jan 06 2010

L’exportation de gaz GNL, réel enjeu des tensions actuelles au Yémen ?

Simple coïncidence dans ce monde de brut ? Alors que début novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL ou LNG), grâce à la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d’Aden – dont Total possède près de 40% – l’ambassade de Grande-Bretagne à Sanaa a été fermée dimanche, après celle des Etats-Unis. Raisons invoquées : des menaces d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique, faisant notamment suite à l’attentat raté de Noël sur le vol Amsterdam-Detroit.

Alors, 2010 : l’année de la guerre du gaz ? L’avenir du Yemen et de l’Ukraine nous le dira …

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« L’ambassade a été fermée aujourd’hui par mesure de précaution, de crainte d’éventuelles réactions d’Al-Qaïda« , a ainsi affirmé dimanche un responsable yemenite au sujet de l’ambassade  britannique. Tout en indiquant que l’ambassade n’avait pas reçu « de menaces directes d’Al-Qaïda« .

« Certaines indications laissent penser qu’Al-Qaïda prépare un attentat contre un objectif à Sanaa, peut-être notre ambassade », a déclaré quant à lui à la chaîne CNN John Brennan, conseiller d’Obama pour la sécurité intérieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d’Al-Qaïda sont actuellement au Yémen.

Un contexte particulièrement tendu qui fait jour alors que début novembre, le président yéménite Ali Abdallah Saleh avait donné le coup d’envoi symbolique des premières exportations de GNL … Simple « hasard’, alors que gaz et pétrole sont à l’origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?

Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d’Aden, d’un montant de 4,5 milliards de dollars, représente un investissement majeur pour le Yémen.

L’usine est opérationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d’un seul train de production. La construction d’une seconde infrastructure de ce type doit démarrer en février/mars prochain. Théoriquement …. Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du « climat » actuel …

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Notons  toutefois que le gaz yéménite présente bien des avantages en matière de qualité et de localisation géographique par rapport à ses principaux concurrents de la région (Qatar et Iran notamment, situés dans le Golfe persique) ….

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d’un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu’à 6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait être exporté en Corée du sud mais également en Europe et en Amérique du Nord. Le projet devrait générer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le Trésor du Yémen, l’un des pays les plus pauvres de la planète. A terme, les exportations de GNL du pays équivaudront à 180.000 barils de pétrole par jour.

A noter également : durant les années nécessaires à la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n’a été dirigée contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d’otages sont fréquentes dans cette partie du pays. Précisons que que la majorité des 19 millions de Yéménites sont de confession sunnite , tandis que les autres appartiennent à la branche Zaydi de l’islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons également qu’en avril 2008 , Total avait annoncé avoir décidé de rapatrier en France les enfants de ses salariés au Yémen. Nulle crainte à avoir affirmait alors la compagnie, la décision n’étant à voir que comme une mesure « de précaution » destinée à préserver leur sécurité. Une « trentaine » de familles aurait été concernée.

Source : Le BlogFinance et Panier de Crabes

jan 04 2010

Le Maroc et la Jordanie ont envoyé des troupes au Yémen (vidéos)

Pedro Canales, El Imparcial

La guerre ouverte qui oppose les tribus Houthis du Nord Yémen et le gouvernement central de Sanaa, aidé par l’Arabie saoudite, vient d’entrer dans son quatrième mois.

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Ali Abdullah Saleh, président-dictateur du Yémen (caricature de l’opposition à Sanaa)

Une première confrontation avec la rébellion du nord Yémen avait été lourdement réprimée par les troupes gouvernementales en 2004. En août 2009, les tribus Houthis se sont à nouveau insurgé contre le régime de Sanaa, la capitale, qui a été contraint de demander de l’aide à son voisin du Nord, l’Arabie saoudite.

Les tribus Houthis ne sont pas terroristes, elles demandent seulement un meilleur traitement et la possibilité de restaurer l’imamat Zaydat, qui régnait dans le pays jusqu’à la révolution républicaine en 1962.

Cette communauté s’est surtout étendue parmi la population zaydita, une minorité qui atteint un tiers des 20 millions d’habitants du Yémen, et qui suit les enseignements de tendance chi’ite, bien que très différent du rite duodécimain iranien.

Le régime yéménite dirigé par le président Ali Abdullah Saleh a été contraint de faire face à cette rébellion sans le soutien de l’Occident, raison pour laquelle il est régulièrement tenté d’assimiler mensongèrement les rebelles Houthis à des terroristes, de sorte à obtenir quelques soutiens substantiels.

Le Yémen a donc été contraint de solliciter l’aide du monde arabe sunnite, notamment à son voisin du nord, l’Arabie saoudite. Mais l’armée saoudienne, qui est la mieux mieux équipée dans le monde arabe grâce au financement et le soutien des États-Unis, n’a pas vraiment de combattants expérimentés. Les forces de Riyad ont donc connu, ces dernière semaines, de sérieux revers, et un grand nombre de leurs soldats ont été capturés par les rebelles Houthis (voir nos vidéos s en bas de page, NdT).

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Massacre des tribus Houthis par les forces yéménites et leurs alliés (Forum Mecanopolis)

L’Arabie saoudite autant que le Yémen accuse l’Iran d’être derrière cette rébellion qui met en évidence la fragilité du système politique yéménite, aggravée par la succession vraisemblablement imminente du président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978 par son fils, Ahmed Ali Saleh, qui contrôle actuellement les forces spéciales et de la Garde républicaine.

Selon certains experts du monde arabe, la stratégie de l’Iran serait de créer des poches d’insurrection dans différentes parties du Moyen-Orient dans le but d’affaiblir la position dominante de l’Arabie saoudite dans la région.

Alors que les pays du Conseil de coopération du Golfe ont apporté leur soutien dans cette croisade de l’Arabie saoudite au Yémen, la Jordanie vient d réagir en envoyant 2′000 soldats des forces spéciales sur le front du Nord Yémen.

