La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale

 

Un atterrissage en douceur pour les Etats-Unis d’ici quarante ans ? N’y pensez pas ! La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale pourrait survenir bien plus vite que ce que l’on imagine. Si Washington rêve de 2040 ou de 2050 comme date de fin pour le « Siècle Américain », une estimation plus réaliste des tendances aux Etats-Unis et dans le monde laisse penser qu’en 2025, exactement dans 15 ans, tout pourrait être pratiquement terminé.

Malgré l’aura d’omnipotence que la plupart des empires projètent, un regard sur leur histoire devrait nous rappeler que ce sont des organismes fragiles. L’écologie de leur pouvoir est si délicate que lorsque les choses commencent à aller vraiment mal, les empires se désagrègent généralement à une vitesse incroyable : juste une année pour le Portugal, deux années pour l’Union Soviétique, 8 pour la France, 11 pour les Ottomans, 17 pour la Grande-Bretagne et, selon toute vraisemblance, 22 ans pour les Etats-Unis, à partir de la cruciale année 2003.

Les futurs historiens identifieront probablement l’invasion irréfléchie de l’Irak par l’administration de George W. Bush, cette année-là, comme le commencement de la chute de l’Amérique. Cependant, à la place du bain de sang qui a marqué la fin de tant d’empires du passé, avec des villes qui brûlent et des civils massacrés, cet effondrement impérial du 21ème siècle pourrait survenir de façon relativement discrète, par les circonvolutions invisibles de l’effondrement économique ou de la guerre cybernétique.

Mais n’ayez aucun doute : lorsque la domination mondiale de Washington prendra irrémédiablement fin, il y aura des souvenirs quotidiens douloureux de ce qu’une telle perte de pouvoir signifie pour les Américains de tous les milieux. A l’instar de ce qu’une demi-douzaine de nations européennes ont découvert, le déclin impérial tend à avoir un impact remarquablement démoralisant sur une société, apportant ordinairement des privations économiques pendant au moins une génération. Au fur et à mesure que l’économie se refroidit, la température politique monte, déclenchant souvent de sérieux troubles.

Les données économiques, éducatives et militaires disponibles indiquent, pour ce qui est de la puissance mondiale des Etats-Unis, que les tendances négatives s’accumuleront rapidement d’ici à 2020 et atteindront probablement une masse critique au plus tard en 2030. Le Siècle Américain, proclamé si triomphalement au commencement de la Deuxième Guerre Mondiale, sera réduit à néant et s’éteindra d’ici à 2025, dans sa huitième décennie, et pourrait être relégué définitivement au passé d’ici 2030.

Fait révélateur, en 2008, la Commission Nationale Américaine des Renseignements [US National Intelligence Council] a admis pour la première fois que la puissance globale des Etats-Unis suivait vraiment une trajectoire déclinante. Dans l’un de ses rapports périodiques sur le futur, Global Trends 2025 [Tendances Mondiales 2025], cette commission a cité « le transfert brutal de la richesse mondiale et de la puissance économique, actuellement en cours, de l’Ouest vers l’Est », et « sans précédent dans l’histoire moderne », comme premier facteur du déclin de la « force relative des Etats-Unis – même dans le domaine militaire ». Toutefois, comme beaucoup à Washington, les analystes de cette commission ont anticipé un atterrissage très en douceur et très long de la prééminence mondiale américaine, et ils ont nourri l’espoir que d’une façon ou d’une autre les Etats-Unis « garderaient longtemps une capacité militaire unique… afin de projeter leur puissance militaire sur le monde » pour les décennies à venir.

Pas la moindre chance ! Selon les projections actuelles, les Etats-Unis se retrouveront en deuxième position derrière la Chine (déjà deuxième économie mondiale) en terme de production économique, aux alentours de 2026, et derrière l’Inde d’ici à 2050. De même, l’innovation chinoise suit une trajectoire qui conduira la Chine au leadership mondial en science appliquée et en technologie militaire entre 2020 et 2030, juste au moment où les nombreux scientifiques et ingénieurs brillants de l’Amérique actuelle prendront leur retraite, sans pouvoir être adéquatement remplacés à cause d’une nouvelle génération mal instruite.

D’ici 2020, selon les prévisions actuelles, le Pentagone se lancera dans un va-tout militaire d’un empire mourrant. Il lancera une triple couverture spatiale létale, constituée de robotique avancée et qui représente le dernier meilleur espoir de Washington de maintenir son statut de puissance mondiale, malgré son influence économique déclinante. Toutefois, dès cette année-là, le réseau mondial de satellites de communication de la Chine, soutenu par les super-ordinateurs les plus puissants du monde, sera également entièrement opérationnel, procurant à Pékin une plate-forme indépendante pour la militarisation de l’espace et un puissant système de communication pour ses missiles – ou attaques cybernétiques – dans tous les endroits de la planète.

Enveloppée dans sa prétention démesurée impériale, comme Whitehall ou le Quai d’Orsay avant elle, la Maison Blanche semble toujours imaginer que le déclin américain sera progressif, modéré et partiel. Dans son Adresse à l’Union en janvier dernier, le Président Barack Obama a donné la garantie qu’il « n’accepte pas la deuxième place pour les Etats-Unis d’Amérique ». Quelques jours plus tard, le Vice-président Joseph Biden, a tourné en dérision l’idée même que « nous sommes destinés à réaliser la prophétie de [l’historien Paul] Kennedy, selon laquelle nous serons une grande nation qui aura échoué parce que nous avons perdu le contrôle de notre économie et que nous nous sommes trop agrandis ». De la même manière, Joseph Nye, le gourou néolibéral en politique étrangère, s’exprimant dans le numéro de novembre du journal institutionnel Foreign Affairs, a balayé toute idée d’essor économique et militaire de la Chine, rejetant « les métaphores trompeuses de déclin organique » et niant qu’une détérioration de la puissance globale des Etats-Unis était en cours.

Les Américains ordinaires, voyant leurs emplois se délocaliser à l’étranger, ont une vision plus réaliste que leurs dirigeants qui, eux, sont bien protégés. Un sondage d’opinion d’août 2010 a mis en évidence que 65% des Américains pensaient que leur pays était désormais « en état de déclin ». Déjà, l’Australie et la Turquie, des alliés militaires traditionnels des Etats-Unis, utilisent leurs armes fabriquées en Amérique pour des manœuvres aériennes et navales conjointes avec la Chine. Déjà, les partenaires économiques les plus proches des Etats-Unis s’éloignent de la position de Washington et se tournent vers la devise chinoise, dont les taux sont manipulés. Alors que le président [Obama] revenait d’Asie le mois dernier, un gros titre sinistre du New York Times résumait ainsi le moment fort de son voyage : « Sur La Scène Mondiale, La Vision Economique d’Obama Est Rejetée, La Chine, La Grande-Bretagne Et L’Allemagne Contestent Les USA, Les Pourparlers Commerciaux Avec Séoul Ont Egalement Echoué ».

