L’inflation est-elle de retour ?

 

Trop longtemps les citoyens se sont désintéressés des questions monétaires et du système bancaire. C’est là une des nombreuses causes de la crise financière qui a peu à peu démytifié tout d’abord les directeurs des grandes banques, puis les gouvernements, et maintenant les responsables des banques centrales. Mais les choses ont changé. Non seulement les politiques et les associations, mais également de nombreux citoyens se réunissent, réfléchissent et discutent du système monétaire, officiellement ou dans des cercles privés, comme il convient à une société civile responsable. Et c’est bien ainsi. L’article ci-dessous vise à apporter une contribution au débat.

La plus importante organisation écono­mique de Suisse, economiesuisse, a publié récemment un document intitulé « Kehrt die Inflation zurück ?» («L’inflation est-elle de retour?») Ses deux auteurs, de l’Université de Saint-Gall, critiquent la politique actuelle des banques centrales. Nous allons résumer ici les principales thèses de cette étude et les illustrer d’exemples fournis par des événements récents. Les auteurs présentent leur étude sous forme de thèses car la complexité des problèmes ne permet pas d’effectuer des pronostics sûrs.

«Quantitative easing» 1 et 2

Auparavant, on parlait de «planche à billets» que les politiques décidaient, en collaboration avec les banques centrales, de faire fonctionner lorsqu’ils ne savaient plus que faire ou lorsqu’ils menaient une guerre ou en préparaient de nouvelles. Pour dissimuler la réalité, on parle aujourd’hui de «quantitative easing», c’est-à-dire d’«assouplissement quantitatif». Le patron de la FED Ben Bernanke a été le premier à procéder ainsi. En novembre 2008, il annonça le programme QE1. Il acheta alors avec des dollars nouvellement émis des quantités de titres: pour 175 milliards d’emprunts des géants du refinancement hypothécaire Fanny Mae et Freddie Mac (qui jouent tous les deux un rôle central dans la crise américaine de l’immobilier), pour 300 milliards d’emprunts d’Etat américains et pour 1250 milliards de titres hypothécaires problématiques. Cette politique était censée stabiliser le marché de l’immobilier.

Or cet objectif n’a pas été atteint. Les marchés financiers se sont certes un peu calmés, pour diverses raisons, mais le marché de l’immobilier n’est absolument pas assaini.

Il y a quelques semaines, la Banque centrale américaine a annoncé le programme QE 2, de moindre ampleur que le QE 1: Alors que le premier était de 1750 milliards de dollars, le second, de 600 milliards, est à peu près 3 fois moins important.

D’autres banques centrales ont emboîté le pas à la FED. La Bank of England a pratiqué également le «quantitative easing» en rachetant des emprunts d’Etats du gouvernement avec 200 milliards de livres nouvellement créées. Et Londres a déjà annoncé d’autres mesures. Le Japon et la Banque centrale européenne (BCE) procèdent de même. On ne saurait douter que la BCE continuera de faire fonctionner encore davantage la «planche à billets» (ou plutôt son équivalent électronique), en particulier pour racheter des emprunts d’Etat pourris. Le capital propre de la BCE devrait prochainement être doublé au moyen de contributions de ses membres afin de couvrir les pertes futures.

Comment en est-on arrivé là ?

Dans de nombreux pays, la politique des banques centrales s’accompagne de mesures de sauvetage de l’économie et des banques qui atteignent des sommes records et ont augmenté de manière considérable la dette publique. Mais ce n’est pas la seule raison de la situation actuelle. L’énorme endettement actuel est l’aboutissement de montagnes de dettes qui se sont accumulées pendant quatre décennies et qui avaient déjà atteint un niveau inquiétant avant la crise. La dette souveraine des Etats-Unis, p. ex., a presque doublé au cours des cinq dernières années et va dépasser ces jours-ci 14 000 milliards de dollars. Et ce montant ne comprend pas les dettes inquiétantes des communes et des Etats fédérés.

La politique monétaire des banques centrales est-elle réaliste?

