L’UDC annonce qu’elle souhaite que le peuple suisse se prononce contre la construction de minarets

 

GENEVE (AFP) — Le parti de la droite populiste suisse, première formation du pays, a mis jeudi à exécution sa menace de passer à l’opposition, promettant de mener la vie dure à une classe politique qui a chassé du gouvernement son champion Christoph Blocher .

Pour la première fois depuis un demi-siècle, un parti arrivé en tête aux élections s’est ainsi engagé à combattre le gouvernement, une perspective déstabilisante dans un système de démocratie semi-directe qui permet à 50.000 citoyens d’exiger un référendum contre les lois votées par le parlement.

Le Parlement suisse a joué jeudi le dernier acte de la désignation du gouvernement qui entrera en fonction le 1er janvier. Ce processus a donné lieu à un coup de tonnerre mercredi lorsque les parlementaires ont refusé de renouveler le mandat de Christoph Blocher, le tribun nationaliste qui occupe le devant de la scène politique depuis une quinzaine d’années.

Députés et sénateurs lui ont préféré une représentante de l’aile modérée de son parti, Eveline Widmer-Schlumpf , qui a prêté serment jeudi matin malgré les pressions de M. Blocher pour qu’elle refuse le poste.

C’est seulement la quatrième fois dans l’histoire de la Suisse qu’un ministre candidat à sa succession n’est pas reconduit.

« J’hésite entre soulagement, déception et indignation », a lancé Christoph Blocher aux parlementaires, relevant avec colère que sa mise à l’écart ne résultait ni de la volonté du peuple ni d’un jugement défavorable sur son travail de ministre de la Justice et de la Police.

Il s’est dit soulagé de passer à l’opposition. « Je pourrai désormais recommencer à dire ce que je pense, à parler de choses dont je ne pouvais pas parler, pour des raisons comme la concordance et la collégialité ». « Je quitte le gouvernement, pas la politique », a-t-il averti.

A part M. Blocher, les six membres sortants du Conseil fédéral (gouvernement) ont été reconduits pour un mandat de quatre ans. La Suisse est gouvernée depuis 1959 selon un système de convergence unique au monde qui voit la droite et la gauche se partager les portefeuilles gouvernementaux (cinq à droite et deux à gauche).

« Nous ferons pression sur le parlement et le gouvernement avec des initiatives et des référendums », a averti le chef du groupe UDC, Caspar Baader, alors que son groupe risquait d’éclater entre opposants au gouvernement et ceux qui se tiennent prêts à soutenir leurs deux ministres.

L’UDC a déjà annoncé qu’elle souhaite que le peuple se prononce contre la construction de minarets pour les mosquées du pays, une initiative combattue par les autres partis.

 
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