La banqueroute ou la guerre ?
C’est connu depuis la nuit des temps : rien de tel qu’une bonne guerre pour relancer l’économie. De là à se demander si notre amour soudain pour les Libyens est vraiment désintéressé, il n’y a que l’amble d’un Cheval de Troie…
L’année avait plutôt bien commencé puis, très vite, les choses ont tourné à l’aigre. D’abord le cataclysme au Japon, dont les fragrances radioactives ne tarderont plus à nous rattraper, puis maintenant la Libye, pour laquelle l’Occident feint de découvrir que le “Guide suprême” n’est pas seulement un priapique cocaïnomane, mais aussi un dictateur sanguinaire. Depuis la Suisse, cela donne envie de rire, quoique la présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, doive plutôt grimacer en se souvenant combien son pays était isolé, il y a encore une année, alors qu’il avait affaire aux menaces de Kadhafi suite à l’arrestation de son ivrogne de fils à Genève quelques mois auparavant. Un Kadhafi qu’il était alors de bon ton de soutenir dans la communauté internationale, et peut-être même, pour le président Sarkozy, d’en obtenir le soutien financier pour sa campagne électorale.
Mais l’amiral Mullen, chef d’état-major US, a déjà prévenu, à moins qu’il s’agisse de préparer le terrain : « On ne sait pas où l’on met les pieds, et le conflit pourrait bien s’enliser », tout en essayant de nous rassurer : « Notre objectif n’est pas de chasser Kadhafi du pouvoir. »(1) On imagine bien en effet qu’une opération baptisée Aube de l’Odyssée cache des objectifs un peu plus considérables que de mettre à la retraite l’instigateur des soirées Bunga-bunga [Silvio Berlusconi et ses partouzes NDLR].
Thierry Meyssan voit assurément juste quand il écrit que « les frappes françaises sur la Libye ne sont pas une opération française, mais une sous-traitance placée sous l’autorité de l’US AfriCom. Elles n’ont pas pour objet de secourir les populations civiles libyennes, mais elles prétextent de la situation pour ouvrir la voie au débarquement des forces étatsuniennes sur le continent africain. »(2)
Dans une récente analyse (3), Pierre Hillard nous rappelle que « les grands événements sont toujours le fruit des actions d’une élite » et que « les masses ont toujours été utilisées comme instrument en faveur d’une politique bien définie. » L’auteur de La marche irrésistible du Nouvel ordre mondial (4) explique comment la trame de fond à « l’origine de tous ces événements » réside dans le développement du Nouvel ordre mondial qui n’est plus seulement une idéologie, mais une mystique.
Banqueroute des États-Unis
Bill Gross, gestionnaire du plus important fonds d’investissement au monde, Pimco, a annoncé le 10 mars dernier qu’il s’était débarrassé de tous ses Bons du Trésor. Il faut se souvenir que les Bons du Trésor sont la plus grande bulle de ces cent dernières années. Ils sont considérés par les spéculateurs comme une assurance-vie gratuite et qui rapporte tout de suite et très gros.
Depuis novembre 2010, la Fed a racheté auprès des banques d’affaires plus de 70 % des Bons du Trésor aux Etats-Unis. Elle continue d’en racheter mensuellement 100milliards et devrait, d’ici juin 2011, en détenir pour 800milliards de dollars.
Si Pimco fait savoir aujourd’hui qu’il y a tout à perdre à collaborer avec l’État américain et qu’il convient de se débarrasser avec urgence des Bons du Trésor US, c’est qu’elle prévoit que les cours des obligations d’État US vont s’effondrer avant l’été prochain. Que cela entraînera une contraction de l’économie qui peut mener le pays à l’éclatement monétaire par l’hyperinflation, à la récession et au chômage de masse. En clair, la banqueroute des États-Unis.
Barack Obama, Tim Geithner, son Secrétaire d’État aux Finances, et Ben Shalom Bernanke, le Directeur de la Fed, ont engraissé les banques et leur ont permis de fusionner, de s’agrandir afin de devenir “too big to fail ” (trop grande pour faire faillite). Les banques peut-être, les Etats-Unis c’est moins sûr. A moins que la guerre…
Clovis Casadue, pour FLASH
Publié sur Mecanopolis avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.
Reproduction libre avec indication des sources
Notes :
1. NBC, le 20 mars 2011
2. « Washington regarde se lever l’aube de l’odyssée africaine » Réseau Voltaire, le 19 mars 2011
3. « Le nouvel ordre mondial à l’assaut de l’Islam » Mecanopolis, le 18 mars 2011
4. « La marche irrésistible du nouvel ordre mondial », Editions François-Xavier de Guibert






http://www.youtube.com/watch?v=_wF4sJ4krLI
Bonjour Alain Monier,
J’acquiesce avec vous sur les différentes interprétations des événements. Néanmoins, je ne pense pas que c’est le changement qui soit la raison du scepticisme de certains ou d’une peur.
