas négocier quoi que ce soit. Malgré tout, l’OTAN, avec le mépris du « riche militaire » qui le caractérise, continue de croire – ou de feindre de croire – que « l’adversaire » demeure achetable et que seule sa pauvreté l’aurait incité à prendre les armes.
Pour le New York Times, si populations afghanes soutiennent aussi fermement les talibans, c’est surtout « en raison de l’incompétence du gouvernement Karzaï, empêtré jusqu’au cou dans des affaires de corruption et de trafic de drogue ».
Face à une insurrection qui ne cesse de croître, Obama et ses « stratèges » ont décidé d’envoyer 30′000 hommes en renfort, et demandé aux « alliés » un « effort supplémentaire ». L’objectif des américains est en effet d’obtenir que leurs subalternes européens alignent d’avantage d’hommes sur le terrain.
Les 4 et 5 février prochains, ministres de la Défense et chefs militaires parleront chiffres au QG de l’OTAN, à Mons (Belgique). L’Allemagne a déjà promis un renfort de 850 soldats et la Roumanie 600, pour une contribution qui devrait s’élever à 10′000 hommes au total. (2)
Mensonges d’État
Selon l’édition de ce mercredi du Canard enchaîné, des officiers et des sous-officiers français seront bientôt dépêchés en Afghanistan, comme semble l’avoir déjà confirmé le général Georgelin, chef d’état-major, en rendant visite à l’amiral américain James Staridis, commandant suprême des forces militaires en Europe, la semaine dernière. Selon l’hebdomadaire, ils seront directement placés sous les ordres directs du général de l’armée américaine William Caldwell. Une précision que le président Sarkozy cache soigneusement au Parlement et à l’opinion publique.
Autre joli « mensonge d’État », le président français affirme depuis plusieurs mois que la France n’enverrait pas de combattants supplémentaires en Afghanistan. Des propos confirmés par Kouchner dans un entretien publié par Le Figaro du 1er février : « Le président a décidé de ne pas augmenter le nombre de nos forces combattantes ». Or, c’est faux. Tous les instructeurs français, présents et futurs, participent aux combats. Ils sont intégrés dans les unité afghanes, ils les conseillent dans leurs missions et ils les accompagnent au feu. D’ailleurs, souligne encore Le Canard : « les trois Français récemment morts au combat en Afghanistan étaient des instructeurs ».
Agata Kovacs, pour Mecanopolis
Notes :
1. Voir notre article : Obama s’apprête à demander à l’OTAN 10′000 soldats supplémentaires pour l’Afghanistan
2. Voir notre article : Les Talibans nient tout contact avec l’occupant









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