Mohamed VI, le roi du Maroc, plus discret, est également venu au secours de la famille saoudienne, en envoyant des centaines de combattants d’élite, essentiellement des parachutistes et des unités de commando formé dans le style Spetsnaz, qui seraient plus à même de faire face à la guérilla menée par les rebelles, à la frontière entre l‘Arabie saoudite et le Yémen, selon les informations fournies par les services de renseignements occidentaux.

Pedro Canales, pour El Imparcial

Traduit de l’espagnol par Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci à Bao, du Forum Mecanopolis, de nous avoir communiqué cet article

jan 04 2010

Qui forme les terroristes d’Al-Qaeda au Yémen ?

Cet article, que nous avions placé sur Mecanopolis le 17 avril dernier, retrouve toute sa pertinence aujourd’hui, alors que le « prix Nobel de la paix » Barack Obama semble vouloir étendre la « guerre contre le terrorisme » au Yémen. Seuls les imbéciles et les suspects peuvent encore feindre de croire qu’Al-Qaeda a un centre de gravité propre et que cette organisation n’agit pas pour les intérêts stratégiques américano-sionistes. Après l’Irak et l’Afghanistan, c’est la région du détroit d’Ormuz, où transite plus de 30% du pétrole mondial, et plus encore le soutien iranien aux tribus Houtis dans le Nord Yémen qui sont visés, et non pas quelques fanatiques se réclamant du « jihad international », concept qui n’existe que dans la volonté de quelques stratèges maffieux et leurs complices médiatiques.

Article du quotidien Ennahar, 16 avril 2009 :

Israël formerait des terroristes d’Al-Qaeda

Selon des sources bien informées du dossier et des activités d’Al-Qaeda, Israël aurait créée depuis environ une année, des camps sur son territoire pour entraîner des éléments venus de pays arabes.

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Des terroristes fabriqués de toutes pièces, utilisables à volonté

Ces entraînements militaires et d’espionnage sont fournis en préparation à d’éventuelles opérations terroristes contre les intérêts des pays étrangers dans les pays arabes qui sont considérés par Israël comme un danger pour sa sécurité et sur ses intérêts stratégiques, notamment la région du Maghreb Arabe.

Selon les mêmes sources, ces camps incluent des arabes d’Algérie, du Maroc et du Yémen avec de faux passeports venus d’Europe et portant des noms juifs. Ces derniers ont été recrutés par les services généraux du Mossad dans différentes capitales pour activer au sein de l’organisation Al-Qaeda après avoir été sélectionnés par les services de renseignement européens. Ces gens sont généralement recherchés pour appartenance aux groupes terroristes.

Ces camps secrets d’entraînement entretiennent des relations avec les cellules dormantes d’Al-Qaeda en Europe où leurs éléments sont recrutés pour d’éventuelles opérations terroristes dans les pays arabes en coordination avec les branches de l’organisation notamment les groupes terroristes armés du grand Sahara. Ceci prouve ce que Ennahar avait publié auparavant sur l’attaché militaire de l’ambassade d’Israël en Mauritanie qui avait préparé un rapport sécuritaire secret sur les activités des hommes armés dans la région du Sahara. Ce dernier entretenait des relations secrètes avec les mouvements rebelles au Mali et au Niger.

Le Mossad aurait des relations avec les branches d’Al-Qaeda et les opérations contre les intérêts étrangers, essentiellement américaines, et en rapport avec les évènements en Irak et au Moyen Orient.

Selon ces mêmes sources, le Mossad pourrait même recourir à l’utilisation des Harraga algérien en Italie pour les recruter dans ces camps d’entraînement à travers le réseau logistique des marins travaillant sur l’axe Sardaigne Naples à la recherche d’éléments à envoyer en Israël secrètement essentiellement après l’apparition d’informations presque confirmées sur la préparation des hommes recrutés dans le but de commettre des opérations contre les intérêts étrangers durant l’été prochain et qui seront attribuées à Al-Qaeda sous une direction centrale du Mossad et des services de l’armée israélienne.

Cette nouvelle étape dans les activités de l’organisation Al-Qaeda sera le sujet du discours d’El Dhawahiri dans une tentative de relancer les différentes branches après l’étau exercé autour de l’organisation par les renseignement européens et aussi les frappes douloureuses encaissées sur le terrain par les services de l’armée au Maghreb arabe et notamment en Algérie.

Mohamed Ben Kemoukh, pour Ennahar

déc 29 2009

De l’utilisation d’al-Qaeda au Yémen afin de promouvoir les intérêts stratégiques américains

Comme nous l’expliquions hier soir dans un article et cette nuit sur notre forum, la revendication d’Al-Qaeda  de l’attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit de vendredi dernier n’est pas un instant crédible. Tout indique que son véritable objectif consiste à légitimer une plus large implication des États-Unis dans un conflit qui, depuis cinq ans, oppose des tribus chi’ites du Nord du Yémen, qui n’ont aucun lien avec al-Qaeda, au gouvernement de Saana, soutenu par l’Arabie Saoudite et la CIA. Malgré cette diversion crypto-terroriste, il n’est pas difficile de comprendre que c’est une fois de plus l’Iran qui est dans le collimateur des Etats-Unis et de leurs alliés.

La dernière phase paroxystique de la guerre qui dure depuis 5 années, au Yémen, contre les rebelles Houthis, a fait plus de 2000 morts en moins d’un mois et plus de 150 000 sans-abri. Les troupes du gouvernement yéménite se battent contre environ 15 000 rebelles Houthis, armés et entraînés par l’Iran et retranchés dans les montagnes du Nord, autour de Saada, sur la frontière de l’Arabie Saoudite. Les bombardiers de l’armée de l’air saoudienne tapissent les zones rebelles et civiles, et l’armée de l’air et la marine égyptienne transportent des munitions pour l’armée du Yémen avec les encouragements et le financement des Etats-Unis.