D’un point de vue historique, la question n’est pas de savoir si les Etats-Unis perdront leur puissance globale incontestée, mais juste à quelle vitesse et avec quelle brutalité se produira leur déclin. A la place des désirs irréalistes de Washington, prenons la propre méthodologie du National Intelligence Council pour décrypter l’avenir, afin de suggérer quatre scénarios réalistes (accompagnés de quatre évaluations associées de leur situation actuelle) sur la manière, que ce soit avec fracas ou dans un murmure, dont la puissance globale des Etats-Unis pourrait toucher à sa fin dans les années 2020. Ces scénarios futuristes comprennent : le déclin économique, le choc pétrolier, la mésaventure militaire et la Troisième Guerre Mondiale. Même si ces scénarios sont loin d’être les seules possibilités en matière de déclin – voire même d’effondrement – américain, ils offrent une fenêtre sur un futur qui arrive au pas de charge.

Le déclin économique

La situation actuelle

Aujourd’hui, trois menaces principales existent vis-à-vis de la position dominante des Etats-Unis dans l’économie mondiale : la perte de l’influence économique grâce à une part du commerce mondial qui se rétrécit, le déclin de l’innovation technologique américaine et la fin du statut privilégié du dollar en tant que devise de réserve mondiale.

Dès 2008, les Etats-Unis sont déjà tombés au troisième rang mondial pour les exportations, avec 11% des exportations mondiales, comparés à 12% pour la Chine et 16% pour l’Union Européenne. Il n’y a aucune raison de croire que cette tendance va s’inverser.

De la même façon, le leadership américain dans l’innovation technologique est sur le déclin. En 2008, les Etats-Unis étaient encore numéro deux derrière le Japon en matière de dépôts de brevets, avec 232.000, mais la Chine se rapprochait très vite avec 195.000 brevets, grâce à une augmentation foudroyante de 400% depuis l’an 2000. Un signe annonciateur d’un déclin supplémentaire : en 2009, les Etats-Unis sont tombés au plus bas, au cours de la décennie précédente, parmi les 40 pays étudiés par la Fondation pour l’Innovation et l’Information Technologique, en termes de « changement » dans la « compétitivité mondiale en matière d’innovation ». Ajoutant du corps à ces statistiques, en octobre dernier, le Ministère de la Défense chinois a dévoilé le super-ordinateur le plus rapide du monde, le Tianhe-1 A, si puissant, selon un expert américain, qu’il « fait voler en éclat les performances de l’actuelle machine n°1 » aux Etats-Unis.

Ajoutez à cette preuve limpide que le système éducatif américain, qui constitue la source des futurs scientifiques et innovateurs, est passé derrière ses concurrents. Après avoir été à la tête du monde pendant des décennies sur la tranche d’âge des 25-34 ans possédant un diplôme universitaire, ce pays a sombré à la douzième place en 2010. Le Forum Economique Mondial, la même année, a classé les Etats-Unis à une médiocre 52ème place sur 139 pays, en ce qui concerne la qualité de ses universités de mathématiques et d’instruction scientifique. Près de la moitié de tous les diplômés en sciences aux Etats-Unis sont désormais des étrangers, dont la plupart rentreront chez eux, et ne resteront pas aux Etats-Unis comme cela se passait autrefois. Autrement dit, d’ici 2025, les Etats-Unis se retrouveront probablement face à une pénurie de scientifiques de talent.

De telles tendances négatives encouragent la critique acerbe croissante sur le rôle du dollar en tant que devise de réserve mondiale. « Les autres pays ne veulent plus adhérer à l’idée que les Etats-Unis savent mieux que les autres en matière de politique économique », a observé Kenneth S. Rogoff, ancien chef économiste au FMI. A la mi-2009, avec les banques centrales qui détenaient un montant astronomique de 4.000 milliards de dollars en bons du trésor américain, le Président russe Dimitri Medvedev a insisté sur le fait qu’il était temps de mettre fin au « système unipolaire artificiellement maintenu » et basé sur « une devise de réserve qui avait été forte dans le passé ».

Simultanément, le gouverneur de la banque centrale chinoise a laissé entendre que l’avenir pourrait reposer sur une devise de réserve mondiale « déconnectée des nations individuelles » (c’est-à-dire, le dollar américain). Prenez tout ceci comme des indications du monde à venir et comme une tentative possible, ainsi que l’a soutenu l’économiste Michael Hudson, « d’accélérer la banqueroute de l’ordre mondial militaro-financier des Etats-Unis ».

Un scénario pour 2020

Après des années de déficits croissants, nourris par des guerres incessantes dans des pays lointains, en 2020, comme l’on s’y attend depuis longtemps, le dollar américain perd finalement son statut spécial de devise de réserve mondiale. Soudain, le coût des importations monte en flèche. Incapable de payer des déficits allant crescendo en vendant des bons du Trésor à présent dévalués, Washington est finalement obligé de réduire considérablement son budget militaire boursouflé. Sous la pression de ses citoyens et de l’étranger, Washington retire les forces américaines de centaines de bases à l’étranger qui se replient sur un périmètre continental. Cependant, il est désormais bien trop tard.

Face à une superpuissance qui s’éteint et qui est incapable de payer ses factures, la Chine, l’Inde, l’Iran, la Russie et d’autres puissances, grandes ou régionales, défient et provoquent la domination des Etats-Unis sur les océans, dans l’espace et le cyberespace. Pendant ce temps, en pleine inflation, avec un chômage qui croit sans cesse et une baisse continue des salaires réels, les divisions intérieures s’étendent en violents clashs et en débats diviseurs, souvent sur des questions remarquablement hors sujet. Surfant sur une vague politique de désillusion et de désespoir, un patriote d’extrême-droite capture la présidence avec une rhétorique assourdissante, exigeant le respect de l’autorité américaine et proférant des menaces de représailles militaires ou économiques. Le monde ne prête quasiment pas attention alors que le Siècle Américain se termine en silence.

Le choc pétrolier

La situation actuelle

Une victime collatérale de la puissance économique déclinante de l’Amérique a été son verrouillage des approvisionnements en pétrole. Accélérant et dépassant l’économie américaine gourmande en pétrole, la Chine est devenue cet été le premier consommateur mondial d’énergie, une position détenue par les Etats-Unis depuis plus d’un siècle. Le spécialiste [américain] de l’énergie Michael Klare a exposé que ce changement signifie que la Chine « donnera le rythme pour façonner notre avenir mondial ».

