Aymeric Chauprade sur la politique étrangère de la Russie

 

Aymeric Chauprade, à Moscou en novembre, interrogé par Xavier Moreau sur la politique étrangère de la Russie.


Entretien d’Aymeric Chauprade à Moscou, novembre 2010. 1/2.


Entretien d’Aymeric Chauprade à Moscou, novembre 2010. 2/2.
 

5 Responses to “Aymeric Chauprade sur la politique étrangère de la Russie”

  1. Salut Alain.

    Le plus difficile est de croire que c’est possible.
    Nous sommes savamment éduqués pour penser l’inverse comme tu me le prouves.
    Tous ceux qui admettent qu’un désarmement global est un doux rêve, ont tellement d’arguments pour consolider cette théorie, que nous avons honte d’en exprimer l’idée même sans se sentir ridicules…

    Mais le ridicule n’est pas là où nous le croyons.

    Le ridicule est plutôt de penser que nous n’y parviendrons pas alors que nous avons sous les yeux les preuves de notre détermination à modifier nos comportements et à y parvenir. Nous arrivons à un moment de notre histoire où les paroles et les intentions doivent coller à des actions biens réelles. Ainsi, les dogmes qui tenaient sans preuves, sont logiquement remis en question et nous ne nous satisferons plus de contes à dormir debout pour établir les nouveaux plans d’actions. Nous avons évolué comme rien d’autre de ce qui nous est connu et, les perspectives sous-entendues par ce fait sont infinies…
    Aussi je crois que notre barbarie perd en intensité et malgré que nous ne soyons pas en mesure d’exploiter à plein notre grandeur durant cette période de notre métamorphose, la plupart d’entre-nous exprime clairement préférer l’amour à la guerre, et les autres en rêvent, sans encore oser le dire et le vivre. Ces désirs légitimes seront assouvis à un moment ou un autre. Ils sont les fondements de nos intentions depuis les origines et péniblement ( car la difficulté et le dépassement sont des aiguillons puissants pour grandir ) nous nous en approchons.
    Des armes les Hommes feront des outils, de leurs peurs des atouts, et la violence deviendra tendresse car notre génome est conçu pour que nous nous rapprochions de ces états.
    Quelle autre espèce à pu prétendre à des pensées aussi nobles que celles qui nous préoccupent ?
    Aucune !
    Pourtant, certaines « évoluent » depuis plus de 50 millions d’années sur la terre et, nous ne verrons jamais un carnassier se résoudre à devenir végétarien pour faire grandir son âme… Nous sommes les seuls à être outillés de cette capacité de réflexion visant l’élévation de la pensée et, des milliards d’humains se sont attelés à cette tâche ! Et même si ce n’est qu’1 sur 10, ça en fait quand même 10 milliards depuis le début !
    Notre espèce vient d’éclore dans l’univers, et les angoisses suscitées par son immensité emplie de mystères, sont difficiles à transformer en forces en seulement 500 mille ans !
    Mais vu la fulgurance de notre évolution et le fait que très tôt dans notre histoire nous ayons éprouvés du respect envers la vie, comme aucune autre espèce n’a jamais pu le faire, il y a toutes les chances que notre progression intègrera le respect du vivant comme priorité dans nos plans, et que notre histoire actuelle sera perçue par nos descendants comme une période où nous n’étions pas encore maîtres de nos peurs et subissions encore notre bestialité.
    Partout des voix s’élèvent et réclament que nos attitudes soient pacifiques et nos actions nobles. C’est l’espoir de notre espèce qui s’exprime ainsi et, tous les cœurs des Hommes seront à l’unisson accordés sur cet axiome d’ici peu.
    Ces pensées plutôt optimistes voire utopiques, prennent autant de place en moi que si elles étaient défaitistes et alarmistes. En revanche, leur incidence sur mon comportement quotidien me dotent d’une humeur qui me pousse à continuer de vivre et d’agir selon elles.
    Mon optimisme tient au fait que j’ai dû me dépasser pour ne pas m’exclure du jeu !
    Ce n’est pas une vie de confort qui motive mes points de vue, mais plutôt le fait d’avoir su transformer les obstacles en tremplins, et de m’intéresser davantage à ce qui rend l’Homme bien à mes yeux, en me polarisant sur les solutions qui pallieront à mes faiblesses, plutôt que de me concentrer sur ces dernières.
    En effet, ce ne sont pas nos comportements qui se désagrègent mais nos exigences qui se font plus pressentes. Notre impatience, bien légitime, dépasse notre capacité à agir de concert pour atteindre des objectifs louables de paix.
    Pourtant, à grands pas, l’Homme s’assagit et il convient aussi de le souligner pour contre- balancer l’image désastreuse du portrait que certains, par peur, tentent de nous brosser.
    Ces derniers ont plus de retard que les autres sur la route de l’apaisement et sur le chemin qui conduit au plaisir de vivre en étant aimé à bon escient. Ils ne sont pas des ennemis, mais sont simplement un peu plus égarés que les autres et nécessitent que nous leurs prodiguions des soins adaptés pour qu’ils aient assez confiance en eux pour ne plus penser que l’agression les prémunie de quoi que se soit !
    Je dis  » nous  » tout en ayant conscience qu’il y a peu de chances que notre génération ou celle de nos enfants jouissent d’un âge d’or.
    Mais les actions menées à poursuivre ces objectifs sains, et, le sentiment d’avoir œuvrer à s’en approcher, sont les sources essentielles des quelques moments de bonheur que notre état actuel nous offre d’éprouver.
    Ne nous en privons pas !
    Il faut savoir s’en rendre responsables et, tracer le chemin à suivre, énoncer de façon bien intelligible les buts à poursuivre, se trouvent être les déclencheurs de nos actes, la base de tous changement. Poursuivre un objectif vague est le plus sûr moyen de ne jamais l’atteindre.
    Quant à ma prose, sois sérieux… j’ai quitté l’école à 13 ans et mon instruction se limite au répertoire de Brassens et aux leçons que prodiguaient les rues de Marseille aux toxicos qui les hantaient. Je n’ai vu le jour qu’à partir de 25 ans à la suite d’une incarcération prolongée qui m’avait coupé de la drogue et de mes fréquentations.
    4 ans plus tard, la société que j’avais fondée, associée au crédit agricole de l’Yonne, vendait 300 apparts et/ou maisons par an. De la gamelle des Baumettes partagée avec des hors-la-loi, j’en étais à fréquenter les restaurants les plus huppés en compagnie des directeurs de banques qui me courtisaient pour mon habileté à faire dans les années 90, 10 millions de C.A. par mois !?!
    De là a sans doute germer en moi l’idée que bien des choses qui paraissent hors d’atteinte se trouvent à portée de mains.
    Pour le désarmement, nous ne nous en sommes jamais autant approchés et, cette notion est déjà programmée pour accueillir les philosophies des nouveaux Hommes. Cette idée
    me rassure tant, que je l’imagine partagée par un nombre assez important pour faire jour à une ère qui nous trouvera affranchis de nos peurs.

