Le casier judiciaire d’Ali Soumaré est vierge

 

Le voici donc, le casier judiciaire d’Ali Soumaré. Ce « délinquant multirécidiviste chevronné », comme l’avaient qualifié les maires UMP de Franconville et de Saint-Leu-la-Forêt, Francis Delattre et Sébastien Meurant.

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Un « repris de justice », un « délinquant lourdement condamné », avait aussitôt renchéri le député et tête de liste sarkozyste dans le val d’Oise, Axel Poniatowski, après avoir pris connaissance de ces « révélations édifiantes ». Elles les sont, en effet.

Le Canard enchainé aura été plus rapide que les patrons de la police nationale et l’Intérieur réunis, Frédéric Péchanard et Bric Hortefeux, qui avaient promis de faire la lumière sur cette « fuite ». Dans son édition du 10 mars, l’hebdomadaire a publié sur le casier judiciaire du candidat socialiste, que nous reproduisons ci-dessus.

Cette révélation a aussi le mérite de conférer un peu plus de transparence à une affaire devenue de plus en plus opaque. Car comme l’indique l’hebdomadaire satirique dans son article, l’extrait appelé «bulletin n°2» est «celui que le ministère de la Justice délivre aux administrations lorsqu’un quidam convoite un emploi public. Dans cet extrait, toutes les condamnations sont mentionnées, à l’exception, notamment de celles ayant fait l’objet d’une amnistie ou d’une réhabilitation». Or, n’y figure même pas la condamnation qu’Ali Soumaré a lui-même reconnue. Conséquence d’une réflexion aisée, la question se pose sur la véritable provenance des renseignements des deux élus, qui eux même avaient alors affirmé qu’elles étaient issues de documents judiciaires.

Interrogé sur ce point, le président de la Commission national de l’informatique et des libertés (CNIL), Alex Türk, s’était inquiété que de pareilles imputations puissent provenir du Système de traitement des infractions constatées (Stic). Dans un entretien donné au «Point.fr», il avait par ailleurs estimé que si les accusations trouvaient leur origine au sein du Stic, «cela poserait un très gros problème». Principal fichier qui enregistre les antécédents judiciaires, seule la police possède la capacité légale à le consulter. La thèse selon laquelle Francis Delattre et Sébastien Meurant auraient bénéficié de l’aide des policiers se confirmerait. Rendant une affaire plus claire. Et une élection plus sournoise.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Avec les infos du Canard enchaîné du 10 mars 2010

 
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