D’ici 2025, la Russie et l’Iran contrôleront près de la moitié des réserves mondiales de gaz naturel, ce qui leur octroiera potentiellement un énorme effet de levier sur une Europe affamée d’énergie. Ajoutez les réserves pétrolières à ce mélange, ainsi que le National Intelligence Council a prévenu, et dans juste 15 ans, deux pays, la Russie et l’Iran, pourraient « émerger comme les chevilles ouvrières de l’énergie ».

Malgré leur ingéniosité remarquable, les principales puissances pétrolières vident actuellement les grands bassins de réserves pétrolières qui s’avèrent être des extractions faciles et bon marché. La véritable leçon du désastre pétrolier de « Deepwater Horizon » dans le Golfe du Mexique n’était pas les normes de sécurité laxistes de BP, mais le simple fait que tout le monde ne voyait que le « spectacle de la marée noire » : l’un des géants de l’énergie n’avait pas beaucoup d’autre choix que de chercher ce que Klare appelle du « pétrole coriace », à des kilomètres sous la surface de l’océan, pour maintenir la croissance de ses profits.

Aggravant le problème, les Chinois et les Indiens sont soudainement devenus des consommateurs d’énergie beaucoup plus gourmands. Même si les approvisionnements en pétrole devaient rester constants (ce qui ne sera pas le cas), la demande, et donc les coûts, est quasiment assurée de monter – et, qui plus est, brutalement. D’autres pays développés répondent agressivement à cette menace en se plongeant dans des programmes expérimentaux pour développer des sources énergétiques alternatives. Les Etats-Unis ont pris une voie différente, faisant bien trop peu pour développer des sources énergétiques alternatives, tandis qu’au cours des dix dernières années, ils ont doublé leur dépendance sur les importations du pétrole provenant de l’étranger. Entre 1973 et 2007, les importations de pétrole [aux Etats-Unis] sont passées de 36% de toute l’énergie consommée aux Etats-Unis à 66%.

Un scénario pour 2025

Les Etats-Unis sont restés si dépendants du pétrole étranger que quelques événements défavorables sur le marché mondial de l’énergie déclenchent en 2025 un choc pétrolier. En comparaison, le choc pétrolier de 1973 (lorsque les prix ont quadruplé en quelques mois) ressemble à un avatar. En colère face à la valeur du dollar qui s’envole, les ministres du pétrole de l’OPEP, se réunissant en Arabie Saoudite, exigent les futurs paiements énergétiques dans un « panier de devises », constitué de yen, de yuan et d’euro. Cela ne fait qu’augmenter un peu plus le coût des importations pétrolières américaines. En même temps, tandis qu’ils signent une nouvelle série de contrats de livraison à long-terme avec la Chine, les Saoudiens stabilisent leurs propres réserves de devises en passant au yuan. Pendant ce temps, la Chine déverse d’innombrables milliards pour construire un énorme pipeline à travers l’Asie et finance l’exploitation par l’Iran du plus grand champ gazier au monde, à South Pars, dans le Golfe Persique.

Inquiets que l’US Navy pourrait ne plus être en mesure de protéger les bateaux-citernes naviguant depuis le Golfe Persique pour alimenter l’Asie Orientale, une coalition entre Téhéran, Riyad et Abu-Dhabi forme une nouvelle alliance inattendue du Golfe et décrète que la nouvelle flotte chinoise de porte-avions rapides patrouillera dorénavant dans le Golfe Persique, depuis une base dans le Golfe d’Oman. Sous de fortes pressions économiques, Londres accepte d’annuler le bail des Américains sur la base de Diego Garcia, située sur son île de l’Océan Indien, tandis que Canberra, contrainte par les Chinois, informe Washington que sa Septième Flotte n’est plus la bienvenue à Fremantle, son port d’attache, évinçant de fait l’US Navy de l’Océan Indien.

En quelques traits de plume et quelques annonces laconiques, la « Doctrine Carter », selon laquelle la puissance militaire étasunienne devait éternellement protéger le Golfe Persique, est enterrée en 2025. Tous les éléments qui ont assuré pendant longtemps aux Etats-Unis des approvisionnements illimités en pétrole bon marché depuis cette région – logistique, taux de change et puissance navale – se sont évaporés. A ce stade, les Etats-Unis ne peuvent encore couvrir que 12% de leurs besoins énergétiques par leur industrie d’énergie alternative naissante, et ils restent dépendants du pétrole importé pour la moitié de leur consommation d’énergie.

Le choc pétrolier qui s’ensuit frappe le pays comme un ouragan, envoyant les prix vers de nouveaux sommets, rendant les voyages une option incroyablement coûteuse, provoquant la chute-libre des salaires réels (depuis longtemps en déclin) et rendant non-compétitif ce qui reste des exportations américaines. Avec des thermostats qui chutent, le prix des carburants qui bat tous les records et les dollars qui coulent à flot vers l’étranger en échange d’un pétrole coûteux, l’économie américaine est paralysée. Avec des alliances en bout de course qui s’effilochent depuis longtemps et des pressions fiscales croissantes, les forces militaires américaines commencent finalement un retrait graduel de leurs bases à l’étranger.

En quelques années, les Etats-Unis sont fonctionnellement en faillite et le compte à rebours à commencé vers le crépuscule du Siècle Américain.

La mésaventure militaire

La situation actuelle

Contrairement à l’intuition, tandis que leur puissance s’éteint, les empires plongent souvent dans des mésaventures militaires inconsidérées. Ce phénomène, connu des historiens spécialistes des empires sous le nom de « micro-militarisme », semble impliquer des efforts de compensation psychologique pour soulager la douleur de la retraite ou de la défaite en occupant de nouveaux territoires, pourtant de façon brève et catastrophique. Ces opérations, irrationnelles même d’un point de vue impérial, produisent souvent une hémorragie de dépenses ou de défaites humiliantes qui ne font qu’accélérer la perte de puissance.

A travers les âges, les empires assaillis souffrent d’une arrogance qui les conduit à plonger encore plus profond dans les mésaventures militaires, jusqu’à ce que la défaite devienne une débâcle. En 413 av. J.-C., Athènes, affaiblie, envoya 200 vaisseaux se faire massacrer en Sicile. En 1921, l’Espagne impériale mourante envoya 20.000 soldats se faire massacrer par les guérillas berbères au Maroc. En 1956, l’empire britannique déclinant détruisit son prestige en attaquant Suez. Et, en 2001 et en 2003, les Etats-Unis ont occupé l’Afghanistan et envahi l’Irak. Avec la prétention démesurée qui marque les empires au fil des millénaires, Washington a augmenté à 100.000 le nombre de ses soldats en Afghanistan, étendu la guerre au Pakistan et étendu son engagement jusqu’en 2014 et plus, recherchant les désastres, petits et grands, dans ce cimetière nucléarisé des empires, infesté par les guérillas.

