juil 15 2010

L’Allemagne, Cheval de Troie du Nouvel ordre mondial

Alors que se met en place, non pas un gouvernement économique, mais un organe de décision qui aura pour but de mettre au pas les pays de l’Union européenne, il devient difficile d’évoquer ces sujets sans effleurer l’idée même d’une conspiration – idée qui, lorsque fondée sur des faits indiscutables, peut néanmoins permettre de comprendre la marche réelle des affaires.

usa nazi

Tous les indicateurs démontrent qu’une troisième phase de la crise économique nous atteindra d’ici octobre, novembre au plus tard, et que ses effets seront bien plus dévastateurs que tout ce que nous avons subi durant ces deux dernières années, car les finances publiques sont désormais asséchées et l’économie mondiale moribonde. Octobre sera aussi le mois où un groupe de travail présidé par le président du Conseil Herman Van Rompuy fera des propositions concrètes, non pas pour un projet de « gouvernance économique », comme il en était question, mais dans le but de lacréation d’un « organe », composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l’Eurogroupe.

La dénomination en tant « qu’organe » est importante, car une « gouvernance » aurait imposé une forme démocratique, impliquant le Parlement européen. Or il n’en sera rien.

Sanctions pour tous les membres de l’Union

L’Allemagne a su imposer au tout début du mois de juillet, par l’intermédiaire de son agent Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, que les sanctions envers les pays jugés trop laxistes en matière de finances publiques soient imposées, non pas aux seuls pays de la zone euro mais à l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.(1)

Ces sanctions prendront effet sous forme de suppression de fonds structurels, principalement les aides à l’agriculture et à la pêche, lorsque le pays contrevenant ne rentrera pas dans les clous après une première phase d’avertissement.

La France ne s’est nullement opposĂ©e Ă  cette dĂ©cision. Pire encore, le mĂŞme jour, Nicolas Sarkozy, en visite en Aveyron sur le thème de l’agriculture de montagne, promettait qu’une somme de 350 millions d’euros allait ĂŞtre « sanctuarisĂ©e » dans le budget 2011 pour aider les jeunes agriculteurs Ă  s’installer.(2) « Vous voyez, je m’investis beaucoup sur le dossier de l’agriculture », avait-il encore indiquĂ© Ă  la presse ce jour-lĂ , alors qu’au mĂŞme moment, Ă  Bruxelles, on dĂ©cidait de faire payer l’endettement des États aux agriculteurs.

Un « Pôle carolingien »

Malgré les désaccords de façade,Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant-garde de ce que l’on pourrait appeler le « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondial. Si le ralliement de la France à la doctrine mondialiste est récent, du moins dans sa phase décisive, l’ancrage de l’Allemagne, principal pays allié des États-Unis en Europe depuis 1945, est plus profond, et c’est le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer qui avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur, Hans Dietrich Gensher, ministre des Affaires étrangère allemand, dans Le Figaro du 20 mai suivant : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du Nouvel ordre mondial… » Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. À ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. »

Concept mondialiste

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis avait été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité » dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire russe. »(3) Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quel moyen l’Europe et le Japon,“alliés” relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, éclairant de lui-même les intentions étasuniennes, dont la nature même est d’ordre conspirative. Mais nous aurions néanmoins tort de désespérer, car aucune situation, aussi perdue qu’elle puisse paraître, n’est jamais complètement fermée. C’est la faille salvatrice qu’il nous faut désormais trouver pour opposer un Nouveau monde à ce Nouvel ordre mondial.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

(1) Le Figaro du 1er juillet 2010

(2) AFP, le 1er juillet 2010

(3) Cité par Alexandre Del Valle, dans Guerre contre l’Europe, Syrtres, 2000

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mai 31 2010

Le 11 Septembre décrypté par « Les Propagandistes du Futur »

joffrin

Ils se nomment (sans rire) « Les Détectives de l’Histoire » ! Nous les appellerions volontiers « les Propagandistes du Futur » (observez la mise en scène directement inspirée des séries B à succès et les décors très soignés) …

Disposant d’un long temps d’antenne sur la télévision publique française,  « Les Détectives de l’Histoire » ont décidé de s’intéresser au 11 Septembre et aux « théories conspirationnistes » sur le 11 Septembre 2001.

Les voici ces « Détectives de l’Histoire » en son et en images, et les plus habitués à la thématique du Nouvel Ordre Mondial et du 11 Septembre y reconnaitront des visages « familiers », dans une mise en scène hésitant entre le tragique et le comique…

Source : 911NWO.INFO



mai 23 2010

Herman van Rompuy expose les plans du Triumvirat

Les sophistes grecs enseignaient que le maniement du langage peut faire de la parole un moyen d’action. La plasticitĂ© de celle du prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, mĂŞme si elle ne laisse rien au hasard, dĂ©montre le contraire. Sa parole ne vaut que par l’oligarchie mondialiste qui l’a mis en place, et son discours, aussi falsifiĂ© que notre sinistre Ă©poque, ne peut sĂ©duire que les complices et ne tromper que les imbĂ©ciles.

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Vendredi, l’Eurogroupe, la Banque centrale et la Commission europĂ©enne – le Triumvirat que nous Ă©voquions dans notre article du 14 mai dernier - Ă©taient rĂ©unis Ă  Bruxelles pour mettre au point le protocole de la mise sous tutelle des pays de la zone euro, sous le pilotage de l’agent du groupe Bilderberg Herman van Rompuy. DĂ©cryptage.


« Nous avons discutĂ© des sanctions. L’une des conclusions est qu’il est apparu très clairement qu’il existe un large consensus sur des sanctions financières et non financières ».

« Nous avons », c’est Ă  dire le Triumvirat. Le Parlement europĂ©en est donc Ă©cartĂ© de toute consultation. De fait, la dĂ©mocratie n’existe plus en Europe.

Les pays qui n’arriveront pas Ă  ramener leur dette a moins de 60% du PIB seront amendĂ©s par Bruxelles (sanction financière), et leurs droits de vote seront suspendus (sanction non financière).

« Nous devons aller vers davantage de discipline budgĂ©taire. En d’autres mots nous devons renforcer le pacte de croissance et de stabilitĂ© et aller vers plus de croissance et de stabilitĂ© et le rendre plus efficace ».

L’ensemble des mesures, telles que celles imposĂ©es Ă  la Grèce ces dernières semaines (abandon des rĂ©gimes sociaux, augmentations des taxes et impĂ´ts, rĂ©duction des salaires, allongement de la durĂ©e du travail, etc.) doivent ĂŞtre Ă©largies Ă  l’ensemble des pays de la zone euro.

« Nous devons trouver les moyens de réduire les divergences de compétitivité entre les États membres, du moins, quand ces divergences sont trop importantes. »

Il faut Ă©liminer toute disparitĂ© entre pays membres. Par exemple, la sĂ©curitĂ© sociale Ă  la française n’est pas compatible avec le rĂ©gime des assurances maladies privĂ©es de l’Allemagne. Bien sĂ»r, cette intĂ©gration des Ă©conomies va se faire par le bas, puisqu’il convient d’amĂ©liorer la « compĂ©titivitĂ© » et non la justice sociale. La cure passe par « des procĂ©dures budgĂ©taires croisĂ©es, des sanctions accrues et autres gages de coordination et de rigueur budgĂ©taire », a indiquĂ© Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, lors de la rĂ©union.

La date d’entrĂ©e dans la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie devrait ĂŞtre avancĂ©e au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. Il convient donc d’accĂ©lĂ©rer le processus actuel. La crise et, si nĂ©cessaire, quelques autres catastrophes, vont pouvoir autoriser ce qu’aucune rĂ©solution dĂ©mocratique n’aurait pu permettre.

