Zemmour et les races, un dérapage et pas mal de questions (vidéo)
Je m’étonne de la non-réaction des médias face aux récents propos d’Eric Zemmour sur les races dans l’émission d’Arte « Paris-Berlin ». En fait, je ne vois que Sébastien Fontenelle de Bakchich, et Acrimed faire autre chose que de rapporter ses propos. (Voir la vidéo)
Lorsqu’il s’agit de Dieudonné, Siné ou Val, ou encore dans le cas de Laurent Joffrin, personne n’a l’air d’hésiter à prendre position. Et là rien, ou si peu. Pourquoi? Nous sommes pourtant en face d’une émission qui se veut sérieuse, avec de vrais contradicteurs.
On le sait depuis des années, le concept de « race » est inopérant quand il s’agit des êtres humains (cf. Albert Jacquard ou Yves Coppens, par exemple et la notice de Wikipedia pour un résumé.
Maladresse? Zemmour est diplômé de Sciences-Po et habitué des plateaux
Eric Zemmour parle de « race noire » et de « race blanche ». Il assimile « race » et couleur de peau.
Il maintient ses propos, tout en affirmant par ailleurs qu’il ne fait pas de hiérarchisation. Hypocrisie ou illusion? Lorsque l’on introduit une différence, on introduit toujours de l’inégalité.
Il avait déjà développé ses propos dans d’autres émissions, notamment en citant de Gaulle, il est donc difficile de croire qu’il s’agisse de propos qui lui auraient échappé dans le feu de la discussion.
Eric Zemmour est par ailleurs passé par l’Institut d’études politiques de Paris [Science-Po, ndlr]. En étant également diplômée, je connais l’enseignement, et j’ai du mal à croire qu’il ne sache pas ce qu’il dit, ni ce que ses propos véhiculent (je fais référence aux théories d’Arthur de Gobineau, par exemple).
Il a une formation à l’histoire politique du XXe siècle, il a également, et surtout, les instruments métholologiques qui lui permettent d’orienter un discours, et de manipuler un auditoire. Il a également l’entraînement qui lui permet d’être réactif lors d’un enregistrement télévisuel, puisqu’il participe tous les samedis à « On est pas couchés », l’émission de Laurent Ruquier.
En revanche, les téléspectateurs, les internautes et les lecteurs ne savent pas forcément, eux, ce que recouvrent ces mots et cette volontaire confusion. C’est pervers.
Pourquoi ne pas en profiter pour faire le point, avec des scientifiques et des historiens, qui eux, pourraient être précis? En l’occurence le dictionnaire, et en particulier le Larousse, qui est souvent cité dans les réactions des internautes, est loin d’être une référence suffisante pour justifier l’existence de « races ».
Zemmour cite De Gaulle… quand ça l’arrange
Pourquoi n’y-a-t-il pas d’interrogation sur celui qui parle? N’aurait-il pas, lui-même, quelque problème identitaire pour décréter ainsi qu’il est de « race blanche »? N’y-a-t-il pas une époque où cette identité lui aurait été déniée, compte-tenu de ses origines [Eric Zemmour est issu d'une famille de juifs berbères, ndlr]?
Puisqu’il cite de Gaulle, pourquoi ne pas mentionner aussi ce passage?
« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau.
Les Arabes sont les Arabes, les Français sont les Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de Musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante?
Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées! »
Pourquoi peut-il se permettre d’attaquer ainsi Rokhaya Diallo et Renan Demirkan [ses interlocuteurs sur le plateau, ndlr], sans que personne n’ait l’air de se poser la question de son intérêt à le faire?
Pourquoi aucune question (sauf le droit de réponse de Vincent Cespedès, qui a été publié sur le site d’Arte) qui interroge le montage de l’émission (90 minutes tournées pour 59 minutes d’émission)?
Entretenir la confusion est dangereux dans le contexte actuel
Pourquoi aussi Isabelle Giordano présente-t-elle Rokhaya Diallo comme française d’origine sénégalaise, mais pas Eric Zemmour comme français d’origine berbère, ni Vincent Cespedès (Renan Demirkan se présente elle-même comme d’origines allemande et turque)?
Pourquoi, dans une émission dont elle a choisi le thème, le métissage, Isabelle Giordano ne fait-elle aucune référence à son propre mélange de couleurs, alors qu’elle fait référence à son nom italien?
Il y a matière à analyser les propos d’Eric Zemmour, et à les remettre en cause et je ne vois pas qui le fait.
D’où les commentaires d’internautes qui ne voient pas où est le problème, et qui confirment bien qu’il y a une grande confusion.
C’est dangereux, en particulier dans le contexte actuel, où les « personnes minorées » pour citer Pap N’Diaye, revendiquent l’égalité et la fraternité.




La référence à la couleur serait en effet absolument sans importance s’il ne s’agissait que de la couleur. Mais en fait, s’il ne s’agissait réellement QUE de la couleur et non du sens de la couleur, Zemmour n’aurait pas besoin de faire ce commentaire. Je ne vois pas Zemmour commenter, par exemple, le fait qu’un de ses interlocuteurs porte un pull vert et non beige. Ce serait parfaitement superflu et sans aucun intérêt dans un débat poliique. Donc, ne jouons pas aux naifs : on ne parle pas de couleur ici mais de sens.