Un scénario pour 2014

Le « micro-militarisme » est si irrationnel et imprévisible que les scénarios en apparence fantaisistes sont vite surpassés par les évènements réels. Avec l’armée américaine étirée et clairsemée de la Somalie aux Philippines et les tensions qui montent en Israël, en Iran et en Corée, les combinaisons possibles pour une crise militaire désastreuse sont multiformes.

Nous sommes au milieu de l’été 2014 au sud de l’Afghanistan et une garnison américaine réduite, dans Kandahar assailli, est soudainement et de façon inattendue prise d’assaut par les guérillas Taliban, tandis que les avions américains sont cloués au sol par une tempête de sable aveuglante. De lourdes pertes sont encaissées et, en représailles, un commandant militaire américain embarrassé lâche ses bombardiers B-1 et ses avions de combat F-16 pour démolir tout un quartier de la ville que l’on pense être sous contrôle Taliban, tandis que des hélicoptères de combat AC-130 U « Spooky » ratissent les décombres avec des tirs dévastateurs.

Très vite, les Mollahs prêchent le djihad dans toutes les mosquées de la région, et les unités de l’armée afghane, entraînées depuis longtemps par les forces américaines pour renverser le cours de la guerre, commencent à déserter massivement. Les combattants Talibans lancent alors dans tout le pays une série de frappes remarquablement sophistiquées sur les garnisons américaines, faisant monter en flèche les pertes américaines. Dans des scènes qui rappellent Saigon en 1975, les hélicoptères américains portent secours aux soldats et aux civils américains depuis les toits de Kaboul et de Kandahar.

Pendant ce temps, en colère contre l’impasse interminable qui dure depuis des dizaines d’années à propos de la Palestine, les dirigeants de l’OPEP imposent un nouvel embargo pétrolier contre les Etats-Unis pour protester contre leur soutien à Israël, ainsi que contre le massacre d’un nombre considérable de civils musulmans dans leur guerre en cours dans tout le Grand Moyen-Orient. Avec le prix des carburants qui monte en flèche et ses raffineries qui s’assèchent, Washington prend ses dispositions en envoyant les forces des Opérations Spéciales saisir les ports pétroliers du Golfe Persique. En retour, cela déclenche un emballement des attaques-suicides et le sabotage des pipelines et des puits de pétrole. Tandis que des nuages noirs s’élèvent en tourbillons vers le ciel et que les diplomates se soulèvent à l’ONU pour dénoncer catégoriquement les actions américaines, les commentateurs dans le monde entier remontent dans l’histoire pour appeler cela le « Suez de l’Amérique », une référence éloquente à la débâcle de 1956 qui a marqué la fin de l’Empire Britannique.

La Troisième Guerre Mondiale

La situation actuelle

Au cours de l’été 2010, les tensions militaires entre les Etats-Unis et la Chine ont commencé à croître dans le Pacifique occidental, considéré autrefois comme un « lac » américain. Même un an plus tôt, personne n’aurait prédit un tel développement. De la même manière que Washington a exploité son alliance avec Londres pour s’approprier une grande part de la puissance mondiale de la Grande-Bretagne après la Deuxième Guerre Mondiale, la Chine utilise à présent les profits générés par ses exportations avec les Etats-Unis pour financer ce qui risque probablement de devenir un défi militaire à la domination américaine sur les voies navigables de l’Asie et du Pacifique.

Avec ses ressources croissantes, Pékin revendique un vaste arc maritime, de la Corée à l’Indonésie, dominé pendant longtemps par l’US Navy. En août, après que Washington eut exprimé un « intérêt national » dans la Mer de Chine méridionale et conduit des exercices navals pour renforcer cette revendication, le Global Times, organe officiel de Pékin, a répondu avec colère, en disant : « Le match de lutte entre les Etats-Unis et la Chine sur la question de la Mer de Chine méridionale a fait monter les enchères pour décider quel sera le futur dirigeant de la planète. »

Au milieu des tensions croissantes, le Pentagone a rapporté que Pékin détient à présent « la capacité d’attaquer… les porte-avions [américains] dans l’Océan Pacifique occidental » et de diriger « des forces nucléaires vers l’ensemble… des Etats-Unis continentaux. » En développant « des capacités offensives nucléaires, spatiales et de guerre cybernétique », la Chine semble déterminée à rivaliser pour la domination de ce que le pentagone appelle « le spectre d’information dans toutes les dimensions de l’espace de combat moderne ». Avec le développement en cours de la puissante fusée d’appoint Long March V, de même que le lancement de deux satellites en janvier 2010 et d’un autre en juillet dernier, pour un total de cinq [déjà mis sur orbite], Pékin a lancé le signal que le pays faisait des progrès rapides en direction d’un réseau « indépendant » de 35 satellites pour le positionnement, les communications et les capacités de reconnaissance mondiales, qui verra le jour d’ici 2020.

Pour contrôler la Chine et étendre mondialement sa position militaire, Washington a l’intention de construire un nouveau réseau numérique de robotique aérienne et spatiale, de capacités avancées de guerre cybernétique et de surveillance électronique. Les planificateurs militaires espèrent que ce système enveloppera la Terre dans un quadrillage cybernétique capable de rendre aveugles des armées entières sur le champ de bataille ou d’isoler un simple terroriste dans un champ ou une favela. D’ici 2020, si tout fonctionne selon son plan, le Pentagone lancera un bouclier à trois niveaux de drones spatiaux – pouvant atteindre l’exosphère depuis la stratosphère, armés de missiles agiles, reliés par un système modulaire de satellites élastique et opérant au moyen d’une surveillance totale par télescope.

En avril dernier, le Pentagone est entré dans l’histoire. Il a étendu les opérations de drones à l’exosphère en lançant discrètement la navette spatiale non habitée X-37 B, la plaçant en orbite basse au-dessus de la planète. Le X-37 B est le premier d’une nouvelle génération de véhicules non-habités qui marqueront la militarisation complète de l’espace, créant une arène pour les futures guerres, contrairement à tout ce qui a été fait auparavant.

