juil 15 2010

L’Allemagne, Cheval de Troie du Nouvel ordre mondial

Alors que se met en place, non pas un gouvernement économique, mais un organe de décision qui aura pour but de mettre au pas les pays de l’Union européenne, il devient difficile d’évoquer ces sujets sans effleurer l’idée même d’une conspiration – idée qui, lorsque fondée sur des faits indiscutables, peut néanmoins permettre de comprendre la marche réelle des affaires.

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Tous les indicateurs démontrent qu’une troisième phase de la crise économique nous atteindra d’ici octobre, novembre au plus tard, et que ses effets seront bien plus dévastateurs que tout ce que nous avons subi durant ces deux dernières années, car les finances publiques sont désormais asséchées et l’économie mondiale moribonde. Octobre sera aussi le mois où un groupe de travail présidé par le président du Conseil Herman Van Rompuy fera des propositions concrètes, non pas pour un projet de « gouvernance économique », comme il en était question, mais dans le but de lacréation d’un « organe », composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et de l’Eurogroupe.

La dénomination en tant « qu’organe » est importante, car une « gouvernance » aurait imposé une forme démocratique, impliquant le Parlement européen. Or il n’en sera rien.

Sanctions pour tous les membres de l’Union

L’Allemagne a su imposer au tout début du mois de juillet, par l’intermédiaire de son agent Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, que les sanctions envers les pays jugés trop laxistes en matière de finances publiques soient imposées, non pas aux seuls pays de la zone euro mais à l’ensemble des 27 pays membres de l’Union européenne.(1)

Ces sanctions prendront effet sous forme de suppression de fonds structurels, principalement les aides à l’agriculture et à la pêche, lorsque le pays contrevenant ne rentrera pas dans les clous après une première phase d’avertissement.

La France ne s’est nullement opposĂ©e Ă  cette dĂ©cision. Pire encore, le mĂŞme jour, Nicolas Sarkozy, en visite en Aveyron sur le thème de l’agriculture de montagne, promettait qu’une somme de 350 millions d’euros allait ĂŞtre « sanctuarisĂ©e » dans le budget 2011 pour aider les jeunes agriculteurs Ă  s’installer.(2) « Vous voyez, je m’investis beaucoup sur le dossier de l’agriculture », avait-il encore indiquĂ© Ă  la presse ce jour-lĂ , alors qu’au mĂŞme moment, Ă  Bruxelles, on dĂ©cidait de faire payer l’endettement des États aux agriculteurs.

Un « Pôle carolingien »

Malgré les désaccords de façade,Nicolas Sarkozy est, avec Angela Merkel, à l’avant-garde de ce que l’on pourrait appeler le « Pôle Carolingien » d’une union fédérale de la France et de l’Allemagne devant constituer, ensemble, l’armature intérieure d’une Europe inféodée à l’ordre mondial. Si le ralliement de la France à la doctrine mondialiste est récent, du moins dans sa phase décisive, l’ancrage de l’Allemagne, principal pays allié des États-Unis en Europe depuis 1945, est plus profond, et c’est le ministre des Affaires étrangères Joshka Fischer qui avait, en quelque sorte, ouvert le bal, lors de son discours à l’Université de Humboldt, le 12 mai 2000, relayé quelques jours après par son prédécesseur, Hans Dietrich Gensher, ministre des Affaires étrangère allemand, dans Le Figaro du 20 mai suivant : « L’intention de Joshka Fischer est maintenant de renforcer l’Union européenne dans la perspective de son élargissement. Il s’agit d’en faire un acteur efficace du Nouvel ordre mondial… » Puis encore, comme pour enfoncer le clou, Wolfghang Schäuble, ex patron de la CDU, dans Le Monde du 22 mai de la même année : « Au monde bipolaire de la guerre froide s’est substitué un monde multipolaire. Les États-Unis, la Russie, la Chine et, à quelques distances, le Japon, y ont déjà pris place. L’Inde va entrer dans le club. Il ne faut pas que l’Europe soit en reste. À ses débuts, le nouveau gouvernement allemand avait laissé un peu en friche le terrain de la politique étrangère. Ce plan Fisher lui restitue un visage européen sur l’arrière plan de la mondialisation. »

Concept mondialiste

La doctrine stratégique « globale » des États-Unis avait été élaborée une vingtaine d’années auparavant. Il est clairement énoncé dans le nouveau concept étasunien de « stratégie nationale de sécurité » dont le contenu fut révélé dans un article du New York Times du 8 mars 1992, qui mentionnait pour la première fois le Defense Planning Guidance du Pentagone, élaboré en liaison avec le Conseil national de la sécurité (NSA), plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis doivent « tout faire pour dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…) La mission des États-unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis a aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire russe. »(3) Il s’agit ni plus ni moins d’empêcher par n’importe quel moyen l’Europe et le Japon,“alliés” relativement dociles, ainsi que la Russie affaiblie mais encore redoutable, de relever la tête et de porter, un jour, ombrage au nouvel ordre mondial politique et économique imposé par Washington.

Ce document rend inutile tout commentaire, éclairant de lui-même les intentions étasuniennes, dont la nature même est d’ordre conspirative. Mais nous aurions néanmoins tort de désespérer, car aucune situation, aussi perdue qu’elle puisse paraître, n’est jamais complètement fermée. C’est la faille salvatrice qu’il nous faut désormais trouver pour opposer un Nouveau monde à ce Nouvel ordre mondial.

Clovis CASADUE, pour la revue FLASH

Publié  sur Mecanopolis, avec l’aimable autorisation de Jean-Emile Néaumet, directeur de la rédaction.

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Reproduction libre avec indication des sources

Notes :

(1) Le Figaro du 1er juillet 2010

(2) AFP, le 1er juillet 2010

(3) Cité par Alexandre Del Valle, dans Guerre contre l’Europe, Syrtres, 2000

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mai 31 2010

Le 11 Septembre décrypté par « Les Propagandistes du Futur »

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Ils se nomment (sans rire) « Les Détectives de l’Histoire » ! Nous les appellerions volontiers « les Propagandistes du Futur » (observez la mise en scène directement inspirée des séries B à succès et les décors très soignés) …

Disposant d’un long temps d’antenne sur la télévision publique française,  « Les Détectives de l’Histoire » ont décidé de s’intéresser au 11 Septembre et aux « théories conspirationnistes » sur le 11 Septembre 2001.

Les voici ces « Détectives de l’Histoire » en son et en images, et les plus habitués à la thématique du Nouvel Ordre Mondial et du 11 Septembre y reconnaitront des visages « familiers », dans une mise en scène hésitant entre le tragique et le comique…

Source : 911NWO.INFO



mai 16 2010

La décadence d’une société commence lorsque l’on se demande « Que va-t-il arriver ? » au lieu de « Que puis-je faire ? »

Pour juger de l’état de santé d’une société, il convient de cerner les actions et les valeurs qui lui servent de moteur. Un groupe de personnes qui n’avance pas stagne par définition, et alors commence la lente déliquescence des fondements sur lesquels il s’est établi. Au contraire, les progrès réalisés par un autre ensemble d’individus en constante évolution se mesurent à l’aune de la nature du mouvement qui le pousse en avant. Par conséquent, lequel des deux rôles pouvons-nous attribuer respectivement aux positions qui consistent à se demander « Que va-t-il arriver ? » et « Que puis-je faire ? ». Laquelle de ces deux interrogations est la plus citoyenne ?

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Il paraît évident que la première embrasse une attitude passive face aux événements qui surviennent dans notre société, qu’ils soient futurs ou présents. Elle consiste à tenter de prévoir cyniquement un avenir devant lequel on se sent impuissant, ce qui mène à l’angoisse et au pessimisme caractéristiques de ceux qui subissent la vie et sont incapables de la dominer. La deuxième interrogation résulte, au contraire, d’une réelle démarche citoyenne, imbibée de la notion de responsabilité dans l’action au sens large. Ceux qui adhérent à cette philosophie sont les instigateurs du changement de demain, les protagonistes de la construction d’un monde meilleur. C’est sur eux que la société peut compter, du fait de leur dynamique engagée et enthousiaste. On attend de ces gens-là qu’ils fassent preuve d’abnégation, voire d’altruisme, en acceptant de porter le poids de problèmes et de difficultés à résoudre qui sont enracinés dans la société, mais que d’autres qu’eux ont causés. C’est ainsi que fonctionnent les choses dans une société qui permet l’intégration, l’expression libre et la reconnaissance, entre d’autres valeurs humanistes, de chaque individu qui la constitue dans des conditions optimales. Il reste à se demander si notre société remplit ces critères.

Malheureusement, il existe de nombreux idéalistes, inventeurs de génie et héros potentiels auxquels notre société échoue à donner les moyens de se rendre utiles. Une évidence s’impose : la compréhension de l’importance des valeurs échappe de plus en plus à nos dirigeants et devient l’apanage d’une minorité de braves gens dont la voix atteint rarement les oreilles des tenants du pouvoir, et touche encore moins fréquemment leurs cœurs. Le poids d’acteurs économiques a fini par surpasser celui des hommes politiques. Les deuxièmes deviennent effectivement, en toute logique, bien démunis lorsque les moyens par lesquels leur influence se manifeste sont détenus par des possesseurs de géantes entreprises et industries privées. Ces dernières, lorsqu’elles se rendent aussi indispensables qu’à l’heure actuelle, exercent des pressions colossales sur les représentants politiques élus au suffrage universel. Ceux-ci n’ont plus l’autorité suffisante pour contraindre les libéraux les plus débridés à respecter des contrôles stricts fixés par l’État. Cet état de fait a conduit à l’abandon du modèle keynésien qui a été appliqué à partir de 1933 de sorte à éviter une nouvelle Grande Dépression. Or, sous prétexte de la fin des Trente Glorieuses, il a laissé place, à l’aube des années 1980, à un nouveau système renouant avec le libéralisme sauvage d’avant 1929, engendrant un immense accroissement de la richesse de quelques-uns aux détriments de l’écrasante majorité de la population qui a subi des crises à répétition, dont l’actuelle est l’aberration la plus aboutie.