Dans la vie ordinaire, chacun doit fournir un travail avant d’être payé. Contrairement à autrefois, les banques centrales procèdent de manière inverse: elles créent à partir de rien de l’argent avec lequel ceux qui le reçoivent peuvent acheter des biens et des services que les autres ne peuvent obtenir qu’en travaillant dur. Est-ce sain? A qui cela profite-t-il? Qui est désavantagé? Quel est l’objectif de cette politique? Ben Bernanke, le patron de la FED, veut relancer l’économie et réduire le chômage avec de l’argent bon marché, créé de toutes pièces. Les banques reçoivent cet argent afin d’accorder des prêts censés permettre la création d’emplois. On espère ainsi ramener le chômage à 5%, taux jugé «normal» alors qu’il est aujourd’hui d’un peu moins de 10%.

Cela va-t-il fonctionner? En 2009, les banques américaines ont accordé 1000 milliards de crédits de plus qu’en 2008. En 2010, la situation était différente. De nombreux Américains ont pris conscience du fait qu’ils ont longtemps vécu au-dessus de leurs moyens. Ils ont commencé à rembourser leurs dettes, ce qui est en soi réjouissant (et devrait continuer pendant de longues années). L’année dernière, ils ont remboursé plus de dettes qu’ils n’en ont contractées. Certains particuliers et certaines entreprises commencent à se débarrasser de leurs dettes. Mais cela ne crée guère d’emplois. Depuis le début de la crise, 7,5 millions d’emplois ont été supprimés et n’ont pas été recréés jusqu’ici.

Selon les dernières statistiques, le chômage se maintient entre 9 et 10%. Si on le mesure selon les méthodes des années 1930, il touche plus de 20% de la population active. Mais aujourd’hui, on ne comptabilise que les demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance-chômage. Qu’est-ce que cela signifie? Des millions d’Américains ne contribuent pas au développement économique du pays bien que la situation se soit un peu améliorée et qu’un petit nombre d’emplois aient été créés. Le taux d’activité – la part des actifs dans la population totale – continue de baisser et n’a jamais été aussi bas qu’aujourd’hui. Le nombre des bénéficiaires de bons alimentaires (Supplemental Nutrition Assistance Program) a atteint 43 millions, un record.

De l’argent créé comme par miracle

Aujourd’hui, les banques peuvent créer des billets de banque en appuyant sur un bouton. Cependant, elles ne peuvent pas vraiment décider de la destination de cet argent. Ces dernières années, les Etats-Unis et d’autres pays ont délocalisé une partie importante de leur production à l’étranger, vers des pays comme la Chine, les Philippines, la Corée, l’Indonésie et également l’Amérique du Sud, où les salaires sont inférieurs. Les «merveilleux» appareils d’Apple sont vendus partout dans le monde parce qu’ils permettent si bien de téléphoner, de jouer, de surfer sur Internet, etc. L’entreprise américaine fait des profits records mais ne crée que peu d’emplois aux Etats-Unis parce que ces appareils sont fabriqués en Asie. Comme le précise la société, ils sont «conçus en Californie et produits en Chine».

Aujourd’hui, d’immenses secteurs économiques seraient nécessaires pour réduire vraiment le chômage. En théorie, les emplois perdus dans l’industrie devraient être compensés par des emplois créés dans les services. Mais est-ce réaliste? Peut-on y offrir des emplois à des millions de chômeurs. On se rend compte de plus en plus que des pro­blèmes structurels comme le taux élevé de chômeurs ne peuvent pas être résolus en faisant fonctionner la planche à billets.

« Argent vagabond »

Qu’advient-il de cet argent nouvellement créé qui ne circule pas ou pas comme il devrait? Il «se promène» et crée de la croissance et de la prospérité dans d’autres parties du monde. Mais est-ce vrai? Les auteurs de l’étude d’economiesuisse parlent dans leurs thèses d’« argent vagabond » qui va avant tout dans les pays où les investisseurs escomptent d’importants profits parce qu’ils sont prospères, qu’ils n’ont pas traversé de crise immobilière et ne sont touchés par la crise financière que de manière marginale.