Ce pays pauvre de la Mer Rouge, mais stratégique par sa position, scène critique, depuis des années, de la guerre contre de soi-disant extrémistes islamistes, est désormais devenu un théâtre-clé où les Etats-Unis et l’Iran luttent pour la prédominance régionale. Eu égard à cela, le conflit au Yémen peut être comparé en importance avec la guerre du Liban de 2006 et le conflit de Gaza. Ses résultats pèseront lourdement sur les positions stratégiques respectives dans les régions du Golfe Persique et de la Mer Rouge, pour les Etats-Unis, aussi bien que pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte et, indirectement Israël aussi, vis-à-vis de l’Iran.

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Les militaires saoudiens utilisent des bombes au phosphore américaines pendant des raids nocturnes (source : Forum Mecanopolis)

Plusieurs sources confirment huit traits saillants du conflit en cours au Yémen :

1. Au début septembre, l’armée du Président Ali Abdallah Saleh a lancé le 6è round de sa guerre depuis l’an 2000 contre les Houthis, en déployant environ 20 000 hommes dans une offensive majeure afin de déloger les 15 000 Houthis de leurs nids d’aigles dans les montagnes (entre 3 à 6000 m d’altitude) dans la province de Saada au nord.

2. Les Houthis sont des Zaydis qui revendiquent leur adhésion à la forme la plus pure de l’Islam chi’ite. Ils se battent pour apporter « la vraie voie » au Yémen, et restaurer l’autorité de l’Imam Zaydi renversé en 1962. Leur nom découle de celui du fondateur du mouvement, Badreddin al-Houti, qui fut tué par l’armée yéménite en 2004. Les Chi’ites Houthis et le Chi’isme iranien n’ont rien d’autre en commun, sauf  l’aide logistique de Téhéran apportée aux rebelles yéménites.

3. Les quantités de matériel lourd que les Iraniens sont parvenus à transférer aux Houthis en quelques semaines ont stupéfié Washington, Saana, Riyad et Le Caire. L’armée yéménite semble mise en difficulté de réprimer ces rebelles et même d’empêcher les combats de s’étendre au-delà de la région de Saada, vers d’autres parties du pays, y compris la capitale.

4. Craignant que le conflit et l’influence Zaydi puisse déborder par-delà la frontière du nord- Yémen vers les régions sud, saoudiennes de Najran et Asir, l’Arabie Saoudite a envoyé son armée de l’air aider l’armée yéménite en tapissant de bombes les bastions houthis dans les villages de montagne de Saada.

5. La petite armée yéménite de 66 000 hommes, manquant de stocks de matériel militaire organisés, a bientôt commencé à se trouver à court de munitions et d’équipement militaire. L’armée égyptienne s’est empressée de fournir cet approvisionnement nécessaire, en mettant en œuvre un corridor naval et aérien.

6. L’Administration Obama s’est lancée dans la mêlée, grâce à son assistance financière alimentant les efforts saoudiens et égyptiens pour venir en aide au Yémen. Elle a été tout dernièrement accordée lors de la rencontre entre les Présidents américain et égyptien à la Maison blanche, le mardi 18 août 2009. Selon cette modalité, le Président américain Barack Obama prend position contre l’Iran aux côtés d’Hosni Moubarak et du Roi Abdallah.

7. Autant que les Etats-Unis et Israël avaient été pris par surprise par les capacités militaires du Hezbollah, lors de la guerre du Liban en 2006, les Américains et ses alliés ont été stupéfaits par la maîtrise du champ de bataille des rebelles Houthi. La 1ère Division d’infanterie mécanisée de l’armée yéménite, renforcée par chacune de ses 6 brigades de commandos- parachutistes et le soutien aérien saoudien, s’est avérée incapable, depuis septembre, de briser la résistance des bastions de montagne des rebelles.

8. Sans la réalisation d’un accord global, le conflit menace de s’étendre et de conduire à une escalade vers la plus importante et la plus dangereuse guerre ayant éclaté dans n’importe quelle partie du monde arabe depuis longtemps. Les Etats-Unis ont manifestement choisi la surenchère en manipulant la revendication par al-Qaïda de cet attentat manqué du vol Amsterdam-Detroit du 25 septembre dernier.

Sur la guerre au Yémen, lire également notre article du 10 novembre dernier.

nov 09 2009

La guerre à la frontière yémeno-saoudienne s’intensifie

De rares portraits de soldats, chahids (martyrs) tombés au combat, affichés à l’arrière de voitures, les brefs rugissements des Mig-21 en partance pour les positions des rebelles, quelques points de contrôle militaires dressés la nuit tombée sur les axes principaux de la ville, la guerre du Nord se fait discrète à Sanaa. Le huis clos imposé par les autorités yéménites, qui interdisent au nom de la sécurité l’accès aux provinces montagneuses frontalières de l’Arabie saoudite qu’elle a pour théâtre, continue de faire son oeuvre.

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Quatre ans après son déclenchement dans la région de Saada, cette guerre entrecoupée de trêves ne cesse de gagner en intensité. Elle menace de gangrener un Etat dont la population, surarmée par tradition, compte parmi les plus pauvres de la planète, et où un puissant système tribal n’a de cesse de défier le pouvoir central incarné par le président Ali Abdallah Saleh.

Le 4 novembre, les combats qui ont repris à la mi-août se sont étendus pour la première fois en territoire saoudien. Accusés d’avoir attaqué une patrouille et tué un soldat au cours d’une incursion au-delà de la frontière, les fidèles du chef rebelle Abdel Malik Al-Houthi ont été la cible d’une offensive de l’armée du puissant voisin. Une escalade qui ne fait qu’officialiser le soutien de l’Arabie saoudite au président Saleh. La rébellion houthiste dénonce depuis longtemps l’autorisation accordée aux chasseurs-bombardiers yéménites d’utiliser l’espace aérien du royaume pour tenter de la prendre à revers.

Samedi 7 novembre, le président yéménite, coutumier des formules à l’emporte-pièce, s’est engagé à en finir au plus vite avec les rebelles, affirmant que les opérations militaires menées au cours des cinq phases précédentes n’étaient qu’un « Ã©chauffement ».

