sept 02 2010

L’Autriche va-t-elle sortir de l’Union européenne ?

En réponse à l’imposition brutale du Traité de Lisbonne, une plate-forme de citoyens a lancé une initiative nationale pour obtenir le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Il s’agit en premier lieu de garantir la liberté politique du peuple et le sauvetage des bases existentielles de l’Autriche : du (re-)développement d’un marché intérieur à l’abri des crises et d’un Etat social, ce qui n’est possible qu’à l’intérieur d’Etats indépendants, de remettre la neutralité au centre de la politique extérieure, de la liberté d’accepter ou refuser les OGM, de la réintroduction d’une monnaie nationale et de l’introduction d’une démocratie directe selon le modèle helvétique.

autriche

Les droits de souveraineté transférés aux organes communautaires, comme le prévoit le Traité de Lisbonne, ne sont pas limités et suite à cela, pas assez légitimés démocratiquement.

Puisque plus de 80% des lois sont imposées par l’UE à l’aide de prescriptions, directives, décisions et autres consignes, plus aucun politique ne porte de responsabilité pour ces lois. Ni les députés «représentants du peuple», ni la Cour constitutionnelle autrichienne ne s’opposent à cet politique européenne antidémocratique.

La majorité du peuple autrichien s’oppose à l’UE. Ainsi en témoigne le sondage effectué par le Linzer Meinungsforschungsinstitut Imas, révélant que 54% de la population estime que l’UE apporte plus de désavantages que d’avantages au pays .

Il faut rendre au peuple autrichien ses droits politiques

Economie

Les entreprises nationales qui sont en relation avec la population, ont de moins en moins de chances de survie dans un système supranational. L’Autriche ne peut plus conclure d’accords commerciaux, vitaux pour la protection de l’économie nationale, du fait de son appartenance à l’UE; le commerce international est entièrement dans les mains des organes centraux de l’UE. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû fermer leurs portes depuis l’adhésion du pays à l’UE, dont beaucoup d’artisans et d’entreprises de production de biens, offrant à la jeunesse des places d’apprentissage et des emplois et contribuant fortement à l’économie nationale. Sans souveraineté économique, un Etat ne peut remplir sa mission de sauvegarde de la stabilité économique; il ne peut ni la conserver ni la développer.

C’est l’AELE qui se présente comme la véritable alternative à l’UE.

Son avantage principal est que, au con­traire de l’UE, elle ne mène pas de libre échange illimité. Les accords de l’AELE prévoient notamment une réduction des taxes douani­ères pour les produits industriels, mais chaque pays conserve le droit d’imposer ces dernières aux pays tiers et conserve sa propre politique économique et moné­taire. Et surtout: l’agriculture et le marché du travail sont exclus du libre échange!

L’AELE a une grande importance pour un pays comme la Suisse, fortement orienté vers les exportations, une voie dans laquelle devrait s’engager (à nouveau) l’Autriche.

Etat social

Le principe suprême de l’UE, soit les «libertés du marché», autrement dit la liberté illimitée de l’échange de marchandises, d’établissement, des services, la libre circulation des travailleurs, ainsi que la libre circulation des capitaux. Cette dernière est essentielle pour les multinationales, puisqu’elle permet une politique orientée vers le profit maximum, source de difficultés majeures pour beaucoup de monde; cette politique est soutenue depuis des décennies par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE). La politique sociale y est totalement ignorée. La preuve en est apportée par l’augmentation constante du chômage, par la diminution des rentes vieillesse et l’écart s’élargissant entre riches et pauvres.

Neutralité

Est neutre un pays menant sa propre politique étrangère (comme la Suisse), se tenant strictement à l’écart de tout pacte militaire, et servant ainsi la paix. Du fait de son armée, à laquelle participe l’Autriche, l’UE représente elle-même un pacte militaire. A quoi il faut ajouter son étroite relation à l’OTAN, dont la majorité des pays de l’UE sont membres. Dans le dernier document sur la politique de sécurité du gouvernement fédéral autrichien, il est question d’inclure davantage le pays dans les structures de sécurité internationales, l’OTAN y gagne en importance, et le devoir d’assistance et de participation à des expéditions militaires est renforcé. Le Traité de Lisbonne nous contraint à améliorer constamment nos capacités militaires (exigence de réarmement) et à participer, le cas échéant, à des interventions bellicistes, souvent dénommées «mission de combat contre le terrorisme». Cette dernière mission finit parfois dans des guerres d’agression menées de par le monde.

Ce n’est qu’en quittant l’UE qu’il sera possible de retrouver la neutralité en tant que base pour la politique étrangère autrichienne.

Liberté d’accepter ou de refuser les OMG

Du fait des «libertés illimitées du marché» obligatoires, il n’est pas possible pour un Etat membre de l’UE d’empêcher l’importation de fourrage OMG, par exemple les pommes de terre cultivées industriellement (Amflora) ou bien des produits finis contenant des ingrédients OMG. Il est absolument nécessaire de respecter la volonté des 1,2 million d’Autrichiens qui ne veulent pas de génie génétique ni dans l’agriculture, ni dans les produits alimentaires. Les revendications de l’initiative populaire de 1997 à ce sujet sont toujours d’actualité:

1. pas de nourriture sortant des laboratoires de génie génétique en Autriche;

2. pas d’autorisation pour la mise en liberté d’êtres vivants génétiquement manipulés;

3. pas de brevets sur la vie.

La politique de l’UE nous interdit cette protection, c’est pourquoi il faut s’en retirer.

Monnaie nationale

La monnaie nationale est une caractéristique primordiale d’un Etat. L’Autriche n’est plus en mesure de diriger son économie par une politique monétaire et de crédits; c’est pourquoi il lui faut retrouver sa propre monnaie (p. ex. le Schilling), afin d’assurer sa stabilité économique. Encore récemment, l’Autriche a dû verser 2,3 milliards d’euros pour la prétendue «aide à la Grèce» et 12,6 milliards pour le «plan de sauvetage» de l’euro. Cette procédure est anticonstitutionnelle et contrevient aux accords – selon les experts. Le résultat de cette politique erronée est une inflation galopante et le risque d’une conversion monétaire sur le dos des contribuables.

L’internationalisation des monnaies nationales est une erreur qui a contribué aux difficultés financières et économiques actuelles. La reprise des déficits de pays instables par des pays stables, ces derniers représentant le socle de l’euro, amplifie encore les difficultés. En sortant de l’UE, l’Autriche pourrait retrouver sa propre monnaie et mettre un frein au renchérissement.

Agriculture

L’agriculture doit être protégée par la réintroduction de taxes douanières et de restrictions commerciales. Ce qui permettrait d’assurer l’approvisionnement du pays avec des produits locaux. Nous avons besoin d’une politique agricole qui a pour but le ravitaillement de la population par des produits sains, la préservation des surfaces arables ainsi que leur exploitation écologique. Il faut obtenir pour les producteurs des prix con­formes à leur travail et dans la mesure du possible favoriser la vente directe de produits de première nécessité, soit par le paysan lui-même soit par des coopératives agricoles. C’est fondamental pour assurer la sécurité alimentaire.

