Le mouvement du 6 avril égyptien sur les pas d’Otpor
Mohamed Adel est l’un des principaux leaders du mouvement du 6 avril en Egypte. Avant de prendre la tête de ce mouvement révolutionnaire il était membre des frères musulmans qu’il aurait quitté en 2008. En 2009 il se rend en Serbie avec d’autres révolutionnaires égyptiens et algériens. Il y rencontre des cadres d’ONG et des journalistes, puis suit un stage de formation de deux semaines. Le responsable de formation s’appelle Srdja Ppopvic, l’un des membres fondateurs d’Otpor, l’association des étudiants qui mit à terre Milosevic en 2000. Or, nous le savons désormais, le mouvement d’Otpor n’avait rien de spontané, il a été porté à bout de bras par la Cia via ses officines non-gouvernementales.
En août 2000, la Cia dispensait ainsi un cours à l’hôtel Hilton de Sofia aux étudiants d’Otpor pour renverser le gouvernement. Tous les efforts étaient concentrés sur les jeunes : ordinateurs, des voyages mis à leur disposition, organisation de concerts rock pour la mobilisation, sans que jamais on ne demande d’où venait l’argent.Comme il se doit, les médias se vautrèrent donc dans la version officielle: Otpor était un mouvement indépendant. Mais les jeunes avouaient eux : « être en partie contrôlé par la Cia ? ça ne me dérange pas trop » (source)
Robert Gelbard, envoyé spécial du président Clinton pour les Balkans, reconnut lui devant le sénat : « nous finançons un large éventail d’organisations démocratiques : ONG, partis politiques, médias indépendants, organisations de jeunes et syndicats indépendants. Ces deux dernières années, des agences us comme USAID ou des Ong – national democratic institute, International republican institute et Endowment for democracy – ont dépensé 16,5 millions de dollars pour développer la démocratie et la société civile en Yougoslavie. Nous avons encore de l’argent disponible dans le pipeline et nous l’utilisons à nouveau actuellement. Je travaille en contact étroit avec la famille du National Endowment. Le syndicat AFL-CIO a bien travaillé avec les syndicats indépendants de Serbie. Avec notre soutien, ils préparent un nouveau programme interactif. Le centre pour l’entreprise privée internationale prépare un programme destiné aux businessmen et aux économistes indépendants de Serbie. Et nous voulons aussi renforcer les médias indépendants serbes. »
Toutes ces opérations relèvent en fait de la guerre spéciale théorisée par le colonel Kitson et mis en œuvre par la CIA et l’Intelligence service depuis bien longtemps (*).
Tim Marshall, journaliste à Sky Tv, a révélé en 2003 qui tirait les ficelles dans l’ombre en Yougolsavie, il évoqua notamment « un agent du M16 de Pristina », « un homme de la Cia qui a aidé à préparer le coup d’Etat », il montra ainsi, selon le réseau Voltaire « que le renversement du président Yougoslave n’a pu avoir lieu que grâce à des stratégies politiques conçues Londres et Washington ».
Il en va donc de même pour les mouvements révolutionnaires arabes. C’est ce que confirme Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, et lui-même un ancien du renseignement. « Je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’ONG américaines, comme Freedom House, l’International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l’URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie (…) Comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l’ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s’est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L’imminence d’un coup d’État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n’est-il pas approprié de parler de « révolution ». L’Iran, en 1979, et l’URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.
Rien de tel dans les événements récents. Il s’agit d’un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’accord de Washington, organisé des coups d’État « en douceur », en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d’une grande légitimité et donne le sentiment d’une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D’ailleurs, pour Washington, c’est un « changement dans la continuité » modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions ». (source)
D’ailleurs quel est le symbole adopté par le mouvement du 6 avril ? le même que celui d’Otpor : le poing fermé.
(*) Le général britannique Kitson a servi dans la répression des mouvements anticoloniaux au Kenya, Chypre, Malaisie a été nommé en 1970 en Irlande avec pour mission de coordonner la répression. « Il livre un témoignage très précieux dans un livre « opérations de basse intensité – subversion, insurrection et maintien de la paix », tous les éléments de la doctrine de la « guerre spéciale » sont exposées.
Il considère que la répression militaire et politique classique n’a aucune chance sans une « campagne pour gagner les cœurs et les esprits » il l’appelle « guerre psychologique stratégique »
- former tous les cadres importants des ministères ( armée,Affaires étrangères) aux techniques « psy ops » ( manipulations psychologiques de l’opinion)
- monter de pseudo-gangs qui recueilleront un maximum d’informations. mais qui surtout en menant des coups attribués à l’ennemi permettront de le discréditer
- employer des forces spéciales (sas) pour réaliser des attentats qui seront attribués à l’ennemi afin d’augmenter la tension et justifier la répression
- créer des diversions, par exemple en provoquant une « guerre de religions »
- fabrique de faux documents ( « black propaganda ») qui seront attribués à l’ennemi afin de le discréditer
- infiltrer des agents, ou recruter des traîtres ( par chantage ou corruption) au sein des organisations de l’adversaire toujours afin de le discréditer, voire provoquer des scissions.