Il s’agit notamment du Brésil, qui vit une période de prospérité. Pendant le seul mois d’août dernier, 242 000 emplois ont été créés. Les salaires, l’inflation et également les taux d’intérêts augmentent. Les ventes de voitures ont atteint des records. On construit un grand nombre de maisons. Le taux de chômage n’a jamais été aussi bas dans l’histoire du Brésil. A première vue, c’est très réjouissant.

Mais quand on y regarde de plus près, on se met à en douter. L’argent des spéculateurs étrangers stimule artificiellement la croissance et provoque une situation malsaine et fragile. On observe déjà des signes de surchauffe, de boom immobilier et de «bulle immobilière». La hausse des taux d’intérêts pourrait provoquer un effondrement de la conjoncture, avant tout parce que les propriétaires de maisons ne pourront plus payer les intérêts ou que les consommateurs se verront incapables de rembourser les dettes qu’ils ont contractées à la légère. Ce phénomène nous est maintenant très familier. Les Américains, les Espagnols, les Irlandais notamment en savent quelque chose.

A cela s’ajoute le fait que les spéculateurs étrangers reprennent vite leur argent quand l’horizon économique commence à s’assombrir. Il y a dix ans, lors de la crise asiatique, de nombreux pays en ont fait l’expérience. Les fonds spéculatifs étrangers, avant tout, ont causé d’importantes difficultés financières à ces pays lorsqu’ils ont stimulé artificiellement la croissance puis se sont retirés rapidement lorsque leurs attentes ont été déçues.

De nombreux pays asiatiques et surtout des pays d’Amérique du Sud prennent aujourd’hui des mesures pour freiner l’afflux exagéré et dangereux de dollars. Ainsi, la Corée du Sud a déjà promulgué des lois visant à réduire l’afflux de capitaux étrangers. L’Indonésie fait de même. Le Brésil et la Thaïlande ont augmenté les impôts des étrangers qui vendent des titres dans ces pays.

Pourquoi l’inflation est-elle encore à peine visible ?

Economiesuisse soulève dans ses thèses une autre question essentielle: Pourquoi le «quantitative easing», c’est-à-dire le doublement, voire le triplement de la masse monétaire dans beaucoup de pays n’ont-ils pas depuis longtemps entraîné une dévaluation?

Les auteurs de l’étude avancent différentes raisons: Tout d’abord, l’expérience a montré qu’il faut 3 à 4 ans pour que les prix augmentent. Certains facteurs accélèrent le phénomène et d’autres le ralentissent: Ainsi l’automatisation progressive de la production freine la hausse des prix. Elle a eu pour résultat qu’en bien des endroits les capacités industrielles ne sont pas pleinement utilisées. Avec l’appareil de production actuel, on pourrait produire davantage. En d’autres termes, l’offre potentielle est plus importante que la demande.

La concurrence globale a le même effet. Par exemple, si le groupe VW voulait augmenter ses prix de 10%, de nombreuses personnes dans le monde entier préféreraient acheter des voitures françaises ou japonaises dont les usines ne tournent pas à plein régime et seraient heureuses de vendre leurs voitures à l’ancien prix.

L’argent nouvellement émis par les banques centrales est certes prêt à créer une demande supplémentaire dans les pays occidentaux touchés par la crise, mais pour le moment le phénomène est peu perceptible. Les Américains, par exemple, consomment moins. Malgré de faibles taux d’intérêts, ils ont commencé à épargner et ils remboursent leurs dettes. L’argent frais cherche une autre utilisation et commence à «vagabonder», comme le montrent les auteurs de l’étude d’economiesuisse. Il sert à acheter des titres et s’investit dans les Bourses des matières premières dont certaines enregistrent de nouveau des records. Ou il s’investit – comme nous l’avons dit – dans les pays d’Asie ou d’Amérique du Sud qui ont été moins touchés par la crise et où les investisseurs étrangers escomptent des rendements élevés.