L’UE nous impose une production industrielle des produits alimentaires sur d’immenses exploitations et détruit ainsi les structures familiales réduites qui sont capables de s’adapter aux besoins régionaux de la nature, de l’homme et des animaux. Les agriculteurs sont tributaires des prix du marché mondialisé et des subventions de l’UE. Uniquement en quittant l’UE l’agriculture paysanne pourra survivre.

La liberté et la démocratie sont le fruit d’une lutte séculaire, les puissants n’ayant jamais lâché volontairement leur pouvoir.

Comment soutenir cette initiative populaire

Tous les citoyens autrichiens, âgés de 16 ans révolus, sont habilités à signer les initiatives populaires. Dès que 8032 citoyens (1 pour mille de la population) auront signé la déclaration de soutien, le ministère de l’Intérieur annoncera publiquement pour tout le pays la semaine au cours de laquelle seront récoltées les signatures.

Vous trouverez les déclarations de soutien sur Internet à l’adresse webinformation.at.

Vous pouvez aussi vous procurer ce document par téléphone: +43 650 736 22 00 ou par courriel: helmutschramm@gmx.at.

Source : Horizons et Débats

août 26 2010

Huit banquiers suisses ont reçu des colis piégés à l’acide sulfurique

Huit banquiers du canton de Genève ont reçu lundi des colis piégés contenant un produit proche de l’acide sulfurique. Les colis contenaient une petite boîte avec du liquide corrosif. Trois personnes, dont un enfant, ont été blessées.

acide

Dimanche dernier, plusieurs enveloppes rembourrées contenant de l’acide sulfurique ont été envoyées à des banquiers de la place de Genève, comme le révélait hier le quotidien La Tribune de Genève (TDG). Selon une source proche de l’enquête, les destinataires auraient en commun d’êtres connus des médias. Il est à noter que, malgré la crise économique, certains acteurs du monde économique suisse continuent de « peopoliser » leur vie privée, par exemple en ouvrant la porte de leur somptueuse demeure aux journalistes, ou encore en posant devant de luxuriantes voitures dans les médias qui publient les hit-parades des fortunes les plus importantes.

Le juge d’instruction Michel Alexandre Graber, en charge de l’enquête, se borne pour l’instant à expliquer que la substance contenue dans les boîtes est proche de l’acide sulfurique. Il ajoute encore: « On ne sait pas encore de quel produit il s’agit exactement. Des analyses sont encours.» Selon nos informations, des trois victimes, ce serait l’enfant qui ait été le plus gravement touché, au visage. Les deux autres blessés ont été brûlés sur les mains. Les cinq destinataires restants n’ont pas été incommodés ou n’ont pas ouvert les colis, ayant auparavant été informés du danger par leur banque.

Colis envoyés depuis le canton de Vaud

Dans un premier temps, les enquêteurs ont pensé que les boîtes contenues dans les paquets étaient dotées d’un mécanisme conçu pour faire gicler le liquide corrosif sur la personne qui l’ouvrait. Ils ne semblent aujourd’hui plus très sûr de cette hypothèse. Il se pourrait que la substance se trouvant dans les boîtes gicle d’elle-même dès qu’on ouvre le paquet.

Les banques de la place refusent pour l’heure de communiquer les mesures de sécurité qu’elles ont prises. Selon la TDG, certaines ont envoyé un mail à tout le personnel, l’invitant à se montrer prudent et à signaler tout événement particulier au service de sécurité. D’autres ont décidé de centraliser et d’examiner tout le courrier reçu

Qui a envoyé ces lettres piégées et pour quelle raison? Pas de message à l’intérieur et pas de revendication pour le moment. Les colis n’ont manifestement pas été expédiés depuis Genève, car ils ont transité par le centre de tri d’Eclepens, dans le canton de Vaud.

Si le juge d’instruction Graber reste peu loquace, il semblerait néanmoins que les enquêteurs, à ce stade, privilégient une piste proche de la mouvance anarchiste du bassin lémanique.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

août 12 2010

« Les dernières années de l’Euro »

Bruno Bandulet, adversaire de l’euro de la première heure, a mis en garde dès le début des années 1990, avec les professeurs Wilhelm Hankel, Wilhelm Nölling, Karl Albrecht Schachtschneider et Joachim Starbatty contre les effets dévastateurs d’une union monétaire européenne. Dans de nombreux articles et conférences et dans trois ouvrages, il s’est fait l’avocat du maintien du mark et s’est opposé au centralisme européen et à la folie de l’euro.

euro

Maintenant que tout ce que l’on redoutait de pire est arrivé, cet excellent connaisseur de l’euro dresse un bilan, révèle les tenants et aboutissants et informe ses lecteurs sur les derniers développements du désastre de la monnaie unique.

Il explique comment fonctionne le système de l’euro, comment on crée de la monnaie à partir de rien, comment naît l’inflation et se déroulent les faillites bancaires et comment les taux de change s’établissent sur les marchés des devises.

Voici un extrait de son dernier ­ouvrage, «die letzten Jahre des Euro» (p. 11 sqq.):

«On a des raisons d’être effrayé en voyant avec quelle absence de scrupules les politiques allemands ont négligé tous les arguments et mises en garde des économistes les plus renommés, avec quelle légèreté ils ont contourné la constitution allemande et trahi les promesses faites aux électeurs. L’éminent spécialiste en matière de finances Jim Rogers a déclaré: ‹Je suis stupéfait de voir que les Allemands ont abandonné leur idée d’une monnaie forte. Je ne l’aurais jamais cru.›

Cela dit, il ne faut pas considérer l’euro comme un phénomène isolé. Cela ressemble à des poupées russes: L’euro est au centre de l’UE telle qu’elle a été conçue à Maastricht et ce n’est que le résultat d’une idéologie globale: l’européanisme. Et comme l’euro et l’UE dépendent des conditions d’un système financier fondé sur des dettes sans couverture, la crise, née en 2008 aux Etats-Unis, devait finalement ébranler l’euro, cette monnaie artificielle. Ce sont les effets de la crise financière qui ont révélé les contradictions internes de l’union monétaire et provoqué l’effondrement de la Grèce.

Nous nous trouvons maintenant dans une situation absurde: C’est tout d’abord le surendettement des banques qui a déclenché la crise financière, puis les gouvernements se sont portés garants des banques et depuis 2010, les Etats encore solvables de l’UE, surtout l’Allemagne, se sont portés garants des gouvernements surendettés du Sud de l’Europe afin de ‹sauver l’euro›. On a réagi à l’échec de la monnaie centralisée par davantage de centralisme. Comme l’a écrit le banquier suisse Konrad Hummler, on maintient le système au moyen de garanties logiquement et économiquement tout à fait insoutenables, mais qui se soutiennent mutuellement. A l’aide de montants extrêmement élevés, on a créé une ‹garantie de ce qu’il est impossible de garantir›».