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Les militaires saoudiens utilisent des bombes au phosphore pendant des raids nocturnes, selon la chaîne de télévision Al-Alam

« Encercler les rebelles »

Energique et sobre, le vice-premier ministre chargé du secteur stratégique de la sécurité, Rashad Al-Aleimi, qui reçoit dans un bureau austère au coeur de la capitale yéménite, se montre plus prudent. « Il va nous falloir du temps, l’objectif est d’encercler les rebelles, d’empêcher leur ravitaillement en armes, de les affaiblir au point qu’ils seront obligés de s’arrêter, assure-t-il. Nous, nous voulons la paix, mais ils ont toujours refusé les mains tendues. » Pour le vice-premier ministre, il ne fait pas de doute que la rébellion houthiste « a un agenda iranien ». « Ce qu’elle veut, dit-il, c’est se tailler un territoire entre les Saoudiens et nous, avec un accès à la mer, exactement comme le Hezbollah libanais », dans une zone particulièrement stratégique qui permettrait d’étendre l’influence iranienne au Moyen-Orient.

Alors que les autorités ont fait grand cas, le 26 octobre, de l’arraisonnement en mer Rouge d’un navire iranien chargé d’armes destinées, selon elles, aux rebelles, M. Aleimi assure ne pas disposer d’éléments permettant d’accuser directement Téhéran. Dans les cercles du pouvoir, certains affirment en revanche être convaincus de la présence de houthistes dans les camps d’entraînement du Hezbollah, notamment pendant la guerre contre Israël, à l’été 2006.

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Photographie de الوعد الصادق issue du forum Mecanopolis

Il n’était pourtant question ni de Riyad ni de Téhéran en 2005, lors de la tentative d’arrestation d’un ancien député influent, Hussein Al-Houthi, qui a déclenché la guerre de Saada. Ce dernier était alors accusé d’alimenter des tensions confessionnelles entre la communauté zaïdite dont il était issu (une forme particulière du chiisme) et un courant salafiste qu’il jugeait agressif et encouragé par le pouvoir. Le président Saleh était également indisposé par les slogans hostiles aux Etats-Unis et à Israël clamés par les houthistes.

Un haut responsable yéménite, issu d’une grande famille du pays et s’exprimant sous le sceau de l’anonymat, juge fondée la thèse selon laquelle Hussein Al-Houthi visait la restauration d’un pouvoir à la fois politique et spirituel millénaire, l’imamat, mis à bas dans les années 1960 avec l’instauration de la république au Yémen du Nord. Après la mort au combat de Hussein, en 2005, le flambeau a été repris par son frère Abdel Malik, et la guerre du Nord s’est enkystée.

La perpétuation de combats de plus en plus destructeurs et leur extension aux provinces proches de celles de Saada font que la guerre semble désormais alimentée par sa propre dynamique, nourrie par une somme d’intérêts convergents. Tout d’abord les dissensions entre deux grandes confédérations tribales, les Bakil et les Hashid, ces derniers étant traditionnellement proches du pouvoir. Puis l’essor d’une économie de guerre, avec une dimension parfois baroque lorsque l’un des plus importants des nombreux marchands d’armes du Yémen, Fares Manna, figure parmi les personnalités chargées des médiations entre les houthistes et les autorités. Haut responsable d’une formation zaïdite, le Parti du droit, Hassan Zeid, qui reçoit dans son mafraj (salon) au coeur de la vieille ville de Sanaa, juge enfin que si les houthistes « se battent pour se défendre parce que c’est leur seul moyen de survie », la guerre permet accessoirement au président d’affaiblir le responsable militaire de la région Nord, le puissant Ali Mohsen Al-Ahmar, pour le plus grand profit de son propre fils Ali Ahmad, chef des forces spéciales et de la garde républicaine, qu’il promet à un brillant avenir.

Sur le même sujet, lire les articles du site La Voix des Opprimés


D’autres documents photos et vidéos sur le forum Mecanoplis

Les militaires saoudiens utilisent des bombes au phosphore pendant des raids nocturnes, selon la chaîne Al-Alam

août 16 2009

Les intérêts des Etats-Unis dans les pays musulmans

Si l’on prend en compte les réserves du Golfe, d’Afrique du Nord et d’Asie centrale, ce sont près de 75 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz prouvées qui sont entre les mains du monde musulman. Les USA, qui veulent épuiser le moins vite possible leurs réserves, entendent continuer, à n’importe quel prix, de contrôler le trafic pétrolier et à bénéficier du rôle privilégié que joue le dollar dans celui-ci.

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Pour conserver le plus longtemps possible leur hégémonie mondiale, les USA consolident leurs positions dans les régions riches en ressources naturelles où leur supériorité technologique demeure irrattrapable (Moyen-Orient, Asie centrale, Afrique) ou bien dans les zones de civilisation occidentale riches où la culture américaine a été intégrée à l’identité nationale et où la capacité de consommation des produits américains est très élevée.

« Les priorités américaines dans la région sont : négocier et développer des accords de sécurité dans la région du Golfe afin d’en assurer la stabilité et l’accès aux réserves pétrolières vitales pour notre prospérité économique ; assurer l’accès aux entreprises américaines dans la région » (Robert Pelletreau, le 6 avril 1995 devant la commission des Relations internationales du Congrès)

USA et islamisme radical

Les USA ne luttent pas contre les fondamentalistes islamistes, ils se servent d’eux depuis bien longtemps. Les USA ont pour priorité de conserver une emprise sur les réserves d’hydrocarbures du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Depuis la fin des années 70, la stratégie diplomatique et militaire des USA impose d’ étouffer les mouvances les plus modernistes de l’islam, désireuses d’échapper à l’impérialisme économique US, et de promouvoir les régimes les plus conservateurs de manière à les rendre dépendant de sociétés américaines.