« Nous devons avoir un mĂ©canisme de crise efficace pour ĂŞtre capables de gĂ©rer les problèmes comme ceux que connait la zone euro aujourd’hui. »

Les attaques contre l’euro et les pays en difficultĂ©s ne vont pas s’arrĂŞter, bien au contraire. Le plan de 750 milliards, dĂ©cidĂ© il y a trois semaines, va ĂŞtre augmentĂ©, de sorte Ă  soutenir davantage encore les banques europĂ©ennes impliquĂ©es dans la dette des Etats. Une demande expresse des États-Unis qui se doivent de soutenir les banques europĂ©enne qui ont des intĂ©rĂŞts croisĂ©s avec les banques amĂ©ricaines, et pour lesquelles la Fed a mis Ă  disposition de la BCE 583 milliards de dollars, sous forme d’un accord swap de devises.

« Nous avons besoin de renforcer la gouvernance économique au niveau institutionnel pour agir vite de manière plus coordonnée et plus efficace. »

« Peut-ĂŞtre que nous aurons besoin de changer les traitĂ©s, mais nous ne devons pas attendre trois ans pour prendre des dĂ©cisions », a dit le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, lors de cette rĂ©union. En rĂ©alitĂ©, leur modification est planifiĂ©e pour septembre, octobre au plus tard. D’ici lĂ , il est nĂ©cessaire que les États membres modifient leurs propres constitutions afin d’abandonner leur souverainetĂ© Ă©conomique au Triumvirat.  Christine Lagarde a d’ailleurs immĂ©diatement confirmĂ© en indiquant qu’il fallait passer par « l’intĂ©gration du pacte de stabilitĂ© dans la lĂ©gislation nationale (…) Ce que l’on peut faire maintenant, il faut le faire » a-t-elle conclut, laissant ainsi entendre que la France allait vraisemblablement profiter de la pĂ©riode estivale pour capituler.

Frédéric Courvoisier, Mecanopolis

Les citations de Christine Lagarde et de Wolfgang Schäuble sont issues d’un article de La Tribune.fr

Article mis Ă  jour Ă  04h00


mai 16 2010

La décadence d’une société commence lorsque l’on se demande « Que va-t-il arriver ? » au lieu de « Que puis-je faire ? »

Pour juger de l’état de santé d’une société, il convient de cerner les actions et les valeurs qui lui servent de moteur. Un groupe de personnes qui n’avance pas stagne par définition, et alors commence la lente déliquescence des fondements sur lesquels il s’est établi. Au contraire, les progrès réalisés par un autre ensemble d’individus en constante évolution se mesurent à l’aune de la nature du mouvement qui le pousse en avant. Par conséquent, lequel des deux rôles pouvons-nous attribuer respectivement aux positions qui consistent à se demander « Que va-t-il arriver ? » et « Que puis-je faire ? ». Laquelle de ces deux interrogations est la plus citoyenne ?

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Il paraît évident que la première embrasse une attitude passive face aux événements qui surviennent dans notre société, qu’ils soient futurs ou présents. Elle consiste à tenter de prévoir cyniquement un avenir devant lequel on se sent impuissant, ce qui mène à l’angoisse et au pessimisme caractéristiques de ceux qui subissent la vie et sont incapables de la dominer. La deuxième interrogation résulte, au contraire, d’une réelle démarche citoyenne, imbibée de la notion de responsabilité dans l’action au sens large. Ceux qui adhérent à cette philosophie sont les instigateurs du changement de demain, les protagonistes de la construction d’un monde meilleur. C’est sur eux que la société peut compter, du fait de leur dynamique engagée et enthousiaste. On attend de ces gens-là qu’ils fassent preuve d’abnégation, voire d’altruisme, en acceptant de porter le poids de problèmes et de difficultés à résoudre qui sont enracinés dans la société, mais que d’autres qu’eux ont causés. C’est ainsi que fonctionnent les choses dans une société qui permet l’intégration, l’expression libre et la reconnaissance, entre d’autres valeurs humanistes, de chaque individu qui la constitue dans des conditions optimales. Il reste à se demander si notre société remplit ces critères.

Malheureusement, il existe de nombreux idéalistes, inventeurs de génie et héros potentiels auxquels notre société échoue à donner les moyens de se rendre utiles. Une évidence s’impose : la compréhension de l’importance des valeurs échappe de plus en plus à nos dirigeants et devient l’apanage d’une minorité de braves gens dont la voix atteint rarement les oreilles des tenants du pouvoir, et touche encore moins fréquemment leurs cœurs. Le poids d’acteurs économiques a fini par surpasser celui des hommes politiques. Les deuxièmes deviennent effectivement, en toute logique, bien démunis lorsque les moyens par lesquels leur influence se manifeste sont détenus par des possesseurs de géantes entreprises et industries privées. Ces dernières, lorsqu’elles se rendent aussi indispensables qu’à l’heure actuelle, exercent des pressions colossales sur les représentants politiques élus au suffrage universel. Ceux-ci n’ont plus l’autorité suffisante pour contraindre les libéraux les plus débridés à respecter des contrôles stricts fixés par l’État. Cet état de fait a conduit à l’abandon du modèle keynésien qui a été appliqué à partir de 1933 de sorte à éviter une nouvelle Grande Dépression. Or, sous prétexte de la fin des Trente Glorieuses, il a laissé place, à l’aube des années 1980, à un nouveau système renouant avec le libéralisme sauvage d’avant 1929, engendrant un immense accroissement de la richesse de quelques-uns aux détriments de l’écrasante majorité de la population qui a subi des crises à répétition, dont l’actuelle est l’aberration la plus aboutie.

À titre d’exemple éloquent montrant l’étendue de la domination du secteur privé sur le secteur public, considérons le fait que les 500 plus importantes multinationales américaines détiennent plus de 75% du PIB des Etats-Unis. Le mécanisme est le même dans nos pays européens, indissociablement liés au modèle capitaliste américain et à sa société de consommation. Les pans coûteux et non rentables de l’économie sont laissés en guise de miettes à l’État. De leur temps, les présidents Wilson, Eisenhower et Kennedy avaient mis la population en garde contre les risques de dérives des banques privées et du complexe militaro-industriel. Ces craintes se sont concrétisées, et notre époque est l’âge d’or de ces dernières. Cette situation est grave dans le sens où le secteur public a davantage tendance à veiller au bien-être des compatriotes, car il s’agit de la mission qu’il est censé poursuivre. Les acteurs du secteur privé, eux, ne recherchent que le profit, qu’ils n’hésitent pas à générer par les moyens les plus douteux comme la spéculation irrationnelle, le blanchiment de l’argent de la drogue ou la vente d’armes, et ne connaît ni patrie ni frontières. C’est pourquoi l’avènement de celui-ci au niveau de premier rôle dans l’exercice du pouvoir ne peut marquer une ère de bien-être généralisé des citoyens engendrée par une quelconque prospérité sociale.