Bien avant cette émission, Zemmour n’a pas cessé d’affirmer, de façon répétée et insistante, comme un mantra :
“La France est blanche et judéochrétienne”.
Son insistance (hystérique) montre précisément que cette définition est non seulement idiote mais volontairement excluante de la part de Zemmour.
En outre, les pays européens peuvent se définir également comme des pays blancs et judéochrétiens, cela ne peut donc pas être la définition de la France.
Par ailleurs, l’insistance sur la qualification de la France comme pays judéo-chrétien pose problème dans la mesure où elle est sorti récemment du chapeau. Les historiens français n’ont jamais défini la France ainsi par le passé et aujourd’hui, cette définition ne fait nullement l’unanimité parmi eux. On peut donc se demander pourquoi certains se sont soudain jetés sur cette définition de la France comme blanche et judéo-chrétienne.
Enfin, lorsque Zemmour dit “la France est blanche”, il veut dire “Moi Zemmour, je veux que la France reste blanche pour l’Éternité”. Le seul ennui c’est que Zemmour aura beau faire, il n’a pas la clé de l’éternité.
Zemmour fait sa propoagande consanguine parce qu’il a la nostalgie d’une France qu’il imagine comme une “communauté organique”, harmonieuse socialement aujourd’hui disparue.
Il oublie qu’avant que les conflits que l’on décrit comme exclusivement « identitaires », il y avait la lutte des classes (1 million de membres au Parti communiste dans les années 50-60, 1 million de trostskites dans les années 70).
Je doute que Zemmour aime davantage la lutte des classes.
En fait, Zemmour l’agité rêve d’une société ordonné et sans conflits : c’est à dire un fantasme. Il aime à se dire « réactionnaire » mais est un banal conservateur qui voudrait revenir à l’époque où l’on croyait que le capitalisme était éternel et protégé des crises.
Zemmour ne parle ni de biologie ni de couleur, il parle politique.
Le concept de race est fluctuant dans ses significations, et Zemmour lui accorde, comme ses interlocuteurs, une importance en raison de ses connotations historiques et de ses usages politiques, mais il manipule son public en surfant sur les diverses significations, y compris biologiques.
Enfin, Zemmour est resté accroché au dogme des “trois races” de l’école primaire française des années 60. Or, la communauté scientifique a abandonné depuis longtemps ce chiffre.
Différence n’induit pas inégalité. que cette différence soit de couleur ou autre d’ailleurs, cela fait partie du schéma classique reproduits pas ceux que Zemmoi appelle les « antiraciaux ».
Le problème se situe de mon point de vue au niveau tout d’abord de la définition de l’égalité, puis au niveau des conséquences qu’on y attache. on fait un amalgame entre l’égalité au sens républicain (tous égaux devant la loi) et l’égalité à d’autres niveaux, naturel, social etc… Le débat est vicié dès le départ.
dire que nous ne sommes différents d’un point de vue naturel n’a rien de raciste. Mais que veut dire « nous ne sommes pas égaux d’un point de vue naturel »? quel est alors le sens du mot égalité?
C’est un sujet trop délicat pour qu’il y ait un débat. on a beau se croire ouvert, la majorité des gens ont trop peur d’être taxé de racistes.Meme sur internet.
D’accord avec l’ensemble sauf une chose: le racisme connaît 2 définitions, que vous avez mélangés en une seule.
-l’expression d’une haine systématique envers une certaine catégorie de personne (les blancs, les noirs, les handicapés, les « vieux » les « gros », les homosexuels…)
ou
-la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les races (ce qui n’induit pas forcement la haine).
Donc selon vous les inégalités entre les hommes et les femmes ne pourront disparaître que quand ces dernières auront des couilles et des poils sur le torse?
Race….ce mot qui fait toujours frémir les bonnes âmes..
Ce mot qui semble avoir plus de poids que ceux de clans, de familles, de groupes d’intérêts et qui pourtant régissent le monde depuis ses origines.
Il suffit de s’intéresser à l’histoire pour comprendre que les hommes se sont toujours déchirés au nom d’une famille (nos ex-rois), d’ un pays (suite de l’histoire de famille), d’une religion ou d’une couleur.
Alors quand Zemmour parle de notre culture en passe d’être écrasée par une minorité qui devenant majorité prétendra logiquement au pouvoir, je me demande où réside le racisme ? J’appelle cela une constatation réaliste d’un processus naturel qui veut que le clan le plus fort domine le plus faible. Pas la peine d’avoir fait Sc.PO pour le comprendre.
Car nous sommes en effet tous égaux sur un point… blancs, noirs , musulmans, chrétiens, juifs ou autres…celui qui fait qu’on s’associe toujours à celui qui vous ressemble le plus, pour éliminer celui qui vous ressemble le moins….la nature tout simplement…
Et pour ma part, nos « antiraciaux » qui au nom de grands principes, acceptent de voir leur culture se faire anéantir au profit d’autres (qui ne sont pas forcément inférieures, je l’admet) appartiennent bien quant à eux à une seule et unique race, celle des….ânes.