Depuis que Washington est parvenu à obtenir du Roi Ibn Séoud, le 29 mai 1933, le paradigme de la stratégie  » islamo-pétrolière  » des USA à été le suivant : « Vous nous laissez appliquer la loi islamique et régner en Arabie Saoudite selon nos valeurs islamiques et nous coopérons économiquement avec vous ».

Il est important de prendre en compte, afin de comprendre l’islamisme radical moderne, le choc pétrolier d’après 1973 et la hausse du cours du brut provoquée par les pays arabes producteurs de pétrole et également par les sociétés pétrolières américaines. Ceci aura pour conséquence l’enrichissement considérable des pays musulmans producteurs, notamment l’Arabie Saoudite – dont les revenus annuels sont passés, entre 1973 et 1978, de 4,35 à 36 milliards de dollars – qui investira une grande partie de ses rentes dans la promotion de l’islam hanbalite, celui dont s’inspirent les islamistes sunnites et les wahhabites. Le lit de l’islamisme sera par conséquent préparé dans un premier temps par la promotion d’un islam fondamentaliste dont l’introduction au sein des législations des États musulmans sera la condition sine qua non de l’aide au développement. La quasi totalité des réseaux islamistes implantés au Proche-Orient, en Afrique et en Occident, seront ainsi financés par l’État saoudien et par le biais d’institutions islamiques internationales qu’il contrôle : l’Organisation de la Conférence Islamique (créée en 1970), la Ligue islamique mondiale (ONG aux objectifs missionnaires, créée en 1962), et surtout les holdings et banques saoudiennes, tels les groupes Fayçal Islamic Bank, Dar el-Mal, Dellah el-Baraka, etc

Anecdote qui démontre à quel point les liens entre fondamentalistes islamistes et CIA étaient étroits : la « porte-parole officielle » du régime taliban à l’ONU n’était autre que Laili Helms, petite-fille de Faïz Mohammed Zikira, dernier ministre des Affaires étrangères du régime Taliban, et surtout épouse de Richard Helms, numéro 2 de la CIA à l’époque.

CIA et Moudjahidîn

En 1977 la CIA avait mis sur pied des réseaux de propagande islamiste destinés à infiltrer les mouvements nationalistes musulmans sunnites en Asie centrale afin de les dégager de l’influence soviétique de l’époque. Des exemplaires du Coran et de la littérature interdite par Moscou (qui avait fait détruire 70′000 mosquées par l’armée rouge), sur les héros de guerres anciennes contre les Russes, furent introduits en masse, ainsi que des armes. Ces réseaux furent organisés sous l’autorité du patron du NSC (National Security Council), Zbigniew Brzezinski, qui parvint à convaincre Carter de jouer la carte islamique pour affaiblir l’Union soviétique. La CIA a aidé les moujahidîns, en rébellion contre Najibullah, dès le 3 juillet 1979, soit six mois avant l’invasion soviétique. Ils ont en fait, à travers cette opération clandestine, provoquant ainsi l’invasion soviétique.

Si le soutien US des moudjahidin en Afghanistan visait en premier lieu de se placer dans un conflit indirect contre les soviétiques, il s’agissait aussi de neutraliser l’expansion et l’influence de l’islamisme chiite iranien dans la région.

Ben Laden et Al-Qaeda

C’est à ce moment là que commence l’histoire de Ben Laden. Dans les années 80 il crée, avec le prince Turki Ibn-Fayçal issu du clan ultra puissant des Sudaïri, et chef des services secrets saoudiens, la « Légion islamique afghane», milice directement soutenue par la CIA et Riyad.

Par la suite, William Casey, chef de la CIA, ne voulant pas que Washington fût mêlé de trop près aux opérations en Afghanistan, ce sont les services secrets pakistanais, l’Inter Service Intelligence (ISI), qui se chargèrent de la formation des combattants islamistes et des livraisons d’armes au travers des camps de Ben Laden. La CIA fit livrer les premières armes aux rebelles afghans en janvier 1982, via l’ISI :

-5000 fusils Enfield 303 > USA

-450 lance-roquettes RPG-7 > Egypte

-4000 kalachnikovs > Egypte

Au début des années 80, 3 000 arabes combattaient en Afghanistan. En 1985, il seront 16 000 auprès de Hekmatyar et Ben Laden. En avril 1982, un centre de recrutement pour combattants islamistes, le « El-Kifah Center », avait déjà été ouvert aux USA par la CIA, à Brooklyn – sous l’autorité de William Casey. La direction en avait été confiée à l’égyptien Mustafa Shalabi. Les volontaires recrutés dans ce centre seront autorisés à s’entraîner à tirer au High Rock Shooting Range de Naugatuck dans le Connecticut. 17 centres semblables à l’El-Kifah Center seront ouverts par la suite aux USA.

Le rôle de Ben Laden était, outre le financement, le lien entre services secrets saoudiens, américains, pakistanais et volontaires arabes et autres islamistes venu combattre. C’est pour cela qu’il a créé Al-Qaeda, qui était la base de donnée informatique qui faisait le pont entre les différents services qui répertoriait les noms, fonctions et états de services des moudjahidîn. Al-Qaeda n’a jamais été ce nom comme définissant un groupe d’action ou même de terroriste. Ca n’a jamais été qu’une base de donnée, entre les mains de la CIA, de l’ISI et des services secrets saoudiens. Le nom d’Al-Qaeda est apparu pour la première fois dans un rapport du congrès US en 1998. L’idée était de trouver un slogan pour définir ce qu’étaient devenu les différentes structures de combattants en Afghanistan puis en Bosnie.

Bosnie, Moudjaihidîn et CIA

En 1989, quand le gouvernement soviétique de Mikhaïl Gorbatchev décide de jeter l’éponge et de quitter l’Afghanistan, l’Armée Rouge laisse derrière elle un pays exsangue, avec un million de morts (sur une population restante de 13 millions), encore plus de blessés et mutilés, et de profondes divisions. Les USA et les saoudiens ont redéfini les objectifs des « afghans » en deux axes : les plus spécialisés pour accomplir des opérations clandestines (du terrorisme au trafic de drogue) et les combattants pour des guerres de grande intensité. Zawahiri se rend aux USA pour la seconde fois à la fin de 1991. De façon à maintenir la pression sur les USA, il se rend également en Iran en 1992. En effet, l’ex-Yougoslavie venait d’imploser, et Téhéran, proche de Alija Izetbegovic commençait à fournir la résistance bosniaque en armes.