Pierre Hillard travaille depuis plusieurs années sur le mouvement de morcellement des Etats basé sur des documents officiels qu’il a réussit à se procurer en haut lieu. Il n’est pas le seul à souscrire à cette théorie. Reste qu’il faut trouver les informations pour confirmer cela.
L’histoire est une constante de politiques mises en place depuis des décennies voire plus. Bien sûr qu’il existe des changements radicaux qui peuvent créer une nouvelle dynamique. C’est justement maintenant qu’il convient de relever les informations qui infirment ou confirment telles ou telles tendances.
On a oublié rapidement que George Bush Jr. avançait l’idée du « Grand Moyen Orient » démocratique qui naitrait de la fin de la chute du régime de Saddam Hussein (effet boule de neige). C’est un concept qui est né dans les années 60 créé par Henry Kissinger.
Cette intrusion sur le territoire lybien (pas encore dans les faits, mais indéniable en matière logistique et financière) correspond en même temps à une période de transition qui commence dans de nombreux pays d’Afrique du nord. Ces révoltes arabes créent des pouvoirs en transformation à défaut d’évoquer « une vacance du pouvoir ».
C’est une période qui dénote une fragilité des systèmes étatiques en place avant que ces derniers ne trouvent leur rythme de croisière. Pour l’exemple, les pays d’Europe centrale et de l’est souffrent encore de la main mise de puissantes organisations mafieuses.
bonjour,
» les grands evenements sont le fruit de l’action d’une elite ». Il ne faut pas confondre le sens nouveau du mot Evenement. L’Evenementiel est ce qui n’est pas premedite, supputer, imaginer, c’est ce qui arrive a l’imprevu, au detour de l’actualite du quotidien comme evenement a venir. Personne ne vous ressassera ce qui arrive comme imprevu. Pour Illard et beaucoup d’autre un evenement ce peut etre aujurd’hui ce qui a pris consistance avec le temps, mais qui a l’epoque etait imprevisible dans sa soudainete comme le fut la Revolution Francaise , ou l’on parle de travail au corps des complotistes de tous poils. Mais rien ne pouvait prevoir une telle soudainete, une telle aspiration a autre chose. Meme le peuple se trouvant implique, ne savait trop ou donner de la tete et des coups. Un Evenement pour les Traditionnalistes c’est par exemple la guerre de 14/18, ce n’est pas la revolution Russe, c’est Tchernobyl ce n’est pas le Mur de Berlin. C’est l’arrivee de la gauche en 1981 mais pas Mai 1968. La Nuance est facilement discernable. L’evenement c’est le fruit de la passion d’un peuple et non celle d’une elite. Apres coup oui apres coup on peut tout dire et trouver des raisons qui n’en sont pas. A un evenement comme le 11 septembre supputer l’existence d’un complot me parait justifier. Mais il ne faut pas tout confondre. Le fait de considerer la revolution des pays arabes comme un complot de l’occident est a mes yeux totalement inepte. En fait Ce que vous avez du mal a admettre c’est que tout change, qu’il n’y a pas de fondements qui tiennent, il y a toujours eu un coup de force independant de toutes orientations, Un evenement venu dont on ne sait d’ou qui a intaure un certain ordre qui a ete pris en compte, qui fait l’affaire , donc institue une fois pour toute ( droit, justice, coutume etc). A ce titre l’Evenement est Revolutionnaire dans le bon sens du terme (il repond a un moment donne a une situation necessaire) Mais nul ne peut dire « le jour et l’heure » comme le dit si bien l’Evangile. Tout n’est donc pas a ramene a ce qui fut, ou rester a ce qui est. Il n’y a pas besoin de se farcir la philosophie de l’Esprit de hegel pour y voir clair. Seul ceux qui ont besoin de voir de plus pret peuvent s’y pencher. Pour autant cela n’evitera pas les interpretations (c’est cela etre philosophe) car meme en philosophie on est surpris de ce que l’on vient d’ecrire comme venant dont on ne sait d’ou. Dix personnes vont lire un texte philosophique, dix auront une interpretation differente. Et le philosophe lui meme il sait qu’il ne pourra jamais dire ce qu’il voulait dire, en fait il ne le savait meme pas et ne le pouvait pas, puisque ses ecrits seront sans cesse reinterpretes. les coups fourres de la Finance internationale,on connait.Ils savent bien ce qu’ils font, c’est augmenter leur puissance de maitrise, s’enrichir sur le dos de tous les Peuples, mais eux aussi ne maitrise pas tout, plus dure sera la chute. A quand un cours de philo dont vous avez le secret. Cordialement Alain Monier
Je croyais vraiment que nous nous portions au secours de gens menacés par un malade mental!!
Votre info me déstabilise, je pèche par une stupéfiante naïveté!!