La crise actuelle et la prolifération des guerres menées par les États-Unis et appuyées par une large majorité de pays européens montrent la folle nature de ce système. Longtemps après avoir mené une guerre aussi longue que meurtrière au Vietnam, de nouveaux conflits sont survenus en masse à partir de la fin des années 80’, coïncidant avec la nouvelle politique de libéralisme immoral. La liste est longue : le Nicaragua, le Panama, l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie sont les pays où une intervention militaire américaine a été menée récemment. Malgré sa promesse de rupture avec son prédécesseur conservateur, le prix Nobel de la paix, Barack Obama, s’est engagé à aller au bout de cette logique, envisageant même de nouvelles guerres au Yémen et en Somalie. Ce n’est pas comme si le président démocrate avait réellement le choix : il est prisonnier des mécanismes du capitalisme mafieux dont il a, en apparence seulement, pris la tête. La sécurité nationale n’est qu’une raison parmi d’autres de mener ces guerres : la plus importante semble être la cupidité de quelques pilleurs internationaux.

Tout cela pour dire qu’un système verrouillé qui s’obstine dans ses errances ne peut profiter pleinement de la contribution de chacun. Une ploutocratie a succédé à notre démocratie, et notre société ne pourra réellement changer que lorsque ses propres contradictions l’auront amenée mécaniquement au bord du gouffre. Face à ce constat, deux choix s’imposent. Le premier consiste à être le chantre inconditionnel du système, et à l’approuver aveuglément dans ses moindres faits et gestes, sous prétexte que c’est en son sein que l’on est né et que l’on ne connaît pas de meilleur ordre des choses. Le deuxième implique de défendre des valeurs, d’être objectif et critique vis-à-vis de tout ce qu’une société propose, qu’il s’agisse de la nôtre ou d’une autre, et de s’opposer à toute forme d’impérialisme. J’opte pour ce dernier choix, avec la conviction qu’il s’agit de la position la plus patriote tandis que la première est lâche et imbécile, que c’est avec la généralisation d’un tel état d’esprit qu’une nouvelle donne peut être lancée, et que la réalité de la liberté et du respect des droits de l’homme puisse alors attribuer toute sa beauté à un nouveau système émergent.

Régis Mex, pour Mecanopolis

mai 08 2010

11-Septembre : le temps du questionnement (Conférence)

Niels Harrit, scientifique danois, est professeur associĂ© au DĂ©partement de chimie de l’UniversitĂ© de Copenhague et spĂ©cialiste en nano-matĂ©riaux. Il est l’auteur, avec 8 autres chercheurs, d’une Ă©tude scientifique mettant en Ă©vidence des traces d’explosifs de type militaire dans les poussières des dĂ©combres des trois tours du World Trade Center (WTC) effondrĂ©es le 11 septembre 2001. Il sera Ă  Genève le 18 mai 2010 pour une confĂ©rence-dĂ©bat intitulĂ©e « The Seventh Tower ».

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La confĂ©rence traitera de l’effondrement des trois tours du WTC et plus prĂ©cisĂ©ment de la tour numĂ©ro 7. Trop de gens ignorent encore que plus de sept heures après l’effondrement des deux tours jumelles, une troisième tour haute de 180 mètres, non percutĂ©e par un avion et siège entre autres de l’organisme fĂ©dĂ©ral de rĂ©glementation et de contrĂ´le des marchĂ©s financiers (SEC), s’est effondrĂ©e d’un bloc et sur sa base en moins de sept secondes. Plus prĂ©cisĂ©ment, sur les 30 premiers mètres, la vitesse observĂ©e est exactement celle de la chute libre. Cet Ă©lĂ©ment a finalement Ă©tĂ© reconnu par l’organisme officiel chargĂ© de l’enquĂŞte technique, l’Institut national des normes et de la technologie (NIST en anglais), au mois de novembre 2008. Celui-ci s’est bien gardĂ© d’en admettre les consĂ©quences : outre la rupture simultanĂ©e des colonnes portantes, cela signifie une complète absence de rĂ©sistance dans le bâtiment durant les toutes premières secondes.

La publication au mois d’avril 2009 d’une Ă©tude scientifique intitulĂ©e « MatĂ©riau thermitique actif dĂ©couvert dans la poussière de la catastrophe du World Trade Center du 11 septembre » aurait dĂ» faire l’effet d’une bombe, c’est le cas de le dire, dans les mĂ©dias du monde entier. Mais l’information n’a pas Ă©tĂ© relayĂ©e Ă  quelques exceptions près : Niels Harrit a Ă©tĂ© interviewĂ© en direct par la deuxième chaĂ®ne publique du Danemark. Une Ă©tude scientifique est contestable par dĂ©finition, mais l’absence d’information et de commentaire Ă  large Ă©chelle met en Ă©vidence l’autocensure des rĂ©dactions Ă  rendre compte de la contestation toujours plus vive de la version officielle.

Cette remarque est valable mĂŞme si l’information provient d’un mĂ©dia tout Ă  fait respectable : Peter Tatchell, dans une tribune libre parue dans le Guardian du 11 septembre 2007, fait Ă©tat des dĂ©clarations stupĂ©fiantes du prĂ©sident et du vice-prĂ©sident de la Commission d’enquĂŞte officielle (2003-2004), Thomas Kean et Lee Hamilton, tirĂ©es de leur livre paru en 2006 (Without Precedent). Selon eux, leur commission avait Ă©tĂ© mise en place pour Ă©chouer : budget ridicule (plus de 3 fois infĂ©rieur Ă  celui de la Commission Clinton-Lewinsky !), temps Ă  disposition insuffisant, ces Messieurs, que l’on ne saurait qualifier de « conspirationnistes », affirment Ă©galement que tout a Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre pour les empĂŞcher d’Ă©tablir les faits dans leur vĂ©ritĂ© et qu’ils ont Ă©tĂ© induits en erreur par des hauts responsables du Pentagone et de l’administration fĂ©dĂ©rale de l’aĂ©ronautique.

Un dernier exemple d’une information dĂ©terminante trop peu relayĂ©e dans nos mĂ©dias : plusieurs experts financiers, dont le professeur Marc Chesney du Swiss Banking Institute de L’UniversitĂ© de Zurich, ont mis en Ă©vidence la très haute probabilitĂ© de dĂ©lits d’initiĂ©s sur plusieurs sociĂ©tĂ©s directement affectĂ©es par les attentats dans les jours qui ont prĂ©cĂ©dĂ© le 11-Septembre. La Commission d’enquĂŞte, citĂ©e plus haut, n’a pas jugĂ© utile de rĂ©vĂ©ler les identitĂ©s des donneurs d’ordre et des bĂ©nĂ©ficiaires puisque, dixit son prĂ©sident Thomas Kean, « ils n’ont aucun lien avĂ©rĂ© avec al-Qaida ». Sur ce volet des dĂ©lits d’initiĂ©s, notons qu’un reportage très attendu du journaliste Hicham Hamza pour LaTeleLibre.fr devrait ĂŞtre diffusĂ© tout prochainement.

Ses Ă©lĂ©ments Ă  eux seuls permettent de comprendre pourquoi il est erronĂ© de qualifier aveuglĂ©ment de « thĂ©orie du complot » toute contestation de la version officielle. Noam Chomsky, professeur au MIT et philosophe, a magnifiquement dĂ©cryptĂ© l’emploi abusif Ă  notre Ă©poque de cette terminologie :  » « ThĂ©orie du complot » est devenu l’Ă©quivalent intellectuel d’un mot de cinq lettres. C’est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous rĂ©flĂ©chissiez Ă  ce qui se passe vraiment.  »

De plus en plus de journalistes dĂ©noncent dans le monde l’apathie de la profession pour le devoir d’enquĂŞte comme source de la perte de crĂ©dibilitĂ© des mĂ©dias. La Suisse ne fait pas exception, au contraire : elle fait preuve sur ce sujet d’un leadership qu’il convient de saluer.