À titre d’exemple éloquent montrant l’étendue de la domination du secteur privé sur le secteur public, considérons le fait que les 500 plus importantes multinationales américaines détiennent plus de 75% du PIB des Etats-Unis. Le mécanisme est le même dans nos pays européens, indissociablement liés au modèle capitaliste américain et à sa société de consommation. Les pans coûteux et non rentables de l’économie sont laissés en guise de miettes à l’État. De leur temps, les présidents Wilson, Eisenhower et Kennedy avaient mis la population en garde contre les risques de dérives des banques privées et du complexe militaro-industriel. Ces craintes se sont concrétisées, et notre époque est l’âge d’or de ces dernières. Cette situation est grave dans le sens où le secteur public a davantage tendance à veiller au bien-être des compatriotes, car il s’agit de la mission qu’il est censé poursuivre. Les acteurs du secteur privé, eux, ne recherchent que le profit, qu’ils n’hésitent pas à générer par les moyens les plus douteux comme la spéculation irrationnelle, le blanchiment de l’argent de la drogue ou la vente d’armes, et ne connaît ni patrie ni frontières. C’est pourquoi l’avènement de celui-ci au niveau de premier rôle dans l’exercice du pouvoir ne peut marquer une ère de bien-être généralisé des citoyens engendrée par une quelconque prospérité sociale.

La crise actuelle et la prolifération des guerres menées par les États-Unis et appuyées par une large majorité de pays européens montrent la folle nature de ce système. Longtemps après avoir mené une guerre aussi longue que meurtrière au Vietnam, de nouveaux conflits sont survenus en masse à partir de la fin des années 80’, coïncidant avec la nouvelle politique de libéralisme immoral. La liste est longue : le Nicaragua, le Panama, l’Irak, l’Afghanistan et la Somalie sont les pays où une intervention militaire américaine a été menée récemment. Malgré sa promesse de rupture avec son prédécesseur conservateur, le prix Nobel de la paix, Barack Obama, s’est engagé à aller au bout de cette logique, envisageant même de nouvelles guerres au Yémen et en Somalie. Ce n’est pas comme si le président démocrate avait réellement le choix : il est prisonnier des mécanismes du capitalisme mafieux dont il a, en apparence seulement, pris la tête. La sécurité nationale n’est qu’une raison parmi d’autres de mener ces guerres : la plus importante semble être la cupidité de quelques pilleurs internationaux.

Tout cela pour dire qu’un système verrouillé qui s’obstine dans ses errances ne peut profiter pleinement de la contribution de chacun. Une ploutocratie a succédé à notre démocratie, et notre société ne pourra réellement changer que lorsque ses propres contradictions l’auront amenée mécaniquement au bord du gouffre. Face à ce constat, deux choix s’imposent. Le premier consiste à être le chantre inconditionnel du système, et à l’approuver aveuglément dans ses moindres faits et gestes, sous prétexte que c’est en son sein que l’on est né et que l’on ne connaît pas de meilleur ordre des choses. Le deuxième implique de défendre des valeurs, d’être objectif et critique vis-à-vis de tout ce qu’une société propose, qu’il s’agisse de la nôtre ou d’une autre, et de s’opposer à toute forme d’impérialisme. J’opte pour ce dernier choix, avec la conviction qu’il s’agit de la position la plus patriote tandis que la première est lâche et imbécile, que c’est avec la généralisation d’un tel état d’esprit qu’une nouvelle donne peut être lancée, et que la réalité de la liberté et du respect des droits de l’homme puisse alors attribuer toute sa beauté à un nouveau système émergent.

Régis Mex, pour Mecanopolis

fév 12 2010

La reconfiguration de l’Union europĂ©enne est en marche

Addendum ajouté le 13.02, à 15h30

Rappelez-vous : le 2 avril dernier, le G20 Ă©tait historique ! Le gratin mondial s’Ă©tait rĂ©uni Ă  Londres et allait prendre des mesures qui allaient non seulement sauver du krach imminent le monde mondialisĂ©, mais aussi « refonder le capitalisme ». Dans les faits, rien – absolument rien – n’a changĂ©, et ce sont les mĂŞmes fadaises, Ă  peine remises Ă  jour, que le « couple » Sarkozy-Merkel nous resservent aujourd’hui. En rĂ©alitĂ©, nos dirigeants ne sont jamais en rivalitĂ© avec les marchĂ©s financiers qu’ils feignent de dĂ©noncer. Au contraire mĂŞme, ils sont les meilleurs garants de leur succès.

sarkozymerkel

Selon les médias alignés, le quotidien Libération (propriété de la banque Rotschild) et Le Figaro (groupe Lagardère) en tête, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel auraient mis « tout leur poids politique » derrière la Grèce, afin de la sauver de la défiance des marchés. Vraiment ?

Comme nous l’avons dĂ©jĂ  indiquĂ© dans notre article du 10 janvier, c’est l’agence de notation Flitch Ratings, propriĂ©tĂ© du holding français Fimalac qui a Ă©tĂ© Ă  l’origine du dĂ©classement de la note Grecque au dĂ©but du mois de dĂ©cembre dernier. Ensuite la Deutsche Bank et la banque Goldman Sachs, ainsi que des hedges funds qui leur sont directement liĂ©s, ont pariĂ©s sur la baisse du prix des obligations Ă©mises par le trĂ©sor grec entre dĂ©cembre 2009 et dĂ©but fĂ©vrier 2010 (source). Dans le mĂŞme temps, ils se sont prĂ©cipitĂ©s sur les produits Credit Default Swap (voir notre article du 6 fĂ©vrier), tout en vendant massivement des euros contre des dollars, ce a qui Ă  entrainĂ© une aggravation de la situation de la Grèce, qui ne pouvait plus trouver preneur pour sa dette sur les marchĂ©s Ă  moins de 6 %.

Mais la baisse de l’euro face au dollar bĂ©nĂ©ficie directement Ă  l’Ă©conomie française et allemande, comme l’indique cet article du NouvelObs : « La reprise suit deux axes. L’un est celui de l’Espagne et la Grèce qui s’enfoncent dans la rĂ©cession alors que la croissance s’accĂ©lère dans la plupart des autres pays, menĂ©s par la France et l’Allemagne (…) Les exportations bĂ©nĂ©ficient actuellement du retrait amorcĂ© par l’euro face au dollar en raison des craintes qui pèsent sur la dette du Portugal et de la Grèce ». Le gouvernement allemand prĂ©cipite donc les signatures de contrat Ă  l’exportation : « la composante des commandes Ă  l’exportation a Ă©galement grimpĂ© Ă  un sommet de 29 mois, Ă  53,8 contre 53,2 en dĂ©cembre et en estimation flash. »

Humour noir

La Deutsche Bank est donc Ă  la base de la manipulation, ce qui n’empĂŞche pas son Ă©conomiste en chef, Thomas Mayer, dont le cynisme laisse penser qu’il aime prendre les gens pour des imbĂ©ciles, d’indiquer : « La pression sur l’euro s’accroĂ®t. L’UE doit maintenant tout entreprendre pour stabiliser la Grèce et l’euro » (source). « Plus le mensonge est gros, plus il passe » disait un autre Allemand nommĂ© Goebbels, le siècle dernier.

Marc Ledreit de Lacharrière, le patron de Flitch Ratings n’est pas en reste. Il jouait mĂŞme les pucelles effarouchĂ©es, il y a deux jours, en suppliant « il faut aider la Grèce ! » (source).

RĂ©sumons : le système financier des pays europĂ©ens les plus puissants, avec la bĂ©nĂ©diction de leurs gouvernements respectifs, spĂ©cule sur la faillite de la Grèce jusqu’Ă  ce que la la situation devienne critique. Ils envoient ensuite les dirigeants politiques Ă©teindre l’incendie qu’ils ont allumĂ©s et, au final, si la Grèce se retrouve en cessation de paiement,  ce sont ces derniers qui viendront la secourir… avec de l’argent public.

Le but de la manœuvre

Mais l’objectif n’est pas simplement de se remplir les poches Ă  court terme, ce serait trop simple. Ce que nous suspections dans nos prĂ©cĂ©dents articles est confirmĂ© par une note secrète du prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman van Rompuy, rĂ©vĂ©lĂ©e par The Independent.

La Grèce est le premier pays europĂ©en Ă  ĂŞtre placĂ© sous tutelle directe de l’UE. L’Espagne, dont le dĂ©ficit est comparable, puis le Portugal, l’Italie, l’Irlande, etc, suivront. Ces pays ont en commun de refuser le projet d’un gouvernement Ă©conomique centralisĂ©, comme tente de l’imposer Herman van Rompuy, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. « Ce dont nous avons besoin est le mĂŞme genre de mĂ©canisme que nous avons maintenant imposĂ© Ă  la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro » (The IndĂ©pendent)

Comme nous l’Ă©crivions il y a deux jours, « ce gouvernement Ă©conomique ne sera pas mis en place au matin du 12 fĂ©vrier (…) Pour contraindre les pays rĂ©calcitrants, il est nĂ©cessaire que la situation se dĂ©grade encore ». Mais nous assistions d’ors et dĂ©jĂ  aux premières phases d’une reconfiguration totale de l’Union europĂ©enne, de la perte de la souverainetĂ© Ă©conomique des pays membres et de la crĂ©ation d’un « impĂ´t europĂ©en ». L’article 269 (et alinĂ©as) du TraitĂ© de Lisbonne permet cela : « L’Union se dote des moyens nĂ©cessaires pour atteindre ses objectifs et pour mener Ă  bien ses politiques. Il est possible, dans ce cadre, d’Ă©tablir de nouvelles catĂ©gories de ressources propres ou d’abroger une catĂ©gorie existante. »

Mais pour rendre l’Ă©conomie europĂ©enne plus « compĂ©titive », Il faudra donc rationaliser le rapport coĂ»t/productivitĂ© des masses. « Les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement Ă©conomique. Dans nos Ă©conomies imbriquĂ©es, nos rĂ©formes doivent ĂŞtre coordonnĂ©es pour optimiser leur effet » indique Monsieur van Rompuy. Optimiser leur effet, par la contrainte oĂą la culpabilitĂ©, comme c’est le cas aujourd’hui avec la Grèce.