- Militariser l’info de la BBC et y censurer totalement le point de vue adverse
- Filtrer l’info à destination de la presse internationale et s’y assurer des complicités
- Fournir des documents photographiques pour influencer la population
- Utiliser la musique pour attirer les jeunes avec un message apparemment dépolitisé.
- Mettre en place et populariser de faux mouvements « spontanés » présentés comme neutres et indépendants, en réalité financés et téléguidés afin de diviser et affaiblir le soutien au camp adverse.
« (…) Cette doctrine devint la doctrine officiel des services britannique et occidentaux et de l’Otan après ses succès en Irlande. On la retrouve appliquée à tous les conflits, particulièrement dans les programmes que Washington appelle « changements de régime » qui sont des « coups d’Etat déguisés » » (Michel Collon, préface au livre d’Eva Golinger, Code Chavez)
Julien Gunzinger, pour Eschaton





point de vue intéressante et que je rejoins
La chute des dictatures au Moyen-Orient ouvre un boulevard puissant a l’influence occidentale dans les pays d’Afrique du Nord. Les dictatures etaient pro-occidentales mais elles menaient un double jeu. Surtout elles ne permettaient pas l’afflux de devises dans leur pays sans un fort controle.
Cette ligne tombee pourrait ouvrir un boulevard nouveau a l’influence des marches mondiaux dans ces pays.
La democratie pour ces pays passe a tout prix par la liberalisation totale des marches. Comme dans les Etats de la Peninsule Arabique.
Merci pour cet article même si l’argumentation mériterait d’être un peu plus développé. Ta principale source se limite à un ancien des renseignement français…
Concernant la théorie du général kitson, il me parait important de noter que tout ce qui est décrit ci dessus (guerre psychologique, actions attribuées à l’ennemi, …) a été inventées et mis en application par la France en Algérie de 1954 à 1962.
… « à couper l’herbe SOUS LES PIEDS »… bien entendu.
Salut à tous.
Dans un tel marasme, le chemin le plus court pour couper l’herbe, à l’horreur sous-entendu à toutes ces situations meurtrières, et aux malades qui croient pouvoir un jour en jouir, c’est de bânir les armes de l’humanité.
Toutes les armes fondues au lieu de livres brûlés. Les fabriques ensevelis, les concepteurs,vendeurs et utilisateurs, soignés et enfin, nous respirerons et nous ouvrirons les portes à une digne, saine et respectueuse négociation entre nous.
A+.
pBonjour,
Je souligne les propos sur les Revolutions Iraniennes, Russes de 1979 -1991.Revolutions etablis c’est l’auteur de l’article qui le dit. Les revoltes posterieurs prouvent le contraire (dans le sang pour l’Iran)(saccage de l’economie par des privatisations outrancieres – reprise en main plus ou moins totalitaire pour la nouvelle Russie.
Pour autant, je mettrai un bemol pour l’attaque Otanienne contre la Serbie. Peut etre a cause du genocide. Mais il etait indeniable que la Serbie deservait les interets
des puissances de l’Otan. le Scandale de l’affaire du Kosovo ou notre Monsieur K a joue un role nefaste, scandaleux, outrageant. Il a permis la prise du pouvoir Albanais (UCK) dont les dirigeants etaient des assassins mafieux.
1968 Complot permanent CIA – OAS -Pays de l’Est pour le ministre Marcellin -Bendit marie France Pisier – vehicule de Match etc etc. Si le pouvoir politique a ete touche; il n’a pas perdu la main. Le General de Gaulle est parti parce qu’il a bien voulu. Oui il y eu un « complot » C’est l’accord involontaire entre la gauche, la droite Atlantiste et l’extreme droite pour essayer de chasser le General de Gaulle du pouvoir. Mai 1968 rentre par les fourgons du capital ? J’ai lu Cloustard, il fait une lecture retroactive qui ne m’a pas convaincu. Rien ne prouve veritablement qu’il y a eu complot. Je crois au complot pour assassiner JFK – Celui du 11 Septembre 2OO1 – je seai enclin a croire qu’il existe un pouvoir Oligarchique Globaliste et un pouvoir hegemonique national Americain.Et que ces deux pouvoirs peuvent s’epauler et aussi se combattre a mort. A ce titre il faut faire la difference. Cordialement Alain Monier