juin 14 2010

Chrétiens, Musulmans et Socialistes pour la Vie

Tribune libre de Denis Jaisson

Le 21 mai 2010, le Pape Benoit XVI a appelĂ© les fidĂšles laĂŻcs Ă  «participer activement Ă  la vie politique (
) Ils (les fidĂšles) doivent rechercher le consensus le plus large avec tous ceux qui ont Ă  cƓur la dĂ©fense de la vie et de la libertĂ©, de la vĂ©ritĂ© et de la famille, la solidaritĂ© et le bien public» [1]. Cet appel a rĂ©sonnĂ© dans les oreilles des Français, aprĂšs que Roselyne Bachelot, ministre de la santĂ© ex-utero, eĂ»t dĂ©clarĂ© le 4 mai que «l’accĂšs des femmes Ă  l’interruption volontaire de grossesse est, dans le domaine de la santĂ© publique, l’une de mes prioritĂ©s» [2]
 Qui a le bien du public Ă  naĂźtre Ă  cƓur, Ă  l’heure oĂč le Pape tourne les Catholiques de France vers tous les Français de bonne volontĂ© ?

jaisson

Nous remarquons, en faisant un tour d’horizon, que les Françaises musulmanes qui nient le droit d’avorter sont beaucoup plus nombreuses que les 367 porteuses de burqa recensĂ©es par le MinistĂšre de l’IntĂ©rieur [3]. Nous avons plus en commun avec les Françaises musulmanes – voilĂ©es ou pas [4] – qu’avec Roselyne Bachelot ou avec Jean-François CopĂ© qui fait lĂ©gifĂ©rer contre la burqa [5] et relance le dĂ©bat sur le mariage et l’adoption homosexuels [6]. Nous sommes plus proches d’elles que de la droite financiĂšre qui les diabolisent pour nous monter contre les Musulmans [7] et qui fait de l’avortement une prioritĂ© – une prioritĂ© financiĂšre comme nous allons voir. AprĂšs tout, l’intĂ©gration des Musulmans devenus citoyens français par naturalisation [8], parmi les Français de souche catholiques ou convertis Ă  l’Islam, passe par la dĂ©fense du «bien public» – du bien du public Ă  naĂźtre


De mĂȘme que les Catholiques ne sont pas les seuls croyants qui nient le droit d’avorter, les croyants en gĂ©nĂ©ral ne sont pas les seuls citoyens qui nient ce droit. Ainsi les « Socialistes pour la Vie » [9] marchĂšrent avec nous « pour la Vie » le 17 janvier dernier. Ils se rĂ©clament des anciens socialistes populistes comme Maurice Thorez: «Le contrĂŽle des naissances n’assure pas un logement aux jeunes mĂ©nages; il ne donne pas Ă  la mĂšre de famille les moyens d’Ă©lever convenablement ses enfants (
) le chemin de la libĂ©ration de la femme (
) ne passe pas par les cliniques d’avortement» [10]. «Depuis quand les femmes travailleuses rĂ©clameraient le droit d’accĂ©der aux vices de la bourgeoisie? Jamais!» clama Jeannette Vermeersch [11]. VoilĂ  qui Ă©tonnera les plus jeunes car on ne reconnaĂźt dans ces propos conservateurs, ni l’extrĂȘme-gauche, ni la gauche libĂ©rale des «bobo» qui jouent au pauvre [12]. Cette gauche bannit des mĂ©dia dociles des deux bords de Seine la « lecture Ă©conomique de l’avortement », tandis que des rĂąles d’agonie montaient de la cour de miracles des «faiseuses d’anges». Pourquoi la droite financiĂšre se soumit-elle Ă  cette censure [13]?

A quoi bon faire cette « lecture Ă©conomique », pour les croyants? Notre opposition au droit d’avorter procĂšde de la VolontĂ© divine, aprĂšs tout. Mais sous le prĂ©texte que les opinions confessionnelles n’avaient pas voix au chapitre rĂ©publicain, les champions de la laĂŻcitĂ© ont marginalisĂ© les citoyens qui niaient ce droit pour une raison spirituelle. Les media ont circonscrit notre opposition, en la discrĂ©ditant avec force dĂ©bats escamotĂ©s entre irrĂ©conciliables – le camp de la tolĂ©rance empathique contre celui de la raideur dogmatique, faire-valoir malgrĂ© lui. Alors prenons Ă  leur jeu les loges – ces «laboratoires de la sociĂ©té» [14] – et les media (leurs media). Analysons, d’un point de vue laĂŻc, l’évolution des mƓurs en gĂ©nĂ©ral; voyons Ă  qui celle-ci profite
 [15]