Les élucubrations de Sarkozy et Merkel seront sans effet sur la crise en cours. Il faudra attendre lundi pour que les premiers leviers du plan de van Rompuy soient actionnés, lors de la rencontre des ministres des finances des pays de la zone euro, avec Jean-Claude Junker, patron de l’Eurogroupe et ministre des finances luxembourgeois (et ancien directeur de la Banque Mondiale).

Notre prĂ©cĂ©dent article concluait sur la mort de la dĂ©mocratie europĂ©enne. Nous ne pouvons clore celui-ci sans penser, de cette Europe, qu’elle ressemble de plus en plus Ă  un IVème Reich.

Spain next !

Addendum du 13 février

Le soutien Ă  la Grèce affichĂ© hier n’est qu’une farce grotesque. Comme nous l’avons Ă©cris Ă  plusieurs reprises, il est nĂ©cessaire que la situation se dĂ©grade encore. Les chose vont sans doute aller assez vite maintenant : les bourses continueront de plonger lundi, et l’euro de chuter. C’est le but. L’Espagne va assez rapidement se retrouver dans le mĂŞme cyclone que la Grèce, Ă  qui on demande de rĂ©duire de 4% son dĂ©ficit en 10 mois sans lui apporter d’aide, mais en lui imposant des rĂ©formes drastiques. C’est « marche ou crève ! ». Pour Bruxelles, il est nĂ©cessaire de mettre en place une sorte de « stratĂ©gie de tension » afin d’Ă©tendre ces rĂ©formes aux autres pays en difficultĂ©s : rĂ©vision des statuts des fonctionnaires, Ă©lĂ©vation de l’âge de la retraite, hausse des impĂ´ts, privatisation des assurances sociales, etc. Cette stratĂ©gie de tension doit trouver son Ă©quilibre pour faire passer ces rĂ©formes sans toutefois occasionner un dĂ©sordre social et politique trop violent, ce qui serait contre-productif (encore qu’il puisse encore accĂ©lĂ©rer le processus en cours, mais il est Ă©conomiquement prĂ©fĂ©rable de s’en passer).

La rĂ©union de lundi de l’Eurogroupe ne changera en rien la situation des pays de la zone euro qui sont en difficultĂ©s. Ce n’est d’ailleurs pas son but. On continuera de faire la promotion de l’idĂ©e que la rĂ©solution de toutes les difficultĂ©s passe par la mise en place d’un « gouvernement Ă©conomique europĂ©en ». Il est nĂ©cessaire de poser les premiers jalons techniques nĂ©cessaires Ă  sa constitution et, surtout, qu’il fasse rĂ©agir positivement les marchĂ©s quand on Ă©nonce son nom. Ce « gouvernement Ă©conomique » doit apparaĂ®tre comme Ă©tant LA solution Ă  tous nos problèmes et devenir incontestable. Les Allemands font un peu semblant d’ĂŞtre rĂ©ticents. Sans doute que la part du gâteau qui leur est octroyĂ©e n’est pas encore assez grosse. Un dĂ©tail qui sera très vite rĂ©glĂ© Ă  leur avantage.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

Merci aux membres du forum Mecanopolis qui, par leurs informations, ont contribuĂ© Ă  l’Ă©criture de ce texte.

Spencer Delane

fév 11 2010

Le plan secret du Président du Conseil européen Herman van Rompuy (The Independant)

Comme nous l’indiquions dans notre article publiĂ© hier matin, l’idĂ©e centrale, pour Bruxelles, est d’utiliser cette « crise des Etats » afin contraindre au fĂ©dĂ©ralisme Ă©conomique la majoritĂ© des pays membres qui s’y refusaient jusqu’ici. Cela par la mise en place d’un « gouvernement Ă©conomique » qui aura pour but d’unifier les budgets des Etats membres de l’UE, afin de pouvoir disposer de leurs ressources, oĂą plus exactement de mettre fin Ă  leur souverainetĂ© Ă©conomique.

Le quotidien britannique The Independant confirme nos craintes les plus sombres en publiant une note secrète du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, dont nous vous proposons la traduction.

Mecanopolis

vanrompuy

TheIndependentMasthead

Le nouveau prĂ©sident du Conseil europĂ©en, Herman Van Rompuy, s’appuie sur la crise financière dans l’euro-zone pour pointer audacieusement la question du pouvoir sur les budgets nationaux. Des fuites sont rĂ©vĂ©lĂ©es.

The IndĂ©pendant a pris connaissance d’ une annexe secrète Ă  la lettre envoyĂ©e par M. Van Rompuy aux chefs de l’Union EuropĂ©enne de gouvernement les invitant au sommet tenu demain Ă  Bruxelles.

Dans une assertion majeure et musclĂ©e sur les gouvernements nationaux et sur la Commission d’UE, Van Rompuy note : « les membres du Conseil europĂ©en sont responsables de la stratĂ©gie Ă©conomique dans leur gouvernement. Ils devraient l’assumer Ă  l’échelle de l’UE. Si on appelle Ă  la coordination des politiques et des gouvernances Ă©conomiques, seul le Conseil europĂ©en est capable de fournir une stratĂ©gie europĂ©enne commune pour plus de croissance et plus d’efficacitĂ©. »

M. Van Rompuy dĂ©clare que « la crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses« , en ajoutant : « les plans budgĂ©taires, les programmes de rĂ©forme structurels et les rapports concernant le changement climatique devraient ĂŞtre prĂ©sentĂ©s simultanĂ©ment Ă  la Commission. Cela fournirait une vue d’ensemble complète.« 

Une source d’UE dĂ©voile : « Il est devenu clair Ă  chacun que cette crise Ă©conomique ne peut pas ĂŞtre rĂ©solue par diffĂ©rents Ă©tats membres, tels que l’Allemagne dĂ©pannant la Grèce. Ce dont nous avons besoin est le mĂŞme genre de mĂ©canisme que nous avons maintenant imposĂ© Ă  la Grèce afin de surveiller et analyser la situation de certains pays en zone Euro. Donc l’idĂ©e est de mettre toutes les Ă©conomies europĂ©ennes sous surveillance. Vous pouvez vous attendre Ă  ce qu’Ă  quelques dĂ©cisions importantes soient prises très bientĂ´t. »

Très inhabituellement, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a interrompu une réunion de gouverneurs de banques centrales à Sydney pour revenir en Europe.

La pression sur l’euro s’est attĂ©nuĂ©e dans l’attente supposĂ©e que l’autoritĂ© du responsable politique et Ă©conomique de U.E apaise les marchĂ©s.

Le gouvernement de centre-gauche de M. Papandreou a annoncĂ© qu’une austĂ©ritĂ© de quatre annĂ©es jugulerait un dĂ©ficit budgĂ©taire abyssal. Cependant, des doutes persistent. Après une situation tragico-comique, les percepteurs d’impĂ´ts de Grèce se sont mis en grève la semaine dernière. Aujourd’hui tous les vols en partance et vers la Grèce seront gelĂ©s par les contrĂ´leurs de trafic aĂ©rien et des grèves interviendront aussi dans les hĂ´pitaux et les Ă©coles.

Bien que pas directement affectĂ©, compte tenu que la livre sterling est hors de la zone Euro, Gordon Brown s’est Ă©mu que n’importe quelle faille dans l’Ă©conomie europĂ©enne pouvait mettre aussi le Royaume-Uni en danger.

L’inquiĂ©tude affichĂ©e aux plus hauts niveaux de l’UE quant Ă  une contagion passant par la Grèce, l’Espagne et le Portugal est aussi clairement confirmĂ©e par la note confidentielle de M. Van Rompuy : « La crise a rĂ©vĂ©lĂ© nos faiblesses. Notre taux de croissance structurel est trop bas pour crĂ©er de nouveaux emplois et soutenir nos systèmes sociaux. »

Se rapportant au fait que l’UE n’a aucune solution pour rĂ©soudre une crise budgĂ©taire qui affecte d’autres Etats membres, M. Van Rompuy continue : « les dĂ©veloppements rĂ©cents dans la zone euro accentuent le besoin urgent de renforcer notre gouvernement Ă©conomique. Dans nos Ă©conomies imbriquĂ©es, nos rĂ©formes doivent ĂŞtre coordonnĂ©es pour optimiser leur effet. »

Le Pacte de Croissance et de StabilitĂ© europĂ©en et le TraitĂ© Maastricht ont Ă©tĂ© conçus pour prĂ©venir le type de crise budgĂ©taire que l’euro-zone connaĂ®t actuellement.

Les règles de Maastricht – le fait de limiter des Etats membres Ă  un dĂ©ficit budgĂ©taire annuel de 3 pour cent par an et Ă  une dette nationale totale Ă  un rapport de PIB de 60 pour cent – ont Ă©tĂ© balayĂ©es pendant la crise financière. MĂŞme pendant les annĂ©es d’avertissement, les pays les ont le plus souvent nĂ©gligĂ©es.

Pour l’avenir, M. Van Rompuy explicite , « nous allons nous concentrer sur l’impact de politiques nationales sur l’ensemble de l’U.E , tout particulièrement quant aux dĂ©sĂ©quilibres macroĂ©conomiques et aux divergences de compĂ©titivitĂ©. »

La crise financière met en compĂ©tition les trois prĂ©sidents de l’UE qui luttent pour la première place. M. Van Rompuy , prĂ©sident permanent du Conseil europĂ©en (Une fonction pensĂ©e pour Tony Blair), le premier ministre espagnol, JosĂ© Zapatero, prĂ©sident du Conseil de l’Union EuropĂ©enne et JosĂ© Manuel Barroso , prĂ©sident de la Commission europĂ©enne.

Le PrĂ©sident Barack Obama a rembarrĂ© rĂ©cemment un sommet d’U.E-Etats-Unis pour le printemps prochain au titre de cette troĂŻka ingĂ©rable.