En mai 1992, Zawahiri rejoint Ben Laden au Soudan et ils commencent ensemble à organiser, avec l’aide du Soudan et de l’Iran, le déplacement de combattants de l’Afghanistan à la Bosnie.

Ben Laden se rendra en 1993 à Sarajevo afin d’y rencontrer Izetbegovic. Ce dernier lui remettra un passeport bosniaque en remerciement symbolique pour son soutien.

Zawahiri séjournera à plusieurs reprises en Bosnie, allant même jusque dans des zones de combats, jusqu’à la fin 94. Il a commandé toutes les opérations des « afghans » en Bosnie jusqu’à cette période.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la CIA a collaboré avec les services secrets iraniens dès 1992 dans l’apport d’armes à la Bosnie, une concession faite pour ne pas laisser tout le terrain sur place aux iraniens. Ils récupèreront ensuite, par l’intermédiaire de MPRI la quasi-totalité des combattants qui resteront sur place après les accords de Dayton en les enrôlant dans l’armée régulière bosniaque.

En effet, les iraniens ne pouvaient rivaliser avec la diplomatie américaine qui offrait la victoire à Izetbegovic avec les accords de Dayton et le programme « Train and Equip » qui chargea le MPRI d’entraîner l’armée de la fédération Croato-musulmane. Un contrat de 16 mois signé le 16 juillet 1996, renouvelé pour une année supplémentaire en septembre 1997. Le financement du programme Train and Equip a été assuré, pour 203 millions de dollars, par les Etats-Unis, et pour 340 millions de dollars par des pays musulmans (Arabie Saoudite, Koweït, Emirats Arabes Unis, Malaisie et Brunei). De plus l’Egypte, comme en Afghanistan, a fourni des pièces d’artillerie.

Zawahiri et l’UCK

Après les accords de Dayton, l’armée régulière bosniaque a enrôlé quasi tous les afghans qui se trouvaient en Bosnie. Ayman al-Zawahiri, ses lieutenants et se sont retranché dans leur QG de Sofia. Mohammed al-Zawahiri a organisé un camp d’entraînement de l’UCK à Tirana. Le mouvement albano-kossovar luttait contre les serbes. MPRI a ensuite intégré les membres de l’UCK dans les forces de police légales au Kosovo.

Bosnie, néo-conservatisme et terrorisme

Les USA avait un intérêt détruire la Yougoslavie, à la démembrer, parce que, après la fin du bloc soviétique, elle aurait été un modèle de combinaison intelligente entre éléments capitalistes et socialistes. Mais les USA voulaient imposer le modèle néolibéral à tous.

Les néo conservateurs-américain n’ont eu d’autres plans, depuis cette guerre en Bosnie, que de construire un réseau clandestin de marionnettes « fondamentalistes ». Ce qui s’est passé dans les Balkans n’était que la répétition de ce qui s’était passé en Afghanistan : l’utilisation de moudjahidîn pour les intérêts géostratégique américains.

Le réseau terroriste que les services secrets américains et britanniques ont formé durant la guerre civile en Bosnie et plus tard au Kosovo, a fourni un réservoir de combattants que l’on a ensuite retrouvés impliqués dans les attentats de New York, Madrid, Londres. L’instigateur des attentats de Madrid, Djemal Zougam, était un vétéran de la Bosnie. Il était sous surveillance permanente depuis 4 ans par les services secrets espagnols et la CIA.

Les USA n’ont jamais cessé d’alimenter, financièrement et logistiquement, les djihadistes. Ceci pour les utiliser afin de déstabiliser des régions entières et de les rendre ainsi dépendantes de leur soutien, dans le but d’assurer leurs intérêts géopolitique et énergétique. Les USA ne luttent pas contre le terrorisme, ils le fabriquent et s’en servent contre tous ceux qui pourraient porter atteinte à leur hégémonie.

Après le Moyen-orient, l’Asie centrale est en passe de devenir leur nouveau terrain d’action, où il s’agira pour les USA de s’octroyer les réserves d’hydrocarbures. De nouvelles guérillas sont programmées avec l’objectif d’empêcher la Russie d’acquérir ces mêmes objectifs et de redevenir une puissance mondiale.

L’Iran demeure la seule pièce de résistance car elle est inattaquable. Les iraniens ont récupéré plus de 2000 afghans après la Bosnie et les ont disséminés dans tous les pays occidentaux, de sorte qu’un conflit ouvert entraînerait un « 11 septembre » tous les jours pendant plusieurs semaines.

Mecanopolis

Source : Forums Mecanopolis

jan 19 2009

L’attaque de Gaza a été décidée en concertation avec l’Égypte et l’Arabie saoudite

Condoleezza Rice et Tzipi Livni ont signé vendredi à Washington un accord bilatéral destiné, disent-elles, à empêcher « la contrebande d’armes » vers Ghaza. Rice a indiqué avoir téléphoné aux ministres des Affaires étrangères britannique, David Miliband, allemand, Frank-Walter Steinmeier et français, Bernard Kouchner, « pour les informer » de sa démarche ajoutant : « Je pense que ces efforts vont être suivis très rapidement par les Européens ». Selon le porte-parole du département d’État, Sean McCormack, Washington s’engage dans ce document à mobiliser des « équipements » pour aider Israël à empêcher « la contrebande  ». Il n’a cependant pas précisé ce que seraient ces équipements, mais il a indiqué que les États-Unis ne déploieraient pas de troupes sur le terrain. Dans cet entretien accordé au Courrier d’ Algérie, Thierry Meyssan revient sur cette offensive acharnée que mène Israël contre la bande de Ghaza.