Le fĂ©minisme changea l’équilibre de l’offre et la demande de main d’Ɠuvre, en mettant les femmes au travail; on ajusta les salaires Ă  l’embauche [16]. Le couple gagna plus mais chaque conjoint moins Ă  terme – pas bĂȘte, le roi Fric [17]! On comprend l’intĂ©rĂȘt d’Edouard de Rothschild, principal actionnaire du quotidien « LibĂ©ration », pour la presse Ă©crite qui perd de l’argent [18]
 Dans une sociĂ©tĂ© « adolescentrique » qui ne se projette plus dans l’avenir [19], contraception et avortement dissocient sexualitĂ© et procrĂ©ation. Sociologues, philosophes et thĂ©ologiens n’ont pas fini de croiser le fer Ă  ce sujet; en revanche l’analyse Ă©conomique est plus simple. La Finance et l’Industrie ont vite fait le calcul: moins d’enfants, donc moins de charges sociales. Le CNPF [20], pourtant catholique et conservateur dans son ensemble, ne dit pas non, Ă  l’époque. Il ne dit pas oui non plus, puisqu’on Ă©vita de « parler argent »: grĂące Ă  l’avortement, les revendications salariales allaient enfin rĂ©trĂ©cir avec la famille moyenne, dans un contexte de toute-puissance syndicale. Inversement, n’a pas une famille nombreuse qui veut mais qui peut [21]. Ainsi la «libĂ©ration de la femme» de la Rive Droite est, Rive Gauche, une contrainte Ă©conomique, une inĂ©galitĂ© que la gauche libĂ©rale, pourtant Ă  cheval sur la devise rĂ©publicaine, n’a pas dĂ©noncĂ©e [22]
 Le regroupement familial et l’immigration compensent l’effet de cette «libĂ©ration de la femme» sur la natalitĂ©: 170.000 immigrĂ©s lĂ©gaux en 2009, d’aprĂšs Éric Besson au Conseil des ministres du 31 mars dernier [23]. Qu’en pense Villiers, qui fait le tapin Ă  l’UMP pour garder son strapontin vendĂ©en? Qu’importe; l’important est de se rappeler, avant de «voter utile» au 2Ăšme tour, que l’immigration est, depuis Pompidou, une arme de la droite financiĂšre [24]. On importe donc, aujourd’hui comme hier, les enfants que les Français ne font plus – ceux qu’on ne veut pas qu’ils fassent. C’est une bonne affaire car la femme africaine coĂ»te moins cher qu’une gĂ©nitrice française – surtout si elle procrĂ©e chez elle avant d’émigrer! Ainsi la dĂ©localisation de la reproduction prĂ©cĂ©da celle des usines; l’Etablissement peut-il mieux dire au peuple qu’il n’a pas besoin de lui? On comprend pourquoi les media, dont les propriĂ©taires sont aussi nos employeurs, nous prĂ©sentent la globalisation comme le «sens de l’Histoire» – l’opium des classes moyennes [25]
 Thorez, Vermeersch et leurs camarades avaient compris que l’avortement et l’immigration conjuguĂ©s ferait disparaĂźtre la classe ouvriĂšre française par substitution. Tandis que le prolĂ©tariat autrefois soudĂ© et puissant [26] se rĂ©signait Ă  sa propre dissolution, les gauchistes, le PS et SOS-Racisme montaient contre les Français une masse sans contrepoids financier parce que politiquement informe. Les Français qui prennent pour un retour au patriotisme la fiertĂ© de Nicolas Sarkozy pour notre passĂ© colonial n’ont pas compris que la haine se jouait mieux Ă  plusieurs. Le but du jeu est de rendre impossible la jonction des classes moyennes et des enfants des immigrĂ©s en voie d’intĂ©gration; les deux camps qu’on oppose avec quelques burqa ont le mĂȘme ennemi…

La lecture Ă©conomique, qui ramĂšne le dĂ©bat sur l’avortement dans l’agora rĂ©publicaine, montre aux Français que l’avortement les lĂšse tous au profit du roi Fric. Des Catholiques aux Musulmans, de la «droite des valeurs» Ă  la «gauche du travail» [12], nous pouvons susciter le consensus laĂŻc et populaire auquel le Saint-PĂšre appelle, pour «dĂ©fendre le bien public» contre la droite financiĂšre et la gauche libĂ©rale. Pour peu que tous les dĂ©fenseurs du «bien public» nous rejoignent Ă  la prochaine Marche pour la Vie, nous pĂšserons plus lourd que les derniers des Mohicans et leurs familles, Ă  qui on laisse faire un tour de manĂšge une fois par an pour faire oublier que le roi Fric a achetĂ© la dĂ©mocratie
 Il est grand temps car l’euthanasie a pris le train suivant – «La vie comme matĂ©riau, tel est le principe de notre lutte», Ă©crivit Pierre Simon, ancien Grand MaĂźtre de la Grande Loge de France [13]… Une franc-maçonne des hauts degrĂ©s me disait il y a quelques mois: «interruption volontaire de vieillesse, valeur de liberté». Cette formule creuse, qui fera mouche au journal de vingt heures, cache mal l’économie qu’on veut faire de nos Anciens, aprĂšs que Klaus Regling, le vrai ministre français des finances, de la santĂ©, du travail et des affaires sociales (excusez du peu!) ait fait remarquer au gouvernement que le peuple coĂ»tait trop cher [27]. Car c’est bien d’économie qu’il s’agit, si retraites et soins remboursĂ©s sont rognĂ©s demain – aujourd’hui en coulisse – en fonction du droit d’euthanasie, comme le pouvoir d’achat des familles fut rabotĂ© hier par la loi Veil. Si ce droit est accordĂ©, survivra alors dans un statut de parasite retraitĂ© – parasite du point de vue libĂ©ral – plus celui qui peut que celui qui veut. Le retraitĂ© sera alors Ă  la merci d’une maladie grave (et chĂšre) et d’un hĂ©ritier pris entre le scrupule et les prix de l’immobilier
 [28]

Denis Jaisson, pour Mecanopolis

Notes :
[1] www.zenit.org/article-24522?l=french
[2] www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2009-2010/20100176.asp#ANCR201000000166-00291
[3] www.france-info.com/france-societe-2009-07-29-367-burqas-en-france-selon-la-police-324716-9-12.html
[4] www.youtube.com/watch?v=EU3bVede6oc – Alain Soral au sujet du voile
[5] www.lefigaro.fr/politique/2010/01/09/01002-20100109ARTFIG00050–pourq-u-oi-il-faut-une-loi-anti-burqa-.php
[6] www.lcpan.fr/Cope-dit-n-etre-plus-tout-a-fait.html – On s’étonnera peut-ĂȘtre que je ne me tourne pas vers tous les « gens du Livre », quand je cherche des alliĂ©s dans la lutte contre l’avortement
 Les Juifs ne condamnent-ils pas, eux aussi, cette pratique morbide? Distinguons les pratiquants et les Juifs de tradition qui ne pratiquent pas. Parmi ces derniers, ceux qui ont Ă  cƓur de dĂ©fendre le «bien public» sont les bienvenus dans des sociĂ©tĂ©s ouvertes Ă  tous les Français, telles qu’EgalitĂ© & RĂ©conciliation (www.egaliteetreconciliation.fr) qui condamnent « l’avortement de consommation »; ils sont nombreux Ă  nous avoir rejoints. Les Talmudistes, par contre, nient le droit d’avorter avec une nuance qui ne laisse pas indiffĂ©rent le citoyen de bonne volontĂ©, que celui-ci soit chrĂ©tien, musulman ou non-croyant: «Le taux de naissance des goĂŻms doit ĂȘtre diminuĂ© matĂ©riellement», lit-on dans le Zohar; Dieu reconnaĂźtra les Siens