Le sommet va ĂŞtre tenu loin des bureaucraties habituelles, dans la bibliothèque Solvay de Bruxelles. « Van Rompuy a voulu crĂ©er une atmosphère bien plus intime, sans une armĂ©e de conseillers, » rĂ©vèle une source. « Il y a actuellement beaucoup de tensions entre les Etats membres, ce pourquoi il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de les faire se rencontrer dans un cadre ouvert, sympathique, apĂ©ros Ă  l’appui. L’idĂ©e est d’avoir des sessions de travail convenable , conviviables. »

Lire l’article original sur le site de The Independant

Lire également notre dernier article La reconfiguration de l’Union européenne est en marche (vidéo)

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nov 10 2009

2012 la conspiration de l’Apocalypse (vidĂ©o)

D’abord intrigué par la lecture d’un article annonçant la fin brutale et inexpliquée de la Civilisation le 21 décembre 2012, Eric Laugérias, a décidé de mener l’enquête. Une enquête à rebonds qui va le mener très loin. Alors, fin du monde ou non ? Fantasme ou réalité ? Conspiration de l’Apocalypse ?

2012

Ce film permet d’exposer, aux yeux de tous, la théorie de la fin du monde. En dévoilant toutes les thèses, leurs similitudes et concordances troublantes, Eric Laugérias expose, sans parti-pris, les faits, suivant les différentes théories. Oracles, scientifiques, religions, civilisations… Depuis des millénaires, nombreux sont ceux qui ont prédit ou qui prédisent encore la fin du monde pour 2012. De Nostradamus aux religions bouddhistes et catholiques, des calendriers maya au I-Ching, des tribus Hoppies aux Maoris, les thèses sont là. Confirmation : vous pouvez trembler.

Mais cette enquête va mener Eric Laugérias sur d’autres pistes. Certaines données ou productions scientifiques plus ou moins récentes, même si elles ne prévoient pas l’apocalypse de manière formelle, peuvent alimenter la théorie de la fin du monde : Einstein, dès les années 50 évoquait le changement d’axe de la Terre à cette période ; les géophysiciens théorisent sur le réchauffement de la planète et la dérive des pôles ; La NASA et la découverte du réchauffement du système solaire et des tempêtes solaires ou encore les informaticiens et le projet Webbot.

oct 31 2009

5 Objets du Scandale (vidéo)

Le 30 septembre 2009, dans son émission « L’objet du scandale » sur France 2, Guillaume Durand organisait un débat sur les attentats du 11 septembre 2001 intitulé : « 11 SEPTEMBRE : POURQUOI LES STARS DOUTENT ».

obj

Pour comprendre ce qui peut que se passer dans la tête de ceux qui ne croient plus à la version officielle du 11 Septembre, Guillaume Durand avait invité quatre intervenants censés expliquer aux téléspectateurs de France 2 en quoi les doutes des sceptiques étaient absolument sans fondement.

Or, ce spĂ©cial 11-Septembre de Durand fut Ă  l’antipode du dĂ©bat contradictoire, la thèse officielle du 11 Septembre Ă©tant d’emblĂ©e considĂ©rĂ©e comme acquise…

Guillaume Durand avait choisi d’aborder 5 points régulièrement contestés par les sceptiques de la version officielle.

L’association citoyenne ReOpen911, qui milite en France pour la rĂ©ouverture de l’enquĂŞte sur les attentats du 11 septtembre 2001, a choisi de se pencher Ă  son tour sur 5 points de l’émission de

Guillaume Durand qui, pour chacun d’entre eux, pourraient bien représenter un « objet du scandale »…

Dans cette vidĂ©o, les enquĂŞteurs citoyens procèdent Ă  un dĂ©montage objectif de quelques contre-vĂ©ritĂ©s flagrantes, et portent Ă  la connaissance du public un certain nombre d’Ă©lĂ©ments factuels et vĂ©rifiables, mais souvent passĂ©s sous silence par les grands mĂ©dias.

ReOpen911

oct 21 2009

« Oussama Ben Laden est-il mort il y a sept ans? »

Oussama Ben Laden est-il mort il y a sept ans – et la Grande-Bretagne et les USA ne cachent-ils pas ce fait pour continuer la guerre contre la terreur ?

benladen

Par Sue Reid, Daily Mail (UK) 11 septembre 2009 traduit de l’anglais par Djazaïri

La dernière fois que nous l’avons entendu grincer des dents, c’était le 3 juin de cette année.

Le plus célèbre des terroristes internationaux avait damé le pion à l’Amérique en diffusant un message de menaces au moment où Air Force One atterrissait sur le sol d’Arabie Saoudite pour le début de la première tournée tant applaudie de Barack Obama au Moyen-Orient.

Avant même que le nouveau président ne pose le pied sur l’aéroport de Riad pour serrer la main du Prince Abdullah, les paroles de Ben Laden étaient retransmises à la radio, à la télévision et par internet sur tous les continents.

C’était un nouvel effet de propagande pour le chef d’al-Qaïda, âgé de 52 ans. Dans la bande audio transmise à la chaîne d’informations arabe Al Jazeera, Ben Laden expliquait que l’Amérique et ses alliés occidentaux étaient en train de semer les germes de la haine dans le monde musulman et méritaient d’en subir les conséquences désastreuses.

C’est le genre de diatribe que nous avions déjà entendue de sa part, et la réponse des services de renseignements britanniques et étatsuniens était tout aussi prévisible

Ils mettaient l’accent sur le fait que des détails de l’enregistrement, sur la visite présidentielle et d’autres événements contemporains, prouvaient que le cerveau du 11 Septembre, la pire atrocité terroriste jamais subie par les USA, était encore vivant – et que sa traque devait continuer.

Ben Laden a toujours Ă©tĂ© accusĂ© d’avoir orchestrĂ© l’horrible attentat – qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  près de 3000 personnes – depuis huit annĂ©es cette semaine. Le prĂ©sident George W. Bush avait fait de sa capture une prioritĂ© nationale, promettant honteusement comme Ă  la belle Ă©poque du « Far West » de le prendre « mort ou vif. »

Le Département d’État US offrait une récompense de 50 millions de dollars pour connaître son repaire. Le FBI l’avait désigné comme un des dix fugitifs les « plus recherchés », demandant à la population de faire attention à un homme à la barbe grisonnante, gaucher et qui marche avec une canne.

Ce maître du terrorisme reste pourtant insaisissable. Il a échappé à la plus vaste et coûteuse chasse à l’homme de l’histoire, qui s’est déroulée à travers tou le Waziristan, ces 1500 miles de terres montagneuses inhospitalières aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan.

Sans se décourager, Barack Obama a lancé une nouvelle opération pour le trouver. Travaillant avec l’armée pakistanaise, des unités d’élite étatsuniennes et des forces spéciales britanniques ont été envoyées au Waziristan cet été pour « traquer et tuer » ce personnage flou que ces agents du Renseignement désignent toujours comme « le principal objectif » de la guerre contre la terreur.

Cette nouvelle offensive est basée, bien entendu, sur le postulat que le terroriste du 11 Septembre est bien vivant. Après tout, il y pléthore « d’enregistrements de Ben Laden» pour le prouver.

Et si ce n’était pas le cas ? S’il était mort depuis des années et que les services secrets britanniques et étasuniens nous jouaient en réalité un double bluff ?

Et si tout ce que nous avons vu ou entendu de lui sur des bandes sonores ou vidéos depuis les premiers jours d’après le 11 Septembre était faux – et que les alliés occidentaux le maintenaient en « vie » pour encourager le soutien à la guerre contre la terreur ?

C’est incroyable, mais c’est la théorie ahurissante qui gagne du terrain parmi les commentateurs politiques, chez de respectables universitaires et même auprès de spécialistes du terrorisme.

Certes, il y a eu plusieurs théories conspirationnistes au sujet du 11 septembre, et cela pourrait bien en être une de plus

Mais le poids des opinions qui penchent maintenant pour l’hypothèse que Ben Laden soit mort – et l’accumulation des indices qui la soutiennent – rend cette hypothèse digne d’examen.

La théorie avait d’abord été rendue publique au début de cette année par le magazine American Spectator et l’affirmation sans appel d’Angelo M. Codevilla, le rédacteur en chef, professeur de relations internationales à l’université de Boston et ancien officier du Renseignement : « Tout suggère qu’Elvis Presley est plus vivant aujourd’hui qu’Oussama Ben Laden. »

Le professeur Codevilla soulignait des incohérences dans les vidéos et affirmait qu’il n’existait aucun élément d’observation fiable sur Ben Laden depuis des années (par exemple, toutes les interceptions de communications du chef d’al-Qaïda ont soudainement cessé en 2001).

Le professeur Codevilla assurait : « Les bandes sonores et vidéos attribuées à Oussama n’ont jamais convaincu l’observateur impartial. Le type [sur les vidéos, NdT] ne ressemble tout simplement pas à Oussama. Certaines vidéos le montrent avec un nez sémitique, aquilin, tandis que d’autres le montrent avec un nez plus court et plus large. À côté de ça, les différences de couleurs et de styles de barbes ne sont que des broutilles. »

Il y a d’autres sceptiques. Le professeur Bruce Lawrence Head, chef du département d’études religieuses de l’université Duke et plus grand spécialiste de Ben Laden, soutient que le langage de plus en plus profane dans les bandes sonores et vidéos d’Oussama (ses premières étaient truffées de références à Dieu et au prophète Mohamed) ne cadre pas avec le caractère strict de son Islam, le Wahhabisme.

Il note que, dans une vidéo, Ben Laden porte des bagues en or sur les doigts, un ornement prohibé chez les adeptes du wahhabisme.

De nouvelles questions ont été soulevées cette semaine avec la publication aux États-Unis et en Grande-Bretagne d’un livre intitulé Oussama Ben Laden : mort ou vivant ?

Écrit par le professeur David Ray Griffin (1), philosophe et essayiste politique, ancien professeur émérite à la faculté de théologie de Claremont en Californie, il provoque une onde de choc – car il examine dans tous ses détails la mort supposée de Ben Laden et suggère qu’il y a eu dissimulation par l’Occident.

Le livre affirme que Ben Laden est mort d’une défaillance rénale ou d’une affection en rapport avec cette défaillance, le 13 décembre 2001 alors qu’il vivait dans les montagnes afghanes de Tora Bora près de la frontière avec le Waziristan

Son enterrement a eu lieu dans les 24 heures, conformément au rite musulman, dans une tombe anonyme, comme le veut la coutume wahhabite.