L’inflation revient

La politique monétaire extrêmement expansive d’aujourd’hui augmente considérablement la masse monétaire en circulation. Cependant l’effet sur les prix se fait sentir avec un retard considérable. «La politique monétaire d’aujourd’hui détermine le taux d’inflation d’après-demain.» (economiesuisse). Certes, les responsables des banques cen­trales affirment que dans les pays occidentaux le renchérissement sera limité et qu’ils seront vigilants, mais ils se gardent de faire des pronostics pour les prochaines années.

Voici un exemple actuel: Le 3 février, le Conseil de la BCE a décidé de poursuivre sa politique monétaire expansive et de maintenir son taux directeur à 1% malgré l’inflation. Son président Jean-Claude Trichet a déclaré qu’il ne voyait là aucun risque pour la stabilité des prix et que la BCE n’avait aucune raison de modifier sa politique monétaire.

Or il n’y a pas uniquement des facteurs qui ralentissent l’apparition de l’inflation: il y en a aussi qui l’accélèrent:

1. Les prix des matières premières, de l’énergie et des denrées alimentaires augmentent considérablement sur les marchés mondiaux. Le pétrole coûte de nouveau 100 dollars, le prix du minerai de fer a presque doublé, ceux du gaz et de l’électricité ont, en Allemagne, augmenté de 25%, ceux des céréales ont augmenté de presque 50% dans les Bourses des matières premières, celui du coton a doublé, etc. Et comme d’habitude, la spéculation renforce la tendance.

2. La Chine, le Brésil, l’Inde et d’autres pays émergents sont en plein boom. Ils souffrent déjà d’une forte inflation et ont pris des mesures rigoureuses. Ainsi les banques doivent avoir des réserves plus importantes et modérer leurs octrois de crédits. La Banque centrale chinoise a déjà relevé deux fois ses taux directeurs. La Corée du Sud et la Thaïlande ont fait de même. Les pays occidentaux achètent une bonne partie de leurs produits industriels dans les pays d’Asie et d’Amérique du Sud. La surchauffe et l’inflation galopante que subissent ces pays renchérissent les biens que nous importons. Nous nous en rendrons bientôt compte lors de nos achats.

3.Une guerre monétaire se dessine: Tandis que lors de la crise économique mondiale des années 1930, les différents pays protégeaient leur économie au moyen de droits de douane, un phénomène semblable se produit aujourd’hui avec les monnaies. Ainsi les Etats-Unis affaiblissent le dollar en recourant à la planche à billets, si bien que leurs entreprises peuvent offrir leurs produits et services moins chers sur le marché mondial. En même temps, la FED comble avec l’argent frais les «trous» du budget fédéral et déprécie la montagne de dettes accumulée pendant des décennies et devenue impossible à rembourser.

Cette politique ne passe pas inaperçue. D’autres banques centrales imitent les Etats-Unis et anéantissent l’avantage de ces derniers dans le commerce mondial. Ainsi, la BCE, grâce à la planche à billets, remplit les caisses vides des pays en crise, dévalue leur monnaie et leur montagne de dettes. Et d’autres pays, dont le Japon, font de même. Quelles seront les conséquences de cette politique?

La confiance dans les autorités monétaires diminue d’une manière générale. Les auteurs de l’étude d’economiesuisse arrivent à la conclusion qu’une véritable « guerre monétaire » menace de se produire qui va déclencher dans le monde une pléthore de liquidités et très probablement une inflation au plan mondial dont les conséquences pour les populations seront dévastatrices. Des indices sont-ils déjà perceptibles? Qui paiera la note?

Le taux d’inflation est déjà de 3% en Angleterre et de plus de 2% dans la zone euro. La tendance continue cette année bien que les statistiques officielles soient controversées. Un professeur de l’Université de Fribourg-en-Brisgau a calculé l’inflation «ressentie» au moyen d’une méthode qui donne davantage de poids à la hausse des prix des biens de consommation courante. Il a ainsi obtenu pour l’Allemagne un taux presque 3 fois plus élevé que celui des statistiques officielles.