[7] www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EkulZlZykFUjCSQiMH.shtml – « Burqa: faux dĂ©bat et vraie discorde »
[8] www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-avec-Albert-Ali-ecrivain-francais-patriote-et-musulman-2246.html – ConfĂ©rence d’Albert Ali: « Français, patriote et musulman ». «Français musulmans»  Les grands media de la crĂ©tinformation mettent rarement ces deux mots ensemble; comme si les personnes intĂ©ressĂ©es Ă©taient Ă©trangĂšres
 Nicolas Sarkozy le 22/4/2006: «Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gĂȘnent pas pour la quitter»*. La France nous plaĂźt-elle, Ă  nous Français catholiques, dont les valeurs sont foulĂ©es au pied par le libĂ©ralisme libertaire?
* www.lemonde.fr/societe/article/2006/04/23/nicolas-sarkozy-si-certains-n-aiment-pas-la-france-qu-ils-ne-se-genent-pas-pour-la-quitter_764512_3224.html
[9] http://socialistespourlavie.blogspot.com
[10] Maurice Thorez dans la lettre qu’il Ă©crivit le 1er mai 1956 (reproduite le 2 mai dans l’HumanitĂ©) Ă  Jacques Derogy, l’auteur de « Des enfants malgrĂ© nous » (Editions de Minuit, 1955). Janine Mossuz a citĂ© Thorez dans l’article sur « La rĂ©gulation des naissances – les aspects politiques du dĂ©bat » qu’elle Ă©crivit pour la Revue Française de Science Politique en 1966 (vol.16, n°5, page 922) – www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1966_num_16_5_392962?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
[11] Jeannette Vermeersch dans le France Nouvelle du 12 mai 1956, citĂ©e par Janine Mossuz-Lavau dans la lettre d’information n°25 de l’IRICE, « Les annĂ©es 68: Ă©vĂ©nements, cultures politiques et modes de vie » (12 mai 1997)
http://irice.univ-paris1.fr/IMG/pdf/Lettre_d_info_68_no25_12-05-97.pdf
[12] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bourgeois-boh%C3%A8me – Le bobo (bourgeois-bohĂȘme) est une personne aisĂ©e et bien pensante. La gauche Ă©colo et le rĂ©voltĂ©, assagi ou vu de loin, tel Cohn-Bendit ou Che Guevara, ont toute sa sympathie. Sans reprendre Ă  son compte une synthĂšse sociale et politique qui fit couler sang et larmes, on doit reconnaĂźtre que l’analyse de Karl Marx et Friedrich Engels n’a pas vieilli: «La bourgeoisie ne peut exister sans rĂ©volutionner constamment (
) l’ensemble des rapports sociaux (
) ce constant Ă©branlement de tout le systĂšme social, cette agitation et cette insĂ©curitĂ© perpĂ©tuelles distinguent l’Ă©poque bourgeoise de toutes les prĂ©cĂ©dentes (
) Tout ce qui avait soliditĂ© et permanence s’en va en fumĂ©e, tout ce qui Ă©tait sacrĂ© est profanĂ©, et les hommes sont forcĂ©s enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports rĂ©ciproques avec des yeux dĂ©sabusĂ©s» ( »Manifeste du Parti Communiste » de fĂ©vrier 1848). Combien de crises grecques faut-il aux classes moyennes pour comprendre la justesse de cette analyse marxiste? SĂ»re d’elle-mĂȘme, la Finance cosmopolite joue cartes sur table et annonce la couleur: le rouge pour les finances publiques et la sueur pour les contribuables. qu’on a menacĂ©s sans complexe d’une banqueroute d’état qu’on provoquera s’ils doutent un instant.
[13] Alain Soral à propos de l’UMPS: «L’idĂ©ologie transgressive gauchiste est la condition morale de l’immoralisme du capitalisme financier»
www.youtube.com/watch?v=nypg54zlFpU&feature=related
[14] Pierre Simon, « De la vie avant toute chose », Editions Mazarine, 1979, pages 84 & 109 – ce livre fut retirĂ© de la vente peu aprĂšs sa parution; pourquoi?
[15] Le site libertepolitique.com refusa de publier mon papier parmi les commentaires de ses lecteurs*. L’idĂ©e d’une alliance des Catholiques et des Musulmans, de la «droite des valeurs» et la «gauche du travail» enfreint-elle les rĂšgles de « correction politique » d’une association pas si libre que ça? Une allusion aux loges est-elle malsĂ©ante, entendue dans un milieu social oĂč on ne fait tout ce qu’on ne dit pas plus qu’on dit tout ce qu’on fait? Il est des cercles entre deux eaux oĂč on croise aussi bien des Catholiques que des «grands patrons» et «barons de la finance» (ces personnes sont parfois les mĂȘmes) qui ont profitĂ© de l’avortement et de l’immigration aux dĂ©pens des Français
 Ah il est plus facile de publier des jĂ©rĂ©miades cul-cul-la praline de Catholiques déçus par leur «vote utile» ou trahis par Villiers, que de risquer de froisser une relation qui a ses entrĂ©es Ă  la Cour! «Que ton oui soit oui et ton non soit non»  (Saint-Matthieu, Ch.5, verset 37)
* www.libertepolitique.com/actualite/55-france/6056-roselyne-bachelot-defend-lacces-a-livg-comme-une-priorite – « Roselyne Bachelot dĂ©fend l’accĂšs Ă  l’IVG comme une prioritĂ© ». libertepolitique.com publia aussi l’appel du Pape; ça ne mange pas de pain.
[16] www.dailymotion.com/video/x96aag_alain-soral-feminisme-et-consomatio_news
[17] On a remis ça avec le travail dominical – www.famillechretienne.fr/agir/vivre-en-chretien/difficile-de-renoncer-au-travail-ledimanche_t11_s74_d52907.html?mode=allcomments (commentaires)
[18] www.liberation.fr/societe/010118261-de-nouveaux-actionnaires-pour-liberation
[19] Tony Anatrella, « Interminables adolescences », au Cerf, 1988
[20] http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_national_du_patronat_fran%C3%A7ais
[21] www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=986 – Michel Clouscard analysa le systĂšme «libĂ©ral-libertaire» oĂč «tout est permis mais rien n’est possible». L’exagĂ©ration rhĂ©torique nous rappelle que l’élĂ©vation du niveau de vie que ce systĂšme inscrit Ă  son actif – revendication plus timide d’une crise Ă  l‘autre – a plus Ă  voir avec l’écran gĂ©ant qu’avec la maison de famille nombreuse. Ce systĂšme, expliqua Clouscard, allie «permissivitĂ© pour le consommateur» et «rĂ©pression pour le producteur». Il touche le fond avec « l’avortement de consommation »: la coucheuse peut «jouir sans entrave», tandis que la gĂ©nitrice française par dĂ©lĂ©gation – l’africaine qui enfante les futurs immigrĂ©s – produit dans la misĂšre les Français de substitution