Traduit par Horizons et Débats

juin 18 2010

Mondial de football 2010 : Dégénérés de tous les pays, réveillez-vous !

Ça y est, c’est parti pour tous les dégénérés de la terre qui vont se régaler pendant un mois à l’occasion du mondial de football 2010 qui se déroule en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet. Cet événement sportif international mérite une attention particulière, car la coupe du monde du football n’est pas une simple manifestation sportive, médiatique, financière, économique voire politique, elle est aussi une pathologie sociale secrétée par un type de société et un mode de production, le mode de production capitaliste.

foot

Les jeux et la compétition ont certes existé rappelons-nous (rappelons nous la fameuse boutade de Néron, le pain et les jeux pour le peuple) mais ils n’ont jamais pris une telle dimension planétaire au point d’envahir la vie quotidienne des hommes. D’abord, les jeux étaient confinés dans une zone géographique, une ville ou un village, et leur but était seulement le plaisir du spectacle et l’émotion intense qu’ils produisaient. Le sport et le loisir étaient l’apanage des gens riches disposant du temps libre et des loisirs. Avec l’avènement du capitalisme, le sport et les loisirs deviennent un rouage du pouvoir politique et l’un des innombrables mécanismes qui composent la machinerie mise en place progressivement, consciemment ou inconsciemment, par les classes dominantes pour orienter utilement et pour canaliser l’énergie psychique et physique des masses.

Ceux qui se focalisent un peu vite sur le sport en général et sur le football en particulier qualifié de peste et de nouvel opium des peuples se trompent lourdement, car ils ignorent l’action analgésiante et abrutissante d’autres relais et d’autres institutions tels que l’école, l’université, la radio, la télévision, le divertissement, la musique, le loto, le PMU, les casinos, la science, la technique, la médecine etc qui concourent chacun dans son domaine propre à la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses. À ceux qui s’alarment du danger du sport et du football, nous leur disons, n’exagérons rien, le sport et le football ne sont pas plus dangereux pour notre santé mentale et intellectuelle que les émissions de Philippe Bouvard et d’Arthur à la radio et à la télévision, qu’un concert de Johnny Halliday, à Bercy, les séries télévisées, Star Académie, la ferme célébrité ou n’importe quelle émission de télé reality.

Ceux qui s’en prennent uniquement au sport et au football rendus responsables de l’abrutissement des masses, inversent l’ordre des priorités, car ils oublient ou feignent d’oublier que le processus du décervelage des hommes dans nos sociétés actuelles commence non pas dans les stades mais à l’école au sein de laquelle prend source la dégénérescence mentale et intellectuelle des futurs générations.

En réalité, les rois des stades n’y sont pour rien dans le décervelage des masses, ils sont là seulement pour entretenir la débilité ambiante. Le sport en général et le foot en particulier sont une parmi d’autres institutions jouant chacune le rôle d’agent d’entretien de l’abrutissement et de la dégénération mentale et intellectuelle des masses. Une fois la mission de l’école est terminée, c’est à d’autres institutions de prendre le relais pour entretenir continuellement l’état d’abrutissement et de dégénération des masses sans lequel le système capitaliste ne pourra ni fonctionner ni perdurer. Au-delà de ces considérations générales, toute la question est de savoir pourquoi le football a pris l’importance que l’on sait dans nos sociétés actuelles.

LE FOOTBALL, ARME POLITIQUE ET IDÉOLOGIQUE CONTRE LES CLASSES EXPLOITÉES

Si le football a envahi notre vie quotidienne et il est devenu si populaire, c’est parce qu’il s’est révélé historiquement comme une arme de combat des classes dominantes contre les classes exploitées. Il faut savoir qu’une classe dominante ne peut jamais asseoir sa domination qu’en dégénérant mentalement et intellectuellement les classes dominées. Cela veut dire concrètement que les classes exploiteuses doivent tout faire pour empêcher les classes dominées de prendre conscience des mécanismes qui sous-tendent leur domination. À cet égard, le football, pour ne pas parler d’autres sports, fut une arme politique et idéologique d’une redoutable efficacité dont s’étaient servis la bourgeoisie et les capitalistes au XIXème siècle pour briser l’unité et la conscience de classe des dominées et des exploités. C’est seulement cette perspective qui explique pourquoi le football est devenu si populaire et pourquoi il a pris une telle importance planétaire. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater l’émergence simultanée, durant les trois dernières décennies du XIXème, du football comme sport de masse et comme institution et l’école publique, gratuite et obligatoire, car l’un et l’autre sont de nature à empêcher la naissance d’une conscience de classe entre toutes les victimes de l’exploitation capitaliste.

Pour mieux comprendre pourquoi le football, jadis sport élitiste, est devenu aujourd’hui un sport de masse et même le sport le plus populaire de tous les temps, il faudra le replacer dans le contexte de l’époque qui lui a donné naissance. À l’origine, le football, comme le rugby, était un sport pratiqué par la riche aristocratie anglaise et par ses enfants qui fréquentaient les prestigieux collèges des publics Schools. Dans l’esprit de ses promoteurs, le football visait à empêcher les garçons des publics Schools d’aller rôder dans les rues et sur les terrains du voisinage. Jusqu’aux années 1870, le football faisait partie de l’éducation militaire des gentlemen et de l’Upper middle class et il participait à l’éthique sportive de la classe aristocratique fondée sur la maîtrise de soi, le contrôle des pulsions, le respect des codes et l’exaltation de la virilité(manliness) physique et morale. Géographiquement, le football était localisé au sud de l’Angleterre. Mais à partir des années 1870, le football, jusqu’ici sport élitiste et aristocratique par excellence, commence à intéresser la classe politique et les capitalistes anglais pour son triple rôle d’intégration politique et sociale, de défoulement physique et de décharge psychique pour les ouvriers. Ce faisant, le football était perçu comme un moyen efficace pour créer des masses aliénées en empêchant la coalition des ouvriers et en étouffant dans l’œuf toute velléité de prise conscience politique de classe.