Un scénario pour 2025

La technologie de la guerre spatiale et cybernétique est tellement nouvelle et non-testée que même les scénarios les plus bizarres pourraient bientôt être dépassés par une réalité encore difficile à concevoir. Toutefois, si nous employons simplement le type de scénarios que l’US Air Force a elle-même utilisés dans son 2009 Future Capabilities Game, nous pouvons obtenir « une meilleure compréhension sur la manière dont l’air, l’espace et le cyberespace coïncident dans l’art de la guerre » ; et, commencez alors à imaginer comment la prochaine guerre mondiale pourrait réellement être livrée !

Il est 23h59 en ce jeudi de Thanksgiving 2025. Tandis que les foules se pressent dans les cyberboutiques et qu’elles martèlent les portails de Best Buy pour des gros discounts sur les derniers appareils électroniques domestiques provenant de Chine, les techniciens de l’US Air Force, au Télescope Spatial de Surveillance de Maui [Hawaï], toussent sur leur café tandis que leurs écrans panoramiques deviennent soudainement noirs. A des milliers de kilomètres, au centre de commandement cybernétique au Texas, les combattants cybernétiques détectent rapidement des codes binaires malicieux qui, bien que lancés de façon anonyme, montrent l’empreinte numérique distincte de l’Armée de Libération Populaire de Chine.

Cette première attaque ouverte n’avait été prévue par personne. Le « programme malicieux » prend le contrôle de la robotique à bord d’un drone américain à propulsion solaire, le « Vulture », alors qu’il vole à 70.000 pieds au-dessus du Détroit de Tsushima, entre la Corée et le Japon. Il tire soudain tous les modules de fusées qui se trouvent en dessous de son envergure gigantesque de 135 mètres, envoyant des douzaines de missiles létaux plonger de façon inoffensive dans la Mer Jaune, désarmant ainsi efficacement cette arme terrible.

Déterminé à répondre coup pour coup, la Maison Blanche autorise une frappe de rétorsion. Confiant que son système de satellites F-6, « fractionné et en vol libre » est impénétrable, les commandants de l’Air Force en Californie transmettent les codes robotiques à la flottille de drones spatiaux X-37 B qui orbitent à 450 kilomètres au-dessus de la Terre, leur ordonnant de lancer leurs missiles « triple terminator » sur les 35 satellites chinois. Aucune réponse. Proche de la panique, l’US Air Force lance son véhicule de croisière hypersonique Falcon dans un arc de 160 kilomètres au-dessus de l’Océan Pacifique et ensuite, juste 20 minutes plus tard, envoie les codes informatiques pour tirer les missiles contre sept satellites chinois en orbite basse. Les codes de lancement sont soudainement inopérants.

Au fur et à mesure que le virus chinois se répand irrésistiblement à travers l’architecture des satellites F-6 et que ces super-ordinateurs américains de deuxième classe ne parviennent pas à cracker le code diablement complexe du programme malicieux, les signaux GPS, cruciaux pour la navigation des navires et des avions américains dans le monde entier, sont compromis. Les flottes de porte-avions commencent à tourner en rond au milieu du Pacifique. Des escadrons d’avions de combat sont cloués au sol. Les drones moissonneurs volent sans but vers l’horizon, se crashant lorsque leur carburant est épuisé. Soudain, les Etats-Unis perdent ce que l’US Air Force a longtemps appelé « le terrain élevé de combat ultime » : l’espace. En quelques heures, la puissance mondiale qui a dominé la planète pendant près d’un siècle a été vaincue dans la Troisième Guerre Mondiale sans causer la moindre victime humaine.

Un nouvel ordre mondial ?

Même si les événements futurs s’avèrent plus ternes que ce que suggèrent ces quatre scénarios, toutes les tendances importantes pointent vers un déclin beaucoup plus saisissant de la puissance américaine d’ici 2025 que tout ce que Washington semble maintenant envisager.

Alors que les alliés [des Etats-Unis] dans le monde entier commencent à réaligner leurs politiques pour rencontrer les puissances asiatiques montantes, le coût de maintien des 800 bases militaires ou plus à l’étranger deviendra tout simplement insoutenable, forçant finalement Washington à se retirer graduellement à contre-cœur. Avec la Chine et les Etats-Unis qui se trouvent dans une course à la militarisation de l’espace et du cyberespace, les tensions entre les deux puissances vont sûrement monter, rendant un conflit militaire d’ici 2025 au moins plausible, voire quasiment garanti.

Pour compliquer un peu plus les choses, les tendances économiques, militaires et technologiques exposées brièvement ci-dessus n’agiront pas de manière clairement isolée. Comme cela s’est produit pour les empires européens après la Deuxième Guerre Mondiale, de telles forces négatives se révèleront sans aucun doute synergiques. Elles se combineront de façon complètement inattendue, créeront des crises pour lesquelles les Américains ne sont absolument pas préparés et menaceront d’envoyer l’économie dans une spirale descendante soudaine, reléguant ce pays dans la misère économique, pendant une génération ou plus.

Tandis que la puissance américaine s’estompe, le passé offre un éventail de possibilités pour un futur ordre mondial. A un bout de ce spectre, la montée d’une nouvelle superpuissance mondiale, même si elle est improbable, ne peut pas être écartée. Toutefois, la Chine et la Russie manifestent toutes deux des cultures autoréférentielles, des écritures abstruses non-romaines, des stratégies de défense régionales et des systèmes légaux sous-développés, leur contestant les instruments clés pour la domination mondiale. Alors, dans ce cas, aucune superpuissance de semble pouvoir succéder aux Etats-Unis.

Dans une version noire contre-utopique de notre futur mondial, il est concevable qu’une coalition d’entreprises transnationales, de forces multilatérales comme l’OTAN et d’une élite financière internationale puisse élaborer un réseau supranational instable qui ne donnerait plus aucun sens à l’idée même d’empires nationaux. Tandis que des entreprises dénationalisées et des élites multinationales dirigeraient de façon usurpée un tel monde depuis des enclaves urbaines sécurisées, les multitudes seraient reléguées dans des terres, rurales ou urbaines, laissées à l’abandon.

Dans Planet of Slums [planète bidonvilles], Mike Davis offre au moins une vision partielle du bas vers le haut d’un tel monde. Son argument est que le milliard de personnes (deux milliards d’ici 2030) déjà entassées dans des bidonvilles fétides de type favelas autour du monde, feront « les villes sauvages et en faillite du Tiers Monde […] l’espace de combat caractéristique du 21ème siècle ». Alors que l’obscurité s’installe sur quelques super-favelas futures, « l’empire peut déployer des technologies orwelliennes de répression », tandis que « les hélicoptères de combats de type hornet chassent des ennemis énigmatiques dans les rues étroites des bas-quartiers… Tous les matins, les bidonvilles répliquent par des attentats-suicides et des explosions éloquentes ».