    A tous, bon toujours.

     
    • erb
  2. bonjour erb,
    c’est a toi que je m’adresse parce que j’aime ta prose et tes magnifiques convictions, que je ne peux helas partager. Notre monde est ainsi fait que toucher a l’armement mondial provoquerait un nouveau cataclysme impensable. Pour autant rien n’est tout a fait perdu, mais nous ne sommes plus a la maitrise de la Raison , a accorder la faculte de maitrise par un sujet, si ce n’est seulement a titre de jugement theorique. Nous sommes beaucoup plus dans l’aleatoire, l’Evenementiel ou meme la Science (qui se fait sans sujet) n’est qu’une representation d’un moment d’une histoire. Fini les Grands Recits, les Grandes Fresques. Ce n’est pas a mon sens du nihilisme, car le-devenir meme si il ne nous appartient pas se montre en temps voulu et il n’est pas destructeur, meme si il est destabilisateur. Il est une voie dont nous ne connaissons pas le sens (d’autant que le non sens determine le sens). Nous n’avons pas d’autres alternatives que celles de l’attente et l’attente sans imaginer une solution n’est pas de l’ordre de nos facultes humaines. Ton commentaire est un souffle d’innocence bienfaiteur par les temps qui courent, meme si je pense que toute pensee absolue s’amenage avec le conformisme. Cordialement a toi. Alain Monier

     
    • Alain Monier
  3. Salut à tous.