La soi-disant démocratisation du football était commandée en réalité par des impératifs politiques et idéologiques visant à lutter contre la force montante et menaçante du trade unionisme et à soustraire les ouvriers anglais de l’influence grandissante des idées socialistes et communistes. Le football, comme d’ailleurs l’école à la même époque, était considéré par les bourgeoisies et les classes politiques de l’époque comme l’antidote des projets éducatifs mis en place par la Première Internationale pour contrecarrer l’emprise de l’idéologie dominante sur les ouvriers et dotant derniers d’un rudiment d’éducation politique nécessaire à leurs futurs combats de classe. Car, pour la Première Internationale, l’éducation et l’instruction faisaient partie intégrante de tout projet et de tout mouvement d’émancipation politique et idéologique de la classe ouvrièrei C’est justement pour combattre les projets éducatifs de la Première Internationale et pour empêcher les ouvriers de s’instruire et de s’éduquer en suivant les conférences et les cours d’éducation politique institués par les sections de la Première Internationale en Angleterre d’abord et ensuite sur le continent et aux Etats-Unis, que le patronat et les capitalistes avaient créé dans les centres industriels, dans les quartiers, dans les usines, des clubs de football. Le club de football était considéré comme le meilleur rempart contre l’instruction et l’éducation des ouvriers. Ce n’est pas un pur hasard si les premiers clubs de football s’étaient implantés dans les centres industriels, c’est-à-dire les lieux où étaient massivement présents les syndicats anglais, les Trade union. C’est pourquoi les premiers lieux privilégiés d’implantation des clubs de football ont été les entreprises et les centres industriels, dans les ports dont certains entrepôts appartenaient aux compagnies maritimes anglaises. Ce sont par la suite les cadres et les techniciens travaillant pour les chantiers navals anglais à l’étranger qui furent les principaux artisans de l’exportation du football sur le continent et en Amérique latine. Cela montre que les clubs de football étaient une arme politique et idéologique entre les mains des bourgeoisies et des classes dominantes pour contrer les projets éducatifs des dirigeants du mouvement ouvrier et pour empêcher la naissance d’une conscience de classe et d’une solidarité entre les ouvriers de tous les pays.

Outre cette mission de soustraire les ouvriers à l’influence des Trade uions et des courants socialistes et communistes, le football était appelé à remplir une deuxième mission, celle faire naître et de propager dans les masses l’esprit du chauvinisme et de la guerre. Le football, comme d’ailleurs tous les jeux de combat organisés, boxes, tennis, escrime, vélo etc a partie liée avec l’état de guerre permanent, la compétition et la lutte pour l’existence qui caractérise la société capitaliste. En effet, le gros problème pour les classes dominantes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, était de mobiliser leurs peuples qui devaient servir de chair à canon pour leurs futures guerres impérialistes et colonialistes. Le football était conçu comme un moyen assez commode pour stimuler l’instinct combatif et l’esprit d’agressivité et de chauvinisme des masses et des peuples qui ont tendance à plutôt à être pacifistes. Le football avait donc pour mission de préparer les masses et les peuples aux futures guerres et aux futurs conflits militaires. C’est pourquoi, avant toute guerre, étaient organisés un peu partout dans les pays capitalistes des matchs de foot, et même dans les coins les plus reclus des territoires, pour créer et préparer une ambiance belliqueuse en excitant et en exacerbant le chauvinisme et la nationalisme des classes populaires. Cette relation entre le football et l’instinct combatif a d’ailleurs été révélée par des statistiques effectuées durant la première guerre mondiale montrant la présence d’une forte proportion de joueurs de football dans les armées anglaises, françaises, allemandes etc. Ce phénomène devient compréhensible quand on sait que le football prépare psychologiquement au combat et à la guerre et son public est animé par la même exaltation des vertus guerrières que le soldat. Le football, comme tous les sports de combat, stimule la force musculaire, affermit la force de résistance surtout nerveuse et crée de la discipline. Le football endurcit, aguerrit et immunise contre la tendance à éviter et à fuir la douleur. Dans le football comme dans l’éducation militaire, on cherche à canaliser la pulsion combative en la stimulant et en la plaçant sous la dépendance étroite d’un donneur d’ordre. On peut dire sans se tromper que l’émergence du football comme sport de masse n’est nullement étrangère aux grandes boucheries du XXème qui ont laissé sur les champs de bataille une centaine de millions de morts.

CONCLUSION

La coupe du monde de football montre que la dégénérescence mentale et intellectuelle n’est plus l’apanage d’une seule zone géographique mais qu’elle est devenue un phénomène planétaire. L’internationalisation du capital et la mondialisation de l’économie, loin d’être des bienfaits pour l’humanité, ont contribué, bien au contraire, à l’abrutissement généralisé et à affligeante dégénérescence mentale et intellectuelle des êtres humains. IL va sans dire que la coupe du monde du football est une véritable aubaine et pour les multinationales capitalistes qui vont pouvoir s’engraisser encore un peu plus, pour les mass médias privées et publiques qui vont se sucrer royalement tout en participant comme à l’accoutumée à l’abrutissement des masses, pour la classe politique en France qui va saisir une occasion en or pour infliger deux ans ferme au monde du travail en augmentant l’âge de la retraite de 60 à 62 ans, et enfin pour les masses dégénérées du monde entier dont le degré de dégénérescence mentale et intellectuelle va monter encore d’un cran.

Sur la question de la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses, il convient d’écarter deux malentendus lourds de conséquences. Le premier est que le phénomène de dégénérescence mentale et intellectuelle des hommes n’est pas une fatalité et il n’est nullement dû à une prétendue nature humaine immuable ou à un programme génétique qui prédestine les individus à devenir dégénérés mentalement et intellectuellement. La dégénérescence mentale et intellectuelle des sociétés capitalistes s’inscrit dans un projet et elle est le produit d’une volonté politique affirmée et imposée par les classes dominantes qui misent sur l’ignorance des êtres humains pour mieux les dominer. Le deuxième malentendu est que la dégénérescence mentale et intellectuelle des masses ne saurait être attribuée à une quelconque carence ou à une quelconque pénurie de savoirs existants, mais à une stratégie délibérée des classes dominantes visant à refouler les savoirs contestataires et la culture émancipatrice en ne laissant émerger dans l’espace social que les manifestations et les pseudo savoirs conformistes destinés à reproduire les rapports de domination et de soumission. Le sport en général et le football en particulier font partie d’une vaste machinerie politique qui englobe l’école, la famille, l’armée, la police, la rue, le livre, les bibliothèques, les mass medias, la science, la technique, la médecine, l’industrie culturelle de divertissement, l’université etc et qui n’a qu’un seul but: abrutir, dégénérer et décerveler.

À l’occasion du Mondial du football qui est suivi et regardé par des milliards d’êtres humains, à raison de 500 à 600 millions de téléspectateurs pour chaque match, il est urgent de lancer un SOS à l’ensemble de l’humanité, en faisant écho à la fameuse et dernière phrase du Manifeste du parti communiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », « Dégénérés de tous les pays, Réveillez-vous ! »

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Retrouvez Faouzi Elmir sur son blog Le Bulletin de l’International

mai 05 2010

Les Etats-Unis à la veille de la faillite

«Les finances des Etats-Unis augmentent à la puissance deux», nous fait savoir, à titre strictement officieux, un collaborateur du Fonds monétaire international et ami. «Le système financier des Etats-Unis est quasiment en faillite, de quelle valeur sont en­core les garanties?» Telle est sa question provocante.