Au milieu de ce spectre de futurs possibles, un nouvel oligopole pourrait émerger entre 2020 et 2040, avec les puissances montantes chinoise, russe, indienne et brésilienne collaborant avec des puissances en déclin comme la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon et les Etats-Unis, en vue d’imposer une domination globale ad hoc, semblable à l’alliance approximative des empires européens qui ont dirigé la moitié de l’humanité aux alentours de 1900.

Une autre possibilité : la montée d’hégémons régionaux dans un retour à quelque chose rappelant le système international en œuvre avant que les empires modernes ne se forment. Dans cet ordre mondial néo-westphalien, avec ses perspectives sans fin de micro-violence et d’exploitation incontrôlée, chaque hégémon dominerait sa région immédiate – le Brésil en Amérique du Sud, Washington en Amérique du Nord, Pretoria en Afrique méridionale, etc. L’espace, le cyberespace et les profondeurs maritimes, retirés du contrôle de l’ancien « gendarme » planétaire, les Etats-Unis, pourraient même devenir des nouvelles parties communes mondiales, contrôlées au moyen d’un Conseil de Sécurité onusien élargi ou d’une autre institution ad hoc.

Tous ces scénarios extrapolent des tendances futuristes existantes, sur la supposition que les Américains, aveuglés par l’arrogance de décennies de puissance sans précédent historique, ne peuvent pas prendre ou ne prendront pas les mesures pour gérer l’érosion incontrôlée de leur position mondiale.

Si le déclin de l’Amérique suit en fait une trajectoire de 22 années entre 2003 et 2025, alors les Américains ont déjà gaspillé la plus grande partie de la première décade de ce déclin avec des guerres qui les ont détournés des problèmes à long-terme et, de la même manière que l’eau est bue rapidement par les sables du désert, des trillions de dollars terriblement nécessaires gaspillés.

S’il reste seulement 15 ans, les risques de les gaspiller tous reste toujours élevé. Le Congrès et le président [des Etats-Unis] sont à présent dans une impasse ; le système américain est submergé par l’argent des grandes entreprises qui bloquent les usines ; et peu de choses laissent penser que toute question d’importance, y compris les guerres américaines, l’Etat national sécuritaire bouffi de l’Amérique, son système éducatif démuni et ses approvisionnements énergétiques archaïques, sera traitée avec assez de sérieux pour assurer la sorte d’atterrissage en douceur qui pourrait maximiser le rôle et la prospérité des Etats-Unis dans un monde en changement.

Les empires d’Europe sont révolus et le pouvoir suprême des Etats-Unis se poursuit. Il semble de plus en plus improbable que les Etats-Unis obtiendront quelque chose qui ressemble de près ou de loin à la réussite de la Grande-Bretagne, pour façonner un ordre mondial réussi qui protège leurs intérêts, préserve leur prospérité et porte la marque de leurs meilleures valeurs.

Alfred W. McCoy

Traduction : Questions Critiques

Alfred W McCoy est professeur d’histoire à l’Université de Wisconsin-Madison. Auteur régulier pour TomDispatch, il préside également le projet “Empires in transition”, un groupe de travail mondial de 140 historiens, provenant d’universités issues de quatre continents.

 

 

30 Responses to “La disparition des Etats-Unis en tant que superpuissance mondiale”

  1. Dans cette hypothèse les etats-unis perdent assez facilement, leurs aventure n’étant émaillées que d’échec.
    Mais je pense que les états-unis remporteront de nombreuses victoires, et c’est seulement de l’intérieur qu’ils seront détruits, car les acteurs qui l’entourent, que se soit la Russie, la Chine ou l’Europe, ont bien trop peur des représailles pour s’aventurer dans une quelconque opposition.
    Le signale sera donné de l’intérieur.

     
    • joszik
  2. Oui, vous avez raison.
    « Ordo ab chaos »

     
    • Mark Hitti
  3. Le Grand Orient de France réuni Sihem Habchi de Ni putes ni soumises et Chalghoumi, en vue de la création d’un nouvel Islam :

    http://resistancemusulmane.over-blog.com/article-la-franc-ma-onnerie-chalghoumi-et-sihem-habchi-de-npns-se-reunissent-pour-creer-un-nouvel-islam-63001195.html

     
    • sahabas
  4. Ne parle t’on pas « de juif » dés lors qu’il y a une élite ,une société secrète stratifiée et organisée ?

     
    • UN chouka
  5. Oui, mais c’est possible que dans sa chute l’empire entraine avec lui la chute de tout le système de pouvoir mondial, trop corropu a mon avis pour pouvoir survivre.

     
    • truth
  6. (lol)
    Et si nous ne vous avons pas attendu pour agir ? ;-)
    De toute façon, c’est chacun pour sa peau,mais « l’ordre public » a la solde, comme d’hab, vat par tous les moyens bailloner les gens qui voyent venir les choses,il me semble ?
    Ne sont ‘ils pas sur une pente violente et arbitraire en ce moment (dictature montre ton vilain nez pour voir )?
    Voir le tribumal de Bobigny di 11-12-10. :-D

     
    • UN chouka
  7. Ho, oui,je le crois moi aussi :-)

     
    • UN chouka
  8. Salut à tous.

    ILS en sont arrivés à vous faire croire que leur plans intégrant crises et conflits sont inévitables pour remettre de l’ordre !?!
    En fait biens d’autres solutions existent, mais ces alternatives demandent une véritable implication en plus des constats.
    Eux attendent juste que nous nous mettions bien sur la gueule en veillant à se retrouver loin des troubles et, une fois la populace réduite des 2 tiers, ILS pensent mieux jouir de l’espace; et pouvoir plus aisément contrôler un troupeau qu’ILS auront égaré dont les peurs seront manipulables à souhait.
    Comme vous pouvez le voir, ce n’est pas ainsi en attendant que ça ce passe que je vois les choses car tout mon être me crie que mon action a son importance et que ma détermination à un rôle à tenir dans le cour des évènements.
    Agir, ça sous-entend d’y croire et c’est sûr que pour ceux qui renoncent, la fin va être longue à venir et j’aurais à leur place choisis de l’accélérer car assister au spectacle sans réagir me serait une torture invivable.

    A tous, bon toujours

     
    • erb
  9. On s’en réjouit tous par avance. Cette tyrannie n’a que trop duré.

    http://resistancemusulmane.over-blog.com/

     
    • sahabas
  10. Grosse rigolade, c’est bien avant que tout notre système va se casser la gueule.

    c’est en cours, il ne va pas y avoir que les US,tout le monde va morfler grave.