    Merci pour cette analyse géopolitique qui a le mérite de nous rappeler que nous n’employons toujours pas les moyens à notre disposition pour substituer le dialogue aux armes.
    Qu’en posséder plus que les autres soit encore la garantie d’imposer son point de vue est bien malheureux.
    Tout cela naît de la maladie mentale de quelques gens qui n’ont d’autres moyens pour apaiser la peur qui les dévore, que de concevoir et d’agir en vue de faire croire que tuer est justifiable voire louable.
    Alors que ceci est une ineptie qui nous fait perdre de vue les valeurs qui augmentent notre stature personnelle et se trouve en contradiction avec la valeur que nous sommes censés accorder au vivant.
    Notre salut n’est possible qu’une fois s’être défaits de l’instinct de meurtre et cela passe par notre capacité à l’affirmer haut et fort, à chaque occasion, jusqu’à en obtenir l’application.
    Vous avez des armes ? Bravo, vous êtes les champions du malheur et donc de la dérive. Plus éloignés que quiconque de ce qui ressemble à la joie de vivre.
    Grosse tare.
    Un boulet qui à coup sûr vous a fait oublier d’exister,jusqu’ au moment de rendre vos armes.
    Pour l’instant nous continuons à participer au financement de leur élaboration, de leur fabrication et de leur utilisation étant instruits du fait quelles sont indispensables au bon fonctionnement de nos sociétés alors qu’elles ont toujours été utilisées à l’asservissement des peuples !?!
    Mais, attention au méchants FN, coco, islamiste, juif, scientifique, et autres étrangers aux couleurs plus ou moins louches…
    Ils sont méchants et tout près de débarquer dans votre salon pour vous faire rôtir accompagnés de flageolets…

    Encore une fois les gars, ne choisir parmi nos élus que des gens capables d’assez de couilles pour énoncer clairement ses intentions de pacifier le pays pour montrer aux autres que c’est possible sans armes, c’ est la première action qui autorise une brèche. En effet, penser imposer une révision raisonnable de nos comportements avec des armes au centre des négociations est un doux euphémisme.
    Les plus belles solutions et intentions humaines sont étouffées, et montrées du doigt comme nous l’avons fait pour la sorcellerie quand les sciences portaient ce nom. Nous ne brûlons plus les corps en place publique mais, en pâture aux médias, la souffrance s’étale sur plus longtemps !
    Des manipulations toujours appuyées par des armes, seules capables de faire imposer aux autres des situations qui ne lui sont pas bénéfiques et ne respectent pas sa personne ou le fruit de son labeur.
    Il n’y a pas d’espoir de négociations respectueuses face à celui qui détient la force des armes. Nous devenons tous les jouets de sa maladie et des peurs inavouables qui le torturent. Alors nous l’armons pour qu’il nous terrorise et ainsi s’apaise. Drôle de cirque !
    Un cercle infernal qui ne peut durer car chacun a foncièrement soif de paix, surtout ceux qui sont en guerre.
    L’argent soi-disant destiné à notre défense et notre sécurité, comme le reste de nos richesses d’ailleurs, ne doivent plus être aspirées par les mêmes coffres ni gérées de la même façon, et eux s’y préparent depuis plus longtemps que nous!
    La peur les maintient sous pression, en alerte, et plus attentifs à s’enrichir et à se protéger que celui qui voulait juste: « se LA vivre tranquille ! » et qui est forcément à la traîne pour ce qui est de s’armer et de penser piller le voisin…
    Sans armes… vous voyez pas le progrès que nous accomplirions ?
    Cette idée puissamment et profondément ancrée selon laquelle il est impossible que nous réussissions un tel tour de force, c’est le fruit d’un endoctrinement si puissant, que cette démarche, pourtant pas plus compliquée qu’une autre, nous est présentée comme hors de portée, infaisable !?! Même parmi les esprits les plus éveillés la cause semble entendue comme si l’assassinat de JFK les avait tous guéris de la « folie » que sous-entend le désarmement global.
    Cela signifierait que le bon-sens et la raison gouverneraient les Hommes rendant impossible la fumisterie qui consiste à faire croire que l’on est à ce point au-dessus des autres, que l’action de ma langue ou/et de mon stylo me dispensent des labeurs pénibles et me soustrait à mon devoir de productivité ?!
    L’alignement seul de phrases dites ou écrites en vue d’émettre des idées ne remplit pas le ventre et, l’abrutissement intensif au travail ne facilite pas l’émergence d’une réflexion constructive sur sa condition. De plus aucune des 2 situations n’est propice au sain développement de l’humain. Le gratte papier comme il se plaît à se nommer culpabilise au regard de sa contribution discutable à la communauté et, le paysans culpabilise de ne savoir savamment planifier des idées neuves capables de faciliter la vie de la communauté.
    Le mieux est de se partager les tâches ingrates et le pouvoir de décision pour qu’implication responsabilité et pénibilité soient également réparties et assumées.

    Patience labeur et compassion viendront à bout des travers bestiaux qui nous divisent et notre destin sera porté par un souffle salvateur, qui nous hissera vers des sommets toujours plus hauts et des horizons de plus en plus mystérieux à découvrir jusqu’à plus soif.
    Notre espèce vient de naître et va mûrir jusqu’à donner des fleurs et des fruits dont les senteurs les saveurs et la beauté illumineront l’univers et prouveront que nos désordres actuels étaient un passage incontournable pour survivre mieux.
    A tous, bon toujours.

     
    • erb
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