Pour résumer, je renvoie les lecteurs à un article paru dans la «Neue Zürcher Zeitung» du 18/1/11, intitulé «Les souffrances des petites gens – Même une faible inflation réduit de manière considérable le pouvoir d’achat de l’argent à longue échéance». L’auteur renvoie notamment à un calcul de la Bundesbank selon lequel le dollar a perdu, depuis août 1973, date où a été instauré l’ordre monétaire actuel, 86,6% de son pouvoir d’achat.1

Les banques centrales sont-elles tenues en laisse par les politiques?

Les banques centrales pourraient mettre un terme à leur politique monétaire extrêmement expansive. Cela ne poserait pas de problèmes techniques mais coûterait très cher aux Etats surendettés car les intérêts plus élevés grèveraient leur budget et freineraient l’économie. Une augmentation de 1% du taux dans la zone euro entraînerait une augmentation de 70 milliards d’euros de charges d’intérêts. Selon l’étude d’economiesuisse, on peut douter que les banques centrales soient prêtes à résister à la pression politique et économique exercées sur elles par les gouvernements pour qu’elles continuent de pratiquer le «quantitative easing», voire qu’elles l’intensifient. Le plan «Quantitative easing 2» prend fin le 30/6/2011. Tom Hoenig, président de la FED de Kansas City et membre de l’Open Market Committee, s’est opposé ces derniers mois à la politique officielle de la FED. Aujourd’hui, il nous apprend qu’elle envisage de mettre en œuvre un plan «Quantitative easing 3» si la conjoncture économique continue d’être décevante.

Ajoutons un autre facteur: On est frappé par le fait que les plus importantes banques centrales comme la FED, la Bank of England, la BCE, la Bank of Japan et également la BNS coordonnent leurs politiques monétaires. Certes, il existe des différences, mais ces banques synchronisent leurs politiques monétaires sous la houlette de la FED et de son patron Ben Bernanke. Ce dernier a succombé à l’illusion selon laquelle, pour mettre un terme à la crise, il faudrait faire marcher vite et fort la planche à billets. Il se trouve que cette politique ne devrait pas être abandonnée de sitôt. Il n’est donc pas facile pour les autres banques centrales d’adopter une stratégie différente. L’inflation à venir – telle est la conclusion de l’étude d’economiesuisse – sera très probablement globale.

Alors, est-ce si grave?

« A longue échéance, nous serons tous morts ». C’est avec cet «argument» que l’économiste des années 1930 John Maynard Keynes répondait aux voix critiques qui affirmaient qu’à long terme, la politique de désendettement financée par le recours à la planche à billets menait à une impasse. A ce sujet, les auteurs de l’étude d’economiesuisse font remarquer pertinemment que « le long terme va pourtant arriver. Et nous ne serons pas tous morts, mais occupés à réviser l’actuelle politique monétaire mondiale

Conclusion

Les auteurs de l’étude parviennent à la conclusion suivante:

« Aujourd’hui, les acteurs économiques adaptent beaucoup plus vite que dans les années 1970-1980 leurs anticipations d’inflation aux informations nouvelles. La hausse du taux d’inflation peut par conséquent être plus rapide. Par la suite, les investisseurs veulent voir leurs pertes compensées par des taux d’intérêts plus élevés. La réputation des banques centrales, censées vouloir et pouvoir assurer la stabilité des prix, en souffre et ne fait qu’augmenter les anticipations d’inflation. Il en résulte que les acteurs économiques anticipent des taux d’inflation constamment élevés. La hausse des prix des matières premières se répercute sur l’évolution générale des prix. La spirale prix-salaires, que rien n’annonce actuellement, entraîne des taux d’inflation non seulement plus élevés mais persistants. […] De nombreux indices parlent malheureusement en faveur de ce scénario inflationniste. Par conséquent, une politique monétaire restrictive des banques centrales visant le retour à la stabilité des prix conduirait à une récession mondiale. La réduction de l’énorme excédent de liquidités global va coûter très cher. Plus on attendra, plus graves seront les conséquences pour l’économie globale. »

Horizons & Débats

 

10 Responses to “L’inflation est-elle de retour ?”

  1. Bordel mais c’est un chouette article pour comprendre un peu l’inflation monétaire et ce qui en découle.

     
    • Anon
  2. Salut à tous.