     
    • boris
  11.  
    • Céline Drumont
  12. Pour cèrtains auteurs les ricains sont des ariens nomades et èsclavagiste,qui chassent .

     
    • UN chouka
  13. Il y a quelques auteurs americains qui metent l’accent sur la libèrté d’entreprendre ,les lois divèrses ,aux USA.Ce fut le cas pour l’europe dans les années 30-40,qui etait lourdement lèstée par les dogmes ,les lois antiques ,la morales bourgeoises,et la rigidité èsclavagiste ,il me semble ?
    Ainsi,j’ai eu l’impression que bien des entreprises inoventes des USA (biologie,genetiques ,chimique, electronique,….. , partent dans des pays bien plus pèrmicifs en matière d’hygiene,de securite, de legislation,d’impots,de salaire naturellement,de toutes sortes de libèrtés sur « le vivant » surtout qui ne sont plus pèrmises aux USA,il me semble ?
    Ainsi les novateurs sont partis avec leur fric ,mais aussi celui des autres, pour s’installer ayeur et négliger leurs pays d’origines,peut etre ?Les impots ,ne tombent plus,et l’etat emprunte a la place des recettes pour ne pas risquer une rupture brutale qui légitimerait aussitot une guerre contre les nouveles zones industrielles a l’etranger,il me semble ?
    Au lieucx de ça, il y a la ruine lente,sournoise ,mais ineluctable,il me semble ?
    Il est surement trop tard pour l’ouest maintenant?La faute a la lacheté, a linsouciance,……………………………Salut les gens :-D

     
    • UN chouka
  14. a lire Emmanuel Todd: Après l’empire

     
    • boerelul
  15.  
    • jinoo
  16. Évidemment à lire:

    Emmanuel Todd: Après l’empire, Essai sur la décomposition du système américain, Gallimard, Paris, 2002

    Ou comment la chute de l’empire est vue dans l’angle d’une analyse démographique

    bonne lecture

     
    • boerelul
  17. En 2005, j’avais ecrit le meme type d’article, les etats-unis avaient 10 ans s devant eux… il leur reste plus longtemps, la question est qui va remplacer les etats-unis en tant que super puissance… un monde multi polaire ou … israel et ses relais europeens et nord americains ?

     
    • AS
  18. Bonjour à tous
    A ma connaissance, neslibres, les rifains sont des berberes.
    La disparition de l’empire us est l’occasion idéale pour lire ou relire AL MOUQADIMA d’IBN KHALDOUN.
    Esperant que le ZYKLON B que produisent les pentagone, l’otan, wall street, la cia, le congress, le conseil de sécurite, la maison blanche et la fed disparaitra avec l’extinction de cet empire du mal.
    La place qu’occupe la CHINE comme accelarateur de l’effondremnt des usa est indéniable.
    A mon sens, un autre état a joué un rôle beaucoup plus important: ISRAEL.

     
    • mohamed
  19. Article très intéressant, qui mériterait quelques nuances. Néanmoins, c’est un très bon travail !

     
    • Julien Teil
  20. A ma connaissance les rifains sont des berberes.
    la disparition des états unis est un theme qui devrait nous inciter à lire ou relire AL MOUQADIMA d’IBN KHALDOUN.
    C’est plus instructif que nostradamus.

     
    • mohamed
  21. Salut Alain, moi c’est Stéphan. Erb étant le nom de famille de ma mère, j’emploie son ordi.
    Pour ce qui est de ta dernière question, je serais tenté de penser qu’aucun d’entre nous n’a de contrôle sur rien à part ses propres émotions et l’utilisation de son potentiel. L’univers sans nous a vécu et vivra, et sur lui, notre contrôle est si infime pour l’instant qu’il serait stupide de penser l’influencer.
    Quant aux jeux qui font aller et venir les émotions et les pensées, ils fluctuent avec l’évolution. Et attendre de notre condition d’ignorants des solutions et des réponses qui auraient vertu de lois justes et définitives pouvant nous rassurer un peu sur notre état d’humain, c’est prématuré et chaque croyance admet des contradictions nécessaires à notre apprentissage.
    En fait, c’est cela: je pense que nous sommes des apprentis de la vie et comme tous bons apprentis, les essais sont nombreux et les réussites rares. L’humilité à l’honneur et les certitudes ravalées.
    Choisir un camp est un réflexe mais à y réfléchir ce n’est pas très judicieux pour évoluer, à part s’il s’agit du camp des humains.
    En tous cas, je crois que c’est l’observation et la recherche d’acceptation de soi et du respect que nous devons accorder aux vivants, qui nous offrent le plus de chances d’apaiser nos appréhensions fasse au vertige qui nous saisi dés que nous observons le cosmos.
    Bien entendu ce ramassis de lettres censées former mots et idées, doivent s’associer à une action concrète au travers d’un effort total et désintéresser à la poursuite d’un grand idéal.
    Les associations et entreprises sociales qui se multiplient apparaissent comme un bon moyen
    de traduire en actions les intentions louables.
    Je suis à Nîmes et autorise Mecanopolis à communiquer mes coordonnées à la demande ( si Mecanopolis est bien sûr disposé à jouer le rôle…).
    C’est peut-être insignifiant ou une aventure fabuleuse et de ne pas essayer sera le plus grave.

    Salut à tous et bon toujours.
    Si l’un de vous souhaite se mettre à l’œuvre, je suis disposé à faire équipe avec des personnes qui souhaiteraient grandir en étant utiles à la communauté.
    De la forme et l’esprit que pourrait revêtir cette entreprise, comme tu as pu le lire dans mes messages, la pensée cardinale, la finalité, devraient être le respect du vivant duquel tout découle. Pour son application, dans le cahier de route visant à déterminer les actions et leurs priorités, les pages sont blanches, tout est à écrire.
    Et au regard du nombre d’impatients d’en découdre que je croise sur ce site, nous ne devrions pas être en panne d’idées d’ici demain… et pas en manque de bonne volonté !

    Lesquels d’entre vous prennent la balle au vol et désirent un changement assez fort pour commencer par définir un plan d’action et se mettre à l’œuvre pour l’accomplir ?

    A tous bon toujours.