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Certes, la Société d’assurance des dépôts (FDIC) répète constamment que les avoirs en banque sont en sécurité, tout au moins jusqu’à concurrence du montant assuré. Mais les observateurs savent pertinemment que cette institution ne dispose pas du capital prouvant la validité de cette affirmation. La moitié des dépôts n’est, en effet, pas assurée du tout. Le reste est couvert à raison d’un cent (!) par dollar. Tant que la FDIC ne ferme que de petites banques – durant les trois premiers mois de l’année en cours, elle y a déjà procédé dans 40 cas –, elle peut satisfaire à ses engagements financiers. Lors de la plus grande banqueroute bancaire survenue jusqu’à maintenant, à savoir l’effondrement de la «Washington Mutual», les limites ont déjà été dépassées. Durant les jours précédant la faillite, les clients de la «Washington Mutual» ont vite retiré 16,7 milliards de dollars en raison de la situation incertaine. Ainsi s’est effondrée rapidement la plus grande caisse d’épargne des Etats-Unis, qui disposait de 43 000 collaborateurs et de plus de 2000 comptoirs. Le groupe financier J.P. Morgan a acquis la banque au prix dérisoire de USD 1,9 milliard. L’année précédente, elle s’était déjà procuré la banque d’investissements insolvable Bear Stearns à un prix de liquidation et l’avait absorbée.

Après la nationalisation des deux géants hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae, le gouvernement des Etats-Unis s’était déjà engagé à répondre des engagements de ces établissements pour un montant quasiment illimité. Sur quoi le monde financier avait fait des deux groupes son dépotoir de papiers toxiques. Les établissements de crédit continuent de déverser leurs reconnaissances de dettes ayant perdu toute valeur sur les deux entreprises soutenues par l’Etat, procédé par lequel les billions de pertes essuyées par les banques sont transmis à l’Etat et, pratiquement, au contribuable. Or les banques enregistrent de nouveau des bénéfices appréciables.

«Ni la crise financière ni la récession ne sont complètement surmontées», et, malgré certains signes de rétablissement, il ne saurait être déjà question d’un rétablissement général. Même les Américains optimistes – au premier chef Ben Bernanke, le président de la Fed – soulignent davantage, dans leurs déclarations, que «le pire n’a pas encore eu lieu.» Les Etats-Unis souhaiteraient que de nouvelles attributions de milliards de dollars aux circuits financiers continuent d’être les stimulants de l’économie mondi­ale. Cependant, bien des choses sont encore en marche, dont les Américains n’ont pas encore pris connaissance.

Le taux de chômage continue de varier entre 9 et 10%. De plus, les experts considèrent la baisse de mars comme un attrape-nigaud. Le gouvernement a «engagé» à court terme 132 000 personnes, dont la plupart étaient des chômeurs, pour procéder au recensement et au relevé de la population qui a lieu tous les dix ans. Cet embellissement de la statistique du chômage a été immédiatement interprété comme signe de renforcement. Les prochaines données montreront s’il s’agissait d’un feu de baille allumé par le gouvernement. •

Source : Vertraulicher Schweizer Brief n° 1247 du 13/4/10

Traduction : Horizons et Débats

fév 04 2010

La Suisse, entre les maîtres-chanteurs et le Panzer allemand

La France, l’Allemagne, l’Italie sont, selon les besoins, des Etats de droit ou des Etats voyous. Plutôt que de s’en offusquer, il faut contre-attaquer, et jouer dans le même registre car pour la Suisse, la catastrophe menace.

suisseLes vols de données dans les banques suisses vont se multiplier, puisque ce genre de délit permet de gagner beaucoup d’argent sans prendre de grands risques. Pour les banques, c’est une authentique catastrophe, qui porte en germe une véritable débâcle pour l’ensemble du secteur bancaire, les emplois qu’ils générère, et donc l’économie en général. En effet, la confiance que les établissements suisses avaient réussi à construire au fil des années est en train de s’effondrer comme un château de cartes. Et sans confiance, il n’y a pas de banque, c’est aussi simple que cela.

Hier c’était la France qui fricotait avec les voleurs; aujourd’hui – une fois de plus, il faut le dire – c’est l’Allemagne. Ce comportement, délibérément hostile à la Suisse, est honteux, ignoble, tout ce qu’on voudra, mais il est, et se perpétuera. Dès lors, que faire?

Du côté des banques, il faudra améliorer grandement le recrutement, mais surtout verrouiller encore davantage l’accès aux données sensibles, y compris pour les cadres supérieurs. Personne, rigoureusement personne, du haut en bas de l’échelle, ne devrait avoir accès aux données complètes des clients. Mais ce sont surtout les informaticiens qui doivent être surveillés de très près car, de par la nature de leur travail, ils sont idéalement placés pour tromper la vigilance de leurs supérieurs, souvent dépassés sur le plan technique, et se procurer les mots de passe et codes d’accès nécessaires pour trahir l’entreprise. Mais ne rêvons pas: il y aura toujours des employés félons, et d’autant plus s’ils sont encouragés et stipendiés par des Etats étrangers.

Du côté de la Suisse officielle, elle doit se montrer beaucoup plus ferme dans toutes ses relations européennes, et abandonner cette attitude d’hôtelier bien élevé qu’affecte Hans-Rudolf Merz – jamais un mot plus haut que l’autre, confiance aveugle dans la partie adverse au moment même où elle est – pardon pour l’expression – en train de le baiser.

La Suisse a le droit le plus absolu de geler toutes les négociations en cours, mais aussi d’user d’une riposte graduée en termes de tracasseries diverses, qu’il s’agisse de douanes, de circulation des frontaliers, de transit des poids lourds, de préférence nationale en matière d’emploi (que la Suisse est la seule à ne pas pratiquer en Europe). Il ne s’agit pas de prendre des mesures officielles, mais de suggérer aux fonctionnaires compétents de se montrer un peu plus zélés. Nos chers voisins pratiquent eux-mêmes admirablement l’art de la tracasserie à l’égard de la Suisse, sans avoir l’air d’y toucher en hauts lieux. Tenez: Sarkozy nous jure un amour immense, tout en saisissant chaque occasion de nous taper dessus. Eh bien! Faisons la même chose, arrêtons enfin d’être bien élevés, avant d’être complètement à poil…

Enfin, selon la saine loi du talion, la Suisse pourrait encourager ses services secrets à collecter toutes sortes de données sur nos partenaires étrangers, et en particulier leurs dirigeants, puis au besoin organiser des fuites dans la presse, de manière à disposer d’une monnaie d’échange.