[22] Cette cĂ©citĂ© forcĂ©e me rappelle une Ă©poque oĂč il Ă©tait de bon ton au PS d’ĂȘtre cultivĂ© – ou de donner l’impression de l’ĂȘtre. L’engouement pour les classiques les plus abordables fit de Tartuffe un membre influent de ce parti.
[23] www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/03/31/01016-20100331ARTFIG00723-eric-besson-veut-faciliter-l-expulsion-des-sans-papiers-.php – Jean-François Kahn dĂ©nonça l’hypocrisie de la politique d’immigration que notre gouvernement de faux patriotes cache derriĂšre la chasse aux enfants des sans papiers dans les Ă©coles:
www.jeanfrancoiskahn.com/Qui-encourage-l-immigration-clandestine_a44.html
[24] George Pompidou Ă  l’AssemblĂ©e Nationale en 1963: «l’immigration est un moyen de crĂ©er une certaine dĂ©tente sur le marchĂ© du travail et de rĂ©sister Ă  la pression sociale» – www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky-62/article/capitalisme-et-immigration?lang=fr – L’ancien fondĂ© de pouvoir de la banque Rothschild renvoyait-il l’ascenseur, comme aujourd’hui Sarkozy Ă  ceux qui ont hissĂ© sur le trĂŽne ce foutriquet mal Ă©levé ?
[25] La Globalisation a son dieu et monarque: Fric, son grand-prĂȘtre: Jacques Attali, ses incantations: «il faut un gouvernement mondial». Le lecteur aura reconnu les servants de messe de cette nouvelle religion, qui volent l’argent de la quĂȘte

www.dailymotion.com/video/x67r6u_gouvernement-mondial-par-attali_news
[26] http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_fran%C3%A7aisUn Ă©lecteur sur quatre votait communiste aprĂšs la LibĂ©ration – la vraie! Puis la gauche fit peau neuve* et le PCF peau de chagrin: www.pcf.fr/spip.php?article3016
* Manuel Valls Ă  France-Soir le 19/5/2008: «nous devons assumer pleinement l’économie de marché» – http://progres.typepad.fr/valls/mdia/.
[27] Klaus Regling, Directeur Général des Affaires Economiques à la Commission Européenne, demanda le 8 avril 2003 au gouvernement français de
- ramener le déficit public à moins de 3% du PIB en 2004,
- rĂ©duire le coĂ»t de la main d’Ɠuvre et les bas salaires en gĂ©nĂ©ral,
- affaiblir la protection de l’emploi en imposant des schĂ©mas « plus souples« ,
- réformer le systÚme de retraite et promouvoir la retraite par capitalisation,
- Ă©lever l’ñge de la retraite successivement Ă  65, 67 puis 70 ans,
- diminuer les dépenses de santé,
- mettre en concurrence les marchĂ©s de l’énergie, l’eau, le gaz et l’électricitĂ©
www.dailymotion.com/video/x4f9aq_fran%C3%A7ois-asselineau-la-face-cach%C3%A9e
« La face cachĂ©e de l’Union EuropĂ©enne » – confĂ©rence de François Asselineau, haut fonctionnaire et ancien membre de cabinets ministĂ©riels
[28] Le philosophe Jean-Claude MichĂ©a lors d’un entretien avec Elisabeth LĂ©vy: «La logique du libĂ©ralisme politique et culturel ne peut conduire qu’à une nouvelle guerre de tous contre tous» (Le Point du 6/9/2007)www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2007-09-06/entretien-integral-jean-claude-michea-et-la-servitude-liberale/989/0/199481

mai 18 2009

La stratégie de Benoßt XVI: « Une croisade pour le Nouvel Ordre Mondial »

Régis Mex, Mecanopolis

Suite aux divers Ă©vĂ©nements en provenance du Vatican, que ce soit la polĂ©mique autour des propos de BenoĂźt XVI dĂ©courageant l’utilisation du prĂ©servatif ou son voyage auprĂšs des communautĂ©s juives et musulmanes en Terre Sainte, il m’a paru intĂ©ressant de reprendre quelques informations visant Ă  cerner la stratĂ©gie du Vatican. Bien sĂ»r, il n’est aucunement dans mon intention de critiquer la religion en elle-mĂȘme, mais bien la politique (car c’est bien de cela qu’il s’agit) que mĂšnent ses reprĂ©sentants par son biais.

croix-preservatif3

Christian Terras, catholique de 56 ans qui avait notamment dĂ©noncĂ© l’affaire des prĂȘtres pĂ©dophiles en Suisse, est le poil Ă  gratter du Vatican depuis maintenant 15 ans. Directeur de la revue progressiste «Golias», il explique ce qui sous-tend, selon lui, les propos de BenoĂźt XVI:

« BenoĂźt XVI propose un idĂ©al sectaire et totalitaire si l’on met en parallĂšle cette morale catholique en tant que telle et la situation africaine. Ce n’est malheureusement pas nouveau. L’an dernier, les ONG humanitaires catholiques ont Ă©tĂ© rĂ©unies Ă  Rome. Le Vatican voulait peser contre les campagnes qui font du prĂ©servatif un passage obligĂ©. Il faut lire cette volontĂ© dans le sens du message de BenoĂźt XVI dans l’avion. Il ne veut pas tomber dans la mĂ©canisation Ă©thique du prĂ©servatif. »

3409248794_7857c359b0« Cela commence Ă  bien faire; depuis quatre ans, il y a une accumulation de gaffes. Sur les musulmans Ă  Ratisbonne, sur les Nazis Ă  Auschwitz, une «bande de criminels», sur les peuples d’AmĂ©rique du Sud qui n’auraient pas Ă©tĂ© Ă©vangĂ©lisĂ©s de maniĂšre violente… Puis la levĂ©e des excommunications des Lefebvristes, en janvier dernier, dont le nĂ©gationniste Williamson, et enfin l’excommunication par un prĂ©lat brĂ©silien d’une mĂšre qui a fait avorter sa fille de 9 ans, violĂ©e par son beau-pĂšre et enceinte de lui, qu’il a approuvĂ©… »

« Il y a autre chose derriĂšre l’irresponsabilitĂ© de ces dĂ©clarations. Il agit en fait dans le cadre d’une stratĂ©gie concertĂ©e. Il est en croisade pour un nouvel ordre mondial. Une croisade contre ce que BenoĂźt XVI appelle le relativisme, une stratĂ©gie concertĂ©e contre le monde moderne et ses Ă©volutions en matiĂšre de famille, de bioĂ©thique, de santĂ© (le dĂ©bat sur l’euthanasie). Or, BenoĂźt XVI n’a de cesse de remonter le temps, d’instrumentaliser la tradition chrĂ©tienne, la loi naturelle et Saint Thomas d’Aquin par exemple. Depuis plusieurs dĂ©cennies, les mĂ©decins chrĂ©tiens avaient commencĂ© Ă  faire bouger les lignes sur le prĂ©servatif. Un certain nombre d’Ă©vĂȘques avaient fait montre de pragmatisme: si le prĂ©servatif peut permettre de sauver des vies, bon… Mais Josef Ratzinger, lorsqu’il Ă©tait prĂ©fet de la congrĂ©gation et garant de l’orthodoxie romaine, avait mis Ă  mal ce travail progressiste, en faisant condamner 1.000 thĂ©ologiens, dont 200 thĂ©ologiens moralistes selon mes recherches. L’Eglise a laminĂ© toute la pensĂ©e thĂ©ologique qui travaillait sur une nouvelle morale catholique moderne et adaptĂ©e, en prenant en compte les progrĂšs de la science, de l’anthropologie, le statut de la femme. C’est une stratĂ©gie suicidaire, je pense qu’il est dangereux. »

Les propos polĂ©miques sur l’usage du prĂ©servatif font donc partie, en fait, d’une stratĂ©gie de communication qui vise une certaine fortification de l’identitĂ© de l’Église, une certaine radicalisation. Ce qui est paradoxal, c’est l’ouverture que semble pourtant pĂ©riodiquement accorder BenoĂźt XVI aux autres religions. Lors de son voyage en Jordanie, le Pape a effectivement prĂ©cisĂ© : « Nous pouvons dire que ces prĂ©cieuses initiatives ont obtenu de bons rĂ©sultats en favorisant la promotion d’une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman mettant en Ă©chec les prĂ©dications de ceux qui considĂšrent inĂ©vitables la violence et les conflits.» Il est indiscutable qu’Ă  l’heure oĂč les tensions entre communautĂ©s judĂ©o-chrĂ©tiennes et musulmanes sont grandes, l’initiative de BenoĂźt XVI va dans le bon sens puisqu’elle s’inscrit dans la recherche d’une rĂ©conciliation. Cependant, il pourrait se cacher quelque chose de moins noble derriĂšre cette volontĂ© de promouvoir « une alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman ». Dans ces temps de mondialisme effrĂ©nĂ©, il n’est pas impossible que le mot « alliance » soit lourd de nuances. Pour se faire une meilleure idĂ©e sur la portĂ©e de ce terme, il faut se rĂ©fĂ©rer Ă  un extrait d’un ancien discours de NoĂ«l du Pape:

Le 24 dĂ©cembre 2005, BenoĂźt XVI a dĂ©livrĂ© son message de NoĂ«l : « La force vivifiante de sa lumiĂšre (de Dieu) t’encourage Ă  t’engager dans l’Ă©dification d’un Nouvel Ordre Mondial, fondĂ© sur de justes relations Ă©thiques et Ă©conomiques. Que son amour guide les peuples et Ă©claire leur conscience commune d’ĂȘtre une famille appelĂ©e Ă  construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanitĂ© unie pourra affronter les problĂšmes nombreux et prĂ©occupants du monde prĂ©sent.»

Les propos du supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral de l’Ordre des JĂ©suites, surnommĂ© le « Pape Noir », Peter-Hans Kolvenbach, n’en sont pas moins intriguants. Dans un discours tenu en 1997, ce prince de l’Église a rĂ©affirmĂ© la nĂ©cessitĂ© de l’unitĂ© dans des termes proches de l’Être suprĂȘme : « L’homme de foi est intimement convaincu que l’histoire de l’union humaine peut ĂȘtre Ă©crite en collaboration avec le Seigneur de l’Histoire. L’Ă©chec de la tour de Babel n’est pas fatal. Le monde se meut vers un nouveau phĂ©nomĂšne pentecostal oĂč chacun, avec ses particularitĂ©s, se fait communion avec l’esprit.»