L’auteur insiste pour dire que de nombreux enregistrements de Ben Laden réalisés depuis cette date ont été concoctés par l’Occident pour que le monde croie que Ben Laden est vivant. Le but ? Relancer un soutien déclinant à la guerre contre la terreur en Irak et en Afghanistan

Pour comprendre la thèse de Griffin, nous devons nous remémorer la réaction de l’Occident au 11 Septembre, cette fatidique journée ensoleillée de 2001. En l’espace d’un mois, les USA et le Royaume-Uni avaient lancé des représailles aériennes massives dans la région de Tora Bora où, selon eux, ben Laden vivait en tant qu’« invité de l’Afghanistan ».

Cette offensive militaire ignorait le fait que Ben Laden avait auparavant dit nettement et à quatre reprises dans des déclarations officielles d’al-Qaïda à la presse arabe qu’il n’avait joué aucun rôle dans le 11 Septembre.

En fait, à la quatrième occasion, le 28 septembre, une quinzaine de jours après cette événement atroce, il avait déclaré avec force : « J’ai déjà dit ne pas être impliqué. En tant que musulman, je fais de mon mieux pour éviter de dire un mensonge. Je n’en ai pas eu connaissance… je ne considère pas non plus le fait de tuer des enfants, des femmes et d’autres humains innocents comme un acte digne d’estime. »

Dans les heures du 7 octobre marquées par les bombardements US sur Tora Bora, Ben Laden fit, pour la première fois, son apparition sur une bande vidéo. Habillé en treillis militaire et portant une coiffe islamique, un fusil d’assaut était posé derrière lui, dans une cache montagnarde bien éclairée. Fait significatif, il avait l’air pâle et amaigri.

Même s’il avait qualifié le président George W. Bush de « chef des infidèles » et avait vilipendé les États-Unis, il avait une fois encore rejeté toute responsabilité pour le 11 Septembre.

« L’Amérique a été frappée par Dieu dans un de ses points les plus sensibles. L’Amérique est emplie de crainte, du nord au sud, d’est en ouest. Dieu en soit remercié »

puis vint une nouvelle bande vidéo le 3 novembre 2001. À nouveau, un Ben Laden affaibli fustigeait les États-Unis. Il demandait instamment aux vrais musulmans de célébrer les attentats – mais ne reconnaissait à aucun moment avoir été impliqué dans cette atrocité.

Puis ce fut le silence jusqu’au 13 décembre 2001 – date à laquelle Ben Laden est décédé selon Griffin. Le même jour, le gouvernement US diffusait une nouvelle vidéo du chef terroriste. Dans l’enregistrement, Ben Laden contredisait ses dénégations précédentes et admettait soudain son implication dans les atrocités du 11 Septembre.

On rapporte que l’enregistrement avait été trouvé par des soldats US au domicile d’un particulier à Jalalabad en Afghanistan après la prise de la ville par des forces anti talibans. Une étiquette fixée dessus la datait du 9 novembre 2001.

La bande montre Ben Laden en conversation avec un cheikh de passage. Il y affirme clairement que non seulement il était au courant à l’avance des atrocités du 11 Septembre, mais qu’il en avait planifié les moindres détails personnellement

Quelle aubaine pour les autorités occidentales ! Le terroriste se repositionnait dans le schéma du 11 Septembre. Le Washington Post citait des officiels étatsuniens qui affirmaient que la vidéo « apporte la preuve la plus convaincante d’un lien entre Ben Laden et les attentats du 11 septembre. »

Un président Bush euphorique ajoutait : « Quant à ceux qui voient cet enregistrement, ils réalisent que non seulement il est coupable d’un meurtre incroyable, mais qu’il est dépourvu de conscience et d’âme. »

À Londres, Downing Street affirmait que la vidéo était une « preuve concluante de son implication. » Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Jack Straw, ajoutait : « Nul doute que c’est la pure vérité. Les gens peuvent y voir Ben Laden reconnaître absolument froidement sa culpabilité pour l’organisation des atrocités du 11 Septembre ».

Pourtant, le professeur Griffin affirme que cette vidéo « confession » pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Pour commencer, Ben Laden dans ce témoignage filmé capital a l’air différent

C’est un homme corpulent à la barbe noire, pas grisonnante. Son teint pâle est devenu tout à coup plus mat, et son nez a une forme différente. Ses mains d’artiste aux doigts effilés se sont transformées en celles d’un boxeur. Il a l’air en trop bonne santé.

En outre, on peut y voir Ben Laden écrire un mot de la main droite alors qu’il est gaucher. Tout aussi bizarre, il fait des déclarations sur le 11 Septembre qui, selon Griffin, n’auraient jamais pu sortir de la bouche du véritable Ben Laden – un homme diplôme en ingénierie qui a fait fortune (avant d’évoluer vers le terrorisme) dans l’industrie du bâtiment au Moyen-Orient

Par exemple, le chef d’al-Qaïda claironne que beaucoup plus de personnes ont péri le 11 Septembre qu’il ne l’avait prévu. Il poursuit : « A la lumière de mon expérience dans ce domaine, je pensais que l’explosion du carburant de l’avion ferait fondre la structure de fer de l’immeuble et s’effondrer seulement la zone d’impact de l’avion et les étages situés au dessus. C’était tout ce que nous espérions. » (En réalité, les Tours Jumelles se sont complètement effondrées).

Des paroles du vrai Ben Laden ? Non, déclare Griffin. « Compte tenu de son expérience dans le BTP, il aurait dû savoir que les Tours Jumelles avaient une structure en acier, pas en fer », dit-il.

« Il aurait dû aussi savoir que l’acier et le fer ne fondent pas à moins de 1538 degrés Celsius. Et encore qu’un incendie d’immeuble alimenté par du carburant d’avion est un feu hydrocarbonique qui ne pourrait pas atteindre plus de 982 degrés Celsius. »

Dans son livre explosif, Griffin affirme que cet enregistrement est un faux, et il va encore plus loin.

« Une raison pour soupçonner que tous les enregistrements post-2001 de Ben Laden sont des fabrications est qu’elles sont souvent apparues à des moments qui redonnaient du tonus à la présidence de Bush ou renforçaient une déclaration du premier Ministre britannique Tony Blair, son allié dans la guerre contre le terrorisme ».

« L’enregistrement-confession était arrivé juste au moment où Bush et Blair avaient échoué à prouver la responsabilité de Ben Laden pour le 11 septembre alors que les deux hommes tentaient de rallier le soutien de l’opinion publique internationale, notamment dans le monde musulman, à la campagne anti-terroriste ».

Griffin suggère que les gouvernements occidentaux ont utilisé des technologies d’effets spéciaux très sophistiqués pour mettre en séquences des images et des enregistrements sonores de Ben Laden.

Mais alors, si ce sont des faux, pourquoi al-Qaïda est-elle restée silencieuse à ce sujet ? Et qu’est-il arrivé exactement au véritable Ben Laden ?

La réponse à la première question peut être que l’organisation terroriste informe est heureuse de mener sa propre guerre de propagande alors que ses soutiens déclinent – et profite du mythe selon lequel son dirigeant charismatique est encore vivant pour encourager des ralliements à sa cause

Quant à ce qu’il est advenu de lui, des allusions à l’insuffisance rénale de ben Laden ou à l’éventualité qu’il soit mort apparurent le 19 janvier 2002, quatre mois après le 11 Septembre.

C’était quand le président pakistanais Pervez Musharraf a déclaré sur la chaîne américaine d’informations CNN : « Franchement, je pense maintenant qu’il est mort, car il est malade des reins. Les images le montrent extrêmement affaibli.

Dans son livre, le professeur Griffin approuve également cette théorie. Il explique que Ben Laden avait été soigné pour une infection urinaire, souvent associée à une maladie rénale, à l’hôpital américain de Dubaï en juillet 2001, deux mois avant le 11 Septembre. Dans le même temps, il avait commandé une machine de dialyse à livrer en Afghanistan.

Comment Ben Laden, en fuite dans des grottes au milieu de montagnes enneigées, aurait-il pu utiliser la machine que beaucoup s’accordent à considérer comme essentielle pour le maintenir en vie ? Des médecins cités par Griffin sur ce sujet pensent que ce devait être impossible.

Il aurait fallu qu’il reste dans un lieu avec une équipe médicale, des conditions d’hygiène et un programme de maintenance régulier pour l’unité de dialyse elle-même.

Et quid de cette information, une brève parue le 26 décembre 2001 dans le journal égyptien Al-Wafd ? Elle disait qu’un haut responsable du gouvernement taliban afghan avait annoncé qu’Oussama Ben Laden avait été enterré le 13 décembre ou vers cette date.

« Il souffrait de graves complications et il est décédé d’une mort naturelle et paisible. Il a été enterré à Tora Bora, en présence de trente miliciens d’al-Qaïda, de proches parents et d’amis talibans. Selon la coutume wahhabite, aucun signe distinctif n’a été laissé sur la tombe, » disait l’article

Le responsable taliban, dont le nom n’était pas cité, déclarait triomphalement avoir vu le visage de Ben Laden dans son linceul. « Il avait l’air pâle, mais calme, détendu et confiant. »

C’était Noël à Washington et à Londres et l’article fut à peine mentionné. Depuis, des enregistrements de ben Laden sont sortis avec la régularité d’un métronome et des centaines de millions de dollars ont été dépensés et beaucoup de sang versé dans la traque dont il fait l’objet.

Ben Laden a Ă©tĂ© l’élĂ©ment central de la « guerre [de l'occident] contre la terreur ». Serait-il possible que, depuis des annĂ©es, il n’ait Ă©tĂ© qu’un Ă©cran de fumĂ©e ?

Source : MecanoBlog

Photographie : ReOpen911

oct 02 2009

L’Irlande tombera-t-elle dans le piège du TraitĂ© de Lisbonne ?‎ (Information en continu)

Un peu plus d’un an après avoir rejetĂ© le traitĂ© de Lisbonne (1), les Irlandais votaient Ă  nouveau aujourd’hui sur ce texte rĂ©formant le fonctionnement de l’Union europĂ©enne, et autorisant la peine de mort, entre autres lois liberticides, comme nous l’indiquions dans un rĂ©cent article sur Mecanopolis.