Quant aux voleurs qui fricotent avec Mme Merkel et M. Wœrth, tels le nommé Hervé Falciani, petite frappe méprisable, ils devraient commencer à réaliser qu’ils jouent un peu trop gros, et qu’à force de menacer des intérêts colossaux, ils risquent de connaître le triste, mais juste sort des maîtres-chanteurs: ils rêvaient de retraite anticipée aux Bahamas, et voilà qu’ils finissent coulés dans un pilier d’autoroute, ou lesté d’un parpaing au fond d’un lac. Un fin très morale, disons-le.

Philippe Barraud

Sur le même sujet, lire également Qui cherche à déstabiliser la Suisse ?

fév 04 2010

Qu’en est-il de la souveraineté de l’Europe ?

Par Eberhard Hamer, Allemagne

Depuis que le traité de Lisbonne est entré en vigueur, la plupart des droits souverains des 27 nations autonomes d’autrefois ont été légués au commissariat politique de Bruxelles. Le traité décide qu’il n’y a plus ni nation ni citoyen d’une nation, mais seulement l’Europe et les citoyens européens. Nous croyions que ce serait un progrès en direction de la liberté, de la démocratie et de la sécurité.

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Déjà un jour avant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne les Etats réunis dans l’UE ont dû décider, moyennant l’aide active du ministre allemand de l’Intérieur de Maizière, une convention sous le diktat des Etats-Unis qui assure aux USA l’accès libre aux données bancaires du service financier européen Swift. Washington avait réglé cela avec le président de la Commission Barroso. On avait contourné le Parlement européen un jour avant qu’il ne soit responsable et on lui avait refusé le droit de participation. Le service de Swift siège en Belgique et mène tous les jours quelque 15 millions de transactions financières entre 8300 banques mondialement. Par l’assujettissement de l’UE sous l’autorité américaine, tous les flux financiers de l’Europe sont contrôlés par la CIA et les autres services secrets américains et israéliens. Il y a eu des politiciens en Europe qui, à bon droit, ont désigné Barroso comme «aide-manœuvre des Etats-Unis», contraire à toute protection europé­enne des données informatiques. Depuis, les Américains ont tout accès non seulement aux données qui existent quand il y a des versements financiers par exemple de l’Allemagne vers outre-mer, la Chine ou l’Amérique du Sud, mais à tous les versements qui se font à l’intérieur de l’Allemagne, par exemple de Hambourg vers Cologne ou à l’intérieur de Hambourg. Pendant 5 ans les données des citoyens intègres devront être mémorisées – bien sûr aux frais des banques et de leurs clients.

Les contrôleurs de l’utilisation des données informatiques ont averti le gouvernement fédéral, et surtout le ministre de l’Intérieur, du danger de soutenir une telle décision en faveur de l’assujettissement de l’UE sous le diktat des USA, contraire aux lois dans le domaine de la protection des données informatiques. Le ministre de l’Intérieur, certes, n’a pas donné son aval, mais par son abstention il a volontairement permis l’accès aux données.

A quoi sert la protection de la vie privée en Allemagne lorsque, de par l’UE, le gouvernement américain et ses réseaux d’agents ­peuvent disposer librement de nos données financières ? On justifie tout cela par la lutte contre le terrorisme – comme si les USA devaient toujours impliquer leurs Etats satellites pour profiter de leur argent, de leurs services ou d’autres valeurs matérielles.

La soi-disant lutte contre le terrorisme a été également la raison pour laquelle l’Allemagne a été impliquée, son argent et ses soldats inclus, à la guerre en Afghanistan mise en scène par les lobbies américains de l’armement, de la drogue et du pétrole. Pendant longtemps on nous a rabâché des mensonges sur cette intervention en faveur de la paix présumée. C’est seulement le nouveau ministre de la Défense qui a dit la vérité, choquant ainsi tous les partis politiques, inclus les sociaux-démocrates et les Verts, qui avaient accepté la guerre, et il vient de déclencher un débat sur la question de savoir si la Loi fondamentale permet vraiment de faire une guerre allemande, surtout là où nous n’avons rien à faire et où nos intérêts ne sont pas touchés.

Sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, il y a des règlements de plus en plus sévères pour les voyages aux USA. Jusqu’ici déjà, les compagnies aériennes devaient avoir annoncé toutes les données privées de leurs clients avant leur arrivée aux Etats-Unis pour qu’on ait pu contrôler les voyageurs. Maintenant ce contrôle total ne suffit soudainement plus, il faut que les voyageurs soient contrôlés dans les aéroports de partance par des scanners qui les mettent à nu. Une autre gradation serait de mettre ces photos des personnes nues à disposition des Etats-Unis et des bureaux des services secrets du CIA et autres.

Le ministre allemand de l’Intérieur de Maizière et son ami politique Bosbach ont déjà donné leur aval ainsi que l’aval de leur gouvernement pour de tels «body scanner» contraires à la Loi fondamentale qui violent la sphère intime des voyageurs. Ils veulent aussi surmonter la résistance des Libéraux contre cette violation des droits humains. C’est étonnant que, dans les média allemands, il n’y ait pas de cris d’indignation contre cela – il semble qu’ils sont tous déjà mis au pas.

L’auteur fait partie d’une génération qui a toujours considéré et défendu, après la dictature pendant la dernière Guerre mondiale, la liberté personnelle et la démocratie comme acquis politiques les plus précieux de notre siècle. Maintenant nous devons reconnaître que :

• Notre peuple allemand pour lequel nous nous engagions n’existe plus, mais qu’il n’y a plus qu’une population multicolore en Allemagne.

• Il n’y a plus de nation allemande ni de patrie allemande. La fin de toutes les deux a été consacrée par le traité de Lisbonne. On les a converties en une «citoyenneté européenne» ou quelque chose du genre.

• Il y a en revanche une diminution de la participation politique des citoyens au sens de la démocratie par la concentration et par des nouvelles structures hiérarchiques (UE). 60 % des Parlements municipaux existant il y a 20 ans, ont été supprimés par la concentration, la participation des citoyens est devenue de plus en plus indirecte, de plus en plus faible, de plus en plus contraire à la démocratie. Maintenant on gouverne le tout du haut vers le bas, et non inversement, du bas vers le haut.

• C’est aussi au sens économique que nous avons perdu la plus grande partie de la liberté. Ce ne sont pas seulement des douzaines de bureaux qui prescrivent à tous les entrepreneurs ce qu’ils doivent faire. L’entrepreneur doit aussi renoncer à 60 % de ce qu’il a gagné, de sorte que pour de nombreux employés il est plus rentable d’obtenir une allocation sociale que de vivre de leurs propres moyens.

Les trois exemples cités montrent comment on intervient au détriment de notre liberté, de notre intégrité et de nos droits humains, parce que «le grand frère de l’autre côté de l’océan» le veut ainsi. Nous menons une guerre contraire à la Loi fondamentale, sous le commandement des Etats-Unis, nous acceptons que toutes nos télécommunications soient contrôlées par la CIA (système Echelon), nous devons accepter que tous nos versements soient scrutés par des agents américains (Swift) et à l’avenir, nous devrons nous présenter tout nus aux autorités américaines.