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Le Courrier d’Algérie : Vous indiquez dans votre article intitulé La guerre israélienne est financée par l’Arabie saoudite que l’attaque israélienne contre Gaza, est une option préparée de longue date. Que nous faut il comprendre par « option » ? Ce serait une option à quoi et mise en Å“uvre par qui et dans quelle but ?

Thierry Meyssan : Le régime en place à Tel-Aviv attaque à intervales plus ou moins réguliers la population palestinienne pour décapiter sa Résistance et la décourager pour plusieurs années. Cette stratégie, d’abord empirique, a été théorisée par Abba Eban à la fin des années 60. Celui-ci -qui avait été élevé en Afrique du Sud- considérait que, pour maintenir l’apartheid en Palestine, il fallait dialoguer avec des autorités politiques palestiniennes tout en faisant la guerre à la société civile palestinienne. Cette stratégie est parvenue à un certain degré de raffinement avec la création de deux entités politiques palestiniennes, géographiquement distinctes, la Cisjordanie et Gaza, séparées par un Mur et des chek points, sur le modèle des bantoustans sud-africains.
Dans cette optique, le régime sioniste se prépare en permanance à de nouvelles actions militaires contre la population civile. L’opération « plomb durci », quand à elle, a été préparée six mois à l’avance, la pseudo trêve n’ayant été conclue que dans ce but, ainsi que l’a révélé le quotidien israélien Haaretz. C’est en ce sens que je parle d’une « option ». Restait à définir le moment propice pour la mettre en Å“uvre, aussi bien en termes diplomatiques que politiques.

Le Courrier d’Algérie : Vous indiquez également qu’Israel a élevé cette agression au rang de cause nationale et religieuses ?

Thierry Meyssan : Selon les cas, le régime de Tel-Aviv mène ces expéditions punitives contre la population palestinienne avec ou sans avoir recours aux réservistes. Cette fois, l’ampleur de l’opération supposait la mobilisation de dizaines de milliers d’hommes. Les autorités ont donc utilisé un langage symbolique pour faire comprendre à leur population juive l’importance de cet effort. D’où le nom de « plomb durci » quif ait référence à un chanson entonnée pour Hannukka.
Cette fête religieuse célèbre le miracle de l’huile. Selon La Bible, les juifs chassèrent les Grecs (les Séleucides, héritiers d’Alexandre le Grand) de Palestine. À l’issue de batailles meurtrières, les soldats juifs rendirent grâce à Dieu dans le temple de Jérusalem, mais ils n’eurent pas le temps de se purifier. Ils allumèrent une lampe avec de l’huile pour la nuit en pensant revenir le lendemain pour reprendre le rituel. Or, la lampe brûla durant huit jours, manifestant que Dieu ne leur en tenait pas rigueur, c’est-à-dire qu’Il ne considérait pas que massacrer les Grecs ait rendu les soldats juifs impurs.
En utilisant cette référence, le régime de Tel-Aviv suggére qu’il n’y a rien d’impur à massacrer des Palestiniens et, comme on peut le constater avec effroi, les soldats juifs n’ont pas tardé à mettre ce message en pratique.

Le Courrier d’Algérie : Vous mentionner également et dans se même article le rôle actif de l’Arabie saoudite et de l’Égypte dans cette offensive, peut-on avoir plus de précisions ? Et quels auraient été intérêts de ses deux États à s’impliquer dans des manÅ“uvres hautement dangereuses et compromettantes ?

Thierry Meyssan : La montée en puissance du Hamas pose un problème politique à l’Égypte et à l’Arabie saoudite. Il s’agit en effet d’un mouvement de libération nationale issu d’un milieu religieux sunnite progressiste et susceptible d’influence dans le reste du monde musulman via les organisations sunnites, actuellement contrôlées par l’Arabie saoudite, et dans une moindre mesure par l’Égypte.
Un succès du Hamas signifierait à court terme une révolution en Égypte, et à moyen terme une autre en Arabie saoudite.
De ce point de vue, la guerre actuelle à Gaza n’a pas seulement pour but de maintenir l’apartheid en Palestine, mais aussi et surtout, de maintenir un contrôle réactionnaire et obscurantiste sur l’ensemble de la communauté sunnite ; un contrôle qui est exercé dans l’intérêt des Anglo-Saxons et d’Israël par des gouvernements soutenus par eux à bout de bras.
Elle fait apparaître un clivage qui n’ont rien à voir avec l’ethnie ou la religion. Le vrai conflit n’est pas entre juifs et musulmans, entre chiites et sunnites, entre arabes et perses, mais il oppose la liberté et le droit d’un côté, à la domination et à la violence de l’autre.
L’opération « plomb durci » a été planifiée par Tel-Aviv avec ses partenaires de Riyad et du Caire. Elle se résume ainsi : les forces armés israéliennes, le blocus égyptien et les finances saoudiennes. À cela s’ajoute le soutien de l’Égypte aux paramilitaires du général Mohamed Dahlan. Ils sont actuellement 2 500 stationnés près de Rafah (et non 10 000 comme je l’ai précédemment écris par erreur en comptabilisant des forces égyptiennes). Ces mercenaires arabes sont prêts à entrer à Gaza, une fois la résistance au sol maitrisée par les tanks israéliens, pour faire le sale boulot à la place des Israéliens, c’est-à-dire y massacrer les familles du Hamas
Cette opération militaire s’accompagne d’une action diplomatique de l’Égypte et de l’Arabie saoudite pour torpiller les initiatives de la Ligue arabe promues par le Qatar et la Syrie. Tout cela est certainement difficile à admettre, mais il faut regarder la réalité en face. Riyad et Le Caire ont rejoint le camp sioniste.

Le Courrier d’Algérie : Quelles seraient les visées de cette offensive pour Israel et les États-unis ?