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Le gouvernement et presque tous les principaux partis ont soutenu le traitĂ©. Le Premier ministre Brian Cowen a exclu un troisième vote, ce qui signifie qu’un nouveau « non » irlandais pourrait enterrer dĂ©finitivement le traitĂ©.

Ce matin, un journal à grand tirage irlandais ouvrait ses colonnes à un des rares opposant qui appelle avec force à refuser ce traité. Nous en reproduisons la traduction ci-dessous, et placerons à la suite, tout au long du week-end, les informations qui nous parviennent.

Mecanopolis et JVT

1. En un peu plus d’un an (entre juin 2001 et hier), ce n’est pas 2 fois que les irlandais ont dĂ» se prononcer sur un traitĂ© europĂ©en mais 4 fois. C’est la 2ème fois que les Irlandais sont appelĂ©s Ă  s’exprimer sur la ratification d’un traitĂ© europĂ©en après avoir rejetĂ© le texte lors d’un 1er rĂ©fĂ©rendum. Le 19 octobre 2002, 62,89% des votants avaient approuvĂ© la ratification du traitĂ© de Nice après avoir majoritairement votĂ© contre (par 53,87% des suffrages) le 7 juin 2001. Faire voter le peuple Ă  rĂ©pĂ©tition jusqu’Ă  ce que, Ă  coup de propagande, il fasse le choix de ce qui est dĂ©sormais convenu d’appeler la Gouvernance mondiale, est ce que l’on appelle « dĂ©mocratie » au 21ème siècle.

ProtĂ©gez l’indĂ©pendance de l’Irlande en votant NON !

DEMAIN, nous aurons Ă  faire le vote le plus important de nos vies. Voici mon opinion sur le sujet :

Garanties : Elles ne valent pas le papier sur lequel elles sont Ă©crites. Les plus grandes dĂ©cisions du Danemark après leur vote du  » Non » sur Maastricht ont Ă©tĂ© depuis annulĂ©es par la Cour de Justice europĂ©enne.

L’article 48 : la clause d’escalator ou de clause s’amendant permet Ă  l’UE d’aggraver son pouvoir dans de nouvelles rĂ©gions sans revenir aux gens pour un vote sur n’importe quels changements. Donc ce que nous avons est un traitĂ© qui n’est pas mis dans la pierre, Ă  la diffĂ©rence de notre propre constitution.

C’est un traitĂ© flexible est prĂ©vu pour ĂŞtre amendĂ© par l’Ă©lite europĂ©enne comme ils le veulent. Cela rend les États membres extrĂŞmement vulnĂ©rables. Signeriez-vous un contrat avec quelqu’un qui pourrait le modifier juridiquement — après sa signature ?

L’article 2 ECFR : “ Personne ne doit ĂŞtre condamnĂ© Ă  mort, tout le monde a droit Ă  la vie”. Le protocole 6 de l’article 2 de l’ECHR, qui fusionnera avec l’ECFR, dit : “ Un Ă©tat peut faire la disposition pour la peine de mort aux temps de menace de guerre ou imminente de guerre ”. LĂ  vous avez  » une porte dĂ©robĂ©e « ‘ par quoi l’article principal peut ĂŞtre diluĂ© ou niĂ© entièrement. C’est typique de la tromperie que nous trouverons lors de l’Ă©tude du traitĂ© et de ses chartes. Pourrions-nous nous fier Ă  Tony Blair, qui a conduit sa nation dans la guerre sous de faux-semblants et qui est le favori, non Ă©lu, pour ĂŞtre le prĂ©sident de l’UE ?

Comme cela a été exposé par Commissaire européen Irlandais Charlie McCreevy, 95 % des européens voterait non à ce traité si on leur donnait la chance de le faire. Nous le leur devons, pour prendre la bonne décision demain.

L’UE n’a pas Ă©tĂ© bonne pour l’Irlande ? Nous avons donnĂ© Ă  l’UE notre stock de pĂŞche. L’industrie de pĂŞche a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ©e par consĂ©quent. Maintenant, nos fermiers sont forcĂ©s de vendre du lait moins cher que le prix coĂ»tant, Ă©tant handicapĂ©s par le poids de la bureaucratie europĂ©enne.

Le totalitarisme de l’UE avance Ă  pas feutrĂ©s : avez-vous remarquĂ© comment, avec chaque traitĂ© europĂ©en successif, comment nous nous sommes dĂ©placĂ© de l’intĂ©gration Ă©conomique vers l’intĂ©gration politique ? Est cela la dĂ©mocratie qui consiste Ă  proposer aux gens le mĂŞme traitĂ© sur lequel nous avons dĂ©jĂ  votĂ© ? Est cela la dĂ©mocratie, refuser dans les États membres un rĂ©fĂ©rendum aux citoyens ? Était cela la dĂ©mocratie pour d’autres Ă©tats de ratifier le traitĂ© contre les vĹ“ux de leurs propres citoyens ?

En parlant simplement, c’est donner de plus en plus de pouvoir dans de moins en moins de mains.

Nous devons garder notre indépendance remportée de haute lutte et protéger notre constitution.

Soyons du bon cĂ´tĂ© de l’Histoire … Votons NON Ă  Lisbonne.

Jim Corr, pour le Herald

Traduction : Fonzibrain

Suivre l’information en continu sur le Forum Mecanopolis

sept 30 2009

Interview exclusive de Mahmoud Ahmadinejad (Newsweek)

Dans une interview exclusive d’une heure et demie et couvrant de nombreux sujets accordée à Lally Weymouth de Newsweek et des journalistes du Washington Post, le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad aborde les futures négociations avec les Etats-Unis, ce qu’il pense du président Obama, ses négations répétées de l’Holocauste, ainsi que les combats en Afghanistan sous l’égide des Etats-Unis, qu’il considère perdus d’avance. Il y fait part pour la première fois de son offre d’acheter aux Etats-Unis de l’uranium enrichi pour usage médical, proposition qui selon les experts en non-prolifération nucléaire est probablement promise à l’échec. Extraits.

ahmadinejad2
Comme vous le savez, l’Iran détient un correspondant de Newsweek depuis trois mois, Maziar Bahari. Je sais que vous avez été très généreux ce matin, en indiquant que vous aideriez à la libération des trois randonneurs américains. Serait-il possible que vous envisagiez de relâcher Maziar, pour motif humanitaire ?

Je voudrais que tous les prisonniers soient relâchés, mais je ne suis pas le juge. Le juge doit se prononcer. Si j’étais en charge de ce dossier, je pourrais garantir que tous les prisonniers seraient libérés.

Vous avez pourtant déclaré que vous tenteriez d’obtenir la libération des randonneurs américains. Pourriez-vous faire la même chose pour Maziar ?

Je désire la libération de tous les prisonniers. Tous. Américains et non-Américains — sans distinction.

Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ?

Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.

Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ? Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.

Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.

De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ?

Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.

La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.

En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

Les élections disputées de juin dernier on fait beaucoup de bruit. On a beaucoup débattu sur le sujet de savoir si vous aviez ou non détourné le scrutin à votre profit. Prévoyez-vous de traduire en justice [votre opposant, Mir Hossein] Mousavi ? Pour quelle raison la presse d’extrême droite s’en prend-elle à [l’Ayatollah Akbar Hashemi] Rafsanjani ?

En Iran, les gens des différents groupes sont libres de choisir la direction politique de leur choix. Les élections en Iran se déroulent dans le cadre fixé par la loi, et elles sont gratuites. Dans chaque élection, seule une personne peut l’emporter. Je me souviens, à l’époque de ma première élection, contre M. Rafsanjani, que les mêmes qui aujourd’hui contestent les résultats du dernier scrutin étaient ceux qui organisaient les élections de 2005 entre M. Rafsanjani et moi. Ses partisans étaient ceux qui organisaient les élections. L’élection de 2005. Au bout du compte, je pense que tout ceci n’est que de la propagande, et je n’y prête qu’une oreille distraite. Je ne désire traduire personne en justice.

Mousavi ne sera pas traduit en justice ?

Cela dépend des juges. Cela n’a rien à voir avec le gouvernement. S’il y a eu des infractions, les tribunaux s’en chargeront. Mais pas dans le cas contraire.

ahmadinejad1
M. le président, bien des gens dans ce pays et ailleurs dans le monde ont été touchés par la façon dont ont été traités les gens qui ont manifesté contre le résultat du scrutin. L’un des autres candidats à l’élection possède, paraît-il, des preuves de tortures et de viols, et bien des gens hors d’Iran sont inquiets des procès qui doivent se tenir. Êtes-vous disposé à aborder ces questions touchant aux droits de l’homme lors de la prochaine réunion de Genève ?

Savez-vous combien il y a de prisonniers aux Etats-Unis ?

Ma question est de savoir si vous êtes disposé à aborder la situation en Iran.

Je comprends votre question, et je veux y répondre. Connaissez-vous le nombre de prisonniers ici, aux Etats-Unis ? Je vais vous répondre, s’il vous plaît, un peu de patience. N’attendez pas de moi que je vous donne la réponse que vous attendez. Vous avez aux Etats-Unis 3,6 millions de prisonniers. Pourquoi sont-ils emprisonnés ? Certains sont exécutés par électrocution. Pourquoi ? Pourquoi exactement ? Vous avez ici une loi qui traite ce genre de questions. Allons-nous dire que c’est une mauvaise chose ? Pouvons-nous expliquer pourquoi 3,6 millions de gens sont en prison ? Si aucun n’a violé la loi, ils n’ont aucune raison d’être emprisonnés. Lorsqu’on a enfreint la loi, on peut se retrouver en prison. L’état de droit en Iran est très respecté. Avant qu’on prononce le verdict définitif, chacun peut voir son cas examiné. C’est assez unique. Quand on est traduit en justice, il y a cinq étapes — dont quatre au cours de laquelle on réexamine le dossier. Notre système judiciaire consacre énormément d’efforts à garantir les droits de celui qui comparait devant un tribunal. Ceci ne signifie pas qu’un policier, quelque part, ne peut violer la loi. Tout comme il arrive qu’un officier de police à New York, ou d’autre part aux Etats-Unis, brutalise quelqu’un. C’est un délit. Mais personne n’accuse pour autant le gouvernement des Etats-Unis de négligence. Notre système judiciaire réglera ces affaires.