Nos politiciens ne devront pas s’étonner s’il y a des réactions dramatiques de la part de la population trompée, dès que celle-ci réalisera finalement les violations actuelles de la Loi fondamentale, des lois de protection des données et des droits privées.

Eberhard Hamer

Eberhard Hamer est un économiste et essayiste allemand. Selon lui, le systèmes des banques centrales du type de la Réserve Fédérale ont été, sont et seront incapable structurellement de gérer une crise économique. « La Réserve Fédérale est une banque privée en mains des deux plus puissants groupes de la haute finance qui en abusent à leur profit en provoquant une surabondance de masse monétaire en dollar« , écrit Hamer dans l’un de ses articles. « La bulle spéculative qui en résulte doit se résorber soit par la faillite des grandes banques soit par une inflation grandissante des prix des biens« . Hamer prétend encore que « la crise économique commencée en 2008 est prétexte pour les 2 groupes dominants de la haute finance pour procéder à une concentration bancaire ».

Traduction : Horizons et débats


jan 27 2010

Defamation (vidéos vostfr)

Par Gilad Atzmon

Ce film est une dénonciation stupéfiante des conditions morbides qui tiennent prisonnière l’identité juive séculière. Il explore et tourne en ridicule la notion courante d’antisémitisme ainsi que les lobbies qui participent à la diffusion d’une telle phobie. Il dénonce aussi ces propagandistes juifs ethniques qui insistent, pour une raison qu’eux seuls connaissent, pour organiser leur identité autour de l’idée phantasmatique selon laquelle ils seraient pourchassés, diffamés ou haïs pour des raisons « raciales ».

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Etant Israélien, Yoav Shamir, qui a réalisé ce film, a réussi à infiltrer l’Anti-Defamation League d’Abe Foxman. Il a même réussi à se faire engager dans une « mission internationale » de Foxman. Il a également suivi le voyage de lycéens israéliens à Auschwitz. Il nous donne une vision intime de la jeunesse israélienne que l’on endoctrine afin de la placer dans une anxiété collective et dans une névrose totale juste avant son incorporation dans l’armée.

L’impression générale que ce film donne au spectateur est celle d’une situation rien moins que grotesque. Le film étudie l’amplification agressive et vulgaire de la peur parmi les Israéliens et les juifs sionistes. « Nous sommes élevés dans l’idée que nous sommes haïs », dit ainsi une lycéenne israélienne, en route vers un camp de concentration. « L’ADL nous fournit un programme nous expliquant comment être juifs », indique une dame juive âgée.

Première partie (traduite par forum soral)

Shamir nous donne l’opportunité de voir à quel point les jeunes Israéliens se comportent mal dès qu’ils se trouvent en Pologne. Vous pouvez voir leur mépris pour la population locale, leur manque de respect vis-vis des Polonais et des institutions polonaises. Vous pouvez aussi voir des Israéliens en train de projeter leur haine sur d’autres. Pour quelque raison, ils sont convaincus que tout le monde, autour d’eux, en Pologne, est au moins aussi impitoyable qu’ils le sont eux-mêmes. Les jeunes israéliens sont saturés de peur, et pourtant, ils s’éclatent un max : vous pouvez les voir en train de danser dans le bus tout au long de leur trajet vers Auschwitz. Vous pouvez les voir mâchonner des chips tout en regardant un prisonnier musulman * en train de manger sa soupe délayée d’eau.

Shamir nous donne à voir des images inhabituelles d’Abe Foxman en compagnie de dirigeants du monde. Fièrement, le chef de l’ADL insiste pour vendre son produit favori. Shamir présente le commerce de l’ADL sans mâcher ses mots. « Nous (l’ADL) serons vos alliés au Congrès américain ; tout ce que nous demandons, en retour, c’est que vous combattiez l’antisémitisme à nos côtés… » Shamir prend conscience du fait que si Foxman et son ADL sont en mesure de garantir un laissez-passer pour les corridors du pouvoir en Amérique, alors, le message (soi-disant) « antisémite » visité par les « Protocoles des Sages de Sion » est tout à fait pertinent, et qu’il devrait, par conséquent, être débattu ouvertement.

Deuxième partie (traduite par forum soral)

Nous pouvons voir Foxman et sa mission internationale en train de parler au Président de l’Ukraine : il lui assure que l’ADL peut tout à fait l’aider, en Amérique, dès lors qu’il n’établit « aucun lien entre l’Holocauste et l’Holodomor (l’Holocauste des Ukrainiens) ». « Si vous établissiez un tel lien, cela serait contreproductif », ose expliquer Foxman au dirigeant ukrainien.

L’on est fondé à se demander comment il se fait que Foxman, qui vit (bien) des catastrophes juives, est aussi réticent à autoriser les Ukrainiens à réfléchir à leur passé ou à partager celui-ci avec d’autres ?

Bonne question, vraiment ! Je pense qu’au premier chef, c’est l’ « élection » juive qui entre ici en jeu. Foxman n’aime pas que sa raison d’être, à savoir l’Holocauste, soit mise en compétition, éclipsée, voire, pire, défiée par un quelconque autre génocide. Mais cela va plus loin : comme le confirme le professeur à Harvard Yuri Slezkine, dans son chef-d’œuvre The Jewish Century [Le Siècle juif], les juifs furent, en réalité, « les exécutants zélés de Staline » Les juifs bolcheviques furent largement impliqués dans le crime génocidaire perpétré contre le peuple ukrainien, mais aussi contre d’autres peuples. Au cas où quelqu’un voudrait lire des choses au sujet des « juifs de Staline » dans un quotidien sioniste, le journaliste Sever Plocker, du site Ynet (du quotidien israélien Yediot Ahronot) a écrit des choses excellentes à ce sujet. « Nous ne devons pas oublier que certains des plus grands criminels des temps modernes étaient juifs », dit le sioniste Plocker. Abe Foxman est certainement au courant. S’il exige des Ukrainiens qu’ils ne fassent aucun rapprochement entre leur passé horrifiant et la Shoah, c’est tout simplement parce qu’il sait que bien trop nombreux sont les membres de son propre peuple qui ont été directement impliqués dans les crimes perpétrés à l’encontre du peuple ukrainien.

Troisième partie (traduite par forum soral)

Détail intéressant : dans le film, ce sont les juifs orthodoxes qui défient les accusations d’antisémitismes proférées à tout bout de champ. C’est un rabbin qui affirme qu’Abe Foxman crée de l’antisémitisme « parce que c’est son boulot ».

Un autre rabbin affirme que contrairement aux juifs orthodoxes, qui associent intrinsèquement leur judaïté au judaïsme, les hauts-cris à l’antisémitisme sont un phénomène juif séculier, qui satisfait l’avidité d’identité des juifs laïcs.