Dans un dossier paru dans l’Hebdo au mois d’avril Ă  l’occasion de la ConfĂ©rence mondiale des journalistes d’investigation Ă  Genève, Jean-Philippe Ceppi, producteur Ă  Temps prĂ©sent et coorganisateur dĂ©clare : « S’il y a crise de confiance envers les journalistes, ce n’est pas parce qu’ils enquĂŞtent trop : c’est aussi ou surtout Ă  cause d’une certaine apathie de la profession, de son conformisme ».

Dans l’Ă©ditorial du mĂŞme numĂ©ro de cet hebdomadaire, Alain Jeannet, rĂ©dacteur en chef souligne que : « Ce qui engendre ce dĂ©samour, ce n’est donc pas tant la critique, mais plutĂ´t son absence et les connivences avec les pouvoirs. Ce qui mine la crĂ©dibilitĂ© des mĂ©dias, ce n’est pas leur tendance, parfois trop poussĂ©e, Ă  la simplification, mais le questionnement insuffisant de la parole des gouvernants et des experts, comme en tĂ©moigne l’affaire de la grippe (A)H1N1. Ce qui dĂ©soriente le public, c’est la crise de foi des journalistes eux-mĂŞmes, qui semblent parfois douter de leur vocation. »

La venue du professeur Niels Harrit Ă  Genève est une chance pour les journalistes de Suisse romande et d’ailleurs de s’informer et de rendre compte de manière sereine du dĂ©bat entourant le 11-Septembre. C’est l’occasion pour eux de montrer ainsi au publique que la pĂ©riode de terreur initiĂ©e par l’administration Bush ( »Vous ĂŞtes avec nous ou contre nous ») est dĂ©finitivement terminĂ©e et que le temps pour un questionnement publique, digne et responsable Ă  ce sujet est enfin venu.

Richard Golay

Président de l’association Le 11 Septembre en Question, conseiller communal à Pully et ingénieur EPFL

Conférence en anglais avec diaporama en français, mardi 18 mai à Genève, salle U600, Uni Dufour. Début : 19h30. Prix : 15.- Frs (10.- €).

L’universitĂ© est Ă©trangère Ă  l’organisation de cette confĂ©rence.

L’association Le 11 Septembre en Question est dĂ©mocratique, indĂ©pendante et apolitique (www.11septembre.ch). Ses valeurs reposent sur l’ensemble des droits humains, notamment dĂ©finis dans la DĂ©claration universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 qui protège l’Ă©galitĂ© et la dignitĂ© de tout ĂŞtre humain. La libertĂ© d’expression et d’information en constituent des conditions essentielles.

fév 12 2010

La reconfiguration de l’Union europĂ©enne est en marche

Addendum ajouté le 13.02, à 15h30

Rappelez-vous : le 2 avril dernier, le G20 Ă©tait historique ! Le gratin mondial s’Ă©tait rĂ©uni Ă  Londres et allait prendre des mesures qui allaient non seulement sauver du krach imminent le monde mondialisĂ©, mais aussi « refonder le capitalisme ». Dans les faits, rien – absolument rien – n’a changĂ©, et ce sont les mĂŞmes fadaises, Ă  peine remises Ă  jour, que le « couple » Sarkozy-Merkel nous resservent aujourd’hui. En rĂ©alitĂ©, nos dirigeants ne sont jamais en rivalitĂ© avec les marchĂ©s financiers qu’ils feignent de dĂ©noncer. Au contraire mĂŞme, ils sont les meilleurs garants de leur succès.

sarkozymerkel

Selon les médias alignés, le quotidien Libération (propriété de la banque Rotschild) et Le Figaro (groupe Lagardère) en tête, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel auraient mis « tout leur poids politique » derrière la Grèce, afin de la sauver de la défiance des marchés. Vraiment ?

Comme nous l’avons dĂ©jĂ  indiquĂ© dans notre article du 10 janvier, c’est l’agence de notation Flitch Ratings, propriĂ©tĂ© du holding français Fimalac qui a Ă©tĂ© Ă  l’origine du dĂ©classement de la note Grecque au dĂ©but du mois de dĂ©cembre dernier. Ensuite la Deutsche Bank et la banque Goldman Sachs, ainsi que des hedges funds qui leur sont directement liĂ©s, ont pariĂ©s sur la baisse du prix des obligations Ă©mises par le trĂ©sor grec entre dĂ©cembre 2009 et dĂ©but fĂ©vrier 2010 (source). Dans le mĂŞme temps, ils se sont prĂ©cipitĂ©s sur les produits Credit Default Swap (voir notre article du 6 fĂ©vrier), tout en vendant massivement des euros contre des dollars, ce a qui Ă  entrainĂ© une aggravation de la situation de la Grèce, qui ne pouvait plus trouver preneur pour sa dette sur les marchĂ©s Ă  moins de 6 %.

Mais la baisse de l’euro face au dollar bĂ©nĂ©ficie directement Ă  l’Ă©conomie française et allemande, comme l’indique cet article du NouvelObs : « La reprise suit deux axes. L’un est celui de l’Espagne et la Grèce qui s’enfoncent dans la rĂ©cession alors que la croissance s’accĂ©lère dans la plupart des autres pays, menĂ©s par la France et l’Allemagne (…) Les exportations bĂ©nĂ©ficient actuellement du retrait amorcĂ© par l’euro face au dollar en raison des craintes qui pèsent sur la dette du Portugal et de la Grèce ». Le gouvernement allemand prĂ©cipite donc les signatures de contrat Ă  l’exportation : « la composante des commandes Ă  l’exportation a Ă©galement grimpĂ© Ă  un sommet de 29 mois, Ă  53,8 contre 53,2 en dĂ©cembre et en estimation flash. »

Humour noir

La Deutsche Bank est donc Ă  la base de la manipulation, ce qui n’empĂŞche pas son Ă©conomiste en chef, Thomas Mayer, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbĂ©ciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroĂ®t. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro » (source). « Plus le mensonge est gros, plus il passe » disait un autre Allemand nommĂ© Goebbels, le siècle dernier.

Marc Ledreit de Lacharrière, le patron de Flitch Ratings n’est pas en reste. Il jouait mĂŞme les pucelles effarouchĂ©es, il y a deux jours, en suppliant « il faut aider la Grèce ! » (source).

RĂ©sumons : le système financier des pays europĂ©ens les plus puissants, avec la bĂ©nĂ©diction de leurs gouvernements respectifs, spĂ©cule sur la faillite de la Grèce jusqu’Ă  ce que la la situation devienne critique. Ils envoient ensuite les dirigeants politiques Ă©teindre l’incendie qu’ils ont allumĂ©s et, au final, si la Grèce se retrouve en cessation de paiement,  ce sont ces derniers qui viendront la secourir… avec de l’argent public.

Le but de la manœuvre

Mais l’objectif n’est pas simplement de se remplir les poches Ă  court terme, ce serait trop simple. Ce que nous suspections dans nos prĂ©cĂ©dents articles est confirmĂ© par une note secrète du prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, rĂ©vĂ©lĂ©e par The Independent.