Les questions qui sont à l’ordre du jour de la réunion de Genève sont clairement définies : la sécurité dans le monde, le désarmement, les problèmes économiques et les relations internationales. Nous serons heureux d’aborder toute question relative aux droits de l’homme. Par exemple, celle des détenus incarcérés dans des prisons secrètes, en Europe notamment. La question de Guantanamo. Des crimes commis en Afghanistan. En Irak, et en Palestine. Nous sommes prêts à parler de tout. Ainsi que des violations des droits de ceux qui, en Europe, voudraient plus d’informations, mais qui font face à une interdiction. En Europe, l’accès à ces informations est très souvent bridé. On n’y a même pas le droit de soulever de quelconques interrogations sur le sujet de l’Holocauste, et les scientifiques et les universitaires qui le font sont jetés en prison.

Vous avez déclaré vouloir laisser votre programme nucléaire hors du cadre des négociations avec l’occident. Est-ce toujours le cas, où seriez-vous prêt au donnant-donnant avec l’Ouest ? Il ne peut sinon y avoir de négociations si vous ne voulez rien céder, domaine dans lequel à ce jour, M. le président, vous excellez tout particulièrement.

Je vous remercie beaucoup de vos remarques optimistes. Je pense que, si nous violons les lois et règlements internationaux, personne n’en tirera bénéfice. Tout le monde doit observer les lois internationales. La question nucléaire est traitée par l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique [AIEA]. L’AIEA a des procédures très claires. Nous devons respecter des engagements et des obligations dans ce cadre, cadre qui nous donne également des droits. Nous nous plierons à nos obligations, et nous entendons également jouir de nos droits.

Mais vous n’avez pas respecté vos obligations. Les Nations Unies vous ont sanctionnés, et les Nations Unies priment sur vos droits dans le cadre de l’AIEA. Allez-vous suspendre votre programme d’enrichissement ? Allez-vous coopérer avec le protocole additionnel de l’AIEA que vous avez signé au départ [l’Iran a ensuite quitté la table] ?

Si l’on se fonde sur les nombreux rapports officiels publiés par l’agence, l’Iran mène ses activités nucléaires en observant le cadre imposé par l’agence. Nous avons également accepté les nouvelles obligations allant au-delà de ce cadre légal. Mais nous n’avons pas pu bénéficier pleinement de nos droits. Les articles deux et quatre de la charte de l’AIEA stipulent que ceux qui détiennent la technologie nucléaire doivent aider les autres pays au développement de leur technologie nucléaire civile. Or, ni l’agence, ni ses états membre n’ont offert à l’Iran d’assistance quelconque dans ce domaine, quand bien même nous avons rempli nos obligations.

Le rapport de l’AIEA d’aoĂ»t dernier indique que l’agence « considère que l’Iran n’a pas apportĂ© de rĂ©ponse en profondeur aux problèmes posĂ©s… L’agence a donc demandĂ© Ă  l’Iran de fournir des rĂ©ponses plus prĂ©cises, et de fournir Ă  l’agence… un accès aux personnes, Ă  l’information et aux installations ». [Le directeur gĂ©nĂ©ral de ’AIEA] Mohamed ElBaradei — autrefois considĂ©rĂ© comme votre principal dĂ©fenseur Ă  Washington — se demande si oui ou non vous vous conformez aux règlements de l’AIEA, ou si effectivement vous menez un programme d’armement nuclĂ©aire.

Ce n’est pas vraiment l’endroit pour entrer dans les détails techniques. Mais le rapport est en deux parties, bien distinctes. L’une des parties détaille les questions ayant trait à l’agence elle-même. Voici deux ans, nous avons conclu un accord avec l’agence par lequel nous fournirions les réponses à six questions émanant de l’agence et subsistant dans cette première catégorie. Ces questions sont claires. Nous avons répondu à chacune d’entre elles. L’agence a validé les réponses reçues de notre part. Il est intéressant de constater qu’au bout de ces deux ans, l’administration américaine s’est mise à émettre à notre encontre un certain nombre de plaintes et d’allégations, exigeant de l’agence qu’elle les prenne également en charge. C’est une violation claire des statuts de l’agence, et des accords conclus entre l’agence et l’Iran. Sous la pression politique de l’administration américaine, l’agence accepte une liste d’allégations fournies par les Etats-Unis, et les ajoute tout d’un coup à son propre ordre du jour. Dès le départ, nous étions en désaccord avec cette pratique, en fonction du cadre légal préexistant, qui est très clair. Je pense que votre question se fonde de cette deuxième partie, qui a pu transpirer. En ce qui nous concerne, elle n’a aucun fondement légal. Nos engagements envers l’agence ont été très clairement énumérés et décrits. Si vous y prenez garde, ce même texte ne fait aucune référence à nos engagements. Il s’agit ici de plaintes émises par les Etats-Unis à notre encontre. Légalement, nous ne sommes pas contraints n’y répondre. Si nous acceptons de répondre à ces questions, nous ne serons jamais en mesure de bénéficier de nos droits dans leur intégralité, et nous ne pourrons jamais vivre dans la paix et la sécurité. Notre niveau de coopération avec l’agence est extrêmement élevé.

M. le président, je voudrais aborder le sujet du président Obama. Il a semble-t-il écrit deux lettres au Guide Suprême dans les derniers mois. Je me demandais si vous pourriez nous dévoiler la substance de ces lettres, et nous donner votre opinion du président Obama. Que pensez-vous de lui par rapport au président Bush ? Est-ce un leader faible ? Un leader fort ? Quelqu’un avec qui vous pouvez discuter ?

Vous me demandez de vous fournir des informations concernant des lettres, dont vous auriez appris l’existence ?

On en a parlé dans la presse iranienne.

Ne lisant pas la presse, je ne suis pas au courant.

Parlons d’Obama, alors.

Nous pensons que le désir de changement, ici en Amérique, va dans la bonne direction. Il s’agit d’un désir à l’échelle mondiale. Si l’on observe le statu quo qui prévaut actuellement, rien n’est viable dans le monde. Les administrations qui se sont succédé à la tête des Etats-Unis ont joué un rôle substantiel dans la genèse des problèmes du monde actuel. Il n’est que naturel d’attendre de l’administration des Etats-Unis qu’elle change elle-même. Nous pensons que le changement est inévitable et nécessaire. Néanmoins, ces changements doivent être réels. Un changement de surface ne pourra résoudre les problèmes que nous devons affronter – il ne fera que les compliquer, et retarder une solution finale. Nous espérons que M. Obama cherche un véritable changement. Nous pensons que, s’il le décide, il devrait être en mesure d’agir au moins sur une partie des objectifs qu’il s’est fixés. Nous sommes prêts à l’aider à réaliser ces changements. À l’occasion de la réunion de Genève, nous sommes prêts à aborder certaines questions, y compris à nous engager à acquérir pour notre usage domestique de l’uranium enrichi à 20 %. En retour, l’Iran offrira des solutions aux changements nécessaires. S’il s’agit de perpétuer les politiques de M. Bush sous couvert d’un nouveau langage, on n’arrivera à pas grand-chose, car cette approche est périmée. Les politiques doivent changer. Si les politiques ne changent pas, il ne peut y avoir de réel changement.

Pouvez-vous en dire un peu plus sur ce que vous venez de dire. Vous avez dit qu’à Genève, vous serez d’accord pour acheter du combustible nucléaire enrichi ? C’est cela ? Auprès des Etats-Unis ?

Nous possédons un réacteur à Téhéran qui produit des radioéléments pour usage médical. Il nécessite de l’uranium enrichi à 19,75 %. Nous sommes disposés à acquérir cet uranium. Nous sommes prêts à envoyer nos experts nucléaires à la table des négociations, afin de discuter de coopération nucléaire avec les experts de l’autre bord, en vue d’acquérir le combustible dont nous avons besoin. Pour établir les prémices d’une coopération nucléaire, et pour discuter de notre acquisition de ce combustible. C’est à mon sens une proposition très solide, qui constitue une bonne opportunité pour débuter.

Ahmadinejad-carricature
Mais, vous vous livrez déjà en Iran à l’enrichissement de l’uranium, n’est-ce pas ? L’AIEA indique que vous disposez déjà d’assez d’uranium enrichi — je crois à 4,5 % — pour créer une bombe rudimentaire. Selon ce que vous venez de dire, êtes-vous en train de suggérer que vous êtes prêt à suspendre vos activités d’enrichissement ?

Permettez-moi de vous corriger. Notre niveau d’enrichissement est aujourd’hui de 3,5 % — dans le cadre d’une plage allant de 3 à 5 %. Le combustible est destiné aux centrales atomiques de production d’électricité. Il est inutilisable dans une bombe. Une bombe requiert de l’uranium enrichi à 99,7 %. Nous pensons qu’il n’est pas bon de posséder la bombe nucléaire. Savez-vous combien de bombes atomiques détiennent les Etats-Unis ?

Je ne le sais pas. Seriez-vous prêt à vous engager à ne jamais construire d’armes atomiques ?

Nous pensons que le principe selon lequel certains pays peuvent ou ne peuvent pas disposer de l’arme atomique est un mauvais principe. C’est pourquoi nous avons proposé de lancer des négociations en vue d’un désarmement. Selon les rapports que nous avons reçus, il y a ici aux Etats-Unis plus de 10.000 têtes nucléaires. Ne trouvez-vous pas hilarant de dire que le fait que l’Iran possède une tête nucléaire représenterait un danger potentiel pour le monde, mais que le fait que les Etats-Unis en possèdent des milliers ne constitue pas une menace ? N’est-il pas hilarant d’imaginer que l’on pourrait s’opposer à la force de 10.000 têtes nucléaires avec une seule ? La bombe atomique appartient à une génération dépassée. Le temps n’est plus où l’on pouvait utiliser ces armes. Honnêtement, si elles servaient à quelque chose, l’Union Soviétique ne se serait pas effondrée, elle les aurait utilisées, d’une façon où d’une autre. Elles auraient permis à l’OTAN à gagner la guerre en Afghanistan [au moyen de la bombe atomique]. Elles auraient aidé le régime sioniste à gagner à Gaza et au Liban. L’arme nucléaire est l’outil le plus inhumain jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Sur la question nucléaire, nous avons soumis deux propositions de négociations au P5 + 1 [les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, plus l’Allemagne]. La première concerne le désarmement et la prévention de la prolifération des armes nucléaires. La deuxième concerne le développement d’un accès collectif aux technologies nucléaires civiles, par la coopération entre toutes les parties. Nous pensons également que du point de vue environnemental, nous devons disposer d’un accès à une énergie propre, une énergie sûre, qui peut être garantie. Notre position est parfaitement claire. Nous travaillons dans le cadre édicté par l’agence, et nous avons pour l’instant respecté nos obligations.