C’est tout à fait logique : une fois que vous avez enlevé le judaïsme aux juifs, tout ce qui leur reste, c’est le « bouillon de poulet » et l’« antisémitisme ». Foxman avait dû choisir entre ouvrir une charcuterie cachère ou faire la chasse à tous les antisémites. Manifestement, il a opté pour la deuxième solution. Lui et ses crypto-sionistes au sein de la gauche et des médias sont en train de faire carrière en amplifiant la peur d’être pourchassés (des juifs).

Quatrième partie (traduite par forum soral)

Contrairement à Uri Avneri et à Norman Finkelstein, qui apparaissent dans ce documentaire pour dire que l’antisémitisme est exagéré, je pense, personnellement, que le ressentiment envers la politique juive est en train de monter rapidement et constamment. Toutefois, je fais bien la différence entre la notion judéo-centrique d’antisémitisme et le ressentiment politique envers l’idéologie juive. Je ne considère pas que toute forme d’activité antijuive soit une forme d’antisémitisme ou de haine raciale, car ni les juifs ne sont des Sémites, ni ils ne constituent un quelconque continuum racial.

La montée de la haine contre toute forme de politique juive et de lobbies juifs est une réaction à une idéologie tribale, chauvine et suprématiste. Si les juifs politiques, qu’ils soient sionistes ou « juifs antisionistes » sont préoccupés par leur perte de popularité, la seule chose qu’ils doivent faire, c’est apprendre à se regarder dans un miroir.

L’examen au miroir est une libération, dès lors que l’on est assez courageux pour affronter la réalité.

Gilad Atzmon

Cinquième partie (traduite par forum soral)

Sixième partie (traduite par forum soral)

Septième partie (traduite par forum soral)

Huitième partie (traduite par forum soral)

Neuvième partie (traduite par forum soral)

jan 19 2010

Un quart des départements français sont en cessation de paiement

News of Tomorrow

Un quart du territoire en cessation de paiement, voilà déjà plusieurs mois que le président du Conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, le prédit. Dans cette période de vote budgétaire, ce pronostic se confirme de jour en jour et de nombreux Départements risquent la faillite.

cochon-tirelireLa compensation très insuffisante des dépenses sociales obligatoires plombe les budgets des Départements, surtout les plus ruraux. Ils sont en plus victimes de la conjoncture, suite à la chute des droits de mutation, une part importante de leurs recettes. En supprimant la taxe professionnelle et en engageant une vaste réforme des collectivités territoriales, le gouvernement prend le risque de fragiliser un peu plus les Départements. Vingt-cinq d’entre eux seront poussés à la faillite dès 2010. Tour de France des difficultés.

« Dans vingt-trois Départements, dont le mien, il y aura des budgets en déséquilibre », a constaté François Hollande (PS), président du Conseil général de Corrèze. Dans le Nord, le président du Conseil général a pris la même décision que celui de Saône-et-Loire et ne fera voter son budget qu’au mois de mars.

Les transferts de compétence ont coûté 55 millions d’euros au Conseil général de la Meuse. Son président, Christian Namy (UMP) qui prend des mesures d’économie et « parie sur la baisse des taux d’intérêt en 2010 » pour avoir une chance de boucler son budget en renégociant sa dette. Dans le Bas-Rhin, le collaborateur du président (UMP) assure : « On va baisser les investissements ».

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco (PS) arrivera à boucler son budget 2010, mais pour 2011, il ne voit pas du tout comment il va pouvoir faire. Quant aux Bouches-du-Rhône « avec une autonomie fiscale réduite à 10%, elles ont « le couteau sous la gorge ».

Le Département de Seine-Maritime, très industrialisé, sera sans doute l’un des plus touchés par la suppression de la taxe professionnelle. Et dans les Landes : « nous avions prévu de compenser la baisse des droits de mutation par une augmentation de la taxe professionnelle… ». Le Conseil général de Loire-Atlantique a d’ores et déjà annoncé des baisses de subventions, par exemple – 70% pour le FC Nantes. En Ille-et-Vilaine où les subventions de fonctionnement aux associations vont être réduites de 20 à 30 % et les nouveaux investissements gelés, le président du Conseil général accuse l’État de transférer « ce qui revient le plus cher : enfance, handicap, personnes âgées ».

Source : News of Tomorrow

jan 13 2010

Les bonus des banques vont exploser en 2010 (vidéo)

Alors qu’une nouvelle crise financière menace, les primes se remettent à pleuvoir par milliards. Les géants bancaires américains ont donné le ton : ils vont verser des primes moyennes par employé d’environ un demi-million de dollars.

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Cela ne trouble manifestement pas la banque Goldman Sachs qui a déjà provisionné 17 milliards de dollars pour ses primes. Dans les milieux financiers, on annonce même que les records d’avant la crise seront battu. Les détails seront connu dans les semaines à venir, au fur et à mesure que seront publiés les résultats 2009 des banques.

Cela alors que surgit l’inquiétude de voir la machine financière repartir de pus belle et nous faire aller dans le mur un seconde fois. De nombreux experts le prédise : l’envolée des bourses n’est qu’un feu de paille et le retour aux bénéfice ne va pas durer. La chute de la prochaine crise sera plus dure encore, sinon même irréversible. Une inquiétudes qui est renforcée par la liquidation des stock-options de la plupart des patrons d’entreprises françaises du CAC 40 en fin d’année dernière (lire à ce sujet notre article du 7 janvier dernier).

Ainsi, le monde de la finance estime qu’il a suffisamment repris des couleurs, avec l’argent des contribuables et la bénédiction de la maffia mondiale du G20, pour s’arroser à nouveau de milliards de bonus.

Les promesses de régulation des marchés sont passée à la trappe et, plutôt que de créer un cadre afin de juguler la « finance casino » on aura préféré attaquer des petits pays, comme la Suisse ou le Luxembourg, pour mieux faire oublier que la crise trouve son origine dans la spéculation de banques qui, aux États-Unis, proposaient des prêts hypothécaires à taux variables à des population non solvables.

Dans cette crise, les banquiers n’ont pas été incompétents ou irresponsables, ils ont été criminels. C’est consciemment qu’ils ont masqué ces prêts pourris dans la titrisation d’actions, de sorte qu’ils ne soient pas traçables. C’est-à-dire, pour faire simple, de refiler ces créances à leurs voisins, sans savoir où elles allaient atterrir, tout en ayant en conscience qu’elles finiraient par faire exploser l’économie mondiale.

Comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, nous avons appris aujourd’hui la mort de Daniel Bensaïd, philosophe marxiste. En guise d’hommage, nous vous proposons, ci-après. un enregistrement réalisé en novembre 2008.

Agata Kovacs, pour Mecanopolis

Agáta Kovacs