Oh, là ! il est urgent pour moi de comprendre enfin ce qu’entendent nos chers Politiques par …DISCRIMINATION POSITIVE ! je m’étais épargnée ca, mais…
Le mot « race » existe. Ce n’est pas un gros mot. Il est défini dans le Larousse (publication assez éloignée de la droite réactionnaire) comme étant: « Subdivision de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs selon le critère apparent de la couleur de peau. »
Je ne vois donc pas en quoi Zemmour a commis un blasphème.
Par ailleurs, les mêmes « antiraciaux » font leurs gargarismes avec monsieur Obama, premier président Noir des Etats-Unis. Je crois savoir qu’il n’est ni Noir ni Blanc, ou qu’il est les deux, qu’il est Métis, mais que çà, faut pas l’dire!
Race en temps que telle, ça ne vaut rien. Ce sont des différences mises en avant pour catégoriser les gens. D’ailleurs on devrait parler de race et non de sexe, le sexe pouvant être le critère de distinction entre race masculine et race féminine, les transsexuels ne seraient plus que les Mickael Jackson du genre! Ah oui, il y a genre pour race sexuelle. Les femmes et les hommes n’en sont pas moins égaux.
Et s’il déplaît a priori de catégoriser la population, ce n’est pas nécessairement pour infliger de mauvais traitements à l’une des catégories (il n’y a pas que Edvige et la police): c’est se rendre compte pour se reconnaître de différence prédominante. On aurait l’air malin de décrire un noir comme un brun au milieu de la foule, on mettrait un temps fou à le reconnaître, certains qui s’impatientent d’être reconnus en temps que noirs devraient s’insurger contre un tel antiracisme absurde! Bon c’est mauvais goût, désolé!
Mais si conséquences il y a à la suite de la considération de races, on saura que ce sont les conséquences pas nécessairement logiques qui sont à souffrir et gommer, non l’évidence de différences.
Je ne vois pas bien en quoi cela est gênant que personne ne rattrape Zemmour sur ces propos. Vous signaler sa réthorique et son parcours : personne n’irait se risquer à soutenir face à lui l’inexistence des races quand on connaît l’escroquerie contenue dans un tel principe.
Si on s’en tient au terme générique, une race fait une différence avec une autre sur un critère choisi, ici la couleur de peau. Zemmour parle de race blanche, noire, jaune, bientôt verte et grise. Pour lui elles sont égales, il n’y donc pas de racisme. Il soutient que le métissage n’est pas foncièrement bon, ni souhaitable, ni inévitable; c’est un point de vue.
Ce que l’on peut lui objecter, ou faire remarquer en tout cas dans le débat des races, c’est la mise en concurrence d’une race juive, avec pour critère la religion,avec une race noire, une race musulmane avec une jaune… Là on se met à comparer, et en plus des critères incomparables, chacun érige son critère comme plus déterminant voire supérieur et de la différenciation par amalgame plus que de la différence évidente naît le racisme. Car il faut bien se souvenir que pour être raciste, il faut :
1. considérer les races et sa race en particulier
2. comprendre la sienne comme supérieure, d’autres commes inférieures
3. avoir une attitude hostile envers les ressortissants de la race détestée (qu’elle soit évidente ou imaginée par le raciste)
Zemmour ne fait que rappeler l’évidence des différences : son propos est toujours que la lutte antiraciste a dérivé pour sanctionner quiconque prétenderait à des différences entre des races alors même que cela consiste à nier une réalité observable par tous et sans qu’il soit demandé pour être raciste de détester qui que ce soit! Il a raison! C’est un procédé courant qui vise à élargir son champ de dénonciation pour continuer d’exister en temps qu’association dénonçant des abus. Je ne suis pas choqué.
Toutefois, s’il faut lui trouver des contradictions, il en a : par exemple il refusait l’emploi du mot rafle car tout le monde connaît la connotation historique lourde de ce mot; eh bien s’agissant du mot race, il a moins de scrupules! Ou peut-être a-t-il changé d’avis car la dernière fois qu’on lui parlait de rafle chez Ruquier il a rien dit.
au dela de l apparence , il n y a pas de difference . bien sur qu a partir du moment ou l on introduit une differenciation arrive une definition et qui peut pretendre definir une race ?
Salut,
Je suis du même avis, la reconnaissance de la différence ne veut pas dire introduction d’inégalité.
Après, il faut voir la réalité en face: Aujourd’hui on insulte autrui de raciste à tout moment pour toutes raisons. Il faut savoir par exemple que les profs sont régulièrement traités de racistes en classe.
Par ailleurs, la citation du général de Gaulle est parfaitement logique: l’immigration de masse ne peut pas favoriser l’assimilation.
salut,
les races sont une sous categorie du « genre » !
dire que les races n’existent pas dans le genre humain est un non-sens !
la declaration des droit de l’homme en parle, la constitution la cite plus d’une fois !
difference ne veut pas forcement dire introduction d’inégalité !
le probleme est ailleurs !