Mais les propensions de l’Église envers le Nouvel Ordre Mondial ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Le rapport aux Ă©vĂȘques de la COMECE (Commission des Episcopats de la CommunautĂ© europĂ©enne) intitulĂ© « Gouvernance mondiale: Notre responsabilitĂ© pour que la mondialisation devienne une opportunitĂ© pour tous», contient, entre autre, les lignes suivantes:

« Nous accueillons chaleureusement ce rapport, plus particuliĂšrement, au nom de la Commission des Episcopats de la CommunautĂ© europĂ©enne (COMECE) dont la tĂąche est de surveiller et de commenter la politique de l’Union europĂ©enne. Une conclusion clĂ© du texte suivant est que l’UE, Ă©tant donnĂ© sa genĂšse, son architecture, la comprĂ©hension qu’elle a d’elle-mĂȘme, ainsi que ses responsabilitĂ©s dans des domaines politiques comme le commerce, la concurrence et la coopĂ©ration au dĂ©veloppement, a un rĂŽle crucial Ă  jouer dans la transformation de l’ordre international existant en un systĂšme de gouvernance mondiale . Nous considĂ©rons que l’Union europĂ©enne est un modĂšle pionnier d’intĂ©gration rĂ©gionale et qu’elle constitue un exemple pour l’avenir de la gouvernance dans de nombreuses autres rĂ©gions du monde, malgrĂ© son expĂ©rience encore naissante et donc, contingente, dans certains domaines politiques. Nous espĂ©rons que ce rapport contribuera Ă©galement Ă  ranimer la rĂ©flexion et le dĂ©bat public sur la signification profonde de l’intĂ©gration europĂ©enne.»

« Les Ă©conomies ouvertes ne tiendront pas sans la volontĂ© des Etats de s’ouvrir Ă©galement sur le plan politique. Dans un monde marquĂ© par une interdĂ©pendance croissante, l’Union europĂ©enne est un exemple unique et convaincant d’un systĂšme de gouvernance basĂ© sur la coopĂ©ration politique supranationale et multilatĂ©rale. En outre, la volontĂ© politique d’aboutir Ă  un systĂšme de gouvernance mondiale et de le maintenir doit ĂȘtre soutenue par des convictions et des valeurs fermes.»

« L’ implication des Eglises et des autres communautĂ©s religieuses, des ONG et des entreprises privĂ©es, ainsi que des Etats et des blocs rĂ©gionaux dans la gouvernance mondiale: Les Eglises et les autres religions peuvent s’informer et informer leurs fidĂšles sur les dĂ©fis globaux et les encourager Ă  prendre leurs responsabilitĂ©s. Les problĂšmes de la gouvernance mondiale doivent ĂȘtre inclus dans des programmes d’enseignement et de catĂ©chĂšse. Les Eglises pourraient faire du thĂšme de la gouvernance mondiale un sujet de dialogue oecumĂ©nique et interreligieux. Au sein de l’Eglise catholique, par exemple, le rĂ©seau d’universitĂ©s, les commissions ‘Justice et Paix’ et les «Semaines sociales» pourraient ĂȘtre une ressource Ă  utiliser fidĂšles Ă  leurs mandats initiaux pour contrĂŽler et analyser les dĂ©veloppements.»

Á la lumiĂšre de ceci, les motivations mondialistes de l’Église nous apparaissent clairement, tout comme le fait que cette mĂȘme Église outrepasse le cadre purement spirituel dans lequel son pouvoir est censĂ© ĂȘtre restreint pour s’immiscer dans le domaine temporel, politique. Parmi les plus influentes personnalitĂ©s du Vatican rĂšgne donc une corruption manifeste, qui explique sans doute pourquoi les Ă©lites ecclĂ©siastiques oeuvrent de temps Ă  autres pour le rapprochement des communautĂ©s, et le reste du temps Ă  la solidification de leur identitĂ© propre. En effet, en ce qui concerne la radicalisation du christianisme, BenoĂźt XVI mĂšnerait sa propre politique, et serait influencĂ© par les pressions politiques qui sont exercĂ©es au sein du Vatican de sorte Ă  appuyer le mondialisme de temps Ă  autre, en donnant Ă  ce courant une touche religieuse qui permet de le faire d’autant mieux passer dans les pensĂ©es des croyants qui seront plus enclins Ă  considĂ©rer le mondialisme comme une bonne chose, voire Ă  le rendre inconsciemment acceptable au plus grand nombre, c’est-Ă -dire Ă  ceux qui ne sont de toute façon pas conscients de ce que reprĂ©sentent les dĂ©clarations du Pape sur le Nouvel Ordre Mondial.

En outre, bien que cela ne soit pas directement liĂ©, il n’est pas impossible que certains des reprĂ©sentants de notre Ă©lite occidentale veuillent encourager des mesures, dans les pays musulmans corrompus et dĂ©sireux de satisfaire les volontĂ©s de l’axe amĂ©ricano-europĂ©en, qui puissent rendre peu Ă  peu l’Islam assimilable Ă  l’esprit de consommation, tout comme le concile de Vatican II y avait contribuĂ© vis-Ă -vis du christianisme. En attestent les propos de Ralph Peters, auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratĂ©gie et des relations internationales:

« Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et MĂ©dine Ă©taient dirigĂ©s par un Conseil reprĂ©sentatif tournant issu des principales Ă©coles et mouvements de l’Islam dans le monde au sein d’un État sacrĂ© islamique – une sorte de super Vatican musulman – oĂč l’avenir de la foi serait dĂ©battu au lieu d’ĂȘtre arbitrairement fixĂ©. » Soit une sorte d’Islam des LumiĂšres Ă©laborĂ© au cƓur de cet État sacrĂ© islamique qui permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils Ă©pousent pleinement la philosophie mondialiste.

D’autres Ă©lĂ©ments contribuent Ă  renforcer le rĂŽle de la religion chrĂ©tienne en l’utilisant Ă  des fins politiques. Les actions en ce sens de Nicolas Sarkozy sont particuliĂšrement connues parce qu’elles sont en dĂ©saccord avec le statut laĂŻc de la France.