    Les politiques économique n’ont jamais été dictées par le soucis du confort des masses car le gros des sommes obtenu par le jeu de la planche à billets associé à la bourse, est pour sa plus grande part destiné à conforter l’oliarchie qui a trouvé un moyen de multiplier ses gains et assoir son hégémonie avec le minimum d’efforts dans un minimum de temps ! Ils savent de mieux en mieux piller et les moyens modernes accélèrent le processus.
    Néanmoins, à présent au « sommet », ILS se soucient de l’espace et donc de notre nombre.
    La racine de leur problème dépasse l’argent qui n’est lui que virtuel. ILS jonglent avec et nous excluent du jeu. Le prochain remplacement de l’Homme par des machines tend à reléguer le travail tel que nous l’entendons depuis toujours aux oubliettes. Créer des emplois n’a plus de sens si ce n’est pour nous détourner de leur plan cardinal visant à diminuer tout simplement notre nombre pour se conserver de l’eau et de l’air purs.
    ILS ne souhaitent plus rien qui soit matériel car la possession n’a plus de sens pour eux qui ont déjà tout… sauf la chance de vivre dans un monde serein qu’ILS ne peuvent
    envisager qu’en ayant stabilisé notre nombre sur la planète à 500 millions d’individus !
    Toutes les actions de nos gouvernants et les informations qu’ILS nous en donnent, n’ont que le but de porter notre attention ailleurs que sur leur programme de stérilisation secret et insidieux (puisque décidé unilatéralement selon leurs préférences éthniques) et les préoccupations hummanitaires ou sociales ne visent pas la pérennité de l’espèce mais son élagage « en douceur »!
    Bien qu’à mon sens nous serons contraints par le bon sens à une régulation de notre nombre, cette idée reste choquante étant donné la proximité des horreurs engendrées par les eugénistes du siècle passé.
    Les véritables motivations des plus riches et donc des plus peureux de la planète nous sont dissimulées. Les évidences devraient tous nous conduire à refuser les compromis mais nous venons de jouir d’un confort et d’avantages acquis le plus souvent sur la misère d’autres peuples sans que cela ne nous révolte !
    Dans ces conditions notre crédibilité est mise à mal et nous nous sommes endormis ou fait endormir de telle façon que notre capacité de mobilisaion c’est éteinte avec nos illusions.
    Nous sommes utilisés comme des pantins et oeuvrons la plupart du temps à défendre les intérêts de démagogues paranoïaques soumis au besoin de dominer même si c’est au détriment du respect de soi et de la vie.
    Chômage, emplois, magouilles financières et autres scandales chargés de détourner notre attention, sont loin d’être les sources principales de nos maux dont l’origine se trouve tout simplement dans l’éducation savament instillée par les Etats, qui leurs permet un contrôle sur les peuples ainsi rendus ignares .
    Pourtant l’hummanité possède les outils nécessaires à son appaisement et bien qu’encore cahotique, notre évolution nous permet de mieux en mieux d’utiliser la meilleure part de nous-même.

    Faire attention à mettre au monde des enfants qui auront de quoi boire et manger et les instruire au mieux pour utiliser avec pertinence ce génome nouveau que la nature nous offre à chaque nouvelle génération pour nous parfaire devient urgent.
    Bientôt au lieu d’étouffer par peur le talent de nos imaginations les plus pures que sont nos enfants, ce sont eux qui seront nos enseignants desquels naîtra les solutions salvatrices.

    A tous, bon toujours.

     
    • erb
  3. T out a fait d’accord avec votre ana lyse mais je prolongerai en appuyant sur la destucturation des monnaies qui a mon avis ne reléve pas du hasard mais d’une forme de retard à l’allumage et attendre encore attendre .La chine et ….observe le bal des occidentaux avec attention et laisse le temps au temps .Malheureusement la déconfiture et donc l’inflation aveugle la quotidienneté du c itoyen travailleur -consommateur .J’ai utilisé deux mots : DECONFITURE DESTRUCTURATION . Je souhaite que l’ouvrier comprenne ; petit clin d’oeil à S. LE BARON qui a raison .CONTINUONS

     
    • DEBAUT Paul
  4. @Simone LE BARON: Je vais totalement dans votre sens, avant chaque guerre, il y a une crise économique de grande ampleur ou une suite de crises économiques desquelles les Etats ne savent plus comment sortir.