La Grèce est le premier pays europĂ©en Ă  ĂŞtre placĂ© sous tutelle directe de l’UE. L’Espagne, dont le dĂ©ficit est comparable, puis le Portugal, l’Italie, l’Irlande, etc, suivront. Ces pays ont en commun de refuser le projet d’un gouvernement Ă©conomique centralisĂ©, comme tente de l’imposer Herman van Rompuy, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. « Ce dont nous avons besoin est le mĂŞme genre de mĂ©canisme que nous avons maintenant imposĂ© Ă  la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro » (The IndĂ©pendent)

Comme nous l’Ă©crivions il y a deux jours, « ce gouvernement Ă©conomique ne sera pas mis en place au matin du 12 fĂ©vrier (…) Pour contraindre les pays rĂ©calcitrants, il est nĂ©cessaire que la situation se dĂ©grade encore ». Mais nous assistions d’ors et dĂ©jĂ  aux premières phases d’une reconfiguration totale de l’Union europĂ©enne, de la perte de la souverainetĂ© Ă©conomique des pays membres et de la crĂ©ation d’un « impĂ´t europĂ©en ». L’article 269 (et alinĂ©as) du TraitĂ© de Lisbonne permet cela : « L’Union se dote des moyens nĂ©cessaires pour atteindre ses objectifs et pour mener Ă  bien ses politiques. Il est possible, dans ce cadre, d’Ă©tablir de nouvelles catĂ©gories de ressources propres ou d’abroger une catĂ©gorie existante. »

Mais pour rendre l’Ă©conomie europĂ©enne plus « compĂ©titive », Il faudra donc rationaliser le rapport coĂ»t/productivitĂ© des masses. « Les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement Ă©conomique. Dans nos Ă©conomies imbriquĂ©es, nos rĂ©formes doivent ĂŞtre coordonnĂ©es pour optimiser leur effet » indique Monsieur van Rompuy. Optimiser leur effet, par la contrainte oĂą la culpabilitĂ©, comme c’est le cas aujourd’hui avec la Grèce.

Les élucubrations de Sarkozy et Merkel seront sans effet sur la crise en cours. Il faudra attendre lundi pour que les premiers leviers du plan de van Rompuy soient actionnés, lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro, avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale).

Notre prĂ©cĂ©dent article concluait sur la mort de la dĂ©mocratie europĂ©enne. Nous ne pouvons clore celui-ci sans penser, de cette Europe, qu’elle ressemble de plus en plus Ă  un IVème Reich.

Spain next !

Addendum du 13 février

Le soutien Ă  la Grèce affichĂ© hier n’est qu’une farce grotesque. Comme nous l’avons Ă©cris Ă  plusieurs reprises, il est nĂ©cessaire que la situation se dĂ©grade encore. Les chose vont sans doute aller assez vite maintenant : les bourses continueront de plonger lundi, et l’euro de chuter. C’est le but. L’Espagne va assez rapidement se retrouver dans le mĂŞme cyclone que la Grèce, Ă  qui on demande de rĂ©duire de 4% son dĂ©ficit en 10 mois sans lui apporter d’aide, mais en lui imposant des rĂ©formes drastiques. C’est « marche ou crève ! ». Pour Bruxelles, il est nĂ©cessaire de mettre en place une sorte de « stratĂ©gie de tension » afin d’Ă©tendre ces rĂ©formes aux autres pays en difficultĂ©s : rĂ©vision des statuts des fonctionnaires, Ă©lĂ©vation de l’âge de la retraite, hausse des impĂ´ts, privatisation des assurances sociales, etc. Cette stratĂ©gie de tension doit trouver son Ă©quilibre pour faire passer ces rĂ©formes sans toutefois occasionner un dĂ©sordre social et politique trop violent, ce qui serait contre-productif (encore qu’il puisse encore accĂ©lĂ©rer le processus en cours, mais il est Ă©conomiquement prĂ©fĂ©rable de s’en passer).

La rĂ©union de lundi de l’Eurogroupe ne changera en rien la situation des pays de la zone euro qui sont en difficultĂ©s. Ce n’est d’ailleurs pas son but. On continuera de faire la promotion de l’idĂ©e que la rĂ©solution de toutes les difficultĂ©s passe par la mise en place d’un « gouvernement Ă©conomique europĂ©en ». Il est nĂ©cessaire de poser les premiers jalons techniques nĂ©cessaires Ă  sa constitution et, surtout, qu’il fasse rĂ©agir positivement les marchĂ©s quand on Ă©nonce son nom. Ce « gouvernement Ă©conomique » doit apparaĂ®tre comme Ă©tant LA solution Ă  tous nos problèmes et devenir incontestable. Les Allemands font un peu semblant d’ĂŞtre rĂ©ticents. Sans doute que la part du gâteau qui leur est octroyĂ©e n’est pas encore assez grosse. Un dĂ©tail qui sera très vite rĂ©glĂ© Ă  leur avantage.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci aux membres du forum Mecanopolis qui, par leurs informations, ont contribuĂ© Ă  l’Ă©criture de ce texte.

Spencer Delane

fév 11 2010

Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy (The Independant)

Comme nous l’indiquions dans notre article publiĂ© hier matin, l’idĂ©e centrale, pour Bruxelles, est d’utiliser cette « crise des Etats » afin contraindre au fĂ©dĂ©ralisme Ă©conomique la majoritĂ© des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici. Cela par la mise en place d’un « gouvernement Ă©conomique » qui aura pour but d’unifier les budgets des Etats membres de l’UE, afin de pouvoir disposer de leurs ressources, oĂą plus exactement de mettre fin Ă  leur souverainetĂ© Ă©conomique.

Le quotidien britannique The Independant confirme nos craintes les plus sombres en publiant une note secrète du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, dont nous vous proposons la traduction.

Mecanopolis

vanrompuy

TheIndependentMasthead

Le nouveau prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman Van Rompuy, s’appuie sur la crise financière dans l’euro-zone pour pointer audacieusement la question du pouvoir sur les budgets nationaux. Des fuites sont rĂ©vĂ©lĂ©es.

The IndĂ©pendant a pris connaissance d’ une annexe secrète Ă  la lettre envoyĂ©e par M. Van Rompuy aux chefs de l’Union EuropĂ©enne de gouvernement les invitant au sommet tenu demain Ă  Bruxelles.

Dans une assertion majeure et musclĂ©e sur les gouvernements nationaux et sur la Commission d’UE, Van Rompuy note : « les membres du Conseil europĂ©en sont responsables de la stratĂ©gie Ă©conomique dans leur gouvernement. Ils devraient l’assumer Ă  l’échelle de l’UE. Si on appelle Ă  la coordination des politiques et des gouvernances Ă©conomiques, seul le Conseil europĂ©en est capable de fournir une stratĂ©gie europĂ©enne commune pour plus de croissance et plus d’efficacitĂ©. »

M. Van Rompuy dĂ©clare que « la crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses« , en ajoutant : « les plans budgĂ©taires, les programmes de rĂ©forme structurels et les rapports concernant le changement climatique devraient ĂŞtre prĂ©sentĂ©s simultanĂ©ment Ă  la Commission. Cela fournirait une vue d’ensemble complète.« 

Une source d’UE dĂ©voile : « Il est devenu clair Ă  chacun que cette crise Ă©conomique ne peut pas ĂŞtre rĂ©solue par diffĂ©rents Ă©tats membres, tels que l’Allemagne dĂ©pannant la Grèce. Ce dont nous avons besoin est le mĂŞme genre de mĂ©canisme que nous avons maintenant imposĂ© Ă  la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro. Donc l’idĂ©e est de mettre toutes les Ă©conomies europĂ©ennes sous surveillance. Vous pouvez vous attendre Ă  ce qu’Ă  quelques dĂ©cisions importantes soient prises très bientĂ´t. »

Très inhabituellement, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a interrompu une réunion de gouverneurs de banques centrales à Sydney pour revenir en Europe.

La pression sur l’euro s’est attĂ©nuĂ©e dans l’attente supposĂ©e que l’autoritĂ© du responsable politique et Ă©conomique de U.E apaise les marchĂ©s.