On ne peut effectivement s’empĂȘcher de penser que la croyance et l’espĂ©rance, dont Nicolas Sarkozy parle benoit-xvi-21avec constance, sont prĂ©cisĂ©ment les sentiments qu’il voudrait inspirer aux Français. « Pas de pouvoir sans croyance », disait Paul ValĂ©ry. L’exposition sans retenue de ses interrogations mĂ©taphysiques procĂšde aussi de cette logique-lĂ . Qu’importent la rĂ©alitĂ© et ses contraintes, qu’importent les vicissitudes de l’action politique quand il suffit de croire. A cette logique, Ă  laquelle les AmĂ©ricains sont habituĂ©s depuis longtemps, Nicolas Sarkozy voudrait accoutumer les Français.

Il a dĂ©taillĂ© ses convictions dans un livre, la « RĂ©publique, les Religions, l’EspĂ©rance » , paru en 2004, ouvrage qui s’insĂšre dans une bibliographie dont les titres ont un Ă©trange parfum d’encyclique ou de prĂȘche Ă©sotĂ©rique : « Ensemble », « TĂ©moignage libre », « Au bout de la passion : l’Ă©quilibre ». Et s’il est vrai qu’un responsable politique Ă©crit gĂ©nĂ©ralement la biographie d’hommes auxquels il voudrait secrĂštement qu’on le compare, alors le titre de son ouvrage sur Georges Mandel, « Le Moine de la politique », laisse songeur.

DĂšs les premiĂšres pages de la RĂ©publique, tout est dit : « Je considĂšre que, toutes ces derniĂšres annĂ©es, on a surestimĂ© l’importance des questions sociologiques, tandis que le fait religieux et la question spirituelle ont Ă©tĂ© trĂšs largement sous-estimĂ©es.» On remarquera, en outre, que cette phrase opĂšre un Ă©tonnant rapprochement entre le fait religieux, phĂ©nomĂšne social qui ressort de la sphĂšre publique, et la question spirituelle, en principe exclusivement privĂ©e, elle.

Explication de texte, par l’auteur : « Le fait religieux est un Ă©lĂ©ment primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrĂȘte pas avec la mort. C’est pourquoi je n’ai pas une conception sectaire de la laĂŻcitĂ©. Pas mĂȘme la vision d’une laĂŻcitĂ© indiffĂ©rente. Je crois au besoin religieux pour la majoritĂ© des femmes et des hommes de notre siĂšcle. La place de la religion dans la France de ce dĂ©but de troisiĂšme millĂ©naire est centrale. »

Il faut Ă©voquer la rĂ©ception, en grande pompe, au ministĂšre des Finances, de l’acteur Tom Cruise, dont personne n’ignorait alors qu’il Ă©tait le porte-parole de la scientologie.

Il faut lire Sarkozy, toujours dans la « RĂ©publique, les Religions, l’EspĂ©rance », lorsqu’il reconnaĂźt « la lĂ©gitimitĂ© de certaines des nouvelles religiositĂ©s », estimant que le mot secte « est parfois utilisĂ© abusivement contre des mouvements spirituels nouveaux ». Nouveau mouvement spirituel, ce qualificatif est prĂ©cisĂ©ment celui dont se rĂ©clame la scientologie, secte pourtant parmi les plus dangereuses, aux dires mĂȘme des pouvoirs publics. Il est vrai, comme l’exprimera Nicolas Sarkozy, que les « sectaires » sont les autres, ceux qui ont fait de la laĂŻcitĂ© une « laĂŻcitĂ© de combat ». InquiĂ©tant dĂ©voiement du sens des mots.

Par Régis Mex, pour Mecanopolis.

mar 23 2009

L’antisionisme bientĂŽt pĂ©nalement rĂ©prĂ©hensible en Argentine

Par Chevalier Jedi

Un certain nombre de pays, comme la France ou les États-Unis, s’apprĂȘtent pĂ©naliser l’antsionisme au mĂȘme titre que l’antisĂ©mitisme. En Argentine, c’est dĂ©jĂ  la rĂ©alitĂ©. Toute critique envers l’Etat juif et sa politique fascisante y sera bientĂŽt considĂ©rĂ©e comme un dĂ©lit punissable de la prison.

zionism2

Faisant suite Ă  de fortes critiques Ă  l’encontre de l’État d’IsraĂ«l, en raison de son offensive contre Gaza au dĂ©but de cette annĂ©e, et sous la pression de la communautĂ© juive trĂšs largement reprĂ©sentĂ©e Argentine (1), l’INADI (Institut National contre la discrimination, la xĂ©nophobie et le racisme) qui dĂ©pend directement du MinistĂšre Argentin de la Justice, de la SĂ©curitĂ© et des droits de l’Homme, dĂ©nonce et condamne toutes personnes ou organisations qui porteraient des critiques envers l’État hĂ©breu ou l’une de ses reprĂ©sentations politiques, Ă©conomiques ou idĂ©ologiques.

La prĂ©sidente de l’INADI, Maria JosĂ© Libertino avait dans un premier temps eu tendance a justifier les manifestations qui dĂ©nonçaient l’offensive de l’État juif contre Gaza et sa population en dĂ©clarant publiquement IsraĂ«l avait violĂ© les rĂšgles du droit international et qu’il fallait maintenant et que ces manifestations n’en Ă©taient que la juste consĂ©quence.

Mais, sous la pression et les menaces des instances sionistes et du gouvernement local, Mme Libertino a du changer de ton.

Sous prĂ©texte de dĂ©tecter tout type d’attitudes discriminatoires contre le respect des diversitĂ©s, cet institut a ordonnĂ© a toutes ses dĂ©lĂ©gations prĂ©sentes sur le territoire national argentin de bien vouloir relever toutes communications entre personnes et/ou organisations antisionistes, ceci sous le prĂ©texte fallacieux de rĂ©pondre aux inquiĂ©tudes de la communautĂ© juive d’Argentine.