     
    • erb
  22. belle analyse,bravo

     
    • louis
  23. bonjour,
    comme a son habitude erb le bon prophete, nous inssufle la ou se trouve le bon sens ou tout au moins les formules salutaires.J’avoue pour ma part ne savoir trop quoi penser de ces scenarios de malheur (qu’en dit Nostradamus ?). Toutefois comme notre donneur de lecons Francais M.Attali qui nous parle de nomadisme, de regulation aux petits oignons, je ne veux considerer toutes ces opinions catastrophiques que comme des leurres. Ce qui n’implique pas que la pensee humaine ne soit pas capable d’elaborer de tels scenarios avec forces de statistiques, de determinants en fait interpretatifs. Mais a mon tour, je suis persuade que l’inattendu (evenementiel) peut jouer son role et bousculer le previsionnel, la suprematie du sujet conscient de lui meme, qui bouffe au ratelier de la Science (sans sujet) et du sujet empetre dans le langage. Notre metaphysique occidentale en est l’expression.Les Empires resident dans notre espace mental et humain. La dialectique nous enferment dans l’impasse de l’eternel retour. Prenons acte de ce que sont nos determinations humaines afin de pouvoir s’ouvrir a la force du reel qui ne peut que remettre de l’ordre dans tout ce fatras. Meme si le reel est insaisissable, comme une comete, il laisse des traces que l’on peut percevoir. Il n’y a jamais eu de Paradis Terrestre, donc on ne peut retourner vers ce qui n’a jamais eu lieu. Il existe toutefois un possible qui peut toujours s’ouvrir non pas ineluctablement sur un precipice, mais sur une mer obstacle qui se retire ouvrant une voie, ou nos voix pourront encore se faire entendre. Dans les previsions cites dans le texte, que deviennent les oligargues mondialistes qui dominent la planete, qu’ils jouent pour l’ecroulement des Etats Unis, j’en suis convaincu depuis longtemps. Parient ils sur la Chine et les puissances montantes continuant a faconner leur ordre (invisible). Sont ils responsables de tout cela, ou tout cela les depassent t’ils. On ne peut pas dire un jour qu’ils tirent les ficelles et une autre fois que la destinee echappe a leur emprise. J’aimerai bien que l’on me reponde une fois pour toute et non pas jouer sans cesse sur tout les tableaux. Cordialement Alain Monier.

     
    • Alain Monier
  24. c’est ce que je pensais. plutot optimiste a l’allure que ça va en ce moment. si ça tient ne serait ce que 10 ans encore ça sera deja un miracle.

     
    • la realité
  25. Salut à tous.

    Et dire que l’humain quand il arrive au monde à soif de tendresse, de paix et d’amour !?!
    Le passé est-il encore une référence pour les Hommes modernes ? L’évolution de nos connaissances et de nos prises de conscience peuvent encore jouer un plus grand rôle dans le destin de notre espèce.
    Les travaux pénibles, désormais assumés par les machines qui bientôt se fabriqueront seules, rendent les Hommes inutiles voire encombrants aux yeux de ceux dont le confort est acquis. ILS voudraient ne pas être dérangés par la misère et les mouvements sociaux durant le temps qu’ils passeront à fouler cette planète qu’ILS veulent garder proprette.
    Passer sa vie dans la peur qui pousse à dominer et contrôler, ce n’est pas une perspective encourageante et certainement pas un objectif censé permettre la réussite d’une existence.
    Il m’étonnerait qu’ILS ne soient pas au courant de cet état de fait. Aussi, gaspiller du temps et de l’énergie à penser à s’entre-tuer, au lieu de jouir pleinement de leurs années, est un attitude permettant de n’obtenir qu’une portion congrue de ce que la nature nous a mis à disposition.
    Il est donc probable qu’un consensus parmi les dirigeants les accorde, puisque nous savons que ces comportements visant à dominer sont maladifs et réclament des soins pour être guéri, et non des fusils, qui ne font qu’aggraver le problème.
    Esclave ou esclavagiste sont liés par la souffrance et le malheur: le premier y perd son corps, et le second son âme dans un contexte qui jamais ne permet à l’un ou l’autre d’atteindre le bien-être.

    Cependant il LEURS reste à réguler notre démographie car, en trop grand nombre, l’avidité ne peut être enrayée et l’assouvissement de l’appétit de chaque Homme réclame une énergie qui est limitée à notre planète.
    L’Amérique est morte, vive la Chine, ou: le roi est mort, vive le roi ! Comme toujours, les peuples subissent la situation, la misère et la richesse voyagent d’un continent à l’autre au fil des siècles et certains savent mieux que d’autres profiter de chaque époque et situations.
    Les moyens colossaux en ressources humaines et énergétiques employés à nous dominer les uns les autres par la constitution d’armées toujours plus dispendieuses et sophistiquées, risquent d’inciter certains, plus malades encore, à des raccourcis.
    En cela, le développement d’armes bactériologiques visant la stérilisation ou la mort, sont à surveiller car c’est ce qui peut à moindre coût servir efficacement la folie.
    Des virus capables de cibler telle race ou population choisie, risquent d’être l’arme des gouvernements pauvres dotés, en général, de moins de scrupules. Et sur la propagation d’un virus, notre capacité de contrôle peu s’avérer nulle…
    Les Amerlocs ont aboli l’esclavage dans leur pays dés lors, ils y ont soumis le monde éloignant et générant ainsi la pauvreté et la misère hors de leurs frontières.. Les dirigeants ont abruti le peuple américain pour lui faire accepter le financement d’armes censées protéger le monde alors que c’était pour le piller. Pendant qu’ils abrutissaient leur propre peuple, les orientaux cultivaient le leur. Le leadership passe dans d’autres mains sans doute aussi malades d’avidité.
    Seul le bon-sens va autoriser notre pérennisation. Nous préférons tous un monde en paix pour y faire naître et vivre des enfants heureux.
    TOUS.
    Les peurs qui nous cantonnent à la barbarie régressent, et nos exigences en faveur du respect du vivant nous impose d’agir en s’aidant plutôt qu’en se bombardant.
    La vision que nous avons des autres et du monde est l’exact reflet de nos propres âmes.
    Nous méritons de croire en nos chances et de chaque jour les provoquer. A quoi bon vivre sinon. Pour se reposer, l’éternité suffira amplement. Ici bas, c’est l’action qui est à l’honneur !
    Les Hommes ont faim de paix et soif de fraternité, surtout ceux qui ont le ventre vide
    et aucun avenir.
    Nous pouvons réussir le défi, l’exploit, de croire les uns dans les autres en s’accordant mutuellement confiance et respect.

    A tous, bon toujours.

     
    • erb
  26. 2025 c’est très optimiste. Ce sera bien avant 2020. Et même nettement avant !

     
    • MOMO
  27. L’AC-130 Spooky n’est pas un hélicoptère mais un avion. (Un Lockheed AC-130, comme son nom l’indique bien)

     
    • Graznouf
  28. « En 1921, l’Espagne impériale mourante envoya 20.000 soldats se faire massacrer par les guérillas berbères au Maroc »
    Petite correction:il ne s’agit pas des berbères mais des rifains.

     
    • neslibres
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