Le gouvernement de centre-gauche de M. Papandreou a annoncĂ© qu’une austĂ©ritĂ© de quatre annĂ©es jugulerait un dĂ©ficit budgĂ©taire abyssal. Cependant, des doutes persistent. Après une situation tragico-comique, les percepteurs d’impĂ´ts de Grèce se sont mis en grève la semaine dernière. Aujourd’hui tous les vols en partance et vers la Grèce seront gelĂ©s par les contrĂ´leurs de trafic aĂ©rien et des grèves interviendront aussi dans les hĂ´pitaux et les Ă©coles.

Bien que pas directement affectĂ©, compte tenu que la livre sterling est hors de la zone Euro, Gordon Brown s’est Ă©mu que n’importe quelle faille dans l’Ă©conomie europĂ©enne pouvait mettre aussi le Royaume-Uni en danger.

L’inquiĂ©tude affichĂ©e aux plus hauts niveaux de l’UE quant Ă  une contagion passant par la Grèce, l’Espagne et le Portugal est aussi clairement confirmĂ©e par la note confidentielle de M. Van Rompuy : « La crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses. Notre taux de croissance structurel est trop bas pour crĂ©er de nouveaux emplois et soutenir nos systèmes sociaux. »

Se rapportant au fait que l’UE n’a aucune solution pour rĂ©soudre une crise budgĂ©taire qui affecte d’autres Etats membres, M. Van Rompuy continue : « les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement Ă©conomique. Dans nos Ă©conomies imbriquĂ©es, nos rĂ©formes doivent ĂŞtre coordonnĂ©es pour optimiser leur effet. »

Le Pacte de Croissance et de StabilitĂ© europĂ©en et le TraitĂ© Maastricht ont Ă©tĂ© conçus pour prĂ©venir le type de crise budgĂ©taire que l’euro-zone connaĂ®t actuellement.

Les règles de Maastricht – le fait de limiter des Etats membres Ă  un dĂ©ficit budgĂ©taire annuel de 3 pour cent par an et Ă  une dette nationale totale Ă  un rapport de PIB de 60 pour cent – ont Ă©tĂ© balayĂ©es pendant la crise financière. MĂŞme pendant les annĂ©es d’avertissement, les pays les ont le plus souvent nĂ©gligĂ©es.

Pour l’avenir, M. Van Rompuy explicite , « nous allons nous concentrer sur l’impact de politiques nationales sur l’ensemble de l’U.E , tout particulièrement quant aux dĂ©sĂ©quilibres macroĂ©conomiques et aux divergences de compĂ©titivitĂ©. »

La crise financière met en compĂ©tition les trois prĂ©sidents de l’UE qui luttent pour la première place. M. Van Rompuy , prĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en (Une fonction pensĂ©e pour Tony Blair), le premier ministre espagnol, JosĂ© Zapatero, prĂ©sident du Conseil de l’Union EuropĂ©enne et JosĂ© Manuel Barroso , prĂ©sident de la Commission europĂ©enne.

Le PrĂ©sident Barack Obama a rembarrĂ© rĂ©cemment un sommet d’U.E-Etats-Unis pour le printemps prochain au titre de cette troĂŻka ingĂ©rable.

Le sommet va ĂŞtre tenu loin des bureaucraties habituelles, dans la bibliothèque Solvay de Bruxelles. « Van Rompuy a voulu crĂ©er une atmosphère bien plus intime, sans une armĂ©e de conseillers, » rĂ©vèle une source. « Il y a actuellement beaucoup de tensions entre les Etats membres, ce pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de les faire se rencontrer dans un cadre ouvert, sympathique, apĂ©ros Ă  l’appui. L’idĂ©e est d’avoir des sessions de travail convenable , conviviables. »

Lire l’article original sur le site de The Independant

Lire également notre dernier article La reconfiguration de l’Union européenne est en marche (vidéo)

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fév 10 2010

Fin de partie pour les pays de l’Union europĂ©enne

Addendum ajouté le 11 février

Les manipulations gĂ©nĂ©rales en faveur de l’Ă©tablissement d’un nouvel ordre Ă©conomique sont devenues si denses qu’elles s’Ă©talent presque au grand jour. Pourtant, les vĂ©ritables influences restent cachĂ©es, et les intentions ultimes ne peuvent qu’ĂŞtre assez difficilement soupçonnĂ©es, presque jamais comprises.

La crise financière aura permis de recapitaliser les banques avec l’argent public. Aujourd’hui ce sont ces mĂŞmes institutions qui menacent de dĂ©truire les États qui les ont sauvĂ©es. Qui peut un instant croire encore que ces opĂ©rations de dĂ©stabilisation seraient dues Ă  la seule irrationalitĂ© des marchĂ©s, et qu’elles n’obĂ©issent pas, en premier lieu, Ă  un agenda cachĂ© ?

euro

Chronologie de la crise en cours

C’est l’agence de notation Flitch Ratings, contrĂ´lĂ©e par le holding français Fimalac, qui a Ă©tĂ© la première Ă  dĂ©grader la Grèce, en dĂ©cembre dernier. Ce sont ensuite les dirigeants de la la Banque centrale europĂ©enne (BCE) qui ont mi le feu aux poudres, en annonçant « Si avant la fin de l’annĂ©e la Grèce n’a pas retrouvĂ© son niveau de notation qu’elle avait avant la crise, nous ne garantissons pas que la dette grecque puisse ĂŞtre refinancĂ©e par la BCE. Ce n’est d’ailleurs pas notre problème, mais celui de la Grèce seulement ».

Ensuite, comme plusieurs sources le confirment, c’est une grande banque amĂ©ricaine d’investissements et deux hedge funds (fonds de gestion spĂ©culatifs) qui ont dĂ©cidĂ© de faire courir la panique sur les marchĂ©s. Ces « investisseurs » ont tout d’abord pariĂ© sur la baisse du prix des obligations Ă©mises par le trĂ©sor grec, portugais ou espagnol, puis, se sont prĂ©cipitĂ©s sur les produits dĂ©rivĂ©s qui permettent de s’assurer contre le risque de dĂ©faut de paiement d’un Etat ou d’une entreprise, appelĂ©s Credit Default Swap (lire notre article du 6 fĂ©vrier).

Avant la réunion du G7, en fin de semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, a créé un nouvel effet panique en annonçant que « son institution était disponible pour voler au secours de la Grèce ».

Mensonges

Mais en rĂ©alitĂ© la faillite de la Grèce est impossible. Cela pour une raison simple, c’est qu’elle ne peut, du fait de son appartenance Ă  la zone euro, se retrouver en manque de liquiditĂ©s (en comparaison, quand l’Argentine Ă  Ă©tĂ© en « faillite » en 2001 c’Ă©tait parce qu’elle n’avait plus de devises en dollars pour financer ses importations). De plus, les traitĂ©s europĂ©ens prĂ©voient que l’UE doit assister les États en cas de « menace sĂ©rieuse de graves difficultĂ©s ». Il est donc mensonger de prĂ©tendre que l’UE pourrait sacrifier la Grèce. La plupart des analystes admettent d’ailleurs qu’il s’agit d’une opĂ©ration planifiĂ©e . En fait, la dĂ©stabilisation de la Grèce n’a pour but que de donner l’illusion que l’UE est engagĂ©e dans un bras de fer avec les spĂ©culateurs, alors qu’il s’agit en rĂ©alitĂ© d’une « action concertĂ©e », comme l’indiquait le premier ministre grec la semaine dernière.

