La Grèce s’enflamme à nouveau (photographies)
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De nouveaux débordements ont eu lieu vendredi à Athènes, au 14e jour de la mobilisation contre la mort de l’adolescent, tué le 6 décembre par un policier . Une vingtaine de jeunes ont ainsi fait irruption vendredi midi dans la cour de l’Institut français, où ils ont brisé des vitres et lancé un cocktail Molotov, provoquant un début d’incendie. Aucune personne n’a été blessée durant l’attaque, qui a duré environ cinq minutes, selon une source diplomatique française. Les jeunes, cagoulés, ont ceinturé le gardien, sans le malmener, et brisé les vitres de sa guérite à l’entrée, ainsi que du café et du hall de l’Institut, a précisé la même source. L’Institut français d’Athènes, chargé notamment de l’action culturelle et où sont dispensés des cours de français, dépend de l’ambassade française en Grèce.
Jeudi, à l’issue d’une manifestation de près de 5.000 lycéens et étudiants, des affrontements ont déjà éclaté entre les jeunes et les policiers. En outre, un groupe de casseurs a tenté de briser un cordon des forces anti-émeutes devant le Parlement et les forces de l’ordre les ont repoussés par des tirs de gaz lacrymogènes. Ils les ont alors bombardés d’oranges et les violences ont rapidement cessé. Mais peu après, un petit groupe d’une cinquantaine d’individus masqués a mis le feu à des poubelles et à trois voitures, devant le siège de l’université d’Athènes, point de ralliement des contestations.
La police, qui paraissait débordée, a effectué de nombreux tirs de sommation, rendant l’atmosphère suffocante dans tout le quartier. Les fauteurs de trouble se sont ensuite dirigés vers la faculté de droit, située à proximité, devant laquelle ils ont incendié des chaises et tables prises sur des terrasses de café proches. Massées à plus d’une centaine de mètres, d’importantes forces les observaient sans intervenir. Un autre petit groupe a tenté en milieu d’après-midi de s’en prendre à un sapin de Noël installé sur la place Syntagma, devant le Parlement, mais a été maîtrisé. D’autres opposants ont ensuite accroché aux branches quelques tracts évoquant le décès d’Alexis Grigoropoulos, âgé de 15 ans. L’arbre avait été réinstallé mardi par la mairie après la destruction d’un premier sapin, parti en fumée après les batailles rangées de la semaine dernière.
Un lycéen blessé par balle
La contestation de jeudi, mise sur pied par les syndicats des professeurs, des unions de lycéens et d’étudiants et d’organisations de gauche, a été précédée d’un défilé à l’appel du parti communiste grec (KKE), qui s’est conclu dans le calme devant le Parlement. Quelques centaines d’immigrés se sont par ailleurs massés en début de soirée devant le Parlement pour protester contre la politique européenne d’immigration, sous une banderole appelant à la « citoyenneté pour tous les migrants », à l’appel d’organisations antiracistes et d’associations d’immigrés. Par ailleurs, la Fédération de la fonction publique (ADEDY) a observé un arrêt de travail de trois heures en début d’après-midi pour protester contre la politique « d’austérité » du gouvernement de droite, avant le vote prévu dimanche au Parlement du projet de budget pour 2009.
Un lycéen a en outre été légèrement blessé mercredi soir par une balle tirée par une personne non identifiée, alors qu’il discutait avec d’autres camarades à environ 200 mètres de son établissement à Peristeri, dans la banlieue ouest d’Athènes. Le garçon, âgé de 16 ans, a été touché au poignet dans une rue piétonnière du quartier. La police a affirmé qu’aucun de ses éléments ne se trouvait dans cette zone au moment de l’incident. À Salonique, deuxième ville de Grèce, environ 300 personnes sont descendues dans la rue en début d’après-midi, tandis que des groupes de jeunes ont occupé pendant quelques minutes les locaux de deux radios privées. En revanche, les manifestations de solidarité en Europe avec le mouvement des étudiants grecs n’ont recueilli qu’un faible écho : seulement une centaine de personnes ont battu le pavé jeudi dans le centre de Berlin.