Thierry Meyssan : Les États-Unis ne sont pas responsables du déclenchement de cette opération. L’administration Bush finissante n’en avait pas le pouvoir. Durant la période de transition, elle ne peut qu’expédier les affaires courantes,
Tel-Aviv a placé Washington devant le fait accompli et l’a contraint à suivre en assurant le réapprovisionnement des munitions. Je le redis : la décision de l’attaque n’a pas été prise en concertation avec les Etats-Unis, mais avec l’Égypte et l’Arabie saoudite.

Le Courrier d’Algérie : Quelles appréciation faites vous de l’arsenal utilisés contre la population de Gaza ? Beaucoup évoquent des raisons expérimentales.

Thierry Meyssan : Israël est devenu un exportateur de matériels et de savoir-faire militaires. Il n’est pas nouveau qu’il utilise la population palestinienne à la fois comme cobaye pour tester de nouvelles armes, et comme vitrine, pour montrer en situation réelle à ses acheteurs les capacités de ses matériels.
On se souvient par exemple des expérimentations conduites à Jenine et de l’interdiction formelle édictée par les Israéliens aux organisations internationales d’aller y enquêter même des années plus tard.

Le Courrier d’Algérie : La donne pourra t-elle changer une fois Barak Obama officiellement investi ?

Thierry Meyssan : Le régime sioniste et les États arabes sionistes craignent l’évolution en cours à Washington. Barack Obama, au départ un pur produit du mouvement sioniste, lancé en politique il y a douze ans par Abner Mikva, est parvenu à la Maison-Blanche en constituant une coalition hétéroclite qui inclus des généraux non pas anti-sionistes, mais a-sionistes. Je pense au groupe formé par l’amiral William Fallon (ex commandant en chef du Central Command) autour du général Brent Scowcroft (ex-conseiller national de sécurité). Il s’agit de militaires qui entendent revoir la politique proche-orientale en fonction des seuls intérêts US et qui, tout en soutenant le principe d’un État juif sont opposés à l’expansionisme sioniste. Ce groupe, qui a trouvé une expression politique avec la Commission Baker-Hamilton, contrôle le département de la Défense (avec Robert Gates) ; la CIA (avec Leon Panetta) et le Conseil national de sécurité (avec l’amiral James Jones). Les sionistes, quand à eux, contrôlent partielelment la Maison-Blanche (avec le secrétaire général Rahm Emanuel) et le département d’État (avec Hillary Clinton et son adjoint James Steinberg).
Barack Obama devrait repositionner les États-Unis de manière plus ou moins neutre, pour qu’ils redeviennent un tiers de confiance dans la région, apte à négocier entre les uns et les autres. Il devrait relancer le processus de la conférence de Madrid. Il souhaite présenter un plan visant à réduire les conflits, plutôt qu’à les résoudre. Les grandes lignes en sont déjà été présentées à de nombreux leaders arabes, elles tournent autour d’une interprétation nouvelle de la « solution à deux États » :

- Naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent et indemnisation financière de ces États ; renoncement de facto par les Palestiniens à leur droit pourtant inaliénable au retour.

- Création d’un État palestinien démilitarisé, avec une partie de Jérusalem comme capitale et dans les frontières de 1967 ; investissements financiers massifs pour y créer une économie viable.

- Interposition d’une force de paix de l’OTAN.

Les sionistes tentent préventivement de rendre cette proposition impossible. Au demeurant, le plan états-unien limiterait le nombre de personnes souffrant d’une situation d’injustice, mais consacrerait définitivement cette situation.

Source : Le Courrier d’Algérie et le Réseau Voltaire

Envoyé par SAMY59RBX

jan 07 2009

Complot de pays arabes contre le Hamas


Le quotidien israélien « Yediot Aharonot » a indiqué, dans son édition du 5 janvier, que les dirigeants de certains pays arabes avaient demandé secrètement au gouvernement de Tel-Aviv d’en finir définitivement avec le Mouvement de la résistance islamique de la Palestine, le Hamas, dans la Bande de Gaza.

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Hosni Moubarak est-il le complice d’Israël ?

Selon le quotidien, les dirigeants des pays, comme l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie saoudite ont demandé au régime sioniste d’empêcher que le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, ne devienne un nouveau Nasrallah, en faisant allusion au Secrétaire général du Hezbollah libanais.

Les responsables égyptiens, jordaniens et saoudiens n’ont pas réagi à la révélation du quotidien bien que leur population s’indigne vivement des crimes commis par le régime sioniste à Gaza.

Source : Al-Manar

oct 26 2008

Les Taliban rejettent les pourparlers de paix avec Hamid Karzaï

Des activistes taliban ont assuré qu’ils poursuivraient la lutte en Afghanistan et écarté toute négociation avec le gouvernement du président Hamid Karzaï tant que des forces étrangères seraient présentes dans le pays.

Le conflit, qui est entré dans sa huitième année, ne peut, de l’aveu même de nombreux dirigeants occidentaux, plus être remporté militairement.

Une stratégie de pourparlers s’est mise en place entre Kaboul et les taliban, par l’intermédiaire de l’Arabie saoudite, qui a organisé le mois dernier une réunion entre des représentants du gouvernement afghan et d’anciens dirigeants taliban.

Le mouvement islamiste radical a cependant démenti toute participation à ces pourparlers et affirmé que cette réunion n’avait pour objectif que de diviser leur mouvement.

« Les armées d’envahisseurs ne pourront jamais retarder l’avancée du djihad et s’opposer à la communauté musulmane ( »oumma ») en Afghanistan », écrivent les taliban dans un communiqué sur leur site internet.

« L’Emirat islamique veut affirmer clairement que la seule solution et la voie la plus sûre pour résoudre le problème de l’Afghanistan impliquent le départ sans condition des forces étrangères en Afghanistan. »

L’Afghanistan a connu cette année les violences les plus intenses depuis l’invasion menée fin 2001, et quelque 4.000 personnes ont été tuées depuis janvier.

Selon plusieurs analystes, il est peu probable que les taliban s’engagent sérieusement dans des pourparlers tant qu’ils auront le sentiment de gagner du terrain.