Je ne comprends pas comment votre proposition d’achat d’uranium enrichi s’inscrit dans le tableau d’ensemble de votre programme nucléaire.

Encore une fois, les matériaux nucléaires que nous désirons acquérir sont destinés à une utilisation médicale. Le matériau enrichi à 20 % servira à produire des médicaments nécessaires à la guérison de certaines maladies. Le but est humanitaire. On travaille à ces médicaments à Téhéran à l’heure où je vous parle. Nos réacteurs travaillent à les produire. Ils ont déjà produit une vingtaine de médicaments à base de radioéléments, mais nous devons prévoir nos besoins pour les vingt prochaines années, et nous avons besoin de plus de matériau enrichi. Nous pensions que cela constituerait un bon point de départ pour des négociations.

Si vous étiez en mesure d’acheter cet uranium, que donneriez-vous en échange ?

Nous donnerions de l’argent en échange du matériau. C’est un bon point de départ pour une coopération, et pour s’engager dans la coopération. J’ai également dit que nous serions d’accord pour que nos experts nucléaires rencontrent et discutent avec des experts nucléaires de l’autre côté. Ceci contribuerait à créer un climat de confiance et à faire place nette des inquiétudes qui règnent dans chaque camp.

Pourquoi auriez-vous besoin d’uranium enrichi si vous n’avez pas à ce jour de réacteur en service pouvant utiliser de l’uranium enrichi ?

Nous disposons d’un réacteur nucléaire à Téhéran qui fonctionne depuis 20 ou 30 ans, je pense, dans le but de produire des médicaments. Il fonctionne toujours. Il produit une vingtaine de médicaments différents. Nous avons dans le passé acheté de l’uranium enrichi à 20 % auprès de différents pays, mais pas des Etats-Unis. Aujourd’hui, pourquoi ne pas l’acheter aux Etats-Unis ? C’est un bon moyen d’entamer une coopération et des discussions. Il s’agit d’une question humanitaire — nous parlons d’usage médical.

Lorsque vous dites que les experts nucléaires de votre camp vont discuter avec les experts nucléaires de l’autre camp — êtes-vous disposés à ce que ces discussions portent sur les questions en suspens de l’AIEA ?

Pourquoi ne pas les laisser entamer les discussions, et voir ce Ă  quoi ils parviennent ?

Et ceci serait proposé à Genève ?

C’est notre proposition, oui. Les négociations ne sont pas à sens unique. Est-ce un souci ? Je pense que c’est plutôt une bonne chose.

Comment voyez-vous le futur de l’Afghanistan ? Envisagez-vous une coopération entre l’Iran et les Etats-Unis en Afghanistan, ou un Iran dominant ? Je pense que vous avez pris connaissance du rapport McChrystal, dont les conclusions sont des plus sombres.

L’Afghanistan est notre voisin. Nous avons avec ce pays des liens étroits, historiquement et émotionnellement. Plusieurs millions d’Afghans vivent en Iran. Des millions d’Afghans et d’Iraniens voyagent chaque année entre les deux pays. De nombreux mariages mixtes sont célébrés. Nos relations sont très étroites. La sécurité en Afghanistan est un souci premier de l’Iran. Je voudrais voir rétablir la sécurité en Afghanistan aussi vite que possible. J’ai dit dès le départ que nous étions prêts à apporter notre aide, sous condition d’un changement de politique. Nous pensons que les politiques menées en Afghanistan sont totalement inadéquates, et il est inutile d’aller bien loin pour le prouver. Depuis l’arrivée des troupes de l’OTAN, nombre de crimes ont été commis. De toute évidence, les politiques suivies ne sont pas les bonnes. Même si nous offrions notre aide, on n’arriverait à rien. Il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan. Permettez-moi de vous poser une question — comment se fait-il que la presse aux Etats-Unis s’abstienne d’analyser les problèmes en profondeur ? Je veux ici vous fournir des raisons. Quelqu’un ici a-t-il déjà demandé au gouvernement des Etats-Unis la raison pour laquelle il est entré en Afghanistan et s’y est engagé à ce niveau ?

Avez-vous lu le rapport du Général McChrystal ? Il est accablant.

Oui, c’est vrai, mais c’est sept ans après. N’aurait-on pas pu poser ces questions avant d’y aller ? Quand la propagande guerrière de l’administration Bush était à son comble ?

Trois mille personnes sont tout de mĂŞme mortes Ă  New York le 11 septembre.

C’est sûr, mais ont-elles recouvré la vie suite aux crimes commis en Afghanistan ? D’autre part, le bilan se monte à des dizaines de milliers de victimes. On ne lave pas le sang par le sang. Depuis l’entrée de l’OTAN en Afghanistan, le terrorisme a été multiplié par dix, et la production de drogues illicites par cinq. Je vais vous rappeler un événement historique — et demander à la presse américaine de le rappeler à ses dirigeants, car ceci est de la responsabilité de la presse — si M. Bush avait été contraint d’étudier l’histoire de l’Afghanistan depuis un siècle, je peux vous garantir qu’il n’y aurait jamais mis les pieds. L’expérience montre que quiconque est entré dans ce pays par la force des armes en est ressorti défait. Voici cent ans, les forces britanniques se sont lancées dans un assaut frontal de l’Afghanistan et ont essuyé une sévère défaite. Voici trente ans, les troupes d’Union Soviétiques sont entrées en Afghanistan et ont dû battre en retraite. De quelle force surnaturelle M. Bush pensait-il disposer, qui lui permettrait de gagner une guerre que les Soviétiques et les Britanniques n’ont jamais pu emporter ? Nous nous permettons d’aborder le sujet en toute amitié — ce qui arrive nous touche aussi. Nous sommes touchés quand des gens meurent. À chaque vie perdue, la solution est deux fois plus dure à atteindre. Si nous n’étions pas bienveillants, nous aurions gardé le silence. Mais nous continuons de dire haut et fort que les politiques suivies sont inadéquates. Les richesses du peuple européen et américain sont dépensées ici sans résultat hormis la défaite. Cette richesse pourrait être utilisée pour créer des amitiés ou pour reconstruire un pays, c’est pourquoi nous sommes préoccupés. Chacun sait que l’OTAN est au bord de la défaite en Afghanistan. Nous pourrions garder le silence et rester à l’écart, car certains états membres de l’OTAN sont nos ennemis. Nous aurions des motifs de satisfaction à les voir essuyer la défaite. Mais nous ne nous réjouissons pas. Nous sommes attristés par la situation. Nous pensons, et disons, qu’il existe une solution humanitaire, et nous sommes véritablement surpris que les politiciens et l’OTAN aient choisi de se boucher les oreilles et refusent d’écouter toute forme de critique. Nous sommes même prêts à les aider à changer de politique là-bas. La condition préalable est qu’ils doivent se montrer disposés à écouter. Le rapport de ce général indique clairement que les politiques suivies jusqu’ici n’ont pas été les bonnes. Alors, quand vont-ils en changer ? Nous pensons que sont nécessaires des évolutions radicales des politiques suivies. Changer l’emballage — je veux dire l’emballage du nucléaire — sans adresser les questions plus fondamentales ne permettra pas d’obtenir de résultat. Il faut changer de politiques, et nous sommes prêts à leur prêter main-forte pour cela.

Sur la question nucléaire, êtes-vous en train de dire que l’Iran pourrait accepter de suspendre sa production d’uranium enrichi pour usage médical si on l’autorise à acquérir cet uranium enrichi ? Ceci pourrait-il être un premier pas vers des négociations ultérieures, qui pourraient porter sur la suspension d’autres programmes, en échange d’autres livraisons ?

Très simplement, nous n’avons pas pour l’heure la capacité d’enrichir l’uranium à 20 % pour les objectifs médicaux que nous poursuivons. Nous en sommes à 3,5 %. Nous avons déjà par le passé acheté ce type de matériau, mais pas auprès du gouvernement des Etats-Unis. Nous pouvons l’acheter aux Etats-Unis. Le fournisseur importe peu, et nous sommes ouverts. Mais ceci ne concerne pas le cycle du combustible. Néanmoins, il me semble que c’est une belle ouverture, une belle fenêtre par laquelle regarder.

En d’autres mots, vous dites que cela ne concerne pas les centrifugeuses que vous êtes en train de construire, et le fait que vous pourriez retraiter l’uranium faiblement enrichi pour le transformer en uranium très enrichi, si je comprends bien.

Ce que je dis, c’est que vous êtes libre d’interpréter à votre guise ce que je dis. Nous avons été très clairs sur ce que nous faisons. Nous disons simplement que nous avons besoin de combustible pour nos centrales électriques et pour notre réacteur. Et si l’on se réfère aux règles de l’AIEA, nous avons droit à ce genre d’assistance technique. Merci de vous rappeler lorsque vous sortirez de cette pièce qu’une des principales évolutions devant nécessairement prendre place à trait au traitement exclusif que l’on accorde à certains sujets de préférence à d’autres, ce qui mène à un système à deux poids, deux mesures. Si vous ne changez pas votre propre point de vue sur ces [sujets], rien ne pourra changer.

M. le président, une dernière question : ferez-vous quelque chose pour Maziar ? Dites que vous l’aiderez. Il travaille pour nous. Cette situation est vraiment difficile.

Je ferai ce que je peux. Merci de conseiller à vos collègues de ne pas enfreindre la loi.

Lally Weymouth pour Newsweek

Traduction française de David Korn