    Le plus fou dans cette histoire est que les dirigeants économiques de ce monde connaissent très bien les faits historiques, surtout le président de la FED Ben Bernanke, qui a effectué une thèse sur la crise économique des années 30. Le résultat de cette étude? Du keynesianisme classique engendrant inflation et déficit budgétaire.

    N’y aurait-il pas d’autres solutions?
    L’école autrichienne propose de laisser au marché (donc la main invisible) de faire son oeuvre, c’est-à-dire ceux qui ont des fonds propres pourront acheter ceux qui sont en difficulté, et cela sans l’intervention des banques centrales qui biaisent les rapports de force, comme dans un système réglementé d’entreprises en situation de monopole.

    Pourquoi alors cette création monétaire?
    Plusieurs raisons possibles qui peuvent se complèter ou se suivre:
    - Empecher les économies occidentales de s’effondrer (dans les pays anciennement industrialisés, c’est la planche à billet qui tourne et dans les pays nouvellement industrialisés, on craint plutot la surchauffe)
    - Empecher les grands groupes occidentaux de faire faillite (GM, HypoReal Estate, RBS…) car ca serait le meilleur moyen pour les « prédateurs asiatiques » d’acheter des outils de production et des connaissances technologiques à bon prix.
    - Profiter de l’ouverture des marchés financiers mondiaux pour déséquilibrer des partenaires/concurrents. Après tout l’arme géopolitique prend des formes différentes et l’afflux de capitaux engendre l’inflation, le renchérissement du cout de la main d’oeuvre et la baisse donc de la competitivité.
    - Une dernière théorie, qui malgré tout tient la route, est celle de la destruction deliberée des monnaies pour provoquer l’émergence d’un nouveau système monétaire international. De toute facon au rythme actuel de la création monétaire, les monnaies vis-à-vis de biens tangibles, comme l’or et l’argent, perdent de la valeur à vitesse grand V depuis 2001.
    http://www.interstato.com

     
    • Mark Hitti
  5. Drôle de titre, on dirait qu’il s’agit d’une épidémie comme « la grippe aviaire est de retour ». Comme nous ne sommes pas tous Dr ès Sciences économiques, il faut simplement décrire ce phénomène par « le coût de la vie augmente ». L’ouvrier de chez Renault, la caissière de supermarché qui trime pour élever seule son gosse parce que son mari s’est cassé avec la caissière en chef qui avait plus de temps libre, ne savent pas ce que veut dire « inflation ». Ils savent juste qu’ils n’ont jamais prononcé la phrase « tout va bien ,’ai de quoi m’acheter le nécessaire, sans me faire de souci pour boucler mes fins de moi ». Et pour ceux qui s’y connaissent un tout petit peu, nous savons parfaitement que l’inflation est inhérente au système symbolique et économique dans lequel nous vivons. Nous savons qu’à l’origine de toutes les guerres (1870/14-18/39/45) se trouve une crise économique ou du moins ce que l’on a pris l’habitude d’appeler « crise économique » alors qu’en réalité il s’agit d’une « crise financière ». Les politiques sont les partenaires des grands acteurs de l’économie, et les gouvernements dits démocratiques sur toute la planète ont pour seul objectif la prospérité économique (le prestige dirais-je) de leur pays, et son rang au niveau mondial, c’est-à-dire la concurrence par le libre échange, principe fondamental du capitalisme, en piétinant les citoyens et leur existence en tant qu’être humains, ils sont juste utilisés comme bêtes de somme ou comme esclaves. Quand on voit les SDF obèses joncher les trottoirs qui se trouvent devant la Maison Blanche sous l’œil indifférent des passants, cela ne donne pas vraiment l’impression que l’inflation est « peut-être » de retour, mais que chaque dévaluation de chaque monnaie qui a pu se faire était déjà le point de départ d’une nouvelle inflation.

     
    • Simone LE BARON
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