Le 2 fĂ©vrier dernier, la mĂȘme Mme Libertino, en signe d’allĂ©geance Ă  IsraĂ«l, a organisĂ© une rĂ©union de travail avec les reprĂ©sentants de la DAIA (ConfĂ©dĂ©ration des associations israelo-argentines) et de l’AMIA (Association Mutuelle israelo-argentine) dans le but d’obtenir des institutions nationales de police et justice des enquĂȘtes contre tous les Ă©lĂ©ments qui formuleraient publiquement des critiques ou des manifestations Ă  l’encontre des juifs ou des institutions directement liĂ©es Ă  l’État d’IsraĂ«l.

Le 19 fĂ©vrier suivant, l’INADI, qui fut prĂ©sent lors d’un acte contre l’antisĂ©mitisme organisĂ© par la DAIA et l’AMIA, confirma qu’une demande Ă©tait en cours pour solliciter au Congres national et a la lĂ©gislature de la Province de Buenos Aires, de bien vouloir dĂ©clarer « persona non grata » l’Ă©vĂȘque Richard Williamson qui niait l’existence de l’holocauste, ou pour le moins le minimisait, et de procĂ©der a son expulsion dans les 10 jours.

Bien que les dĂ©clarations de ce dernier aient Ă©tĂ© faites il y a dĂ©jĂ  longtemps de cela, et de surcroĂźt en SuĂšde, et mĂȘme si ses dĂ©clarations sont condamnables (encore faudrait-il les remettres dans leur contexte), avec raison, par bon nombre de personnes, il apparaĂźt Ă©vident que Williamson n’a Ă©tĂ©, dans cette affaire, qu’un prĂ©texte pour atteindre l’Église catholique d’argentine aprĂšs sa rĂ©habilitation par le Pape BenoĂźt XVI.

Au-delĂ  de cette affaire prĂ©cise, c’est, par amalgame, la porte de la pĂ©nalisation de l’antisionisme qui s’est ouverte, et pour laquelle un projet de loi est Ă  l’Ă©tude au Parlement argentin. On peut compter sur les relais des organisations politiques juives pour faire pression et faire en sorte que ce projet devienne rĂ©alitĂ©.

DrĂŽle d’Ă©poque et drĂŽle de justice, ou les mĂ©canismes institutionnels internationaux fonctionnent mieux pour punir les dĂ©lits d’opinion et mettre sous les verrous ceux dont les propos dĂ©rangent, plutĂŽt que d’agir Ă  l’encontre de ceux qui organisent les massacres en cours, comme en Irak, en Palestine, au Pakistan ou en Afghanistan.

Vous avez dit : deux poids et deux mesures ?

Chevalier Jedi, pour Mecanopolis

Buenos Aires, Mars 2009

(1) La communauté juive en Argentine est la troisiÚme au monde, aprÚs les Etats-Unis et la France.

jan 26 2009

RĂ©habilitation d’un nĂ©gationniste et islamophobe au Vatican (vidĂ©o)

Par un dĂ©cret datĂ© du 21 janvier dernier, le pape Benoit XVI a rĂ©habilitĂ© les Ă©vĂȘques suiveurs du feu Mgr Lefebvre, membres de la FraternitĂ© Saint-Pie X, qui avaient Ă©tĂ© excommuniĂ©s en 1988 par Jean-Paul II, en raison de leur opposition au concile de Vatican II, jugĂ© trop ƓcumĂ©nique…

opus-dei
Le pape Benoit XVI assume ses vieux dĂ©mons, et les rapproche du Vatican. AprĂšs avoir Ă©rigĂ© une statue de JosĂ©maria Escriva de Balaguer, crĂ©ateur d’ l’Opus Dei, sur la façade de la Basilique Saint Pierre Ă  Rome en 2004, il vient de rĂ©habiliter une des congrĂ©gations les plus traditionalistes et orthodoxes dans sa pratique de la religion catholique : la FraternitĂ© Saint-Pie X. Exclus de l’Ă©glise Catholique Romaine par Jean-Paul II en 1988, le crĂ©ateur de la FraternitĂ©, Mgr Lefebvre, mort en 1991, et les quatre Ă©vĂȘques traditionalistes qu’il avait nommĂ© sans l’aval de Rome, ont Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©s.

La FraternitĂ© Saint-Pie X, créée en 1970 pour former des prĂȘtres, est connue pour son attachement Ă  un catholicisme passĂ©iste et anti ƓcumĂ©nique. Pour Mgr Lefebvre, les messes doivent ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©es en latin, et seule la religion catholique peut assurer le salut de l’Ăąme. L’orthodoxie religieuse n’est pas le seul point controversĂ© sur lequel Mgr Lefebvre s’est exprimĂ©. Il a notamment louĂ© les mĂ©rites des rĂ©gimes nĂ©o-fascistes de Franco et de Salazar, qui selon lui ont rĂ©ussi Ă  prĂ©server les populations de leur pays – l’Espagne et le Portugal – en maintenant leur neutralitĂ© durant la Seconde Guerre Mondiale. En France, il s’est insurgĂ© contre la montĂ©e de l’Islam. Dans un entretien retransmis au journal tĂ©lĂ©visĂ© en novembre 1989, il a dĂ©clarĂ© que « les deux religions (catholicisme et islam, ndlr) ne peuvent cohabiter ».

Parmis les Ă©vĂȘques suiveurs qui ont Ă©tĂ© rĂ©habilitĂ©s par le Pape se trouve l’Ă©vĂȘque Richard Williamson, rĂ©visionniste et nĂ©gationniste notoire. Dans cette vague de remise en question de la Shoah qui sĂ©vit de part le monde, Mgr Williamson aime Ă  exprimer ses doutes sur les moyens mis en cause par le IIIe Reich pour exterminer les juifs. Pour lui, il est impossible qu’un juif ait pu mourir dans une chambre Ă  gaz, car « elles n’existaient pas ». D’ailleurs, Mgr Williamson estime que le nombre de juifs exterminĂ©s a Ă©tĂ© un peu gonflĂ© pour dramatiser l’Ă©vĂšnement, et estime que le nombre de victimes ne dĂ©passe pas 200 000.