Les statuts de la BCE ne permettant pas d’Ă©mettre une dette publique, mais seulement de racheter ces dettes Ă  travers les institutions bancaires privĂ©es, il ne sera donc pas possible pour l’UE de refinancer directement la Grèce et les autres pays en difficultĂ©s, dont l’Ă©tat de dĂ©labrement demandera Ă©galement un « plan de sauvetage » dans les semaines ou mois Ă  venir. Dans l’immĂ©diat, pour « couvrir » la Grèce, il va ĂŞtre nĂ©cessaire de crĂ©er un nouvel « organe » afin de mettre en commun une grande partie de la politique budgĂ©taire europĂ©enne. La Grèce sera donc contrainte de faire d’autres concessions que celles des derniers jours, de sorte Ă  ouvrir la voie des rĂ©formes sociales qui seront ensuite promulguĂ©es en Espagne, en Italie et au Portugal, pour commencer. L’idĂ©e centrale est d’utiliser cette crise des Etats afin contraindre au fĂ©dĂ©ralisme Ă©conomique la majoritĂ© des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici.

L’homme de l’ombre

Le prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman Van Rompuy avait Ă©voquĂ©, en novembre dernier, la crĂ©ation d’un « gouvernement Ă©conomique » des 27 pays membres, de mĂŞme que l’Ă©tablissement d’un impĂ´t europĂ©en. Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne JosĂ© Manuel Barroso lui avait emboitĂ© le pas quelques jours plus tard, devant le parlement europĂ©en : « Je ne suis pas contre l’idĂ©e d’un impĂ´t europĂ©en pour permettre Ă  l’UE de bĂ©nĂ©ficier de ressources propres par rapport aux contributions des États. J’ai l’intention d’examiner toutes les questions de fiscalitĂ© dans l’Union europĂ©enne, nous devons passer en revue toutes les ressources (financières) de l’UE (…) Le programme sur lequel j’ai Ă©tĂ© Ă©lu dit qu’il faut examiner de possibles ressources propres ».

Le 11 novembre 2009, Mario Borghezio, membre italien du parlement europĂ©en, avait Ă©voquĂ© la possibilitĂ© que les candidats aux postes de prĂ©sident et ministre des Affaires Ă©trangères de l’UE, comme Jan Peter Balkenende, David Miliband, Herman Van Rompuy parmi d’autres, pourraient ĂŞtre ceux des « groupes occultes » Bilderberg et TrilatĂ©rale et non simplement ceux des forces politiques des pays (voir cette vidĂ©o du Parlement). Le lendemain, Herman Van Rompuy se rendait au Château de Val Duchesse pour une rĂ©union du Groupe Bilderberg oĂą il donna, dans un discours, sa vision quant Ă  la gouvernance de l’Europe et la nĂ©cessitĂ© de centraliser les flux financier des États membres (faits rapportĂ©s par cet article du Times).

La mise en place de ce « gouvernement » n’aura pas pour but de sauver la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, mais d’unifier les budgets des pays membre de l’UE afin de pouvoir disposer de leurs ressources, c’est Ă  dire, pour ĂŞtre plus prĂ©cis, de mettre fin Ă  leur souverainetĂ© Ă©conomique. Les dispositions du TraitĂ© de Lisbonne, entrĂ© en vigueur le 1er dĂ©cembre dernier, donne toute la marge de manĹ“uvre nĂ©cessaire pour cela.

C’est dans une ambiance de crise qu’Herman Van Rompuy pourra donc se prĂ©senter en sauveur de la zone euro au sommet qui rĂ©unira les chefs d’État europĂ©ens ce jeudi 11 fĂ©vrier, Ă  Bruxelles. Pourtant, les solutions qu’il prĂ©conisera n’auront en rien Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es dans l’urgence, parce que des pays europĂ©ens pourraient se retrouver en faillite. Il est en rĂ©alitĂ© prĂ©parĂ© depuis plus de vingt ans par le prĂ©sident europĂ©en, ses complices et l’oligarchie financière qui l’a mis en place (voir le document pdf en fin d’article).

Bien entendu, ce gouvernement ne sera pas effectif au matin du 12 fĂ©vrier. Pour faire plier les États et que les populations europĂ©ennes acceptent d’ĂŞtre entièrement dominĂ©es par Bruxelles, ainsi que toutes les rĂ©formes nĂ©cessaires qui leurs seront imposĂ©es sous prĂ©texte de relancer la zone euro (lire notre article du 2 fĂ©vrier), il faut que la situation se dĂ©grade encore. Mais le piège est d’ors et dĂ©jĂ  en train de se refermer.

La dĂ©mocratie europĂ©enne, qui Ă©tait nĂ©e en Grèce en 507 avant J.C., sera morte, en Grèce Ă©galement, dans les premiers mois de l’annĂ©e 2010.

Addendum, 11 février 2010

Joli numĂ©ro de passe-passe dans les coulisses de Bruxelles aujourd’hui. On pourrait presque penser que Sarkozy et Merkel veulent voler la vedette au prĂ©sident du Conseil von Rompuy. Ce serait oublier que cette crise des États trouve, d’une part, son origine dans le dĂ©classement de la Grèce par l’agence de notation Flitch, propriĂ©tĂ© du groupe français Fimalac et que, d’autre part c’est la Deutsche Bank, en concertation avec la banque amĂ©ricaine Goldman Sachs, qui est Ă  l’origine des spĂ©culations sur l’euro, comme l’indique cette dĂ©pĂŞche de l’AFP.(1) Il est donc difficile de ne pas admettre que ce sont toujours les mĂŞmes qui sont aux commandes – oĂą qu’il y a pour le moins collusion d’intĂ©rĂŞts – et que l’on voudrait nous faire voir des divergences lĂ  oĂą il n’y a que des complicitĂ©s.

Reste que Sarkozy et Merkel ne vont en aucune manière venir rĂ©ellement et directement en aide Ă  la Grèce. Ils se limiteront Ă  des dĂ©clarations d’intention, de sorte Ă  calmer un peu les marchĂ©s et Ă©vacuer tout soupçons, en indiquant qu’ils se porteront garant de la Grèce si elle en venait Ă  se trouver vĂ©ritablement en faillite – ce qui est impossible, pour les raisons que nous avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es plus haut.

Ce n’est bien sur pas le genre d’Ă©lucubrations hystĂ©riques dont Sarkozy s’est fait le spĂ©cialiste qui doit retenir notre attention – il n’est que l’idiot utile d’un jeu qui n’est pas le sien – mais le plan que prĂ©sentera Hermann von Rompuy ce soir, puis les premiers actes de validation lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale), lundi prochain.

1. Ce qui n’a pas empĂŞchĂ© le patron de la Deutsche Bank, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbĂ©ciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroĂ®t. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro ». (source)

Mecanopolis

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fév 06 2010

« Une attaque concertée par des groupes financiers est en cours contre l’euro » (vidéos)

« Le pays se trouve au centre de spĂ©culations qui ont pour cible finale l’euro et l’utilisation de la Grèce en tant que maillon faible. Il est du devoir national de repousser ces tentatives qui veulent conduire le pays Ă  l’abĂ®me.» C’est en ces termes que le premier ministre grec s’est attaquĂ© mercredi aux marchĂ©s financiers. Et, lors d’un discours prononcĂ© hier Ă  New Dehli, le chef d’État grec a encore surenchĂ©ri : « Une attaque concertĂ©e par des groupes financiers en cours contre l’euro, en passant par l’Espagne et le Portugal, comme cela a Ă©tĂ© le cas avec la Grèce ».

euro-dollars

Vendredi, les principaux marchĂ©s europĂ©ens (actions, obligation et devise) ont continuĂ© leur dĂ©gringolade. La Bourse de paris Ă  perdu 3.40%. Et celle d’Athènes 3.715. L’euro, lui, est passĂ© sous la barre des 1.36 dollar pour la première fois depuis huit mois. En ligne de mire : les 30′000 milliards de dette publique cumulĂ©s par les pays du G7 et la situation de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal.

Qui attaque la Grèce et l’Espagne ?

Pourtant, la situation des finances publiques de la zone euro, y compris celle de la Grèce, ne justifie une telle panique des marchĂ©s financiers qui dĂ©sormais jouent clairement l’Ă©clatement de la zone euro. Selon l’Ă©dition de ce samedi du quotidien suisse Le Temps, citant des informations Ă©manant Ă  la fois d’autoritĂ©s de marchĂ© et d’Ă©tablissements financiers, une grande banque amĂ©ricaine et deux très importants hedge funds (dont l’un basĂ© Ă  Londres) seraient principalement derrière les attaques contre la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Leur objectif : rĂ©aliser un gigantesque hold-up en crĂ©ant une panique qui leur permet d’exiger de la Grèce des taux d’intĂ©rĂŞt de plus en plus Ă©levĂ© tout en spĂ©culant.

Pour les marchĂ©s, la dette est un « produit financier » comme un autre. Elle a un prix dĂ©fini par une offre et une demande. Comme pour le baril de pĂ©trole ou une action en Bourse. Ainsi, selon Le Temps, les deux hedge funds qui tiennent le marchĂ© grec, en concertation avec une banque amĂ©ricaine, se sont dĂ©cidĂ© Ă  faire courir la panique sur le marchĂ© des crĂ©dit default swap (CDS). Que recouvre cette appellation ? Un titre d’assurances que l’on contracte pour se prĂ©munir contre un potentiel dĂ©faut d’un État Ă  qui l’on a prĂŞtĂ© de l’argent. Un CDS a un prix et s’Ă©change sur un marchĂ© non rĂ©gulĂ© et totalement opaque.

Vendredi, le CDS grec Ă©tait Ă  428 points de base, un niveau sans prĂ©cĂ©dent, alors que celui du Liban plafonnait Ă  255, ou celui du Maroc Ă  113… En clair, pour le marchĂ©, le risque de faillite de la Grèce serait quatre fois supĂ©rieur Ă  celui du Maroc, ce qui est irrĂ©aliste.

Complicité des agences de notation

Trois agences de notation, Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch, distribuent des notes Ă  la terre entière. Leur rĂ´le est d’Ă©valuer la capacitĂ© des emprunteurs Ă  rembourser leurs dettes. Aucun produit financier ne leur Ă©chappe : aussi bien les obligation Ă©mises par NestlĂ© que les produits structurĂ©s montĂ©s par les banques, de mĂŞme que que les fonds levĂ©s par les États.

Leurs alertes sur les dettes publiques sont en train de faire tomber la Grèce et vaciller le Portugal et l’Espagne. Il est donc lĂ©gitime de s’interroger sur leur rĂ´le de dĂ©clencheur de panique ou d’amplificateur de la crise, sinon mĂŞme de complice. Cela d’autant plus que ce sont ces mĂŞmes agences qui ont construit la bombe des subprimes Ă  l’origine de la crise financière en 2008.

Mecanopolis

Lire notre article du 10 février :

Fin de partie pour les pays de l’Union europĂ©enne


jan 06 2010

L’exportation de gaz GNL, rĂ©el enjeu des tensions actuelles au YĂ©men ?

Simple coĂŻncidence dans ce monde de brut ? Alors que dĂ©but novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL ou LNG), grâce Ă  la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d’Aden – dont Total possède près de 40% – l’ambassade de Grande-Bretagne Ă  Sanaa a Ă©tĂ© fermĂ©e dimanche, après celle des Etats-Unis. Raisons invoquĂ©es : des menaces d’Al-QaĂŻda dans la pĂ©ninsule arabique, faisant notamment suite Ă  l’attentat ratĂ© de NoĂ«l sur le vol Amsterdam-Detroit.

Alors, 2010 : l’annĂ©e de la guerre du gaz ? L’avenir du Yemen et de l’Ukraine nous le dira …

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« L’ambassade a Ă©tĂ© fermĂ©e aujourd’hui par mesure de prĂ©caution, de crainte d’Ă©ventuelles rĂ©actions d’Al-QaĂŻda« , a ainsi affirmĂ© dimanche un responsable yemenite au sujet de l’ambassade  britannique. Tout en indiquant que l’ambassade n’avait pas reçu « de menaces directes d’Al-QaĂŻda« .

« Certaines indications laissent penser qu’Al-QaĂŻda prĂ©pare un attentat contre un objectif Ă  Sanaa, peut-ĂŞtre notre ambassade », a dĂ©clarĂ© quant Ă  lui Ă  la chaĂ®ne CNN John Brennan, conseiller d’Obama pour la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d’Al-QaĂŻda sont actuellement au YĂ©men.

Un contexte particulièrement tendu qui fait jour alors que dĂ©but novembre, le prĂ©sident yĂ©mĂ©nite Ali Abdallah Saleh avait donnĂ© le coup d’envoi symbolique des premières exportations de GNL … Simple « hasard’, alors que gaz et pĂ©trole sont Ă  l’origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?

Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d’Aden, d’un montant de 4,5 milliards de dollars, reprĂ©sente un investissement majeur pour le YĂ©men.

L’usine est opĂ©rationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d’un seul train de production. La construction d’une seconde infrastructure de ce type doit dĂ©marrer en fĂ©vrier/mars prochain. ThĂ©oriquement …. Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du « climat » actuel …

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Notons  toutefois que le gaz yĂ©mĂ©nite prĂ©sente bien des avantages en matière de qualitĂ© et de localisation gĂ©ographique par rapport Ă  ses principaux concurrents de la rĂ©gion (Qatar et Iran notamment, situĂ©s dans le Golfe persique) ….

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d’un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu’Ă  6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait ĂŞtre exportĂ© en CorĂ©e du sud mais Ă©galement en Europe et en AmĂ©rique du Nord. Le projet devrait gĂ©nĂ©rer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le TrĂ©sor du YĂ©men, l’un des pays les plus pauvres de la planète. A terme, les exportations de GNL du pays Ă©quivaudront Ă  180.000 barils de pĂ©trole par jour.

A noter Ă©galement : durant les annĂ©es nĂ©cessaires Ă  la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n’a Ă©tĂ© dirigĂ©e contre les installations ou le personnel. Une « bonne » chose alors que les prises d’otages sont frĂ©quentes dans cette partie du pays. PrĂ©cisons que que la majoritĂ© des 19 millions de YĂ©mĂ©nites sont de confession sunnite , tandis que les autres appartiennent Ă  la branche Zaydi de l’islam chiite. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons Ă©galement qu’en avril 2008 , Total avait annoncĂ© avoir dĂ©cidĂ© de rapatrier en France les enfants de ses salariĂ©s au YĂ©men. Nulle crainte Ă  avoir affirmait alors la compagnie, la dĂ©cision n’Ă©tant Ă  voir que comme une mesure « de prĂ©caution » destinĂ©e Ă  prĂ©server leur sĂ©curitĂ©. Une « trentaine » de familles aurait Ă©tĂ© concernĂ©e.

Source : Le BlogFinance et Panier de Crabes